Tout Droit Automne 2009 - Université de Lausanne
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Impressum<br />
2<br />
Rédactrice responsable:<br />
Géraldine Bouchez<br />
Rédacteurs-trices :<br />
Géraldine Bouchez<br />
Laurence Krayenbühl<br />
David Auberson<br />
Steve Favez<br />
Yann Smadja<br />
Edition :<br />
Association <strong>de</strong>s étudiants en droit<br />
Bureau 276.4<br />
Internef<br />
1015 <strong>Lausanne</strong>/Dorigny<br />
Internet : www.unil.ch/aedl<br />
Photographie couverture:<br />
Merce<strong>de</strong>s Riedy<br />
E-mail: merce<strong>de</strong>s.r@bluewin.ch<br />
Graphisme:<br />
Adrien Vion<br />
Impression:<br />
Imprimerie Beck<br />
Av. Dapples 34A, 1006 <strong>Lausanne</strong><br />
Tel. 021 616 50 53<br />
E-mail: alain.beck@imprimeriebeck.ch<br />
Internet : www.imprimeriebeck.ch
<strong>Automne</strong> 09 Sommaire / Edito<br />
Sommaire<br />
Billet d’humeur<br />
Une année à l’AEDL<br />
par Laurence Krayenbühl 4<br />
Vie universitaire<br />
La société d’étudiants Helvétia<br />
par David Auberson 6<br />
Et après?<br />
Lettre ouverte aux futurs doctorants<br />
par Steve Favez 10<br />
Ce que l’AEDL a fait pour vous<br />
Photos <strong>de</strong> la journée <strong>de</strong>s étudiants et du bal <strong>de</strong><br />
la rentrée 13<br />
Hors-champ<br />
Les sports <strong>de</strong> combat par Yann Smadja 16<br />
Jeu<br />
Vrai ou faux? 21<br />
Edito<br />
Un journal c’est toujours un peu laborieux<br />
à mettre en place. Cela <strong>de</strong>man<strong>de</strong><br />
du temps et passablement d’organisation.<br />
Mais une fois <strong>de</strong> plus, le défi fut<br />
relevé et le résultat tant espéré est à<br />
présent entre vos mains chers lecteurs!<br />
Quelles surprises vous atten<strong>de</strong>nt dans<br />
ce numéro? <strong>Tout</strong> d’abord un billet d’humeur<br />
pondu par notre chère Laurence<br />
Krayenbühl, ex membre <strong>de</strong> l’AEDL.<br />
Vient ensuite un petit exposé présentant<br />
l’association d’étudiants Helvétia<br />
que son prési<strong>de</strong>nt, David Auberson, a<br />
eu la gentillesse <strong>de</strong> nous écrire.<br />
Au sein <strong>de</strong> la rubrique Et après? vous<br />
trouverez une lettre rédigée par Steve<br />
Favez qui vous présentera en détail la<br />
voie sacrée menant au Graal éternel, je<br />
parle bien sûr <strong>de</strong> la carrière <strong>de</strong> doctorant.<br />
Merci à lui!<br />
Une nouvelle rubrique, très graphique,<br />
vous permettra, ensuite <strong>de</strong> voir Ce que<br />
l’AEDL a fait pour vous durant le mois<br />
écoulé.<br />
Puis histoire <strong>de</strong> se changer les idées,<br />
Yann Smadja, vous parlera <strong>de</strong>s sports<br />
<strong>de</strong> combats. Et finalement un petit<br />
quizz sera la clef d’un repos bien mérité.<br />
Géraldine Bouchez<br />
3
Billet d’humeur<br />
Une année à l’AEDL par Laurence Krayenbühl<br />
A l’heure où certains émergent <strong>de</strong> leurs cuites estivales ou commencent déjà à suer<br />
froid en pensant à leur session d’examen <strong>de</strong> janvier, d’autres ne per<strong>de</strong>nt pas le nord<br />
et continuent <strong>de</strong> trimer pour le bien être <strong>de</strong> la masse estudiantine, j’ai nommé :<br />
Géraldine, rédactrice en chef <strong>de</strong> « <strong>Tout</strong> droit ». Cette acharnée du labeur n’hésite<br />
pas à plonger <strong>de</strong> force ses camara<strong>de</strong>s dans les travaux forcés. C’est donc à l’heure<br />
où je me remets à peine <strong>de</strong> l’émotion procurée par le passage rituel <strong>de</strong> la <strong>de</strong>uxième<br />
à la troisième , savoure la décoration puriste d’un nouvel auditoire et travaille mon<br />
don <strong>de</strong> nyctalopie dans un amphi sans fenêtre (oui, le juriste aime les mots compliqués)<br />
que je dois arracher mes phalanges, engourdiEs par la pause estivale, <strong>de</strong> mon<br />
oreiller pour aller les coller à mon clavier.<br />
Enfin, je ne suis pas là pour voUs parler <strong>de</strong> biologie digitale mais plutôt pour étendre<br />
mes pensées personnelles sur mon expérience <strong>de</strong> la vie dans notre belle faculté<br />
<strong>de</strong> droit et plus particulièrement au sein <strong>de</strong> l’Aedl.<br />
Il y a un an maintenant, las d’attendre passivement, que mon <strong>de</strong>stin s’auto<strong>de</strong>ssine,<br />
désireuse <strong>de</strong> m’investir dans la vie facultaire, je déci<strong>de</strong> <strong>de</strong> briguer un dicastère Aedlien<br />
(oui, le juriste aime les néologismes); pensant que cela amène allégresse et<br />
euphorie au sein du bien gris métro-uni-dodo estudiantin.<br />
Raté… Après quelques semaines <strong>de</strong> brasses coulées, un système <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong><br />
fonds se met petit à petit en place. Trop lentement au goût <strong>de</strong> certainS ! Moi qui<br />
affectionnait tant l’art <strong>de</strong> la procrastination… Maintenant il faut rédiger <strong>de</strong>s lettres,<br />
manier l’art du publipostage, imprimer. Ouf. Le plus dur est fait, reste plus qu’à plier<br />
<strong>de</strong>s centaines (<strong>de</strong>s CENTAINES) <strong>de</strong> lettre et fermer <strong>de</strong>s centaines d’enveloppes. Et<br />
là, le travail collectif <strong>de</strong> l’assoc’ entre en activité pour un accroissement <strong>de</strong> la productivité<br />
(ou pas), après rererelecture et rererepliage, le diagnostic tombe : la lettre<br />
n’est pas bonne, on recommence, premier conflit inter-associatif <strong>de</strong> ma vie <strong>de</strong> responsable<br />
du sponsoring.<br />
Le groupe se sépare en <strong>de</strong>ux fronts : un premier front prohumaniste qui épouse <strong>de</strong>s<br />
idéaux politiques tel que l’amour <strong>de</strong> son prochain et qui sait que l’autre, celui qui<br />
détient le pouvoir (et donc l’argent) va donner à l’Aedl <strong>de</strong> quoi fournir polycopiés,<br />
libation et conseil juridique à ses frères <strong>de</strong> galère.<br />
4
Billet d’humeur<br />
Le <strong>de</strong>uxième, pour <strong>de</strong>s raisons obscures, prône l’autodévalorisation et l’autoflagellation.<br />
Selon eux, l’habit fait le moine. Ils refusent donc catégoriquement <strong>de</strong> paraître<br />
inexpérimentéS <strong>de</strong>vant leurs pairs, manifestant leur désapprobation par moult<br />
grognements et sifflements. Devant l’apathie du premier groupe, la situation dégénère.<br />
La seule raison qui justifie cette sanglante boucherie est financière. Oui, l’étudiant<br />
en droit est matérialiste. Triste <strong>de</strong> cette conclusion, je baisse les bras et remanie la<br />
lettre. On réimprime, replie et referme.<br />
La cible visée par cette logorrhée n’est pas vi<strong>de</strong> <strong>de</strong> sens. Cette expérience substantielle<br />
sur la quête <strong>de</strong> fonds m’a fournit plus que <strong>de</strong>s crises onychopagesques en une<br />
année <strong>de</strong> fonction qu’en 22 ans d’existence. Il est donc capital que je fasse le point<br />
à ce sta<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’aventure et partage la conclusion finale <strong>de</strong> mon année fantasmagorique<br />
au sein du comité <strong>de</strong> l’Aedl.<br />
En tant qu’étudiante en droit, en cas <strong>de</strong> discor<strong>de</strong>, c’est avec volupté qu’on sollicite<br />
cette masse spongieuse logée dans notre chau<strong>de</strong> et humi<strong>de</strong> boîte crânienne, le<br />
cerveau, afin <strong>de</strong> dénicher l’argumentation qui appuierait la théorie démontrant par<br />
A + B que la raison et le juste se tiennent à notre droite et nous épaulent dans le<br />
moments difficiles.<br />
Oui, mais à la fin <strong>de</strong> ce raisonnement imprécis et franchement bancal, on relève la<br />
tête et là, affalés sur le canapé, je réalise que huit petits juristes en herbes louchent<br />
sur moi, ils ont aussi leur idée sur la question et désirent tous noyer ce complexe<br />
d’infériorité camouflés <strong>de</strong>rrière leur sourire dégoulinant d’amitié, assurément, le juriste<br />
qui n’a pas encore pu vomir un flot <strong>de</strong> parole se sent mal, très mal. C’est le début<br />
donc d’une longue, très longue réunion du comité, chacun voulant étaler son<br />
point <strong>de</strong> vue sur les petits pingouins qui, à peine sortis <strong>de</strong> leur œuf dérivent déjà sur<br />
<strong>de</strong>s miettes d’icebergs à cause du réchauffement climatique.<br />
Je note donc: quand tu es en conflit avec un <strong>de</strong> tes pairs, serre tes <strong>de</strong>nts au point <strong>de</strong><br />
sentir tes muscles maxillo-faciaux jaillir hors <strong>de</strong> tes tempes mais ne parle pas, tu ne<br />
feras que perdre du temps, sauf si bien sûr, se trouvent richesses et gloire à la clef (je<br />
précise ici que je suis une personne désintéressée et pure qui n’aspire qu’à trouver<br />
l’essence du droit naturel).<br />
5
Vie universitaire<br />
La société d’étudiants Helvétia par David Auberson<br />
Qu’est-ce que l’Helvétia ?<br />
L’Helvétia est une Société d’étudiants<br />
qui existe <strong>de</strong>puis 1847 à <strong>Lausanne</strong> et<br />
1832 au niveau national. Elle compte<br />
parmi les plus anciennes associations<br />
estudiantines <strong>de</strong> Suisse. Loin <strong>de</strong> se limiter<br />
son horizon au campus <strong>de</strong> Dorigny,<br />
l’Helvétia possè<strong>de</strong> <strong>de</strong>s sections sœurs<br />
dans les <strong>Université</strong>s <strong>de</strong> Zurich, Bâle,<br />
Berne et Genève. Notre Société est officiellement<br />
reconnue par l’UNIL.<br />
Histoire<br />
Au début du 19e siècle, les étudiants<br />
suisses sentirent la nécessité <strong>de</strong> s’unir<br />
face aux gouvernements réactionnaires<br />
mis en place en 1815. C’est dans cet esprit<br />
que fut créée la Société d’étudiants<br />
<strong>de</strong> Zofingue en 1819 dont le but était <strong>de</strong><br />
réunir l’ensemble <strong>de</strong>s étudiants suisses,<br />
<strong>de</strong> renforcer le lien fédéral et <strong>de</strong> créer<br />
un véritable Etat mo<strong>de</strong>rne. <strong>Tout</strong>efois,<br />
certains Zofingiens ne tardèrent pas à<br />
s’engager sur la voie du conservatisme<br />
et soutinrent les aristocraties urbaines,<br />
notamment lors <strong>de</strong>s troubles <strong>de</strong> Bâle<br />
(où les Zofingiens prirent le parti <strong>de</strong> la<br />
ville contre la campagne) et <strong>de</strong> Neuchâtel<br />
(où ils s’engagèrent du côté <strong>de</strong>s<br />
royalistes attachés à une domination<br />
étrangère sur ce territoire). Cette situation<br />
poussa certains étudiants proches<br />
<strong>de</strong>s radicaux à quitter Zofingue pour<br />
6<br />
créer une société dissi<strong>de</strong>nte. C’est dans<br />
ce contexte politique que fut fondée en<br />
1832 l’Helvétia. Portée par sa <strong>de</strong>vise Patrie-Amitié-Progrès,<br />
l’Helvétia ne tarda<br />
à <strong>de</strong>venir le fer <strong>de</strong> lance <strong>de</strong>s aspirations<br />
démocratiques <strong>de</strong> nombreux jeunes<br />
Confédérés. Ces idéaux trouvèrent leur<br />
aboutissement dans l’édification <strong>de</strong><br />
l’Etat fédéral en 1848, auquel participèrent<br />
nombre d’Helvétiens. Depuis cette<br />
date, l’histoire <strong>de</strong> l’Helvétia et <strong>de</strong> la<br />
Suisse se confon<strong>de</strong>nt bien souvent. En
effet, notre Société d’étudiants a donné<br />
21 conseillers fédéraux, un nombre plus<br />
que respectable d’officiers supérieurs<br />
et <strong>de</strong> hauts-fonctionnaires à notre Etat.<br />
Qui sont les Helvétiens ?<br />
Les Helvétiens sont issus <strong>de</strong> toutes les<br />
facultés <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> et sections <strong>de</strong><br />
l’EPFL ainsi que <strong>de</strong>s HES vaudoises. On y<br />
trouve donc <strong>de</strong>s avocats, <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins,<br />
<strong>de</strong>s diplomates, <strong>de</strong>s chimistes, <strong>de</strong>s enseignants,<br />
<strong>de</strong>s notaires, <strong>de</strong>s ingénieurs,<br />
<strong>de</strong>s économistes, <strong>de</strong>s historiens et bien<br />
d’autres professions. Les origines sociales,<br />
culturelles et géographiques <strong>de</strong>s<br />
Helvétiens sont aussi diverses que leurs<br />
étu<strong>de</strong>s. Aujourd’hui, comme par le passé,<br />
les membres <strong>de</strong> notre Société sont<br />
souvent les premiers <strong>de</strong> leur famille à<br />
entreprendre <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s universitaires,<br />
ce qui nous distingue d’autres Sociétés<br />
d’étudiants, comme Zofingue, où il<br />
s’agit parfois d’une tradition familiale.<br />
Parmi les quelque 1500 Helvétiens<br />
vaudois que compte la section <strong>de</strong>puis<br />
1847, nous trouvons huit conseillers fédéraux,<br />
<strong>de</strong> nombreux conseillers d’Etat,<br />
<strong>de</strong>s professeurs d’<strong>Université</strong>, le prési<strong>de</strong>nt<br />
actuel <strong>de</strong> la FIFA (Sepp Blatter) ou<br />
encore <strong>de</strong>s personnes actives dans les<br />
médias (Olivier Meuwly). Cet engagement<br />
<strong>de</strong> beaucoup <strong>de</strong> nos membres<br />
pour la chose publique est aussi ancien<br />
que notre Société (plusieurs <strong>de</strong>s pères<br />
fondateurs <strong>de</strong> l’Etat fédéral mo<strong>de</strong>rne<br />
furent Helvétiens, tout comme les créa-<br />
Vie universitaire<br />
teurs <strong>de</strong> l’AVS après la Secon<strong>de</strong> guerre<br />
mondiale). Cette responsabilité sociale<br />
s’est notamment traduite pour notre<br />
section par l’acquisition d’un Foyer<br />
procurant aux étudiants - Helvétiens<br />
et non-Helvétiens - <strong>de</strong>s chambres à<br />
<strong>de</strong>s prix raisonnables au cœur <strong>de</strong> <strong>Lausanne</strong>.<br />
Ce souci <strong>de</strong> la condition estudiantine<br />
nous a aussi invité à décerner<br />
récemment le titre <strong>de</strong> membre ami<br />
à M. Georges-André Carrel, directeur<br />
<strong>de</strong>s sports UNIL/EPFL, pour le développement<br />
sans précé<strong>de</strong>nt qu’a connu le<br />
sport universitaire lausannois sous son<br />
impulsion.<br />
En <strong>de</strong>venant Helvétien, le jeune universitaire<br />
acquière une expérience <strong>de</strong>s<br />
relations sociales et se voit confronté,<br />
souvent pour la première fois, à <strong>de</strong>s<br />
responsabilités à l’égard d’une communauté.<br />
<strong>Tout</strong>efois, aucun engagement<br />
7
Vie universitaire<br />
politique n’est requis <strong>de</strong> la part <strong>de</strong> ses<br />
membres et l’Helvétia est autant apolitique<br />
qu’areligieuse.<br />
Quelles sont les activités proposées par l’Helvétia<br />
?<br />
Il n’est jamais évi<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> décrire <strong>de</strong>s<br />
moments qui se vivent plus qu’ils ne<br />
se racontent. La première et peut-être<br />
la plus importante <strong>de</strong> nos activités est<br />
notre réunion hebdomadaire du mardi.<br />
Ces soirées sont l’occasion d’échanges<br />
d’idées et d’expériences entre étudiants<br />
et anciens étudiants. Cultivant<br />
la pluridisciplinarité bien avant que ce<br />
terme ne <strong>de</strong>vienne à la mo<strong>de</strong> dans les<br />
universités, l’étudiant en <strong>Droit</strong> vient à<br />
s’intéresser aux travaux <strong>de</strong> son collègue<br />
helvétien en Chimie, celui qui étudie<br />
les Lettres s’initie aux mystères <strong>de</strong><br />
la comptabilité grâce aux explications<br />
<strong>de</strong> son camara<strong>de</strong> en HEC. Ces rencontres<br />
permettent aussi à l’étudiant frais<br />
émoulu du gymnase <strong>de</strong> recueillir <strong>de</strong><br />
précieux conseils auprès <strong>de</strong> jeunes<br />
diplômés dans sa discipline. Il arrive<br />
même parfois qu’un étudiant se retrouve<br />
dans un cadre décontracté à la<br />
même table que son professeur ou son<br />
assistant, personnes qu’il ne fait bien<br />
souvent que croiser dans les auditoires<br />
<strong>de</strong> Dorigny. Notre réunion hebdomadaire<br />
est surtout un agréable moment<br />
<strong>de</strong> détente entre amis après une laborieuse<br />
journée d’étu<strong>de</strong>. Lors <strong>de</strong> ces<br />
soirées, le chant, l’humour, les traditions<br />
estudiantines et l’autodérision<br />
8<br />
occupent une gran<strong>de</strong> place. Si nous<br />
cultivons l’interdisciplinarité, nous pratiquons<br />
aussi avec assiduité le dialogue<br />
intergénérationnel et autour <strong>de</strong> notre<br />
table se côtoient plusieurs générations<br />
d’étudiants et <strong>de</strong> diplômés <strong>de</strong>s hautesécoles<br />
vaudoises.<br />
<strong>Tout</strong>efois, nos activités ne se limitent<br />
pas à partager <strong>de</strong> bons moments une<br />
fois par semaine. Nous organisons aussi<br />
<strong>de</strong>s conférences qui reflètent l’éclectisme<br />
<strong>de</strong> nos centres d’intérêt. Pour<br />
ce semestre nous proposerons <strong>de</strong>ux<br />
conférences publiques : la première<br />
sera sur la presse suisse au 19e siècle et<br />
la secon<strong>de</strong> sur l’avenir du secret bancaire.<br />
Nous participons aussi à <strong>de</strong>s activités<br />
culturelles, sportives, ludiques,<br />
festives et théâtrales – nous organisons<br />
et jouons une revue satirique dans le<br />
style <strong>de</strong>s cafés-concerts. Loin <strong>de</strong> nous<br />
cantonner au centre ville <strong>de</strong> <strong>Lausanne</strong>,<br />
nous aimons à faire un tour dans les<br />
vignes <strong>de</strong> Lavaux et nous rencontrons<br />
régulièrement les membres <strong>de</strong>s autres<br />
sections <strong>de</strong> l’Helvétia. Ces rencontres<br />
nous permettent <strong>de</strong> nouer dans chaque<br />
gran<strong>de</strong> ville <strong>de</strong> Suisse <strong>de</strong>s liens qui<br />
peuvent s’avérer utiles dans la suite <strong>de</strong><br />
nos étu<strong>de</strong>s ou <strong>de</strong> notre carrière professionnelle.<br />
Nos joyeuses pérégrinations<br />
nous amènent même parfois jusqu’en<br />
Belgique pour visiter une confrérie étudiante<br />
amie.
La Maison H!<br />
La maison sise au numéro 6 <strong>de</strong> la rue<br />
Pierre Viret est à l’Helvétia ce que le<br />
Graal est aux Chevaliers <strong>de</strong> la Table<br />
ron<strong>de</strong>, Saint-Jacques <strong>de</strong> Compostelle<br />
aux pèlerins ou encore la patinoire <strong>de</strong><br />
Malley aux supporters du LHC. C’est<br />
dans cette maison construite en 1795<br />
et propriété <strong>de</strong> notre Société <strong>de</strong>puis<br />
1925 que se réunissent tous les mardis<br />
les Helvétiens. C’est aussi dans cet endroit<br />
que nous organisons un certain<br />
nombre <strong>de</strong> nos activités, conférences<br />
et fêtes comme notre désormais célèbre<br />
Cheap Party.<br />
Etre Helvétien<br />
Vie universitaire<br />
En bref, être Helvétien, c’est d’abord faire<br />
partie d’une société dont l’amitié est<br />
le maître mot. C’est-à-dire se retrouver<br />
régulièrement autour d’une bière pour<br />
refaire le mon<strong>de</strong>, pratiquer <strong>de</strong> nombreuses<br />
activités, faire ses premiers<br />
pas dans une communauté et assumer<br />
<strong>de</strong>s responsabilités. L’Helvétia, c’est<br />
aussi un moyen <strong>de</strong> vivre pleinement ce<br />
temps trop court dans notre existence<br />
qu’est la vie estudiantine, comme l’ont<br />
fait avant nous <strong>de</strong>s générations d’étudiants.<br />
David Auberson, lic. phil., Prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />
l’Helvétia vaudoise<br />
A lire<br />
Gex Nicolas, Auberson David, 1857, une<br />
année particulière? Vaud-Suisse-Europe,<br />
Bière, <strong>2009</strong>.<br />
AA.VV., Helvetia 1832-2007, <strong>Lausanne</strong>,<br />
2007.<br />
Meuwly Olivier, Histoire <strong>de</strong>s Sociétés<br />
d’étudiants à <strong>Lausanne</strong>, <strong>Lausanne</strong>,<br />
1987.<br />
Nous trouver sur le web : www.helvetia1832.org<br />
Nous contacter : info@helvetia1832.<br />
org, ou tout simplement venir partager<br />
un verre avec nous un mardi soir dès<br />
19h30 au Restaurant Le Vieux-<strong>Lausanne</strong>,<br />
Rue Pierre Viret 6, 1003 <strong>Lausanne</strong>.<br />
Une visite n’engage à rien et satisfait<br />
souvent une curiosité légitime.<br />
9
Et après?<br />
Lettre ouverte aux futurs doctorants par Steve Favez<br />
Cher étudiant,<br />
Peut-être as-tu déjà remarqué <strong>de</strong> mystérieux<br />
livres portant l’inscription « thèse<br />
<strong>de</strong> licence et <strong>de</strong> doctorat » dans les<br />
rayons <strong>de</strong> la BCU. Mais <strong>de</strong> quoi s’agit-il<br />
? Que peut-on bien entendre par une<br />
étu<strong>de</strong> approfondie, personnelle et inédite<br />
sur <strong>de</strong>s sujets qui vont <strong>de</strong> la protection<br />
<strong>de</strong>s biotopes aux conventions<br />
<strong>de</strong> double-imposition entre la Suisse et<br />
les Etats-Unis ?<br />
Peut-être aussi connais-tu quelques<br />
doctorants ou que tu en croises dans<br />
les couloirs <strong>de</strong> notre Nef. Tu suis nos séminaires<br />
et travaux pratiques, tu viens<br />
nous poser <strong>de</strong>s questions ou <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r<br />
<strong>de</strong>s conseils et tu nous a peut-être<br />
remarqué lors <strong>de</strong>s examens où nous<br />
t’expertisons : en somme, nous t’accompagnons<br />
dans ta vie d’étudiant<br />
pour le meilleur et pour le pire !<br />
Tu le <strong>de</strong>vines, cette lettre vise à t’expliquer,<br />
<strong>de</strong> l’intérieur, en quoi consiste<br />
une thèse et à te présenter nos activités<br />
<strong>de</strong> doctorant et d’assistant.<br />
La thèse permet, parmi d’autres voies,<br />
l’accès au stage d’avocat ou <strong>de</strong> notaire.<br />
Dans certains domaines comme la recherche<br />
ou les organisations internationales,<br />
elle est une condition sine qua<br />
non pour faire carrière. La thèse per-<br />
10<br />
met aussi d’approfondir un sujet dans<br />
un thème pour lequel il n’existerait pas<br />
<strong>de</strong> master <strong>de</strong> troisième cycle ou plus<br />
simplement d’assouvir un intérêt particulier.<br />
<strong>Tout</strong> cela est bien joli, mais il faut encore<br />
savoir comment s’y prendre. Tu<br />
es libre <strong>de</strong> choisir le domaine du droit<br />
qui te plaît. Ton directeur <strong>de</strong> thèse sera<br />
un professeur <strong>de</strong> la Faculté dont l’enseignement<br />
se rapporte au sujet <strong>de</strong><br />
thèse ou un autre spécialiste agréé par<br />
le Décanat. Tu choisiras avec ton directeur<br />
<strong>de</strong> thèse un sujet dans le domaine<br />
qui t’intéresse. La thèse se veut aussi<br />
exhaustive que possible au niveau <strong>de</strong>s<br />
sources <strong>de</strong> jurispru<strong>de</strong>nce et <strong>de</strong> doctrine.<br />
Elle nécessite parfois d’abor<strong>de</strong>r<br />
d’autres sciences humaines (Histoire,<br />
philosophie, etc.) ou même techniques<br />
(biologie, architecture). Tu l’as compris,<br />
il te faudra beaucoup <strong>de</strong> lecture et une<br />
bonne méthodologie <strong>de</strong> travail.<br />
Maintenant, il te faut encore voir si tu<br />
remplis les conditions d’inscription qui<br />
visent à garantir la qualité <strong>de</strong>s thèses.<br />
Pour pouvoir préparer une thèse, il<br />
te faut obtenir la moyenne <strong>de</strong> 4.5 sur<br />
le bachelor et le master et là, ça peut<br />
se compliquer, mais soyons optimistes,<br />
le 4.5 est accessible, ce n’est pas<br />
parce que tu es limite en première et<br />
<strong>de</strong>uxième année que tu n’auras pas 4.5
sur l’ensemble <strong>de</strong> tes étu<strong>de</strong>s ! Puisque<br />
nous sommes à <strong>Lausanne</strong> et ne me<br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong> pas pourquoi, il te faut aussi<br />
présenter <strong>de</strong>ux examens portant sur<br />
<strong>de</strong>s branches <strong>de</strong> « culture et théorie<br />
juridique » et un examen <strong>de</strong> 48 heures<br />
(toutes ces informations se trouvent sur<br />
le site <strong>de</strong> la Faculté).<br />
Tu te <strong>de</strong>man<strong>de</strong>s encore comment vivre<br />
pendant peut-être cinq ans ? Plusieurs<br />
solutions s’offrent à toi. La plupart <strong>de</strong>s<br />
doctorants sont assistants à l’<strong>Université</strong>,<br />
ils travaillent pour un professeur,<br />
l’ai<strong>de</strong>nt dans ses recherches, donnent<br />
<strong>de</strong>s travaux pratiques. Cette solution<br />
n’est pas incompatible avec une activité<br />
extérieure (ASLOCA, greffier, traductions,<br />
etc.). Le travail d’assistant est<br />
réservé à ceux qui veulent faire une<br />
thèse, mais il <strong>de</strong>man<strong>de</strong> aussi un investissement<br />
et un certain sens du service<br />
public, il faut apprécier l’enseignement<br />
et la recherche. Ce travail est très enrichissant<br />
si l’on n’oublie pas que l’on a<br />
tous un jour ou l’autre été étudiant et<br />
connu les difficultés que connaissent<br />
tous les étudiants.<br />
En principe, la mise au concours d’un<br />
poste d’assistant est annoncée par voie<br />
d’affichage et sur Internet (vu que nous<br />
somme en droit, il peut évi<strong>de</strong>mment y<br />
avoir <strong>de</strong>s exceptions). Si tu es intéressé,<br />
il te faut certes être attentif à cet affichage<br />
mais je te conseille surtout <strong>de</strong> te<br />
renseigner très tôt directement auprès<br />
<strong>de</strong> l’enseignant du domaine qui t’inté-<br />
Et après?<br />
resse. A mon sens, tu déjà peux y aller<br />
dès la troisième année ou en premier<br />
semestre <strong>de</strong> master. Pour une thèse, les<br />
enseignants sont toujours accessibles,<br />
c’est une sorte <strong>de</strong> mot magique. Il ne<br />
faut toutefois pas trop se focaliser sur<br />
un poste trop précis et savoir saisir les<br />
opportunités là où elles se trouvent. Tu<br />
peux aussi participer à la vie <strong>de</strong> la Faculté<br />
ou <strong>de</strong> l’<strong>Université</strong> que ce soit dans<br />
une association comme l’AEDL ou au<br />
Conseil <strong>de</strong> Faculté, vu la composition<br />
actuelle du corps intermédiaire, il faut<br />
être clair, ça ai<strong>de</strong> ! Les professeurs apprécient<br />
aussi les gens qui ont un peu<br />
<strong>de</strong> pratique, les stages d’été ou du greffe<br />
ad hoc sont aussi un avantage !<br />
Si tu ne te sens pas prêt pour l’assistanat,<br />
il est possible <strong>de</strong> terminer une<br />
thèse hors du milieu académique, en<br />
travaillant comme greffier, dans une<br />
administration ou dans une entreprise<br />
à temps partiel, cette solution permet<br />
<strong>de</strong> sortir du mon<strong>de</strong> académique mais<br />
rend la communication avec ton directeur<br />
<strong>de</strong> thèse et l’accès aux sources parfois<br />
plus difficile.<br />
Finalement, il me faut encore te dire<br />
que la thèse se distingue par son caractère<br />
personnel, c’est la tienne ! Mais il<br />
y a le revers <strong>de</strong> la médaille, tu es seul à<br />
écrire. Même si ton directeur <strong>de</strong> thèse<br />
va te conseiller, te corriger, personne<br />
n’écrira ta thèse à ta place ! La rédaction<br />
prend environ entre 3 et 5 ans, c’est<br />
aussi une épreuve du niveau <strong>de</strong> ta mo-<br />
11
Et après?<br />
tivation ! Des fois, tu écriras beaucoup<br />
et d’autres, tu passeras <strong>de</strong>s semaines<br />
entières à bûcher sur une seule et unique<br />
question. Un pareil défi <strong>de</strong>man<strong>de</strong><br />
une réflexion, dans l’idéal, il serait bien<br />
d’y réfléchir dès la troisième année ou<br />
en premier semestre <strong>de</strong> master, <strong>de</strong> lier<br />
cette réflexion au mémoire qui te permet,<br />
dans une certaine mesure, d’évaluer<br />
ta motivation.<br />
La thèse est remplie d’aléas, <strong>de</strong> joies et<br />
<strong>de</strong> frustrations ; la plupart d’entre nous,<br />
et je ferai tout pour en faire partie, mettent<br />
néanmoins un point d’honneur à<br />
achever la thèse pour obtenir le titre<br />
<strong>de</strong> Docteur en droit, titre académique<br />
suprême.<br />
Convaincu ? Alors courage et rejoinsnous<br />
!<br />
Steve Favez, doctorant et assistant au<br />
centre <strong>de</strong> droit public<br />
12
Ce que l’AEDL a fait pour vous<br />
A travers ces images, vous aurez un petit aperçu <strong>de</strong>s différents évènements <strong>de</strong> la<br />
rentrée auxquels a participé.<br />
Journée <strong>de</strong>s étudiants, 11 septembre <strong>2009</strong>, Amphipôle<br />
13
Ce que l’AEDL a fait pour vous<br />
14<br />
Bal <strong>de</strong> la rentrée, 24 septembre <strong>2009</strong>, D! Club
Remerciements à Xavier Goël pour les photos.<br />
www.photo-xg.com<br />
Ce que l’AEDL a fait pour vous<br />
15
Hors-champ<br />
Les sports <strong>de</strong> combat par Yann Smadja<br />
Krav maga, Sambo ou encore Kali. Non, ces noms ne sont pas <strong>de</strong>s noms <strong>de</strong> villages<br />
perdus d’un pays inconnu. Ce sont <strong>de</strong>s techniques <strong>de</strong> combat que l’on pratique <strong>de</strong><br />
plus en plus en France, en Belgique et en Suisse. Bien que pour une infime partie<br />
<strong>de</strong> la population ces noms soient synonymes <strong>de</strong> combats rapprochés, <strong>de</strong> désarmement<br />
ou encore <strong>de</strong> combat au sol avec clé <strong>de</strong> bras, ils restent souvent inconnus du<br />
grand public. Le Karaté, le Kung-fu ou encore le Judo sont <strong>de</strong>s sports <strong>de</strong> combat<br />
qui, <strong>de</strong>puis bien longtemps, sont ancrés dans le paysage <strong>de</strong>s arts martiaux <strong>de</strong>s pays<br />
occi<strong>de</strong>ntaux et donc suscitent moins la curiosité. Dès lors <strong>de</strong> plus en plus <strong>de</strong> clubs<br />
<strong>de</strong> sport proposent <strong>de</strong>s arts <strong>de</strong> combats moins connus mais tout aussi efficaces.<br />
L’objectif <strong>de</strong> cet article est avant tout <strong>de</strong> présenter quelques uns <strong>de</strong>s ces sports qui<br />
sont encore peu connus pour la plupart.<br />
Le Kali<br />
Le Kali, l’Arnis ou l’Eskrima sont un seul<br />
et même art martial d’origine philippine.<br />
Les différents noms viennent du fait que<br />
cet art <strong>de</strong> guerre s’est développé dans<br />
diverses régions <strong>de</strong> l’archipel. L’Arnis ou<br />
Luzon vient du nord qui a été par le passé<br />
une zone <strong>de</strong> passage pour <strong>de</strong> nombreux<br />
bateaux <strong>de</strong> commerce venant du Japon,<br />
<strong>de</strong> Malaisie ou encore du Vietnam, amenant<br />
avec eux leur culture du combat.<br />
L’Eskrima vient du centre, d’une région<br />
appelée Visayas qui a connue pas moins<br />
<strong>de</strong> 400 ans d’influence hispanique. Enfin<br />
le Kali vient du sud, plus précisément <strong>de</strong><br />
Mindanao. C’est un style plus influencé<br />
par l’Indonésie et son art martial traditionnel<br />
qu’est le Penkchat Silat..<br />
D’abord enseigné comme un art <strong>de</strong><br />
guerre vers 1439 et pendant la pério<strong>de</strong><br />
hispanique, les techniques <strong>de</strong> combat<br />
s’individualisent peu à peu pour se pro-<br />
16
Hors-champ<br />
pager à l’intérieur <strong>de</strong>s familles ou <strong>de</strong>s clans. Il est enseigné dans le secret le plus<br />
total et ce n’est qu’avec le développement <strong>de</strong>s sports <strong>de</strong> combats qu’il finira par<br />
être ouvert au public.<br />
L’Arnis se pratique avec <strong>de</strong>s armes. Principalement <strong>de</strong>s couteaux et <strong>de</strong>s bâtons. L’élève<br />
apprend tout d’abord une série d’attaques avec notamment <strong>de</strong>s bâtons. Ensuite,<br />
il apprend l’esquive et/ou le blocage et la contre-attaque. Cet art martial est très<br />
épuré car on recherche principalement l’efficacité avant la beauté du geste contrairement<br />
au Kung-fu traditionnel par exemple. Ainsi l’apprentissage est structuré <strong>de</strong><br />
telle sorte que les bases sont faciles à apprendre et que l’efficacité vient en combattant.<br />
Pour une société comme celle <strong>de</strong>s philippines, les combats à mains nues ne<br />
sont pas réalistes. En effet, le couteau tel que la machette y est très présent parce<br />
que c’est un outil <strong>de</strong> travail très répandu. L’idée est que si l’on se retrouve dans un<br />
combat, on prendra ce qui nous tombe sous la main. Beaucoup <strong>de</strong> gens sont armés<br />
dans cette société, il estdès lors normal que les techniques soient adaptées. Mais<br />
elles ne sont pas spécifiquement dangereuses puisque l’humilité, la discrétion et le<br />
respect sont <strong>de</strong>s valeurs qui sont souvent plus ancrées dans cette société que dans<br />
la notre. Rares sont les arts martieux originaux qui n’ont pas été influencé par une<br />
autre culture. Certains arts martiaux voyagent à travers les continents et se muent<br />
sans pour autant perdre ce pour quoi ils ont été crée, le Jiu-jitsu brésilien en est un<br />
exemple. Comme son nom l’indique, il est le fruit d’un mélange entre l’art martial<br />
ancestral japonais qu’est le Jiu-jitsu et la créativité brésilienne.<br />
Le Jiu-jitsu brésilien<br />
L’histoire du Jiu-jitsu brésilien, est presque une histoire <strong>de</strong> famille. Au début du<br />
XXème, un grand maître japonais Jigoro Kano a créé, à partir du Jiu-jitsu traditionnel,<br />
le Judo. Son élève le plus talentueux est envoyé au Brésil pour y enseigner cet<br />
art nouveau. Il s’agit <strong>de</strong> Mitsuyo Maeda. Bien qu’excellent en Judo, il pratique aussi<br />
très bien le Jiu-jitsu. Mais s’installer dans un pays avec une culture aussi différente<br />
<strong>de</strong> la sienne n’est pas chose aisée. Et c’est en la personne <strong>de</strong> Gasto Gracie politicien<br />
<strong>de</strong> l’époque qu’il trouve une ai<strong>de</strong> inéstimable pour l’ai<strong>de</strong>r à s’installer. En remerciement,<br />
il entreprend d’enseigner l’art du Jiu-jitsu à ses fils. Carlos Gracie <strong>de</strong>vient rapi<strong>de</strong>ment<br />
un très bon combattant, et transforme déjà quelque peu les techniques<br />
traditionnelles. Mais Helio ( le plus jeune fils <strong>de</strong> Gasto Gracie) repensa cet art à la<br />
manière brésilienne <strong>de</strong> manière à l’adapter entre autre à sa petite taille. Il développe<br />
ainsi certaines prises axées sur l’effet <strong>de</strong> levier et <strong>de</strong> déséquilibre. Depuis lors<br />
les Gracie sont <strong>de</strong> vraies légen<strong>de</strong>s dans cet art.<br />
17
Hors-champ<br />
La philosophie du Jiu-jitsu Brésilien est simple. Amener ou ceinturer son adversaire<br />
au sol afin <strong>de</strong> compenser d’éventuelles faiblesses physiques. Arrivé au sol, les<br />
étranglements, clé <strong>de</strong> bras (torsion d’articulation dans le sens contraire), coups ou<br />
luxations laissent le loisir à l’adversaire d’abandonner ou <strong>de</strong> subir jusqu’au bout la<br />
technique <strong>de</strong> soumission. En contrepartie, cet art permet <strong>de</strong> préserver son adversaire<br />
si celui-ci se résigne à abandonner, sans lui provoquer <strong>de</strong> grave traumatismes<br />
physiques. C’est pourquoi, on a souvent surnommé le Jiu-jitsu Brésilien comme<br />
étant : «l’art ultime à visage humain».<br />
Mais si le Jiu-jitsu brésilien est une arme redoutable pour les combats libres, une<br />
autre forme <strong>de</strong> lutte l’est tout autant. Pour la trouver, il faut quitter le climat ensoleillé<br />
du Brésil et se rendre dans <strong>de</strong>s régions où le zéro <strong>de</strong>gré est une température<br />
idéale en hiver. Il s’agit bien évi<strong>de</strong>mment <strong>de</strong> la Russie où le Sambo voit le jour.<br />
Le Sambo<br />
Le Sambo est fondé sur la base <strong>de</strong> différentes sortes <strong>de</strong> lutte, notamment les types<br />
luttes nationales <strong>de</strong>s républiques <strong>de</strong> l’ex-URSS mais aussi s’inspire-t-il <strong>de</strong> systèmes<br />
d’autodéfense étrangers. Ce sport <strong>de</strong> combat étant une synthèse <strong>de</strong> différentes<br />
techniques, il est le fruit du travail <strong>de</strong> 3 grands « maîtres ».<br />
Le premier à donner l’impulsion s’appelle V. A Spiridonov. Officier <strong>de</strong> l’Armée rouge,<br />
il déci<strong>de</strong> étudier toutes sortes <strong>de</strong> combats pour en retirer le meilleur et par la suite<br />
cherche à créér le premier le système SAM (qui vient <strong>de</strong> Samozatchita qui veut dire<br />
auto défense). En 1920 Spiridonov <strong>de</strong>vient instructeur d’autodéfense à Moscou où<br />
il enseigne au Dynamo club . Le club est détenu par l’Armée Rouge qui va être la<br />
première à en bénéficier, puis le K.G.B (service secret <strong>de</strong> l’URSS) finira par l’utiliser.<br />
Le <strong>de</strong>uxième protagoniste du développement du Sambo est Vassilii Oshepkov. Il<br />
reprend les travaux <strong>de</strong> Spiridonov dans une version plus sportive. C’est le premier<br />
russe à recevoir une ceinture noire <strong>de</strong> Judo et cela <strong>de</strong>s mains <strong>de</strong> Jigoro Kano. Il étudie<br />
diverses formes <strong>de</strong> combats et <strong>de</strong> luttes populaires. Son but est <strong>de</strong> compléter<br />
la lutte libre avec ses pratiques nationales. Ce mélange <strong>de</strong> techniques préfigurera<br />
le Sambo-sportif actuel.<br />
Enfin, Anatoly Kharlampiev, considéré comme le créateur du Sambo, va comme ses<br />
prédécesseurs étudier <strong>de</strong>s sports <strong>de</strong> combat soviétiques et internationaux. Puis il<br />
travaillera durant <strong>de</strong> longues années au Dynamo Club et y enseignera l’autodéfense,<br />
en mettant au point un programme officiel d’évolution <strong>de</strong>s techniques spor-<br />
18
Hors-champ<br />
tives. Il va aussi chercher à enrichir les travaux <strong>de</strong>s pionniers du Sambo et en fera<br />
une synthèse.<br />
Le Sambo est enseigné aux militaires russes. Il sera largement utilisé pendant la<br />
<strong>de</strong>uxième guerre mondiale contre les nazis dans <strong>de</strong>s opérations en première ligne.<br />
Au sortir <strong>de</strong> la guerre, les autorités russes sont réticentes à ouvrir le Sambo aux<br />
occi<strong>de</strong>ntaux. Ce n’est qu’en 1966 à Toledo (USA) que le Sambo est reconnu par l’Association<br />
Internationale <strong>de</strong> Lutte. En 1984, l’Association Internationale <strong>de</strong> Sambo<br />
naît. Ces lutteurs s’appellent <strong>de</strong>s samboïstes. Il existe divers formes <strong>de</strong> Sambo. Le<br />
Sambo sportif se traduit pas <strong>de</strong>s combats avec lutte au sol et immobilisation. Dans<br />
le Sambo <strong>de</strong> combat, on peut utiliser les pieds et les poings pour frapper. Enfin le<br />
Sambo <strong>de</strong> défense et un style classique <strong>de</strong> sport d’auto défense en mélangeant un<br />
peu les <strong>de</strong>ux premières formes <strong>de</strong> Sambo.<br />
Le Krav maga<br />
Le <strong>de</strong>rnier sport <strong>de</strong> combat, le Krav maga (combat <strong>de</strong> contact en hébreux), a été<br />
créé par un homme, Imi Lichtenfeld. Né à Budapest en 1910, il est le fils d’un athlète<br />
qui est aussi Chef <strong>de</strong> la police départementale. Il initie le jeune Imi à plusieurs<br />
disciplines comme la boxe, la lutte et la gymnastique. Imi <strong>de</strong>vient vite un très bon<br />
athlète.<br />
Mais dans les années 30, le totalitarisme<br />
et l’antisémitisme font leur apparition.<br />
C’est pour protéger la communauté locale<br />
que Imi crée <strong>de</strong>s groupes d’autodéfense.<br />
De fait, Imi prend part à <strong>de</strong> nombreuses<br />
bagarres et <strong>de</strong>vient conscient<br />
<strong>de</strong> la gran<strong>de</strong> différence entre combat<br />
<strong>de</strong> rue et combat <strong>de</strong> compétition. En<br />
1940, il est recherché par la police locale<br />
pro-nazi, fuit en Palestine où il intègre<br />
la Hagana, formation paramilitaire juive<br />
préfigurant la future armée israélienne.<br />
Il fait partie <strong>de</strong>s troupes <strong>de</strong> choc, le Palmach,<br />
où il enseigna la lutte, la gymnastique<br />
et les bases <strong>de</strong> l’autodéfense. En<br />
1948, il participa à la guerre d’indépendance<br />
<strong>de</strong> l’État d’Israël, puis il rejoignit<br />
19
Hors-champ<br />
Tsahal (l’armée israélienne) en tant que chef instructeur d’éducation physique et <strong>de</strong><br />
close combat. Son objectif est <strong>de</strong> développer une métho<strong>de</strong> <strong>de</strong> combat simple, efficace<br />
et rapi<strong>de</strong>ment assimilable pour répondre aux besoins <strong>de</strong> l’armée. Jusqu’alors<br />
réservé à l’armée et au service secret, en 1964, le Krav maga est ouvert au public.<br />
Imi Lichtenfeld ouvre à Netanya (entre Jérusalem et Tel-Aviv) la première école <strong>de</strong><br />
Krav maga. Mais ce sport <strong>de</strong> combat reste conscrit à l’intérieur <strong>de</strong> l’Etat d’Israël. Fort<br />
<strong>de</strong> l’expérience <strong>de</strong>s combats au front, Imi développe et adapte les techniques <strong>de</strong><br />
défense pour qu’elles collent le plus à la réalité. Ce n’est qu’au début <strong>de</strong>s années<br />
80 que le Krav maga s’internationalise. D’abord au Etats-Unis puis dans le reste du<br />
mon<strong>de</strong>. De nos jours <strong>de</strong>s corps spéciaux <strong>de</strong> police ou d’armée, tel que le FBI (police<br />
fédérale américaine) ou les SAS (commandos <strong>de</strong> l’armée royale anglaise) l’utilise. Et<br />
si autant d’unités spéciales utilisent le Krav maga c’est parce qu’il se rapproche le<br />
plus <strong>de</strong> la réalité en combat rapproché.<br />
Basé sur <strong>de</strong>s réflexes naturelles, la simplicité <strong>de</strong>s mouvements et l’efficacité d’utilisation,<br />
il est adapté aux situations dangereuses que l’on peut rencontrer partout. L’apprentissage<br />
du Krav maga se fait rapi<strong>de</strong>ment, une longue pratique pour l’utiliser en<br />
situation réelle n’est pas nécessaire, il ne faut pas non plus d’être particulièrement<br />
fort ou souple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il se prête aussi bien aux personnes petites,<br />
menues ou encore aux femmes. Les techniques du Krav maga sont par exemple<br />
le <strong>de</strong>ssaisissement d’un étranglement, la défense contre une arme blanche ou<br />
encore la mise au sol avec <strong>de</strong>s clés <strong>de</strong> bras. Le Krava maga n’a pas <strong>de</strong> règles ni <strong>de</strong><br />
limites dans la mesure où son but premier est <strong>de</strong> sauver sa vie ou celle d’autrui.<br />
Chaque art martial ou sport <strong>de</strong> combat a ses qualités propres. Certains se prêtent<br />
plus au combat <strong>de</strong> rue, d’autres permettent l’utilisation d’un bâton ou l’entraînement<br />
efficace sans trop <strong>de</strong> risques pour votre partenaire. Mais tous ont un point<br />
commun : la connaissance <strong>de</strong> soi. Cette connaissance passe par l’apprentissage parfois<br />
douloureux <strong>de</strong>s techniques <strong>de</strong> combat. Mais au final cet apprentissage permet<br />
<strong>de</strong> mieux affronter les problèmes <strong>de</strong> la vie et ne pas abandonner à la première<br />
difficulté venue.<br />
20
Vrai ou faux?<br />
<strong>Tout</strong>es les réponses aux questions ci-<strong>de</strong>ssous se trouvent dans le recueil systématique<br />
fédéral, dans le recueil systématique vaudois ou dans les règlements <strong>de</strong> la ville<br />
<strong>de</strong> <strong>Lausanne</strong>.<br />
1. Les lois, décrets, arrêtés et tous autres actes publics émanant du Grand Conseil<br />
vaudois ou du Conseil d’Etat peuvent faire l’objet d’une publication au son du<br />
tambour ; dans certaines circonstances, leur lecture en chaire, dans toutes les<br />
paroisses du canton, peut être ordonnée.<br />
2. En Suisse, il n’y a pas <strong>de</strong> différence juridique entre un œuf d’une poule «Gallus<br />
domesticus» et un œuf d’une autre espèce <strong>de</strong> poule.<br />
3. En été, il est possible <strong>de</strong> faire du ski nautique sur le lac <strong>de</strong> Constance tous les<br />
jours jusqu’à minuit.<br />
4. Une boucherie suisse a le droit <strong>de</strong> préparer <strong>de</strong>s saucisses à base <strong>de</strong> vian<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />
ragondin.<br />
5. Les pièces <strong>de</strong> 50 centimes sont plus lour<strong>de</strong>s que les pièces <strong>de</strong> 10 centimes.<br />
6. Le canton <strong>de</strong> Vaud peut interdire d’habiter et d’utiliser <strong>de</strong>s locaux susceptibles<br />
<strong>de</strong> favoriser la propagation <strong>de</strong> la tuberculose.<br />
7. Tous les ans au 1er août, les cloches <strong>de</strong> toutes les communes vaudoises doivent<br />
être sonnées entre midi et midi et quart.<br />
8. Les engins <strong>de</strong> pesages <strong>de</strong>s laiteries et fromageries vaudoises doivent être régulièrement<br />
étalonnés et vérifiés par <strong>de</strong>s vérificateurs ou mesureurs-jurés institués<br />
par la loi.<br />
9. Le cheval <strong>de</strong> service d’une personne incorporée dans l’armée suisse est insaisissable.<br />
10. Il est interdit d’exercer la prostitution aux abords <strong>de</strong>s arrêts <strong>de</strong> transports publics<br />
<strong>de</strong> <strong>Lausanne</strong>.<br />
Pour celles et ceux qui déci<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> donner leur langue au chat, ren<strong>de</strong>z-vous sur le<br />
site <strong>de</strong> l’AEDL : www.unil.ch/aedl<br />
Jeu<br />
21