Dimanche 25 septembre

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Dimanche 25 septembre

Dans ce numéro : GAULTIER-GARGUILLE, par MAURICE HAMEL

DIMANCHE ILLUSTRE

SEIZIEME ANNEE. —- N° 813.

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qu'il est au Nestlé il dort

et nous laisse dormir toute

la nuit ".

Les insomnies de Bébé, ses cris

pendant la nuit, sont une dure

épreuve pour les jeunes parents,

pour le père surtout qui a besoin

de repos et qui est moins

patient... Il faut savoir que bien

souvent cela est dû à de mauvaises

digestions, à une mauvaise

alimentation.

Si les Bébés Nestlé ont la réputation

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SEIZIEME ANNEE : N' 813 » »•

Itttiltmiii LE 25 SEPTEMBRE 1938 HiiiiiiiiiiiiiiHiiiiitliiiiiiiliiiiiiiMlilttiMHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiniiniMiilHiiii S MimiHHii m nu M trMHiiiniiii M Kiiiiin m un iiiiiiiimiiiiiiiHiniiitni

DIMANCHE ILLUSTRÉ

ENTRE NOUS

par CLÉMENT VAUTEL a

tous u les ce h no s...

REFLEXIONS

par FRANK CRANE

LE CROIRIEZ-VOUS ?

E Hoang-Ho, ou fleuve Jaune, dont les Chinois

L viennent de rompre les digues, ressemble à première

vue à un marais d'eau bourbeuse ; mais la rapidité

du courant démontre aussitôt l'erreur. Qu'on puise un

seau et qu'on le clarifie en y mettant de l'alun, le seau

s'emplit d'alluvions jusqu'au quart de sa hauteur. C'est

un vrai miracle qu'une pareille quantité de boue et

d'argile ! Jamais le Hoang-Ho n'a été clair un seul

jour. Les Chinois disent « qu'on ne le purifierait pas

en mille années » ; un de leurs dictons, c'est, lorsqu'ils

veulent parler de quelque chose d'absolument impossible

: « Cela se fera quand le Hoang-Ho sera clair. »

Sur plusieurs cartes chinoises, le cours de cette rivière

turbide, depuis ses sources, dans la mystérieuse région

des génies et des esprits fabuleux, jusqu'à son ancienne

embouchure dans la mer Jaune, est peint en jaune,

dans le but de désigner la couleur de ses eaux argileuses.

Il est certain qu'un fleuve pareil contribuera

puissamment à remplir de vases le golfe de Pé-Tchi-Li,

qui est le lieu de sa nouvelle embouchure ; il aidera

trop vite le Péi-Ho, ou Rivière du Nord, qui a déjà

déposé tant de tourbe et qui contrarie si fort la navigation

de Tsien-Tsin, le port de Pékin.

Qu'on imagine le puissant Danube cessant de couler

un jour devant Galatz, et son lit, devenant sec et

poussiéreux, parce que le grand fleuve, changeant de

cours, se sera creusé une route nouvelle à l'ouest des

Balkans et aura choisi l'Adriatique au lieu de la mer

Noire pour lieu de son embouchure ! Eh bien ! c'est là

ce qu'a fait le Hoang-Ho. Mais il faut ajouter que,

pour un pareil changement de front, le Danube aurait

à percer les montagnes et les plateaux du Carst, tandis

que le fleuve Jaune se livre à ses divagations dans

l'immense plaine d'alluvions qui a fini par rattacher les

monts du Chantoung au continent.

{Reproduction interdite. )

I

LE BON ET LE BEAU

A

XCELSIOR signale que, dans son

E discours retentissant de Nuremberg,

Hitler a employé plus de

quarante fois les vocables ich, mir

et autres expressions d'un éqoeentrisme

évidemment dénué de discrétion.

Il n'est pas étonnant que « je »,

« moi », etc., viennent si aisément

aux lèvres d'un homme qui exerce

un pouvoir personnel entre tous.

Plus encore que Louis XIV —

auquel ce mot a, d'ailleurs, été

faussement attribué — le Fiihrer

peut dire : « L'Etat, c'est moi. »

Pour un peu, il ajouterait même :

« Les autres Etats aussi. »

Mas les dictateurs ne sont pas

seuls à abuser de ce « moi » que

Pascal a déclaré haïssable.

De tous les mots de la langue

française, les plus employés, et par

tout le monde, sont « je », « moi »,

« mon », « mien », etc. Observez,

et vous constaterez qu'ils reviennent,

obstinément, dans la plupart

des phrases, v compris les vôtres.

Ayant perdu le fil de son discours,

un bavard demandait :

— Où en étais-je ? Qu'est-ce que

je disais donc ?

Et un de ses auditeurs, rosse

plutôt que secourable, lui répondit :

— Vous disiez : « Je... »

L'enfant, qui est très naturel,

parle de son « moi » avec plus

d'insistance encore que Maurice

Barrés à l'époque où il cultivait le

sien en dédaignant parfaitement

celui des autres. L'enfant pousse

même si loin ce personnalisme,

dont l'instinct de la propriété est

l'une des formes logiques, qu'il dira

pour revendiquer un de ses jouets :

— C'est mon mien à moi !

N DEMANDAIT RÉCEMMENT à l'un de nos plus illus-

Jusqu'à notre grammaire qui O tres académiciens quelle était la différence entre

donne au « je » et au « moi » la

priorité sur tous les autres pro- le bon et le beau ?

noms personnels.

Il réfléchit quelques secondes et :

Nous disons :

— Le bon a besoin de preuves ; le beau n' :.i

— Eux, vous et moi sommes, etc. demande point !

« Eux » et « moi » fussent-ils Ce que l'on trouve d'ailleurs... dans Fontenelle /j

cent mille... « Moi » ne fait que

semblant de s'effacer : en fait, il Rien de nouveau, en somme, sous le soleil acadé-

domine.

mique !

Primo mihi devrait être, et non

pas seulement en latin, le cri de

tous les cœurs... De tous ? Non

pas... L'amour maternel, par exemple,

n obéit pas à cette loi de

l'égoïsme, mais c'est sans doute

parce que, pour une mère, l'enfant

est encore elle-même : il lui reste

attaché par des liens que rien ne

eut couper. L'amour tout court,

Famitié sont des sentiments moins

désintéressés : le « toi » n'est, en

vérité, qu'un « moi » qui n'avoue

pas ou s'ignore... Et c est ce. qui

explique la jalousie, cette autre

manifestation de l'instinct de la

propriété.

Oui, il y a des dévouements sans

arrière-pensée égoïste, des modesties

qui font une consommation

minimum, sans artifices hypocrites,

du « je » et du « moi »... Mais

c'est presque de la sainteté. Nous

sommes à peu près tous des « moitrinaires

» et nous le cachons pas.

Le secret de l'art de plaire

est cependant d'oublier son

« moi » — ou de faire semblant

— pour écouter d'un ^©Jw**' / r^BH MBi*rantff'r' ^^^^^ ^iV^H

air très intéressé les au- ^r^r , ' . » ^^^^^// A> » A

blLertu^r X CefKMtjde vue cU Ccesùu&ywz

PREVISIONS POUR bon nulle part. Voyages scabreux. Accidents.

LA SEMAINE. — DI- 12 à 21, heures. — Influx contradictoires. Donc se

MANCHE. Oa 12 heures, méfier aujourd'hui « mardi ». Pas de dscussions en

— . ? our chronométrer famille, surtout. Le travail intellectuel seul profi-

1 arrivée dans ce monde du table. Pas d'invitations à dîner

futur Louis XIV on avait MERCREDI, 0 à 12 heures. — Saturne sème des

cache un astrologue près de obstacles partout, et nous attriste. Retardons toute

la chambre d'Anne d'Autri- initiative sérieuse

che. Mais on _ l'oublia... Jus- 12 à 2k heures. — Idem jusqu'à 18h. 30. A ce mo-

X» g qu au

E premier de tous les sentiments

devant les riches et qui ne méprise pas les pauvres ; L qu'éprouve l'être hamain, c'est

qui sait perdre sans gémir et gagner sans arrogance ; la peur.

qui est respectueux envers les femmes et les vieil- Voyez plutôt le tout petit enfant

lards, et aimable avec les enfants ; qui est trop fier sursauter dans son berceau, effraye

pour mentir, trop généreux pour tendre des pièges, par un bruit violent ou par une

trop vaillant pour être oisif ; qui jouit sagement de

lumière brusque et vive.

La peur, c'est l'instinct de conser-

la part des biens de ce monde qui lui revient et vation, l'instinct de vie sous une

qui laisse les autres jouir paisiblement de la leur. » forme aiguë

En faut-il des qualités pour avoir droit au titre La peur est nécessaire, la peur

de gentleman / Enfin ! ne décourageons personne. est haïssable, la peur doit être

Et essayez si le cœur vous en dit !

combattue. Ou plutôt réglée.

C'est la peur qui engendre le

courage. En effet, il n'y a pas de

mérite, pas de courage, à faire

face à un danger que 1 on ne voit

CAPACITÉ QUOTIDIENNE

pas, que l'on ne sent pas. Le vrai

courage, c'est celui qui fait vaincre

'IL EST DANGEREUX de trop boire, il est aussi fort la peur, la peur originelle et aveu-

S ennuyeux de s'abstenir à tort.

gle, celui qui découle de la raison

Un célèbre docteur américain, du California State et de la volonté, alors qu il voit

Hospital, a mis au point une méthode grâce à laquelle clairement ses sujets de craindre.

il peut déterminer exactement la contenance de On a dit que ni le soleil ni la

chaque personne.

mort ne se peuvent regarder en

Le praticien pratique une piqûre sous-cutanée qui

face. Mais l'homme arrive à être

provoque aussitôt des taches rouges. L'intensité des

le maître de l'horrible crainte que

notre nature éprouve quand nous

taches permet de constater la résistance du patient nous voyons à notre fin.

à l'intoxication alcoolique.

Et cela, non par insouciance ou

Ainsi, chaque personne peut être fixée sur sa bravade, mais par acceptation du

capacité quotidienne !

destin et par conscience d'une vie

L'alcool n'a plus qu'à bien se tenir!

qui fut ce qu'elle devait être.

Lorsque Bailly, en 1793, écrivain,

astronome fameux, devenu président

de la Constituante et maire

de Paris, puis accusé, arrêté,

LE DISQUE DE LA NATION

condamné, se trouva devant la guil-

PLUPART DES DISCOURS du chancelier Hitler à

lotine, les apprêts du supplice furent

très longs. Il tombait une pluie

Nuremberg ont été enregistrés sur disques. glaciale.

Et déjà l'on prépare, au service de la propagande — Ah ! tu trembles, Bailly ! lui

du Reich. un choix de phrases caractéristiques, qui cria un spectateur.

formeront un disque verso-recto, à l'usage des Alle- — Oui, mon ami, répondit le

mands de l'extérieur.

penseur, mais c'est de froid.

Moyennant une légère redevance, ils recevront ce A son propre corps, tressaillant

« disque de la nation », dans lequel le Fiihrer passe au vacarme de la bataille, Turenne

du ton badin et léger aux explosions verbales les

disait : « Tu trembles, carcasse !

Mais si tu savais où je vais te

plus hautes.

mener tout à l'heure, tu tremblerais

Ce qui fait que sous les Tropiques ou au Pôle, les bien davantage ! »

nazis peuvent avoir à portée de la main — et de Le mérite de l'homme, c'est

l'oreille •»— la voix de leur maître !

d'avoir su, si l'on peut dire, organiser

sa peur.

Mais la peur, devant un danger

immédiat, reste toujours brute et

instante. A chacun de nous d'ap-

DIS-MOI CE QUE TU BOIS...

prendre à la dominer, à ne pas la

GENTLEMAN

servir, mais à la faire servir.

N SAIT QU'A BERCHTESGADEN, M. Adolf Hitler a La peur cherche à nous étran-

N DIT SOUVENT de quelqu'un qu'il se conduit en O offert le thé à M. Neuville Chamberlain, pèlerin gler, au moment d'une crise, quand

O « gentleman ».

émouvant~de la paix.

tout dépend peut-être de notre

« Gentleman », expression vague, qui se rappro- Du thé ? C'était une attention à l'adresse du Pre- sang-froid et de notre décision. II

cherait de cette définition : se conduire en gentil- mier » britannique.

faut d'avance lui opposer son réactif

: le courage amené par la clairhomme,

ou. comme on le disait à la fin du XVII" Car le Fiihrer, qui est végétarien, par ailleurs, ne voyance.

siècle, en « honneste homme ».

prend que des tisanes, spécialement fabriquées et Dans la vie habituelle et calme,

En ce qui concerne le terme gentleman, une grande accommodées à son goût : une sorte d'odorante ver- il arrive aussi que la peur nous

revue anglaise donne cette définition :

veine.

étreigne ; elle trouble notre vue,

« Le gentleman est un homme propre à l'intérieur, Puisse ce breuvage apporter au chancelier ses elle obscurcit notre entendement,

comme propre à l'extérieur, qui ne s'humilie pas vertus calmantes.

elle fait vaciller nos nerfs.

Notre grand devoir, c'est d'être

le maître de la peur. On la connaît,

elle peut être là, tapie, elle n'a pas

à diriger. Qu'elle serve à allumer

■fr

le feu rouge de l'alarme quand il

est nécessaire. Mais les mesures à

prendre, le chemin à suivre, c'est

îIUiTtiii notre intelligence qui en décidera.

Et c'est notre courage qui exécutera

les décisions prises.

Si nous savons asservir notre

peur, l'obliger à n'être qu'un

chien de garde, nous serons

assez forts aussi

pour traverser la vie

en vainqueurs.

'opinion de

PREVISIONS POUR LA SEMAINE. bli. Temps

— Les perturbations atmosphériques assez beau

seront assez espacées, mais passeront après brouil-

assez près de la France. Le temps lards en fin de

sera donc variable avec alternatives nuit et au début

de conditions atmosphériques médio- de la matinée.

cres ou mauvaises, et de conditions Les brouillards:

assez clémentes. Ces perturbations seront très rares

passant assez près du Nord de la dans le Sud. le

moment ou cet homme de ment, meilleur esprit. Et chance ensuite pour les France, il en résultera que le temps le Sud - Est et la

MK g poids s écroula non sans bruit, démarches et sollicitations de faveurs. Soirée assez sera plus beau et plus ensoleillé dans Corse. Température en

' m avec le vieux fauteuil dans le- gaie.

le Midi, et surtout dans le Sud, le baisse.

quel il s'était endormi... Voyons ! JEUDI, 0 à 12 heures. — C'est une bonne petite Sud-Est et la Corse que dans le Nord. JEUDI. — Aggrava-

Cette matinée ne sera point sans période jusqu'à 11 heures. Assez bonne chance gé- DIMANCHE. — Temps brumeux tion dans le Nord-Ouest,

charme par Neptune rayonnant la nérale. Mais je crains plus d'un déjeuner tintamar- dans le Nord assez ensoleillé dans le l'Ouest- et le Nord. Vent

bienveillance. Chance sentimentale et resque...

Sud, Vent faible, sauf léger mistral du Sud-Ouest assez fort,

littéraire. 12 à 2k heures. — De 15 à 18 heures, la sagesse sur la vallée du Rhône, température surtout sur le littoral de

12 à 2k heures. — Chance générale jus-revient. Chance aussi en immobilières et choses de un peu fraîche, surtout dans le Nord. la Manche et de la Bretagne.

qu'à 17 heures. Mais un peu nerveux, la terre. Mais le dîner sera aerveux encore! Après l'Est et le Centre.

Tâmps assez clémejjt sur le

Soirée et nuit brutales. Que réserve ce 22 heures, fort aimable soirée...

LUNDI. — Vent d'Ouest prenant reste de la France.

violent Uranus ? VENDREDI, 0 à 12 heures. — Hello ! Jupiter, quelque force ; ciel très nuageux ou VENDREDI. — Pluies dans le

LUNDI, 0 à 12 heures. — Toujours cet in- nous te saluons et te remercions dès le réveil ! couvert dans l'Ouest et le Nord avec Nord-Est. l'Est et le Centre. Amé-

quiétant Uranus ! Cependant les oeuvres de Excellente humeur et chance générale jusqu'après quelques pluies. Assez beau temps lioration dans le Nord-Ouest et

l'esprit seront facilitées. 10 heures. Et le reste n'est point mauvaij. dans l'Est et le Sud.

l'Ouest. Temps encore assez clé-

12 à 2k heures. — Querelle et mauvaise foi 12 à 2k heures. — Relations très agréables, sauf MARDI. — Vent d'Ouest encore ment dans le Midi de la France

jusqu'à 15 heures. Puis période de grande chance en affaires, attention de 18 à 22 heures,

assez fort. Quelques pluies dans le et la Corse.

partout. Les chefs sont bienveillants. Après 18 h., SAMEDI, 0 à 12 heures. — Pas fameux ! Vénus- Nord, le Nord-Est, l'Est et le Centre. SAMEDI. — Nouvelles pluies dans

vive animation. Travail nocturne favorisé. Soleil sèment pessimisme et malchance.

Eclaircies assez belles sur les réqions le Nord-Ouest et l'Ouest : temps très

MARDI, 0 à 12 heures. — Halte-là ! Rien ne va 12 â 21t heures. — Chicanes. Après 16 heures, réa- Sud et Sud-Est.

nuageux sur le reste du territoire.

plus ! Uranus et Saturne... c'est trop ! Rien de gissons gaiement contre cette ambiance triste. — J.E. MERCREDI. — Vent d'Ouest affai- Température stationnaire.


UtltHHIIII 01 MANCHE-ILLUSTRE MHtlMMH» IIWIIHIIt*IIIIIHHWMtHI'liHttmtMlltHttt|BtlllWttMtWltM 'é% N*W«iHltltlll»mHIIIHIIMfMllitmfll«tllillHmilinillllinitltlllininHIHIIIIIMIIIII LE 25 SEPTEM BRE «MMM

NOS CONTES ACTION

L'EXTRAORDINAIRE AVENTURE DE FUTAÏNE-FUTIN

par ANDRÉ GUILLON

par ALIN MON JARDIN

UN CAMBRIOLAGE M

o ! Hé ! Père Cirage ! Ho !

Hé ! Père Cirage ! Ho ! Hé !

J'entendais de ma chambre

ces cris d'enfants. Suivi par

quelques galopins de la ville,

le père Cirage descendait la

rue clopin-clopant, son bâton

... . ^ «a marn. 11 allait sous

■■'es, et semblait impassible.

J'avais seize ans, l'âge où

l'on croit à la bonté humaine. Loin de rire,

je plaignais ce pauvre vieux qui, chaque

matin, passait élevant la maison de mes

parents. De haute taille, avec son grand

feutre, dont le bord cachait à moitié un

visage ravagé, ridé, éraillé, et des yeux

magnifiques, portant toujours, hiver comme

été, une vieille jaquette noire, toute lustrée,

il vendait, dans une petite boîte attachée

à son cou par une ficelle, des lacets et du

cirage. D'où son sobriquet : le père Cirage.

On le rencontrait hors de la ville, le

long des routes et des chemins creux. 11

allait, fier, la démarche saccadée, le buste

droit, rejeté en arrière à chaque pas. Si une

fille passait, galant, il la saluait d'un : « Bonjour,

ma jolie petite vierge ! » qui égayait

un instant d'un sourire sa face usée de vieux

faune et effrayait la belle enfant. Puis, très

correct, très digne, le père Cirage poursuivait

son chemin. Il avait un travers burlesque,

étonnant. Ce vieux, qui ne votait pas,

se passionnait pour la politique. Les gamins

le savaient. « Hein ! Père Cirage : vive

la République ! » criaient-ils sur son passage.

« Vive le roi ! Cochons ! » ripostait

le vieillard. Un type, vous dis-je, un type

étonnant que ce père Cirage, un type

comme on n'en fait plus. Un vieux vagabond,

certes, mais qui avait dû être bien

dans le temps. Un vagabond qui savait

lire, écrire et compter. Et mieux encore

On rapportait de ses mots : « Même après

les pleurs les plus sublimes, on finit toujours

par se moucher », disait-il, ou « Tu

me trouveras un peu bête ce matin, maître

Pierre — un imbécile bien connu — sort

d'ici ; nous avons échangé nos idées. » Ces

mots n'étaient pas de lui, mais du grand

poète Henri Heine, comme je le sus par .a

suite, pour les avoir retrouvés dans un petit

livre. Quand même, de les employer ainsi à

bon escient, ça lui faisait une réputation

d'homme d'esprit assez méritée.

Je vous ai dit que j'avais seize ans à

l'époque, et ce diable de père Cirage piquait

ma curiosité. Vous expliquer comment j'ai

fait sa connaissance, c est toute une autre

histoire, et cela nous entraînerait trop loin.

Sachez seulement qu une fois, plus disert

que de coutume, il en arriva à me confier

le lourd secret qui souvent barrait son front

■— Ecoute, petit, et rappelle-toi, dit-il,

ce que ça gâche la vie une faute de jeunesse

! On ne sait pas jusqu'où on peut se

laisser entraîner. Fils de famille, mon père

m'avait fait engager dans la flotte pour une

bêtise. J'étais donc marin, alors, marin de

l'Etat. Je te parle de plus de quarante ans.

Le torpilleur sur lequel je me trouvais embarqué

venait de rallier Cherbourg Nous

étions quatre à terre, avec la permission de

minuit en poche, quatre copains. Le Flosch,

un gars de Quimper, Charlet, un Montmartrois,

maigre et rusé, un tout jeune" gabier

et moi, Martin, car je m'appelais Martin

alors, moi, qui allais être libérable dans

deux jours. Nous nous en étions donné à

cœur joie. Nous étions jeunes, nous étions

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beaux, oui, beaux ! Il n'y paraît plus, hein !

dit-il en me montrant son visage à la chair

rougie, flasque et meurtrie par les ans.

Beaux ! Que de conquêtes rudement menées

à terre ! Si beaux que celle qui nous résistait

— bien sûr qu'il s'en trouvait! — le

regrettait ensuite. Donc, nous déambulions

par les rues. Nous chantions à tue-tête.

Nous venions, après force libations, de

traverser une place, et roulant presque sur

nous-mêmes, comme navires par gros temps,

nous pénétrâmes dans une ruelle proche et

sombre, pour éviter une patrouille. Je revois

encore le réverbère qui clignotait à l'entrée,

découpant son ombre sur un mur de jardin.

Nous étions ivres, mais l'ivresse n'a pas sur

chaque homme les mêmes effets. Le Flosch,

affreusement triste, pensait à sa Bretagne.

Charlet, le Montmartrois, était devenu méchant

et querelleur. Quant au jeune qabier,

c'était tout autre chose. Soudain silencieux,

nous écoutions sa chanson, une vieille chanson

qui lui revenait à l'âme, une chanson

dont l'air et les paroles faisaient mal dans

un tel lieu, après la bordée que nous avions

tirée toute la journée. Il chantait :

Il y a un' dame dans Bordeaux

Qu'est éprise d'un matelot.

— Ma servante, allez-moi quéri

Le matelot le plus joli.

— Beau matelot, mon bel ami,

Madame vous envoie quéri.

Montez là-haut, c'est au premier,

Collation vous y ferez.

La collation a duré

Trois jours, trois nuits sans décesser.

Mais au bout des trois jours passés,

Le matetot s'est ennuyé.

Le matelot s'est ennuyé

Par la fenêtre a regardé :

— Madam', donnez-moi mon congé,

Il fait beau temps, j' veux m'en aller.

» — Tu nous embêtes avec tes boniments,

cria le Montmartrois, rageur. Taistoi

donc. » Et, coupant la chanson qui

s'écrasa sur la dernière syllabe, il répéta :

« Tu nous embêtes. Y a pourtant un beau

coup à faire. » Ce disant, il regardait le

mur que nous longions. Derrière, un jardin

entourant une maison de rentiers, pleine de

quiétude et de bien-être.

» — Ça dort, là-dedans, dit-il. Puis : Vasy

donc, Martin.

» J'hésitai.

— Ah ! Il a peur !

» J'étais saoul, mais leste. Sans m'expliquer

pourquoi j'obéis à cet être qui

avait par son bagout quelque ascendant ;

d'un bond, je fus sur le mur. Puis, mon pas

grinça au gravier du jardin. La faible lueur

d'une veilleuse. Une fenêtre entr'ouverte.

Je me hissai, l'écartant brusquement des

deux mains, et regardai. Dans la chambre,

une femme veillait un mort. Elle m'aperçut,

poussa un grand cri et tomba raide au pied

du lit, les bras en croix. J'entendis la fuite

de mes camarades, des pas rapides sur le

pavé de la ruelle. Comment je me retrouvai

à bord le lendemain ? Je n'en sais rien. J'eus

la fièvre. J'entrai à l'infirmerie. Je délirais.

Je ne fus pas soupçonné, mais j appris par

les journaux que la femme était morte, morte

de peur, par ma faute, à côté de son mari

mort. J'en devins fou, car j'étais, je vous

assure, un honnête garçon. Vingt ans

d'asile ! Aorès, j'ai pris du travail, de village

en village. J'ai erré, ne me fixant nulle

part. Et me voici, guéri. On m'a bien

soigné ! Mais à quoi bon ! Je vis. Est-ce

vivre, cela ? Je ris parfois, comme les autres,

pour m'en faire accroire, mais j'aurai toujours

sur la conscience ce crime affreux,

ce cambriolage manqué.

ANDRÉ GUILLON.

PERSONNAGES :

FlITAINE-FuTIN,

ANDRÉ, son ami.

ANDRÉ (frés ému, entrant chez Futaine-

Futin). — Qu'est-ce je viens de lire dans

les journaux ? Toi, Futaine-Futin ! Toi qui

as hérité, l'année dernière, d'un million de

fortune !... Toi dont le nom est synonyme

de droiture, probité et charité, tu es accusé

d'être l'associé de gens ayant conçu la plus

colossale escroquerie du siècle 1...

FUTAINE-FUTIN. — Oui, mon vieux : celle

des zibelines bleues du Japon !

ANDRÉ. — On prétend que ces zibelines

n'existent pas et qu'il s'agit de vulgaires

peaux de lapin !

FUTAINE-FUTIN. — Un élevage en grand !

ANDRÉ- — L'élevage surtout des poires,

puisque ces zibelines bleues n'existent que

clans l'imagination des forbans qui ont conçu

cette affaire !

FUTAINE-FUTIN. — Et ces forbans, c'est

moi qui les ai commandités !

ANDRÉ. — Non !

FUTAJNE-FUTIN. — Si !

ANDRÉ. — Voyons, je ne rêve pas ! C'est

toi !

FUTAINE-FUTIN. — Oui, c'est moi qui ai

fourni les fonds pour permettre à des escrocs

de duper leurs contemporains...

ANDRÉ, — Ah ça ! tu étais fou !... Comment

cela a-t-il pu arriver ?

FUTAINE-FUTIN. — J'ai raconté mon histoire

aux magistrats : ils ne m'ont pas cru !

A ton tour, toi tu ne me crois pas !

ANDRÉ- — Moi, ton vieil ami de trente

ans !

FUTAINE-FUTIN. — Il n'y a pas d'amitié

qui tienne ! Il y a les faits... les faits irréfutables.

Je ne puis nier que j'ai aidé des

malfaiteurs !

ANDRÉ. — A la suite de quelles circonstances

?

FUTAINE-FUTIN. — A la suite de circonstances

extraordinaires !

ANDRÉ. — Oh ! raconte...

FUTAINE-FUTIN. — Si tu veux. En tout

cas, je te permets de douter de ma bonne

foi. Je t'accorde toute liberté de me considérer

comme un voleur, un être indélicat et

méritant les châtiments qu ont inventés les

hommes pour punir ceux qui font sortir

l'argent de la poche des honnêtes gens pour

le placer dans le coffre-fort des gredins.

Donc, voici les faits : il y a un an, j'héritai

d'un million. Un million de dollars... n'estce

pas ? Si ç'avait été en francs, ça n'aurait

pas fait une somme énorme, mais en

dollars...

ANDRÉ. — Evidemment !

FUTAINE-FUTIN. — Je fis immédiatement

mon devoir patriotique, je convertis en

francs mes dollars et du coup ça fit un tas

énorme de billets de banque. Je me dis :

Qu'est-ce que je vais faire de tout cet argent

? Tu as entendu des gens mille fois

clamer : « Si jamais je gagnais un gros lot

ou si je faisais un héritage, mon premier

soin serait de faire le bien ! »

ANDRÉ. — Et il ne le font jamais !

FUTAINE-FUTAIN. — Et ce qu'ils ont raison

! Fichtre, ce qu'ils ont raison ! Car c'est

à vouloir être bon, charitable, généreux que

j'en suis arrivé à être suspecté et à être

considéré comme la dernière des fripouilles !

ANDRÉ. — Si tu me prouves ça!

FUTAINE-FUTIN. — Oui. C'est très difficile

à prouver... Mais tu vas voir. Donner

mon argent aux œuvres de charité, faire

des dons anonymes, tout ça, à mes yeux,

c'était très bien, mais ce qui me parut mieux

encore, c'était d'être la Providence de quelqu'un,

être le bon génie qui, un beau jour,

aborde un mendiant claquant de froid et

de misère au coin d'une borne et de lui dire :

« J'ai de l'argent à n'en savoir que faire,

voici cent mille francs. Allez et prospérez ! »

ANDRÉ. — Et tu fus ce bon génie !

FUTAINE-FUTIN. — Je le fus cinq fois.

ANDRÉ. — Et cinq fois tu eus affaire à

des pauvres bougres qui firent avec ton

argent la pâle noce ou qui dissipèrent ta

galette aux courses-..

FUTAINE-FUTIN. — Pas du tout ! Tu as

une triste opinion de l'humanité, mon ami.

Je revis mes cinq mendiants, l'un après

l'autre, après un laps de temps plus ou

moins court, bien nippés, bien chaussés,

bien chapeautés et me remettant mes cent

mille francs en disant : « Cet argent nous

a porté bonheur. Il a été le levier dont nous

étions privés. Nous avons fait fortune.

Nous vous associons à notre entreprise.

C'est du cent pour cent que vous rapportera

votre prêt, car nous ne considérons vos

cent mille francs que comme un prêt et

non comme un don ! »

ANDRÉ. — Ça !...

FUTAINE-FUTIN. — Ça, c'est épatant,

n'est-ce pas ? Il y avait donc d'honnêtes

gens de par le monde et la charité me rapportait...

Ça me dégoûtait un peu de toucher

l'intérêt de mon argent, mais, au fond,

ça me faisait plaisir.

ANDRÉ. — Je comprends ça !...

FUTAINE-FUTIN. — Aussi un jour, quand,

au café, j'entendis un type d'une trentaine

d'années causer avec un de ses amis, s'écrier

en frappant sur la table : « Ah ! si j'avais

comme première mise de fonds seulement

cent mille francs, avant un an J'aurais mon

million... »

ANDRÉ. — Tu lui dis : « Voici les cent

mille francs ! »

FUTAINE-FUTIN. — Parbleu ! .. Que veuxtu

!... Je suis né bon ! Je lui offris donc ces

cent billets en ajoutant : « Vous savez,

s'ils sont perdus, ça m'est complètement

égal... » Mais l'autre se récria : « Perdus !

Vous allez fort, monsieur : non seulement

je ne veux pas les perdre, mais je tiens à

vous associer à l'entreprise dont je rêve

nuit et jour, une entreprise magnifique. » Et

il m'exposa en grand son affaire : les zibelines

bleues du Japon !

ANDRÉ. — Nous y voilà !

FUTAINE-FUTIN. — Nous y voilà ! 11 devait

faire venir des couples de zibelines du

Japon, les acclimater à Paris et vendre ensuite

leurs fourrures et les fourrures des

petits à des prix tellement rémunérateurs que

mon individu voyait déjà des Pélions d'écus

s'entasser sur des Ossas de billets de

banque !... Je le voyais tellement convaincu

de sa réussite, tellement heureux à l'idée

qu'il allait enfin réaliser son rêve que j'acceptai

de prêter mon nom à l'entreprise-..

ANDRÉ. — C'était une escroquerie !

FUTAINE-FUTIN. — Est-ce que je savais,

moi !... Est-ce que je connaissais le mot

d'Alexandre Dumas fils : « Les affaires, c'est

l'argent des autres » ? Est-ce que je n'avais

pas eu les merveilleux précédents de mes

cinq mendiants ayant réussi grâce à moi —

et m'apportant généreusement le fruit de

leur labeur ?... Est-ce que je pouvais me

douter que mon associé a été arrêté avanthier

et que mon nom s'étale dans tous les

journaux comme complice de cet escroc ?...

Par paquets, les souscriptions arrivaient !..•

Ah !... s'il avait eu l'idée seulement de faire

venir des zibelines bleues !'Mais non, c'était

un immense lapin qu'il posait aux gens Qui

envoyaient leur argent... Me voilà perdu,

déshonoré, parce que, ayant prêté mon nom

et mon argent, personne ne veut croire que

c'est par philanthropie que j'ai prêté 1 un

et l'autre ! Car tu penses bien que mes

cinq mendiants, n'est-ce pas, ne voudront

rien avoir de commun avec moi !... Et que,

ayant réussi, ils ne tiendront pas à ce que

l'on raconte dans les journaux qu'ils tendirent

la main, jadis, au coin d'une rue !..•

(M. Futaine-Futin n'acheva pas. La bonne

entrait, apportant cinq télégrammes.)

Ils étaient envoyés par les cinq personnes

que le millionnaire avait sorties de la misère...

D'un commun élan, ils étaient allés

trouver le juge d'instruction chargé d'enquêter

sur l'affaire des zibelines bleues et

avaient conté leur extraordinaire aventure..-

Et, quelques minutes après, arrivaient les

représentants des principaux journaux de

Paris venant entendre de la bouche même

de celui qu ils appelaient le généreux mécène

le récit de ses dons. La vérité était reconnue.

Et l'un des journalistes, bien en cour auprès

du gouvernement, laissait entendre que pour

réparer la gaffe du juge d'instruction ayant

douté de la parole de M. Futaine-Futin. ce

dernier recevrait à la prochaine promotion

le ruban de la Légion d'honneur.

Après le départ des journalistes, André,

rieur, se tourna vers son ami :

ANDRÉ. — Eh bien ! mon vieux, qu'en distu

?

FUTAINE-FUTAIN. — Mais que La Fontaine

fut un grand poète, lui dont j'appris ce vers

Nul bien sans mal, nul plaisir sans alarme !...

ALIN MONJARDIN.

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mtm.m. LE 25 SEPTEMBRE 1938 DIMANCHE-ILLUSTRE

Une curieuse scène de « l'Hôtel de Bourgogne », où apparaissent Gaultier-Garguille

Gros Guillaume et Turhipin. (D'après une ancienne estampe d'Abraham Bosse, à

'a Bibliothèque nationale.^

,as COMMENCERONS, si vous le voulez bien,

l'histoire de Gaultier-Garguille par un portrait

qui fixera, d'une manière précise, dans

^otre esprit, les traits physiques, pour le

moins surprenants, de cet étrange personnage.

Voici comment le dépeint un de ses

ontemporains :

« Efflanqué au possible, avec des jambes

interminables et un buste grêle, ce

uvlesque édifice était surmonté d'une

g. ^oouriffée dont la seule vue dilatait la rate.

Quand il parlait, et surtout quand il chantait, c'était un

véritable triomphe. Pas de front morose qu'il n'ait déridé,

pas de souci qu'il n'ait rendu plus léger. Comme disait

Richelieu, on sortait de son théâtre tout ragaillardi avec

des envies folles d'éclater de rire, sans savoir pourquoi.

Mais le rire est si bon... »

Mais d'où venait donc cet homme étonnant ? De quel

argile était-i! pétri ? Qui lui infusa cette verve généreuse,

qui lui mit dans les veines ce feu et lui inonda l'âme de

cette joie ensoleillée ?

On se perdit penjant longtemps en suppositions de toutes

sortes ; puis on finit par découvrir que Gaultier-Garguille,

qui avait pour prénom Hugues, s'appelait, en réalité,

Guéru. fils d'un sieur de Flechels et d'une dame Catherine

de Frische, et qu'il avait vu le jour vers 1573 ou 1574. Luimême

donna sur son compte ces précieux et curieux renseignements

: « Tu sauras, répondait-il à un ami, que la

Normandie m'enfanta, qu'en cette année, les pommes vinrent

en telle abondance qu'il y eut double automne, et qu'on

n'aporéhendait pas moins qu'un déluge de cidre. On vit, en

plusieurs endroits, des pierres, des arbres, des citrouilles et

des personnes qui n'avaient rien de plus que quarante ans-

Ce qui fut interprété par Nostradamus — qui vivait pour

lors — que ma naissance serait alors la mort de la mélancolie

et la production d'un homme qui aurait un souverain

remède contre le mal de rate. »

N effet, Gaultier-Garguille, d'un entrain débordant,

E d'une gaieté invraisemblable, se riait de tout ; et, dès sa

prime jeunesse, on le voit courant les cabarets, en compagnie

de joyeux lurons comme lui ; il fait des farces, on

lui en fait : il rit ; il provoque, en riant, les bandits de

grand chemin ; il se bat, au coin des ruelles... le rire aux

lèvres ! Cependant, une fois, une nuit, il faillit avoir peur

et mourir de terreur l Voici l'aventure qui lui était advenue.

Passant dans un village, il entendit parler d'une auberge

où il y avait — à en croire la rumeur publique —

des revenants qui étouffa'ient tous ceux qui avaient le

malheur d'y coucher. L'aubergiste, accusé de sorcellerie,

avait déjà failli être pendu haut et court...

Gaultier-Garguille, lui. eût affronté une légion de revenants

! Il eut la curiosité de vouloir passer une nuit dans

cette auberge, et dans la chambre sordide où s'étaient

déroulées tant de tragiques aventures. Il se munit de pistolets,

se coucha et ne tarda pas à tomber dans un profond

sommeil. A l'aube, un voyageur ouvrit par erreur la porte

de la chambre où reposait Gaultier-Garguille. Il recula

épouvanté. L'homme qu'il avait devant lui baignait dans son

sang. Le voyageur s'en fut réveiller l'aubergiste ; des garçons

de ferme, accourus au bruit, se précipitèrent à travers

les couloirs de l'étrange demeure et... on découvrit enfin l'auteur

de tout le mal. Une araignée, d'une grosseur monstrueuse,

appliquée sur le sein gauche de Gaultier-Garquille,

lui suçait le sang. Le futur comédien de l'Hôtel de Bourgogne,

sans se laisser impressionner par le spectacle dont

il était l'un des principaux personnages, courut à la cheminée,

et. s'armant des pincettes qui lui tombèrent sous la

main, il saisit l'animal et l'écrasa sous son talon. Cette

fois-là, Gaultier-Garguille n'avait point ri !

En dehors de cette curieuse aventure, toutes les conjonctures

de la vie le mettaient en joie. Il ne rêvait que chansons

et ripailles. Il était passé maître, au surplus, dans

l'art de mystifier ses contemporains. Voici une des farces

qu'il fit un jour à un brave homme auquel il avait demandé

de lui procurer une sorte de carrosse ou de coche (ce mode

de locomotion était alors fort peu usité) dans lequel, disaitil,

il voulait faire une assez longue promenade- Le cocher

prit place sur le siège, en avant du majestueux carrosse, et

Gaultier-Garguille s'installa confortablement à l'intérieur

du véhicule.

— Conduisez-moi, dit-il, à la Taverne du Soleil !

A l'instant où le carrosse était prêt d'arriver, Gaultier

s'aperçut qu'une croisée de la taverne était ouverte : adroit

comme un singe, léger comme une plume, il se hissa au faîte

de la voiture, d'où, avec la rapidité d'une flèche, il s'élança

dans la direction de l'établissement.

Le cocher, déjà fort étonné de ne point voir son voya-

geur descendre au lieu dit, ouvrit le carrosse et poussa un

cri de stupéfaction en constatant qu'il était vide !

Après avoir bien juré, bien tempêté, contre l'escroquerie

dont il venait d'être l'objet, il remonta sur son siège et,

fouettant ses chevaux, fit demi-tour. Mais Gaultier-Garguille

épiait l'instant où, en rebroussant chemin, le carrosse

se retrouverait en face de la même fenêtre, et, d'un bond,

il fut à nouveau dedans ! Alors, d'une voix impérative,

il cria au cocher qu'il s'était trompé et qu'il avait passé la

taverne ! Le cocher, cette fois tremblant de peur, reprit

le chemin qu'il avait déjà parcouru et s'arrêta derechef

devant la porte du cabaret ; mais lorsque, quelques instants

après, Gaultier-Garguille tira sa bourse : « A d'autres,

monsieur le Diable, s'écria le bonhomme complètement

ahuri. Gardez votre argent ! » Il fouetta ses chevaux

et s'en fut à toutes brides !

I\4AIS GAULTIER-GARGUILLE ne tarda point à se découvrir

sa véritable vocation : il était né comédien, il

avait un sens prodigieux du comique et de la farce. Dans

des rôles de vieillard ridicule et de barbon, il était impayable.

Il se couvrait le visage d'une calotte noire à aigrette

blanche et d'un masque à chevelure grise et barbe pointue.

D'énormes lunettes sans verre chevauchaient le nez pustuieùx...

en carton ! Le pourpoint et les chausses de frise

noire soulignaient les angles du corps maigre. Les bras

s'agitaient, en des manches de pourpre ratine de Florence

GAULTIER-GARGUILLE

d'après une estampe de Buret (Bibliothèque nationale)

et les pieds chaussés d'escarpins noirs se démenaient étrangement.

A la ceinture pendaient une dague inoffensive et

une gibecière-..

Gaultier-Garguille ne tarda point à devenir célèbre sur

les planches d'un théâtre fameux construit sur une partie

des terrains de l'ancien hôtel des ducs de Bourgogne, et

qui prit le nom de théâtre de l'hôtel de Bourgogne. Il y

joua, notamment, en la compagnie de deux autres farceurs

émérites surnommés Gros-Guillaume et Turlupin.

Le cardinal de Richelieu ayant entendu parler des trois

compères, à l'époque où ceux-ci divertissaient les écoliers

sur un petit théâtre ambulant, il se les attacha et en fit

les comédiens ordinaires de l'hôtel de Bourgogne. Ils y

remportèrent de véritables triomphes ; mais ces triomphes

alternaient avec des incidents parfois assez vifs, au cours

desquels Gaultier-Garguille faisait preuve, d'ailleurs, d'un

LES ROMANS DE LA VIE...

Une étrange figure

du XVII e siècle

GAULTIER-GARGUILLE

par MAURICE HAMEL

Sous les oripeaux du pitre, sous les allures singulières de

l'homme, Gaultier-Garguille cachait peut-être un comédien

de génie. Qui sait ? En tout cas, sa vie originale et décousue,

son talent primesautier, ses baroques aventures sont

demeurés fameux. Nous allons tenter de les faire revivre ici.

sang-froid remarquable et d'un non moins remarquable esprit

d'à-propos. En voici un exemple.

Les mousquetaires, les gardes du corps étaient autorisés

à entrer sans payer et le parterre en était rempli. Gaultier-

Garguille s'avisa un jour de faire connaître au public que

personne, désormais, ne pénétrerait dans l'enceinte du

théâtre sans avoir acquitté le montant de sa place ; la soldatesque,

indignée, força la porte de la salle, et ivre de

colère, s'enhardit jusqu'à pourchasser les comédiens auxquels

elle voulait infliger une sanguinaire punition ! Gaultier-Garguille

était déjà habillé en vieillard pour la pièce

qu'on allait jouer. Il se présenta sur le théâtre : « Eh !

messieurs, dit-il, en s'adressant aux perturbateurs, épargnez,

je vous en supplie, un vieillard de soixante-quinze

ans qui n'a plus que quelques jours à vivre ! »

Cette plaisanterie fit rire les mutins, et ce que n'auraient

peut-être pas fait les meilleures raisons calma leur

fureur.

Cependant, Gaultier-Garguille continuait de se livrer à

ses habituelles mystifications, et le cardinal de Richelieu

était aussi disposé à les tolérer que prompt à s'en réjouir.

Il avait dans sa troupe un certain abbé qui jouait supérieurement

de la basse de viole, mais qui était fort borné

et avait le crâne très étroit. Gaultier - Garguille, qui

avait eu à se plaindre de l'abbé, feignit de se réconcilier

avec lui pour mieux s'en moquer ensuite. Il le persuada

qu'il y avait urgence à profiter de l'estime que Son Eminence

avait pour lui en lui demandant l'abbaye de Crâne-

Etroit dont le titulaire venait, lui avait-on dit, de mourir.

Après beaucoup de remerciements et de protestations,

l'abbé vole chez le ministre et lui demande YAbbaue de

Crâne-Etroit. Le cardinal qui. dans ce moment, se doute

que cet homme n'avait pu lui être envoyé que par Gaultier-

Garguille, fait un effort pour conserver son sérieux, et

répond au visiteur : « Oui da, monsieur l'abbé, je vous

accorde avec plaisir l'abbaye de Crâne-Etroit et je ne

doute point que vous ne la conserviez le reste de vos

jours ! »

Alors, l'abbé, comblé d'aise, ne perd point de temps, et

va du même pas chez le secrétaire du ministre, homme très

grave et qui n'aimait point les fariboles. U toise l'abbé

de la tête aux pieds, et lui dit de l'air le plus méprisant :

— Que diable, venez - vous me lanterner avec votre

abbaye de Crâne-Etroit ? Apprenez, monsieur le visionnaire,

que cette abbaye ne susbsisté' que sur votre front et laissezmoi

en paix ! »

D IEN n'était plus curieux que ce théâtre de l'hôtel de

Bourgogne, dont les comédiens devaient ouvrir les

portes à une heure de l'après-midi et commencer la représentation

à deux heures, « soit, disait l'ordonnance de

police, qu'il y eût du monde ou qu'il n'y en eût pas, et

de les clore à 4 heures et demie du soir en hiver ». Il y

était défendu d'exiger plus de 5 sous pour les places du

parterre, et plus de 10 sous pour les galeries ; néanmoins,

lorsque les pièces nouvelles avaient occasionné des frais

extraordinaires, le lieutenant civil du Châtelet déterminait

l'augmentation qui devait avoir lieu sur le prix des entrées.

C'est sur ce théâtre que Gaultier-Garguille, Gros-Guillaume,

Turlupin, farceurs homériques, amusèrent tout Paris

pendant un demi-siècle ; ils furent même, on peut le dire,

les maîtres de Molière ; le grand auteur et comédien,

lorsqu'il était à peine âgé de huit ans, était conduit par

son grand-père maternel à l'hôtel de Bourgogne, et la tradition

rapporte qu'il prenait un plaisir extrême à entendre

les lazzi des trois compagnons. Il devait se souvenir de

leurs spirituelles bouffonneries...

La mort de Gaultier-Garguille est fort curieuse et profondément

émouvante. Gros Guillaume, son fidèle ami, qui

jouait à visage découvert, eut la hardiesse de contrefaire

un magistrat à qui une certaine grimace était familière, et

il le contrefit trop bien, car il fut décrété lui et ses compagnons.

Ceux-ci prirent la fuite ; mais Gros Guillaume fut

arrêté et mis dans un cachot : le saisissement qu'il en eut

lui causa la mort ; et la douleur que Gaultier-Garguille en

ressentit l'emporta dans la même semaine, en 1633.

I A veuve de Gaultier-Garguille conçut à son tour, du décès

*~" de son mari, une immense douleur... Mais son affliction

ne fut que de courte durée, car — bien qu'elle eût

du comédien deux enfants — elle se remaria quelques semaines

après avec un gentilhomme normand.

MAURICE HAMEL.


iinumtM Dl Al A !NC**i*iii*iiiiiHiii*iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiMi»iiiiiiiiiiniiii 6 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiitRiiiifiiiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiiiiiiitMiiiniiiiiiiiiii LE 25 SEPXEM BR.E 1938 IHWMH

LA SUITE AU PROCHAIN NUMÉRO

■— Alors ? fit Marius.

— Et toi qui es assez bête pour

te laisser barboter la valise à Victoria

? Nous pouvons en parler. Ce

n'est pas le moment de nous attraper.

Il faut agir tout de suite.

Solange va préparer une valise :

les costumes de bonne sœur pour

elle et moi, celui de l'officier aviateur

pour toi. Il faut faire vite.

Cortefontaine l'entendit sortir et

refermer la porte. D'après ce qu'il

avait compris, Solange était restée

dans la chambre. Il l'entendait remuer

des tiroirs et s'affairer. « Si

je descends, pensa le commissaire,

elle donnera l'alarme. Emboîté

comme je le suis, je vais faire un

chahut de tous les diables en descendant

de la penderie. Bob Lantern

et O'Brien doivent garder la

maison ; je ne peux guère espérer

qu'en eux et aller les rejoindre dès

que la bande aura pris la fuite. »

Comme la penderie se trouvait

placée près de la fenêtre, il entendit

le moteur de la grosse voiture-

« Si Miele est intelligent, pensat-il,

nous pouvons peut-être gagner

la partie. »

À ce moment, Marius entra dans

la chambre.

— Allez vite ! Passe-moi la valise

et prends le Mauser. Bon...

Et les chargeurs ? Où sont-ils ?...

Là, dans le tiroir ? Tu aurais pu y

penser.

Ils sortirent tous les deux. Marius

donna un tour de clef à la

porte de la chambre. Alors Cortefontaine

descendit de son poste

d'observation, le plus doucement

qu'il put. Ce fut laborieux et il en

était malade de rage. Ses jambes

engourdies étaient molles comme

de la laine- Il ne pouvait tenir debout.

Avant d'avoir pu esquisser

un geste utile il entendit la voiture

qui démarrait. Alors il se

traîna vers la fenêtre. Il parvint

enfin à l'ouvrir et tira un coup de

pistolet en l'air pour alerter

O'Brien.

Pendant deux ou trois minutes

il se frictionna la jambe et quand

il eut retrouvé l'usage de ses

membres il sauta par la fenêtre

et courut comme un fou à la porte

de la villa. C'est alors qu'il perçut,

assez loin dans la direction de la

route, le crépitement des coups de

revolvers : ceux d'O'Brien qui ne

possédaient pas de « silencieux ».

Cortefontaine, abandonnant la

villa, cette fois déserte, courut résolument

dans la direction de la

bataille. Il était midi.

Elle apparut soudain à ses yeux,

anormale, inexplicable, presque ridicule

dans ce paysage paisible et

luxueux. Des gens fuyaient, assez

loin vers les dunes. Au milieu de

la route, la grande Rolls était arrêtée

comme un navire échoué :

deux pneus, sans doute avaient

éclaté. On ne voyait ni O'Brien,

ni Bob, ni les inspecteurs de Bruges

qui avaient été placés dans les

dunes, en prévision d'un événement

à peu près semblable à celui qui

surgissait sur cette route à cette

heure assez animée

A sept ou huit cents mètres de

la Rolls, trois ou quatre autos, qui

venaient de Blankenberghe étaient

arrêtées. Quatre ou cinq individus

étaient groupés autour. Enfin, une

voiture tourna sur la route et reprit

la direction d'où elle venait, en augmentant

rapidement sa vitesse.

« Ils vont alerter les gendarmes

», pensa Cortefontaine.

Il se trouvait maintenant à trois

cents mètres de la Rolls, toujours

isolée et en panne au bord de la

route.

Il s'avança en prenant des précautions

le long de la route du

côté de la mer pour essayer d'atteindre

un -ancien abri bétonné,

vestige de l'occupation des Allemands.

Il atteignit l'abri et pénétra sous

là porte basse. Le réduit était occupé

par deux., hommes qui en

soignaient un troisième étendu,

blessé, sur le sol sableux : c'était

Miele Vermeulen.

— Que s'est-il passé ? demanda

Cortefontaine.

— Nous leur avons crevé trois

pneus. Ils sont encore dans la voiture

: les deux femmes tirent comme

des enragées. Les qendarmes

sont dans la dune. O'Brien voudrait

les prendre vivants- Il est,

lui aussi, blessé à la main, mais

légèrement. Quant à ce pauvre

vieux, il n'y a plus d'espoir... Je

lui ai fait un pansement sommaire

avec sa chemise... On est allé chercher

un médecin.

— Où est O'Brien ?

■— Suivez la dune, en vous défilant,

car les deux femmes tirent

sur tout ce qui bouge. A deux cents

mètres d'ici, vous trouverez

O'Brien, Lantern et trois ou quatre

LE TUEUR N° 2

Roman policier par Pierre MAC ORLAN

gendarmes à plat ventre dans le

sable. La voiture est encerclée.

Ils ne peuvent fuir. Dans un moment,

la police de Bruges sera ici.

O'Brien ne veut pas brusquer les

choses et sacrifier ses compagnons.

Le dos courbé, utilisant tous les

détails du terrain, Cortefontaine

arriva devant le petit groupe formé

par O'Brien et les gendarmes.

— Couchez-vous, vieux.

O'Brien fit un geste impérieux

de la main. Cortefontaine se jeta

à plat ventre. Deux ou trois balles

passèrent en miaulant au-dessus de

sa tête.

— Il faut en finir, fit O'Brien.

Il tira un chargeur dans la direction

de la Rolls, sans trop viser.

Alors la porte de la voiture

s'ouvrit et Gertrude Gai apparut

au milieu de la route. Sa silhouette

élancée et robuste se découpait

bien dans le paysage du plat pays.

Elle tenait à la main un parabellum

qu'elle jeta sur le bitume. Puis

en brandissant un petit pistolet de

poche, elle s'avança seule dans la

direction des policiers et des gendarmes,

attentifs comme des lapins,

derrière les touffes d'oyats.

— Tas de canailles, hurla la

jeune femme. C'est moi le tueur

numéro 2 et vous ne m'aurez pas

vivante. Vous ne saurez rien, entendez-vous,

rien-..

Elle ricanait, svelte et puissante :

une vraie coquine, mais lui ne

manquait pas d'une certaine grandeur.

O'Brien se leva et fit un bond

en avant, le revolver au poing.

Gertrude Gai baissa le bras et

tira.

— Damn'd, dit O'Brien. je suis

encore touché, mais ce n'est rien.

Il cria :

— Allez, vous autres... tous ensemble

!

Gertrude Gai se retourna, vit

les gendarmes qui, pistolet au

poing, s'approchaient d'elle.

Alors, Gertrude Gai mit le canon

de son pistolet, entre une mèche

de ses cheveux fous, contre sa

tempe droite. Elle appuya sur la

gâchette, demeura une seconde ou

deux toute droite, tomba à genoux

et resta immobile dans cette position.

— Elle est morte ! fit O'Brien-

Les gendarmes et Cortefontaine

pénétrèrent dans la voiture. Ils y

trouvèrent les corps de Solange et

de Marius à peu près assis, l'un

sur la banquette arrière et l'autre

^devant son volant. Marius tenait

encore le Mauser dont il s'était

servi.

Les trois corps furent hissés dans

une camionnette qui appartenait à

un voisin de Barnabé.

Celui-ci, immobile au bord de la

route déjà encombrée par les

curieux, ressemblait à un vieux

corbeau mal coiffé d'un chapeau

trop grand.

L'aventure de la malle de Knocke

n'était point close par la mort de

celle que les journaux appelaient,

sans la connaître : le Tueur numéro

2. Il y eut de belles pages

écrites sur ce sujet pathétique et

brutal qui ne paraissait pas surprenant.

Chaque matin, les journaux

étaient remplis d'images qui

glorifiaient par trop de complaisance

les crimes les plus inusités.

Les gens vivaient, d'ailleurs, en

acceptant, sinon très bien, mais du

moins avec résignation, les signes

avant-coureurs d'une époque de

meurtres et de cataclysmes déchaînés

par une folie passagère de

l'humanité.

La mort de la fille que l'on continuait

d'appeler le Tueur numéro 2

suscita d'étranges excès de lyrisme.

Elle avait joué le jeu jusqu'au bout

avec cœur : cela apportait une

sorte d'absolutipn à ses forfaits qui

étaient ceux d'une terrifiante crapule.

Le corps de Gertrude Gai avait

été transporté à Bruges. Cependant

l'enquête d'O'Brien et celles

de Cortefontaine n'étaient point

achevées.

Les restes de la femme de la

valise de Victoria étaient bien ceux

de la fille Gerboise, comme le

corps enfermé dans la malle de la

Villa des Mouettes était bien celui

de la maîtresse de Paulo Cecchi

: miss Joan Burlington. Le

hasard qui avait « chanstiqué ».

comme disait Cortefontaine, l'ordre

logique des emplacements où au

raient dû se trouver les deux macabres

colis, n'avait point révélé le

secret de sa désastreuse fantaisie.

Le commissaire était rentré en

France. Il espérait trouver la solu

tion de l'énigme à Marseille et à

Paris. Il revenait insensiblement

à l'hypothèse d'un Paulo Cecchi

associé à la bande de Gertrude

Gai. Pour lui, Gertrude s'était servie

de Cecchi comme d'un complice

de deuxième plan. Et l'infortunée

]oan Burlington avait été

tuée parce qu'elle savait la vérité

sur le premier meurtre : celui

d'Anne-Mariè Gerboise.

Gertrude Gai, qui était une fem

me d'une autorité et d'une énergie

incontestables, devait avoir assumé

la tâche de faire disparaître le

corps de Joan Burlington- Cette

version n'expliquait pas la découverte

de la valise sanglante dans la

consigne de Victoria Station. Mais

Cortefontaine estimait qu'il suivait

la bonne piste et que, petit à petit,

il parviendrait à donner de la lumière

dans les détails obscurs de

sa théorie.

O'Brien, remis de ses blessures

insignifiantes, mais la main encore

bandée dans un pansement, avait

pris avec Bob Lantern, à Zeebrugge,

le bateau pour rejoindre

l'Angleterre. Le détective comptait

retrouver, à Londres ou à Brighton,

Jimmy Crab, son lieutenant,

qu'il avait chargé de poursuivre

l'enquête pendant les quelques jours

qu'il avait vécus en Flandres.

Il retrouva Jimmy Crab à Soho.

La mauvaise réputation de Paulo

Cecchi paraissait parfaitement établie.

Rien ne prouvait qu'il fût

affilié à une bande de gangsters

français dont Gertrude Gai eût été

le capitaine.

— Oh bloody rot ! En voilà des

embêtements ! fit O'Brien. Je suis

las et je voudrais bien prendre

quelques jours de congé.

M. Bertie O'Brien ne savait pas

encore que le hasard, en ce moment,

travaillait pour lui et qu'à

Brighton la déposition d'un tout

petit gosse, à la fois pleurnichard

et effronté, allait apporter la solution

du problème qui lui promettait

encore quelques nuits sans sommeil-

Par habitude, il fit le tour des

boîtes de Soho. Crabs l'accompagnait.

Au restaurant italien du

Maltais, ils rencontrèrent quelques

clients qui se hâtèrent de disparaître

sans plus de formalités. Ce

n'était que du menu fretin. Plusieurs

filles, correctement vêtues,

surveillaient la rue sans en avoir

l'air. Une jeune homme anormalement

barbu, le torse moulé dans

une chemise russe, jouait du banjo.

C'était un artiste sans doute ou

quelque chose dans ce genre, un

genre que les deux policiers n'appréciaient

point.

En contemplant cette agitation

stérile mais paisible, O'Brien pensait

que la vie était vraiment pleine

de ruses et de drames et que rien

de ce qui paraissait stérile et paisible,.à

ses yeux ne l'était en réalité.

Il suffisait d'associer tous ces

éléments, dénués de pittoresque,

d'une certaine manière, en tenant

compte de l'heure et du décor,

pour composer un petit drame de

police d'une valeur authentique.

O'Brien soupira :

— Nous ne toucherons jamais

la fin du doigt. Il n'y a jamais

de fin. Il n'y a que dans les romans

à six pence qu'on trouve une fin

quelconque.

A

BRIGHTON, le cpnstable

Lawrens, casqué de blanc,

se morfondait sous un soleil

impitoyable à l'angle de Kemp

street et de Trafalgar street. Peu

de monde dans ces rues ouvrières :

les femmes préparaient le déjeuner

et les hommes travaillaient dans

leurs bureaux ou leurs usines. Le

constable Lawrens contemplait la

rue vide et quelques enfants qui

jouaient à certaine chose dans le

genre du cricket sur le trottoir de

Kemp street.

Ils étaient quatre gosses coiffés

de casquettes de laine lie de vin

qui leur emboîtaient bien le crâne.

Celui qui gardait le guichet et

tenait la batte était un petit bonhomme

brun aux cheveux frisés, à

\

la figure intelligente. Le constable

Lawrens s'intéressa à la partie pendant

une dizaine de minutes. Puis

les enfants se dispersèrent ; il ne

resta sur le trottoir que le jeune

frisé qui sautillait d'un pied sur

l'autre en essayant d'envoyer sa

balle dans une fenêtre ouverte, probablement

celle du logement de

ses parents.

Le policeman s'approcha du gamin

pour lui adresser une paternelle

remontrance. Le petit garçon

remit sa balle dans sa poche. Il

regarda le géant en uniforme bleu

en se grattant la tête et finit par

lui poser cette question : . _ .

— A-t-on trouvé, sir, l'assassin

de la Blackman street ?

— Oui, mais par tous les diables,

Jimmy — l'enfant s'appelait Jimmy

— je me demande ce que cela peut

bien te faire ?

— C'est pace que... répondit

l'enfant.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

— C'est parce que, il y a quelques

jours, tenez, la veille de la

découverte de la valise de Victoria

Station, j'ai vu un homme qui est

entré dans le garage de M. Cecchi...

C'était la nuit, je ne dormais pas

et j'ai très bien vu ce qui se passait

par ma fenêtre d'où l'on aperçoit

la porte du garage. Devant le

trottoir, il y avait une camionnette.

— Pourquoi n'as-tu rien dit ?

— Parce que mes parents m'ont

commandé de ne pas me mêler de

ce qui ne me regardait pas. Ils

disent que je mens comme je respire.

Mais cette fois, sir, je dis

la vérité...

Le constable Lawrens entraîna

l'enfant jusqu'au poste de police,

après avoir laissé un mot chez une

voisine afin de prévenir la mère

du petit et calmer son inquiétude.

Il la priait, d'ailleurs, de venir chercher

son fils à la station de police,

car il était important de prendre

par écrit sa déclaration.

Le jeune Jimmy Lewis était assez

fier du tour que prenaient les événements.

Il marchait crânement à

côté du policeman et paraissait très

sûr de soi. Au poste de police, son

arrivée fit sensation. On le complimenta

d'abord sur sa bonne résolution,

puis on lui laissa entrevoir

quelques perspectives de châtiments

cuisants dans le cas où il aurait

eu la fantaisie de se payer la tête

de la justice, afin de se rendre intérssant,

par exemple.

L'enfant dit : « Je le jure sur

la foi du serment », ce qui fit rire

tout le monde. Mais le petit bonhomme

éxpliqua très nettement ce

qu'il voulait dire et sa déposition

fut à peu près recueillie dans ces

termes :

Le jeune Jimmy Lewis, fils de

Jonathan Lewis, ouvrier tailleur, et

de Sarah Lion, sans profession,

avait, aperçu dans la nuit du 2 au

3 juin un individu petit de taille,

dont il n'avait pas vu le visage ;

cet individu était descendu d'une

camionnette arrêtée au bord du

trottoir. Après avoir regardé soigneusement

autour de soi, l'inconnu

était entré dans le garaqe de Paulo

Cecchi. Jimmy Lewis affirmait connaître

ce dernier qui était barman

dans un thé-restaurant de la plage.

Paulo Cecchi lui avait déjà donné

de l'argent pour lui acheter des

cigarettes, particulièrement un jour

où il transportait une malle noire

dans une voiture à bras. L'enfant

n'avait pas été surpris par les gestes

de l'homme à la camionnette. Il

s'était recouché, avait entendu, un

quart d'heure^ plus tard, le bruit du

moteur que l'on remettait en marche.

Il ne se souvient pas de l'homme,

mais il se rappelle très bien

que la camionnette était une « antique

bagnole » dont la roue de secours

était attachée le long du

capot par des courroies d'étoffe

tressée qui ressemblaient à des

ceinturons de soldat. Ce détail

l'avait intéressé parce qu'il lui

semblait que la roue était mal arrimée

et qu'elle pouvait se perdre

facilement. Un autre détail lui revenait

à la mémoire : la camionnette

était bâchée mais la bâche

avait été rapiécée sur le côté près

de l'avant : la pièce ainsi ajustée

était carrée, mais cousue de travers.

Munis de ces renseignements, les

policiers remirent le jeune Jimmy

entre les mains de sa mère, fort

inquiète. Ils ne se privèrent. pas

de dire à cette excellente dame

tout ce qu'ils pouvaient penser,

professionnellement, de sa pru-

Gertrude Gai abaissa le bras et tira

dence et de son goût pour la tranquillité.

U ne fut rien communiqué à la

presse de la déposition eu petit

Lewis. Et l'on recommanda même

à l'enfant et à ses parents de demeurer

muets, sous peine d'un tas

d'ennuis, au sujet de cette entrevue

avec la police. Ceux-ci, à peu près

terrorisés, promirent de se taire et

tinrent parole.

M. Bertie O'Brien, qui philosophait

pour passer ses soirées avec

Crab dans les « pubs » et les cafés

de Soho. apprit cette nouvelle, ce

« rebondissement » de l'affaire

Cecchi, comme il se trouvait au

Yard, le soir même de la déposition

du jeune Lewis.

U prit une voiture, dans la cour

de la maison mère, et se fit conduire

à Brighton cù il lut e rapport

du moutard. Il alla m me à

son domicile et bav:rda un peu

avec le petit, mis en confiance par

un ballon de football absolument

neuf, d'un cuir tendre et qras à

damner un saint, naturl'ement

ayant quelques connaissances de

ce que peut valoir un balbn d'association.

Le soir même, il rentrait à Londres,

passait comme un crup de

vent dans les couloirs sombres de

Scotland Yard, réunissait ses

confrères dans un « pub » du

Strand à sa dévotion et les envoyait

: Jimmy Crab dans lo Mile

End, Bob, dans Soho, et Tom-le-

Beau-Sujet. sur les rives enchanteresses

de la Tamise, dans le district

de Poplar.

M. Penny-a-Liar pénétri dans

Fleet-street et de là dans Bouverie-street.

C'était un dimanche. Le

quartier des grands journaux londoniens

était mort Une tranquillité

sournoise et triste transformait

le paysage. M. Penny-a-Liar se

sentait transformé, lui aussi, par

une sorte de rage impuissante contre

la paix dominicale et ses conséquences.

Il avait faim, il avait soif.

Il visita plusieurs journaux, mais

sans espoir d'v rencontrer un ami.

Çà et là, perdu dans l'enfilade des

immenses bureaux vides, un journaliste

de garde attendait en fumant

des cigarettes devant un

verre de soda et un téléphone silencieux.

M. Penny-a-Liar, après avoir

vainement tenté, d'étage ë-> étage,

la chance de trouver un» âme assez

charitable pour lui « prêter »

quelques shillings, redescendit dans

la rue. Il savait que le « pub » de

Temple Inn était fermé également.

Les joues creuses et le ventre aussi

plat qu'une cornemuse crevée, il se

dirigea, à pied, machinalement,

vers Whitechapel dans l'espoir de

rencontrer son ami Philirj Monk,

le seul être susceptible, dans cette

immense paix décourageante, de lui

avancer quelques pièces.

Il fallait tout d'abord rencontrer

M. Philip Monk. Tout en marchant,

M. Penny-a-Liar se reprochait

sans ménagement sa négligence

: « Incorrigible crétin,

filandreux nonchalant, ton insouciance

épaisse va te jouer ui tour.

Et ce sera mérité. Tu iras te coucher

sans boire et sans sommeil

à faire l'inventaire des boutiaues

de charcuterie. Non, cochon ! Non,


LE 25 SEPTEMBRE 1938 âiiiiiiiiiiiiiiiiitHiiitiHgimHii*iiii)iiiiiiiiiiiiiiHiiii«Hiiiiiiiiiiiii(iiiiiiiiiiiiiiiiiiiia g* uiiiitiiiiiiiiiitiniiiiirifiiiiiiii(iiit«>Miitiiiiiii(iiiiiiiiiiiiiii*iiiiiiiiiM


DIMANCHE=ILLUSTRE

DRAME ET AVENTURE

JRESIIME. FAISANT SEMBLANT DE CROl

"RE L'HISTOIRE. DE MARGUERÎTE- DARRON,

SPENCER LA LAISSE EN UBERTÉ.JL LA FAIT ^

SUIVRE CEPENDANT.. LE DETECTIVE'EST TRES|

EMBARRASSE CAR L'OPINION PUBLIQUE RE

CLAME AVEC FORCE L'ARRESTATION

DES COUPABLES DE L'ATTAQUE

DUNE GRANDE BANQUE...

PENDANT CE TEMPS.DANS LE BUREAU

DE SPENCER...

/LVÎNGT QUATRE,

HEURES POUR RE-

! SOUDRE CETTE AFi

FAIRE ET PAS LA

; MOINDRE BONNE

pisiE !

L >

% _FUEN QU'UN-

TÉMOIN oui

MENT ET CET

ANDERSON QUI

NE VEUT PAS

PARLER.!

1

Copyright par Agence Française de Presse.

DDÉAL-BOULE

^TU SAIS LUCIFER, JE CROIS QUE SPENCER

EST TOMBÉ DANS LE PANNEAU !.. j'Ai f

CHARGÉ ANDERSON

TANT QUE j AI PU,

COMME ÇA NOUS SE-

RONS TRANQUILLES

UN MOMENT...LE JOUR

DE SON JUGEMENT

JE TÉMOiGNERAi CON.

TRE LUI'

f/_TU AS&iËN MANOEU-

VRÉ. MARGOT, MAÏS

J AIMERAIS BIEN

QUITTER LES PARA-

GES...ENFiN NOUS

ATTENDRONS jUS-

,.QUAU jUGEMENT!

.VOUS VOÎLÀ &LADINE ! DOU VE-

NEZ VOUS ? JE VOUS Ai ENVOYÉ

IL Y A DEUX J*OURS À LA RECHER-

CHE DE NOUVELLES ET TOUT CE

QUE VOUS M'AVEZ ADRESSÉ CE

SONT DES NOTES DHOTELS ET

RESTAURANTS !!

_VO|LA DEUX|

HEURES QUE

VOUS CHERCHEZj

QUEL RAPPORT

VOYEZ-VOUS EN

TRE LATTAQUE

DE LA BANQUE

ET LUCIFER 5

JE NE SAIS

PASÎC'EST

POURQUOI

JE CHER-

CHERONS!

LISEZ CET

ARTiCLE

UNE HEURE PLUS TARD..

.INUTILE DE CONTINUER NOS

RECHERCHES CAR j AI ÀCQUiS

LA CERTiTUDE QUE LUCiFER

ESTTOUJOURS EN VIE ET QUE

LUi ET LE -BANDIT QUE NOUS

~ RECHERCHONS

-ALORS QUEJDE- NE FONT QUUN.

DUiSEZ VOUS

DE TOUT CELA?

_5AIS- TU 1 . JE VAiS PREN

DRE UN TAS DE PHOTOS

DE TOI QUAND TU MAR-

CHES,

-MAIS C EST

MA FEMME

RAVIVE LES COULEURS

FAN ÉES

BICOT.DPé

UNE BELLE xJOi

PAR BRANNER —_

mmm

-ON LA CONNAIT

VIENS AVEC MOi

TEINTURE

I

- OH! CHERIE'

JOURMEE ! AL

UNE PROMEN

JESPERE

SERONT R

-ALBE

ENCH)

APPAf

Jopyrlght par Dimanct


»tii|ii 1 iiimMiiMH


niiHiinm DIMANCHE-ILLUSTRE nmi iMMMMMMii iiiiuuAmiui miuiiimai iniiiiiiiiiiiiiii 10 •' nHMiiniiiMiinimiiiimniiimiMnlntMfMiiiiiiiiiiiiiulli minimum*» LE 25 SEPTEMBRE 1938 ■«"«

Entraîner sa volonté

CETTE SEMAINE, VOUS NE SEREZ

PAS GROGNON

Le matin, en vous levant, vous ne répéterez

pas une douzaine de fois « zut »

parce qu'il pleut au dehors.

Vous ne vous poserez pas en martyre

parce que votre femme a failli vous étrangler

en voulant nouer votre cravate.

Vous ne vous lamenterez pas (bien

inutilement) contre le sort injuste qui ne

vous a pas fait gagner à la Loterie nationale.

Votre ohef vous a confié un travail

ennuyeux à faire. N'arborez pas, pour cela,

et toute la journée, un air maussade.

Vous ne ronchonnerez pas contre le

conducteur d'autobus qui va trop vite...

ou pas assez.

Vous ne pesterez pas après la vieille

dame que vous rencontrez dans la rue et

qui vous demande avec insistance des

nouvelles de toute votre famille depuis

votre dernier-né jusqu'au grand-oncle

Agénor.

Pendant le repas, vous ne jetterez pas

des regards d'assassin à la bonne qui a

trop fait cuire le rôti.

Vous n'émettrez pas des réflexions peu

aimables sur 'le jeune ménage du dessous

qui semble si heureux et qui fait marcher

la T. S. F. depuis le matin jusqu'au soir.

VoUs ne grognerez pas à propos de tout

et à propos de rien, semant ainsi l'ennui

autour de vous.

Grogner ne changera pas les événements.

Ayez l'élégance de sourire devant les

petits tracas de l'existence.

Combien il y a, en France, de moulins à

blé ?

E

XACTEMENT 8.884. Avant la guerre, on en

comptait 20.000.

Cette réduction considérable pourrait faire

croire qu'elle est la conséquence directe d'une

énorme diminution dans la consommation

du pain.

La vérité, c'est que les quelque 12.000 moulins

qui ont disparu étaient de petites entreprises

à faible capacité d'écrasement, tandis

que se sont développées les grandes meuneries

dont 18 transforment annuellement en

farine chacune plus de 300.000 quintaux de

blé.

Ce que tout le monde devrait savoir sur

les possibilités du sérum antidiphtérique

?

\ ,Ë sérum antidiphtérique découvert par le

Dr Roux en 1894 est un merveilleux sérum,

qui sauve à chaque instant des milliers de

vies humaines.

Mais il faut bien comprendre que le sérum

ne peut rien contre l'intoxication déjà existante,

c'est le Dr Roux lui-même qui l'explique

: le sérum empêche seulement l'intoxication

de se continuer, de s'étendre et permet

ainsi à l'organisme de lutter.

Il faut donc, chez tout enfant, prendre

garde aux angines, et toujours consulter un

médecin, puisque de la précocité de la première

injection de sérum dépend ïa guérison,

en cas de diphtérie.

Il faut surtout faire vacciner les jeunes

enfants contre la diphtérie ; nul doute que

cette vaccination devienne bientôt obligatoire.

Et se rappeler qu'il faut, malgré tout,

surveiller les angines, même chez l'enfant

vacciné.

.

Si, de tous les pays d'Europe tributaires

de l'étranger pour l'approvisionnement

en essence, la France est le seul qui

recherche actuellement des gisements

dans son propre sol ?

| 'ANGLETERRE, elle aussi, poursuit avec téna-

*- J cité les recherches pétrolifères. Il ne

semble pas que jusqu'à présent les efforts

des prospecteurs aient été couronnés de succès,

mais on signale la découverte toute

récente d'un gisement en Ecosse. Les forages

toutefois n'auraient encore révélé qu'un assez

faible débit. Les travaux conVnuent.

RÉVEILLEZ LA BILE

DE VOTRE FOIE-

Sans calomel — Et vous sauterez du lit

le matin, "gonflé à bloc".

Votre foie devrait verser, chaque jour, au moins un litre

de bile dans votre intestin. Si cette bile arrive mal, vous

ne digérez pas vos aliments, ils se putréfient. Vous vous

sentez lourd. Vous êtes constipé. Votre organisme s'empoisonne

et vous êtes amer, abattu. Vous voyez tout

en noir !

Les laxatifs sont des pis-aller. Une selle forcée n'atteint

pas la cause. Seules les Petites Pilules Carters pour le

Foie ont le pouvoir d'assurer cet afflux de bile qui vous

remettra à neuf. Végétales, douces, étonnantes pour activer

la bile. Exigez les PETITES PILULES CARTERS

Toutes pharmacies : Frs. 11,75.

Combien les filatures d'un grand centre

où l'on travaille la soie consomment-elles

de cocons de soie ?

I T N grand centre, camme Lyon par exemple,

consomme annuellement un million de

kilogrammes de soie. Il faut quatre cocons

pour produire un gramme de soie ; cela fait

donc quatre milliards deux cents millions.

La longueur du fil de soie d'un cocon étant

de 500 mètres, cela donnerait un fil de 2.100

millards de mètres ou 2 milliards 100 millions

de kilomètres. Cette longueur fait quatorze

fois la distance de la terre au soleil

et 5.494 fois celle de la terre à la lune. Elle

ferait aussi 52.505 fois le tour de la terre.

je voudrais

bien savoir».

Comment pratiquer la culture physique ?

'EXERCICE, même rationnel et sans abus, est

L comme une véritable médication ; il présente

des contre-indications sérieuses et absolues

qu'il est nécessaire de connaître :

Aucun exercice, sauf des marches courtes

et des jeux, sans excès, en plein air, pour les

enfants à squelette mal calcifié ;

Aucun exercice couché, mais debout chez

les hypertendus ;

Aucun exercice de vitesse ou de force chez

un cardiaque ;

Aucun exercice, sauf marche lente, natation

prudente par temps chaud, canotage,

chez un malade atteint d'affection pulmonaire

;

Pas d'exercices de vitesse après 35 ans ;

Pas d'exercices de force après 40 ans.

La culture physique, chez l'enfant, si elle

est mal comprise, détermine des déformations

souvent fort ennuyeuses de la colonne

vertébrale.

Pour un adolescent ou un adulte normal,

un quart d'heure d'exercice par jour, en plein

air si possible, est une excellente pratique.

Cet exercice ne doit pas donner une sensation

de fatigue.

Dans la journée, il est bon de profite;

intelligemment des circonstances qui peuvent

permettre des exercices raisonnables et non

dangereux : marche, bicyclette, tennis, natation,

etc., sans idée de compétition.

ÊNES fut une des plus grandes cités commerciales

du moyen âge. Mais son

port souffrit de la découverte du Nouveau-

Monde, qui donna plus d'importance aux

villes côtières de l'Atlantique, surtout au Portugal

et en Angleterre. Ce n'est que depuis

1870, surtout grâce à un don du duc de

Galiiera — 200 millions de francs actuels , : —

que le port de Gênes put s'adapter aux exigences

du commerce moderne.

Un cimetière grec montre que la ville fut

colonisée par les Grecs dans l'antiquité.

Elle fut détruite par les Carthaginois, reconstruite

par les Romains. Au moment des

grandes invasions, elle dut se défendre contre

les Sarrasins.

Dans les temps modernes, Gênes appartint

à diverses puissances et perdit complètement

son indépendance en 1814, en étant jointe

aux domaines de la Sardaigne.

Gênes fut en 1922 le siège d'une importante

conférence européenne.

Cette rubrique, ouverte à nos lecteurs, nous permet de les renseigner

LORSQUE LES QUESTIONS POSÉES OFFRENT UN INTÉRÊT

GÉNÉRAL, soit dans les domaines historique, géographique, juridique,

médical, etc., soit dans celui des problèmes d'ordre pratique. En raison

du nombre important des questions qui nous sont posées, un assez long

délai peut s'écouler avant l'insertion des réponses. Mais ceux de nos

lecteurs qui souhaiteraient d'être renseignés directement, soit sur des

questions du même ordre, soit des questions ne présentant point

d'intérêt pour l'ensemble de nos lecteurs, peuvent nous adresser leurs

demandes, accompagnées de 65 centimes en timbres-poste.

QUE FAUT-IL

POUR ÊTRE HEUREUX ?

De la sagesse ?

philosophes sont tous d'accord pour

LES

indiquer que la sagesse est une des

vertus qui mènent le plus sûrement au

bonheur. La sagesse t C'est pour l'enfant

ne pas trop manger de confiture, sous

peine de désastre ; c'est pour l'homme ne

pas demander aux êtres et aux choses plus

que ce qu'ils peuvent donner, c'est se

contenter de ce que l'on a; même si la

part n'est pas trop belle.

Tout de même, est-ce bien le bonheur

que de se forcer constamment à ne pas

profiter au maximum de ce que l'on possède

ou de ce que l'on peut posséder par

un petit effort supplémentaire ; que d'accepter

tout ce qui vous advient comme un

plaisir, que de déclarer aux autres et à

soi-même, quand on a reçu sur le nez un

caillou : « Ne nous plaignons pas ; nous

aurions pu être écrasés par une pierre de

taille. »

La sagesse, sans doute : afin de ne nas

exagérer, de modérer nos appétits qui

peuvent devenir une source de soucis et

de malheurs, de ne pas passer, par des

plantes plus ou moins constantes, pour

un personnage ennuyeux envers les autres

et finalement déplorable envers soi-même ;

la, sagesse, oui, très bien. Encore cette sagesse

doit-elle pouvoir s'exercer quand

notre part de vie est assez belle. Elle ne

petit rien pour le bonheur, si tout nous est

cou traire. Elle ajoute, au contraire, à notre

amertume ; ne serait-ce qu'à la vue des

hommes ne possédant aucune sagesse et

qui pourtant paraissent, heureux. Et c'est

un cas fréquent.

S'il existe des huîtres portugaises... françaises

?

/~>'EST en octobre, second des mois en « r »,

' que l'on commence surtout à manger des

huîtres. Celles dont la consommation est la

plus grande, parce qu'elles coûtent moins

cher que les autres, sont les portugaises. Leur

histoire vaut d'être contée : un certain jour

de 1866, un voilier venant de Lisbonne apportait

en France une cargaison de milliers

d'huîtres ; ordre lui fut donné, à l'entrée de

la Gironde, de tout jeter à la mer, sous prétexte

que le chargement éfait avarié. Ainsi

fut-il fait.

Les malheureux mollusques s'accrochèrent

alors aux rochers, vécurent et se multiplièrent

au point d'envahir la côte, les estuaires et

les îles, des Landes au Poitou. La portugaise...

française est ainsi devenue le gagne-pain de

milliers de gens et le régal de millions de

connaisseurs.

«•

Comment est fixée la nouvelle réglementation

des cours du Conservatoire national

de musique ?

T A première année d'études est spécialement

*-< consacrée à des exercices, des vocalises,

des morceaux italiens. Chaque année, a lieu

un concours d'exercices et de vocalises, à la

suite duquel sont décernées des médailles.

Les élèves des classes de chant sont tenus

de prendre part à ce concours, tant qu'ils

n'ont pas obtenu la médaille de vocalisas.

Aucun élève de première année ne peut être

admis au concours de chant s'il n'a obtenu la

médaille de vocalises.

Les élèves des classes de composition, de

contrepoint et fugue, d'harmonie et de chant,

ne sont, d'abord, admis que provisoirement,

leur admission définitive n'est prononcée

qu'après l'examen de janvier. Les aspirants

français devront, lors de leur inscription,

produire un diplôme universitaire, au moins

le certificat d'études primaires. A défaut de

tout diplôme officiel, l'aspirant devra subir

un examen spécial, destiné à montrer qu'il

a reçu une instruction générale suffisante.

Si son instruction est jugée insuffisante, son

admission au Conservatoire sera différée.

Dans le cas exceptionnel où il serait néanmoins

admis; il serait tenu de suivre, concurremment

avec ses études musicales, un cours

obligatoire destiné à compléter son instruction

générale.

Stiralîment

'associé au

lait à la

crème.au beurre

au jaune d'oeuf

elle suralimente

sans fatiguer N^L^;

la hanani '

française'

bien

Qui conçut et amorça la construction du

chemin de fer transindochinois ?

T * réalisation de cette importante œuvre

ferroviaire, qui a contribué dans une

large mesure au développement de notre

grande possession asiatique, est due à Paul

Doumer, lequel fut pendant de longues années

gouverneur de l'Indochine, avant d'être

élu président du Sénat, puis président de la

République.

(Lire la suite en page 15.)


LE 25 SEPTEMBRE 1938 IIMIftlIlrilllIllIltlHIMItlMMIIttlIllllllllllUflllllllllllllItlIlllt MttlIIIIIItlIIIIIUl HIHtmillllItlIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHIIlIllMIMtlIMIIIIIIIMIIIIIllllllllllllltMtmftMtmtlIIIIItll) DIM ANCHE=1LLUSTRE

IMAGES DE LA BELLE FRANCE

C HEF-LIEU

SAINT-LO

de la Manche, Saint-Lô dresse

sur la Vire sa silhouette grimpante et

robuste faite de remparts et de tours trapues,

vestiges de fortifications moyenâgeuses,

surmontée des deux flèches, fort élégantes,

de sa cathédrale.

La ville est arrosée par deux rivières : la

Dolée et le Torteron. Devant à un très populaire

évêque de Coutances, dont le souvenir

LA CURIEUSE CHAIRE EXTÉRIEURE

DE LA CATHÉDRALE

remonte à l'an 368, son nom qu'elle troqua,

pendant la Révolution, contre celui de « Rocher

de la Liberté », patrie d'Octave Feuillet,

romancier illustre et de Le Verrier, qu'un

de ses émules surnomma « le géant de l'astronomie

moderne », la ville étale au long de

ses rues anciennes de vénérables monuments:

sa cathédrale Notre-Dame, ancienne collégiale

datant du quinzième et du seizième siècles,

dont deux belles tours gothiques encadrent

la façade et le portail principal s'ouvrant

par trois baies sculptées, la Maison-

Dieu (quinzième siècle), splendide reliquat du

moyen âge, en pierre et en bois, etc..

Ancien centre de fabrication de serges et

de coutils, Saint-Lô a sa prospérité assurée

présentement par l'élevage.

CURIOSITES

LE ROSEAU

UNE FORÊT VIERGE au fond de la mer ?

Nullement : simplement une très curieuse

photo, prise au sein d'un quelconque

humide élément indéfini de roseaux dont

l'ombre se projette sur fond de sable et qui

font figure de petits arbres.

Ce sont en effet des roseaux du typt

wundo ou phragmite, végétaux semi-aqua-

UNE FORÊT EN MINIATURE

tiques dont la partie émergée bruit et murmure

doucement au moindre vent sur un ton

de confidence.

Le roseau de Provence (arundo donax) est

l'espèce dont on fait les cannes à pêche, clôtures,

claies, tuteurs de plantes, etc.

Sous l'action des tempêtes, les roseaux se

heurtent, se froissent, se courbent, mais se

redressent toujours... En sorte que la phrase

de Pascal n'est pas, physiquement parlant,

:si péjorative qu'elle apparaît à prime vue :

-« L'homme est un roseau; le plus faible de

la nature, mais c'est un roseau pensant. »

profitons de nos

loisirs pour nous

instruire un peu

LE GÉNIE OU LES TALENTS SE RÉVÈLENT-ILS DÈS L ENFANCE ?

M

M E

OUT le monde sait par quelles admi-

T rables qualités littéraires, Mme de

Sévigné s'est rendue illustre, simplement en

écrivant des lettres qui n'étaient point destinées

à l'édition. La simplicité, le sens du

pittoresque et de l'observation, l'ironie, la

tendresse, le style personnel et direct, tout ce

qui fait la valeur d'un grand écrivain se

trouve dans ces lettres...

Or, Marie de Chantai, dès sa plus petite

enfance, révéla ses aptitudes aux lettres.

Orpheline, élevée par un vieillard de soixantetreize

ans, 'elle possède, dès l'âge de huit

ans la raison, la sagesse, la vivacité d'intelligence,

le goût des belles-lettres qui formeront

le fond de l'étonnante chroniqueuse

de la vie française au xvir siècle.

Philippe de Coulonges, son tuteur, lui

donna pour maîtres des hommes éminents :

Chapelain, poète médiocre, mais critique

remarquable ; le fameux Ménage, sans doute

très pédant, mais excellent pédagogue et

érudit dans les langues anciennes et modernes.

Marie de Chantai apprend de ces

professeurs l'italien, l'espagnol et le latin.

Elle sera capable de lire Virgile « dans toute

la majesté de son texte », écrira-t-elle.

DE SEVIGNE

Mais de ces savantes études, elle ne gardera

aucun pédantisme. Elle a l'esprit trop

vif, trop critique. Elle ne voit rien à travers

les livres. Les livres ne font qu'apporter du

suc à la matière. Toute enfant elle observe

autour d'elle, voit juste, trouve des réparties

personnelles qui font l'étonnement de son

entourage. Au surplus — ce qui est extrêmement

rare au xvir siècle — elle a un certain

sens de la nature, résultat des nombreuses

années qu'elle passe chez son tuteur, sous

les ombrages de l'abbaye de Livry, qui se

trouve au milieu de la forêt de Bondy.

A dix-huit ans, Marie de Chantai possède

tout ce qu'il faut de nos jours pour devenir

une femme de lettres. Elle n'y songe pas

pourtant et, autour d'elle, personne n'y

songe. On lui cherche un mari de son rang

et on la marie au marquis de Sévigné. Elle

n'a qu'une idée, devenir bonne épouse et

bonne mère. Et l'on sait quelle mère admirable

elle fut. C'est même sa tendresse maternelle,

dont débordent toutes ses lettres à

Mme de Grignan, qui donneront le plus magnifique

accent à un style, pourtant chargé

de tant d'autres qualités...

CE QUE CHANTENT LES AUTRES PEUPLES

LE PEUPLE HOLLANDAIS

E MAINTIENDRAI, telle est la fière devise

T de la vaillante nation néerlandaise dont

les marques d'attachement à sa dynastie ne

se comptent plus. Et dans ce pays où les

orgues de Barbarie sont plus nombreuses

que partout ailleurs, savez-vous quel est l'air

qu'elles « flonflonnent » le plus et qui, tout

au long du jour, est sur toutes les lèvres

des passants ? C'est celui de l'Hymne royal

dont voici le texte :

WILHELMUS VAN NASSOUWE

Wilhelmus van Nassouuie ben ick van duyts-

[chen bloet,

Het Vaderlandt ghetrouwe blyf ick tôt in

[den doet.

Een Prince van Orangiën ben ick, vry, onver-

[veert,

Den Coninck van Hispangiën heb ick altyt

[gheëert.

Myn schilt ende betrouwen syt ghy, o Godt

[myn Heer.

Op u soo wil ick bouwen, verlaet my nim-

[mermeer,

VISAGES D'AUTREFOIS

ARTHUR III DE BRETAGNE

comte de Richemont

EVANT l'hôtel de ville de Vannes s'élève

D une statue équestre du célèbre Richemont,

au temps qu'il était connétable de

France. Fils de Jean V, il succéda à son

neveu Pierre à la tête du duché de Bretagne,

mais il était alors « vieil homme » et ne

devait régner que quinze mois (1457-1458).

Bien ; que cruel dans ses répressions, il

fut seigneur de grande justice, d'où son surnom

de « Justicier ». Ce fut un sage et

vaillant prince qui, dans les honneurs du

rang, n'abandonna pas pour autant sa charge

de connétable, disant : « Puisque l'épée lui

avait par autre temps fait honneur que

pareillement il lui en voulait faire. »

Ce grand homme, libérateur de Paris et

d'une partie du royaume, eut une fin émouvante,

dur à la douleur comme il l'avait été

aux autres, en toutes les heures de sa vie.

LA « LÉGUME », MADAME.

LE CRESSON

E CRESSON se récolte à l'état sauvage dans

L les eaux courantes peu rapides, il est

anti-scorbutique et dépuratif.

Le cresson de fontaine, salade ou garniture

de mets, doit son surnom de « santé du

corps » aux huiles essentielles sulfo-azotées,

ainsi qu'à l'iode qu'il contient. Ce n'est qu'au

dix-neuvième siècle que, devant la demande

dont il était l'objet, on a commercialisé sa

Dat ick toch vrootn mach blyven, uw dienaer

[l'aller stondt,

De tyranny verdryven die mymyn hert door-

[wont.

et le sens approximatif :

Guillaume de Nassau (c'est Guillaume le

Taciturne, prince d'Orange, comte de Nassau

(1533- 1584 ), fondateur de la nation

hollandaise).

Je suis Guillaume de Nassau, de sang allemand,

A ma patrie je reste fidèle jusqu'à la mort.

Prince d'Orange je suis, libre, sans reproche.

J'ai toujours honoré le roi d'Espagne.

Je t'ai confié mon blason, ô Dieu, mon Maître,

Sur toi, je veux bâtir, ne m'abandonne plus

[jamais,

Fais que je reste pieux et en toutes heures

[ton serviteur,

Que je repousse la tyrannie qui offense mon

[cœur.

Adapté par A.-J. LENEL.

culture : il fallait auparavant le chercher

fort loin.

Il se multiplie en repiquant de distance en

distance quelques tiges qui prennent racine

et en peu de temps s'étendent ; mais il y

faut un petit ruisseau.

Sont mieux appropriées à la culture potagère

les deux variétés dites : cresson de jardin

et cresson alénois.

La première de ces deux plantes se sème

au printemps, dans le potager, en lignes ou

à la volée, dans une terre légère.

Le cresson alénois, garniture de salades,

au goût acre et brûlant présente, plusieurs

variétés. On peut le semer à toute époque,

principalement, au printemps. Cette crucifère

passait pour donner aux sots de la perspicacité

et aux lâches du courage. Il est regrettable

que la chose soit demeurée à l'état

de pure -hypothèse.

UN ANNIVERSAIRE

PAR SEMAINE

LA NOUVELLE-CALEDONIE

TERRE RICHE ET LOINTAINE

E fut le 24 septembre 1853 que l'amiral

C Février-Despointes prit possession de la

Nouvelle-Calédonie au nom de la France.

C'était une grande île de 1.800 000 hectares

dont Cook avait été l'explorateur.

Tout autour d'elle se trouvent, à des distances

variant de 100 à 550 kilomètres, des

îles, îlots et archipels qui, maintenant, constituent

les dépendances de la colonie :

Loyauté (archipel), Walpole (Ebt), Surpriser

et Huon (îles), Chesterfield (îles) et l'île

des Pins, la plus rapprochée, que Février-

Despointes occupa le 27 septembre.

On sait à quelles fins pénitentiaires servit

tout d'abord la colonie. Son chef-lieu, Nouméa,

est à environ 50 jours de Marseille, via

Sydney ou Panama.

A PETITES CAUSES

GRANDS EFFETS

les croiseurs avaient été poursuivis

U début de la guerre de 1914, deux croi-

A seurs allemands, le Gœben et le Breslau,

qui croisaient dans la Méditerranée,

s'enfuirent devant les flottes franco-britanniques

et se réfugièrent à Constantinople.

Les amiraux alliés n'ayant pas reçu d'ordres,

n'osèrent point les poursuivre...

Si les navires français et anglais étaient

entrés derrière eux dans les Dardanelles, la

Turquie ne se serait jamais alliée à l'Allemagne.

Maîtres des Dardanelles, non seulement

nous n'aurions point perdu quantité

de navires à vouloir forcer — sans résultats

— le passage, dès l'année suivante, mais nous

aurions pu ravitailler les armées du tsar en

armes et en munitions. La guerre aurait

duré deux ans de moins. Bien des désastres

financiers et économiques auraient été évités

sans compter les pertes de vies humaines.

SCIENCES APPLIQUÉES

LA FABRICATION DE LA PORCELAINE

N SAIT que la fabrication de la porce-

O laine comporte deux cuissons : la première

est le dégourdissage à 900"" ; les crus

se déshydratent, acquièrent une certaine consistance

et un aspect poreux, ils deviennent

des « dégourdis ».

Après un dépoussiérage qui a pour but de

les débarrasser des poussières de la cuisson,

les pièces passent à l'atelier de peinture.

Elles y reçoivent dès couleurs à base d'oxyde

métalliques (l'oxyde de cobalt donnera le bleu,

LA CUISSON DE LA PORCELAINE

l'oxyde de chrome deviendra le vert) suivant

les motifs artistiques qui ont été prévus

pour elles ; puis, elles passent dans un bain

d'émail à base de pegmatite (mélange de

feldspath et de quartz). Enfin c'est la cuisson

aux fours à émail ; cuisson de dix-huit heures

à 1.400 08 dans des boites de terre réfractaire

ou cassettes (on dit aussi gazettes). Le

refroidi demande trois jours, on défourne le

quatrième, puis les produits sont transportés

aux magasins et triés.

L'ALPINISME EN SUISSE

AYS de montagnes presque cent pour cent,

P la Suisse se devait d'être une des plus

belles écoles d'alpinisme qui fût au monde.

31.000 membres répartis en 84 sections y

UN EXERCICE QUI EXIGE BEAUCOUP

DE HARDIESSE

pratiquent ce sport véritablement populaire,

dirigé par des guides sachant leur métier,

disposant partout de cabanes et d'abris, ainsi

que de cartes parfaites et d'itinéraires soigneusement

repérés.

Dans les Grisons, l'Oberland bernois, le

Valais, huit cours d'alpinisme se tiennent

régulièrement, tandis que trois écoles existent

à Gletsch-Belvédère, Pontresina et Eigergletscher-Jungfraujach.


OÏ M ANCH E-Ï Ï-LUSTR.H !«IMWHIIHIWt«MIIMIIIMII«Mim«MitM«IIIHtl««IIIHHIIHHni««llim«tMtimmtMI« 12 LE 25 SEPTEMBRE 1938 .-■.««■

AUTOMNE

LE RAISIN

— Est-ce que ça fait du bon vin ?...

— J'pense ben... rien qu'à respirer la vigne, on a le ner

qui rougit !...

QU! EST-IL ?

Voici un portrait fidèlement exprimé

d'un personnage célèbre. N03 lecteurs

le découvriront-ils à travers cette

description t Vans le prochain numéro,

ils trouveront son nom s'ils ne l'ont

dêià deviné.

Très grand, un peu dégingandé, il possède

un beau visage lumineux.

Des cheveux blonds qui frisent, un front

magnifique, un masque volontaire et puéril

à la fois.

Des yeux clairs qui expriment tant de

loyauté, tant de courage !

Il ressemblait tout à fait à un collégien

échappé de la « boîte », lorsqu'il accomplit

un exploit qui souleva l'admiration du

monde entier.

Sa simplicité est proverbiale.

Sa maman était institutrice.

Lors d'une escale à Mexico, il connut

celle qui devait partager sa vie et son

étrange destin marqué par la plus grande

gloire et la plus grande souffrance.

Cette jeune femme charmante, modeste

et silencieuse, a voulu servir le métier de

son mari et devenir son assistante.

Avec une hardiesse tranquille, elle franchit

tous les obstacles de ce dur métier,

en endossa les risques et ne quitte pas son

compagnon.

Au fait, avez-vous deviné « son » métier

et de quels exploits je veux parler ?

< Mais il se double aussi d'un grand savant.

Et, dans ce domaine, il travaille en collaboration

avec un de ses amis, notre compatriote,

un docteur.

Car « lui » est Américain.

Un chic type, un sage, un héros devant

lequel nous devons nous incliner bien bas...

REPONSE A LA PRECEDENTE QUESTION:

WERTHER

PARTAGE DIFFICILE

p

H

H

H

0 H P

e

0

P ?

ëtë

0 H

0

Devenu vieux, le propriétaire de ce terrain

décida de le céder à ses cinq fils, en cinq parts

égales, de même forme, et contenant chacune

un peuplier (P), un hêtre (H) et un orme

(O). Mais il conserva la parcelle de terrain

occupée par la maison.

Comment s'y prit-il ?

CHARADE

L'assassin s'est servi de mon premier.

Le bourreau, quand arriva mon deuxième,

A jamais le priva de mon troisième.

Un grand roi distrait était mon dernier.

JEUX

Retard armée en d'une sont, idée d'une,

année ils d'une toujours. (Reconstituer cette

phrase, en rechercher l'origine et l'auteur.)

DEVINETTE

Pourquoi la chèvre est-elle un animal très

fort ?

Exercez votre sagacité

LA RECOLTE DES FRUITS

LES POMMES

— Il est magnifique votre pommier, père Thome Je

reconnais la cause de bien des coliques que j'ai soignées !

(Dessin inédit de M. SAUVAYKE.)

M. POUM AVAIT UN GRAND ONCLE

— Oh ! dit Mme Poum à son mari, as-tu

lu le journal d'aujourd'hui'?

— Non, pourquoi ?

— Regarde, tu reconnais ?

— Mais c'est ton cousin Armand ! Qu'at-il

fait pour avoir sa photo dans le journal ?

U a tué quelqu'un ?

Mme Poum. vexée, hausse les épaules, prend

un air supérieur et répond :

— En fait de crime, mon cousin a tout

simplement obtenu le premier prix de trombone

à coulisse... prix qui n'est attribué que

tous les sept ans par le maire de Trou-sur-

Loire au meilleur musicien de la fanfare du

pays. Ah ! nous sommes très artistes et extraordinairement

doués dans « ma » famille !

M. Poum fait une drôle de tête. Avouonsle,

M. Poum est jaloux du succès remporté

par le cousin Armand. Aussi, il réfléchit une

minute avant de déclarer :

— Peuh ! Sais-tu bien que j'ai un grandoncle

premier prix du Conservatoire ? Un pianiste,

élève de Chopin. Et rien de plus touchant,

paraît-il, que l'affection qui unissait

l'illustre compositeur, déjà un vieillard à ce

moment, à son jeune élève, mon grand-oncle

Titus.

— Ha ! Ha ! éclate de rire Mme Poum,

encore une de tes inventions !

Pourquoi Mme Poum dit-elle cela ?

La galette

On donne à cinq enfants une galette carrée.

U s'agit, en quatre coups de couteau en

ligne droite, de partager la galette en neuf

morceaux tels qu'en les unissant, ils forment

cinq carrés égaux.

VOCABULAIRE

Avec les lettres composant les mots cidessous,

formez d'autres mots :

Pépin, Salve, Pilou, Ouvert, Passeur, Route,

Sapes, Ourler, Neveu, Record.

CHRONIQUE DU CRITIQUE FANTAISISTE

Avez-vous remarqué quel est l'écrivain le

plus : coulant ? — joueur ? — tempérant ? —

pacifique ? — champêtre ?

Horizontalemr'iit

I 1. Où l'aspirateur

s ferait bien de passer.

S 2. Qui n'a pas

! d ' existence maté-

| rielle ; employer.

j 3. Possessif ; dans

I la Mayenne; mesure.

4. Fait un bruit de

I grelot.

I 5. Le régal des

: chiens ; instrument ;

! au monde.

6. Carte

du sultan.

rescrit

ï 7. Pronom ; point

" faible d'Achille ; où

| il ne pleut pa.j.

I 8. Amoncellement

| de blocs de glace ;

( lac.

! 9. Interrogatif ;

j rauques.

j 10. Bisons d ' Ku-

£ rope ; ouvriers bou-

! langera.

j 11. Fils de l'uniï

formité ; pronom.

I 12. Possessif ; éri-

I gées.

PROBLEME POLICIER

LES POIRES

— Savez-vous, père Mathurin, que nous en avon»

d'aussi belles en ville !...

ooo

LE CRIME DU 82 DE LA RUE LA FONTAINE

Après trois jours d'enquête, le mystère du

82 de la rue La Fontaine demeurait encore

impénétrable.

Le mercredi 17 août, on avait trouvé

Mlle Hélène Lemaire étendue sur son lit,

morte. L'autopsie révéla que le décès était dû

à l'absorption, par les voies respiratoires,

d'un violent poison.

Le crime avait été découvert à 18 h. 15.

Un visiteur, M. Tolmer, avait sonné plusieurs

fois à la porte et semblait disposé à s'en aller

quand le concierge lui assura que Mlle Lemaire

était certainement chez elle. Une demiheure

auparavant, le facteur lui avait remis en

main propre un livre adressé par la poste.

Depuis, le concierge, qui avait balayé le devant

de l'immeuble, n'avait pas vu sortir sa

locataire.

Le concierge, inquiet, décida d'entrer dans

l'appartement de Mlle Lemaire. U ouvrit la

porte à l'aide de son passe-partout. Arrivés

dans la chambre à coucher, les deux hommes

durent se rendre à la triste évidence. Tandis

que M. Tolmer restait de garde, le concierge

alerta Paul Lanzerac, le célèbre détective.

Celui-ci, quinze minutes plus tard, était au

82 de la rue La Fontaine.

Rien dans la pièce où reposait Mlle Lemaire

n'était dérangé. Près du lit. un livre

dont la moitié des pages à peine étaient coupées,

se trouvait sur le plancher. Le détective

le ramassa afin de le faire examiner par le

laboratoire de la poilce judiciaire.

L'enquête établit que :

i° Les fenêtres étaient parfaitement fermées.

Par où était donc passé l'assassin et

comment avait-il administré le poison ?

2 0 Mlle Lemaire ne s'était pas suicidée. .

3° Au cours des derniers jours, la malheu-

MOTS CROISÉS

I H ffl!YVVI\TIvTiïKXXIXJ

pos lecteurs trouveront les solutions de ces diffé-

rents problèmes dans notre procliain numéro.

Verticalement

I. Dignes de tenter

un peintre.

II. Prière ; vase.

III. En Chaldée ;

possessif.

IV. Réunion de

gens professant les

mêmes doctrines ;

pronom; connu.

V. Il est souvent

en cage ; mesure ;

évite une répétition.

VI. Plante des Moluques

employée en

parfumerie.

VII. Il interprète

les songea.

VIII. Régal

nom.

pro-

IX. Canton

douceur.

i a

X. Il est souvent |

bon de s'y plier ; "

pas les autres; coule I

en Irlande.

XI. Va de la côte !

au gigot ; il put J

s'enfuir de Troie. J

XII. Lac d'Amèri- j

due : sortis de leur |

enveloppe.

reuse jeune fille avait fait montre d'un caractère

enjoué. La nouvelle d'un héritage avait

accru sa joie de vivre. Elle avait décidé de

faire un petit voyage en Suisse.

4° Dans un tiroir, on trouva une lettre de

menace signée d'un certain Fayol.

5° Le concierge maintint que personne

n'avait pu pénétrer dans l'immeuble sans

qu'il le vît U n'avait quitté son poste d'observation

que de 12 h. à 12 h. 30, le temps de

déjeuner.

6° Au cours de l'examen du laboratoire, on

ne releva aucune trace de poison sur le livre

trouvé au chevet de Mlle Lemaire.

Qui a tué Hélène Lemaire ?

Comment ce crime a-t-il été commis ?

Enchaîne ment

Avec les syllabes placées dans les cercles

du dessin formez une suite de mots de deux

syllabes, de façon que les dernières lettres

du mot précédent soient les premières du

mot suivant.

AMUSEMENT

Complétez la tête de ce personnage en utilisant

les lettres de son nom inscrites dans

ce dessin. Mettez H et T pour les yeux, L

pour le nez, I renversé pour la moustache et

la bouche, E pour la mèche sur le front et

R pour la masse des cheveux.

QUESTION EMBARRASSANTE

Est-il vraiment impossible de se rendre de

Berlin à New-York sans traverser l'Atlantique

et sans prendre l'avion ?


....... LE 25 SEPTEMBRE 1938 IHIIMIIIIIIIIIIMIIIIII 13 «HIHIIIIIMIIIIMIIIIIMIHtlIIIIHHHHIIHIIHHHMHIIIIIIIIIIIIIHI ■HntfHHIIHUUMIItl DIMAWCHE-ILLUSTRE

LE TUEUR N° 2 (SUITE)

L'honorable commerçant e n

question, vêtu d'une combinaison

de mécanicien en toile marron, se

tenait justement devant sa porte.

Il jonglait avec une clef à ecrous,

•symbole de sa profession.

— Ah ! ce vieux Monk ! Quel

plaisir ! Toujours aussi frais qu'un

merlot et éveillé comme un canard

qui vient de briser sa coquille. ]e

suis charmé de vous serrer la

main, Philip. Que] bon vent vous

amène ?

■— Je voudrais une camionnette,

dit Philip Monk.

— Comment, vous avez abandonné

ce chef-d'œuvre des chefsd'œuvre

?

— C'est exact. Mon tacot a

brûlé, il y a quelques jours, près

de Newhaven.

— Assurances ?

, — Oui, monsieur !

— Alors, il vous faut quelque

chose de bien ?

■— Parfaitement, monsieur !

— Suivez-moi, je vais vous

montrer un petit bijou qui fera envie

au lord maire si la chance veut

qu'il vous aperçoive sur son passage.

Une douzaine de voitures attendaient

un nouveau maître. En vérité,

elles étaient assez propres. La

plupart avaient été repeintes récemment.

C'était le cas d'une petite

camionnette fraîchement recouverte

d'une belle couche de

peinture verte. Elle appartenait à

une série dont les types n'avaient

pas encore eu le temps de se démoder.

— C'est du gâteau, fit le garagiste.

C'est comme neuf. Ça n'a

pas plus de quinze mille milles

dans les longerons. Les pneus sont

tout neufs... je vous ferai un prix.

Monk et le garagiste discutèrent

pour la forme. Mais Philip Monk

paraissait très épris de cette nouvelle

voiture. Il donna un acompte,

signa un papier et grimpa sur le

siège pour prendre le volant.

— Ça marche, hein, vous me le

promettez ? demanda-t-il avant de

passer sa première vitesse.

— Si ça ne va pas, vous me la

rendrez, dit le garagiste.

Sur cette bonne parole, M.

Monk démarra et prit la direction

de son garage, où il arriva vers

quatre heures de l'après-midi. Il

rangea la voiture sous le hangar,

jeta un coup d'ceil approbateur sur

l'ensemble de ses formes et vissa

sur le tableau de bord la plaque qui

portait son honorable nom et un

aspect de sa profession sur cette

terre.

Il est inutile de dire qu'en achetant

cette voiture, M. Monk avait

acheté toutes les petites formalités

tracassières qui le mettaient

en règle avec les lois de son pays.

Il rentra donc se coucher, le

cœur à 1 aise comme un moteur

dans un bain d'huile fraîche. Il ne

remarqua nullement le « copper »

qui, à quelques mètres de sa porte,

veillait sur la tranquillité publique.

Le lendemain matin, de très

bonne heure, M. Monk se leva et

descendit dans la rue pour aller

prendre son thé et son whisky au

petit « pub » qui formait le coin

de la rue.

C'est ainsi qu'il lia connaissance

avec Tom-le-Beau-Sujet.

Ce dernier était un homme dénué

de toute morgue, un de ces

hommes dont on dit qu'ils sont « à

la bonne franquette ». Comme

Philip Monk allait descendre du

trottoir pour franchir la chaussée,

Tom-le-Beau-Sujet lui mit familièrement

la main sur l'épaule.

Il accompagna ce geste de ces

quelques mots :

— Est-ce à l'honorable Philip

Monk que j'ai l'honneur de parler ?

— Oui. Qu'est-ce que vous me

voulez ?

— ]e vous prie de me suivre au

Yard. Ne faites pas de pétard, ça

vaudra mieux pour vous.

Et comme Monk ne paraissait

pas convaincu, Tom-le-Beau-Sujet

entr ouvrit son veston de tweed à

carreaux et montra son insigne.

M

PHILIP MONK s'assit sur

une banquette, dans un

• des couloirs de Scotland

Yard, à peu près à la

place occupée la veille par Pennya-Liar.

Il ne savait pas encore ce

qu'on lui voulait, mais, en vieux

renard habile à prévoir les projets

vendu sa voiture pour en acheter

une nouvelle.

Un policeman gras et chauve lui

fit signe, au bout du couloir, de

venir. M. Monk se leva et d'un

pas alerte entra dans un bureau

meublé avec une simplicité quelconque.

Deux hommes étaient assis

derrière une table peinte en

noir : O'Brien et un sergent de

police en uniforme.

— Philip Monk, commissionnaire

? demande O'Brien.

— Oui, monsieur !

— Pourriez - vous me donner

l'emploi de votre temps pendant

la nuit du 4 au 5 juin, par exemple

? »

— ]e n'ai pas encore pu consulter

mon agenda de poche, répondit

Monk, mais je puis presque

vous assurer qu'entre onze heures

du soir et sept heures du matin je

me trouvais dans mon lit.

Tout en parlant, il avait sorti de

sa poche un petit carnet fermé par

un élastique. Il chercha à la date

indiquée et ne trouva rien qui

pût lui prêter un aspect un peu

original.

— Non, voyez-vous, rien n'est

noté. Et j'ai pour habitude de

noter sur ce carnet les événements

qui peuvent rompre un peu la monotonie

de la vie d'un petit commerçant.

Cette nuit-là, monsieur,

j'ai dû rentrer, comme chaque soir,

chez moi, vers neuf heures, après

avoir pris un verre de bière dans

un « pub » de Wentworth street.

C'est une habitude. l'ai dû relever

mes comptes de la journée et je

me suis couché. Le matin, je me

suis levé sans doute vers 7 h. 30

et je suis allé prendre un peu de

thé et de rhum dans le même

« pub ».

— Des gens peuvent-ils témoigner

de la véracité de votre déposition

?

—- ]e pense que oui, monsieur,

car je suis honorablement connu

dans ce « pub » que j'ai l'habitude

de fréquenter chaque soir.

— C'est bien, nous contrôlerons...

Maintenant, monsieur Monk,

vous êtes bien possesseur d'une

camionnette automobile ? Est-ce

une voiture neuve ?

—• Pas précisément, monsieur.

Cependant, c'est tout de même une

bonne petite voiture et je puis vous

assurer que je suis satisfait de ses

services.

— Ce que vous me dites de cette

jolie voituie, dit M. O'Brien, excite

ma curiosité. Nous allons donc

nous rendre tous trois auprès de

cette merveille. Scotland < Yard

nous prêtera bien un taxi, n'est-ce

pas, Neburn ?

Le sergent de police approuva

en souriant.

— Vous voulez acheter ma voiture

? demanda Monk.

— Non, mais depuis trois semaines,

des événements déplorables

nous obligent à certains actes qui

nous embêtent, je l'avoue franchement,

car nous désirons toujours

à Scotland Yard ne pas contrarier

les gens par des dérangements inutiles.

C'est ce que l'on ne sait pas

assez, monsieur Monk, dans le

grand public auquel vous avez

î'honneur d'appartenir,

— Et qui fait la force du Lion

britannique, ajouta Monk.

— Vous êtes un homme dont la

conversation est agréable, répondit

O'Brien en se levant.

Devant le grand bâtiment en

briques, un taxi attendait. O'Brien,

le sergent Neburn et M. Philip

Monk y prirent place. Le sergent

monta à côté du conducteur.

— Vous aurez la bonté de ne

pas mettre les mains dans vos

poches, dit O'Brien à Monk. Bien...

Maintenant, donnez l'adresse de

votre gsrage.

Vingt minutes plus tard, l'auto

de la police stoppait devant le

garage de M. Monk.

Celui-ci descendit le premier et,

suivi des deux policiers entra sous

le hangar où la camionnette était

rangée.

■— Mais c'est une voiture presque

neuve 1 dit O'Brien, en faisant

le tour de l'objet.

M. Philip Monk souriait modestement.

O'Brien examina avec soin la

camionnette, fureta sous le hangar.

Il sifflotait.

— Mon cher monsieur Monk,

tout est pour le mieux. Te vous

serai reconnaissant, cependant, de

bien vouloir me dire si vous possédiez

cette voiture entre le 3 et

le 4 juin, par exemple.

— Certainement, bien que je n'en

sois possesseur que depuis le 25

mai, je crois.

— Où avez-vous acheté cette

voiture ?

Monk donna l'adresse. De ce

côté, du moins, il ne craignait pas

grand'chose et s'il avait donné au

policier la date du 25 mai comme

celle de l'entrée en possession,

c'est qu'il était d'accord avec

l'homme de Limehouse à la combinaison

marron. Cependant, il

éprouvait dans le plus profond de

ses entrailles les troubles avantcoureurs

de la peur. Il se sentait

déjà cerné.

—• Vous êtes libre, monsieur

Monk, dit le chef inspecteur de

police, mais je vous prie de vous

tenir à ma disposition.

Les deux policiers remontèrent

en voiture et M. Monk demeura

seul en présence de sa camionnette

dont l'apparence lui apparut de

plus en plus sournoise .

Quand Penny-a-Liar, qui brûlait

d'impatience en attendant de

toucher sa récompense, revint en

Des hommes et des femmes

qui connaissaient Cecchi..,

fin de journée à Scotland Yard, il

fut tout de suite introduit dans le

bureau d'O'Brien.

Il se présenta d'un air modeste

et papelard, augurant bien de cette

hâte à le recevoir.

— Dites donc ! damné vieux

fou, hurla O'Brien dès qu'il l'aperçut,

avez-vous l'intention de vous

payer notre tête ?... La camionnette

de Monk est une camionnette

neuve qui ne correspond en rien,

en ri-en, hurla-t-il en détachant les

deux syllabes, à la description que

nous avons donnée.

M. Penny-a-Liar ne fut pas du

tout démonté. Sans tenir rigueur

de la manière dont O'Brien lui

avait souhaité la bienvenue, il répondit

posément, car maintenant il

luttait pour ses dix livres :

il eût regardé l'antique Mathusalem.

Il hocha la tête en signe d'admiration

et pria le brave marchand

de l'accompagner, avec la voiture,

au poste de police de Whitechapel.

Un coup de téléphone prévint

O'Brien de cette capture et de la

découverte de la fameuse camionnette.

Le détective vint aussitôt.

— Bonjour, monsieur Bambow,

dit-il, sans prendre la peine de retirer

— C'est que Monk a changé de

voiture depuis hier.

O'Brien, qui pensait également

de cette façon, se radoucit comme

par enchantement : il offrit une

cigarette à Penny-a-Liar et le fit

jarler. Ce dernier, prêt à vendre

fa moitié de Londres au comptant

et le Teste à crédit, se mit bénévolement

« à table ».

Quand Penny-a-Liar sortit du

cabinet du chef-inspecteur, _ il

n'avait pas perdu tout espoir d'entrer

en possession de la somme

promise.

Ce ne fut que le surlendemain

de cette entrevue que l'inspecteur

Crab découvrit la voiture signalée

au marché de Billingsgate. Elle

était déjà pleine de caisses de poissons

et parfaitement conforme à

la description du gosse de Brighton.

Jimmy Crab entra tout de suite

en contact avec le rondouillard

M. Bambow qui sentait la marée

aussi naturellement qu'une rose

sent la rose.

M. Bambow ne fit aucune difficulté

pour avouer'qu'il était l'heureux

propriétaire de cette vénérable

relique. Et quand Crab, de plus

en plus indiscret, lui demanda depuis

combien de temps il possédait

ce joyau, M. Bambow répondit :

« Depuis sa naissance. »

Alors Jim Crab regarda longuement

M. Bambow, un peu comme

- près de sortir d'ici. A moins que,

s'il vous reste un grain de raison,

vous n'ayez la franchise de m'expliquer,

sons omettre un détail, ce

que vous fabriquiez d'indécent à

deux heures du matin dans la

Bîackman Street à Brighton, au

cours de la nuit du 4 au 5 juin.

— Je n'étais pas à Brighton

dans la nuit du 4 au 5 juin, sir,

répondit Monk avec assez de dignité.

Je vous l'ai déjà dit, sir.

son chapeau, je- suis désolé Mais je veux vous avouer que

de venir troubler votre journée, je n'ai pas dit la vérité au sujet

mais vous comprendrez bientôt en de la voiture. Dans la nuit du 4 au

essayant de vous mettre à ma 5 juin, sir, je possédais encore

place. J'irai donc au plus vite : ma vieille camionnette. Pour dire

M. Monk, Philip Monk, un de vos vrai, cette nuit-là, je l'avais prêtée.

meilleurs amis, sort de Scotland — A qui ? hurla O'Brien en le-

Yard, il n'y a pas plus d'une heure. vant ses mains énormes au-dessus

Je dois dois dire qu'un policeman de Monk.

l'accompagne pour qu'il ne se — Je n'ose le dire... Le Seigneur

perde pas en route. Ce policeman recommande de ne pas accabler le

veillera pendant quelques jours sur vaincu et...

la personne de M. Monk, en attendant

que nous soyons en mesure

-— Laissez le Seigneur en paix,

de lui accorder chez nous l'hospi-

dit O'Brien. A qui avez-vous prêté

votre camionnette ?

talité qu'il mérite. M. Monk nous

a donné votre adresse en nous

•— A Paulo Cecchi, sir.

affirmant que vous désiriez acheter — Vous mentez, Monk.

coûte que coûte sa vieille camion- — Je l'ai prêtée à Cecchi que je

nette. Pour quelles raisons vouliez- connaissais. Il m'avait dit : « Prêvous

acheter cette voiture ?... Rétez-moi votre voiture pour déméfléchissez,

c'est très grave... Tout nager. » Je ne pouvais pas refu-

ce que vous direz maintenant se ser, car jl avait pu me rendre ser-

retournera contre vous.

vice, à l'occasion. C'est moi-même

— Philip Monk est un damné qui lui ai remis la camionnette vers

menteur. Il vaut moins qu'une co- 9 heures du soir devant la gare

quille de moule fêlée... C'est lui de Brighton. Il me l'a rapportée le

qui m'a proposé d'acheter sa voi- lendemain vers 6 heures du matin.

ture.

— Vous serez mis en présence

— Quel jour ?

de Cecchi. J'ai la conviction que

— Oh ! il y a longtemps de cela. vous mentez...

— Pardon, fit 1 inspecteur Crab, — Non, sir. Je dis la vérité.

tous ceux qui vous connaissent Cecchi pourra prétendre le con-

sont d'accord pour affirmer que traire, car c'est un sacré menteur.

vous ne possédez cette voiture que O'Brien ne poussa pas plus loin

depuis quelques jours.

l'interrogatoire de Monk. Celui-ci

— La cause est jugée, dit dut passer la nuit dans le poste de

O'Brien. J'ai dans ma poche un police de Whitechapel en atten-

mandat d'arrêt. Je n'ai qu'un nom dant que cette nouvelle version

à inscrire là.

de la vente de la camionnette fût

Il mit le doigt sur une feuille de vérifiée.

papier qu'il avait placée sur le L'enquête, rapidement menée,

bureau.

tourna à sa confusion.

— Alors, mettez le nom de Phi- Cecchi, qui se morfondait dans

lip Monk, car c'est un damné men- la prison de Lewes, ignorait tout

teur. Il m'a vendu sa voiture lundi de l'histoire de la camionnette. 11

dernier.

put prouver que dans la nuit du

— Vous êtes libre, fit O'Brien. 4 au 5 juin il se trouvait à Soho.

Vous êtes cependant invité à vous Il pensait que c'était au cours de

tenir à la disposition de la justice. cette nuit que la malle qui conte-

Quand il fut sorti, O'Brien nait ie corps de Joan Burlington

bourra sa pipe, mais, avant de avait dû être volée pour un motif

l'allumer, il la pointa comme une à coup sûr infernal, qu'il ne parve-

épée vers la poitrine de son senait pas à s'expliquer.

cond.

— Nous approchons du but. En-

O'Brien était maintenant

core une balle à placer et nous

convaincu de la culpabilité de

aurons gagné le dernier trou.

Monk, c'est-à-dire de sa partici-

Quand on vint arrêter M. Monk,

pation certaine dans le drame de

Brighton.

le jour suivant, le digne homme

était fort occupé à diriger dans un

appareil à jeux automatique une

partie de football qui devait lui 8

rapporter une pochette en soie

végétale.

Autour de lui, trois ou quatre EPENDANT, Paulo Cecchi ne

cokneys lui prodiguaient leurs l'accusait pas. C'est avec

conseils. C stupeur que dans sa prison

— Votre « goal » doit avoir une il avait appris que Monk se trou-

patte raide, fit une voix inconnue vait mêlé à ce crime dont il jurait

dans ce petit groupe. Il y a quel- que lui, Cecchi, était le seul auteur.

que chose de détraqué dans !a Pour toutes ces raisons le poli-

mécanique et les « rouges » vont cier ne parvenait pas à compren-

perdre.

dre. Il sentait qu'il fallait abandon-

M. Philip et les « supporters » ner l'idée de pénétrer ce mystère

tournèrent la tête avec ensemble sans le secours des aveux du prin-

dans la direction de celui qui venait cipal intéressé, M. Monk.

de prendre la parole sans y être Celui-ci paraissait littéralement

spécialement invité.

abruti par la peur. Il vivait dans

Le visage aimable de M. Monk

sa cellule comme un rat dans une

cage.

qui était plutôt rosé se transforma

en quelque chose de plâtreux qui

La violence ayant échoué,

ressemblait à de la peau de poulet.

O'Brien prit Monk par la douceur.

Il dut s'appuyer sur la vitrine où

Trois jours après son arrestation,

le joueur de football qu'il manœu-

il le fit venir dans son bureau et

lui dit :

vrait resta la jambe en l'air.

— Monk, je sais que vous êtes

— Ah ! bonjour, bonjour, bien un voleur et un recéleur, mais je

le bonjour.

sais aussi que vous n'êtes pas un

Le pauvre homme bafouillait et assassin. Vous avez commis une

ne pouvait prononcer d'autres faute que j'ignore. A mon avis,

mots que ceux de cette banale cette faute n'est pas grave, et vous

formule de bienvenue qui ne ré- pouvez décharger votre conscience

pondait pas du tout à sa pensée. en rendant service à la justice. Je

— Je vous emmène, dit Jimmy suis autorisé à vous promettre l'in-

Crab en affectant un air jovial qui dulgence du tribunal. Réfléchissez

ne trompa personne.

et avouez. Sinon tout finira par se

M. Monk le suivit docilement : savoir et vous serez jugé comme

car il n'était pas pour la bagarre, complice de Cecchi. Je vous parle

non plus, d'ailleurs, que les « sup- en ami...

porters », qui s éclipsèrent pru- Alors, M. Philip Monk se passa

demment.

la main sur le crâne et en reniflant

Il se trouva bientôt, et encore comme un enfant pris en faute, il

une fois, dans ces bureaux de Scot- dit les paroles que O'Brien attenland

Yard dont la seule vue lui dait patiemment :

donnait la nausée.

— Voici, sir, comment les

— Vous voilà, cher monsieur choses se sont passées.

Monk, dit O'Brien ; mon cher gar-

PIERRE MAC ORLAN.

çon, asseyez-vous. Je vous promets

bien du plaisir. Vous n'êtes pas [Illustrations de M. SAUVAYRE.)


iMtMiifmi DIM ANCHE"! L.LÎJSTRE "■■■■«•■'•■■•Htiwwiirtil HiimiiMiiiiiiiinmnn MttMhiMi iiHtWfiitif i ■nui ■ n M 14 •tiiMiitiiniiitiiiiiiipiMiiiiiiiiiniiiiiiMiiiiMiiiHiiiiiHiiiiiiiiiHtiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiHi LE 25 SEPTEM BR.E 1938* «miiitn»»

BRIC-A-BRAC

INFORMATIONS DU MONDE ENTIER

CIGARES « FOR EVER »...

UBA, grand producteur de cigares, a exporté

C 34.985.512 cigares en 1937 contre 42.044.971

en 1936. Cette diminution est due en grande

partie à la réduction considérable des achats

de l'Espagne : 1.873.925 cigares en 1937 contre

une moyenne annuelle de 12.181.000 pendant

la période 1931-1935, et aussi des exportations

moins importantes vers le Royaume-Uni —

principal acheteur — qui n'ont atteint que

21.068.552 cigares en 1937 contre 23.257.541 en

1936.

Après le Royaume-Uni viennent par ordre

d'importance des achats de cigares les principaux

pays suivants : la France avec

3.441.461 cigares; les Etats-Unis avec 3.097.337;

l'Espagne avec 1.873.925 ; l'Afrique anglaise

avec 1.236.911 ; l'Argentine avec 624.850 ; l'Allemagne

avec 565.128 ; la Belgique avec

438.334 ; l'Australie avec 417.383.

La Revue des Tabacs.

Qui n'a pas un récepteur radio ? Est-ce

que les programmes français vous plaisent

?

Avez=vous une opinion ? Ecrivez-la nous.

LE ROI CATÉCHISÉ

t* congrès de l'Eglise méthodiste était hier

U réuni à Hull. Un message de loyauté et

de dévouement au roi George VI fut voté

et le président, qui prêche habituellement

dans 'le district où se trouve le château de

Sandringham, expliqua que l'on ignore généralement

les bons rapports qu'entretient la

famille royale avec les méthodistes.

Le roi Edouard VII fit construire deux

chapelles méthodistes sur ses terres, et, souvent,

il passait une demi-heure dans les cottages

de deux simples régisseurs fort pieux.

L'un d'eux, généraement appelé « Old John»,

entretenait longuement le roi, non point du

domaine, mais du bien de son âme.

Et le souverain écoutait l'homélie d'un

air de souriante componction.

Daily Express.

Les films dramatiques sont-ils plus inté^

ressants que les films comiques ?

Avez-vous une opinion ? Ecrivez-la nous.

AU PAYS DU BOUDDHA VIVANT

ES écrivains comme le Père Hue, ou l'au-

L teur de Bêtes, hommes et dieux, nous ont

familiarisés avec cet étonnant Thibet où tournent

les roues à prières et où se multiplient

les monastères. On s'accorde à dire que le

pays est hospitalier et ses habitants généralement

gais.

Une seule chose assombrit le bonheur général

: c'est l'absence — qui s'éternise —

d'un Dalai Lama. Depuis la mort du dernier

pontife, on attend que se manifeste un jeune

enfant qui sera son successeur. Et si les

récoltes furent mauvaises l'an dernier, partout

les campagnards attribuent ce désastre

au manque de direction spirituelle. Mais aucun

enfant ne présente « les signes »...

Les signes sont au nombre de cinq : des

plis de chair sur les épaules, de grandes

oreilles, la marque d'une coquille sur les

mains, la « marque du tigre » (des raies) sur

les jambes, de longs cils recourbés. La présence

de tous les signes n'est pas nécessaire,

le dernier Dalaï Lama ne possédait que les

trois premiers. On espère que le nouveau-né

prédestiné se manifestera bientôt.

ÉCONOMIES DE GUERRE

New York Times.

T | NE nation en guerre est maintenant tenue

^ à de rudes économies. On l'a vu en

Italie, on le voit au Japon. Ici, la sobriété

proverbiale du peuple permet d'établir les

règles les plus strictes. Les importations sont

soumises au plus sévère examen. On a établi

une liste de plus de deux cents articles qui

Les affaires

sont les affaires

— C'est un homme d'affaires très prudent,

Chaque fois qu'il gagne 100.000 francs, il met

So.ooo francs de côté !...

— Pour ses vieux jours ?...

— Non... pour son avocat !...

(Dessin lntdit de GASTON RIT.)

ne peuvent plus entrer aux îles nippones. Le

veto absolu est opposé à l'admission des

conserves en boîtes, des boissons en bouteilles,

des cosmétiques, des parfums et des vêtements.

Quelques exceptions prouvent la rigidité de

la règle : les vins sont permis par égard

pour les relations commerciales avec la

France ; le café, parce que de nombreux

Jaiponais le cultivent au Brésil. Le fromage

demeure également permis.

Mais les animaux même du zoo de Tokio

ont été mis au régime, après que leur nombre

eut été réduit. Un loup est nourri, non plus

de viande de cheval, mais de sardines fraîches

et de légumes. Le lion et la lionne

devront également se contenter, «n partie

du moins, d'une ration de poissons.

Sur les 11.740 yen alloués pour la nourriture

des animaux, on compte pouvoir économiser

ainsi 5.000 yen (environ 50.000 francs

actuels).)

Times.

LES FUNÉRAILLES ANTICIPÉES

ANS les campagnes yougoslaves, on attache

D une importance énorme aux cérémonies

funéraires. C'est un grand devoir et un grand

souci pour une famille que d'assurer à ses

défunts des pompes suffisantes ou magnifiques.

Un paysan de Tsarna Bara demeuré seul

au monde voulut être certain des honneurs

derniers. Il prit le meilleur moyen ; il a fait

célébrer de son vivant ses funérailles. Le

service funèbre fut superbe, le pseudo-mort

y chanta avec le clergé et avec les invités

accourus de toute part. Ceux-ci admirèrent

fort les préparatifs établis, puis ils se livré-

LA STENOGRAPHIE

s'apprend et se pratique avec un simple crayon.

Dem. le progr, grat. n° 3 des différentes méthodes

enseignées par Jamet-Buffereau, 96. rue de Rivoli,

à Paru.

rent à uns grande et joyeuse bombance.

La tombe est prête, bien entendu. Et maintenant,

le vieux Uia Shoktchanich peut mourir,

on peut — si l'on ose dire —■ l'ensevelir

san,s tambour ni trompette : il a eu un bel

enterrement.

Observer.

LA BANLIEUSITE

'EST une maladie toute nouvelle que les

C médecins londoniens ont découverte. En

somme, on pourrait l'appeler aussi la neurasthénie

de la banlieue. Elle attaque les

femmes dont le mari travaille à la capitale

et souvent ne rentre pas pour déjeuner. Quand

ces isolées se trouvent dans un quartier neuf,

ce qui est fréquent en banlieue, elles s'y

trouvent récemment installées, elles n'y connaissent

personne, la banlieusite les saisit.

Après tout, ce mal nouveau n'est que notre

vieil ennemi le cafard. Sous son nom récent,

il vient de conduire au suicide une jeune

femme à qui les journées semblaient longues

dans un faubourg de Londres.

Les voisines de la défunte ignorent la banlieusite.

Une maison à entretenir, des enfants

à élever, voilà qui barre la route au cafard.

Ou, seulement, dans d'autres cas, un jardin

chéri, un chat gâté, voire un art d'agrément,

la lecture, une collection quelconque.

Mais les médecins proposent l'établissement

de salons de lecture communs et de clubs

de femmes.

Daily Mirror.

Exigez la marque Velpeau

Quand vous demanderez une bande de

Crêpe Velpeau, exigez que la marque Velpeau

figure sur la boîte. Toutes les bandes

de Crêpe ne sont pas des bandes Velpeau.

Seule, la bande Velpeau conserve aux lavages

ses merveilleuses qualités de souplesse.

PROBLEMES DE MOTS CROISES

Dotés de prix en espèces

RÈGLEMENT

1° Chaque VENDREDI paraît dans ce

journal un problème de mots croisés doté,

proportionnellement au nombre de participants,,

de nombreux prix en espèces :

2° Seronf gagnants ceux qui auront

envoyé une réponse conforme à la solution

type. La somme revenant aux intéressés leur

sera réglée dans la semaine suivant la publication

de la solution type.

3" Les seules solutions admises seront celles

identtqucs à la solution type déposée à la

direction de Dimanche-Illustré sous pli cacheté

avant la publication du problème. La

solution type sera publiée dans Dimanche-

Illustré la quinzaine suivante. Tous les mots

utilisés figurent dans le Nouveau Petit Larousse

illustré, édition 1938 Les mots tels

que : articles, notes de musique, participes,

symboles, abréviations, ne sont pas comptés

comme fautes :

4° Les lecteurs pourront adresser autant de

solutions qu'ils le désireront sous le même

pli, avec paiements groupes, en se conformant

au règlement ci-dessous. Indiquer les

noms et adresses au verso de l'enveloppe :

5° Chaque solution doit être accompagnée

d'un droit de participation de 5 francs {chèque

postal Paris 1445-00. de préférence avec

envoi du récépissé), mandat, chèque et exceptionnellement

timbres-poste à 0.65. Dans ce

cas. envoyer 10 timbres à 0.65. Joindre une

feuille portant les noms, prénoms, adresse et

le mode de règlement utilisé. On doit écrire

les solutions à l'encre, sans ratures et en

capitales d'imprimerie, sur une grille imprimée

de préférence et portant toutes indications

( 1 ) ;

6° Adresser les envois à Parts Mots-Croisés.

Service D. !.. 46. avenue Bosquet,

Paris (7 e ). Les envois peuvent être postés

jusqu'au vendredi suivant au soir. Les résultats

sont publiés dans la quinzaine ;

7° Touf envoi non conforme aux règles

indiquées est considéré comme nul. Le seul

fait de prendre part à ce problème comporte

l'acceptation du présent règlement.

(1) Paris-Mots Croisés peut fournir cinquante

grilles en pochette contre 4 francs en timbresposte.

Pas d'envoi contre remboursement

Les lauréats du problème N" 173

recevront, cette semaine, par

mandat-carte à domicile, la somme

de 220 francs.

PROBLÈME N° 175

1 23456789 10

ItOKI/.ON'l'Al..KM KM ï

1. Sont proposées dans tous les cafés pour

pousser à boire.

2. Troisième dimanche de carême. — Pharnace

y fut vaincu par César.

3. Participe passé. — Fleuve de Russie. —

Monnaie roumaine.

4. Dommage que la grêle peut causer. —

Préfixe

5. Participe passé. — Petit mot invariable.

— Deux consonnes.

6. Royaume de Suède. — Dén\é (anagramme).

7. Deux lettres de frugal. — Grain du chapelet.

— Sur la rose des vents.

8. Initiales d'Estaunié. — Unité de poids

pour les diamants.

9. Abréviation. — Trois lettres de Bgde.

10. Symbole chimique inversé. — Adjectif

numérique.

11. Adjectif signifiant incomplet.

V KRTiCAl.KMK.NT

1. Celui qui fait le même genre de travail

qu'un autre. — Alpes Dinariques.

2. Phonétiquement tond des parcs à huîtres

du côté de la mer. — Fissure.

3. Vieux mot qui signifie croire.

4. Initiales de Loisel. jurisconsulte français.

— Ayez-le bien garni ! — Pronom.

5. Ville du Japon sur le golfe d'Osaka. —

Piante marine employée comme engrais.

6. Couvrir. — Deux consonnes.

7. Emile Zola.

— Symbole chimique.

S. Pareil. —

Trace.

9. Philosophes

d e l'antiquité

grecque.

10. Sans dommage.

— Deux

voyelles. — Se

trouve en France.

Solution du n" 173

Le résultat du

problème numéro

ij4 sera

publié dans le

n" du 2 octob.

« Au problème 172 LIEU, poisson N.P.L.I.

1938 page 583 » ; et :

« RA ou RE soleil égyptien N.P.L.I. 1938

page 16S5. »

Afin de donner satisfaction à de nombreuses demandes d'encouragement,

pendant les vacances, if sera envoyé à chaque concurrent n'ayant qu'une

faute, un bon de solution gratuite à AJOUTER à l'envoi du problème suivant.

Tristes Symptômes

On sait aujourd'hui que le magnésium est

nécessaire à la vie. Lorsqu'il manque à notre

organisme — ce qui se produit régulièrement

a partir de la quarantaine —• on voit apparaître

les tristes symptômes d'une vieillesse

prématurée. Dans la plupart des cas, l'estomac

fonctionne et on souffre de maux de reins ou

de douleurs arthritiques. Trop fréquemment

hélas ! un amaigrissement sensible vient encore

dénoter la présence de quelque tumeur

cancéreuse des organes profonds. Prenc're les

devants et saturer l'organisme de magnésium

est une précaution que nous devrions tous

prendre en entrant dans la quarantaine.

Les Sels Vaillants magnésiens - lithinéssodiques

remplissent à merveille une triple

fonction .: rajeunir l'organisme par leur magnésium,

soigner les troubles arthritiques par

leur lithine, rétablir ou maintenir les fonctions

digestives par leur bicarbonate de soude.

Leur emploi est aussi simple qu agréable ; on

fait dissoudre un paquet .le Sels Vaillant dans

un litre d'eau et on prend cette solution légèrement

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Rébus géographique.

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Aile (La Rochelle). —

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Devinette. — Ils sont

tous deux « note-airs »

(notaire).

M, Poum grand chasseur.

— Parce qu'il n'y

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Afrique.

Club «Sans-Souci» et club «Lutèce»

Dimanche 25 septembre, rendez - vous, à

2 h. 30, au pont de Sèvres, pour excursion à

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LE 25 SEPTEA1BRE 1938 i»KiiiiiMiiii>MiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiuiiMiiiHiiiiiiniiii»iiiiiimiiiiii«MiiiMii« 15 '•> immn m iiiuuiiiuiuiuMuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimmH""» nmiii DIMANCHE"1LLUSTRË

LA VIE PHI LA TÊLIQUE

LES GRANDS " DECOUVREURS DE TERRES "

L

A collection des timbres-poste, qui, par

ses illustrations, touche aux domaines

les plus variés, reproduit les portraits

de la plupart des grands navigateurs ou

explorateurs des mers partis, jadis, à la

découverte de terres inconnues.

C'est d'abord Christophe Colomb, dont de

nombreuses républiques sud-américaines ont

reproduit l'effigie, notamment le Chili, qui

a ilustré ses premières émissions postales —

au surplus excellentes — d'un profil du

mmsm

LE PREMIER TIMBRE DU CHILI

QU'ORNE UN PROFIL DE CHRISTOPHE COLOMB

célèbre navigateur. Mais il est encore

d'autres qui ont honoré par le timbre-poste

Ja mémoire de celui qui découvrit l'Amérique.

Les Etats-Unis ont, en effet, consacré à

Christophe Colomb une très belle série de

seize valeurs, émise en 1893 et qui, d'un

prix relativement peu élevé il y a encore

quelques années, est cotée aujourd'hui 7.800

francs, neuve, et 5.250 francs oblitérée. Enfin,

l'Espagne a réalisé, en 1930, deux super-

Entre deux mots.

bes séries qui, à l'égal de celle des Etats-

Unis, retracent les étapes essentielles de la

grande aventure colombienne : préparation

du premier voyage, au monastère de la

Rabida ; départ des trois caravelles, du port

de Palos ; découverte de l'Amérique et

débarquement de Colomb ; retour à Barcelone,

etc. Mais l'Espagne a complété cet

ensemble en y ajoutant deux portraits :

ceux des frères Vincente et Alonzo Pinzon,

qui commandaient à bord de deux caravelles,

tandis que, du pont de la Santa Maria,

Colomb dirigeait l'expédition.

Puis, viennent, reproduits sur d'autres

timbres-poste de divers pays, Magellan, qui

effectua le premier voyage maritime autour

du monde et dont un portrait orne des

vignettes des îles Philippines ; Vasco de

Gama, qui découvrit la route des Indes et

dont l'effigie illustre plusieurs vignettes de

Nyassa : Cabrai, qui explora les côtes du

Brésil ; Balboa, qui découvrit l'isthme de

Panama ; Jacques Cartier, qui reconnut et

explora le littoral canadien ; Jean et Sébastien

Cabot, qui découvrirent Terre-Neuve ;

Dom Henrique et de Albuquerque, qui assurèrent

au Portugal la possession de riches

comptoirs en Asie ; James Cook, qui explora

à plusieurs reprises le Pacifique ; Bougainville

et La Pérouse, qui voyagèrent en

Océanie, etc.

Groupement de timbres-poste à la fois

artistiques et instructifs et qui résument, de

façon très complète, l'œuvre grandiose des

plus illustres « découvreurs de terres ».

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Ces consultations sont réservées à nos

lecteurs ou abonnés qui se présentent

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Enseignement et orientation professionnelle.

— Le jeudi, de 17 à . 18 heures.

Questions juridiques. — Le jeudi, de 14

à 15 heures.

Questions militaires. — Par écrit.

Les consultations n'ont pas lieu les veilles

de fêtes légales et jours fériés.

ï,,,,,,,,,, iMimiiiiMim iimim miiMiimiiniiiw uni ■HIMHIII MÏmiiiimm IIIIHIIIIIIHIIIIHIIHIJIII

GRAPHOLOGIE

L'ÉCRITURE

EST L'IMAGE DE L'AME

par le professeur SC1ENTIA

CARACTÈRES

IMPÉNÉTRABILITÉ

... non. p&s *»et tn. le*rdt nnih.r» »

et ht tait*, tu ifU&rrt tant |n«n n« ,V^f

chestre national. — Mardi, Radio-Paris,

20 h. 15 : l'Affranchie, trois actes de Mau- D'où vient le nom de pioupiou donné à nos

rice Donnay ; Paris-P. T. T., 20 h. 25 : soldats ?

transmission du spectacle de l'Opéra-

ES gardes françaises portaient un uniforme

Comique. — Vendredi, Poste Parisien, L blanc, ce qui leur valut le nom de « Pier-

21 heures : depuis le théâtre de la Porte rots ». Le nom de Pierrot s'appliquant aussi

Saint-Martin, Beethoven, de R. Fauchois. aux moineaux, les gavroches de cette époque

s'empressèrent d'imiter le cri de cet oiseau :

« Piou ! Piou ! Piou ! » sur le passage des

gardes françaises ; de là le nom de « Pioupiou

» donné à nos soldats.

e classe et sont

soumis à un stage d'un an. A l'expiration du

stage, les chefs de service présentent un

rapport au directeur général sur les aptitudes,

l'assiduité et la manière de servir de ces

agents. Au vu de ce rapport, M est statué

par le directeur général sur l'admission définitive

dans lés cadres ou la radiation des

intéressés. Le temps de stage accompli par

les dessinateurs recrutés en dehors de l'administration

compte dans le calcul des trois

ans d'ancienneté requis pour la promotion à

la 2* classe du grade de dessinateur.

Quand aura lieu un concours pour le surnumérariat

des contributions directes et

du cadastre ?

N concours d'admission au surnumérariat

U des contributions directes sera ouvert

au cours du premier trimestre de 1939. Conditions

d'admission : être pourvu du diplôme

de bachelier et être né entre le 1" juillet

1913 et le 30 juin 1921. Les candidats titulaires

d'un diplôme de licencié ou de docteur

et ceux ayant satisfait aux examens d'entrée

ou de sortie de certaines grandes écoles bénéficient

de majoration de points aux épreuves

écrites et orales. Les candidats admis reçoivent,

pendant la durée du stage, une indemnité

annuelle de 11.000 francs et les diverses

indemnités (résidence, charges de famille,

allocation provisoire) allouées à tous les

fonctionnaires de l'Etat. Registre d'inscription

ouvert dans chaque direction départementale

des contributions directes clos Je

31 octobre 1938.

•?>


Quelles sont les conditions de recrutement

des dessinateurs des manufactures de

S

l'Etat ?

i le nombre des dessinateurs auxiliaires

ayant subi avec succès l'examen est infé-

rieur à celui des vacances, il est pourvu aux

emplois disponibles par la voie d'un concours

ouvert aux candidats n'appartenant pas à

l'administration. Le programme et les conditions

sont les mêmes que ceux prévus pour

l'examen ouvert aux dessinateurs auxiliaires.

Les candidats à l'emploi de dessinateur, déclarés

admis à la suite de ce concours, sont

A quel âge une jeune filie a-t-elle le plus

de chance de se marier ?

E n'est pas de quinze à vingt ans que la

C jeune fille à marier rencontre le plus

sûrement un mari. Voici du reste quelques

chiffres soumis par une statistique sévère.

Sur un total de cent mariages célébrés à

Paris, treize épouses seulement sont âgées

de 15 à 20 ans., 36 p. 100 entre 20 et 25 ans,

22 p. 100 entre 25 et 30 ans. Après, c'est la

décadence : de 30 à 35 ans, 12 p. 100 : de 35 à

40 ans, 6 p. 100 ; de 40 à 45 ans, 5 p. 100 ;

de 45 à 50 ans, 1 sur 110, et de 60 à 65 ans,

1 sur 365 personnes.


DIMANC

ÉTRANGES SPÉCIMENS CANIN

Ces deux braves chiens, d'aspect à la fois étrange et drolatique, sont les représentants

d'une race particulièrement rare : les lévriers d'Afghanistan. Ils sont, dit-on,

d'une très vive intelligence et des plus attachés à leurs maîtres.

CURIEUSE AMAZONE

ET AVEC ÇA, MADAME?...

De grands magasins de nouveautés parisiens ont ouvert,

il y a quelque temps déjà, des rayons de vente d'animaux

vivants : singes, cobayes, tortues, reptiles, etc.

Voici un serpent de grande taille, que des spécialistes

s'apprêtent à livrer en ville.

RESPIREZ BIEN...

Cette souriante dompteuse, connue sous le nom de « Comtesse

Conga », est aussi une charmeuse qui apprivoise plus

qu'elle ne dresse les lions qu'elle élève. La voici chevauchant

Némo, qui est pour elle un ami que bien peu s'aviseraient

de taquiner. Ci-dessus un vétérinaire spécialiste auscultant

attentivement Némo.

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