PRENONS LE POUVOIR - Le Travailleur Catalan

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PRENONS LE POUVOIR - Le Travailleur Catalan

L’hebdo communiste des P-O

1,80 - N°3447 - Semaine du 3 au 9 février 2012

LE TRAVAILLEUR CATALAN

PRENONS LE POUVOIR

Tous à

Montpellier!

P.3

Paroles

citoyennes

P.5

F. Hollande

Revoir la copie! P.6

Perpignan

Les nostalgiques de

l’Algérie française P.9

Photos

L’œil d’Ons Abid P.15


2

l’édito

de René Granmont

Un référendum

sur l’austérité

La crise, les solutions à y apporter sont au centre des débats des élections

présidentielles et législatives. Que nous proposent les différents postulants

à la fonction suprême?

D’un côté, de Nicolas Sarkozy à Bayrou en passant par Le Pen, la seule

chose qu’ils nous proposent, c’est encore plus d’austérité pour la grande

masse des Françaises et des Français. Durant cinq ans, le Président de la

République n’a cessé de frapper l’immense majorité de notre peuple, aggravant

le chômage et la misère qui ont atteint des niveaux quasi historiques,

pour favoriser la bande du Fouquet’s, les quelques centaines de familles qui

dominent le monde de la banque et de la finance. Et dimanche, les décisions

qu’il a annoncées ne vont qu’aggraver la vie des familles de salariés, les

foyers populaires, en ponctionnant encore plus sur le pouvoir d’achat avec

la TVA dite «sociale», alors qu’il fera à nouveau des cadeaux aux patrons,

en détruisant des décennies de conquêtes et réglementations sociales.

François Bayrou, le joker de la droite, veut faire encore pire et promet l’hyperaustérité

en voulant économiser 100 milliards d’euros en 3 ans, à coup

de coupes claires dans les dépenses publiques et de hausses de la TVA.

Quant à Le Pen, derrière ses coups de gueule et de menton, elle cache

très mal que ses choix ne visent qu’à répondre favorablement à toutes

les demandes des patrons et qu’à laisser intact le pouvoir des marchés

financiers.

Or, contrairement à ce qu’avec la complicité des «grands journalistes», ils

ne cessent de répéter, ce n’est pas la crise qui contraint à l’austérité, c’est

parce que, depuis des années, ils mènent des politiques d’austérité que

notre pays, comme le reste de l’Europe, sombre dans la récession et la

crise.

De l’autre côté, François Hollande a fait de la lutte contre la finance un des

thèmes de sa campagne. Mais, au-delà des mots, le projet reste bien timide

et manque de dispositions concrètes et efficaces pour reprendre le pouvoir

sur les banques, pour relancer l’économie par la consommation populaire,

pour abandonner définitivement la politique d’austérité. Certes, le candidat

socialiste, sensible aux aspirations populaires et à l’élargissement de l’audience

du Front de gauche, a mis le clignotant à gauche. Mais il faut maintenant

prendre le virage à gauche. Sinon, par manque d’ambition, en refusant

de s’opposer frontalement à l’austérité, il risque fort, s’il est élu, d’être

«papandréousé» et de devenir le «Hollandréou» français. Ce qui serait dramatique

pour l’ensemble des Françaises et des Français.

Enfin, avec comme objectif premier, celui de battre Nicolas Sarkozy et toute

la droite et l’extrême droite, le Front de gauche et son candidat Jean-Luc

Mélenchon proposent de tourner totalement le dos à l’austérité pour combattre

efficacement la crise. En répondant en premier lieu à la question du

pouvoir d’achat et des salaires (SMIC à 1700 euros, blocage des loyers,

lutte contre la précarisation du travail …), à celle de l’emploi, en proposant

une autre répartition des richesses produites, en refusant le diktat des agences

de notation et la dictature des banques…

En définitive, la prochaine élection présidentielle va prendre l’aspect d’un

véritable référendum sur l’austérité. Le peuple français sera-t-il contre ou

pour que l’austérité soit imposée à cette immense partie de la population

qui subit les conséquences d’une crise dont elle n’est pas responsable,

crise qui continue à enrichir les féodalités financières qui aujourd’hui

règnent sur notre vie. Et dans ce cadre, la candidature de Jean-Luc

Mélenchon devient le moteur de la gauche et de son ancrage au cœur des

couches populaires. La force du Front de gauche, le score de ses candidats

deviennent des éléments déterminants à la fois pour chasser Sarkozy, pour

battre la droite et l’extrême droite, mais aussi pour que cette victoire ne

soit pas une victoire à la Pyrrhus. Et qu’au mois de juin, le peuple de France

ait la garantie que «l’austérité», même douce, sera abandonnée pour qu’il

puisse enfin vivre dignement.

politique

AG de l’ADECR

Une dynamique nouvelle est en train de s'amplifier

autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Les propositions du Front de Gauche gagnent en

audience et en crédibilité. C'est un moment favorable

dans la campagne pour faire le point, se saisir

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Samedi 4 février à 10h à Cabestany Centre Culturel Jean Ferrat

des nouvelles opportunités, accentuer la mobilisation.

Dans ce contexte, les élus communistes et

Front de gauche ont un rôle particulier à jouer. Ils se

retrouveront pour en débattre avec les candidats et

les représentants des partis partenaires.

Tous à

Montpellier!

Meeting de Jean-Luc Mélenchon

le 8 février à Montpellier

Le Travailleur Catalan

44 av. de Prades - 66000 Perpignan

Tél. 04 68 67 00 88 - Fax 04 68 67 56 14

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Christian Diéguez

Jean-Claude Assalit

(France)

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Webmaster : Christian Diéguez

René Granmont

Imprimerie Salvador Publicité : Richard Siméon


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

En bout de

course pour

certains,

Sarkozy n’est

plus cru, mais

serait-il cuit? En marche

pour conquérir

un nouveau mandat,

il a montré dimanche

soir, face aux

journalistes qui lui ont

servi les plats, qu’il ne

comptait pas lâcher le morceau

aussi facilement.

Masquant habilement ses mesures

antisociales en plan de relance,

le chef de file UMP a fait son meaculpa

tout en nous infligeant une triple

dose d’austérité. Droit du travail, protection

sociale, spéculation immobilière, les 35

heures, une petite heure pour défaire 50 ans

d’acquis sociaux, qui dit mieux?

Poursuivre la baisse

du «coût» du travail

En s’attaquant au «coût» du travail, «charge insupportable,

accuse-t-il, pour la compétitivité des entreprises»,

Sarkozy vient de faire un nouveau clin d’œil à ses amis du

MEDEF. Un nouveau cadeau exonérant l’ensemble des

entreprises de «charges sociales» sur la part patronale des

salaires. Une mesure qui, selon lui, «devrait» inciter les

entreprises à investir pour être plus compétitives, notamment

face à nos voisins Allemands. Aux vertus anti-délocalisation,

dit-il, cette mesure devrait permettre un retour en

France de nos «entrepreneurs». Des arguments qui n’ont

pas convaincu, loin de là, tellement la ficelle était grosse.

Sous prétexte de redresser le déficit du commerce extérieur

français en déséquilibre de 72 milliards d’euros et endiguer

les délocalisations, Sarkozy vise la protection sociale et le

prix du travail. Agissant et justifiant sans complexe cette

mesure, il a revisité le côté injuste des cotisations patronales,

reprenant les caciques du Medef: «le travail n’a pas à

supporter la protection sociale des salariés». Une idée qui

revient sur le tapis n’augurant rien de bon. Le débat sur le

financement des retraites, de la protection sociale par l’assurance

privée étant sans aucun doute la prochaine étape,

cadeaux en perspective promis à ses vieux amis du

Fouquet’s. Pour l’heure, cette mesure se traduira par un

nouveau transfert de charges vers les

ménages, pas moins de 13 milliards

d’euros. D’autre part, en ajustant la TVA

sur les produits de consommation de

19,6% à 21,2%, il y aura inévitablement,

selon les économistes, une nouvelle

inflation.

En s’attaquant aux grands équilibres

sociaux, avec ce que Sarkozy appelle

«les accords compétitivité-emploi», c’est

en vérité une nouvelle charge, qu’il mène à grand train,

contre les acquis sociaux et les couches populaires.

Les patrons des entreprises pourront imposer demain à

leurs salariés des accords, qu’ils soient majoritaires ou pas,

ouvrant de nouvelles brèches dans le droit du travail.

Remettant en cause l’ensemble des acquis sociaux obte-

politique

Ah si j’étais président!

Sarkozy. Entre mesures stériles et véritables attaques

contre ce qui reste de justice sociale, son troisième

plan d’austérité porte cette fois un très mauvais

coup aux ouvriers et à la protection sociale.

nus au niveau interprofessionnel. L’objectif, selon Sarkozy,

au prétexte de sauver l’emploi, est d’en finir avec les 35

heures. Plus globalement, sous couvert d’un accord d’entreprise,

c’est l’ensemble des acquis sociaux des salariés

qui seront menacés. Une mesure venant en soutien à la

baisse globale du «coût» du travail. Volant au secours de

son candidat, Madame Parisot, la patronne du Medef, a

qualifié ces mesures, de bon sens: comme on la comprend!

Les collectivités locales sous tutelle

Pour Sarkozy: «il y a aujourd'hui une anomalie: c'est que

l'Etat serre la vis pour ce qui le concerne, il fait des économies

considérables, mais les collectivités locales ne le

font pas. Nous allons moduler les dotations afin de les

sensibiliser sur la dépense publique». Après les coupes

franches dans les budgets de l’Etat, ce sont au tour des

collectivités territoriales de se voir appliquer les mêmes

principes. Sarkozy n’hésite plus à dire qu’il faut instaurer

la règle d’or à tous les niveaux de la république.

N’hésitant plus à parler de tutelle. En ligne de mire, les

services publics, leur privatisation, ainsi que le transfert

massif des responsabilités de l’Etat vers les collectivités

territoriales sans compensation. Un mouvement engagé

avec la décentralisation et qui devrait se poursuivre avec

de nouvelles ponctions et autres transferts de charge. A

quand une «TVA sociale flottante»?

Le logement comme attrape mouche

3

Très vite démasqué aussi, son «plan» logement. Après 5

ans de disette, Sarkozy promet s’il est élu, la construction

de milliers de logements quand les besoins s’évaluent à

2,5 millions de logements. La formule magique: faire

baisser les loyers en élevant, pendant 3 ans, de 30 % le

plan d’occupation des sols, mobilisant les terrains et bâtiment

publics comme privés pour des opérations immobilières.

Une mesure qualifiée d’immense par Sarkozy, qui

créera un véritable appel d’air, pour les familles modestes

qui profiteront, selon lui, de la baisse des loyers que cela

va engendrer. Outre, les problèmes qui vont se poser dans

l’administration des communes et notamment dans les

PLU et SCOT, pour les professionnels c’est une bonne

nouvelle, mais qui ne va pas faire baisser les prix de l’immobilier

bien au contraire. Une nouvelle bulle spéculative

pourrait même voir le jour pour les détenteurs de biens,

laissant sur le carreau, les mêmes, toujours les mêmes.

Philippe Galano

Réaction J-L Mélenchon: «Il faut

rejeter ce plan d’austérité!»

Pour le candidat du Front de gauche, la TVA

va ponctionner 13 milliards d’euros sur l’économie

du pays dont 85% seraient financés par les

ménages et seulement 15 % par les revenus

financiers (taxe sur les transactions financières).

«Cette politique ne vaut rien de bon pour la France…

Les mots utilisés ne sont qu’un habile enfumage d’un

triste et banal plan d’austérité et de soumission aux

exigences du capital financier… Que l’accord de compétitivité

sur les salaires et le temps de travail, entreprise

par entreprise, puisse être supérieur à la loi et au

code du travail serait terrible car cela remettrait en

cause les acquis sociaux dans notre pays».


4 politique

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

«Nous sentons tous que l'espoir renaît»

PCF66. Présentation de voeux devant beaucoup de monde, dans une ambiance chaleureuse et

combattive. Dans son discours, le secrétaire départemental, Nicolas Garcia, a décliné sous tous

les angles la fameuse formule: «Ensemble, nous sommes la solution».

Nicolas Garcia a présenté les voeux de la direction départementale

du PCF entouré de plusieurs membres de l'exécutif

fédéral, du rédacteur en chef du TC et des candidates et candidats

du Front de gauche dont celles et ceux, membres du

Parti de gauche. Leur présence et celle de nombreux militantes

et militants de cette formation au côté des communistes

est un signe de force du Front de gauche, sans qu'aucune

confusion n'interfère. Chacun affirme sa spécificité partisane

et en même temps, sa conviction que «ensemble, nous sommes

la solution», selon la formule plusieurs fois reprise par

l'orateur. Ce «nous» ne se réduit évidemment pas aux adhérents,

ce «nous», Nicolas Garcia dira que ce sont «les salariés,

privés ou non d'emploi, celles et ceux qui forment la

société laborieuse, les ouvriers, les employés, les artistes, les

chercheurs, les jeunes. Les résistants qu'on cherche à faire

taire, les anonymes de toutes conditions auxquels la parole

n’est jamais donnée, les militants de toutes les causes justes

que l'on n’écoute pas». «Nous sommes la solution», a-t-il

répété, mais à une condition: «que nous nous donnions les

moyens de prendre le pouvoir, sur nos vies, sur l'argent créé

par notre travail, sur les banques qui nous le confisquent, sur

tous les leviers du pouvoir, sur tous les choix de société.

Rappelons-nous qu’ensemble, unis, rassemblés, nous pouvons

ouvrir des brèches dans les murs de la capitulation et de

la résignation qui nous empêchent d'avancer». Car inutile de

se cacher la complexité de cette tâche: «des millions d'entre

nous doutent encore qu'il soit réellement possible d'ouvrir un

autre chemin, pour se débarrasser non seulement de Sarkozy,

mais aussi de sa politique ou de tout autre sœur jumelle de

cette politique».

Une idée est en train de grandir: «ensemble,

nous sommes la solution».

Pour autant, avance le dirigeant départemental, «rien n'est

joué. Tout est possible. Et au milieu de mille questionnements,

le Front de gauche est en train d'apparaître aux yeux de centaines

de milliers de nos concitoyens comme une réponse

neuve et indispensable pour sortir de la crise, affronter ses

vrais responsables et faire réussir la gauche. Un chemin existe,

nous l’avons ouvert en nous rassemblant et en mettant en

mouvement les forces capables de changer la donne. Nous

avons encore beaucoup d'efforts à produire mais, ce qui a été

fait jusqu'ici a déjà changé la donne d'une présidentielle que

tout le monde donnait comme jouée d'avance. Jean-Luc

Mélenchon, notre candidat commun à l'élection présidentielle,

mène une campagne formidable, qui, adossée à tout ce

travail militant, impose le Front de Gauche comme un acteur

incontournable de cette élection décisive».

RH

La télévision est aveugle... Metz, Besançon, Nantes,

Paris, Amiens, Mélenchon n'en finit pas de crever

l'écran... de fumée dont l'auréolent les chaines de télévision.

Les «nouveaux chiens de garde» de l'idéologie

dominante ont choisi! Ils favorisent certains prétendants

au siège de Président de la République, dont les

moindres faits et gestes sont commentés, tandis que le

candidat du Front de Gauche est rendu invisible et

inaudible.

... la presse écrite est sourde! Peu de place pour le

Front de Gauche et Mélenchon, si ce n'est pour les

fustiger. Les sondages sont exemptés de mentionner

leurs noms. Quel mépris pour la démocratie! Quel

dédain pour le candidat et les forces de gauche qui

l'accompagnent!

Ripostons face à l'injure! Déployons nos drapeaux rouges,

le rouge de la France belle et rebelle, pour montrer

qu'on existe! Pour infléchir la manipulation des médias

et Sarkozy! Le rouge du bonnet de la première

République, qui signifiait le pouvoir au peuple,

Les voeux

du TC

Avant de passer au tohu-bohu des

conversations amicales et militantes

autour d'un copieux apéritif, René

Granmont, rédacteur en chef du TC,

s'est adressé à l'auditoire: «Le TC

fidèle à ses objectifs se veut le porteur

de tous les humbles, de tous les sansvoix,

de tous ceux qui luttent. Nous

sommes fiers d'être le seul journal de

gauche de ce département. C'est vrai

que nous ne sommes pas parfaits,

mais nous essayons de répondre du

mieux possible à l'attente du peuple de

gauche, de cette population qui a envie

d'exprimer sa colère. Mais inutile de

cacher que nous sommes en permanence

sur la corde raide et que chaque

semaine, nous nous disons: où va-t-on?

Je lance un appel pour qu'autour de

vous, vous fassiez connaître le TC.

Pourquoi ne pas offrir comme cadeau

de nouvel an, à celles et ceux qui sont

proches de vous et qui veulent savoir la

vérité, un abonnement de quelques

mois au Travailleur catalan?».

Le petit écran, c'est la télévision, les grandes gueules, c'est nous!

Jean-Luc Mélenchon. Les chaines de télévision l'ignorent, la presse écrite le stigmatise, les médias ont fait le choix de

négliger le candidat du Front de Gauche à la présidentielle et son électorat.

empreinte indélébile sur le sceau de la République, tenu

par la Liberté. Assiégeons les meetings, les assemblées

citoyennes. Notre combat pour «l'humain d'abord» est

aussi une lutte de tous les instants contre la désinformation,

contre la pensée unique, pour une France libérée du

joug de la finance, pour une France solidaire.

Un triple A bien à nous! C'est un joli nom «camarade»

chantait Jean Ferrat. Nom qui ne perdra jamais son triple

A tant que nous serons debouts, déterminés à le faire

vibrer dans cette France que nous voulons plus humaine

et fière. Enflammons la campagne! Elle est nôtre.

L'union fait la force, le nombre fait la puissance.

Prouver que le peuple de la gauche anti-libérale

existe, faire entendre la parole de celles et ceux qui

ne transigeront pas avec le capitalisme, c'est possible.

Le rassemblement à Montpellier le 8 février doit

ouvrir la porte à une reconquête populaire du terrain

miné par les leurres des pêcheurs d'horizon modéré,

social-libéral ou fasciste.

Ray Cathala


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

TTCC.. GGiilllleess PPeerreessssiinnoottttii vvoottrree

eennggaaggeemmeenntt ssyynnddiiccaall aa ééttéé

aasssseezz rraappiiddee?? CCoommmmeenntt eesstt--iill

nnéé??

G.P. Mon père, mes parents

avaient une histoire. Ils ont

connu 68 et, sans être pour

autant des responsables, ils

avaient été acteurs du mouvement.

L’idée de la nécessité

d’être organisé était là. Donc,

dans l’entreprise, après débats

et discussions, on a monté le

syndicat. Nous étions jeunes.

Nos premières réunions étaient

clandestines. Aux élections, nous

avons été largement majoritaires.

La quasi-totalité des salariés

a adhéré à la CGT. En août,

grand conflit à propos de la

convention collective. Le PC et le

journal (TC) nous ont soutenu

dès le début. Je suis alors

devenu membre du PC.

Aujourd’hui, je suis responsable

syndical CGT. J’appartiens à la

fonction publique territoriale,

précisément au centre de gestion

départemental. J’ai été pen-

«Aujourd’hui, je suis rassuré.

politique

L’homme est au cœur, la démarche tient»

dant 10 ans un des secrétaires

permanents de l’UD, et depuis

2009, permanent uniquement

pour la fonction publique départementale.

TTCC.. RReevveennoonnss--eenn àà nnooss

mmoouuttoonnss.. LLee FFrroonntt ddee GGaauucchhee,,

MMéélleenncchhoonn,, llee PPrrooggrraammmmee,, lleess

ccaannddiiddaattss??

G.P. Je suis Coco. Voilà. Dans

mes activités, au sein de la CGT,

on est parfois amenés à regarder

plus loin que nos revendications.

On est confrontés aux «politiques»

dont c’est le rôle de prendre

des décisions. Donc l’idée du

PC de transformer, avec les gens,

la société en profondeur m’a

convaincu. Ensuite, dans le FdG,

cette unité autour de projets

vraiment transformateurs est

très intéressante. Je trouve que

le parti y joue bien son rôle. Pour

ne rien cacher, j’avais une certaine

méfiance, au début de la

démarche. J’avais vraiment la

crainte «qu’on rentre dans le

rang». Aujourd’hui, je suis rassuré.

L’homme est au cœur, la

démarche tient. Je n’ai pas d’illusion

imbécile sur ces élections.

Mais je suis certain qu’un très

bon score des candidats et de

Mélenchon sera un point d’appui

extraordinaire pour poursuivre

et faire avancer les choses

dans le bon sens.

TTCC.. AA pprrooppooss dduu pprrooggrraammmmee,,

eesstt--ccee qquuee,, aauuttoouurr ddee vvoouuss,,

aavveecc lleess aauuttrreess ssaallaarriiééss,, vvoouuss

eenn ddiissccuutteezz eett rreennttrreezz ddaannss llee

ddééttaaiill ddeess mmeessuurreess pprréésseennttééeess??

((SSaallaaiirreess,, sseerrvviicceess ppuubblliiccss,, uunnee

aauuttrree EEuurrooppee……))

G.P. Franchement, pas vraiment.

Mais on connait quelques

points, confusément. Les salariés

s’y retrouvent, assez vaguement,

il faut bien l’avouer. Nous sentons

bien que le discours est

ferme, courageux. On sent bien

que le Fdg est de notre côté, du

côté des salariés et des humbles,

on perçoit qu’il s’agit bien d’une

alternative avec des propositions

d’importance à propos des inégalités,

des services publics, des

banques… de l’Europe, des

retraites. Mais nous ne connaissons

pas en détail, l’ensemble

des propositions, pour l’instant.

TTCC.. IIll sseemmbbllee aauujjoouurrdd’’hhuuii,, ddee

nnoommbbrreeuuxx rreessppoonnssaabblleess

ssyynnddiiccaauuxx,, eett bbeeaauuccoouupp ddee llaa

CCGGTT,, ppaarrttiicciippeenntt aauuxx rrééuunniioonnss,,

aauuxx mmeeeettiinnggss eett ss’’eexxpprriimmeenntt

aasssseezz lliibbrreemmeenntt aauu ssuujjeett dduu

FFddGG.. JJee ppeennssee àà TThhiibbaauutt,, ppaarr

eexxeemmppllee..

G.P. Parce que c’est plus facile

aujourd’hui. Ce n’est pas un seul

parti, c’est un front plus large,

d’organisations et de personnes,

un front progressiste, et la rencontre

des objectifs se fait plus

naturellement. Y compris avec

des responsables nationaux.

TTCC.. NNoouuss ddiissoonnss:: ««pprreenneezz llaa

ppaarroollee,, pprreenneezz llee ppoouuvvooiirr!!»».. OOrr

ccee nn’’eesstt ppaass ssuuffffiissaanntt,, eennccoorree..

QQuu’’eenn ppeennsseezz--vvoouuss??

G.P. Dans notre profession, les

salariés sont au contact des politiques.

Ils en dépendent, en

quelque sorte. Quand, dans une

mairie, il y a des conflits, quand

5

ça ne va pas, les souffrances

s’installent, les crispations, et les

salariés en tirent des conclusions.

Cette proximité pollue en

partie la prise de hauteur nécessaire

à l’examen de questions

plus fondamentales et nationales.

Nous devons aider à ce

qu’ils reprennent goût à la politique.

Au jour d’aujourd’hui, je

connais des syndicalistes qui

n’iront pas voter. Les souffrances

et les frustrations sont plus fortes.

Il nous faut y travailler. Dans

la sérénité.

TTCC.. UUnnee ccoonncclluussiioonn??

G.P. Les objectifs de lutte contenus

dans le programme sont

bons. Ceux qui seront élus

devront en tenir compte.

Personnellement, j’ai signé l’appel

public. On a besoin de refaire

de la politique, de le faire proprement,

au quotidien, maintenant,

mais aussi après les élections.

Entretien réalisé

par Michel Marc

Le Front de

gauche avance…

Succès. Les militants et sympathisants

du Front de gauche ne cessent de

grossir leurs rangs et cela se ressent

dans les meetings: 4000 à Paris, 3500 à

Metz, 4500 à Besançon, 6000 à

Nantes,… et combien à Montpellier?

Ces réussites, couplées à la multiplication

des Assemblées citoyennes un peu

partout, montrent bien que l’opinion

d’une vraie gauche qui s’assume s’impose

dans le débat, quoi que les habituelles

grenouilles médiatiques veuillent

bien en dirent.


6

Le candidat socialiste doit revoir sa copie

Relance de la production

et de la croissance

Les mesures Hollande. Rééquilibrer le

taux d’impôt sur les sociétés en fonction

de la taille des entreprises. Engager avec

les «grandes entreprises françaises» un

«mouvement de relocalisation de leurs

usines» et obtenir le remboursement des

aides publiques par les entreprises qui

délocalisent. Afin de financer les «entreprises

et PME innovantes», doubler le

plafond du Livret de développement

durable. Supprimer 29 milliards d’euros

de niches fiscales. Réduire le déficit

public à 3 % du PIB et retour à l’équilibre

budgétaire fin 2017.

Notre commentaire. Le candidat

socialiste présente nombre de mesures

visant à permettre à l’État et aux collectivités

territoriales d’intervenir dans le

champ économique… Le problème,

c’est qu’en s’engageant dans le même

temps à réduire les déficits publics, il

s’inscrit pleinement dans l’austérité!

D’autant qu’il ne pipe mot des salaires:

il renvoie le sujet à une «conférence

sociale au lendemain de notre victoire».

Réforme fiscale

Les mesures Hollande. Réformer le quotient

familial afin d’augmenter l’allocation

de rentrée scolaire de 25 %.

Création d’un taux à 45 % de l’impôt

sur le revenu, au-delà de 150000 euros

de revenus annuels par part fiscale,

fusion impôt sur le revenu-CSG et retour

à la situation antérieure de l’ISF.

Notre commentaire. François

Hollande limite l’amplitude de sa

réforme de la fiscalité, en fixant un taux

maximum à 45 %. La réforme du quotient

familial ne concernerait que 5 %

des ménages. Au final, les prélèvements

obligatoires augmenteront de

1,8 % en moyenne durant le quinquennat,

comme le prévoit par ailleurs la

droite.

Éducation, jeunesse

Les mesures Hollande. Créer «60000

postes supplémentaires dans l’éducation»

qui «couvriront tous les métiers».

Accueillir les enfants de moins de trois ans

en maternelle. Augmentation de 25 %,

dès septembre 2012, de l’allocation de

rentrée scolaire. Mise en place d’«un pré

recrutement des enseignants avant la fin

de leurs études» et d’une «allocation

d’études et de formation sous conditions

de ressources» pour les étudiants.

Notre commentaire. La «réembauche»

de 60000 personnes dans l’éducation en

cinq ans se fera «dans le cadre de la stabilité

des effectifs de la fonction publique».

Mais qui donc, alors, en pâtira? De

même, l’allocation d’autonomie pour les

étudiants ne verra le jour que si «nos ressources

financières nous le permettent».

Retraites, santé

Les mesures Hollande. Faire «en sorte

que tous ceux qui ont soixante ans et qui

auront cotisé la totalité de leurs annuités

retrouvent le droit de partir à la retraite à

taux plein à cet âge-là» et engager «une

négociation globale dès l’été 2012 avec

les partenaires sociaux». En matière de

santé, «réformer la tarification pour mettre

fin à l’assimilation de l’hôpital» avec

le privé, «encadrer les dépassements

d’honoraires».

Notre commentaire. Sur les retraites, s’il

fait partiellement écho aux prises de

position syndicales, il se refuse à abroger

les réformes de la droite. Sur la santé, les

engagements restent très timides, et pas

un mot de la loi Bachelot mortifère pour

le service public.

Emploi et travail

politique

Les mesures Hollande. Pour permettre

l’embauche de jeunes, création d’un

«contrat de génération» et création de

150000 «emplois d’avenir». Dans les

entreprises qui licencient en versant des

Des avancées, mais un

manque d’ambition

et des contradictions

François Hollande. En soixante mesures, le candidat socialiste a présenté

jeudi dernier son projet présidentiel. Nous avons tenté (en nous

aidant de l’Humanité) de décrypter l’essentiel des mesures du texte.

dividendes, dissuader les «licenciements

boursiers» en renchérissant leur coût.

Augmenter les cotisations chômage pour

les «entreprises qui abusent des contrats

précaires». Ecart maximal de 1 à 20 pour

les rémunérations des dirigeants des

entreprises publiques.

Notre commentaire. Son «contrat de

génération», financé par des exonérations

de cotisations, n’est guère précis et

n’évoque pas de droits nouveaux pour

les salariés dans les entreprises. Sa seule

référence aux salaires consiste à limiter

les rémunérations patronales… pour les

seules entreprises publiques, mais rien

de précis sur le Smic…

Logement,

quartiers populaires

Les mesures Hollande. Porter à 25 %

l’obligation pour une commune de

construire des logements sociaux. Mettre

à disposition gratuite par l’Etat des terrains

disponibles pour les collectivités.

Pour financer, entre autres, «150000

logements très sociaux», doublement du

«plafond du Livret A».

Notre commentaire. Le candidat socialiste

a le mérite d’avancer quelques pistes

concrètes, comme la cession gratuite

des terrains de l’État ou le durcissement

de la loi SRU.

Environnement, énergies

Les mesures Hollande. Engager «la

réduction de la part du nucléaire dans la

production d’électricité de 75 % à 50 %

à l’horizon 2025», seule la centrale de

Fessenheim devant être fermée. Pour les

autres «garantir la sûreté maximale des

installations» et poursuivre leur modernisation,

notamment via «l’achèvement du

chantier EPR». Soutenir la création de

filières industrielles dans le secteur des

énergies renouvelables. Faire adopter

«une nouvelle tarification progressive de

l’eau, de l’électricité et du gaz».

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Notre commentaire. Réduire la production

de nucléaire sans fermer de

réacteurs? Pour quoi faire? s’interrogeront

les partisans de l’atome autant que

ceux qui veulent en sortir. Quant à imposer

une nouvelle tarification du gaz et

de l’eau, d’accord. Mais peut-on imaginer

que le secteur privé suivra sans que

l’on décide fermement de lui reprendre

le secteur des mains?

Institutions, droits

Les mesures Hollande. Augmentation des

pouvoirs du Parlement. Loi sur le noncumul

des mandats. Renforcement de la

parité. Introduction d’une part de proportionnelle

aux législatives. Droit de vote

aux élections locales pour les étrangers,

lutte contre l’immigration illégale. En

matière de sécurité, création de zones de

sécurité prioritaires, doublement de centres

éducatifs fermés pour mineurs et

création de 1000 postes supplémentaires

pour la police, la justice et la gendarmerie.

Notre commentaire. Les propositions

restent inscrites dans le cadre de la V e

République. On notera que ne sont pas

évoqués la nécessité de la création d’un

statut de l’élu, ni le rétablissement de la

primauté de l’Assemblée nationale sur

l’exécutif.

Europe, international

Les mesures Hollande. Renégociation du

«traité européen issu de l’accord du 9

décembre 2011». Proposition d’un

«pacte de responsabilité, de gouvernance

et de croissance pour sortir de la crise et

de l’austérité qui l’aggrave». Pour financer

la dette, émission d’euro-obligations.

Notre commentaire. Si le candidat

socialiste souhaite voir la Banque centrale

européenne s’occuper de croissance

et d’emploi, il ne dit rien sur le fait qu’elle

puisse financer la dette publique des

États européens. À Berlin, devant le

congrès du SPD, il avait dit qu’elle devait

conserver «son indépendance».

Page réalisée par René Granmont


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Budget départemental 2012:

la quadrature du cercle

Conseil général. Ce lundi 23 janvier, les conseillers généraux ont débattu des orientations

budgétaires du Département. Avec en filigrane la crise économique, la dette

et l'étranglement des collectivités locales infligé par le pouvoir central.

La présidente Hermeline Malherbe donne

le ton: en 2012 comme pour les années

précédentes, le budget sera entièrement

dédié «à faire tendre les P-O vers l'attractivité

par l'exemplarité». Avec une contrainte

cependant, «les choix nationaux qui font

supporter aux territoires une partie de

l'austérité imposée au pays». Et ce n'est

pas peu dire que «ces choix nationaux» -

derrière ces mots, il conviendrait de lire «les

choix de Sarkozy et de son gouvernement

UMP»- pèseront lourd dans la balance.

C'en est ainsi de l'acte II de la décentralisation

qui a généré un volume de charges

nettes non compensées de 112 millions

d'euros au compte administratif 2010 (le

compte administratif 2011 n'ayant pas

encore été voté, il est fort à parier que le

montant de ces charges non compensées

sera plus important encore). 112 millions

qui ont été mécaniquement assumés par la

fiscalité locale. Non content de se désengager,

l'Etat choisit aujourd'hui de redéfinir

cette fiscalité en affectant au Conseil général

le seul vote du taux de la taxe sur le foncier

bâti, diminuant de 40% à 20% sa

capacité à déterminer fiscalement ses propres

ressources.

«Aujourd'hui, nous abordons le DOB 2012

pour notre collectivité dans un contexte de

crise économique telle que la France n'a

pas connue depuis des décennies. Nous

aurons des choix budgétaires difficiles à

faire tant nos marges de manœuvre sont

restreintes. A ce contexte de crise, s'ajoutent

les carcans que nous imposent le

Président de la République et son gouvernement.

La suppression de la Taxe professionnelle

alourdit la dette de 8 milliards

chaque année, alors qu'elle n'a aucun

impact sur l’emploi. Nos dotations diminuent

et si rien n’est fait, continueront de

baisser. La TVA de 5,5 à 7% va augmenter

l’ensemble de nos dépenses et surtout celles

de nos concitoyens toujours plus nombreux

à être touchés dans leur accès au

logement, au chauffage, à la santé, à

l’éducation voire à l’alimentation… Ce

sont les familles et elles seules qui paieront

l’addition.

Notre marche de manœuvre est donc restreinte

entre maintenir le pouvoir d’achat

des contribuables familiaux et investir.

Pourtant, aucune amélioration notable est

à attendre dans l'avenir, au contraire!

L'effet de ciseau que nous connaissons

depuis plusieurs années va s'amplifier: la

Les collectivités locales

bâillonnées

C'en est ainsi de la volonté du pouvoir central

d'imposer aux collectivités locales la

rigueur décrétée par les agences de notation.

Ainsi, la Loi de Finances 2012 ponctionne

200 millions d'euros sur l'ensemble

des dotations de l'Etat aux collectivités.

Pour les P-O, cela représente environ 1 million

de perte de recettes.

C'en est ainsi de la révision générale des

politiques publiques (RGPP) qui pose le

principe d'un non remplacement sur deux

d'un départ à la retraite d'un fonctionnaire.

Or en 2010, la Cour des Comptes relevait

une économie de 800 millions d'euros réalisée

avec ce principe... à opposer aux 700

millions d'euros reversés aux agents pour

faire face aux heures supplémentaires

induites par la hausse du volume de travail!

Aujourd'hui, il est question d'imposer

cette RGPP aux collectivités territoriales...

pour quelles économies? Et avec quels

impacts sur les services publics locaux?

Crise économique? Dette? Rigueur? Des

mots qui n'ont pas la même valeur selon

perte importante d'autonomie fiscale; le

caractère peu évolutif des assiettes fiscales,

hormis les droits de mutation; la pression

très forte à la dépense, notamment

dans les domaines social et environnemental;

le gel des dotations de l'Etat.

La crise des finances locales s'approche à

grands pas, avec son cortège de risques de

fermeture d'équipements et de services

publics, comme cela se produit dans des

pays voisins. Pour le gouvernement, les

services publics et parmi eux, ceux des collectivités

locales, seraient au mieux un luxe

qui dépasserait nos moyens face à la crise,

au pire des gabegies insolentes. Non, les

services publics, les salaires des fonction-

dans le département 7

que l'on soit riche ou pauvre (voir

la déclaration de Jean-Louis

Alvarez, président du groupe Front

de gauche). Quoiqu'il en soit, c'est

dans un contexte d'offensive violente du

capitalisme financier à l'égard des peuples

que le budget primitif

sera voté le 13

février prochain.

Paul Combo

«Des engagements clairs à gauche»

Intervention de Jean-Louis Alvarez, président du groupe Front de gauche.

naires, ne sont pas un luxe insupportable

pour les budgets publics. D’abord parce

que l’ensemble des rémunérations des

agents des trois versants de la Fonction

publique ne représentait en 2008 que

12,8% du PIB, soit le même niveau qu’en

1980 ! Ensuite parce que les dépenses

publiques, dont les rémunérations des

fonctionnaires, loin d’être un prélèvement

sur la richesse créée, sont au contraire une

contribution à la création de richesse collective

(...)

Etrangler encore plus les ressources des

collectivités, vouloir les contraindre à une

RGPP locale, notamment à une réduction

de leurs effectifs, c’est réduire délibérément

leur intervention auprès des populations.

C’est réduire la part du secteur

public dans l’économie et ouvrir de nouveaux

marchés concurrentiels aggravant

encore les inégalités territoriales et sociales.

Le gouvernement est en train d'enfermer

les élus locaux dans de telles contraintes

qu'ils ne pourront plus mettre en

œuvre les programmes pour lesquels ils

ont été élus et remplir les missions de service

public qui leur incombent (…) Nous

ne pouvons pas, en tant qu’élu local,

accepter d’être dirigé par les marchés

financiers et les agences de notation qui

ne sont là que pour aggraver l’injustice

financière et fiscale.

Le pouvoir, du Président à tous ses ministres,

et la majorité présidentielle, n’ont de

cesse de répéter que si tout va mal, c’est la

faute à la crise. Or, derrière la crise, il y a

des choix politiques qui répondent à des

intérêts bien particuliers. Les cadeaux fiscaux,

les allègements de charges, les heures

supplémentaires défiscalisées, la baisse

des moyens accordés au service public de

l’emploi, les plans d’austérité qui assomment

les consommateurs sont autant de

facteurs de crise dont ils ne sauraient

s’exonérer.

Alors il faut vraiment changer, tourner le

dos à ces politiques faites uniquement

pour les nantis. Aujourd'hui, les assemblées

locales, comme le Conseil général

des P-O, doivent être des lieux de résistance

(…) La lutte contre la politique

conduite par le Président de la République

et son gouvernement doit être menée

frontalement. Il ne serait être question

d'en arrondir les angles, mais au contraire,

de s'en affranchir une fois pour toute afin

de remettre l'humain d'abord dans l'action

publique».


8 dans le département

TTCC.. QQuueellllee

ffuutt ttoonn aaffffeeccttaattiioonn lloorrssqquuee eenn

11996611 iill ttee ffaauutt rreejjooiinnddrree llee

ccoonnttiinnggeenntt mmiilliittaaiirree eenn AAllggéérriiee??

H.P. Je suis incorporé en mai 1960 et

après avoir passé 14 mois à Montlhéry, je

suis envoyé en Algérie et affecté à la villa

Susini. Sur le papier, mon travail devait

consister en des taches strictement administratives.

Mais, dès les premiers jours, je

découvre qu'il s'agissait d'un centre de

torture. J'ai appris plus tard , qu'il a été le

seul à avoir fonctionné durant toute la

guerre. Ce centre était placé sous l'autorité

d'un officier des renseignements qui

changeait tous les 3 à 4 mois. J'y resterai

de juin 61 à mars 62.

TTCC DDaannss cceettttee vviillllaa SSuussiinnii,, qquuee vvaa--tt--oonn

tt''oobblliiggeerr àà ffaaiirree??

H.P. Quand il y avait trop d'arrestations

et lorsqu'il manquait de monde sur

place, on me demandait de participer

aux séances de torture. J'étais chargé de

prendre des notes et d'établir des comptes-rendus

des résultats des interrogatoires.

Durant ces dix mois d'enfer, je n'ai

pas eu connaissance d'assassinats. S'il y

a eu des exécutions, elles se sont passées

en dehors de la villa. C'est aussi

que nous étions à quelques semaines du

cessez le feu et que la marge de

manoeuvre des tortionnaires s'était

beaucoup réduite en comparaison des

années précédentes.

TTCC.. CCoommmmeenntt cceess ttoorrttiioonnnnaaiirreess aavvaaiieenntt-iillss

aaggii ddaannss ccee cceennttrree ddee ttoorrttuurree aavvaanntt

qquuee ttuu nn''yy ssooiiss aaffffeeccttéé??

H.P. La période «faste» de la villa Susini,

c'est lorsque Le Pen en a été responsable.

C'était fin 56-début 57. Le Pen venait de

démissionner de son mandat de député

poujadiste pour se réengager comme lieutenant.

Durant cette période, beaucoup

d'algériens sont morts sous la torture.

Des corps ont été jetés dans un puits qui

se trouvait dans le parc de la villa. Aprés

la fin de la guerre, il a été scellé.

TTCC.. FFiinn mmaarrss 11996622,, ttuu rreennttrreess eenn FFrraannccee,,

ccoommmmeenntt ssee ppaassssee ttoonn rreettoouurr??

H.P. J'étais soulagé d'être sorti de cette

horreur. A mon retour, je suis affecté pour

5 mois encore dans une caserne de Laon.

Cela a joué comme une soupape, car

pour moi l'essentiel était d'oublier, de

tourner la page. Pourtant, dans le casernement,

il y avait de jeunes soldats et j'ai

commencé à leur raconter mon expérience.

Durant mon affectation à la villa

Susini, j'avais consigné sur un cahier des

faits précis, des impressions, des états

d'âme. Ces notes ponctuelles, je les avais

gardées mais il me fallait les cacher soigneusement.

La terreur

coloniale

Henri Pouillot. Appelé en Algérie en

1961, il a approché de très près

l'horreur de la torture. De retour

en France, il se tait pendant 40

ans avant de se décider à témoigner.

Il est aujourd'hui un

militant reconnu de toutes

les causes anticoloniales

TTCC.. QQuuee vvaass--ttuu ffaaiirree ddee cceess nnootteess,, ffiinn

11996622,, lloorrssqquuee ttuu rreettrroouuvveess llaa vviiee cciivviillee??

H.P. Je les ai en quelque sorte oubliées.

Jusqu'à ce que en 1973, le général Massu

commence à publier ses mémoires. Et

comme cela avait suscité un peu de bruit

dans les médias, je me suis souvenu de

mon cahier. C'est alors que j'ai rencontré

un journaliste de l'Humanité à qui j'en ai

parlé. Je le lui ai confié en lui suggérant

de retravailler mes notes et d'en faire

quelque chose. Mais finalement, rien n'a

été publié.

TTCC.. PPeeuuxx--ttuu nnoouuss eexxpplliiqquueerr ddaannss qquueelllleess

ccoonnddiittiioonnss,, aapprrèèss 4400 aannnnééeess ddee ssiilleennccee,,

ttuu ttee ddéécciiddeess àà ttéémmooiiggnneerr??

H.P. Fin 2000, Louisette Ighilahriz qui

s'était engagée dans les rangs du FLN à

l'âge de 20 ans témoigne auprès de l'envoyée

spéciale du journal Le Monde à

Alger, Florence Beaugé, des traitements

qu'on lui avait subir fin 1957 dans les

locaux de l'état-major du général Massu à

Hydra. Elle y fut violée et torturée pendant

3 mois. Cet entretien déclenche un mouvement

et Louisette est invitée à la fête de

l'Humanité la même année. Cela provoque

une cascade de témoignages et le 30

octobre 2000, l'Humanité publie un appel

à «la condamnation de la torture durant

la guerre d'Algérie», signé par 12 personnalités

(Henri Alleg, Josette Audin,

Simone de La Bollardière, Nicole Dreyfus,

Noël Favrelière, Gisèle Halimi, Alban

Liechti, Madeleine Rebérioux, Laurent

Schwartz, Germaine Tillion, Jean-Pierre

Vernant, Pierre Vidal-Naquet).

TTCC CC''eesstt ddoonncc llee ttéémmooiiggnnaaggee ddee

LLoouuiisseettttee IIgghhiillaahhrriizz qquuii tt''aa ppoouusssséé àà

ssoorrttiirr ddee ttoonn ssiilleennccee??

H.P. En fait, c'est dans ce contexte que

plusieurs personnes qui avaient su que

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

j'avais vécu cet enfer, me poussent à

témoigner à mon tour. Je le fais début

2001 dans le Monde et l'Humanité et du

coup je suis sollicité par des journalistes

de télévision. Je témoigne dans le film de

Jean-Charles Deniau, «paroles de tortionnaires»,

diffusé au printemps 2001 puis

en mars 2002 dans la série documentaire

«l'ennemi intime» de Patrick Rotman et

enfin dans envoyé spécial de France 2

dont une séquence est tournée en décembre

2001 à la villa Susini. L'émission est

diffusée en février 2002.

TT..CC AA llaa ssuuiittee ddee cceess ttéémmooiiggnnaaggeess ttuu

eennttrreepprreennddss ll''ééccrriittuurree dd''uunn oouuvvrraaggee qquuii

eesstt ppuubblliiéé eenn 22000022 ssoouuss llee ttiittrree:: ««llaa vviillllaa

SSuussiinnii,, ttoorrttuurree eenn AAllggéérriiee,, uunn aappppeelléé

ppaarrllee»».. PPuuiiss,, iill eesstt rrééééddiittéé eenn 22001100,,

qquueelllleess eenn ssoonntt lleess rraaiissoonnss??

H.P. Mon livre a été rédigé au printemps

2001, seulement à partir de ma mémoire,

pour consigner par écrit les témoignages

apportés devant les caméras et interviews.

Au moment de l’écriture, 40 ans

après les faits, il était inévitable, sans

repères très précis, que des écarts de

dates allaient intervenir. J'ai pu en obtenir

la réédition en 2010 après voir eu accès

aux archives du SHAT (Service Historique

de l’Armée de Terre). Cela m’a permis de

retrouver des dates réelles, précises. Mais

de toute façon, je ne voulais pas faire un

livre d'histoire. Ce que je souhaitais très

ardemment c'est que les algériens qui ont

souffert très profondément dans leur

chair, se retrouvent avec les Français qui

ont également souffert psychologiquement

souvent aussi dans leur chair, pour

mener ensemble ce même combat de

condamnation de la torture, de tous ces

crimes contre l'humanité commis au nom

de la raison d'Etat, au nom de la France.

Entretien réalisé par Roger Hillel


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

En cette journée de dimanche

29 janvier, la pluie, le froid, et le

vent se sont abattus sur

Perpignan ainsi que le méritait

l'affligeante inauguration du

centre de documentation des

Français d'Algérie. Affligeant les

discours que devaient prononcer

d'abord Thierry Rolando président

national du cercle algérianiste,

une association qui

regroupe des milliers de pieds

noirs perdus dans la nostalgie

de l'Algérie d'avant l'indépendance,

puis Jean-Marc Pujol,

maire de Perpignan et enfin

Gérard Longuet, ministre d'Etat.

Un personnage à qui colle toujours

à la peau son passé de

fondateur en 1963 du mouvement

d'extrême-droite Occident.

Ce passé, il l'a habilement

exhibé après s'être fait huer

«L'amour de notre pays perdu, de nos familles

dispersées, le français d'Algérie l'ont peu a peu

construit en métropole. Je dis métropole parce

que je sais que pour beaucoup d'entre vous le

mot France a été synonyme d'abandon, d'incompréhension

et, de trahison et d'injustice. La

France qui nous a abandonnés, c'est celle qui a

ordonné aux soldats de ne pas sortir des casernes

le 5 juillet 1962 à Oran quand les massacres

commençaient, c'est celle du froid calcul politique

toutes tendances confondues. Mais, n'oublions

surtout pas qu'au même moment des officiers

français désobéissaient pour sauver les pauvres

vies emportées par la monstruosité politique

(il s'agit des officiers qui créèrent l'OAS. NDLR).

Le temps est venu de sortir des lectures biaisées

d'idéologues au service d'une cause dépassée

qui travestissent la vérité pour se donner bonne

conscience... Déjà lorsque nous avons érigé le

mur des disparus, nous avons dû faire face à des

campagnes de désinformation et de calomnies

des falsificateurs de l'histoire» .

pour avoir cité le nom du général

De Gaulle. Et puis, pour

retourner, non sans succès, son

auditoire en sa faveur, il a fustigé

les «adeptes de la repentance»,

et flatté «cette formida-

Thierry Rolando, le président national du cercle algérianiste

Gérard Longuet: son passé d’extrème-droite lui colle à la peau

dans le département

Perpignan, capitale des nostalgiques

de l'Algérie française

Inauguration du centre de documentation des Français d'Algérie. Dimanche 29 janvier, au palais des

congrès devant une foule de pieds noirs venus de toute la France, le président du cercle algérianiste, le

maire de la ville et le ministre de Nicolas Sarkozy ont à l'unisson vanté les bienfaits de la colonisation.

© Jean Quillio

ble entreprise de la présence

française en Algérie». Puis, pour

ne pas être en reste, il a achevé

son discours en entonnant le

chant des Africains, suivi par

une salle exaltée et rugissante

et conclu l'inauguration par:

«vive le souvenir de la France en

Algérie». Ce slogan faisait écho

à celui de Thierry Rolando qui

avait terminé sa harangue par

ce cri: «que vive l'Algérie qui fut

la nôtre, l'Algérie Française». Il

faut dire que ces deux personnages

s'apprécient. Le premier

n'avait-il pas, la veille, au

congrès national du cercle algérianiste,

salué «le parcours politique

particulier» du second,

ajoutant à son endroit pour s'en

féliciter, qu'il avait été «le leader

du mouvement Occident».

Jean-Marc Pujol et les nostalgéristes de son conseil municipal

Encadré par ces deux allocutions,

celle du maire de

Perpignan, Jean-Marc Pujol se

voulait larmoyante et pateline.

Histoire de prouver son ouverture

d'esprit, il avait parsemé

son propos des mots: «Amour,

vérité, justice, mémoire». Des

mots sirupeux qui ne sauraient

estomper son hommage au

commandant Hélie Denoix de

Saint-Marc, l'un des fondateurs

de l'OAS, fait Grand'Croix de la

Légion d'honneur, le 28 novembre

2011, par le président de la

République. Jean-Marc Pujol est

familier des coups bas sachant

se faire ovationner en s'insurgeant

contre «ces falsificateurs

de l'histoire, ceux qui ont voulu

faire croire aux lendemains qui

chantent en fournissant le goulag

en URSS». C'est sous de tels

auspices qu'a été conçu le centre

de documentation des

Français d’Algérie désigné dans

le message de Nicolas Sarkozy

lu par Gérard Longuet comme

«le musée consacré au souvenir

des Français d'Algérie».On ne

saurait mieux définir ce centre

qui ouvre ses portes dans un

haut lieu historique de la ville, le

couvent Sainte-Claire, qui fit

office de prison jusque en 1989.

Tout un symbole: une ancienne

prison pour emprisonner l'histoire.

Roger Hillel

«Morceaux de choix» du discours de Jean-Marc Pujol

© Jean Quillio

© Jean Quillio

© Valou Toutain

Vérité

sur les crimes

du colonialisme

9

Rassemblement. A l'appel du collectif

«pour une histoire franco-algérienne

non falsifiée», quatre vingt

personnes se sont retrouvées place

cassanyes pour protester contre

l'inauguration du centre de documentation

des français d'Algérie

Le collectif pour une histoire francoalgérienne

non falsifiée ne voulait

pas laisser sans riposte l'inauguration

du centre de documentation des

français d'Algérie. Un «musée» qui

mérite plutôt l'appellation de centre

«de dévotion de la France en

Algérie» tant sa présentation des

132 années de présence française

en Algérie est conçue comme une

apologie de «l'oeuvre française en

Algérie». A l'heure où le ministre

Longuet faisait son apparition dans

le palais des congrès, à l'instant

même où il était ovationné par une

salle comble de nostalgéristes

debout et trépignants, quatre-vingt

militants bravant le froid étaient rassemblés

à quelques encablures pour

sauver la face de la ville de

Perpignan qui se flatte d'accueillir

un centre de documentation à vocation

nationale et qui n'est en fait,

après la stèle OAS et le mur des disparus,

que la 3ème pièce d'une

lamentable opération de réhabilitation

du colonialisme français pilotée

par la mairie et le cercle algérianiste.

Les militants, après avoir inauguré

une «place des victimes du colonialisme»,

puis expliqué aux passants

le sens de leur initiative, devaient

lancer des slogans on ne peut plus

explicites:

Non! Pas d'argent public pour les

nostalgiques de l'Algérie Française.

Non au Centre de documentation

des français d'Algérie.

Oui pour une histoire franco-algérienne

non falsifiée.

Oui pour la vérité sur les crimes du

colonialisme, halte au racisme et à

la xénophobie.

RH


10 N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Au coin Christian!

Un joli cortège d’élèves et enseignants

s’était réuni vendredi 27

janvier matin au lycée Pablo

Picasso pour souhaiter la bienvenue

au recteur d’Académie M.

Christian Philippe, alors en

déplacement pour présider une

réunion des chefs d’établissements

de collèges et de lycées du

département.

Dotations Horaires Globales,

suppressions de postes, augmentation

des effectifs-élèves par

classe, regroupements de sections,

disparitions d’options,….

Souhaitant manifester leur rasle-bol,

une délégation du personnel

enseignant venu des lycées

Picasso, Charles-Blanc, Jean-

Moulin et Arago, demande à être

reçue dans le grand amphi où

doit se tenir la dite-réunion. Peu

habitué à pareil affront, le recteur

refuse de dialoguer «sous la

pression». Tant pis pour lui. Sa

réunion n’aura pas lieu et c’est

pris dans une foule bien compacte

d’élèves et professeurs en

colère que le recteur sera poussé

vers la sortie, forcé d’écouter -

tout du moins entendre- les protestations.

Au final, il sera cordialement

invité par la foule à se rendre au

siège de l’Inspection académique

à pied, son véhicule personnel

réservé pour l’occasion ayant été

retenu un peu plus loin par de

petits plaisantins… Un joyeux

bain de foule qui, avant les fortes

mobilisations du mardi 31, aura

au moins permis au grand manitou

d’avoir personnellement un

avant-goût de la colère bien

réelle que sa gestion financière

de l’éducation fait monter. Pour

reprendre les mots prononcés

par J-L Mélenchon lors de la présentation

de ses vœux aux enseignants,

non Mr le recteur,

«l’école n’est pas une entreprise».

J.Z.

RASED: A l’aide!

Education. Alors que le secteur tout entier est pris dans les marasmes d’une gestion financière de l’enseignement

par l’Etat et les Inspections d’Académie, l’école primaire est la plus durement attaquée.

Les RASED, Réseaux d’Aide Spécialisée aux Enfants en Difficulté, sont descendus en première ligne…

Les RASED?

Apparus en 1990 par transformation des

GAPP (Groupe d’Aide Psycho-

Pédagogique), les RASED sont les garants

d’une approche psychopédagogique des difficultés

rencontrées par les élèves au cours

de leur formation scolaire dans le 1er degré,

soit de la maternelle jusqu’au CM2 (cours

moyen 2). Seul dispositif gratuit de ce type

dans l’école publique, les RASED ont pour

mission de fournir des aides spécialisées

dans les classes ordinaires des écoles primaires,

à la demande des enseignants, dans

ces classes ou hors de ces classes. Ils comprennent

des enseignants spécialisés chargés

des aides à dominante pédagogique, les

«maîtres E» (difficultés d’apprentissage),

des enseignants spécialisés chargés des

aides à dominante rééducative, les «maîtres

G» (difficultés d’adaptation à l’école), et des

psychologues scolaires.

Economies, économies…

La politique de rigueur du ministère de

l’éducation, relayée par le recteur et les

Inspections académiques, a fait de l’école

publique sa première victime. Département

après département, de nombreux postes

sont supprimés dans le premier degré et les

RASED sont aujourd’hui menacés de disparition

complète.

Au niveau national, ce sont 5700 postes

d'enseignants qui seront supprimés dans les

écoles primaires à la rentrée 2012 et cela

malgré la prévision de 3000 élèves supplémentaires

faite par le ministère. Les prévisions

sur les RASED tiennent de la purge:

2500 postes qui risque d’être liquidés, avec

près de 1200 d’ores et déjà annoncés (selon

un comptage effectué par le SNUipp-FSU sur

50 départements), regroupant maîtres E et

G. Déjà, entre 2008 et 2011, 2500 emplois

de RASED disparaissaient, soit en 5 ans, la

disparition de près d’un tiers de l’effectif

total des réseaux d’aide spécialisée.

Dans les Pyrénées-Orientales, ce sont au

final 20 postes de maîtres E et 7 postes de

maîtres G qui seraient supprimés, soit presque

la moitié des maîtres E et le tiers des

maîtres G du département. Alors qu’il faudrait

au contraire multiplier les moyens pour

aider les élèves en difficulté dans des classes

souvent surchargées, la politique menée

dans l’éducation est claire: faire des économies…

Et ce, à tout prix, même celui de laisser

des enfants en difficulté sur le carreau

alors que les structures qui permettraient de

les prendre en charge existent déjà.

Au fond de la classe

A partir de la rentrée 2012, 250000 élèves

par an n’auront plus d’aide spécialisée. En

réduisant leurs effectifs, le rôle des maîtres

E, G et psychologues scolaires est profondément

dénaturé. Dans certains départements,

© Jean Quillio

les maîtres spécialisés ne seraient plus rattachés

à un petit groupe pour intervenir

auprès des élèves mais affectés sur une circonscription

(en moyenne 50 écoles!). Ne

pouvant plus se déplacer dans les classes, ils

auront un simple rôle d’«expert» auprès de

l’enseignant, au détriment d’une aide de

qualité qui passe par des entretiens adaptés

et un suivi professionnel des élèves.

L’enseignant, lui, sera désarmé face à des

enfants qui n’apprennent pas, incapable de

gérer en plus de sa classe des difficultés qui

méritent des compétences spécifiques. Enfin,

et c’est là le problème central, les choix du

ministère et des Inspections laissent délibérément

toute une partie de notre jeunesse

s’enfoncer dans l’échec scolaire. L’attaque

portée aux RASED est symptomatique de la

casse organisée d’un système éducatif tout

entier. Dans le même temps qu’est réduite

l’offre gratuite publique d’une aide spécialisée

apportée aux enfants, il s’agit d’externaliser

l’aide scolaire de l’école vers des organismes

non publics-payants. In fine, une

vision ultralibérale de l’école qui placera les

élèves en difficulté entre les mains du privé,

laissant aux familles la responsabilité et la

charge d’en supporter le coût. Les autres

sont priés de rester en fond de classe…

Des luttes à mener

Au nom de l’égalité devant l’enseignement

et du refus d’une marchandisation des aides

spécialisées apportées aux enfants en difficulté,

des actions sont menées sur tous les

fronts: distributions de tracts et réunions

publiques pour informer les parents, communiqués

de presse, pression sur les élus,

rassemblements de protestation devant les

écoles,… Mercredi 31, les syndicats enseignants

appelaient massivement à la grève et

manifestaient un peu partout sur tout le territoire.

La suspension des suppressions de

postes et la sauvegarde d’une école primaire

publique de qualité sont au cœur des revendications.

J.Z.

© Jean Quillio


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Un an d’occupation et nous

sommes toujours là!

© Samuel Toutain

Il y aura un an, le samedi 4 février 2011,

«Bouge toit» réquisitionnait l’école

Jeanne Hachette laissée à l’abandon par

la mairie de Perpignan et y relogeait 4

familles sans papiers et sans toit.

Pour fêter tous ensemble le premier anniversaire

de cette action et en envisager

de nouvelles, l’association vous invite à

une soirée solidaire et festive samedi 4

février à l’école Jeanne Hachette 3, rue

Lettre ouverte aux candidats

aux législatives

Lycée Arago. Les personnels du

Lycée Arago de Perpignan, ainsi que les

parents d’élèves, souhaitent attirer votre

attention au sujet de la situation indigne

du service public de notre établissement

pour la rentrée 2012. La dotation horaire

globale est à nouveau insuffisante cette

année et la diminution drastique des

moyens, subie depuis quelques années,

génère pour la rentrée prochaine des

conditions de travail proprement ingérables

et insupportables pour l’ensemble de

la communauté éducative:

Des classes de 36 élèves minimum. Une

classe de seconde en moins, une classe

de première en moins et une classe terminale

en moins alors que le nombre

d’élèves prévu augmente. Des enseignements

obligatoires non assurés, des

dédoublements officiels et indispensables

impossibles.

Des conditions d’hygiène, de sécurité et

d’accueil des personnes lamentables.

vieilledent à partir de 19h30 à Perpignan,

à deux pas de la casa musicale. Les familles

hébergées organisent un repas aux

couleurs internationales .

Participation au repas : 10 € par adulte;

venez nombreux et nombreuses, et inscrivez

vous au plus vite sur la messagerie de

l’association: bougetoit@gmail.com

avant le mercredi 1er février.

Grande rifle du coeur

Au bénéfice des Restos du Coeur des PO

Dimanche 5 février à 15h salle Jean

Carrère Argeles/Mer

22 parties: 16 quines 4 cartons pleins,

bingo super tombola + Consolantes +

Super consolante

Dimanche 12 février à15h salle polyvalente

Bompas

22 parties: 16 quines 4 cartons pleins,

bingo super tombola + Consolantes +

Super consolante

Aussi, alors que les effectifs accueillis restent

constants, on assiste à des suppressions

de postes injustifiées, moins 17 en

3 ans!

La poursuite de cette politique de casse

du service public d’éducation nous

conduit vers l’impasse, tournant le dos à

l’avenir. Le Lycée Arago, établissement

public, historique et emblématique, est

particulièrement touché par cette politique

mortifère. Les personnels du lycée

sont empêchés d’assurer leur mission de

service public, nous nous interrogeons sur

l’avenir de nos enfants, de notre école

républicaine.

Mesdames, Messieurs, nous vous invitons

à nous soutenir activement dans notre

action et à ce titre, à intervenir afin que la

politique éducative retrouve des conditions

dignes.

Soyez convaincus, Mesdames, Messieurs,

de notre profond attachement à la

défense de l’école républicaine laïque.

Depuis la mise en place de la nouvelle

organisation le 19 septembre 2011qui a

entraîné la délocalisation des trois centres

courriers (Elne, Villeneuve de la

Raho, Saint-Cyprien) sur un seul site

dans la zone industrielle d’Elne, les factrices

et les facteurs vivent au quotidien

une situation catastrophique. Alors

qu’elles ou ils auraient pu croire que ce

nouveau centre flambant neuf auraient

pu atténuer leur migration, il n’en est

rien! Pour preuve: local inadapté au

regard de l’infrastructure et de la sécurité

(éclairage défaillant, chauffage au

rabais 10 à 13 degrés constatés, fissures

dans les murs, issues de secours bloquées…).

Comme si cela ne suffisait pas, les

conditions de travail au lieu d’aller vers

le mieux-disant sont encore pire

qu’avant: charge de travail et pénibilité

accrues, dépassements d’horaires réguliers,

manque de moyens de remplacement,

absentéismes massifs, rotation

importante de personnel précaire

(CDD), difficultés pour prendre les

congés…

En termes d’emplois, le compte n’y est

pas: il manque au minimum 5 emplois

de titulaires pour travailler dans de bonnes

conditions et offrir aux usagers une

qualité de service digne de ce nom, ce

qui est loin d’être le cas actuellement. Il

suffit d’interroger les usagers des localités

concernées pour se rendre compte

du marasme ambiant qui risque de

s’amplifier si les responsables du cour-

communiqués

Les factrices et les facteurs d’Elne

En souffrance

permanente!

rier d’Elne s’entêtent à vouloir encore

aggraver la situation.

A travers cette adresse les factrices et

les facteurs d’Elne veulent interpeller la

population pour lui signifier qu’elles et

ils sont encore animés d’une conscience

professionnelle chevillée au corps mais

elles et ils arrivent au bout du rouleau

(atteinte à leur intégrité physique et

mentale). Cette situation ne peut durer

davantage. A ce propos, une journée de

mobilisation citoyenne réunissant postiers,

usagers, élus, associations… est

prévue prochainement sur Elne pour

sensibiliser l’opinion publique sur la

gravité d’une telle situation, préjudiciable

à l’intérêt général.

Ça pique à la PIC

de Perpignan !

11

Les agents de La Poste de la Plateforme

Industrielle Courrier (PIC) de perpignan

soutenus par les syndicats Sud et Fo

seront en grève le jeudi 02 février 2012

pour s’opposer aux suppressions d’emplois

et au transfert d’activité sur

Montpellier. La direction de la PIC veut

mettre en oeuvre cette restructuration

d’ici le mois de juin 2012. Dans l’hypothèse

où celle-ci serait maintenue, cela

ferait au total: 14 emplois supprimés

C’est inacceptable! Comme si cela ne

suffisait pas dans un département déjà

rongé par le chômage et la précarité. Il

y en a assez de cette politique destructrice

du service public et de l’emploi!

Rifle du PCF

Dimanche 12 février

salle des fêtes d'Illes sur Tet à 15h

Un bus est mis gratuitement à la disposition de rifleurs . Départ de Prades à

13h30, ensuite Marquixanes, Vinça, Rodès et bouleternère

Bulletin d’abonnement

Adresser un chèque à l’ordre du Travailleur Catalan, 44 av. de Prades - 66000 Perpignan

3 mois (19€) 6 mois (36€) 1 an (70€)


12 annonces

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Carnet

Une figure de la gauche alter-mondialiste nous a quittés.

C'est avec stupeur que la rédaction du journal

a appris le décès de Sophie d'Arthuis survenu

jeudi 26 janvier à son domicile de Marcevol.

Compagne de notre ami et collaborateur Jean

Tosti, elle avait quitté Paris, il y a plus de quarante

ans, pour vivre ici, selon son idéal.

Architecte de formation, sa première confrontation

avec les réalités locales fut l'état de

ruine du prieuré de Marcevol. Si aujourd'hui

ce bijou de l'art roman catalan a retrouvé son

austère beauté, il le doit aussi à la part décisive

qu’elle a prise dans l'action collective.

Militante d'ATTAC à Prades comme à

Perpignan, elle devint, entre autres, une des

responsables départementale de la commission

pour la défense de l'eau comme bien

commun. Sa soif exigeante de justice fit d'elle,

une des chevilles ouvrières du collectif des

femmes dans tous ses combats pour la dignité

et l'égalité. Son dernier combat fut celui de la

défense du plateau de Marcevol sur lequel des

promoteurs peu soucieux d'écologie ont jeté

annonces légales - annonces légales

UNI-VERT MEDITERRANEE

SARL au capital de 76.000 Euros

19 allée des villas Amiel,

66000 Perpignan

488526211 R.C.S. Perpignan

Aux termes de I'Assemblée Générale Extraordinaire en date du 15 janvier 2012 il a

été pris acte de la nomination de Monsieur DOAT Guillaume, demeurant s/c EVM-

Pont de Lunel-RN 113, 34400 Lunel en qualité de Gérant à compter du 15 janvier

2012.

Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Perpignan

SARL CCMP

Bijouterie Foch 21

21 rue Maréchal Foch

66000 PERPIGNAN

Tél : 04 68 66 58 76

06 31 78 23 77

RC 509 333 662

AVIS DE DISSOLUTION

ET NOMINATION DU LIQUIDATEUR

Suite à une délibération en assemblée générale extraordinaire, en date du 31

Décembre 2011, il a été décidé de la dissolution anticipée de la société et la nomination

de M. FARRES Daniel, 10 rue Mathieu de Dombasle – 66000 Perpignan en tant

que liquidateur, à compter de ce même jour.

Pour avis, le gérant

SARL LABORATOIRE DE L'AGLY

Capital 15245€

Ancien siège social: Route de Cassagne 66720 La

Tour de France RCS 408552859 PERPIGNAN

TRANSFERT DE SIEGE SOCIAL

Suivant délibération de l'assemblée extraordinaire du 28/112011, il a été décidé de

transférer le siège social du Laboratoire de l'Agly

à: ZA le Corail 15 rue du Corail 34670 BAILLARGUES Et ce à compter du 01 janvier

2012 En conséquence l'article des statuts concerné est modifié L'objet social est:

conception de matériel afin d'optimiser l'efficacité des produits phytosanitaires,

conseils et recherche dans l'utilisation des dits produits phytos.

Nom du gérant: BIANDRATI Anna 17 rue des Aigrettes 66000 PERPIGNAN Le dépôt

légal sera effectué au tribunal de Commerce de Montpellier Pour avis, le représentant

légal

leur dévolu pour monter une affaire juteuse

autour d'un projet de golf. Le combat continue.

La rédaction du journal tient à assurer Jean

Tosti, collaborateur régulier du TC, de toute sa

solidarité dans ce moment terriblement douloureux

pour lui.

Message des membres de Attac66

Sophie D'Arthuys, militante active d'Attac

était présente dans toutes les luttes, toutes les

manifestations, tous les combats de la gauche

pour plus de justice sociale et pour la défense

de l'environnement, dans tous les combats

féministes. Elle était une militante merveilleuse

qui savait allier l'engagement, la générosité

et surtout une sensibilité et une écoute

de tous et de toutes hors du commun. Sa disparition

nous bouleverse. Nous sommes très

malheureux et nous partageons cette peine

immense avec son compagnon Jean Tosti et

toute sa famille.

SCI AGAVAN

SCI au capital de 1000 Euros

19 allée des villas amiel,

66000 perpignan

442385506 R.C.S. Perpignan

Aux termes de I'Assemblée Générale Extraordinaire en date du 15 janvier 2012 il a

été pris acte de la nomination de Madame Anne Marie DOAT née CODINE, demeurant

19 allée des villas amiel, 66000 Perpignan en qualité de Gérant à compter du 15

janvier 2012.

Mention en sera faite au Registre du Commerce et des Sociétés de Perpignan

LA PLAGE, LA TABLE GOURMANDE

SARL au capital de 1000 Euros

1 AV des Pins,

66700 ARGELES SUR MER

500822978 R.C.S. Perpignan

Aux termes d'une AGE en date du 31 janvier 2012 les Associés ont décidé la dissolution

anticipée de la société et sa mise en liquidation amiable à compter du 31 janvier

2012, nommé en qualité de liquidateur monsieur Sovong SEA, 26 allée paul verlaine

, 77340 PONTAULT COMBAULT et fixé le siège de liquidation et l'adresse de

correspondance au siège de la société.

Mention en sera faite au RCS de Perpignan

Aux termes d'un acte SSP en date du 1 février 2012 il

a été constitué une société

Dénomination sociale:

SARL LES COUSINS

Siège social: 1 AVENUE DES PINS, 66700 ARGELES SUR MER

Forme: SARL

Sigle: Enseigne: BUFFET D'ARGELES PLAGE

Nom commercial: LES COUSINS

Capital: 1000 €

Objet social: Restaurant - Salon de thé - Plats à emporter

Gérance: Monsieur Sopheap TAN, 9 avenue des platanes, 66700 ARGELES SUR

MER

99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Perpignan

SOCIÉTÉ CIVILE IMMOBILIÈRE DE GYNÉCOLOGIE-OBSTÉTRIQUE

SCI GYNO

au capital social de 457,35 euros

Siège social : 20, rue Becquerel 66000 Perpignan

335 093 563 RCS Perpignan

Collectif paix et justice

en Palestine

Jeudi 9 février à 19h au Cinéma Castillet -

projection-débat avec «Une bouteille à la mer»,

film franco-canado-israélien réalisé par Thierry

Binisti. 1h39

Tal est une jeune française installée

à Jérusalem avec sa famille. A dixsept

ans, elle a l’âge des premières

fois : premier amour, première cigarette,

premier piercing. Et premier

attentat, aussi. Après l’explosion

d’un kamikaze dans un café de son

quartier, elle écrit une lettre à un

Palestinien imaginaire où elle

exprime ses interrogations et son

refus d’admettre que seule la haine

peut régner entre les deux peuples.

Elle glisse la lettre dans une bouteille

qu’elle confie à son frère pour

qu’il la jette à la mer, près de Gaza,

où il fait son service militaire.

Quelques semaines plus tard, Tal

reçoit une réponse d’un mystérieux

« Gazaman »…D'après le roman

de Valérie Zenatti.

Aux termes d’une délibération en date du 1er février 2012 l’Assemblée Générale

extraordinaire des associés de la SCI GYNO a décidé :

De modifier la dénomination sociale de la SCI à dater du 2 février 2012 qui devient :

SCI BECQUEREL 20. L’article 1 des statuts a été modifié an conséquence.

De procéder au remplacement du gérant : le nouveau gérant est Mme Nelly Melis,

associée majoritaire. L’article 13 des statuts a été modifié en conséquence.

Pour avis et mention, la gérance.

AVIS D’APPEL PUBLIC A LA CONCURRENCE

FORMCHECKBOX TRAVAUX

1 - IDENTIFICATION DE L’ORGANISME QUI PASSE LE MARCHE: COMMUNE DE

COLLIOURE

2 – NOM ET ADRESSE OFFICIELS DE LA PERSONNE PUBLIQUE:

Monsieur le Maire

Hôtel de ville

3, rue de la République

66190 COLLIOURE

3 – OBJET DU MARCHE: SUPPRESSION DES ARENES ET AMENAGEMENT D’UN

PARKING

4 – LIEU D’EXECUTION DES TRAVAUX: COLLIOURE

5 – PROCEDURE: procédure adaptée

6– CONDITIONS DE DELAIS:

- Date limite de réception des offres: 15/02/2012 à 12H00

- Délai minimum de validité des offres: 90 jours

7 – AUTRES RENSEIGNEMENTS: l’annonce complète est disponible sur le site de la

commune : http://www.collioure.net ou celui de l’Association des Maires et Adjoints

des P-O : http://www.amf66.asso.fr

8 – DATE D’ENVOI DU PRESENT AVIS A LA PUBLICATION: 31/01/2012

Le Travailleur Catalan

est habilité à publier les annonces

légales et judiciaires.

Renseignements

au 04 68 67 00 88

ou au journal, 44 avenue de Prades - Perpignan

Lundi - Mercredi - Vendredi : 14h à 18h

Fax 04 68 67 56 14


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Samedi à Brive, les joueurs de l’USAP

nous ont resservi un scenario semblable

à celui que nous avions connu à

Exeter le week-end précédent et

auquel ils nous avaient déjà habitués à

plusieurs reprises: une bonne entame

de match, un jeu relativement propre

au pied et dans l’organisation, une

défense quasi impeccable, pas trop de

fautes et de ce fait un avantage au

score plus que mérité, et puis, et

puis… 20 minutes plus tard, le ressort

se tend et tout se casse, tout s’enraye,

la tension nerveuse monte en même

temps que l’adversaire revient au

score, les fautes arrivent, des fautes

bêtes souvent .

Personne dans le groupe n’est capable

de maîtriser alors la situation, on

continue à jouer sur un avantage

pénalité, qui, à 10 minutes de la fin,

aurait assuré un bonus défensif, synonyme

de point qui risque de manquer

au décompte final.

Ne parlons pas des cartons jaunes

auxquels nos joueurs sont malheureusement

abonnés, certains sévères, il

est vrai, sollicités avec insistance par le

juge de touche alors que l’arbitre de

terrain ne voulait pas s’attarder sur

une telle faute. «Le carton jaune sur

Damien Chouly tient à un excès de

zèle du juge de touche!», signale très

calmement l’entraîneur de l’USAP,

Christophe Manas, ne voulant pas

jeter de l’huile sur un feu attisé du côté

de la rade de Toulon et devenu quasiment

un gros incendie.

Ce feu couvait depuis pas mal de

USAP: PSITT

PSY! PAR ICI!

© Crédit photo USAP

temps déjà; entraîneurs excédés par

des erreurs d’arbitrage parfois inadmissibles,

une Coupe du Monde en

Nouvelle-Zélande où la France fait les

frais en finale d’un arbitrage plus que

partial des arbitres souvent honnêtes,

mais pas au niveau du jeu pratiqué

dans le Top14, des supporters qui les

influencent de plus en plus, etc, etc.

Et le président de Toulon, Mourad

Boudjellal, fortuné de la BD, mais

novice dans le rugby et qui ne sait pas

(ou trop bien peut-être!) qu’on ne touche

pas aux instances du rugby français

sans se brûler. Mais cette «sodomie

arbitrale», qu’il a, parait-il, subie

assis en tribune de la part d’un arbitre

au centre du terrain (vraiment ils sont

puissants ces arbitres!) risque de provoquer

une «petite révolution», ou

peut-être une psychose chez les entraîneurs,

présidents ou autres arbitres.

Affaire à suivre!

En attendant revenons à nos Usapistes

qui ne comprennent pas (et leurs supporters

encore moins!) pourquoi leur

jeu se délite de la sorte lorsqu’ils

mènent au score, et parfois de façon

plus que confortable, pour s’effondrer

dès que l’adversaire reprend le jeu à

son compte. Auraient-ils, à l’instar de

leurs prédécesseurs des années 90,

besoin d’un psychologue? Pourquoi

pas! Surtout si cela peut soulager leurs

supporters, car la zone rouge approche

à grands pas et en dehors d’un exploit

(mais est-il encore possible?), tout

devrait dépendre des deux derniers

matches contre Lyon à «Aimé Giral» et

enfin à Bordeaux.

D’ici là, les supporters catalans n’ont

pas fini d’avoir la trouille au ventre.

Oui mademoiselle, ici, on appelle ça

«tenir les cagarines» ou de façon

plus… courante en Roussillon la

«cagagne»!

La psychose de la Pro D2 commence à

planer sur le pays catalan, même si les

calendriers de Brive et de Bayonne

paraissent moins favorables que celui

de l’USAP .

Jo Solatges

ANCIENNE

MENUISERIE PARRA

3011, chemin de Mailloles -

66000 PERPIGNAN

Tel. 04 68 85 59 35

Fax 04 68 85 56 50

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Super league

Flash du XIII

La saison 2012 va débuter ce week-end pour un

long périple regroupant 14 clubs avec un nouveau

venu Widnes.

Vendredi Widnes Vikings – Wakefield (Sky

sports) . Samedi London Broncons –St Helens;

Salford – Castelford (Sky). Dimanche Hull FC –

Warrington Wolves. Wigan – Huddersfield.

Dimanche

Bradford Bulls - Dragons

Jamais depuis sa création l’équipe n’avait eu

autant de blessés d’avant match et non des

moindres. Privés de compétition, les ailiers

Stacul, Vaccari et Blanch pas encore rétablis, le

talonneur Pelissier; le centre Baile, l’avant

Menzies. Seront-ils opérationnels? Sans oublier

le capitaine Mounis, lui aussi sur la touche. Un

coup de massue pour l’entraineur Robinson qui

a fait appel au joker médical, le talonneur Ben

Fisher. Est-ce une bonne chose, malgré le capital

des avants? C’est néanmoins un choix

devant lequel il faut s’incliner. En fonction de

tout cela, on attend avec une certaine impatience

ce premier déplacement qui s’annonce

plus que prometteur. La composition de

l’équipe sera déterminante. Les Anglais très

ambitieux comptent entre autres sur la venue du

centre Purtell, 26 ans, venant de Penrith pour 3

saisons. Difficile donc d’avancer un pronostic,

mais dans la difficulté, les dragons savent se

sublimer. Alors,…

Elite 1

Les premiers matchs de samedi ont créé une

surprise avec la large défaite de Lezignan en

Avignon: 38 à 12. Par contre, et c’est logique,

St-Estève-XIII Catalan a largement battu

Lescure, 46 à 16, et se place en bonne position

pour la qualification ne devançant que d’un petit

point Villeneuve. Les cinq équipes de tête ayant

une avance très nette sur les derniers prétendants.

Reprise du championnat le 11 et 12

février.

Coupe de France.

Nos 2 clubs d’élite2, Baho et Palau ont été éliminés

logiquement devant Toulouse et Lezignan.

St-Estève-XIII Catalan sort largement vainqueur

à Ornaisons, comme Pia sur Lyon. L’ASC,

Montpellier, Limoux et Villeneuve restent aussi

en course. Dans le tirage au sort, l’entraîneur

des Dragons, Robinson n’a pas eu la main heureuse

en programmant les 2 clubs catalans.

Pia-St-Estève-XIII Catalan. Pour l’un des deux

clubs, la coupe sera terminée dimanche et

autant dire que l’engagement sera total, car

dans le passé, remporter cette coupe a été

l’apanage des 2 équipes. Pia possède les meilleurs

atouts, sa série de victoires le confirme

avec leur place de second au classement. Les

réserves des Dragons auront une tâche très difficile.

Elite 2

sports

13

Palau étant exempt, Baho, malgré un temps

hivernal défavorable, est allé gagner à Albi 32 à

12 et conserve la sixième place.


14

culture

A l affiche

Perpignan

Elmediator. Vendredi 3 février à

21h. Housse de racket + Ladylike

Dragons. Tarif: 15€.

Elmediator. Jeudi 9 février à

21h. Brigitte + Lise. Brigitte,

c’est un seul nom pour deux

voix, une brune et une

blonde, un duo folk à l’esprit

kitsch et décalé. Tarif: 18€.

Médiathèque. Samedi 4 février à

10h10. Petit-déjeuner littéraire avec

Philippe Ségur autour de son roman

«Le rêve de l’homme lucide».

Médiathèque. Samedi 4

février à 15h. Spectacle

«Mademoiselle J’Affabule et

Monsieur J’Illusionne».

Histoire théâtralisée et jonglée.

Médiathèque. Du 8 au 25 février.

Exposition «Les écrivains américains

du XIXe et XXe siècles».

Mercredi 8 février à 15h, rencontre

en anglais avec Gail Milissa Grant

autour de son ouvrage «At the

elbows of my elders».

Institut Jean Vigo. Salle

Marcel Oms. Mardi 7

février à 19h. «L’Opinion

publique» (A Woman of

Paris) de Charles Chaplin.

www.inst-jeanvigo.eu

Cinéma Castillet. Jeudi 9 février à

19h. Concert du collectif Joan Pau Giné

avec Stéphanie Lignon, Pascal Bizern,

Chris the Cat, Joan Ortiz et Ben Gross.

Les Angelets de la Terra présenteront

un documentaire de Richard Bantegny

et Raymond Faura. Tarif: 4,5€.

Cabestany

Centre culturel Jean Ferrat. Salle

Abet. Samedi 4 février à

15h30. «Ikare» par la compagnie

Anima Théâtre. Pour jeune public

à partir de 18 mois. Tarif: 3€.

Elne

Cinéma Vautier. Vendredi 3 février à

18h30. Ouverture du cycle Mirem

Català, des films réalisés en Catalogne

sud diffusés en version originale, sous

titrés en français. Film surprise en présence

du réalisateur Tarif: 4€

Ille-sur-Têt

La Fabrica. Samedi 4 février

à 20h30. «Jongleur!» par la

Cie Pré-O-ccupé. Tarifs:

12€/10€. Infos: 04 68 84 08

09 ou www.lafabrica66.com

Tautavel

Palais des congrès de Tautavel.

Dimanche 5 février à 16h30.

Concert Maribel et l’Estudiantina

Goyesca. Par de jeunes diplômés du

conservatoire de Perpignan.

Infos/résa: 04 68 29 03 96. Tarifs:

7€; gratuit moins de 12 ans.

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Sexe, danse et vidéo

Théâtre de l'Archipel. Trois représentations perpignanaises et succès garanti pour

«Octopus» de Philippe Decouflé, objet chorégraphique non identifié.

Philippe Decouflé, chorégraphe et metteur

en scène prolifique, a le vent en

poupe. Outre son spectacle inaugural (et

terminal) des jeux olympiques savoyards,

il a signé une foule de créations, dont,

récemment, une pour le Crazy Horse, et

vient d'intégrer le Cirque du Soleil.

Assurément, un artiste aussi inventif que

fécond, ce qui lui vaut les faveurs du

public. Celui ci n'a pas manqué les rendez

vous proposés par l'Archipel, beaucoup

de monde, donc, et des jeunes,

c'est réjouissant.

«Octopus» est un mot anglais qui signifie

pieuvre, s'il n'y en pas vraiment une

dans le spectacle, celui-ci a quelque

chose de protéiforme et, à l'occasion, on

y observe des choses molles, des langues

qui se recourbent et frétillent, des bras

qui se démultiplient... Difficile cependant

de caractériser une création qui est un

joyeux melting pot avec danse, cirque,

vidéo et rock, censé évoquer la beauté,

le corps, ses métamorphoses, et tout ce à

quoi il peut servir. Celui des huit danseurs,

déjà, est soumis à rude épreuve,

sacrée performance et plastique épous-

touflante. C'est un défilé de gags visuels

déments, de trompe l'œil, de jeux de

lumière, de références (de l' l'hindouisme

à Almodovar des délires psychédéliques

au Bolero de Ravel) de postures acrobatiques

répondant à des images virtuelles...

N'en jetez plus, il ne manque que le

raton laveur. C'est bourré d'humour

pimenté d'érotisme, pas toujours du

meilleur goût, mais, au détour, surgissent

des tableaux d'une beauté à couper le

souffle quand d'autres relèvent d'une

insistance paroxystique qui peut excéder.

Une musique rock très travaillée, assourdissante,

complète le style branché d'un

spectacle tout sauf reposant. Le public,

bluffé, marche à fond. On me permettra,

tout de même, à froid et avec le recul, de

trouver cet Octopus un peu too much.

NG

J.Edgar: un film tres Hoover

Cinéma. J. Edgar de Clint Eastwood. J’ai toujours un peu de mal avec les biopics hollywoodiens.

Mais bon, là c’était quand même le grand Clint, alors je me suis dit: banco!

Sujet difficile. Raconter la vie d’un des hommes les plus puissants

et les plus secrets du XXème siècle: J. Edgar Hoover. Par

quel bout le prendre le bonhomme? L’angle historique?

Politique? Psychanalytique? Mouais. La complexité du personnage

exige un choix et une rigueur sans faille, au risque de se

perdre dans les méandres d’une histoire si chargée en évènements

majeurs, (le film ouvre sur le crack de 1929 et finit avec

les prémices du Watergate) qu’elle nous fait tourner la tête. Il

semble qu’Eastwood ait eu les yeux plus gros que le ventre, et

pour avoir voulu nous servir tous ces angles à la fois, nous voilà

finalement restant sur notre faim, avec comme un goût d’inachevé,

comme avec la sensation qu’il manque quelque chose à

ce film, sans savoir vraiment quoi au bout du compte.

Le grand Clint, bien sûr évite soigneusement la caricature de

Hoover (une lopette complexée et refoulée, maître du monde

et caractériel) pour aborder tous les aspects psychanalytiques

du bonhomme, avec une pudeur qui rend parfois touchant,

celui qui au bout du compte est surtout une enflure de la pire

espèce. Et c’est finalement ça le problème. Eastwood n’ose pas

vraiment déboulonner la statue. Les actions de Hoover restent

floues, les conséquences de ses actes confuses et atténuées,

ses mobiles respectables dans leur patriotisme sincère. Ses victimes

(et dieu sait qu’il y en a) sont des ectoplasmes gris à

peine entrevus. Parfois des rats fuyants en pagaille dans le cas

des méchants activistes communistes. D’autres personnages

auraient mérité plus de place dans le film, comme celui de la

secrétaire de Hoover (l’excellente Naomi Watts) mais restent

pourtant sur le bord du film, comme des pistes insuffisamment

exploitées, des ébauches. Les producteurs seraient passés par

là, avec leur ciseaux, que ça m’étonnerait pas. En revanche, la

grande réussite du film, est la relation entre Hoover et son

secrétaire personnel (Armie Hammer) tout en nuances, en

pudeur et en ambiguïtés. Reste que, aussi surprenant que cela

puisse paraître pour ce genre de production, le maquillage de

Clyde Tolson vieux est si mal fait qu’il m’a fait sortir du film à

chaque apparition du personnage. Dommage.

La distribution est à la hauteur de l’enjeu: pro, efficace, crédible.

Mention spéciale à celle qui joue la maman de Hoover

(Judi Dench vous savez celle qui interprète la patronne de

James Bond dans les derniers en date) dans un personnage qui

aurait pu être un piège caricatural. DiCaprio lui, fait son job,

sans plus, bien à sa place dans le cadre qui lui donne

Eastwood. Sans génie.

Bref, un film mi figue mi raisin, qui ne sera pas à classer dans

les chef d’œuvres Eastwwodiens, mais cohérents avec le bonhomme,

Bushiste et humaniste, autrement dit plein de contradictions.

R. Barrero


N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

Seule photographe tunisienne au cœur des événements,

Ons Abid exposait à la médiathèque d’Argelès du 13 au

31 janvier 2012 les photos qu’elle a prises à Tunis et dans

le pays entre le 14 janvier et début mars 2011.

Rencontre avec Ons Abid, photographe free lance dont

l’œuvre se décline désormais en deux parties: avant et

après le 12 janvier. Commençons par la visite commentée

de l’exposition avant de l’interroger sur son travail et ses

projets.

La Révolution tunisienne en 30 photos

«J’étais, dit-elle, la seule photographe tunisienne au

milieu de photographes originaires du Moyen Orient missionnés

par des médias de tous pays. Je photographie au

plus près, j’aime les portraits. Pour traduire en images ces

«Souffle de liberté»

Photo. Regards sur le vif de la révolution tunisienne, une exposition de photos d’Ons Abid.

événements exceptionnels, j’ai privilégié l’émotion». La

première photo présentée est un symbole: en gros plan

un jeune tient bien haut, couverte du drapeau tunisien, la

cage symbole de l’oppression dont on se libère. Les

débuts sont un moment incertain: s’y mêlent l’explosion

de la rue, le survol des avions militaires dont on ne

connaît pas les intentions, le salut - inédit - à l’armée qui

n’a pas tiré sur le peuple. Moments officiels aussi: l’arrivée

de Giannouchi, serré de près par les reporters, la sortie

de la salle où le premier ministre a fait sa déclaration.

Mais surtout les manifestations et la ferveur populaire,

avenue Bourguiba puis à la Kasbah, avec la présence des

artistes et des blogueurs connus, parfois victimes d’arrestations,

avec la manifestation silencieuse d’El Menzah le

2 mars, la caravane de remerciements de Sidi Bouzid, le

déferlement de manifestants affichant les lieux d’où ils

Ons Abid, photographe tunisienne free lance.

Portrait.

QQuuii êêtteess--vvoouuss,, OOnnss AAbbiidd?? QQuueell aa ééttéé

vvoottrree iittiinnéérraaiirree??

- J’ai fait mes études aux Beaux-Arts de

Tunis, en design graphique, car il n’y avait

pas d’école de photo et j’y ai obtenu mon

diplôme en 2004, puis un autre en 2009.

Cette même année 2009, j’ai bénéficié

d’une résidence d’un an à l’Ecole

Nationale de Photographie d’Arles. En

2010, j’ai été sélectionnée par la World

Press Photo Foundation, parmi quinze

photographes du monde arabe et j’ai reçu

le certificat du programme de photojournalisme

MENA (Middle East North Africa).

Je participe à Jeune Afrique et travaille

pour divers journaux.

VVoouuss aavveezz ddiitt qquu’’aavvaanntt llaa RRéévvoolluuttiioonn

vvoouuss nn’’ééttiieezz ppaass ddee llaa ccaattééggoorriiee NNeewwss..

QQuueellss ééttaaiieenntt vvooss cchhooiixx

pphhoottooggrraapphhiiqquueess??

- Je m’intéressais aux portraits et à la vie

quotidienne: les jeunes, la femme tunisienne,

des photostories. Je traquais des

identités, une notion pour moi très

importante. J’ai fait des dossiers sur la

medina de Sfax, sur Bizerte, sur la jetset,

sur le body building, sur les liens

entre les générations.

QQuuee ssoouuhhaaiitteezz--vvoouuss ppoouurr ll’’aavveenniirr ddee

llaa TTuunniissiiee??

- La Tunisie a un riche et long passé

d’ouverture aux civilisations, de diversité,

d’ouverture sur le monde. Je lui souhaite

par dessus tout de conserver cette

ouverture.

Propos recueillis par Yvette Lucas

Pour mieux suivre cet article, voir le

cahier The Tunisian Revolution et les

divers aspects de l’œuvre d’Ons Abid,

se reporter au site www.onsabid.com.

culture

15

arrivent et dont chacun déchiffre l’origine sur les banderoles,

l’hommage aux martyrs avec ballons, bougies et les

couleurs du drapeau. Avec aussi des moments plus intimes:

le couple d’amoureux isolés dans la manif avec le

drapeau sur les genoux, le jeune gars drapeau à l’épaule

qui jette sur le côté un regard incertain, inquiet peut-être.

Dans la foule, dans les groupes, Ons Abid cherche les

femmes. Elle enregistre dans une foule leur diversité:

âges, expressions, vêtements, cheveux au vent ou hijabs,

sérieuses ou souriantes, souvent les yeux haut levés. Elle

souligne l’incertitude de la période, d’où l’importance de

fixer l’instant qui prendra sens dans un avenir proche ou

lointain, raison d’être de la présence et du rôle du reporter

photographe. Doublement précieux lorsque l’auteure

vibre avec ceux qu’elle capte et que l’empathie la guide.

Y.L.


16

A l’occasion de son voyage aux Antilles,

Sarkozy nous a une nouvelle fois amenés

à découvrir les charmes et les plaisirs

du «off». Le «off», mais quèsaco?

Mais oui! Vous connaissez, c’est quand

les grands de ce monde confient des

secrets en leur demandant de les garder

pour eux à des journalistes qui s’empressent

d’aller tout raconter à la cantonade.

Aux Antilles donc, notre Nicolas

des Sept Douleurs s’est épanché devant

un groupe de journalistes qui, sans

aucun doute, ont pris des notes… pour

ne pas s’en servir.

L’épanchement

Et vas-y que je te dise mes états d’âme:

«Cinq ans ce n’est rien. La vie passe

tellement vite. De toute façon je suis au

bout. Et cela ne me fait pas peur…». Et

je t’évoque la défaite, et je t’évoque la

mort. A la question du choix qu’il ferait

en cas de défaite entre le Carmel et

l’UMP, il répond sans hésiter: «Le

Carmel». C’est dire si l’UMP c’est

rigolo! A la question «Mais vous croyez

que vous avez une chance encore

d’être élu?», il répond en commençant

ainsi: «Le miracle…».

Il envisage d’écrire: attention aux fotes,

Nicolas. Il est conscient de ses limites,

«C’est difficile l’écrit, c’est hyper intime,

c’est douloureux». Et d’ajouter, «un

homme politique qui est creux en off,

c’est qu’il est nul!». Là on est très-très

loin des phrases de Bossuet. Mais c’était

du «off», ce n’était pas lui, il n’a rien

dit, vous n’avez rien lu, rien entendu…

Mais tout le monde en parle.

La prétérition

Le «off», c’est le retour d’un procédé

rhétorique bien connu et paradoxal, la

prétérition. Feindre de ne pas vouloir

dire ce que néanmoins on dit très clairement

et même souvent avec force. Par

exemple: «Par respect pour le chef de

l’état, je ne dirai pas ici que sa défaite

éventuelle aux prochaines élections présidentielles

sera une source de joie pour

beaucoup d’entre nous, non je ne le

dirai pas!» Je ne l’ai pas dit puisque j’ai

dit que je ne l’ai pas dit, mais maintenant

tous les lecteurs du TC le savent

L’actu vue par Delgé

pourtant, et je pense même qu’ils sont

nombreux à partager mon sentiment.

Il est possible d’imaginer tous les «off»

que cette campagne électorale peut susciter.

«Je parle tout le temps du centrrrre,

mais en fait le centrrre je m’en moque,

et je m’en moque d’autant plus que

c’est du vide. C’est de la poudre de perlimpinpin

pour attraper les zozos qui ont

peur d’apparaître pour ce qu’ils sont…

des réacs… comme moi»: de qui estce?

Des «off» encore

et toujours

«Moi, réac, vous voulez rire, je suis

encore plus pire, j’ai de la haine partout

et pour tout ce qui n’est pas moi… ou

mon papa. Je ne connais qu’une couleur

le blanc. Je n’ai pas un soupçon d’humanité.

J’ai un profond mépris pour les

journalistes et pourtant ils me font la

pub, ces cons!» Vous avez deviné?

«Je vais évoquer le changement, la justice

et tout le toutim. Je vais revendiquer

N°3447 - Semaine du 3 au 9 fevrier 2012

le rêve et mettre en avant plein de

mesures qui ne coûtent rien ou pas

grand-chose. Mais qu’ils ne viennent

pas m’emmerder avec l’augmentation

du SMIC et un vrai retour à la retraite à

60 ans… je suis comme l’autre

François, je change la vie, sans changer

ce qui la constitue…». Vous avez trouvé

sans doute.

«Petit Jésus faites que j’aie les 500

signatures pour me présenter et faire

payer à Sarko de m’avoir virée du gouvernement

comme une malpropre…»

Mais oui, vous la connaissez, elle a la

rancune tenace.

Et le plus beau pour la fin: «Changer…

changer pour de vrai… pour de vrai de

vrai… un peu beaucoup… passionnément…

à la folie… avec vous… avec

vous… avec vou… C’est du off, mais je

sais que vous m’entendez!» Mais qui

parle?

Je n’irai pas jusqu’à vous dire que la

route de la vérité peut aussi passer par

le off. Non! Non! Je ne vous l’ai pas dit.

Jean-Marie Philibert

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