sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

stupas, les auberges au cours des trekkings. A tous ceux qui se méfient des idées des

troupeaux.

J’ai accompli près de quinze expéditions dans cinq pays différents. J’ai grimpé avec des

gens de toutes conditions, des personnes qui avaient des idées politiques opposées. Cela

m’a appris que les qualités humaines étaient indépendantes des professions de foi. J’ai

vérifié que certaines personnes qui affichaient des idées de gauche se comportaient avec

les misérables autochtones comme de vulgaires businessmen, et que d’autres, qui

affirmaient leurs opinions de droite, se comportaient en gens de cœur, étaient émus par

la misère, agissaient contre elle.

Je suis venu pour la première fois au Népal en 1979. J’ai effectué sur ses montagnes six

ou sept expéditions et un grand nombre de trekkings. J’habite dans ce pays depuis plus

de quinze ans. J’ai vécu dans le village de ma femme, Pangbotché, au pied de

Sagarmatha-Everest qui n’était pas le village de lodges qu’il est aujourd’hui. J’ai vécu

dans un quartier de Katmandu. Je réside actuellement dans une banlieue nord de cette

ville. Pourtant, après tout ce temps et ces mouvements, je n’arrivais pas à comprendre les

rouages de la politique népalaise. Je pressentais certaines choses mais je n’arrivais pas à

les formuler. Mon mariage avec une Sherpani issue d’une famille très pauvre m’avait

appris l’intense et profonde misère du pays. Ma femme n’avait-elle pas accouché de

notre fils sur un grabat, dans une masure sans eau, sans électricité ! J’avais deviné la

condition de son peuple gouverné par des privilégiés dominants. Je vérifiais sa

dépendance à l’inquiétude que ma femme illettrée manifestait chaque fois qu’elle devait

affronter un fonctionnaire d’une quelconque administration. Je suivais avec étonnement

l’évolution d’une guerre civile qui opposait les forces de l’ordre du roi à des insurgés se

nommant maoïstes. Je me disais : comment peut-on s’intituler maoïstes de nos jours ?

J’agissais, je réagissais en spectateur, rien ne me prédisposait à m’intéresser à la

politique de ce pays. Un début d’adolescence dans une famille communiste m’avait

donné un vernis de culture révolutionnaire mais ne m’avait pas fait espérer que les

lendemains qui chantent étaient proches. Ma passion pour l’alpinisme, des obligations

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