Régionales 2010 - Le Travailleur Catalan

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Régionales 2010 - Le Travailleur Catalan

1,80 - N°3350 -Semaines du 29 janvier au 4 février 2010

Le Travailleur Catalan

L’HEBDOMADAIRE COMMUNISTE DES PYRÉNÉES-ORIENTALES ★ POUR DES LENDEMAINS QUI CHANGENT

Régionales 2010

À gauche maintenant !


2

2 à la une

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

La liste départementale «À

gauche maintenant!» est

désormais bouclée.

L’occasion, pour Nicolas

Garcia, secrétaire du PCF

66, de faire le point sur un

rassemblement inédit des

forces de la gauche de

transformation sociale

ayant fait le choix, pour

garder la Région à gauche,

de se poser en alternative

au président sortant.

L’impasse politique

des quatre

vice-présidents sortants

Et Jean-Claude Gayssot, Jean-Paul Boré,

Henry Garino, Josiane Collerais, qui repartent

avec Georges Frêche?

«Ils ne sont pas investis par leur parti, donc

ne peuvent revendiquer l’étiquette PC. Pour

moi, ce sont déjà des ex-communistes, qui se

sont d’eux-mêmes exclus. Ils ont décidé de

sauver le soldat Frêche et sa politique, contre

l’avis de plus de 90% des communistes de la

région et sans le soutien de la moindre organisation

de base du PCF. Je le dis tranquillement,

on ne peut se dire communiste quand

on suit le chemin du déshonneur et qu’on

méprise la quasi-unanimité des femmes et des

hommes qui composent notre parti.

Cependant, je dois leur reconnaître un certain

mérite. Ils sont de bons commerciaux, car ils

ont réussi à arnaquer le client Frêche sur la

marchandise. Ils se sont vendus très chers,

alors que leur apport électoral sera minime.

Quelle tristesse de voir, dans notre département,

Frêche imposer, en 4e position sur la

liste Bourquin, une de ces candidates qui vit

dans l’Hérault et n’a quasiment jamais mis les

pieds dans les P-O et, en plus, un Vert,

Héraultais lui aussi, en 5e. Ils ont été incapables

de trouver un communiste ou un Vert

catalan pour gauchir leur liste. Cela met en

colère de nombreux militants et électeurs

socialistes et je les comprends, ce n’est vraiment

pas un signe de force.»

PCF 66. «Devenir l’alternative au PS, pour

être l’alternative à la droite et au libéralisme»

LLee TTrraavvaaiilllleeuurr CCaattaallaann:: EEnn 22000044,, llee

PPCCFF 6666 ééttaaiitt ssuurr uunnee lliissttee aavveecc

GGeeoorrggeess FFrrêêcchhee.. CCee nn’’eesstt pplluuss llee ccaass

cceettttee ffooiiss,, ppoouurrqquuooii??

Nicolas Garcia: «Déjà en 2004, les

communistes des P-O avaient opté à

90% pour une liste séparée de

Georges Frêche et du PS. Le vote des

adhérents de la région avait inversé un

peu cette tendance et la décision

d’une liste d’union de la gauche classique

l’avait emporté légèrement

(51%). Depuis, il y a eu un congrès

national (décembre 2008 -ndlr), qui a

défini une stratégie, une offre nationale

faite par notre conseil national,

validée par tous les adhérents de la

région (90%). Ces stratégie et offre

sont simples: face à la virulence du

capitalisme ultralibéralisé porté par la

droite et à la dérive sociale-libérale de

la direction du PS -sur l’Europe, les

retraites, le temps de travail, notamment-,

notre peuple a absolument

besoin de construire un vrai front de

gauche, populaire, à vocation majoritaire.

Il s’agit de construire, dans les

luttes et les urnes, un large rassemblement

autour de contenus anticapitalistes

et de propositions transformatrices

de la société. Ce front doit s’élargir, y

compris à des socialistes d’accord sur

les contenus. Électoralement, nous

voulons devenir l’alternative au PS,

pour être l’alternative à la droite et au

libéralisme. D’une certaine manière, ce

que représentait en espérance, avec un

contenu différent, l’union de la gauche

d’avant 1981. Dans les élections à

deux tours, comme ces régionales où

personne ne peut être élu dès le premier

tour, la logique est d’offrir à

l’électorat un choix différent pour le

14 mars.»

TTCC:: CCee nn’’eesstt ddoonncc ppaass uunn ffrroonntt aannttii--

FFrrêêcchhee……

N.G.: «Bien sûr que non! Dans dixsept

régions sur vingt-deux, les communistes

ont choisi la même stratégie,

c’est une option nationale. Il est vrai,

toutefois, que, dans notre région, la

personnalité et surtout le comportement

de Georges Frêche nous ont

rendu le choix plus facile et, surtout,

nous ont permis de réalisé un rassem-

1. Jean Boucher Agent France Télécom

2. Françoise Fiter Assistante sociale

3. Philippe Galano Conseiller régional

4. Dany Benquet Chef d’établissement scolaire

5. Abdelillah Mniai Enseignant

6. Betty Rivière Aide à domicile

7. En cours de décision

blement d’une ampleur unique en

France, puisqu’il comprend l’intégralité

du Front de gauche (PCF, PG, GU), l’intégralité

du NPA et une multitude

d’organisations et mouvements anticapitalistes,

écologistes… Cette

union, inédite et espérée par beaucoup,

est le véritable événement politique

de ces régionales.»

TTCC:: QQuuee rreepprroocchheezz--vvoouuss àà aauu

pprrééssiiddeenntt ddee RRééggiioonn ssoorrttaanntt??

N.G.: «D’abord, je veux dire que notre

adversaire, c’est la droite, qui ne doit

pas reprendre le Languedoc-

Roussillon. Cela dit, le dernier budget

de la Région, c’est le traité de

Lisbonne dans le texte. Le président

sortant approuve Sarkozy sur la taxe

professionnelle et la réforme territoriale.

Mais, plus largement, le PS détenait,

jusqu’à présent, vingt Régions sur

vingt-deux, plus de la moitié des

conseils généraux et des mairies, de

quoi bloquer la machine libérale

conduite par l’UMP, mais rien ne s’est

passé. Les Régions auraient pu refuser

d’intégrer les TOS, de privatiser la formation

professionnelle, d’accepter les

transferts de charges fabuleux -sur les

transports notamment-, mais elles ont

accepté, parfois avec zèle. C’est inadmissible.»

TTCC:: EEtt llee sseeccoonndd ttoouurr,, aalloorrss??

N.G.: «La droite veut prendre la

Région pour relayer localement la politique

de Sarkozy et du gouvernement.

Au second tour, nous voulons la battre

et construire une majorité avec toutes

les listes de gauche, mais avec un

autre président que Georges Frêche.

Pour cela, il faut que le rapport de forces

en faveur de notre liste soit suffisamment

important pour créer cette

situation entre les deux tours. Nous

n’avons aucune gêne à formuler cette

position, d’autant que, dans le PS

même, il est de notoriété publique

que, de Martine Aubry à de nombreux

militants de base, la candidature de

l’actuel président est loin de faire

l’unanimité. Nous, qui ne sommes pas

des socialistes, pouvons, a fortiori,

poser le problème. Nous appelons tous

les électeurs de gauche, et les élec-

teurs socialistes en particulier, qui souhaitent

conserver la Région à gauche

avec une personnalité socialiste -pourquoi

pas- différente de Georges

Frêche, à s’en donner les moyens en

votant massivement pour notre liste

dès le premier tour.»

TTCC:: DDaannss lleess PP--OO,, cc’’eesstt llee NNPPAA qquuii vvaa

ccoonndduuiirree llaa lliissttee.. CChhrriissttiiaann BBoouurrqquuiinn,,

ttêêttee ddee lliissttee ssoocciiaalliissttee

ddééppaarrtteemmeennttaallee,, ddiitt qquuee vvoouuss êêtteess

ssoouuss llaa ccoouuppee dd’’uunn ppaarrttii qquuii nnee vveeuutt

ppaass ggoouuvveerrnneerr..

N.G.: «Christian Bourquin devrait

savoir qu’il n’est du pouvoir de personne

de mettre le PCF sous sa coupe,

le PS et lui-même ont souvent essayé

sans succès. Sur la région, nous sommes

fiers d’offrir aux électrices et aux

électeurs, aux étudiants, aux retraités,

aux salariés et chômeurs, jeunes ou

moins jeunes, une alternative électorale,

dans le cadre d’un rassemblement

des forces de la gauche transformatrices,

dont ils nous ont si souvent parlé

durant les luttes et nos diverses rencontres.

Ce rassemblement, nous ne

voulions pas le construire sur un

modèle hégémonique et, donc, il fallait

que chaque force qui le compose

soit légitimement représentée. Quant

à prétendre que nous ne voulons pas

diriger, ça me fait doucement sourire.

Toutes les forces qui se sont unies

dans cette liste “À gauche maintenant!”

sont prêtes à prendre leurs responsabilités

dans les exécutifs pour

mettre en œuvre une politique

conforme à notre peuple. C’est dans ce

cadre-là que notre liste dans les P-O

sera conduite par un NPA (Jean

Boucher), le 2e et le 3e seront du PCF

(Françoise Fiter et Philippe Galano), la

4e au PG (Dany Benquet) et le 5e un

candidat d’Initiatives citoyennes

(FASE, Abdellilah Mniai). Le reste de la

liste est composé d'hommes et de

femmes rassembleurs -militants politiques,

syndicaux, associatifs, personnalités-

de gauche. De toutes celles qui

se présentent, cette liste sera la plus

rassembleuse de diversité, la plus plurielle.

Déjà une belle victoire pour

l’avenir!»

Propos recueillis par Sébastien

À gauche maintenant! Liste des Pyrénées-Orientales

8. Rose-Marie Normand Ouvrière agricole

9. Jean Tosti Militant altermondialiste

10. Anne-Marie Delcamp Militante des droits de l’homme

11. Jean Vila Maire de Cabestany/Conseiller général

12. Élizabeth Andolfo Militante écologiste

13. Hyacinthe Carrera Universitaire

14. Véronique Mamou Syndicaliste/Salariée secteur agricole


Régionales 2010. « Faire de la région un pôle

de résistance populaire »

La liste départementale «A gauche maintenant ! » a été dévoilée ce mercredi

à Perpignan. La campagne entre dans sa phase active, avec en filigrane une

seule volonté, tout faire pour battre la droite. Ce qui implique des choix

politiques radicalement nouveaux à gauche.

«L’ensemble de la gauche de transformation

sociale vient de réaliser un

important accord pour les prochaines

régionales», se réjouit Jean Boucher,

tête de liste dans les P-O. Car, souligne-t-il,

«si nous nous retrouvions sur

les terrains de la lutte, nous nous

retrouvons, aujourd’hui, sur le terrain

des élections, pour une autre politique

de gauche.» Pour lui, l’ambition de la

liste «À gauche maintenant!» est

claire: «Faire de la Région un pôle de

résistance populaire à la casse sociale,

écologique et démocratique».

Au niveau départemental, cette liste,

composée du Front de gauche (PCF et

PG), NPA et Initiatives citoyennes,

s’est voulue ouverte à d’autres militants

de la vie locale, associative, syndicale,

qui se retrouvent souvent côte

à côte dans les mêmes combats. Jean

Boucher pense à la résistance menée

contre la politique de Sarkozy, tant sur

le plan social que sur des thèmes précis,

comme la lutte contre le racisme,

la défense des sans-papiers, le soutien

au peuple palestinien. «La liste se veut

porte-parole de ces combats.» Mais il

y a aussi et avant tout un accord sur la

nécessité de rompre avec le libéralisme,

qu’il soit «social» ou non, tout

en renouant le fil démocratique coupé

depuis longtemps.

Point de vue partagé par Françoise

Fiter, numéro 2 de la liste, pour qui il

est temps d’en terminer avec une politique

«à l’ancienne, mêlée de clins

d’œil et de petites phrases». Car, si

dans les vingt régions, sur vingt-deux,

dirigées par des exécutifs socialistes, il

y a eu des réalisations positives, les

limites sont vite devenues criantes;

aucune ne s’est ne s'est opposée à

l’offensive ultralibérale. L’alternative à

gauche est devenue urgente, avec des

propositions, comme une autre utilisation

de l’argent au service des populations.

Être à la hauteur des enjeux

«Rompre avec le présidentialisme et

l’autoritarisme», c'est une autre

nécessité pour René Revol, tête de

liste régionale. Pour lui, ce qui est

valable à l’échelon national l’est aussi

au niveau local. «On ne peut pas faire

plier les gens, il faut construire avec

eux», assure-t-il. Cette rupture ne

s’impose pas seulement par rapport à

un mode de fonctionnement, qu’il

attribue à Georges Frêche. Elle

concerne aussi le capitalisme, opération

indissociable pour une alternative

sociale et écologique. «Si on veut un

Languedoc-Roussillon pôle de résistance

et d’alternative, il faut être à la

hauteur des enjeux», reprend François

Liberti, tête de liste dans l’Hérault et

animateur de la liste régionale. Selon

lui, le candidat UMP est calé sur la

feuille de route de Sarkozy. «Notre

rôle, c’est d’arrêter le rouleau compresseur»,

insiste-t-il, laissant entendre

que la liste conduite par le prési-

dent sortant ne le fera pas. Avis partagé

par le conseiller régional Philippe

Galano, 3e sur la liste.

Dynamique et espoir, thèmes de prédilection

pour tous les acteurs de «À

gauche maintenant!». Abdellilah

Mniai, 5e de la liste, souligne «l’union

tant attendue», signe, selon lui, de

pluralité. Dany Benquet, en 4e position,

appelle de ses vœux un «front

populaire» qui, espère-t-elle, durera

après les régionales.

S.P.

Et au second tour, avec ou

sans Georges Frêche ?

Pour René Revol, tête de liste régionale,

la réponse est claire: «Nous

ferons tout pour battre la droite au

second tour. Cela passe par un accord

avec Europe Écologie et une fusion de

toutes les listes de gauche en présence.»

Implicitement avec les socialistes,

donc, «mais sans Georges

Frêche». «Nous ne demandons aucun

strapontin; et, si nous devons participer

à l’exécutif, ce sera à deux conditions:

que nos électeurs soient équitablement

représentés et que, dans le

programme de fusion, soient repris

des éléments significatifs de rupture

avec le libéralisme. Nous ne voulons

pas gérer pour gérer, mais gérer pour

changer.»

l’édito

de Sébastien Pouilly

L’espoir et l’unité

3

Les élections régionales ne sauraient se transformer

uniquement en un référendum anti-Sarkozy: elles

doivent aussi devenir un vote d’alternatives à long

terme. Le score des listes de la gauche de transformation

sociale, partout dans le pays, peut ainsi

modifier la nature même du débat à gauche.

Face à la France telle qu’elle est, confrontée à la plus

formidable rage de destruction sociale depuis la

Libération, la reconquête est autant politique que

philosophique… Le projet sarkozyste entraîne, en

effet, le pays vers un nouveau degré d’ensauvagement,

mélange névrotique entre libéralisme économique

et idéologie néoréactionnaire.

Plus rien ne vient d’ailleurs masquer la nature profonde

du régime. Tous les discours du chef de l’État,

surgonflés de références à la «nation», versent dans

une autosatisfaction grotesque. «Notre pays va dans

la bonne direction et recueillera bientôt le fruit de

ses efforts», a-t-il martelé lundi, ajoutant une référence

qui laisse peu de place au doute: «Je crois au

travail et je crois à la famille.»

On le voit, le néonationalisme à l’œuvre frise l’hystérie

ultra-droitière. La France s’en sortirait mieux que

ses voisins? Chacun connaît la réalité, souvent jusque

dans sa chair. Tandis que la Bourse a gagné

22% en six mois, près de 700.000 emplois ont été

détruits en un an! Le taux de chômage officiel est au

même niveau que la moyenne de la zone euro, sans

parler de la masse des salariés précarisés, les exclus

des statistiques… L’exacte photographie de la

France ne ressemble, décidément, en rien au conte

narré par Sarkozy et nous sommes légitimes à

accueillir avec colère le roman d’anticipation qu’il

ânonne quotidiennement.

Au fond, ce n’est pas une simple «sortie de crise»

qu’il convient d’imaginer, mais bien un changement

de société, qui refonderait un vivre-ensemble tout en

élevant notre ambition collective. En cette période de

guerre sociale -pourquoi avoir peur de l’expression-,

nous connaissons l’écueil majeur à éviter. Que la

résistance à tout, qui reste une ardente nécessité,

même si elle est parfois déçue, n’alimente une forme

de désenchantement. Rien de pire que la peur amputée

de l’espoir.

En ce domaine, la responsabilité de la gauche de

transformation sociale, pour réinstaller de l’espérance

crédible, s’avère immense. Qui que nous

soyons, drapés de différences, le présent nous

oblige au rassemblement de tous ceux qui veulent

vraiment que la gauche change en bousculant l’hégémonie

du PS.

Devant l’urgence, il n’est pas candide de dire que ce

qui nous réunit doit être plus essentiel que ce qui

pourrait nous diviser. C’est juste une question d’exigence

intellectuelle et d’implication avec le mouvement

social. Travailler au «tout commun», pour

imposer un nouveau rapport de forces à gauche.


4 dans le département

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Antennes de téléphonie mobile

La lutte progresse !

Le samedi 6 février à 9h15, au

cinéma Rive gauche à Perpignan,

l'association Coordination

Antennes 66 présidée par Mlle

Manager, déléguée Robin

des toits, organise une réunion

d'information sur ce

sujet sensible, avec la

participation de tous

les collectifs du

département.

Conflent

Vœux du patrimoine

L’association Patrimoine, histoire et art roman en

Conflent invite ses adhérents et toutes les personnes

passionnées par un engagement bénévole à participer à

l’assemblée générale et à la présentation des vœux,

vendredi 29 janvier à 17h30, à la salle de la mairie

d’Olette-Evol.

Cette rencontre permettra de faire le bilan de l’année

écoulée et de définir les actions et projets pour 2010.

Une galette des Rois et un apéritif convivial viendront

clore cette assemblée générale.

Agly-Fenouillèdes. La RD 117

dans le collimateur des élus

La RD 117 connaît un accroissement de plus en plus important de son

trafic, entraînant des nuisances. Afin d’atténuer autant que faire se peut

ces nuisances, les maires de Cases-de-Pène, Estagel, Maury, Saint-

Paul-de-Fenouillet, Caudiès-de-Fenouillèdes, Lapradelle et Axat

envisagent de prendre des mesures restrictives en matière de traversée

d’agglomération à certains poids lourds. Ils communiquent.

« Dans ces conditions, il est envisagé

de prendre un arrêté interdisant la

traversée des agglomérations citées

précédemment au PL de plus de 19t,

sauf desserte locale, afin de ne pas

gêner l’activité économique de la vallée.

Cet arrêté n’est pas un luxe,

encore moins un caprice d’élus. Il

apparaît comme essentiel pour notre

environnement et la sécurité des

habitants.

Les statistiques sont parlantes. Plus

de 8.000 véhicules particuliers et

camions traversent ces communes

chaque jour. Bon nombre de camions

en transit vers Midi-Pyrénées choisissent

ce tracé, afin d’éviter des frais

Saint-Genis-des-Fontaines. La veillée catalane

On pourrait croire que la veillée est une tradition catalane,

tant elle est ancrée dans le village, et cette année

n’a pas failli à la tradition: près de cent vingt personnes

se sont retrouvées, à la salle polyvalente, samedi dernier,

invitées par l’association Els Goigs Tradicionals. Pendant

près de deux heures, dans une ambiance chaleureuse,

conviviale, les danseurs, chanteurs, conteurs ont mobilisé

l’attention des spectateurs. Ceux-ci ont ainsi apprécié

le groupe folklorique de Bouleternère et ses danses

catalanes, castillanes. Ils ont été conquis par la voix de

Joan Llorenç Solé, venu, en voisin, interpréter «Per tu

ploro», «L’estaca» , «El cant dels ocells» ou bien encore

«El desertor». Ils ont beaucoup ri aux histoires d’André

Artigues, de Jordi et d’Hélène, ils ont apprécié la spontanéité

de Carmen et Narcisse interprétant «La coloma»

et «Cala Montgo», celle de Christiane qui, accompagnée

de son ami guitariste, a chanté «El meu avi», le

15h, projection du film «Nos enfants

nous accuseront», de Jean-Paul

Jaud.

17h, table ronde «Le bio à la cantine,

c’est possible». Barjac, une

expérience réussie, témoignage

d'Édouard Chaulet, maire de Barjac

(Gard). En tant qu'élu, Édouard

Chaulet est à l'initiative d'une expérience

de restauration scolaire en bio

que le film «Nos enfants nous accuseront»

a magnifiquement illustrée.

Ce film, qui a connu un retentissement

national, continue sa carrière

d’autoroute ou sur simple indication

des GPS.

Les enfants ne sont pas en sécurité et

le risque d’accident inquiète bon

nombre de parents, qui vivent dans la

crainte de ce qui peut survenir sur le

chemin dangereux de l’école. Les traversées

de villages sont peu adaptées

à un tel trafic et souvent abimées par

les poids lourds (revêtements de

chaussée et tampons d’égouts à

refaire aux frais des communes).

Malgré les limitations à 30km/h et

50km/h, les concitoyens ne sont pas

rassurés par un tel passage routier,

qui, en plus de polluer l'environnement,

augmente le nombre de déci-

comme support d'une action déterminée

en faveur d'une alimentation

biologique pour nos scolaires.

L'action de ce maire montre que la

bio dans les assiettes de nos enfants,

c'est possible, sans surcoût excessif. Il

nous fera part de son expérience, des

difficultés qu'il a pu rencontrer et

nous communiquera, assurément,

son enthousiasme pour cette grande

cause, qui touche à la santé, à la protection

de l'environnement et au

renouveau de notre agriculture

locale.

bels au-delà du supportable, notamment

la nuit.

Les délais de mise en place de déviations

(souvent exaspérants pour nos

concitoyens) incitent les maires à

penser qu’un arrêté d’interdiction de

circulation à certains poids lourds -

sauf desserte locale- entre Cases-de-

Pène et Axat prendra mieux en

compte la réalité de la circulation et

de ses dangers.

La discussion est lancée avec les

Conseils généraux de l’Aude et des

Pyrénées-Orientales afin de rendre

ces arrêtés opérationnels sur le terrain.

»

tout accompagné des chants catalans des Goigs

Tradicionals. La soirée s’est achevée par un «cremat»

accompagné de biscuits et autres gâteaux. Beaucoup se

sont donné rendez-vous pour une nouvelle veillée.

Prades. Table ronde sur les cantines bio

Mercredi 3 février, au cinéma Le Lido.

Sa venue sera l’occasion de faire le

point sur l'initiative locale, lancée sur

ce thème par Nature et Progrès 66,

en partenariat avec le SIS de Prades,

le Conseil général des P-O et l'association

Terres vivantes. Pour compléter

le débat, se joindront à nous des

gérants de cantine, cuisiniers, médecins,

et agents de développement.

Suite à cette réunion, nous vous invitons

à déguster un buffet composé

de produits biologiques locaux.

Noémie Bouthier, Terres vivantes,

antenne Pyrénées-Orientales.


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

dans le département

Vœux du PCF 66. 2010, une année propice

à une « révolution culturelle » des communistes

L’affluence des invités aurait-elle une signification qui dépasse celle d’une

présentation de vœux, serait-ce celle d’un parti politique? Et leur

empressement à parler, échanger, avec un brin d’excitation, n’allait-il audelà

du plaisir de se retrouver ensemble?

Cela faisait longtemps que les communistes

et leurs amis n’avaient pas

répondu en si grand nombre à l’invitation

de la présentation des vœux du

PCF 66. Peut-être étaient-ils venus,

aussi, pour se féliciter, ensemble, du

courage politique dont ils ont fait

preuve en faisant un «choix stratégique»

inédit à l’occasion des prochaines

élections régionales. Était-ce un indice

de cette «révolution culturelle» évoquée

dans le discours du secrétaire

fédéral, Nicolas Garcia? «Les communistes

sont partout dans la bataille.

Dans notre région, un accord a été

conclu entre le NPA et le Front de gauche,

dans la création duquel nous avons

été hyperactifs. (…) Mais, ne nous le

cachons pas, s’il correspond à ce qu’attendait

de nous une partie de notre

peuple, il constitue, pour le PCF et ses

adhérents, une véritable révolution culturelle.»

Une révolution culturelle qui, en tout

cas, n’a pas gagné quatre vice-présidents

de Région, «qui osent se dire

encore communistes» après avoir rallié

la liste de Georges Frêche, comme l’a

dénoncé Nicolas Garcia. Une attitude

fustigée en ces termes: «Je le dis tranquillement,

on ne peut se dire communiste

quand on suit le chemin du déshonneur

et qu’on méprise la quasi-unanimité

des femmes et des hommes qui

composent notre parti.»

Il était alors question de se vendre

«pour un plat de lentilles», une expression

dont l’orateur a fait usage pour

désigner nombre de présidents de

Région socialistes «qui ont tout

accepté», précisant encore, pour le

déplorer, que «la gauche, prise dans les

alliances électorales que nous avons

connues jusqu’à présent, dirigeait vingt

régions sur vingt-deux, la moitié des

départements et des communes. De

quoi bloquer la machine de destruction

alimentée par Sarkozy. Cette résistance

farouche, qui aurait été si utile à notre

peuple, n’a pas eu lieu, ou si peu.»

Pour ces régionales,

la situation est tout autre

«Le Front de gauche n’est pas évident à

construire, son alliance avec le NPA

encore moins, mais ce qui se passe dans

notre région est une avancée positive,

qui consolide la démarche des communistes

et du Front de gauche», a précisé

Nicolas Garcia. «Nous ne voulons pas

seulement sanctionner la droite, nous

voulons proposer et représenter une

vraie alternative à sa politique ou aux

politiques qui s’en rapprochent. Les

objectifs sont clairs: battre la droite et

rassembler la gauche sur le projet le

plus transformateur possible. Travailler à

mettre en œuvre, dans la gestion, les

propositions que nous porterons, ce qui

implique une volonté d’engagement au

sein de majorités de gauche. Nous

devons en appeler clairement aux électeurs

socialistes qui ne se reconnaissent

pas dans la dérive sociale-libérale du

PS, illustrée par les propos de Martine

Aubry sur les retraites, et qui refusent de

voir Georges Frêche les représenter. Ils

peuvent voter pour les listes conduites

par René Revol et par Jean Boucher

dans le département, leur donner du

poids, afin que nous puissions, au

deuxième tour, battre la droite et

construire une majorité avec les autres

listes de gauche, présidée par un socialiste,

pourquoi pas, mais pas par

Georges Frêche, qui, par ses comportements,

ses propos et sa politique, se

démarque totalement de la gauche.

Tout dépendra, pour obtenir ce résultat,

de la campagne électorale que nous

mènerons. Elle sera courte et doit être

d’autant plus conquérante, offensive,

populaire, hyper rassembleuse. Nous

sommes attendus. Ensemble, nous pouvons

bousculer la donne.»

Roger Hillel

Pour Nicolas Garcia, les communistes ne veulent pas seulement sanctionner la droite, ils veulent

proposer et représenter une vraie alternative à sa politique ou aux politiques qui s’en rapprochent.

5

UNRPA 66

« L'importance de notre vote

aux élections régionales »

« Des retraités et personnes âgées, comme beaucoup

trop de citoyens, méconnaissent les compétences

de la Région. Pourtant, elle intervient sur

leur vie au quotidien, notamment dans trois domaines:

- Les transports: organisation des services de

transports routiers non urbains et des transports

ferroviaires de la région.

- La formation: adoption d'un programme d'apprentissage

et de formation professionnelle des jeunes

et des adultes. Dans ce cadre, elle intervient pour

les formations aux métiers autour des services à la

personne, de l'aide à domicile, etc.

- La santé: la Région peut assurer des activités en

matière de vaccination. Elle peut participer, selon

certaines conditions, au financement d'équipements

sanitaires.

La mise en œuvre de ces compétences est faite

avec le souci de répondre prioritairement aux

besoins des populations ou, à l'inverse, de les mettre

au service des intérêts financiers. L'Union nationale

des retraités et personnes âgées, dont la vocation

première est d'œuvrer pour la défense et l'amélioration

des conditions de vie de tous les retraités

et personnes âgées, invite donc chacune et chacun

à remplir, en toute indépendance, son devoir de

citoyen, en confiant son mandat à la liste qui, à son

avis, avance les propositions les plus crédibles pour

la Région. Elle rappelle que l'administration d'une

Région, comme de toute collectivité, ne se résume

pas aux seuls critères de gestion, mais doit être

jugée aussi sur les orientations, en matière de services

publics, de plus de social et d'égalité, enfin,

de prospectives en vue d'un meilleur avenir. Depuis

plus de soixante ans, l’UNRPA, Union nationale des

retraités et personnes âgées, défend les intérêts des

retraités et personnes âgées et les grands principes

de solidarité et, plus que jamais, en 2010, l’UNRPA

se mobilisera. »

Canet-en-Roussillon

L’unité, une démarche constante

des communistes canétois

Ces derniers mois, le conseil municipal de Caneten-Roussillon

a connu d’importantes turbulences.

Ce n’est pas, hélas, la première fois. Aussi les communistes

canétois ont-ils décidé de replacer cet épisode

dans un contexte plus large, celui des campagnes

électorales qui ont rythmé la vie de notre

commune depuis la Libération.

À partir des archives de Francis Sentis, un des responsables

de la cellule communiste de Canet-Plage,

ils ont réalisé une première plaquette retraçant les

élections de 1945 à 1977 et leur combat pour

constituer, dans la clarté, des listes unitaires. Par

ailleurs, ils se sont lancés dans la réalisation d’un

dictionnaire biographique des militants canétois.

En présence de Francis Sentis et d’anciens candidats,

ce travail et d’anciennes photos ressuscitant le

visage de militants de ces années-là seront présentés,

le mercredi 3 février à partir de 16h, au foyer

Moudat de Canet-Plage.

Puis, à partir de 18h, la cellule PCF de Canet présentera

ses vœux à la population et lancera un

appel à la création d’un comité de soutien à la liste

«À gauche maintenant» aux élections régionales.

G.S.


6 social

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Points de vue

Michel Bruzi, président de l’UPA

(Union professionnelle artisanale)

«Le statut d’auto-entrepreneur nous

pose problème, dans la mesure où il

peut être un moyen de contourner les

règles de concurrence. Nous avons

obtenu que la qualification soit nécessaire

pour s’installer (obligation de qualification

et d’immatriculation au RMA

pour les métiers de l'artisanat qui engagent

la sécurité ou la santé du consommateur,

décret prévu en avril 2010,

ndlr), mais le contrôle de ces entreprises

ne se fait pas encore. Certains utilisent

ces dispositions pour faire travailler

des sous-traitants, voire licencient

pour reprendre ainsi ces salariés en

auto-entrepreneurs. Beaucoup d’artisans,

dans le bâtiment, la mécanique ou

la photographie, sont inquiets de cette

concurrence déloyale et commencent à

ressentir des effets sur leur activité.»

Gérard Capdet, président de la

chambre de métiers et de l’artisanat des P-O

©TM

«Ce statut partait d’un bon sentiment,

même si nous avions un certain nombre

d’inquiétudes. Notre souci,

aujourd’hui, est de faire contrôler par

l'État que les auto-entrepreneurs satisfassent

bien aux obligations de qualification

et d’assurances professionnelles

auxquelles ils sont contraints, car ils

échappent aux règles d’immatriculation

qui nous permettent, habituellement, de

jouer notre rôle de contrôle. Lorsque

l’on voit que certains de ces auto-entrepreneurs

s’installent comme constructeurs

de maisons individuelles, on voit

bien qu’il s’agit d’un détournement des

dispositions.»

Le ministre (un ex d’Occident,

rappelons-le, même si l’intéressé

a horreur de ça) ne cesse de

se vanter en claironnant qu’il a, grâce

à ces mesures, permis la création de

500.000 entreprises. Tant mieux, non?

C’est bon pour l’activité et la réduction

du chômage? Sauf que, comme pour toutes

les mesures de déréglementation, les

dommages collatéraux risquent fort

d’être pires que le mal.

D’abord, les artisans sont loin de sauter

de joie, comme le reconnaissent les présidents

de la chambre de métiers et de

l’Union professionnelle artisanale (voir

leurs réactions). Rupture d’égalité,

concurrence faussée, travail au noir régularisé:

les petites entreprises artisanales,

déjà frappées par la crise, n’avaient pas

besoin qu’on leur mette dans les pattes

des adversaires incontrôlables. L’impact

Economie. Auto-entrepreneur

ou loto entrepreneur ?

Hervé Novelli, ministre des PME, aime beaucoup le statut d’autoentrepreneur.

Cela titille ses obsessions ultralibérales: moins d’État,

moins de règles, moins de charges, moins d’impôts, moins de contrôles.

L’auto-entrepreneur est un entrepreneur

individuel. Ce statut a été créé par la Loi

de modernisation de l’économie du 4

août 2008, applicable depuis le 1er janvier

2009. Il est vanté comme permettant

de s’installer «très facilement, pour une

activité de façon régulière ou ponctuelle,

et en minimisant les coûts administratifs».

Il s’agit d’un ensemble de mesures

permettant d’exercer une petite activité

professionnelle indépendante; certaines

de ces mesures existaient avant (statut

de la micro-entreprise).

Les principes

Dispense d’immatriculation au registre du

commerce et des sociétés ou au répertoire

des métiers

lors de la

création de

l’entreprise;

Régime microsocial

simplifié:

paiement simplifié

des cotisations

et contributions

sociales et

montant calculé

en appliquant un

taux forfaitaire au

chiffre d’affaires

réalisé. Les cotisations

sont un pourcentage

de chiffres

sur le chômage, quant à lui, est sans

doute négatif, puisque l’on voit de nombreuses

entreprises non seulement ne

pas embaucher, mais licencier leurs salariés

pour les employer ensuite comme

sous-traitants en auto-entrepreneurs.

Dans le même temps, le statut d’autoentrepreneur

permet à l’économie parallèle

de se recycler à bon compte, en sécurisant

une activité préexistante mais

clandestine; il ne s'agit pas d'une augmentation

réelle de l’activité économique.

Ce statut est donc plus destructeur

que créateur d’emploi. Il est d’ailleurs

quasi impossible d’obtenir des chiffres

sur l’impact réel sur l’emploi.

Seuls 40% des auto entrepreneurs installés

ont déclaré un revenu depuis la mise

en oeuvre du dispositif. Échec?

Défaillances des entreprises? Fraude?

Difficile de le savoir, mais c’est un bien

d’affaires réalisés: si vous montez votre

auto-entreprise et que vous ne faites pas

de ventes, vous ne payez de cotisations;

S’adresse à toute activité indépendante

exercée en entreprise individuelle, dont le

chiffre d'affaires n'excède pas:

- 80.300€ HT en 2010 pour une activité

de vente de marchandises, d'objets, d'aliments

à emporter ou à consommer sur

place…

- 32.100€ HT en 2010 pour les autres

activités de services et les professions libérales;

Possibilité d’option pour le versement libératoire

de l’impôt sur le

piètre résultat, si on le compare au coût

des exonérations sociales et fiscales. Tout

ceci, le gouvernement s’en moque bien.

Son seul objectif: transformer des chômeurs

en entreprises bidons: ça fait plus

propre dans les statistiques.

Robert Barrero

Un bilan en quelques chiffres

(sources Urssaf et Insee)

291.921 inscriptions d’auto-entrepreneurs,

c’est plus de 50% du nombre

total d'entreprises créées sur l'année.

500.000 entreprises créées en décembre

2009: un seuil historique dépassé.

3.990€: chiffre d'affaires trimestriel

moyen généré par les auto-entreprises.

40% seulement des auto-entrepreneurs

ont déclaré du chiffre d’affaires.

L’auto-entrepreneur, qu’est-ce que c’est ?

revenu. Le versement libératoire est calculé

en appliquant un taux unique sur le chiffre

d’affaires. Il est payé en même temps que

les cotisations sociales;

Pas de TVA;

Exonération de la taxe professionnelle

(maximum trois ans) en cas d’option pour

le versement libératoire de l’impôt sur le

revenu;

Un aménagement de la protection du

patrimoine;

Une simplification des formalités comptables.


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Les citoyens, les salariés, les retraités, les

chômeurs, les jeunes, les moins jeunes, tous

ceux qui gardent leur esprit critique, tous

ceux qui souffrent des effets d’une politique

violemment antisociale n’y croient pas;

avec raison! Et cela se voit dans la rue.

De la visite de Sarkozy…

Le comité d’accueil organisé à la hâte, le 12

janvier, dans une ville quasiment assiégée

par les compagnies de CRS, a rassemblé

plusieurs centaines de personnes, malgré la

paralysie de la circulation, les barrages de

rues, les zones interdites. Une bien piètre

image de la démocratie! La vraie démocratie

était, ce jour-là, place Arago, avec ceux

qui manifestaient.

… Au 21 janvier

Il y a eu, dans une actualité plus récente, la

journée d’action du 21 janvier, dont l’initiative

revenait à la CGT, à la FSU et à Sud,

rejoints par des syndicats UNSA et CFDT,

journée d’action centrée sur la question

des services publics, au moment où le budget

2010 se prépare à leur faire subir une

nouvelle purge d’emplois. Plus de 60.000

suppressions de postes depuis 2003: le

nombre d’élèves dans les écoles, de malades

dans les hôpitaux, de missions à assumer

a, lui, considérablement augmenté.

C’est parce qu’il y a des purges qui peuvent

être mortelles que les organisations syndicales

avaient pris cette initiative. Après La

Poste, EDF, GDF, après l’ANPE… que restera-t-il

du service public si l’on ne réagit

pas? C’est certainement cette inquiétude

qui a conduit plus de 2.000 manifestants à

descendre dans la rue à Perpignan, le jeudi

21 janvier, pour une manifestation dynami-

La formation des maîtres

Dans la politique éducative de Sarkozy, chaque

nouveau projet de réforme est une nouvelle

reculade sur la qualité des formations. Ainsi de

la réforme des lycées et de celle de la formation

des maîtres eux-mêmes. Sur la formation

des maîtres, le projet gouvernemental utilise

l’élévation au niveau du master, pour, dans un

même élan, remettre en cause la formation

disciplinaire (ce que l’enseignant doit savoir

avant de l’enseigner), la formation pédagogique

(ce que l’enseignant doit savoir et faire

pour transmettre son savoir) et la formation

professionnelle (ce que l’enseignant doit

acquérir comme expérience pour être le plus

efficace possible dans ses pratiques). Il y a

une quasi-unanimité chez les professionnels

pour dénoncer ce projet, pour demander des

négociations. Une coordination nationale

Formation des enseignants sera, bien sûr,

aussi dans l’action le 30.

que et déterminée. Bien sûr, les

Renseignements généraux n’en ont compté

que 900, mais la calculette que leur avait

fournie la préfecture était à l’image des services

publics, c’est-à-dire mal en point.

Cette participation massive a mis du

baume au cœur des grévistes, qui ont

découvert que les taux de participation à la

grève annoncés par les médias correspondaient

plus à la décision du ministre qu’à la

réalité des choses. Ainsi, dans l’Éducation

nationale: des grèves majoritaires dans de

multiples établissements et un taux

moyens de 40%. Le ministre avait, préventivement,

tout divisé par deux. Sarkozy

modernise même la mathématique: avec

lui, 1+1=1.

Le 30 janvier:

la résistance continue!

Le 30 janvier, pour les personnels de l’Éducation,

on recommence, mais dans le cadre

d’une manifestation nationale à Paris, à

l’initiative de la FSU, avec la participation

social

Mouvement social.Résistances !

À écouter les services de la propagande officielle (oh, pardon, on appelle ça, maintenant, de

la communication), il n’y aurait rien d’autre à faire qu’à accepter des réformes inévitables,

conçues par des esprits supérieurs, réformes que l’on a trop tardé à faire, qui vont (c’est sûr!)

améliorer l’emploi, sauver la Sécu et les retraites, moderniser les services publics et

préparer, pour tous, un avenir radieux… Sans doute sur un champ de ruines…

La campagne « À gauche maintenant! » est

lancée (ici Jean Boucher, tête de liste).

des syndicats CGT, du Snalc, du SNCL… Une

manifestation pour l’éducation, une éducation

où la démocratisation, l’égalité des chances

seraient autre chose qu’un slogan, une

éducation qui serait en mesure de fonctionner

autrement qu’avec des moyens de fortune.

Un cinquantaine de Catalans y participeront.

Ce devrait être une occasion de montrer l’attachement

de tous les défenseurs de l’école à

la nécessité de l’investissement éducatif pour

faire face aux défis du présent comme de

l’avenir, et cela concerne toute la nation.

Jean-Marie Philibert

Une présence remarquée des Gep Vidal,

jeudi dernier, dans le cortège à Perpignan.

Sur la question des retraites, sur celle de

l’emploi, sur celle du pouvoir d’achat, sur

l’avenir de la Sécu, on peut s’attendre à tout

et surtout au pire… À écouter le président,

pour les retraites, tout devrait être réglé

avant la fin de l’année. On ne reviendra pas

sur le régime par répartition, on ne réduira

pas les pensions… Mais il dit travailler sur

un allongement de la durée de cotisation…

qui, automatiquement, aboutira à une baisse

des pensions. Il a de sérieuses difficultés

avec les mathématiques.

Quant aux autres dossiers, il est resté dans

le domaine incantatoire: «Dans les semaines

Il y aura un après

FCPE 66

Les vœux allégés

aux parents d’élèves

pour 2010

7

Vœux allégés, car l’école subit avec

un tel acharnement une véritable

dissection de ses moyens et une

dislocation de ses forces que la

vérité peut sembler irréelle à qui

n’a pas encore conscience des

dégâts en cours.

Un mois de janvier

sans évaluation de CM2 inadaptée;

Un mois de février

sans fermeture de classes;

Un mois de mars

où l’on parle, enfin, de l’aménagement

des rythmes scolaires;

Un mois d’avril

avec une réforme qui démocratise

réellement le lycée;

Un mois de mai

avec du bio et du bon

dans les restaurants scolaires;

Un mois de juin

avec classe, pour faire du troisième

trimestre un véritable trimestre;

Un mois de juillet

avec une sectorisation transparente;

Un mois d’août

sans aucun élève sur le carreau;

Un mois de septembre

avec des cartables moins lourds

et sans livres;

Un mois d’octobre

avec une campagne d’information

pour les élections des représentants

de parents d’élèves;

Un mois de novembre

avec des toilettes propres,

respectueuses et sécurisées;

Un mois de décembre

où les élèves ne sont pas fatigués,

grâce aux rythmes aménagés.

Gérard Doz,

président départemental

et mois qui viennent, vous verrez reculer le

chômage.» La politique antisociale qu’il

mène reste sur les rails: il faudra de l’obstination,

de la ténacité pour continuer à la

combattre, pour obtenir des reculs significatifs.

Vous pouvez, dès maintenant, noter

deux dates dans vos agendas; le 24 février,

les organisations confédérales de retraités

organisent, ensemble, une journée d’action -

un rassemblement sera organisé à

Perpignan- et, le 14 mars, lors des élections

régionales, vous pourrez, en votant pour la

liste unitaire du Front de gauche, donner

plus de force à tous ceux qui veulent un vrai

changement.


Professionnels de la

psychiatrie, mais

aussi responsables

syndicaux, élus,

associations

d’usagers,

représentants de l'État

sont attendus,

vendredi 5 février, à la

salle de cinéma du

centre hospitalier de

Thuir. Avec ces états

généraux, la CGT

entend rendre public le

débat sur la situation

de la psychiatrie

publique dans le

département, la région

et sur le plan national,

en lien avec la

politique de santé

actuelle.

«Il aura fallu quinze jours de lutte acharnée,

de conviction et de détermination sans

faille, pour les vingt et un salariés de Gep

Vidal, avec leur syndicat CGT, pour obtenir

satisfaction à leurs revendications. Durant

ces jours de grève, l’union locale CGT de

social

Santé. États généraux de la psychiatrie à Thuir

«La loi Bachelot organise le démantèlement

de l’hôpital public, dans une logique

exclusivement fondée sur des critères

de rentabilité financière.» Le ton est

donné par Françoise Fiter, responsable

syndicale du centre hospitalier de Thuir.

Les conséquences de cette politique ne

manquent pas d’apparaître. Pour l’assistante

sociale, l’égalité d’accès aux

soins est remise en cause. Tout comme

est pointée l’aggravation des conditions

de travail pour les personnels de santé,

dont le gouvernement ne cesse de diminuer

le nombre. «S’éloignant d’une psychiatrie

humaniste prenant en compte

le patient dans sa globalité, poursuitelle,

le soin en psy tend à devenir,

aujourd’hui, un moyen de contrôle

social.» Et de dénoncer «le traitement

du symptôme», qu’il faut éradiquer au

plus vite et au moindre coût.

La dérive sécuritaire

L’actualité s’assombrit parfois d’actes

dramatiques, dont des malades sont

les auteurs. Pour la syndicaliste, en

écho, les déclarations du président de

la République sur les schizophrènes

dangereux visent à stigmatiser les personnes

souffrant de troubles psychiatriques.

À partir d’événements exceptionnels,

la peur du malade mental est

entretenue. On cherche à criminaliser

ce malade et à justifier l’ouverture

d’unités fermées. Or, pendant ce

temps, les moyens ne cessent de diminuer,

précise-t-elle. Pour les responsables

CGT, cette dérive sécuritaire

trouve, dans le département, sa traduction

«avec l’attitude du préfet, qui

rend la levée des hospitalisations d’office

de plus en plus difficile.»

Grève. Victoire historique chez Gep Vidal

La CGT communique.

Perpignan Nord et ses syndicats ont été présents

pour soutenir les camarades et leur

permettre de développer un syndicalisme de

classe et de lutte. Cela a permis de tisser

des liens incontournables, qui vont renforcer

ce syndicat.

Jeudi dernier, « les Polonais » de Keolis (groupe propriétaire de Gep Vidal), comme ils se nomment

eux-mêmes, devant l’ancienne gare routière de Perpignan.

Dès mardi 26 janvier, six salariés non grévistes

prévoyaient de rejoindre les grévistes, en

lutte pour leur troisième semaine consécutive,

si les négociations n’aboutissaient pas.

Ce conflit aura permis de faire la démonstration

que, même à vingt et un salariés, courageux

et déterminés, sur soixante-trois qui

composent l’entreprise, des avancées en termes

de salaires et de conditions de travail

sont possibles. De mémoire, un mouvement

comme celui-là, et de plus dans les transports

privés, n’a pas eu lieu depuis des

décennies…

La solidarité humaine et financière a apporté

à ce conflit une aide précieuse, mais il a également

permis à certains salariés, syndiqués

ou pas, de mieux comprendre le slogan du

«tous ensemble». La CGT les a soutenus

dans des moments de détresse, de perte de

confiance, a toujours été présente pour

développer les solidarités entre les salariés

et maintenir l’action, parce qu’une lutte doit

payer. Ensemble, nous avons construit une

lutte solidaire et démocratique.»

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Le soin en psy tend à devenir, aujourd’hui, un moyen de contrôle social, dénoncent les responsables syndicaux.

De la mise en concurrence hors

système socialisé

Comme dans tout le secteur de la santé, se

pose aussi la question des relations entre le

public et le privé. «Il y a mise en concurrence

de la psychiatrie», analysent unanimement ces

professionnels. Et d’évoquer la fermeture de

trois hôpitaux de jour à Perpignan, ou encore la

gérontologie psychiatrique, qui n’est dispensée

que dans le privé. Selon ces mêmes professionnels,

la question de l’égalité d’accès aux soins

se pose, toujours et encore.

8h30 Accueil des participants

9h Politique de santé et psychiatrie. J.-L. Gibelin,

directeur adjoint d’hôpital, dirigeant national CGT.

10h05 Évolution des soins en psychiatrie. Thierry

Dobler, psychiatre praticien hospitalier, membre

de la commission nationale de la psychiatrie et de

la comité d'entreprise UFMICT CGT.

11h15 Dérives sécuritaires. Serge Klopp, infirmier,

militant CGT de l’hôpital Maison Blanche.

12h30 Repas pris en commun.

Après-midi : Les thèmes suivants seront présentés

Programme

Autre sujet d’inquiétude, le glissement du traitement

psychiatrique extérieur dans le secteur

médico-social, financé par le Conseil général,

en lieu et place des hôpitaux. Or, relèvent les

responsables syndicaux, le personnel n’a pas la

qualification nécessaire et il y a transfert de

charges sur les impôts locaux. Pour Jean-Luc

Gibelin, dirigeant national de la CGT Santé,

cela répond à une logique de l'État: non pas

diminuer le coût de la santé, mais le coût remboursable,

en le transférant sur les particuliers,

hors du système de prise en charge socialisé.

Sébastien Pouilly

par les responsables de la CGT du centre hospitalier

de Thuir: Sylvie Brunol, coordinatrice régionale

santé et action sociale, Leïla Tribes, membre

de la commission nationale psychiatrie, et Pascal

Mathieu, secrétaire départemental santé.

14h État des lieux de la psychiatrie publique: Thuir,

région, national.

15h Quelles réponses aux besoins?

15h45 Situation et besoins des professionnels.

16h30 Propositions et actions.

17h Clôture.

Ils ont obtenu

Une commission spécifique est

créée pour procéder à la vérification

des feuilles de service des conducteurs

afin de remettre en place les

différentes coupures, soit à 25%, soit

à 50%.

0,9% d’augmentation au 1er février

2010.

Ouverture des négociations

annuelles obligatoires courant

février 2010 (prévue, initialement, en

mai 2010).

Trois jours de grève payés.

Douze jours de grève décomptés au

30e feront l’objet de l’aménagement

suivant: - étalement sur six mois

pour les salariés à temps complet,

Étalement sur neuf mois pour les

autres salariés, étant entendu qu’il

pourra être dérogé à cette règle en

cas de situations particulières.


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Retraite. Le mauvais marché !

Après les 35 heures, les heures supplémentaires, la droite veut en finir avec

notre système de retraite par répartition!

Suite à l’annonce, par Nicolas Sarkozy,

du chantier pour la réforme de notre système

de retraite, qui débutera après les

régionales de mars -prudence oblige-, le

ministre du Travail, Xavier Darcos, vient

de sonner la charge en déclarant «il faudra

travailler plus longtemps si l’on veut

assurer le financement des retraites.» Le

sort que compte réserver ce gouvernement

à notre système de retraite est bouclé

avant même le débat avec les partenaires

sociaux. Ce sera comme en 1994

et 2003 -on passera sur 1995, quand

Juppé s’est cassé les dents-, où, à chaque

fois, la réforme des retraites s’est

soldée par un allongement qui ne réglait

rien à la situation, tout au contraire.

Ce mauvais scénario, confirmé par

Nicolas Sarkozy lors de son émission truquée

de lundi sur TF1, risque d’être le

dernier, après plus de vingt ans de

bataille. La remise en cause

de l’âge de la retraite à

60 ans, instaurée par la

gauche en 1981, pourrait

aussi s'accompagner

d'une remise en cause

de notre système par

répartition, au profit

d’une retraite par capitalisation,

privilégiant

le circuit de l’épargne

salariale. Un cheval de

Troie qui refait surface

et qui serait dévastateur.

Autre motif d’inquiétude,

l’obtention

de la retraite complémentaire

à taux

plein à 65 ans.

Reconduit jusqu’au

31 décembre

2010, l’accord

AGFF fixe son

obtention dès 60

ans. Cet accord

pourrait être

remis en cause

unilatéralement

par le Medef et le gouvernement,

ce qui cloueraient au travail

les salariés aux petites retraites

jusqu'à 65 ans.

On prend les mêmes et on

recommence

«Il faut agir maintenant», «moins d’actifs,

plus de retraités», «un équilibre

menacé», «pour sauver la retraite par

répartition, une réforme est indispensable»,

«il faudra travailler plus longtemps»,

«les salaires ne sont pas en

cause», etc. Rien n’a changé dans les

arguments du Medef et de la droite. Ni

dans les arguments qui condamnaient

les déficits, ni dans les solutions proposées,

qui les ont concrétisés.

Juste quelques chiffres: en 2003, ils

déclaraient que les régimes seraient déficitaires,

à l’horizon 2020, de 50 milliards

d'euros; désormais, ils ne le seront plus

que de 25 milliards. La crise du capitalisme

étant passée par-là, on pouvait

aussi s’attendre à un nouveau plan de

sauvetage du style de celui des banques,

par exemple. Eh bien non! Tout au

contraire, on s’achemine vers plus

d’épargne-retraite entreprise. Des compléments

qui séduisent de plus en plus,

vu les incertitudes que fait courir le gouvernement.

Des entreprises qui jouent

aussi le jeu à fond, car cette manne est

considérable en termes de spéculation et

de dividendes, mais, surtout, c’est un

coin que l’on enfonce dans notre système

solidaire par répartition.

La réforme des retraites est, en fait, déjà

à l’œuvre, car de multiples textes sont

entrés en application. La durée de cotisation

s’allonge, notamment pour les salariés

nés en 1950: ce sera 162 trimestres

pour une retraite à taux plein. L’âge de

dispense de recherche d’emploi est

repoussé à 59 ans, malgré le paradoxe

des licenciements en masse des seniors.

Les indemnités de départ en retraite

seront, désormais, imposées dès le premier

euro. Une manière comme une

autre de rattraper l’augmentation des

pensions de réversion pour les personnes

les plus modestes.

Plus grave encore, le COR (Conseil

d’orientation des retraites) met en garde

contre les intentions du gouvernement et

son projet de régime par points, qui remplacerait

celui en annuités. Les cotisations

donneraient droit à des points, qui

détermineraient, au moment de la

retraite, le montant des pensions. Pour

éviter un déficit, il suffirait de baisser la

valeur du point. Le niveau des pensions

ne serait donc plus garanti.

Philippe Galano

social

9

Débat

La gauche et les syndicats

divisés sur le sujet

Sarkozy n’avait pas besoin de ça! Bien

aidé par les socialistes et la CFDT,

Nicolas Sarkozy se sent pousser des

ailes pour, cette fois, s’attaquer, pour de

bon, à notre système de retraite. Ni la

crise du capitalisme, ni le chômage, ni

même l’échec cuisant subi dans son projet

de réhabilitation des quinquas ne

l’ont fait dévier d’un pouce. Pour lui,

c’est sûr, pour sauver l’emploi et les

retraites, il faut travailler plus et plus

longtemps.

Plus étonnante -encore que- est la réaction

de Martine Aubry, la première des

socialistes, qui s’est ralliée à l’idée que

l’âge de départ à la retraite pouvait être

reculé à 61 ou 62 ans. Une position qui

a fait un tollé dans les rangs du Parti

socialiste, obligeant Benoît Hamon,

porte-parole du PS, à s’exprimer pour

rassurer, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur

de son parti. Mais le mal est fait et

certains ont repris la balle au bond.

Valls, Montebourg, Strauss-Kahn sont

déjà en campagne.

Quant à la CFDT, elle s’est exprimée en

faveur d’un grand débat sur ce dossier

qu’elle juge sensible, en dénonçant, par

la voix de Jean-Louis Malys, le monsieur

retraite de ce syndicat, «nous souhaitons

une réforme ambitieuse et non un

énième bricolage du système actuel.»

C’était pourtant déjà la CFDT qui signait

les accords bricolés de 1994, 1995 et

2003 sur les retraites, non?

Bernard Thibault, pour la CGT, en

appelle à une mobilisation dans l’unité

syndicale pour éviter une décision brutale

du gouvernement. Il met en garde

aussi sur un calendrier de négociation

qui se tiendrait en plein mois d’été. Pour

le secrétaire national de la CGT, «le vrai

sujet, c’est celui de l’emploi et du partage

des richesses créées. La réforme

des retraites, ça n’est pas qu’une question

de financement. C’est d’abord un

débat de société et un choix politique.»

La gauche, affirme le Parti communiste,

se doit de défendre la retraite à 60 ans

et à taux plein. «Pour cela, il faut verser

à la solidarité nationale les gains de productivité

et les profits, qui continuent de

battre des records, malgré la crise du

capitalisme.» Le PCF propose de faire

cotiser les entreprises, en taxant les

revenus financiers en fonction de leur

politique en matière d’emploi et d’investissement.

Même modérément, cette

cotisation est susceptible de financer les

70 ou 100 milliards d’euros manquants.

Pour Marie-George Buffet, «la retraite à

60 ans est un acquis social précieux

pour tous les Français. Elle a besoin de

toute la gauche pour être défendue!»

Un appel du pied pour revenir à la raison…

mais voudra-t-on l’entendre réellement?


Hebdomadaire édité par la

Fédération des Pyrénées-Orientales

du Parti Communiste Français

Rédaction - Administration

Maison communiste

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Jean-Marie Philibert, Sébastien Pouilly,

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Robert Barrero (http://www.barrero.fr),

Jean Quillio (quillio.jean@orange.fr),

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solidarité

Le bilan du séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier est terrible.

Selon la direction de la protection civile haïtienne, le nombre de

morts pourrait avoisiner les 115.000 et celui des blessés,

190.000. En outre, il y aurait un million de sans-abri sur les 9 millions

d’habitants que compte l’île. On imagine ce qu’a dû être le

climat de chaos, alors que toutes les structures étatiques et administratives

s’étaient effondrées. La force des Nations unies

(Minustah), forte de près de 10.000 hommes, dont 6.940 soldats

et 2.211 policiers, présente depuis 2004 sur l’île, s’est retrouvée,

un moment, en panne de commandement. La panique a été

générale dans toute l’île et dans la capitale, Port-au-Prince, où des

milliers d’habitants ont tenté de fuir.

Après ces premiers jours de totale désorganisation, l’urgence a

été d’acheminer et de distribuer des aides reçues par les ONG.

Les choses ont commencé à se mettre en place et la deuxième

étape devra porter sur la reconstruction du pays. Mais, lorsque

l’on voit les difficultés pour mettre en œuvre la première, il y a

de quoi être inquiet. Réagissant à l'afflux des aides internationales,

le président haïtien, René Préval, a salué leur rapidité,

mais s'est plaint du problème de coordination: «L'aide arrive et

on n'est pas préparé à la recevoir. Quand elle arrive, on nous

dit: où sont les camions pour la transporter, où sont les dépôts?

L'aide va aller en augmentant; c'est la coordination de l'aide,

pour savoir en quelles quantités, quand et comment la distribuer,

qui est importante.»

Solidarité et arrière-pensées étasuniennes

Une part des difficultés semble venir des États-Unis, qui ont pourtant

été les premiers à voler au secours des Haïtiens. Certes, 4.000

Américains vivent sur l’île. Mais les États-Unis sont intervenus

sans concertation avec l’ONU, en envoyant 10.000 marines, qui

ont immédiatement pris le contrôle de tous les points stratégiques,

notamment l’aéroport de la capitale. Ce déploiement n’a

pas été sans entraver le travail de certaines ONG, en particulier les

interventions médicales d’urgence.

Cet empressement a été diversement apprécié. Certains pays

latino-américains, comme le Venezuela ou le Nicaragua, ulcérés

par la multiplication des bases et des visées américaines dans la

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Haïti. Les clefs de la reconstruction

doivent rester aux Haïtiens

Après le chaos des premiers jours, l’ONU tente de reprendre la main pour coordonner les

opérations d’acheminement de l’aide internationale et sa distribution sur place. La

communauté internationale a l’obligation d’assurer la reconstruction du pays en créant les

conditions de sa souveraineté économique et politique.

région, ont exprimé leur inquiétude. Le Brésil, de son côté, craint

que les opérations de secours ne se transforment en opérations

unilatérales de la grande puissance.

Éviter «une prise de contrôle unilatérale

d’un petit pays par un très grand» (Régis Debray)

La suspicion est d’autant plus fondée que la contribution US à la

Minustah, essentiellement composée de contingents argentin,

chilien, brésilien, est quasiment inexistante. De plus, alors que le

président français avait avancé l’idée d’une conférence internationale

pour la reconstruction du pays, Barack Obama a suggéré un

trio États-Unis, Brésil, Canada pour diriger les efforts de coopération

des pays donateurs, sans la France ni l’Europe.

«Même si nous saluons les efforts de solidarité des États-Unis

depuis le séisme, le dévouement de leurs médecins, de leurs spécialistes

de la sécurité civile, nous mettons en garde», s'inquiète

Patrick Le Hyaric, député européen du Front de gauche. «Les dirigeants

nord-américains, présidents d’hier et d’aujourd’hui, alliés

pour la circonstance, ont un comportement qui ressemble à un

“colonialisme de la solidarité”. Effectivement, le séisme ne doit

pas fournir l’occasion aux US d’occuper l’île, de l’administrer et

d’installer des bases militaires dans la région, après celles qui l’ont

été en Colombie et après les coups en sous-main au Honduras.

On peut aussi déplorer que l’Union européenne, qui s’est soidisant

dotée d’un président stable et d’une ministre des Affaires

extérieures avec le traité de Lisbonne, soit restée si longtemps

silencieuse, inactive, en tant qu’institution et communauté.»

Et maintenant, reconstruire le pays

Avant ce séisme, quatre cyclones avaient frappé coup sur coup ce

pays en 2009, comme si le pays n’en avait pas assez des catastrophes

politiques qui ont jalonné son histoire récente: la longue

et meurtrière dictature Duvalier et ses tontons macoutes, puis l’espoir

déçu de la présidence Aristide et les drames qui en ont

résulté. Les institutions financières internationales portent une

lourde responsabilité. Au cours des dernières décennies, Haïti a

été soumis au remboursement de la dette, aux plans d’ajustement

structurel, aux sanctions pour rétablir le président Aristide, puis

pour le renverser. Avant le séisme, son économie était déjà exsangue,

son agriculture dévastée et sa population la plus pauvre des

Amériques.

On comprendrait mal qu’aujourd’hui les États n’annulent pas,

sans condition, toutes les dettes et que la France et les États-Unis

ne réparent pas les effets de leurs politiques depuis l’indépendance

de l’île. Une grande conférence de reconstruction et de

développement durable d’Haïti, créant les conditions de sa souveraineté

économique et politique, organisée sous l’égide de l’ONU,

s’impose. Il faut espérer que les paroles du président haïtien

seront entendues: «Oui, nous allons nous relever et, avec la prise

de conscience des Haïtiens que l’on ne peut pas construire n’importe

où, qu’il faut la stabilité politique pour construire dans la

continuité. Et il y a aussi l’aide internationale, sur laquelle il faut

compter et qui, pour le moment, du moins pour la phase d’urgence,

est présente. Nous espérons qu’elle sera aussi présente

pour le moyen et le long terme.»

Roger Hillel


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

La capitale Port-au-Prince est littéralement rasée (photographie de la Nasa).

Solidarité dans les P-O. Des artistes pour Haïti

Samedi 30 janvier, à 16h, aux caves Ecoiffier à Alénya, séance de

spectacles pour les enfants. Dimanche 31 janvier, à 16h, au couvent

des Minimes à Perpignan, rencontre tout public.

«Une minute, c'est très court. C'est

à peine quelques mots d'une chanson,

quelques pas de danse, quelques

vers de poèmes ou quelques

répliques de théâtre. Mais c'est

aussi parfois très long, trop long. En

une minute, à Port-au-Prince, les

lumières se sont éteintes, les radios

se sont tues, les immeubles se sont

écrasés sur leurs occupants, les rues

se sont ouvertes… En une minute,

plus de cent mille êtres humains

sont morts. L'équivalent de toute la

population de Perpignan, si vous

voulez. Plus de morts immédiates

que sous l'impact de la bombe

d'Hiroshima. Et ce sinistre

décompte n'est pas fini. Et

il ne tient pas compte

des milliers de

gens qui ont

été amputés, de ceux que l'on va

retrouver sous les ruines. Et il ne

tient pas compte des milliers d'orphelins.

Ni de la ruine, ni de la mort

lente, par la faim et la misère.

Ici, ce sont des chiffres, ils nous

dépassent. Là-bas, en Haïti, ce ne

sont pas des chiffres, c'est de la

chair, du sang, de l'espoir, du bonheur,

c'est tout cela qui s'en va sous

la poussière.

Alors, ici, on tape contre le mur, on

proteste en soi-même, et on se dit

“il faut faire quelque chose”.

Alors, des artistes de disciplines différentes

se rencontrent et se disent

“on va faire ce qu'on sait

faire, on va donner

quelque chose de

nous, pour aider”. Aucun d'entre

nous n'en tire une quelconque

gloire et ce réflexe ne nous est pas

propre, bien sûr, il est celui de tout

homme et de toute femme de

bonne volonté.

Nous ne souhaitons qu'une seule

chose, c'est que vous veniez nombreux

et que votre générosité soit

immense.»

Pour le Collectif des artistes,

Cédric Debarbieux

solidarité

Programme

11

Samedi 30 janvier, 16h, caves

Ecoiffier, salle Machado, à Alénya

Accueil clownesque, puis trois conteurs - Patrick Brisset

pour les plus petits, Jacques Vinas, qui nous contera

l'histoire des couleurs, et Cédric Debarbieux, qui dira

l'histoire de la Reine des Neiges. C'est le groupe de

Rafaël Marcos y Amigos qui donnera la partie musicale

du rêve.

Dimanche 31 janvier, 16h, au

couvent des Minimes, à Perpignan

Dans l'ordre alphabétique (parce que nous y travaillons

encore!): Fanfare Ailloli Beach, la compagnie de danse

Vent de Sable - Catherine Alasset, Thierry Coma pour une

lecture musicale, Lætitia Costa, avec Patrick Brisset et

Cédric Debarbieux, pour une piécette rurale contemporaine,

le quatuor de trombones de Philippe Guillaume-

Sage, des negro-spirituals et du chant lyrique par la

chanteuse américaine Robin Hendrix, un air de jazz

chanté par Guy Jacquet, accompagné au saxophone par

Alex Auger, un extrait du long poème de l'écrivain haïtien

René Depestre «Grand Large», lu par Fabien Marquet, la

compagnie de danse de Roger Méguin (chorégraphe et

professeur au conservatoire), l'accordéon de Jean-Paul

Sire et la guitare de Pedro Soler, etc.

Interventions brèves, venues du cœur. Nous vous attendons.

D'avance, merci à vous.

Il n'y a pas de prix d'entrée, chacun donnera ce

qu'il veut, ce qu'il peut. L'intégralité de la recette

sera reversée à la Fondation de France.

Les deux salles ont été généreusement et immédiatement

mises à disposition par les villes d'Alénya

et de Perpignan. Et, bien sûr, nous ne pouvons

citer tous ceux dont l'aide sera précieuse en ces

journées.


12 actus

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Les colères d’Hypnos

Drone de guerre

Devant un tel exploit technologique, un tel

progrès scientifique, on comprend l’émotion

jaillissant de la voix du journaliste de télévision.

On se prend même à l’envier, ce grand

privilégié qui a eu la chance d’accéder au site

ultra-secret de l’armée américaine à partir

duquel la performance se réalise.

Aux USA, il est huit heures du matin. L’heure à

laquelle, comme un peu partout dans le

monde, les usines ouvrent leurs portes, les

employés franchissent la porte des bureaux, et

aussi l’heure à laquelle ces quelques militaires

américains vont nous faire basculer dans la

troisième dimension. En direct.

La salle est sombre. Comme tous les centres

névralgiques, où seule la force des armes a le

pouvoir de décider du sort du monde. Partout,

des ordinateurs, des écrans de contrôle, des

images satellite. Et, posées devant chaque

homme en uniforme, une télécommande,

pareille à celle d’un jeu vidéo.

Le journaliste n’en peut plus de retenir son

souffle et de tenir sa langue. Enfin, nous y

sommes. Là, devant cet écran sur lequel apparaissent

les images d’un centre-ville à moitié

dévasté, situé à l’autre bout de la terre. Chez

ces salopards d’Irakiens.

En plein milieu de l’écran, deux hommes

cagoulés, un lance-roquettes sur l’épaule, courent

à toutes enjambées. L’officier américain,

responsable du centre ultra-secret, jubile.

- Ce sont deux insurgés qui ont tenté de viser

nos chars…

Bref silence. Sourire prometteur sur les lèvres

du gradé.

-On va les descendre!

Petite tape complice sur l’épaule de l’opérateur

qui, par satellite, piste les deux fuyards.

- Go!

De la main droite, une pression sur la télécommande.

Le drone américain a déjà quitté sa

rampe de lancement. Le jeu vidéo a commencé.

Devant son écran, le type attend le

résultat avec impatience. Il n’aura pas longtemps

à attendre.

Quelques secondes plus tard, sur l’écran, une

épaisse colonne de fumée. On distingue à

peine les deux corps plaqués sur le sol poussiéreux

de ce quartier populaire de Bagdad. Deux

corps immobiles. À jamais immobiles.

Dans l’obscurité de ce QG basé quelque part

au Texas, un tonnerre d’applaudissements et,

aussi, quelques rires. Celui, notamment, du

type à la télécommande.

C’est que son compteur est ouvert et, si la

journée continue de la sorte, il battra peut-être

son record. Comme la veille au soir, avec son

fiston, devant la console de jeux vidéo installée

dans le salon familial.

Alors, sur le canapé, assis entre sa femme et

son chien, il racontera ses exploits de la journée.

Le résultat de sa «drone de guerre», qui,

chaque jour, démarre à huit heures précises

pour se terminer sur le coup des dix-sept heures.

Puis, il lèvera son verre de bière à la santé

de son père, qui l’a convaincu, un jour, d'entrer

dans l’armée. Dommage qu’il ne soit plus là

pour voir cela, le vieux. Lui qui n’a même pas

eu le temps de connaître les jeux vidéo.

Sarkoland.L’imbroglio Proglio

La polémique sur le cumul des salaires et des

fonctions de l’ancien président de Veolia et actuel

PDG d’EDF, Henri Proglio, l’a obligé à céder.

Quel est ce nouveau caillou dans la

chaussure de Nicolas Sarkozy? Cette

fois-ci, le cactus s’appelle Henri

Proglio. L’ancien président de Veolia

a été nommé en Conseil des ministres,

en novembre, à la tête du

groupe EDF. Il a alors posé ses conditions:

il souhaitait conserver chez

Veolia une fonction non exécutive, ce

que le gouvernement lui a accordé.

Le dirigeant a expliqué que le conflit

d’intérêts n’existe pas, étant donné

que les deux entreprises ne jouent

pas sur le même terrain. Cependant,

des bruits courent sur une éventuelle

fusion EDF-Veolia. Un mariage

public/privé serait, à l’évidence, un

conflit d'intérêts qui ne dit pas son

nom. Sans parler du don d’ubiquité

qu’Henri Proglio va devoir développer

pour remplir ses deux fonctions.

Le PDG d’EDF souhaitait aussi garder

le même «niveau de revenu» que

chez Veolia, soit 1,6 million d’euros

annuels. Là encore, le gouvernement

accède à sa requête. Mais, le 19 janvier,

Veolia annonce que son ancien

patron touchera 450.000€ d’indemnités

annuelles pour la charge de

président du conseil d’administration

qu’il occupe désormais. Les rémunérations

cumulées d’Henri Proglio

atteindraient plus de 2 millions d’euros

annuels. Le gouvernement, qui ne

semble pas se rendre compte de l’indécence

qu’une telle somme représente,

met le prix pour conserver son

dirigeant en or, comme n’importe

quelle entreprise privée le ferait.

Après tout, il ne s’agit que d’environ

166 ans de Smic net…

Le gouvernement

doit reculer

Néanmoins, le scandale gronde. Le

21 janvier, le président de la

République prend peur. Après l’impopulaire

affaire Jean Sarkozy, il ne

peut plus se permettre d’erreurs, à

quelques semaines des régionales.

Proglio renonce à son double

salaire, sans pour autant choisir

l’un des deux postes. Ce cumul

laisse un goût amer. À cela s’ajoute

la «retraite chapeau» de 13 millions

d’euros que Veolia a prévue

pour son ancien PDG, malgré son

départ -une broutille.

La majorité juge l’affaire désormais

«close», mais des voix s’élèvent

pour réclamer le départ d’Henri

Proglio de la direction de Veolia.

Les critiques sont si vives que le

gouvernement doit à nouveau

reculer. Lors de son intervention sur

TF1, lundi 25 janvier, Nicolas

Sarkozy a évoqué une «transition

de quelques mois» après laquelle

Henri Proglio se «consacrera à

100% à ses fonctions à EDF».

Reste à savoir si, à terme, cette

annonce prendra effet.

Ce scandale reflète le capitalisme à

la française, dans lequel les patrons

font partie d’un circuit fermé d’élites

qui se cooptent entre elles et

sont assez proches du pouvoir -du

moins, juste ce qu’il faut- pour en

tirer les avantages. Mais des questions

émergent. Pourquoi Nicolas

Sarkozy a-t-il validé ce cumul inacceptable

des revenus et des fonctions,

alors même que le gouvernement

n’a de cesse de demander

des efforts à la population? Pas sûr

que cette affaire aide l’opinion à ne

plus stigmatiser les revenus trop

élevés des dirigeants. Enfin, on

peut voir là une bonne occasion de

réfléchir à un plafonnement des

salaires. Mais une limitation peutelle

être mise en place, alors qu’elle

ne l’est pas pour les primes et

bonus des traders?

Sabrina Lang


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Le projet du «Centre

de la présence

française en

Algérie», porté

conjointement par la

mairie de Perpignan

et le Cercle

algérianiste, refait

surface.

Dans le cadre du

festival «Maghreb,

si loin, si proche»,

l’auteur francoalgérien

Bachir

Hadjadj est venu

débattre de son livre

«Les voleurs de

rêves» au cinéma

Jaurès d’Argelès.

actus 13

Colonialisme. « Le ventre est encore fécond,

d'où a surgi la bête immonde »

Les dernières élections municipales à

Perpignan avaient mis au second plan le

combat engagé, depuis plusieurs années,

par les organisations anticolonialistes du

département contre le projet de «Centre de

la présence française en Algérie».

Ce projet, Jean-Marc Pujol l’avait fait sien il

y a dix ans. Il avait été officialisé, de même

que le partenariat entre la mairie de

Perpignan et le Cercle algérianiste, par une

délibération municipale datant de juillet

2007. Jean-Marc Pujol devenu maire, ce

projet refait surface. Il figure à l’identique

sur le site internet du Cercle algérianiste,

association pied-noir affichant clairement

sa nostalgie de l’Algérie française, et reste

dans la logique d’un espace municipal destiné

à glorifier la colonisation française.

Comme prévu initialement, sa conception

Le livre* de Bachir Hadjadj porte comme sous-titre «Cent cinquante

ans d’histoire d’une famille algérienne». Il raconte l’histoire

de quelques personnages emblématiques du clan des Mérachdas,

duquel l’auteur est issu. Ils se succèdent, de l’époque ottomane

jusqu’en 1962, en passant par la guerre de conquête par l’armée

française, de 1830 à 1870, suivie de la longue et terrible époque

de la colonisation, jusqu’en 1954, et, enfin, la guerre d’Algérie,

l’indépendance en 1962 et l’exil de l’auteur en 1972.

Ce livre se lit d’un trait tant ses qualités d’écriture sont indéniables,

ce qui n’est pas rien lorsque l’on s’engage dans la lecture d’un

ouvrage de 450 pages. Mais, ici, nous nous intéressons au regard

que l’auteur porte sur deux cents ans d’histoire de son pays, à travers

les parcours de vie de membres de sa famille -dont le sien.

Disons d’emblée que son témoignage est une contribution décisive

pour qui s’insurge contre la prétention des «nostalgéristes» de ne

retenir que la version frauduleuse des bienfaits «de la présence

française en Algérie».

C’est contre cette pseudo-histoire

que son livre s’inscrit, de façon magistrale

Il y a consacré cinq ans de sa vie, afin de reconstituer le plus rigoureusement

possible des événements qui ont marqué l’histoire de

l’Algérie. Il lui aura fallu consulter des archives, des ouvrages historiques

et enquêter auprès des membres ou des proches de sa

famille. C’est la confrontation entre la mémoire recueillie et l’investigation

historique qui fait toute la richesse du livre.

L’auteur raconte que son arrière-grand-père, né en 1843 et qu’il avait

eu la chance de connaître de son vivant, ne lui avait jamais parlé de

la guerre de conquête: «L’humiliation de cette guerre avait été telle

que mon arrière-grand-père ne pouvait pas en parler.» C’est, pour lui,

une révélation. Pour comprendre ce silence, il lit les témoignages des

officiers français, tel celui du maréchal de Saint-Arnaud, qui écrivait

«Je pille, je brûle, je dévaste, je coupe les arbres, je détruis les récoltes,

le pays est entouré d’un horizon de flammes. Plus j’avance et plus

je me dégoûte de cette guerre que j’ai faite si longtemps.»

Bachir Hadjadj considère qu'«il faut revisiter l’histoire, car ces carnages

n’ont jamais été dits dans les livres d’histoire de la République.»

En 1870, après quarante ans de «dévastations systématiques et

périodiques», l’Algérie est totalement soumise et, à ce point de son

témoignage, Bachir Hadjadj tient à énoncer «une position politique:

en 1870, la France avait le choix soit de faire des Algériens des

et sa gestion seront confiées au seul Cercle

algérianiste. Et, même si ce dernier s’abrite

derrière une hypothétique «commission

historique», on ne manquera de rappeler le

mépris qu’il a toujours affiché à l’égard des

historiens spécialistes de l’histoire francoalgérienne.

Dès 2006, les organisations anticolonialistes,

opposées à ce projet, s’étaient prononcées

«pour un authentique centre de ressources

et de documentation sur l’histoire

franco-algérienne de 1830 à 1962», en

prenant pour référence les travaux de onze

chercheurs, spécialistes reconnus de l’histoire

de l’Algérie, dont la synthèse avait fait

l’objet d’une publication au titre plus

qu’éloquent: «Montrer l’Algérie au public.

Pour en finir avec les guerres de mémoires

algériennes»*. Ce collectif d’organisations,

un temps mis en sourdine, ne devrait pas

tarder à refaire parler de lui.

Roger Hillel

*Ce rapport

figure en bonne

place dans le livre

d’Éric Savarèse,

maître de conférence

à l’université

de Perpignan

Via Domitia:

«Algérie, la

guerre des

mémoires»

(Paris, Non Lieu,

mars 2007).

Bachir Hadjadj. « Si on dit ces choses-là,

alors tout s’éclaircit »

citoyens français, électeurs et éligibles, soit de les maintenir en sujétion,

et c’est ce qui s’est passé, avec les confiscations des terres, le

Code de l’indigénat, puis les structures administratives et politiques,

qui faisaient des Arabes des citoyens de seconde zone.»

Autant de choses qui se perpétuèrent jusqu’à l’insurrection armée

des nationalistes algériens, en 1954. Bachir Hadjadj raconte alors

des pans de son histoire personnelle qui témoignent qu’en toute

chose il y avait une frontière, souvent étanche, entre les Européens

et les Algériens, qu’ils soient désignés sous les termes d’indigènes ou

de Français musulmans. En 1956, il est contraint de faire son service

militaire et doit passer quelques mois en Algérie sous l’uniforme de

l’armée française: «L’horreur de l’horreur». Libéré, il vient à Grenoble

pour poursuivre des études, mais décide de rejoindre l’ALN (Armée

de libération nationale). En 1962, il rentre en Algérie, adhère au Parti

communiste algérien, parce qu’il considérait que «le FLN était un

parti nationaliste et intolérant.» Il est persécuté, recherché et, en

1972, il quitte son pays pour la France.

Son témoignage s’achève sur les considérations suivantes: «La colonisation

a toujours porté un regard négatif sur l’Arabe et cela continue

dans la France d’aujourd’hui. Il en est ainsi parce qu’on n’a pas

expliqué aux jeunes Français ce dont je viens de témoigner. Je crois

que, si on dit ces choses-là, tout s’éclaircit.»

R.H.

Les voleurs de rêves», préfacé par Jean Lacouture, Albin Michel, 2007

Le témoignage de Bachir Hadjadj est une contribution décisive pour qui s’insurge

contre la prétention des «nostalgéristes» de ne retenir que la version frauduleuse

des bienfaits «de la présence française en Algérie.


14 actus

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Les Dico-lériques De

Intégration

Arroseur

Nom. Personne préposée à l'arrosage. Familier. L'arroseur

arrosé, personne qui est la victime indirecte de ses propres

machinations.

Nom féminin (latin integratio,

onis). Action d'intégrer;

fait, pour quelqu'un, un

groupe, de s'intégrer à, dans

quelque chose. Fusion d'un territoire

ou d'une minorité dans l'ensemble

national.

Que c’est difficile d’exister en politique! Surtout quand on a

rien à dire. La tentation de faire des «coups médiatiques»

tenaille les obscurs en mal de reconnaissance. Mais n’est pas

Maurice Clavel qui veut, avec son «Messieurs les censeurs

bonsoir!», et les apprentis arroseurs se font souvent arroser,

faute de talent. Vincent Peillon, député européen, a refusé de

participer au débat organisé jeudi 14 janvier sur France 2,

Au grand festival des faux-culs et des lèche-pompes, alors qu'il devait y représenter le Parti socialiste. En bisbille

Fadela Amara remporte la palme haut la main. Sachant avec Ségolène Royal, qui s’invite aux débats auxquels elle

mieux que personne l’émoi suscité, dans les banlieues, n’est pas invitée, Peillon a dû se dire qu’il fallait faire l’exact

par la déclaration provocatrice de Sarkozy à propos de ce contraire de son ex-patronne en ne se rendant pas à ceux

qu’il appelle la «racaille», la secrétaire d'État à la Ville auxquels il était convié. On peut comprendre sa réticence à

n’en à pas moins déclaré dernièrement «il faut nettoyer côtoyer des dragons du genre d’Arlette Chabot, mais est-ce

au Kärcher cette violence qui tue nos enfants dans les si efficace sur le plan politique? Il voulait créer le «buzz»,

cités», réagissant à la mort d'un enfant de 12 ans, mi- comme disent les branchouilles d’aujourd’hui. On peut

décembre, lors d'une fusillade en pleine rue, à Lyon.

en douter. Son petit caca nerveux

Reprendre à son compte une ignominie, quel bel

lui revient en travers de la tronche

exemple de fidélité dégoulinante. Est-ce l’ambition,

comme un élastique un peu

la stupidité ou un subtil mélange des deux qui

trop tendu. Outre qu’il

l’avait poussée à défendre également Jean

passe pour un con manipu-

Sarkozy, le Prince qu’on sort, dans la piteuse

lateur, il réussit l’exploit de

affaire de La Défense? Elle avait inventé, pour

faire passer Besson pour

l’occasion, le concept fulgurant de «délit de

quasi sympathique et

sale nom». On a les indignations que l’on

Chabot pour une victime.

peut. Ce coup d’éclat devrait permettre au minis-

Quand un responsable polititre

le plus inutile du gouvernement (y en a-t-il d’utiles

que réclame la tête d’un jour-

d’ailleurs?) de faire oublier un peu au «maître» la

naliste, on ne peut pas s’empê-

vacuité de son action. Fadela Amara, exemple d’incher

de se sentir mal à l’aise.

tégration? Je dirais plutôt qu’elle me fait penser au

Voilà bien une action à l’image de la troupe

baron des joueurs de bonneteau, vous savez, le

des éléphants du PS, lourdingue, maladroite et

complice qui endort la méfiance des gogos en leur

contre-productive. La politique de

faisant croire qu’il est de leur côté et les pous-

la chaise vide succède à la

sant à miser gros pour mieux les plumer… © TM politique de la tête vide.

«Dessinateur de presse-caricaturiste et

enseignant (Lettres classiques); on le voit,

personne n'est parfait…» Ainsi se définit-il

lui-même. Delgé a sévi dans plusieurs publications:

lointaines («Sud-Ouest», «Les

Nouvelles de Bordeaux»); plus proches

(«L'Indépendant», «La Semaine du

Roussillon» et, bien sûr, notre «Travailleur

catalan»). Il a participé à plusieurs manifestations

et festivals de dessins de presse et

de caricatures (Saint-Estève, Cabestany,

Robert Barrero

Béatification

Nom féminin. Acte par lequel le pape donne à une personne

décédée le titre de «bienheureux».

S’il y en a un qui rendit le silence assourdissant, c’est

bien Pie XII. Son mutisme sur la Shoah, dont il avait été

informé dès 1942, s'est prolongé après la guerre. Il n'a

jamais eu un mot de condamnation sur l'extermination

du peuple juif, présenté alors -et ce jusqu'à ce que Jean

XXIII, puis le concile Vatican II, en 1962, suppriment

cette infamie- comme le «peuple déicide», responsable

de la crucifixion du Christ. Benoît XVI, nostalgique, sans

doute, de sa jeunesse brune, sinon dorée, a signé, le 19

décembre, un décret déclarant Pie XII, pape de 1939 à

1958, «vénérable», compte tenu de ses «vertus héroïques».

La parole est d’argent, mais le silence est d’or,

dit-on. Faire un saint de celui qui, par son immobilisme,

cautionna, pour le moins, l’extermination dans les

camps, voilà qui est bien dans la ligne d’un pape qui

s’est déjà distingué en réhabilitant des évêques négationnistes.

Heureusement, de nombreux catholiques ne

se reconnaissent plus dans ce pape (voir l’article Pie

XII: «Le scandale d’une béatification programmée»,

dans la revue «Golias» et la chronique de Christine

Clerc «La béatification de Pie XII m'a rendue athée»,

dans «Marianne2») et les protestations se multiplient.

À la politique de la main tendue, Benoît XVI préfère,

décidément, celle du bras tendu. Vers le haut et à plat.

Delgé dédicace

Corbeil-Essonnes, Madrid, Montpellier). Le

TC vient d'éditer un recueil de ses dessins

de presse sous le titre: «Le chtylo entre les

dents».

Delgé viendra le dédicacer, à partir de

17h30, le mercredi 3 février, à la librairie

Feuillard, à Saint-Cyprien village, en compagnie

de Jean-Paul Boy, qui a écrit la préface.

L'occasion d'une rencontre autour de

l'humour… et d'un pot convivial.


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

forum des lecteurs

«Le Barnum Circus débarque», suite

À propos du billet d’humeur de Jean-Marie Philibert du TC du 15 janvier dernier intitulé «Le Barnum Circus

débarque», nous avons reçu de Jean-Yves Costesèque, responsable du «Service incroyance et foi», le

courrier suivant, qu’avec son autorisation nous publions.

« Chers amis du Travailleur Catalan,

J’ai reçu, ce matin, et lu votre excellent

hebdomadaire, auquel je suis abonné. Je

réagis ici à l’article de Jean-Marie

Philibert, «Le Barnum Circus débarque».

Si j’approuve les grandes lignes de cet

article, et totalement le dernier paragraphe,

une phrase m’a très désagréablement

choqué et meurtri, moi qui considère

les communistes comme des amis

avec qui il est généralement possible de

travailler; c’est celle qui se termine par

«… dans un élan aussi mystique que

rétrospectivement ridicule». Il s’agit

d’une incitation au mépris. Catholique

pratiquant, je condamne tous les dérapages

de l’institution. Mais si j’étais

journaliste, je ne me permettrais pas, par

exemple, d’écrire que les gens qui chantaient

«il n’y pas de sauveur suprême»

« Ce n’est un secret pour personne:

je suis impliquée, depuis plusieurs

années, dans le Réseau éducation

sans frontières. Pour la prise en

compte de la dignité des sanspapiers

en attente de régularisation

sur le territoire français.

Ce que l’on sait peut-être moins,

c’est que ma fille vit, depuis quatre

ans, avec Mohammed. Étudiant en

Master 2. En France depuis dix ans.

Français, quoi. Ils revenaient tous les

deux d’un séjour à Paris pour leurs

études. De la Sorbonne, plus précisément.

Je suis allée les chercher à la

gare.

Que croyez-vous qu’il arrivât?

Pendant que ma fille s’était éloignée

de lui pour me dire bonjour, un policier

s’est approché de Mohammed

pour lui demander ses papiers. Je me

suis aussitôt dirigée vers lui pour

l’embrasser. Ma fille, en nous rejoignant,

me demande ce qu’il se

sont ridicules, quoique je sois totalement

en désaccord avec cette affirmation! Si

je vote communiste et que vous parveniez

au pouvoir, serai-je un citoyen de

seconde zone? Je souhaite que vous me

rassuriez dans vos colonnes. Amitiés »

La réponse

de Jean-Marie Philibert

« Tout d’abord, je prie notre fidèle lecteur

d’accepter mes excuses pour avoir,

par l’utilisation du mot «ridicule», «choqué»

et «meurtri» sa foi de chrétien. Ce

mot n’est pas neutre dans l’article incriminé,

il qualifiait l’élan dans lequel me

propulsait un chant religieux qui habite

ma mémoire d’ancien enfant de chœur

et le regard que, rétrospectivement, je

porte sur cet épisode de ma vie. Celui

Billet personnel

passe. Je lui réponds «contrôle au

faciès», en regardant le policier dans

les yeux. Aucune réaction.

Mohammed étant en règle, on lui

rend poliment ses papiers. Je suis

sous le choc. Mohammed me rassure:

«Ne vous inquiétez pas. J’ai

l’habitude.»

Ça ne me rassure pas du tout. J’ai

honte. J’ai honte pour ce pays. Le

mien. Mais j’ai aussi honte de moi.

J’ai honte parce que je ne me suis

pas interposée davantage. J’ai honte

parce que j’ai l’impression que c’est

moi qui viens de lui demander ses

papiers. Que c’est moi qui le soupçonne.

Lui qui aime ma fille. C’est

comme si je suspectais ma propre

fille. C’est un sentiment intolérable.

Mais qu’est devenu ce pays, qui s’insinue

dans la vie privée des gens, qui

distille le soupçon et la méfiance à

l’intérieur des familles? Comment

avons-nous accepté cela? Banalisé,

que je trouve ridicule, en la matière, ce

n’est que moi: ma foi d’enfant n’a pas

survécu à l’épreuve du temps, le mysticisme

dont elle s’entourait (sans doute

est-ce un bien grand mot!) s’est lézardé,

pour bien vite être englouti dans les

péripéties de la vie. Celles du monde,

avec ses drames, ses joies, ses tragédies,

ses luttes, son sang, ses fripouilles et…

les êtres qu’on y aime. Ce mot «ridicule»

n’a, dans mon billet d’humeur, qu’une

vertu d’autodérision sur la versatilité et

la fragilité des destins personnels. Et je

sais gré à notre lecteur de m’avoir permis

de le préciser.

Je n’ai pas la prétention de porter un

quelconque jugement, général, absolu

ou définitif, sur la foi (chrétienne ou

autre), sur ceux qui sont animés par ces

croyances et veulent les faire partager, et

intégré comme normal? Et comment

se sentir français, se reconnaître une

identité française quand on est, de

fait, considéré comme différent?

Maintenant que j’ai vécu personnellement

cette scène d’humiliation, je

ne pourrai plus ne pas intervenir

lorsque je serai témoin d’un

contrôle. Nous devrions tous intervenir.

Nous sommes tous complices de

ces dérives. N’attendons pas d’être

personnellement concerné.

Il s’agit de notre dignité à tous. Celle

des sans-papiers, certes. Mais aussi

celle des Français immigrés -dont

d’ailleurs ma mère fait partie. Et surtout

de la nôtre, Français incontestés.

Si nous n’avons cette revendication

de dignité pour tous, ce qui fait

l’identité de la France ne se discute

pas. »

Anne-Marie Delcamp

15

que je me garderais bien de qualifier du

moindre ridicule: du ridicule, je serai

alors la première victime!

Je considère la diversité de notre société,

de nos croyances, de nos idées, de nos

engagements comme une richesse à préserver

et à approfondir. Je bénis le ciel

ou Marx (comme vous voulez) de

m’avoir fait naître dans une République

que nos parents et grands-parents ont

construite laïque et fière de l’être. Elle

est censée autoriser l’expression de tous

dans un respect réciproque à consolider.

Il y a tant à faire ensemble pour qu’elle

soit plus juste, plus solidaire, moins dure

pour tous ceux qui souffrent, que je trouverais,

aujourd’hui, totalement ridicule

de réactiver une querelle stérile entre

ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y

croyaient pas. Fraternellement. »


16 forum des lecteurs

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose »

Le mensuel «Capital» de janvier 2010 a publié une article au titre évocateur: «Gérer les sureffectifs de La

Poste, bon courage!» 90% du personnel des services guichet et courrier de La Poste de Thuir ont signé, en

commun, une lettre ouverte de Jean-Pierre Castillo, adressée à l’auteur de l’article.

«La caporalisation des esprits accompagne

la politique ultralibérale du pouvoir, qui

navigue entre cynisme et mensonges.

Votre prose mensongère, abjecte et haineuse

sur le personnel de La Poste est au

service des puissances financières et des

intérêts privés qui prônent la destruction

des services publics, du bien commun, de

l’intérêt général. “Il faut en finir avec l’esprit

de la Résistance et du modèle social

français”, avait déjà martelé Ernest-

Antoine Seillières, l’ex-patron du Medef.

Ce sont les mêmes qui disaient à l’époque:

“Plutôt Hitler que le Front populaire”.

Le Général de Gaulle avait jugé utile de

déclarer, en 1943: «La France est résolue à

de profondes transformations, elle veut

faire en sorte que, demain, la souveraineté

nationale puisse s’exercer entièrement,

sans les pressions corruptrices d’aucune

coalition d’intérêts privés.» Mais le capitalisme

ultralibéral n’a pas supporté les

Lettre au proviseur

du lycée de Font-Romeu

«Nous venons d'apprendre qu'un système de contrôle biométrique

avait été mis en place pour l'accès au restaurant scolaire de

votre établissement. Un lecteur biométrique, à l'entrée de la

salle, contient l'image de la main du personnel et des jeunes qui

utilisent chaque jour ce service. À chaque passage, l'élève ou

l'adulte saisit son code personnel, puis place sa main sur l'appareil

de lecture.

Comme pour les fichiers Base élèves, auxquels nous sommes

fortement opposés, nous exprimons, une fois de plus, notre vive

inquiétude sur l'utilisation d'un nouveau système de contrôle.

Même si nous savons que le conseil d'administration a donné

son accord à ce contrôle biométrique, nous ne sommes pas certains

que l'ensemble des parents d'élèves connaisse bien leurs

droits sur la possibilité de refuser ce moyen d'accès à la cantine

scolaire. Nous vous rappelons que tout établissement qui dispose

d'un contrôle biométrique doit absolument obtenir l'autorisation

de la CNIL avant de pouvoir utiliser un tel système.

Celle-ci doit vérifier que le chef d'établissement a bien, préalablement,

informé les parents d'élèves et le personnel de leurs

droits, par la diffusion d'un document. Oui, les parents d'élèves

peuvent refuser que leur enfant utilise ce système biométrique.

Dans ce cas, un badge ou tout autre moyen d'accès à la cantine

scolaire doit être délivré à l'élève.

En conséquence, nous vous serions reconnaissants de nous dire

si ces dispositions ont bien été prises et si l'autorisation a bien

été obtenue de la CNIL pour pouvoir utiliser ce moyen d'accès.»

Comité de défense des droits et libertés

Prévoyance Obsèques

Testament Crématiste

Organisation d’obsèques

conquêtes de la Résistance: la Sécurité

sociale, les nationalisations, le Code du travail,

les retraites par répartition, les services

publics, et s’emploie à les laminer.

Pourtant, la ministre Lagarde a reconnu,

récemment, que la France résiste mieux à

la crise que la plupart des autres pays,

grâce au modèle social français issu de

1945.

Le malaise, en France, est cependant bien

profond, palpable, avec la crise financière,

économique et morale. Les réformes de

ceux que vous défendez visent à mettre en

concurrence les salariés, les diviser, pour

qu’ils soient en conformité avec les standards

de la productivité, du profit, de la

flexibilité. L’idéologie de la civilisation du

profit s’insinue dans tous les métiers,

notamment dans les ex-services publics,

comme La Poste, qui avaient le souci de

l’humain. Ils doivent désormais être subordonnés

aux valeurs de rentabilité et être

O FFICE

F UNÉRAIRE ET

C RÉMATISTE

Crématorium Régional

Cimetière St Michel 66 140 Canet en

Roussillon

Renseignement et devis 04 68 73 50 50 ou

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compatibles avec le langage des marchés

financiers et commerciaux.

Nous devons être soumis aux exigences

impitoyables des marchés qui nous disciplinent,

dans la construction d’un état néolibéral

qui fera de chacun de nous des salariés

et retraités précaires, alors que l’élite

dirigeante s’enrichit de plus en plus

(+22% CAC 40 avec l’argent public).

Non, nous ne voulons pas de votre «civilisation»

du capitalisme sauvage, qui confisque

les biens communs de la nation.

Non, il n’est écrit nulle part que la concurrence

de tous contre tous, que l’idéologie

tyrannique de la rentabilité, de la performance,

de la productivité, de la flexibilité,

de la précarité doivent saccager, les uns

après les autres, nos métiers et l’éthique

du travail qui lui donne tout son sens.

Nous refusons la dictature du profit qui

détruit le monde du travail et le lien social.

C’est pourquoi le SNPDEN (Syndicat national des personnels

de direction de l’Éducation nationale), qui syndique

plus de la moitié des personnels de direction,

proviseurs, principaux et adjoints et recueille aux élections

professionnelles plus des deux tiers de leurs suffrages,

ne se contente pas de défendre les intérêts professionnels,

matériels et moraux de ses membres. Il

porte aussi une attention constante aux évolutions de

la société, puisqu’il est en charge de la formation des

citoyens de demain.

Il lui apparaît indispensable, aujourd’hui, dans un

contexte où prospèrent les fondamentalismes communautarisés,

qui, en outrant le «caractère propre», isolent,

enjoignent de se distinguer des autres et cherchent

à imposer leur visibilité dans l’espace public, de

revenir aux fondements de la République et en particulier

à la laïcité, principe constitutionnel, socle de la

liberté de conscience et de la possibilité du vivre

ensemble. Contrairement à ce que pensent certains, la

laïcité est une notion moderne, qui structure l’espace

public contemporain. Elle est au cœur de la société

démocratique, elle est au service de la construction de

la justice sociale. Elle permet d’élaborer les méthodes

Nous sommes révoltés par les mensonges

grotesques, le cynisme et le mépris étalés

dans votre article de caniveau. Votre haine

des services publics, des fonctionnaires, n’a

d’égales que votre petitesse et votre soumission

aux puissances financières.

Recevez notre mépris le plus profond.»

Extraits de «Capital»

«En réalité, le nombre de postes de travail

inutiles avoisinerait, aujourd’hui, les

40.000: 35.000 exactement, selon nos

estimations. Et il pourrait frôler les 90.000

d’ici à 2015.»

«… le dégraissage du mammouth à casquette

semble relever de l’impossible.»

«Il faut dire que, plus de la moitié des personnels

étant fonctionnaires -et les autres

“invirables” de facto-, la direction ne peut

pas les renvoyer, comme le ferait n’importe

quelle boîte privée.»

La laïcité, plus que jamais !

«La laïcité est revenue au cœur du débat public, à l’occasion des multiples

initiatives présidentielles et gouvernementales: discours de Latran ou de

Riyad, accord Kouchner-Vatican, loi Carle, ou encore lors du débat sur

l’identité nationale, mené de bien trouble manière.

de mise en œuvre d’une réelle égalité des chances

pour chaque élève du système éducatif public, quels

que soient son sexe, son origine géographique, sociale,

sa situation de handicap ou sa religion, et de lutter

contre toutes les discriminations. Elle contribue à

l’émancipation de chacun.

Alors que les services publics sont attaqués de toute

part, alors que, y compris au sommet de l'État, une

vision communautariste de la société est lentement

instillée, aux antipodes de la tradition française, laïque

et ouverte, le SNPDEN affirme avec force son attachement

au service public d’éducation, à une République

où la laïcité en constitue un des socles, parce qu’elle

permet d’unifier autour de valeurs communes. C’est

pourquoi son conseil national, conformément aux

résolutions du congrès de Biarritz de 2009, a décidé de

s’adresser aux élus de la République, aux responsables

associatifs, dans cette lettre ouverte préalable à des

rencontres avec les élus, partis politiques, organisations

syndicales et associations. La laïcité est un enjeu

central, une idée moderne à défendre!»

La secrétaire académique du SNPDEN, Catherine Gwizdziel

Pompes Funèbres

Conseillers Funéraires du Roussillon

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N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Le point de vue du XIII de Robert Escaro

Les Dragons

L’équipe est allée disputer le second match amical

à Toulouse et c’est un ensemble complet que

l’entraîneur a aligné, car, à trois manches du

départ de la saison, il est important d’avoir une

vision nette, avec les anciens et les nouvelles

recrues. Les entraînements sont bien ciblés, car

quelques joueurs doivent «s’alléger». Le début

de saison sera difficile, avec deux déplacements.

Élite 1

Petite journée, avec trois matches. Lézignan,

Forfaits ski alpin

et ski nordique

après sa lourde défaite à l’ASC, n’a eu aucun mal

à déborder un petit Villeneuve 56 à 12. Du coup,

son avance augmente sur Pia, bien battu à

Carpentras, et qui conserve sa seconde place.

Limoux, à Saint-Gaudens, s’est promené (42 à

6). Voyons si la prochaine journée apportera des

surprises. Prochain week-end: Lézignan –

Carpentras; Avignon – Saint-Gaudens.

Saint-Estève XIII catalan - ASC

Au repos dimanche, l’entente catalane n’est pas

en situation stable pour la qualification. Si

l’équipe est performante sur le papier, dans

Tarifs préférentiels avec le Travailleur

Catalan pour les stations des neiges

catalanes.

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l’aire, c’est autre chose, et des joueurs ne sont

pas à la hauteur. Face aux Audois, qui peaufinent

leur jeu et l’ont démontré en amical devant

Widnes, ce ne sera pas simple.

Pia - Villeneuve

Devant une équipe au classement modeste, nous

avions trop vite pronostiqué la victoire des

Pianencqs, qui, menant à la pause 8 à 6, conservaient

un réel espoir. Mais, ensuite, ce fut la

débandade: de ce petit score, on arriva à 32 à 8,

car Carpentras passa la surmultipliée, ce qui

démontre qu’au point de vue défensif, ce n’est

pas brillant dans l'équipe de Pia. Devant ces

Villeneuvois, il faut donner un autre visage.

Élite 2

Nos deux équipes conservent les deux premières

places. Palau, avec un match en plus, conserve

la tête avec 1 point d’avance. Cela dit, les hommes

de Touxagas n’ont eu aucun souci devant

Villefranche (44 à 24) et se déplaceront à

Lescure, qui est 4e au classement. Baho, lui,

réussit une excellente opération à Le Cabardes,

bien que le suspense ait été de mise. Baho, qui

menait aux citrons 24 à 0, a eu des soucis, car

les locaux ont remonté le score pour inquiéter

les Catalans, qui s’imposent 28 à 18. Dimanche,

ce sera la venue de Montpellier, contre qui Baho

avait gagné à l’aller. Les Héraultais sont 3es,

alors on devrait voir un beau match.

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Au capital de 1500€

RCS Perpignan 510 219 181

31 Rue Maréchal Foch

66000 PERPIGNAN

DEMISSION COGERANT

L’assemblée générale ordinaire des associés du 9 janvier 2010 a pris acte de la

démission de Monsieur André Roberge, en tant que cogérant de la société, Madame

Danielle SAHUC demeurant seule gérante.

Pour avis,

La gérance

SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE

J.C SEGURET – M.JOFFRE – Ph. SARDA

Notaires associés

51 avenue Général de Gaulle

66000 PERPIGNAN

Aux termes d’un acte en date du 23 décembre 2009, enregistré à POLE ENREGIS-

TREMENT PERPIGNAN TET, les associés de la Société Civile Immobilière dénommée

LA CERISAIE, ayant son siège social à Route de Fontfrède, au capital de 200

euros dont le siège social est à CERET (66400) Route de Fonfrède, immatriculée au

RCS de PERPIGNAN sous le numéro SIREN 485215842.

Ont nommé gérant de ladite société :

La société MJ DEVELOPPEMENT-IMMOBILIER & INVESTISSEMENT, SAS dont le

siège est à BAYONNE (64100), 48-50 Avenue du 8 mai 1945 Espace Mendi Alde,

identifiée au SIREN sous le numéro 500373477 et immatriculée au RCS de

BAYONNE, dont le Présidence est assurée par Monsieur Michaël RUELdemeurant à

BAYONNE (64100) 12 allée de Tauzin, en remplacement de Monsieur VIRIOT

Dominique, sans limitation de durée.

Pour avis

Le Notaire

ETUDE DE MAITRES JEAN-CHRISTIAN SEGURET,

MARIE JOFFRE ET PHILIPPE SARDA, NOTAIRES ASSO-

CIES A PERPIGNAN (PYRENEES-ORIENTALES) 51 AVE-

NUE DU GENERAL DE GAULLE

INSERTION - LOCATION - GERANCE

Suivant acte reçu par Maître Jean-Christian SEGURET, Notaire Soussigné membre

de la Société Civile Professionnelle « Jean-Christian SEGURET, Marie JOFFRE et

Philippe SARDA », titulaire d’un Office Notarial à la Résidence « GALAXIE », 51

Avenue du Général de Gaulle - 66000 PERPIGNAN, le 18 janvier 2010, enregistré à

POLE ENREGISTREMENT PERPIGNAN TET.

La Société dénommée CAFE DE PARIS, SARL dont le siège est à LE SOLER (66270)

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Vinça, dans les villages Rodés et Bouleternère, aux arrêts sur la RN116.

1 Avenue Victor Hugo, identifiée au SIREN sous le numéro 340410562 et immatriculée

au RCS de PERPIGNAN.

A CONFIE, à titre de location-gérance, A :

Monsieur Patrick Marcel GUERRIER, Chef d’entreprise, demeurant à PERPIGNAN

(66000) 206, Avenue Maréchal Joffre.

Célibataire.

Et Monsieur Daniel Victor Fernand CARDONA, Chef d’entreprise, époux de Madame

Bernadette MARTINS CARVALHO, demeurant à PERPIGNAN (66000), 21 Rue Jean

de la Fontaine. Un fond de commerce de débits de boissons, restaurant bar, limonadier,

exploitation de tous biens, brasserie, cafés sis à LE SOLER (66270) 1, Avenue

Victor Hugo, lui appartenant, pour une durée de 1 an à compter du 21 janvier 2010.

Tous les marchandises nécessaires à l’exploitation seront acquises par le gérant et

tous les engagements les charges dus à raison de l’exploitation du fonds seront

supportés par le gérant, le tour de manière que le bailleur ne puisse être ni inquiété

ni recherché à ce sujet.

Pour unique insertion

Le Notaire

COMMUNE DE CERBÈRE

23 avenue Général de Gaulle

66290 Cerbère

AVIS D'APPEL PUBLIC À CANDIDATURE

POUR UNE DÉLÉGATION DE SERVICE PUBLIC

(DSP)

SOUS-TRAITÉ D'EXPLOITATION POUR LA

PLAGE DE PEYREFITTE

Objet de la délégation: Dévolution d'un sous-traité d'exploitation pour la plage de

Peyrefitte, au titre de la concession de plage naturelle, attribuée à la commune de

Cerbère par arrêté préfectoral du 17 juin 2003.

Lot unique: Activité en rapport direct avec la plage et notamment des activités liées

aux bains de mer, sportives et ludiques. Location de matériel de plage (matelas,

parasols, etc.) et d'engins de plage non motorisés.

Redevance minimale par saison: 900 Euros

Superficie: 100 m2

Conditions de la délégation:

a) Procédure de la consultation: procédure normale de Délégation de Service Public

régie par les articles L.1411-1 et suivants du Code Général des Collectivités

Territoriales.

b) Durée du sous-traité: 2 ans, jusqu'au 31 décembre 2012, du 15 juin au 15 septembre

de chaque année.

Contenu du dossier de présentation des candidatures:

Les candidats doivent fournir tous les éléments permettant d'apprécier la manière

dont les activités déléguées seront proposées au public et les garanties profession-

sports

17

nelles et financières susceptibles d'être mises en œuvre en vue que soit assurée la

continuité du service public et l'égalité des usagers devant ledit service.

A cette fin, les candidats produiront les documents suivants:

Pièce 1: une lettre de candidature avec indication des moyens en personnel et matériel,

des références, des garanties professionnelles et financières.

Pièce 2: une déclaration sur l'honneur attestant que le candidat n'a pas fait l'objet

au cours des cinq dernières années d'une condamnation inscrite au bulletin n°2 du

casier judiciaires pour les infractions visées aux articles L.8221-1, L. 8221-2,

L.8223-1, L. 8241-1 et L. 8251-1 du code du travail.

Pièce 3: une attestation sur l'honneur, datée et signée certifiant le respect par le

candidat de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés prévues aux articles

L.5212-1 à L.5212-5 du code du travail.

Pièce 4: les attestations du candidat justifiant qu'il est en règle envers ses obligations

fiscales et sociales (justificatifs prévus par le décret n° 97-638 du 31 mai 1997

et l'arrêté du 31 janvier 2003 modifiés).

Pièce 5: une attestation sur l'honneur que le candidat n'est pas en état de liquidation

judiciaire et admis au redressement judiciaire au sens des l'article L.620-1 et

suivants du code de commerce ou à une procédure équivalente régie par un droit

étranger, sans justifier d'une habilitation à poursuivre son activité pendant la durée

de la délégation.

Pièce 6: une attestation sur l'honneur que le travail sera réalisé avec des salaires

employés régulièrement au regard des dispositions en vigueur du code du travail.

Pièce 7: bilans et comptes de résultat pour les trois exercices clos pour ceux qui ont

déjà exercé. Les nouveaux candidats en sont exemptés.

Pièce 8: Pour les sociétés: copie des statuts.

a- Modalités de remise des candidatures: les dossiers de candidature seront

envoyés sous pli recommandé avec Accusé de réception postal ou déposés contre

récépissé, à l'adresse suivante: Monsieur le Maire de Cerbère, Hôtel de Ville, 23 avenue

Général de Gaulle, 66290 Cerbère. Les dossiers seront remis sous double enveloppe,

l'enveloppe extérieure portera la mention "Délégation de Service Public pour

sous-traité d'exploitation" et l'enveloppe intérieure portant la mention "Nom du candidat":

"Candidature", contiendra l'offre de candidature accompagnée des pièces prévues

ci-dessus.

b- Date limite de dépôt des candidatures: le jeudi 04 mars 2010 à 16h00

Remise des offres: les candidats retenus par la commission seront admis à présenter

une offre d'exploitation sous la forme d'une proposition technique et financière

sur la base des projets de cahier des charges et de sous-traité d'exploitation approuvés

par le Conseil Municipal et y joindre le sous-traité d'exploitation dûment complété

ainsi que le plan détaillé d'exploitation.

- Délai de remise des offres : jusqu'au vendredi 19 mars 2010 à 16h00

- Critères d'examen des offres: Qualité des services, garanties financières, qualité

technique et esthétique, proposition financière.

- Durée de validité des offres: 120 jours, à compter de la date limite de remise

Les candidatures et les offres doivent être rédigées en français

Renseignements complémentaires: Secrétariat général de la Commune de Cerbère,

téléphone : 04.68.88.41.85

Date d'envoi à la publication: le 27 janvier 2010.


18 culture

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Perpignan

Campler. Bellini, Rossini, Donizetti,

Verdi... Les plus belles pages de

l’opéra italien. Dimanche 31 janvier

16h. Auditorium du conservatoire.

Sur scène, ce sont trois jeunes

artistes au talent exceptionnel, purs

produits du CRR Perpignan

Méditerranée, étudiants ou anciens

étudiants de Danièle Perriers, qui

ont été choisis pour aborder ce

répertoire béni des Dieux, accompagnés

au piano par Emilie

Benterfa.

Renseignements Campler

04.68.66.35.17 ou www.campler.fr

Tarif plein 18€ - Tarif

abonné 14€ - Tarif spécial 7€

Billetterie Espace Palmarium

(place Arago) Fnac - Carrefour -

Géant - Hyper U -

www.fnac.com

Heure musicale : Mélodies juives

avec un duo piano violoncelle.

Lundi 1er février,18h15, auditorium

du conservatoire.

Entrée libre dans la limite des places

disponibles.

El mediator. Tokyo Sex Destruction +

Révérend Cleophus & the 7 Sins.

Mercredi 3 février à 21h, club

Elmediator - 8€, 5€

Agathe Ze Bouse. Vendredi 5

février à 21h, club Elmediator

8€, 6€

Brigitte Fontaine. Samedi 6 février

à 21h, salle de spectacle

«Tout est dans le titre, ouais! On

est en 2009. Presque tout est interdit.

C’est très douloureux. Je suis

révoltée, plus qu’attristée. C’est la

prohibition, partout. Le rouge pour

naître à Barcelone, le noir pour

mourir à Paris…» Brigitte

Fontaine.

Tarifs (+ frais de loc): 22€ et

19€ abonné Elmediator,

Théâtre, Campler.

A l affiche

Rime aux Romarins - Théâtre de la

Rencontre. « Adiu, c'est Norbert ! »

Rime aux Romarins accueille le

Théâtre de la Corneille. Dimanche

7 février à 17h30 . Norbert, le

verbiliculteur s'en est allé sur son

cheval bleu en d'autres lieux, d'autres

paysages, mais il nous a laissé

ses textes, ses poèmes, ses conférences,

en français ou en catalan.

Le 7 février, c'est son anniversaire

et en plus c'est dimanche! Ce spectacle

est proposé par le Théâtre de

la Corneille dont il était le président

et avec qui il a créé «Un fil i una

canya», une pièce écrite à quatre

mains avec Gérard Jacquet, et par

Rime aux Romarins qui l'a plusieurs

fois programmé au Théâtre

de la Rencontre pour ses conférences.

D'après un montage de textes

de Monique Bellsolà et une mise en

scéne de Michel Picod. Récitants:

Monique Bellsolà, Cécile Moins,

Lisa Molina, Alain Chamot et Michel

Picod. Musique: Michel Maldonado.

Chant: Gisela Bellsolà.

Tarifs: plein 10 euros,

réduit 8 euros

Théâtre de Perpignan. Hamlet,

d’après Shakespeare, mise en

scène de Frédéric Borie.

Mardi 2 février à 20h30, mercredi

3 à 19h. Tarifs 15, 12, 10€

Tautavel

Tautavel-en-musique. François

Ragot avec le trio «Mare Nostrum

Musicae». Dimanche 7 février à

16h30

Le Palais des congrès de Tautavel

accueillera pour la première fois

une formation de Chambre des

Pays Catalans avec le trio «Mare

Nostrum Musicae» composé de

François Ragot, violoncelle, Eszter

Schütz, violon et Anna Besson flûte.

Programme: Gaspar Cassadó suite

pour violoncelle seul, prélude-fantasia,

intermezzo e danza finale.

Joseph Haydn trios de londrès: trio

n°1, trio n°2, trio n°3, trio n°4.

Anton Reicha variations sur un

thème de W.A. Mozart en sol

majeur, opus 51.

Réservation au 04.68.29.03.96

et 06.06.77.44.34

Tarifs: 10€, étudiants 8€ sur la

présentation de la carte, gratuit

pour les enfants de -de 12 ans

Le Carrefour des Artistes

«Les valises sur le pont: Ils

ont quitté l’Algérie.»

Palais des rois de Majorque - Perpignan. Jusqu’au 14 février.

L’histoire d’une traversée, d’un passage entre

l’Algérie, terre natale riche en souvenirs, et la France,

pays parfois inconnu. Une histoire entre deux rives.

Ouvert tous les jours de 9h à 17h. Vernissage le vendredi

29 janvier à 18h30.

Univers, univers

Bazaar Café. 4 bis, rue Amiral-Barera - Perpignan. Du

5 au 20 février.

Laura Ruiz expose des photos argentiques, en noir et

blanc, racontant la nouvelle vie d’un objet ayant subi

l’épreuve du feu. Valérie Madar présente des «illusions»

de collages, entre abstraction et réalité, aboutissant

à la construction de petits théâtres intimes.

Cette exposition donne l’occasion de visiter l’atelier

contigu de Caroline Cavalier. Les toiles ludiques, aux

couleurs printanières, sont empreintes d’un humour

qui fait mouche. Ouvert du lundi au samedi de 10h à

19h. Vernissage le vendredi 5 février à 18h30.

Nabili, les sentiers du rêve

Château royal - Collioure. Jusqu’au 31 janvier.

En partenariat avec le festival de cinéma «Maghreb,

si loin, si proche», cette exposition offre la possibilité

de plonger dans l’univers unique de l’artiste contemporain

qu’est Nabili et de ses voyages. Cet artiste

rend un véritable hommage au Maghreb: ses couleurs

chaudes, sa nature flamboyante ou encore

cette spiritualité si intriguante qui l’entoure. Grâce à

des peintures suggestives ou abstraites où la parole

vive a une place très importante -comme en témoignent

ses toiles ou son corps tatoué d’allégories et

de symboles énigmatiques-, ce peintre éveille, au

plus profond de nous-mêmes, une sensibilité inconnue

pour l’homme face à la Nature. Mohamed Nabili

n’est pas seulement un grand artiste débordant de

créativité, mais aussi un homme engagé, qui vient

d’achever la construction, au Maroc, d’une fondation

à caractère humanitaire. Ouvert de 9h à 17h.

Agusti Centelles

La Poudrière - rue François-Rabelais - Perpignan.

Jusqu’au 15 mars.

En février 1939, des centaines de milliers

d’Espagnols prennent le chemin de l’exil vers la

France, en franchissant à pied les cols pyrénéens.

Agusti Centelles est parmi eux. Après un passage par

Argelès, le célèbre photoreporter catalan (engagé dès

1936 aux côtés des Républicains) arrive au camp de

Bram, dans l'Aude, où il poursuit, dans des conditions

précaires, son activité de photographe. Ses

portraits et scènes de la vie quotidienne constituent

par Paul Hallenaut

un témoignage journalistique et artistique essentiel

sur cet épisode douloureux de la «Retirada». Ses

images, prises sur le vif, ne montrent pas seulement

le désarroi, la misère et le déracinement de ces réfugiés,

mais aussi la force de vie d’un peuple en marche.

«El camp de concentracio de Bram, 1939» est

une exposition exceptionnelle par la force et la qualité

du travail, ainsi que par le fait que ces photos

n’ont jamais été exposées en France avant leur passage

dans le prestigieux Jeu de Paume, à Paris.

Ouvert le mardi et le dimanche de 10h à 17h30.

10 e fête de l’Art

Centre culturel des Hospitaliers de Saint-Jean. Claira.

Jusqu’au 31 janvier.

À l’occasion de la Saint-Vincent, de nombreux artistes

clairanencs ont présenté, souvent pour la première

fois, des œuvres intéressantes. Ils entouraient

l’invitée, Audrey Riff, qui exposait pour la première

fois. Cette dernière a baigné dans l’art pictural dès

l’enfance, tant grâce à sa sœur aînée Caroline que

grâce à son père Jack Riff, dessinateur dont le trait

est aussi élégant qu’expressif. Cadette négligée par

les «grands», elle s’est réfugiée dans les disciplines

restantes: la sculpture et l’art floral. Les fleurs bariolées

et leurs couleurs somptueuses l’ont tout naturellement

incitée à se tourner vers la peinture. Elle veut

du brut, du concret, de la fantaisie, lâcher son trait et

ses couleurs, de l’humour qui est le sel de la vie. Elle

veut peindre l’émotion, l’ailleurs et les voyages. À ce

propos, elle présente, à cette expo, un étonnant carnet

de route qui sort des sentiers battus, évoquant

un Maroc insolite.

Christine Costesèque

Galerie Odile Oms. 12, rue du Commerce - Céret.

Jusqu’au 21 mars.

Christine Costesèque est née à Port-Vendres en

1957. Selon la galerie, «en refusant les surfaces du

monde, elle affirme l’indépendance de la peinture et

de l’image… S’il n’y a pas de finalité programmée,

cela ne manque pas de sens. C’est au “regardeur” de

déchiffrer la lettre, le mot et le propos pour, peutêtre,

entendre le doux murmure du lâcher prise de

l’être.» Vernissage le vendredi 5 février à 18h.

Framboise Hautemanière

Bistrot des Crus. 63, avenue du Général-Leclerc -

Perpignan. Jusqu’au 28 février.

Framboise Hautemanière expose une douzaine de

toiles hyperréalistes, sur deux thèmes, les caves à

vin et les bâches, cordes et filets de pêche. Ces peintures

témoignent de la maîtrise et du talent de l’artiste

pour délivrer une vision intensifiée et densifiée

de ce qu’elles représentent. Vernissage le vendredi

29 janvier à partir de 19h.

Les charmes du Vietnam

Chapelle basse. Couvent des Minimes - Perpignan.

Vernissage de l’exposition le vendredi 5 février à 18h.

Jardin d’hiver

Maison Secall, place du Maréchal-Joffre - Torreilles.

Jusqu’au 30 janvier.

Cette exposition réunit les œuvres d’une vingtaine

d’artistes peintres amateurs de la commune. Ouvert

du mardi au samedi de 15h à 19h.


N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

«Maghreb, si loin, si proche» à Elne. Hommage

à René Vautier

À 11h, présentation de films réalisés

par des collégiens (collège Langevin à

Elne et collège Pons à Perpignan) et

performance lightgraph de Benjamin

Le Brun et Karim Brahim

À 14h30, hommage à René Vautier:

Il est le «parrain» de la salle de

cinéma d’Elne, qui porte son nom. Il

est surtout un grand cinéaste documentariste,

dont l’engagement contre

le colonialisme, le capitalisme, le

racisme ou l’extrême droite marquent

le cinéma depuis plusieurs décennies.

Il sera parmi nous le samedi aprèsmidi,

dans un temps de rencontre

autour des films suivants:

«Vous avez dit: Français?» autour

d’un sujet d’actualité… la citoyenneté

en France.

«Le dur désir de dire», d’Alain d’Aix,

portrait de René Vautier.

À 20h, la «grande soirée»… ou

quand le festival est aussi une fête!

Couscous géant, défilé de mode et DJ

Tho-Kiery et VJ Olivier Tridon, pour

Samedi 30 janvier:

danser jusqu’au bout de la nuit, seront

au menu de ce rendez-vous incontournable

du festival.

Les films du festival au

cinéma Vautier:

Vendredi 29 janvier à 21h:

«CasaNegra», de Nour-Eddine

Lakhmari, en sa présence.

culture

Image’In. 30es Rencontres

du court métrage de Cabestany

Du 4 au 7 février au centre culturel

Casa Negra

La soirée d’ouverture, jeudi 4 février à 21h, sera consacrée à la

«Mémoire de notre département».

Projection, en avant-première, de «La valise égarée», de Paul

Rousset: 70 ans après la Retirada, Germaine Dalle Luche et

Nuria Arabia retrouvent le propriétaire de la valise égarée par un

exilé républicain espagnol.

«1910-2010, L'aventure du Train jaune», de Patrick Boudet.

Témoignages et documents retracent l'épopée du Train jaune.

Vendredi 5 février à 18h30 aura lieu le vernissage de l'expo

photos d'Étienne Conte, Claude Belime, Marc Ferro, suivi de la

présentation des Rencontres et d’un apéritif offert par la Ville de

Cabestany.

Les projections auront lieu vendredi 5 février à partir de 21h et

samedi 6 février: séances à 9h30, 15h, 21h. Gâteau d'anniversaire

en fin de soirée. Les trente-huit courts métrages projetés se

divisent selon les genres suivants: fiction, documentaire, reportage,

animation, art vidéo, regard semi-professionnel. La matinée

du samedi 6 sera consacrée à la jeune création.

Dimanche 7 février, à 10h, forum réalisateurs et public. Apéritif

offert par Image'In. À 15h, palmarès et projection des films primés.

Vin d'honneur offert par la Ville de Cabestany.

Le jury, présidé par Joanna Bruzdowicz, compositrice de musique,

sera composé de: Emmanuel Gust, réalisateur cinéma et TV

(«Plus belle la vie»), producteur publicité; Jérôme Quaretti,

directeur des cinémas Rive gauche et Castillet; Emmanuel Saint-

Réal, cinémathèque Institut Jean-Vigo, responsable section

audiovisuel du lycée Picasso; Emmanuel Dubois, réalisateur.

Image’In (association loi 1901), 2 impasse Jean-Sébastien-Pons,

66330 Cabestany.

Samedi 30 janvier à 17h: «Permis

d’aimer» de Rachida Krim, en présence

de Fejria Deliba, actrice.

Dimanche 31 janvier à 14h30: «Dans

le regard de l’autre», de Daniel

Kupferstein, en sa présence. À 16h30:

«Amours voilées», de Abdelaziz

Salmy, en sa présence.

Tarifs: un film 4€. Couscous 8€.

Institut Jean-Vigo

Torch Song Trilogy

Mardi 2 février à 19h, salle Marcel-Oms

19

Milieu des années 1970. Arnold enchante les

foules d'un cabaret new-yorkais, travesti en

chanteuse, sous le nom de Virginia Hamm. Juif et

homosexuel, il a du mal à faire accepter à sa

mère les fantaisies de son mode de vie. Un soir,

il rencontre Ed, son premier véritable amour.

Mais celui-ci s'avère être un bisexuel, qu'il se

partage avec une femme! Un an plus tard,

Arnold se console dans les bras d'Alan, jeune

amant tendre, jusqu'à un nouveau bouleversement…

En 1982, l'acteur et metteur en scène Harvey

Fierstein rencontre un immense succès sur les

planches de Broadway avec «Torch Song

Trilogy», pièce largement autobiographique de

plus de quatre heures.

Six ans plus tard, il adapte lui-même, avec talent,

son travail pour le grand écran. «Torch Song

Trilogy», film drôle et poignant, vaut pour sa

vision du New York gay des années 1970 et surtout

son casting explosif: si Harvey Fierstein

excelle en folle tragique, le alors tout jeune

Matthew Broderick et l'immense Anne Bancroft

lui donnent brillamment la réplique.

Vingt ans après sa sortie, par ses éclats d’humour

et d’amour, par sa capacité à nous faire

percevoir, avec pudeur, le tragique de l’existence

et à traiter de la différence avec ouverture et

humanisme, «Torch Song Trilogy» reste, plus que

jamais, une grande œuvre militante universelle.

Arsenal, 1 rue Jean-Vielledent, Perpignan

Renseignements - tarifs: 04.68.34.09.39.

Site: www.inst-jeanvigo.eu

«Balade en terre d'artistes»

Les inscriptions ont démarré!

La 7e édition de «Balade en terre d’artistes» se

déroulera les samedi 15 et dimanche 16 mai

sur tout le territoire départemental.

Comme les années précédentes, cette manifestation

s’inscrit dans une politique de valorisation

de la création contemporaine. Elle vise à favoriser

la rencontre avec les artistes dans le lieu le

plus intime de leur création, l'atelier.

Peintres, sculpteurs, verriers, céramistes, potiers,

photographes… tous ceux qui souhaitent ouvrir

leurs portes au grand public sont invités à s’inscrire

avant le 18 février. Un bulletin est téléchargeable

sur le site du Conseil général

(www.cg66.fr).

Pour plus d'infos : Direction du patrimoine et

de la catalanité. Tél. 04.68.08.29.33.


20 in memoriam

N°3350 - Semaine du 29 janvier au 4 février 2010

Décès d’Ursula Vian-Kübler

Ursula Vian-Kübler, vice-présidente de la Fond'action Boris Vian, coprésidente artistique

des «Nits de canço i de musica a Eus», est décédée la semaine dernière.

Épouse de

Boris Vian, Ursula est née dans une

famille d'artistes. Son père, Arnold

Kübler, citoyen helvétique, rédacteur en

chef et créateur de la célèbre revue

suisse «Du», est acteur, journaliste et

écrivain, grand prix national des lettres

de la ville de Zurich. Sa mère, Alva

Kübler Giertz, Suédoise, est professeur

d'éducation physique et enseigne le tennis.

Ses frères exercent aussi des professions

artistiques.

Ursula entre dans la danse dès son plus

jeune âge, étudie le piano, entre à

l'opéra de Zurich, où elle danse dans de

nombreuses créations. Après un séjour

en Suède, elle arrive à Paris et y rencontre

Maurice Béjart, dont elle danse toutes

les premières créations. Elle est

Le théâtre de Perpignan

Hasard du calendrier ou non, le théâtre offrait deux spectacles

dans la même semaine, aussi différents que possible,

accueillant chacun un public nombreux, dont beaucoup

de jeunes.

© Jean Tremblay

Les Ballets jazz de Montréal, pour commencer, avec une

soirée dédiée à la chorégraphe Aszure Barton et deux

pièces, «Jack in a box» et «Les chambres de Jacques».

Au centre, donc, un quidam, improbable, concentré d'humanité,

censé exprimer le tourbillon de la vie, lui seul, lui

et les autres… Cela s'enchaîne à un rythme trépidant, se

contorsionne allègrement, va et vient, virevolte sur des

musiques, sympathique pot-pourri où voisinent Vivaldi,

rock, Canadiens et romantiques. C'est séduisant car pétri

d'humour, tant au niveau des costumes que de la gestuelle.

Dans la première pièce -la plus enlevée-, les danseurs

semblent une joyeuse bande de boy-scouts en short

marine et chemise bleu pâle. Dans la seconde, caracos

en broderie anglaise et corsets colorés, pour une écriture

chorégraphique sans doute moins limpide, néanmoins

remarquée par Roland

Petit, qui l'engage dans les Ballets de

Paris, dont elle devient première danseuse.

Elle participe à une tournée en

Europe et aux USA avec «Carmen».

Elle rencontre Boris Vian chez Gallimard

et devient sa femme en 1954.

Après avoir dansé et chanté dans diverses

compagnies de spectacles, elle reste

auprès de Boris Vian, malade, de 1957 à

1959, et elle reprend sa carrière au

décès de l'écrivain. Elle chante notamment

Brecht et Kurt Weil chez Maurice

Béjart et joue au cinéma avec Louis

Malle, Pierre Kast, Agnès Varda, Pierre

Prévert, Yannick Bellon, Roger Vadim.

Sa personnalité artistique peu commune

en a fait une figure recherchée par les

réalisateurs de télévision, Vicky Baum,

Jean-Christophe Averty, Pierre Koralnilk,

Jacques Rozier -avec «Ni

figue ni raisin». Au théâtre, elle se produit

dans des créations de Henri

Michaux, Francis Blanche, Léonor Fini et

tient le rôle de Titania dans «Le songe

d'une nuit d'été», de William

Shakespeare, monté par Ariane

Mnouchkine au cirque Medrano à Paris.

Ensuite, Ursula Vian-Kübler se consacre

à la diffusion des œuvres de feu son

mari Boris Vian. Elle crée, avec M.

D'dee, la Fond'action Boris Vian, dont ils

sont les deux présidents fondateurs perpétuels,

et les «Nits de canço i de

musica a Eus», qui attirent chaque été, à

Eus, de nombreux visiteurs et y accueillent

des artistes proches aussi bien que

célèbres, chanteurs, musiciens, poètes,

comédiens, autour d’œuvres du monde

entier.

Ursula Vian-Kübler était aussi «régente»

au Collège de pataphysique.

Faste semaine

Ballet jazz et Duras, chacun pouvait trouver son bonheur.

roborative en diable.

Registre nettement plus sombre, samedi soir, avec

«L'Amante anglaise», de Marguerite Duras, mis en scène

par Marie-Louise Bischofberger. Pas l'ombre d'une

amoureuse britannique là dedans, mais un calembour

homonymique, référence à un plante, la menthe

anglaise, abondante dans certains jardins et, notamment,

celui où la pauvre héroïne de la pièce passe le plus

clair de son temps.

Aux origines de cette œuvre, un fait divers: la découverte,

en 1949, de morceaux de corps humain dans

divers wagons de trains de marchandise, qui a suffisamment

fasciné Marguerite Duras pour qu'elle en fasse l'argument

d'une pièce de théâtre. Claire Lannes a tué sa

cousine, sourde et muette, l'a découpée en morceaux et

mis ceux-ci dans des wagons. Tous ont été trouvés, sauf

la tête, qu'on ne trouvera jamais. Quant au pourquoi, la

criminelle est incapable d'apporter le moindre éclaircissement

sur ce point.

Le texte est d'une banalité glaçante, comme la scène,

nue. Au fond, un mur de fer sur lequel sont projetées, par

moments, des images ferroviaires. Un décor d'un

dépouillement extrême, une table et deux chaises, vision

implacable et oppressante du système judiciaire. Tout,

bien sûr, va passer par les acteurs, trois, grandioses, intervenant

en duo dans chaque acte: l'interrogatoire du

mari, puis celui de la femme. André Wilms, l'interrogateur,

voix superbe et belle prestance, s'acharnant désespérément

à comprendre, excuser, presque, indiscutablement

sous le charme de Claire, moins indulgent avec

Pierre, le mari. Lui, c'est Ariel Garcia Valdès, remarquable

d'ambiguïté, costume gris, ramassé sur lui-même, se

dévoilant peu à peu, comme à regret, acculé à avouer

© Pascal Gely

Dédié

à Ursula, le beau

poème de Boris Vian, «Berceuse

pour les Ours qui ne sont pas là».

«Oursi Ourson Ourzoula

je voudrais que tu sois là

que tu frappes à la porte

et tu me dirais c’est moi

devine ce que j’apporte

et tu m’apporterais toi.

C’est dimanche il est 8 heures

et je ne veux pas sortir

et je m’ennuie à mourir

alors je t’écris mon ange

une chanson du dimanche

une chanson pas très drôle

mais on y ajoutera

mardi soir un grand couplet

viens dormir sur mon épaule

et on ne dormira pas.»

Boris Vian. 1951

qu'après tout, oui, il aime sa femme. Ludmila Mikaël,

enfin, lumineuse, mutine, sidérante dans l'aveu d'un

crime inexplicable, laissant entrevoir l'immense vacuité

d'une vie, la perte d'un amour ancien, sans jamais paraître

affectée de rien, sans cesse au bord de l'abîme. Du

grand art.

N.G.

Prochain rendez-vous

Mardi 2 février à 20h30 et mercredi 3 février à 19h,au

théâtre municipal, «Hamlet», d'après William

Shakespeare, mise en scène de Frédéric Borie.

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