Projection - Passeurs d'images

passeursdimages.fr

Projection - Passeurs d'images

D o s s i e r

“U N É T É A U C I N É-C I N É V I L L E” 2003


a c t u a l i t é s

Jeunes pousses

Les 16e rencontres “Ciné en herbe” de

Montluçon se déroulent du 29 au 31

mars 2004 au cinéma le Palace et au

théâtre municipal. Elles s’ouvrent sur

une séance de présentation des films

primés au festival du court métrage de

C l e r m o n t - Ferrand et se poursuivent par

une compétition de courts métrages et

de films tournés en vidéo par les

options cinéma des lycées, en

présence des réalisateurs et du public.

Les inscriptions sont ouvertes. Les

établissements qui souhaitent

participer au festival doivent préciser

les coordonnées du lycée (adresse,

téléphone…), celles du responsable, le

nombre d’élèves et d’accompagnateurs

ainsi que le nombre de films présentés.

Ciné en herbe, Annie Aucouturier

Tél : 04 70 28 96 00

w w w. c i n e e n h e r b e . f r e e . f r /

À bon port

Les 7e rencontres internationales

“Cinéma et enfance” du Havre se

dérouleront du 17 au 24 juin 2004.

L’éducation à l’image et les questions

de filiation et de transmission sont au

cœur du programme. Ce l u i - c i

comprend des ateliers de pratique

pour les enfants et les adultes, des

tables rondes, un séminaire national

“Initiation au regard” et deux journées

internationales sur l’éducation à

l’image en présence de spécialistes et

d’artistes du monde entier. Également

au programme, des films d’ateliers “un

été au ciné-cinéville”. Des projections

scolaires et publiques se tiendront à

l’Éden, sur la thématique “Tout autour

de la mer…”. Celle-ci sert également de

sujet à des correspondances filmées en

numérique entre des enfants de la

région et de jeunes étrangers, et à un

concours. Règle du jeu : réaliser un

film de 3 minutes maximum mettant

en scène “des images maritimes et

portuaires, des rêves de voyage”. Pour

participer aux Rencontres ou pour

obtenir le règlement du concours,

adresser un courriel à l’attention de

Ginette Dislaire

7e rencontres internationales “Cinéma et

e n f a n c e”du Havre

Tél : 02 35 19 97 72

d i r e c t i o n @ l e v o l c a n . c o m

Enfants /parents

Dans le cadre d’une action culturelle

initiée par le Secours populaire et Sauve

qui peut le court métrage (structure

coordinatrice d’“un été au cinécinéville”

en région Auvergne),

l’acteur/réalisateur Mathieu Amalric (L e

stade de Wimbledon) a encadré un

atelier de réalisation avec une dizaine

d’enfants de 8 à 12 ans. Le tournage

s’est déroulé fin décembre 2003 à

C l e r m o n t - Ferrand. Ce projet de

réalisation filmique, dont l’encadrement

technique était effectué par Ivan

Mathie, avait pour thème “Droits et

devoirs des enfants et des parents”.

Sauve qui peut le court métrage,

Jérôme Te r s

j . t e r s @ c l e r m o n t - f i l m f e s t . c o m

2 / projections actions cinéma / audiovisuel

Une charte pour le court métrage

à
 suivre

Face à l’explosion du nombre de manifestations dédiées au court métrage, l’Agence du court métrage, le

Syndicat des producteurs indépendants, Carrefour des festivals et la Société des réalisateurs de films se

sont associés afin d’élaborer une charte de qualité pour la diffusion du film court métrage. Le projet comprend

une dizaine d’articles. Ils ont trait au respect de l’intégrité artistique de l’œuvre (support, format),

aux aspects financiers et matériels dont la structure organisatrice a le devoir de s’acquitter : droit de location,

indemnisation et assurance des copies, prise en charge du transport, respect des délais d’enlèvement

et de retour des films. Sont aussi prises en compte les questions d’information et d’accueil : nécessité de

s i g n i fier l’ensemble des modalités de diffusion au producteur et au réalisateur, de leur garantir une accréditation

gratuite, de faciliter la venue des équipes et les rencontres avec le public (point d’accueil, débats,

animations). La structure organisatrice de manifestation devrait aussi s’engager à ne pas exiger l’ e x c l u s ivité

de la diffusion du film retenu. Cette charte permettra de continuer à promouvoir le court métrage dans

des conditions optimales pour le public comme pour les créateurs.

Pour plus d’informations : www. f e s t i v a l s c i n e . c o m

L’ i m a @ s o n

10 / 10

Les “Rencontres internationales du cinéma d’animation

10/10” se déroulent tous les deux ans depuis 2000,

à Pléneuf-Saint-André dans les Côtes d’A r m o r. Organisée

par l’association 10/10 cinéma d’animation, la

3e édition se tient du 27 au 29 février 2004. Ce festival

entend promouvoir le cinéma d’animation de création

en laissant une place importante à l’échange. Po u r

se faire, 10 réalisateurs et 10 professionnels internationaux

(producteur, historien, compositeur, etc) sont

invités à présenter leur travail. Youri Norstein, réalisateur

russe invité d’honneur, présente toute son œuvre

tandis que les autres réalisateurs (dont Kaj Pindal pour

le Danemark, Guyonne Leroy pour la Belgique) choisissent

3 films représentatifs de leur activité, autour

desquels s’engagera le dialogue avec le public. En plus

des expositions, conférences, et ateliers proposés à

tous, de nombreuses activités sont réservées aux écoles

d’animation européennes : un forum des écoles, un

stage sur la composition musicale et sonore avec Gérard

Labady et des ateliers conférences (animation de peinture

sur verre, l’humour dans le film d’animation). Les

plus jeunes ne sont pas oubliés puisqu’un dispositif

particulier est proposé aux écoles de la région, tandis

que les lycéens bénéficieront d’une programmation

spéciale pour s’initier au cinéma d’animation.

Rencontres 10 / 10, Tél : 02 96 77 09 78

h t t p / / 1 0 s u r 1 0 c i n e m a . f r e e . f r

L’ima@son est un logiciel qui permet de s’initier à la synchronisation des images et des sons de façon pédagogique

et ludique. Il a été développé dans le cadre des ateliers du cinéma marseillais l’Alhambra. Pôle

régional d’éducation artistique et de formation au cinéma et à l’audiovisuel, l’Alhambra assure la coordination

d’“un été au ciné-cinéville” en région Provence-Alpes-Côte d’A z u r. C’est à la suite d’un atelier avec

le musicien Roberto Tricarri que l’équipe de l’Alhambra a développé ce projet, avec le soutien technique de

l’intervenant Julien Daniel. L’informaticien Guillaume Stagnaro en a assuré la mise au point. Selon Je a n -

Pierre Daniel, directeur de l’Alhambra, ce logiciel est un “outil permettant des jeux cinématographiques”

et la “recherche d’une proposition sonore associée à un plan ou à un court montage de plans”. Té l é c h a rgeable

gratuitement sur le site alhambracine.com, il n’existe pour l’instant qu’en version Mac, mais sera

bientôt disponible en version PC.

L’Alhambra, Tél : 04 91 46 26 87

w w w. a l h a m b r a c i n e . c o m


Plan sur l’Afrique

à
 suivre

Le Plan images Afrique a été lancé par le Ministère des affaires étrangères en mai 2003. Il a pour ambition

d’encourager la production et la diffusion en Afrique subsaharienne, à travers trois volets : le Fo n d s

images Afrique, le Plan de soutien aux télévisions africaines et Africa cinémas. Le premier est un fonds

d’appui à la production audiovisuelle, basé sur des aides à la production et à la post-production. Il vise à

favoriser la création d’œuvres télévisuelles de tout genre et de longs métrages cinématographiques de

fiction. Celles-ci viendront s’intégrer aux programmes des chaînes de télévisions africaines, auxquelles

s’adresse le Plan de soutien, d’un montant de 3 millions d’euros sur trois ans. Le troisième volet, Africa

cinémas, est un fonds d’aide à la distribution crée par l’Agence intergouvernementale de la francophonie,

la Commission européenne (FED) et le Ministère des affaires étrangères. D’un montant de 1,5 million d’euros

par an, il est géré par Europa cinémas. Ses objectifs : développer la programmation des films africains

en salles, ainsi que l’ensemble des secteurs de la distribution, de l’exploitation, et les compétences des

professionnels africains. Pour bénéficier de soutiens, les structures de distribution ou d’exploitation doivent

adresser leurs demandes à Africa cinémas.

Pour plus d’informations sur le Plan images Afrique : www. f r a n c e . d i p l o m a t i e . f r /

Pour plus d’informations sur Africa cinémas : Africa cinémas / Europa cinemas

Tél : 01 42 71 53 70

w w w. a f r i c a - c i n e m a s . o r g

Apprendre avec le court

Le DVD Le travail du fi l m nous avait conquis par la pertinence de ses bonus. Ceux-ci retraçaient la genèse

de trois courts métrages : Le bal du Mi n o t a u r e de Lorenzo Recio, La direction d’acteur par Jean Re n o i r d e

Gisèle Braunberger et Sa l a m de Souad El Bouhati. On retrouve le travail de Lorenzio Recio sur le

nouveau DVD pédagogique que propose l’APCVL (déjà impliqué dans Le travail du fi l m), en co-production

avec le Scéren. Autour du court-métrage L’infante, l’âne et l’ a r c h i t e c t e, ce DVD présente Sortir de ma tête,

excellent making-of signé Nathalie Pat. Il montre comment “les différents corps de métiers du cinéma s’organisent

pour donner vie aux formes imaginées par le cinéaste”. Accompagné du livret Faire un fi l m, le

DVD propose un story-board intégral et un portfolio permettant de mieux cerner les choix esthétiques,

narratifs et techniques. L’éclairage porté sur ces différents éléments donne envie de revoir L’infante, l’ â n e

et l’ a r c h i t e c t e, conte mythologique quelque peu cauchemardesque...

Pour consulter des documents pédagogiques complémentaires et pour commander le DVD :

w w w. a p c v l . c o m / d v d /

a c t u a l i t é s

Images de la culture : 17e

Le fascicule de mise à jour du

catalogue “Images de la culture”

prend une véritable ampleur grâce à sa

nouvelle formule. Le 17e numéro de

cette publication, paru en novembre

2003, ne présente plus seulement les

nouveaux films du catalogue, mais

agrémente ses notices d’articles et de

brefs entretiens. Cette version enrichie

permet de traiter l’actualité du

documentaire, de rendre compte des

expériences de diffusion culturelle sur

le terrain et de proposer plus d’outils

pédagogiques. Deux dossiers, l’un sur

l ’Algérie, l’autre sur le cinéma en

prison, ouvrent cette nouvelle

l i v r a i s o n .

Images de la culture

w w w. c n c . f r

Pas peur du ridicule

Sous l’égide du Centre national des

œuvres universitaires et scolaires, le

CROUS de Clermont-Fe r r a n d ,

l’association Sauve qui peut le court

métrage, les festivals “Vidéoformes” et

“ Traces de vies” organisent en 2004

un concours sur le thème “Ridicule”.

Ce concours est ouvert à tous les

étudiants inscrits dans un

établissement d’enseignement

supérieur et à tous les jeunes de

moins de 30 ans. Chaque participant

doit réaliser un court métrage sur

support vidéo. Le genre est libre :

documentaire, art vidéo, narration,

fiction, expérimental et animation. Le

film doit comporter un générique, ne

doit pas excéder 7 minutes et ne doit

pas avoir été réalisé avant le 1er mai

2002. Une copie VHS ou DV doit être

envoyé avant le 1er mai au CROUS. Le

jury national sélectionnera les

meilleurs films courts et attribuera les

prix nationaux. Le Premier prix est de

1 600 euros, le Prix international

universitaire du film court de 1 0 0 0

euros et le 3e prix : 600 euros.

Service Culturel du CROUS

de Clermont-Ferrand,

Richard Desternes

richard.desternes@crous-clermont.fr

actions cinéma / audiovisuel projections / 3


a c t u a l i t é s

a
g
e
n
d
a

■ Villeurbanne : “Ciné O’Clock, 9e

semaine du cinéma

britannique”. Du 21 au 27 janvier

2 0 0 4 .

04 78 93 42 65 / www. l e z o l a . c o m

■ Saint-Denis : “ J o u r n é e s

cinématographiques dionysiennes,

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?”.

Du 4 au 10 février 2004.

01 49 33 66 88 / l.ecran@wanadoo.fr

■ Seine et Marne : “ L’enfant et le 7e

art” (festival itinérant jeune public).

Du 3 mars au 9 avril 2004.

01 60 65 70 50 /

a u x 4 c o i n s d e l e n f a n c e @ t e l e 2 . f r

■ Paris : 6e “Festival Némo”. Du 9 au

14 mars 2004.

01 55 79 00 00 / www. f e s t i v a l n e m o . c o m

■ Lunel : “20e Semaine du cinéma

méditerranéen”. Du 17 mars au 30

mars 2004.

04 67 83 39 59 / ascmpi@wanadoo.fr

■ Paris : “Images mouvementées, 2e

Festival de cinéma d’A t t a c ” .

Du 23 mars au 30 mars 2004.

01 53 42 40 20 /

w w w. l o c a l . a t t a c . o r g / i m a g e s -

m o u v e m e n t e e s /

■ Tours : 3e festival “De l’encre à

l’écran”.

Du 31 mars au 4 avril 2004.

01 58 62 56 00 / encree

c r a n @ w a n a d o o . f r

■ La Ciotat : “ 7e Festival des

scénaristes”. Du 14 au 18 avril 2004.

01 44 84 38 11 / www. s c e n a r i o - m a g . c o m

■ V i l l e - s u r - Yron : “ Caméras des

champs, 6e Festival international du

film documentaire sur la ruralité”. Du

15 au 18 Mai 2004.

03 83 84 25 21 /

h t t p : / / p e r s o . w a n a d o o . f r / v i l l e s u r y r o n /

■ Ménerbes : “Rencontres des toiles”.

Du 29 au 31 mai 2004.

06 79 18 64 69 / amstael@wanadoo.fr

4 / projections actions cinéma / audiovisuel

Ateliers en festival

à
 suivre

Les Rencontres audiovisuelles de Lille et Roubaix qui se déroulent du 19 au 26 mars 2004 montrent

comment un festival international de court métrage peut s’ouvrir aux pratiques audiovisuelles nonprofessionnelles.

Une section parallèle “no budget” permet d’y visionner des courts métrages amateurs.

L’association MAP Vidéo organise une dizaine d’ateliers d’initiation offrant une première approche de

l’audiovisuel. Un professionnel y décrit son métier et en transmet les notions de bases aux participants,

invités ensuite à manipuler du matériel. La prise de son, la lumière, le montage, la fabrication d’un

story-board, le métier de scripte font partie des techniques abordées. Parallèlement, six ateliers de

création s’organisent autour d’un projet plus approfondi (réalisation d’une fiction, d’un film d’animation,

direction d’acteur). Par exemple, Il s’agit dans l’atelier de réalisation de mettre en images les

deux scénarii lauréats du concours de scénario organisé par le festival pour les jeunes de la région No r d -

Pa s - d e - Calais. La fiche d’inscription pour ces ateliers est à télécharger sur le site du festival et à renvoyer

avant le 1er mars 2004. 15 euros par module pour les ateliers d’initiation. 50 euros par module pour

les ateliers de création.

Rencontres Audiovisuelles, Tél : 03 20 53 24 84

w w w. r e n c o n t r e s - a u d i o v i s u e l l e s . o r g

Documentaires en prison

Le catalogue “Images de la culture” est constitué de 2 000 films documentaires pour lesquels le Mi n i s t è r e

de la culture et de la communication s’est rendu acquéreur des droits de diffusion non-commerciaux. Cr é e

en 1978 pour faciliter l’action des organismes culturels, sociaux ou éducatifs auprès des publics, ce fonds

est désormais accessible aux personnes incarcérées. En effet, le Centre national de la cinématographie

(CNC), la Direction de l’administration pénitentiaire du Ministère de la justice et la Délégation au développement

et à l’action territoriale (DDAT) viennent de signer une convention pour trois ans autorisant

l’ouverture du catalogue “Images de la culture” aux prisonniers. Visant à faciliter la réinsertion des personnes

“sous main de justice” grâce à l’éducation à l’image, cet accord permettra la programmation des œuvres

du catalogue dans l’enceinte pénitentiaire, par l’intermédiaire d’opérateurs culturels reconnus par le Mi n i stère

de la culture. Plusieurs types d’actions sont envisagés par la nouvelle convention : des ateliers de

programmation, des projections collectives, la diffusion sur le canal interne de la prison ou encore une

consultation individuelle dans la bibliothèque de l’établissement (si celui-ci en possède une). Cette décision

doit permettre d’offrir aux détenus une véritable alternative culturelle aux programmes de la télévision

grâce à la conjugaison des œuvres du catalogue “Images de la culture” et de celles du catalogue de la

Médiathèque des trois mondes, déjà disponibles en milieu pénitentiaire.

Images de la culture, www. c n c . f r / i d c /


Un réseau fort

et tourné vers l’avenir

Quel bilan général tirez-vous d'“un été au

ciné-cinéville” 2003 ?

C'est un bilan positif. Globalement, les tendances

observées les années précédentes se confirment :

elles vont dans le sens d'une qualification importante

des actions, notamment de la politique tarifaire,

et du développement de projets particuliers

comme “Devoirs de mémoires”. Quantitativement,

le nombre d'actions mises en place est sensiblement

en baisse par rapport à 2002. Cette baisse

est due au changement de politique tarifaire et

à la réduction des financements dans certaines

régions. Pour les mêmes raisons, on observe

également une baisse du nombre de participants.

Mais les ateliers et les séances en plein

air ont vu leur nombre de spectateurs par action

a u g m e n t e r. Les séances spéciales ont lieu de

plus en plus souvent en dehors de l'été (période

où les sorties de films sont rares et les réalisateurs

assez peu disponibles) et font davantage

appel à des critiques et des intervenants spécialisés,

introduisant ainsi un regard différent.

La 13e édition en chiffres

En partenariat avec “Dzajaïr, une année

de l'Algérie en France”, la coordination

nationale avait proposé à l'intérieur d'“un

été au ciné-cinéville”, un projet sur la

mémoire de l'immigration : “Devoirs de

mémoires”. Quels ont été les réalisations

suscitées par cette thématique ?

Des projets d'ateliers et de séances spéciales

sur la question de l'immigration existaient

avant “Devoirs de mémoires”. Ce l a

a néanmoins permis de les fédérer et de les

d é v e l o p p e r. Dans ce cadre, une vingtaine

d'ateliers, une soixantaine de séances spéciales

et plus de 150 séances en plein air ont

été mises en place. “Devoirs de mémoires”

a été soutenu par de nombreux organismes

comme le Fonds national d'aide à la vie

associative (FNDVA). Cette thématique a

exigé des porteurs de projets de préparer

davantage les ateliers, ce qui a abouti à des

films de grande qualité. Une dizaine d'entre

eux seront regroupés sur un DVD que

En 2003, “un été au ciné-cinéville” a concerné toutes les régions françaises ainsi que la Martinique, la Guade-

loupe, la Réunion, et la région de Charleroi en Belgique.

Soit plus de 410 communes ou communautés de communes, 2 000 partenaires - dont 340 salles de cinéma-

ont participé à la réalisation de 1 400 actions qui ont touché près 250 000 participants, pour un budget total

de près de 5 millions d’euros.

780 séances plein air, 250 séances spéciales (soit plus de 200 films diffusés, avec plus de 70% de titres recom-

mandés art et essai), 300 ateliers et 60 actions de formation ont été mis en place.

Dispositif à la fois riche et complexe,

“un été au ciné-cinéville” grandit

d’année en année. Les enjeux, les

objectifs, les publics, les différents volets

d’actions, les croisements entre les

réseaux professionnels, les partenariats

se développent et changent de forme.

La multitude de soutiens, de réseaux et

d’actions est une des forces principales

qui entraînent cette évolution.

Entretien avec Myriam Zemour, déléguée

générale d’“un été au ciné-cinéville”.

nous produisons et qui sera édité en partenariat

avec la Médiathèque des trois

mondes. En Île-de-France, “Devoirs de

mémoires” a donné lieu au projet “Mémoires

plurielles”. Durant deux ans, tous les

volets s'articulent autour de l'idée de

mémoire prise au sens large : mémoire

de l'immigration, des populations, des territoires,

des quartiers.

La politique tarifaire constitue l'un des

changements importants au sein du dispositif

en 2003.

La distribution générale de contremarques

auprès des jeunes de moins de 25 ans a

cessé. La coordination nationale édite

toujours des coupons à tarif réduit, mais

chaque région a mis en place son propre

projet de politique tarifaire. Il est souvent

associé aux autres volets et ouvert à différents

publics. Certaines régions distribuent

les contremarques aux enfants accompagnés

des parents, en les réservant à certaines

salles et à certains films, plutôt Art et

essai, afin d'inciter les participants à aller

voir des films qu'ils ne vont pas voir d'habitude.

La tarification est aussi valable sur

certaines actions comme les séances spéciales.

Au final, même si la mise en place de

ce système a parfois été difficile et que moins

de contremarques sont distribuées, leur utilisation

est meilleure, plus ciblée.

actions cinéma / audiovisuel projections / 5


Le partenariat, les réseaux

au niveau national

“un été au ciné” est partie

intégrante du dispositif “cinéville”

qui développe les mêmes objectifs,

hors temps scolaire, sur l’année et

se déroule dans le cadre du

protocole d’accord relatif au

programme “cinéville” signé

conjointement en juillet 2001 par

le Ministère de la culture et de la

communication (Centre national

de la cinématographie, Délégation

au développement et à l’action

territoriale), la Délégation

interministérielle à la ville, le

Ministère de la jeunesse, de

l’éducation nationale et de la

recherche, le Fonds d’action et de

soutien à l’intégration et la lutte

contre les discriminations.

En régions, le dispositif sera à son

tour soutenu par les Directions

régionales des affaires culturelles,

les préfectures, les délégations

régionales Fasild, les collectivités

territoriales.

“un été au ciné-cinéville” bénéficie

également de la collaboration des

professionnels du cinéma, de la

Fédération nationale des cinémas

français, de la Fédération des

distributeurs de films, de l’Agence

intergouvernementale de la

francophonie, ainsi que de

nombreux partenaires associatifs.

Plusieurs niveaux de partenariats

aux plans national, régional et local

sont mis en place croisant

différents réseaux d’acteurs

institutionnels, sociaux et culturels.

Depuis 1991, l’association Kyrnéa

International coordonne le

dispositif “un été au ciné-cinéville”

au plan national. A ce titre, elle est

l’interlocuteur des partenaires

institutionnels, associatifs et

professionnels au niveau national.

Centre de ressources, l’association

Kyrnéa anime et développe le

réseau des partenaires, réalise le

matériel de communication et

d’information, fait des

propositions visant à améliorer la

qualité et à développer les actions,

et développe une dynamique

interrégionale et européenne. Elle

anime un comité de réflexion

national.

6 / projections actions cinéma / audiovisuel

Quelles perspectives envisagez-vous pour

l'opération, à plus ou moins long terme ? Les

partenaires préfèrent désormais parler de

réseau, plutôt que de dispositif.

Au niveau de la fréquentation, il semble que

nous ayons atteint un plafond. Il faut sortir de

la logique quantitative et aller dans le qualitatif.

Nous sommes de moins en moins dans une

logique de volets. Les actions se relient, s'entremêlent

et regroupent des partenaires au sein

de territoires donnés. “un été au ciné-cinéville”

est aujourd’hui moins un dispositif qu'un réseau

de partenaires très fort, qui en croise d'autres :

réseaux d'acteurs sociaux (centres sociaux,

maisons de quartiers), institutionnels (collectivités

locales, services déconcentrés en région),

et culturels (salles de cinéma, centres culturels,

Pôles d'éducation à l'image…). L'idée est

que tous ces partenaires puissent travailler

ensemble sous la houlette de la coordination

régionale, dans le cadre d’un vrai projet de territoire,

et mettent en place des actions relatives à

l'action culturelle cinématographique et audiovisuelle.

Il y aura toujours des séances en salle,

en plein air, des ateliers, mais on pourrait imaginer

une autre construction des actions (certaines

existent déjà) ciblant les publics en diffi c u l t é

d’accès à ces pratiques : les populations issues

de l'immigration, le milieu carcéral, les personnes

handicapées, le milieu hospitalier. Dans cette

idée, des partenariats sont engagés avec des associations

sociales nationales comme le Se c o u r s

populaire, les Restos du cœur, mais aussi au

niveau culturel, avec les Enfants de cinéma,

l'Agence pour le développement régional du

Les objectifs

cinéma, l'Agence du court-métrage, l'Association

française du cinéma d'Art et essai…

Le développement de thématiques comme

“Devoirs de mémoires” fait-il partie de cette

évolution ?

Sans aucun doute. Nous avons constaté que la

thématique offrait une meilleure lisibilité du

réseau, des actions entreprises. Elle permet aussi

de toucher des réseaux que l'on n'arriverait pas

forcément à toucher avec uniquement des actions

audiovisuelles. La thématique est une idée à dével

o p p e r. En Pays de la Loire, une thématique

“ Musique et cinéma” est mise en place en 2004.

Une autre préoccupation est de développer la

diffusion de ce travail au sein du réseau. C'est

notre tâche et celle des associations de coordination

régionale. Par exemple, nous recensons

tous les films d'atelier tournés dans le cadre d'"un

été au ciné-cinéville", mais aussi dans le cadre

d'autres programmes. La coordination nationale

devient ainsi un lieu ressource.

Nous envisageons d'ailleurs un changement de

nom, afin que le réseau puisse être identifié différemment.

“un été au ciné” ne veut plus dire

grand chose puisqu'il y a des actions toute l'année,

“cinéville” exclut ceux qui travaillent en

milieu rural, et l'assemblage des deux n'est pas

très clair…

En tant que lieu ressource “national” ,

comment vous situez-vous par rapport aux

Pôles ressources qui existent en région ?

Beaucoup de Pôles régionaux d’éducation à

l’image sont également coordinateurs d’“un été

Lancé en 1991 par le Centre national de la cinématographie (Ministère de la culture et de la communication) dans le

cadre de la politique de la ville, l’opération “un été au ciné-cinéville”, qui favorise l’accès aux pratiques cinématogra-

phiques et l’éducation à l’image de ceux n’y ayant pas accès, poursuit un double objectif, culturel, par un soutien et

un encouragement au 7e art et, social, avec des animations et actions de qualité.


au ciné-cinéville”. Nous sommes membres de

la commission nationale des pôles d'éducation

à l'image, dont nous sommes partenaires associés.

Il n'est pas question de se substituer à la

base importante qui existe en région mais de

développer la mise en circulation des informations

(avec, entre autres, la revue P r o j e c t i o n s) ,

et surtout de mutualiser ces informations. Pa r

exemple, faire profiter de notre travail concernant

l'éducation à l'image au niveau européen

ou sur les questions juridiques entourant la diffusion

des films d’ateliers.

Les travaux de formation, qui se multiplient

et réunissent chaque fois différents partenaires,

témoignent aussi d'un renforcement

du réseau.

En effet, les actions de formation sont en fort

développement, qu'il s'agisse de formations

diplômantes - la création d'un Beatep cinéma

audiovisuel en région Limousin - ou de journées

de sensibilisation. La formation se base sur le

multi-partenariat, avec des gens qui ont des objectifs

différents mais qui vont se croiser. Il faut

trouver le bon croisement. C'est un travail long

et complexe, difficilement quantifiable et dont

on ne mesure pas toujours la valeur car les résultats

ne sont pas visibles immédiatement.

Au plan national, des journées de formation sont

Les cinq volets d’actions

proposées aux coordinateurs régionaux et aux

partenaires sur différents thèmes. Lors d’une

rencontre nationale à Amiens, un sociologue est

intervenu sur le développement des banlieues

et des politiques d'intervention. Les rencontres

nationales de février s'inscrivent aussi dans un

processus de sensibilisation. Elles sont une occasion

de voir ce qui se fait ailleurs, d'échanger, de

créer une dynamique entre les participants et

les animateurs, les intervenants et les institutionnels.

Les Dom Tom mènent depuis plusieurs

années une action importante dans le cadre

d'“un été au ciné-cinéville”.

Oui, et d'autant plus remarquable qu'ils ne bénéficient

pas de la même organisation que la métropole,

le système d'exploitation cinématographique

n'est pas le même. Un énorme travail s'est développé

en Martinique, à la Réunion, à la Gu a d eloupe

sur les ateliers et sur des projets territoriaux,

comme sur la diffusion des films en plein air

dans les quartiers ou villages où il n’y a pas de

cinéma. Le passage à l'année leur a beaucoup

p r o fité, en raison du décalage entre nos saisons

et les leurs. Cela leur simplifie les choses, comme

en métropole. ◗

■ Les séances plein air, projections de films grand public sur grand écran, conviviales et familiales.

■ Les séances spéciales : une journée ou une soirée autour d’un film ou d’une thématique, en salle, animée par le

réalisateur ou un intervenant spécialisé.

■ Les ateliers qui permettent à tous de mettre en pratique technique, imaginaire et créativité autour de l’image, enca-

drés par des professionnels.

■ La formation et la sensibilisation des animateurs et partenaires du dispositif qui aide les acteurs à s’investir, à

monter des projets et à se fédérer.

■ Depuis 2003, le volet tarifs réduits, qualifié, est désormais géré directement par les régions. Valables parfois

toute l’année selon les films et les projets des salles, attachés aux autres volets ou à des actions déjà existantes, les

tarifs réduits vont permettre un meilleur suivi du public ciblé (jeunes et adultes).

Réunion nationale de coordination, Amiens 2003

Le partenariat, les réseaux

au niveau régional

Chaque région dispose d’une

coordination régionale missionnée

par la Direction régionale des

affaires culturelles via le conseiller

cinéma et audiovisuel. Les

coordinations sont des organismes

divers : associations régionales,

structures cinématographiques

professionnelles, cinémas,

fédérations d’éducation

populaire…

Des comités de pilotage régionaux

sont mis en place, initiés par les

Directions régionales des affaires

culturelles (DRAC). Ils regroupent

partenaires financiers, porteurs de

projets et opérateurs dans le but

de définir des orientations

générales adaptées aux réalités

locales et d’assurer une cohérence

des initiatives ainsi qu’un soutien

aux projets.

La coordination régionale est le

maillon essentiel reliant la

coordination nationale aux

collectivités territoriales. Elle est

surtout le point de convergence en

région entre tous les partenaires

de terrain, les collectivités, les

associations, les professionnels du

cinéma et les participants à la

manifestation.

En tenant compte des réalités

locales, chaque coordinateur

régional, met en place un projet

propre qui s’articule autour de cinq

volets d’actions liés entre eux. Les

projets, davantage concertés et

pérennes d’année en année,

participent pleinement des

politiques culturelles et sociales

d’aménagement du territoire.

Au plan local, chaque ville

participante possède un opérateur

qui coordonne la manifestation et

entretient les liens avec les autres

partenaires. Ce coordinateur peut

être à son tour un service d’une

collectivité ou une association qui

participe, par son action et sa

connaissance du terrain, à la

cohésion des acteurs et à la

cohérence de l’opération sur le

territoire.

Des comités de partenaires sont

également constitués au niveau

local : départements, villes,

communautés de communes…

actions cinéma / audiovisuel projections / 7


A L SA C E

L’ é t é à Bel-Air

Comment un festival de films en plein air devient au fil des ans un événement culturel local : c’est l’histoire

du festival du cinéma Bel-Air, qui attire chaque été des spectateurs des quatre coins de Mulhouse.

“D

errière le cinéma Bel-Air, il y avait un

terrain. Pourquoi ne pas y faire des

séances l’été ? C’est comme cela que

tout est parti” raconte Stéphanie Pa i n ,

membre de l’équipe du cinéma Bel-Air. Fo n d é

par Claude Brasseur et Stéphane Libs, le festival

connaît sa première édition en 1996.

Cinq films sont programmés (dont D r a c u l a, Bi r d,

Paris Te x a s…), récoltant 427 entrées au final. “L’ a nnée

d’après, nous sommes passé à huit films et

les 1 000 entrées ont vite été dépassées”. Av e c

1 250 entrées en 2003, soit une moyenne de 155

personnes par soir, le festival a atteint sa vitesse

de croisière. Ses principes sont bien établis : une

programmation thématique (cette année, “En

avant la musique”), un grand repas précédant

chaque séance, accompagné d’animations

“conçues un peu sur le principe des attractions

d’antan”, précise Claude Brasseur.

Au programme se mêlent grands classiques

et films (plus) récents, sans qu’il soit possible,

d’ailleurs, d’attribuer aux uns ou aux autres la

clé du succès : “En 2001, c’est Amélie Po u l a i n

qui avait le mieux marché. Cette année, c’est

Talons aiguille. Mais notre deuxième record, c’est

L o l i t a de Kubrick, avec 366 entrées. C’est

é n o r m e ” .

Néanmoins, et comme c’est souvent le cas pour

les séances en plein air, la réussite découle de

l’harmonie entre différents éléments - le fi l m ,

l’animation, “dont nous nous efforçons qu’ e l l e

soit toujours en rapport avec le fi l m”, et le repas.

8 / projections actions cinéma / audiovisuel

Cette année, plusieurs musiciens ont été

accueillis pour jouer devant l’écran : duo de saxophonistes

(pour The Blues Brothers), groupe

spécialisé dans la musique d’Europe de l’ E s t

(Gadjo Dilo). En ce qui concerne le repas, coller

à la thématique est moins évident”, avoue Stéphanie

Pain. “Pour The Blues Brothers, nous avons

organisé un barbecue, spécialité américaine”.

Tout cela pour 6 euros. “Quand on paie, on

regarde vraiment le fi l m” estime Stéphanie Pa i n .

“En séances gratuites, on discute, on est moins

a t t e n t i f”. Mais, ajoute-t-elle, “même à ce tarif,

nous sommes défi c i t a i r e s : les animations, la

location des matériels portables, sont onéreux”.

Conçu au départ comme un événement “un été

au ciné”, ce festival, selon Claude Brasseur,

présente la particularité d’être devenu “au fi l d e s

ans un événement culturel mulhousien”.

“Il faut dire que nous sommes la seule salle classée

Art et essai de la ville” explique Stéphanie

Pain. “L’autre cinéma de Mulhouse, c’est le Kinépolis.

À la base, le Bel-Air n’est pas ce que l’ o n

peut appeler une salle de quartier, le public que

nous drainons vient de toute la ville”.

Même chose durant le festival, à ceci près que

ce dernier produit un brassage du public que

l’on n’observe pas le reste du temps.

“Dans l’année, on voit plutôt des personnes âgées

l’après-midi. Le soir, ce sont les actifs et les

étudiants. Ils viennent d’un petit campus, pas

très éloigné. Avec le plein air, les générations se

mélangent. Je me souviens de la séance de C h a c u n

Repas précédant une séance de cinéma en plein air à Bel-Air

cherche son chat: il y avait des vieillards, des enfants,

des ados… Toutes les générations étaient là”.

En termes de communication, le festival s’appuie

sur un programme-affiche tiré à 6 000 exemplaires,

sur le programme mensuel du cinéma

(Tr a v e l l i n g) ainsi que sur la presse, les journaux

gratuits, et le bouche à oreille. Une dizaine de

bénévoles s’implique dans l’élaboration de la

m a n i f e s t a t i o n : choix du thème, recherche des

films, des animations, mise en place… Dans l’ a nn

é e , ils sont plus du double, le cinéma ne fermant

ses portes qu’au mois d’août, une fois le festival

achevé. Une fin parfois attendue avec impatience:

“certains pensent que l’on trouble leur tranquillité.

Il y a deux ans, nous avons eu des problèmes avec

un petit noyau d’habitants. Ils voulaient vraiment

que l’on arrête, ils ont fait une pétition, envoyé

une lettre à la Mairie. Heureusement, il y en a

d’autres qui prennent ça avec humour. Je sais que

certains voisins changent de chambre au moment

du plein air ! Ils n’en font pas un drame”.

E n fin, certains résidents y ont pris goût et profitent

des entrées gratuites offertes par le cinéma :

six entrées sont distribuées par appartement, soit

une par soirée. Un geste qui a valeur “de dédommagement”

pour le bruit causé par les séances.

Preuve que le cinéma qui attire le public des quatre

coins de la ville redevient - qu’on le veuille ou non

- au moment du plein air, un cinéma de quartier.

■ Co n t a c t : cinéma Bel-Air, 31 rue Fénelon 68200

Mulhouse, Tél : 03 89 60 48 99 - www. c i n e b e l a i r. o r g


Le film d’atelier cache-t-il la démarche d’éducation ?

■ Le 16 septembre 2003, le cinéma l’Odyssée de Strasbourg accueillait une projection dédiée entièrement

aux films d’atelier réalisés en Alsace pendant l’été 2003. À la suite de cette rencontre, une journée

de réflexion sur les ateliers audiovisuels a été organisée le 13 novembre 2003, réunissant à la Maison de

l’image à Strasbourg la presque totalité des intervenants des ateliers 2003. Le but de cette journée était de

réfléchir sur la pratique des ateliers de réalisation dans le cadre d’“un été au ciné-cinéville” et de confronter

les pratiques des uns et des autres. Plusieurs sujets ont été évoqués, dont la position que doit adopter

l’intervenant au sein de l’atelier (professionnel accompagnant et non réalisant “son” film). Chacun a évoqué

les difficultés pratiques rencontrées au quotidien : le manque de jeunes ou au contraire leur trop grand

nombre, la fermeture imprévue des structures de quartiers, des locaux non disponibles ou remplacés par

d’autres. Cet aspect aléatoire du travail est vécu comme stressant par les intervenants, mais est aussi vecteur

d’une richesse de contacts et d’expériences.

À partir d’extraits repérés dans le montage présenté à l’Odyssée, le groupe a pu envisager une analyse des

contenus et des formes utilisées. Un rappel nécessaire a été fait sur le respect des droits musicaux et des

droits à l’image (ce qui, sur le terrain, est loin d’être simple). Les participants se sont quittés en concluant

que le produit fini cache la richesse de la démarche. Faut-il réaliser des films pour ne pas les montrer, même

dans leurs balbutiements ? Il a été suggéré de faire un reportage (un film sur le film) pour avoir un

regard sur le déroulement d’un ou plusieurs ateliers. Cette proposition intéressante alourdirait le coût de

l’ a t e l i e r, mais permettrait, sans aucun doute, de dévoiler la richesse du processus.

Voir et entendre

■ Du 7 au 10 juillet 2003, la Maison de l’image et

le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg

ont mis en place un atelier pédagogique sur

l’art vidéo. Dans la dynamique

de l’exposition centrée sur

l’image des vingt ans des Fr a c ,

l’atelier “Oreille vidéo” a initié

huit jeunes à la pratique de l’ a r t

vidéo par la rencontre d’un

artiste vidéaste et une approche

pratique de son travail. Le

vidéaste Franck Ma h m o u d i a n ,

qui possède une bonne expérience

d’intervention en milieu

scolaire, propose un travail dont

la dimension ludique est

susceptible de sensibiliser le

jeune public. Il questionne les

rapports image et son dans le dispositif audiovis

u e l : par une mise en boucle de séquences, il

crée une musique audiovisuelle, un nouvel équilibre

entre la dimension sonore et la dimension

La tournée des quartiers

visuelle. Assisté par Joël Danet (Maison de l’ i m a g e )

et Marine Debaene (Musée d’art moderne et contemporain),

Franck Mahmoudian a tout d’abord sensibilisé

les jeunes à cette “nouvelle

forme de production audiovisuelle”

en leur projetant ses

propres réalisations et celles

d’artistes travaillant sur le même

principe. Il les a ensuite mis en

situation pratique en leur faisant

concevoir et tourner leurs propres

œuvres à l’aide de son logiciel.

Les pistes d’exploration

proposées pendant ces travaux

pratiques (le potentiel acoustique

et rythmique de la parole,

de l’écriture, du corps en mouvement,

d’un acte, etc.) se sont

achevées par une dizaine de séquences aux noms

parfois énigmatiques (K5, Superwomen, Eaurage,

Tête, Discodelph) qui donnent à voir du son et à entendre

de l’image.

L’oreille vidéo film d’atelier, Strasbourg

■ Neuf quartiers de Strasbourg reçoivent pendant l’été 2003 la “tournée des quartiers”, organisée par

l’association Arachnima. Ce projet se déroule dans les quartiers périphériques : Elsau, Haute-pierre, Cité

de l’Ill, Neudorf, Neuhof, Kœnigshoffen, la Cité Rotterdam, mais aussi dans les quartiers plus anciens

comme celui de la gare ou du port du Rhin. Arachnima investit le quartier le mardi soir et reste présent

j u s q u’au dimanche soir pour des animations dont le temps fort est la soirée (de 17 à 21 heures). Le premier

j o u r, l’équipe parcourt le quartier à grand renfort de musique et de démonstrations de numéros de danse

(hip-hop, capoeira), à la manière des bateleurs d’antan. Les maîtres mots sont liberté, convivialité et participation.

Les activités sont très diverses, elles mêlent le sportif et l’artistique et se déclinent en danse,

boxe, sculpture (un totem), peinture, réalisation vidéo, percussions, musique assistée par ordinateur, droit

et citoyenneté. Les projets des ateliers peuvent converger vers une même réalisation, associer peinture,

M.A.O. et vidéo. Le vendredi soir, une séance de cinéma en plein air marque le début du week-end et se

termine par une fête au cours de laquelle l’ensemble des réalisations sont présentées. Après cela, tout est

emballé à destination d’un autre quartier. Et une autre semaine de festivités commence !

“un été au ciné-cinéville”

en région Alsace

les chiffres

Sont concernés 33 villes, 15 cinémas,

45 écrans et 20 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

61 séances de cinéma en plein air,

2 séances spéciales, 8 ateliers,

1 formation ont été organisés et

6 000 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Altkirch, Bartenheim, Benfeld,

Bischheim, Boersch, Ce r n a y, Co l m a r,

Emlingen, Entzheim, Erstein,

Haguenau, Heidwiller, Hochstatt,

Illfurth, Illkirch Graffenstaden, Illzach,

Jettingen, Kingersheim, Kirchheim, La

Petite Pierre, La Wa n t z e n a u ,

Lampertheim, Lingolsheim,

M a r m o u t i e r, Masevaux,

Mittelbergheim, Moosch, Mulhouse,

M u n s t e r, Oberhausbergen, Obernai,

O r b e y, Ostwald, Reichshoffen,

Rixheim, Schiltigheim, Schweighouse

sur Moder, Sélestat, Soultz,

Spechbach le Bas, Strasbourg,

Stutzheim Offenheim, Thann,

Turckeim, Vendenheim, We t t o l s h e i m ,

Wittenheim, Wittisheim.

la coordination régionale

L’association Alsace Cinémas créée

voilà près de quatre ans regroupe

une vingtaine de salles de cinémas

et deux circuits itinérants. Ses

objectifs :

■ la mise en réseau de ses salles

pour promouvoir le cinéma de

proximité,

■ le développement de la diffusion

des films classés Art et essai et le

déploiement de l’ensemble des

dispositifs nationaux d’éducation à

l’image.

Depuis sa création, Alsace Cinémas

a assumé la coordination régionale

du dispositif “un été au cinécinéville”,

en organisant des

rencontres public / réalisateurs et

comédiens, en participant à la

politique tarifaire, la mise en place

d’ateliers et en coordonnant les

projections de films en plein air

pour en assurer les bonnes

conditions.

Pendant l’été, 61 séances en plein

air ont eu lieu. Si la majorité des

séances concerne des films grand

public, une proportion importante

de films était, cette année, classés

Art et essai, présentés en version

originale, dont des films du

patrimoine (Chantons sous la pluie

ou Les Demoiselles de Rochefort. )

ALSACE CINÉMAS

Claude Brasseur, Étienne We h r l i n

24, rue de Bourgogne

67150 ERSTEIN

Tél : 06 07 29 65 02

Fax : 03 88 98 99 74

i n f o @ e r s t e i n - c i n e . c o m

actions cinéma / audiovisuel projections / 9


A Q U I TA I N E

S é a n c e s

très

s p é c i a l e s

En 2003, une forte hausse du nombre de spectateurs a été enregistrée en Aquitaine lors des séances

spéciales, pour seulement une séance supplémentaire par rapport à l’année précédente. La raison ? Elle

est à chercher dans la diversité des séances spéciales. Diversité qui découle d’une réflexion et d’une

adaptation aux réalités locales.

“L

e fait de ne pas se cantonner à un

type de séance spéciale classique

mais d’ouvrir celle-ci à des formes

plus souples, plus légères, éventuellement

avec des intervenants locaux, permet

d’amener plus de gens à découvrir ce qu’ e s t

une séance spéciale” déclare Bruno Dubost,

de la coordination régionale Aq u i t a i n e .

La “séance spéciale” se décline sous des formes

“plus souples”, elle recouvre désormais des

projets différents. Émilie Fo u a s s i e r, coordinatrice

régionale, distingue trois catégories

p r i n c i p a l e s .

■ Les “séances de proximité”, gratuites et visant

à faciliter l’accès au film, qui se déroulent dans

des communes dépourvues de salle ou dans

lesquelles la relation avec la salle est encore à

l’état d’ébauche.

■ Les séances spéciales “traditionnelles”, dans

lesquelles un film est accompagné d’un débat

en présence d’un intervenant.

■ Les séances spéciales “approfondies” qui

veulent aller encore plus loin et donnent l’ o ccasion

de comprendre comment le film a été

réalisé, soit par l’analyse filmique, soit par l’ e xp

é r i m e n t a t i o n ; elles prennent la forme

d e Journées spéciales ou de séances couplées

à des mini-ateliers d’initiation (exemple : l’ a t elier

d’initiation au film d’animation animé

par Fabrice de la Rosa à Pessac, où 25 enfants

ont pu découvrir les techniques de la pixellisation

ou du flip-book avant la projection des

Enfants de la pluie) .

De surcroît, trois tendances sont observées

au sein des séances dites “traditionnelles”, en

1 0 / projections actions cinéma / audiovisuel

ce qui concerne la manière d’orienter la projection

du film. Celle-ci peut servir de support

à une discussion sur la réalisation et la technique,

ou bien à un débat thématique et/ou

sociétal, type “Dossiers de l’ é c r a n” ; la séance

peut aussi se muer en “spectacle complet”,

comme c’est le cas lors d’un accompagnement

musical en direct. Ces tendances varient

en fonction de la structure (salle de cinéma,

centres de loisirs) qui met en place la séance.

Face à cette diversité, que faut-il conclure ?

Faut-il favoriser un type de séance, privilégier

par exemple le débat cinéphile sur le débat

t h é m a t i q u e ?

“ No n” répond Bruno Dubost, “je pense que

les deux doivent coexister. Il faut tenir compte

des publics que l’on a envie de toucher, des

relais que l’on a envie de former, et qu’il faut

d’abord attirer par des thématiques qui sont

les leurs. Si l’on part tout de suite dans de

beaux débats esthétiques ou techniques, on

se coupe définitivement d’une partie du public.

Ces dernières années “, poursuit-il, “sur les

quartiers de Bordeaux, notre souci a été d’impliquer

les animateurs en mettant en place

des formations et des ateliers. Nous voyons

aujourd’hui émerger des demandes en termes

de travail sur l’ i m a g e : les animateurs l’ e n v isagent

comme un outil pouvant être intégré

à leur réflexion quotidienne sur des thématiques

particulières, comme la relation

enfants/parents ou l’interculturalité. Pour moi,

cette envie est déjà très satisfaisante. Si, un

j o u r, nous décidons de travailler sur une séance

spéciale, c’est encore la thématique qui cons-

L’âge de glace de Chris Wedge, Carlos Saldanha

tituera dans un premier temps l’ é l é m e n t

p o r t e u r. Il faudra que les animateurs, plus

tard, parviennent à porter un regard critique

sur la forme. Mais cela ne peut venir que dans

un second temps”.

Attaché à la diversité des séances spéciales, le

coordinateur souligne parallèlement qu’il est

important de “rester vigilant” et de s’assurer

que les séances “plus légères” sont toujours

“une étape vers des choses plus construites,

plus abouties”.

Autre exemple de séances auxquelles doit s’appliquer

cette évolution : les “séances de proximité”.

Par exemple, à Lormont, depuis 2 ans,

le service jeunesse de la mairie organise des

séances gratuites à destination des enfants.

Elles n’ont pas lieu dans un cinéma (la

commune en est dépourvue), mais à l’ E s p a c e

culturel du Bois Fleuri. Durant l’été 2003,

deux projections ont obtenu un certain succès :

en juillet, 40 personnes (des groupes) sont

venus voir Le petit Po u c e t, et en août, 250 (groupes

et individuels) ont assisté à la projection

de L’âge de glace.

“Il apparaît donc que ces séances répondent

à un besoin réel”, note Emilie Fo u a s s i e r. “Il

pourrait être intéressant de développer cette

démarche en proposant un accompagnement

de la séance”. “Il y a une vraie volonté du

Service jeunesse de la mairie d’habituer les

jeunes à venir au cinéma” affirme Bruno

Dubost. “Ils sont prêts à se battre pour établir

et garder un lien avec le public, quitte à démarrer

avec des choses très légères. Les ambitions

viendront petit à petit”. ◗


Bestiaire en folie

■ Un vent de folie souffle cet après-midi d’août sur

le centre de loisirs de la Garosse, près de Pauillac en

Médoc. Du bout d’un couloir s’échappent des cris,

des piaillements, des grognements, des sanglots,

des petites voix, des gloups, des crak, des berk… une

ribambelle d’onomatopées sur fonds de chihuahuas

r y t h m é s …

Les enfants (de 6 à 12 ans) responsables de ce brouhaha

font partie d’un atelier audiovisuel et répètent

leurs rôles avec une conviction inébranlable. Fa c e

au mur, où est projeté un extrait du film L’âge de

g l a c e, ils s’entraînent aux dialogues, aux bruitages,

en un mot, au doublage son de quelques

minutes du film. Il y a Manny le mammouth, Si d

le paresseux, Scrat l’écureuil et Diego le tigre. Des

La trafiquante de Bergerac

■ Bergerac, juillet 2003. Une jolie trafiquante fait

commerce de substances illicites dans son lycée.

Son petit ami flic ne se doute de rien. Débarquent

des inspecteurs roumains de la brigade des stups,

et la situation devient explosive. Une enquête est

ouverte, des complices sont arrêtés, le réseau démantelé,

et notre jolie délinquante de mourir tragiquement

au milieu d’une belle fusillade. Le ton est

parodique, le jeu des comédiens en herbe à l’ i m a g e

du genre choisi : les rôles sont pris très au sérieux,

le travail est soigné, mais on ne manque pas d’y

ajouter quelques doses d’humour.

Issus de nationalités et d’univers différents, les

jeunes adolescents, suivis par le Foyer 3F, le centre

social de La Catte, la Protection judicaire de la

jeunesse (PJJ), et encadrés techniquement par Alain

Livre sonique

■ Les enfants du centre de loisirs de Sabres, encadrés

par Sophie Jardin de l’association L’épi tremblant,

ont travaillé cet été à récolter des sons dans

la nature, des images également, mais traitées de

manière séparée. Le montage final a été confié à

un second groupe de jeunes de la ville voisine,

Pissos, dans le cadre d’un deuxième atelier.

Armés d’une petite caméra numérique, les plus

jeunes sont donc partis par groupes de trois à la

chasse aux sons. Le bruit du petit train de

Marquèze, le souffle d’une vache, le rebond d’un

ballon sur le bitume, le tintement d’une goutte

d’eau, le piaillement d’un oiseau, le froissement

des épines de pins sous les pieds… la campagne

landaise offrant aux enfants ses plus belles notes

de musique, des notes rondes et douces, sèches

personnages aussi drôles que touchants que les

enfants se font un plaisir d’incarner le temps de

l’ a t e l i e r. Le marionnettiste Arnaud Ziemichod les

guide pour jouer la comédie et synchroniser

musique, bruitages et dialogues. Avec douceur et

dynamisme à la fois, il les amène petit à petit à sortir

d’eux-mêmes, à rentrer dans la peau du personnage

et à trouver l’énergie juste qui donnera la tonalité

comique d’une phrase.

Pour conclure ces trois semaines d’atelier en beauté,

le travail des enfants a été diffusé en première partie

de la séance en plein air du 29 août (L’âge de glace

avec dialogues et bruitages d’origine !) sur les quais

de la ville, puis au cinéma l’Éden le 5 octobre, avec

en prime un goûter offert à l’issue de la séance.

Cornardeau (Aliénor vidéo), apprennent à se connaître

autour d’un objectif commun d’apprentissage

mêlé de franche rigolade. Et ça marche ! Sur le

plateau, l’ambiance est détendue mais studieuse,

chacun sa tâche et ses responsabilités. Même la

police municipale de Bergerac accepte de jouer le

jeu et de figurer dans une des scènes.

Une expérience à la fois ludique, enrichissante et

g r a t i fiante, d’autant que l’atelier a fait l’objet pendant

l’été de plusieurs articles dans la presse régionale

et d’un reportage réalisé par France 3 Aquitaine. Le

film intitulé Stups aux histoires, a également été

diffusé en septembre en première partie d’une

séance spécialement organisée par le cinéma Le

Cyran et consacrée au court métrage en général, et

à quelques productions régionales en particulier.

ou craquantes, pleines du soleil de juillet.

À l’issue de cette première étape, les images ont été

mises au propre, les sons montés bout à bout, et

séparément, toute cette matière étant offerte aux

jeunes de Pissos pour qu’ils la découvrent et se l’ a pp

r o p r i e n t .

Et ils y réussissent, en inventant l’histoire d’un livre

magique découvert dans une vieille grange landaise !

Chaque page qui se tourne projette son lecteur dans

un univers de sons quotidiens méconnaissables.

Le premier travail de l’enfant consiste alors à reconnaître

les bruits. Il doit ensuite retrouver les images

qui vont avec les sons et reconstituer des séquences

filmées pour obtenir un petit film cohérent.

Une très belle création collective et originale, intitulé

Un livre sonique.

“un été au ciné-cinéville”

en région Aquitaine

les chiffres

Sont concernés 24 villes, 15 c i n é m a s ,

103 écrans et 150 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

38 séances de cinéma en plein air,

22 séances spéciales, 19 ateliers,

5 formations ont été organisés et

1 3 300 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Bassens, Bègles, Bergerac,

Blanquefort, Bordeaux, Boulazac,

Cadillac, Capbreton, Cenon, Floirac,

Le Buisson de Cadouin, Le Haillan,

Lormont, Mérignac, Mimizan,

Mont-de-Marsan, Mourenx,

Mugron, Nérac, Orthez, Pauillac,

Pessac, Pissos, Sabres, Saint Julien

en Born, Sainte Eulalie, Sainte Foy la

Grande, Sainte Livrade, Ta l e n c e ,

Villenave d’Ornon.

la coordination régionale

Eurodéclics est une association

travaillant en Aquitaine dans le

champ de la médiation sociale et

culturelle, en particulier dans le

domaine des pratiques éducatives

autour du cinéma et de

l ' a u d i o v i s u e l : conception, réalisation

et production de films vidéos,

formation, pilotage de dispositifs,

organisation de manifestations…

Constituer un véritable lien entre

opérateurs artistiques et culturels,

partenaires du champ social,

services de l'État et collectivités

locales et territoriales, tel est bien le

principal objectif.

Ce choix relève d'une envie profonde

d'aller vers des publics et des

partenaires variés, impliqués dans

divers types de projets développés

autour de l'image, et ce dans les

quartiers urbains comme en zone

rurale, en direction du milieu

scolaire et également du monde

associatif. Choix qui témoigne

également d'un désir de travail

spécifique : observer des pratiques,

rencontrer des acteurs de terrain,

mettre en relation des partenaires

potentiels (individuels, associatifs,

institutionnels), et finalement

accompagner des projets. Un travail

axé sur la relation à l'autre, sur

l'échange culturel.

Depuis 1999, Eurodéclics assure la

coordination régionale d’“un été au

c i n é - c i n é v i l l e ” .

E U R O D É C L I C S - Boris Barbiéri,

Bruno Dubost, Emilie Fo u a s s i e r

e d e c l i c @ c l u b - i n t e r n e t . f r

Dédut 2004, la coordination est confiée

au PÔLE RÉGIONAL D’ÉDUCATION À

L’ I M A G E, Anne-Claire Gascoin

Cinéma Jean Eustache

1, rue des Poilus 33600 Pessac

Tél : 05 56 46 00 96

Fax : 05 56 15 00 46

c i n e . e u s t a c h e @ w a n a d o o . f r

actions cinéma / audiovisuel projections / 1 1


A U V E R G N E

L’oeil en c o u l i s s e s

Un atelier de réalisation sur le tournage d’un long métrage : une occasion de découvrir les métiers du

cinéma.

association Atelier vidéo inter asso-

L’

ciatif (Avia) est partenaire d’“un été

au ciné-cinéville” depuis une dizaine

d’années. Basée à Clermont-

Ferrand, elle exerce plusieurs activités ainsi

que l'explique Pascal Ma u r y : “Nous proposons

des formations à ceux qui désirent devenir

animateurs professionnels, de la réalisation

de documents (uniquement vers le monde

a s s o c i a t i f ), de la location de matériel audiovisuel

et des interventions d'éducation à

l'image, en initiant à la vidéo des jeunes de

différentes structures (centres de loisirs, collèges,

etc)”.

Cette année, Pascal Maury a suggéré au centre

de loisirs de Romania un atelier-reportage sur

un film en tournage en Auvergne en été : L e s

c h o r i s t e s, de Christophe B a r r a t i e r, avec

G é r a r d Jugnot et Ja c q u e s Perrin (sortie prévue

début 2004). Le public était constitué de 8

jeunes de 11 à 17 ans, “avec une motivation pour

les métiers du cinéma et issus de catégories

socioprofessionnelles très différentes”.

Pour Pascal Ma u r y, le premier enjeu de cette

semaine de reportage était de rendre les adolescents

autonomes avec l'outil-vidéo. “L'idée est

qu'ils puissent connaître chaque poste : perchman,

cadreur, journaliste… Avant tout, il faut

se débarrasser de ses peurs vis-à-vis de la tech-

1 2 / projections actions cinéma / audiovisuel

nique. Voir que l'on est capable de cadrer une

image, de la mémoriser sur une caméra” .

Pour prendre en main le matériel, le groupe

a tourné le premier jour un micro-trottoir dans

les rues de Clermont-Ferrand. Trois questions

étaient posées aux passants : “allez-vous

souvent au cinéma ? Pouvez-vous citer une

phrase célèbre d’un fi l m ? Savez-vous qu’il y

a un film en tournage en Auvergne actuellement

?”

S'en est suivie une plongée de plusieurs jours

sur un tournage, ce qui représente pour Pa s c a l

Maury une expérience riche en matière d'éducation

à l'image.

“Dans la philosophie d'Av i a” explique-t-il,

“éduquer à l'image consiste aussi bien apprendre

à se servir d'un outil - ici la vidéo - que

Atelier-reportage sur le film Les Choristes de Christophe Barratier

d'ouvrir le jeune sur son environnement. Ce t

atelier a permis la découverte spectaculaire

d'un domaine qu'ils côtoient tous les jours -

ils vont beaucoup au cinéma - mais dont ils

n'imaginaient pas tous les aspects”.

Costumes, maquillage, production : les jeunes

ont pu avoir un aperçu complet du tournage

d'un film. “Des acteurs aux techniciens, du

producteur à l’éclairagiste, tout le monde a

joué le jeu et donné cinq minutes de son temps

pour parler aux jeunes. Alors même que des

équipes de télévision étaient déjà présentes”.

Face à cette “grosse machinerie”, cette “fourmilière

totalement inattendue”, les réactions

oscillaient entre crainte - “cela reste un milieu

fermé, très centré sur lui-même”- et l'émerveillement.

Quant à la pratique du reportage

elle-même, elle a suscité une vocation : “un

garçon, très intéressé par la prise de vues, m'a

dit à la fin du stage qu'il voulait en faire son

m é t i e r. Je ne sais pas si cela sera le cas mais

quelque chose s'est déclenché. C'est le côté positif

de l'opération”.

Une opération dont l'intervenant souligne

le caractère exceptionnel, voire “prestigieux”,

qui n'aurait pas pu voir le jour sans un long

travail préparatoire, et des partenaires bienv

e i l l a n t s : “la production a tout de suite

répondu positivement au projet” raconte Pa s c a l

Ma u r y. “Elle a informé l’équipe technique

de la future présence d’apprentis vidéastes.

Une autre chance résidait dans le fait que le

tournage était pris en charge par la commission

du film, qui est une activité de l'association

Sauve qui peut le court-métrage. Une

semaine avant d'arriver avec l'équipe des ados,

je suis allé sur le tournage me présenter. To u t e

une relation de confiance s'est établie. Sur le

tournage, nous ne nous sommes jamais imposés,

mais nous restions disponibles, visibles,

afin que chaque membre de l'équipe

puisse venir nous parler au moment où il le

d é s i r a i t ” .

Une fois le reportage monté, Pascal Ma u r y

compte s'investir dans sa diffusion. La

première devrait avoir pour cadre une émission

sur Clermont Première, télévision

locale. Elle sera peut-être suivie, au niveau

régional, d'une présentation au moment de

l'avant-première du film. “La valorisation

est importante pour les jeunes” conclut

Pascal Ma u r y, “nous nous y consacrons

chaque fois pour les ateliers “un été au ciné”.

C'est aussi important pour nos activités, cela

sert de carte de visite pour monter d'autres

projets”. Sur d'autres tournages ? “Po u rquoi

pas. Et même des choses encore plus

a m b i t i e u s e s ” .

■ Avia, 34 rue A.Thomas 63000 Clermont-

Ferrand, Tél : 04 73 34 36 84


L'ange de goudron

■ Séance spéciale le 20 octobre à Thiers (Puy-de-Dôme). Zinedine Soualem est revenu dans

sa ville natale pour présenter L’ange de goudron de Denis Chouinard (Canada – 2001) dans lequel

il tient le rôle principal aux côtés de Hiam Ab b a s

(remarquée pour son interprétation dans Sa t i n

r o u g e de Raja Amari).

Zinedine Soualem, qui a débuté sa carrière au

Théâtre du Soleil, a joué dans de nombreux

courts et longs métrages, entre autres dans R i e n s

du tout et Chacun cherche son chat de Cé d r i c

K l a p i s c h .

Les Thiernois s’étaient déplacés en nombre pour

écouter l’enfant du pays évoquer son parcours

cinématographique et débattre autour du fi l m

(un travailleur immigré algérien, installé au

Québec, est inquiété par la police suite à l’ e ngagement

de son fils dans un mouvement révol

u t i o n n a i r e ) .

La soirée était organisée en collaboration avec

le cinéma Le Monaco et le ciné-club Émergence.

On n'est pas des marques de vélo

■ Séance spéciale le 7 novembre à Clermont-

Ferrand. Normalement (!), Bouda n’ a u r a i t

pas dû être là ce soir. Il devait quitter le territoire

français après avoir purgé une peine

de 4 ans de prison. Seulement, voilà, sa route

a croisé celle de Je a n - Pierre Thorn. L’ a d m inistration

lui a finalement accordé un statut

lui permettant, non sans formalités, d’accompagner

au moins le film en région. En

Les petits plats dans l'écran

■ Séance plein air Astérix et Obélix : mission

C l é o p â t r e et repas de quartier le 5 juillet à

Moulins (Allier). La soirée était prévue en

plein air. Une météo pessimiste ce soir-là a

contraint les organisateurs à préférer un

plafond moins étoilé, mais nettement plus

étanche, en l’occurrence celui du gymnase

des Chartreux. Environ 250 habitants du quartier

se sont retrouvés pour partager un grand

moment de convivialité autour d’un couscous

préparé par un collectif d’associations avec

Des séances animées

■ Séances spéciales pour les écoles et collèges à

Cournon (Puy-de-Dôme). À l’initiative du service

Jeunesse de la ville et de la coordination “un été

au ciné”, 4 séances spéciales ont été organisées

au cinéma Le Gergovie autour d’un programme

de films d’animation. 13 classes de CM1 et CM2

ainsi que 4 classes de collège ont assisté sur le

temps scolaire à ces séances à l’issue desquelles

une discussion était organisée avec Marie Pa c c o u ,

collaboration avec Le Rio, cinéma des quartiers

nord de Clermont-Ferrand classé “recherche”,

une séance spéciale était proposée pour

l’ouverture du forum hip-hop organisé par

l’École municipale de danse. À l’issue de la

projection, Bouda, Je a n - Pierre Thorn et Fa r i d

Berki, chorégraphe du film, ont participé à une

discussion où la danse s’est quelque peu effacée

devant la question de la double peine.

l’aide financière de la Ville ; le dessert, servi

sur la toile par Cléopâtre, a été le théâtre de

quelques bagarres dont seuls centurions et

légionnaires ont fait les frais sur le grand

écran. Les spectateurs, eux en ont été quittes

pour quelques côtes pliées.

Cette soirée venait cloturer une semaine cinématographique

durant laquelle les élèves de

l’école élémentaire Alain Fournier avaient pu se

familiariser aux techniques de maquillage et de

trucage, et participer à un atelier de réalisation.

réalisatrice d’un des films présentés.

Marie Paccou a réalisé plusieurs courts métrages

d’animation, dont le dernier, Le jardin, utilise

la technique de la peinture sur verre. Après des

études à l’ENSAD et au Royal College of Arts

de Londres, elle est venue s’installer près de

C l e r m o n t - Ferrand où elle a créé La maison aux

1 000 images, association qui regroupe des

spécialistes des techniques d’animation.

“un été au ciné-cinéville”

en région Auvergne

les chiffres

Sont concernés 11 villes, 13 cinémas,

54 écrans et 50 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

21 séances de cinéma en plein air,

1 5 séances spéciales, 15 ateliers ont

été organisés et 6 0 0 0

contremarques ont été distribuées.

les villes

Aubière, Bellerive-sur-Allier,

C l e r m o n t - Ferrand, Co u r n o n

d ’Auvergne, Cusset, Montluçon,

Moulins, Riom, Romagnat, Thiers,

V i c h y.

la coordination régionale

L'association Sauve qui peut le court

métrage organise le Festival et le

Marché du court métrage de

C l e r m o n t - Ferrand. C'est la partie la

plus connue de son action. Mais elle

intervient aussi, tout au long de

l'année, dans de nombreux

domaines concernant le cinéma et

l'audiovisuel. À ce titre, elle a obtenu

en 2000 le titre de Pôle d’éducation

à l’Image, au cinéma, à l’audiovisuel

et au multimédia.

Enfin, les actions de la Co m m i s s i o n

du film d’Auvergne viennent

naturellement conforter les activités

de l’association dans une

perspective de développement des

tournages en Auvergne.

Dans le domaine de l'éducation à

l'image et la formation, l’association

est partenaire culturel de trois

sections cinéma audiovisuel de

l ’Académie et coordonne l’opération

“ Lycéens au cinéma”. Elle est

partenaire du Concours de la jeune

critique cinématographique et coorganise

les rencontres “Ciné en

herbe” à Montluçon.

Depuis 1993, Sauve qui peut le court

métrage assure la coordination

régionale d’“un été au cinéc

i n é v i l l e ” .

SAUVE QUI PEUT LE COURT

MÉTRAGE, Christian Denier, Jérome

Ters, Sébastien Duclocher

6, place Michel de l'Hospital

63058 CLERMONT FERRAND Cedex 1

Tél : 04 73 91 65 73

Fax : 04 73 92 11 93

c . d e n i e r @ c l e r m o n t - f i l m f e s t . c o m

j . t e r s @ c l e r m o n t - f i l m f e s t . c o m

s . d u c l o c h e r @ c l e r m o n t - f i l m f e s t . c o m

w w w. c l e r m o n t - f i l m f e s t . c o m

actions cinéma / audiovisuel projections / 1 3


B O U R G O G N E

La palette, petite salle bourguignonne, classée Art et

essai, a le privilège, depuis quatorze ans aujourd’hui,

PO

d’être l’objet

R

des précieux

T

soins de Buny

R

Gallorini, amou-

A I T

reuse inconditionnelle du septième art. Cette exploitante

est aussi présidente de l’ACIB (Association des

cinémas indépendants de Bourgogne) et membre des

commissions jeune public et patrimoine de l’A F C A E

(Association française du cinéma d’art et d’essai). C’est

un parcours pour le moins atypique qui a mené cette

1 4 / projections actions cinéma / audiovisuel

buny g a l l o r i n i,

cinéphile accomplie à de telles responsabilités.

Sa voie était à priori celle de la médecine. Elle a même

exercé quelques temps le métier d’infirmière, avant

de trouver le moyen de vivre de sa passion. C’est

alors qu’on lui propose un poste dans une petite

salle des Alpes. “Depuis l’âge de douze ans,

j’étais passionnée de cinéma, j’y consacrais

tout mon temps libre. Quand cette opportunité

s’est présentée, je n’ai pas hésité un

instant”. Caissière, femme de ménage,

projectionniste, elle touche à tout et s’implique

progressivement dans l’ a n i m a t i o n

et la programmation du lieu. Forte de cette

expérience, elle quitte le Midi à l’âge de

trente-quatre ans pour accepter la direction

du cinéma La palette, à Tournus.

Elle s’inscrit très vite dans une démarche

d’ouverture au jeune public, en

intégrant notamment les dispositifs

“ Collège au cinéma” et “École et

c i n é m a” dont elle est maintenant

coordinatrice pour la région Bourgogne.

Récemment, elle a accepté

d’être membre du jury au festival

“ C i n é j u n i o r 94”. “Nous avons

assisté à un nombre important de

projections et je me suis aperçue que cela amenait un

autre regard que celui de programmatrice. En tant que

jurée, on se sent investie d’une plus grande responsabilité”.

Elle participe régulièrement aux journées

q u’organise l’AFCAE, aussi bien sur le jeune public,

que sur les films du patrimoine.

Si son activité est étendue, Buny Gallorini est néanmoins

très présente à l’échelle locale, programmant

par exemple en collaboration avec l’association “Cinémascotte”

une manifestation consacrée au cinéma

d’animation, “pas encore un festival, plutôt une

DI R E C T R I C E D E SA L L E

semaine “ panorama” qui met l’accent sur l’ a c t u a l i t é

des courts métrages”. La prochaine édition est prévue

pour décembre 2004.

Elle explique son engagement, particulièrement au

sein de l’ACIB, par une volonté de partage que le cadre

trop étroit de sa propre salle ne lui permet pas d’ass

o u v i r. La circulation des œuvres et des initiatives artistiques

est à ses yeux une notion importante. “À

Tournus, le potentiel de public est restreint. Nous n’ h ésitons

pas à faire des projections de films ou des projets

communs au sein de l’association. Cela nous permet

d’étendre le champ de nos activités et de susciter un

dynamisme”. Des actions régionales se sont ainsi

mises en place comme un mois du documentaire

prenant pour thématique la mémoire. Les établissements

scolaires se sont joints aux ateliers de cinéma

d’animation mis en place à Tournus dans le cadre de

“cinéville”.

Depuis la création d’“un été au ciné” en région Bourgogne,

Buny Gallorini participe au dispositif, auquel

elle a intégré, en plus des ateliers, des journées spéciales

consacrées à un auteur ou à un genre. En attendant

la belle saison, un atelier “décor” sur le thème

des pirates doit se tenir en février dans le cadre de

“cinéville”, à l’occasion de la sortie du dessin animé

de Je a n - François Laguionie, L’île de Black Mo r. En

complément de l’ a t e l i e r, les amateurs du genre pourront

se délecter d’un week-end consacré aux films de

pirates. La programmation de La Palette est souvent

teintée d’une thématique particulière, façon intéressante,

selon l’exploitante, de séduire le public et de lui

faire découvrir des œuvres. “Ces films qui passent

parfois inaperçus, j’essaie de les regrouper et de leur

donner un coup de projecteur particulier”.

La fidélité de son public représente sa plus belle récompense.

Les temps ont parfois été rudes, mais elle n’ a

aucun regret. “Je crois que le petit monde du cinéma

– celui, en tout cas, qui travaille au plus près du public,

est constitué de passionnés qui ne comptent ni le

temps, ni les échecs. Nous avons de petites déceptions,

mais l’on se reprend et l’on continue !” Buny Ga l l orini

aime le cinéma et ce qu’elle propose aux travers

de ses innombrables actions, c’est de nous faire partager

sa passion.

AN G É L I Q U E LA G A R D E

A c t u a l i t é : Premier trimestre 2004 : Cycle italien inauguré par le film de Marco Tullio Giordana, Nos meilleures

a n n é e s ; atelier “décor” à l’occasion de la sortie du dessin animé de J.F Laguionie, L’île de Black Mor.

S e p t e m b r e : “Ciné Bourgogne”, une semaine à tarif réduit (3 euros).

Cinéma La Palette, rue de la République, 71700 TOURNUS, Tél : 03.85.32.58.48


Formation des animateurs

■ Dans le cadre de sa mission de coordinateur régional

de l’opération “un été au ciné-cinéville”, l’ U n i o n

départementale des MJC (UDMJC) de Cô t e - d ’ O r

organise des modules de formation-sensibilisation

à destination de l’encadrement du dispositif. Le

postulat de départ est que les animateurs de terrain

sont souvent insuffisamment formés aux pratiques

culturelles. Ils peuvent donc rencontrer des difficultés

à remplir leur rôle de médiateur auprès des

jeunes, autour des projets liés à l’image.

Les intérêts de cette formation sont multiples :

appréhender les enjeux de l’action culturelle cinématographique

dans l’insertion des jeunes, donner

les bases d’une culture cinématographique pour

permettre l’émergence de projets de qualité dans

Moore, toujours

■ Pour sa deuxième séance spéciale dans le cadre d’“un

été au ciné”, la MJC de Chenôve a choisi de programmer

Bowling for Co l u m b i n e, réalisé par Michael Mo o r e ,

sorte de film documentaire interprété qui s’attaque à

un sujet tabou : la violence

armée aux États-Unis, pays

qui connaît le plus fort taux

de meurtres par armes à

feu au monde (11000 décès

par an pour 250 millions

d’armes en circulation).

Bowling for Co l u m b i n e e s t

un voyage au pays de la

peur aussi glaçant que drôle

et virulent. Animateur à la

MJC, Marcellin Gr e a t t i

proposait au public de

réagir aux images du film, à la violence armée aux

États-Unis et, plus largement, aux dérives de la société

m o d e r n e : “Au-delà de la simple dénonciation d’un

droit qui permet à tout citoyen américain de détenir

Challenge vidéo à Montceau-les-Mines

■ C’est à l’Espace loisirs de Sanvignes que les jeunes

des centres de loisirs des villes de Montceau, Sa i n t -

Vallier et Sanvignes se sont rencontrés pour un

challenge très original. Il s’agissait de définir le

meilleur court métrage réalisé cet été avec leurs

animateurs respectifs.

Après la projection du film gagnant de l’ a n n é e

dernière (de l’équipe de Sa i n t - Vallier), le public et

le jury ont pu apprécier les réalisations de cet été.

Le thème était le départ en vacances. Sur un fond

musical très rythmé, les ados ont interprété leurs

rôles de façon très ludique.

Le jury, composé de Thomas Thévenoud, chargé

de l’enfance et de la jeunesse à Montceau, de

Philippe Ollagnier, gérant du cinéma Le Plessis à

ce domaine, améliorer la qualité des différents volets

de l’opération (car les animateurs sont les seuls

relais capables de susciter une réelle implantation

des projets dans un quartier), favoriser les échanges

de savoir et d’expérimentation entre des partenaires

sur le plan régional. Le public visé est

constitué d’animateurs socio-culturels, des relais

locaux du dispositif et aussi des exploitants de salle

de cinéma impliqués dans le dispositif. Cette formation

a reçu le soutien de la Direction régionale de

l’équipement (DRE) et de la Direction régionale des

affaires culturelles (DRAC). Trois journées de formation

sont programmées en 2003, auxquelles s’ajoutera

une journée régionale de réflexion autour des

ateliers de pratique audiovisuelle, début 2004.

une arme, le film nous pousse à nous interroger sur

des thèmes plus que jamais d’actualité : la mondialisation,

la citoyenneté, l’individualisme, la sur-médiatisation

de la peur.” Jean-Louis Grosse, Félix et Co l e t t e

Chapuirat, membres de

l’association ATTAC (association

pour une taxation

des transactions fi n a n c i ères

pour l’aide aux citoyens)

assistaient à la séance. Leur

éclairage précieux à permis

d’alimenter un débat riche,

parfois virulent mais

toujours instructif. Un spectateur

aura le mot de la fi n

: “Que l’on aime ou pas

Michael Moore, pour son

h u m o u r, pour ses prises de position politiques, il n’ e n

reste pas moins quelqu’un qui cherche à comprendre

sa société, son monde, et qui a de la pertinence dans

ses propos”.

Montceau, de Frédéric Cané, chargé des affaires

scolaires à Sanvignes, de Jean-Claude Lagrange,

maire de Sanvignes, d’Alain Gautreau, chargé de

la citoyenneté à Sanvignes et de Josiane Lamborot,

chargée de la jeunesse à Sa i n t - Va l l i e r, a élu l’ é q u i p e

de Montceau comme vainqueur cette année.

Leur court métrage raconte l’histoire d’un groupe de

jeunes qui, s’ennuyant sur les bancs de la place de

l’église, pendant les vacances, décide de partir en

camping. Après une préparation sur un ton légèrement

comique, les voilà partis en mini bus pour l’Au stralie.

C’est Nicolas Leplant, professionnel de la vidéo,

de l’association Image’in de Sa i n t - R é m y, qui a formé

les animateurs de Montceau et de Sanvignes, sur le

logiciel de montage de la Cyber-base Le Plessis.

“un été au ciné-cinéville”

en région Bourgogne

les chiffres

Sont concernés 15 villes, 14 cinémas,

65 écrans et 17 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

28 séances de cinéma en plein air,

10 séances spéciales, 17 ateliers,

3 formations ont été organisés et

5 000 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Auxerre, Blanzy, Chenôve,

Coulanges les Nevers, Dijon,

Fourchambault, Macon, Montbard,

Montceau les Mines, Nevers,

Saincaize, Sanvignes les Mines,

Sens, St Va l l i e r, To u r n u s .

la coordination régionale

L'UDMJC (Union départementale

des MJC) coordonne en région

Bourgogne le dispositif “un été au

ciné-cinéville” depuis 1996. C'est sa

capacité à animer un réseau dans le

cadre de sa tournée

cinématographique itinérante en

milieu rural qui à conduit

logiquement la Drac Bourgogne à

lui confier cette mission. Offrir aux

populations des communes rurales

dépourvues de salles de cinéma une

alternative aux seules images

télévisuelles en leur permettant de

découvrir dans la convivialité un

aperçu de la production

cinématographique mondiale,

porteuse de loisir et de culture, tel

est le credo de ce circuit de cinéma

itinérant, qui participe en outre à

l'aménagement du territoire sur le

plan culturel.

“Cinéma des champs, cinéma des

villes, entre lesquels nous tendons

des passerelles. C'est en privilégiant

proximité et émotion que nous

souhaitons rendre plus proche les

films d'un public que nous

souhaitons élargi. Proximité pour

l'action culturelle

cinématographique (formation,

ateliers, court-métrage,

accompagnement des séances,

accueil de jeunes spectateurs...)

avec pour fondation la salle de

projection et l'acte de

programmation (difficile équation

entre le principe de réalité et nos

désirs de cinéma !). De cette

délicate alchimie naît une

dynamique où l'émotion va de pair

avec la volonté de comprendre,

d'apprendre et d'agir. Souhaitons

que cette part d'utopie pénètre plus

d'esprits encore...”

U D M J C

Franck Co u p e c h o u x

2, rue de Bourges - BP 63

21 021 DIJON cedex

Tél : 03 80 43 60 42

Fax : 03 80 76 92 47

f r a n c k . c o u p e c h o u x @ w a n a d o o . f r

actions cinéma / audiovisuel projections / 1 5


Films f l é c h é s

La requalification du volet de la politique tarifaire par la mise en place d’une liste de films : une

expérience qui fonctionne en Bretagne, mais qui nécessite un travail d’information important auprès des

jeunes comme des animateurs.

“C

B R E TA G N E

ette année”, explique Sa b r i n a

Ja n v i e r, coordinatrice régionale,

“nous avions une baisse du budget,

donc une baisse des contremarques.

Notre choix a été de tendre vers un système

plus qualitatif. Nous voulions profiter du changement

de politique tarifaire pour changer de

mode de diffusion”. Problème : trouver un

système qui n’exclut personne, aucun exploitant.

“Nous voulions continuer à travailler avec

les salles partenaires, qui passent traditionnellement

de l’Art et essai, ainsi qu’avec celles

qui fonctionnent sur le champ commerc

i a l”. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une liste

de films fléchés, auxquels s’appliquerait la

politique tarifaire.

La liste a été composée à partir des prévisions

de sorties sur les deux mois d’été. Là encore,

des dilemmes se sont posés : il fallait constituer

une liste qui reste large et qui ne soit pas

composée que de grosses machines ; il fallait,

en outre, qu’elle s’adapte à l’ensemble de la

région alors que tous les films n’allaient pas

sortir dans toutes les villes. Enfin, il fallait

essayer d’évaluer a priori la qualité des fi l m s .

“ Cela fut difficile, les choix sont subjectifs.

Nos enfants chéris, Noi Albinoï, Mariées mais

pas trop, sont quelques-uns des films que nous

avons sélectionnés. Certains films américains

grand public, bénéficiant d’une très importante

distribution, nous semblaient quand

même intéressants, ne serait-ce que parce que

l’on pouvait faire un travail avec”. Hu l k, par

exemple, qui a servi de base à une journée

spéciale à Lorient autour des super-héros. “Le

1 6 / projections actions cinéma / audiovisuel

groupe de jeunes présent n’avait pas du tout

l’habitude de ce genre de séances” raconte

Sabrina Ja n v i e r, “mais le thème du super-héros

lui a permis de travailler de manière simple,

accrocheuse, à de l’analyse filmique pure,

en découvrant aussi l’historique de ce genre

de films inspirés des bandes dessinées”.

Au final, le bilan de la politique tarifaire 2003

est contrasté selon les villes - six d’entre

elles ayant gardé un système de diffusion par

contremarques similaires aux années précédentes,

la septième, Rennes, ayant travaillé

avec le système des sorties collectives.

“ Celles où il y avait traditionnellement un bon

retour continuent à avoir un bon résultat cette

année” observe Sabrina Ja n v i e r. “Les villes

qui avaient un retour un peu moins bon sont

plutôt en chute. De toute façon, les séances

continuent tant que chaque ville n’a pas épuisé

son quota. Dans certaines villes, cela permet

une fidélisation des structures”.

Pourquoi certaines villes enregistrent-elles de

moins bons résultats ? D’où vient l’ a f f a i b l i ssement

de la diffusion ?

“Il est souvent en rapport avec le nombre de

points de diffusion des contremarques” répond

Sabrina Ja n v i e r. “Dans les villes plus petites,

qui comptent moins de points de diffusion,

les animateurs changent plus rarement, ils

sont donc mieux sensibilisés et ont une relation

plus directe aux jeunes. Dans les grandes

villes, où les porteurs de projets ne peuvent

pas être derrière chaque animateur, le message

s’étiole au fur et à mesure qu’il se rapproche

du jeune spectateur”.

Noi albinoi de Dagur Kari

La coordinatrice remarque aussi que la requal

i fication n’est pas perçue positivement par

tout le monde.

“Dans les villes où le réseau de diffusion est

large, les gens avaient pris l’habitude des

contremarques classiques, ils ne comprennent

pas pourquoi elles n’y sont plus. Il faut

faire un travail d’information. Aux coordinateurs

locaux d’expliquer que la politique a

changé, que nous avons décidé de travailler

sur des listes et que l’aide apportée pour aller

au cinéma n’est plus destinée à emmener les

jeunes voir ce qu’ils seraient allés voir de toute

f a ç o n . Et aux animateurs d’expliquer aux jeunes

pourquoi ils ne peuvent plus aller voir tous les

films mais seulement certains, et pourquoi

ceux-ci ont été préférés à d’autres. On peut

parler de tout cela dans les centres de loisirs,

les points de diffusion. Dans les Foyers de

jeunes travailleurs, à Rennes, cela a très bien

fonctionné. Nous avons demandé un fonctionnement

en sorties de groupes et les jeunes

ne sont allés voir quasiment que du cinéma

Art et essai. C’est l’effet positif de la liste”.

Dans certaines villes, ce sont les élus qui ne

comprennent pas l’abandon d’une politique

de distribution axée sur le “q u a n t i t a t i f” : “Quel

est l’intérêt d’un dispositif qui touche désormais

beaucoup moins de personnes ? C’est

moins motivant”. Cela ne devrait pas empêcher

l’expérience de se renouveler, et la politique

tarifaire de s’étendre sur toute l’ a n n é e ,

à condition cependant que les fi n a n c e m e n t s

soient connus suffisamment tôt. ◗


Histoires d’archives

■ Depuis 1998, des ateliers autour de l’image d’archive

sont organisés en collaboration avec la cinémathèque

de Bretagne. Après la mise en musique

d’un court métrage, la réalisation d’une fiction contenant

des images d’archives et le reportage sur l’ é v olution

d’un quartier, un clip musical a vu le jour

pour la deuxième année consécutive. En juillet

d e r n i e r, la mise en image d’une chanson du groupe

Mordicus, produit au sein de la MJC Cleunay à

Rennes, à permis à un groupe de jeunes de 11 à 14

ans de découvrir les techniques de la réalisation

et du montage virtuel.

Sélectionnées par la cinémathèque de Bretagne

suivant un thème défini par les jeunes, les archives

sont en général des documents issus d’anciens

films de famille (des années 30 à 60). Elles permettent

de familiariser les jeunes à l’histoire “o r d i n a-

Format court

■ Les modules courts (une journée) d’atelier vidéo

offrent une approche particulière du travail de

l’image. Ils permettent de démystifier la réalisation.

Que ce soit en animation, avec la technique de la

pixilation, ou en prise de vues réelles, l’atelier sur

une journée touche un autre public et permet à des

jeunes qui ne souhaitent pas s’engager sur un projet

d’une semaine de découvrir le cinéma ou la vidéo.

Ils en redemandent…

Lors du festival “Quartiers d’été”, organisé à Re n n e s

par les jeunes et le Centre régional d’information

Bretagne, quatre

clips de prévention

( M S T, tabac, alcool,

p r é v e n t i o n

routière) ont été

réalisés lors de

quatre modules

d’une demi-journ

é e .

La technique de la

pixilation permet

une approche

rapide du cinéma

d’animation. Les

jeunes ont une

réponse immé-

ire” de leur quartier, leur région. Les films visionnés

offrent une première approche du langage cinématographique.

Les jeunes stagiaires décodent les

plans qu’ils vont ensuite monter, et étudient les

mouvements de caméra. Suit alors la phase de

montage pur.

Travailler la technique du montage virtuel, comprendre

son importance dans la réalisation d’un fi l m ,

tel est l’objectif principal de cet atelier. L’exercice du

clip est à ce titre assez pertinent en ce qu’il joue sur

des rythmes très marqués.

Les images d’archives sont une opportunité de

voir des documents très rares d’une grande

richesse visuelle et sonore. Elles créent des liens

entre passé et présent, et dans le cadre de cet atelier,

les images se mettent au service du rythme de la

chanson.

quartier et le Patronage laïque de Lambézellec ont

travaillé sur des films de fiction réalisés en quatre

temps : chaque étape de la réalisation du fi l m

correspond à un module de travail d’une journée.

Sont ainsi abordés le scénario, le découpage, le tournage

et la direction d’acteur, et pour finir le montage

sur le logiciel Imovie. Le résultat donne une très

courte fiction (3 minutes environ). Le travail pédagogique

peut être plus pertinent que sur des projets

plus longs car l’implication des jeunes est totale à

chaque étape de la production.

Les ateliers “format

court” nécessitent

un encadrement

dynamique et une

grande préparation

de la part des intervenants.

S’il est

nécessaire de définir

à l’avance des

canevas de scénario,

il ne faut

surtout pas brider

la créativité des

jeunes au cours du

tournage. Le

p r o f e s s i o n n e l

diate à leur investissement

sur le

Clip de prévention MST de l’atelier de pixilation

encadrant

permettre

doit

aux

tournage car le résultat est visible quasiment en jeunes de s’exprimer dans le cadre de cette mini-

direct. L’implantation de l’atelier au cœur du festiréalisation, tout en communiquant sa passion de

val et la projection des films en première partie de l’image.

la séance en plein air de clôture de la manifestation L’expérience montre que les jeunes qui ont décou-

(devant plus de 2000 personnes…) fournissent aux vert la réalisation par le biais de ces ateliers cher-

jeunes une réelle valorisation de leur travail. chent souvent à poursuivre leur expérience sur des

L’association Côte Ouest à Brest, la Maison de projets de plus grande envergure.

“un été au ciné-cinéville”

en région Bretagne

les chiffres

Sont concernés 7 villes, 13 cinémas,

74 écrans et 30 partenaires

(associations, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

25 séances de cinéma en plein air,

3 séances spéciales, 17 ateliers,

3 formations ont été organisés et

4 000 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Brest, Guingamp, Lanester, Lorient,

Q u i m p e r, Rennes, Va n n e s .

la coordination régionale

L'association Clair obscur organise

depuis 1990, “Travelling”, le festival

de cinéma de Rennes Métropole.

Au-delà de cet événement,

l'association s'implique à l'année

dans la diffusion cinématographique

à destination de tous : “Cinéquartier”

(programmation de films

classiques et contemporains, courts

et longs métrages, soirées à

thèmes), “Saison jeune public”

(films particulièrement destinés au

jeune public), “Ciné Bbaby” (ciné

concert jeune public) et assume de

multiples actions pédagogiques, de

sensibilisation et de formation ; Clair

Obscur encadre de nombreux

ateliers de découverte du cinéma en

milieu scolaire et périscolaire :

classes à Parcours artistique et

culturel, atelier de Pratique artistique

et culturel.

Clair obscur pilote en Ille et Vilaine

le dispositif national “École et

cinéma” et coordonne en région

Bretagne le dispositif “un été au

ciné-cinéville” depuis 1996.

CLAIR OBSCUR

Sabrina Janvier, Jacques Fr o g i e r

Université de Rennes 2

6, avenue Gaston Berger

35043 RENNES Ce d e x

Tél : 02 99 14 11 43

Fax : 02 99 14 11 45

c l a i r o b s c u r @ t r a v e l l i n g - f e s t i v a l . c o m

actions cinéma / audiovisuel projections / 1 7


C E N T R E

“un été au ciné-cinéville”

en région Ce n t r e

les chiffres

Sont concernés 21 villes,

1 6 cinémas, 64 écrans et 30

partenaires (associations,

entreprises privées, services

déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

13 séances de cinéma en plein air,

4 séances spéciales, 11 ateliers,

4 formations ont été organisés et

7 7 0 contremarques ont été

distribuées, sur trois sites, sur des

programmations spéciales (Clic

Dreux, Association avec le secours

Populaire de Tours, association avec

la DAC de Blois), depuis octobre.

les villes

Amboise, Blois, Chateau-Renard,

Château-Renault, Chateauneuf sur

Loire, Châteauroux, Chinon, Dreux,

Fleury-les-Aubrais, Joué les To u r s ,

Montargis, Montlouis, Orléans,

Parcay Meslay, Romorantin, Saint

Amand Montrond, Saint Jean de la

Ruelle, Senonches, St Jean de Braye,

Tours, Vierzon, Vo r l y.

la coordination régionale

L'Atelier de production Centre Val de

Loire, antenne cinéma de la région

Centre, est chargé du soutien à la

production, de l’accueil des tournages

et du soutien à la diffusion.

Pôle régional d'éducation et de

formation au cinéma, à l'audiovisuel

et au multimédia depuis 1999,

l'APCVL organise le développement

du secteur selon trois axes :

■ Sensibilisation des publics en

temps scolaire (“Lycéens au cinéma”

en région Centre, ateliers artistiques,

classes à parcours artistiques et

culturels, options cinéma et

audiovisuel, “Université au cinéma”),

hors temps scolaire (“un été au

ciné/ciné ville”), rencontres lors du

festival “Images en région” de

Vendôme, participation de lycéens

au jury de la jeune critique lors de la

Semaine internationale de la critique

de Ca n n e s .

■ Formation des enseignants et des

professionnels de l'audiovisuel

(formation initiale (IUFM de

Chartres) et continue des

enseignants, ateliers d'écriture

documentaire pour les

professionnels, CAP opérateur

p r o j e c t i o n n i s t e ) .

■ Édition de documents

p é d a g o g i q u e s .

Depuis 1994, l’APCVL est

coordinateur pour la région Ce n t r e

de l’opération nationale “un été au

ciné-cinéville”.

APCVL - Wilfried Jude

24, rue Renan

37110 CHAT E A U - R E N A U LT

Tél : 02 47 56 08 08

Fax : 02 47 56 07 77

w i l f r i e d . j u d e @ a p c v l . c o m

1 8 / projections actions cinéma / audiovisuel

Les meilleurs amis, film d'atelier réalisé dans le cadre du Clic 1 de Dreux

Clic sur l ’ i m a g e

Pour développer en synergie des projets d’éducation à l’image, une

solution : le Clic, un contrat local d’initiative cinématographique.

C

’est en mars 2003 que plusieurs partenaires

ont signé à Dreux leur premier

Clic. “Il vise à coordonner plusieurs

structures pour qu’elles travaillent

ensemble sur des projets communs” explique

Wilfried Jude, de l’Atelier de production Ce n t r e -

Val de Loire (APCVL) et coordinateur régional

d’“un été au ciné-cinéville”.

Les différents partenaires en sont la ville de Dreux,

l’APCVL, la Société nouvelle des cinémas de

Dreux, le cinéma Le Delta et le lycée Rotrou. So n

budget est pris en charge par la Ville et l’A P C V L

en assure la coordination (via les dispositifs

subventionnés par la Région centre et le CNC,

comme “Lycéens au cinéma” et “un été au ciné”).

Mais, tient à souligner Wilfried Jude, “il est né

sous l’impulsion de Thierry Méranger, enseignant

en lettres, à l’option cinéma du lycée Ro t r o u

et coordinateur local d’“un été au ciné””.

Presque un an après, l’expérience s’avère

concluante. Un deuxième Clic a été signé en

octobre 2003. Entre-temps, plusieurs projets ont

vu le jour.

Le premier est un festival de films intitulé

“ Regards d’ailleurs”, dont la première édition,

en mars 2003, était consacrée aux films lusophones

(portugais et/ou brésiliens). Vient ensuite

un ciné-club baptisé Ciné Clic, dont les séances

mensuelles se déroulent aussi au Delta. Ouvertes

à tous, elles accueillent notamment les lycéens

de l’option cinéma du lycée Rotrou, avec lequel

le cinéma menait d’ailleurs des actions scolai-

res bien avant le Clic. “Quand la section cinéma

s’est ouverte, nous avons eu envie d’un partenariat

plus concret” note Anne-Claire Brunet.

“ Nous fournissons la structure d’accueil et les

conditions de location. La Ville s’engage à couvrir

une partie des déficits et à être le relais d’information

culturelle. Quant à l’APCVL, il trouve des

intervenants”. Anne-Claire Brunet juge ces partenariats

satisfaisants. “Cela bénéficie à l’ é t a b l i ssement

scolaire, qui se retrouve au cœur de la

ville, de la vie. Le Clic donne aussi une meilleure

assise pour inviter des intervenants qui, sans

cela, ne se déplaceraient pas forcément, ou que

nous ne nous pourrions pas nous permettre d’inviter”.

“Impact très positif” pour la ville, également,

qui, à la suite du festival “Re g a r d s

d’ailleurs”, “a eu des remontées très intéressantes

en termes d’image et de demandes de renseignements”.

“ Regards d’ailleurs” et Ciné Clic sont les deux

seules manifestations auxquelles s’appliquent

les contremarques délivrées dans le cadre du

volet tarifaire d’“un été au ciné”.

Le deuxième Clic a été signé en octobre 2003,

pour une durée d’un an renouvelable. “Ce t t e

nouvelle convention fait état des mêmes prérogatives”

observe Maryse Corbeau, chargée du

projet Clic à la Direction de l’action culturelle.

“La participation de la Ville est toujours fi n a ncière,

à hauteur de 2 265 Euros, nous nous occupons

de la communication, des affiches, des

p r o g r a m m e s ” .


Partenaire du premier Clic, la Radio des

trois vallées (RTV), est venue s’ajouter à

la liste des signataires. Soutenu par le

Delta, qui offre chaque semaine deux

places à deux élèves de l’option cinéma,

un atelier de critique radiophonique a

été mis en place. Souad Soulimani, journaliste

de RTV, anime ce projet intitulé

“Du lycée au ciné”.

“Il s’agit d’une émission mensuelle d’une

heure. Les élèves de l’option cinéma du

lycée Rotrou écrivent des commentaires

sur les films, interviewent les réalisateurs

et les personnalités invitées aux projections

dans le cadre du Clic : acteurs,

scénaristes, critiques de film. Cela exige

beaucoup de préparation durant le mois

qui précède car nous sommes en direct.

L’erreur n’est pas permise. Le jour où

nous recevons les invités, il y a deux

heures de préparation supplémentaires.

Mais il ne faut pas que cela soit pris

comme un travail scolaire”.

Te w fik Fares, scénariste du Vent des Au r è s

de Mohammed Lakhdar-Hamina, a fait

partie des invités, ainsi que la réalisatrice

Catherine Corsini, présente lors de la

première émission, le 8 octobre 2003.

Pour Souad Soulimani, cette expérience

est un véritable apprentissage de l’ o u t i l

radiophonique. “Il faut travailler la

réflexion mais aussi l’élocution, l’ i n t onation,

apprendre à s’exprimer. Les

jeunes sont très demandeurs, très motivés.

De plus, ce projet constitue pour

certains un défi. Ils ont entre 16 et 18 ans

et sont parfois terrorisés à l’idée de prendre

la parole en direct. Mais ils ont réussi

à le relever et ils y prennent goût”.

“ Pour l’instant, nous travaillons avec les

lycéens” constate Anne-Claire Brunet.

“ Notre ambition pour le “Clic 2” (voire

le “Clic 3”) est de consolider les liens avec

le service Jeunesse, de travailler plus en

synergie avec les quartiers”.

“En janvier 2004, doit se dérouler une

formation pour les animateurs qui

travailleront ensuite à la création d’un

atelier avec les adolescents des quartiers”,

note Maryse Corbeau. Elle

mentionne divers projets : la deuxième

édition du festival “Regards d’ailleurs”,

en mars, consacrée au cinéma anglais ;

mais aussi, en décembre 2004, la projection

d’un film Art et essai lors du spectacle

offert chaque année pour Noël aux

enfants de Dreux. “Le Clic avance doucement.

Chaque année, on ajoute quelque

chose”. ◗

Politique tarifaire : du nouveau !

■ Les expérimentations mises en place sur la fi n

de l’année 2003 en région Centre concernant les

nouvelles modalités d’applications de la politique

tarifaire s’avèrent encourageantes. Petit rappel des

f a i t s : la politique tarifaire ne concerne plus que

les agglomérations en Contrat de ville et une

programmation spécifique décidée en amont avec

une association-ressource locale et un cinéma

partenaire. Elle est ouverte à tous les âges et s’adresse

à un public dit en “exclusion culturelle”. Dont acte.

Sur Tours, un travail s’est engagé avec le Se c o u r s

populaire français et le Cinéma Les Studios. Il

concerne un film par mois préalablement choisi.

Les personnes peuvent accéder à toutes les séances

de ce film, et les bénévoles du Secours popu-

C i n é C h a m p

■ Le Pôle régional d’éducation à l’image de

l’APCVL a décidé de mettre l’accent sur l’ a m énagement

culturel du territoire, pour permettre

une meilleure implantation et une meilleure synergie

des actions. Dans ce cadre, et reprenant les

grands principes et les volets de l’opération “un

été au ciné-cinéville”, l’APCVL a décidé d’appliquer

son champ d’action au milieu rural, par le

biais de “CinéChamp” .

Pourquoi “CinéChamp” ? La région Centre est

une région rurale où la population est très dissém

i n é e : une partie

des jeunes n’a pas

facilement accès aux

équipements culturels,

notamment aux

salles de cinéma, en

particulier celles

proposant des

p r o g r a m m a t i o n s

sortant de l’ o r d i n a i r e .

Heureusement, le

réseau des cinémas

itinérants, très

implanté et effi c a c e

sur la quasi-totalité de

la région, permet de véhiculer la culture cinématographique

dans des endroits qui n’y ont pas accès.

L’APCVL se propose donc de travailler en collaboration

avec ces cinémas itinérants pour développer

des actions complémentaires et annexes

concernant la sensibilisation au cinéma, hors

temps scolaire.

L’opération peut se décliner sous des formes très

légères et très ponctuelles, donc peu onéreuses

(animation autour d’un film de la programmation,

rencontre avec un professionnel des métiers

du cinéma), ou exister sous des formes à l’ a n n é e ,

sous réserve de financements plus appropriés.

laire réalisent un travail de sensibilisation des publics

en amont. Il faut affiner ce principe, mais la remontée

de contremarques est en nombre croissant.

Sur Blois, l’accent a été mis sur la programmation

“Ciné-dimanche”, plutôt dédiée au jeune

public. Le but avoué est que des familles n’ a y a n t

plus l’habitude de se déplacer vers des structures

culturelles reprennent le chemin du cinéma

par l’entremise des enfants.

Sur Dreux, la politique tarifaire est appliquée au

Contrat local d’initiative cinématographique. Les

possesseurs des contremarques ont accès à toutes

les séances ciné-Clic (quatre d’octobre à décembre).

Grâce au travail de mobilisation des partenaires

locaux, le taux de remontée est aussi en progression.

Les enfants, les anciens

■ Fruit d’un partenariat original entre plusieurs

partenaires (Centre communal d’action sociale,

Centre de loisirs, maisons de retraite et APCVL),

nous développons à Château-Renault (Indreet-Loire)

un documentaire en animation autour

de la transmission orale : des enfants (9-12 a n s )

iront à la rencontre de personnes âgées, dans

le but d’échanger autour du thème des loisirs.

Ils enregistreront les témoignages des anciens

pour écrire le film à partir de ce matériau sonore.

Ils se réapproprieront cette parole riche en expérience

et exprimeront

leur créativité

au travers de ces

h i s t o i r e s .

Un groupe de liaison

sera mis en

place, et une délégation

d’enfants

rencontrera régulièrement

les

personnes âgées

pour leur faire part

de l’ a v a n c e m e n t

du projet. Le fi l m

Le séjour de J.L Gréco et C.Buffat

sera projeté lors

d’une journée entièrement dédiée au cinéma,

qui aura probablement lieu pendant l’été 2004.

Les deux intervenants sollicités pour ce projet

sont Gaël Lépingle, réalisateur, programmateur

au festival de Lussas (“La route du doc”) et Zo é

Inch, réalisatrice de cinéma d’animation.

Il est envisagé dès maintenant de pérenniser le

projet en 2005 par la mise en place d’un cinéclub

co-animé par les enfants et les personnes

âgées. Partage, rencontre et transmission (dans

les deux sens) autour des images aideront peutêtre

au rapprochement entre les générations…

actions cinéma / audiovisuel projections / 1 9


C H A M PA G N E - A R D E N N E

A t e l i e r -f a n t a s y

En Champagne-Ardenne, un ambitieux projet de fiction monté par un groupe d’adolescents a vu le jour

grâce à l’appui de Télé Centre Bernon.

Deux ans, c’est le temps qu’il aura

fallu à une vingtaine de garçons et

de filles âgés de 14 à 23 ans, pour

concrétiser un projet d’une envergure

inhabituelle : un film en costume au

temps du moyen-âge tourné en décors naturels,

où s’affrontent démons, sorciers, guerriers…

“Des jeunes sont venus nous voir en

2002 avec un scénario intitulé Aux portes de

l’ e n f e r” raconte Philippe Manceau, de Té l é

Centre Bernon. “Ils étaient passionnés de

cinéma et nous avons considéré que leur projet

pouvait parfaitement s’inscrire dans le cadre

d’“un été au ciné-cinéville”. Ils connaissaient

Télé Centre Bernon car aucune autre structure

ne fait de l’audiovisuel sur la région. No u s

organisons des stages dans les écoles et

certains avaient déjà suivi nos formations”.

Fondée en 1985, cette association basée à Epernay

mène de nombreuses actions éducatives

(voir P r o j e c t i o n s n°4). “Nous utilisons l’ o u t i l

vidéo au service du social à travers des projets

artistiques menés dans des quartiers diffi c i l e s

ou au sein des écoles. L’objectif de ces projets

est de travailler sur l’imaginaire et sur le décryptage

de l’image” explique Philippe Manceau.

C’est donc tout naturellement qu’un atelier

d’analyse filmique été mis en place en préambule

de la préparation des Portes de l’ e n f e r. “Il

y a eu un nombre important de visionnages,

de discussions. Nous avons par exemple

abordé le sujet de la cascade au cinéma,

puisque les jeunes voulaient filmer des

combats à l’épée. Il fallait clairement expliquer

que tout n’était que trucage, qu’il n’y avait

aucun combat réel. Sachant que ces jeunes

2 0 / projections actions cinéma / audiovisuel

sont très axés sur le fantastique, qu’ils sont

fans du Seigneur des anneaux, nous avons

exploré et analysé cet univers. Je leur ai

présenté des films qu’ils ne connaissaient pas,

comme E x c a l i b u r de John Boorman” .

L’implication de Télé Centre Bernon a aussi

été affaire de production et de logistique. En

outre, trois membres de l’association ont

travaillé comme encadrants au cours des différents

ateliers qui se sont succédés, répartis

sur les périodes de vacances. En août 2002,

durant un atelier de scénario, les jeunes ont

retravaillé et adapté la première mouture de

leur script. Puis se sont succédés, un atelier

sur le jeu de l’acteur animé par un intermittent

du spectacle, un atelier de création de

costumes animé par une couturière, un autre

concernant la création de décors, en collaboration

avec une association d’arts plastiques…

“Les jeunes ont conçu eux-mêmes les costumes,

les accessoires – lances, épées, armures,

boucliers... La débrouillardise étant de mise,

ils ont aussi vidé les greniers de leurs grandsp

a r e n t s ” . En compagnie de deux techniciens,

ils ont assuré le suivi technique lors du tournage,

qui ne fut pas de tout repos. “Nous avons

filmé pendant deux semaines dans la région

d’Épernay et dans un véritable château médiéval,

le château-fort de Sedan, où un camp a

été installé. Nous avions les autorisations

nécessaires, le personnel du château nous a

très bien accueillis. Nous avons pu avoir accès

aux douves, à des salles interdites aux visiteurs.

Mais il ne fallait rien détériorer, ne rien

accrocher aux murs… En guise d’éclairage,

nous devions utiliser des torches, ce qui

Les portes de l’enfer

était parfois compliqué à installer. No u s

n’avions pas beaucoup de temps, tout cela a

été intense, assez ardu. Mais intéressant”.

Quelques mois plus tard, hiver 2003… Les

jeunes ont repris leurs activités scolaires ou

professionnelles. Deux d’entre eux travaillent

régulièrement avec Philippe Manceau sur le

montage et la post-production, qui recèle une

quantité non négligeable d’effets spéciaux. Ils

s’attèleront ensuite à la bande-son, sans oublier

les ultimes prises de vues en extérieur - des

paysages enneigés -, ainsi que l’exige toute

œuvre d’heroïc fantasy qui se respecte.

Pour Philippe Manceau, le bilan de cette aventure

s’est d’ores et déjà révélé enrichissant,

tant sur le plan humain que pédagogique.

“ Mener un projet sur plusieurs années est

une expérience particulière, différente de ce

que nous avons l’habitude de faire. La durée

rend le travail de lien avec les jeunes encore

plus intéressant. Ils ont pu aussi découvrir

tous les aspects du cinéma : aspects techniques,

créatifs, contraintes – comme le fait

de savoir patienter sur un tournage.”

“ E n fi n”, souligne-t-il, “ce n’était pas un projet

de consommation. Ce sont d’abord les jeunes

qui se sont impliqués. Nous avons mis en

place autour d’eux des structures adéquates.

Nous avons apporté à un groupe déjà constitué

une aide technique, une aide à la création” .

Une mission que Philippe Manceau et les

membres de Télé Centre Bernon semblent

prêts à accomplir une nouvelle fois si le besoin

s’en fait sentir… À condition, peut-être, de ne

pas se retrouver tout de suite face Aux portes

de l’ e n f e r… ◗


Eden, Eden

■ En 2003, “un été au ciné-cinéville”, poursuit son

succès, avec la participation de près de 17.000

personnes. Malgré des difficultés organisationnelles,

37 communes ont répondu présent pour cette

11e édition.

Le cinéma Éden de Ro m i l l y - s u r - Seine a été reconduit

dans sa fonction de coordination régionale. Il

est apparu, assez tardivement, que l’ a s s o c i a t i o n

régionale des cinémas de Champagne-Ardenne ne

pouvait assumer cette tâche. C’est donc dans l’ u rgence

que l’Éden s’est attelé à relancer les différentes

activités. Ceci explique l’absence de politique

tarifaire, excepté à Châlons-en-Champagne, où l’ e xploitant

a organisé une formule de 3 jours à 3 euros

fin août.

Les éléments relevés l’année précédente se confi rment

assez naturellement :

- Avec 49 séances, le nombre de séances en plein

Courts métrages ensorcelés

■ L’association La pellicule ensorcelée organise

des séances en plein air pour “un été au ciné”

depuis l’été 2002. Une projection de Tigre et dragon

précédé par deux courts métrages (Fo u t a i s e s d e

Jean-Pierre Jeunet et Au bout du monde de Konstantin

Bronzit) sur la plaine du Mont-Olympe à

Charleville-Mézières avait alors réuni plus de 700

personnes. Cette année, l’association a mis en

place 4 séances en plein air “un été au ciné” entre

le 9 juillet et le 29 août 2003 : à Charleville-Mézières

et dans deux autres villes ardennaises (No u z o nville

et Vi v i e r - a u - Court). En tout, 1 290 spectateurs

étaient présents lors de ces 4 projections. Le choix

air est en nette progression mais avec un accroissement

raisonnable de spectateurs (13 560 contre

1 2 480). L’usage de la liste réduite de films, permettant

de qualifier ces séances, est accepté par tous

les opérateurs locaux.

- Les ateliers sont confortés sur l’ensemble des villes,

avec quatre projets relevant de “cinéville”, (dont L e s

portes de l’ e n f e r à Épernay sur 2002 et 2003). La journée

de rencontre régionale regroupant l’ e n s e mble

des jeunes et des intervenants permettant de

découvrir toutes les expériences d’atelier, reste à

organiser début 2004.

Pour 2004, la création d’un comité régional de pilotage

du dispositif “un été au ciné-cinéville” permettra

de proposer un fonctionnement compatible avec

les nouvelles règles de déconcentration du CNC, et

de faire face aux difficultés rencontrées lors de cette

édition 2003. À suivre.

du long métrage se fait toujours en étroite collaboration

avec les animateurs des centres sociaux

des quartiers qui connaissent bien leur public. De

plus, avant chaque film long, deux courts métrages

sont proposés au public. Je a n - Fa r è s de Ly e s

Salem, Walking on the wild side de Fiona Gordon

et Dominique Abel, Le p’tit bal de Découflé, L e s

oiseaux en cage ne peuvent pas voler de Luis Briceno,

et L’École des facteurs de Jacques Tati ont par exemple

été projetés à l’une ou l’autre de ces occasions.

Les séances en plein air “un été au ciné” bénéficient

ainsi du savoir-faire de l’association qui organise

à Charleville-Mézières un rendez-vous

“un été au ciné-cinéville”

en région Champagne-Ardenne

les chiffres

Sont concernés 29 villes,

1 0 cinémas, 40 écrans et

6 0 partenaires (associations,

entreprises privées, services

déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

47 séances de cinéma en plein air,

9 ateliers ont été organisés.

les villes

Aouste, Bar-sur-Aube, Chalindrey,

Chalons en Champagne, Charleville-

Mézières, Chaumont, Co m p e r t r i x ,

C u s e y, Epernay, Estrebay, Fa g n i è r e s ,

Givet, L’Echelle, La Chapelle-Saint-

Luc, Langres, Marby, Nogent-sur-

Seine, Reims, Rethel, Romilly-sur-

Seine, Rouelles, Rouvroy sur Audry,

Saint Dizier, Saint Memmie, Sainte

Menehould, Sarry, Sedan, Sézanne,

Troyes, Vitry le François, Vo u z i e r s .

CINÉMA LE SÉZ’A R T

Daniel Ca s t a n e r

Rue des Ly s

51120 SÉZANNE

Tél : 03 26 80 77 90

Fax : 03 26 80 77 99

d a n i e l . c a s t a n e r @ w a n a d o o . f r

Séance en plein air dans le quartier de la Ronde-Couture à Charleville-Mézières

mensuel autour du court-métrage

s’attachant à en montrer la diversité

avec des films récents et

primés, des chefs d’œuvre oubliés

ou méconnus, des premières

œuvres de grands réalisateurs ou

bien celles de réalisateurs

“secrets” (selon l’association) et

sans doute ensorcelantes.

La pellicule ensorcelée :

w w w. l a p e l l i c u l e e n s o r c e l e e . o r g /

actions cinéma / audiovisuel projections / 2 1


F R A N C H E - C O M T É

“un été au ciné-cinéville”

en région Fr a n c h e - Co m t é

les chiffres

Sont concernés 11 villes, 16 cinémas,

66 écrans et 25 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

33 séances de cinéma en plein air,

8 séances spéciales, 5 ateliers ont

été organisés.

les villes

Arbois, Belfort, Besançon,

Champagnole, Dole, Montbéliard,

P o n t a r l i e r, Saint Claude, Salins-les-

Bains, Ve s o u l .

la coordination régionale

L'Institut régional de l’image et du

multimédia (IRIMM) a pour objectif

de favoriser l'animation

audiovisuelle et cinématographique

à travers l'éducation et la

p r o m o t i o n .

Ses missions principales (hors “un

été au ciné-cinéville”) :

■ coordination départementale de

“ Collège au cinéma” dans le Jura,

■ interventions scolaires,

■ f o r m a t i o n ,

■ conseil aux collectivités,

■ coproduction de documentaires

et de fictions,

■ accueil de tournages,

■ r é a l i s a t i o n .

L'IRIMM co-organise chaque année

le “Festival du film de jeunesse”.

Depuis 1994, l'IRIMM assure la

coordination régionale d’“un été au

c i n é - c i n é v i l l e ” .

IRIMM - Institut régional de l’image et

du multimédia

Thierry Rousseau / Jean-Philippe Rameau

25, rue de la résistance

BP 203

39100 DOLE

Tél : 03 84 82 46 97

Fax : 03 84 72 03 56

a s s o c i a t i o n . i r i m m @ c l u b - i n t e r n e t . f r

2 2 / projections actions cinéma / audiovisuel

L’enfance du 7 e a r t

Pendant l’été 2003 s’est déroulée la troisième édition du “Festival du

film de jeunesse” de Dole, une manifestation qui vise à associer

plaisir, divertissement et éducation à l’image.

B

ien qu’il soit le seul cinéma Art et

essai classé Recherche en Fr a n c h e -

Comté, le Studio, salle de la MJC de

Dole, ne proposait aucune programmation

Jeune public jusqu’en 2001, année de

la première édition du “Festival du film de

jeunesse”. “C’est dans la perspective d’un

travail global sur le jeune public que le festival

a été créé” explique Stéphane Lepoil, animateur

cinéma et nouvelles technologies au

Studio.

Né d’un partenariat entre la MJC de Dole et

l’Institut régional de l’image et du multimédia

(Irimm), la structure pilote d’“un été au

ciné” à Dole, ce festival s’ajoute au nombre

croissant de manifestations dédiées au jeune

public. “Il y a effectivement un engouement

au niveau des différents acteurs de jeunesse,

des enseignants” note l’ a n i m a t e u r. “La profession

cinématographique va complètement

dans cette direction. Pour ne parler que du

film d’animation - même si c’est réducteur

lorsque l’on parle du film de jeunesse -, la

production de ces dernières années est assez

m i r i fique. Il est facile de

programmer des fi l m s

porteurs, comme L e

voyage de Chihiro, et de

faire des entrées. Mais ce

n’est pas le but. No u s

nous efforçons d’avoir

une programmation

classée, de préserver un

équilibre entre fi l m s

d’animation et films en

prises de vues réelles. Le

caractère récent d’une

œuvre n’est jamais privilégié

au détriment de la

qualité. Et puis, nous

faisons en sorte que le

cinéma devienne un

lieu de dialogue, notre

hall d’accueil se transforme

en bar pour que

les gens puissent échang

e r, réfléchir après les

séances.”

Cette exigence a fini par porter ses fruits. “La

première année, il est arrivé que la salle soit

déserte. Ce n’est plus le cas, les films “d i f ficiles”

ont aussi trouvé leur public”. L’ a n i m ateur

pointe d’autres aspects de la

p r o g r a m m a t i o n : les rencontres avec les réalisateurs

(Sébastien Blandin, auteur du fi l m

d’animation Les ogres), les courts métrages ou

encore la présence de films classiques (L e

d i c t a t e u r, Moby Dick). “Cela fait partie du travail

d’éducation à l’image, et permet aussi d’entretenir

une dynamique familiale à laquelle

nous sommes très attachés ; les grands-parents

qui emmènent leurs petits-enfants au cinéma,

ce n’est pas seulement une image d’Épinal” .

À cette recherche de qualité s’ajoute l’ e n v i e

de faire participer le jeune public au festival

de la façon la plus active possible. Elle se manifeste

par exemple à travers la création d’un

prix Jeune public, décerné par un jury d’enfants

provenant de différents horizons scolaires

- classes du primaire travaillant sur le

cinéma, “Lycéens au cinéma”, “Collège et

c i n é m a”.

visuel du festival 2003


“ Nous leur présentons la programmation et

nous dégageons avec eux des axes, une grille

de lecture, qui puissent guider leur réflexion.

Ensuite, ils sont autonomes. Ils discutent

entre eux après les séances, chacun apprend

à élaborer sa propre appréciation. Ils nous

ont déclaré à quel point ils étaient ravis, non

seulement d’avoir vu tous les films, mais de

s’être posé pour la première fois des questions

après une projection”.

En 2003, Le garçon qui ne voulait plus parler

de Ben Sombogaart, a remporté les suffrages,

à l’étonnement des organisateurs. “Le

film était présenté en VO sous-titrée et les

membres les plus jeunes du jury avaient huit

ans” se souvient Stéphane Lepoil. “L’ o u v e rture

et le regard des enfants sont souvent

surprenants”.

Autre activité : les ateliers. Atelier de

maquillage, atelier-exposition de Claude

Bataille sur le précinéma, tournage d’un fi l m

par des enfants avec l’association Cinédié, au

cours duquel “douze métiers du cinéma

étaient représentés, avec un intervenant pour

deux à trois enfants sur chaque poste”. “Il

s’agit de pratiquer pour comprendre” affi r m e

Stéphane Lepoil, qui note au passage l’ i m p a c t

que peuvent avoir ces actions. “Un atelier

comme le tournage Cinédié constitue une

véritable animation dans la ville, susceptible

d’attirer le public familial”. De son côté,

la médiathèque de Dole offre une programmation

vidéo en liaison avec le festival.

Tout cela permet à la manifestation d’attirer

un public plus large que celui des centres

de loisirs. Bien enracinée dans le paysage local

(associations d’éducation populaire, Fr a n c a s

du Jura), mais aussi régional (contacts avec

les salles, échange d’atelier avec Belfort), elle

a servi de tremplin aux activités pédagogiques

de la MJC. “Nous sommes devenus les interlocuteurs

référents d’une classe à Projet artistique

et culturel (classe Apac) de Dole en

matière d’éducation à l’image. Nous intervenons

en lien avec l’Irimm dans les classes

pour réaliser des films de fiction ou des ateliers

de lecture d’image”.

La manifestation sert également de tremplin

à la programmation jeunesse du Studio. “Le

festival ayant suscité une demande, nous avons

commencé en période de vacances scolaires,

puis en dehors de celles-ci. Nous essayons

aujourd’hui de nouveaux formats de séance,

le dimanche matin ou le mercredi avec les cinégoûters”.

Dans l’optique, toujours, de prolonger

la séance par un de ces moments d’échange

qui font déjà la réussite du festival. ◗

Une journée de hip-hop

■ Le 26 juillet, par une après-midi très ensoleillée,

une vingtaine de jeunes expérimentés

sont venus glisser avec leurs rollers, leurs

skates ou leur BMX sur les modules installés

à la salle omnisports de la ville de Sa l i n s -

l e s - B a i n s .

Cette démonstration de hip-hop était l’ o c c asion

d’organiser un concours dont le jury

Une première expérience

■ Dix jeunes de 10 à 13 ans ont participé à

un atelier qui s’est déroulé du 7 au 11 juillet

dans la commune de Dole et dont les objectifs

étaient de produire un court métrage. Intégralement

conçu, écrit et réalisé par les

stagiaires, cet atelier était encadré par un animateur

audiovisuel du collège Malraux, assisté

d’un stagiaire européen en poste à la Ma i s o n

pour tous des Longs Tr a i t s .

Cet atelier a très bien fonctionné, les jeunes

étant motivés pour découvrir les différentes

Méliès à Montbéliard

■ Du 7 au 18 juillet, dix jeunes de 13 à 17 ans

ont été les participants d’un atelier qui proposait

de s’inspirer des techniques de Ge o r g e s

Méliès (Voyage dans la lune, Voyage au centre

de la terre) pour réaliser un court métrage de

fiction. Ce stage s’est déroulé en deux temps :

● La première étape du 7 au 11 juillet consistait

à écrire une histoire et fabriquer les décors,

était composé des membres de la compagnie

Acrorap de Besançon. Une dizaine de personnes

de tous les âges se sont initiés au graff

a v e c Deun et Yann. Ils ont réalisé une fresque

dans les escaliers de la MJC. L’ a p r è s - m i d i

s’est clôturée par un barbecue et la projection

en plein air du film de Bianca Li : Le Défi.

Atelier vidéo

facettes d’une réalisation. Une réunion de

préparation avec les jeunes et leurs parents

avait été programmée pour bien réfléchir au

déroulement de cette semaine d’activités.

De plus, un making-off a été réalisé parallèlement

au tournage. Ce document permet de

retracer le déroulement de la semaine, de

montrer les différentes fonctions occupées et

de comprendre le processus de construction.

Pour l’ensemble des jeunes, cet atelier était

une première expérience cinématographique.

les costumes, les maquettes et les peintures

nécessaires au tournage du film avec le

concours du plasticien François Ga u t h i e r.

● La deuxième étape du 15 au 18 juillet abordait

la mise en scène et le tournage du fi l m

avec des prises de vues en plateau, des effets

d’incrustations sur fond bleu et des mélanges

d’images sur ordinateur.

actions cinéma / audiovisuel projections / 2 3


G U A D E L O U P E

Exception c u l t u r e l l e

Faciliter l’accès aux films sur un territoire distant de la métropole : un défi que l’association Ciné Woulé

relève de façon dynamique.

Décrivant le paysage cinématographique

guadeloupéen, Ca r i n e

Irénée, coordinatrice régionale,

précise : “il n’existe ici qu’un seul

circuit qui possède toutes les salles. Le cinéma

se résume aux grands films américains

commerciaux. Exception faite du film “moins

c o m m e r c i a l”, en VO, que ce même circuit

propose désormais un jeudi par mois, à Po i n t e -

à - Pitre et Basse-Te r r e ” .

C’est donc dans un contexte assez pauvre que

Ciné Woulé est né, il y a 8 ans, pour lancer

un projet de cinéma itinérant. “Il s’agissait de

palier au déficit de cinéma dans les communes

et de répondre à leurs envies de cinéma

en plein air”. L’association s’appelait au départ

Cinécommunes. Puis elle est entrée dans le

dispositif “un été au ciné-cinéville”, sous le

nom de “vacances au ciné” en juillet et en

août, ainsi que “cinéville”, principalement

durant le premier semestre de l’ a n n é e .

“Dans le cadre de “vacances au ciné”, nous

proposons à chaque commune un lot de 4

projections. Certaines n’en veulent que deux,

d’autres cinq ou six, d’autres, parfois, ont envie

2 4 / projections actions cinéma / audiovisuel

de continuer les séances au-delà du mois

d’août, en septembre ou en octobre. D’un

point de vue quantitatif, ce sont les projections

en plein air qui fonctionnent le mieux,

même si nous rencontrons des problèmes

techniques sur le terrain”. L’association a

parfois la mauvaise surprise de se retrouver

sans électricité, sans l’appui du service technique

communal.

Les ateliers sont moins nombreux que les

séances et surtout regroupés à Po i n t e - à - Pi t r e .

“ Pour le plein air, nous sommes soutenus par

notre Drac, ce qui permet d’amoindrir les

coûts. Sur les ateliers, nous sommes limités,

il est plus difficile aux communes de débloquer

un budget, de payer un intervenant, de

trouver une salle. Il existe cependant des

ateliers d’expression filmique qui permettent

à des enfants et des adolescents de créer des

sketches. En fait, nous mettons en place plus

régulièrement des ateliers dans le courant de

l’année, dans d’autres cadres que “vacances

au ciné”, comme celui du contrat de ville”.

Les séances spéciales, moins demandées que

les séances plein air, soulèvent plusieurs

Cinéma en plein air “vacances au ciné”

problèmes. D’abord, celui de la mobilisation

du public. “Elle est très facile quand les

souhaits émanent d’une structure qui, pendant

les vacances, organise une thématique particulière

lors de ses activités. Mais si nous

prenons seuls l’initiative, sans passer par une

structure associative ou une MJC, c’est moins

évident. Nous ne sommes pas suffi s a m m e n t

aidés par les communes pour la communication.

Si nous ne nous occupons pas d’alerter

les médias, de demander une petite

parution dans le journal, l’information ne

circulera pas forcément”.

L’autre problème est celui de l’éventail, trop

limité, des films que peut proposer l’ a s s o c i ation.

“Nous sommes à 7 000 km de la métropole,

l’acheminement par avion coûte cher.

Pour amortir les coûts de location et de

transport, il faut programmer plusieurs fois

le même film. En outre, le code de l’ i n d u s t r i e

cinématographique n’est pas appliqué en

Guadeloupe. Il n’y a pas de billetterie CNC et

dès que l’on veut faire des projections en salle,

on ne peut pas payer les films au prorata des

e n t r é e s ; il faut donc payer aux distributeurs


métropolitains des forfaits de location dont le

prix est déterminé de façon assez aléatoire. Ce l a

nous revient très cher et, de plus, les souhaits des

communes vont vers des films commerciaux. No u s

éprouvons donc une frustration, en étant obligés

de louer des films dont les droits sont aux mains

de l’unique circuit commercial” .

Dans certains cas, la question de l’accès aux copies

peut être résolue par la collaboration entre Ciné

Woulé et son relais martiniquais.

“ Nous fonctionnons de façon indépendante avec

Ciné Woulé Martinique, mais il existe une vraie

correspondance entre les deux associations. Il nous

est arrivé, pour “École et cinéma”, de choisir un

même film dans l’année scolaire afin de faciliter

cette question du transport” observe la coordinatrice.

“Lors d’un mini-festival de courts m é t r a g e s

réparti sur trois soirées, qui clôt “vacances au ciné”,

nous collaborons également en montrant des fi l m s

d’ateliers faits en Guadeloupe et en Martinique”.

Pour se retrouver sur un pied d’égalité avec les

régions métropolitaines, les Dom-Tom doivent

encore attendre que soit résolue la question de la

non-application du code de l’industrie cinématographique,

toujours en suspens… ◗

La grève

Cinéma en plein air “vacances au ciné”

■ Un mouvement de grève généralisée des services

communaux initié par l’UGTG (Union générale

des travailleurs guadeloupéens) en début

d’année a paralysé, pendant plusieurs mois, nombre

des communes partenaires de “vacances au cinécinéville”.

De ce fait, les possibilités de programmation

ont été considérablement restreintes.

Cependant, 13 séances en plein air du 28 mai au

27 août ont eu lieu dans 6 communes de l’archipel

(y compris les dépendances : Ma r i e - Ga l a n t e

et La Désirade) contre 36 séances réparties sur

l’année dans 13 communes en 2002.

Une programmation de 10 films au choix (disponibles

en Guadeloupe) a été proposée aux villes

partenaires : Spiderman, Xxx, Lilo et Stitch, L‘âge

de glace, Minority report, Le boulet, La machine à

explorer le temps, Spirit, Astérix et Obélix : mission

C l é o p â t r e, Le roi scorpion. Les films retenus par les

communes ont été : S p i d e r m a n, X x x, Mi n o r i t y

r e p o r t, La machine à explorer le temps, Astérix et

O b é l i x : mission Cléopâtre, Le roi scorpion. Les projections

en plein air ont regroupé environ 2 6 0 0

spectateurs.

“vacances au ciné-cinéville”

en Guadeloupe

les chiffres

13 séances en plein air du 28 mai au

27 août ont eu lieu dans

6 communes de l’archipel (y

compris les dépendances : Marie

Galante et La Désirade).

les villes

Baie-Mahault, Capesterre de Marie-

Galante, Grand Bourg de Marie-

Galante, La Désirade, Pointe-à-Pitre,

P o i n t e - N o i r e .

la coordination régionale

L’association Ciné Woulé, dont la

devise “Si tu ne vas pas au cinéma,

le cinéma viendra à toi !” reflète le

concept de cinéma itinérant, oeuvre

depuis 8 ans, à travers différents

dispositifs nationaux ou locaux

(“cinéville”, “École et cinéma”,

réseaux ciné club, festival de courts

métrages…) dans le domaine de la

diffusion cinématographique.

Son objectif est double :

■ Décentraliser le cinéma qui est en

grande partie concentré dans les

grandes agglomérations de la région

G u a d e l o u p e .

■ Apporter dans le département un

“autre cinéma” qui se caractérise

par le choix de films non

commerciaux, de films d’auteurs

permettant une réelle ouverture et

réflexion sur le monde.

Sa volonté est de démocratiser la

culture cinématographique et, par

l’éducation à l’image, de favoriser le

développement du sens critique des

spectateurs.

En tant qu’association loi 1901, Ciné

Woulé bénéficie localement du

soutien de la DRAC, du Rectorat

(pour “École et cinéma”), du Co n s e i l

général, des Co m m u n e s . . .

L’association Ciné Woulé coordonne

le dispositif “vacances au cinécinéville”

depuis 1999.

CINÉ WOULÉ

Jean-Marc Césaire, Carine Irénée

3, immeuble Les Chicanes-Grand-Ca m p

97139 ABYMES

Tél : 05 90 21 37 99

Fax : 05 90 21 42 73

c i n e . w o u l e @ w a n a d o o . f r

actions cinéma / audiovisuel projections / 2 5


I L E - D E - F R A N C E

M é m o i r e s

v i v e s

Thécif (coordination de la région

I l e - d e - France), a choisi de

prendre pour thématique d’“un

été au ciné-cinéville” en 2003 et

2 0 0 4 : “Mémoires Plurielles”.

Centrée sur la question de

l’immigration, elle génère la

prise de parole, en ateliers

comme en séances spéciales.

E

n 2003, Nadiah Meflah et Mi c h e l

Meyer se sont impliqués dans la

thématique “Mémoires plurielles”,

via des expériences de terrain différentes.

Nadiah Meflah, critique de cinéma

(Objectif cinéma, Ca d r a g e) et formatrice est

intervenue sur de nombreuses séances

spéciales autour de films sur l’A l g é r i e ;

Michel Me y e r, scénariste et réalisateur, a

participé à un atelier de réalisation, (dont est

issu le film D’ici et d’ a i l l e u r s). Point commun

entre ces deux expériences : la parole et la

mémoire y tiennent un rôle central.

Mis en place par Dominique Bax du Ma g i c

Cinéma de Bobigny, l’atelier de réalisation dirigé

par Michel Meyer a regroupé onze jeunes.

“ Je voulais connaître plus de choses au sujet de

leurs origines, les raisons pour lesquelles leurs

parents étaient venus en France, et je voulais

savoir ce qu’eux-mêmes en savaient” expliquet-il.

“J’ai souhaité aussi qu’ils interrogent leurs

parents. Ils l’ont fait, pas devant la caméra mais

dans leur foyer. Ils ont raconté leur histoire

deux fois : La première, sans préparation ; la

seconde, avec des photographies de leurs

parents dans leurs pays d’origine, ou bien

lors de leur arrivée en France. C’est ce moment

précis, où l’on quitte un pays et où l’on arrive

dans un autre, la façon dont il est vécu, qui était

le cœur du fi l m” .

En abordant le stage, les jeunes n’en connaissaient

pas le contenu (à l’exception du fait qu’ i l

s’agissait d’initiation vidéo). Leurs attentes,

semblaient se porter plutôt vers la fiction. Quand

Michel Meyer leur a précisé qu’ils seraient non

seulement les réalisateurs d’un documentaire,

mais aussi les protagonistes, il n’a pas remarqué

de résistance.

“C’était à eux de savoir jusqu’où ils étaient prêts

à aller dans ce qu’ils allaient raconter” préciset-il.

“Il y a eu des moments particulièrement

2 6 / projections actions cinéma / audiovisuel

émouvants, car certaines histoires sont plus

d i f ficiles que d’autres. D’ailleurs, toutes n’ a pparaissent

pas, pour différentes raisons”.

En ce qui concerne la mise en scène, elle devait

mettre en valeur la dimension d’intimité. “Les gens

sont filmés par deux en train de se parler”, fait-il

o b s e r v e r, “souvent en plan fixe. Un cadrage assez

simple, qui laisse une grande place à la parole”.

Une parole que chacun devait prendre à tour

de rôle. Ce principe, posé dès le départ, aurait

permis, semble-t-il, de faire tomber les réticences

de certains à s’exprimer.

“ Pa r l e r, c’était s’intégrer dans le groupe et je

crois qu’ils étaient contents de se raconter.

Quand nous avons tourné, ils se sont dits des

choses qu’ils ne s’étaient jamais dites, sur des

périodes de leur vie à l’étranger notamment.

Cela leur a permis de mieux se connaître

(nombre d’entre eux se connaissaient déjà au

lycée). Leurs liens s’en sont trouvés renforcés”.

Au point qu’ils ont échafaudé très vite l’ i d é e

d’un autre projet pour l’été 2004 : Des français

visitent la Fr a n c e (titre provisoire). Le but :

mieux connaître un pays dont ils ont, pour la

plupart, visité seulement une région ou deux

et qu’ils veulent découvrir et fi l m e r. “Après avoir

parlé du passé, ils parleraient du présent”,

résume Michel Me y e r.

Les récits sur le passé ont jalonné les séances

spéciales sur lesquelles Nadiah Meflah est intervenue,

en banlieue parisienne et dans de

nombreuses villes. Elle en garde un souvenir fort.

“J’ai présenté des œuvres comme Ra c h i d a, Vi v r e

au paradis, C h e b ou Sa m i a, à des gens qui ne

viennent pas souvent au cinéma et qui découvraient

un film, une salle, pour la première fois.

Il y avait des jeunes, des familles, des personnes

en France depuis longtemps ou issues de

la nouvelle diaspora algérienne. Au départ,

j’étais là pour apporter la dimension critique,

e x p l i q u e r, par exemple, comment la terreur est

B o b i g n y, atelier encadré par Michel M e y e r, montage D’ici et d’ailleurs

montrée dans Ra c h i d a. Ce qui m’a intéressé,

c’était de voir la salle s’emparer du film. Mo n

rôle d’intervenante a consisté alors à faire un

travail d’humilité, d’écoute”.

Les prises de parole, sur Ra c h i d a par exemple,

venaient généralement des adultes, “d e

femmes ayant fui l’Algérie”. Les discussions

portaient beaucoup sur les faits historiques et

Nadiah Meflah dit avoir été frappée par un

“grand désir de précision et de compréhension.

Les gens venaient chercher dans les films des

éléments de réponse. Je voyais des jeunes en

face d’un film comme Vivre au paradis, apprenant

sur l’histoire des choses qu’ils ne connaissaient

pas, sur le 17 octobre 1961 par exemple”.

La question récurrente, qui a retenu son attention,

concernait le nombre de films réalisés sur

ces sujets : l’Algérie, l’immigration, la guerre.

“ Comment se fait-il qu’il y en ait si peu?”, s’étonnaient

les gens. “Se posait en fait la question de

la légitimité du cinéma. Mais, finalement, à l’ i ssue

de chaque discussion, tout le monde tombait

d’accord sur l’idée que le cinéma pouvait être autre

chose qu’un objet de consommation” .

Les réactions émotionnelles ont aussi marqué l’ i ntervenante,

qui parle d’“exutoire”, de “c a t h a r s i s ” .

“Du fait que cela soit des fictions, les films agissaient

en catalyseurs et débloquaient des confessions.

Je me souviens d’une dame qui s’est levée

pour parler et qui n’a pas pu terminer. Sa fille a

repris le micro, elle aussi terrassée par les larmes.

Cela fut un grand choc et, dans l’ e n s e m b l e ,

une année assez éprouvante. Extrêmement bénéfique,

aussi, car on travaille sur des choses brûlantes”.

Face à des débats qui duraient parfois

plusieurs heures, elle dit avoir réalisé l’enjeu politique

et éthique de cette programmation. “Quand

le public prend conscience de la portée politique

et symbolique du cinéma”, conclut-elle, “d e s

mots comme engagement et action culturelle,

prennent sens”. ◗


Réflexions croisées

■ En Ile-de-France en 2003, les ateliers audiovisuels

et les projections de nombreux films inscrits

dans la thématique “Mémoires plurielles” ont

permis d’aborder le thème de l’interculturalité par

le cinéma en stimulant la transmission de la

mémoire et en offrant une réflexion sur la construction

des identités. Après un an de travail fructueux,

la coordination régionale a souhaité mettre

en place un comité de réflexion autour de cette

thématique pour inventer de nouvelles approches

et explorer plus avant cette notion de “mémoires

plurielles”. Des personnes d’horizons divers,

venant du cinéma, de l’université, de l’action sociale

et culturelle vont ainsi pouvoir échanger leurs idées

au sein de ce nouvel outil de réflexion. Des sociologues

spécialisés sur les questions de l’ i m m i g r ation

comme Nacira Guenif ou Stéphane Bi e n v e n u e ,

des psychologues, des critiques comme Na d i a

Meflah ou des cinéastes comme Luc Decaster ou

Michel Meyer (qui est déjà intervenu pour “un

été au ciné-cinéville”) se retrouveront pour débattre

de thèmes de travail proposés par Thécif : perception

et connaissance par le public de l’histoire de

l’immigration, rapport des jeunes à une double

culture, traduction à l’image de la mémoire, liens

intergénérationnels, représentation des quartiers,

etc. Les acteurs de terrain pourront de cette

manière rendre compte des attentes du public et

confronter leur travail aux opinions et aux recherches

des professionnels du cinéma et des univers

i t a i r e s .

Porter un projet

■ La coordination régionale d’“un été au cinécinéville”

en Ile-de-France propose à ses partenaires

de terrain quatre journées de rencontres professionnelles

à Thécif (Paris) pour mieux cerner tous

les enjeux de l’opération et y participer plus activement.

Articulées autour du “portage de projet audiov

i s u e l”, les journées du 9 décembre 2003, du 15

j a n v i e r, du 24 février, et du 16 mars 2004 vont

permettre aux participants d’appréhender la spécificité

du dispositif, mais aussi de réfléchir aux enjeux

de l’action culturelle audiovisuelle et d’acquérir de

nouvelles compétences pour y réfléchir et la mettre

en oeuvre. Mieux connaître les publics et leurs

pratiques permet de mieux sensibiliser et fi d é l i s e r.

De même, se réapproprier les dimensions essentielles

de l’éducation à l’image (construction du

regard, association du “voir” et du “faire”, etc.) conduit

à remettre en cause et à améliorer sa pédagogie et

ses méthodes de travail. Outre les interventions, la

participation de nombreux porteurs de projet d’Iled

e - France sera l’occasion de rencontres et d’échanges

d’idées autour des expériences de chacun.

Des filles et des garçons

■ Des filles et des garçons est un film d’atelier réalisé

à Vi l l e n e u v e - Sa i n t - Georges (94) du 7 au 14 juillet

2003 par un groupe de jeunes de 10 à 16 ans. Il

passe au crible les liens filles-garçons, particulièrement

à travers les relations frère-sœur, et

met en avant les différences d’éducation entre

les deux sexes. Mené par la réalisatrice Ma l i k a

Saci, l’atelier a démontré à quel point une situation

de création pouvait permettre aux jeunes de

se retrouver en position active, non seulement

face aux images puisque, par exemple, ils doivent

commenter et justifier leurs choix de prises

lors du dérushage, mais aussi face aux représentations

sociales.

Leur point de vue sur la question des relations

filles-garçons est sollicité à chaque étape de la

réalisation, lors des discussions préparatoires,

lors de l’écriture du scénario de plusieurs petites

fictions autour du même thème (le rapport

entre les sexes), etc. Bien qu’ayant un discours

très marqué par les références culturelles et les

codes de la banlieue, les jeunes ont accepté le

débat sur ces questions et surtout le montage fi n a l

du film qui fait alterner leurs fictions avec des

extraits de leurs discussions en rapport avec les

histoires racontées. Le montage qui fait se télescoper

références, avis personnels et fictions, oblige

à une réflexion au regard des saynètes qui représentent

essentiellement des situations de conflit

ou d’inégalité. Selon Malika Saci, ces derniers “o n t

compris la démarche (...) et adhéré au projet qui

a pris alors à leurs yeux une autre dimension” .

L’atelier les a conduit à interroger leurs représentations,

même si le film montre bien combien

ils sont guidés par celles-ci en premier lieu.

“un été au ciné-cinéville”

en région Ile-de-Fr a n c e

les chiffres

Sont concernés 32 sites (dont 29 en

contrat de ville) et 17 cinémas.

36 séances de cinéma en plein air,

34 séances spéciales, 16 ateliers,

2 formations ont été organisés.

les villes

Argenteuil, Athis-Mons, Aulnaysous-Bois,

Bagnolet, Bobigny,

Boussy-Saint-Antoine, Brétigny-sur-

Orge, Ce r g y, Combs la Ville, Cr é t e i l ,

Epinay-sur-seine, Ev r y, Fo n t e n a y -

sous-Bois, Gennevilliers, Ivry-sur-

Seine, La Courneuve, Le Blanc-

Mesnil, Les Ulis, Mantes-la-Jolie,

M a s s y, Montreuil, Nanterre,

Nemours, Paris 11e, Paris 20e, Ris-

Orangis, Rosny-sous-Bois, Suresnes,

Trappes, Vauréal, Villeneuve-la-

Garenne, Villeneuve-Saint-Georges.

la coordination régionale

Née en 1990 à l'initiative de la

Région Ile-de-France, l'association

Thécif a pour mission de concevoir

et de mettre en oeuvre des actions

en faveur du théâtre, de la chanson,

du cinéma, du multimédia et de

l'éducation à l'image. Elle

accompagne les lieux de diffusion et

les services municipaux

(notamment culturels) d'Ile-de-

France dans leur travail de

programmation et dans leurs projets

de formation et de sensibilisation du

public. Elle coproduit des films ou

des spectacles, après avis de

comités artistiques consultatifs

spécialisés par secteur. Chaque

année, à Paris et dans les sept

départements de la région, Thécif

est ainsi associée à de nombreux

artistes et professionnels.

La coordination régionale d’“un été

au ciné-cinéville” est confiée à Thécif

depuis 1999. Sa mission principale

consiste à être “le pôle ressources”

de l’opération. Ainsi, elle doit être

force de proposition et instaurer une

dynamique de projet en direction de

l’ensemble du réseau régional

(services municipaux de la Politique

de la ville, de la Jeunesse ou de la

Culture, salles de cinéma, structures

socioculturelles, associations).

En 2003 et 2004, l’ensemble des

actions mises en oeuvre est fédéré

par une thématique unique portant

sur la mémoire des populations

franciliennes intitulée M é m o i r e s

p l u r i e l l e s.

T H É C I F

Claudie Le Bissonnais, Armandine Siess

1 bis, passage Duhesme

75018 PARIS

Tél : 01 55 79 00 00

Fax : 01 55 79 97 79

c i n e v i l l e @ t h e c i f . o r g

actions cinéma / audiovisuel projections / 2 7


L A N G U E D O C - R O U S S I L L O N

Le partage des i m a g e s

Pour Sylvia Hansmann, le multimédia peut trouver une véritable place dans l’éducation à l’image, à

condition d’être enseigné comme un outil de création à part entière.

Née en Allemagne, ayant suivi les

cours des Beaux Arts à Paris, Sylvia

Hansmann travaille comme artiste

libre depuis dix-sept ans et vit à

Mo n t p e l l i e r. Dans le cadre d’“un été au ciné”,

elle a animé à Cendras un atelier avec un

groupe de huit jeunes. Constitué de deux

sessions de cinq jours, celui-ci a permis d’initier

les adolescents à la photographie, puis à

la construction d’un site Internet, et à la mise

en ligne des images réalisées. Thème choisi :

“La mémoire partagée du jardin”.

“ Je m’intéresse beaucoup à la nature, à l’ e nvironnement”,

explique-t-elle. “J’ai eu envie

de centrer l’atelier sur les jardins partagés, ces

lopins de terre à l’écart des habitations que

l’on trouve dans beaucoup de villes ouvrières.

Ils appartiennent à des familles vivant dans

des HLM, à des retraités, des associations. Ce

sont des bric-à-brac magnifiques, qui recèlent

tout un imaginaire. Il m’ont également séduite

parce qu’on les retrouve un peu partout, en

Chine ou en Allemagne. Ils ont un côté universel.

Or, la thématique du lien est au cœur de

mon travail : les liens entre les choses, les

êtres, les éléments naturels”.

Bien qu’elle fasse appel au multimédia pour

ses propres créations*, Sylvia Ha n s m a n n

s’avoue peu captivée par la technique. L’ a pproche

qu’elle souhaitait mettre en œuvre sur

2 8 / projections actions cinéma / audiovisuel

cet atelier était d’ordre artistique. “Nous avons

passé la première journée à observer la nature

sans prendre une seule image car je voulais

commencer par laisser de côté l’aspect purement

multimédia. Puis je leur ai montré des

photographies, des œuvres d’autres artistes.

Je leur ai fait découvrir le land art”, ce pan

de l’art contemporain qui investit le paysage

naturel comme support et espace de création.

Lors des prises de vues, effectuées à l’aide d’appareils

photos numériques, l’attention s’est

portée sur la composition de l’image, le choix

du cadrage.

“ Je sais que ce qui attirait les jeunes, au départ,

c’était l’ordinateur et tout ce que l’on peut faire

avec un logiciel comme Photoshop : les fi l tres,

la pixellisation. Je n’aime pas trop ces effets

car à mes yeux, il n’y a aucun contenu làdedans.

Ce sont des gadgets. Ce que je voulais

apprendre aux jeunes, c’était à ne pas se

laisser diriger par l’ o r d i n a t e u r, mais à s’en

servir pour mettre en scène leurs idées”.

Durant la seconde partie de l’ a t e l i e r, consacrée

à la mise en ligne des images, le travail

s’est effectué à l’aide de Dreamweaver, logiciel

de construction de site Web. “Très simple,

il permet de faire rapidement des choses

p a s s i o n n a n t e s ” .

Le site doit rester en ligne pour une durée

indéterminée et connaîtra peut-être des évolu-

Atelier multimédia “La mémoire partagée du jardin”

tions. Sylvia Hansmann aimerait établir des

liens avec d’autres sites dédiés au même sujet,

“créer des ouvertures”. Le véritable intérêt du

multimédia, selon elle, réside avant tout dans

le fait de pouvoir s’intégrer dans un réseau.

“Une personne, qui réalise ses images en vidéo

dans son coin, peut décider de les diffuser.

Cela renverse notre position face aux images.

Habituellement, nous sommes envahis pas

les images des autres : la publicité, la télévision

etc. Là, il est possible d’envoyer des images

au monde, de rendre public ses visions. Estce

que les gens les regardent ? Rien n’est moins

s û r, Il y en a tellement sur le We b”. Po u r

elle, l’enseignement du multimédia devrait

tenir compte de cette multiplication des

images. “Il y en a tellement autour de nous,

et surtout dans l’environnement des jeunes :

jeux vidéo, etc. Dès que l’on tourne le dos, les

jeunes s’y replongent. Je ne dis pas qu’il n’ y

a pas des choses intéressantes dans les jeux

vidéo. Mais si l’on veut véritablement travailler

sur le multimédia”, affirme-t-elle, “un atelier

de quelques jours, une fois de temps en temps,

ne suffit pas. Il faudrait intervenir de façon

très régulière, une fois par semaine, sur une

longue durée”.

■ * Site de Sylvia Hansmann :

w w w. l a b a l l e r o u g e . c o m


Jeunes solidaires

■ Depuis deux ans, les séances spéciales et les

ateliers de pratique artistique (audiovisuelle) “ u n

été au ciné-cinéville” sont intégrés dans les projets

culturels développés par les jeunes de la ville de

Perpignan. En 2002, ceux-ci ont participé à la réalisation

de deux documentaires et organisé une

séance spéciale de courts métrages portugais dans

le cadre de l’échange avec la ville jumelée de Ta v i r a

au Portugal. Cette année, un groupe de jeunes adultes

ont planché sur le thème de la solidarité, vue et

mise en œuvre par les jeunes eux-mêmes : Je u n e s -

solidaire. C’est dans ce cadre que fût organisée la

séance spéciale du mercredi 4 juin au cinéma Le

rive gauche. Après avoir consulté la liste de fi l m s

qui leur avait été remise et qui traitait de ce thème,

les perpignanais ont visionné P r o m e s s e s de Ju s t i n e

Saphiro et BZ Goldberg (2002). Ils ont opté pour

ce documentaire émouvant. Leur objectif était de

sensibiliser chacun à la solidarité internationale.

70 personnes ont répondu présents à la projectionrencontre,

animée par Eric Besse, journaliste, qui

a lui-même réalisé un documentaire sur le conflit

israélo-palestinien. Une belle soirée !

Violence en cascade

■ Apprendre les techniques de la chute, de la cascade,

de la bagarre, du maniement de l’épée, du coup de

poing… afin de réaliser que la violence au cinéma

n’est qu’effet de trucage. Telle était la mission que

devait remplir l’équipe du Loft sportif (cascadeurs

professionnels ayant coaché ou secondé de nombreux

acteurs) le samedi 25 octobre dernier à Fr o ntignan

La Peyrade. Défi remporté ! 12 jeunes adultes

(17/28 ans), filles et garçons, ont participé avec un

vif intérêt à cet atelier “cascades et effets spéciaux”.

Ils se sont prêtés avec enthousiasme à la pratique

des exercices techniques dans l’ambiance conviviale

établie par les deux professionnels. À l’ i s s u e

de l’ a t e l i e r, l’ensemble de l’équipe s’est rendue au

Cinémistral où les attendait la projection d’Il était

Au Pays Grand’Combien

■ La communauté de communes du Pays Gr a nd

’ Combien participe pour la deuxième année consécutive

à “un été au ciné-cinéville”.

L’opération s’est déclinée cette année autour de

deux thèmes : le cirque et la mémoire partagée

du jardin. Les journées du cirque organisées du 18

au 23 mai 2003 proposaient des animations

v a r i é e s pour tous les publics : ateliers, spectacles

et… une séance de cinéma. Sous chapiteau, cinq

courts-métrages en 16mm, dont Le cirque de Ca l d e r

de Carlos Villardebo (1961) et quelques Tex Av e r y

des années 20, furent projetés en séance spéciale

en présence de Christine Sirotti et Bernard Pa l acios

de La fabrique (studio d’animation). 60 spectateurs,

toutes générations confondues, ont assisté

à cette projection très conviviale.

Atelier cascade

une fois au Mexique, Desperados 2 de Robert Ro d r iguez.

Là, ce sont des professionnels de la cascade,

de la bagarre qui donnent des coups et tombent…

Les jeunes qui venaient de s’initier à tous ces mouvements

ont ainsi pu réaliser que la maîtrise de la

technique pouvait induire le spectateur en erreur,

le plonger dans des univers qui semblent réels mais

qui ne le sont pas. Le cinéma est bien l’art de la

représentation et, dans le cas de D e s p e r a d o, du

t r u c a g e ! Ces trucages appris pendant la matinée,

ils les ont présentés le soir même devant 80 personnes

ébahies lors d’une démonstration publique

organisée à la Maison des pratiques artistiques. Une

belle expérience ! Une journée mémorable qui fêtait

à sa manière les cinq ans du cinéma Cinémistral.

“un été au ciné-cinéville”

en région Languedoc-Roussillon

les chiffres

Sont concernés 13 villes, 15 cinémas,

52 écrans et 130 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

23 séances de cinéma en plein air,

14 séances spéciales, 14 ateliers,

1 0 formations ont été organisés et

8100 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Alès, Bagnols-sur-Cèze, Béziers,

Clermont l’Hérault, Frontignan la

Peyrade, Lodève, Lunel, Nîmes,

Palavas-les-Flots, Pays Grand

Combien , Perpignan, Saint-Jean de

Vedas, Ve n d a r g u e s .

la coordination régionale

Depuis 1994, année de sa

constitution, l’association Bande

annonce a pour objet “de

coordonner et promouvoir des

activités de diffusion audiovisuelle et

cinématographique en Languedoc-

Roussillon”.

Depuis dix ans, l’association Bande

annonce œuvre dans le domaine de

l’image en mouvement sous toutes

ses formes et expressions, des films

art et essai à l’art vidéo, du cinéma

expérimental aux nouvelles images,

de l’éducation à l’image aux arts

audiovisuels, de l’organisation de

formation à celle d’événements

a r t i s t i q u e s .

L’association Bande annonce a

organisé en 2003 plus de 150

événements et actions dans la

région Languedoc-Roussillon et audelà,

pour plus de 21000

s p e c t a t e u r s .

L’association Bande annonce

s’appuie pour cela sur trois secteurs

d’activités distincts et

complémentaires :

■ “un été au ciné-cinéville”.

■ Le pôle régional d’éducation

artistique et de formation cinéma,

audiovisuel, multimédia.

■ Le laboratoire des émotions.

Depuis 1997, Bande annonce assure

la coordination régionale du

dispositif “un été au ciné-cinéville”.

A S S O C I ATION BANDE ANNONCE

Laurent Joyeux, Souad H'Daddou

5, rue Bayard

34070 MONTPELLIER

Tél / Fax : 04 67 64 81 53

c o n t a c t @ a - b a . o r g

w w w. a - b a . o r g

actions cinéma / audiovisuel projections / 2 9


L I M O U S I N

Passe ton B e a t e p d ’ a b o r d

Sur une proposition de la structure coordinatrice régionale d’“un été au ciné-cinéville”, la compagnie La

lézarde, la région Limousin ouvre un Beatep audiovisuel.

À

l’heure actuelle, le Beatep* audiovisuel

n’est proposé qu’en de rares

régions. “C’est ce qui a nous a décidé

à le mettre en place, avec le fait q u e

la compagnie La lézarde avait acquis une expérience

en matière de formation et de sensib

i l i s a t i o n” déclare Marc Bruimaud, conseiller

image de la Direction régionale et départementale

de la jeunesse et des sports (DRDJS)

en Limousin. “Depuis deux ans, dans le cadre

d’“un été au ciné-cinéville”, nous avons organisé

des formations pour des éducateurs socioc

u l t u r e l s” complète Christophe Mo u r l o n -

Ca f fin, de La lézarde. “La première année, il

s’agissait de sensibilisation initiale pour une

quinzaine de stagiaires, avec analyse d’images

et pratique audiovisuelle. La deuxième

année, des modules de formation continue

permettaient d’approfondir les connaissances.

C’est au vu de l’attrait suscité par ces

formations que nous avons proposé de mettre

en place le Beatep, en collaboration avec Ma r c

B r u i m a u d”.

Aboutissement d’une série de formations

de plus en plus poussées (mais non diplômantes),

ce Beatep constitue quant à lui un

diplôme de niveau 4 reconnu au niveau national.

“Il permet de prétendre à un emploi d’animateur

dans une structure” précise Ma r c

Bruimaud. “Nous sommes donc dans la

3 0 / projections actions cinéma / audiovisuel

formation d’animateurs spécialisés de terrain,

et non pas de personnes chargées de l’ e n c adrement

de structures, de la gestion d’animateurs

et de la méthodologie de projets”.

Un Beatep se constitue de trois unités : la

formation générale, dont le contenu est

commun à tous les Beatep, et qui concerne le

métier d’animateur ; la formation technique

et la formation pédagogique. Chacune comprend

200 heures de travail, auxquelles s’ajoutent

250 heures de stage. La formation se fait

en alternance, à raison d’une semaine par

mois pendant 16 mois. Tandis que Pi e r r e

Sicard, un autre collaborateur de la DRDJS,

travaillait sur l’unité générale, Christophe

Mo u r l o n - Ca f fin et Marc Bruimaud ont élaboré

le contenu des unités pédagogiques et techniques.

Même s’ils les connaissent, ils avouent

ne pas s’être inspiré des Beatep existants.

“ Nous avons conçu notre programme de toutes

pièces sur la base de formations faites aupar

a v a n t” a f firme Marc Bruimaud. Et Christophe

Mo u r l o n - Ca f fin d’ajouter : “Nous voulions

trouver un équilibre pertinent entre la théorie

sur l’éducation à l’image et des rencontres

avec des professionnels aux démarches artistiques

et au vécu enrichissants”.

Au programme des modules théoriques :

histoire du cinéma et de ses grands mouvements

esthétiques ; étude des genres ; appro-

J’ai gagné un sourire, film d’atelier Limousin

che de domaines spécifiques (le documentaire,

l’ e x p é r i m e n t a l ) ; analyse de séquences,

sémiologie de l’image. Les modules pratiques

abordent successivement le maniement du

matériel utilisé en atelier audiovisuel, la réalisation

de documents audiovisuels courts et

l’animation.

Aux nombreuses interventions ponctuant ces

modules s’ajoute un panorama quasi-exhaustif

de rencontres de deux jours (présentation

d’un métier + travaux pratiques) avec des

p r o f e s s i o n n e l s : réalisateur, scénariste, storyb

o a r d e r, chef opérateur, décorateur accessoiriste,

ingénieur du son, régisseur, monteur,

musicien de films, acteur et actrice… “No u s

choisirons un acteur qui joue à la fois au théâtre

et au cinéma car il est intéressant d’entendre

un discours sur chacune de ces

disciplines, qui impliquent un type de jeu

d i f f é r e n t” souligne Marc Bruimaud. “So u v e n t ,

dans les ateliers, les jeunes ont tendance à

théâtraliser le cinéma”.

Dans quelle unité s’inscrivent toutes ces interventions,

la formation technique ou pédagog

i q u e ? Quelle est la différence entre les deux ?

Marc Bruimaud : “Normalement, le module

technique apporte aux gens un certain nombre

d’outils dans l’analyse de l’image et la pratique

de la réalisation ; le module pédagogique est

une réflexion générale esthétique. Mais ces


J’ai gagné un sourire

domaines, évidemment, ne sont pas dissociables.

Chaque invité intervient à la fois sur les plans techniques

et pédagogiques. J’ai donc proposé de regrouper

les deux modules en un bloc de 400 heures. Si

l’on sépare les compétences techniques et le point

de vue esthétique, on perpétue un modèle de formation

un peu archaïque…”.

Deux temps forts sont prévus : la participation des

animateurs au festival de Clermont-Ferrand en

février 2005 et, en fin de formation, une résidence

de création sur dix jours, avec tournage d’un court

métrage en compagnie d’un réalisateur. La formation

commencera en décembre 2004 pour s’achever

en juin 2006. Elle concernera une quinzaine

de personnes déjà en poste dont certaines extérieures

au Limousin, attirées par un Beatep rare.

C’est dans leur structure d’origine qu’elles effectueront

leur stage, sous forme d’un projet audiovisuel.

Des intervenants iront les rencontrer dans

le cadre de l’atelier pratique qu’elles mettront sur

pied, pour voir si ce travail est cohérent et valider

les acquis. Les stagiaires devront également rédiger

un mémoire.

En premier lieu, c’est la formation qui doit être validée.

“Une commission régionale doit agréer son

contenu avant que celui-ci ne soit envoyé au ministère

pour être agréé au niveau national” e x p l i q u e

Christophe Mo u r l o n - Ca f fin. Pour lui, comme pour

Marc Bruimaud, ce Beatep est avant tout le produit

d’un réseau fort. “Il scelle une collaboration étroite

entre la DRAC, la DRDJS, La lézarde et la Région

Limousin. Sans ces partenariats, le projet n’ a u r a i t

pas pu se construire. Ils lui donnent sa spécifi c i t é

et en même temps, ils sont reproductibles dans

d’autres régions”. À méditer, au cas où l’ e x p é r i e n c e

ferait boule de neige…. ◗

* Brevet d’état d’animateur technicien de l’éducation

populaire

Contremarques en série

■ Suite à la déconcentration par le CNC des crédits

de la politique tarifaire en Région, la coordination

régionale Limousin, en concertation avec ses partenaires

institutionnels et en accord avec les exploitants

de salle de la région et les coordinations locales,

a choisi de garder le système de la contremarque

papier d’une valeur de 1,5 euros. Cependant pour

lutter contre la baisse des retours des contremarques

(constatée depuis 2002), nous avons mis en place

un système particulier de distribution et allongé la

durée de l’action. Nous avons fait le choix d’éditer

successivement trois séries de contremarques

sur trois périodes successives, avec pour objectif

d’approcher les 100 % de retour.

Pour la première période, du 3 juillet au 27 août,

nous avons édité 100 % des contremarques (suivant

l’enveloppe budgétaire dont nous disposions).

À l’issue de cette première période nous avons

comptabilisé les retours (soit 46,78 % de retour).

Nous avons alors édité de nouvelles contremarques

correspondant au 53,22 % non utilisées. Ces dernières

étaient valables du 1er septembre au 3 novembre

2003. En fin de période, nous avons

comptabilisé un retour sur la période de 15,97 %

du nombre de contremarques initiales. De nouvelles

contremarques (les 37,25 % restantes) ont été

mises à disposition pour la période du 15 novembre

au 31 décembre. Nous espérons que la période

des vacances de Noël permettra aux coordinations

locales de distribuer le solde des contremarques

a fin de relever le taux de retour qui à ce jour n’ e s t

que de 62,75 %.

Cette nouvelle façon de fonctionner a considérablement

alourdi la procédure pour les différents

a c t e u r s : édition de trois séries de contremarques,

gestion financière du remboursement des contremarques

auprès des salles de cinéma mais aussi

motivation des coordinations locales, effort de

communication autour de cette évolution de ce

volet du dispositif, mobilisation et accompagnement

des lieux de distribution.

À l’heure proche du bilan de cette opération (après

le retour des contremarques valables jusqu’au 31

décembre 2003), et au vu des réactions des différents

partenaires, on peut déjà noter que ce nouveau

mode de fonctionnement ne sera reconduit l’ a n

prochain que si l’objectif des 100 % de retour est

a p p r o c h é .

“un été au ciné-cinéville”

en région Limousin

les chiffres

Sont concernés 16 villes, 15 cinémas,

53 écrans .

21 séances de cinéma en plein air

pour un public de plus de 3 0 0 0

personnes, 7 ateliers, 1 formation

continue et 1 formation initiale ont

été organisés et 2820

contremarques ont été distribuées

aux jeunes de moins de 25 ans et

aux adultes accompagnants.

les villes

Aubusson, Brive, Chaptelat, Co s n a c ,

Egletons, Eymoutiers, Guéret, La

Souterraine, Limoges, Malemort,

Nexon, Saint Junien, Tujac, Tu l l e ,

Ussac, Ussel.

la coordination régionale

La compagnie La lézarde, coordonne

l’opération “un été au ciné” depuis sa

création en région Limousin en 1996.

Au départ, le dispositif touchait deux

grandes villes de la région.

En 2001, la coordination a évolué

vers le dispositif “cinéville”, malgré

la ruralité de son territoire.

Aujourd’hui nos actions s’ouvrent à

une collaboration avec les

1 6 partenaires territoriaux

(municipalités et de plus en plus

communautés de communes).

Cette augmentation du territoire audelà

des grandes villes et villes

moyennes de la région et l’extension

du dispositif “cinéville” nous amène

à un travail de proximité et de

réseau sur toute la durée de l’année

afin de développer les cinq volets du

d i s p o s i t i f .

La priorité étant cette année :

■ le renforcement des réseaux, par

la mise en place de conventions de

partenariat avec les coordinations

locales,

■ le volet de la formation des

médiateurs socioculturels par la

perénisation de la formation

annuelle et la mise en place d’un

programme de formation continue

des mêmes publics.

LA LÉZARDE

Christophe Mourlon-Caffin, Catherine Gravy

place de l’Abbé Rousseau

87 270 CHAPTELAT

Tél : 05 55 36 48 99

Fax : 05 55 36 41 52

c o m p a g n i e l a l e z a r d e @ w a n a d o o . f r

actions cinéma / audiovisuel projections / 3 1


L O R R A I N E

“un été au ciné-cinéville”

en région Lorraine

les chiffres

Sont concernés 38 villes,

2 0 cinémas, 64 écrans et

4 0 partenaires .

59 séances de cinéma en plein air,

4 séances spéciales, 17 ateliers ont

été organisés et 6 7 1 1 c o n t r e m a r q u e s

ont été distribuées.

les villes

Moselle : Argancy, Behren, Bitche,

Bouzonville, Co u r c e l l e s - C h a u s s y,

Creutzwald, Enchenberg, Ennery,

Entrange, Florange, Fo l s c h v i l l e r,

Freyming-Merlebach, Hauconcourt,

l’Hôpital, Metz, Montigny les Metz,

Petite Rosselle, Rombas, Sanry les

V i g y, Sarrebourg, Scy- Chazelles, St

Avold, Talange, Va l m o n t .

Meurthe et Moselle : Chambley,

Lunéville, Nancy, Pont à Mousson,

Saint Max, Toul, Va n d o e u v r e ,

V i l l e r u p t .

Meuse : Naix aux Fo r g e s .

Vosges : Archette, Gerardmer,

Neufchateau, St Dié, Vittel.

la coordination régionale

La Fédération des oeuvres laïques

de la Moselle (FOL 57 )ou plus

précisément (puisqu’elle a changé

de nom) la Ligue de l’enseignement

fédération de la Moselle coordonne

en région Lorraine le dispositif “un

été au ciné-cinéville” depuis 1995.

La Fol 57 développe également son

action cinématographique en

coordonnant en Moselle les

dispositifs “Collège au cinéma”,

“École et cinéma”. Elle met en place

des formations d’enseignants dans

le cadre de Plans de formation de

l’Éducation nationale. Elle organise

la quinzaine du cinéma jeune public

“Alonzanfan” en Moselle et organise

en partenariat avec la Cité sociale de

Fameck le “Festival du film arabe de

Fa m e c k ” .

F O L 5 7

Daniel Dann, Virginie Maillard

3, rue Gambetta

57000 Metz

Tél : 03 87 66 37 11

Fax : 03 87 63 66 32

a n i m . c u l t u r e 5 7 @ l a l i g u e . o r g

3 2 / projections actions cinéma / audiovisuel

Des projets,

des réponses

Pourquoi met-on en place une action audiovisuelle ? Avec quel

argent, quels outils, quelles personnes ? Pour donner des réponses

appropriées aux questions des acteurs de terrain, la coordination de

Lorraine lance un nouveau cycle de formation.

ors de la réunion-bilan d’“un été au

L

ciné-cinéville” à Metz en octobre

2003, tous les participants (intervenants,

associatifs, chefs de projets,

décideurs, exploitants, Drac…) ont manifesté

leur intérêt pour la remise en route d’une

formation en Lorraine.

“Même s’il fonctionne assez bien, le réseau

“un été au ciné” accuse une certaine faiblesse”,

constate Daniel Dann, coordinateur régional.

“Il faut répondre à des préoccupations liées

à la pédagogie de l’image, à l’éducation du

r e g a r d , en sachant que la formation devra

avoir un lien avec les fondamentaux du dispos

i t i f”.

“On observe que des gens de terrain montent

des ateliers sans forcément prendre en compte

le sens de l’ o p é r a t i o n”, complète Daniel

Frisoni, adjoint de la MJC Lorraine et responsable

du secteur audiovisuel. “Il est essentiel

que ces personnes qui travaillent avec les

jeunes et connaissent la réalité de l’ o p é r a t i o n

possèdent une vision claire du sens de leur

a c t i o n . Cette redéfinition peut s’effectuer à

travers une formation. Pour être crédible

face à nos partenaires, nous devons montrer

que notre travail sur l’image n’est pas

approximatif et intuitif, qu’il a des objectifs

précis”.

Ensemble, ils ont travaillé à l’élaboration du

programme de la formation, structuré selon

trois axes principaux.

“Le premier est destiné aux structures associatives”,

explique Daniel Dann, “aux animateurs

qui souhaitent développer un atelier avec

un professionnel, ou un travail régulier sur

l’image, et qui ne savent pas comment faire.

Cet aspect de la formation pourrait avoir quatre

p a r t i e s : la définition des objectifs de l’ a t e l i e r,

Séance de cinéma en plein air

sa philosophie (il ne s’agit pas de consumérisme,

le projet doit émaner de la structure et

l’intervenant doit se mettre au service des

jeunes) ; le montage financier ; l’ e x p l o i t a t i o n

de l’atelier en termes de communication ;

e n fin, le suivi de l’ a t e l i e r, ses conséquences,

les relations avec les personnes-ressources de

la structure pouvant travailler avec des jeunes

sur l’image”.


Le deuxième axe concerne les notions de base

du cinéma et de l’ i m a g e : visionnage de fi l m s ,

lecture d’images, histoire du cinéma, présentation

de ses métiers… “Dans les grandes

lignes”, précise Daniel Dann. “Le but n’ e s t

pas que les stagiaires deviennent d’un coup

capables d’analyser des séquences, mais qu’ i l s

parviennent à exploiter des films diffusés dans

le cadre du dispositif”.

Le troisième axe consisterait en un véritable

atelier pour adulte, mené par un professionnel,

avec pratique de la prise de vues et

du montage. “Il serait possible participer aux

trois sessions, ou seulement à celle qui répond

à vos besoins : certains veulent maîtriser un

logiciel de montage, d’autres débutent et

veulent savoir comment on bâtit un projet”.

Aux yeux de Daniel Frisoni, la formation purement

technique revêt une importance moindre

que celle qui concerne “le sens d’un travail

avec l’image”. Il n’en minimise pas l’ i n t é r ê t ,

mais y voit d’abord une “porte d’entrée”

conduisant à un espace de rencontres et

d’échanges. Un espace essentiel, selon lui,

en regard de la solitude actuelle des opérateurs

de terrain.

“En Lorraine, j’ai l’impression que des gens

travaillent avec des groupes dans des lieux

dépourvus de moyens techniques conséquents,

q u’ils tâtonnent, se cherchent. La démarche

nécessaire à mener est de mettre en réseau

les intervenants pour qu’ils apprennent à

travailler les uns avec les autres, à avoir un

regard critique sur ce qu’ils font. La création

de temps de formation, d’échange, permettra

de constituer ce réseau”. Daniel Dann voit lui

aussi dans la formation “un mouvement conviv

i a l” qu’il est “urgent de créer”.

Le premier semestre 2004 verra se dérouler

les premières sessions. Chacune d’elles

devrait accueillir entre quinze et vingt stagiaires,

et avoir pour moments forts des rencontres

avec des spécialistes et professionnels du

cinéma. Si l’expérience s’avère positive, elle

pourrait s’étendre à d’autres régions, ou pourquoi

pas, à l’échelle d’un “réseau national

de formation” . “ Notre souci” conclut Daniel

Dann, “c’est la base : les associations partenaires

qui gèrent au quotidien des outils déficients.

Ce qui bloque souvent les initiatives

vidéo, ce sont le matériel ou la difficulté de

faire remonter un dossier de subvention… Il

faut faire en sorte que ces structures puissent

faire du travail correct et répondre à leurs attentes.

Des attentes qui ne sont pas légions, mais

qui sont là”. ◗

Un zoo à l’envers

■ C’est avec un intérêt soutenu qu’une dizaine

d’enfants a participé à l’atelier vidéo organisé

du 7 au 18 juillet 2003 à la Fédération des oeuvres

laïques, dans le cadre de “Metz en Fête” et

d’“un été au ciné”. Le groupe était encadré par

Jean-Christophe Houde. Sa “mission” était

d’élaborer un film d’animation.

Lors de ces journées, chacun s’est surpassé :

choisir un thème, créer des personnages en

Belle rencontre

■ À l’occasion de la séance spéciale organisée

par Lunéville (Meurthe et Mo s e l l e )

dans le cadre d’“un été au ciné”, le réalisateur

Cheik Doukouré avec son film Pa r i s

selon Mo u s s aa été accueilli avec beaucoup

d’émotion .

Cette soirée fut clôturée par un débat

passionnant entre l’artiste et les spectateurs

avides d’anecdotes et de renseignements

en tous genres.

Le public retiendra de cet instant mémorable

une humilité et une grande générosité

de la part d’un artiste à qui l’on souhaite

un avenir encore plus fructueux que son

p r é s e n t .

pâte à modeler, réaliser le film, trouver un titre

adéquat. Au final, un film de trois minutes,

Le zoo à l’ e n v e r s, où les hommes sont en cage

et les animaux sont les visiteurs.

Cette belle aventure s’est terminée par “un

pot de présentation”, moment chaleureux où

les participants ont pu montrer le travail à leur

famille, leurs amis et à tous ceux qui ont gardé

au fond d’eux, une part de Peter Pan.

Installation de l’écran à Chambley

Plein air à Vittel

■ Le 12 juillet 2003 s’est déroulé à Vi t t e l

( Vosges), la projection en plein air du fi l m

S p i d e r m a n.

Monsieur Gouveia, organisateur de l’ é v é n ement,

a accompagné avec succès cette soirée

en programmant la venue de jongleurs et

d’acrobates.

Le public venu nombreux (1 000 personnes

environ) a applaudi avec satisfaction une

animation servie par une communication

exemplaire (affiches, tracts…).

Souhaitons donc la bienvenue à Vittel, qui

entre pour la première fois au sein d’“un

été au ciné”, en espérant que cette initiative

sera reconduite dans les prochaines années !

actions cinéma / audiovisuel projections / 3 3


La rançon du s u c c è s

Durant les “vacances au ciné” de Martinique, le volet du plein air se taille la part du lion, exigeant un

investissement total de la part de ceux qui le prennent en charge.

L’

M A RT I N I Q U E

association Ciné Woulé coordonne

“vacances au ciné-cinéville”, en

Martinique. Celle-ci compte actuellement

cinq membres et possède

plusieurs activités cinématographiques. “Les

lundis de l’At r i u m” sont des présentations de

films documentaires suivies de débats, en

partenariat avec la Médiathèque des trois

mondes. Le “Club Ciné Woulé” se consacre

au cinéma d’auteur. “Nous mettons en place

des ateliers en milieu scolaire” note Chantal

Perro, “et nous réalisons des courts métrages

sur commande pour des institutionnels”. L’ a ctivité

centrale demeure la coordination de

“vacances au ciné-cinéville”. “C’est un travail

assez lourd” confie Chantal Perro, “nous assumons

tout nous-mêmes”. En 2003, l’ o p é r ation

s’est déroulée du 28 juin au 14 août. Des

séances spéciales ont eu lieu sur le thème

de la démystification de la violence au cinéma,

ainsi que des ateliers de réalisation (fiction ou

animation). Sur les 1 200 contremarques distribuées,

700 ont fait l’objet d’une remontée.

S p é c i ficité locale, une séance d’ouverture s’est

déroulée le samedi 28 juin à Sa i n t e - Ma r i e ,

dans le Nord de l’île, avec la participation d’un

groupe de capoera, un concert et la projection

du film Juste un baiser. Le 14 août, en clôture,

3 4 / projections actions cinéma / audiovisuel

une rétrospective a permis de découvrir les

courts métrages réalisés en 2002/2003.

À tout cela s’ajoute le cinéma en plein air, dont

l’importance prend ici des proportions remarquables.

En effet, il implique 14 communes,

sur une île qui en compte 34.

“Chacune d’entre elles a le choix entre un

certain nombre de films” explique Chantal

Perro. “Il y en avait cinq en 2003, parmi

lesquels Joue-la comme Beckham et Le seigneur

des anneaux… Elle fixe le nombre de projections

qu’elle souhaite. Deux dans la plupart

des cas. “Mais cela peut monter jusqu’à six”.

Les séances sont gratuites. Elles ont lieu tous

les jours de la semaine à 19h30, sauf le dimanche.

La coordinatrice tient à préciser qu’ e l l e s

se déroulent en 35 mm, avec des projecteurs

p o r t a b l e s .

Pris en charge de A à Z par Ciné Woulé, le

plein air exige un planning serré.

“ Nous envoyons des courriers aux mairies en

avril. Entre avril et mai, nous recevons des

c o n firmations et des dates. En juin, il faut

assurer la communication, fabriquer des tracts

et des affiches et les diffuser sur l’ e n s e m b l e

de l’île”. C’est aussi à ce moment-là que se

déroule la planification : les membres de la

coordination se rendent sur chaque site pour

“vacances au ciné”

faire un point technique. “La Martinique n’ e s t

pas très étendue - 95 km sur 45 -, cela nous

prend une semaine”.

Soucieuse de mieux informer les communes

des enjeux et contraintes du plein air, la coordination

a jugé bon de réaliser un film à ce

sujet, tourné au fur et à mesure des séances.

“ Nous voulons montrer en quoi consiste

concrètement une séance de ce type, ce qu’ e l l e

engage, son impact sur le public” explique

Chantal Perro. Le film met particulièrement

l’accent sur les aspects techniques, “le réglage

des compteurs, par exemple. Un soir, le fusible

d’un projecteur 35 mm a sauté car l’ a mpérage

ne convenait pas. Mille personnes

étaient là. Elles ont été privées de séance. C’est

pour cela que nous mobilisons un électricien

sur chaque commune”.

Si les vérifications effectuées par la coordination

se basent sur le cahier des charges

national, celui-ci est légèrement remanié en

fonction des besoins locaux. “Nous demandons

toujours une grande échelle, car il nous

arrive de devoir installer un autre écran que

l’écran gonflable, en raison des incertitudes

de la météo” explique Chantal Perro, qui parle

de l’opération comme d’un “challenge climatique”.

“La période des vacances est celle des


“vacances au ciné”

pluies. Des pluies fortes qui causent beaucoup de

dégâts en peu de temps. Cela commence en juillet

et prend de l’ampleur en août, jusqu’en octobre où

peuvent se produire les cyclones”. C’est pour cela

q u’en 2003, la coordinatrice a décidé de clore l’ o p ération

à la mi-août. “Nous avons eu de la chance”,

souligne-t-elle, “trois projections seulement ont été

annulées sur une quarantaine”.

Quand il ne pleut pas, les spectateurs sont au

toujours au rendez-vous : de 200 à 2 000 personnes

par séance. Pour mieux gérer cette demande,

des changements de calendrier sont envisagés. En

2004, l’opération démarrera sans doute plus tôt,

les projections plein air débutant à partir d’avril,

c’est-à-dire pendant la saison sèche qui s’étend de

février à mai. Les vacances de Pâques pourraient

alors servir à la mise en place d’ateliers, car dans

ce domaine aussi, “la demande est forte de la part

des jeunes”. Quant à la clôture, elle serait reportée

en octobre.

“À cette période-là, nous pouvons espérer beaucoup

plus de monde. Nous en profiterions pour présenter

les films réalisés entre avril et août, ainsi que les

actions à venir”. Un bon moyen, selon la coordinatrice,

de relancer l’activité de l’année, pour une

association qui, décidément, n’en manque pas. ◗

L'intolérance, fil conducteur

■ Des jeunes de Martinique, encadré par Alain

Bidard, ont réalisé en 2002 un film d’animation

traitant de la maltraitance conjugale, Le Bouquet de

Fl e u r s. On y découvrait l’histoire d’un mari violent

offrant invariablement des fleurs à son épouse

battue pour faire oublier sa brutalité. Le film a été

présenté à plusieurs festivals au niveau local ou

international : en mai 2003, lors de “Vue sur

Cannes” au Centre martiniquais d’action culturelle

(CMAC) en compagnie d’autres films d’ateliers,

mais aussi au festival portugais “Olhares alternativos”

de Lisbonne. L’Union des Femmes de la

Martinique (UFM) l’a d’ailleurs choisi comme outil

de réflexion lors d’une de ses actions contre la

violence conjugale.

Les participants aux ateliers de 2003 ont été invités

à poursuivre leur exploration de la complexité des

rapports humains en travaillant sur le thème de l’ i ntolérance.

Les deux ateliers martiniquais ont abordé

le sujet de manière bien différente. Les participants

de 15 à 25 ans de l’atelier 3D animé par Alain

Bidard ont élaboré un scénario de film fantastique,

La Maison aux fromagers, qui dénonce le danger des

préjugés et le fanatisme aveugle qu’ils peuvent engend

r e r. Parallèlement, loin du fantastique, les jeunes

de 13 à 20 ans ayant travaillé sous la houlette de Karl

Dorol, ont bâti une histoire ancrée dans la réalité,

Jamais trop tard, qui met en images l’ i n c o m p r éhension

entre une mère analphabète et son fi l s

dissipé, chacun manquant de tolérance envers l’ a utre.

Les jeunes participants se sont pour chaque fi l m

beaucoup investis dans l’écriture et la réalisation.

Leur motivation les a d’ailleurs conduit à demander

à Chantal Perro, coordinatrice en Martinique, la poursuite

des ateliers pendant l’année et l’ouverture d’un

espace de travail audiovisuel le samedi après-midi.

Soirée de clôture

■ Pour achever en beauté la saison martiniquaise

de “vacances au ciné”, une grande fête a été organisée

le jeudi 14 août dans la grande salle de l’At r i u m

de Fo r t - d e - France. Une projection des films d’ateliers

réalisés en 2002 et en 2003 a lancé la soirée

à partir de 18h30 dévoilant les regards multiples

posés par les jeunes sur l’intolérance, le thème

commun adopté par tous les ateliers en 2003. Ce t t e

projection a été suivie d’un concert donné par le

Serge Alexandre Quintet. Avant de se retirer, le

groupe a accompagné en musique la lecture des

Paroles de la terre à l’Océan, par Je a n - Marc Dorival,

coordinateur de “vacances au ciné” jusqu’en 2002,

et auteur du texte. C’est la seconde partie de la trilogie

des frères Wa c h o w s k y, Matrix reloaded, qui est

venue conclure à 20h une soirée éclectique et festive.

“vacances au ciné-cinéville”

en Martinique

les chiffres

Sont concernés 14 villes, 3 cinémas,

14 écrans et 12 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

39 séances de cinéma en plein air,

2 séances spéciales, 2 ateliers ont été

organisés et 1 2 0 0 c o n t r e m a r q u e s

ont été distribuées.

les villes

Anses d’Arlet, Bellefontaine, Ca r b e t ,

Diamant, Fo r t - d e - France, Gros

Morne, Lorrain, Macouba, Prêcheur,

Sainte Anne, Sainte Luce, Sainte

Marie, Trinité, Va u c l i n .

la coordination régionale

Ciné Woulé coordonne en

Martinique le dispositif “vacances

au ciné-cinéville” depuis 1996.

L’opération est à sa huitième

édition. De 1996 à 1999 la

coordination s’est faite en lien avec

la Guadeloupe. Ce n’est qu’en avril

1999 que l’Association Ciné Woulé

Martinique a été créée.

Grâce à la mise en place des

emplois jeunes la structure a pu

gérer et mettre en place les

différents volets du dispositif de

A à Z :

Projections plein-air, réalisées avec

le propre matériel de Ciné Woulé et

avec du personnel formé à la

projection 35mm.

■ Ateliers audiovisuels fiction et

animation organisés par le

personnel Ciné Wo u l é .

■ Séances spéciales mises en place

avec des partenaires extérieurs.

■ Contremarques distribuées et

gérées par notre personnel.

■ Les formations se font avec des

intervenants extérieurs formés à

l ’ a u d i o v i s u e l .

Afin de pérenniser la structure Ciné

Woulé Martinique a développé des

activités en dehors du dispositif :

archivage culturel, réalisation de

courts métrages, organisation de

festival, réalisation d’évènementiels,

ateliers en milieu scolaire, insertion

des jeunes en difficultés, etc...

Nous souhaitons sur le long terme

devenir un pôle d’éducation à

l ’ i m a g e .

CINÉ WOULÉ MARTINIQUE AT R I U M

Chantal Sacarabany-Perro

6, rue Jacques Ca z o t t e

97200 FORT DE FRANCE

Tél : 05 96 71 96 16

Fax : 05 96 71 60 21

c h a n t a l . p e r r o @ w a n a d o o . f

actions cinéma / audiovisuel projections / 3 5


M I D I - P Y R É N É E S

C o o r d o n n e r les a c t i o n s

Renforcer les liens entre partenaires et conférer au dispositif un souffle nouveau, tels sont les apports du

comité de pilotage “un été au ciné-cinéville” récemment mis en place en Midi-Pyrénées.

“E

ssayer de regrouper des gens autour

d’une table peut permettre de mieux

d é finir et orienter les démarches

qui s’effectuent sur le terrain”

déclare Marc Latané, Conseiller cinéma à la

Drac Midi-Pyrénées, à l’origine de la première

réunion du comité de pilotage, en juillet 2002.

Une “réunion de préfi g u r a t i o n”, ainsi que le

souligne Loïc Gr e l i e r, coordinateur régional :

“elle fut suivie par la rédaction d’un cahier des

charges, en collaboration avec la coordination

nationale. Celui-ci a été revu et corrigé par un

certain nombre de partenaires, et précise le

cadre des actions, le nombre de volets développés

dans chaque ville, les lieux partenaires,

les financements, etc”. C’est en septembre

2003 que le comité de pilotage a vraiment pris

son essor, apportant, aux dires de ses membres,

une dynamique collective nouvelle.

“ Ce qui m’intéresse, c’est de rencontrer des

personnes avec des idées nouvelles, de provoquer

de l’ é m u l a t i o n” déclare Je a n - Fr a n ç o i s

Baules, chef de projet Politique de la ville à la

Communauté de communes du Ca r m a u s i n .

“ Nous essayons de travailler sur une culture

commune au niveau de la globalité d’un projet

qui se décline ensuite sur différents sites, tout

en restant cohérent”.

“C’est à la fois un lieu-ressource, un creuset

et un laboratoire” note André Oskola, exploitant

du cinéma Les lumières de la ville à

Millau. “Nous avions les propositions du protocole

national – films, ateliers – mais ce n’ e s t

pas si évident de se positionner de façon “ v e r t icale”.

Il faut avoir des idées spécifiques au

niveau régional. Monter des ateliers, par exemple,

c’est cher, on s’interroge sur le nombre

3 6 / projections actions cinéma / audiovisuel

d’enfants concernés… Les questions sont

nombreuses et c’est dommage de se les poser

seulement à l’intérieur de la ville, entre partenaires

locaux, alors que l’on peut mener cette

réflexion au niveau d’une région. Le comité

permet de connaître non seulement les idées

des autres, leurs méthodes de travail, qui diffèrent

d’une ville à l’autre. Des envies naissent

par confrontation. Et nous pouvons échanger

nos carnets d’adresses…” La mise en place du

comité de pilotage, selon lui, va de pair avec

celle de la charte “cinéville” en région Mi d i -

P y r é n é e s : “jusqu’à présent, avec “un été au

ciné”, nous étions concentrés sur un moment

précis de l’année. En 2003, nous entrons dans

la phase active sur l’année, avec les petites

vacances scolaires - développement auquel je

tiens beaucoup car certains de nos partenaires

ne sont pas actifs pendant l’été, les centres

sociaux par exemple, sont souvent absents.

Dès lors, le comité devient indispensable”.

Mieux faire connaître ses propres orientations

est un autre bénéfice procuré par le comité

de pilotage. Frédéric Callens, chargé de mission

du Fasild en Midi-Pyrénées, peut ainsi exposer

sa démarche dans le champ de l’ a u d i o v isuel

en matière d’intégration et de lutte contre

les discriminations. “Nous investissons ce

dispositif pour lutter contre les discriminations

en France” explique-t-il. “Lorsque l’ o n

parle discrimination, on ne parle plus des

immigrés mais des blocages de la société d’accueil.

L’outil cinéma et audiovisuel est donc

particulièrement adapté pour toucher un

public tout-venant, et pas seulement le public

immigré ou d’origine étrangère. “un été au

ciné-cinéville” nous permet de transmettre

Le Jardin, film de l'atelier de réalisation Carmaux 2003

des messages relatifs à la diversité culturelle

en France et de faire tomber un certain nombre

de représentations négatives du côté des “français

de souche”, eu égard à la place des immigrés

dans ce pays”. Les ateliers permettent

aux jeunes d’exercer un regard critique sur la

production audiovisuelle et sur la question du

rapport à l’autre - car c’est aussi dans l’ a udiovisuel

que se forgent les représentations

et le rapport à l’autre. Quand aux projectionsdébats,

avec des œuvres comme M é m o i r e s

d’ i m m i g r é s ou Vivre au paradis, elles soulèvent

des problèmes liés à nos missions et permettent

de faire avancer la question du vivre

ensemble”.

Pour André Oskola, ce sont les problématiques

des exploitants que le comité permet de relayer.

“On peut y réfléchir sur une nouvelle politique

de contremarques déployée sur l’ a n n é e

et sur des opérations spécifiques”. “La limite

d’un tel comité”, rappelle néanmoins Je a n -

François Baules, “c’est qu’il y ait des fonds en

baisse”. “Il faut trouver des fi n a n c e m e n t s ” .

Cela nécessiterait d’après lui une implication

accrue de la Drac : “elle est présente partout

sur les sites et pourrait nous aider à travailler

sur les projets, ou les intégrer dans un projet

plus vaste. C’est aussi à elle de s’investir”.

“Dans le travail avec les autres partenaires”,

conclut Frédéric Callens, “il y a forcément des

résistances, des petits couacs sur des objectifs

qui ne sont pas partagés au même

moment. L’intérêt est de tout mettre à plat

dans des conditions de travail relativement

sereines, où chacun essaye de s’approprier les

objectifs de l’autre en vue de faire quelque

chose de commun”. ◗


Soirée au Lido

■ Initiateurs de la séance spéciale : l’Animation jeunesse du

Carmausin, le cinéma le Lido et la coordination régionale.

Choix du film et de l’ i n v i t é : une dizaine de fi l m s

ont été visionnés par les responsables et animateurs

impliqués dans “un été au ciné”. Le choix s’est porté

à l’unanimité sur Le ventre de Ju l i e t t e de Ma r t i n

Provost.

Le portrait de cette adolescente qui tombe enceinte

et décide de garder l’enfant contre l’avis de tout son

entourage tombe à propos en regard des actions

engagées à Carmaux depuis plus de deux ans autour

des “conduites à risque chez les jeunes”.

Le jardin de Carmaux

■ Initiateurs : le Service jeunesse de la Co m m u n a u t é

de communes du Carmausin et la Mission locale.

● Production : La trame (Toulouse) et la Cinémathèque

de To u l o u s e .

● Financement : coût total, 60 0 0 Euros répartis comme

suit : Région Midi-Pyrénées 2 000 - Communauté de

communes du Ca r m a u s i n

2 0 0 0 - Coordination régionale

“un été au ciné” 1 000 et

Politique de la ville 1 0 0 0 .

● Intervenant professionnel :

Denis Savès, réalisateur intermittent

du spectacle.

● Participants : dix jeunes de 7 à

25 ans (sept filles et trois garçons).

● Durée : treize jours en trois

étapes. Cinq jours début juillet

pour l’écriture et les premiers

repérages. Cinq jours, fin août,

pour la réalisation. Trois jours

e n fin en octobre pour le montage et la fi n a l i s a t i o n .

● Résultat : Le jardin, fiction de 7 minutes imaginée par

les jeunes à partir d’un thème suggéré (la tentation).

● Première présentation publique en avant programme

de la séance spéciale au cinéma Le Lido de Ca r m a u x

Pique-nique sous les nuages

■ L i e u : au cœur du quartier de Saules de To u r n efeuille

près de Toulouse. Initiateurs : le Se r v i c e

jeunesse de la Ville et la Maison de quartier.

● Choix du film : comme chaque année, sélection à

plusieurs après visionnement de quelques films :

Le soleil au-dessus des nuages.

● Communication : mobilisation des travailleurs

sociaux et d’associations du quartier pour la diffusion

de tracts et affiches. Organisation également

d’un grand pique-nique.

● Résultat : près d’une centaine d’habitants ont

Ce choix fait aussi ressortir une volonté partagée

par tous les partenaires de programmer des fi l m s

qui, malgré leur grande qualité, n’ont pas trouvé

leur public à leur sortie dans le contexte très violent

du marché. À Carmaux, les séances spéciales ont

leur public, chaque année un peu plus nombreux.

Il dit apprécier la découverte des jeunes auteurs :

Caroline Vignal et ses Autres fi l l e s, Eric Le Roch et

son Soleil au-dessus des nuages, Christophe Ru g g i a

et ses D i a b l e s, etc.

Cette fois encore la magie de la rencontre entre un

film, le public et son auteur a opéré.

le 2 décembre, en présence de tous les jeunes participants

et avec la participation active du réalisateur

invité ce soir-là : Martin Provost.

Le public (près de 200 spectateurs dont les représentants

des collectivités locales) a affiché un grand intérêt

pour le film. Les jeunes réalisateurs, très à l’aise, ont

Le Jardin, film de l'atelier de réalisation Carmaux 2003

témoigné de l’importance de cette expérience pour eux.

Une seconde présentation a été organisée à la Cinémathèque

le mercredi 10 décembre, avec les participants des

ateliers de Foix et de Toulouse venus également présenter

leur film et en débattre avec les autres jeunes réalisateurs.

partagé très généreusement une multitude de plats

évoquant leur culture d’origine (Maghreb, Afrique

noire, Pakistan, Sud Asie et Amérique latine) dans

une ambiance qui désavoue nombre de discours

sécuritaires. La projection a cependant posé un

problème : le film n’a pas passionné les petits, très

nombreux ce soir-là. À l’occasion des rencontres

préparatoires de cette soirée, la question de la

jeunesse, majoritairement présente à toutes les fêtes

de ce quartier, n’avait jamais été évoquée !

Le choix du film 2004 en tiendra compte, forcément.

“un été au ciné-cinéville”

en région Midi-Pyrénées

la coordination régionale

Sont concernés 7 villes, 4 cinémas,

19 écrans et 20 partenaires

(associations, services

déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

10 séances de cinéma en plein air,

5 séances spéciales, 3 ateliers ont

été organisés et en l'absence de

diffusion de contremarques cette

année, une politique tarifaire a

cependant été adoptée dans la

plupart des villes, notament lors des

séances spéciales.

les villes

Carmaux, Foix, Millau, Moissac,

Portet-sur-Garonne, To u l o u s e ,

To u r n e f e u i l l e .

la coordination régionale

Depuis 40 ans, la Cinémathèque de

Toulouse conjugue à tous les temps

et à tous les modes, le cinéma et

son histoire. Lieu de mémoire, elle

est aussi un lieu de débats, qui

n’entend pas jouer seulement sur

les valeurs consacrées.

En liaison avec la programmation de

ses séances publiques, la

Cinémathèque organise des

expositions temporaires d’affiches,

de photographies. Des ciné-concerts

permettent de faire revivre des films

muets en les confrontant avec des

musiques actuelles.

La Cinémathèque collabore chaque

année aux festivals “Cinespaña”,

“Séquence court métrage”, et aux

“Rencontres cinémas d’A m é r i q u e

latine”.

Auprès du public jeune et étudiant,

la Cinémathèque met en place des

séances régulières et des stages

spécialisés. Des programmations

sont également décidées en

collaboration avec certains

départements universitaires.

Elle assure, depuis 1996, la

coordination régionale de

l’opération “un été au ciné-cinéville”.

C I N É M ATHÈQUE DE TOULOUSE

Loïc Grelier

69, rue du Taur - BP 824

31080 TOULOUSE cedex 6

Tél : 05 62 30 30 18

Fax : 05 62 30 30 12

l o i c . g r e l i e r @ l a c i n e m a t h e q u e d e t o u l o u s e . c o m

actions cinéma / audiovisuel projections / 3 7


La place

des p u b l i c s

Pour Hors cadre, association

coordinatrice d’“un été au cinécinéville”

en Nord-Pas-de-Ca l a i s ,

tout projet culturel audiovisuel

doit s’élaborer à partir du public

auquel il est destiné.

“Q

N O R D - PAS - D E - C A L A I S

uand on a affaire à de la culture, on

a affaire à la construction des personnes,

à un positionnement de

l’homme par rapport au monde”

déclare Nicolas Huguenin, responsable de Ho r s

cadre. “Pour nous, le développement culturel

consiste à développer un projet en vue d’une

transformation des publics, et partant, de la

société. C’est pourquoi notre premier souci, en

développant un projet audiovisuel, est de

faire en sorte que les individus en soient les

acteurs, non des consommateurs. Cela implique

de calibrer chaque projet spécifiquement en

fonction des publics”.

“ Construire avec”, partir des individus : telle

est la philosophie de cette association qui

pratique le développement culturel selon

plusieurs axes :

- L’élaboration de projets culturels en direction

de publics particuliers ;

- La gestion d’un Pôle de ressources régional

pour les ateliers de pratique artistique et d’action

culturelle de médiation (qui a ouvert l’ a n

dernier) ;

- Une mission de développement culturel en

milieu pénitentiaire ;

- Et, depuis de nombreuses années, la coordination

d’“un été au ciné-cinéville” en No r d - Pa s -

d e - Calais.

Un dispositif autour duquel elle s’est développée

“mais qu’elle n’a jamais mis en œuvre de

façon basique”, souligne Nicolas Hu g u e n i n .

“Il m’est arrivé de proposer des choses vraiment

inhabituelles dans le cadre du dispositif.

Comme en 1997, où une ville m’a contacté

en disant : nous voudrions faire un atelier mais

il n’y a que deux jeunes et ils n’ont pas d’idée.

J’ai répondu : Faisons un atelier exploratoire

sur les ateliers. Nous vous donnerons un intervenant

et nous transmettrons aux jeunes des

3 8 / projections actions cinéma / audiovisuel

fiches de présentation des différents ateliers

existant dans la région. Ils iront les voir et l’ a n

prochain, ils seront porteurs de leur propre

projet d’atelier”.

Le précepte “construire avec” n’est pas seulement

valable pour “un été au ciné”, mais dans

l’élaboration de tous les projets en direction de

publics particuliers, par exemple, les jeunes de

la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Le

travail d’élaboration s’effectue alors en partenariat

étroit avec les relais. Il s’agit le plus souvent

d’acteurs de l’ i n s e r t i o n : éducateurs possédant

des diplômes spécialisés, travaillant dans la

Protection judiciaire de la jeunesse, chez les

handicapés, dans les systèmes d’éducateurs de

rue (Clubs de prévention) ou encore en prison

( Conseillers d’insertion et de probation).

“ Tous ces gens ont la gestion d’un public pour

lequel ils construisent des dynamiques”

explique Nicolas Huguenin. “Celles-ci s’appuient

tantôt sur le sport, tantôt sur l’art ou

sur un outil culturel dont les relais, en règle

générale, n’ont pas la maîtrise. Ces relais nous

contactent, avec en tête un projet, du moins

une intention, plus ou moins nourrie : travailler

avec tels jeunes sur telle ou telle question…

Nous discutons beaucoup pour déterminer

une thématique, dans laquelle le jeune doit se

reconnaître. Celle-ci est souvent liée à la construction

de soi : la famille, les relations parentsenfants.

Mais elle ne sera pas forcément

abordée de manière frontale. Plutôt que “La

f a m i l l e”, on proposera l’axe “Mon frère et moi”.

On travaille sur du sensible, de l’humain en

construction, que l’on peut aussi détruire si

l’on n’y prend pas garde”.

Pas question, donc, d’apporter un projet “c l é s

en main”. On réfléchit ensemble à la thématique,

au choix de l’intervenant, et du médium

le plus approprié : la vidéo, mais aussi la photo-

Atelier de réalisation Hénin-Beaumont

graphie, le graphisme, la bande dessinée, le

diaporama…

Hors cadre met à profit son Pôle de ressources

dans la préparation des projets. “Ce Pôle

p o s s è d e une compétence plus affinée en image

que sur d’autres secteurs. Il recèle dix ans de

documentation, et pour ce qui concerne “un

été au ciné”, 120 films. Ceux-ci peuvent aider

nos acteurs locaux à gagner du temps. Si l’ u n

d’eux veut faire un film sur le thème de la différence

avec un public de personnes handicapées,

je peux lui montrer plusieurs exemples

sur ce sujet. Pour le conseiller, mais aussi pour

rendre le projet crédible, réalisable aux yeux

des jeunes”.

Selon Nicolas Huguenin, la prise en compte

des publics se vérifie aussi dans la manière

de mettre en place les actions d’ “un été au

ciné”. Ainsi, depuis 1996, les séances spéciales

avec invités sont préparées avec les jeunes,

qui choisissent les films et réfléchissent au

d é b a t : “ils ne vont plus à une séance spéciale

mais à la restitution d’un atelier de programm

a t i o n”. Même chose avec les séances en plein

a i r, majoritairement programmées par un

groupe d’habitants du quartier qui se réunit et

se positionne sur le choix d’un film.

Nicolas Huguenin évoque enfin la journée régionale

de présentation des films “un été au ciné”,

organisée depuis huit ans. “Il n’a jamais été

question de ne pas associer à sa construction

les jeunes qui avaient fait les ateliers” o b s e r v e -

t-il. “Bien sûr, on pourrait demander à deux

vidéastes d’organiser seuls une restitution intelligente.

Nous tenons à ce que les jeunes s’y

associent. Ils débattent des questions suscitées

par les films, voient quel type d’éclairage on

peut apporter. Le but étant qu’ils trouvent au

sein de ce collectif un second niveau où se

c o n s t r u i r e”. ◗


Séances spéciales avec la PJJ

■ Dans le No r d - Pa s - d e - Calais, la coordination régionale

d’“un été au ciné-cinéville” a initié en 1997 un

partenariat spécifique avec la Protection judiciaire

de la jeunesse (PJJ), administration chargée de la

protection de l’enfance et des jeunes sous main

de justice. Ce partenariat associe les jeunes de la

PJJ au choix d’un film et à l’organisation d’un débat

accompagnant la séance. Les centres d’hébergement

ou de milieu ouvert de la PJJ diffusent les

synopsis de 4 films proposés par l’association Ho r s

cadre. Les jeunes font leur choix, par vote individuel.

Leurs représentants se réunissent en octobre

et déterminent, après dépouillement des votes,

visionnement et débat, le titre du film qui sera

proposé en séance à l’ensemble du réseau PJJ. 4 à

5 réunions de travail avec la coordination régionale

permettent aux jeunes de préparer la rencontre avec

Le grenier de Kennedy

■ Huit jeunes d’Hénin-Beaumont, issus du quartier

Ke n n e d y, un des quartiers les plus en diffi c u l t é

de la ville, ont réalisé cet été, dans le cadre d’“un

été au ciné”, une fiction intitulée Le grenier. Le fi l m

raconte l’histoire d’un jeune, nouvelle star de la

musique, issu de la cité, qui revient donner un

concert dans sa ville natale. Le jour du concert, il

disparaît, enlevé par un de ses amis d’enfance qui

ne supporte pas sa réussite. La première réunion

concernant ce projet s’est déroulée dans la salle

de sport sur le banc de touche (tout un symbole !)

avec les jeunes du groupe “insertion par le sport”.

Quatre réunions de cadrage ont été nécessaires

avant d’identifier le “noyau dur” des participants

autour de Halim, véritable âme du projet et du fi l m :

“il serait utile, dans les temps obscurs où nous nous

Ateliers à Boulogne

■ En 2003, la ville de Boulogne-sur-Mer a pris une

part active à l’opération “un été au ciné-cinéville”.

Les 4 volets ont été déployés : politique tarifaire,

portée par le Développement social urbain, séance

avec invité et atelier vidéo organisés par la Mi s s i o n

locale, et séance en plein air, gérée par le service

culture et inscrite dans le cadre des “Terrasses musicales”

manifestation qui a été l’occasion de présenter

le film Swing de Tony Gatlif dans la cour du

château Musée de Boulogne. Les jeunes se sont

fortement mobilisés grâce notamment à la Mi s s i o n

locale. L’atelier vidéo a abouti à un film plutôt réussi

intitulé D é b o u l o n n e r, qui mélange subtilement écriture

documentaire et écriture de fiction, traité sur

un mode humoristique et un ton décalé. Un atelier

de programmation a également été mis en place

en préparation de la séance avec invité. Les jeunes

le réalisateur. Il s’agit de proposer un autre cinéma

que celui qui est pratiqué le plus souvent par les

jeunes, un cinéma de l’authenticité, de la simplicité

et de l’humanité. Depuis 1997, La promesse, de

Je a n - Pierre et Luc Dardenne, We s t e r n de Ma n u e l

Po i r i e r, K a r n a v a l de Thomas Vincent, Drôle de Fé l i x

de Jacques Martineau et Olivier Ducastel, Ali Za o u a

de Nabil Ayouch et 17, rue Bl e u e de Chad Chenouga

ont été présentés. Les débats ont toujours été fortement

appréciés par les réalisateurs ou scénaristes

confrontés à ce public sincère et attentif. Cette année,

c’est le film Vivre me tue de Je a n - Pierre Sinapi qui

a été choisi par le jury régional. Les jeunes ont eu

la possibilité de débattre avec le scénariste Daniel

Tonachella qui est venu présenter le film au Fr e sn

o y, Studio national des arts contemporains, à To u rcoing,

le mercredi 17 décembre 2003.

débattons, d’avoir des images claires”. Après une

demi-journée d’écriture pour le scénario, le groupe

a commencé à tourner en laissant une large place

à l’improvisation pour les textes et en intégrant à

l’histoire de nombreux habitants du quartier. La

musique a elle aussi été composée par un des participants

de l’ a t e l i e r. Au final, le film est plutôt réussi,

il a d’ailleurs été diffusé une première fois sur la

télévision locale du district d’Hénin-Carvin, qui a

réalisé un reportage sur l’expérience menée par les

jeunes, puis au cinéma Espace-Lumière d’Hénin-

Beaumont, où les jeunes ont présenté leur fi l m

devant une cinquantaine de personnes, dont le

maire de la ville et une bonne partie du conseil

m u n i c i p a l .

La fin du film laisse prévoir une suite…

ont visionné 4 films avant de choisir Vivre me tue

de Je a n - Pierre Sinapi qui a été projeté au cinéma

Les stars, partenaire du dispositif. Le débat a été

très riche. Le scénariste, invité de cette séance, a

déclaré avoir été “bluffé par les questions des jeunes

qui avaient vraiment bien bossé”. La réussite de

cette séance a permis d’envisager, à l’issue de la

soirée, la mise en place d’un deuxième atelier de

programmation autour de l’élaboration d’un

programme de courts métrages, afin d’accompagner

la diffusion du film réalisé lors de l’atelier d’été.

Le programme a été présenté le 10 octobre au

cinéma Les stars devant 103 spectateurs, issus du

réseau de la Mission locale. Le film de l’atelier a par

ailleurs été présenté lors des journées régionales

des missions locales à Lille et proposé au festival

de Clermont-Fe r r a n d .

“un été au ciné-cinéville”

en région Nord-Pas-de-Ca l a i s

les chiffres

Sont concernés 25 villes, 13 cinémas,

38 écrans et 50 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

territoriales).

19 séances de cinéma en plein air,

1 2 séances spéciales, 21 ateliers,

8 restitutions d'ateliers ont été

organisés et 7 972 contremarques

ont été distribuées.

les villes

Aniche, Armentières, Arras, Av i o n ,

Berck sur Mer, Béthune, Boulognes

u r - M e r, Bruay-la-Buissière, Bruaysur-l’Escaut,

Calais, Cambrai, Douai,

Douchy-les-Mines, Dunkerque,

Escaudain, Fourmies, Halluin,

Hautmont, Henin Beaumont,

Montigny-en-Gohelle, Raismes,

Roubaix, Tourcoing, Villeneuve

d ’Ascq et la Protection Judiciaire de

la Jeunesse à l'échelle régionale.

la coordination régionale

L'association Hors cadre coordonne

le dispositif “un été au cinécinéville”

en région Nord - Pas-de-

Calais depuis 1998.

L'objet de l'association Hors Ca d r e

est de promouvoir des actions de

développement culturel ou social,

par l'élaboration de projets et par le

suivi de leur mise en œuvre en

partenariat avec des structures de

terrain au vu de finaliser des

activités artistiques de qualité.

L'association accompagne les

porteurs de projets, notamment

quand ceux-ci s'adressent à un public

en difficultés, ou en voie de

marginalisation de l'offre culturelle :

populations des quartiers, jeunes

suivis par la Protection judiciaire de la

jeunesse, Missions locales, population

carcérale…

Un pôle ressources permet de

mutualiser les expériences

précédemment acquises, notamment

via “un été au ciné-cinéville”, et favorise

ainsi le développement des pratiques

“images” à destination des relais

locaux de la région Nord-Pas-de-Ca l a i s .

L'association Hors cadre porte

également depuis avril 2003 la

mission régionale de

développement culturel en milieu

pénitentiaire, qui permet de fédérer

les acteurs du monde carcéral et de

les aider à développer une politique

culturelle appropriée.

A S S O C I ATION HORS CADRE

Nicolas Huguenin, Florence Fe r r a n d i

72, rue Gutemberg

59800 LILLE

Tél : 03 20 33 06 66

Fax : 03 20 33 06 77

h o r s c a d r e . f e r r a n d i @ w a n a d o o . f r

actions cinéma / audiovisuel projections / 3 9


B AS S E - N O R M A N D I E

“un été au ciné-cinéville”

en région Basse-Normandie

les chiffres

Sont concernés 10 villes, 12 c i n é m a s ,

29 écrans et 36 p a r t e n a i r e s

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

19 séances de cinéma en plein air,

14 séances spéciales, 12 ateliers ont

été organisés et 3624contremarques

ont été distribuées.

les villes

Argentan, Bayeux, Caen, Fa l a i s e ,

Flers, Hérouville Saint Clair, Lisieux,

Ouistreham, Saint-Lô, Vire.

la coordination régionale

Le Pôle régional d'éducation à

l'image en Basse-Normandie

s'intéresse à toutes les actions

éducatives, toutes les ressources qui

concernent l'image au sens large :

cinéma, audiovisuel, photographie

et multimédia. La sensibilisation,

l'analyse, la “fabrication” d'images

fixes ou animées sont placées au

coeur d'une démarche de formation

artistique et culturelle.

Les missions du pôle :

■ Constitution d'une base de

données, dans le but d'informer les

personnes ou les structures, et de

communiquer les programmes ou

les évènements en région.

■ L'organisation de colloques, de

débats, de séminaires portant sur

l'éducation à l'image et ses enjeux.

■ L'impulsion à la formation ou à la

sensibilisation, dans une démarche

de recherche et d'innovation.

■ Une mission de conseil et

d'expertise à destination des

opérateurs culturels, des centres de

ressources, des professionnels de

l'image, des enseignants, des

animateurs et de chacun intéressé à

suivre une formation ou à organiser

un stage, dans l'acquisition de

matériel, le déroulement de

programmes ou l'aide à la

conception de projets.

Le Pôle régional d'éducation à

l'image est la coordination régionale

d'“un été au ciné-cinéville” depuis

2 0 0 2 .

PÔLE RÉGIONAL D’ÉDUCATION À

L’IMAGE BASSE NORMANDIE

Jean-Marie Vinclair, Thomas Senk

57, rue Victor Lépine

14000 CAEN

Tél : 02 31 84 32 77

Fax : 02 31 83 98 92

p o l e . i m a g e @ a c c a a n . c o m

w w w. e d u c a t i o n i m a g e . a c c a a n . o r g

4 0 / projections actions cinéma / audiovisuel

P ô l e d ’ a c t i v i t é s

En Basse-Normandie, le pôle d’éducation à l’image associe ses multiples

activités avec la coordination d’“un été au ciné-cinéville”.

L

e pôle d’éducation à l’image de Basse-

Normandie a été fondé en 2001. Il

constitue l’une des missions de l’Accaan,

maison de production régionale

et bureau d’accueil de tournages. Ses activités se

répartissent en plusieurs axes :

- L’information, avec le recensement des actions

d’éducation à l’image en région, la constitution

d’une base de données et d’un site Internet.

- La formation (partenariat sur un Beatep avec

la Ligue de l’enseignement, travail avec les rectorats

et les plans académiques de formation…).

- L’accompagnement et le soutien aux projets.

- L’animation du réseau régional d’éducation à

l’image.

Je a n - Marie Vi n c l a i r, coordinateur régional, précise

en quoi consistent ces deux derniers points : “le

travail d’accompagnement concerne le soutien

aux projets et aux ateliers, aussi bien au niveau

institutionnel que dans la mise en place pure

(conseil en contenu et en intervenants). Il s’agit

aussi d’entretenir des relations avec les festivals,

de l’édition d’outils pédagogiques, etc… En ce

qui concerne le réseau régional d’éducation à

l’image, nous mettons à profit nos informations

pour créer des rencontres sur des sujets précis,

qui répondent à des besoins”. Exemples : une

rencontre prévue sur les dispositifs scolaires,

“avec lesquels nous sommes très liés, mais pour

lesquels nous ressentons ici de vives inquiétudes”.

Ou encore, la mise en place, avec le Cr e p s

d ’ Houlgate, d’un réseau européen d’éducation

à l’image en temps libre. Afin de dresser un état

des lieux, le Pôle a rencontré des structures provenant

de onze pays d’Europe qui ont présenté

leurs pratiques.

Aux yeux de Je a n - Marie Vi n c l a i r, la coordination

d’“un été au ciné-cinéville”, confiée au Pôle en

2002, s’articule tout à fait avec les autres axes.

“C’est, à priori une mission différente de celles

du Pôle, mais les deux réseaux sont complémentaires,

il est logique que la coordination s’effectue

ici”. “ Notre premier souci”, ajoute-t-il, “a été

de réanimer le réseau “un été au ciné-cinéville”,

Atelier film d’animation à Vire

au sens “hospitalier” du terme : certaines villes

avaient tendance à s’endormir sur leur façon de

fonctionner”. Le Pôle a impulsé la création d’un

comité de pilotage, qui doit être officialisé en

2004. “Ce comité réussit à fédérer des gens

autour des projets. Le fait qu’il y ait un suivi régional

nous garantit des échanges et une certaine

c o h é r e n c e ” .

Si certaines coordinations s’occupent des fi n a ncements

et de la totalité de la mise en place d ’ “ u n

été au ciné-cinéville”, le Pôle se tient plutôt ici

à un rôle d’information et d’accompagnement.

En témoigne sa récente collaboration avec une

vingtaine de salles régionales de cinémas d’A r t


et essai, inscrites pour la plupart dans “un été

au ciné-cinéville”. “Avec ce réseau de salles,

nous voulons développer une liste complémentaire

de films de la liste nationale. Elle

comportera des oeuvres tournées et soutenues

dans la région. Nous élaborons en même temps

des pistes de réflexion et de débats”.

Pour Je a n - Marie Vi n c l a i r, le Pôle doit se comporter

en partenaire à part entière, aussi bien dans

la coordination d’“un été au ciné-cinéville” que

dans les autres domaines. “Lorsque l’on fait

appel à nous pour trouver un intervenant, nous

n’avons pas de base de données mais un pensebête

: j’ai mes propres références, ma façon

de réagir vis-à-vis d’un projet, et je peux penser

que tel intervenant est plus adapté qu’un autre.

Cette dimension de conseil est capitale. No u s

nous battons contre l’idée de devenir une agence,

des prestataires de service. Nous faisons en sorte

que l’on vienne nous solliciter beaucoup plus

tôt, sur le contenu de projets”.

Autre préoccupation : créer un lien entre les

dispositifs de l’Éducation nationale et les actions

hors temps scolaire. “Nous pouvons être un

complément aux dispositifs comme “Ly c é e n s

au cinéma” ou “Collège au cinéma”. Il faut montrer

qu’une approche du cinéma pendant le

temps libre se dessine parfois en opposition

avec les autres actions, mais, de toute façon, en

complémentarité. D’où le grand intérêt d’une

évolution d’“un été au ciné” vers la formule

annualisée. Nous sommes aussi intéressés par

les liens qui peuvent s’établir avec les contrats

éducatifs locaux (CEL). Entre les actions Je u n e s s e

et celles de l’Éducation nationale, il y a une petite

fracture. Ce n’est pas la même logique de fonctionnement.

Mais, nous ne nous arrêtons pas

à cette question. Quand un projet nous est

soumis, c’est le contenu qui nous intéresse”.

Ultime préoccupation, mais d’importance : la

communication avec les autres pôles d’éducation

à l’image. Il en existe douze, répartis dans

onze régions de France. Plusieurs assurent

la coordination régionale d’“un été au cinécinéville”.

Tous se greffent sur des réalités différentes.

Au point, d’ailleurs, que le CNC vient

de lancer un état des lieux pour connaître leurs

différents fonctionnements. “Nous profi t o n s

chaque année de la réunion nationale d’“un été

au ciné-cinéville” pour discuter de manière informelle”

note Je a n - Marie Vi n c l a i r. “Un journal

est en préparation, qui concerne l’ensemble des

pôles. Il devrait paraître courant 2004. Le but

est de pouvoir s’informer de nos activités,

d’échanger des réflexions de fond”, conclut Je a n -

Marie Vi n c l a i r, “et, au-delà, d’essayer d’ouvrir

le champ de l’éducation à l’image, en la faisant

connaître aux professionnels, à d’autres milieux”.


La loi de la banquise, dessin animé

Nouvelle dynamique à Vire

■ De nombreux ateliers mis en place dans le

cadre d’“un été au ciné-cinéville” donnent lieu

à la réalisation de films d’animation. En 2003,

à Vire, la qualité de l’intervention et l’ e xtraordinaire

fluidité du film La loi de la

b a n q u i s e, a marqué le jury du concours vidéo

franco-allemand, organisé par le Conseil régional

du Calvados dans le cadre du service des

jumelages. Ce court métrage d’animation

inscrit à la compétition, s’est vu attribuer le

prix de la catégorie des moins de 15 ans.

Le travail des jeunes est ainsi valorisé au-delà

d’un cercle local de diffusion. Cette reconnaissance

prouve s’il était besoin que les jeunes

Liste complémentaire

■ En 2003, la coordination régionale d’“un été

au ciné” s’est associée à l’association Ma c a o

7 e art pour mettre en place une liste complémentaire

de films pour les séances spéciales.

Les films présentés lors des journées de prévisionnement

Macao pourraient être utilisés dans

le cadre d’“un été au ciné” tout au long de l’ a nnée.

Ces projections seraient accompagnées

d’un guide de présentation donnant toutes les

informations sur les films, quelques pistes de

travail à reprendre avec le jeune public, mais

également des contacts d’intervenants régionaux

pour la séance spéciale. La mise en place

La toile de Bayeux

■ Pour la première fois depuis longtemps,

une séance en plein air s’est déroulée dans le

quartier d’Argouge. Elle a rencontré un grand

succès par le nombre d’habitants présents et

la dynamique créée. La coordination locale a

donc décidé de renouveler l’opération en changeant

de quartier chaque année. La valorisation

du quartier et le travail engagé auprès des

jeunes a permis de développer des relations

privilégiées entre jeunes, acteurs sociaux, culturels

et jeunesse, et notamment entre l’ E s p a c e

Sa i n t - Jean et une association de hip-hop.

Cet exemple ne fait que renforcer l’idée que

le dispositif doit offrir un cadre qui permette

La loi de la banquise, storyboard

ont la possibilité de réaliser des créations de

qualité dans le cadre de dispositifs comme

“un été au ciné”. L’excellent travail fait depuis

des années à Vire par tous les partenaires

travaillant autour du cinéma et de la vidéo, a

poussé la MJC à réfléchir à la création d’un

poste d’animateur multimédia. Ainsi, une

dynamique d’animation et de création se développera

tout au long de l’année. Les actions

mises en place dans le cadre d’“un été au cinécinéville”

seront inscrites, sur le long terme,

dans un projet global englobant différents

médias tels que la vidéo, l’image, Internet ou

le cinéma.

d’une liste régionale, complémentaire à celle

de Kyrnéa (coordination nationale), est de donner

une dimension régionale à ce volet, de permettre

aux acteurs locaux d’avoir une meilleure

connaissance des films mais aussi de leur faire

prendre conscience des ressources régionales

en matière de cinéma. L’objectif de cette liste

est de faciliter le travail des partenaires de terrain,

et notamment pour la programmation en salles

et en plein air. C’est un outil de sensibilisation

aux différentes formes de cinéma. Elle permet

de mieux prendre conscience des enjeux d’“un

été au ciné” en matière d’éducation à l’ i m a g e .

aux villes de mettre en place des actions fortes

et qualitatives en faveur des jeunes. Il s’agit

bien de nouer des liens entre les institutions,

les structures sociales, culturelles et, les jeunes

et leurs familles, de passer au-delà des barrières

sociales et culturelles, et de favoriser les

échanges pour une meilleure compréhension

et acceptation des différences. Les objectifs

de notre action sont d’ouvrir le champ de l’ e xpression

individuelle par le partage et le vécu

d’un événement magique comme la projection

d’un film sur grand écran au milieu de

son quartier, la création d’un film vidéo et sonore

ou la rencontre avec un réalisateur et son œuvre.

actions cinéma / audiovisuel projections / 4 1


H A U T E - N O R M A N D I E

Mon vrai c i n é m a

“Mon vrai cinéma en Haute-Normandie” : un nouveau stage v i e n t

donner l’occasion d’approfondir la découverte du 7e art aux jeunes de

Haute-Normandie que les ateliers d’“un été au ciné” ont mis en appétit.

“D

ans le langage Jeunesse et sports,

le stage de réalisation est une

formule qui existe depuis longtemps”

explique Je a n - Pierre Le

Cozic, conseiller d’éducation populaire et de

jeunesse à la Direction régionale de la jeunesse

et des sports à Rouen. “Ce stage a pour particularité

d’allier une formation dans le domaine

culturel à la réalisation d’un spectacle, d’un

film ou d’une œuvre artistique qui sera

confrontée au public. Cela se fait surtout dans

le théâtre et le spectacle vivant. Mais depuis

quelques années, on assiste à un certain

nombre de stages de réalisation dans le

domaine de l’ a u d i o v i s u e l” .

Celui que Je a n - Pierre Le Cozic vient de mettre

en place avec Elvire le Cossec, coordinatrice

régionale “un été au ciné-cinéville”, s’intitule

“ Mon vrai cinéma en Haute No r m a n d i e ” .

L’idée est apparue suite à un constat : certains

jeunes, qui participent aux ateliers de réalisation

d’“un été au ciné-cinéville”, ont parfois

envie d’aller plus loin. “Nous n’avions pas

beaucoup de réponses à leur apporter, j u s q u’ à

ce que Jeunesse et sports et le Pôle image

Ha u t e - Normandie aient l’idée de proposer ce

stage”.

Ouvert à une vingtaine de jeunes possédant

une première expérience en audiovisuel, il

accueille aussi bien des “anciens participants

4 2 / projections actions cinéma / audiovisuel

à “un été au ciné” que des jeunes issus de classes

de seconde ou de première audiovisuel.

Pour Je a n - Pierre Le Cozic, ce stage équivaut

à un passage à l’étape supérieure après les

ateliers “un été au ciné-cinéville”.

D’une durée de trente jours, répartis sur les

vacances scolaires de 2003-2004, il doit

permettre aux stagiaires de rencontrer des

professionnels - réalisateur, chef opérateur,

ingénieur du son ou monteur - à chaque phase

de la création du film. Il leur donne l’ o c c a s i o n

de travailler sur support cinéma, puisque le

tournage est prévu en 16 mm ou en Super 16,

“ce qui demande d’être plus exigeant puisque

l’on ne peut pas voir tout de suite le résultat.

Mais c’est aussi plus valorisant au moment

de la diffusion, puisque l’on pourra voir le fi l m

en salle sur grand écran avec une bonne qualité

d’image” ajoute Je a n - Pierre Le Cozic. Il revendique

également une exigence au niveau du

c o n t e n u du film. “Cette question nous a

semblé très importante dès le départ. No u s

voulions quelque chose de plus élaboré qu’ u n

pastiche du cinéma de genre, par exemple.

Nous leur avons donc proposé de parler de

leur vie, de mettre en scène les choses qui les

touchent dans leur quotidien”. Néanmoins,

la forme retenue n’a pas été le documentaire,

mais la fi c t i o n : “nous avons considéré qu’ i l

s’agissait d’un moyen de communication plus

exigeant et plus intéressant dans ce contexte

de création et d’organisation collectives”.

Le film a pour titre provisoire Danse avec les

l o o k s. Il s’articule autour des “différences sociales

et culturelles entre adolescents, pour qui

l’habillement est synonyme d’appartenance

à un groupe. Il parle de la tolérance”.

La première session (Toussaint 2003), consacrée

au scénario et au découpage technique,

s’est déroulée en présence du scénariste Mi c h e l

Delgado. La deuxième (février 2004) concerne

le casting, le plan de travail, les repérages, et

propose une formation technique sur le matériel

cinéma.

Le tournage est prévu pour avril et devrait s’effectuer

avec des apprentis comédiens recrutés

par le biais des conservatoires, des écoles

de théâtre et des sections cinéma et audiovisuel

des établissements scolaires. Quant au

montage, il doit avoir lieu en juillet. La diffusion,

à la rentrée 2004, doit être prise en

charge par les stagiaires, qui auront pour tâche

de concevoir un plan de diffusion en déterminant

les “lieux de passage pertinents”.

“Un tel stage ne peut se dérouler que grâce

à l’apport financier de partenaires multiples”

remarque Je a n - Pierre Le Cozic, “aussi bien

de l’État que des collectivités locales. No u s

disposons d’un budget d’environ 50 à 60 0 0 0

euros, ce qui est très important”. Afin de servir

de garants à la réalisation, des professionnels

régionaux du cinéma et des institutionnels

(Drac, Pôle Image, représentants ministériels…)

se sont rassemblés en comité de pilotage.

“Le comité se retrouve à la fin de chaque

session pour faire le point et fixer les orientations

de la session suivante”.

“Même s’il n’est pas professionnalisant”

observe Elvire Le Cossec, “un stage comme

celui-ci va vraiment plus loin que les ateliers.

Il est enrichissant pour les adolescents que je

sens très motivés, mais aussi pour les acteurs

professionnels. Il scelle aussi une vraie collaboration

avec la Direction régionale de la

jeunesse et des sports, qui confirme notre

partenariat”. La coordinatrice y voit enfin une

belle façon de valoriser l’opération “un été au

ciné-cinéville”. Selon elle, ce stage permet de

souder l’opération sur le territoire, le lien entre

les différentes villes (Montivilliers, Le Ha v r e ,

Fécamp, Po n t - Au d e m e r, Dieppe) n’étant plus

créé par la coordination mais par les jeunes

eux-mêmes.

“C’est une façon plus humaine de valoriser

l’opération et le travail que nous faisons tout

au long de l’année”, conclut-elle. “Comme un

aboutissement”. ◗


Sujet libre

■ Après quelques longs mois de préparation, le

Pôle image Haute-Normandie intègre progressivement

le Centre de détention de Va l - d e - Re u i l

grâce au partenariat entre la Direction régionale

des affaires culturelles de Ha u t e - Normandie et le

Service pénitentiaire d’insertion et de probation

de l’Eure. La proposition était d’offrir aux détenus

trois projections (Chargée de Fa m i l l e, documentaire

d’Ingrid Go g n y, Certains l’aiment chaud d e

Billy Wilder, et deux courts-métrages : Le gardien

du square de Fabrice Tempo et Rouen, 5 minutes

d’ a r r ê t d’Ingrid Gogny). À l’issue de chaque projec-

tion, les détenus sont conviés à une rencontre avec

un professionnel du cinéma et du Pôle Image :

un réalisateur, un scénariste. Les projections et

les discussions ont pour objectif de permettre aux

détenus de choisir leur forme d’expression. Ils

écriront leur propre fiction ou documentaire avec

Michel Delgado, et le réaliseront avec Ingrid Go g n y.

Cet atelier est relayé par le canal de télévision

interne, lui-même encadré par deux réalisateurs

rouennais, Philippe Burnacci et Fabrice Te m p o .

Ce projet s’achèvera avec la projection du film des

détenus, le 18 juin 2004.

Vacances de Noël

en Haute-Normandie

Projection de 8 mile de Curtis Hanson, à Po n t -

Audemer le 30 décembre, à 14h. Avec une rencontre

autour du slam prévue en matinée et à l’ i s s u e

de la projection.

■ Atelier de Noël, dans l’agglomération d’Elbeuf.

Après la projection de Bowling for Co l u m b i n e d e

Mickael Moore accompagnée de l’intervention de

Nachiketas Wignesan le 13 décembre, les Elbeuviens

(et environs) pourront réaliser leur film, encadrés

par une réalisatrice rouennaise. Cet atelier se déroulera

fin décembre, à la MJC de la région d’Elbeuf.

■ Rouen met en place son rayonnement en réunissant

les partenaires Jeunesse et Culture : élus,

responsables de services, responsables de structures

et Pôle image Ha u t e - Normandie se proposent

de mettre en place de nouvelles méthodes de travail

pour permettre à l’ensemble des rouennais de participer

à l’ o p é r a t i o n .

Les coulisses d’un film

■ Le Pôle image Ha u t e - Normandie met la dernière

main à un CDRom pédagogique intitulé Les coulisses

d'un fi l m. Développé par l'équipe d'éducation

à l'image du Pôle, ce nouvel outil retrace toutes les

étapes de la fabrication d'un film à travers cinq

grands thèmes : l'écriture, la préparation, le tournage,

la post-production et la diffusion. Les techniques

et le langage de l'image, le matériel et les

métiers de l'audiovisuel y sont présentés et illustrés

par des séquences vidéo ou des documents de

travail originaux. Des extraits de films d'atelier “un

été au ciné-cinéville” réalisés en Ha u t e - No r m a ndie

servent ainsi à illustrer des notions de montage

ou de valeurs de plan. Le réalisateur Philippe

Burnacci a quant à lui prêté scénario, synopsis, et

story-board pour rendre toujours plus vivant ce

C D Rom disponible en février 2004, destiné aux

animateurs des ateliers audiovisuels et aux jeunes

qui y participent.

“un été au ciné-cinéville”

en région Haute-Normandie

les chiffres

Sont concernés 12 villes, 16 c i n é m a s ,

62 écrans et 14 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

10 séances de cinéma en plein air,

19 séances spéciales, 11 ateliers,

4 formations ont été organisés et

5 000 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Agglomération d’Elbeuf, Ca n t e l e u ,

Dieppe, Fécamp, Gisors, Les

Andelys, Neufchâtel-en-Bray, Notre-

Dame-de-Gravenchon, Oissel, Pont-

A u d e m e r, Rouen, Rouen Grieu, Va l -

d e - R e u i l .

la coordination régionale

Le Pôle image Haute-Normandie est

une association, née en 2001 de la

fusion de trois associations

oeuvrant en faveur de l'image

entendue au sens large -

photographie, vidéo, cinéma et

multimédia. Il s'appuie sur la

présence de plus de 120 adhérents,

professionnels de la région. Le Pôle

image est à la fois un centre de

ressources pour le public et les

professionnels (accueil,

informations, documentations,

orientations), un support de

développement du secteur avec

l'ARCA (fonds d'aide à la création,

bureau d'accueil de tournage,

formation des exploitants, action de

diffusion), un pôle d'éducation à

l'image s'appuyant entre autres sur

les dispositifs nationaux, et un lieu

de conservation de la mémoire

audiovisuelle qui s'attache à

r é f é r e n c e r, à sauvegarder et à

valoriser le patrimoine

cinématographique amateur de la

région.

Le Pôle régional d'éducation à

l'image est la coordination régionale

d'“un été au ciné-cinéville” depuis

2001, c'était l'IRIS (institut régional

de l'image et du son qui a fusionné

avec l'ARCA et le Centre de la

photographie de Normandie) qui

gérait l'opération depuis 1998. La

DRAC Haute-Normandie gérait

l'opération, elle, depuis 1994.

PÔLE IMAGE HAUTE NORMANDIE

Elvire Le Co s s e c

43, rue des Ca p u c i n s

76000 ROUEN

Tél : 02 35 70 20 21

Fax : 02 35 70 35 71

actions cinéma / audiovisuel projections / 4 3


PAY S - D E - L A - L O I R E

Dessin réalisé par Romain (13 ans) pour le décor d'un film d’animation à Chateaubriant

E x p é r i e n c e s t a r i f a i r e s

En Pays-de-la-Loire, la politique tarifaire de 2003 ciblait la découverte d'un cinéma d’Art et essai.

Concentrée sur des projets culturels et sociaux précis, elle a renforcé du même coup le rôle des

opérateurs locaux.

T

oucher le public plus effi c a c e m e n t

en sachant qu’il va découvrir les

films d’Art et essai, c’est l’ o b j e c t i f

que s’était fixé l'association

Premiers plans, à Angers, chargée de la coordination

régionale “un été au ciné-cinéville”

et de gérer l'enveloppe finançant les projets

d'incitation tarifaire.

Cet objectif suppose une collaboration étroite

entre partenaires socioculturels et coordinations

locale et régionale, pour repenser la

communication (comment informer sur les

réductions et sur les films ?) et la nature de la

réduction elle-même. Car les propositions tarifaires

peuvent être très diverses : s'appliquer

à une période précise (inciter à aller au cinéma

en vacances), à un public spécifique (jeunes

en ateliers, familles, Restos du cœur), ou s'articuler

autour de projets ponctuels (festival,

séances rencontres, programmation thématique),

comme ce fut le cas à Sa i n t - Nazaire.

“ Nous avons choisi d'appliquer la réduction

sur les séances spéciales avec un tarif à un

euro et en ciblant les jeunes des quartiers”

déclare Sylvette Magne, coordinatrice locale

“un été au ciné-cinéville” et secrétaire générale

du Fanal (scène nationale de Sa i n t -

Nazaire). “Du coup, 115 jeunes sont venus voir

Fr e e s t y l e, ce qui ne s’était jamais vu dans mon

cinéma, la salle Jacques Tati - la seule classée

Art et essai de la ville”. “L'an dernier, c'est

surtout le multiplexe qui avait des retours

de contremarques”.

Ce bilan positif associe d’autres facteurs : “le

fait que cela se soit déroulé en octobre/novem-

4 4 / projections actions cinéma / audiovisuel

bre, et pas en été, était une excellente idée. Et

puis, nous avons défini la politique tarifaire

en amont avec les représentants de maisons

de quartiers, de l'Office municipal de la

jeunesse, des associations de jeunes, qui participaient

tous au comité technique local. No u s

avions réuni les animateurs de la ville pour

leur expliquer le dispositif dans son ensemble”.

De cette consultation a découlé une

meilleure mobilisation du public jeune.

“Animateurs et éducateurs nous disaient

q u’une réduction ne suffit pas à mobiliser les

jeunes sur des films qu'ils n'iraient pas voir

spontanément, même s’ils parlent du hiphop.

Ce sont les animateurs qui sont en contact

direct avec les jeunes sans arrêt et l’ i n f o r m ation

doit passer par eux”.

À Trélazé, des entrées gratuites s'adressaient

à un public très ciblé : les jeunes participant

aux ateliers “un été au ciné-cinéville”, et leur

famille. “J'ai donné directement les billets aux

parents” déclare Mohamed Lahjri, directeur

du Centre socio-culturel du Buisson, “en leur

précisant qu'ils étaient destinés au cinéma

d'Art et essai Les 400 coups”. Un cinéma qui

se trouve à Angers, à quelques kilomètres

de Trélazé. “Le résultat est satisfaisant”, poursuit-il.

“Un garçon est allé voir Mr Ibrahim

et les fleurs du Co r a n avec ses parents, ils ont

été enchantés. Il a été très satisfait des fi l m s

proposés, assez variés et pour tous les âges.

Il a juste regretté que les contremarques aient

une durée limitée !”.

Outre la maîtrise de la distribution des billets,

Mohamed Lahjri apprécie “le contact avec les

familles, la qualité du retour, qui n'existait pas

avant. Les parents viennent, parlent de leurs

sorties, des films qu'ils ont vus. Certains sont

allés pour la première fois dans ce cinéma” .

Les autres années, nous distribuions les contremarques

à gogo et sur 800, 150 étaient utilisées.

Cette année, le nombre n'est pas très

important par rapport à la population, ma

volonté était de cibler les jeunes impliqués

dans les ateliers. L'an prochain, nous envisageons

de reconduire cette opération, en

essayant de l’ é l a r g i r, de faire découvrir le

cinéma à d'autres associations”.

À La Ro c h e - s u r - Yon, les contremarques ont

été conservées, mais toujours distribuées de

façon très ciblée : jeunes de moins de 25

ans, familles allocataires, Rmistes et demandeurs

d’emplois ont bénéficié de tarifs préférentiels

de 3 euros, pour des films inscrits

dans le dispositif durant l’été et pour le festival

“En route vers le monde”. “Nous nous

appuyons sur 15 organismes dont 9 maisons

de quartier pour diffuser les contremarques,

de la main à la main, de façon personnalisée”

souligne Xavier Arrivé de l'association de coordination

yonnaise des associations de quartiers

(ACYAQ). Il souhaiterait “étendre l’ a n

prochain la procédure aux petites vacances

car la programmation est plus riche qu’ e n

é t é ” et considère que l’opération reste un très

bon support pour nouer une relation avec les

publics concernés : “ils sont satisfaits d’accéder

à une pratique culturelle, à laquelle ils adhèrent,

mais pour laquelle il y a des freins, en

termes de mobilité, de coût et de choix”. ◗


En avant la musique !

■ “La musique et le son au cinéma” : c’est le thème

commun proposé aux différents acteurs d’“un été

au ciné-cinéville” en Pays-de-la-Loire comme base

de travail pour la mise en place des actions en 2004.

Les projets pourront se décliner aussi bien au niveau

local (ateliers, séances rencontres, projections en

plein air) que régional (formation, rencontres des

j e u n e s … ) .

Si la thématique n’ e s t pas obligatoire pour s’inscrire

dans l’opération, elle devrait permettre d’insuffler

une nouvelle dynamique au réseau régional,

ainsi que de développer les échanges d’idées et de

Fr e e s t y l e

■ “ Je ne résiste pas à l’envie de dire que notre

première séance du film Fr e e s t y l e de Ca r o l i n e

Chomienne au cinéma Le Jacques Tati de Sa i n t -

Nazaire s’est très bien passée. Il y a eu 115 entrées

En Pays de Mayenne

■ Soleil, spectateurs en nombre (1 250, contre

750 en 2002), animations, l’édition 2003 semble

être une réussite.

Les films ont reçu un bon accueil, autant de la part

des spectateurs que des élus. Ils ont attiré un public

jeune, notamment avec I n s o m n i a et Minority report

(choisi par les jeunes). Le public familial a bien sûr

été plus sensible aux films grand public comme

Etre et avoir ou L’auberge espagnole. Il faut soulever

la richesse des films projetés qui ont permis de

découvrir quatre genres différents. Même les élus

des communes d’accueil sont satisfaits de leur choix.

Les communes se sont distinguées par leur investis-

compétences entre opérateurs locaux, acteurs de

terrain et professionnels intervenant en atelier.

La première rencontre de réflexion sur ce sujet a

eu lieu le 20 novembre dernier. Une mobilisation

importante a montré que l’intérêt est présent tant

chez les acteurs de terrain que chez les institutionnels.

Encourageant, ce démarrage riche permettra

sans aucun doute de développer les pistes

suggérées à cette occasion : ateliers de sonorisation,

de création d’images à partir d’une musique, de

doublage, ciné concerts, journées spéciales autour

du slam ou du rap...

dont 106 jeunes à 1 euro qui venaient des maisons

de quartiers, des clubs de jeunes et centres de loisirs

de l’ O f fice municipal de la jeunesse, une dizaine

de jeunes de l’association Start’air, 11 enfants d’un

Institut médico-éducatif, plus la

MJC de Sa i n t - B r é v i n .

Si les autres séances sont aussi

fréquentées, le budget que nous

avions prévu d’attribuer aux contremarques

ne sera pas suffi s a n t !

Mais je suis très contente. La

démonstration de danse a été très

appréciée et de bonne qualité, le

débat a duré 1/2 heure avec la salle

et 1h30 avec un petit groupe qui a

quitté le cinéma à 19 h. La presse

était là, avec les 2 quotidiens.

C’est donc une réussite et Si s t a

Mi c k y, la comédienne intervenante

a été enchantée.”

SY LV E TT E MA G N E, C O O R D I N AT R I C E L O C A L E E T

S E C R É TA I R E G É N É R A L E D U FA N A L,

S C È N E N AT I O N A L E D E SA I N T- NA Z A I R E.

sement, que ce soit pour la communication, la logistique

ou les animations. Il est aussi intéressant de relever

la mobilisation des habitants et des jeunes pour

tenir les buvettes ou participer aux animations (à Sa c é ,

le batteur du groupe de musique était l’ i n s t i t u t e u r ! ) .

Ces soirées festives ont été l’occasion de présenter

Re q u i e m, le film d’atelier réalisé par les jeunes.

Les séances ont été un élément de cohésion sociale,

où l’espace d’une soirée, une petite commune s’est

retrouvée en extérieur à partager des émotions avec

ses voisins et les habitants des alentours.

AN T O I N E GL É M A I N, C O O R D I N AT E U R L O C A L

E T R E S P O N S A B L E D E L’A S S O C I AT I O N AT M O S P H È R E S 5 3

“un été au ciné-cinéville”

en région Pays-de-la-Loire

les chiffres

Sont concernés 10 localités (63 villes

et communes), 14 cinémas,

5 5 écrans et 100 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

29 séances de cinéma en plein air,

27 séances spéciales, 22 ateliers,

3 formations ont été organisés et il y

a eu 3 549 entrées à tarif réduit.

les villes

Angers, La Roche-sur-Yon, Le Mans,

Mulsanne, Saint-Herblain, Trélazé ;

Les communautés d'agglomération

du Choletais et de la région

N a z a i r i e n n e ; Les communautés de

commune du Castelbriantais et du

Pays de Mayenne.

la coordination régionale

Le dispositif “un été au cinécinéville”

se développe dans les Pays

de la Loire depuis 1994 et est

coordonné par l'association

Premiers plans depuis 2000.

Le Festival Premiers plans d'Angers

a pour objectif de révéler les jeunes

talents grâce à une sélection

officielle de 60 premiers films

européens en compétition. 20 prix

sont décernés par le public et un

jury présidé en 2003 par Jeanne

Moreau. Hommages et

rétrospectives sensibilisent le public

au cinéma du patrimoine et

d'aujourd'hui. Des comédiens de

renom mettent leur talent au service

de lectures publiques de scénarios

de premiers longs métrages. Les

leçons de cinéma, forums avec les

jeunes réalisateurs, colloques sont

des occasions privilégiées de

découvrir les métiers de l’image, de

rencontrer les professionnels. Des

programmations spéciales

complètent ce large panorama :

avant-premières, programmes

thématiques, oeuvres

expérimentales ou numériques...

Les jeunes bénéficient d’un accès

privilégié au festival. Ils sont

impliqués dans des projets imaginés

en lien avec les établissements

scolaires et maisons de quartier. La

programmation de “Petits plans”

initie particulièrement les 4-11 ans

au cinéma d’animation.

En 2003, la 15e édition a rassemblé

5 6 000 spectateurs, dont 21 0 0 0

jeunes et 600 professionnels.

Pendant l’année, l’association

Premiers plans poursuit son action

cinématographique en assurant

notamment les coordinations

régionales de “cinéville” et de

“ Lycéens au cinéma”.

PREMIERS PLANS - Véronique Charrat

5 bis, rue Claveau 49100 ANGERS

Tél : 02 41 88 42 94

Fax : 02 41 87 65 83

c i n e v i l l e @ p r e m i e r s p l a n s . o r g

w w w. p r e m i e r s p l a n s . o r g

actions cinéma / audiovisuel projections / 4 5


P I C A R D I E

Une pédagogie du d é s i r

Le département éducation à l’image de l’Acap, Pôle Image Région Picardie, a lancé en 2001 le programme

d’action culturelle cinématographique “Des regards, des images”, qui prolonge les objectifs d’“un été au

ciné-cinéville”.

A

u sein de l’Acap sont regroupés la

coordination “un été au cinécinéville”,

“Lycéens au cinéma” et

la coordination du pôle. “Les actions

complémentaires à ces dispositifs se démultipliant,

nous ne pouvions plus répondre systématiquement

à toutes les demandes

spontanées” explique Pauline Chasseriau,

coordinatrice du Pôle d’éducation à l’ i m a g e ,

“C’est pourquoi nous avons organisé un

programme général intitulé “Des regards des

images”. Il nous permet d’être force de proposition

et de structurer différentes actions transversalement

aux dispositifs existants”.

““Des regards, des images” est né de la volonté

de la coordination de mettre chacun en situation

d’appliquer à des images télévisuelles

et cinématographiques la plénitude d’une

attention, d’une réflexion” souligne Olivier

Meneux, Directeur de l’Acap, “pour comprendre

que le cinéma est une construction, mettre

en évidence les procédés et les dérives potentielles

du montage, analyser les principes de

mise en scène des séquences…”.

Il met ainsi l’accent sur la lecture d’images,

le “geste sensible” et la rencontre essentielle

entre le stagiaire, le relais et l’ a c c o m p a g n at

e u r, auteur réalisateur ou médiateur. Il s’agit

au cours d’une ou plusieurs rencontres de

provoquer des débats, de confronter le point

de vue d’un auteur aux interrogations des

spectateurs, “d’initier une pédagogie du désir”.

Les ateliers proposés dans le cadre du

4 6 / projections actions cinéma / audiovisuel

programme sont de contenu et de durée variables,

d’une heure et demie à plusieurs jours

dans le cas des ateliers de pratique artistique.

Certains privilégient la théorie, comme “La

peur au cinéma”, qui entreprend “d ’ a n a l y s e r

la mise en scène de séquences qui provoquent

le sentiment de la peur chez les spectateurs”.

Y sont étudiées les notions de suspense, de

hors-champ, à partir de scènes et de plans

choisis dans toute l’histoire du cinéma, et qui

visent à cerner les procédés caractéristiques

des films d’épouvante. L’atelier “Du geste au

regard” propose une approche plus concrète,

axée sur la découverte des métiers du cinéma.

Il s’inscrit surtout dans une perspective de

rencontre avec un créateur, autour des œuvres

q u’il a accompagnées ou réalisées. “Ce

programme ne se conçoit pas sans l’apport de

professionnels du cinéma” explique Ma r t i n e

Davion, coordinatrice régionale d’“un été au

ciné-cinéville”. “Les actions proposées sont

menées par des réalisateurs, des scénaristes

et des techniciens impliqués dans une démarche

de formation du regard des spectateurs.

Elles doivent être obligatoirement liées à une

sortie en salle - au moins - au cours de l’ a nn

é e ” .

E n fin, un atelier comme “La fabrique des

images” associe théorie et pratique, “alterne

le “voir” et le “faire””. “Il permet aux élèves

de réfléchir à la notion de mise en scène cinématographique

à partir d’extraits de fi l m s ;

les intervenants mettent en évidence les fi l s

invisibles qui relient les œuvres, ils aiguisent

l’attention des élèves et, sollicitant leur participation

orale, les engagent à découvrir euxmêmes

les principes essentiels du cinéma”

explique Martine Davion. “En complément

de cette approche théorique, des expérimentations

sont proposées pour sensibiliser les

participants à l’évolution de l’image et favoriser

leur réflexion” .

Pour le moment, ce dispositif opère surtout

en milieu scolaire, mais il se développera également

en milieu pénitentiaire. Ainsi, en 2004,

le programme devrait être proposé à des détenus

de longues et moyennes peines et à des

détenus mineurs, au travers d’ateliers d’expression

et l’organisation de temps de rencontres

autour de films. “Nous voulons développer

le programme auprès d’organismes de formation

qui ne sont pas des établissements scolaires,

et qui concernent plutôt des jeunes

déconnectés du système éducatif” conclut

Pauline Chasseriau. ◗


Prises de parole

■ Comme les années précédentes, une rencontre

régionale réunissant l’ensemble des stagiaires des

différents ateliers “un été au ciné-cinéville” s’est

déroulée le vendredi 24 octobre à Te r g n i e r, lieu

central de Picardie. Cette journée se veut surtout

un moment convivial de rencontres et d’échanges

entre les jeunes des différents ateliers qui se sont

déroulés en Picardie et entre les coordinateurs

locaux. Une occasion de se retrouver tous ensemble,

de découvrir le travail de chacun. L’ a p r è s - m i d i

a été l’occasion d’un temps de détente et de réflexion

autour du court-métrage d’animation, en compagnie

de Yann Goupil de l’Agence du court métrage

Dans la chambre noire

Atelier vidéo

■ La dernière séance rencontre de la saison 2003

s’est déroulée à Gauchy (Aisne) le vendredi 21 novembre.

Cette séance, initiée par l’Acap et organisée par

la Maison de la culture et des loisirs de Gauchy était

proposée dans le cadre du “Mois du film documentaire”

au cours duquel l’Acap proposait aux différentes

salles de la région une tournée avec le

réalisateur Samuel Aubin qui accompagnait son

film documentaire La chambre noire de Khuong Mê.

Cette œuvre tournée au Vietnam est à la fois un

portrait du réalisateur vietnamien Khuong Mê et

un questionnement sur la place de l’ a u t e u r, la liberté

de création, tant en Occident que dans les pays

soumis à la dictature. La première partie de la soirée

s’élaborait autour du film de l’atelier que les jeunes

de Gauchy ont réalisé cet été et du court métrage

Sa l a m réalisé par Souad El Bouati, jeune réalisa-

et de Nicolas Bellanger, réalisateur de films d’animation.

Autour d’un atelier de programmation, les

nombreux jeunes ont pu visionner une heure et

demie de courts métrages d’animation, sélectionnés

par l’Agence du court métrage et, partagés en

plusieurs groupes, sont ensuite passés de la position

de spectateurs à celle de programmateurs.

En dépassant la première réaction “j’aime, je n’ a i m e

pas”, ils se sont interrogés sur les différentes

techniques d’animation, sur les rythmes, les esthétiques,

les thèmes et ont élaboré un choix de 3 fi l m s

q u’ils ont ensuite dû défendre, en salle, devant l’ e nsemble

du groupe.

S e n s i b i l i s a t i o n

■ Dans le cadre d’“un été au ciné-cinéville”, l’Ac a p

a proposé deux journées de sensibilisation au

cinéma pendant les vacances de Pâques 2003.

S’adressant aux coordinateurs des villes partenaires,

aux animateurs socioculturels et aux participants

des ateliers, ces temps de rencontre ont

permis, à travers la programmation de courts métrages,

d’appréhender la diversité culturelle et esthétique

offerte par le cinéma. Il s’agissait de réflechir

sur la notion de création en s’appuyant en permanence

sur le regard et l’expérience de professionnels

du cinéma et de la culture. Pour ces deux

premières journées qui ont eu lieu à Amiens

( Somme) et à Tergnier (Aisne), les différents participants

ont pu rencontrer Yann Goupil, de l’A g e n c e

du court métrage qui leur a proposé une petite

incursion dans l’univers de la forme courte, et Aline

Ahond, réalisatrice qui, à partir de la projection de

son film Un âne, a fait découvrir les principes qui

président à la création animée.

trice ayant encadré l’ a t e l i e r. Ces diverses projections

ont permis une soirée très riche en échanges, en

débats, entre les spectateurs venus nombreux pour

cette première opération de ce type à Ga u c h y. Les

deux réalisateurs présents ont répondu, chacun

après la projection de leur film, aux questions du

public portant autant sur la diffusion de deux genres

cinématographiques encore assez peu représentés

en salles de cinéma : le court métrage et le fi l m

documentaire que sur les sujets des films présentés.

Cette soirée très chaleureuse s’est terminée

autour d’un verre pour découvrir une exposition de

photographie sur le Cambodge, réalisée par un

jeune de la région, Amin Toulors, qui a également,

tout au long de l’été, immortalisé différents moments

forts en photographiant des séances plein air, des

séances rencontres et des ateliers.

“un été au ciné-cinéville”

en région Picardie

les chiffres

Sont concernés 11 villes, 14 cinémas,

48 écrans et 41 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

20 séances de cinéma plein air,

9 séances spéciales, 15 ateliers,

2 journées de sensibilisation et une

rencontre régionale ont été

organisés. 8 800 contremarques

CNC et 16 100 contremarques villes

ont été distribuées.

les villes

Abbeville, Amiens, Beauvais,

C h a u n y, Doullens, Gauchy, Hirson,

Mers-les-Bains, Saint-Quentin,

Soissons, Te r g n i e r.

la coordination régionale

A c c o m p a g n e r, repérer, transmettre ;

au sein de ses trois départements

(éducation à l’image ; création /

tournages ; diffusion culturelle),

l ’Acap Pôle image Picardie fonde

son action sur l’émergence et

l’accompagnement de projets

exigeants en matière de

développement cinématographique

i n d é p e n d a n t .

Au sein du projet général de l’A c a p ,

les actions développées dans le

cadre du Pôle d’éducation à l’image

représentent un volet essentiel.

Cette problématique d’action

culturelle cinématographique

défendue par l’Acap se définit

suivant deux grands axes :

■ la coordination d’opérations

régionales et de dispositifs

d’éducation à l’image tels que

“ Lycéens au cinéma“ et “un été au

c i n é - c i n é v i l l e ” ,

■ le développement d’un réseau

régional et d’actions transversales

autour de l’éducation

cinématographique et de la

médiation culturelle : “Des regards,

des images”, ateliers de pratique,

interventions en milieu scolaire,

identification et formation de

personnes relais, séances

r e n c o n t r e s .

L’Acap coordonne le dispositif “un

été au ciné-cinéville” depuis 2000.

ACAP – PÔLE IMAGE PICARDIE

Olivier Meneux, Martine Davion

4 rue Albert Dauphin

80000 AMIENS

Tél : 03 22 72 68 30

Fax : 03 22 72 68 26

i n f o @ a c a p - c i n e m a . c o m

actions cinéma / audiovisuel projections / 4 7


P O I T O U - C H A R E N T E S

“un été au ciné-cinéville”

en région Poitou-Charentes

les chiffres

Toutes les communes impliquées

rassemblent un très large

p a r t e n a r i a t : 115 partenaires

(associations, entreprises privées,

services déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

35 séances de cinéma en plein air,

1 1 séances spéciales avec la mise en

place d’une politique tarifaire

incitative pour les moins de 25 ans

et certains adultes

accompagnateurs, 21 ateliers,

3 formations d’animateurs ont été

organisés.

les villes

Les agglomérations d’A n g o u l ê m e ,

Niort, Poitiers et La Rochelle, les

communes de Barbezieux,

Châtellerault, L’Isle-Jourdain et les

cantons du Sud Vienne.

la coordination régionale

“un été au ciné-cinéville” se

développe sur le Poitou-

Charentes depuis 1997. Confié à

la fédération régionale des MJC,

ce dispositif est d’abord mis en

œuvre par la MJC Les 400 coups

à Châtellerault et, depuis 2001,

par la MJC Aliénor d’Aquitaine à

P o i t i e r s .

La MJC Aliénor d’A q u i t a i n e

œuvre depuis de nombreuses

années pour l’accès à la culture

par le film. Elle mène une action

cinématographique globale

(diffusion, animation, formation,

développement des pratiques

amateurs, aide à la création) en

direction des enfants, des jeunes,

des publics de quartiers

notamment les plus exclus de

l’offre culturelle.

La MJC Aliénor coordonne

également le dispositif “École et

cinéma” sur le département de la

V i e n n e .

MJC ALIÉNOR D'AQUITA I N E

Christine Payen, Thierry Albert

37, rue Pierre de Coubertin - BP 453

86011 POITIERS Cé d e x

Tél : 05 49 44 53 52

Fax : 05 49 44 53 53

c i n e g a m i n @ a c - p o i t i e r s . f r

4 8 / projections actions cinéma / audiovisuel

Q u e s t i o n s d ’ é t h i q u e

En abordant la thématique de l’immigration, “Devoirs de mémoires”

soulève des questions cruciales sur la responsabilité du “faiseur

d’images”. Exemple avec un atelier en cours à Angoulême.

T

rès suivie en Poitou-Charentes, où elle

a donné lieu à de multiples séances

spéciales, la thématique “Devoirs de

mémoires” a permis d’initier une série

d’ateliers de réalisation dans plusieurs villes t e l l e s

que Châtellerault, Poitiers, La Rochelle ou Angoulême.

Pierre Mathios, conseiller d’éducation

populaire et de jeunesse à la Direction régionale

de la jeunesse et des sports, membre du comité

de pilotage régional d’“un été au ciné”, a supervisé

la coordination de ces ateliers et s’est consacré

plus particulièrement à celui d’Angoulême.

Il rassemble un groupe composé de sept jeunes

filles et d’un garçon, de différents quartiers

(Basseau, La Grande Garenne, La Co u r o n n e )

ainsi que des animateurs. Tous ont suivi durant

l’automne 2003 une période de formation destinée

à enseigner les bases de la technique et du

langage audiovisuels. Parallèlement, les jeunes

filles ont développé une réflexion sur le thème

q u’elles souhaitaient aborder : la place de la

femme.

“Plusieurs d’entre elles, ainsi que le garçon, sont

d’origine algérienne”, explique Pierre Ma t h i o s ,

“d’autres ont des liens indirects avec ce pays.

Elles s’intéressent à la place de la femme et à la

façon dont celle-ci a pu évoluer, notamment pour

leurs aînées. En outre, plusieurs de ces jeunes

filles sont membres de l’association “Ni putes,

ni soumises”. Elles sont pour une libération de

l’image de la femme. Il y aura donc sûrement

une dimension militante dans leur fi l m”. Ma i s ,

précise-t-il, “la revendication de la tradition culturelle

et religieuse est aussi présente chez elles.

Je ne crois pas que ce sera un film de rupture. Il

s’agit plutôt de partir de la revendication de la

tradition et d’aller vers une négociation en faveur

d’une évolution de la place de la femme.”

Pierre Mathios ne sait pas encore s’il s’agira d’un

documentaire ou d’une fiction, “sans doute un

mélange des deux”. Il sait en tout cas que le sujet,

par ses enjeux, nécessite une réflexion profonde

sur les moyens d’expression.

“Les filles qui participent à cet atelier sont assez

“rentre-dedans”. Il leur faut se poser des questions,

non pas de censure, mais sur la manière

de dire les choses : à qui et comment ? Co m m e n t

conserve-t-on son idée tout en modifiant la

Poitiers, atelier de réalisation du film Mode in Fr a n c e


f o r m e ? Ce film est destiné à être diffusé dans les

quartiers, pas à rester dans les placards. Il s’agit

d’une démarche citoyenne au sens réel du terme.

Quelle est ma responsabilité quand je fais des

images et des sons sur un sujet comme celui-là,

sur les rapports avec l’Algérie, avec toute la charge

historique et affective que cela induit ? ”

Ces problèmes, Pierre Mathios a tenu à les aborder

dès le stade de la formation répartie en plusieurs

sessions aux titres éloquents : “Juste une image (et

un son) “, “Images en force mais pas en vrac”, “L’ a udiovisuel

n’est pas que de l’image”.

“ Cette formation avait plusieurs enjeux” expliquet-il.

“Aider à mieux maîtriser les images et les sons,

leur impact sur le public ; amorcer une réflexion

sur la fabrication des images, leur diffusion ; mais

aussi dégager une ligne éditoriale claire et une position

idéologique pertinente”.

Pierre Mathios tenait à ce que les filles n’ a v a n c e n t

pas trop dans l’écriture de leur projet avant d’avoir

fini la formation. “Je souhaitais qu’elles aient une

idée précise de ce qu’il est possible de faire ou non

avec nos moyens techniques”. Le film doit être

tourné début 2004 et terminé en avril. Comme les

autres films d’ateliers “Devoirs de mémoires” tournés

dans les villes de la région et censés fi g u r e r

dans la compilation, sa durée finale devrait être de

deux minutes. Il s’inscrit dans un projet d’ens

e m b l e : une compilation de films apportant chacun

un éclairage sur un aspect de l’immigration.

“ L’idée, une fois les films achevés, serait de réunir

toutes les équipes de tournage à Poitiers pour

une journée de rencontre et de visionnage. No u s

choisirons tous ensemble l’ordre des films. Quand

la compilation sera réalisée, en cassettes ou en DVD,

les films repartiront sur le terrain, dans les quartiers”.

Les structures locales pourront organiser des

séances et des débats avec l’équipe réalisatrice, à

même de parler également des films des autres

grâce à la journée de rencontre. Beaucoup de débats

en perspective ! ◗

Semaine animée pour Aliénor d’Aquitaine

■ Illusion d’optique

Venus des centres de loisirs de Po i t i e r s ,

une trentaine d’enfants de 7 à 11 ans ont

participé lundi 27 et mardi 28 octobre à

un atelier de sensibilisation aux ancêtres

du cinéma. L’objectif étant de faire

comprendre aux enfants comment le

mouvement vient aux images par la réalisation

de jouets optiques.

■ Papiers découpés

Me r c r e d i 29 : l’initiation s’est poursuivie

avec la réalisatrice de films d’animation,

Juliette Loubières. Un bref retour sur les

principes de la persistance rétinienne à

travers la présentation de jouets optiques

déjà fabriqués par les enfants, et la réalisatrice

crée le lien entre ces ancêtres du

cinéma et le film d’animation.

Sous les yeux des enfants, Juliette Loubières

anime un personnage dessiné “e n

éclaté” devant la caméra. À la lecture, le

personnage se met en mouvement.

Au tour des enfants d’expérimenter. Un

Le mal de mer

■ Nicolas Habas, jeune réalisateur poitevin,

tournera son 1er court-métrage en 35mm

à l’Île de Ré en mai 2004. Nicolas est un

habitué des ateliers avec les jeunes ; il a

notamment encadré le groupe du Rhône

qui a réalisé Vidéo Vaulx Ma t o n (primé à la

Villette cet automne). La réalisation de L e

mal de mer va permettre à des jeunes du

Atelier réalisation de film d’animation

temps d’adaptation pour dessiner “e n

éclaté”, un autre temps pour inventer une

histoire, et chaque groupe vient animer ces

personnages et décors en papiers découpés.

Ils réalisent la prise de vues, l’ a n i m ation

sous la caméra.

En fin d’atelier, les enfants regardent les

séquences tournées avant de filer à la séance

spéciale autour des films d’animation du

programme Zo z o r.

■ La séance de Zo z o r

273 personnes, dont une centaine d’enfants

des maisons de quartiers, ont assisté

à la séance de “Zozor”. Juliette Loubières

a d’abord présenté les six courts-métrages

(La boxe, Une bombe par hasard, Crac!, Je u

de coudes, Tin To y, Little wolf) avant d’apporter

des explications sur la fabrication

des films d’animation. La séance s’est poursuivie

par un échange avec le public, la

démonstration en direct d’une marionnette,

ainsi que la présentation d’éléments

de tournages : décors, story-board…

Poitou-Charentes de suivre la création d’un

fi l m : lire un scénario, aller sur le tournage,

rencontrer l’équipe… À sa sortie, “un été au

ciné-cinéville” organisera des projections

dans les salles de la région (comme cela avait

été le cas avec ses réalisations vidéo), suivies

de rencontres avec Nicolas et l’équipe du

fi l m .

actions cinéma / audiovisuel projections / 4 9


PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR

PO R T R A I T

Sylvie Frémiot est de ces artistes qui ont choisi

5 0 / projections actions cinéma / audiovisuel

sylvie f r é m i o t,

l’école buissonnière et ses chemins de traverse. Si

elle a abandonné les études avant le bac, elle a passé

un C.A.P. de photographie afin d’avoir quelques

bases et un diplôme. Elle s’est toujours intéressée

à tout ce qui concerne l’image et plus particulièrement

à la photographie, s’inspirant de ce qu’ e l l e

voit ou manipule. “Depuis toute petite, j’aime

bidouiller des choses, avec beaucoup d’objets récupérés

que je détourne et auxquels je donne une

seconde vie. Gamine, je fabriquais des voitures

avec des bouchons lorsque les autres fi l l e s

jouaient à la poupée.”

Après une enfance dans les Vosges et les

Bouches-du-Rhône, puis un passage de trois

années à Paris, Sylvie Frémiot habite douze

ans en Ardèche. Elle y effectue du bénévolat

au sein de diverses associations, l’ u n e

d’elles ayant pour objet l’“Éducation au recyclage

artistique des déchets ménagers”.

Dans ce cadre, elle anime des ateliers avec

des enfants et des adultes où elle utilise

l’image, surtout sous la forme de collages

et de photomontages. Pa r a l l è l e m e n t

à cela, elle poursuit son travail photographique,

abandonnant le traditionnel

24 x 36 au profit de la technique

du sténopé, ce petit trou pratiqué en

guise d’objectif photographique dans

l’une des cloisons de la chambre

noire des origines. Elle fabrique ellemême

ses chambres noires à partir

d’une boîte en fer blanc dont elle

peint l’intérieur en noir, perce l’ u n e

des faces et dans laquelle elle place

un papier couvert d’une émulsion

photosensible réalisée par ses soins.

Ainsi, pour entreprendre quelque chose, Sylvie

Frémiot ressent le besoin de comprendre comment

cela fonctionne, notamment avec l’ e x t é r i e u r, par

exemple, avec l’œil. “Je reviens aux origines de la

photographie. Je travaille sur la capture des images

avec le sténopé et sur leur conservation en fabriquant

moi-même ma gélatine. J’utilise la toute

première gélatine mise au point dont j’ai trouvé la

formule dans un vieux livre acheté sur un marché

aux puces. Très proche de celle que l’on utilise pour

la sérigraphie, cette gélatine a rapidement été abandonnée

par la photographie. Dans le cadre d’ateliers,

elle permet de comprendre comment garder

la trace d’un objet, d’en effectuer une radiographie,

PH O T O G R A P H E

de jouer sur l’ombre et la lumière”. Sylvie Fr é m i o t

expérimente notamment les différentes possibilités

données par le sténopé et la chambre noire,

travaillant par exemple sur les formes de la boîte

et du papier qu’elle y place, en vue d’explorer l’ i m aginaire.

Influencé par le dadaïsme, le surréalisme

et par des artistes tels que Man Ray - pour qui tout

restait à faire en photographie -, Laszlo Mo h o l y -

Nagy et Annette Me s s a g e r, le travail de Sylvie

Frémiot tourne essentiellement autour de la photographie

qu’elle qualifie de “plasticienne”. On y

remarque aussi une prédilection pour le plein air e t

ses éléments naturels qui font ressortir davantage

les matières et les détails, notamment sur les

supports de grande taille - un mètre par un mètre

cinquante - parfois utilisés. S’il n’a pas de thématique

précise, le travail s’attache à mener une

réflexion sur l’art, la vie, la mort et l’acceptation de

celle-ci.

Il y a un peu plus de deux ans, éprouvant un besoin

de nouveauté, Sylvie Frémiot s’installe à Ma r s e i l l e

avec le désir de montrer son travail et de rencontrer

des personnes au contact desquelles elle sera “tirée

vers le haut”. Convaincue qu’il faut créer du lien

entre des gens de générations et d’origines différentes,

elle développe sa recherche débutée en

Ardèche. Au sein des associations Lézarap’art et

Séri’limitée, elle anime des ateliers dans des écoles

ou des centres sociaux des quartiers nord de

Marseille ou des villes avoisinantes.

Pour elle, utiliser des techniques simples permet

aux participants de fabriquer des objets, de se les

approprier et d’avoir une approche expérimentale,

de chercher des choses, pas seulement de se servir

d’un outil. Alors, elle effectue un atelier au pied

des immeubles de la cité des Aygalades, réunissant

enfants, adolescents, adultes et personnes

âgées afin qu’ils se réapproprient leur quartier à

l’aide du sténopé. Ils constituent une espèce de

radiographie des habitants de la cité. Dans le cadre

du dispositif “un été au ciné-cinéville”, elle anime

durant un mois et demi un atelier sur la ville de

Ga r d a n n e . Au cours de celui-ci, elle effectue un

travail d’éducation à l’image, abordant les différentes

techniques du cinéma selon leur ordre d’apparition

au cours de l’ h i s t o i r e : sténopé,

praxinoscope, colorisation d’images, grattage de

pellicule, réalisation de films d’animation en

super-8, animation d’objets, pixillation…

Avec toujours ce souci premier : expérimenter.

BO R I S HE N R Y


Autour de la double peine

■ Repéré par “un été au ciné-cinéville “ bien avant

sa sortie, On n’est pas des marques de vélo, de Je a n -

Pierre Thorn, “portrait de Bouda, jeune danseur hiphop

de 30 ans, entré en France à l’âge de 4 mois et

victime aujourd’hui de la loi dite de la double peine”,

a fait l’objet d’une attention particulière au sein du

réseau. En région Provence-Alpes-Côte d’A z u r, une

petite tournée a été mise en place autour de Ma r s e i l l e .

L’Alhambra, Le Méliès à Port-de-Bouc et le Je a n

Renoir à Martigues ont accueilli le film et son réalis

a t e u r, les 11 et 12 novembre. Ces séances avaient

fait l’objet d’une préparation en amont, où des groupes

de jeunes s’étaient particulièrement impliqués.

Pendant deux jours en juillet, dans l’atelier du

cinéma l’Alhambra, un petit groupe de jeunes et

d’animateurs a travaillé à la préparation de cette

Un cahier des charges pour le plein air

■ Consciente des efforts techniques à apporter pour

l’amélioration des séances de cinéma en plein air,

la coordination régionale Provence-Alpes-Cô t e

d ’Azur a proposé un cahier des charges complet,

présenté aux partenaires lors d’une réunion régionale.

La rencontre sensible avec le film doit en effet

pouvoir se dérouler dans les meilleures conditions

possibles. Qu’est-ce qu’implique une installation

en plein air ?

Peut-être d’abord de recréer un espace, c’est-à-dire

d’occuper de façon spécifique l’espace public

pour permettre au spectacle d’avoir lieu. Dans une

cité, au pied des immeubles, sur une place de village,

sur un parking, sur une route fermée à la circulation...

Délimiter un espace, une place, sans forcément

de frontières physiques (ni barrières, ni cordon

de sécurité), signifier un contexte pour recréer un

“ l i e u” et une “communauté”, ceux de la salle de

spectacle. Délimiter et signaler, c’est imaginer une

séance spéciale. Avec Naïma, Riad, Bilal qui avaient

déjà vu le film, comme d’autres copains de sa cité,

sur Arte, un lundi soir tard, les discussions furent

intenses. La rencontre avec Je a n - Pierre Thorn en

novembre a prolongé les débats avec un éclairage

nouveau… Le petit groupe qui avait préparé la séance

a profité jusqu’au bout de tous les instants, jusqu’ à

la fermeture de la salle !

À Port-de-Bouc, pour

ceux qui étaient

présents à la séance,

le film fut une découverte

et le point de

départ d’une discussion

avec le réalisateur

sur l’histoire du

hip-hop, sur la loi et

la double peine, en

écho avec leurs propres

histoires.

À Martigues, aussi,

quatre centres

sociaux s’étaient

emparés du projet et

avaient bénéficié d’un

p r é v i s i o n n e m e n t

avec le cinéma Je a n

Re n o i r. Ils ont aussi essayé d’en savoir plus sur la

double peine en prenant contact avec la Maison de

la justice. Le soir de la séance, si tous n’ont pas osé

prendre la parole devant les autres pour poser des

questions à Je a n - Pierre Thorn, après le film, les

discussions furent beaucoup plus animées autour

du buffet qu’ils avaient préparé. Chacun a pu dialoguer

librement avec le réalisateur.

scénographie adaptée au lieu où l’écran et la cabine

de projection s’installent. Une grande affiche du

film collée sur un panneau “à l’entrée” de la séance,

à côté de la cabine, des guirlandes lumineuses

qui tracent l’espace en l’air autour des fauteuils, et

s’élancent de la cabine vers l’écran, des pendrions

noirs comme des coulisses au théâtre...

La scénographie de l’espace sonore est également

importante : musique avant la séance (musique

d ’ a m b i a n c e : quelle ambiance veut-on avant le

fi l m ?), annonce au micro, mot de bienvenue, introduction

au fi l m . . .

L’application de ce nouveau cahier des charges a

permis, selon les sites, une meilleure répartition

des tâches entre le prestataire de services et l’ o r g an

i s a t e u r, mais a surtout permis de prendre conscience

qu’une séance de cinéma en plein air doit

s’organiser comme un véritable spectacle. À suivre

l’année prochaine…

“un été au ciné-cinéville”

en région Provence-Alpes-Côte d’A z u r

les chiffres

Sont concernés 26 villes, 11 cinémas

et 150 partenaires (associations,

entreprises privées, services

déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

82 séances de cinéma en plein air,

10 séances spéciales, 15 ateliers,

5 formations ont été organisés et

1 2 projets d'encouragement à la

fréquentation des salles ont été

s o u t e n u s .

les villes

Aix-en-Provence, Apt, Arles,

Aubagne, Bollène, Brignoles, Ca n n e s

La Bocca, Carros, Digne,

Draguignan, Gardanne, Hyères, La

S e y n e - s u r - M e r, La Va l e t t e - d u - Va r, Le

Rove, Manosque, Marseille,

Martigues, Miramas, Monteux,

Nice, Port-de-Bouc, Port-Saint-Louisdu-Rhône,

Saint-André, Salon-de-

Provence, Septèmes-les-Va l l o n s .

la coordination régionale

L'Alhambra, Pôle régional

d’éducation artistique et de

formation au cinéma et à

l ’ a u d i o v i s u e l

est un équipement culturel

cinématographique public. La

finalité de son projet est de travailler

le cinéma, mais aussi l'ensemble

des démarches audiovisuelles, du

point de vue de leur dimension

artistique. L'équipe de l'Alhambra

développe une action culturelle

permanente soutenue par une

démarche pédagogique ancrée dans

l'histoire de l'éducation populaire.

Une priorité est accordée au travail

en direction des enfants et des

jeunes. Tout en favorisant les

1 0 0 000 habitants proches, l'action

de l'Alhambra rayonne sur

l'ensemble de la population de

l'agglomération marseillaise.

Mis en œuvre en région Provence-

A l p e s - Côte d’Azur depuis 1993, “un

été au ciné-cinéville” est coordonnée

par l’A l h a m b r a .

CINÉMA ALHAMBRA

Jean-Pierre Daniel

Pôle régional d’éducation artistique et

de formation au cinéma et à

l ’ a u d i o v i s u e l

2, rue du Cinéma

13016 MARSEILLE

Tél. : 04 91 46 02 83 ou 04 91 46 26 87

Fax : 04 91 03 74 08

a l h a m b r a 1 3 @ w a n a d o o . f r

actions cinéma / audiovisuel projections / 5 1


L A R É U N I O N

L’ i m a g i n a i r e tous azimuts

En attendant de donner un nouvel essor à “un hiver au ciné” en 2004, La Réunion fait la part belle aux

ateliers d’animation, tout en restant active sur le plan de la diffusion.

L’

île de La Réunion ne semble pas

le territoire le mieux situé, a priori,

pour satisfaire les appétits des

cinéphiles. C’est le département

français le plus éloigné de la capitale et le

fret, depuis Paris, est très onéreux. Deux

distributeurs se partagent le créneau du

cinéma commercial et comme aux Antilles,

il n’existe pas de billetterie CNC. “Po u r t a n t ,

on s’en sort grâce à la volonté de municipalités

comme Saint-Denis ou Sa i n t - Pi e r r e

de montrer à leurs citoyens autre chose que

ce qu’il y a toute l’année dans les salles”

déclare Armand Dauphin, de l’ a s s o c i a t i o n

Ciné(F)estival, coordinateur régional d’“un

hiver au ciné-cinéville”.

Le nombre de films diffusés dans l’île est

en effet remarquable, compte-tenu de sa

situation. “Il n’y a aucune salle d’Art et essai,

mais en cumulant les différents festivals,

on peut voir entre 80 et 100 films d’Art et

essai par an. L’île est assez active entre

septembre et décembre. En 2003, nous

avons eu des semaines thématiques sur le

cinéma d’Asie, le film social, le cinéma

méditerranéen, plus le festival de Sa i n t -

Denis, le festival jeune public… Ciné (F)esti-

5 2 / projections actions cinéma / audiovisuel

val organise deux festivals par an, l’un de

courts métrages, l’autre de longs. Tout cela

coûte cher, les manifestations s’équilibrent

avec des subventions. J’ai créé une société

spécialisée dans la diffusion de l’Art et essai,

qui travaille avec les municipalités”.

C’est dans ce contexte de diffusion intensive

qu’“un hiver au ciné-cinéville” se développe

depuis 1999. “Et depuis trois ans”,

précise Armand Dauphin, “nous mettons

l’accent sur les ateliers, de fiction, de

maquillage, mais surtout d’animation. Ils

permettent d’offrir aux jeunes un véritable

regard sur le cinéma comme outil, à travers

la découverte de différentes techniques

d’animation : la pâte à modeler, le papier

découpé. Des choses à toucher, à manier,

et pas seulement en deux dimensions”.

Que le public soit constitué d’adolescents

ou d’enfants, la difficulté reste la même :

comment capter l’attention sur une durée

de cinq à dix jours ?

“Au début, on observe un élan. Puis la lassitude

s’installe. La seule solution consiste à

instaurer des pauses régulières”. La question

de la motivation ne se pose pas seulement

pour les enfants : “la principale

Atelier cinéma d’animation

d i f ficulté concernant ces ateliers a été de

trouver des animateurs qui aient envie de

faire un travail autour du cinéma pendant

les vacances. Cela demande plus d’application,

plus d’investissement, que d’accompagner

les enfants une journée à la

p l a g e ” .

Faire comprendre qu’il n’y a ni le temps, ni

les moyens, de réaliser un long métrage,

est un autre problème. “Souvent, les jeunes

arrivent avec beaucoup d’idées et risquent

de se trouver déçus face au résultat fi n a l ,

qui dure cinq minutes. Il y a autant de

découragement que d’émerveillement.

Heureusement, certains se montrent attachés

au travail qu’ils ont fait, ils y trouvent

une valorisation personnelle. En tout

cas, ils découvrent tous un univers et un

certain nombre de valeurs, notamment la

p a t i e n c e ” .

Pour Armand Dauphin, ces ateliers permettent

d’articuler de façon positive temps

scolaire et temps libre. “Les jeunes peuvent

se réapproprier l’espace de la salle de classe,

dans lequel se déroule souvent l’ a t e l i e r,

en laissant leur imaginaire partir tous

azimuts. Pour les enfants, qui ont l’ h a b i-


tude d’écouter le maître plutôt que de donner

leur avis, c’est un cap à franchir”.

À La Réunion, les dispositifs scolaires d’éducation

à l’image concernent un nombre conséquent

de jeunes, entre 20 et 25 000 par trimestre sur

les trois différents niveaux. À l’ a v e n i r, “un hiver

au ciné-cinéville” devrait pouvoir toucher un

nombre croissant d’entre eux, grâce au développement

de nouveaux volets. “C’est seulement

cette année, en 2003, que nous avons mis en

place les séances spéciales, avec M é t r o p o l i s d e

R i n t a r o”, explique Armand Dauphin. “Elles ont

bien fonctionné et nous allons continuer. No u s

réfléchissons aussi à la mise en place de séances

plein air réparties sur le reste de l’ a n n é e .

Elles nous permettront d’attirer davantage de

spectateurs. Cela devrait s’effectuer d’ici le mois

de mai 2004. Les ateliers resteront concentrés

sur les trois semaines de centres aérés, en juillet

en août”.

À La Réunion, l’opération est encore jeune,

mais Armand Dauphin ne cache ni son optimisme,

ni sa volonté : “cette année, elle va trouver

son rythme et prendre une nouvelle

d i m e n s i o n”. ◗

M a k e - u p

■ Cet atelier était destiné en priorité aux plus petits qui ont pu, le temps d’une journée,

s’initier à l’art du maquillage et observer l’évolution de la création des maquillages

sur leurs camarades. L’art du maquillage permet aux enfants de laisser libre

cours à leur imagination. Ils approfondissent leurs univers de jeu, par exemple en

émettant le désir de se faire maquiller comme les héros de leurs films préférés

(Spiderman, tortue Ninja, Batman, etc.). Les filles étaient fortement attirées par les

maquillages représentant des personnages de contes de fées tels que : les princesses,

les fées ou les papillons... Quant aux garçons, ils s’interessaient beaucoup plus

aux maquillages permettant de mettre en valeur les animaux de la jungle, comme

les tigres ou les lions, mais également par des dessins reproduisant des héros de

cinéma et de bandes dessinées.

La main à la pâte

■ Dans l’imaginaire des enfants, on perçoit souvent

l’influence de la télévision et du cinéma lorsqu’ i l s

discutent entre eux. Le mystère de la main verte, fi l m

réalisé à Saint-Benoît, s’inspire de la Famille Ad a m s,

des films fantastiques et d’horreur, auxquels s’ajoute

une bonne dose de réalisme social qui se révèle

notamment dans la scène finale du film. Les enfants

avaient comme challenge d’imaginer et de tourner

leur film en 4 jours. Dès que l’histoire fut trouvée,

ils ont été divisés en plusieurs groupes, afi n

d’avancer simultanément sur les différentes étapes.

Pendant que certains s’occupaient du dessin des

personnages et des décors, les autres commençaient

le découpage. Une fois les premiers éléments

de décors et de personnages confectionnés, l’ a n imation

commença avec un groupe tandis que d’autres

terminaient l’écriture des dialogues. Cet atelier

a permis aux enfants de reprendre contact avec des

mots comme patience, organisation et travail. L’ o bjectif

final était de réaliser un film, dans une

ambiance ludique. Les enfants ont été largement

satisfaits.

Atelier de film de fiction

■ Une vingtaine d’enfants fortement motivés par

l’idée de faire un film ont été sélectionnés le

premier jour de l’ a t e l i e r. Ils ont pris connaissance

du scénario qui avait été écrit par d’autres enfants

d’une école de Saint-André au cours de l’ a n n é e

scolaire et qui traitait de la protection de l’ e n v ironnement.

Après la lecture de l’histoire, la

méthode de travail a été expliquée. Un temps

important fut consacré à la prise de conscience

des unités de lieux et de temps. Cet atelier fut réellement

bénéfique pour ces enfants qui participaient

pour la première fois à ce type d’activité.

Ils ont découvert un univers qui nécessite patience,

répétition et travail. Déconcertés au début, ils se

sont appropriés l’atelier au fil du temps.

“un hiver au ciné-cinéville”

à La Réunion

les chiffres

Sont concernés 5 villes, 3 cinémas,

3 écrans, 6 partenaires.

8 séances spéciales, 12 ateliers ont

été organisés.

les villes

Saint-André, Saint-Pierre, Saint-

Benoît, Sainte-Anne, Saint-Denis.

la coordination régionale

L'association Ciné(F)estival organise

depuis 1997 le “Festival du court

métrage de Saint-Benoît” où sont

programmés environ 150 films

internationaux. Depuis 2002, le

“ Festival du film de Saint-Denis”,

consacré aux longs métrages

présente de 25 à 30 films. Ce s

actions de diffusion de films d'art et

d'essai permettent aux spectateurs

d'avoir accès à un regard

cinématographique sur des films qui

n'ont pas accès aux salles

commerciales. En parallèle de ces

deux actions de promotions d'un

cinéma d'auteur, Ciné (F)estival est

coordinateur régional des dispositifs

nationaux de sensibilisation du

jeune public : "École et cinéma",

" Collège au cinéma" et "Lycéens au

cinéma", ainsi que de la section

Baccalauréat cinéma du Ly c é e

Boisjoly Potier, mis en place en

2001. Enfin, la dernière action de

Ciné (F)estival est la coordination de

l'opération “un hiver au cinécinéville”

auquel La Réunion est

associée depuis 2000.

CINÉ (F)ESTIVAL

Armand Dauphin, Anne Co u r t e s o l l e ,

Kelly Rochefeuille

131 Rue Victor Le Vigoureux

97 410 SAINT-PIERRE

Tél : 02 62 25 32 68

Fax : 02 62 25 12 65

cinefestival@wanadoo.fr

w w w.cinefestival.fr

actions cinéma / audiovisuel projections / 5 3


R H Ô N E - A L P E S

“un été au ciné-cinéville”

en région Rhône-Alpes

les chiffres

Sont concernés 24 villes,

3 1 cinémas, 63 écrans et

1 0 8 partenaires (associations,

entreprises privées, services

déconcentrés, collectivités

t e r r i t o r i a l e s ) .

98 séances de cinéma en plein air,

33 séances spéciales, 30 ateliers,

1 6 formations et 3 autres actions

spécifiques ont été organisés et

2 4 000 contremarques ont été

d i s t r i b u é e s .

les villes

Albertville, Annecy, Annonay,

Aubenas, Bourg-en-Bresse, Bron,

Caluire, Chambéry, Cluses, Cr a n -

G e v r i e r, Decines, Grenoble, Ly o n ,

Neuville-sur-Saône, Roanne,

Roissard, Romans, Saint Quentin

Fa l a v i e r, Saint-Étienne, Saint-Martind’Hères,

Valence, Va u l x - e n - Ve l i n ,

Vénissieux, Villard-Bonnot,

Villefontaine, Villefranche-sur-Saône,

Vizille, Vo i r o n .

la coordination régionale

Créée en 1986, l'Association des

cinémas de recherche indépendants

de la région alpine (ACRIRA)

regroupe aujourd'hui 32 salles

classées Art et essai et Recherche.

Les missions de l'ACRIRA sont les

suivantes :

■ la défense du cinéma art et essai et

recherche par la découverte en

amont de films, et leur mise en

circulation dans les salles

a d h é r e n t e s ,

■ la mise en place d'animations

diverses : avant-premières, reprises

ou création de cycles, rencontres

avec des réalisateurs, des

comédiens, des professionnels du

c i n é m a . . . ,

■ le développement de projets

spécifiques et la programmation de

films de qualité à destination du

jeune public,

■ l'ACRIRA met en œuvre un projet

intitulé Cinéma et Société,

■ la mise en place de visionnement

pour les exploitants,

■ la défense de certains courts

métrages réalisés en région.

Elle est également chargée de :

■ la coordination de “Lycéens au

Cinéma” en Rhône-Alpes,

■ la coordination de l'opération “un

été au ciné-cinéville” en région

Rhône-Alpes depuis 1998.

A C R I R A

Yvette Zulian

2, square des Fusillés / 159, cours Berriat

38000 G R E N O B L E

Tél : 04 76 21 61 93

Fax : 04 76 21 06 54

y v e t t e . z u l i a n @ w a n a d o o . f r

5 4 / projections actions cinéma / audiovisuel

Décloisonner

les ateliers

Des ateliers de réalisation en prise avec toutes les réalités du terrain : un

point de vue soutenu par Jean-Louis Rossi, animateur culturel à la MJC

Robert Martin, coordinateur “un été au ciné-ciné ville” pour la ville de

Romans.

n 2002, un groupe de jeunes a pris la

E

caméra pour interroger les habitants

du quartier résidentiel des Ors, à

Romans, sur les problèmes de communication

entre générations. À travers ce questionnement,

ils cherchaient à faire part du

sentiment de rejet dont ils se sentaient victimes

de la part des adultes, et que le score du front

national - très élevé dans ce quartier - avait soudainement

accru. Le résultat fut un documentaire

de 20 minutes, intitulé Les murs ont la parole ( v o i r

P r o j e c t i o n s n° 5).

En 2003, Jean-Louis Rossi a souhaité proposer

une suite à ce documentaire. “L’idée était

de retravailler sur le lien entre les générations.

Cette fois, des adultes auraient interviewé les

jeunes. Mais le projet n’était pas jugé assez

mûr et le temps a manqué”. S’il n’a pas eu le

temps de donner une suite aux Murs ont la

p a r o l e, Jean-Louis Rossi a eu en revanche celui

de mener une réflexion sur les ateliers de réalisation.

Pour lui, il est nécessaire aujourd’hui

de les replacer dans une perspective “sociale,

environnementale et globale”.

“Le contexte de l’an passé a été un choc” expliquet-il.

“Il nous a poussé à réfléchir sur des projets

beaucoup plus ancrés dans la situation réelle des

quartiers. On ne peut plus travailler avec des

jeunes dans un atelier sans tenir compte des

données politiques ou sociales”. Cette conviction

l’oriente tout naturellement vers le documentaire,

“qui permet un travail ancré dans le réel,

dans une recherche de sens. Avec lui, on va bien

au-delà du registre de l’occupationnel. Les questions

esthétiques y sont omniprésentes : apprendre

à faire un plan, penser le point de vue, le

regard, la mise en avant de telle ou telle image”.

Reconsidérer l’approche des ateliers, c’est aussi

repenser la collaboration avec les structures de

quartiers. “Les murs ont la parole est l’ e x e m p l e

d’un atelier qu’une maison de quartier (celle des

Ors) a su s’approprier. Elle s’y est impliquée

au-delà de la réalisation, en faisant du film un

outil de communication entre habitants. Et qui

Les murs ont la parole


circule encore aujourd’hui ! Ce que nous

souhaitons, c’est que les structures intègrent

les ateliers dans leur projet culturel annuel.

Nous ne voulons plus être perçus comme des

opérateurs qui viennent “plaquer” leur projet

coûte que coûte à un moment donné. L’ a pport

de “cinéville”, c’est d’offrir la possibilité

de travailler dans la durée”. Jean-Louis Ro s s i

voudrait dorénavant mettre en place des

ateliers en deux temps : initiation technique,

avec discussions et débats, puis réalisation.

Le partenariat s’est imposé aussi en raison

des difficultés de la MJC à toucher le public

jeune. “Nous travaillons avec les maisons

de quartiers des Ors, de La monnaie, Co l uche

et St Nicolas. Elles sont éloignées de la

MJC. Nous sommes tributaires d’une dispersion

des publics dans la ville”.

L’animateur veut sortir des “ateliers par quartier”,

rassembler, décloisonner. Cet été, pour

la première fois, trois groupes issus de trois

quartiers différents ont été réunis dans le

cadre d’une journée de sensibilisation sur

le cinéma fantastique, animée par Na c h i k etas

Wignesan. Et au mois de janvier, les

auteurs de Les murs ont la parole ont rencontré

un groupe de jeunes de Privas (Ardèche),

réalisateurs d’un documentaire au thème

voisin – la ville, le mal-être des jeunes vis-àvis

des adultes. Visionnage de leurs fi l m s

respectifs et regards croisés : “nous sommes

parvenus à dynamiser une rencontre, à créer

un échange très ouvert” observe Je a n - L o u i s

Rossi, pour qui le lien social, la communication

intergénérationnelle, restent des questions

centrales. Des questions auxquelles

l’outil vidéo et l’éducation à l’image, pratiqués

dans une visée sociale, peuvent peut-être

apporter quelques réponses.

■ Co n t a c t : mjc.robert.martin@wanadoo.fr

Comment mesurer

ce qui est difficilement mesurable ?

■ Des critères sont mis en place pour évaluer

quantitativement les résultats d’“un été au

ciné-cinéville”. Pour les analyses qualitatives,

les propositions cinématographiques et

les orientations des ateliers relèvent de la

responsabilité de chacun. Quel est l’ i m p a c t

de l’opération sur les participants ? Quelle

méthode de travail nous permettrait de vérifier

que nos propositions et orientations

transforment l’individu dans son environnement,

dans son rapport aux autres, dans

sa connaissance de lui-même, dans sa capacité

à faire des choix ? Ces questions qui

Ça se dispute

■ À Cluses, du 7 au 19 juillet 2003, dans le

cadre du festival “Regard jeunes sur la cité”

(OROLEIS), s’est déroulé un atelier de réalisation

dirigé par Mohamed Kadded. 8 fi l l e s

et 2 garçons du quartier des Ewnes, et âgés

de 14 à 18 ans, ont tourné une fiction en

numérique de 4 minutes intitulée ça se

d i s p u t e, parodie d’émission télévisée qui met

en scène deux jeunes de culture différente

annonçant leur mariage à leurs parents. “Les

jeunes ont abordé le thème de la différence”

déclare Mohamed Kadded, auteur de

A c t i o n

■ Comment aborder le cinéma et ce qui se

passe “derrière l’ é c r a n” de manière active,

vivante, non scolarisée, sans être obligatoirement

assis sur un fauteuil ?

En février 2003, 21 jeunes du département

Atelier cinéma d’animation à Albertville encadré par JP Houde

sèment le doute chez les adultes impliqués

dans l’opération se retrouvent-t-elle dans

toute action culturelle ?

Les évolutions nécessaires de cette opération

devraient pouvoir s’imaginer en fonction

d’évaluations qualitatives, et non

exclusivement quantitatives. Les objectifs de

“cinéville” seront pleinement atteints lorsque

tous les organisateurs auront les outils pour

évaluer la résonance de leur travail sur le

court, comme sur le long terme. Un nouveau

chantier en perspective.

plusieurs courts-métrages (L’empreinte amour

e u s e, Prix du meilleur court Art et essai à

l’Unesco, Les pommes de terre). “Nous avons

visionné des cassettes d’émissions, passé du

temps à répéter. La demande était forte

concernant le jeu et la direction d’acteur :

comment se diriger, se déplacer. Et grâce à

l’aide d’une télévision locale, nous avons eu

la possibilité d’investir l’espace d’un vrai

plateau de télévision, d’y créer des décors”

dans lesquels les jeunes ont interprété tous

les rôles : la présentatrice, les invités...

de l’Isère ont participé à un stage de 6 jours

animé par l’association Loft sportif. De

manière ludique et participative, ils ont abordé

les différentes facettes du faux-semblant a u

cinéma : cascades, chutes, bagarres, sons….

actions cinéma / audiovisuel projections / 5 5


C H A R L E R O I

Il était une fois

en Belgique

Dans une ville industrielle sans

université, qui compte 200 0 0 0

habitants (500 000 avec l’ a g g l omération),

Le Parc constitue l’ u n i q u e

salle de cinéma d’Art et essai. Une salle “vraiment

orientée Recherche” précise son direct

e u r, Michail Bakolas, qui affiche un intérêt

pour l’éducation à l’image et soutient les dispositifs

mis en place dans son pays : le “Ciné

pédagogique”, une programmation scolaire

qui s’adresse à des jeunes de tous les âges ;

“Ciné jeunes”, programmation de quatre fi l m s

destinée aux écoles primaires et accompagnée

d’animations en classe, à l’issue de laquelle

800 élèves votent pour établir un palmarès.

Depuis plusieurs années, il participe à “un

été au ciné-cinéville”. Charleroi bénéficie des

5 6 / projections actions cinéma / audiovisuel

Partenaire d’“un été au ciné-cinéville” depuis plusieurs années, le

cinéma Le Parc de Charleroi affiche son intérêt pour le dispositif. Il

souhaiterait pouvoir s’impliquer plus fortement.

supports de communication, des ressources

du réseau, mais ne peut prétendre aux aides

financières du CNC et des partenaires franç

a i s .

En 2003, il y a eu trois projections en plein

a i r, ainsi qu’une série de séances destinées

spécialement aux centres aérés. “C’est une

programmation que nous mettons en place

en juillet et au début du mois d’août. Ces séances

connaissent un certain engouement, grâce

à une tarification modique (la place coûte 2,80

Euros) et au fait que les plaines de jeu (dénomination

des centres aérés en Belgique)

souhaitent varier leurs activités”.

Sur les 5OO contremarques diffusées dans

l’entité de Charleroi, seulement 64 ont été

retournées à la coordination malgré une

fréquentation de 1170 spectateurs pour la

programmation d’été. Une fréquentation que

Michail Bakolas estime “satisfaisante au vu

des conditions climatiques, plus qu’estivales”.

Côté ateliers, des stages de réalisation de

courts-métrages d’animation ont eu lieu

pendant quatre semaines, à destination d’enfants

de 8 à 12 ans. La thématique “Devoirs

de mémoires”, elle aussi, a été exploitée à

travers un atelier réunissant un petit groupe

essentiellement constitué de jeunes filles d’origine

maghrébine. “Celles-ci avaient défini une

p r o b l é m a t i q u e : Où en est la deuxième génér

a t i o n ? Où sont ceux qui ont réussi ?” En collaboration

avec le Gsara de Charleroi (un réseau

de Centres de compétences et de services

présents dans toute la Communauté française


Wallonie-Bruxelles), elles ont filmé des entretiens

avec différentes personnalités ayant réussi dans les

domaines de la politique, de la culture etc. “No t r e

objectif, dans l’idéal, serait de montrer cette réalisation

en Algérie, où nous avons des contacts”.

Pour l’instant, le film en est encore à l’état de rushes,

en raison du manque d’argent pour payer le

m o n t a g e .

“ Nos moyens sont limités” confesse Michail Bakolas.

“Durant une certaine période, nous avions mis

en place des séances spéciales, mais l’accueil d’un

intervenant est devenu trop coûteux”. Un autre

regret est d’avoir dû abandonner la collaboration

avec l’Atelier de production Ce n t r e - Val de Loire

(APCVL) (jumelage une semaine sur deux, avec

une équipe et des participants communs). “No u s

ne pouvions plus assurer notre part de l’ o p é r a t i o n .

Projection en plein air

Cela illustre notre problème global, nous nous trouvons

assez repliés sur nous-mêmes”.

Mais Michail Bakolas ne cède pas au pessimisme.

Au vu du succès régulier obtenu par les séances

q u’il organise pour les centres de loisirs, il reste

convaincu qu’“un été au ciné-cinéville” possède

dans sa région un fort potentiel encore inexploité.

“ Nous travaillons avec la France depuis 1996 et

nous en sommes toujours heureux”, affi r m e - t - i l .

“ Nous essayons de faire le maximum avec ce dont

nous disposons. Mais je pense vraiment que ce

dispositif pourrait se développer. Il y aurait encore

beaucoup de travail à accomplir”. ◗

“un été au ciné-cinéville”

en Belgique

les chiffres

Pour l'été 2003, trois villes étaient

concernées par le projet: Jumet

(Charleroi), Farciennes et Fleurus.

Des séances en plein air et des

ateliers de création ont eu lieu dans

les trois villes :

■ Plein air avec la projection de

C h o u c h o u : Jumet (650 spectateurs),

Farciennes (750 spectateurs),

Fleurus (500 spectateurs) ;

■ Ateliers de réalisation de courts

métrages : Farciennes [Oxyjeun +

Plaine] (30 enfants), Jumet

( 1 3 enfants) et Fleurus (8 enfants).

■ 500 contremarques ont été

diffusées dans l'entité de Charleroi.

Les villes

Jumet (Charleroi), Farciennes et

F l e u r u s .

la coordination

Depuis 1996, le cinéma Le Parc à

Charleroi en Belgique coordonne le

dispositif “un été au ciné-cinéville”.

Malgré une petite structure (deux

employés), le cinéma Le Parc dans

le cadre de l'opération “un été au

ciné”, s'est fixé comme objectifs de

mettre en valeur le 7ème Art comme

langage contemporain universel, de

présenter le cinéma comme vecteur

culturel, lieu de magie et de rêve ;

mais aussi d'aider à le désacraliser

par une approche concrète et des

rencontres et également de faire des

films des moments de réflexion

plutôt que de simple

consommation.

CINEMA LE PARC

Michail Bakolas,

Administrateur délégué

rue de Montigny 58

6000 - CHARLEROI (BELGIQUE)

Tél: 32 (0)71 / 31.71.47

Fax: 32 (0)71 / 30.64.04

l e p a r c c h a r @ s k y n e t . b e

actions cinéma / audiovisuel projections / 5 7


a c t u a l i t é s

é
c
h
o
s

Bouda !

On n’est pas des marques de vélo dresse le portrait de Bouda, un jeune danseur de hip-hop condamné à la

double peine. Depuis plusieurs mois, Jean-Pierre Thorn présente son documentaire à des jeunes, des

hommes politiques, des détenus… Premier bilan de cette nouvelle expérience de cinéma militant.

La sortie de votre film dans le circuit

commercial est restée assez confi d e n t i e l l e .

Cela ne vous empêche pas de vous impliquer

dans de nombreuses séances-rencontres.

Comment réussissez-vous à toucher

le public ?

Ce que je suis en train de construire est issu

de la première projection à la cinémathèque

de Toulouse destinée aux coordinateurs de

“cinéville”. Elle a abouti à la prise en charge

du film dans un grand nombre de régions.

En trois mois, j’ai fait 68 débats. Le film circule

beaucoup dans des salles qui font l’effort de

contacter des jeunes qui ne viennent plus

au cinéma. Des salles qui cherchent des relais

dans les maisons de quartiers, les associations

et les compagnies hip-hop. Un gros travail

d’inscription du film par rapport aux réalités

sociales et culturelles a été accompli en de

nombreux endroits comme la région Rhône-

Alpes, grâce à l’Acrira*. Il y a aussi le travail

des associations, moins nombreuses, comme

Attac ou la Ligue des droits de l’homme qui

a organisé un débat passionnant à Vernon. La

presse locale a fait beaucoup d’articles sur la

double peine et la stigmatisation dont souffrent

les jeunes des quartiers populaires.

Que pensent les jeunes spectateurs de votre

film ?

Je reçois de leur part des témoignages très

attachants, qui me bouleversent. Ils me disent :

5 8 / projections actions cinéma / audiovisuel

“merci de parler de nous “. “Merci d’en parler

en bien, de montrer que nous sommes capables

de faire des choses positives dans cette

société”.

En racontant l’histoire de Bouda, le film relate

celle des débuts du hip-hop en France. Vo u s

interviewez Si d n e y, l’animateur de l’ é m i ssion

« H-i-p H-o-p ». Comment les plus

jeunes réagissent-ils face à ces “archives” ?

Ils en ont entendu parler mais ils ne les ont

pas vues. Ils éprouvent une sorte de fi e r t é

en découvrant tout cela. Chaque fois que je

montre le film, je recherche dans la ville un

correspondant hip-hop qui puisse venir parler

à mes cotés. Des discussions ont lieu sur les

origines du mouvement, entre jeunes de différentes

générations. Je ne suis qu’un passeur.

Vous avez montré le film à des hommes

politiques. Comment ont-ils réagi ? Quel a

été l’impact du film vis-à-vis de la loi sur

la double peine ?

C’est difficile à mesurer. Une projection de

presse a été organisée au Sénat avec Mi c h e l

Tubiana, président

de la Ligue

des droits de

l ’ h o m m e ,

M o u l o u d

Aounit, président

du Mo u v ement

contre le

racisme et pour

l’amitié entre

les peuples

(Mrap) et

S t é p h a n e

Ma u g e n d r e ,

v i c e - p r é s i d e n t

du Groupe d’information

et de

soutien aux

i m m i g r é s

( Gisti). Des sénateurs étaient présents. Ce l a

a abouti à un amendement déposé par Ma r i e -

Christine Blandin (Verts), Nicole Borvo (Pa r t i

communiste) et Michel Dreyfus-Schmitt (Pa r t i

socialiste). Il demandait l’abolition de la double

peine, c’est à dire la suppression de l’ i n t e rdiction

du territoire français. Nicolas Sa r k o z y,

Séance spéciale à CLermont-Ferrand en présence de Jean-Pierre Thorn et Bouda

ministre de l’ I n t é r i e u r, a envoyé une lettre à la

Mairie de Paris, que Christophe Girard, adjoint

à la Culture, a transmise à Bouda. Il disait qu’ i l

avait vu le film, qu’il avait été très ému et

q u’il espérait que les aménagements de la loi

aboutiraient à une régularisation de sa situation.

Le problème de fonds, c’est que ces

aménagements ne règleront pas tous les cas

qui existent en France. Des catégories protégées

ont été créées, soumises à condition (être

entré en France avant l’âge de 13 ans, être marié

depuis plus de 10 ans etc). Cela ne touchera

que 20 ou 30 % des 7 000 personnes concernées.

Et la double peine continue.

Vous avez également présenté le film dans

des prisons.

Oui. Dans l’une d’elles, près de Lyon, la salle

était pleine. Il y avait cinq personnes condamnées

à la double peine, parmi lesquelles un

homme menacé d’expulsion à la veille de No ë l .

Il était en France depuis 27 ans, avec trois

enfants français. Je me suis rendu compte que

lui et les autres détenus n’avaient aucune information

sur la loi. J’aimerais que plus de gens

utilisent le film pour que ceux qui peuvent

b é n é ficier des aménagements de la Loi Sa r k o z y

soient informés de leurs droits.

Quelles ont été les conséquences du fi l m

sur la vie de Bouda ?

La sortie du film lui a d’abord causé une

grande souffrance. C’était violent pour lui de

voir son image. Il se sentait jugé. Je lui ai expliqué

que les gens ne le jugeaient pas mais qu’ i l s

essayaient de l’ é c o u t e r, de le comprendre, que

tout cela se passait dans le respect. Peu à peu,

il a repris confiance en lui, pris la parole dans

les débats. Il espère avoir ses papiers. Il vient

d’avoir un logement et va peut-être se marier.

Globalement, le film lui a permis de croire au

fait que l’on pouvait améliorer son sort. Ma i s

l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Il y en a des

milliers d’autres comme lui, qui n’ont pas eu

la chance de croiser le chemin d’un cinéaste

dans leur vie.

EN T R E T I E N R É A L I S É P A R DAV I D MATA R A S S O

*Association des cinémas de recherche indépendants

de la région alpine. Assure la coordination

régionale d’“un été au ciné-ciné ville”.


Rencontres nationales “un été au ciné-cinéville”

forum des images - Paris - 6/7 février 2004

vendredi 06 février [salle 300]

Devoirs de mémoires, mémoire de l’immigration

1 4 : 0 0 PR O J E C T I O N S D E F I L M S D’AT E L I E R S (E X T R A I T S)

Du Cambodge à Annonay

Documentaire, MJC d’Annonay (Rhône-Alpes), 2003

Réalisateur intervenant : Che Yan Wo n g

En présence des participants à l’atelier, de Che Yan Wo n g

et de Frédéric Ve r n i e r, (animateur)

Mode in France

Documentaire, MJC Aliénor d’Aquitaine (Poitiers,

Poitou-Charentes), 2003

Intervenants : Pierre Mathios, Vincent Poymiro,

Jérôme Dubreuil

En présence de Rosine Ngo-Liboum et Myriam

Nasréddine (participantes à l’atelier), et de Christine

Payen (coordinatrice régionale “un été au ciné-cinéville”,

chef du projet pour la MJC Aliénor d’A q u i t a i n e )

Sillons et sillages

Documentaire, Cinéma Le France (Saint-Étienne,

Rhône-Alpes), 2003

Réalisateurs intervenants : Tristan Castella, Elise

Fayolle, Kamir Meridja, Dahmane Bouaziz, Rabiaâ

Bouros, Anaïs Castella, Raphaëlle Bruyas

En présence de participants à l’atelier, de réalisateurs

intervenants et d’Antoine Ravat (coordinateur de l’atelier

pour le cinéma Le Fr a n c e )

D’Ici et d’ailleurs

Documentaire, le Magic cinéma (Bobigny, Ile de

France), 2003

Réalisateur intervenant : Michel Meyer

En présence de participants à l’atelier, de Michel Meyer

et de Dominique Bax (directrice du Magic cinéma)

DÉ B AT

Animé par François Campana, directeur de Ky r n é a

International, avec

Nadia Meflah (critique de cinéma), Léla Bencharif

(chercheuse au CRENAM, Centre de recherches sur

l’environnement et l’aménagement) à St Etienne et

un réalisateur (sous réserve).

“un été au ciné-cinéville” actions 2003 et 2004

1 7 : 0 0 PR O J E C T I O N D’U N E X T R A I T D U D V D

En présence d’Eric Briat, Directeur de la création des

territoires et des publics du CNC

P r é s e n t a t i o n : Myriam Zemour, déléguée générale

d’“un été au ciné-cinéville”

1 8 : 0 0 CO C K TA I L

2 0 : 0 0 CI N É-C O N C E R T (AVA N T-P R E M I È R E)

Fa u s t de F.W. Murnau

accompagné par le trio D’Elph.

w w w. e t e c i n e . k y r n e a . c o m

Samedi 07 février [auditorium]

Autour des ateliers

1 0 : 0 0 PR O J E C T I O N S D E F I L M S D’AT E L I E R S

J’ai gagné un sourire

Documentaire, mission locale de l’agglomération de

Limoges (Limousin), 2003

Intervenante multimédia : Sylvie Te x i e r

En présence de participants à l’atelier, de Sylvie Te x i e r

( Foyer de jeunes travailleurs), de Cathy Duchez (animatrice

de la mission locale de l’agglomération de Limoges)

Laisse parler les gens

Clip, Association Arachnima, Strasbourg (Alsace),

2 0 0 3

Artiste multimédia intervenante : Ramona Poenaru

En présence d’un participant à la Tournée des quartiers,

de Ramona Poenaru et de Laurence Fort (directrice du

projet pour l’association Arachnima)

Fric $ Trafic

Fiction, MJC de Fécamp (Haute-Normandie), 2003

Réalisatrice intervenante : Ariane Doublet

En présence des participants à l’atelier, d’Ariane Doublet,

de Christelle Lefol et Marie Pierre le Nabour (animatrice

et directrice de la MJC de Fé c a m p )

Jean la misère

Fiction-reportage, Télé sans frontières (télévision

associative dont les programmes sont conçus et réalisés

par les jeunes), Québec (Montréal), 2002

En présence d’Alain Stanké et Gérard Henry (président et

directeur de la fondation Travail sans frontières) (sous

réserve), et d’Hazouz Bezaz (chef de projet de Télé sans

Fr o n t i è r e s )

Marcel Petipoi

Fiction, Atelier de Production Ce n t r e - Val de Loire et

Service jeunesse de Château-Renault (Château-

Renault), 2003

Réalisateur intervenant : Lorenzo Récio

En présence des participants à l’atelier, de Lorenzo Récio,

et de David Mendes et Nathalie Challou (animateurs du

service jeunesse de Château-Renault)

Jeunes sous influence

Documentaire, Festival Résistances de Foix (Midi-

Pyrenées), 2003

Réalisatrice intervenante : Valérie Guillaudot

En présence des participants à l’atelier, de Va l é r i e

Guillaudot (association Caméra au poing), et d’A l i

Lhand (animateur de la mission locale)

Le temps d’une lettre

Lettre filmée, cinéma le Volcan (Le Havre, Haute-

Normandie), 2002

Intervenants : Swann Dubus, Joseph Morder

En présence de Claire Barbanchon (participante), de

Swann Dubus et de Ginette Dislaire (coordinatrice du

projet pour le cinéma Le Vo l c a n )

Loin des yeux, variation sur l’absence

Lettre filmée, cinéma Le Volcan (Le Havre, Haute-

Normandie), 2002

Intervenants : Swann Dubus, Joseph Morder, Jean-

Marie Châtelier

En présence Swann Dubus et de Ginette Dislaire (coordinatrice

du projet pour le cinéma Le Vo l c a n )

Autour des ateliers

1 4 : 0 0 PR O J E C T I O N S D E F I L M S D’AT E L I E R S

À la faveur de la nuit

Fiction, Maison du Geste et de l’Image de Paris (Iled

e - France), 2003

Intervenant : Mathias Gokalp

En présence des élèves participants du Lycée Diderot

(Paris), de Michèle Grégoire, (enseignante du Ly c é e

Diderot), et (sous réserve) d’Evelyne Panato (directrice de

la Maison du geste et de l’image)

La vie est telle

Documentaire, Association Handifférence (Bordeaux,

Aquitaine), 2003

Intervenant : Alain Cornadeau (Aliénor production)

En présence de participants à l’atelier, membres de l’association

Handifférence

Des filles et des garçons

Docu-fiction, Service jeunesse de Villeneuve-Saint-

Georges (Ile-de-France), 2003

Réalisatrice intervenante : Malika Saci

En présence des participants à l’atelier et des animateurs

du service jeunesse de Villeneuve-Saint-Georges

La maison des fromagers

Animation, Association Ciné Woulé (Fo r t - d e - Fr a n c e ,

Martinique), 2003

Intervenant : Alain Bidard

En présence de Chantal Perro (coordinatrice “vavcances

au ciné-cinéville” Martinique pour Ciné Wo u l é )

Expérience d’outre-espace

Animation, Centre social le Buisson (Trélazé, Pays de

la Loire), 2003

Plasticien intervenant : Simon Astié

En présence des participants, de Simon Astier (ABC), et de

Mohamed Lhajri (animateur pour le Centre social le Buisson)

Le jardin

Fiction, Communauté de communes du Ca r m a u s i n

( Carmaux, Midi-Pyrénées) 2003

Intervenants : Benoît Lacroux, Denis Savès

En présence des participants à l’atelier, de Denis Savès

(réalisateur intervenant pour La Trame), de Sandrine

Brisset et Hélène Au-Duong (présidente et animatrice de

l’association d’animations jeunesse du Carmausin) et de

J e a n - François Baulès (chargé de mission pour la communauté

de communes du Ca r m a u s i n )

PR O J E C T I O N S D E CO U R T S M É T R A G E S P R O F E S S I O N N E L S

L’ E l u

de Khaled Ghorbal

Fiction, France / Algérie, 15’, 1996

En présence de Khaled Ghorbal

Le Bal du Minotaure

de Lorenzo Recio

Animation, France, 10’, 2001

En présence de Lorenzo Recio

Séances animées par Cécile Flaugère et Myriam

Zemour (Kyrnéa) avec Khaled Ghorbal (réalisateur),

Rosine Ngo-Liboum et Myriam Nasréddine, (participantes

d’atelier)

actions cinéma / audiovisuel projections / 5 9


a
n
n
o
n
c
e
s

a c t u a l i t é s

Festivals, rencontres, agenda 2

Bouda ! entretien avec Jean-Pierre Thorn 5 8

dossier “un été au ciné-cinéville” 2003

Un réseau fort et tourné vers l’avenir, entretien avec Myriam Zemour 5

Les actions en région 8

Dossier réalisé par David Matarasso.

Les brèves ont été réalisées avec le concours des coordinations régionales.

Ont participé à la rédaction des brèves :Thierry Albert, Claude Brasseur, Daniel Ca s t a n e r,

Véronique Charrat, Amélie Clisson, Franck Coupechoux, Martine Davion, Armand

Dauphin, Christian Denier, Bruno Dubost, Florence Ferrandi, Emilie Fo u a s s i e r, Raphaël

Girardeau, Antoine Glémain, Loic Grelier, Souad H’Daddou, Nicolas Huguenin, Ca r i n e

Irénée, Sabrina Janvier, Wilfried Jude, Elvire Le Cossec, Sylvette Magne, Virginie Maillard,

Christophe Mourlon-Caffin, Christine Payen, Jean-Philippe Rameau, Thierry Rousseau,

Thomas Senk, Elodie Taillardas, Etienne Wehrlin, Yvette Zulian.

P r o j e c t i o n s remercie tous ceux quiont permis de préparer ce numéro spécial :

coordinateurs régionaux, professionnels du cinéma et du secteur social, intervenants,

partenaires institutionnels, participants aux activités d’“un été au ciné-cinéville”.

La 11e édition du Festival de vidéo amateur de Lorient

est ouverte ! Amateurs et scolaires ont chacun leur catégorie

pour proposer leurs réalisations à la compétition,

à condition que le film candidat ne dépasse pas 7 minutes

et qu’il s’inscrive dans le thème de l’année (“le

départ”). Clôture des inscriptions : 31 mars 2004. Date

limite d’envoi des films : 30 avril 2004. Présentation

des films sélectionnés et remise officielle des prix : 11

juin 2004 au cinéma le Cinéville à Lorient.

Inscriptions pour les amateurs : Médiathèque de Lorient :

Françoise Saïet. Té l . : 02 97 84 33 60.

Inscriptions pour les scolaires : Centre départemental

de documentation pédagogique, Vincent Acheré. Té l . :

02 97 64 86 95.

w w w 2 . a c r e n n e s . f r / c r d p / 5 6 / A c t u / Co n c o u r s / Fe s t i v id

e o / a c c u e i l . h t m

Le 17e festival international du film vidéo de Vébron se

tient du 21 au 24 juillet 2004 dans le village cévenol

du même nom. La compétition de court-métrage est

ouverte à tous. Documentaire, reportage, clip d’animation

et fiction réalisés après le 1er janvier 2002

sont acceptés. La date limite d’inscription est fixée au

30 avril 2004.

Dossier d’inscription sur demande.

Association L’Ecran cévenol. Té l . : 04 66 44 02 59

c e v e n o l e c r a n @ f r e e . f r

Le trio D’Elph présente en ciné-concert Fa u s t d e

F . W.Murnau, film rare de 1926. Proposé en avant

première lors des rencontres nationales “un été au cinéciné

ville”, Le spectacle sera ensuite en tournée. Co û t :

2 000 euros, film, hébergement et transport inclus, équipements

son et vidéo en sus.

Bouquin affamé productions / Fabrice Boy / 6 rue Dagobert

/ 92110 Clichy / 06 81 00 56 14

Abonnez-vous pour 6 numéros à

projections actions cinéma / audiov i s u e l

Abonnement : ❑ 15 Euros

Abonnement de soutien : ❑ 20 Euros ❑ 30 Euros ❑ +

Joindre un chèque libellé à l’ordre de K Y R N E A I n t e r n a t i o n a l

Nom ................................................................................. Prénom......................................

Structure ................................................................................................................................

Adresse ...................................................................................................................................

Code postal .......................... Ville .....................................................................................

tél. :................................. fax : .................................. mail :.................................................

Signature

Bulletin à retourner à Kyrnea International, 80, rue du faubourg Saint-Denis - 75010 Paris

projections n°9/10

actions cinéma / audiovisuel

Kyrnea International (association loi 1901) • bureaux et

siège social : 80, rue du Faubourg St-Denis 75010 Paris •

T. 01 47 70 71 71 • F. 01 47 70 02 10 • e-mail :

asso@kyrnea.com • Site : www.kyrnea.com/LAREVUE/

D i r e c t e u r d e l a P u b l i c a t i o n Parfait Doudy • Directeur de la

r é d a c t i o n François Ca m p a n a • Rédacteur en chef D a v i d

Matarasso • R é d a c t i o n Christine Boivin, François Ca m p a n a ,

Cécile Flaugère, Julie Guillaumot, Boris Henry, Angélique

Lagarde, David Matarasso, Myriam Zemour • P h o t o s c r é d i t é e s

sur chaque photo • Maquette et Conception graphique C h r i s t i n e

B o i v i n • A b o n n e m e n t s Florence Spiès • I S S N 1 6 3 6 - 5 5 9 3 •

Co m m i s s i o n p a r i t a i r e 1104 G 80597• I m p r i m e u r Caen Repro -

14000 Caen • Dépôt légal janvier 2004• T i r a g e 4500 exemplaires

• Abonnement pour 6 numéros 15 Euros • Prix au numéro 2 E u r o s

• Les textes reçus sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.

Toute reproduction, même partielle, des textes et sur n’importe quel

support est interdite.

p
u
b
l
i
c
a
t
i
o
n
s

Dans Supernova (Expérience #1), le nouveau cinéma indépendant

?, le scénariste Pascal Mieszala analyse les

nouveaux moyens qui s’offrent aux cinéastes pour réaliser

un film en dehors des circuits traditionnels : autofinancement,

technologies numériques, mixage des

supports. Les auteurs font aujourd’hui feu de tout bois

pour accoucher de films “hors normes”. Ainsi, Pierre

V i n o u r, qui a tourné Supernova (Expérience #1) en super

8 et en DV avant de le diffuser en salles. Pascal Mieszala

a collaboré à ce film. Il en retrace la genèse étape

par étape et tire de chacune d’elles des enseignements

précieux pour ceux qui souhaitent (ou doivent) tourner

“seuls contre tous”. Un joli carnet de tournage doublé

d’une réflexion pertinente sur l’avenir du cinéma indép

e n d a n t .

Supernova (Expérience #1), le nouveau cinéma indép

e n d a n t ? - Éditions Scope.19 euros.

La Médiathèque municipale du Gosier édite les actes

du Mois du film documentaire, édition 2001 en Guadeloupe,

sous le titre : Gros plan sur la Guadeloupe, Du

regard...vers l’analyse. On y trouve les résumés de

plusieurs documentaires (La devinière de Alain Dervaux,

Beau comme un camion de Anthony Co r d i e r...), des

retranscritptions de débats et d’échanges entre spectateurs

et réalisateurs intervenants. S’y ajoutent des

analyses filmiques signées Tony Coco-Viloin, documentariste

et enseignant en cinéma.

R e n s e i g n e m e n t s : Agence projecSion

6, Résidence “Les jardins du Morne Udol 1”

97139 Abymes (Guadeloupe) / 05 90 90 87 71

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