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UNIVERSITÉ DE NANTES<br />

FACULTÉ DE MÉDECINE<br />

______________<br />

FORMATION CONTINUE<br />

LE TRAITEMENT DES INSTRUMENTS DE SOINS<br />

DANS<br />

LES CABINETS DE PODOLOGIE LIBÉRAUX<br />

Vers une né<strong>ce</strong>ssaire harmonisation<br />

des pratiques d’asepsie<br />

SAILLANT Philippe<br />

Diplôme Universitaire en Hygiène et<br />

Épidémiologie Infectieuse<br />

Année 2001-2002


SOMMAIRE<br />

_______________________________<br />

Introduction……………………………………………………………………………….. p. 3<br />

PREMIERE PARTIE<br />

Des techniques de soins non invasives mais des facteurs de risque infectieux<br />

né<strong>ce</strong>ssitant des mesures de prévention………………………………………………. p. 6<br />

Chapitre I :<br />

Une législation et des techniques de soins tournées vers des gestes non invasifs…. p. 7<br />

Chapitre II :<br />

Facteurs de risque, agents et vecteurs de l’infection………………………………… p. 13<br />

Chapitre III :<br />

La prévention du risque infectieux par la désinfection et « l’usage unique »...………. p. 22<br />

DEUXIEME PARTIE<br />

L’évaluation des pratiques de traitement des instruments <strong>au</strong>près d’un échantillon de<br />

podologues libér<strong>au</strong>x…………………………………………...…………….…………… p. 28<br />

Chapitre I :<br />

Objectifs et descriptif de l’étude…………………………………………………….…….. p. 29<br />

Chapitre II :<br />

Étude de l’échantillon de podologues………………..………………………………….. p. 33<br />

Chapitre III :<br />

Per<strong>ce</strong>ption du risque infectieux et utilisation de l’instrumentation………………….. p. 40<br />

Chapitre IV :<br />

Des protocoles de traitement mieux maîtrisés par l’apport d’une <strong>format</strong>ion en hygiène p. 49<br />

Conclusion………………………………………………………………………………… p. 56<br />

Bibliographie…………………………………………………………………………...… p. 59<br />

Annexes……….…………………………………………………………………………… p. 61<br />

-2-


-3-<br />

INTRODUCTION<br />

_______________________________


S<br />

-4-<br />

ouvent réservées <strong>au</strong>x seuls actes chirurgic<strong>au</strong>x et médic<strong>au</strong>x<br />

effectués en milieu hospitalier, les bonnes pratiques en hygiène ont également<br />

toute leur pla<strong>ce</strong> <strong>au</strong> sein des professions de santé libérales. De plus, le monde<br />

hospitalier et libéral ont sur <strong>ce</strong> sujet un objectif commun : la réduction du risque<br />

infectieux. La lutte contre les infections dites « nosocomiales » à l’hôpital ou<br />

« liées <strong>au</strong>x soins » en ville doit respecter les mêmes règles élémentaires<br />

d’hygiène, quel que soit le type de soin effectué. Les pédicures-podologues<br />

libér<strong>au</strong>x s’inscrivent totalement dans <strong>ce</strong>tte démarche d’amélioration de la<br />

qualité des soins. Qui plus est, le développement de rése<strong>au</strong>x ou filières de<br />

soins ville-hôpital (diabète, gérontologie) conforte la profession dans une<br />

né<strong>ce</strong>ssaire homogénéisation des mesures de prévention de l’infection.<br />

En revanche, les in<strong>format</strong>ions les plus diverses circulent sur le risque de<br />

transmission des infections <strong>au</strong> sein des cabinets de podologie. Certains<br />

professionnels considèrent que l’intérêt porté <strong>au</strong>x problèmes infectieux est très<br />

nettement amplifié par les médias, les distributeurs et fabricants de matériels et<br />

produits d’hygiène et ne se sentent pas con<strong>ce</strong>rnés par la réalité du risque<br />

infectieux. D’<strong>au</strong>tres exagèrent le caractère contagieux de <strong>ce</strong>rtaines maladies<br />

(SIDA, hépatite C) ou amplifie démesurément le nive<strong>au</strong> de risque infectieux<br />

chez <strong>ce</strong>rtains patients (artéritiques, diabétiques).Ces deux types extrêmes de<br />

comportement peuvent débouchés soit sur des f<strong>au</strong>tes professionnelles graves<br />

ou parfois sur un refus de soigner <strong>ce</strong>rtains malades. Par conséquent, le<br />

pédicure-podologue doit avoir une in<strong>format</strong>ion objective et précise des risques<br />

encourus lors des soins et doit mettre en pla<strong>ce</strong> des mesures préventives<br />

adaptées pour éviter la transmission de l’infection.<br />

Les instruments de podologie qui sont des dispositifs médic<strong>au</strong>x peuvent être à<br />

l’origine de la contamination d’un patient. Le travail qui suit est <strong>ce</strong>ntré sur le<br />

traitement de <strong>ce</strong>tte instrumentation en cabinet de ville.


L’objectif est double :<br />

-5-<br />

- Mieux identifier le nive<strong>au</strong> de risque infectieux lors des soins podologiques.<br />

- Faire un « état des lieux » des pratiques d’asepsie des instruments <strong>au</strong>près de<br />

pédicures-podologues libér<strong>au</strong>x.<br />

Plusieurs hypothèses de départ sont retenues pour orienter la recherche :<br />

En premier lieu, le traitement de l’instrumentation diffère be<strong>au</strong>coup d’un<br />

professionnel à l’<strong>au</strong>tre. En second lieu, le type de soin réalisé permet de définir<br />

une gradation du risque infectieux en podologie et un nive<strong>au</strong> de traitement de<br />

l’instrumentation. Enfin, le recours à la stérilisation, notamment par<br />

<strong>au</strong>toclavage, est-elle né<strong>ce</strong>ssairement obligatoire en cabinet de ville ?<br />

La première partie de <strong>ce</strong>tte étude permet de mieux connaître les soins en<br />

podologie et les risques infectieux qu’ils peuvent potentiellement développés.<br />

Elle s’intéresse <strong>au</strong>ssi <strong>au</strong>x différents moyens de prévention existants qui visent à<br />

lutter contre la transmission de l’infection par un instrument.<br />

La deuxième partie, par le biais d’une enquête <strong>au</strong>près de la population des<br />

podologues libér<strong>au</strong>x des Pays de la Loire, permet, d’une part, de mettre en<br />

éviden<strong>ce</strong> le nive<strong>au</strong> de qualité du traitement de l’instrumentation dans la pratique<br />

courante, et, d’<strong>au</strong>tre part, de montrer comment les professionnels perçoivent la<br />

notion de risque infectieux dans les soins. En outre, le questionnaire offre<br />

également un instantané sur le nive<strong>au</strong> de <strong>format</strong>ion actuel de la profession en<br />

hygiène.


-6-<br />

PREMIÈRE PARTIE<br />

_______________________________<br />

DES TECHNIQUES DE SOINS NON<br />

INVASIVES MAIS DES FACTEURS<br />

DE RISQUE INFECTIEUX<br />

NÉCESSITANT DES MESURES DE<br />

PRÉVENTION


Chapitre I<br />

-7-<br />

_______________________________________________________________<br />

Une législation et des techniques de soins<br />

tournées vers des gestes non invasifs<br />

Actuellement, environ 8000 pédicures-podologues libér<strong>au</strong>x exer<strong>ce</strong>nt en Fran<strong>ce</strong>.<br />

La profession est réglementée et inscrite en tant que discipline dite<br />

« paramédicale » dans le Code de Santé Publique. Les compéten<strong>ce</strong>s du<br />

podologue con<strong>ce</strong>rnent les soins et les traitements orthétiques (corrections et<br />

compensations par orthèses des troubles statiques) des affections du pied.<br />

Les soins regroupent tous les actes de pédicurie visant à traiter les pathologies<br />

épidermiques ( appelées kératoses ) et les troubles ungué<strong>au</strong>x. Une<br />

instrumentation et des techniques spécifiques, ajoutées à la dextérité du<br />

podologue, permettent de prodiguer <strong>au</strong>x patients des soins « sécurisés ».<br />

Des actes non invasifs <strong>au</strong> regard de la législation<br />

Tout d’abord, il f<strong>au</strong>t rappeler qu’un examen ou un geste invasif se définit par<br />

« une injection, un prélèvement de sang ou une pénétration d’une cavité<br />

stérile » 1 , c’est à dire lorsque l’instrument traverse la pe<strong>au</strong>. Par conséquent,<br />

l’effraction cutanée, plus ou moins profonde, ainsi créée, devient une potentielle<br />

porte d’entrée pour des microorganismes pathogènes.<br />

1 Dictionnaire Médical, 9 ème édition, Paris, MASSON, 2001, 678 p.


-8-<br />

Or, les podologues sont régis par la loi n° 46-857 du 30 avril 1946 2 qui stipule<br />

dans son article L.4322-1. : « Seuls les pédicures-podologues ont qualité pour<br />

traiter directement les affections épidermiques, limitées <strong>au</strong>x couches cornées,<br />

et les affections unguéales du pied, à l’exclusion de toute intervention<br />

provoquant l’effusion de sang ». Bien que le texte ne précise pas les types<br />

d’interventions « sanglantes » qui ne rentrent pas dans le champ de<br />

compéten<strong>ce</strong>s des podologues, il restreint les soins (actes pédicur<strong>au</strong>x) à des<br />

gestes non-invasifs <strong>au</strong> nive<strong>au</strong> du pied. En pratique libérale courante, un<br />

podologue ne peut donc pas effectuer un acte chirurgical cutané ou unguéal, y<br />

compris les anesthésies locales par injection.<br />

De plus, le décret n° 85-631 du 19 juin 1985 3 précise en son article 3 les<br />

méthodes que doit utiliser le podologue pour le traitement des affections du<br />

pied : « Exfoliation et abrasion des téguments et phanères (rabotage, fraisage<br />

et meulage) ». L’action d’exfolier 4 signifie : « séparer en lames ou en plaques »<br />

et l’abrasion est une « usure par frottements ». Ces deux termes s’opposent à<br />

l’action de pénétrer la pe<strong>au</strong>, ils ont une connotation non invasive du geste. En<br />

revanche, le terme d’excision veut dire: « ôter en coupant ». Il est très souvent<br />

appliqué <strong>au</strong>x actes chirurgic<strong>au</strong>x invasifs.<br />

Ainsi, Le législateur oblige la profession à prodiguer des actes qui respectent<br />

l’intégrité totale de la pe<strong>au</strong>. Mais, les textes réglementaires ne limitent pas le<br />

choix des dispositifs médic<strong>au</strong>x à utiliser lors des soins podologiques. C’est<br />

pourquoi les podologues développent depuis plusieurs dé<strong>ce</strong>nnies une<br />

instrumentation et des gestes techniques spécifiques qui permettent de traiter<br />

effica<strong>ce</strong>ment les pathologies podales dont souffrent leurs patients.<br />

2<br />

Code de la Santé Publique. Loi n° 46-857 du 30 avril 1946 relative à la réglementation de la<br />

profession de pédicure-podologue.<br />

3<br />

Code de la Santé Publique Décret n°85-631 du 19 juin 1985 relatif <strong>au</strong>x actes professionnels<br />

accomplis directement par les pédicures-podologues.<br />

4 ème<br />

Dictionnaire Médical, 9 édition, Paris, MASSON, 2001, 678 p.


-9-<br />

Actuellement, les princip<strong>au</strong>x instruments sont classés en quatre familles<br />

distinctes : les gouges, les bistouris, les pin<strong>ce</strong>s et les fraises.<br />

Techniques de soins des affections épidermiques<br />

Pour mieux comprendre les méthodes de traitement utilisées en podologie, il<br />

est né<strong>ce</strong>ssaire de situer la pathologie kératosique.<br />

COUCHE CORNÉE<br />

La kératose 5 est un<br />

épaississement de la couche<br />

cornée de l’épiderme. On parle<br />

de durillon pour une kératose en<br />

plaque et de cor ou kératome<br />

pour une induration cornée<br />

présentant une ou plusieurs<br />

masses plus denses appelées<br />

noy<strong>au</strong>x.<br />

Deux techniques de soins permettent de traiter <strong>ce</strong>s lésions kératosiques :<br />

l’excision et l’abrasion. Ces méthodes peuvent être associées ou non.<br />

L’excision des kératoses<br />

Ce travail s’effectue à l’aide d’une gouge 6 ou d’un bistouri qui sont des<br />

instruments extrêmement tranchants. C’est la raison pour laquelle le terme<br />

« excision » est employé pour les soins podologiques.<br />

5 SMEKENS Jean, Vade-Mecum de Podologie. Paris, Frison-Roche, 1995, 603 p.<br />

6 Annexe I : Princip<strong>au</strong>x instruments utilisés en podologie


L’abrasion des kératoses<br />

-10-<br />

C’est l’empla<strong>ce</strong>ment et la forme très variés des<br />

kératoses qui détermine le choix de l’instrument et la<br />

dimension du tranchant. Néanmoins, le principe<br />

d’utilisation reste globalement le même. Il s’agit de<br />

pratiquer une excision totale ou par par<strong>ce</strong>lles 7 de la<br />

kératose, l’action de la lame se fait par des<br />

incisions parallèles (photo) à la surfa<strong>ce</strong> de la pe<strong>au</strong>.<br />

C’est à dire que la superficie cornée est enlevée par<br />

couches suc<strong>ce</strong>ssives.<br />

Cette technique, plus ré<strong>ce</strong>nte, est née dans les années 1974 et est enseignée<br />

seulement depuis dix ans dans les Instituts de Formation en Podologie. Elle<br />

repose sur l’utilisation de turbines ou contre-angles 8 issus de l’art dentaire. Des<br />

fraises de différents diamètres, formes et dentures<br />

viennent compléter le dispositif. Le principe d’action<br />

consiste en une abrasion ponctiforme 8 par touches<br />

Sour<strong>ce</strong> : KOMET FRANCE ®<br />

légères et progressives du plan superficiel. On opère<br />

une diminution du diamètre des fraises <strong>au</strong> fur et à<br />

mesure de l’élimination des noy<strong>au</strong>x kératosiques<br />

jusqu’à <strong>ce</strong> que la limite épidermique saine soit<br />

atteinte. De plus, <strong>ce</strong>s instruments rotatifs sont très<br />

souvent munis du système STÉRI-SPRAY ® qui visent à limiter les phénomènes<br />

d’éch<strong>au</strong>ffements et à aseptiser « en continue » la zone de soin. Enfin, <strong>ce</strong> mode<br />

de travail optimise la dextérité du praticien et permet de limiter le risque<br />

d’effraction cutanée.<br />

7 SMEKENS Jean, Vade-Mecum de Podologie. Paris, Frison-Roche, 1995, 603 p.<br />

8 Annexe I : Princip<strong>au</strong>x instruments utilisés en podologie


-11-<br />

Techniques de soins des affections unguéales<br />

L’ongle est une lame de matière cornée possédant une structure assez<br />

complexe. Des micro-tr<strong>au</strong>matismes répétés (conflits avec la ch<strong>au</strong>ssure) ou des<br />

maladies du pied ou des maladies d’ordre général peuvent affecter la tablette<br />

unguéale en la déformant et en l’épaississant<br />

La taille de l’ongle<br />

Elle s’effectue à l’aide de pin<strong>ce</strong>s spécifiques qui s’adaptent <strong>au</strong>x différentes<br />

courbures de l’ongle. Les pin<strong>ce</strong>s dites « sécateur » et « à ongle incarné » 9 sont<br />

les plus utilisées en pratique courante. Ces instruments possèdent des mors<br />

tranchants disposés de façon transversale (pin<strong>ce</strong>s de for<strong>ce</strong>) ou longitudinale<br />

(pin<strong>ce</strong>s de précision). La coupe d’ongle est apparemment un acte simple qui ne<br />

compromet pas l’intégrité de la barrière cutanée. Mais, il f<strong>au</strong>t préciser que la<br />

frontière est minime entre la plaque unguéale et les bourrelets péri-ungué<strong>au</strong>x<br />

<strong>ce</strong> qui rend parfois difficile la manipulation des pin<strong>ce</strong>s.<br />

Le meulage de l’ongle<br />

Il est réalisé par une fraise adaptée sur un micro-moteur 10 . C’est le complément<br />

indispensable de tout soin unguéal. Le geste consiste en une abrasion par<br />

petites touches 11 de l’ongle. Ce procédé permet de ne pas perforer la tablette<br />

unguéale et évite de faire saigner les tissus mous sous-ja<strong>ce</strong>nts. Qui plus est, la<br />

denture ou le grain de <strong>ce</strong>rtaines fraises rendent le soin non agressif et évitent<br />

toute blessure des sillons péri-ungué<strong>au</strong>x.<br />

9 Annexe I : Princip<strong>au</strong>x instruments utilisés en podologie<br />

10 Annexe I : Princip<strong>au</strong>x instruments utilisés en podologie<br />

11 SMEKENS Jean, Vade-Mecum de Podologie. Paris, Frison-Roche, 1995, 603 p.


-12-<br />

Actes non-invasifs mais instrumentation à « risque »<br />

En effet, les instruments de podologie ont tous un caractère tranchant ou<br />

piquant. Et, le maniement d’un bistouri ou d’une pin<strong>ce</strong> effilée, par exemple,<br />

n’est pas sans risque potentiel de blessure et de contamination pour le<br />

patient et le praticien. En outre, l’article 2 du décret n° 85-631 du 19 juin 1985<br />

permet <strong>au</strong> podologue le diagnostic et le traitement des : « hyperkératoses<br />

mécaniques ou non, d’étiologie ou de localisations diverses ; des verrues<br />

plantaires ; des ongles incarnés, onychopathies … ». En définitive, <strong>ce</strong>rtaines<br />

techniques de soins sont donc réalisées sur une pe<strong>au</strong> ou un ongle lésés,<br />

faisant apparaître, dans <strong>ce</strong>s cas, des facteurs de risque infectieux.


Chapitre II<br />

-13-<br />

_______________________________________________________________<br />

Facteurs de risques, agents et vecteurs de<br />

l’infection<br />

Identifier les facteurs de risque infectieux<br />

En cabinet de podologie de ville, deux facteurs essentiels peuvent concourir,<br />

seuls ou ensembles, à l’exécution de soins dits à « risque ». Il s’agit, d’une part,<br />

de la nature du soin à effectuer et d’<strong>au</strong>tre part du type de patient à traiter.<br />

Identifier les facteurs de risque liés <strong>au</strong>x soins<br />

En premier lieu, le soin instrumental de l’ongle incarné du gros orteil,<br />

fréquemment rencontré, est un facteur majeur de risque infectieux. Cette<br />

pathologie, spécifique des ongles des pieds, est le résultat d’un conflit entre la<br />

lame unguéale et les tissus péri-ungué<strong>au</strong>x 12 . Dans <strong>ce</strong> cas une infection<br />

localisée et une petite plaie (bourgeon) sont très souvent présentes. Les<br />

instruments utilisés pour <strong>ce</strong> genre de soin, en particulier les pin<strong>ce</strong>s, vont être en<br />

contact direct avec une zone de pe<strong>au</strong> lésée. De plus, un saignement plus ou<br />

moins abondant peut être déclenché <strong>au</strong> cours de l’acte.<br />

12<br />

BLATIÈRE V et NABÈRES A, Ongle incarné. Paris, Elsevier, EMC Podologie tome 1, 27-070-<br />

A-50, 2001, 11 p.


-14-<br />

En second lieu, le domaine des soins des affections kératosiques peut<br />

également faire apparaître des risques infectieux non négligeables.<br />

Un cor ou un durillon peuvent se compliquer d’une bourse séreuse<br />

inflammatoire appelée hygroma. L’excision de la kératose qui se trouve « <strong>au</strong><br />

voisinage immédiat » de l’hygroma peut produire une infection par l’entremise<br />

d’un instrument mal stérilisé ou manié avec trop peu de précision 13 . Mais, un<br />

podologue peut avoir <strong>au</strong>ssi à traiter un cor infecté déclaré avant la séan<strong>ce</strong> de<br />

soins. En fin de compte, on est en présen<strong>ce</strong> ici d’effractions cutanées<br />

superficielles (en limite épidermo-dermique) qui peuvent conditionner la<br />

survenue d’infections locales, voir générales.<br />

D’<strong>au</strong>tre part, les podologues effectuent de plus en plus d’actes dans un<br />

contexte pluridisciplinaire. Ils leur arrivent, par exemple, de participer à la prise<br />

en charge de plaies de pieds chroniques chez des diabétiques. Les soins<br />

effectués, dans <strong>ce</strong> cadre, consistent à exciser l’hyperkératose à la périphérie de<br />

l’ulcère. Ces effractions cutanées profondes sont septiques et né<strong>ce</strong>ssitent<br />

des préc<strong>au</strong>tions particulières en matière d’hygiène du soin pour éviter toute<br />

surinfection ou contamination croisée.<br />

Enfin, d’<strong>au</strong>tres soins comme le traitement des verrues plantaires et des<br />

onychomycoses (champignons <strong>au</strong>x ongles) peuvent être des facteurs de<br />

risques infectieux potentiels, mais <strong>ce</strong>la n’a jamais été montré.<br />

Identifier les facteurs de risque liés <strong>au</strong>x patients<br />

C’est pendant l’interrogatoire que l’on détermine si le patient présente une<br />

maladie le rendant plus « ré<strong>ce</strong>ptif » à l’infection ou si <strong>au</strong> contraire il peut être le<br />

point de départ, la « sour<strong>ce</strong> », d’une contamination.<br />

13 HABERT Richard et SMEKENS Jean, Podologie Nouve<strong>au</strong> Verleysen. Bruxelles, Cadu<strong>ce</strong>a, 1985,<br />

534 p.


-15-<br />

Ainsi les patients atteints de diabète et/ou d’artérite des membres inférieurs<br />

forment une « population à risque » et une grande pruden<strong>ce</strong> dans les gestes<br />

est recommandée lors des soins podologiques 14 . En outre, les malades à faible<br />

défense immunitaire (cancéreux, sujets hémodialysés, sujets sous<br />

immunodépresseurs …) sont également à détecter. D’<strong>au</strong>tre part, les porteurs<br />

chroniques de germes et de virus diagnostiqués tels que le VIH (virus du SIDA)<br />

et les virus de l’hépatite B et C, sont potentiellement à h<strong>au</strong>t risque infectieux.<br />

En conclusion, un soin ou un malade peut présenter un ou plusieurs facteurs<br />

aggravants de risque infectieux. Il est donc indispensable de les identifier<br />

clairement pendant l’interrogatoire et l’examen clinique du patient. Il appartient<br />

également <strong>au</strong> podologue de connaître les agents contaminants mis en c<strong>au</strong>se<br />

dans <strong>ce</strong>s situations à risque.<br />

Les agents infectieux rencontrés en podologie<br />

La surfa<strong>ce</strong> cutanée du pied est riche en microorganismes et elle se partage<br />

entre une flore commensale et une flore transitoire. Et, bien que le risque<br />

d’infection par les bactéries et les champignons domine en podologie, la<br />

contamination par un agent viral n’est pas à exclure.<br />

La flore commensale ou résidente<br />

Cette flore nous caractérise et nous colonise dès les premiers jours de la vie.<br />

Les espè<strong>ce</strong>s qui la constitue se sont installés de façon prolongée, voire<br />

permanente <strong>au</strong> nive<strong>au</strong> de l’épiderme et elles trouvent tous les éléments<br />

né<strong>ce</strong>ssaires à leur métabolisme et à leur multiplication. On dénombre de 10 2 à<br />

10 5 bactéries par cm 2 en fonction du site de prélèvement.


-16-<br />

On y trouve des bactéries corynéformes aérobies et anaérobies, des<br />

streptocoques et staphylocoques à coagulase négative, des microcoques et<br />

des champignons. Cette flore permanente, quantitativement et qualitativement<br />

stable, sans danger pour le sujet sain, forme une barrière à la surfa<strong>ce</strong> de<br />

l’épiderme et contribue à sa défense en créant un milieu défavorable <strong>au</strong>x <strong>au</strong>tres<br />

bactéries.<br />

La flore transitoire<br />

Elle est composée quant à elle de bactéries incapables de se multiplier et<br />

même de survivre plus de quelques heures <strong>au</strong> nive<strong>au</strong> de la pe<strong>au</strong> saine. Cette<br />

flore provient de l’air, des objets contaminés ou des contacts directs. Elle joue<br />

un rôle prépondérant dans l’apparition des infections croisées liées <strong>au</strong>x<br />

soins. Les agents microbiens les plus souvent rencontrés sont, des<br />

entérobactéries, des pseudomonas, des streptocoques du groupe A, des<br />

souches de Staphylocoques <strong>au</strong>reus et de Candida albicans. Notons ici qu’un<br />

lavage simple des mains diminue de 90% <strong>ce</strong>tte flore transitoire.<br />

Bactéries et mycoses, agents essentiels de l’infection en podologie<br />

Un ongle incarné <strong>au</strong> stade III, un cor infecté ou une plaie de pied sont souvent<br />

accompagnés de la <strong>format</strong>ion de pus. Cet exsudat est constitué d’éléments<br />

<strong>ce</strong>llulaires et de germes bactériens. On peut distinguer plusieurs types de<br />

bactéries ayant une relation avec le domaine des soins podologiques. Une<br />

enquête bactériologique 15 a montré que les agents isolés <strong>au</strong> nive<strong>au</strong> de plaies<br />

ouvertes cutanées appartiennent presque toujours à l’environnement immédiat<br />

de la lésion. On retrouve des staphylocoques de deux groupes : des<br />

Staphylococcus epidermidis , notamment chez les patients ayant un système<br />

de défense affaibli et des Staphylococcus <strong>au</strong>reus qui progressent rapidement<br />

sous la pe<strong>au</strong> en cas de défenses locales ineffica<strong>ce</strong>s.<br />

14<br />

EVENO D., CHOMARD D., PLANCHON B., PISTORIUS M.A., Le pied vasculaire. Paris,<br />

Frison-Roche, 1998, 206 p.


-17-<br />

D’<strong>au</strong>tres bactéries comme Echerichia coli ou Pseudomonas aeruginosia ( ou<br />

bacille pyocyanique donnant un pus de coloration bleu-vert ) sont responsables<br />

de pathologies de surinfection <strong>au</strong> nive<strong>au</strong> du pied.<br />

En outre, une <strong>au</strong>tre étude 16 indique que Staphylococcus <strong>au</strong>reus et<br />

Streptoccocus species sont les bactéries impliquées dans les infections des<br />

ulcères superficiels du pied du patient diabétique. Qui plus est, <strong>ce</strong>rtains patients<br />

sont porteurs de bactéries nosocomiales ayant acquises une résistan<strong>ce</strong> <strong>au</strong>x<br />

antibiotiques (ex : SARM). Il est donc primordial d’empêcher tout risque de<br />

contamination croisée lorsque <strong>ce</strong>s mêmes patients bénéficient de soins dans<br />

les cabinets de podologie de ville.<br />

Par ailleurs, les mycoses cutanées et les mycoses unguéales ou<br />

onychomycoses sont des infections couramment rencontrées en cabinet. Les<br />

patients qui consultent un pédicure-podologue présentent une mycose du pied<br />

dans 37% des cas 17 . L’atteinte de l’ongle est prépondérante 18 et les<br />

champignons incriminés sont pour une grande part des dermatophytes :<br />

Trichophyton rubrum, Trichophyton interdigitale. Les levures comme Candida<br />

albicans ou les moisissures tel que Scopulariopsis brevic<strong>au</strong>lis sont identifiés<br />

plus rarement.<br />

Les agents vir<strong>au</strong>x<br />

Ils sont, en premier lieu, représentés par la verrue plantaire qui est une lésion<br />

bénigne cutanée couramment traitée en podologie. Elle est constituée<br />

15<br />

DRUGEON Isabelle, « La bactériologie et le domaine pédicural », Revue de Podologie, Paris,<br />

N° 47, janvier-février 1989, p. 56 à 58.<br />

16<br />

BOUTOILLE D., LEAUTEZ S., MAULAZ D., KREMPF M., RAFFI F., « Infections bactériennes<br />

cutanées et ostéo-articulaires du pied diabétique », La Presse Médicale, Paris, N° 7, février<br />

2000, p. 387 à 400<br />

17<br />

Laboratoire JANSSEN-CILAG, « Épidémiologie des mycoses du pied », Boulogne-<br />

Billancourt, 1996 , Fiche N°1 p. 1 à 3.<br />

18<br />

BARAN Robert, « les onychomycoses », Revue Le pied, Paris, N°10, 1990, p. 17 à 21.


-18-<br />

d’excroissan<strong>ce</strong>s papillaires infestées par le human papillomavirus (hPV) 19 . Les<br />

verrues sont contagieuses mais leur transmission s’effectue uniquement par<br />

contact direct ou indirect du pied sur un sol humide (douches, piscines).<br />

D’<strong>au</strong>tre part, le pédicure-podologue, comme tout professionnel de santé peut<br />

être confronté à des virus à risque infectieux élevé : virus des hépatites B et<br />

C, virus du SIDA. L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB), très répandu<br />

dans le monde, est un problème majeur de santé publique. En Fran<strong>ce</strong>,<br />

l’hépatite B apparaît comme la maladie n°1 des personnels de santé. En outre,<br />

la vaccination est obligatoire depuis 1991 pour le secteur hospitalier 20 mais<br />

pas pour le secteur libéral. Le virus de l’hépatite C (VHC) est de découverte<br />

plus ré<strong>ce</strong>nte. Il n’existe pas de vaccination et la prophylaxie repose sur la<br />

prévention des contaminations liées <strong>au</strong> sang. Quant <strong>au</strong> virus du SIDA (VIH),<br />

il conduit à une destruction du système immunitaire chez l’homme et le<br />

réservoir le plus important de <strong>ce</strong>llules infectées circule dans le sang.<br />

Finalement, un agent infectieux a besoin d’être transmis pour affirmer ses<br />

caractères pathogènes. Il a donc besoin d’un vecteur lui permettant d’atteindre<br />

sa cible.<br />

L’instrumentation : un des vecteurs potentiels de la<br />

contamination<br />

Lors des soins podologiques, deux modes possibles de contamination croisée<br />

peuvent intervenir. D’une part, la contamination du podologue vers le patient<br />

par l’intermédiaire d’un instrument souillé et d’<strong>au</strong>tre part, la contamination du<br />

patient vers le podologue dans le cadre des expositions accidentelles <strong>au</strong> sang<br />

(AES).<br />

19<br />

DE BEER P, CREUSY C, MODIANO Ph, GOSSET P, VENNIN D, Verrues du pied. Paris,<br />

Elsevier, EMC Podologie tome 2, 27-070-A-65, 1999, 6 p.<br />

20<br />

MINISTÈRE DE LA SANTÉ, vaccin hépatite B : loi n°91-73 du 18 janvier 1991 et arrêtés des<br />

6 février et 15 mars 1991.


Du podologue vers le patient<br />

-19-<br />

A l’heure actuelle, il n’existe pas de données épidémiologiques qui permettent<br />

de quantifier, le nombre et la fréquen<strong>ce</strong>, des infections transmises à un patient<br />

par de l’instrumentation lors de soins en cabinet de podologie. Néanmoins, des<br />

cas « <strong>document</strong>és » sont rapportés tous les ans par des sociétés d’assuran<strong>ce</strong>s.<br />

Ainsi, en 2000, les 3 333 podologues sociétaires du GAMM 21 ont adressé 14<br />

déclarations (8 en 1998 et 5 en 1999). Parmi <strong>ce</strong>lles-ci, 6 con<strong>ce</strong>rnent<br />

directement le soin instrumental avec notamment 3 cas de complications<br />

infectieuses (sepsis) et 2 cas de complications suite à une blessure accidentelle<br />

par bistouri (exemple de plainte : « surinfection ou retard de cicatrisation d’une<br />

plaie après excision d’un durillon plantaire ».)<br />

Par conséquent, tous <strong>ce</strong>s différents cas montrent que le risque de<br />

transmission d’une infection par un instrument existe probablement. Mais, il<br />

f<strong>au</strong>t préciser que le soin regroupe d’<strong>au</strong>tres actes (lavage des mains, port de<br />

gants, antisepsie de la pe<strong>au</strong>, pansement occlusif suite à une effraction cutanée,<br />

…) qui, s’ils ne sont pas effectués correctement, contribuent également à<br />

l’apparition de complications infectieuses.<br />

Du patient vers le podologue<br />

Les risques de contamination du praticien sont représentés par les AES qui se<br />

définissent comme : « Tout accident survenant avec du sang ou un liquide<br />

biologique contaminé par du sang et comportant une effraction cutanée (piqûre,<br />

coupure) ou une projection sur une pe<strong>au</strong> lésée ou sur une muqueuse 22 ».<br />

21<br />

Groupe des Assuran<strong>ce</strong>s Mutuelles Médicales, « Rapport sur l’exerci<strong>ce</strong> 2000 », Levallois-<br />

Perret, ATP Com, 2000, p. 18<br />

22<br />

Note d’in<strong>format</strong>ion sur les mesures de prévention vis à vis des contaminations<br />

professionnelles par le VIH et le VHC - DGS/DH/DRT/ n° 81 du 25 septembre 1995


-20-<br />

Aujourd’hui, les agents infectieux essentiellement impliqués sont les virus de<br />

l’hépatite C et le VIH (car <strong>au</strong>cune vaccination possible contrairement à l’hépatite<br />

B). Le texte précise <strong>au</strong>ssi que « Le risque de transmission est directement lié à<br />

la profondeur de la blessure, <strong>au</strong> volume de sang inoculé ainsi qu’à la quantité<br />

de virus circulant chez le sujet infecté ».<br />

Bien que les podologues manipulent des instruments tranchants (bistouris,<br />

gouges) et piquants (fraises turbines, pin<strong>ce</strong>s effilées), ils ne sont jamais cités<br />

dans les cas <strong>document</strong>és ou présumés d’une AES. De plus, le GERES (groupe<br />

d’enseignement et de recherche des expositions des soignants) montre que les<br />

facteurs de risque sont liés à une piqûre avec aiguille creuse ou à une piqûre<br />

ou coupure profonde. Toutefois, l’utilisation de plus en plus fréquente<br />

d’instruments rotatifs peut majorer le risque de blessure. Par exemple, <strong>ce</strong>s<br />

mêmes instruments représentent la première c<strong>au</strong>se de blessures (37%) chez<br />

les dentistes 23 .<br />

En définitive, il est difficile de prouver la transmission croisée d’agents<br />

infectieux par de l’instrumentation souillée. On raisonne principalement en<br />

terme de probabilité de risque infectieux.<br />

Les éléments exposés précédemment visent à montrer que, dans les soins<br />

podologiques, le risque n’est pas nul. Qui plus est, les contaminations par l’air<br />

et les mains viennent <strong>au</strong>gmenter <strong>ce</strong> risque potentiel.<br />

23 SIEW C., CHANG B., GRUNINGERS S. « Self reported percutaneous injuries in dentistry :<br />

implications for HBV, HIV risk », JADA, 1992, N° 123, p. 26 à 27.


-21-<br />

En résumé, une gradation du risque infectieux peut être établie en fonction de<br />

deux critères : le risque lié <strong>au</strong> soin et le risque lié <strong>au</strong> patient.(Schéma cidessous)<br />

Grade 1<br />

Grade 2<br />

Grade 3<br />

*Instruments en contact avec du pus ou du sang<br />

SANS<br />

EFFRACTION<br />

CUTANÉE<br />

EFFRACTION CUTANÉE*<br />

PATIENT « NON FRAGILE »<br />

EFFRACTION CUTANÉE*<br />

PATIENT « à RISQUE »<br />

Gradation du risque infectieux en podologie<br />

________________<br />

( P.SAILLANT D.U. Hygiène 2002)<br />

-<br />

+<br />

R<br />

I<br />

S<br />

Q<br />

U<br />

E<br />

I<br />

N<br />

F<br />

E<br />

C<br />

T<br />

I<br />

E<br />

U<br />

X


Chapitre III<br />

-22-<br />

_______________________________________________________________<br />

La prévention du risque infectieux par la<br />

désinfection et « l’usage unique »<br />

En regard des facteurs de risque existants et des agents pathogènes impliqués,<br />

il est possible de mettre en pla<strong>ce</strong> une stratégie de prévention reposant d’une<br />

part, sur un traitement adapté à l’instrumentation podologique et d’<strong>au</strong>tre part,<br />

sur l’utilisation de matériel de soins à usage unique. Cette prévention vise à<br />

protéger le patient et le podologue de toute infection croisée.<br />

Détermination du nive<strong>au</strong> de traitement requis<br />

Lorsqu’un instrument est réutilisable, deux traitements princip<strong>au</strong>x peuvent être<br />

envisagés : la stérilisation ou la désinfection. Le choix entre <strong>ce</strong>s deux procédés<br />

doit se faire dans le cadre d’une démarche cohérente qui tienne compte du<br />

risque infectieux potentiel, du nive<strong>au</strong> d’asepsie de l’environnement où le<br />

matériel va être utilisé et de la faisabilité des procédures ( nature des matéri<strong>au</strong>x<br />

composant les instruments et moyens technologiques disponibles).Cependant,<br />

le nive<strong>au</strong> de traitement requis sera déterminé prioritairement en fonction du<br />

risque infectieux potentiel. Pour évaluer <strong>ce</strong> risque, les <strong>au</strong>teurs anglo-saxons<br />

proposent une classification des dispositifs médic<strong>au</strong>x en fonction de leur


-23-<br />

destination chez le patient. Selon la nature du tissu entrant en contact avec le<br />

dispositif médical, trois nive<strong>au</strong>x de risque ont été définis avec pour chacun<br />

d’eux un nive<strong>au</strong> de traitement requis. (Table<strong>au</strong> I)<br />

Table<strong>au</strong> I : Classement des dispositifs médic<strong>au</strong>x et nive<strong>au</strong> de traitement<br />

requis 24 (Guide de bonnes pratiques du CTIN)<br />

Destination du<br />

matériel<br />

Introduction dans le<br />

système vasculaire ou<br />

dans une cavité ou tissu<br />

stérile quelle que soit la<br />

voie d’abord<br />

En contact avec<br />

muqueuse ou pe<strong>au</strong><br />

lésée superficiellement<br />

En contact avec la pe<strong>au</strong><br />

intacte du patient ou<br />

sans contact avec le<br />

patient<br />

Classement<br />

du matériel<br />

Nive<strong>au</strong> de<br />

risque<br />

infectieux<br />

CRITIQUE HAUT RISQUE<br />

SEMI-CRITIQUE RISQUE MÉDIAN<br />

NON CRITIQUE RISQUE BAS<br />

Nive<strong>au</strong> de<br />

traitement<br />

requis<br />

Stérilisation ou<br />

usage unique (ou<br />

à déf<strong>au</strong>t<br />

désinfection de<br />

h<strong>au</strong>t nive<strong>au</strong>)<br />

Désinfection de<br />

nive<strong>au</strong><br />

intermédiaire<br />

Désinfection de<br />

bas nive<strong>au</strong><br />

Rappelons que les soins effectués en cabinet ne con<strong>ce</strong>rnent que des lésions<br />

kératosiques et unguéales des couches superficielles de la pe<strong>au</strong>. Ainsi,<br />

24<br />

COMITÉ TECHNIQUE NATIONALE DES INFECTIONS NOSOCOMIALES, Désinfection des<br />

dispositifs médic<strong>au</strong>x. 1998, 133 p.


-24-<br />

l’instrumentation peut être classée « semi-critique ». C’est pourquoi, le nive<strong>au</strong><br />

de risque infectieux en podologie est évalué à « médian » (indication du CTIN).<br />

Donc, le traitement requis pour l’instrumentation est une désinfection qualifiée<br />

de nive<strong>au</strong> intermédiaire. Les produits utilisés doivent répondre <strong>au</strong>x agents<br />

contaminants sus<strong>ce</strong>ptibles d’être présents lors des soins. C’est à dire, que leur<br />

action soit, <strong>au</strong> minimum, bactéricide, fongicide et virucide. D’un <strong>au</strong>tre côté,<br />

<strong>ce</strong> nive<strong>au</strong> de risque peut être modulé en fonction du grade de risque infectieux<br />

déterminé lors des soins. (schéma « gradation du risque infectieux » p.21). Et,<br />

la désinfection de bas nive<strong>au</strong> ( bactéricidie ) peut être préconisée en l’absen<strong>ce</strong><br />

de toute effraction cutanée ( coupe d’ongle simple, excision d’un durillon sans<br />

saignement…).<br />

Les étapes du traitement par désinfection<br />

Quelque soit le procédé ou le produit utilisé, le traitement des instruments doit<br />

passer par trois grandes étapes essentielles qui sont : la pré-désinfection, le<br />

nettoyage et la désinfection proprement dite. En outre, les bistouris, gouges,<br />

pin<strong>ce</strong>s et fraises sont, en quasi totalité, des dispositifs en acier inoxydable<br />

immergeables.<br />

La pré-désinfection (ou décontamination*)<br />

Cette première étape est primordiale, elle consiste à immerger le matériel dans<br />

une solution détergente et/ ou désinfectante juste après la fin de l’acte de<br />

soin. L’objectif étant de prévenir tout accident encouru par le praticien mais<br />

<strong>au</strong>ssi d’éviter le dessèchement des matières organiques qui empêcherait un<br />

nettoyage et une désinfection effica<strong>ce</strong>s. Les points critiques à respecter sont la<br />

bonne con<strong>ce</strong>ntration du détergent-désinfectant, la durée de trempage et la<br />

propreté du bac.<br />

* La Société Française d’Hygiène Hospitalière (SFHH) recommande le terme de<br />

« décontamination » uniquement pour les domaines de contamination radioactive ou chimique.


Le nettoyage<br />

-25-<br />

Il permet de fournir un matériel macroscopiquement propre débarrassé de toute<br />

souillure, <strong>ce</strong> qui entraîne une diminution du nombre de micro-organismes<br />

présents à la surfa<strong>ce</strong> de <strong>ce</strong>lui-ci. Un rinçage entre la pré-désinfection et le<br />

lavage-nettoyage peut être né<strong>ce</strong>ssaire si les produits utilisés pour les deux<br />

étapes sont différents. Il est souvent effectué de façon manuelle et les points<br />

critiques à respecter sont la durée et la qualité du nettoyage. En outre, Le<br />

lavage par ultrasons est une technique bien adaptée à l’instrumentation<br />

podologique, plus particulièrement pour les fraises et les pin<strong>ce</strong>s. L’action est<br />

mécanique (par implosion de bulles microscopiques) et chimique de part<br />

l’utilisation de détergents-désinfectants.<br />

La désinfection<br />

« c’est une opération <strong>au</strong> résultat momentané permettant d’éliminer ou de tuer<br />

les micro-organismes et/ou d’inactiver les virus indésirables portés par des<br />

milieux inertes contaminés, en fonction des objectifs fixés. Le résultat de <strong>ce</strong>tte<br />

opération est limité <strong>au</strong>x micro-organismes présents <strong>au</strong> moment de<br />

l’opération 25 . ». Ce type de traitement est improprement appelé « stérilisation à<br />

froid ». En effet, il ne permet pas de conserver des dispositifs médic<strong>au</strong>x dans<br />

un état de stérilité. La désinfection se pratique par trempage, à l’aide d’un bac,<br />

et les points critiques à respecter sont identiques à <strong>ce</strong>ux de la pré-désinfection.<br />

Cette troisième étape se termine par un rinçage abondant qui vise à éliminer les<br />

résidus de produit, par un séchage méticuleux et un stockage du dispositif<br />

médical. Les instruments peuvent être protégés de la contamination de<br />

l’environnement s’ils sont stockés dans des boîtes adaptées <strong>au</strong>x soins, nettoyés<br />

et désinfectés régulièrement.<br />

25<br />

Agen<strong>ce</strong> Française de Normalisation, norme . NF T 72-101 : Antiseptiques et désinfectants –<br />

Vocabulaire, Paris, AFNOR Editeur, 1981,


L’apport de l’usage unique<br />

-26-<br />

Depuis une vingtaine d’année la profession utilise de plus en plus de matériel<br />

de soins à usage unique Ainsi, les gouges monoblocs des premiers pédicures<br />

médic<strong>au</strong>x sont remplacées <strong>au</strong>jourd’hui par des manches de gouges à lames<br />

jetables 26 . Certains professionnels trouvent le tranchant de <strong>ce</strong>s nouvelles lames<br />

de gouges moins effica<strong>ce</strong>. En revanche, <strong>ce</strong>s lames stériles offrent <strong>au</strong> praticien<br />

une grande sécurité en matière d’hygiène du soin et de risque infectieux. En<br />

effet, <strong>ce</strong>s lames peuvent être changées, soit à chaque patient, soit lors de<br />

gestes différents pendant une même séan<strong>ce</strong> de soins. Ce même procédé existe<br />

pour les bistouris.<br />

D’<strong>au</strong>tre part, les fabricants et distributeurs d‘instruments proposent parfois des<br />

« set de soins » à usage unique. Toutefois, <strong>ce</strong>s dispositifs comprennent<br />

uniquement un bistouri jetable et ne couvrent qu’une petite partie des actes<br />

effectués en podologie. Quant <strong>au</strong>x fraises et <strong>au</strong>x pin<strong>ce</strong>s, elles n’existent pas<br />

sous la forme « usage unique ». Néanmoins, très ré<strong>ce</strong>mment, des pin<strong>ce</strong>s avec<br />

une articulation démontable viennent d’être commercialisée, <strong>ce</strong> qui facilite<br />

be<strong>au</strong>coup leur traitement et leur entretien.<br />

En définitive, il apparaît que la désinfection propose un nive<strong>au</strong> de traitement<br />

adapté <strong>au</strong> risque infectieux rencontré en podologie, et pouvant être induit par<br />

les instruments de soins. Mais, il est né<strong>ce</strong>ssaire que le protocole de<br />

désinfection soit parfaitement respecté pour l’obtention d’un résultat effica<strong>ce</strong>.<br />

26 Annexe I : Princip<strong>au</strong>x instruments utilisés en podologie


-27-<br />

D’un <strong>au</strong>tre côté, il ne f<strong>au</strong>t pas perdre de vue que la stérilisation offre des<br />

garanties supérieures à la désinfection en terme d’aseptie instrumentale. En<br />

effet, elle permet d’assurer une réduction plus significative de la population<br />

microbienne initiale, et surtout, elle « conserve l’état stérile 27 » d’un instrument<br />

et en facilite son stockage.<br />

En conclusion, la désinfection est suffisante, la stérilisation est préférable.<br />

___________<br />

27<br />

Agen<strong>ce</strong> Française de Normalisation, norme . NF T 72-101 : Antiseptiques et désinfectants –<br />

Vocabulaire, Paris, AFNOR Editeur, 1981.


-28-<br />

DEUXIÈME PARTIE<br />

_______________________________<br />

L’ÉVALUATION DES PRATIQUES<br />

DE TRAITEMENT DES<br />

INSTRUMENTS AUPRÈS D’UN<br />

ÉCHANTILLON DE PODOLOGUES<br />

LIBÉRAUX


Chapitre I<br />

-29-<br />

_______________________________________________________________<br />

Objectifs et descriptif de l’étude<br />

Les objectifs princip<strong>au</strong>x et secondaires<br />

L’objectif principal de <strong>ce</strong>tte enquête a pour but, d’une part, de<br />

mieux connaître l’instrumentation utilisée quotidiennement dans les cabinets de<br />

podologie de ville. Et, d’<strong>au</strong>tre part, d’étudier les moyens de prévention mis en<br />

œuvre par les podologues qui visent à maîtriser le risque infectieux lié à <strong>ce</strong>tte<br />

instrumentation.<br />

L’objectif secondaire a pour finalité de mieux <strong>ce</strong>rner le nive<strong>au</strong> de<br />

<strong>format</strong>ion en hygiène des pédicures-podologues, et, de montrer si l’apport d’une<br />

<strong>format</strong>ion complémentaire <strong>au</strong> diplôme d’État améliore les pratiques d’asepsie.


Le descriptif de l’enquête<br />

La méthode<br />

-30-<br />

Elle consiste en une étude descriptive-corrélationnelle ciblée sur la<br />

population des podologues exerçant à titre libéral. La partie de la population<br />

dite « ac<strong>ce</strong>ssible » regroupe les professionnels des Pays de la Loire. Cette<br />

région comprend les cinq départements suivants : Loire-Atlantique, Maine et<br />

Loire, Mayenne, Vendée et Sarthe.<br />

Mais, pour des raisons de temps et de coût, une méthode<br />

d’échantillonnage a été utilisée pour les besoins de l’enquête. En outre, cinq<br />

strates proportionnelles ont été identifiées pour la constitution de l’échantillon<br />

de podologues. Cette technique permet une meilleure représentativité de la<br />

population régionale.<br />

Enfin, chaque professionnel de l’échantillon était invité sur une période<br />

allant du 3 <strong>au</strong> 7 juin 2002 à remplir le questionnaire selon les modalités décrites<br />

dans <strong>ce</strong>lui-ci.<br />

Le matériel<br />

-Élaboration de l’échantillon de podologues :<br />

La liste des pédicures-podologues libér<strong>au</strong>x des Pays de la Loire a été élaborée<br />

à partir du fichier ADELI de la DRASS et de l’annuaire Fran<strong>ce</strong> Telecom, <strong>ce</strong>ci<br />

permettant d’éliminer les doublons (cabinets secondaires) et les personnes<br />

ayant <strong>ce</strong>ssées leur activité dans la région (retraite, décès, changement de<br />

région…).


-31-<br />

La population régionale est donc formée de 404 podologues libér<strong>au</strong>x <strong>au</strong> 31<br />

dé<strong>ce</strong>mbre 2001. Ils sont répartis de la façon suivante :<br />

Population = 404<br />

Loire-Atlantique Vendée Maine et Loire Sarthe Mayenne<br />

175 (43,4 %) 73 (18,1 %) 70 (17,4 %) 57 (14,2 %) 29 (6,9 %)<br />

Un choix aléatoire de 25 % dans chaque strate a ensuite été effectué pour<br />

obtenir l’échantillon désiré.<br />

Échantillon = 100<br />

Loire-Atlantique Vendée Maine et Loire Sarthe Mayenne<br />

43 18 17 14 8<br />

-Élaboration du questionnaire 28 :<br />

Dans le but d’une adhésion maximum à l’étude, le questionnaire a été réalisé<br />

avec un objectif de concision et des questions ne né<strong>ce</strong>ssitant que des réponses<br />

courtes. La plupart des réponses se font en cochant simplement une case et<br />

seulement trois questions ouvertes sont proposées.<br />

-Le contenu :<br />

Le questionnaire comporte trois pages et deux parties distinctes :<br />

Une première qui a pour but d’établir le profil du podologue. Elle demande de<br />

préciser l’âge, le sexe, l’ancienneté d’activité, le lieu d’exerci<strong>ce</strong> et la proportion<br />

de soins à domicile.<br />

Une deuxième, en quatre points, qui précise les types d’instruments utilisés par<br />

les praticiens, la per<strong>ce</strong>ption du risque infectieux lors des soins, les traitements<br />

de l’instrumentation effectués en cabinet et la <strong>format</strong>ion en hygiène.<br />

28 Annexe II : Questionnaire envoyé <strong>au</strong>x podologues.


-32-<br />

Enfin, une pla<strong>ce</strong> est réservée <strong>au</strong> bas de la dernière page pour les<br />

commentaires sur le questionnaire.<br />

-Recueil des données :<br />

La collecte des données s’est faite par voie postale. Une enveloppe timbrée et<br />

imprimée était jointe à chaque questionnaire afin de faciliter le travail des<br />

podologues et d’optimiser le nombre de réponses. La saisie des in<strong>format</strong>ions<br />

s’est faite sur le logiciel EPI-INFO Version 6.0 et la création des table<strong>au</strong>x et<br />

graphiques de résultats a ensuite été faite en utilisant le logiciel EXCEL 2000.<br />

-Méthode statistique :<br />

Il s’agissait, pour la plupart des données, d’établir ou non la corrélation entre<br />

différentes variables qualitatives. Il a donc été utilisé le test du Khi-deux (Khi-2)<br />

exploitable <strong>au</strong> regard des effectifs utilisés dans les table<strong>au</strong>x croisés (>5). Le<br />

seuil de 5% a été retenu comme seuil de significativité.


Chapitre II<br />

-33-<br />

_______________________________________________________________<br />

Étude de l’échantillon de podologues<br />

Il s’agit de l’échantillon constitué par les podologues ayant répondu à<br />

l’enquête. Sur 100 questionnaires envoyés, le t<strong>au</strong>x de réponses est égal à 44%.<br />

La quasi totalité des questions posées a été correctement remplie, <strong>ce</strong> qui a<br />

permis d’exploiter l’ensemble des questionnaires reçus. Ainsi, l’échantillon<br />

étudié représente 11% de la population régionale.<br />

Répartition par âge et par sexe<br />

Âge des podologues<br />

La répartition des âges des podologues de l’échantillon est relativement<br />

comparable à <strong>ce</strong>lle des podologues sur le plan national 29 . Il existe bien sûr<br />

quelques variations mais qui ne sont pas significatives ( p > 0,05).<br />

Podologues<br />

Enquête Nationale FNP<br />

n= 855<br />

Podologues de<br />

l’échantillon<br />

n= 44<br />

Test du Khi-2<br />

< 30 ans 180 (21%) 6 (13,6%) p= 0,24<br />

De 30 à 40 ans 320 (37,5%) 19 (43,2%) p= 0,44<br />

> 40 ans 355 (41,5%) 19 (43,2%) p= 0,82<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 1 : Répartition en pour<strong>ce</strong>ntage des podologues sur la plan national et<br />

sur l’échantillon<br />

29 Enquête de la Fédération Nationale des Podologues, « L’avenir vous appartient », Le<br />

Podologue, Paris, N° 87, Octobre 1995, p.43 à 51.


Répartition par sexe<br />

-34-<br />

Toujours par rapport à l’enquête nationale, la répartition de l’échantillon<br />

selon le sexe est la suivante :<br />

Podologues<br />

Enquête Nationale FNP<br />

n= 855<br />

Podologues<br />

Échantillon<br />

n= 44<br />

Femmes 573 (67%) 28 (63,6%) Test du Khi-2<br />

Hommes 282 (33%) 16 (36,4%) p=0,64<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 2 : Pour<strong>ce</strong>ntage des podologues selon le sexe <strong>au</strong> plan national et dans<br />

l’échantillon (n=44)<br />

Là encore il n’y a pas de différen<strong>ce</strong> significative (p > 0,05) et l’on constate que<br />

la profession est majoritairement féminine (63,6%).<br />

Ancienneté dans la profession<br />

On observe une majorité non négligeable de podologues avec une<br />

ancienneté d’exerci<strong>ce</strong> inférieure à 15 ans ( 56,9%). Et, compte tenu de la durée<br />

des études ( 3 à 4 ans), <strong>ce</strong> résultat est à rapprocher de l’âge des professionnels<br />

qui , dans une même proportion, est inférieur à 40 ans (56,8% ; table<strong>au</strong> 1).<br />

34,1%<br />

9,1%<br />

11,4%<br />

25,0%<br />

20,5%<br />

< 5ans<br />

de 5 à 10ans<br />

de11 à 15 ans<br />

de 16 à 20 ans<br />

> 20 ans<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 20 02<br />

Table<strong>au</strong> 3 : répartition des podologues selon leur ancienneté (n=44)


Répartition géographique<br />

-35-<br />

La répartition des podologues de l’échantillon selon leur secteur d’activité<br />

fait apparaître qu’un tiers important (34,9%) des professionnels a un exerci<strong>ce</strong><br />

mixte, à savoir urbain et rural. L’analyse ne permet pas de faire la distinction<br />

entre le cabinet principal et secondaire, mais on peut émettre l’hypothèse d’une<br />

activité secondaire rurale.<br />

34,9%<br />

32,6%<br />

32,6%<br />

Ville<br />

Rural<br />

Mixte<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 4 : répartition géographique de l’échantillon (n=44)<br />

Répartition géographique selon l’âge<br />

Dans le table<strong>au</strong> 5, on constate un exerci<strong>ce</strong> préférentiellement urbain chez<br />

les podologues de plus de 40 ans (50%) et, les podologues plus jeunes<br />

(tranches d’âge inférieures à 41 ans) ont un exerci<strong>ce</strong> plutôt rural (50% pour les<br />

moins de 30 ans et 47,4% pour les 30-40 ans). La différen<strong>ce</strong> n’a pu être<br />

prouvée statistiquement comme significative car un des effectifs observé du<br />

table<strong>au</strong> croisé est inférieur à 5. De plus, Le rapprochement avec l’étude<br />

nationale n’a également pas été possible en raison d’un manque de données<br />

statistiques sur la répartition géographique des professionnels libér<strong>au</strong>x.


50,0%<br />

40,0%<br />

30,0%<br />

20,0%<br />

10,0%<br />

0,0%<br />

1<br />

4<br />

9<br />

2 6<br />

-36-<br />

7<br />

3 9<br />

Ville Mixte Rural<br />

2<br />

< 30 ans<br />

30 à 40 ans<br />

> 40 ans<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 5 : répartition géographique selon l’âge (n=43)<br />

Néanmoins, <strong>ce</strong>tte répartition peut s’expliquer, d’une part, par le fait que<br />

les plus anciens podologues se sont installés prioritairement en milieu urbain<br />

(cabinets de podologie peu nombreux, potentiel de clientèle important,<br />

proximité des servi<strong>ce</strong>s d’une grande ville etc…).<br />

D’<strong>au</strong>tre part, depuis une dizaine d’années, les nouve<strong>au</strong>x diplômés ont<br />

tendan<strong>ce</strong> à développer leur activité en milieu rural à c<strong>au</strong>se d’une surpopulation<br />

de podologues en ville. En outre, la répartition des podologues en exerci<strong>ce</strong><br />

mixte (urbain et rural) est bien équilibrée entre les trois classes d’âges.


-37-<br />

Répartition géographique selon le sexe<br />

La répartition géographique selon le sexe montre un exerci<strong>ce</strong> plutôt rural<br />

pour les femmes (40,7%). Le seuil de significativité n’a pas été calculé par<br />

manque d’effectifs chez les hommes (effectif « rural »< 5).<br />

Rural<br />

Mixte<br />

Ville<br />

3<br />

8<br />

8<br />

6<br />

11<br />

0,0% 20,0% 40,0% 60,0%<br />

7<br />

Femme<br />

Homme<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 20 02<br />

Table<strong>au</strong> 6 : répartition géographique selon le sexe (n=43)<br />

Répartition géographique selon l’ancienneté d’exerci<strong>ce</strong><br />

exerci<strong>ce</strong><br />

>15 ans<br />

exerci<strong>ce</strong><br />

≤15 ans<br />

9<br />

5<br />

9<br />

20<br />

64,3 %<br />

69 %<br />

0,0% 50,0% 100,0%<br />

Rural-Mixte<br />

Ville<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 20 02<br />

D’après le graphique ci-contre, les<br />

podologues installés en zone<br />

urbaine exer<strong>ce</strong>nt majoritairement<br />

(64,3%) depuis plus de 15 ans. En<br />

revanche, les 69% d’entre eux<br />

installés en zone « rurale ou<br />

mixte » exer<strong>ce</strong>nt, <strong>au</strong> maximum,<br />

depuis 15 ans. La différen<strong>ce</strong> est<br />

significative (p=0,04).<br />

Table<strong>au</strong> 7 : répartition géographique selon l’ancienneté d’exerci<strong>ce</strong> (n=43)


-38-<br />

Fréquen<strong>ce</strong> des soins <strong>au</strong> domicile du patient<br />

La répartition en pour<strong>ce</strong>ntage des soins à domicile effectués par les<br />

podologues est la suivante :<br />

Aucun soin 5 à 10% 10 à 30%<br />

30 à 50% > à 50%<br />

53,5%<br />

7,0%<br />

0,0%<br />

2,3%<br />

37,2%<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2 0 2<br />

Les podologues de l’échantillon ont<br />

presque tous une activité de soins<br />

à domicile (97,7%). De plus, une<br />

majorité de podologues (53,5%) a<br />

une activité non négligeable de<br />

soins <strong>au</strong> domicile du patient<br />

représentant 10 à 30 % du total des<br />

actes.<br />

Table<strong>au</strong> 8 : pour<strong>ce</strong>ntage de soins à domicile dans l’activité des podologues<br />

(n=43)<br />

> 50%<br />

Ville<br />

Mixte<br />

Comme le montre le<br />

graphique ci-contre, la<br />

Rural proportion de soins à<br />

30 à 50%<br />

domicile est plus importante<br />

10 à 30 %<br />

en milieu rural et mixte<br />

5 à 10%<br />

(tranche 10 à 30%) qu’en<br />

ville (tranche 5 à 10%),<br />

0%<br />

même si <strong>ce</strong>tte différen<strong>ce</strong> ne<br />

0 5 10 15 peut pas être prouvée<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 2002<br />

statistiquement significative.<br />

Les podologues qui exer<strong>ce</strong>nt en milieu plutôt « rural et mixte » ont<br />

probablement une clientèle plus âgée et moins mobile que <strong>ce</strong>ux qui travaillent<br />

dans le secteur « ville ».<br />

Table<strong>au</strong> 9 : proportion de soins domicile en fonction du lieu d’exerci<strong>ce</strong> (n=43)


-39-<br />

Donc, comme le montrent les résultats, le test du Khi-2 n’a pas toujours<br />

été possible, en raison notamment, de la taille de l’échantillon qui s’est avérée<br />

trop faible pour comparer <strong>ce</strong>rtaines variables entre elles, mais <strong>au</strong>ssi, du fait d’un<br />

manque de données comparatives <strong>au</strong> nive<strong>au</strong> de l’enquête nationale de<br />

référen<strong>ce</strong> (ancienneté, lieu géographique, soins à domicile).<br />

Néanmoins, il n’existe pas de différen<strong>ce</strong> statistique significative entre la<br />

répartition par âge et par sexe des podologues de l’échantillon par rapport à la<br />

population nationale. L’échantillon peut, sur <strong>ce</strong>s points, être considéré comme<br />

représentatif. En définitive, le « profil-type » du podologue de l’échantillon<br />

correspond à une jeune femme exerçant depuis moins de 15 ans, de<br />

préféren<strong>ce</strong> en milieu rural, et qui développe une activité assez importante de<br />

soins à domicile.


Chapitre III<br />

-40-<br />

_______________________________________________________________<br />

Per<strong>ce</strong>ption du risque infectieux et utilisation<br />

de l’instrumentation<br />

La per<strong>ce</strong>ption du risque infectieux<br />

Un nive<strong>au</strong> de risque infectieux minoré<br />

Le graphique ci-dessous montre comment les podologues jugent le<br />

nive<strong>au</strong> de risque infectieux dans les soins podologiques. Ainsi, 28 d’entre eux<br />

(63,6%) le jugent « bas » <strong>au</strong> cabinet et, 22 podologues (50%) le jugent « bas »<br />

à domicile.<br />

Par conséquent, il apparaît donc nettement que les podologues consultés ont<br />

tendan<strong>ce</strong> à minorer le nive<strong>au</strong> de risque infectieux pour l’ensemble de leur<br />

activité.<br />

30<br />

25<br />

20<br />

15<br />

10<br />

5<br />

0<br />

1<br />

6<br />

H<strong>au</strong>t<br />

risque<br />

9<br />

12<br />

Risque<br />

médian<br />

28<br />

22<br />

Risque<br />

bas<br />

63,6%<br />

50 %<br />

5<br />

2<br />

Aucun<br />

risque<br />

1 2<br />

Sans avis<br />

Soins <strong>au</strong> cabinet<br />

Soin à domicile<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2 02<br />

Table<strong>au</strong> 15 : Per<strong>ce</strong>ption du nive<strong>au</strong> de risque infectieux selon les podologues de<br />

l’échantillon (n=44)


-41-<br />

Des facteurs de risque infectieux identifiés<br />

Dans les résultats ci-dessous, un podologue sur deux (54,1%) cite l’ongle<br />

incarné comme facteur majeur de risque infectieux lors des soins. Puis, dans un<br />

ordre décroissant, les <strong>au</strong>tres facteurs importants sont : les cors et bursites<br />

infectés cités par 43,2% des podologues, les patients à « risque » (diabétiques,<br />

artéritiques, HIV, hépatite C…) cités par un tiers (29,7%) des podologues<br />

interrogés et enfin, les plaies et soins avec effusion de sang (24,3%). Une<br />

question fermée avec choix multiples <strong>au</strong>rait donnée des chiffres plus<br />

significatifs. Néanmoins, Ces réponses montrent que, globalement, les<br />

princip<strong>au</strong>x facteurs de risque sont correctement identifiés et connus des<br />

podologues.<br />

Autre<br />

Patient à risque<br />

Effraction-plaie-sang<br />

Cor-bursite-infection<br />

Ongle incarné<br />

Onychomycose<br />

10,8%<br />

16,2%<br />

24,3%<br />

29,7%<br />

43,2%<br />

54,1%<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 20 02<br />

Table<strong>au</strong> 16 : les facteurs de risque infectieux selon les podologues de<br />

l’échantillon (n=37)


Soin et effraction cutanée<br />

-42-<br />

Le table<strong>au</strong> ci-dessous fait apparaître que l’on a, d’une part, une effraction<br />

cutanée fréquente dans 56,4% des cas, et d’<strong>au</strong>tre part, une effraction rare ou<br />

très rare dans 43,6% des actes. Ces effractions peuvent être <strong>au</strong>ssi bien<br />

présentes avant les soins que déclenchées <strong>au</strong> cours de l’acte.<br />

30,0%<br />

25,0%<br />

20,0%<br />

15,0%<br />

10,0%<br />

5,0%<br />

0,0%<br />

29,5%<br />

26,9%<br />

chaque joursouvent<br />

21, 8%<br />

21, 8%<br />

rarement-très<br />

rarement<br />

avant soin<br />

n=40<br />

pendant soin<br />

n=38<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2 02<br />

Table<strong>au</strong> 17 : Fréquen<strong>ce</strong> des effractions cutanées avant et pendant les soins<br />

D’<strong>au</strong>tre part, il f<strong>au</strong>t relativiser la gravité de <strong>ce</strong>s effractions cutanées car,<br />

comme le signale le graphique 18, elles sont dans leur presque totalité (97,6%)<br />

superficielles.<br />

97,6%<br />

56,4%<br />

2,4%<br />

Effraction profonde<br />

Effraction superficielle<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 2 0 2<br />

Table<strong>au</strong> 18 : répartition des effractions cutanées superficielles et profondes<br />

(n=42)<br />

43,6%


Infections induites par les soins<br />

-43-<br />

Le graphique ci-dessous laisse apparaître que 58,5% des podologues ne<br />

sont jamais confrontés à des infections induites par leurs propres soins. Et,<br />

quand <strong>ce</strong>s infections existent, elles sont rares (26,8%) ou très rares (14,7%).<br />

Ces chiffres ne permettent pas de conclure sur un t<strong>au</strong>x d’infection liés <strong>au</strong>x<br />

soins. De plus, <strong>ce</strong>rtaines réponses ont été complétés par un point<br />

d’interrogation ou par la mention « ne sait pas ». Mais, l’appréciation globale<br />

des podologues va dans le sens d’un faible nive<strong>au</strong> d’infections induites.<br />

26,8%<br />

Infections<br />

induites<br />

14,7%<br />

0<br />

58,5%<br />

6<br />

11<br />

24<br />

Régulièr emen t Ra rement T rès r ar ement J amai s<br />

25<br />

20<br />

15<br />

10<br />

5<br />

0<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 20 02<br />

Table<strong>au</strong> 19 : fréquen<strong>ce</strong> des infections induites selon les podologues (n=41)<br />

Finalement, même si les podologues ont tendan<strong>ce</strong> à minorer le nive<strong>au</strong> de<br />

risque infectieux lors des soins <strong>au</strong> cabinet ou à domicile, ils ne négligent pas les<br />

facteurs de risque liés <strong>au</strong>x soins ou liés <strong>au</strong> patient qui conduisent à une<br />

infection. Et, paradoxalement, les effractions cutanées qui sont relativement<br />

fréquentent (environ 1 soin sur 2) ne génèrent que très rarement des problèmes<br />

infectieux. Ceci s’explique probablement par le caractère superficiel des<br />

lésions, mais <strong>au</strong>ssi, par l’application de <strong>ce</strong>rtaines mesures d’hygiène<br />

(désinfection préalable de la pe<strong>au</strong>, asepsie de l’instrumentation, hygiène des<br />

mains, application de pansements…).


L’instrumentation utilisée<br />

-44-<br />

Le table<strong>au</strong> ci-dessous donne les résultats bruts con<strong>ce</strong>rnant les instruments de<br />

soins utilisés par les podologues de l’échantillon. Les instruments qui n’ont pas<br />

un caractère « piquant-coupant » ou qui ne sont pas en contact direct avec la<br />

pe<strong>au</strong> ou les ongles du patient n’ont pas été retenus dans l’enquête.<br />

Chaque soin souvent rarement Jamais<br />

Bistouri à usage unique 1 (2,3%) 1 (2,3%) 6 (13,6%) 36 (81,8%)<br />

Manche bistouri + lame jetable 40 (91%) 2 (4,5%) 0 (0%) 2 (4,5%)<br />

Gouge monobloc 9 (20,5%) 1 (2,3%) 4 (9%) 30 (68,2%)<br />

Manche gouge + lame jetable 24 (54,5%) 7 (16%) 3 (6,8%) 10 (22,7%)<br />

Pin<strong>ce</strong>s à ongles 41 (93,2%) 3 (6,8%) 0 (0%) 0 (0%)<br />

Fraises 38 (86,4%) 6 (13,6%) 0 (0%) 0 (0%)<br />

Autres instruments 3 (6,8%) 4 (9,1%) 0 (0%) 37 (84,1%)<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 10 : utilisation des instruments de soins par les podologues libér<strong>au</strong>x de<br />

l’échantillon (n=44)<br />

Il ressort de <strong>ce</strong>tte analyse que les instruments les plus utilisés lors des<br />

soins sont les bistouris (91%) et gouges (54,5%) à lames jetables, les pin<strong>ce</strong>s<br />

(93,2%) et les fraises (86,4%). En outre, Le bistouri stérile (et jetable<br />

entièrement) n’est pratiquement jamais utilisé chez 81,8% des podologues.<br />

Fréquen<strong>ce</strong> d’utilisation des gouges à lames jetables et des gouges<br />

monoblocs<br />

Il est intéressant d’étudier de plus près l’utilisation de la gouge par les<br />

podologues. En effet, c’est l’instrument historique et emblématique de la<br />

profession et il témoigne de l’évolution des pratiques de soins.


-45-<br />

Depuis une quinzaine d’années environ, la gouge avec lame jetable<br />

rempla<strong>ce</strong> progressivement la gouge monobloc. Ce nouve<strong>au</strong> matériel a permis<br />

d’améliorer nettement les conditions d’asepsie du soin bien que les lames<br />

stériles soient encore d’un coût unitaire élevé (0,72 €) par rapport <strong>au</strong>x lames de<br />

bistouris (0,15 €). Le table<strong>au</strong>, ci-dessous, montre la prépondéran<strong>ce</strong> d’utilisation<br />

des gouges à lames jetables par rapport à leurs « ancêtres » monoblocs.<br />

80,0%<br />

60,0%<br />

40,0%<br />

20,0%<br />

0,0%<br />

70,5%<br />

gouge lame<br />

jetable<br />

29,5%<br />

22,7%<br />

77,3%<br />

gouge monobloc<br />

chaque soin<br />

souvent<br />

rarement<br />

jamais<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 11 : utilisation des gouges avec ou sans lames jetables par les<br />

podologues (n=44)<br />

70,5% des podologues de l’échantillon se servent de gouges à lame<br />

interchangeable de façon régulière (chaque soin/souvent) et, 77,3% de <strong>ce</strong><br />

même échantillon utilisent très peu (rarement/jamais) les gouges monoblocs. La<br />

différen<strong>ce</strong> est statistiquement très significative (p= 0,000007).


-46-<br />

Utilisation des gouges à lames jetables selon l’ancienneté d’exerci<strong>ce</strong><br />

Au regard du table<strong>au</strong> ci-contre,<br />

les podologues qui exer<strong>ce</strong>nt<br />

depuis 15 ans ou moins utilisent<br />

de façon très majoritaire (80%)<br />

les gouges à lames jetables. Et,<br />

42,1% des podologues qui<br />

exer<strong>ce</strong>nt depuis plus de 15 ans<br />

emploient très peu <strong>ce</strong>t<br />

instrument. La différen<strong>ce</strong> n’est<br />

pourtant pas statistiquement<br />

significative (p=0,11)<br />

Table<strong>au</strong> 12 : utilisation des lames-gouges selon l’ancienneté d’exerci<strong>ce</strong> (n=44)<br />

Changement de l’instrumentation entre chaque séan<strong>ce</strong> de soins<br />

Comme le montre le graphique suivant, <strong>au</strong>cun podologue ne réutilise<br />

entièrement l’instrumentation d’un patient à un <strong>au</strong>tre <strong>au</strong> cabinet. Celle-ci est,<br />

soit remplacée partiellement dans 52,3% des cas, soit remplacée totalement<br />

pour une <strong>au</strong>tre moitié de professionnels (47,7%).<br />

100,0%<br />

80,0%<br />

60,0%<br />

40,0%<br />

20,0%<br />

0,0%<br />

82,0%<br />

52, 3%<br />

Part iellement<br />

remplacée<br />

80,0%<br />

70,0%<br />

60,0%<br />

50,0%<br />

40,0%<br />

30,0%<br />

20,0%<br />

10,0%<br />

0,0%<br />

47, 7%<br />

Tota lement<br />

r emplacée<br />

80,0%<br />

20,0%<br />

15, 4% 0,0%2, 6%<br />

Réut il isée<br />

en ti èr emen t<br />

57,9%<br />

CABINET<br />

n=44<br />

DOMICILE<br />

n=39<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 20 02<br />

42,1%<br />

Exerci<strong>ce</strong> ≤15 Exerci<strong>ce</strong> >15<br />

Table<strong>au</strong> 13 : fréquen<strong>ce</strong> de rempla<strong>ce</strong>ment des instruments après un soin<br />

lame-gouge<br />

utilisée<br />

souvent<br />

lame-gouge<br />

peu ou pas<br />

utilisée<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 200 2


-47-<br />

En revanche, pour les soins <strong>au</strong> domicile du patient, les instruments sont<br />

remplacés de façon partielle pour 82% des podologues. Le rempla<strong>ce</strong>ment total<br />

de l’instrumentation représente seulement 15,4% des cas. Un seul<br />

professionnel (2,6%) réutilise entièrement ses instruments durant les soins à<br />

domicile.<br />

Ces chiffres montrent que le rempla<strong>ce</strong>ment total des instruments se<br />

pratique plus régulièrement <strong>au</strong> cabinet que pendant les dépla<strong>ce</strong>ments à<br />

domicile et <strong>ce</strong> de façon significative (p=0,002). Ce résultat peut s’expliquer par<br />

le fait que la gestion des instruments est plus difficile à domicile (nombre de<br />

boîtes limité dans la mallette, choix limité des instruments…).<br />

En outre, à la question : « à votre avis, pensez-vous que <strong>ce</strong>rtains<br />

instruments peuvent être utilisés pour plusieurs soins consécutifs ? », 31 des<br />

podologues de l’échantillon (70,5%) répondent par l’affirmative. Le table<strong>au</strong> cidessous,<br />

précise le type et la fréquen<strong>ce</strong> des instruments qui sont utilisés de<br />

façon consécutive. Il f<strong>au</strong>t noter que la grande majorité des podologues réutilise,<br />

d’un soin à un <strong>au</strong>tre, les manches de bistouris (93,5%) et les manches de<br />

gouges (67,7%). D’<strong>au</strong>tre part, les pin<strong>ce</strong>s à ongles sont également réutilisées<br />

dans des proportions non négligeables (38,7%). En effet, <strong>ce</strong>rtains<br />

professionnels argumentent leur réponse en expliquant que pour une simple<br />

coupe d’ongle (sans lésion, saignement ou pathologie de l’ongle) il est possible<br />

de soigner plusieurs patients consécutivement avec une même pin<strong>ce</strong>. Enfin, les<br />

lames jetables, les gouges monoblocs et les fraises ne sont pratiquement<br />

jamais réutilisées.<br />

réutilisés Non réutilisés<br />

Manche bistouri 29 (93,5%) 2 (6,5%)<br />

Manche gouge 21 (67,7%) 10 (31,3%)<br />

Lames jetables 1 (3,3%) 30 (97,7%)<br />

Gouges monoblocs 2 (6,5%) 29 (93,5%)<br />

Fraises 4 (13%) 27 (87%)<br />

Pin<strong>ce</strong>s à ongles 12 (38,7%) 19 (61,3%)<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 14 : types d’ instruments réutilisés par les podologues (n=31)


-48-<br />

Finalement, <strong>ce</strong>s réponses permettent de penser que les podologues ont<br />

clairement conscien<strong>ce</strong> qu’ une infection croisée peut survenir par le biais d’une<br />

instrumentation souillée. En effet, les instruments monoblocs ou non jetables ne<br />

sont pratiquement jamais réutilisés d’un patient à un <strong>au</strong>tre, ex<strong>ce</strong>ptées les<br />

pin<strong>ce</strong>s à ongles dans 1/3 des cas et seulement à la suite d’un simple soin<br />

d’hygiène. D‘<strong>au</strong>tre part, les manches de gouges et de bistouris sont réutilisés<br />

mais avec une nouvelle lame stérile à chaque soin.


Chapitre IV<br />

-49-<br />

_______________________________________________________________<br />

Des protocoles de traitement mieux<br />

maîtrisés par l’apport d’une <strong>format</strong>ion en<br />

hygiène<br />

Étude des pratiques d’asepsie des instruments<br />

La première question, con<strong>ce</strong>rnant le traitement de l’instrumentation, a<br />

pour objectif de savoir si les podologues libér<strong>au</strong>x de l’échantillon utilisent ou<br />

non un moyen de stérilisation.<br />

L’analyse montre que 40 des professionnels ( 90,9%) ont répondu qu’ils<br />

stérilisaient leur instrumentation. En outre, les 4 podologues (9,1%) qui<br />

répondent « non » précisent qu’ils utilisent des techniques de désinfection.<br />

Néanmoins, <strong>ce</strong> fort pour<strong>ce</strong>ntage ne correspond pas <strong>au</strong>x moyens<br />

effectivement utilisés.


-50-<br />

En effet, dans le table<strong>au</strong> 20 (n=40) ci-dessous, on s’aperçoit que 40% des<br />

Poupinel 13 (32,5%)<br />

Autoclave 9 (22,5%)<br />

« Stérilisation à froid » 16 (40%)<br />

Autre moyen 2 (5%)<br />

podologues ont noté<br />

« stérilisation à froid » comme<br />

méthode de stérilisation. La suite<br />

du questionnaire et <strong>ce</strong>rtains<br />

commentaires montrent que <strong>ce</strong>s mêmes podologues parlent de désinfection<br />

des instruments. De plus, le stérilisateur à billes est cité comme <strong>au</strong>tre moyen de<br />

stérilisation. Il f<strong>au</strong>t rappeler ici que l’article 2 de l’arrêté du 11 dé<strong>ce</strong>mbre 1998 30<br />

ordonne : « l’interdiction d’utilisation des stérilisateurs à billes de quartz<br />

ch<strong>au</strong>ffées ».<br />

En définitive, il convient de corriger les chiffres annoncés pour obtenir le<br />

bon pour<strong>ce</strong>ntage de podologues qui stérilisent leur instrumentation. Le table<strong>au</strong><br />

ci-dessous illustre <strong>ce</strong>tte répartition.<br />

45,5%<br />

4,5%<br />

20,5%<br />

29,5%<br />

Sérilisation poupinel<br />

Stérilisation <strong>au</strong>toclave<br />

Désinfection à froid<br />

Autre moyen<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 20 02<br />

Table<strong>au</strong> 21 : répartition des techniques de traitement de l’instrumentation selon<br />

les podologues (n=44)<br />

Ainsi, 50% des podologues utilisent une méthode de stérilisation. La<br />

stérilisation par <strong>au</strong>toclavage s’effectue dans seulement 20,5% des cabinets et<br />

la chaleur sèche, dite poupinel, représente 29,5% des stérilisations.<br />

En revanche, 45,5% des podologues de l’échantillon emploient des<br />

méthodes de désinfection pour traiter leurs instruments.


-51-<br />

Finalement, <strong>ce</strong>s différents résultats montrent une <strong>ce</strong>rtaine disparité des<br />

pratiques de traitement de l’instrumentation <strong>au</strong> sein des podologues libér<strong>au</strong>x.<br />

De plus, des confusions semblent émerger de <strong>ce</strong>rtaines réponses. Ainsi, le<br />

traitement « à froid » souvent cité ne répond pas <strong>au</strong>x différents critères d’une<br />

stérilisation mais à <strong>ce</strong>ux d’une désinfection.<br />

Une stérilisation par <strong>au</strong>toclave jugée « préférable »<br />

On constate, à travers les résultats ci-dessous, qu’une grande majorité<br />

de podologues considère l’<strong>au</strong>toclave comme une technique préférable (61,4%)<br />

de stérilisation et non obligatoire (13,6%). Cependant, une partie non<br />

négligeable de praticiens (20,5%) n’a pas d’avis sur la question. Actuellement,<br />

l’<strong>au</strong>toclave est la référen<strong>ce</strong> en milieu hospitalier, mais <strong>au</strong>cun texte<br />

réglementaire existe pour les professionnels libér<strong>au</strong>x. Un projet de normes est<br />

en cours pour les petits stérilisateurs à vapeur d’e<strong>au</strong>. D’<strong>au</strong>tre part, la technique<br />

d’<strong>au</strong>toclavage entraîne un coût important (investissement, grand nombre<br />

d’instruments, consommables…) et du temps supplémentaire pour un<br />

podologue qui exer<strong>ce</strong> souvent seul en cabinet.<br />

Sans avis<br />

Obligatoire<br />

Préférable<br />

20,5%<br />

13,6%<br />

61,4%<br />

0,0% 50,0% 100,0%<br />

Autoclavage<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 20 02<br />

Table<strong>au</strong> 22 : avis des podologues sur l’utilisation de l’<strong>au</strong>toclave (n=42)<br />

30 MINISTÈRE DE LA SANTÉ, arrêté du 11 dé<strong>ce</strong>mbre 1998 relatif <strong>au</strong>x stérilisateurs à billes.


-52-<br />

Lingettes nettoyantes et instruments réutilisés<br />

2,5%<br />

97,5%<br />

On constate, sur le<br />

table<strong>au</strong> 23 (n=40) cicontre,<br />

que dans leur<br />

immense majorité<br />

(97,5%) les podologues<br />

nettoient leurs<br />

instruments en cas de<br />

réutilisation immédiate de <strong>ce</strong>ux-ci. Ce « traitement » <strong>ce</strong> fait, le plus souvent, à<br />

l’aide d’une lingette nettoyante-désinfectante. Quelques podologues précisent<br />

dans leurs commentaires que <strong>ce</strong> nettoyage n’est effectué qu’en cas<br />

d’instruments non souillés (pour les pin<strong>ce</strong>s notamment). De plus, le table<strong>au</strong> 14<br />

nous a montré que les princip<strong>au</strong>x instruments réutilisés étaient les manches de<br />

gouges et de bistouris. Ainsi, la partie « active » (lame) en contact avec le<br />

patient est changée systématiquement entre deux soins.<br />

Qualité des protocoles décrits par les podologues<br />

En observant le table<strong>au</strong> 24<br />

(n=44) ci-contre, on s’aperçoit que<br />

seulement 45,5% des podologues<br />

questionnés suivent un protocole<br />

P. SAILLANT D.U. Hygiène 2 002<br />

complet* pour le traitement de 34%<br />

l’instrumentation. En outre, 34%<br />

des praticiens ont un protocole<br />

incomplet et 20,5% <strong>au</strong>cun protocole. Ces résultats mettent l’ac<strong>ce</strong>nt, là encore,<br />

sur la disparité des pratiques dans les cabinets de podologie de ville.<br />

oui<br />

non<br />

20,5%<br />

45,5%<br />

Protocole<br />

complet<br />

Protocole<br />

incomplet<br />

Pas de<br />

protocole<br />

P. SAI LANT D.U. Hygiène 2 02


-53-<br />

* Le protocole a été considéré comme « complet » lorsque la description de <strong>ce</strong>lui-ci comportait <strong>au</strong> moins les 3 étapes<br />

standards suivantes : DÉCONTAMINATION (pré-désinfection) – NETTOYAGE / LAVAGE (ou ultrasons) –<br />

DÉSINFECTION ou STÉRILISATION.<br />

L’apport d’une <strong>format</strong>ion complémentaire en hygiène<br />

Le questionnaire comporte une partie sur l’hygiène et la <strong>format</strong>ion. A la<br />

question : « Avez-vous suivi une <strong>format</strong>ion en hygiène depuis votre diplôme<br />

d’État », 18 podologues (40,9%) ont répondu « oui » et 26 « non ».(59,1%). Il<br />

est intéressant d’explorer la corrélation qui peut exister entre le nive<strong>au</strong> de<br />

<strong>format</strong>ion des podologues en hygiène et la qualité de leurs protocoles énoncés.<br />

15<br />

10<br />

5<br />

0<br />

72,2%<br />

26,9%<br />

Pr o tocol e<br />

complet<br />

27,8%<br />

38,5%<br />

Pr o tocole<br />

incomplet<br />

0%<br />

34,6%<br />

Pas de<br />

pr ot oco le<br />

Formation<br />

hygiène<br />

Pas de<br />

<strong>format</strong>ion<br />

P. SAILLANT D.U. Hy giène 2002<br />

Table<strong>au</strong> 25 : qualité des protocoles et <strong>format</strong>ion complémentaire en hygiène<br />

des podologues de l’échantillon (n=44)<br />

Les résultats du graphique ci-dessus montrent que 72,2% des<br />

podologues ayant suivi une <strong>format</strong>ion en hygiène « post D.E. » décrivent un<br />

protocole complet. En outre, seulement 26,9% des podologues n’ayant pas<br />

suivi de <strong>format</strong>ion complémentaire en hygiène proposent des protocoles de<br />

traitement de l’instrumentation conforment <strong>au</strong>x standards établis et, un tiers,<br />

environ (34,6%), ne suit <strong>au</strong>cun protocole. De plus, la différen<strong>ce</strong> entre les deux<br />

sous groupes de podologues est statistiquement significative : p=0,003.


-54-<br />

D’<strong>au</strong>tre part, les podologues plus ré<strong>ce</strong>mment diplômés ( exerci<strong>ce</strong> ≤ 10<br />

ans) ont profité d’une <strong>format</strong>ion initiale plus complète que leurs aînés. En effet,<br />

les heures de cours con<strong>ce</strong>rnant l’hygiène sont passées de 5 heures à 20<br />

heures depuis la dernière réforme des études 31 . Il f<strong>au</strong>t rappeler que 26<br />

Exerci<strong>ce</strong> sup.<br />

à 10ans<br />

n=15<br />

Exerci<strong>ce</strong> inf.<br />

ou égal 10ans<br />

n=11<br />

programme (>10 ans).<br />

Table<strong>au</strong> 26 : qualité des protocoles selon<br />

l’ancienneté de la <strong>format</strong>ion initiale<br />

(sous-groupe de podologues n’ayant pas suivi de<br />

<strong>format</strong>ion complémentaire en hygiène n=26)<br />

praticiens de l’échantillon<br />

n’ont suivi <strong>au</strong>cune <strong>format</strong>ion<br />

en hygiène depuis leur<br />

Diplôme d’État. Sur le<br />

graphique ci-contre <strong>ce</strong>s<br />

mêmes podologues sont<br />

comparés entre eux en<br />

fonction d’une ancienneté<br />

d’exerci<strong>ce</strong> calquée sur le<br />

nouve<strong>au</strong> (


-55-<br />

En définitive, il f<strong>au</strong>t constater que les podologues traitent les instruments<br />

qu’ils utilisent pour leurs soins. D’un côté, les instruments à lames stériles<br />

interchangeables (manches) et les pin<strong>ce</strong>s non souillés subissent un nettoyage<br />

par une lingette imprégnée d’un produit désinfectant. Une étude bactériologique<br />

serait né<strong>ce</strong>ssaire pour évaluer le nive<strong>au</strong> d’efficacité de <strong>ce</strong>s lingettes. D’un <strong>au</strong>tre<br />

côté, les instruments monoblocs souillés sont remplacés et traités dans le cadre<br />

d’une procédure de désinfection ou de stérilisation. Mais, seulement 45,5%<br />

(table<strong>au</strong> 24) des podologues enquêtés suivent un protocole complet pour le<br />

traitement de leur instrumentation de soins. En outre, les trois-quart (72,2% /<br />

table<strong>au</strong> 25) de <strong>ce</strong>s mêmes podologues ont suivi une <strong>format</strong>ion en hygiène<br />

après leur Diplôme d’État.<br />

Par conséquent, il semble que l’apport d’une <strong>format</strong>ion complémentaire<br />

en hygiène soit né<strong>ce</strong>ssaire pour obtenir une harmonisation des pratiques<br />

d’asepsie de l’instrumentation, et <strong>ce</strong>la quelque soit l’ancienneté du Diplôme<br />

d’État des podologues étudiés.<br />

___________


CONCLUSION<br />

-56-<br />

_______________________________


C<br />

-57-<br />

omme nous l’avons vu <strong>au</strong> cours de <strong>ce</strong> travail, le risque infectieux<br />

existe <strong>au</strong> cabinet de podologie. Ainsi, il est possible d’établir une gradation du<br />

risque en tenant compte, à la fois, des facteurs de risque associés <strong>au</strong> soin, et,<br />

de la « fragilité » intrinsèque du patient. Il est indispensable pour tout pédicurepodologue<br />

de bien identifier le nive<strong>au</strong> de risque infectieux rencontré<br />

quotidiennement lors des soins, étant donné qu’il détermine le nive<strong>au</strong> de<br />

traitement requis des dispositifs médic<strong>au</strong>x. En s’appuyant sur <strong>ce</strong>s données, il<br />

apparaît que la désinfection est le traitement minimum adapté pour l’asepsie<br />

des instruments de podologie.<br />

Les résultats de l’étude menée dans <strong>ce</strong> mémoire débouchent sur deux<br />

constats. En premier lieu, le bon t<strong>au</strong>x de réponses semble indiqué que les<br />

podologues s’intéressent <strong>au</strong>x problèmes d’hygiène. D’ailleurs, à la lecture de<br />

<strong>ce</strong>rtains de leurs commentaires ils en font une priorité pour leur activité<br />

quotidienne. Mais, paradoxalement, en second lieu, on s’aperçoit que la mise<br />

en application d’un protocole de traitement n’est suivi correctement que par une<br />

petite moitié d’entre eux. Qui plus est, l’analyse fait ressurgir des confusions et<br />

des manques con<strong>ce</strong>rnant les trois étapes essentielles du traitement de<br />

l’instrumentation (pré-désinfection, nettoyage, désinfection ou stérilisation).<br />

Toutefois, les résultats montrent que <strong>ce</strong>s pratiques disparates peuvent être<br />

corrigées de façon significative par une <strong>format</strong>ion complémentaire en hygiène.<br />

Au regard de <strong>ce</strong>s résultats, on peut <strong>au</strong>ssi que les podologues identifient<br />

clairement les facteurs de risque infectieux même si d’un <strong>au</strong>tre côté <strong>ce</strong> risque<br />

est considéré comme mineur lors des soins <strong>au</strong> cabinet ou à domicile.<br />

Cependant, l’utilisation importante d’instruments à lames stériles jetables limite<br />

les risques de transmission croisée quand les actes sont effectués sur une<br />

pe<strong>au</strong> lésée ou dans le cas d’une effraction cutanée.


-58-<br />

Contrairement <strong>au</strong> milieu hospitalier où la prise en charge des instruments se fait<br />

par une unité de stérilisation, les podologues assurent eux-mêmes la chaîne de<br />

traitement de l’instrumentation. Pour des raisons de temps, de coût et<br />

d’agen<strong>ce</strong>ment du cabinet il est difficile d’appliquer les mêmes protocoles qu’en<br />

institution. Il importe à l’avenir d’étudier la faisabilité de méthodes de traitement<br />

des dispositifs médic<strong>au</strong>x adaptés <strong>au</strong> domaine de la podologie de ville. C’est<br />

dans <strong>ce</strong> cadre que la profession a déposé un projet d’étude <strong>au</strong>près de l’ANAES<br />

intitulé : « Pla<strong>ce</strong> et adaptation des protocoles d’hygiène en pédicuriepodologie<br />

». Ce <strong>document</strong> consensuel, une fois établi, doit répondre à l’attente<br />

des professionnels en matière de « bonnes pratiques ». Qui plus est, le<br />

questionnaire fait apparaître que 91% des podologues sont convaincus de<br />

l’utilité d’un livret de recommandations en matière de traitement de<br />

l’instrumentation. Néanmoins, il ne f<strong>au</strong>t pas négliger les <strong>au</strong>tres règles d’hygiène<br />

dont une des plus importante est le lavage des mains.<br />

Finalement, l’harmonisation des connaissan<strong>ce</strong>s et des pratiques est né<strong>ce</strong>ssaire.<br />

Mais, la volonté de <strong>format</strong>ion dépend de la conscien<strong>ce</strong> professionnelle et de<br />

l’éthique de chaque podologue.


O<br />

R<br />

-59-<br />

BIBLIOGRAPHIE<br />

_______________________________<br />

UVRAGES<br />

-BLATIÈRE V et NABÈRES A, Ongle incarné. Paris, Elsevier, EMC Podologie<br />

tome 1, 27-070-A-50, 2001, 11 p.<br />

-DE BEER P, CREUSY C, MODIANO Ph, GOSSET P, VENNIN D, Verrues du<br />

pied. Paris, Elsevier, EMC Podologie tome 2, 27-070-A-65, 1999, 6 p.<br />

-Dictionnaire Médical, 9 ème édition, Paris, MASSON, 2001, 678 p.<br />

-EVENO D., CHOMARD D., PLANCHON B., PISTORIUS M.A., Le pied<br />

vasculaire. Paris, Frison-Roche, 1998, 206 p.<br />

-HABERT Richard et SMEKENS Jean, Podologie Nouve<strong>au</strong> Verleysen.<br />

Bruxelles, Cadu<strong>ce</strong>a, 1985, 534 p.<br />

-SMEKENS Jean, Vade - Mecum de Podologie. Paris, Frison-Roche, 1995,<br />

603 p.<br />

EVUES - ARTICLES<br />

-BARAN Robert, « Onychomycoses », Revue LE PIED, Paris, N°6, dé<strong>ce</strong>mbre<br />

1990, p 17 à 21.<br />

-BOUTOILLE D., LEAUTEZ S., MAULAZ D., KREMPF M., RAFFI F.,<br />

« Infections bactériennes cutanées et ostéo-articulaires du pied diabétique », La<br />

Presse Médicale, Paris, N° 7, février 2000, p. 387 à 400


D<br />

T<br />

-60-<br />

-DRUGEON Isabelle, « La bactériologie et le domaine pédicural », Revue de<br />

Podologie, Paris, N° 47, janvier-février 1989, p. 56 à 58.<br />

-Enquête de la Fédération Nationale des Podologues, « L’avenir vous<br />

appartient », Le Podologue, Paris, N° 87, Octobre 1995, p.43 à 51.<br />

-Groupe des Assuran<strong>ce</strong>s Mutuelles Médicales, « Rapport sur l’exerci<strong>ce</strong> 2000 »,<br />

Levallois-Perret, ATP Com, 2000, p. 18<br />

-Laboratoire JANSSEN-CILAG, « Épidémiologie des mycoses du pied »,<br />

Boulogne-Billancourt, 1996 , Fiche N°1 p. 1 à 3.<br />

-SIEW C., CHANG B., GRUNINGERS S. « Self reported percutaneous injuries<br />

in dentistry : implications for HBV, HIV risk », JADA, 1992, N° 123, p. 26 à 27.<br />

OCUMENTS TECHNIQUES<br />

Agen<strong>ce</strong> Française de Normalisation, norme . NF T 72-101 : Antiseptiques et<br />

désinfectants – Vocabulaire, Paris, AFNOR Editeur, 1981.<br />

COMITÉ TECHNIQUE NATIONALE DES INFECTIONS NOSOCOMIALES,<br />

Désinfection des dispositifs médic<strong>au</strong>x. 1998, 133 p.<br />

EXTES RÈGLEMENTAIRES<br />

-Code de la Santé Publique. Loi n° 46-857 du 30 avril 1946 relative à la<br />

réglementation de la profession de pédicure-podologue.<br />

-Code de la Santé Publique Décret n°85-631 du 19 juin 1985 relatif <strong>au</strong>x actes<br />

professionnels accomplis directement par les pédicures-podologues.<br />

-MINISTÈRE DE LA SANTÉ, arrêté du 11 dé<strong>ce</strong>mbre 1998 relatif <strong>au</strong>x<br />

stérilisateurs à billes.<br />

-MINISTÈRE DE LA SANTÉ, vaccin hépatite B : loi n°91-73 du 18 janvier 1991<br />

et arrêtés des 6 février et 15 mars 1991.<br />

-Note d’in<strong>format</strong>ion sur les mesures de prévention vis à vis des contaminations<br />

professionnelles par le VIH et le VHC - DGS/DH/DRT/ n° 81 du 25 septembre<br />

1995


ANNEXES<br />

-61-<br />

_______________________________<br />

Annexe I :<br />

Princip<strong>au</strong>x instruments utilisés en podologie<br />

Annexe II :<br />

Questionnaire envoyé <strong>au</strong>x podologues<br />

Annexe III :<br />

Cours d’hygiène dispensés pendant les études de pédicuriepodologie<br />

(comparatif des programmes de 1977 et 1991)


ANNEXE I<br />

Gouges monoblocs Pin<strong>ce</strong> à mors<br />

obliques<br />

Fraise<br />

« boule »<br />

Turbine<br />

Micro-moteur avec piè<strong>ce</strong> à<br />

main et fraises<br />

Gouge<br />

à<br />

Lames<br />

Stériles<br />

jetables<br />

Turbine<br />

Pin<strong>ce</strong><br />

Princip<strong>au</strong>x<br />

instruments utilisés en<br />

podologie<br />

à<br />

Ongle<br />

incarné<br />

Contre-angle


Vous êtes :<br />

Votre âge :<br />

ANNEXE II<br />

QUESTIONNAIRE<br />

une femme un homme <br />

- de 30 ans <br />

de 30 à 40 ans <br />

+ de 40 ans <br />

Vous exer<strong>ce</strong>z depuis :<br />

- de 5 ans <br />

de 5 à 10 ans <br />

de 11 à 15 ans <br />

de 16 à 20 ans <br />

+ de 20 ans <br />

Votre lieu d’exerci<strong>ce</strong> :<br />

exerci<strong>ce</strong> en ville <br />

exerci<strong>ce</strong> rural <br />

mixte <br />

Les soins <strong>au</strong> domicile du patient représentent :<br />

Aucun 5 à 10% 10 à 30% 30 à 50% + de 50% <br />

de votre activité<br />

1. Con<strong>ce</strong>rnant l’instrumentation utilisée :<br />

• Quels sont les instruments que vous utilisez le plus souvent pour traiter les<br />

affections unguéales et kératosiques du pied ?<br />

à chaque soin souvent rarement jamais<br />

Bistouri à usage unique <br />

manche bistouri + lame jetable <br />

gouge monobloc <br />

manche gouge + lame jetable <br />

pin<strong>ce</strong>s à ongles <br />

fraises (micro-moteur, turbine, contre-angle) <br />

Autre instrument, précisez :................... <br />

• Entre chaque soin réalisé l’instrumentation est :<br />

soin <strong>au</strong> cabinet soin à domicile<br />

remplacée totalement <br />

remplacée partiellement <br />

réutilisée entièrement <br />

1/3


• A votre avis, pensez-vous que <strong>ce</strong>rtains instruments peuvent être utilisés pour<br />

plusieurs soins consécutifs ?<br />

oui non <br />

si oui, lesquels ?<br />

manche bistouri lames jetables fraises <br />

manche gouge gouge monobloc pin<strong>ce</strong>s à ongle <br />

2. Con<strong>ce</strong>rnant le risque infectieux :<br />

• Etes-vous confronté à des infections induites par vos propres soins ?<br />

régulièrement rarement très rarement jamais<br />

<br />

• Comment jugez-vous le nive<strong>au</strong> de risque de transmission d’une infection par<br />

les soins podologiques ?<br />

soin <strong>au</strong> cabinet soin à domicile<br />

h<strong>au</strong>t risque <br />

risque médian <br />

risque bas <br />

<strong>au</strong>cun risque <br />

sans avis <br />

• Selon vous, dans quel(s) type(s) de soins le risque infectieux est-il majoré ?<br />

.............................................................................................................................<br />

.............................................................................................................................<br />

.............................................................................................................................<br />

.............................................................................................................................<br />

• Etes-vous confronté à des soins avec effraction cutanée ?<br />

effraction existant avant le soin effraction <strong>au</strong> cours du soin<br />

quotidiennement <br />

assez souvent (2 ou 3 fois/semaine) <br />

rarement (2 ou 3 fois/mois) <br />

très rarement (2 ou 3 fois/an) <br />

Quand <strong>ce</strong>tte effraction cutanée existe, est-elle ?<br />

profonde superficielle <br />

3. Con<strong>ce</strong>rnant le traitement de l’instrumentation :<br />

• Utilisez-vous un moyen de stérilisation ?<br />

2/3


oui non <br />

Si oui, de quel moyen s’agit-il ?<br />

Poupinel Autoclave Autre <br />

Précisez :.........................<br />

Quel traitement faites-vous subir à votre instrumentation avant de passer à la<br />

stérilisation ?<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

• Pour vous, la stérilisation à l’<strong>au</strong>toclave des instruments de podologie est<br />

<strong>au</strong>jourd’hui :<br />

Obligatoire Préférable sans avis <br />

• Suivez-vous un protocole bien établi pour le traitement de votre<br />

instrumentation ?<br />

oui non <br />

Si oui, décrivez-le rapidement :<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

• En cas de réutilisation immédiate d’un instrument, procédez-vous à un<br />

nettoyage de <strong>ce</strong>lui-ci ? (avec une lingette désinfectante par exemple)<br />

4.Hygiène et <strong>format</strong>ion :<br />

oui non <br />

• Avez-vous suivi une <strong>format</strong>ion en hygiène depuis votre diplôme d’Etat ?<br />

oui non <br />

• Pensez-vous qu’un livret de recommandations con<strong>ce</strong>rnant le traitement de<br />

l’instrumentation de podologie serait utile ?<br />

oui non <br />

• Connaissez-vous le métier d’hygiéniste ?<br />

oui non <br />

Vos commentaires sur le questionnaire :<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

....................................................................................................................<br />

3/3


ANNEXE III<br />

Cours d’hygiène dispensés pendant les études préparatoires <strong>au</strong><br />

diplôme d’état de pédicure-podologue<br />

Ancien programme des études<br />

(Article 9 de l’arrêté du 22 mars 1977)<br />

Nouve<strong>au</strong> programme des études<br />

(Décret n°91-1008 du 2 octobre 1991)<br />

Hygiène : 5 heures Hygiène : 20 heures<br />

Hygiène :<br />

- du pédicure-podologue<br />

- du patient<br />

Asepsie et stérilisation :<br />

- des instruments<br />

- des matéri<strong>au</strong>x de pansement<br />

- des ustensiles<br />

- des loc<strong>au</strong>x<br />

a) Généralités :<br />

1. Les agents infectieux<br />

2. Notions d’épidémiologie<br />

b) L’infection :<br />

1. Les sour<strong>ce</strong>s d’infections :<br />

- personnels<br />

- patients<br />

- matériels<br />

- loc<strong>au</strong>x<br />

2. Les modes de transmission.<br />

3.Démarches en cas d’infection déclarée.<br />

c) Prévention :<br />

1. Principes d’asepsie-antiseptie.<br />

2. Prophylaxie individuelle.<br />

3. Gestion du matériel :<br />

- décontamination<br />

- désinfection<br />

- stérilisation<br />

4. Entretien des loc<strong>au</strong>x<br />

5. Les circuits :<br />

- des personnels et des patients<br />

- des matériels<br />

6. Traitements des déchets :<br />

- solides<br />

- liquides<br />

d) Notions d’hygiène hospitalière :<br />

1. Les infections nosocomiales<br />

2. Comité de lutte contre l’infection<br />

nosocomiale.<br />

3. Les acteurs dans l’hôpital.<br />

4. La prévention et le traitement.

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