Dimanche 22 mars

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Dimanche 22 mars

Pour vos vacances : UNE BELLE CROISIÈRE EN ADRIATIQUE (Voir page 14.)

QUATORZIEME ANNEE. — ■ N° 683

DIX ANS APRÈS..

^^ m»"'"""'

|LtW

Voici la dernière page du traité de Locarno, document historique

d'une haute portée internationale et qui, pendant plus de dix

années, maintint la sécurité de l'Europe. On y aperçoit, de haut

en bas, les signatures de MM. Luther et Stresemann, pour l'Allemagne

; Vandervelde, pour la Belgique ; Briand, pour la France ;

Baldwin et Chamberlain, pour l'Angleterre ; Scialoja, pour l'Italie.

MARINE DE GUERRE ET DE PAIX

L'achèvement du superbe transatlantique anglais Queen-Mary se poursuit,

et bientôt le navire prendra la mer. Cet aspect nocturne du rival

de Normandie, illuminé par les projecteurs, forme un contraste saisissant

avec les énormes pièces à longue portée du Royal-Sovereign

(à droite), et à l'ombre desquelles trois cents jeunes matelots effectuent

des exercices d'assouplissement, sous la direction de moniteurs.

50 CENT. 22 MARS 1936

LES CHASSEURS ARDENNAIS, GARDES-FRONTIÈRES

Notre amie la Belgique conserve son calme, mais elle n'en

affirme pas moins sa volonté d'aider au respect des traités.

Voici, devant le célèbre hôtel de ville de Visé, détruit en

1914 et restauré depuis, un groupe de chasseurs ardennais.

Au-dessous, le transport d'une mitrailleuse légère, à Arlon.


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■Mnùi.u Lg 22 MARS 1936 UIIIMIIMI HiammutiiiiiHuitiiiiiiiiiiiHiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiQ u ATO R.Z\ÈME ANNEE* N° 682'

m

DIMANCHE ILLUSTRE

ENTRE NOUS

par CLÉMENT VAUTEL

ta U

a / eus tes ce no s...

REFLEXIONS

: par FRANK CRANE

L 'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS LE CROIRIEZ-VOUS ?

LE SOLDAT POÈTE

ET CURIEUX vient de publier A nature offre aux curieux l'observation d'êtres u Japon, où la dernière crise politique s'est si dif-

un document qui eût vivement in- L doués de biens singulières facultés. Ainsi, vous A téressé G. Lenôtre et qui ne laisficilement

dénouée, l'idole de la jeunesse milita-

avez, au moins, entendu parler des hydres, ces pesera

pas indifférents les lecteurs du

riste est le fameux général Araki. C'est l'homme le

tits animaux à allure de végétaux qu'on trouve dans

regretté spécialiste de la « petite

plus populaire de l'Empire.

les mares, sous les feuilles circulaires des lentilles

Histoire ».

d'eau. Elles ont la bizarre propriété de pouvoir être

Sa doctrine, on la trouve résumée dans cette phrase

C'est un brevet d'invention, dé- retournées à la manière d'un doigt de gant. Cette poétique :

livré en 1764, par Colbert, à opération du retournement de l'hydre est assez facile, « Les trésors de notre trône sont triples : le miroir

« dame Françoise d'Aubiqné, veuve pour que nous la décrivions avec quelques détails dans de la justice, le collier de la vertu divine et l'épée. le

du sieur Scaxron », et l'autorisant l'intention des lecteurs qui voudront la tenter. Comme symbole du courage samouraï et de la haute destinée

à exploiter un nouveau « four à l'hydre est de trop petite taille pour qu'on puisse la du Japon. »

pâtisserie ». A cette époque, la manier dans son état normal, l'expérimentateur doit, Car le général Araki, en bon nippon, est poète à ses

« veuve Scarron » ne se doutait avant tout, chercher à accroître le volume de. l'animal

quère que le « roy », au nom du-

heures.

et à dilater autant que possible sa cavité. Ce qui est

quel ce brevet lui était délivré, fe- très aisé, tant l'animal est glouton. On trouve, à Paris,

rait d'elle une quasi-reine et Louis des vers rouges, destinés à la nourriture des poissons ;

XIV n'avait pas non plus le moin-

LE MARIN CAVALIER

ce sont les larves d'un diptère, le chironome plumeux.

dre soupçon de cette merveilleuse On présente une de ces larves à l'hydre qui se met LE glorieux amiral Beatty, le héros de la bataille

aventure.

en mesure de l'avaler, bien qu'elle ne soit guère plus navale du Jutland, vient de mourir couvert d'hon-

Le texte en question est suivi, grosse qu'elle. Quand la proie a disparu, on prend

dans l'Intermédiaire, de ces liqnes :

neurs. Il était extrêmement populaire dans la marine

l'hydre dans le creux de la main gauche avec un peu

« On iqnore si la future Mme de

britannique.

d'eau, puis, avec une soie de porc, on refoule len-

Maintenon mit à profit ce brevet. tement vers l'intérieur le fond du sac qui constitue le

C'était un passionné du cheval, quoique marin.

Si cette invention avait eu un grand polype. Quand on a réussi à l'y faire pénétrer d'une Et ce n'est pas pour rien qu'on l'appelait « le cava-

succès, que seraient devenus Saint- certaine quantité, il arrive habituellement que le relier des mers. » L'image valait au propre et au figuré.

Cyr et YEsther, et YAthalie, de tournement s'effectue brusquement, à la suite de mou-

Racine ? »

vements que fait l'animal ; sinon on continue à re-

Vivant modestement de son infouler le sac jusqu'à ce que le retournement complet

vention, la veuve Scarron aurait soit obtenu. Cela fait, on embroche l'hydre, près de sa LA PLUS PETITE SOMME

mené une existence moins brillante bouche, avec une nouvelle soie, de manière à l'em- CELA que celle de reine in partibus...

s'est passé au début de ce mois en Normandie.

pêcher de se « déretourner ».

Peut-être aussi plus heureuse, s'il

Le greffier d'un tribunal de commerce a adressé

est vrai que le bonheur est promis

une lettre ainsi conçue à l'un de ses ressortissants :

aux gens et aux peuples qui n'ont

« Comme créancier admis du sieur Y..., vous êtes

pas d'histoire. Mais il n'y aurait

pas eu de Saint-Cyr pour les jeu-

AMIS DE CLUB

informé qu'à partir de ce jour, vous pourrez vous présenter

à l'étude de M' V..., aeoué en notre ville, pour

nes filles nobles — remplacées de- PIERRE-ETIENNE FLANDIN, notre ministre des recevoir la somme de 0,00962 sur le montant de votre

puis par les futurs officiers — et M. Affaires étrangères, vient de défendre à Lon-

nous serions privés des pieuses

admission »...

dres, avec beaucoup de fermeté, les thèses françaises

tragédies de Racine... Par contre

L'histoire ne dit pas comment s'est effectué ce rè-

— quelle compensation ! — pas de sur la sécurité.

glement peu banal !

révocation de l'Edit de Nantes, Notre ministre compte de nombreux amis person-

puisque cette mesure a été pris-e nels dans te monde de la politique et de la finance

par le Roi-Soleil sous l'influence dans la capitale britannique.

BONTÉ

— à en croire certains historiens Il appartient encore, comme membre d'honneur, à

N — de Mme de Maintenon.

ous avons vécu une semaine de bonté. Ce qui

un grand club de tennis de la Cité, dont font partie

Il serait peut-être amusant

faisait dire à notre humoriste national M. Tris-

également trois membres du cabinet Baldwin.

d'imaginer ce qu'eût été, sans Mme

tan Bernard :

Et les « tennismen » britanniques soutinrent les pre-

de Maintenon, ce chapitre de l'His-

— Nous vivons sept jours bien ennuyeux. Aveztoire

de France... De même nous miers notre position.

vous remarqué que, seule, la méchanceté est une

pourrions fabriquer des romans

source de plaisir ? Elle seule procure de grands agré-

très approximativement historiques

ments. Mais nous avons, cette année, 359 jours pour

en répondant à des questions de ce LES 616

nous rattraper !

genre :

LA prochaine chambre qui sera élue le 26 avril et le

Que serait-il advenu si Louis 3 mai comptera 616 députés. La dernière Assem-

XVI n'avait pas été arrêté à

SIMPLICITÉ

Varennes, s'il avait pu franchir la

blée, dont les pouvoirs arrivent à expiration le 31 mai,

frontière ?

n'en groupait que 614.

L

E célèbre couturier Jean Patou, disparu prématuré-

Si le général Napoléon Bona- En 1932, l'architecte du Palais-Bourbon avait déjà ment, était un véritable « ambassadeur » de l'art

parte, alors aigri, découragé, avait dû faire des prodiges pour caser tout son monde dans français. Il avait su maintenir à la mode parisienne le

donné suite à son projet de prendre l'hémicycle.

privilège inestimable de la qualité.

du service dans l'armée du Grand Deux sièges de plus! Voilà un problème nouveau Il avait pu présider encore à l'organisation de sa

Turc ?

à résoudre.

fameuse collection de printemps.

Ou si son neveu, le prince Louis- On « mangera », paraît-il, un peu plus sur le banc Belle définition de l'art français.

Napoléon, avait été tué alors que,

des ministres !

— Mon secret, disait-il, c'est d'être simple 1

sous la blouse du maçon Badinguet,

il s'évadait du fort de Ham ?

Beaux prétextes à développements,

à déductions plus ou moins

invraisemblables... Et le fait est

qu'il eût suffit de modifier un seul

épisode de l'Histoire — point n'est

même besoin d'un remaniement bien

profond — pour changer le destin

des empires et lui faire prendre loiquement,

un tout autre cours

Ï"etites causes, grands effets

! Mais j'y pense, Pascal

a dit tout cela en

deux lignes : « Le

nez de Cléopâtre,

s'il eût été plus hpowtxU vue JCU tcuùu>i&gu&

court, toute la

face de îa

PREVISIONS FOCB pltériennè. Excellentes chances en général. Maie on

LA SEMAINE. — DI- a le caractère « pointu ». Ne reprochez pas à ma-

terre aurait

MANCHE, 0 A 12 heures. dame ses dépenses un peu trop faciles aujourd'hui.

changé. »

— Profitons du t>on état MERCREDI, o à 1» heures. — Accidents noctur-

d'esprit qui règne ce manes. Prudence. A 6 heures, Soleil-Lune harmoniques.

tin. Accord facile, indul- Bonne humeur, succès pour les démarches. Optigence.

Quelque prudence misme et bienveillance.

dans vos voyages et tout ira 12 à 2b heures. — Oui ! mais voici Jupiter qui se

bien. Aimable déjeuner. renfrogne. Vers 14 heures la chance nous échappe.

12 à 21, heures. — Allons bon ! Querelles familiales, voyages scabreux. L'amour,

Nos joyeux convives perdent leur sournois, fait craindre quelques coups de canif...

bonne numeur ! Vers 14 heures, JEUDI, 0 à 12 heures. — Fâcheux esprit, acrimo-

Lune-Jupiter sèment la discorde, ntnie, mécontentement. Réagissons, car les chances

On se cnamaiHe en famille, on se 3ont bonnes pour les gens d'affaires et les intellecboude.

« Veine » envolée ! Soirée tuels. Mercure est bénéfique,

morne. Les natifs auront beaucoup a 24 heures. — Jusque vers 15 heures, mauvais

d'ennemis. éclairage Lune-Jupiter. Ensuite Mar3 apporte son

LUNDI 0 à 12 heures. — Lune dis- aide aux combatifs. Dîner gai, en famille,

tribue quelques chances en affaires et VENDREDI, 0 à 12 heures. — Bon Uranus Sucen

amour. Mais aussi des ennuis domesti- ces industriels et scientifiques. Vera 10 heures,

ques et un moral fort moyen. Toutefois, Soleil-Lune, harmonieux, viennent nous doter d'un

l?.nagination est féconde. aimable optimisme.

12 à 21, heures — Influx contradictoires per- 12 à 21, heures. — Jusque vers 19 heures, nous

mettant sans doute quelque activité, mais sa- profitons de cette agréable influence. Puis, Mars

cernent raisonnée Scènes de jalousie. Après mettant les nerfs « en pelote

», l'amour lui-même en

16 heures évitez les discussions. Soirée paisible, pâtira Dâtira. Natifs circonspects,

circonspects.

favôrVhle aux affections SAMEDI 0 à 12 heures. Nuit maléfique. Actes

MARDI 0 à 12 heures — Dangers de circulation, c'e banditisme et de démence. Accidents de voyages. voyages

Tn^é^p^ancpU RUSKIN, qui a écrit sur Kârt tant

de pensées belles et profondes,

a dit un jour que les hommes pourraient

vivre sans tableaux mais

qu'ils vivraient moins bien.

Cette parole peut s'appliquer en

bien des occasions de la vie.

L'homme a des besoins immenses,

mais peu de choses lui sont absolument

indispensables.

Le mécanisme de la vie est infiniment

compliqué, mais il faut un rien

pour le mettre en mouvement.

Que faut-il pour faire vivre un

corps humain ? Un peu d'eau, de

pain, d'air.

Mais c'est justement dans la

marge qui est en dehors de ces besoins

impérieux que s'inscrit tout

ce qui rend la vie digne d'être

vécue.

La beauté de la musique est un

bien sans lequel certains êtres ne

sauraient vivre. Ils le disent et cependant

si leur âme n'est pas touchée

par la suavité de la musique,

ils ne meurent pas, ils végètent seulement.

La vie continue, mais elle

n'est plus la même.

Les voyages forment l'esprit, enrichissent

le cceur, ajoutent à l'expérience

et au savoir; pourtant c'est

là une chose dont on peut se passer.

Il m'a été donné de parler à

une vieille montagnarde qui habitait

nc\ loin d'une ville captivante

où elle n'avait jamais mis les pieds.

Il est certain qu'elle ne s'en portait

pas plus mal, mais une pareille

absence de curiosité confond.

L'instruction, la culture ne sont

pas des choses indispensables. Un

homme qui n'a jamais lu une ligne

de sa vie ou, chose pire, s est

contenté de sommeiller sur les faits

divers d'un journal, peut être plus

heureux, vivre plus longtemps qu'un

érudit à la tête bien meublée. Il

peut vivre plus longtemps, mais pas

aussi bien.

Les chefs-d'œuvre de la littérature,

les plus beaux vers, qui sont

la vraie nourriture de l'esprit, sont

souvent négligés sans qu'on en

souffre visiblement. Bien des gens

ont vécu une existence entière sans

avoir jamais entendu parler de Victor

Hugo.

L'homme peut vivre sans religion.

Son corps agit et fonctionne

même si son âme ne s'est jamais

éveillée.

L'amour des fleurs, des oiseaux,

de la nature n'a peut-être aucune

part dans notre existence, et celleci

coule sans l'enivrant bonheur

que donnent le parfum de la rose,

les trilles du rossignol, la vue d'un

coucher de soleil sur la mer.

Le plus grand grief qu'on puisse

faire à la pauvreté est qu'elle nous

oblige à renoncer aux choses « dont

on peut se passer » pour acquérir

celles qui sont indispensables à

notre corps.

Est-il une souffrance plus vive

que celle de la malpropreté à qui

a toujours vécu dans le raffinement

? Mais on se croit au

ciel lorsqu'après un long

voyage en chemin de fer

on connait la joie des

ablutions et du

'opinion de CasVwTurrm linge frais. Oui,

on peut vivre

PREVISIONS POUR LA SEMAINE. dit Nord-

sans tous ces

— Les variations de l'activité solaire E s t mo-

plaisirs, mais on

paraissent correspondre aux divers déré.Quel- mouvements du Soleil et toute diminuques aelées vit moins bien.

tion de cette activité coïncide généra- sont probalement

avec un abaissement de la bles, su r t ou t

température et la prédominance des dans le Centre

temps secs. Inversement, toute aug- et l'Est.

mentation dans le nombre et dans JEUDI. — Au-

l'étendue des taches solaires est suivie cune perturbation

du moins dans nos régions, d'une élé- n'i ntéresse la

vation de la température accompa- France où le boau

gnant des temps troublés et pluvieux. temps persiste, bru-

DIMANCHE. — La conjonction des meux dans la moitié

ondes solaires nous fait craindre une Nord-Ouest, nuageux

violente perturbation avec choc élec- dans la moitié Sud-Est.

trique pouvant occasionner des mou- Température en légère

vements sismiques, sans qu'il soit pos- hausse.

sible d'en préciser l'intensité ni la VENDREDI. — Utie dé-

localisation.

pression aborde nos côtes

LUNDI. — Amélioration momenta- d-e la Manche et traverse

née avec baisse de la température la France du Nord-Ouest

dans l'Ouest, alors que les autres ré- au Sud-Est. Elle amène sur

gions sont encore soumises au régime son passage des bourrasques

pluvieux.

pluvieuses pouvant être mélan

MARDI. — L'atmosphère s'assainit gées de grêle.

partout. Les vents remontent au Nord- SAMEDI. — Amélioration pro-

Ouest puis au Nord. Les pluies cessent gressive après le passage de la

excessrve "Mais intelligence claire, ins- Prudence en paroles et en actes.

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NOS CONTES D'ACTION

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IIMlîtlMItliltmMItMMIllMtltMMIlHH LE 22 MARS 1936

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Le Crime de Sainte-Euphrasie

ONSIEUR CANUARD, fuge d'instruction,

posa ses lunettes sur la table et,

plongeant son regard aigu dans les

yeux de l'inculpé, dit :

— Résumons-nous, Villenières. Le vendredi

1" juin, vous avez délaissé votre bureau

l'après-midi pour aller aux courses.

Vous y avez perdu votre mois. Puis, on ne

sait pourquoi, en rentrant dans Paris, vous

êtes entré dans l'église Sainte-Euphrasie.

Effet peut-être d'un vacjue remords ou du

souvenir de votre enfance. Car vous êtes de

bonne famille. Mais le goût immodéré des

arts vous a perdu. A-t-on idée encore en

1936 de briguer un prix de Conservatoire,

quand il est avéré que la plupart de ses lauréats

crèvent de faim ? Vous en avez fait la

dure expérience. Par bonheur vous avez eu

cinq entants. Vous avez donc été contraint

de vous mettre au travail et êtes devenu de

ce fait un employé médiocre. Mais passons...

Le vendredi 1"' juin donc, retour des courses

après une infortune complète au jeu... Laissez-moi

parler... Vous êtes entré dans

Sainte-Euphrasie. Vous êtes monté à la tribune.

Vous aviez certainement de fort mauvaises

intentions, car vous avez verrouillé

avec le plus grand soin la porte de l'unique

escalier qui y conduisait. Une demi-heure

plus tard, on vous y a découvert auprès d un

cadavre — celui du baron Guido-Moretta.

Le baron avait été proprement étranglé au

moyen d'un lacet. Vos poches étaient bourrées

de billets de banque. Aucune dénégation

n est possible. On a même relevé sur

la personne du baron vos empreintes digitales.

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par EDGE TREMOIS

» Pour donner le change — vous

souvenant sans doute de vos années du

Conservatoire — vous avez bien quelque peu

touché de l'orgue. Le sacristain, en entendant

vos accords, a d'abord cru que c'était

| l'organiste titulaire, M. Eliastevitch, qui

j s'exerçait pour la solennité du dimanche et

n'y a pas prêté attention. Mais quand

M. Eliastevitch est yenu lui-même dans la

sacristie réclamer qu'on lui ouvrît la porte

de l'escalier, le sacristain s est soudain douté

de quelque chose d'anormal. Assisté de

M. Eliastevitch en personne, il a vainement

tenté de se faire ouvrir ladite porte. Vous

lui avez opposé le silence le plus absolu. 11

a donc été quérir la police. A l'arrivée des

agents, vous avez tenté de vous évader par

une rosace, dont vous aviez préalablement

brisé les vitraux. C'est là sur la galerie extérieure

de l'église que vous avez été pris —

couvert de sang.

» La mort du baron Guido-Moretta n'est

évidemment pas une bien grande perte. Vous

savez qu'il était accusé d'avoir perpétré

l'assassinat d'un très célèbre personnage,

mêlé de près à la politique et je ne vous

apprendrai rien en vous disant que, depuis

une semaine, il était discrètement surveillé

par ia Sûreté nationale.

» Or, sa mort par votre main éclaire la

prestigieuse affaire, que je viens d'évoquer,

d'un jour nouveau et sinistre. Il y a gros à

parier qu'un intérêt dépassant de beaucoup

ies billets de banque, que l'on a trouvés sur

vous, a guidé votre bras. Vous" n'êtes plus

à cause de cela un criminel banal. Vous

devez le savoir par le nombre de lettres de

femmes, que vous recevez depuis quelques

jours. Conclusions : de deux choses l'une :

ou le baron était votre complice dans l'affaire

politique en question et vous vous êtes

vengé de lui pour une raison qui reste à

découvrir ; ou vous êtes l'instrument d'intérêts

considérables... Il ne reste plus que

cette alternative à élucider... Vous ne voulez

rien dire ?... Ce sera donc l'objet de votre

prochain interrogatoire, car celui-ci dure

déjà depuis six heures d'horloge et je ne puis

attendre votre bon plaisir pour... aller déjeuner.

» Vous devez être surpris, Villenières.

que j'aborde aussi franchement les questions

les plus délicates. C'est ma méthode. )e n'ai

jamais — avec les criminels d'envergure

comme vous — essayé de plaider le faux

pour savoir le vrai. Ma franchise directe a

presque toujours provoqué les aveux. J attends

les vôtres...

» Non, encore une fois ?... Vous n'êtes pas

décidé ?... Ce sera pour demain... Reconduisez

Ville... mais qu'y a-t-il, maître ? »

L'avocat de Villenières avait fait signe au

juge qu'un inspecteur, entré dans la pièce

depuis un instant déjà, manifestait l'intention

de lui parler. Le juge se retourna. L'inspecteur,

après l'avoir salué, lui tendit une lettre.

Alors M. le juge d'instruction Canuard lut

attentivement ce qui suit :

« A monsieur le commissaire de police du

quartier de Belîeville. — Ce 17 juin...

» Monsieur le commissaire,

» Dans quelques minutes je ne serai plus

qu'un suicidé. Voilà pourquoi je tiens à libérer

ma conscience. Cinq années dè travaux

forces — à peu près autant de prison — dixsept

condamnations. C'est un lot respectable.

Il est donc superflu de me pleurer, ni d accuser

personne de mon décès. Je dois cependant

vous informer que cet imbécile de Canuard.

le juge d'instruction, est en train de se

lancer dans une belle erreur judiciaire dans

l'affaire de Sainte-Euphrasie. Villenières, ce

pauvre raté, mais ce grand artiste, n'y est

pour rien. Qu'on le relâche avec des excuses

! Voici mes raisons : j'étais le 1 er juin

aux courses avec cette fripouille de Guido-

Moretta, qui, se sentant surveillé, avait les

foies. Pour être plus tranquille, l'un comme

l'autre, nous passâmes du pesage à la pelouse.

Là, nous repérâmes un pauvre bougre,

fou d'une joie mal contenue parce qu'il venait

de toucher la forte somme sur Khamador

(24 contre 1 ). Avec soin et défiance il

cachait ses billets gagnés dans son portefeuille.

Nous nous sommes poussés du coude,

Guido et moi, et l'avons suivi. Il nous a emmenés

jusqu'à Sainte-Euphrasie. Il est monté

à la tribune. Nous ne le lâchions plus. Mais

brusquement il est revenu sur ses pas. Nous

nous sommes dissimules sur un palier. Il nous

a frôlés sans nous voir. Puis nous avons

entendu derrière nous le déclic d'un verrou

Nous avons d'abord cru qu'il en était, nous

avait visés et nous enfermait. Mais quand

nous le vîmes remonter allègrement, nous

respirâmes. Il n'y avait personne dans la

tribune. D'un coup d'oeil nous avons jugé

tous ies deux que le lieu et l'instant étaient

propices. Aucun danger d'être dérangés. On

pou:rait même — le coup fait — enjamber

la balustrade de la tribune et s'esbigner.

Puis, ni vus. ni connus, je t'embrouille, les

agents se seraient débrouillés avec la porte

pendant un bon bout de temps. J'avais donc

D réparé mon lacet — car je suis spécialiste

dans ce genre de sport. (Rappelez-vous Ja

rue Mouffetard et la soupente de la rué

Guisarde) quand tout à coup Villenières

s'installa aux grandes orgues.

» — C'est le moment, me glissa le baron.

» J'allais donc, lacet en main, m'approcher

de lui par derrière quand soudain de la

musique s'est envolée. Et quelle musique !

Que voulez-vous monsieur le commissaire

— on aime ça ou on ne l'aime pas — moi. je

l'aime. De plus les grandes orgues m'ont

toujours épaté. D'autant plus que j ai travaillé

deux ans chez Cavaillé-Coll comme

spécialiste. Vous le savez aussi bien que moi.

' » Trênte-deux pieds, les orgues de Sainte-

Euphrasie, cinq claviers, un pédalier complet,

comme à Notre-Dame. La grande,

classe, quoi. Il fallait être calé pour oser

se servir d'un truc pareil. .Je me suis dit:

« Qu'est-ce qu'il va nous passer, ce petit :

employé ? Quelle salade va-t-il faire avec les

fonds, les anches, les mixtures ? Il va confondre

-au moins le positif avec le clavier de

récit... Va te faire fiche. J'en ai tout de suite

été bien épaté. D'abord des staccatos qui

vous faisaient onduler le cceur — puis un •

appel de voix célestes soutènu par les violes

—■ quelque chose comme des voix

d'homme et de f emmè mêlées. Et puis il était

lancé ! Voilà que des sonorités de harpe

se déclenchent comme dans le ciel de

M. Gounod à l'Opéra, mais bien plus mieux

encore... et puis des flûtes de toutes les tessitures!

Alors, moi, voyez-vous, les flûtes,

quand elles chantent de cette façon-là. ça méfait

toujours penser au gazouillis des oiseaux,

aux frissons de la brise, au parfum des

fleurs... — Vas-y, mais vas-y donc, que me

soufflait le baron. Et je lui répondais : « Mi-\

nute. Il m'intéresse, ce coco-là. »

» Puis, voilà que la petite flûte soudain domine

tout. Et c'est une impression d'orgie ,

diabolique dans laquelle se détachent le hautbois

et le cor anglais de la Damnation... .

» Enfin mon Villenières se met à chroma-tiser.

Non, mais des fois, vous rendez-vous

compte ? Et toutes les couleurs de sons y

passent. L'orgie s apaise. Les sonorités frô-.

Tantes des bourdons déclenchés par son inspiration

— car il improvisait, le bougre —.

deviennent douces, pénétrantes. Je sens une

larme au bord de ma paupière.

» — Si t'y vas pas, glapit le baron, j'y va.

moi.

» — Eh bien ! vas-y, que je lui fais. Moi,

je n'en ai pas le cœur.

» Alors le baron s est approché en tapinois

du pauvre Villenières.

» A ce moment la voix souffreteuse de- la "

contrebasse épousait celle de,la clarinette-alto

— s'y fondant en un moelleux si tendre,

que ça vous prenait aux entrailles. J'ai vu le

poinq du baron levé prêt à s'abattre. On n'a "

pas le droit d'arrêter en le tuant le chant"

du rossignol. Je n'ai fait ni une ni deux. J'ai

bondi comme un chat et le lacet destiné à

Villenières, c'est le baron qui l'a eu autour

de son cou. Il n'a pas fait ouf 1 Le chant

merveilleux ne s'est pas arrêté. Et pendant

un long moment j'ai continué à écouter dans

l'extase. Mais bientôt la raison m'est revenue.

J'ai compris que le baron était passé

gentiment dans l'autre monde et tandis que

les grandes orgues ne se lassaient plus de

pleurer inconsciemment sur lui — comme

une voix d'outre-tombe — je me suis glissé

jusqu'à la balustrade que j'ai franchie d'un

saut pour me recevoir dans la galerie intérieure,

d'où je me suis carapaté.

» Villenières n'a dû s'apercevoir de rien

tout de suite, car je l'ai entendu improviser,

encore un bon moment. Puis tout à coup les

orgues se sont tues. C'est alors qu'il a sans

douté aperçu le grand corps du baron.

D abord il a dû ne rien comprendre. Pris de

peur — car on frappait à la porte du bas —

il y a tout à parier qu'il a dû essayer de fuir. .

» Maintenant, monsieur le commissaire,

que j'ai lâché le paquet, ie vous serais reconnaissant,

de l'au-delà où j'arriverai dans un

instant, de faire tout ce qui sera en votre

pouvoir pour qu'on libère ce pauvre Villenières...

et qu'on veuille bien lui confier le

plus tôt possible la place d'organiste qu i! a

bien méritée.

» Signé : JEAN NUSSERAIN,

» repris de justice.

M. le juge d'instruction Canuard hocha

la tête, toussa et dit à Villenières :

— Le témoignage que je viens de recevoir

est formel. Dès vérification, qui ne peut

faire l'ombre d'un doute, il va être de mon

devoir de vous libérer... Mais... voyons... ça

n'a pas l'air de vous agréer.

Villenières, totalement abruti, bafoui'la :

— Excusez-moi, monsieur le juqe d instruction,

je n'y vois plus clair. Il n'y a qu'un

instant même j'étais un criminel de marque

— tout le monde s'occupait de moi. J'avais

les honneurs des premières pages de la

presse. Je recevais pauvre petit employé

doublé d'un artiste raté --- des épîtres

enflammées. Bref, j'étais quelque chose. Subitement

je retombe dans le vulgaire... le

néant. On serait déconcerté à moins...

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LE 22 MARS 193A mmiii.itm • ■■ < u iMiiiiiiaiiiii.ini «•■••• ■umuiuiHmM g •«■miiminâniinHniniiiiiiiiim ■■■■■rtlijii MmMminiiinmHimnnnuill Di MANCHE-ILLUSTRÉ -

MASSÉNA A GÊNES

OCCUPANT avec son armée le demi-cercle que forment

les montagnes entre Nice et Gênes,

Masséna devait empêcher les Autrichiens de

déboucher de l'Apennin vers la mer. Or, le

5 avril 1800, il se laissa surprendre par l'ennemi

qui sépara l'armée française en deux tronçons ;■

l'un sous les ordres de Suchet, fut rejeté sur Nice, l'autre,

directement commandé par Masséna, recula sur Gênes.

En ce début d'action, les Français n'avaient pu opposer

en tout, il faut le dire, que 35.000 hommes à 120.000 ennemis.

Après deux jours de combat, le 6 avril au soir, 15 à

18.000 des nôtres, épars sur le front, se rallièrent, sans

désordre, dans Gênes dont les Autrichiens commencèrent

d'envelopper les forts, sur les hauteurs.

Une grande partie des habitants de la cité que nous

allions défendre étaient, certes, favorables aux Français

qui avaient supprimé le redoutable et impopulaire gouvernement

oligarchique. Néanmoins, il restait de très nombreux

partisans du régime aboli, appelant de leurs vœux

les Autrichiens. La population des villages environnants

nous était nettement hostile et pendant la bataille, les cloches

de toutes les églises campagnardes avaient sonné le

tocsin, appelant les paysans à la révolte.

Et tandis que le canon autrichien tonnait, l'escadre

anglaise arriva, toutes voiles dehors, à l'entrée du port.

Ses navires paradèrent à faible distance, déployant avec

orgueil le pavillon britannique, en signe de menace contre

une ville qui recueillait une armée française et qu'ils coupaient

déjà de toute relation maritime.

Dans la cité gagnée par la panique,, nos meilleurs amis

ne doutaient point de notre débâcle ; nos ennemis ne craignaient

pas dafficher leur joie.

Masséna ne perdit pas de temps à rassurer les uns et à

châtier les autres ; dès l'aube du lendemain, il quittait

Gênes, formait ses troupes en trois colonnes qui, surprenant

les Autrichiens et manœuvrant avec- autant d'habileté

que de vigueur, enveloppèrent, écrasèrent ou acculèrent

aux précipices les diverses fractions ennemies qui avaient

occupé les avancés de la ville. Celle-ci était largement dégagée,

le soir même, et Masséna rentra en triomphateur

dans Gênes où nul ne s'affirmait plus ennemi des Français

et où chacun se disputait l'honneur de recevoir chez soi

nos soldats.

Cette action, pour si brillante et si réussie qu'elle avait

été ne suffisait pas. Il fallait ressouder les deux tronçons

de l'armée de Lignère, reprendre contact à travers les masses

ennemies avec les unités de Suchet. Celui-ci fut prévenu

par des officiers qui purent gagner Nice sous des déguisements,

des intentions de Masséna, du jour où l'armée de

Gênes ferait sa sortie et de l'action qu il devrait lui-même

entreprendre.

L'opération commença le 9 avril au matin. Le général en

chef laissa dans la ville une garnison suffisante et, à la

tête d'une dizaine de mille hommes, divisés en deux colonnes,

entreprit la plus audacieuse des manœuvres. Le terrain

en montagne était extrêmement difficile; l'ennemi dix

fois plus nombreux que nous.

On se battit dans des gorges et au bord des précipices.

Il y eut des témérités qui réussirent merveilleusement, des

ruses qui permirent des succès contre toute vraisemblance,

et l'on vit Masséna lui-même charger un jour avec trente

hussards des escadrons qui avaient mis à mal un de ses

bataillons et qui s'enfuirent devant lui. Vingt fois, par leur

habileté et par leur courage, les Français échappèrent à

des écrasements certains ; tout de même, il fallut renoncer

à l'impossible, et revenir à Gênes sans avoir percé l'ennemi,

mais en poussant devant soi presque autant de prisonniers

qu'il restait d'hommes dans nos unités.

En voyant réapparaître cette armée de héros, les Génois

les reçurent en les couvrant de fleurs ; Masséna fut

acclamé comme un triomphateur. Pourtant s'il souriait à

la foule qui empêchait son cheval d'avancer, il ne pouvait

par H. DE FELS

Peu de sièges, parmi les plus mémorables, ont

atteint en horreur celui que soutinrent, en

avril et mai 1800, les Français dans Gênes ;

peu, non plus, ont révélé un chef d'une énergie

aussi farouche que celle de Masséna, luttant

jusqu'à épuisement complet, à la tête

d'hommes affamés. A la vérité, Masséna,

général de l'armée de Lignère, n'avait point

été capable d'exécuter avec la largeur de vues

nécessaire les instructions que le Premier

Consul lui avait envoyées de Paris, au début

de la campagne. Brave, hardi, opiniâtre, ayant

le coup d'œil juste et la conception rapide,

Masséna pouvait gagner des batailles, mais il

manquait de l'envergure nécessaire pour mener

à bien une vaste manœuvre. C'est à dépeindre

le rôle joué par ce chef glorièux aux

qualités cependant réelles, que s'est attaché

notre collaborateur H. de Fels.

plus douter à cette heure d'enthousiasme que de sombres

jours commençaient. • ~

Il prit des mesures immédiates ; mesures de sûreté,

d'abord contre l'ennemi intérieur. Une garde nationale fut

recrutée parmi les habitants que l'on savait les plus dévoués

à la cause française. Ils devaient, en liaison avec nos

soldats, assurer des patrouilles constantes à travers les rues

où le moindre rassemblement était interdit. Dès la tombée

de la nuit, les habitants étaient consignés dans leurs demeures.

Restait l'approvisionnement de la ville. Les magasins de

Gênes ne contenaient en quantité que du cacao, dont le

port faisait commerce. La réquisition des blés que l'intendance

offrait de payer — et qu'elle paya — s'ils lui

étaient apportés de bon gré, donna la possibilité de faire

du pain perdant une quinzaine de jours. C'était insuffisant.

U fallut en venir au régime des perquisitions. Cellesci

permirent de découvrir des grains divers : blé, seigle,

avoine ou autres, de quoi confectionner une sorte de pain

détestable, permettant à l'armée et au peuple de ne pas

mourir d'inanition pendant quinze autres jours.

Cependant le moral des soldats restait élevé. L'on savait

que le Premier Consul comptait sur l'armée de Ligurie pour

occuper les Autrichiens et que par une manœuvre de grande

envergure il viendrait les envelopper et les détruire. Quand

les hostilités avaient commencé, Bonaparte se trouvait encore

à Paris ; mais tous les hommes qui étaient enfermés

dans Gênes avaient servi sous ses ordres à Lodi, à Arcole

et à Rivoli, et ils connaissaient sa manière, rapide comme

la foudre. Ils ne doutaient pas de lui, et encore moins de

sa victoire. Ils étaient certains qu'il surgirait bientôt, et

qu'après les avoir délivrés, il les entraînerait vers d'autres

gloires. Ils n'avaient qu'à souffrir silencieusement, en attendant

l'aube prochaine de nouveaux beaux jours, et, quand,

le matin du 30 avril, les Autrichiens, voulant en finir,

déclenchèrent l'assaut général des forts protégeant Gênes,

Masséna eut en main une armée aussi redoutable que si

tous ses hommes avaient mangé, chaque jour, à leur faim.

' Au début de l'action, l'ennemi qui avait lancé des trou-

pes en nombre infiniment plus considérable que celui àet

nôtres, enleva plusieurs positions et avança dangereusement

vers les faubourgs de la ville. Masséna rassembla

tout son monde et, après avoir donné les ordres nécessaires,

prêcha d'exemple, un fusil, à la main,

Il n'y avait plus à craindre un ennemi démoralisé ; restait

la famine, plus redoutable que tous les Autrichiens,

qui, peu à peu, brisait les corps et les courages les

mieux trempés, poussait à la révolte les Génois les mieux

disposés à notre égard. Masséna fit placer aux carrefours

et sur les places, des canons, mèche allumée, et quand la

garde nationale renonça à faire son devoir, nos soldats

multiplièrent les patrouilles.

Un petit bâtiment, capturé le 5 mai par un corsaire,

donna des vivres pour deux ou trois jours ; après quoi, il

n'y eut plus à manger, et en petite quantité, qu'une sorte

de biscuit préparé avec de l'avoine et des fèves. A ce biscuit,

succéda vers le 23 mai une abominable préparation,

composée d amidon, de graines de lin, de cacao et de

quelques autres matières.

On ne trouvait plus ni un chien, ni un chat, ni même un

rat ou une souris ; tout avait été pourchassé, pris et dévoré.

Les habitants, encore moins bien nourris que les

soldats, n'avaient droit qu'à une soupe d'herbe. Ils pouvaient

à peine se soutenir et beaucoup mouraient de faiblesse.

Des femmes abandonnaient leurs enfants dans la

rue, où l'on devait relever chaque jour quantité de cadavres.

Et, dans cette ville où régnait l'épouvante, il fallait

encore entendre, venant du port, les nurlements des prisonniers,

parqués sur des pontons, et expirant de faim,

sous la menace des canons. Le général en chef avait

d'abord élargi des prisonniers, sous serment qu'ils ne porteraient

plus les armes contre nous. Le serment n'ayant pas

été tenu, on avait gardé les autres et les Autrichiens refusant,

afin de nous réduire plus vite, de faire passer des

rations pour leurs captifs, ceux-ci ne recevaient qu'une

soupe d'herbe par jour.

Un jour, on entendit, venant du Nord, un roulement

puissant. Le canon de Bonaparte ! Une rumeur joyeuse

ranima la ville à demi morte. On se traîna vers les remparts.

Masséna, lui-même, accourut. On écouta longtemps

le bruit lointain qui annonçait la délivrance. Hélas ! ce

n'était pas le canon, mais un orage tonnant dans les gorges

de l'Apennin.

Le 4 juin, la garnison était à bout de forces. Il ne restait

plus rien pour la nourrir. Un parlementaire autrichien

se présenta à nos avant-postes, proposant des pourparlers.

Cette initiative de l'ennemi indiquait sans doute à Masséna

que Bonaparte inquiétait les assiégeants. Malheureusement,

il était devenu impossible de tenir, même quelques heures

encore. Il fallait traiter.

Les plénipotentiaires autrichiens parlèrent de capitulation.

Masséna leur interdit de prononcer pareil mot. Il

voulait que son armée quittât la ville, librement, drapeaux

déployés, sans engagement de sa part. S'il n'en était pas

ainsi il se jetterait à corps perdu sur l'ennemi pour percer

ou mourir.

Les Autrichiens, pressés d'en finir, acceptèrent la condition.

Ils ne prétendaient retenir prisonnier que Masséna

lui-même, en raison, dirent-ils, de ses talents militaires,

si redoutables à l'ennemi. L'honneur qu'on lui faisait ainsi

n'empêcha pas le général français d'entrer dans une violente

colère. Il menaça de rompre la discussion, et parla

avec la même énergie que s'il eût été vainqueur. On en

passa par où il voulait, sauf en ce qui concernait les

Génois, pour lesquels il demandait une constitution libérale.

Sur ce refus, Masséna s'écria :

— Eh bien ! faites ce que vous voudrez ; mais je vous

déclare qu'avant quinze jours, ie serai de retour à Gêfres.

Masséna tint parole et après l'éclatante victoire remportée

par Bonaparte à Marengo, il rentrait dans la ville

dont le nom restera éternellement attaché à sa gloire.

H. DE FELS.


■ittiiiiHtM 01 Al ANCH E" ILLUSTRÉ "«MHiiMiHiiiiiiiMiiiiiiimiiiimiH^^ £ tmimtmn

^m.....»..m. mm,.»..* ..»•.»■■...■■■■■■■■ - LE 22 MARS 1936

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LA SUITE AU PROCHAIN N U M É R O ..

LA MINE MAGIQUE

Grand roman d'aventures par Otwell Binns

TOUJOURS gracieuse,

Benicia, de la main, fit

un petit signe à Ferrers

et se diriqea vers sa

table.

Avant qu'elle l'eut

atteinte, Bellew dit à mi-voix :

— La chasse commence !...

— Quoi !...

Ferrers qui, jusqu'alors, n'avait

pas quitté des yeux la fine

silhouette de la jeune femme, jeta

un coup d'oeil vers la porte et laissa

échapper un léger sifflement. Le

flros Allemand, suivi de ses trois

acolytes, pénétrait dans le bar.

SUR LES TOITS

FERRERS étudiait maintenant les

quatre hommes et la souriante

Benicia qui, il en était sûr.

leur servait d'indicatrice. Le quatuor

s'installa à une table près de

l'entrée, tandis que Benicia s écriait:

— Monsieur Ferrers ! Je n'en

crois pas mes yeux ! Vous, à Mozambique

!...

Ayant noté la position prise par

les quatre hommes, le jeune homme

ne s occupa plus que de Benicia.

-— Comme vous le voyez, senorita,

répondit-il en riant et en lui

offrant une chaise.

— Mais pour quelle raison, si je

ne suis pas indiscrète ?

Ferrers ne doutait pas un instant

qu'elle ne fût parfaitement au

courant.

— Regardez-vous dans votre miroir,

senorita, commença-t-il...

■— Là, là, fit-elle moqueuse, vous

être très galant, mais je ne vous

crois pas... |e ne suis pas si naïve

Vous ne l'avez jamais été,

Benicia, intervint Bellew un peu

gris.

— Oh ! dit la jeune femme en

haussant les épaules, c'est vous

monsieur Bellew ?

— Comme vous voyez... et

•ers est mon ami !

— Je vois qu'il boit avec vous,

riposta Benicia en le regardant

malicieusement.

Bellew se mit à rire bruyamment

comme un homme que l'ivresse domine.

Ferrers, lui, voyant les quatre

inconnus qui barraient l'entrée,

commençait à être inquiet. Sobre,

son compagnon lui aurait été d'un

grand secours ; ivre, il ne feraiti

que le qêner. Une seconde après,

Ferrers fut cependant rassuré sur

ce point. Bellew se pencha vers lui

et cligna de l'œil d'une manière

significative.

— Ferrers, mon garçon, fit-il

d'une voix mal assurée, à quoi pensez-vous

? Cette jeune personne

boira bien avec nous !

11 poussa si maladroitement la

bouteille de whisky vers Benicia

qu'elle se renversa et que la liqueur

se répandit sur les genoux de la

jeune femme. Il fit un effort pour

réparer le désastre et n'aboutit

qu'à envoyer la bouteille elle-même

sur la robe déjà trempée de Benicia.

Celle-ci se leva d'un bond, tremblante

de colère.

— Pardon... je regrette..., balbutiait

Bellew.

— Maladroit animal ! Vous avez

abîmé ma robe ! Je vous apprendrai

à vous conduire, ivrogne !...

La suavité de la jolie fille avait

fait place à une rage folle de véritable

virago. Se baissant, rapide

comme l'éclair, elle releva l'ourlet

de sa robe, et, quand elle se redressa,

un petit poignard brillait

dans sa main.

Les lèvres retroussées sur ses

dents blanches, criant des injures,

enlaidie par la fureur, Benicia leva

l'arme sur Bellew qui, lui saisissant

le bras, lui arracha le poignard et

la repoussa violemment loin de lui.

Elle pivota sur elle-même, renversant

deux tables avant que de tomber

sur le plancher.

Les quatre hommes s'étaient le-

Ferrers vit les quatre hommes.»

vés ; l'Allemand hurlant de colère.

— Par ici, fit vivement Bellew,

attrapant Ferrers par le bras et

l'entraînant au fond de la salle.

Le café était bouleversé. Ferrers

vit les quatre hommes se ruer dans

sa direction, un revolver à la main.

Un grand métis se leva pour barrer

le passage aux deux Anglais ;

il tenait une bouteille de vin et son

aspect était des moins rassurants.

Bellew lui envoya un magistral

coup de poing qui l'atteignit à la

gorge. Le métis chancela et tomba

évanoui sur le parquet.

Les deux amis arrivèrent jusqu'à

une porte par où ils sortirent, et

qu'ils refermèrent à clef derrière

eux au nez des poursuivants conduits

par le gros Allemand.

Bellew entraînait Ferrers dans

une obscurité complète, le long

d'une ruelle remplie de débris de

toutes sortes.

— Ne lâchez pas ma veste, murmura

Bellew, et rasez le mur.

Ils glissèrent ainsi pendant quelques

minutes, dépassant un couple

qui parlait à voix basse, mais l'obscurité

fut bientôt trouée d'une vive

lumière qui venait de la porte ouverte

du café, et des hurlements

leur parvinrent, dominés par une

voix féminine qui criait en portuqais

sur le mode aigu.

Ferrers et Bellew arrivèrent

dans une autre ruelle qui coupait

la leur à angle droit. Ils espéraient

avoir dépisté leurs poursuivants,

mais un bruit de pas précipités et

proches leur enleva cette illusion,

si bien qu'ils durent recommencer

à courir dans la nuit. Bellew semblait

connaître parfaitement son

chemin, mais Ferrers trébuchait à

chaque pas sur les détritus et

s'attendait à se flanquer par terre

d'un instant à l'autre. Enfin son

compagnon s'arrêta, frotta une

allumette et poussa un soupir de

soulagement.

— Nous y voilà, dit-il, Dieu

soit loué !

Ferrers n'y voyait toujours rien,

mais il entendit Bellew tâtonner

puis soulever un loquet et enfin

pousser à mi-voix un énergique

juron :

— Zut ! la serrure est fermée !

Vite, il faut l'enfoncer. Ferrers,

adossez-vous au mur d'en face, là,

et appuyez un pied contre la porte.

Quand je vous le dirai, poussez de

toutes vos forces. Notre vie en

dépend !

Ce qui fut dit fut fait : un craquement

se fit entendre, le battant

céda et les deux hommes furent

précipités en avant la tête la pre-

mière. Ils se relevèrent promptement

et refermèrent la porte tant

bien que mal au moment même où

le rayon d'une lampe électrique

tombait sur eux, et que des clameurs

sauvages leur apprenaient

qu'ils étaient découverts.

Bellew, saisissant en hâte la main

de Ferrers, le quida à tâtons vers

un escalier ; ils débouchèrent sut

le toit plat d'une maison. Ferrers

respira avec délices l'air pur de la

nuit après les émanations désagréables

des passages parcourus. Les

étoiles brillaient dans un ciel de

velours noir. Son compagnon ne

lui laissa pas le temps de savourer

ses sensations.

— Vite, ordonna-t-il, ils sont

encore sur nos talons.

Et continuant à guider Ferrers,

ils arrivèrent au haut de la terrasse,

escaladèrent un petit mur,

prirent pied sur un autre toit.

— C'est un jeu que je connais,

celui des toits ! murmura gaiement

le chasseur. Ah ! baissons-nous

derrière ce parapet, les voilà !

CACHÉS par ce rempart, ils attendirent,

haletants. Ferrers

entendait le battement de

son cœur. Des bribes de phrases

leur arrivaient, puis un bruit de

pas sur le toit qu'ils venaient de

quitter et où des silhouettes se prorilaient.

Enfin le silence se fit.''

— Partis ! murmura Bellew.

Continuons notre escalade !

De dangereuse qu'elle était, cette

promenade devint des plus périlleuses

! Les toits n'étaient pas au

même niveau, les parapets étaient

de différentes hauteurs. Il fallait se

laisser glisser au hasard dans ce

noir, au risque de se rompre les

membres et de recevoir peut-être

un coup de couteau de quelque

habitant surpris dans son sommeil.

Comme les fugitifs atteignaient

une terrasse — qui parut à Ferrers

harassé, la centième — Bellew lui

saisit le bras subitement :

—■ Bon ! fit-il, nous voilà dans

la gueule du loup !

Ferrers entrevit dans la pénombre

une sorte de tente tendue dans

l'angle du toit et qui abritait une

famille endormie. A ce même moment,

une forme blanche se dressa

hors de la tente et se dirigea vers

le coin où étaient blottis les deux

amis.

— Si on nous aperçoit, on nous

prendra pour des séducteurs envahissant

un harem ! murmura encore

1 incorrigible Bellew. Restons dans

1 ombre, et si nous sommes découverts,

détalons.

La femme dont la silhouette

blanche se profilait dans la nuit dut

entendre les chuchotements car elle

se retourna brusquement Au même

instant, sa voix rauque appela :

— Fathma !

Il v eut un mouvement sous la

tente et une seconde forme blanche

rejoignit la première : c était un

homme. Tous deux échangèrent

quelques mots en arabe et tout-àcoup,

1 homme poussa un cri de

surprise : « Par Allah !... »

Il venait d'apercevoir Bellew et

Ferrers. Tout en repoussant brutalement

sa compaqne, l'homme courut

vers eux en vociférant.

— Déguerpissons ! s'exclama

Bellew à la vue d'un objet brillant

que brandissait le maître du logis.

Ils bondirent vers l'extrémité de

la terrasse, escaladèrent un nouveau

parapet, et Ferrers. se retournant

pour s'assurer de la pré-


I I î 2.2. Al 1936 HiHiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitniiiiiumMWtiiiiinnmniwiMMHwmn Il tt II1MIIM» l" I M llllll I Mil (III III M Il

Bence de son ami, le vit qui tenait

un indigène en respect avec son

revolver. Le harem tout entier

s'était réveillé et les femmes poussaient

des cris perçants à ameuter

tout le quartier.

— Nos ennemis arrivent ! cria

Bellew en bondissant à la suite de

Ferrers, mais Ibrahim va les arrêter,

les prendre aussi pour des voleurs.

Dépêchons-nous, tout Mozambique

sera sur les toits dans

quelques instants !

Tandis qu'ils couraient, les clameurs

allaient grandissantes, et aux

glapissements des femmes s'étaient

joints les hurlements des enfants

apeurés.

Lorsque les deux fugitifs eurent

traversé une bonne douzaine de

terrasses et franchi deux fois autant

de parapets, ils s'arrêtèrent

hors d'haleine.

Poursuites et rumeurs avaient

cessé et la nuit recouvré son calme

et son silence. Mais ce répit fut de

courte durée. A quatre ou cinq

toits de distance parut un rayon de

lumière émanant d'une lampe électrique

qui fouillait les coins obscurs.

Fort heureusement, un escalier,

méritant plutôt le nom

d'échelle d'incendie, partait d'un

côté du toit où se trouvaient les

jeunes gens, et le reliait avec le

sol.

— Je vais passer le premier, dit

Bellew. Dieu sait ce qui nous

attend en bas ! Je sifflerai si la

voie est libre.

Ferrers, penché en avant, attendait

anxieusement, lorsqu'un craquement

sinistre se fît entendre. Le

bois pourri de l'escalier avait cédé

sous le poids de Bellew et ce dernier

était sûrement tombé dans la

ruelle. Oubliant le danger qu'il courait

pour ne penser qu'à celui de

l'homme qui l'avait sauvé, Ferrers,

cramponné au parapet, sondait

Une jeune fille.

l'abîme obscur, et, n'entendant plus

rien, cria à haute voix : « Bellew,

où êtes-vous ? »

Aucune réponse ne lui parvint.

Bellew était-il mort ou évanoui et

que pouvait-il faire pour lui porter

secours sans aucun moyen de

descendre à son tour dans l'impasse?

Il regarda autour de lui et

constata qu'il était pris comme un

rat dans un piège. La lueur de la

lampe se rapprochait de plus en

plus et Ferrers s'apprêtait à défendre

chèrement sa vie, quand un miracle

se produisit !

A

QUELQUES pas de lui, une

trappe se souleva, et une

tête et des épaules surgirent

au ras du toit.

— Mon Dieu ! s'exclama le

jeune homme ahuri.

Qui êtes-vous ? Que voulezvous

? répondit en anglais une voix

féminine pleine d'autorité.

Le cœur de Ferrers battit de joie.

Il fut complètement rassuré et répondit

vivement :

— Un Anglais en danger de

mort qui cherche à sortir de ce

toit. L'escalier a cédé sous le poids

de i'ami qui était avec moi et qui

doit être tué ou blessé. Si vous

vouliez bien me laisser descendre

dans votre appartement...

— En danqer de mortj reprit la

voix. Mais comment ?

— Regardez cette lueur qui

approche ; les quatre hommes

qu'elle éclaire me tueront sous vos

yeux s'ils me trouvent ici !

Pendant quelques secondes, l'apparition

parut réfléchir, puis reprit

en hésitant :

— C'est une histoire bien bizarre

pour être vraie...

Dans une artère de Londres,

Ferrers est témoin d'un fait

étrange. Un homme, qui attendait

l'instant propice pour

s'engager sur la chaussée, est

bousculé par un passant, tombe

et est écrasé par une voiture.

L'auteur de l'accident disparait,

et lorsqu'un policeman

— le sergent Marvell — corn»

mence l'enquête, Ferrers lui

dit ce qu'il a vu : un homme,

à figure chafouine et chaussé

de bottines jaunes d'un goût

douteux, a regardé derrière lui,

puis, bousculant son voisin, a

occasionné son trépas. Ferrers

se déclare prêt à témoigner.

Puis il s'éloigne et se rend à

son cercle où on lui remet une

lettre émanant de Dave Christow,

un ami qui, en Afrique,

risqua sa vie pour le protéger.

Ferrers se rend à l'hôtel Chillingworth,

où la missive l'engage

à se présenter d'urgence

et à y demander M. Latrobe.

Mais il se trouve face à face

avec le sergent Marvell, que

les nécessités de l'enquête ont

amené là. Les deux hommes

— Je vous jure que je vous dis

la vérité !

— Alors, venez. Mais je vous

avertis que je suis armé, et si vous

me trompez...

Ferrers ne put s'empêcher de

rire.

—• Vous n'aurez pas besoin de

vous servir de votre arme, madame...

Merci de votre bonté !

— Faites attention, il y a des

marches !

La tête et les épaules disparurent

et, comme le jeune homme

suivait en tâtonnant, il vit un disque

de lumière éclairer le coin précis

du parapet où il se tenait blotti

il y avait à peine quelques minutes.

Sans bruit, il se glissa dans l'ouverture

et referma la trappe. Comme

il en poussait doucement le verrou,

des pas lourds ébranlèrent la terrasse.

—■ Ces hommes, vous ont-ils

vu ? murmura la voix de femme.

— Je ne le crois pas, chuchota

Ferrers. Mais écoutez, nous serons

fixés dans un instant.

Les pas retentissaient presque

sur la trappe même, et on entendit

distinctement une voix furieuse qui

disait en portugais :

— Schwartz ! L'escalier s'est effondré

! Ces Anglais sont malins.

— Diable ! vociféra le gros Allemand,

qu'allons-nous faire ?

Le reste des paroles se perdit.

En arrivant au bas de l'escalier,

Ferrers sentit une main se poser

sur son bras :

— Une partie de votre histoire

est vraie tout au moins... Venez

avec moi, mais marchez avec précaution,

la maison est habitée, murmura

la voix à son oreille.

Suivant son guide, Ferrers arriva

jusqu'à une porte sous laquelle filtrait

un peu de lumière. Sa conductrice

s'arrêta.

—. Passez le premier, lui dit-elle.

Ferrers obéit et, lorsqu'il fut au

milieu de la pièce éclairée, se retourna

sur l'injonction de sa bienfaitrice.

Il faillit crier de surprise.

Il s'attendait à voir une femme

d'un certain âge, impérieuse et

désagréable, ou une créature semblable

à celles qui hantent les bars

de la ville, et il avait sous les yeux

le frais visage d'une jeune fille aux

grands yeux bleus, à la chevelure

dorée, irradiant un charme infini.

Une voix fraîche lui demanda :

— Pourriez-vous me dire votre

nom ?

— Avec plaisir, répondit-il en

souriant. Je suis Charles Ferrers,

ingénieur des mines.

Il ne put ajouter un mot de plus.

La physionomie de la jeune fille

se transfigura. Ses yeux brillèrent

comme des escarboucles :

— Charles Ferrers ! murmurât-elle

incrédule, Charles Ferrers !

Oh ! merci, mon Dieu ! Il est enfin

HMin I

S

SURPRISE

TUPÉFAIT, Ferrers se contenta

de dévisager la jeune fille

comme pour y chercher la

:ignification de ce mystère. Elle

connaissait son nom et semblait

attendre son arrivée ! Elle devait

donc être avertie de sa mission à

Mozambique. Il demanda, brusquement

soupçonneux :

— Qui êtes-vous ?

Me Mais le suis Molly

Christow 1

RÉSUMÉ DES CHAPITRES PARUS

découvrent que Latrobe et la

victime ne font qu'un. On a en

effet trouvé sur Latrobe une

lettre de Christow adressée à

Ferrers et où il lui apprend

qu'enfermé dans une prison

portugaise du Mozambique, A

la suite d'une machination, il

implore son aide. Entre temps,

la chambre de Latrobe à l'hôtel

a été fouillée par une main

inconnue. Ferrers s'éloigne

mais le taxi où il a pris place

pour retourner à son cercle est

filé par une autre voiture occupée

par une jeune femme qu'il

n'a fait qu'entrevoir dans l'ascenseur.

Peu après, Ferrers

s'embarque pour le Mozambique,

sur un paquebot où se

trouve la jeune femme, certainement

alliée à l'homme à figure

chafouine, lequel s'est, lui

aussi, embarqué mais feint de

ne connaître personne, il ne

rencontre, en effet, sa complice

que lorsque tout semble

dormir à bord. Ferrers a lié

connaissance avec la mystérieuse

jeune femme et s'efforce

à pénétrer le mystère qui plane

— Molly Christow ! répéta Ferrers

machinalement. Je ne savais

pas... je... je n'avais jamais entendu

parler de vous !

— Mais, reprit la jeune fille,

John Latrobe aurait dû vous dire

que jetais ici, que je l'avais envoyé

vous chercher !

— Je n'ai jamais parlé à Latrobe.

Le soir même où nous devions

nous rencontrer il a eu un...

accident. Renversé par un taxi, il

est mort sans avoir repris connaissance.

— Mort ! murmura Molly, les

larmes aux yeux. C'était l'ami de

mon frère, si loyal... David aura

beaucoup de chagrin...

E

LLE se tut quelques instants,

puis, s'essuyant les yeux,

elle demanda en regardant

en face Ferrers :

— Un accident, dites-vous ? En

êtes-vous sûr ?

— Non, fit-il sincèrement. Je

suis persuadé du contraire. Il a été

poussé sous l'auto. J'ai vu toute la

scène, quoigue à ce moment-là sa

signification m'ait échappé.

— Vous avez aperçu l'auteur de

l'attentat ?

— Oui, un Portugais à teint

jaune, à face de rat. Il a essayé de

me tuer il y a quelques jours à

Dar-es-Salam, mais j'ai réussi à le

dépister et à le laisser derrière moi.

La jeune fille parut confondue

en entendant ce récit. Elle se tenait

là, debout, immobile, ses yeux bleus

remplis de frayeur. Elle murmura

enfin :

— Ainsi, il sait que vous êtes

ici ? Et quels sont ces hommes qui

vous poursuivent sur les toits ?

Ferrers l'interrompit soudain, en

s'excusant :

— Miss Christow. dit-il, avant

d'aller plus loin, il faut que je retrouve

l'ami qui était avec moi...

Je veux savoir ce qu'il est devenu.

Un craquement se fit entendre

sur sa personnalité et celle

de l'assassin de Latrobe. Pour

dépister ses ennemis, Ferrers

débarque à l'escale de Dar-es-

Salam, mais il est épié par le

criminel, attaché à ses pas.

Par un heureux hasard, Ferrers

rencontre Billy Boston, un

ami dévoué et camarade de

Dave, qu'il associe à ses projets.

Les deux hommes partent

pour le Mozambique, où ils

ne tarderont pas à sentir les

effets des nombreux ennemis

qui les guettent dans l'ombre

et feront tout pour combattre

leurs efforts. Ferrers essuie

plusieurs coups de revolver,

mais parvient à se débarrasser

de son adversaire. Et la

tâche se poursuit en vue de

libérer l'infortuné Dave. Des

éléments troubles ou mystérieux

les entourent, notamment

un Allemand, assez inquiétant,

et un Anglais énigmatique,

dont ils ne savent

pas encore s'il sera pour eux

un allié ou un ennemi... (Lire

le début dans Dimanche-Illustré

du 23 février.)

— En effet, répondit simplement

la jeune fille. Il le faut. Suivez moi.

Prenant une petite lampe électrique

et jetant un léger manteau

sur son déshabillé, miss Christow

conduisit Ferrers jusqu'à la rue

— sorte de voie un peu détournée

et très tranquille. Ils ne rencontrèrent

personne et pénétrèrent dans

une impasse. Au bout de quelques

pas, ils heurtèrent une masse de

débris, ' vestiges de l'escalier effondré.

Ferrers, aidé des rayons de la

lampe, inspecta minutieusement ces I

décombres, mais Bellew avait dis-1

paru, laissant seulement derrière lui ;

son casque colonial marqué de son

nom à l'encre sur la coiffe.

Ferrers poussa un soupir de soulagement.

Sûrement son camarade,

d'abord étourdi par sa chute, s'était

relevé seul, et devait être de son

côté à sa recherche. Satisfait de

cette explication toute naturelle, le

jeune homme rejoignit Molly et

tous deux reprirent le chemin de

la maison.

Une fois en sécurité dans la

chambre de la jeune fille, celle-ci

demanda :

— Dites-moi maintenant tout ce

que vous savez sur John Latrobe.

Ferrers lui conta les événements

qui s'étaient déroulés à Londres,

ses soupçons et les incidents de son

voyage. Lorsqu'il eut terminé,

Molly Christow affirma énergiquement

que les hommes qui poursuivaient

Latrobe connaissaient certainement

ses projets.

— Et ils l'ont tué, murmura la

jeune fille d'un ton tragique, comme

ils tueront David quand... quand ils

auront obtenu de lui les renseignements

qu'ils désirent !

— Nous n'en arriverons pas là,

miss Christow, je vous le jure !

Mais voulez-vous me mettre complètement

au courant de l'affaire,

je n'en sais que ce que m'en a dit

votre frère, et c'est très peu.

— Je ne peux malheureusement

pas vous dire qrand'chose de plus.

Te suis venue ici il y a cinq mois

pour voir David et, entre mon départ

d'Angleterre et mon arrivée,

David a été arrêté. On l'a accusé

d'avoir tué un Portugais métis...

quand il était à deux cents kilomètres

de l'endroit où l'homme fut

trouvé mort ! Mais on a fait semblant

de ne pas le croire.

— L'a-t-on déjà jugé ? demanda

Ferrers.

— Non. Ici la justice n'est jamais

pressée. De plus, Latrobe

était convaincu que Dave ne serait

jamais amené devant un tribunal.

— Pourquoi croyait-il cela ?

— Parce qu'il avait pu communiquer

avec Dave. Du reste, moi

aussi j'ai vu mon frère.

— Comment y ête-vous arrivée,

miss Chritow ?

— Oh ! assez facilement. La

prison, vous le savez, est une des

curiosités de Mozambique. Quand

les paquebots arrivent ici, les touristes

montent là-haut, munis d'ap

pareils photographiques... et l'on

prend en photos ces malheureux

Je me suis jointe à une bande de

visiteurs, je m'étais habillée à peu

près comme eux et avait mis de

grosses lunettes noires. Personne

n'aurait pu me reconnaître. J'ai fini

par retrouver David — non sans

peine il est vrai — en faisant le

tour de cette affreuse cour, allant

DIMANCHE-ILLUSTRE "

de cellule en cellule, tout en fredonnant

une certaine chanson...

— Une chanson! s'exclama Ferrers.

Je devine : ce devait être le

Musicien ambulant !

— Oui. C'est le seul air que David

sache par cœur. Il le sifflait

constamment, surtout le matin dans

son bain... Je savais que mon frère

le reconnaîtrait, s'il ne me reconnaissait

pas, moi, affublée comme

je l'étais. Ah ! quelle horreur de le

voir derrière ces barreaux... Sans

ses yeux, sa voix, je n'aurais jamais

pu croire que c'était lui ! Il

avait eu la grippe espagnole et

était maigre comme un squelette.

Et puis, il avait été privé de nourriture,

il avait été battu, employé

aux tâches les plus rebutantes...

La voix de la jeune fille se brisa

et elle réprima un sanglot.

— Il put me raconter ses souffrances,

tout en ajoutant que s'il

consentait à révêler tout de suite

certaines choses connues seulement

de Latrobe et de lui, on le

relâcherait sans doute. Il n'a pas

voulu me confier ce que c'était,

disant que moins j'en saurais, mieux

cela vaudrait pour moi. Mais j'ai

compris qu'il s'agissait d'une découverte

faite par les deux amis...

— Vous avez raison, c'est ce

que David m'a écrit, interrompit

Ferrers.

— C'est alors que mon frère

m'a priée d'envoyer Latrobe vers

vous, assuré qu'il était que, seul,

vous pourriez le délivrer de cet

odieux cachot. Quand je racontai

à Latrobe la conversation que

j'avais eue avec mon frère, il était

désespéré, et c'est alors qu'il m'a

avoué qu'il craignait fort que David

ne fût jamais jugé. Latrobe

s'était adressé au consul anglais,

un vrai « rond de cuir » qui n'avait

y >

Ils escaladaient un petit mur...

rien voulu tenter, disant que, si un

sujet britannique contrevenait aux

lois du pays, il était juste qu'il soit

puni ! John Latrobe ne pouvait rien

faire seul, car il était beaucoup

trop connu. Schwartz le surveillait

et un jour, à son hôtel, un fonctionnaire

portugais essaya de le

provoquer afin de l'attirer dans

une histoire compromettante. On

a. à deux reprises, perquisitionné

dans sa chambre. Enfin, il courait

ici de grands dangers et est parti

pour Londres quand il a su que

vous y étiez.

— Et les deux hommes qui le

suivaient ont pris le même bateau

que lui ! Je me demande si Latrobe

connaissait Benicia de Barros ?

— Je ne sais pas. Il ne m'en a

jamais parlé. Une seule fois, il m'a

fait allusion à une femme, une

vraie Dalila — il riait en parlant

d'elle—|-mais il ne l'a pas nommée.

— C'était elle ! s'exclama Ferrers,

convaincu.

— Et elle sait qui vous êtes ! fit

la jeune fille avec désespoir.

Comme il faudra que vous soyez

prudent !

Ferres le savait bien, aussi réfléchit-il

un instant avant que de

demander :

— Les ennemis de votre frère

savent-ils que vous habitez ici ?

— Je ne le crois pas. John'Latrobe

ne s'est jamais montré en

public avec moi et avait trouvé

une bonne raison pour justifier ma

présence à Mozambique.

— Laquelle ? 1

OTWELL BINNS.

Adapté de l'anglais par

SIMONE SAINT-CLAIH,

{.A suivre.)


"(tlllltlll DI Al ANCHE* J L.L.USXRÉ m,|i' |iim,MM,,u,,,u'' mmii,mitiiMHi,|ii,m^ r(1 M 11 HfltMMIl I Ml I POUR LES

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DÉCOUPE-Z. PLI E.7_ SELON LE

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Colle» U» rôutk »ur car ion très foRT

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MON/IEUR

PAR ALAIN 5AINT-0GAN

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PETÏT ACCIDENT... VcYE Z,j

C'EST FINI.

• ..JE M 6 S ui«5 ARRANG-E

POUR FAIRE PARTIR TOUT

LE G-A2...A PRÉSENT NOUS

ALL0N5 TRiN


DI MANCHE=ILLUSTRÊ ItlIMHIIMIIIIIIIlIllIIllIItlIllJinillllHllIIIIIMII iiiiiiiiiiiimmia 10 lllIIIIIIIItlIMltlHIIII I tu m III Ml UlMM 111 IMtlIMIMinililirlMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIII ■»' LE 22 MARS 1936 »»-•»••

Comment s'habillaient les Algériens en

1843 ? (Une négresse et un Maure)

A négresse marchande de pains est vêtue

L d'une chemise ou cheloulha serrée sur les

hanches par une pièce d'étoffe nouée par devant

(foutah). Haïk couvrant la tête et les

épauiies et enveloppant à demi le corps.

L'homme est un Maure. Son turban (djémala,

est surmonté d'un grand chapeau de

paille. Par-dessus la chemise à manches larges,

il porte un gilet sans manches (sadria).

Le pantalon large (seroual) est maintenu par

une ceinture c"étoffe.

SI la principauté de Monaco est sous mandai

ou sous pi otectorat français ?

L

'ARTICLE premier du traité du 17 juillet

1918 dispose que « le gouvernement de

la République française assure à la principauté

de Monaco la défense de son indépendance

et de sa souveraineté, et garantit

l'intégrité de son territoire, comme si ce

territoire faisait partie du la Fiance ». En

cas de vacance de la couronne « que le territoire

monégasque serait automatiquement

sous le protectorat de la France un Etat

autonome sous le nom d'Etat de Monaco ».

Quant aux lois', l'article dudit traité spécifie

« qu'il appartient au seul gouvernement

princier d'édicter, avec l'assentiment

du gouvernement français s'il y a lieu, des

dispositions concernant l'ordre public intérieur

de la principauté ».

De plus, dans cet accord, la principauté

de Monaco a conservé les principales prérogatives

des Etats souverains : le droit de

commerce, le droit de légation actif et passif,

le droit de frapper monnaie.

«>

Pourquoi on appelle la République « Marianne

» ?

P

LUSIEURS VERSIONS ont déjà été données

de cette question, et ici même nous avons

dit que « Marianne » était le nom symbolique

d'une société secrète sous la Restauration.

Mais la Revue des Mots Croisés, qui s'est livrée

à une enquête sur ce sujet, a publié le

point de vue u un collaborateur du Bulletin

de l'Agence technique de lu Presse qui en

donne une version assez particulière, mais

fort vraisemblable. La voici :

Le nom de Marianne, dérivé de Marie-Anne,

était populaire bien avant la grande Révolution.

11 avait servi de titre à un roman de

Marivaux publié en 1T31 et Voltaire avait mis

sur la scène française le sujet tragique qu'offrait

la mort de Marianne, femme d'Hérode le

Grand. Si l'on compulse le journal du Gironclin

Brissot. on peut voir qu'à deux reprises

il mentionne la présence, parmi les plus fougueuses

patriotes, de deux femmes portant le

nom de Marianne et un mémorialiste


*«•-"• LE 22 MARS 1936 IIIIIIMIIIIIIIMItlIllllItltlIllllllllllllllllllIttilIllllllllllinillIllllllllllllllIlKMIMlIflllItlIIIIIH 11 lltMIIIItll • M»MiMMiMiiMiiitii»iiiiiMiniiHniuHMitiiiiiiiimiu»Hti>iiimmiMtiiiiiiiia J)|

AÉRONAUTIQUE

P1LATRE DE ROZIER

ON va, peut-être un peu tardivement, célébrer

par l'édition d'un timbre-poste, le

cent-einquantenaire de la mort de Pilfttre de

Rozier (le 15 juin 1785). Et ceci rappellera au

monde, pour notre honneur, que les premières

victimes de l'aéronautique furent deux

Français, l'autre étant le physicien Romain,

PlLATKE DE ROZIER

D'APRÈS UNE GRAVURE ANCIENNE

compagnon du Messin dans sa si dangereuse

aéro-montgolfière.

Brillant et jeune savant, que Monsieur,

frère aîné du roi, s'était attaché comme intendant

de son cabinet de physique, Pilâtre

de Rozier avait assisté avec enthousiasme

aux expériences des frères Montgolfier ; et le

jardin de Réveillon, marchand de papiers

peints dans le faubourg Saint-Antoine,

l'avait vu par trois fois monter en l'air à

bord d'une énorme machine captive « à air

chaud ». Puis, le 21 novembre 1793, avec le

marquis d'Arlandes, on était passé au ballon

« libre » de tous liens ; on était parti de La

Muette pour atterrir, un quart d'heure après

6ur la Butte-aux-Cailles. On avait parcouru

5.000 toises.

Mais, le 1" décembre 1783, c'était le physicien

Charles qui avait eu les honneurs de

l'ascension, avec un ballon à hydrogène. Pilâtre

de Rozier, qui avait volé à son tour

trois quarts d'heure, le 24 juin 1784, de Versailles

à Chantilly, se jugea moins récompensé

que Charles et Montgolfier ; il n'avait

obtenu qu'une pension de 2.000 livres ; il demanda

une subvention au ministre Calonne,

et ayant obtenu 40.000 livres, se fit fort de

traverser la Manche en combinant le ballon

de Charles avec la montgolfière : l'hydrogène

et l'air chaud.

Malgré les représentations du physicien

Charles, qui lui avait signalé à plusieurs reprises

le danger de cette combinaison « mèche

allumée sous un baril de poudre » et devant

le succès qu'avait remporté un autre

aéronaute français : François Blanchard, en

réalisant la traversée aérienne du Pas-de-

Calais, à partir des côtes anglaises, il donna

l'ordre de départ à la date qui devait être

celle de sa mort.

En effet, à 500 mètres d'altitude, l'aéronef

rencontra un vent violent qui le rabattit

vers les côtes françaises. Le taffetas creva,

la soupape retomba dans l'intérieure du

globe, l'enveloppe se fendit ; la machine

éprouva deux ou trois secousses et se vint

écraser sur le sol, dans la Garenne-de-

Wimille, à côté de la Tour-du-Croy, à quelques

kilomètres de Boulogne-sur-Mer. Les

deux voyageurs furent trouvés écrasés dans

la galerie de leur aéro-montgolfière. Ils furent

enterrés au cimetière de Wimille, tandis

qu'un chroniqueur proposait pour le monument

cette épitaphe :

Ci-gît un jeune téméraire

Qui, dans son généreux transport,

De l'Olympe étonné franchissant la barrière

Y trouva le premiei et la gloire et la. mort.

CURIOSITÉS

LE "JONKER DIAMANT 1 '

'ÉTAIT — ceci commence comme un conte

C de fées — un pauvre chercheur d'or de

Prétoria, penché sur un « placer s> qu'il

fouillait, patiemment, lui demandant l'or et

les pierres précieuses de son rêve. Mais en

vain ! Alors, pour être à même de nourrir sa

femme malade et leurs sept enfants, Jacob

Jonker (c'était son nom), décida de labourer

le sol inexorable. Et alors se produisit le

prodige.

Une violente tempête, accompagnée de

pluies diluviennes, retourna le sol- de fond

profitons de nos

loisirs pour nous

instruire un peu

en comble et, le 17 janvier 1934, un domestique

indigène trouva dans une baquet plein

de gravier une pierre recouverte de terre et

de vase, qu'il se hâta d'apporter à son maître.

Les deux hommes la nettoyèrent en tremblant,

et, dans la nuit qui suivit, la maman

Jonker garda au tour du cou, dans une longue

insomnie, un bas qui la contenait. Personne

• ne dormit dans l'humble ferme, les

hommes veillaient, armés jusqu'aux dents. Et

le lendemain, à Johannisbourg, les experts

de la Diamond Corporation leur annonçaient

que la trouvaille était un superbe diamant

de 726 carats, merveilleusement pur et dou

cernent bleuté (le Cullinan fait 300 carats, et

le Cohinor 205). '

La découverte du Jonker Diamant a mis la

plus vive émotion dans tout le monde lapi

daire. H fut expertisé à Londres, et l'Angle

terre eût bien voulu le joindre aux célèbres

LA STAR JOAN BENNETT

ET LE « JONKER DIAMANT »

diamants dont elle eut jusqu'ici le monopole.

Mais la nationalité de la Diamond Corporation

a fait le Jonker Diamant américain. Son

arrivée à New-York a donné lieu à des reportages

sensationnels, les rues étaient noires

de monde comme pour l'arrivée d'un

grand de la terre. Il est maintenant à Los

Angeles, où on le photographie parfois en

compagnie d'une célèbre star, sans qu'on

sache pour qui : pierre ou étoile, la faveur est

plus grande.

On en veut naturellement un bon prix ; il a

été payé un million et demi de dollars. Heureuse

famille Jonker ! Et où est l'acheteur

futur ?

SCIENCES NATURELLES

LA POCHE MARSUPIALE

COUVEUSE ET VOITURE D'ENFANT

ON connaît cinq grands groupes de marsupiaux

: phoscolomidès, ma.cropodidès,

phalangéridès, marsupiaux herbivores

dont le type le plus connu est le kangou-

UNE FEMELLE KANGOUROU ET SON PETIT

rou ; dasyuridès, didelphyidès, carnassiers

symbolisés par la sarigue ou opossum.

Notre photo montre parfaitement sur une

femelle de kangourou comment est placée la

poche marsupiale, à la fois couveuse naturelle

(la naissance se produisant toujours

après une portée très courte) et voiture d'enfant.

Aussitôt né, le petit kangourou est

en effet placé par sa mère dans le marsupium,

il y trouve les mamelons et par eux,

sa nourriture, en même temps qu'un refuge

immédiat en cas d'alerte, et — ce qui n'est

pas à dédaigner dans les jours froids que

viennent de connaître Londres et son zoo ■—

un abri douillet.

Chez la sarigue, semblable comme taille

à un petit renard, le jeune opossum est, en

naissant, tout petit, presque minuscule, et

parfait sa croissance en deux mois de poche

marsupiale.

Chez certaines sarigues, comme le philander,

à poche rudimentaire, les jeunes entourent

leur queue autour de celle de la mère,

qui est ainsi capable de courir et de grimper

avec toute sa nichée sur le dos.

LES PETITES HISTOIRES DE L'HISTOIRE

LE roi Louis XVIII demanda un jour à

Talleyrand quel rôle exact il avait joué

dans la chute du Directoire, puis de l'Empire.

Le ministre dont le crédit diminuait à la

cour de Louis XVIII, fixa le roi et répondit :

— Mon Dieu, sire, je n'ai rien fait. C'est

quelque chose d'inexplicable que j'ai en moi

et qui porte malheur aux gouvernements qui

me négligent.

LE tragédien Talma, qui avait connu Bonaparte

lorsque celui-ci était lieutenant

d'artillerie, se vantait d'être l'ami de l'empereur.

Effectivement, Napoléon, qui avait

l'acteur en grande estime, lui donna ses entrées

aux Tuileries. Il l'invitait aussi très

souvent à sa table.

En raison de cette intimité, Talma se crut

un jour permis de demander à l'empereur la

Légion d'honneur, en récompense de l'éclat

qu'il donnait au théâtre français.

— C'est impossible, lui répondit Napoléon.

Que diraient mes grenadiers ?

LES compositeurs Massenet et Saint-Saëns

ne s'aimaient pas.

Saint-Saëns, plus direct, disait volontiers :

— Les œuvres de Massenet ne valent

rien !

Un jeune musicien, devant qui avait été

tenu de pareils propos s'en vint trouver Massenet

et lui demanda ce qu'il pensait de

Saint-Saëns :

— Il écrit de l'excellente musique, répondit-il.

Le visiteur de déclarer :

— L'auteur de Samson et Dalila ne parle

pas ainsi de vous et il m'a notamment affirmé

d'un ton péremptoire...

Massenet interrompit en souriant :

■— Que voulez-vous, nous disons tous deux

le contraire de notre pensée.

E cardinal de Retz, que Louis XIV avait

L exilé pour ses constantes cabales, fut

par la suite rappelé à la cour. A son retour,

il se jeta aux pieds du roi.

— Monsieur ie cardinal, observa le monarque

en le relevant, vous avez les cheveux

blancs.

— Sire, on blanchit aisément, lorsqu'on a

le malheur d'être dans la disgrâce de Votre

!Majesté.

Et le cardinal de Retz ne cabala plus.

jVlANCHE-H, LUSTRÉ " w "" mr

GÉOGRAPHIE

LE CHOTT EL-ARAB

C'EST à Gournah, ou Korna, dans l'Irak,

que font leur jonction les deux fleuves

mésopotamiens : le Tigre et l'Euphrate. A

partir de cette ville, leurs eaux sont confondues

en un fleuve unique, long de 144 kilomètres,

large d'un demi-kilomètre, roulant en

temps normal 6.000 mètres cubes chargés

d'alluvions par seconde : le chott (fleuve) El-

Arab.

Prise de 1.000 mètres d'altitude, notre

photo montre le chott El-Arab entouré de

VUE, PRISE EN AVION, DU CHOTT EL-ARAB

cours d'eau qui prennent de si haut l'aspect

de simples rigoles. Ses deux principaux affluents

viennent du territoire persan : le

Keskhah et le Karoun.

La seule ville digne de ce nom de la vallée

est Bassorah, que fondèrent en 636 les premiers

khalifes. Située sur la route fluviale

de Bagdad à la mer (elle a pour port Achar),

elle a conservé une partie de son ancienne

importance commerciale, exportant notamment

des laines, des dattes et des tapis.

A TRAVERS LE MONDE

L'ARBRE DE MAI

C'EST de Bavière (Ebentshausen, près de

Munich) que nous vient ce curieux

« Maibaum » (arbre de mai).

A la vérité, ce n'est qu'un mât orné des

couleurs allemandes, portant sur panonceau

la croix gammée et la date de son érection :

1933, orné de figures symboliques, les unes

héraldiques, les autres représentatives des

différentes formes du travail régional.

Autrefois, l'arbre de mai était un véritable

arbre, ordinairement un bouleau, chargé

de couronnes, de croix, de banderoles, qu'on

promenait solennellement au printemps naissant

à travers le village de maison en maison,

avant de le planter en grande pompe,

au milieu de la grande place où il devenait le

perpétuel témoin des danses des jours de

fêtes et des jeux villageois.

On appelle aussi Maibaum, des arbres qui

étaient dans la tradition de nos arbres de la

Liberté et dont un certain nombre furent

plantés en Allemagne après la Révolution

de 1848.

L'ABBRE DE MAI, ORNÉ DE FIGURES SYMBOLIQUES


DIMANCHE-ILLUSTRÉ

QUAND

— Alors, père Toine, le printemps chante... La nature

entière travaille. :

— Ben, ça serait le comble qu'elle se mette aussi en

chômage !...

L'HOMME DU JOUR

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"""" LE 22 MARS 1936 """ » i,,, '»'">t"""it'tHiM»MiiiiiiitiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiMniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiHiHi»i* j3 »i»"''»»»'''''>«i»>'i»»»»»'»'>»''»'"''»»»»»»'''t»»ttiiMiMiMitiiiiiiiMiii»iiiiii iitHii £)| MANCHE - ! L LUSTRÉ '"H»*

Aide-mémoire LE MOUSTIQUE PIM Quiproquo

— Je vais me pendre pour qu'à la minute

suprême toute ma vie repasse devant mes

yeux... Ainsi, je me rappellerai peut-être

ce que j'ai fait de mon parapluie !...■

(Dessin inédit de VAN STR.3SI.EN.)

— Arrière, garnement !... Tu t'es trop mal conduit aujourd'hui pour que je te permette

de goûter à cette sucette-là !...

(Dessin inédit de L. KERN.)

Figurez-vous que je me suis fait doubler

par Maurice Chevalier.

Comment ! Il a repris votre rôle ?

— Mais non... Vous n'y êtes pas... tout à

l'heure, dans la côte !...

(Dessin inédit de VAN STR.5II.E.V.)

LA MOUE U N 1/ÉTERNEL CONFLIT

— Mais non, monsieur, ce n'est pas une mouche..

C'est une « vitamine » !...

(Dessin inédit de M. SAUVAYRE.)

— Allez, et que je ne vous vois plus !

— Oh ! monsieur le juge pense déjà à prendre sa retraite

?...

(Dessin inédit de RAFFRAY.)

— Belle-maman, votre fille est nerveuse, méchante,

bonne à rien.

— Et vous croyez que je vous l'aurais donnée cans

cela ?... (Dessin inédit de GASTON RIT.)

UN I H A S U I B LE OU SANCTIONS EN EFFIGIES

— Tenez, depuis mon mariage manqué, ...mon sang ne fait qu'un tour, je bondis, ...la mariée, le marié, le garçon d'honneur, ...arrêter ?...

je ne puis plus voir de noce ! l'autre jour front baissé. En fureur, tel un lion, je un gendarme, la belle-mère...

j'en aperçois une... bombarde... — Mais vous avez dû vous faire..

(Dessin inédit de DHARM.)

Non, j'ai gagné une douzaine de

macarons ! C'était à la foire au pain

d'épices !...


DIMANCHE-ILLUSTRÉ IIIIIIIIIIIIIIIIItlIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIItlIMIIIIIItlIIIIHlIIIIMIIllItlIIIIIIIIIItlIllIlllll 14

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L'ADRIATIQUE

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Les bronchites récidivent chaque année aux

mêmes époques et finissent par prendre la forme

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LE 22 MARS 1936

P

■ntiiiiMiMMiirtnimii iiiiitiiiiiiiiiiiiiniMiMiriiiHiMiii 19 MIIIMI1II

VARIETES

UNE VICTOIRE QUI HONORE LE FÉMINISME

Ce que nous dit Mlle François, la première Française appelée à enseigner dans une faculté de pharmacie

MLLE M.-TH. FRANÇOIS a été récemment

chargée du cours magistral à la Faculté

de pharmacie de Nancy. C'est la première

femme appelée à donner un enseignement

dans une faculté de pharmacie. Elle a

bien voulu nous recevoir dans le laboratoire

qu'elle occupe à la Faculté de Paris, où elle

fut attachée pendant plus de sept années

comme chef de travaux au laboratoire des

hautes études du professeur Perrot. Voici les

détails qu'elle a bien voulu nous donner sur

sa brillante carrière.

» J'ai fait mes' études secondaires au lycée

Victor Duruy, auquel je suis restée très

attachée, et je n'avais d'autre ambition que

de devenir professeur de lycée. J'aimais les

mathématiques par-dessus tout ! Puis la Sorbonne

m'a révélé tout l'attrait des recherches

scientifiques. Aussitôt après le couronnement

de la licence, je me suis adonnée aux

travaux de laboratoire et les circonstances

m'ont amenée, après la préparation de ma

thèse de doctorat ès sciences physiques, au

laboratoire de matière médicale de la faculté

de pharmacie de Paris, où M. le professeur

Perrot m'a initiée à une science très

nouvelle et fort attachante, tandis que je

me préparais en vue d'obtenir le diplôme de

pharmacien. Tout cela m'a conduite à l'enseignement

des universités et j'ai ainsi la double

joie de former des élèves et de poursuivre

des recherches personnelles. J'ai eu la

très grande chance que le poste qui m'est

BRIC-A-BRAC

INFORMATIONS DU MONDE ENTIER

CAPTIFS LIBÉRÉS

A Société protectrice des animaux devrait

L féliciter chaleureusement le chef et les employés

de la gare de Sombor, en Yougoslavie,

pour leur geste sauveteur envers de

malheureux petits captifs. Au moment où

toute la gent ailée s'éveille à la joie du printemps,

un marchand d'oiseaux avait entassé

dans des cages trop petites douze cents oiseaux

chanteurs destinés à un client de

Hollande et voulait expédier par chemin de

fer ce lamentable chargement, réduit à un

volume minimum pour diminuer les fraia.

Les employés furent révoltés par ce cruel

entassement de petits êtres vivants. Les

chefs appelés s'indignèrent à leur tour. Ils

déclarèrent que les oiseaux n'avaient ni assez

d'air, ni assez de nourriture pour subsister

jusqu'à la fin d'un aussi long voyage, et

qu'en conséquence ils devaient être rendus

à la liberté. Et les cages furent ouvertes...

On imagine sans peine l'envol éperdu de

toutes ces ailes captives, et par quel gazouillis,

quelles chansons triomphales les

merles, les pinsons, les fauvettes célébrèrent,

dans les prés et 'es bois, leur joie d'être

affranchis !

Excelsior.

VOITURE D'ENFANTS MODERNE

N inventeur américain a imaginé pour les

U voiturettes d'enfants une sorte d'avanttrain

amovible et pliant, en métal léger, qu'on

lui adapte chaque fois qu'il faut descendre ou

monter un escalier. Cet avant-train réduit de

beaucoup l'effort à la montée et, procurant

une sécurité absolue, permet de laisser l'enfant

dans la voiturette pendant la descente,

comme pendant l'ascension de l'escalier.

Les Echos.

ECOLES PRIMAIRES D'AGRICULTURE

EUX pays européens, la Suisse et le Dane-

D mark, étaient, depuis bien longtemps,

considérés comme de véritables modèles d'organisation

agricole.

Voici qu'un troisième pays, la Pologne,

consacre, de façon véritablement impressionnante,

son activité à devenir une puissance

de toute première grandeur, à ce point de

vue si particulièrement intéressant pour la

prospérité économique d'une nation. Il est

nécessaire, pour cela, d'employer des méthodes

bien modernes, de prendre des initiatives

raisonnées et d'appliquer la cohésion de

ces efforts et des réalisations pratiques.

Une des plus significatives parmi ces initiatives

vraiment efficaeea est l'institution d'un

certain nombre d'écoles primaires d'agriculture.

Il en existe déjà 140 avec près de 400 maîtres.

5.000 enfants s'y sont fait inscrire pour

la rentrée des classes. Cet enseignement

donne de remarquables résultats.

Le Républicain de l'Eure.

CARÊME-PRENANTS

ETTE expression, qui fleurit dans Rabelais,

C encore qu'elle fut très en honneur tout

au long du moyen âge, ne désignait que les

fidèles qui pratiquent le jeûne. Mais, le christianisme

n'a pas le monopole de l'abstinence,

et là plupart des îéligions, dont l'éthique

est basée sur des considérations empiriques

d'opportunité et d'hygiène, ont exigé de leurs

adeptes qu'ils ne consommassent de nourriture

qu'avec une prudente mesure.

Aujourd'hui, les femmes sont nombreuses

qui, croyantes ou mécréantes, ne mangent

que fort peu. Soucieuses de garder leur ligne,

les Parisiennes élégantes mordillent des biscottes

— quand elles ne limitent pas leur

alimentation à un repas quotidien unique, et

quand elles ne s'abstiennent pas de sucrer

leur thé.

Mais, ici, une question, d'ordre confessionnel

: quelle est la faute la plus lourde : pécher

parce qu'on satisfait à son appétit —

soit, par gourmandise ? ou parce qu'on n'y

satisfait pas... soit par coquetterie, autrement

dit par vanité '.'

Petit Journal.

ÉCHANGE D'OISEAUX

A Nouvelle-Calédonie et l'Australie ont dé-

L cidé d'échanger leurs oiseaux.

Un marchand d'oiseaux australien vient, en

effet, de débarquer à Nouméa avec 40 cailles

de trois espèces différentes et 4 paons d'Australie,

en échange desquels il a obtenu des

cardinaux et des bengalis de notre colonie.

On peut donc, maintenant, ajouter les oiseaux

aux nombreux produits qui font l'objet

du commerce entre l'Australie et la Nouvelle-

Calédonie.

Le Courrier CulonlaZ.

S O f O N S AU COURANT...

...de quelques événements qui surviendront du 21 au 27 mars

NNTVERSAIRES (du i" au xvi' siècles). — ! 26, rue Brunei et au Grand-Palais.

A 21 mars : 1597, réaction d'Henri IV entre

la prise d'Amiens par les Espagnols :

un siège de six mois va commencer. —

22 mars : 1599, naissance à Anvers du peintre

flamand Van Dyck.

ETTRES. — 26 mars : Académie française,

L réception solennelle (par M. André

Chaumeix) de M. André Bellessort.

EAUX-ARTS. — 23 mars, Paris (Ecole

B du Louvre), conférence de M. G.-H. Rivière

sur l'art populaire. — 23 mars-5 avril,

Paris : IVe 28 mars, Paris (Opéra-Comique) (présidence

de Mme Albert Lebrun), gala Irène

Popard. — Auto, 20-29 mars, semaine automobile

de Suisse. — Cross-Country,

22 mars, championnats scolaires et critériums

des corporations. — Catch, 23 mars,

rencontre Judom-Deglane. — Cyclisme sur

route, 22 mars, Milan-San Remo ; Paris,

championnat de France cyclo-pédestre. —

Golf, 22 mars, championnat de France (premier

tour). — Hockey, 22 mars, finale de

la Coupe de France. — Rugby, 22 mars,

Paris, finale du challenge Yves du Manoir ;

Salon des Artistes occitans. Montpellier, match Pyrénées-Languedoc. —

OLONIES ET TOURISME. — 26 mars, Paris Tennis, 16-22 mars, tournoi du Cap d'Anti-

C (musée de la France d'Outre-Mer), bes.

inauguration (."une salle d'art khmer. — S. F. — Dimanche, Poste Parisien,

21 mars, Paris (présidence de M. Albert T . 20 h. 20 : Ce que femme veut, comé-

Lebrun), gala des provinces françaises. die en trois actes de Etienne Rey et Alfred

Savoir ; Paris-P. T. T., 20 h. 30 : le

PORTS. — Du 21 mars au 13 avril : Voyage en Chine, opéra-comique en trois

S concours central hippique de Paris, au actes ; Radio-Paris, 20 h. 45 : Gœtz de Be.r-

Grand-Palais des Champs-Elysées. 624.000 Uchinyen, drame en cinq actes de Gœthe.

francs de prix et primes. Cette belle fête, — Lundi, Paris-P. T. T., 20 h. 30 : l'Affran-

qui sera une des premières de la saison pachie, comédie en trois actes c'e Maurice

risienne, comprendra, outre les habituelles Donnay. — Mardi. Radio-Paris, 19 h. 55 :

épreuves d'obstacles, des présentations retransmission depuis l'Opéra-Comique :

d attelages, des matches d'indoor-polo et, le Sourd, de Werther. — Mercredi, Radiocîu

3 au 6 avril, un grand gala militaire, Paris, 20 h. 45 : Crommedeyre le Vieil, de

avec participation de régiments de hus- Jules Romains. — Jeudi, Paris-P. T. T.,

sards, de dragons, de cuirassiers et de spa- 20 h. 30 : la Petite bohème, opérette en

his. Cette manifestation est organisée par trois actes — Vendredi, Paris-P. T. T.,

la Société hippique française et d'encoura- 20 h. 30 : Emission fédérale : Beethoven,

gement à l'é'evage du cheval de guerre, pièce en trois actes de René Fauchois.

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H repas copieux avec vin. Arrivée à Amsterdam à 20 h. 30. Hôtel ||

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j§ ner servi à la manière hollandaise (café au lait, chocolat ou thé, j|

j| pain blanc, pain bis, pain d'épice, beurre, jambon, viandes froides, =

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H les cars de luxe à grande visibilité de l'A. T. O. — A midi 30 : H

|j déjeuner (sans boisson) hors-d'œuvre ; escalopes de veau jardinière; ji

= pommes frites ; gâteaux. — A 13 h. 30, départ en cars pour Harlem, j|

H les champs de tulipes (nos voyageurs recevront des brassées de %

s fleurs). — Excursion à la plage de Scheveningen. — Visite de La j§

s Haye. — Départ pour Paris à 17 h. 30 par le train-radio (même pro- =

H gramme qu'à l'aller). — Dîner par paniers-repas avec vin. =

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