28 sivan - Hassidout

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28 Sivan

28 Sivan

5701-1941


L'implantation de la

Hassidout Habad

dans l'hémisphère inférieur

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28 Sivan 5701 - 1941

L'implantation de la Hassidout Habad

dans l'hémisphère inférieur

5759 • 1999

1 ère édition

Photo de couverture :

Distribution par le Rabbi

du texte original du présent fascicule

le 28 Sivan 5751-1991

LES EDITIONS DU BETH LOUBAVITCH

8, rue Lamartine - 75009 Paris

2


28 Sivan

Avant Propos

Le 28 Sivan est l’une des dates particulières les plus tardives

ayant été fixées dans le calendrier de la ‘Hassidout ‘Habad. En

effet, c’est uniquement en 1983 qu’on apprit que le Rabbi, en ce

jour de l’année 1941, était parvenu aux Etats Unis, après avoir

miraculeusement échappé à la tentacule de l’envahisseur nazi

qui s’était abattue sur l’Europe.

Trois ans plus tard, en 1986, l’un des ‘Hassidim prit l’initiative

de commémorer cet événement en organisant, à cette date,

une réunion ‘hassidique, au cours de laquelle chacun pourrait

prendre la décision de renforcer la diffusion de l’enseignement

‘hassidique. Alors, il sollicita la participation du Rabbi à cette

réunion, sous la forme d’une bouteille d’eau de vie. Le Rabbi la

donna et, lorsque ce ‘Hassid, la recevant, annonça qu’aurait lieu

une commémoration du «jour de l’arrivée du Rabbi aux Etats

Unis», le Rabbi réagit en précisant: «Lui et sa famille». C’est

par ces mots que le Rabbi conféra un caractère d’officialité à

cette célébration qui, depuis lors, a été définitivement instituée.

Puis, cinq ans plus tard, en 1991, le Rabbi fit éditer, à l’occasion

du cinquantième anniversaire de son arrivée aux Etats Unis,

un fascicule exposant l’historique de ce sauvetage et commentant

la dimension spirituelle de cet événement. Le 28 Sivan de

cette même année, ce fascicule fut distribué par le Rabbi à chacun

des présents dans sa maison d’étude, à l’issue du discours

qu’il prononça. Le présent recueil est la traduction de ce fascicule,

dont il met le riche contenu à la portée du public francophone.

3


Outre l’importance intrinsèque du sauvetage physique du

Rabbi et de son épouse, le 28 Sivan marque également l’introduction

d’une période nouvelle dans la diffusion des sources ‘hassidiques

à l’extérieur et, de la sorte, le début de la dernière étape

préalable à la venue du Machia’h. En effet, le continent américain,

défini comme «l’hémisphère inférieur», si l’on considère

que Jérusalem est le point le plus élevé du globe, n’avait pas

encore été imprégné par la connaissance de la Torah, à la différence

de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe. Certains faisaient

même remarquer qu’étant entouré par la mer, il n’était pas même

relié au lieu où se produisit la révélation du Sinaï. Le 28 Sivan

modifia une telle situation et, de la sorte, cette date ouvrit, à proprement

parler, la voie vers la délivrance véritable et complète.

Puisse D.ieu faire que cette délivrance soit immédiate, que le

Rabbi se révèle, de nouveau, à nos yeux de chair et que puisse

être entamée une autre action de diffusion, celle de l’enseignement

de notre juste Machia’h.

4

Haïm MELLUL

Roch ‘Hodech Iyar 5759-1999

«Cette année sera celle

des bonnes merveilles


28 Sivan

Sommaire

• Introduction de l’édition originale page 7

• Le sauvetage du Rabbi et de la Rabbanit de l’enfer

européen, leur départ pour les Etats Unis

Les premières informations page 13

Une demande de visas exceptionnels page 15

Le sauvetage du Rabbi Rayats page 17

Le transfert des documents à Paris page 18

La fuite devant la tentacule nazie page 19

L’accumulation des difficultés page 20

Les visas d’entrée aux Etats Unis page 23

L’obtention des billets et le voyage en bateau page 25

Le 28 Sivan dans l’hémisphère inférieur page 26

Documents page 29

• Compte-rendu de la réunion ‘hassidique de bienvenue

organisée pour le Rabbi, le jeudi soir 2 Tamouz 5701-1941,

Parchat Kora’h page 35

5


• Commentaires du Rabbi, à l’occasion du 9 Adar et

du 28 Sivan, sur la manière de servir D.ieu

dans l’hémisphère inférieur

- Chabbat Parchat Chela’h, 28 Sivan 5746,

qui bénit le mois de Tamouz page 43

- Extrait des commentaires du Chabbat Parchat Chela’h,

28 Sivan 5749, qui bénit le mois de Tamouz page 49

- Extrait des commentaires du Chabbat Parchat

Kora’h 5749 page 71

- Extrait des commentaires de la veille du mardi

de la Parchat Tetsavé, 9 Adar 5750 page 89

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28 Sivan

Introduction de l’édition originale

Nous célébrerons, ce 28 Sivan, le cinquantenaire du sauvetage

du Rabbi et de la Rabbanit de l’enfer européen, de même

que leur arrivée aux Etats Unis, le lundi 28 Sivan 5701-1941.

Nous publions, à l’occasion de ce cinquantenaire, un recueil

du 28 Sivan, qui comprend une note historique sur les actions

menées pour leur sauvetage et leur arrivée aux Etats Unis, un

compte-rendu de la première réunion ‘hassidique du Rabbi dans

ce pays, lors de la fête de bienvenue organisée pour lui, le jeudi 2

Tamouz 5701 et quelques commentaires développés par le Rabbi

à propos du 9 Adar 5700-1940, date de l’arrivée du précédent

Rabbi aux Etats Unis et du 28 Sivan, date de l’introduction des

activités du Rabbi dans l’hémisphère inférieur.

* * *

Il a été dit, en reprenant la formulation de nos Sages, au traité

Roch Hachana 31a, que «Loubavitch fut exilé dix fois». Le

dixième et dernier de ces exils est celui de l’Amérique, comme

l’expliquent le Séfer Ha Si’hot 5700, page 125, le Likouteï Si’hot,

tome 3, page 836 et le discours du Rabbi, durant le Chabbat

Parchat Kora’h 5749, dont on trouvera le texte dans le présent

fascicule.

Depuis la création et la constitution de la ‘Hassidout en général,

de la ‘Hassidout ‘Habad en particulier, les pérégrinations de

nos maîtres, d’un endroit à l’autre, connurent différentes étapes,

chacune d’entre elles ayant pour effet un nouvel élargissement,

7


une diffusion accrue des sources ‘hassidiques, en direction de

l’extérieur. Il en fut ainsi depuis l’emprisonnement et la libération

de l’Admour Hazaken. C’est alors que commença, à proprement

parler, cette diffusion à l’extérieur, comme le souligne le

Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, à la page 112.

Durant les neuf premiers exils, cependant, la propagation et le

développement de l’enseignement ‘hassidique se fit essentiellement

parmi les ‘Hassidim, au sein des communautés juives d’Europe

orientale. Par la suite, cette diffusion toucha également l’extérieur,

au sens le plus littéral. Pour autant, une certaine mesure

fut encore conservée. Il n’en fut nullement de même, en revanche,

pour le dernier exil, celui de l’Amérique, étape ultime de la

diffusion des sources à l’extérieur. Alors, l’action s’étendit véritablement

au monde entier, à «l’extérieur le plus extérieur»,

comme on peut le vérifier concrètement.

* * *

Deux éléments caractérisent la date du 28 Sivan:

A) C’est en ce jour que furent sauvés le Rabbi et la Rabbanit

‘Haya Mouchka de l’enfer européen, pendant la guerre mondiale,

comme l’explique le présent recueil. Et, il convient, pour cela, de

rendre grâce à D.ieu, comme l’établissent le traité Bera’hot 54a,

le Rambam, dans ses lois des bénédictions, chapitre 10, paragraphe

8, le Tour Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 219 et

les lois des bénédictions de l’Admour Hazaken, chapitre 13, paragraphe

2.

De fait, cette action de grâce reçoit une valeur particulière lorsqu’elle

concerne le Rabbi, gendre du précédent Rabbi et la

Rabbanit ‘Haya Mouchka, fille d’un maître de ‘Habad. Bien plus,

le Rabbi fut celui qui succéda à son beau-père, après son décès,

le 10 Chevat 5710. De la sorte, il devint lui-même un maître de

8


28 Sivan

‘Habad. En pareil cas, la célébration doit véritablement être le

fait de chaque Juif, car «le chef est tout», selon les termes de

Rachi, commentant le verset ‘Houkat 21, 21.

B) Ce jour insuffla également une impulsion nouvelle au renforcement

et à la diffusion du Judaïsme, de la Torah et des sources

de la ‘Hassidout à l’extérieur, par le Rabbi Rayats, qui fonda

peu après les institutions centrales du mouvement Loubavitch,

Ma’hané Israël, Karneï Hod Torah (Kehot) et Merkaz Le Inyaneï

‘Hinou’h, dont il confia la direction au Rabbi.

Et, l’on peut constater que l’arrivée du Rabbi aux Etats Unis,

en 5701, fut la suite logique de celle de son beau-père, le Rabbi

Rayats, le 9 Adar 5700. C’est à cette dernière date que le centre

de la ‘Hassidout fut transféré et implanté dans l’hémisphère inférieur,

à partir duquel sa clarté se répandit dans le monde entier.

C’est pour ces deux raisons que les communautés juives, à

travers le monde, célèbrent, chaque année, la date du 28 Sivan,

en organisant des réunions ‘hassidiques, au cours desquelles chacun

est invité à se renforcer dans le service de D.ieu et à prendre

de bonnes résolutions dans le but d’intensifier son engagement

en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, l’étude de la partie

révélée de la Torah et de son enseignement profond, la pratique

des Mitsvot de la meilleure façon.

On encouragera, avant tout, les actions visant au renforcement

de la Torah et du Judaïsme, la diffusion des sources de la

Hassidout à l’extérieur, selon la manière d’agir spécifique que

nos maîtres introduisirent en parvenant dans cet hémisphère inférieur.

* * *

9


Le traité Kiddouchin 15a, la Me’hilta et le commentaire de

Rachi, sur le verset Michpatim 21, 6, soulignent qu’un cinquantenaire,

un jubilé, est appelé «éternité». C’est à l’occasion de celui-ci

qu’est édité le présent fascicule, dont le contenu a été auparavant

décrit.

Puisse D.ieu faire que cet effort accru de la part des Juifs pour

diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, en attendant

impatiemment la venue du Machia’h, permette l’accomplissement

intégral et rapide de la promesse que le Machia’h fit au

Baal Chem Tov, comme le rapporte sa lettre bien connue, imprimée

au début du Kéter Chem Tov. En effet, alors que le Baal

Chem Tov lui demandait: «Quand viendrez vous?», le Machia’h

lui répondit: «Lorsque tes sources se répandront à l’extérieur».

De fait, la venue du Machia’h est une idée fondamentale de

l’action du Rabbi, qui apparut clairement dès son arrivée aux Etats

Unis, comme l’indique sa causerie du 18 Nissan 5748. C’est, en

outre, dans ce but, que fut fondé le Ma’hané Israël, dont l’objectif

est de «diffuser la vérité, c’est-à-dire le fait que la Techouva

immédiate entraînera la délivrance complète immédiate, par notre

juste Machia’h».

Du reste, le premier appel lancé par le Rabbi Rayats, à ce sujet,

fut diffusé à la veille de Roch ‘Hodech Sivan 5701, comme

l’indiquent ses Iguerot Kodech, tome 5, page 361. On consultera

également le Séfer Ha Si’hot 5701, à la page 129.

Veille du 28 Sivan 5751,

Année du Tsaddik,

Quatre vingt dixième année du Rabbi,

10


28 Sivan

Le sauvetage du Rabbi

et de la Rabbanit

de l’enfer européen

Leur départ pour les Etats Unis

(Cette note historique a été établie d’après les éléments

figurant dans différents ouvrages, publiés par ‘Habad,

qui relatent le sauvetage et après examen des documents

officiels se trouvant en la possession des avocats

de l’association des ‘Hassidim ‘Habad.)

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28 Sivan

Les premières informations

A la fin de 5699-1939, quand éclata la seconde guerre mondiale,

l’association des ‘Hassidim ‘Habad aux Etats Unis, dirigée

par le Rav Israël Jacobson et les frères Chnéor Zalman et

Yekoutyael Sam Kremer, reçut les premières informations sur la

domination des tortionnaires nazis, qui s’étendait à toute l’Europe.

Aussitôt, cette association multiplia les démarches dans le

but de sauver le précédent Rabbi, le Rayats, qui était toujours

reclus à Varsovie, où il s’était installé en quittant Otvotsk, dans

les faubourgs de la capitale polonaise, lieu d’implantation de la

Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch.

Les informations concernant le précédent Rabbi furent alors,

pour la plus large part, obtenues et transmises aux Etats Unis, par

son gendre et sa fille, le Rabbi et la Rabbanit ‘Haya Mouchka,

qui, à l’époque, résidaient à Paris, où ils avaient été informés de

la situation par des rescapés, ayant pu échapper au siège de Varsovie.

A l’époque, eurent également lieu les premières tentatives pour

sauver les autres membres de la famille du Rabbi. Afin qu’il soit

plus aisé d’obtenir des visas d’immigration aux Etats Unis, les

responsables de l’association des ‘Hassidim ‘Habad devaient avoir

connaissance de différents détails personnels concernant ceux qui

devaient être sauvés, en particulier les dates de naissance figurant

sur les documents officiels. Tous ces éléments leur furent

transmis, par le Rabbi, de Paris, dans une lettre datée du 28 Tichri.

Dans d’autres courriers, rédigés en ‘Hechvan et Kislev, le Rabbi

exhorta ces responsables à faire tout ce qui était en leur pouvoir

afin d’obtenir des autorisations d’entrée aux Etats Unis pour son

beau-père et pour les membres de sa famille.

13


Ces autorisations furent difficiles à obtenir, malgré les multiples

interventions des responsables de l’association ‘Habad, aux

niveaux les plus élevés de l’administration américaine. Les efforts

furent essentiellement concentrés sur un seul objectif, le

sauvetage du précédent Rabbi qui courait un réel danger. C’est à

l’avocat Max Rodd, dont la compétence était bien connue, que

fut confié le suivi du dossier de ce sauvetage auprès des autorités

de l’immigration, à Washington. Au cours de la période pendant

laquelle il fallut attendre les différentes autorisations nécessaires

pour que le précédent Rabbi quitte la Pologne occupée, le Rav

Jacobson demanda à Rodd d’obtenir cette même autorisation pour

le Rabbi.

A l’époque, Paris, où le Rabbi résidait encore, n’avait pas encore

été conquis par les nazis. Il y avait donc bon espoir que le

sauvetage du Rabbi soit plus aisé. Dans l’argumentaire accompagnant

la demande du Rav Jacobson, il fut précisé que la présence,

aux Etats Unis, du gendre, dont la capacité à diriger était

clairement établie, rendrait plus aisé le sauvetage du beau-père,

le précédent Rabbi. Cette demande, formulée à l’avocat Rodd,

fut confirmée par une lettre que lui écrivit l’avocat Sam Kremer,

le 21 ‘Hechvan 5700-1939.

En Kislev 5700-1939, furent concrètement engagées les démarches

pour le sauvetage du Rabbi. Il fut décidé d’établir les

documents nécessaires pour présenter une demande de visa d’installation

aux Etats Unis. Meïr B. Harton, un homme, lui-même

issu d’une famille ‘Habad, qui ressentait le devoir moral de participer

au sauvetage de la famille du Rabbi, signa alors un engagement

à prendre en charge financièrement le Rabbi et la Rabbanit,

dès leur arrivée aux Etats Unis.

Dans cet engagement, il était également précisé que le Rabbi

possédait un diplôme d’ingénieur en électricité, ce qui devait faciliter

son installation aux Etats Unis et supprimer, pour les auto-

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28 Sivan

rités, la crainte d’être dans l’obligation de lui attribuer une aide

sociale. Le Rabbi et la Rabbanit, dès qu’ils furent en possession

de ce document, se rendirent au consulat américain à Paris et y

déposèrent, en tant que citoyens russes, une demande de visas

ordinaires d’immigration aux Etats Unis.

De tels visas étaient, à l’époque, délivrés en nombre limité et

l’on savait que la procédure devait durer environ six mois. Néanmoins,

l’instabilité que l’Europe connaissait, durant cette période,

ne permettait pas aux responsables de rester inactifs pendant tout

ce temps. Ceux-ci s’efforcèrent donc d’activer les démarches.

Selon les informations qui parvenaient alors aux Etats Unis,

on ne fut pas en mesure d’établir quelle suite le consul américain

à Paris avait donné à ces démarches. L’avocat Rodd tenta d’entrer

en contact avec le consul, mais il n’y parvint pas. Il demanda

donc au Rav Jacobson, par lettre du 15 Tévet, d’adresser un télégramme

au Rabbi pour lui demander de confirmer qu’il avait bien

reçu l’engagement financier qui lui avait été adressé et de préciser

quelle avait été la réponse apportée par le consul à sa demande.

Une demande de visas exceptionnels

A un certain stade de la procédure, les responsables, qui dirigeaient

ce sauvetage, décidèrent, avec l’accord du Rabbi Rayats,

de demander des visas exceptionnels, pour lui et pour tous ses

proches. Cette requête fut justifiée en arguant du fait qu’il ne

s’agissait pas de simples Rabbanim, mais de personnes possédant

un rang élevé dans la hiérarchie rabbinique, de dirigeants

d’une haute stature spirituelle, dont le sauvetage était une nécessité

absolue pour le Judaïsme mondial. Grâce aux nombreuses

interventions engagées par ces responsables, les représentants du

Département d’état acceptèrent effectivement cette formulation.

15


En conséquence, une demande de visa de groupe, pour toutes

les personnes concernées, fut présentée, à Riga. Parmi ces personnes,

le Rabbi était, bien évidemment, mentionné. Il était précisé,

à son propos, qu’il assumait des fonctions rabbiniques et

qu’il avait dirigé différentes actions communautaires. En outre,

il avait participé à la rédaction du périodique de Torah «Ha

Tamim», qui était édité, à Varsovie, dans les années 5695-1935 à

5699-1939 et dont la parution avait été interrompue, du fait de la

guerre. Dans ce document, le Rabbi était présenté comme un

homme d’une exceptionnelle érudition, capable d’apporter une

contribution décisive aux différentes disciplines du Judaïsme.

Le 25 Tévet, le secrétariat de l’association des ‘Hassidim

‘Habad reçut un télégramme du gendre du Rabbi Rayats, le Rav

Chmaryahou Gurary, signifiant la demande pressente de son beaupère

d’engager, au plus vite, la procédure afin d’obtenir des visas

pour ses deux autres gendres: «Schneerson de Paris et Horenstein

de Trieste». Ce dernier, néanmoins, allait périr, avec son épouse,

tous deux victimes de la barbarie nazie, comme on allait l’apprendre

à l’issue de la guerre.

Au milieu de Chevat, les responsables se concertèrent pour

déterminer s’ils devaient agir immédiatement pour obtenir l’immigration

du Rabbi ou bien s’il était préférable d’attendre, pour

les raisons suivantes. D’une part, il était dit, dans la demande de

visa ordinaire, que le Rabbi était ingénieur en électricité. Ainsi,

la contradiction entre ce document et la demande de visa exceptionnel

risquait de compromettre le sauvetage de tout le groupe,

y compris celui du précédent Rabbi lui-même. De plus, on pouvait

craindre qu’une confusion soit faite par les autorités, si elles

autorisaient l’entrée dans le pays de quelqu’un qui avait pour nom

de famille Schneerson. Il aurait donc pu en résulter un préjudice

pour le Rabbi Rayats lui-même. Par ailleurs, depuis qu’ils avaient

quitté la Russie, le Rabbi et la Rabbanit étaient apatrides, ce qui

compliquait l’obtention de leurs visas.

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28 Sivan

A l’issue de cette concertation, et sur le conseil des avocats, il

fut décidé de surseoir à la demande concernant le Rabbi, pendant

quelques temps, jusqu’à ce que l’autorisation définitive soit obtenue

pour le précédent Rabbi et qu’il puisse quitter Riga. Après

cela, on pourrait multiplier les efforts pour sauver son gendre et

sa fille, qui étaient encore à Paris.

Le 4 Adar Richon, le précédent Rabbi fit savoir, par télégramme,

qu’il avait obtenu des visas d’immigration pour lui et

pour tous ceux qui l’accompagnaient. En conséquence, on demanda

à l’avocat Butler, qui avait remplacé Rodd, de solliciter, à

Washington, un visa exceptionnel pour le Rabbi, dont le nom

figurait également dans la liste du groupe.

Le 10 Adar Chéni, l’avocat Butler fit savoir aux responsables

de l’association des ‘Hassidim ‘Habad qu’il n’était pas encore

parvenu à déterminer la suite ayant été donnée à la demande qu’il

avait présentée pour le Rabbi. Malgré cela, dix jours plus tard, le

20 Adar Chéni, il les informa de son intention de réitérer sa requête,

auprès du Département d’état, afin d’obtenir des visas exceptionnels

pour tous les membres du groupe qui se trouvaient

encore en Europe, y compris pour le Rabbi.

Le sauvetage du Rabbi Rayats

Le Rabbi Rayats, une partie de sa famille et quelques ‘Hassidim,

parmi les plus proches, après avoir été miraculeusement sauvés

de l’enfer nazi, parvinrent à Riga, le dimanche 5 Tévet 5700-

1940. Ils restèrent là près de trois mois, jusqu’au 24 Adar Richon.

C’est à cette date qu’ils prirent place à bord du bateau «Le

Dratinghalm», en partance pour les Etats Unis.

Se trouvant déjà sur ce bateau, le Rabbi Rayats envoya une

lettre à un responsable communautaire de Jérusalem, lui deman-

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dant d’expédier de la Matsa Chemoura à Paris, pour son gendre,

le Rabbi.

Parvenu à New York, le 9 Adar Chéni 5700-1940, le précédent

Rabbi multiplia les démarches pour que l’on vienne au secours

des Juifs qui se trouvaient encore en Europe. Il s’efforça, en particulier

de sauver les autres membres de sa famille, ses deux filles

et ses gendres.

A partir de cette date, l’action de sauvetage du Rabbi fut directement

conduite par son beau-père, avec une abnégation qui

ne connaissait aucune limite et un profond désir d’aboutir à une

issue positive.

Le transfert des documents à Paris

Avant l’entrée des Nazis à Paris, au printemps 5700-1940, le

Rabbi parvint à se procurer un document attestant qu’il était inscrit

dans l’armée française. Celui-ci lui permit de circuler librement

dans les rues. A différentes reprises, en effet, des policiers

l’interpellèrent pour contrôler son identité. Ce certificat le préserva

alors de recherches et de vérifications ultérieures, ou même

d’une arrestation en tant que déserteur.

Le 25 Iyar 5700-1940, eut lieu, aux Etats Unis, une réunion

entre l’avocat Butler et les représentants du Département d’état.

Butler leur demanda de télégraphier au consul, à Paris, afin de

déterminer si l’autorisation d’immigrer avait bien été accordée

au Rabbi, en tant que membre du groupe auquel avait été délivré

un visa exceptionnel.

Les représentants du Département d’état indiquèrent, au nom

du consulat de Paris, que le dossier contenant les documents relatifs

au visa exceptionnel du Rabbi, sollicité à Riga, avait été

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28 Sivan

transféré à Bordeaux, ville à partir de laquelle il devait être ultérieurement

envoyé à Paris.

Peu après, le secrétariat du Rabbi Rayats apprit que le dossier

du Rabbi était effectivement parvenu à Paris, mais qu’un problème

se posait encore pour lui délivrer un visa d’entrée aux Etats

Unis. Butler demanda alors aux représentants du Département

d’état de contacter, à ce sujet, le consul, à Paris.

Le 28 Iyar, le consul, pour la première fois, envoya un télégramme

précisant sa position. Il disait ne pas être convaincu que

celui qui sollicitait ce visa exerçait bien des fonctions rabbiniques.

Il savait, en effet, qu’il possédait un diplôme d’ingénieur.

L’avocat Butler demanda donc aux responsables de l’association

des ‘Hassidim ‘Habad de lui fournir d’autres documents, justifiant

que le Rabbi était bien en droit de solliciter un visa exceptionnel.

La fuite devant la tentacule nazie

Au début de Sivan, les Nazis prirent Paris et le Rabbi décida

aussitôt de s’éloigner de cette ville. Un influent général de l’armée

française lui proposa de le cacher dans sa maison, qui se

trouvait dans les faubourgs de la capitale, jusqu’à ce que tout

danger soit écarté. Ce général, qui était un ami, était, certes, animé

d’une bonne intention, mais sa proposition dénotait surtout l’incapacité

des Français, à l’époque, d’imaginer ce que pouvait être

l’occupation nazie. Le Rabbi, pour sa part, anticipa le danger et

déclina cette proposition. Il opta pour la fuite, franchit la frontière

de la zone occupée et se rendit à Vichy.

Le Rabbi et la Rabbanit abandonnèrent Paris quelques jours

avant la fête de Chavouot. Ils prirent place dans un des derniers

trains qui quitta la ville. Après avoir traversé la frontière, au prix

19


d’un immense danger, ils parvinrent à Vichy, à la veille de

Chavouot.

Avant de quitter Paris, le Rabbi fit un discours, par lequel il

prit congé de ses connaissances. Il encouragea ceux qui restaient,

leur souligna à quel point il était indispensable de s’en remettre à

D.ieu, de Le servir dans toutes les situations. De fait, aucune

preuve n’était nécessaire pour établir qu’il était effectivement

possible de remplir cette dernière condition. Il suffisait, pour s’en

persuader, d’observer le comportement du Rabbi lui-même.

A l’époque, les Juifs de Paris parlaient d’ores et déjà des miracles

du Rabbi. Tous connaissaient sa fierté d’être Juif, son attitude

sans compromis, le don de sa propre personne dont il faisait

preuve pour mettre les Mitsvot en pratique de la meilleure manière

qui soit.

L’espoir en la venue prochaine du gendre du Rabbi aux Etats

Unis était si fort que les statuts officiels de l’association des ‘Hassidim

‘Habad, ratifiés le 19 Tamouz 5700-1940, mentionnaient

déjà son nom parmi les vingt membres de son conseil d’administration,

placé sous la présidence du Rabbi Rayats.

L’accumulation des difficultés

Le Rabbi et la Rabbanit passèrent quelques mois à Vichy. Puis,

le beau-frère du Rabbi, le Rav Chmaryahou Gurary, informa l’avocat

Butler, le 26 Av, que le couple avait quitté cette ville et s’était

installé à Nice, dans le sud de la France. Nice était alors sous la

domination de l’Italie et de nombreux Juifs y étaient réfugiés, à

l’époque.

Dans sa réponse au Rav Gurary, le 30 Av, Butler indiqua qu’il

n’avait toujours pas obtenu l’accord du consul, à Paris et qu’il

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28 Sivan

avait été demandé au Département d’état de transférer le dossier

du Rabbi à Nice. Ce transfert fut effectivement réalisé.

Le 20 Elloul, les représentants du Département d’état déclarèrent

avoir reçu un télégramme du consul à Nice, dont les frais

d’envois avaient été acquittés par le Rabbi lui-même. Le consul y

faisait part de son intention d’accorder au Rabbi et à la Rabbanit

des visas exceptionnels. Néanmoins, il était alors difficile de sortir

du territoire de la France.

Le 12 ‘Hechvan 5701-1940, ceux qui se consacraient à ce sauvetage

apprirent que de nouvelles difficultés avaient surgi, pour

l’obtention du visa d’entrée aux Etats Unis. En effet, les autorités

américaines, après avoir obtenu la réponse du consul, à Nice,

avaient procédé à un nouvel examen du dossier. Car, ce consul

s’était aperçu que le Rabbi était ingénieur, qu’il possédait des

connaissances de physique et qu’il était également «journaliste»,

du fait de sa contribution au périodique Ha Tamim. Il préconisait

donc l’attribution d’un visa ordinaire et non exceptionnel, lequel

était spécifiquement lié aux fonctions rabbiniques.

Par la suite, le consul américain à Nice fit des difficultés également

pour accorder un visa ordinaire. En effet, il exigea un

nouvel engagement financier, arguant que celui qui figurait dans

le dossier n’émanait pas d’un membre de la famille et qu’il n’y

était pas clairement dit pour combien de temps ce soutien financier

était accordé au Rabbi.

En réponse à ces informations, l’avocat Butler fit savoir aux

responsables de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, le 14

‘Hechvan, qu’il comptait poursuivre ses interventions, aux niveaux

les plus élevés du Département d’état, afin que la position

prise auparavant soit maintenue et qu’un accord soit donné pour

que le Rabbi obtienne un visa exceptionnel, malgré les difficultés

soulevées par le consul. Butler affirma de nouveau à ces res-

21


ponsables sont intention de procéder de la sorte, le 22, puis le 28

‘Hechvan.

Parallèlement à l’action de l’avocat Butler, en coordination

avec l’association des ‘Hassidim ‘Habad, le précédent Rabbi fit

intervenir un autre responsable communautaire, dynamique avocat

installé à Washington et fils d’un important ‘Hassid, qui s’appelait

Acher Rabinovitch. Ce dernier, en effet, était intervenu,

avec succès, pour son propre sauvetage.

Dans une lettre qu’il adressa à Rabinovitch, le 6 Kislev 5701-

1940, le Rabbi Rayats écrivait: «Malheureusement, toutes les

grandes promesses qui vous ont été faites, toutes les douces paroles

qui ont été prononcées devant vous n’ont, pour l’heure, été

d’aucun effet. J’en suis profondément meurtri et j’en conçois une

immense peine». Dans la suite de ce courrier, il lui demande d’intervenir

auprès du consul, à Nice, afin d’obtenir, pour le Rabbi,

un visa d’immigration aux Etats Unis et d’apporter son aide pour

que lui soit délivrée une autorisation de quitter la France.

Le 13 Kislev 5701-1940, l’association des ‘Hassidim ‘Habad

adressa une lettre au consul, à Nice, à laquelle était joint un «certificat

de fonction rabbinique», qui avait été établi pour le Rabbi.

Le Rabbi Rayats, dans son intervention pour le sauvetage du

Rabbi, était en liaison permanente avec lui, par des télégrammes

qu’il adressait, à Nice. En les rédigeant, il inscrivait, comme nom

du destinataire: «Avram».

Deux jours plus tard, le 15 Kislev, le Rabbi Rayats écrivit à

Rabinovitch. Il fit référence à la lettre qui contenait le «certificat

de fonction rabbinique» et lui demanda d’obtenir du Département

d’état la promesse qu’il exercerait des pressions sur le consul,

à Nice, afin que cette démarche soit couronnée de succès. Ce

courrier se conclut par une bénédiction: «Puisse D.ieu faire que

nous soyons sauvés, que nos filles et nos gendres arrivent, de la

22


28 Sivan

manière qui convient, avec succès, matériellement et spirituellement».

Dans une autre lettre, datée du même jour, le précédent Rabbi

écrit encore: «Les difficultés s’accumulent, comme permet de

l’établir le fait qu’il y a plusieurs mois déjà, on avait promis de

délivrer une autorisation au Rav Mena’hem Schneerson et à son

épouse. Or, tout cela n’a pas encore été obtenu, de manière positive».

Les visas d’entrée aux Etats Unis

Le 22 Kislev, Acher Rabinovitch vint, de Washington à New

York, afin de rendre compte au Rabbi Rayats de ce qu’il avait fait

pour sauver son gendre. Le lendemain, le précédent Rabbi précisa

son sentiment sur la manière dont la procédure avançait, dans

une lettre datée du 23 Kislev, dans laquelle il écrit: «Pour ma

part, je ne suis pas encore tranquillisé».

C’est à peu près à la même période que le Rabbi demanda le

transfert de son dossier d’immigration de Nice à Marseille. A

l’époque, on ne connaissait pas, aux Etats Unis, la raison de cette

demande et le Rabbi Rayats interrogea le Rabbi, à ce sujet, par

un télégramme du 14 Tévet.

De fait, la raison de cette demande n’a pas encore pu être établie

avec certitude. Néanmoins, la consultation d’ouvrages historiques

ultérieures, décrivant la personnalité du consul des Etats

Unis à Nice, permet d’établir que celui-ci était un antisémite, qui

ne perdait pas une occasion de nuire aux Juifs. A l’opposé, le

consul de Marseille était un ami des Juifs.

Cette dernière demande fut transmise à Washington par le Rav

Chmaryahou Gurary, qui, à cet effet, se rendit personnellement

23


dans cette ville, le 19 Chevat. L’avocat de l’association des ‘Hassidim

‘Habad, intervenant au niveau le plus haut, parvint à faire

adresser tous les éléments du dossier à Marseille. Il en informa,

par télégramme, le consul américain de cette ville.

Le 21 Chevat, l’avocat communiqua, par lettre au Rav

Chmaryahou Gurary, l’information suivante. Le Département

d’état avait précisé au consul de Marseille qu’il n’était pas nécessaire,

dans le cas du Rabbi, d’exiger un engagement financier,

après son immigration. En effet, il avait été établi que ce problème

était réglé.

En pareil cas, précisa l’avocat, le consul s’en tient généralement

à la position qui a été adoptée par le Département d’état.

Malgré cela, l’ancien engagement financier avait également été

envoyé à Marseille, mais le consul n’en avait pas été informé par

télégramme, afin de ne pas ralentir la procédure, en l’attente de

ce document.

Dans une lettre du 26 Adar 5701-1941, la Rabbanit fit savoir

que le consul américain avait enfin promis d’accorder, à l’un et à

l’autre, des autorisations d’immigration aux Etats Unis. Lorsqu’ils

les recevraient, poursuivait-elle, ils feraient eux-mêmes les démarches

qu’il fallait pour obtenir les documents nécessaires.

L’espoir revint alors et le Rabbi Rayats écrivit, dans une lettre

du 9 Nissan: «Notre fille ‘Haya Mouchka et son mari, le Rav

Mena’hem Mendel, se trouvent encore en France. Mais, nous

avons bon espoir qu’après Pessa’h, ils arriveront enfin ici».

C’est effectivement le 2 Nissan que le Rabbi et la Rabbanit

reçurent, à Marseille, leurs visas d’immigration pour les Etats

Unis. Une grande partie de cette pénible action de sauvetage se

trouvait ainsi couronnée de succès.

24


28 Sivan

L’obtention des billets et le voyage en bateau

Le départ du Rabbi et de la Rabbanit pour les Etats Unis devait

se faire par le Portugal. Les difficultés qui surgirent alors

sont décrites dans une lettre du précédent Rabbi, datée du 8 Iyar

5701-1941, qui dit: «Mon gendre, grand érudit, le Rav Mena’hem

Mendel Chlita Schneerson et ma fille, son épouse, Mouchka, se

trouvent actuellement à Nice. D.ieu merci, ils ont réussi à obtenir

des autorisations d’immigration dans ce pays. Le problème qui

demeure est l’obtention de visas de transit portugais et de billets,

en seconde classe d’un grand bateau, en partance à la première

date». Les interventions du précédent Rabbi leur permirent de

recevoir ces visas de transit et ces billets.

On raconte qu’après avoir obtenu des places sur un bateau qui

devait être le dernier à faire ce voyage, ils reçurent soudain un

télégramme urgent du précédent Rabbi, leur enjoignant, de manière

surprenante, de ne pas monter à bord de ce bateau. Par la

suite, on apprit que celui-ci avait été capturé par les Italiens.

Il fallait donc trouver d’autres billets et, dans les conditions de

l’époque, cela était pratiquement impossible. Au final, il fut possible

de les obtenir grâce à une intervention du Rav Morde’haï

Bistritski, qui résidait aux Etats Unis. Celui-ci possédait, en effet,

deux places pour un voyage en bateau, qu’il avait achetées

pour ses beaux-parents, le Rav Lévi Lugwir et son épouse

Ra’hama. Le couple Lugwir s’était enfui d’Anvers et était parvenu

à Nice, mais les visas de transit par le Portugal leur avaient

été refusés, de sorte que des billets ne leur étaient d’aucune utilité.

Par la suite, ils furent tous deux assassinés dans le camp

d’extermination d’Auschwitz.

Le gendre des Lugwir, observant la peine du Rabbi Rayats,

qui n’avait pas les moyens d’acheter des billets pour sa fille et

son gendre, accepta de donner ceux qu’il possédait pour le Rabbi

25


et la Rabbanit. Par la suite, le précédent Rabbi lui demanda d’accepter

qu’ils lui soient remboursés. En effet, il entendait les payer

de son propre argent.

Le 17 Sivan, le Rabbi et la Rabbanit prirent place à bord du

paquebot «Surpa Pinta» qui quittait Lisbonne, au Portugal, pour

les Etats Unis. Ce voyage était particulièrement dangereux et c’est

par miracle que le bateau échappa aux tirs nazis. Pendant le

voyage, le Rabbi adressa un télégramme à son beau-père pour le

prévenir qu’ils avaient quitté les eaux territoriales d’Europe.

Le 28 Sivan dans l’hémisphère inférieur

Le lundi 28 Sivan 5701-1941, à dix heures trente du matin, le

bateau accosta dans le port de New York. L’état de santé du précédent

Rabbi ne lui permit pas de venir lui-même accueillir sa

fille et son gendre. Le Rabbi leur envoya, néanmoins, une éminente

délégation, constituée de ‘Hassidim ‘Habad âgés et importants.

Constatant que son action de sauvetage avait été couronnée

de succès, sa joie n’avait pas de limite. Il la fit partager à ses

proches en leur révélant, au moins partiellement, les qualités de

son gendre. A sa demande, tous les élèves de la Yechiva sortirent

accueillir le Rabbi et la Rabbanit, lorsqu’ils parvinrent devant

l’édifice du «770, Eastern Parkway».

La rencontre du Rabbi Rayats, de son gendre, le Rabbi et de

sa fille, la Rabbanit, fut particulièrement émouvante. Dans un

premier temps, ils résidèrent dans le bâtiment du «770, Eastern

Parkway».

Peu après, le jeudi soir 2 Tamouz, les ‘Hassidim, tenus informés

de l’événement important qui venait de se passer dans la

maison du Rabbi, organisèrent une réunion ‘hassidique, à l’occasion

de cette arrivée et le Rabbi, à leur demande, accepta d’y

26


28 Sivan

participer. Pendant plus de six heures, les ‘Hassidim et les élèves

de la Yechiva l’entourèrent, dans la maison d’étude. Ils se pénétrèrent

de chacun de ses propos. Pour beaucoup, il était clair

qu’une période de retrait et de distance, de la part du Rabbi, parvenait

à son terme, en ce jour. Des jours nouveaux se profilaient

et la diffusion de la ‘Hassidout, dans cet «hémisphère inférieur»,

allait connaître une mutation profonde.

La nouvelle de l’arrivée du «gendre du Rabbi» fut également

publiée dans le périodique de Torah «Ha Pardes», en sa parution

de Tamouz 5701-1941. L’annonce se concluait par: «Puisse sa

venue apporter la bénédiction et la réussite, élever la corne de la

Torah et la splendeur de ‘Habad».

De fait, l’arrivée du Rabbi insuffla une impulsion nouvelle à

la diffusion de la Torah et du Judaïsme, d’abord aux Etats Unis,

puis, par la suite, dans le monde entier. En effet, c’est alors que le

précédent Rabbi fonda les institutions centrales du mouvement

Loubavitch, en particulier le Ma’hané Israël, dont l’objectif déclaré

était «le renforcement du Judaïsme, de la pratique effective

de la Torah et des Mitsvot, en mettant en éveil les cœurs juifs, en

les conduisant vers la Techouva, la Torah et les bonnes actions»,

avec le désir de «diffuser la vérité, le fait que la Techouva immédiate

provoquera la délivrance immédiate et complète, par notre

juste Machia’h».

Furent également fondés la maison d’édition Kehot, Karneï

Hod Torah, «les cornes de la splendeur de la Torah», gérant la

collection «Trésor des ‘Hassidim Loubavitch» et le Mela’h,

Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h, «centre d’action pour l’éducation»,

qui devait promouvoir l’éducation des enfants juifs dans l’esprit

de la Tradition d’Israël. Le Rabbi fut chargé de diriger toutes ces

institutions.

27


Néanmoins, la célébration de la date à laquelle intervint cette

transformation fondamentale, grâce à l’arrivée du Rabbi, fut retardée.

En effet, c’est en 5717-1957, que fut rédigée sa biographie

officielle, qui apparaît dans l’introduction du Hayom Yom.

Dans celle-ci, il fut indiqué, de manière laconique: «Sivan 5701:

il parvint à New York». Par la suite, en 5643-1983, les lettres du

précédent Rabbi annonçant l’arrivée de son gendre furent publiées.

Celles-ci avaient été rédigées le 28 Sivan et c’est ainsi que

l’on put déterminer la date précise de cette arrivée.

Trois ans plus tard, en 5646-1986, fut organisée, au «770, Eastern

Parkway», une grande réunion ‘hassidique, à l’occasion de

la date anniversaire de cette arrivée. Le Rabbi y apporta sa participation

sous la forme d’une bouteille d’eau de vie». Depuis lors,

les ‘Hassidim ‘Habad, dans le monde entier, célèbrent le 28 Sivan

comme un jour de fête, propice pour tenir des réunions ‘hassidiques,

prendre de bonnes résolutions, afin d’accroître la diffusion

des sources de la ‘Hassidout, à l’extérieur.

28


28 Sivan

Documents

Insérer ici la lettre, page 17, commençant par

«Nice, le 25/III 1941»

Dans la première partie de cette lettre, rédigée en russe, la

Rabbanit ‘Haya Mouchka annonce à son père, le Rabbi Rayats,

que le consul américain, à Marseille, leur a donné l’assurance

qu’il délivrerait des visas d’immigration aux Etats Unis, pour elle

et pour son mari, le Rabbi. La date de cette lettre correspond au

26 Adar 5701-1941.

Dans la seconde partie de la lettre, le Rabbi souhaite, en russe

également, une bonne fête de Pessa’h à son beau-père, le précédent

Rabbi.

29


28 Sivan

Voici la lettre de l’avocat de l’association des ‘Hassidim

‘Habad, faisant part de l’information qu’il avait obtenue du Département

d’état, l’obtention de visas d’immigration pour le Rabbi

et la Rabbanit, le 20 Nissan 5701-1941:

Cabinet d’avocats

Charles Henri Butler

Henri F. Butler

Gibbs L. Baker

Immeuble de l’Investissement

Washington D. C.

31

Le 1 er mai 1941,

770, Eastern Parkway,

Brooklyn, New York

Objet: Le Rabbin Mendel Schneerson et son épouse

Le Département d’état vient de me communiquer l’information

suivante:

«Le Département a reçu une note télégraphique émanant du

consul, à Marseille, qui lui indique que des visas ont été délivrés

au Rabbin Schneerson et à son épouse, le 17 Avril».

Si vous obtenez du Rabbin Schneerson d’autres précisions sur

la date de son arrivée aux Etats Unis et surtout sur son arrivée

effective dans ce pays, je serais heureux d’en avoir connaissance,

afin de pouvoir compléter mon dossier.

Si le Rabbin Schneerson n’est pas confronté à des difficultés

imprévues, ceci devrait marquer l’issue positive de cette affaire.

Sincèrement vôtre,

Henri F. Butler,


28 Sivan

Voici la lettre du précédent Rabbi, adressée au père de l’avocat

Acher Rabinovitch, qui lui annonce la bonne nouvelle:

Je vous salue et vous bénis,

Par la grâce de D.ieu,

28 Sivan 5701,

Brooklyn,

A mon cher ami,

l’estimable grand Rav,

bien connu et grand érudit,

‘Hassid qui craint D.ieu,

le Rav D. M.

Je vous annonce, par la présente, que ma fille ‘Haya Mouchka

et son mari, mon gendre, le grand Rav M. M. Schneerson sont

bien arrivés ici, aujourd’hui même.

Je m’empresse de vous communiquer cette nouvelle, que vous

voudrez bien transmettre à votre fils, mon ami Acher.

De la part de votre ami, qui souhaite votre bien et vous adresse

sa bénédiction,

Yossef Its’hak Schneersohn,

33


28 Sivan

Compte-rendu

de la réunion ‘hassidique de bienvenue

organisée pour le Rabbi,

le jeudi soir 2 Tamouz 5701-1941,

Parchat Kora’h

(Cette note est établie d’aprèsa le souvenir

de quelques uns des présents.

Bien évidemment, elle n’est nullement exhaustive.)

35


28 Sivan

La réunion commença vers 21 heures. Plus de vingt personnes

y participèrent, parmi lesquels des Rabbanim et des ‘Hassidim

âgés. Le Rabbi arriva, tenant son Sidour à la main et il prit

place près de la table. Dans un premier temps, il proposa aux

présents de prendre la parole, mais tous refusèrent de le faire et

lui demandèrent de parler.

Le Rabbi interrogea les présents, afin de savoir si l’un d’entre

eux se posait des questions relatives à la ‘Hassidout. A certaines

personnes, il demanda leur nom et le nom de leur mère. Plusieurs

‘Hassidim posèrent des questions et se présentèrent.

Le Rabbi traita d’abord des quatre cas dans lesquels on doit

prononcer la bénédiction du Gomel, d’après le traité Bera’hot

54b, le Rambam, lois des bénédictions, chapitre 10, paragraphe

8, le Tour Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 219, les lois

des bénédictions de l’Admour Hazaken, chapitre 13, paragraphe

2. Le Rabbi analysa chacun de ces quatre cas, le commenta selon

la partie révélée de la Torah, la Kabbala et la ‘Hassidout.

Dans son commentaire basé sur la ‘Hassidout, il cita le Dére’h

‘Haïm, de l’Admour Haémtsahi, porte de la prière, chapitre 36,

qui établit un parallèle entre ces quatre cas et la descente de l’âme

dans le corps, laquelle est également constituée de quatre étapes

successives. On trouve une explication similaire à celle-ci dans

les discours ‘hassidiques de la fête de la libération du 12 Tamouz.

On consultera, à ce sujet, le Séfer Ha Maamarim 5687, page 208,

le Séfer Ha Maamarim Kountrassim, tome 1, page 183a et le

Likouteï Si’hot, tome 12, page 23.

Au cours de son propos, le Rabbi évoqua l’emprisonnement

et la libération de son beau-père, le Rabbi Rayats. Il expliqua

pour quelle raison celui-ci ne prononça pas la bénédiction du

Gomel en quittant la prison, ni même après son exil de Kostrama,

mais seulement après être rentré chez lui. En effet, les lois des

37


énédictions de l’Admour Hazaken, chapitre 13, paragraphe 5,

précisent: «Jusqu’à ce que l’on soit totalement rétabli». Le précédent

Rabbi rentra chez lui le vendredi 14 Tamouz 5687-1927.

Puis, au cours du Chabbat Parchat Pin’has, il fut appelé à la Torah

et récita le Gomel. Il prononça des discours ‘hassidiques intitulé

«Béni soit Celui Qui fait du bien aux coupables» le 13 Tamouz

et le Chabbat Parchat Pin’has.

Par la suite, le Rabbi établit un lien entre l’explication qu’il

venait de donner et le nom de chacun des présents. A cette occasion,

il répondit aux questions de ‘Hassidout qu’ils avaient posées.

Il s’adressa ensuite à quelques élèves de la Yechiva appartenant

aux groupes d’américains qui étaient venus à Otvotsk en

5699-1939. Il leur dit:

«Sur la base de ce qui vient d’être dit, nous poursuivrons maintenant

la discussion que nous avons eue, lorsque nous nous sommes

rencontrés, en France, à la gare ferroviaire, au cours de votre

voyage pour Otvotsk.»

Ces élèves, en effet, avaient fait, au cours de leur voyage, une

escale en France et le Rabbi, qui habitait alors à Paris, était venu

les rencontrer à la gare. Là, il s’était entretenu avec eux pendant

quelques heures, jusqu’à ce qu’ils repartent.

Puis, le Rabbi cessa de parler et il demanda encore une fois

que les ‘Hassidim âgés prennent la parole. Ceux-ci refusèrent de

le faire et le Rabbi poursuivit donc ses commentaires. Entre ses

explications, il marquait une pause, pendant laquelle les présents

chantaient des mélodies ‘hassidiques. Le Rabbi dit ensuite:

«On dit que les jeunes gens, en Amérique, connaissent bien le

Likouteï Dibbourim.»

Il interrogea alors les élèves de la Yechiva sur ce recueil de

causerie du précédent Rabbi.

38


28 Sivan

La réunion ‘hassidique s’acheva vers trois heures du matin.

Elle fit grande impression sur tous ceux qui y avaient participé.

Certains d’entre eux, comme ils le rapportèrent eux-mêmes par

la suite, entendaient pour la première fois des explications de la

Torah formulées de cette façon.

* * *

Durant le Chabbat suivant, le Chabbat Parchat Kora’h, 3

Tamouz, il y eut une réunion ‘hassidique du précédent Rabbi, la

première, aux Etats Unis, à laquelle le Rabbi participait.

Au milieu de cette réunion, le Rabbi Rayats demanda si quelqu’un

connaissait la mélodie du Juste, Rabbi Mi’hel de Zlotchov,

de la manière dont elle était chantée par le Rav Mi’haël Dvorkin.

C’est alors le Rabbi qui commença à la chanter.

On consultera, à propos de cette mélodie, le Séfer Ha Si’hot

5701, page 96, le Séfer Ha Si’hot 5703, page 43 et le Séfer Ha

Nigounim, tome 1, page 47.

39


28 Sivan

Commentaires du Rabbi,

à l’occasion du 9 Adar

et du 28 Sivan,

sur la manière de servir D.ieu

dans l’hémisphère inférieur

41


28 Sivan

Chabbat Parchat Chela’h,

28 Sivan 5746,

qui bénit le mois de Tamouz

Ce Chabbat apporte l’élévation au mois de Tamouz. Ceux qui

sont ici présents n’ont nul besoin d’une longue explication sur le

contenu de ce mois. Les Hassidim l’appellent le mois de la délivrance.

Un verset pourrait laisser penser le contraire mais nos

yeux virent ce qui se passa en 5687. Mon beau-père, le Rabbi, fut

libéré le 12 Tamouz, date qui reçoit la bénédiction en ce jour. Par

la suite, le Rabbi vint en cet hémisphère inférieur, dans lequel la

diffusion de la Hassidout fut, dès lors, considérablement développée

et élargie, comme on peut le constater concrètement.

Chacun des mots de l’expression “tes sources se diffuseront à

l’extérieur”, qui est à l’origine de cette diffusion, renferme un

monde entier. Il s’agit là d’un verset de la Torah, dont chaque

terme est précis et véridique. “Se diffuseront” fait allusion à une

influence considérable, à une large distribution, sans aucune limite.

“Tes sources” symbolise le bain purificateur le plus élevé, dont

une seule goutte suffit. Certes, l’homme qui se purifie doit pouvoir

y tremper tout son corps. Mais, du point de vue de la source,

il suffit effectivement d’une seule goutte pour apporter la pureté

et c’est donc là le niveau le plus haut, le plus infini qui puisse

être.

“A l’extérieur” désigne le plus grand extérieur qui soit, un

extérieur véritable. L’extérieur est également une créature de D.ieu

43


et, en tant que tel, ne peut être présenté comme infini. Il n’est

concevable que dans ce monde limité et l’on se demande de même,

dans la Hassidout, s’il est envisageable dans le monde spirituel

d’Atsilout, mais ce n’est pas ici le lieu de cette discussion.

En tout état de cause, ce Chabbat, qui bénit le 12 Tamouz,

introduit une diffusion accrue de la source. Or, celle-ci se réalisa

pleinement depuis que le Rabbi arriva dans cet hémisphère inférieur.

Il faut, en outre, tirer un enseignement des particularités de

cette année. Certains points ne changent jamais. Ainsi, le mois de

Tamouz est toujours béni pendant le dernier Chabbat de Sivan.

La date de ce Chabbat, dans le mois, peut, par contre, changer.

Au cours de celui-ci, est lue la Parchat Chela’h et il faut donc y

trouver un enseignement qui ne concernera pas seulement cette

année mais aussi toutes les autres, étant cependant plus particulièrement

souligné cette fois-ci.

En l’occurrence, il nous faut donc découvrir un lien entre “tes

sources se diffuseront à l’extérieur” et la Parchat Chela’h.

L’explication est la suivante. Le sens de cette Paracha est contenu,

en allusion, dans son nom. Le sens de Chela’h est évident

pour chacun. Le terme signifie “envoie”. Il faut donc “envoyer” à

l’extérieur des quatre coudées non uniquement matérielles mais

aussi spirituelles car la distance physique importe peu. Chela’h

est une injonction de la Torah, précise et véridique.

Un tel envoi n’est pas machinal. Il doit présenter la perfection

la plus haute. On doit envoyer en sorte que la diffusion soit la

plus large possible. On connaît la parabole de mon beau-père, le

Rabbi, suivant laquelle le roi, sentant la victoire arriver, est prêt à

dilapider les trésors accumulés par ses ancêtres.

44


28 Sivan

Par ailleurs, c’est bien la source elle-même qu’il convient d’envoyer.

Envoyer une partie superficielle serait insuffisant. De plus,

l’envoi devra parvenir jusqu’à l’extérieur véritable, le plus lointain

qui se puisse imaginer.

Et tout ceci fut effectivement réalisé par mon beau-père, le

Rabbi. Sa “source” fut Loubavitch, un village de la région Mohliv

et de Vitebsk. Puis, il quitta ce lieu et, d’exil en exil, il partit pour

Rostov. Il quitta la Russie après sa libération, en 5687, et il parvint

enfin dans cet hémisphère inférieur.

Mais de fait, ces descentes successives lui apportèrent l’élévation

tout comme l’exil de la Présence divine renforce Son dévoilement.

C’est ce qu’accomplit mon beau-père, le Rabbi, en dévoilant

la partie cachée de la Torah en chaque exil de façon intensifiée.

Le dévoilement qui résulta de son installation dans cet

hémisphère fut incomparable aux précédents. Lui-même reçut

alors une élévation personnelle et les dix années qu’il passa ici

lui apportèrent le calme et la largesse qui lui manquait tant auparavant.

Puis, le Rabbi confia à chacun cette mission de Chela’h. Il

faut sortir de ses quatre coudées et diffuser la source, la “dilapider”,

la porter à l’extérieur.

Le Rabbi ne se contenta pas de confier aux autres cette soumission.

Il donna lui-même l’exemple en ce sens. Le Rabbi est le

chef de notre génération et sa grandeur peut précisément être établie

en considérant ceux dont il porte la responsabilité. Chacun

est donc personnellement concerné par les événement qui lui arrivèrent.

Mon beau-père, le Rabbi, écrivit lui-même que sa libération

était également celle d’un Juif pour qui le Judaïsme n’est qu’un

surnom. Tel est le terme employé par la Langue Sacrée qui est

45


vérité et non uniquement conventionnelle. Il peut donc effectivement

regrouper tous les Juifs qui, sans aucune exception, furent

libérés le 12 Tamouz, qu’ils le veuillent ou non. Cette situation

n’est pas soumise à leur choix.

Pour mener à bien cette mission confiée à chacun, point n’est

besoin d’étudier tout d’abord les parties cachée ou révélée de la

Torah, de se préparer à cela. Le Rabbi, en effet, montra l’importance

de sa libération non pas dans un discours hassidique, qu’il

est nécessaire d’étudier, mais dans une lettre, qui s’adresse à chacun.

Un Hassid qui consultera la Hassidout y trouvera la différence

entre une lettre et un livre. Cette précision se trouve, certes, dans

d’autres livres également. Mais on sait que le Rav de Ragatchov,

à qui l’on demandait la référence d’un verset de la Torah, indiqua

l’endroit où il était cité dans le traité Sanhedrin. De la même

façon, un Hassid consultera, avant tout, les ouvrages de la

Hassidout.

En tout état de cause, une lettre a une valeur passagère, alors

qu’un livre reste indéfiniment. La lettre est donc immédiatement

accessible à tous. Plus encore, de même que l’emprisonnement

du Rabbi lui conféra, par la suite, une immense élévation, le fait

qu’une lettre soit passagère souligne son importance.

En conclusion, le Rabbi écrivit une lettre, qui s’adresse à chacun

et il revient à tous de la mettre en pratique. Point n’est besoin

pour cela de se tremper trois cent dix fois au bain rituel. Il y avait

à Nikolayev, ville où j’ai grandi, un Juif qui se trempait chaque

jour trois cent dix fois au Mikvé. Personne n’en faisait une affaire

de première importance. On savait pourquoi il restait en ce

lieu plus longtemps que les autres. Tout cela n’est pas nécessaire

pour lire la lettre du Rabbi précédent. Il suffit de mettre en pratique

son enseignement.

46


28 Sivan

Tel est donc l’enseignement à tirer de ce qui vient d’être dit.

Ce Chabbat bénit tout le mois de Tamouz et en particulier le 12.

Le “portique” de la bénédiction est donc l’application scrupuleuse

de la formule “tes sources se diffuseront à l’extérieur”, jusqu’à

l’extérieur le plus large.

Il faudra pour cela recevoir l’enseignement du Rabbi, chef de

notre génération et le comprendre par toutes les forces de son

intellect. Selon les termes du Tséma’h Tsédek, la mission confiée

consiste à “réaliser ici Erets Israël”. N’est-il pas miraculeux

d’obtenir un tel résultat? Cela n’en est pas moins possible puisque

telle est la volonté de D.ieu.

Tout ceci est expliqué de façon agréable dans la Paracha hassidique,

le Likouteï Torah, qui conclut en soulignant que “l’acte

est essentiel”. Cet acte sera précédé de l’étude de la Torah qui

suscite la soumission. Toutes les forces sont donc données à un

Juif pour qu’il s’acquitte de sa mission et le fasse dans la joie et

l’enthousiasme.

Puissions-nous donc passer, en un seul instant, de la libération

du 12 Tamouz à la délivrance véritable et complète et du fait de

“réaliser ici Erets Israël” à la Terre Sainte “vers laquelle toujours

sont tournés les yeux de D.ieu du début de l’année à la fin de

l’année”, très bientôt et de nos jours.

47


28 Sivan

Extrait des commentaires

du Chabbat Parchat Chela’h,

28 Sivan 5749, qui bénit le mois de Tamouz

1. Outre les nombreux points concernant ce Chabbat, (le jour

sacré, la Paracha de Chela’h, la bénédiction du mois de Tamouz),

un enseignement particulier peut être tiré d’une allusion que l’on

découvre dans la date de ce jour, le 28 Sivan. «Vingt huit» est la

valeur numérique du mot Koa’h, qui signifie la force. On perçoit

donc, en ce jour, la force de Sivan , le troisième mois de l’année,

dont le contenu essentiel est le don de la Torah, “une lumière

triple donnée à un peuple triple pendant le troisième mois”. Le

28 Sivan souligne la force du don de la Torah. (Les explications

de nos Sages des précédentes générations ne font pas recours à

de telles allusions. Néanmoins, il s’agit ici de susciter la crainte

de D.ieu. En conséquence, il est permis, bon et judicieux d’introduire

des allusions nouvelles. Le Rabbi Rachab donna une même

explication à propos des commentaires du Tanya. Bien plus, certains

Grands de notre peuple firent effectivement de telles allusions

et ils soulignèrent que celles-ci étaient nouvelles, ne figuraient

pas dans les livres précédemment rédigés. Ils désiraient

assurément que l’on adopte le même comportement et que l’on

sache qu’il est permis de trouver une allusion dans un mot afin

d’en tirer un enseignement pour le service de D.ieu.)

De plus, le mois est lié aux circonvolutions de la lune. Il concerne

donc particulièrement le peuple d’Israël, qui base sur elle

son calendrier, et qui lui est comparé. Bien plus, tout comme la

lune, Israël connaîtra le renouvellement.

L’explication est ici la suivante. Le 28 Sivan est un des trois

jours précédant Roch Hodech Tamouz. Or, une période de trois

jours est considérée comme une entité unique, “une corde triple”.

(En ce qui concerne le contraire de la pureté, trois jours

49


sont considérés comme une période unique du temps. Combien

plus cela doit-il être le cas lorsqu’il s’agit de pureté et de sainteté.

Il est effectivement possible de prononcer la Havdala jusqu’au

mardi soir, de lire la Paracha avec le Targoum jusqu’à ce jour, si

l’on n’a pas pu le faire auparavant.) Tamouz est le quatrième mois,

qui se distingue donc du troisième. Ce dernier symbolise essentiellement

le dévoilement d’en haut, le don de la Torah. Le quatrième

mois, en revanche, introduit l’effort réalisé ici-bas. Ainsi

il est nécessaire d’augmenter la force du troisième mois, en ce

28, Koa’h, Sivan, de façon à préparer l’effort réalisé ici-bas, pendant

le quatrième mois. (On trouve une allusion à tout cela dans

les lettres Guimel, Dalet, trois et quatre. La Guemara souligne

qu’elles sont les initiales des mots “Guemol Dalim”, fais du bien

aux pauvres. Ainsi, le Guimel fait allusion à celui qui donne et le

Dalet à celui qui reçoit.)

Bien plus, le 28 Sivan n’insuffle pas uniquement une force

supplémentaire pour accomplir les Injonctions Divines énoncées

lors du don de la Torah. Il apporte, en outre, un encouragement

dans tous les domaines de la sainteté, y compris ceux que l’homme

introduit par sa propre initiative, sans en avoir reçu l’Ordre de

D.ieu. Dès lors, une force considérable lui est accordée, largement

supérieure à celle qui découle de l’Ordre Divin.

Ce qui vient d’être dit peut être lié à un verset de notre Paracha,

“et maintenant que grandisse la Force de D.ieu”. La Guemara

enseigne que “lorsque Moché monta là-haut (pour recevoir la

Torah), il observa que D.ieu tressait des couronnes pour les lettres

de l’alphabet. D.ieu lui dit: tu aurais du Me venir en aide.

Moché lui répondit aussitôt: et maintenant que grandisse la Force

de D.ieu, comme Tu l’as dit”.

Ainsi, grandir la Force de D.ieu est possible pour Moché luimême,

sans qu’une Injonction Divine n’ait été donnée à ce propos,

“tu aurais dû Me venir en aide”. Toutefois, pour y parvenir,

une force est donnée d’en haut, “comme Tu l’as dit”. Celle-ci

permet de dépasser les limites dans tous les domaines du service

de D.ieu que l’homme introduit de sa propre initiative. C’est ce

que nous montrerons.

50


28 Sivan

2. Pour comprendre tout cela, il faut tout d’abord expliquer le

contenu de la Paracha de cette semaine, qui évoque l’envoi des

éclaireurs. (Du reste, la Haftara, conclusion de la Paracha, traite

du même sujet. Au sens le plus simple, le verset “et maintenant

que grandisse la Force de D.ieu” fut dit à la suite des événements

qui découlèrent de l’envoi des éclaireurs.) Le sujet décrit par notre

Paracha soulève en apparence une profonde question.

Commentant le verset “envoie pour toi”, Rachi explique: “selon

ton avis. Moi Je ne te donne pas d’Injonction. Si tu le désires,

envoie-les. Les Juifs vinrent en effet et dirent: envoyons des hommes

pour reconnaître le chemin. C’est ainsi qu’il est dit: vous

vous êtes tous approchés de moi. Moché prit donc conseil auprès

de D.ieu”.

On peut ici s’interroger. L’ordre établi dans les relations entre

D.ieu et Moché supposait une Injonction Divine pour chaque

accomplissement. Même pour ce qui découla de l’initiative du

peuple juif, Moché prit conseil auprès de D.ieu, Qui lui indiquait

le comportement qu’il convenait d’adopter. Ainsi, pour Pessa’h

Cheni, D.ieu assura que ce sacrifice pourrait être apporté par ceux

qui n’avaient pu le faire pendant le premier Pessa’h. A propos

des sacrifices des chefs de tribu, D.ieu dit: “Accepte-les de leur

part”, “un chef par jour”. (De même, Moché rajouta un jour de

préparation au don de la Torah, de sa propre initiative et il est dit

que D.ieu approuva sa décision. Ainsi, en atteste le verset “disleur

de rentrer dans leurs tentes”.)

Pour ce qui concerne notre propos, en revanche, lorsque Moché

sollicita le conseil de D.ieu, Il lui répondit “Moi, Je ne te donne

pas d’Injonction” mais “envoie pour toi, selon avis. Si tu le désires,

envoie-les”. Il y a là un comportement tout à fait inhabituel et

qui mérite d’être remarqué. Il aurait fallu prendre conscience que

quelque chose avait changé. Pourquoi, sans s’interroger, Moché

décida-t-il d’envoyer ces explorateurs? Bien plus, on aurait pu

considérer que l’envoi de ces explorateurs était inutile. En effet,

D.ieu avait assuré que la terre d’Erets Israël était bonne. Les Juifs

auraient donc dû y rentrer de façon immédiate. Dans un tel contexte,

l’envoi des explorateurs était même négatif et susceptible

51


de conduire à l’erreur. Du reste, c’est bien ce qui se passa concrètement.

La question se renforce lorsque l’on voit que Moché lui-même

en redoutait les conséquences négatives. C’est la raison pour laquelle

il changea le nom de Yochoua en disant “l’Eternel te sauvera

du conseil des éclaireurs”. Ainsi, ceux-ci étaient des chefs

de tribu, têtes du peuple juif, hommes de grande importance qui,

à ce moment, étaient encore vertueux. Malgré cela, Moché les

craignait au point de changer le nom de Yochoua et de prier pour

lui. Dès lors, comment put-il, de sa propre initiative, décider de

les envoyer? La question est encore plus forte d’après ce que raconte

la Haftara à propos de l’envoi des éclaireurs par Yochoua.

Celui-ci fut précisément sauvé parce que Moché avait prié pour

lui. Il avait vu les conséquences négatives de cet envoi. A cause

de cela, une génération entière n’avait pu entrer en Erets Israël.

Seule, la génération suivante, quarante ans plus tard, put le faire.

Bien plus, ces quarante ans correspondaient aux quarante jours

que dura l’envoi des éclaireurs.

Malgré tout cela, Yochoua lui-même envoya deux éclaireurs

afin de reconnaître la terre, non que D.ieu le lui ait ordonné mais,

de sa propre initiative, sans craindre les conséquences négatives,

qui s’étaient déjà présentées une fois, lors du premier envoi d’éclaireurs

auquel il participa lui-même. Alors, il ne fut sauvé que par

la prière de Moché. (Le Likouteï Torah considère que Yochoua

ne le fit pas de sa propre initiative, mais sur l’Ordre Divin. Toutefois,

le commentaire de Rachi exprime le sens simple du verset.

D’après celui-ci, il n’est nullement fait mention d’un Ordre Divin.)

3. L’explication de tout cela est la suivante. Lorsque D.ieu dit

à Moché “envoie pour toi: selon ton avis, Moi Je ne te donne pas

d’Injonction”, il introduisit pour lui une possibilité nouvelle. Ainsi,

la Volonté Divine devait être accomplie par l’homme, non pas à

la suite d’un Ordre Divin, mais de telle façon que D.ieu Luimême

en confie l’initiative à l’homme pour qu’il puisse, par sa

52


28 Sivan

propre réflexion, déterminer de quelle façon accomplir cette Volonté.

(Bien plus, il ne s’agit pas uniquement de souhaiter cette

action, comme ce fut le cas pour Pessa’h Cheni et pour les sacrifices

des chefs de tribu, mais véritablement de l’accomplir concrètement.)

Il faut préciser que le service de D.ieu comprend, de façon

générale, deux phases:

A) Il peut s’agir d’un Ordre de D.ieu, qui doit être mis en

pratique et il convient, dès lors, de faire disparaître son propre

avis pour accomplir Sa Volonté.

B) L’homme peut également introduire son propre effort afin

que sa compréhension et son désir soient en accord avec la Volonté

Divine, “fais que Sa Volonté soit la tienne”. Dès lors, la

volonté de l’homme peut exprimer celle de D.ieu chaque fois

qu’il n’y a pas d’Injonction Divine.

4. Bien évidemment, le service de D.ieu “selon ton avis”, grâce

auquel la compréhension et la volonté de l’homme sont conformes

à celle de D.ieu, rend nécessaire une force particulière que

D.ieu accorde d’en haut, celle du libre arbitre. Chaque homme a,

en fait, la possibilité d’agir dans un sens ou dans l’autre, sans être

induit dans son choix. C’est là un grand principe de la Torah et de

la Mitsva, ainsi qu’il est dit “vois, J’ai placé devant toi aujourd’hui”

les deux possibilités, comme le souligne le Rambam. (Le chapitre

d’Avot que nous étudions ce Chabbat dit à ce propos “la permission

est donnée”.)

Le libre choix de l’homme se marque encore plus clairement

dans les domaines qui sont livrés à son jugement. Pour ce qui est

des Injonctions de la Torah, la possibilité reste de les transgresser.

Néanmoins, la conscience du fait que telle est la Volonté de

D.ieu, oblige l’homme à agir dans ce sens, si l’on peut ainsi s’exprimer,

car, par nature, il désire mettre en pratique la Volonté de

D.ieu. Dans une telle situation, il n’y a pas deux possibilités s’offrant

à l’homme de façon égale. En revanche, lorsque la Torah

n’émet pas d’Injonction particulière, l’homme fait usage de son

53


aisonnement et de sa volonté, sans contrainte extérieure. Il met

alors clairement en évidence son libre choix, n’étant pas induit

par un Commandement Divin.

De façon plus précise, la force donnée pour le libre arbitre de

l’homme, “selon ton avis”, est double:

A) La possibilité du libre arbitre est un élément nouveau. En

effet, l’homme appartient à D.ieu et il ne possède aucun pouvoir

spécifique qui soit extérieur à la Volonté Divine. Mais D.ieu lui

donne la possibilité de Lui ressembler et de faire un choix entre

deux chemins. Il est clair que cet apport nouveau se marque plus

spécifiquement lorsqu’il n’y a pas d’Injonction Divine. (Ainsi, le

Rambam explique que rien dans le monde ne saurait être extérieur

à la Volonté de D.ieu. Toutes les actions de l’homme sont

sous Sa domination. Cependant, D.ieu créa l’homme à Son image.

Il en fit une espèce unique au monde, sans équivalent, de sorte

qu’à l’instar de son Créateur, l’homme peut réfléchir, penser, faire

ce qu’il désire sans connaître d’obstacles. De la même façon,

l’Admour Hazaken explique, dans le Likouteï Torah, que la source

du libre arbitre est particulièrement élevée. Elle est comparable

au libre choix que D.ieu fit d’Israël. En ce sens, elle ne concerne

que le peuple juif. Le Or Hatorah distingue la connaissance du

libre choix. C’est le sens de “selon ton avis. Moi, Je ne te donne

pas d’Injonction”. En effet, D.ieu sait ce qui se passera dans le

futur mais, pour autant, le libre choix de l’homme n’est pas remis

en cause.)

B) La force donnée pour choisir le bien, ainsi qu’il est dit “et

tu choisiras la vie” marque l’aspect nouveau de la personnalité

humaine, la possibilité de faire un choix positif en allant à l’encontre

de sa nature et de son habitude. Tout ceci ne concerne pas

les domaines dans lesquels existe une Injonction Divine. Lorsque

D.ieu donne un ordre, il est clair que l’homme doit le mettre

en pratique et le faire avec lune détermination transcendant toute

limite, grâce à la force accordée par Celui qui est à l’origine de ce

Commandement. L’aspect nouveau se marque donc essentiellement

lorsque l’homme agit par sa propre initiative, sans Instruc-

54


28 Sivan

tion de D.ieu et malgré les limites inhérentes à sa personnalité.

Dans un tel cas, il démontrera qu’il a la force de faire un choix

positif, de sorte que sa compréhension et sa volonté soient conformes

au souhait divin. (Il est dit, en effet, que les lettres constituant

les mots “et tu choisiras la vie”, qui sont écrits dans la Torah,

sont une aide qui est offerte à l’homme.)

5. En fonction de ce qui vient d’être dit, on pourra répondre à

la question qui a été posée, à propos de l’envoi des éclaireurs.

Lorsque D.ieu dit à Moché “envoie pour toi, selon ton avis.

Moi, Je ne te donne pas d’Injonction. Si tu le désires, envoieles”,

Moché ne redouta, en aucune façon, un événement malencontreux.

Bien au contraire, il était heureux de l’apport nouveau

découlant de cette Parole Divine. Désormais, le service de

l’homme pourrait être basé uniquement sur le libre arbitre, sans

contrainte de la part de D.ieu. La créature pourrait utiliser sa propre

réflexion et sa volonté afin d’agir en conformité avec la Volonté

de D.ieu.

On peut ainsi expliquer le sens du commentaire des mots de

Rachi, “Moi, Je ne te donne pas d’Injonction”.

Dans son commentaire de la Torah, Rachi a pour habitude

d’énoncer des affirmations positives, “envoie pour toi, selon ton

avis, si tu le désires envoie-les”. Pourquoi ajoute-t-il ici un élément

négatif, “Moi, Je ne te donne pas d’Injonction”? (De la même

façon, Rachi a coutume de donner d’emblée la bonne explication,

sans préciser auparavant ce que l’on aurait pu penser.)

On peut considérer que Rachi, par ces termes, fait allusion au

fait qu’il y a également là une Injonction Divine. Ainsi, le fait

d’agir “selon ton avis”, “si tu le désires, envoie-les”, bien que

n’étant pas une Injonction Divine n’en n’est pas moins une Mitsva.

D.ieu ordonne à l’homme d’utiliser sa réflexion, d’aboutir à une

conclusion et de la mettre concrètement en pratique.

Par ailleurs, on peut penser que “Moi, Je ne te donne pas d’Injonction”

fait allusion à la possibilité offerte à l’homme de ressembler

à D.ieu et de choisir en fonction de sa volonté. Ainsi,

55


D.ieu Lui-même accorde à l’homme la force de s’élever au dessus

de toutes les limites. Il transmet la possibilité de Le servir au

libre choix de l’homme. (Comme nous l’avons montré par ailleurs,

Rachi cite ici l’interprétation que l’on aurait pu faire en première

analyse afin d’indiquer ensuite que celle-ci n’est pas totalement

écartée par la conclusion, même si elle en diverge. Il en va de

même ici. Il y a bien là un Ordre Divin, qui consiste à “ne pas

donner d’Injonction”. Dès lors, l’homme se doit d’agir “selon

ton avis”.)

6. Ce qui vient d’être dit permettra de comprendre la raison

de l’erreur commise par les éclaireurs. En effet, pourquoi l’enseignement

concernant “selon ton avis” est-il donné précisément

à propos de l’envoi de ces éclaireurs?

Cet envoi fut une préparation pour la conquête et l’entrée en

Erets Israël. Grâce à cela, la finalité de la sortie d’Egypte et du

don de la Torah fut obtenue et il devint possible de bâtir pour

D.ieu une demeure ici-bas, jusque dans le monde le plus inférieur.

Pour y parvenir, il fallait conquérir le pays de Canaan et

nos Sages expliquent que les peuples d’Egypte et de Canaan

étaient, à l’époque, les plus corrompus. C’est précisément le pays

de Canaan qu’il fallait transformer en Erets Israël, en Terre Sainte,

en un pays juif. Dans le but de bâtir une demeure parfaite pour

D.ieu, il faut Le faire résider précisément au sein de la matière et

donc conquérir le pays en ayant recours aux voies de la nature. Il

fallait donc faire la guerre et, en préambule, envoyer des éclaireurs.

En effet, lorsque l’on part à la conquête d’un pays étranger,

on délègue tout d’abord des éclaireurs qui repèrent les chemins

et l’entrée des villes. A leur retour, ils rapportent ce qu’ils ont vu

au chef de l’armée et il en fut de même ici, puisque ces hommes

avaient pour mission de déterminer les chemins qu’il fallait emprunter

et les villes qu’il fallait prendre. (La Torah, elle-même,

donne une réponse à l’argument des nations, “vous êtes des voleurs

et vous avez conquis le territoire de sept peuples” en bâtissant

un raisonnement qui est également acceptable d’après la logique

des autres nations.)

56


28 Sivan

Tout comme l’action, ici-bas, se doit de passer par les voies

de la nature, l’homme doit également agir par ses forces propres

et non à la suite d’une Injonction Divine. Il doit introduire sa

propre réflexion et sa volonté. C’est la raison pour laquelle l’envoi

des éclaireurs devait être “selon ton avis”.

C’est à ce niveau qu’intervint l’erreur des éclaireurs. Ils pensèrent

que “selon ton avis” devait s’appliquer non seulement à

leur mission consistant à déterminer les chemins à emprunter pour

conquérir le pays mais, également, sur le bien fondé de cette entrée

dans le pays. Ils pensèrent que l’entrée en Erets Israël était

soumise à leur jugement. Du fait de leur erreur, ils modifièrent

les termes de la mission confiée par Moché, qui ne leur avait

demandé que de reconnaître la situation du pays. Il ne leur appartenait

en aucune façon d’établir s’il était judicieux d’y entrer ou

non. Cet ajout, aboutissant à une modification de leur mission,

fut la cause des événements malencontreux qui suivirent. Dès

lors, la mission fut annulée. (Ceci permet de répondre à une question

évidente: en quoi les éclaireurs commirent-ils une faute lorsqu’ils

constatèrent que les peuples étaient forts et que les villes

étaient fortifiées? Leur mission ne consistait-elle pas à rechercher

ces éléments? Ne devaient-ils pas raconter ce qu’ils avaient

vu? L’explication est, en fait, la suivante. Leur faute fut d’ajouter

une conclusion personnelle, qui ne leur était pas demandée, “nous

ne pourrons pas y entrer”. Dès lors, ils changèrent les termes de

la mission et l’annulèrent. Tel ne fut pas le cas de la mission

confiée à Moché qui, à chaque instant, lui resta fidèle.)

Toutefois, lorsque les éclaireurs partirent, ils étaient encore

vertueux, aptes à servir D.ieu “selon ton avis”. En effet, toutes

les forces nécessaires leur avaient été données et “D.ieu leur venait

en aide”. (Ce terme d’aide souligne que l’effort doit émaner

essentiellement de l’homme, D.ieu n’y apportant qu’un complément.)

Certes, Moché changea le nom de Yochoua et il pria pour lui.

Il éprouvait donc de la crainte face aux initiatives des éclaireurs.

De plus, pourquoi pria-t-il uniquement pour Yochoua et non pour

les autres éclaireurs?

57


En fait, la prière pour Yochoua constitua, pour lui, un apport

supplémentaire, car il était son disciple le plus proche, qui ne

quittait pas sa tente. Cette bénédiction était du devoir de Moché,

eu égard au rang de son serviteur. Lorsque Moché lui dit: “que

D.ieu te sauve du conseil des éclaireurs”, on peut considérer, selon

les termes de nos Sages, que “il prophétisait sans le savoir”.

En effet, s’il craignait l’action des éclaireurs, il aurait prié pour

tous à la fois ou ne les aurait pas envoyés.

Plus profondément, on peut penser que la prière pour Yochoua,

marque de prophétie non consciente de la part de Moché, concernait

l’entrée en Erets Israël, qui devait effectivement être réalisée

par Yochoua. La conquête du pays était partie intégrante de sa

mission. C’est la raison pour laquelle il eut besoin d’une force

particulière afin de ne pas être victime des mauvaises influences.

Tel ne fut pas le cas des autres éclaireurs, pas même de Calev.

(Moché, en effet, avait lui-même déjà prophétisé qu’il n’entrerait

pas en Erets Israël. C’est la raison pour laquelle, dans la bénédiction

de Moché à Yochoua, le Nom Divin employé est Youd-Hé.

Le Nom Avaya souligne que la Lumière Divine descend jusque

dans la parole et l’action, auxquels font allusion le Vav et le Hé.

Pour supprimer une influence négative, qui peut découler de cette

application à l’action, la force donnée doit venir de plus haut.

C’est le sens du Nom Divin Youd-Hé, Nom évoquant la perfection

qui ne peut connaître la descente dans Vav-Hé.

Pour ce qui est de Moché, il resta dans le désert avec toute sa

génération et il transcenda l’élévation de la matière du monde.

(Nos Sages disent que “le visage de Moché était comme le soleil

et celui de Yochoua comme la lune”. Moché ne pouvait donc connaître

le voile. En revanche, Yochoua avait, pour y parvenir, besoin

d’une force particulière. Bien plus, étant dans ce mode matériel,

Moché reçut son nom parce que “je l’ai tiré des eaux”. A

tout instant, apparaissait à l’évidence sa source, le monde caché.)

D’après ce qui vient d’être dit, on peut comprendre le comportement

de Yochoua qui, à son tour, envoya des éclaireurs, tant

est élevé le service de D.ieu basé sur “ton avis”.

58


28 Sivan

7. On peut ajouter que “selon ton avis” est souligné également

par la fin de notre Paracha, qui parle des Tsitsits. En effet,

“le début est lié à la fin et la fin au début”. (Avant même cela, il

est dit “lorsque vous arriverez dans votre pays de résidence, vous

apporterez des sacrifices consécutifs à un vœu ou des offrandes”.

Il ne s’agit pas là d’une obligation. Lorsque quelqu’un aura l’idée

et la volonté d’offrir ce sacrifice, “selon ton avis”, il pourra le

faire.)

La Mitsva des Tsitsits présente une qualité que l’on ne retrouve

pas dans les autres Commandements: elle conduit à les

accomplir, ainsi qu’il est dit “vous les verrez, vous vous souviendrez

de toutes les Mitsvot de D.ieu et vous les accomplirez”, “ainsi,

vous vous souviendrez et vous accomplirez tous Mes Commandements”.

Le verset fait donc dépendre toutes les Mitsvot de celleci.

(De façon plus précise, on retrouve même ici toutes les catégories

de Mitsvot, comme l’établit le Sidour.)

On peut s’interroger. Il s’agit là d’une Mitsva qui rappelle

toutes les autres Mitsvot. Malgré cela, un homme n’est pas tenu

de s’acheter un Talit et de le porter. Il peut ne pas mettre de vêtement

à quatre coins et, dès lors, n’a pas besoin d’avoir des Tsitsits.

(Le Rambam l’établit dans les Lois des Tsitsits, mais précise qu’il

ne convient pas à un homme vertueux de se dispenser de l’accomplissement

de cette Mitsva. On s’efforcera donc toujours de

porter un habit à quatre coins, afin d’avoir des Tsitsits.)

En fait, on peut voir ici le signe que cette Mitsva, conduisant

à l’accomplissement de toutes les autres, doit être le fruit de la

réflexion personnelle de l’homme, “selon ton avis”. C’est la raison

pour laquelle un homme n’est pas tenu de s’acheter un Talit

et d’y placer des Tsitsits. Il doit le décider par sa propre initiative.

(Bien plus, lorsqu’il met le Talit, la Torah ne lui demande pas de

contempler les Tsitsits, afin de se souvenir des Mitsvot. Il est

simplement précisé que c’est là un bon comportement et qu’un

homme doit l’adopter, “selon ton avis”, par sa propre réflexion.

Il le fera au moment où il met le Talit et, selon le Choul’han

Arou’h de l’Admour Hazaken, lors de la lecture du verset “et

59


vous les verrez”. Or, les Tsitsits sont portés toute la journée afin

de se souvenir à chaque instant des Mitsvot.)

Ce qui vient d’être dit peut être lié à l’étude du Rambam de la

veille de ce Chabbat, qui portait sur la fin des Lois des substitutions

qui sont la conclusion du livre des sacrifices: “Bien que les

Lois de la Torah sont des Décrets, comme nous l’avons expliqué

à la fin des Lois de Méïla, il convient de méditer à leur propos et

“tout ce que tu pourras expliquer devra l’être”. Les premiers Sages

dirent, en effet, que le roi Chlomo avait compris le sens de

tous les Décrets de la Torah. Ainsi, tous les Préceptes de la Torah,

et non uniquement les plus logiques, doivent être intériorisés par

la logique de l’homme. On retrouve ici l’application du principe

“selon ton avis”. (Le Rambam souligne également une idée opposée,

l’importance de ces Décrets de la Torah, qui ne peuvent

être expliqués. L’homme ne doit pas considérer avec légèreté ce

qu’il ne comprend pas, souligne le Rambam. Ces Mitsvot ne peuvent

être remises en cause et c’est la raison pour laquelle la Torah

leur accorda la préséance. De plus, le Rambam cite le roi Chlomo,

afin de montrer qu’une telle compréhension logique exista de

façon concrète, au moins chez une personne. De la même façon,

il est dit à la fin de la Paracha des Tsitsits “Je suis l’Eternel votre

D.ieu”. Ainsi, D.ieu peut être “votre force et votre vitalité”, s’introduire

dans les forces profondes de l’homme, son intellect et

ses sentiments.)

Servir D.ieu “selon ton avis” s’exprime non uniquement dans

les Mitsvot de la Torah, perceptibles à l’intellect de l’homme et

qui n’en sont pas moins des Préceptes Divins, mais aussi dans les

domaines permis. C’est à leur propos qu’il est nécessaire de mettre

en pratique “toutes tes actions seront pour le Nom de D.ieu”

et “en toutes tes voies, connais-Le”. Ce sont là des Injonctions de

la Torah et, bien plus, il faut aussi agir sur ces domaines permis,

même si la Torah ne l’ordonne pas expressément. On accomplira

tout cela “selon ton avis”, en y méditant par son propre intellect.

Ainsi, on déterminera la meilleure manière d’élever ces domaines

permis et d’agir concrètement de manière conforme au Des-

60


28 Sivan

sein divin. Il en fut de même pour l’envoi des éclaireurs, qui

devait permettre la conquête du pays en en élevant la matière,

grâce aux travaux permis, labourage, culture. D.ieu ne donna

pas d’instructions sur la manière d’agir. Il demanda cependant

de le faire, “envoie pour toi, selon ton avis”. (Ainsi, dit le verset,

“les pas de l’homme sont préparés par D.ieu et Il agrée sa voie”.

“Sa voie” désigne non seulement la Voie Divine mais aussi celle

de l’homme, qui lui appartient de façon propre, dans les domaines

permis. C’est là qu’il doit se comporter selon la Volonté de

D.ieu. Alors ce Dessein divin sera intériorisé par l’homme, qui,

naturellement, servira D.ieu et se conformera à Sa Volonté.)

Il en va de même pour la manière d’agir dans la mission consistant

à diffuser les sources de la Hassidout à l’extérieur. L’ordre

donné s’applique à la définition de cette mission. En revanche,

les détails d’application, la façon d’agir doivent être découverts

“selon ton avis”, par la réflexion.

8. D’après ce qui vient d’être dit, on peut comprendre le lien

entre la Paracha de Chela’h, “envoie pour toi, selon ton avis” et

le 28 Sivan, force de Sivan.

Le 28 du troisième mois insuffle la force à tous les domaines

du service de D.ieu par la Torah et les Mitsvot. Il indique de

quelle manière on doit l’accomplir et apporte à l’homme la force

de Le servir “selon ton avis”. Ainsi, l’intellect et la volonté de

l’homme seront conformes au désir de D.ieu. Bien plus, agir de

la sorte souligne clairement l’élévation du libre arbitre. La force

qui en découle est d’autant plus considérable, permettant à

l’homme ce libre choix et lui donnant les moyens de le rendre

positif. (On peut définir ici deux niveaux de libre arbitre. D’une

part, le choix concerne l’accomplissement des Commandements

de la Torah. D’autre part, une force est ajoutée pour que l’homme

puisse choisir judicieusement lorsqu’il agit “selon ton avis”. De

la même façon, on trouve deux interprétations du verset “et maintenant

que soit grandie la force de D.ieu”. D’une part, cette grandeur

consiste à dévoiler la plus haute lumière dans la source de

61


l’enchaînement des mondes. D’autre part, la grandeur permet

également de s’élever au dessus de cet enchaînement des mondes.)

Or, servir D.ieu “selon ton avis” se marque essentiellement

dans les domaines permis. En conséquence, la force pour tout

cela se révèle à la fin de ce troisième mois, après le don de la

Torah, lorsque s’opère la transition vers le quatrième mois, qui

souligne l’importance de l’effort des hommes.

C’est tout ceci qui est souligné en ce 28 du mois, qui apporte

une force supplémentaire pour le service de D.ieu dans tous les

domaines permis. Celui-ci sera “selon ton avis”. Il y a bien là une

descente par rapport à ce qui existait auparavant mais c’est de

cette façon que l’on parviendra à faire résider D.ieu ici-bas et à

dévoiler la perfection. C’est là la différence qui existe entre le

«trois» et le «quatre». Le «trois» est celui qui donne alors que le

«quatre» reçoit, ainsi qu’il est dit “fais du bien au pauvre”, comme

nous l’avons précédemment expliqué. (Tout ceci est particulièrement

souligné, cette année, puisque le 28 Sivan est un Chabbat,

lié au don de la Torah. En effet, comme le disent nos Sages, “tous

s’accordent pour dire que la Torah fut donnée un Chabbat”. En

l’occurrence, c’est le troisième Chabbat après le don de la Torah.

C’est la raison pour laquelle nous étudions le troisième chapitre

d’Avot, qui souligne encore plus clairement le lien entre tout ceci

et “la lumière triple donnée pendant le troisième mois”. Toutefois,

le 28 Sivan précède le 29, qui est à la veille de Roch Hodech

et s’appelle donc “petit Yom Kippour”. Il n’en est pas moins lié

au mois suivant. On retrouve l’équivalent de tout cela entre Moché

et Yochoua. Yochoua était moins élevé que Moché et il devait

recevoir de lui. Malgré cela, c’est précisément Yochoua qui accomplit

la Volonté de D.ieu et fit entrer le peuple d’Israël en Terre

Sainte.)

Ceci peut être compris d’après l’explication de la Guemara

selon laquelle “le 29 Sivan, Moché envoya les éclaireurs”. Il s’agit

bien là du lendemain du 28 Sivan, lorsque fut donnée une force

particulière pour agir “selon ton avis”. Tout de suite après cela

62


28 Sivan

pouvait intervenir l’envoi des éclaireurs et le début de la conquête

d’Erets Israël.

9. Une explication plus profonde peut être ajoutée.

La force de Sivan concerne les domaines permis, dans lesquels

le libre choix se ressent avec encore plus de force. Bien

plus, même si la décision “selon ton avis” était négative, allait à

l’encontre de la Volonté de D.ieu, la force serait donnée de modifier

cet aspect malencontreux et de le transformer en bien. (Tout

ceci est lié à l’étude du Rambam de la veille de ce Chabbat, le

début du livre de la pureté. Celui-ci commence par une citation

du verset “suscite en moi, Eternel, un cœur pur et renouvelle,

dans ma personne, un esprit juste”. Puis, il est question de Lois

exposant le contraire de la pureté, puisqu’il s’agit de l’impureté

de la mort. Le début de ce livre souligne ainsi l’idée de la transformation.)

C’est également le sens du verset “et maintenant que grandisse

la force de l’Eternel”, figurant dans la prière de Moché pour

obtenir le pardon, après la faute des éclaireurs. On retrouve ici

l’idée de la Techouva, qui souligne encore plus clairement la nécessité

de l’effort personnel résultant de son libre choix. Le libre

arbitre a été accordé à chaque homme, qui peut transformer son

cœur et changer sa nature pour le bien. Pour cela, il faut avoir

recours à la Techouva qui transcende la Torah et les Mitsvot, souligne

clairement l’importance de l’effort personnel. Dès lors,

même celui qui a transgressé la volonté de D.ieu a la force et le

pouvoir de réparer, de transformer cet élément négatif en y introduisant

un niveau dépassant la Torah, tout comme il est dit “tu

aurais dû Me venir en aide”. (Le Likouteï Torah montre le lien

entre ce verset et la Techouva qui consiste à transformer l’obscurité

en lumière. C’est ainsi que la Lumière Divine se révèle icibas

dans toute sa force.)

Ainsi, “que soit grandie la force de D.ieu” est également lié

au 28 Sivan, force du don de la Torah. C’est en effet lors du don

de la Torah que fut accordée la force de la Techouva. “Lorsque

63


Moché monta là-haut… il dit: et maintenant que soit grandie la

force de D.ieu, comme Tu l’as dit en ces termes”. Tout ceci se

dévoila concrètement, dans le monde, après l’envoi des explorateurs,

au lendemain du 28 Sivan avec tous les événements qui en

découlèrent. Puis, la réparation fut réalisée par la Techouva,

comme l’indique ce verset. (Dans le verset “comme Tu l’as dit en

ces termes”, on peut aussi voir une allusion à l’introduction du

don de la Torah, “et l’Eternel parla à tout Israël en ces termes”.)

La Techouva est soulignée également dans la Paracha que nous

lisons aujourd’hui à Min’ha, celle de Kora’h. Nos Sages expliquent,

en effet, que ses fils accédèrent à la Techouva et, du

Guehénom, ils chantèrent une mélodie, un Cantique pour D.ieu,

ainsi qu’il est dit “Chant, Cantique des fils de Kora’h, au chef des

Chantres”. La Techouva la plus parfaite se réalise dans la joie.

Elle peut donc s’accompagner d’un chant joyeux, indiquant la

victoire. Dès lors, tous les éléments négatifs sont vaincus, annulés

et transformés en bien. (Rachi explique, à propos de Kora’h,

que: “il n’est pas présenté comme le fils de Yaacov, car celui-ci

sollicita la pitié, afin que son nom ne soit pas associé à cette dispute”.

Malgré cela, Rachi cite le nom de Yaacov, bien que de

façon négative, et il ajoute un Commandement positif en rappelant

que, dans les Chroniques, le nom de Kora’h est effectivement

associé à celui de Yaacov, ainsi qu’il est dit “fils d’Aviassaf,

fils de Kora’h, fils de Yitshar, fils de Kéhat, fils de Levi, fils d’Israël”.

Il est, en effet, souligné ici que Kora’h connut également la

Techouva. Ceci montre l’importance de la coutume, reçue du Baal

Chem Tov, qui consiste à dire chaque jour le Psaume correspondant

au nombre de ses années.)

Puis, dans les trois jours suivants celui-ci, nous parviendrons

à Roch Hodech Tamouz, dont le nom même évoque l’idée de

transformation. En effet, Tamouz est le nom d’une idole. Malgré

cela, les enfants d’Israël appellent ainsi ce mois et l’inscrivent

sur tous les actes officiels, comme le veut la Torah.

Autre point, qui est essentiel également, la destruction et l’exil

qui découlèrent aussi de la mission rejetée par les éclaireurs, lors-

64


28 Sivan

qu’ils revinrent, le 9 Av et que D.ieu fit de cette date “une lamentation

pour toutes les générations”, ont pour but d’être annulés et

transformés en bien. Pour y parvenir, la Techouva est nécessaire.

Grâce à elle, “ils seront libérés de façon immédiate”. Le Rambam

tranche que “tous ces jeûnes disparaîtront lorsque viendra le

Machia’h. Bien plus, ils seront des jours de fête, de joie et d’allégresse”.

Nos Sages disent également que “pour celui qui répond Amen

Yéhé Chémeh Rabba de toutes ses forces, on annule un décret

accusateur de soixante dix ans”. Ceci fait allusion à la suppression

du premier exil, celui de Babel, qui fit suite aux conseils des

éclaireurs. Il dura, en effet, soixante dix ans et ceci concerne également

ce dernier exil. En servant D.ieu de toutes ses forces, on

peut le supprimer et mettre en évidence son aspect positif. (En

effet, le mot Amen a la même valeur numérique que les deux

Noms Divins Avaya et Ado-Naï. En outre, la Guemara parlant de

Honi, le traceur de cercles, dit: “Tout au long de sa vie, ce Tsaddik

se lamentait à propos de ce verset: Cantique des degrés, lorsque

D.ieu fit revenir la captivité de Tsion. Alors, nous étions comme

des rêveurs. Rachi explique que l’exil de Babel, qui dura soixante

dix ans, fut comparable à un rêve. C’est à ce propos que Honi

s’interrogeait: “quelqu’un peut-il rêver pendant soixante dix ans?

”. Puis, ceci lui arriva. Il dormit lui-même pendant soixante dix

ans et il en résulte que l’exil, qui symbolise le rêve, se trouve

aussi en allusion dans ces soixante dix ans, qui ne sont pas seulement

ceux de Babel, mais concernent bien tous les exils.)

10. A tout ce qui vient d’être dit, s’ajoute un point de plus,

concernant notre génération.

A notre époque, il a été révélé que le mois de Tamouz est

celui de la délivrance, celle de mon beau-père, le Rabbi, chef de

notre génération, qui fut libéré de prison les 12 et 13 Tamouz.

Notre génération est la dernière de l’exil et la première de la délivrance.

Il est donc possible d’y ressentir ce que sera la libération

future, la transformation du quatrième mois en joie et en

65


allégresse. En effet, avant même le jeûne du 17 Tamouz, vient la

libération du 12 Tamouz, grâce à laquelle le mois entier se transforme

en délivrance.

Ce qui vient d’être dit peut être lié au 28 Sivan, force supplémentaire

qui est introduite dans ce mois, non seulement pour accomplir

la Volonté de D.ieu mais aussi pour élever la matière du

monde, afin d’y bâtir pour Lui une résidence. Pour cela, il faut

conquérir le pays, y envoyer des éclaireurs, “envoie pour toi, selon

ton avis”. Tout ceci se passe essentiellement en Tamouz, après

le 28 Sivan.

L’un des aspects dominants de la délivrance du 12 et 13

Tamouz fut la possibilité qui en résulta pour mon beau-père le

Rabbi, chef de notre génération, de venir s’installer dans l’hémisphère

inférieur. C’est alors que la diffusion de la Torah, du

Judaïsme et de la Hassidout à l’extérieur put se répandre dans le

monde entier. Bien plus, cette diffusion commença ainsi dans cet

hémisphère, duquel il est dit que le don de la Torah n’y eut pas

lieu. C’est donc bien là la partie la plus inférieure du monde.

Malgré cela, la Torah et la Hassidout s’y dévoilent. Bien plus, la

lumière qui en émane illumine le monde entier.

On peut considérer que l’aspect nouveau, introduit par la diffusion

de la Torah et de la Hassidout dans cet hémisphère inférieur

est lié au 28 Sivan qui apporta une force supplémentaire,

non seulement dans les domaines du don de la Torah mais également

en ce qui concerne les initiatives introduites “selon ton avis”.

En l’occurrence, il s’agissait de diffuser la Torah et la Hassidout

jusque dans cet hémisphère inférieur, là où le don de la Torah

n’eut pas lieu.

Tout ceci se révéla le 28 Sivan, de nombreuses années plus

tard. (C’est le 28 Sivan 5701 que le Rabbi Chlita et la Rabbanit

furent sauvés de l’enfer européen et parvinrent aux Etats-Unis -

N.D.T) C’est alors que fut introduite une impulsion nouvelle pour

renforcer et diffuser la Torah, le Judaïsme et la Hassidout. Mon

beau-père le Rabbi, chef de notre génération, en prit l’initiative

en créant les institutions «Ma’hané Israël», «Kehot» et «Merkaz

66


28 Sivan

Leïnyaneï Hinou’h». L’activité de ces institutions se poursuivit

pendant les dix dernières années que vécut mon beau-père le

Rabbi, dans ce monde. Puis, après son décès, elles se développent

et s’agrandissent de plus en plus, car il est encore plus présent

que de son vivant. Quarante ans se sont écoulés depuis son

décès et “D.ieu vous a donné un cœur pour comprendre, des yeux

pour voir et des oreilles pour entendre”. C’est à l’issue de ce laps

de temps que l’on peut, comme le soulignent nos Sages, percevoir

profondément l’enseignement de son maître. (Ceci peut être

comparé aux quarante ans que les Juifs passèrent dans le désert

après la faute des éclaireurs. Tout de suite après cela, notre Paracha

annonce, du reste, que les Juifs rentreront, de façon effective,

dans le pays, ainsi qu’il est dit “lorsque vous parviendrez dans la

Terre”. Tout de suite après ce délai, les Juifs furent prêts à entrer

en Erets Israël, “tous vivants, aujourd’hui”. Nous en connaissons

actuellement l’équivalent. Toutes les dates limites de la délivrance

sont déjà passées et, en cette quarantième année, tous sont prêts à

entrer dans le pays, avec la délivrance véritable et complète, par

notre juste Machia’h.)

11. Il découle de tout ce qui vient d’être dit un enseignement

pour l’action concrète, car “l’acte est essentiel”. (Ceci est encore

plus clairement souligné lorsqu’il s’agit de réparer la faute des

éclaireurs, qui ne voulurent pas descendre du monde de la pensée

ou de celui de la parole, dans le monde de l’action.)

C’est aujourd’hui le Chabbat Chela’h, qui est en outre le 28

Sivan. De nombreux Juifs ont décidé d’organiser une réunion

hassidique en ce jour et d’y prendre de bonnes décisions dans

toutes les actions contribuant à la diffusion de la Torah, du Judaïsme

et de la Hassidout à l’extérieur. Ils ont vu les conséquences

positives de ces réunions dans l’action concrète, pendant plus

de trois ans, qui constituent donc un fait établi. Nous vivons les

trois jours qui nous séparent encore du Roch Hodech du mois de

la délivrance. Il convient donc de se renforcer et d’ajouter avec

encore plus de force à l’accomplissement de la mission que mon

67


eau-père le Rabbi, chef de notre génération, a confié à chacun

en particulier. Il faut diffuser la Torah, le Judaïsme et la Hassidout

à l’extérieur. Il faut se consacrer à cette mission de toute sa force

et même au delà de ses forces. Il en va de même pour l’influence

que l’on exercera sur l’autre, “lorsque tu élèveras les lumières”,

“jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même”. Nous avons longuement

expliqué, le précédent Chabbat, l’enseignement qui découle

de ce verset et la flamme qui s’élèvera d’elle-même sera

également “selon ton avis”.

Cette mission est d’actualité. Elle le fut déjà, à l’époque du

Ari Zal, lorsque l’on annonça qu’ “il est permis et nécessaire de

dévoiler cette Sagesse”. Combien plus est-ce le cas après que la

diffusion de la Hassidout ait commencé de façon effective, avec

la libération de l’Admour Hazaken, le 19 Kislev, puis avec celle

de mon beau-père le Rabbi, chef de notre génération, les 12 et 13

Tamouz. C’est alors que l’on reçut encore plus de force pour diffuser

la Torah, le Judaïsme et la Hassidout à l’extérieur, jusque

dans l’hémisphère inférieur. On ne peut retarder l’accomplissement

de tout cela, même pour un temps très bref. Il faut s’y consacrer

immédiatement et chaque Juif s’y emploiera par lui-même,

ne cherchera pas à déléguer un émissaire pour le faire.

Ceci concerne plus spécifiquement ce qui est d’actualité pendant

les mois de l’été. Il faut utiliser la période des vacances, qui

est d’usage dans de nombreuses institutions éducatives. Les enfants

sont alors libérés des études profanes. Dès lors, même si la

direction de l’école n’impose pas la scolarité, chaque élève décidera

de venir à l’école et d’y apprendre, “selon ton avis”. De

plus, on enverra les petits garçons et les petites filles dans des

colonies de vacances cachères, basées sur les valeurs sacrées. Là,

pendant une certaine période, ils vivront, jour et nuit, sans interruption,

dans une atmosphère de Torah et de Judaïsme. Grâce à

cela, l’action pourra se poursuivre pendant les jours suivants.

12. Puisse D.ieu faire que nos actions et nos réalisations dans

tous ces domaines hâtent et réalisent encore plus rapidement les

promesses de la Paracha de cette semaine.

68


28 Sivan

“Nous monterons et nous en hériterons”. Outre l’élévation qui

marqua la sortie d’Egypte, les Juifs auront également celle de

l’entrée en Erets Israël, lors de la délivrance future.

Alors, toutes les six cent treize Mitsvot, auxquelles les Tsitsits

font allusion, seront accomplies de façon parfaite. (Ce sera également

le cas pour les Mitsvot dépendant d’Erets Israël, comme

la Halla et les sacrifices offerts dans le Temple.) Les Tsitsits évoquent,

en outre, le verset “Il me prit par les franges (Tsitsits) de

ma tête”, termes figurant dans la prophétie de Ye’hezkel. Celui-ci

dit ensuite “et le vent me transporta… Il me conduisit à Jérusalem,

selon les visions divines”. Il en sera ainsi pour chaque Juif,

ainsi qu’il est dit “Je déverserai Mon esprit sur toute chair. Ainsi,

vos fils et vos filles prophétiseront”, lors de la délivrance véritable

et complète, par notre juste Machia’h, et “comme aux jours

de ta sortie d’Egypte, Je te montrerai des merveilles”. Alors, il y

eut quatre termes de délivrance, tout comme il y a quatre Tsitsits.

Ces quatre termes de délivrance furent énoncés à propos de la

sortie d’Egypte, “Je vous ferai sortir… Je vous sauverai… Je vous

libérerai… Je vous prendrai”.

Tout ceci se réalisera de telle sorte que l’on puisse “Le désigner

du doigt en disant: Le voici”, voici notre juste Machia’h.

Les Tsitsits évoquent précisément ce que l’on peut voir et le

Machia’h est en l’occurrence tout proche.

Ainsi, on pourra désigner du doigt et dire “voici, c’est notre

D.ieu”, “Je suis l’Eternel votre D.ieu”, votre force et votre vitalité.

Ceci sera perceptible pour chacun car “ton Maître ne se cachera

plus et tes yeux verront ton Maître”. Dès lors, “l’honneur

de D.ieu se dévoilera et toute chair ensemble verra”.

Puisse-t-il en être ainsi pour nous. En ce Chabbat 28 Sivan,

force et conclusion du troisième mois, avant même le quatrième

mois, celui de la délivrance, nous aurons la délivrance véritable

et complète, par David, le roi oint, quatrième pied du Char céleste.

Alors, “D.ieu ne nous retiendra pas même le temps d’un

clin d’œil en exil” et la délivrance sera tout à fait immédiate.

69


28 Sivan

Extrait des commentaires

de Chabbat Parchat Kora’h 5749

1. Comme on le sait, la conséquence de l’emprisonnement et

de la libération de mon beau-père, le Rabbi, le 12 Tamouz 5687,

fut la possibilité, qu’on lui accorda, de quitter ce pays en 5688.

Puis, quelques années plus tard, en 5700, il parvint aux Etats-

Unis, dans l’hémisphère inférieur. C’est là qu’il fixa sa résidence

et œuvra, pendant les dix dernières années de sa vie, dans ce

monde, jusqu’en 5710.

Tous ces points, d’autant qu’ils concernent en l’occurrence le

chef de la génération, sont réglés par la Divine Providence. En

conséquence, son arrivée dans l’hémisphère inférieur n’avait pas

uniquement pour but de le sauver du danger qu’il encourait dans

les pays de l’hémisphère supérieur mais surtout d’accomplir le

Dessein divin, selon lequel il devait vivre ses dernières années et

réaliser son œuvre dans cet hémisphère inférieur. (Certes, après

la guerre, la majorité numérique et structurelle du peuple juif s’installa

aux Etats-Unis. Mais, c’est également là un effet de la Divine

Providence.)

On peut ici s’interroger. L’endroit où nos maîtres accomplirent

leur mission, depuis le Baal Chem Tov et le Maguid et jusqu’à

l’ensemble des maîtres de ‘Habad, fut dans “ce pays-là”, en

Russie et plus précisément à Loubavitch. C’est de là que la lumière

émana pour le monde entier, que les sources se répandirent

vers l’extérieur. Pourquoi D.ieu fit-Il que précisément mon beaupère,

le Rabbi, chef de notre génération, quitte ce pays, vienne

aux Etats-Unis, y installe sa résidence et y agisse? Bien plus, on

sait à quel point il évitait auparavant de quitter ce pays-là. Or,

depuis son arrivée, son action fut planifiée, ses sources furent

diffusées dans le monde entier, à partir de ce continent, y compris

dans son pays d’origine. (Mon beau-père, le Rabbi, écrit dans

ses mémoires que “l’histoire de ‘Habad est intimement liée à

Loubavitch. ‘Habad et Loubavitch sont devenus les deux parties

d’un seul et même nom.”)

71


La question est encore plus forte si l’on rappelle le proverbe

selon lequel “la Torah ne fut pas donnée dans l’hémisphère inférieur

mais chez nous, dans l’hémisphère supérieur”. (Cette expression

figure dans une lettre de mon beau-père, le Rabbi, et le

Rachab l’emploie également.) Pourquoi D.ieu réalisa-t-Il une

descente aussi considérable, au point de le déraciner de son lieu

de résidence qui se trouvait dans l’hémisphère supérieur et de le

fixer dans l’hémisphère inférieur? Mon beau-père, le Rabbi, dit

lui-même que “Loubavitch connut dix exils”, le dernier et le plus

âpre étant son arrivée en Amérique. Pourquoi ne pas avoir choisi

un autre endroit de l’hémisphère supérieur?

2. Nous comprendrons tout cela en expliquant le lien entre la

délivrance du 12-13 Tamouz et ce mois. Bien plus, de nombreux

Juifs ont pris la coutume d’appeler «Tamouz» dans son ensemble,

le mois de la délivrance.

Nous avons déjà expliqué plusieurs fois que le contenu de

«Tamouz», dont nous vivons le premier Chabbat, figure en allusion

dans son nom, tel qu’il est énoncé dans la Loi Ecrite, “le

quatrième mois”. Il est en effet, le quatrième après Nissan. (Et

c’est en ce Chabbat que reçoivent leur élévation tous les jours de

la semaine venant de s’écouler, y compris les deux jours de Roch

‘Hodech Tamouz, qui englobent en eux la totalité de ce mois. Du

reste, lorsque Roch ‘Hodech dure deux jours, tout ce qui le concerne

reçoit encore plus de force et le service de D.ieu est alors

“double pour la sagesse”.)

Le quatrième mois fait suite au troisième, celui de Sivan, lorsque

la Torah fut donnée, “une lumière triple en un mois triple”.

Une différence fondamentale les sépare. Le don de la Torah, pendant

le troisième mois, fut une révélation accordée par D.ieu aux

enfants d’Israël. Il apparut du haut des cieux afin de guider chaque

Juif, de lui indiquer de quelle manière il devait se comporter

dans son existence quotidienne. A l’opposé, le quatrième mois

souligne l’effort nécessaire pour recevoir la Torah. Il implique un

travail de la part des Juifs, par leur force propre. C’est ainsi que

72


28 Sivan

l’homme peut recevoir la révélation, dans le monde, en accomplissant

la Torah et les Mitsvot de façon effective, en fonction des

instructions précédemment reçues, lors du don de la Torah.

Cette différence apparaît également dans le nom de ces mois,

le troisième et le quatrième. La Guemara souligne que les lettres

«Guimel» et «Dalet», dont la valeur numérique est trois et quatre,

sont les initiales de “Guemol Dalim”, “fais du bien aux pauvres”.

Ainsi, le «Guimel» fait allusion à l’influence donnée d’en

haut et le «Dalet» à celui qui la reçoit. De la même façon, le

chiffre «trois» correspond à un dévoilement céleste. Lorsque ce

niveau est reçu ici-bas, il correspond au chiffre «quatre». Ce

schéma décrit tout l’enchaînement des mondes, les trois mondes

supérieurs d’Atsilout, Brya et Yetsira, puis le quatrième monde

d’Assya, celui qui reçoit.

Telle est également la différence entre le troisième et le quatrième

mois. Le don de la Torah du troisième mois est un cadeau

céleste. Le quatrième mois, en revanche, présente le Juif comme

un “pauvre”, recevant l’influence du troisième mois, conformément

aux enseignements de la Torah. (De plus, le chapitre d’Avot

étudié ce Chabbat est le quatrième. Il commence par quatre qualificatifs,

sage, vigoureux, riche et honoré. Ces quatre termes correspondent

aux quatre mondes, Atsilout, Brya, Yetsira, Assya,

ainsi qu’aux quatre lettres du Nom Divin «Avaya».)

Certes, l’effort des Juifs dans le monde pendant ce quatrième

mois constitue une descente par rapport au dévoilement d’en haut

du troisième mois. Malgré cela, la perfection du don d’en haut se

manifeste précisément ici-bas, lorsqu’elle s’introduit en celui qui

la reçoit. Plus encore, c’est grâce à cette descente dans le monde,

que se réalise, de la façon la plus parfaite, la finalité de la création,

le désir divin de résider au sein de la matière. Dès lors, le

don de la Torah est parfait car celle-ci peut être intériorisée par

l’homme, puis par le monde entier.

Il en va de même dans les mondes. Celui d’Assya est le plus

bas et il est séparé de tous les autres. Malgré cela, la perfection

des mondes supérieurs se révèle précisément en lui, bien qu’il

73


soit le plus matériel et le plus bas. C’est précisément là que D.ieu

souhaita résider.

3. Le contenu de ce troisième mois, l’effort réalisé dans le

monde, est plus précisément souligné par le jour dont il est fait

mention dans la Loi Ecrite, “le jeûne du quatrième mois”, celui

du 17 Tamouz. Sa portée est générale et c’est la raison pour laquelle

il porte ce nom, “jeûne du quatrième mois”.

Cinq événements malencontreux se produisirent à cette date

et c’est la raison pour laquelle il est nécessaire de jeûner. Tout

d’abord, les Tables de la Loi furent brisées, quarante jours après

le don de la Torah. Plus tard, la muraille de Jérusalem se fendit,

lors du siège de la ville. C’est ainsi que commença la destruction

du Temple et l’exil qui nous conduisit à la présente situation,

après la destruction du second Temple. La descente au sein de la

matière est donc particulièrement évidente, en ce quatrième mois.

Ainsi, outre la descente intrinsèque qu’impose ce quatrième

mois par rapport au troisième, l’introduction dans le monde matériel

est soulignée par ce jeûne du quatrième mois, descente faisant

suite à une descente, jusqu’à cet exil, le plus bas qui soit.

La finalité ultime de tout cela est la mise en évidence de l’effort

d’un Juif, réalisé au sein de la matière, qui peut supprimer

les causes d’une telle descente et donc le jeûne qui en résulta.

Pour cela, il faut intensifier son service de D.ieu basé sur la Torah

et les Mitsvot, qui furent données en ce troisième mois. Il faut

affaiblir puis supprimer complètement nos fautes, qui conduisirent

à l’exil. Il est donc nécessaire de renforcer le sentiment

d’Ahavat Israël, un amour du prochain sans contrepartie, qui fera

disparaître l’exil et le jeûne.

Bien plus, dès lors, “ces jours se transformeront en joie, en

allégresse et en fête”. Tel est précisément le but des jeûnes, qui

doivent apporter encore plus de bien. C’est là leur contenu profond.

Ils permettent d’exprimer le grand amour que D.ieu éprouve

pour les Juifs, comme un roi grand et redoutable qui laverait luimême

la souillure de son fils unique, parce qu’il éprouve pour lui

74


28 Sivan

un immense amour. Tout ceci se révélera très bientôt et de nos

jours. Ce jeûne deviendra, de façon effective, un jour de joie,

d’allégresse et de fête. (Il en va de même pour le nom du mois de

Tamouz, qui est celui d’une idole. Par leurs efforts, les enfants

d’Israël le transforment. Dès lors, il devient un mois du calendrier

juif, reconnu comme tel par la Hala’ha. Ainsi, il révèle la

supériorité de la lumière qui fait suite à l’obscurité et c’est précisément

en Tamouz que la chaleur est considérable. Alors, éclaire

“le soleil de D.ieu”. C’est en ce mois que se révèle, de la plus

haute façon, le Nom Divin «Avaya».

Ainsi, le jeûne du quatrième mois constitue, au sens le plus

simple, une descente vertigineuse. Malgré cela, il provoque l’ajout

dans le service de D.ieu d’un Juif. En effet, lorsque la Torah et les

Mitsvot, données le troisième mois, sont attirées ici-bas, il est

possible de supprimer et de transformer nos fautes dans tous les

domaines négatifs. Le don de la Torah du troisième mois se révèle,

dès lors, dans toute sa perfection. Celle-ci est reçue ici-bas,

d’une façon beaucoup plus profonde. Le jeûne peut ainsi se transformer

en joie, en allégresse et en fête. Le bien qui en résultera

sera beaucoup plus considérable que celui du troisième mois.

(C’est précisément le 17 Tamouz, quarante jours après le don de

la Torah, que Moché descendit de la montagne, avec les Tables

de la Loi. En effet, c’est en ce quatrième mois que la Torah doit

être reçue par l’effort de l’homme. Ces quarante jours, pendant

lesquels Moché étudia la Torah par la force de son intellect, préparèrent

ce dévoilement ici-bas. D.ieu, de Son point de vue, donna,

lors du don de la Torah, la totalité de ces enseignements. Telle est

la perfection qui caractérise le troisième mois.

Mais il y eut le veau d’or, les Tables de la Loi furent brisées et

ce jour devint un jeûne. En effet, le dévoilement d’en haut, pendant

le troisième mois, laissait la place à une telle cassure. C’est

précisément l’effort de l’homme, après la Techouva de ceux qui

devaient recevoir la Torah, qui permit aux dernières Tables de la

Loi de se maintenir. Celles-ci seront éternelles.)

75


4. L’élévation de ce quatrième mois s’est dévoilée de façon

encore plus précise, en ces dernières générations, grâce à la libération

de mon beau-père, le Rabbi, les 12 et 13 Tamouz, après la

première étape que fut le 3 Tamouz. (Les 12 et 13 Tamouz reçoivent

leur bénédiction de ce Chabbat, au même titre que tous les

jours de la semaine qui vient. Le 3 Tamouz, par ailleurs, parvient

à la perfection, en ce Chabbat, d’autant qu’il était cette année un

jeudi, jour qui permet de préparer le Chabbat. Grâce à cette libération,

le mois entier fut transformé. Non seulement, le Rabbi

quitta sa prison, mais, bien plus, il connut un avancement et, un

peu plus tard, la suite des événements révéla que la finalité de

tout cela était l’élévation qui devait en découler.)

La libération et le sacrifice que le Rabbi, dont nous célébrons

la délivrance, fit de lui-même, au point d’être emprisonné, donna

les moyens à chaque Juif, recevant la Torah et les Mitsvot, de les

accomplir plus facilement. La libération apporta à chacun la détermination

pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

Dès lors, il devient possible de les accomplir dans le monde, sans

affronter aucun obstacle. (Ceci est vrai même au niveau le plus

bas, dans le pays qu’il quitta, comme l’explique le Rabbi dans la

lettre qu’il écrivit à propos de la première célébration de sa libération:

“ce jour-là, il fut établi, de façon évidente, pour tous, que

l’œuvre importante que j’avais réalisée afin de diffuser la Torah

et de renforcer la foi était autorisée par la législation du pays”.

En revanche, le dévoilement d’en haut qui a lieu pendant le troisième

mois laisse la place au voile et à l’emprisonnement. Bien

plus, celui-ci commença le 15 Sivan, jour de la pleine lune de ce

mois.)

Le Rabbi, dont nous célébrons la libération, écrivit que “ce

n’est pas seulement moi que D.ieu libéra, le 12 Tamouz, mais

tous ceux qui chérissent notre Sainte Torah, qui respectent la

Mitsva et même ceux pour qui Israël n’est qu’un surnom”. On

retrouve ici toutes les catégories du peuple juif. (De plus, cette

libération fut un miracle qui, en l’occurrence, ne concerna pas un

seul individu, à titre personnel, mais survint au chef de la généra-

76


28 Sivan

tion. Or, disent nos Sages, “le chef est tout”. Il peut donc en résulter

une élévation pour tous les Juifs de cette génération. Outre

les miracles qui se révèlent dans le comportement d’un Juif, en

particulier pendant le temps de l’exil, chacun atteint une hauteur

supplémentaire grâce à la libération du 12 et 13 Tamouz.)

Tout d’abord, la libération facilita la tâche des Juifs. Au sens

le plus simple, il fut plus aisé de diffuser la Torah et de renforcer

la foi. On peut constater concrètement qu’après la libération du

Rabbi, son œuvre se renforça et s’élargit, atteignant une dimension

qu’elle ne possédait en aucune façon auparavant. La Torah

fut diffusée, le Judaïsme et les sources de la Hassidout furent

répandus dans le monde entier. Et cette action se poursuit, de

sorte que l’on ajoute et l’on avance.

Bien plus, la génération du Rabbi, dont nous célébrons la libération,

est la dernière de l’exil et la première de la délivrance. Sa

libération fut donc la dernière étape préparant la délivrance véritable

et complète. Car, toutes les libérations sont liées à la venue

du Machia’h. Combien plus est-ce le cas lorsqu’il s’agit de celle

d’un chef du peuple juif, qui s’employa à diffuser la Torah, à

répandre le Judaïsme et la Hassidout, permettant de hâter la délivrance.

De façon générale, dans cette génération et plus particulièrement

après cette libération, on commence à “goûter” la délivrance

future. On peut ressentir la profondeur de la chute et le jeûne du

quatrième mois conduit à une élévation considérable, préfigurant

le dévoilement du monde futur, lorsque ce jeûne sera joie et allégresse.

C’est la raison pour laquelle, juste avant le 17 Tamouz,

vient la fête de la délivrance qui transforme ce mois en un mois

de libération.

5. En fonction de ce qui vient d’être dit, on peut comprendre

pour quelle raison D.ieu conduisit le Rabbi, dont nous célébrons

la libération, dans l’hémisphère inférieur afin d’y poursuivre son

œuvre. Tout comme le quatrième introduit une dimension de plus

par rapport au troisième, le lieu doit également être élevé. On sait

77


en effet que le temps et l’espace sont liés. Ceci fut établi lors du

don de la Torah, car les Juifs introduisirent leur propre effort lorsqu’ils

s’éloignèrent du troisième mois et du lieu de ce don, le

mont Sinaï. En revanche, tant qu’ils étaient à proximité de cet

endroit, ils demeuraient sous son influence, “comme un seul

homme, avec un seul cœur”.

On retrouve une telle distinction chez le Rabbi, dont nous célébrons

la délivrance. A la suite de son emprisonnement et de sa

libération, il parvint, après quelques étapes, en cet hémisphère

inférieur, là où le don de la Torah n’eut pas lieu. Les épreuves

imposées par l’exil d’Amérique étaient considérables et, pendant

de nombreuses années, les Juifs admettaient qu’“en Amérique,

c’est différent”. Il arriva donc sur ce continent pour en faire un

lieu de Torah, pour y apporter le don de la Torah, comme celle-ci

le demande elle-même. En effet, tout ce que les Juifs éprouvèrent

lors du don de la Torah peut encore être ressenti pendant l’étude.

C’est ainsi que le don de la Torah du troisième mois fut parfait et

qu’il pénétra jusque dans l’hémisphère inférieur. Son influence

fut perçue au plus bas et reçue par les hommes, de sorte que ce

continent devint un lieu de Torah.

Ainsi, la venue de mon beau-père, le Rabbi, dans cet hémisphère

inférieur était un exil à l’intérieur de l’exil, faisant suite à

tous les autres exils connus par Loubavitch, de Loubavitch à

Rostov, de Rostov à Petersbourg, de Petersbourg en Lettonie, de

Lettonie en Pologne et ainsi de suite jusqu’en Amérique. On comprend

à quel point l’exil était intense et qu’il en résultait des difficultés

considérables pour le service de D.ieu, y compris lorsqu’il

s’agissait de mettre en pratique la mission confiée par mon

beau-père, le Rabbi, chef du peuple juif. Malgré cela, c’est précisément

ici que la Torah fut apportée et révélée jusqu’au point le

plus bas, afin de bâtir pour D.ieu une demeure en ce monde.

La raison de tout cela est la suivante. Lorsque l’on s’approche

de la délivrance future, il est nécessaire d’élever la matière, afin

qu’elle soit apte à ce que la Divinité y réside. Tout ceci se révélera

de façon parfaite, avec la venue du Machia’h.

78


28 Sivan

C’est ainsi que, dans l’histoire du peuple juif, tous résidaient

d’abord dans un endroit unique, en Erets Israël, puis la Torah et

les Mitsvot se diffusèrent dans le monde entier. (Adam, le premier

homme et le roi Chlomo diffusèrent cette lumière dans le

monde entier, permettant aux parcelles de Divinité qui se trouvaient

dans la matière d’être attirées par la grande torche qui était

ainsi allumée.) Il y eut ensuite l’exil de Babel et surtout celui

d’Edom. Dès lors, les Juifs se dispersèrent, chacun se rendant

dans un autre pays. D’une génération à l’autre, cette dispersion

se poursuit afin d’élever chaque endroit du monde. Néanmoins,

tout ceci se limitait encore à l’hémisphère supérieur. Puis, l’on se

rapprocha de la délivrance et de grandes communautés juives

s’installèrent dans l’hémisphère inférieur. Alors, le Rabbi, dont

nous célébrons la délivrance, y arriva également, afin d’élever la

matière de ce continent, de sorte que le don de la Torah puisse se

révéler dans toute sa perfection.

6. Bien plus, non seulement la perfection de l’influence du

troisième mois peut apparaître dans le quatrième, dans l’hémisphère

inférieur, de sorte qu’elle soit intériorisée par celui qui la

reçoit, mais, plus encore, grâce à l’effort ainsi réalisé, celui qui

accorde l’influence reçoit lui-même quelque chose de plus et le

don de la Torah, tel qu’il eut lieu lors du troisième mois, prend un

aspect nouveau.

Il en va de même dans l’ensemble des mondes. Non seulement

l’influence divine qui s’y trouve peut se révéler jusque dans

Assya, le monde le plus bas qui soit, mais bien plus, c’est ainsi

que tous les mondes supérieurs reçoivent une élévation considérable

qu’ils ne pourraient, en aucune façon, obtenir autrement.

Ainsi, on parvient à la perfection du dévoilement, qui sera

effective dans le monde futur. Alors, “l’élément féminin dominera

l’élément masculin” et c’est précisément ici-bas que sera

bâtie une demeure pour l’Essence de D.ieu.

79


7. Ce qui vient d’être dit concerne également le choix du domicile

du Rabbi, dont nous célébrons la délivrance, dans cet hémisphère

inférieur.

De façon générale, il convient de bâtir pour D.ieu une demeure

ici-bas. Dès lors, l’élévation se révèle dans tous les mondes supérieurs

et dans ce monde matériel. La perfection peut ainsi apparaître

jusque dans l’hémisphère inférieur.

Notre génération, celle du Rabbi, dont nous célébrons la délivrance,

connaît maintenant la fin de l’exil. Nous approchons de

la délivrance, que chacun peut désormais goûter. C’est la raison

pour laquelle D.ieu fit que le Rabbi, dont nous célébrons la délivrance,

quitte le lieu où résidaient ses ancêtres, afin de parvenir

en cet hémisphère inférieur. C’est là qu’il fixa son domicile et

réalisa son œuvre, pendant les dix dernières années qu’il vécut

dans ce monde. (C’est ainsi qu’il apporta la perfection à tout ce

qu’il accomplit pendant son existence et son décès, dans cet hémisphère

inférieur permit de dévoiler toute l’action et l’enseignement

qui caractérisa sa vie, de sorte “qu’il réalise des merveilles

jusqu’au fin fond de la terre”, jusque dans les niveaux les

plus bas. C’est précisément dans cet hémisphère inférieur, qu’à

partir de l’année 5700 et jusqu’à la fin de l’exil, se trouve la source

de la Hassidout. A partir de ce lieu, se fait sa diffusion à l’extérieur,

dans le monde entier, y compris dans l’hémisphère supérieur.

Un tel processus est l’inverse de celui qui avait été adopté

par nos maîtres qui influençaient le monde à partir de l’hémisphère

supérieur.

On peut constater concrètement, et chacun peut le désigner du

doigt, que la venue du Rabbi, dont nous célébrons la délivrance,

en cet hémisphère, fut un exil considérable par rapport à sa résidence

à Loubavitch. Néanmoins, c’est précisément grâce à cette

venue et à son installation en ce lieu que son œuvre put atteindre

une dimension sans aucune commune mesure avec celle qu’elle

était auparavant. L’œuvre de Loubavitch, la diffusion du Judaïsme

et des sources à l’extérieur et en particulier celle d’Ahavat Israël

et de l’unité du peuple juif, connut une période nouvelle par rap-

80


28 Sivan

port à ce qu’avait été la façon d’agir de nos précédents maîtres

dans l’hémisphère supérieur et plus précisément dans la ville de

Loubavitch. (Certes, nous ne pouvons mesurer la grandeur des

œuvres réalisées par nos maîtres, surtout dans un domaine aussi

essentiel que la diffusion d’Ahavat Israël et de la Hassidout à

l’extérieur. Malgré cela, l’apport de mon beau-père, le Rabbi, en

cet hémisphère inférieur est perceptible aux yeux de chacun. Il se

révèle dans l’action concrète qui est essentielle. Du reste, le Rabbi

écrit dans ses mémoires que “Loubavitch est construite sur

l’amour. Loubavitch est le canal diffusant l’amour et l’amitié

hassidiques”.)

Ainsi, c’est précisément à partir de cet hémisphère inférieur

que les sources se répandent à l’extérieur, dans le monde entier, y

compris dans l’hémisphère supérieur, ainsi qu’il est dit “et tu te

répandras à l’est, à l’ouest, au nord et au sud”. (Les Hassidim

expliquent, et mon beau-père, le Rabbi accepta cette précision,

que “Paratsta”, «tu te répandras» a pour valeur numérique 770,

adresse de ce bâtiment, synagogue, maison d’étude et lieu d’habitation

de mon beau-père, le Rabbi. C’est précisément ici qu’il

résida, en cet hémisphère inférieur. De plus, 770 est un multiple

de sept qui fait allusion aux sept branches du Chandelier, diffusant

sa lumière dans le monde entier. Ceci fait allusion à “la bougie

de D.ieu (qui) est l’âme de l’homme”, de chaque Juif, appartenant

à l’une de ces sept catégories. Ainsi, est réalisée Ahavat

Israël et l’unité du peuple juif dans le monde entier, dans lequel

on retrouve également ces sept catégories.) La largesse ainsi obtenue

fut bien plus grande que celle que l’on connaissait auparavant.

A partir de 5700, le Rabbi, dont nous célébrons la délivrance,

arriva ici, puis, pendant dix ans, jusqu’en 5710, il réalisa son œuvre

et celle-ci se poursuit encore, de sorte que l’on ajoute, on avance

et l’on éclaire, par l’intermédiaire de ses disciples et de ses émissaires.

Bien plus, c’est d’ores et déjà la quarantième année après

5710 et “D.ieu vous a donné un cœur pour comprendre, des yeux

pour voir et des oreilles pour entendre”. Dès lors, un disciple

81


peut percevoir de plus en plus profondément l’enseignement de

son maître.

8. Ce qui vient d’être dit peut être lié à notre Paracha, car les

fêtes de l’année ont un rapport avec la Paracha qui est alors lue.

Cette semaine, nous lisons celle de Kora’h et la Hassidout explique,

de la façon suivante, l’objection de Kora’h, “toute l’assemblée

est sainte et D.ieu y réside. Pourquoi donc voulez-vous vous

élever au-dessus de l’assemblée de D.ieu?”. D’une certaine façon,

l’affirmation de Kora’h était exacte. Il sut mesurer l’élévation

de l’homme qui se trouve ici-bas et reçoit, même par rapport

à celui qui donne, l’importance du chiffre «quatre», comparé au

chiffre «trois». Il perçut que D.ieu désirait résider ici-bas, mais

son erreur fut la suivante. Il ne comprit pas qu’une telle élévation

ne se marquerait que dans le monde futur, après l’effort réalisé

ici-bas par les hommes. Pour cela, celui qui reçoit la Torah se

doit, tout d’abord, d’élever la matière.

Telle est l’explication profonde du premier commentaire de

Rachi, dans notre Paracha: “cette Paracha est bien expliquée dans

le Midrach de Rabbi Tan’houma”. Le Midrach révèle donc l’aspect

positif de la Paracha de Kora’h à la différence du Pchat, du

sens simple, selon lequel l’action de Kora’h n’est en aucune façon

positive. Le Midrach, à l’opposé, montre que Kora’h perçut

ce qui se adviendrait lors de la délivrance future. C’est alors

qu’aurait lieu la consolation, Ne’hama, qui est de la même étymologie

que Tan’houma. (Le Midrach renferme également des

commentaires basés sur le Pchat. C’est la raison pour laquelle

Rachi le cite souvent. Ici, par contre, Rachi précise qu’il s’agit

bien d’un Midrach.)

En d’autres termes, cette Paracha, telle qu’elle se trouve dans

le Midrach de Rabbi Tan’houma, fait allusion à la délivrance future.

Dès lors, elle est positive et elle apporte la perfection du

bien. Au sens simple, par contre, elle décrit ce qui se passe dans

ce monde, quand l’action est encore nécessaire, car la perfection

du monde futur n’est pas atteinte. Pour l’obtenir, la matière doit

tout d’abord être élevée.

82


28 Sivan

Toutefois, on peut obtenir, pendant le temps de l’exil, un avantgoût

du service de D.ieu du monde futur. Ce fut le cas pour le

Rabbi, dont nous célébrons la délivrance, qui, après l’œuvre considérable

réalisée par nos maîtres dans l’hémisphère supérieur,

put servir D.ieu du bas vers le haut et influencer cet hémisphère

supérieur à partir de l’hémisphère inférieur, comme nous l’avons

montré.

9. De façon générale, le service de D.ieu inscrit dans le temps

doit être organisé tout d’abord du haut vers le bas, puis du bas

vers le haut. Il en va de même pour l’effort qui est réalisé ici-bas,

dans le monde. Pour mener à bien cette mission, des instructions

doivent être données par le Cohen, mon beau-père, le Rabbi, qui

influence chaque Juif et lui enseigne la façon de diffuser le Judaïsme

et la Hassidout à l’extérieur, jusque dans l’hémisphère

inférieur.

Par ailleurs, le contenu général de cette Paracha apporte également

ce même enseignement, puisqu’il y est question de la remise

en cause de la prêtrise par Kora’h et son assemblée. Du fait

de la chute qui en découla, une élévation considérable fut obtenue,

grâce aux miracles qui furent alors réalisés. Ainsi, “le bâton

d’Aharon fleurit” et fut “conservé comme signe”, établissant de

manière indubitable, le choix que D.ieu fit d’Aharon. Ensuite, la

Paracha définit les vingt quatre offrandes faites au Cohen de

manière éternelle et établissant ainsi leur prêtrise, après que celleci

ait été contestée par Kora’h.

Il en fut de même pour la libération du 12 et 13 Tamouz. L’emprisonnement

fut une contestation et la libération apporta la certitude

que son œuvre de diffusion de la Torah et de la foi avait

scellé “une alliance de paix”, beaucoup plus solide que ce qui

avait pu être fait auparavant. Tout ceci se révéla à l’évidence, lors

de son arrivée en cet hémisphère inférieur et se marqua plus particulièrement

par Ahavat Israël et l’unité du peuple juif. C’est

dans ce domaine qu’intervient le rôle du Cohen, homme de bonté,

ainsi qu’il est dit “sois un disciple d’Aharon, aime la paix et re-

83


cherche la paix, aime les créatures et rapproche-les de la Torah”.

Plus précisément, la remise en cause de la prêtrise d’Aharon par

Kora’h avait surtout pour but de contester l’influence exercée par

Aharon sur les Juifs. En effet, la Hassidout explique que par l’intermédiaire

des sept lumières du Chandelier, Aharon pouvait élever

tous les Juifs vers son niveau. Kora’h s’exclama: “Pourquoi

vous élevez-vous au dessus de l’assemblée de D.ieu?”. Ainsi, les

Cohanim sont élevés au-dessus des contingences du monde et

cette même élévation se retrouve chez tous les Juifs qui, au même

titre que les Cohanim, peuvent s’élever au-dessus de la matière.

Bien plus, ils peuvent transformer les objets matériels en réceptacle

de la Divinité. Telle est même la mission qui leur est confiée,

réaliser pour D.ieu une demeure ici-bas. Kora’h se demanda

donc pour quelles raisons les Cohanim devaient s’élever au-dessus

de tous les autres Juifs.

Il commit cependant une erreur. Certes, une différence existe

entre le Cohen Gadol et les autres Juifs, mais celui-ci doit exercer

son influence sur eux. Lorsqu’il parvient à la perfection de

cette manière d’agir, l’élévation de celui qui reçoit est établie et

celle-ci se révélera, de façon parfaite, dans le monde futur.

De plus, la Torah explique que “le bâton d’Aharon fleurit”.

Chaque chef de tribu apporta un bâton et Aharon déposa également

le sien, afin que soit établie sa prêtrise. Mais, le verset précise

que “le bâton d’Aharon était à l’intérieur de leurs bâtons”.

Ainsi, tous les Juifs, pouvaient avoir conscience de la qualité

d’Aharon car il était “à l’intérieur de leurs bâtons”, lié à eux.

C’est ainsi que peut se réaliser “Je résiderai parmi vous”, à l’intérieur

de chacun.

On peut ainsi comprendre la suite de ces versets. Lorsque les

Juifs virent que le bâton d’Aharon avait fleuri, chacun prit son

propre bâton et l’emporta. En apparence, de quelle utilité leur

était-il? En fait, après l’action du bâton d’Aharon dans tous les

autres bâtons, chaque tribu pouvait recevoir de lui, en fonction de

la mission spécifique qui lui était confiée. C’est la raison pour

laquelle chaque chef de tribu reprit son propre bâton.

84


28 Sivan

10. Il découle de tout ceci un enseignement pour chacun. La

mission à réaliser dans l’hémisphère inférieur fut une dimension

nouvelle introduite par le Rabbi, dont nous célébrons la libération,

par rapport aux maîtres qui le précédèrent. Il la confia cependant

à tous les Juifs de la génération. Etant son chef, il en est

le plus élevé et se trouve donc “à l’intérieur de leurs bâtons”, à

l’intérieur de chacun, de sorte que tout Juif puisse emporter chez

lui son bâton et se consacrer à la mission spécifique qui lui est

confiée.

Chacun, en cette génération, reçoit la force du chef, mon beaupère,

le Rabbi, pour diffuser le Judaïsme et la Hassidout à l’extérieur,

de la façon la plus forte et la plus large. Il en est ainsi jusque

dans l’hémisphère inférieur et bien plus, celui-ci influence le

monde entier y compris l’hémisphère supérieur.

11. Il est de coutume de lier toute idée à l’action concrète. En

l’occurrence, nous sommes dans la quarantième année après 5710,

la cinquantième après 5700, lorsque mon beau-père, le Rabbi,

arriva en cet hémisphère inférieur. Il est donc judicieux de lier

cette célébration à une action. Bien plus, celle-ci soulignera l’aspect

nouveau que le Rabbi introduisit dans cet hémisphère inférieur.

Le service de D.ieu d’un Juif comprend deux catégories. Certains

domaines sont particulièrement élevés et comparables à l’hémisphère

supérieur. Il s’agit de l’étude de la Torah et de la pratique

des Mitsvot. D’autres domaines sont plus bas et comparables

à l’hémisphère inférieur. C’est l’action basée sur les principes

“toutes tes actions seront pour le nom de D.ieu” et “en toutes

tes voies reconnais-Le”.

Les besoins de l’homme s’inscrivent dans trois catégories,

nourriture, habillement et maison. Or, cette dernière est la plus

fixe qui se trouve dans l’existence de l’homme, tout comme le

Rabbi précédent vint s’installer dans l’hémisphère inférieur. La

finalité d’une maison doit être le service de D.ieu. Elle doit devenir

un Sanctuaire et une résidence pour Lui, de sorte qu’Il puisse

dire “Je résiderai parmi eux”.

85


C’est l’une des raisons pour laquelle cette année a été désignée

comme celle de la construction. Il convient donc de bâtir

des édifices nouveaux, en tout endroit, maisons de Torah, de prière

et de Tsédaka. On bâtira également des maisons particulières,

constructions nouvelles ou ajout d’une nouvelle pièce. Tout au

moins, on fixera qu’une partie de la maison soit consacrée à la

Torah et aux Mitsvot. Chacun peut le faire, homme, femme ou

enfant, en y plaçant un Houmach, un livre de prières ou une boîte

de Tsédaka. Grâce à cela, la chambre deviendra un lieu de Torah,

de prière et de Tsédaka.

Une proposition est donc faite, liée à ce mois de la délivrance,

pendant lequel le Rabbi, dont nous célébrons la délivrance, arriva

en cet hémisphère inférieur et y fixa son lieu de résidence.

Chacun, homme, femme ou enfant, ajoutera encore plus aux domaines

précédemment décrits, durant l’année de la construction,

qui sera marquée par l’une des façons précédemment décrites.

Le chef de notre génération, dont le bâton figure à l’intérieur

de tous les autres bâtons, participera à cela par une somme de

cent dollars. (On connaît en effet l’élévation des cent bénédictions

quotidiennes qui représentent la totalité des bénédictions

possibles.) Dans d’autres pays, on donnera la contre-valeur de

cette somme. Cette contribution sera accordée à tous ceux qui

feront savoir qu’ils construisent des édifices et des institutions de

Torah et d’éducation ou même des maisons particulières, y compris

s’il s’agit uniquement d’y rajouter une pièce, à condition que

cette nouvelle maison, cette nouvelle pièce, soient, de façon évidente,

un lieu de Torah, de prière et de Tsédaka.

Pour le bon ordre, on fera savoir cela par lettre séparée, sans

mentionner d’autres points, même les plus positifs. On notera sur

l’enveloppe le mot «Binyan», construction, ou bien la lettre «Beth»

qui est son initiale, de sorte que l’on puisse déterminer de quoi il

s’agit.

En outre, une partie de cette somme sera consacrée à la Tsédaka

et le reste sera une participation à la construction.

Il sera bon de diffuser tout cela.

86


28 Sivan

12. Puisse D.ieu faire que cet ajout à nos actions et à nos réalisations

complète tous ceux qu’ont réalisés nos maîtres pendant

les précédentes générations, dans l’hémisphère supérieur. Ceci

s’ajoutera aussi à ce qu’a réalisé mon beau-père, le Rabbi, chef

de notre génération, dans cet hémisphère inférieur. Alors, de façon

immédiate, ce sera concrètement la délivrance, en ce quatrième

mois de l’année 5749, à l’extérieur d’Erets Israël et dans

l’hémisphère inférieur.

Grâce à l’élévation de ce quatrième mois et à ce qui a été réalisé

dans cet hémisphère, on peut percevoir à quel point sera intense

la perfection de la délivrance véritable et complète.

Ainsi, la Paracha de Kora’h est “bien expliquée par le Midrach

de Rabbi Tan’houma” et l’on voit là la qualité de Kora’h qui s’employa

à décrire la grandeur de celui qui reçoit. Ceci s’ajoute au

sens simple de ces versets, décrivant ce monde-ci et l’action concrète

qui y est réalisée. Or, d’après la Torah, l’acte est essentiel et

il faut donc construire, encore une synagogue, une maison d’étude,

une Yechiva, un Talmud Torah.

Bien plus, après les grandes réalisations de l’exil, l’action se

poursuit en cet hémisphère inférieur, afin de proclamer l’importance

de celui qui reçoit, la perfection véritable n’étant pas encore

atteinte.

Certes, de nombreux points préfigurent déjà la délivrance. C’est

le cas de la Tsédaka, qui fait revivre l’âme du pauvre, de la prière

et de nombreuses pratiques de la Torah et des Mitsvot. (En effet,

chaque âme juive peut quitter l’exil et l’emprisonnement, de façon

passagère, au moment de la prière) Nos Sages disent qu’ “un

moment de Techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut

mieux que tout le monde futur”. C’est ainsi que l’on dévoilera

l’Essence de D.ieu, le plaisir du Créateur, surtout en diffusant les

sources de la Hassidout à l’extérieur, en cet hémisphère inférieur.

Un Juif rétorquera que cette belle explication n’est, somme

toute, qu’un Midrach, que la libération qui en découle est uniquement

spirituelle. Or, nous attendons chaque jour la délivrance,

au sens le plus concret, ici-bas, dans ce monde de l’action. (En

87


effet, le plaisir de la créature ne sera effectif que dans le monde

futur, lorsque l’Essence de D.ieu se révélera ici-bas.)

Un Juif criera donc “Ad Mataï”, jusqu’à quand durera l’exil?

Son cri sera sincère et, par nature, le Père sera enclin à accéder à

sa requête.

On connaît l’histoire d’un Grand de notre peuple qui affirma

que, lorsqu’il retournerait là-haut, après cent vingt ans, il exigerait

de D.ieu que la délivrance soit immédiate. Et il était capable

de le faire. Mais après qu’il ait quitté ce monde, la délivrance ne

vint pas. Un autre Grand du peuple juif en conclut que le premier

avait reçu une élévation considérable au point d’oublier sa promesse.

Le Machia’h n’est pas encore venu et D.ieu a sans doute trouvé

une réponse pour le second également.

La solution pourrait donc être la suivante. Il faut faire un vœu

public. La Hala’ha précise que, dans un tel cas, on ne peut être

délié de sa promesse sans consulter l’ensemble du public. Ainsi,

même si quelques personnes se laissent convaincre, cela ne sera

d’aucun effet, car la Loi, tranchée par la Torah de D.ieu, fixe

qu’un vœu public conserve toujours sa valeur.

La conclusion de tout ce qui vient d’être dit est la suivante. De

façon tout à fait immédiate, viendra la délivrance véritable et

complète, par notre juste Machia’h. Tous les enfants d’Israël, avec

leurs maisons, édifices de Torah, de prière et de Tsédaka, rentreront

alors en Terre Sainte, à Jérusalem, ville sainte, dans le troisième

Temple et dans le Saint des Saints. Là-bas, se révélera le

bâton d’Aharon, qui y est conservé. En effet, “le Juste fleurira,

en son époque” et, pendant la période du Machia’h, la prêtrise

sera définitivement installée. Alors, à nouveau, le bâton d’Aharon

refleurira. Dès lors, Moché et Aharon seront présents.

88


28 Sivan

Extrait des commentaires de la veille du mardi

de la Parchat Tetsavé, 9 Adar 5750

1. Le 9 Adar est la date à laquelle le centre de la Hassidout

‘Habad fut transféré en cet hémisphère inférieur. C’est alors que

mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération, vint s’y installer

de façon définitive, comme cela a été maintes fois exposé.

Dix ans plus tôt, il avait fait une visite dans ce pays, qui prépara

son installation fixe et la conduisit à la perfection. Ceci peut être

comparé au verset “et il envoya Yéhouda devant lui à Gochen”.

Bien plus, le 9 Adar est, cette année, encore plus important,

puisque cinquante ans se sont écoulés depuis l’arrivée aux Etats

Unis de mon beau-père, le Rabbi, (9 Adar 5700 - 9 Adar 5750).

Par ailleurs, l’élévation de cette année, dans son ensemble,

s’exprime également en cette date du 9 Adar, comme nous le

montrerons.

2. L’explication de tout cela est la suivante. Un proverbe bien

connu dit que le don de la Torah n’eut pas lieu, de façon évidente,

dans l’hémisphère inférieur. On peut donc mesurer l’importance

de l’événement qui conduisit mon beau-père, le Rabbi, aux Etats

Unis. C’est ici, en cet hémisphère inférieur, que fut implanté le

centre de la Hassidout ‘Habad, partie profonde, âme de la Torah.

Cette partie profonde de la Torah est particulièrement liée à la

Révélation du Sinaï.

Il a été maintes fois expliqué que, lors du don de la Torah,

c’est essentiellement sa partie profonde qui fut donnée. Ainsi, dit

le Midrach, les Juifs eurent alors la vision du Char céleste et les

deux premiers Commandements furent “Je suis l’Eternel ton

D.ieu” et “tu n’auras pas d’autres dieux que Moi”. Il s’agit bien

là de la perception de D.ieu, qui fait précisément l’objet de cette

partie profonde de la Torah.

De plus, le premier Commandement fut: “Je suis l’Eternel ton

D.ieu, qui t’ai fait sortir du pays de l’Egypte”.

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“Je suis l’Eternel ton D.ieu” correspond à trois niveaux du

Divin, “Je”, “l’Eternel” et “ton D.ieu”.

“Qui t’ai fait sortir du pays de l’Egypte” fait allusion au dévoilement

le plus haut, celui de Kéter, la couronne qui surplombe

l’enchaînement des mondes et même de l’Essence de D.ieu.

La sortie d’Egypte fut possible précisément parce que l’Essence

de D.ieu se dévoila dans le monde et, selon les termes de

nos Sages, “le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, se dévoila à

eux, dans toute Son Essence, et les libéra”. Le Rabbi Rachab

explique que l’expression utilisée par ce verset désigne l’Essence

de D.ieu telle qu’Elle se révéla ici-bas, jusque dans le pays de

l’Egypte, au sein de la nation la plus corrompue. Bien plus, cette

Révélation fut perceptible “jusqu’au fin fond de la terre”. La capitale

de l’Egypte était en effet “emplie d’idoles”. C’est la raison

pour laquelle Moché, lorsqu’il désirait s’adresser à D.ieu, devait

sortir de la ville. Or, c’est précisément là que “le Roi, Roi des

rois, le Saint béni soit-Il, se dévoila à eux et les délivra”.

On comprend donc l’importance du transfert du centre de la

Hassidout ‘Habad dans l’hémisphère inférieur. C’est précisément

là que la Torah ne fut pas donnée de façon évidente. Or, ce lieu

devint un centre de révélation et de diffusion de sa partie profonde,

but essentiel de la Révélation du Mont Sinaï.

3. En d’autres termes, le transfert, en ce pays, du centre de la

Hassidout Habad, constitua une descente vers un lieu où la Torah

n’avait pas été révélée à l’évidence. En revanche, un principe

général établit que l’élévation obtenue est à la mesure de la descente

qui la précède. Ainsi, c’est précisément en descendant jusque

dans l’hémisphère inférieur que la Hassidout put parvenir à

la plus haute perfection, celle qui la conduira à la délivrance véritable

et complète. C’est alors que le don de la Torah parviendra

à sa plénitude, ainsi qu’il est dit “une Torah nouvelle émanera de

Moi”. (La Méguilat Taanit dit qu’un jeûne est fixé le 9 Adar car,

pour la première fois à cette date, une controverse opposa Beth

Chamaï à Beth Hillel. Ceci est, en apparence, un événement ma-

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28 Sivan

lencontreux et c’est la raison pour laquelle nos Sages instituèrent

un jeûne pour le commémorer. Néanmoins, c’est précisément cette

descente qui développa considérablement la Torah. Car, disent

nos Sages: “il m’a fait résider dans l’obscurité: il s’agit là du

Talmud Babli”. En ce 9 Adar, fut révélée la mission essentielle

de notre génération, l’intensification de la révélation et de la diffusion

de cette partie profonde de la Torah jusque dans l’hémisphère

inférieur.)

Cette élévation caractéristique de la délivrance véritable et complète

est spécifiquement liée à la Hassidout ‘Habad, qui permet

d’unifier la partie profonde et la partie révélée de la Torah de

sorte qu’elles constituent “une Torah unique”. La Hassidout

‘Habad est la Ye’hida, partie la plus élevée de l’âme de la Torah,

liée à la Ye’hida particulière de chaque Juif et à la Ye’hida collective

de tout Israël, notre juste Machia’h. C’est lui qui révèlera

parfaitement l’Unique du monde, dans tout l’univers. Ceci apparaîtra

à l’évidence lors de la délivrance véritable et complète.

Ceci caractérise en particulier l’œuvre de mon beau-père, le

Rabbi, chef de notre génération, dont le premier prénom était

Yossef, du verset “D.ieu m’ajoute un autre fils”. Ainsi, il convient

d’agir auprès de celui qui n’est qu’un “autre” et même de

transformer le monde entier, de sorte que la Lumière divine l’illumine

à l’évidence, jusque dans son hémisphère inférieur. Tout

ceci apparaîtra à l’évidence lors de la délivrance véritable et complète,

à laquelle fait également allusion son nom, Yossef, que l’on

retrouve dans le verset “Ce jour-là, D.ieu étendra (Yossef) encore

une fois Sa main”.

4. “Ces jours sont commémorés et revécus chaque année”.

Lorsque survient le 9 Adar, l’événement se déroule à nouveau

et la partie profonde de la Torah s’introduit jusque dans l’hémisphère

inférieur. Bien plus, un aspect tout à fait nouveau s’ajoute

à cette révélation.

En conséquence, il convient, chaque année, de ressentir, le 9

Adar, une élévation que l’on ne possédait pas, les années pas-

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sées. Ainsi, le 9 Adar de cette année sera beaucoup plus élevé que

celui de l’année dernière, bien qu’elle fut 5749, “Tu retireras Ta

main” et même que l’année d’avant, 5748, “tu te réjouiras et tu

réjouiras les autres”.

Ceci correspond, en outre, à l’élévation spécifique de cette

année 5750. Selon l’explication qui se répand de plus en plus, les

initiales constituant son chiffre, forment la phrase “ce sera une

année de miracles”. On obtiendra, en particulier, le miracle de la

délivrance véritable et complète, d’autant que son premier jour

fut un Chabbat, lié au “jour qui sera entièrement Chabbat et repos

pour l’éternité”. (Ainsi, tous les domaines de la Torah seront

renforcés. En effet, les coutumes adoptées par l’ensemble du peuple

juif reçoivent la force d’un Commandement positif et d’un

Interdit de la Torah.)

Une autre qualité de cette année est le fait que le 9 Adar est un

mardi, lorsque deux fois fut dit le mot «bon», lors de la création,

comme l’explique la Loi Ecrite, “bon pour les cieux et bon pour

les créatures”. Ce double aspect positif est directement lié à la

délivrance véritable et complète, qui sera également “double pour

la sagesse”.

5. Autre point, essentiel également, cinquante ans sont désormais

écoulés depuis le dévoilement de la partie profonde de la

Torah en cet hémisphère inférieur.

Un tel laps de temps constitue une période que la Torah appelle

“éternité” et “monde entier”. On y retrouve donc tout le

monde, tous les mondes en général, toutes les formes du service

de D.ieu, avec le caractère immuable qui peut être le leur.

Il en va de même pour notre propos. Ces cinquante ans étant

passés, l’œuvre de dévoilement de la partie profonde de la Torah,

jusque dans l’hémisphère inférieur, est désormais réalisée et celleci

s’y trouve de façon fixe et immuable. Il en sera de même pour

la délivrance, également qualifiée d’éternelle. Elle ne sera suivie

d’aucun exil et sera offerte au peuple éternel, qui dévoilera la

perfection de la Torah éternelle, partie révélée et partie profonde,

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28 Sivan

ne formant qu’une Torah unique, grâce au dévoilement de la

Ye’hida exprimée dans cette Torah, comme nous l’avons montré.

6. L’importance de la révélation de cette partie profonde de la

Torah en cet hémisphère inférieur, de façon fixe et immuable,

peut être perçue également en cette date, le 9 Adar. Il convient,

tout d’abord, d’expliquer l’élévation de ce mois en général. (Lorsque

l’année n’a que douze mois, comme c’est le cas cette fois-ci,

la perfection d’Adar apparaît encore plus clairement. En effet, on

réalise alors en un seul mois ce qui est fait en deux mois, lorsque

l’année en a treize. L’élévation qui en résulte est qualitative et

quantitative à la fois, chaque jour s’emplissant de son contenu

spécifique. Dès lors, D.ieu accorde des forces accrues de Sa main

pleine, ouverte, sainte et large.)

L’aspect essentiel d’Adar est la fête de Pourim. C’est alors

qu’ “ils acceptèrent de façon délibérée ce qu’ils avaient auparavant

reçu”. Le don de la Torah fut confirmé et il reçut les caractères

de fixité et d’éternité. (Du reste, le Yerouchalmi indique que

l’on peut lire la Méguila pendant tout le mois d’Adar, lorsque la

lecture ne peut être faite à la date normale. En effet, souligne la

Guemara, ce mois, dans son ensemble, fut transformé.)

Bien plus, la fixité et l’éternité sont précisément les caractéristiques

de Pourim, plus que tout autre fête, ainsi qu’il est dit

“ces jours de Pourim ne disparaîtront pas parmi les Juifs et leur

souvenir ne s’effacera pas de leur descendance”.

La même idée apparaît dans le nom de ce mois, Adar. La

Guemara dit, en effet, que “celui qui désire conforter l’assise de

ses biens y introduira Adar, ainsi qu’il est dit “D.ieu est puissant

(Adir) dans les cieux”. Ainsi, Adar est synonyme de puissance et

ceci explique le nom de ce mois. (Nos Sages expliquent par ailleurs

que D.ieu Lui-même est appelé Adir, Puissant, et offre cette même

qualité aux enfants d’Israël appelés Adirim, les puissants. Cette

puissance se reflète en particulier dans la Torah. La mission confiée

à Israël est de révéler cette Torah “jusqu’au fin fond de la

terre”, dans cet hémisphère inférieur. Pour y parvenir, une force

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particulière est nécessaire, qui peut être tirée du don de soi. A

l’intérieur même de la Torah, c’est dans sa partie profonde que

cette puissance apparaît encore plus clairement.)

Il en va de même pour la joie caractéristique du mois d’Adar,

ainsi qu’il est dit “dès que commence Adar, on multiplie sa joie”.

La joie de Pourim est encore plus grande que celle des autres

fêtes qui sont pourtant “des festivités pour la joie”. C’est le cas

des fêtes de Tichri, de Nissan, de Sivan. A chacune de ces occasions,

le tribunal déléguait des gardes pour limiter la joie et vérifier

qu’il n’en découle pas de conséquences malencontreuses. A

Pourim, en revanche, la joie dépasse toutes les limites, “jusqu’à

ne plus savoir”.

Il en va de même pour la joie de ce mois d’Adar, qui, de façon

générale, s’élève au dessus de toutes les limites.

Ce qui vient d’être dit concerne donc, plus particulièrement,

la joie du mois d’Adar. Celle-ci ne connaît pas la limite. De plus,

elle introduit et prépare la joie de Pourim, lorsqu’il est particulièrement

nécessaire de faire abstraction de toute limite. C’est ainsi

que cette joie peut être la plus parfaite. Pour cela, elle doit quitter

toute proportion, toute mesure. Elle peut ainsi devenir la joie de

la délivrance véritable et complète, une délivrance éternelle. Dès

lors, la joie sera elle-même éternelle.

7. A l’intérieur même de ce mois d’Adar, nous somme le neuvième

jour du mois. (La Méguilat Taanit indique que le 9 Adar

était un jour de joie, après que les Juifs aient vu satisfaite leur

demande de recevoir la pluie. Nos Sages indiquent, en outre, que

la pluie fait allusion à la Torah. Il en résulte que c’est précisément

le 9 Adar que fut exaucée la requête d’introduire la partie

profonde de la Torah jusque dans l’hémisphère inférieur.)

Tout d’abord, Pourim commence depuis le début d’Adar car

“dès que commence Adar, on intensifie sa joie”, “on peut lire la

Méguila pendant tout le mois, ainsi qu’il est dit: le mois qui fut

transformé pour eux… en joie”. A l’intérieur même d’Adar, tout

ce qui concerne Pourim s’intensifie, de jour en en jour.

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28 Sivan

Bien plus, dès lors qu’est passé le premier Chabbat d’Adar, on

y introduit également la joie, ainsi qu’il est dit “le jour de votre

joie: c’est le Chabbat”. On retrouve ici l’idée du don de la Torah

puisque c’est à Pourim que les Juifs acceptèrent, de manière délibérée,

ce qui leur avait auparavant été imposé. Or, disent nos

Sages, “tous s’accordent pour dire que la Torah fut donnée un

Chabbat”. A tout ceci, s’ajoute une dimension de plus, le 9 Adar.

Cette date fait suite à la perfection des huit premiers jours du

mois. (Celle-ci inclut également un Chabbat puisque, dans chaque

période de sept jours, il y en a au moins un.) On connaît

l’importance du chiffe huit, que l’on retrouve dans Hanouka. Cette

fête, en effet, a huit jours et, de ce point de vue, dépasse Pessa’h

et Soukkot qui n’en ont que sept et, bien évidemment, Chavouot

qui ne dure qu’un seul jour. Par ailleurs, le chiffre huit est lié à la

délivrance véritable et complète, car on aura alors la harpe à huit

cordes. Ainsi, le neuvième jour du mois introduit une élévation

encore plus considérable et il prépare la perfection du chiffre dix,

la harpe à dix cordes, ainsi qu’il est dit “le dixième sera sacré”.

(Du reste, Hanouka et Pourim sont liés, étant deux fêtes introduites

par nos Sages. Plusieurs Lois s’appliquent indistinctement à

ces deux fêtes. Le Rambam les présente dans un même chapitre

de son livre. Pour toutes deux, il s’agit d’élever la matière la plus

inférieure et de transformer l’obscurité en lumière.)

En conséquence, il apparaît clairement que le 9 Adar est un

temps propice pour dévoiler la partie profonde de la Torah jusque

dans l’hémisphère inférieur. Bien plus, celle-ci s’y trouvera

de façon fixe et éternelle, d’autant que cinquante ans sont désormais

écoulés. En effet, la totalité de ce mois est liée à Pourim et y

introduit, en outre, la force du don de la Torah. De plus, le neuvième

jour d’Adar est lui-même lié à la délivrance future, lorsque

la Torah sera donnée dans toute sa perfection.

8. Un autre point peut être ajouté, qui décrit l’importance du 9

Adar, cette année.

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Cela fait cinquante ans que mon beau-père, le Rabbi, chef de

notre génération, introduisit un fait nouveau en venant s’installer

dans l’hémisphère inférieur. Or, cette date survient à proximité

de la quarantième année après sa Hilloula, qui eut lieu ce 10

Chevat, dixième jour du onzième mois. A partir de cette date,

“un homme parvient à la compréhension de son maître”.

Ce qui vient d’être dit apporte une preuve de plus de l’élévation

de ce 9 Adar, qui fait suite à la perfection du 10 Chevat. La

sienne propre s’en trouve donc, bien évidemment, accrue.

9. Ce qui vient d’être dit peut être lié à la Paracha de la semaine,

Tetsavé.

Au début de celle-ci, il est dit: “et toi, tu ordonneras aux enfants

d’Israël et ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure,

d’allumer la flamme perpétuelle… du soir au matin… Précepte

éternel pour toutes vos générations”.

Ceci peut être appliqué au service de D.ieu. On connaît l’explication

de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération,

selon laquelle “et toi” fait allusion à l’essence de Moché, directement

liée à l’Essence de D.ieu. Par son intermédiaire, celle-ci

peut s’unifier à chaque Juif.

Le verset parle ensuite d’“allumer la flamme éternelle… du

soir au matin”. On retrouve ici deux phases opposées du service

de D.ieu. La lumière éternelle fait allusion au dévoilement qui ne

connaît pas de modification. En revanche, “du soir au matin” introduit

la possibilité du changement. Lorsque ces deux aspects se

rejoignent, une force émanant de l’Essence divine doit se révéler

pour les unir. Dès lors, le niveau ainsi obtenu transcende la distinction

pouvant être faite entre ce qui est élevé et ce qui est bas

et l’élévation la plus considérable devient accessible, ici-bas, dans

le monde.

Tout ceci peut être obtenu en étudiant la Torah, directement

liée à Moché notre maître, “dont elle porte le nom”. Etant la Parole

du D.ieu véritable, elle permet de mettre en évidence Son

Unité ici-bas.

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28 Sivan

Ce verset se conclut par un “Précepte éternel pour toutes vos

générations”, qui doit donc être gravé à l’intérieur de chacun. En

effet, la Hassidout explique la qualité des lettres gravées, qui deviennent

partie intégrante de la pierre. Dès lors, elles sont fixes et

éternelles, “un Précepte éternel pour toutes vos générations”. (Le

passage du Houmach étudié ce jour se conclut précisément par

“Précepte éternel pour lui et pour sa descendance après lui”.)

Ce qui vient d’être dit est directement lié au 9 Adar. C’est à

cette date que la partie profonde de la Torah se révéla jusque

dans l’hémisphère inférieur, de façon fixe et éternelle. Ceci peut

être comparé à l’œuvre que Moché réalisa (et qui trouve son équivalent

chez le Moché de chaque génération, y compris mon beaupère,

le Rabbi, pour la nôtre). Grâce à la Torah et en particulier à

sa partie profonde, il est possible d’obtenir, ici-bas, un dévoilement

perpétuel, de façon fixe et éternelle.

10. L’acte est essentiel.

Il convient donc d’utiliser ces jours propices et ceux qui les

suivront, en particulier le Chabbat, puis Pourim. En effet, la

Hassidout est désormais installée, depuis cinquante ans, dans l’hémisphère

inférieur. Il est donc possible de diffuser la Torah en

général et la Hassidout en particulier, avec encore plus de force,

en chaque endroit et dans le monde entier.

Pour commencer, on organisera des réunions hassidiques en

tout endroit, à l’occasion du 9 Adar. On le fera avant tout dans la

“capitale” de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération,

ici, à Brooklyn. C’est là qu’il élut domicile, pendant les dix dernières

années qu’il vécut dans ce monde. (Celles-ci furent la conclusion

de son œuvre. Or, “tout va d’après la conclusion”.)

En effet, “la Sainteté ne quitte pas sa place”. Bien plus, elle

s’intensifie, d’année en année. Combien plus en est-il ainsi lorsqu’elle

est déjà fixée en cet endroit depuis cinquante ans. (Ceci

s’ajoute à l’élévation conférée par la quarantième année de sa

Hilloula. A partir de ce moment, en effet, il est possible “d’accéder

à la compréhension du maître”.)

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11. Puisse D.ieu faire que ces paroles et la prise de bonnes

décisions dans ces domaines hâtent encore plus la rétribution

véritable, qui sera la délivrance véritable et complète, par notre

juste Machia’h. Alors, D.ieu ne nous retiendra pas même le temps

d’un clin d’œil en exil et, de façon tout à fait immédiate, au début

de ces vingt quatre heures du 9 Adar, nous accéderons à la délivrance.

Bien plus, nous venons de prier Arvit, prière qui se conclut

par “Ainsi, les Justes loueront Ton Nom. Les Droits percevront

Ta Face”.

Puisse-t-il donc en être ainsi pour nous, de façon tout à fait

immédiate. Avant même le Chema Israël du coucher, avant même

de poursuivre cette réunion, nous assisterons à la réalisation de la

promesse selon laquelle “les Droits percevront Ta Face”, dans le

troisième Temple. Là-bas, “on verra le Cohen, à Tsion” (selon

les termes de la bénédiction qui s’est répandue, parmi les enfants

d’Israël). Aharon, le Cohen, sera présent et allumera “la flamme

éternelle… du soir au matin… Précepte éternel pour toutes vos

générations”.

Grâce, en particulier à l’ajout à la Mitsva de la Tsédaka, puisqu’il

est de coutume en pareille occasion de conclure en confiant

à chacun une mission de Tsédaka, nous hâterons la libération et

ce sera la délivrance véritable et complète, par notre juste

Machia’h, pour tous les enfants d’Israël de toutes les générations.

En effet, “ils se réveilleront et se réjouiront ceux qui reposent

sous terre” et mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération,

sera à leur tête.

Autre point, qui est essentiel, tout ceci sera absolument immédiat.

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