bulletin d'information municipal - Archives municipales de Saint-Denis

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bulletin d'information municipal - Archives municipales de Saint-Denis

ulletin d'information municipal n° 32 mai 1978


pages

sommaire

3 éditorial de Marcelin Berthelot

4 cazeneuve: du nouveau

6 à propos des vaccinations

7 dossier: la sécurité

20 à la découverte de la mémoire de saint-denis

22 informations dionysiennes

28 informations sportives

30 actualités culturelles

31 courrier

32 «corps» une exposition à la basilique

Imprimerie : Paris Province Impression - 93170 Bagnolet/O.G.P.

2

transformer

un succès en victoire

Un article de ce bulletin fait le point sur le «conflit Cazeneuve ».

Depuis près de 18 mois, vous le savez, les travailleurs de l'entreprise

luttent pour que celle-ci, réputée dans le monde entier,

parfaitement viable et indispensable à la bonne santé de notre

économie, puisse continuer de produire à Saint-Denis.

Je voudrais souligner ici l'encouragement, dans cette lutte,

constitué par la nomination d'un médiateur afin de trouver une

solution au conflit.

Ce résultat positif est dû bien sûr aux actions multiples menées

avec ténacité par les travailleurs ainsi qu'au soutien permanent

de la population de notre ville, des élus, des organisations syndicales

dont il faut saluer ici la solidarité active et sans faille.

Un premier succès a donc été acquis: l'organisation d'une négociation

véritable entre le directeur (qui la refusait jusqu'à

présent) les travailleurs de l'entreprise et les pouvoirs publics.

Pour que cette négociation aboutisse au maintien de Cazeneuve

à Saint-Denis et au réemploi de ses travailleurs, il est nécessaire

que le vaste mouvement de solidarité qui soutient les «Cazeneuve»

depuis le début du conflit se poursuive et s'amplifie.

Une fois encore, faisons en sorte que la lutte unie et déterminée

trouve toute son efficacité.

Marcelin Berthelot

3


La lutte est ainsi faite... après 16 mois d'action

pour la défense de leur emploi et de la

machine-outil française, ceux que l'on

appelle maintenant les «Cazeneuve»

viennent de gagner une bataille.

Le 28 mars, ils ont décidé de réoccuper

leur entreprise, dans le but d'obtenir enfin

des négociations. Le 3 avril, ils étaient assignés

en justice à la demande de la direction

de Cazeneuve. Le 6 avril, le Tribunal

de Grande Instance de Bobigny, le même

qui, il y a un an ordonnait l'expulsion, a

nommé un médiateur chargé de «rechercher

par ses interventions tant auprès des

pouvoirs publics que de la direction, des

solutions propres à faciliter le reclassement

du personnel, la reprise des négociations,

la création d'emplois».

Entre le verdict rendu, en décembre 1976

par la direction de Cazeneuve qui décidait

froidement la fermeture de l'usine et le

licenciement de 440 travailleurs, et ce jugement

d'avril 1978, il y a la réalité vivante

d'une lutte exemplaire.

Exemplaire, «l'affaire» Cazeneuve l'est à

maints égards:

Symbole du gâchis, quand Cazeneuve,

cazeneuve :

du nouveau

fleuron de la machine-outil qui fabrique et

exploite dans 54 pays des tours parallèles

de haute qualité et de renom international,

dépose son bilan.

Gâchis humain, la fermeture de l'usine

jette surlepavé440 travailleurs. Les initiateurs

du plan d'Ornano — qui prévoit et

organise le démantèlement du secteur de

la machine-outil française — n'en sont

plus à quelques centaines de chômeurs

près... l'année 1976 a déjà vu la suppression

de 3000 emplois dans ce secteur industriel.

Symbole de l'abandon national, car dans

le même temps où l'on brade cette industrie,

la France est loin de couvrir ses propres

besoins: 6 machines-outils sur 10

sont importées de l'étranger.

Premier de tous les biens d'équipements,

la machine-outil est le secteur clé d'une

économie et son abandon sacrifie l'indépendance

nationale.

Là encore, les responsables n'en sont pas

àun abandon près... la liquidation d'autres

secteurs de pointe a précédé celle-ci : l'informatique,

l'aéronautique, le nucléaire...

et d'autres suivront comme la sidérurgie.

les «cazeneuve» accompagnés de Marcelin Berthelot et des membres du conseil municipal, au tribunal de

Bobigny.

Pierre Zarka, député et Maurice Soucheyre, maire-adjoint avec les «cazeneuve»

La lutte des Cazeneuve a symbolisé encore

un autre aspect de la politique giscardienne.

L'autoritarisme: Placés devant le fait accompli,

les travailleurs licenciés n'ont eu

d'autre recours que celui de la lutte, à

commencer par l'occupation de l'entreprise.

Lorsqu'ils demandaient des négociations

et que la direction et les pouvoirs

publics s'y refusaient, ils reçurent au bout

de 3 mois une seule réponse : à l'aube d'un

matin de printemps, l'intervention des forces

de police et leur expulsion de l'usine.

Avant eux les travailleurs de chez Chausson,

du Parisien Libéré et bien d'autres

avaient eu l'occasion de connaître cette

forme de concertation en société « libérale

avancée».

Mais il est une autre réalité, porteuse d'espoirs

celle-ci que le conflit Cazeneuve a

encore symbolisé:

La lutte et la solidarité: elles durent depuis

16 mois. La voie autoritaire choisie

par le pouvoir n'a pas porté les fruits escomptés.

La lutte a continué et a pris de

multiples formes: organisation du référendum,

délégations et manifestations

aux Ministères, en Préfecture, à l'Inspection

du Travail, au Tribunal du Commerce,

le tour de France des Cazeneuve, enfin la

réoccupation de l'entreprise le 28 mars.

Pendant ces longs mois, les Cazeneuve

ont pu compter sans réserve sur le soutien

et la solidarité active de la population dionysienne,

de ses organisations syndicales

et démocratiques, de ses élus au Conseil

général et de la municipalité.

Le Conseil municipal a soutenu leur lutte

de toutes ses forces et dès le début; ce

soutien a pris, quand il le fallait, la forme

d'aide financière. M. Berthelot a multiplié

les interventions auprès du Préfet, des Ministères,

pour obtenir l'ouverture des négociations

et l'organisation d'une table

ronde réunissant les parties concernées.

En tant que député, Pierre Zarka au lendemain

de son élection a également déposé

une question écrite au Parlement.

C'est ce vaste mouvement d'entraide autour

de la lutte opiniâtre des Cazeneuve

qui a permis d'aboutir à la nomination du

médiateur.

Cette décision de bon sens, si elle est une

victoire car elle ouvre des négociations

qui n'ont jamais lieu, ne signifie pas la fin

de la lutte. Le médiateur a quatre mois

pour instruire son dossier, quatre mois au

cours desquels le gouvernement devra

prendre ses responsabilités. Il s'est engagé

pendant la campagne électorale à

aider les secteurs décisifs pour notre économie

et qui sont en difficulté.

Une bonne occasion, pour lui, de passer

des paroles aux actes.

5


vaccination

une des formes

de la prévention

Monsieur,

Je suis allée la semaine dernière à la mairie

et j'ai remarqué devant plusieurs guichets

des coupures de journaux relatant la mort

d'enfants non vaccinés ayant attrapé la

diphtérie.

Ce fait divers permet à l'auteur de l'article

de donner un jugement partial en ce qui

concerne les vaccinations...

Pourtant, à peu près à la même époque,

des vaccins contre la grippe étaient retirés

du commerce aux Etats-Unis et en Alle-

6

magne ainsi qu'une marque de vaccin

B.C.G. Les vaccinations ne sont pas sans

danger.

Je pense que c'est une bonne idée de nous

informer au moyen d'affiches collées aux

guichets de la mairie mais à condition que

cela se fasse d'une manière aussi complète

que possible.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations

distinguées.

Régulièrement, des débats, des articles,

des lettres telles que celle ci-dessus, ont

trait au problème des vaccinations: utiles

ou inutiles? Dangereuses ou inoffensives?

Il s'agit très souvent de questions mal

posées.

En France, différentes vaccinations sont

obligatoires (contre la diphtérie, le tétanos,

la poliomélyte, la tuberculose, la variole)

d'autres facultatives.

Partant de la très juste notion que prévenir

vaut mieux que guérir, les législations

vaccinales, à côté d'autres progrès, ont

permis de voir disparaître les fléaux sociaux

que constituèrent les maladies.

Des exemples multiples pris en France, et

même très proches de notre ville confirment

la nécessité de rester vigilants et de

continuer à bien vacciner les enfants.

Le souci et la responsabilité de la municipalité

d'assurer la meilleure couverture

vaccinale de la population de Saint-Denis

sont permanents. Grâce à l'activité des

puéricultrices des Centres de P.M.I., et de

la pratique médicale de ville, les efforts en

cette direction peuvent se poursuivre.

Afin d'améliorer encore l'information aux

familles (dates de vaccinations, formalités),

les services médico-sociaux, étudient

un programme d'éducation sanitaire et de

simplification administrative qui pourrait

améliorer l'efficacité de l'action vaccinale

permanente de tous les médecins de

Saint-Denis et assurer la meilleure protection

de l'ensemble des enfants.

Nous reviendrons sur cette importante

question dans un prochain bulletin.

dossier :

la sécurité

Il ne se passe pas de jour sans que des événements apportent,

de manière parfois tragique, confirmation que le problème de

la sécurité des gens est devenu un problème grave pour la

population.

Cette notion de sécurité est extrêmement complexe. Elle évoque

spontanément la délinquance, la criminalité; mais se

réduit-elle seulement à cela? Le sentiment général d'insécurité

se traduit sous bien d'autres formes: insécurité de l'emploi

avec un million et demi de chômeurs dont près de 6000 à

Saint-Denis, insécurité du pouvoir d'achat et du lendemain

pour les salariés, les retraités qui subissent les méfaits de la

politique d'austérité menée par le gouvernement, insécurité

de l'avenir pour les jeunes qui sortent de l'école sans métier et

sans travail, insécurité pour les familles menacées d'expulsion

ou de saisie...

Dans une société en crise, l'insécurité, la violence ne sont

malheureusement ni rares ni lointaines; elles sont quotidiennes.

Un quotidien à refuser, à changer, car le droit de vivre

dans la sécurité, dans la ville ou chez soi est un droit élémentaire,

une condition de la liberté, qui doit être garanti à chacun.

La Municipalité est bien consciente de la gravité de ce problème

comme le montre entre autres la nomination récente

d'un maire adjoint spécialement affecté à la sécurité.

C'est ce dossier de la sécurité que nous ouvrons aujourd'hui

dans Saint-Denis Notre Ville. Nous vous proposons d'examiner

les différents aspects de l'insécurité, ses causes, les

moyens et les possibilités de la combattre.

Traiter un tel sujet, à fond, dans ses moindres détails est une

gageure que nous n'avons pas la prétention de tenir. C'est

pourquoi nous souhaitons recueillir vos remarques, vos précisions

sur cette question importante qui pourraient être reproduites

dans le «courrier» de ce bulletin.


dossier:

la sécurité les conditions de travail :

une des formes

de l'insécurité

absence

de sécurité

pour

les 6 000 chômeurs

de notre ville

8

Il existe, à côté de la délinquance et de la criminalité, une insécurité

quotidienne dont pâtit l'immense majorité de la population. Il s'agit

de celle, morale et matérielle, qui s'exerce dans le cadre de l'activité

professionnelle des travailleurs.

l'inquiétude du lendemain

La hausse des prix que ne compense pas celle des salaires, les

menaces sur l'emploi (22000 emplois supprimés en 20 ans à Saint-

Denis) — aggravation du chômage partiel ou total (6000 chômeurs,

25,5 % d'augmentation de celui-ci en un an dans notre ville) —

développent un climat d'insécurité dans lequel évoluent journellement

les travailleurs. Cazeneuve licenciant 420 ouvriers est pour les

Dionysiens un constant rappel de la précarité actuelle de l'emploi.

Les cadences de travail, la fatigue nerveuse, la parcellisation des

tâches, l'obéissance passive sont la cause, avec cette inquiétude,

d'une détérioration des rapports humains et familiaux.

la sécurité des ateliers,

des chantiers négligée

A l'insécurité morale s'en ajoute une autre, matérielle celle-là. La

sécurité des ateliers, des chantiers, son amélioration, sont trop souvent

sacrifiées aux exigences du profit. La loi oblige à mettre en

place un Comité d'Hygiène et de Sécurité dans les entreprises de

plus de 50 salariés, chargé de veiller à la prévention des accidents,

aux conditions de travail, à la pollution, et pouvant contacter l'inspection

du travail.

Sur l'es 20000 entreprises françaises de cette taille seuls 3000 CHS

fonctionnent à peu près normalement, chiffre estiméàune vingtaine

pour Saint-Denis. De plus, les patrons respectent rarement leurs

revendications.

Aussi la sécurité est-elle extrêmement aléatoire dans de nombreuses

entreprises; quelques exemples parmi tant d'autres:

les accidents du travail

tuent cinq fois plus que les crimes

• Pas de téléphone pour intervenir en cas d'accident chez Protec

Métal.

• Aucun règlement de sécurité n'est respecté à la Fonderie Doernen.

• Il y avait en raison de la température environ 6 évanouissements

par jour chez Pigmy.

• Les travailleurs sont sans protection chez SAEG dans des vapeurs

toxiques qui rongent le métal.

• Pas de douches, de vestiaires, de lavabos, dans la majorité des

entreprises.

• Les conditions de travail des employés de bureaux sont souvent

difficiles: température élevée, mauvais éclairage, air mal conditionné,

bruit. Des employées de la Sécurité Sociale ont ainsi mené

une lutte de trois semaines contre un travail dangereux pour la vue.

Atout cela, une seule raison : la rentabilité des entreprises. L'inspection

du Travail pourrait intervenir peut-on penser. Elle le fait, mais il

n'y a qu'un seul inspecteur à Saint-Denis, et qui ne peut le faire qu'à

l'appel des CHS. Les visites médicales enfin sont pratiquement

inexistantes, et la médecine du travail est sans moyen (0,34 % du

budget français).

Aussi le bilan est-il terrible: un accident de travail toutes les sept

secondes, 4000 morts par an en France. C'est le taux le plus élevé

des pays industrialisés. Un tel drame est survenu à Saint-Denis en

1977. Un travailleur a été brûlé vif dans l'entreprise OXCOM.

les atteintes aux libertés

à Ventreprise

Ces atteintes, et notamment les agressions contre les travailleurs

syndiqués constituent un réel danger et contribuent à l'insécurité.

L'assassinat de Pierre Maitre par un tueur de laCFT (devenue CSL) à

Reims l'a malheureusement prouvé. Des atteintes de ce type ont

fréquemment lieu dans notre ville:

les «accidents»

du travail

4 000 morts par an


dossier :

la sécurité

10

pi 55 Où 0 ri OU DBS M iuiC F S ?A T/ZOf/A

Mi'utes 5OHT ecces courte

• Citroën : les travailleurs doivent prouver leur «fidélité» à laCFTen

ramenant à leur chef le bulletin de vote CGT lors des élections

syndicales.

• EGETRA: la carte de séjour a été refusée à un travailleur immigré

pour cause d'activité syndicale.

• FTD : un délégué syndical CGT, Monsieur Matar a été menacé de

mort par l'UFT (Syndicat patronal type CFT).

• Thomson : 2 délégués syndicaux ont été traduits en justice pour

«offense» au directeur.

• SPCI : 10 travailleurs immigrés licenciés pour avoir fait la grève.

• Siemens: un cadre déqualifié, suite à son élection comme délégué

du personnel CGT.

• CDI (Pierrefite) : le PDG atenté d'écraseren camion les ouvriersen

grève.

la sécurité passe

par la sauvegarde de Vemploi

et des conditions de travail

Le pouvoir giscardien, le patronat, nient cette forme «économique»

de la violence, et la mettent au compte d'une fatalité sans cause,

comme une calamité naturelle.

Chômage, accidents du travail, lutte antisyndicale, ont une cause

commune: le profit toujours plus grand que veut tirer le patronat de

l'effort des travailleurs.

Le soutien qu'apporte la municipalité aux luttes des travailleurs pour

leur emploi, leurs conditions de travail, est une forme importante de

l'action pour la sécurité. Elle appuie et intervient constamment en ce

sens auprès des pouvoirs publics, et c'est fréquemment, comme

notamment lors d'une grève à la charcuterie Pacy, que les élus de

Saint-Denis accompagnent les délégations à la préfecture ou aux

ministères.

l'aggravation

des conditions de vie

L'insatisfaction des besoins les plus élémentaires s'accroît, les

conditions de vie se détériorent continuellement: ce constat, de

nombreux travailleurs le font quotidiennement. L'inquiétude, l'incertitude,

qu'il cause sont une forme d'insécurité.

la baisse du pouvoir d'achat

et ses conséquences

• 6 millions de Français gagnent moins de 2000 F par mois

• 12 millions (45 % des travailleurs) moins de 2500 F

• le pouvoir d'achat a baissé en France de 7 % depuis 1974 dont

4,1 % depuis que Monsieur Barre est à son poste.

Ces chiffres récents montrent qu'hormis une poignée de privilégiés,

la crise affecte toutes les catégories sociales, principalement les

plus bas revenus et notamment les personnes âgées. Saint-Denis,

ville à forte population ouvrière, est particulièrement touchée par

cette situation.

Pourra-t-on payer les impôts, le loyer, le gaz, l'électricité? Cette

question, de nombreuses familles se la posent quotidiennement

avec à plus longue échéance la menace de la saisie, de l'expulsion,

du courant coupé. Un chiffre révélateur du caractère de masse de

cette inquiétude: 120 familles dionysiennes par semaine se voient

couper l'électricité faute de pouvoir régler la note.

Parmi celles qui sont moins touchées matériellement l'inquiétude

est aussi présente lorsqu'on envisage la retraite, face aussi à l'avenir

des enfants et leur éducation, leur futur métier. On note une recrudescence

de l'alcoolisme chez les jeunes travailleurs attribuée à

l'anxiété devant leur avenir professionnel.

le droit à la santé

remis en cause

La hausse du coût des services, des soins, des médicaments et les

attaques portées par le pouvoir à la Sécurité sociale, sous prétexte

de réduire la croissance des dépenses de santé, conduisent les

Français à moins se soigner. Le Comité de Recherche pour l'Etude

et l'Observation des Conditions de Vie met en évidence ce phénomène

en observant que les Français diminuent de 5 % leurs dépenses

de santé. Certains retardent les soins jusqu'en fin de mois, ou

même renoncent à ceux-ci. L'inquiétude face à la maladie est redevenue

une réalité dans la société giscardienne.

C'est même une véritable violence qu'exercent certains patrons en

utilisant les services d'officines médicales, (type Securex), créées

par eux, pour surveiller les travailleurs en maladie, les contraindre à

un minimum de repos et de soins, faire passer les victimes de l'aggravation

des conditions dévie et de travail pour coupable d'absentéisme.


dossier:

la sécurité la détérioration du cadre de vie

12

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3?

Le désengagement financier de l'Etat en matière d'équipement public,

le gâchis et le gaspillage des grands groupes industriels mènent

à la dégradation de l'environnement et du cadre de vie, autre

forme de violence faite à la population.

— La construction de logements quand elle ne prend pas en

compte l'intérêt des habitants est génératrice de délinquance et

d'insécurité, du fait de son caractère inhumain. La municipalité de

Saint-Denis, qui tente de mettre en œuvre un urbanisme nouveau

équilibrant habitat, équipements et espaces verts, se heurte en cela

aux grands intérêts financiers et aux spéculateurs, à la société de

profit.

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— Les transportsdans la situation actuelle, sans crédits, sans personnel,

sans politique d'Etat définie, inconfortables, bruyants, surchargés,

insuffisants, longs, chers, sont la cause d'une fatigue nerveuse

et physique importante chez les voyageurs et ils sont ressentis

par beaucoup de Dionysiens comme une véritable agression exercée

à leur égard.

L'arrêt de la plupart des services d'autobus à 21 heures dans notre

ville contraint par ai Meurs les usagers à parcourir parfois d'importantes

distances à pied le soir dans des zones mal éclairées et les

expose ainsi à la délinquance.

— La pollution.Les Dionysiens se souviennent des produits toxiques

que Pechiney-Ugine-Khulmann avait enfoui dans les terrains

de Francolor, au mépris des risques encourus par les riverains et les

travailleurs.

— Les nuisances enfin sont autant d'agressions journalières

contre le système nerveux. Citons l'autoroute A1 que les pouvoirs

publics refusent de couvrir, l'entreprise Couqueberg soutenue parla

préfecture, Soporga, etc.

l'austérité génératrice d'insécurité

Ces facteurs « d'insécurité sociale» sont le résultat de l'application

délibérée d'une politique d'austérité et d'injustice, qui fait supporter

aux collectivités locales, à l'ensemble de la population l'enrichissement

démesuré de quelques géants de l'industrie.

C'est pourquoi chaque riposte des travailleurs à la politique d'austérité

est aussi positive en ce domaine. Les luttes pour la venue du

métro, la couverture de l'autoroute A1 à La Plaine, le respect des

droits des habitants de Pleyel concernés par la A86, l'amélioration

des conditions d'enseignement et la nationalisation des C.E.S., menées

par les Dionysiens soutenues par leurs élus, sont autant de

contributions à l'amélioration de la sécurité.

délinquance

et criminalité

Monsieur le Maire,

... Je vous informe que je viens d'être victime d'une tentative de vol

par effraction dans la nuit du 28 au 29 novembre... Je crains une

nouvelle tentative...

Des lettres de cette sorte sont nombreuses à parvenir en mairie, dans

lesquelles des Dionysiens exposent à la municipalité des vols, des

agressions dont ils ont été victimes, et s'interrogent, s'effraient,

s'indignent.

Certains quartiers, certaines cités de Saint-Denis sont aujourd'hui

fréquemment le théâtre d'exaction, de déprédations de toutes

sortes.

la délinquance à saint-denis :

un bilan qui s'alourdit

C'est ainsi qu'en 1977, les établissements scolaires de notre ville ont

été cambriolés à 25 reprises. L'Atelier de la Souris-Verte, les centres

de santé de la rue du Cygne et de la rue Charles-Michels, l'IME, le

Centre culturel communal l'ont été également. Des vols se sont

produits au Théâtre Gérard-Philipe, aux Œuvres Sociales Scolaires,

dans les centres de loisirs, au service des sports, au Bureau d'Aide

Sociale, dans les MJC, en mairie.

Les MJC, le Centre de Santé Henri-Barbusse, les crèches Connoy et

des Ursulines, les foyers Robbes et Corbillon, la résidence Dionysia

ont subi d'importantes dégradations. On peut déplorer enfin le vandalisme

dans les squares et espaces verts journellement saccagés.

Cette liste est très incomplète mais le bilan est déjà bien lourd.

délinquance et criminalité :

une distinction à faire

L'insécurité grandit. Elle est devenue l'une des préoccupations majeures

des Français. Il convient de s'interroger sur les raisons de la

délinquance et de son aggravation, une des causes du sentiment

général d'insécurité.

La distinction doit d'abord être faire entre la criminalité — prises

d'otages, hold-up, enlèvements, trafic de drogue, crimes de sang,

etc. — et petite et moyenne délinquance — vols, petits délits, vandalisme,

chèques sans provision (il y a encore peu, on y comptabilisait

les avortementsl).

La criminalité est l'affaire d'un milieu bien défini, organisé, structuré

depuis longtemps: c'est la pègre, dont l'activité diminue régulièrement.


dossier:

la sécurité

14

de nombreuses

dégradations

notamment

dans les écoles

Il existe et se développe une grande délinquance «économique»,

fraude fiscale, évasion de capitaux, escroqueries immobilières, etc.,

qui n'est pas du tout réprimée. A titre indicatif, la fraude fiscale

représente 25 milliards de francs, contre 37 millions pour le total des

vols commis par hold-up (8 fois moins).

La petite et moyenne délinquance, celle qui sévit dans les rues, les

cités de Saint-Denis a d'autres protagonistes et d'autres causes.

la délinquance en hausse

L'aggravation brutale de la pauvreté, du chômage, du manque de

débouchés au sortir des études ont des conséquences néfastes sur

le comportement des individus. L'existence de richesses insolentes

quand le pouvoir d'achat baisse, d'objets de luxe ou simplement de

biens nécessaires qu'on ne peut se procurer créent un profond

sentiment d'injustice et de révolte.

Faute de moyens, de locaux, de professeurs, l'école a les plus grandes

difficultés pour remplir sa mission d'éducation, ce que renforce

la réforme Haby qui aggrave les conditions d'enseignement et la

mise à l'écart des plus défavorisés.

Enfin, la dégradation des conditions dévie, de logement et de travail

contribuent à la détérioration des rapports humains et familiaux.

vivre en sécurité:

un droit fondamental

Devant cette situation, la plupart des gens réagissent de manière

claire et consciente, et notamment en luttant pour obtenir des changements.

Une minorité, cependant, réagit d'une manière négative et

s'engage, à des degrés divers, sous des formes différentes, sur les

chemins de la délinquance.

En disant cela, il est hors de question d'excuser les actes de violence

ou les délits. Le droit de vivre en sécurité doit être respecté et

préservé. Il s'agit de mieux rendre compte la réalité et les causes de

la délinquance afin d'y trouver remède.

la police détournée

de sa mission

Un courrier nombreux, des plaintes toujours plus fréquentes attestent,

nous l'avons vu, que la sécurité des biens et des personnes est

bien mal assurée, dans notre ville comme dans l'ensemble du pays.

Cette constatation conduit à s'interroger sur l'activité de la police.

Des moyens insuffisants pour assurer le service public

La police municipale, celle qui assure la sécurité dans les quartiers,

dans les cités, esttoujours plus privée de moyens. Voici, en exemple,

ceux dont elle dispose pour Saint-Denis et l'Ile-Saint-Denis,

102000 habitants.

• Effectifs directement opérationnels pour votre sécurité

En 1972 En 1977

Le jour 11 policiers 3 policiers

La nuit 16 policiers 9 policiers

• Sur 43 points de surveillance des écoles, 17 seulement sont assurés

par les agents féminins.

• Des équipements insuffisants:

— 3 lignes téléphoniques saturées

— 1 car police-secours de 140000 km

— 1 voiture utilitaire de 110000 km

— 4 vélomoteurs

• Les îlotiers (surveillance nocturne des cités) ne peuvent dans ces

conditions assurer leur service.

• Il n'y a, sur l'ensemble de la Seine-Saint-Denis, que 80 agents

affectés à la circulation.

Ces moyens sont ridiculement insuffisants. Pourtant la municipalité

de Saint-Denis, au titre de l'entretien des services de police nationaux,

est dans l'obligation de verser une taxe de 32 millions de

centimes (3,30 F par habitant), alors que le maire et les élus locaux

ne sont jamais consultés ni associés au fonctionnement de ces

services.

Un mauvais usage de la police:

Les effectifs sont suffisants à l'échelon national. C'est l'emploi d'une


dossier:

la sécurité

la police utilisée

à des fins répressives:

l'inauguration

du métro

de saint-denis

16

partie importante de ceux-ci à des activités sans rapport avec le

service public, qui est en cause.

En voici pour preuve quelques exemples.

— Lettre de l'Union locale CGT de Saint-Denis au préfet, datée du

3 mai 1977

«...Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de nous plaindre de

l'assiduité de la police à notre égard, particulièrement en ce qui

concerne les atteintes aux libertés syndicales des entreprises

comme FTD et Egetra (3 interventions pour cette dernière)... Nous

avons constaté qu'une voiture épie les faits et gestes des travailleurs

immigrés porte de Paris et rue Pinel... Le commissaire de police est

intervenu à Oxcom, sans que soient communiqués aux syndicats les

résultats de l'enquête sur la mort d'un travailleur... Les travailleurs

de Cazeneuve sont inquiétés à tous moments par toutes les polices

du département...»

— Lettre des travailleurs de Carel-Fouché-Languepain, datée du

29 juin 1977.

le car de police immédiatement sur les lieux

pour les travailleurs de «cazeneuve»!

«...Des vols de voitures se produisent à La Plaine-Saint-Denis, cinq

d'entre nous en ont été victimes. Des dégradations de tout genre ont

lieu... Nous attirons votre attention sur le fait que les policiers des

renseignements généraux se trouvent en permanence à 150 m de ce

parking pour surveiller les licenciés de Cazeneuve. Nous pensons

que la police ferait mieux de s'occuper des vols, plutôt que de ces

travailleurs...»

Le 25 septembre 1975, des forces massives de police réprimaient

brutalement une manifestation antifranquiste des jeunes communistes,

à laquelle participaient la population et les élus municipaux.

Le 29 mars et le 20 avril 1977, ce sont environ 80 policiers, de

nombreux inspecteurs, 4 cars, qui expulsent les travailleurs de Cazeneuve

de leur entreprise.

Les contrôles vexatoires envers les travailleurs immigrés à la station

de métro Porte-de-Paris, leurs expulsions fréquentes de leursfoyers

engagent en permanence un effectif important de policiers.

Les «bavures» enfin, comme on les nomme hypocritement au gouvernement,

ne cessent de se multiplier. Tous les Dionysiens ont

présent à l'esprit le meurtre du jeune Gilles Ollivier, à l'occasion

duquel Marcelin Berthelot écrivait au préfet: «...Ces bavures deviennent

vrai ment trop fréquentes pour être assimilées à de malheureux

concours de circonstances... Il est curieux que des forces de

police, dont on nous disait qu'elles faisaient défaut la veille, aient pu

être rassemblées pour ce qui ressemble à une expédition punitive.

De même l'on trouve ces forces disponibles quand il s'agit d'intimider

les travailleurs en lutte, ou contre les militants distribuant des

tracts au métro... De quelle façon la sécurité des citoyens sera-t-elle

désormais assurée, sauf recours à la fusillade meurtrière et incontrôlée

mettant leur propre vie en danger?...»

La police doit redevenir un service public

Le pouvoir, nous le voyons, veut faire de la police un instrument de

répression, principalement anti-ouvrier et antidémocratique.

Des policiers, toujours plus nombreux, sont mécontents de ce rôle

qu'on leur fait jouer, et de l'image de marque qui devient la leur. Et, à

l'occasion d'un mouvement de protestation d'ampleur nationale, ils

se sont adressés en ces termes à la population:

«Trop de policiers sont détournés aujourd'hui de leur mission de

service public.

L'utilisation des forces de police est virtuellement remise en cause.

La population n'y trouve pas son compte. C'est à bon droit qu'elle se

plaint de n'être pas protégée suffisamment.

Paradoxalement, milices et polices privées augmentent, alors que

les effectifs de la police nationale stagnent ainsi que leurs moyens

d'action. Les gouvernements qui se sont succédé répondent à ces

problèmes à l'inverse de nos aspirations prioritaires...»

Le Syndicat général de la Police, octobre 1977.

C'est dans cet esprit que les policiers de Saint-Denis ont refusé il y a

quelques mois d'intervenir contre les travailleurs quand la direction

de Cazeneuve le leur a demandé.

La police doit redevenir le service public institué pour assurer la

garantie des libertés, la protection des biens et la sécurité des personnes,

en collaboration avec les élus locaux et régionaux.

Elle doit être de nouveau au service du peuple.

les moyens

de combattre l'insécurité

la lutte contre la délinquance

Le système pénal dans sa forme actuelle favorise la délinquance.

C'est en prison que les petits délinquants, au contact de la pègre,

peuvent acquérir définitivement de mauvaises habitudes.

La réinsertion sociale après libération, la formation des détenus,

actions efficaces contre la délinquance, sont aujourd'hui totalement

négligées. Il conviendrait que la justice développe ces possiblités,

qu'on lui en donne les moyens. Nous en sommes loin.

Mais la lutte la plus efficace contre la délinquance passe principalement

par la prévention, sous toutes ses formes, de celle-ci.

quelles formes de prévention

Il faut rendre à la police les moyens en hommes et en matériel

nécessaires à une présence préventive et dissuasive. Nous reviendrons

plus loin sur ce sujet.

La mise en place d'équipements sportifs et socio-éducatifs est également

un moyen de choix de la prévention de la délinquance. La

municipalité de Saint-Denis fait un effort important en ce domaine

en consacrant une grande part de son budget à ces équipements:

centres de loisirs, centres de vacances, maisons de jeunes, bibliothèques,

théâtre, stades, gymnases, etc.

L'asphyxie financière que fait subir l'Etat aux communes limite malheureusement

la portée de cette politique municipale.

la première des préventions

Ces mesures pourraient permettre de réduire la délinquance et la

criminalité. Mais il n'en demeure pas moins que la première des

préventions de la délinquance consisterait à donner à chacun une

des milices privées,

des chiens contre

les travailleurs

17


dossier: formation, une éducation, un travail stable, un logement convenable

j , '. , dans un cadre de vie humain. Il faut tarir les sources sociales de la

la sécurité violence et de la délinquance.

4

18

l'insécurité : des formes différentes

et des causes communes

Nous avons examiné dans ce dossier différents aspects de l'insécurité

professionnelle, dégradation des conditions de vie, du cadre de

vie, de l'habitat, violence, délinquance.

Il apparaît que fondamentalement ces formes diversifiées ont des

causes communes qui ont pour noms: chômage, pauvreté, gâchis

humain et matériel, inégalités, atteintes aux libertés.

des mesures diversifiées et convergentes

Il faut s'attacher à résoudre les graves problèmes sociaux qui se

posent aujourd'hui dans notre pays. Il est évident qu'on ne peut

régler ces problèmes à l'échelon municipal. La municipalité de

Saint-Denis fait pourtant l'effort maximum àson niveau pour réduire

la portée de ceux-ci, en luttant pour l'emploi et le potentiel économique

de notre ville, pour améliorer la vie des Dionysiens par des

équipements nombreux, variés, des réalisations pour la jeunesse et

l'enfance, un urbanisme à visage humain et une animation de la ville,

un intérêt particulier pour l'environnement.

Cette politique, comme toute politique sociale, se heurte malheureusement

aux limites du système. Il s'agit. là d'un problème national,

d'un problème de société.

à qui profite l'insécurité

Les graves problèmes sociaux et économiques que traverse la

France trouvent leurs origines dans la crise qui frappe la population

de notre pays. En ce domaine la responsabilité du pouvoir est écrasante.

La crise n'est pas fatidique, quoi qu'en dise M. Giscard d'Estaing, et

certains n'en sont pas frappés : pour preuve, l'accroissement démesuré

des profits de quelques géants industriels et bancaires et la

fortune aujourd'hui incalculable de quelques Dassault et autres

Peugeot.

Il s'agit là de l'application d'une politique délibérée qui permet à

cette poignée de privilégiés de s'enrichir au détriment de l'ensemble

des Français. Aggravant le chômage, la pauvreté, la destruction du

cadre.de vie (en Bretagne, avec le pétrole, s'étale aussi la carence

des pouvoirs publics), cette politique est en définitive responsable

de l'insécurité grandissante dans le pays.

Vutilisaûon de l'insécurité

par le pouvoir

Le gouvernement fait peser sur l'information audio-visuelle un carcan

qui est nettement apparu au cours de la dernière période électorale.

L'information est filtrée, dirigée, sâ discrétion est grande sur les

problèmes sociaux, le chômage, les luttes syndicales, les mouvements

de revendications, les positions des représentants des travailleurs,

— quand celles-ci ne sont pas déformées et manipulées.

A l'opposé, la violence et tous ses faits sont extraordinairement mis

en avant: hold-up, prises d'otages, détournements d'avions sont

vécus en direct, minute après minute. Les crimes sanglants, les

enlèvements sont à la une de la plupart des journaux et l'on parle de

la montée de la violence dans tous les éditoriaux.

Cette attitude délibérée a pour but d'entretenir et de développer le

sentiment d'insécurité, la peur latente afin de faire admettre un

renforcement de l'ordre étatique au détriment des libertés, création

de milices privées, répression accrue, mise en place de lois et d'interdits

antidémocratiques (fouille des véhicules particuliers, etc.)

destinées en réalité à combattre les luttes des travailleurs. Les opérations

«coup de poing », les quadrillages de police, pourtant inefficaces,

comme l'a montré l'affaire Empain, sont maintenus pour

habituer la population à une action répressive des forces de police.

Les attentats fascistes, jamais poursuivis, jamais élucidés, contribuent

également à cette volonté du pouvoir de développer un sentiment

de peur face à l'inconnu, face aux changements éventuels. Il

est fréquent que des truands soient utilisés par les hommes de droite

pour leur service d'ordre, leurs collages d'affiches ou encore des

besognes provocatrices.

C'est ainsi qu'à Saint-Denis, les agressions et les vols ont considérablement

augmenté dans les périodes qui précédaient les élections

municipales de 1977 et les législatives de 1978.

Les mesures gouvernementales contre la violence sont inexistantes

de même que leur budget éventuel. Le- rapport Peyrefitte sur la

violence ne débouche sur aucune proposition concrète, et le ministre

de la Justice n'a rien de mieux à proposer aux Français que

l'encouragement au civisme et, hélas, à la délation.

refuser l'engrenage de la violence

Le droit à la sécurité est un droit fondamental, élémentaire. Il doit

être garanti à tous. Les élus de la municipalité de Saint-Denis refusent

l'engrenage de la violence et de l'insécurité parce que, quand la

peur s'installe, il y a danger pour la démocratie, pour le progrès

social et humain.

Les mesures et les moyens que nous avons évoqués permettraient

de lutter contre l'insécurité, mais fondamentalement, sous toutes

ses formes, celle-ci est un problème de société.

Il faut extirper la racine du mal, disait M. Peyrefitte : il s'agit donc de

lutter pour une société différente, où l'inégalité ne sera plus la règle,

où l'argent ne sera plus la loi, où les rapports entre les hommes

pourront être confiants et solidaires. Améliorer la sécurité, c'est

changer pour vivre mieux.

5600*/ MOU XAPPotT, Le VlOLeUT-TyPe

A eNTAe -1b er ZSAUS , ii, HASire i/A/e

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f il N y A


Les archives municipales de Saint-Denis,

dépendant administrativement de la bibliothèque,

constituent un service important

dont la richesse est tout à fait méconnue

des Dionysiens qui, pour la plupart,

ignorent jusqu'à son existence.

Dans le souci de vous présenter ces archives

et les services qu'elles peuvent rendre,

nous avons rencontré leur responsable,

M. de Peretti, dans son «antre»: les

sous-sols de l'hôtel de ville.

De quand date

la création

des archives municipales?

Leur existence commence en 1856 avec la

rédaction du premier répertoire. A partir

de cette date, elles se développent lentement

jusqu'à la réalisation au début du

XX e siècle de l'«lnventaire des Archives

antérieures à 1789» par Paul Duval.

Mais l'archiviste doit s'occuper aussi de la

bibliothèque municipale puis également

du musée et les archives tombent peu à

peu dans l'oubli, dans la négligence.

Ce n'est qu'en 1975 qu'un service d'archives

est créé ; il doit faire face à une situation

assez grave, due au retard de classement,

de rangement, de cotation, de collecte

des documents de la période précédente.

Grâce à un travail important ce retard

a pu être résorbé pour une grande

part.

Quelles sont les tâches

de votre service?

Sans entrer dans le détail, il doit d'abord

recueillir, collecter, classer et coter les

documents produits par la ville (ou les

établissements publics locaux): il doit

aussi susciter le dépôt ou la cession d'archives

privées et économiques et les traiter

de la même façon. Ensuite, il doit les

mettre à la disposition effective du public,

c'est-à-dire établir un inventaire et un fichier,

une bibliographie de Saint-Denis

qui aide les chercheurs et les Dionysiens à

connaître les études et ouvrages sur notre

20

à la découverte

ville, proposer des lieux de travail suffisants

en place et en équipement, etc.

Je tiens en effet à le rappeler, chacun peut

avoir accès aux archives de la ville.

Et que peut-on

concrètement y trouver?

Vraiment toutes sortes de documents ou

manuscrits; nous avons un fonds très

riche; mais je prendrai trois exemples

précis :

• Si l'on veut constituer la généalogie

d'une famille, l'état civil (conservé depuis

1554) permet de remonter jusqu'aux origines

d'une famille. Grâce aux recensements

et aux listes électorales, on peut

compléter la généalogie par les adresses

successives et les différents emplois tenus

par des membres de cette famille.

• Si l'on souhaite connaître l'histoire de

Saint-Denis avant 1789 la documentation

existante est une des plus importantes qui

DÉPARTEMENT DELA SEINE-

MAIRIE DE S. DENIS

OCTROI

MUNICIPAL

*

ExrnMT defatuêtêtle Moniteur le Conseiller d'Etat, Préfet (lu département de in Seine,

du 10 Tlorlal an XIII.

de la mémoire de saint-denis

soit conservée dans des archives municipales.

Ainsi nous avons pu bénéficier du

tiers des archives de la basilique. Nous

disposons d'originaux du XIII e siècle, de

copies du VII e , des cartes anciennes du

XVII e et du XVIII e . On y trouve l'histoire de

l'abbaye à travers ses chartes et l'étude

qu'en ont fait les moines, ses démêlés

avec les pouvoirs (central ou local); l'histoire

de la municipalité naissance au

XVIII e siècle, en particulier les cahiers de

doléances ; des indications sur la vie de la

population par les baux et fermages qui

indiquent soit le type de culture (vigne ou

blé) soit le commerce; on peut aussi comprendre

la vie de cette époque à travers les

comptes de la ville ou les édits de police,

etc.

• Si l'on s'intéresse à l'histoire contemporaine,

tous ses aspects peuvent être éclairés

par les documents conservés aux archives,

de l'hygiène à la vie publique.

Ceux qui préfèrent l'histoire économique

peuvent, par exemple, grâce aux papiers

des établissements classés, suivre l'implantation

des usines de Saint-Denis soit

par types de fabrication, soit par secteurs

géographiques ; ces informations pouvant

être complétées par une consultation du

cadastre et même des recensements.

Quant à la vie municipale, l'étude des délibérations,

des comptes et budgets, du

courrier du cabinet du maire, des dossiers

politiques, en permet une bonne approche.

Tous ces documents sont-ils

d'un accès facile?

Absolument, il suffit de les demander car

le public n'a pas accès, bien sûr, aux quatre

magasins (deux pour les archives anciennes

et modernes, deux pour les archives

contemporaines), cela pour des raisons

de sécurité évidentes.

Par contre, il dispose d'une salle de travail

où il peut consulter les différents fichiers

ou tables. Après avoir trouvé le document

cherché (avec notre aide si besoin est)

celui-ci est communiqué pour étude.

Nous souhaitons disposer bientôt de microfiches

et de microfilms qui faciliteront

encore plus le travail de recherche.

ARRÊT

DU CONSEIL D'ETAT

DU ROI.

Q VI fixe au premier Mai prochain ta tenu: Je*

EtaU'Ce'ncraux du Royaume, & fufpcnd, juf.juà

eau én&iue, le retablijjement de la Cour Pieméte.

/ réllurr p^jtKGlvTRFi DU OCMittlI. D'ÉTAT DU ROI.

L.E ROI, en oidonoar.t , rir l'Arrct de Ion Confeil;

du î Juillet rierr.itr , que Ict tefuUî» frefciin auriir Arrw ,

lui fuiTcai i.imii duu Us rteue rrca-.ie^ moi' « lunée*

,7(>,Si Mijeac i voulu fe narine à j.Jrtue Oe OMVCçjMi

Un mot pour conclure?

Oui, je voudrais simplement faire appel

aux dons des Dionysiens. Les archives, on

peut le dire, sont à leur disposition, leur

appartiennent même ; c'est donc dans l'intérêt

de tous, dans l'intérêt de la ville qu'elles

ne doivent cesser de s'agrandir. Je sais

que de nombreux habitants de notre ville

ont chez eux de véritables trésors; il est

certes difficile de s'en séparer mais cela

enrichirait le patrimoine commun.

Nous serions plus particulièrement intéressés

par des documents sur la vie syndicale

et sur la vie politique avant la dernière

guerre et su r la période entre 1947 et 1958.

Déplus, dès septembre, nous collecterons

des «archives orales» c'est-à-dire les

souvenirs anciens et mêmes récents des

Dionysiens qui voudront bien nous les raconter.

D'avance, je remercie tous ceux qui

contribueront à l'amélioration du service

rendu par les archives municipales.

21


informations dionysiennes — informations dionysiennes

aménagement du carrefour

boulevard Anatole-France

rue Cachin

Afin d'améliorer les conditions de la circulation,

tant piétonnière qu'automobile, la

Direction départementale de l'Equipement

va réaliser prochainement l'aménagement

de ce carrefour.

Les travaux consisteront en la pose de

feux tricolores de signalisation et la modification

de la voirie du carrefour.

Cet aménagement nécessitera l'abattage

de deux arbres situés à cet endroit. L'un de

ces arbres était en piteux état et près de sa

fin. Par ailleurs, un accord est intervenu

entre les services municipaux et la DDE

qui prévoit, en remplacement de ces deux

arbres, d'en planter quatre nouveaux dès

l'hiver prochain.

réorganisation

et revitalisation

du marché de Saint-Denis

Après l'installation d'un nouveau marché

à La Plaine, au pont de Soisson, la Municipalité

s'est penché sur le problème de la

revitalisation et de la réorganisation du

marché du Centre.

Le premier problème est celui de la rénovation

de la halle. Celle-ci va être confiée à

un architecte dans le cadre de l'ensemble

de la rénovation centre-ville.

On constate aussi depuis quelques années

une réduction de l'activité du marché

du mardi. En effet de plus en plus de femmes

travaillent et ne peuvent faire leurs

achats au marché le matin.

Pour mieux répondre sux besoins de la

population, la Municipalité étudie actuellement

la possibilité d'ouvrir le marché du

22

MÊjÊÊ

mardi l'après-midi, de 16 heures à 19 heures

30, au lieu du matin.

Elle souhaiterait connaître l'avis de la population

sur ce projet, aussi a-t-elle organisé

une première consultation des usagers

le mardi 9 mai sur le marché et à la

sortie du métro.

Nous vous donnerons les résultats de

cette consultation dans notre prochain

bulletin.

la circulation

dans le quartier

du champ de courses

A la demande d'habitants du quartier du

Champ de Courses, un plan de circulation

et de stationnement avait été présenté à la

population lors d'une réunion publique.

La quasi-totalité des présents avait opté

pour une circulation à sens unique dans

les rues Diderot, Voltaire et Jean-Jacques

Rousseau avec définition de la priorité à

chaque carrefour et l'organisation du stationnement.

Faisant suite à cette réunion, courant décembre

1977, un flash d'information a été

diffusé dans le quartier.

Depuis, un courrier important a été

adressé à la Municipalité pour confirmer la

informations dionysiennes

nécessité de réglementer le stationnement

et l'aménagement, par signalisation,

des carrefours. Par contre, ce courrier

demande le maintien de la circulation telle

qu'elle existe actuellement et repousse les

propositions de sens uniques nouveaux.

L'unanimité étant pratiquement faite de

laisser les rues ci-dessus à double sens, le

schéma de circulation qui nous avait été

présenté en tiendra compte, tout en mettant

en place la signalisation des carrefours.

Une exception est toutefois prévue

concernant la rue du Moulin-Basset dans

le but d'améliorer la sécurité et l'hygiène

aux abords du groupe scolaire, de l'hôpital

et des aménagements futurs (crèche,

espaces verts).

Cette voie sera mise en sens unique de la

rue Voltaire vers l'avenue du Docteur-

Lamaze.

Cette mesure ne devrait, en aucun cas,

gêner la circulation du quartier, étant

donné que la rue du Docteur-Delafontaine

restera à double sens.

les travailleurs

du foyer de l'Yser

en lutte

Les travailleurs immigrés du Foyer de

l'Yser, sont en grève des loyers. C'est une

des formes de la lutte qu'ils mènent pour

dénoncer les conditions de vie scandaleuses

qui sont les leurs.

Deux cents personnes vivent entassées

dans des baraques de tôle entre une décharge

d'ordures et une usine d'épuration,

à proximité de la voie de chemin de

fer et sous la ligne de haute tension, dont

les piliers sont implantés sur le terrain

même du foyer.

L'hygiène est inexistante: 12w.'-c. pour

200, des chambres de 42 m 2 pour 16 personnes

avec des lits superposés, un réchaud

pour préparer les repas de 10 personnes.

Les résidents en ont assez et demandent

— informations dionysiennes

légitimement d'autres conditions d'hébergement.

Le Conseil municipal du 29 marsadébattu

de ces questions, en présence de nombreux

résidents du foyer. Jean-Pierre Jeffroy,

conseiller municipal, a présenté un

rapport au conseil où, après avoir situé le

contexte dans lequel se situent les problèmes

de l'immigration en France, la responsabilité

du patronat et du pouvoirdans

la situation qui leur est faite en France, il

conclut que la Municipalité de Saint-Denis

n'avait pas lieu de suppléer aux carences

de l'Etat en ce domaine, mais qu'il était

important que le Conseil puisse en débattre

et proposer des solutions.

La Municipalité de Saint-Denis est dans

l'impossibilité de reloger les résidents, en

regard des 4500 demandes en attente. Par

ailleurs, la gestion de ce foyer ne dépend

pas de l'OPHLM de notre ville, mais de

l'Office départemental, qui l'a reprise

après l'abandon de celle-ci par la Société

de logement des travailleurs du bâtiment.

Après discussion, le Conseil municipal a

adopté une délibération de soutien à la

lutte des résidents du foyer, où il décide de

ne plus accepter son existence et de demander

sa fermeture, d'organiser une

rencontre entre la Municipalité, l'Office

départemental, l'OPHLM et le Conseil général

afin de rechercher toutes les solutions

susceptibles de résoudre le problème

posé, et enfin d'informer les résidents

de la position du Conseil municipal

et de ces solutions.

23


informations dionysiennes — informations dionysiennes

le bureau d'aide sociale

change d'adresse

Depuis le mois de mars, le Bureau d'Aide

sociale s'est installé dans des locaux rénovés

et plus importants, au 2, place de la

Légion-d'Honneur.

Cette rénovation a permis le regroupement

des différents services de cet organisme

et facilite ainsi un fonctionnement

que gênait la dispersion des bureaux.

Un effort particulier a été réalisé pour améliorer

et personnaliser l'accueil des utilisateurs

du Bureau d'Aide sociale. La suppression

des guichets, la présence d'une

hôtesse permettent ainsi d'orienter plus

aisément les arrivants et de répondre dans

les meilleures conditions aux question

posées.

à propos des saisies

Dans une lettre au Préfet, Marcelin Berthelot

est intervenu à nouveau pour s'élever

contre les saisies «qui provoquent des

perturbations graves au sein des familles.

Cela fait partie intégrante de la misère

qu'avec mes collègues nous n'avons

cessé de dénoncer et contre laquelle nous

continuons à agir avec détermination.»

24

Le Maire de Saint-Denis a demandé au

Préfet d'user de ses prérogatives «pour

que toutes facilités soient accordées pour

le règlement des dettes, que toutes les

possibilités d'exonérations fiscales soient

accordées, que des mesures particulières

soient prises en faveur des personnes touchées

par le chômage ou la maladie, en

bref que tout soit mis en œuvre pour éviter

l'emploi de méthodes répressives qui portent

atteinte à la dignité des personnes».

De son côté Pierre Zarka, député, est intervenu

dans le même sens auprès du ministre

de la Justice.

Rappelons que toutes les personnes menacées

de saisie ou d'expulsion peuvent

s'adresser à la Mairie pour que soient

trouvées des solutions à leurs problèmes.

une délibération

du conseil municipal

soutien

à la Bretagne sinistrée

Les rivages de la Bretagne ont subi des

dommages d'une gravité sans précédent.

En dépit de naufrages antérieurs de pétroliers

(1967 Torrey Canyon, 1976 Boehlen,

1976 Olympic Bravery) rien n'a été entrepris

pour éviter de semblables catastrophes.

Les conséquences en sont dramatiques

pour la population dont les ressources

principales viennent de la mer.

Considérant que le gouvernement, parfaitement

informé des dangers encourus par

ces côtes dans les conditions actuelles de

navigation, a parfaitement négligé de

prendre les mesures préventives et les

moyens indispensables pour circonscrire

le fléau et protéger nos côtes, le Conseil

municipal de Saint-Denis s'est réuni en

délibération.

Il demande au gouvernement :

• d'exiger des responsables de la catastrophe

qu'ils en paient immédiatement le

prix,

de prendre d'urgence les mesures indispensables

pour réparer les dégâts causés

et dédommager les populations sinistrées,

Le Conseil municipal, dans l'immédiat,

exige que le gouvernement intervienne

pour empêcher le renouvellement de pareilles

catastrophes, en adoptant les dispositions

suivantes :

• Faire respecter strictement, dans les

eaux territoriales françaises, les règles de

la navigation,

• Prendre l'initiative d'une concertation

internationale afin de régler la navigation

des pétroliers géants dans les zones côtières,

• Réunir les moyens réels et efficaces de

prévention et de protection,

• Placer sous l'autorité d'une commission

régionale, à laquelle les élus prendront

une part importante, la direction de

ces moyens de protection,

• Dégager les moyens financiers indispensables

par financement d'Etat et taxes

des compagnies pétrolières,

• Engager une lutte sans merci contre la

pratique des pavillons de complaisance.

Enfin, le Conseil municipal assure l'Amicale

des Bretons de Saint-Denis, et tous

les Dionysiens d'origine bretonne, de sa

profonde solidarité.

Insistant sur la nécessité urgente de venir

en aide aux populations sinistrées et de

tout mettre en œuvre pour réparer les

dommages et empêcher le renouvellement

de telles tragédies,

il décide de participer au nécessaire effort

de solidarité en faveur des sinistrés et appelle

la population à se joindre à lui.

la bibliothèque

pour la jeunesse

s'agrandit

L'avancement des travaux réalisés à la bibliothèque

municipale a permis une première

amélioration dans l'installation de

ce service. Le Bureau d'Aide sociale en

occupant de nouveaux locaux a libéré au

1 er étage de l'immeuble deux salles qui

une délibération du conseil municipal:

soutien à la Bretagne sinistrée

appartiennent maintenant à la bibliothèque

pour la jeunesse.

A cela s'ajouteront bientôt trois salles

supplémentaires, qui permettront de mettre

à la disposition des jeunes lecteurs:

1 salle pour les petits, 1 salle de romans,

1 salle de documentaires, 2 salles d'activités.

Un tel équipement répondra dans des

conditions plus favorables à une demande

importante. C'est ainsi qu'en mars, la bibliothèque

pour la jeunesse a accueilli

1900 lecteurs et prêté 4600 livres sur un

total en sa possession de plus de 5000.

Il sera possible de développer également

la fréquentation par les écoles, expérience

qui montre d'intéressants résultats. Une

enquête portant sur les classes de CM2

indique en effet qu'après un an de fréquentation

de la bibliothèque avec leur

école, 60 % des élèves continuent d'y retourner

régulièrement.

C'est ce mouvement que permettent

d'amplifier les nouvelles possibilités de la

bibliothèque pour la jeunesse de Saint-

Denis.

de nouveaux espaces verts

à Saint-Denis

• Chemin du Rû-de-Montfort; la Direction

départementale de l'Equipement a

construit un «séparateur statique tourbil-

25


informations dionysiennes — informations dionysiennes

lonnaire». Ce nom mystérieux désigne un

dispositif d'assainissement des eaux ménagères,

lequel est implanté sur un espace

de jeux au relief attrayant pour les enfants

du quartier. Il restait une partie de cette

parcelle de terrain qui n'était pas traitée et

qui le sera en zone stabilisée plantée d'arbres.

Les travaux comprendront le nivellement

général de cette zone, la réalisation

d'une chape superficielle, la plantation

d'arbres et l'aménagement du trottoir,

la pose d'équipements.

• Avenue Albert-Einstein : les services

techniques municipaux procéderont à

l'aménagement des trottoirs et notamment

de l'espace situé entre l'Ecole des

Cosmonautes et l'avenue, qui sera traité

en espace vert avec plantation d'arbustes

et de pelouses.

programme de travaux

dans les écoles

pour l'année 1978

En votant le budget primitif de la Commune

pour l'année 1978, le Conseil municipal

a décidé des crédits à affecter aux

gros travaux dans les bâtiments scolaires.

Encore une fois ce programme ne sera pas

aussi étendu qu'il serait souhaitable.

Il avait été projeté de prendre en compte

trois opérations de rénovation, mais les

crédits disponibles ne sont pas suffisants

et il a fallu réduire à deux ces opérations.

Le Groupe scolaire Danielle-Casanova

- Louise-Michel bénéficiera d'une

deuxième tranche de travaux d'un montant

de 1300000 francs. Ces travaux

consisteront en la réfection de tous les

extérieurs du bâtiment afin de permettre

l'an prochain la troisième tranche : la réfection

intérieure.

Un crédit de 1 000000 de francs a également

été dégagé pour entreprendre une

deuxième tranche de travaux au Groupe

scolaire André-Diez. Il y a trois ans, il avait

été procédé à la réfection de tous les plafonds.

Cette année seront pris en compte

la réfection de l'ensemble des châssis de

26

fenêtres et des extérieurs. La troisième

tranche de travaux est prévue pour 1979.

Un crédit de 750000 francs est inscrit au

budget pour une série d'opérations ponctuelles

moins importantes dans différentes

écoles. Enfin, d'autres sommes sont

prévues comme participation de la commune

(40 % du total) aux travaux de réfection

de l'installation de chauffage du CES

Fabien et de mise en conformité des CES

de Geyter, Romain-Rolland ainsi que du

CET, rue du Corbillon. Mais ces travaux ne

pourront être entrepris que si l'Etat débloque

de son côté sa quote-part (60 %).

Rappelons que tous ces établissements

sont en principe à la charge de l'Etat;

celui-ci impose néanmoins aux communes

une lourde contribution à leur entretien.

bientôt la résidence

pour personnes âgées

Ernest-Renan

Un foyer résidence pour les personnes

âgées est en cours de réalisation rue

Ernest-Renan à Saint-Denis, sur la place

qu'occupaient les anciens locaux des services

sociaux municipaux. Ces travaux,

qui ont débuté il y a un an et demi, s'achèveront

à la fin de l'année 1978.

De conception architecturale plus classique

que, par exemple, le foyer résidence

Ambroise-Croizat, cet ensemble mettra à

informations dionysiennes — informations dionysiennes

la disposition des vieux Dionysiens 71 logements

« type F1 bis », et deux logements

type F1, et des équipements tels qu'entre

autres un restaurant d'une capacité de

130 places. Dans le constant souci de ne

jamais couper les personnes âgées de

l'extérieur, le foyer sera ouvert sur le quartier,

et des assistantes sociales, notamment,

y tiendront leur permanence.

Enfin, les clubs et les activités habituels au

troisième âge y seront présents.

La maître d'œuvre des travaux est

l'OPHLM de Saint-Denis, et la gestion en

sera assurée par le Bureau d'Aide sociale.

Cette construction permettra de répondre

au besoin réel en ce domaine, en raison

notamment de l'insalubrité d'un certain

nombre de maisons et de logements du

quartier, et complétera par ailleurs l'effort

important réalisé par la Municipalité en

direction des personnes âgées.

A.G. DU C.C.C.

L'assemblée générale du Centre culturel

communal, qui s'est déroulée le jeudi 6

avril, dans la salle Jean-Marie-Serreau, a

vu la participation d'une trentaine d'associations

locales. Un tour d'horizon complet

des résultats obtenus en 1977 dans le

secteur de la culture et des loisirs a été

entrepris par les participants. Le succès

du dernier Festival de musique fut remarqué,

ainsi que l'intérêt de la population

pour les manifestations scientifiques.

Pour 1978 il aété décidé de mettre l'accent

sur quatre secteurs. Des groupes de travai I

vont être créés, ouverts au public, afin

d'étudier les besoins et de proposer des

lignes d'action dans le domaine de la musique

(en particulier Festival), des activités

scientifiques (expos, conférences,

clubs...), de l'audio-visuel (montages diapos,

vidéo, cinéma...) et de l'histoire de

Saint-Denis (fouilles, recueil de témoignages

et de documents, interviewes...).

Signalons que le Centre culturel compte

cinq nouvelles associations adhérentes:

lèvent du ch'min, France-Pologne, les Alizés,

le Floréal Loisirs-club, l'Association

portugaise de culture et promotion.

inondations

dans le quartier

de la Vieille-Mer

Pour la troisième fois en un an, lundi soir

20 mars, le quartier de la Vieille-Mer a été

touché par des inondations.

Celles-ci sont dues soit à une défectuosité,

soit à une insuffisance des systèmes

de canalisations à la charge des services

préfectoraux et plus spécialement de la

Direction départementale de l'Equipement.

L'intervention rapide des pompiers a permis

d'éviter que les conséquences soient

plus graves. Dans le même temps, Marcelin

Berthelot intervenait auprès du Cabinet

du Préfet pour lui demander de prendre

les mesures d'urgence qui s'imposaient.

Il est regrettable que l'imprévision et l'insuffisance

des crédits d'Etat n'aient pas

permis de réaliser les travaux indispensables

tels que cela a été demandé depuis de

longues années avec insistance par la

Municipalité. La Ville avait quant à elle réalisé

les travaux qui étaient de son ressort

ce qui a évité une extension de ce sinistre.

A la demande de la municipalité, une réunion

s'est tenue avec les habitants du

quartier au cours de laquelle s'est constitué

un Comité de Défense, avec pour but

essentiel d'obtenir des Pouvoirs publics,

du Conseil général et du Syndicat interdépartemental

d'assainissement, la mise en

place d'un dispositif apportant les garanties

techniques qui éviteront le renouvellement

de ces débordements.

Le Comité de Défense à la volonté d'obtenir

l'accélération du processus d'indemnisation,

pour laquelle la Ville a nommé un

expert en vue de chiffrer les dégâts réels

causés aux sinistrés.

A son programme est prévu un cycle de

rencontre avec la 3 e commission du

Conseil général, un débat sur ce sujet aura

lieu le 26 mai au Conseil général même, et

enfin, des rendez-vous sont attendus avec

le Préfet et le Syndicat interdépartemental

de l'assainissement.

27


actualités sportives - actualités sportives - actualités

remise des récompenses

aux sportifs dionysiens

Devant une assistance nombreuse et enthousiaste,

la Municipalité et l'Office des

Sports honoraient ce jeudi 27 avril au Palais

des Sports les sportifs dionysiens qui

se sont distingués en 1977, ainsi que leurs

dirigeants dont le dévouement et la compétence

sont pour une bonne part dans

leurs succès.

François Rondepierre, maire adjoint délégué

aux sports, qui présidait cette traditionnelle

remise des récompenses, rappelait

dans son intervention combien la pratique

des activités physiques et sportives

était de nos jours un besoin fortement ressenti

aussi bien par l'enfant que par

l'adulte; mais un besoin dont la satisfac-

Catherine Pierre, championne d'Europe de judo.

28

tion était souvent contrariée par les conditions

de vie et de travail actuelles et par la

faiblesse des moyens que l'Etat allouait à

la Jeunesse et aux Sports.

François Rondepierre soulignait également

que la compétition s'inscrivait

comme l'un des fondements de la pratique

sportive, qu'elle était l'une des conditions

du perfectionnement physique, mais aussi

du développement du sport lui-même,

sous réserve toutefois qu'elle soit utilisée

à des fins éducatives et culturelles.

Ensuite, ce fut la remise de l'Oscar du meilleur

sportif dionysien 1977 à Catherine

Pierre, championne d'Europe de judo

dans sa catégorie pour la troisième année

consécutive et qui fut très applaudie du

public, puis la lecture du palmarès où figuraient

entre autres pour leurs brillantes

performances, A. Moulinet, M. Des-

.champset M. Lambiscz du SDUS, internationaux

d'athlétisme ; J.-P. Mattei et Y. Mario

de A.S.K. Saint-Denis, finalistes aux

championnats de France de karting, Faria

Mamado et Franck Tiozzo internationaux

de boxe, J.-L. Pocheton de ski et monta-

actualités sportives - actualités sportives - actualités

gne, sélectionné en équipe de France de

saut à ski et bien d'autres encore...

Donc une manifestation bien sympathique,

qui démontre si besoin en était encore

la qualité et la vitalité du mouvement

sportif dionysien.

un ministère

de la jeunesse et des sports

la plus facile

des promesses

de monsieur Soisson

est tenue

Jean-Pierre Soisson : les sportifs connaissent

bien mais n'apprécient pas forcément

celui qui devient secrétaire d'Etatà la Jeunesse

et aux Sports, après que Pierre Mazeaud

eut été démissionné au lendemain

de l'échec français aux Jeux Olympiques

de Montréal.

Donc, après M. Dijoud et ses 58 directions

de recherche (qui, soulignons-le au passage,

en aura fi nalement trouvé une 59 e : la

porte!), M. Soisson reprend du service

dans le gouvernement Barre III ; mais cette

fois-ci en tant que ministre.

Sans mésestimer l'importance de l'attribution

d'un ministère aux Sports, attribution

qui démontre que le sport est devenu,

contre la volonté du gouvernement, une

grande question nationale, cette promesse

de M. Soisson au nom du Parti Républicain

lors de la campagne électorale

était la moins coûteuse, donc la plus facile.

Il en ira autrement d'une autre promesses,

M. Soisson s'étant déclaré persuadé que

l'Etat devait consacrer 1 % de son budget

au Sport. Or, depuis que le Parti Républicain

a ce secteur en charge, le budget a

régressé en deux ans de 0,73 % à 0,67 %.

M. Soisson est donc au pied du mur, et il

peut compter sur la mémoire, la lucidité et

la combativité des sportifs pour que cette

promesse essentielle soit réalisée sans

l'aide d'aucun artifice, nous pensons aux

ressources extra-budgétaires telles que

les concours de pronostics, etc.

quelques dates

à retenir

15 mai: journée. Parc des Sports A.-

Delaune, football: tournoi international de

Pentecôte (jeunes).

14 mai: Journée. Palais des Sports, lutte : challenge

M.-Fournier.

20 mai: Journée. Palais des Sports, judo:

championnat départemental des jeunes par

équipes.

21 mai: Journée. Palais des Sports, basket:

coupe G.-Boulé et F.-Lucio.

27 mai: Journée. Palais des Sports et Parc des

Sports A.-Delaune, fête du «Comité 93» de la

Fédération Sportive et Gymnique du Travail

(football, volley-ball. pétanque, skate-board,

etc.).

3 juin: Journée. Parc des Sports A.-Delaune,

football: coupe de l'Union locale CGT.

4 juin: Aprèsrmidi. Parc des Sports A.-

Delaune, athlétisme: challenge A.-Delaune.

juin: Journée. Palais des Sports, basket:

challenge des espoirs.

11 juin: Journée. Palais des Sports, basket:

challenge de Saint-Denis Union Sport.

29


actualités culturelles - actualités culturelles - actualités

des sons

dans l'air de juin

En juin, le jour qui s'étire jusque vers 9-10

heures et la douceur des soirées incitent à

sortir de chez soi, à flâner, à se détendre.

Depuis maintenant dix ans, de nombreux

Dionysiens trouvent le chemin de la Basilique

pour les concerts du Festival. Vers

20 heures les premiers arrivants se pressent

autour des grilles. Certains parfois

s'affolent quelques instants à l'idée de ne

pas avoir de billets, puis tout s'apaise

quand s'ouvrent les lourdes portes de

bronze de la cathédrale. Aussitôt ce qui

saisit est la différence, non seulement de

température, mais aussi d'atmosphère.

Autant dehors il fait lourd, autant la rue est

bruyante, autant dans la basilique la fraîcheur

et le calme régnent, simplement

troublés par le dernier écho d'un musicien

qui accorde son instrument.

Le métro, par saccades, laisse échapper

les futurs spectateurs, dont certains parfois,

venant pour la première fois, marquent

un temps d'arrêt devant la grandeur

du bâtiment. Celui-ci bientôt s'illumine,

l'heure du concert approche. Les choristes

et les musiciens s'installent sur le praticable.

C'est alors le bruit de 2000 chaises

remuées pour trouver la position donnant

la meilleure vision des interprètes. Pour

une seconde encore le silence total s'installe

suspendu au signe du chef qui libère

le premier accord.

La musique prend alors une autre dimension.

Il nes'agitplusseulementd'unesuite

30

de note, mais d'une ligne commune au son

et à l'architecture. Un mouvement de deux

sensations qui se croisent et se complètent.

Car le festival s'assigne ce double

but, mettre en avant la musique, la danse,

la création, mais aussi mettre en mouvements,

animer différents endroits de

Saint-Denis dont, bien entendu, la Basilique.

Quatre concerts s'y dérouleront cette

année. Deux très grandes œuvres classiques,

deux pilliers de la musique européenne,

y seront données: le 8 juin, le

«Requiem» de Mozart, œuvre ultime que

le jeune compositeur n'eut pas même le

temps d'achever, et qu'un de ses élèves

compléta. Aux antipodes de cet hymne à la

mort, un chant à la naissance du monde

«La Création» de Joseph Haydn le 22 juin.

Les deux autres concerts à la Basilique

seront consacrés à deux grands artistes;

un soliste d'une part, et un collectif de

l'autre qui, chacun avec passion, défendent

deux aspects bien différents de la

musique: le grand trompettiste Maurice

André le 13 juin avec Albinoni et Tartini, et

les Percussions de Strasbourg le 27 juin

avec la musique la plus contemporaine qui

soit, une expérience à vivre, surtout

confrontée à ce bâtiment de sept siècles

son aîné.

Le Festival, qui y aura débuté en mai par la

danse de Jennifer Muller, reviendra au

Théâtre Gérard-Philipe pour trois manifestations

musicales, là aussi bien différentes.

Du théâtre chanté, le 1 er juin avec

le jeu ne compositeu r Ah med Essyad et ses

vieilles légendes arabes. De la musique

nouvelle d'Amérique du Sud le 20 juin

avec le groupe Los Jaivas. Et enfin un

concert exceptionnel avec l'une des grandes

voix de notre temps, Teresa Zylis Gara.

La cantatrice, entre deux représentations

de Madame Butterfly à l'Opéra, chantera

des mélodies de Chopin, Schumann et

Rachmaninoff.

Un concert orgue etflûte avec J.-C. Dalzon

et D. Boussac à l'église luthérienne, et un

concert Bach, Vivaldi par l'Orchestre de

Chambre de Heilbronn* compléteront le

programme. Il faut également noter que

du 15 au 18 des animations de jazz se dérouleront

dans différents endroits de la

ville: cités, marché, sortie du métro, etc.

De la musique dans l'air d'été, nous en

revenons au plaisir de sortir, et de respirer

les sons et les ambiances de juin.

* A l'église Saint-Denis-de-l'Estrée.

courrier

Monsieur le Maire,

Veuillez m'excuser de vous demander des renseignements

au sujet des transports gratuits.

Ayant été l'année 1974 en indemnité de salaire

pour cause de maladie, en 1976 j'ai payé pour

l'année 39 F d'impôt. Le bureau d'Aide sociale

m'a refusé ma carte, cette année j'ai payé 210 F

on me l'a également refusée.

Payant des impôts, je n'y ai pas droit. J'ai 67 ans

et vis seule, je ne peux le comprendre car d'autres

personnes dans mon cas, dans ma maison,

des retraités qui ont cette année payé deux fois

plus d'impôts que moi, l'ont reçue.

Monsieur le Maire, je me 'demande si il y a plusieurs

sortes de retraités, il y a certainement à

l'Aide sociale quelque chose qui ne marche pas.

Recevez, Monsieur le Maire, l'expression de

mes sentiments distingués.

Madame,

Mme O.D.

rue de la République

Je tiens par la présente à vous apporter quelques

précisions sur les transports gratuits pour

les personnes âgées.

Il s'agit d'une disposition prise en charge par le

Conseil général, et non par le Bureau d'Aide

sociale comme vous semblez le supposer, et

applicable aux conditions suivantes :

1) Etre âgé de plus de 65 ans et ne pas être

imposable sur le revenu.

2) Ou bien être bénéficiaire de la carte d'ancien

combattant.

Ainsi qu'un certain nombre d'autres personnes

âgées, vous vous trouvez imposée pour la

somme de 39 F. Pourquoi cette situation? Alors

que votre pouvoir d'achat ne s'est pas accru. En

fait le plafond de non-imposition évolue à un

rythme infiniment moins rapide que l'inflation.

En dépit de nos interventions, le gouvernement

refuse de procéder aux ajustements nécessaires.

De sorte que d'année en année le nombre

des personnes assujetties à l'impôt augmente

considérablement.

Ce qui a pour les intéressés, deux conséquences

:

1) Ils doivent acquitter un impôt dont ils étaient

jusque là épargnés en raison de leurs modestes

ressources.

2) Ils perdent ainsi le bénéfice d'un certain

nombre d'avantages dont ils bénéficiaient au

titre de la non-imposition.

C'est donc une double pénalisation qui frappe

les personnes dans votre cas.

Bien qu'il ne soit pas responsable de cette situation,

le Conseil général s'en est inquiété. Les

membres de la commission intéressée du

Conseil général ont demandé que les conditions

d'attribution de la carte améthyste soient

réexaminées et que toutes les personnes qui

paient moins de 150 F d'impôts sur le revenu

puissent en bénéficier.

Malheureusement cette disposition ne s'appliquera

pas à toutes les personnes.

Dans le débat de la loi de finances 1978, et sous

la pression des députés communistes qui luttent

depuis des années afin d'obtenir une déduction

de 20 % sur les ressources déclarées

par les personnes âgées, au même titre que les

salariés, le gouvernement a enfin pris en

compte un abattement de 10 %, qui aura une

répercussion favorable dans l'avenir pour les

personnes se trouvant dans votre situation.

Le Conseil Général, pou r ce qui le concerne, ne

peut aller au-dede certaines limites, sous

peine de grever encore plus lourdement les

contribuables locaux.

C'est pourquoi nous estimons que c'est au gouvernement

qu'il revient de prendre en charge

une telle dépense.

Nous ne manquerons pas, pour notre part, d'intervenir

une fois de plus dans ce sens et notamment

pour obtenir le relèvement du plafond

d'imposition.

Je vous prie de croire, Madame, à l'assurance

de mes sentiments dévoués et les meilleurs.

Messieurs,

M. Berthelot

Nous vous sommes reconnaissants, mes collègues

et moi-même, d'avoir pris en considération

mes lettres des 15 février et 8 mars derniers.

Nous constatons avec plaisir, chaque jour que

l'accès à la station de métro « Carrefour Pleyel»

est maintenant dégagé et propre.

Nous vous remercions vivement de votre intervention.

Et vous prions de croire, Messieurs, à l'assurance

de nos meilleurs sentiments.

Mme P.

Rue Bellenot, Colombes.

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Pour la première fois, un jeune artiste,

Jean Kiras, expose en la Basilique.

Depuis le 25 avril et jusqu'à fin juin 1978,

deux salles de la Basilique, ouvertes au

public pour la première fois, offrent à un

jeune peintre français, Jean Kiras, la possibilité

de présenter une centaine de ses

œuvres consacrées exclusivement au

corps humain et s'inspirant des sculptures

funéraires de la Basilique.

Ce travail artistique d'une incontestable

originalité est né d'une rencontre insolite.

C'est en effet Jean Kiras qui, en 1975, fut

chargé de concevoir et mettre en page

l'exposition «Le roi, la sculpture et la

mort» qui analysait et donnait à voir trois

siècles de sculpture funéraire. Et c'est en

réalisant cette exposition que l'artiste décida

de faire une lecture contemporaine

de ces œuvres du passé, avec ce moyen

d'expression qui lui est propre: la peinture.

Durant trois années, il va dialoguer avec le

mausolée des rois de France, réaliser des

interprétations très personnelles de ces

paysages de chair figés à jamais dans le

marbre. Il va créer, et les gouaches et pastels

présentés dans la Basilique constituent

une œuvre en soi. La somme de ce

travail est un parcours qui est proposé

comme tel au visiteur, avec ses hésitations

et ses certitudes.

Pour faciliter la rencontre du public et du

travail artistique de Jean Kiras, l'exposition

regroupe également un ensemble de

textes et de photographies sur les gisants

des rois de France, ce qui permet de mieux

dégager les rapports entre sculpture et

peinture; conception pédagogique souhaitée

par l'artiste lui-même.

corps

}ette exposition offre donc plusieurs

avantages: elle est un soutien actif à la

création artistique contemporaine; elle

permet un dialogue entre peinture et sculpture,

entre une œuvre passée et sa

lecture-critique aujourd'hui.

Au travers de cette exposition, les organisateurs

ont donc voulu soutenir la création

artistique contemporaine, mais dans

le même temps, ils ont souhaité que se

fasse une lecture-critique des sculptures

mortuaires de notre Basilique, lecture qui

permette de comprendre comment la

conception même d'une société change

vis-à-vis de la mort et de sa représentation.

C'est pourquoi le travail de Kiras met en

relief la morbidité accentuée, le souci du

détail anatomique de certaines sculptures,

ou au contraire une volonté de théâtraliser

la mort, de la mettre en spectacle

pour d'autres gisants.

Si l'on ajoute que le public, parallèlement,

pénétrera dans deux magnifiques salles

de la Basilique, on comprend toutes les

raisons de visiter cette exposition.

Présentée par le Centre culturel communal,

dans le cadre du Festival de Saint-

Denis, en collaboration avec la Maison de

la culture départementale, cette exposition

est placée sous le patronage de la

Direction régionale des Affaires culturelles,

avec le concours de la Caisse nationale

des Monuments historiques et la Direction

de l'Architecture et des Bâtiments

de France. L'entrée en est libre, tous les

jours de 10 heures à 12 heures et de

13 h 30 à 18 heures sauf les mardis et dimanches

matin jusqu'au 29 juin.

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