AUTOROUTE - Le Travailleur Catalan

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AUTOROUTE - Le Travailleur Catalan

L’hebdo communiste des P-O

1,80 - N°3448 - Semaine du 10 au 16 février 2012

LE TRAVAILLEUR CATALAN

AUTOROUTE

Le hold-up!

P.8

Paroles

citoyennes

Dario Josa

P.3

Agriculture

Libérons-là! P.4

Front National

Le vote anti-ouvrier P.5

Les nouveaux

chiens de garde

P.15


2 l’édito

de René Granmont

Rien n’est joué

L’hiver est là et avec lui, son cortège de drames consécutifs à

l’arrivée de températures polaires. La secrétaire d’Etat à la Santé,

Nora Berra, a osé déclarer « les personnes les plus vulnérables

doivent rester chez elles en raison de la vague de froid ». A-t-elle

eu une panne informatique dans la tête ? Doit-on rappeler à cette

dame qui vit dans les ors de la République, auprès de son président

des riches, que les plus vulnérables n’ont, le plus souvent,

plus de toit ?

« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches »

dénonçait Victor Hugo voici près d’un siècle et demi. Et rien n’a

changé, le jugement reste toujours aussi juste. Ah, quelle est

belle notre société…

Cela n’empêche pas le ministre de l’Intérieur de légitimer, avec le

soutien du Président de la République, une hiérarchisation des

civilisations entre elles, renouant avec les idées les plus sombres

du siècle dernier. Monsieur Guéant, avant de vomir sa haine, devrait

balayer devant la porte de son gouvernement. Chômage qui

s’étend, misère croissante du plus grand nombre, casse du droit

du travail, reculs sociaux, explosion des inégalités, … C’est ça

son modèle de civilisation ?

Ou bien ce triste sire croit ce qu’il dit et alors il est indigne d’être

ministre, il est une tache sur l’honneur de la République.

Ou bien, dans l’affolement de la droite et de son petit maître

qui s’inquiètent du prochain verdict des urnes, il joue avec le

monstre de la haine, de la xénophobie, pour tenter une manœuvre

irrédentiste en direction de l’électorat traditionnel du Front

national. Mais c’est là un jeu trop dangereux pour que les démocrates,

les républicains le laissent faire. Devra-t-on lui faire

une intraveineuse historique concernant les années 30 pour qu’il

s’en aperçoive ?

En fait, la droite et tous ceux qui ne veulent surtout pas changer

leur sacro-saint système s’affolent car la campagne électorale

commence à prendre de la consistance. Le débat porte de plus en

plus sur les raisons fondamentales de la crise, sur les solutions

à mettre en œuvre pour remettre en cause la loi de la finance, et

cela est en train de bouleverser les stratégies les mieux établies.

Reconnaissons que le mérite en revient au premier chef à l’activité

du Front de gauche et à son candidat, Jean-Luc Mélenchon. Il

reste une dizaine de semaines pour pousser ce débat à son terme,

pour discuter avec tous ceux qui nous entourent, ceux que l’on

rencontre et qui, très nombreux, s’interrogent encore.

Rien n’est joué et le peuple peut espérer une bonne surprise en

avril prochain.

politique

N°3448

Semaine du 10 au 16 fév février 2012

LU - VU - ENTENDU

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir » !

« Boîte de nuit cherche strip-teaseuse, 12 euros de l’heure ». C’est

en substance l’annonce que « Pôle emploi » a envoyé par mail à

Danièle Casadamont. Habitante de notre région, au chômage depuis

un an, l’éducatrice spécialisée de 53 ans, refuse de se « mettre à

poil pour de l’argent », et s’interroge à juste titre sur la déontologie

et les limites à ne pas dépasser dans le respect de la dignité humaine,

par l’organisme chargé de trouver du boulot aux chômeurs.

L’agence tente d’expliquer que l’annonce n’a rien d’un ciblage personnel

et la justifie par une automaticité consistant à envoyer vers

une même personne toutes les propositions qui émanent de son

secteur géographique, sans que celles-ci ne soient préalablement

triées. Pôle Emploi considère que cette annonce n’a rien d’illégale.

Et dire qu’il y a quelques mois un semblant de débat national a eu

lieu dans notre pays sur la prostitution, l’exploitation du corps des

femmes et tout ce qui dégrade leur image, leur dignité. Il faut croire

que les murs des anciennes ASSEDIC et ANPE, qui désormais ne

font plus qu’une, sont hermétiques à ce qui bouge dans la société.

Alors, le 8 mars, on fait quoi ?

Tartufferie et envies de collaboration

Au conseil municipal de Perpignan, l’idée à la mode,

portée par la pensée unique, d’une gouvernance

commune, sorte d’union sacrée au nom des intérêts

du peuple contre les intérêts du peuple, fait son chemin.

Jacqueline Amiel Donat propose au maire de

dépasser les ambitions des uns et des autres pour

faire cause commune dans la gestion de la ville.

Jean-Marc Pujol répond « pourquoi pas ? ». Jordi

Vera prétend que c’est l’intérêt commun. Clothilde

Ripoull répète qu’elle n’attend que ça. Et Nicole

Gaspon ? La conseillère municipale communiste du

Front de gauche pense que la gauche ne peut mettre

le petit doigt dans une politique qui relaie avec zèle

la politique libérale de Nicolas Sarkozy, de l’UMP, du

grand patronat et de la finance et que s’il y a cause

commune à faire, c’est contre cette politique, sans

complaisance avec celles et ceux qui la mettent en

œuvre.

A propos de Tartufferies

La lutte des populations pour conserver leurs classes

primaires ou maternelles dans les villages est plus

que légitime. La présence des élus locaux en tête

des défilés ou devant les banderoles, ceints de leurs

échappes tricolores, n’a rien de surprenante. Cependant

quelques tartufferies sont à relever comme à

Saint-Nazaire, mais il y en a beaucoup d’autres, où

l’édile vient de se faire élire au Conseil général sous

l’étiquette UMP et défend la politique mise en œuvre

par le président de la République et son parti. En effet

quel crédit donner à un élu qui soutient la suppression

d’un fonctionnaire sur deux, en particulier dans l’éducation

nationale et qui vient ensuite déverser des flots

de larmes de crocodile politicard sur les fermetures de

classes qui découlent de la suppression de ces postes

? Il y a vraiment des coups de pieds au c.. qui se

perdent dans ces manifestations.

Encore des tartufferies

Des maires de Cerdagne, autour de celui de Font-Romeu, réclament,

pour protester contre l’abandon de l’école publique par l’Etat Français,

leur rattachement à la Generalitat de Catalunya. Comme si le problème

était franco-français et ne dépendait pas de la cure libérale qui s’applique

à l’Europe et même au monde. Comme si la Generalitat de Catalunya

ne supprimait pas, sous l’impulsion très droitière d’Arthur Mas

et de sa clique libérale, des postes d’enseignants, des personnels de

santé, de police, de justice… Sans ignorer le caractère symbolique et

provocateur de la proposition de ces édiles cerdans, le remède proposé

est pire que le mal. Plus ou moins consciemment, ils détournent

les populations des vrais responsables des problèmes rencontrés par

nos concitoyens, notamment sur l’école. En réalité ce sont des hommes

politiques qui ont déclaré la guerre au service public et ont choisi

de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ou,

pour certains, de ne procéder qu’à un redéploiement. Et malheureusement,

on ne voit jamais ces élus affronter ces hommes politiques qui

pour quelques-uns sont membres du même parti.

Le Travailleur Catalan

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René Granmont

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N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

politique

« Ça donne vraiment

envie d’essayer, ce

ne peut être pire ! »

Témoignage. Dario Josa, fils de républicains

espagnols, professeur d’économie et gestion, a accepté de nous dire pourquoi il a

repris confiance avec la création du Front de gauche.

Dario Josa : Je suis fils de réfugié politique, fils d’immigrés

républicains espagnols. Je suis né dans l’Allier, à Montluçon,

où mon père avait trouvé un travail dans la sidérurgie.

Après fermeture et licenciement, mes parents ont rejoint

Perpignan, ont travaillé chez Bella, ont d’ailleurs habité un

bâtiment collectif qui appartenait à l’entreprise Bella, au

Haut Vernet. Il y a donc, je crois, une « filiation » dans mes

choix de vie et de pensée.

Aujourd’hui, je suis professeur d’économie et de gestion

au lycée Jean Lurçat. Je suis aussi musicien, aujourd’hui

à la Boutifanfare, mais je dis cela parce que j’ai pu payer

mes études universitaires avec cet argent gagné, tous les

week-ends, dans les villes et les villages du département.

Je gagnais plus que mon père ! Donc, une famille ouvrière,

de ces familles où les parents voulaient que les « petits »

s’en sortent, fassent mieux qu’eux, apprennent, se cultivent.

Très tôt, et par tous les temps, mon père m’a amené

au conservatoire.

T.C. : Nous sommes aujourd’hui dans une campagne

électorale, mais pas seulement. Il s’agit d’un

combat, d’un vrai combat d’idées.

D.J. : Oui, bien sûr, et il s’agit de convaincre. Personnellement,

je m’étais plutôt assoupi, j’avais « baissé pavillon »

depuis 1974 et 81. Le temps qui passe, la déception, je ne

sais pas… Mais il y a 2 ou 3 ans, Mélenchon m’a accroché,

m’a intéressé. Je me suis remis à lire, j’ai aussi écouté. J’ai

trouvé qu’il était un bon porte-parole de mes idées. Il y a

confirmation tous les jours. Sa rupture franche avec le PS

m’a rassuré. Je ne pense pas et ne dis pas pour autant

qu’il faut suivre les yeux fermés, sans esprit critique et sans

vigilance.

T.C. : De quelles idées parlez-vous ?

D.J. : Pour moi, la plus prégnante, et c’est assez simple,

c’est que depuis les années 70, la dimension collective de

la vie en société, de la vie ensemble, des conquêtes, des

progrès, des conditions d’existence passait à la trappe. Il

ne restait plus que l’aspect individuel, souvent superficiel,

il ne restait plus que l’homme « seul », avec ses réussites

et ses échecs, montré du doigt, entièrement responsable

de son sort. De façon assez étonnante, la lecture

de Darwin, que je conseille, m’a beaucoup apporté à ce

propos. « L’humain d’abord » rencontre l’idée que la marche

des civilisations, que les avancées humaines se forgent

avec des solidarités et des combats. Mélenchon transporte

bien cela. En plus, je trouve que c’est joyeux au fond, pas

du tout mortifère. On peut y aller ensemble, en toute complicité,

en toute simplicité.

T.C. : Le Smic à 1700 par mois, la retraite à 60

ans, …posent-ils, à votre avis, un problème de

crédibilité ?

D.J. : Oui, il y a cette difficulté. Quand on dit par exemple

: « la dette, c’est rien », c’est dur d’être entendu. On

ne peut pas faire l’impasse. Il faut qu’on s’explique, lourdement.

On y arrive. Mais il faut qu’on s’explique. De ce

« Aujourd’hui, les arguments, les fondamentaux idéologiques

libéraux-capitalistes sont battus par les faits. »

point de vue, nous sommes seuls face aux autres, à tous

les autres. L’économie, c’est difficile. Lorsqu’on isole une

mesure ou une disposition, sans prendre en compte les

interactions, les mouvements et l’ensemble du dispositif,

les choses sont compliquées. Le discours dominant est là.

Sur le Smic, sans parler de la nouvelle fiscalité, du pôle

public financier, de la dimension des profits, de l’augmentation

de l’activité, les choses sont compliquées. Donc, il

faut faire et convaincre. Avec l’ensemble. Ne pas éviter le

débat et démontrer.

T.C. : Et le Front de gauche, son existence et son

évolution ?

D.J. : Le fait que des gens se rassemblent, différents, le

fait que des organisations se rassemblent, clairement

et loyalement, on voit bien, on sent bien que les choses

progressent. Des petits patrons, j’en connais, eux-mêmes

pourraient soutenir le Front de gauche. Ils ont, eux aussi,

intérêt à un vrai changement tel que proposé.

Aujourd’hui, les arguments, les fondamentaux idéologiques

libéraux-capitalistes sont battus par les faits. Il y

a échec. Il n’y a pas de perspective sérieuse. Il y a des

années que c’est en place et ça ne marche pas pour l’ensemble

de la société. Chacun le sent bien.

De notre côté, il y a une vision, il y a une perspective. Au

service de l’homme. J’ai vraiment envie d’essayer. Ce ne

peut être pire.

Propos recueillis par Michel Marc

Coup de gueule

Ah, les beaux

démocrates!

Les élèves apprennent à l’école, au collège,

au lycée, que la France est une démocratie,

qui, d’ailleurs, ne manque pas de donner

des leçons de démocratie à travers le

monde…

Pourtant, rien n’est moins sûr. En effet,

d’après le docte Conseil constitutionnel, « le

respect du pluralisme est une des conditions

de la démocratie »… Et, à moins d’être

comme les singes de la sagesse, sourd,

aveugle et muet, force est de constater que

le pluralisme est probablement la vertu la

moins bien partagée dans les grands médias

qui font l’information dans notre pays.

Vous voulez des preuves ? Voici quelques

chiffres.

- Sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach a

reçu 62 invités politiques entre septembre

et décembre 2011. Parmi eux, un seul communiste…

- Sur France Inter, sur 95 invités de la matinale,

un seul communiste (le 4 juillet!) et

Jean-Luc Mélenchon une seule fois !

- Sur RTL, le fameux Jean-Michel Apathie a

reçu 250 hommes politiques en 2011, dont

2 du Parti de gauche et 1 communiste! Et

sur les 50 invités de son « Grand Jury », pas

un seul représentant du Front de gauche !

- Dans les journaux télévisés, au 3e trimestre

2011, le CSA fait état de près de 3 heures

et demie de temps de parole pour le PS,

un peu plus pour l’UMP et 20 minutes pour

le Front de gauche.

- Et c’est encore pire sur les chaînes d’info

en continue…

Et ces grands journalistes, la main sur le

cœur, poussent, des cris d’orfraie quand

Jean-Luc Mélenchon se permet de les égratigner.

Mais avant de donner des leçons et de crier

qu’on ne les respecte pas, ces petites dames

et ces petits messieurs, en particulier

ceux des chaînes de radio et de télévision

publiques, feraient mieux de respecter les

règles déontologiques de leur métier et de

mettre en œuvre ce pluralisme qui fonde la

démocratie.

Mais savent-ils au moins ce que ça veut

dire ?

René Granmont

3


4 politique

Des propositions concrètes

Front de gauche. Voici un résumé succinct

de ses propositions pour une agriculture

paysanne en France, en Europe et dans le

monde, seule à même de réaliser la nécessaire

transition écologique de l’agriculture,

de respecter les hommes et les milieux et de

garantir la sécurité alimentaire.

Pour la sécurité alimentaire

mondiale, faire respecter

la souveraineté alimentaire

des peuples

En Europe comme partout dans le monde,

l’indépendance alimentaire doit être garantie

chaque fois que possible pour ne pas dépendre

des marchés mondiaux. Pour cela il faut

sortir l’agriculture de la logique de libéralisation

de l’OMC. Il faut une nouvelle organisation

de l’agriculture qui développe les marchés

régionaux, régule le marché mondial,

aide à la relocalisation des productions, combatte

l’accaparement des terres, développe

des coopérations favorisant la souveraineté

alimentaire.

Organiser la transition écologique

de l’agriculture

Après 40 ans de dégâts écologiques du productivisme,

il faut revoir les modes de production

et de consommation : rompre avec la

spécialisation excessive, diversifier les activités,

développer les complémentarités, mettre

fin à l’usage massif de produits chimiques.

Pour cela, il faut favoriser l’autonomie des exploitations,

valoriser les savoir-faire, soutenir

les filières alternatives, courtes, biologiques

(par exemple en révisant le code des marchés

publics pour favoriser l’approvisionnement de

la restauration collective publique auprès de

ces filières, en maintenant le moratoire sur

les OGM, en renforçant la recherche agronomique

publique). Il faut revoir le mandat des

SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et

rural) pour stopper et inverser le processus de

concentration dans l’agriculture.

Recréer de l’emploi agricole,

garantir une juste rémunération

du travail paysan

Il faut une juste rémunération du travail paysan

grâce à des prix minimums garantis (avec

encadrement des marges de la grande production

par un coefficient multiplicateur), la

maîtrise des volumes de production, la régulation

des marchés, une juste répartition des

terres, le soutien aux filières les plus fragiles.

Il faut lutter contre la précarité en milieu agricole

et revaloriser le salariat et les retraites

agricoles.

Libérons l’agriculture du capitalisme

Agriculture. Durant deux jours, le Front de gauche et ses candidats aux élections législatives

ont présenté, en compagnie du responsable national du PCF, leurs propositions

pour une agriculture paysanne, écologique rémunératrice et durable.

Jeudi 2 et vendredi 3 février, Xavier

Compain, responsable du secteur

agricole à la direction du PCF,

conseiller de Jean-Luc Mélenchon sur

ces questions, et surtout agriculteur

toujours en activité en Bretagne, était

présent dans les Pyrénées-Orientales

pour rencontrer le monde agricole et

rural et débattre des propositions de

Front de gauche dans ces domaines.

Les débats qu’il a animés jeudi à Rivesaltes

et vendredi à Vinça, avec quelques

dizaines de citoyens qui avaient osé braver

la température polaire et la tramontane,

ont été particulièrement riches. Ils

ont permis de voir combien les propositions

du Front de gauche dans le domaine

de l’agriculture et du développement

harmonieux des territoires allaient à la

rencontre des aspirations de ceux qui vivent

de la terre, des consommateurs, des

habitants des zones rurales. Ils ont montré

aussi que, comme le soulignait l’un

des intervenants, « l’agriculture n’est

pas une affaire de spécialistes, c’est une

affaire de société car c’est la nourriture

de l’humanité qui est en jeu ». Ce qui

est apparu au cours des discussions,

c’est combien chacune, chacun pouvait

« Pour que les viticulteurs relèvent la tête »

Viticulture. Le responsable PCF des questions agricoles, conseiller de Jean-Luc Mélenchon,

a rencontré, à Estagel des viticulteurs pour débattre des difficultés qu’ils

rencontrent et des solutions que proposent le Front de gauche

Dans le cadre de la visite de Xavier Compain dans le

département, la section du Parti Communiste Agly-

Fenouillèdes a organisé à Estagel, jeudi 2 février à

midi, autour d’un casse-croûte, un débat sur l’avenir de la

viticulture dans notre département et la place de l’agriculture

dans les prochaines échéances électorales.

Autour de la table, plus de 20 représentants du secteur agricole,

viticulteurs, ouvriers, syndicalistes et militants associatifs

ont partagé ce moment convivial. Roger Ferrer, maire d’Estagel

a souhaité la bienvenue à Xavier Compain, accompagné

de Françoise Fiter et Patrick Cases, candidats du Front de

gauche à l’élection législative de juin, et de Nicolas Garcia,

Xavier Compain, Françoise Fiter et Patrick Cases ont animés

un débat sur l’avenir de la viticulture dans le département

apporter sa pierre à l’élaboration de

choix politiques qui répondent aux attentes

populaires. On était bien loin des

péroraisons plus ou moins creuses des

commissaires européens, des ministres

des gouvernements de droite. Ce sont

les problèmes concrets, les difficultés

quotidiennes, mais aussi les solutions

tout autant réalistes qu’efficaces qui

ont été abordés durant ces deux soirées.

Du maire de Nohèdes confronté à

la difficulté d’alimenter la cantine scolaire

en produits « bio » à l’apiculteur

de Maureillas inquiet devant les risques

que font courir les OGM à son miel, de

l’instituteur en retraite à Rivesaltes s’interrogeant

sur l’avenir de l’enseignement

agricole au viticulteur préoccupé

par le risque de libéralisation des droits

de plantation qui pointe à Bruxelles,

ils ont tous prouvé que le peuple avait

en son sein toute l’intelligence, toutes

les compétences pour, collectivement,

analyser les difficultés, construire les réponses,

en un mot, prendre en main les

choix politiques.

Et c’est bien du développement d’une

agriculture vivante, relocalisée, rémunératrice

pour ceux qui travaillent la

N°3448

Semaine du 10 au 16 fév février 2012

Xavier Compain: « L’agriculture est

une affaire de société »

terre dont il était question quand Xavier

Compain montrait que les propositions

du Front de gauche permettaient

de rompre avec la mort lente du monde

paysan (le nombre d’exploitations est

passé d’un million à 350 000 en 10

ans) et avaient l’ambition de créer rapidement

300 000 emplois dans l’agriculture.

RG

secrétaire de la fédération du PCF, et a lançé la discussion qui

a duré plus de 2 heures.

Xavier Compain est intervenu avec pertinence sur tous les

sujets abordés : mondialisation, planification écologique, circuits

courts, formation des jeunes agriculteurs, répartition des

terres agricoles en friche,... A chaque fois, il a pointé la responsabilité

des politiques menées par Nicolas Sarkozy, avec

l’appui des marchés financiers et de l’Europe et démontré

que des solutions existent, si au lieu de privilégier les profits

financiers, les politiques menées au plan national, européen

et mondial, prennent en compte l’avenir des hommes. Ce

que préconise le programme du Front de gauche qui, en plus

d’ouvrir des pistes de réflexion dont les citoyens doivent se

saisir pour changer le cours de la mondialisation, prône d’imposer

comme principe fondamental « L’humain d’abord ! »

L’après-midi s’est poursuivi par la visite de deux installations

viticoles de notre terroir, la cave « bio » de notre ami de

la Confédération paysanne, Christian Gralet, et la cave coopérative

« Vignobles d’Agly », en présence de son directeur

général et de membres du conseil d’administration.

Grâce à cette rencontre fructueuse, et alors que le monde

viticole est dans un désarroi économique et moral profond,

le travail d’explications pour que les paysans aussi relèvent

la tête lors des élections prochaines est entrepris. C’était le

sens de l’initiative... et elle va être prolongée par les militants

et les élus du Front de gauche dans les cantons de l’Agly et

des Fenouillèdes.

Dominique Poirot


N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

politique

L’arme anti-ouvriers de la droite

Front national. De la nécessité de rétablir certaines vérités sur le Front National. Avec le climat glacial qui s’installe en

ce moment même sur tout le territoire, mieux vaut se prévenir un maximum contre ce satané virus qui se transmet par la

voie des ondes et empoisonne l’espace politique.

Forcé de maquiller ses thèses xénophobes dans

un système républicain, Le Front National n’a eu

de cesse depuis sa création de vouloir brouiller

les pistes entre droite et gauche, adaptant sa

posture en fonction de l’actualité, tentant de coller son

discours sur les thématiques sociales du moment. Le

Pen père a transmis la recette à Le Pen fille : pour

faire avancer la « priorité nationale » efficacement et

en silence, il faut masquer les filiations historiques

gênantes, feindre de crier contre l’ennemi désigné -

aujourd’hui les marchés financiers - contre un pouvoir

politique indifférencié, l’ « UMPS », les « mondialistes

», un coup ici, un coup là,… peu importe tant que

l’ambiguïté perdure.

L’insulte aux ouvriers

Si les Le Pen aiment depuis toujours apparaître en victimes

quand ils sont reçus par les journalistes, force

est de constater que le gros des troupes médiatiques

a plutôt été complaisant avec l’extrême droite ces derniers

temps… Au lieu de faire barrage, parallèlement

à une UMP qui ouvrait grand la digue à ses thèmes

racistes, tous se sont relayés pour faire causer la Marine

sur tout et n’importe quoi, bêêetes moutons de

panurge qu’ils sont, courant les uns derrière les autres

à chaque apparition du grand méchant loup travesti en

mère grand. Depuis, il y a eu pire. Par leur ronronnant

discours, presse, radio mais surtout télévision ont diffusé

l’idée absurde et fausse qui assimilerait l’électorat

du Front National à la classe ouvrière. Le fantasme

d’une élite médiatique avide de grands frissons… Aux

deux dernières élections (régionales et cantonales),

60 à 70% des ouvriers ne se sont pas rendus aux urnes.

Au final, le vote FN n’a donc représenté que 6 à

8% des ouvriers. Dans les chiffres, l’essentiel du vote

FN comprend des électeurs d’extrême droite, des déçus

du sarkozisme, des libéraux purs jus,… C’est cette

autre réalité qu’on tend à occulter, celle de la porosité

entre l’électorat de droite et celui du FN.

La tentative permanente des médias d’associer vote

FN et classes populaires est une insulte lancée aux

ouvriers. Cessons un peu de faire peur aux enfants

pour revenir au monde réel, déjà assez inquiétant

comme ça. L’important en politique, c’est le programme…

Et avec le FN, quel programme !

Xénophobie, esbroufe et gros sous

Immigration. Pour le FN, l’immigration est l’ennemi

n°1. L’équation est simple : immigration = chômage +

insécurité. Selon le site du FN, « l’immigration représente

un coût important pour la communauté nationale,

évaluée à 70 milliards d’euros par an par le démographe

et économiste Yves-Marie Laulan ». Faux. En 2009,

les immigrés ont couté à l’Etat environ 48 milliards

d’euros, mais dans le même temps ils ont rapporte

en impôts et cotisations sociales plus de 60 milliards

(selon une étude économique de 2009 de l’université

de Lille II, réalisée pour le compte du ministère des

affaires sociales), soit un solde positif de 12 milliards

d’euros ! En plus de la richesse humaine apportée,

l’immigration soulage aussi les comptes publics.

Le FN veut également supprimer les allocations familiales

aux étrangers. Ainsi, suppression des aides,

même pour une famille dont les enfants sont nés en

France, y sont scolarisés, mais dont les parents sont

étrangers. Evidemment, ces derniers continueront de

cotiser par leur travail pour des aides auxquelles ils

n’auront plus droit... Mais aussi : suppression du droit

du sol, suppression dans le droit français de la possibilité

de régulariser des travailleurs sans-papiers,

interdiction des manifestations de soutien aux sanspapiers,…

Salaires et retraites. Marine Le Pen s’oppose à

l’augmentation du Smic et propose à la place la prise

en charge par l’Etat de 200 euros de cotisation sociale

sur les salaires inférieurs à 1 500 net. L’embrouille :

on augmente les salariés avec ce qui devrait être du

salaire différé, creusant ainsi le déficit de la Sécu et

augmentant les impôts. Une « contribution sociale à

l’importation » est par exemple prévue, entendez taxe

de 3% sur les biens importés. En matière de retraites,

Le FN brouille les cartes. Ici, Marine défend « la retraite

à la carte », le lendemain, elle évoque la retraite

à 60 ans, ce qui est totalement incompatible !

Logement. Politique ultralibérale oblige, Marine dit

non au blocage des loyers. Pour elle, le logement est

avant tout un « bien marchand », et « le fonctionnement

du marché de l’immobilier est entravé par une

fiscalité dissuasive, une réglementation étouffante,

des intervenants et intermédiaires innombrables

(…) ». Traduisez : exit la création de logements sociaux

mais un grand marché du privé où les gros propriétaires

auront les mains libres.

Féminisme. Une femme à la tête du parti, si on

oublie la filiation dynastique, ça aurait pu tromper son

monde… Sauf que dans le programme du FN, on trouve

le déremboursement de l’IVG, la proposition d’un

référendum visant à donner à la vie un caractère sacré

dès la conception, un salaire maternel remaquillé

en « revenu parental d’éducation »,

la création d’un statut particulier pour les

mères de familles françaises,…

Laïcité. Alors que pullulent dans son

programme les références et allusions au

passé chrétien de la France, Marine Le Pen

propose la «création d’un ministère de l’Intérieur,

de l’Immigration et de la Laïcité»…

Un discours xénophobe

qui pénalise tous les travailleurs

Le problème du FN, on le sait, c’est les immigrés. En

matière de santé, Marine propose la suppression de

l’aide médicale d’Etat et la mise en place d’un délai

de carence d’un an pour la sécurité sociale des travailleurs

étrangers (si vous êtes travailleur étranger

et que vous tombez malade en 2012, vous attendrez

2013 pour payer le médecin). Autrement dit, plus de

gens malades en France et rien pour redévelopper

les services de santé publique, aujourd’hui à l’agonie.

Le discours populiste du FN stipule que « la

priorité nationale s’appliquera également en matière

5

de logement social où, à situation égale, le logement sera

d’abord proposé aux personnes ayant la nationalité française

». Une politique qui augmenterait le nombre de SDF en France.

Pas de problème ! dit Marine, nous renverrons tous les

immigrés chez eux ! Outre une politique de l’expulsion qui

a montré qu’elle était un gouffre pour l’économie - depuis

2003, on a dépensé, à hauteur d’environ 27 000 euros par expulsion,

autant que le déficit actuel de l’assurance vieillesse

- l’objectif immigration zéro est un mythe absolu.

Sortir le FN du cadre moral

Qu’on se le dise, aujourd’hui, ni le peu de mordant dont témoignent

les journalistes face à Marine Le Pen, ni la tendance

à l’effacement des luttes sociales dans les médias, ne

doivent nous faire oublier l’essentiel : le Front National n’est

pas un parti comme les autres. Fondée sur la peur, le racisme

et le mensonge, la mécanique Le Pen avance masquée,

se cache derrière une posture autoritaire pour mieux digérer

ses contradictions, faire reculer la démocratie en divisant les

travailleurs. Mais dans un pays forgé par l’universalisme et

les droits de l’Homme, berceau des Lumières contre l’obscurantisme

religieux, la xénophobie n’est pas une opinion, elle

est un crime. Il est dans notre devoir de citoyens de combattre

ceux qui la portent, hier par la force

de la République, aujourd’hui par

notre intelligence et nos idées

de gauche.

J.Z.


6 politique

Suite à la catastrophe de Fukushima,

le gouvernement avait commandé

un rapport à la Cour des

comptes sur le coût global du

nucléaire. Il en résulte un volumineux

document qui épluche l’ensemble de la

problématique des coûts. Les investissements

publics et privés réalisés depuis le

début des années 70, à partir du moment

où le nucléaire a été choisi pour assurer

l’essentiel de la production électrique en

France, atteignent 228 milliards d’euros.

Ce montant inclut les 121 milliards correspondant

à la construction des installations,

dont 96 consacrés à l’édification du

parc nucléaire composé actuellement de

58 réacteurs, dont les plus anciens sont

entrés en service en 1978. Les dépenses

de recherche publiques et privées depuis

les années 1950, sont estimées à 55 milliards.

Le reste porte sur la maintenance

et le fonctionnement des installations.

Ces 228 milliards déboursés en un peu

plus de 40 ans ont suscité des réactions

très contradictoires. Si Eva Joly a jugé que

ce « document vérité » allait « bouleverser

l’idée que l’énergie nucléaire est une

énergie pas chère », le ministre de l’Ener-

Tendance et penchant

du vote pied-noir

Elections. De récentes enquêtes d’opinion indiquent que l’électorat pied-noir ne vote

pas massivement pour le Front National mais présente une propension à voter à

droite avec un penchant marqué pour l’extrême droite.

La concomitance,

dimanche 29

janvier, entre

l’inauguration du

Centre de documentation

des Français d’Algérie et le

meeting de Marine le Pen a

donné cours à un raccourci

selon lequel les pieds-noirs

voteraient massivement pour

le Front national. Autant, cela

peut s’appliquer au vote des adhérents

du cercle algérianiste, cette

association de pieds-noirs nostalgiques

de l’Algérie française, autant il

serait faux de l’extrapoler à toute la

communauté pied-noir.

Pour autant, il est patent que le

vote pied-noir présente des caractéristiques

qui traduisent une tendance

certaine à droite, avec un penchant

gie, Eric Besson, a déclaré que « le coût

de l’électricité d’origine nucléaire reste

nettement inférieur à celui des autres

sources de production ». De son côté, le

PCF a estimé que « toutes les estimations

convergent pour considérer que l’électricité

produite à partir du nucléaire civil

est trés sensiblement moins chère que

celle produite à partir du gaz, du fuel, du

charbon et de toutes les énergies renouvelables

- hydraulique exceptée - au stade

actuel de leur développement technique

et économique ».

Des chiffrages plus incertains

Si pour l’établissement de ces 228 milliards,

la Cour des comptes semble très

sûre de ses chiffrages, il en va tout autrement

des coûts portant sur deux autres

problèmes. D’abord, celui du démantèlement

des réacteurs, c’est-à-dire les dépenses

de leur fin de vie, en vue de les

remplacer progressivement par une nouvelle

génération de réacteurs. Le coût du

démantèlement pour les 58 réacteurs est

estimé à 22,2 milliards, mais la Cour précise

qu’elle n’est pas en mesure de valider

ce montant en l’absence d’études appro-

marqué pour l’extrême droite. Une étude récente,

réalisée par deux chercheurs de l’Ifop*,

basée sur des sondages et enquêtes d’opinion,

permet de se faire une idée plus précise du

comportement électoral de cette catégorie sociologique.

Au premier tour de la présidentielle

de 2002, une enquête Ifop « sortie des urnes »

révélait que 30% des pieds-noirs avaient voté

pour Jean-Marie Le Pen ou Bruno Mégret, soit

10 points de plus que la moyenne nationale.

En 2007, même constatation, 31% des piedsnoirs

avaient choisi Nicolas Sarkozy et 18%

Jean-Marie Le Pen, soit pour ce dernier, environ

8 points au-dessus de la moyenne nationale.

Pour la présidentielle de 2012, les résultats des

enquêtes d’opinion de l’Ifop, s’inscrivent dans

la lignée des votes de 2002 et de 2007 : Marine

Le Pen obtiendrait 28%, soit 8 points de

plus que le score mesuré à l’échelon national.

Pour Nicolas Sarkozy, on retrouve la prime à la

droite avec une intention de vote majoré de

fondies. Le deuxième problème porte sur

la gestion des déchets radioactifs dont le

coût à long terme est estimé à 28,4 milliards

d’euros. Mais la Cour souligne la

fragilité de l’estimation car, dans ce domaine,

il n’y a aucune référence internationale

possible. Le rapport n’épuise pas

la question des coûts puisque devraient

s’ajouter des chiffrages complémentai-

N°3448

Semaine du 10 au 16 fév février 2012

3,5% (26 contre 22,5%). Ce sur-vote au profit

de la droite et surtout de l’extrême droite, se

fait surtout aux dépens des candidats qualifiés

de centristes (9 contre 15,5) et beaucoup

moins aux dépens de François Hollande (26

contre 29%). A noter que les autres candidats

de gauche, en particulier Jean-Luc Mélenchon,

ne sont même pas mentionnés, ce qui en dit

long sur la droitisation du vote pied-noir. Un

phénomène qui a tendance à s’estomper avec

les descendants des pieds-noirs, puisque, selon

les mêmes enquêtes d’opinion, ils ne seraient

que 24% a opter pour Marine Le Pen et 31%

à voter pour François Hollande.

Roger Hillel

*Le vote pied-noir 50 ans après les accords d’Evian par

Jérôme Fourquet : Directeur du département Opinion

et Stratégie d’Entreprise, IFOP et Esteban Pratviel :

Chargé d’études au département Opinion et Stratégie

d’Entreprise, IFOP.

Le coût du nucléaire

Cour des comptes. Publication d’un rapport important sur l’ensemble des coûts liés à la production

d’électricité nucléaire en France. A côté de chiffrages extrêmement documentés portant sur les 40 années

écoulées, figurent des évaluations plus incertaines sur les charges futures.

Depuis le début des années 70, 228 milliards d’euros ont été investis dans le nucléaire civil

© Photothèque Rouge/Babar

res à la suite du rapport de l’Autorité de

sûreté nucléaire (ASN), daté du 3 janvier,

portant sur les travaux à effectuer sur

le parc français pour tirer les leçons de

Fukushima. Mais, même en l’état, le document

réalisé par la Cour des comptes

va considérablement faciliter le débat sur

la transition énergétique.

RH


N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

Le TCF : outil d’intégration ou de stigmatisation à l’étranger ?

Le décret d’application de la

loi n° 2011-672 du 16 juin

2011 relative à l’immigration,

à l’intégration et à la nationalité

est entré en vigueur le 1er janvier

2012. Désormais toute personne

qui souhaite acquérir la nationalité

française doit justifier de sa connaissance

du français.

A première vue, cela peut sembler

légitime. Mais à contrario, on peut

se demander à quoi peut servir

d’imposer cette contrainte supplémentaire.

Parce que si une personne

a choisi de vivre en France,

elle devra apprendre et connaître

la langue, tout simplement pour

pouvoir communiquer avec son entourage.

Simple bon sens. D’ailleurs

jusqu’ici, l’évaluation de son niveau

de connaissance du français s’effectuait

au cours d’un entretien avec

un agent de la préfecture.

Le TCF nouveau

Avec ce nouveau décret, tout demandeur

de nationalité française

doit obligatoirement fournir dans

son dossier un diplôme ou une attestation

délivrée par un organisme

auquel le label « Français langue

d’intégration » a été délivré. L’organisme,

c’est le Centre International

d’Études Pédagogiques. Le diplôme,

c’est le TCF (test de connaissance du

français). Autrement dit la maîtrise

de la langue est un préalable à toute

naturalisation. La maîtrise, et non

la pratique. Le niveau requis est le

niveau B1 du cadre européen commun

de référence pour les langues. Il

correspond au niveau d’un élève en

fin de scolarité obligatoire (classe de

2nde ou de 1ère de lycée) « apte à

Dur, dur

d’être Français

Naturalisation. Le test de connaissance du français

est obligatoire depuis le 1er janvier. Mais un test

qui n’est qu’une preuve de plus de l’ostracisme

gouvernemental envers les étrangers.

écouter, prendre part à une conversation

et à s’exprimer oralement en

continu ». C’est comme si on demandait

à quelqu’un qui passe le permis

de conduire de maîtriser la conduite

comme un conducteur aguerri !

Il suffit pour s’en convaincre d’aller

sur le site du CIEP et de voir les

exemples. L’une des questions du

test oral est une interview de Jean

d’Ormesson ! Pas sûr que nos élèves

de seconde réussissent le TCF.

Mais ça rapporte…

Il est intéressant aussi de noter que

la passation du test est payante.

150 pour la totalité des épreuves.

En cas d’échec, on peut le repasser,

et… repayer, à deux mois d’intervalle.

L’Université de Perpignan organise

ce test, pour la première fois

dans ce cadre-là, le samedi 18 février,

puis à un rythme d’une fois par

mois. Épreuves orales uniquement,

pour 75 . Les correcteurs seront

des professeurs de l’université,

payés par l’université dans le cadre

de l’autonomie. Afin de préparer les

candidats, l’Université organise des

stages de préparation, un module

de 27h pour 245 , deux modules

pour 490 . Qui pense que l’immigré

n’est pas lucratif ? Rappelons

au passage que si les immigrés ont

reçu 48 milliards de l’État en 2009,

ils en ont rapporté 60 en impôts et

cotisations sociales.

Bref, après réflexion, on voit bien que

le TCF va dans le sens de la politique

d’immigration de ce gouvernement.

Stigmatisation de l’étranger et ostracisme

de plus en plus poussé.

Anne-Marie Delcamp

politique

Le collectif « Dette »

passe à l’action

Audit de la dette. Les collectifs pour l’audit de la dette se mettent

en place. C’était dernièrement le cas à Prades où plus de cent

citoyens se sont réunis.

La première réunion publique organisée

par le groupe du Conflent du collectif

pour un audit de la dette publique se

tenait à Prades le mercredi 1er février. Malgré

une tramontane glaciale, plus d’une centaine

de personnes s’étaient déplacées, preuve que

les gens sont prêts à se mobiliser pour entendre

et rétablir la vérité sur la dette.

C’est un long travail de désintoxication que le

collectif souhaite mener. Non, la dette n’est

pas une fatalité, oui, elle peut être facilement

résorbée malgré son ampleur apparente, plus

de 1 600 milliards d’euros fin 2011. La réunion

de Prades avait d’abord pour but d’expliquer

les causes de cette dette publique. La

première remonte à 1973, avec l’interdiction

faite à la Banque de France de prêter de l’argent

à l’État, à un taux d’intérêt faible ou

nul. Cette interdiction a été étendue à toute

l’Union européenne par le traité de Maastricht

(1992), puis par les traités successifs. Si bien

que les États doivent se financer sur les marchés,

empruntant à des taux d’intérêt souvent

usuraires, notamment lorsque les agences de

notation les dégradent. Pendant ce temps,

les banques peuvent se financer auprès de

la Banque centrale européenne (BCE) à un

taux minime, qui s’élèvera considérablement

lorsqu’elles prêteront aux États. Deuxième

cause, souvent oubliée : la lutte contre l’inflation

menée par la BCE et les États européens.

L’inflation, à condition toutefois que les

hausses de salaires suivent ou précèdent la

hausse des prix, permet en effet de diminuer

radicalement le poids d’un endettement, on

l’a bien vu pendant les « Trente Glorieuses »,

et ce au détriment des créanciers, banques ou

rentiers. D’où l’acharnement de ces derniers

à combattre l’inflation, c’est l’objectif prioritaire

assigné à la BCE. À quoi il faut ajouter

l’effet « boule de neige », le poids des inté-

7

rêts venant augmenter celui de la dette (actuellement,

le service de la dette s’élève à 50

milliards d’euros annuels en France, soit plus

que le budget de l’Éducation nationale).

Ces raisons fondamentales ne suffisent pas

à expliquer l’envolée de la dette depuis une

dizaine d’années, en particulier sous le règne

de Sarkozy. Le gouvernement voudrait nous

faire croire que nous dépensons trop, ce qui

est faux. Par contre, les recettes ont considérablement

diminué, entraînant un déficit

annuel de 100 milliards d’euros en moyenne,

qui correspond pour l’essentiel aux divers

cadeaux offerts aux propriétaires du capital.

Un seul exemple : la tranche supérieure de

l’impôt sur le revenu s’appliquait en 1986 à

partir d’un taux de 65%, ramené à 50% en

2002, puis à 40% en 2007. Le manque à gagner

est ici criant, il l’est encore plus quand

on y ajoute la fraude fiscale, la baisse des cotisations

patronales, celle de l’impôt sur les

sociétés et la plupart des niches fiscales. Le

tout alors que les salaires sont gelés, que la

consommation s’effondre et que la récession

s’installe.

Pourtant les remèdes sont simples, nous

l’avons plusieurs fois écrit et nous y reviendrons.

Le collectif « Dette » encouragé par

son succès pradéen, envisage d’organiser

d’autres réunions prochainement dans plusieurs

communes. Il a également commencé

à analyser l’état des finances locales, et très

bientôt aura lieu une grande réunion publique

avec Gérard Filoche, dont l’intervention

à Elne lors de la lutte sur les retraites avait

enthousiasmé les participants à la réunion.

Jean Tosti

Le collectif départemental comprend à ce jour les organisations

suivantes : Attac, LDH, CGT, FSU, Solidaires, EE/Les

Verts, NPA, PCF, Parti de Gauche, PRCF, JC, NPA Jeunes.


8 économie

Selon les ASF, il y a un bon niveau

d’acceptabilité des usagers pour les

tarifs autoroutiers. Un paradoxe, car

les critiques ne cessent de monter, tant sur

le coût, que sur la qualité des services qui

ne cessent de se dégrader. Pour justifier les

hausses importantes des tarifs de péage, les

ASF ont rétorqué que les investissements

réalisés et les charges qui pèsent sur l’ex-

ploitation et la construction de nouveaux

tronçons justifiaient cette politique tarifaire.

Rien n’est plus faux ! Ces arguments

masquent la véritable situation financière

des sociétés d’autoroutes. Déjà favorisées

par les conditions dans lesquelles elles ont

été privatisées, elles ont immédiatement

mis en œuvre des mesures contre l’emploi

pour réaliser des profits considérables.

Le magot des autoroutes

Des suppressions d’emplois par centaines

Hommes en jaune. Après la privatisation des autoroutes, partielle sous Jospin en 2002

et totale sous Villepin en 2006, la dérèglementation tarifaire, mais aussi sociale, a fait

grimpé les dividendes des actionnaires et les tarifs de péage pour les usagers.

De 2003 à 2010, sous prétexte

de lutter contre la précarité

et pour l’emploi, cette politique

a conduit à un recul de l’emploi

sans précédent au sein du secteur

autoroutier. La réduction de

63 % des contrats CDD au sein du

groupe Vinci/ASF, société la plus

touchée par cette politique, s’est

traduite par la suppression de 589

emplois équivalents temps pleins

entre 2003 et 2006 soit 107 CDI et

482 CDD équivalent temps plein.

Avec les fusions opérées après 2006

Le mythe des sociétés d’autoroutes massivement

endettées…c’est fini ! Elles ne se sont jamais

aussi bien portées. Le prétexte avancé pour les

privatiser apparaît aujourd’hui comme un mensonge.

Le montage qui a été fait, à l’époque, pour les « brader

» au privé, n’était là que pour faire passer la pilule

à tous ceux qui, doux rêveurs, pensaient un jour

pouvoir emprunter gratuitement les autoroutes ou

bien qu’elles seraient destinées aux financements de

projets alternatifs au tout routier, pour le développement

du rail (TER, TGV, Fret SNCF) par exemple. Mais

les milliards d’euros, je dis bien les milliards, qui sont

générés par les autoroutes, vont désormais dans la

poche des actionnaires et des banquiers et nul part

ailleurs. Ainsi, Vinci-ASF a fait, pour la seule année

2010, près de 4 milliards de chiffre d’affaire. Ses recettes

de péage s’établissent à 2,8 milliards d’euros, soit

une progression de 3,7% par rapport à 2009. En 2010

Vinci-ASF évaluait les dividendes versés à ses actionnaires

à 630,6 millions d’euros, un record ! Mais le ma-

par le groupe Vinci regroupant désormais

ASF, Escota, Cofiroute et

Arcour, les bilans sociaux sont difficilement

comparables entre ces

années et les années suivantes.

Mais en recoupant les différents

bilans de ces sociétés, on peut

évaluer la perte d’emploi à plus

de 2000 postes équivalents temps

plein fin 2011. Des suppressions

qui ont porté essentiellement sur

les péages et les services associés,

pour un gain de masse salariale

approximativement évalué à 600

N°3448

Semaine du 10 au 16 fév février 2012

Jackpot pour les autoroutes

Tarifs autoroutiers. ASF (Autoroutes du sud de la France) augmente ses

tarifs de péage de 2,42%. Une moyenne qui permet d’appliquer, selon

les tronçons, des augmentations record sur les sections de son réseau

les plus fréquentées. Il faudra désormais s’acquitter de 14,90 pour

parcourir Perpignan- Montpellier, soit une hausse de 3,35%.

millions d’euros. La majeure partie

de ces emplois a été perdue par la

société mère (ASF), conséquence

de sa politique d’automatisation

massive des péages engagée dès

2004. Ainsi, chez Vinci- ASF, en

2011, sur près de 700 couloirs de

péage, seulement 70 sont occupés

par un salarié. Les autres, entièrement

automatisés, laissent des

centaines de gares sans aucune

présence humaine, ni surveillance,

si ce n’est une caméra vidéo pour

repérer les éventuels fraudeurs…

Les pompes à fric du CAC 40

Vinci-ASF. Ce sont des sommes astronomiques, pompées dans les poches des automobilistes,

que la société d’autoroutes accumule et distribue à ses actionnaires.

got des autoroutes se trouve aussi ailleurs. Il s’établit

dans le montage financier très particulier des contrats

de concession des sociétés privées concessionnaires

d’autoroutes à péages accordé par l’Etat. Ainsi à

l’actif du bilan d’ASF-Vinci, il est indiqué « Immobilisations

Incorporelles des domaines concédés, soit

11,1 milliards d’euros ». Un pactole qui correspond au

contrat de concession conclu avec l’Etat et qui autorise

les sociétés d’autoroutes à prélever des sommes

astronomiques avant impôt, sous forme d’amortissement

et ou de rémunérations en droit de concession.

Un trésor de guerre qui échappe à l’Etat, « à l’insu de

son plein gré », sous prétexte d’investissement et de

remise en état des installations en fin de concession.

De sociétés endettées quand elles étaient publiques,

les autoroutes sont devenues les pompes à fric du

CAC 40. Un constat accablant qui rend d’autant plus

injuste les tarifs pratiqués par les sociétés d’autoroutes

et qui légitime les nombreuses questions sur les

raisons de la privatisation du secteur autoroutier.

Nationalisons les autoroutes !

En revenant sur la privatisation des sociétés

d’autoroutes, c’est l’ensemble des politiques

favorisant le système spéculatif qu’il faut remettre

en cause. La charge pour la privatisation des

services publics est venue de l’Europe. Le traité

de Maastricht avec le pacte de stabilité, le traité de

Lisbonne, la publication, en 2001, du Livre Blanc

sur la politique européenne des transports, ont fixé

les mauvaises pistes qui allaient être empruntées

tant par la gauche, alors au pouvoir entre 1997 et

2002, qui mit la première le doigt dans l’engrenage

en ouvrant le capital d’ASF à 49%, que par

la droite qui, en 2006, privatisait totalement le

secteur autoroutier pour financer, disait-elle, sa

politique industrielle. Les conséquences de la

privatisation des autoroutes se sont fait immédiatement

sentir. La recherche des financements

publics, la faiblesse des gouvernements successifs

à s’attaquer réellement à la finance, ont eu raison

d’une politique harmonieuse et durable pour nos

territoires. La perte de souveraineté de l’Etat, jadis

propriétaire des autoroutes, s’est traduite par

un renoncement à développer une politique de

transports alternative au tout routier (fret et voyageur),

les sociétés d’autoroutes faisant pression,

considérant la SNCF comme une entrave à leur

taux de rentabilité. D’autres parts, les contrats de

concession conclus entre ces sociétés d’autoroutes

et l’Etat ont donné toute latitude aux Vinci,

Bouygues, et autres groupes financiers à exploiter

et faire fructifier sans entrave leur poule aux œufs

d’or. Avec un taux de rentabilité qui atteint les 12

%, désormais c’est eux qui décident de la politique

des transports de la nation : « Le tout routier, pour

le maximum de profit ! »

Dossier réalisé par Philippe Galano


N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

social

Pas de trêve électorale pour les enseignants!

Profs catalans. Mardi 31 janvier, les enseignants du département ont participé aux manifestations contre les suppressions

de postes et la carte scolaire et ont affirmé « c’est maintenant qu’il faut refuser la démolition de l’école ».

Le 31 janvier, à l’appel

des syndicats de la

FSU (SNES,SNEP,SNUEP,

SNUIPP), de la CGT, de FO

et de Sud, les enseignants des premier

et second degrés ont manifesté

à Paris et partout en France, contre

les suppressions de postes en collèges

et lycées, contre leur nouvelle

évaluation et contre la « carte scolaire

» signifiant des suppressions

de postes dans les écoles. En effet,

malgré les engagements de notre

actuel président, les restrictions

budgétaires imposées sont telles

que « ça ne passe pas ». Même

en supprimant un maximum de

maîtres spécialisés : 2 500 suppressions

dans les Réseaux d’Aides Spécialisées

aux Enfants en Difficulté.

Dans notre région, 1 532 enfants,

soit 50% d’entre eux, n’auront plus

d’aide spécialisée faute de maîtres.

En tout, près de 20 000 enseignants

ont défilé de la Sorbonne

à la Bastille, deux fois plus que le

15 décembre dernier… Ils étaient

Quand paraîtra le T.C., l’heure

de vérité en matière de carte

scolaire aura sonné. La dernière

étape de la préparation de la

rentrée aura été atteinte … dans

la douleur et dans la colère. Nous

connaîtrons alors les décisions prises

en matière de fermetures de postes et

de classes dans les écoles, les collèges

et les lycées. Et cela ne peut que

saigner quand on sait (rappel) que les

écoles du département auront 332

élèves supplémentaires et 41 postes

en moins, quand on sait que des éco-

Une manifestation pleine de diversité régionale

L’heure de vérité

les ont des besoins urgents d’ouvertures

de postes. Il semblerait, d’après

nos informations, que les RASED (Réseaux

d’Aides Spécialisées aux Enfants

en Difficulté) fassent les frais de

cette opération et qu’ils soient amputés

de nombreux postes. Le Ministre

pourra ensuite longuement disserter

sur la volonté politique du gouvernement

d’éradiquer l’échec scolaire. Je

crois qu’il devrait remplacer éradiquer

par enraciner, ce serait plus proche de

la vérité. Dans les collèges, les lycées

et les lycées professionnels, la situa-

Portes bouclées et cordon policier en guise de dialogue à l’inspection académique

tion est tout aussi critique : depuis

2009, près de 1300 élèves supplémentaires

et 35 postes en moins. Toutes

les fermetures de postes y seront

douloureuses et entraîneront soit des

suppressions d’enseignements, soit

des dégradations des conditions de

travail, soit le plus souvent les deux.

Les centaines de manifestants qui

se sont retrouvées devant l’Inspection

d’Académie le mardi 31 janvier

avaient à cœur de ne pas laisser faire

de tels mauvais coups qui mettent le

service public dans une situation où

il ne peut plus remplir sa mission ; il

est très facile alors pour le pouvoir de

faire son procès et celui des personnels.

Quant à l’attitude de l’Inspection

d’Académie qui s’abrite derrière une

rangée de policiers armés et nerveux,

qui utilise toutes les manœuvres possibles

pour ne pas avoir à défendre

des positions indéfendables, pour

ôter aux organismes paritaires toute

possibilité de s’exprimer, elle témoigne

d’un manque de courage évident

à l’image du Recteur de l’Académie

de Montpellier qui a fui sous les sifflets

au lycée Pablo Picasso. Peut-être

faut-il aussi y voir une certaine lassitude

à faire un sale boulot ?

JMP

Mumia Abu-Jamal

est sorti du mitard !

Nous venons de recevoir sa première

photo prise à la prison de SCI Mahanoy

... Depuis 1995 il était interdit de le

photographier ! Il y figure en compagnie

de Johanna Fernandez, sa porte-parole

récemment rencontrée lors de son passage

à Paris, au cours de la visite qu’elle

vient de lui rendre en compagnie de Heidi

Boghosian, directrice de la Ligue nationale

des avocats américains.

La photo témoigne du visage rayonnant

de vie de cet homme arraché au couloir de

la mort après 30 ans de souffrances. Sa

libération ne serait que justice ! « Elle est

désormais un objectif de lutte à notre portée

» déclare le Collectif unitaire national

de soutien à Mumia Abu-Jamal.

9

350 de l’Académie de Montpellier

à être « montés » à Paris, dont 20

Catalans qui ont affronté les frimas

et quelques flocons de neige. Manifestation

très revendicative et colorée

qui s’est achevée par un spectaculaire

« Haka » des maîtres de RASED sur la

place de la Bastille.

Près de 150 autres enseignants se

sont regroupés devant le Rectorat de

Montpellier tandis que plus de 500

étaient devant l’inspection d’Académie

de Perpignan (cf. article ci-dessous).

Tous chiffres confondus, c’est donc

un large refus des enseignants, face

à cette politique destructrice de

l’Éducation voulue par le gouvernement

actuel, qui s’est exprimé.

Et la perspective électorale n’a pas

calmé le jeu. Cette mobilisation renforcée

avait visiblement pour but, au

contraire, de peser dans le débat des

présidentielles et de mettre l’école au

cœur des programmes électoraux.

A-M Delcamp

MUMIA ABU-JAMAL le 2 février 2012

avec Johanna Fernandez et Heidi Boghosian

à la prison de SCI Mahanoy


N°3448

10 dans le département Semaine du 10 0au16fév au 16 fé fév février év 2012

CarnAvaL

ArgelEs-sur-Mer

Vendredi 10 février

Carnaval des écoles maternelles et primaires dans les rues.

Animation assurée par la fanfare des clowns.

Samedi 18 février

Election des Miss et Mini-Miss Carnaval à l’Espace Jean Carrère.

Dimanche 19 février

Parade animée par la banda Aïoli Beach, Rica Comparsa, la troupe

Heiva I Thaiti et le groupe Kalimbao et ses danseuses.

Samedi 25 février

Sortie nocturne du Carnaval Bal de clôture du Carnaval avec l’orchestre

4e Avenue à l’espace Jean Carrère après la cavalcade.


N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

USAP : le fossé se creuse !

Non ! Il ne s’agit pas du fossé

entre le jeu de l’USAP et

celui d’un club comme Toulouse,

Clermont ou autre Toulon,

mais du fossé financier qui ne cesse

de s’élargir au fil des saisons. Il est

vrai que l’un dépend fortement de

l’autre.

Perpignan ne fait pas partie d’un département

financièrement très florissant

: viticulture en voie d’extinction,

agriculture bien mal en point,

industries quasi inexistantes. C’est

vrai, il y a le soleil, c’est vrai, il y a

la mer, c’est vrai, il y a la montagne.

Mais le tourisme est-il suffisant ?

Certes pas ! Qui pourra financer

un club capable de bien figurer en

Top14 (ou même en Top16) face à

des bassins économiques forts tels

que Toulouse, Montferrand, Paris

ou autres Bordeaux et Lyon ?

Comment l’USAP va-t-elle pouvoir

rivaliser face à ces déferlantes financières,

dès aujourd’hui, pour

ses renouvellements de contrats

et éventuels contrats 2012-2013 ?

D’aucuns diront qu’avec peu de

moyens et un centre de formation

efficace, on peut maintenir un club

dans l’élite du rugby français. Très

difficile, voire impossible, surtout

lorsque les jeunes formés à l’USAP

(et ils sont nombreux et souvent

très talentueux !) sont inévitablement

attirés par les sirènes des

grands clubs français.

Les clubs formateurs sont-ils avantagés

? Sûrement pas et ce, malgré

la loi sur le nombre de joueurs formés

au club ! L’amour du maillot

n’existe que très rarement, pratiquement

plus, et on voit de plus

en plus de joueurs négocier des

contrats mirobolants : Sébastien

Chabal, 750 000 euros annuels

cette saison. Enorme diront certains,

scandaleux crieront d’autres.

Jacky Lorenzetti, son président du

Courrier de lecteur

Louis Aliot est candidat aux législatives

dans les P.-O. Cet enfant

de pieds-noirs, militant des comités

Tixier-Vignancourt, aurait

adhéré au FN soit en 1987, après que Le

Pen (père) eut asséné le « détail de l’histoire

des camps de la mort », ou peutêtre

en mai 1990, à la période des « discours

de haine du FN » qui étaient tenus

comme responsables des profanations du

cimetière juif de Carpentras par des skins

Top 14: la course aux contrats. Sébastien Chabal 750 000 cette saison

Racing-Métro, renégocie à 300 000

euros pour la saison prochaine et,

sous prétexte de mésentente avec

le staff (possible aussi !), « Caveman

» quitte le club aussitôt. Libéré

de son contrat, Chabal finira

bien la saison dans un riche club de

l’Hexagone… Toulon par exemple,

avant de rejoindre très bientôt le

Japon, « nouveau cimetière doré

des éléphants du rugby ».

Toulon qui saute sur tous les

joueurs de haut niveau qui bougent

(ou qu’il aide à bouger !)

tels le pilier international anglais

Andrew Sheridan, et bientôt le

pilier international gallois Gethin

Jenkins. L’USAP, quant à elle, lorgne

sur un troisième ligne italien,

Alessandro Zanni, mais, mais, …

Zanni « snobe » l’USAP pour rallier

le Racing- Métro. Que signifie

« snober » en rugby si ce n’est vouloir

gagner plus ?

L’USAP vise alors un international

écossais, Alasdair Strokosch, ou un

Anglais, Luke Narraway, en troisième

ligne . Jusqu’où ira la surenchère

et où atterriront ces joueurs ?

jugeant ce même FN encore trop mou.

Louis Aliot conserve encore dans l’ombre,

parmi ses proches, de vrais nazillons dont

certains sont issus de l’«œuvre française»

et qui continuent à saluer à la Hitler et

d’aboyer sur leurs sites leurs discours racistes

et antisémites. A-t-il accompagné

sa compagne Marine au bal organisé à

Vienne par les associations estudiantines

proches de l’extrême droite autrichienne

? Louis Aliot, avocat qui a été chargé

Maxime Mermoz, Jérome Porical

qui paraissait attaché à l’USAP, mais

que les sirènes clermontoises, biarrotes

ou montpelliéraines risquent

de charmer. Oui ! Montpellier, bien

plus fortuné que l’USAP et cette

différence financière qui transpire

sur le classement actuel (Montpellier

cinquième , USAP onzième).

Voilà déjà sept ans , Georges Frêche

avait lancé une « bombe » dans la

région : « Montpellier aura bientôt

une très bonne équipe et l’USAP

se trainera dans les profondeurs

du classement ! ». Certains, qui

l’avaient hué en son temps, découvrent

avec stupeur qu’il avait entièrement

raison. Bien vu ! Mais savait-il

alors que les Qataris étaient

en train de s’infiltrer dans le club ?

En 2011, l’USAP avait pourtant

tenu la dragée haute aux Montpelliérains

chez eux. Peut-il en être

de même ce vendredi 10 février au

stade Yves du Manoir à Montpellier

? Nous sommes en période de

sondages : 3% des Catalans sont

optimistes!!!

Jo Solatges

d’enseignement à la fac de Toulouse, numéro

2 du FN, attaché parlementaire de

Marine au Parlement européen, conseiller

régional du Languedoc-Roussillon avec

de rares présences, aimerait cumuler

avec « secrétaire général de l’Elysée » si

d’aventure Marine accédait à la présidence

de la République. Tout cela à l’encontre

du slogan de Marine sur les cumulards !

Selon son ancien chef, Bruno Mégret, ce

Louis là « vivrait sur la bête, n’a jamais

sports

11

Le coin du XIII

Super League. Cette première journée a donné quelques

résultats intéressants et aussi des surprises. Wakefield est allé

gagner chez le nouveau, Widness, 32 à 14. St Helens a gagné,

mais plus difficilement à London, 34 à 24. Huddersfield a réussi

le gros coup en allant gagner à Wigan 20 à 16 et Castelford en a

fait de même à Salford 24 à 10.

Vendredi 10 février : Wigan Leeds. Dimanche 12 : Castelford-Bradford

; Huddersfield-Widnes ; Wakefield-Hull KR ;

Warrington- London ; St Helens-Castelford.

Samedi à 18h30, ouverture à Brutus : Dragons- Hull FC.

« Même avec des absents, on peut y croire », avions-nous dit

la semaine dernière. Cette équipe décomplexée dans sa tête

a réussi un bel exploit et de quelle façon ! Les supporters à

l’écoute radio n’en revenaient pas, avec ce score qui enflait et ce

30 à 0 à 25 minutes du sifflet fina, incroyable mais vrai. Pourtant

l’entraîneur, Potter, avait mis ses troupes en ordre de bataille,

mais les actions pénétrantes des Dragons, sous la houlette d’un

Scott Dureau impérial, balayèrent les velléités locales. Tous les

joueurs sont à englober dans les éloges, mais la rentrée de Gossard

n’est pas passée inaperçue, comme le joker Fisher, tandis

que Fakir se consacra avec une présence permanente, surtout

dans la transmission du ballon. Samedi, le public qui sera

nombreux attend une aussi belle prestation où on verra Léon

Price pensons-nous. Cette équipe anglaise qui s’était qualifiée

la saison dernière vient d’enregistrer sur ses terres un match

nul face au gros Warrington, 20 à 20. Avec 10 sorties pour 9

rentrées dont 3 Australiens, les dirigeants veulent viser plus haut

et leur premier match est une référence…

Elite 1. Avant la reprise du championnat, avait lieu la coupe de

France, avec seulement 2 matchs, puisque Limoux-Toulouse

et ASC-Villeneuve ont été reportés. Le tenant, Lezignan, n’a eu

aucun souci à Montpellier, 36 à 10, et Pia de même, 20 à 4,

devant les jeunes de St-Estève-XIII catalan. Ces derniers, handicapés,

n’ont pas vu leur vaillance récompensée. On ne se faisait

pas trop d’illusion sur les chances de l’entente à qui il manquait

trop de joueurs, et la jeunesse, même de qualité, ne put rien faire

face à la force pianencque. La coupe, on n’en parle plus, mais

il faudra tout oser sur le championnat car les chances existent

et le duel avec Villeneuve sera déterminant. Le championnat

reprend ce weekend avec Villeneuve-Toulouse, Lezignan-Limoux

et Lescure-Avignon. Concernant St-Estève-XIII Catalan – Montpellier,

tous les matchs compteront ; aussi devant ces Héraultais

qu’il ne faut pas mésestimer, quoique leurs chances sont nulles.

L’entente catalane doit y croire.

Elite 2. Après une semaine de relaxe, on reprend le tapis vert

et ce ne sera pas simple pour nos couleurs car Baho recevra le

leader Toulouse J.J et Palau recevra Lyon. Affaire à suivre.

Nationale 3. Salses avec l’Aude, ce n’est pas le grand amour; à

20 minutes de la fin, l’arbitre arrêta la rencontre, vous devinez

pourquoi… En conclusion, on ne sait plus se maitriser alors,

pour dimanche en match aller du challenge Paul Dejean, ces 2

équipes vont se rencontrer. Quel intérêt cela va-t-il susciter ?

FN : Louis Aliot, l’homme de Marine Le Pen !

travaillé, ni cherché de boulot, logé par

son beau-père dans la grosse villa cossue

de Montretout à Saint-Cloud ». Plus populiste

que lui «tu meurs» !

Enfin une autre contradiction chez Aliot, il

aime s’adresser aux Franco-israéliens depuis

sa dernière visite en Israël ; demain

il osera s’opposer à la bi-nationalité. Un

citoyen peu fréquentable.

Jacques Majester


12 annonces

Le travail du samedi aprèsmidi

doit rester volontaire

La Poste. Communiqué de presse des organisation

syndicales CGT FAPT des P.O. et CFDT S3C.

Les agents des bureaux de poste de Perpignan

Clémenceau, République, les Platanes et Saint-

Jacques étaient en grève le lundi 6 février 2012.

Ils refusent que l’ouverture du samedi après-midi

de Perpignan Clémenceau soit intégrée dans leurs

heures de travail hebdomadaire. Le personnel ainsi

que les syndicats CGT et CFDT exigent que le travail

du samedi après-midi reste soumis au volontariat

comme cela se passe, sans le moindre problème,

depuis janvier 2010.

Si La Poste maintenait son projet, ce serait un recul

social sans précédent que nous ne pouvons accepter.

C’est bien La Poste, campée sur ses positions, qui

est la seule responsable de ce mouvement de grève.

Les agents ainsi que les organisations syndicales

CGT et CFDT regrettent la gêne occasionnée aux

usagers des différents bureaux.

Le secrétaire général du syndicat CGT FAPT des

P.O., Gérard ZONTA

Débat sur les OGM

D aniel

Bouix, apiculteur, membre de la commission

nationale « Apiculture, pesticides et OGM » de la

Confédération paysanne vous invite à une conférence-débat

sur les OGM jeudi 16 février à 20 h., salle

Buisson (à côté de la mairie) à Argelès-sur-Mer avec

la participation de Guy Kastler, délégué général « semences

paysannes », animateur de la Confédération

paysanne.

annonces légales - annonces légales - annonces légales

Aux termes d’un acte SSP en date du 1 février

2012 il a été constitué une société

Dénomination sociale :

AUTOS LOW COST

Siège social : 1499 AVENUE DU LANGUEDOC, 66000 PERPIGNAN

Forme : SARL

Sigle : ALC

Capital : 500

Objet social : VENTE DE VEHICULES D OCCASION

Gérance : Madame AURELIE PLANEILLES EPOUSE JAMET DE LEYDE, 40 AVENUE

VICTOR HUGO, 66270 LE SOLER

Cogérant : Monsieur ERIC JAMET DE LEYDE, 36 RUE DES MUSCATS, 66540 BAHO

Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Perpignan

Additif à l’annonce parue dans Le Travailleur Catalan, le 20 mai 2011, concernant la

société SCI LA GLYCINE, lire suite au départ de la co-gérance de Monsieur Joseph

PAIRET, décédé le 27/11/2009.

VILLE DE CABESTANY

SERVICES TECHNIQUES / URBANISME

MODIFICATION SIMPLIFIEE DU PLAN LOCAL

D’URBANISME

Conformément à l’article L 123-13 alinéa 7 du code de l’Urbanisme, Monsieur le Mairie

de Cabestany informe de la 1ère modification simplifiée du Plan Local d’Urbanisme

approuvé le 14/10/2009.

Ce projet porte sur :

La réduction des emplacements réservés n° 55 et 57

La suppression de l’emplacement réservé n°56

Les amoureux au ban public

La Cimade et les Amis de cinémaginaire. Mardi 14 février à 19h au cinéma Jean Jaurès

à Argelès, projection du film « Les amoureux au ban public » de Nicolas Ferran.

Au nom de la lutte contre les

« mariages blancs » et de la

« maitrise » de l’immigration

familiale, les couples franco-étrangers

subissent depuis plusieurs années le durcissement

continu des politiques d’immigration.

Treize couples décrivent dans ce

film un parcours du combattant pour se

marier en France, faire connaître un mariage

célébré à l’étranger, obtenir un visa

pour la France ou bénéficier d’un titre de

séjour. Leurs témoignages mettent à jour

une véritable politique répressive qui a

décrété la mise au ban des couples franco-étrangers

dans notre pays.

Film suivi d’un repas tiré du sac et d’un

débat.

La correction du bénéficiaire de l’emplacement réservé n°58

Le dossier de projet de modification simplifiée, l’exposé de ces motifs ainsi qu’un registre

d’observation seront mis à disposition du public et consultable, en Mairie – Direction

des services techniques et urbanisme, aux heures et jours d’ouverture,

DU 20 FEVRIER 2012 au 20 MARS 2012

PASTA MONDO

SARL au capital de 5000 Euros

11 rue beau soleil,

66620 brouilla

489542456 R.C.S. Perpignan

Par décision de I’Assemblée Générale Extraordinaire en date du 1 février 2012 il a été

pris acte de la nomination de monsieur christophe MASLARD, demeurant 11 rue beau

soleil 66620 brouilla en qualité de nouveau gérant, à compter du 1 février 2012 pour

une durée illimitée, en remplacement de madame cécile MASLARD, démissionnaire.

Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Perpignan

LE TRISKELL

S.C.I. au capital de 100

Siège social : 2, rue Maréchal de Lattre de

Tassigny

66140 Canet en Roussillon

CONSTITUTION

Aux termes d’un acte sous seing privé à Canet en Roussillon en date du 8 février 2012,

il a été constitué une société présentant les caractéristiques suivantes :

Forme social : société civile immobilière

Dénomination sociale : LE TRISKELL

Siège social : 2, rue Maréchal de Lattre de Tassigny, 66140 Canet-en-Roussillon.

Objet social : l’acquisition d’un immeuble, l’administration et l’exploitation par bail,

location ou autrement dudit immeuble et de tous autres immeubles bâtis dont elle

pourrait devenir propriétaire ultérieurement.

Durée de la Société : 99 ans à compter de la date de l’immatriculation de la Société au

Registre du commerce et des sociétés.

Capital social : 100

Gérance : Monsieur Benjamin GILLES, demeurant 2, rue Maréchal de Lattre de Tassigny,

66140 Canet-en-Roussillon.

Clauses relatives aux cessions de parts : agrément requis dans tous les cas, accordé

par le gérant.

Immatriculation de la Société au Registre du commerce et des sociétés de Perpignan.

Pour avis, la gérance.

Le Travailleur Catalan

est habilité à publier les annonces

légales et judiciaires.

Renseignements

au 04 68 67 00 88

ou au journal, 44 avenue de Prades - Perpignan

Lundi - Mercredi - Vendredi : 14h à 18h

Fax 04 68 67 56 14

N°3448

Semaine du 10 au 16 fév février 2012


N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

Samedi 18 février. Barboufat retourne

aux fourneaux. Cinq années

après l’étonnant succès du

tome 1*, le Travailleur Catalan, avec

la complicité gourmande de Rémi Cathala,

a concocté la sortie du tome 2

du livret de recettes « Les voyages culinaires

de Barboufat »

TC : Qu’est-ce qui vous a conduit

à accepter la publication d’un

tome 2 ?

Barboufat : Le succès du tome

1 dont on me réclame encore des

exemplaires, mon entourage posant

la question « à quand le tome 2 ? »

et l’occasion de soutenir le T.C. Après

le boulot, si certains font du jogging

pour se défouler, moi je sors couteaux,

casseroles et tablier. C’est un

réel plaisir de régaler une grande tablée

de gourmands, d’inventer et de

partager. Un manuel de cuisine n’est

pas un livre de dépenses mais un livre

de recettes !

TC : Comment expliquez-vous le

succès du tome 1 ?

Barboufat : Ras-le-bol de la malbouffe,

même s’il y a encore trop de

monde dans les fast-foods. Il correspondait

à un besoin d’authenticité, de

retrouver les valeurs culinaires d’antan.

La simplicité aussi, mes recettes

ne sont pas alambiquées et tout le

monde peut s’en inspirer.

Le concept du bien-manger associé

à l’action politique en filigrane dans

A table !

le tome 1 était nouveau et a inspiré

des banquets de la révolution. Quoi

de plus sympathique que de refaire le

monde autour d’une table !

TC : Vos recettes ne sont pas

particulièrement « allégées ».

Est-ce dans l’air du temps ?

Barboufat : Comment imaginer un

cassoulet sans graisse de canard ou

une ouillade sans boutifares ? Chacun

est libre de limiter les quantités en

fonction de ses goûts, de son régime

alimentaire. Si la santé le permet, l’essentiel

n’est-il pas d’être bien dans sa

tête pour être bien dans son corps ?

Les deux livrets sont sans prétention

mais donnent à satisfaire les papilles.

TC : Vous vous assurez la complicité

de personnages incontournables

du département,

pourquoi ?

Barboufat : Les aquarelles de Viviane

Camille, dont le talent n’est pas

étranger au succès du tome 1, ont plu.

Le tome 2 est illustré par des dessins

de Delgé dont l’humour donne du piment

aux recettes, Pierre Torrés, grand

tasteur devant l’éternel, fidèle compagnon

depuis le tome 1, donne des

conseils avisés de bons vins.

Ils m’ont tous fait l’amitié de se lancer

bénévolement dans l’aventure des

« Voyages culinaires de Barboufat »

pour offrir du beau quand je donne

du bon.

TC : Immanquablement, le lancement

du tome 2 des « Voyages

culinaires de Barboufat » se

fera autour d’un repas, quand et

pour qui ?

Barboufat : Il devrait réunir toutes

celles et tous ceux qui veulent prendre

des forces dans une ambiance fraternelle

pour poursuivre la campagne

électorale du Front de gauche aux

élections présidentielle et législatives.

Je remercie chaleureusement les bénévoles

qui répondent toujours présents

pour former « l’équipe Barboufat »

assurant cuisine et service à chaque

banquet. Aujourd’hui, l’aventure continue.

Je donne rendez-vous samedi 18

février à partir de 12 heures au siège

du Travailleur Catalan, 44, avenue de

Prades à Perpignan. Les places étant

limitées, les inscriptions sont vivement

conseillées: 04 68 67 00 88.

Emma

* 1 000 exemplaires vendus en 11 mois, 10

séances de dédicaces, addenda d’un CD du

chanteur catalan Jean-Laurent Solé, organisation

d’une dizaine de banquets sur demande,

etc...

Appel à bénévoles.

L’équipe de Barboufat se renouvèle.

Les personnes disponibles pour

apporter leur aide le 18 février sont

invitées à se faire connaître au 06

30 55 52 53 ou sur le mail pumacat66@yahoo.fr

culture 13

Une découverte éditoriale

« Dans l’ombre de Charonne », témoignage

historique en bande dessinée

Adolescente en 1962, Maryse Douek-Tripier est

plus tard devenue professeur de sociologie et

a consacré des recherches aux travailleurs immigrés.

Le 8 février 1962, il y a ces jours-ci cinquante

ans, Maryse a manifesté à Paris comme plusieurs

dizaines de milliers de démocrates, sous les mots

d’ordre de « OAS assassins » et « Paix en Algérie

». Au cours de cette manifestation sauvagement

réprimée, neuf personnes sont mortes sous l’effet

de l’entassement qui s’est produit dans les escaliers

du métro Charonne. D’un côté la foule qui s’enfuyait

devant les matraques, s’est engouffrée dans la station

de métro, est tombée et a été bloquée, entassée,

de l’autre les policiers matraquaient sauvagement

les manifestants allant même jusqu’à jeter sur eux

de lourdes grilles de fonte. Maryse était écrasée

parmi ceux qui étouffaient dans le magma humain,

et faillit elle-même y perdre la vie. Avec leur ouvrage

en forme de bande dessinée « Dans l’ombre de Charonne

», Désirée et Alain Frappier relatent ces événements

dont le fil directeur est le récit-témoignage

de Maryse Douek-Tripier. L’ouvrage est préfacé par

Benjamin Stora sous le titre « Charonne ou l’oubli

impossible ». Il s’organise autour du « je » de Maryse

et du « nous » de ses copains que les auteurs

ont aussi rencontrés. Il commence avec les souvenirs

d’une lycéenne de 16 ans en qui se côtoient les joies

d’une adolescence heureuse et la découverte d’une

guerre qui se fait de plus en plus violente. Les rencontres

entre lycéens s’animent de débats et prises

de position où des sensibilités différentes se révèlent

et s’affrontent. La forme choisie est incroyablement

vivante, ce qui rend encore plus sensible sa véracité.

Commentaires, références historiques, coupures

de presse, entrecoupent le récit, lui donnent sens

en le complétant. Quelques annexes, des photos et

une abondante bibliographie en soulignent la valeur

documentaire. « Dans l’ombre de Charonne » se

révèle un ouvrage remarquable dont la forme rend

accessible un sujet grave et trop occulté. A découvrir

et à diffuser, absolument.

Y.L.

Désirée et Alain Frappier « Dans l’ombre de Charonne »

Préface de Benjamin Stora. Ed. mAUconduit, janvier

2012.136 pages. 18,50


14 politique

A l afFiche

Perpignan

Théâtre de l’Archipel, le Grenat. Vendredi 10

février à 20h30. Opéra, « Didon et Enée » de

Henry Purcell. Tarifs de 10 à 45 . Après la

représentation, « Bord de scène », un moment

de discussion avec l’équipe artistique.

Casa musicale. Vendredi 10 février

à 21h. La compagnie perpignanaise

Influences présente sa dernière création

« Apparences ». Quatre danseurs

venus du hip-hop ou de la capoeira

mélangent les genres et s’interrogent

sur l’être et le paraître. Entrée : 8.

Institut Jean Vigo, salle Marcel Oms. Mardi

14 février à 19h. Documentaire « Silencis »

de Silvia Castro, Ana Garaikoetxea et Max

Renault. Soixante-dix ans après, Silvia Castro,

fille d’un républicain ayant participé à la

retirada, découvre les mémoires de son père.

Médiathèque de Perpignan. Mardi

14, mercredi 15, jeudi 16 et vendredi

17 février, de 10h à 12h. Atelier de

création sonore animé par Étienne

Noiseau autour du livre audio. À

partir de 14 ans. Sur inscription.

Canohès

Théâtre du réflexe. Vendredi 10 février

à 20h30. Raimon le troubadour chante

Brassens, Tachan, Leclerc et bien d’autres

encore … Chansons en catalan, occitan,

français et castillan. Entrée unique : 10

Ille-sur-Têt

La Fabrica. Vendredi 10 février à 20h30.

« Le monde est rond » par la compagnie

Un Noir Une Blanche. Théâtre

musical à partir de sept ans. Tarifs :

10/8 , infos au 04 68 84 08 09.

Latour-Bas-Elne

Salle des fêtes. Samedi 11 février à

20h30. La compagnie du Théâtre de l’Olibède

d’Ortaffa présente « K-GB ». Entrée:

5, gratuit pour les moins de 12 ans.

Port-Vendres

Salle Vauban. Dimanche 12 février à

18h. « Fracture(s) » par la compagnie

de théâtre C.pas une vie. Les deux

comédiens sur scène, Eric Puche et

Véronique Olive, jouent, dévoilent

leur(s) fracture(s). Tarif : 10-7 .

Saint-Estève

Théâtre de l’étang. Vendredi 10 février, de

18h30 à 20h. Séance des Cours d’Éducation

Populaire Stéphanoise sur le

thème littérature : « Ludovic Massé, un

écrivain catalan universel », par Hyacinthe

Carrera, maître d’école, agrégé de Lettres,

aujourd’hui maître de conférences à

l’UPVD de Perpignan. Entrée libre.

Salses-le-château

Portail à Roulettes. Samedi 11

février à 21h. Concert de Unitsax.

Quatre saxophonistes autour d’une

rythmique, batterie, basse, piano,

inventive et « funky ». Tarif: 8.

En 2012, je vote Mélenchon

et Fête du TC !

A

vos agendas. Avec les prochaines élections présidentielle

et législatives, c’est l’autre rendez-vous

des Pyrénées-Orientales à ne pas surtout pas manquer

cette année. Quoi donc ? Quoi donc ? Mais la fête du

Travailleur Catalan bien sûr !

Vous pouvez d’ors et déjà réserver les dates des 29 et 30

juin prochains. Nous serons tous au bocal du Tech d’Argelès-sur-Mer

pour l’édition 2012 de la fête du seul journal

de gauche des P-O. Evènement : la fête accueillera le

retour tant attendu des Toulousains du groupe « Zebda ».

Après un long sommeil, Mouss, Hakim, Magyd Rémi et

Joël présenteront leur nouvel album «Second tour». Métissage

dans la musique, engagement et intelligence dans

les textes, les Motivés pourront compter sur nos voix pour

réchauffer l’ambiance du bocal ! En première partie se produira

un groupe de ska-reggae perpignanais habitué des

scènes régionales et ami de longue date de la fête, « Les

100 grammes de têtes ».

Egalement à l’affiche de ce festival du Travailleur Catalan

2012, un autre « come back » très attendu, celui du mythique

groupe new-yorkais « Kid Créole and the Coconuts ».

Cocktail détonnant de soul black et de funk, de rockabilly et

de rythmes latino, la musique du crooner Auguste Darnell et

de ses ravissantes choristes Coconuts ne manquera pas de

faire pulser les cœurs et chavirer les corps.

Sinon, la fête du TC, c’est toujours la promotion des groupes

locaux des P-O avec les scènes des « Fêlés du bocal »,

avec des débats politiques où est invité cette année Pierre

Laurent, secrétaire national du PCF, des rencontres comme

on ne peut en fait qu’ici ou à la fête de l’Humanité, des

stands associatifs, de la bonne humeur et des gens, surtout

des gens… On espère faire au moins aussi bien que

l’an dernier où la venue de Bernard Lavilliers, Agnès Bihl et

Jean-Luc Mélenchon au bocal du Tech avait déplacé un peu

plus de 6 000 festivaliers. « L’humain d’abord » quoi…

J.Z.

L’art, la science, la culture

sont de toutes les couleurs

Il ne se passe pas un jour sans

qu’on apprenne la décision d’expulsion

d’artistes, d’étudiants en

cours de cursus, d’universitaires et de

chercheurs de nationalité étrangère.

Aujourd’hui c’est le cas d’Alfredo

Altamirano, jeune chef-opérateur

mexicain vivant à Paris ; hier c’était

celui de jeunes chercheurs formés

dans des laboratoires à qui on interdit

d’occuper un poste pour y poursuivre

les programmes de recherches

engagés ; ce sont des étudiants en

cours d’études qui avaient obtenu

auparavant une autorisation pour

venir étudier chez nous. D’autres

fois, ce sont des artistes mondialement

connus à qui on interdit de

venir se produire sur notre territoire.

Il y a peu pourtant, Sarkozy, rejetant

les sans-papiers ou les travailleurs

modestes, prônait « l’immigration

choisie », celle des cadres de haut

niveau qui allaient venir enrichir notre

potentiel productif et créatif. On

n’en est plus là.

Nous croyons naïvement que l’art, la

science, la culture étaient universels.

Guéant vient de nous détromper : il

y a de bonnes civilisations, d’autres

moins bonnes, voire mauvaises.

Les pétitions contre ces expulsions

se multiplient. L’une d’elles, sous

le titre « Notre matière grise est de

toutes les couleurs », a été lancée

par une centaine de personnalités,

dont le prix Nobel de Physique Albert

Fert. Elle demande « le retrait » de la

circulaire Guéant qui empêche nom-

N°3448

Semaine du 10 au 16 fév février 2012

bre de diplômés étrangers de rester

travailler en France et déclare cette

circulaire « moralement méprisable,

économiquement suicidaire ». Les

signataires s’engagent à « parrainer

les diplômés étrangers en les aidant

concrètement dans leurs démarches

dans les préfectures » et à les « protéger

» pour qu’ils puissent rester en

France.

Ces expulsions nous indignent. Disons-le

haut et fort et faisons leur

échec.

Pour signer cette pétition :

http://www.universiteuniverselle.fr/


N°3448

Semaine du 10 au 16 février 2012

Les aboyeurs

Cinéma. « Les Nouveaux Chiens de Garde » au Castillet. Ou

comment le contre-pouvoir de l’information s’est couché face

aux puissances de l’argent.

Mardi dernier, au Castillet, était diffusé

en avant-première le documentaire «Les

nouveaux chiens de garde», suivi d’un

débat animé par les Amis du Monde

Diplomatique. Prenant pour point de départ

le livre du même nom de Serge Halimi,

«Les nouveaux chiens de garde» se

donne pour mission de mettre en lumière

la main mise d’un pouvoir politique et financier

sur le secteur médiatique. Loupe

grossissante, le film a cela de percutant

qu’il ne se gêne pas pour pointer du

doigt les coupables. Des noms connus

: Giesbert, Ockrent, Chabot, Pujadas,

Chazal, Calvi,… TF1, Libération, L’Express,…

qu’on relie à d’autres noms :

Bouygues, Lagardère, Dassault, Boloré...

Et alors derrière cette sacro-sainte déontologie

journalistique, le masque tombe

: uniformisation de l’information. Sous

couvert d’une prétendue multiplicité des

opinions, induite par la multiplicité des

canaux (le nombre grandissant de chaînes

de TV, radio, journaux), le film pointe

avec force et diversité les relations intimes

qu’entretiennent les journalistes

vedettes avec les hautes sphères politiques

et financières. C’est Jean-Pierre Elkabbach

et Michel Drucker qui font de la

lèche à leur patron Arnaud Lagardère sur

le plateau de Vivement Dimanche… De

ce constat comico-tragique, on rit déjà

jaune quand on nous parle de contrepouvoir

médiatique.

Liberté, duplicité, mondanité

Libre l’information ? Quand Arlette Chabot

tape la bise à Charles Pasqua sur le

parvis du restaurant le Siècle, haut lieu

de gastro(éco)nomie parisienne où se

retrouve, chaque premier mercredi du

mois, la fine fleur du paysage politique

et médiatique. Libre l’information ?

Quand on observe les récents transferts

des journalistes dits « vedette » dans la

presse ou l’audiovisuel, ceux-ci passant

allègrement d’une maison d’opinion à

une autre. Une information interchangeable

dans une parfaite illustration de

la fameuse réplique du roman de Lampedusa,

Le Guépard, « pour que tout reste

comme avant, il faut que tout change ».

Périmètre idéologique

De la découle le sujet véritable du film

: la mise en place d’un périmètre idéologique

pour préserver le seul véritable

maître à bord, le système capitaliste. Un

petit nombre de gros groupes s’accapare

une multitude de médias pour opérer

le formatage. Le documentaire pointe

du doigt cette flottille d’experts invités

sur les plateaux télé, économistes, politologues,

historiens, ... toujours les mêmes,

qui défilent sans discontinuité au

« 20 heures » de TF1, France2, ... et où

mention est toujours omise des affiliations

de ces universitaires éclairés avec

tel ou tel banque ou grand groupe industriel.

C’est juste avant la crise de 2008,

Alain Minc, conseiller du groupe Lagardère,

qui nous dit que l’économie française

se porte très bien grâce à la sagesse

des dirigeants européens. Quant à ceux

qui ont un avis différent sur la question

- on pense par exemple aux économistes

alternatifs, comme ceux du collectif des

économistes atterrés - ils sont purement

et simplement éjectés du cadre.

Complaisances d’une élite

Persuadés d’être au-dessus de la mêlée,

les champions de l’information libre et

éclairée ont adopté la posture paternaliste,

infantilisant le quidam qui, de

toute façon, ne comprend pas qu’il faut

« réformer ». En se faisant les vecteurs

d’une pensée unique, libérale, du monde,

les médias ont dû modifier la réalité

pour qu’elle corresponde aux attentes

du modèle en place. Des grands thèmes

sont mis en avant : l’insécurité (les

émeutes de 2007), le fait divers (l’affaire

d’Outreau). D’autres, plus sensibles, sont

éclipsés, au hasard, les problèmes de

construction d’installations pétrolières

du groupe Bouygues, passé sous silence

par son annonceur TF1. Sans cesse étayé

d’exemples, le

film montre comment

les « prescripteurs

d’opinion »

ont occulté toute une

partie du peuple qu’ils

ne connaissaient pas : le

monde ouvrier, le syndicalisme,…

C’est le reporter

de guerre BHL qui avertit

l’éditorialiste apeuré de l’Express,

Christophe Barbier

,sur un plateau de LCI,: des

Cégétistes sanguinaires

prennent les patrons en

otage et vont bientôt

venir lyncher sa peau de

collabo… Un grand moment

de cinéma !

Film citoyen

à l’usage

des citoyens

Seul reproche à faire à

ces « Nouveaux chiens

de garde » : malgré le

ton sardonique nécessairement

adopté dans cette

ubuesque succession d’images

d’archives, de coulisses,

de scandales,…, manque une

raison d’espérer. Tout de même,

petite lucarne d’espoir, l’image

émouvante d’un Xavier Matthieu

tenant tête à David Pujadas pour

défendre son usine et sa dignité au

20 heures de France2. Espoir aussi de

constater que des journalistes intègres

peuvent encore faire de l’investigation et

sortir ce type de documentaire, drôle et

pédagogique, éclairé et militant. Enfin,

espoir surtout devant la réalité : ces

nouveaux chiens de garde, si vaniteux

soient-ils, n’auront jamais l’avantage

du nombre et aussi haut qu’ils

puissent un jour lever la patte, ne

feront jamais qu’aboyer.

J.Z.

culture

15


N°3448

16 humeur Semaine du 10 au 16 fév février 2012

Mélenchons-nous

Eh bien ! Oui ! Mélenchons-nous ! Osons ! Mélenchons-nous

nombreux, déterminés, ambitieux et

résolus. Mélenchons-nous à la ville et à la campagne,

à la mer et à la montagne, dans les quartiers

et même sur les places publiques. Mélenchons-nous sans

retenue dans toutes les richesses de notre diversité. Mélenchons-nous

sans crainte pour faire bouger une société

que les puissants du jour sclérosent pour mieux la dominer.

Mélenchons-nous pour faire tomber les barrières de

la peur, de la peur des autres en particulier dont se nourrissent

les dérives xénophobes et fascisantes d’une droite

extrême et d’une droite un peu moins extrême, mais tout

de même contaminée. Mélenchons-nous parce qu’il est sûr

que tout seuls nous n’y arriverons pas. Mélenchons-nous

parce que c’est la voie de ceux qui veulent construire ensemble.

Mélenchons-nous, parce qu’ils ont une trouille bleue que

ce « mélenchons » réussisse à faire bouger les lignes d’un

partage du pouvoir entre gens de bonne compagnie qui

ont fait du traité de Lisbonne, de la concurrence libre et

non faussée, des contraintes du marché, de l’austérité, la

pierre angulaire de la mise au pas des peuples. Mélenchons-nous

parce que la finance y est violemment hostile,

c’est un signe qui ne trompe jamais.

Vite et bien

Mais qu’est-ce qu’on attend ? Ils ont cassé les retraites

(pour les sauver, paraît-il). Ils ont saccagé les services

publics. Ils ont privatisé tout ce qui pouvait rapporter quatre

sous. Ils n’en finissent pas de détruire tout ce qui peut

représenter un acquis : la protection sociale, le code du

travail, les 35 heures, l’école. En revenant ainsi sur toutes

les avancées qui remontent au programme du Conseil

National de la Résistance (il y a plus de 60 ans), on dirait

qu’ils regrettent que l’occupation allemande ait pris fin, on

dirait que le pétainisme de cette époque et son cortège de

soumissions, de veuleries, de mensonges et d’horreurs

sont leur horizon indépassable.

Mélenchons- nous pour résister, mélenchons -nous vite et

bien.

Des plus jeunes aux moins jeunes, des plus timorés aux

plus audacieux, cela ne peut que nous faire un bien énor-

L’actu vue par Delgé

me de ne plus rester figés dans la glèbe de nos

solitudes, de nous mettre en situation d’agir

ensemble, tous ensemble - tous ensemble -

tous ensemble.

Pour construire un avenir : un avenir, pas

un cauchemar, avec ses femmes et ses

hommes qui dorment dans les rues ! Avec

ses maisons de l’emploi qui portent si mal

leur nom (les personnes qui y travaillent

sont les premières à le dire), avec ses Samu

sociaux, ses restos du cœur et leur cortège

d’exclus, de malheureux.

Construire du neuf

Ils nous ont habitués et condamnés au rafistolage,

à la survie, à la « sagesse », comme ils disent,

au « réalisme ». Ils ont tout fait pour démontrer

que c’était la seule et unique issue possible au nom

du pragmatisme. Les plus téméraires ont même osé

invoquer le réformisme de leur démarche politique

pour nous faire avaler des couleuvres plus grosses

qu’eux, et pour nous faire croire que nous avancions

en reculant. Ils ont distribué quelques miettes aux plus

dociles et enrichi quelques courtisans. Regardez dans la

lucarne extra-plate, vous les verrez à satiété. Ils ont fait

parader les forces de police pour impressionner les plus

récalcitrants. Tous les matins et tous les soirs sous les

prétextes les plus divers et souvent les plus malhonnêtes,

ils ont cassé du lien social… qu’il a fallu jour après jour

retisser difficilement.

A chaque manifestation du peuple, ils n’ont pas vu, pas

entendu. Les millions de manifestants pour défendre les

retraites… Invisibles !

Ils espèrent encore et toujours nous enfermer dans la résignation…

pendant que d’autres ont toujours du mal à prendre

l’exacte mesure des attentes populaires.

Le peuple dans sa diversité, dans toutes ses couleurs,

dans toutes ses espérances, dans toutes ses inventions,

dans toutes ses expériences, et elles sont infinies, est notre

bien commun. Alors Mélenchons- nous sans trêve, ni

repos. Pour être nous-mêmes.

Jean-Marie Philibert

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