sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

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sur les mots guerre civile au nepal - Népal Sherpa Sig

Mais cette notion d’individu responsable qui revient parfois à la surface des

préoccupations est presque toujours placée dans un contexte national. Ce qui est dit, ce

qui est souhaité, ce qui est exigé, l’est à l’intérieur des frontières d’une nation.

Restriction absurde car bien peu morale. Est-il logique de limiter la défense de l’homme

pauvre à ses compatriotes dans la mesure où ceux-ci ont acquis, majoritairement, un

certain niveau de bien être ? J’ai tenté de montrer dans le cahier Comparaison des

misères françaises et népalaises l’incroyable profondeur et étendue du fossé qui sépare

les pauvretés des deux pays pour en déduire la nécessité de la primauté de l’International

sur le national. Rêvons au mot mondialisme qui servirait à la défense des pauvres de tous

les pays de la Terre et non à l’expansion des capitaux !

Nous parlons quelquefois de la misère au Népal avec des trekkeurs aficionados du pays,

avec des trekkeurs qui, pour la première fois, reviennent de visiter une région de

tourisme intensif. Je leur dis que la misère est ici puissante, ils me regardent étonnés et

répliquent :

Alimentation suffisante, vie paisible, vie heureuse.

Lassé, je n’ai pas toujours le courage de leur expliquer, de répéter ce que j’ai maintes

fois dit et écrit : ce que la patience, l’indolence, le fatalisme, le paisible, la courtoisie, et

une gaieté affleurante, cachent de misère et de souffrance profonde. Que le bol de riz

n’est pas toujours présent et suffisant, que les carences alimentaires sont banales, surtout

dans les piémonts himalayens. Que les disettes sont nombreuses, qu’il y a encore des

famines. Je répète : Qu’il y a encore des famines ! Que l’espérance de vie, est inférieure

à 55 ans dans les campagnes, soit 85 à 90% de la population : 25 à 27 millions de

personnes ! Que le Népal est le pays le plus pauvre de l’Asie. Ils s’en vont, étonnés par

mon insistance, non convaincus, pensant que j’exagère, qu’y résidant, je ne vois plus que

les mauvais aspects de ce pays.

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