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Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs - Je-construis ...

14- Le bois dans

les plaines de jeux

et les zones de loisirs


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14- Le bois dans

les plaines de jeux

et les zones de loisirs

Notre couverture:

Les cabanes perchées au Domaine

Provincial de Chevetogne (Ciney)

Photo : © Vincent Matthys

AU SOMMAIRE :

Le bois dans les plaines de jeux et

les zones de loisirs, une richesse

pour les enfants et les adultes

Pages 2 et 3

Le parc forestier récréatif

Chlorophylle à Dochamps

(Manhay) :

Le bois fait découvrir

la forêt, avec amusement

et pédagogie

Pages 4 à 7

La plaine de jeux de

l’île de l’Oneu à Hotton:

Au milieu d’une île,

un navire en bois attend

ses jeunes matelots

Pages 8 et 9

Le Domaine Provincial

de Chevetogne (Ciney) :

Le bois façonne des univers

propices à l’imagination

Pages 10 à 13

La plaine de jeux du

parc de Spontin (Yvoir) :

Le bois crée une aire de jeux

au cœur d’un site sensible

Pages 14 et 15

CRÉDITS :

Les textes sont la propriété des architectes pour les différents projets

présentés, de Valbois RN et de La Fibre Comm. Toute reproduction,

même partielle, des textes et des documents de cette publication, est

soumise à l’approbation préalable de leur(s) propriétaire(s).

Réalisé en novembre 2009

Le bois dans les plaines de jeux et

les zones de loisirs, une richesse

pour les enfants et les adultes

Avez-vous récemment regardé les activités ludiques

de plein air et autres jeux laissés à la disposition des

enfants ? Peut-être n’y avez-vous pas prêté grande

attention, mais tous ces équipements, jadis en métal,

ont cédé la place à des pendants en bois.

Ce mouvement a le mérite de montrer à quel point le

bois est un formidable compagnon pour les moments

récréatifs des enfants. Les adultes ne sont pas oubliés,

eux qui apprécient tant sa compagnie lors de promenades

bucoliques.

Comment ne pas s’interroger sur un tel succès…

Si le bois domine avec vigueur dans les plaines de jeux, les zones de loisirs, les parcs…

bref quasiment l’ensemble des activités ludiques extérieures, c’est de toute évidence par

sa capacité à éveiller nos sens et à recréer un lien avec la nature.

Le bois est un matériau “chaud”, de ceux qui permettent de faire jaillir l’émotion. Chacun

apprécie le contact physique avec cette matière, jamais trop chaude en été, jamais trop

froide en hiver. Sa texture, son grain, sa couleur semblent nous mettre en contact avec

un être connu, réconfortant.

C’est peut-être ce ressenti que l’on tente de faire passer de génération en génération. Un

amour pour un matériau noble qui nous accompagne dans les premières années de

notre vie sous sa forme naturelle qui est l’arbre lui-même. Plus tard, le gamin grimpera

à cet arbre, il y construira bien sur sa première cabane, elle sera en bois! Avec le

temps, il découvrira tout ce que ce matériau renouvelable est capable de créer: des

charpentes, des sols, des murs, des habillages, des habitats complets… Puis l’enfant,

devenu adulte, prendra vraisemblablement plaisir à voir son propre rejeton découvrir

une balançoire, un toboggan, une tour d’observation, une passerelle… en bois.

Le bois est aussi l’un des principaux matériaux du développement durable. Construire

avec le bois a tout d’un acte citoyen, témoignage responsable adressé aux générations

futures. En privilégiant des essences de bois locales, valorisées par des entreprises de

proximité, l’incidence de cette activité humaine est quasiment nulle en matière d’émission

de gaz à effet de serre. En plus, le bois mis en œuvre dans un ouvrage stocke le

gaz carbonique qui a servi à faire pousser l’arbre. Le process industriel émet moins de

gaz à effet de serre que ce qui est stocké !

Si le bois est plus présent que jamais dans nos activités extérieures de détente, c’est,

espérons-le, aussi un reflet bienheureux de cette prise de conscience par notre société.

Enfin, dans ces ouvrages extérieurs, souvent élémentaires, il ne faut pas oublier de

mentionner la facilité qui accompagne le travail du bois. Pour fabriquer des petits

ponts, des panneaux d’information, des aires de jeux, des abris en bois… le matériel

nécessaire reste très basique. Avec seulement un marteau et une scie, chacun peut

entreprendre l’aventure, il n’est pas besoin de longues études. Et si l’objet se dégrade,

il est tellement simple à réparer. Un argument que de nombreux gestionnaires ont pris

en compte car le bois se travaille aisément et à faible coût.


LE POINT DE VUE DU PAYSAGISTE ET URBANISTE

La parole à Jean Noël Capart

Président de JNC International - Agence Wallonne du Paysage

Président de la Bibliothèque René Pechère

Architecte Paysagiste - Urbaniste

Fondateur en 1968 de JNC International - Agence Wallonne du Paysage, l’un des bureaux

d’études leader en Europe dans le domaine de l’urbanisme et du paysage, Jean Noël Capart pratique le bois depuis

des décennies. Il porte sur ce matériau un regard pétri d’expériences et de complicité.

« Dans le cadre de mes études d’architecte paysagiste, j’ai eu

la chance de pouvoir parfaire mes connaissances en Suisse,

à Lausanne, et en Californie, à Berkeley. Ce sont des contrées

qui, dès 1960, étaient déjà précurseurs dans l’emploi du bois

au niveau des jardins et des espaces publics.

De cette époque, j’ai conservé une admiration pour le bois et

pour sa facilité de mise en œuvre devant ces hommes, si peu

équipés, et pourtant capables de construire des merveilles!

Quand nous travaillons pour des plaines de jeux ou des aménagements

publics, c’est en fonction du territoire, du projet,

et du type d’utilisation que nous allons intégrer des éléments

en bois. Il n’y a pas de limite à son usage, il trouve place partout:

dans les clôtures, les murs écran, les murets de soutènement,

les rives d’étangs, le mobilier urbain, les supports

d’éclairage, les jeux, les abris, les ponts et passerelles

En matière d’essences, nous privilégions des bois locaux et

non traités car nous prônons le développement durable.

Parmi les bois que nous apprécions, il y a bien sûr le robinier,

excellente essence d’extérieur, mais aussi le châtaignier, le

chêne, le sapin ou encore le mélèze.

Depuis un peu moins de dix ans, on note un mouvement, en

Europe, vers le bois. Les gens ont aujourd’hui conscience des

atouts de ce matériau. C’est un produit du terroir, doux dans

le paysage, qui s’intègre bien dans la ruralité et facilement

transportable. Le bois s’inscrit parfaitement dans la Haute

Qualité Environnementale et le développement durable.

Récemment, nous sommes intervenus dans la requalification

d’un territoire postindustriel à proximité de Lille: le parc de la

Deûle. Nous avons aménagé environ 300 hectares en se

conformant aux préceptes du développement durable. Avec

le bois, nous avons restauré des milieux naturels et valorisé

le paysage rural. Cela nous a valu à la fois le Prix du Paysage

Français 2006 et le Grand Prix du conseil de l’Europe 2009.

Le bois avance, contribuez vous aussi à son essor! »

ILLUSTRATION : LE PARC DE LA DEÛLE, À PROXIMITÉ DE LILLE (FRANCE)

Photos : © JNC International - Agence Wallonne du Paysage

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Territoires & Bois ■ Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs

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LE PARC FORESTIER RÉCRÉATIF CHLOROPHYLLE À DOCHAMPS (MANHAY):

Le bois fait découvrir la forêt,

avec amusement et pédagogie

En 2000, sur les ruines d’un ancien Safari Parc,

le conseil communal de Manhay décide de créer

un parc forestier récréatif. Épaulée par Idelux,

l’Intercommunale de développement économique

de la province de Luxembourg, la commune ouvre

officiellement le parc “Chlorophylle”, le 3 juin 2002.

Rapidement, ce site devient une attraction phare de

la province, démontrant qu’un parc peut être à la

fois touristique, pédagogique, récréatif et artistique.

Le parc forestier récréatif Chlorophylle occupe 9 hectares,

magnifiquement situés à l’orée d’un massif boisé de quelque

500 hectares.

Dès ses débuts, ce projet poursuit un objectif unique, en

phase avec son environnement, puisqu’il s’agit d’y montrer les

mille et une facettes de la forêt ardennaise, et de la forêt en

général. On ne pouvait rêver meilleure implantation!

Ouvert à toutes les classes d’âges, le parc attire familles et

visites scolaires grâce à un parcours didactique fléché qui

serpente sur environ 3 km, jalonné de 25 attractions au total.

Chlorophylle, dans la configuration que nous lui connaissons

aujourd’hui, est le fruit de deux phases différentes de travaux.

Il y eut d’abord, au moment de la reprise de l’ancien Safari

Parc, la mise en place des premières attractions dont les pièces

maîtresses sont la plaine de jeux, la tour d’observation

paysagère et la passerelle de découverte dans la cime des

arbres, toutes réalisées en bois. Pour autant, on ne peut passer

sous silence les vingt autres attractions comme l’arbre du

siècle, engrenages de la photosynthèse, le bois dans la vie

d’aujourd’hui, 30 essences forestières… des zones de jeux

peut-être moins impressionnantes par leur volumétrie, mais à

l’impact indéniable au niveau des visiteurs de tous âges.

En 2005, une nouvelle attraction apparaît sous la forme d’un

parcours aventure, focalisé sur la préservation des forêts du

nord et du sud. Destiné avant tout aux enfants de 3 à 12 ans,

Sitôt franchie la porte d’accès au parc, les enfants découvrent une grande plaine de jeux qui multiplie les attractions en bois - Photo : © José Burgeon


Aspects techniques

ils peuvent là parcourir des tronçons de caillebotis, zigzaguer

entre des troncs, arpenter des parcours d’équilibre, marcher

sur des passerelles… où le bois règne en maître, à nouveau.

Toutes les attractions sont réalisées sur mesure ce qui confère

au parc Chlorophylle un caractère tout à fait original.

Le choix du bois en tant que matériau de construction tient ici

de l’évidence. S’agissant d’un parc forestier, obligatoirement

tout est en bois, a fortiori en bois de la région. Le douglas,

essence résineuse omniprésente dans les forêts voisines, est

largement représenté. Ce bois et toutes les autres essences

utilisées ont subi un traitement de préservation, en autoclave.

En matière d’entretien courant, et malgré la rigueur du climat

ardennais, seuls les toitures en bois et les surfaces plates des

attractions, en contact de manière prolongée avec l’eau, sont

nettoyées. À noter qu’après neuf années d’accueil du public,

les dégradations volontaires restent rares et l’usure modérée.

Malgré une fréquentation annuelle qui ne cesse de dépasser

les espoirs les plus fous, le parc forestier récréatif Chlorophylle

prépare une rentrée 2010 sous le signe du renouveau. Des

attractions en bois d’un genre inédit devraient sans conteste

se hisser rapidement parmi les pièces maîtresses du parc! ❖

La tour d’observation en bois, posée sur cette colline culminant à une altitude

d’environ 530 m, permet d’observer un large paysage - Photo : © José Burgeon

La passerelle de découverte, à la cime des arbres

Marcel Schutz est Directeur général de la société TVB s.a. de Bastogne, entreprise reconnue pour la

qualité de ses plaines de jeux, aires multisports, ponts, passerelles, aménagements de parcs… en

bois. N’oublions pas d’évoquer la construction à ossature bois, autre secteur où TVB s.a. témoigne

d’un grand professionnalisme, le nouveau bâtiment d’accueil de la firme en atteste.

Il revient pour nous sur la réalisation de la passerelle de Dochamps, à hauteur de la canopée.

La passerelle mesure 45 m de longueur. Elle part d’un niveau zéro

et s’enfonce tout droit, à l’horizontale, au-dessus d’un terrain en

déclivité. Au bout, on découvre une tour d’observation de 4 x 4 m,

dont le plancher est situé à 14 m de hauteur.

La passerelle se décompose en trois travées. La première débute

du sol, par un plot, et rejoint le bord de la route forestière qui

passe en dessous. La seconde travée enjambe la route, rejoignant

un support pyramidal. Enfin, la dernière partie fait la jonction avec

la tour d’observation.

D’un point de vue technique, la passerelle est construite suivant

un système de poutres avec des fermes inversées. La compression

est prise en charge par le bois, la traction par l’acier.

intégralement réalisé en douglas du pays, l’ouvrage a été tout

d’abord pré-monté en atelier. C’est seulement avant le montage

définitif que les bois ont été traités en autoclave.

Le chantier s’est révélé problématique pour des raisons d’accessibilité

car il était impossible de toucher aux arbres présents, et

pour cause, la passerelle est destinée à en admirer la cime! Se

rajoute la difficulté à travailler sur un terrain aussi pentu.

Le chantier aura réclamé 5 semaines de travail sur place.

Photo : © TVB s.a.

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Territoires & Bois ■ Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs

Avis, témoignage

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L’élément visuel du logo de la province de Luxembourg, le sanglier, suscite auprès des enfants “une ardeur d’avance” - Photo : © José Burgeon

QU’EN PENSE LE PRÉSIDENT DU PARC ?

La parole à Gérard Wilkin

Ancien Bourgmestre et ancien Échevin de la commune de Manhay

Président de l’asbl “Parc Chlorophylle”

Administrateur depuis l’origine de l’asbl “Parc Chlorophylle”, élu à sa présidence en 2007,

Gérard Wilkin fait partie de ces pionniers qui se sont impliqués dès 1995, pour donner naissance à un parc récréatif

sans équivalent alors en Belgique. Il retrace pour nous cette épopée, la réflexion qui a prévalu à l’utilisation du bois

et, en tant que gestionnaire de cette infrastructure, il se confie sur quelques pistes d’avenir.

« La commune de Manhay est, depuis aussi longtemps que

remontent mes souvenirs, une commune forestière. Avec

une superficie boisée de 3 700 hectares, les forêts sont un

élément indissociable de notre paysage et une source de

revenus financiers conséquente.

Au début des années nonante, nous constations que notre

commune bénéficiait d’atouts pour son développement

touristique mais que peu d’infrastructures, et aucun pôle

majeur, n’étaient de nature à attirer les visiteurs.

En 1995, avec l’appui de la Cellule Tourisme et Ville de

l’Intercommunale Idelux, nous avons échafaudé un projet

qui s’intégrerait parfaitement à notre paysage et valoriserait

nos atouts naturels. L’idée consistait à créer un parc

qui soit tout autant un outil de sensibilisation du plus

grand nombre à l’environnement, qu’une infrastructure

de plein air attractive pour la clientèle touristique. Ce projet

a été conçu sur le magnifique site de Dochamps, sur les

ruines du Safari Parc désaffecté depuis près de vingt ans,

donnant naissance au parc forestier récréatif Chlorophylle.

Pour réaliser les animations du parc, le bois n’est pas une

possibilité, c’est une obligation stricte. Dès le départ, nous

avons fixé cette règle et, si possible, nous faisons en sorte

de recourir à des essences locales. Du bois et toujours du

bois ! En tant que commune forestière, c’est un minimum.

Le parc Chlorophylle fonctionne extrêmement bien, dans

tous les sens du terme. Malgré les années, en interne, les

animations en bois n’ont pas vieilli. Vis-à-vis de l’extérieur,

la fréquentation bat des records. Mais il n’est pas question

de nous reposer sur nos lauriers, au contraire.

Nous allons proposer, dès la saison 2010, de nouvelles

attractions pour attirer de nouveaux touristes et faire revenir

ceux qui nous connaissent déjà. Une nouvelle aire de

jeux, imaginée par le formidable concepteur Serge

Depraetere, va relier la tour d’observation existante à une

nouvelle tour de jeu avec un énorme toboggan. Les

enfants emprunteront des cordages pour passer à travers

les arbres et au-dessus de la végétation. Nous sommes

impatients de proposer ces animations au public! »


Autre regard

« Découvrir la nature en s’amusant comme des fous »

Paysagiste ludique, comme il se qualifie lui-même, Serge Depraetere est un créateur hors pair. Il a le

regard de l’enfant quand il s’agit d’imaginer une attraction qui capte l’attention, et le recul de l’adulte

pour concevoir des jeux où le paysage est partie prenante dans l’aventure.

Partant du constat qu’il fallait proposer une animation à un public plus âgé, entre 10 et 15 ans, le concepteur

a imaginé un long parcours, à hauteur d’arbre, qui s’achève en apothéose.

Serge Depraetere est totalement impliqué dans le projet Chlorophylle,

ses yeux pétillent au moment d’évoquer le dossier, ses paroles trahissent

son enthousiasme: « nous allons créer de nouvelles choses

les enfants vont pouvoir découvrir la nature avec plus de hauteur

et s’amuser comme des fous! ».

Considérant que l’aire de jeux actuelle est trop classique pour un

public pré-adolescent, l’homme a inventé « des animations avec une

image très forte, très attractive. Nous allons profiter d’une partie du

parc qui n’est pas encore utilisée et qui présente une nature sau vage,

très riche en couleurs et en diversité. On va pouvoir se promener

autour et au-dessus, dans des filets placés à 4 m de hauteur. Les

enfants vont passer dans les branches des arbres ».

Le départ de cette nouvelle animation s’effectuera depuis la tour

d’observation déjà présente, « un parcours de ponts, en filets, amè-

Ci-dessous, une partie du futur circuit avec au centre la cabane d’observation de

la nature. Ci-contre, la grande tour et ses toboggans - Dessins : © Serge Depraetere

nera les enfants vers une cabane d’observation de la nature, située

dans les arbres. En dessous, on trouvera des jeux. De là, ils marcheront

dans les airs vers une grande tour d’environ 11 mètres de hauteur,

avec des fenêtres donnant sur la forêt et les alentours. À cette

hauteur, la tour surplombe la cime des bouleaux qui l’entourent. Pour

redescendre, les enfants pourront emprunter un des toboggans ».

Ce projet ambitieux, aux lignes féeriques, sera - faut-il le préciser? -

totalement réalisé en bois, à l’exception bien sûr des toboggans et

des filets. Vivement l’été 2010 !

La passerelle de découverte de la canopée permet de voir certains animaux qui vivent, en grande partie, dans les cimes des arbres - Photo : © José Burgeon

Années de construction: - Phase 1 : 2001-2002

- Phase 2 : 2005

Surface totale du parc: environ 9 hectares

Maître d’ouvrage:

Idelux

Scénographe:

Daniel Steenhaut

Tél. : +32 (0)83 68 98 45 - E-mail : daniel.steenhaut@skynet.be

Concepteur des attractions 2010:

Serge Depraetere

Tél. : +32 (0)473 73 85 40

E-mail : sdc.sergedepraetere@skynet.be

Entreprises de construction:

TVB s.a.

Tél. : +32 (0)61 21 36 31 - E-mail : info@tvb.be

Bois & Travaux s.a.

Tél. : +32 (0)84 24 58 58 - E-mail : info@bois-travaux.be

Site Internet:

http://www.parcchlorophylle.com

caractéristiques de l’ouvrage

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Territoires & Bois ■ Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs

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LA PLAINE DE JEUX DE L’ÎLE DE L’ONEU À HOTTON :

Au milieu d’une île, un navire

en bois attend ses jeunes matelots

Dans le cadre d’une politique de développement de l’attrait de la commune de Hotton,

et profitant d’un site aussi exceptionnel que l’île de l’Oneu, l’administration communale

a décidé d’y implanter une plaine de jeux. Quoi de plus normal pour regagner une île

que d’emprunter une embarcation, c’est le thème de cette attraction où viennent se

délasser, enfants et familles, depuis une quinzaine d’années.

La décision d’implanter une aire de jeux sur le site de l’île de

l’Oneu est le fruit d’une double réflexion.

D’une part, cet équipement doit permettre d’attirer des visiteurs

sur la commune, générant un surcroît de vie et des

retombées commerciales. D’autre part, il s’agit de rationaliser

le nombre de ces installations, présentes en trop grand

nombre, très dispersées et pour certaines constamment vandalisées

à cause de leur isolement.

L’île de l’Oneu, entourée par l’Ourthe, se prête mer veilleu -

sement bien à ce type d’exercice. Le site est proche du centreville

et en même temps coupé du reste du monde - seules trois

passerelles rejoignent cet atoll - la sécurité des personnes et le

dépaysement sont garantis.

Les concepteurs proposent de déposer un bateau échoué. Sa

proue, sa poupe, son pont principal, ses deux mâts, sa vigie

regorgent de ponts oscillants, d’escaliers à escalader, de toboggans…

on trouve même un téléphérique! Tout est réalisé

dans le respect les règles de sécurité. Une clôture évacue tout

risque de noyade, une hauteur maximale de 1,5 m et un sol

recouvert de gravier roulé limitent l’impact des chutes.

Les attractions mettent en œuvre du bois indigène: le mélèze,

le douglas et le chêne. Le bois a soit subi un traitement de finition

sous la forme d’une lasure non toxique, soit il est peint.

Opérationnel depuis 1995, les enfants de 5 à 10 ans, et leurs

parents, continuent d’affluer sur ce site enchanteur. ❖

Vue générale sur le projet qui réserve une large place au matériau bois - Photo : © La Fibre Comm.


Autre regard

« La plaine de jeux la plus utilisée, la moins abîmée! »

Marc Raskin est le gestionnaire du complexe sportif de Hotton. Attaché à l’échevinat des sports, il a en

charge le suivi des réparations et de la maintenance des aires de jeux. La plaine de jeux de l’île de l’Oneu

totalisant déjà quinze années de bons et loyaux services, il était important de solliciter son éclairage sur

la gestion quotidienne d’un tel équipement et ses contraintes. Une entrevue enrichissante, qui démontre

bien que le bois est tout à fait adapté à ce type d’ouvrage.

Depuis quinze années qu’elle trône au milieu de l’île de l’Oneu, Marc

Raskin a eu tout le loisir de se forger une opinion sur cette plaine de

jeux. Comme il le fait remarquer « pendant les grandes vacances, les

parents sont beaucoup plus attentifs à la demande de leurs enfants.

Ils accèdent nombreux à la plaine. C’est vrai que l’endroit est calme,

et gratuit! Il répond très bien aux attentes de détente des parents et

d’activité des enfants ».

Au cœur d’une ville qui est un grand carrefour régional, l’île de l’Oneu

est aussi le lieu de rendez-vous de nombreuses activités. « De fin

mai à fin septembre, l’île accueille des concerts de musique, elle se

transforme en piste d’envol pour les montgolfières, on y organise des

brocantes, des activités sportives… il y a beaucoup de familles qui

s’y précipitent ». La plaine de jeux est alors prise d’assaut car

« souvent les enfants ne sont pas intéressés par les mêmes activités

que leurs parents, ils vont vers la plaine de jeux. C’est rassurant pour

les parents de savoir où est leur enfant, dans un lieu sécurisé. Par

contre cela n’exclut pas les problèmes de comportement entre

enfants! Il est toujours bon qu’un adulte reste proche ».

Pour le ressenti des usages, Marc Raskin est formel, « il y a quelque

chose de magique pour les enfants à trouver un bateau en pleine

campagne. Ils sont émerveillés et les parents satisfaits. Tout le

monde trouve la plaine de jeux très belle et sécurisante. Souvent les

gens ont le sentiment d’être sur une autre planète! ».

Pour l’entretien, le responsable relève d’abord « qu’il y a très peu de

vandalisme au niveau de cet équipement. Une explication possible

réside sûrement dans le fait que la plaine est visible depuis la route ».

Mais peut-être le bois n’y est-il pas étranger car « on voit que les

gens sont respectueux de l’endroit. On retrouve peu de déchets ».

La faible maintenance constitue également une source de sérénité.

« Il existe une usure liée au temps, et à l’eau qui déborde de l’Ourthe,

mais cet ensemble résiste très bien. En 2007, nous avons entrepris

de tout remettre à neuf: un pont oscillant qui devait être changé et

repasser une lasure sur les parties en bois. Cette opération a été peu

coûteuse, et attendre 10 ans avant d’entreprendre de tels travaux,

c’est beaucoup ». Et de conclure, « cette plaine de jeux en bois est la

moins abîmée dans la commune alors que c’est la plus utilisée! ».

Les différents éléments qui composent un bateau ont été répartis sur le terrain, à l’image de la vigie légèrement isolée et de la proue désolidarisée - Photo: © La Fibre Comm.

Année de construction: 1995

Durée des travaux: 1 semaine de montage

Surface: environ 100 m2 Coût de la construction (HTVA): environ 75 000 €

Coût de l’entretien, suivi, réparation (HTVA): environ 1 500 €/an

Maître d’ouvrage:

Commune de Hotton

Entreprise de construction:

VelopA-Omniplay

Tél. : +32 (0)71 581 59 59

E-mail : info@velopa-omniplay.com

caractéristiques de l’ouvrage

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Territoires & Bois ■ Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs

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LE DOMAINE PROVINCIAL DE CHEVETOGNE (CINEY):

Le bois façonne des univers

propices à l’imagination

Le Domaine de Chevetogne est un fidèle reflet de l’histoire de la Belgique. Acheté en

1869 par une famille aristocratique, le domaine passe entre les mains des brasseurs

vers 1900, avant d’être finalement racheté par la bourgeoisie coloniale qui exploite

le minerai du Katanga. En 1969, au décès de son propriétaire, la veuve cède ce bien

au service public. Après deux années de réflexion, le domaine devient un centre de

tourisme social dévolu au bien-être de la classe ouvrière. Haut lieu du consumérisme,

le domaine opère un virage, en 1995, sous l’impulsion de son nouveau directeur.

Développement durable et tourisme intégré à la nature en sont les maîtres mots.

En se positionnant en faveur d’un tourisme “soft”, tourisme

étroitement associé à la nature, le bois est devenu tout naturellement

un élément fondamental au sein du Domaine de

Chevetogne. Il est le matériau rassembleur, fédérateur.

Tout d’abord lorsque le visiteur arrive sur le site, le bois s’exprime

partout autour de lui, sous sa forme première, avec la

force de 550 hectares de forêts.

Mais ici, on va plus loin! En effet, le domaine coupe lui-même

ses bois, les sèche, les façonne pour réaliser des ponts, des

bâtiments, des attractions confiées au public. Tout est fait en

totale autonomie, hormis les ouvrages demandant un savoirfaire

pointu, et qui sont confiés via appel d’offres au privé.

Au sein du domaine, les essences locales sont privilégiées, au

premier rang desquelles le douglas. Pour autant, si le projet

exige une essence exotique, cela ne constitue pas un frein.

Le site arboré des cabanes perchées est le lieu idéal pour une balade en hauteur, au niveau de la cime des arbres, dans des constructions en bois - Photo: © Vincent Matthys


Le pont de corde permet d’accéder au cœur du Cheval Bayard, destrier géant en bois. La descente se fait via les toboggans - Photo : © Vincent Matthys

Le visiteur qui découvre les plaines de jeux du Domaine de

Chevetogne ne peut que rester admiratif devant l’intelligence

de la mise en scène et la qualité des constructions en bois.

Les cabanes perchées, le gigantesque Cheval Bayard, la plaine

du Bout du Monde, son navire abandonné et le squelette

d’une baleine échouée, l’Arche de Noé… L’adulte redevient

enfant; un enfant qui découvre des univers extraordinaires,

posant leurs propres questions, suscitant leur part de rêve et

d’utopie. L’imaginaire est au cœur du processus de création.

Chaque attraction est mûrie en se conformant à cinq règles.

Règle 1: chaque plaine de jeux doit suggérer un thème dif -

férent, mais de la façon la plus abstraite possible, condition

indispensable pour que l’inventivité de chacun chemine.

Règle 2: chaque plaine de jeux doit offrir une dimension

ludique. Sauter, grimper, glisser, escalader… sont des expériences

totalement réinventées pour chaque plaine.

Règle 3: chaque plaine de jeux doit tirer profit du paysage, le

met en valeur, l’embellit. Les modules de jeux s’adaptent donc

au territoire, à son relief, à ses spécificités, et non l’inverse.

Règle 4: chaque plaine de jeux doit prendre en compte

l’aspect multigénérationnel. Petits et grands doivent vivre

ensemble l’aventure, en passant un bon moment.

Règle 5: chaque plaine de jeux doit se conformer aux règles

européennes les plus strictes en matière de sécurité.

Le Domaine de Chevetogne a développé une relation spécifique

et intime avec la fibre ligneuse: vivre parmi des ouvrages

en bois, réalisés avec son propre bois, est quelque chose de

symbolique et fort pour le personnel du domaine.

Au travers des attractions qu’il offre au public, le domaine

transcende le matériau pour faire vivre à ses 500 000 visiteurs

annuels une expérience stimulante, vivifiante, voire régénératrice

pour des adultes en mal d’imaginaire. ❖

La plaine du Bout du Monde et son bateau échoué - Photo : © Vincent Matthys

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Aspects techniques

Territoires & Bois ■ Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs

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La taverne “Au Bout du Monde

À partir de la plaine de jeux du Bout du Monde, cet endroit où

s’est échoué un bateau en bois, le regard se perd en suivant

les flots d’un grand étang. L’idée qui a prévalu à la réalisation

de la taverne est assez simple : créer une lanterne du Bout du

Monde en référence au phare chilien du cap Horn.

Mais attention, nous sommes au Domaine de Chevetogne :

l’ouvrage doit donner à rêver! Un défi brillamment relevé par

l’architecte Thibaud Parage.

Parmi les options possibles pour positionner la taverne, placer le

bâtiment sur le plan d’eau apparaît vite comme la meilleure. Le

bâtiment deviendra plus qu’un signal, cumulant les fonctions de

cafétéria et d’aire de rangement pour les kayaks.

Le trait architectural n’a rien de contemporain. Le geste rappelle

astucieusement une cabane, le parc organisant chaque année un

week-end “Passion Robinson” autour de ce thème.

L’ouvrage se caractérise par une plate-forme terrasse accessible

depuis la berge par une passerelle. Elle est couverte comme une

halle avec une toiture qui fait penser à une pagode. La cafétéria se

loge sous cette toiture. Un escalier descend de la plate-forme jusqu’au

niveau de l’eau pour rejoindre les kayaks stationnés là.

La taverne est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Le bois tient une place prépondérante dans cette construction : le

douglas (traité en autoclave incolore) pour les parties hors d’eau

et l’azobé pour les pilotis.

La charpente en bois est traditionnelle, avec des emboîtements et

des assemblages à tenons, mortaises et fiches pour répondre à

l’image de la cabane. Le petit édicule de la cafétéria est réalisé en

poutres empilées. En couverture et sur la toiture, on trouve des

bardeaux de cèdre naturel. Le platelage est en bankiraï.

Ce chantier a duré deux ans car la construction est en grande

partie le fait des ouvriers du domaine qui, hors saison, ont travaillé

la structure la première année et les revêtements la suivante.

Ci-contre, la structure réalisée après assèchement de l’étang - Photo : © Th. Parage

Ci-dessous, vue générale sur la taverne “Au Bout du Monde” - Photo : © Th. Parage

Au milieu de la passerelle, un pont-levis dont le principe reprend celui

de la citadelle de Namur, évite les intrusions - Photo : © Th. Parage


Autre regard

« En plus, le bois assure une continuité narrative… »

Bruno Belvaux a pris les rênes du Domaine de Chevetogne en 1995. Figure incontournable du renouveau

de ce parc, il a su s’entourer de talents pour hisser ce lieu à un niveau de qualité peu usité, même en

élargissant la recherche aux pays voisins. Trop modeste pour s’approprier cette réussite, il n’en reste pas

moins que l’on parvient à lire dans chaque plaine de jeux des fragments de son écriture et son habileté à

“scénographier” ! Inutile de dire que quand il en parle, la passion devient rapidement communicative.

Nous avons rendez-vous à la taverne “Au Bout du Monde”. Coupé à

la circulation, l’endroit se mérite à pieds. C’est mon premier contact

avec le Domaine Provincial de Chevetogne, pourtant j’ai la certitude

de ne plus être en Wallonie, ni même sur la planète que je connais.

Le monde dans lequel je transite semble sorti d’un rêve.

Au contact avec Bruno Belvaux, les choses s’éclairent: « nous avons

souhaité créer des plaines de jeux extraordinaires. Notre volonté est

que l’enfant devienne acteur de la découverte de l’histoire qui soustend

chaque plaine. Il faut qu’il soit actif pour raccrocher les éléments

entre eux, grâce à un effort intellectuel! ».

Les plaines de jeux du Domaine de Chevetogne cacheraient-elles

toutes un mystère? Il n’en faut pas plus pour que Bruno Belvaux

me prenne par le bras et que nous partions à leur découverte.

Nous commençons par la Plaine du Bout du Monde. « Ici, les enfants

découvrent un bateau en bois, coupé en deux, au bord de l’eau. Tout

est fait pour qu’ils se demandent pourquoi ce navire a échoué là, et

qu’ils cherchent l’endroit d’où a bien pu partir le coup de canon. On

entretient la confusion et on aide à la création d’une histoire ». Ce

bateau est bien sûr en bois, « il est là depuis 12 ans et grâce au bois,

il a aujourd’hui une patine qui le rend encore plus réaliste, il s’a dapte

particulièrement bien au drame que l’on a mis en scène ».

Nous arrivons aux cabanes perchées, des constructions circulaires

qui ont poussé à côté des arbres, comme des champignons. « Ces

cabanes en bois ont 3 ans. Il faut attendre un peu que les arbres se

développent tout autour et ce sera un endroit coupé du mondeles

Des animaux grandeur nature ont pris place dans l’Arche de Noé, réalisée intégralement en bois - Photo : © Vincent Matthys

enfants vont se régaler. En plus, on a réfléchi pour que tous puissent

en profiter, de 3-4 ans jusqu’à 11-12 ans. À l’intérieur, ils peuvent

faire des jeux de rôle. Comme il s’agit de cabanes, il ne me semble

pas nécessaire d’expliquer pourquoi le bois! ».

Nous abordons rapidement la plaine de jeux de l’Arche de Noé. Au

milieu d’une étendue d’eau, les animaux nous saluent depuis le vaisseau

en bois. « Seuls les animaux sont en polyester. Quand on ne

peut pas faire en bois, il n’y a pas le choix! Par contre l’Arche est

intégralement réalisée en bois car c’est le matériau indiqué pour les

engins marins et ce matériau n’est pas agressif ».

Enfin, nous achevons ce tour par le Cheval Bayard. Ce qui impressionne

au premier abord, c’est sa taille. « Ce cheval est très grand et

très bien intégré dans le paysage, comme s’il avait toujours existé à

cet endroit. Les enfants se demandent s’il s’agit d’une survivance du

passé? Est-ce que c’est un château fort moyenâgeux? Le bois

contribue à ces questionnements car c’est un matériau d’aujourd’hui,

mais aussi un matériau du passé ».

Au travers de ces quatre plaines de jeux, sur les douze du domaine,

on l’aura compris Bruno Belvaux trouve dans le bois un excellent

compagnon d’aventure. Et pour cause: « le bois s’inscrit dans notre

réalité; il a poussé ici, il est transformé ici, il vieillit ici. En plus, il

assure une continuité narrative, là où un polyester ferait mauvais

effet car il semblerait posé de la veille. En extérieur, le bois intègre

et reflète le temps qui passe, les saisons, les climats. Le fait de

connaître cette usure en fait aussi un matériau précieux ».

Année d’ouverture: 1971

Surface totale du parc: environ 550 hectares

Maître d’ouvrage:

Domaine Provincial de Chevetogne

Architecte des jardins et du paysage:

Benoît Fondu

Tél. : +32 (0)3 645 67 21 - E-mail : info@f-la.be

Concepteurs des attractions:

Domaine Provincial de Chevetogne - Bruno Belvaux

Tél. : +32 (0)83 68 72 11

E-mail : info.chevetogne@province.namur.be

Serge Depraetere

Tél. : +32 (0)473 73 85 40

E-mail : sdc.sergedepraetere@skynet.be

Site Internet:

http://www.domainedechevetogne.be

caractéristiques de l’ouvrage

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Territoires & Bois ■ Le bois dans les plaines de jeux et les zones de loisirs

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LA PLAINE DE JEUX DU PARC DE SPONTIN (YVOIR):

Le bois crée une aire de jeux

au cœur d’un site sensible

Jadis, l’été venu, les familles se précipitaient ici pour

profiter de la piscine en plein air. Le coût exorbitant

de sa mise aux normes et la baisse de fréquentation

ont conduit à la fermeture de cet équipement.

Tout prêt du château, dans un secteur protégé,

le bois a permis de réaliser une aire de jeux.

Sur le terrain de l’ancienne piscine, chère au cœur des

Spontinois, l’administration communale projette de réaliser

un parc. Avoisinant le château du village, au cœur d’un périmètre

sensible, la Commission des Monuments et Sites doit

donner un avis favorable.

En 1995, la commune sollicite l’architecte Stéphane Pestiaux

qui, en association avec l’architecte paysagiste Philippe Henry,

propose une réhabilitation du site en remblayant la piscine et

en créant un jardin à la française. Le projet, sophistiqué mais

ne cadrant pas avec l’arrière-plan du château, est refusé.

Ce n’est qu’en 2003 qu’un nouveau projet est proposé. Plus

simple, mûri avec les administrations concernées, il s’articule

autour de deux zones, séparées par un ruisseau. L’une est

dévolue à la promenade; l’autre abrite trois espaces de jeux,

une manière de s’adapter à toutes les tranches d’âge.

L’aire destinée aux enfants de 5 à 12 ans privilégie le bois. Elle

les invite à glisser, à se balancer, à grimper, à traverser… dans

un périmètre réduit. L’épicéa, traité en autoclave, a permis de

réaliser une telle structure, compacte et aux activités variées.

Dans ce site protégé, l’aire de jeux s’intègre avec finesse. Le

bois laissé de couleur naturelle, hormis les arêtes et quelques

éléments, se fond ainsi dans le parc et le paysage. ❖

Vue générale sur l’aire de jeux destinée aux enfants de 3 à 12 ans - Photo : © La Fibre Comm.


Aspects techniques

Aires de jeux, bois et sécurité

La réglementation en matière d’aires de jeux est extrêmement

stricte. Elle s’appuie sur des normes européennes en vigueur,

à l’exemple des normes NBN EN 1176 et 1177 liées aux risques

de coincement, d’étranglement et de chute.

Dans ce type de construction, le bois se révèle un matériau

particulièrement adapté et quelques consignes viennent parfaire

son utilisation. Abordons, sans rentrer dans le détail, les

quatre grands thèmes de sécurité à prendre en compte…

L’identification de l’aire de jeux

Sur chaque aire de jeux, le public doit trouver des panneaux avec

les coordonnées du propriétaire du jeu et les coordonnées des

services d’urgence.

Chaque jeu doit également mentionner le nom du fabricant et,

entre autres informations, la tranche d’âge à laquelle il se destine.

Le revêtement de sol

En fonction de la hauteur de chute, un revêtement de sol est

imposé. Pour une hauteur de chute maximale de 1 mètre, le gazon

ou le terreau naturel peuvent convenir.

Pour les hauteurs inférieures à 3 mètres, cas le plus courant, on

peut s’orienter vers des produits issus de la filière bois comme les

fragments d’écorce ou les copeaux de bois. On peut également

privilégier d’autres pistes comme le sable ou le gravier, à l’image

du gravier roulé utilisé à Spontin.

Année de construction: 2005

Durée des travaux: 1 mois pour les jeux en bois

Surface du parc: environ 3 100 m2 hors parking

Coût de la construction (HTVA): 15 800 € pour les 3 espaces de jeux

Maître d’ouvrage:

Administration communale d’Yvoir

Architecte:

Atelier d’Architecte Stéphane Pestiaux sprl

Tél. : +32 (0)82 61 31 63

E-mail : pestiaux.stephane@skynet.be

Architecte paysagiste:

Philippe Henry

Tél. : +32 (0)83 21 37 19

E-mail : info@phpaysagiste.be

Entreprises de construction:

Bois & Travaux s.a. (entreprise générale)

Tél. : +32 (0)84 24 58 58

E-mail : info@bois-travaux.be

TVB s.a. (lot bois)

Tél. : +32 (0)61 21 36 31

E-mail : info@tvb.be

caractéristiques de l’ouvrage

Le périmètre de sécurité

En fonction du type de jeu, des espaces de sécurité plus ou moins

grands devront être laissés, sans aucun obstacle.

Par exemple, il faut laisser 2 mètres vierges de tout écueil au bout

d’un toboggan. Pour un enfant qui grimpe à un jeu, il convient de

lui laisser 1 mètre de libre.

Le travail du bois

Pour le bois, une attention plus particulière doit porter sur les

assemblages. La boulonnerie doit être noyée dans le bois et porter

des capuchons de protection. Ces capuchons peuvent être

noyés dans le bois par souci de discrétion, ou peuvent être apparents

pour en faire des détails décoratifs.

Les surfaces foulées par les enfants doivent être antidérapantes.

Les planches sont donc rabotées mais suffisamment lisses pour

qu’il n’y ait aucun risque d’échardes.

Les jeux sont ancrés au sol grâce à des pattes métalliques prises dans des blocs de béton, que le gravier roulé recouvre - Photo : © La Fibre Comm.

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Prochaine parution

Le bois en milieu rural

La passerelle sur l’Our à Auel (Burg-Reuland) - Architectes: Leo Michaelis et Yves Weinand - Photo: © WFG

Pour retrouver d’autres bâtiments publics et privés

d’intérêt collectif où le bois s’illustre :

www.territoiresetbois.org

Document réalisé par Valbois RN.

Éditeur responsable : Nadine Godet ■ Rue de la Converserie, 44 ■ 6870 Saint-Hubert

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