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• III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION

MASSIVE EN MÉDITERRANNÉE 2007 : AU-DELÀ

DE LA MENACE NUCLÉAIRE

Jesús A. Núñez Villaverde et Balder Hageraats


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III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE

EN MÉDITERRANÉE 2007 : AU-DELÀ DE LA MENACE

NUCLÉAIRE

Introduction

Jesús A. Núñez Villaverde

Codirecteur de l’Institut d’Études des Conflits

et de l’Action Humanitaire (IECAH), Madrid

Balder Hageraats

Chercheur de l'IECAH

Comme suite de l’effort promu par la Fondation CIDOB, ce troisième

rapport sur Les armes de destruction massive en Méditerranée en 2007 :

au-delà de la menace nucléaire essaye de répondre à l’intérêt suscité

en son sein, depuis déjà de nombreuses années, par les questions de

sécurité et de défense en Méditerranée. De même que dans les deux cas

précédents- Les armes de destruction massive en Méditerranée 2005 :

état de la question et perspectives et Les armes de destruction massive en

Méditerranée 2006 : une menace omnidirectionnelle- le présent rapport

rentre dans le cadre de la série annuelle des Séminaires Internationaux de

Sécurité et de Défense en Méditerranée, organisés depuis 2002 par cette

Fondation, en collaboration avec le Ministère de la Défense espagnol.

En poursuivant selon la décision adoptée à la clôture de la troisième

de ces rencontres, ces pages prétendent offrir, tant à ceux qui participent

directement à ses sessions qu’à la grande communauté nationale

et internationale de sécurité intéressée par les affaires de la région, un

document qui facilite l’analyse d’un des problèmes les plus cuisants de

l’agenda international de sécurité. En même temps, il aspire à promouvoir

le débat et la réflexion due à la menace que représente les arsenaux

et les programmes nucléaires, chimiques, biologiques et de missiles déjà

existants, ainsi que les essais inquiétants des différents acteurs étatiques

et non étatiques pour accéder aux armes de destruction massive (ADM).

Dans ce but, les pages qui suivent cherchent à consolider un effort qui

permet de compter sur des élément d’appui aux décisions politiques et

d’améliorer la connaissance d’une question qui influence, de manière aussi

puissante que négative, sur l’image d’une Méditerranée caractérisée, hier

et aujourd’hui, par son haut niveau d’instabilité. Si, d’un côté, des conflits

violents sont toujours ouverts aussi empoisonnés que l’arabo-israélien ou

l’iraquien, d’un autre côté, il existe différents foyers de tension qui rendent

difficile d’imaginer à moyen terme que puisse s’accomplir l’objectif proclamé

par le Processus de Barcelone de créer un espace euro-méditerranéen de

paix et de prospérité partagée. Au contraire, les principaux signaux qu’émet

la zone montrent une détérioration généralisée, non tant dans le sens Nord-

Sud que le plus complexe Sud-Sud, dans lequel d’idée d’accorder une zone

libre d’armes de destruction massive ne fait que s’éloigner à l’horizon.


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Pendant le laps de

temps écoulé depuis

la présentation du

rapport précédent la

préoccupation pour

les ADM dans la zone

méditerranéenne a

continué à augmenter


Pendant le laps de temps écoulé depuis la présentation du rapport précédent

(décembre 2006) la préoccupation pour les ADM dans la zone

méditerranéenne- entendue depuis une perspective de sécurité comme

l’espace qui comprend tant l’Union européenne (UE), les Balkans et la

Russie, que le Maghreb, le Proche Orient et le Moyen-Orient, au Sud et

à l’Est- a continué à augmenter. Quand la résolution de la crise occasionnée

par la nucléarisation de la Corée du Nord paraît déjà sur la bonne

voie, l’attention mondiale a été centrée au long de ces mois sur l’évolution

du programme nucléaire iranien et sur les efforts de la communauté

internationale pour éviter que sa continuation ne débouche sur la détention

d’une capacité militaire qui est vue comme déstabilisatrice. Dans ce

sens sont représentés, d’un côté, l’Organisme International de l’Énergie

Atomique (OIEA) et l’Union européenne, surtout au travers du groupe

de pays mené par le Royaume Uni, la France et l’Allemagne- tentant

d’explorer toutes les voies possibles de dialogue et de négociation- et,

d’un autre, le Conseil de Sécurité de l’ONU et des pays comme les États-

Unis et Israël, qui sont arrivé à approuver des sanctions contre le régime

iranien et qui ont augmenté de manière significative leurs messages belliqueux,

comme mécanisme de dissuasion, jusqu’alors sans succès.

Tout ceci se passe dans le cadre d’un improbable processus de non prolifération

d’ADM, quand, depuis la perspective de la sécurité régionale,

la tension reste élevée et, dans certains cas, même plus haute qu’un an

auparavant. Comme le montre nettement le désastre de la situation en

Iraq, soumis à un conflit qui reste sans issue claire et dans lequel aucun des

acteurs s’affrontant n’a la capacité suffisante pour imposer son agenda. Il

convient de dire la même chose du conflit qui oppose les Israéliens à leurs

voisins arabes. À la césure brutale produite sur la scène israélo-palestinienne,

avec l’ajout de la fracture interne palestinienne entre le Mouvement de

Résistance Islamique (Hamas) et l’Autorité Palestinienne contrôlée par le

Fatah, s’ajoute le front libanais, dans lequel on n’a pas su panser les blessures

après le choc de l’été 2006 entre le Parti de Dieu libanais (Hezbollah) et

les Forces Israéliennes de Défense (IDF). Le Liban est aujourd’hui à nouveau

au bord de l’abîme, dans une image qui rappelle celle qui donna naissance

à sa longue et tragique guerre civile. Tandis que la Syrie épuise ses options

au Liban, en tentant d’éviter la perte d’un fief qui a toujours été considéré

comme le sien, et en même temps, en essayant d’échapper à la forte pression

qui est sentie depuis Washington et, encore plus, depuis Tel Aviv.

Bien qu’à un degré très différent, le Maghreb ne peut pas non plus se

considérer comme une région stable. D’un côté le conflit qui affecte le

Sahara Occidental reste sans perspective de solution – bien que, au moins,

les conversations directes ont reprises entre les parties opposées-, ce qui

continue à bloquer toute possible avancée dans l’intégration régionale de la

région (avec l’Union du Maghreb Arabe (UMA) totalement paralysée). D’un

autre côté, la menace terroriste se développe en affectant non seulement

l’Algérie ou le Maroc mais la totalité de la région- et y compris au-delà,

jusqu’à contaminer le Sahel- avec l’augmentation de la crainte qu’inspirent

des deux côtés de la Méditerranée Occidentale des organisations comme Al

Qaeda pour le Maghreb Islamique récemment créée.

Pour ce qui concerne les structures de dialogue et de création de la confiance

initiées il y a déjà des années –tant celles impulsées il y a plus d’une

décade par l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN), dans le cadre

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


du Dialogue OTAN Méditerranée, et par l’Union européenne, à travers le

Processus de Barcelone, comme celle d’ordre sous-régional, avec le groupe

5+5 comme la plus significative- l’équilibre obtenu n’est pas excessivement

optimiste. Aucune d’elles ni séparées ni dans l’ensemble n’ont réussi à réduire

les énormes brèches d’inégalité et le haut degré d’instabilité qui affectent

l’ensemble de la région. Elles n’ont pas non plus servi à éliminer la méfiance

réciproque que dans de larges cercles de l’opinion des deux côtés s’est installée

avec le temps. Elles n’ont pas non plus permis, bien qu’en aucun cas

il ne faille rejeter la responsabilité principale sur ces instances, la réforme

nécessaire des systèmes qui résistent à promouvoir dans leurs territoires

respectifs l’urgence des sociétés ouvertes et pleinement développées dans

le milieu social, politique et économique. Pour ce qui concerne l’effort européen,

et tandis que la Politique Européenne de Voisinage (PEV) prend corps,

une diffuse initiative française commence à poindre à l’horizon, l’Union

Méditerranéenne, qui n’a toujours pas réussi à passer des paroles aux actes

mais qui montre, en définitive, qu’on n’a toujours pas réussi à trouver la formule

adéquate pour gérer les affaires euro-méditerranéennes.

À côté de certains changements concernant la situation de l’année passée,

on constate immédiatement que d’autres facteurs et variables restent pratiquement

inchangés douze mois plus tard. C’est pour cela que, au lieu de

répéter l’analyse de ces pays et thèmes qui, en leurs traits essentiels, n’ont

pas modifié leur profil sur le terrain des ADM, ou qui l’ont seulement fait

ponctuellement, nous avons opté pour renvoyer le lecteur aux deux rapports

précédents, en ajoutant uniquement dans celui-ci (Partie IV) les mises à jour

qu’il fallait faire à partir des données et évaluations effectuées alors. De

cette manière, et avec l’intention déjà annoncée dans le point de départ de

cette série en 2005 de couvrir successivement les divers thèmes qui composent

l’agenda des ADM et qui jusqu’à aujourd’hui n’ont pu être étudiés, il

fut décidé pour cette troisième version de 1) réviser à nouveau la nature de

la menace nucléaire (Partie I), avec une attention spéciale aux facteurs qui

stimulent la prolifération globale croissante dans ce domaine et à la crise

autour du programme nucléaire iranien et à ses répercussions sur la sécurité

régionale ; 2) réaliser une étude régionale détaillée (Partie II) ; et 3) examiner

la situation sur le terrain des missiles associés aux ADM (Partie III). Le rapport

est complété par quelques annexes (Partie V) qui reprennent la liste des acronymes

utilisés au long du texte, une chronologie détaillée du programme

nucléaire iranien cette dernière année et des références bibliographiques et

des sites Internet d’intérêt pour le thème analysé.

Comme toile de fond pour l’analyse reprise ici, il convient de résumer le

panorama général avec un ton de trouble croissant. Dans un scénario de

l’importance que le Maghreb, le Proche et Moyen-Orient ont pour la sécurité

internationale, la prolifération des armes de destruction massive est un

fait incontournable. Avec toute la transcendance que peut avoir un hypothétique

Iran nucléaire, son entrée dans le club ne serait qu’un ajout dans

un panorama déjà hautement déstabilisateur, tant pour les foyers de conflit

qui sont déjà ouverts comme pour le chemin sur lequel sont impliqués divers

acteurs étatiques (et probablement certains non étatique) pour se doter de

ces dispositifs. En plus de cela, on n’a pas pu aboutir à un modèle de gestion

de la sécurité régionale qui évite les deux poids deux mesures, qui génère un

climat de confiance mutuelle pour rompre la spirale relative à l’armement et

qui fait, idéalement, de la Méditerranée une région dans laquelle les différences

peuvent se résoudre par des moyens pacifiques.

Avec toute la

transcendance

que peut avoir un

hypothétique Iran

nucléaire, son entrée

dans le club ne

serait qu’un ajout

dans un panorama

déjà hautement

déstabilisateur

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2007 s’est terminé sans

qu’aucune initiative

régionale consistante

sur le terrain de la

prolifération nucléaire

n’ait pu être mise en

marche


La menace nucléaire: une pluie incessante

Bien que soumise aux va-et-vient de l’agenda médiatique, avec de

surprenantes apparitions à la une des journaux et des disparitions également

étonnantes, la menace nucléaire est une des constantes les plus

solides de notre monde, depuis sa tragique irruption à Hiroshima et

Nagasaki il y a maintenant déjà soixante ans. Ce n’est pas seulement,

comme parfois le ferait penser l’approche dogmatique de certains, une

hypothèse restreinte à la possibilité qu’un acteur non étatique (un group

terroriste, pour être plus précis) s’approprie du matériel radioactif ou une

arme déjà opérationnelle (volée, achetée ou transférée directement par

ses propriétaires), mais, surtout, une réalité dérivée du risque que représente

les 27 000 armes nucléaires accumulées par l’ensemble exclusif de

pays qui les détiennent et des intentions de ceux qui désirent les imiter.

La situation actuelle est loin d’être apaisante tant que a) il n’y a pas de

signes que ceux qui la possèdent pensent sérieusement à y renoncer, y

compris certains de ceux qui prétendent les convertir en armes de combat;

b) les mécanismes de contrôle sont dépassés par un développement

technologique qui offre plus d’option à la prolifération; et c) des pays

très différents (et, potentiellement, des acteurs non étatiques) succombent

à la tentation d’imiter les puissances nucléaires. Si nous ajoutons à

ce panorama général le processus dans lequel s’est lancé l’Iran, on aura

une idée juste de la gravité de la menace que représentent des armes

capables d’annihiler quelconque vestige de vie humaine sur la planète.

Prolifération nucléaire, l’inquiétude permanente

Une fois de plus, et en tant que signal de frustration à peine voilée, il

faut rappeler ici que 2007 s’est terminé sans qu’aucune initiative régionale

consistante sur le terrain de la prolifération nucléaire n’ait pu être

mise en marche. La Méditerranée reste une zone excessivement militarisée,

tant sur le terrain conventionnel que celui des armes de destruction

massives, et où se maintient une course permanente à l’armement, en ce

compris accélérée maintenant après l’annonce récente de Washington

de réarmer ses partenaires de la région, à commencer par Israël 1 . Dans

ces conditions il est illusoire d’imaginer à l’agenda régional des initiatives

telles que la zone Libre d’Armes Nucléaires (zLAN), tant de fois mise sur

la table des différents cadres internationaux et tant de fois abandonnées

devant le manque de volonté pour explorer cette voie.

Les tendances militaristes qui dominent la région, loin d’augmenter la

sécurité de l’ensemble, restent de manière obsessive centrées sur un

réarmement global qui dérive uniquement sur l’insécurité de chacun. La

confrontation israélo-arabe est, à la différence, le facteur qui contribue

le plus directement à cette dynamique, servant ainsi de justification pour

couvrir d’autres intérêts pour augmenter les capacités sécuritaires contre

les menaces internes et celles provenant des autres voisins.

Un élément additionnel qu’il est intéressant de souligner dans ce sens de

préoccupation est l’effet multiplicateur que l’exemple de l’Iran commence

déjà à inciter. Traditionnellement référence fut faite à la position israélienne,

clairement prolifératrice et en marge de n’importe quelle régulation interna-

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

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tionale, sert d’argument à ses voisins pour essayer de justifier leurs intentions

plus ou moins réelles de se doter également de capacités chimiques, biologiques

ou nucléaires - dans cet ordre-, pour pouvoir compenser la nette

supériorité d’un pays qui n’a toujours pas réussi à se faire accepter dans

la région. Sans que ce facteur n’ait perdu de vigueur, c’est maintenant le

programme iranien qui dans une plus grande mesure accélère avec force la

voie prolifératrice dans le monde arabe… et jusqu’en Turquie. Dans sa très

claire recherche de leadership régional, le régime chiite de l’Iran provoque

une crainte croissante parmi ses voisins (musulmans, mais majoritairement

sunnites, et non seulement arabes, mais aussi turcs), qui n’accepteront pas

passivement que Téhéran se dote d’un moyen de dissuasion si puissant. En

conséquence, on commence à entrevoir dans la région des prises de positions

favorables au développement de l’énergie nucléaire qui ouvrent une

porte à de plus grandes déstabilisations dans le futur.

Sur un plan plus général, un autre des facteurs qui contribuent le plus à

expliquer cette pulsion d’armement est le maintient d’une “guerre contre

la terreur”, que Washington s’entête à promouvoir malgré l’évidence de

ses effets contreproductifs, non seulement dans cette région mais sur

l’ensemble de la planète. Dans cette perspective et en ce qui concerne

la prolifération d’ADM, il est incontestable d’observer que l’orientation

principale se tourne clairement vers la contre prolifération – en misant sur

le renfort propre et allié des moyens militaires nécessaires pour détruire

les capacités ou les programmes des adversaires 2 -, au détriment de la

non prolifération – avec une sensation croissante de méfiance quant aux

possibilités de cadres aussi importants que le Traité de Non Prolifération

(TNP) et une critique constante du travail d’inspection de l’OIEA. Cette

tendance déstabilisatrice s’accroît encore plus lorsqu’on constate que

de nouvelles puissances nucléaires doivent suivre le comportement des

États-Unis et réévaluent aussi leur propre stratégie nucléaire, dans le but

de faire de ces armes des instruments à l’usage de combat.

Un dernier élément d’inquiétude en lien avec ce sujet est celui qui affecte

la propre santé du régime en vigueur de non prolifération. Il semble bien

éloigné maintenant le moment où fut décidé la vigueur indéfinie du

TNP (1995) et que fut établi un agenda, qui alors semblait réaliste, pour

rendre plus efficace un instrument qu’il faut tout de même qualifier de

grand succès historique 3 . Après cet événement marquant, qui semblait

inaugurer une nouvelle étape dans le but de libérer le monde un jour des

armes nucléaires, tout a changé rapidement avec l’irruption de l’inde et

du Pakistan dans le club à partir du printemps 1998, le néfaste 11-S, la

crise de la Corée du Nord (se retirant du TNP et faisant explosé son premier

engin à l’automne 2006) et la crise ouverte avec l’Iran.

Vu aujourd’hui, cela donne l’impression que personne ne défend sincèrement

le régime de non prolifération nucléaire. Ceux qui ne le font pas,

manifestement, sont ceux qui ont toujours été en marge de ses stipulations

(Israël, l’Inde et le Pakistan). Les cinq pays qui sont reconnus formellement

en tant que puissances nucléaires ne semblent pas non plus miser dessus

et utilisent le TNP de manière sélective, pour condamner certaines puissances

prolifératrices (tandis qu’elles en appuient d’autres) en oubliant trop

facilement leurs propres obligations de ne pas faciliter le transfert de ces

matériaux à leurs partenaires et, surtout, d’exécuter l’ordre de réduire et

d’éliminer leurs propres arsenaux 4 . Laissant de côté les pays qui se consi-

Vu aujourd’hui, cela

donne l’impression que

personne ne défend

sincèrement le régime

de non prolifération

nucléaire

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dèrent ainsi en dehors de cette compétence, et qui se limitent passivement

à figurer comme signataires qui ne gardent pas d’aspiration de leadership

régional et/ou qui ne se sentent pas menacer par d’autres, il reste un grand

nombre de puissances locales et régionales (parmi lesquelles l’Iran semble

aujourd’hui le cas le plus figuratif) qui voient l’arme nucléaire comme un

recours désirable (voire indispensable) pour leurs calculs stratégiques.

En peu de mots “la demande d’armes nucléaires ne diminuera pas tant

que les états qui l’ont déjà continuent d’en faire étalage comme emblèmes

propres d’une grande puissance” 5 . Sur la base du comportement

de ceux qui la possèdent, ceux qui ne veulent pas accepter le statu quo

actuel prétendront sans force (ou sans motivation suffisamment puissante)

augmenter leur poids international, se défendre d’une menace proche

ou compenser la supériorité d’un voisin ayant les engins nucléaires.

Dans la mesure où ce modèle de comportement se consolide, la nécessité

de doter le TNP de plus de contenu perd du souffle parce qu’il ne sert

les intérêts de presque aucun acteur important ou de ceux qui aspirent

en faire partie. Pour modifier cette tendance il serait nécessaire, surtout,

de compter sur des acteurs vraiment convaincus des avantages que comporterait

un monde libre d’armes nucléaires, dans lequel la recherche de

sécurité propre ne se base pas sur l’accumulation de plus et de meilleures

armes. De la même manière il faudrait “dissiper la perception que rendre

l’armement nucléaire illégal est un objectif utopique” 6 .

Dans une revue un minimum réaliste du panorama actuel – et en

reconnaissant que seuls les États-Unis ont la capacité pour assumer un

objectif d’une telle nature -, nous voyons que, dans la pratique, la principale

puissance nucléaire au monde (après celle d’autres qui se cachent

dans une politique de pure suivisme) ne veut ni ne peut le faire. Comme

le démontre sa propre attitude, il semble évident qu’ils préfèrent miser

sur renforcer encore plus leur muscle militaire et que, en conséquence, ils

ne se sentent limités par aucun traité – que ce soit le Traité sur les Missiles

Anti-balistiques (ABM), le TNP ou le Traité jamais ratifié d’Interdiction

Complète des essais Nucléaires (CTBT, en ces sigles anglais) –quand sont

en jeux leurs intérêts nationaux. Mais, même s’ils désiraient le faire, ils ne

le pourraient pas après avoir gaspillé un indiscutable capital politique dans

des épisodes aussi négatifs que la manipulation d’arguments pour lancer

une invasion très critiquée contre l’Iraq (il ne faut pas oublier le faux débat

sur les supposées ADM du régime dictatorial de Saddam Hussein). Arrivés

à ce point, qui peut se fier aujourd’hui en Washington en tant que non

proliférateur et comme défenseur du TNP, de l’OIEA et, en général, de la

légalité internationale dans le domaine de non prolifération? Quel autre

acteur ou instance a la capacité pour mener ce processus?

Le problème découlant de cette situation n’est pas tant qu’il continue à

affaiblir encore plu le régime de non prolifération nucléaire mais que, en

plus, surgissent de nouveaux pays qui se posent ouvertement la question

de la nécessité de réviser leurs positions traditionnellement antinucléaires.

Que la Corée du Sud et, encore plus symbolique et important, le Japon

entrent dans cette dynamique devrait servir comme coup de heurtoir pour

éviter une chute dans l’abîme dont nous nous approchons dangereusement.

Si s’impose le “sauve (et se défend) qui peut”, nous ne pourrons

pas empêcher que se multiplient les risques que ces armes arrivent aux

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


mains indésirables et que, à un quelconque funeste moment, quelqu’un

considère que cela vaut la peine de les utiliser pour atteindre ses objectifs.

A ce qui vient d’être dit il faut ajouter la complication dérivée de

l’essor prévisible de l’énergie nucléaire en tant que voie de sortie

dans un contexte sensibilisé de manière croissante par le processus de

changement climatique dérivé, en grande mesure, de l’utilisation de

combustibles fossiles comme des moteurs de l’économie mondiale (bien

que peut-être pèse plus l’idée que ces derniers vont s’épuiser). Sans

que les problèmes de sécurité ne soient résolus dans le traitement de ce

type de matériels énergétiques – depuis le simple fait que les centrales

nucléaires puissent être vues comme des objectifs préférés pour des

groupes violents de tout type, jusqu’à ce que soit mis en avant le propre

manque de sécurité technique de ces installations et pour la radioactivité

résiduelle des matériaux déjà utilisés et stockés – l’utilisation de l’énergie

nucléaire est, à nouveau, présenté comme la meilleur manière de respecter

le Protocole de Kyoto. Si ce courant d’opinions s’impose, et il y

a assez d’indications que c’est le cas 7 , il est facile d’imaginer qu’en peu

d’années le nombre de 442 réacteurs nucléaires actifs aujourd’hui sur la

planète semblera petit.

Ceci signifie que, aux vues des intérêts géoéconomiques et des avancées

technologiques déjà en marche, il y aura beaucoup plus de difficultés pour

contrôler et réguler l’usage et le transfert d’un matériel aussi sensible. Le

développement de cet imparable processus ne va pas attendre – de fait ce

n’est pas ce qui se passe- qu’il existe des cadres de régulation qui éliminent

tous les problèmes de sécurité prévisibles dès à présent. Si nous ne créons

pas un régime de non prolifération plus efficace, si nous ne dotons pas

l’OIEA de plus de capacité intrusive dans ses inspections, si, en définitive,

nous ne cherchons pas de mécanismes multilatéraux de gestion adaptés à

une réalité qu’il est déjà impossible d’inverser, nous ne pourrons pas être

surpris que notre sécurité, celle de tous, soit encore plus précaire dans un

futur immédiat.

Évaluation de la crise autours du programme nucléaire iranien et

ses répercussions sur la sécurité régionale

Dans notre rapport de 2006 nous affirmions que “une grande partie de la

discussion sur la crise iranienne et sa possible prolifération nucléaire vient

des obstacles que représentent un nombre considérable de suppositions,

converties de manière erronée en faits insoupçonnables de connaissance

communément acceptée”. Un an plus tard, nous pouvons partir du même

fondement 8 , mais avec une différence importante et alarmante dans un

scénario aussi volatil que le Moyen-Orient : le constant échange d’accusations

entre les acteurs principaux, l’évidence que l’Iran suit son programme

nucléaire (y compris l’enrichissement d’uranium), le manque de canaux

effectifs de dialogue, le climat de méfiance absolue…, configurent une

situation hautement explosive, dans laquelle les options militaires ne sont

pas écartées.

Nous nous trouvons à un point où l’accomplissement d’une prophétie

semble inévitable –l’accès iranien aux armes nucléaires-, tandis que toutes

les voies de sortie de la crise par la voie des négociations ne seront pas

Si nous ne créons

pas un régime de

non prolifération

plus efficace nous

ne pourrons pas être

surpris que notre

sécurité, de tous, soit

encore plus précaire

dans un futur immédiat

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épuisées. Nous serions donc, faussement, dans une situation dans laquelle

certains semblent obligés à frapper – une fois qu’ils auront constaté l’inefficacité

des pressions et des sanctions-, et les autres poussés à ne pas

rétrocéder- comme unique moyen d’atteindre leur objectif de leadership

régional. Un événement de ce genre ne voudrait pas voir que le régime

iranien utilise son programme nucléaire comme un atout de négociation,

pour atteindre la reconnaissance du rôle de leadership régional convoité,

en même temps comme instrument pour obtenir des garanties de sécurité

interne face à ceux qui désirent la chute iranienne. Il ne faudrait pas non

plus comprendre que ceux qui menacent d’intervention militaire ne sont

pas, au jour d’aujourd’hui, en conditions pour passer des discours aux

faits, non seulement par manque de volonté mais par simple manque de

moyens pour mener un plan d’attaque avec des chances de succès.

Si à cela on ajoute qu’il ne faut pas plus de trois à cinq ans, selon les

sources consultées, pour que l’Iran soit en conditions d’enrichir de l’uranium

à grande échelle 9 , nous pouvons conclure qu’il reste du temps

– bien que chaque partie puisse reconduire le processus vers une solution

satisfaisante... ou au désastre.

Evolution du “Cas Iran” en 2007

L’année 2007 a commencé de la même manière qu’avait terminé l’antérieure:

une augmentation graduelle des tensions quant aux activités

nucléaires iraniennes, avec l’OIEA essayant d’agir en tant qu’intermédiaire

honnête entre les États-Unis et l’Iran. Comme suite à la Résolution

1696 (le 31 juillet 2006) du Conseil de Sécurité de l’ONU, le 23 décembre

2006 le Conseil approuva à l’unanimité la Résolution 1737, qui

inaugurait la séquence de sanctions internationales au régime iranien.

Dans son texte 10 , et après avoir confirmer le manque de volonté des

autorités iraniennes pour arrêter les activités d’enrichissement d’uranium

et de traitement du matériel nucléaire, l’idée fut admise de leur concéder

60 jours pour qu’ils cessent tout action dans ce domaine, comme

condition préalable pour commencer des négociations qui permettent

de résoudre la crise engendrée par leurs manquements antérieurs.

Simultanément, elle imposait des sanctions à des individus et des organismes

iraniens liés au programme nucléaire.

Dans un climat dans lequel se font déjà entendre ouvertement des allusions

à la nécessité d’utiliser la force pour éviter ce qui est considéré

comme totalement inacceptable (la maîtrise iranienne de tout le cycle

nucléaire), les installations de Natanz ont attiré une grande partie de

l’attention internationale au début de cette année. L’objectif principal

de ce cas-ci était de fouiller pour trouver quelle part de vérité il y avait

dans les annonces du régime iranien, et du propre président Mahmud

Ahmadineyad, sur l’entrée en fonction d’une cascade jusque 3.000

centrifugeuses (comme démarche préalable à l’installation de quelques

54.000, objectif final pour atteindre une production à grande échelle).

Bien que ce début d’année ait pu faire penser que la distance avant

d’entrer dans l’étape décisive de la crise se réduisait, les mois suivants

commencèrent à faire place à une nouvelle dynamique: tandis que le

président Ahmadineyad et son gouvernement continuaient avec leur

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


hétorique conflictuelle, l’attitude des États-Unis et de l’Union européenne

semblait perdre en intensité, y compris malgré que ce premier

trimestre se vu compliqué, le 23 mars, avec la capture iranienne de

15 marins britanniques dans des eaux du golfe Persique 11 . En marge

d’autres questions mineures, il y a deux raisons principales qui expliquent

ce changement dans le comportement occidental: le manque d’effectivité

de la stratégie suivie jusqu’à présent et la croissante faiblesse des

États-Unis sur la scène internationale.

Pour ce qui concerne les États-Unis, il semble chaque fois plus indéniable

que la politique récente de la Maison Blanche ajoute à l’idée de retenue

(“containment”) de l’administration antérieure, l’idée que le régime ne tombera

que sous la pression directe et par la force. Quant à l’Union européenne,

sa propre faiblesse en tant qu’acteur extérieur, et surtout le sentiment que

toutes ses possibles offres et propositions sont subordonnées au dernier mot

de Washington, leur enlève du pouvoir de persuasion et d’opérationnalité

aux yeux du régime iranien, peu importe les efforts réalisés.

Tant Mohamed Jatami, avant, comme avec Ahmadineyad, maintenant,

-sans oublié que le véritable pourvoir du régime reste de manière inaltérable

dans les mains du Leader Suprême de la Révolution, Ali Jamenei

–l’Iran a suivi une évolution croissante stratégiquement, jusqu’à se

convertir en une puissance régionale de plus en plus sûre de son destin.

La faiblesse relative de sa politique extérieure est plus liée à la complexité

de son environnement politique interne qu’à n’importe quelle possible

pression venant de l’extérieure. Mais rien de cela ne l’a pas empêché à

maintenir le cap d’une priorité comme celle de se convertir en un pays

nucléaire, définie il y a déjà plus de vingt ans.

Tandis que les États-Unis et l’UE ont participé à un jeu dans lequel ils

n’ont jamais obtenu un accord basique et ils ont mis en avant les indiscutables

fractures du propre Conseil de Sécurité – au sein duquel la

Russie et la Chine ont servi de frein pro-iranien aux requêtes de ceux qui

désiraient adopter des positions plus fortes-, Téhéran a su manier savamment

ses bases. Jouant sur une rhétorique extrémiste – malgré qu’il faille

reconnaître que son discours sur le programme nucléaire reste, en tous

cas, relativement consistent-, accompagné d’actions plus conciliatrices-

comme le fruit d’un calcul réaliste de la relation de forces sur la scène

international et des fractures déjà mentionnée-, les dirigeants iraniens

semblent être sûrs de leur position actuelle. Ceci fait que sa recherche de

reconnaissance internationale et de garanties quant à sa sécurité interne

se manifeste comme une position de force et non de faiblesse.

La seconde des raisons exposées plus haut- la faiblesse des États-Unis – est

directement liée au plus grand poids de l’Iran. Dans un jeu dans lequel les

deux camps (Iran et États-Unis/Israël) cherchent à asseoir leur hégémonie

territoriale, le succès de l’un signifie, invariablement, l’échec pour l’autre,

et dans ce sens le développement des événements récents a clairement

bénéficié à Téhéran. L’échec israélien au Liban, montrant les limites du

pouvoir militaire traditionnel, la montée des chiites et des partis politiques

islamistes dans la région et, manifestement, la grave situation en Iraq et

en Palestine a contribué à ce résultat. L’Iran se sent, pourtant, fortifié dans

la même mesure que se vérifie que les États-Unis et ses partenaires israéliens

n’arrivent pas à imposer leur agenda dans la région.

Jouant sur une

rhétorique extrémiste

les dirigeants iraniens

semblent être sûrs de

leur position actuelle

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


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Un effet additionnel de cette perte notoire de crédibilité de l’actuelle administration

américaine, tant à l’intérieur qu’au niveau international, est que

les alternatives disponibles pour Washington se réduisent encore plus pour

agir contre son rival dans la région. Sans l’appui des principaux pays européens,

des autres puissances des régimes de la région – aucun d’eux garantis

aujourd’hui, sauf des exceptions comme les britanniques, l’Arabie Saoudite

ou la Jordanie – et avec des relations difficiles avec l’OIEA 12 , les possibilités

pour faire face à la montée iranienne dans la région sont chaque fois moindres

13 . Au contraire, il est chaque jour plus irréfutable que la communauté

internationale – en compris bien entendu les États-Unis- a besoin de la collaboration

iranienne pour faire face aux défis régionaux de sécurité. Dans la

recherche de solutions pour l’Iraq, dans la conformation d’un cadre régional

de sécurité dans le golfe Persique et dans la lutte contre le terrorisme international,

Téhéran devient en fin de comptes un partenaire inéluctable.

Tout ceci, en synthèse, confère aux autorités iraniennes une grande marge

de manoeuvre pour continuer plus avant avec son agenda et, appliqué à

ce cas, pour continuer son programme nucléaire sans trop d’interférences

externes. Ajoutés à l’argument réitéré sans fin que son objectif est, strictement,

de doter le pays de sources énergétiques alternatives à celles qu’il

a déjà grâce à sa richesse en pétrole et en gaz, des activités qui laissent

la porte ouverte aux développement militaires futurs restent sur le fil du

rasoir. Dans ce sens, le président Ahmadineyad a annoncé, en mars 2007,

que l’Iran avait commencé la construction d’une nouvelle installation

nucléaire (avec une capacité de 360Mw) à Darkhovin et, le mois suivant,

il ajouta que les installations à Natanz avaient déjà la capacité de produire

de l’uranium enrichi à niveau industriel 14 .

L’approbation à l’unanimité de la résolution 1747, de la part du Conseil de

Sécurité de l’ONU, le 24 mars 15 , n’a même pas semblé modifier sa trajectoire

dans aucun sens perceptible. Dans celle-ci il fut à nouveau exigé que

l’Iran cesse toutes ses activités d’enrichissement et de reproduction dans un

délai de maximum 60 jours et les sanctions ont été élargies à de nouveaux

acteurs (la banque d’Etat Sepah et les dirigeants du Corps de gardes de la

Révolution Islamique), en même temps que lui fut imposé un embargo sur

les armes et que furent fermées les voies d’accès aux crédits à l’exportation

de biens iraniens. D’autre part, elle offre à l’Iran de suspendre les sanctions

si Téhéran suspend ses activités d’enrichissement et de reproduction. Si

avant cette date l’unique geste conciliateur iranien avait été la proposition

annoncée de la bouche de son principal négociateur d’alors, Ali Lariyani 16 ,

d’établir un moratoire de 30 jours pour suspendre simultanément les sanctions

et les activités nucléaires, après cette nouvelle résolution aucun geste

substantiel ne fut perçu qui permette de débloquer le processus et le plan

diplomatique.

Face à cette position iranienne, encore aujourd’hui la communauté internationale

continue de croire formellement dans l’option diplomatique pour

résoudre la crise, autant que Washington prétend convaincre les autres

membres du Conseil de Sécurité de l’ONU de la nécessité d’approuver

une nouvelle Résolution. Au milieu de messages qui ne cachent pas leur

bellicisme, d’autres acteurs comme la Russie essayent de mettre les atouts

dans leur jeu, tachant de ne pas se brouiller avec leurs clients iraniens 17 et

de maintenir leur image formelle de défenseur de la légalité internationale.

Ainsi une troisième vague de sanctions fut rejetée, prévue pour durer plus

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


que les précédentes, et, bien plus, le lancement d’une attaque militaire

pour les conditions minimales actuellement (novembre 2007).

Il faudrait conclure qu’on n’a toujours pas réussi à agencer adéquatement

les pièces pour arriver à débloquer la crise dans un futur immédiat. Depuis

l’extérieur de fortes résistances se manifestent (quand ce n’est pas un rejet

authentique, comme c’est le cas de Washington, Tel Aviv et y compris Riad)

pour accepter comme irrémédiable que l’Iran se soit converti déjà en leader

régional. Pour consolider cette position, Téhéran peut croire qu’il a besoin

de l’accès à l’énergie nucléaire (civile et, probablement, militaire) et ceci est

précisément ce qu’il essaye d’éviter maintenant, en lui imposant l’interdiction

de l’enrichissement d’uranium (activité, comme c’est bien connu, permise à

n’importe quel signataire du TNP, comme c’est le cas de l’Iran). Il s’agit, qu’on

le veuille ou non, d’une stratégie fragile dans la mesure où on prétend imposer

à l’Iran de renoncer à quelque chose qui est parfaitement légal. Créer une

exception à la norme générale 18 et, de plus, vouloir la fixer comme condition

préalable à toute négociation ne semblent pas être des bases suffisamment

consistantes pour mobiliser la communauté internationale (et encore moins

l’Iran) au-delà de là où les équilibres de pouvoir actuels le permet.

Une esquisse chronologique des événements les plus importants de la

période analysée ici (d’octobre 2006 à octobre 2007) peut être consultée

en Annexe V.2.

Contamination de climat de sécurité nucléaire

On comprend aisément les préoccupations qu’un possible arsenal

nucléaire iranien provoque dans un pays comme Israël, qui jusqu’à

maintenant se félicite du monopole nucléaire dans la région. Mais aussi

pour les autres voisin régionaux et pour la communauté internationale

dans son ensemble cela présente un problème non des moindres, dérivé

du processus généralisé de prolifération mondiale et du cas particulier

iranien: il existe aujourd’hui une plus grande insécurité nucléaire par

manque de contrôle étatique. De fait, la plus grande menace qu’il faut

imaginer de nos jours, si finalement l’Iran acquiert un arsenal militaire,

ne serait pas son usage volontaire de la part du régime (trop conscient

des règles du jeu sur ce terrain et du véritable rôle des armes nucléaires

en tant qu’élément dissuasif par excellence et comme signe de prestige),

mais la possibilité que survienne un cataclysme par accident ou à cause

de l’accès de groupes terroristes à ces armes.

Déjà dans le rapport de 2006 nous avions conclu que ce qui se passe dans

la région peut déclencher l’apparition de nouveaux réseaux illicites qui trafiquent

avec ces matériaux (l’exemple du pakistanais Abdel Qadeer Khan

est encore plus récent) ou qui facilitent l’accès d’acteurs non étatiques

à ce genre d’armes. De même nous affirmions que “il est important de

souligner que ce dernier ne serait pas imputable directement au régime

iranien; au contraire, il est improbable que n’importe quel État soit intéressé

à partager son “trésor national avec des acteurs difficiles de contrôler.

La raison de cet hypothétique croissance serait bien plus les imperfections

des systèmes actuels de non prolifération et de contre prolifération- insuffisamment

dotés pour éviter l’émergence de nouveaux États nucléaires et,

encore plus, pour assurer la transparence, la sécurité et le maintient des

Depuis l’extérieur,

de fortes résistances

se manifestent pour

accepter comme

irrémédiable que l’Iran

se soit converti déjà en

leader régional

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arsenaux existants et des matériaux plus sensibles de la technologie appliquée

à ce domaine.” Un an plus tard, il semble important de rappeler

que nous n’avons pas de meilleurs outils pour éviter que cette hypothèse

puisse se convertir en une sombre réalité.

L’Iran ne ressent pas la nécessité de l’approbation occidentale pour

continuer son chemin vers l’énergie nucléaire. Mais, du à la frustration

dont il souffre pour ne pas être respecté et reconnu en tant qu’acteur

avec qui il faut nécessairement compter, au moins, pour gérer les affaires

régionales, il sera difficilement disposé à collaborer avec la communauté

internationale pour un problème qui nous affecte tous. En même temps,

par effet combiné des réticences iraniennes et des attaques de certains

pays importants, l’OIEA rencontre des difficultés croissantes pour accomplir

ses tâches d’inspection sur le terrain. De cette façon, les essais pour

développer plus et de meilleurs canaux de coopération augmentent la

transparence autour des arsenaux et programmes nucléaires et, dans le

cas qui nous occupe, en lien avec l’Iran et son programme nucléaire.

Dans cette ambiance de méfiance et de désintérêt dans la coopération

internationale, tout programme nucléaire – civil ou militaire, iranien

ou n’importe quel autre – passe par être considéré, par définition,

comme une menace pour la sécurité. Et ceci est le cas non tant par

crainte de déchaînement d’une guerre entre états, mais pour les possibles

accidents ou convoitises privées impossibles de contrôler ou gérer.

Le secrétisme absolu, l’intention d’esquiver les règles et le manque de

transparence, combinés à la volonté explicite d’obtenir des avantages

par tous les moyens, alimentent les trafics illicites et rendent difficile l’indispensable

travail d’inspection que, par exemple, le TNP recommande à

l’OIEA. Dans le cas iranien, ce problème est encore plus grave à cause de

son caractère peu démocratique (par rapport à la possibilité de contrôle

public sur ce que décident et font les différentes instances de pouvoir) et

de la complexité interne d’un pays dans lequel il est difficile d’arriver à

concilier les agendas des acteurs avec des orientations qui ne convergent

pas toujours. La lutte permanente pour prévaloir sur un autre ne rend

pas facile d’ajuster les orientations émanant de la hiérarchie religieuse,

avec celle de certains personnages politiques ou avec la classe militaire. Il

faut imaginer, par conséquent, que les divergences qui sont perçues sur

un plan général se déplacent aussi au programme nucléaire, ce qui augmente

la crainte du degré de contrôle qui peut être exercé en la matière.

Le fait que, étant donnée les conditions dans lesquelles il faut imaginer

que s’est développé ce programme, l’Iran dépend toujours plus de fournisseurs

peu ou pas recommandables pour continuer son programme

n’est pas fait pour apaiser les inquiétudes. D’autre part, on ne peut pas

non plus dire que ses sources officielles (des entreprises russes et le gouvernement

chinois, principalement) soient un modèle de transparence.

Tant pour les pays voisins que pour les autres, ces faits constituent une préoccupation

qui devraient mener à une réévaluation globale de leur politique

envers Téhéran. Sous de nombreux aspects, le “cas Iran” n’est pas très

différent des autres défis de sécurité de nos jours, en ce que la pensée géostratégique

du siècle passé est en train de perdre de sa vigueur rapidement.

Au lieu de l’effort dédié quasi exclusivement à contenir le pouvoir militaire

d’un possible rival, il semble bien plus conseillé de s’occuper de créer un

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


environnement régional et global de sécurité, qui mette en jeu une vision à

long terme des capacités très diverses et multilatérales. Bien que ce soit une

répétition de ce qui a déjà été dit antérieurement, en ce qui concerne l’Iran,

une voie alternative pour réduire la menace que peu représenter sa dérive

actuelle serait celle de lui offrir des garanties de sécurité interne (comme

cela semble avoir été le cas pour la Corée du Nord) et l’acceptation de son

importance comme acteur principal dans la région. Sauf que nous pensons

que le statu quo régional puisse se maintenir indéfiniment, nettement favorable

aux intérêts occidentaux, qui prétendent maintenir le contrôle de la

région sans tenir compte de Téhéran.

L’impact dans la région

En ce qui concerne les ADM, l’incertitude quant aux véritables ambitions

et à la portée réelle du programme nucléaire iranien est le principal facteur

perturbateur du climat de sécurité régional au jour d’aujourd’hui.

Israël se sent chaque fois moins sûr de sa propre position – en partie à

cause de la situation dans les Territoires Palestiniens et au Liban, mais particulièrement

à cause de la possibilité de perdre son monopole nucléaire

dans la région. Ces derniers temps il s’est intéressé à faire comprendre

qu’il n’admettrait pas la nucléarisation de l’Iran et, avec les États-Unis,

c’est l’acteur le plus enclin à lancer un coup de force pour l’éviter.

Pour sa part, l’Arabie Saoudite et, en bonne mesure, le reste des pays à

majorité sunnite de la région ne semblent pas disposés à accepter passivement

la consolidation du leadership d’un régime chiite. Certains d’entre

eux diffusent des rumeurs sur de supposées décisions de mise en marche

de leurs propres programmes nucléaires, dirigés vers Téhéran (dans un

objectif, vain, de paralyser leur programme) et, surtout, à Washington

(pour essayer de provoquer une réaction américaine effective qui freine

ce qui est aussi considéré comme inacceptable). D’autres préfèrent activer

directement leurs propres alliés en Iran et dans certains endroits où se fait

sentir son influence, pour créer des problèmes au régime iranien et, de

cette manière, le forcer à réévaluer son agenda de domination.

Il est probable que ce soit la Turquie et l’Egypte les deux pays qui peuvent

envisager la situation, bien qu’ils le nient publiquement, avec le moins

d’inquiétude. Si finalement Téhéran fait ce qui est considéré comme le

plus prévisible (arriver à dominer le cycle nucléaire) ils verraient leur désir

s’accomplir, bien que d’une voie détournée, de mettre fin à la longue

période de monopole israélien. Bien que dans le fond ce ne soit une

bonne nouvelle pour aucun des deux, ni le gouvernement turque actuel

– qui semble être en plein processus de réévaluation de ses relations stratégiques

avec Tel Aviv (et avec Washington), qui leur ont causé plusieurs

problèmes avec le monde arabe-, ni le gouvernement égyptien sont ceux

qui vont le plus s’inquiéter à court et à moyen terme de la montée perse.

De fait, il y a des indices que l’Egypte pourrait être en train d’appuyer en

secret Téhéran, avec l’idée de créer un contrepoids face à Israël 19 , Bien

qu’il semble difficile d’imaginer qu’il soit disposer à renoncer à sa campagne

en faveur de la création d’une zone libre des armes nucléaires en

Méditerranée, pour s’embarquer dans un programme nucléaire qui finisse

par lui conférer la possession de ce type d’armement.

Des pays à majorité

sunnite de la région ne

semblent pas disposés

à accepter passivement

la consolidation du

leadership d’un régime

chiite

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La perception de ce processus même par d’autres pays extérieurs à la

région varie énormément. Tandis que pour son voisin pakistanais le processus

ne cause pas de notable inquiétude (les liens de collaboration

en matière nucléaire entre les deux pays sont bien connus depuis des

années), pour la Russie l’impact parait supportable. Ce n’est pas par

hasard que Moscou est le constructeur du principal projet nucléaire iranien

(la centrale de Bushehr) et un fournisseur important d’armes (y compris un

système moderne de missiles antiaériens destiné à protéger précisément

cette centrale). Parmi ses calculs pour récupérer l’influence perdue ces

quinze dernières années on trouve la création de plus de problèmes aux

États-Unis – s’embourbant et à la limite de ses capacités dans les scénarios

iraquiens et afghans-, en même temps qu’elle travaille à maintenir le

processus sous un certain contrôle (elle n’arrête pas de fournir le combustible

promis pour la centrale iranienne et insiste sur la future obligation

iranienne de renvoyer en retour à la Russie le matériel nucléaire déjà utilisé

dans cette centrale). Dans ce jeu dangereux, Moscou comprend qu’il peut

améliorer ses options pour ouvrir de nouveaux espaces à une zone de

commerce dans laquelle elle est bien située, augmenter sa présence dans

une région d’importance particulière géoéconomique comme le Moyen-

Orient et provoquer une modification du statu quo, au moins dans le

cadre régional, qui peut lui être rentable dans le futur.

La perception américaine est très différente. Ce que l’Iran prétend remettre

en questions, de manière frontale, est un cadre régional contrôlé par

Washington depuis des décennies. Un contrôle qui s’est basé sur une

présence directe et sur un appui à des régimes qui ont accepté leur subordination

presque sans aucune discussion. Ce qui était également le cas

iranien, jusqu’au déchaînement de la révolution en 1979. Depuis lors, la

dérive des nouveaux responsables politiques iraniens a avancé progressivement

vers une remise en question directe de certains des régimes de la

région et du leadership des États-Unis. A côté d’autres décisions, le programme

nucléaire suppose, si il arrive à son terme, la consolidation de l’Iran

en tant que leader régional, et par conséquent, l’émergence d’un nouveau

jeu, avec de nouvelles règles, qui puissent laisser Washington, Tel Aviv et

Riad, à côté d’autres, dans une situation beaucoup moins confortable.

Tous, en définitive, se préoccupent pour les répercussions du possible

désordre d’un processus qui atteint des niveaux de tension encore plus

hauts, dans la mesure où l’Iran continue d’avancer vers la maîtrise complète

du cycle nucléaire, tandis que la communauté internationale ne trouve

pas de méthode efficace pour le freiner et que les débats se succèdent

sur de possibles plans d’attaque contre le territoire iranien. Tout ceci sans

oublier que, dans ce climat de transparence nulle, il puisse se produire un

accident ou un détournement de matériel nucléaire dans des mains moins

disposées à accepter les règles du jeu nucléaire toujours complexes.

Des pointes d’espoir

Même en étant conscients de la gravité de la crise, nous comprenons

qu’elle n’a pas encore atteint un point de non retour, par ce qu’il faut

supposer que, si réellement il existe une volonté politique dans les deux

camps, il est toujours possible d’accommoder les intérêts en jeu pour

atteindre un accord sans nécessité d’arriver à des solutions de force brute.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Actuellement on peut voir un certain optimisme, pas réellement fondé,

sur l’effectivité de la diplomatie après le succès apparent en Corée du

Nord quant à son programme nucléaire. Ce serait une erreur de penser

que ce qui s’est passé là-bas pourrait être automatiquement applicable à

la situation que pose l’Iran, étant donné que la situation des deux pays,

tant interne qu’externe, est simplement incomparable. Cependant, la possibilité

de profiter des éléments que le cas coréen a mis en avant pointe à

l’horizon comme moteur de recherche de solution.

Le premier de ceux-ci est en lien avec la faiblesse structurelle de l’économie

iranienne. Bien que l’Iran soit, manifestement, un pays beaucoup plus

prospère économiquement que la Corée du Nord, elle doit faire face à une

crise économique qui affecte un pourcentage important de la population,

ce qui provoque des critique et un mal être croissant contre le régime. De

même cela génère des situations aussi paradoxales que le fait que, malgré

qu’il soit un producteur de pétrole et de gaz à niveau mondial, il continue

à faire preuve d’une importante dépendance de l’extérieur en produits

raffinés et distillés. En résumé, et bien qu’au niveau de la conjoncture les

prix mondiaux de ces produits semblent lui être favorable, il sait qu’il n’a

pas assez avec ses propres potentiels financiers et technologiques pour

faire face aux demandes d’un plus grand bien-être de sa population et

pour exploiter pleinement ses immenses richesses pétrolières et gazières.

Le pays a besoin d’investissements étrangers et de collaboration technologique

à un degré bien plus haut qu’actuellement. C’est dans ce plan que

peuvent être imaginées de grandes possibilités pour trouver un accord qui

satisfasse les intérêts des parties s’affrontant aujourd’hui.

Le deuxième élément à considérer après l’expérience coréenne est l’importance

qu’a pour la résolution de la crise l’implication d’autres acteurs

régionaux avec des intérêts sur le sujet et avec des canaux de communication

directs avec l’Iran. La Chine, en plus d’être un partenaire industriel de

l’Iran, a déjà fait savoir sa préoccupation au sujet du programme iranien.

La Russie a en ses mains des éléments très substantiels pour faire pencher

la balance dans un sens ou un autre, et même le Pakistan aurait beaucoup

à apporter à une stratégie de résolution pacifique du problème. Sur ces

bases, les États-Unis et l’UE devraient réorienter leurs efforts pour créer

une dynamique multilatérale qui rendraient possible une coordination

entre ces pays, comme alternative à l’actuelle réévaluation suivant les discours

et les actions antagonistes de Washington et de Téhéran.

Les Armes chimiques et biologiques: une base stratégique

au XXIème Siècle?

Jusqu’à un certain point il semble logique qu’une attention médiatique

et investigatrice significative soit dédiée au thème des armes chimiques

et biologiques – la vision d’un groupe terroriste international employant,

par exemple, du gaz sarin dans un centre métropolitain est un des

soucis de tout responsable politique et des responsables de la sécurité

nationale et internationale. Cependant, d’un point de vue stratégique,

et sans dévaloriser d’un iota son potentiel destructeur, il faut reconnaître

qu’elles ont perdu une grande part de leur valeur historique en tant

qu’armes d’usage possible dans le champ de bataille et sur le terrain de

la dissuasion, comme celui qui est supposé pour les ADM dans les calculs

Si réellement il existe

une volonté politique

dans les deux camps,

il est toujours possible

d’accommoder les

intérêts en jeu pour

atteindre un accord sans

nécessité d’arriver à des

solutions de force brute

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d’affrontement entre les acteurs nationaux. De fait, bien que de nombreux

pays de la Méditerranée continuent de maintenir des arsenaux

chimiques et biologiques- et vraisemblablement continuent d’investiguer

dans ces domaines (voir Tableau 2), l’idée s’impose que leur existence et

leur possible usage pendant une hypothétique guerre leurs crée beaucoup

plus de dangers que d’avantages.

En d’autres mots, il n’existe pas de fondement cohérent pour maintenir

ces armes. De ceci découle que, au lieu de continuer à insister sur l’immoralité

de son usage, il serait beaucoup plus profitable que la communauté

internationale prête plus d’attention au débat sur la logique de leur existence.

Aucun gouvernement national en méditerranée ne bénéficie

aujourd’hui de l’existence d’arsenaux de ce genre et ce seul facteur, par lui

seul, présente une claire opportunité d’arriver à sa complète élimination.

Le cadre international actuel dans ce domaine est défini par la

Convention des Armes chimiques (CWC, en ses sigles anglais) et la

Convention des Armes Biologiques et Toxiques (BTWC), qui aspirent à

l’éradication mondiale de ces genres d’armes. Bien que les deux aient

réussi à maintenir un rythme soutenu d’application (le Tableau 4 reprend

les résultats les plus remarquables), cependant, dans la pratique des

facteurs qui rendent difficile leur mise en œuvre existent encore et des

risques perdurent que filtre le risque de sa prolifération. Il faut souligner,

entre autres, le risque découlant des prévisions reprises dans leurs textes

respectifs, qui créent une zone d’ombres sur ce que signifie « arsenaux »

et « capacités » 20 . Un deuxième problème provient du fait que, en

marge de l’importance intrinsèque de ce thème, d’autres priorités ou

d’autres agendas de négociation internationale s’établissent qui finissent

par provoquer des résultats très différents de ceux originalement poursuis

par ces Conventions (cédant la place dans des aspects déterminés

et au contraire certaines réussites dans d’autres domaines). De même,

la contamination permanente du thème nucléaire rend difficile la réalisation

de plus d’avancées en la matière. La vision traditionnelle de ces

engins comme les “armes nucléaires des pauvres” provoque de facto

une plus grande résistance au désarmement, de la part de ceux qui veulent

continuer à maintenir une certaine idée de l’équilibre, illusoire en

tous cas, face aux puissances nucléaires qu’ils perçoivent comme menaçantes

(le cas israélo-arabe est, certainement le plus évident). Un dernier

élément à considérer dans le même sens est le mauvais exemple que des

puissances comme les États-Unis ou la Russie transmettent au reste de la

communauté internationale avec leur comportement 21 .

Tout ceci, en résumé, se traduit par ce que, malgré les apparences, il y

a toujours beaucoup de pays qui ne sont pas disposés à payer le prix

diplomatique ou économique nécessaire pour atteindre un monde libre

d’armes chimiques ou biologiques.

Prolifération chimique et biologique en Méditerranée

Pour ce qui concerne la région, et comme on le peut le voir dans le

tableau 2, la situation par pays est variée, tant en ce qui concerne son

degré d’accomplissement des deux Conventions (voir Tableau 5) que son

propre effort proliférateur dans ces mêmes domaines (voir Tableau 2).

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Dans les armes chimiques, la Libye, la Syrie et l’Iran ont des programmes

connus, bien que dans le cas libyen il faut souligner la coopération avec

les États-Unis et le Royaume Uni pour démanteler ses capacités depuis

trois ans. De plus, il semble probable que tant l’Egypte 22 que Israël aient

encore quelque programme militaire en marche dans ce terrain, tandis

que se maintiennent les doutes sur le comportement de l’Algérie et de

l’Arabie Saoudite. Israël a bien signé la CWC, mais sans arriver encore à

la ratifier, tandis que l’Egypte, l’Iraq 23 , le Liban et la Libye ne l’ont même

pas signé.

Pour ce qui concerne les armes biologiques, il n’existe aucun pays qui

admette avoir des arsenaux actifs, bien que nombreux sont ceux qui

figuraient traditionnellement comme pays ayant développé des programmes

dans ce domaine (depuis l’Egypte et l’Iran, en passant par

l’Algérie, Israël et la Syrie). La majorité ont signé et ratifié la BTWC, mais

certains ne sont pas arrivés à cette dernière étape (comme l’Egypte et la

Syrie) et d’autres n’ont même pas apposé leur signature (comme Israël

et la Mauritanie).

Dans le panorama international actuel il y a des raisons évidentes de

relations publiques pour éviter d’apparaître comme un pays qui a opté

pour entrer ouvertement dans le jeu biologique. Cependant, il y a divers

pays en Méditerranée qui au minimum maintiennent leur intérêt pour

explorer les possibilités des ces armes. La Convention pour son interdiction

laisse la porte ouverte à l’investigation et au développement civile et

pacifique de techniques associées à son usage, ce qui rend possible une

déviation vers des fins militaires, étant donné qu’il n’y a aucune provision

spécifique qui permette de détecter, contrôler ou vérifier si ce pas a été

finalement franchi. De plus, les installations nécessaires pour l’investigation

et la production de possibles armes biologiques sont apparemment

moins complexes et, dès lors, plus faciles à cacher ou déguiser que, par

exemple, d’autres dédiées au développement de capacités nucléaires.

Au jour d’aujourd’hui, les trois pays qui apparaissent liés de manière

récurrente à de possibles programmes de production de ces armes sont

l’Iran, Israël et la Syrie.

La menace des armes chimiques et biologiques

Une des raisons qui explique la préoccupation continue quant à la prolifération

des armes biologiques est celle que suscite la possibilité, aussi

lointaine qu’elle puisse paraître maintenant, que de futures avancées

technologiques finissent par convertir en réalité les théories actuelles de

contrôle sur les fonctions basiques de l’être humain, à partir des options

qu’ouvre l’ingénierie génétique. À cela s’ajoute celle qui émane du

possible transfert de capacités entre les États et des groupes non gouvernementaux

(terroristes, plus spécialement). Au contraire de ce qui se

passe avec les armes nucléaires, pour les armes biologiques il est très difficile

d’identifier avec précision son origine, comme produit de quelque

laboratoire spécifique de quelque pays concret. Cette circonstance rend

potentiellement plus réelle l’hypothèse d’un transfert de ce type, depuis

un État national (avec ou sans consentement explicite du gouvernement)

à un groupe violent, au pouvoir d’échapper à l’accusation de culpabilité

et, donc, à la représaille prévisible.

Dans le panorama

international actuel il y

a des raisons évidentes

de relations publiques

pour éviter d’apparaître

comme un pays qui

a opté pour entrer

ouvertement dans le

jeu biologique

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Bien qu’il ne faille pas laisser de côté le panorama sombre que dessinent

certains développements possibles de la technologie appliquée à

ce domaine, actuellement ses possibilités ressortent plus du monde de

la science fiction que de ce que nous analysons ici. En synthèse, il est

très probable que l’usage des armes biologiques et chimiques réelles

qui existent aujourd’hui ajoute un avantage tactique substantiel à son

propriétaire et, sur un plan stratégique, les deux restent éclipsées par les

armes nucléaires. D’un autre côté, y compris à petite échelle son usage

est abondamment complexe, comme il fut mis en lumière avec des

échecs réitérés de la secte Aum Shinrikyo (Vérité Suprême) 24 , dans son

essai de semer la panique et la destruction dans le cadre de son agenda

de violence développée au Japon, bien qu’elle avait plus qu’assez de ressources

financières et techniques pour faire avancer ses plans.

Comme nous l’avons déjà signalé antérieurement, les armes chimiques

ont beaucoup d’aspects en commun avec les biologiques, spécialement

en ce qui concerne son “usage dual” et la “traçabilité” pour identifier

l’origine de sa fabrication et, donc, la responsabilité ultime de son

usage. De même ils partagent une mauvaise image, qui alimente encore

plus le secrétisme et le manque de transparence qu’ont d’autres catégories

d’armement, compliquant ainsi autant la possibilité de scrutin

publique sur celles-ci comme la nécessaire réponse de la communauté

internationale pour atteindre son contrôle et, encore mieux, sa disparition.

En tous cas, bien que les armes chimiques soient plus étendues

que d’autres ADM, fondamentalement pour des raisons techniques

(elles sont à la portée de beaucoup plus d’acteurs avec une technologie

et des ressources économiques moyennes), son usage militaire reste un

exercice hautement compliqué et, en conséquence, très improbable (en

marge de ce qui est considéré comme réellement décisif, comme c’est le

cas avec les armes nucléaires, pour le cours d’un conflit violent).

Bien que l’impact de l’usage d’armes chimiques et biologiques puisse être

très grave, tant en termes de victimes directes que ses effets psychologiques

au sein de la population affectée, d’un point de vue étatique il y a

aujourd’hui peu de raisons stratégiques pour investir de grands moyens

dans ces programmes. Son efficacité tactique – tenant compte de la complexité

de son usage et du risque résultant pour les propres troupes –est

très réduite, surtout en comparaison avec des alternatives conventionnelles.

Son importance stratégique n’est pas non plus grande, comme l’ont

démontrés les différentes guerres dans lesquelles elles ont été utilisées (ni

la première guerre Mondiale ni celle dans laquelle se sont affronté l’Iraq et

l’Iran dans les années 80 n’arrivèrent à changer la dynamique du conflit).

Enfin, son effet dissuasif est minime ou inexistant.

Par conséquent, l’idée que ces armes soient une alternative peu chère aux

armes nucléaires n’est tenable en aucun cas: tandis qu’elles fonctionnent

comme un outil de dissuasion absolue en terme de conflit étatique, les

armes chimiques et biologiques ont été simplement une alternative de plus

dans le champ de bataille. Dans un monde globalisé, dans lequel la pression

de l’opinion publique et d’autres acteurs est chaque fois plus décisive pour

résoudre avec succès n’importe quel conflit violent, le coût d’utiliser ces

armes dans un conflit “chaud” va toujours surmonter n’importe quel bénéfice

potentiel en relation avec l’ennemi direct. Cet argument vaut aussi – et

de manière encore plus convaincante – à l’échelle domestique, comme l’a

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


montré, par exemple, l’essai raté de Saddam Hussein pour contrôler sa propre

population kurde avec l’emploi massif d’armes chimiques en 1988.

Au contraire, les acteurs non étatiques, pour qui l’opinion publique a

moins ou aucune importance, peuvent voir des bénéfices à l’usage de

ce type d’armes, tant dans des situations de combat – par exemple,

hypothétiquement, dans un nouvel affrontement entre le Hezbollah et

Israël – comme pour des attaques terroristes. Même ainsi, l’argument

déjà mentionné pour le cas des armes nucléaires est d’application, il

est pourtant difficile d’imaginer un scénario dans lequel il y ait des gouvernement

disposés à offrir ces possibilités tactiques à des groupes en

dehors de son propre contrôle (dans le cas du Hezbollah, par exemple,

il faut conclure que l’usage des armes chimiques de la part de la milice

chiite causerait un dommage immense à la Syrie et/ou à l’Iran).

Dans le cas d’activités terroristes à échelle internationale, il n’est pas

facile d’imaginer qu’il y ait un État – bien que peut-être il puise il y avoir

des éléments au sein de l’appareil gouvernemental – disposé à assumer

le coût de se voir impliqué directement dans une attaque de ce genre.

Malgré qu’il soit certain, comme nous l’argumentions plus haut, que la

possibilité de vérifier l’origine de ces armes n’est pas aussi immédiate

que dans le cas des armes nucléaires, il est improbable qu’il y ait un

gouvernement actuel –le régime des talibans en Afghanistan étant une

claire exception – disposé à investir de sérieux moyens seulement pour

fournir à des groupes terroristes quelque chose qui entraîne autant de

risques pour la sécurité national de ce même état.

En parallèle, le risque de perdre le contrôle du processus continue à

augmenter aussi, résultant d’une avancée technologique imparable

qui facilite précisément que des groupes terroristes puissent arriver à

envisager son usage dans des cas déterminés. De fait, il semble qu’au

plus faible sont ses avantages dans le champ de bataille classique, au

plus son attrait est grand pour les terroristes. L’apparition de la “terreur

radiologique”, par exemple, montre clairement combien les armes développées

au travers de programmes gouvernementaux peuvent finir par

être utilisées par des groupes en dehors du contrôle étatique 25 .

En définitive, malgré que l’importance stratégique des armes nucléaires

restent un facteur décisif dans les calculs actuels de sécurité et de

défense mondiale et, dès lors, il est difficile d’imaginer un monde libre

de ces outils de destruction massive, il y a de réelles possibilités d’arriver

à mobiliser la volonté politique de la communauté internationale pour

éliminer ces types d’armes au sein de la catégorie des ADM. Parmi les

principales raisons pour se faire il faut souligner que :

• Elles sont difficiles à manier sur le champ de bataille

• D’un point de vue stratégique, elles ne garantissent pas la survie de l’État

• Elles ont un impact relativement mineur pendant la guerre

• Le coût politique/diplomatique de son usage est très élevé, et en

contraste avec les armes nucléaires, elles n’ont pas un caractère dissuasif

suffisant pour prévenir l’éclatement d’une guerre.

• Le risque d’accident ou l’accès à des groupes non gouvernementaux

est très élevé et, dès lors, les risques augmentent pour le propriétaire

originel des armes de souffrir d’une représaille.

Il est difficile d’imaginer

un scénario dans

lequel il y ait des

gouvernement disposés

à offrir ces possibilités

tactiques à des groupes

en dehors de son

propre contrôle

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


197


198


Ébauche d’une sortie encourageante

La possibilité d’obtenir des armes chimiques et biologiques, dans un

processus à portée mondiale qui aurait une grande importance en

Méditerranée, est aujourd’hui une option réaliste. Et le moteur d’une

étape de ces dimensions n’est pas tellement la peur que provoquent ces

armes, mais bien au contraire, le manque de crainte: les bénéfices stratégiques

pour tout propriétaire de maintenir ces arsenaux ne seraient pas

suffisants pour justifier les coûts qu’il faudrait supporter si les puissances

régionales et la communauté internationale augmentent la pression derrière

cet objectif. Pour la communauté internationale, l’importance de

les éliminer du scénario méditerranéen serait principalement véhiculée

par la crainte que représente un terrorisme international capable d’obtenir

ces armes. Pour l’ensemble de la région en elle-même, l’élimination

de ces types d’ADM contribuerait de manière considérable à l’amélioration

du climat de confiance et de coopération, aujourd’hui faiblement

développées.

D’autre part, les programmes d’investigation dans ces domaines présentent

une plus grande complexité, non seulement parce qu’ils affectent

des activités de nature strictement civile et commerciale, orientés vers

un usage pacifique des avancées atteintes, mais aussi parce que certains

acteurs signalés dans la zone – comme Israël et l’Iran par exemple –veulent

maintenir de manière permanente la possibilité de rentrer de nouveau

dans le jeu dans le cas où se produisent des avancées technologiques

qui comprennent des avantages pour leurs stratégies respectives ou,

encore plus préoccupant, si ils détectent que le contraire acquiert certains

avantages dans ce domaine. Même ainsi, il est faisable d’améliorer la coopération

dans ce domaine, au moins en ce qui concerne l’augmentation

de la transparence et de la coopération des activités reliées.

Les bases sur lesquelles peuvent se fonder un processus de désarmement

total de ces armes sont déjà établies par l’ensemble de normes et règles

accordées sur ces thèmes pendant la dernière décennie 26 . A ceci il faut

ajouter ce qui est repris dans la Sixième Conférence de Révision de la

BTWC, célébrée en 2006 27 , assumant qu’il s’agit d’accords relativement

modestes, mais avec une claire orientation d’espoir.

À un niveau plus général, cependant, le grand défi pour la communauté

internationale serait de profiter du fait que ces armes n’aient déjà plus la

même importance stratégique que dans des périodes antérieures pour

établir un authentique consensus international quant à sa complète

éradication. Menée par les principaux pays occidentaux, la communauté

internationale devrait être disposée à payer un prix élevé, tant économiquement

que diplomatiquement, pour atteindre l’objectif final en

vainquant les véritables résistances qui se manifestent encore chez différents

acteurs internationaux. En marge d’autres problèmes de sécurité

internationale, il serait hautement conseillé d’éviter que le haut niveau

de désaccord dans d’autres terrains (comme ce qui affecte l’Iran) finisse

par bloquer les possibilités de sortie qu’on aperçoit maintenant dans la

sphère chimique et biologique. Pour cela il serait également nécessaire

que l’antagonisme actuel entre les États-Unis et l’Iran, par exemple, ne

se portage à pratiquement toutes les conférences multilatérales. Comme

malheureusement c’est ce qui se passe dernièrement.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Contre cette aspiration joue le fait que, à l’instant même, on n’octroie

pas la priorité nécessaire, et dès lors, on court le risque que la fenêtre

actuelle d’opportunité finisse par se fermer à court terme si d’autres

dynamiques continuent à alimenter la tension. Étant donné que l’usage

étatique de ces armes est chaque fois moins probable, les pays qui sont

encore impliqués dans la prolifération chimique ou biologique ne le font

pas par nécessité absolue, mais parce qu’ils ne perçoivent pas de raisons

et stimulants suffisants pour arrêter de le faire. Pour provoquer un

tournant en lien avec ce sujet, il faut que la communauté internationale

assume l’objectif en tant que priorité à son agenda, répète qu’il y aura

des coûts diplomatiques pour ceux qui ne coopèrent pas et offre des

stimulants importants pour qu’il y ait un intérêt à s’impliquer dans le

processus de désarmement. Les mécanismes pour y arriver existent déjà;

ce qu’il faut maintenant c’est ne pas laisser passer l’opportunité.

En plus de signer les deux Conventions et d’exécuter l’obligation de

détruire les arsenaux et fermer ls programmes, d’autres pas nécessaires

pour consolider un processus avec de réelles possibilités de réussite

sont: a) atteindre l’adhésion universelle à ces Convention; b) éliminer

les zones grises qui cachent des prétentions d’échapper à la lettre et à

l’esprit des ces normes; c) améliorer les mécanismes de contrôle et d’inspection

pour éviter que des acteurs non étatiques intéressés à avoir ces

matériaux puissent réussir à les posséder; et d) renforcer la législation

nationale des signataires, avec la création d’autorités nationales qui servent

de point de liaison et de collaboration internationale pour éviter les

usages indésirables des arsenaux ou des programmes qui existent encore

ou qui puissent être conçus.

Missiles: le quatrième type d’arme de destruction massive

A la différence de ce qui se passe avec les armes chimiques ou biologiques,

et malgré qu’ils soient fréquemment oubliés dans certaines analyses d’urgence,

les programmes militaires de missiles sont des pièces clés de toute

stratégie d’ADM. Ce qui importe avec ce vecteur de lancement primordial,

mais pas unique 28 est, en fonction de ses différentes portées, la capacité de

projection de pouvoir octroyé à ceux qui les possèdent. Ils accumulent un

pouvoir significatif avec des charges conventionnelles, mais ils acquièrent

leur valeur stratégique maximum lorsqu’ils transportent une tête nucléaire,

chimique ou biologique. C’est pour ce motif que les programmes de missiles

génèrent tant d’inquiétude dans l’agenda de sécurité méditerranéen,

bien qu’il est connu que, tant au niveau international que régional, les tentatives

de limiter leur prolifération sont faibles si pas inexistantes.

Dans le cadre défini par la “guerre préventive” émanant de Washington

des concepts déjà employés pendant la guerre Froide, comme celui

d’attaques “préventives” ont à nouveau joué un rôle principal. Dans

une tentative forcée de cette approche préoccupante, qui permettrait

de devancer une menace hypothétique en lançant un coup avant que

celle-ci ne vienne à se matérialiser, Israël l’a déjà utilisé, par exemple en

2003, dans son attaque à un supposé camp terroriste en Syrie. Un autre

élément à prendre en considération pour comprendre l’importance internationale

croissante concédés à ces artefacts est le lent développement

du système de défense stratégique américain (connu populairement

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


199


200

On perçoit une

inquiétude croissante

face à l’intérêt

manifeste pour

s’approprier ces armes

et pour les ostensibles

difficultés pour

mettre le holà à sa

prolifération


comme bouclier antimissiles), qui accélère encore plus la tentative

d’autres acteurs pour obtenir l’amélioration de ces engins pour augmenter

leur portée et capacité de charge et pour surpasser les possibles

systèmes antimissiles conçus pour les détruire.

Dans un processus jusqu’à aujourd’hui imparable on perçoit une inquiétude

croissante face à l’intérêt manifeste pour s’approprier ces armes et

pour les ostensibles difficultés pour mettre le holà à sa prolifération. En

définitive, tout programme d’ADM requiert un développement parallèle

de systèmes de livraison, parmi lesquels les missiles – principalement balistiques,

mais chaque fois plus les célèbres missiles de croisière – restent

les plus représentatifs. Tandis que à échelle planétaire des pays comme le

Pakistan, l’Inde, la Chine et le Japon sont en plein processus d’actualisation

de leurs capacités de missiles de croisière d’attaque à terre (LACM,

dans ses sigles anglais), dans la Méditerranée le monopole d’Israël dans

cette catégorie d’armes est très ouvertement menacé par des programmes

similaires en Iran. Téhéran n’essaye pas seulement de pourvoir à ses

propres nécessités, mais a déjà commencé à renforcer ses alliés, comme

ça a été vérifié récemment avec la fourniture d’une nouvelle génération

de missiles, y compris d’avions non pilotés, au groupe libanais Hezbollah.

Malgré qu’avec la globalisation et les nouvelles technologies les possibilités

de diffusion de connaissance et d’information offrent de nouvelles

possibilités pour le développement de nouveaux genres d’armes, les programmes

de missiles restent encore une aire à portée d’un groupe choisi

de pays. Le développement des LACM iraniens, par exemple, dépend

quasi pour la totalité du débit d’information et de matériaux reçu de

sources russes, chinoises, nord coréennes, allemandes et françaises. y

compris Israël, qui a une importante capacité propre pour la recherche

et la production de missiles, a un programme de missiles balistiques de

portée moyenne, avec le Jéricho -3 avec la version plus récente 29 , qui

est basé sur les connaissances transférées depuis l’entreprise française

Dassault (dans le cas de Jéricho – 1) et du gouvernement américain (en

ce qui concerne Jéricho – 2; qui est similaire au MgM – 31 Pershing).

Dans les autres cas qu’il faut mentionner dans la région, les missiles qu’il

peut il y avoir dans les arsenaux militaires sont le résultat de l’acquisition

directe d’un producteur étranger.

Le fait que cette dépendance du marché international pour le développement

de missiles na pas mené à de meilleurs systèmes de contrôle,

pour éviter sa prolifération, a comme origine la manière avec laquelle on

a voulu comprendre la propre nature de ces armes. Traditionnellement

on a préféré les voir comme des armes conventionnelles, de telle

manière que leur emmagasinage et fabrication n’ont pas reçu l’attention

publique ni diplomatique qui a été octroyé à d’autres modalités

d’armes non conventionnelles. Dans ce sens il n’y a pas eu un grand

effort pour définir mieux les zones d’ombres qui ont permis le trafic

régulier de matériel (des parties et des sous composants) et des systèmes

complets au long des décennies. Ici comme dans d’autres terrains, se

sont entremêlés des intérêts commerciaux avec des politiques, orientés

vers le renforcement de régimes alliés, tandis qu’on tâchait de fermer

la porte aux autres. En d’autres mots, au lieu d’obéir à un sincère élan

de non prolifération, on a agit à l’excès avec des critères sélectifs, moins

préoccupés par le risque intrinsèque que suppose la prolifération de ces

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


systèmes d’armes que pour éviter qu’elles ne tombent dans des mains

non fiables pour les intérêts du producteur ou du vendeur.

En tous cas, ces dernières années il y a eu diverses tentatives pour renforcer

le régime de non prolifération pour des missiles et leurs technologies

associées. Cette dynamique fut impulsée, du moins en partie, par la

conviction que les missiles sont des éléments essentiels de la prolifération

des ADM. Mais ce fut l’accélération notoire dans la diffusion des nouvelles

technologies appliquées à ce domaine après la fin de la guerre Froide et,

surtout, la préoccupation des programmes nucléaires de pays comme la

Corée du Nord et de l’Iran, qui ont provoqué cette nouvelle orientation 30 .

Le résultat le plus visible jusqu’à aujourd’hui de cette volonté, en 1999, fut

la mise en marche du régime de Contrôle de la Technologie des Missiles

(MTCR, dans ses sigles anglais), dans lequel s’additionne les efforts de

34 pays pour éviter la diffusion incontrôlée de ces engins et la technologie

associée (le Tableau 6 reprend la liste de ses membres et ses objectifs

principaux). En novembre 2002 le travail réalisé dans ce cadre permit

l’approbation du Code de Conduite de La Haye contre la Prolifération de

Missiles Balistiques, qui intègre 119 membres et qui établit des restrictions

similaires au MLTCR, bien que plus larges et moins strictes. Curieusement,

bien que le MCTR serve autant pour les missiles de croisière que pour les

balistiques, le Code de Conduite de 2002 ne mentionne pas ceux de croisière,

ce qui, volontairement ou non, a contribuer à conférer une certaine

légitimité à l’acquisition de LACM ces dernières années 31 .

Capacités en missiles israéliennes

Israël (voir le Tableau 3) a le programme de missiles le plus avancé de

toute la région méditerranéenne – excepté la France – basé en grande

mesure sur la collaboration étroite qu’elle maintient avec les États-Unis

– pour le transfert de moyens, de technologie et d’armes-, mais sans

oublier qu’elle possède déjà une grande capacité propre en tant que

producteur et exportateur. Les deux éléments centraux de son programme

sont les missiles Jéricho déjà mentionnés et les sous-marins équipés

de missiles de croisière (SLCM) Popeye Turbo et Harpoon, avec la capacité

de transporter des têtes nucléaires, ce qui lui confère, dès lors, une

capacité de “deuxième coup”.

À l’image de ce qui se passe pour son programme nucléaire, le secrétisme

est aussi une marque d’identité dans tout ce qui affecte son

programme de missiles et au volume et aux caractéristiques de son

arsenal. En se basant dès lors sur des estimations, il semble exister un

large consensus sur l’existence de quelques 50 Jéricho 2, avec une

portée entre 1.500 et 4.000 kms. On suppose aussi que le Jéricho

3 est déjà opérationnel et que sa portée atteindrait les 7.800km, il

aurait sous son champ d’action tous les objectifs stratégiques possibles

convoités par Israël.

En plus, en intime coopération avec les États-Unis, Israël a développé le

Arrow, capable – du moins en théorie – de détruire des missiles balistiques

du type Scud ou des similaires en plein vol, ce qui le convertit en

un des programmes antimissiles les plus avancés de la planète.

Israël a le programme

de missiles le

plus avancé de

toute la région

méditerranéenne

excepté la France

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


201


202

Après Israël, le

programme iranien

de missiles est, sans

aucun doute, le plus

remarquable de la

région


De manière similaire à ce qui se fait en Iran, l’objectif principal du programme

de missiles et nucléaire d’Israël reste la défense de son intégrité

territoriale. Cela explique que ces systèmes d’armes sont principalement

pensés pour répondre à des nécessités de défense et pas tellement d’attaque.

En tous cas, et à la différence de ce que l’Iran a fait du moins

jusque maintenant, Israël a démontré avoir une interprétation particulière

de ce que signifie la défense de son intégrité territoriale, comme

elle l’a démontré en différentes occasions dans lesquelles elle a lancé des

opérations préventives ou “préemptives” contre certains de ses voisins.

Capacités en missiles iraniennes

Après Israël, le programme iranien de missiles est, sans aucun doute,

le plus remarquable de la région (voir Tableau 3). Son effort continu

– économique, technologique et politique – est le résultat de sa propre

expérience historique (comme accumulée après son affrontement

avec l’Iraq entre 1980 et 1988), de son ardeur pour renforcer ses

capacités de leadership régional et de la volonté de garantir sa sécurité

territoriale. Ses calculs actuels semblent considérer comme très

improbable une guerre ouverte déclenchée par ses principaux rivaux

militaires – en première instance Israël et les États-Unis-, spécialement

après l’échec israélien au Liban et la difficile situation de Washington

en Iraq et en Afghanistan. Au contraire, ce qu’ils perçoivent comme la

menace la plus probable est une attaque “préemptive” contre ses installations

militaires ou énergétiques.

En conséquence, une étape indispensable pour faire face à cette hypothèse

est de développer une capacité de défense efficace et, en même

temps, de représaille contre ceux qui pourraient arriver à l’attaquer. Sur ce

point, et étant donné la supériorité aérienne reconnue de ses opposants,

les missiles se convertissent en un instrument de grande importance. Bien

que la possibilité de compter sur des moyens de représaille ne garantisse

pas totalement la propre sécurité, au moins un armement nucléaire, sert

pour compliquer les plans de toute attaquant potentiel. Peut-être sur

base de cette explication pouvons nous comprendre la récente acquisition

iranienne à la Corée du Nord de 18 missiles BM25, avec ses lanceurs mobiles

qui, avec leurs 2.500km de portée, peuvent menacer tout pays de la

région, y compris certains d’Europe continentale.

Le noyau du programme iranien est formé de la série Shahab, avec le

Shahab – 3 comme la version opérationnelle la plus avancée. Sa dernière

version (Shahab 3ER) a une portée de 2000 Km, ce qui signifie qu’il peut

atteindre Ankara, Alexandrie ou Sanaa sans avoir besoin de lance missiles

mobiles. De fait, il existe des rapports non confirmés qui laissent comprendre

que l’Iran est en train d’investir dans la construction de silos pour ses

missiles, au lieu d’opter pour les traditionnelles plateformes mobiles 32 .

En mars 2006, l’Iran révéla qu’il avait déjà le missile balistique de portée

moyenne Fajr -3 (MIRV), c’est-à-dire, avec la capacité de surmonter

certains systèmes de défenses antimissiles. Il faut interpréter le développement

de cette nouvelle arme comme une réponse aux récents

programmes israéliens et américains, spécialement au bouclier antimissiles

déjà mentionné.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Pour conclure que, de la même manière qu’Israël essaye de justifier sa

position par ces engins, l’Iran prétend expliquer tous ses mouvements

dans ce domaine pour des raisons défensives. Dans la pratique, les deux

pays ont des moyens pour se défendre de ses adversaires, mais aussi

pour les attaquer si cela était sa volonté à un moment déterminé. Une

course à l’armement imparable est ainsi alimentée qui augmente l’instabilité

du Moyen-Orient et qui ne semble pas avoir de fin à court terme.

D’autres capacités en missiles dans la Méditerranée

La revue de la région de ce point de vue montre que s’accumulent

de considérables, et très variées, arsenaux de missiles et que, devant

l’inexistence ou l’inefficience des mécanismes contre sa prolifération (la

Turquie est l’unique membre de la zone qui soit intégré dans le MTCR),

divers programmes sont en marche pour les améliorer. En plus de ceux

déjà analysés séparément, il faut souligner parmi les pays les plus actifs

sur ce plan la Syrie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite (voir le Tableau 3), non

seulement pour leurs programmes relativement avancés mais particulièrement

pour les liens qui se sont établis avec le programmes d’Israël et

de l’Iran.

La Syrie semble coopérer avec la Corée du Nord et l’Iran pour le développement

de son Scud-B de courte portée. Selon Israël, elle a réalisé

un essai en février de cette année, bien que ceci n’ait pas été confirmé

par des sources indépendantes 33 . De même, il y a des indices que la

Syrie a compté sur l’appui iranien pour améliorer ses missiles de courte

portée en provenance de Chine DF-11 et DF-15. D’autres transferts

détectés seraient ceux du missile russe de plus petite portée FROg-7 et

le Misagh-1, une copie iranienne d’une copie chinoise du missile portable

terre air américain FIM-92 Stinger. D’un autre côté, elle serait aussi

en train de développer de nouvelles capacités pour ses missiles Scud en

essayant d’acquérir le Iskander-E (SS-X-26) russe 34 .

Si c’est le cas, la Syrie aurait aujourd’hui la capacité de frapper en tout

point sur le territoire israélien, ce qui permettrait de continuer se stratégie

duelle: dissuader Israël (ou hypothétiquement, les États-Unis) d’une

attaque et rester une menace pour Tel Aviv, dans son ardeur de devenir

un acteur important dans le panorama du Proche Orient.

Il ne semble pas exagéré à ce niveau de lier le programme syrien de missiles

avec le Hezbollah et sa lutte contre Israël. De fait, la Syrie a laissé

entendre qu’elle a appris du conflit récent entre Israël et son allié libanais,

et qu’elle réforme ses tactiques pour mieux faire face à un rival qui,

militairement, reste très supérieur. Comme l’a démontré le conflit entre

le Hezbollah et les IDF israéliens pendant l’été 2006, les missiles peuvent

contribuer de manière décisive à rééquilibrer une situation de départ

d’indiscutable infériorité militaire, et de là que la Syrie- aussi très inférieure

à son rival israélien – semble augmenter son intérêt pour se doter

de plus de capacités de missiles. En tous cas, il ne convient pas d’analyser

le cas syrien comme si il était uniquement présenté en fonction de ce

que Israël signifie, mais il faut comprendre que Damas a aussi la logique

de préoccupation pour garantir la survie du régime et pour tenter de

rester vu comme un acteur important de la région.

La revue de la

région montre que

s’accumulent de

considérables, et très

variées, arsenaux de

missiles

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


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204

Tandis que des

avancées substantielles

ont été réalisées dans

le domaine de la

non prolifération, les

preuves se multiplient

de l’intérêt notable

et généralisé pour se

réarmer


La situation de l’Egypte est évidemment très différente, mais étant

donné ses ressources économiques et technologiques elle a aussi la

possibilité d’être un acteur significatif dans le domaine des missiles

balistiques. Cette option a été jouée pendant des décennies à travers

sa coopération avec la Corée du Nord, principalement pour développer

ses missiles Scud-B et Scud –C, se basant sur les missiles nord coréens

Hwasong 5 et 6. Cependant, l’intense pression des États-Unis semble

avoir fait de l’effet et au jour d’aujourd’hui tout indique que cette voie

de collaboration s’est fermée, bien que l’Egypte continue des développements

propres dans ce domaine

Malgré qu’il n’y ait pas d’indication qu’un changement immédiat ou

radical ne se produise dans se stratégie, il est clair que l’Egypte maintienne

son intention d’être un acteur important parmi le scénario

méditerranéen. Conscient de compter sur un arsenal de missiles adéquat

est une pièce centrale pour y aspirer, il est prévisible qu’elle maintienne

ouvertes ses options pour améliorer ses capacités dans ce domaine, probablement

de la main de partenaires moins problématiques aux yeux de

Washington.

En de nombreux aspects, la situation de l’Arabie Saoudite est semblable

à celle de l’Egypte: elle doit équilibrer ses aspirations régionales et

d’autodéfense avec sa délicate relation avec Washington. Loin de pouvoir

compter sur des moyens propres qui garantissent sa sécurité dans

un environnement aussi tendu que celui du Moyen-Orient, Riad a opté

depuis des décennies pour se réfugier sous le parapluie de protection

que lui offre le leader mondial. En tous cas, c’est un des principaux

acheteurs d’armes de la planète et, dans la mesure où elle aspire aussi

à être vue comme un référent régional, son intérêt a été croissant pour

acquérir et développer ses propres plans d’armement en marge de son

protecteur historique. Dans ce sens, ses importants moyens économiques

lui permettent d’explorer de nouvelles voies qui le mènent, à côté

de son intérêt notoire pour entrer dans le champ nucléaire, de se doter

de plus et de meilleurs missiles balistiques et de croisière. Il n’y a pas,

au-delà des arsenaux déjà connus (voir Tableau 3), de données concrètes

sur ces plans, mais il faut imaginer que la préoccupation croissante

inspirée par l’émergence de l’Iran en tant que nouveau leader régional

et la perception que l’appui américain puisse s’affaiblir à court terme,

stimule la réaction saoudienne.

Cette revue de la situation régionale et le comportement de certains des

pays le plus importants dans ce domaine, ne peuvent que s’achever par

un signe de préoccupation. Tandis que des avancées substantielles ont

été réalisées dans le domaine de la non prolifération, les preuves se multiplient

de l’intérêt notable et généralisé pour se réarmer, devant ce qui

est perçu comme un scénario en décomposition et avec la probabilité

croissante de nouveaux éclatements de violence. Dans cette dynamique

autiste, dans laquelle chacun doit se préoccuper uniquement de soimême,

la sortie habituelle est celle d’augmenter les capacités militaires,

en croyant que, de cette manière, la sécurité propre augmente aussi. Un

chemin erroné dans lequel les pays de la région sont depuis longtemps,

sans avoir appris à cheminer vers d’autres voies.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Données et nouvelles réalités 35

Analyses de pays

Le tableau 1 reflète une vision générale des nouvelles et év´nements en

2006 et 2007.

Arabie

Saoudite

Egypte

Iran

Israël

Libye

Syrie

Turquie

Tableau 1: Nouvelles sélectionnées 2006/2007

2006 2007

Rumeurs quant au début d’un possible programme nucléaire en 2003

S’est déclaré intéresser par un programme nucléaire civil en décembre

2006.

Signe avec les États-Unis un accord de coopération pour éviter le

trafic nucléaire dans ses eaux.

Le “cas Iran” est transféré au Conseil de Sécurité.

Continue à refuser la suspension de ses activités d’enrichissement

d’uranium.

Etend ses capacités de missiles jusqu’à atteindre les 550 unités

Continue de baser une grande partie de sa politique nucléaire sur

la menace que suppose d’Iran.

Le premier ministre, Ehud Olmert, affirme dans une interview que

Israël est une “puissance nucléaire”

Signe des accords avec les États-Unis, la Russie et la France en

lien avec la production d’énergie nucléaire civile.

Réclame la signature du TNP de la part d’Israël.

Cherche l’appui étranger pour substituer les Scud-B.

Au plan national, et en comptant qu’un an n’est pas beaucoup de temps

pour que se produisent des changements radicaux dans un domaine

comme celui des ADM, la situation des pays de la région se synthétise

dans les pages suivantes.

Algérie

L’Algérie dispose d’un réacteur nucléaire de 15Mw (Al Salam), qui doit

probablement être réévalué à 40Mw. Est membre de la Convention

des Armes Chimiques, mais sans intégrer la Convention des Armes

Biologiques et Toxiques.

Arabie Saoudite

Bien qu’il n’y ait pas eu de nouvelles concrètes sur de possibles développements

de programmes d’ADM pendant la dernière année, les

messages de Riad augmentent sur l’opportunité d’un programme

nucléaire pour augmenter son niveau de sécurité nationale (conscients

de la faiblesse structurelle de ses moyens militaires et de son excessive,

et de plus en plus gênante, dépendance du parapluie que lui fournit

Spéculations quant à un intérêt à accélérer son programme nucléaire

Plan pour construire un réacteur nucléaire de1.000Mw à Al-Dabah (en

10 ans), et trois autres réacteurs de 600Mw (pour 2020).

Construit les 95% du réacteur de Bushehr, malgré que sa finalisation soit

retardée par des problèmes financiers supposés.

Suspension de 22 projets d’aide nucléaire technique à l’Iran comme conséquences

des sanctions du Conseil de Sécurité.

Plans d’atteindre les 54.000 centrifugeuses, bien que pour le moment

on estime qu’il y en ait 3.000 installées.

Améliore le SPyDER, adopte le Iron Dome, essaye le Arrow; tous des systèmes

de défense antimissiles.

Bombardement des installations syriennes qui font prétendument partie

d’un programme nucléaire secret.

Maintient sa politique de renon aux ADM.

Washington congèle les activités américaines de trois organisations

gouvernementales syriennes qu’il accuse de prolifératrices d’ADM.

L’agence nucléaire turque annonce la première installation nucléaire civile

turque entre 2012 et 2015, et des plans pour en construire deux de plus.

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


205


206


Washington). Pour ce qu’on en sache, n’a pas de capacité propre pour

arriver à produire ses propres armes, bien qu’il soit probable que- à travers

le financement de programmes nucléaires dans d’autres pays- elle

ait reçu de l’information sur la technologie nécessaire pour cela et sur les

possibles voies d’accès pour l’importation de composantes ou d’armes,

si à un moment telle décision serait prise.

A la fin de 2006 furent diffusés diverses déclarations de personnes

éminentes du royaume sur l’intérêt national de mettre en marche un

programme nucléaire civil. Bien que sans arriver à établir une connexion

directe avec le problème iranien, il semblait évident que les rumeurs

essayaient de montrer, au moins, l’anxiété que le développement de son

voisin chiite provoqua par ceux qui se perçoivent eux-mêmes comme le

principal référent du monde sunnite.

En décembre 2006, les membres du Conseil de Coopération du golfe

– qui comprend l’Arabie Saoudite- maintinrent des réunions avec une

équipe de l’OIEA sur de possibles plans de développement d’un programme

nucléaire civil conjoint. Il faut aussi se rappeler que des canaux

de communication sur ce thème sont toujours ouverts avec la Russie, le

Pakistan et y compris la Corée du Nord 36 .

Égypte

L’intention de l’Égypte de récupérer son programme nucléaire est chaque

fois plus fondée. Le ministre de l’Électricité et de l’Énergie, Hasan

younes, affirma en mars 2007 que le pays était en train de former du

personnel, de préparer les infrastructures basiques et chercher des

lieux pour le projet, dont l’objectif est d’établir 10 centrales nucléaires

génératrices d’électricité dans le pays. En même temps, il déclara qu’il

y avait des plans pour construire une centrale nucléaire de 1.000Mw à

Al-Dabah, et vraisemblablement trois autres centrales de 600Mw. On

estime que la première sera prête dans une dizaine d’années, et les trois

autres avant 2020. Jusqu’à présent, l’Égypte n’a pas manifesté son intérêt

à s’embarquer dans un programme d’enrichissement d’uranium.

La communauté internationale n’a pas reçu négativement la décision

égyptienne de reprendre son programme nucléaire. Les États-Unis, la

France et Israël ne le considèrent pas comme une menace à la prolifération,

tant qu’elle ne poursuive pas d’enrichissement d’uranium, et la

Russie, la Chine, les États-Unis ont déjà manifesté leur intérêt à s’impliquer

dans le projet.

younes a insisté sur le bon accueil que les plans égyptiens ont dans

la communauté internationale, avec 8 billions de livres égyptiennes

(quelques 1.000 millions d’euros) investis dans le secteur énergétique

pendant l’année fiscale 2006-2007. La Banque Mondiale, pour sa part,

déclara en mars 2007 sa disponibilité pour financer tout programme

nucléaire égyptien qui soit pacifique, et la Russie et l’Égypte sont arrivées

à un accord de principe de collaborer dans ce domaine. En tous

cas, l’OIEA a déjà affirmé qu’il fallait à l’Égypte au minimum dix ans pour

pouvoir disposer de capacité nucléaire.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Pendant ce temps, le régime égyptien continue d’actualiser ses capacités

antimissiles, au travers de contrat avec Raytheon Co. De même, cette

fois-ci avec Boeing, elle est en processus d’augmenter ses systèmes de

SM-1, SHORAD et Skygard “Aumoun”.

Iran

En marge du programme nucléaire, qui attire toute l’attention mondiale,

l’Iran a essayer avec succès le missile antiaérien sophistiqué de courte

portée Tor-M1 – qui dispose de 29 unités acquises auprès de la Russie-,

et le missile de croisière SSN4 (Raad)- qui atteint des objectifs situés à

300km de distance, peut porter des têtes de guerre jusqu’à 500kg de

poids et voler à basse altitude, en évitant de cette manière les radars et

les moyens de type électronique.

Il affirma aussi avoir essayer un lance-roquettes, en insistant en tous cas

que son objectif ultime n’est pas de lancer des missiles, mais des satellites

commerciaux en orbite 37 . Le Pentagone affirma, au contraire, que

ce lancement est l’étape antérieure pour que l’Iran développe un Missile

Balistique intercontinental (ICBM), avec capacité d’atteindre la côte

américaine, et estime qu’il sera près pour 2015. Apparemment 38 l’Iran a

réussi à convertir un de ses missiles Shahab-3 en un lanceur de satellites.

Ceci suppose de passer de véhicules lanceurs d’une seule étape (comme

le Shahab-3) à un autre de deux ou trois étapes (technologiquement

plus complexe). Si ceci est confirmé, et il existent de nombreux signes

que cela est le cas, Téhéran aurait réussi un sérieux coup de théâtre

puisque, en définitive, l’unique différence entre un lanceur de satellites

et un ICBM est, simplement, le genre de charge qui est installé à bord.

Israël

La position d’Israël reste dans la même ligne que dans les années antérieures,

bien que avec un rôle, si c’est possible, plus actif qu’avant. La

déclaration –ou vraisemblablement, le lapsus – du Premier Ministre,

Ehud Olmert, en décembre passé – reconnaissant que Israël est une

puissance nucléaire – n’a pas changé ni sa traditionnelle politique d’ambiguïté

calculée, ni le comportement de ses voisins.

En septembre 2007 des documents furent diffusés 39 qui indiqueraient

que le pays cherchait à se réserver une position d’exception dans le régime

international de non prolifération, tandis qu’elle continue à renforcer

ses liens avec des fournisseurs de technologies et de matériaux nucléaires.

Dans le même mois, Israël a attaqué des installations en territoire

syrien qui, selon ce qu’il a finalement reconnu informellement quelques

semaines après, avait pour objectif de freiner son programme nucléaire

supposé. Cette action, en plus d’être un avertissement pour ses adversaires

régionaux, peut être interprété comme une nouvelle approche

israélienne pour renforcer sur la scène internationale son profile comme

un acteur engagé dans la lutte contre la prolifération; tout ceci en marge

de ce qui parait improbable que la Syrie soit en train de développer un

programme nucléaire de grande portée.

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


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208

La position d’Israël

reste dans la même

ligne que dans les

années antérieures,

bien que avec un rôle,

si c’est possible, plus

actif qu’avant


En général, Israël, qui combine ses propres capacités avec le soutien

qu’il reçoit d’autres pays, reste basé sur la politique de développement

de son arsenal nucléaire dans sa propension de compter sur un élément

radical de dissuasion, et une punition hypothétique, comme un dernier

recours face à de possibles scénarios de destruction de l’État dans ses

affrontements régionaux, et, chaque fois plus, dans sa perception de ce

qu’il considère aujourd’hui comme sa principale menace : l’Iran. Ainsi

s’explique, par exemple, que l’effort principal dans sa recherche se centre

sur le développement de systèmes de protection contre missiles et no

sur le développement de nouveaux missiles de plus grande portée. Dans

ce sens, en novembre 2006, Israël annonça m’amélioration du SPyDER,

un système de protection antiaérienne qui peut intercepter maintenant

des menaces de moyenne portée et, en février 2007, approuva le système

de défense contre des missiles de courte portée Iron Dome dont

on estime qu’il sera terminé en 24 mois. Le même mois il essaya avec

succès (en utilisant des simulation du missile balistique iranien Shahab –

3) le système de défense antiaérienne Arrow, capable d’intercepter des

missiles à une altitude bien supérieure à celle de systèmes antérieurs, ce

qui permet un deuxième essai dans le cas où le premier échoue. Dans

son ensemble ces trois systèmes sont pensés pour défendre Israël de

menaces aussi différentes que celle que représentent que les fusées rudimentaires

palestiniennes Qassam ou les iraniennes zelzal, pour laquelle il

faut augmenter le nombre de systèmes antimissiles Arrow 2 avec l’idée

de les déployer dans tout le pays 40 .

Sur le plan diplomatique, Israël a signé cette année la Convention des

Nations Unies pour la Répression des Actes de Terrorisme Nucléaire et,

sur le plan purement militaire, le département de Défense des États-Unis

a prorogé pour cinq autres années son appui au système israélien de

défense déjà mentionné Arrow.

Comme point additionnel de cette stratégie de défense, en mars 2007,

la Force Aérienne Israélienne (FAI) présenta une nouvelle version de son

véhicule aérien non piloté, le Heron, avec une autonomie de 30 heures

à une vitesse de 225 kilomètres par heure et une altitude de 10.000

mètres, ce qui lui fournit une portée de 6.700 kilomètres et, dès lors,

la possibilité de couvrir la totalité du territoire d’Iran et le reste de ses

voisins de Moyen-Orient. Pour le moment, l FAI a déjà reçu 8 Heron et

l’Inde a signé un accord pour en acquérir 50 autres.

De même, le 20 mars 2007, Israël mena des exercices militaires en réaction

à une hypothétique attaque simultanée de missiles contre divers

points du pays. Dans l’opération furent impliqués la police et toutes les

forces de sécurité et de secours, y compris des soldats, des pompiers,

des ambulances, des fonctionnaires gouvernementaux et du personnel

sanitaire. L’opération avait pour objectif central de montrer les leçons

apprises dans la confrontation violente qui eut lieu l’été 2006 entre le

Hezbollah et les forces israéliennes.

Libye

Libye maintient sa politique de renon aux ADM. Dans ce sens, l’Organisation

pour l’interdiction des Armes Chimiques étendit le terme limite, à

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


l’enrichissement libyen, pour la destruction de l’arsenal d’armes chimiques

de Catégorie 1 41 , jusqu’au 31 décembre 2010. De même, l’OPAQ

s’est installé en Libye pour détruire les armes de Catégorie 2 42 aussitôt

que possible et, en tous cas, pas plus tard que le 30 décembre 2011.

En contraste avec ce processus, cependant, en juin 2007 la Libye refusa

de respecter l’accord, malgré qu’elle fût parvenue à un accord avec les

États-Unis pour détruire son arsenal. Il semble évident qu’il n’y a pas de

volonté libyenne de ne pas respecter ce qui est établi, mais plutôt des

raisons ponctuelles de nature économique.

D’un autre côté en avril 2007, le ministre des Affaires Extérieures affirma

que l’Agence de l’Énergie Atomique russe coopérait avec la Libye pour

le développement de l’usage pacifique de n’énergie nucléaire, particulièrement

à des fins médicales.

Maroc

Le Maroc fait partie du TNP et ses agissements dans ce domaine se

limitent à une récente demande pour construire un petit réacteur de

recherche nucléaire, avec l’autorisation du gouvernement des États-Unis,

et l’annonce de son intérêt à commencer la construction d’une centrale

nucléaire, comme expliqué plus haut.

On ne lui connaît pas non plus d’arsenaux d’armes chimiques et biologiques.

D’autre part, il figure comme État signataire de la BTWC et a aussi

signé mais pas ratifié la CWC.

Syrie

Tandis que la Syrie continue d’insister, d’un côté, qu’elle n’est pas impliquée

dans un programme nucléaire et qu’elle n’a aucune intention de se

convertir en une puissance nucléaire, d’un autre côté, elle insiste qu’elle

pourrait se voir obligée de suivre ce chemin comme unique alternative

pour faire face au haut niveau de consommation national d’énergie (à

un rythme qui augmente de 10% chaque année) et à la chute de ses

limites de réserves pétrolifères.

A côté des problèmes dérivants de l’existence supposée d’un programme

nucléaire, la Syrie se trouve en un moment encore plus délicat en

conséquence à sa détention d’armes chimiques. Si cet arsenal a été créé

à son moment pour des raisons de sécurité nationale ; maintenant sa

simple détention constitue un facteur de conflit dans la mesure où ses

ennemis se sentent menacé par cela ; il semble évident que l’abandon

de ces programmes aiderait au régime et au pays à améliorer sa sécurité

; cependant, il est difficile d’imaginer qu’une telle décision arrive à

se produire après l’effort réalisé au fil des années.

D’un point de vue analytique, il semblerait prudent que Damas réexamine

ses priorités et évalue si le maintien de son arsenal chimique

compense le risque de subir des attaques de plus grande quantité de ce

qu’elle a subi le 6 septembre 2007 passé et les coûts 43 .

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


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A côté des problèmes

dérivants de l’existence

supposée d’un

programme nucléaire,

la Syrie se trouve en un

moment encore plus

délicat en conséquence

à sa détention d’armes

chimiques


En ce qui concerne le développement des missiles, la presse israélienne

affirma en janvier 2007 que la Syrie avait essayé le Scud D, un missile

balistique de courte portée (700 kilomètres) qui aurait dan son rayon

d’action tout point du territoire israélien. Aussi, selon des sources de l’intelligentsia,

la Syrie serait en train de développer des nouvelles capacités

pour le reste de son arsenal de missiles Scud en essayant d’acquérir le

Iskander-E (SS-X-26) russe.

Turquie

La Turquie annonça cette année ces plans pour la construction de trois

installations pour la génération d’énergie nucléaire, avec une capacité

totale de 5.000 Mw, pour un coût global de quelques 5.400 millions

d’euros et qui devraient être opérationnels entre 2012 et 2015.

Malgré que la crainte croissante générée par le programme nucléaire

iranien ait contaminé le débat national sur la nécessité de réagir à ce qui

est perçu comme une menace, il n’y a aucune preuve que Ankara ait

décidé de mettre en marche n’importe que type de programme nucléaire

militaire.

Tableaux

Tableau 2: Situation globale des pays méditerranéens en ADM

Pays Biologiques Chimiques Nucléaires Missiles Balistiques

Arabie Saoudite Aucune Aucune? Recherche Oui

Algérie Recherche Développement? Recherche Non

Egypte Développement? Réserves Recherche Oui

Iran Développement Déploiement Développement Oui

Israël Capacité de production Capacité de production Déploiement Oui

Jordanie Aucune Aucune Aucune Non

Liban Aucune Aucune Aucune Non

Libye Terminé Terminé Terminé Oui

Maroc Aucune Aucune Aucune Non

Mauritanie Aucune Aucune Aucune Non

Syrie Développement? Déploiement Recherche Oui

Tunisie Aucune Aucune Aucune Non

Turquie Aucune Aucune Aucune Oui

yémen Aucune Aucune? Aucune Oui

Légende :

- Capacité de Production: Capable de produire des ADM, sans avoir produit des quantités significatives.

- Déploiement : Armes nucléaires, chimiques ou biologiques intégrées dans leurs forces armées et opérationnelles.

- En Développement: Activités pour développer leur capacité de production.

- Recherche : Activité à double usage (civiles, bien que possible d’être utilisées à des fins militaires)

- Terminé : Production dans le passé. A démantelé l programme et ses munitions.

- ? rapports ou données non concluantes

Sources : Center for Nonproliferation Studies (CNS), Jaffee Center for Strategic Studies) JCSS

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Tableau 3: Programmes de missiles sélectionnés

Pays Missile Quantité Portée (Km) Charge (Kg)

Irán

Israël

Syrie

Shahab-1 (Shehab-1, Hwasong-5, Scud-B) 200-300 320 1.000

Shahab-2 (Shehab2, Hwasong-6, Scud-C) 100-150 500 1.000

Shahab-3 (Shehab-3, Nodong) 25-100 1.000 1.000

Shahab-4 1-2 prototype 2.000 1.000

Shahab-5 (ICBM) 10.000 1.000

Tor-M1 29 Courte portée -

SSN4 (Raad) 1 300 500

Lance (SRBM) 130 450

Jéricho I (SRBM) ~50 500-650 450-500

Jéricho II (MRBM) ~50 1.500 1.000

Jéricho III (IRBM) en développement 4.800 inconnu

Popeye (SLCM) 200-350 200

Harpoon (SLCM) 120 200-220

SS-21 (Scarab) 200 70 160

Scud-B (SS-1C, R-17 Elbrus) 200 300 1.000

Scud-C (Hwasŏng-6) 60-120 500-600 1.000

Scud-D? (Nodong 1) 700 1.000

Arabie Saoudite DF3-A/CSS-2 50-120 2.200 2.000

- ?: Rapport ou données non concluantes

Sources: globalSecurity.org, fas.org, SIPRI

Convention Année Résultats ressortis

BTWC 1972

Tableau 4: Résumé du cadre de la BTWC et de la CWC

Actuellement 158 pays (avec 16 en plus dont la ratification est pendante) ont signé le compromis pour interdire le

développement, la production et l’emmagasinage d’armes biologiques et toxiques.

1ª CR 1980 Réaffirmation du compromis des membres.

2ª CR 1986 Début des systèmes de vérification et des mesures de création de confiance.

3ª CR 1991 Expansion des mesures de création de confiance.

4ª CR 1996 Nouveaux protocoles de vérification.

5ª CR 2001

6ª CR 2006

CWC 1993

1ª CR 2003

2ª CR 2008 -

Sans déclaration finale à cause du veto des États-Unis. Accord sur des réunions annuelles pour renforcer la convention

quant à ses mécanisme d’action en matière de sécurité, réponses internationales contre son possible usage

illégal et altérations liées, renfort des institutions pour la détection et réaction et un code de conduite pour la communauté

scientifique.

Récupération de la “dynamique positive”, perdue après l’échec de la 5ème CR. Accord sur les étapes suivantes à

discuter- bien que non négocier- divers aspects de la Convention.

182 membres, engagés à interdire le développement, la production et l’emmagasinage d’armes chimique, et à

coopérer avec des mécanismes de vérification et de contrôle.

Evaluation des mécanismes existants et réaffirmation de la volonté politique à travers deux documents finaux:

Déclaration Politique et Document de Révision.

Légende :

BTWC: Convention sur l’interdiction du développement, production et emmagasinage d’armes biologiques et toxiques sur leur destruction

CR: Conférence de Révision.

CWC: Convention sur l’interdiction du développement, la production, l’emmagasinement et l’usage d’armes chimique sur leur destruction.

Sources: www.opbw.org; www.opcw.org

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


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Tableau 5 : Participation des pays méditerranéens à la BTWC et la CWC

1972 1973 1974 1975 1979 1982 1984 1993 1995 1996 1997 1998 2000 2001 2002 2004 2007

Arabie Saoudite SIN RAT SIN DEP

Algérie* SIN DEP SIN RAT

Egypte* SIN SPF

Iran* SIN RAT SIN DEP

Israël* SIN SPF

Jordanie SIN RAT DEP**

Liban SIN RAT SPF

Libye APR SIN DEP

Maroc* SIN SIN DEP RAT

Mauritanie* SIN DEP SPF

Syrie* SIN SPF

Tunisie* SIN RAT SIN DEP

Turquie* SIN RAT SIN DEP

yémen SIN RAT SIN DEP

Autres acteurs méditerranéens

États-Unis* SIN RAT SIN DEP

France* APR SIN DEP

Royaume Uni* SIN RAT SIN DEP

Légende :

* = Membre de la Conférence sur le Désarmement de l’ONU

** = Déposé comme instrument d’adhésion.

SIN – Signé; RAT – Ratifié; APR – Approuvé; DEP – Déposé; SPF – Sans Participation Formelle.

BTWC: Convention sur l’interdiction du développement, production et emmagasinage des armes biologiques et toxiques et sur leur destruction

CWC: Convention sur l’interdiction du développement, production, emmagasinage et usage d’armes chimiques et sur leur destruction

Sources: www.opbw.org; www.opcw.org

Membres

Objectifs

Tableau 6 : Données basiques du MTCR

Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Brésil, Canada, Danemark, Espagne, États-

Unis, Fédération Russe, Finlande, France, grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg,

Norvège, Nouvelle zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume Uni, République Tchèque, République

de Corée, Afrique du Su, Suisse, Suède, Turquie et Ukraine.

Limiter la diffusion de technologie et systèmes – missiles avec un minimum de 500kg de charge et

300km de portée de véhicules aériens non pilotés (UAV) utilisés comme vecteurs de lancement des armes

nucléaires.

Coopération et transparence dans le commerce lié.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Annexes

Liste d’acronymes

ABM Traité sur les Missiles Anti-Balistiques.

ADM Armes de Destruction Massive

BTWC Convention d’Armes biologiques et Toxiques (Biological and

Toxins Weapons Convention).

CTBT Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires

(Comprehensive Test Ban Treaty).

CWC Convention des Armes Chimiques (Chemical Weapons

Convention).

ICBM Missile Balistique Intercontinental (Intercontinental Ballistic

Missile).

IDF Forces Israéliennes de Défense (Israeli Defense Forces).

IRBM Missile Balistique de Portée Intermédiaire (Intermediate-Range

Ballistic Missile).

LACM Missile de Croisière d’Attaque à Terre (Land Attack Cruise

Missiles).

MIRV Véhicule de Réentrée Multiple et Indépendante (Multiple

Independently Targetable Re-entry Vehicle).

MLRS Système de Lance-roquette Multiple (Multiple Launch Rocket

System).

MRBM Missile Balistique de Portée Moyenne (Médium-Range Ballistic

Missile).

MTCR Régime de Contrôle de Technologie des Missiles (Missile

Technology Control Regime).

OIEA Organisme International de l’Énergie Atomique.

ONU Organisation des Nations Unies.

OPAQ Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques

OTAN Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

PEV Politique Européenne de Voisinage.

SLBM Misile Balistiqe Lancé depuis Sous-marin (Submarine-Launched

Ballistic Missile).

SLCM Misile de croisière Lancé depuis Sous-marin (Submarine-

Launched Cruise Missile).

SRBM Missile balistique de Courte Portée (Short-Range Ballistic

Missile).

SSBN Sous-marin Nucléaire doté de Missiles Balistiques (Ballistic

Missile Submarine).

TNP Traité de Non-prolifération des armes nucléaires

UE Union Européenne

UMA Union du Magreb Arabe.

UVA Véhicle aérien non habité (Unmanned Aerial Vehicle).

ZLAN zone libre d’Armes Nucléaires.

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


213


214


Chronologie du programme nucléaire d’Iran (octobre 2006/octobre

2007)

28/10/2006. L’Iran confirma qu’elle a mis en fonctionnement une

deuxième cascade de centrifugeuses pour l’enrichissement d’uranium. .

23/11/2006. Mohamed El Baradei dit qu’il reste encore diverses questions

pendantes avant de pouvoir dire qu’il n’existe pas d’activités

nucléaires « non déclarées » en Iran.

23/12/2006. La Résolution 1737 du Conseil de Sécurité de l’ONU est

approuvée à l’unanimité. Elle impose des sanctions contre l’Iran après

qu’il n’ait pas arrêté son enrichissement d’uranium comme l’exigeait la

Résolution 1696.

06/02/2007. L’Iran continuait l’installation de 3.000 centrifugeuses à

Natanz, contre l’ultimatum du conseil de Sécurité de l’ONU. L’objectif

final est l’installation de 54.000 centrifugeuses.

10/02/2007. L’OIEA suspend la moitié de ses projets d’assistance technique

à l’Iran. C’est une réaction contre le manque de coopération de

Téhéran et dépend de l’approbation du comité de l’organisme.

22/02/2007. L’OIEA publiait son rapport pour le Conseil de Sécurité

sur les activités nucléaires de l’Iran. Il soutient que Téhéran a accéléré

l’enrichissement d’uranium au lieu de respecter l’ultimatum du conseil.

Il contient aussi de l’information sur la construction continue d’installations

nucléaires, les activités sur les installations de Natanz et l’expansion

du nombre de centrifugeuses.

06/03/2007. le chef de l’agence atomique iranienne, gholam Reza

Aghazadeh, déclara que l’Iran a commencé la construction d’une nouvelle

installation nucléaire à Darkhovin. Elle aura une capacité de 360

Mw.

09/03/2007. Le comité de l’OIEA approuva la suspension de 22 projets

d’assistance nucléaire à l’Iran. Cela fait partie de l’imposition de sanctions

de la part du Conseil de Sécurité de l’ONU.

21/03/2007. La construction du réacteur nucléaire à Bushehr semble

être arrêté après le retrait de techniciens et d’ingénieurs de la part de

la Russie. La Russie allègue qu’il y a un retard dans les payements de la

part de Téhéran.

24/03/2007. La Résolution 1747 est adopté unanimement au Conseil de

Sécurité de l’ONU. Elle impose des sanctions contre l’Iran y compris en

commerce d’armes et des moyens financiers.

09/03/2007. Le président Mahmud Ahmadineyad annonça que l’Iran a

la capacité de produire du combustible nucléaire à niveau industriel.

23/04/2007. Des officiels russes déclarèrent que, par manque de fonds

iraniens pour faire face aux payements pendants, le réacteur de Bushehr

ne pourra pas être opérationnel avant l’été 2008.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


15/05/2007. L’Iran refusa le « plan suisse » pour arrêter son enrichissement

d’uranium en échange d’une suspension des sanctions de l’ONU

envers le pays.

25/07/2007. L’Iran avertit qu’il considérait des « sanctions illégales » - en

menaçant de se retirer du TNP- la suite des sanctions de l’Onu en réaction

contre son programme nucléaire.

27/08/2007. L’OIEA publia un document élaboré pour l’Iran sur la coopération

entre l’organisme et Téhéran.

02/09/2007. Mahmud Ahmadineyad annonça que l’Iran a atteint des

objectifs importants pour son programme nucléaire et a 3.000 centrifugeuses

opérationnelles pour l’enrichissement d’uranium.

11/10/2007. L’Iran dit qu’elle a remis de l’information sur ses centrifugeuses

lors d’une réunion avec l’OIEA. De plus elle exprime son espoir

sur la viabilité d’un plan suisse pour faciliter le dialogue entre l’Iran et la

communauté internationale.

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


215


216


Sources des tableaux et autres sites liés d’intérêt

Sigle Nom Site Web

ACA Arms Control Organization www.armscontrol.org

OPBW Biological and Toxin

Weapons Convention www.opbw.org

CNS Center for Non proliferation

Studies http://cns.miis.edu

CDI Center for Defense Information www.cdi.org

CTBTO Preparatory Commission for

the Comprehensive Nuclear-

Test-Ban Treaty Organization www.ctbto.org

FAS Federation of American

Scientists www.fas.org

global Security.org www.globalsecurity.org

OIEA Organisme International

de l'Énergie Atomique www.iaea.org

IMF International Monetary Fund www.imf.org

ISIS Institute for Science and

International Security www.isis-online.org

NTI Nuclear Threat Initiative www.nti.org

OPAQ Organisation for the

Prohibition of Chemical

Weapons www.opcw.org

SIPRI Stockholm International

Peace Research Institute www.sipri.org

The Bulletin of

Bulletin the Atomic Scientists www.thebulletin.org

UNTD United Nations Treaty

Database http://untreaty.un.org

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

AU-DELÀ DE LA MENACE NUCLÉAIRE


Notes

1. Pour un premier aperçu sur le sujet, Jesús A. Núñez, “Vente d’armes, stabilité et démocratie au

Moyen-Orient”, El Pais, 9 août 2007

2. Si en 1981 Israël a accompli cette tâche, en détruisant ce qui aurait été le premier réacteur nucléaire

iraquien Osirak, maintenant (le 6 septembre de cette année) tout indique que leurs avions de

combat ont fait de même en territoire syrien.

3. Obtenir que cinq puissances nucléaires s’engagent à réduire, voir éliminer, leurs arsenaux et que le

reste des 188 signataires renoncent à acquérir une capacité si extraordinaire que le nucléaire.

4. La grande Bretagne est l’unique membre de ce groupe exclusif qui a osé, du moins en termes

théoriques, développer une vision qui pose la question du renon aux arsenaux qu’elle possède.

5. Ainsi l’analyse avec précision george Perkovich dans “The End of the Nonproliferation regime?”,

Current History, novembre 2006.

6. Commission sur les Armes e Destruction Massive (2007): les armes d la terreur; libérant le monde

des armes nucléaires, chimiques et biologiques, UNESCO Etxea/Association pour les Nations Unies

en Espagne.

7. Il suffit de signaler, dans la région, la décision que le Maroc a fait connaître en mars de construire

une centrale nucléaire (dont le contrat comprend, pour le moment, des entreprises russes, américaines

et françaises) ou l’accord signé par le Liban avec les États-Unis, également en mars, pour

reprendre le développement des activités nucléaires à des fins pacifiques.

8. Dans le cadre d’une rencontre des pays membres de l’OIEA, son directeur, l’égyptien Mohamed El

Baradei, assura que malgré les quatre années utilisées à inspecter les ambitions nucléaires de l’Iran,

son organisation est incapable d’assurer de manière irréfutable que le programme nucléaire iranien

soit de nature pacifique. USA Today, 5 mars 2007.

9. Ce point ne serait, dans le pire des cas, pas plus qu’une étape intermédiaire, bien qu’importante,

du processus pour acquérir une capacité militaire opérationnelle sur le terrain nucléaire des années

plus tard.

10. http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/gEN/N06/681/45/PDF/N0668145.pdf?OpenElement

11. Ils furent libérés treize jours après leur détention, comme un “cadeau de Paque” dans les termes

du propre président Ahmadineyad, qui n’a pas hésité à mener cette courte crise pour récupérer

le rôle principal face à ses rivaux internes, très critiques avec sa gestion et encore plus devant les

mauvais résultats des alliés du président aux élections municipales de décembre passé.

12. Le 7 juillet 2007, Mohamed El Baradei avertit- selon la BBC – contre « les nouveaux fous qui veulent

bombarder l’Iran”, http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/nuclear_detectives/6707457.stm

13. Ainsi semble le montrer l’impact minime des sanctions probables jusqu’à présent au sein du

Conseil de Sécurité de l’ONU.

14. Malgré que tout indique que la quantité de centrifugeuses installées n’est pas encore celle nécessaire

pour atteindre ce point et que, au contraire, les problèmes techniques se succèdent pour

atteindre un rendement optimal de celles déjà connectées.

15. http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/gEN/N07/281/43/PDF/N0728143.pdf?OpenElement

16. Après plusieurs essais infructueux de démission, il abandonna finalement son rôle le 20 octobre

2007 et fut substituer par Saeed Jlili, jusqu’alors vice ministre des affaires extérieures pour l’Europe

et l’Amérique.

17. Il est intéressant d’observer le jeu de Moscou, en tant que principal fournisseur du réacteur de

Buhsher, pour ne pas perdre l’équilibre, conservant ses liens avec Téhéran mais, dans la pratique,

repoussant à plusieurs reprises le calendrier d’entrée de l’ensemble de l’oeuvre et, spécialement, le

combustible nucléaire pour débuter la production.

18. Qui, de fait, fonctionna pendant la période 2003-05, quand l’Iran répondit positivement à la

demande de l’Allemagne, la France et la grande Bretagne pour entrer dans les négociations.

19. D. Dassa Kaye & F.M. Wehrey (2007): “A Nuclear Iran: The Reactions of Neighbours”, Survival, 49

(2), pp.111-118.

20. Il reste difficile de distinguer entre les raisons scientifiques et les activités militaires, comme le

démontre clairement les ambiguïtés du General Purpose Criterion de la CWC, selon lequel sont

interdits tous les produits “chimiques toxiques et leurs précurseurs, exceptés ceux dédiés à des

buts non interdits par cette Convention, toujours en genre et quantités consistantes avec de tels

objectifs”.

21. Il suffit de se souvenir que, sur le terrain des armes chimiques, les deux accumulaient, au moment

de l’entrée en vigueur de la CWC (1997), 98% de celles qui existaient au niveau mondial.

Aujourd’hui (2007), avec l’horizon du compromis acquis que en avril 2012 il ne doit plus exister

aucune arme chimique, les États-Unis ont détruit seulement 40% de leur arsenal et la Russie uniquement

20%.

22. L’Egypte a un clair profile proliférateur dans ce domaine. Il est suffisamment prouvé qu’il utilise des

bombes de gaz mostaza durant la guerre du yémen, entre 1963 et 1967. Il semble aussi probable

que, juste avant la guerre du yom Kippour (1973), elle ait transféré des armes chimiques à la Syrie.

23. C’est un pays qui a eu des arsenaux et des programmes de développement dans ce domaine et qui

les a utilisés dans le contexte de sa guerre contre l’Iran (1980-1988) et contre sa propre population

kurde. Dans l’actualité (novembre 2007) il négociait avec l’Organisation pour l’Interdiction des

Armes Chimiques (OPAQ) son intégration dans le processus international.

JESúS A. NúñEz VILLAVERDE y BALDER HAgERAATS


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24. Après dix tentatives ratées, son unique attaque “réussie” fut celle effectuée en juillet 1995, en

utilisant du gaz sarin dans le métro de Tokyo.

25. J. Acton, M. Brooke Rogers & P. D. zimmerman (2007): “Beyond the Dirty Bomb: Re-thinking

Radiological Terror”, Survival, 49(3), pp.151-168.

26. Pour un résumé actuel de la situation voir graham S. Pearson (2006): “The Importance of

Implementation of the general Purpose Criterion of the Chemical Weapons Convention”, Kemijau

Industri, 55(10), 413-422, http://knjiznica.irb.hr/hrv/kui/vol55/broj10/413.pdf. Ainsi que Nicholas A.

Sims (2007): “The Future of Biological Disarmament: New Hope After the Sixth Review Conference

of the Biological Weapons Convention”, The Non Proliferation review, 14(2), http://cns.miis.edu/

pubs/npr/vol14/142toc.htm

27. http://www.opbw.org/rev_cons/6rc/6rc_press.htm

28. Il faut aussi inclure dans ce chapitre différents types d’avions de combat, des véhicules aériens non

pilotés (UAV, dans ses sigles anglais), des véhicules spatiaux et des vecteurs terrestres aussi classiques

que les célèbres « sac à dos nucléaires » ou les mines nucléaires.

29. Probablement opérationnel depuis 2005.

30. C’est une donnée choquante qui ne semble pas avoir beaucoup de préoccupation pour la combinaison

de missiles avec des armes chimiques ou biologiques, bien que ce fut cette combinaison

exactement celle qui causa l’augmentation de l’intérêt pour la prolifération des missiles à échelle

mondiale après les attaques de l’Iraq contre Israël avec des missiles Scud, en 2003. Sans fondement

clair pour cela, la vision qui associe les armes biologiques et chimiques au terrorisme semble

s’imposer, tandis que les missiles tendent à être lié presque en exclusivité avec les armes nucléaires.

31. Ainsi le comprend, avec une vision critique et préoccupée Dennis M. gormley, dans « Missile

Defence Myopia: Lessons from the Iraq War,” Survival, vol. 45, no. 4 (Winter, 2003-04), pp. 61-86.

32. Comme le reprend Uzi Rubin dans “The global range of Iran’s ballistic missile program”, Jerusalem

Issue Brief V. 5, N. 26, 20 juin 2006, Jerusalem Center for Public Affairs.

33. “Israeli media says Syria has tested Scud,” Agence France Presse, 2 février 2007.

34. Selon le Nuclear Threat Initiative (www.nti.org).

35. Les auteurs désirent reconnaître la contribution de Júlia Viladomat dans l’élaboration de cette partie

du rapport.

36. Les contacts avec ces deux derniers pays semblent être une conséquence d’opérations financières

réalisées pendant la décennie précédente.

37. Il est probable qu’il s’agisse d’un Taepodong-2 nord coréen, auquel on a simplement changé la

peinture extérieure et le drapeau, mais dans ce cas cela montrerait le niveau de collaboration avec

la Corée du Nord (et avec le Pakistan) et la volonté de faire un saut dans ces dimensions de la part

du régime iranien.

38. Aviation Week &Space Technology, 26 janvier 2007.

39. george Jahn, Israel Seeks Exemption From Atomic Rules, Associated Press, 25 septembre 2007.

40. Actuellement il existe deux séries déployées, une au sud et un autre au nord. La troisième série

pourrait se déployer près du complexe nucléaire de Dimona.

41. Armes basées sur des substances chimiques “schedule 1” (calendrier 1). Sont désignées comme

« haut risque », et comprennent le sarin et le VX.

42. Armes basées sur des substances chimiques de “non-schedule 1” (non calendrier 1). Elles sont

conçues comme « risque significatif », et comprend le phosgène.

43. Comme elle le matérialisa le 4 janvier 2007, quand Washington décida de congeler les actifs

américains de 3 organisations gouvernementales syriennes, accusées de prolifératrices d’armes de

destruction massive.

III RAPPORT SUR LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE EN MÉDITERRANÉE 2007 :

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