scolaires : dossier valise.pdf - Le Parvis
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Qui est Véronique Rizzo ?<br />
Véronique Rizzo est née en 1963 à Marseille<br />
où elle vit et travaille. Avec des images<br />
numériques fixes ou animés aux motifs<br />
psychédéliques vivement colorés, elle réalise<br />
des espaces englobant qui provoquent chez le<br />
spectateur des illusions d’optique, des<br />
sensations de claustrophobie mais aussi une<br />
volupté visuelle certaine. « Je travaille sur la<br />
fascination et la charge émotionnelle liées aux<br />
images, leur puissance de projection et<br />
d'introjection, leur capacité d'être un miroir de la conscience » dit elle à propos de son<br />
travail. Pour Véronique Rizzo, créer et inventer des images, c’est faire naître des univers<br />
perceptifs et visuels permettant au spectateur d’expérimenter une relation dynamique,<br />
physique et psychique, avec ce qui l’environne.<br />
<strong>Le</strong>s univers psychédéliques de Véronique Rizzo<br />
Perte des repères habituels de l’espace, sensation d’absorption ou de projection, les<br />
images de véronique Rizzo nous propulsent dans des univers géométriques et<br />
chromatiques proches de certains jeux vidéo, de films d’animation expérimentaux, des<br />
architectures anticipatives ou encore de BD futuristes . <strong>Le</strong> paysage qui nous est proposé<br />
d’explorer ne contient aucun signe humain, végétal ou animal, il est tout entier composé<br />
d’éléments appartenant au langage mathématique et/ou électronique. L’artiste y fait des<br />
références à l’architecture mais aussi à certains épisodes de l’histoire de la peinture. Ces<br />
espaces sont créés à partir d’images numériques déclinées sous différentes formes :<br />
vidéos, peintures murales, papiers peints et affiches, sculptures, dessins, fonds<br />
d’écrans… Certaines expositions de Véronique Rizzo proposent des installations globales<br />
regroupant plusieurs de ces éléments comme c’est le cas pour son exposition au <strong>Parvis</strong>.<br />
L’artiste s’intéresse particulièrement ici à l’espace labyrinthique et tentaculaire de<br />
l’hypermarché dans lequel se trouve le centre d’art contemporain, où les écrans et les<br />
caméras de surveillance gèrent au quotidien les flux de visiteurs. Elle le met en écho à<br />
l’espace carcéral qu’elle crée ici à partir de vidéos, de wall paintings, de wall papers et de<br />
volumes qui reprennent les mêmes motifs. <strong>Le</strong>s spectateurs entrent de plain-pied dans une<br />
architecture géométrique aux couleurs dominantes noir, jaune et banc où chaque élément<br />
va provoquer des sensations de vertige et une volupté visuelle.<br />
<strong>Le</strong>s images vidéo<br />
Panopticon XXXX, 2006 – Film DVD PAL, 4’ en boucle<br />
<strong>Le</strong>s images du film présenté au <strong>Parvis</strong> montrent une<br />
sphère qui chemine à travers un espace technologique<br />
compliqué et oppressant. Pour ce film, l’artiste a créé une<br />
mégastructure complexe aux multiples divisions et<br />
ramifications. On peut penser à une simulation<br />
architecturale de tendance post-industrielle ou à l’imagerie<br />
anticipative de la NASA. C’est aussi une œuvre picturale qui<br />
ouvre l’espace, le creuse, le transforme à la façon des<br />
peintres maniéristes qui fait aussi référence à la peinture<br />
moderniste.
Ligne de fuite, 2005, 3’ en boucle - Installation numérique<br />
de 2 projections synchroniques<br />
Au centre d’un grand panneau de lignes droites, une bulle en<br />
relief se forme entraînant la lente déformation des sillons en<br />
courbes concentriques. La couleur verte fluo de cette<br />
installation contribue à donner un sentiment de dilatation. La<br />
musique de Samuel Lartisien qui joue sur les aigus accentue<br />
cette sensation. « Ligne de fuite se présente comme une grille<br />
horizontale, un mur, qui donne l’impression d’avancer vers<br />
celui qui le regarde. <strong>Le</strong>s lignes se déforment autour d’un point<br />
focal pour donner lieu à un autre espace. Est ce que l’espace<br />
arrive sur nous et nous écrase ou est-ce que l’on peut<br />
traverser les lignes et aller vers des projections possibles ? »<br />
Sun 1, 2005, 3’ - Film numérique<br />
Au premier plan, un grand cercle composé de bandes<br />
colorées réagit par des effets chromatiques au passage<br />
au second plan d’un motif ornemental noir et blanc. La<br />
bande sonore travaillée par Denis Brun évoque le<br />
parasitage.<br />
Pataphysical introduction, 2003, 3’40’’ – Film<br />
numérique<br />
Naissance, vie et mort d’une patate électrique. Sur un<br />
fond brique, une forme oblongue chargée de lignes de<br />
couleurs fluo évolue en changeant au gré des sons d’un<br />
synthétiseur des années 70, la musique de Sun Ra. « A<br />
la fin de la vidéo, la forme prend feu, c ‘est à la fois<br />
inattendu et cliché, un paradoxe qui m’intéresse. La<br />
musique expérimentale des années 1970, certains<br />
psychédélismes, avaient une relation avec la<br />
pataphysique et leur reflexion absurde sur l’existence<br />
Gestalt, 2003 – Film numérique<br />
Des sortes de cellules évoluent dans un environnement<br />
noir et profond, à la fois cosmique et plat. Véronique<br />
Rizzo réalise ici les structures intérieures et les formes<br />
apparentes de patates électriques évoluant dans un<br />
espace improbable à la recherche de communication.<br />
« <strong>Le</strong> son de la vidéo renvoie directement aux interludes<br />
de la télévision des années 1960. Ce travail fait référence<br />
aux différents passages de l’abstraction au XXème siècle,<br />
du Bauhaus à Jean Arp. »
Tilos, 2002 – Film numérique synchronique<br />
Un mur de rectangle blanc se déforme sous la pression<br />
d’une bulle monumentale qui traverse tout le champ de<br />
vision. Véronique Rizzo développe ici à travers ces<br />
figures géométriques l’homogénéité, la fragmentation et<br />
la hiérarchisation en référence à l’espace kafkaïen.<br />
J’ai utilisé un motif de Vasarely et lui ai fait subir une<br />
accumulation exponentielle, perturbée par le<br />
mouvement d’une sphère. L’art cinétique est ici<br />
déstabilisé par l’utilisation des technologies numériques.<br />
<strong>Le</strong> carré représente la logique, l’organisation, le<br />
programme, tandis que l’arrondi signifie le mode<br />
insidieux qu’a la consommation de façonner notre environnement »<br />
Labyrinth vert, 2002, 1’ – Film numérique<br />
Cette vidéo reprend les formes esthétiques des premiers<br />
jeux vidéos. On y voit une boule blanche évoluant dans<br />
un univers composé de carrés blancs, verts, jaunes et<br />
noirs. « L’homme dans le labyrinthe » dit Véronique Rizzo<br />
à propos de ces images. « le carré arrondi devient un<br />
dédale, un casse-tête chinois. La boule fait exploser le<br />
cadre contraignant de la surface pour faire intervenir<br />
l’idée d’espace, introduit le désordre où elle trouve<br />
finalement la libération. Je pensais à ces objets ludiques<br />
des années 60, les flippers de poche ou le Rubik Cube,<br />
une magie de plastique ».<br />
Bouches, 2002, 5’40’’ – Film numérique<br />
<strong>Le</strong>s couleurs dominantes sont très acides : le rouge, le<br />
jaune, le orange. <strong>Le</strong>s motifs de bulbes s’ouvrent et se<br />
ferment comme des bouches, ils oscillent entre mollesse<br />
et tension, jusqu’à l’éclatement. « Dans Bouches, j’utilise<br />
la musique de John Barry pour sa capacité à nous<br />
introduire immédiatement dans un univers dramatique.<br />
C’est le compositeur des génériques de James Bond, à la<br />
pointe du design graphique. Ils synthétisaient l’esprit<br />
d’une séduction. Cela rejoint ma reflexion sur les<br />
possibilités d’un motif abstrait à poser une dramaturgie ».<br />
Sphères de réalités possibles, 2002, 10’ – Film<br />
numérique<br />
Des boules aux couleurs flashy évoluent dans une sorte de<br />
ballet céleste. Elles se rencontrent s’enlacent, s’absorbent<br />
ou se combinent, les motifs et les couleurs sont en<br />
transformation permanente. « Dans la plupart de mes<br />
vidéos, ce sont les sphères qui déclenchent des<br />
dynamiques et des récits. Ici, la gestuelle des sphères sur le<br />
fond sans architecture, les mouvements de caméra virtuelle<br />
induisent un récit chorégraphié, entre le jeu vidéo et le clip,<br />
une sorte de space-opera-bollywoodien.
<strong>Le</strong>s peintures murales<br />
Panopticon XXXX, 2008 – Travail préparatoire pour<br />
peintures murales<br />
Au <strong>Parvis</strong>, Véronique Rizzo réalise une peinture murale<br />
monumentale dans laquelle elle décline le motif de<br />
l’étoile « ninja » à huit branches, figure centrale du<br />
film. On retrouve également les 3 couleurs principales<br />
de l’installation noir, jaune et blanc.<br />
Rectangles 5, 2006 – Peinture murale acrylique,<br />
2,80 x 2,75 m<br />
Véronique Rizzo a réalisé cette peinture sur mur au<br />
centre culturel de Sao Paulo au Brésil. Elle s’inspire<br />
directement de l’architecture du lieu, faite de béton,<br />
d’ouvertures semi-circulaires sur l’extérieur et de<br />
lignes de néons au plafond. Elle provoque ainsi une<br />
combinaison de sa peinture avec son environnement<br />
direct. L’oeuvre s’intègre à l’architecture tout en<br />
provoquant un parasitage visuel<br />
Walldrawing, 2005 – Peinture murale acrylique,<br />
disque inox, 3,66 x 2,2 m<br />
Cette peinture murale accompagne la vidéo Sun 1 et<br />
on retrouve, accrochée au mur, le cercle de la vidéo,<br />
ici en inox. <strong>Le</strong>s zones noires et jaunes se combinent<br />
en maillage provoquant une impression de relief ou<br />
de creux suivant l’endroit où l’on se trouve. Référence<br />
au soleil et à l’énergie nucléaire, le titre de<br />
l’exposition « Free your mind and your ass will<br />
fallow » est sans concession.<br />
Electrische Kartoffein, 2003 – Peinture murale<br />
acrylique, 8,20 x 3,60 m<br />
On retrouve ici la série des patates électriques de la vidéo<br />
Pataphysical. La peinture monumentale qui couvre<br />
entièrement le mur nous donne à voir une constellation de<br />
petites cellules agglutinées autour de la forme oblongue<br />
de la patate électrique qui semble étirer le mur en largeur.
Homogénéité, fragmentation, hiérarchisation,<br />
2001 – Peinture murale glycéro et acrylique,<br />
3,70 x 7 m<br />
Ce wall painting reprend les motifs de la vidéo<br />
Tilos. <strong>Le</strong> contraste de la peinture glycéro avec la<br />
peinture acrylique permet un effet d’optique<br />
donnant une impression de relief saisissante.<br />
Sphères des réalités possibles ou espaces topologiques,<br />
2000 – Peinture murale, 3,30 x 10 m<br />
Cette fresque monumentale fait partie de la série de la<br />
vidéo Sphères des réalités possibles. <strong>Le</strong>s couleurs de la<br />
peinture, rose et rouge, reprennent les tonalités tout à tour<br />
sucrées et acidulées de la vidéo. Ici, la boule énorme<br />
semble flotter dans un univers rose. <strong>Le</strong>s effets d’optique<br />
sont procurés par la superposition des touches rouges et<br />
oranges sur la surface de la boule, on dirait que la boule<br />
est en relief, de même que Véronique Rizzo se sert du<br />
poteau pour provoquer une déformation particulière.<br />
<strong>Le</strong>s dessins<br />
Outre les peintures murales, les dessins peuvent se décliner sous forme de bâches<br />
imprimées, affiches, papiers peints, fonds d’écrans pour ordinateur, sérigraphies sur<br />
aluminium…<br />
Panopticon XXXX, 2008 – Papier peint<br />
Au <strong>Parvis</strong>, Véronique Rizzo a réalisé un papier peint<br />
qui recouvre certains murs de la salle d’exposition.<br />
Elle décline ici un des 3 motifs principaux du<br />
PANOPTICON XXX avec cette impression de boulier sur<br />
fond violet.<br />
The Balls, 2004 – Série de 30 dessins<br />
Dans cette série, Véronique Rizzo créé des univers<br />
complexes et labyrinthiques composés de lignes et dans<br />
lesquels une boule en relief provoque des interférences.<br />
<strong>Le</strong>s contrastes des lignes et des couleurs apportent des<br />
effets d’optique comme les creux et les reliefs, les<br />
étirements de l’image etc…
Nébuleuses, 2004 – Série de dessins<br />
Véronique Rizzo décline cette série de dessins sous<br />
forme de posters et de fonds d’écrans. Images de<br />
cosmologies imaginaires qui donnent à voir des objets<br />
célestes d’aspect plus ou moins diffus.<br />
Out in Space, 2004 – Economiseur d’écran<br />
Véronique Rizzo a réalisé plusieurs dessins numériques<br />
mettant en scène des personnages plus ou moins<br />
anthropomorphiques à l’intérieur de paysages lunaires<br />
marqués par des motifs géométriques comme les lignes<br />
ou les quadrillages.<br />
Fleurs Carol Ann, 2004 – Dessin numérique, format variable<br />
Ce dessin fait partie de la série de dessins Out of Space. <strong>Le</strong>s couleurs<br />
qui composent l’orchidée répondent à une disposition géométrique en<br />
ligne.<br />
<strong>Le</strong>s Schizes, 2003 – Bâches imprimées, 160 x 261 cm<br />
Sur des fonds monochromes verts, bleus, rouges, oranges, jaunes,<br />
Véronique Rizzo dessine en noir des figures géométriques elliptiques ou<br />
concentriques qui expriment une certaine tension. A travers ces dessins,<br />
l’artiste exprime les troubles du sens de la réalité appelés « troubles<br />
schizoïdes » se traduisant notamment par un sentiment « d’artificiel », les<br />
individus souffrant de ce mal voyant le monde « au travers d’une vitre »<br />
avec une perception inhabituelle et incontrôlable de ce qui les entourent<br />
comme si les choses étaient distordues. Véronique Rizzo esthétise les<br />
circonvolutions de la schizoïdie.
<strong>Le</strong>s volumes<br />
You are under control, 2008 – Sculpture miroir<br />
La sculpture présentée dans l’exposition au <strong>Parvis</strong> est composée d’une<br />
tige centrale autour de laquelle sont soudés des miroirs de surveillance de<br />
différentes formes. <strong>Le</strong>s surfaces convexes des miroirs reflètent permettant<br />
une vision pus ou moins élargie de la salle reflètent les spectateurs dans<br />
l’installation psychédélique de PANOPTICONXXXX. Cette sculpture est<br />
un renvoi direct à la réalité de la logique de surveillance.<br />
(sans titre), 2005 – 10 disques inox sérigraphiés,<br />
70 x 70 cm, mousse polyuréthanne recouverte de skaï,<br />
500 x 500 cm<br />
Ces objets font partie de l’exposition « Free your ass<br />
and your mind will follow » dont on a vu une peinture<br />
murale plus haut. <strong>Le</strong>s disques inox recouverts de<br />
lignes concentriques évoquent des spectres solaires<br />
noirs, jaunes, blancs, rouges ou bleus. De loin ils<br />
ressemblent aussi à des boutons. Au sol, les coussins<br />
reprennent les superficies de stockage en modules et<br />
font explicitement référence à l’artiste Lygia Clark.<br />
<strong>Le</strong>s Schizes, objets, 2003 - Plexiglas thermoformé<br />
sérigraphié<br />
On a vu plus haut avec un dessin de la série des Schizes<br />
le travail de véronique Rizzo sur la schizoïdie. Ici elle<br />
décline les circonvolutions en noir gras sur des objets en<br />
plexis transparents comme des vitres et aux coloris très<br />
acides.<br />
Bouches, 2003 - coussins ergonomiques en mousse<br />
polyuréthane recouverts de tissus<br />
Ces coussins de différents coloris en forme de bouches<br />
font partie de l’installation Bouche. <strong>Le</strong>s spectateurs<br />
étaient invités à s’allonger sur ces coussins<br />
ergonomiques pour regarder la vidéo Bouches et à se<br />
laisser aller aux impressions visuelles qu’elle provoque.
AUTOUR DU TRAVAIL DE VERONIQUE RIZZO : PEINTURE, ARCHITECTURE,<br />
BANDE DESSINEE, MUSIQUE POP ET SCIENCE FICTION !<br />
Travaillant sur la fascination et la charge émotionnelle liées aux images, l’oeuvre de<br />
Véronique Rizzo montre à la fois un grand intérêt pour la peinture, depuis les œuvres des<br />
artistes maniéristes à l’abstraction géométrique en passant par l’art cinétique ou le néo<br />
concrétisme, mais aussi pour les formes populaires de la Science Fiction, des jeux vidéos,<br />
des graffitis, de la culture psychédélique, de la musique pop, etc… De même, son attrait<br />
pour l’architecture est très prégnant dans ses images englobantes et géométriques.<br />
<strong>Le</strong> Tintoret, La Découverte du corps de Saint Marc, 1550 <br />
Chef d’oeuvre emblématique du Maniérisme, ce tableau<br />
monumental du Tintoret (1518-1594) créé un espace vertigineux et<br />
dynamique caractéristique de ce courant artistique. <strong>Le</strong>s silhouettes<br />
humaines, aux torsions exacerbées, semblent écrasées dans<br />
l’architecture grandiose aux éléments géométriques répétitifs.<br />
L’étrange lumière, les tons acides de la composition accentuent un<br />
sentiment fantomatique et dramatique tout en créant un spectacle<br />
lyrique et inquiétant<br />
Monsù Desiderio, La chute de l'Atlantide, début du XVIIe siècle <br />
Derrière ce pseudonyme mystérieux se cachent François de Nomé et<br />
Didier Barra, (nés à la fin du XVIème siècle), Auteur d'œuvres<br />
énigmatiques et surprenantes (ruines, cataclysmes, architectures<br />
fantastiques…) Monsù Desiderio fut considéré par André Breton<br />
comme un précurseur du surréalisme. Il est aussi l’un des principaux<br />
représentants de l’art fantastique, terme générique qui recouvre<br />
l’ensemble des créations artistiques insolites ou décalées d’époques<br />
différentes.<br />
Piranese, Carceri d’Invenzione, Planche XIV, 1746 <br />
Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), dessinateur et<br />
graveur italien, est resté célèbre pour ses estampes de<br />
monuments antiques et de prisons imaginaires. <strong>Le</strong>s<br />
planches, caractérisées par de violents effets de clairsobscurs,<br />
sont peuplées de bâtiments aux structures<br />
enchevêtrées et massives reliées entre elles par des<br />
échelles et des escaliers vertigineux. <strong>Le</strong>s personnages<br />
minuscules semblent victimes d’un piège infernal.<br />
Faisant usage de sa connaisance de la scénographie<br />
théâtrale, Piranèse atteint dans ces gravures une<br />
dimension fantastique et visionnaire d’une extraordinaire<br />
puissance.<br />
Étienne-Louis Boullée, Cénotaphe, 1784 <br />
Architecte visionnaire du XVIIIème siècle, Louis<br />
Boullée (1728-1799) est connu pour ses plans<br />
d’architecture rêvée combinant la philosophie<br />
des Lumières, des formes géométriques simples<br />
et une échelle gigantesque. La cité du bonheur<br />
suscite le rêve d'une architecture régénérée,<br />
symbole du bien-être des populations et<br />
emblème de la vie urbaine.
Arthur Heygot Mackmurdo,1883 - Couverture de livre <br />
L’Art nouveau est un mouvement artistique de la fin du XIXème et du<br />
début du XXème siècle qui se caractérise surtout par des formes en<br />
arabesques directement inspirées par les qualités linéaires des plantes et<br />
de leur force organique, comme on peut le voir avec cette couverture de<br />
livre réalisée par l’architecte et designer anglais Arthur H. Mackmurdo<br />
(1851-1942).<br />
Piet Mondrian, Composition N°10, Plus et moins, 1915 <br />
Piet Mondrian (1872-1944) est connu pour être par parmi les<br />
premiers artistes, avec Kandinsky et Malevitch, à avoir utilisé<br />
un langage graphique abstrait. En 1941 il déclare « Si nous ne<br />
pouvons nous libérer nous-mêmes nous pouvons libérer notre<br />
vision. » S’inspirant d’abord du cubisme, il parvient à une<br />
simplification des moyens plastiques : il veut réduire la nature<br />
en signes afin d’exprimer l’essentiel. Il parle d'une équivalence<br />
de la nature et de l'esprit, de l'individuel et de l'universel, et<br />
d'une soumission de la personnalité à la collectivité. En 1917,<br />
il définit la théorie mystique du « néo-plasticisme » : il n’y a ni<br />
courbes ni obliques, mais que des traits verticaux ou<br />
horizontaux ; les couleurs sont les primaires uniquement (rouge, bleu et jaune) ainsi que le gris, le<br />
noir et le blanc. Il peint des toiles basées sur une structure de grille, autour de laquelle sont<br />
organisées des couleurs pures. Puis, en découvrant le jazz, il y associe le rythme.<br />
Théo Van Doesburg, Composition arithmétique, 1929-1930 <br />
Théo Van Doesburg (1883-1931) adopte les principes du néoplasticisme<br />
de Mondrian. Il développe une œuvre d'art globale et<br />
radicalement nouvelle par la liaison de la peinture abstraite<br />
géométrique avec l'espace architectural. Il fonde la revue De Stijl,<br />
puis en 1930 il crée à Paris le groupe Art concret avec Jean Hélion.<br />
« Peinture concrète et non abstraite parce que rien n'est plus<br />
concret, plus réel qu'une ligne, qu'une couleur, qu'une surface » dit<br />
il. <strong>Le</strong>s compositions picturales de Théo Van Doesburg se réduisent<br />
à des traits verticaux et horizontaux noirs combinés à des aplats<br />
géométriques de couleurs primaires. Il cherche ainsi à réduire la<br />
pratique picturale à ses fondements élémentaires.<br />
Erich Mendelsohn, Tour Einstein à Potsdam, 1917-1921 <br />
Erich mendelsohn (1887-1953) est un architecte allemand connu pour ses<br />
bâtiments expressionnistes. L'expressionnisme est un mouvement<br />
artistique apparu au début du XXème siècle, ayant touché de multiples<br />
domaines artistiques. Projection d'une subjectivité qui tend à déformer la<br />
réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle, les<br />
représentations sont souvent basées sur des visions angoissantes,<br />
déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité<br />
expressive. En architecture, ce style fut caractérisé par l'adoption de<br />
nouveaux matériaux, d'innovation formelle et d'un inhabituel<br />
amoncellement, parfois inspiré par des formes biomorphiques naturelles.
Bruno Taut, La cloche à fromage de Worpswede, 1926<br />
Architecte et urbaniste allemand, Bruno Taut (1880-1938)<br />
aspire à une architecture cosmique laquelle, par l’emploi<br />
du verre, serait ouverte à la richesse insoupçonnée des<br />
formes d’étoiles et de cristaux. Connu pour ses textes<br />
visionnaires, Il voyait dans l’architecture de verre le<br />
moyen de transformer fondamentalement les hommes<br />
dans un sens moral positif.<br />
Alexandre Rodchenko, URSS, 1925 <br />
Alexandre Rodtchenko (1891-1956) est l'un des<br />
fondateurs du constructivisme russe. Photographe,<br />
affichiste, peintre, typographe, il inventa le<br />
photomontage moderne. En 1921 il écrit « À bas l'art,<br />
vive la technique ! » En utilisant les procédés de<br />
reproduction industrielle, le productivisme voulait<br />
réduire à néant l'idée d'oeuvre d'art unique réservée à<br />
une élite pour la diffuser largement auprès du peuple.<br />
L’époque se prêtait aisément à cette reconsidération<br />
révolutionnaire de l’espace graphique qui fit des<br />
émules jusques sur la 5ème avenue à New York.<br />
D’ailleurs, le style constructiviste russe ne fut jamais abandonné et participe encore à notre espace<br />
de communication de tous les jours.<br />
Alexandra Exter, projet pour "<strong>Le</strong> Cirque," <br />
(ballet d’Elsa Krueger), 1927-1928<br />
Alexandra Exter (1882-1949) est une artiste de l’Avant-Garde<br />
Russe. Son énergie créatrice s’étendit au théâtre ont elle<br />
bouleversa la mise en scène par l’utilisation de la lumière comme<br />
matériau et par l’introduction de plateaux mobiles et de costumes<br />
flamboyants. Elle se distingue aussi dans l’espace public par<br />
exemple dans les expositions de commerce et d’industrie de<br />
Moscou.<br />
Ludwig Mies Van Der Rohe<br />
Farnsworth House, Plano, Illinois 1950 <br />
Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969) essaye de créer<br />
des espaces neutres, contemplatifs grâce à une<br />
architecture basée sur l'honnêteté des matériaux et<br />
l'intégrité structurale. Ses réalisations témoignent de<br />
l'intérêt qu'il apporte au rapport intérieur-extérieur, très fort.<br />
L'espace extérieur est en effet considéré comme un<br />
prolongement de l'espace intérieur. Son architecture est<br />
aussi marquée par la dissociation de l'enveloppe et de la<br />
structure.
Maurits Cornelis Escher, Relativity, 1953 – lithographie <br />
Maurits Cornelis Escher (1898-1972) est un artiste néerlandais,<br />
connu pour ses gravures sur bois et lithographies représentant<br />
des constructions impossibles. Il s’est illustré dans l'exploration<br />
de l'infini et des combinaisons de motifs qui se transforment<br />
graduellement en des formes totalement différentes. Son œuvre<br />
expérimente diverses méthodes de pavage en 2 ou 3 dimensions<br />
ou représente des espaces paradoxaux qui défient nos modes<br />
habituels de représentation.<br />
Lygia Clarck, Planos em superfície modulada nº 5, 1957 <br />
Lygia Clarck (1920-1988) appartient à une génération d'artistes et<br />
d'intellectuels brésiliens particulièrement actifs au cours des années 60<br />
et 70. Elle se consacre à la peinture jusqu’à la fin des années 50 avec<br />
des œuvres abstraites inpirées du constructivisme. Elle partage<br />
l'enthousiasme de Fernand Léger pour l'intégration de l'art et de<br />
l'architecture. Ses Superficies moduladas (surfaces modulées) attirent<br />
l'attention de l'architecte brésilien Niemeyer. Plus tard, son travail revêt<br />
l'aspect d'une exploration du corps quivise à l'élimination de la<br />
séparation entre le corps et ce qui l'entoure. Elle passe d'une<br />
architecture conçue comme corps - un réceptacle qui doit être habité<br />
par l'homme - à un corps conçu comme une architecture, comme lieu<br />
de l'expérience individuelle, non réglementée et ouverte.<br />
Bridget Riley, Mouvement dans des carrés, 1961 <br />
Fortement influencée par les œuvres de Victor Vasarely qui utilise<br />
dès les années 30 les motifs blancs et noirs, les déviations de<br />
lignes, les jeux d'ombre et de lumière et surtout la perspective,<br />
Bridget Riley (née en 1931) s’inscrit elle aussi dans le mouvement<br />
de l’art cinétique. Ses peintures montrent une grande variété de<br />
formes géométriques qui produisent une sensation de mouvement.<br />
Victor Vasarely, Volans, 1979 <br />
Victor Vasarely (1906-1997) est considéré comme le père de l’art<br />
cinétique (années 30) et de l’Op art (optic art, apparu dans les<br />
années 60), principes esthétiques qui jouent sur l'illusion optique et<br />
l'esthétique du mouvement. L’art cinétique est principalement<br />
représenté en sculpture où l'on a recours à des éléments mobiles.<br />
Egalement fondé sur les illusions d'optique, sur la vibration<br />
rétinienne et sur l'impossibilité de notre œil à accommoder<br />
simultanément le regard à deux surfaces colorées, violemment<br />
contrastées, l’art cinétique développe dès les années 60 le<br />
cinétisme virtuel : on parle alors de Op Art.<br />
John Cleveland, 1966 <br />
Album 33 T vinyle 13th Floor Elevators<br />
<strong>Le</strong> langage visuel psychédélique, originellement lié à la consommation<br />
de drogues hallucinogènes, est largement inspiré de l'Art Nouveau et<br />
de la Sécession viennoise, en intégrant des éléments orientaux. On y<br />
retrouve en particulier le rejet de la ligne droite en faveur des courbes,<br />
arabesques et motifs végétaux.<br />
La volonté décorative l'emporte sur la recherche de la lisibilité
Guy Peellaert, Pravda la survireuse, 1968 - B.D. <br />
Guy Peellaert (né en 1934) est un graphiste, auteur de BD et<br />
photographe, qui détourne et recompose la réalité autour de<br />
personnages marquants son époque : par exemple Françoise Hardy<br />
qui est prise pour modèle pour la série Pravda la surviveuse. Son<br />
style s’apparente à l’esthétique psychédélique et au Pop Art, ses<br />
compositions rappellent l’unvers cinématographique et annocent les<br />
clips vidéo.<br />
Nicolas Schöffer, Minieffet, 1969 <br />
Nicolas Schöffer (1912-1992) est un peintre, sculpteur, architecte,<br />
urbaniste et théoricien de l’art, pionnier de l’art cybernétique et de l’art<br />
vidéo. Il a réalisé les premières œuvres en temps réel de l’histoire de<br />
l’art. Curieux de toutes les nouvelles technologies, il s’est rendu<br />
célèbre par ses sculptures utilisant des techniques électriques et<br />
électroniques. <strong>Le</strong> Minieffet est une boîte carrée munie d’ampoules<br />
clignotantes, de caches colorés et perforés et d'un écran translucide<br />
pour la réception des images. <strong>Le</strong> spectateur peut intervenir utilisant<br />
les caches à sa guise. <strong>Le</strong> Minieffet réalise ainsi des combinaisons<br />
visuelles en mouvement continuel, rythmées, variées à l'infini,<br />
apportant de nouvelles possibilités de développement au plaisir<br />
esthétique selon la créativité de chacun.<br />
Verner Panton, Phantasy Landscape, Visiona II, 1970 <br />
Vers la fin des années 60, Verner Panton (1926-1988), célebre<br />
designer danois, délaisse un temps la création d'objets pour<br />
s'adonner à la conception d'environnements que l'on pourrait<br />
qualifier de radicaux et surtout psychédéliques car formant des<br />
ensembles colorés, composés de formes incurvés, de murs<br />
tapissés et de lumière, le tout occupe tout l'espace du sol au<br />
plafond. Souvent ses compositions s'apparentent à un mélange<br />
entre l'intérieur de la Terre et du corps humain.<br />
François Schuiten et Benoît Peeters, Cités obscures, <br />
La fièvre d’Urbicande, 1985 - BD<br />
Bande dessinée de François Schuiten et Benoît Peeters, Cités<br />
obscures raconte l’histoire d’un monde principalement<br />
constitué de cités : le modèle urbanistique est donc<br />
prépondérant, il n'existe pas de vie autour, c'est donc un<br />
monde relativement vide. Chaque cité possède sa propre<br />
autonomie, il n’y a pas de pays. La Tour est à cet égard un<br />
exemple frappant de la densité des territoires. Constituée d'une<br />
tour unique mais gigantesque, c'est à la fois un bâtiment, une<br />
ville et un État. Chaque cité est régie par un courant esthétique<br />
précis et unique, comme l'Art Nouveau pour la ville de Xhystos<br />
ou une forme proche de l'Art Déco ou du Bauhaus pour Urbicande. Chacune offre ainsi une<br />
uniformité architecturale notable, laquelle déteint sur l'organisation politique et les conceptions<br />
intellectuelles de ses habitants.
Vera Molnár, Dialog Between Emotion and Method, 1986 <br />
vidéo<br />
Vera Molnár (née en 1924) est une des premières artiste à relier<br />
l’art à l’ordinateur à partir de dessins géométriques et de ce qu’elle<br />
nomme « la machine imaginaire » définissant ainsi le rôle du<br />
cerveau en tant qu’ordinateur dans la création. Fascinée par la<br />
géométrie, elle soumet la ligne, le quadrilatère ou l’ovoïde aux lois<br />
compositionnelles (la répétition, la symétrie-dissymétrie, l’équilibredéséquilibre)<br />
et mathématiques ( modulor, nombre d’or, suite de<br />
Fibonacci …) L’objectif consiste à demeurer dans le domaine<br />
spécifique de la vision et du système perceptif sans chercher à faire<br />
signifier quoi que ce soit à l’œuvre.<br />
Andy et Larry Wachowski, Matrix, 1999 <br />
Matrix ou La Matrice est un film de science-fiction réalisé par les frères<br />
Andy et Larry Wachowski et sorti en 1999. Il raconte l’histoire d’un jeune<br />
informaticien contacté via son ordinateur par un groupe de pirates<br />
informatiques qui lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n’est<br />
qu’un monde virtuel dans lequel les êtres humains sont gardés sous<br />
contrôle. <strong>Le</strong>s références à divers films, contes et diverses œuvres sont<br />
nombreuses dans Matrix, comme celle à Alice au pays des merveilles :<br />
quand le héro se "réveille" dans le monde réel, il tombe dans un tuyau<br />
interminable avant de tomber dans un lac souterrain.<br />
Christophe Berdaguer & Marie Péjus <br />
Morphine landscape, 2002<br />
Christophe Berdaguer et Marie Péjus (nés en 1968<br />
et 1969) réalisent des installations, des objets, des<br />
sculptures et des propositions d’architectures<br />
utopiques qui interrogent autant le champ des arts<br />
plastiques que celui du design, de l’architecture, de<br />
la sociologie ou de la science (comme la<br />
neurologie). Dans leurs travaux, l’oeuvre entretient<br />
un étrange rapport d’empathie avec le spectateur. Il<br />
ne s’agit plus d’un rapport frontal, déconnecté, mais<br />
d’une sorte d’échange physiologique, comme si l’oeuvre réagissait au corps et à l’état d’esprit du<br />
spectateur, lui-même influencé dans son comportement par la présence de l’oeuvre.<br />
Manu Luksch, Faceless, 2008 – vidéo <br />
Manu Luksch réalise des vidéos qu’elle diffuse sur internet.<br />
Elle s’intéresse aux questions d’identité et d’espace<br />
publique. Faceless est un long métrage de science-fiction<br />
qui se déroule dans une société sans passé, ni futur, où les<br />
humains sont dépourvus de visage. Produit exclusivement<br />
avec des images capturées par les caméras de vidéosurveillance<br />
de Londres, ce film donne à voir et à<br />
expérimenter « un espace public mort ».