sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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que le Népal tombe dans le camp chinois. Tout cela fait que les politiques avertis parlent

de relations difficiles –euphémisme- entre les deux pays. Le mot paternalisme est parfois

utilisé. On dit aussi que l’Inde est le grand frère du Népal ! Mais si le petit frère chope

une maladie contagieuse, alors, vite, l’Inde le soigne à sa manière. Une manière

détestable qui est fort peu démocratique.

Dans les faits, aujourd’hui comme hier, l’Inde dicte la politique du Népal. L’Inde

dominante écrase le Népal de sa puissance industrielle et commerciale, de sa masse.

L’Inde, nous l’avons dit, possède une autre arme puissante : le Népal n’a pas d’énergies

fossiles et comme il n’a pas de ports maritimes, toutes ses importations transitent par

l’Inde. Alors, quand quelque chose déplaît aux dirigeants indiens, ils ferment les

frontières. Des élections népalaises vont avoir lieu, le résultat des élections est incertain

mais les maoïstes sont fortement présents, vite, on limite les exportations d’essence vers

le Népal. Ces livraisons d’essence sont réduites au minimum. Qu’ils fassent la queue

toute la nuit les conducteurs de bus, de camions, de taxis. Cette mesure est un

avertissement de l’Inde au peuple népalais, elle signifie : « Ne faites pas n’importe quoi,

ne votez pas n’importe comment, je suis là. » Cela dure des mois, un an ! Dans le

domaine alimentaire, même blocus. Limitation de livraisons de riz, de produits

manufacturés... On asphyxie Katmandu. Car le Népal manque de riz, le Népal manque

de produits manufacturés, l’Inde lui en fournit ou bloque les frontières au gré des

relations. Parfois on signale quelques sursauts de révolte de la haute administration ou

des militaires népalais (encore n’est-on pas sûrs qu’il ne s’agisse pas de simple

comédie.). Du guide Népal de Robert Rieffel :

Le 1° mars 1989, l’Ambassadeur de l’Inde adresse une simple communication directement au

ministre népalais du commerce –en violation de la règle élémentaire qui veut qu’un diplomate ne

doit avoir comme interlocuteur attitré que le ministre des Affaires étrangères du pays où il est

accrédité- avisant que le gouvernement indien dénonçait et déclarait abrogé le Traité de commerce

et de travail que les deux puissances avaient conclu le 25 mars 1978... Le gouvernement (indien) prit

une mesure aussi stupéfiante qu’injustifiée, à savoir de fermer à tout trafic de personnes et de

marchandises neuf des onze points de passage frontaliers !... Ce blocus extrêmement rigoureux

entraîna évidemment une pénurie immédiate de bon nombre de produits de première nécessité,

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