29.06.2013 Vues

Nil, source de vies

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Le <strong>Nil</strong>, <strong>source</strong> <strong>de</strong> <strong>vies</strong><br />

Sommaire du dossier pédagogique<br />

Introduction 2<br />

Le <strong>Nil</strong>, <strong>source</strong> <strong>de</strong> <strong>vies</strong> : présentation et plan <strong>de</strong> l'exposition et lien avec les programmes 3<br />

Partie 1 - Un pays riche, l'Egypte 8<br />

La géographie <strong>de</strong> l'Egypte 8<br />

Evolution du climat 8<br />

Les <strong>de</strong>ux pays 8<br />

Un peu d'histoire sur les <strong>de</strong>ux terres 9<br />

Le <strong>Nil</strong> <strong>source</strong> <strong>de</strong> Vie 9<br />

Les crues impétueuses du <strong>Nil</strong> transforment le paysage 10<br />

Rôle du <strong>Nil</strong> dans l'établissement <strong>de</strong> la civilisation égyptienne 11<br />

Rôle économique, social et politique du <strong>Nil</strong> dans la société égyptienne 13<br />

Partie 2 - La vie quotidienne en Egypte en l'an -2000 14<br />

2 - 1 Vivre avec les animaux 15<br />

Abécédaire animaux 16<br />

2 - 2 Vivre avec les végétaux 28<br />

Abécédaire végétaux 29<br />

2 - 3 Vivre avec les éléments minéraux <strong>de</strong> la nature 38<br />

Abécédaire éléments minéraux 39<br />

Partie 3 - Les Egyptiens : un peuple très religieux 43<br />

Religion et dieux 43<br />

Les âmes et les esprits<br />

La vie après la mort<br />

Le voyage vers Osiris<br />

Les rois-dieux<br />

Le premier roi d'Egypte : Osiris<br />

L'univers <strong>de</strong>s Dieux<br />

Abécédaire <strong>de</strong>s dieux-animaux 47<br />

Partie 4 - Comment <strong>de</strong>vient-on égyptologue ? 52<br />

Informations pratiques 53<br />

Bibliographie 54<br />

1


Introduction<br />

Suite aux suggestions <strong>de</strong> visiteurs, l'équipe du muséum a travaillé sur le thème<br />

évocateur <strong>de</strong> l'Egypte ancienne.<br />

A l'époque préhistorique, tout le Nord <strong>de</strong> l'Afrique est couvert <strong>de</strong> savanes et peuplé<br />

<strong>de</strong> girafes, lions, rhinocéros, éléphants, panthères... Puis, vers -6000 ans, commence une<br />

pério<strong>de</strong> d'aridité : les déserts actuels se mettent progressivement en place. Des noma<strong>de</strong>s<br />

s'installent alors autour du <strong>Nil</strong>, à la fois voie <strong>de</strong> communication et <strong>de</strong> transport et longue<br />

oasis. Ils vont créer la civilisation égyptienne que nous connaissons.<br />

Des montagnes du Sud aux marécages du <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>, c'est autour du fleuve et <strong>de</strong><br />

sa crue annuelle que va se développer la société. C'est donc sous l'angle <strong>de</strong> la nature<br />

égyptienne que le muséum abor<strong>de</strong> cette civilisation fascinante. A travers les animaux<br />

naturalisés et les objets archéologiques, la faune, la flore, la géologie <strong>de</strong> l'Egypte sont mises<br />

en résonance avec la vie quotidienne et les croyances.<br />

Du fleuve nourricier aux trois écosystèmes : campagne égyptienne, désert,<br />

marécages du <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>, chaque élément <strong>de</strong> la nature a fourni <strong>de</strong>s res<strong>source</strong>s matérielles<br />

mais aussi la base et le cadre <strong>de</strong> légen<strong>de</strong>s et <strong>de</strong> mythes.<br />

Dans les salles du musée, découvrez les animaux sauvages et domestiques, les<br />

plantes cultivées, les minéraux égyptiens ou importés <strong>de</strong> Nubie, du pays <strong>de</strong> Pount et <strong>de</strong><br />

l'actuel Afghanistan. Amulettes, stèles, momies animales et objets quotidiens égyptiens sont<br />

également présentés.<br />

2


Présentation <strong>de</strong> l'exposition<br />

• Milieux naturels<br />

• Vie quotidienne<br />

REZ DE CHAUSSEE<br />

- Reconstitution du désert<br />

- Reconstitution <strong>de</strong>s bords du <strong>Nil</strong><br />

- Minéraux égyptiens<br />

- Nourriture du peuple égyptien<br />

- Végétaux (plantes et cultures égyptiennes)<br />

- Animaux et la domestication<br />

• Histoire <strong>de</strong> l’égyptologie<br />

- Ouvrages anciens <strong>de</strong> la bibliothèque municipale :<br />

« Description <strong>de</strong> l’Egypte », « Dictionnaire <strong>de</strong> Champollion »,<br />

« Voyage en Egypte »)<br />

• De l'animal au dieu<br />

• Religion et histoires <strong>de</strong> momies<br />

• Voyage dans l’au-<strong>de</strong>là<br />

Des films vous sont proposés :<br />

- « Les aventuriers <strong>de</strong> l'Egypte ancienne »<br />

- « Les mystères <strong>de</strong>s pyrami<strong>de</strong>s »<br />

Sur les bornes interactives les enfants (9-12 ans), les adolescents et les adultes pourront<br />

s’exercer à découvrir la civilisation <strong>de</strong> l’Egypte ancienne (2 niveaux <strong>de</strong> découverte) et faire<br />

une visite virtuelle <strong>de</strong>s sites les plus célèbres.<br />

LE NIL<br />

PREMIER ETAGE<br />

• <strong>Nil</strong><br />

- Calendrier égyptien basé sur les célèbres crues du <strong>Nil</strong><br />

- Reconstitution <strong>de</strong>s bords du <strong>Nil</strong> : les animaux peuplant les<br />

bords du <strong>Nil</strong><br />

• Importations ou les échanges entre le peuple égyptien et les pays voisins<br />

3


Place dans les programmes officiels<br />

Au niveau <strong>de</strong>s programmes scolaires, l’Antiquité est abordée dans les programmes<br />

d’histoire du collège et plus particulièrement en classe <strong>de</strong> 6 ème .<br />

A travers les grands repères chronologiques <strong>de</strong> l’histoire <strong>de</strong> l'Antiquité, une partie du<br />

programme est consacrée à l’Egypte. On y abor<strong>de</strong> :<br />

- le rôle <strong>de</strong>s crues du fleuve sacré, le <strong>Nil</strong>, et du travail <strong>de</strong>s hommes, dans le<br />

développement d’une civilisation riche, convoitée par ses voisins.<br />

- le rôle du pharaon comme détenant le pouvoir absolu. Il est considéré comme un roidieu.<br />

- la vie <strong>de</strong>s Egyptiens : ils sont, pour la majorité, <strong>de</strong>s paysans travaillant dans <strong>de</strong> dures<br />

conditions, au service du pharaon.<br />

- la vie <strong>de</strong>s Egyptiens : elle est marquée par la religion ; afin que les dieux lui assurent une<br />

vie stable et un mon<strong>de</strong> ordonné, le peuple accomplit <strong>de</strong> nombreux rites.<br />

- le culte <strong>de</strong>s morts : celui-ci permettant aux défunts d’accé<strong>de</strong>r à une nouvelle vie dans<br />

l’au-<strong>de</strong>là. Les pyrami<strong>de</strong>s sont leurs tombeaux.<br />

AVANT LA VISITE<br />

A travers cette exposition, vous découvrirez cette formidable civilisation qui a su exploiter<br />

toutes les richesses offertes par le <strong>Nil</strong>, fleuve sacré. Vous voyagerez au milieu <strong>de</strong>s différents<br />

espaces naturels existant sur ce territoire riche <strong>de</strong> diversité animale et végétale. Vous vous<br />

plongerez dans la vie quotidienne <strong>de</strong>s Egyptiens <strong>de</strong> cette époque et vous contemplerez <strong>de</strong><br />

nombreux objets et statuettes qui accompagnaient les hommes dans leur vie vers l’au-<strong>de</strong>là.<br />

Vous comprendrez enfin l’importance <strong>de</strong> la religion et cette formidable vénération <strong>de</strong>s<br />

animaux qu’avaient les Egyptiens à travers <strong>de</strong> nombreuses divinités animales.<br />

PENDANT LA VISITE<br />

Une présentation sous forme <strong>de</strong> rapi<strong>de</strong> visite guidée ainsi qu’un questionnaire pour les<br />

élèves du primaire seront proposés.<br />

Les classes <strong>de</strong> collèges pourront intégrer cette visite dans leur programme d’histoiregéographie<br />

et <strong>de</strong> français conformément aux programmes scolaires. Cette exposition sera<br />

un moyen <strong>de</strong> préparer les classes <strong>de</strong> primaire - (dont le programme en histoire est centré<br />

sur la pério<strong>de</strong> <strong>de</strong>s Romains au Moyen Age, au cours du cycle 3)- à cet enseignement du<br />

secondaire.<br />

Dans la salle vidéo, un atelier « Ecrire en hiéroglyphes » sera proposé aux élèves qui<br />

apprendront à réaliser leur cartouche - comme les grands pharaons- dans lequel ils<br />

inscriront leur prénom en hiéroglyphes, assis en tailleurs tels les scribes égyptiens…<br />

4


Espace<br />

Sciences actu<br />

Milieux naturels<br />

Vie<br />

quotidienne<br />

REZ – DE - CHAUSSEE<br />

Accueil<br />

Domestication<br />

Histoire <strong>de</strong><br />

l'égyptologie<br />

De<br />

l'animal<br />

au dieu<br />

Voyage<br />

dans<br />

l'au-<strong>de</strong>là<br />

Histoires<br />

<strong>de</strong><br />

momies<br />

6


PREMIER ETAGE<br />

Salle<br />

Paul Bert<br />

Au fil du <strong>Nil</strong><br />

Exposition<br />

permanente<br />

<strong>de</strong> fossiles<br />

7


Partie 1 - Un pays riche, l'Egypte<br />

La géographie <strong>de</strong> l’Egypte<br />

Située au nord-est <strong>de</strong> l’Afrique, l’Égypte est une immense étendue ari<strong>de</strong> à l’extrémité du<br />

Sahara. Avec une superficie supérieure à 1 million <strong>de</strong> km 2 , l’Egypte antique est délimitée par<br />

<strong>de</strong>s frontières « traditionnelles » assez semblables à celles <strong>de</strong> l’Egypte mo<strong>de</strong>rne. Le pays<br />

est limité au nord par la Méditerranée et s’étend jusqu’au sud, au niveau <strong>de</strong> la première<br />

cataracte du <strong>Nil</strong>, sur près <strong>de</strong> 1080 km. Limité à l’ouest par le désert Libyque et à l’est par la<br />

Mer rouge et le désert du Sinaï, sa plus gran<strong>de</strong> largeur avoisine les 1200 km.<br />

Ce sont principalement les frontières sud avec la Nubie et nord-ouest qui ont fluctué au<br />

cours <strong>de</strong>s siècles. Traversée du sud au nord par le plus long fleuve du mon<strong>de</strong>, le <strong>Nil</strong>,<br />

l'Egypte est divisée en 2 gran<strong>de</strong>s régions habitables : le double pays <strong>de</strong>s anciens Egyptiens.<br />

Evolution du climat<br />

L’Egypte est un pays au climat semi-désertique dont seuls la ban<strong>de</strong> fertile <strong>de</strong> part et d’autre<br />

du <strong>Nil</strong>, le <strong>de</strong>lta et quelques oasis éparses, sont propres à l’implantation humaine et à<br />

l’agriculture. Cette portion habitée correspond à près <strong>de</strong> 38 700 km 2 , soit un peu moins <strong>de</strong><br />

4% du territoire égyptien. Depuis très longtemps, ce pays a subi <strong>de</strong> profon<strong>de</strong>s modifications<br />

du climat et le phénomène <strong>de</strong> désertification n’a fait que s’amplifier, permettant au désert <strong>de</strong><br />

gagner du terrain sur les terres arables.<br />

A partir <strong>de</strong> 9200 avant J.-C. environ, pério<strong>de</strong> correspondant à la fin <strong>de</strong> la Préhistoire, le<br />

climat du nord <strong>de</strong> l’Égypte connaît plusieurs pério<strong>de</strong>s humi<strong>de</strong>s. A l’époque <strong>de</strong> la construction<br />

<strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s pyrami<strong>de</strong>s, le plateau <strong>de</strong> Gizeh est, pense-t-on, régulièrement arrosé par les<br />

pluies et une végétation <strong>de</strong> savane recouvre la région. Dans les hautes herbes dominées<br />

par <strong>de</strong>s acacias et <strong>de</strong>s sycomores se développe alors une riche vie animale : éléphants,<br />

girafes, rhinocéros, autruches, antilopes… abon<strong>de</strong>nt.<br />

Puis le climat change vers 2350 avant J.-C. L’aridité s’installe suite à l’arrêt <strong>de</strong>s<br />

précipitations, entraînant une modification <strong>de</strong> la population animale ; éléphants, girafes et<br />

rhinocéros migrent plus au sud vers les régions plus humi<strong>de</strong>s. Les lions et les léopards se<br />

raréfient alors que les gazelles, les oryx, les bubales et les autruches <strong>de</strong>meurent.<br />

L’aridité du pays assèche les sols ; à l’époque <strong>de</strong> l’Egypte prospère, les techniques<br />

d’irrigation permettent <strong>de</strong> reprendre un peu <strong>de</strong> terrain sur le désert qui représente près <strong>de</strong><br />

96% <strong>de</strong> la surface totale du pays. Seule la partie correspondant au Delta <strong>de</strong>meure alors<br />

constituée <strong>de</strong> véritables marécages ainsi que les berges régulièrement inondées du fleuve<br />

qui montrent un paysage verdoyant. De ces caractéristiques est né un pays unique en son<br />

genre, conjuguant divers biotopes : campagnes, déserts, et marécages où la faune et la flore<br />

sont particulièrement riches et diversifiées.<br />

Les 2 pays<br />

Depuis toujours, l’Egypte se définit principalement par rapport au sens <strong>de</strong> l’écoulement du<br />

<strong>Nil</strong>, donc par rapport au relief. Au sud, une vallée, le royaume <strong>de</strong> la Haute Égypte, au nord,<br />

une plaine alluviale, le royaume <strong>de</strong> Basse Egypte à travers lequel le <strong>Nil</strong> se divise en<br />

plusieurs bras.<br />

D’Assouan, où le <strong>Nil</strong> franchit un amoncellement <strong>de</strong> roches (les cataractes), jusqu’à Assiout,<br />

la vallée <strong>de</strong> la Haute Egypte est une étroite ban<strong>de</strong> <strong>de</strong> terre qui ne dépasse pas 20 à 30 km<br />

8


<strong>de</strong> large. Le <strong>Nil</strong> se faufile ainsi entre 2 falaises qui<br />

marquent à l’ouest le début du désert Libyque, à l’est<br />

celui du désert Arabique où se concentre la plupart<br />

<strong>de</strong>s mines et <strong>de</strong>s carrières.<br />

Puis, d’Assiout à Memphis, la vallée s’élargit et un<br />

bras du <strong>Nil</strong> coule à l’ouest se jeter dans un lac d’eau<br />

salée, le Fayoum. La Haute Egypte est donc<br />

caractérisée par son relief ari<strong>de</strong>, celui <strong>de</strong>s falaises<br />

désertiques et incultes du djebel où ont été édifiés les<br />

tombes et les temples funéraires.<br />

La Basse Egypte s’étend <strong>de</strong> Memphis jusqu’en<br />

Méditerranée en passant par le <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>. Dans<br />

cette région en forme <strong>de</strong> triangle dont la base longe<br />

la mer, le <strong>Nil</strong> se sépare en plusieurs bras (2<br />

aujourd’hui, 7 au temps <strong>de</strong>s pharaons). Le littoral se<br />

double d’une succession <strong>de</strong> lacs marécageux. Ces<br />

zones ont joué un rôle <strong>de</strong> barrière naturelle<br />

infranchissable par l’ennemi.<br />

Cette région fortement arrosée a toujours été<br />

convoitée par les voisins du Sud pour la richesse <strong>de</strong><br />

ses terres et ses débouchés sur la Méditerranée. La<br />

Basse Egypte constitue sous l’Ancien Empire le siège<br />

du pouvoir royal et religieux.<br />

Carte <strong>de</strong> l'Egypte Antique ("Au temps <strong>de</strong>s Pharaons", coll. En<br />

savoir plus, Ed. Hachette, 1978).<br />

Un peu d’histoire sur les 2 terres<br />

Pendant la pério<strong>de</strong> glorieuse <strong>de</strong> l’Ancien Empire, qui commence vers –2700 av. J.-C. et se<br />

termine vers –2200 av. J.-C., une légen<strong>de</strong> veut que le roi Menès (*), pharaon unique <strong>de</strong><br />

l’époque, réussit à unifier sous son règne les 2 royaumes en un seul, désormais appelé<br />

Pays <strong>de</strong>s Deux Terres (Taouy en égyptien) ou Double Royaume. Ce double pays est aussi<br />

appelé Kemet, la Noire, par référence à la couleur <strong>de</strong> sa terre fertile. Kemet s’oppose à<br />

Décheret, la Rouge c’est-à-dire le désert stérile. La capitale ou rési<strong>de</strong>nce<br />

royale <strong>de</strong> ce pays unique fut Memphis, située au pied du <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>. Cette<br />

ville fut alors qualifiée <strong>de</strong> Balance <strong>de</strong>s Deux Terres où, plus tard, les<br />

pharaons reçurent la Double Couronne. Celle-ci est constituée <strong>de</strong> celle <strong>de</strong> la<br />

Basse Egypte, représentée par une couronne rouge, le papyrus et l’abeille,<br />

dans laquelle venait s’insérer celle <strong>de</strong> la Haute Egypte symbolisée par la<br />

couronne blanche du roi, le lotus, le lys et le roseau ; cet ensemble formait<br />

alors le Pschent évoquant l’unité <strong>de</strong> l’Egypte.<br />

(* : l’i<strong>de</strong>ntité du roi Menès encore appelé Aha, dans l’unification <strong>de</strong>s 2 royaumes semble aujourd’hui discutée par certains égyptologues qui<br />

auraient i<strong>de</strong>ntifié sur la tombe <strong>de</strong> Narmer à Abydos, lieu <strong>de</strong> rési<strong>de</strong>nce royale <strong>de</strong> la pério<strong>de</strong> pré-dynastique, une palette cérémonielle portant<br />

son nom le montrant unifiant Haute et Basse Egypte ; Narmer aurait été le père <strong>de</strong> Menès…)<br />

9


Le <strong>Nil</strong>, <strong>source</strong> <strong>de</strong> Vie<br />

Comme l’affirme Hérodote, un historien grec du V ème siècle, l’Egypte est « un don du <strong>Nil</strong> ».<br />

En effet, sans ce fleuve, le pays tout entier ne serait qu’un désert inhospitalier où les<br />

hommes n’auraient pu s’établir.<br />

Les zones désertiques redoutées mais richement exploitées<br />

En s’éloignant <strong>de</strong> quelques km du fleuve nourricier, les Egyptiens trouvent le désert qui isole<br />

le pays du reste du mon<strong>de</strong>. Immense étendue <strong>de</strong> pierres et <strong>de</strong> sable, ari<strong>de</strong> et inculte, cette<br />

terre rouge est surtout infestée <strong>de</strong> serpents, <strong>de</strong> scorpions et fréquentée par les loups et les<br />

canidés qui viennent chasser. De ce fait les Egyptiens redoutent peu l’envahisseur qui ne<br />

s’aventure pas sur ces terres hostiles. Pourtant, pour les habitants <strong>de</strong> la vallée, ces régions<br />

sont considérées comme très dangereuses. Le désert représente pour eux l’empire du dieu<br />

Seth, sorte <strong>de</strong> démon malfaisant car le vent y déclenche <strong>de</strong>s tempêtes <strong>de</strong> sable ; il est aussi<br />

hanté par <strong>de</strong>s animaux fantastiques et imaginaires qu’on n’évoque pas sans terreur !… Cela<br />

ne les empêche cependant pas d’y aller chasser le lion et l’antilope.<br />

Les quelques oasis du désert occi<strong>de</strong>ntal sont parfois même utilisées comme camps<br />

pénitentiaires. Ces oasis prospères forment par ailleurs <strong>de</strong>s relais sur les pistes<br />

caravanières reliant l’Egypte à la Nubie.<br />

Quant au désert oriental montagneux, il est parcouru par <strong>de</strong>s lits <strong>de</strong> rivières asséchées,<br />

appelés ouadi. Remplis par les pluies importantes, ils <strong>de</strong>viennent <strong>de</strong> véritables axes<br />

commerciaux traversant le désert jusqu’à la mer Rouge.<br />

Dans cette partie du désert, se concentre la plupart <strong>de</strong>s mines et <strong>de</strong>s carrières très<br />

exploitées par les Egyptiens ; les mines <strong>de</strong> cuivre produisent le métal avec ils fabriquaient<br />

leurs outils. Les mines d’or et <strong>de</strong> turquoise fournissent les matières premières pour la<br />

bijouterie. Ces collines désertiques servent également <strong>de</strong> lieux d’approvisionnement en<br />

calcaire, en granite et en grès essentiellement réservés à la construction <strong>de</strong>s temples et <strong>de</strong>s<br />

tombeaux. Les déserts égyptiens recèlent également diverses pierres semi-précieuses, mais<br />

aussi <strong>de</strong>s métaux nobles, comme l’or.<br />

Le fleuve<br />

Le mot « <strong>Nil</strong> », du Grec Neilos, signifie la vallée <strong>de</strong> la rivière. Les anciens l’appellent iteru<br />

pour indiquer le <strong>Nil</strong> à l’étiage et hapy lorsqu’il est en crue ; dans le premier cas, le fleuve<br />

représente la voie <strong>de</strong> communication, dans le second il symbolise la prospérité du pays.<br />

Avec ses 6671 km <strong>de</strong> long, le <strong>Nil</strong> est l’un <strong>de</strong>s plus longs fleuves sur Terre. Il prend sa <strong>source</strong><br />

au nord du lac Tanganyika au Burundi, et sous le nom <strong>de</strong> <strong>Nil</strong> Blanc, il s’accroît <strong>de</strong> divers<br />

affluents dont le <strong>Nil</strong> Bleu qui le rejoint au nord <strong>de</strong> Khartoum, au Soudan.<br />

Le <strong>Nil</strong> Blanc prend sa <strong>source</strong> dans le lac Victoria aux chutes <strong>de</strong> Ripon en Ouganda.<br />

Il coule approximativement sur 500 km jusqu’au lac Albert puis traverse le Soudan. Le <strong>Nil</strong><br />

Blanc doit son nom aux particules d’argile blanche qu’il charrie dans ses eaux. Ce fleuve<br />

contribue approximativement à 31% du débit annuel du <strong>Nil</strong>. Cependant, pendant la saison<br />

sèche il contribue à hauteur <strong>de</strong> 70% voire 90% du débit total du <strong>Nil</strong>.<br />

Le <strong>Nil</strong> Bleu jaillit du lac Tana dans les montagnes éthiopiennes. Il coule environ 1400 km<br />

vers Khartoum où il rejoint le <strong>Nil</strong> Blanc. 90% <strong>de</strong> l’eau et 96% <strong>de</strong>s sédiments transportés par<br />

le <strong>Nil</strong> proviennent <strong>de</strong> l’Ethiopie, mais en été seulement, quand les gran<strong>de</strong>s pluies tropicales<br />

s’abattent sur le plateau éthiopien. En pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> crue, le <strong>Nil</strong> Bleu représente 70% du<br />

volume du <strong>Nil</strong> contre 10% pour le <strong>Nil</strong> Blanc et 20% pour l’Atbara, affluent qui prend<br />

10


également sa <strong>source</strong> en Ethiopie. C’est le débit du <strong>Nil</strong> bleu qui détermine les gran<strong>de</strong>s<br />

variations <strong>de</strong> celui du <strong>Nil</strong> puisqu’ il varie considérablement au cours <strong>de</strong> l’année.<br />

Les crues impétueuses du <strong>Nil</strong> transforment le paysage<br />

Les fortes précipitations tropicales et la fonte <strong>de</strong>s neiges <strong>de</strong>s monts<br />

éthiopiens entraînent chaque année <strong>de</strong> fortes crues du fleuve et<br />

inon<strong>de</strong>nt l’étroite vallée pendant environ 2 mois (<strong>de</strong> juillet à<br />

octobre). Le niveau <strong>de</strong> ces crues n’est pas régulier. Parfois trop<br />

fortes, les inondations atteignent les villes et les villages et<br />

emportent tout sur leur passage. Parfois trop faibles, elles ne<br />

suffisent pas à irriguer la terre. Les récoltes sont alors menacées et<br />

la famine règne.<br />

Une crue normale voyait le <strong>Nil</strong> monter d’environ 9 mètres à<br />

Assouan, dans le sud du pays, et <strong>de</strong> 2 mètres dans le Delta au<br />

nord.<br />

Variation du débit du <strong>Nil</strong> à Assouan (manuel<br />

scolaire Hist-Géo– 6 ème Bordas 1996)<br />

Lorsque le fleuve sort <strong>de</strong> son lit, vers le mois <strong>de</strong> juillet, la campagne égyptienne disparaît<br />

sous les eaux. Seuls émergent les villes et les villages bâtis sur les levées <strong>de</strong> terres en<br />

Haute Egypte et sur les îlots <strong>de</strong> sables dans le <strong>de</strong>lta. Crocodiles, hippopotames et oiseaux<br />

aquatiques s’installent alors.<br />

Dès le mois <strong>de</strong> novembre, la nature retrouve ses droits et la campagne reverdit.<br />

Les crues du <strong>Nil</strong> rythment ainsi la vie <strong>de</strong>s Egyptiens en 3 saisons, celles du calendrier<br />

agricole.<br />

Rôle du <strong>Nil</strong> dans l’établissement <strong>de</strong> la civilisation égyptienne<br />

On peut dire que le <strong>Nil</strong> a joué le rôle <strong>de</strong> « colonne vertébrale » dans l’établissement <strong>de</strong> la<br />

civilisation égyptienne.<br />

En effet, la désertification du pays a contraint la population <strong>de</strong>puis la Préhistoire à migrer et<br />

à se recentrer autour du fleuve. Là, les hommes ont développé une économie agricole<br />

sé<strong>de</strong>ntaire et une véritable société, sans doute l’une <strong>de</strong>s mieux structurée <strong>de</strong> l’Histoire, a vu<br />

le jour. De ce fleuve dépend la vie du pays, là où les précipitations sont quasi inexistantes.<br />

Les terrasses du <strong>Nil</strong> (manuel scolaire<br />

Hist-Géo – 6 ème Bordas)<br />

Les richesses <strong>de</strong>s campagnes<br />

La vallée du <strong>Nil</strong> constitue une véritable oasis enchâssée<br />

dans le désert africain. Les importantes quantités <strong>de</strong> limon<br />

charriées par le fleuve et déposées par ses célèbres crues<br />

saisonnières fertilisent les ban<strong>de</strong>s <strong>de</strong> terres longeant ses<br />

rives. Ces terres qualifiées <strong>de</strong> terres « noires » par les<br />

Egyptiens (par opposition aux terres « rouges » du désert)<br />

permettent à l’agriculture <strong>de</strong> se développer et <strong>de</strong> constituer<br />

la principale activité du pays, les paysans représentant<br />

l’essentiel <strong>de</strong> la population.<br />

A l’époque pharaonique, les agriculteurs égyptiens ont<br />

appris à « dompter » les « fougues » du <strong>Nil</strong> ; leur ingénieux<br />

système <strong>de</strong> canaux d’irrigation et <strong>de</strong> digues pour retenir<br />

11


l’eau ont fait <strong>de</strong> l’Egypte un <strong>de</strong>s rares pays capables <strong>de</strong> produire suffisamment <strong>de</strong> céréales<br />

pour nourrir tous ses habitants et constituer <strong>de</strong>s réserves <strong>de</strong> nourriture en prévision <strong>de</strong>s<br />

années <strong>de</strong> famine. Les champs produisent <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s récoltes <strong>de</strong> céréales variées (blé,<br />

épeautre, orge… utilisées dans la fabrication <strong>de</strong> la bière et du pain) et <strong>de</strong> lin, principal<br />

matériau <strong>de</strong> confection <strong>de</strong>s étoffes.<br />

L’utilisation du chadouf, appareil à bascule élevant l’eau puisée dans un seau, permet<br />

d’irriguer les petites surfaces comme les vergers et les potagers, que l’on trouve en grand<br />

nombre dans les campagnes, et où une gran<strong>de</strong> variété <strong>de</strong> fruits et <strong>de</strong> légumes (pois chiches,<br />

courges, poireaux, sala<strong>de</strong>s, oignons, lentilles, figues, dattes, grena<strong>de</strong>s, raisins….) sont<br />

cultivés.<br />

La nourriture a donc joué un rôle crucial dans la fondation <strong>de</strong> la civilisation égyptienne grâce<br />

au <strong>Nil</strong>.<br />

Outre la richesse <strong>de</strong>s terres, l’eau du fleuve foisonne <strong>de</strong> poissons tout comme les canaux<br />

d’irrigation, ainsi que d’oiseaux aquatiques. Elle attire également le gibier comme le buffle<br />

d’Afrique, puis les chameaux (introduits au 7 ème siècle avant J.-C.). Tués pour la vian<strong>de</strong> ou<br />

capturés, apprivoisés et employés pour les labours, ces animaux servent également à<br />

voyager (ex. les chameaux).<br />

12


Les zones marécageuses<br />

Aujourd’hui disparues, les zones marécageuses sont<br />

particulièrement abondantes dans la région du Delta dans<br />

l’Egypte Antique.<br />

En se retirant, le <strong>Nil</strong> laisse sur ses bords <strong>de</strong> larges étendues<br />

d’eau formant <strong>de</strong>s successions <strong>de</strong> marais dont la surface<br />

augmente au fur et à mesure que l’on se rapproche <strong>de</strong> la<br />

mer.<br />

Seule région offrant suffisamment d’herbages, le <strong>de</strong>lta<br />

accueille régulièrement les troupeaux en pâture.<br />

Ces zones d’eaux stagnantes, où croissent en fourrés épais<br />

les papyrus, abritent <strong>de</strong>s centaines d’espèces (animales et<br />

végétales) ; elles sont par conséquent particulièrement<br />

propices à l’installation <strong>de</strong> nombreux villages dont la<br />

principale activité est la chasse et la pêche.<br />

Même si les prêtres égyptiens considèrent le poisson<br />

comme nourriture infâme, horreur <strong>de</strong>s dieux, le peuple en<br />

fait un aliment <strong>de</strong> base, exploitant la gran<strong>de</strong> diversité <strong>de</strong>s<br />

espèces présentes (mulets, perches, anguilles,<br />

silures, poisson-chat…)<br />

13


L’importance du gibier à plume comme les canards et les oies sauvages ou à poil comme<br />

les taureaux sauvages <strong>de</strong>s zones marécageuses -surtout chassés par les pharaons- fournit<br />

également un appoint <strong>de</strong> vian<strong>de</strong> et <strong>de</strong> cuir à l’économie, ainsi que <strong>de</strong>s sensations exaltantes<br />

à l’élite <strong>de</strong> la société. A cette époque, les hippopotames et les crocodiles pullulent dans les<br />

marécages ; effrayés par ces bêtes féroces, les hommes munis <strong>de</strong> harpons chassent ces<br />

animaux sur <strong>de</strong>s barques confectionnées à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> papyrus.<br />

La végétation luxuriante qui se développe dans ces zones entre donc dans un grand nombre<br />

<strong>de</strong><br />

réalisations. Les roselières sont exploitées pour fabriquer <strong>de</strong>s nattes ou <strong>de</strong>s barques<br />

légères, les grands papyrus dont les tiges sont récoltées par tous les habitants <strong>de</strong>s villages<br />

servent aussi à la construction <strong>de</strong>s légères embarcations <strong>de</strong>s pêcheurs. On consomme les<br />

pousses <strong>de</strong> papyrus en sala<strong>de</strong>, on confectionne <strong>de</strong>s cor<strong>de</strong>s, <strong>de</strong>s cages, <strong>de</strong>s filets <strong>de</strong> pêche<br />

et <strong>de</strong> nombreux objets <strong>de</strong> vannerie avec son écorce. En découpant l’intérieur <strong>de</strong> ses tiges en<br />

ban<strong>de</strong>s, les Egyptiens tirent <strong>de</strong> longues feuilles <strong>de</strong> papier qu’ils trempent dans l’eau, les<br />

pressent et en font les supports d’écriture qui ont survécu jusqu’à nos jours grâce aux sables<br />

chauds <strong>de</strong>s déserts égyptiens.<br />

Avec les papyrus, les nénuphars et les<br />

célèbres lotus (*) bleus et blancs forment les<br />

parures <strong>de</strong>s rives du <strong>Nil</strong>. Cueillies pour orner<br />

les temples et les tables <strong>de</strong>s maîtres, ces<br />

fleurs entrent également<br />

dans la préparation <strong>de</strong><br />

nombreux parfums.<br />

(* on compare parfois l’Egypte ancienne à un lotus, la tige symbolisant la vallée du <strong>Nil</strong>, et la fleur son <strong>de</strong>lta)<br />

Rôle économique, social et politique du <strong>Nil</strong> dans la société<br />

égyptienne<br />

Le <strong>Nil</strong> joue ainsi un rôle primordial dans la société égyptienne ; au temps <strong>de</strong>s pharaons, le<br />

fleuve, sacré pour les bienfaits qu’il apporte, est utilisé comme moyen <strong>de</strong> domination <strong>de</strong> la<br />

population par les rois. Le pharaon, roi dieu, est responsable <strong>de</strong> l’inondation du <strong>Nil</strong> et, en<br />

échange <strong>de</strong> la fertilité <strong>de</strong>s sols et <strong>de</strong>s récoltes qu’il apporte, les paysans lui envoient une<br />

partie <strong>de</strong> leurs res<strong>source</strong>s en guise d’impôts. Ceux-ci sont utilisés à leur tour pour le bienêtre<br />

<strong>de</strong> la société.<br />

On peut dire que le fleuve a également un rôle important dans le développement <strong>de</strong>s<br />

rapports diplomatiques <strong>de</strong> l’Egypte avec les pays voisins ; le système marchand égyptien est<br />

l’un <strong>de</strong>s plus efficace et <strong>de</strong>s plus développés ; il existe grâce aux res<strong>source</strong>s égyptiennes<br />

apportées par la fertilité du <strong>Nil</strong> d’une part, aux voies <strong>de</strong> communication que représente ce<br />

fleuve d’autre part ; il a donc directement contribué à la stabilité économique <strong>de</strong> ce pays.<br />

14


Partie 2 - La vie quotidienne en Egypte en l’an – 2000<br />

+ Ostraca (petits tessons relatant <strong>de</strong> manière satirique la vie quotidienne au Moyen Empire),<br />

trouvés dans les hypogées,<br />

+ Ouchebtis petites statues <strong>de</strong> calcaire ou <strong>de</strong> bois trouvées dans les sépultures, montrant la<br />

vie quotidienne <strong>de</strong>s serviteurs,<br />

+ Papyrus, hiéroglyphes et écrits d’Hérodote, <strong>de</strong> Champollion …<br />

Nombreux sont les témoignages du mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> vie en Egypte en l’an – 2000.<br />

Les Egyptiens forment un peuple en harmonie avec la nature :<br />

- d’abord les animaux, vénérés souvent et différemment selon les nomes. Il s’agit<br />

d’une société pastorale avec semi-nomadisme <strong>de</strong>s bergers et <strong>de</strong>s bouviers.<br />

- le fleuve et ses crues apportent <strong>de</strong>s terrains fertiles aux paysans. Des champs d’orge<br />

et <strong>de</strong> lentilles assurent l’alimentation <strong>de</strong> base et permettent même le commerce et<br />

l'exportation.<br />

- Les marais sont le lieu <strong>de</strong> chasse <strong>de</strong>s oiseaux comme les canards et les oies, et<br />

permettent différents types <strong>de</strong> pêche : à la senne ou aux groupes d’hameçons, avec<br />

nasses et paniers divers.<br />

- Les potagers irrigués par les chadoufs fournissent <strong>de</strong>s légumes en abondance<br />

(concombre, chou…, mais peu <strong>de</strong> fruits). On distingue tout <strong>de</strong> même, dans les écrits,<br />

<strong>de</strong>ux sortes <strong>de</strong> menus en fonction <strong>de</strong> la fortune <strong>de</strong> la personne : les plus riches font 3<br />

repas par jour (petit déjeuner nommé "lavage <strong>de</strong> bouche", un repas l’après midi, et un<br />

dîner le soir) : on se restaure <strong>de</strong> mouton, canard, oie, cailles, pigeons, fumet <strong>de</strong> bœuf,<br />

le tout avec fruits (dattes, figues) et surtout légumes <strong>de</strong> toutes sortes, alors que les<br />

personnes mo<strong>de</strong>stes consomment pain d’orge, oignon, laitue, concombre, fèves et<br />

lentilles, du poisson frais ou séché. Le tout est placé sur <strong>de</strong>s guéridons (il n’y a pas <strong>de</strong><br />

table) dans <strong>de</strong> la vaisselle en terre cuite ; on se sert <strong>de</strong>s mains et <strong>de</strong> pains en guise<br />

<strong>de</strong> couvert.<br />

- Les déserts sont les lieux <strong>de</strong> prédilection <strong>de</strong>s rois pour la chasse avec chars et<br />

chiens.<br />

- Chaque élément minéral a aussi son importance : « chaque matériau a son usage et<br />

un matériau pour chaque chose » telle pourrait être la <strong>de</strong>vise <strong>de</strong> l’Egyptien.<br />

Cette société est diversifiée, <strong>de</strong>s métiers variés existent, par exemple : arpenteurs<br />

mesurant les surfaces agricoles, fonctionnaires, femmes commerçantes, porchers... Les<br />

mé<strong>de</strong>cins sont spécialisés pour une maladie, mais il faut savoir qu’à l’époque tout ce qui<br />

est lié à l’œil a une gran<strong>de</strong> importance, d’où <strong>de</strong> nombreuses « recettes » sous forme <strong>de</strong><br />

collyres, et un seul mé<strong>de</strong>cin pour l’œil ; il existe aussi un mé<strong>de</strong>cin pour la tête, les <strong>de</strong>nts,<br />

le ventre.<br />

Pour faciliter vos recherches nous avons donc réalisé une partie composée d’un tableau,<br />

suivie d’un abécédaire pour les végétaux, les animaux et les éléments minéraux, selon le<br />

plan suivant.<br />

I - Vivre avec les végétaux<br />

Pour se nourrir<br />

Pour se soigner<br />

Pour s’habiller et améliorer<br />

son cadre <strong>de</strong> vie<br />

II - Vivre avec les animaux<br />

Pour se nourrir<br />

Pour le transport<br />

Pour se soigner<br />

Comme animaux <strong>de</strong><br />

compagnie<br />

Malgré leur hostilité<br />

III - Vivre avec les éléments<br />

minéraux <strong>de</strong> la nature<br />

Pour construire<br />

Pour décorer et améliorer son<br />

cadre <strong>de</strong> vie<br />

Pour les objets <strong>de</strong> la vie<br />

quotidienne<br />

15


2 - 1 - Vivre avec les animaux.<br />

La structure <strong>de</strong> cette partie, comme celle <strong>de</strong>s végétaux, est sous forme <strong>de</strong> tableau. La<br />

majorité <strong>de</strong>s noms trouvés dans ce <strong>de</strong>rnier se retrouve dans l’abécédaire qui lui fait suite.<br />

Les noms soulignés en caractères gras correspon<strong>de</strong>nt aux échantillons <strong>de</strong>s collections<br />

visibles lors <strong>de</strong> l’exposition.<br />

Les 3 milieux <strong>de</strong> vie <strong>de</strong>s animaux en Egypte sont notés M pour marais, C pour campagne et<br />

D pour désert.<br />

Pour se nourrir M dans les marais : héron, caille, canard, cygne, flamant,<br />

grue, pigeon, oie sauvage, spatule, tadorne et vanneau ;<br />

grenouille<br />

Anguille, barbeau, carpe (chromis), oxyrhynque (mormyre<br />

ou brochet du <strong>Nil</strong>), muge, perche, silure<br />

D dans le désert : gazelle, oryx, bubale, antilope addax,<br />

bouquetin, lièvre<br />

C à la campagne : toute la basse cour : oie, canard,<br />

lapin ; bœuf et mouton, très rarement le porc, chèvre et<br />

vache non consommées (seul leur lait est utilisé)<br />

Pour le transport,<br />

l’agriculture,<br />

la chasse<br />

Pour se protéger<br />

et se soigner<br />

Comme animaux <strong>de</strong> compagnie<br />

Abeille<br />

Ane pour les travaux agricoles et le transport dans le<br />

désert, bœuf pour les travaux agricoles et la traction <strong>de</strong>s<br />

navires le long du <strong>Nil</strong><br />

Ane, bœuf, mouton, porc<br />

Essai <strong>de</strong> domestication pour hyène et mouflon<br />

Cheval et chien pour les notables, faucon<br />

Mangouste, gar<strong>de</strong>-bœuf, oie, belette, chien<br />

Abeille, autruche, chienne, âne, oie, porc<br />

Chat, chien, singe (cercopithèque et babouin). Les<br />

huppes partagent la vie <strong>de</strong>s enfants<br />

ou vénérés<br />

Chèvre, vache, taureau, crocodile, chouette, cobra, ibis,<br />

lépidote, sauterelle, scarabée<br />

Malgré leur hostilité M moustique, moineau, loriot et rollier, pélican,<br />

cormoran, crocodile, tortue molle du <strong>Nil</strong>, hippopotame<br />

D cobra, vipère à cornes, guépard, hyène, léopard, lion,<br />

scorpion, tétrodon, vautours<br />

C scorpion, vipère à cornes et cobra, babouin mâle très<br />

agressif, rat<br />

Pour chaque espèce sont donnés le nom scientifique ainsi que l'ordre (O.) et la famille (F.)<br />

auxquels elle appartient.<br />

16


Abécédaire animaux<br />

A<br />

Abeille<br />

Apis mellifera<br />

O. Hyménoptères, F. Apidés<br />

L’apiculture débute à partir <strong>de</strong> 2450 avant<br />

J.–C. Les ruches sont faites <strong>de</strong> rangées <strong>de</strong><br />

cylindres <strong>de</strong> terre crue, l’enfumage est<br />

déjà pratiqué pour extraire le miel.<br />

Le miel obtenu est un produit <strong>de</strong> luxe,<br />

servant d'offran<strong>de</strong>, <strong>de</strong> remè<strong>de</strong> et<br />

d’onguent. Il est la <strong>source</strong> <strong>de</strong> sucre pour<br />

les gâteaux.<br />

La cire est utilisée pour les perruques,<br />

pour enduire les cheveux, pour fabriquer<br />

<strong>de</strong>s moules pour les sculptures en bronze.<br />

Addax<br />

Addax nasomaculatus<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Adaptée à la vie dans le désert, cette<br />

antilope ne boit presque jamais, trouve sa<br />

<strong>source</strong> d’eau uniquement dans les plantes<br />

consommées, est capable <strong>de</strong> sentir la<br />

pluie à plus <strong>de</strong> 100 km. Essai <strong>de</strong><br />

domestication.<br />

Âne<br />

Equus asinus<br />

O. Périssodactyles, F. Equidés<br />

Originaire du Sud <strong>de</strong> l’Egypte.<br />

Bête <strong>de</strong> somme la plus couramment<br />

utilisée, domestiquée au 4 ème siècle avant<br />

J.-C. Servant exclusivement aux transports<br />

terrestres (moissons, trajets dans le<br />

désert), il n’est pas monté par l’homme. Il<br />

est à noter que les chariots <strong>de</strong> l’époque ne<br />

sont pas à roues ; pour se déplacer dans<br />

le désert, on utilise <strong>de</strong>s traîneaux munis <strong>de</strong><br />

patins.<br />

Seul animal, avec le porc, à être sacrifié<br />

lors <strong>de</strong> cérémonies. Il est interdit <strong>de</strong> le<br />

figurer dans les hiéroglyphes car il est<br />

considéré comme un animal mauvais.<br />

Le pénis d’âne servait <strong>de</strong> remè<strong>de</strong>.<br />

Anguille<br />

Anguilla sp.<br />

O. Anguilliformes, F. Anguillidés<br />

Poisson à corps cylindrique dont la peau<br />

est composée <strong>de</strong> minuscules écailles<br />

ovales. Les nageoires caudale, anale et<br />

dorsale sont soudées. De 40 cm à 1,50 m,<br />

jusqu’à 4 kg pour les femelles (les plus<br />

grosses).<br />

Une fois capturée, l’anguille doit être<br />

assommée par la queue et non par la tête<br />

comme les autres poissons. La forme<br />

jaune est la forme adulte, sé<strong>de</strong>ntaire en<br />

eaux douces : forme transitoire (entre 4 à<br />

8 ans) ; elle séjourne dans le <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>.<br />

Lors <strong>de</strong> leur migration marine après la<br />

naissance elle prend une couleur<br />

argentée, ainsi qu’au retour à la vie marine<br />

pour se reproduire.<br />

L’anguille se nourrit et se déplace hors <strong>de</strong><br />

l’eau la nuit, elle craint la lumière.<br />

Poisson riche en sels minéraux et en<br />

vitamines D, A, B2 et E. Les Egyptiens<br />

fumaient leurs poissons : l’anguille fumée<br />

contient encore plus <strong>de</strong> vitamine A.<br />

Voir Silure.<br />

Antilope<br />

Voir Addax, Bubale, Gazelle et Oryx<br />

Autruche<br />

Struthio camelus<br />

O. Struthioniformes, F. Struthionidés<br />

Le plus grand oiseau vivant actuellement,<br />

elle peut atteindre 2,50 m <strong>de</strong> haut et peser<br />

150 kg. Elle avale plus <strong>de</strong> 10 kg <strong>de</strong><br />

nourriture par jour (herbes, feuilles et<br />

parfois insectes). Dans le désert, à la limite<br />

<strong>de</strong> la Nubie, elle vit en petits groupes.<br />

L'autruche est utilisée pour ses plumes<br />

(pour étaler <strong>de</strong>s onguents et pour les<br />

parures). Elle est chassée avec <strong>de</strong>s chars<br />

à chevaux par les notables. Grâce à ses<br />

pattes puissantes, elle tient la course d’un<br />

cheval (70 km/h en course <strong>de</strong> pointe).<br />

17


Sa reproduction est assurée par une ponte<br />

<strong>de</strong> la femelle dominante (12 œufs) puis <strong>de</strong><br />

2 à 5 femelles secondaires qui<br />

abandonnent leurs œufs au couple<br />

principal. Ainsi, un nid d’une quarantaine<br />

d’œufs est couvé la journée par la femelle,<br />

la nuit par le mâle. 15% seulement <strong>de</strong>s<br />

poussins, chassés par les hyènes en<br />

particulier, parviennent à l'âge adulte. La<br />

valeur nutritive d’un œuf d’autruche<br />

correspond à 20 œufs <strong>de</strong> poule.<br />

Ses plumes servent pour la confection<br />

d’éventails.<br />

B<br />

Barbeau<br />

Barbus barbus<br />

O. Cypriniformes, F. Cyprinidés<br />

Poisson fouisseur <strong>de</strong> fond <strong>de</strong> rivière, à tête<br />

triangulaire et bouche infère (sous la tête).<br />

Nageoires pelviennes et anale orangées.<br />

Vit en groupe.<br />

Bœuf<br />

Bos taurus<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Animal à longues cornes dont l'une est<br />

courbée vers le bas après traitement par<br />

l’homme, servant pour les sacrifices, sa<br />

vian<strong>de</strong>, sa peau. Les bouses servent à la<br />

cuisson <strong>de</strong>s aliments. Il ai<strong>de</strong> aux tâches<br />

agricoles et au transport plus tardivement<br />

que l’âne (chars funéraires par exemple).<br />

Si l’animal porte un seul poil noir, il est<br />

jugé impur. Un bœuf mourant <strong>de</strong> mort<br />

naturelle est enfoui dans le sol (seules les<br />

cornes dépassent) ; après décomposition,<br />

ses ossements sont transférés dans une<br />

île du <strong>de</strong>lta transformée en sanctuaire.<br />

Il existe <strong>de</strong>s taureaux à <strong>de</strong>mi sauvages.<br />

Bubale<br />

Alcelaphus buselaphus<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Gran<strong>de</strong> antilope africaine <strong>de</strong>s savanes, à<br />

tête ressemblant à celle du cheval. Les<br />

cornes annelées à double courbure ont<br />

leurs extrémités tournées vers l’arrière, et<br />

les femelles ont <strong>de</strong>s cornes plus petites<br />

que le mâle. 1,20 m <strong>de</strong> hauteur au garrot ;<br />

150 kg. Grégaire, vit en har<strong>de</strong>s distinctes<br />

<strong>de</strong> femelles (une vingtaine) et <strong>de</strong> mâles<br />

célibataires.<br />

Essai <strong>de</strong> domestication.<br />

Canard<br />

O. Ansériformes, F. Anatidés<br />

C<br />

Le plus courant est le canard pilet (Anas<br />

acuta) <strong>de</strong> la taille d’un colvert, végétarien,<br />

consomme aussi <strong>de</strong>s insectes <strong>de</strong>s marais.<br />

Son activité est diurne et nocturne.<br />

Carpe<br />

Tilapia nilotica<br />

O. Perciformes, F. Cichlidés<br />

Appelé aussi chromis ou carpe du <strong>Nil</strong>,<br />

poisson au régime alimentaire varié :<br />

plancton, végétaux, larves <strong>de</strong> moustiques.<br />

Il a la capacité <strong>de</strong> cacher sa progéniture<br />

dans sa bouche en cas <strong>de</strong> danger.<br />

Bonne adaptation à <strong>de</strong>s eaux chau<strong>de</strong>s peu<br />

oxygénées. Un très bon rapport<br />

alimentation/production <strong>de</strong> biomasse. Un<br />

système d’aquaculture rudimentaire pour<br />

tilapia existe déjà au Moyen Empire.<br />

Comme tous les poissons pêchés, il existe<br />

une véritable industrie égyptienne <strong>de</strong><br />

conservation <strong>de</strong>s poissons par séchage<br />

avec saumure. Le poisson est tabou pour<br />

les prêtres et les rois. Chaque ville<br />

(province ou nomes) a son poisson divin,<br />

ce qui provoque <strong>de</strong>s guerres entre cités, le<br />

poisson vénéré par les uns étant mangé<br />

par les autres.<br />

La coutume veut que le poisson soit<br />

obligatoirement rôti.<br />

18


Chat (myou)<br />

Felis catus ou Felis chaus<br />

O. Carnivores, F. Félidés<br />

Existe <strong>de</strong>puis la Préhistoire, vient <strong>de</strong><br />

Grèce. Sauvage dans les marais, où il est<br />

chassé pour sa fourrure (retrouvée dans<br />

les sépultures) et sa peau. Domestiqué au<br />

Moyen Empire. Dans la maison il éloigne<br />

les scorpions et les serpents et protège les<br />

greniers. Animal <strong>de</strong> compagnie, <strong>de</strong> stature<br />

relativement haute, fine, à petite tête. En<br />

cas <strong>de</strong> mort naturelle, les occupants <strong>de</strong> la<br />

maison se rasent les sourcils en signe <strong>de</strong><br />

<strong>de</strong>uil.<br />

Vertu magique d’éviter l’apparition <strong>de</strong>s<br />

cheveux gris.<br />

Cheval<br />

Equus caballus<br />

O. Périssodactyles, F. Equidés<br />

Importé à partir du Moyen Empire, il n'est<br />

d'abord pas monté, mais permet <strong>de</strong> tirer<br />

<strong>de</strong>s chars à 2 roues réservés à l’élite<br />

militaire (estafettes) et aux dignitaires pour<br />

aller à la chasse. Animal choyé et noble, il<br />

est un véritable symbole social.<br />

Chèvre<br />

Capra aegragus<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Animal non touché, non consommé, sacré<br />

et sacrifié. En cas <strong>de</strong> mort naturelle, est<br />

enterré en gran<strong>de</strong> dévotion.<br />

Chien (iwou)<br />

Canis familiaris<br />

O. Carnivores, F. Canidés<br />

4 races différentes : <strong>de</strong> type lévrier pour<br />

les princes (pour la sécurité lors <strong>de</strong>s<br />

déplacements dans le désert), ou issu du<br />

chacal Canis aureus, ou à oreilles<br />

tombantes et <strong>de</strong> grosse taille, ou basset.<br />

D'abord animal <strong>de</strong> chasse dans le désert<br />

pour les notables (chasse avec char et arc<br />

et flèches), puis compagnon <strong>de</strong> guerre,<br />

puis gardien <strong>de</strong> troupeau, enfin animal <strong>de</strong><br />

compagnie : considéré comme un habitant<br />

<strong>de</strong> la maison à part entière, il partage le lit<br />

<strong>de</strong> ses maîtres et porte un nom. Si le chien<br />

<strong>de</strong> la maison meurt <strong>de</strong> mort naturelle, les<br />

occupants se rasent tout le corps et la tête<br />

en signe <strong>de</strong> <strong>de</strong>uil. Il existe <strong>de</strong>s nécropoles<br />

pour canidés.<br />

Tous les chiens portent leur queue en<br />

trompette en Egypte, à la différence du<br />

chacal à queue pendante.<br />

La vulve <strong>de</strong> chienne est utilisée dans la<br />

pharmacopée.<br />

Chouette effraie<br />

Tyto alba<br />

O. Strygiformes, F. Titonidés<br />

L’effraie vit dans les campagnes proches<br />

<strong>de</strong>s habitations. Oiseau nocturne, son ouïe<br />

développée lui sert pour chasser (elle a 2<br />

oreilles placées asymétriquement sur le<br />

crâne, l'une plus proche du front, l’autre<br />

plus proche <strong>de</strong>s narines). Son vol est<br />

silencieux grâce à son corps couvert <strong>de</strong><br />

duvet, à ses pattes plumeuses et ses ailes<br />

au bord <strong>de</strong>ntelé. Seul oiseau à être<br />

représenté <strong>de</strong> face dans les hiéroglyphes<br />

(tous les autres sont <strong>de</strong> profil !).<br />

Cobra<br />

Naja haje<br />

O. Squamates, F. Elapidés<br />

Cobra égyptien<br />

Mesure 1,50 m, est capable <strong>de</strong> gonfler son<br />

cou pour paraître plus gros en cas<br />

d’agression. Il inocule son venin <strong>de</strong> 2<br />

manières : en crachant à 2 m dans les<br />

yeux <strong>de</strong> son adversaire, ou par morsure.<br />

Ce venin est un neurotoxique qui paralyse<br />

les muscles respiratoires et peut<br />

provoquer la mort en 2 à 10 heures.<br />

Cormoran<br />

Phalacrocorax carbo<br />

O. Pélécaniformes,<br />

F. Phalacrocoracidés<br />

Oiseau <strong>de</strong> taille conséquente : 130 à<br />

160 cm d’envergure, <strong>de</strong> 80 à 100 cm <strong>de</strong><br />

haut. Il a un bec crochu. Sa tête, son corps<br />

et ses pattes palmées sont noires ; en<br />

pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> reproduction, quelques plumes<br />

blanches sont présentes. Son plumage est<br />

19


particulier : les plumes permettent à l’air <strong>de</strong><br />

sortir lors <strong>de</strong> sa plongée dans l’eau, ce qui<br />

le rend plus hydrodynamique, mais ensuite<br />

à l’air libre , il doit effectuer le séchage <strong>de</strong>s<br />

ces mêmes plumes, d'où <strong>de</strong>s postures<br />

parfois un peu étonnantes. Il se nourrit <strong>de</strong><br />

poisson (700 g/jour) et peut rester plus<br />

d’une minute sous l’eau pour capturer sa<br />

proie. Il la secoue ensuite violemment<br />

dans les airs pour l’assourdir avant <strong>de</strong> la<br />

gober.<br />

Crocodile<br />

Crocodylus niloticus<br />

O. Crocodiliens, F. Crocodylidés<br />

Le jour, le crocodile vit sur terre pour se<br />

réchauffer ; la nuit, il rejoint l’eau, plus<br />

chau<strong>de</strong> que l’air. Il se nourrit d’animaux<br />

mais ne peut mâcher sa proie et l’entraîne<br />

donc au fond <strong>de</strong> l'eau et attend sa<br />

décomposition, l’animal est alors avalé<br />

entier. Un suc digestif puissant<br />

accompagné <strong>de</strong> cailloux dans un gésier<br />

permet le broyage <strong>de</strong> tous les éléments,<br />

comme les sabots et les cornes (la<br />

présence <strong>de</strong> gésier montre que les<br />

oiseaux et les crocodiles sont <strong>de</strong> proches<br />

parents).<br />

L’intérieur <strong>de</strong> sa gueule contient <strong>de</strong>s<br />

sangsues. Il est souvent accompagné d’un<br />

oiseau, le trochile, qui se nourrit <strong>de</strong> ces<br />

sangsues.<br />

La reproduction est assurée par une ponte<br />

(30 à 70 œufs) qui se fait sur le rivage hors<br />

<strong>de</strong> l’eau, et les œufs sont recouverts <strong>de</strong><br />

sable par la femelle. À la naissance, les<br />

petits sont transportés jusqu'à l’eau dans<br />

la gueule <strong>de</strong> la mère. C’est l’animal le plus<br />

disproportionné entre le nouveau-né et<br />

l’adulte.<br />

Le comportement <strong>de</strong>s Egyptiens à son<br />

égard est très divers : mangé à<br />

Eléphantine, vénéré ou apprivoisé et<br />

couvert <strong>de</strong> bijoux ailleurs. Les Egyptiens<br />

ont une technique <strong>de</strong> pêche particulière, la<br />

voici résumée à partir d’un texte<br />

d’Hérodote : prendre un morceau <strong>de</strong> porc,<br />

le placer au bout d’une perche avec cor<strong>de</strong>,<br />

se placer sur le rivage, en même temps<br />

frapper fortement un porcelet, ses cris vont<br />

attirer le crocodile qui est trompé par le<br />

morceau <strong>de</strong> vian<strong>de</strong>, qu’il emprisonne<br />

fortement avec ses mâchoires. Il suffit<br />

alors d’être suffisamment agile pour jeter<br />

<strong>de</strong> l’argile sur ses yeux et ainsi avoir <strong>de</strong>s<br />

chances <strong>de</strong> le capturer.<br />

F<br />

Faucon<br />

O. Falconiformes, F. Falconidés<br />

Le plus connu est le faucon pèlerin Falco<br />

peregrinus aimant les semi-déserts.<br />

Rapace à la vue dégagée et très fine (6 à<br />

8 fois celle <strong>de</strong> l’homme).Le faucon vit en<br />

couple qui est formé pour la vie, se nourrit<br />

d’autres oiseaux (passereaux voire<br />

pigeons). Son territoire <strong>de</strong> chasse peut<br />

être <strong>de</strong> 200 km 2 , sa vitesse en piqué peut<br />

atteindre 300 km/h. Le mâle, bien que plus<br />

petit que la femelle, est le seul vénéré.<br />

Voir Héron<br />

G<br />

Gar<strong>de</strong> bœuf<br />

Gazelle<br />

Gazella sp<br />

O Artiodactyles, F Bovidés<br />

De la famille <strong>de</strong>s antilopes, animal <strong>de</strong><br />

savane, pouvant atteindre 100 km/h.<br />

Taille d’un daim, dos droit, herbivore.<br />

Genette,<br />

Genetta genetta<br />

O. Carnivores, F. Viverridés<br />

Animal reconnaissable à sa queue<br />

annelée, peut atteindre 1 m <strong>de</strong> long dont<br />

50 cm pour la queue. Ses mœurs sont<br />

nocturnes. Elle se plaît dans les endroits<br />

rocailleux, les bois (elle est très agile pour<br />

grimper) et les points d’eau. Sauvage, elle<br />

habite donc en Egypte les taillis <strong>de</strong><br />

papyrus et les zones <strong>de</strong> végétation <strong>de</strong>nse<br />

Elle dégage une forte o<strong>de</strong>ur musquée.<br />

20


Domestiquée, protège les maisons comme<br />

le chat.<br />

Rana sp.<br />

O. Anoures, F. Ranidés<br />

Grenouille<br />

Animal <strong>de</strong>s marais, à épi<strong>de</strong>rme peu<br />

kératinisé, à respiration pulmonaire et<br />

cutanée d’où sa nécessité <strong>de</strong> rester dans<br />

une zone humi<strong>de</strong>. La grenouille n’a pas<br />

d’oreilles externes ; ses tympans<br />

ressortent directement dans la cavité<br />

bucale. Elle utilise ses yeux pour faire<br />

avancer ses aliments : les globes rentrent<br />

dans la cavité bucale, ce qui a pour effet<br />

<strong>de</strong> pousser les aliments avalés vers<br />

l’œsophage.<br />

On retrouve sa forme dans un jeu d’enfant<br />

nommé "58 trous" (voir photographie).<br />

La confusion avec <strong>de</strong>s crapauds est<br />

possible : 2 ème plaie d’Egypte !<br />

Guépard<br />

Acinonyx jubatus<br />

O. Carnivores, F. Félidés<br />

Cousin <strong>de</strong>s panthères, mais d’une gran<strong>de</strong><br />

vélocité : attaque ses proies à 120 km/h ; il<br />

a la caractéristique <strong>de</strong> ne pouvoir rétracter<br />

ses griffes, ce qui fait <strong>de</strong> lui un très<br />

mauvais grimpeur.<br />

H<br />

Hérons<br />

O. Ciconiiformes, F. Ardéidés<br />

Plusieurs espèces vivent en Egypte<br />

ancienne, dans les campagnes non<br />

humi<strong>de</strong>s et les pâturages.<br />

Le héron gar<strong>de</strong>-bœufs (Bubulcus ibis) vit<br />

en groupes parfois très importants (jusqu'à<br />

2000 individus). Ils suivent les troupeaux<br />

qui, en se déplaçant, perturbent les<br />

insectes dont ils se nourrissent. Leur<br />

régime comporte aussi <strong>de</strong> petits<br />

batraciens, lézards, serpents, araignées ;<br />

mais ils ne consomment jamais <strong>de</strong> tiques<br />

sur le dos <strong>de</strong>s ruminants (il s’agirait d’une<br />

légen<strong>de</strong>). Tous les individus se retrouvent<br />

dans <strong>de</strong>s dortoirs (arbres) la nuit.<br />

Le phénix : inspiré par le héron cendré<br />

Ar<strong>de</strong>a cinerea ou le héron pourpre Ar<strong>de</strong>a<br />

purpurea qui arrivent avec les inondations.<br />

Les hérons sont parfois nourris au grain, et<br />

placés dans la basse cour.<br />

Hippopotame<br />

Hippopotamus amphibius<br />

O. Artiodactyles, F. Hippopotamidés<br />

Animal vivant en groupe <strong>de</strong> 15 à 20<br />

individus formés par les femelles et les<br />

petits surveillés par un mâle dominant<br />

Détruit les cultures et incarne les forces du<br />

mal.<br />

On retrouve <strong>de</strong>s jouets pour enfants en<br />

forme d’hippopotames et <strong>de</strong> crocodiles<br />

sous forme <strong>de</strong> pantins <strong>de</strong> bois articulés.<br />

Huppe<br />

Upupa epops<br />

O. Coraciiformes, F. Upupidés<br />

Dite huppe fasciée. A un bec fin courbé,<br />

et, sur la tête, une huppe érectile dont<br />

l’extrémité est noire. Elle pratique un vol<br />

saccadé.<br />

Prédateur précieux : se nourrit <strong>de</strong><br />

sauterelles et <strong>de</strong> criquets.<br />

Partage la vie <strong>de</strong>s enfants.<br />

Hyène<br />

Crocuta crocuta<br />

O. Carnivores, F. Hyaenidés<br />

Aspect trapu, arrière-train tombant,<br />

ressemblant à un gros chien, bien que<br />

n’étant pas <strong>de</strong> la même famille. Elle<br />

chasse en ban<strong>de</strong> (l’individu dominant est<br />

souvent une femelle) et son cri stri<strong>de</strong>nt<br />

signifie qu’elle a trouvé <strong>de</strong> la<br />

nourriture (« elle rit »). C'est aussi un<br />

charognard. Grâce à sa mâchoire<br />

puissante, elle peut broyer et avaler <strong>de</strong>s os<br />

<strong>de</strong> gros animaux, d’où ses excréments <strong>de</strong><br />

21


couleur blanche contenant beaucoup <strong>de</strong><br />

calcium.<br />

Essai <strong>de</strong> domestication pour la chasse<br />

uniquement. On observe <strong>de</strong>s scènes <strong>de</strong><br />

gavage d’hyènes sur le mastaba<br />

Mererouka à Saqqarah.<br />

Ibis<br />

Threskiornis aethiopicus<br />

O. Ciconiiformes, F. Threskiornidés<br />

I<br />

Échassier au long cou et bec noir<br />

recourbé, au corps blanc, qui est l’ennemi<br />

<strong>de</strong>s poissons volants et qui a pratiquement<br />

disparu <strong>de</strong> nos jours.<br />

Animal sacré.<br />

L<br />

Léopard<br />

Panthera pardus<br />

O. Carnivores, F. Félidés<br />

Animal pouvant atteindre 190 cm <strong>de</strong> long<br />

pour l’espèce africaine. Il utilise sa queue<br />

comme balancier, surtout lorsqu’il est dans<br />

les arbres. Animal solitaire sauf 15 jours<br />

par an, pendant la reproduction. Son<br />

alimentation va <strong>de</strong>s insectes jusqu’à <strong>de</strong>s<br />

proies conséquentes qu’il suspend aux<br />

arbres pour éviter les hyènes (par<br />

exemple : antilopes et singes).<br />

Sa peau est revêtue par les prêtres Sem<br />

lors <strong>de</strong>s cérémonies funéraires.<br />

Lépidote<br />

Poisson très ancien, à écailles<br />

losangiques, poisson <strong>de</strong> fond, est une<br />

icône d’Osiris, vénéré à Latopolis.<br />

Lièvre<br />

Genre Lepus<br />

O. Lagomorphes, F. Léporidés<br />

Se distingue du lapin par ses oreilles plus<br />

gran<strong>de</strong>s que la tête et ses ongles <strong>de</strong>s<br />

orteils fendus. Il ne creuse pas <strong>de</strong> terriers,<br />

mais vit dans <strong>de</strong> simples gîtes. Se déplace<br />

et se nourrit à la nuit, mangeur <strong>de</strong> potager,<br />

voire même <strong>de</strong> jeunes arbres en cas <strong>de</strong><br />

disette et pour cela considéré comme<br />

prédateur en Egypte.<br />

Lion<br />

Panthera leo<br />

O. Carnivores, F. Félidés<br />

Vénéré aussi bien mâle que femelle.<br />

Loriot<br />

Oriolus oriolus<br />

O. Passériformes, F. Oriolidés<br />

Oiseau migrateur présent en Europe l'hiver<br />

et en Afrique du Nord l'été. Mâle jaune vif<br />

et noir. Cause <strong>de</strong> dégâts sur les cultures<br />

<strong>de</strong> céréales en Egypte ancienne.<br />

Loutre<br />

Lutra sp.<br />

O. Carnivores, F. Mustélidés<br />

Mustélidé à pattes palmées, animal<br />

solitaire sauf au moment <strong>de</strong> la<br />

reproduction. Au territoire important :<br />

jusqu’à 40 km <strong>de</strong> rivière. Régime : poisson<br />

à 70%, petits mammifères, insectes,<br />

batraciens et oiseaux.<br />

Animal sacré.<br />

22


M<br />

Mangouste<br />

Herpestes ichneumon<br />

O. Carnivores, F. Herpestidés<br />

Aussi appelée « rat du pharaon ».<br />

Mammifère carnivore qui détruit les<br />

serpents et consomme les œufs <strong>de</strong><br />

crocodile. Domestiqué pour protéger les<br />

maisons <strong>de</strong>s serpents et scorpions.<br />

Milan noir<br />

Milvus migrans<br />

O. Accipitriformes, F. Accipitridés<br />

Rapace diurne, <strong>de</strong> 155 cm d’envergure,<br />

aux ailes coudées. En réalité <strong>de</strong> couleur<br />

brune, ses rémiges et rectrices sont brun<br />

noir. Cherche les zones humi<strong>de</strong>s pour<br />

s’alimenter et <strong>de</strong> grands arbres pour la<br />

nidification. Se nourrit comme le vautour<br />

<strong>de</strong> cadavres, mais aquatiques (90% <strong>de</strong><br />

son alimentation est faite <strong>de</strong> cadavres <strong>de</strong><br />

poissons).<br />

En Egypte, on se sert <strong>de</strong> ses rémiges pour<br />

poser les onguents sur les plaies.<br />

Moineau<br />

Passer domesticus<br />

O. Passériformes, F. Plocéidés<br />

Comme le loriot et le rollier, est un ennemi<br />

<strong>de</strong>s jardins et <strong>de</strong>s cultures.<br />

Mouche<br />

O. Diptères, s-O. Brachycères<br />

De très nombreux genres. On donne en<br />

général à chaque espèce le nom du fruit,<br />

du végétal ou <strong>de</strong> l'animal sur lesquels elle<br />

se pose.<br />

Est caractérisée par une tête d’une très<br />

gran<strong>de</strong> mobilité. Transmet <strong>de</strong>s maladies,<br />

mais est le symbole d’un fait <strong>de</strong> guerre<br />

exceptionnel pour les soldats : une<br />

médaille en or en forme <strong>de</strong> mouche leur<br />

est attribuée.<br />

Mouflon<br />

Ovis ammon<br />

O. Artiodactyles, F Bovidés<br />

Mouflon méditerranéen.<br />

Animal à cornes recourbées permanentes<br />

très lour<strong>de</strong>s et pesant parfois jusqu’à<br />

13 kg. Animal farouche, mais essais <strong>de</strong><br />

domestication.<br />

Moustique<br />

O. Diptères, F. Culicidés<br />

3300 espèces décrites <strong>de</strong> nos jours.<br />

Les femelles possè<strong>de</strong>nt un proboscis,<br />

sorte <strong>de</strong> trompe piqueuse et suceuse.<br />

Cette trompe sert au moment <strong>de</strong> la<br />

reproduction uniquement pour <strong>de</strong>s repas<br />

<strong>de</strong> sang, dont les protéines animales<br />

permettent <strong>de</strong> construire les œufs. La<br />

proie animale est repérée grâce au CO2 <strong>de</strong><br />

la respiration cutanée et à la sueur<br />

contenant <strong>de</strong> l’aci<strong>de</strong> butyrique. Le reste du<br />

temps, l’alimentation est à base <strong>de</strong> nectar<br />

<strong>de</strong> fleurs. On connaît un moustique datant<br />

du Crétacé (ère secondaire). Les<br />

moustiques anciens sont 3 fois plus gros<br />

qu’aujourd’hui.<br />

Vecteurs <strong>de</strong> maladies parasitaires : la<br />

filariose et la malaria (mais les Egyptiens<br />

souffrent aussi <strong>de</strong> maladies parasitaires<br />

liées à la marche dans les marais :<br />

bilharziose et ankylostomiase).<br />

Pour se préserver <strong>de</strong>s moustiques, les<br />

Egyptiens utilisent <strong>de</strong>s claies en bois en<br />

hauteur (le vent fréquent empêchant les<br />

moustiques <strong>de</strong> voler en hauteur) et se<br />

couvrent <strong>de</strong> filets <strong>de</strong> pêche faisant office<br />

<strong>de</strong> moustiquaire.<br />

Mouton<br />

Ovis longipes paleoaegyptiaca<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Sert aux cultures : au moment <strong>de</strong>s<br />

semailles, les troupeaux piétinent le sol<br />

meuble pour faire rentrer les graines dans<br />

le sol, et lors du dépiquage (séparation du<br />

grain et <strong>de</strong> son enveloppe) <strong>de</strong>s céréales.<br />

Peu consommé, sauf par le peuple. La<br />

laine est peu utilisée (à l’exception <strong>de</strong><br />

manteaux et tuniques <strong>de</strong> laine blanche<br />

23


pour dignitaires). La graisse sert comme<br />

médicament.<br />

Muge<br />

Mugil cephalus<br />

O. Mugiliformes, F. Mugilidés<br />

Poisson marin remontant le <strong>Nil</strong>, favori <strong>de</strong>s<br />

Egyptiens du Moyen Empire<br />

Poisson à lèvre supérieure épaisse à bord<br />

blanc. A la fois diurne et nocturne, vit en<br />

bancs dans les vasières et eaux<br />

saumâtres ; généralement herbivore, mais<br />

chasse parfois <strong>de</strong> petits poissons.<br />

Les œufs <strong>de</strong> muge servent à réaliser la<br />

poutargue, plat existant encore<br />

aujourd’hui.<br />

O<br />

Oie<br />

O. Ansériformes, F. Anatidés<br />

Plusieurs sortes d'oies en Egypte<br />

ancienne.<br />

L'ouette d'Egypte Alopochen aegypticus :<br />

reconnaissable par une ligne brune qui<br />

part du bec et contourne l’œil et par une<br />

tache brune sur son abdomen gris<br />

chamoisé. Elle possè<strong>de</strong> une queue noire.<br />

Elle se nourrit au crépuscule en milieu<br />

ouvert, <strong>de</strong> végétation et parfois <strong>de</strong> vers et<br />

criquets. Domestiquée, gardienne <strong>de</strong>s<br />

maisons, elle appartient à la basse-cour<br />

égyptienne (dans laquelle on note la<br />

présence d’une volière et surtout l’absence<br />

<strong>de</strong> la poule comme animal <strong>de</strong> basse cour).<br />

L'oie cendrée Anser anser, sauvage, vit<br />

en groupe et se nourrit le jour <strong>de</strong> cultures<br />

et céréales. La nuit, elle s'abrite dans les<br />

vasières. Les couples d’oies cendrées sont<br />

formés pour la vie, mais se séparent hors<br />

<strong>de</strong> la pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> reproduction.<br />

Les Egyptiens la chassent dans les<br />

marais, avec un bâton <strong>de</strong> jet <strong>de</strong>puis un<br />

esquif en papyrus pour les notables, et<br />

grâce à <strong>de</strong>s filets pour les simples<br />

paysans. Tous la consomment.<br />

La graisse d’oie sert d’onguent.<br />

Oryx<br />

Oryx gazella dammah<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Grosse antilope africaine, gibier du désert<br />

parfois engraissé après capture à <strong>de</strong>s fins<br />

religieuses, abattu rituellement.<br />

Essai <strong>de</strong> domestication.<br />

Oxyrhynque<br />

Mormyrus kannume, M. niloticus<br />

O. Ostéoglossiformes, F. Mormyridés<br />

Nommé aussi mormyre ou brochet du <strong>Nil</strong>,<br />

décrit par Buffon dans son tome 5 <strong>de</strong><br />

l’Histoire naturelle <strong>de</strong>s poissons : poisson<br />

osseux au museau allongé pointu<br />

(ressemblant à celui d’un fourmilier) et<br />

droit avec <strong>de</strong>nts sur les mâchoires,<br />

mâchoire inferieure dépassant la mâchoire<br />

supérieure ; une seule nageoire dorsale<br />

sur la totalité du dos. Des spécimens ont<br />

été retrouvés momifiés.<br />

P<br />

Pélican<br />

Pelecanus onocrotalus<br />

O. Pélécaniformes, F. Pélécanidés<br />

Oiseau blanc au vol élégant, aux pattes<br />

rosées. Le mâle est plus volumineux que<br />

la femelle. Fait son nid avec <strong>de</strong> simples<br />

branches dans un arbre. Se nourrit <strong>de</strong><br />

poissons qu’il place dans la poche <strong>de</strong> son<br />

bec qui peut atteindre 47 cm <strong>de</strong> long. Il<br />

peut voler 24 h sans s’arrêter en profitant<br />

<strong>de</strong>s courants ascendants, ce qui lui permet<br />

<strong>de</strong> parcourir parfois 500 km en un jour.<br />

Espèce sé<strong>de</strong>ntaire en Egypte.<br />

En pharmacopée, sa fiente associée aux<br />

excréments <strong>de</strong> crocodile et au miel soigne<br />

la cornée <strong>de</strong> l’œil.<br />

Perche<br />

Lates niloticus<br />

O. Perciformes, F. Latidés<br />

24


La perche du <strong>Nil</strong> existe déjà au Moyen<br />

Empire, mais n’est introduite pour la<br />

pisciculture dans le <strong>Nil</strong> qu’en 1950.<br />

Pigeon<br />

Columba livia<br />

O. Columbiformes, F. Colombidés<br />

Oiseau migrateur, chassé et consommé<br />

par les Egyptiens comme la caille, la<br />

sarcelle et la pinta<strong>de</strong> <strong>de</strong> Guinée. Le pigeon<br />

est engraissé après avoir été piégé. Tous<br />

les petits oiseaux sont consommés salés<br />

et mangés crus.<br />

Porc<br />

Sus domesticus<br />

O. Artiodactyles, F. Suidés<br />

D’allure intermédiaire entre le sanglier<br />

sauvage et notre porc domestique, il est<br />

élevé en troupeau. Les porcs sont sacrifiés<br />

(égorgés) à la lune et ne sont consommés<br />

que les jours <strong>de</strong> pleine lune.<br />

Animal impur : si par malheur, on en frôle<br />

un, il faut sur le champ plonger tout habillé<br />

dans le fleuve. Les porchers qui<br />

s’occupent d’eux forment une caste isolée,<br />

peu considérée et ne peuvent se marier<br />

qu’entre eux.<br />

La tête d’un animal n’est jamais mangée,<br />

car elle apporte malédiction.<br />

Queue <strong>de</strong> truie et graisse <strong>de</strong> porc<br />

appartiennent à la pharmacopée.<br />

Porc épic<br />

Hystrix cristata<br />

O. Rongeurs, F. Hystricidés<br />

Rongeur couvert <strong>de</strong> piquants creux reliés à<br />

<strong>de</strong>s muscles, ce qui permet leur érection<br />

face à l’adversaire. Seul le ventre n’en est<br />

pas pourvu : il correspond à la zone<br />

vulnérable <strong>de</strong> l’animal. Il mesure 70 cm du<br />

museau à la queue qui est aussi couverte<br />

<strong>de</strong> piquants. Il pratique la même marche<br />

que l’ours, sur ses plantes <strong>de</strong> pieds Il est<br />

dit solitaire et myope.<br />

R<br />

Rat<br />

Rattus rattus<br />

O. Rongeurs, F. Muridés<br />

Originaire d'Asie, le rat noir s'est répandu<br />

sur tous les continents en suivant<br />

l'homme. Cause <strong>de</strong> dégâts sur les cultures<br />

et les stocks <strong>de</strong> grains en Egypte<br />

ancienne.<br />

Sauterelle<br />

O. Orthoptères, F. Tettignidés<br />

S<br />

Animal <strong>de</strong>s marais, est caractérisée par<br />

<strong>de</strong>s antennes très longues à la différence<br />

du criquet, à antennes courtes.<br />

Les <strong>de</strong>ux espèces sont <strong>de</strong>s ravageurs <strong>de</strong><br />

cultures car ils consomment les végétaux<br />

en groupes. On parle à leur propos <strong>de</strong><br />

plaie <strong>de</strong> l’humanité dans l’Ancien<br />

Testament.<br />

La sauterelle orne les pots à cosmétique<br />

<strong>de</strong>s femmes, symbolisant la défense<br />

contre les éléments du temps.<br />

Scarabée<br />

Scarabeus sacer<br />

O Coléoptères, F. Scarabéidés.<br />

Il s’agit du scarabée bousier. Il pousse<br />

<strong>de</strong>vant lui une boule <strong>de</strong> bouse dans<br />

laquelle naissent ses larves.<br />

On en connaît 2 sortes en Egypte : un noir<br />

luisant, et un vert doré, localisé en Haute<br />

Égypte qui a disparu <strong>de</strong> nos jours.<br />

On a retrouvé <strong>de</strong>s boîtes à scarabée en<br />

albâtre à suspendre au cou.<br />

Plusieurs espèces<br />

O. Arachni<strong>de</strong>s<br />

Scorpion<br />

Le scorpion, comme les araignées,<br />

possè<strong>de</strong> 8 pattes et <strong>de</strong>s chélicères<br />

(pinces) lui permettant <strong>de</strong> capturer grillons<br />

et criquets pour les adultes et asticots pour<br />

les juvéniles. Il est très résistant, peut<br />

jeûner plusieurs mois, résiste à 45 °C et<br />

absorbe l’eau par sa cuticule (sa<br />

carapace) sur le corps entier. Il se déplace<br />

la nuit, et n’hésite pas à utiliser son telson<br />

(extrémité <strong>de</strong> la queue) pour injecter son<br />

25


venin. Il repère la nature du sol sur lequel il<br />

se déplace grâce à <strong>de</strong>s peignes sous le<br />

ventre.<br />

L’Infusion <strong>de</strong> scorpion est utilisée en<br />

pharmacopée.<br />

Silure<br />

Siluris glanis<br />

O. Siluriformes, F. Siluridés<br />

Poisson discret et solitaire, peut atteindre<br />

2,30 m <strong>de</strong> long. Se retrouve dans les<br />

mêmes zones <strong>de</strong> frai chaque année. Les<br />

femelles peuvent pondre 30 000 œufs par<br />

kg <strong>de</strong> leur poids, toujours dans une eau<br />

supérieure à 20 °C. Animal carnivore, se<br />

nourrit <strong>de</strong> poissons comme l’anguille, mais<br />

peut aussi attaquer <strong>de</strong>s oiseaux d’eau.<br />

Reconnu pour combattre la migraine :il<br />

suffit <strong>de</strong> se frotter la tête avec un crâne <strong>de</strong><br />

silure (on parle d’un procédé magique <strong>de</strong><br />

transfert). Une espèce d’anguille est<br />

placée à l’époque dans la famille <strong>de</strong>s<br />

silures : Clarias anguillaris.<br />

Singe<br />

O. Primates, F. Cercopithecidés<br />

2 espèces : le babouin Papio hamadryas,<br />

le plus ancien, et le cercopithèque<br />

Cercopithecus aethiops (petit singe vert<br />

d’Ethiopie).<br />

Indigène ou importé <strong>de</strong> Nubie, le singe est<br />

un animal familier. Il a, au Moyen Empire,<br />

la même place que le chien dans les<br />

maisons.<br />

Le babouin mâle est plus agressif que la<br />

femelle, tous <strong>de</strong>ux poussent <strong>de</strong>s grands<br />

cris avant le lever du jour, annonçant ainsi<br />

l’arrivée du soleil.<br />

Avec les enfants, participent à la cueillette<br />

<strong>de</strong>s figues.<br />

O. Testudinés<br />

T<br />

Tortues<br />

Trionyx triunguis : Tortue molle du <strong>Nil</strong> ou<br />

tortue d’Afrique, 80 cm, 100 kg,<br />

agressive et réputée pour sa férocité, à<br />

chair comestible, mais animal ennemi du<br />

soleil donc tabou. C'est celle qui est<br />

représentée dans les bestiaires.<br />

Aquatique, enfouie dans <strong>de</strong>s zones peu<br />

profon<strong>de</strong>s, au long cou comme un tuba.<br />

Elle respire aussi sans faire surface à<br />

travers sa carapace souple.<br />

Elle vit encore <strong>de</strong> nos jours et est interdite<br />

à la détention.<br />

Pour combattre le leucome, on utilise <strong>de</strong> la<br />

cervelle <strong>de</strong> tortue et du miel en cataplasme<br />

sur l’œil.<br />

Chelonia imbricata =Tortue <strong>de</strong> la Mer<br />

rouge :<br />

De taille moyenne, dont la carapace sert<br />

encore <strong>de</strong> nos jours à réaliser <strong>de</strong>s objets<br />

<strong>de</strong> toilette.<br />

Clemis leprosa = Petite tortue <strong>de</strong>s<br />

marécages. Carnivore, <strong>de</strong> gran<strong>de</strong><br />

longévité (120 ans), protégée par sa<br />

mauvaise o<strong>de</strong>ur.<br />

Testudo kleinmanni = Tortue <strong>de</strong>s<br />

steppes, la plus petite <strong>de</strong>s tortues<br />

égyptiennes (15 cm), sert à confectionner<br />

<strong>de</strong>s percussions ou <strong>de</strong>s bols.<br />

Geochelone sulcata = Tortue <strong>de</strong>s<br />

savanes, peut atteindre 100 kg. Adaptée à<br />

la vie ari<strong>de</strong>, elle creuse un terrier qui peut<br />

atteindre plusieurs mètres <strong>de</strong> profon<strong>de</strong>ur.<br />

Elle sort aux heures les plus fraîches <strong>de</strong> la<br />

journée. Elle est préférentiellement<br />

herbivore, mais se retrouve souvent<br />

omnivore par nécessité, allant jusqu’à<br />

consommer <strong>de</strong>s excréments pour obtenir<br />

<strong>de</strong>s protéines animales. Se reproduit à la<br />

saison humi<strong>de</strong>.<br />

Trochile<br />

Un texte <strong>de</strong> Pline l’Ancien décrit un oiseau<br />

appelé trochilos qui nettoierait les <strong>de</strong>nts<br />

<strong>de</strong>s crocodiles et assure qu'il s'agit du<br />

roitelet Regulus regulus (O.<br />

Passériformes, F. Régulidés).<br />

En fait, ce comportement alimentaire<br />

appartiendrait au pluvian fluviatile<br />

(Pluvianus aegyptius). Voir Crocodile<br />

26


Tétrodon,<br />

Tetraodon lineatus<br />

O. Tétraodontiformes, F. Tétradontidés<br />

("4 <strong>de</strong>nts")<br />

Nommé aussi poisson globe pour sa<br />

capacité à se gonfler d’air en cas<br />

d’agression. Venimeux, il contient du TTX<br />

ou tétrodotoxine agissant sur le système<br />

nerveux ; cette neurotoxine, découverte en<br />

1909 sur la peau, les viscères dont le foie<br />

et les ovaires <strong>de</strong> l’animal, donne lorsqu’elle<br />

est ingérée <strong>de</strong>s troubles allant jusqu’à la<br />

mort. A noter que ce poisson est<br />

consommé au Japon <strong>de</strong> nos jours, un<br />

diplôme <strong>de</strong> cuisinier et <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s longues<br />

sont nécessaires pour la découpe sans<br />

danger <strong>de</strong> l’animal. Non consommé mais<br />

vénéré sur l’île d’Eléphantine.<br />

V<br />

Vache<br />

Bos taurus<br />

O. Artiodactyles, F. Bovidés<br />

Consomme <strong>de</strong>s œufs <strong>de</strong> crocodiles et <strong>de</strong>s<br />

petits animaux : crabes, reptiles,<br />

batraciens et oiseaux qu’il tue en les<br />

frappant violemment sur le sol avant <strong>de</strong> les<br />

déglutir rapi<strong>de</strong>ment.<br />

Vautours<br />

O. Falconiformes, F. Accipitridés<br />

Vautour fauve Gyps fulvus et<br />

percnoptère d'Egypte Neophron<br />

percnopterus<br />

Vole à très haute altitu<strong>de</strong> (à la limite <strong>de</strong> la<br />

troposphère), oiseau maternel, élevant<br />

longtemps 2 oisillons par an seulement.<br />

Habitu<strong>de</strong> alimentaire <strong>de</strong> charognard.<br />

La plume <strong>de</strong> vautour sert à étendre les<br />

onguents.<br />

• Vipère à cornes<br />

Cerastes cerastes<br />

O. Squamates, F. Vipéridés<br />

Serpent atteignant 80 cm <strong>de</strong> long. Elle<br />

possè<strong>de</strong> sur la tête 2 écailles qui<br />

Sacrée, jamais sacrifiée, apporte le lait. En ressemblent à <strong>de</strong>s cornes. Lors <strong>de</strong> son<br />

cas <strong>de</strong> mort naturelle, son corps est jeté déplacement, émet un crissement dû à ses<br />

dans le fleuve alors que celui du bœuf est plaques dorsales aérodynamiques qui lui<br />

enfoui.<br />

permettent aussi la marche à reculons.<br />

Elle se déplace selon la technique du si<strong>de</strong><br />

Vanneau<br />

winding, ce qui laisse sur le sable <strong>de</strong>s<br />

Vanellus vanellus<br />

traces discontinues. Espèce dite<br />

O. Charadriiformes, F. Charadriidés<br />

solénoglyphe : présente <strong>de</strong>s crochets à<br />

venin (<strong>de</strong>nts longues) reliés à l’os<br />

Oiseau <strong>de</strong> petite taille à bec noir et pattes maxillaire qui se déploient en cas<br />

roses foncées. Son habitat est aussi bien d’ouverture <strong>de</strong>s mâchoires et se replient<br />

les prairies que les zones saumâtres. Il vit dans le palais lorsqu’ils sont au repos.<br />

en ban<strong>de</strong>s. Se nourrit <strong>de</strong> coléoptères et Carnivore, consommant <strong>de</strong>s rongeurs et<br />

parfois <strong>de</strong> graines d’herbacées. Se <strong>de</strong>s lézards. Elle meurt à une température<br />

reconnaît très bien par sa marche penchée <strong>de</strong> 45 °C, et vit donc enfouie dans le sol<br />

en avant avec les pattes rai<strong>de</strong>s.<br />

aux heures brûlantes <strong>de</strong> la journée, ou à la<br />

Petit oiseau partageant la vie <strong>de</strong>s enfants. frange du désert et dans les grottes. Elle<br />

se fond dans le paysage grâce à son<br />

Varan du <strong>Nil</strong><br />

mimétisme.<br />

Varanus niloticus<br />

Son "F" pour les hiéroglyphes (voir ci-<br />

O squamates F varanidés<br />

<strong>de</strong>ssous). Elle représente un animal<br />

Semi arboricole, vit au bord du <strong>Nil</strong> :<br />

terrifiant considéré avec tous les autres<br />

serpents comme <strong>de</strong>s monstres.<br />

excellent nageur et bon grimpeur.<br />

Partie 2 - La vie quotidienne en Egypte l’an -2000<br />

27


2 - 2 - Vivre avec les végétaux.<br />

Les aliments <strong>de</strong> base sont l’orge et l’amidonnier (ancêtre du blé). Les légumes variés sont<br />

très présents, mais les fruits réservés à l’élite. La boisson fermentée utilisée en toutes<br />

circonstance est la bière.<br />

Les espèces principales sont présentées dans le tableau ci-<strong>de</strong>ssous. Les renseignements<br />

concernant chaque plante se trouvent dans l’abécédaire qui fait suite.<br />

Les noms soulignés correspon<strong>de</strong>nt aux échantillons <strong>de</strong>s collections visibles dans l’exposition<br />

Pour se nourrir Lotus, papyrus<br />

Orge, blé, amidonnier, haricots secs et pois<br />

chiches, fèves, lentilles<br />

Oignons, laitue, concombre, chou, radis,<br />

poireau<br />

Grenadier, figuier, vigne, palmier dattier, olivier<br />

Herbes aromatiques (origan, coriandre, cumin,<br />

persil, fenouil), sésame, roseau<br />

Pour se vêtir Palmier, lin<br />

Pour se soigner Orge, blé, mandragore, rhamnus, pavot, figue<br />

noire, menthe, sycomore, styrax, gentiane<br />

Pour améliorer son cadre <strong>de</strong> vie.<br />

Encens, ricin et lin, palmier, ébène, sycomore,<br />

figuier, tamaris, caroubier, osier, nymphéa<br />

(bassins ornementaux), pavot, carthame<br />

et ses déplacements<br />

Acacia, papyrus, cèdre<br />

Pour chaque espèces sont donnés le nom scientifique ainsi que l'ordre (O.) et la famille (F.)<br />

auxquels elle appartient.<br />

28


Abécédaire végétaux<br />

A<br />

Acacia<br />

Genre Acacia<br />

O. Fabales, F. Fabacées<br />

Arbre dont le bois est <strong>de</strong> médiocre qualité<br />

comme celui <strong>de</strong>s sycomore, caroubier,<br />

figuier et tamaris et ce malgré son tronc<br />

<strong>de</strong>nse et lisse. La variété Seyal est la plus<br />

utilisée.<br />

Sert à réaliser <strong>de</strong> grands chalands dont les<br />

joints sont en papyrus. Ils sont halés pour<br />

remonter le <strong>Nil</strong> car le vent est contraire, et<br />

possè<strong>de</strong>nt <strong>de</strong>s voiles en papyrus.<br />

Dans les tanneries, l’acacia sert au<br />

tannage du cuir : on trempe les peaux<br />

dans un bain d’alun et <strong>de</strong> morceaux<br />

d’acacias. Il sert aussi à la confection <strong>de</strong>s<br />

cercueils les plus simples et d’armes<br />

légères.<br />

Amidonnier<br />

Triticum turgidum<br />

O. Poales, F. Poacées (graminées)<br />

Froment, triticale comme le blé.<br />

Ancienne variété <strong>de</strong> blé, très rustique,<br />

résistant aux maladies, équivalent au blé<br />

dur. Actuellement le boulgour est la variété<br />

qui se rapproche le plus <strong>de</strong> l’amidonnier.<br />

On le distingue <strong>de</strong> l’épeautre ou blé<br />

tendre.<br />

Seule variété cultivée en Egypte.<br />

B<br />

Blé<br />

Triticum monococcum, T. dicoccum,<br />

T. durum<br />

O. Poales, F. Poacées<br />

Peu utilisé, en Egypte ancienne où tout est<br />

fait à base d’orge, comme le pain. Voir<br />

Amidonnier.<br />

Il est introduit pour faire disparaître les<br />

pénuries alimentaires sous Ptolémée.<br />

Comme pour l’orge, les grains sont<br />

stockés dans <strong>de</strong>s greniers nommés Zeir<br />

qui sont ornés <strong>de</strong> <strong>de</strong>ssins d’animaux,<br />

oiseaux et poissons. Le remplissage se fait<br />

par le haut, une trappe à la base permet<br />

<strong>de</strong> récupérer une quantité précise <strong>de</strong><br />

céréales. Les paysans donnent leur récolte<br />

au roi qui leur en restitue une partie sous<br />

forme <strong>de</strong> paye. Les céréales servent aussi<br />

aux jeux : les balles <strong>de</strong> cuir pour enfant<br />

sont remplies <strong>de</strong> paille.<br />

En pharmacopée, on utilise le blé pour<br />

soigner la peau et pour réaliser <strong>de</strong>s<br />

pronostics sur les naissances : il faut<br />

29


disposer <strong>de</strong> 2 sacs <strong>de</strong> graines : l'un d’orge,<br />

l'autre <strong>de</strong> blé. La femme enceinte urine sur<br />

ces sacs. Si le sac d’orge germe le<br />

premier, ce sera un garçon, si le sac <strong>de</strong><br />

blé germe, ce sera une fille.<br />

C<br />

Ceratonia siliqua<br />

O. Fabales, F. Fabacées<br />

Caroubier<br />

Arbre dioïque, cultivé pour son fruit : la<br />

caroube, une gousse en forme <strong>de</strong> corne.<br />

La pulpe jaunâtre <strong>de</strong> cette gousse est<br />

farineuse à maturité et a un goût sucré<br />

voisin du chocolat. Les graines <strong>de</strong> la<br />

gousse, <strong>de</strong> taille et <strong>de</strong> poids relativement<br />

constants, servent <strong>de</strong> mesure dans<br />

l’Antiquité, d’où l’origine du mot carat pour<br />

l’or. Ces graines se sucent aussi comme<br />

<strong>de</strong>s bonbons.<br />

Carthame<br />

Genre Carthamus<br />

O. Astérales, F. Astéracées<br />

Equivalent du chardon. Peut atteindre 1 m<br />

<strong>de</strong> haut, donne une fleur jaune. En arabe<br />

signifie dire "teindre", il donne une couleur<br />

safran, d’où son utilité dans les teintures.<br />

Cèdre du Liban<br />

Cedrus libani<br />

O. Coniferales, F. Pinacées<br />

Arbre à silhouette en parasol <strong>de</strong> 30 m <strong>de</strong><br />

haut environ. Une gran<strong>de</strong> longévité,<br />

relativement rare et donc utilisé<br />

uniquement pour réaliser <strong>de</strong>s barques<br />

royales et <strong>de</strong>s ouvrages <strong>de</strong> luxe.<br />

Chou<br />

Brassica oleracea<br />

O. Brassicales, F. Brassicacées<br />

Le chou est un légume-feuille peu<br />

énergétique (22 kcal/100 g), riche en<br />

vitamines C, A et E, et en potassium.<br />

Concombre<br />

Cucumis sativus<br />

O. Cucurbitales, F. Cucurbitacées<br />

Légume fruit. Plante annuelle herbacée<br />

potagère.<br />

Originaire <strong>de</strong> l’Himalaya, il conquiert<br />

l’Occi<strong>de</strong>nt en passant par l’Egypte. Son<br />

goût est plus amer à cette époque<br />

qu’actuellement. Très peu calorique<br />

(14 kcal/100 g) comme le chou, il est riche<br />

en vitamines B et C. Réputé actuellement<br />

pour hydrater la peau, on ne lui connaît<br />

pas <strong>de</strong> vertus médicinales à l’époque<br />

égyptienne.<br />

Datte (palmier dattier.)<br />

Phoenix dactylifera<br />

O. Arécales, F. Arécacées<br />

D<br />

L’arbre peut atteindre 30 m <strong>de</strong> haut, grêle<br />

et élancé. On le retrouve sous forme <strong>de</strong><br />

bois <strong>de</strong> palmiers (palmeraie <strong>de</strong> Memphis).<br />

Les régimes pèsent environ 18 kg et<br />

l’arbre peut fournir plus <strong>de</strong> 1000 dattes par<br />

an. La datte est réputée pour soigner les<br />

maux <strong>de</strong> gorge (en gargarisme dans du<br />

lait).<br />

30


Les personnes simples, à leur mort, sont<br />

enroulées dans une natte ou un cercueil<br />

simple contenant <strong>de</strong>s dattes et une cruche<br />

d’eau.<br />

Genre Diospyros<br />

O. Ericales, F. Ebénacées<br />

Ebène<br />

Les arbres sont aussi appelés ébéniers.<br />

Bois rare venant d’Afrique, <strong>de</strong> couleur<br />

noire (les pieds femelles sont les plus<br />

noirs), plus <strong>de</strong>nse que l’eau, sert<br />

uniquement aux ouvrages <strong>de</strong> luxe. Son<br />

aspect scintillant et luisant provient <strong>de</strong>s<br />

cristaux d’aci<strong>de</strong> oxalique qu’il contient.<br />

(Photo : tête <strong>de</strong> serviteur en ébène)<br />

Encens<br />

Résine <strong>de</strong> myrrhe (venant du Pount) et<br />

d’oliban (venant <strong>de</strong> Nubie), utilisée au<br />

quotidien comme pour le culte et la<br />

momification. Se compose donc :<br />

De l’oliban :<br />

résine extraite du Boswellia, O.<br />

Sapindales, F. Burseracées,<br />

et <strong>de</strong><br />

myrrhe : gomme-résine récupérée à la fin<br />

<strong>de</strong> l’été sous forme <strong>de</strong> lames sortant <strong>de</strong><br />

boursouflures du tronc <strong>de</strong> l’arbuste<br />

Commiphora (nommé aussi balsamier ou<br />

baumier, O. Sapindales, F. Burseracées)<br />

et ramassées <strong>de</strong>sséchées. On donne à la<br />

myrrhe sous forme <strong>de</strong> masques faciaux le<br />

pouvoir <strong>de</strong> rajeunir les Egyptiennes.<br />

La résine est une sécrétion provenant <strong>de</strong>s<br />

cytoplasmes <strong>de</strong>s cellules et donc peut être<br />

extraite <strong>de</strong> toutes les parties du végétal,<br />

alors que la gomme provient <strong>de</strong>s parois<br />

cellulaires et se trouve préférentiellement<br />

dans la tige ou le tronc.<br />

F<br />

Fève<br />

Vicia faba<br />

O. Fabales, F. Fabacées<br />

Les fèves ne sont pas semées mais<br />

poussent naturellement en Egypte. C’est<br />

un légume impur : les prêtres ne les<br />

touchent pas et ne supportent pas leur<br />

vue. Actuellement, en Egypte, un plat<br />

nommé foul fait à base <strong>de</strong> purée <strong>de</strong> fèves,<br />

huile d’olive, oignons et œufs durs <strong>de</strong><br />

pigeons est encore cuisiné comme au<br />

Moyen Empire.<br />

Figuier<br />

Genre Ficus<br />

O. Rosales, F. Moracées<br />

Arbre dont le tronc est veiné et noueux. La<br />

figue est en fait un réceptacle contenant<br />

les fleurs qui se développent à l’intérieur,<br />

fécondées par une minuscule guêpe (il<br />

31


s’agit d’une coévolution). On connaît en<br />

Égypte ancienne un figuier du nom <strong>de</strong><br />

figuier sycomore, donnant <strong>de</strong>s très petites<br />

figues (2 cm environ) jaunes-roses. Les<br />

enfants et les singes participent souvent à<br />

la récolte <strong>de</strong>s figues.<br />

La figue noire permet <strong>de</strong> combattre<br />

l’impuissance, on lui reconnaît une<br />

influence sur les bronchites.<br />

G<br />

Grena<strong>de</strong><br />

Punica granatum<br />

O. Myrtales, F. Lythracées<br />

Fruit issu d’un arbuste, le grenadier, dont<br />

les fleurs sont rouge vif. Baie ron<strong>de</strong><br />

enveloppée d’une enveloppe coriace<br />

contenant <strong>de</strong>s grains enrobés dans une<br />

gélatine sucrée, âcre. On presse<br />

l’ensemble, on récupère le jus (il faut 1 kg<br />

<strong>de</strong> fruit pour obtenir ½ l <strong>de</strong> jus). L’on<br />

obtient ainsi, en Egypte ancienne, un vin<br />

léger issu <strong>de</strong> la fermentation <strong>de</strong> ce jus au<br />

goût <strong>de</strong> framboise.<br />

Très riche en vitamine C.<br />

H<br />

Herbes aromatiques<br />

Elles sont trempées dans la graisse et<br />

chauffées au soleil pour exprimer toutes<br />

leurs o<strong>de</strong>urs et leurs vertus<br />

antibactériennes lors <strong>de</strong> la fabrication<br />

d’onguents. Parmi elles, l’aneth, la<br />

coriandre et l’oseille.<br />

L<br />

Lens culinaris<br />

O. Fabales, F. Fabacées<br />

Lentille<br />

Lens : ce nom vient du mot Lenis qui veut<br />

dire doux. Plante annuelle à fleur<br />

blanchâtre. Dans le champ, vit en<br />

symbiose avec une bactérie (Rhizobium<br />

leguminosarum) qui permet d’enrichir le<br />

sol en nitrates. Les pieds servent donc<br />

aussi à fertiliser les terrains.<br />

La lentille cultivée (Lens culinaris), la plus<br />

courante à l’époque, est plus grosse<br />

(macrosperma) que nos lentilles actuelles,<br />

et <strong>de</strong> couleur corail/rouge (comme celle<br />

d’In<strong>de</strong> aujourd’hui). Elle est tellement facile<br />

à cultiver à Péluse, dans le <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>,<br />

qu’elle est souvent exportée dans les<br />

contrées voisines. Elle est consommée<br />

sous forme <strong>de</strong> soupe, et qualifiée <strong>de</strong><br />

véritable bifteck végétal car elle apporte 7<br />

fois plus <strong>de</strong> calcium et <strong>de</strong> fer que les<br />

épinards.<br />

Linum usitatissimum<br />

O. Malpighiales, F. Linacées<br />

Lin<br />

Les tiges fines subissent le rouissage<br />

(trempage dans l'eau pendant 3 jours),<br />

étape qui permet <strong>de</strong> détruire les ciments<br />

pectiques par hydrolyse enzymatique, et<br />

d'obtenir <strong>de</strong>s fibres très malléables.<br />

Très utilisé au quotidien, surtout sous<br />

forme <strong>de</strong> tissu extrêmement fin. Il est<br />

utilisé pour réaliser <strong>de</strong>s cordages, <strong>de</strong>s<br />

filets <strong>de</strong> pêche, et parfois ses graines sont<br />

consommées.<br />

Le tissage se fait sur <strong>de</strong>s métiers à tisser<br />

à navette, horizontaux ou plus rarement<br />

verticaux ; dans ce cas, la trame est<br />

poussée vers le bas. Ce sont les femmes<br />

qui confectionnent les fils.<br />

32


Les vêtements : les<br />

femmes portent <strong>de</strong>s robes étroites<br />

moulantes (robes fourreau), longues avec<br />

bretelles partant <strong>de</strong> <strong>de</strong>ssous la poitrine,<br />

en étoffe très légère. Ces vêtements sont<br />

colorés (le bleu est réservé au <strong>de</strong>uil, le<br />

rouge aux prêtresses). Les hommes<br />

portent <strong>de</strong>s pagnes faits d’une seule pièce<br />

avec ceinture en lin ou cuir ; les plus riches<br />

portent une cape plissée en lin sur une<br />

longue jupe.<br />

Les ban<strong>de</strong>lettes servent comme mèches<br />

pour l’éclairage, associées à <strong>de</strong> la graisse<br />

<strong>de</strong> sésame et du sel pour éviter la fumée.<br />

Le tout est placé dans une coupe en terre<br />

cuite ou en bronze. Pour les torches, on<br />

utilise carrément d’anciens vêtements.<br />

Pour les momies il faut environ 375 m 2<br />

pour recouvrir le corps <strong>de</strong> ban<strong>de</strong>lettes <strong>de</strong> 6<br />

à 20 cm <strong>de</strong> large. L’opération dure <strong>de</strong> 10 à<br />

15 jours.<br />

Lotus<br />

O. Nymphéales, F. Nymphéacées<br />

Il en existe <strong>de</strong>ux sortes : blanc (Nymphea<br />

lotus) ou bleu (N. caerulea). Poussant<br />

dans les zones humi<strong>de</strong>s, le lotus se<br />

retrouve souvent dans l’alimentation : avec<br />

la moelle <strong>de</strong> sa tige on réalise <strong>de</strong> la farine<br />

pour faire du pain, avec la racine <strong>de</strong>s mets<br />

ayant le goût <strong>de</strong> la pomme sucrée, et son<br />

fruit, <strong>de</strong> la taille d’un noyau d’olive, est<br />

consommé frais ou sec. C'est aussi une<br />

plante ornementale <strong>de</strong>s jardins <strong>de</strong> riches<br />

maisons possédant <strong>de</strong>s bassins. C’est une<br />

plante emblématique pour les Egyptiens,<br />

symbole <strong>de</strong> renaissance. On utilise sa fleur<br />

lors <strong>de</strong> fêtes champêtres, elle est tressée<br />

en couronnes pour les hommes et portées<br />

dans les cheveux. Une seule fleur sert <strong>de</strong><br />

parure <strong>de</strong> cheveux pour les femmes.<br />

Mandragore<br />

Mandragora officinarum<br />

O. Solanales, F. Solanacées<br />

M<br />

Plante herbacée voisine <strong>de</strong> la belladone.<br />

La partie aérienne (30 cm <strong>de</strong> haut) émet<br />

une o<strong>de</strong>ur forte, les fleurs fournissent <strong>de</strong>s<br />

baies (voir photographie). La racine<br />

pivotante (disproportionnée, parfois avec<br />

<strong>de</strong>s formes humaines) peut s’enfoncer<br />

jusqu’à 1m dans le sol.<br />

Elle produit dans ses feuilles, fruits, tige et<br />

racine <strong>de</strong>s alcaloï<strong>de</strong>s mydriatiques (qui<br />

dilatent la pupille) et hallucinogènes, dont<br />

le plus connu est l’atropine.<br />

Menthe<br />

Genre Mentha<br />

O. Lamiales, F. Lamiacées<br />

Plante herbacée, vivace <strong>de</strong> 60 cm <strong>de</strong> haut<br />

au maximum, se multiplie très facilement<br />

par son système racinaire. Les feuilles<br />

secrètent une essence : le menthol.<br />

Réputée pour son efficacité contre les<br />

troubles gastriques.<br />

33


Voir Encens<br />

Myrrhe<br />

Un <strong>de</strong>s composants <strong>de</strong> l’encens.<br />

Entre dans la recette <strong>de</strong> collyres, par<br />

exemple pour soigner le retournement <strong>de</strong>s<br />

cils dans l’œil. Est alors additionnée <strong>de</strong><br />

sang <strong>de</strong> lézard et <strong>de</strong> chauve-souris. Les<br />

mé<strong>de</strong>cins sont spécialisés pour chaque<br />

partie du corps, mais les yeux ont une<br />

importance capitale, d’où <strong>de</strong> nombreux<br />

remè<strong>de</strong>s à base <strong>de</strong> myrrhe pour les yeux.<br />

O<br />

Oignon<br />

Allium sepa<br />

O. Liliales, F. Liliacées<br />

Plante à bulbe semée pendant la pério<strong>de</strong><br />

hivernale, elle fait l’objet d’une gran<strong>de</strong><br />

fête nommée « netjeryt ». A cette<br />

occasion, le peuple porte <strong>de</strong>s colliers<br />

d’oignons qu’il va offrir aux défunts et au<br />

dieu Sokar. On mâche un oignon pour se<br />

protéger <strong>de</strong>s serpents qui sortent<br />

d’hibernation, et on lui reconnaît la<br />

capacité <strong>de</strong> purifier la bouche. Considéré<br />

comme aphrodisiaque, il a aussi une<br />

action tonifiante et antibactérienne sur les<br />

yeux.<br />

Olive<br />

Olea europea<br />

O. Oléales, F. Oléacées<br />

Les oliviers sont peu connus, introduits<br />

tardivement ; l’huile alimentaire est surtout<br />

faite à partir <strong>de</strong>s grains <strong>de</strong> sésame et <strong>de</strong><br />

ricin.<br />

Orge<br />

Hor<strong>de</strong>um vulgare, H. hexastichon<br />

O. Poales, F. Poacées<br />

Le pain et la bière sont la base <strong>de</strong><br />

l’alimentation <strong>de</strong>s Egyptiens.<br />

On broie l’orge pour en retirer l’enveloppe,<br />

puis on écrase le grain sur une meule avec<br />

une pierre. On tamise la poudre ainsi<br />

obtenue : la farine est prête. Le pain est<br />

confectionné à partir d’une pâte sous<br />

forme d’une bouillie fermentée. La pâte est<br />

pétrie avec les pieds (les mains servant au<br />

fumier et au mo<strong>de</strong>lage <strong>de</strong> la glaise). On ne<br />

sait si du levain est rajouté, mais la<br />

constitution <strong>de</strong> ces pains est relativement<br />

compacte. Le pain a différentes formes :<br />

galette ron<strong>de</strong> cuite sur les parois d’un four<br />

en terre, nommée TA, ou dans <strong>de</strong>s moules<br />

coniques, ou tronconiques, préchauffés<br />

avec une marque pour chaque propriétaire<br />

(20 cm <strong>de</strong> large, 15 cm <strong>de</strong> haut). Les<br />

gâteaux sont faits <strong>de</strong> farine d’orge<br />

accommodée <strong>de</strong> sucre <strong>de</strong> dattes ou plus<br />

rarement <strong>de</strong> miel.<br />

Le pain d’orge sert aussi à la fabrication <strong>de</strong><br />

la bière, voilà pourquoi le boulanger est<br />

aussi le brasseur. Cette bière est la<br />

boisson nationale ! Pharaon, rois,<br />

serviteurs, ouvriers la consomment, elle<br />

est <strong>de</strong> toutes les fêtes. La confection <strong>de</strong> la<br />

bière débute par le trempage <strong>de</strong> pains<br />

émiettés dans une cuve remplie d’eau<br />

sucrée avec <strong>de</strong>s dattes, foulés au pied par<br />

le brasseur. La fermentation est facilitée<br />

en versant un peu d’ancienne bière. Puis il<br />

y a filtration du jus obtenu et stockage<br />

dans <strong>de</strong>s amphores scellées avec <strong>de</strong>s<br />

bouchons (voir Argile). Juste avant la<br />

consommation, le cabaretier filtre une<br />

<strong>de</strong>rnière fois le produit.<br />

Les boissons fermentées sont à base<br />

d’orge puis plus tardivement, en absence<br />

<strong>de</strong> raisin, le vin aussi est fait avec <strong>de</strong><br />

l’orge. Quoiqu’il arrive, ce vin est réservé<br />

aux rois.<br />

La production d’orge dépasse souvent la<br />

consommation du peuple égyptien, elle est<br />

donc exportée vers les pays limitrophes et<br />

est <strong>source</strong> <strong>de</strong> richesse.<br />

Elle sert <strong>de</strong> présent sur les tombeaux, en<br />

compagnie <strong>de</strong> la laitue.<br />

Elle sert aussi à faire <strong>de</strong>s prévisions : dans<br />

une boulette <strong>de</strong> terre on place quelques<br />

graines, on attend la germination, qui doit<br />

correspondre à l’apparition du premier<br />

croissant <strong>de</strong> lune dans le ciel.<br />

P<br />

Palmier<br />

O. Arécales, F. Arécacées<br />

34


Espèce végétale comportant un stipe (tige<br />

riche en moelle, sans branches) et <strong>de</strong>s<br />

palmes placées en couronne.<br />

L’inflorescence donnant le régime se<br />

nomme spadice.<br />

Les stipes servent <strong>de</strong> poutres pour<br />

soutenir les toitures. La fibre <strong>de</strong> palmier<br />

sert d’allumette et permet la confection <strong>de</strong><br />

perruques.<br />

Plusieurs sortes :<br />

Palmier dattier Voir datte.<br />

Palmier doum : ne se retrouve qu’à partir<br />

<strong>de</strong> Thèbes, d’où son nom : Hyphaene<br />

thebaica, arbuste au stipe court, avec<br />

feuilles en éventail, dont la principale<br />

utilisation est la vannerie, mais les singes<br />

consomment les fruits du palmier doum.<br />

Papyrus<br />

Cyperus papyrus<br />

O. Cypérales, F. Cypéracées<br />

Aujourd’hui disparu d'Egypte. Plante<br />

annuelle <strong>de</strong>s marais pouvant atteindre 6 m<br />

<strong>de</strong> haut. Son tronc est à section<br />

triangulaire. On lui connaît <strong>de</strong> multiples<br />

usages :<br />

Pour le transport : <strong>de</strong>s esquifs sont<br />

réalisés à base <strong>de</strong> tiges <strong>de</strong> papyrus<br />

entières : ils ne possè<strong>de</strong>nt pas <strong>de</strong> quille,<br />

mais une perche-gouvernail, <strong>de</strong>s rames ou<br />

une voilure en papyrus et permettent la<br />

chasse et la pêche dans les marais. Ne<br />

s’utilisent que sur une faible distance.<br />

Pour l’écriture : la moelle fibreuse <strong>de</strong>s<br />

tiges, aplatie au maillet, clivée au couteau,<br />

mouillée puis séchée, forme une ban<strong>de</strong><br />

que l’on sou<strong>de</strong> perpendiculairement à une<br />

autre <strong>de</strong> même format. Une feuille est<br />

constituée ainsi <strong>de</strong> plusieurs ban<strong>de</strong>s<br />

verticales mesurant 47 cm <strong>de</strong> haut.<br />

20 feuilles forment un rouleau, plusieurs<br />

rouleaux sont assemblés (le plus long<br />

papyrus connu mesure 40 m).<br />

Pour le quotidien : <strong>de</strong>s sandales, <strong>de</strong>s<br />

nattes, <strong>de</strong>s paniers, corbeilles et cages<br />

sont faits en écorce <strong>de</strong> papyrus.<br />

Il sert aussi <strong>de</strong> combustible et <strong>de</strong><br />

nourriture : la racine permet <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s<br />

ragoûts, la base <strong>de</strong> la tige est cuite à<br />

l’étouffée dans un four chaud ou<br />

simplement mâchée crue (comme nous<br />

faisons avec les bâtons <strong>de</strong> canne à sucre<br />

<strong>de</strong> nos jours).<br />

On lui attribue <strong>de</strong>s vertus énergétiques.<br />

Pavot<br />

Genre Papaver<br />

O. Ranunculales, F. Papavéracées<br />

La fleur comporte un pistil en forme <strong>de</strong><br />

capsule qui donne un latex blanc, lorsque<br />

l’on fait une incision longitudinalement sur<br />

cette capsule. Le produit <strong>de</strong>vient brun en<br />

séchant et se nomme l’opium. Il contient 2<br />

sortes d’alcaloï<strong>de</strong>s : les phénanthrènes<br />

dont la morphine est le principal<br />

constituant (16% du total <strong>de</strong> l’opium), qui<br />

agissent sur le système nerveux central, et<br />

les benzylisoquinolines (la papavérine)<br />

ayant peu d’effet sur le système nerveux<br />

central.<br />

Déjà connu pour calmer la douleur.<br />

Perséa<br />

Arbre <strong>de</strong> haute taille, disparu <strong>de</strong> nos jours,<br />

qui donne <strong>de</strong>s fruits charnus et succulents<br />

<strong>de</strong> couleur rouge (photographie<br />

d’ostracum où l’on voit l’arbre et ses fruits).<br />

Une espèce voisine persiste <strong>de</strong> nos jours :<br />

l’avocatier.<br />

Pois chiche<br />

Cicer arietinum<br />

O. Fabales, F. Fabacées (légumineuses)<br />

Plante herbacée annuelle buissonnante<br />

formant <strong>de</strong>s gousses contenant environ<br />

4 pois. Ils sont riches en fibres et protéines<br />

végétales et très pauvres en matières<br />

grasses. Les Egyptiens les appellent "tête<br />

<strong>de</strong> lion", ceci à cause <strong>de</strong> leur forme plissée<br />

lorsqu’ils sont secs.<br />

R<br />

Radis<br />

Raphanus sativus<br />

35


O. Brassicales, F. Brassicacées<br />

Légume-racine venant <strong>de</strong> Chine, on le<br />

retrouve en Egypte ancienne. De couleur<br />

noire, il a une forme allongée, conique. Sa<br />

chair <strong>de</strong> couleur blanche est riche en<br />

calcium, potassium, et soufre qui lui donne<br />

son goût aci<strong>de</strong> ; il apporte seulement<br />

15 kcal/100 g et contient <strong>de</strong>s vitamines C<br />

et P ainsi que <strong>de</strong>s fibres. Des hiéroglyphes<br />

le représentent dans le temple <strong>de</strong> Karnak.<br />

Rhamnus<br />

Rhamnus cathartica<br />

O. Rosales, F. Rhamnacées<br />

Nerprun purgatif<br />

Arbuste très vigoureux, aux fleurs en<br />

grappe donnant <strong>de</strong>s fructifications très<br />

noires qui sont utilisées en mé<strong>de</strong>cine pour<br />

les purges. Une fois par mois, et pendant 3<br />

jours d’affilée, s’effectuait pour chacun une<br />

pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> nettoyage intestinal à base <strong>de</strong><br />

vomitifs et <strong>de</strong> lavements laxatifs.<br />

Raisin<br />

Vitis vinifera<br />

O. Vitales, F. Vitacées<br />

La vigne et son raisin (<strong>de</strong> table ou pour<br />

faire du vin) sont connus <strong>de</strong>puis l’Ancien<br />

Empire, mais le vin n’est pas la première<br />

boisson alcoolisée. Les vignes sont<br />

localisées uniquement dans le <strong>de</strong>lta du <strong>Nil</strong>,<br />

au bord du lac Maréotique.<br />

Ricin<br />

Ricinus communis<br />

O. Malpighiales, F. Euphorbiacées<br />

Cultivé, sert à faire <strong>de</strong> l’huile en étant<br />

broyé et pressé ; il est aussi utilisé bouilli<br />

ou grillé.<br />

Pour l’éclairage, son o<strong>de</strong>ur tenace est<br />

masquée par une adjonction <strong>de</strong> sel.<br />

On reconnaît à son huile <strong>de</strong>s vertus<br />

purgatives et la faculté <strong>de</strong> faire pousser les<br />

cheveux.<br />

Roseau<br />

Genre Scirpus<br />

O. Poales, F. Cypéracées<br />

La tige <strong>de</strong> roseau sert pour l’écriture, elle<br />

est taillée pour former un calame<br />

(photographie) ou mâchée pour réaliser un<br />

pinceau. Pour faire les traits préparateurs<br />

<strong>de</strong>s peintures murales, « le scribe <strong>de</strong>s<br />

contours » utilise un simple jonc mâché.<br />

Le plus utilisé est le souchet.<br />

Son rhizome au goût <strong>de</strong> noisette est la<br />

base d’un gâteau conique.<br />

S<br />

Sesamum indicum<br />

O. Lamiales, F. Pédaliacées<br />

Sésame<br />

36


Plante oléagineuse dont on utilise les<br />

graines, dont la particularité est <strong>de</strong><br />

contenir les 8 aci<strong>de</strong>s aminés que l’on ne<br />

trouve habituellement que dans les<br />

protéines animales (tryptophane et<br />

méthionine).<br />

Les graines sont facilement assimilables.<br />

Elles donnent <strong>de</strong> l’huile après broyage. On<br />

leur reconnaît <strong>de</strong>s vertus émollientes,<br />

antiarthritiques, laxatives.<br />

Styrax officinalis<br />

O. Ericales, F Styracacées<br />

Styrax<br />

Arbuste buissonnant à feuilles caduques, à<br />

drupes (fruits à noyau), nommé aussi<br />

aliboufier. En incisant le tronc, on obtient<br />

un liqui<strong>de</strong> blanc s’épaississant au contact<br />

<strong>de</strong> l’air qui donne un baume odorant riche<br />

en aci<strong>de</strong> benzoïque. Il sert à fixer les<br />

parfums, il rentre dans la composition du<br />

papier d’Arménie. En France on le nomme<br />

le benjoin.<br />

Les Egyptiens lui reconnaissent la<br />

capacité <strong>de</strong> soigner les maladies<br />

pulmonaires.<br />

Ficus sycomorus<br />

O. Rosales, F. Moracées<br />

Sycomore<br />

Il correspond à l’arbre égyptien par<br />

excellence, on le retrouve dans les<br />

villages, aux carrefours <strong>de</strong>s chemins et<br />

même au bord du désert. Sert avec<br />

l’acacia pour les cercueils simples, pour<br />

confectionner les portes <strong>de</strong>s maisons et<br />

pour la statuaire.<br />

Tamaris<br />

Tamarix<br />

O. Caryophyllales, F. Tamaricacées<br />

T<br />

Petit arbre méditerranéen aux fleurs en<br />

épis très aériens, il est résistant au sel et<br />

peut donc pousser au niveau du <strong>de</strong>lta du<br />

<strong>Nil</strong>.<br />

Permet <strong>de</strong> réaliser <strong>de</strong>s tenons et mortaises<br />

pour les sarcophages.<br />

Térébinthe<br />

Pistacia terebinthus<br />

O. Sapindales, F. Anarcadiacées<br />

Pousse dans les oasis et le désert à l’est<br />

<strong>de</strong> Memphis. Son bois dur sert à<br />

l’ébénisterie et à la marqueterie, pour les<br />

ornementations. Sa résine sert à encenser<br />

les morts. Il dégage une forte o<strong>de</strong>ur <strong>de</strong><br />

résine.<br />

37


Partie 2 - La vie quotidienne en Egypte en l’an -2000<br />

2 - 3 - Vivre avec les éléments minéraux <strong>de</strong> la nature<br />

On retrouve ici la même structure que pour les <strong>de</strong>ux chapitres précé<strong>de</strong>nts<br />

Pour construire Argile, mortier<br />

Calcaire, grès rose<br />

Granite, diorite, quartzite, jaspe<br />

Pour les objets <strong>de</strong> la vie quotidienne<br />

Natron<br />

Faïence, argile, cuivre<br />

et améliorer son cadre <strong>de</strong> vie et se soigner Bitume et 20 minéraux en poudre<br />

Pour décorer Ocre pour les couleurs<br />

Pierres semi précieuses : turquoise et<br />

malachite vert pâle du Sinaï, lapis lazuli<br />

d’Afghanistan, cornaline, quartz, calcédoine et<br />

pâte <strong>de</strong> verre<br />

Rognons <strong>de</strong> silex et météorites pour la<br />

statuaire<br />

Alliages : électrum, bronze<br />

38


Abécédaire<br />

éléments minéraux<br />

A<br />

Albâtre<br />

N m. qui a pour origine le nom d’une cité<br />

égyptienne.<br />

Gypse très fin <strong>de</strong> couleur blanche, voire<br />

transluci<strong>de</strong>, utilisé en sculpture. La calcite<br />

anciennement nommée aussi albâtre par<br />

les égyptiens sert pour fabriquer les sols,<br />

les récipients à onguents et les vases<br />

canopes.<br />

Argile<br />

Ici, nom utilisé dans la signification <strong>de</strong><br />

roche argileuse (argile désigne aussi le<br />

minéral). Roche résiduelle à grain fin,<br />

tendre, rayable à l’ongle, imperméable.<br />

Les argiles sont classées en fonction <strong>de</strong><br />

leur capacité (exemple : argiles grasses ou<br />

maigres selon leur plasticité).<br />

Elle sert pour réaliser <strong>de</strong>s objets du<br />

quotidien : vase, jarre, amphore (dont le<br />

bouchon est fait <strong>de</strong> terre crue en forme <strong>de</strong><br />

champignon), bols, coupes et même pots<br />

<strong>de</strong> miel. On a retrouvé <strong>de</strong>s tours <strong>de</strong> potier<br />

du Moyen Empire ; la poterie est cuite<br />

dans <strong>de</strong>s fours à 600 °C. Les maisons<br />

sont réalisées en briques <strong>de</strong> terre crue<br />

(argile et sable), voire en torchis (mélange<br />

d’argile, paille et excréments) dans les<br />

zones moins argileuses. Les poupées sont<br />

faites <strong>de</strong> terre cuite. L’éclairage est<br />

possible grâce à <strong>de</strong>s coupes <strong>de</strong> terre cuite<br />

contenant <strong>de</strong> l’huile et du sel (qui évite la<br />

fumée) et une mèche <strong>de</strong> lin. En<br />

pharmacopée, on retrouve l’argile sous<br />

forme d’emplâtre pour soigner plaies et<br />

rhumatismes.<br />

B<br />

Bitume<br />

Produit naturel dérivant <strong>de</strong> la matière<br />

hydrocarbonée (pétrole), <strong>de</strong> 2 familles les<br />

naphtabitumes : dérivés légers du pétrole<br />

(gaz) et les kérabitumes, provenant <strong>de</strong>s<br />

vases et produits lourds du pétrole. Ces<br />

kérabitumes sont inclus dans <strong>de</strong>s roches<br />

bitumineuses (argile le plus souvent), <strong>de</strong><br />

couleur noire et d'aspect gras, à o<strong>de</strong>ur<br />

féti<strong>de</strong>. Ce sont les kérabitumes qui sont<br />

utilisés en Egypte comme produit<br />

désinfectant, produit <strong>de</strong> cosmétologie et <strong>de</strong><br />

conservation <strong>de</strong> momies. Facile<br />

d’application car liquéfiable à chaud.<br />

Bronze<br />

Alliage <strong>de</strong> cuivre (plus <strong>de</strong> 60%) et d’étain,<br />

<strong>de</strong> bonne résistance à l’usure et à la<br />

corrosion à la différence du cuivre. Il sert à<br />

réaliser <strong>de</strong>s<br />

objets du quotidien (photographie d’un<br />

récipient à khôl <strong>de</strong> 13 cm, Musée <strong>de</strong><br />

Grasse), <strong>de</strong>s armes : arc et flèches<br />

réalisés dans un alliage rudimentaire, et<br />

<strong>de</strong>s objets <strong>de</strong> décoration.<br />

C<br />

Roche<br />

Calcaire<br />

sédimentaire carbonatée<br />

comportant au moins 50% <strong>de</strong> calcite,<br />

rayable au couteau, effervescente à froid<br />

avec un aci<strong>de</strong>. Les calcaires sont très<br />

divers et se présentent en strates. Leur<br />

classification fait intervenir plusieurs<br />

39


critères (présence <strong>de</strong> fossiles, <strong>de</strong> matériel<br />

terrigène, texture et grain, teneur en<br />

calcite, et zone <strong>de</strong> dépôt). Des carrières en<br />

Egypte ancienne sont citées dans les<br />

textes. De Toura et Ma’ Sara on extrait un<br />

calcaire à grain fin d’excellente qualité . Le<br />

calcaire <strong>de</strong> Toura est si lisse que l’on en<br />

fait <strong>de</strong>s parements <strong>de</strong> monuments<br />

uniquement. Le travail du calcaire se fait<br />

avec <strong>de</strong>s maillets et <strong>de</strong>s ciseaux en<br />

bronze. Les Egyptiens sont très attachés<br />

aux formes faites par l’érosion sur les<br />

calcaires : sur la rive gauche du <strong>Nil</strong>, sous<br />

Monthouhotep, une pyrami<strong>de</strong> naturelle<br />

forme le Dehenet (cime thébaine) qui est à<br />

l’origine <strong>de</strong> l’architecture <strong>de</strong>s pyrami<strong>de</strong>s<br />

construites. De même, dans la vallée <strong>de</strong>s<br />

Reines, <strong>de</strong>s figures dues à l’érosion<br />

éolienne (sculptures <strong>de</strong> la nature) donnent<br />

directement <strong>de</strong>s figures d’oiseau ou <strong>de</strong><br />

chien. Pour le Sphinx, les sculpteurs se<br />

servirent <strong>de</strong> la dureté variable <strong>de</strong>s strates<br />

<strong>de</strong> calcaires pour réaliser son profil.<br />

Calcédoine<br />

Variété <strong>de</strong> quartz microcristalline, donc<br />

minéral siliceux. La roche formée à partir<br />

du minéral se nomme calcédonite mais est<br />

improprement nommée calcédoine.<br />

Cornaline<br />

Variété <strong>de</strong> calcédoine rouge, sert<br />

uniquement aux Egyptiens à réaliser <strong>de</strong>s<br />

chatons <strong>de</strong> bagues.<br />

Cuivre<br />

Extrait <strong>de</strong>s mines <strong>de</strong> Agharah, sur le mont<br />

Sinaï, extrait et traité sur place au Moyen<br />

Empire. Sert à souligner les yeux <strong>de</strong>s<br />

personnages et <strong>de</strong>s statues. Moins cher<br />

que l’or, il permet aussi <strong>de</strong> réaliser <strong>de</strong><br />

petites statues entières en utilisant la<br />

technique du moule en cire perdue et entre<br />

dans la composition du bronze.<br />

D<br />

Diorite<br />

Roche magmatique, grenue, composée <strong>de</strong><br />

plagioclases blanchâtres et d’amphibole<br />

verte et d'un peu <strong>de</strong> biotite. Cette roche ne<br />

contient pas <strong>de</strong> quartz, ni <strong>de</strong> pyroxène.<br />

Elle forme <strong>de</strong> petits massifs isolés ou<br />

associés à du granite ou du gabbro : à<br />

relier au volcanisme <strong>de</strong> subduction. Elle<br />

sert en architecture pour la construction<br />

<strong>de</strong>s temples. Pour les Egyptiens, elle<br />

provient <strong>de</strong> la Nubie voisine.<br />

E<br />

Electrum<br />

Alliage composé <strong>de</strong> 3 parts d’or pour une<br />

part d’argent, les Egyptiens s’en servent<br />

pour leurs parures, les objets funéraires,<br />

les statues et leurs armes.<br />

F<br />

Faïence<br />

Nommée aussi fritte : correspond à un<br />

mélange <strong>de</strong> poudre <strong>de</strong> silice, <strong>de</strong> sable et<br />

<strong>de</strong> chaux auquel on rajoute du natron <strong>de</strong> la<br />

gomme arabique et <strong>de</strong> l’eau , puis un<br />

oxy<strong>de</strong> <strong>de</strong> cuivre pour obtenir la couleur<br />

bleue, comme pour cette coupe en forme<br />

<strong>de</strong> lotus.<br />

G<br />

Galène<br />

Voir Plomb<br />

Granite<br />

Roche magmatique plutonique, grenue<br />

(cristaux <strong>de</strong> 1 à 5 mm voire plus), <strong>de</strong><br />

couleur claire, contenant 80% <strong>de</strong> quartz,<br />

<strong>de</strong> feldspath alcalin (orthose) et <strong>de</strong><br />

plagioclases. Les minéraux secondaires<br />

sont très variés (mica, amphibole,<br />

zircon…). On distingue les granites<br />

alcalins (quartz orthose), les granites<br />

40


calco-alcalins( avec minéraux<br />

ferromagnésiens : biotite, amphibole,<br />

grenat…), les granites monzonitiques (le<br />

pourcentage d’orthose est égal à celui <strong>de</strong>s<br />

plagioclases).<br />

Pour les Egyptiens, le granite rose à gros<br />

grain exprime la force et sert pour la<br />

sculpture <strong>de</strong> statues. Ils utilisent <strong>de</strong> la<br />

dolérite (roche intermédiaire entre gabbros<br />

et basaltes) pour réaliser <strong>de</strong>s percuteurs<br />

pour sculpter le granite.<br />

Grès<br />

Roche sédimentaire détritique terrigène,<br />

composée <strong>de</strong> 85% au moins <strong>de</strong> grains <strong>de</strong><br />

quartz plus ou moins arrondis enrobés<br />

dans un ciment <strong>de</strong> diverses couleurs (ex<br />

rouge : ciment riche en oxy<strong>de</strong> <strong>de</strong> fer) et <strong>de</strong><br />

diverses natures chimiques. Si le ciment<br />

est siliceux, la roche sera dure, si le ciment<br />

est calcaire elle sera plus tendre. Le grès<br />

est aussi parfois argileux, gypseux,<br />

bitumineux.<br />

Il sert <strong>de</strong> bas-relief dans les constructions.<br />

Le grauwacke (greywacke, graywacke) est<br />

un grès dont le ciment est détritique et non<br />

chimique, il sert parfois pour les<br />

obélisques.<br />

I<br />

Ivoire<br />

Résulte <strong>de</strong> la calcification <strong>de</strong> la pulpe <strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong>nts ou défenses <strong>de</strong>s Mammifères. Au<br />

sta<strong>de</strong> ultime, l’émail et cette calcification<br />

donnent l’ivoire, matériau à moitié<br />

organique et à moitié minéral. Le résultat<br />

s’agence comme <strong>de</strong>s cernes <strong>de</strong> bois, il est<br />

donc possible en comptant le nombre <strong>de</strong><br />

stries concentriques <strong>de</strong> donner l’âge <strong>de</strong><br />

l’éléphant dont la défense est issue.<br />

J<br />

Jaspe<br />

Roche sédimentaire formée par la<br />

sédimentation <strong>de</strong>s tests <strong>de</strong> radiolaires<br />

vivant dans les grands fonds marins et<br />

donc riche en silice (90 à95% <strong>de</strong> la roche).<br />

Le ciment est siliceux, avec une trame<br />

d’argile teintée par <strong>de</strong>s oxy<strong>de</strong>s ou du<br />

charbon, d’où <strong>de</strong>s couleurs variables et<br />

<strong>de</strong>s veines visibles. La cassure <strong>de</strong> la roche<br />

est lisse. Les variétés utilisées par les<br />

Egyptiens pour la décoration et les bijoux<br />

sont <strong>de</strong> couleur rouge, à grain très fin et<br />

homogène (velouté) et au ciment à base<br />

<strong>de</strong> calcédoine. Roche provenant <strong>de</strong> Nubie.<br />

L<br />

Lapis lazuli<br />

Roche bleue riche en lazurite<br />

accompagnée <strong>de</strong> calcite et <strong>de</strong> pyrite. La<br />

lazurite est un minéral feldspathoï<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

couleur bleu intense. Un feldspathoï<strong>de</strong> est<br />

un tectosilicate voisin du feldspath, mais<br />

mois riche en silice. Il coexiste rarement<br />

avec le quartz. Les couronnes sont<br />

réalisées à partir d’or et <strong>de</strong> lapis lazuli. En<br />

pharmacopée, il entre dans la composition<br />

<strong>de</strong> remè<strong>de</strong>s avec 20 autres minéraux<br />

(chaux, sels <strong>de</strong> plomb, sulfate <strong>de</strong> cuivre,<br />

sulfure d’arsenic pour les plus importants).<br />

M<br />

Malachite<br />

Carbonate hydraté contenant du cuivre, en<br />

masse arrondie <strong>de</strong> couleur verte, fait<br />

effervescence à l’aci<strong>de</strong>. Associée au<br />

gisement <strong>de</strong> chalcopyrite (=minerai <strong>de</strong><br />

cuivre) dans les gabbros ou les filons<br />

d’andésites.<br />

Mortier<br />

Pour les Egyptiens, mélange <strong>de</strong> chaux et<br />

<strong>de</strong> sable. Facile à appliquer, il n’est<br />

cependant pas totalement imperméable. Il<br />

sert le plus souvent pour les édifices<br />

religieux.<br />

N<br />

Natron<br />

Minéral constitué <strong>de</strong> carbonate hydraté <strong>de</strong><br />

sodium, à éclat vitreux et couleur blanche<br />

ou transparente. Il a pour origine<br />

l’évaporation <strong>de</strong> grands lacs riches en<br />

sodium, qui donnent une roche :<br />

l’évaporite (l’halite ou sel gemme est le<br />

minéral le plus pur <strong>de</strong>s évaporites :<br />

chlorure <strong>de</strong> sodium en cube parfait). Pour<br />

les Egyptiens, il sert <strong>de</strong> produit <strong>de</strong><br />

nettoyage du corps et à la momification.<br />

Des petits sachets <strong>de</strong> lin contenant du<br />

41


natron (petits carrés aux coins rabattus liés<br />

par une cor<strong>de</strong>lette) sont placés dans le<br />

thorax ou l’abdomen du mort pour<br />

<strong>de</strong>ssécher les cavités internes pendant<br />

70 jours et sont enlevés pour la suite <strong>de</strong> la<br />

momification. Le corps du mort est<br />

recouvert <strong>de</strong> natron pendant 40 jours.<br />

O<br />

Ocre<br />

Terre argileuse colorée en rouge par<br />

l’hématite (Fe2O3), jaune par la goethite<br />

(hydroxy<strong>de</strong> FeO-OH jaunâtre), brun par la<br />

limonite (Fe O-OH,nH2O), utilisée comme<br />

colorant. Dans les peintures, les femmes<br />

sont représentées <strong>de</strong> couleur jaune, alors<br />

que les hommes sont rouges. On a<br />

retrouvé <strong>de</strong>s cor<strong>de</strong>s trempées dans <strong>de</strong> la<br />

couleur rouge pour réaliser un quadrillage<br />

permettant le report <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ssins à gran<strong>de</strong><br />

échelle.<br />

Or<br />

Provient du mont Sinaï, est lavé et extrait<br />

sur place, réduit en poudre et véhiculé<br />

ainsi. Il a pour but <strong>de</strong> souligner la valeur<br />

royale, ( voir Mouche).<br />

P<br />

Plomb<br />

Métal gris. Il est rarement trouvé à l’état<br />

pur (= natif). Dans les roches, il se<br />

présente inclus dans <strong>de</strong>s silicates : le<br />

minerai <strong>de</strong> plomb le plus fréquent est la<br />

galène : sulfure <strong>de</strong> plomb, imprégnant les<br />

roches calcaires ou gréseuses. En<br />

cosmétologie, on le retrouve broyé,<br />

associé à du natron et <strong>de</strong> l’eau et filtré.<br />

Cette filtration est répétée chaque jour sur<br />

plusieurs semaines pour obtenir le produit<br />

final, le khôl, utilisé pour rendre le regard<br />

profond, mais surtout pour protéger les<br />

yeux.<br />

Q<br />

Quartzite<br />

N. m. Roche siliceuse, à cassure lisse,<br />

composée <strong>de</strong> cristaux <strong>de</strong> quartz soudés<br />

fortement. Son origine est <strong>de</strong> 2 sortes :<br />

cimentation siliceuse d’un grès ou<br />

métamorphisme d’un grès. Les Egyptiens<br />

utilisent surtout celui <strong>de</strong> couleur jaune : on<br />

le retrouve dans la chapelle <strong>de</strong> Karnak.<br />

R<br />

Rognon <strong>de</strong> silex<br />

Ce sont en fait <strong>de</strong>s acci<strong>de</strong>nts <strong>de</strong><br />

sédimentation dans les roches calcaires.<br />

La silice, associée le plus souvent à du<br />

quartz et <strong>de</strong> la calcédoine, sédimente dès<br />

le début <strong>de</strong> la diagénèse du calcaire alors<br />

que le sédiment est encore sous forme <strong>de</strong><br />

vase. On retrouve ces structures en bans<br />

séparant les strates <strong>de</strong> calcaire. A<br />

l’intérieur du rognon, il n’est pas rare <strong>de</strong><br />

retrouver <strong>de</strong>s restes siliceux d’animaux<br />

fossiles du calcaire environnant (ex :<br />

spicules d’éponges). Les Egyptiens les<br />

utilisent surtout en éléments <strong>de</strong> divination<br />

en se servant directement <strong>de</strong> leurs formes<br />

évocatrices, tout comme <strong>de</strong> celle <strong>de</strong>s<br />

météorites retrouvées dans le désert dont<br />

la plus connue est celle en forme <strong>de</strong><br />

grenouille, placée dans la digue<br />

protégeant l’entrée <strong>de</strong> la vallée <strong>de</strong>s Reines<br />

pour assurer la protection spirituelle du<br />

barrage.<br />

T<br />

Turquoise<br />

Phosphate contenant du cuivre, <strong>de</strong> couleur<br />

bleue à verte, se trouve dans les roches<br />

sédimentaires. Elle est extraite<br />

directement du sous-sol égyptien et sert<br />

principalement pour les parures.<br />

42


Partie 3 - Le peuple égyptien : un peuple très religieux<br />

Les âmes et les esprits<br />

Les Egyptiens croient qu’ils possè<strong>de</strong>nt 3 esprits : le ka, le ba et l’akh. Le ka constitue la force<br />

vitale d’un être humain qui survit après la mort. Le ba, symbolisé par un oiseau à tête<br />

humaine pouvant se métamorphoser et quitter la sépulture, représente la personnalité. Afin<br />

d’atteindre l’immortalité, le ka et le ba doivent rester unis avec le corps après la mort.<br />

L’akh évoqué par une tête d’ibis à crête peut s’envoler rejoindre les étoiles ou Osiris…<br />

La vie après la mort<br />

La vie <strong>de</strong>s Egyptiens est dominée par <strong>de</strong> nombreuses croyances et superstitions.<br />

Dans l’ Egypte Antique, on soigne les maladies par <strong>de</strong>s moyens<br />

rudimentaires mêlés <strong>de</strong> sorcellerie. La magie tient donc une<br />

place importante ; elle sert à conjurer les dangers quotidiens.<br />

Elle répond non seulement aux préoccupations terrestres mais<br />

également à celles du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’au-<strong>de</strong>là, où les Egyptiens<br />

croient bénéficier d’une nouvelle vie.<br />

Bien que passant pour <strong>de</strong> bons vivants, les Egyptiens ont<br />

toutefois consacré à leurs morts plus <strong>de</strong> soin qu’aucun autre<br />

peuple. En effet, ils pensent que la vie dans l’autre mon<strong>de</strong> était<br />

plus merveilleuse que celle sur Terre, qu’ils adorent par ailleurs,<br />

mais dépourvue <strong>de</strong> tristesse, <strong>de</strong> chagrins et <strong>de</strong> soucis. C’est<br />

pourquoi le passage vers l’autre mon<strong>de</strong> tient une part importante<br />

dans leurs préoccupations ; ils se donnent beaucoup <strong>de</strong> mal pour<br />

préparer leur départ. Afin d’assurer cette autre vie, les cadavres<br />

sont protégés contre la décomposition grâce au rituel <strong>de</strong> la<br />

momification. Les momies sont alors enfermées dans <strong>de</strong>s tombeaux accompagnées <strong>de</strong><br />

toutes sortes d’objets, <strong>de</strong> mobiliers, <strong>de</strong> nourriture, <strong>de</strong> boissons et <strong>de</strong> distractions afin <strong>de</strong> leur<br />

assurer une vie éternelle confortable. Les pauvres, quant à eux, sont enterrés dans le<br />

désert, où le sable <strong>de</strong>ssèche leur cadavre. De la nourriture, <strong>de</strong>s outils et <strong>de</strong>s bijoux sont<br />

cependant déposés à côté d’eux pour leur voyage vers Osiris.<br />

Sous l’Ancien Empire et au Moyen Empire, le temple et le roi sont les intermédiaires<br />

indispensables entre le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s dieux et celui <strong>de</strong>s hommes. Ceci explique que les rois<br />

aient pour tombeaux <strong>de</strong>s constructions pharaoniques in<strong>de</strong>structibles, les pyrami<strong>de</strong>s, dans<br />

lesquelles leur momie repose dans un sarcophage inviolable. Le pharaon est considéré<br />

comme un dieu <strong>de</strong> son vivant puis vénéré même après avoir rejoint Osiris…<br />

Le voyage vers Osiris<br />

Pour aller dans l’au-<strong>de</strong>là, le mort doit franchir une ultime épreuve, celle <strong>de</strong> la « pesée <strong>de</strong><br />

l’âme », un sévère jugement <strong>de</strong>s dieux. Anubis, dieu <strong>de</strong> la momification, met le cœur du<br />

mort en balance avec la plume <strong>de</strong> la vérité <strong>de</strong> Maât, déesse <strong>de</strong> la justice et <strong>de</strong> la vérité, afin<br />

<strong>de</strong> connaître le comportement du défunt au cours <strong>de</strong> sa vie sur Terre et <strong>de</strong> savoir si son âme<br />

était pure. Si le cœur est indigne, il est jeté en pâture au monstre Ammit « le dévoreur <strong>de</strong>s<br />

morts » ; au contraire, s’il réussit l’examen, il continue son voyage vers le royaume d’Osiris.<br />

Il revient alors à Thot, le dieu <strong>de</strong> l’écriture, d’inscrire le résultat <strong>de</strong> la pesée du cœur sur une<br />

tablette et <strong>de</strong> proclamer le jugement. Le mort est alors conduit par Horus, <strong>de</strong>vant Osiris,<br />

dieu <strong>de</strong>s morts.<br />

43


Les rois-dieux<br />

Le pharaon est adoré comme une divinité. Il est le roi<br />

d’Egypte, homme, fils du Soleil et il <strong>de</strong>vient dieu après son<br />

couronnement. Des statues le représentent sous sa forme <strong>de</strong><br />

dieu : un sphinx avec un corps <strong>de</strong> lion et une tête d’homme.<br />

Le pharaon a tous les pouvoirs dont le pouvoir religieux. Un<br />

pharaon se doit <strong>de</strong> concilier les bienfaits <strong>de</strong> tous les dieux<br />

pour le bien <strong>de</strong> son royaume. Il passe donc son temps à<br />

entretenir et à restaurer les temples et les sanctuaires ainsi<br />

qu’à construire <strong>de</strong>s édifices religieux. Ces temples sont les<br />

palais <strong>de</strong>s divinités représentées par <strong>de</strong>s statues ; les<br />

Egyptiens croient même qu’elles abritent l’esprit <strong>de</strong>s dieux.<br />

Ces statues sont situées dans un sanctuaire au cœur <strong>de</strong>s<br />

temples et seuls les pharaons et les prêtres peuvent y pénétrer. Ils choient ces statues<br />

comme <strong>de</strong> vrais êtres vivants… Le peuple ne pouvant assister aux rituels quotidiens a<br />

cependant la possibilité <strong>de</strong> prendre « contact » avec les dieux lors <strong>de</strong>s fêtes religieuses<br />

quand les statues, exceptionnellement placées à l’extérieur, voient le jour.<br />

Pour les Egyptiens, les phénomènes naturels dépen<strong>de</strong>nt <strong>de</strong>s dieux ; alors, pour que l’ordre<br />

<strong>de</strong> la Nature (entre autres) ne soit pas troublé, le pharaon doit rendre en personne le culte<br />

aux Dieux. Pour le peuple, le pharaon représente les forces <strong>de</strong> la nature, c’est donc lui qui<br />

influence les crues du <strong>Nil</strong>, les cultures mais aussi l’essor du commerce avec l’étranger…<br />

Le pharaon rend également la justice conformément à la déesse Maat.<br />

Le premier roi d’Egypte : Osiris<br />

Selon la légen<strong>de</strong>, le premier roi d’Egypte fut le dieu Osiris, envoyé sur la<br />

Terre par Rê, le dieu-soleil, dieu tout puissant.<br />

Plusieurs théories égyptiennes relatent l’origine du mon<strong>de</strong>. Parmi celles-ci,<br />

le mythe du clergé d’Héliopolis est le mythe le plus ancien et le plus<br />

important. Au commencement, dans le Noun, un océan obscur, le dieu<br />

solaire, créateur du mon<strong>de</strong> et représenté par Atoum sous la forme d’un<br />

homme coiffé <strong>de</strong> la double couronne, assèche la<br />

terre <strong>de</strong> sa flamme brûlante et engendre le<br />

premier couple <strong>de</strong> dieux, Chou (l’air) et sa sœur<br />

Tefnout (l’humidité). Puis il conçoit Geb (la<br />

Terre) et son épouse Nout (le Ciel). Ces<br />

<strong>de</strong>rniers donnent naissance à Osiris et Seth,<br />

ainsi qu'à leurs sœurs et épouses respectives<br />

Isis et Nephtys. Ceux-ci enfantent Horus.<br />

Osiris, le fils aîné est choisi par les Dieux pour<br />

exercer la royauté sur l’Egypte.<br />

Jalousé par son ca<strong>de</strong>t Seth, il est enfermé et<br />

jeté dans le <strong>Nil</strong>. Sa femme Isis retrouve son<br />

cadavre mais Seth, furieux le découpe en<br />

morceaux. Isis aidée par Anubis momifie son<br />

époux pour tenter <strong>de</strong> le ramener à la vie. Hélas, Osiris reste dans le royaume <strong>de</strong>s morts où<br />

il règne désormais en Dieu…<br />

44


L’univers <strong>de</strong>s Dieux<br />

Le culte <strong>de</strong>s dieux<br />

L’adoration <strong>de</strong> la nature et <strong>de</strong>s animaux se retrouve dans la spiritualité <strong>de</strong> nombreuses<br />

religions où les hommes se sentent dominés par tout ce qui constitue leur environnement.<br />

A la différence <strong>de</strong>s hommes, les dieux sont immortels et détiennent <strong>de</strong>s pouvoirs magiques :<br />

se transporter où ils le désirent ou bien se transformer à leur guise… Cependant, ils se<br />

rapprochent <strong>de</strong>s humains par leur mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> vie.<br />

Dans la religion égyptienne, plus <strong>de</strong> 700 dieux sont adorés, mais tous n’ont pas la même<br />

importance ! Les plus grands correspon<strong>de</strong>nt à la nature (Rê représente le dieu soleil, Horus<br />

le ciel….), aux animaux et à la mort. Beaucoup représentent autant <strong>de</strong> forces mystérieuses<br />

redoutées mais parfois aussi admirées pour les bienfaits qu’elles procurent dans la vie<br />

quotidienne ou la force qu’elles incarnent.<br />

Les sentiments et les grands moments <strong>de</strong> la vie sont ainsi personnifiés : Hathor est la<br />

déesse <strong>de</strong> l’amour, Thouéris protège les femmes enceintes… Beaucoup <strong>de</strong> dieux ai<strong>de</strong>nt les<br />

Egyptiens dans leur vie quotidienne : Bès éloigne les mauvais esprits <strong>de</strong>s maisons, Selkis<br />

protège <strong>de</strong>s piqûres <strong>de</strong> scorpion…<br />

Les dieux sont représentés <strong>de</strong> diverses manières ; ils se reconnaissent à leurs attitu<strong>de</strong>s, à<br />

leurs accessoires et à leur coiffure. Toutes ces caractéristiques symbolisent leur pouvoir<br />

mais peuvent être empruntées par d’autres dieux. Ainsi, diverses représentations sont<br />

possibles. On trouve alors <strong>de</strong>s combinaisons aussi étranges que variées. Les dieux<br />

auxquels on rend un culte sont d’abord représentés sous forme animale très réaliste. Puis,<br />

peu à peu, ces divinités s’humanisent. Souvent représentés sous forme d’humains portant<br />

<strong>de</strong>s couronnes différentes et <strong>de</strong>s symboles sacrés, les divinités peuvent prendre <strong>de</strong>s formes<br />

animales ou bien encore <strong>de</strong>s formes humaines à tête d’animal ou animales à tête d’humain<br />

(ex. le sphinx), ou bien encore <strong>de</strong>s corps d’animaux à tête d’autres animaux (ex. crocodile<br />

ou lion à tête <strong>de</strong> rapace).<br />

Un même dieu peut donc se présenter sous plusieurs formes. C’est le cas du dieu Sobek<br />

qui était représenté tel un crocodile ou encore comme un homme à tête <strong>de</strong> crocodile. La<br />

déesse Hathor était soit une femme coiffée d’une paire <strong>de</strong> cornes, soit une vache. Ces<br />

changements <strong>de</strong> formes sont en fait <strong>de</strong>s ruses ; les dieux cachent ainsi leur i<strong>de</strong>ntité et<br />

évitent les forces du mal…<br />

Les dieux-animaux<br />

Au fil <strong>de</strong>s siècles, le culte <strong>de</strong>s animaux sacrés <strong>de</strong>vient prépondérant et la religion égyptienne<br />

rassemble un incroyable bestiaire où se mêlent à la fois force symbolique et connaissance<br />

zoologique extraordinairement fine et juste.<br />

Cependant, les relations entre les Egyptiens et le mon<strong>de</strong> animal sont plus qu’ambiguës ;<br />

sauvages, sacrés, élevés pour l’alimentation ou bien encore domestiqués, les animaux<br />

d’Egypte sont représentés par <strong>de</strong> très nombreuses espèces dont certaines ont totalement<br />

disparu <strong>de</strong> la faune égyptienne actuelle. On les retrouve comme symboles dans <strong>de</strong><br />

nombreux hiéroglyphes, figurines, statues et fresques retrouvés dans les sépultures<br />

égyptiennes.<br />

Associés aux divinités, certains sont élevés dans les temples comme par exemple les ibis,<br />

les chats ou les chiens, puis sacrifiés pour être donnés en offran<strong>de</strong> au dieu <strong>de</strong> leur espèce.<br />

Ainsi, pour remercier le dieu d’avoir exaucé son vœu, un dévot achetait un animal aux<br />

prêtres éleveurs ; celui-ci était immolé, momifié puis enterré dans un cimetière réservé à son<br />

45


espèce. Une fois parvenu dans l’au-<strong>de</strong>là, l’animal servait <strong>de</strong> messager auprès <strong>de</strong> la divinité<br />

puis bénéficiait <strong>de</strong> l’éternité.<br />

La richesse faunistique égyptienne expliquée par les différents biotopes constituant le pays<br />

(désert, campagne et marécages) permet <strong>de</strong> comprendre le sens aigu <strong>de</strong> l’observation <strong>de</strong>s<br />

diverses espèces qu’ils côtoyaient qu’avaient les Egyptiens. Ces connaissances<br />

éthologiques (comportementales) et zoologiques leur ont permis d’incarner dans un animal<br />

donné une divinité dont les pouvoirs étaient liés aux caractéristiques spécifiques <strong>de</strong> l’animal<br />

en question. L’esprit du dieu investit alors l’animal sacré <strong>de</strong> ce dieu.<br />

Ex. la déesse scorpion Serket appelée aussi déesse nèpe (*) est la déesse<br />

protectrice <strong>de</strong>s cercueils et <strong>de</strong>s vases canopes (**) ; le scorpion symbolisant la<br />

mort par asphyxie, la nèpe la respiration par excellence.<br />

Autre ex. la déesse Sekhmet guerrière est représentée sous les traits d’une<br />

lionne pour la férocité qu’elle incarne.<br />

(*petit insecte aquatique à respiration aérienne)<br />

(**récipients dans lesquels les organes d’un défunt étaient placés avant sa momification)<br />

Autre exemple non moins étrange, celui <strong>de</strong> cette tortue aquatique d’Afrique à carapace molle<br />

(Trionyx triunguis) qui incarne le mystère du passage d’un état physique à l’autre à cause <strong>de</strong><br />

sa partie soli<strong>de</strong>, sa carapace et <strong>de</strong> son milieu <strong>de</strong> vie, l’eau, un liqui<strong>de</strong>…<br />

Les singes et plus particulièrement les babouins ou cercopithèques tiennent une large place<br />

dans l’Egypte ancienne. Utilisé comme animal familier, le singe est l’incarnation <strong>de</strong> la<br />

divinité, <strong>de</strong> la sexualité débridée, l’animal du dieu Thot, mais aussi le soleil levant et le soleil<br />

couchant en référence aux gesticulations <strong>de</strong>s babouins à l’aurore…<br />

Nous présenterons maintenant <strong>de</strong> façon succincte quelques dieux animaux les plus connus.<br />

Cette liste est loin d’être exhaustive puisque la théogonie (*) égyptienne est l’une <strong>de</strong>s plus<br />

complexes. Ils sont présentés selon un classement par animal symbolique.<br />

(* origine et généalogie <strong>de</strong>s Dieux)<br />

46


Abécédaire<br />

<strong>de</strong>s dieux animaux<br />

Bélier<br />

Ageb<br />

Il est représenté sous forme d’un bélier.<br />

Personnifiant l’inondation bienfaitrice du<br />

<strong>Nil</strong>, il a également pour fonction <strong>de</strong> fournir<br />

la nourriture aux défunts du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’au<strong>de</strong>là.<br />

Amon<br />

Il se révèle sous <strong>de</strong><br />

nombreux aspects et <strong>de</strong><br />

nombreux noms. Rois<br />

<strong>de</strong>s dieux, il est le<br />

seigneur <strong>de</strong>s temples <strong>de</strong><br />

Karnak et <strong>de</strong> Louxor.<br />

Sous la forme d’une oie,<br />

il est à l’origine du mon<strong>de</strong><br />

sorti d’un œuf. Sous la<br />

forme d’un serpent, il<br />

fertilise l’œuf façonné<br />

dans les eaux<br />

primordiales.<br />

Il est associé à Rê, dieu-soleil et <strong>de</strong>vient le<br />

dieu cosmique Amon-Rê. Souvent<br />

représenté par un homme coiffé <strong>de</strong> la<br />

couronne portant <strong>de</strong>ux plumes hautes et<br />

droites. Il est le soleil qui donne vie au<br />

pays ; sous son nom d’Amon-Min, il est le<br />

taureau procréateur et incarne la divinité<br />

<strong>de</strong> la fécondité.<br />

Knoum<br />

Knoum se manifeste sous la forme d’un<br />

homme à tête <strong>de</strong> bélier parfois surmontée<br />

d’une cruche. A l’image <strong>de</strong> celle du bélier,<br />

sa force procréatrice est gran<strong>de</strong>. Il est le<br />

dieu <strong>de</strong>s cataractes et contrôle les crues<br />

du <strong>Nil</strong> à Eléphantine en ouvrant la caverne<br />

du dieu Hapy retenant l’inondation. Il<br />

préserve le peuple <strong>de</strong> la famine. Mo<strong>de</strong>lant<br />

l’œuf <strong>de</strong> la création, il a façonné l’enfantroi.<br />

Sur son tour <strong>de</strong> potier, il forme ses<br />

créations avec le limon du <strong>Nil</strong>.<br />

Chacal / chien<br />

Anubis<br />

Représenté par un<br />

canidé noir allongé ou<br />

comme un homme à la<br />

tête <strong>de</strong> chacal ou <strong>de</strong><br />

chien sauvage noir,<br />

il est associé au culte<br />

funéraire et à la<br />

protection du défunt. Depuis sa mise au<br />

point d’un procédé pour momifier 0siris, il<br />

prési<strong>de</strong> aux opérations d’embaumement<br />

<strong>de</strong> tous les morts et veille à leur passage<br />

dans l’au-<strong>de</strong>là en étant le gardien du<br />

royaume <strong>de</strong>s morts ; d’où la clef parfois<br />

attachée à sa main.<br />

Chat<br />

Bastet<br />

Douce et cruelle, Bastet est une déesse à<br />

double visage ; elle est aussi douce que<br />

dangereuse. Parfois représentée souriante<br />

sous sa forme <strong>de</strong> chatte ou <strong>de</strong> déesse à<br />

tête <strong>de</strong> chatte, elle est la déesse<br />

bienveillante protectrice <strong>de</strong> l’humanité,<br />

également déesse <strong>de</strong> la musique et <strong>de</strong> la<br />

danse, mais aussi <strong>de</strong> l’accouchement.<br />

Protectrice <strong>de</strong>s femmes et <strong>de</strong>s enfants,<br />

elle détient le pouvoir magique stimulant<br />

l’amour. Parfois représentée sous les traits<br />

d’une déesse à tête <strong>de</strong> lionne, elle<br />

symbolise les redoutables déesses <strong>de</strong> la<br />

guerre, Sekhmet et Ouadjet.<br />

Cobra<br />

Ouadjet<br />

Déesse cobra, protectrice du pharaon et<br />

patronne du Delta, elle s’associe à<br />

Nekhbet, la déesse vautour <strong>de</strong> Haute-<br />

Egypte pour protéger la royauté du double<br />

pays. Elles forment ainsi ensembles le<br />

symbole redondant <strong>de</strong>s 2 terres. I<strong>de</strong>ntifiée<br />

à l’œil <strong>de</strong> Rê, elle est représentée sous la<br />

forme d’un cobra dressé coiffé <strong>de</strong> la<br />

couronne rouge du Nord ou bien d’une<br />

femme à tête <strong>de</strong> lionne.<br />

47


Crocodile<br />

Sobek<br />

Maître <strong>de</strong>s eaux, dieu qui irrigue les<br />

champs, il est aussi associé à la fertilité.<br />

Dieu <strong>de</strong> l’eau et <strong>de</strong> l’inondation, il est<br />

symbolisé par un crocodile et vénéré d’une<br />

part pour la bonne nouvelle qu’annonce sa<br />

présence (indicateur <strong>de</strong> crue bénéfique<br />

aux récoltes), d’autre part pour écarter le<br />

danger qu’il représente dans le fleuve en<br />

tant qu’animal.<br />

Faucon<br />

Horus<br />

Représenté comme un<br />

faucon coiffé <strong>de</strong> la double<br />

couronne ou comme un<br />

homme à tête <strong>de</strong> faucon, il<br />

est le dieu défenseur du bien<br />

et du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s vivants.<br />

Son rôle est donc <strong>de</strong> détruire<br />

les forces du mal. Après<br />

avoir vaincu son oncle Seth qui a tué son<br />

père Osiris, il incarne l’ordre et, tout<br />

comme un pharaon, il est le garant <strong>de</strong><br />

l’harmonie universelle. En tant que dieu du<br />

ciel, Horus est une <strong>de</strong>s formes du soleil.<br />

Khonsou<br />

Représenté sous forme<br />

d’un jeune homme avec<br />

une tresse sur le côté<br />

(caractéristique <strong>de</strong>s<br />

enfants royaux ou divins)<br />

et du disque lunaire sur<br />

un croissant <strong>de</strong> lune ou<br />

bien parfois d’un homme<br />

à tête <strong>de</strong> faucon coiffée également du<br />

disque lunaire et d’une double plume. A<br />

l’origine divinité lunaire, il luttait contre les<br />

forces <strong>de</strong>s ténèbres mais il est surtout<br />

réputé pour son pouvoir <strong>de</strong> guérisseur.<br />

Montou<br />

Vénéré comme dieu <strong>de</strong> la<br />

guerre et protecteur <strong>de</strong>s<br />

armes, il est représenté<br />

comme un homme à tête <strong>de</strong><br />

faucon coiffé <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux<br />

gran<strong>de</strong>s plumes et d’un<br />

disque solaire orné <strong>de</strong> 2<br />

cobras.<br />

Rê<br />

Encore nommé Ra, il est le<br />

dieu soleil et donne la vie à<br />

tous les hommes. De<br />

nombreux dieux sont<br />

représentés par Rê.<br />

Assimilé à Atoum, il est le<br />

créateur <strong>de</strong> l’univers.<br />

Représenté avec une tête <strong>de</strong> faucon sur<br />

laquelle est posé le disque solaire protégé<br />

par le cobra dressé.<br />

Gazelle<br />

Anoukis<br />

Fille du dieu Rê, elle veille sur le roi et au<br />

bon déroulement <strong>de</strong> la crue du <strong>Nil</strong>. Elle<br />

symbolise la Nubie, pays <strong>de</strong>s <strong>source</strong>s du<br />

<strong>Nil</strong>, et est associée aux produits précieux<br />

que les Egyptiens allaient y chercher. Elle<br />

est symbolisée par la gazelle dorca<strong>de</strong>,<br />

présente en nombre sur les bords du <strong>Nil</strong> à<br />

cette époque. Elle est également associée<br />

à la luxure et à la sexualité et est alors<br />

représentée par une femme à la robe<br />

moulante tenant un grand sceptre <strong>de</strong><br />

papyrus et coiffée d’une haute couronne<br />

<strong>de</strong> plumes ou <strong>de</strong> la couronne blanche<br />

portant <strong>de</strong>s cornes <strong>de</strong> gazelle.<br />

Grenouille<br />

Héqet<br />

Déesse à tête <strong>de</strong> grenouille, elle est<br />

associée à l’élément liqui<strong>de</strong>. Elle donne vie<br />

aux créations <strong>de</strong> Knoum son époux et<br />

protège les femmes lors <strong>de</strong><br />

l’accouchement.<br />

Ibis<br />

Thot<br />

Représenté comme un<br />

ibis au plumage blanc et<br />

noir ou bien comme un<br />

babouin, Thot capte la<br />

lumière <strong>de</strong> la lune et<br />

prési<strong>de</strong> à la mesure du<br />

cours du temps. C’est<br />

pourquoi il porte le disque lunaire en guise<br />

<strong>de</strong> coiffure. Inventeur <strong>de</strong> l’écriture, il est le<br />

48


patron <strong>de</strong>s scribes ; c’est lui qui consigne<br />

le résultat <strong>de</strong> la pesée du cœur. Incarnant<br />

l’intelligence et la parole, il connaît <strong>de</strong>s<br />

formules magiques auxquelles les dieux<br />

ne peuvent résister.<br />

Lion<br />

Chesmou<br />

A l’image d’un lion ou d’un homme chargé<br />

<strong>de</strong> jarres, Chesmou est le dieu du pressoir,<br />

patron du vin, <strong>de</strong>s huiles, <strong>de</strong>s onguents et<br />

<strong>de</strong>s parfums. Tous ces biens sont offerts<br />

lors <strong>de</strong>s rites funéraires aux dieux ou aux<br />

humains.<br />

Sekhmet<br />

Figurée comme une<br />

femme à tête <strong>de</strong> lionne,<br />

c’est la déesse la plus<br />

féroce et la plus<br />

puissante <strong>de</strong> tous les<br />

fauves. Elle est issue <strong>de</strong><br />

la transformation <strong>de</strong>s<br />

déesses lionnes comme<br />

Bastet ou Ouadjet qui<br />

n’auraient pas vu s’accomplir leur volonté.<br />

Déesse guerrière, instrument <strong>de</strong> la<br />

vengeance <strong>de</strong> Rê contre l’insurrection <strong>de</strong>s<br />

hommes, les flèches <strong>de</strong> son arc ou son<br />

souffle <strong>de</strong> feu répan<strong>de</strong>nt les vents<br />

brûlants, les épidémies et la mort sur les<br />

ennemis du roi. Abreuvée <strong>de</strong> sang par Rê<br />

pour l’empêcher d’exterminer les humains,<br />

on put alors gagner ses faveurs malgré sa<br />

violence et diriger son courroux contre un<br />

adversaire (ex. le grand serpent d’Apophis<br />

s’opposant à la marche du soleil). Ayant<br />

alors le pouvoir <strong>de</strong> guérison, elle fut<br />

consacrée déesse <strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins.<br />

Tefnout<br />

Née du dieu créateur Atoum, la déesse<br />

Tefnout est le symbole <strong>de</strong> l’humidité. Elle<br />

constitua avec son frère Chou (symbole <strong>de</strong><br />

l’air) le premier couple divin et donna<br />

naissance à Geb, la terre et Nout, le ciel.<br />

Représentée sous la forme d’une lionne ou<br />

d’une femme à tête <strong>de</strong> lionne avec un<br />

disque solaire sur la tête, elle est le<br />

symbole <strong>de</strong> l’eau (associée à la pluie, la<br />

rosée et aux nuages).<br />

Poisson<br />

Hatméhyt<br />

C’est la déesse poisson <strong>de</strong> la ville antique<br />

<strong>de</strong> Mendès dans le Delta. Associée au<br />

dieu bélier Baneb<strong>de</strong>b, elle représente l’un<br />

<strong>de</strong>s premiers poissons.<br />

Scarabée<br />

Khépri<br />

Associé au soleil et<br />

symbole <strong>de</strong> la<br />

renaissance, Khépri est<br />

représenté par un<br />

scarabée ou par un<br />

homme à tête <strong>de</strong><br />

scarabée poussant <strong>de</strong>vant<br />

lui le disque solaire. Chaque jour il renaît<br />

puis se transforme en Rê (le soleil au<br />

zénith) avant <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir Atoum (le soleil<br />

au couchant).<br />

Neith<br />

Elle est la plus ancienne déesse attestée<br />

par les textes. Femme coiffée <strong>de</strong> la<br />

couronne rouge <strong>de</strong> Basse-Egypte, son<br />

nom s’écrit avec 2 flèches ou 2 arcs, la<br />

désignant ainsi comme la déesse <strong>de</strong> la<br />

Guerre et <strong>de</strong> la chasse, mais aussi comme<br />

figure démiurge qui émerge <strong>de</strong> l’eau inerte<br />

pour créer le mon<strong>de</strong>. Elle est associée à<br />

un coléoptère, Lanelater notodonta,<br />

scarabée aquatique <strong>de</strong>s bords du <strong>Nil</strong>, à<br />

cause du « clic » qu’il fait entendre lorsque<br />

l’eau <strong>de</strong> l’inondation est tant attendue. Ce<br />

bruit caractérise le grand flux fertilisant <strong>de</strong><br />

la terre et est ainsi considéré comme<br />

porteur d’une puissance <strong>de</strong> vie circulant<br />

dans la création.<br />

Scorpion<br />

Serket ou Selket<br />

Représentée comme une femme<br />

couronnée d’un insecte aquatique, la nèpe<br />

ou scorpion d’eau, étendant les bras en<br />

signe <strong>de</strong> protection ou bien encore comme<br />

un scorpion au buste <strong>de</strong> femme. Dans la<br />

mythologie égyptienne, c’est celle qui fait<br />

respirer ; elle veille par sa magie puissante<br />

et son venin sur la renaissance et le<br />

nouveau souffle <strong>de</strong>s défunts en protégeant<br />

les vases canopes dans lesquels sont<br />

49


conservés leurs viscères. Elle protège les<br />

prêtres et les dieux menacés contre leurs<br />

ennemis. Elle ai<strong>de</strong> à guérir les maladies et<br />

piqûres <strong>de</strong> scorpion. Elle veille à la<br />

naissance et à l’alimentation du pharaon.<br />

Serpent<br />

Amon<br />

Voir Bélier ou Oie.<br />

Parmi ses multiples formes, Amon est<br />

celui qui féconda l’œuf cosmique dans les<br />

eaux primordiales, sous sa forme serpent.<br />

Apophis<br />

Dieu <strong>de</strong>s forces du mal et <strong>de</strong> la nuit, il est<br />

représenté comme un serpent gigantesque<br />

s’opposant à la création divine du mon<strong>de</strong><br />

par Rê. Ces nombreuses attaques furent<br />

vaines mais les Egyptiens expliquent les<br />

éclipses <strong>de</strong> soleil par les combats<br />

momentanément perdus par le dieu Rê…<br />

Singe<br />

Thot<br />

Voir Ibis.<br />

Dieu <strong>de</strong> l’écriture, <strong>de</strong> la parole et <strong>de</strong> la<br />

régularité <strong>de</strong>s rythmes, il a pour attributs à<br />

la fois l’ibis pour sa démarche semblant<br />

marquer la mesure et pour son bec en<br />

forme <strong>de</strong> croissant <strong>de</strong> lune, et le babouin<br />

en référence à une espèce très<br />

particulière, les géladas (Theropithecus<br />

gelada), espèce commune à l’Egypte<br />

antique et à l’Ethiopie. La particularité <strong>de</strong><br />

ce singe était celle d’émettre <strong>de</strong>s sons<br />

proches <strong>de</strong>s phonèmes humains.<br />

Taureau<br />

Apis<br />

Apis est le nom d’un taureau<br />

sacré <strong>de</strong> l’époque<br />

préhistorique. Il est le<br />

symbole <strong>de</strong> la fertilité, <strong>de</strong> la<br />

puissance sexuelle et <strong>de</strong> la<br />

force physique. Réplique vivante sur terre<br />

du dieu Ptah, le créateur, Apis est l’objet<br />

d’un culte important. Il est unique parmi<br />

tous les taureaux et est reconnaissable à<br />

<strong>de</strong>s taches spécifiques sur son pelage noir<br />

dont un triangle blanc sur son front. La<br />

légen<strong>de</strong> veut qu’à sa mort, l’Apis se<br />

réincarne dans l’un <strong>de</strong> ses congénères<br />

que les prêtres sont chargés <strong>de</strong> retrouver.<br />

La mort d’un Apis conduit à un <strong>de</strong>uil<br />

national <strong>de</strong> 70 jours correspondant à la<br />

durée <strong>de</strong> sa momification. Plus tard, sous<br />

le Nouvel Empire, il est associé au dieu<br />

Rê, la vie, et est représenté comme un<br />

homme à tête <strong>de</strong> taureau portant le disque<br />

solaire entre ses cornes. A sa mort, il est<br />

associé à Osiris et se trouve alors associé<br />

au culte funéraire.<br />

Vache<br />

Hathor<br />

Elle est à l’origine la déesse<br />

la plus vénérée avec Isis.<br />

On l’adore sous diverses<br />

formes, notamment sous la<br />

forme d’un serpent, d’un<br />

arbre, d’une lionne et plus<br />

fréquemment sous les traits<br />

d’une vache ou d’une femme portant le<br />

disque solaire entre ses cornes.<br />

Confondue avec Nout, elle est considérée<br />

comme l’œil <strong>de</strong> Rê et c’est elle qui châtie<br />

les humains. Elle est donc crainte et<br />

respectée à la fois par les Egyptiens, qui<br />

se mettent sous sa protection. Elle est<br />

considérée comme leur nourrice et<br />

représente la reine. Elle est aussi réputée<br />

pour être la déesse <strong>de</strong> la joie, <strong>de</strong>s<br />

festivités et <strong>de</strong> l’amour.<br />

Isis<br />

Isis est la gran<strong>de</strong> déesse<br />

par excellence. Elle est<br />

généralement représentée<br />

comme une femme portant<br />

sur la tête le signe qui sert<br />

à écrire son nom –le trône<br />

au haut dossier- ou la<br />

couronne constituée <strong>de</strong> du<br />

disque solaire surmonté ou<br />

non <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux hautes plumes et enserré par<br />

<strong>de</strong>s cornes <strong>de</strong> vache. Elle est le modèle<br />

<strong>de</strong>s mères et <strong>de</strong>s épouses. En tant que<br />

mère d’Horus, elle est dispensatrice <strong>de</strong> vie<br />

50


et déesse gardienne qui veille sur son<br />

enfant. En tant que magicienne ayant<br />

ressuscité son époux Osiris, elle est<br />

déesse guérisseuse et protectrice <strong>de</strong>s<br />

enfants. Symbole <strong>de</strong> la féminité, c’est par<br />

elle que s’accomplit le mystère <strong>de</strong> la vie.<br />

En tant que veuve d’Osiris, elle est une<br />

divinité protectrice du défunt. Avec<br />

Nephtys, sa sœur, elle est gardienne du<br />

sarcophage qu’elle protège <strong>de</strong> ses bras<br />

déployés comme <strong>de</strong>s ailes.<br />

Nout<br />

Nout symbolise la déesse du ciel et du<br />

firmament et fut considérée comme la<br />

mère <strong>de</strong>s astres. Son rire est le tonnerre,<br />

ses larmes la pluie. Fille <strong>de</strong> Chou, dieu <strong>de</strong><br />

l’air et <strong>de</strong> Tefnout déesse <strong>de</strong> l’humidité,<br />

elle est la sœur jumelle et l’épouse <strong>de</strong><br />

Geb, dieu <strong>de</strong> la terre. Elle est représentée<br />

comme la voûte céleste, en femme au<br />

corps étoilé arc-boutée au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> son<br />

frère et soutenue par son père Chou. Ses<br />

membres touchant le sol symbolisent les 4<br />

points cardinaux. Elle avale le soleil le soir<br />

et le remet au mon<strong>de</strong> le matin, entre ses<br />

cuisses. Les étoiles re<strong>de</strong>viennent visibles<br />

lorsqu’elle les remet au mon<strong>de</strong> après les<br />

avoir avalées.<br />

Elle ai<strong>de</strong> également les morts à s’unir aux<br />

corps célestes et à se désaltérer dans l’au<strong>de</strong>là.<br />

Dans ce cas, elle symbolise la mère<br />

qui rend la vie aux morts. Elle prend soin<br />

<strong>de</strong> ses enfants (le soleil, les étoiles et les<br />

défunts) en les intégrant dans son corps.<br />

C’est pourquoi on la retrouve sous les<br />

traits d’une vache céleste ou d’une truie<br />

allaitant ses porcelets….et néanmoins<br />

capable <strong>de</strong> les dévorer.<br />

Vautour<br />

Mout<br />

Dans la mythologie<br />

égyptienne, avec Amon,<br />

elle a engendré le dieu<br />

lunaire Khonsou et<br />

symbolise les valeurs<br />

maternelles. Elle peut<br />

être féroce (transformée<br />

en lionne) ou bien très douce, drapée en<br />

vautour capable <strong>de</strong> veiller sur les hommes<br />

et <strong>de</strong> leur redonner vie. Assimilée à<br />

Sekhmet, elle est plus généralement<br />

représentée comme une femme coiffée <strong>de</strong><br />

la couronne blanche ou d’un vautour.<br />

Nekhbet<br />

Quand elle n’est pas Vautour, elle est<br />

représentée comme une femme coiffée <strong>de</strong><br />

la dépouille <strong>de</strong> ce rapace et <strong>de</strong> la<br />

couronne blanche <strong>de</strong> Haute-Egypte<br />

étendant ses ailes protectrices. Elle est<br />

donc déesse protégeant la royauté et le<br />

pharaon <strong>de</strong> Haute-Egypte ; elle est<br />

associée à la déesse cobra Ouadjet<br />

symbole <strong>de</strong> Basse-Egypte. Ensembles,<br />

elles forment le symbole <strong>de</strong>s 2 terres<br />

réunies au nom du pharaon.<br />

51


4 - Comment <strong>de</strong>vient on égyptologue ?<br />

Deux possibilités :<br />

--- L’école du Louvre<br />

Elle dispense sur 3 cycles d’étu<strong>de</strong>s (<strong>de</strong> 3, 2 puis 3 années) un enseignement d’histoire <strong>de</strong><br />

l’art et archéologie. Chaque cycle doit être validé par un examen pour pouvoir accé<strong>de</strong>r au<br />

cycle suivant.<br />

Le premier cycle est assez généraliste, le <strong>de</strong>uxième est axé davantage sur la muséologie.<br />

Le troisième cycle correspond à un DEA (la spécialité "Egyptologie" peut être choisie).<br />

--- Une formation universitaire<br />

Tous les baccalauréats permettent d’accé<strong>de</strong>r à un DEUG Sciences humaines, section<br />

Histoire ou section Histoire <strong>de</strong> l’art/archéologie. Il n’y a pas <strong>de</strong> spécialité "égyptologie" en<br />

DEUG (sauf à Paris IV).<br />

Actuellement, avec la restructuration <strong>de</strong>s diplômes au niveau européen, les 2 premières<br />

années peuvent être effectuées dans toutes les universités proposant ce type <strong>de</strong> formation.<br />

La licence puis la maîtrise (bac +5 ou Master) s’effectuent dans <strong>de</strong>s universités axées sur<br />

l’Egypte :<br />

- Montpellier : Egypte romaine<br />

- Lille IV : papyrologie<br />

- Lyon : généraliste pour l’Egypte<br />

- Paris IV<br />

Il est fortement conseillé <strong>de</strong> maîtriser l’anglais et l’allemand (les campagnes <strong>de</strong> fouilles ont<br />

été réalisées par <strong>de</strong>s équipes anglaises et alleman<strong>de</strong>s, d’où une forte documentation dans<br />

ces langues).<br />

Une connaissance en « langue hiéroglyphique » est appréciée : <strong>de</strong>s instituts privés assurent<br />

cette formation (associations égyptiennes régionales ou institut Khéops pour Paris).<br />

Pour avoir une idée d’un cursus d’égyptologue, consulter le portrait <strong>de</strong> Marc Etienne, sur le<br />

site Thotweb : il est conservateur du Département <strong>de</strong>s Antiquités égyptiennes au musée du<br />

Louvre, et professeur d’égyptologie à l’Ecole du Louvre.<br />

52


Informations pratiques<br />

Horaires<br />

Le muséum est ouvert du lundi au vendredi <strong>de</strong> 13h30 à 17h30 ainsi que le dimanche aux<br />

mêmes horaires.<br />

Ouvert aux groupes du lundi au vendredi <strong>de</strong> 9h à 12h sur réservation.<br />

Fermeture<br />

Tous les samedis et jours fériés.<br />

Tarifs<br />

Gratuit pour tous<br />

Réservation obligatoire pour les groupes<br />

03 86 72 96 40<br />

53


Vie quotidienne<br />

Bibliographie<br />

Livres<br />

RACHET G., Dictionnaire <strong>de</strong> la civilisation égyptienne, éd. Larousse<br />

MARUEJOL F., Dictionnaire <strong>de</strong> l’Egypte ancienne, éd. Casterman<br />

LACARRIERE J., En cheminant avec Hérodote, éd Pluriel<br />

TOUSSAINT-SAMAT M., Histoire naturelle et morale <strong>de</strong> la nourriture, éd. Larousse<br />

DESROCHES-NOBLECOURT C., La femme au temps <strong>de</strong>s pharaons, éd. Stock<br />

Sites Internet<br />

www.cathjack.ch/egypte<br />

www.civilization.ca/civil/egypte/(vêtements)<br />

fr.clarins.com (pour son herbier)<br />

Dianantes.free.fr (les céréales)<br />

www.educnet.education.fr ( textes traduits <strong>de</strong> Pline l’Ancien)<br />

www.egyptos.net (pour la vie quotidienne et les crues du <strong>Nil</strong>)<br />

www.eternalegypt.org (généraliste)<br />

fr.wikipedia.org<br />

Immortelleeggypte.com<br />

museum.agropolis.fr (aliments)<br />

www.thotweb.com (pour les étu<strong>de</strong>s d’égyptologues)<br />

www.toutankharton.com<br />

"Comment <strong>de</strong>venir égyptologue" - Bibliographie<br />

www.onisep.fr<br />

www.thotweb.com (à lire, le portrait <strong>de</strong> Marc Etienne)<br />

fr.wikipedia.org<br />

www.culture.gouv.fr<br />

www.ecoledulouvre.fr<br />

Milieux naturels<br />

Religion<br />

Origine <strong>de</strong>s illustrations et <strong>source</strong>s documentaires<br />

* ARDAGH P., L’Egypte ancienne, collection « Détectives <strong>de</strong> l’histoire », éd. Casterman.<br />

* FAUCHET F., L’Egypte ancienne, collection « Les clés <strong>de</strong> la connaissance », éd. Nathan.<br />

* HARRIS G., L’Egypte ancienne, Atlas Historique, éd. Casterman.<br />

* MARUEJOL F., Atlas <strong>de</strong> l’Egypte <strong>de</strong>s Pharaons, collection « Grands Atlas », éd.<br />

Casterman.<br />

* MILLARD A., Les Mystères <strong>de</strong>s Pyrami<strong>de</strong>s, éd. <strong>de</strong> l’Olympe.<br />

* MIQUEL P. ,Au temps <strong>de</strong>s Egyptiens, collection « Vie privée <strong>de</strong>s Hommes », éd. Hachette.<br />

* Petite encyclo, Egypte, chez Hachette Collections, 2006.<br />

* TIANO O., Sur les traces <strong>de</strong>s Dieux d’Egypte, éd. Gallimard Jeunesse.<br />

54


* Magazine Sciences et Avenir – février 2004, « Le sacre <strong>de</strong>s animaux »<br />

mai 2006, « L’Egypte <strong>de</strong>s rois scorpions »<br />

http://wikipedia.org<br />

Sites Internet :<br />

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