part1 - Hassidout

hassidout.org

part1 - Hassidout

6

10 Sortie d’Egypte,

Eliahou Haviv

12 Ma nishtana,

Rabbin Mellul

16 Supporting Israël Canadian Style,

Prof. Gil Troy

18 Mais ou se trouve le centre,

Prof Julien Bauer

19 Conseils stress et anxiété

Les maux par les mots,

22

Yehoudit Cohen

25 Be your own physician

27 Dix conseils du Dr. Ch. Amar

pour prévenir l’obésite

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

Mars - Avril

2006

Fêtes Juives

Politique israëlienne

Bien Être

Santé

16

19

25

10

12

22

27

18


Les rabbins onT la parole

29 Une preuve de l’existence de D.ieu

30

Rabbin Y. Spitezki

Rabbin D. Cohen

33 La vie d’un bout à l’autre

Le Grand Rabbin de France: Joseph Haym SITRUK

36 Ask the rabbi,

42 Éducation: Yavné

46 Montreal Alive

Judaïsme en perspective

50 Science and Thora,

Tsvi Freeman

52 Freud’s great freudian slip,

55

Hachgaha, la providence divine

Rabbi Aaron Moss

News News News...

Chief Rabbi J. Sacks

Psychologie et Judaïsme,

Dr. H. Harboun

57 Feminism and Judaism,

Tzippora Heller

60 Don Quichotte,

Isaac Bensaya

62 Quizz: Time is Money

63 Livres

64 Les Recettes

68 TOP 10: Viva la Musica

70 Bandes Dessinées: Baba Salé

71 Les blagues - Jokes

DIVERS

36

45

50

29

33

42

57

MAGAZINE J63 MARS - AVRIL 2006 7


8

MAGAZINE J

Rédaction - administration :

4605 Mackenzie,

Montréal, Québec

Canada H3W 1B2

lemagazine_j@yahoo.ca

T. (514) 223-5900 • F. (514) 341-0594

Éditeur responsable :

Sidney Saadia Elhadad

Directeur de la Publication :

Isaac Gozlan

Rédacteur en Chef :

Rabbin Yaakov Spitezki

Rédactrice :

Sonia Demory

Révision - Correction :

M. Bezzaz, Sonia Demory, Fatou Diawara

Collaborateurs:

Dr. Charles Amar

Pr. Julien Bauer

Rabbin Daniel Cohen

Yehoudit Cohen

Dr. Tsvi Freeman

Rabbin Eliahou Haviv

Dr. Haym Harboun

Tzipporah Hellel

Pin’has Katz

Rabbin Chmouel Mellul

Dr. Jonathan Sacks, Chief Rabbi of England

Joseph ‘Haym Sitruk, Grand Rabbin de France

Rabbin Yaakov Spitezki

Pr. Gil Troy

Directrice des communications et des

abonnements :

Martine Knapp

Vente et Marketing :

Isaac Gozlan

Conception et Graphisme :

Design Graphico, Communication

Paysan Design et Jonathan Cohen

Crédit Photo :

Studio Zoomtech, Raphaël Ohayon,

Oméga Photo

Expédition Postale :

Joncas Postes Expert

Magazine J, tiré à 6000 exemplaires, est publié 6

fois par an. Les exemplaires sont acheminés par

voie postale au Québec, en Ontario et aux

U.S.A. De plus, Ils sont déposés dans différents

endroits stratégiques à Montréal.

Les textes publiés n’engagent que leurs auteurs.

La rédaction n’est pas responsable du contenu

des annonces publicitaires.

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soit, en tout ou en partie, du présent

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est strictement interdite.

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livrée au 4605 Mackenzie MTL, Qc. H3W 1B2

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

EDITORIAL

Deuxième ville francophone au monde, Montréal est

une métropole multiculturelle et bilingue issue d’un

heureux métissage entre l’Europe et le Nouveau

monde. Sa vitalité intellectuelle et sa proximité avec

les Etats-Unis en font une véritable plaque tournante.

C’est en 1738 que le premier Juif mit les pieds au

Québec. Trente ans plus tard, l’une des plus belles

synagogues du continent vit le jour : la Spanish and

Portuguese.

Aujourd’hui, grâce au Vaad Hair, à la Fédération-

CJA, à une multitude d’institutions et de

synagogues, à de très nombreuses écoles et des

centres d’études, la communauté est réellement

florissante. Nous pouvons être fiers de toutes ces

œuvres philanthropiques et culturelles.

Et pourtant, il reste deux grands défis à relever :

réduire les importantes disparités sociales et assurer

la pérennité de notre patrimoine...

C’est à cela que pensait le rédacteur de la Hagada

en s’exclamant «Que celui qui a faim (de nourriture

terrestre et céleste) vienne…et mange».

Ce nouveau magazine que nous vous proposons

est « de format généraliste ».En le feuilletant vous

constaterez que sont abordés différents thèmes : le

judaïsme, Israël et la communauté …bien sûr.

Mais aussi la psychologie, le féminisme, la santé, le

time management, la mode, les divertissements et

même une BD. Nous espérons ainsi couvrir vos centres

d’intérêts. N’hésitez pas à nous faire part de

toutes vos remarques dont nous tiendrons compte

dès le prochain numéro. Sortir un nouveau magazine

est toute une aventure. Ensemble, BaEzrat HaShem,

nous allons gagner ce pari!

Yaakov Spitezki

As the second francophone city in the world,

Montreal is a multicultural and bilingual metropolis

born from a mix of Europe and the New Word. Its

intellectual vitality and its proximity to the USA makes

it a real turntable. It was in 1738 that the first Jews

came to Quebec. Thirty years later, one of the most

beautiful synagogue of the continent was erected:

the Spanish and Portuguese synagogue.

Today, thanks to the Vaad Hair, the Federation-CJA,

and to a large number of institutions, schools and

study centres, the community is truly experiencing

exponential growth. We can well be proud of all our

philanthropic and cultural achievements.

Notwithstanding, two great challenges to our community

still remain to be addressed: reducing the

widespread social gap and guaranteeing the future

of our heritage… This is what the author of the

Passover Haggada had in mind when he proclaimed:

“Those who are hungry (for spiritual and

physical nourishment) come…and eat!”

This new magazine that we offer you touches on a

wide range of issues. Glancing through, you will

notice a plethora of themes we addressed:

Judaism, Israel and the community…of course.

But also psychology, feminism, health, time management,

fashion, entertainment, and even a comic

strip. We thus hope to touch upon your main interests.

Do not hesitate to contact us should you have

any queries that will be answered in the next issue.

Launching a new magazine is a great challenge and

adventure. Together, BaEzrat HaShem, we will succeed.


MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 9


10

Eliahou Haviv II

Chaque fête du calendrier juif recèle une force

spirituelle qui doit nous accompagner toute

l’année. Cette force est d’autant plus présente

lorsqu’on respecte les commandements de cette fête

et qu’on s’y prépare spirituellement.

Dans cette optique, Pessa’h est le moment de l’année

où le juif doit prendre conscience de sa liberté et

sortir de l’esclavage. Mais que signifie être esclave

aujourd’hui ?

ÊTRE OU AVOIR ?

L’esclavage signifie une situation de dépendance

envers un maître autre que le Roi des rois.

Notre relation à D.ieu n’est pas une dépendance, elle

est véritablement libératrice. Par exemple le Chabat

comporte de multiples interdictions mais celui qui le

respecte ressent pourtant en ce jour une merveilleuse

liberté, contrairement aux autres jours de la semaine.

La contrainte du Chabat est donc libératrice. Il en est

ainsi parce que D.ieu ne désire que notre bien et les

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

SORTIR D’EGYPTE

limitations que la Torah nous enjoint de respecter sont

épanouissantes et non asservissantes, à condition bien

sûr de les accepter avec joie.

En revanche l’éloignement de D.ieu nous projette dans

une autre sphère d’existence où les dépendances portent

d’autres noms : le regard de l’autre, la pulsion

bestiale, la pression de l’argent, la compétition etc. Le

point commun de ces différents « maîtres » est qu’ils

éloignent de notre grille d’analyse la présence divine et

qu’ils nous font rentrer dans le monde de la pression

et de l’étroitesse d’esprit. Etroit se dit MeTSeR en

hébreu et constitue la racine du mot MiTSRaÏm –

Egypte. Ainsi quand le travail et la pression sociale

nous empêchent d’être véritablement heureux, nous

sommes, sans le savoir, dans la situation de l’esclave

en Egypte. Par conséquent le but de Pessa’h est de

réajuster notre système de dépendances afin de nous

débarrasser des idoles égyptiennes et retrouver le

monde de la liberté et de l’épanouissement spirituel

procuré par la présence divine.

SORTIR D’EGYPTE


PARLER À D.IEU

A ce sujet le saint Ari décomposait Pessa’h en

deux mots : Pé et Sa’h qui signifie une bouche

qui parle. L’importance de la récitation de la

Haggadah est une illustration du fait que la liberté

dépend de l’utilisation de notre bouche et

nos sages enseignent que plus on s’étend sur

le récit de la sortie d’Egypte , plus on est

digne de louanges. Car comme les enfants

d’Israël qui eurent besoin de crier vers D.ieu

pour être libérés, nous devons encore aujourd’hui

prendre l’habitude de nous tourner vers

Lui et Lui parler régulièrement afin de pouvoir

bénéficier de Sa délivrance. Ainsi on s’isolera

chaque jour pendant un moment afin de Lui

raconter tout ce que nous endurons. Et les

réponses ne tarderont pas, avec un peu de

persistance on verra le quotidien s’améliorer

et on apprendra à remettre chaque valeur à sa

place afin de la contrôler au lieu d’en être la

victime.

Car de la même manière qu’une relation

humaine n’est réussie que grâce à l’utilisation

de la parole, notre relation avec D.ieu, source

du véritable épanouissement, ne peut être

réussie qu’en lui parlant régulièrement.

On peut ainsi comprendre l’importance de la

nourriture de Pessa’h, étant donné que ce qui

sort de notre bouche est lié à ce qui y entre.

La matsa est un pain pour lequel on a éliminé

le gonflement. Ce gonflement représente

le défaut d’orgueil qui pousse l’homme à

croire qu’il peut s’en sortir seul et qui le fait

invariablement tomber sous le joug des

autres dépendances, ne dit-on pas « se gonfler

d’orgueil ». Ainsi en évitant de consommer

du ‘hamets à Pessa’h, on extirpe de soi

ce défaut et on devient apte à chercher secours

et refuge chez le seul qui désire vraiment

notre bien, le seul qui puisse nous

libérer de la situation d’esclavage : D.ieu.

C’est la raison pour laquelle le soir du Seder,

on mange et on boit, accoudés comme des

hommes libres, parce qu’en cette merveilleuse

soirée, nous devons nous souvenir

de la sortie d’Egypte afin de la vivre personnellement,

en attendant la délivrance collective

qui ne saurait tarder, amen !

Eliahou Haviv, ancien rabbin de Dollard des

Ormeaux, est titulaire d’un MBA. Il dirige

actuellement un bet hamidrach à Raanana.

Courriel : berechit@hotmail.fr,

tél :011 972 52 392 19 54


12

PAS DE QUESTION SANS RÉPONSES

OU LA SIGNIFICATION PROFONDE

DE ‘MA NICHTANA’

Rabbin Chmouel Mellul II

Ma nichtana expose les quatre fameuses

questions que posent les fidèles lors du

rituel de Pessa’h.

L’usage est d’accomplir plusieurs rites susceptibles

d’étonner les enfants et de les inciter à

poser maintes questions.

Si l’enfant n’est pas assez mûr pour poser une

question, c’est à la mère de prendre les

devants et de le faire. Si elle-même n’est pas

disponible ou n’est pas présente, c’est au

maître de maison lui-même qu’il incombe de

poser les questions. Quand bien-même fût-il un

grand sage, il se doit de formuler et poser la

question.

Cette disposition est pour le moins curieuse :

pourquoi le récit de la Sortie d’Égypte doit-il

emprunter précisément le modèle de la question-réponse?

Et surtout pourquoi les érudits

qui connaissent par cœur les réponses à ces

questions doivent-ils se les poser l’un à l’autre?

Au sens simple : de prime abord, il faut donner

à la narration un tour interrogatif parce que

la Torah le suggère, « Quand ton fils te

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

‘MA NICHTANA’

demandera » (Exode13 :14). C’est du reste

une approche pédagogique que recommandent

fortement les éducateurs.

Néanmoins, cette réponse ne résout pas un

détail important : pourquoi devoir poser précisément

4 questions?

De fait, ce sujet s’avère beaucoup plus profond

qu’il n’y paraît. Pour bien le comprendre, il est

nécessaire de recourir à certaines notions

empruntées aux enseignements du cabaliste

Rabbi Its’hac Louria, le Ari Zal. Le grand maître

explique que les Rabbins font état de quatre

exils que le Peuple Juif est appelé à subir au fil

des âges :

Babel -Babylone, Madai- la Perse, Yavan- la

Grèce et Edom-Rome qui est d’ailleurs celui

dans lequel nous sommes encore plongés.

Ces quatre exils correspondent aux quatre lettres

du Nom Divin, Chem Havaya. Quant à l’exil

d’Egypte- Galout Mitsraim- il n’entre pas en

ligne de compte. En effet ce n’est pas un exil

isolé, mais plutôt un événement qui englobe

tous les quatre autres exils et qui, dans le Chem

Havaya, correspond au kotso chel youd, l’infime

caractère qui surplombe le youd et qui

englobe les quatre lettres du Nom Divin.

Et Rabbi Yossef Chaym Azoulay, le ‘Hida

renchérit en décelant une allusion à cette idée

dans le verset qui décrit la descente des Juifs

en Égypte :

Et voici les noms des enfants d’ Israël qui sont

venus en Egypte (Exode 1 :1)

« Venus »se dit en Hébreu BAIM, les 4 lettres

de ce verbe correspondent à l’acrostiche des 4

exils: Babel, Edom, Yavan, Madai.

La sortie d’Égypte représente du même coup la

sortie de tous les quatre exils qui vont s’étaler

dans l’histoire. L’exode d’Égypte garantit donc

la sortie de tous les exils ultérieurs.

Cette introduction résout nombre de questions :

Nos Sages affirment qu’il faut boire quatre

coupes de vin en souvenir des quatre expressions

bibliques de délivrance.

Or à la lumière de ce que nous avons appris,


cela s’explique : comme l’exil d’Égypte

englobe les quatre autres exils, il est normal de

songer aux quatre exils et d’employer quatre

formules de délivrance qui leur correspondent

respectivement.

Pourquoi Moïse qui s’est vu conférer la mission

de libérer l’Égypte de la Nation Juive, a-t-il

décliné cette offre? Comment un tsadik de son

envergure a-t-il pu refuser d’accomplir ce qui

n’était rien de moins que la volonté Divine?

À se pencher de plus près sur la question, on

constate que Moché a allégué 4 prétextes sous

forme de questions et D.ieu lui a donné 4

réponses.

-Que suis-je? – Car je serai avec toi.

-Quel est Son nom?

-Je serai Celui que Je serai.

-Ils ne me croiront pas ni n’écouteront ma voix?

-Qu’est-ce dans ta main?

-Je ne suis pas un homme de parole?

-Qui a mis une bouche à l’homme?

(Exode 3 :11-15 )

Il est clair que Moïse avec ces quatre refus, prépare

et assure une délivrance pour chacun des

4 exils qui vont marquer l’histoire du Peuple

Juif.

On remarquera, non sans intérêt, que les 12

Tribus sont entrées et sorties d’Égypte, en tout

et pour tout quatre fois :

Ils y sont allés pour acheter des provisions; ils

en sont sortis pour y emmener Yaakov.

Ils y sont allés pour présenter Binyamin à

Yossef; ils en sont sortis pour emmener

Yaakov.

Ils y sont allés en compagnie de Yaakov; ils en

sont sortis pour enterrer le patriarche.

Ils y sont allés pour subir l’esclavage annoncé;

ils en sont sortis lors de l’exode d’Égypte.

Ainsi, à chaque entrée en Égypte, les 12 Tribus

prenaient soin d’assurer le retour et la

délivrance.

Il ressort clairement de toutes ces observations

que l’exil en Égypte amorçait du même coup

les quatre autre exils. Aussi fallait-il dès lors

songer et préparer les délivrances futures.

Cela nous donne enfin tous les éléments pour

répondre à notre question initiale en formulant

ces questions, les Rabbins voulaient, à l’instar

de Moïse éveiller la Miséricorde Divine en ce

qui concerne la délivrance des quatre exils. Les

Quatre Questions du Ma Nichtana sont en réalité

des requêtes et d’instantes prières pour la

délivrance. Voilà pourquoi même les plus

grands sages doivent les formuler. Car c’est lors

du rituel du Seder qu’il convient d’éveiller la

Miséricorde Divine au moyen des 4 coupes de

vin, afin de garantir que la sortie de tous ces

exils soit aussi spectaculaire que la sortie

d’Égypte.

Le Rabbin Chmouel Mellul est Directeur des

études juives et Directeur adjoint des études

séculières de l'Ecole Yavné où d’ailleurs il

enseigne. Il a créé un nouveau programme

d'enseignement du Kodech et est l'éditeur

de la revue "kol Yavné".

Diplômé "cum Laude" de la Yechiva

University de New York, il est titulaire d'un

B.S. en comptabilité, d'un M.S. en études

hébraïques et d'une ordination rabbinique en

Droit juif et éducation.


SUPPORTING ISRAEL….

16

Professor Gil Troy (Mc Gill) II

Under Prime Minister Stephen Harper, will

the Canadian people, Canadian politicians,

and, Canadian bureaucrats wake

up to the ugliness coursing through the Middle

East and stand up for democracy? Alas,

September 11 was not the wake-up call it

should have been for most Canadians. Too

many Canadians have too much baggage

about Americans to see what occurred clearly

enough. Only days after the attack, a CBC

interviewer asked me: “If we are too aggressive

in our response, won’t we be targeted?”

Thinking of the three dozen Canadians killed in

the Twin Towers, having read Osama Bin

Laden’s fatwas condemning the “Crusaders”

and the “Jews” – targeting all Christians, even if

they were “nice” Canadians, I responded, “ We

already have been targeted.”

Still, under the Liberal government, we saw that

it was often easier to bash Bush than recognize

and respond to the jihadist threat. The tradition

of Canadian evenhandedness assumed that

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

there are two sides to every story. True, Canada

did respond heroically by sending troops to

Afghanistan, who are doing important and

courageous work and should be thanked. But

Canada’s need to deviate from the American

line led to a dramatic difference of opinion over

Iraq and important differences in handling

Israel.

Canada’s embarrassing record of voting for

anti-Israel UN resolutions, sometimes even

while condemning those same resolutions, represents

this evenhandedness at its worst.

Ironically, the Canadian foreign policy establishment’s

concern for keeping credibility with

member states of the UN has helped undermine

the organization’s credibility. Today, the UN

risks becoming the Third World Dictators

Debating Society. Now, with Hamas’s electoral

triumph, the message may be sinking in. Just

because Canadians want a two-state solution,

and just because most Israelis would accept

some territorial compromise, does not mean

CANADIAN STYLE

that Palestinians will. It is the typical Western liberal

conceit. Assuming that everyone is the

same, and thinks like us, makes Westerners feel

tolerant, when it is the height of condescension.

True multiculturalism, true cross-cultural communication,

requires listening, learning, and

acknowledging differences as well as sameness.

How many different messages must

Canadians receive before souring on the

Palestinians and the so-called “moderates” of

the Palestinian Authority? How many terrorist

attacks had to be attempted, how many suicide

bombers had to be deployed, how many

vicious, anti-Semitic, exterminationist speeches

had to be delivered, how many Israeli peace

overtures had to be spurned?

The combination of Iran’s growing aggressiveness,

the Muslim mania over these Mohammed

cartoons, and the Hamas election should make

it easier for Harper’s government. The need to

indulge the fantasy of Palestinian moderation

may have ended.


The result should be a clear-eyed, unsentimental,

forward-thinking Middle Eastern policy –

which may need to start with a purge of the

Middle East foreign policy bureaucrats, many of

whom are instinctively anti-Israel. They have

been so wrong for so long, their errors should

have consequences beyond keeping Canadian

policy frozen in Oslo-era assumptions. Even

bureaucrats should lose their jobs when they

have been so ruinously wrong.

Canada should not support Israel because

America does. Canada should support Israel

because it is the right thing to do – and here

the right position is also the savvy position.

Canada should support Israel because of the

very reasons why many Arabs hate Israel –

because Israel is a thriving Western-style parliamentary

democracy in the heart of the Middle

East. To Arab despots, Israel’s liberal democracy

poses a double threat. Not only do Israeli

freedoms, Israel’s rule of law, Israel’s stability

and maturity, pose a dramatic rebuke to the

dictatorships of Egypt, Saudi Arabia and company,

as a reliable Western ally Israel is an

important foothold in an unstable region.

Having Israel right there in Israel, in the heart of

the Middle East, breaks up the Arab Muslim

monopoly in the region known as the crossroads

of the world. No Western democracy will

ever admit all the ways having Israel in such a

strategically sensitive juncture helps stabilize the

area and empower the West against the

jihadists. Suffice it to say, that a Hamas-led government

in the entire area would be much less

useful to the West.

To avoid appearing to be an American clone, to

bring Canadian values to the forefront, Canada

needs to push for democracy, Canadian-style.

Democracy Canadian style means peace, order

and good government as prerequisites.

Democracy Canadian style views elections as

the culminating process of a civilizing push

toward democracy, not the beginning.

Democracy Canadian style can entail casing a

wider net for negotiating partners, as long as

they denounce terror, mass murder, and mob

rule.

Prime Minister Harper has been handed a golden

opportunity. After years of muddle, there is

clarity. There is clarity when Palestinians elect a

terrorist group with an anti-Semitic charter, an

exterminationist agenda, and a track record of

suicide bombing. There is clarity when mobs in

Europe, the Middle East, and Southeast Asia

target the Danes, of all people, then, inevitably,

begin chanting against Israel and the Untied

States as well. There is clarity when a

Holocaust-denying demagogue calling for the

destruction of both American and Israel is leading

Iran and desperately searching for nuclear

technology. Mr. Harper’s challenge is not just

convincing his political colleagues, not just leading

his people, but confronting Canadian civil

servants who have forgotten that, in a democracy,

no one should be above the people, their

desires, and their idealistic need to bond with

and support fellow democrats.

Gil Troy is Professor of History at McGill

University and the author of “Why I Am A

Zionist: Israel, Jewish Identity and the

Challenges of Today”, soon to be released in a

revised and expanded edition.

Gil Troy is Professor of History at McGill

University and the author of “Why I Am A

Zionist: Israel, Jewish Identity and the

Challenges of Today”, soon to be released in

a revised and expanded edition.


18

MAIS OÙ SE TROUVE LE CENTRE?

Prof. Julien BAUER (UQAM) I

Depuis la Révolution française, les notions

de droite et de gauche sont utilisées en

politique. À l’origine, on considérait de

gauche les députés qui faisaient la promotion

des droits de l’homme, s’opposaient à la toutepuissance

du souverain, étaient pour le progrès;

la droite, elle, comprenait les tenants du statu

quo, du rôle primordial du souverain au détriment

du droit de ses sujets.

Un siècle plus tard, l’éventail s’est élargi. Sont

apparues l’extrême droite et l’extrême gauche.

Dans les deux cas, il s’agissait de mouvements

de masse, débouchant sur les partis communistes

et les partis fascistes, partis antidémocratiques

qui accordaient une place prépondérante

à la classe sociale et au peuple. Au centre, entre

droite et gauche, se sont retrouvés les libéraux,

ceux qui valorisaient à la fois la démocratie et un

minimum de justice sociale.

Le marxisme pur et dur est passé de mode, le

fascisme aussi; par contre les notions de droite

et de gauche continuent à être utilisées pour

désigner, à droite, ceux qui insistent plus sur la

responsabilité individuelle et moins sur le rôle de

l’État dans la redistribution des revenus et, à

gauche, ceux qui insistent plus sur la responsabilité

collective et le rôle de l’État- Providence.

Au fil du temps, la distinction est devenue de

plus en plus floue, relevant plus du style que de

la substance.

En Israël, les notions classiques de droite et de

gauche ont été assez facilement appliquées

pendant les trente premières années de l’État. À

gauche, et au pouvoir sans interruption de 1948

à 1977, se trouvait le Mapaï, ancêtre du Parti

travailliste, d’autres partis socialistes (Achdout

Haavoda et Mapam), appuyés par la toute puissante

centrale syndicale Histadrout. À droite se

trouvait le Herout, ancêtre du Likoud, qui préconisait

une politique économique et sociale

plus libérale.

DÉFINITIONS DÉSUÈTES

Petit à petit, cette distinction a perdu de son

sens. Une des lignes de clivage dans la politique

israélienne n’a rien à voir avec la production de

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

biens et la redistribution des revenus, mais avec

le type de relations à avoir avec les États arabes

et les Palestiniens. Dans l’immédiate aprèsguerre

de 1967, un mouvement nationaliste,

favorable à la souveraineté israélienne sur la

Terre d’Israël, du Jourdain à la Méditerranée, a

été créé par des ténors tant de la droite que de

la gauche. Les notions de classe sociale faisaient

place à la notion d’intérêt national.

Les années qui ont suivi, y compris depuis les

Accords d’Oslo, ont vu une utilisation de la terminologie

gauche-droite de plus en plus discutable.

Contrairement à ce que l’on pourrait

croire, le Parti travailliste recrute ses électeurs

essentiellement parmi la bourgeoisie aisée et le

Likoud parmi les salariés. Autant pour la répartition

politique entre les classes sociales ! Pour ce

qui est des relations avec l’Autorité palestinienne,

la « gauche » croit en la paix, est prête à

des concessions majeures alors que la «droite»

croit en la sécurité et est réticente à des retraits

territoriaux. Parler de droite et de gauche pour la

politique économique et sociale a encore du

sens, en parler pour la politique avec les Arabes

n’en a pas. On peut être «socialement» à

gauche, en faveur du droit des déshérités et

avoir une ligne dure en relations internationales

comme on peut être «socialement» à droite, en

faveur de la libre entreprise, et avoir une ligne

conciliante en relations internationales.

La réponse serait-elle au centre ? Les tentatives

de partis centristes ont été, dans le passé, des

échecs retentissants. Comptant sur le désabusement

de l’électorat lassé par les discours

traditionnels du Parti travailliste et du Likoud,

plusieurs partis centristes se sont lancés dans

l’arène électorale.

Le Mouvement démocratique pour le changement,

créé à la veille des élections de 1977, a

obtenu le nombre surprenant de quinze mandats.

Il a disparu peu après. La Troisième voie a

obtenu quatre députés en 1996 puis a disparu.

En 1999, Mercaz, le Centre, a fait élire six

députés. Il a disparu. En 2004, Shinouie a

obtenu quinze députés. Lui aussi a disparu. Le

moins que l’on puisse dire est que les partis du

centre ne sont que des feux de paille.

Kadimah serait-il l’exception qui confirme la

règle? C’est la première fois qu’un parti qui se

réclame du centre est créé par un Premier ministre

au pouvoir. C’est la première fois qu’un programme

électoral insiste presque exclusivement

sur la question des relations avec les Arabes

palestiniens et ne prend guère position dans le

domaine économique et social. C’est la première

fois que le programme d’un tel parti relève

plus du chèque en blanc que de propositions

claires. L’ambiguïté est, paradoxalement, ce qui

assure la popularité de Kadimah. Il est en même

temps prêt à utiliser la force pour évacuer les

Juifs de Judée et de Samarie, ce qui fait plaisir

à la «gauche», et à imposer ses choix à l’Autorité

palestinienne, ce qui fait plaisir à la «droite».

L’ambiguïté peut faire gagner des voix, peut-elle

être la source d’une nouvelle politique ?

Julien Bauer est professeur au Département

de science politique à l’Université du

Québec à Montréal. Il est l’auteur de

plusieurs livres dont les «Que sais-je ?» :

Le système politique israélien (2000), Les

partis religieux en Israël (1998), Politique et

religion (1999) et Les Juifs ashkénazes

(2001).


18 CONSEILS

18

CONTRE LE STRESS

ET L’ANXIÉTÉ

1

2 Que la lumière soit !

La faible luminosité augmente la déprime. D’où l’intérêt

d’une cure de lumière… 2qu’on peut faire à domicile

grâce à des appareils spécialisés.

1 Travaillez votre sagesse intérieure !

Étudiez régulièrement la Thora !

3 En avant la musique !

Celle-ci agit sur la pression artérielle, l’estomac, le

cerveau, et le taux des hormones du stress.

3

4 La parole libératrice !

N’hésitez pas à créer des moments en couple ou en

famille pour libérer le stress de la journée. Par exemple,

vous pouvez passer un moment tous les soirs pour parler

chacun votre tour. Cela permet d’évoquer 4ses soucis

de la journée et aussi les bons moments et ainsi, de

relativiser avec l’aide des siens.

5 Prenez du recul !

Apprenez à reconnaître vos propres signaux d’alarme face au stress; ne

vous laissez pas enfermer dans une logique perverse qui confond valeur

5

personnelle et performance. Prenez du recul par rapport aux choses et

aux évènements.

6 Po-si-ti-vez !

Déterminez toujours votre propre marge de manœuvre et établissez un

plan d’action. Évitez que les situations 6aient un trop grand retentissement

sur vous-même. Ne les amplifiez pas. Positivez. Restez calme et relativisez.

7 Privilégiez vos vrais amis !

Donnez la priorité à votre famille et à vos vrais amis, 7qui sauront vous rendre

votre amitié au centuple et être à vos côtés quand vous aurez une

petite baisse de forme.

8 Une minute pour rire par jour !

Une minute de rire provoque ensuite quarante-cinq minutes 8de relaxation

physique ! C’est idéal pour le système neurovégétatif, la digestion et les

poumons… Multipliez les occasions : humoristes, jeux avec les enfants,

etc.

9 Appréciez-vous !

Apprenez à vous apprécier. Soyez tolérant 9avec vous-même et avec les

autres.

10 Tirez des leçons de vos échecs !

Apprenez à analyser les conflits, les erreurs

10

et les échecs, afin de n’en

ressortir que le positif. Relativisez et ayez confiance en vous. N’oubliez

pas que vos échecs vous aident à évoluer et à grandir. Ce qui ne nous

tue pas, nous rend plus fort.

MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 19


11) Défoulez-vous !

11

Le sport vous aidera toujours à vous « défouler» et a évacuer le trop

plein de tensions et d’énergies négatives emmagasinées.

12) Arrêtez de tout faire trop vite !

Le vrai secret de la longévité, c’est de ralentir votre rythme de vie. Arrêtez

12

de vous essouffler pour gagner 10 minutes sur votre planning ! Qu’allezvous

y gagner ? Peut-être de vous faire une entorse ou de vous casser

le pied ! …

13 Ne vous inquiétez plus à mauvais escient !

13

Arrêtez d’étouffer vos enfants à force de trop les couver ! Ne vous

inquiétez plus dès qu’ils mettent le nez dehors.

14) Allez de l’avant !

Ne gémissez plus et ne regardez plus jamais en arrière. Pensez que

chaque jour qui arrive est le premier jour de votre nouvelle vie !

14

15) Méthode Coué !

Trouvez chaque jour au moins trois motifs de satisfaction. Par principe,

avant de vous lever, décidez de faire dans la journée

15

trois choses pour

vous faire plaisir.

16 Des moments de loisir !

16

Prenez des moments de loisir rien qu’à vous, au lieu de chercher à faire

plus de taches ménagères ou familiales !

17 Apprenez à dire “Non” !

Tous les spécialistes de la gestion du temps le répètent, savoir dire non

est l’une des compétences essentielles. Nous sommes

17

inutilement

débordés. Au travail comme à la maison, les sollicitations sont nom-

breuses. La pression que les autres exercent sur nous est souvent considérable.

Ne nous laissons pas envahir en apprenant à dire non sur

l’accessoire ou le superflu.

18 Priez !

Parler à D.ieu comme un enfant parle

18

à son père. Prenez du temps pour

faire le point, avouez vos erreurs, demandez pardon. La prière est d’un

grand soutien en période de stress.


22

COMPRENDRE

LE SENS DE MES

Par Yehoudit Cohen I

Qui, un jour ou l’autre, ne se sent pas

tiraillé, inquiété par ce qu’il vit ? Qui ne

s’est pas laissé emporter par les événements

? Quel que soit le parcours de chacun

, toute vie est ponctuée d’événements , espérés

ou inattendus, heureux ou dramatiques et nous

sommes tous, plus ou moins confrontés à

l’ingérable : maladies, accidents ou deuils qui

nous laissent désemparés, démunis.

Dans ces moments de souffrance, il nous arrive

d’éprouver un sentiment d’impuissance,

d’incompréhension, voir d’injustice ce qui

suscite de nombreuses interrogations.

Pourtant, nous aspirons tous au mieux être.

Alors est-ce un coup du sort, une fatalité, le

fruit du hasard ?

INJUSTICE OU REMISE

EN QUESTION

Face à tout ce qui nous atteint, nous avons

deux attitudes possibles. Soit nous mettons

l’événement sur le compte de la malchance ou

de la maladresse d’autrui et concluons que le

monde, les autres, la vie, sont injustes.

Soit nous nous demandons pourquoi cela nous

arrive, à ce moment de notre existence. Rien

n’est dû au hasard, il y a certainement un sens

à tout cela.

STRESS ET CONSÉQUENCES

Imaginez que Madame Levy se promène dans

un parc, elle marche tout en pensant à ses

soucis, elle ne voit pas devant elle un trou de 3

mètres.

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

MAUX PAR LES MOTS


Elle tombe dedans en s’évanouissant. Le fait

qu’elle tombe avec son corps mou, lui sauve la

vie, elle s’en tire avec des contusions.

Cela s’est passé très vite, elle était face à une

situation de stress ingérable, Sa pensée consciente

était ailleurs, sinon elle aurait eu le

temps de penser à faire un pas de côté.

Qu’est ce qui a provoqué cette réaction d’évanouissement

dans son corps et qui lui a

sauvé la vie ?

Quand vous subissez un stress quelconque, ce

dernier provoque l’élévation de votre pression

artérielle. L’accroissement de la pression est

décelé par des cellules nerveuses situées dans

les parois de certaines artères.

Ces cellules envoient un message à votre

cerveau afin qu’il puisse interpréter le message

et réagir par l’envoi d’influx nerveux à votre

cœur. Votre pensée consciente se met alors

en éveil pour essayer de trouver une solution,

dans la plupart des cas.

LA BIOLOGIE DU CERVEAU

Parfois, cependant, la solution ne vient pas, le

stress est à son niveau maximal. Alors c’est la

biologie, plus précisément celle du cerveau qui

se charge de gérer, de trouver une solution dite

de survie. Ce n’est peut-être pas la solution que

j’aurais trouvée de manière consciente.

C’est ainsi que nous avons en nous un gardien

de notre vie, notre cerveau inconscient qui va

prévoir un programme de survie, une solution

au stress, à nos conflits. Il va le biologiser d’une

certaine manière. Ce peut-être un évanouissement

comme dans ce cas, une grippe, une

dépression, ou une fatigue.

Mais me direz-vous, comment notre cerveau

va-t-il ‘’biologiser’’ le conflit dans tel symptôme

ou telle maladie ?

Tout dépend de notre interprétation, notre

ressenti face à la situation ingérable.

Il y a en nous deux parties : une partie dite

inconsciente émotionnelle de notre vie, ce que

je vis intérieurement, et c’est cette partie qu’on

associe au cerveau droit qui intervient dans le

stress ingérable et une partie dite conscience,

rationnelle, intellectuelle, qu’on associe

généralement au cerveau gauche.

ECZÉMA EX AIMA

Exemple : Un enfant de deux ans fait un eczéma

au pli du coude et du genou. L’eczéma est

une maladie de peau qui démange. La peau

est le premier organe des sens qui nous met

en contact avec l’extérieur par le sens du

toucher.

Quel était le ressenti pour cet enfant ?

Peu avant, sa mère, institutrice, a repris son

travail. Le soir, quand elle rentre, elle n’a pas de

patience. L’enfant se sent incompris et souffre

de la séparation. Il ressent le besoin d’être en

contact avec sa maman, d’être pris dans ses

bras. Il a besoin de ce contact sécurisant

apaisant.

Dans ce cas, l’enfant n’a pas été entendu, n’a

pas pu dire ce qui lui faisait mal, aussi c’est son

corps qui en quelque sorte s’est exprimé par la

mal a dit, la peine non dite, par l’eczéma qui

pourrait se décomposer en ex aima, car il s’est

senti mal aimé par sa mère.

Nous comprenons que la maladie est la solution

parfaite pour un conflit ingérable et elle est

la traduction biologique de la pensée ou de

son équivalent. Il existe des conflits conscients

: perte d’un mari, d’un enfant, coups durs

subis. D’autres sont inconscients : épisode de

l’enfance, secret personnel ou familial, événements

de générations passées.

Un autre exemple, une patiente dont la

meilleure amie de longue date venait de lui

faire une « crasse », dira qu’elle ne peut

digérer cette situation qui la mine, la peine et la

choque profondément. Le genre de pathologie

qu’elle peut contracter peut aller jusqu’à un

cancer de l’estomac. Cette fois-ci la “chose”

indigeste n’est pas réelle ou physique, mais

virtuelle. Notre cerveau ne fait pas la différence

« comme si » égale « c’est ». Il ordonne la

solution au conflit psychologique présent,

ressenti comme indigeste.

Un autre détail important : notre cerveau

inconscient ne connaît que le temps présent,

tant qu’un conflit n’est pas résolu, il reste en

mémoire. Ce qui s’est passé il y a dix ans, un

choc, un deuil non fait, il est là, mais le

déclenchement du programme survie du

cerveau ne se fait pas forcément

immédiatement. Mais, attention, un petit stress

peut faire déborder le verre !!! Agir comme

déclencheur.

Exemple : une femme qui s’est brûlée avec un

poêle à l’âge de 8 ans, déclenche à 70 ans un

eczéma à l’ endroit de l’ancienne brûlure et ce,

à la suite du décès de son mari.

POUR NE PAS QUE

LES MOTS DEVIENNENT

DES MAUX…

La programmation se fait souvent tôt dans la

vie et en remontant plus loin encore, nous pouvons

retrouver le vécu conscient et

inconscient des parents, à la conception

et pendant la grossesse, sans oublier les vécus

de la première année de vie ainsi que des

ressentis semblables dans les générations

nous précédant (étude trans-générationnelle).

Toutes ces prises de conscience amènent la

personne à se prendre en main.

Bien sûr, la seule prise de conscience suffit

rarement pour guérir, mais un travail de mise

en contact avec ses ressentis profondément

enfouis libère énormément.

Lorsque l’on comprend ce de quoi la maladie

voulait nous guérir (ce que le mal a dit), elle n’a

plus sa raison d’être et s’esquive sans mot

dire.

Aussi, quand il y vous arrive un événement

désagréable, angoissant :

MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 23

Accepter votre ressenti, ne le refoulez pas.

Exprimez le à quelqu’un en qui vous avez

confiance.


Vous pouvez l’écrire, le dessiner… (le mettre

en mots ou en symboles)

Prenez de longues respirations, relaxez. Tout

problème à une solution.

Bach’s Flowers: Famous

Flower Essences

Juste avant de vous endormir, demandez à

votre inconscient une solution (les réponses

sont souvent étonnantes et symboliques).

Faîtes une marche, si possible dans la nature et

méditez.

La solution est en vous-même. Si vous ne la

voyez pas encore, recentrez vous, mettez vous

en contact avec votre potentiel. Guérir c’est

agir sans peur et changer. Car en chacun

réside une étincelle qui ne cherche qu’à briller.

Yehoudit Cohen est naturothérapeute.

Elle pratique et enseigne la biopsychologie

et la kinésiologie (conférence, stage)

Elle est consultante en fleurs de Bach.

Tél : (514) 488-4134

Unlike other medicines, Flower

Essences contain no active

chemicals or posses any

pharmaceutical properties. They are at best

described as a sort of liquid energy, a

vibrational medicine made from delicate

blooms adorning gardens, fields,

mountainsides & woodlands, that bring

about benefits by influencing a person’s

own life-force.

Many of us go through periods of difficulty

and fatigue, when negativity creeps in.

Flower Essences do not suppress these

negative attitudes, but transforms them into

positive ones, invaluably restoring balance,

they are a perfect antidote to ease

emotional distress, boost self esteem, lift

your energy levels, increase resilience to all

kinds of illness even enrich our

relationships.

The more we resist the challenges and

transitions life puts in front of us the more

painful the experience of change tends to

be. Flower Essences can help us to

respond appropriately to the increasing

demands allowing us to rediscover the true

joy of living.

“Health depends of being in harmony with

our souls” - Dr. Edward Bach

Sophie Picquot, NHC has a private practice

as a Natural Health Consultant and is a

Certified Craniosacral Therapist. She is also

a member of the Association des

Naturopathes Professionnels du Québec.

e-mail: Sophievpic@sympatico .ca,

Tel : (514) 487-9849


Did you know you could give yourself your own chekup? Your

body is the best indicator of your health.

Let’s start with the fingernails. If your nails are soft, brittle, or

spotted, it could mean you are missing some minerals such as

calcium or magnesium in you body.

Look at your eyes in the mirror. Do the whites of your eyes get red

easily? I they do, it’s possible your liver could be toxic from too

many sweets, fried foods, and margarine. Check the area under

your eyes. Are there dark half-circles? Or any bagginess? If so, your

kidneys and liver might be weak or overloaded with toxins.

How about your skin? Is your skin clear or are you plagued with

pimples? Pimples are often the result of toxic bowels and stress.

Your breath is another indicator of your health. It should smell

pleasant and sweet. If you have bad breath despite regular

brushing and flossing of your teeth, it could be a sign that you’re

either eating something which doesn’t agree with you or you’re not

drinking enough water or both.

Consider your teeth. Do you have a lot of cavities, fillings, and/or

root canals? Weakening of teeth means the minerals in the teeth

are depleted. The same diet that causes teeth to weaken can also

cause bones to chas v’shalom soften and be prone to breaking.

Cavities can also form it someone is very acidic as a result of eating

improper food.

What about your stomach? Is it often bloated? Do you suffer from

constipation, gas, frequent diarrhea, or loose stools? Do you often

get stomach aches? Proper digestion is the key to good health,

says the Rambam.

Lastly, what about your mental and emotional health? Do you often

get depressed, excessively frightened, or violently angry? Your

mental and emotional state can also be affected by what you eat.

THE GOOD NEWS

The good news is that a change of diet will, make an immense

difference in how you feel.

BE YOUR OWN

PHYSICIAN

As we all know, we are what you eat. The food you ingest becomes

your blood which nourishes your cells. It doesn’t take long to get

rid of all or most of these unwanted symptoms. After just a few days

of eating properly, the organs in your body will start become

stronger and do their work better. Your nails will start to become

sturdier, your breath sweeter, your teeth stronger, and you won’t

suffer from frequent stomach aches. And after a couple of weeks

you should notice a significant improvement.

HOW TO ACHIEVE EXCELLENT HEALTH

The main culprit-you guessed it- is sugar! All that cake- it has to

go! Say goodbye to cookies, ice cream, candy, chocolate, and

soda too. The refined sugar in them is linked to diseases such as

diabetes, cancer, tooth and bone decay, heart disease, and all kinds

of arthritis and rheumatism. Sugar also makes us fat. So just say

no! If you can’t turn your back on it entirely, pick your favorite nosh.

Chemicals too are bad news. They aren’t even food! They’re toxic


26

additives made in a laboratory for the purpose of making the

product last longer or look prettier. Stay away from anything with

stabilizers, preservatives, and artifical color. The body can’t even

digest chemicals, so they get stored in an already overworked liver.

Here’s what to do when you feel the need for sweets.

Eat a fresh fruit or a dried fruit. They are so many to choose from!

And you don’t have to feel guilty if you eat a bunch of them!

They’re good for you! Or bake your favorite recipe substituting

honey, maple syrup , or succanat for the sugar.

Now that we heard what we shouldn’t eat, let’s hear what we

should eat! Lots of vegetables. Greens and vegetables are very,

very important.

Whole grains such as brown rice and buckwheat are very

nourishing and filling. Ask for whole wheat bread in the bakery.

Let’s talk about proteins, starting with the much-maligned egg.

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

Eat one a day. The Talmud talks about eggs too. It says that no

other food packs as much nutrients in such a small space as an

egg does.

Chicken, meat, and fish are also excellent foods, as are nuts and

seeds. Lastly, a reminder about fats. As readers know by now, fats

don’t make you fat. Some fats, such as olive oil (extra-virgin),

tehina, avocadoes, and the oil in fish actually help you to be slim!

Avoid the bad fats which do make you fat such as margarine and

vegetable shortening and processed oils. Another fat that’s good

for you (in moderation, of course) is butter. Unrefined sesame oil,

is also good for you.

The Rambam says that the number one cause of indigestion and

sickness is overeating. As Jews we eat to live- not the other way

around. “The righteous, wise person eats a little to sustain his soul

so he can serve Hashem, while he wicked, foolish person eats and

drinks for pleasure, thinking that that’s what this world was created

for », the Menorat HaMaor (Rabbi Itzhak Abouab) writes.


COMMENT EMPÊCHER

L’O BÉSITÉ? É?

Docteur Charles AMAR I

Pourquoi un enfant devient-il obèse ? Les causes peuvent être multiples.

L’hérédité d’abord, le mode de vie ensuite .Ce dernier a

complètement changé en un siècle. Nous sommes plus sédentaires.

Parfois, des dérèglements hormonaux jouent aussi un rôle. Enfin,

des problèmes psychologiques peuvent se traduire par l’augmentation

des quantités de nourriture absorbées. Une fois installée, l’obésité s’avère

très difficile à soigner.

10 CONSEILS POUR

PRÉVENIR L’OBÉSITÉ

1 Lisez les étiquettes pour choisir des aliments

équilibrés.

Il faudrait passer un quart d’heure une fois par mois à lire les étiquettes.

Par exemple, pour compenser les apports excessifs en graisse, pensez

aux yaourts et au fromage blanc à 0% qui, eux, contiennent la même

quantité de calcium que ceux à 10, 20 ou 40%.

2 Pesez et mesurez vos enfants et tenez leur

carnet de santé à jour.

3 Soyez détendu lors des repas, inutile de

stresser vos enfants.

S’alimenter doit être une source de plaisir et de découvertes, un bon

moment passé en famille. Essayer d’observer le comportement alimentaire

de votre enfant. Soyez attentif à l’évolution de sa vie affective.

Appliquez des règles simples d’équilibre alimentaire associées à une

activité physique.

4 Ne les mettez pas au régime, mais rééduquer

toute la famille.

Ne vous contentez pas de rééquilibrer l’alimentation de votre enfant :

quand toute la famille s’y met, c’est plus facile pour tout le monde !

Supprimez biscuits, confiseries et boissons sucrées de vos placards et

frigos. Diminuez la teneur en graisse de votre alimentation. Pour augmenter

votre consommation de fruits et légumes, pensez à mettre systématiquement

des fruits sur la table et prévoyez un légume au déjeuner

MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 27


et au dîner. La bonne mesure, c’est la moitié de l’assiette, le reste étant

composé de viande et de féculents ou de pain complet.

5 Réduisez les portions et évitez les excès de

protéines

Avant l’adolescence, un enfant n’a pas les mêmes besoins qu’un adulte.

6 Oubliez sodas et limonades : de l’eau, rien

que de l’eau !

Seule l’eau est nécessaire et la consommation systématique de boissons

sucrées conduit à un total déséquilibre de la balance énergétique. Un

verre de jus de fruits, soda, cola ou limonade apporte l’équivalent de 4

morceaux de sucre ! Et s’il y a 0 calorie dans un verre d’eau, il y en a

150 environ dans une canette de Coca ! Le plus simple est de les bannir

de votre liste de courses et de ne mettre que de l’eau au réfrigérateur.

Quant au cola diète, ce n’est pas une bonne alternative dans la

mesure où il contient de l’aspartame. Ce dernier donne un goût particulièrement

sucré. De ce fait, une fois le régime fini, la personne a toujours

envie de sucre !

7 Limitez les « repas frigo » et laissez-les déjeuner

à la cantine.

Lors des « repas frigo », constitués pour l’essentiel de fromage, pain,

pizza, chocolat ou bien de charcuterie, l’ado ne mange que très

rarement des légumes ou des fruits. Ce sont les repas pris en famille qui

permettent de maintenir l’équilibre. La cantine est également une bonne

solution, sous réserve que la composition nutritionnelle des repas soit

équilibrée. Ne laissez pas vos ados quitter l’école lors de la pause de midi

pour déjeuner au fast-food kasher du coin ! Essayez de trouver un compromis

en leur permettant de manger des hamburgers ou des pizzas et

autres glaces une fois par semaine.

8 Faites une estimation de leur temps de sommeil

idéal.

Toutes les études effectuées ont montré un surpoids significatif chez les

enfants dont le temps de sommeil était insuffisant.

9 Télévision, attention danger !

Les chercheurs ont mis en évidence un lien très clair entre le petit écran

et le risque d’obésité.

10 Pour qu’ils bougent… bougez avec eux.

Pour arriver aux 30 minutes d’exercice quotidien préconisées, il suffit de

marcher d’un pas rapide pendant 3 kilomètres ! Pour que cela soit plus

facile et plus convivial, faites du vélo en famille le dimanche, levez-vous

une demi-heure plus tôt le matin.

Docteur Charles AMAR est Docteur de Famille et Urgentologue.


Yaakov Spitezki II

Oui! Effectivement, il existe de

nombreuses preuves de l’existence de

D.ieu. Les théologiens ont l’habitude de

les diviser en 5 :

• D.ieu est le « premier moteur »

• D.ieu est la cause efficiente première.

• D.ieu est “ l’Être nécessaire ”

• D.ieu est le modèle parfait

• D.ieu est le guide intelligent de toutes choses

On peut donc résumer ainsi : La preuve

cosmologique (la Cause première), la preuve

téléologique (il y a une finalité dans la nature et

dans l’histoire), la preuve ontologique (il y a un

Être nécessaire).

Mais, en fait, a-t-on vraiment besoin d’une

preuve?

Imaginez qu’il soit possible de faire un examen

de sang qui puisse déterminer l’identité de

l’âme sœur : on se rendrait dans un laboratoire

avec un conjoint potentiel, on ferait une prise de

sang et, une demi-heure plus tard, on serait

avisé du résultat. Cela paraît extraordinaire ?

Mais réfléchissez un peu : pensez-vous

vraiment que ce soit la manière idéale

EXISTE-IL UNE PREUVE

IRRÉFUTABLE

DE L’EXISTENCE DE

d’entamer une relation ? Serait-ce romantique

de dire « Écoute, le test est positif, alors autant

se fiancer… » ?

En fait, allons-nous apprécier un conjoint

« garanti par un laboratoire », comme le sont

les grandes marques de dentifrice. Ce qui

donne justement tout son sens à une relation,

c’est qu’il s’agit d’un choix qui vient des

profondeurs de l’être. Si nous établissions nos

relations sur des preuves extérieures, comme

une analyse sanguine ou une réflexion

philosophique, nous aurions effectivement

acquis une certitude mais perdu notre libre

choix.

UN VÉRITABLE AMOUR

La liberté est le propre de l’homme. Elle est un

constituant essentiel du véritable amour. D.ieu

veut que nous établissions une relation avec Lui

par choix, non par contrainte. Il a fait de nous

des créatures libres et nous a donné la

possibilité de renier son existence si nous le

souhaitons. Il n’y a pas de force extérieure ou

d’argument qui nous oblige à l’aimer.

Il existe de nombreuses preuves logiques de

l’existence de D.ieu et de l’authenticité de la

Torah. Mais la plupart de ceux qui sont prêts à

accepter ces preuves sont ceux qui ont déjà

établi une relation avec Lui. La plupart des gens

ne reconnaissent leur âme sœur en tant que

telle qu’après s’être engagés dans une relation

mutuelle.

Si vous attendez la certitude absolue d’avoir

rencontré l’âme sœur avant de vous engager,

vous risquez de rester célibataire pour toujours.

Et si vous attendez la preuve irréfutable de

l’existence de D.ieu, vous risquez d’attendre

longtemps. Assumez donc l’incertitude et

ouvrez-vous à une vraie relation. Quand vous

ferez ce choix, vous trouverez la preuve de

D.ieu au fond de votre âme!

Yaakov Spitezki est titulaire d’un

semi’ha–diplôme rabbinique et d’un B.A. en

Philosophie. Porte-parole de la communauté

juive de Belgique en charge des

émissions religieuses à la R.T.B, il était

directeur du Centre Hillel et de l’aumônerie

des hôpitaux à Bruxelles.

MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 29


30

Daniel Cohen II

Dans son « Guide des Egarés » (3,17),

Maïmonide (13ième siècle) présente

cinq théories sur la Hachgaha (la

Providence). Il rejette les quatre premières,

incluant celles d’Aristote et des épicuriens, pour

ne garder que la cinquième qu’il considère être

l’opinion authentique de la Torah. Sans trop

entrer dans les détails, le Rambam aborde le

sujet de la Providence par la question de savoir

quelle est la place laissée au hasard dans le

gouvernement divin du monde. D.ieu contrôle

t-il tout ce qui se passe dans l’univers ou bien

existe t-il certains événements qui ne dépendent

pas directement de sa volonté ?

En s’appuyant sur les versets de l’Ecriture,

Maïmonide définit d’abord clairement que la

surveillance des individus n’affecte que le genre

humain. Ainsi, le fait que tel ver soit avalé par un

poisson ou que telle araignée ait dévoré tel

insecte ne relève pas d’un décret divin. Seule.

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

HACHGAHA :

LA PROVIDENCE

En revanche, le Créateur surveille et protège des

individus humains de manière particulière et ce,

en fonction du mérite de chaque individu. En ce

sens, la Providence s’accorde avec la Justice

parfaite par laquelle D.ieu dirige le monde.

D’après lui, la Providence est corrélative de

l’Intelligence divine qui s’exerce lorsque D.ieu

contrôle et intervient. Plus l’individu est élevé

dans sa capacité à être un réceptacle de

l’Intelligence de D.ieu, plus la Providence

s’exerce pour lui.

LES QUATRE

NIVEAUX DE FOI:

EMOUNA

Dans un petit ouvrage intitulé Ikarei Emouna

(« Les Principes de foi ») est présentée de

manière détaillée la conception du Baal Chem

Tov (18ième siècle) en matière de Providence

DIVINE

divine. Quatre niveaux de foi, ou Emouna, sont

développés : La Emouna dans l’existence de

D.ieu.

La Emouna dans l’existence de D.ieu.

C’est le fondement premier du judaïsme. D.ieu

est la seule existence nécessaire. Tous les existants

en dépendent.

La Emouna dans la Providence.

D.ieu dirige et contrôle le monde. Les actions de

D.ieu sont voulues et orientées en fonction des

actes des hommes. La majorité des juifs ont une

confiance forte en cette croyance.

La Emouna dans la révélation de D.ieu.

Non seulement D.ieu guide le monde, mais il

communique avec l’homme qui peut s’élever

spirituellement pour devenir Prophète ou

recevoir l’esprit de sainteté, à l’état d’éveil ou de

rêve. La Chekhina, ou Présence divine, réside

dans le Temple ou dans les lieux de prières et

d’études. En revanche, D.ieu ne peut résider


dans un lieu impur ou non sacré. Cette croyance

est globalement celle qui est acceptée par le

monde des étudiants de la Torah.

La Emouna dans l’Omniprésence divine.

Rien n’existe hors de l’existence et de l’essence

de D.ieu qui se trouve donc en tout et partout.

Seulement, cette Présence est réelle mais plus

ou moins voilée. La Providence atteint tous les

plans de la Création. Rien ne dépend du hasard

et la Providence s’exerce sur tous les individus

de tous les genres, humain, animal, végétal et

minéral. De plus, D.ieu peut se manifester au

travers de toutes choses et envoyer des messages

en utilisant tous les éléments de l’univers,

y compris ceux qui semblent, être les plus

éloignés de la sainteté. Tout est apte à servir

pour qu’un message subtil nous soit envoyé du

Ciel et nous fasse progresser. Les rencontres,

les paroles entendues ou les scènes aperçues,

même certaines pensées qui surgissent en

nous, peuvent être autant de moyens qu’utilise

D.ieu pour communiquer et nous guider.

La Hachgaha est donc totale, elle se porte sur

toute la Création dans ses plus infimes détails.

Le Baal Chem Tov va ainsi plus loin que

Maïmonide qui, bien que tenant d’une conception

d’un D.ieu omniscient (D.ieu est le connaissant,

la connaissance et le connu), n’en réserve

pas moins une part au hasard.

LA CHEKHINA PRÉSENTE

PARTOUT?

Ce qui semblait le plus choquer les détracteurs

du Becht, c’est le fait que la Providence puisse

utiliser un idolâtre ou des forces du mal pour se

manifester. Comment la Chekhina ou Présence

divine peut-elle résider dans les côtés impurs de

la Création, elle qui, selon lui, ne se trouve que

dans le domaine du sacré ?

D’après Rabbi Shnéor Zalman de Lyadi (18ième

siècle), il faut dire que la Chekhina s’habille dans

ces « autres côtés » et non qu’elle y réside.

La nuance est de taille et trouve sa justification

dans la doctrine des étincelles de sainteté de la

Cabbale de Rabbi Itshak Louria (Safed, 16ième

siècle). Le Cabaliste explique, en effet, en détail,

que tout ce qui participe de l’existence possède

en lui une étincelle de la Chekhina qui lui assure

son existence et est la source de sa vitalité.

La Chekhina est associée à la Parole divine

responsable de la Création du monde. Le Baal

Chem Tov reprendra plus tard ce concept en

insistant sur la permanence de cette parole

intemporelle, puisqu’à l’origine du temps et du

monde. Les dix paroles énoncées dans la

Genèse subissent par des systèmes de permutations

et d’échanges un nombre quasi illimité

de combinaisons et déclinaisons qui permet

l’existence de la multitude des êtres créés.

MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 31


32

Les animaux, les végétaux, les minéraux et

même les côtés impurs sont animés par une

étincelle divine qui s’habille et se cache en eux.

Dans ces derniers niveaux, la Chekhina est

apparemment prisonnière. On dit qu’elle s’habille

en eux, mais c’est en fait elle qui, secrètement,

les dirige. La Providence exerce ainsi son

contrôle sur l’ensemble des domaines de

l’univers, maîtrisant tout dans ses moindres

détails.

Le libre-arbitre demeure toutefois : si une personne

frappe son prochain, elle transgresse un

interdit. Il n’en est pas moins vrai que le coup

reçu par la victime n’est que volonté de la

Providence qui le décrète selon sa profonde

sagesse. Ceci explique pourquoi D.ieu (la

Chekhina identifiée au Verbe) peut nous parler

depuis les niveaux inférieurs où elle se cache. La

Hachgaha intervient partout et le pouvoir de

D.ieu s’exerce sur tout. La doctrine hassidique

de l’Omnipotence trouve ainsi son assise dans la

Cabbale lourianique, source incontestée de la

pensée juive.

L’INTELLIGENCE DU COEUR

Reste à comprendre si l’avis de Maïmonide peut

s’accorder d’une quelconque manière à la vision

MARS - AVRIL 2006 MAGAZINE J

cabalistique et hassidique. La Hachgaha n’est

pas seulement une protection au sens physique

du terme, pouvant aller jusqu’aux miracles. Elle

est ce par quoi D.ieu nous guide pour nous conduire

dans la bonne voie. Dans les argumentations

du Baal Chem Tov, ce qui compte le plus,

c’est la manière dont D.ieu se révèle à nous

pour nous enseigner la voie à suivre. L’important

n’est pas, au fond, que telle ou telle feuille

tombe en dessinant telle ou telle circonvolution,

mais bien en quoi cette chute peut être un message

à l’homme qui la contemple. Si une feuille

tombe au fond de la forêt, cela peut bien avoir

une incidence pour le ver qui se trouve à l’endroit

où elle se pose. Mais, qu’il s’agisse d’un

hasard ou de la Providence, cela ne change rien

tant que personne n’assiste au spectacle pour

en tirer une leçon personnelle. Dès lors que

c’est le cas, on peut dire que c’est la Providence

qui s’exerce pour informer l’individu qui en a le

mérite et qui possède la capacité de décoder

justement le message. Nous avons vu, d’après

le Arizal, que les étincelles de sainteté contenues

dans les diverses créatures sont ce par quoi

D.ieu les dirige. Mais, une lecture attentive des

textes prouve que l’existence de ces étincelles,

n’a de sens que parce que l’homme est en

mesure de les libérer et de les redresser dans

une perspective rédemptrice de l’Univers.

L’Homme est au centre de la Création et tout ce

qui arrive dans le monde est donc en rapport,

de près ou de loin, avec celui que D.ieu a choisi

comme associé pour parfaire l’œuvre de la

Genèse. La Hachagara est donc toute entière

tournée vers les hommes et en particulier celui

qui endosse ce rôle et cette responsabilité :

l’homme saint ou le Tsadik. En cela, on peut dire

que le Rambam et les Hassidim se rejoignent.

Ce que vient mettre en lumière le Baal Chem

Tov c’est qu’il nous est possible à tous de béné-

ficier de la Providence si nous le voulons. Il suffit

de vouloir voir pour voir. Ce n’est pas contradictoire

avec Maïmonide qui dit que la

Providence est affaire d’Intelligence. Il faut seulement

savoir qu’il s’agit ici de ce que l’on appelle

l’intelligence du cœur. C’est elle qui détermine à

la fois notre capacité de nous ouvrir au prochain

comme celle d’être réceptif aux messages de

D.ieu.

Rav Daniel Cohen est auteur de plusieurs

ouvrages sur la Cabbale et la Philosophie

juive. Il enseigne à Montréal depuis deux

ans et prépare la sortie d’un nouveau livre

sur la pensée du Baal Chem Tov. Tél :

(514) 488-4134


LA VIE D’UN BOUT À L’AUTRE

Joseph Haym SITRUK II

Grand rabbin de France

La vie est une chose si importante, qu’il

n’est pas question d’en abandonner le

moindre instant, d’en brader le sens

sous prétexte de notre questionnement sur la

mort et sur ce qu’il y aura après. Si, sur son

lit de mort, Léon Blum aurait dit : « Je crois,

parce que j’espère », nul n’est besoin d’attendre

cette échéance, car il y a tant d’occasions

pour nous de dire et de vivre cette

espérance durant notre vie.

Et peut-être, avant même d’aller plus loin,

peut-on dire qu’est considéré comme mort

celui qui n’a plus d’espérance, quand bien

même il est « techniquement »vivant, alors

qu’un mort, pour qui nous espérons, est

toujours dans notre monde, dans nos préoccupations,

nous qui sommes censés être les

vivants.

PARADOXE

DE LA SOCIETE MODERNE

Notre société moderne a produit un paradoxe

étonnant qui veut que nous repoussions

sans cesse les limites de la vie dans des progrès

contre les maladies et la mort, et que

nous ne soyons plus capables d’affronter

l’idée de notre finitude. La mort est de plus

en plus médicalisée et de moins en moins

humanisée.

Les médicaments, les greffes, les prothèses

font de nous des mutants qui, à l’image des

héros de science fiction, reculent les limites

de « l’inéluctable », et nous font même

parfois oser concevoir notre immortalité.

UN NOUVEAU TABOU

=> LA MORT

Il y a une sorte de nouveau tabou qui

empêche quiconque de parler de la mort, et

il est loin le temps où l’on voyait ces

immenses brocarts noirs ou gris devant le

domicile des familles en deuil qui appelaient

les voisins, les proches, les anonymes à

apporter un peu de réconfort aux familles, qui

devenaient alors le centre de la vie sociale.

Aujourd’hui, la formule traditionnelle est

« sans fleurs ni couronnes », ce qui

religieusement ne nous dérange pas, mais

qui trahit surtout la volonté de discrétion, si

ce n’est le refus d’attirer l’attention. Nous

pourrions également parler de la quasi disparition

des rituels de l’enterrement, du

développement de la crémation et de l’oubli

des rites de deuil.

Mais ce qui semble le plus symptomatique,

est sans conteste l’apparition de spécialistes

qui prennent en charge le deuil et l’accompagnement

des endeuillés, alors que cela

relevait depuis toujours du clergé et des

proches.

Cela va plus loin, puisque c’est maintenant

l’accompagnement de la fin de vie dont les

proches se déchargent sur des professionnels.

Les mourants ne font déjà plus partie de

notre monde.

MAGAZINE J MARS - AVRIL 2006 33


La mort n’est visible que si elle frappe des populations étrangères, à plusieurs

dizaines de milliers de kilomètres de la France, et si possible devant les

caméras du 21h00.

Mais la mort au quotidien, celle qui nous attend tous, n’a pas, ou plus

d’existence, puisqu’on la lui refuse. Dans cet univers d’occultation de la mort,

le judaïsme fait de la résistance et s’obstine à garder ses rites funéraires

partagés par la famille et la communauté.

34

LA VIE ET LE BIEN AVANT TOUT

Lorsque la Thora nous engage à « choisir la vie », cela ne peut se faire que

face à la présence de la mort. Mais cette obstination à vouloir oblitérer la

mort est une façon détournée de lui céder, et de ne pas « choisir la vie ».

Chaque instant de la vie est primordial, et qualifier tel ou tel moment de

premier ou de dernier est une erreur.

En effet le Talmud affirme que l’homme ne doit pas avoir confiance en lui

avant son dernier souffle. C’est-à-dire que si un homme voue sa vie au bien

et qu’à la fin de sa vie il change, c’est l’image du Mal qui restera de lui.

Inversement, un homme ayant fui le bien tout sa vie, et se repentant dans

son dernier souffle, sera considéré par D. comme un juste. C’est la totalité de

la vie d’un homme qui éclaire son parcours sur terre et donne de lui sa vérité.

Toute sa vérité.

Même si nous sommes seuls face à notre mort, il y a la force de la réflexion

de nos Maîtres et la capacité que peut avoir notre entourage à nous accompagner

dans ces chemins où, chaque homme, découvre une nouvelle façon

d’être lui-même, sans tricher, sans possibilité de refaire.

Dans l’acte religieux de l’accompagnement des maladies puis des mourants,

si intense qu’il est placé au-dessus de tous les autres, il y a un retour sur le

temps réel, celui de la vie. C’est bien le temps qui rythme la mort qui nous

replace dans un temps à échelle humaine. Comme si le temps du Chabbat,

celui de l’arrêt de la création, qui définit le temps de la semaine : « Six jours

tu travailleras, et le septième, tu arrêteras ». Dans le flou que notre société

entretient sur la réalité de la mort, nous prenons le temps d’accompagner

celui qui vit sa mort pour pouvoir préparer notre fin et y réfléchir.

LA QUESTION DE LA SOUFFRANCE

Mais lorsqu’on aborde la question de la fin de la vie, au-delà des termes techniques

aussi abscons que passe-partout, comme soins palliatifs, phase terminale,

ou acharnement thérapeutique, tous porteurs de si peu d’humanité qu’il

est nécessaire de les traduire et de les expliquer aux familles, il y a une réalité

toute simple à rappeler : il n’y a pas de vocation à la souffrance

chez l’homme.

Moïse pose la question à D. : Pourquoi ne supprimerais-tu pas la souffrance?

Et il préfère se voiler la face plutôt que d’en venir à juger D. avec des critères

humains.

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LA VIE D’UN BOUT À L’AUTRE


LA VIE D’UN BOUT À L’AUTRE

La question de la souffrance, pour fondamentale qu’elle soit, n’est pas

de notre ressort pour le sens spirituel qu’elle a, mais notre devoir est de

la combattre car elle empêche l’homme d’être pleinement conscient de

son humanité.

Lorsque des médecins ayant tout tenté pour sauver un patient se trouvent

obligés de baisser le niveau des soins, en particulier pour les cas

les plus lourds, ils ne font que remettre l’homme dans son statut

d’homme, face à sa mort, face à son destin.

Mais lui épargner la douleur est un impératif d’humanité. De manière

assez étonnante, on commence seulement à prendre en compte la

souffrance des bébés et celle des mourants. Peut-être qu’il vient tout

juste à notre esprit qu’un bébé, un mourant, un adolescent ou un

adulte est toujours un humain.

Mais il n’y a pas seulement la souffrance physique, il y a également la

souffrance morale, et l’importance des psychologues dans les réseaux

des unités de soins palliatifs n’est plus à démontrer.

RESOCIALISER LA MORT

Cette souffrance morale est souvent la conséquence d’une solitude

très forte face aux questions de la vie et de la mort. Comment ne pas

penser au Psaume 91 :

« N’aies pas peur de la crainte de la nuit ». Ce n’est pas la nuit qui

fait peur, c’est la crainte de la nuit. C’est pourquoi nous insistons pour

resocialiser la mort, ce qui se fait depuis toujours dans notre tradition

juive.

Enfin, pour nous qui voulons donner quelque chose à ceux que nous

accompagnons et qui bien souvent, eux-mêmes, nous donnent tant

par la force et l’intensité de leur instinct de vie, par leur sollicitude

envers nous et par l’attention qu’ils portent à des problèmes que nous

reléguons très loin de nous, à nous qui portons l’espérance de ceux

qui vont bientôt nous en donner, je voudrais dire qu’il s’agit d’être là,

présent pour vivre intensément des moments à nul autre comparables.

J’ai vu des personnes qui n’avaient pas pu se parler toute leur vie, et

qui, dans un seul geste, un seul regard, un seul mot, le dernier, se

disaient tout ce qu’elles avaient retenu.

Comment pourrions nous priver quelqu’un de cela?

C’est pour tout ceux qui pensent qu’il est trop tard que je veux affirmer

que ce temps d’accompagnement qui vient souvent lorsque l’on se

sent impuissant, inactif devant un processus qui nous échappe, ce que

Jacob, à la fin de sa vie a su et pu préparer avec ses enfants, est primordial.

C’est ce qui nous reste à faire lorsqu’il n’y a plus rien à faire.

Il nous reste à être, et c’est déjà beaucoup.

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