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Mise en page 1 - Association des Élèves Avocats

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édito<br />

SOMMAIRE<br />

Avec et sans transition<br />

Même si toutes les générations d'avocats qui nous ont précédés ont p<strong>en</strong>sé de même pour<br />

elles-mêmes, j'ai l'intime conviction que nous faisons partie de celle qui sera confrontée à<br />

la mutation la plus profonde de notre profession.<br />

On a réformé notre formation <strong>en</strong> allongeant le temps passé à l'école sans<br />

contrepartie effective pour les élèves-avocats ainsi formés, <strong>des</strong>siné une<br />

nouvelle carte judiciaire sans réelle concertation préalable, parlé d'un<br />

futur transfert au notaire <strong>des</strong> divorces par cons<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t mutuel <strong>en</strong> laissant<br />

planer l'idée que l’assistance de l'avocat était minime, voire totalem<strong>en</strong>t<br />

inutile.<br />

On a, par ailleurs, <strong>en</strong>visagé de fusionner la profession d'avocat avec celle<br />

de conseil <strong>en</strong> propriété industrielle, parlé de faire de même avec celle de<br />

juriste d'<strong>en</strong>treprise, préconisé de supprimer totalem<strong>en</strong>t les avoués comme si nos compét<strong>en</strong>ces,<br />

durem<strong>en</strong>t acquises, étai<strong>en</strong>t finalem<strong>en</strong>t « interopérables ».<br />

Dans le même temps, on aggrave les sanctions <strong>en</strong> cas de récidive alors que l’on se concerte<br />

pour dépénaliser le droit <strong>des</strong> affaires. On veut égalem<strong>en</strong>t ajouter de l’<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t après la<br />

prison, pour ceux qui sont considérés comme incurables, tout <strong>en</strong> t<strong>en</strong>tant de réformer – <strong>en</strong>core<br />

et toujours – la désormais célèbre ordonnance de 1945 relative aux mineurs…<br />

Dans un laps de temps aussi court, qui dit mieux ? Parce que la question de notre av<strong>en</strong>ir<br />

dans la profession est importante, nous espérons tous que le flambeau sera repris.<br />

A ce propos, et puisqu’il s'agit là du dernier numéro<br />

du Baromètre dirigé par l’équipe « promotion<br />

Mazeaud », je voudrais remercier, du fond du cœur,<br />

tous ceux qui ont participé de près ou de loin à<br />

cette av<strong>en</strong>ture et saluer la nouvelle rédaction issue<br />

de la promotion Abdou Diouf.<br />

Ils sont motivés, plein d'<strong>en</strong>vies et vous pouvez<br />

compter sur eux pour avoir de la suite dans les<br />

idées.<br />

Rédac’ Chef, Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />

Contacts<br />

du baromètre<br />

Sadry Porlon<br />

s.porlon@aea-paris.net<br />

Octave Lemiale<br />

o.lemiale@aea-paris.net<br />

Nathalia Marlow<br />

n.marlow@aea-paris.net<br />

Olga Ooliounine<br />

o.oliounile@aea-paris.net<br />

« Le rapport Attali : La République <strong>des</strong> experts au chevet de la France »…....................................<strong>page</strong> 4<br />

« Certifié non conforme » (Témoignages stage final)………………………........................................<strong>page</strong> 12<br />

« Quand Internet précipite la mutation de la presse traditionnelle »…….......................................<strong>page</strong> 18<br />

« R<strong>en</strong>contre avec Charlotte Plantin : Secrétaire de la confér<strong>en</strong>ce »………........................................<strong>page</strong> 30<br />

« L’autre visage <strong>des</strong> cabinets anglo-saxons »……………………………............................................<strong>page</strong> 34<br />

« Derrière la barre ! »…………………………………..........................................................................<strong>page</strong> 40<br />

« In memorian : Le Bâtonnier Claude Lussan……….………………………..........................................<strong>page</strong> 41<br />

Baromètre n°4 : ISSN <strong>en</strong> cours – 63 rue de Char<strong>en</strong>ton 75012 Paris. Tirage : 3000 exemplaires. baromètre@aea-paris.net. Rédacteur <strong>en</strong> chef : Sadry Porlon / Rédacteurs<br />

<strong>en</strong> chef adjoint : Nathalia Marlow et Octave Lemiale / Secrétaire de rédaction : Olga Oliounine / Directeur de publication: Pierre-Louis Rouyer / Conception graphique<br />

et maquette : Pierre-Louis Rouyer / Illustrateur et <strong>des</strong>sinateur : Zétoune - sterfield@free.fr / Equipe de rédaction : Sadry Porlon, Nathalia Marlow, Octave Lemiale,<br />

Eti<strong>en</strong>ne Deshoulières, Gw<strong>en</strong>aëlle Philippe, Nicolas Rua, Virginie Desmoulin, Capucine Némo, Anne-Lise Colonna De Leca, Cathy Clairet-Roig, Flor<strong>en</strong>t Humetz, Stéphane-Laur<strong>en</strong>t<br />

Texier, Surin Clarisse, Maud Lambert, Rosiane Houngbo, Pierre-Louis Rouyer, Angélique Lamy, Moustafa Kamara, Cédric Guinais, Djinn Quévreux,<br />

François-Xavier Balme. À Luc Rascar.<br />

Des réactions ? Écrivez nous à baromètre@aea-paris.net ou sur le forum du site www.aea-paris.net.


Le rapport Attali : La République <strong>des</strong> experts au chevet<br />

Plus de quarante ans après le rapport RUEFF et ARMAND pour la suppression<br />

<strong>des</strong> obstacles à l’expansion économique, la Commission présidée par<br />

Jacques ATTALI a remis le 23 janvier 2008 au Présid<strong>en</strong>t de la République<br />

son rapport pour la libération de la croissance française.<br />

En moins de six mois (un record !) et alors<br />

que l’année 2008 s’ouvre sur une note<br />

pessimiste marquée par une crise financière<br />

et la crainte d’une récession aux<br />

Etats-Unis, la Commission, réunie autour<br />

d’une quarantaine d’experts, a formulé<br />

Le Présid<strong>en</strong>t n’est<br />

pas le seul à être <strong>en</strong><br />

désaccord, le rapport<br />

ayant réussi l’exploit<br />

de fédérer le<br />

mécont<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t de<br />

professionnels de<br />

tout bord<br />

(vous avez déjà vu<br />

<strong>des</strong> manifestations<br />

rassemblant <strong>des</strong><br />

coiffeurs et <strong>des</strong><br />

pharmaci<strong>en</strong>s, <strong>des</strong><br />

chauffeurs de taxis<br />

et <strong>des</strong> professionnels<br />

du droit, moi<br />

non)<br />

Baromètre n°4 Page 4<br />

quelque trois c<strong>en</strong>ts<br />

seize propositions<br />

d’inspiration largem<strong>en</strong>t<br />

libérale, qui se déclin<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong> vingt « décisions<br />

fondam<strong>en</strong>tales », organisées<br />

autour de huit<br />

ambitions.<br />

Sous un vocable vague<br />

et sol<strong>en</strong>nel (voire pompeux),<br />

les recommandations<br />

du rapport<br />

doiv<strong>en</strong>t ainsi « préparer<br />

la jeunesse à l’économie<br />

du savoir et de la<br />

prise de risque, participer<br />

pleinem<strong>en</strong>t à la<br />

croissance mondiale et<br />

dev<strong>en</strong>ir un champion de<br />

la nouvelle croissance,<br />

améliorer la compétitivité<br />

<strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises<br />

françaises (<strong>en</strong> particulier <strong>des</strong> PME),<br />

construire une société de plein emploi,<br />

supprimer les r<strong>en</strong>tes, réduire les privilèges<br />

et favoriser la mobilité, créer de nouvelles<br />

sécurités à la mesure <strong>des</strong> instabilités<br />

croissantes, instaurer une nouvelle gouvernance<br />

au service de la croissance et<br />

<strong>en</strong>fin ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui<br />

à la charge <strong>des</strong> générations futures<br />

» (ri<strong>en</strong> que çà !!!).<br />

Si certaines propositions<br />

sembl<strong>en</strong>t<br />

positives – la création<br />

de « class action<br />

»,<br />

l’augm<strong>en</strong>tation <strong>des</strong><br />

contrôles antitrust,<br />

le droit de<br />

préemption de<br />

de la France<br />

l’Etat contre les communes qui ne jou<strong>en</strong>t<br />

pas le jeu du logem<strong>en</strong>t social, le transfert<br />

de la politique d’urbanisme aux groupem<strong>en</strong>ts<br />

intercommunaux ou <strong>en</strong>core la limitation<br />

<strong>des</strong> cautions à un mois pour les<br />

locataires (une p<strong>en</strong>sée à tous les élèvesavocats<br />

vivant sous les combles et qui ont<br />

dû fournir trois mois de caution), d’autres<br />

apparaiss<strong>en</strong>t sinon ubuesques du moins<br />

« orwelli<strong>en</strong>nes » telles le projet de<br />

construction de dix Ecopolis, cités modèles<br />

intégrant nouvelles technologies et<br />

écologie, d’ici 2012 ou <strong>en</strong>core l’<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t<br />

de l’économie et de la finance dès le<br />

primaire (ou comm<strong>en</strong>t transmettre le<br />

dogme libéral dès le plus jeune âge).<br />

Le mouvem<strong>en</strong>t réformateur ainsi suscité<br />

n’a d’autre objectif que de réduire les dép<strong>en</strong>ses<br />

publiques d’un point par an d’ici<br />

fin 2012 et am<strong>en</strong>er une baisse de la dette<br />

publique à 55% du PIB – il serait <strong>en</strong> effet<br />

de bon ton de respecter ce pauvre Pacte<br />

europé<strong>en</strong> de croissance et de stabilité –<br />

une diminution du chômage à 5%, la création<br />

de 150 000 emplois et la construction<br />

de 90 000 logem<strong>en</strong>ts sociaux.<br />

L’ex–mitterrandiste, converti aux vertus<br />

du libéralisme à l’anglo-saxonne et aux<br />

bénéfices de la mondialisation, estime que<br />

toutes les mesures du rapport form<strong>en</strong>t un<br />

bloc, « un <strong>en</strong>semble techniquem<strong>en</strong>t applicable,<br />

financièrem<strong>en</strong>t équilibré, sans augm<strong>en</strong>ter<br />

les impôts ».<br />

A l’issue de la prés<strong>en</strong>tation du rapport, Nicolas<br />

Sarkozy, tout <strong>en</strong> affirmant qu’il<br />

adhérait « à l’ess<strong>en</strong>tiel », assumait, cep<strong>en</strong>dant,<br />

trois points de<br />

désaccord :


=> La remise <strong>en</strong> cause du principe constitutionnel<br />

de précaution, évoqué dans le rapport<br />

comme un frein à la croissance, aux investissem<strong>en</strong>ts<br />

et à l’innovation, n’est pas possible <strong>en</strong> ce<br />

s<strong>en</strong>s qu’il constitue au contraire « un principe<br />

d’action et d’expertise pour réduire<br />

l’incertitude » ;<br />

=> La suppression, dans un délai de dix ans,<br />

<strong>des</strong> départem<strong>en</strong>ts, considérés comme « inutiles<br />

» par la Commission : le Présid<strong>en</strong>t de la République<br />

s’y oppose, affirmant que les départem<strong>en</strong>ts<br />

ont « une légitimité historique » ;<br />

=> La déréglem<strong>en</strong>tation <strong>en</strong> matière pharmaceutique,<br />

les pharmacies ayant « une véritable mission<br />

de service public ».<br />

Le Présid<strong>en</strong>t n’est pas le seul à être <strong>en</strong> désaccord,<br />

le rapport ayant réussi l’exploit de fédérer<br />

le mécont<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t de<br />

professionnels de tout<br />

bord (vous avez déjà vu<br />

<strong>des</strong> manifestations rassemblant<br />

<strong>des</strong> coiffeurs et<br />

<strong>des</strong> pharmaci<strong>en</strong>s, <strong>des</strong><br />

chauffeurs de taxis et<br />

<strong>des</strong> professionnels du<br />

droit, moi non).<br />

Parmi ceux-ci, les notaires,<br />

huissiers et autres<br />

avoués aux statuts<br />

jusqu’ici très protégés<br />

grinc<strong>en</strong>t <strong>des</strong> d<strong>en</strong>ts.<br />

Le rapport préconise <strong>en</strong><br />

effet de faire sauter les<br />

verrous <strong>des</strong> professions<br />

juridiques, « restées à<br />

l’abri, plus que tout<br />

autre activité économique,<br />

<strong>des</strong> transformations<br />

du monde » et dont<br />

le numerus clausus<br />

« freine le développem<strong>en</strong>t de l’innovation et de<br />

l’emploi ».<br />

La Commission avance ainsi l’idée de supprimer<br />

les quatre c<strong>en</strong>ts quarante-quatre avoués, officiers<br />

ministériels chargés <strong>des</strong> actes de procé-<br />

« Je ne demande point à Votre<br />

Majesté [] d’adopter mes<br />

principes sans les avoir examinés<br />

mais, quand elle <strong>en</strong> aura reconnu<br />

la justice et la nécessité, je la<br />

supplie d’<strong>en</strong> maint<strong>en</strong>ir l’exécution<br />

avec fermeté, sans se laisser<br />

effrayer par <strong>des</strong> clameurs qu’il est<br />

impossible d’éviter »<br />

dure devant les cours d’appel, qui devi<strong>en</strong>drai<strong>en</strong>t<br />

avocats (« leur valeur ajoutée étant de plus <strong>en</strong><br />

plus difficile à justifier ») et d’ouvrir l’activité<br />

d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation.<br />

Elle propose égalem<strong>en</strong>t de mettre fin à la limitation<br />

par l’Etat du nombre d’offices notariales et<br />

d’ouvrir très largem<strong>en</strong>t les activités de notaire à<br />

de « nouveaux professionnels <strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>ants »,<br />

de quoi faire saliver les cabinets d’avocats, qui<br />

se verrai<strong>en</strong>t bi<strong>en</strong> avoir accès aux juteuses transactions<br />

immobilières.<br />

Elle recommande <strong>en</strong>core de supprimer les greffiers<br />

privés auprès <strong>des</strong> tribunaux de commerce,<br />

qui serai<strong>en</strong>t remplacés par « <strong>des</strong> services administratifs<br />

spécialisés ».<br />

Enfin, afin de promouvoir la faible prés<strong>en</strong>ce internationale<br />

<strong>des</strong> cabinets d’avocats français,<br />

seuls 0,2% d’<strong>en</strong>tre eux ont plus de 50 salariés, la<br />

Commission propose de les aider à accroître<br />

leurs fonds propres <strong>en</strong> permettant à <strong>des</strong> tiers<br />

d’investir dans leur capital.<br />

Les débats rest<strong>en</strong>t <strong>en</strong> tout cas largem<strong>en</strong>t ouverts<br />

et <strong>des</strong> forums vont être organisés par le comité<br />

de suivi de la Commission dans sept villes de<br />

France (Toulouse, Lille, R<strong>en</strong>nes, Clichy-sous-<br />

Bois, Strasbourg, Marseille et Paris, cherchez<br />

l’erreur) dès la fin mars.<br />

Une première évaluation du<br />

rapport devrait d’ailleurs interv<strong>en</strong>ir<br />

avec la reprise d’une<br />

partie de ses propositions<br />

dans le projet de loi de modernisation<br />

de l’Economie<br />

prés<strong>en</strong>té au printemps par<br />

Madame LAGARDE.<br />

Mais Jacques ATTALI semble<br />

au-<strong>des</strong>sus de tout cela<br />

lorsqu’empruntant les mots<br />

d’une lettre de TURGOT, il<br />

s’adresse à Nicolas SARKOZY<br />

<strong>en</strong> ces termes : « Je ne demande<br />

point à Votre Majesté<br />

[…] d’adopter mes principes<br />

sans les avoir examinés<br />

mais, quand elle <strong>en</strong> aura reconnu<br />

la justice et la nécessité,<br />

je la supplie d’<strong>en</strong><br />

maint<strong>en</strong>ir l’exécution avec<br />

fermeté, sans se laisser effrayer<br />

par <strong>des</strong> clameurs qu’il est impossible<br />

d’éviter ».<br />

Am<strong>en</strong>.<br />

Nicolas RUA, Série T, Promotion 2007<br />

Baromètre n°4 Page 5


Rapport Coulon: véritable dépénalisation ou simple<br />

mise <strong>en</strong> cohér<strong>en</strong>ce du droit pénal <strong>des</strong> affaires?<br />

« Comm<strong>en</strong>t compr<strong>en</strong>dre que, dans les cas qui ne mett<strong>en</strong>t <strong>en</strong> cause que <strong>des</strong> intérêts privés et pécuniaires,<br />

il puisse <strong>en</strong>core être fait recours au droit pénal !»<br />

C’est par cette déclaration, prononcée devant les représ<strong>en</strong>tants du MEDEF et les juges du tribunal de<br />

commerce de Paris le 6 Novembre 2007, que le Présid<strong>en</strong>t de la République, Nicolas Sarkozy, a clairem<strong>en</strong>t<br />

mis <strong>en</strong> évid<strong>en</strong>ce son int<strong>en</strong>tion de mettre <strong>en</strong> marche le remodelage du droit pénal <strong>des</strong> affaires.<br />

Précédemm<strong>en</strong>t, le chef de l’Etat avait déjà affirmé<br />

« vouloir mettre un terme » à la pénalisation<br />

du droit <strong>des</strong> affaires <strong>en</strong> indiquant que<br />

« cette pénalisation est une grave erreur » et un<br />

frein « au goût du risque et au goût d’<strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>dre<br />

» qu’il faut restaurer <strong>en</strong> France.<br />

Il apparaît, <strong>en</strong> effet, que nombre de<br />

professionnels désireux de créer<br />

leur <strong>en</strong>treprise sont inquiets face au<br />

risque de sanctions pénales dont ils<br />

pourrai<strong>en</strong>t faire l’objet <strong>en</strong> cas d’erreur<br />

de gestion. On peut se poser la<br />

question de l’intérêt de faire peser<br />

sur les chefs d’<strong>en</strong>treprises un risque<br />

pénal <strong>en</strong> sus d’un risque financier<br />

déjà très lourd pour bon nombre<br />

d’<strong>en</strong>tre eux.<br />

La création et la gestion d’une <strong>en</strong>treprise<br />

sont d’autant plus délicates<br />

que le cadre juridique gouvernant<br />

l’Entreprise se complexifie de jour<br />

<strong>en</strong> jour et devi<strong>en</strong>t parfois illisible<br />

pour certains dirigeants qui n’ont<br />

pas <strong>en</strong>core pour habitude de recourir<br />

aux conseils d’un avocat. Il faut,<br />

<strong>en</strong> effet, pr<strong>en</strong>dre <strong>en</strong> compte que le tissu économique<br />

français n’est pas uniquem<strong>en</strong>t composé<br />

de sociétés du CAC 40 mais de plus de<br />

2.870.000 Petites et Moy<strong>en</strong>nes Entreprises pour<br />

lesquelles le droit <strong>des</strong> affaires, et <strong>en</strong>core plus le<br />

droit pénal <strong>des</strong> affaires, peuv<strong>en</strong>t apparaître incompréh<strong>en</strong>sibles.<br />

Il est temps de cesser de comparer les chefs<br />

d’<strong>en</strong>treprises à <strong>des</strong><br />

« voyous ». S’il<br />

existe, comme dans<br />

toute profession,<br />

<strong>des</strong> personnes peu<br />

scrupuleuses, il n’<strong>en</strong><br />

demeure pas moins<br />

que la grande majorité<br />

<strong>des</strong> dirigeants<br />

condamnés le sont,<br />

non pas pour mal-<br />

Baromètre n°4 Page 6<br />

« Nombre de<br />

professionnels<br />

désireux de créer<br />

leur <strong>en</strong>treprise sont<br />

inquiets face au<br />

risque de sanctions<br />

pénales dont ils<br />

pourrai<strong>en</strong>t faire<br />

l’objet <strong>en</strong> cas d’er-<br />

reur de gestion »<br />

honnêteté mais pour simple néglig<strong>en</strong>ce ou<br />

ignorance du droit.<br />

Se pose alors la question de savoir si pour répondre<br />

aux problèmes <strong>des</strong> prét<strong>en</strong>dus « patrons<br />

voyous », mieux vaut-il accroître la répression<br />

ou mieux leur expliquer la législation ?<br />

Le rapport Coulon <strong>en</strong>visage ainsi<br />

l’amélioration de la formation <strong>des</strong> <strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>eurs<br />

comme « un outil efficace<br />

de limitation de la transgression de la<br />

norme ». Mais plus qu’une formation,<br />

les chefs d’<strong>en</strong>treprises ont besoin<br />

d’être mieux conseillés. S’offre ici un<br />

marché considérable pour la nouvelle<br />

génération d’avocats que nous<br />

sommes.<br />

Dans ce souci d’améliorer la connaissance<br />

<strong>des</strong> dirigeants, le Présid<strong>en</strong>t de<br />

la République souhaite mettre <strong>en</strong><br />

place une meilleure cohér<strong>en</strong>ce dans<br />

les règles applicables et ainsi lutter<br />

contre « une pénalisation excessive<br />

qui constitue une source d’insécurité<br />

et handicape l’esprit d’<strong>en</strong>treprise ».<br />

Cep<strong>en</strong>dant, ce projet a été vivem<strong>en</strong>t critiqué par<br />

certains élus de gauche tels Arnaud Montebourg<br />

qui voit, non sans exagération, dans ce souhait<br />

présid<strong>en</strong>tiel « une reconstitution <strong>des</strong> privilèges<br />

de l’aristocratie <strong>des</strong> affaires » et une « injure à la<br />

valeur travail que Sarkozy prét<strong>en</strong>d déf<strong>en</strong>dre ». A<br />

cette diatribe politique s’ajoute une vive opposition<br />

du Syndicat de la magistrature (classé à<br />

gauche) qui estime que « le Présid<strong>en</strong>t de la République<br />

se range<br />

o s t e n s i b l e m e n t<br />

dans ce domaine<br />

aux cotés <strong>des</strong> délinquants<br />

contre les<br />

victimes (salariés,<br />

actionnaires, contribuables)<br />

».


Afin de dépassionner le débat<br />

et d’avoir une vison claire et<br />

réelle <strong>des</strong> objectifs et <strong>des</strong> propositions<br />

de cette probable réforme,<br />

il est important de<br />

mettre <strong>en</strong> exergue les conclusions<br />

du groupe de travail sur<br />

la dépénalisation de la vie <strong>des</strong><br />

affaires, présidé par Jean-Marie<br />

Coulon et mis <strong>en</strong> place le 4 octobre<br />

2007.<br />

Il convi<strong>en</strong>t de rappeler que le<br />

mouvem<strong>en</strong>t de dépénalisation<br />

n’est pas nouveau. En effet, il est mis <strong>en</strong> marche<br />

depuis plus de sept ans et concerne tout autant<br />

le droit <strong>des</strong> sociétés que le droit de la consommation<br />

ou le droit de la concurr<strong>en</strong>ce. Ainsi, à titre<br />

d’exemple, depuis 2001, la loi NRE du 15 mai<br />

2001, les lois du 1er août 2003 sur la sécurité financière<br />

et pour l’initiative économique, l’ordonnance<br />

du 25 mars 2004, et l’ordonnance du 24<br />

juin 2004 relative aux valeurs mobilières ont<br />

abrogé près de quarante infractions.<br />

Afin de poursuive ce travail, la lettre de mission,<br />

adressée par Rachida Dati au Groupe de travail,<br />

invitait ses membres à « examiner l’<strong>en</strong>semble <strong>des</strong><br />

infractions qui pès<strong>en</strong>t sur les <strong>en</strong>treprises et de<br />

proposer la suppression, le remplacem<strong>en</strong>t ou<br />

l’adaptation <strong>des</strong> sanctions inutiles ».<br />

Le rapport, remis le 20 février 2008 à la Ministre<br />

de la Justice, <strong>en</strong>visage ainsi tr<strong>en</strong>te propositions<br />

très précises qui vont de la suppression d’une<br />

vingtaine d’infractions, au rallongem<strong>en</strong>t du délai<br />

de prescription, jusqu’à la fixation d’un point de<br />

départ général <strong>des</strong> infractions au jour de la commission<br />

<strong>des</strong> faits. Ces propositions sont d’autant<br />

plus importantes que la Garde <strong>des</strong> sceaux a clairem<strong>en</strong>t<br />

manifesté son int<strong>en</strong>tion de transformer<br />

<strong>en</strong> l’état ce rapport <strong>en</strong> loi.<br />

L’objet de cet article n’est pas de dresser la liste<br />

exhaustive de ces propositions mais d’attirer<br />

votre att<strong>en</strong>tion sur celles susceptibles d’<strong>en</strong>traîner<br />

une profonde modification du droit pénal <strong>des</strong><br />

affaires. Ainsi, une vingtaine de délits mineurs<br />

serai<strong>en</strong>t dépénalisés mais pas « le socle du droit<br />

pénal <strong>des</strong> affaires composé de trois infractions<br />

mère, à savoir l’abus de confiance, l’escroquerie<br />

et le faux, le faux <strong>en</strong> écritures comptables, et<br />

l’abus de bi<strong>en</strong> social ».<br />

A titre d’exemple, <strong>en</strong> matière de droit <strong>des</strong> socié-<br />

« Plus qu’une<br />

formation, les chefs<br />

d’<strong>en</strong>treprises ont besoin<br />

d’être mieux<br />

conseillés. S’offre ici<br />

un marché considérable<br />

pour la nouvelle<br />

génération<br />

d’avocats que nous<br />

sommes »<br />

tés sur vingt-neuf infractions<br />

étudiées, le groupe de travail a<br />

proposé la suppression de seulem<strong>en</strong>t<br />

deux d’<strong>en</strong>tre elles, à savoir<br />

la violation, dans un cas très<br />

précis, <strong>des</strong> règles relatives à la<br />

réduction de capital (art L.242-<br />

24 du Code de commerce) et<br />

l’abs<strong>en</strong>ce de la m<strong>en</strong>tion « à participation<br />

ouvrière » sur les docum<strong>en</strong>ts<br />

dans les coopératives<br />

agricoles. Sur les vingt-sept restantes,<br />

le rapport Coulon préconise<br />

non pas une dépénalisation<br />

mais une adaptation <strong>des</strong> peines <strong>en</strong> supprimant<br />

l’emprisonnem<strong>en</strong>t pour quatorze d’<strong>en</strong>tre elles<br />

tout <strong>en</strong> maint<strong>en</strong>ant, voire <strong>en</strong> augm<strong>en</strong>tant le montant<br />

<strong>des</strong> am<strong>en</strong><strong>des</strong>. Pour sept d’<strong>en</strong>tre elles, il est<br />

proposé de privilégier l’instauration d’une injonction<br />

de faire à la place d’une peine de prison<br />

et d’am<strong>en</strong>de. Tel est le cas de l’omission de la<br />

déclaration de répartition <strong>des</strong> parts dans l’acte<br />

de constitution d’une SARL. A l’heure actuelle,<br />

une telle omission est punie de six mois d’emprisonnem<strong>en</strong>t<br />

et de 9.000 Euros d’am<strong>en</strong>de. On<br />

peut légitimem<strong>en</strong>t s’interroger sur l’utilité d’<strong>en</strong>voyer<br />

<strong>en</strong> prison les associés d’une société dans<br />

ces circonstances ! Cet exemple parmi tant d’autres<br />

n’est-il pas une parfaite illustration de l’utilité<br />

de cette refonte ?<br />

Le droit de la consommation fait égalem<strong>en</strong>t l’objet<br />

d’une proposition de réforme puisque certaines<br />

obligations incombant aux professionnels<br />

pourrai<strong>en</strong>t être dépénalisées à la marge telles « la<br />

publicité comparative illicite » ou l’infraction « à<br />

l’appellation de boulanger » qui ne serait plus<br />

sanctionnée par deux ans d’emprisonnem<strong>en</strong>t et<br />

37.500 euros<br />

d’am<strong>en</strong>de mais « Pour 2.870.000 Petites et<br />

respectivem<strong>en</strong>t<br />

par une action Moy<strong>en</strong>nes Entreprises, le droit<br />

civile fondée sur<br />

l’article 1382 du<br />

<strong>des</strong> affaires, et <strong>en</strong>core plus le<br />

Code civil et par<br />

l’ext<strong>en</strong>sion de la<br />

droit pénal <strong>des</strong> affaires, peuv<strong>en</strong>t<br />

procédure <strong>en</strong> apparaître incompréh<strong>en</strong>sibles ».<br />

cessation sous<br />

astreinte. On<br />

peut <strong>en</strong>core une fois s’interroger sur la nécessité<br />

d’<strong>en</strong>voyer un chef d’<strong>en</strong>treprise <strong>en</strong> prison pour ce<br />

g<strong>en</strong>re d’infraction.<br />

Baromètre n°4 Page 7


En matière de droit de la concurr<strong>en</strong>ce, aucune suppression<br />

d’infractions n’est prévue mais un simple<br />

transfert de compét<strong>en</strong>ces au<br />

Conseil de la concurr<strong>en</strong>ce, autorité<br />

administrative indép<strong>en</strong>dante, dont<br />

l’efficacité n’est plus à prouver et<br />

surtout dont les sanctions sont reconnues<br />

au niveau europé<strong>en</strong>. Aucune<br />

dépénalisation n’est donc<br />

<strong>en</strong>visagée, à ce jour. Dans cette<br />

même veine, Jean-Marie Coulon<br />

souhaite mettre un terme au cumul<br />

<strong>des</strong> procédures et <strong>des</strong> sanctions <strong>en</strong><br />

matière boursière <strong>en</strong> transmettant<br />

les prérogatives de l’Autorité <strong>des</strong><br />

Marchés Financiers au Parquet qui<br />

disposerait de la décision finale<br />

quant à la suite judiciaire ou administrative<br />

à donner à l’affaire.<br />

Concernant les délais de prescriptions,<br />

ceux-ci passerai<strong>en</strong>t de trois à cinq ans pour les<br />

délits punis de moins de trois ans d’emprisonnem<strong>en</strong>t,<br />

de trois à sept ans pour ceux punis d’au moins trois<br />

ans, et de dix à quinze ans pour les crimes. Le point le<br />

plus important de cette réforme serait l’instauration<br />

d’un nouveau point de départ du délai de prescription<br />

5 rue Jean Mermoz<br />

BP 10335<br />

75365 Paris cedex 08<br />

téléphone (+33) 1 58 56 97 00<br />

fax (+33) 1 58 56 97 01<br />

email paris@alerionavocats.com<br />

www.alerionavocats.com<br />

« Cette réforme se<br />

rapproche davantage<br />

d’une simple mise <strong>en</strong><br />

cohér<strong>en</strong>ce du droit<br />

pénal <strong>des</strong> affaires<br />

que d’une réelle<br />

dépénalisation ».<br />

puisque serait pris <strong>en</strong> compte non plus le jour de la découverte<br />

de l’infraction mais le jour de la commission<br />

<strong>des</strong> faits litigieux. A titre d’exemple,<br />

l’abus de bi<strong>en</strong> social serait prescrit sept<br />

ans après la commission de celui-ci et<br />

non plus cinq ans à compter de sa découverte,<br />

source d’une véritable imprescriptibilité<br />

<strong>en</strong> pratique.<br />

A la lumière de tous ces élém<strong>en</strong>ts, peuton<br />

véritablem<strong>en</strong>t parler d’une dépénalisation<br />

du droit <strong>des</strong> affaires ? Aux yeux<br />

de nombre de spécialistes, il apparaît<br />

que cette réforme se rapproche davantage<br />

d’une simple mise <strong>en</strong> cohér<strong>en</strong>ce du<br />

droit pénal <strong>des</strong> affaires que d’une réelle<br />

dépénalisation. Il n’y a donc pas,<br />

contrairem<strong>en</strong>t à ce que peuv<strong>en</strong>t dire<br />

certains magistrats et hommes politiques,<br />

l’instauration de nouvelles « citadelles<br />

d’impunité » mais une<br />

adaptation <strong>des</strong> sanctions à la vie <strong>des</strong> affaires.<br />

Cédric GUINAIS, Série T, Promotion 2007<br />

Alérion est un cabinet d’affaire pluridisciplinaire <strong>en</strong> pleine croissance, de 35 avocats, au<br />

service <strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises.<br />

Ouvert à l’international, Alérion dispose d’un réseau de correspondants étrangers <strong>en</strong><br />

Europe comme <strong>en</strong> Asie et accueille <strong>des</strong> avocats habitués à travailler <strong>en</strong> plusieurs langues.<br />

Comme toutes les <strong>en</strong>treprises qui grandiss<strong>en</strong>t, les collaborateurs grandiss<strong>en</strong>t aussi.<br />

Alérion a associé deux de ses collaborateurs <strong>en</strong> deux ans.<br />

En 2007, Alérion a recruté 5 collaborateurs débutants et accueilli 9 stagiaires avocats<br />

dans tous les domaines du droit <strong>des</strong> affaires.<br />

avocats d’<strong>en</strong>treprise <strong>en</strong>treprise d’avocats


Le pouvoir d’achat <strong>des</strong> élèves-avocats<br />

Le pouvoir d’achat est LA préoccupation majeure <strong>des</strong> Français. Par conséqu<strong>en</strong>t, celui de nos camara<strong>des</strong><br />

de promo ne pouvait pas nous laisser indiffér<strong>en</strong>ts. Qu’<strong>en</strong>-est-il exactem<strong>en</strong>t ?<br />

La société française va mal. Il semblerait qu’elle<br />

se meure, dans l’indig<strong>en</strong>ce<br />

et l’indiffér<strong>en</strong>ce<br />

la plus totale <strong>des</strong> pouvoirs<br />

publics. Le peuple<br />

aurait osé se<br />

rebeller, bi<strong>en</strong> que<br />

ponctuellem<strong>en</strong>t, que<br />

ce soit « nos amis » les<br />

fonctionnaires habitués<br />

à marteler le pavé<br />

de Paris que le secteur<br />

privé, qui, ô surprise,<br />

sort de sa léthargie.<br />

Ainsi, on a vu les caissières <strong>des</strong> supermarchés<br />

réclamer l’augm<strong>en</strong>tation de leur ticket restaurant,<br />

les personnes âgées manifester pour la revalorisation<br />

de leur retraite, les chauffeurs de taxi<br />

pour leur lic<strong>en</strong>ce de taxis…<br />

P<strong>en</strong>dant que le Gouvernem<strong>en</strong>t et le<br />

Présid<strong>en</strong>t de la République jouai<strong>en</strong>t<br />

à qui sera la plus convaincante victime<br />

de cette curée médiatique prét<strong>en</strong>dum<strong>en</strong>t<br />

injustifiée, que se<br />

passait-il dans le village <strong>des</strong> irréductibles<br />

élèves-avocats ?<br />

Hé bi<strong>en</strong> ri<strong>en</strong> mais absolum<strong>en</strong>t ri<strong>en</strong><br />

et pourtant, ô miracle, notre pouvoir<br />

d’achat s’est retrouvé du jour<br />

au l<strong>en</strong>demain revalorisé « grâce » à<br />

l’action de syndicats professionnels<br />

qui sembl<strong>en</strong>t porter <strong>en</strong> eux un certain<br />

idéal de la profession et de la<br />

manière dont devrait être traitée la<br />

jeunesse.<br />

Avec confiance, dignité et respect ?<br />

Pour ceux qui ne l’aurai<strong>en</strong>t pas remarqué,<br />

votre gratification m<strong>en</strong>suelle<br />

est passée de 30% du SMIC à<br />

ad minima 60% de celui-ci, voire à<br />

70 ou 85%. Certes, ce n’est pas <strong>en</strong>core<br />

la panacée mais déjà vous avez<br />

découvert que vous aviez le droit de<br />

vous autoriser, de temps <strong>en</strong> temps,<br />

un repas chaud le midi, dans une brasserie du<br />

coin de la rue <strong>des</strong> Champs-Elysées.<br />

Si cette hausse de la gratification vous surpr<strong>en</strong>d,<br />

je vous soupçonne d’être faussem<strong>en</strong>t ébahis et<br />

« Certains me<br />

brandiront le spectre<br />

de l’échec, de<br />

l’impossibilité de<br />

passer le CAPA car<br />

sans ce sacrifice<br />

pécuniaire, ils<br />

n’aurai<strong>en</strong>t pas trouvé<br />

de stage.<br />

Cet épouvantail est<br />

m<strong>en</strong>songer puisque<br />

tous<br />

les élèves-avocats de<br />

l’EFB ont trouvé un<br />

stage cette année. »<br />

d’avoir accepté une situation illégale pour obt<strong>en</strong>ir<br />

LE stage dont vous<br />

rêviez. En effet, il<br />

semblerait qu’il ne<br />

suffise pas que la loi<br />

tranche, il faut <strong>en</strong> plus<br />

que les pratiques s’align<strong>en</strong>t<br />

et la rumeur<br />

nous laisse <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre<br />

que certains sacrifierai<strong>en</strong>t<br />

cette avancée «<br />

sociale » pour leur<br />

carrière…du moins,<br />

p<strong>en</strong>s<strong>en</strong>t-ils bi<strong>en</strong> faire.<br />

J’avoue être perplexe devant cette manière de<br />

raisonner car si ces cabinets trait<strong>en</strong>t ainsi leurs<br />

stagiaires, qui dans six mois seront leurs<br />

confrères, comm<strong>en</strong>t imaginez-vous<br />

qu’ils se comport<strong>en</strong>t avec leurs collaborateurs<br />

? D’autant plus que cela<br />

indique la valeur qu’ils vous accord<strong>en</strong>t.<br />

Personnellem<strong>en</strong>t, je n’apprécierais<br />

pas d’être payée par <strong>des</strong><br />

complim<strong>en</strong>ts et <strong>en</strong>core si vous y avez<br />

le droit…En même temps, l’air du<br />

temps est à l’ère du martyr et du « je<br />

me fais brimer, ça me donne de l’importance<br />

et un s<strong>en</strong>s à ma vie » alors<br />

pourquoi pas...<br />

Toutefois, être avocat, c’est accepter<br />

de se voir appliquer les règles, et<br />

comm<strong>en</strong>cer par les détourner au sein<br />

de cette profession si fraternelle dénote<br />

un état d’esprit <strong>en</strong> contradiction<br />

avec votre futur sacerdoce.<br />

En tout état de cause, certains me<br />

brandiront le spectre de l’échec, de<br />

l’impossibilité de passer le CAPA car<br />

sans ce sacrifice pécuniaire, ils n’aurai<strong>en</strong>t<br />

pas trouvé de stage. Cet épouvantail<br />

est m<strong>en</strong>songer puisque tous<br />

les élèves-avocats de l’EFB ont trouvé<br />

un stage cette année, à l’exception<br />

de trois ou quatre élèves, et ce pour<br />

<strong>des</strong> raisons personnelles, il semblerait.<br />

En outre, les cabinets parisi<strong>en</strong>s ont absorbé<br />

de nombreux élèves-avocats de Province, où je<br />

vous le concède, la concurr<strong>en</strong>ce est bi<strong>en</strong> plus<br />

rude, les offres locales étant moins nombreuses.<br />

Baromètre n°4 Page 9


Par ailleurs, sur les<br />

trois c<strong>en</strong>ts conv<strong>en</strong>tions<br />

signées au 1er<br />

novembre 2007,<br />

seuls quinze cabinets<br />

aurai<strong>en</strong>t refusé de signer<br />

l’av<strong>en</strong>ant et dénoncé<br />

la conv<strong>en</strong>tion<br />

de stage. Tous ces<br />

malchanceux élèves<br />

ont trouvé un stage.<br />

Enfin, dans l’hypothèse<br />

où de réelles difficultés apparaîtrai<strong>en</strong>t, il a été<br />

prévu et décidé que, cette année, les élèves n’ayant pu<br />

comm<strong>en</strong>cer leur stage le 7 janvier soi<strong>en</strong>t tout de<br />

même admis à se prés<strong>en</strong>ter au CAPA, dès lors qu’ils<br />

effectuai<strong>en</strong>t au moins cinq mois de stage.<br />

Ainsi, je ne vois pas d’excuses aux élèves-avocats de<br />

l’EFB qui aurai<strong>en</strong>t accepté de travailler plus pour gagner<br />

moins, permettant ainsi au système indigne qui<br />

existait auparavant de se maint<strong>en</strong>ir.<br />

Je pourrais pointer <strong>en</strong>core une fois les cabinets pénalistes<br />

qui pour la plupart refusai<strong>en</strong>t déjà de payer les<br />

30% du SMIC, mais ce ne sont pas les seuls.<br />

Alors, pour terminer cette année avec vous <strong>en</strong> douceur,<br />

je vous demanderais simplem<strong>en</strong>t de réfléchir,<br />

dans ce contexte de crise, à la pertin<strong>en</strong>ce de vos actions<br />

et quel avocat vous voulez dev<strong>en</strong>ir ?<br />

Il est déjà bi<strong>en</strong> triste de constater que cette «réforme»<br />

a été digérée sans difficulté par la profession, ce grand<br />

corps (malade ?) qui a su si bi<strong>en</strong> profiter et p<strong>en</strong>dant si<br />

longtemps de la sueur de leurs futurs confraternels<br />

confrères.<br />

Baromètre n°4 Page 10<br />

En guise de conclusion, j’aimerais vous rappeler que,<br />

dans une profession qui perd de son âme et se dilue<br />

dans <strong>des</strong> intérêts de plus <strong>en</strong> plus économiques –<br />

quand bi<strong>en</strong> même cette dernière conséqu<strong>en</strong>ce pourrait<br />

être justifiée – il faut se rappeler qu’être avocat, c’est<br />

vouloir représ<strong>en</strong>ter une profession qui est fière de sa<br />

noblesse d’esprit et <strong>des</strong> qualités intrinsèques qu’elle<br />

est c<strong>en</strong>sée incarner.<br />

Et pour bi<strong>en</strong> faire, cela devrait comm<strong>en</strong>cer avec les<br />

si<strong>en</strong>s…<br />

Pour terminer sur la question du pouvoir d’achat,<br />

j’ajouterais que cette augm<strong>en</strong>tation est la bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>ue<br />

car après avoir payé 1600<br />

Euros pour trois mois et<br />

demi de cours, quinze<br />

mois de stage et l’e-learning,<br />

pour ceux qui ne le<br />

saurai<strong>en</strong>t pas <strong>en</strong>core, il<br />

vous faudra prévoir une<br />

vingtaine de co<strong>des</strong> pour<br />

l’écrit du mois de juillet…à<br />

quarante-cinq<br />

euros le code, je vous<br />

laisse calculer…<br />

Qui a dit que le cursus<br />

pour être avocat était à la<br />

portée de toutes les<br />

bourses ?<br />

Nathalia MARLOW, Série L, Promotion<br />

2007<br />

« Il est déjà bi<strong>en</strong> triste<br />

de constater que cette<br />

« réforme » a été<br />

digérée sans difficulté<br />

par la profession, ce<br />

grand corps (malade ?)<br />

qui a su si bi<strong>en</strong> profiter<br />

de la sueur de leurs<br />

futurs confraternels<br />

confrères. »


Dans ce cabinet,<br />

Le droit <strong>des</strong> marques<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé<br />

de vous diriger vers cette spécialité<br />

La perspective d'une collaboration<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre<br />

cabinet<br />

L'ambiance est bonne et les horaires ... variables!<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail<br />

que l'on vous donne ?<br />

Très bonne<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une<br />

collab' au sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Ça ne fait qu'un mois et demi, j'att<strong>en</strong>ds <strong>en</strong>core<br />

pour me prononcer.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès<br />

cette année ?<br />

Je ne sais pas.<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Là je me verrais bi<strong>en</strong> <strong>en</strong> vacances et dans 10<br />

ans, aucune idée! Mais <strong>en</strong> général ri<strong>en</strong> ne se<br />

passe comme on l'avait prévu.<br />

Baromètre n°4 Page 2<br />

BIDAUT<br />

Tiphaine, Série T<br />

Le nom de votre cabinet<br />

Wan <strong>Avocats</strong><br />

Certifié<br />

Toute ressemblance avec un<br />

ou plusieurs élèves-avocats<br />

de la promotion MAZEAUD est<br />

volontaire<br />

ROUYER<br />

Pierre-Louis, série F<br />

Votre spécialité<br />

Propriété intellectuelle, nouvelles technologies, droit<br />

pénal<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Je me suis découvert une véritable passion pour le droit<br />

d’auteur et <strong>des</strong> nouvelles technologies de l’information,<br />

<strong>en</strong> raison d’une grande proximité avec les médias informatiques<br />

ou autres... Quant au pénal, c’est sans hésiter<br />

l’amour de la plaidoirie, de la déf<strong>en</strong>se, le goût de l’incertain,<br />

du risque...bref c’est vivre avec un grand V ! C’est<br />

pour cela que je ne me vois pas du tout comme un avocat<br />

de bureau, au 4ème étage dans le bureau 503 ... cette<br />

vie là, très peu pour moi !<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

Ambiance très sympa, 9h-19h30<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne<br />

Travail très indép<strong>en</strong>dant avec gestion personnelle <strong>des</strong><br />

dossiers de A à Z <strong>en</strong> passant par le rdv cli<strong>en</strong>t jusqu’au<br />

suivi intégral de la procédure ainsi que le suivi <strong>des</strong> plaidoiries.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab’ au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Grave !!! Je crois avoir trouvé une façon d’exercer qui me<br />

plaît : libérale, indép<strong>en</strong>dante, avec une vraie vie de palais..<br />

et une ambiance propice aux échanges, et non à une<br />

concurr<strong>en</strong>ce bête et méchante comme elle peut exister<br />

dans certains gros cabinets.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

Oui monsieur ! Cela fait trop longtemps que j’att<strong>en</strong>ds ça<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Associé de mon propre cabinet... avec <strong>des</strong> locaux comme<br />

ceux de la série “<strong>Avocats</strong> et Associés”... mais avec <strong>des</strong> assistantes<br />

plus mignonnes ! lol ;)


non conforme<br />

PORTEU DE LA MORANDIERE<br />

Vinc<strong>en</strong>t, série C<br />

Le nom de votre cabinet<br />

Varaut <strong>Avocats</strong><br />

Votre spécialité<br />

DROIT PENAL GENERAL, DROIT PENAL DES AFFAIRES<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Forme radicale et exposée de "service de la parole", le<br />

droit pénal <strong>des</strong> personnes m'attitrait parce qu'il était au<br />

carrefour de mes expéri<strong>en</strong>ces professionnelles antérieures<br />

(insertion de délinquants, contrôle judiciaire) et<br />

de mes étu<strong>des</strong> (philo, théologie, troisième cycle <strong>en</strong> droit<br />

pénal). Cep<strong>en</strong>dant, ce droit m'a semblé trop peu juridique,<br />

trop dominé par le fait. En assises, la logique de<br />

qualification semble presque s'effacer devant les "stratégies<br />

d'audi<strong>en</strong>ce", les tabous, les spéculations psychologiques.<br />

Je me suis retourné vers le pénal <strong>des</strong> affaires pour<br />

retrouver un droit plus juridique et plus lucratif.<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

Un seul mot : "liberté". Ni pression ni justification sur les<br />

horaires. Je peux ne pas v<strong>en</strong>ir p<strong>en</strong>dant 24h et rattraper le<br />

WE... Cep<strong>en</strong>dant, à mon regret, je ne vis pas ce stage<br />

comme une véritable r<strong>en</strong>contre de Me Alexandre VARAUT.<br />

Nous communiquons peu, nous échangeons peu. J'aimerais<br />

travailler plus <strong>en</strong> équipe et découvrir le regard de ce<br />

ténor parisi<strong>en</strong> sur la justice, la profession.<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne ?<br />

Ce travail est passionnant. Je suis très autonome sur les<br />

dossiers. Je dispose d'une vue d'<strong>en</strong>semble sur les affaires.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Oui et non. Oui parce que les dossiers sont superbes,<br />

passionnants. Non, parce que l'exercice du travail est très<br />

solitaire, qu'on ne communique pas sur le travail.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

OUI.<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

"Si tu veux faire marrer Dieu... raconte lui tes projets ! "<br />

me semble adapté<br />

Dans 10 ans, j'aimerais être près de mes cli<strong>en</strong>ts, au coeur<br />

de l'arène judiciaire, <strong>en</strong>tre rage et liberté, avec <strong>en</strong>core<br />

quelques convictions...<br />

Le nom de votre cabinet<br />

White & Case<br />

Votre spécialité<br />

Droit social<br />

CLAIRET-ROIG<br />

Cathy, série D<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de<br />

vous diriger vers cette spécialité<br />

Le contact humain (puisqu'à l'origine j'ai débuté<br />

dans <strong>des</strong> petites moy<strong>en</strong>nes structures) et son intérêt<br />

de la matière (son constant r<strong>en</strong>ouvellem<strong>en</strong>t).<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

Excell<strong>en</strong>te ambiance au sein de mon départem<strong>en</strong>t<br />

ainsi qu'avec les autres stagiaires (20-30 <strong>en</strong><br />

moy<strong>en</strong>ne).<br />

Horaires assez variables, <strong>en</strong> moy<strong>en</strong>ne 8h-21h, je<br />

préfère comm<strong>en</strong>cer tôt. Des pointes à minuit sont<br />

à pr<strong>en</strong>dre <strong>en</strong> considération. Week-<strong>en</strong>ds possibles<br />

égalem<strong>en</strong>t.<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on<br />

vous donne ?<br />

Dans la mesure où je suis dans un départem<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />

recréation, je suis <strong>en</strong> li<strong>en</strong> direct avec le councel et<br />

le collaborateur junior donc travail très intéressant,<br />

au fait <strong>des</strong> dossiers (conseil, due deal, data<br />

room, un peu de cont<strong>en</strong>tieux)<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab'<br />

au sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Oui car je p<strong>en</strong>se pouvoir appr<strong>en</strong>dre d'avantage <strong>en</strong><br />

étant <strong>en</strong> collab dans ce cabinet (bon retour sur le<br />

travail effectué) tout <strong>en</strong> ayant l'avantage de<br />

connaître ceux qui y travaill<strong>en</strong>t ainsi que le système<br />

informatique.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette<br />

année ?<br />

Oui.<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Deux possibilités s'offr<strong>en</strong>t et aucune n'est à négliger<br />

:<br />

1) dans un cabinet de grande <strong>en</strong>vergure avec possibilité<br />

év<strong>en</strong>tuelle d'association (sachant que les<br />

femmes de 35 ans sont difficilem<strong>en</strong>t associables<br />

dans ce g<strong>en</strong>re de structure)<br />

2) dans mon cabinet de type taille moy<strong>en</strong>ne - 4/5<br />

associés, avec une volonté de rester dans le généraliste<br />

(droit privé, famille, social, fiscal, pénal)<br />

En toute hypothèse, j'espère avoir acquis beaucoup<br />

d'expéri<strong>en</strong>ce tant <strong>en</strong> conseil qu'<strong>en</strong> cont<strong>en</strong>tieux<br />

ainsi qu'avoir eu la chance d'être secrétaire<br />

de la confér<strong>en</strong>ce du stage pour pouvoir pratiquer<br />

le pénal aux assises.<br />

Baromètre n°4 Page 13


Le nom de votre cabinet<br />

Bird & Bird<br />

Votre spécialité<br />

Droit social<br />

SAUMANDE<br />

Marion, série T<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Travailler dans un domaine mêlant <strong>des</strong> aspects droit <strong>des</strong><br />

affaires, droit de l'<strong>en</strong>treprise et <strong>des</strong> aspects humains.<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

Bonne ambiance, <strong>des</strong> coups de stress comme partout,<br />

mais pas de crises de nerf <strong>des</strong> associés se déchaînant sur<br />

un collaborateur et <strong>en</strong>core moins sur un stagiaire. Mom<strong>en</strong>ts<br />

de dét<strong>en</strong>tes et de plaisanterie non-prohibés. Horaires<br />

: plus ou moins 9h30 - 20h<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne ?<br />

Bonne dans le s<strong>en</strong>s où elle est diversifiée, intéressante et<br />

formatrice<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Oui pour toutes les qualités énoncées plus haut plus la<br />

rémunération qui est correcte d'après ce que je sais<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

Oui j'att<strong>en</strong>ds depuis trop longtemps<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Aucune idée tout est possible c'est l'intérêt d'avoir le<br />

choix<br />

Baromètre n°4 Page 14<br />

Certifié<br />

RUA<br />

Nicolas, série T<br />

Le nom de votre cabinet<br />

BMS’ <strong>Avocats</strong> (une vingtaine d’avocats)<br />

Votre spécialité<br />

Droit de la concurr<strong>en</strong>ce et de la distribution<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Volonté de lutter contre les dérives <strong>des</strong> gran<strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises<br />

– rétablir le pouvoir d’achat <strong>des</strong> français – intérêt<br />

légitime pour l’<strong>en</strong>seignante à Paris I<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

9h – 19h30 <strong>en</strong> moy<strong>en</strong>ne<br />

Ambiance saine et dét<strong>en</strong>due avec les collaborateurs, hiérarchisée<br />

et révér<strong>en</strong>cieuse avec les associés<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne<br />

Satisfaisante (rédaction d’actes, démarches au palais,<br />

prés<strong>en</strong>ce aux audi<strong>en</strong>ces et r<strong>en</strong>dez-vous cli<strong>en</strong>t, suivi du<br />

dossier)<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

OUI<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Exercer ce métier dans une structure humaine sur la Côte<br />

d’azur, bronzé, (presque) dét<strong>en</strong>du et franc- maçon ou<br />

vivre seul dans une grotte, barbu (mais sans Lad<strong>en</strong>) à méditer<br />

sur les tourm<strong>en</strong>ts de nos âmes corrompues.


non conforme<br />

Le nom de votre cabinet<br />

Cabinet Pericaud et associé<br />

MAOUI<br />

Moundji, série D<br />

Votre spécialité<br />

Construction, immobilier et urbanisme<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Il s’agit d’un cabinet qui fait du cont<strong>en</strong>tieux ce qui me<br />

permet de faire même du droit pénal, matière dans laquelle<br />

je n’ai pas réellem<strong>en</strong>t de compét<strong>en</strong>ce.<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

L’ambiance est très sympathique et les horaires sont très<br />

agréables pour moi qui suis méditerrané<strong>en</strong>.<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne ?<br />

Le très travail est très technique.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Pour l’instant non. Quand je vois le montant de notre gratification,<br />

je me dis que je ne risque ri<strong>en</strong> à me lancer dans<br />

mon propre cabinet. Au pire, je gagnerais 600 euros par<br />

mois. De plus, si je ne t<strong>en</strong>te ri<strong>en</strong> aujourd’hui, j’aurais trop<br />

peur de perdre mon petit salaire de collab’ demain.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

Je ne peux que répondre oui.<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Marié avec une associée riche d’un gros cabinet américain<br />

car toutes mes fumantes théories seront tombées à<br />

l’eau.<br />

Votre spécialité<br />

droit fiscal<br />

Elise, CRFPA<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité:<br />

Un intérêt pour la matière que je trouve ludique, un prof<br />

passionnant <strong>en</strong> maîtrise et DESS<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet:<br />

Une ambiance très sympathique <strong>des</strong> horaires tout à fait<br />

raisonnable<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne ?<br />

Travail intéressant, découverte de très nombreux domaines,<br />

implication du stagiaire, pas autant d'autonomie<br />

et de responsabilité que lors d'un précéd<strong>en</strong>t stage mais<br />

néanmoins satisfaisant<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Oui, parce que l'équipe remplit tous les élém<strong>en</strong>ts que je<br />

recherche, une bonne ambiance, <strong>des</strong> dossiers intéressants<br />

et une taille humaine, mais malheureusem<strong>en</strong>t il n'y<br />

aura probablem<strong>en</strong>t pas d'embauche <strong>en</strong> juin<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

Non<br />

Si ce n'est pas le cas, quelles sont les raisons de ce choix<br />

?<br />

Étant donné que le marché ne sera pas <strong>des</strong> plus florissants<br />

<strong>en</strong> juin, et que je n'ai pas forcém<strong>en</strong>t un bon niveau<br />

<strong>en</strong> anglais, je souhaite réaliser un VIE ou un stage à<br />

l'étranger<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

En <strong>en</strong>treprise<br />

Baromètre n°4 Page 15


BRECHON<br />

Florian, série T<br />

Le nom de votre cabinet<br />

Shearman & Sterling et Cleary Gottlieb Ste<strong>en</strong> & Hamilton<br />

(à partir du 1er avril)<br />

Votre spécialité<br />

Corporate M&A<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Pour l'alliance du droit et d'autres matières: économie,<br />

comptabilité, finance<br />

Car je m'intéresse plus à l'économie et la finance qu'aux<br />

problèmes <strong>des</strong> particuliers, et veux exercer <strong>en</strong> tant que<br />

conseil plus qu'avocat à proprem<strong>en</strong>t parler...<br />

Pour l'arg<strong>en</strong>t un peu aussi... ;-)<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

Très bonne ambiance, personnes ouvertes et disponibles.<br />

Bi<strong>en</strong> meilleure ambiance que les cabinets dans lesquels<br />

j'ai pu passé auparavant.<br />

Les horaires: 19h ou 3h du matin... Bref du M&A... ;-)<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne ?<br />

C'est très variable <strong>en</strong> fonction de la quantité de travail de<br />

l'équipe et <strong>des</strong> collaborateurs avec lesquels on travaille...<br />

Parfois travail de collaborateur à part <strong>en</strong>tière et parfois<br />

travail de stagiaire <strong>en</strong> bibliothèque à faire <strong>des</strong> recherches<br />

et <strong>des</strong> photocopies... Dans l'<strong>en</strong>semble plutôt pas mal de<br />

responsabilités.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Bi<strong>en</strong> sur...!!! Beau cabinet jouissant d'une superbe réputation<br />

<strong>en</strong> France comme à l'étranger, bonne rémunération,<br />

et équipe sympa... Ri<strong>en</strong> à redire...<br />

Mais la question n'est pas d'actualité donc ce sont juste<br />

<strong>des</strong> considérations sans fondem<strong>en</strong>t.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

Oui, autant le faire au plus vite si une collaboration se<br />

<strong>des</strong>sine... D'autant plus que le statut de BNC est plus<br />

avantageux d'un point de vu fiscal...<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Déjà, ou sur le point de passer partner dans un gros cabinet...<br />

Avec <strong>en</strong> prime, une expéri<strong>en</strong>ce à l'étranger <strong>en</strong>tre<br />

les deux, voir dev<strong>en</strong>ir partner dans un autre pays...<br />

Baromètre n°4 Page 16<br />

Votre spécialité<br />

Le droit <strong>des</strong> assurances<br />

Certifié<br />

Stéphane<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />

vers cette spécialité<br />

Le droit <strong>des</strong> assurances n'est pas une matière pour laquelle<br />

on a une vocation quand on comm<strong>en</strong>ce le droit.<br />

Mais il s'agit d'une discipline qui recoupe plusieurs aspects<br />

( droit civil, accid<strong>en</strong>t du travail, droit de la santé,<br />

maladies professionnelles, retraite et prévoyance, droit<br />

de la construction, droit <strong>des</strong> affaires, successions...) et<br />

qui offre <strong>des</strong> perspectives de débouchés intéressantes,<br />

aussi bi<strong>en</strong> <strong>en</strong> cabinet qu'<strong>en</strong> <strong>en</strong>treprise.<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

L'ambiance est plutôt bonne dans mon départem<strong>en</strong>t, notamm<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong>tre stagiaires, puisque nous sommes réunis<br />

au sein de la bibliothèque. Pour ce qui est <strong>des</strong> relations<br />

avec les collaborateurs ou les associés, tout le monde se<br />

tutoie, et l'ambiance est plutôt jeune et sympa. La hiérarchie<br />

se fait cep<strong>en</strong>dant bi<strong>en</strong> s<strong>en</strong>tir <strong>en</strong>tre associés, collaborateurs,<br />

et stagiaires. A chacun sa place.<br />

Pour les horaires, c'est correct: à peu près 9h15 à<br />

19h30/20h.<br />

Mais pour ce qui est <strong>des</strong> collaborateurs, ils revi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

souv<strong>en</strong>t le week-<strong>en</strong>d.<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />

donne ?<br />

Le travail est intéressant dans la mesure où il s'agit de recherches<br />

juridiques assez pointues. Il est cep<strong>en</strong>dant regrettable<br />

que nous nous n'ayons pas d'actes à rédiger <strong>en</strong><br />

dehors de notes, et que nous n'assistions pas aux audi<strong>en</strong>ces.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />

sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Pourquoi pas. Cep<strong>en</strong>dant, il est inquiétant de voir que les<br />

collaborateurs sont rapidem<strong>en</strong>t remerciés et qu'il y a un<br />

perpétuel roulem<strong>en</strong>t au sein du cabinet.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

Oui, probablem<strong>en</strong>t.<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

On verra bi<strong>en</strong>...Si tout va bi<strong>en</strong> j'aurai crée mon cabinet.<br />

Sinon, peut-être salarié dans une <strong>en</strong>treprise d'assurance...


non conforme<br />

BENAROCH<br />

David<br />

Le nom de votre cabinet :<br />

DRS <strong>Avocats</strong><br />

Votre spécialité:<br />

Propriété Littéraire et artistique et droit <strong>des</strong> affaires<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de<br />

vous diriger vers cette spécialité<br />

J'avais <strong>en</strong>vie de faire de la propriété intellectuelle,<br />

pour le coté "people", j'aimerais bi<strong>en</strong> faire du<br />

droit de la presse aussi. C'est un droit réc<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />

plein "boom" et cela a une image plutôt séduisante,<br />

pas comme du fiscal, ou du droit public<br />

jugés unanimem<strong>en</strong>t plus rébarbatifs.<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

Les horaires sont 9h 15 - 19h, avec une pause<br />

dej d'une heure. C'est plutôt correct et c'est<br />

même très cool si l'on se réfère aux esclaves du<br />

corporate. L'ambiance, c'est 7 femmes et moi,<br />

elles sont jeunes, mères de famille, et l’on a tous<br />

une vie à côté du cabinet ce qui est plutôt sain.<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que<br />

l'on vous donne ?<br />

La qualité du travail que je r<strong>en</strong>ds est ...fantastique.<br />

Le travail qu'on me donne est varié, intéressant<br />

et formateur. Les "recherches" sont<br />

cep<strong>en</strong>dant parfois bi<strong>en</strong> compliquées.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab'<br />

au sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Oui, parce que je p<strong>en</strong>se qu'il est plus facile de<br />

trouver une collab" quand on travaille déja avec<br />

les avocats.<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette<br />

année ?<br />

Oui, et même dev<strong>en</strong>ir secrétaire de la confér<strong>en</strong>ce<br />

dès l'an prochain. On a le droit de rêver à 25<br />

ans.:)<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Associé avec Nicolas BORDACHAR dans un petit<br />

cabinet avec une jolie secrétaire.:)<br />

MARLOW<br />

Nathalia, série L<br />

Le nom de votre cabinet Gramond et Associés<br />

Votre spécialité<br />

DROIT DES AFFAIRES, PROPRIETE INTELLECTUELLE ET NOUVELLES<br />

TECHNOLOGIES<br />

Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger vers<br />

cette spécialité<br />

De formation littéraire, je craignais l’aridité du droit et d’être assommée<br />

par les référ<strong>en</strong>ces perman<strong>en</strong>tes aux vénérables anci<strong>en</strong>s.<br />

Je voulais une matière vivante, dynamique, où la créativité et le<br />

défi intellectuel serai<strong>en</strong>t à chaque fois au r<strong>en</strong>dez-vous et sincèrem<strong>en</strong>t,<br />

je ne le regrette pas quand bi<strong>en</strong> même les perspectives<br />

de collaboration pour une débutante dans cette spécialité ne sont<br />

pas roses, sachant qu’il y a plutôt un marché pour les stages,<br />

tant dans le monde de l’<strong>en</strong>treprise que chez les avocats. Je ne<br />

désespère pas et j’y crois.<br />

L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />

De ce que j’ai pu voir, c’est un cabinet qui a une éthique et qui<br />

laisse toute latitude à ses collaborateurs, respectant ainsi la qualité<br />

première de notre profession : être libéral. Des conditions de<br />

vie normales <strong>en</strong> somme, mais dans notre profession, on a perdu<br />

ces repères là. Dans mon cabinet, ce n’est pas le cas et j’<strong>en</strong> suis<br />

heureuse.<br />

Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous donne ?<br />

Je suis ravie car dès le départ on m’a confié un vrai travail. C’est<br />

du bonheur <strong>en</strong> barre car j’ai trouvé un cabinet qui forme vraim<strong>en</strong>t<br />

ses stagiaires et qui ne délègu<strong>en</strong>t pas uniquem<strong>en</strong>t ses<br />

tâches ingrates et dont personne ne veut.<br />

Etes-vous intéressé par la perspective d'une collaboration au sein<br />

de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />

Très sincèrem<strong>en</strong>t, oui, car c’est le troisième cabinet d’avocats<br />

que je fais et je trouve qu’il est constitué de personnes équilibrées<br />

et ça c’est plutôt rare dans notre métier. Par ailleurs, ils<br />

sont jeunes, dynamiques et pour certains, vraim<strong>en</strong>t brillants.<br />

Mon maître de stage m’impressionne par sa perspicacité. Je me<br />

r<strong>en</strong>ds compte que toutes ces années d’étu<strong>des</strong> m’ont un peu<br />

abrutie et que j’ai <strong>des</strong> réflexes très scolaires. Avec eux, je p<strong>en</strong>se<br />

que je me s<strong>en</strong>tirais bi<strong>en</strong> et que j’acquerrais une belle expéri<strong>en</strong>ce.<br />

Maint<strong>en</strong>ant, ils s’agrandiss<strong>en</strong>t et ont conclu pas mal de collaborations<br />

donc je ne sais pas s’ils auront de la place pour moi…<br />

P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />

OUI et NON<br />

Si ce n'est pas le cas, quelles sont les raisons de ce choix ?<br />

Oui si je trouve une collaboration…non si je galère un peu. Je ne<br />

vais tout de même pas payer <strong>des</strong> charges, juste pour pouvoir dire<br />

que je suis inscrite au barreau.<br />

Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />

Très sincèrem<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> tant que femme, la question se pose différemm<strong>en</strong>t.<br />

Je ne me vois pas mère au foyer mais je ne voudrais<br />

pas sacrifier ma famille à ce métier, certes passionnant mais très<br />

exigeant. Il est certain que dans dix ans, soit je me serais associée<br />

soit j’aurais monté ma structure avec quelques confrères<br />

dont je tairai le nom. A défaut, j’écrirais peut-être <strong>des</strong> livres au<br />

bord de la mer ou ti<strong>en</strong>drais une librairie-expo…tous les possibles<br />

sont à v<strong>en</strong>ir et je ne veux pas m’<strong>en</strong> priver !<br />

Baromètre n°4 Page 17


Quand Internet précipite la mutation de la presse traditionnelle<br />

Pourquoi payer quand c’est gratuit<br />

?<br />

L’arrivée d’Internet a peu à peu<br />

révolutionné les habitu<strong>des</strong> de<br />

consommation de ce que l’on a<br />

coutume d’appeler les médias<br />

traditionnels. Les quotidi<strong>en</strong>s qui,<br />

jadis, ne se déclinai<strong>en</strong>t que sous format papier ont<br />

dû, sous peine de laisser passer le train de la révolution<br />

Internet, se résoudre à fournir à leurs lecteurs<br />

une version numérique de leur journal avec<br />

les conséqu<strong>en</strong>ces économiques et juridiques que<br />

cela implique.<br />

R<strong>en</strong>dre accessible gratuitem<strong>en</strong>t un cont<strong>en</strong>u qui<br />

jusqu’ici était payant n’est pas sans conséqu<strong>en</strong>ce.<br />

Des conséqu<strong>en</strong>ces qui ne sont évi-<br />

demm<strong>en</strong>t pas pour ri<strong>en</strong> dans les difficultés<br />

que travers<strong>en</strong>t actuellem<strong>en</strong>t<br />

<strong>des</strong> journaux comme Libération, Le<br />

Monde ou France-Soir.<br />

Parce que le fait de s’habituer à ne<br />

plus avoir à payer l’information a fait<br />

son chemin, <strong>des</strong> journaux papiers<br />

gratuits ont fait leur apparition, à<br />

l’image de 20 Minutes, Matin Plus, Direct<br />

Soir ou <strong>en</strong>core Métro. Même si la<br />

qualité a toujours un prix et que l’on<br />

ne peut att<strong>en</strong>dre de ce type de journaux<br />

un traitem<strong>en</strong>t de l’information<br />

d’une qualité égale à celle qu’offr<strong>en</strong>t<br />

les journaux payants, force est de reconnaître<br />

que le modèle économique mis <strong>en</strong> place,<br />

financé ess<strong>en</strong>tiellem<strong>en</strong>t par la publicité, leur a permis<br />

de se faire très rapidem<strong>en</strong>t une place dans le<br />

cœur <strong>des</strong> français, précipitant par la même occasion,<br />

le recul <strong>des</strong> v<strong>en</strong>tes de la presse traditionnelle<br />

payante.<br />

L’<strong>en</strong>gouem<strong>en</strong>t est tel pour ce type de presse que le<br />

journal Le Monde a décidé de se lancer, <strong>en</strong> février<br />

2007, dans l’av<strong>en</strong>ture du quotidi<strong>en</strong> gratuit avec<br />

Matin Plus, <strong>en</strong> s’associant pour cela au Groupe Bolloré<br />

(groupe qui édite par ailleurs Direct Soir).<br />

La presse traditionnelle va mal<br />

Ce rapprochem<strong>en</strong>t <strong>en</strong>tre le groupe Bolloré et le<br />

Monde sur « l’opération Matin Plus » est symptomatique<br />

de la mutation profonde de la presse dite<br />

traditionnelle. Édouard de Rothschild est dev<strong>en</strong>u,<br />

avec 38,87 % du capital, l'actionnaire de référ<strong>en</strong>ce<br />

du journal Libération, fondé <strong>en</strong> 1973 sous l’égide<br />

de Jean-Paul Sartre. Ce même journal a dû subir,<br />

de graves crises ces dernières années, qui ont dé-<br />

Baromètre n°4 Page 18<br />

« R<strong>en</strong>dre<br />

accessible<br />

gratuitem<strong>en</strong>t un<br />

cont<strong>en</strong>u qui<br />

jusqu’ici était<br />

payant n’est, <strong>en</strong><br />

effet, pas sans<br />

conséqu<strong>en</strong>ce »<br />

bouchées, notamm<strong>en</strong>t, sur <strong>des</strong> réductions d’effectifs<br />

et sur le départ de Serge July (remplacé par le<br />

non moins célèbre Laur<strong>en</strong>t Joffrin).<br />

Le quotidi<strong>en</strong> L’Equipe, réputé pour être l’un <strong>des</strong><br />

seuls quotidi<strong>en</strong>s français r<strong>en</strong>tables, a connu au<br />

début du mois de mars, le départ du directeur général<br />

de son groupe; départ que les raisons officielles<br />

expliqu<strong>en</strong>t par <strong>des</strong> diverg<strong>en</strong>ces stratégiques<br />

mais que les spécialistes expliqu<strong>en</strong>t par la baisse<br />

<strong>des</strong> v<strong>en</strong>tes du quotidi<strong>en</strong> <strong>en</strong> 2007 (-7,8%).<br />

Le journal Le Monde est <strong>en</strong> ce mom<strong>en</strong>t <strong>en</strong> proie à<br />

<strong>des</strong> restructurations internes. Le groupe a essuyé<br />

un déficit de 20 millions d'euros <strong>en</strong> 2007, contre<br />

14,3 millions <strong>en</strong> 2006 pour un <strong>en</strong>dettem<strong>en</strong>t qui atteint<br />

les 150 millions d'euros. Avant le départ<br />

d’Alain Minc, au mois de février, on a<br />

parlé d’une possible <strong>en</strong>trée dans l’actionnariat<br />

<strong>des</strong> groupes Lagardère et<br />

Prisa, avec tout ce que cela peut impliquer<br />

comme inquiétude pour les journalistes,<br />

qui dans ce type de structure,<br />

mettai<strong>en</strong>t <strong>en</strong> avant le fait qu’avoir<br />

parmi ses actionnaires <strong>des</strong> groupes<br />

d’une telle importance, ne pouvait que<br />

s’accompagner d’une réduction de la<br />

liberté offerte aux journalistes de la<br />

rédaction.<br />

L’indép<strong>en</strong>dance <strong>en</strong> question<br />

À l’heure où la presse est régulièrem<strong>en</strong>t<br />

accusée de faire le jeu du Présid<strong>en</strong>t<br />

de la République et de ne plus être tout à fait<br />

indép<strong>en</strong>dante, faute de pouvoir démontrer qu’il<br />

n’existe dans son actionnariat aucune personne<br />

présumée proche de Nicolas Sarkozy, il ne se passe<br />

pas une semaine sans qu’une polémique éclate.<br />

Avant-hier, il s’agissait de savoir si Vinc<strong>en</strong>t Bolloré,<br />

le propriétaire <strong>des</strong> magasins Relay, avait demandé<br />

à ses kiosquiers de cacher le titre qualifiant, dans<br />

Courrier International, Nicolas Sarkozy de « grand<br />

malade » ; hier il s’agissait de juger si oui ou non<br />

le quotidi<strong>en</strong> Le Parisi<strong>en</strong> avait commis une faute <strong>en</strong><br />

laissant le soin au service de communication du<br />

Présid<strong>en</strong>t de la République de rajouter<br />

dans la retranscription d’une<br />

interview accordée à ses lecteurs,<br />

une phrase qui n’avait pas été prononcée<br />

et qui laissait <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre qu’il<br />

regrettait d’avoir traité un visiteur<br />

du salon de l’agriculture de « pauvre<br />

con ». Et demain ?


L’Internet comme planche de salut<br />

Dans ce contexte de conc<strong>en</strong>tration <strong>des</strong> médias, certains<br />

ont vu dans l’Internet une vraie possibilité pour <strong>des</strong><br />

journalistes de continuer à s’exprimer librem<strong>en</strong>t tout <strong>en</strong><br />

touchant un nombre important de lecteurs. Lancé le 6<br />

mai 2007 par d’anci<strong>en</strong>s journalistes de Libération, le site<br />

www.rue89.com a été à l'origine, de l'annonce de l'abst<strong>en</strong>tion<br />

de Cécilia Sarkozy lors du deuxième tour de<br />

l'élection présid<strong>en</strong>tielle et de la suppression d'un article<br />

sur le sujet dans le Journal du Dimanche. Le Journal du<br />

Dimanche, appart<strong>en</strong>ant à Arnaud Lagardère, un proche<br />

de Nicolas Sarkozy, cette révélation a contribué à relancer<br />

le débat sur l’indép<strong>en</strong>dance <strong>des</strong> médias.<br />

De nombreux sites Internet, dit de journalisme<br />

participatif, ont été créés ces<br />

derniers mois à l’image de<br />

Backchich.info et Bondyblog, le post.fr<br />

(édité par Le Monde) ou <strong>en</strong>core Agoravox.<br />

Profitant de cette t<strong>en</strong>dance, <strong>des</strong><br />

éditorialistes de r<strong>en</strong>om, Christophe Barbier,<br />

Jean-Michel Apathie, Guy Bir<strong>en</strong>baum,<br />

Frantz-Olivier Giesbert ont fait de<br />

leur blog un espace de liberté sur lequel ils ont coutume<br />

de laisser aller leur esprit critique bi<strong>en</strong> au-delà de ce<br />

qu’ils se permett<strong>en</strong>t dans les éditoriaux publiés et diffusés<br />

dans les organes de presse, avec lesquels ils collabor<strong>en</strong>t<br />

régulièrem<strong>en</strong>t (L’Express, RTL, 20<br />

minutes, Le Point).<br />

Le dernier <strong>des</strong> sites Internet créés par d’anci<strong>en</strong>s<br />

journalistes est le fait d’Edwy Pl<strong>en</strong>el<br />

qui n’est, ni plus ni moins que, l’ex-directeur<br />

de la rédaction du Monde. Mediapart.fr,<br />

journal <strong>en</strong> ligne d’information<br />

généraliste qu’il vi<strong>en</strong>t de créer prét<strong>en</strong>d<br />

s’adresser « à une cli<strong>en</strong>tèle que ni l’offre<br />

papier existante ni l’offre <strong>en</strong> ligne ne satisfont<br />

aujourd’hui » et précise que ce « projet<br />

est né d’un double constat partagé par<br />

une équipe de journalistes expérim<strong>en</strong>tés :<br />

la crise de la presse papier qui est une crise<br />

de l’offre éditoriale ; la crise de croissance<br />

du web, dont les pot<strong>en</strong>tialités au service <strong>des</strong><br />

citoy<strong>en</strong>s éclairés ne sont pas exploitées au<br />

mieux et qui appelle l’inv<strong>en</strong>tion d’un nouveau<br />

modèle d’information de presse ». Ce<br />

site est notamm<strong>en</strong>t à l’origine de la publication<br />

<strong>en</strong> exclusivité <strong>des</strong> extraits de la déposition<br />

du trader, Jérôme Kerviel, devant la<br />

brigade financière (cf. Affaire de la société<br />

générale).<br />

Par ailleurs, Jacques Peyrat (anci<strong>en</strong> maire de<br />

Nice) Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Cavada,<br />

Françoise De Panafieu, Rama Yade, ou <strong>en</strong>core Jean Sarkozy<br />

ont pu s’apercevoir à leur dép<strong>en</strong>s à quel point il<br />

est dev<strong>en</strong>u difficile de prét<strong>en</strong>dre t<strong>en</strong>ir <strong>des</strong> propos « privés<br />

» <strong>en</strong> public (sic) faute de s’être assurés que la caméra<br />

d’un journaliste « amateur » ou professionnel<br />

n’était pas prés<strong>en</strong>te à leurs côtés.<br />

Vers une peoplelisation<br />

de<br />

l’information ?<br />

« Dans ce<br />

contexte de<br />

conc<strong>en</strong>tration <strong>des</strong><br />

médias, certains<br />

ont vu dans<br />

l’Internet une vraie<br />

possibilité pour<br />

<strong>des</strong> journalistes de<br />

continuer à<br />

s’exprimer<br />

librem<strong>en</strong>t tout <strong>en</strong><br />

touchant un<br />

nombre important<br />

de lecteurs ».<br />

La montée <strong>en</strong><br />

puissance de est traitée l’information. »<br />

ce journalisme<br />

de l’instantanéité,<br />

qui r<strong>en</strong>d le monde de la presse <strong>en</strong>core plus<br />

concurr<strong>en</strong>tiel qu’il ne l’était à la grande époque de la<br />

presse papier, n’est donc pas sans conséqu<strong>en</strong>ce. La recherche<br />

du scoop à laquelle se livre <strong>des</strong> journalistes, qui<br />

ne sont plus t<strong>en</strong>us à <strong>des</strong> délais de parution stricts, peut<br />

s’avérer contreproductive.<br />

La réc<strong>en</strong>te affaire du SMS prét<strong>en</strong>dum<strong>en</strong>t <strong>en</strong>voyé par le<br />

Présid<strong>en</strong>t de la République à son ex-femme est née<br />

suite à une publication de l’information sur le site<br />

www.nouvelobservateur.fr. Après que l’auteur de l’article<br />

et le site Internet du magazine ai<strong>en</strong>t été poursuivis<br />

(fait inédit) au pénal pour « faux, usage de faux et recel<br />

», Jean Daniel, fondateur historique de l’hebdomadaire<br />

a pris position, dans un éditorial intitulé "Une erreur ?<br />

Oui", <strong>en</strong> indiquant : « Si j'avais eu l'information dont Airy<br />

Routier a disposé, je me serais empressé de m'<strong>en</strong> détourner<br />

», avant de préciser à propos du traitem<strong>en</strong>t par<br />

le Présid<strong>en</strong>t de la République de sa vie privée que « c'est<br />

précisém<strong>en</strong>t parce qu'il faisait tout pour nous<br />

<strong>en</strong>traîner dans son univers qu'il ne fallait pas<br />

s'y laisser conduire ».<br />

Les directeurs de la rédaction du Nouvel Observateur,<br />

Guillaume Malaurie et Michel Labro<br />

ont, pour leur part, pointé un dysfonctionnem<strong>en</strong>t<br />

au sein de leurs services : « Ce confid<strong>en</strong>tiel<br />

proposé par notre journaliste Airy<br />

Routier, <strong>en</strong>quêteur aguerri du magazine, a<br />

été transmis directem<strong>en</strong>t au responsable du<br />

site, qui l'a mis <strong>en</strong> ligne. Si cet article avait été<br />

prés<strong>en</strong>té - comme cela aurait dû l'être - à la<br />

direction de la rédaction, il est probable,<br />

sinon certain, qu'il n'aurait pas été publié."<br />

Avant d'ajouter : "du moins pas sous cette<br />

forme ».<br />

Ces témoignages mett<strong>en</strong>t <strong>en</strong> lumière le réc<strong>en</strong>t<br />

reproche que l’on fait à la presse qu’elle<br />

soit traditionnelle ou new look, à savoir celui<br />

d’une peoplelisation progressive. Après la<br />

publication de la photographie d’une Simone<br />

De Beauvoir nue <strong>en</strong> couverture de son magazine,<br />

c’est donc la deuxième fois que le Nouvel<br />

Observateur, hebdomadaire réputé<br />

sérieux, est accusé de vouloir v<strong>en</strong>dre du papier<br />

avec <strong>des</strong> scoops dignes de Voici ou Closer.<br />

La presse française est incontestablem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> mutation.<br />

Internet a joué un rôle important dans cette métamorphose.<br />

Espérons qu’elle saura garder sa spécificité et résister<br />

à la t<strong>en</strong>tation d’une peoplelisation de l’information<br />

qui la rapprocherait du modèle <strong>des</strong> tabloïds britanniques.<br />

Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />

« Il est difficile de nier que ce<br />

journalisme participatif<br />

provoque une mutation<br />

progressive de la façon dont<br />

Baromètre n°4 Page 19


Quand les faits divers s'<strong>en</strong> mêl<strong>en</strong>t...<br />

Par décision du 21 février 2008, le Conseil constitutionnel a déclaré conformes à la<br />

Constitution sous certaines réserves les dispositions les plus controversées de la loi<br />

du 25 février 2008 relative à la rét<strong>en</strong>tion de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité<br />

pénale pour cause de trouble m<strong>en</strong>tal.<br />

Ce texte regroupe deux séries de dispositions reliées<br />

par une origine commune, à savoir la volonté de réagir,<br />

<strong>en</strong> légiférant, à de tristes faits divers qui ont récemm<strong>en</strong>t<br />

considérablem<strong>en</strong>t occupé la scène médiatique. Il s'agit<br />

tout d'abord de l'article premier de la loi qui répond à<br />

une promesse faite par le Chef de l'Etat suite à l'<strong>en</strong>lèvem<strong>en</strong>t<br />

et au viol <strong>en</strong> août 2007 du jeune garçon Enis par<br />

Francis Evrard, pédophile récidiviste. Cet article a pour<br />

objet de permettre l'<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t, dans <strong>des</strong> c<strong>en</strong>tres<br />

socio-médico-judiciaires et pour une durée d'un an r<strong>en</strong>ouvelable<br />

indéfinim<strong>en</strong>t, <strong>des</strong> individus qui à l'issue de<br />

l'exécution de leur peine privative de liberté prés<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t<br />

une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité<br />

très élevée de récidive <strong>en</strong> raison<br />

d'un trouble grave de la personnalité.<br />

Cette mesure dénommée rét<strong>en</strong>tion « de<br />

sûreté » ne sera applicable qu'à titre exceptionnel<br />

à l'<strong>en</strong>contre <strong>des</strong> personnes<br />

condamnées à une peine privative de liberté<br />

supérieure ou égale à 15 ans de réclusion<br />

criminelle pour les infractions<br />

d'assassinat ou de meurtre aggravé, de<br />

torture ou actes de barbarie aggravés, de<br />

viol aggravé, d'<strong>en</strong>lèvem<strong>en</strong>t ou de séquestration<br />

aggravé commises à l'<strong>en</strong>contre<br />

d'une personne majeure ou mineure.<br />

Cette mesure n'est pas exempte de critiques.<br />

Tel que l'a dénoncé nombre de ses<br />

opposants et <strong>en</strong> tout premier lieu Robert<br />

Badinter, anci<strong>en</strong> Garde <strong>des</strong> Sceaux, elle<br />

consiste à maint<strong>en</strong>ir une personne <strong>en</strong>fermée<br />

« pour ce qu'elle est et non pour <strong>des</strong><br />

actes ou <strong>des</strong> crimes qu'elle a commis » et<br />

à priver quelqu'un de sa liberté sans infraction,<br />

au nom de sa dangerosité présumée et d'une volonté<br />

d'aboutir à un illusoire risque zéro (Journal de 20h<br />

de France 2 du 7 janvier 2008).<br />

L'une <strong>des</strong> questions fondam<strong>en</strong>tales qu'elle soulève<br />

porte sur sa nature même. Qualifiée de peine, elle serait<br />

inévitablem<strong>en</strong>t soumise au principe de non-rétroactivité<br />

<strong>des</strong> lois pénales plus sévères et ne pourrait donc<br />

s'appliquer à <strong>des</strong> individus condamnés pour <strong>des</strong> faits<br />

commis avant l'<strong>en</strong>trée <strong>en</strong> vigueur de la loi. Une mesure<br />

de sûreté ayant <strong>en</strong> revanche avant tout une vocation<br />

prév<strong>en</strong>tive et non punitive, considérer la rét<strong>en</strong>tion de<br />

sûreté comme telle revi<strong>en</strong>drait à <strong>en</strong> permettre l'application<br />

rétroactive.<br />

Une telle mesure, malgré sa dénomination trompeuse,<br />

prés<strong>en</strong>te un caractère punitif puisqu'elle aboutit à pouvoir<br />

maint<strong>en</strong>ir un individu <strong>en</strong>fermé à vie au nom d'une<br />

Elle aboutit à<br />

pouvoir<br />

maint<strong>en</strong>ir un<br />

individu<br />

<strong>en</strong>fermé à vie<br />

au nom d'une<br />

infraction possible. Selon les parlem<strong>en</strong>taires à l'origine<br />

de la saisine du Conseil constitutionnel, un tel <strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t<br />

est « une sanction manifestem<strong>en</strong>t disproportionnée<br />

au regard d'une infraction virtuelle », « une<br />

auth<strong>en</strong>tique peine privative de liberté » et la « continuation<br />

de l'emprisonnem<strong>en</strong>t dans un autre lieu » (Le<br />

Monde du 12 février 2008). Sa soumission au principe<br />

de non-rétroactivité de la loi pénale apparaissait dès<br />

lors juridiquem<strong>en</strong>t fondée.<br />

S'agissant <strong>des</strong> personnes exécutant au premier septembre<br />

2008 une peine de réclusion criminelle supérieure<br />

ou égale à 15 ans, elles pourront être soumises à<br />

une « surveillance de sûreté », consistant<br />

principalem<strong>en</strong>t dans une obligation d'assignation<br />

à domicile ou un placem<strong>en</strong>t<br />

sous surveillance électronique mobile. Ce<br />

dernier ayant été qualifié de mesure de<br />

sûreté par le Conseil constitutionnel dans<br />

une décision <strong>en</strong> date du 8 décembre<br />

2008, il n'est pas surpr<strong>en</strong>ant qu'il ait dans<br />

sa décision du 21 février 2008 admis l'applicabilité<br />

de la surveillance de sûreté à<br />

<strong>des</strong> individus condamnés pour <strong>des</strong> faits<br />

commis avant son <strong>en</strong>trée <strong>en</strong> vigueur.<br />

infraction<br />

possible.<br />

Quant aux experts psychiatres, ils sont<br />

nombreux à dénoncer le flou <strong>en</strong>tourant la<br />

notion de dangerosité et la lourde tâche<br />

que leur confie ainsi le législateur. Certains<br />

ajout<strong>en</strong>t qu'une telle mesure revi<strong>en</strong>t<br />

à nier la vertu thérapeutique de la peine.<br />

De plus, une prise <strong>en</strong> charge médicale,<br />

sociale et psychologique étant prévue <strong>en</strong><br />

rét<strong>en</strong>tion de sûreté, il est à craindre que<br />

cette disposition sonne le glas de cette prise <strong>en</strong> charge<br />

p<strong>en</strong>dant la durée « principale » de réclusion criminelle,<br />

dont chacun sait qu'elle est déjà minime, faute de<br />

moy<strong>en</strong>s matériels et humains.<br />

Pourtant, dans sa décision du 21 février 2008, le Conseil<br />

constitutionnel affirme que « la rét<strong>en</strong>tion de sûreté n'est<br />

ni une peine, ni une sanction ayant le caractère d'une<br />

punition » et qu'elle ne saurait dès lors être soumise au<br />

principe de non-rétroactivité. Il ajoute qu' « eu égard à<br />

sa nature privative de liberté, à la durée de cette privation,<br />

à son caractère r<strong>en</strong>ouvelable sans limite et au fait<br />

qu'elle est prononcée après une condamnation par une<br />

juridiction », elle « ne saurait être appliquée à <strong>des</strong> personnes<br />

condamnées avant la publication de la loi ou faisant<br />

l'objet d'une condamnation postérieure à cette date<br />

pour <strong>des</strong> faits commis antérieurem<strong>en</strong>t ».<br />

Baromètre n°4 Page 21


Ainsi, si la rét<strong>en</strong>tion de sûreté n'est pas une<br />

peine, <strong>en</strong> raison de son caractère particulièrem<strong>en</strong>t<br />

sévère elle ne saurait <strong>en</strong> principe s'appliquer<br />

à <strong>des</strong> faits commis avant son <strong>en</strong>trée <strong>en</strong><br />

vigueur.<br />

Néanmoins, selon les sages de la rue Montp<strong>en</strong>sier,<br />

les individus condamnés avant l'<strong>en</strong>trée <strong>en</strong><br />

vigueur de la loi pourront être mis <strong>en</strong> rét<strong>en</strong>tion<br />

de sûreté si, placés sous surveillance de sûreté à<br />

l'issue de leur peine, ils ont violé les obligations<br />

auxquelles ils étai<strong>en</strong>t t<strong>en</strong>us. Elle ne sera décidée<br />

qu'« <strong>en</strong> cas de stricte nécessité » si elle constitue<br />

l'unique moy<strong>en</strong> de<br />

prév<strong>en</strong>ir la commission,<br />

dont la probabilité<br />

est très élevée,<br />

<strong>des</strong> infractions <strong>en</strong><br />

cause.<br />

Il <strong>en</strong> résulte l'émerg<strong>en</strong>ce<br />

<strong>en</strong> droit français<br />

d'une nouvelle<br />

catégorie de mesure<br />

de sûreté. Traditionnellem<strong>en</strong>t<br />

restrictive<br />

de liberté ou privative<br />

de droits, elle devi<strong>en</strong>t avec la rét<strong>en</strong>tion de sûreté<br />

privative de liberté, ce qui justifie qu'elle soit<br />

soumise au régime particulier ret<strong>en</strong>u <strong>en</strong> la matière.<br />

En réponse aux craintes exprimées par les experts<br />

psychiatres, le Conseil a précisé avoir validé<br />

la rét<strong>en</strong>tion de sûreté « sous la réserve que<br />

les personnes concernées ai<strong>en</strong>t pu bénéficier,<br />

p<strong>en</strong>dant l’exécution de leur peine, <strong>des</strong> soins<br />

adaptés au trouble de la personnalité<br />

dont elles souffr<strong>en</strong>t ». Compte t<strong>en</strong>u<br />

de la très insuffisante prise <strong>en</strong> charge<br />

actuelle <strong>des</strong> dét<strong>en</strong>us et à défaut<br />

d'amélioration majeure <strong>en</strong> la matière,<br />

le respect de ladite réserve devra de<br />

facto conduire à l'exclusion du prononcé<br />

de la rét<strong>en</strong>tion de sûreté.<br />

Dès le l<strong>en</strong>demain du jour où a été r<strong>en</strong>due<br />

la décision du 21 février 2008, le<br />

Chef de l'Etat demandait au Premier<br />

présid<strong>en</strong>t de la Cour de cassation de<br />

lui faire toutes les propositions nécessaires<br />

pour que la rét<strong>en</strong>tion de sûreté<br />

puisse s'appliquer de manière rétroactive.<br />

Ce dernier lui a répondu que<br />

Baromètre n°4 Page 22<br />

Si la rét<strong>en</strong>tion de sûreté n'est pas une peine, <strong>en</strong> raison de<br />

son caractère particulièrem<strong>en</strong>t sévère elle ne saurait <strong>en</strong><br />

principe s'appliquer à <strong>des</strong> faits commis avant son <strong>en</strong>trée<br />

<strong>en</strong> vigueur.<br />

Il <strong>en</strong> résulte<br />

l'émerg<strong>en</strong>ce<br />

<strong>en</strong> droit<br />

français<br />

d'une<br />

nouvelle<br />

catégorie de<br />

mesure de<br />

sûreté.<br />

s'il acceptait le «principe d’une mission sur la récidive<br />

», il «refuserait de remettre <strong>en</strong> cause le<br />

Conseil constitutionnel» (Le Figaro du 26 février<br />

2008).<br />

En effet, selon l'article 62 de la Constitution, les<br />

décisions du Conseil constitutionnel ne sont<br />

susceptibles d'aucun recours et elles s'impos<strong>en</strong>t<br />

aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives<br />

et juridictionnelles.<br />

Dans ces conditions, la seule manière de passer<br />

outre la décision du Conseil constitutionnel résiderait<br />

ni plus ni moins<br />

dans une modification<br />

de la Constitution.<br />

tion immédiate.<br />

En dépit de ces considérations<br />

tant morales<br />

que juridiques, un sondage<br />

IFOP pour Le Figaro<br />

révélait le 26<br />

février 2008 que 81 %<br />

<strong>des</strong> personnes interrogées<br />

approuv<strong>en</strong>t la rét<strong>en</strong>tion<br />

de sûreté, 64 %<br />

souhait<strong>en</strong>t son applica-<br />

Cette vive polémique a, par ailleurs, fortem<strong>en</strong>t<br />

occulté le second volet de la loi, égalem<strong>en</strong>t d'importance,<br />

relatif à la déclaration d'irresponsabilité<br />

pénale pour cause de trouble m<strong>en</strong>tal. Il fait<br />

suite au meurtre <strong>en</strong> 2004 de deux infirmières<br />

dans un hôpital psychiatrique de Pau. Le juge<br />

d'instruction, confirmé <strong>en</strong> cela par la chambre de<br />

l'instruction le 14 décembre 2007, avait r<strong>en</strong>du<br />

une ordonnance de non-lieu fondée<br />

sur l'exist<strong>en</strong>ce d'un trouble psychique<br />

ayant aboli le discernem<strong>en</strong>t de l'auteur<br />

au mom<strong>en</strong>t de la commission <strong>des</strong><br />

faits.<br />

Face aux familles <strong>des</strong> victimes, certains<br />

acteurs du monde politique<br />

avai<strong>en</strong>t déploré l'abs<strong>en</strong>ce de procès.<br />

L'article 3 de la loi s'intègre donc dans<br />

ce mouvem<strong>en</strong>t de « victimisation » du<br />

procès pénal.


81 % <strong>des</strong> personnes interrogées approuv<strong>en</strong>t la rét<strong>en</strong>tion de sûreté.<br />

L'ordonnance d'irresponsabilité<br />

pénale pour<br />

cause de trouble m<strong>en</strong>tal,<br />

dans laquelle le juge<br />

d'instruction devait déjà<br />

préciser s'il existait <strong>des</strong><br />

charges suffisantes établissant<br />

que l'intéressé<br />

a commis les faits qui<br />

lui sont reprochés,<br />

pourra être soumise à l'exam<strong>en</strong> de la chambre de<br />

l'instruction. Cette dernière r<strong>en</strong>dra, si cela est justifié,<br />

un arrêt de déclaration d'irrespon-<br />

sabilité pénale pour cause de trouble<br />

m<strong>en</strong>tal à l'issue de l'interrogatoire de la<br />

personne mise <strong>en</strong> exam<strong>en</strong> et d'une audi<strong>en</strong>ce<br />

qui sera par principe publique. La<br />

chambre pourra assortir sa décision du<br />

prononcé d’une mesure de sûreté, telle<br />

que l'interdiction d'<strong>en</strong>trer <strong>en</strong> relation<br />

avec la victime de l'infraction ou de dét<strong>en</strong>ir<br />

une arme.<br />

C'est oublier qu'un tel individu n'est pas<br />

<strong>en</strong> mesure de compr<strong>en</strong>dre la portée de<br />

ses actes et de démêler le bi<strong>en</strong> du mal,<br />

sa responsabilité pénale ne saurait donc<br />

être <strong>en</strong>gagée, et il n'est pas accessible à<br />

une sanction pénale. Il ne sera le plus souv<strong>en</strong>t pas<br />

davantage capable d'assimiler la cause de ces mesures<br />

de sûreté et ce qu'elles signifi<strong>en</strong>t pour lui.<br />

C'est oublier<br />

qu'un tel<br />

individu n'est<br />

pas <strong>en</strong><br />

mesure de<br />

compr<strong>en</strong>dre<br />

la portée de<br />

ses actes.<br />

Il risque d'<strong>en</strong> résulter une incompréh<strong>en</strong>sion totale,<br />

tant de la personne mise <strong>en</strong> exam<strong>en</strong> qui par hypothèse<br />

est privée de capacités de discernem<strong>en</strong>t que<br />

<strong>des</strong> parties civiles, confrontées à un individu incapable<br />

de pr<strong>en</strong>dre la mesure de ce qu'il a fait, de leur<br />

souffrance et de leur faire les excuses dont elles ont<br />

besoin pour accomplir leur travail de deuil.<br />

Le Conseil constitutionnel a néanmoins déclaré<br />

conforme à la Constitution l'article 3 <strong>en</strong> cause, précisant<br />

que la décision de déclaration d'ir-<br />

responsabilité pénale pour cause de<br />

trouble m<strong>en</strong>tal ne constitue aucunem<strong>en</strong>t<br />

une atteinte à la présomption d'innoc<strong>en</strong>ce,<br />

la chambre de l'instruction n'étant<br />

compét<strong>en</strong>te « ni pour déclarer que cette<br />

personne a commis les faits qui lui sont<br />

reprochés ni pour se prononcer sur sa<br />

responsabilité civile ». Il a toutefois posé<br />

une limite <strong>en</strong> ret<strong>en</strong>ant que la m<strong>en</strong>tion au<br />

casier judiciaire de la déclaration d’irresponsabilité<br />

pénale, prévue initialem<strong>en</strong>t<br />

dans le projet de loi, portait une atteinte<br />

excessive à la protection de la vie privée<br />

sauf dans le cas où <strong>des</strong> mesures de sûreté<br />

ont été prononcées à l’<strong>en</strong>contre de<br />

l’intéressé.<br />

Il convi<strong>en</strong>t cep<strong>en</strong>dant de ne pas céder à ce mouvem<strong>en</strong>t<br />

de « victimisation » du procès pénal et de toujours<br />

garder <strong>en</strong> mémoire que ce dernier a avant<br />

tout pour objet la sanction d'un trouble causé à l'ordre<br />

public et non la réparation <strong>des</strong> dommages causés<br />

par l'infraction.<br />

Djinn Quévreux, Série J, Promotion 2008<br />

Baromètre n°4 Page 23


Cellar Door : "l’art tous azimuts" de Loris Gréaud<br />

L’exposition Cellar Door était l’un <strong>des</strong> événem<strong>en</strong>ts culturels les plus att<strong>en</strong>dus de la r<strong>en</strong>trée<br />

2008 : pour la première fois, un artiste allait <strong>en</strong>vahir à lui seul les 4000 mètres carrés du Palais<br />

de Tokyo. Et cet artiste a, à peine, 29 ans !<br />

Prés<strong>en</strong>té comme le<br />

nouveau petit génie de<br />

l’art français, Loris<br />

Gréaud est sorti il y a<br />

tout juste 4 ans de<br />

l`école Nationale Supérieure<br />

<strong>des</strong> Beauxarts<br />

de Cergy où il a<br />

suivi une formation <strong>en</strong><br />

arts graphiques.<br />

Depuis, tout est allé très vite. Lauréat du prix Ricard,<br />

qui récomp<strong>en</strong>se chaque année un artiste représ<strong>en</strong>tatif<br />

de la jeune scène française, et auteur de l’exposition<br />

"Sil<strong>en</strong>ce goes more quickly wh<strong>en</strong> played<br />

backwards", à Paris, <strong>en</strong> 2005, il est <strong>en</strong>suite parti exposer<br />

à Bâle, New York, Miami mais aussi à Tokyo.<br />

Aujourd’hui, au vu du bruit que suscite<br />

son exposition Cellar Door, il apparaît<br />

indiscutable que Loris Gréaud vi<strong>en</strong>t de<br />

franchir une nouvelle étape dans sa<br />

jeune carrière d`artiste.<br />

Mais qu’<strong>en</strong> est-il exactem<strong>en</strong>t de cette<br />

exposition ?<br />

Cellar Door est un projet cristallisé autour<br />

d’une obsession : la création d’un<br />

atelier. L’objectif n’est pas de montrer<br />

une succession d’œuvres mais plutôt<br />

un tout, un <strong>en</strong>semble cohér<strong>en</strong>t, un<br />

work in progress qui nous permettrait<br />

de r<strong>en</strong>trer dans le cerveau de l’artiste et<br />

de nous dévoiler ses recherches, ses<br />

obsessions, l’ambiance qu’il veut créer<br />

et les influ<strong>en</strong>ces qui agiss<strong>en</strong>t sur lui.<br />

Ainsi, tout nous est donné à voir de la<br />

salle de contrôle de l’exposition à la<br />

régie à l’intérieur de laquelle un ingénieur<br />

orchestre le tout.<br />

Cela aboutit à la création d’une sorte d’organisme<br />

mouvant, "une usine m<strong>en</strong>tale", qui met tous nos s<strong>en</strong>s<br />

à contribution. La vue, évidem<strong>en</strong>t, puis l’ouïe, avec<br />

un habillage sonore signé Thomas Roussel, le goût,<br />

avec <strong>des</strong> bonbons (sans goût) <strong>en</strong> v<strong>en</strong>te dans <strong>des</strong> distributeurs<br />

automatiques, mais aussi l’odorat, avec<br />

<strong>des</strong> émanations de parfum. Ca n’est d’ailleurs pas<br />

une première pour l’artiste puisqu’<strong>en</strong> 2005 il avait<br />

déjà fait s<strong>en</strong>sation <strong>en</strong> recréant, avec l’aide de sci<strong>en</strong>tifiques,<br />

l’odeur de la planète ou de la barre chocolatée<br />

Mars dans l’une de ses œuvres.<br />

Baromètre n°4 Page 24<br />

« Pour la première<br />

fois, un artiste allait<br />

<strong>en</strong>vahir à lui seul les<br />

4000 mètres carrés<br />

du Palais de Tokyo.<br />

Et cet artiste a, à<br />

peine, 29 ans ! »<br />

Son inspiration puise dans de nombreuses sources :<br />

culture populaire, cinéma grand public...etc. Comm<strong>en</strong>t<br />

ne pas p<strong>en</strong>ser au film Sleepy Hollow de Tim<br />

Burton lorsque l’on pénètre dans la forêt d’arbres recouverts<br />

de poudre à canon, et au-<strong>des</strong>sus de laquelle<br />

se trouve une lune aux couleurs changeantes ?<br />

Pourtant, Loris GREAUD se place tout autant dans une<br />

lignée très moderniste de l’histoire de l’art comme le<br />

témoigne, par exemple, ce clin d’œil fait au dadaïste<br />

Kurt SCHWITTERS - qui avait déjà créé une installation<br />

(le "Merz bau") autour d’un atelier - <strong>en</strong> appelant<br />

l’une de ses œuvres "Merz Ball", alors qu’<strong>en</strong> réalité, il<br />

ne s’agissait que d’un imm<strong>en</strong>se terrain de paintball<br />

dans lequel s’affront<strong>en</strong>t quatre joueurs professionnels.<br />

Comme les artistes modernistes auxquels<br />

il se réfère, Loris Gréaud a la volonté de<br />

mélanger l`art et la vie et de faire tomber<br />

les frontières <strong>en</strong>tre les musées et le<br />

monde extérieur. Comme il le dit luimême,<br />

"j’ai toujours eu un furieux besoin<br />

de décloisonner les choses" car "je crois<br />

<strong>en</strong> l’art tous azimuts" !<br />

L’exposition ne se visite pas de manière<br />

linéaire ; le parcours se construit de manière<br />

personnelle et atypique car c’est<br />

une balade particulière dans le monde de<br />

l’artiste, un lieu où il n’y aurait ni début,<br />

ni fin, mais qui serait au contraire constitué<br />

d’un espace temps incertain, plein de<br />

sauts chronologiques et de mises <strong>en</strong><br />

abyme, et, ce, à l’instar d`un film de<br />

David Lynch (l’un <strong>des</strong> cinéastes préférés<br />

de Loris Gréaud).<br />

Cette exposition doit ainsi se vivre<br />

comme une expéri<strong>en</strong>ce dans laquelle il<br />

nous est proposé de perdre tous nos repères<br />

pour, peut être, mieux se redécouvrir.<br />

A voir donc...<br />

Exposition Cellar Door au Palais de Tokyo, 13, av<strong>en</strong>ue<br />

du Présid<strong>en</strong>t Wilson, 75116 Paris, jusqu’au 27<br />

avril 2008.<br />

François - Xavier Balme, série, H promotion 2008 & Daniel Mato<br />

Crédit photo : Olivier Pasqual<br />

Courtesy Loris Gréaud, Yvon Lambert Paris, New York


ARRET WEBSTER<br />

ou la fin prononcée <strong>des</strong> transferts de joueurs ?<br />

Après l'arrêt BOSMAN qui a interdit les indemnités<br />

de fin de contrat, voilà l'arrêt WEBSTER<br />

r<strong>en</strong>du <strong>en</strong> janvier par le Tribunal Arbitral du<br />

Sport.<br />

De quoi s'agit-il ?<br />

Un arrière c<strong>en</strong>tre britannique de 25 ans du<br />

nom de Andrew WEBSTER est <strong>en</strong>gagé par le<br />

club écossais d'Heart of Midlothian jusqu'au<br />

30 juin 2007 (fin de la saison sportive). Toutefois,<br />

un an avant l’échance, il décide de<br />

rompre unilatéralem<strong>en</strong>t son contrat et ce, sans<br />

véritable cause établie.<br />

Il s'<strong>en</strong>gage auprès du club anglais de Wigan,<br />

son anci<strong>en</strong> club écossais porte l'affaire devant<br />

la Chambre de résolution <strong>des</strong> litiges de la FIFA,<br />

afin d’être indemnisé financièrem<strong>en</strong>t. L’affaire<br />

passe <strong>en</strong>suite devant le TAS (expliquer pourquoi).<br />

Il faut rappeler que les règlem<strong>en</strong>ts de la FIFA<br />

<strong>des</strong> 1er septembre 2001 et 1er juillet 2005<br />

précis<strong>en</strong>t que le joueur ne peut rompre son<br />

contrat de façon unilatérale que dans certaines<br />

conditions, <strong>en</strong> fonction de son âge et<br />

de la durée restante de son contrat.<br />

Ainsi, pour un joueur âgé de moins de 28 ans,<br />

cela lui reste interdit lors <strong>des</strong> 3 premières années<br />

de son contrat. Sinon, il peut être sanctionné<br />

au le plan sportif (susp<strong>en</strong>sion) et<br />

pécunière.<br />

Baromètre n°4 Page 26<br />

Après les 3 premières années, le joueur peut<br />

rompre son contrat sans être sanctionné au le<br />

plan sportif, tout <strong>en</strong> devant s’acquitter d’une<br />

am<strong>en</strong>de au club délaissé. C’est cette am<strong>en</strong>de<br />

qui constitue ce que l’on appelle le montant<br />

du transfert ; elle est négociée de gré à gré.<br />

Pour un joueur âgé de plus de 28 ans, la période<br />

p<strong>en</strong>dant laquelle il lui est interdit de<br />

rompre unilatéralem<strong>en</strong>t son contrat passe de<br />

3 à 2 ans.<br />

Depuis l'arrêt WEBSTER, r<strong>en</strong>du le ??? janvier<br />

2008, le Tribunal Arbitral du Sport juge que<br />

désormais, le calcul du montant du transfert,<br />

ne peut plus se faire de gré à gré. Au<br />

contraire, le Tribunal fige un critère, dit "le<br />

plus approprié, <strong>en</strong> pr<strong>en</strong>ant compte le solde de<br />

la rémunération due au joueur selon le contrat<br />

de travail, au mom<strong>en</strong>t de la résiliation".<br />

La messe est dite : le footballeur professionnel<br />

devi<strong>en</strong>t un salarié de droit commun. Au<br />

cas où il doit quitter son club après la période<br />

protégée, il ne lui doit que le montant de la<br />

durée restante de son contrat. S'il reste au<br />

joueur 2 ans de contrat, le club quitté ne sera<br />

dédommagé qu'à hauteur de 2 ans de salaire<br />

et non indemnisé de gré à gré.


Quelles sont les conséqu<strong>en</strong>ces ?<br />

L'objectif de stabilité contractuelle donc d'équilibre<br />

de la compétition tant voulue par la FIFA est gravem<strong>en</strong>t<br />

mis <strong>en</strong> cause.<br />

Pour les clubs, c'est un véritable manque à gagner<br />

puisque le joueur <strong>en</strong>gagé pr<strong>en</strong>d de la valeur grâce à<br />

l'image et au prestige du club, et peut le quitter à<br />

tout mom<strong>en</strong>t dès la fin de la période de stabilité, <strong>en</strong><br />

remboursant seulem<strong>en</strong>t le montant correspondant<br />

à la durée restante de son contrat de travail.<br />

Pour les joueurs, c'est plus de liberté pour eux donc<br />

plus de mobilité et de r<strong>en</strong>trées financières.<br />

Mais rassurez vous, ce n'est pas la fin <strong>des</strong> transferts<br />

de joueurs ! Au contraire, l'arrêt WEBSTER accélère le<br />

rythme <strong>des</strong> transferts puisque le club doit tout faire<br />

pour transférer son joueur avant la fin de la 3e<br />

année s'il a moins de 28 ans et avant la fin de la 2e<br />

année si le joueur a plus de 28 ans.<br />

Moustapha KAMARA, Docteur <strong>en</strong> droit du sport, Promotion 2007 serie T.


Poutine et la Constitution<br />

Comme le rappelait le général de Gaulle, au<br />

cours de sa fameuse confér<strong>en</strong>ce de presse<br />

du 31 janvier 1964, la pratique <strong>des</strong> institutions<br />

et la répartition corrélative <strong>des</strong> pouvoirs<br />

"a naturellem<strong>en</strong>t t<strong>en</strong>u pour une part<br />

aux hommes".C'est à dire <strong>en</strong> premier lieu, à<br />

un présid<strong>en</strong>t qui a interprété son rôle de garant<br />

et d'arbitre (article 5 de la Constitution<br />

française de 1958) de manière quelque peu<br />

ext<strong>en</strong>sive. Il est vrai qu'une constitution,<br />

c'est avant tout un esprit.<br />

Rappelons que le texte confiait au gouvernem<strong>en</strong>t<br />

le soin de déterminer et conduire la<br />

politique de la Nation (article 20, ibid.) sous<br />

la direction du Premier ministre (article 21,<br />

ibid.).<br />

Les rédacteurs de 1958 ont, au moins, eu le<br />

tal<strong>en</strong>t de cette relative ambiguïté. Une ambiguïté<br />

qui a permis aux institutions de la<br />

Vème de se pratiquer sous domination présid<strong>en</strong>tielle<br />

comme sous celle d'un premier<br />

ministre de cohabitation. Sur ce point, les<br />

propositions de la commission Balladur r<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t<br />

le texte vaguem<strong>en</strong>t plus clair, <strong>en</strong> laissant<br />

le soin au présid<strong>en</strong>t de définir la<br />

politique de la Nation.<br />

Baromètre n°4 Page 28<br />

"Une constitution<br />

strictem<strong>en</strong>t<br />

présid<strong>en</strong>tialiste<br />

pour une pratique<br />

primo-ministérielle."<br />

Eltsine se serait inspiré tant de la Constitution<br />

française qu’américaine et les aurai<strong>en</strong>t<br />

instrum<strong>en</strong>talisé, dans un contexte où ces<br />

deux pays avai<strong>en</strong>t une forte charge fantasmagorique<br />

sur le peuple russe. Pour sa part,<br />

le texte de la Constitution russe de 1993 ne<br />

frappe pas par sa plasticité. Sur cette question<br />

ess<strong>en</strong>tielle de la répartition <strong>des</strong> pouvoirs<br />

au sein de l'exécutif, la constitution<br />

française a porté plus dans son esprit que<br />

dans sa lettre.<br />

En effet, garant et arbitre comme <strong>en</strong> France,<br />

le présid<strong>en</strong>t russe est quant à lui chargé explicitem<strong>en</strong>t<br />

de déterminer les ori<strong>en</strong>tations<br />

fondam<strong>en</strong>tales de la politique intérieure et<br />

extérieure de l'Etat (article 80 de la Constitution<br />

russe).<br />

Le gouvernem<strong>en</strong>t de la Fédération de Russie<br />

se cont<strong>en</strong>te, pour sa part, d'exercer le pouvoir<br />

exécutif (article 110, ibid.), sous la direction<br />

d'un Premier ministre qui fixe<br />

comme seules ori<strong>en</strong>tations fondam<strong>en</strong>tales,<br />

celles de l'activité de son gouvernem<strong>en</strong>t (article<br />

113, ibid.).


Sur ce plan, le présid<strong>en</strong>t Vladimir Poutine a<br />

été irréprochable : la lettre, l'esprit, la pratique<br />

dans une symbiose présid<strong>en</strong>tialiste.<br />

Malheureusem<strong>en</strong>t, au milieu de ce bel édifice,<br />

traîne à l’article 81 de la constitution<br />

russe une scorie américaine quelque peu<br />

déplaisante : "Une même personne ne peut<br />

exercer la fonction de Présid<strong>en</strong>t de la Fédération<br />

de Russie plus de deux mandats<br />

consécutifs" . Plusieurs scénarii ont été élaborés<br />

ces dernières années, <strong>en</strong> partant du<br />

postulat qu'une violation ouverte de la<br />

constitution n'était pas <strong>en</strong>visageable : révision<br />

de la constitution, création d'une nouvelle<br />

<strong>en</strong>tité avec la Biélorussie dont Vladimir<br />

Poutine aurait été le prési-<br />

d<strong>en</strong>t…etc. Ceux-ci se sont avérés<br />

à ce jour trop compliqués à<br />

mettre <strong>en</strong> œuvre.<br />

Ainsi, ces derniers mois, une solution<br />

a été avancée, un peu<br />

comme une farce au début, puis<br />

comme le futur institutionnel de<br />

la Russie, depuis la désignation<br />

de Dmitri Medvedev comme<br />

candidat aux prochaines élections<br />

présid<strong>en</strong>tielles : le présid<strong>en</strong>t<br />

devi<strong>en</strong>drait Premier<br />

ministre.<br />

Il faut beaucoup d'imagination<br />

pour faire du Premier ministre<br />

russe, l'homme fort du<br />

régime. Une inv<strong>en</strong>tivité dans<br />

l'herméneutique constitutionnelle<br />

qu'ont eu - faut-il<br />

le rappeler - avant Poutine<br />

et ses stratèges juridiques,<br />

nombre de leaders <strong>des</strong> démocraties<br />

occid<strong>en</strong>tales.<br />

Dans le contexte russe, le<br />

cas vaut plus comme une incongruité, une<br />

curiosité constitutionnelle (le passage sans<br />

révision ni changem<strong>en</strong>t de majorité parlem<strong>en</strong>taire,<br />

d'un régime présid<strong>en</strong>tialiste à un<br />

régime primo-ministériel). L'URSS était,<br />

d'ailleurs, paraît-il un régime parlem<strong>en</strong>taire.<br />

Toutefois, on peut voir dans cette incarnation<br />

nouvelle du poste de premier ministre,<br />

autre chose qu'une confirmation de la dictature<br />

ou qu'un happ<strong>en</strong>ing constitutionnel.<br />

Il y a dans tout simulacre <strong>des</strong> opportunités<br />

pour la vérité, le jeu avec le réel n'étant pas<br />

sans danger pour celui qui joue. Les institutions<br />

ont leur logique propre et l'exemple<br />

<strong>des</strong> démocraties occid<strong>en</strong>tales est là pour<br />

témoigner, que le parlem<strong>en</strong>tarisme et son<br />

"Il y a dans<br />

tout<br />

simulacre<br />

<strong>des</strong><br />

opportunités<br />

pour<br />

la vérité."<br />

socle qu'est la philosophie<br />

libérale se sont<br />

toujours développés<br />

dans les interstices de<br />

la force et du m<strong>en</strong>songe,<br />

au cœur <strong>des</strong><br />

ambiguïtés d'un exécutif<br />

autoritaire.<br />

A jouer au chef de majorité parlem<strong>en</strong>taire,<br />

Vladimir Poutine rappelle qu'il existe un<br />

Parlem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> Russie lui redonne symboliquem<strong>en</strong>t<br />

une valeur.<br />

Le symbole est limité, brouillé et la probabilité<br />

de voir le futur premier mi-<br />

nistre russe redev<strong>en</strong>ir présid<strong>en</strong>t<br />

de la Russie à brève échéance est<br />

grande.<br />

Toutefois, dans un contexte de<br />

néant politique, de mépris pour<br />

le droit (dixit la "dictature de la<br />

loi" chère à Vladimir Poutine), de<br />

dégradation <strong>des</strong> libertés et <strong>des</strong><br />

pratiques démocratiques <strong>en</strong> Russie,<br />

la moindre ambiguïté institutionnelle<br />

doit être vue comme<br />

une chance, une opportunité<br />

pour les contre-pouvoirs que ne<br />

compte pas la Russie, de redonner<br />

aux mots leur s<strong>en</strong>s auth<strong>en</strong>tique.<br />

La Perestroïka fut sur ce<br />

point une inédite révolution<br />

linguistique dans laquelle<br />

derrière Andreï Sakharov les<br />

mots liberté, démocratie,<br />

constitution, parlem<strong>en</strong>tarisme,<br />

droits de l'homme<br />

abandonnèr<strong>en</strong>t le s<strong>en</strong>s<br />

donné par la novlangue soviétique, pour<br />

retrouver leur signification véritable dans le<br />

débat politique.<br />

Le souv<strong>en</strong>ir de la Perestroïka est funeste<br />

pour les Russes, mais les erreurs commises<br />

à cette époque apparti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t au passé.<br />

Vladimir Poutine a m<strong>en</strong>é, <strong>en</strong> huit ans, sa<br />

propre perestroïka avec un relatif succès.<br />

Espérons, au moins, pour les journalistes,<br />

intellectuels et dissid<strong>en</strong>ts qui croupiss<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong> prison ou <strong>en</strong> hôpital psychiatrique, que<br />

volontairem<strong>en</strong>t ou par inadvertance, il <strong>en</strong>gagera<br />

<strong>en</strong> tant que premier ministre sa<br />

glasnost (tchékiste un jour, tchékiste toujours<br />

?) et sa demokratizatsiya .<br />

Nicolas Gardères, Série S, Promotion 2008<br />

Baromètre n°4 Page 29


INTERVIEW<br />

R<strong>en</strong>contre avec................ Charlotte Plantin !<br />

« je ress<strong>en</strong>tais<br />

une peur<br />

incroyable à<br />

l’idée de me<br />

jeter dans<br />

l’arène »<br />

12ème secrétaire de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage<br />

Charlotte Plantin est secrétaire de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage depuis le mois de janvier<br />

2008. Diplômée d’HEC et de l’Université de Paris 1, elle est inscrite au barreau de<br />

Paris depuis 2005, date à laquelle elle a intégré le cabinet Bredin Prat <strong>en</strong> tant que collaboratrice<br />

<strong>en</strong> cont<strong>en</strong>tieux. Une jeune femme pétillante et dynamique, dont on devine<br />

le sacré tempéram<strong>en</strong>t. R<strong>en</strong>contre…<br />

Quand as-tu décidé de passer le concours de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage ?<br />

Je me suis inscrite au concours après deux ans et demi de barreau. En réalité,<br />

j’<strong>en</strong> avais l’<strong>en</strong>vie depuis que je suis étudiante <strong>en</strong> droit, mais mes premières années<br />

de collaboration ne m’<strong>en</strong> ont pas laissé le temps. Et puis surtout, je ress<strong>en</strong>tais<br />

une peur incroyable à l’idée de me jeter dans l’arène.<br />

Peux-tu nous expliquer <strong>en</strong> deux mots comm<strong>en</strong>t est organisé le concours ?<br />

Le concours se déroule sur une année. A l’issue du 1er tour, qui se ti<strong>en</strong>t de janvier<br />

à juin, 36 candidats sont sélectionnés pour le 2ème tour. A l’issue du<br />

deuxième tour, ils seront seulem<strong>en</strong>t 24. Puis 12 seront finalem<strong>en</strong>t élus après le<br />

dernier tour.<br />

Comm<strong>en</strong>t sont choisis les sujets ?<br />

Chaque Secrétaire est <strong>en</strong> charge de l’organisation de deux séances du 1er tour, pour lesquelles<br />

il choisit un invité, et propose deux choix de sujets. Les candidats ont connaissance<br />

<strong>des</strong> sujets quinze jours à l’avance, et s’inscriv<strong>en</strong>t pour le sujet qu’ils ont choisi, pour y répondre<br />

par l’affirmative ou par la négative.<br />

Qu’est-ce qui t’a personnellem<strong>en</strong>t décidé à franchir le pas, et à t’inscrire au concours ?<br />

La bi<strong>en</strong>veillance du cabinet dans lequel j’étais (et je suis toujours) collaboratrice. Un <strong>des</strong><br />

associés m’a particulièrem<strong>en</strong>t poussée à me lancer et j’ai eu le souti<strong>en</strong> indéfectible <strong>des</strong> autres<br />

associés avec lesquels je travaille. Le dernier déclic s’est produit lorsque j’ai vu, affiché<br />

au Palais, le sujet prévu pour le prochain premier tour.<br />

Quel était ce sujet ?<br />

« Faut-il tuer le père ? ». Je me souvi<strong>en</strong>drais toujours <strong>des</strong> trois sujets sur lesquels j’ai travaillé,<br />

pour chacun <strong>des</strong> trois tours. Mais celui-ci, le premier, m’a donné l’élan nécessaire<br />

pour franchir le pas. Une sorte de clin d’œil, au regard de ma vie personnelle et de mon parcours<br />

jusqu’à là.<br />

Comm<strong>en</strong>t as-tu vécu ces trois tours de concours ?<br />

Avec beaucoup de trac. Je crois n’avoir jamais eu aussi peur de toute ma vie que durant les<br />

quelques minutes qui précédai<strong>en</strong>t chacun de mes passages. Lorsque désormais je vais plaider<br />

au Palais, l’appréh<strong>en</strong>sion est moins forte. D’autres candidats <strong>en</strong> revanche ress<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t<br />

moins cette appréh<strong>en</strong>sion, c’est un s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t très personnel. Je crois que j’ai « surinvesti »<br />

ce concours, parce qu’il me t<strong>en</strong>ait vraim<strong>en</strong>t à cœur.<br />

Baromètre n°4 Page 30


Comm<strong>en</strong>t t’es-tu préparée à ces passages ?<br />

C’est un exercice difficile, surtout pour les 2ème et 3ème tours, pour lesquels le candidat tire<br />

au sort, et donc ne choisit pas, les sujets sur lesquels il passe. J’ai mis à contribution mon <strong>en</strong>tourage,<br />

aussi bi<strong>en</strong> les avocats que les membres de ma famille ou mes amis, afin qu’ils lis<strong>en</strong>t<br />

mon discours et me fass<strong>en</strong>t part de leur avis. Je me suis aussi beaucoup <strong>en</strong>traînée toute seule<br />

devant ma glace !<br />

Qu’as-tu ress<strong>en</strong>ti le jour où tu as appris ton élection ?<br />

J’ai eu le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t que la boucle était bouclée, même s’il me<br />

reste beaucoup de choses à vivre dans ma vie d’avocat. Je<br />

crois pouvoir dire que ce concours, c’est la chose dont je suis<br />

la plus fière. Mais c’est aussi une grande responsabilité, et au<br />

quotidi<strong>en</strong>, dans l’exercice de mes prérogatives de Secrétaire,<br />

je me remets souv<strong>en</strong>t <strong>en</strong> question.<br />

Comm<strong>en</strong>t est l’ambiance <strong>en</strong>tre les Secrétaires ?<br />

Excell<strong>en</strong>te. C’est un peu le miracle de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage. Nous ne nous connaissions absolum<strong>en</strong>t<br />

pas avant, nous v<strong>en</strong>ons d’horizons très différ<strong>en</strong>ts et ne nous sommes pas choisis,<br />

notre seul point commun est que nous faisons tous du droit, mais dans <strong>des</strong> domaines très divers.<br />

Et pourtant, le courant est tout de suite passé <strong>en</strong>tre nous, nous sommes très liés les uns<br />

aux autres. Je p<strong>en</strong>se, et j’espère, que cela continuera bi<strong>en</strong> après cette année passée <strong>en</strong>semble<br />

à la Confér<strong>en</strong>ce.<br />

En quoi consiste ta mission ?<br />

En tant que Secrétaire, je reçois les commissions d’office lorsque je suis de perman<strong>en</strong>ce au Palais.<br />

Les Secrétaires ont notamm<strong>en</strong>t le monopole de la commission d’office <strong>en</strong> matière criminelle,<br />

et pour les dossiers de r<strong>en</strong>voi <strong>en</strong> matière de comparution immédiate devant la 23ème Chambre<br />

du Tribunal Correctionnel de Paris. En tant que 12ème Secrétaire, je suis égalem<strong>en</strong>t Trésorière<br />

de la Confér<strong>en</strong>ce.<br />

Comm<strong>en</strong>t vis-tu cette expéri<strong>en</strong>ce ?<br />

« Etre Secrétaire reste<br />

très impliquant<br />

émotionnellem<strong>en</strong>t et<br />

humainem<strong>en</strong>t »<br />

Après deux mois et demi, je me r<strong>en</strong>ds compte que la tâche n’est pas facile ; souv<strong>en</strong>t, il n’est pas<br />

évid<strong>en</strong>t de cloisonner sa vie personnelle et sa vie professionnelle, même si quand je r<strong>en</strong>tre le soir<br />

chez moi, j’essaie de faire la part <strong>des</strong> choses et de me consacrer pleinem<strong>en</strong>t à mes autres activités,<br />

et à ma vie privée. Etre Secrétaire reste très impliquant émotionnellem<strong>en</strong>t et humainem<strong>en</strong>t.<br />

Pourtant, il faut garder à l’esprit que nous sommes là pour déf<strong>en</strong>dre un cli<strong>en</strong>t, et non<br />

pour assumer un rôle d’assistante sociale, même si la déf<strong>en</strong>se pénale demande nécessairem<strong>en</strong>t<br />

beaucoup d’empathie. Circonscrire mon interv<strong>en</strong>tion à la seule déf<strong>en</strong>se du cli<strong>en</strong>t me permet de<br />

faire la part <strong>des</strong> choses.<br />

Dans l’esprit du grand public, et parfois dans celui <strong>des</strong> avocats eux-mêmes, le vrai avocat, c’est<br />

celui qui plaide. Dirais-tu qu’<strong>en</strong> te mettant ainsi au service de la déf<strong>en</strong>se pénale, tu touches aux<br />

vraies origines de la profession d’avocat ?<br />

C’est vrai que l’image du l’avocat telle qu’elle est généralem<strong>en</strong>t véhiculée, c’est surtout celle de<br />

l’avocat de palais, du ténor du barreau plaidant de gran<strong>des</strong> affaires pénales. En ce qui me<br />

concerne, tous les avocats sont de vrais avocats, il n’y aucune distinction à opérer. Passer la<br />

Confér<strong>en</strong>ce du Stage n’a donc ri<strong>en</strong> d’un retour aux sources, mais il faut quand même avoir <strong>en</strong>vie<br />

de ce à quoi ça donne accès, c’est-à-dire une activité pénale int<strong>en</strong>se.<br />

Baromètre n°4 Page 31<br />

INTERVIEW


« C’est une<br />

impuissance forte<br />

et implacable que je<br />

ress<strong>en</strong>s dans ces<br />

instants là, lorsque<br />

j’ai le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t de<br />

me battre avec la<br />

seule énergie du<br />

désespoir »<br />

INTERVIEW<br />

Y a-t-il d’ailleurs un profil particulier pour faire un bon Secrétaire de la Confér<strong>en</strong>ce ?<br />

Déjà, je ti<strong>en</strong>s à préciser que la Confér<strong>en</strong>ce n’a pas de « critères de sélection » préétablis<br />

de ses membres. Le jugem<strong>en</strong>t qui est opéré sur les candidats reste quant à lui<br />

dans le secret <strong>des</strong> délibérations, il n’y a pas de consignes préalables. Chaque candidat<br />

a la maîtrise de son discours. La seule vraie règle qu’il doit garder <strong>en</strong> tête est qu’il<br />

s’agit d’un concours d’éloqu<strong>en</strong>ce, avec trois maîtres mots : plaire, émouvoir et<br />

convaincre. Ce que l’on doit percevoir derrière son tal<strong>en</strong>t oratoire et sa<br />

conviction, c’est l’avocat qu’il peut être.<br />

De ce point de vue, je ne crois pas qu’il existe un profil type du bon<br />

candidat, ou que les pénalistes aguerris ont nécessairem<strong>en</strong>t un avantage<br />

concurr<strong>en</strong>tiel. Les avocats dits « d’affaires » ont égalem<strong>en</strong>t <strong>des</strong> qualités<br />

intéressantes pour faire de bons candidats, et, au-delà, de bons Secrétaires<br />

: ils ont généralem<strong>en</strong>t une bonne maîtrise du raisonnem<strong>en</strong>t juridique,<br />

et une faculté d’écoute et de conseil réelle. Il ne faut pas oublier<br />

que le bon pénaliste c’est d’abord celui qui parvi<strong>en</strong>t à faire passer un<br />

message, à persuader de quelque chose. Derrière les faits et l’éloqu<strong>en</strong>ce,<br />

il y a toujours la démonstration juridique.<br />

Te souvi<strong>en</strong>s-tu de r<strong>en</strong>contres marquantes ?<br />

J’<strong>en</strong> fais toutes les semaines. Les minutes et les heures qui suiv<strong>en</strong>t un<br />

interrogatoire, ou une audi<strong>en</strong>ce de comparution immédiate, le dossier<br />

me colle à la peau, c’est ce qui fait aussi que c’est parfois difficile de<br />

sortir de cette ambiance particulière. En y réfléchissant, je me souvi<strong>en</strong>s<br />

d’un personnage très charismatique, très cultivé, avec lequel j’ai passé<br />

de nombreuses heures avant son r<strong>en</strong>voi sur comparution immédiate,<br />

durant lesquelles j’ai été éblouie par le récit de sa vie. Alors que je doute<br />

souv<strong>en</strong>t de mes plaidoiries, j’ai eu le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t ce jour là d’avoir été à<br />

la hauteur de l’<strong>en</strong>jeu, tellem<strong>en</strong>t il m’a donné la force de déf<strong>en</strong>dre sa cause. Je crois<br />

que c’est quelqu’un qui restera longtemps dans mes souv<strong>en</strong>irs.<br />

On a parfois l’impression d’une justice d’abattage, surtout <strong>en</strong> matière de comparution<br />

immédiate. T’est-il déjà arrivé de te s<strong>en</strong>tir impuissante, face au peu de temps dont tu<br />

disposes pour préparer la déf<strong>en</strong>se d’un cli<strong>en</strong>t ?<br />

Souv<strong>en</strong>t, oui. Il faut distinguer deux situations. Lors <strong>des</strong> r<strong>en</strong>vois sur comparution immédiate,<br />

je me s<strong>en</strong>s souv<strong>en</strong>t impuissante par manque de temps, c’est vrai. Le cli<strong>en</strong>t a<br />

déjà été déf<strong>en</strong>du par un confrère lors de sa première comparution, et il est très dommage<br />

qu’il n’y ait pas davantage de suivi. Lorsque je r<strong>en</strong>contre une personne dans la<br />

salle même de l’audi<strong>en</strong>ce, et seulem<strong>en</strong>t quelques minutes avant son audition, je ne<br />

peux évidemm<strong>en</strong>t pas connaître parfaitem<strong>en</strong>t son dossier, et je le regrette.<br />

Je me s<strong>en</strong>s égalem<strong>en</strong>t parfois impuissante lors <strong>des</strong> mises <strong>en</strong> exam<strong>en</strong> criminelles, mais<br />

pour d’autres raisons. Là, j’ai davantage eu le temps de voir mon cli<strong>en</strong>t, de discuter<br />

avec lui, de cerner sa personnalité et son parcours. Et j’ai le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t que cette fois,<br />

c’est le juge que nous allons r<strong>en</strong>contrer <strong>en</strong>semble, que cela soit le juge d’instruction<br />

ou le juge <strong>des</strong> libertés et de la dét<strong>en</strong>tion, qui lui n’a pas disposé de ce temps. Le juge<br />

connait le dossier certes, mais bi<strong>en</strong> il ne connait pas la personne, comme nous avocats<br />

pouvons la connaître. C’est une impuissance forte et implacable que je ress<strong>en</strong>s<br />

dans ces instants-là, lorsque j’ai le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t de me battre avec la seule énergie du<br />

désespoir.<br />

Baromètre n°4 Page 32


C’est une question que l’on pose souv<strong>en</strong>t aux pénalistes : es-tu prête à déf<strong>en</strong>dre n’importe<br />

qui ?<br />

En l’état actuel, j’ai du mal à imaginer le fait de refuser un dossier pour une question<br />

de consci<strong>en</strong>ce ou d’éthique personnelle. Je p<strong>en</strong>se que l’avocat n’est pas là pour trouver<br />

LA vérité du dossier, c’est là le rôle <strong>des</strong> <strong>en</strong>quêteurs de justice. Il est là pour déf<strong>en</strong>dre<br />

la vérité de son cli<strong>en</strong>t. Aujourd’hui, je me s<strong>en</strong>s prête à déf<strong>en</strong>dre toutes ces<br />

vérités-là.<br />

Pour finir, quel conseil donnerais-tu aux élèves avocats qui souhait<strong>en</strong>t passer le<br />

concours ?<br />

Je crois vraim<strong>en</strong>t que tous les avocats devrai<strong>en</strong>t passer le concours, même ceux qui n’y<br />

ont jamais p<strong>en</strong>sé. Il est tout à fait normal d’appréh<strong>en</strong>der un tel exercice, mais si on a<br />

la chance d’être élu, c’est une année tellem<strong>en</strong>t trépidante que l’on est am<strong>en</strong>é à vivre,<br />

que finalem<strong>en</strong>t l’on se demande comm<strong>en</strong>t on a pu, un seul instant, douter de l’intérêt<br />

que cela peut revêtir.<br />

Entreti<strong>en</strong> réalisé par Anne-Lise COLONNA DE LECA, série C, promotion 2007<br />

Pour <strong>en</strong> savoir plus : le site internet de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage :<br />

http://www.laconfer<strong>en</strong>ce.net/<br />

Baromètre n°4 Page 33<br />

INTERVIEW


Les cabinets anglo-saxons sont réputés pour<br />

leur cli<strong>en</strong>tèle <strong>des</strong> plus sélectives. Les tarifs<br />

horaires de leurs avocats variant <strong>en</strong>tre 350<br />

et 650 euros <strong>en</strong> moy<strong>en</strong>ne, leurs prestations<br />

ne s'adress<strong>en</strong>t qu'à <strong>des</strong> cli<strong>en</strong>ts haut de<br />

gamme, industriels fortunés ou chefs d'<strong>en</strong>treprise<br />

à succès.<br />

Pourtant, de petites start-up innovantes aimerai<strong>en</strong>t<br />

bi<strong>en</strong> pouvoir accéder à leurs services.<br />

Ultra-spécialisées, ces <strong>en</strong>treprises nouvelles générations<br />

ne peuv<strong>en</strong>t se cont<strong>en</strong>ter, pour garantir<br />

la protection de leurs intérêts<br />

de consulter un avocat généraliste<br />

mais doiv<strong>en</strong>t se diriger vers<br />

de vrais spécialistes <strong>en</strong> la matière.<br />

Pour mieux compr<strong>en</strong>dre ce<br />

système Béatrice BIHR<br />

a accordé<br />

une interview au Baromètre<br />

à bâtons rompus<br />

Pourquoi avoir eu l'<strong>en</strong>vie de s'ouvrir à une cli<strong>en</strong>tèle<br />

de start-up innovantes, qui ont souv<strong>en</strong>t <strong>des</strong><br />

budgets limités?<br />

Au début de ma carrière, j'ai travaillé pour <strong>des</strong><br />

start-up internet, c'est ainsi que j'ai pu réaliser<br />

que de petites <strong>en</strong>treprises pouvai<strong>en</strong>t avoir un<br />

pot<strong>en</strong>tiel de croissance important.<br />

Aujourd'hui <strong>en</strong> tant que responsable du départem<strong>en</strong>t<br />

Sci<strong>en</strong>ces de la vie et biotechnologies au<br />

sein du cabinet Dewey & LeBoeuf, je considère<br />

qu'on ne peut pas se priver de conseiller <strong>des</strong> sociétés<br />

qui seront les prochaines "success stories"<br />

de demain.<br />

Par ailleurs, les problématiques juridiques soulevées<br />

par ces sociétés sont souv<strong>en</strong>t aussi complexes<br />

et intéressantes que celles auxquelles<br />

sont confrontées les sociétés de plus gran<strong>des</strong><br />

tailles.<br />

Comm<strong>en</strong>t procédez-vous pour la conv<strong>en</strong>tion<br />

d'honoraire? Quid de la r<strong>en</strong>tabilité pour le cabinet?<br />

Une t<strong>en</strong>dance réc<strong>en</strong>te montre que les gros cabinets<br />

anglo-saxons s'intéress<strong>en</strong>t de plus <strong>en</strong> plus<br />

à ces petites sociétés susceptibles de dev<strong>en</strong>ir les<br />

grands acteurs économiques de demain comme<br />

le fur<strong>en</strong>t à leur époque Google et Microsoft.<br />

Pionnière dans cette politique d'ouverture, Maître<br />

Béatrice BIHR, counsel et responsable du départem<strong>en</strong>t<br />

Sci<strong>en</strong>ces de la vie et biotechnologies<br />

au sein du cabinet américain DEWEY & LEBOEUF<br />

à Paris, a ouvert les portes de son départem<strong>en</strong>t<br />

aux jeunes biotechs pleines d'av<strong>en</strong>ir.<br />

INTERVIEW L'autre visage <strong>des</strong> cabinets anglo-saxons<br />

Le cabinet essaye dans la mesure du possible de<br />

s'adapter au budget de ces sociétés. Avant d'accepter<br />

une société de biotech comme cli<strong>en</strong>t,<br />

nous procédons à une réflexion sur ses besoins<br />

afin de déterminer comm<strong>en</strong>t, de la manière la<br />

plus économique, nous pourrons y répondre. Les<br />

options sont nombreuses <strong>en</strong> passant du forfait à<br />

un reporting régulier <strong>des</strong> frais <strong>en</strong>gagés ou à la<br />

détermination d'honoraires de résultat pour <strong>des</strong><br />

Cette décision inspirée par ses<br />

différ<strong>en</strong>tes expéri<strong>en</strong>ces internationales,<br />

est un véritable pari sur<br />

leur développem<strong>en</strong>t.<br />

opérations réussies.<br />

Offrez-vous le même service et la<br />

même mobilisation de compét<strong>en</strong>ces<br />

pour ces start-up, que<br />

pour les "big pharmas" avec lesquelles vous travaillez?<br />

Bi<strong>en</strong> <strong>en</strong>t<strong>en</strong>du les efforts que nous faisons vis-àvis<br />

<strong>des</strong> biotechs doiv<strong>en</strong>t aller de pair avec une<br />

qualité de service égale pour tous nos cli<strong>en</strong>ts.<br />

Notre objectif vise à nouer un part<strong>en</strong>ariat sur la<br />

durée avec les biotechs <strong>en</strong> misant sur leur croissance<br />

et <strong>en</strong> les accompagnant à tous les sta<strong>des</strong><br />

de leur développem<strong>en</strong>t: de la création de la société<br />

jusqu'à sa cotation <strong>en</strong> bourse ou son rachat.<br />

En conséqu<strong>en</strong>ce, la qualité de service doit être irréprochable<br />

afin de fidéliser le cli<strong>en</strong>t.<br />

Enfin, votre expéri<strong>en</strong>ce <strong>en</strong> tant que responsable<br />

du départem<strong>en</strong>t sci<strong>en</strong>ces de la vie et droit de la<br />

santé, vous fait-elle p<strong>en</strong>ser que les cabinets<br />

américains seront am<strong>en</strong>és à travailler de plus <strong>en</strong><br />

plus avec les <strong>en</strong>treprises innovantes?<br />

Pour ma part, j'ai travaillé p<strong>en</strong>dant deux ans aux<br />

États-Unis, notamm<strong>en</strong>t à New-York dans un cabinet<br />

américain où j'ai pu constater que cette<br />

évolution était déjà largem<strong>en</strong>t prés<strong>en</strong>te et <strong>en</strong><br />

plein développem<strong>en</strong>t.<br />

De nombreux cabinets américains prés<strong>en</strong>ts à<br />

Paris travaill<strong>en</strong>t pour <strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises innovantes,<br />

<strong>en</strong> particulier dans le secteur <strong>des</strong> nouvelles technologies.<br />

Notre spécificité consiste à avoir créé<br />

un départem<strong>en</strong>t spécifiquem<strong>en</strong>t dédié aux biotechs<br />

rassemblant toutes les disciplines dont<br />

elles ont besoin (levée de fonds, droit de la santé,<br />

propriété intellectuelle, droit de la concurr<strong>en</strong>ce).<br />

Baromètre n°4 Page 34


« Sans plus att<strong>en</strong>dre » : un<br />

film plein d'humanité<br />

« Sans plus att<strong>en</strong>dre »,<br />

c'est l'histoire de deux parfaits<br />

inconnus que tout sépare.<br />

L'un est blanc,<br />

milliardaire et farouchem<strong>en</strong>t<br />

athée (Jack Nicholson),<br />

l'autre est noir, de<br />

classe moy<strong>en</strong>ne et profondém<strong>en</strong>t<br />

croyant (Morgan<br />

Freeman). Tous deux atteints<br />

d'un cancer <strong>en</strong> phase<br />

terminale, leur <strong>des</strong>tin se<br />

crois<strong>en</strong>t dans une chambre<br />

d'hôpital qu'ils sont contraints de partager. De<br />

cette improbable r<strong>en</strong>contre, naît une sincère<br />

amitié qui les conduit à dresser la liste <strong>des</strong><br />

choses à faire avant leur dernier souffle. Démarre<br />

alors un magnifique tour du monde et<br />

d'ambitieux défis, rythmés par un scénario percutant<br />

plein d'humour, sans pathos ni voyeurisme.<br />

Ce film est un agréable mom<strong>en</strong>t<br />

de cinéma, plein de beaux s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>ts<br />

et de jolis paysages. Un<br />

film plein d'humanité certes,<br />

mais pour lequel vous pouvez<br />

att<strong>en</strong>dre le DVD. Cep<strong>en</strong>dant, si<br />

vous avez besoin de vous requinquer<br />

et de vous convaincre<br />

que la vie est belle et mérite<br />

d'être vécue, alors foncez !<br />

Vous êtes <strong>en</strong> brouille avec la littérature? Lisez<br />

ceci!<br />

« Je m'appelle R<strong>en</strong>ée, j'ai cinquante-quatre ans<br />

et je suis la concierge du 7 rue de Gr<strong>en</strong>elle, un<br />

immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide,<br />

grassouillette, j'ai <strong>des</strong> oignons aux pieds et, à<br />

<strong>en</strong> croire certains matins auto-incommodants,<br />

une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis<br />

si conforme à l'image que l'on se fait <strong>des</strong><br />

concierges, qu'il ne vi<strong>en</strong>drait à l'idée de personne<br />

que je suis plus lettrée que tous ces<br />

riches suffisants. »<br />

« Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite<br />

au 7 rue de Gr<strong>en</strong>elle dans un appartem<strong>en</strong>t de<br />

riches. Mais depuis très longtemps, je sais que<br />

la <strong>des</strong>tination finale, c'est le bocal à poissons, la<br />

Baromètre n°4 Page 35<br />

Culturellem<strong>en</strong>t parlant<br />

vacuité et l'ineptie de l'exist<strong>en</strong>ce adulte. Comm<strong>en</strong>t<br />

est-ce que je le sais ? Il se trouve que je<br />

suis très intellig<strong>en</strong>te. Exceptionnellem<strong>en</strong>t intellig<strong>en</strong>te,<br />

même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision:<br />

à la fin de cette année scolaire, le jour de<br />

mes treize ans, je me suiciderai. »<br />

C'est ainsi que vous plongerez dans le délicieux<br />

ouvrage de Muriel Barbery intitulé « L'élégance<br />

du hérisson ». Un ouvrage à la plume très travaillée<br />

mais extrêmem<strong>en</strong>t fluide et mélodieuse.<br />

Vous rirez (beaucoup), vous pleurerez (peutêtre),<br />

mais le plaisir de la lecture y sera (à mon<br />

s<strong>en</strong>s) garanti ! L'histoire est assez simple, c'est<br />

là toute sa beauté. Un livre que l'on dévore et<br />

dont on redoute la fin, un peu facile soit dit <strong>en</strong><br />

passant, mais fidèle au sort de nombreux hérissons…<br />

Le bon plan à ne pas négliger : Loca-pass!<br />

Vous avez trouvé l'appart de vos<br />

rêves qui vous libérera du joug<br />

par<strong>en</strong>tal ou de votre "chambre de<br />

bonne de caractère" (compr<strong>en</strong>ez<br />

6e étage sans asc<strong>en</strong>seur avec<br />

comme bonus les WC sur le palier<br />

comme toute CDB qui se respecte)<br />

? Mais la réalité et son lot de paperasses<br />

vous rattrap<strong>en</strong>t et votre<br />

rêve fond déjà comme neige au<br />

soleil. Pour ne pas voir se désastre<br />

écologico-sociologique se produire, faute de<br />

caution ou de dépôt de garantie « suffisamm<strong>en</strong>t<br />

fiable », n'oubliez pas loca-pass ! Si vous êtes<br />

stagiaire de plus de 3 mois dans une structure<br />

privée (cabinet d'avocat compris) vous y avez<br />

droit ! Il suffira pour vous de vous r<strong>en</strong>dre sur le<br />

site www.sol<strong>en</strong>di.com. Vous y trouverez toutes<br />

les infos pour obt<strong>en</strong>ir une caution et un dépôt<br />

de garanti avancés sans intérêts et ce, avant<br />

même d'avoir signé votre bail ! C'est la caution<br />

la plus sûre que votre propriétaire puisse obt<strong>en</strong>ir<br />

<strong>en</strong> terme de solvabilité. En tant que futur<br />

Ténor du Palais, vous n'aurez aucun mal à le<br />

convaincre. Alors, elle est pas belle la vie ?!<br />

Rosiane Houngbo, Série F, Promotion 2007


Ma confér<strong>en</strong>ce du stage…<br />

Cette année, c’est pour moi une grande première<br />

: je me prés<strong>en</strong>te à la confér<strong>en</strong>ce du<br />

stage <strong>des</strong> avocats au Conseil d’Etat et à la Cour<br />

de cassation. Un exercice particulier, un<br />

concours d’éloqu<strong>en</strong>ce juridique, une plaidoirie<br />

devant les juridictions suprêmes sur <strong>des</strong><br />

problématiques qu’elles ont eues récemm<strong>en</strong>t<br />

à résoudre, ouvert à tout titulaire d’une maîtrise<br />

de droit. C’est aussi un premier pas vers<br />

cette profession particulière que j’aspire à<br />

exercer un jour : solis fas cernere solem ! A<br />

eux seuls, l’heureux <strong>des</strong>tin de regarder le soleil.<br />

Appréh<strong>en</strong>sion, excitation, trac, jubilation, je<br />

crois que je vais tout connaître,<br />

avec je l’espère, au bout<br />

du parcours, cette s<strong>en</strong>sation<br />

si agréable, quel que soit le<br />

résultat, d’être allé au bout<br />

de moi-même.<br />

C’est un sacré défi que je me<br />

lance, moi qui suis, comme<br />

vous, <strong>en</strong>core sur les bancs de<br />

l’école. Pas <strong>en</strong>core avocat, mais déjà au fond<br />

de moi l’<strong>en</strong>vie de goûter à ce petit pouvoir que<br />

l’on me donne : celui de pr<strong>en</strong>dre la parole. Et<br />

le plaisir de voir que l’on m’écoute.<br />

J’<strong>en</strong> ai vus, j’<strong>en</strong> ai <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dus, nombre de mes<br />

camara<strong>des</strong>, qui avant moi, se sont lancés dans<br />

l’exercice : petite confér<strong>en</strong>ce, concours d’éloqu<strong>en</strong>ce,<br />

je les ai toujours écoutés, souv<strong>en</strong>t applaudis,<br />

tous admirés. J’ai loué leur<br />

détermination, j’ai apprécié la justesse de<br />

leurs mots, j’ai ress<strong>en</strong>ti leur émotion. Plusieurs<br />

fois j’ai rêvé être à leur place, et espéré <strong>en</strong><br />

trouver le courage.<br />

Maint<strong>en</strong>ant, c’est à mon tour, j’<strong>en</strong>tre dans<br />

l’arène.<br />

Premier passage devant le jury, premier sujet :<br />

« L’employeur est-il t<strong>en</strong>u de pr<strong>en</strong>dre à sa<br />

charge le coût de la déf<strong>en</strong>se de son salarié <strong>en</strong><br />

Baromètre n°4 Page 36<br />

« Une autre grande<br />

première : ce soir, je<br />

porte la robe »<br />

cas de poursuites pénales exercées à son <strong>en</strong>contre<br />

pour <strong>des</strong> faits commis dans le cadre de<br />

ses fonctions ? ». Première thèse à déf<strong>en</strong>dre :<br />

la négative.<br />

Une autre grande première : ce soir, je porte<br />

la robe. Un emprunt, pour quelques heures. Un<br />

symbole.<br />

Dans la salle, <strong>des</strong> inconnus, <strong>des</strong> regards amis,<br />

<strong>des</strong> <strong>en</strong>couragem<strong>en</strong>ts sil<strong>en</strong>cieux et complices.<br />

Je me lance. Quinze minutes de discours, ça<br />

passe vite. J’observe <strong>en</strong>suite mes contradicteurs,<br />

l’une brillante, l’autre plus hésitante.<br />

Qu’ont-ils p<strong>en</strong>sé de nous tous ces g<strong>en</strong>s qui<br />

nous écout<strong>en</strong>t ? Je le saurai<br />

très vite, bi<strong>en</strong>tôt les résultats.<br />

Mais avant, un second passage,<br />

dans quelques semaines,<br />

un nouveau sujet, un<br />

nouveau public. Un autre jour<br />

aussi pour moi…mais finalem<strong>en</strong>t<br />

pas tant que cela, juste<br />

la deuxième étape d’une<br />

même histoire, celle de ma vie d’avocat.<br />

En att<strong>en</strong>dant, je vais faire mi<strong>en</strong>s leurs comm<strong>en</strong>taires,<br />

améliorer ma diction, travailler mon<br />

texte, appr<strong>en</strong>dre à gérer mes sil<strong>en</strong>ces.<br />

Je ne serai peut-être jamais secrétaire de la<br />

confér<strong>en</strong>ce. Mais je serai toujours fier d’avoir<br />

osé t<strong>en</strong>ter l’av<strong>en</strong>ture. Et je mesure la chance<br />

que j’ai d’avoir pu, l’espace de quelques<br />

séances, fréqu<strong>en</strong>ter ceux qui comme moi, un<br />

jour, se sont frottés à l’exercice. Saisir leurs<br />

conseils, accepter leurs avis, accepter leurs remarques.<br />

Avec toujours, et plus que jamais, cette certitude<br />

: moi aussi, un jour, je serai avocats aux<br />

Conseils.<br />

Stéphane-Laur<strong>en</strong>t TEXIER, Série V, Promotion 2007


CLAIR & NET<br />

To be or Note2be.com<br />

Le 29 janvier dernier, un site Internet a défrayé la chronique<br />

<strong>en</strong> proposant ni plus ni moins aux élèves <strong>des</strong> collèges<br />

et lycées de France et de Navarre de noter leurs<br />

professeurs selon <strong>des</strong> critères aussi variés que la pati<strong>en</strong>ce,<br />

la capacité d’écoute ou <strong>en</strong>core la pédagogie. Il<br />

s’était inspiré de l’une <strong>des</strong> préconisations du rapport Attali<br />

<strong>en</strong>courageant l’évaluation de la pédagogie <strong>des</strong> professeurs<br />

par leurs élèves. Les concepteurs du site ont<br />

donc mis <strong>en</strong> avant le fait que les critères de notation<br />

n’étai<strong>en</strong>t basés que sur la pédagogie « sans aucun jugem<strong>en</strong>t<br />

de valeur » (sic), et qu’il n’était pas question d’opposer<br />

professeurs et élèves, mais plutôt de donner la<br />

parole à tous afin d’améliorer le système éducatif français.<br />

Un slogan retiré depuis de la <strong>page</strong> d’accueil du site<br />

indiquait, tout de même, à l’att<strong>en</strong>tion <strong>des</strong> visiteurs, «<br />

Pr<strong>en</strong>ds le pouvoir, note tes profs ».<br />

Le site donnait accès aux fiches d’évaluation<br />

de 50 000 professeurs. Il a créé<br />

un tel buzz qu’il culminait au début du<br />

mois de mars, à 100 000 connexions par<br />

jour.<br />

Les réactions n’ont pas tardé à se faire<br />

<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre. Quelques <strong>en</strong>seignants ont créé<br />

un blog « contr<strong>en</strong>ote2be.unblog.fr » et<br />

lancé une pétition sur Internet (plus de<br />

3000 signatures) pour faire interdire le<br />

site litigieux. Différ<strong>en</strong>ts syndicats d’<strong>en</strong>seignants<br />

ont, par ailleurs, interpellé Xavier<br />

Darcos, le ministre de l’Education<br />

nationale qui a, quelques jours plus tard,<br />

condamné avec fermeté l’ouverture de<br />

tels sites <strong>en</strong> rappelant que l’évaluation<br />

<strong>des</strong> professeurs est du seul ressort de<br />

l’Education nationale.<br />

« Il a créé un tel<br />

buzz qu’il<br />

culminait au<br />

début du mois<br />

de mars,<br />

à 100 000<br />

connexions par<br />

jour »<br />

Des syndicats d’<strong>en</strong>seignants ont assigné <strong>en</strong> référé les<br />

éditeurs du site www.note2be.com <strong>en</strong> vue d’obt<strong>en</strong>ir sa<br />

fermeture. Le 3 mars 2008, le tribunal de grande instance<br />

de Paris a ainsi interdit aux fondateurs du site de<br />

donner sur Internet <strong>des</strong> données nominatives et leur a<br />

donné trois semaines pour effacer de sa base de données<br />

tous les noms de professeurs.<br />

Selon cette décision, « l’exercice <strong>des</strong> libertés d’information<br />

et d’expression a pour limite qu’il ne porte atteinte<br />

aux activités d’<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t ».Un autre syndicat avait<br />

<strong>en</strong>gagé, le 5 février, une procédure visant à faire contrôler<br />

par la Commission nationale informatique et libertés<br />

(CNIL), la légalité du site litigieux. Saisie de 17 plaintes<br />

et de plus de 160 signalem<strong>en</strong>ts relatifs au site Internet,<br />

la CNIL a utilisé les pouvoirs qui lui sont conférés par la<br />

loi Informatique et Libertés du 6 août 2004 et notamm<strong>en</strong>t<br />

par l’article 44, pour aller contrôler sur place le site<br />

<strong>en</strong> question. Le 6 mars, elle a r<strong>en</strong>du public les suites<br />

Baromètre n°4 Page 38<br />

données à cette affaire.<br />

La CNIL a déclaré dans son rapport que « le site<br />

Note2be.com est illégitime au regard de la protection<br />

<strong>des</strong> données personnelles » <strong>en</strong> ajoutant que conformém<strong>en</strong>t<br />

à ce que prévoit l'article 7 de la loi Informatique et<br />

Libertés, les <strong>en</strong>seignants doiv<strong>en</strong>t être <strong>en</strong> mesure « d'exprimer<br />

leur cons<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t » quant à la publication d'informations<br />

nominatives les concernant. Une expression<br />

qui n'est pas prévue par la plate-forme Note2be.com.<br />

Note2be aura, cep<strong>en</strong>dant, fait <strong>des</strong> émules puisque le 15<br />

mars dernier, un site dénommé Note2bib s’est créé avec<br />

pour but de donner aux pati<strong>en</strong>ts la possibilité d’évaluer<br />

leurs médecins. À quand le tour <strong>des</strong> avocats ?<br />

Le plan anti-cyber-criminalité nouveau est arrivé<br />

Michelle Alliot-Marie a prés<strong>en</strong>té un grand plan anti-cybercriminalité<br />

qui sera voté dans le cadre<br />

de la nouvelle loi d’ori<strong>en</strong>tation et de programmation<br />

pour la sécurité intérieure<br />

(LOPSI 2).<br />

L’objectif est de s’attaquer à <strong>des</strong> actes<br />

aussi variés que l’escroquerie, le phishing<br />

(technique utilisée par <strong>des</strong> fraudeurs pour<br />

obt<strong>en</strong>ir <strong>des</strong> r<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>ts personnels<br />

dans le but de perpétrer une usurpation<br />

d’id<strong>en</strong>tité), le vol de numéros de carte bancaire,<br />

le trafic de stupéfiants, le terrorisme,<br />

le racisme ou <strong>en</strong>core les atteintes à la vie<br />

privée.<br />

Pour cela, l’ars<strong>en</strong>al que la ministre de l’Intérieur<br />

a décidé de mettre <strong>en</strong> place est impressionnant.<br />

Certaines mesures font<br />

d’ores et déjà débat. Le projet propose notamm<strong>en</strong>t<br />

de faciliter l’id<strong>en</strong>tification <strong>des</strong> internautes<br />

avec l’aide <strong>des</strong> acteurs de l’Internet. L’idée<br />

consisterait à contraindre les Fournisseurs d’accès à Internet<br />

(FAI) à conserver les données de connexion p<strong>en</strong>dant<br />

un an. Jusqu'ici, seuls les cyber-cafés sont t<strong>en</strong>us<br />

de conserver ces informations p<strong>en</strong>dant un an. Cette<br />

obligation serait par ailleurs ét<strong>en</strong>due aux bornes d'accès<br />

Wifi, aux points d'accès dans les lieux publics et même<br />

aux éditeurs de messagerie électronique. Cela concerne<br />

les adresses IP, les pseudonymes, le terminal de<br />

connexion utilisé, les coordonnées de l’utilisateur, les<br />

id<strong>en</strong>tifications de cont<strong>en</strong>u mais aussi les co<strong>des</strong> d’accès<br />

et les mots de passe.


Les FAI devront donc transmettre toutes ces informations<br />

aux autorités judiciaires sur commission rogatoire.<br />

La CNIL et l’autorité de régulation <strong>des</strong><br />

communications et <strong>des</strong> postes (ARCEP) se sont prononcés<br />

contre le projet mais leur avis n’étant que<br />

consultatif, il n’empêche donc pas à ce projet d’être<br />

adopté et publié au journal officiel.<br />

Même si la ministre de l’Intérieur se déf<strong>en</strong>d d’avoir<br />

l’int<strong>en</strong>tion de « surveiller à la Big Brother », une lecture<br />

att<strong>en</strong>tive du plan anti-cybercriminalité permet<br />

de s’apercevoir qu’à défaut de le souhaiter vraim<strong>en</strong>t,<br />

cela pourrait prochainem<strong>en</strong>t dev<strong>en</strong>ir possible. Et c’est<br />

bi<strong>en</strong> dans cette possibilité offerte que se situe le<br />

cœur de la polémique.<br />

L’alcool interdit d’Internet !<br />

La société Heinek<strong>en</strong> vi<strong>en</strong>t d’être<br />

condamnée <strong>en</strong> appel suite à la diffusion<br />

de publicités sur son site internet<br />

promouvant l’alcool. Au<br />

mois de septembre 2007, l’Ag<strong>en</strong>ce<br />

nationale de prév<strong>en</strong>tion <strong>en</strong> alcoologie<br />

et addictologie (ANPAA) avait<br />

déposé une plainte contre le brasseur<br />

néerlandais.<br />

La loi Evin ne m<strong>en</strong>tionnant pas (et<br />

pour cause) Internet comme média<br />

autorisé à diffuser de la publicité<br />

sur l’alcool, le tribunal de grande<br />

instance de Paris avait dans un jugem<strong>en</strong>t<br />

r<strong>en</strong>du le 8 janvier 2008 ordonné<br />

à la société Heinek<strong>en</strong> de<br />

retirer les publicités sous une astreinte<br />

de 3000 euros par jour de<br />

retard.<br />

La société Heinek<strong>en</strong> ayant fait<br />

appel de cette décision, c’est cette<br />

fois la Cour d’appel de Paris qui, dans un arrêt <strong>en</strong><br />

date du 13 février, a confirmé le jugem<strong>en</strong>t de TGI de<br />

Paris. Elle a ajouté que le trouble est aggravé par la<br />

m<strong>en</strong>tion sur le site litigieux du slogan « For a Fresher<br />

World » (pour un monde plus frais) ; slogan laissant<br />

faussem<strong>en</strong>t suggérer que la consommation d’alcool<br />

contribuerait à l’amélioration de l’état du monde.<br />

Les producteurs, marchands et intermédiaires de vins<br />

s’inquièt<strong>en</strong>t déjà <strong>des</strong> conséqu<strong>en</strong>ces de cette décision.<br />

A suivre…<br />

Le stream(ing) ne paie plus !<br />

Les sites de streaming qui florissai<strong>en</strong>t naguère sur<br />

Internet ferm<strong>en</strong>t les uns après les autres.<br />

Le streaming est une technique permettant de voir<br />

<strong>des</strong> films sur le web sans la contrainte du téléchargem<strong>en</strong>t<br />

préalable via <strong>des</strong> logiciels spécialisés. Cette<br />

technologie prés<strong>en</strong>te égalem<strong>en</strong>t l’avantage d’être<br />

moins détectable.<br />

« Depuis peu, l’ALPA<br />

s’est lancée de façon<br />

active dans les<br />

actions judiciaires<br />

contre ce type de<br />

sites et les<br />

conséqu<strong>en</strong>ces ne se<br />

sont pas faites<br />

att<strong>en</strong>dre »<br />

Depuis peu, l’association de lutte contre la piraterie<br />

audiovisuelle (ALPA) s’est lancée de façon active<br />

dans les actions judiciaires contre ce type de sites et<br />

les conséqu<strong>en</strong>ces ne se sont pas faites att<strong>en</strong>dre.<br />

Cela a comm<strong>en</strong>cé par l’arrestation de l’administrateur<br />

du site Chacal-stream.fr à son domicile de Seine<br />

et Marne ainsi que la fermeture de son site à la fin du<br />

mois de janvier. Il était accusé d’avoir diffusé sur Internet<br />

plus de 500 films et séries <strong>en</strong> streaming.<br />

D’autres sites ont décidé de fermer de façon prév<strong>en</strong>tive<br />

à l’image de R4V3N. On pouvait lire sur la <strong>page</strong><br />

d’accueil de ce site que les motivations de cette fermeture<br />

étai<strong>en</strong>t liées à l’arrestation du fondateur de<br />

Chacal-stream.fr mais aussi aux dernières décisions<br />

de justice, notamm<strong>en</strong>t l’affaire ayant opposé Jean-<br />

Yves Lafesse au site MySpace (ordonnance<br />

de référé du 22 juin 2007)<br />

qui a abouti à la reconnaissance de<br />

la responsabilité de MySpace <strong>en</strong> tant<br />

qu’éditeur ainsi qu’à sa condamnation<br />

à hauteur de 61 000 euros à<br />

titre provisionnel.<br />

Pour information, Jean-Yves Lafesse<br />

(ex-trublion de la grande époque<br />

Canal +) avait déjà par le passé attaqué<br />

<strong>des</strong> particuliers qui avai<strong>en</strong>t<br />

donné accès sur leur site et sans son<br />

autorisation, à certains de ses<br />

sketches. L’un d’eux a d’ailleurs été<br />

condamné à une am<strong>en</strong>de de 20 000<br />

euros pour avoir mis gratuitem<strong>en</strong>t à<br />

disposition un peu plus d’une vingtaine<br />

de ses sketches.<br />

Il n’<strong>en</strong> reste pas moins que les<br />

connaisseurs ont pu constater avec<br />

un certain désarroi les fermetures<br />

successives <strong>des</strong> sites Chacal-stream.fr, Allo-stream,<br />

The world online ou <strong>en</strong>core R4V3N.<br />

Les responsables de ces sites argu<strong>en</strong>t du fait que le<br />

modèle du streaming est l’av<strong>en</strong>ir d’Internet et qu’il<br />

existe un flou juridique autour de ce système. Ils repr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

d’ailleurs à l’<strong>en</strong>vie la loi pour la confiance<br />

dans l’économie numérique du 21 juin 2004 (LCEN)<br />

qui indique que l’éditeur est personnellem<strong>en</strong>t responsable<br />

du cont<strong>en</strong>u, soit parce qu’il <strong>en</strong> est l’auteur<br />

soit parce qu’il <strong>en</strong> a permis la diffusion, mais qu’<strong>en</strong><br />

vertu de cette même loi, l’hébergeur (auquel ils souhait<strong>en</strong>t<br />

être assimilés) n’est au contraire responsable<br />

qu’une fois que le caractère illicite d’un cont<strong>en</strong>u hébergé<br />

lui a été signalé (article 6, I, 2°).<br />

Des argum<strong>en</strong>ts qui n’ont, semble-t-il, pas suffi à<br />

empêcher l’arrestation du fondateur du site Chacalstream<br />

et qui ont même poussé les autres sites, qui<br />

se situai<strong>en</strong>t sur le même créneau, à arrêter les frais…<br />

Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />

Baromètre n°4 Page 39


Premier ministre / Avocat<br />

Derrière la barre !<br />

Dominique De VILLEPIN est dev<strong>en</strong>u avocat, <strong>en</strong> janvier<br />

dernier, par l’intermédiaire de la validation<br />

<strong>des</strong> acquis. Le Baromètre s’est rapproché de lui<br />

afin qu’il nous accorde une interview pour un prochain<br />

numéro.<br />

Un doute sur le respect de la déontologie<br />

Dans le Bulletin numéro 5, publié le 5 février 2008,<br />

on appr<strong>en</strong>ait que le Conseil de Discipline du Barreau<br />

de Paris avait décidé d’ouvrir <strong>des</strong> poursuites<br />

à l’<strong>en</strong>contre de trois avocats pour prise de contact<br />

et pressions à l’égard d’un tiers à l’occasion d’une<br />

émission de télévision hors la prés<strong>en</strong>ce de son<br />

conseil et sans lui avoir indiqué qu’il pouvait être<br />

assisté d’un avocat. Il leur est reproché un manquem<strong>en</strong>t<br />

aux principes ess<strong>en</strong>tiels définis à l’article<br />

1.3 du Règlem<strong>en</strong>t Intérieur du Barreau de Paris<br />

d’humanité, honneur, délicatesse et modération<br />

ainsi qu’aux articles 5, 8.1, 8.2, et 8.3 relatifs aux<br />

rapports avec la partie adverse.<br />

Vous aurez « sans aucun doute<br />

» compris de quelle émission il<br />

s’agit. Le prés<strong>en</strong>tateur de<br />

l’émission s’est exprimé dans la<br />

presse pour indiquer qu’il est<br />

prêt « à ne plus convier d’avocats<br />

parisi<strong>en</strong>s pour travailler<br />

avec d’autres voire sans avocats<br />

mais avec d’autres juristes. »<br />

Le respect <strong>des</strong> règles du jeu<br />

Il y a quelques mois, la société TECHLAND s'est<br />

adressée, par l’intermédiaire d’un cabinet d'avocats,<br />

à <strong>des</strong> internautes français au motif qu’ils aurai<strong>en</strong>t<br />

téléchargé le jeu « Call Of Juarez » sur <strong>des</strong><br />

réseaux peer-to-peer.<br />

Dans sa mise <strong>en</strong> demeure adressée à de multiples<br />

particuliers, l’avocat leur accordait un délai de<br />

quatorze jours pour lui adresser un <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t<br />

écrit de ne pas télécharger ni mettre à disposition<br />

le jeu concerné et pour <strong>en</strong> effacer ou supprimer<br />

toute copie. Il sollicitait, par ailleurs, le paiem<strong>en</strong>t<br />

d’une somme de quatre c<strong>en</strong>ts euros <strong>en</strong> comp<strong>en</strong>sation<br />

<strong>des</strong> pertes de sa cli<strong>en</strong>te.<br />

Le conseil a estimé qu’<strong>en</strong> recopiant <strong>des</strong> modèles<br />

de mises <strong>en</strong> demeure étrangers, l’avocat avait volontairem<strong>en</strong>t<br />

omis d’inviter certains <strong>des</strong>tinataires à<br />

consulter un conseil ce qui constitue une violation<br />

de l’article P 8.01 du Règlem<strong>en</strong>t Intérieur du Barreau<br />

de Paris. Il a égalem<strong>en</strong>t estimé qu’<strong>en</strong> reproduisant<br />

une formulation agressive, <strong>des</strong>tinée à<br />

provoquer <strong>des</strong> paiem<strong>en</strong>ts, l’intéressé a égalem<strong>en</strong>t<br />

violé les dispositions de l’article 8.2 du Règlem<strong>en</strong>t<br />

Intérieur National qui précise que l’avocat s’interdit<br />

toute prés<strong>en</strong>tation déloyale de la situation et<br />

toute m<strong>en</strong>ace. En proposant un <strong>en</strong>caissem<strong>en</strong>t <strong>des</strong><br />

règlem<strong>en</strong>ts sur un compte autre que la CARPA, le<br />

Conseil a estimé que l’avocat avait égalem<strong>en</strong>t violé<br />

les dispositions de l’article P75.2 du Règlem<strong>en</strong>t<br />

Intérieur du Barreau de Paris. Enfin, <strong>en</strong> refusant de<br />

r<strong>en</strong>dre compte à la formation de jugem<strong>en</strong>t <strong>des</strong> <strong>en</strong>caissem<strong>en</strong>ts<br />

ainsi réalisés, alors qu’elle avait été<br />

interrogée à deux reprises sur ce point, elle s’est<br />

soustraite à ses obligations déontologiques.<br />

La décision du Conseil a donc consisté <strong>en</strong> une interdiction<br />

temporaire d’exercice de la profession<br />

d’avocat p<strong>en</strong>dant une durée de 6 mois assortie de<br />

sursis mais aussi <strong>en</strong> la privation du droit de faire<br />

partie du Conseil de l’Ordre, du Conseil National<br />

<strong>des</strong> Barreaux et <strong>des</strong> autres organismes professionnels<br />

p<strong>en</strong>dant une durée de 10 ans.<br />

Fusion CPI / <strong>Avocats</strong><br />

Au début du mois de mars 2008, Maître Gérard<br />

DELILE, présid<strong>en</strong>t de l’AAPI (<strong>Association</strong> <strong>des</strong> <strong>Avocats</strong><br />

spécialistes <strong>en</strong> Propriété Intellectuelle) s’est<br />

exprimé dans une lettre exceptionnelle du Baromètre<br />

afin de nous informer sur la décision qu’allait<br />

pr<strong>en</strong>dre le CNB concernant le<br />

projet de fusion <strong>en</strong>tre les Conseils<br />

<strong>en</strong> propriété industrielle et les<br />

avocats lors de son assemblée<br />

<strong>des</strong> 14 et 15 mars.<br />

`<br />

Cette lettre exceptionnelle a provoqué<br />

<strong>des</strong> réactions. François PO-<br />

CHART, secrétaire général de la<br />

Compagnie Nationale <strong>des</strong><br />

Conseils <strong>en</strong> Propriété Industrielle<br />

(CNCPI) a immédiatem<strong>en</strong>t pris contact avec nous<br />

pour que nous lui accordions un « droit de réponse<br />

». Le 15 mars, au terme de cinq heures de débat,<br />

le CNB a approuvé le principe de la fusion <strong>en</strong>tre<br />

avocats et CPI par quarante-huit voix pour et<br />

vingt-quatre contre (un vote nul, une abst<strong>en</strong>tion<br />

et 6 membres non prés<strong>en</strong>ts, ni représ<strong>en</strong>tés).<br />

Avis aux amateurs<br />

L’immeuble qui a longtemps servi à produire<br />

d’émérites élèves-avocats pourrait désormais servir<br />

de pépinière. Le projet du Bâtonnier consiste<br />

<strong>en</strong> la restructuration <strong>des</strong> bâtim<strong>en</strong>ts que vous<br />

connaissez bi<strong>en</strong> <strong>en</strong> quatre-vingt dix bureaux de<br />

dix à douze mètres carrés. Ils seront <strong>des</strong>tinés aux<br />

avocats <strong>en</strong> « accid<strong>en</strong>t de vie » (Bulletin n°10 du 11<br />

mars 2008) et aux jeunes avocats, jusqu’à deux<br />

ans maximum, pour rebondir, ou débuter dans<br />

<strong>des</strong> conditions financières favorables.<br />

L’Ordre cherchant <strong>des</strong> locaux pour y reloger<br />

l’école, avis aux amateurs !<br />

Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />

Octave Lemiale, Série J, Promotion 2008


In Memoriam : le Bâtonnier Claude LUSSAN (1910-2008)<br />

R<strong>en</strong>dre hommage au Bâtonnier Claude LUSSAN, c’était<br />

d’abord l’opportunité de vous transmettre, telle que<br />

je l’ai ress<strong>en</strong>tie, sa substance.<br />

L’homme, Lussan, du haut de ses 98 ans, s’est éteint<br />

le 5 février 2008 au petit matin, alors qu’il devait <strong>en</strong>core<br />

plaider dans quelques semaines.<br />

Toujours à la barre, sans âge, c’est vous dire combi<strong>en</strong><br />

il était AVOCAT.<br />

Juste avant sa mort, il parlait toujours de ses projets<br />

d’av<strong>en</strong>ir et de la place dans le monde que les avocats<br />

et leur Ordre - que vous allez intégrer sous peu - devai<strong>en</strong>t<br />

occuper sans relâche et ne jamais laisser vide.<br />

Il vous parlait directem<strong>en</strong>t et simplem<strong>en</strong>t, avec clarté,<br />

aisance, justesse, les yeux pétillants et le sourire complice.<br />

Une force de la nature notre Bâtonnier LUSSAN ? Oui<br />

car il était un avocat passionné et combatif,<br />

farouchem<strong>en</strong>t moderne et optimiste,<br />

consci<strong>en</strong>t et fier de sa mission dans la société.<br />

Un avocat, finalem<strong>en</strong>t, et tout simplem<strong>en</strong>t.<br />

Historiquem<strong>en</strong>t, il restera comme le fondateur<br />

de la CARPA, qui constitue aujourd’hui<br />

l’un <strong>des</strong> principaux moteurs de<br />

l’action politique et sociale du Barreau. En<br />

tant que Bâtonnier, il maint<strong>en</strong>u notre<br />

unité, <strong>en</strong> créant l’adhésion autour de l’importance<br />

sociale de notre Ordre millénaire,<br />

lorsque la fronde de mai 1968 cherchait à<br />

abolir toutes les structures.<br />

À plus de 90 ans, il pr<strong>en</strong>ait la direction du « Comité<br />

du troisième millénaire », chargé de réfléchir à ce que<br />

serai<strong>en</strong>t la Loi et la Justice dans les temps futurs. Sous<br />

son impulsion <strong>en</strong>core, l’Ordre concluait <strong>des</strong> conv<strong>en</strong>tions<br />

avec <strong>des</strong> associations humanitaires, comme la<br />

Croix-Rouge, les Restos du Cœur ou <strong>en</strong>core le Secours<br />

Populaire, travaillant auprès <strong>des</strong> plus démunis et <strong>des</strong><br />

exclus.<br />

Enfin, plus récemm<strong>en</strong>t, il créait INITIADROIT qui,<br />

chaque année, associe <strong>des</strong> avocats à <strong>des</strong> professeurs<br />

de lycée, afin de s<strong>en</strong>sibiliser les élèves au Droit, et à<br />

son rôle déterminant dans la vie moderne, dans la réalisation<br />

du « contrat » de vie <strong>en</strong> société.<br />

Une force de la nature notre Bâtonnier LUSSAN ? Oui,<br />

car au-delà de ces réalisations fortes, c’est surtout<br />

l’Avocat et ses valeurs, qu’il incarnait à mon s<strong>en</strong>s si<br />

parfaitem<strong>en</strong>t, et dont toute sa vie il fit la promotion<br />

qu’il nous faut aujourd’hui célébrer.<br />

Il était consci<strong>en</strong>t de la mission de Justice que remplit<br />

l’Avocat. Pour ce faire, il lui semblait nécessaire de<br />

respecter les règles de confraternité, d’assurer le respect<br />

de notre robe, symbole <strong>des</strong> droits de la déf<strong>en</strong>se,<br />

et d’<strong>en</strong>tret<strong>en</strong>ir avec les magistrats une relation de dialogue<br />

et de confiance. C’est pourquoi notre déontolo-<br />

gie ne doit pas être considérée uniquem<strong>en</strong>t comme un<br />

<strong>en</strong>semble de règles contraignantes mais comme le<br />

socle de notre force et de notre dignité.<br />

Ainsi, selon lui, l’avocat devait-il travailler sans relâche<br />

ses dossiers et veiller au strict respect de la loi. Il prônait<br />

le sérieux et l’aptitude <strong>des</strong> avocats à résoudre les<br />

difficultés de ses cli<strong>en</strong>ts et, à travers eux, les <strong>en</strong>jeux<br />

de la vie moderne.<br />

Dignité, Consci<strong>en</strong>ce, Indép<strong>en</strong>dance, Probité et Humanité,<br />

tels sont les mots que bi<strong>en</strong>tôt vous prononcerez<br />

devant le Premier Présid<strong>en</strong>t de la Cour d’appel, le Procureur<br />

général et le Bâtonnier de l’Ordre. Vous, qui<br />

marcherez bi<strong>en</strong>tôt dans les pas du Bâtonnier LUSSAN,<br />

vous, qui prononcerez bi<strong>en</strong>tôt avec la ferveur qui lui<br />

sied notre serm<strong>en</strong>t, sachez que vous pourrez tous<br />

vous recommander de lui.<br />

Je ne résiste pas, <strong>en</strong> guise de conclusion, à vous transmettre<br />

son texte de chevet, un texte de Samuel<br />

Ullmann, qui lui allait si bi<strong>en</strong> et qu’il a<br />

transmis à plusieurs générations de collaborateurs<br />

:<br />

Être Jeune<br />

« La jeunesse n'est pas une période de la<br />

vie, elle est un état d'esprit, un effet de la<br />

volonté, une qualité de l'imagination, une<br />

int<strong>en</strong>sité émotive.<br />

C’est une victoire du courage sur la timidité,<br />

du goût de l'av<strong>en</strong>ture sur l'amour<br />

du confort.<br />

On ne devi<strong>en</strong>t pas vieux pour avoir vécu un<br />

certain nombre d'années, on devi<strong>en</strong>t vieux parce<br />

qu'on a déserté son idéal. Les années rid<strong>en</strong>t la peau,<br />

r<strong>en</strong>oncer à son idéal ride l'âme.<br />

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les<br />

désespoirs sont les <strong>en</strong>nemis qui l<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t nous font<br />

p<strong>en</strong>cher vers la terre et dev<strong>en</strong>ir poussière avant la<br />

mort.<br />

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. Il demande<br />

comme l'<strong>en</strong>fant insatiable. Et après ? Il défie<br />

les événem<strong>en</strong>ts, et trouve de la joie au jeu de la vie.<br />

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que<br />

votre doute. Aussi jeune que votre espoir. Aussi<br />

vieux que votre abattem<strong>en</strong>t.<br />

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.<br />

Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif<br />

aux messages de la nature, de l'homme<br />

et de l'infini.<br />

Si un jour votre cœur allait être mordu par le pessimisme<br />

et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir<br />

pitié de votre âme de vieillard. »<br />

Barthélemy LEMIALE , Avocat à la Cour, Promotion 2006.<br />

Dernier collaborateur du Bâtonnier LUSSAN


<strong>Association</strong> <strong>des</strong> Juristes <strong>en</strong> Arbitrage :<br />

le futur Barreau de Paris à la conquête de Vi<strong>en</strong>ne<br />

Une atmosphère calme règne sur l’aéroport<br />

d’Orly Sud <strong>en</strong> ce matin du jeudi 13 mars 2008. A<br />

9h20, les passagers du vol 3303 à <strong>des</strong>tination<br />

de Vi<strong>en</strong>ne s’apprêt<strong>en</strong>t à embarquer. Tranchant<br />

avec l’ambiance de l’aéroport, sept jeunes personnes<br />

sembl<strong>en</strong>t un peu crispées, bi<strong>en</strong> qu’elles<br />

ai<strong>en</strong>t brillamm<strong>en</strong>t passé les contrôles de sécurité.<br />

Mais qui sont ces personnes qui ne cess<strong>en</strong>t<br />

de répéter le mot « Moot » ? Quels actes s’apprêt<strong>en</strong>t-elles<br />

donc à commettre dans la capitale<br />

autrichi<strong>en</strong>ne ?<br />

Avant de le découvrir, faisons un peu d’histoire<br />

: tout a comm<strong>en</strong>cé il y a un peu plus d’un an,<br />

lorsque quatre jeunes avocats et juristes parisi<strong>en</strong>s<br />

se sont mis <strong>en</strong> tête de développer l’Arbitrage<br />

et les Mo<strong>des</strong> Alternatifs de Règlem<strong>en</strong>ts <strong>des</strong><br />

Conflits auprès <strong>des</strong> juristes, <strong>des</strong> décideurs, et<br />

<strong>des</strong> jeunes avocats du Barreau de Paris <strong>en</strong> créant<br />

l’<strong>Association</strong> <strong>des</strong> Juristes <strong>en</strong> Arbitrage (AJA). Très<br />

vite, le projet a suscité un vif <strong>en</strong>gouem<strong>en</strong>t<br />

: <strong>des</strong> arbitres reconnus,<br />

<strong>des</strong> professionnels de r<strong>en</strong>om, et la<br />

sous-commission Arbitrage du Barreau<br />

de Paris ont accepté de parrainer<br />

la jeune association. Le premier<br />

projet de l’AJA a été l’organisation<br />

et l’<strong>en</strong>cadrem<strong>en</strong>t de l’<strong>en</strong>voi de la<br />

première équipe de l’Ecole de Formation<br />

du Barreau (EFB) de Paris au<br />

Moot. Séduit par ce projet, le directeur<br />

de l’Ecole, Me Gérard Nicolaÿ, a rejoint la<br />

liste grandissante <strong>des</strong> parrains, et a assuré l’AJA<br />

de l’<strong>en</strong>tière collaboration de l’EFB.<br />

Arrêtons-nous quelques instants sur ce mot :<br />

Moot ! Mais qu’est ce donc que le Moot ? Une<br />

nouvelle secte ? Pas exactem<strong>en</strong>t. Le Willem C. Vis<br />

International Commercial Arbitration Moot, de<br />

son vrai nom, consiste <strong>en</strong> une procédure arbitrale<br />

simulée qui va de la rédaction <strong>des</strong> mémoires<br />

<strong>en</strong> demande et <strong>en</strong> déf<strong>en</strong>se jusqu’aux<br />

plaidoiries qui ont lieu à Vi<strong>en</strong>ne chaque année<br />

au printemps et qui constitu<strong>en</strong>t le véritable<br />

point d’orgue du concours. Le Willem C. Vis<br />

Moot est un concours prestigieux et reconnu<br />

tant par les universitaires que par les pratici<strong>en</strong>s,<br />

du fait de son anci<strong>en</strong>neté, de la r<strong>en</strong>ommée de<br />

ses organisateurs et de ses part<strong>en</strong>aires, du nombre<br />

et de la qualité de ses participants : 177<br />

équipes prov<strong>en</strong>ant d’une cinquantaine de pays<br />

différ<strong>en</strong>ts ! Le Moot constitue un formidable r<strong>en</strong>dez-vous<br />

où converg<strong>en</strong>t universitaires, professeurs,<br />

arbitres et avocats du monde <strong>en</strong>tier.<br />

L’AJA s’étant assurée de la collaboration de qua-<br />

Baromètre n°4 Page 42<br />

tre coachs , tous pratici<strong>en</strong>s émérites du monde<br />

de l’arbitrage, a recruté une équipe de sept<br />

élèves-avocats pour porter haut les couleurs de<br />

l’EFB. Des mémoires <strong>en</strong> demande et <strong>en</strong> déf<strong>en</strong>se<br />

de qualité ont été rédigés. La préparation de la<br />

phase orale a alors comm<strong>en</strong>cé : simulations <strong>en</strong>cadrées<br />

par nos coachs, participation au pré-<br />

Moot de la Chambre de Commerce Internationale<br />

et organisation de r<strong>en</strong>contres avec les facultés<br />

de Versailles Saint Qu<strong>en</strong>tin, et d’Assas. L’équipe<br />

s’est aussi confrontée à celle d’HEC : la grande<br />

école du droit ne se devait-elle pas d’affronter<br />

la grande école de commerce ? C’est <strong>en</strong>t<strong>en</strong>du,<br />

l’équipe qui représ<strong>en</strong>te pour la première fois<br />

l’EFB au Moot 2008 est déjà une équipe aguerrie.<br />

V<strong>en</strong>dredi 21 mars 2008, il est 20h00, le vol 3308<br />

<strong>en</strong> prov<strong>en</strong>ance de Vi<strong>en</strong>ne vi<strong>en</strong>t d’atterrir. Il ramène<br />

avec lui les vaillants représ<strong>en</strong>tants de<br />

l’équipe de l’EFB. La fin d’une av<strong>en</strong>ture ? Point<br />

du tout, bi<strong>en</strong> au contraire. C’est la fin<br />

de la première étape, mais l’av<strong>en</strong>ture<br />

continue plus que jamais. L’AJA prépare<br />

déjà la sélection de la prochaine<br />

équipe de l’EFB pour le Moot 2009, et<br />

bi<strong>en</strong> d’autres projets sont <strong>en</strong> chantier.<br />

Pour <strong>en</strong> savoir plus ou nous rejoindre,<br />

une adresse :<br />

aja.arbitrage@gmail.com.<br />

Pour terminer un grand merci à nos<br />

parrains qui nous ont sout<strong>en</strong>us dès le début, à<br />

Monsieur Gérard Nicolaÿ, directeur de l’EFB, qui<br />

nous accorde sa constante confiance, aux coachs<br />

de l’équipe 2008, aux professionnels qui ont acceptés<br />

d’arbitrer les pré-Moot et <strong>en</strong>fin au<br />

Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris qui nous<br />

a accordé une subv<strong>en</strong>tion.<br />

Souhaitons dès à prés<strong>en</strong>t bonne chance à la<br />

nouvelle équipe de l’EFB promotion Abdou Diouf<br />

pour le Moot 2009 qui est d’ores et déjà <strong>en</strong> train<br />

de voir le jour, et qui par un beau matin de mars<br />

2009 s’<strong>en</strong>volera, elle aussi, à son tour, vers<br />

Vi<strong>en</strong>ne.<br />

Vanessa El Khoury, Nissim Elkaim, Ludovic Bernet, Flor<strong>en</strong>t Lager,<br />

Promotion 2007<br />

L’AJA ti<strong>en</strong>t à adresser ses remerciem<strong>en</strong>ts à Me Laur<strong>en</strong>ce Kiffer, Me<br />

Sandrine Colletier, Me D<strong>en</strong>is B<strong>en</strong>saude et Me Peter Rosher, Emmanuel<br />

Avramesco, Cécile Bor<strong>des</strong>, Vianney de Wit, Kamalia Mehtiyeva, Erwann<br />

Nicot, Amine S<strong>en</strong>ouci Bereksi, Julie Spinelli, M. Antoine Burin <strong>des</strong> Roziers,<br />

Me Yves Derains, Me Sigvard Jarvin, Me Laur<strong>en</strong>ce Kiffer, Me Philippe<br />

Lette, Me Alexis Mourre, Me Gérard Nicolay, Mme Mirèze<br />

Philippe, et Me Eduardo Silva Romero.<br />

L’AJA ti<strong>en</strong>t <strong>en</strong> particulier à remercier les Professeurs Sandrine Clavel,<br />

Gilles Cuniberti et Jan Kleinheisterkamp, Me Marc Frilet, Me Antoine<br />

Valery, Me Sophie Wernert, Me Roland Ziade et Mme Mirèze Philippe.


L’Algérie,<br />

futur pays de cocagne <strong>des</strong> avocats français ?<br />

Considéré comme un nouveau marché pour certains, comme une perte de temps pour d’autres, les<br />

réactions sont parfois excessives concernant le pot<strong>en</strong>tiel d’activités pour les avocats français qui pratiquerai<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong> Algérie. En tout état de cause, ce qui est certain, c’est qu’elles ne laiss<strong>en</strong>t pas indiffér<strong>en</strong>tes.<br />

L’Algérie essaie d’être attrayante. Elle a, pour ce<br />

faire, mis <strong>en</strong> place plusieurs réformes majeures<br />

afin d’attirer les investissem<strong>en</strong>ts étrangers et<br />

moderniser son économie :<br />

- Intégration dans l'économie mondiale<br />

- Réforme du secteur public et privatisation<br />

- Réforme du secteur bancaire et financier<br />

- Réforme du Code de commerce<br />

- Refonte de la loi relative au Registre du commerce<br />

(et <strong>des</strong> sociétés ?)<br />

- Allégem<strong>en</strong>t <strong>des</strong> procédures d'inscription au<br />

Registre du commerce<br />

Indép<strong>en</strong>damm<strong>en</strong>t de cela, un <strong>des</strong> avantages certains<br />

pour les avocats français est que la langue<br />

française est communém<strong>en</strong>t parlée par les Algéri<strong>en</strong>s,<br />

ce qui ne nous oblige pas à parler anglais<br />

comme un texan.<br />

Autre point fort, le salaire minimum<br />

interprofessionnel garanti<br />

est d’<strong>en</strong>viron 100 euros par<br />

mois avec <strong>des</strong> charges sociales<br />

et fiscales assez basses<br />

puisqu’elles tourn<strong>en</strong>t autour de<br />

26,05 % contre 40% au Barreau<br />

de Paris. Par ailleurs, elles sont<br />

ret<strong>en</strong>ues à la source, ce qui nous<br />

évite de longues et fastidieuses soirées de<br />

comptabilité.<br />

En conséqu<strong>en</strong>ce, on note une grande facilité<br />

pour ceux qui désir<strong>en</strong>t ouvrir un cabinet secondaire<br />

et développer leur cli<strong>en</strong>tèle.<br />

Avec une économie <strong>en</strong> plein boom, <strong>des</strong> embauches<br />

à faible coût, <strong>des</strong> charges basses et <strong>des</strong><br />

employés qui parl<strong>en</strong>t français, on se demande<br />

alors pourquoi les grands (et petits) cabinets<br />

français, ne s’y sont pas précipités.<br />

Une <strong>des</strong> premières raisons avancée est l’inertie<br />

et à la lourdeur de l’administration qui peut dev<strong>en</strong>ir<br />

très vite fatigante.<br />

Par ailleurs, il est vrai que l’Algérie n’échappe<br />

pas aux att<strong>en</strong>tats, et <strong>en</strong>core nous ne le disons<br />

que pour ceux qui ne pass<strong>en</strong>t pas leurs vacances<br />

<strong>en</strong> Corse. Mais, d’une part les att<strong>en</strong>tats sont<br />

plus rares que ce que l’on pourrait croire et<br />

d’autre part, ils sont très localisés, autour d’Alger<br />

le plus souv<strong>en</strong>t.<br />

La vie quotidi<strong>en</strong>ne <strong>en</strong> Algérie est, dans l’<strong>en</strong>semble,<br />

heureuse et sans souci pour l’expatrié.<br />

C’est <strong>en</strong> tout cas l’opinion du Consulat français<br />

d’Oran qui a rassuré une délégation de plus de<br />

50 avocats français qui doiv<strong>en</strong>t se r<strong>en</strong>dre à Oran<br />

les 4 et 5 avril prochains.<br />

Non, le vrai problème, sans commune mesure,<br />

c’est l’administration. Ceux qui s’y adress<strong>en</strong>t<br />

perd<strong>en</strong>t tout espoir.<br />

La moindre formalité devi<strong>en</strong>t un<br />

chemin de Damas ! On change<br />

complètem<strong>en</strong>t d’avis sur notre administration.<br />

Si vous vous s<strong>en</strong>tez le courage<br />

d’<strong>en</strong>trer dans ce labyrinthe, les<br />

<strong>en</strong>treprises algéri<strong>en</strong>nes n’att<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t<br />

que vous.<br />

D’ailleurs, <strong>des</strong> cabinets français<br />

l’ont compris et ont comm<strong>en</strong>cé à s’implanter :<br />

le cabinet Gide Loyrette et Nouel, mais pas <strong>en</strong><br />

tant qu’avocat , ainsi le cabinet Lefebvre Pelletier<br />

a été le premier à s’y installer.<br />

Les deux points de croissance qui manqu<strong>en</strong>t à la<br />

France sont au Maghreb . La Fondation pour le<br />

droit contin<strong>en</strong>tal est <strong>en</strong> train de mettre <strong>en</strong> place<br />

un vaste programme d’étude et de prospective<br />

pour promouvoir l’Euro-Méditerranée. L’Union<br />

europé<strong>en</strong>ne propose ainsi <strong>des</strong> subv<strong>en</strong>tions pour<br />

inciter les échanges commerciaux <strong>en</strong>tre l’Algérie<br />

et la France.<br />

Il serait vraim<strong>en</strong>t dommage que l’on ne sache<br />

pas y saisir notre chance !<br />

Moundji MAOUI, série D, pôle international 2007<br />

Marlène GOTTE, série U, pôle international 2008<br />

Baromètre n°4 Page 43

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