sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

CRITIQUES CONTRE LES MAOISTES

SILENCES, REALITES, PROPAGANDE.

Pendant les débuts de cette période de lutte armée, en bon occidental émigré venant d’un

pays de nantis, un pays socialement calme, je ne comprenais pas la nécessité d’utiliser la

violence, encore moins celle de la lutte armée. Je disais même à mon ami l’adatché, le

maire du village de banlieue dans lequel je réside, membre du parti communiste Union

Marxist Leninist, l’U.M.L. :

Mais le communisme, c’est terminé.

Et j’opinais quand il m’affirmait que l’utilisation de la violence était condamnable et que

le mouvement maoïste était à combattre. Je considérais ces révolutionnaires népalais en

lutte comme des troubles fêtes. Le Népal ne tirait-il pas l’essentiel de ses revenus du

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tourisme ?

Puis, au fil des jours, j’apprenais le Népal, son fonctionnement. J’avais appris ce qu’était

la véritable misère lorsque j’avais vécu chez ma femme coolie-ouvrière agricolebûcheronne

dans le Khumbu. Je vérifiais à son attitude soumise et angoissée devant les

membres de l’administration, presque tous gens de caste, l’épouvantable stratification

sociale du pays. Un jour, j’ai compris : la propagande, celle dénuée de subtilité des

dirigeants, celle plus douce mais également partiale des quelques journaux qui m’étaient

accessibles, les journaux anglophones : l’hebdomadaire Népali Times, les quotidiens

l’Himalayan Times le Katmandu Post, le Rising Népal. Je ne savais pas alors que l’un

était une publication indienne, que les autres étaient des journaux reflétant l’opinion des

milieux d’affaires, de la société libérale, que le Rising Népal était le journal du pouvoir

en place, quel qu’il soit ! Ces journaux étaient la voix des notables, la voix du business.

Ils étaient les porte-parole de ceux qui, en réalité, ne désiraient la transformation du type

de royauté que pour accaparer le pouvoir sans souci réel de la misère du peuple népalais.

J’étais troublé, mais, comme tous, je condamnais les actes de violence commis par les

maoïstes. Il m’arrivait même d’admettre que les gouvernements du roi étaient obligés de

lutter contre eux. La presse rendait compte, elle était unanime :

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