sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

ureau, on ne vient pas, si l’on vient, les premières heures du matin sont occupées à lire

le journal. Observez les locaux dans lesquels ils travaillent, même s’ils sont neufs, ils

donnent l’impression de vétusté. Observez les tables vides de tout dossier. Observez le

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classement des archives vivantes, tout est en vrac sur des étagères. Quant aux archives

mortes on en trouve partout, même dans les recoins, sur les paliers des escaliers...

Et quel désordre dans le comportement ! Quelle complexité ils ont donné aux rouages

administratifs les plus simples. La moindre demande doit être précédée de démarches

complexes, remplir un document est une tâche ardue même pour une personne instruite.

Les personnes analphabètes, elles, n’ont qu’une solution, se faire assister par un membre

de l’administration, moyennant subsides évidemment. Le flou ne permet-il pas de

nombreuses interprétations propices à recevoir des commissions. Pour obtenir un acte de

naissance, aujourd’hui, an 2010, un Sherpa du Khumbu qui habite Katmandu est obligé

de monter à Khumjung. Aller et retour : deux heures d’avion, quatre à six jours de

marche, un à deux jours d’attente sur place. Si tout se passe bien car arrivé au gabissa

(mairie), il peut entendre :

La personne n’est pas là elle est redescendue à Katmandu (ou à Jiri, ou dans une autre préfecture), on

ne sait pas quand elle reviendra.

Celle qui est chargée de Khumjung est présente 15 à 20 jours par an !

Juin 2010, une Sherpani résidant à Katmandu se présente dans un bureau pour demander

des actes de naissance. Le préposé demande :

- 7000 roupies.

A ces 7000 roupies il faudra rajouter 3000 roupies pour avoir le document. 10.000

roupies, la valeur de deux smic kathmandouites ! Pour obtenir un passeport un natif du

Khumbu doit aller à Saléri. S’il habite Katmandu : aller et retour : deux heures d’avion,

deux jours de marche, un ou deux jours sur place. S’il s’agit d’une mineure, il faut que

les parents soient là, s’ils habitent le Khumbu, ils descendent : six à huit jours de marche

au moins aller et retour !

Quant aux vides administratifs ils sont himalayens. Même dans la cuvette de Katmandu

les plans cadastraux ne sont pas terminés. Place au banditisme, quelle aubaine pour des

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