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L E M A G A Z I N E D U R É S E A U D E S I N G É N I E U R S D U Q U É B E C VOL. 1 NO.3 > PRINTEMPS 2009

LE GINSENG

Une panacée ?

L’ÉNERGIE ÉOLIENNE

Un nouveau souffl e

DES VÉLOS

made in Quebec

I n g é n i e r i e >

S o c i é t é >

S o r t i e s >

M o d e >

C u l t u r e >

V o y a g e s >

LA TERRE

À S E S P I E D S

Julie Payette, ing.


Ce n’est pas une question d’innovations.

C’est une question de possibilités.

La liberté se manifeste sous plusieurs formes. Chacune des innovations de la nouvelle BMW de Série 7 est née

de cette philosophie. C’est pourquoi le système de vision nocturne de BMW avec reconnaissance des piétons

ne fait pas que repérer les personnes dans un rayon de 300 mètres. Il fait la lumière sur tous les détails de la route

sur laquelle vous roulez. Le régulateur de vitesse actif ne se contente pas de surveiller et d’adapter la vitesse

afin de maintenir automatiquement une distance sécuritaire avec le véhicule qui précède. Il veille sur vous.

Après tout, des innovations aussi intuitives offrent la possibilité d’une conduite plus agréable, avec l’assurance

que I’intelligence de votre voiture est au travail. La nouvelle Berline BMW de Série 7. L’affirmation.

©2009 BMW Canada inc. « BMW », le logo BMW, tous les noms de modèles BMW et toute autre famille de marques, d’images et de symboles relatifs à BMW sont

la propriété exclusive et/ou des marques déposées de BMW AG utilisées sous licence.

La nouvelle

BMW de Série 7

750i

750Li

bmw.ca

Le plaisir

de conduire. Md


AVIS IMPORTANT

À TOUS LES MEMBRES

DU RÉSEAUIQ

Fin abrupte du partenariat avec la Banque Nationale

Il y a quelques semaines, nous vous annoncions que la Banque Nationale avait rompu

unilatéralement son partenariat de 20 ans avec le Réseau des ingénieurs du Québec.

Ce partenariat d’affaires, entrepris en 1989, permettait d’offrir aux ingénieurs des

conditions avantageuses de crédit, d’hypothèque et de frais bancaires. En retour,

la banque appuyait les efforts du RéseauIQ en versant annuellement une redevance

calculée en fonction du volume d’affaires généré par les membres.

Grâce à ces redevances, le RéseauIQ, qui ne perçoit aucune cotisation de ses

membres, ni contribution de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), a pu développer

ses services, promouvoir les intérêts des ingénieurs et verser chaque année des sommes

importantes à l’OIQ pour soutenir sa mission.

Malheureusement, en septembre dernier, parce qu’elle croyait notre clientèle

acquise, la Banque Nationale nous annonçait son intention de rompre, avant

échéance, ce partenariat. Nous avons alors cru, en toute bonne foi, pouvoir renégocier

un nouveau contrat, mais la Banque a persisté dans sa volonté de nous couper

les vivres et de ne pas reconnaître à sa juste valeur la contribution du RéseauIQ et

de ses membres.

Nous avons donc intensifié nos efforts pour conclure avec une autre

institution financière un partenariat avantageux pour nos membres, permettant

au RéseauIQ de jouer pleinement son rôle. Les actions sont déjà bien engagées à cet

égard, mais il est trop tôt pour faire quelque annonce que ce soit.

Nous vous demandons donc, personnellement, de vous préparer à poser

un geste de solidarité et de promotion de nos intérêts collectifs, en favorisant le futur

partenaire d’affaires du RéseauIQ.

Je veux vous assurer que nous entendons bien faire de ces malencontreux

événements une opportunité de pousser encore plus loin la qualité des services financiers

qui vous sont offerts, d’élargir la palette de services et même d’ajouter à la force de

notre groupe en développant notre clientèle. Nous vous tiendrons évidemment

informés rapidement de la suite des événements.

Solidairement,

Etienne Couture, ing.

Président


AVEZ-VOUS PRIS

LE TEMPS DE LIRE

LE MESSAGE

AU RECTO ?


R É D A C T E U R E N C H E F

Guy Arbour, ing.

R É D A C T R I C E A D J O I N T E

Monique Crépault

C O L L A B O R A T E U R S

Bernard Brault, Charlotte Blouin-Arbour, Francis

Brière, Dominique de Pasquale, Philippe

Gauthier, Jacques Goldstyn, Diane Grenier,

Guillaume Jousset, Josée Larivée, Alain McKenna,

Éric Ménard

P H O T O G R A P H E S

Bernard Brault, Joane McDermott, Evan Lee,

René de Carufel

R É V I S E U R E

Johanne Hamel

C O N C E P T I O N G R A P H I Q U E

Magma design inc.

V E N T E S

Michele Marotta > 514 655 6752

Catherine Martineau > 416 682 3493

Stéphanie Massé > 514 476 1171

Vincent Noël > 514 824 7191

P U B L I C I T É

Geneviève Pepin

514 631-6550 > 1 866 631-6550, poste 231

A D M I N I S T R A T I O N

E T F I N A N C E S

Patricia Petit

514 631-6550 > 1 866 631-6550, poste 227

I M P R I M E U R

Solisco

D I S T R I B U T I O N

Traitement Postal Express

I N T E R N E T

www.reseauIQ.qc.ca

I M A G I N E

Une publication du Réseau

des ingénieurs du Québec

1001, blvd.de Maisonneuve Ouest, bureau 200

Montréal, Qc H3A 3C8

514 845 9664 > 1 866 845 9664

PRÉSIDENT • Etienne Couture, ing.

DIRECTEUR SERVICE DES COMMUNICATIONS-

MARKETING • Marc Daigneault

C O N T A C T E Z - N O U S

imagine@imaginemag.ca

Une production du Groupe Auto Journal

1730, 55 e Avenue, Lachine, Qc H8T 3J5

> 514 631 6550 > 1 866 631 6550, poste 221

PRODUCTION • Geneviève Pepin

ADMINISTRATION ET FINANCES • Patricia Petit

PRÉSIDENT DU CONSEIL • Pierre Crépault

ÉDITEUR • Michel Crépault

IMAGINE est publié 4 fois par année par le Réseau

des ingénieurs du Québec. Tous droits réservés. Toute

reproduction intégrale ou partielle est interdite sans le

consentement écrit de l’éditeur.

ISSN 1918-3933 Imagine

Dépôt légal - Bibliothèque et Archives Canada, 2008

MOT

DE

L’ÉDITEUR

>

L’ÉN E RGIE

DU PR I NTE M PS

Cette année, il n’y a pas que la neige qui aura fondu au soleil. Nos portefeuilles aussi

auront pris toute une dégelée. La situation économique actuelle a de quoi nous

faire réfl échir sur la façon dont les décisions ont été prises au cours des dernières

décennies. Ainsi, les solutions qui nous permettront d’en émerger devront être basées sur

des éléments foncièrement différents. J’aimerais en porter quelques-uns à votre attention.

Les importants investissements pour des travaux d’infrastructures annoncés par

les différents gouvernements devraient stimuler l’économie dès ce printemps. Encore

faut-il que ces sommes soient dépensées ici et qu’elles profi tent aux Québécois en leur

fournissant du travail, mais aussi aux ingénieurs du Québec, sinon l’exercice nous mènera

non seulement à un défi cit budgétaire, mais également à un défi cit de savoir-faire.

L’expertise reliée à notre situation géographique et à nos conditions climatiques est

d’intérêt national et doit être conservée ici.

C’est aussi le moment de miser sur le génie québécois en matière de développement

durable, puisque toute la planète en sera bientôt dépendante ! Pensons à redéfi nir la façon

de concevoir les ouvrages pour qu’ils soient autosuffi sants et producteurs d’énergie.

Dès la reprise économique, on peut s’attendre à une raréfaction des ressources énergétiques,

surtout celles liées au pétrole et qui coûtent près de vingt milliards de dollars par année aux

Québécois pour leurs achats de véhicules et de combustible. Cette dépense constitue un défi cit

majeur pour le Québec, et la baisse des prix du pétrole de cet hiver n’est qu’un petit sursis.

Les ingénieurs sont les mieux placés pour participer à l’amélioration des pratiques

de gestion et à l’évolution des fondements qui mènent à des décisions durables. Tous les

conseils d’administration doivent s’assurer de la présence d’ingénieurs autour de leur

table pour que leur expertise technique et pragmatique puisse mettre en perspective

les informations fi nancières et juridiques qui, à elles seules, demeurent insuffi santes.

Je vous souhaite une bonne lecture du présent numéro d’Imagine, qui vous

en apprendra sur la passion des Québécois pour le vélo et vous convaincra qu’il

est possible de construire un viaduc en 24 heures… Tout un défi !

Etienne Couture, ing.

> Éditeur

> president@reseauIQ.qc.ca

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S O M M A I R E

I m a g i n e

V o l . 1 N o . 3

P r i n t e m p s 2 0 0 9

GÉNIE — Des champs d’éoliennes

Un vent québécois souffl e sur cette énergie verte.

SOCIÉTÉ — Des vélos québécois haut de gamme :

une affaire de passion.

PROFIL — Julie Payette, ing.

La célèbre astronaute canadienne repart vers le ciel.

DÉFI — Installer un viaduc en… 24 heures!

Une solution à la congestion?

GÉNIE — Une chaleur propre, propre, propre

Un Québécois innove en fait d’effi cacité énergétique.

C h r o n i q u e s

PAUSE

GADGETS ET TECHNO — Les incontournables gadgets 2009.

SPORT EXTRÊME — Le sauvetage sportif :

un sport aussi extrême qu’utile.

SANTÉ — Le ginseng québécois, le meilleur de tous.

MOTOS — Comment avoir du style sur deux roues.

MODE — Philippe Dubuc : un homme à la mode.

DÉGUSTATION — Les vins de la relève.

VOYAGES — Le Machu Picchu, pour fouler l’histoire.

SORTIR — Boîtes branchées et sorties printanières.

AUTOMOBILE — Les meilleures 2-litres.

BD — La loi de Murphy.

À SUIVRE


PAUSE WEB

WEB

INFOS

>

par

Monique Crépault

8

186

MILLIONS

DE SITES…

C’est ce que comptait

la Toile à la fi n

de 2008, selon une

étude de la fi rme

Netcraft, un taux de

croissance de 17 %

par rapport à 2007.

Le nombre de sites

a quand même doublé

depuis la fi n de

2005, alors qu’on

en dénombrait

75,3 millions.

PAS DOUÉ POUR LA GUITARE ?

ESSAYEZ LA BATTERIE !

Pour cela, il suffi t d’enfi ler un t-shirt Drum Hero. Conçu par la

compagnie Think Geek, le t-shirt est doté d’un haut-parleur et

d’un pavé tactile sur lequel on frappe pour simuler le bruit d’une

batterie. Le t-shirt produit sept sons différents et se vend 30 $

(sans piles). On peut même le laver : il suffi t d’enlever les

accessoires au préalable.

youtube > Electronic Drumkit T-Shirt

Exclusively from ThinkGeek > 1 min 13

300 MILLIONS D’INTERNAUTES CHINOIS,

OU PRESQUE

Selon le Centre chinois d’information sur Internet, en 12 mois,

le nombre d’internautes chinois a augmenté de 41 %, passant

de 210 millions à 298 millions, un chiffre semblable à la population

des États-Unis, ce qui n’empêche pas un milliard de Chinois

de ne pas encore avoir accès à Internet. L’étude note aussi une

augmentation de 133 % du nombre de Chinois qui accèdent à

Internet grâce à leur cellulaire. Ils sont près de 118 millions

à le faire, soit un cinquième du nombre total d’abonnés

de téléphonie cellulaire (633,8 millions).

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S O M M A I R E

LE PALMARÈS YAHOO!

CANADA DES RECHERCHES

EN LIGNE

En ces temps incertains, c’est l’horoscope

qui rafl e la première place du palmarès

des recherches en ligne au Québec

tandis que RuneScape, un site de

jeux de rôles, remporte la palme

au Canada. Parmi les recherches « sportives

» les plus effectuées au Québec,

on trouve sans surprise la LNH en tête

de peloton. Les autres sujets de recherche

les plus fréquents au Québec en 2008

étaient : Céline, Heath Ledger, Occupation

double, Loft Story et Le banquier.

MOINS D’INTERNET

EXPLORER, PLUS DE SAFARI,

FIREFOX OU CHROME

Les internautes délaissent de plus en

plus Internet Explorer au profi t d’autres

navigateurs web tels que Safari, Firefox ou

Chrome. En décembre dernier, 68 % des

internautes utilisaient Internet Explorer,

comparativement à 70 % en novembre et

71 % en octobre. Vingt et un pour cent des

internautes ont utilisé Firefox en décembre,

soit une augmentation d’un demi pour

cent par rapport au mois précédent.

Le tout nouveau Chrome de Google a

atteint le seuil de 1 % pour la première fois.

LA SOURIS A 40 ANS

À l’automne 1968, l’ingénieur Douglas

Engelbart présentait le premier modèle

de souris complètement fonctionnel

lors de la conférence d’informatique

de San Francisco. Appelée alors « indicateur

de position X-Y pour dispositif

à affi chage », cette souris disposait de

deux roues percées qui mesuraient les

déplacements et les transcrivaient en

informations électriques grâce à un

dispositif optoélectronique. Ces roues

se sont par la suite retrouvées à l’intérieur

de la souris, accolées à une boule qui

glissait sur un tapis. L’encrassage de

l’électronique interne que créait la boule

en ramassant la poussière a relégué la souris

à boule aux oubliettes. La souris optique

a pris la relève, mais on prédit maintenant

sa disparition d’ici cinq ans au profi t

d’interfaces tactiles, comme celles que

l’on trouve dans les versions d’essai

de Windows 7, successeur de Vista.

> www.clubic.com/actualite-177524interface-tactile-windows-7-seven-ecrantactile.html


ecarrieres.com


PAUSE WEB

DE L’IMPROVISATION BIEN RODÉE

> improveverywhere.com

Le groupe Improv Everywhere de New York crée depuis 2001

des improvisations extérieures dans le seul but de sortir les

gens de leur routine. Que ce soit en improvisant une comédie

musicale sur une terrasse publique, en faisant retentir simultanément

dans une librairie une symphonie de sonneries de

cellulaires ou encore en incitant des centaines de personnes

à s’immobiliser pendant de longues minutes en plein Grand

Central Station, Improv Everywhere ne change pas le monde,

mais donne envie d’en faire partie !

Quelques suggestions de clips d’Improv Everywhere

qui sont devenus quasiment viraux sur le net :

1. Food Court Musical > 3 min 44

2. Frozen Grand Central > 2 min 18

3. The MP3 Experiment 5 > 2 min 45

D i d y o u k n o w ?

youtube > did you know 2.0 > 8 min 19

En 2006, Karl Fish, un professeur du Colorado, a préparé une

présentation PowerPoint pour une réunion d’école. Son succès

fut tel qu’elle en est depuis à sa troisième version. Did you

know nous apprend entre autres qu’il existe 540 000 mots dans

la langue anglaise, soit cinq fois plus que dans le temps de

Shakespeare. Ou encore qu’en 2005, un couple marié sur huit

s’était rencontré en ligne.

1 0

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DES CLIPS

Improvisation sur demande

youtube > the t mobile dance > 2 min 41

Les bonnes idées ne passent généralement

pas inaperçues dans le

monde de la publicité. C’est ainsi

que les têtes pensantes derrière

une récente publicité de la compagnie

britannique de téléphonie

sans fi l T Mobile se sont délibérément

inspirées d’Improv Everywhere et de Frozen Grand Central.

Tout aussi réjouissant que l’original et un peu plus endiablé…

L’art de voir

youtube > test your awareness: do the test > 54 s

Le clip a été réalisé pour Transport

for London afi n de soulever l’intérêt

du public envers la protection

des cyclistes. On se laisse prendre

au jeu, c’est le cas de le dire, et

c’est comme ça qu’on ne voit pas

l’essentiel. On fait le test et on se

jure de prêter un peu plus attention autour de soi !

L’effet papillon à la mesure du génie

> http://ohhyyo.multiply.com/video/item/1

brio, on admire et on s’incline.

Trou noir et mise en abîme

youtube > the black hole > 2 min 49

Un vrai suspense que cette vidéo.

Un écrou roule, en frappe un

deuxième plus gros et commence

une aventure qui nous tient en haleine

pendant deux minutes, jusqu’à

sa conclusion. Oui, c’est une pub,

mais quand c’est fait avec autant de

Un jour, on fait une photocopie,

et voilà que la photocopieuse nous

renvoie une feuille toute blanche

avec un gros trou noir au centre.

Un objet placé dessus ce trou

noir disparaît, une main qui

y entre franchit toutes les

frontières physiques, on va de découverte en découverte, jusqu’à

ce que… Un clip qui démontre avec brio l’importance de

soigner sa chute…

photo : Chad Nicholson


... ET DES CLICS

Pour les amants de la langue française

> www.ccdmd.qc.ca/fr

Comment écrit-on le code postal sur une enveloppe ? Comment

s’adresse-t-on à quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Dit-on produit

« de blanchiment » ou « de blanchissage » ? Mettre l’emphase,

c’est un anglicisme ? Pour le savoir, on s’amuse à vérifi er notre

ignorance sur le site des jeux pédagogiques du Centre collégial

de développement de matériel didactique (CCDMD) :

Pour les Indiana Jones de ce monde

> www.comebackalive.com

Le site Comebackalive.com se spécialise dans le recensement

des endroits les plus dangereux sur la planète. La section

Dangerpedia donne la liste alphabétique de tous les pays du

monde, commentés par des voyageurs aguerris, tandis qu’une

autre, Dangerous Place, présente la carte du monde répartie

selon les endroits où l’on n’hésiterait pas à emmener notre

grand-mère ou qui pourraient devenir notre dernier voyage.

Pratique pour qui sort des sentiers battus.

Poissons ou poisons

> www.seachoice.org

Paraît qu’il faut en manger pour rester en santé, mais pas

n’importe lesquels. Alors pour savoir quels poissons choisir

ou lesquels éviter, on se rend sur le site Seachoice.org et on

consulte une liste exhaustive des poissons triés en vert, jaune

ou rouge selon leur degré de nocivité, liste téléchargeable.

JEUX

EN

LIGNE

>

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Un jeu pour le vendredi

après-midi

> www.armorgames.com/

play/2858/gravitat

Quand on a le cerveau ramolli par une

semaine de dur labeur, on joue à

Gravitat. Encore là, le but du jeu est

simple : il faut faire des lignes de trois

éléments identiques dans un tableau

qui tourne entre chaque clic. Une bonne

mesure d’anticipation est conseillée.

Quand on n’en peut plus, c’est qu’il est

temps de partir pour le week-end.

1 1


PAUSE WEB

À LIRE

À ÉCOUTER

> www.myspace.

com/jimmydarling

1 2

Le phénomène Millénium

Vos prochaines vacances, je vous les souhaite longues, question d’avoir le temps de lire (ou

de relire !) les trois tomes de la trilogie suédoise Millénium (chaque tome fait 600 pages et

compte 2,5 millions d’exemplaires vendus). Les titres à eux seuls sont des épopées : Les

hommes qui n’aimaient pas les femmes, La fi lle qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une

allumette et La reine dans le palais des courants d’air. d’air

Avec ses personnages inusités et ses intrigues amoureuses, sociales et

politiques aussi subtiles qu’intelligentes, Millénium est une captivante addiction qui

a à ce jour atteint près de neuf millions de personnes, mais qui, malheureusement pour tous

ces lecteurs affl igés, en fi nira là : l’auteur, Stieg Larsson, est mort peu après avoir remis les

trois manuscrits de la trilogie à son éditeur. Et c’est là que le réel dépasse

la réalité, à moins que…

La rumeur veut qu’Eva Gabrielson, la compagne de Larsson, ait mis à l’abri un

quatrième manuscrit après la mort de l’auteur. D’autres rumeurs, par contre, affi rment qu’il

n’existe pas de quatrième tome (soupir).

Et le fi lm ...

Quant au fi lm tiré du premier tome, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, les Suédois

en ont eu la primeur en février dernier, les Français le verront en mai, mais aucune date n’est

encore fi xée pour la sortie québécoise.

La géniale hacker suédoise est interprétée par Noomi Rapace, une jeune actrice de

29 ans que les Suédois ne connaissaient pas plus que vous et moi avant ce fi lm,

tandis que le héros, Mikael Blomkvist, est incarné par Michael Nyqvist, un acteur

apprécié en Suède. Selon la critique suédois, Rapace donne une force et une vie incontestable

au personnage de Lisbeth Salander, mais l’éloge ne s’étend pas jusqu’à son partenaire

masculin. Même si l’on reproche au réalisateur d’avoir simplifi é l’histoire en misant plus sur la

violence que sur l’amour, tous s’entendent néanmoins pour déclarer que le fi lm vaut le détour !

Jimmy Darling’s Last Days in Wonderland

J’ai entendu le nom par hasard, et voilà que depuis j’écoute ad

nauseam, l’album totalement étonnant (et non disponible en

magasin, puisqu’il n’est encore que virtuel) de Jimmy Darling,

un duo québécois (Louis Larivière et François Rainville) qui nous

offre gratuitement ses chansons en ligne. La voix chaude

de Larivière est un croisement entre celles de Jack Johnson

et de Leonard Cohen jeune, les paroles sont magiques de

simplicité et la musique, envoûtante.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

SUR LES TABLETTES

Douze hommes rapaillés

Douze hommes, douze chanteurs, douze textes écrits par

Gaston Miron et douze musiques créées par Gilles Bélanger.

Tous les chanteurs (dont Daniel Lavoie, Michel Rivard, Plume

Latraverse ou Martin Léon) sont connus et admirables, mais

peu ont eu jusqu’à maintenant l’occasion de chanter des textes

aussi profonds et forts que ceux de Miron. Une réussite totale

qui laisse toute la place à la voix aussi distincte qu’unique

de notre poète national.


À VOIR

>

Ben X

Ce fi lm surprenant du Néerlandais Nic

Balthazar (dont c’est la première réalisation)

nous place au cœur d’un confl it qui

sera résolu de façon totalement inattendue.

C’est l’histoire déchirante d’un jeune

autiste confronté à la mesquinerie de son

entourage et qui se réfugie dans l’univers

virtuel d’un jeu en ligne.

Into the Wild

Réalisé par l’acteur Sean Penn, le fi lm

retrace la route d’un ado américain qui

quitte famille, amis, études et habitudes

pour aller vivre dans le dénuement le plus

total. La musique trame fi nement ce fi lm

fort et sensible, inspiré d’un fait vécu.

Mad Men

On est au début des années 1960, dans

une agence de publicité new-yorkaise.

L’Obama de l’époque se nomme Kennedy.

On suffoque un peu au début, tout le

monde fume comme une cheminée,

peu importe où on est ou ce qu’on fait.

Cette série télé qui croule sous les prix

d’excellence en est à sa troisième saison.

Le portrait de société est peu fl atteur,

on rit jaune parfois et on se réjouit que

cette époque soit révolue ou, à tout le

moins, en voie de l’être.

Ils n’ont pas fracassé des records d’assistance, mais

ces quelques CD et DVD ne laissent personne indifférent.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Man on Wire

Qu’est-ce qui pousse un homme à placer

un fi l entre deux tours de plus de cent

étages et à marcher sur ce fi l pendant

45 minutes ? C’est ce que nous apprend ce

documentaire fascinant réalisé par James

Marsh qui retrace les hauts faits

de Philippe Petit, ce funambule qui, en

1974, a tendu un câble entre les deux

tours nouvellement construites du World

Trade Center. Les tours ont depuis disparu,

mais Petit a survécu et il nous raconte

son périple de façon aussi émouvante

que captivante. Le fi lm s’est mérité

l’Oscar du meilleur documentaire

en février dernier.

1 3


GÉNIE

U N E TE M PÊTE

DANS UN VERRE D’EAU ?

>

Par

Guillaume Jousset

1 4

Les éoliennes au Québec

Depuis l’implantation, en 1975, du « batteur à œufs »

des Îles-de-la-Madeleine, l’énergie éolienne n’a cessé d’agiter

les esprits. Même si les 133 éoliennes du Nordais, le premier

parc éolien du Québec, tournent depuis déjà dix ans,

c’est aujourd’hui que l’éolien a le vent en poupe.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


Les premiers des huit nouveaux parcs

éoliens contractés en 2003, situés en

Gaspésie et dans la MRC de Matane,

ont en effet commencé à fournir de

l’énergie. D’ici 2012, ils porteront à 1000

mégawatts leur contribution au réseau

électrique. Des débuts encore modestes,

mais tributaires d’un vent nouveau, puisque

Hydro-Québec attribuait en mai dernier à

plusieurs prestataires privés l’installation

et l’exploitation de quinze nouveaux parcs

répartis sur l’ensemble du territoire.

C’est ainsi qu’est né le plus

grand projet éolien d’Amérique du Nord,

avec des investissements de 5,5 milliards

de dollars, pour un total de 2004 mégawatts.

Et ce n’est pas fi ni, puisque au

moment d’aller sous presse, Hydro-Québec

s’apprêtait à lancer un nouvel appel

d’offres pour deux blocs distincts de

>

Hervé Lamarre

>

Redouane Megateli

250 mégawatts, réservés respectivement

aux nations autochtones et aux communautés

locales, pour une capacité totale

de 500 mégawatts.

Tous ces projets ont été confi és à

des opérateurs privés. Et si Hydro-Québec

n’exploite pas elle-même ces parcs,

« c’est parce que l’expertise en éoliennes

est partagée au niveau mondial et que

ce n’est pas notre mandat », soutient

Hervé Lamarre, directeur Approvisionnement

en électricité pour Hydro-Québec.

Une mine de vent inaccessible

Les gisements québécois de vent sont

énormes, compte tenu de l’immensité du

territoire. En théorie, le potentiel éolien

québécois est de près de quatre millions

de mégawatts, soit près de cent fois la

puissance de l’ensemble des centrales

hydrauliques. En pratique, plus de 85 %

de ces « gisements » se trouvent dans le

Grand Nord et sont dits inexploitables,

mais on disait la même chose des sables

bitumineux il n’y a pas si longtemps. Le

seul parc éolien prévu sur la Côte-Nord

est celui d’Aguanish. Il sera exploité par

Saint-Laurent Énergies, le consortium dont

les cinq projets choisis représentent à eux

seuls 946 mégawatts. Pour l’ingénieur

Stéphane Boyer, son directeur général : « Il

reste encore beaucoup de problèmes technologiques

à résoudre avant de pouvoir

exploiter les gisements situés dans

le Grand Nord. »

Si toutes les éoliennes sont

faites pour résister à des climats montagnards

ou scandinaves, elles ne sont pas

encore adaptées aux conditions extrêmes.

« Même en Gaspésie, les problèmes liés

au givre sur les pales peuvent entraîner

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

des pertes de puissance proches de 10 %,

explique le professeur Redouane Megateli,

directeur scientifi que du Centre de

recherche Corus à Murdochville. Nous

travaillons à mettre en place des modèles

de prédiction pour évaluer ces impacts

et sur une nouvelle méthode pour contrer

le givrage des pales grâce à un traitement

chimique de leur surface. Les premiers

tests seront effectués d’ici trois ans.

Mais pour pouvoir un jour atteindre les

gisements du Nord, il faudra sans doute

revoir à la baisse la taille des éoliennes

pour limiter l’impact mécanique des

cycles de températures. »

Une puissance à intégrer

Si la forme des éoliennes a peu évolué,

leurs pales ont grandi. Le diamètre des

modèles de trois mégawatts les plus

récents atteint 90 mètres. Et la puissance

installée par éolienne a été multipliée.

« Nos machines produisent jusqu’à deux

mégawattheures comparativement à

celles de 1,5 mégawattheure actuellement

en service dans les huit premiers parcs

québécois, soit un gain de puissance

disponible de 30 % », confi rme Stéphane

Poirier, agent de liaison pour Venterre, qui

exploite les futurs parcs de New Richmond

et de Saint-Valentin.

« En conséquence, les nouveaux

champs d’éoliennes sont moins denses, ce

qui réduit leur impact visuel et offre une

meilleure acceptabilité sociale », assure

Redouane Megateli. Autre différence, cette

fois invisible, certaines tours ne sont plus

intégralement constituées en métal, mais

pour deux tiers en béton armé.

« Le défi majeur, c’est d’intégrer

cette nouvelle production au réseau et

d’équilibrer son apport », explique Hervé

Lamarre. Pour assurer le transport de

l’électricité produite, Hydro-Québec devra

installer de nouvelles lignes et procéder

à de nombreux travaux. « Depuis 2006,

nous avons une équipe qui effectue les

prévisions de la production éolienne, pour

mieux évaluer les ressources disponibles

dans le réseau à très court terme. Cela

nous permet de réagir et de mieux gérer le

réseau, ce qui est particulièrement utile en

période de pointe », précise Hervé Lamarre.

Rentables, les courants d’air ?

Pour les parcs retenus dans le deuxième

appel d’offres, Hydro-Québec achètera >

1 5


l’énergie éolienne à un coût moyen de

8,7 cents le kilowattheure, auxquels

s’ajoutera le coût du transport et de

l’équilibrage, ce qui amène la facture

à 10,5 cents le kilowattheure, c’est-à-dire

près de quatre fois plus cher que la

majeure partie de l’électricité consommée

au Québec.

« C’est un tarif extrêmement

compétitif pour de l’éolien, très proche

de ceux des nouveaux projets hydroélectriques,

précise Stéphane Boyer. En plus,

c’est une source d’énergie renouvelable,

avec un coût sûr. La production annuelle

de nos parcs est de l’ordre de trois

térawattheures, de quoi alimenter

220 000 foyers. »

L’enjeu est certes fi nancier, mais

c’est surtout un choix stratégique, car,

selon Hervé Lamarre : « La sécurité énergétique

du Québec ne doit pas dépendre

des marchés voisins en cas de besoin. À ce

niveau, ces nouveaux approvisionnements

feront augmenter les tarifs d’électricité,

mais de manière limitée, compte tenu de

l’importance du bloc d’énergie patrimonial. »

Au-delà des tarifs, les retombées devraient

se faire sentir, puisque le gouvernement du

Québec a fi xé aux fournisseurs l’obligation

d’engager un minimum de 60 % des coûts

globaux de chaque parc éolien au Québec.

« De quoi éviter une importation massive de

composantes d’éoliennes, explique Hervé

Lamarre, qui ajoute : Ces projets vont favoriser

l’emploi, mais aussi l’acquisition d’une

expertise québécoise. »

Non seulement les communautés

qui accueilleront des parcs percevront des

compensations fi nancières, mais des usines

de composantes éoliennes sont déjà en place

et d’autres vont voir le jour en Gaspésie et

dans la MRC de Matane, où les compagnies

privées se sont engagées à investir au moins

30 % du coût des éoliennes.

1 6

DANGEREUX POUR LES OISEAUX

ET LES OREILLES ?

Avec l’évolution technologique, le bruit généré par les éoliennes

est aujourd’hui presque imperceptible. Leur son caractéristique

est dû au frottement de l’air lors du passage des pales devant la tour

et n’excède pas celui d’une maison habitée. S’il n’existe pas de

normes, le ministère du Développement durable, de l’Environnement

et des Parcs recommande que le bruit ne soit pas supérieur

à 45 décibels le jour et à 40 la nuit.

Quant aux oiseaux, de nombreuses études ont démontré

que les parcs éoliens présentent moins de danger pour eux que

les chats. Chaque nouveau parc fait toutefois l’objet d’une série

d’évaluations environnementales avant d’être approuvé.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


Un souffl e mondial

Bien qu’ils soient à peine érigés, on doit

déjà s’interroger sur l’avenir de ces parcs

dont les contrats d’exploitation courent

sur 20 ans. « Je suis convaincu qu’il y aura

un second marché pour ces parcs avec

des réinvestissements », prédit Stéphane

Boyer. En attendant, les exploitants des

parcs éoliens devront cotiser à un fonds de

démantèlement après dix ans d’exploitation

pour garantir un réaménagement des

sites éoliens. Le vent peut encore tourner.

Depuis une dizaine d’années,

l’énergie éolienne affi che une croissance

moyenne annuelle de 30 %. Cela représente

200 millions de mégawattheures de

production électrique par an, soit 1,3 % de

la consommation totale d’électricité dans le

monde. Et le Canada est encore loin derrière

l’Europe et ses 57 000 mégawattheures

éoliens installés en 2007, ou les États-Unis,

premier pays en matière de puissance installée,

avec 5300 mégawattheures. Le plus

grand parc éolien du monde est d’ailleurs

situé au Texas : ses 421 éoliennes s’étendent

sur 190 kilomètres carrés et produisent

735 mégawattheures. < |

Bernard Saulnier

et Réal Reid

L’éolien

au cœur de l’incontournable

révolution énergétique

>

L’éolien au cœur de

l’incontournable

révolution

énergétique

De Bernard Saulnier

et Réal Reid aux

Éditions MultiMondes

Disponible

dès le 15 avril.

AAER a le vent dans les voiles

En février dernier, AAER, une entreprise de Bromont qui emploie

près de 60 personnes, a livré une éolienne à trois pales

à la Ville de Portsmouth, dans le Rhode Island. D’une capacité

de plus d’un mégawatt, elle atteint sa pleine effi cacité avec

des vents de 11 mètres par seconde. C’est le genre de

technologie qui risque de dominer le paysage québécois

des prochaines années.

P o u r e n s a v o i r p l u s

UN NOUVEAU SOUFFLE POUR LE QUÉBEC

Si l’éolien vous passionne, l’ouvrage de Bernard Saulnier et Réal Reid devrait vite

être un incontournable de votre table de chevet. Ces deux ingénieurs ont en effet

rassemblé et analysé l’ensemble des données les plus récentes sur l’éolien au

Québec, son incroyable potentiel, ses technologies et surtout son devenir.

Loin d’un simple plaidoyer pour le développement durable, les auteurs posent

scrupuleusement les défi s et les perspectives qui présideront au développement

de cette énergie renouvelable au Québec. Un livre parfois technique, presque

exhaustif et surtout porteur d’espoir pour cette fi lière en devenir.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

1 7


SOCIÉTÉ

>

Par

Guillaume Jousset

LE QUÉBEC ROULE

HAUT DE GAMME

VÉLOS PERFORMANCES

L’histoire d’amour entre le vélo et les Québécois s’est engagée

dans un nouveau... cycle avec des manufacturiers locaux de haut

niveau. Dans leur quête de performance, ils font des deux-roues

de véritables bombes de haute technologie.

Déjà trois vélos canadiens sur quatre seraient fabriqués ici, au Québec. Pour

Jacques Sennéchael, rédacteur en chef du magazine VéloMag : « Si le Québec

est une terre de vélo, c’est lié à son histoire d’immigration : beaucoup d’Euro-

péens ont importé leur passion pour la petite reine. Malgré un climat diffi cile, on y

organise chaque année près de 300 courses et plusieurs épreuves de coupe du monde. »

Bien que quelques grands fabricants dominent le marché, des petits manufacturiers,

jouent la carte de l’excellence en proposant des vélos de grande qualité. Cela leur per-

met aussi de bien résister à la concurrence féroce des vélos issus d’Asie.

Trop chères, ces merveilles de plus de 1500 $ qui peuvent parfois atteindre

le prix d’une voiture ? Pour Jacques Sennéchael, il faut voir les choses en perspective :

« Si vous achetez un vélo à 3000 $, vous allez le garder au moins 10 ans. » D’autant >

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

1 9


Gervais Rioux,

président d’Argon 18

2 0

plus que, pour ce prix-là, vous roulerez

avec une véritable Formule 1 et profi terez

des avancées techniques réservées aux

professionnels de la course. Loin de la

banale bicyclette produite en grande série,

le modèle haut de gamme québécois est

un véritable concentré d’innovations. On

dirait un bijou, mais ne vous y trompez

pas : haut de gamme, cela signifi e avant

tout haute performance.

Et dans ce domaine, tout ou presque se

joue sur le poids : plus c’est léger et plus

c’est cher. La barre psychologique d’un

kilo est depuis longtemps derrière nous.

Les meilleurs cadres pèsent aujourd’hui

moins de 790 grammes. « Nous pourrions

faire des vélos à 600 grammes, mais ce se-

rait du verre au moindre choc, vu l’état des

routes au Québec, rigole Gervais Rioux,

président d’Argon 18, un des spécialistes

Le vélo, c’est toute sa vie. L’ancien champion Gervais Rioux, président et designer

principal d’Argon 18, a depuis toujours une obsession : créer la géométrie idéale

avec un vélo permettant au cycliste d’être parfaitement positionné. Il a vite compris

que la réussite passait par l’innovation en concevant, par exemple, son propre système

de mesures. La dernière réussite d’Argon 18 ?

« Nous avons bâti notre système 3D pour obtenir un équilibre parfait dont

bénéfi cient nos nouveaux cadres Gallium. Cette innovation brevetée, intégrée directement

au tube de direction, offre la possibilité au cycliste de régler la hauteur de son guidon sans

compromettre sa légèreté ni son confort. Par exemple, Keven Lacombe, coureur chez

Team Planet Energy, avait toujours du mal à se positionner à cause de sa grande taille. Il a été

stupéfait du confort de notre vélo lors de l’essai : il a ensuite gagné la

première étape du tour de Cuba. »

...et la star

Déjà lauréat du concours de l’Institut Design Montréal, le E-114,

son vélo réputé de contre-la-montre, s’est vu attribuer un

prestigieux Eurobike Award, soulignant son originalité

et la qualité de son design.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

ARGON 18,

en quête de

l’équilibre parfait

Pour en savoir plus : > www.argon18bike.com


du vélo de route. Ce que l’on cherche, c’est

la performance », conclut-il. Pour réussir

ce tour de force, les ingénieurs doivent

résoudre un vrai casse-tête : rassembler

confort et rigidité, deux qualités a priori

inconciliables. « En ce qui concerne les

matériaux, nous bénéfi cions des progrès

de l’aéronautique, explique Mathieu

Fagnan, athlète cycliste et ingénieur junior

au développement des produits chez Guru.

>

Tony Giannascoli,

fondateur de Guru

Il faut absorber les chocs sans perdre en

effi cacité, c’est-à-dire sans rogner sur le

rendement de chaque coup de pédale. »

Pour cela, on peut travailler les épaisseurs

des différentes parties du cadre,

et le carbone s’avère un matériau de

choix. « Un cadre peut comporter jusqu’à

vingt couches de carbone, précise

Mathieu Fagnan. C’est de la haute tech-

nologie combinée avec de l’artisanat,

GURU,

du sur-mesure

100 % québécois

L’entreprise montréalaise Guru, créée en 1998, continue de construire tous ses vélos

à son usine de Laval. « Nous sommes les seuls à faire nos vélos en carbone ici, se réjouit

Roberto Rossi, le directeur marketing. Notre fondateur, Tony Giannascoli, a commencé à

faire des vélos sur mesure pendant ses études de génie à McGill.

Et c’est resté notre philosophie : innovation et personnalisation. Le vélo doit

être adapté à l’individu et non l’inverse. Comme le chef cuisinier, nous n’utilisons que les

meilleurs ingrédients pour réaliser nos vélos. On va chercher des fi bres exceptionnelles.

On paie davantage, mais le résultat est incomparable. »

Pour faire un vélo sur mesure, les ingénieurs ont conçu un vélo ajustable qui

permet, en quelques minutes, de modéliser les mesures pour un positionnement idéal

sur la route. Vous découvrirez leur amour du vélo dans la nouvelle

boutique Guru située sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

...et la star

Le Geneo, plébiscité par la critique. « C’est 24 mois de

recherche et développement, explique Roberto Rossi. C’est le

premier vélo en carbone sur mesure au monde. Il est profi lé,

sans jointure et offre un incroyable transfert de puissance, sans

faire un compromis entre le confort et la rigidité.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

puisque à partir d’un patron, comme en

couture, les fi bres de carbone vont être

orientées et roulées manuellement. Mais

on voit qu’il y a une limite à la précision,

d’autant plus que les qualités anisotropes

du carbone le rendent très diffi cile

à modéliser », ajoute-t-il. Selon lui, les

futures innovations devraient se jouer

non pas sur le cadre, mais du côté de

la personnalisation des pièces de vélo.

Pour en savoir plus > www.gurucycles.com

2 1


VélUS,

tout est dans

la mesure

Savoir, c’est pouvoir. Le vélo n’échappe pas

à la maxime populaire. Plus les ingénieurs

disposent d’informations sur les différentes

contraintes qui s’appliquent au vélo, plus ils

pourront produire des modèles performants,

dosant rigidité et souplesse. Cette traque

aux bonnes mesures, l’ingénieur Yvan

Champoux et ses collègues du groupe VélUS,

au département de génie mécanique de l’Université de Sherbrooke, la poursuivent depuis

quelques années. Plusieurs de leurs inventions ont été des premières mondiales. « Nos capteurs

permettent de mieux mesurer l’ensemble de forces qui s’exercent sur un vélo en mouvement, en

tenant compte du terrain et du cycliste, explique Yvan Champoux. Notre vélo instrumenté nous

permet aussi de travailler sur la notion de confort, cette perception très diffi cile à quantifi er pour

les cyclistes. »

2 2

Cette quête de la précision les a amenés à inventer un appareil pour étalonner les vélos

d’entraînement des coureurs cyclistes, de même que le Keo Fit, un dispositif de réglage automati-

que des pédales limitant les risques de blessures et améliorant l’effi cacité du pédalage. < |

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Le saviez-vous ?

> En énergie consommée, la machine

homme-vélo est plus effi cace que tout

autre moyen de transport, y compris

l’automobile.

> L’Union cycliste internationale a fi xé

une limite de poids aux vélos de

compétition : pas moins de 6,8 kilos

pour des questions de sécurité

et d’égalité entre les coureurs.

> Le record du monde de vitesse en

bicyclette appartient à un athlète

et fabricant de bicyclettes sur mesure,

le Vancouvérois Sam Whittingham qui,

en septembre 2008, a atteint 132,5 km/h

à Battle Mountain, au Nevada.


PROFIL

>

Par

Josée Larivée

Julie Payette, ing.

LA TERRE À SES PIEDS

L’astronaute la plus célèbre au Québec partira

bientôt dans l’espace pour une seconde fois.

Voici le plan de match d’une grande exploratrice

des temps modernes.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

2 3


2 4

Il y a dix ans, l’astronaute québécoise

Julie Payette partait pour dix jours en

orbite, à plus de 400 kilomètres audessus

de nos têtes, à bord de la navette

Discovery. Elle était « spécialiste de mission

», responsable des systèmes de

la station. Le mois prochain, à bord

d’Endeavour cette fois, elle fera naviguer

vers le succès la dernière mission de

construction de la Station spatiale internationale.

Des sept passagers, c’est elle

qui sera assise entre le commandant et

le pilote, deux militaires américains. Elle

supervisera la navigation, l’opération et,

éventuellement – on ne le souhaite jamais

– la réparation du véhicule spatial. Ce poste

est très convoité et, oui, Julie a sauté de

joie en apprenant ce que la NASA attendait

d’elle. Mais cette ingénieure polyglotte,

musicienne, pilote, astronaute, épouse et

mère de deux enfants sait combien rien

n’est gratuit ni gagné d’avance. « C’est un

poste pour lequel il faut avoir démontré

un niveau de connaissances très élaboré,

fait-elle remarquer. J’ai travaillé très, très

fort pour en arriver là, et cette fonction

me rend d’autant plus fi ère ! ». Comme il

s’agit d’une mission extrêmement complexe,

le commandant a divisé l’équipage

en deux groupes. Celui auquel appartient

Julie ne fera pas que piloter.

« Nous nous apprêtons à

effectuer cinq marches dans l’espace,

explique l’astronaute de 45 ans. Il s’agit

d’un maximum jamais réalisé jusqu’à

présent à bord d’une navette spatiale,

et ce sont mes quatre autres collègues

qui les superviseront. Pendant ce temps,

l’équipe de trois dont je fais partie

s’occupera de robotique. Si nous ne pilotons

pas, nous ferons des expériences

de robotique qui auront lieu durant

14 jours, sur les 16 où nous serons

dans l’espace. ».

Un défi extraordinaire

Dans les faits, l’astronaute sera responsable

des mécanismes de capture et des

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

2 4


systèmes d’attache des éléments qu’on

se prépare à installer sur la plate-forme

japonaise. Pour y arriver, elle devra manipuler

quatre bras robotiques différents.

Il s’agit de la dernière mission prévue

pour la construction du laboratoire Kibo

(espoir, en japonais). Une fois ce labo

complété, l’équipe de Julie reviendra sur

Terre pendant que se dérouleront les

expériences dans l’espace. Kibo permettra

de répondre à des questions concernant la

microgravité, la biologie, l’aéronomie et les

matériaux. Une fois la plate-forme externe

— en partie pressurisée— installée, les

expériences qui y auront lieu seront exposées

au vide de l’espace. « En biologie, par

exemple, certains phénomènes humains

sont mieux compris placés dans un environnement

sans gravité, note l’astronaute.

Mais, comme tout le monde, je devrai

me documenter sur les expériences qui

doivent être réalisées. Moi, je vais installer

la plate-forme. C’est tout ! »

C’est tout. On reconnaît dans ces

deux petits mots toute la sobriété de Julie

Payette qui, avec humour, affi rme faire

partie de la gang de la construction !

« Concrètement, cela signifi e

qu’à un certain moment, je serai dans

la navette à manœuvrer le Canadarm,

le fameux bras canadien, et cinq minutes

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

plus tard, je serai dans le module japonais,

en train de manipuler le système

d’attaches du module. Je me retrouverai

alors avec le centre de contrôle du Japon,

alors que cinq minutes plus tôt, j’aurai

été avec le centre de Houston à discuter

robotique ! Ce n’est pas une mission où

l’on va s’ennuyer ! »

« Pour une ingénieure, c’est un

défi extraordinaire », ajoute Julie Payette.

C’est que la philosophie de conception

et de manipulation diffère d’un bras à

l’autre. « Une partie du module a été faite

au Japon et une autre en Russie, explique

l’astronaute. Les pièces ont donc des comportements

différents. Le bras japonais

fonctionne très différemment de la perche

d’extension qui sert aux inspections de

notre couverture thermique – la seule

façon de s’assurer qu’il n’y a pas de

brèche. Le secret, c’est de répéter nos >

2 5


mouvements des centaines de fois, lors de

nos entraînements. C’est un peu comme si

on conduisait une grue située dehors, alors

qu’on est assis dans une tour de contrôle.

Et dehors, l’environnement est très hostile,

sans air, ni pression, avec de la radiation et

des changements de température extrêmes.

Il me faut faire le lien entre les diverses

images montrant les grues sous différents

angles et arriver à construire une image

tridimensionnelle dans ma tête. Surtout

au moment de déplacer une charge, il faut

vraiment s’assurer que le bras ne soit pas en

contact avec quoi que ce soit. La pire chose

qui pourrait arriver, ce serait une collision

entre le bras et un objet. Si le bras percutait

un objet et s’endommageait, ce serait

catastrophique. »

La bête noire : l’erreur !

Il y a dix ans, juste avant son départ à bord

de Discovery, Julie Payette émettait

2 6

l’hypothèse, en blaguant, qu’une

Canadienne fasse une erreur de manipulation

avec le bras canadien. Elle sourit

lorsqu’on le lui rappelle. « Cela aurait été

terrible, oui. Maintenir la qualité et la

rigueur demeure un défi de tous les instants.

On travaille quelque 18 heures par

jour, avec un bon niveau de pression,

à manipuler des charges. Dans ce contexte,

il serait facile de devenir complaisant.

Or la complaisance, c’est l’ennemi.

Il faut toujours aborder une manipulation

comme si c’était la première fois qu’on

l’exécutait. C’est exactement comme

lorsque vient le moment d’apposer

le sceau de l’ingénieur sur un plan.

Cet ingénieur en a conçu des centaines,

mais il faut élaborer chaque plan comme

s’il était unique. »

« L’autre jour, explique Julie,

NASA

:

j’essayais de ramener à bord de la navette

une de nos charges, que je devrai justement photos

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


« Ma philosophie personnelle est basée sur

la force de travail, conclut la jeune femme

devenue astronaute à 28 ans, parmi

des collègues qui en avaient en moyenne 45.

Si l’on travaille fort, croit-elle, on a de bonnes

chances d’obtenir ce que l’on souhaite. »

ramener sur Terre à la fi n de la mission. Or le simulateur a

expressément fait perdre au bras toutes ses options automatiques,

une situation qui pourrait se produire dans l’espace… Le

simulateur est un excellent moyen de se préparer. Il reproduit à

merveille la réalité, mais il ne comporte pas la notion de danger.

On peut se tuer de nombreuses fois à cause de nos erreurs,

en cours d’apprentissage, cela demeure une simulation. Mais

une erreur commise à 41 000 pieds dans l’espace pourrait être

fatale. C’est pourquoi il y a également l’entraînement en jet.

Le pilotage d’avion implique aussi une communication avec un

équipage terrestre et un équipage en cabine, ce qui est similaire à

la situation dans la navette. Ça permet d’aiguiser ses réfl exes. »

C’est d’ailleurs ce que papa ingénieur lui répétait,

lorsque petite, elle visitait avec lui les tunnels du métro de

Montréal, alors en construction. Une belle preuve que l’enfant

en nous est toujours là, même quand on s’envole aussi loin

que dans l’espace… < |

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

UNE PAUSE, SELON JULIE

Dans ses quelques moments libres à bord

de la navette, après avoir envoyé ses

courriels à son mari et à ses deux enfants,

Julie Payette écoutera de la musique tout

en admirant la boule bleue à ses pieds.

« C’est un spectacle tout à fait extraordinaire,

se souvient-elle. Cette fois, j’ai l’intention

d’en profi ter davantage. » Dans son iPod,

un mélange de musique classique, baroque,

populaire et rock classique l’attend. Mais

aussi de la musique amérindienne et country.

Des airs du Cirque du Soleil et de l’OSM.

Rien de trop beau pour celle qui s’apprête

à se laisser fl otter près d’un hublot…

2 7


GADGETS ET TECHNO

>

par

Alain McKenna

LES JOUJOUX

TECHNO

DE DEMAIN

Ils ne changent pas le monde, mais presque...

2009 ne sera pas l’année des grandes révolutions technologiques… Ou le

sera-t-elle malgré tout ? Si on pouvait prédire les révolutions, certains

monarques auraient encore leur tête bien soudée à leur cou, mais l’innovation

perdrait son sens. En attendant la boule de cristal infaillible, voici quelques

gadgets qui pourraient bien marquer la petite histoire des technos.

Montre-téléphone de LG Electronics

Ça fait un peu plus d’un an que la société coréenne LG Electronics trimbale

son prototype de montre-téléphone, semblable à celle préfi gurée

par le fameux détective Dick Tracy. Voilà que le produit fi nal sera mis en

marché cet été, en Asie et en Europe d’abord, puis en Amérique du Nord.

L’appareil, baptisé GD910, sera muni d’un écran tactile et d’un capteur

photovidéo de relativement bonne résolution. Il héritera en prime de

toutes les fonctions logicielles typiques d’un téléphone intelligent, qu’il

pourra déployer grâce à sa connexion sans fi l 3G HSPA : messagerie

instantanée, appels téléphoniques vocaux et appels vidéo. Tout ça sous

la robe élégante d’une montre-bracelet en inox dont le boîtier ne fait pas

plus de 1,4 centimètre d’épaisseur. Le système d’exploitation et le prix

sont à déterminer, mais dans ce dernier cas, on soupçonne qu’il sera

digne des prestigieuses Rolex de ce monde…

>

2 8

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


Carte graphique et lunettes

stéréoscopiques GeForce 3D de Nvidia

Nostalgiques du cinéma en 3D des années 50 ? Attachez bien vos lunettes avec de

la broche, car les nouveautés dans le petit monde du divertissement stéréoscopique

promettent de faire passer la 3D dans… une nouvelle dimension. La preuve ? L’ensemble

3D pour PC GeForce 3D Vision, de la société Nvidia, comprend une carte graphique

à installer sous le capot d’un ordinateur personnel et une paire de verres polarisés. Il

suffi t d’un brin de bidouillage pour mettre en place un système de jeu vidéo entièrement

stéréoscopique, puisque l’ensemble est livré avec un logiciel qui reproduit les

images de n’importe quel jeu pour ordinateur en un format stéréoscopique compatible

avec les verres en question. Dans des environnements virtuels immersifs, attendezvous

à vous perdre dans les nuages de fumée, à voir des gouttes de pluie vous tomber

littéralement sur le bout du nez et à voir passer de très près les projectiles d’une

explosion, aussi lointaine soit-elle. À partir de 200 $. > www.nvidia.com

>

Siège de course convertible

de D-Box

Les jeux de simulation de course automobile se raffi

nent d’année en année. Pourtant, les contrôleurs,

eux, demeurent les mêmes. C’était sans compter la

société longueuilloise D-Box, qui vient de mettre en

marché le siège de course GPH-120, qui reproduit

non seulement l’environnement d’un cockpit de

voiture de course, mais qui en recrée également les

mouvements. Grâce à deux pistons savamment calibrés,

le pilote saura s’il roule sur un nid-de-poule,

s’il vient de manquer le virage en épingle ou s’il perd

la maîtrise de son véhicule. Une fois bouclé le tour

de piste le plus rapide de l’histoire des plus grands

circuits de la planète, il pourra même prendre une

pause et s’offrir un petit fi lm, puisque le GPH-120

se convertit en un clin d’œil en fauteuil pour cinéma

maison, capable à nouveau de recréer la sensation

des mouvements tirés de fi lms encodés par D-Box

et les plus grands studios hollywoodiens. Pour

amateurs de sensations fortes seulement. 3000 $.

> www.d-box.com

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

2 9


GADGETS ET TECHNO

>

3 0

>

Canif suisse de l’ère numérique par Victorinox

Il est une époque pas si lointaine où les canifs suisses servaient

à vider le poisson, à bricoler un abri de fortune ou, plus simplement,

à épater les copains scouts. Sauf que... Une lame, un

ciseau et un cure-dents en plastique ne suffi sent plus à combler

les besoins de la génération montante. Que diriez-vous alors

d’une clé USB, d’un pointeur laser et d’une lampe de poche ?

C’est ce que la société Victorinox, conceptrice de canifs suisses

devant l’Éternel, propose aux débrouillards de l’ère numérique :

le SwissFlash, un canif doté de tous les accessoires essentiels

pour se sortir d’impasse, d’une lame de couteau bien effi lée à

une clé USB de huit gigaoctets, en passant par une petite lampe

à DEL permettant d’y voir un peu plus clair. Victorinox a même eu

la délicatesse de produire une version dérivée sans lame, pour

les habitués de ces aéroports où rien, même un coupe-ongles,

n’est toléré. Prix à déterminer. > www.victorinox.com

Pico projecteur d’Optoma

Après le cinéma en famille et le cinéma maison, dites bonjour

au cinéma de poche. C’est du moins ce que promet une nouvelle

génération de projecteurs pas plus gros qu’un téléphone cellulaire

et représentée dans ce cas-ci par le Pico PK-101 de la société

Optoma. Il s’agit d’un projecteur ne faisant pas plus de dix sur cinq

centimètres, mais pouvant néanmoins reproduire sur grand écran le

contenu visuel tiré d’un baladeur numérique, tel l’un de ces fameux

iPod, d’Apple. Et quand on dit grand : le minuscule appareil peut

produire une image claire et colorée d’une taille maximale de 60

pouces (150 centimètres), soit plus que la plupart des téléviseurs à

écran plat sur le marché aujourd’hui. Le truc : un puissant système

à DEL doté d’un rapport de contraste de 1000:1. Et comme il est

portable, l’appareil est aussi autonome, puisqu’il est pourvu d’une

pile rechargeable lui conférant une autonomie sans fi l d’environ

90 minutes. Pas suffi sant pour l’intégrale d’Hamlet, mais quand

même… Pour 400 $. > www.optoma.ca

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


>

Rovio, la surveillance robotisée à distance de Wowwee

Les systèmes de surveillance pour la maison sont tous pareils : on installe des

capteurs sur les portes, les fenêtres et dans certaines pièces, on active le tout,

puis on craint un appel de la centrale. Tout ça est un peu trop passif au goût

de la société Wowwee, qui se spécialise surtout dans les jouets électroniques,

mais qui fait aussi dans les gadgets un peu plus éclectiques. Le Rovio en est

un. Il s’agit d’un robot-jouet plutôt compact qui semble directement sorti du

21e siècle, qui dissimule néanmoins un système de surveillance digne de l’ère

du Web 2.0, puisqu’il est pleinement participatif : le Rovio est pourvu d’une

connexion Wi-Fi grâce à laquelle il diffuse en direct sur le Web ce qu’il voit à travers

la caméra Web qui lui sert d’yeux. Mieux encore, son propriétaire peut le

diriger à distance à partir des commandes qui s’affi chent dans n’importe quel

fureteur Web compatible. Simple, effi cace, sécuritaire. Et un peu Big Brother

sur les bords. Pour 250 $. > www.wowwee.com

La musique sans fi l selon Cisco-Linksys

Depuis que la société californienne Cisco a mis la main sur Linksys,

ses dirigeants se prennent à rêver de percer le marché grand public

avec des produits tout aussi branchés les uns que les autres. En

fait, il faudrait plutôt parler de produits débranchés, car la plus

récente offre du duo Cisco-Linksys n’est rien de moins qu’un

système musical multipièce profi tant de la magie des ondes Wi-Fi

pour accéder à du contenu musical stocké sur un PC ou sur un

serveur et le jouer dans l’une ou l’autre des pièces de la maison.

Simple et élégant, l’ensemble est non seulement polyvalent, il est

aussi modulaire : on peut acheter le serveur ou un jukebox en solo,

ou alors opter pour un ensemble pouvant servir dans deux, trois

ou plusieurs pièces séparées. Et fi dèle à la tradition Linksys, le tout

se confi gure en un tournemain et est opérationnel en quelques

minutes à peine. À partir de 300 $. > www.linksysbycisco.com

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

3 1


SPORT EXTRÊME

>

par

Guillaume Jousset

3 2

SAUVETAGE SPORTIF

Le sport qui sauve des vies

Adulé en Australie, méconnu au Québec, le sauvetage

sportif séduit les amateurs de sports aussi extrêmes

qu’utiles. Dans l’eau ou sur le sable, plongeons à la

découverte de cette discipline étonnante.

Au Québec, pas de vagues de dix

mètres ni de courants déchaînés,

mais les quatre cents sauveteurs

qui s’entraînent pour les compétitions de

sauvetage sportif ont le même courage

qu’ailleurs : « C’est sûr que ce n’est pas

l’Australie, mais cela ne nous empêche pas

d’aller chercher de bons résultats au niveau

national et international, voire de dominer

dans certaines épreuves », s’amuse

Martin Leprohon.

Cet ingénieur en design d’aéroport pratique

le sauvetage sportif depuis 1994. « Ce

sport a commencé à être plus connu quand

le Québec a remporté les Jeux canadiens,

au milieu des années 80. » Depuis, le

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sauvetage sportif a été reconnu ici comme

un sport à part entière et fait même partie

des Jeux mondiaux, l’antichambre des Jeux

olympiques. « C’est le genre de sport qui

n’attend qu’un bon éclairage pour séduire

et devenir très populaire », espère Martin

Leprohon. Surtout au Québec, qui compte

près de 18 000 sauveteurs en activité.

Extrêmement utile

Faire face à des dangers imprévisibles

demande non seulement une sacrée forme,

mais aussi une technique sans faille.

du besoin de se maintenir en forme,

ce sport permet aux sauveteurs de perfectionner

leurs habiletés physiques et leur

rapidité d’intervention. >

photos Harvie Allison


À gauche, Gaétan

Normandin, dans le feu

de l’action.

On trouve ces deux aspects au sein du

sauvetage sportif, qui combine des épreuves

physiques sur l’eau et sur plage, l’utilisation

d’embarcations et plusieurs techniques

de secours. Les épreuves se déroulent

à vive allure, en groupe et demandent un

physique et un mental en pleine forme.

Un mannequin tient parfois le rôle de la

victime à secourir dans certaines épreuves,

mais la plupart se passent sans mannequin,

comme la course au drapeau ou dans

les brisants, où la diffi culté vient surtout

des conditions de la mer et du sable.

Compte tenu du manque d’occasions pour

s’entraîner au bord de la mer toute l’année,

le point fort des Québécois, ce n’est pas

forcément les épreuves en eau libre.

« Une de nos particularités, explique Martin

Leprohon, c’est de dominer l’épreuve dite de

priorité, qui consiste à évaluer une situation

rapidement et à intervenir auprès de multiples

personnes en danger. On est parmi les

meilleurs du monde dans ce domaine. On se

permet même de battre les Australiens. »

Un sport très mental

Face à un courant déchaîné ou à une

personne blessée, il faut réagir vite et faire

les bons choix. S’il est nécessaire d’avoir

de fortes aptitudes physiques, la vitesse

est aussi nécessaire en compétition. « Par

exemple, nous utilisons le rip, un courant

marin dangereux parce qu’il aspire

littéralement des gens en bordure de mer.

On s’en sert pour aller plus rapidement

au large, explique Martin Leprohon. Lors

d’une épreuve, se souvient-il, la victime

à atteindre était près d’une jetée avec

un effroyable courant latéral qui balayait

complètement les sauveteurs qui s’essayaient

à une approche directe.

Notre équipe est rentrée dans l’eau à plusieurs

centaines de mètres de la victime.

Tout le monde se moquait de nous

jusqu’à ce que le courant nous emmène

à destination. »

Gaétan Normandin , étudiant en

génie à l’École Polytechnique de Montréal,

pratique ce sport depuis cinq ans et fait

partie de cette nouvelle génération d’athlètes,

très spécialisés sur certaines épreuves

: « Je faisais de l’athlétisme avant de

découvrir la course sur plage. » S’il avoue

ne pas être très performant côté nage, sur

du sable, c’est une autre histoire, puisqu’il

est champion du Québec en 90 mètres

course et se prépare pour les championnats

du monde de 2010 en Grande-Bretagne.

« Les capitaines

des deux équipes

québécoises aux derniers

championnats canadiens

étaient des ingénieurs. »

Le sauvetage sportif semble en tout cas

réussir aux innovateurs : les capitaines

des deux équipes québécoises aux derniers

championnats canadiens étaient

des ingénieurs !

Un sport, des disciplines

Le sauvetage sportif se caractérise par

deux spécialités, en eau plate et sur la

côte, qui s’inspirent des situations que

l’on peut trouver dans le sauvetage

professionnel :

- En piscine, il existe sept épreuves individuelles

et cinq épreuves d’équipe qui

mélangent la nage pure et des épreuves

telles que la nage avec obstacles, le portage

et le remorquage d’un mannequin,

le lancer de la corde…

- En eau libre, ce sont six épreuves

individuelles et quatre épreuves en relais

particulièrement spectaculaires telles

que la course dans les brisants, le sprint

de 90 mètres sur la plage, la course au

drapeau et, bien sûr, les épreuves avec des

embarcations comme la planche de surf

ou le kayak. < |

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

NELSON GIRALDO, INGÉNIEUR ET CHAMPION

(ph Nelson Giraldo, ingénieur et champion

Il est l’un des meilleurs athlètes du

Québec. Fort sur l’eau comme sur le

sable, ce jeune ingénieur membre

de l’équipe nationale canadienne

de sauvetage sportif, a déjà un beau

palmarès derrière lui : sauveteur de

l’année au Québec à plusieurs reprises,

capitaine de l’équipe québécoise…

« J’ai découvert le sauvetage sportif en

1998 grâce à un collègue sauveteur »,

explique-t-il. Depuis, le virus ne l’a

pas lâché. « J’avais une bonne base

de course, je suis solide en natation

et j’adore m’entraîner. C’est un sport

où le mental est déterminant : il faut

analyser la situation rapidement,

tenir compte de son environnement

et de ses adversaires. Il y a beaucoup

de nageurs plus rapides que moi, et

pourtant, beaucoup réussissent moins

bien, car le chemin le plus rapide n’est

pas forcément le plus droit. » Celui

qui s’entraîne et coache une équipe

sur la plage du parc Jean-Drapeau

a fait le choix de rester au Québec

pour s’entraîner : « J’ai pensé partir à

l’étranger, mais en sauvetage sportif, il

y a très peu d’aide pour les athlètes. Je

continue à payer mon équipement, mes

entraînements et mes déplacements

pour aller aux compétitions

internationales. »

Pour en savoir plus

> www.sauvetage.qc.com

> www.sauvetagesportif.ca

3 3


DÉFI

>

par

Philippe Gauthier

LES LIVREURS DE PONTS

Un nouveau viaduc… en 24 heures

3 4

Août 2008 : les citoyens d’Ottawa ont droit à un spectacle étonnant. Le vieux tablier

du viaduc de la rue Clyde, sur l’autoroute 417, est soulevé de son socle par un

transporteur roulant, puis déposé à l’écart. La machine va ensuite chercher

le nouveau tablier pour le déposer sur les anciens piliers. Après avoir été asphalté

en vitesse, le viaduc est rouvert à la circulation. Durée totale de l’opération :

15 heures, dont seulement six pour déplacer les tabliers.

À

une époque où l’on ne compte plus

les viaducs et les ponts à réparer

d’urgence, cette méthode de génie

civil accélérée offre une alternative aux longs

chantiers et aux interminables bouchons

de circulation qu’ils provoquent en milieu

urbain. « Avec les méthodes habituelles,

il aurait fallu fermer une voie de l’autoroute

417 et la dévier sur l’autre pendant au moins

deux ans », rapporte Kevin Gibbs, ingénieur

de projet au ministère des Transports

de l’Ontario.

Or l’autoroute 417 à Ottawa,

c’est 150 000 véhicules par jour, dont

6000 camions. Les simulations montraient

que la fermer à moitié provoquerait des

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

bouchons de plusieurs kilomètres. D’où

l’idée de construire le nouveau tablier sur un

site proche, puis de le transporter et de le

mettre en place pendant une nuit tranquille

de vacances d’été. Le projet a été rendu

possible grâce à de puissants transporteurs

modulaires autodirigeables, une technologie

allemande représentée au Canada par

la fi rme hollandaise Mammoet.

Des transporteurs qui déplacent

des églises

« Les transporteurs ont été conçus en Alle-

magne à la fi n des années 1970, rapporte

Carl Bilodeau, représentant des ventes au

Québec pour Mammoet. Ils sont surtout


utilisés en milieu industriel pour transporter

de l’équipement lourd, mais tout est

possible : en France, on s’en est servi pour

déplacer une église vieille de 900 ans ! »

Pour déplacer le viaduc de la rue

Clyde, six transporteurs formant deux traî-

neaux de trois modules ont été nécessaires.

C’est ce qu’il fallait pour supporter le tablier

sur toute sa longueur et éviter qu’il ne casse.

Bien se préparer, indispensable

Changer le tablier d’un viaduc en une

seule nuit est une opération tentante,

mais tous les sites ne conviennent pas à

cette technique. D’une part, il faut que les

culées et les piliers du vieux viaduc soient

dans un état qui permette leur réutili-

sation. D’autre part, il faut, à proximité,

un site assez grand pour construire le

nouveau tablier, avec un accès carrossable

pour une lourde charge. Enfi n, il faut que

le mobilier urbain s’y prête : déplacer lam-

padaires et bornes-fontaines coûte cher.

« La technique n’est pas utili-

sable en milieu urbain dense, note Kevin

Gibbs. Dans le cas du viaduc de la rue

Clyde, nous avions la chance d’avoir un

dépotoir à neige à 300 mètres de distance

seulement, où nous avons pu construire

le nouveau tablier. »

Le viaduc de la rue Clyde,

construit en 1959, avait une durée de vie

prévue de 50 ans. Il montrait donc tous

les signes d’un âge avancé. Le sel avait

pénétré de 150 à 170 millimètres dans

le béton des culées. On a dû retirer tout

ce béton pour dégager l’armature, qui

a été elle-même nettoyée, recouverte

d’époxy et renforcée avant de couler une

nouvelle couche de béton. Si l’on tient

aussi compte du système de protection ca-

thodique ajouté pour protéger l’armature,

les culées et les piliers rénovés devraient

durer 75 ans.

Le défi ? « Tout le volet arpen-

tage. Il nous fallait des relevés très précis,

souligne Michel Vachon, ingénieur, associé

principal et directeur du groupe structures

au bureau d’Ottawa de McCormick Rankin.

Ce n’est pas comme quand on construit

sur place, parce qu’il faut que le tablier

s’ajuste à la perfection quand on l’appor-

tera. » Pour tout arranger, le viaduc

de la rue Clyde comportait deux ponts

distincts, donc deux jeux de mesures.

Lors de son levage, les extrémi-

tés du viaduc restaient en porte-à-faux.

Le stress était toutefois raisonnable,

largement dans les limites de ce que

pouvait tolérer l’armature. On n’a pas,

par exemple, employé de bétons spéciaux.

« Il fallait toutefois que le tablier ait

atteint environ 30 mégapascals de

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

résistance en compression, ce qui signifi e

qu’il fallait avoir fi ni de couler le béton

un mois avant de le déplacer », précise

Michel Vachon.

Une séquence bien réglée

L’opération de déplacement des ponts

était minutée comme un épisode de

Mission impossible. Tout d’abord, les six

transporteurs, en provenance d’un peu

partout en Amérique du Nord et même

de Cuba, sont arrivés moins d’une semaine

avant le jour J, puis assemblés par les

techniciens de Mammoet.

Au jour J, l’autoroute devait

fermer à 18 h et être rouverte à 9 h 30 le

lendemain matin; selon le contrat, tout

retard entraînait de lourdes pénalités.

À 18 h le 2 août, l’autoroute fer-

mait comme prévu. À 19 h 30, le premier

tablier de l’ancien pont était soulevé; à

20 h, c’était au tour du second tablier.

Vers 23 h 30, les deux nouveaux tabliers

étaient déplacés. Le premier était dé-

posé en place vers minuit, le second vers

00 h 30. Vers 1 h du matin, on lançait les

travaux de remblaiement des culées et

vers 6 h, le pavage était en cours. À 9 h 30,

comme prévu, l’autoroute était rouverte à

la circulation.

« À part une petite fuite d’huile

réglée en 15 minutes, les transporteurs

de Mammoet ont fonctionné à la perfec-

tion, note Michel Vachon. À vrai dire, les

travaux de remblaiement et de pavage ont

pris plus de temps que le transport des

sections des ponts lui-même. »

Le coût des travaux ? Très raison-

nable. À peine 9,6 millions de dollars, une

économie de 2,4 millions sur ce qu’aurait

coûté la reconstruction sur place, à l’an-

cienne. Avec 400 ponts et viaducs

à remplacer d’ici cinq ans, le ministère

des Transports de l’Ontario apprécie

l’économie et entend récidiver. Déjà,

McCormick Rankin planche sur

trois projets semblables, sur le même

tronçon d’autoroute, pour les années

2010-2012. < |

3 5


Photo: Ginseng Boréal

SANTÉ

>

par

Diane Grenier

LE GINSENG

Dès son apparition dans le monde

occidental, les botanistes étaient

tellement convaincus que le

ginseng était un remède universel qu’ils le

surnommèrent « Panax », des mots grecs

Pan, pour « tout », et Akos, pour « remède ».

Comme la mandragore, à laquelle on attribue

aussi des vertus soi-disant magiques,

ses ramifi cations donnent au ginseng

un aspect étrangement humain et

expliquent son nom asiatique, qui vient

du mandarin « rénshèn », « rén » pour

homme, « shèn » pour « racine ».

Pour traiter le mal à la racine

Remède universel pour certains et simple fraude pour d’autres,

le ginseng a fait couler beaucoup d’encre. Ce qu’on sait moins,

c’est que les coureurs des bois qui ont colonisé le Québec le

recherchaient tout autant que les peaux de castor et que

le meilleur ginseng au monde renaît aujourd’hui en Estrie

et en Outaouais.

Les coureurs des sous-bois

Cette plante qu’on dit surnaturelle croît

naturellement dans les sous-bois des forêts de

feuillus. C’est pourquoi l’idée vient un jour à

un jésuite éclairé d’en rechercher en Nouvelle-

France. Le père Joseph-François Lafi tau traite

les racines récoltées selon les instructions

reçues d’un collègue missionnaire en Chine et

les expédie pour être soumises à l’empereur

chinois. Ce dernier s’en montre si satisfait

qu’il offre trois fois leur poids en argent pour

toutes les racines qu’on lui livrerait.

L’engouement que suscite la cueillette

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

du ginseng chez les colons est immédiat.

On n’a qu’à se pencher pour le ramasser, alors

que la fourrure exige de poser et de relever

pièges et collets, sans garantie de résultats.

Les forêts regorgent de panax et,

même quand la chasse n’est pas bonne,

les hommes peuvent toujours rentrer

la besace remplie.

Une nouvelle industrie est née,

mais cette ruée provoque des changements

sociaux désastreux : les colons

délaissent le dur travail de la terre –

et leur famille – pour courir les bois. >

3 7


Mais comme la plante met huit à dix ans à

se régénérer, ce qui devait arriver arriva :

en deux générations, la cueillette abusive

épuise l’espèce. C’est le premier cas chez

nous de développement sauvage.

Panacée économique

ou Klondike biologique ?

La presque totalité du ginseng produit

maintenant au Canada est cultivée en

champ sous des structures qui créent

de l’ombrage. En tant que produit de

masse, la racine de ginseng de champ

est séchée et vendue entière, en poudre

ou tranchée. La racine provenant de milieux

forestiers est quant à elle étiquetée

« de luxe » et vendue séchée et

toujours entière.

3 8

>

Reconnaissez-vous

quelqu’un ? Une

part du mythe

du ginseng vient

de l’apparence

humaine de

ses racines !

Les acériculteurs sont les mieux

à même de maîtriser ce type de culture :

ils connaissent bien leurs boisés, aiment

y travailler et le ginseng représente un

revenu d’appoint intéressant. On peut

en obtenir entre 450 $ et 650 $ le kilo,

chaque racine pesant 10 à 20 grammes,

avec la limite cependant de n’en récolter

qu’un demi à un acre par an. Le ginseng de

champ vaut dix fois moins, mais sa récolte

ne comporte pas de limites, l’épandage de

pesticides non plus, d’ailleurs. La racine

forestière, elle, est 100 % biologique.

Devant l’importance du marché

asiatique à satisfaire, le gouvernement

monte des opérations de promotion.

Le Bureau commercial du Canada à Taipei,

par exemple, présente depuis 2005 le

Festival du ginseng canadien pour attirer

l’attention des consommateurs sur la

qualité supérieure de nos produits.

La réputation du ginseng canadien en

Asie est du reste bien établie.

Esprit d’aventure, audace, curiosité

et entrepreneuriat sont des atouts qui

ont présidé à l’exploitation du ginseng à

travers notre histoire, du 18 e siècle jusqu’à

aujourd’hui. C’est le cas de l’Ontario, où

le ginseng s’est imposé comme culture

de conversion pour les terres jusqu’alors

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Le Québec, culture distincte…

Certains estiment que le ginseng ontarien

est de piètre qualité parce que cultivé

en champ, donc produit à grande

échelle dans des conditions loin d’être

naturelles à la plante. Le Québec voit

les choses autrement.

Une jeune agronome, Isabelle

Nadeau, a fait de la culture du ginseng

en milieu forestier son projet d’études

de maîtrise, puis son cheval de bataille.

Cette ferveur l’a menée à mettre sur pied

sa fi rme de services-conseils et de promotion

: elle prône la culture du ginseng en

forêt, qui permet d’obtenir des racines de

qualité supérieure d’une valeur marchande

dix fois supérieure à celle des racines

produites en champ. Grâce à ses efforts,

des producteurs forestiers en Estrie et

en Outaouais attendent leurs premières

récoltes pour 2011.

Les conditions de pousse sauvage

en forêt rendent le ginseng plus concentré

en saveur, en parfum et surtout en propriétés.

Sa teneur en composés actifs est

à son maximum. Bien sûr, il s’agit d’une

plante à croissance lente, donc patience !

La récolte de la racine ne se fait pas avant

huit ou dix ans, alors que sa longévité

s’étend de 15 à 60 ans, voire jusqu’à

100 ans, auquel cas il est plus approprié

consacrées à la culture du tabac. Photo: Coopérative de solidarité Clé-des-Champs de Sainte-Camille et Evan Lee


« Tant l’Occident

que l’Orient prêtent

au ginseng des vertus

aphrodisiaques... »

de l’exposer respectueusement sous

verre que de la consommer – une pratique

courante en Asie.

Comme menace à l’espèce, on

compte les brouteurs, comme les chevreuils,

qui raffolent du ginseng sauvage, et

les pilleurs. Le ginseng qui pousse aux pieds

des feuillus est l’objet de convoitise féroce.

Pour éviter le pillage de leurs sites, les producteurs

de ginseng se montrent on ne peut

plus discrets : ils ne s’affi chent pas comme

tels ni ne claironnent dans les environs

la nature de leur culture.

Propriétés, vertus et… philosophie

Dans les années 1930, la plupart des

boxeurs, coureurs de marathon et joueurs

de football, tant européens qu’américains,

ingurgitaient des boissons à base de

ginseng pour leurs propriétés stimulantes

et pour accroître leur résistance physique.

En 2007, seuls 2 % à 5 % d’entre eux en

consommaient : ils avaient découvert des

substances plus puissantes pour rehausser

le niveau de leurs performances.

Produit phytothérapeutique selon

l’Organisation mondiale de la santé,

le ginseng est approuvé par l’OMS. Stimulant

du système nerveux, physique et

intellectuel, il accroît la résistance

physique et a une action de fond sur

l’organisme. Il est reconnu pour ses

propriétés adaptogènes qui confèrent une

meilleure résistance au stress. De là à lui

attribuer des propriétés curatives, c’est

une voie sur laquelle les Occidentaux ne

suivent pas les Orientaux, qui y cheminent

allègrement depuis des millénaires.

Selon la tradition, la dose quotidienne

optimale de ginseng est établie à

deux à trois grammes, ou une fi ne tranche

de la racine de la taille d’un éclat d’amande,

ou encore d’une capsule de poudre.

On peut aussi le boire en infusion, le

faire mijoter pendant une heure dans du

bouillon de poulet, le faire macérer pendant

trois mois dans 50 centilitres d’eaude-vie

ou encore, simplement, le mâcher.

Le goût, agréable, est particulier, très

caractéristique, tout comme le parfum. On

trouve même le ginseng en bonbon, qu’on

peut croquer en tout temps, ce qui assure

une diffusion maximale de ses propriétés.

Bien que certaines publicités lui

attribuent des effets anti-âge, l’utilisation

du ginseng n’a présenté aucun résultat

cosmétique probant, mais tant l’Occident

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

que l’Orient lui prêtent des vertus

aphrodisiaques : il semble prouvé que

la prise de ginseng améliore les

performances du mâle et la libido,

si besoin est…

Tant de bienfaits et pas d’effets

secondaires, sinon celui de retarder le

sommeil, à l’instar de la caféine. On pourrait

presque parler de panacée… < |

3 9


MOTOS

>

par

Éric Ménard

4 0

Zeel Design

ZÈLE ET STYLE

SUR DEUX ROUES

Vous pensez que le monde des motos de type « chopper » est rempli

de fi ers-à-bras qui montent des véhicules à la va-vite sans se soucier

des contraintes techniques ?

Pourtant, il y a aussi des gens qui

travaillent minutieusement pour

réaliser des motos aux dimensions,

à l’allure et aux performances hors

normes. Certains modifi ent des motos de

production. D’autres imaginent, dessinent

et bâtissent carrément une moto de toutes

pièces. C’est le cas de l’ingénieur Michael

Long. Ce trentenaire est aujourd’hui l’un

des constructeurs de motos sur mesure

les plus reconnus au Québec et hors

frontières. Plusieurs sociétés, des chefs

d’entreprises et même la compagnie

Harley-Davidson lui donnent carte blanche

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

pour produire des machines exotiques

qui font tourner les têtes, même des plus

grands détracteurs de motocyclettes. Loin

d’être du genre « gros bras qui parle fort

et prend de la place », Mike est plutôt discret

et analytique. C’est quand on lui pose

des questions qu’on se rend compte à

quel point ses connaissances en la matière

sont poussées.

Ce natif d’Ottawa modifi e sa première

Mustang 5 litres à 16 ans, bientôt

suivie d’un superbike et d’une foule de

projets qui lui permettent d’apprendre

les rudiments de son art. Ce parcours le


Michael Long

(sur la moto )

et son associé,

Benoit Marleau

mène à la faculté de génie de l’Université

du Québec à Trois-Rivières. Il s’intéresse

à la course automobile et parfait ses

techniques, apprend sur la résistance

des matériaux et surtout développe une

méthodologie de travail.

Ingénieur, créateur, chercheur et…

passionné de motos

Diplôme en main, Michael Long s’aperçoit

que les débouchés possibles par sa formation

ne l’intéressent pas beaucoup.

Il prend donc le chemin de l’usine Bombardier

à Valcourt où il travaille pendant cinq

ans sur le design d’une bête à trois roues

que les trois ingénieurs du groupe de

recherche baptisent Spyder. Pendant ce

temps, il continue de monter des machines

aux formes et aux concepts de plus en

plus poussés. Ses commandes exigent de

plus en plus de temps, de sorte qu’il fi nit

par créer Zeel Design, sa propre compagnie

de création et de modifi cation de

bolides à deux, trois et quatre roues. Mais

son dada demeure les motos exotiques.

Pour chaque création, il s’inspire

de son enfance, de son environnement

et de la science-fi ction, mais aussi du

cinéma et de l’automobile : « Ma moto à

trois roues est inspirée du big wheel que

je possédais quand j’étais jeune et que

« Beaucoup d’ingénieurs

sont orientés vers la théorie.

Moi, je dois être pratique et,

surtout, penser en homme

d’affaires, car j’ai ma propre

entreprise. Je dois penser

au coût, à la rentabilité

de mes projets, à la mise en

marché, etc. Pour moi, un

bon ingénieur doit être habile

dans tous ces domaines

pour pouvoir tout intégrer. »

j’ai croisé avec une bicyclette antique. Un

design de roue peut venir d’une bouche

d’aération que j’ai vue dans un avion ! »

« Je regarde très peu de magazines

de motos; sinon, quand on se retrouve

ensuite devant notre page blanche de

création, la page n’est plus vraiment

blanche », ajoute Michael. Il se documente

beaucoup et utilise de puissants logiciels

pour tester ses créations avant même

de les bâtir. « Dans le monde de la moto

faite sur mesure, c’est habituellement

99 % d’essais et d’erreurs. Moi, je fais de

l’ingénierie inverse : je dessine mon idée

en premier, puis je me procure les pièces

de base comme le moteur, la batterie, les

pneus, etc. Par la suite, je les scanne en 3D

et le tout apparaît dans mon ordinateur. Je

peux ensuite jouer avec mon concept pour

voir si tout est réalisable. »

De la théorie à la pratique

Mike est l’un des seuls constructeurs de

motos à se servir couramment d’un scanneur

pouvant numériser n’importe quel objet en

dessin en trois dimensions. C’est la différence

majeure entre lui et ses concurrents. Le jeune

ingénieur étudie son concept en profondeur

avant même de se mettre à la construction

proprement dite. Il souhaite créer des

machines au look accrocheur, mais aussi

des machines faciles à faire rouler. En effet,

plusieurs des motos qui sortent des ateliers

de choppers sont souvent inconfortables et

beaucoup plus destinées au tape-à-l’œil qu’à

la randonnée. Mike n’hésite pas une seconde:

Ajoutez une bonne dose d’imagination et

de créativité, et le tour est joué. Pour ce qui

est du perfectionnement, Mike a fait les trois

quarts de sa maîtrise sur la motorisation à

l’hydrogène, mais là où il apprend le plus, >

>

La “Bobster” 3-roues

créée pour l’émission

Biker Build-up

4 1


4 2

>

L’un des chariots

conçus par

Zeel Design pour

le fi lm The Mummy 3.

DE MAD MAX À HARLEY-DAVIDSON

EN PASSANT PAR THE MUMMY 3

De Saint-Pie à Hollywood, le chemin

est court lorsqu’on bâtit des véhicules

uniques. Dans le fi lm d’action Death Race,

plusieurs voitures à la sauce Mad Max ont

été conçues par Zeel Design.

Pour le fi lm The Mummy 3 : Tomb

of the Dragon Emperor, Zeel Design a été

mandaté pour construire des chariots

pleine grandeur motorisés, auxquels on

rajoutera numériquement des chevaux.

Les chariots de 4000 livres de couple (!)

et des roues de six pieds de diamètre

ont dû être construits et testés ici avant

d’être envoyés en Chine pour le tournage.

L’émission Biker Build-Off sur la chaîne

Discovery lui demandera de construire en

dix jours un 3-roues, qu’il surnommera

« bobster », en dix jours. Mike s’exécutera

et conduira ensuite la moto sur 1700 kilomètres

entre Memphis et Austin, au Texas.

Lorsque je lui ai parlé, Mike terminait une

commande de Harley-Davidson pour un

prototype évolutif du V-Rod Muscle, l’un

des tout récents modèles offerts chez

Harley-Davidson. Décidément, ce ne sont

pas les projets qui manquent.

c’est sur le terrain : « Je me perfectionne dans

l’apprentissage de la gestion de ma compagnie

ainsi que dans mes nombreuses visites

de salons dédiés aux motos personnalisées. »

Que ce soit à Sturgis, à Daytona

ou à Dubai, où il a récemment envoyé

sept motos, Mike ne regarde pas les

prototypes, mais plutôt les méthodes employées

pour les réaliser. Bien qu’il touche

à la modifi cation de moteur, ce n’est pas

la préférence de ses clients. Les « weekend

warriors » préfèrent payer pour améliorer

l’allure plutôt que la performance de

leurs machines. Ils dépensent en

moyenne entre 50 000 $ et 60 000 $

en modifi cations (excluant le coût initial

de leur moto !).

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

L’ingénierie derrière le concept

Aujourd’hui, Zeel Design est installé

à Saint-Pie et emploie dix personnes à

temps plein, dont trois ingénieurs et plusieurs

techniciens en génie mécanique.

La fi rme fait beaucoup d’ingénierieconseil

et quelques créations par

année. Elle installe aussi plusieurs

ensembles de pneus arrière hors norme,

la nouvelle folie dans le monde de la

moto personnalisée.

Lorsque je lui demande ce qui le

passionne le plus dans toutes ses expériences

hors du commun, Michael répond

du tac au tac : « Être mon propre patron,

pouvoir être créatif et décider moi-même

de ma direction. »< |

DE NOMBREUX DÉFIS D’INGÉNIERIE

Pour la moto Phenom, Michael Long a utilisé une transmission

CVT, a installé le moteur à l’envers, une commande des gaz électronique,

des roues sans moyeu, une carrosserie et un châssis

en fi bre de carbone. Le client voulait gagner le championnat

mondial des constructeurs de motos personnalisées à Daytona.

Après 3500 heures de travail et 400 000 $, Mike, son équipe et le

client ont pu dire mission accomplie et repartir avec le trophée !


MODE

PHILIPPE DUBUC

> Photos :

Joane McDermott

l ’ h o m m e h y b r i d e

Le Québec ne compte pas une multitude de designers de vêtements pour

hommes. Philippe Dubuc est, sinon le pionnier, du moins le leader en la

matière, ce qu’il a encore une fois démontré avec brio lors de son récent défi lé

qui ouvrait la Semaine de la mode de Montréal 2009 en mars dernier.

Manteaux souples, chandails aux cols lourds et ouverts, manches

interminables, vestes cintrées et pantalons fi liformes, les vêtements

du créateur se déclinent cette année dans tous les tons de gris :

gris anthracite, gris charbon, gris perle, gris acier, gris presque noir, pas une

seule autre couleur ne s’est égarée sur la palette du designer. Résultat :

une garde-robe qui exige de l’attention. Le mariage audacieux des textures,

des surpiqûres à des endroits aussi étonnants que seyants souligne tant

la sobriété que la subtile inventivité d’une collection qui, comme les meilleurs

vins, gagne à être fréquentée.

En cette ère de récession, l’avenir appartient aux créateurs,

et c’est ce que Philippe Dubuc prouve avec art et subtilité.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

4 3


MODE

> Veste trois-quarts

en laine bouillie

double face, pull en

coton avec encolure

tube, pantalon en

coton lavé à braguette

asymétrique.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


Complet trois

boutons à impression

laquée prince

de Galles.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

4 5


MODE

> Complet de laine

laquée aux surpiqûres

fait main.

4 6

> Manteau-veston

en feutre double

face à boutonspression,

porté

sur pull ergonomique

à grosses mailles.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

> Veste noire avec

foulard intégré en laine

éponge, portée en

dessous, et pull de

mailles enduites de

peinture par-dessus,

pantalon étroit en

laine éponge.


Jersey trompel’œil

à effet cardigan,

pantalon à braguette

asymétrique en laine

de coton lavée.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


DÉGUSTATION

>

par

Dominique

de Pasquale

4 8

Ces temps-ci, mieux vaut placer son argent dans sa cave plutôt qu’à la Bourse.

Au-delà des valeurs sûres qui réclament un écot de plus en plus diffi cile à gagner,

il y a plein de vins « qui montent », de terroirs ignorés, de cépages locaux ou issus

de méthodes bio ou équitables. Imagine a réuni douze sommeliers d’un soir

autour de vins qui gagnent à être découverts.

L’ITALIE SE MAINTIENT…

L’Italie reste dans les premiers choix des œnophiles. Voici quelques bonnes raisons.

1. La Tota Marchesi Alfi eri Barbera d’Asti 2006 (25,75 $)

Moins célèbre, moins puissant que le célèbre Barolo, le Barbera est à découvrir. Ce rouge franc, au nez

de petits fruits, de vanille, équilibré, riche en tanins, persistant, en témoigne. Un prix accessible pour

un vin de cette qualité. > 6,5/10

2. Bricco Quaglia La Spinetta Moscato d’Asti 2007 (22,00 $)

Le muscat est déjà un bonheur avec son goût de pêche et des notes minérales. Notre candidat révèle

des bulles généreuses et une bonne acidité. Chez nos sommeliers d’un soir, plusieurs lui donnent un 8/10.

On le suggère en apéro avec du pâté de foie – ou peut-être de la viande de grison. > 6,5/10

3. Vigneto Rafael Tommasi Valpolicella Superiore Classico 2006 (19,15 $)

Un autre vin qui démontre puissance, souplesse et persistance; conçu pour les viandes rôties

ou un plat de pâtes sauce bolognaise. > 6,5/10

4. Il Brecciarolo Rosso Piceno superiore 2006 (14,40 $)

Une note moyenne de 7/10, mais éventail de 3 à 9 pour ce rouge profond, au nez de baies et de bois,

aux tanins persistants. Un bon rapport qualité-prix. Mon coup de cœur personnel… > 7/10

Coup de cœur

5. Nero d’Avola Torre dei Venti Fazio Sicilia i.g.t. 2004 (18,05 $)

Les vins de Sicile nous proposent de plus en plus de beaux vins à découvrir, dont ce Nero d’Avola,

d’un prix encore abordable – ce qui risque de ne pas durer.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

DES VINS

qui se moquent de

la récession


photos : Joane McDermott

LA FRANCE DÉGRINGOLE MAIS…

On boit moins de vins français. C’est la faute à Sarko ou à El Nio ?

Il y a pourtant encore de belles découvertes à faire.

1. Castel Bordeaux blanc non boisé 2007 (14,95 $)

Un blanc au nez d’agrumes, avec une bonne acidité, un souvenir de miel qui devrait

se boire à l’apéro, avec des bouchées au fromage de chèvre ou au repas, avec un plat

de poisson. > 6,5/10

2. Château de Jau Côtes du Roussillon Villages 2004 (16,55 $)

Un autre bon vin à très bon prix. Des raisins qui ont mûri face à la Méditerranée.

On y retrouve des odeurs de garrigue. > 7/10

3. Château La Grange Clinet Premières Côtes de Bordeaux 2005 (16,85 $)

Un nez intense de petits fruits, une fi nale soutenue. Le Wine Spectator, qui a

la notation plus généreuse que nos sommeliers, lui donne > 8,9/10.

Un bon rapport qualité-prix. > 7/10

Coup de cœur

4. Mercurey premier cru Les Puillets Philippe-le-Hardi 2006 (28,30 $)

Et enfi n un grand coup de cœur pour ce rouge intense, au nez de petits fruits.

Riche en tanins, persistant. À servir avec des viandes rôties.

LA MONTÉE DU « NOUVEAU-MONDE »

Les États-Unis, mais surtout l’Argentine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande progressent.

1. Pinot noir Yering Station Yarra Valley 2006 (23,80 $)

Un nez de fl eurs des champs, un goût de baies, de vanille. Mais cet australien gagnerait

peut-être à vieillir. > 5/10

2. Syrah Liberty School Californie 2006 (19,95 $)

Un plat relevé, un pâté de gibier par exemple, rendrait justice à ce rouge violacé,

complexe et persistant. > 6/10

3. Tempranillo Castillo Turis Valencia 2006 (9,70 $)

Un puissant rouge d’Argentine, avec un nez de framboises et de pâtisserie, des goûts

d’épices, de vanille. On le suggère avec des viandes. Petit coup de cœur, quand on tient

compte du prix. > 6,8/10

Coup de cœur

4. Tempranillo Trumpeter Rutini Wines Reserve 2007 (14,50 $)

Ce rouge intense, typiquement argentin, 100 % Tempranillo, au nez puissant

de confi ture et de vanille, est fait, selon nos sommeliers, pour accompagner

une grillade. Bon rapport qualité-prix. < |

Nos remerciements à Francs Vins, Univins, la Délégation

commerciale d’Italie et La Céleste Levure pour les produits,

ainsi qu’au restaurant Villa Armando pour son accueil.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Les mots pour le dire

Nez puissant, goût persistant, riche

en tanin, les qualificatifs sont nom-

breux pour décrire un vin. L’amateur

de la renaissance classait le vin

de manière imagée : le vin de singe

conférait la gaieté, le vin de lion

faisait sortir le côté querelleur, le vin

de renard rendait rusé, le vin de pour-

ceau endormait, le vin d’âne provo-

quait l’hébétement et le vin d’agneau

rendait… doux. Aujourd’hui, le web

vient à la rescousse de l’œnophile.

Toocharger.com offre des dizaines

de logiciels téléchargeables pour gérer

son vocabulaire et sa cave. Beaucoup

sont gratuits : Ma Cave à vin, Open

Cellar, la Cave du sommelier,

MyWineAndCellar, etc.

>

Ma Cave à vin

www.toocharger.com

4 9


SOCIÉTÉ

>

Texte et photos:

Bernard Brault

> Un classique : cette

vue du site de Machu

Picchu est probablement

celle que tous les

touristes qui visitent

le site inca rapportent

dans leurs appareils

photo. On distingue

en arrière-plan le

Huayna Picchu.

Données techniques:

Nikon D3; zoom 14-24

mm F2,8; 1/500 F6,3;

100 ISO

5 0

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


LE MACHU PICCHU

SANCTUAIRE INCA

Construit il y a environ 600 ans et « découvert » en 1911 par

l’explorateur américain Hiram Bingham, le Machu Picchu est le

plus beau site archéologique inca du Pérou.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

5 1


5 2

En 2007, l’endroit a été choisi comme

l’une des sept nouvelles merveilles

du monde par la NewOpenWorld

Foundation 1 . Il y a deux façons d’atteindre

ce site quasi mythique situé à 2500 mètres

d’altitude. La plus facile est de prendre un

train panoramique à Cusco, dans le sudouest

du Pérou (où un avion pris à Lima,

la capitale péruvienne, nous amène en un

peu plus d’une heure), pour une balade

de près de quatre heures au cœur d’une

vallée luxuriante. Cusco est une magnifi que

ville de 400 000 habitants d’où l’on peut

explorer des sites incas situés à quelques

kilomètres à peine du centre-ville. Le mal

des montagnes s’y fait vite sentir : la ville

est construite à 3660 mètres d’altitude !

La première nuit à l’hôtel est

courte, on cherche son souffl e, ce qui ne

facilite pas le sommeil, surtout que l’on

doit se lever à 4 h 30, puisque le train

quitte la gare à 6 h 00. Le trajet à bord

du wagon abondamment vitré permet

d’admirer la vallée qui mène à la fameuse

montagne et plusieurs ruines incas.

L’impatience nous gagne de voir par

nous-mêmes ce qu’on a vu dans des livres

depuis notre enfance ! À la gare d’Aguas

Calientes 2 , on doit se faufi ler parmi

des centaines de vendeurs de souvenirs

en tous genres. Des dizaines d’autocars

attendent la nuée de touristes pour les

mener par un chemin sinueux jusqu’à

la base de Machu Picchu (deux termes

qui signifi ent littéralement « vieille montagne

»). Les plus aventuriers peuvent

préférer suivre le sentier des Incas, long

de 45 kilomètres, qui permet d’atteindre la

base à pied en trois jours. En prime paraîtil,

des paysages à couper le souffl e… Après

avoir payé le droit d’entrée, le guide nous

dirige immédiatement vers l’un des plus

beaux points de vue du site. À l’avant-plan,

on devine les restes de la ville et, en

arrière-plan, le Huayna Picchu (jeune

montagne). Des sentiers parsemés de

touristes et de lamas en liberté nous

mènent encore plus haut. On aperçoit

la fi n du sentier des Incas et un groupe

de touristes que le périple semble avoir

quelque peu éreintés…

Le guide nous explique en détail

les différents temples que l’on distingue

au loin. Après avoir traversé la porte de

l’entrée principale du site, qui donne accès

aux anciennes habitations et aux >

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

> Plus de 400 000

touristes ont foulé

les sentiers du site

de Machu Picchu en

2003, accélérant la détérioration

de ce lieu

parmi les plus visités

du Pérou. Un guide

est essentiel lors de

la visite pour ne rien

manquer des détails

les plus intéressants.

Données techniques:

Nikon D3; zoom 70-

200 mm F2,8; 1/500

F5,0; 100 ISO

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1 > Les six autres « nouvelles » merveilles du monde selon cette fondation privée (sans aucun

lien avec l’Unesco) : Le Taj Mahal (Inde), la Grande muraille de Chine, la cité de Petra (Jordanie),

la Statue du Christ Rédempteur (Brésil), le site Chichen Itza (Mexique) et le Colisée de Rome.

2 > Aguas Calientes, maintenant connu sous le nom de Machu Picchu Pueblo, est un village

situé au Pérou sur le Río Urubamba. C’est le village le plus proche du Machu Picchu.


i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

> Le train Vistadome,

en partance de Cusco

et qui rejoint le village

d’Aguas Calientes en

près de quatre heures,

croise un autre train

de Peru Rail dans

une vallée luxuriante

bordée de montagnes

spectaculaires.

Données techniques:

Nikon D3; zoom 14-24

mm F2,8; 1/500; F4,5;

100 ISO

5 3


On regarde attentivement parmi les murs

construits sans mortier ni ciment pour y découvrir

des lamas. Ces murs sont toujours aussi solides

depuis leur construction vers l’an 1460. Les Incas

étaient des architectes très ingénieux.

Données techniques: Nikon D3; zoom 70-200

mm F2,8; 1/200 F2,8; 100 ISO

> Comme le site est

situé en pleine forêt

tropicale, les nuages

arrivent rapidement et

la pluie y fait souvent

des apparitions soudaines.

Les vendeurs

d’imperméables « Made

In China » font fortune

tout en donnant aux

touristes une allure

très colorée.

Données techniques:

Nikon D3, zoom 70-

200 mm F2,8; 1/400

F4,0; 100 ISO

> Il ne faut pas se

surprendre de croiser

sur les sentiers des

lamas en liberté qui

broutent la pelouse à

plus de 2530 mètres

d’altitude. Attention

aux crachats…

Données techniques:

Nikon D3; zoom 70-

200 mm F2,8; 1/250

F2,8; 100 ISO

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

temples, on peut admirer de près la qualité de construction des

murs. Diffi cile à concevoir que des hommes aient pu construire

tout ça sans outils, ou presque. Certaines des pierres, taillées

au couteau, pèsent plusieurs tonnes et proviennent de carrières

éloignées. Le transport seul a dû exiger une expertise digne de

nos meilleurs ingénieurs ! L’un des murs du temple Royal, d’une

droiture incroyable, n’a pas bougé depuis sa construction.

Après quelques heures à découvrir le site et l’histoire

de ce peuple ingénieux, on repart la tête heureuse et pleine

d’images, on se sent content et choyé d’avoir pu fouler les

vieilles pierres du Machu Picchu. Dans le train qui nous ramène à

Cusco, on se surprend déjà à rêver d’y retourner afi n d’observer

un lever de soleil au-dessus de ces incroyables vestiges. < |


Le Réseau des ingénieurs du

Québec fait de vous

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SOCIÉTÉ

>

par

Monique Crépault

5 6

> LE

DES INVENTIONS

QUI ONT DE L’AVENIR

LE TÉLÉPHONE CAMÉLÉON

POUR VOIR PLUS QUE LA RÉALITÉ

Grâce à la trouvaille de chercheurs de l’université de Washington,

on peut, en incorporant un circuit électrique et des diodes lumineu-

ses sur une lentille de contact, ajouter des images virtuelles par-

dessus le champ de vision. On pourrait par exemple voir la personne

que l’on appelle au téléphone pendant qu’on fait la cuisine. Une

autre invention qui intéresse l’armée, mais aussi tous les étudiants

du monde qui s’apprêtent à passer des examens !

LE PAPIER PERPÉTUEL

Grâce à l’ordinateur, plus besoin d’imprimer, pensions-nous.

Eh non, on continue d’imprimer, sinon plus, du moins pas moins

qu’avant. Ça fait beaucoup de papier, papier qui est de plus en

plus cher. Plutôt que de le recycler, pourquoi ne pas tout simple-

ment réutiliser le papier ? Pas seulement en imprimant au verso,

mais en le créant auto-effaçable ? C’est ce que s’est dit Xerox en

utilisant des pigments sensibles à la luminosité. Au bout

de 16 à 24 heures, l’encre disparaît. Les résultats des recherches,

menées en collaboration entre le Centre de recherche Xerox

du Canada et le Palo Alto Research Center, en sont encore

au stade du prototype.

Une peinture antimicrobes, une cape invisible, des dents qui

repoussent ou encore une lentille bionique qui fait voir le virtuel dans

le réel, les inventions se suivent et ne se ressemblent pas.

En voici quelques-unes qui se retrouveront certainement dans un

magasin près de chez vous d’ici peu…

Nokia a imaginé, en collaboration avec l’université de Cambridge,

un téléphone mobile qui se transforme, selon ses utilisations,

en lecteur MP3, en clavier ou en montre. Transparent et fl exible,

il fonctionne à l’énergie solaire et nous renseigne en plus, grâce

à des biocapteurs, sur des éléments de notre environnement

comme la qualité de l’air ou le facteur éolien.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

UNE PEINTURE

ANTIMICROBES

Le bio-ingénieur Alexandre Klibanov

et son équipe du MIT de Cambridge ont mis

au point une arme redoutable contre

les microbes : un revêtement de clous nano-

métriques qui, lorsque apposés à un clavier

d’ordinateur, à des comptoirs ou des tissus,

tuent les virus. Cet enduit « tueur de virus »

est fait de polymères et de micropiques

(des « clous » qui mesurent environ un mil-

lionième de la largeur d’un cheveu humain)

qui percent les membranes du virus. Selon

les chercheurs, 99 % des bactéries exposées

à cette surface ont été tuées lors des tests.

L’armée américaine et Boeing ont collaboré

au projet, qui devrait se concrétiser dès la fi n

des procédures d’homologation.


LA CAPE D’INVISIBILITÉ

Qui n’a pas envié sa cape, à Harry

Potter ? Oh, le plaisir de pouvoir se

faufi ler partout sans être vu… Surtout

si on est un espion. Le professeur

Tomoshiro Ochiai de l’Université

Préfectorale de Toyama, au Japon,

a présenté en mai dernier un cylindre

composé d’un métamatériau à indice

de réfraction négatif : les ondes lumineu-

ses le contournent sans s’y réfl échir et

le cylindre devient invisible. On ne

se surprend pas d’apprendre que la

Darpa (Defense Advanced Research Pro-

jects Agency, l’agence de recherche

du Pentagone) soutient l’équipe

de chercheurs.

L’ESSAYAGE VIRTUEL

De plus en plus de vêtements sont vendus via

Internet et certaines entreprises offrent même

de créer des mannequins en 3D à partir de

nos mensurations. Toutefois, des chercheurs

coréens du i-Fashion Technology Center de

l’université de KonKuk, à Séoul, ont recréé un

double virtuel presque parfait grâce à une ma-

chine qui scanne une silhouette sous toutes

ses coutures pour créer un avatar identique au

client. Les consommateurs de Séoul peuvent

déjà tester ce système : plus besoin de se

faufi ler dans des cabines d’essayage, puisque

l’avatar essaie tout à notre place !

DES OS QUI SE RÉGÉNÈRENT

La pâte créée par une équipe britannique

de l’Université de Nottingham dirigée

par le professeur Kevin Shakesheff lui

a valu un prix d’innovation médicale.

Injectée à l’endroit d’une fracture

d’un os, cette pâte se solidifi e en 15 mi-

nutes. Comme sa structure est poreuse,

les cellules du tissu osseux en train de

se former s’insinuent à l’intérieur et

poursuivent leur multiplication tandis

que l’os artifi ciel se dégrade peu à peu,

en trois ou quatre mois. L’os naturel

reprend ainsi tranquillement sa place.

UNE PEINTURE SOLAIRE

Ted Sargent, chercheur à l’université de Toronto et spécialiste en nanotechnologie, a créé avec

son équipe, à partir de cristaux semi-conducteurs d’une taille de trois ou quatre nanomètres,

des nanoparticules pouvant se disperser dans n’importe quel solvant de base. Les nanocristaux

sont programmés pour pouvoir capter la lumière, même si sa longueur d’onde est très courte,

permettant ainsi de transformer n’importe quelle surface en panneau photovoltaïque. Les

surfaces recouvertes de cette peinture seraient plus effi caces que les cellules photovoltaïques

classiques, puisqu’elles exploitent 30 % de l’énergie radiante, alors que les meilleures cellules

solaires actuelles n’en exploitent que 6 %.

DES DENTS QUI REPOUSSENT

Si les tuyaux peuvent cicatriser, pourquoi les dents ne re-

pousseraient-elles pas ? Selon Michel Goldberg, professeur

à la faculté dentaire de Paris, ce sera possible plus tôt

qu’on ne le croit. On ne replante plus des dents fa-

briquées, on vide la dent abîmée jusqu’à atteindre

la pulpe dentaire et activer localement les cellules

souches pour produire une régénération de la

dentine, le tissu situé sous l’émail et détruit par la

carie dentaire. Ces cellules sont réactivées grâce à

un gel extrait d’algues, et au bout de dix jours,

la dent se régénère directement < |

POUR VOIR PLUS QUE

LA RÉALITÉ

Grâce à la trouvaille de chercheurs

de l’université de Washington, on peut,

en incorporant un circuit électrique et

des diodes lumineuses sur une lentille de

contact, ajouter des images virtuelles par-

dessus le champ de vision. On pourrait par

exemple voir la personne que l’on appelle

au téléphone pendant qu’on fait la cuisine.

Une autre invention qui intéresse l’armée,

mais aussi tous les étudiants du monde

qui s’apprêtent à passer des examens !

5 7


SORTIR

>

par Charlotte

Blouin-Arbour

Voici nos dernières trouvailles

en matière de sorties urbaines.

Au menu : jazz, canard ou crème glacée…

de tout pour se détendre après une

longue semaine de travail !

M O N T R É A L

Pour les amateurs de canard

Pour se gâter avec élégance sans vider

notre portefeuille, une visite au Canard

libéré, un espace gourmand créé pour

démocratiser la consommation du canard

sous toutes ses formes, s’impose. Point

de vente des produits des Canards du Lac

Brome, cet établissement de 2000 pieds

carrés offre 25 produits dérivés du canard.

On y trouve aussi des mets d’accompagnements,

des condiments fi ns et des

paniers-cadeaux abordables. De plus, des

cuisiniers expérimentés nous offrent leurs

recettes, conseils et dégustations. Les

produits sont à emporter ou à savourer

sur place dans la section café-bistro, où on

peut déguster un petit-déjeuner européen,

le lunch ou le souper. Pour dessert, on essaie

le café italien Miscela d’Oro, accompagné

de chocolats artisanaux.

> Le canard libéré

4396, boulevard Saint-Laurent

514-286-1286

www.canardsdulacbrome.com/NosBoutiques.html

5 8

LES PLAISIRS

DU PRINTEMPS

Pour des bières et des tapas

à la québécoise

Avec son bar central et ses grandes

fenêtres, le HELM est un endroit convivial

propice aux discussions. Si la plupart des

clients y viennent surtout pour déguster

une bière fraîche et quelques tapas aux

saveurs du terroir québécois, le menu

diversifi é de ce « brasseur gourmand »

ne laissera pas les autres en reste : on y

propose notamment une belle sélection

de cidres et de cidres de glace, à déguster

avec une salade de betteraves, un

tartare ou des croquettes aux épinards. Le

personnel souriant et attentif nous guide

dans nos choix, que l’on soit un grand

connaisseur ou non.

> le Helm

273, rue Bernard Ouest

514-276-0473

www.helm-mtl.ca

Pour les becs sucrés

En plein cœur du Vieux-Montréal,

Les Glaceurs comblent nos plus folles

envies côté gourmandises. À déguster sur

place ou à emporter, leurs fameux cupcakes

maison aux saveurs originales fondent

dans la bouche. Petits gâteaux au sucre à

la crème, au thé vert ou au chocolat et à la

menthe… il y en a pour tous les goûts ! On

y offre également des crèmes glacées et

de délicieux sorbets artisanaux du célèbre

glacier Bilboquet, disponibles en toutes

saisons.

> Les Glaceurs

453, rue Saint-Sulpice, Montréal

514-504-1469

www.lesglaceurs.ca

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Pour fêter à l’irlandaise

Situé dans le quartier Notre-Dame-de-

Grâce, le Honey Martin est un pub familial

d’une cinquantaine de places qui propose

des bières en fût (dont les Smithwicks, Kilkenny

et Guiness) en plus de scotchs et de

whiskies, à savourer dans une ambiance

chaleureuse et joviale. Le mardi, le pub

propose à ses clients un quiz amical, le

fameux « Trivia Night », à la fi n duquel les

gagnants pourront déguster un verre aux

frais de la maison. On y présente également

des prestations musicales originales

du mercredi au samedi.

> le Honey Martin

5916, rue Sherbrooke Ouest

514-484-2999

Q U É B E C

Pour combler notre palais

À Québec, à deux pas de la place d’Armes,

le restaurant Le Pain Béni propose une

cuisine traditionnelle réinventée, composée

à partir de produits du terroir. Le chef

Simon offre des plats savoureux aux titres

alléchants : tartare de pétoncles et de

saumon, fondue aux fromages québécois

et au cidre de pomme, gâteau au fromage

à la pistache et au thé vert dans une sauce

épicée au chocolat… Le mariage unique

des saveurs est étonnant. Ces plats exquis

sont à déguster dans un décor simple et

invitant ou sur l’une des deux terrasses (à

l’avant et à l’arrière).

> Le Pain Béni

24, rue Sainte-Anne

418-694-9485

www.aubergeplacedarmes.com


LES SORTIES

DU PRINTEMPS

22 - 7 septembre

PHOTOS À LA POLIDORI

Le Musée d’art contemporain de Montréal

fera bientôt place à une soixantaine

d’œuvres du photographe contemporain

Robert Polidori. D’origine montréalaise, celui

qui publie régulièrement ses clichés dans

The New Yorker, Geo et Architectural Digest

Deutschland s’inspire de ses innombrables

voyages pour poser des questions au

spectateur, pour agir comme une « muse

de la mémoire ». Parmi les séries qui seront

exposées, notons La Havane, Versailles,

Tchernobyl/Pripsyat et La Nouvelle-Orléans.

> Musée d’art contemporain de Montréal

185, rue Sainte-Catherine Ouest

www.macm.org

31 mai, 9 h à 18 h

À L’ASSAUT DES MUSÉES

Une trentaine de musées ouvrent gratuitement

leurs portes à l’occasion de la Journée

des musées montréalais. Le Biodôme,

la Grande Bibliothèque, le Musée Redpath

et de nombreux autres établissements

offrent des activités et des expositions pour

tous les goûts. Récemment rénové, le Centre

d’histoire de Montréal présente une exposition

sur les exploits du Dr Norman Bethune,

le chirurgien canadien qui fi t l’admiration

du peuple chinois dans les années 1930.

Programmation complète au

> www.museesmontreal.org

16 mai, 20 h 30

NUL AUTRE

QU’OLIVER JONES

Reconnu comme l’un des pianistes les

plus importants dans l’industrie du jazz

au Canada, le Montréalais Oliver Jones

interprétera les titres de son dernier

album One More Time en mai prochain

au Théâtre du Vieux-Terrebonne. Grand

habitué du Festival International de Jazz

de Montréal, celui qui a longtemps côtoyé

Charlie Biddle et Oscar Peterson charmera

le public avec une prestation à la hauteur

de sa renommée, comme à l’habitude..

> Théâtre du Vieux-Terrebonne

866, rue Saint-Pierre

www.theatreduvieuxterrebonne.com

2 avril - 21 juin

LE PLUS CÉLÈBRE

DES BED-IN

Le Musée des beaux-arts de Montréal

souligne le 40 e anniversaire du fameux

bed-in du couple Lennon-Ono en présentant

l’exposition Imagine – La ballade pour

la paix de John et Yoko. Des documents

uniques (dessins, photographies inédites,

vidéos, fi lms, œuvres interactives et œuvres

d’art) explorent la trajectoire de ces

personnalités engagées, de 1966 à 1969.

Dans l’espoir de renouveler le message

de paix universelle véhiculé à l’époque

par ce couple infl uent, l’entrée est libre

pour tous.

> Niveau 3 du Musée des beaux-arts

de Montréal

1380, rue Sherbrooke Ouest

15 mai - 20 septembre

CRÉATURES DE TOUS LES PAYS,

ASSEMBLEZ-VOUS

Le Musée canadien des civilisations présente une exposition sur les

créatures fantastiques qui ont nourri l’imagination des peuples du

monde. Créatures légendaires – dragons, licornes et sirènes réunit

tableaux, sculptures, textiles et objets scientifi ques provenant de

différents musées à travers le monde.

> Musée canadien des civilisations

100, rue Laurier, Gatineau

www.civilisations.ca

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

5 9


par Charlotte

Blouin-Arbour

6 0

U N B A N Q U E T

à 50 mètres du sol !

Dinner in the Sky (« DITS », pour les intimes) offre une

expérience inusitée qui permet à des chefs de haute cuisine,

des musiciens haut de gamme ou même des conférenciers

de haut niveau d’élever leur art à de nouveaux sommets.

Ce concept original de banquet céleste

– parfait pour épater la bellemère

– est désormais disponible

à Montréal. La fi rme d’ingénierie Génivar

vient d’homologuer Dinner in the Sky,

une ingénieuse table plate-forme que l’on

peut jucher à 50 mètres à l’aide d’une grue

géante. La table ainsi « montée » peut

accueillir 22 convives qui contempleront

du haut des airs les badauds ébahis,

une coupe de champagne à la main.

Les convives sont installés dans

des fauteuils munis d’une ceinture de sécurité

à six points. La table est solidement

fi xée à une plateforme de neuf mètres sur

cinq pesant cinq tonnes, hissée jusqu’à 50

mètres du sol par une grue de 120 tonnes.

C’est Sol Lorenzo, ingénieur chez

Génivar, qui a vérifi é que tous les calculs

respectaient les normes canadiennes

et qui a inspecté la structure avant que

le public n’y ait accès. Conçu et construit

en Belgique, l’équipement de Dinner in the

Sky a été déployé la première fois en 2006

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

sur la Grand-Place, à Bruxelles. Depuis,

des convives ont été servis à Londres,

Berlin, Johannesburg et Dubaï. La première

canadienne a eu lieu à Toronto l’an dernier,

sous les auspices d’American Express.

Les promoteurs espèrent un événement

Dinner in the Sky à Montréal d’ici l’été

2009, mais il semble déjà assuré que la

table sera dressée pour les Jeux olympiques

de Vancouver de 2010, peut-être

même sur la rue Québec qui jouxte l’entrée

du site ! Roxane Vincent, directrice des

opérations de DITS Canada à Montréal,

orchestre les prestations canadiennes

de ce concept. « Les sièges sont très

confortables, assure-t-elle, et les gens

réagissent généralement très bien pendant

le temps que dure l’expérience. Si

l’accès aux lieux d’aisance, par exemple,

est requis, ça peut être géré par le grutier

en une petite minute. » < |

> À surveiller cet été, quelque part dans

les cieux, pas loin du Vieux-Port…


GÉNIE

>

par Philippe

Gauthier

Alors que dans une chaufferie

normale au gaz naturel, de 15%

à 35 % de l’énergie produite

s’échappe par la cheminée, la technologie

du contact direct de Sofame limite cette

perte à 1 % environ. Mieux encore, cette

technologie remplace la chaudière tradi-

tionnelle par un système sans pression,

plus petit et plus léger, qui n’exige pas de

surveillance et qui peut même être installé

à l’extérieur d’un immeuble. Le retour sur

l’investissement est rapide, entre 18 et

36 mois seulement.

L’homme derrière ce petit miracle

se nomme Luc Mandeville, ingénieur.

À 57 ans, ce passionné d’effi cacité éner-

gétique a déjà 45 années d’expérience

dans le chauffage. Dès l’âge de 12 ans, il

travaille l’été dans une fi rme qui fabrique

des chaudières à Montréal. Durant ses

études en génie, il prend tous les cours qui

mènent de près ou de loin au chauffage,

convaincu qu’une longue carrière l’attend

dans cette entreprise. Il n’y restera que

trois mois.

Le récupérateur de chaleur

UNE ÉNERGIE PROPRE, PROPRE, PROPRE

Lauréat de prix prestigieux, le récupérateur de chaleur

à contact direct de Sofame a mis 20 ans à conquérir le Canada.

La crise énergétique met maintenant le monde à sa portée.

Après avoir travaillé quelque

temps dans le traitement des eaux usées,

il se met à vendre des économiseurs

indirects pour les chaufferies au gaz et

développe vite une expertise unique dans

ce domaine. « Je vendais de l’équipement

en expliquant à mes clients qu’en les

installant de telle et telle manière avec

d’autres équipements disponibles, ils

économiseraient un maximum, se souvient-il.

Un jour, un client m’a demandé si je pouvais lui

vendre tout le package. Sofame était née ! »

Esprit vif et curieux, Luc Mande-

ville ne se contente pas longtemps d’inté-

grer des systèmes conçus par d’autres.

En 1988, il entend parler des colonnes

d’absorption en vitre que la division indus-

trielle de Corning utilise pour la production

et la condensation de divers agents corrosifs.

L’ingénieur a l’idée – simple, mais géniale

– d’adapter ce système pour récupérer

la chaleur perdue dans les chaufferies.

Quelques semaines plus tard,

son associé, Michel Dallaire, conçoit

un premier prototype, et après un an

d’essais, la technologie est prête pour le

marché. Vingt ans et six brevets plus tard,

le récupérateur de chaleur à contact direct

en est à sa 330 e installation. Les clients de

CONFÉRENCE SPÉCIALE

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Le 14 avril, dans le cadre des sessions de formation du Réseau

des ingénieurs du Québec, Luc Mandeville traitera de l’effi cacité

énergétique par le contact direct.

Sofame ? Des chaufferies institutionnelles

et industrielles : l’Aéroport de Montréal,

l’Université Concordia, l’Hôpital

Maisonneuve-Rosement, Cascades

De l’indifférence à l’enthousiasme

Aussi ingénieuse soit-elle, la technologie

de Sofame ne s’est pas imposée du jour

au lendemain. À l’ère de l’énergie bon

marché, il n’était pas toujours facile

de convaincre les institutions d’investir

dans un tel équipement. Mais tout se

précipite depuis trois ans.

Après avoir lentement conquis

le marché canadien, Sofame s’est tournée

vers les États-Unis au milieu de 2008.

L’intérêt a été très vif. « Je reçois mainte-

nant des invitations pour aller présenter

le produit de la part de clients que je

n’aurais jamais osé solliciter il y a 20 ans »,

raconte l’ingénieur.

Depuis deux ans, Sofame a levé

cinq millions de dollars en argent public

et a recruté l’ex-PDG d’Hydro-Québec, André

Caillé, comme administrateur. Il y a 10 ans,

le rêve de Luc Mandeville, celui d’imposer la

technologie du contact direct dans le monde

entier, pouvait sembler utopique. Il paraît

maintenant plus réaliste que jamais. < |

> www.reseauiq.qc.ca > formation continue > génie

6 1


AUTOMOBILE

>

Par

Francis Brière

LES 2-LITRES

PRENNENT

DU GALON

Beaucoup de puissance, moins d’essence

Rien ne se compare au ronronnement d’un V8 ? Les puristes doivent s’avouer vaincus :

le raffi nement des moteurs d’aujourd’hui permet une réduction de cylindrée sans compromettre

la puissance. Un bloc de format réduit permet moins de poids et de friction ! En Formule 1,

les ingénieurs travaillent depuis 2005 avec des V8 dont la cylindrée se limite à 2,4 litres.

> La Mitsubishi

Lancer Evolution

en est à sa dixième

cuvée. Son moteur

relève de la prouesse

technologique.

Écolos et pantoufl ards

s’abstenir !

6 2

Mitsubishi Lancer Evolution

UN TOUR DE PISTE?

Il n’y a pas que les amateurs de rallye qui apprécient la Lancer Evolution X. Son moteur fougueux

produit près de 300 chevaux, elle est munie d’une suspension sport, d’une boîte de vitesses à double

embrayage et de sièges Recaro, une formule gagnante pour quiconque souhaite s’éclater sur piste,

ou route. La consommation est élevée pour un 2 litres, mais vous obtiendrez des gallons de plaisir.

Il faut aussi un porte-monnaie relativement bien garni.

> 291 ch à 6500 tr/min > 0-100 km/h en 6,3 s

> 12 litres/100 km (route) > 47 498 $

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9


Les constructeurs proposent des voitures équipées de

moteurs 4 cylindres dont la puissance dépasse parfois

les 100 chevaux par litre de cylindrée. De fait, un engin

de 2 litres développera plus de 200 forces sans diffi culté :

une prouesse technologique qui peut en convaincre plusieurs.

Par exemple, le fameux moteur 2.0T du constructeur allemand

Volkswagen se retrouve sous le capot de quelques voitures

populaires, comme la Golf GTI ou encore l’A3 d’Audi.

Cette technologie a non seulement fait ses preuves,

mais on s’est affairé à réduire la consommation de

carburant tout en augmentant les performances. Voici

donc les modèles équipés d’un engin de cette taille qui

retiennent notre attention :

> Volkswagen Golf GTI

UNE PRESQUE AUDI ABORDABLE

Si votre budget vous limite à l’achat d’une voiture de moins de

30 000 $, la Golf GTI s’offre à vous. Cette petite sportive vous en

donnera pour votre argent. Elle partage la même mécanique allemande

que l’on trouve chez Audi : le fameux 2.0T développant 200 vaillants

chevaux. À la pompe, la GTI n’est guère plus gourmande qu’une Golf

ordinaire, mais elle procure davantage de plaisir !

> Audi TTS

ATTENTION AUX PROJECTILES

Les nouvelles boîtes de vitesses à double embrayage permettent au pilote

profane de se couvrir de gloire le temps de quelques virages serrés. Audi

a cru bon d’équiper sa TTS de cette technologie. La voiture est capable de

performances hors du commun avec un engin qui développe 265 chevaux !

Quant aux sièges, ils sont parfaits. Compte tenu de la puissance que délivre la

mécanique évoluée de la TTS, la consommation en carburant n’est pas excessive.

> Audi propose la TTS 2009 avec un moteur 2 litres turbocompressé

produisant 265 chevaux. Peu gloutonne, mais le prix d’achat manque

de modestie !

> 265 ch à 6000 tr/min > 0-100 km/h en 5,5 s

> 8 litres/100 km (route) > 57 600 $

> La Golf GTI est équipée du fameux 2-litres turbo qui offre

performances et économie de carburant.

>Honda Civic SI

> 200 ch à 5100 tr/min > 0-100 km/h en 6,9 s

> 8,2 litres/100 km (route) > 27 795 $ GROSSE SONORITÉ, PETITE CYLINDRÉE

Les petits moteurs conçus par Honda ont de quoi exciter les

conducteurs avides de sensations. On ne peut affirmer qu’ils

sont puissants, mais l’engin qui propulse la Civic SI convient

parfaitement à cette voiture légère et maniable. L’amateur de

tuning et de conduite sur piste prendra plaisir à le pousser à sa

limite, qui avoisine les 9000 tours par minute. À plein régime,

ce 2-litres produit une belle sonorité, même pour un 4-cylindres ! >

> Depuis son arrivée en 1973, la Civic a subi de nombreuses

transformations. À telle enseigne que la version SI offre des

performances intéressantes, une consommation de carburant

raisonnable et un prix abordable !

> 197 ch à 8000 tr/min > 0-100 km/h en 7 s

> 7,8 litres/100 km (route) > 26 680 $

6 3


La plus abordable

de la famille Audi,

l’A3, n’est tout de

même pas accessible

à toutes les bourses

et dépasse les

40 000 $ en version

S Line Quattro.

>Saturn Sky Redline

CHARME ET VOLUPTÉ

Qui ne rêve de se balader en décapotable lors d’une chaude soirée d’été ?

Voici une voiture qui plaît tant par sa ligne que par sa conduite agréable.

Son moteur, un 2-litres turbocompressé nerveux, la propulse avec entrain.

On la choisit pour sa coupe fl uide, une des belles bagnoles à sillonner

nos routes. En revanche, l’ergonomie laisse à désirer !

> La Sky de Saturn possède une mécanique intéressante.

Son engin de 2 litres turbocompressé est nerveux à souhait.

> 260 ch à 5300 tr/min > 0-100 km/h en 6 s

> 7,1 litres/100 km (route) > 40 165 $

6 4

Audi A3

GROS BON SENS ALLEMAND !

Le fameux moteur 2.0T créé par les ingénieurs allemands équipe la pratique et excitante Audi A3. Pour notre bonheur,

elle est maintenant offerte en version Quattro, une option intéressante pour nos hivers. Malgré son prix un peu gonfl é,

l’A3 possède un tempérament incisif sans être gourmande à la pompe. Un compromis qui mérite notre considération.

> 200 ch à 5100 tr/min > 0-100 km/h en 6,3 s

> 7,2 litres/100 km (route) > 31 800 $

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Lotus Exige S

AUCUN COMPROMIS

La devise de Lotus révèle tout : « Light is

right ! » Avec un ratio poids/puissance de

9,44, la belle Exige S possède ce qu’il faut

pour donner des sensations fortes à son

conducteur. En effet, la voiture ne pèse que

935 kilos, permettant ainsi aux ingénieurs

de choisir un engin de petite cylindrée,

soit un 4-cylindres Toyota de seulement 1,8

litre (on triche un peu ici…).

> La belle Lotus Exige S s’adresse aux

amateurs de jouets plutôt fortunés. Si la

facture s’avère salée, on ne peut parler

d’économie à la pompe malgré son engin

de petit format.

> 221 ch à 7800 tr/min > 0-100 km/h en 4,3 s

> 11 litres/100 km > 67 750 $


BD

Construit il y a environ 600 ans et « découvert » en 1911 par

l’explorateur américain Hiram Bingham, le Machu Picchu est le

plus beau site archéologique inca du Pérou.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

6 5


À SUIVRE

Cependant, le prix des combustibles

fossiles recommencera à augmenter

lors de la reprise économique.

Les experts s’entendent pour dire qu’il dépassera

même les sommets déjà atteints.

À moyen terme, la disponibilité mondiale

du pétrole est loin d’être assurée. Vers

2030, on estime probable que le Québec

ne puisse plus en obtenir assez pour combler

ses besoins en énergie. La chute des

réserves et l’augmentation de la consommation

des pays émergents sont en cause.

Nous sommes dans l’œil de

l’ouragan énergétique et la tempête

reviendra bientôt nous frapper. Profi tons

de l’accalmie pour faire les débats

qui s’imposent. Le pétrole devance

l’hydroélectricité comme première source

d’approvisionnement énergétique au

Québec. Le pétrole consommé ici est

6 6

VERS LA FIN DE LA

DÉPENDANCE AU PÉTROLE ?

Au-delà de ses effets sur les conditions de vie des gens,

la récession trouble les esprits et infl uence le débat public.

À l’été 2008, quand le prix du pétrole atteignait des sommets

historiques, les interventions en faveur des énergies

renouvelables se multipliaient. Aujourd’hui, les prix sont

au plus bas et les gens s’inquiètent davantage pour leur emploi

que pour l’avenir énergétique.

entièrement importé et représente plus

de 99 % de la consommation énergétique

du secteur des transports. L’importation

du pétrole et des automobiles coûte aux

Québécois près de 20 milliards $ par

année et est la principale cause du défi cit

commercial.

Le Québec demeure tout

de même une des sociétés les moins

dépendantes au pétrole et possède le

potentiel pour s’en affranchir complètement.

Se donner un tel objectif implique

des avantages et des inconvénients. Un

Québec s’approvisionnant uniquement aux

énergies renouvelables diminuerait ses

émissions de gaz à effet de serre de plus

de 75 %, contribuant ainsi à relever le défi

des changements climatiques.

C’est en transport qu’il serait le

plus diffi cile de cesser d’utiliser le pétrole.

i m a g i n e / p r i n t e m p s 2 0 0 9

Cela représente un défi aussi important

que l’a été celui du développement de

l’hydroélectricité ! L’électrifi cation des

transports ou l’utilisation massive de

carburants propres nécessite des milliards

en investissements et des efforts

gigantesques en recherche et développement.

À l’heure où l’État injecte d’énormes

quantités de capitaux dans des grands

projets pour tenter de relancer l’économie,

ce n’est cependant pas inimaginable.

Les besoins en développement

de nouvelles sources d’énergie et les

efforts nécessaires en matière d’effi cacité

énergétique sont aussi immenses :

production et transport dans la fi lière

éolienne, utilisation des déchets forestiers

et agro-alimentaires pour la production

de biomasse, implantation du solaire et

de la géothermie, réduction de la consommation,

etc.

Les Chinois disent d’une crise

qu’elle est à la fois un danger et une opportunité…

En ce qui concerne l’avenir énergétique

du Québec, qu’en pensez-vous ?

Venez partager votre opinion sur les

forums du site web du Réseau

> reseauIQ.qc.ca > Discussions

et prises de position.

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