Mise en page 1 - Association des Élèves Avocats
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édito<br />
SOMMAIRE<br />
Avec et sans transition<br />
Même si toutes les générations d'avocats qui nous ont précédés ont p<strong>en</strong>sé de même pour<br />
elles-mêmes, j'ai l'intime conviction que nous faisons partie de celle qui sera confrontée à<br />
la mutation la plus profonde de notre profession.<br />
On a réformé notre formation <strong>en</strong> allongeant le temps passé à l'école sans<br />
contrepartie effective pour les élèves-avocats ainsi formés, <strong>des</strong>siné une<br />
nouvelle carte judiciaire sans réelle concertation préalable, parlé d'un<br />
futur transfert au notaire <strong>des</strong> divorces par cons<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t mutuel <strong>en</strong> laissant<br />
planer l'idée que l’assistance de l'avocat était minime, voire totalem<strong>en</strong>t<br />
inutile.<br />
On a, par ailleurs, <strong>en</strong>visagé de fusionner la profession d'avocat avec celle<br />
de conseil <strong>en</strong> propriété industrielle, parlé de faire de même avec celle de<br />
juriste d'<strong>en</strong>treprise, préconisé de supprimer totalem<strong>en</strong>t les avoués comme si nos compét<strong>en</strong>ces,<br />
durem<strong>en</strong>t acquises, étai<strong>en</strong>t finalem<strong>en</strong>t « interopérables ».<br />
Dans le même temps, on aggrave les sanctions <strong>en</strong> cas de récidive alors que l’on se concerte<br />
pour dépénaliser le droit <strong>des</strong> affaires. On veut égalem<strong>en</strong>t ajouter de l’<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t après la<br />
prison, pour ceux qui sont considérés comme incurables, tout <strong>en</strong> t<strong>en</strong>tant de réformer – <strong>en</strong>core<br />
et toujours – la désormais célèbre ordonnance de 1945 relative aux mineurs…<br />
Dans un laps de temps aussi court, qui dit mieux ? Parce que la question de notre av<strong>en</strong>ir<br />
dans la profession est importante, nous espérons tous que le flambeau sera repris.<br />
A ce propos, et puisqu’il s'agit là du dernier numéro<br />
du Baromètre dirigé par l’équipe « promotion<br />
Mazeaud », je voudrais remercier, du fond du cœur,<br />
tous ceux qui ont participé de près ou de loin à<br />
cette av<strong>en</strong>ture et saluer la nouvelle rédaction issue<br />
de la promotion Abdou Diouf.<br />
Ils sont motivés, plein d'<strong>en</strong>vies et vous pouvez<br />
compter sur eux pour avoir de la suite dans les<br />
idées.<br />
Rédac’ Chef, Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />
Contacts<br />
du baromètre<br />
Sadry Porlon<br />
s.porlon@aea-paris.net<br />
Octave Lemiale<br />
o.lemiale@aea-paris.net<br />
Nathalia Marlow<br />
n.marlow@aea-paris.net<br />
Olga Ooliounine<br />
o.oliounile@aea-paris.net<br />
« Le rapport Attali : La République <strong>des</strong> experts au chevet de la France »…....................................<strong>page</strong> 4<br />
« Certifié non conforme » (Témoignages stage final)………………………........................................<strong>page</strong> 12<br />
« Quand Internet précipite la mutation de la presse traditionnelle »…….......................................<strong>page</strong> 18<br />
« R<strong>en</strong>contre avec Charlotte Plantin : Secrétaire de la confér<strong>en</strong>ce »………........................................<strong>page</strong> 30<br />
« L’autre visage <strong>des</strong> cabinets anglo-saxons »……………………………............................................<strong>page</strong> 34<br />
« Derrière la barre ! »…………………………………..........................................................................<strong>page</strong> 40<br />
« In memorian : Le Bâtonnier Claude Lussan……….………………………..........................................<strong>page</strong> 41<br />
Baromètre n°4 : ISSN <strong>en</strong> cours – 63 rue de Char<strong>en</strong>ton 75012 Paris. Tirage : 3000 exemplaires. baromètre@aea-paris.net. Rédacteur <strong>en</strong> chef : Sadry Porlon / Rédacteurs<br />
<strong>en</strong> chef adjoint : Nathalia Marlow et Octave Lemiale / Secrétaire de rédaction : Olga Oliounine / Directeur de publication: Pierre-Louis Rouyer / Conception graphique<br />
et maquette : Pierre-Louis Rouyer / Illustrateur et <strong>des</strong>sinateur : Zétoune - sterfield@free.fr / Equipe de rédaction : Sadry Porlon, Nathalia Marlow, Octave Lemiale,<br />
Eti<strong>en</strong>ne Deshoulières, Gw<strong>en</strong>aëlle Philippe, Nicolas Rua, Virginie Desmoulin, Capucine Némo, Anne-Lise Colonna De Leca, Cathy Clairet-Roig, Flor<strong>en</strong>t Humetz, Stéphane-Laur<strong>en</strong>t<br />
Texier, Surin Clarisse, Maud Lambert, Rosiane Houngbo, Pierre-Louis Rouyer, Angélique Lamy, Moustafa Kamara, Cédric Guinais, Djinn Quévreux,<br />
François-Xavier Balme. À Luc Rascar.<br />
Des réactions ? Écrivez nous à baromètre@aea-paris.net ou sur le forum du site www.aea-paris.net.
Le rapport Attali : La République <strong>des</strong> experts au chevet<br />
Plus de quarante ans après le rapport RUEFF et ARMAND pour la suppression<br />
<strong>des</strong> obstacles à l’expansion économique, la Commission présidée par<br />
Jacques ATTALI a remis le 23 janvier 2008 au Présid<strong>en</strong>t de la République<br />
son rapport pour la libération de la croissance française.<br />
En moins de six mois (un record !) et alors<br />
que l’année 2008 s’ouvre sur une note<br />
pessimiste marquée par une crise financière<br />
et la crainte d’une récession aux<br />
Etats-Unis, la Commission, réunie autour<br />
d’une quarantaine d’experts, a formulé<br />
Le Présid<strong>en</strong>t n’est<br />
pas le seul à être <strong>en</strong><br />
désaccord, le rapport<br />
ayant réussi l’exploit<br />
de fédérer le<br />
mécont<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t de<br />
professionnels de<br />
tout bord<br />
(vous avez déjà vu<br />
<strong>des</strong> manifestations<br />
rassemblant <strong>des</strong><br />
coiffeurs et <strong>des</strong><br />
pharmaci<strong>en</strong>s, <strong>des</strong><br />
chauffeurs de taxis<br />
et <strong>des</strong> professionnels<br />
du droit, moi<br />
non)<br />
Baromètre n°4 Page 4<br />
quelque trois c<strong>en</strong>ts<br />
seize propositions<br />
d’inspiration largem<strong>en</strong>t<br />
libérale, qui se déclin<strong>en</strong>t<br />
<strong>en</strong> vingt « décisions<br />
fondam<strong>en</strong>tales », organisées<br />
autour de huit<br />
ambitions.<br />
Sous un vocable vague<br />
et sol<strong>en</strong>nel (voire pompeux),<br />
les recommandations<br />
du rapport<br />
doiv<strong>en</strong>t ainsi « préparer<br />
la jeunesse à l’économie<br />
du savoir et de la<br />
prise de risque, participer<br />
pleinem<strong>en</strong>t à la<br />
croissance mondiale et<br />
dev<strong>en</strong>ir un champion de<br />
la nouvelle croissance,<br />
améliorer la compétitivité<br />
<strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises<br />
françaises (<strong>en</strong> particulier <strong>des</strong> PME),<br />
construire une société de plein emploi,<br />
supprimer les r<strong>en</strong>tes, réduire les privilèges<br />
et favoriser la mobilité, créer de nouvelles<br />
sécurités à la mesure <strong>des</strong> instabilités<br />
croissantes, instaurer une nouvelle gouvernance<br />
au service de la croissance et<br />
<strong>en</strong>fin ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui<br />
à la charge <strong>des</strong> générations futures<br />
» (ri<strong>en</strong> que çà !!!).<br />
Si certaines propositions<br />
sembl<strong>en</strong>t<br />
positives – la création<br />
de « class action<br />
»,<br />
l’augm<strong>en</strong>tation <strong>des</strong><br />
contrôles antitrust,<br />
le droit de<br />
préemption de<br />
de la France<br />
l’Etat contre les communes qui ne jou<strong>en</strong>t<br />
pas le jeu du logem<strong>en</strong>t social, le transfert<br />
de la politique d’urbanisme aux groupem<strong>en</strong>ts<br />
intercommunaux ou <strong>en</strong>core la limitation<br />
<strong>des</strong> cautions à un mois pour les<br />
locataires (une p<strong>en</strong>sée à tous les élèvesavocats<br />
vivant sous les combles et qui ont<br />
dû fournir trois mois de caution), d’autres<br />
apparaiss<strong>en</strong>t sinon ubuesques du moins<br />
« orwelli<strong>en</strong>nes » telles le projet de<br />
construction de dix Ecopolis, cités modèles<br />
intégrant nouvelles technologies et<br />
écologie, d’ici 2012 ou <strong>en</strong>core l’<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t<br />
de l’économie et de la finance dès le<br />
primaire (ou comm<strong>en</strong>t transmettre le<br />
dogme libéral dès le plus jeune âge).<br />
Le mouvem<strong>en</strong>t réformateur ainsi suscité<br />
n’a d’autre objectif que de réduire les dép<strong>en</strong>ses<br />
publiques d’un point par an d’ici<br />
fin 2012 et am<strong>en</strong>er une baisse de la dette<br />
publique à 55% du PIB – il serait <strong>en</strong> effet<br />
de bon ton de respecter ce pauvre Pacte<br />
europé<strong>en</strong> de croissance et de stabilité –<br />
une diminution du chômage à 5%, la création<br />
de 150 000 emplois et la construction<br />
de 90 000 logem<strong>en</strong>ts sociaux.<br />
L’ex–mitterrandiste, converti aux vertus<br />
du libéralisme à l’anglo-saxonne et aux<br />
bénéfices de la mondialisation, estime que<br />
toutes les mesures du rapport form<strong>en</strong>t un<br />
bloc, « un <strong>en</strong>semble techniquem<strong>en</strong>t applicable,<br />
financièrem<strong>en</strong>t équilibré, sans augm<strong>en</strong>ter<br />
les impôts ».<br />
A l’issue de la prés<strong>en</strong>tation du rapport, Nicolas<br />
Sarkozy, tout <strong>en</strong> affirmant qu’il<br />
adhérait « à l’ess<strong>en</strong>tiel », assumait, cep<strong>en</strong>dant,<br />
trois points de<br />
désaccord :
=> La remise <strong>en</strong> cause du principe constitutionnel<br />
de précaution, évoqué dans le rapport<br />
comme un frein à la croissance, aux investissem<strong>en</strong>ts<br />
et à l’innovation, n’est pas possible <strong>en</strong> ce<br />
s<strong>en</strong>s qu’il constitue au contraire « un principe<br />
d’action et d’expertise pour réduire<br />
l’incertitude » ;<br />
=> La suppression, dans un délai de dix ans,<br />
<strong>des</strong> départem<strong>en</strong>ts, considérés comme « inutiles<br />
» par la Commission : le Présid<strong>en</strong>t de la République<br />
s’y oppose, affirmant que les départem<strong>en</strong>ts<br />
ont « une légitimité historique » ;<br />
=> La déréglem<strong>en</strong>tation <strong>en</strong> matière pharmaceutique,<br />
les pharmacies ayant « une véritable mission<br />
de service public ».<br />
Le Présid<strong>en</strong>t n’est pas le seul à être <strong>en</strong> désaccord,<br />
le rapport ayant réussi l’exploit de fédérer<br />
le mécont<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t de<br />
professionnels de tout<br />
bord (vous avez déjà vu<br />
<strong>des</strong> manifestations rassemblant<br />
<strong>des</strong> coiffeurs et<br />
<strong>des</strong> pharmaci<strong>en</strong>s, <strong>des</strong><br />
chauffeurs de taxis et<br />
<strong>des</strong> professionnels du<br />
droit, moi non).<br />
Parmi ceux-ci, les notaires,<br />
huissiers et autres<br />
avoués aux statuts<br />
jusqu’ici très protégés<br />
grinc<strong>en</strong>t <strong>des</strong> d<strong>en</strong>ts.<br />
Le rapport préconise <strong>en</strong><br />
effet de faire sauter les<br />
verrous <strong>des</strong> professions<br />
juridiques, « restées à<br />
l’abri, plus que tout<br />
autre activité économique,<br />
<strong>des</strong> transformations<br />
du monde » et dont<br />
le numerus clausus<br />
« freine le développem<strong>en</strong>t de l’innovation et de<br />
l’emploi ».<br />
La Commission avance ainsi l’idée de supprimer<br />
les quatre c<strong>en</strong>ts quarante-quatre avoués, officiers<br />
ministériels chargés <strong>des</strong> actes de procé-<br />
« Je ne demande point à Votre<br />
Majesté [] d’adopter mes<br />
principes sans les avoir examinés<br />
mais, quand elle <strong>en</strong> aura reconnu<br />
la justice et la nécessité, je la<br />
supplie d’<strong>en</strong> maint<strong>en</strong>ir l’exécution<br />
avec fermeté, sans se laisser<br />
effrayer par <strong>des</strong> clameurs qu’il est<br />
impossible d’éviter »<br />
dure devant les cours d’appel, qui devi<strong>en</strong>drai<strong>en</strong>t<br />
avocats (« leur valeur ajoutée étant de plus <strong>en</strong><br />
plus difficile à justifier ») et d’ouvrir l’activité<br />
d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation.<br />
Elle propose égalem<strong>en</strong>t de mettre fin à la limitation<br />
par l’Etat du nombre d’offices notariales et<br />
d’ouvrir très largem<strong>en</strong>t les activités de notaire à<br />
de « nouveaux professionnels <strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>ants »,<br />
de quoi faire saliver les cabinets d’avocats, qui<br />
se verrai<strong>en</strong>t bi<strong>en</strong> avoir accès aux juteuses transactions<br />
immobilières.<br />
Elle recommande <strong>en</strong>core de supprimer les greffiers<br />
privés auprès <strong>des</strong> tribunaux de commerce,<br />
qui serai<strong>en</strong>t remplacés par « <strong>des</strong> services administratifs<br />
spécialisés ».<br />
Enfin, afin de promouvoir la faible prés<strong>en</strong>ce internationale<br />
<strong>des</strong> cabinets d’avocats français,<br />
seuls 0,2% d’<strong>en</strong>tre eux ont plus de 50 salariés, la<br />
Commission propose de les aider à accroître<br />
leurs fonds propres <strong>en</strong> permettant à <strong>des</strong> tiers<br />
d’investir dans leur capital.<br />
Les débats rest<strong>en</strong>t <strong>en</strong> tout cas largem<strong>en</strong>t ouverts<br />
et <strong>des</strong> forums vont être organisés par le comité<br />
de suivi de la Commission dans sept villes de<br />
France (Toulouse, Lille, R<strong>en</strong>nes, Clichy-sous-<br />
Bois, Strasbourg, Marseille et Paris, cherchez<br />
l’erreur) dès la fin mars.<br />
Une première évaluation du<br />
rapport devrait d’ailleurs interv<strong>en</strong>ir<br />
avec la reprise d’une<br />
partie de ses propositions<br />
dans le projet de loi de modernisation<br />
de l’Economie<br />
prés<strong>en</strong>té au printemps par<br />
Madame LAGARDE.<br />
Mais Jacques ATTALI semble<br />
au-<strong>des</strong>sus de tout cela<br />
lorsqu’empruntant les mots<br />
d’une lettre de TURGOT, il<br />
s’adresse à Nicolas SARKOZY<br />
<strong>en</strong> ces termes : « Je ne demande<br />
point à Votre Majesté<br />
[…] d’adopter mes principes<br />
sans les avoir examinés<br />
mais, quand elle <strong>en</strong> aura reconnu<br />
la justice et la nécessité,<br />
je la supplie d’<strong>en</strong><br />
maint<strong>en</strong>ir l’exécution avec<br />
fermeté, sans se laisser effrayer<br />
par <strong>des</strong> clameurs qu’il est impossible<br />
d’éviter ».<br />
Am<strong>en</strong>.<br />
Nicolas RUA, Série T, Promotion 2007<br />
Baromètre n°4 Page 5
Rapport Coulon: véritable dépénalisation ou simple<br />
mise <strong>en</strong> cohér<strong>en</strong>ce du droit pénal <strong>des</strong> affaires?<br />
« Comm<strong>en</strong>t compr<strong>en</strong>dre que, dans les cas qui ne mett<strong>en</strong>t <strong>en</strong> cause que <strong>des</strong> intérêts privés et pécuniaires,<br />
il puisse <strong>en</strong>core être fait recours au droit pénal !»<br />
C’est par cette déclaration, prononcée devant les représ<strong>en</strong>tants du MEDEF et les juges du tribunal de<br />
commerce de Paris le 6 Novembre 2007, que le Présid<strong>en</strong>t de la République, Nicolas Sarkozy, a clairem<strong>en</strong>t<br />
mis <strong>en</strong> évid<strong>en</strong>ce son int<strong>en</strong>tion de mettre <strong>en</strong> marche le remodelage du droit pénal <strong>des</strong> affaires.<br />
Précédemm<strong>en</strong>t, le chef de l’Etat avait déjà affirmé<br />
« vouloir mettre un terme » à la pénalisation<br />
du droit <strong>des</strong> affaires <strong>en</strong> indiquant que<br />
« cette pénalisation est une grave erreur » et un<br />
frein « au goût du risque et au goût d’<strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>dre<br />
» qu’il faut restaurer <strong>en</strong> France.<br />
Il apparaît, <strong>en</strong> effet, que nombre de<br />
professionnels désireux de créer<br />
leur <strong>en</strong>treprise sont inquiets face au<br />
risque de sanctions pénales dont ils<br />
pourrai<strong>en</strong>t faire l’objet <strong>en</strong> cas d’erreur<br />
de gestion. On peut se poser la<br />
question de l’intérêt de faire peser<br />
sur les chefs d’<strong>en</strong>treprises un risque<br />
pénal <strong>en</strong> sus d’un risque financier<br />
déjà très lourd pour bon nombre<br />
d’<strong>en</strong>tre eux.<br />
La création et la gestion d’une <strong>en</strong>treprise<br />
sont d’autant plus délicates<br />
que le cadre juridique gouvernant<br />
l’Entreprise se complexifie de jour<br />
<strong>en</strong> jour et devi<strong>en</strong>t parfois illisible<br />
pour certains dirigeants qui n’ont<br />
pas <strong>en</strong>core pour habitude de recourir<br />
aux conseils d’un avocat. Il faut,<br />
<strong>en</strong> effet, pr<strong>en</strong>dre <strong>en</strong> compte que le tissu économique<br />
français n’est pas uniquem<strong>en</strong>t composé<br />
de sociétés du CAC 40 mais de plus de<br />
2.870.000 Petites et Moy<strong>en</strong>nes Entreprises pour<br />
lesquelles le droit <strong>des</strong> affaires, et <strong>en</strong>core plus le<br />
droit pénal <strong>des</strong> affaires, peuv<strong>en</strong>t apparaître incompréh<strong>en</strong>sibles.<br />
Il est temps de cesser de comparer les chefs<br />
d’<strong>en</strong>treprises à <strong>des</strong><br />
« voyous ». S’il<br />
existe, comme dans<br />
toute profession,<br />
<strong>des</strong> personnes peu<br />
scrupuleuses, il n’<strong>en</strong><br />
demeure pas moins<br />
que la grande majorité<br />
<strong>des</strong> dirigeants<br />
condamnés le sont,<br />
non pas pour mal-<br />
Baromètre n°4 Page 6<br />
« Nombre de<br />
professionnels<br />
désireux de créer<br />
leur <strong>en</strong>treprise sont<br />
inquiets face au<br />
risque de sanctions<br />
pénales dont ils<br />
pourrai<strong>en</strong>t faire<br />
l’objet <strong>en</strong> cas d’er-<br />
reur de gestion »<br />
honnêteté mais pour simple néglig<strong>en</strong>ce ou<br />
ignorance du droit.<br />
Se pose alors la question de savoir si pour répondre<br />
aux problèmes <strong>des</strong> prét<strong>en</strong>dus « patrons<br />
voyous », mieux vaut-il accroître la répression<br />
ou mieux leur expliquer la législation ?<br />
Le rapport Coulon <strong>en</strong>visage ainsi<br />
l’amélioration de la formation <strong>des</strong> <strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>eurs<br />
comme « un outil efficace<br />
de limitation de la transgression de la<br />
norme ». Mais plus qu’une formation,<br />
les chefs d’<strong>en</strong>treprises ont besoin<br />
d’être mieux conseillés. S’offre ici un<br />
marché considérable pour la nouvelle<br />
génération d’avocats que nous<br />
sommes.<br />
Dans ce souci d’améliorer la connaissance<br />
<strong>des</strong> dirigeants, le Présid<strong>en</strong>t de<br />
la République souhaite mettre <strong>en</strong><br />
place une meilleure cohér<strong>en</strong>ce dans<br />
les règles applicables et ainsi lutter<br />
contre « une pénalisation excessive<br />
qui constitue une source d’insécurité<br />
et handicape l’esprit d’<strong>en</strong>treprise ».<br />
Cep<strong>en</strong>dant, ce projet a été vivem<strong>en</strong>t critiqué par<br />
certains élus de gauche tels Arnaud Montebourg<br />
qui voit, non sans exagération, dans ce souhait<br />
présid<strong>en</strong>tiel « une reconstitution <strong>des</strong> privilèges<br />
de l’aristocratie <strong>des</strong> affaires » et une « injure à la<br />
valeur travail que Sarkozy prét<strong>en</strong>d déf<strong>en</strong>dre ». A<br />
cette diatribe politique s’ajoute une vive opposition<br />
du Syndicat de la magistrature (classé à<br />
gauche) qui estime que « le Présid<strong>en</strong>t de la République<br />
se range<br />
o s t e n s i b l e m e n t<br />
dans ce domaine<br />
aux cotés <strong>des</strong> délinquants<br />
contre les<br />
victimes (salariés,<br />
actionnaires, contribuables)<br />
».
Afin de dépassionner le débat<br />
et d’avoir une vison claire et<br />
réelle <strong>des</strong> objectifs et <strong>des</strong> propositions<br />
de cette probable réforme,<br />
il est important de<br />
mettre <strong>en</strong> exergue les conclusions<br />
du groupe de travail sur<br />
la dépénalisation de la vie <strong>des</strong><br />
affaires, présidé par Jean-Marie<br />
Coulon et mis <strong>en</strong> place le 4 octobre<br />
2007.<br />
Il convi<strong>en</strong>t de rappeler que le<br />
mouvem<strong>en</strong>t de dépénalisation<br />
n’est pas nouveau. En effet, il est mis <strong>en</strong> marche<br />
depuis plus de sept ans et concerne tout autant<br />
le droit <strong>des</strong> sociétés que le droit de la consommation<br />
ou le droit de la concurr<strong>en</strong>ce. Ainsi, à titre<br />
d’exemple, depuis 2001, la loi NRE du 15 mai<br />
2001, les lois du 1er août 2003 sur la sécurité financière<br />
et pour l’initiative économique, l’ordonnance<br />
du 25 mars 2004, et l’ordonnance du 24<br />
juin 2004 relative aux valeurs mobilières ont<br />
abrogé près de quarante infractions.<br />
Afin de poursuive ce travail, la lettre de mission,<br />
adressée par Rachida Dati au Groupe de travail,<br />
invitait ses membres à « examiner l’<strong>en</strong>semble <strong>des</strong><br />
infractions qui pès<strong>en</strong>t sur les <strong>en</strong>treprises et de<br />
proposer la suppression, le remplacem<strong>en</strong>t ou<br />
l’adaptation <strong>des</strong> sanctions inutiles ».<br />
Le rapport, remis le 20 février 2008 à la Ministre<br />
de la Justice, <strong>en</strong>visage ainsi tr<strong>en</strong>te propositions<br />
très précises qui vont de la suppression d’une<br />
vingtaine d’infractions, au rallongem<strong>en</strong>t du délai<br />
de prescription, jusqu’à la fixation d’un point de<br />
départ général <strong>des</strong> infractions au jour de la commission<br />
<strong>des</strong> faits. Ces propositions sont d’autant<br />
plus importantes que la Garde <strong>des</strong> sceaux a clairem<strong>en</strong>t<br />
manifesté son int<strong>en</strong>tion de transformer<br />
<strong>en</strong> l’état ce rapport <strong>en</strong> loi.<br />
L’objet de cet article n’est pas de dresser la liste<br />
exhaustive de ces propositions mais d’attirer<br />
votre att<strong>en</strong>tion sur celles susceptibles d’<strong>en</strong>traîner<br />
une profonde modification du droit pénal <strong>des</strong><br />
affaires. Ainsi, une vingtaine de délits mineurs<br />
serai<strong>en</strong>t dépénalisés mais pas « le socle du droit<br />
pénal <strong>des</strong> affaires composé de trois infractions<br />
mère, à savoir l’abus de confiance, l’escroquerie<br />
et le faux, le faux <strong>en</strong> écritures comptables, et<br />
l’abus de bi<strong>en</strong> social ».<br />
A titre d’exemple, <strong>en</strong> matière de droit <strong>des</strong> socié-<br />
« Plus qu’une<br />
formation, les chefs<br />
d’<strong>en</strong>treprises ont besoin<br />
d’être mieux<br />
conseillés. S’offre ici<br />
un marché considérable<br />
pour la nouvelle<br />
génération<br />
d’avocats que nous<br />
sommes »<br />
tés sur vingt-neuf infractions<br />
étudiées, le groupe de travail a<br />
proposé la suppression de seulem<strong>en</strong>t<br />
deux d’<strong>en</strong>tre elles, à savoir<br />
la violation, dans un cas très<br />
précis, <strong>des</strong> règles relatives à la<br />
réduction de capital (art L.242-<br />
24 du Code de commerce) et<br />
l’abs<strong>en</strong>ce de la m<strong>en</strong>tion « à participation<br />
ouvrière » sur les docum<strong>en</strong>ts<br />
dans les coopératives<br />
agricoles. Sur les vingt-sept restantes,<br />
le rapport Coulon préconise<br />
non pas une dépénalisation<br />
mais une adaptation <strong>des</strong> peines <strong>en</strong> supprimant<br />
l’emprisonnem<strong>en</strong>t pour quatorze d’<strong>en</strong>tre elles<br />
tout <strong>en</strong> maint<strong>en</strong>ant, voire <strong>en</strong> augm<strong>en</strong>tant le montant<br />
<strong>des</strong> am<strong>en</strong><strong>des</strong>. Pour sept d’<strong>en</strong>tre elles, il est<br />
proposé de privilégier l’instauration d’une injonction<br />
de faire à la place d’une peine de prison<br />
et d’am<strong>en</strong>de. Tel est le cas de l’omission de la<br />
déclaration de répartition <strong>des</strong> parts dans l’acte<br />
de constitution d’une SARL. A l’heure actuelle,<br />
une telle omission est punie de six mois d’emprisonnem<strong>en</strong>t<br />
et de 9.000 Euros d’am<strong>en</strong>de. On<br />
peut légitimem<strong>en</strong>t s’interroger sur l’utilité d’<strong>en</strong>voyer<br />
<strong>en</strong> prison les associés d’une société dans<br />
ces circonstances ! Cet exemple parmi tant d’autres<br />
n’est-il pas une parfaite illustration de l’utilité<br />
de cette refonte ?<br />
Le droit de la consommation fait égalem<strong>en</strong>t l’objet<br />
d’une proposition de réforme puisque certaines<br />
obligations incombant aux professionnels<br />
pourrai<strong>en</strong>t être dépénalisées à la marge telles « la<br />
publicité comparative illicite » ou l’infraction « à<br />
l’appellation de boulanger » qui ne serait plus<br />
sanctionnée par deux ans d’emprisonnem<strong>en</strong>t et<br />
37.500 euros<br />
d’am<strong>en</strong>de mais « Pour 2.870.000 Petites et<br />
respectivem<strong>en</strong>t<br />
par une action Moy<strong>en</strong>nes Entreprises, le droit<br />
civile fondée sur<br />
l’article 1382 du<br />
<strong>des</strong> affaires, et <strong>en</strong>core plus le<br />
Code civil et par<br />
l’ext<strong>en</strong>sion de la<br />
droit pénal <strong>des</strong> affaires, peuv<strong>en</strong>t<br />
procédure <strong>en</strong> apparaître incompréh<strong>en</strong>sibles ».<br />
cessation sous<br />
astreinte. On<br />
peut <strong>en</strong>core une fois s’interroger sur la nécessité<br />
d’<strong>en</strong>voyer un chef d’<strong>en</strong>treprise <strong>en</strong> prison pour ce<br />
g<strong>en</strong>re d’infraction.<br />
Baromètre n°4 Page 7
En matière de droit de la concurr<strong>en</strong>ce, aucune suppression<br />
d’infractions n’est prévue mais un simple<br />
transfert de compét<strong>en</strong>ces au<br />
Conseil de la concurr<strong>en</strong>ce, autorité<br />
administrative indép<strong>en</strong>dante, dont<br />
l’efficacité n’est plus à prouver et<br />
surtout dont les sanctions sont reconnues<br />
au niveau europé<strong>en</strong>. Aucune<br />
dépénalisation n’est donc<br />
<strong>en</strong>visagée, à ce jour. Dans cette<br />
même veine, Jean-Marie Coulon<br />
souhaite mettre un terme au cumul<br />
<strong>des</strong> procédures et <strong>des</strong> sanctions <strong>en</strong><br />
matière boursière <strong>en</strong> transmettant<br />
les prérogatives de l’Autorité <strong>des</strong><br />
Marchés Financiers au Parquet qui<br />
disposerait de la décision finale<br />
quant à la suite judiciaire ou administrative<br />
à donner à l’affaire.<br />
Concernant les délais de prescriptions,<br />
ceux-ci passerai<strong>en</strong>t de trois à cinq ans pour les<br />
délits punis de moins de trois ans d’emprisonnem<strong>en</strong>t,<br />
de trois à sept ans pour ceux punis d’au moins trois<br />
ans, et de dix à quinze ans pour les crimes. Le point le<br />
plus important de cette réforme serait l’instauration<br />
d’un nouveau point de départ du délai de prescription<br />
5 rue Jean Mermoz<br />
BP 10335<br />
75365 Paris cedex 08<br />
téléphone (+33) 1 58 56 97 00<br />
fax (+33) 1 58 56 97 01<br />
email paris@alerionavocats.com<br />
www.alerionavocats.com<br />
« Cette réforme se<br />
rapproche davantage<br />
d’une simple mise <strong>en</strong><br />
cohér<strong>en</strong>ce du droit<br />
pénal <strong>des</strong> affaires<br />
que d’une réelle<br />
dépénalisation ».<br />
puisque serait pris <strong>en</strong> compte non plus le jour de la découverte<br />
de l’infraction mais le jour de la commission<br />
<strong>des</strong> faits litigieux. A titre d’exemple,<br />
l’abus de bi<strong>en</strong> social serait prescrit sept<br />
ans après la commission de celui-ci et<br />
non plus cinq ans à compter de sa découverte,<br />
source d’une véritable imprescriptibilité<br />
<strong>en</strong> pratique.<br />
A la lumière de tous ces élém<strong>en</strong>ts, peuton<br />
véritablem<strong>en</strong>t parler d’une dépénalisation<br />
du droit <strong>des</strong> affaires ? Aux yeux<br />
de nombre de spécialistes, il apparaît<br />
que cette réforme se rapproche davantage<br />
d’une simple mise <strong>en</strong> cohér<strong>en</strong>ce du<br />
droit pénal <strong>des</strong> affaires que d’une réelle<br />
dépénalisation. Il n’y a donc pas,<br />
contrairem<strong>en</strong>t à ce que peuv<strong>en</strong>t dire<br />
certains magistrats et hommes politiques,<br />
l’instauration de nouvelles « citadelles<br />
d’impunité » mais une<br />
adaptation <strong>des</strong> sanctions à la vie <strong>des</strong> affaires.<br />
Cédric GUINAIS, Série T, Promotion 2007<br />
Alérion est un cabinet d’affaire pluridisciplinaire <strong>en</strong> pleine croissance, de 35 avocats, au<br />
service <strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises.<br />
Ouvert à l’international, Alérion dispose d’un réseau de correspondants étrangers <strong>en</strong><br />
Europe comme <strong>en</strong> Asie et accueille <strong>des</strong> avocats habitués à travailler <strong>en</strong> plusieurs langues.<br />
Comme toutes les <strong>en</strong>treprises qui grandiss<strong>en</strong>t, les collaborateurs grandiss<strong>en</strong>t aussi.<br />
Alérion a associé deux de ses collaborateurs <strong>en</strong> deux ans.<br />
En 2007, Alérion a recruté 5 collaborateurs débutants et accueilli 9 stagiaires avocats<br />
dans tous les domaines du droit <strong>des</strong> affaires.<br />
avocats d’<strong>en</strong>treprise <strong>en</strong>treprise d’avocats
Le pouvoir d’achat <strong>des</strong> élèves-avocats<br />
Le pouvoir d’achat est LA préoccupation majeure <strong>des</strong> Français. Par conséqu<strong>en</strong>t, celui de nos camara<strong>des</strong><br />
de promo ne pouvait pas nous laisser indiffér<strong>en</strong>ts. Qu’<strong>en</strong>-est-il exactem<strong>en</strong>t ?<br />
La société française va mal. Il semblerait qu’elle<br />
se meure, dans l’indig<strong>en</strong>ce<br />
et l’indiffér<strong>en</strong>ce<br />
la plus totale <strong>des</strong> pouvoirs<br />
publics. Le peuple<br />
aurait osé se<br />
rebeller, bi<strong>en</strong> que<br />
ponctuellem<strong>en</strong>t, que<br />
ce soit « nos amis » les<br />
fonctionnaires habitués<br />
à marteler le pavé<br />
de Paris que le secteur<br />
privé, qui, ô surprise,<br />
sort de sa léthargie.<br />
Ainsi, on a vu les caissières <strong>des</strong> supermarchés<br />
réclamer l’augm<strong>en</strong>tation de leur ticket restaurant,<br />
les personnes âgées manifester pour la revalorisation<br />
de leur retraite, les chauffeurs de taxi<br />
pour leur lic<strong>en</strong>ce de taxis…<br />
P<strong>en</strong>dant que le Gouvernem<strong>en</strong>t et le<br />
Présid<strong>en</strong>t de la République jouai<strong>en</strong>t<br />
à qui sera la plus convaincante victime<br />
de cette curée médiatique prét<strong>en</strong>dum<strong>en</strong>t<br />
injustifiée, que se<br />
passait-il dans le village <strong>des</strong> irréductibles<br />
élèves-avocats ?<br />
Hé bi<strong>en</strong> ri<strong>en</strong> mais absolum<strong>en</strong>t ri<strong>en</strong><br />
et pourtant, ô miracle, notre pouvoir<br />
d’achat s’est retrouvé du jour<br />
au l<strong>en</strong>demain revalorisé « grâce » à<br />
l’action de syndicats professionnels<br />
qui sembl<strong>en</strong>t porter <strong>en</strong> eux un certain<br />
idéal de la profession et de la<br />
manière dont devrait être traitée la<br />
jeunesse.<br />
Avec confiance, dignité et respect ?<br />
Pour ceux qui ne l’aurai<strong>en</strong>t pas remarqué,<br />
votre gratification m<strong>en</strong>suelle<br />
est passée de 30% du SMIC à<br />
ad minima 60% de celui-ci, voire à<br />
70 ou 85%. Certes, ce n’est pas <strong>en</strong>core<br />
la panacée mais déjà vous avez<br />
découvert que vous aviez le droit de<br />
vous autoriser, de temps <strong>en</strong> temps,<br />
un repas chaud le midi, dans une brasserie du<br />
coin de la rue <strong>des</strong> Champs-Elysées.<br />
Si cette hausse de la gratification vous surpr<strong>en</strong>d,<br />
je vous soupçonne d’être faussem<strong>en</strong>t ébahis et<br />
« Certains me<br />
brandiront le spectre<br />
de l’échec, de<br />
l’impossibilité de<br />
passer le CAPA car<br />
sans ce sacrifice<br />
pécuniaire, ils<br />
n’aurai<strong>en</strong>t pas trouvé<br />
de stage.<br />
Cet épouvantail est<br />
m<strong>en</strong>songer puisque<br />
tous<br />
les élèves-avocats de<br />
l’EFB ont trouvé un<br />
stage cette année. »<br />
d’avoir accepté une situation illégale pour obt<strong>en</strong>ir<br />
LE stage dont vous<br />
rêviez. En effet, il<br />
semblerait qu’il ne<br />
suffise pas que la loi<br />
tranche, il faut <strong>en</strong> plus<br />
que les pratiques s’align<strong>en</strong>t<br />
et la rumeur<br />
nous laisse <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre<br />
que certains sacrifierai<strong>en</strong>t<br />
cette avancée «<br />
sociale » pour leur<br />
carrière…du moins,<br />
p<strong>en</strong>s<strong>en</strong>t-ils bi<strong>en</strong> faire.<br />
J’avoue être perplexe devant cette manière de<br />
raisonner car si ces cabinets trait<strong>en</strong>t ainsi leurs<br />
stagiaires, qui dans six mois seront leurs<br />
confrères, comm<strong>en</strong>t imaginez-vous<br />
qu’ils se comport<strong>en</strong>t avec leurs collaborateurs<br />
? D’autant plus que cela<br />
indique la valeur qu’ils vous accord<strong>en</strong>t.<br />
Personnellem<strong>en</strong>t, je n’apprécierais<br />
pas d’être payée par <strong>des</strong><br />
complim<strong>en</strong>ts et <strong>en</strong>core si vous y avez<br />
le droit…En même temps, l’air du<br />
temps est à l’ère du martyr et du « je<br />
me fais brimer, ça me donne de l’importance<br />
et un s<strong>en</strong>s à ma vie » alors<br />
pourquoi pas...<br />
Toutefois, être avocat, c’est accepter<br />
de se voir appliquer les règles, et<br />
comm<strong>en</strong>cer par les détourner au sein<br />
de cette profession si fraternelle dénote<br />
un état d’esprit <strong>en</strong> contradiction<br />
avec votre futur sacerdoce.<br />
En tout état de cause, certains me<br />
brandiront le spectre de l’échec, de<br />
l’impossibilité de passer le CAPA car<br />
sans ce sacrifice pécuniaire, ils n’aurai<strong>en</strong>t<br />
pas trouvé de stage. Cet épouvantail<br />
est m<strong>en</strong>songer puisque tous<br />
les élèves-avocats de l’EFB ont trouvé<br />
un stage cette année, à l’exception<br />
de trois ou quatre élèves, et ce pour<br />
<strong>des</strong> raisons personnelles, il semblerait.<br />
En outre, les cabinets parisi<strong>en</strong>s ont absorbé<br />
de nombreux élèves-avocats de Province, où je<br />
vous le concède, la concurr<strong>en</strong>ce est bi<strong>en</strong> plus<br />
rude, les offres locales étant moins nombreuses.<br />
Baromètre n°4 Page 9
Par ailleurs, sur les<br />
trois c<strong>en</strong>ts conv<strong>en</strong>tions<br />
signées au 1er<br />
novembre 2007,<br />
seuls quinze cabinets<br />
aurai<strong>en</strong>t refusé de signer<br />
l’av<strong>en</strong>ant et dénoncé<br />
la conv<strong>en</strong>tion<br />
de stage. Tous ces<br />
malchanceux élèves<br />
ont trouvé un stage.<br />
Enfin, dans l’hypothèse<br />
où de réelles difficultés apparaîtrai<strong>en</strong>t, il a été<br />
prévu et décidé que, cette année, les élèves n’ayant pu<br />
comm<strong>en</strong>cer leur stage le 7 janvier soi<strong>en</strong>t tout de<br />
même admis à se prés<strong>en</strong>ter au CAPA, dès lors qu’ils<br />
effectuai<strong>en</strong>t au moins cinq mois de stage.<br />
Ainsi, je ne vois pas d’excuses aux élèves-avocats de<br />
l’EFB qui aurai<strong>en</strong>t accepté de travailler plus pour gagner<br />
moins, permettant ainsi au système indigne qui<br />
existait auparavant de se maint<strong>en</strong>ir.<br />
Je pourrais pointer <strong>en</strong>core une fois les cabinets pénalistes<br />
qui pour la plupart refusai<strong>en</strong>t déjà de payer les<br />
30% du SMIC, mais ce ne sont pas les seuls.<br />
Alors, pour terminer cette année avec vous <strong>en</strong> douceur,<br />
je vous demanderais simplem<strong>en</strong>t de réfléchir,<br />
dans ce contexte de crise, à la pertin<strong>en</strong>ce de vos actions<br />
et quel avocat vous voulez dev<strong>en</strong>ir ?<br />
Il est déjà bi<strong>en</strong> triste de constater que cette «réforme»<br />
a été digérée sans difficulté par la profession, ce grand<br />
corps (malade ?) qui a su si bi<strong>en</strong> profiter et p<strong>en</strong>dant si<br />
longtemps de la sueur de leurs futurs confraternels<br />
confrères.<br />
Baromètre n°4 Page 10<br />
En guise de conclusion, j’aimerais vous rappeler que,<br />
dans une profession qui perd de son âme et se dilue<br />
dans <strong>des</strong> intérêts de plus <strong>en</strong> plus économiques –<br />
quand bi<strong>en</strong> même cette dernière conséqu<strong>en</strong>ce pourrait<br />
être justifiée – il faut se rappeler qu’être avocat, c’est<br />
vouloir représ<strong>en</strong>ter une profession qui est fière de sa<br />
noblesse d’esprit et <strong>des</strong> qualités intrinsèques qu’elle<br />
est c<strong>en</strong>sée incarner.<br />
Et pour bi<strong>en</strong> faire, cela devrait comm<strong>en</strong>cer avec les<br />
si<strong>en</strong>s…<br />
Pour terminer sur la question du pouvoir d’achat,<br />
j’ajouterais que cette augm<strong>en</strong>tation est la bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>ue<br />
car après avoir payé 1600<br />
Euros pour trois mois et<br />
demi de cours, quinze<br />
mois de stage et l’e-learning,<br />
pour ceux qui ne le<br />
saurai<strong>en</strong>t pas <strong>en</strong>core, il<br />
vous faudra prévoir une<br />
vingtaine de co<strong>des</strong> pour<br />
l’écrit du mois de juillet…à<br />
quarante-cinq<br />
euros le code, je vous<br />
laisse calculer…<br />
Qui a dit que le cursus<br />
pour être avocat était à la<br />
portée de toutes les<br />
bourses ?<br />
Nathalia MARLOW, Série L, Promotion<br />
2007<br />
« Il est déjà bi<strong>en</strong> triste<br />
de constater que cette<br />
« réforme » a été<br />
digérée sans difficulté<br />
par la profession, ce<br />
grand corps (malade ?)<br />
qui a su si bi<strong>en</strong> profiter<br />
de la sueur de leurs<br />
futurs confraternels<br />
confrères. »
Dans ce cabinet,<br />
Le droit <strong>des</strong> marques<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé<br />
de vous diriger vers cette spécialité<br />
La perspective d'une collaboration<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre<br />
cabinet<br />
L'ambiance est bonne et les horaires ... variables!<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail<br />
que l'on vous donne ?<br />
Très bonne<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une<br />
collab' au sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Ça ne fait qu'un mois et demi, j'att<strong>en</strong>ds <strong>en</strong>core<br />
pour me prononcer.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès<br />
cette année ?<br />
Je ne sais pas.<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Là je me verrais bi<strong>en</strong> <strong>en</strong> vacances et dans 10<br />
ans, aucune idée! Mais <strong>en</strong> général ri<strong>en</strong> ne se<br />
passe comme on l'avait prévu.<br />
Baromètre n°4 Page 2<br />
BIDAUT<br />
Tiphaine, Série T<br />
Le nom de votre cabinet<br />
Wan <strong>Avocats</strong><br />
Certifié<br />
Toute ressemblance avec un<br />
ou plusieurs élèves-avocats<br />
de la promotion MAZEAUD est<br />
volontaire<br />
ROUYER<br />
Pierre-Louis, série F<br />
Votre spécialité<br />
Propriété intellectuelle, nouvelles technologies, droit<br />
pénal<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Je me suis découvert une véritable passion pour le droit<br />
d’auteur et <strong>des</strong> nouvelles technologies de l’information,<br />
<strong>en</strong> raison d’une grande proximité avec les médias informatiques<br />
ou autres... Quant au pénal, c’est sans hésiter<br />
l’amour de la plaidoirie, de la déf<strong>en</strong>se, le goût de l’incertain,<br />
du risque...bref c’est vivre avec un grand V ! C’est<br />
pour cela que je ne me vois pas du tout comme un avocat<br />
de bureau, au 4ème étage dans le bureau 503 ... cette<br />
vie là, très peu pour moi !<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
Ambiance très sympa, 9h-19h30<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne<br />
Travail très indép<strong>en</strong>dant avec gestion personnelle <strong>des</strong><br />
dossiers de A à Z <strong>en</strong> passant par le rdv cli<strong>en</strong>t jusqu’au<br />
suivi intégral de la procédure ainsi que le suivi <strong>des</strong> plaidoiries.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab’ au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Grave !!! Je crois avoir trouvé une façon d’exercer qui me<br />
plaît : libérale, indép<strong>en</strong>dante, avec une vraie vie de palais..<br />
et une ambiance propice aux échanges, et non à une<br />
concurr<strong>en</strong>ce bête et méchante comme elle peut exister<br />
dans certains gros cabinets.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
Oui monsieur ! Cela fait trop longtemps que j’att<strong>en</strong>ds ça<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Associé de mon propre cabinet... avec <strong>des</strong> locaux comme<br />
ceux de la série “<strong>Avocats</strong> et Associés”... mais avec <strong>des</strong> assistantes<br />
plus mignonnes ! lol ;)
non conforme<br />
PORTEU DE LA MORANDIERE<br />
Vinc<strong>en</strong>t, série C<br />
Le nom de votre cabinet<br />
Varaut <strong>Avocats</strong><br />
Votre spécialité<br />
DROIT PENAL GENERAL, DROIT PENAL DES AFFAIRES<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Forme radicale et exposée de "service de la parole", le<br />
droit pénal <strong>des</strong> personnes m'attitrait parce qu'il était au<br />
carrefour de mes expéri<strong>en</strong>ces professionnelles antérieures<br />
(insertion de délinquants, contrôle judiciaire) et<br />
de mes étu<strong>des</strong> (philo, théologie, troisième cycle <strong>en</strong> droit<br />
pénal). Cep<strong>en</strong>dant, ce droit m'a semblé trop peu juridique,<br />
trop dominé par le fait. En assises, la logique de<br />
qualification semble presque s'effacer devant les "stratégies<br />
d'audi<strong>en</strong>ce", les tabous, les spéculations psychologiques.<br />
Je me suis retourné vers le pénal <strong>des</strong> affaires pour<br />
retrouver un droit plus juridique et plus lucratif.<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
Un seul mot : "liberté". Ni pression ni justification sur les<br />
horaires. Je peux ne pas v<strong>en</strong>ir p<strong>en</strong>dant 24h et rattraper le<br />
WE... Cep<strong>en</strong>dant, à mon regret, je ne vis pas ce stage<br />
comme une véritable r<strong>en</strong>contre de Me Alexandre VARAUT.<br />
Nous communiquons peu, nous échangeons peu. J'aimerais<br />
travailler plus <strong>en</strong> équipe et découvrir le regard de ce<br />
ténor parisi<strong>en</strong> sur la justice, la profession.<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne ?<br />
Ce travail est passionnant. Je suis très autonome sur les<br />
dossiers. Je dispose d'une vue d'<strong>en</strong>semble sur les affaires.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Oui et non. Oui parce que les dossiers sont superbes,<br />
passionnants. Non, parce que l'exercice du travail est très<br />
solitaire, qu'on ne communique pas sur le travail.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
OUI.<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
"Si tu veux faire marrer Dieu... raconte lui tes projets ! "<br />
me semble adapté<br />
Dans 10 ans, j'aimerais être près de mes cli<strong>en</strong>ts, au coeur<br />
de l'arène judiciaire, <strong>en</strong>tre rage et liberté, avec <strong>en</strong>core<br />
quelques convictions...<br />
Le nom de votre cabinet<br />
White & Case<br />
Votre spécialité<br />
Droit social<br />
CLAIRET-ROIG<br />
Cathy, série D<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de<br />
vous diriger vers cette spécialité<br />
Le contact humain (puisqu'à l'origine j'ai débuté<br />
dans <strong>des</strong> petites moy<strong>en</strong>nes structures) et son intérêt<br />
de la matière (son constant r<strong>en</strong>ouvellem<strong>en</strong>t).<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
Excell<strong>en</strong>te ambiance au sein de mon départem<strong>en</strong>t<br />
ainsi qu'avec les autres stagiaires (20-30 <strong>en</strong><br />
moy<strong>en</strong>ne).<br />
Horaires assez variables, <strong>en</strong> moy<strong>en</strong>ne 8h-21h, je<br />
préfère comm<strong>en</strong>cer tôt. Des pointes à minuit sont<br />
à pr<strong>en</strong>dre <strong>en</strong> considération. Week-<strong>en</strong>ds possibles<br />
égalem<strong>en</strong>t.<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on<br />
vous donne ?<br />
Dans la mesure où je suis dans un départem<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />
recréation, je suis <strong>en</strong> li<strong>en</strong> direct avec le councel et<br />
le collaborateur junior donc travail très intéressant,<br />
au fait <strong>des</strong> dossiers (conseil, due deal, data<br />
room, un peu de cont<strong>en</strong>tieux)<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab'<br />
au sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Oui car je p<strong>en</strong>se pouvoir appr<strong>en</strong>dre d'avantage <strong>en</strong><br />
étant <strong>en</strong> collab dans ce cabinet (bon retour sur le<br />
travail effectué) tout <strong>en</strong> ayant l'avantage de<br />
connaître ceux qui y travaill<strong>en</strong>t ainsi que le système<br />
informatique.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette<br />
année ?<br />
Oui.<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Deux possibilités s'offr<strong>en</strong>t et aucune n'est à négliger<br />
:<br />
1) dans un cabinet de grande <strong>en</strong>vergure avec possibilité<br />
év<strong>en</strong>tuelle d'association (sachant que les<br />
femmes de 35 ans sont difficilem<strong>en</strong>t associables<br />
dans ce g<strong>en</strong>re de structure)<br />
2) dans mon cabinet de type taille moy<strong>en</strong>ne - 4/5<br />
associés, avec une volonté de rester dans le généraliste<br />
(droit privé, famille, social, fiscal, pénal)<br />
En toute hypothèse, j'espère avoir acquis beaucoup<br />
d'expéri<strong>en</strong>ce tant <strong>en</strong> conseil qu'<strong>en</strong> cont<strong>en</strong>tieux<br />
ainsi qu'avoir eu la chance d'être secrétaire<br />
de la confér<strong>en</strong>ce du stage pour pouvoir pratiquer<br />
le pénal aux assises.<br />
Baromètre n°4 Page 13
Le nom de votre cabinet<br />
Bird & Bird<br />
Votre spécialité<br />
Droit social<br />
SAUMANDE<br />
Marion, série T<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Travailler dans un domaine mêlant <strong>des</strong> aspects droit <strong>des</strong><br />
affaires, droit de l'<strong>en</strong>treprise et <strong>des</strong> aspects humains.<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
Bonne ambiance, <strong>des</strong> coups de stress comme partout,<br />
mais pas de crises de nerf <strong>des</strong> associés se déchaînant sur<br />
un collaborateur et <strong>en</strong>core moins sur un stagiaire. Mom<strong>en</strong>ts<br />
de dét<strong>en</strong>tes et de plaisanterie non-prohibés. Horaires<br />
: plus ou moins 9h30 - 20h<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne ?<br />
Bonne dans le s<strong>en</strong>s où elle est diversifiée, intéressante et<br />
formatrice<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Oui pour toutes les qualités énoncées plus haut plus la<br />
rémunération qui est correcte d'après ce que je sais<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
Oui j'att<strong>en</strong>ds depuis trop longtemps<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Aucune idée tout est possible c'est l'intérêt d'avoir le<br />
choix<br />
Baromètre n°4 Page 14<br />
Certifié<br />
RUA<br />
Nicolas, série T<br />
Le nom de votre cabinet<br />
BMS’ <strong>Avocats</strong> (une vingtaine d’avocats)<br />
Votre spécialité<br />
Droit de la concurr<strong>en</strong>ce et de la distribution<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Volonté de lutter contre les dérives <strong>des</strong> gran<strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises<br />
– rétablir le pouvoir d’achat <strong>des</strong> français – intérêt<br />
légitime pour l’<strong>en</strong>seignante à Paris I<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
9h – 19h30 <strong>en</strong> moy<strong>en</strong>ne<br />
Ambiance saine et dét<strong>en</strong>due avec les collaborateurs, hiérarchisée<br />
et révér<strong>en</strong>cieuse avec les associés<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne<br />
Satisfaisante (rédaction d’actes, démarches au palais,<br />
prés<strong>en</strong>ce aux audi<strong>en</strong>ces et r<strong>en</strong>dez-vous cli<strong>en</strong>t, suivi du<br />
dossier)<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
OUI<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Exercer ce métier dans une structure humaine sur la Côte<br />
d’azur, bronzé, (presque) dét<strong>en</strong>du et franc- maçon ou<br />
vivre seul dans une grotte, barbu (mais sans Lad<strong>en</strong>) à méditer<br />
sur les tourm<strong>en</strong>ts de nos âmes corrompues.
non conforme<br />
Le nom de votre cabinet<br />
Cabinet Pericaud et associé<br />
MAOUI<br />
Moundji, série D<br />
Votre spécialité<br />
Construction, immobilier et urbanisme<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Il s’agit d’un cabinet qui fait du cont<strong>en</strong>tieux ce qui me<br />
permet de faire même du droit pénal, matière dans laquelle<br />
je n’ai pas réellem<strong>en</strong>t de compét<strong>en</strong>ce.<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
L’ambiance est très sympathique et les horaires sont très<br />
agréables pour moi qui suis méditerrané<strong>en</strong>.<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne ?<br />
Le très travail est très technique.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Pour l’instant non. Quand je vois le montant de notre gratification,<br />
je me dis que je ne risque ri<strong>en</strong> à me lancer dans<br />
mon propre cabinet. Au pire, je gagnerais 600 euros par<br />
mois. De plus, si je ne t<strong>en</strong>te ri<strong>en</strong> aujourd’hui, j’aurais trop<br />
peur de perdre mon petit salaire de collab’ demain.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
Je ne peux que répondre oui.<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Marié avec une associée riche d’un gros cabinet américain<br />
car toutes mes fumantes théories seront tombées à<br />
l’eau.<br />
Votre spécialité<br />
droit fiscal<br />
Elise, CRFPA<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité:<br />
Un intérêt pour la matière que je trouve ludique, un prof<br />
passionnant <strong>en</strong> maîtrise et DESS<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet:<br />
Une ambiance très sympathique <strong>des</strong> horaires tout à fait<br />
raisonnable<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne ?<br />
Travail intéressant, découverte de très nombreux domaines,<br />
implication du stagiaire, pas autant d'autonomie<br />
et de responsabilité que lors d'un précéd<strong>en</strong>t stage mais<br />
néanmoins satisfaisant<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Oui, parce que l'équipe remplit tous les élém<strong>en</strong>ts que je<br />
recherche, une bonne ambiance, <strong>des</strong> dossiers intéressants<br />
et une taille humaine, mais malheureusem<strong>en</strong>t il n'y<br />
aura probablem<strong>en</strong>t pas d'embauche <strong>en</strong> juin<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
Non<br />
Si ce n'est pas le cas, quelles sont les raisons de ce choix<br />
?<br />
Étant donné que le marché ne sera pas <strong>des</strong> plus florissants<br />
<strong>en</strong> juin, et que je n'ai pas forcém<strong>en</strong>t un bon niveau<br />
<strong>en</strong> anglais, je souhaite réaliser un VIE ou un stage à<br />
l'étranger<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
En <strong>en</strong>treprise<br />
Baromètre n°4 Page 15
BRECHON<br />
Florian, série T<br />
Le nom de votre cabinet<br />
Shearman & Sterling et Cleary Gottlieb Ste<strong>en</strong> & Hamilton<br />
(à partir du 1er avril)<br />
Votre spécialité<br />
Corporate M&A<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Pour l'alliance du droit et d'autres matières: économie,<br />
comptabilité, finance<br />
Car je m'intéresse plus à l'économie et la finance qu'aux<br />
problèmes <strong>des</strong> particuliers, et veux exercer <strong>en</strong> tant que<br />
conseil plus qu'avocat à proprem<strong>en</strong>t parler...<br />
Pour l'arg<strong>en</strong>t un peu aussi... ;-)<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
Très bonne ambiance, personnes ouvertes et disponibles.<br />
Bi<strong>en</strong> meilleure ambiance que les cabinets dans lesquels<br />
j'ai pu passé auparavant.<br />
Les horaires: 19h ou 3h du matin... Bref du M&A... ;-)<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne ?<br />
C'est très variable <strong>en</strong> fonction de la quantité de travail de<br />
l'équipe et <strong>des</strong> collaborateurs avec lesquels on travaille...<br />
Parfois travail de collaborateur à part <strong>en</strong>tière et parfois<br />
travail de stagiaire <strong>en</strong> bibliothèque à faire <strong>des</strong> recherches<br />
et <strong>des</strong> photocopies... Dans l'<strong>en</strong>semble plutôt pas mal de<br />
responsabilités.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Bi<strong>en</strong> sur...!!! Beau cabinet jouissant d'une superbe réputation<br />
<strong>en</strong> France comme à l'étranger, bonne rémunération,<br />
et équipe sympa... Ri<strong>en</strong> à redire...<br />
Mais la question n'est pas d'actualité donc ce sont juste<br />
<strong>des</strong> considérations sans fondem<strong>en</strong>t.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
Oui, autant le faire au plus vite si une collaboration se<br />
<strong>des</strong>sine... D'autant plus que le statut de BNC est plus<br />
avantageux d'un point de vu fiscal...<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Déjà, ou sur le point de passer partner dans un gros cabinet...<br />
Avec <strong>en</strong> prime, une expéri<strong>en</strong>ce à l'étranger <strong>en</strong>tre<br />
les deux, voir dev<strong>en</strong>ir partner dans un autre pays...<br />
Baromètre n°4 Page 16<br />
Votre spécialité<br />
Le droit <strong>des</strong> assurances<br />
Certifié<br />
Stéphane<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger<br />
vers cette spécialité<br />
Le droit <strong>des</strong> assurances n'est pas une matière pour laquelle<br />
on a une vocation quand on comm<strong>en</strong>ce le droit.<br />
Mais il s'agit d'une discipline qui recoupe plusieurs aspects<br />
( droit civil, accid<strong>en</strong>t du travail, droit de la santé,<br />
maladies professionnelles, retraite et prévoyance, droit<br />
de la construction, droit <strong>des</strong> affaires, successions...) et<br />
qui offre <strong>des</strong> perspectives de débouchés intéressantes,<br />
aussi bi<strong>en</strong> <strong>en</strong> cabinet qu'<strong>en</strong> <strong>en</strong>treprise.<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
L'ambiance est plutôt bonne dans mon départem<strong>en</strong>t, notamm<strong>en</strong>t<br />
<strong>en</strong>tre stagiaires, puisque nous sommes réunis<br />
au sein de la bibliothèque. Pour ce qui est <strong>des</strong> relations<br />
avec les collaborateurs ou les associés, tout le monde se<br />
tutoie, et l'ambiance est plutôt jeune et sympa. La hiérarchie<br />
se fait cep<strong>en</strong>dant bi<strong>en</strong> s<strong>en</strong>tir <strong>en</strong>tre associés, collaborateurs,<br />
et stagiaires. A chacun sa place.<br />
Pour les horaires, c'est correct: à peu près 9h15 à<br />
19h30/20h.<br />
Mais pour ce qui est <strong>des</strong> collaborateurs, ils revi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />
souv<strong>en</strong>t le week-<strong>en</strong>d.<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous<br />
donne ?<br />
Le travail est intéressant dans la mesure où il s'agit de recherches<br />
juridiques assez pointues. Il est cep<strong>en</strong>dant regrettable<br />
que nous nous n'ayons pas d'actes à rédiger <strong>en</strong><br />
dehors de notes, et que nous n'assistions pas aux audi<strong>en</strong>ces.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab' au<br />
sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Pourquoi pas. Cep<strong>en</strong>dant, il est inquiétant de voir que les<br />
collaborateurs sont rapidem<strong>en</strong>t remerciés et qu'il y a un<br />
perpétuel roulem<strong>en</strong>t au sein du cabinet.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
Oui, probablem<strong>en</strong>t.<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
On verra bi<strong>en</strong>...Si tout va bi<strong>en</strong> j'aurai crée mon cabinet.<br />
Sinon, peut-être salarié dans une <strong>en</strong>treprise d'assurance...
non conforme<br />
BENAROCH<br />
David<br />
Le nom de votre cabinet :<br />
DRS <strong>Avocats</strong><br />
Votre spécialité:<br />
Propriété Littéraire et artistique et droit <strong>des</strong> affaires<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de<br />
vous diriger vers cette spécialité<br />
J'avais <strong>en</strong>vie de faire de la propriété intellectuelle,<br />
pour le coté "people", j'aimerais bi<strong>en</strong> faire du<br />
droit de la presse aussi. C'est un droit réc<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />
plein "boom" et cela a une image plutôt séduisante,<br />
pas comme du fiscal, ou du droit public<br />
jugés unanimem<strong>en</strong>t plus rébarbatifs.<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
Les horaires sont 9h 15 - 19h, avec une pause<br />
dej d'une heure. C'est plutôt correct et c'est<br />
même très cool si l'on se réfère aux esclaves du<br />
corporate. L'ambiance, c'est 7 femmes et moi,<br />
elles sont jeunes, mères de famille, et l’on a tous<br />
une vie à côté du cabinet ce qui est plutôt sain.<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que<br />
l'on vous donne ?<br />
La qualité du travail que je r<strong>en</strong>ds est ...fantastique.<br />
Le travail qu'on me donne est varié, intéressant<br />
et formateur. Les "recherches" sont<br />
cep<strong>en</strong>dant parfois bi<strong>en</strong> compliquées.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collab'<br />
au sein de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Oui, parce que je p<strong>en</strong>se qu'il est plus facile de<br />
trouver une collab" quand on travaille déja avec<br />
les avocats.<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette<br />
année ?<br />
Oui, et même dev<strong>en</strong>ir secrétaire de la confér<strong>en</strong>ce<br />
dès l'an prochain. On a le droit de rêver à 25<br />
ans.:)<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Associé avec Nicolas BORDACHAR dans un petit<br />
cabinet avec une jolie secrétaire.:)<br />
MARLOW<br />
Nathalia, série L<br />
Le nom de votre cabinet Gramond et Associés<br />
Votre spécialité<br />
DROIT DES AFFAIRES, PROPRIETE INTELLECTUELLE ET NOUVELLES<br />
TECHNOLOGIES<br />
Les raisons pour lesquelles vous avez décidé de vous diriger vers<br />
cette spécialité<br />
De formation littéraire, je craignais l’aridité du droit et d’être assommée<br />
par les référ<strong>en</strong>ces perman<strong>en</strong>tes aux vénérables anci<strong>en</strong>s.<br />
Je voulais une matière vivante, dynamique, où la créativité et le<br />
défi intellectuel serai<strong>en</strong>t à chaque fois au r<strong>en</strong>dez-vous et sincèrem<strong>en</strong>t,<br />
je ne le regrette pas quand bi<strong>en</strong> même les perspectives<br />
de collaboration pour une débutante dans cette spécialité ne sont<br />
pas roses, sachant qu’il y a plutôt un marché pour les stages,<br />
tant dans le monde de l’<strong>en</strong>treprise que chez les avocats. Je ne<br />
désespère pas et j’y crois.<br />
L'ambiance et les horaires au sein de votre cabinet<br />
De ce que j’ai pu voir, c’est un cabinet qui a une éthique et qui<br />
laisse toute latitude à ses collaborateurs, respectant ainsi la qualité<br />
première de notre profession : être libéral. Des conditions de<br />
vie normales <strong>en</strong> somme, mais dans notre profession, on a perdu<br />
ces repères là. Dans mon cabinet, ce n’est pas le cas et j’<strong>en</strong> suis<br />
heureuse.<br />
Comm<strong>en</strong>t jugez-vous la qualité du travail que l'on vous donne ?<br />
Je suis ravie car dès le départ on m’a confié un vrai travail. C’est<br />
du bonheur <strong>en</strong> barre car j’ai trouvé un cabinet qui forme vraim<strong>en</strong>t<br />
ses stagiaires et qui ne délègu<strong>en</strong>t pas uniquem<strong>en</strong>t ses<br />
tâches ingrates et dont personne ne veut.<br />
Etes-vous intéressé par la perspective d'une collaboration au sein<br />
de ce cabinet ? Pourquoi ?<br />
Très sincèrem<strong>en</strong>t, oui, car c’est le troisième cabinet d’avocats<br />
que je fais et je trouve qu’il est constitué de personnes équilibrées<br />
et ça c’est plutôt rare dans notre métier. Par ailleurs, ils<br />
sont jeunes, dynamiques et pour certains, vraim<strong>en</strong>t brillants.<br />
Mon maître de stage m’impressionne par sa perspicacité. Je me<br />
r<strong>en</strong>ds compte que toutes ces années d’étu<strong>des</strong> m’ont un peu<br />
abrutie et que j’ai <strong>des</strong> réflexes très scolaires. Avec eux, je p<strong>en</strong>se<br />
que je me s<strong>en</strong>tirais bi<strong>en</strong> et que j’acquerrais une belle expéri<strong>en</strong>ce.<br />
Maint<strong>en</strong>ant, ils s’agrandiss<strong>en</strong>t et ont conclu pas mal de collaborations<br />
donc je ne sais pas s’ils auront de la place pour moi…<br />
P<strong>en</strong>sez-vous vous inscrire au barreau, dès cette année ?<br />
OUI et NON<br />
Si ce n'est pas le cas, quelles sont les raisons de ce choix ?<br />
Oui si je trouve une collaboration…non si je galère un peu. Je ne<br />
vais tout de même pas payer <strong>des</strong> charges, juste pour pouvoir dire<br />
que je suis inscrite au barreau.<br />
Et dans 10 ans, vous vous voyez où ?<br />
Très sincèrem<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> tant que femme, la question se pose différemm<strong>en</strong>t.<br />
Je ne me vois pas mère au foyer mais je ne voudrais<br />
pas sacrifier ma famille à ce métier, certes passionnant mais très<br />
exigeant. Il est certain que dans dix ans, soit je me serais associée<br />
soit j’aurais monté ma structure avec quelques confrères<br />
dont je tairai le nom. A défaut, j’écrirais peut-être <strong>des</strong> livres au<br />
bord de la mer ou ti<strong>en</strong>drais une librairie-expo…tous les possibles<br />
sont à v<strong>en</strong>ir et je ne veux pas m’<strong>en</strong> priver !<br />
Baromètre n°4 Page 17
Quand Internet précipite la mutation de la presse traditionnelle<br />
Pourquoi payer quand c’est gratuit<br />
?<br />
L’arrivée d’Internet a peu à peu<br />
révolutionné les habitu<strong>des</strong> de<br />
consommation de ce que l’on a<br />
coutume d’appeler les médias<br />
traditionnels. Les quotidi<strong>en</strong>s qui,<br />
jadis, ne se déclinai<strong>en</strong>t que sous format papier ont<br />
dû, sous peine de laisser passer le train de la révolution<br />
Internet, se résoudre à fournir à leurs lecteurs<br />
une version numérique de leur journal avec<br />
les conséqu<strong>en</strong>ces économiques et juridiques que<br />
cela implique.<br />
R<strong>en</strong>dre accessible gratuitem<strong>en</strong>t un cont<strong>en</strong>u qui<br />
jusqu’ici était payant n’est pas sans conséqu<strong>en</strong>ce.<br />
Des conséqu<strong>en</strong>ces qui ne sont évi-<br />
demm<strong>en</strong>t pas pour ri<strong>en</strong> dans les difficultés<br />
que travers<strong>en</strong>t actuellem<strong>en</strong>t<br />
<strong>des</strong> journaux comme Libération, Le<br />
Monde ou France-Soir.<br />
Parce que le fait de s’habituer à ne<br />
plus avoir à payer l’information a fait<br />
son chemin, <strong>des</strong> journaux papiers<br />
gratuits ont fait leur apparition, à<br />
l’image de 20 Minutes, Matin Plus, Direct<br />
Soir ou <strong>en</strong>core Métro. Même si la<br />
qualité a toujours un prix et que l’on<br />
ne peut att<strong>en</strong>dre de ce type de journaux<br />
un traitem<strong>en</strong>t de l’information<br />
d’une qualité égale à celle qu’offr<strong>en</strong>t<br />
les journaux payants, force est de reconnaître<br />
que le modèle économique mis <strong>en</strong> place,<br />
financé ess<strong>en</strong>tiellem<strong>en</strong>t par la publicité, leur a permis<br />
de se faire très rapidem<strong>en</strong>t une place dans le<br />
cœur <strong>des</strong> français, précipitant par la même occasion,<br />
le recul <strong>des</strong> v<strong>en</strong>tes de la presse traditionnelle<br />
payante.<br />
L’<strong>en</strong>gouem<strong>en</strong>t est tel pour ce type de presse que le<br />
journal Le Monde a décidé de se lancer, <strong>en</strong> février<br />
2007, dans l’av<strong>en</strong>ture du quotidi<strong>en</strong> gratuit avec<br />
Matin Plus, <strong>en</strong> s’associant pour cela au Groupe Bolloré<br />
(groupe qui édite par ailleurs Direct Soir).<br />
La presse traditionnelle va mal<br />
Ce rapprochem<strong>en</strong>t <strong>en</strong>tre le groupe Bolloré et le<br />
Monde sur « l’opération Matin Plus » est symptomatique<br />
de la mutation profonde de la presse dite<br />
traditionnelle. Édouard de Rothschild est dev<strong>en</strong>u,<br />
avec 38,87 % du capital, l'actionnaire de référ<strong>en</strong>ce<br />
du journal Libération, fondé <strong>en</strong> 1973 sous l’égide<br />
de Jean-Paul Sartre. Ce même journal a dû subir,<br />
de graves crises ces dernières années, qui ont dé-<br />
Baromètre n°4 Page 18<br />
« R<strong>en</strong>dre<br />
accessible<br />
gratuitem<strong>en</strong>t un<br />
cont<strong>en</strong>u qui<br />
jusqu’ici était<br />
payant n’est, <strong>en</strong><br />
effet, pas sans<br />
conséqu<strong>en</strong>ce »<br />
bouchées, notamm<strong>en</strong>t, sur <strong>des</strong> réductions d’effectifs<br />
et sur le départ de Serge July (remplacé par le<br />
non moins célèbre Laur<strong>en</strong>t Joffrin).<br />
Le quotidi<strong>en</strong> L’Equipe, réputé pour être l’un <strong>des</strong><br />
seuls quotidi<strong>en</strong>s français r<strong>en</strong>tables, a connu au<br />
début du mois de mars, le départ du directeur général<br />
de son groupe; départ que les raisons officielles<br />
expliqu<strong>en</strong>t par <strong>des</strong> diverg<strong>en</strong>ces stratégiques<br />
mais que les spécialistes expliqu<strong>en</strong>t par la baisse<br />
<strong>des</strong> v<strong>en</strong>tes du quotidi<strong>en</strong> <strong>en</strong> 2007 (-7,8%).<br />
Le journal Le Monde est <strong>en</strong> ce mom<strong>en</strong>t <strong>en</strong> proie à<br />
<strong>des</strong> restructurations internes. Le groupe a essuyé<br />
un déficit de 20 millions d'euros <strong>en</strong> 2007, contre<br />
14,3 millions <strong>en</strong> 2006 pour un <strong>en</strong>dettem<strong>en</strong>t qui atteint<br />
les 150 millions d'euros. Avant le départ<br />
d’Alain Minc, au mois de février, on a<br />
parlé d’une possible <strong>en</strong>trée dans l’actionnariat<br />
<strong>des</strong> groupes Lagardère et<br />
Prisa, avec tout ce que cela peut impliquer<br />
comme inquiétude pour les journalistes,<br />
qui dans ce type de structure,<br />
mettai<strong>en</strong>t <strong>en</strong> avant le fait qu’avoir<br />
parmi ses actionnaires <strong>des</strong> groupes<br />
d’une telle importance, ne pouvait que<br />
s’accompagner d’une réduction de la<br />
liberté offerte aux journalistes de la<br />
rédaction.<br />
L’indép<strong>en</strong>dance <strong>en</strong> question<br />
À l’heure où la presse est régulièrem<strong>en</strong>t<br />
accusée de faire le jeu du Présid<strong>en</strong>t<br />
de la République et de ne plus être tout à fait<br />
indép<strong>en</strong>dante, faute de pouvoir démontrer qu’il<br />
n’existe dans son actionnariat aucune personne<br />
présumée proche de Nicolas Sarkozy, il ne se passe<br />
pas une semaine sans qu’une polémique éclate.<br />
Avant-hier, il s’agissait de savoir si Vinc<strong>en</strong>t Bolloré,<br />
le propriétaire <strong>des</strong> magasins Relay, avait demandé<br />
à ses kiosquiers de cacher le titre qualifiant, dans<br />
Courrier International, Nicolas Sarkozy de « grand<br />
malade » ; hier il s’agissait de juger si oui ou non<br />
le quotidi<strong>en</strong> Le Parisi<strong>en</strong> avait commis une faute <strong>en</strong><br />
laissant le soin au service de communication du<br />
Présid<strong>en</strong>t de la République de rajouter<br />
dans la retranscription d’une<br />
interview accordée à ses lecteurs,<br />
une phrase qui n’avait pas été prononcée<br />
et qui laissait <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre qu’il<br />
regrettait d’avoir traité un visiteur<br />
du salon de l’agriculture de « pauvre<br />
con ». Et demain ?
L’Internet comme planche de salut<br />
Dans ce contexte de conc<strong>en</strong>tration <strong>des</strong> médias, certains<br />
ont vu dans l’Internet une vraie possibilité pour <strong>des</strong><br />
journalistes de continuer à s’exprimer librem<strong>en</strong>t tout <strong>en</strong><br />
touchant un nombre important de lecteurs. Lancé le 6<br />
mai 2007 par d’anci<strong>en</strong>s journalistes de Libération, le site<br />
www.rue89.com a été à l'origine, de l'annonce de l'abst<strong>en</strong>tion<br />
de Cécilia Sarkozy lors du deuxième tour de<br />
l'élection présid<strong>en</strong>tielle et de la suppression d'un article<br />
sur le sujet dans le Journal du Dimanche. Le Journal du<br />
Dimanche, appart<strong>en</strong>ant à Arnaud Lagardère, un proche<br />
de Nicolas Sarkozy, cette révélation a contribué à relancer<br />
le débat sur l’indép<strong>en</strong>dance <strong>des</strong> médias.<br />
De nombreux sites Internet, dit de journalisme<br />
participatif, ont été créés ces<br />
derniers mois à l’image de<br />
Backchich.info et Bondyblog, le post.fr<br />
(édité par Le Monde) ou <strong>en</strong>core Agoravox.<br />
Profitant de cette t<strong>en</strong>dance, <strong>des</strong><br />
éditorialistes de r<strong>en</strong>om, Christophe Barbier,<br />
Jean-Michel Apathie, Guy Bir<strong>en</strong>baum,<br />
Frantz-Olivier Giesbert ont fait de<br />
leur blog un espace de liberté sur lequel ils ont coutume<br />
de laisser aller leur esprit critique bi<strong>en</strong> au-delà de ce<br />
qu’ils se permett<strong>en</strong>t dans les éditoriaux publiés et diffusés<br />
dans les organes de presse, avec lesquels ils collabor<strong>en</strong>t<br />
régulièrem<strong>en</strong>t (L’Express, RTL, 20<br />
minutes, Le Point).<br />
Le dernier <strong>des</strong> sites Internet créés par d’anci<strong>en</strong>s<br />
journalistes est le fait d’Edwy Pl<strong>en</strong>el<br />
qui n’est, ni plus ni moins que, l’ex-directeur<br />
de la rédaction du Monde. Mediapart.fr,<br />
journal <strong>en</strong> ligne d’information<br />
généraliste qu’il vi<strong>en</strong>t de créer prét<strong>en</strong>d<br />
s’adresser « à une cli<strong>en</strong>tèle que ni l’offre<br />
papier existante ni l’offre <strong>en</strong> ligne ne satisfont<br />
aujourd’hui » et précise que ce « projet<br />
est né d’un double constat partagé par<br />
une équipe de journalistes expérim<strong>en</strong>tés :<br />
la crise de la presse papier qui est une crise<br />
de l’offre éditoriale ; la crise de croissance<br />
du web, dont les pot<strong>en</strong>tialités au service <strong>des</strong><br />
citoy<strong>en</strong>s éclairés ne sont pas exploitées au<br />
mieux et qui appelle l’inv<strong>en</strong>tion d’un nouveau<br />
modèle d’information de presse ». Ce<br />
site est notamm<strong>en</strong>t à l’origine de la publication<br />
<strong>en</strong> exclusivité <strong>des</strong> extraits de la déposition<br />
du trader, Jérôme Kerviel, devant la<br />
brigade financière (cf. Affaire de la société<br />
générale).<br />
Par ailleurs, Jacques Peyrat (anci<strong>en</strong> maire de<br />
Nice) Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Cavada,<br />
Françoise De Panafieu, Rama Yade, ou <strong>en</strong>core Jean Sarkozy<br />
ont pu s’apercevoir à leur dép<strong>en</strong>s à quel point il<br />
est dev<strong>en</strong>u difficile de prét<strong>en</strong>dre t<strong>en</strong>ir <strong>des</strong> propos « privés<br />
» <strong>en</strong> public (sic) faute de s’être assurés que la caméra<br />
d’un journaliste « amateur » ou professionnel<br />
n’était pas prés<strong>en</strong>te à leurs côtés.<br />
Vers une peoplelisation<br />
de<br />
l’information ?<br />
« Dans ce<br />
contexte de<br />
conc<strong>en</strong>tration <strong>des</strong><br />
médias, certains<br />
ont vu dans<br />
l’Internet une vraie<br />
possibilité pour<br />
<strong>des</strong> journalistes de<br />
continuer à<br />
s’exprimer<br />
librem<strong>en</strong>t tout <strong>en</strong><br />
touchant un<br />
nombre important<br />
de lecteurs ».<br />
La montée <strong>en</strong><br />
puissance de est traitée l’information. »<br />
ce journalisme<br />
de l’instantanéité,<br />
qui r<strong>en</strong>d le monde de la presse <strong>en</strong>core plus<br />
concurr<strong>en</strong>tiel qu’il ne l’était à la grande époque de la<br />
presse papier, n’est donc pas sans conséqu<strong>en</strong>ce. La recherche<br />
du scoop à laquelle se livre <strong>des</strong> journalistes, qui<br />
ne sont plus t<strong>en</strong>us à <strong>des</strong> délais de parution stricts, peut<br />
s’avérer contreproductive.<br />
La réc<strong>en</strong>te affaire du SMS prét<strong>en</strong>dum<strong>en</strong>t <strong>en</strong>voyé par le<br />
Présid<strong>en</strong>t de la République à son ex-femme est née<br />
suite à une publication de l’information sur le site<br />
www.nouvelobservateur.fr. Après que l’auteur de l’article<br />
et le site Internet du magazine ai<strong>en</strong>t été poursuivis<br />
(fait inédit) au pénal pour « faux, usage de faux et recel<br />
», Jean Daniel, fondateur historique de l’hebdomadaire<br />
a pris position, dans un éditorial intitulé "Une erreur ?<br />
Oui", <strong>en</strong> indiquant : « Si j'avais eu l'information dont Airy<br />
Routier a disposé, je me serais empressé de m'<strong>en</strong> détourner<br />
», avant de préciser à propos du traitem<strong>en</strong>t par<br />
le Présid<strong>en</strong>t de la République de sa vie privée que « c'est<br />
précisém<strong>en</strong>t parce qu'il faisait tout pour nous<br />
<strong>en</strong>traîner dans son univers qu'il ne fallait pas<br />
s'y laisser conduire ».<br />
Les directeurs de la rédaction du Nouvel Observateur,<br />
Guillaume Malaurie et Michel Labro<br />
ont, pour leur part, pointé un dysfonctionnem<strong>en</strong>t<br />
au sein de leurs services : « Ce confid<strong>en</strong>tiel<br />
proposé par notre journaliste Airy<br />
Routier, <strong>en</strong>quêteur aguerri du magazine, a<br />
été transmis directem<strong>en</strong>t au responsable du<br />
site, qui l'a mis <strong>en</strong> ligne. Si cet article avait été<br />
prés<strong>en</strong>té - comme cela aurait dû l'être - à la<br />
direction de la rédaction, il est probable,<br />
sinon certain, qu'il n'aurait pas été publié."<br />
Avant d'ajouter : "du moins pas sous cette<br />
forme ».<br />
Ces témoignages mett<strong>en</strong>t <strong>en</strong> lumière le réc<strong>en</strong>t<br />
reproche que l’on fait à la presse qu’elle<br />
soit traditionnelle ou new look, à savoir celui<br />
d’une peoplelisation progressive. Après la<br />
publication de la photographie d’une Simone<br />
De Beauvoir nue <strong>en</strong> couverture de son magazine,<br />
c’est donc la deuxième fois que le Nouvel<br />
Observateur, hebdomadaire réputé<br />
sérieux, est accusé de vouloir v<strong>en</strong>dre du papier<br />
avec <strong>des</strong> scoops dignes de Voici ou Closer.<br />
La presse française est incontestablem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> mutation.<br />
Internet a joué un rôle important dans cette métamorphose.<br />
Espérons qu’elle saura garder sa spécificité et résister<br />
à la t<strong>en</strong>tation d’une peoplelisation de l’information<br />
qui la rapprocherait du modèle <strong>des</strong> tabloïds britanniques.<br />
Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />
« Il est difficile de nier que ce<br />
journalisme participatif<br />
provoque une mutation<br />
progressive de la façon dont<br />
Baromètre n°4 Page 19
Quand les faits divers s'<strong>en</strong> mêl<strong>en</strong>t...<br />
Par décision du 21 février 2008, le Conseil constitutionnel a déclaré conformes à la<br />
Constitution sous certaines réserves les dispositions les plus controversées de la loi<br />
du 25 février 2008 relative à la rét<strong>en</strong>tion de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité<br />
pénale pour cause de trouble m<strong>en</strong>tal.<br />
Ce texte regroupe deux séries de dispositions reliées<br />
par une origine commune, à savoir la volonté de réagir,<br />
<strong>en</strong> légiférant, à de tristes faits divers qui ont récemm<strong>en</strong>t<br />
considérablem<strong>en</strong>t occupé la scène médiatique. Il s'agit<br />
tout d'abord de l'article premier de la loi qui répond à<br />
une promesse faite par le Chef de l'Etat suite à l'<strong>en</strong>lèvem<strong>en</strong>t<br />
et au viol <strong>en</strong> août 2007 du jeune garçon Enis par<br />
Francis Evrard, pédophile récidiviste. Cet article a pour<br />
objet de permettre l'<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t, dans <strong>des</strong> c<strong>en</strong>tres<br />
socio-médico-judiciaires et pour une durée d'un an r<strong>en</strong>ouvelable<br />
indéfinim<strong>en</strong>t, <strong>des</strong> individus qui à l'issue de<br />
l'exécution de leur peine privative de liberté prés<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t<br />
une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité<br />
très élevée de récidive <strong>en</strong> raison<br />
d'un trouble grave de la personnalité.<br />
Cette mesure dénommée rét<strong>en</strong>tion « de<br />
sûreté » ne sera applicable qu'à titre exceptionnel<br />
à l'<strong>en</strong>contre <strong>des</strong> personnes<br />
condamnées à une peine privative de liberté<br />
supérieure ou égale à 15 ans de réclusion<br />
criminelle pour les infractions<br />
d'assassinat ou de meurtre aggravé, de<br />
torture ou actes de barbarie aggravés, de<br />
viol aggravé, d'<strong>en</strong>lèvem<strong>en</strong>t ou de séquestration<br />
aggravé commises à l'<strong>en</strong>contre<br />
d'une personne majeure ou mineure.<br />
Cette mesure n'est pas exempte de critiques.<br />
Tel que l'a dénoncé nombre de ses<br />
opposants et <strong>en</strong> tout premier lieu Robert<br />
Badinter, anci<strong>en</strong> Garde <strong>des</strong> Sceaux, elle<br />
consiste à maint<strong>en</strong>ir une personne <strong>en</strong>fermée<br />
« pour ce qu'elle est et non pour <strong>des</strong><br />
actes ou <strong>des</strong> crimes qu'elle a commis » et<br />
à priver quelqu'un de sa liberté sans infraction,<br />
au nom de sa dangerosité présumée et d'une volonté<br />
d'aboutir à un illusoire risque zéro (Journal de 20h<br />
de France 2 du 7 janvier 2008).<br />
L'une <strong>des</strong> questions fondam<strong>en</strong>tales qu'elle soulève<br />
porte sur sa nature même. Qualifiée de peine, elle serait<br />
inévitablem<strong>en</strong>t soumise au principe de non-rétroactivité<br />
<strong>des</strong> lois pénales plus sévères et ne pourrait donc<br />
s'appliquer à <strong>des</strong> individus condamnés pour <strong>des</strong> faits<br />
commis avant l'<strong>en</strong>trée <strong>en</strong> vigueur de la loi. Une mesure<br />
de sûreté ayant <strong>en</strong> revanche avant tout une vocation<br />
prév<strong>en</strong>tive et non punitive, considérer la rét<strong>en</strong>tion de<br />
sûreté comme telle revi<strong>en</strong>drait à <strong>en</strong> permettre l'application<br />
rétroactive.<br />
Une telle mesure, malgré sa dénomination trompeuse,<br />
prés<strong>en</strong>te un caractère punitif puisqu'elle aboutit à pouvoir<br />
maint<strong>en</strong>ir un individu <strong>en</strong>fermé à vie au nom d'une<br />
Elle aboutit à<br />
pouvoir<br />
maint<strong>en</strong>ir un<br />
individu<br />
<strong>en</strong>fermé à vie<br />
au nom d'une<br />
infraction possible. Selon les parlem<strong>en</strong>taires à l'origine<br />
de la saisine du Conseil constitutionnel, un tel <strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t<br />
est « une sanction manifestem<strong>en</strong>t disproportionnée<br />
au regard d'une infraction virtuelle », « une<br />
auth<strong>en</strong>tique peine privative de liberté » et la « continuation<br />
de l'emprisonnem<strong>en</strong>t dans un autre lieu » (Le<br />
Monde du 12 février 2008). Sa soumission au principe<br />
de non-rétroactivité de la loi pénale apparaissait dès<br />
lors juridiquem<strong>en</strong>t fondée.<br />
S'agissant <strong>des</strong> personnes exécutant au premier septembre<br />
2008 une peine de réclusion criminelle supérieure<br />
ou égale à 15 ans, elles pourront être soumises à<br />
une « surveillance de sûreté », consistant<br />
principalem<strong>en</strong>t dans une obligation d'assignation<br />
à domicile ou un placem<strong>en</strong>t<br />
sous surveillance électronique mobile. Ce<br />
dernier ayant été qualifié de mesure de<br />
sûreté par le Conseil constitutionnel dans<br />
une décision <strong>en</strong> date du 8 décembre<br />
2008, il n'est pas surpr<strong>en</strong>ant qu'il ait dans<br />
sa décision du 21 février 2008 admis l'applicabilité<br />
de la surveillance de sûreté à<br />
<strong>des</strong> individus condamnés pour <strong>des</strong> faits<br />
commis avant son <strong>en</strong>trée <strong>en</strong> vigueur.<br />
infraction<br />
possible.<br />
Quant aux experts psychiatres, ils sont<br />
nombreux à dénoncer le flou <strong>en</strong>tourant la<br />
notion de dangerosité et la lourde tâche<br />
que leur confie ainsi le législateur. Certains<br />
ajout<strong>en</strong>t qu'une telle mesure revi<strong>en</strong>t<br />
à nier la vertu thérapeutique de la peine.<br />
De plus, une prise <strong>en</strong> charge médicale,<br />
sociale et psychologique étant prévue <strong>en</strong><br />
rét<strong>en</strong>tion de sûreté, il est à craindre que<br />
cette disposition sonne le glas de cette prise <strong>en</strong> charge<br />
p<strong>en</strong>dant la durée « principale » de réclusion criminelle,<br />
dont chacun sait qu'elle est déjà minime, faute de<br />
moy<strong>en</strong>s matériels et humains.<br />
Pourtant, dans sa décision du 21 février 2008, le Conseil<br />
constitutionnel affirme que « la rét<strong>en</strong>tion de sûreté n'est<br />
ni une peine, ni une sanction ayant le caractère d'une<br />
punition » et qu'elle ne saurait dès lors être soumise au<br />
principe de non-rétroactivité. Il ajoute qu' « eu égard à<br />
sa nature privative de liberté, à la durée de cette privation,<br />
à son caractère r<strong>en</strong>ouvelable sans limite et au fait<br />
qu'elle est prononcée après une condamnation par une<br />
juridiction », elle « ne saurait être appliquée à <strong>des</strong> personnes<br />
condamnées avant la publication de la loi ou faisant<br />
l'objet d'une condamnation postérieure à cette date<br />
pour <strong>des</strong> faits commis antérieurem<strong>en</strong>t ».<br />
Baromètre n°4 Page 21
Ainsi, si la rét<strong>en</strong>tion de sûreté n'est pas une<br />
peine, <strong>en</strong> raison de son caractère particulièrem<strong>en</strong>t<br />
sévère elle ne saurait <strong>en</strong> principe s'appliquer<br />
à <strong>des</strong> faits commis avant son <strong>en</strong>trée <strong>en</strong><br />
vigueur.<br />
Néanmoins, selon les sages de la rue Montp<strong>en</strong>sier,<br />
les individus condamnés avant l'<strong>en</strong>trée <strong>en</strong><br />
vigueur de la loi pourront être mis <strong>en</strong> rét<strong>en</strong>tion<br />
de sûreté si, placés sous surveillance de sûreté à<br />
l'issue de leur peine, ils ont violé les obligations<br />
auxquelles ils étai<strong>en</strong>t t<strong>en</strong>us. Elle ne sera décidée<br />
qu'« <strong>en</strong> cas de stricte nécessité » si elle constitue<br />
l'unique moy<strong>en</strong> de<br />
prév<strong>en</strong>ir la commission,<br />
dont la probabilité<br />
est très élevée,<br />
<strong>des</strong> infractions <strong>en</strong><br />
cause.<br />
Il <strong>en</strong> résulte l'émerg<strong>en</strong>ce<br />
<strong>en</strong> droit français<br />
d'une nouvelle<br />
catégorie de mesure<br />
de sûreté. Traditionnellem<strong>en</strong>t<br />
restrictive<br />
de liberté ou privative<br />
de droits, elle devi<strong>en</strong>t avec la rét<strong>en</strong>tion de sûreté<br />
privative de liberté, ce qui justifie qu'elle soit<br />
soumise au régime particulier ret<strong>en</strong>u <strong>en</strong> la matière.<br />
En réponse aux craintes exprimées par les experts<br />
psychiatres, le Conseil a précisé avoir validé<br />
la rét<strong>en</strong>tion de sûreté « sous la réserve que<br />
les personnes concernées ai<strong>en</strong>t pu bénéficier,<br />
p<strong>en</strong>dant l’exécution de leur peine, <strong>des</strong> soins<br />
adaptés au trouble de la personnalité<br />
dont elles souffr<strong>en</strong>t ». Compte t<strong>en</strong>u<br />
de la très insuffisante prise <strong>en</strong> charge<br />
actuelle <strong>des</strong> dét<strong>en</strong>us et à défaut<br />
d'amélioration majeure <strong>en</strong> la matière,<br />
le respect de ladite réserve devra de<br />
facto conduire à l'exclusion du prononcé<br />
de la rét<strong>en</strong>tion de sûreté.<br />
Dès le l<strong>en</strong>demain du jour où a été r<strong>en</strong>due<br />
la décision du 21 février 2008, le<br />
Chef de l'Etat demandait au Premier<br />
présid<strong>en</strong>t de la Cour de cassation de<br />
lui faire toutes les propositions nécessaires<br />
pour que la rét<strong>en</strong>tion de sûreté<br />
puisse s'appliquer de manière rétroactive.<br />
Ce dernier lui a répondu que<br />
Baromètre n°4 Page 22<br />
Si la rét<strong>en</strong>tion de sûreté n'est pas une peine, <strong>en</strong> raison de<br />
son caractère particulièrem<strong>en</strong>t sévère elle ne saurait <strong>en</strong><br />
principe s'appliquer à <strong>des</strong> faits commis avant son <strong>en</strong>trée<br />
<strong>en</strong> vigueur.<br />
Il <strong>en</strong> résulte<br />
l'émerg<strong>en</strong>ce<br />
<strong>en</strong> droit<br />
français<br />
d'une<br />
nouvelle<br />
catégorie de<br />
mesure de<br />
sûreté.<br />
s'il acceptait le «principe d’une mission sur la récidive<br />
», il «refuserait de remettre <strong>en</strong> cause le<br />
Conseil constitutionnel» (Le Figaro du 26 février<br />
2008).<br />
En effet, selon l'article 62 de la Constitution, les<br />
décisions du Conseil constitutionnel ne sont<br />
susceptibles d'aucun recours et elles s'impos<strong>en</strong>t<br />
aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives<br />
et juridictionnelles.<br />
Dans ces conditions, la seule manière de passer<br />
outre la décision du Conseil constitutionnel résiderait<br />
ni plus ni moins<br />
dans une modification<br />
de la Constitution.<br />
tion immédiate.<br />
En dépit de ces considérations<br />
tant morales<br />
que juridiques, un sondage<br />
IFOP pour Le Figaro<br />
révélait le 26<br />
février 2008 que 81 %<br />
<strong>des</strong> personnes interrogées<br />
approuv<strong>en</strong>t la rét<strong>en</strong>tion<br />
de sûreté, 64 %<br />
souhait<strong>en</strong>t son applica-<br />
Cette vive polémique a, par ailleurs, fortem<strong>en</strong>t<br />
occulté le second volet de la loi, égalem<strong>en</strong>t d'importance,<br />
relatif à la déclaration d'irresponsabilité<br />
pénale pour cause de trouble m<strong>en</strong>tal. Il fait<br />
suite au meurtre <strong>en</strong> 2004 de deux infirmières<br />
dans un hôpital psychiatrique de Pau. Le juge<br />
d'instruction, confirmé <strong>en</strong> cela par la chambre de<br />
l'instruction le 14 décembre 2007, avait r<strong>en</strong>du<br />
une ordonnance de non-lieu fondée<br />
sur l'exist<strong>en</strong>ce d'un trouble psychique<br />
ayant aboli le discernem<strong>en</strong>t de l'auteur<br />
au mom<strong>en</strong>t de la commission <strong>des</strong><br />
faits.<br />
Face aux familles <strong>des</strong> victimes, certains<br />
acteurs du monde politique<br />
avai<strong>en</strong>t déploré l'abs<strong>en</strong>ce de procès.<br />
L'article 3 de la loi s'intègre donc dans<br />
ce mouvem<strong>en</strong>t de « victimisation » du<br />
procès pénal.
81 % <strong>des</strong> personnes interrogées approuv<strong>en</strong>t la rét<strong>en</strong>tion de sûreté.<br />
L'ordonnance d'irresponsabilité<br />
pénale pour<br />
cause de trouble m<strong>en</strong>tal,<br />
dans laquelle le juge<br />
d'instruction devait déjà<br />
préciser s'il existait <strong>des</strong><br />
charges suffisantes établissant<br />
que l'intéressé<br />
a commis les faits qui<br />
lui sont reprochés,<br />
pourra être soumise à l'exam<strong>en</strong> de la chambre de<br />
l'instruction. Cette dernière r<strong>en</strong>dra, si cela est justifié,<br />
un arrêt de déclaration d'irrespon-<br />
sabilité pénale pour cause de trouble<br />
m<strong>en</strong>tal à l'issue de l'interrogatoire de la<br />
personne mise <strong>en</strong> exam<strong>en</strong> et d'une audi<strong>en</strong>ce<br />
qui sera par principe publique. La<br />
chambre pourra assortir sa décision du<br />
prononcé d’une mesure de sûreté, telle<br />
que l'interdiction d'<strong>en</strong>trer <strong>en</strong> relation<br />
avec la victime de l'infraction ou de dét<strong>en</strong>ir<br />
une arme.<br />
C'est oublier qu'un tel individu n'est pas<br />
<strong>en</strong> mesure de compr<strong>en</strong>dre la portée de<br />
ses actes et de démêler le bi<strong>en</strong> du mal,<br />
sa responsabilité pénale ne saurait donc<br />
être <strong>en</strong>gagée, et il n'est pas accessible à<br />
une sanction pénale. Il ne sera le plus souv<strong>en</strong>t pas<br />
davantage capable d'assimiler la cause de ces mesures<br />
de sûreté et ce qu'elles signifi<strong>en</strong>t pour lui.<br />
C'est oublier<br />
qu'un tel<br />
individu n'est<br />
pas <strong>en</strong><br />
mesure de<br />
compr<strong>en</strong>dre<br />
la portée de<br />
ses actes.<br />
Il risque d'<strong>en</strong> résulter une incompréh<strong>en</strong>sion totale,<br />
tant de la personne mise <strong>en</strong> exam<strong>en</strong> qui par hypothèse<br />
est privée de capacités de discernem<strong>en</strong>t que<br />
<strong>des</strong> parties civiles, confrontées à un individu incapable<br />
de pr<strong>en</strong>dre la mesure de ce qu'il a fait, de leur<br />
souffrance et de leur faire les excuses dont elles ont<br />
besoin pour accomplir leur travail de deuil.<br />
Le Conseil constitutionnel a néanmoins déclaré<br />
conforme à la Constitution l'article 3 <strong>en</strong> cause, précisant<br />
que la décision de déclaration d'ir-<br />
responsabilité pénale pour cause de<br />
trouble m<strong>en</strong>tal ne constitue aucunem<strong>en</strong>t<br />
une atteinte à la présomption d'innoc<strong>en</strong>ce,<br />
la chambre de l'instruction n'étant<br />
compét<strong>en</strong>te « ni pour déclarer que cette<br />
personne a commis les faits qui lui sont<br />
reprochés ni pour se prononcer sur sa<br />
responsabilité civile ». Il a toutefois posé<br />
une limite <strong>en</strong> ret<strong>en</strong>ant que la m<strong>en</strong>tion au<br />
casier judiciaire de la déclaration d’irresponsabilité<br />
pénale, prévue initialem<strong>en</strong>t<br />
dans le projet de loi, portait une atteinte<br />
excessive à la protection de la vie privée<br />
sauf dans le cas où <strong>des</strong> mesures de sûreté<br />
ont été prononcées à l’<strong>en</strong>contre de<br />
l’intéressé.<br />
Il convi<strong>en</strong>t cep<strong>en</strong>dant de ne pas céder à ce mouvem<strong>en</strong>t<br />
de « victimisation » du procès pénal et de toujours<br />
garder <strong>en</strong> mémoire que ce dernier a avant<br />
tout pour objet la sanction d'un trouble causé à l'ordre<br />
public et non la réparation <strong>des</strong> dommages causés<br />
par l'infraction.<br />
Djinn Quévreux, Série J, Promotion 2008<br />
Baromètre n°4 Page 23
Cellar Door : "l’art tous azimuts" de Loris Gréaud<br />
L’exposition Cellar Door était l’un <strong>des</strong> événem<strong>en</strong>ts culturels les plus att<strong>en</strong>dus de la r<strong>en</strong>trée<br />
2008 : pour la première fois, un artiste allait <strong>en</strong>vahir à lui seul les 4000 mètres carrés du Palais<br />
de Tokyo. Et cet artiste a, à peine, 29 ans !<br />
Prés<strong>en</strong>té comme le<br />
nouveau petit génie de<br />
l’art français, Loris<br />
Gréaud est sorti il y a<br />
tout juste 4 ans de<br />
l`école Nationale Supérieure<br />
<strong>des</strong> Beauxarts<br />
de Cergy où il a<br />
suivi une formation <strong>en</strong><br />
arts graphiques.<br />
Depuis, tout est allé très vite. Lauréat du prix Ricard,<br />
qui récomp<strong>en</strong>se chaque année un artiste représ<strong>en</strong>tatif<br />
de la jeune scène française, et auteur de l’exposition<br />
"Sil<strong>en</strong>ce goes more quickly wh<strong>en</strong> played<br />
backwards", à Paris, <strong>en</strong> 2005, il est <strong>en</strong>suite parti exposer<br />
à Bâle, New York, Miami mais aussi à Tokyo.<br />
Aujourd’hui, au vu du bruit que suscite<br />
son exposition Cellar Door, il apparaît<br />
indiscutable que Loris Gréaud vi<strong>en</strong>t de<br />
franchir une nouvelle étape dans sa<br />
jeune carrière d`artiste.<br />
Mais qu’<strong>en</strong> est-il exactem<strong>en</strong>t de cette<br />
exposition ?<br />
Cellar Door est un projet cristallisé autour<br />
d’une obsession : la création d’un<br />
atelier. L’objectif n’est pas de montrer<br />
une succession d’œuvres mais plutôt<br />
un tout, un <strong>en</strong>semble cohér<strong>en</strong>t, un<br />
work in progress qui nous permettrait<br />
de r<strong>en</strong>trer dans le cerveau de l’artiste et<br />
de nous dévoiler ses recherches, ses<br />
obsessions, l’ambiance qu’il veut créer<br />
et les influ<strong>en</strong>ces qui agiss<strong>en</strong>t sur lui.<br />
Ainsi, tout nous est donné à voir de la<br />
salle de contrôle de l’exposition à la<br />
régie à l’intérieur de laquelle un ingénieur<br />
orchestre le tout.<br />
Cela aboutit à la création d’une sorte d’organisme<br />
mouvant, "une usine m<strong>en</strong>tale", qui met tous nos s<strong>en</strong>s<br />
à contribution. La vue, évidem<strong>en</strong>t, puis l’ouïe, avec<br />
un habillage sonore signé Thomas Roussel, le goût,<br />
avec <strong>des</strong> bonbons (sans goût) <strong>en</strong> v<strong>en</strong>te dans <strong>des</strong> distributeurs<br />
automatiques, mais aussi l’odorat, avec<br />
<strong>des</strong> émanations de parfum. Ca n’est d’ailleurs pas<br />
une première pour l’artiste puisqu’<strong>en</strong> 2005 il avait<br />
déjà fait s<strong>en</strong>sation <strong>en</strong> recréant, avec l’aide de sci<strong>en</strong>tifiques,<br />
l’odeur de la planète ou de la barre chocolatée<br />
Mars dans l’une de ses œuvres.<br />
Baromètre n°4 Page 24<br />
« Pour la première<br />
fois, un artiste allait<br />
<strong>en</strong>vahir à lui seul les<br />
4000 mètres carrés<br />
du Palais de Tokyo.<br />
Et cet artiste a, à<br />
peine, 29 ans ! »<br />
Son inspiration puise dans de nombreuses sources :<br />
culture populaire, cinéma grand public...etc. Comm<strong>en</strong>t<br />
ne pas p<strong>en</strong>ser au film Sleepy Hollow de Tim<br />
Burton lorsque l’on pénètre dans la forêt d’arbres recouverts<br />
de poudre à canon, et au-<strong>des</strong>sus de laquelle<br />
se trouve une lune aux couleurs changeantes ?<br />
Pourtant, Loris GREAUD se place tout autant dans une<br />
lignée très moderniste de l’histoire de l’art comme le<br />
témoigne, par exemple, ce clin d’œil fait au dadaïste<br />
Kurt SCHWITTERS - qui avait déjà créé une installation<br />
(le "Merz bau") autour d’un atelier - <strong>en</strong> appelant<br />
l’une de ses œuvres "Merz Ball", alors qu’<strong>en</strong> réalité, il<br />
ne s’agissait que d’un imm<strong>en</strong>se terrain de paintball<br />
dans lequel s’affront<strong>en</strong>t quatre joueurs professionnels.<br />
Comme les artistes modernistes auxquels<br />
il se réfère, Loris Gréaud a la volonté de<br />
mélanger l`art et la vie et de faire tomber<br />
les frontières <strong>en</strong>tre les musées et le<br />
monde extérieur. Comme il le dit luimême,<br />
"j’ai toujours eu un furieux besoin<br />
de décloisonner les choses" car "je crois<br />
<strong>en</strong> l’art tous azimuts" !<br />
L’exposition ne se visite pas de manière<br />
linéaire ; le parcours se construit de manière<br />
personnelle et atypique car c’est<br />
une balade particulière dans le monde de<br />
l’artiste, un lieu où il n’y aurait ni début,<br />
ni fin, mais qui serait au contraire constitué<br />
d’un espace temps incertain, plein de<br />
sauts chronologiques et de mises <strong>en</strong><br />
abyme, et, ce, à l’instar d`un film de<br />
David Lynch (l’un <strong>des</strong> cinéastes préférés<br />
de Loris Gréaud).<br />
Cette exposition doit ainsi se vivre<br />
comme une expéri<strong>en</strong>ce dans laquelle il<br />
nous est proposé de perdre tous nos repères<br />
pour, peut être, mieux se redécouvrir.<br />
A voir donc...<br />
Exposition Cellar Door au Palais de Tokyo, 13, av<strong>en</strong>ue<br />
du Présid<strong>en</strong>t Wilson, 75116 Paris, jusqu’au 27<br />
avril 2008.<br />
François - Xavier Balme, série, H promotion 2008 & Daniel Mato<br />
Crédit photo : Olivier Pasqual<br />
Courtesy Loris Gréaud, Yvon Lambert Paris, New York
ARRET WEBSTER<br />
ou la fin prononcée <strong>des</strong> transferts de joueurs ?<br />
Après l'arrêt BOSMAN qui a interdit les indemnités<br />
de fin de contrat, voilà l'arrêt WEBSTER<br />
r<strong>en</strong>du <strong>en</strong> janvier par le Tribunal Arbitral du<br />
Sport.<br />
De quoi s'agit-il ?<br />
Un arrière c<strong>en</strong>tre britannique de 25 ans du<br />
nom de Andrew WEBSTER est <strong>en</strong>gagé par le<br />
club écossais d'Heart of Midlothian jusqu'au<br />
30 juin 2007 (fin de la saison sportive). Toutefois,<br />
un an avant l’échance, il décide de<br />
rompre unilatéralem<strong>en</strong>t son contrat et ce, sans<br />
véritable cause établie.<br />
Il s'<strong>en</strong>gage auprès du club anglais de Wigan,<br />
son anci<strong>en</strong> club écossais porte l'affaire devant<br />
la Chambre de résolution <strong>des</strong> litiges de la FIFA,<br />
afin d’être indemnisé financièrem<strong>en</strong>t. L’affaire<br />
passe <strong>en</strong>suite devant le TAS (expliquer pourquoi).<br />
Il faut rappeler que les règlem<strong>en</strong>ts de la FIFA<br />
<strong>des</strong> 1er septembre 2001 et 1er juillet 2005<br />
précis<strong>en</strong>t que le joueur ne peut rompre son<br />
contrat de façon unilatérale que dans certaines<br />
conditions, <strong>en</strong> fonction de son âge et<br />
de la durée restante de son contrat.<br />
Ainsi, pour un joueur âgé de moins de 28 ans,<br />
cela lui reste interdit lors <strong>des</strong> 3 premières années<br />
de son contrat. Sinon, il peut être sanctionné<br />
au le plan sportif (susp<strong>en</strong>sion) et<br />
pécunière.<br />
Baromètre n°4 Page 26<br />
Après les 3 premières années, le joueur peut<br />
rompre son contrat sans être sanctionné au le<br />
plan sportif, tout <strong>en</strong> devant s’acquitter d’une<br />
am<strong>en</strong>de au club délaissé. C’est cette am<strong>en</strong>de<br />
qui constitue ce que l’on appelle le montant<br />
du transfert ; elle est négociée de gré à gré.<br />
Pour un joueur âgé de plus de 28 ans, la période<br />
p<strong>en</strong>dant laquelle il lui est interdit de<br />
rompre unilatéralem<strong>en</strong>t son contrat passe de<br />
3 à 2 ans.<br />
Depuis l'arrêt WEBSTER, r<strong>en</strong>du le ??? janvier<br />
2008, le Tribunal Arbitral du Sport juge que<br />
désormais, le calcul du montant du transfert,<br />
ne peut plus se faire de gré à gré. Au<br />
contraire, le Tribunal fige un critère, dit "le<br />
plus approprié, <strong>en</strong> pr<strong>en</strong>ant compte le solde de<br />
la rémunération due au joueur selon le contrat<br />
de travail, au mom<strong>en</strong>t de la résiliation".<br />
La messe est dite : le footballeur professionnel<br />
devi<strong>en</strong>t un salarié de droit commun. Au<br />
cas où il doit quitter son club après la période<br />
protégée, il ne lui doit que le montant de la<br />
durée restante de son contrat. S'il reste au<br />
joueur 2 ans de contrat, le club quitté ne sera<br />
dédommagé qu'à hauteur de 2 ans de salaire<br />
et non indemnisé de gré à gré.
Quelles sont les conséqu<strong>en</strong>ces ?<br />
L'objectif de stabilité contractuelle donc d'équilibre<br />
de la compétition tant voulue par la FIFA est gravem<strong>en</strong>t<br />
mis <strong>en</strong> cause.<br />
Pour les clubs, c'est un véritable manque à gagner<br />
puisque le joueur <strong>en</strong>gagé pr<strong>en</strong>d de la valeur grâce à<br />
l'image et au prestige du club, et peut le quitter à<br />
tout mom<strong>en</strong>t dès la fin de la période de stabilité, <strong>en</strong><br />
remboursant seulem<strong>en</strong>t le montant correspondant<br />
à la durée restante de son contrat de travail.<br />
Pour les joueurs, c'est plus de liberté pour eux donc<br />
plus de mobilité et de r<strong>en</strong>trées financières.<br />
Mais rassurez vous, ce n'est pas la fin <strong>des</strong> transferts<br />
de joueurs ! Au contraire, l'arrêt WEBSTER accélère le<br />
rythme <strong>des</strong> transferts puisque le club doit tout faire<br />
pour transférer son joueur avant la fin de la 3e<br />
année s'il a moins de 28 ans et avant la fin de la 2e<br />
année si le joueur a plus de 28 ans.<br />
Moustapha KAMARA, Docteur <strong>en</strong> droit du sport, Promotion 2007 serie T.
Poutine et la Constitution<br />
Comme le rappelait le général de Gaulle, au<br />
cours de sa fameuse confér<strong>en</strong>ce de presse<br />
du 31 janvier 1964, la pratique <strong>des</strong> institutions<br />
et la répartition corrélative <strong>des</strong> pouvoirs<br />
"a naturellem<strong>en</strong>t t<strong>en</strong>u pour une part<br />
aux hommes".C'est à dire <strong>en</strong> premier lieu, à<br />
un présid<strong>en</strong>t qui a interprété son rôle de garant<br />
et d'arbitre (article 5 de la Constitution<br />
française de 1958) de manière quelque peu<br />
ext<strong>en</strong>sive. Il est vrai qu'une constitution,<br />
c'est avant tout un esprit.<br />
Rappelons que le texte confiait au gouvernem<strong>en</strong>t<br />
le soin de déterminer et conduire la<br />
politique de la Nation (article 20, ibid.) sous<br />
la direction du Premier ministre (article 21,<br />
ibid.).<br />
Les rédacteurs de 1958 ont, au moins, eu le<br />
tal<strong>en</strong>t de cette relative ambiguïté. Une ambiguïté<br />
qui a permis aux institutions de la<br />
Vème de se pratiquer sous domination présid<strong>en</strong>tielle<br />
comme sous celle d'un premier<br />
ministre de cohabitation. Sur ce point, les<br />
propositions de la commission Balladur r<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t<br />
le texte vaguem<strong>en</strong>t plus clair, <strong>en</strong> laissant<br />
le soin au présid<strong>en</strong>t de définir la<br />
politique de la Nation.<br />
Baromètre n°4 Page 28<br />
"Une constitution<br />
strictem<strong>en</strong>t<br />
présid<strong>en</strong>tialiste<br />
pour une pratique<br />
primo-ministérielle."<br />
Eltsine se serait inspiré tant de la Constitution<br />
française qu’américaine et les aurai<strong>en</strong>t<br />
instrum<strong>en</strong>talisé, dans un contexte où ces<br />
deux pays avai<strong>en</strong>t une forte charge fantasmagorique<br />
sur le peuple russe. Pour sa part,<br />
le texte de la Constitution russe de 1993 ne<br />
frappe pas par sa plasticité. Sur cette question<br />
ess<strong>en</strong>tielle de la répartition <strong>des</strong> pouvoirs<br />
au sein de l'exécutif, la constitution<br />
française a porté plus dans son esprit que<br />
dans sa lettre.<br />
En effet, garant et arbitre comme <strong>en</strong> France,<br />
le présid<strong>en</strong>t russe est quant à lui chargé explicitem<strong>en</strong>t<br />
de déterminer les ori<strong>en</strong>tations<br />
fondam<strong>en</strong>tales de la politique intérieure et<br />
extérieure de l'Etat (article 80 de la Constitution<br />
russe).<br />
Le gouvernem<strong>en</strong>t de la Fédération de Russie<br />
se cont<strong>en</strong>te, pour sa part, d'exercer le pouvoir<br />
exécutif (article 110, ibid.), sous la direction<br />
d'un Premier ministre qui fixe<br />
comme seules ori<strong>en</strong>tations fondam<strong>en</strong>tales,<br />
celles de l'activité de son gouvernem<strong>en</strong>t (article<br />
113, ibid.).
Sur ce plan, le présid<strong>en</strong>t Vladimir Poutine a<br />
été irréprochable : la lettre, l'esprit, la pratique<br />
dans une symbiose présid<strong>en</strong>tialiste.<br />
Malheureusem<strong>en</strong>t, au milieu de ce bel édifice,<br />
traîne à l’article 81 de la constitution<br />
russe une scorie américaine quelque peu<br />
déplaisante : "Une même personne ne peut<br />
exercer la fonction de Présid<strong>en</strong>t de la Fédération<br />
de Russie plus de deux mandats<br />
consécutifs" . Plusieurs scénarii ont été élaborés<br />
ces dernières années, <strong>en</strong> partant du<br />
postulat qu'une violation ouverte de la<br />
constitution n'était pas <strong>en</strong>visageable : révision<br />
de la constitution, création d'une nouvelle<br />
<strong>en</strong>tité avec la Biélorussie dont Vladimir<br />
Poutine aurait été le prési-<br />
d<strong>en</strong>t…etc. Ceux-ci se sont avérés<br />
à ce jour trop compliqués à<br />
mettre <strong>en</strong> œuvre.<br />
Ainsi, ces derniers mois, une solution<br />
a été avancée, un peu<br />
comme une farce au début, puis<br />
comme le futur institutionnel de<br />
la Russie, depuis la désignation<br />
de Dmitri Medvedev comme<br />
candidat aux prochaines élections<br />
présid<strong>en</strong>tielles : le présid<strong>en</strong>t<br />
devi<strong>en</strong>drait Premier<br />
ministre.<br />
Il faut beaucoup d'imagination<br />
pour faire du Premier ministre<br />
russe, l'homme fort du<br />
régime. Une inv<strong>en</strong>tivité dans<br />
l'herméneutique constitutionnelle<br />
qu'ont eu - faut-il<br />
le rappeler - avant Poutine<br />
et ses stratèges juridiques,<br />
nombre de leaders <strong>des</strong> démocraties<br />
occid<strong>en</strong>tales.<br />
Dans le contexte russe, le<br />
cas vaut plus comme une incongruité, une<br />
curiosité constitutionnelle (le passage sans<br />
révision ni changem<strong>en</strong>t de majorité parlem<strong>en</strong>taire,<br />
d'un régime présid<strong>en</strong>tialiste à un<br />
régime primo-ministériel). L'URSS était,<br />
d'ailleurs, paraît-il un régime parlem<strong>en</strong>taire.<br />
Toutefois, on peut voir dans cette incarnation<br />
nouvelle du poste de premier ministre,<br />
autre chose qu'une confirmation de la dictature<br />
ou qu'un happ<strong>en</strong>ing constitutionnel.<br />
Il y a dans tout simulacre <strong>des</strong> opportunités<br />
pour la vérité, le jeu avec le réel n'étant pas<br />
sans danger pour celui qui joue. Les institutions<br />
ont leur logique propre et l'exemple<br />
<strong>des</strong> démocraties occid<strong>en</strong>tales est là pour<br />
témoigner, que le parlem<strong>en</strong>tarisme et son<br />
"Il y a dans<br />
tout<br />
simulacre<br />
<strong>des</strong><br />
opportunités<br />
pour<br />
la vérité."<br />
socle qu'est la philosophie<br />
libérale se sont<br />
toujours développés<br />
dans les interstices de<br />
la force et du m<strong>en</strong>songe,<br />
au cœur <strong>des</strong><br />
ambiguïtés d'un exécutif<br />
autoritaire.<br />
A jouer au chef de majorité parlem<strong>en</strong>taire,<br />
Vladimir Poutine rappelle qu'il existe un<br />
Parlem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> Russie lui redonne symboliquem<strong>en</strong>t<br />
une valeur.<br />
Le symbole est limité, brouillé et la probabilité<br />
de voir le futur premier mi-<br />
nistre russe redev<strong>en</strong>ir présid<strong>en</strong>t<br />
de la Russie à brève échéance est<br />
grande.<br />
Toutefois, dans un contexte de<br />
néant politique, de mépris pour<br />
le droit (dixit la "dictature de la<br />
loi" chère à Vladimir Poutine), de<br />
dégradation <strong>des</strong> libertés et <strong>des</strong><br />
pratiques démocratiques <strong>en</strong> Russie,<br />
la moindre ambiguïté institutionnelle<br />
doit être vue comme<br />
une chance, une opportunité<br />
pour les contre-pouvoirs que ne<br />
compte pas la Russie, de redonner<br />
aux mots leur s<strong>en</strong>s auth<strong>en</strong>tique.<br />
La Perestroïka fut sur ce<br />
point une inédite révolution<br />
linguistique dans laquelle<br />
derrière Andreï Sakharov les<br />
mots liberté, démocratie,<br />
constitution, parlem<strong>en</strong>tarisme,<br />
droits de l'homme<br />
abandonnèr<strong>en</strong>t le s<strong>en</strong>s<br />
donné par la novlangue soviétique, pour<br />
retrouver leur signification véritable dans le<br />
débat politique.<br />
Le souv<strong>en</strong>ir de la Perestroïka est funeste<br />
pour les Russes, mais les erreurs commises<br />
à cette époque apparti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t au passé.<br />
Vladimir Poutine a m<strong>en</strong>é, <strong>en</strong> huit ans, sa<br />
propre perestroïka avec un relatif succès.<br />
Espérons, au moins, pour les journalistes,<br />
intellectuels et dissid<strong>en</strong>ts qui croupiss<strong>en</strong>t<br />
<strong>en</strong> prison ou <strong>en</strong> hôpital psychiatrique, que<br />
volontairem<strong>en</strong>t ou par inadvertance, il <strong>en</strong>gagera<br />
<strong>en</strong> tant que premier ministre sa<br />
glasnost (tchékiste un jour, tchékiste toujours<br />
?) et sa demokratizatsiya .<br />
Nicolas Gardères, Série S, Promotion 2008<br />
Baromètre n°4 Page 29
INTERVIEW<br />
R<strong>en</strong>contre avec................ Charlotte Plantin !<br />
« je ress<strong>en</strong>tais<br />
une peur<br />
incroyable à<br />
l’idée de me<br />
jeter dans<br />
l’arène »<br />
12ème secrétaire de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage<br />
Charlotte Plantin est secrétaire de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage depuis le mois de janvier<br />
2008. Diplômée d’HEC et de l’Université de Paris 1, elle est inscrite au barreau de<br />
Paris depuis 2005, date à laquelle elle a intégré le cabinet Bredin Prat <strong>en</strong> tant que collaboratrice<br />
<strong>en</strong> cont<strong>en</strong>tieux. Une jeune femme pétillante et dynamique, dont on devine<br />
le sacré tempéram<strong>en</strong>t. R<strong>en</strong>contre…<br />
Quand as-tu décidé de passer le concours de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage ?<br />
Je me suis inscrite au concours après deux ans et demi de barreau. En réalité,<br />
j’<strong>en</strong> avais l’<strong>en</strong>vie depuis que je suis étudiante <strong>en</strong> droit, mais mes premières années<br />
de collaboration ne m’<strong>en</strong> ont pas laissé le temps. Et puis surtout, je ress<strong>en</strong>tais<br />
une peur incroyable à l’idée de me jeter dans l’arène.<br />
Peux-tu nous expliquer <strong>en</strong> deux mots comm<strong>en</strong>t est organisé le concours ?<br />
Le concours se déroule sur une année. A l’issue du 1er tour, qui se ti<strong>en</strong>t de janvier<br />
à juin, 36 candidats sont sélectionnés pour le 2ème tour. A l’issue du<br />
deuxième tour, ils seront seulem<strong>en</strong>t 24. Puis 12 seront finalem<strong>en</strong>t élus après le<br />
dernier tour.<br />
Comm<strong>en</strong>t sont choisis les sujets ?<br />
Chaque Secrétaire est <strong>en</strong> charge de l’organisation de deux séances du 1er tour, pour lesquelles<br />
il choisit un invité, et propose deux choix de sujets. Les candidats ont connaissance<br />
<strong>des</strong> sujets quinze jours à l’avance, et s’inscriv<strong>en</strong>t pour le sujet qu’ils ont choisi, pour y répondre<br />
par l’affirmative ou par la négative.<br />
Qu’est-ce qui t’a personnellem<strong>en</strong>t décidé à franchir le pas, et à t’inscrire au concours ?<br />
La bi<strong>en</strong>veillance du cabinet dans lequel j’étais (et je suis toujours) collaboratrice. Un <strong>des</strong><br />
associés m’a particulièrem<strong>en</strong>t poussée à me lancer et j’ai eu le souti<strong>en</strong> indéfectible <strong>des</strong> autres<br />
associés avec lesquels je travaille. Le dernier déclic s’est produit lorsque j’ai vu, affiché<br />
au Palais, le sujet prévu pour le prochain premier tour.<br />
Quel était ce sujet ?<br />
« Faut-il tuer le père ? ». Je me souvi<strong>en</strong>drais toujours <strong>des</strong> trois sujets sur lesquels j’ai travaillé,<br />
pour chacun <strong>des</strong> trois tours. Mais celui-ci, le premier, m’a donné l’élan nécessaire<br />
pour franchir le pas. Une sorte de clin d’œil, au regard de ma vie personnelle et de mon parcours<br />
jusqu’à là.<br />
Comm<strong>en</strong>t as-tu vécu ces trois tours de concours ?<br />
Avec beaucoup de trac. Je crois n’avoir jamais eu aussi peur de toute ma vie que durant les<br />
quelques minutes qui précédai<strong>en</strong>t chacun de mes passages. Lorsque désormais je vais plaider<br />
au Palais, l’appréh<strong>en</strong>sion est moins forte. D’autres candidats <strong>en</strong> revanche ress<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t<br />
moins cette appréh<strong>en</strong>sion, c’est un s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t très personnel. Je crois que j’ai « surinvesti »<br />
ce concours, parce qu’il me t<strong>en</strong>ait vraim<strong>en</strong>t à cœur.<br />
Baromètre n°4 Page 30
Comm<strong>en</strong>t t’es-tu préparée à ces passages ?<br />
C’est un exercice difficile, surtout pour les 2ème et 3ème tours, pour lesquels le candidat tire<br />
au sort, et donc ne choisit pas, les sujets sur lesquels il passe. J’ai mis à contribution mon <strong>en</strong>tourage,<br />
aussi bi<strong>en</strong> les avocats que les membres de ma famille ou mes amis, afin qu’ils lis<strong>en</strong>t<br />
mon discours et me fass<strong>en</strong>t part de leur avis. Je me suis aussi beaucoup <strong>en</strong>traînée toute seule<br />
devant ma glace !<br />
Qu’as-tu ress<strong>en</strong>ti le jour où tu as appris ton élection ?<br />
J’ai eu le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t que la boucle était bouclée, même s’il me<br />
reste beaucoup de choses à vivre dans ma vie d’avocat. Je<br />
crois pouvoir dire que ce concours, c’est la chose dont je suis<br />
la plus fière. Mais c’est aussi une grande responsabilité, et au<br />
quotidi<strong>en</strong>, dans l’exercice de mes prérogatives de Secrétaire,<br />
je me remets souv<strong>en</strong>t <strong>en</strong> question.<br />
Comm<strong>en</strong>t est l’ambiance <strong>en</strong>tre les Secrétaires ?<br />
Excell<strong>en</strong>te. C’est un peu le miracle de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage. Nous ne nous connaissions absolum<strong>en</strong>t<br />
pas avant, nous v<strong>en</strong>ons d’horizons très différ<strong>en</strong>ts et ne nous sommes pas choisis,<br />
notre seul point commun est que nous faisons tous du droit, mais dans <strong>des</strong> domaines très divers.<br />
Et pourtant, le courant est tout de suite passé <strong>en</strong>tre nous, nous sommes très liés les uns<br />
aux autres. Je p<strong>en</strong>se, et j’espère, que cela continuera bi<strong>en</strong> après cette année passée <strong>en</strong>semble<br />
à la Confér<strong>en</strong>ce.<br />
En quoi consiste ta mission ?<br />
En tant que Secrétaire, je reçois les commissions d’office lorsque je suis de perman<strong>en</strong>ce au Palais.<br />
Les Secrétaires ont notamm<strong>en</strong>t le monopole de la commission d’office <strong>en</strong> matière criminelle,<br />
et pour les dossiers de r<strong>en</strong>voi <strong>en</strong> matière de comparution immédiate devant la 23ème Chambre<br />
du Tribunal Correctionnel de Paris. En tant que 12ème Secrétaire, je suis égalem<strong>en</strong>t Trésorière<br />
de la Confér<strong>en</strong>ce.<br />
Comm<strong>en</strong>t vis-tu cette expéri<strong>en</strong>ce ?<br />
« Etre Secrétaire reste<br />
très impliquant<br />
émotionnellem<strong>en</strong>t et<br />
humainem<strong>en</strong>t »<br />
Après deux mois et demi, je me r<strong>en</strong>ds compte que la tâche n’est pas facile ; souv<strong>en</strong>t, il n’est pas<br />
évid<strong>en</strong>t de cloisonner sa vie personnelle et sa vie professionnelle, même si quand je r<strong>en</strong>tre le soir<br />
chez moi, j’essaie de faire la part <strong>des</strong> choses et de me consacrer pleinem<strong>en</strong>t à mes autres activités,<br />
et à ma vie privée. Etre Secrétaire reste très impliquant émotionnellem<strong>en</strong>t et humainem<strong>en</strong>t.<br />
Pourtant, il faut garder à l’esprit que nous sommes là pour déf<strong>en</strong>dre un cli<strong>en</strong>t, et non<br />
pour assumer un rôle d’assistante sociale, même si la déf<strong>en</strong>se pénale demande nécessairem<strong>en</strong>t<br />
beaucoup d’empathie. Circonscrire mon interv<strong>en</strong>tion à la seule déf<strong>en</strong>se du cli<strong>en</strong>t me permet de<br />
faire la part <strong>des</strong> choses.<br />
Dans l’esprit du grand public, et parfois dans celui <strong>des</strong> avocats eux-mêmes, le vrai avocat, c’est<br />
celui qui plaide. Dirais-tu qu’<strong>en</strong> te mettant ainsi au service de la déf<strong>en</strong>se pénale, tu touches aux<br />
vraies origines de la profession d’avocat ?<br />
C’est vrai que l’image du l’avocat telle qu’elle est généralem<strong>en</strong>t véhiculée, c’est surtout celle de<br />
l’avocat de palais, du ténor du barreau plaidant de gran<strong>des</strong> affaires pénales. En ce qui me<br />
concerne, tous les avocats sont de vrais avocats, il n’y aucune distinction à opérer. Passer la<br />
Confér<strong>en</strong>ce du Stage n’a donc ri<strong>en</strong> d’un retour aux sources, mais il faut quand même avoir <strong>en</strong>vie<br />
de ce à quoi ça donne accès, c’est-à-dire une activité pénale int<strong>en</strong>se.<br />
Baromètre n°4 Page 31<br />
INTERVIEW
« C’est une<br />
impuissance forte<br />
et implacable que je<br />
ress<strong>en</strong>s dans ces<br />
instants là, lorsque<br />
j’ai le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t de<br />
me battre avec la<br />
seule énergie du<br />
désespoir »<br />
INTERVIEW<br />
Y a-t-il d’ailleurs un profil particulier pour faire un bon Secrétaire de la Confér<strong>en</strong>ce ?<br />
Déjà, je ti<strong>en</strong>s à préciser que la Confér<strong>en</strong>ce n’a pas de « critères de sélection » préétablis<br />
de ses membres. Le jugem<strong>en</strong>t qui est opéré sur les candidats reste quant à lui<br />
dans le secret <strong>des</strong> délibérations, il n’y a pas de consignes préalables. Chaque candidat<br />
a la maîtrise de son discours. La seule vraie règle qu’il doit garder <strong>en</strong> tête est qu’il<br />
s’agit d’un concours d’éloqu<strong>en</strong>ce, avec trois maîtres mots : plaire, émouvoir et<br />
convaincre. Ce que l’on doit percevoir derrière son tal<strong>en</strong>t oratoire et sa<br />
conviction, c’est l’avocat qu’il peut être.<br />
De ce point de vue, je ne crois pas qu’il existe un profil type du bon<br />
candidat, ou que les pénalistes aguerris ont nécessairem<strong>en</strong>t un avantage<br />
concurr<strong>en</strong>tiel. Les avocats dits « d’affaires » ont égalem<strong>en</strong>t <strong>des</strong> qualités<br />
intéressantes pour faire de bons candidats, et, au-delà, de bons Secrétaires<br />
: ils ont généralem<strong>en</strong>t une bonne maîtrise du raisonnem<strong>en</strong>t juridique,<br />
et une faculté d’écoute et de conseil réelle. Il ne faut pas oublier<br />
que le bon pénaliste c’est d’abord celui qui parvi<strong>en</strong>t à faire passer un<br />
message, à persuader de quelque chose. Derrière les faits et l’éloqu<strong>en</strong>ce,<br />
il y a toujours la démonstration juridique.<br />
Te souvi<strong>en</strong>s-tu de r<strong>en</strong>contres marquantes ?<br />
J’<strong>en</strong> fais toutes les semaines. Les minutes et les heures qui suiv<strong>en</strong>t un<br />
interrogatoire, ou une audi<strong>en</strong>ce de comparution immédiate, le dossier<br />
me colle à la peau, c’est ce qui fait aussi que c’est parfois difficile de<br />
sortir de cette ambiance particulière. En y réfléchissant, je me souvi<strong>en</strong>s<br />
d’un personnage très charismatique, très cultivé, avec lequel j’ai passé<br />
de nombreuses heures avant son r<strong>en</strong>voi sur comparution immédiate,<br />
durant lesquelles j’ai été éblouie par le récit de sa vie. Alors que je doute<br />
souv<strong>en</strong>t de mes plaidoiries, j’ai eu le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t ce jour là d’avoir été à<br />
la hauteur de l’<strong>en</strong>jeu, tellem<strong>en</strong>t il m’a donné la force de déf<strong>en</strong>dre sa cause. Je crois<br />
que c’est quelqu’un qui restera longtemps dans mes souv<strong>en</strong>irs.<br />
On a parfois l’impression d’une justice d’abattage, surtout <strong>en</strong> matière de comparution<br />
immédiate. T’est-il déjà arrivé de te s<strong>en</strong>tir impuissante, face au peu de temps dont tu<br />
disposes pour préparer la déf<strong>en</strong>se d’un cli<strong>en</strong>t ?<br />
Souv<strong>en</strong>t, oui. Il faut distinguer deux situations. Lors <strong>des</strong> r<strong>en</strong>vois sur comparution immédiate,<br />
je me s<strong>en</strong>s souv<strong>en</strong>t impuissante par manque de temps, c’est vrai. Le cli<strong>en</strong>t a<br />
déjà été déf<strong>en</strong>du par un confrère lors de sa première comparution, et il est très dommage<br />
qu’il n’y ait pas davantage de suivi. Lorsque je r<strong>en</strong>contre une personne dans la<br />
salle même de l’audi<strong>en</strong>ce, et seulem<strong>en</strong>t quelques minutes avant son audition, je ne<br />
peux évidemm<strong>en</strong>t pas connaître parfaitem<strong>en</strong>t son dossier, et je le regrette.<br />
Je me s<strong>en</strong>s égalem<strong>en</strong>t parfois impuissante lors <strong>des</strong> mises <strong>en</strong> exam<strong>en</strong> criminelles, mais<br />
pour d’autres raisons. Là, j’ai davantage eu le temps de voir mon cli<strong>en</strong>t, de discuter<br />
avec lui, de cerner sa personnalité et son parcours. Et j’ai le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t que cette fois,<br />
c’est le juge que nous allons r<strong>en</strong>contrer <strong>en</strong>semble, que cela soit le juge d’instruction<br />
ou le juge <strong>des</strong> libertés et de la dét<strong>en</strong>tion, qui lui n’a pas disposé de ce temps. Le juge<br />
connait le dossier certes, mais bi<strong>en</strong> il ne connait pas la personne, comme nous avocats<br />
pouvons la connaître. C’est une impuissance forte et implacable que je ress<strong>en</strong>s<br />
dans ces instants-là, lorsque j’ai le s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t de me battre avec la seule énergie du<br />
désespoir.<br />
Baromètre n°4 Page 32
C’est une question que l’on pose souv<strong>en</strong>t aux pénalistes : es-tu prête à déf<strong>en</strong>dre n’importe<br />
qui ?<br />
En l’état actuel, j’ai du mal à imaginer le fait de refuser un dossier pour une question<br />
de consci<strong>en</strong>ce ou d’éthique personnelle. Je p<strong>en</strong>se que l’avocat n’est pas là pour trouver<br />
LA vérité du dossier, c’est là le rôle <strong>des</strong> <strong>en</strong>quêteurs de justice. Il est là pour déf<strong>en</strong>dre<br />
la vérité de son cli<strong>en</strong>t. Aujourd’hui, je me s<strong>en</strong>s prête à déf<strong>en</strong>dre toutes ces<br />
vérités-là.<br />
Pour finir, quel conseil donnerais-tu aux élèves avocats qui souhait<strong>en</strong>t passer le<br />
concours ?<br />
Je crois vraim<strong>en</strong>t que tous les avocats devrai<strong>en</strong>t passer le concours, même ceux qui n’y<br />
ont jamais p<strong>en</strong>sé. Il est tout à fait normal d’appréh<strong>en</strong>der un tel exercice, mais si on a<br />
la chance d’être élu, c’est une année tellem<strong>en</strong>t trépidante que l’on est am<strong>en</strong>é à vivre,<br />
que finalem<strong>en</strong>t l’on se demande comm<strong>en</strong>t on a pu, un seul instant, douter de l’intérêt<br />
que cela peut revêtir.<br />
Entreti<strong>en</strong> réalisé par Anne-Lise COLONNA DE LECA, série C, promotion 2007<br />
Pour <strong>en</strong> savoir plus : le site internet de la Confér<strong>en</strong>ce du Stage :<br />
http://www.laconfer<strong>en</strong>ce.net/<br />
Baromètre n°4 Page 33<br />
INTERVIEW
Les cabinets anglo-saxons sont réputés pour<br />
leur cli<strong>en</strong>tèle <strong>des</strong> plus sélectives. Les tarifs<br />
horaires de leurs avocats variant <strong>en</strong>tre 350<br />
et 650 euros <strong>en</strong> moy<strong>en</strong>ne, leurs prestations<br />
ne s'adress<strong>en</strong>t qu'à <strong>des</strong> cli<strong>en</strong>ts haut de<br />
gamme, industriels fortunés ou chefs d'<strong>en</strong>treprise<br />
à succès.<br />
Pourtant, de petites start-up innovantes aimerai<strong>en</strong>t<br />
bi<strong>en</strong> pouvoir accéder à leurs services.<br />
Ultra-spécialisées, ces <strong>en</strong>treprises nouvelles générations<br />
ne peuv<strong>en</strong>t se cont<strong>en</strong>ter, pour garantir<br />
la protection de leurs intérêts<br />
de consulter un avocat généraliste<br />
mais doiv<strong>en</strong>t se diriger vers<br />
de vrais spécialistes <strong>en</strong> la matière.<br />
Pour mieux compr<strong>en</strong>dre ce<br />
système Béatrice BIHR<br />
a accordé<br />
une interview au Baromètre<br />
à bâtons rompus<br />
Pourquoi avoir eu l'<strong>en</strong>vie de s'ouvrir à une cli<strong>en</strong>tèle<br />
de start-up innovantes, qui ont souv<strong>en</strong>t <strong>des</strong><br />
budgets limités?<br />
Au début de ma carrière, j'ai travaillé pour <strong>des</strong><br />
start-up internet, c'est ainsi que j'ai pu réaliser<br />
que de petites <strong>en</strong>treprises pouvai<strong>en</strong>t avoir un<br />
pot<strong>en</strong>tiel de croissance important.<br />
Aujourd'hui <strong>en</strong> tant que responsable du départem<strong>en</strong>t<br />
Sci<strong>en</strong>ces de la vie et biotechnologies au<br />
sein du cabinet Dewey & LeBoeuf, je considère<br />
qu'on ne peut pas se priver de conseiller <strong>des</strong> sociétés<br />
qui seront les prochaines "success stories"<br />
de demain.<br />
Par ailleurs, les problématiques juridiques soulevées<br />
par ces sociétés sont souv<strong>en</strong>t aussi complexes<br />
et intéressantes que celles auxquelles<br />
sont confrontées les sociétés de plus gran<strong>des</strong><br />
tailles.<br />
Comm<strong>en</strong>t procédez-vous pour la conv<strong>en</strong>tion<br />
d'honoraire? Quid de la r<strong>en</strong>tabilité pour le cabinet?<br />
Une t<strong>en</strong>dance réc<strong>en</strong>te montre que les gros cabinets<br />
anglo-saxons s'intéress<strong>en</strong>t de plus <strong>en</strong> plus<br />
à ces petites sociétés susceptibles de dev<strong>en</strong>ir les<br />
grands acteurs économiques de demain comme<br />
le fur<strong>en</strong>t à leur époque Google et Microsoft.<br />
Pionnière dans cette politique d'ouverture, Maître<br />
Béatrice BIHR, counsel et responsable du départem<strong>en</strong>t<br />
Sci<strong>en</strong>ces de la vie et biotechnologies<br />
au sein du cabinet américain DEWEY & LEBOEUF<br />
à Paris, a ouvert les portes de son départem<strong>en</strong>t<br />
aux jeunes biotechs pleines d'av<strong>en</strong>ir.<br />
INTERVIEW L'autre visage <strong>des</strong> cabinets anglo-saxons<br />
Le cabinet essaye dans la mesure du possible de<br />
s'adapter au budget de ces sociétés. Avant d'accepter<br />
une société de biotech comme cli<strong>en</strong>t,<br />
nous procédons à une réflexion sur ses besoins<br />
afin de déterminer comm<strong>en</strong>t, de la manière la<br />
plus économique, nous pourrons y répondre. Les<br />
options sont nombreuses <strong>en</strong> passant du forfait à<br />
un reporting régulier <strong>des</strong> frais <strong>en</strong>gagés ou à la<br />
détermination d'honoraires de résultat pour <strong>des</strong><br />
Cette décision inspirée par ses<br />
différ<strong>en</strong>tes expéri<strong>en</strong>ces internationales,<br />
est un véritable pari sur<br />
leur développem<strong>en</strong>t.<br />
opérations réussies.<br />
Offrez-vous le même service et la<br />
même mobilisation de compét<strong>en</strong>ces<br />
pour ces start-up, que<br />
pour les "big pharmas" avec lesquelles vous travaillez?<br />
Bi<strong>en</strong> <strong>en</strong>t<strong>en</strong>du les efforts que nous faisons vis-àvis<br />
<strong>des</strong> biotechs doiv<strong>en</strong>t aller de pair avec une<br />
qualité de service égale pour tous nos cli<strong>en</strong>ts.<br />
Notre objectif vise à nouer un part<strong>en</strong>ariat sur la<br />
durée avec les biotechs <strong>en</strong> misant sur leur croissance<br />
et <strong>en</strong> les accompagnant à tous les sta<strong>des</strong><br />
de leur développem<strong>en</strong>t: de la création de la société<br />
jusqu'à sa cotation <strong>en</strong> bourse ou son rachat.<br />
En conséqu<strong>en</strong>ce, la qualité de service doit être irréprochable<br />
afin de fidéliser le cli<strong>en</strong>t.<br />
Enfin, votre expéri<strong>en</strong>ce <strong>en</strong> tant que responsable<br />
du départem<strong>en</strong>t sci<strong>en</strong>ces de la vie et droit de la<br />
santé, vous fait-elle p<strong>en</strong>ser que les cabinets<br />
américains seront am<strong>en</strong>és à travailler de plus <strong>en</strong><br />
plus avec les <strong>en</strong>treprises innovantes?<br />
Pour ma part, j'ai travaillé p<strong>en</strong>dant deux ans aux<br />
États-Unis, notamm<strong>en</strong>t à New-York dans un cabinet<br />
américain où j'ai pu constater que cette<br />
évolution était déjà largem<strong>en</strong>t prés<strong>en</strong>te et <strong>en</strong><br />
plein développem<strong>en</strong>t.<br />
De nombreux cabinets américains prés<strong>en</strong>ts à<br />
Paris travaill<strong>en</strong>t pour <strong>des</strong> <strong>en</strong>treprises innovantes,<br />
<strong>en</strong> particulier dans le secteur <strong>des</strong> nouvelles technologies.<br />
Notre spécificité consiste à avoir créé<br />
un départem<strong>en</strong>t spécifiquem<strong>en</strong>t dédié aux biotechs<br />
rassemblant toutes les disciplines dont<br />
elles ont besoin (levée de fonds, droit de la santé,<br />
propriété intellectuelle, droit de la concurr<strong>en</strong>ce).<br />
Baromètre n°4 Page 34
« Sans plus att<strong>en</strong>dre » : un<br />
film plein d'humanité<br />
« Sans plus att<strong>en</strong>dre »,<br />
c'est l'histoire de deux parfaits<br />
inconnus que tout sépare.<br />
L'un est blanc,<br />
milliardaire et farouchem<strong>en</strong>t<br />
athée (Jack Nicholson),<br />
l'autre est noir, de<br />
classe moy<strong>en</strong>ne et profondém<strong>en</strong>t<br />
croyant (Morgan<br />
Freeman). Tous deux atteints<br />
d'un cancer <strong>en</strong> phase<br />
terminale, leur <strong>des</strong>tin se<br />
crois<strong>en</strong>t dans une chambre<br />
d'hôpital qu'ils sont contraints de partager. De<br />
cette improbable r<strong>en</strong>contre, naît une sincère<br />
amitié qui les conduit à dresser la liste <strong>des</strong><br />
choses à faire avant leur dernier souffle. Démarre<br />
alors un magnifique tour du monde et<br />
d'ambitieux défis, rythmés par un scénario percutant<br />
plein d'humour, sans pathos ni voyeurisme.<br />
Ce film est un agréable mom<strong>en</strong>t<br />
de cinéma, plein de beaux s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>ts<br />
et de jolis paysages. Un<br />
film plein d'humanité certes,<br />
mais pour lequel vous pouvez<br />
att<strong>en</strong>dre le DVD. Cep<strong>en</strong>dant, si<br />
vous avez besoin de vous requinquer<br />
et de vous convaincre<br />
que la vie est belle et mérite<br />
d'être vécue, alors foncez !<br />
Vous êtes <strong>en</strong> brouille avec la littérature? Lisez<br />
ceci!<br />
« Je m'appelle R<strong>en</strong>ée, j'ai cinquante-quatre ans<br />
et je suis la concierge du 7 rue de Gr<strong>en</strong>elle, un<br />
immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide,<br />
grassouillette, j'ai <strong>des</strong> oignons aux pieds et, à<br />
<strong>en</strong> croire certains matins auto-incommodants,<br />
une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis<br />
si conforme à l'image que l'on se fait <strong>des</strong><br />
concierges, qu'il ne vi<strong>en</strong>drait à l'idée de personne<br />
que je suis plus lettrée que tous ces<br />
riches suffisants. »<br />
« Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite<br />
au 7 rue de Gr<strong>en</strong>elle dans un appartem<strong>en</strong>t de<br />
riches. Mais depuis très longtemps, je sais que<br />
la <strong>des</strong>tination finale, c'est le bocal à poissons, la<br />
Baromètre n°4 Page 35<br />
Culturellem<strong>en</strong>t parlant<br />
vacuité et l'ineptie de l'exist<strong>en</strong>ce adulte. Comm<strong>en</strong>t<br />
est-ce que je le sais ? Il se trouve que je<br />
suis très intellig<strong>en</strong>te. Exceptionnellem<strong>en</strong>t intellig<strong>en</strong>te,<br />
même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision:<br />
à la fin de cette année scolaire, le jour de<br />
mes treize ans, je me suiciderai. »<br />
C'est ainsi que vous plongerez dans le délicieux<br />
ouvrage de Muriel Barbery intitulé « L'élégance<br />
du hérisson ». Un ouvrage à la plume très travaillée<br />
mais extrêmem<strong>en</strong>t fluide et mélodieuse.<br />
Vous rirez (beaucoup), vous pleurerez (peutêtre),<br />
mais le plaisir de la lecture y sera (à mon<br />
s<strong>en</strong>s) garanti ! L'histoire est assez simple, c'est<br />
là toute sa beauté. Un livre que l'on dévore et<br />
dont on redoute la fin, un peu facile soit dit <strong>en</strong><br />
passant, mais fidèle au sort de nombreux hérissons…<br />
Le bon plan à ne pas négliger : Loca-pass!<br />
Vous avez trouvé l'appart de vos<br />
rêves qui vous libérera du joug<br />
par<strong>en</strong>tal ou de votre "chambre de<br />
bonne de caractère" (compr<strong>en</strong>ez<br />
6e étage sans asc<strong>en</strong>seur avec<br />
comme bonus les WC sur le palier<br />
comme toute CDB qui se respecte)<br />
? Mais la réalité et son lot de paperasses<br />
vous rattrap<strong>en</strong>t et votre<br />
rêve fond déjà comme neige au<br />
soleil. Pour ne pas voir se désastre<br />
écologico-sociologique se produire, faute de<br />
caution ou de dépôt de garantie « suffisamm<strong>en</strong>t<br />
fiable », n'oubliez pas loca-pass ! Si vous êtes<br />
stagiaire de plus de 3 mois dans une structure<br />
privée (cabinet d'avocat compris) vous y avez<br />
droit ! Il suffira pour vous de vous r<strong>en</strong>dre sur le<br />
site www.sol<strong>en</strong>di.com. Vous y trouverez toutes<br />
les infos pour obt<strong>en</strong>ir une caution et un dépôt<br />
de garanti avancés sans intérêts et ce, avant<br />
même d'avoir signé votre bail ! C'est la caution<br />
la plus sûre que votre propriétaire puisse obt<strong>en</strong>ir<br />
<strong>en</strong> terme de solvabilité. En tant que futur<br />
Ténor du Palais, vous n'aurez aucun mal à le<br />
convaincre. Alors, elle est pas belle la vie ?!<br />
Rosiane Houngbo, Série F, Promotion 2007
Ma confér<strong>en</strong>ce du stage…<br />
Cette année, c’est pour moi une grande première<br />
: je me prés<strong>en</strong>te à la confér<strong>en</strong>ce du<br />
stage <strong>des</strong> avocats au Conseil d’Etat et à la Cour<br />
de cassation. Un exercice particulier, un<br />
concours d’éloqu<strong>en</strong>ce juridique, une plaidoirie<br />
devant les juridictions suprêmes sur <strong>des</strong><br />
problématiques qu’elles ont eues récemm<strong>en</strong>t<br />
à résoudre, ouvert à tout titulaire d’une maîtrise<br />
de droit. C’est aussi un premier pas vers<br />
cette profession particulière que j’aspire à<br />
exercer un jour : solis fas cernere solem ! A<br />
eux seuls, l’heureux <strong>des</strong>tin de regarder le soleil.<br />
Appréh<strong>en</strong>sion, excitation, trac, jubilation, je<br />
crois que je vais tout connaître,<br />
avec je l’espère, au bout<br />
du parcours, cette s<strong>en</strong>sation<br />
si agréable, quel que soit le<br />
résultat, d’être allé au bout<br />
de moi-même.<br />
C’est un sacré défi que je me<br />
lance, moi qui suis, comme<br />
vous, <strong>en</strong>core sur les bancs de<br />
l’école. Pas <strong>en</strong>core avocat, mais déjà au fond<br />
de moi l’<strong>en</strong>vie de goûter à ce petit pouvoir que<br />
l’on me donne : celui de pr<strong>en</strong>dre la parole. Et<br />
le plaisir de voir que l’on m’écoute.<br />
J’<strong>en</strong> ai vus, j’<strong>en</strong> ai <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dus, nombre de mes<br />
camara<strong>des</strong>, qui avant moi, se sont lancés dans<br />
l’exercice : petite confér<strong>en</strong>ce, concours d’éloqu<strong>en</strong>ce,<br />
je les ai toujours écoutés, souv<strong>en</strong>t applaudis,<br />
tous admirés. J’ai loué leur<br />
détermination, j’ai apprécié la justesse de<br />
leurs mots, j’ai ress<strong>en</strong>ti leur émotion. Plusieurs<br />
fois j’ai rêvé être à leur place, et espéré <strong>en</strong><br />
trouver le courage.<br />
Maint<strong>en</strong>ant, c’est à mon tour, j’<strong>en</strong>tre dans<br />
l’arène.<br />
Premier passage devant le jury, premier sujet :<br />
« L’employeur est-il t<strong>en</strong>u de pr<strong>en</strong>dre à sa<br />
charge le coût de la déf<strong>en</strong>se de son salarié <strong>en</strong><br />
Baromètre n°4 Page 36<br />
« Une autre grande<br />
première : ce soir, je<br />
porte la robe »<br />
cas de poursuites pénales exercées à son <strong>en</strong>contre<br />
pour <strong>des</strong> faits commis dans le cadre de<br />
ses fonctions ? ». Première thèse à déf<strong>en</strong>dre :<br />
la négative.<br />
Une autre grande première : ce soir, je porte<br />
la robe. Un emprunt, pour quelques heures. Un<br />
symbole.<br />
Dans la salle, <strong>des</strong> inconnus, <strong>des</strong> regards amis,<br />
<strong>des</strong> <strong>en</strong>couragem<strong>en</strong>ts sil<strong>en</strong>cieux et complices.<br />
Je me lance. Quinze minutes de discours, ça<br />
passe vite. J’observe <strong>en</strong>suite mes contradicteurs,<br />
l’une brillante, l’autre plus hésitante.<br />
Qu’ont-ils p<strong>en</strong>sé de nous tous ces g<strong>en</strong>s qui<br />
nous écout<strong>en</strong>t ? Je le saurai<br />
très vite, bi<strong>en</strong>tôt les résultats.<br />
Mais avant, un second passage,<br />
dans quelques semaines,<br />
un nouveau sujet, un<br />
nouveau public. Un autre jour<br />
aussi pour moi…mais finalem<strong>en</strong>t<br />
pas tant que cela, juste<br />
la deuxième étape d’une<br />
même histoire, celle de ma vie d’avocat.<br />
En att<strong>en</strong>dant, je vais faire mi<strong>en</strong>s leurs comm<strong>en</strong>taires,<br />
améliorer ma diction, travailler mon<br />
texte, appr<strong>en</strong>dre à gérer mes sil<strong>en</strong>ces.<br />
Je ne serai peut-être jamais secrétaire de la<br />
confér<strong>en</strong>ce. Mais je serai toujours fier d’avoir<br />
osé t<strong>en</strong>ter l’av<strong>en</strong>ture. Et je mesure la chance<br />
que j’ai d’avoir pu, l’espace de quelques<br />
séances, fréqu<strong>en</strong>ter ceux qui comme moi, un<br />
jour, se sont frottés à l’exercice. Saisir leurs<br />
conseils, accepter leurs avis, accepter leurs remarques.<br />
Avec toujours, et plus que jamais, cette certitude<br />
: moi aussi, un jour, je serai avocats aux<br />
Conseils.<br />
Stéphane-Laur<strong>en</strong>t TEXIER, Série V, Promotion 2007
CLAIR & NET<br />
To be or Note2be.com<br />
Le 29 janvier dernier, un site Internet a défrayé la chronique<br />
<strong>en</strong> proposant ni plus ni moins aux élèves <strong>des</strong> collèges<br />
et lycées de France et de Navarre de noter leurs<br />
professeurs selon <strong>des</strong> critères aussi variés que la pati<strong>en</strong>ce,<br />
la capacité d’écoute ou <strong>en</strong>core la pédagogie. Il<br />
s’était inspiré de l’une <strong>des</strong> préconisations du rapport Attali<br />
<strong>en</strong>courageant l’évaluation de la pédagogie <strong>des</strong> professeurs<br />
par leurs élèves. Les concepteurs du site ont<br />
donc mis <strong>en</strong> avant le fait que les critères de notation<br />
n’étai<strong>en</strong>t basés que sur la pédagogie « sans aucun jugem<strong>en</strong>t<br />
de valeur » (sic), et qu’il n’était pas question d’opposer<br />
professeurs et élèves, mais plutôt de donner la<br />
parole à tous afin d’améliorer le système éducatif français.<br />
Un slogan retiré depuis de la <strong>page</strong> d’accueil du site<br />
indiquait, tout de même, à l’att<strong>en</strong>tion <strong>des</strong> visiteurs, «<br />
Pr<strong>en</strong>ds le pouvoir, note tes profs ».<br />
Le site donnait accès aux fiches d’évaluation<br />
de 50 000 professeurs. Il a créé<br />
un tel buzz qu’il culminait au début du<br />
mois de mars, à 100 000 connexions par<br />
jour.<br />
Les réactions n’ont pas tardé à se faire<br />
<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre. Quelques <strong>en</strong>seignants ont créé<br />
un blog « contr<strong>en</strong>ote2be.unblog.fr » et<br />
lancé une pétition sur Internet (plus de<br />
3000 signatures) pour faire interdire le<br />
site litigieux. Différ<strong>en</strong>ts syndicats d’<strong>en</strong>seignants<br />
ont, par ailleurs, interpellé Xavier<br />
Darcos, le ministre de l’Education<br />
nationale qui a, quelques jours plus tard,<br />
condamné avec fermeté l’ouverture de<br />
tels sites <strong>en</strong> rappelant que l’évaluation<br />
<strong>des</strong> professeurs est du seul ressort de<br />
l’Education nationale.<br />
« Il a créé un tel<br />
buzz qu’il<br />
culminait au<br />
début du mois<br />
de mars,<br />
à 100 000<br />
connexions par<br />
jour »<br />
Des syndicats d’<strong>en</strong>seignants ont assigné <strong>en</strong> référé les<br />
éditeurs du site www.note2be.com <strong>en</strong> vue d’obt<strong>en</strong>ir sa<br />
fermeture. Le 3 mars 2008, le tribunal de grande instance<br />
de Paris a ainsi interdit aux fondateurs du site de<br />
donner sur Internet <strong>des</strong> données nominatives et leur a<br />
donné trois semaines pour effacer de sa base de données<br />
tous les noms de professeurs.<br />
Selon cette décision, « l’exercice <strong>des</strong> libertés d’information<br />
et d’expression a pour limite qu’il ne porte atteinte<br />
aux activités d’<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t ».Un autre syndicat avait<br />
<strong>en</strong>gagé, le 5 février, une procédure visant à faire contrôler<br />
par la Commission nationale informatique et libertés<br />
(CNIL), la légalité du site litigieux. Saisie de 17 plaintes<br />
et de plus de 160 signalem<strong>en</strong>ts relatifs au site Internet,<br />
la CNIL a utilisé les pouvoirs qui lui sont conférés par la<br />
loi Informatique et Libertés du 6 août 2004 et notamm<strong>en</strong>t<br />
par l’article 44, pour aller contrôler sur place le site<br />
<strong>en</strong> question. Le 6 mars, elle a r<strong>en</strong>du public les suites<br />
Baromètre n°4 Page 38<br />
données à cette affaire.<br />
La CNIL a déclaré dans son rapport que « le site<br />
Note2be.com est illégitime au regard de la protection<br />
<strong>des</strong> données personnelles » <strong>en</strong> ajoutant que conformém<strong>en</strong>t<br />
à ce que prévoit l'article 7 de la loi Informatique et<br />
Libertés, les <strong>en</strong>seignants doiv<strong>en</strong>t être <strong>en</strong> mesure « d'exprimer<br />
leur cons<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t » quant à la publication d'informations<br />
nominatives les concernant. Une expression<br />
qui n'est pas prévue par la plate-forme Note2be.com.<br />
Note2be aura, cep<strong>en</strong>dant, fait <strong>des</strong> émules puisque le 15<br />
mars dernier, un site dénommé Note2bib s’est créé avec<br />
pour but de donner aux pati<strong>en</strong>ts la possibilité d’évaluer<br />
leurs médecins. À quand le tour <strong>des</strong> avocats ?<br />
Le plan anti-cyber-criminalité nouveau est arrivé<br />
Michelle Alliot-Marie a prés<strong>en</strong>té un grand plan anti-cybercriminalité<br />
qui sera voté dans le cadre<br />
de la nouvelle loi d’ori<strong>en</strong>tation et de programmation<br />
pour la sécurité intérieure<br />
(LOPSI 2).<br />
L’objectif est de s’attaquer à <strong>des</strong> actes<br />
aussi variés que l’escroquerie, le phishing<br />
(technique utilisée par <strong>des</strong> fraudeurs pour<br />
obt<strong>en</strong>ir <strong>des</strong> r<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>ts personnels<br />
dans le but de perpétrer une usurpation<br />
d’id<strong>en</strong>tité), le vol de numéros de carte bancaire,<br />
le trafic de stupéfiants, le terrorisme,<br />
le racisme ou <strong>en</strong>core les atteintes à la vie<br />
privée.<br />
Pour cela, l’ars<strong>en</strong>al que la ministre de l’Intérieur<br />
a décidé de mettre <strong>en</strong> place est impressionnant.<br />
Certaines mesures font<br />
d’ores et déjà débat. Le projet propose notamm<strong>en</strong>t<br />
de faciliter l’id<strong>en</strong>tification <strong>des</strong> internautes<br />
avec l’aide <strong>des</strong> acteurs de l’Internet. L’idée<br />
consisterait à contraindre les Fournisseurs d’accès à Internet<br />
(FAI) à conserver les données de connexion p<strong>en</strong>dant<br />
un an. Jusqu'ici, seuls les cyber-cafés sont t<strong>en</strong>us<br />
de conserver ces informations p<strong>en</strong>dant un an. Cette<br />
obligation serait par ailleurs ét<strong>en</strong>due aux bornes d'accès<br />
Wifi, aux points d'accès dans les lieux publics et même<br />
aux éditeurs de messagerie électronique. Cela concerne<br />
les adresses IP, les pseudonymes, le terminal de<br />
connexion utilisé, les coordonnées de l’utilisateur, les<br />
id<strong>en</strong>tifications de cont<strong>en</strong>u mais aussi les co<strong>des</strong> d’accès<br />
et les mots de passe.
Les FAI devront donc transmettre toutes ces informations<br />
aux autorités judiciaires sur commission rogatoire.<br />
La CNIL et l’autorité de régulation <strong>des</strong><br />
communications et <strong>des</strong> postes (ARCEP) se sont prononcés<br />
contre le projet mais leur avis n’étant que<br />
consultatif, il n’empêche donc pas à ce projet d’être<br />
adopté et publié au journal officiel.<br />
Même si la ministre de l’Intérieur se déf<strong>en</strong>d d’avoir<br />
l’int<strong>en</strong>tion de « surveiller à la Big Brother », une lecture<br />
att<strong>en</strong>tive du plan anti-cybercriminalité permet<br />
de s’apercevoir qu’à défaut de le souhaiter vraim<strong>en</strong>t,<br />
cela pourrait prochainem<strong>en</strong>t dev<strong>en</strong>ir possible. Et c’est<br />
bi<strong>en</strong> dans cette possibilité offerte que se situe le<br />
cœur de la polémique.<br />
L’alcool interdit d’Internet !<br />
La société Heinek<strong>en</strong> vi<strong>en</strong>t d’être<br />
condamnée <strong>en</strong> appel suite à la diffusion<br />
de publicités sur son site internet<br />
promouvant l’alcool. Au<br />
mois de septembre 2007, l’Ag<strong>en</strong>ce<br />
nationale de prév<strong>en</strong>tion <strong>en</strong> alcoologie<br />
et addictologie (ANPAA) avait<br />
déposé une plainte contre le brasseur<br />
néerlandais.<br />
La loi Evin ne m<strong>en</strong>tionnant pas (et<br />
pour cause) Internet comme média<br />
autorisé à diffuser de la publicité<br />
sur l’alcool, le tribunal de grande<br />
instance de Paris avait dans un jugem<strong>en</strong>t<br />
r<strong>en</strong>du le 8 janvier 2008 ordonné<br />
à la société Heinek<strong>en</strong> de<br />
retirer les publicités sous une astreinte<br />
de 3000 euros par jour de<br />
retard.<br />
La société Heinek<strong>en</strong> ayant fait<br />
appel de cette décision, c’est cette<br />
fois la Cour d’appel de Paris qui, dans un arrêt <strong>en</strong><br />
date du 13 février, a confirmé le jugem<strong>en</strong>t de TGI de<br />
Paris. Elle a ajouté que le trouble est aggravé par la<br />
m<strong>en</strong>tion sur le site litigieux du slogan « For a Fresher<br />
World » (pour un monde plus frais) ; slogan laissant<br />
faussem<strong>en</strong>t suggérer que la consommation d’alcool<br />
contribuerait à l’amélioration de l’état du monde.<br />
Les producteurs, marchands et intermédiaires de vins<br />
s’inquièt<strong>en</strong>t déjà <strong>des</strong> conséqu<strong>en</strong>ces de cette décision.<br />
A suivre…<br />
Le stream(ing) ne paie plus !<br />
Les sites de streaming qui florissai<strong>en</strong>t naguère sur<br />
Internet ferm<strong>en</strong>t les uns après les autres.<br />
Le streaming est une technique permettant de voir<br />
<strong>des</strong> films sur le web sans la contrainte du téléchargem<strong>en</strong>t<br />
préalable via <strong>des</strong> logiciels spécialisés. Cette<br />
technologie prés<strong>en</strong>te égalem<strong>en</strong>t l’avantage d’être<br />
moins détectable.<br />
« Depuis peu, l’ALPA<br />
s’est lancée de façon<br />
active dans les<br />
actions judiciaires<br />
contre ce type de<br />
sites et les<br />
conséqu<strong>en</strong>ces ne se<br />
sont pas faites<br />
att<strong>en</strong>dre »<br />
Depuis peu, l’association de lutte contre la piraterie<br />
audiovisuelle (ALPA) s’est lancée de façon active<br />
dans les actions judiciaires contre ce type de sites et<br />
les conséqu<strong>en</strong>ces ne se sont pas faites att<strong>en</strong>dre.<br />
Cela a comm<strong>en</strong>cé par l’arrestation de l’administrateur<br />
du site Chacal-stream.fr à son domicile de Seine<br />
et Marne ainsi que la fermeture de son site à la fin du<br />
mois de janvier. Il était accusé d’avoir diffusé sur Internet<br />
plus de 500 films et séries <strong>en</strong> streaming.<br />
D’autres sites ont décidé de fermer de façon prév<strong>en</strong>tive<br />
à l’image de R4V3N. On pouvait lire sur la <strong>page</strong><br />
d’accueil de ce site que les motivations de cette fermeture<br />
étai<strong>en</strong>t liées à l’arrestation du fondateur de<br />
Chacal-stream.fr mais aussi aux dernières décisions<br />
de justice, notamm<strong>en</strong>t l’affaire ayant opposé Jean-<br />
Yves Lafesse au site MySpace (ordonnance<br />
de référé du 22 juin 2007)<br />
qui a abouti à la reconnaissance de<br />
la responsabilité de MySpace <strong>en</strong> tant<br />
qu’éditeur ainsi qu’à sa condamnation<br />
à hauteur de 61 000 euros à<br />
titre provisionnel.<br />
Pour information, Jean-Yves Lafesse<br />
(ex-trublion de la grande époque<br />
Canal +) avait déjà par le passé attaqué<br />
<strong>des</strong> particuliers qui avai<strong>en</strong>t<br />
donné accès sur leur site et sans son<br />
autorisation, à certains de ses<br />
sketches. L’un d’eux a d’ailleurs été<br />
condamné à une am<strong>en</strong>de de 20 000<br />
euros pour avoir mis gratuitem<strong>en</strong>t à<br />
disposition un peu plus d’une vingtaine<br />
de ses sketches.<br />
Il n’<strong>en</strong> reste pas moins que les<br />
connaisseurs ont pu constater avec<br />
un certain désarroi les fermetures<br />
successives <strong>des</strong> sites Chacal-stream.fr, Allo-stream,<br />
The world online ou <strong>en</strong>core R4V3N.<br />
Les responsables de ces sites argu<strong>en</strong>t du fait que le<br />
modèle du streaming est l’av<strong>en</strong>ir d’Internet et qu’il<br />
existe un flou juridique autour de ce système. Ils repr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />
d’ailleurs à l’<strong>en</strong>vie la loi pour la confiance<br />
dans l’économie numérique du 21 juin 2004 (LCEN)<br />
qui indique que l’éditeur est personnellem<strong>en</strong>t responsable<br />
du cont<strong>en</strong>u, soit parce qu’il <strong>en</strong> est l’auteur<br />
soit parce qu’il <strong>en</strong> a permis la diffusion, mais qu’<strong>en</strong><br />
vertu de cette même loi, l’hébergeur (auquel ils souhait<strong>en</strong>t<br />
être assimilés) n’est au contraire responsable<br />
qu’une fois que le caractère illicite d’un cont<strong>en</strong>u hébergé<br />
lui a été signalé (article 6, I, 2°).<br />
Des argum<strong>en</strong>ts qui n’ont, semble-t-il, pas suffi à<br />
empêcher l’arrestation du fondateur du site Chacalstream<br />
et qui ont même poussé les autres sites, qui<br />
se situai<strong>en</strong>t sur le même créneau, à arrêter les frais…<br />
Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />
Baromètre n°4 Page 39
Premier ministre / Avocat<br />
Derrière la barre !<br />
Dominique De VILLEPIN est dev<strong>en</strong>u avocat, <strong>en</strong> janvier<br />
dernier, par l’intermédiaire de la validation<br />
<strong>des</strong> acquis. Le Baromètre s’est rapproché de lui<br />
afin qu’il nous accorde une interview pour un prochain<br />
numéro.<br />
Un doute sur le respect de la déontologie<br />
Dans le Bulletin numéro 5, publié le 5 février 2008,<br />
on appr<strong>en</strong>ait que le Conseil de Discipline du Barreau<br />
de Paris avait décidé d’ouvrir <strong>des</strong> poursuites<br />
à l’<strong>en</strong>contre de trois avocats pour prise de contact<br />
et pressions à l’égard d’un tiers à l’occasion d’une<br />
émission de télévision hors la prés<strong>en</strong>ce de son<br />
conseil et sans lui avoir indiqué qu’il pouvait être<br />
assisté d’un avocat. Il leur est reproché un manquem<strong>en</strong>t<br />
aux principes ess<strong>en</strong>tiels définis à l’article<br />
1.3 du Règlem<strong>en</strong>t Intérieur du Barreau de Paris<br />
d’humanité, honneur, délicatesse et modération<br />
ainsi qu’aux articles 5, 8.1, 8.2, et 8.3 relatifs aux<br />
rapports avec la partie adverse.<br />
Vous aurez « sans aucun doute<br />
» compris de quelle émission il<br />
s’agit. Le prés<strong>en</strong>tateur de<br />
l’émission s’est exprimé dans la<br />
presse pour indiquer qu’il est<br />
prêt « à ne plus convier d’avocats<br />
parisi<strong>en</strong>s pour travailler<br />
avec d’autres voire sans avocats<br />
mais avec d’autres juristes. »<br />
Le respect <strong>des</strong> règles du jeu<br />
Il y a quelques mois, la société TECHLAND s'est<br />
adressée, par l’intermédiaire d’un cabinet d'avocats,<br />
à <strong>des</strong> internautes français au motif qu’ils aurai<strong>en</strong>t<br />
téléchargé le jeu « Call Of Juarez » sur <strong>des</strong><br />
réseaux peer-to-peer.<br />
Dans sa mise <strong>en</strong> demeure adressée à de multiples<br />
particuliers, l’avocat leur accordait un délai de<br />
quatorze jours pour lui adresser un <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t<br />
écrit de ne pas télécharger ni mettre à disposition<br />
le jeu concerné et pour <strong>en</strong> effacer ou supprimer<br />
toute copie. Il sollicitait, par ailleurs, le paiem<strong>en</strong>t<br />
d’une somme de quatre c<strong>en</strong>ts euros <strong>en</strong> comp<strong>en</strong>sation<br />
<strong>des</strong> pertes de sa cli<strong>en</strong>te.<br />
Le conseil a estimé qu’<strong>en</strong> recopiant <strong>des</strong> modèles<br />
de mises <strong>en</strong> demeure étrangers, l’avocat avait volontairem<strong>en</strong>t<br />
omis d’inviter certains <strong>des</strong>tinataires à<br />
consulter un conseil ce qui constitue une violation<br />
de l’article P 8.01 du Règlem<strong>en</strong>t Intérieur du Barreau<br />
de Paris. Il a égalem<strong>en</strong>t estimé qu’<strong>en</strong> reproduisant<br />
une formulation agressive, <strong>des</strong>tinée à<br />
provoquer <strong>des</strong> paiem<strong>en</strong>ts, l’intéressé a égalem<strong>en</strong>t<br />
violé les dispositions de l’article 8.2 du Règlem<strong>en</strong>t<br />
Intérieur National qui précise que l’avocat s’interdit<br />
toute prés<strong>en</strong>tation déloyale de la situation et<br />
toute m<strong>en</strong>ace. En proposant un <strong>en</strong>caissem<strong>en</strong>t <strong>des</strong><br />
règlem<strong>en</strong>ts sur un compte autre que la CARPA, le<br />
Conseil a estimé que l’avocat avait égalem<strong>en</strong>t violé<br />
les dispositions de l’article P75.2 du Règlem<strong>en</strong>t<br />
Intérieur du Barreau de Paris. Enfin, <strong>en</strong> refusant de<br />
r<strong>en</strong>dre compte à la formation de jugem<strong>en</strong>t <strong>des</strong> <strong>en</strong>caissem<strong>en</strong>ts<br />
ainsi réalisés, alors qu’elle avait été<br />
interrogée à deux reprises sur ce point, elle s’est<br />
soustraite à ses obligations déontologiques.<br />
La décision du Conseil a donc consisté <strong>en</strong> une interdiction<br />
temporaire d’exercice de la profession<br />
d’avocat p<strong>en</strong>dant une durée de 6 mois assortie de<br />
sursis mais aussi <strong>en</strong> la privation du droit de faire<br />
partie du Conseil de l’Ordre, du Conseil National<br />
<strong>des</strong> Barreaux et <strong>des</strong> autres organismes professionnels<br />
p<strong>en</strong>dant une durée de 10 ans.<br />
Fusion CPI / <strong>Avocats</strong><br />
Au début du mois de mars 2008, Maître Gérard<br />
DELILE, présid<strong>en</strong>t de l’AAPI (<strong>Association</strong> <strong>des</strong> <strong>Avocats</strong><br />
spécialistes <strong>en</strong> Propriété Intellectuelle) s’est<br />
exprimé dans une lettre exceptionnelle du Baromètre<br />
afin de nous informer sur la décision qu’allait<br />
pr<strong>en</strong>dre le CNB concernant le<br />
projet de fusion <strong>en</strong>tre les Conseils<br />
<strong>en</strong> propriété industrielle et les<br />
avocats lors de son assemblée<br />
<strong>des</strong> 14 et 15 mars.<br />
`<br />
Cette lettre exceptionnelle a provoqué<br />
<strong>des</strong> réactions. François PO-<br />
CHART, secrétaire général de la<br />
Compagnie Nationale <strong>des</strong><br />
Conseils <strong>en</strong> Propriété Industrielle<br />
(CNCPI) a immédiatem<strong>en</strong>t pris contact avec nous<br />
pour que nous lui accordions un « droit de réponse<br />
». Le 15 mars, au terme de cinq heures de débat,<br />
le CNB a approuvé le principe de la fusion <strong>en</strong>tre<br />
avocats et CPI par quarante-huit voix pour et<br />
vingt-quatre contre (un vote nul, une abst<strong>en</strong>tion<br />
et 6 membres non prés<strong>en</strong>ts, ni représ<strong>en</strong>tés).<br />
Avis aux amateurs<br />
L’immeuble qui a longtemps servi à produire<br />
d’émérites élèves-avocats pourrait désormais servir<br />
de pépinière. Le projet du Bâtonnier consiste<br />
<strong>en</strong> la restructuration <strong>des</strong> bâtim<strong>en</strong>ts que vous<br />
connaissez bi<strong>en</strong> <strong>en</strong> quatre-vingt dix bureaux de<br />
dix à douze mètres carrés. Ils seront <strong>des</strong>tinés aux<br />
avocats <strong>en</strong> « accid<strong>en</strong>t de vie » (Bulletin n°10 du 11<br />
mars 2008) et aux jeunes avocats, jusqu’à deux<br />
ans maximum, pour rebondir, ou débuter dans<br />
<strong>des</strong> conditions financières favorables.<br />
L’Ordre cherchant <strong>des</strong> locaux pour y reloger<br />
l’école, avis aux amateurs !<br />
Sadry PORLON, Série T, Promotion 2007<br />
Octave Lemiale, Série J, Promotion 2008
In Memoriam : le Bâtonnier Claude LUSSAN (1910-2008)<br />
R<strong>en</strong>dre hommage au Bâtonnier Claude LUSSAN, c’était<br />
d’abord l’opportunité de vous transmettre, telle que<br />
je l’ai ress<strong>en</strong>tie, sa substance.<br />
L’homme, Lussan, du haut de ses 98 ans, s’est éteint<br />
le 5 février 2008 au petit matin, alors qu’il devait <strong>en</strong>core<br />
plaider dans quelques semaines.<br />
Toujours à la barre, sans âge, c’est vous dire combi<strong>en</strong><br />
il était AVOCAT.<br />
Juste avant sa mort, il parlait toujours de ses projets<br />
d’av<strong>en</strong>ir et de la place dans le monde que les avocats<br />
et leur Ordre - que vous allez intégrer sous peu - devai<strong>en</strong>t<br />
occuper sans relâche et ne jamais laisser vide.<br />
Il vous parlait directem<strong>en</strong>t et simplem<strong>en</strong>t, avec clarté,<br />
aisance, justesse, les yeux pétillants et le sourire complice.<br />
Une force de la nature notre Bâtonnier LUSSAN ? Oui<br />
car il était un avocat passionné et combatif,<br />
farouchem<strong>en</strong>t moderne et optimiste,<br />
consci<strong>en</strong>t et fier de sa mission dans la société.<br />
Un avocat, finalem<strong>en</strong>t, et tout simplem<strong>en</strong>t.<br />
Historiquem<strong>en</strong>t, il restera comme le fondateur<br />
de la CARPA, qui constitue aujourd’hui<br />
l’un <strong>des</strong> principaux moteurs de<br />
l’action politique et sociale du Barreau. En<br />
tant que Bâtonnier, il maint<strong>en</strong>u notre<br />
unité, <strong>en</strong> créant l’adhésion autour de l’importance<br />
sociale de notre Ordre millénaire,<br />
lorsque la fronde de mai 1968 cherchait à<br />
abolir toutes les structures.<br />
À plus de 90 ans, il pr<strong>en</strong>ait la direction du « Comité<br />
du troisième millénaire », chargé de réfléchir à ce que<br />
serai<strong>en</strong>t la Loi et la Justice dans les temps futurs. Sous<br />
son impulsion <strong>en</strong>core, l’Ordre concluait <strong>des</strong> conv<strong>en</strong>tions<br />
avec <strong>des</strong> associations humanitaires, comme la<br />
Croix-Rouge, les Restos du Cœur ou <strong>en</strong>core le Secours<br />
Populaire, travaillant auprès <strong>des</strong> plus démunis et <strong>des</strong><br />
exclus.<br />
Enfin, plus récemm<strong>en</strong>t, il créait INITIADROIT qui,<br />
chaque année, associe <strong>des</strong> avocats à <strong>des</strong> professeurs<br />
de lycée, afin de s<strong>en</strong>sibiliser les élèves au Droit, et à<br />
son rôle déterminant dans la vie moderne, dans la réalisation<br />
du « contrat » de vie <strong>en</strong> société.<br />
Une force de la nature notre Bâtonnier LUSSAN ? Oui,<br />
car au-delà de ces réalisations fortes, c’est surtout<br />
l’Avocat et ses valeurs, qu’il incarnait à mon s<strong>en</strong>s si<br />
parfaitem<strong>en</strong>t, et dont toute sa vie il fit la promotion<br />
qu’il nous faut aujourd’hui célébrer.<br />
Il était consci<strong>en</strong>t de la mission de Justice que remplit<br />
l’Avocat. Pour ce faire, il lui semblait nécessaire de<br />
respecter les règles de confraternité, d’assurer le respect<br />
de notre robe, symbole <strong>des</strong> droits de la déf<strong>en</strong>se,<br />
et d’<strong>en</strong>tret<strong>en</strong>ir avec les magistrats une relation de dialogue<br />
et de confiance. C’est pourquoi notre déontolo-<br />
gie ne doit pas être considérée uniquem<strong>en</strong>t comme un<br />
<strong>en</strong>semble de règles contraignantes mais comme le<br />
socle de notre force et de notre dignité.<br />
Ainsi, selon lui, l’avocat devait-il travailler sans relâche<br />
ses dossiers et veiller au strict respect de la loi. Il prônait<br />
le sérieux et l’aptitude <strong>des</strong> avocats à résoudre les<br />
difficultés de ses cli<strong>en</strong>ts et, à travers eux, les <strong>en</strong>jeux<br />
de la vie moderne.<br />
Dignité, Consci<strong>en</strong>ce, Indép<strong>en</strong>dance, Probité et Humanité,<br />
tels sont les mots que bi<strong>en</strong>tôt vous prononcerez<br />
devant le Premier Présid<strong>en</strong>t de la Cour d’appel, le Procureur<br />
général et le Bâtonnier de l’Ordre. Vous, qui<br />
marcherez bi<strong>en</strong>tôt dans les pas du Bâtonnier LUSSAN,<br />
vous, qui prononcerez bi<strong>en</strong>tôt avec la ferveur qui lui<br />
sied notre serm<strong>en</strong>t, sachez que vous pourrez tous<br />
vous recommander de lui.<br />
Je ne résiste pas, <strong>en</strong> guise de conclusion, à vous transmettre<br />
son texte de chevet, un texte de Samuel<br />
Ullmann, qui lui allait si bi<strong>en</strong> et qu’il a<br />
transmis à plusieurs générations de collaborateurs<br />
:<br />
Être Jeune<br />
« La jeunesse n'est pas une période de la<br />
vie, elle est un état d'esprit, un effet de la<br />
volonté, une qualité de l'imagination, une<br />
int<strong>en</strong>sité émotive.<br />
C’est une victoire du courage sur la timidité,<br />
du goût de l'av<strong>en</strong>ture sur l'amour<br />
du confort.<br />
On ne devi<strong>en</strong>t pas vieux pour avoir vécu un<br />
certain nombre d'années, on devi<strong>en</strong>t vieux parce<br />
qu'on a déserté son idéal. Les années rid<strong>en</strong>t la peau,<br />
r<strong>en</strong>oncer à son idéal ride l'âme.<br />
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les<br />
désespoirs sont les <strong>en</strong>nemis qui l<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t nous font<br />
p<strong>en</strong>cher vers la terre et dev<strong>en</strong>ir poussière avant la<br />
mort.<br />
Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. Il demande<br />
comme l'<strong>en</strong>fant insatiable. Et après ? Il défie<br />
les événem<strong>en</strong>ts, et trouve de la joie au jeu de la vie.<br />
Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que<br />
votre doute. Aussi jeune que votre espoir. Aussi<br />
vieux que votre abattem<strong>en</strong>t.<br />
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.<br />
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif<br />
aux messages de la nature, de l'homme<br />
et de l'infini.<br />
Si un jour votre cœur allait être mordu par le pessimisme<br />
et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir<br />
pitié de votre âme de vieillard. »<br />
Barthélemy LEMIALE , Avocat à la Cour, Promotion 2006.<br />
Dernier collaborateur du Bâtonnier LUSSAN
<strong>Association</strong> <strong>des</strong> Juristes <strong>en</strong> Arbitrage :<br />
le futur Barreau de Paris à la conquête de Vi<strong>en</strong>ne<br />
Une atmosphère calme règne sur l’aéroport<br />
d’Orly Sud <strong>en</strong> ce matin du jeudi 13 mars 2008. A<br />
9h20, les passagers du vol 3303 à <strong>des</strong>tination<br />
de Vi<strong>en</strong>ne s’apprêt<strong>en</strong>t à embarquer. Tranchant<br />
avec l’ambiance de l’aéroport, sept jeunes personnes<br />
sembl<strong>en</strong>t un peu crispées, bi<strong>en</strong> qu’elles<br />
ai<strong>en</strong>t brillamm<strong>en</strong>t passé les contrôles de sécurité.<br />
Mais qui sont ces personnes qui ne cess<strong>en</strong>t<br />
de répéter le mot « Moot » ? Quels actes s’apprêt<strong>en</strong>t-elles<br />
donc à commettre dans la capitale<br />
autrichi<strong>en</strong>ne ?<br />
Avant de le découvrir, faisons un peu d’histoire<br />
: tout a comm<strong>en</strong>cé il y a un peu plus d’un an,<br />
lorsque quatre jeunes avocats et juristes parisi<strong>en</strong>s<br />
se sont mis <strong>en</strong> tête de développer l’Arbitrage<br />
et les Mo<strong>des</strong> Alternatifs de Règlem<strong>en</strong>ts <strong>des</strong><br />
Conflits auprès <strong>des</strong> juristes, <strong>des</strong> décideurs, et<br />
<strong>des</strong> jeunes avocats du Barreau de Paris <strong>en</strong> créant<br />
l’<strong>Association</strong> <strong>des</strong> Juristes <strong>en</strong> Arbitrage (AJA). Très<br />
vite, le projet a suscité un vif <strong>en</strong>gouem<strong>en</strong>t<br />
: <strong>des</strong> arbitres reconnus,<br />
<strong>des</strong> professionnels de r<strong>en</strong>om, et la<br />
sous-commission Arbitrage du Barreau<br />
de Paris ont accepté de parrainer<br />
la jeune association. Le premier<br />
projet de l’AJA a été l’organisation<br />
et l’<strong>en</strong>cadrem<strong>en</strong>t de l’<strong>en</strong>voi de la<br />
première équipe de l’Ecole de Formation<br />
du Barreau (EFB) de Paris au<br />
Moot. Séduit par ce projet, le directeur<br />
de l’Ecole, Me Gérard Nicolaÿ, a rejoint la<br />
liste grandissante <strong>des</strong> parrains, et a assuré l’AJA<br />
de l’<strong>en</strong>tière collaboration de l’EFB.<br />
Arrêtons-nous quelques instants sur ce mot :<br />
Moot ! Mais qu’est ce donc que le Moot ? Une<br />
nouvelle secte ? Pas exactem<strong>en</strong>t. Le Willem C. Vis<br />
International Commercial Arbitration Moot, de<br />
son vrai nom, consiste <strong>en</strong> une procédure arbitrale<br />
simulée qui va de la rédaction <strong>des</strong> mémoires<br />
<strong>en</strong> demande et <strong>en</strong> déf<strong>en</strong>se jusqu’aux<br />
plaidoiries qui ont lieu à Vi<strong>en</strong>ne chaque année<br />
au printemps et qui constitu<strong>en</strong>t le véritable<br />
point d’orgue du concours. Le Willem C. Vis<br />
Moot est un concours prestigieux et reconnu<br />
tant par les universitaires que par les pratici<strong>en</strong>s,<br />
du fait de son anci<strong>en</strong>neté, de la r<strong>en</strong>ommée de<br />
ses organisateurs et de ses part<strong>en</strong>aires, du nombre<br />
et de la qualité de ses participants : 177<br />
équipes prov<strong>en</strong>ant d’une cinquantaine de pays<br />
différ<strong>en</strong>ts ! Le Moot constitue un formidable r<strong>en</strong>dez-vous<br />
où converg<strong>en</strong>t universitaires, professeurs,<br />
arbitres et avocats du monde <strong>en</strong>tier.<br />
L’AJA s’étant assurée de la collaboration de qua-<br />
Baromètre n°4 Page 42<br />
tre coachs , tous pratici<strong>en</strong>s émérites du monde<br />
de l’arbitrage, a recruté une équipe de sept<br />
élèves-avocats pour porter haut les couleurs de<br />
l’EFB. Des mémoires <strong>en</strong> demande et <strong>en</strong> déf<strong>en</strong>se<br />
de qualité ont été rédigés. La préparation de la<br />
phase orale a alors comm<strong>en</strong>cé : simulations <strong>en</strong>cadrées<br />
par nos coachs, participation au pré-<br />
Moot de la Chambre de Commerce Internationale<br />
et organisation de r<strong>en</strong>contres avec les facultés<br />
de Versailles Saint Qu<strong>en</strong>tin, et d’Assas. L’équipe<br />
s’est aussi confrontée à celle d’HEC : la grande<br />
école du droit ne se devait-elle pas d’affronter<br />
la grande école de commerce ? C’est <strong>en</strong>t<strong>en</strong>du,<br />
l’équipe qui représ<strong>en</strong>te pour la première fois<br />
l’EFB au Moot 2008 est déjà une équipe aguerrie.<br />
V<strong>en</strong>dredi 21 mars 2008, il est 20h00, le vol 3308<br />
<strong>en</strong> prov<strong>en</strong>ance de Vi<strong>en</strong>ne vi<strong>en</strong>t d’atterrir. Il ramène<br />
avec lui les vaillants représ<strong>en</strong>tants de<br />
l’équipe de l’EFB. La fin d’une av<strong>en</strong>ture ? Point<br />
du tout, bi<strong>en</strong> au contraire. C’est la fin<br />
de la première étape, mais l’av<strong>en</strong>ture<br />
continue plus que jamais. L’AJA prépare<br />
déjà la sélection de la prochaine<br />
équipe de l’EFB pour le Moot 2009, et<br />
bi<strong>en</strong> d’autres projets sont <strong>en</strong> chantier.<br />
Pour <strong>en</strong> savoir plus ou nous rejoindre,<br />
une adresse :<br />
aja.arbitrage@gmail.com.<br />
Pour terminer un grand merci à nos<br />
parrains qui nous ont sout<strong>en</strong>us dès le début, à<br />
Monsieur Gérard Nicolaÿ, directeur de l’EFB, qui<br />
nous accorde sa constante confiance, aux coachs<br />
de l’équipe 2008, aux professionnels qui ont acceptés<br />
d’arbitrer les pré-Moot et <strong>en</strong>fin au<br />
Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris qui nous<br />
a accordé une subv<strong>en</strong>tion.<br />
Souhaitons dès à prés<strong>en</strong>t bonne chance à la<br />
nouvelle équipe de l’EFB promotion Abdou Diouf<br />
pour le Moot 2009 qui est d’ores et déjà <strong>en</strong> train<br />
de voir le jour, et qui par un beau matin de mars<br />
2009 s’<strong>en</strong>volera, elle aussi, à son tour, vers<br />
Vi<strong>en</strong>ne.<br />
Vanessa El Khoury, Nissim Elkaim, Ludovic Bernet, Flor<strong>en</strong>t Lager,<br />
Promotion 2007<br />
L’AJA ti<strong>en</strong>t à adresser ses remerciem<strong>en</strong>ts à Me Laur<strong>en</strong>ce Kiffer, Me<br />
Sandrine Colletier, Me D<strong>en</strong>is B<strong>en</strong>saude et Me Peter Rosher, Emmanuel<br />
Avramesco, Cécile Bor<strong>des</strong>, Vianney de Wit, Kamalia Mehtiyeva, Erwann<br />
Nicot, Amine S<strong>en</strong>ouci Bereksi, Julie Spinelli, M. Antoine Burin <strong>des</strong> Roziers,<br />
Me Yves Derains, Me Sigvard Jarvin, Me Laur<strong>en</strong>ce Kiffer, Me Philippe<br />
Lette, Me Alexis Mourre, Me Gérard Nicolay, Mme Mirèze<br />
Philippe, et Me Eduardo Silva Romero.<br />
L’AJA ti<strong>en</strong>t <strong>en</strong> particulier à remercier les Professeurs Sandrine Clavel,<br />
Gilles Cuniberti et Jan Kleinheisterkamp, Me Marc Frilet, Me Antoine<br />
Valery, Me Sophie Wernert, Me Roland Ziade et Mme Mirèze Philippe.
L’Algérie,<br />
futur pays de cocagne <strong>des</strong> avocats français ?<br />
Considéré comme un nouveau marché pour certains, comme une perte de temps pour d’autres, les<br />
réactions sont parfois excessives concernant le pot<strong>en</strong>tiel d’activités pour les avocats français qui pratiquerai<strong>en</strong>t<br />
<strong>en</strong> Algérie. En tout état de cause, ce qui est certain, c’est qu’elles ne laiss<strong>en</strong>t pas indiffér<strong>en</strong>tes.<br />
L’Algérie essaie d’être attrayante. Elle a, pour ce<br />
faire, mis <strong>en</strong> place plusieurs réformes majeures<br />
afin d’attirer les investissem<strong>en</strong>ts étrangers et<br />
moderniser son économie :<br />
- Intégration dans l'économie mondiale<br />
- Réforme du secteur public et privatisation<br />
- Réforme du secteur bancaire et financier<br />
- Réforme du Code de commerce<br />
- Refonte de la loi relative au Registre du commerce<br />
(et <strong>des</strong> sociétés ?)<br />
- Allégem<strong>en</strong>t <strong>des</strong> procédures d'inscription au<br />
Registre du commerce<br />
Indép<strong>en</strong>damm<strong>en</strong>t de cela, un <strong>des</strong> avantages certains<br />
pour les avocats français est que la langue<br />
française est communém<strong>en</strong>t parlée par les Algéri<strong>en</strong>s,<br />
ce qui ne nous oblige pas à parler anglais<br />
comme un texan.<br />
Autre point fort, le salaire minimum<br />
interprofessionnel garanti<br />
est d’<strong>en</strong>viron 100 euros par<br />
mois avec <strong>des</strong> charges sociales<br />
et fiscales assez basses<br />
puisqu’elles tourn<strong>en</strong>t autour de<br />
26,05 % contre 40% au Barreau<br />
de Paris. Par ailleurs, elles sont<br />
ret<strong>en</strong>ues à la source, ce qui nous<br />
évite de longues et fastidieuses soirées de<br />
comptabilité.<br />
En conséqu<strong>en</strong>ce, on note une grande facilité<br />
pour ceux qui désir<strong>en</strong>t ouvrir un cabinet secondaire<br />
et développer leur cli<strong>en</strong>tèle.<br />
Avec une économie <strong>en</strong> plein boom, <strong>des</strong> embauches<br />
à faible coût, <strong>des</strong> charges basses et <strong>des</strong><br />
employés qui parl<strong>en</strong>t français, on se demande<br />
alors pourquoi les grands (et petits) cabinets<br />
français, ne s’y sont pas précipités.<br />
Une <strong>des</strong> premières raisons avancée est l’inertie<br />
et à la lourdeur de l’administration qui peut dev<strong>en</strong>ir<br />
très vite fatigante.<br />
Par ailleurs, il est vrai que l’Algérie n’échappe<br />
pas aux att<strong>en</strong>tats, et <strong>en</strong>core nous ne le disons<br />
que pour ceux qui ne pass<strong>en</strong>t pas leurs vacances<br />
<strong>en</strong> Corse. Mais, d’une part les att<strong>en</strong>tats sont<br />
plus rares que ce que l’on pourrait croire et<br />
d’autre part, ils sont très localisés, autour d’Alger<br />
le plus souv<strong>en</strong>t.<br />
La vie quotidi<strong>en</strong>ne <strong>en</strong> Algérie est, dans l’<strong>en</strong>semble,<br />
heureuse et sans souci pour l’expatrié.<br />
C’est <strong>en</strong> tout cas l’opinion du Consulat français<br />
d’Oran qui a rassuré une délégation de plus de<br />
50 avocats français qui doiv<strong>en</strong>t se r<strong>en</strong>dre à Oran<br />
les 4 et 5 avril prochains.<br />
Non, le vrai problème, sans commune mesure,<br />
c’est l’administration. Ceux qui s’y adress<strong>en</strong>t<br />
perd<strong>en</strong>t tout espoir.<br />
La moindre formalité devi<strong>en</strong>t un<br />
chemin de Damas ! On change<br />
complètem<strong>en</strong>t d’avis sur notre administration.<br />
Si vous vous s<strong>en</strong>tez le courage<br />
d’<strong>en</strong>trer dans ce labyrinthe, les<br />
<strong>en</strong>treprises algéri<strong>en</strong>nes n’att<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t<br />
que vous.<br />
D’ailleurs, <strong>des</strong> cabinets français<br />
l’ont compris et ont comm<strong>en</strong>cé à s’implanter :<br />
le cabinet Gide Loyrette et Nouel, mais pas <strong>en</strong><br />
tant qu’avocat , ainsi le cabinet Lefebvre Pelletier<br />
a été le premier à s’y installer.<br />
Les deux points de croissance qui manqu<strong>en</strong>t à la<br />
France sont au Maghreb . La Fondation pour le<br />
droit contin<strong>en</strong>tal est <strong>en</strong> train de mettre <strong>en</strong> place<br />
un vaste programme d’étude et de prospective<br />
pour promouvoir l’Euro-Méditerranée. L’Union<br />
europé<strong>en</strong>ne propose ainsi <strong>des</strong> subv<strong>en</strong>tions pour<br />
inciter les échanges commerciaux <strong>en</strong>tre l’Algérie<br />
et la France.<br />
Il serait vraim<strong>en</strong>t dommage que l’on ne sache<br />
pas y saisir notre chance !<br />
Moundji MAOUI, série D, pôle international 2007<br />
Marlène GOTTE, série U, pôle international 2008<br />
Baromètre n°4 Page 43