Tajan - Autographes et Manuscrits

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VOIENT AIMABLES COMME JE LES VOIS RIRE HYÉNEUX... Il ne vous manque que le dolman à brandebourgs et le trident, pour me

sembler vraiment magnifique... Place au Cirque !... il ne m’étonne pas que toutes ne parlent que de vous !... déjà à Rome !...

Votre ami dans l’arène ! [...] » 1er juin [1957]. Céline allait donner peu après une interview à Madeleine Chapsal pour

L’Express, qui paraîtrait le 14 juin et serait déterminante pour le lancement de son roman D’Un Château l’autre.

« À 16 heures ce tantôt JE SUIS TÉLÉVISÉ RUE COGNAC JAY ! [dans l’émission Lectures pour tous] SANS DOUTE CETTE GLOIRE

VOUS EST DUE ! Mille reconnaissances ! [...] » 10 juillet [1957].

« [...] Je sais en tous les cas que MAC ORLAN A REÇU UNE LETTRE DE LECACHE OÙ IL ÉTAIT MIS EN GARDE CONTRE D’UN

CHÂTEAU L’AUTRE... RÉVEIL DE L’ANTISÉMITISME ! pas l’avis de Rivarol !... le tout est d’arriver à Shakespeare... » un conte idiot,

bafouillé par un ivrogne, et qui n’a pas de sens” pardi ! Honte des hontes ! [...] » 10 [septembre 1957]. Il évoque ici Bernard

Lecache, journaliste et fondateur de la Ligue internationale contre l’antisémitisme.

« [...] À propos on me fait savoir qu’un certain auteur “quid ?” s’est vanté à la dernière séance de la télévision (Lecture pour

tous) d’être L’INVENTEUR DE “BLA BLA”... TONNERRE DIEU ! QUE C’EST MOI, NUL AUTRE ! NOIR SUR BLANC DANS L’ÉCOLE... !

à cette grotesquerie je peux juger du mal qu’on a pu me faire, de combien on m’a pillé... en sus de mon or et de mes meubles et

mon honneur ! [...] » 25 septembre [1957].

« Je bafouillais ! bla bla est dans BAGATELLE page 265 Éd Denoël 1938. Priorité ! arrière plagiaires ! menteurs ! engeance de

rats ! Télévisés ! Votre hérissé ami [...] » 25 septembre [1957].

« En bref. Très grave. Il me reste et m’empêchent de dormir QUATRE PETITS TRAVAUX QUE JE VOUDRAIS VOIR IMPRIMÉS EN LUXE

AVEC ILLUSTRATIONS. 3 BALLETS : 1° LA NAISSANCE DUNE FÉE 2° VOYOU PAUL, BRAVE VIRGINIE 3° FOUDRES ET FLÈCHES ET

UN SCÉNARIO 4° SCANDALE AUX ABYSSES. L’illustratrice je crois l’avoir... mais la NRF, peut-elle se charger de cette édition ?

ah ? si elle ne veut pas, nous irons voir sous d’autres réverbères... Qu’en pensez-vous, surmené féerique Roger ? J’ai eu grâce

à vous, Parinaud et son usine, je ne suis pas à une honte près, mais celle-ci doit être joliette ! vous la verrez et ne m’en parlerez

pas. En vendrais-je enfin un livre de plus ? Que c’est douteux ! [...] » 23 juin [1958]. Céline avait publié ces textes

séparément : « La Naissance d’une fée » et « Voyou Paul, Brave Virginie » dans Bagatelles pour un massacre en 1937

(chez Denoël), Foudres et flèches en 1949 (chez Charles de Jonquières) et Scandale aux abysses en 1950 (chez Frédéric

de Chambriand, pseudonyme de Pierre Monnier). André Parinaud a publié une interview de Céline dans le

numéro des 19-25 juin d’Arts.

« Voyou Paul et Naissance d’une fée se trouvent dans Bagatelles. Je vous les ferai envoyer par Marie Canavaggia

[sa secrétaire], le reste aussi Scandale et Foudres, LE TOUT DOIT FAIRE PEU DE PAGES, UNE CINQUANTAINE. QUANT À

L’ILLUSTRATRICE, J’AI PENSÉ ET AI ALERTÉ MON EX ÉPOUSE MME ÉDITH LEBON, 30 rue Vaneau, qui est professionnelle de

l’illustration. Elle a illustré pour Robert Denoël [...] » 25 [juin 1958].

« [...] Pouvez-vous faire envoyer au plus tôt, mes livres 1° Guignols Band 2° Voyage au bout de la nuit 3° Mort à crédit

4° Entretiens avec le Pr Y à Madame Édith Lebon [...] À MA GRANDE HONTE, JE ME SUIS APERÇU QUE MON EX-FEMME N’AVAIT

JAMAIS LU AUCUN DE MES LIVRES, MAIS QU’ELLE CONNAISSAIT MAC ORLAN PAR CŒUR ET SARTRE ET CENT AUTRES ! je veux lui

faire ce cadeau pour essayer de l’intéresser à l’illustration de mes ballets. Je tiens très fort à cette réalisation. Mais mettre une

femme riche au travail est un exploit d’Hercule, et bon Dieu que je me sens faible ! [...] » [17 juillet 1958].

« [...] Patatrac ! pour l’illustratrice ! plus question ! en trente ans, devenue trop riche, poivrote, et curée, fainéante totale, et

maquisarde absolue ! en sus ! hostile doucereuse mais féroce ! et mandatée ! gourrance donc ! la gueule du loup ! n’en parlons

plus ! assez d’emm... tel quel ! [...] » 9 août [1958].

« La situation est en main ! sauvée ! Je me suis assuré le talent de ma très ancienne petite cliente (de Clichy) Éliane Bonabelle

elle est disposée et ravie d’illustrer mes quatre ballets et le film. Éliane est connue à la NRF et son talent est national et

international ! [...] » 13 août 1958.

« Toute ma reconnaissance ! QUE CES GENS SI LOUCHES SIGNENT ENFIN CE CONTRAT NORD et me versent 100 sacs par mois

pendant un an et puis deux ans à la remise du manuscrit. Entendu ! Mais pas de Nord sans décision pour la Pléiade ! Qu’ils

s’éveillent ! [...] » 29 [avril 1959].

« Grâce à vous je suis aux anges d’être de la Pléiade, exultant comme A. Allais d’être “abonné au gaz”, je l’écris à MONDOR

en même temps que je le tape d’une préface... » 4 [juin 1959]. Henri Mondor, célèbre médecin, était par ailleurs écrivain

et historien de la littérature.

« [...] JE PENSE À PAUL MORAND SI MONDOR COMME IL ME PARAÎT FLAGEOLLE ET S’ESQUIVE... maintenant, qu’est-il décidé noir

sur blanc à la NRF ?... Ceux-là aussi sont intouchables ! Pour mon compte JE SUIS AU DERNIER CHAPITRE DE NORD et foutre

ne leur donnerai que ma Pléiade parue ! ainsi que convenu ! [...] » [11 septembre 1959].

« TRÈS DISCRÈTEMENT ET DES PLUS RAPIDES NOUS AVONS ÉTÉ MARIE À LA NRF CE MATIN PORTER L’OURS À FESTY [Céline est

allé avec sa secrétaire Marie Canavaggia porter le manuscrit de Nord à Jacques Festy, chef de la fabrication chez

Gallimard]. Nous n’allions pas vous déranger ! [...] Je songe aussi que vous m’avez parlé d’une certaine somme que je dois

toucher à la remise du manuscrit de NORD... Je songe encore que je dois toucher une autre somme pour le VOYAGE de poche...

Il faut que les galériens mangent de temps en temps... Vacances à d’autres, mais la gamelle ! [...] » 23 [décembre 1959].

« TOUT BIEN PESÉ JE CROIS QUE LE MIEUX EST QU’ILS SE METTENT TOUT DE SUITE À L’IMPRESSION, CAR MÊME POUR MARS CE SERA

COURT ! POUR PEU QUE VOUS AYEZ PARCOURU CE NORD VOUS AVEZ PU VOIR QU’IL ÉTAIT PLEIN D’EMBÛCHES ET JE ME VOIS BIEN

MAL SURVEILLER SEUL L’IMPRESSION... PESTE DES DITS CORRECTEURS ! Or Marie [Marie Canavaggia, sa secrétaire] n’est pas

comme moi, figé et dolmen, elle est comme les gens d’à présent pour un rien elle fout le camp et on ne la revoit plus, tous les

prétextes ! Une grand-mère dans le Nord, un filleul dans le Midi, une crise de gigite, un vieil ami à Fréjus, un concert à

Péronne... la première tartuferie quelconque... foutre le camp ! J’AI PEUR DE L’AVENIR ROGER... L’IMPRESSION, VITE ! [...] »

8 janvier [1960].

« TOUS NOS MALHEURS VIENNENT DE CE QUE NOUS RÉGLONS MAL NOS RÊVES, AUX PROPORTIONS DE NOS ÂGES ET RESSOURCES...

JE NE RÊVERAI PLUS DE TRAVERS... AU PROCHAIN MANUSCRIT “COLIN MAILLART” J’AURAI LARGEMENT DÉPASSÉ MES 70 ANS...

[...] » 16 janvier [1960]. Colin Maillart était le premier titre prévu pour Rigodon.

« Je vous relance, non par manie, mais par frousse. QUE PEUVENT ÊTRE DEVENUS LES MANUSCRITS DE MES IMMORTELS BALLETS ?

LANCÉS À TRAVERS TOUS CES HYSTÉRIQUES IMPUISSANTS PLAGIAIRES ? Je souffre d’y penser ! Un mot si vous revenez le temps

d’un soupir sur terre... » 31 [mars 1960].

« Par bien puérile curiosité ! Vous me pardonnerez ! JE TENTE BIEN FURTIVEMENT ET BIEN HUMBLEMENT DE SAVOIR SI NORD SE

VEND OU RESTE EN PANNE ? Personne n’en sait rien ! bien sûr... bredouillis, berlificots, bla-blas secs ou grasses esquives, zéro !

Peut-être seriez-vous plus heureux ?... Un risque !... un chiffre ?... Très très discret votre LFC » 21 [juin 1960].

« MON CHER ROGER SOS ! IL N’Y A PLUS DE NORD NI DE BALLET EN LIBRAIRIES, NI À LA NRF EN STOCK ! SABOTAGE ! plus un !

or vous le savez mon contrat expire... et quand tous ces supercons reviendront de leur éternelle vacance ce sera bien pire.

Goncourt et le reste ! J’AURAI LIVRÉ À NOËL MON MANUSCRIT, PERLES AUX COCHONS ! SOS Roger ! Ce que vous pourrez ! Ah si

ces gens pouvaient ne jamais revenir !... envoûtés par leurs vacances... » 4 [août 1960].

« [...] 1° GUIGNOLS BAND N’EST-IL PAS ÉPUISÉ ? 2° POUR LES MOTS CENSURÉS DE LA PLÉIADE NOUS EN REPARLERONS BIEN

SÛR... [...] » [28 janvier 1961].

GASTON GALLIMARD ALIAS ACHILLE BROTTIN.

« Joliment touché par votre si revigorante et affectueuse visite ! HÉLAS, S’IL EST UN CARRÉ DE LA VILLE BIEN REVÊCHE STÉRILE

ET HOSTILE ET CON À TOUTE ENTREPRISE, MÊME PROFITABLE ET BIEN INDIQUÉE, C’EST LE CARRÉ BOTTIN [les éditions Gallimard,

situées rue Sébastien-Bottin à Paris] ! Une poubelle est beaucoup plus fructueuse ! Un conglomérat de “bas de plafond”

irrémédiable ! Que vous avez de la tablature ! celui qui a eu l’Univers entier à ses trousses, et au gniouf, vous pensez se rit de

ces maringoulins ! mille façon de les éperdre ! dans la merde ! 10 000 pieds ! mais plus intéressant est de ne pas vous, vous

perdre ! Ce sera ardu ! le petit con en chef, j’ai nommé Gaston [Gallimard], est inépuisable en sottises astucieuses, à vous faire

tout vomir ! vous verrez menteur, et lassant, et chinois, et inutile !... [...] » 19 décembre [1956].

« JE L’AI ÉCRIT AU PALTOQUET GASTON [GALLIMARD] QUE SES EMPLOYÉS SORTAIENT DE COURTELINE, AUTANT DE MM SOUPE,

QU’ILS SE LAVAIENT LES PIEDS EN JOUANT DE LA TROMPETTE AU LIEU DE TRAVAILLER. PAULHAN [Jean Paulhan] CETTE

FORMIDABLE LIMACE JOUE AUX SOUCOUPES. D’ailleurs que feraient-ils ? Pourvu que le petit paltoquet foute ses 400 millions à

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