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archivesma.epfl.ch

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Nous tenons à remercier pour leur disponibilité, leurs conseils et les informations fournies :

Bill d’Avignon, directeur du développement, Youngstown (US).

Jean Brohan, Ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable, (FR).

Aline Bruyere, service SIG Observatoire Urbain, Saint-Étienne (FR).

Fabienne Cresci, directrice du pôle Urbanisme et Développement, Saint-Étienne (FR).

Eduardo Camacho Hübner, doctorant au LaSIG, Lausanne (CH).

Hillary Donnelly, service de l’urbanisme, Newcastle (UK).

Sylvie Fol, maître de conférence à l’Université de Paris (FR) et secrétaire du Réseau de Recherche

International « Shrinking Cities International Network », Center for Global Metropolitan Studies, Université

de Californie à Berkeley.

Gabriele Scholz, service des statistiques allemandes .


7

83

103

117

131

145

161

181

197

209

la ville industrielle

15

25

31

43

49

59

65

75

Halle (D)

une ville néo-industrielle

Newcastle Upon Tyne (UK)

Cool city strategy

Saint-Etienne (FR)

la ville du Design

Youngstown (US)

Going from gray to green

(ré)actions - stratégies

87

87

92

93

95

97

99

101

outils de la statégie

(dé)construction

(ré)génération

(ré)interprétation

(re)renaturation

construction

potentiels d’intervention - indicateurs

fonctionnement du tableau

(ré)actions - Halle (D)

(ré)actions - Newcastle Upon Tyne (UK)

(ré)actions - Saint-Etienne (FR)

(ré)actions - Youngstown (US)

(ré)actions - liens

annexes

bibliographie

table des illustrations


« 11. Nous chanterons les foules agitées par le travail, par le plaisir ou par l’émeute : nous chanterons les marées

multicolores et polyphoniques des révolutions dans les capitales modernes ; nous chanterons la ferveur nocturne

vibrante des arsenaux et des chantiers incendiés par de violentes lunes électriques, les gares goulues dévorant des

serpents qui fument, les usines suspendues aux nuages par des fils tordus de fumée, les ponts pareils à des gymnastes

qui enjambent les fleuves étincelant au soleil comme des couteaux scintillants, les paquebots aventureux qui

flairent l’horizon, les locomotives à la poitrine large qui piaffent sur les rails comme d’énormes chevaux d’acier bridés

de tubes et le vol glissant des avions dont l’hélice claque au vent comme un drapeau et semble applaudir comme une

foule enthousiaste. »

Filippo Tommaso Marinetti, « Le Manifeste du futurisme », publié dans Le Figaro, février 1909.


1 Michel Lussault, L’homme spatial, Seuil, Paris, avril

2007, p. 9.

« L’homme est un “animal spatial” et les sociétés sont un arrangement

des spatialités » 1

La ville, une structure spatiale où évolue une société, société qui lui attache un

sentiment d’appartenance, d’identification, de fierté. Elle se caractérise par une

situation géographique, une organisation tant spatiale que sociale, fruit d’opportunités,

de ressources territoriales et d’engagements d’homme(s) qui déterminent

son caractère. Au cours de son histoire, elle est marquée par une suite de

transformations, d’adaptations, d’interrogations sur son expansion. Si certaines

d’entre elles, ainsi que leur économie réussissent à s’adapter aux changements

d’autres sont confrontées à des difficultés de réactions face à des perturbations

qui entraînent de trop grands changements dans leur structure urbaine. Les

causes de ces bouleversements peuvent être de tous types : économiques, politiques,

sociaux ou encore dus à des catastrophes naturelles.

La ville a toujours été le champ d’expérimentations pour des modèles de nouvelles

sociétés, dans un souci d’amélioration des conditions de vie, de la sécurité

et de l’économie. Une part fondamentale du changement se fait au XIX ème siècle

durant lequel la majeure partie des villes est marquée par la révolution industrielle

à diverses échelles. à la petite par l’atelier, l’usine, ou à la grande par le

chemin de fer qui bousculent la structure urbaine de la ville.

|7|


2 L’Utopie est l’expression de l’espérance d’un

changement, ce qui est exactement ce que la situation

exige. Robert Kaltenbrunner, “The end of homogeneous

space”, dans Philipp Oswalt, Shrinking

cities, Vol.1, International Research, Hatje Cantz

Verlag, Ostfildern, 2006, p. 705.

3 Conférence de Jean-Louis Cohen, architecte et

historien, « Ville industrielle, modèle de ville moderne

? », colloque Réinventer les villes industrielles,

Paris, déc. 2007.

4 Conférence de Jean-Louis Cohen, architecte et

historien, « Ville industrielle, modèle de ville moderne

? », colloque Réinventer les villes industrielles,

Paris, déc. 2007.

5 Logements ouvriers linaires en brique.

6 Conférence de Gérard Raulet, professeur à

l’Université Paris-Sorbonne, « Le projet en question

: la rétroconstruction», colloque Réinventer les

villes industrielles, Paris, déc. 2007.

Terraced, Newcastle.

Des bourgs industriels aux utopies du XIX ème de Claude Nicolas Ledoux, en passant

par les villes nouvelles ex nihilo du XX ème de Le Corbusier, la ville industrielle

sera le foyer d’expérimentations, de concrétisations de théories, où la production,

l’autorité et l’habitat tentent de cohabiter harmonieusement. Elle sera le synonyme

de la modernité et donnera lieu à de nouvelles formes d’urbanités.

« Utopia is an expression of the hope for change, which is exactly what the situation

demands. » 2

L’organisation rationnelle du mode de production et de fonctionnement de l’industrie,

va se traduire à l’échelle de la ville :

« La ville comme un grand système à Tayloriser. » 3

La forme de la ville reprend le schéma hiérarchique de l’entreprise : l’usine – dirigeant

en position haute, et sous sa direction les logements – chaînes de production.

Cette analogie prend même un caractère littéral, dans la construction

des villes suburbaines américaines, par exemple, les rues de Levittown prennent

l’apparence de chaînes de montage 4 . Cette rationalité par souci d’économie

s’introduit jusque dans la sphère du logement, l’espace privé est réduit à son

minimum, à l’image des Terraced 5 anglaises. Le développement de ces villes se

construit sur la structure mise en place par l’industrie.

Ces villes qui furent le lieu de l’essor de la société industrielle font face dès la

moitié du XX ème siècle à un déclin. Elles se vident de leurs activités économiques

et l’industrie, qui était au centre du système n’est plus un moteur. Ces villes se

trouvent alors confrontées au chômage, aux disparités sociales, et finissent par

se dépeupler. Elles se retrouvent avec une série d’infrastructures vides, surdimensionnées

et perdent ainsi leur identité, alors qu’un un sentiment de rejet

s’installe.

Aujourd’hui ces villes tentent de se reconstruire et deviennent des « nids de Coucou

» 6 à la recherche d’une nouvelle image. Comment régénérer une économie

et un territoire marqués par des années d’exploitation industrielle ?

|9|


7 Conférence de Bernardo Secchi, architecte et

historien, « Ville industrielle, modèle de ville moderne

? », colloque Réinventer les villes industrielles,

Paris, déc. 2007.

8 L’industrie ayant joué un rôle prépondérant en Europe

durant la Seconde Guerre Mondiale, elle était

notamment le lieu de travaux forcés.

les traces Les villes cherchent une nouvelle image. Après avoir été le symbole

d’une puissance économique, elles sont aujourd’hui cataloguées comme postindustrielles,

trop sales, trop polluées et économiquement peu attractives. Elles

cherchent donc à mettre en place des stratégies qui permettront d’accueillir de

nouvelles activités, qui relanceront leur développement.

Comme nous le remarquions précédemment l’industrie a structuré l’organisation

de la ville à l’échelle de son territoire . Dépossédées de leur fonction, ces

infrastructures se trouvent sans réelle cohérence avec le fonctionnement actuel

de la ville. Se pose la question de la trace, de l’héritage laissé par cette « civilisation

» passée.

Toute ville, dans sa formalisation urbaine au travers de son histoire, laisse une

série de couches, qui forment une base pour son développement futur, un

palimpseste. Ainsi tout ce qui est construit devient le contexte de ce qui sera

construit. Ces traces deviennent alors, soit une contrainte, soit une richesse, un

potentiel pour le projet.

La première réaction face au déclin industriel est de s’interroger sur l’objet, l’usine,

le devenir de ces friches et de ces infrastructures, situation paradoxale d’une

coquille à la recherche d’un Bernard-l’hermite. Mais comme le souligne Bernardo

Secchi 7 , l’archéologie industrielle n’est pas toujours justifiée et pose la question

de la mémoire, de la valeur incarnée par l’industrie ; qu’elle évoque la nostalgie

d’un lieu de travail ou un cauchemar 8 . Tout comme les morphologies qui sont des

produits issus de l’industrie (logements ouvriers, réseau de transport, ...).

|11|


croissance déclin croissance

stratégie stratégie

(ré)action

Centre-ville, Newcastle.

latence

(ré)action

T

Le programme change, la morphologie reste, ou bien encore la fonction et son

enveloppe peuvent toutes les deux disparaître. Leur présence sera toujours visible

dans le territoire - le sol prend une épaisseur contextuelle.

La ville industrielle n’est pas seulement formée d’usines ; c’est toute une structure

spatiale qui s’organise bien souvent autour d’un axe structurant, que se soit

le fleuve, le rail ou le littoral. Car un même axe peut rester opportun, même si sa

fonction change. Un cours d’eau ayant porté des programmes industriels peut

faire l’objet d’un développement de programmes de loisirs et devenir le nouveau

cœur palpitant de la ville. Ces axes deviennent l’épine dorsale de la transformation

de la ville.

De plus, l’empreinte du bâti disparu reste présente au travers du tissu de réseaux

aussi bien viaire (routes, voies ferrées), que d’alimentations techniques

(eau, gaz, électricité...) et du découpage du territoire. Le sol devient la structure

du futur développement. Le développement de la « nouvelle ville » profite de la

rationalité de l’industrie.

L’enjeu pour ces villes réside dans la gestion de leur décroissance sans congédier

leur héritage. Le phénomène de rétraction aussi bien de leur population que

de leur territoire ne doit pas forcément être considéré comme négatif. Il représente

une étape dans le « cycle » de leur histoire et fait partie de leur développement.

à l’heure où les villes entretiennent des relations de concurrence les unes

envers les autres, la question d’un projet, d’une stratégie d’ensemble à l’échelle

de la ville se pose. Ces villes monofonctionnelles doivent trouver un nouveau

moteur, qui donnera une nouvelle cohérence à l’ensemble des éléments qui les

constituent : une image forte, fédératrice ; en évitant un saupoudrage spéculatif

qui ne considèrerait pas la structure urbaine dans son ensemble.

Au travers de l’exemple de quatre villes post-industrielles : Halle (D), Newcastle

(UK), St Etienne (Fr.) et Youngstown (USA), nous allons tenter de décrypter les

stratégies mises en places pour leur régénération. Ces quatre sites ont tous subi

une crise industrielle dans la deuxième partie du XX ème siècle. Chacun d’entre eux

a opté pour une stratégie différente, cherchant à vendre une nouvelle image:

Pôle scientifique et technologique de pointe (Halle), Cool city (Newcastle), Métropole

du design (St Etienne), Green city (Youngstown).

|13|


Halle (D)


10 km

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

-15%

Saxony-Anhalt évolution de la population entre 1989 et 2003.

Sources: Statistiques Allemagne, [www.destatis.de].

Evolution de la population

1989-2003


Saxony Anhalt, Allemagne.

1 Christoph Bernhardt, « Les villes nouvelles en

RDA », Laboratoires de l’…tat-providence industriel,

oct. 2005.

L’industrialisation de l’Allemagne, au cours du XIXème siècle, se localise principalement

à l’Ouest avec un pôle minier et sidérurgique (la Ruhr), et à l’Est avec un

pôle chimique et d’exploitation de lignite. Cette région est alors surnommée le

«Triangle de la chimie», reliant Berlin, Dresden et Halle. Ces deux bassins forment

l’un des moteurs économiques de l’Allemagne jusqu’au milieu du siècle

dernier. Grâce à leur situation géographique, les industries de l’Est jouent un rôle

important durant les deux Guerres Mondiales, éloignées des lignes ennemies elles

participent à l’effort de guerre, et se développent plus qu’à l’Ouest.

Le changement de régime égime de l’après-guerre (la République Démocratique Alle-

mande – RDA), contribue à son développement.

Pour faire face à la demande en main d’œuvre de ce secteur, la RDA met en place

des programmes de logement de masse. Prenant exemple à la fois sur les grands

ensembles à l’Ouest, notamment en France et à l’Est, en Ex-URSS reprenant le

concept soviétique de monumentalisation du logement ouvrier, qui s‘appuie sur

les principes d’urbanisme de « complexe résidentiel » associé au concept de

«voisinage ». 1

Les standards d’habitation et d’infrastructures sont alors généralement énéralementsupérieurs à ceux des centres-villes. Si dans un premier temps la préfabrication des

logements (plattenbau) propose une réponse éponse immédiate et effi efficace cace à la deman deman-

de, rapidement la qualité est sacrifiée au profit de la quantité. C’est ainsi que

ces villes nouvelles se sont retrouvées sans équipements, et sont devenues des

cités dortoirs monofonctionnelles.

Suite à la chute du Mur en 1989, un flot de personnes quitte la région pour

s’installer à l’Ouest. Économiquement la réunification entraîne la désindustrialisation

de l’ex-RDA, qui n’est plus compétitive.

Ce processus est accéléré éléré en partie par la vétusté du parc immobilier, et le man-

que d’investissement technologique durant la période communiste. Ce manque

d’entretien et d’innovation se répercute sur le territoire, se traduisant par une

catastrophe écologique, les sols et les cours d’eau exploités par l’industrie sont

souvent saturés en produits chimiques.

|17|


Saxony-Anhalt:

940’000 hab. (2003)

Halle:

240’000 hab. (2003)

Halle:

19’000 étudiants uni.(2006)

Sources: Statistiques Allemagne, [www.destatis.de].


1989

2006

48.4%

47.2%

12.8%

86.8%

Evolution des secteurs d’activités

14.4%

20.6%

1989 2006

-15%

+84%

-74%


10 km

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

Merseburg

Halle

Weißenfels

SAINT ETIENNE

Wolfen

Delitzsch

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

Leipzig

Grimma

Principales zones bâties.


autoroutes

routes

rail

industrie

Frankfort : 3h50

10 km

Berlin : 2h10

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

SAINT ETIENNE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

Réseaux et localisation des principaux sites industriels.


1km

5 km

-26%

Halle évolution de la population entre 1989 et 2003.

Sources: Statistiques Allemagne, [www.destatis.de].

Evolution de la population

1980-2003


Halle,Saxony Anhalt.

Schéma de la structure urbaine.

La ville de Halle fait partie de la conurbation industrielle composée de Wolfen au

Nord et de Leipzig à l’Est. Ce n’est pas une ville nouvelle, mais sa proximité avec

les mines de lignite (au Sud) et les usines chimiques (au Sud et à l’Est) en a fait

une cité dortoir pour l’industrie. Son développement se caractérise par la construction

de quartiers satellites de type ville nouvelle, profitant des conditions

de vents favorables à l’Ouest et au Sud (zones à pollution modérée). Sa structure

urbaine est très fragmentée, il n’y a pas de mixité programmatique au sein de

ses quartiers, bien souvent, par manque de moyens, beaucoup d’infrastructures

publiques n’ont pas été construites ; ce zoning programmatique empêche alors

une cohérence d’ensemble.

Les événements de la fin de l’année 1989 perturbent cet équilibre instable, la

ville voit des quartiers entiers de logements se vider ; n’ayant plus le « moteur

industriel », les gens ne voient plus de raison pour rester dans ces cités.

|23|


2 Axelle De Gasperin, « Rénovation et réhabilitation

des grands ensembles dans les nouveaux Länder

: quel avenir pour les ville socialiste ? », Revue

géographique de l’…st – TomeXLVI, avril 2006, p.

162.

3 Peter Riemann, Hans Kolhoff, Arthur Ovaska, Rem

Koolhaas, « Die stadt in der stadt. Berlin das grüne

stadtarchipel, 1977 », Lotus International, n°19,

1978.

Silberhöhe, Halle.

Une ville néo-industrielle

Actuellement Halle est toujours dans une période de déclin, la ville essaie de

mettre en place des outils qui lui permettront de se stabiliser afin de construire

une base solide pour un futur développement. La région ne souhaite pas changer

d’image, mais de se ré-industrialiser, une « néo-industrialisation », pour devenir

un pôle scientifique, de technologie de pointe, une vitrine pour l’Allemagne, misant

à la fois sur un savoir-faire industriel et sur son université. La production d’un

savoir (la science) se mettrait alors au service du renouvellement de l’industrie.

Si, à la suite du changement de régime, la ville de Halle se dépeuple en faveur de

l’Ouest, actuellement elle fait face à une migration à l’échelle locale, les grands

ensembles sont rejetés au profit d’une périurbanisation composée principalement

de logements individuels.

Pour contrer ce phénomène spéculatif qui s’accompagne souvent par la construction

de grands centres commerciaux en périphérie, Halle profite du programme

fédéral stadtumbau Ost (rénovation urbaine à l’Est) pour questionner son espace

urbain et plus particulièrement ses cités satellites.

A l’échelle de la ville la stratégie d’une « ville des îles » 2 se profile. Ce concept

de la ville dans la ville (Die stadt in der stadt) a été développé par Oswald Ungers

dans les années 70 pour la ville de Berlin. Pour accompagner et stabiliser

le dépeuplement de la ville, il propose de faire une sélection des îlots dignes

d’intérêt (image véhiculée, architecture, potentiel d’attractivité), de concentrer

les efforts de reconstruction sur ces centres pour ainsi forcer une densification

ponctuelle ; le reste de la ville est alors laissé à la nature. La ville qui en résulte

est fragmentaire, mais chaque îlot représente un potentiel pour un futur développement.

« La ville comme un ensemble sera une fédération de toutes les villes singulières,

délibérément développées selon des manières antithétiques. » 3

La ville de Halle profite de ces ressources paysagères notamment sa rivière la

Saale pour mettre en place la stratégie qui lui permettra aussi d’oublier son image

de ville monofonctionnelle en favorisant la mixité urbaine.

|25|


Silberhöhe, Halle.


Silberhöhe, vue sur les quartiers

périurbains, Halle.


HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39


Newcastle Upon Tyne (UK)


HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

-11%

Evolution de la population

Tyne and Wear évolution de la population entre 1951 et 2001.

1971-2001

Sources: .Statistiques Angleterre, [www.statistics.gov.uk].


Tyne and Wear, Grande-Bretagne.

1 Ronald Munk, “Deindustrialisation: Britain”,

dans Philipp Oswalt, Shrinking Cities Vol. 1 International

Research, Hatje Cantz Verlag, Ostfildern,

2006, p. 49.

2 Brendan Nevin, “The northern spiral of decline”,

guardian, fév. 2003, [http://www.guardian.

co.uk]

3 Andrew Cumbers, Kean Birch, “Divergent Pathways

in Europe’s old Industrial Regions?” , Draft

paper for SPIF meeting, 27 th october , [http://

www.cppr.ac.uk].

4 [http://sine7.ncl.ac.uk/sl/Home.htm]

L’Angleterre est le premier pays à se lancer dans la révolution industrielle (1875-

1950), dans les années 50, la portion de travailleurs employés par l’industrie

atteint les 48% 1 . C’est dans le Nord, la région la plus industrialisée, que le déclin

est le plus spectaculaire ; aujourd’hui encore, alors qu’on observe dans le Sud du

pays une pénurie de logements, dans le Nord c’est la vacance qui représente un

problème 2 . Une partie des logements pour les familles ouvrières à faible revenu,

qui représentent une part importante du parc de logements, est laissée à l’abandon.

Les régions qui avaient fondé leur réputation et leur image sur l’industrie se

retrouvent brutalement sans moteur économique et avec un territoire défiguré.

Les infrastructures des industries métallurgiques, minières, les chantiers navals,

et autres ingénieries lourdes, sont brusquement abandonnées, la concurrence

étrangère d’après guerre étant trop forte 3 .

La région de Tyne and Wear se situe sur la côte est, dans le Nord de l’Angleterre,

dans une région profondément industrielle, c’est une des zones les plus peuplées

du pays. La prospérité industrielle de Tyne and Wear commence au XIX ème

siècle avec l’exploitation des puits de charbon, leur fermeture engendre une vague

de chômage dès les années 30 4 .

|33|


Tyne and Wear:

1’080’000 hab. (2006)

Newcastle:

260’000 hab. (2006)

Newcastle:

61’000 étudiants uni.(2001)

Sources: .Statistiques Angleterre, [www.neighbourhood.statistics.gov.uk], [www.statistics.gov.uk].


1951

50.5% 48.6% 4.1%

Newcastle

-11% +76%

2001

Londres

-37%

+18%

38.2% 61.3% 8.1%

1951 2001

1999 2006

Evolution des secteurs d’activités Evolution du tourisme (nuitées)

+5%


HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

Ryton

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

Newcastle Upon Tyne

Gateshead

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

Wallsend

Washington

Hebburn

Whitley Bay

Houghton Le Spring

Shields

Sunderland

Zones bâties

Principales zones bâties.


Cross Country Route

Caristle:1h15

autoroutes

routes

rail

industrie

5mio passagers/an

Amsterdam:2h30

Dublin:1h

Geneva:2h

London:1h15

HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

Edinburgh:1h45

Durham:12min

Manchester:2h30

Londres:3h15 (fréquence 1/2h)

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

Amsterdam:15h

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

East Coast

Réseaux et localisation des principaux sites industriels.


1km

5 km

-15%

Evolution de la population entre 1951 et 2001.

Sources: .Statistiques Angleterre, [www.statistics.gov.uk].


Newcastle, Tyne and Wear.

5 Le High Level Bridge (1849), qui combine rail et

route, le Swing Bridge (1876), le Redheugh Bridge

pour l’autoroute, le Queen Elizabeth II Bridge

(1981) pour le métro, le King Edward Bridge et le

Tyne Bridge (1928). Le Millenium Bridge (2003)

est le dernier pont construit, il est piéton et est un

symbole la renaissance de la ville.

6 Leazes Park, Town Moor, Wooded Gorge of Ouseburn.

Schéma de la structure urbaine.

7 L’Université de Newcastle (1834), l’université de

Northumbria et celle de Sunderland (1901).

Les industries lourdes s’implantent le long de la rivière Tyne, l’axe structurant de

la ville de Newcastle Upon Tyne, tenant ainsi le centre ville à l’écart de l’eau. Pour

relier les deux rives, pas moins de sept ponts sont construits 5 , ils constituent un

symbole identitaire fort.

La prospérité de l’industrie s’accompagne d’un besoin accru en logements

ouvriers, construits en grande quantité aux abords immédiats du centre. Ces logements

(terraced), typiques des districts industriels anglais, construits en briques

permettent une densité importante, mais avec un confort sommaire. Pour

compenser cette exiguïté, de nombreux parcs de détente sont réservés 6 . Durant

la révolution industrielle, ces quartiers de terraced fonctionnaient en couronne

dense autour du centre, les habitants travaillaient dans les usines proches, et

étaient peu mobiles. Les services étaient regroupés au centre ville, les quartiers

d’habitations étant monofonctionnels. Cette typologie d’habitat, inadaptée aux

modes de vie des familles actuelles, et le vieillissement du parc immobilier, engendre

dès les années 90 un taux de vacance très important. L’image négative

véhiculée par cette typologie industrielle, et l’abandon de certains quartiers accélèrent

le déclin de la ville. Le centre, transpercé de toute part par un réseau

routier et ferroviaire dense se vide et se désagrége par manque d’entretien,

seuls les plus pauvres, qui n’ont pas les moyens de partir s’installer en périphérie

restent dans des taudis.

Avec trois campus universitaires importants, les étudiants représentent environ

15% de la population de Newcastle Upon Tyne. C’est donc un pôle d’attraction

important dans la région, avec l’Université de Durham au sud (3 ème plus ancienne

université d’Angleterre, après Oxford et Cambridge) 7 .

|39|


Benwell, Newcastle.


Benwell, terraced abandonnées,

Newcastle.


8 Joel Kotkin, “Uncool Cities” , Prospect Magazine,

n°115, octobre 2005, [http://www.prospect-magazine.co.uk/pdfarticle.php?id=7072].

9 “Going for growth general plan 2000”, [www.newcastle.gov.uk/wwwfileroot/regen/plantrans/NewcastleCity-wideGoingForGrowthPlan.pdf].

10 « Dossier de presse, Bilbao, le musée de la renaissance

basque », Institut France-Euskadi (IFE),

2007, [www.france-euskadi.org].

Quayside, Newcastle.

« Cool city strategy 8 – Going for Growth 9 »

Pour compenser la perte de sens due au départ de l’industrie, certaines villes

post industrielles, comme Newcastle, vendent une nouvelle image au travers

d’une stratégie marketing, d’évènements culturels, ou d’ambitieux projets architecturaux.

Cette identité se construit au travers de la manipulation, plus ou

moins forcée, de traditions et de mythes urbains pour obtenir un produit marketing

efficace. Ainsi la plupart des actions entreprises par la ville vont se concentrer

sur un même point, le centre ville, qui deviendra un centre d’attraction.

Au travers de ces nouvelles constructions ambitieuses, Newcastle voudrait obtenir

le même effet de levier provoqué par le musée Guggenheim à Bilbao (Espagne).

Un symbole de renouveau pour la ville, qui redresse aussi une économie

moribonde en attirant de nouveaux investisseurs. Comme à Bilbao, Newcastle

« a pratiquement crée ex-nihilo un secteur économique (...) : le tourisme. » 10 .

La volonté de mettre en vitrine des projets d’architectes de renommée internationale

permet la médiatisation de la ville. En Espagne cela s’accompagne, d’un

vaste plan de développement à l’échelle de la région. La ville a revendu des terrains

à des promoteurs, le solde étant ensuite réinvesti dans les infrastructures,

avec un rayonnement positif pour toute la région.

Dans ces villes, les musées, les ouvrages emblématiques, les cafés, les restaurants,

les hôtels et les clubs fleurissent. C’est une économie de la culture et elles

espèrent attirer les jeunes gens créatifs pour redynamiser aussi la vie économique.

|43|


11 L’aéroport International de Newcastle, qui accueille

aujourd’hui 5 millions de passagers par an,

en espère 10 millions d’ici 2016 et 15 millions en

2030.

12 “Going for growth general plan 2000”, [www.

newcastle.gov.uk/wwwfileroot/regen/plantrans/

NewcastleCity-wideGoingForGrowthPlan.pdf].

13 Nous devons accepter que certaines parties de

la structure urbaine sont déchirées et ne peuvent

pas être réparées. « Going for growth general plan

2000 ». [www.newcastle.gov.uk/wwwfileroot/

regen/plantrans/NewcastleCity-wideGoingFor-

GrowthPlan.pdf].

14 Les terraced sont des propriétés de la commune

(City Council), qui les loue.

15 “...within 5 minutes walk of a high quality neighbourhood

park (...) small areas for play are within

150 meters of every home.” Going for growth general

plan 2000, [www.newcastle.gov.uk/wwwfileroot/regen/plantrans/NewcastleCity-wideGoing-

ForGrowthPlan.pdf].

Quayside, Newcastle.

Ce phénomène commence dans les années 90, avec l’explosion des start-up,

mais cette période est finie aujourd’hui, reste la fragilité d’une économie basée

principalement sur la vente d’un downtown de carte postale. L’ambition de cette

stratégie dépasse le cadre de la ville et de ses habitants, ce phénomène repose

sur les nouvelles possibilités de communications et de mobilité. Une ville se retrouve

en concurrence avec les villes du monde entier, grâce à l’Internet, les futurs

visiteurs ont la possibilité de les comparer. Ce sera donc à celle qui propose

l’ambiance la plus festive, l’exposition la plus en vue, le bâtiment dont tout le

monde parlera.

Une dualité se forme entre la nouvelle image (world-famous waterfront) et la

réalité quotidienne difficile de ces villes dont une partie du territoire est encore

profondément marquée par l’industrie. Pour améliorer sa situation économique,

la ville commence par vendre une image qui ne correspond pas forcément à la

réalité, pour attirer les investisseurs, d’où le décalage entre la vie quotidienne

des habitants et l’identité de la ville sur le site de l’office du tourisme. Indice de

son renouveau, EasyJet dessert Newcastle depuis 2003, en faisant une destination

idéale pour un cours séjour dans une ville partagée entre un héritage culturel

historique et une vie nocturne trépidante 11 . Le but officiellement déclaré des

autorités est de grandir (« going for growth » 12 ), leur approche se veut radicale.

« We must accept that in certain areas the urban structure is broken and cannot

be mended. » 13

La ville entreprend d’importantes démolitions dans les zones les plus problématiques

pour reconstruire de nouveaux quartiers répondant aux attentes de

ses habitants et les aider à accéder à la propriété 14 . Elle redynamise son centre,

particulièrement les rives du Tyne, très abîmées par l’industrie. La ville souhaite

également rendre les espaces verts accessibles à tous 15 . En plus des opérations

sur le bâti existant, le tissu urbain, déjà dense, veut grandir, s’étendre sur ces

limites.

Newcastle, ancien symbole du déclin post-industriel est en train de transformer

son centre historique en parc à thème.

|45|


HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39


Saint-Etienne (FR)


10 km

HALLE

Frankfort : 3h50

1km

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

-6.8%

40% de l’original

Arrondissement de St Etienne évolution de la population entre 1982 et 1999.

Sources: Statistiques France. Recensement 1999, [www.insee.fr].

Evolution de la population

1968-1999


Arrondissement de St Etienne, France.

Le bassin stéphanois, est considéré comme un des berceaux de la révolution

industrielle en France dès le début du XIX ème . La région se développe le long des

axes Nord-Sud (Roanne - Paris, Annonay - Méditerranée) et Est-Ouest (Lyon, Firminy).

Un réseau ferroviaire efficace rend la région facilement accessible, la ville

de Saint-Étienne se trouve au centre du système, avec des plaques tournantes

aux extrémités. Les industries se sont implantées le long du rail, jusqu’à Firminy

à l’Est, Andrézieux-Bouthéon au nord et Givors à l’Ouest. Le long de la rivière Furan,

des moulins alimentent l’activité métallurgique. La passementerie et l’extraction

de charbon participent également à l’essor économique. La région de

la vallée du Gier est caractérisée par une grande diversité et une fragmentation

de l’industrie due à un territoire très vallonné, mais elle fonctionne également

économiquement en cohérence avec deux autres agglomérations industrielles

voisines, Lyon et Grenoble.

|51|


Arrondissement de St Etienne:

415’000 hab. (1999)

St Etienne:

180’000 hab. (1999)

St Etienne:

16’000 étudiants uni.(2006)

Sources: Statistiques France. Recensement 1999, [www.insee.fr].


1982

1999

45%

47%

36%

60%

Evolution des secteurs d’activités

4.1%

10.3%

1982 1999

-6.8%

+18%

-25%


10 km

Firminy

HALLE

Frankfort : 3h50

1km

Berlin : 2h10

Saint-Etienne

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

Lorette

Saint-Chamond

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

40% de l’original

Rive-de-Giers

Principales zones bâties.


Paris : 2h40

autoroutes

routes

100’000 passagers/an

Paris : 0h50

Londres : 1h45

Marseille : 3h10

rail

industrie

10 km

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

Lyon : 0h45

SAINT ETIENNERéseaux

et localisation des principaux sites industriels.

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39


1km

5 km

-21.3%

Evolution de la population entre 1982 et 1999.

Sources: Statistiques France. Recensement 1999, [www.insee.fr].


Saint-Etienne, Arrondissement de Saint-Etienne.

Schéma de la structure urbaine.

1 Statistiques France. Recensement 1999, [www.

insee.fr].

Le développement du tissu urbain de Saint-Étienne, est conditionné par la topographie,

pris dans un corridor formé par sept collines et quelques terrils miniers.

L’industrie oriente le développement urbain de la ville. Alors que la sidérurgie se

place à l’extérieur de la ville, les manufactures et les ateliers de passementerie

prennent place dans le centre-ville qui se développe en îlots bourgeois. Les

villages autour de Saint-Étienne deviennent alors des cités d’ouvriers où les typologies

s’adaptent à l’activité de la passementerie pour accueillir les métiers à

tisser.

Dès le début du XX ème siècle, le territoire est saturé, les nouvelles industries se

construisent donc en périphérie, et s’accompagnent d’un développement pavillonnaire.

En 1920, la ville construit des Immeubles Bon Marché (HBM), pour

loger rapidement sa population grandissante.

La crise économique frappe la ville dans les années 70, entraînant l’arrêt de l’extraction

minière et le déclin de l’industrie sidérurgique. Elle marque la fin des

grandes opérations d’urbanisme, et les logements du centre-ville devenus insalubres

se vident. La construction de l’université et des grandes écoles dans les

années 60, n’ont pas suffit pas à changer la donne. SaintÉtienne devient alors

une ville grise, triste, avec des conditions de vie difficiles. Très rapidement, dès

les années 80, la ville réagit, et se lance dans une opération de redynamisation

économique à travers la résorption des friches industrielles et la création

d’emplois. Mais si elle est de nouveau compétitive sur le plan économique, Saint-

Étienne continue de perdre des résidents, moins 25 000 habitants depuis ces

vingt dernières années 1 et son parc immobilier se dégrade.

|57|


2 Projets urbains d’étudiants de l’Ecole d’Architecture

de Saint-Étienne, « Les friches industrielles du bassin

stéphanois en question », janvier 2005, [http://

www.reseau-patrimoine.net/article.php3?id_

article=111].

3 Ex : la Biennale du Design.

4 « La ville-centre et les communes de fond de

vallées ont perdu pratiquement 30’000 habitants

entre 1990 et 1999. Dans le même temps, le nord

du territoire gagne toujours des habitants (7’000

habitants supplémentaires dans la couronne et

dans la Plaine du Forez entre 1990 et 1999) ».

« Plan de déplacement urbain 2000 de Saint-

Étienne Métropole », [www.epures.com].

5 Elle fait partie du Pôle universitaire de Saint-

Étienne (PUSE), qui regroupe les établissements

d’enseignement supérieurs.

6 Lille a gagné ce titre en 2004, Liverpool en 2008,

et Saint-Étienne est candidate pour 2013.

7 Cedric Price parle de « Magnet City » (projects

to attract activity and condense life) Florian Beigel,

“specific indeterminacy”, dans Philipp Oswalt,

Shrinking Cities vol. 2 Interventions, Hatje Cantz

Verlag, Ostfildern, 2006, p. 137.

Vue aérienne, St Etienne.

la ville du Design

« Changer l’image d’une région sans pratiquer la tabula rasa nous est apparu

comme un défit remarquable » 2

S’appuyant sur son histoire, son patrimoine culturel, et son savoir-faire dans la

confection et le design, Saint-Étienne s’est lancée dans un ambitieux projet pour

changer son image. Celui-ci consiste en une reconquête de la ville aux travers de

ses friches et de son patrimoine bâti. Des projets de régénération des quartiers

anciens, la construction de nouveaux projets culturels et l’organisation d’évènements

à rayonnement international 3 rythment la renaissance de la ville, Saint-

Étienne veut être un pôle d’innovation et de création. Les quartiers de cités HLM,

et ceux du centre ancien sont au centre de l’attention pour améliorer la qualité

de vie et pousser les gens à rester ou à venir s’installer en ville 4 . Les transports

publics sont améliorés de manière à renforcer les fonctions centrales. Les anciennes

industries, fragmentées dans le tissu de la ville deviennent le symbole

de la culture et du savoir-faire stéphanois, alors que la tendance des années 80

était de démolir et d’oublier, ces bâtiments entrent dans le patrimoine de la région.

Les jardins ouvriers, initialement prévus pour améliorer les conditions de vie des

ouvriers, représentent des espaces verts dans le tissu de la ville industrielle et

offrent aux habitants (souvent agriculteurs avant le début de la révolution industrielle)

la possibilité du cultiver un jardin. Ils peuvent aussi être réinterprétés

comme un atout pour attirer les citadins adeptes des produits bio et accros à

tout ce qui est présenté comme naturel et traditionnel.

L’accent est aussi mis sur la formation, avec 16’000 étudiants, l’université de

Saint-Étienne, répartie sur plusieurs sites centraux et les nombreuses Hautes

Ecole, sont un atout pour la région 5 .

Ville du Design, ville universitaire, ville d’innovations et de patrimoine sont les

nouvelles images promues par Saint-Étienne. Les villes qui optent pour une stratégie

similaire se disputent le titre de « ville européenne de la culture» 6 , qui leur

garantirait une exposition médiatique optimale et accroîtrait leur attractivité 7 .

|59|


Crassiers, St Etienne.


Puit Couriot, St Etienne.


HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39


Youngstown (US)


10 km

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

-14%

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

Evolution de la population

1960-2000

Youngstown-Warren MSA évolution de la population entre 1940 et 2000.

Sources: Statistiques USA, [city-data.com], [www.cencus.gov].


Youngstown-Warren MSA, Ohio, Etats-Unis.

1 Timothy Aeppel, « Shrink to fit : As its population declines,

Youngstown thinks small », The Wall Street

Journal, 3 mai 2007, [http://online.wsj.com].

Aux Etats-Unis, c’est la région des Grands lacs, de Chicago à la côte atlantique,

qui forme le principal bassin industriel jusqu’à la moitié du XXè siècle, alors que

le Sud est caractérisé par les plantations. Youngstown (Ohio) fait partie de cette

« manufacturing belt », qui est spécialisée dans l’industrie lourde (sidérurgie,

mines) et dans la production automobile. C’est une ville qui est née de l’industrie,

il n’y a pas de centre qui précède l’industrialisation de la région. Son essor économique

est dû d’une part à une situation stratégique entre Cleveland au nord et

Pittsburgh au sud et d’autre part à la présence de la rivière Mahoning, qui dans

premier temps a permis le transport de matériaux avant que le réseau ferroviaire

ne la remplace. La ville est alors reconnue comme un très grand carrefour pour

l’industrie, la vallée de la rivière Mahoning (Steel Valley) est considérée dans les

années 50 comme le troisième plus grand site de production d’acier des Etats-

Unis. 1

|67|


Youngstown-Warren MSA:

586’000 hab. (2000)

Youngstown:

240’000 hab. (2000)

Youngstown:

13’000 étudiants uni.(2000)

Sources: Statistiques USA, [city-data.com], [www.cencus.gov].


1940

2000

51.7%

42.3%

21%

79%

Evolution des secteurs d’activités

---%

10%

1940 2000

-14%

+86%

-59%


10 km

Maple Ridge

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

Warren

Austintown

Dublin

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

Cortland

NEWCASTLE

Youngstown

Boardman

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

New Castle

Principales zones bâties.


autoroutes

routes

rail

industrie

10 km

400’000 passagers/an

Orlando : 2h20

HALLE

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39

Réseaux et localisation des principaux sites industriels.


1km

5 km

-51%

Evolution de la population

1960-2000

Evolution de la population entre 1940 et 2000.

Sources: Statistiques USA, [city-data.com], [www.cencus.gov].


Youngstown, Youngstown-Warren MSA.

Schéma de la structure urbaine.

2 En 1970 elle comptait environ 170’000 habitants,

et selon les prévisions si rien n’est fait elle

en comptera 54’000 en 2030. Christopher Swope,

« Smart decline », [ http://www.governing.com/

archive/2006/nov/young.txt].

3 Fuechtmann Thomas G., Steeples and Stacks :Religion

and Steel Crisis in Youngstown, Cambridge

University Press, New-York, p. 16.

L’industrie se développe le long de la rivière et le long du réseau ferré (Nord –

Sud) qui deviennent les axes structurants de la ville. Le centre-ville compact se

dispose à l’intersection de ces deux axes. Le réseau est ensuite complété par

une autoroute entre Cleveland et Pittsburgh qui ceinture le centre-ville.

Un tissu de logements individuels selon une grille du type Jefferson se déploie

sur le territoire entre les centres urbains. Aux Etats-Unis contrairement au nord de

l’Europe, il n’existe pas de typologie propre aux logements ouvriers. Bien qu’une

rationalité soit recherchée dans le mode de mise en œuvre de ces logements

(Levittown), aucune préoccupation d’économie du sol n’est alors présente. Le

tout à l’automobile engendre un étalement du tissu de maisons, qui de ce fait

entraîne le développement d’un réseau viaire tentaculaire. Le dernier plan directeur

de 1951 prévoyait un fort développement de la ville d’ici à la fin du siècle qui

aurait atteint le quart de million d’habitants 2 .

Quand les changements économiques des années 70 ont forcé les industries à

la fermeture, Youngstown n’avait pas mis en place d’alternatives économiques,

tout comme les autres villes de la Rust Belt. 3 Sans ce moteur économique et

structurant, la ville et sa région sont rentrées dans une période de déclin. Bien

qu’actuellement une partie de l’industrie sidérurgique soit toujours en activité,

elle n’a plus l’importance de l’époque glorieuse.

|73|


4 Les villes émergent et s’éteignent. …lles donnent

une impression de durabilité et de sécurité, et

sans s’en préoccuper elles sont dans un processus

constant de restructuration et un jour, elles

disparaîtront à nouveau. Si rien n’est permanent et

que tout est temporaire, alors le bâti est seulement

un élément provisoire, son absence future est déjà

sous-jacente. Kai Vöckler, «Robert Smithson and

the architecture of absence », dans Philipp Oswalt,

Shrinking Cities Interventions, Vol. 2, Interventions,

Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2006, p. 114.

5 C’est non-americain. On a l’impression que vous

faites quelque chose de faux si vous ne vous développez

pas (...) ce n’est pas à propos de croissance

ou de rétrécissement c’est à propos de la gestion

du changement. Hunter Morisson interviewé par

Timothy Aeppel, « Shrink to fit: As its population declines,

Youngstown thinks small », The Wall Street

Journal, 3 mai 2007, [http://online.wsj.com].

Carte postale, Youngstown, 1970 .

Going from gray to green

Le processus de désindustrialisation a laissé certaines villes plus démunies que

d’autres pour se renouveler. Dans le cas d’une ville usine, dont les infrastructures

publiques et le logement se sont développés autour de l’usine, une fois

l’industrie partie, la ville, dont la morphologie répondait entièrement aux besoins

de l’usine, se retrouve sans raison d’être. C’est le problème des villes monofonctionnelles

dont l’existence et l’essor sont intimement liés à la révolution industrielle,

sans planification efficace, elles peuvent alors disparaître aussi rapidement

qu’elles sont nées.

« Cities emerge and then pass away. They give an impression of duration and

security, and yet without question they are in a constant process of being reshaped

and will one day disappear again. If nothing is permanent and everything

is temporary, then all housing is only something provisional, its future absence

already inherent. » 4

Youngstown s’est développée grâce à l’industrie, elle se situe sur un point stratégique.

En tant que petite ville industrielle se vidant progressivement de ses

habitants, elle a dû réagir. Il est illusoire de planifier un regain de croissance qui

la ramenerait dans ses grandes années, les autorités préférent accepter la situation,

et œuvrer pour stabiliser la ville. Youngstown, du fait de ces anciennes

dimensions, dispose d’infrastructures plus importantes qu’une ville normale de

sa taille, et entend bien en faire un atout, pour devenir une petite ville attractive.

Ce comportement peut surprendre dans le contexte américain qui aurait plutôt

tendance à prôner le développement et la croissance.

«It’s un-American. It seems like you’re doing something wrong if you’re not

growing (...) it’s not really about growth or shrinkage, it’s about managing change.

» 5

|75|


6Le projet évolue encore, mais au final le résultat

sera de créer plus d’espace ouvert là où il y avait

autrefois des parties de la ville. Bill D’avignon ininterviewé par Timothy Aeppel, « Shrink to fit: As its

population declines, Youngstown thinks small »,

The Wall Street Journal, 3 mai 2007, [http://online.

wsj.com].

Broadacre City, Frank Lloyd Wright, 1932.

Son territoire très étendu et son fort taux de vacance entaîne un tissu distendu.

Cette porosité sert la stratégie entreprise par Youngstown. Elle souhaite tirer

profit du potentiel d’espace vert que ces parcelles représentent, formant des pénétrantes

de verdure dans la ville.

La ville tente ainsi de résoudre l’opposition entre centre urbain et campagne, à

l’image du projet « Broadacre City » (1932) de Frank Lloyd Wright. L’architecte

propose l’image d’une ville où l’agriculture et la nature rentre dans le maillage de

la ville, et deviennent des composantes urbaines comme les autres.

« The vision is still evolving, but the ultimate result will be to create more open

space where there used to be part of the city » 6

Au travers de cette stratégie de contraction et de valorisation de son territoire

urbain, Youngstown essaie de changer son image pour redevenir une ville attractive.

Alors que sa renommée s’était construite sur une industrie lourde, polluante,

elle souhaite dégager pour le futur l’image d’une ville propre, écologique,

où il y fait bon vivre : « Clean and green ». Cela rejoint une certaine aspiration

universelle americaine de quitter la ville dangereuse et polluée, pour s’installer

dans un environnement orienté sur la nature.

Elle ne désire pas pour autant se débarrasser de son industrie, mais encourage

un développement écologique de ce secteur, « industrial green ». De plus elle

mise sur le développement de son centre et plus particulièrement de son université

pour qu’elle devienne le catalyseur de son renouveau.

|77|


Warren, Youngstown.


Maison abandonnée, Youngstown.


HALLE

10 km

Frankfort : 3h50

Berlin : 2h10

SAINT ETIENNE

YOUNGSTOWN

NEWCASTLE

1’950’000 passagers/an

Munich : 1h00

Vienne : 1h30

Londres : 2h39


|81|


(ré)actions - stratégies


1 Afin de comparer ces différentes situations urbaines

nous avons procédé à une schématisation

des différentes morphologies.

Après avoir été les portedrapeaux d’une industrie florissante, motrice de l’économie

nationale, ces villes sont délaissées, reléguées au rang de villes post-industrielles.

Pour sortir de cette catégorie, elles cherchent à changer d’image afin

de redevenir attractives. Elles explorent les traces de leur passé, exploitent les

potentiels de leur territoire, de leur situation géographique.

Des stratégies sont alors construites à l’échelle de la ville, elles vont dicter le

profil de leur développement futur. La direction globale des projets ponctuels

doit coïncider avec celle de la stratégie, pour assurer la cohérence du renouveau

économique, sociale et physique de la ville. Celle-ci doit particulièrement choisir

son aire stratégique, sur laquelle seront fournis les plus grands efforts de renaissance.

Ces profils stratégiques sont propres à chaque ville, mais les réactions pour y

parvenir peuvent être semblables.

De l’analyse de l’évolution du tissu urbain de ces quatre villes nous avons dégagé

ces (ré)actions, les outils de la stratégie qui ont été mis en place:

la (dé)construction, la (ré)génération, la (ré)interprétation, la (re)naturation et

enfin la construction.

Chaque site d’intervention est caractérisé par une localisation, une morphologie 1

et par un potentiel d’intervention que nous avons évalué à l’aide de trois indicateurs

: la vitalité, l’opportunité, et la matérialité.

Nous proposons l’analyse de ces stratégies au travers d’un tableau qui synthétise

les (ré)actions observées sur les différents sites d’intervention de chaque

ville.

La somme de ces (ré)actions agit en accord avec la stratégie, et a une influence

sur la dynamique urbaine. Les (ré)actions vont agir sur l’organisation, les liens

qui se tissent entre les différents éléments qui composent l’espace urbain.

|85|


(dé)construction du Palais de la

Répubique, Berlin, été 2007.

outils de la stratégie – (ré)actions

(dé)construction La séquence construction, destruction et reconstruction

marque le développement urbain, elle peut être planifiée, ou être le résultat de

périodes de conflits, ou d’autres catastrophes.

Les restructurations successives d’une ville impliquent des opérations de déconstruction.

Si leurs buts sont dans la plupart du temps d’embellir, d’assainir,

de moderniser la ville comme ce fut le cas pour le Paris d’Haussmann, elles vont

être dans d’autres situations un moyen d’effacer les traces d’une période sombre

de son histoire.

La Schloßplatz à Berlin est un exemple significatif de la portée symbolique que

représente la destruction. Le Château de Berlin après avoir été fortement endommagé

pendant la Seconde Guerre Mondiale a été détruit par le régime communiste

dans les années 50. Ils voulaient ainsi effacer le symbole du Royaume

de la Prusse, et l’ont remplacé par le Palais de la République Démocratique Allemande.

Un demi-siècle plus tard après la chute du mur, Berlin cherche une nouvelle

image, décide de le détruire et projette de reconstruire un nouveau Château

de Berlin.

|87|


2 Un processus de mutation industrielle qui révolutionne

sans cesse la structure économique, de

l’intérieur, détruisant constamment l’ancienne

structure, et recréant sans cesse une nouvelle

structure. (Le processus) doit être compris dans

son rôle, son action à engendrer des bourrasques

perpétuelles de destruction créatrice; il ne peut

être étudié d’après l’hypothèse qu’il existe une accalmie

continuelle. Anthony Fontenot, « Planned

Destruction », dans Philipp Oswalt, Shrinking Cities

Interventions, Vol. 2, Interventions, Hatje Cantz

Verlag, Ostfildern, 2006, p. 53.

« Continuous Conveyor Belt City »

Superstudio,1972.

La démolition est sans doute la première réaction face à une situation de dépeuplement,

de « rétrécissement » - redimensionner ainsi la ville à son noyau

essentiel. Détruire permet alors de réajuster la taille du bâti en fonction de la

demande, et d’oublier les traces d’un passé dérangeant pour repartir sur de nouvelles

bases.

Si nous nous référons à la vision moderniste de la ville, la ville industrielle est

souvent comparée métaphoriquement à une machine. Une ville idéale, à la fois

flexible, mobile, rapide, répondant aux impératifs de l’économie de manière immédiate

avec une résistance très faible aux changements, et aussi donc, par

définition, effaçable. Ces doctrines du début du XXè siècle ne dissociaient pas

(dé)construction et construction, ces deux actions allaient de pair dans un souci

d’évolution. En 1942, l’économiste Joseph Schumpeter parlera alors de « creative

destruction » dans son livre Capitalism, Socialism and Democracy. »

« A process of industrial mutation that incessantly revolutionizes the economic

structure from within, incessantly destroying the old one, incessantly creating a

new one... [The process] must be seen in its role in the perennial gale of creative

destruction; it cannot be understood on the hypothesis that there is a perennial

lull.» 2

Superstudio évoque aussi cette notion de destruction comme processus nécessaire

au développement au travers d’une de leurs « Cités Idéales ». La « Continuous

Conveyor Belt City » (1972) est une ville-usine qui se consumerait en

permanence pour suivre l’évolution des technologies. Laissant derrière elle les

constructions devenues obsolètes se désagréger, la société suivrait cette machine,

s’adaptant à sa rationalité. Seuls les laissés pour comptes et les fous retourneraient

errer dans les ruines d’un passé déjà oublié. Mais dans ce cas, la

ville avance en dévorant des bouts de nature inexploités, alors que la ville industrielle

dont nous parlons doit se régénérer sur elle-même. Elle ne peut pas partir

à la conquête perpétuelle de nouveaux territoires vierges, elle doit se reconquérir

elle-même.

|89|


3 « by undoing a building there are many aspects of

the social conditions against which I am gesturing :

first, to open a state of enclosure which had been

preconditioned not only by physical necessity but

by the industry that (proliferates) suburban and urban

boxes as a context for insuring a passive, isolated

consumer – a virtually captive audience... The

question is a reacting to an ever less viable state of

privacy, private property, and isolation. » …n déconstruisant

un bâtiment, il y a plusieurs aspects de

la condition sociale contre lesquels je m’élève. …n

premier lieu ouvrir un enclos qui a été préconditionnée

non seulement par des nécessités physiques,

mais par l’industrie proliférante de boîtes suburbaines

et urbaines, un contexte qui assure une

attitude passive, de consommateurs isolés - un

auditoire virtuellement captif...La question est une

réaction face à une état de la vie privée, le la propriété

privée et d’un isolement de moins en moins

viable. Gordon Matta Clark, interviewer par Donald

Wall, « Gordon Matta Clark’s building Dissections, »

Arts Magazine, no.9, mai 1976, p. 76.

4 Ce que la découpe provoque est de rendre l’espace

plus articulé, mais l’identité du bâtiment comme un

lieu, un objet, est entièrement conservée, mise en

valeur. Graham Dan, « Gordon Matta-Clark », dans

Philipp Oswalt, Shrinking Cities, Vol. 2, Interventions,

Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2006, p. 87.

Gordon Matta-Clark,

Niagara Falls, 1974.

La destruction doit prendre alors une dimension de projet urbain, de questionnement

sur le bâti, sur sa matérialité.

Des approches différentes sont possibles : une (dé)construction totale, la destruction

est employée pour effacer une partie du tissu, une tabula rasa permettant

alors une nouvelle vision du site ; une (dé)construction partielle, le potentiel

du site est exploité pour le projet, s’effectue alors un travail sur la forme, sur les

traces.

Ces situations de déclin interrogent et préoccupent les acteurs de la ville, mais

aussi le milieu artistique.

La (de)construction, sera notamment utilisé comme manipulation par l’architecte

Gordon Matta Clark. Au travers de son travail, il entretient un dialogue entre

l’art et l’architecture, l’architecture devant le médium de l’art : « by undoing a

building. » 3

Il procède à des performances in situ où il découpe des maisons vacantes, critique

d’une société de consommation qui pousse à l’individualisme. Il ne travaille

que sur le volume bâti, il préserve le site. à contre-courant de la pratique architecturale

qui consiste, à construire des espaces, il les dissèque. Il révèle ainsi

l’articulation des espaces intérieurs, une interprétation fractale de la vacance.

« what the cutting’s done is to make the space more articulated, but the identity

of the building as a place, as an object, is strongly preserved, enhanced.” 4

|91|


(ré)génération A l’inverse de la (dé)construction, la (ré)génération travaille

sur des éléments existants et exploite leurs potentiels. Dans le cycle de restructuration

de la ville, elle se place avant qu’une démolition ne soit envisagée.

L’objet et sa fonction sont maintenus, s’opère alors un travail soit d’assainissement,

de modernisation, de façadisme, soit de marketing.

Comme nous le mentionnons précédemment ces villes ne peuvent plus « se

vendre » uniquement grâce à leur savoir-faire industriel, elles rentrent dans

un système de concurrence de l’image. La (ré)génération va être un outil de

commercialisation, profitant de la gentrification de quartiers autrefois rejetés.

La ville se revitalise, les morphologies de l’industrie reprennent une place dans

l’espace urbain. Cette patrimonisation fait apparaître pour autant, une situation

paradoxale: la population ouvrière se voit obligée de quitter ces quartiers et est

rejetée en périphérie, exclue en quelque sorte du fonctionnement de la ville.

Cette réflexion s’effectue également concernant les grands ensembles de logements

qui furent une alternative aux logements ouvriers au milieu du siècle

dernier. Ces grands ensembles ne sont plus populaires en Europe, mais dans

certaines villes ils représentent un pourcentage non négligeable des logements,

c’est pourquoi, même si leur morphologie est dépassée, les villes se posent la

question de leur réhabilitation. Le bureau d’architectes Lacaton-Vassal (Paris)

a étudié la requalification d’immeubles de logements sociaux HLM. Pour eux le

calcul est simple : un logement démoli et reconstruit coûte entre 180 000 et 190

000 euros. Alors que le prix d’une transformation complète est évaluée entre 60

000 à 70 000 euros 5 . La (ré)génération permet alors de faire à moindre coût

des logements plus spacieux, plus confortables, de régler des problèmes de promiscuité

(acoustique), et de revoir les équipements du quartier, qui manquent

souvent. La décision de conserver ou non un bâtiment ne devrait pas simplement

venir de l’observation de sa qualité architecturale, mais aussi de sa valeur

sociale.

5 Entretien avec Jean-Philippe Vassal, «Le choix de

la démolition est l’ultime violence faite aux grands

ensembles», L’Humanité, juillet 2004, [http://www.

humanite.fr/2004-07-03_Politique_-Le-choix-de-lademolition-est-l-ultime-violence-faite-aux].


6 Ex : les Plattenbau allemands qui renvoient à des

souvenirs difficiles, dont beaucoup voudraient simplement

les effacer.

7 Lorsqu’un élément perd sa fonction parce que son

usage est dépassé ou qu’il n’est plus pertinent, il

n’y a pas de raison de forcer une adaptation ou de

poursuivre une conservation sentimentale. Lorsque

vient le moment, le changement prend le dessus,

dans le meilleur des cas il y a un changement total

dans le sens de la revitalisation, de la substitution,

ou alors une destruction totale de l’objet. Juan Herreros,

« Forty years of heterodoxy on Cedric Price’s

Potteries Thinkbelt », dans Philipp Oswalt, Shrinking

Cities Interventions, Vol. 2, Interventions, Hatje

Cantz Verlag, Ostfildern, 2006, p. 429.

8 Dorothé Fraleux, « La conquête du Far East... »,

La Gazette de Berlin, n°13, nov-déc 2006. [http://

www.lagazettedeberlin.de/edition13.html ],.

(ré)interprétation Que la conservation d’une partie du bâti laissé par l’industrie

soit le fait de la volonté de préservation du patrimoine, de la mémoire du site,

ou de l’impossibilité de tout détruire 6 , il faut se poser de nouvelles questions sur

la manière de réintégrer ces morceaux de mémoire dans le tissu urbain actuel.

Pour l’architecte Cedric Price « when something loses its function because its

original use is outdated or no longer relevant, there is no point in forcing adaptations

or in pursuing sentimental conservation. When its time comes, change

takes over; in the best of cases, there is a total change by means of reuse, substitution,

or destruction of the original thing ». 7 Mais il faut prendre en compte que

la destruction pure et simple entraîne la naissance de nouveaux espaces vides

qui tendent à distendre encore plus le tissu déjà lâche de ces villes.

Ces coquilles vidées par le déclin de l’industrie et par sa population hantent le

paysage urbain, elles passent par une phase de latence qui les dénigre, les met

à l’écart. Durant ce temps, elles se dégradent petit à petit, et peuvent faire l’objet

d’occupations alternatives. Ces espaces disponibles permettent par exemple à

des artistes de s’installer dans des locaux d’une dimension inespérée, et donnent

lieu à des mouvements créatifs qui insufflent un peu de vie sur le site. Ces

utilisations intermédiaires ont même été parfois fortement encouragées par les

autorités. Berlin, au début des années 90, « apparaissait comme un lieu laissant

une place à l’utopie, où le mythe de l’éternelle reconstruction permettrait à chacun

de prendre une part active au visage de la ville ». 8 La municipalité prêtait

donc des terrains libres pour quelques années, en échange d’une idée d’utilisation.

Mais malheureusement ces nids créatifs finissaient généralement remplacés

par des programmes commerciaux.

La (ré)interprétation consiste souvent en la transformation d’anciennes fonctions

industrielles en lofts, musées ou centres commerciaux. Ces programmes

doivent être élastiques pour pouvoir s’adapter aux infrastructures existantes et

suffisamment attractifs pour enrayer le cycle de stagnation et de déclin.

|93|


9 L’idée n’était pas de redessiner les friches

minutieusement, mais de laisser un développement

naturel qui suit son cours. Jörg Dettmar,

« Naturally determined urban development? »,

dans Philipp Oswalt, Shrinking Cities, Vol. 2, Interventions,

Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2006, p.

144.

10 La conversion d’un nombre grandissant de

cathédrales industrielles vacantes en centres culturels.

Arnold Voss, « Emsher Park international

building exhibition a trendsetting model ? », dans

Philipp Oswalt, Shrinking Cities, Vol. 2, Interventions,

Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2006, p. 293.

11 Conférence de Judit Krakler, Ministère des collectivités

locales et de l’aménagement du territoire,

Hongrie, « Réinventer Gyor par ses zones industrielles

», colloque Réinventer les villes industrielles,

Paris, déc. 2007.

Ruhr, Duisburg parc .

(re)naturation « The idea was to not redesign wasteland elaborately using

new planning, but to allow natural development, or succession, to freely run its

course. » 9

La perforation de la structure urbaine engendrée par la désindustrialisation est

une donnée avec laquelle il faut travailler. Dans un contexte de villes rétrécissantes,

où les infrastructures deviennent redondantes, il n’est pas concevable

de remplir tous les vides, ou de continuer à entretenir toutes les infrastructures.

Une solution adoptée par de nombreuses villes est de laisser la « nature »

reprendre le dessus sur certains terrains, elles s’évitent ainsi le coût de la démolition

tout en préservant des traces de leur passé. Dans le cas de la Ruhr en

Allemagne, dans un bassin très industriel, les autorités ont transformé un site

rejeté en parc industriel dans lequel les visiteurs peuvent se promener dans une

ambiance romantique de fin du monde ; les ruines sont mises en scène.

« ...the conversion of an increasing number of vacant cathedrals of industrial

architecture into cultural centers. » 10

La réhabilitation des anciens terrains industriels ne peut pas toujours se limiter

au retour à la nature sans intervention. De nombreux terrains et cours d’eau

ont été lourdement pollués par une production intensive, et ne peuvent pas être

réutilisés sans opérations de nettoyage conséquentes. Les investisseurs alors

préfèrent construire sur des terrains vierges pour limiter les coûts, c’est donc à

la ville d’entreprendre les démarches pour recycler ces sites, et ainsi limiter la

consommation de territoires vierges 11 .

Le processus de (re)naturation est un nouveau trend rejoignant les stratégies

des cool cities. Le thème du développement durable est indispensable pour une

ville qui se veut contemporaine, et souhaite faire oublier les années durant lesquelles

elle était plongée dans la pollution et la poussière noire des industries

qui la faisaient vivre. Ces villes veulent nettoyer leur territoire et leur image, pour

vendre un cadre de vie idyllique au bord d’une rivière, où les éoliennes remplacent

les cheminées fumantes.

|95|


Effet Whirlpool.

Effet Sprawl.

Levittown, 1950.

construction La construction comme nous le disions précédemment est le

pendant de la (dé)construction, elle symbolise le dynamisme et la croissance

d’une ville qui a les moyens de se moderniser et de s’étendre. Alors qu’au XIX ème

siècle, on assistait à l’effet « Whirlpool » autour des villes, elles attiraient la population

des environs dans leur centre dense. Au XX ème siècle, c’est le phénomène

inverse, les centres urbains des villes post-industrielles, considérés comme peu

sûrs, sales, et ne parvenant plus à fournir du travail à ses habitants se vident

à la faveur de la périphérie. La construction échappe à la planification, elle devient

problématique, et se caractérise alors par le sprawl (étalement urbain) qui

forme souvent un tissu de villas peu dense, empêchant toute possibilité de densification

ultérieure. Ces espaces vastes et peu chers ont donné lieu à une spéculation

qui ne résout pas le problème de redéfinition de ces villes. Il est certes

plus facile de construire sur un terrain vierge plutôt que démolir des constructions

existantes. Cette situation conduit à un vieillissement et un délabrement

général du parc immobilier de la période industrielle, renforçant le sentiment de

rejet et le déplacement en dehors des limites de la ville. La construction modifie

le paysage urbain dans sa nature et dans notre perception, qu’elle soit positive

ou non, elle laisse la trace de la période dans laquelle elle se fait.

|97|


12 Les données territoriales sont en partie issues

d’observations de photos satellite, type Google

potentiels d’intervention – indicateurs

indice de vitalité un indicateur social qui permet de localiser les lieux de la

fragilité sociale, les lieux qui sont rejetés. Cet indicateur est construit en croisant

les données statistiques de chômage et de vacance de chaque quartier.

indice d’opportunité un indicateur morphologique qui rend compte des localisations

des opportunités d’interventions. Cet indicateur est construit à partir

des données statistiques de la vacance, (une forte vacance ici sera considérée

comme un fort potentiel), et à partir de données territoriales 12 : les zones bâties

et les pôles d’attractivité. Ces pôles d’attractivité sont des points fixes dans le

territoire qui ont une aire de rayonnement, ils définissent la dynamique urbaine

du territoire.

indice de matérialité un indicateur morphologique qui va renseigner sur

la « dureté », la résistance du contexte par rapport à une intervention, plus la

matérialité est forte plus une intervention sera contrainte. Cet indicateur est

construit à partir de données territoriales : les zones bâties, la morphologie et le

type de construction.

|99|


Morphologies Images

site industriel

rail

autoroute

route

oint d'attractivité

centre

industries

logements ouvriers

grands ensembles

université

logements résidentiels

vide

industriel

culturel

université

logements résidentiels

vide

industriel

culturel

loisirs

écologique


13 Mode de représentation inspiré du travail des graphistes

Ruedi Baur (FR), Peter Bilak (NL), et Paul

Schellschmidt (D).

fonctionnement du tableau

Le tableau nous permet de fragmenter la stratégie de chaque ville pour rendre

chaque type de (ré)action lisible.

Pour comparer ces quatre villes nous avons procédé à une schématisation du

tissu urbain. Nous obtenons ainsi des morphologies types.

La première entrée du tableau comporte les morphologies qui sont questionnées

par la stratégie, elles sont définies par le potentiel d’intervention composé

par les trois indicateurs (vitalité, opportunité, matérialité).

La deuxième entrée du tableau est composée par les outils de la stratégie, les

(ré)actions ((dé)construction, (ré)génération, (ré)interprétation, (re)naturation,

construction) qui vont agir sur la morphologie.

Pour illustrer la tendance de développement territorial de ces morphologies, la

taille des pictogrammes est différente selon s’il y a régression, stagnation, ou

expansion du tissu morphologique étudié.

De plus pour illustrer l’évolution de l’image véhiculée par chaque morphologie,

les pictogrammes comportent une barre qui indique selon son orientation l’identité

de la situation. 13

Ainsi la combinaison de ces deux variables permet de faire la distinction entre

la permanence physique sur le territoire d’un élément et la puissance de son

image véhiculée.

Si nous prenons l’exemple de l’industrie, en période de crise, elle reste spatialement

très présente mais elle n’est plus un moteur, donc sa puissance de rayonnement

diminue.

|101|


(ré)actions - Halle (D)


Indice de vitalité

Vitalité

faible

forte


1km

5 km


Indice d’opportunité

Opportunité

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Indice de matérialité

Matérialité

vide

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Halle

Halle

TYPES

(RE)ACTIONS

MORPHOLOGIE

INDICE

DE VITALITE

à

à

INDICE

D’OPPORTUNITE

INDICE

DE MATERIALITE


(DE)CONSTRUCTION (RE)GENERATION (RE)INTERPRETATION (RE)NATURATION CONSTRUCTION


Plattenbau avant déconstruction, Halle.

de la ville compacte à la ville qui se contracte

La structure de la ville de Halle est fortement marquée par un zoning programmatique,

les réactions face à son déclin vont tenter de l’effacer au profit d’une

ville polycentrique et mixte. La sectorisation qui semblait efficace à l’heure de

gloire de l’industrie, déstabilise un ensemble de quartiers dans la période du

déclin. Suite au démantèlement de l’industrie plus rien ne retient les habitants

qui ne se s’identifiaient à leur quartier qu’au travers de leur emploi. Ces quartiers,

majoritairement des plattenbau présentent alors une vitalité très basse.

Pour restaurer un sentiment d’appartenance, la ville propose dans un premier

temps de revitaliser son ancien cœur, la valorisation du patrimoine va permettre

à Halle de retrouver une identité autre que celle de l’industrie.

Cette revitalisation entraîne un report des habitants sur les quartiers les plus anciens

au détriment des quartiers de logements ouvriers, particulièrement ceux

composés de plattenbau. Une régénération et une réinterprétation de ces quartiers

est alors nécessaire.

Le mode de construction, en panneaux préfabriqués, des plattenbau, offrent une

matérialité relativement faible, il est alors envisageable de les réinterpréter et de

les régénérer, à l’image d’un jeu de construction où l’on peut tout à fait enlever un

étage ou supprimer une cage d’escaliers. Concrètement cela va se traduire par

une déconstruction partielle de ces quartiers, et par l’introduction de centres,

lieux d’attractivités et de reconnaissance spatiale et sociale. Cette stratégie rejoint

le concept de destruction constructive, démolir devient alors un moyen et

non pas un but. Ces quartiers avec une opportunité forte représentent ainsi les

futurs potentiels de développement de la ville.

|113|


Exemples de régénération de Plattenbau,

Thuringia, 2004.


Schéma de la structure urbaine.

Schéma de la structure urbaine après

réactions.

L’université devient elle aussi un potentiel pour le renouveau de Halle, elle ne se

concentre pas en un point, mais suivant la stratégie de la ville plusieurs pôles se

disposent dans le tissu urbain.

Comme nous le disions précédemment, la région reste industrielle, le déclin de

l’industrie a révélé une réalité cachée pendant la période communiste, le territoire

a été très largement marqué, d’une part par l’exploitation de la lignite, et

d’autre part par la pollution des sols et des rivières engendrée par les usines de

produits chimiques. Pour rester attractif et compétitif ce secteur doit se régénérer,

se moderniser. Les sites sont dépollués et parfois réinterprétés, comme ce

fut le cas des fouilles de lignite converties en lacs artificiels, offrant ainsi l’image,

certes un peu forcée, d’une campagne verte et agréable à vivre.

structure urbaine La structure de la ville change, l’industrie reste toujours

présente à l’Est de la ville, mais elle n’agit plus sur son canevas. Les axes structurants

deviennent les artères qui relient les différents pôles de la ville. Le réseau

ferroviaire déjà très développé ainsi que les autres transports publics s’intensifient

sur ces axes favorisant la mobilité et la mixité urbaine.

|115|


(ré)actions - Newcastle (UK)


Indice de vitalité

Vitalité

faible

forte


1km

5 km


Indice d’opportunité

Opportunité

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Indice de matérialité

Matérialité

vide

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Newcastle

Newcastle

TYPES

(RE)ACTIONS

MORPHOLOGIE

INDICE

DE VITALITE

INDICE

D’OPPORTUNITE

INDICE

DE MATERIALITE


(DE)CONSTRUCTION (RE)GENERATION (RE)INTERPRETATION (RE)NATURATION CONSTRUCTION


1 Une opération de £160 million, entre 1997 et

2003, [www.newcastle.gov.uk/grainger.nsf].

2 Selon le vote en 2002, des auditeurs de la BBC Radio

4, [www.bbc.co.uk].

3 Anciennement appelé le Baltic Flour Mill.

Quayside, Newcastle, 2006.

Cool city strategy – Going for Growth

A l’image de Manchester ou de Liverpool, Newcastle mise sur une stratégie de renouvellement

et de changement d’image très voyant et clinquant pour inciter de

nouvelles personnes à s’intéresser à la ville. Une opération marketing est mise

en place pour faire connaître Newcastle dans le sud de l’Angleterre et aussi de

manière internationale comme une ville attractive, de vie nocturne et de loisirs.

Une cool city.

Les actions pour la régénération urbaine de Newcastle sont principalement

concentrées sur le cœur de la ville qui a souffert après le départ de l’industrie, la

vitalité de ces quartiers était au plus bas, chômage et vacance due au délabrement

des habitations en ont fait une ville fantôme, au profit de centre commerciaux

et de zones de villas en périphérie. Mais la présence de l’université et d’une

grande quantité d’étudiants, en font également un site potentiellement très dynamique.

La matérialité et la compacité du bâti obligent à penser la stratégie de

manière globale. Le centre historique, Grainger Town, a bénéficié d’une opération

globale de renouvellement 1 consistant à démolir les constructions insalubres, à

mettre en valeur les monuments historiques, et à redonner de l’animation aux

rues avec des pubs, des hôtels et des restaurants à la mode. Aujourd’hui, Grey

Street, au cœur de ce quartier est considérée comme une des plus belles rues

d’Angleterre 2 .

Le potentiel d’attraction touristique des bords du Tyne avec ses sept ponts (dont

le très photogénique Millenium Bridge, qui bascule en quelques minutes),rend

l’industrie indésirabe, elle fait alors l’objet de réinterprétations et de déconstructions.

Pour connecter la ville à l’eau, le Quayside a été complètement « nettoyé

». Avec les ponts, seul un bâtiment industriel a été conservé, le Baltic Center

for Contemporary Art, ancienne minoterie 3 réaffectée en musée. Au centre les

autres traces de l’industrie sont progressivement effacées au profit de nouvelles

|127|


constructions touristiques. Le Sage Museum (le Guggenheim local) qui fait face

au Baltic, est une sorte de poisson rutilant qui exprime très clairement l’orientation

que prennent les projets de la ville. Une grande roue a été installée sur le

bord du Tyne, elle vient compléter avec le Millenium Bridge, le Sage, et les ponts

la « carte postale » de la ville.

D’autres projets emblématiques se mettent en place sur les quais, comme le

centre des sciences de la vie et un quartier d’affaires.

Mais les traces du passé restent pourtant bien visibles dès que l’on s’éloigne

légèrement du centre en longeant les rives, on arrive dans des anciens quartiers

de terraced, dont l’accès à l’eau est encore rendu difficile par des friches à

l’abandon. Ces quartiers sont dans une situation très difficile, ils manquent de

mixités et leurs habitants ne se sentent pas concernés par les transformations

du centre-ville. Dans les années 60, une partie de ces logements ont été démolis

et remplacés par des tours d’habitation pour répondre à un manque de place.

Aujourd’hui, certaines de ces constructions sont aussi en sursis car tout comme

les terraced elles ne correspondent plus au mode de vie actuel. Pour répondre à

ce problème, la ville met en place en vaste programme de logements. Certains

quartiers sont remaniés pour les dédensifier et les rendre moins monotones.

Ailleurs ils sont entièrement démolis et la trame caractéristique laissée au sol

est réutilisée pour la construction de villas. Si ce type de logement ouvrier est

rejeté par toute une partie de la population, il pourrait, après une régénération

offrir une typologie idéale pour loger les nombreux étudiants au centre ville, à

proximité de l’université. A terme, la ville prévoit de construire encore de nouveaux

quartiers de villas autour du centre, sur des zones vierges, de faciliter l’accès

à la propriété et de diminuer le nombre de logements sociaux.

Ici le changement d’image est fulgurant, en quelques années la ville a changé

d’apparence, mais elle manque encore de recul pour savoir si la stratégie choisie

n’aura eu l’effet que d’un feu de paille, ou si la ville de loisirs parvient à développer

des racines plus solides.


Schéma de la structure urbaine.

Schéma de la structure urbaine après

réactions.

structure urbaine L’ancien réseau ferré qui menait aux mines, est partiellement

réemployé pour permettre un système de transport public dense et

efficace, et desservir les nouveaux quartiers résidentiels périphériques. L’axe

structurant de Newcastle reste sa rivière, qui aujourd’hui, au lieu de couper le

territoire, le rassemble. Le caractère de ses rives s’harmonise autour des nouveaux

projets, pour vendre l’image très localisée d’une ville post-industrielle

propre et dynamique. Les caractéristiques structurantes de Newcastle ont été

presque entièrement refondues, et se sont réorganisées autour de la promotion

du tourisme.

|129|


(ré)actions - Saint-Etienne (FR)


Indice de vitalité

Vitalité

faible

forte


1km

5 km


Indice d’opportunité

Opportunité

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Indice de matérialité

Matérialité

vide

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Saint-Etienne

Saint-Etienne

TYPES

(RE)ACTIONS

MORPHOLOGIE

INDICE

DE VITALITE

à

à

à

à

à

INDICE

D’OPPORTUNITE

à

à

INDICE

DE MATERIALITE


(DE)CONSTRUCTION (RE)GENERATION (RE)INTERPRETATION (RE)NATURATION CONSTRUCTION


1 Conférence de Fabienne Cresci, directeur général

de l’urbanisme de St Etienne, « La fabrique d’une

ville: ruptures et paris », colloque Réinventer les

villes industrielles, Paris, déc. 2007.

Destruction d’une partie de la manufacture,

St Etienne.

Saint-Étienne 2013, Capital Européenne de la culture - La ville du Design

Saint-Étienne souhaite associer traditions et avenir grâce à son expérience dans

le domaine de la manufacture et du design. Elle entend conserver les traces

physiques et fonctionnelles de son héritage industriel, les anciennes rubaneries

développent aujourd’hui des tissus médicaux de pointe, et GIAT Industrie s’est

spécialisée dans l’optique de précision 1 . Le renforcement de l’économie de la

ville a ainsi pu se faire grâce à ses industries qui ont réussi à s’intégrer et à se

régénérer, leur essor a attiré d’autres entreprises dans la région. Saint-Étienne

doit lutter contre les préjugés liés à son passé industriel et minier. Alors que

beaucoup de sites en France ont pris le parti de tout démolir pour oublier, Saint-

Étienne fait le choix de se renouveler sur elle-même.

Le centre ville compact et mixte, ayant rattrapé dans son développement d’anciens

quartiers de bordures, souffre de délabrement, d’une image grise, sale et

industrielle (vitalité faible) alors que ses industries ne le font plus vivre. Certaines

rues commerçantes ont été abandonnées. Pour rendre de nouveau le centre

attractif, des opérations de régénération sont mises en place, notament un

encouragement à nettoyer les façades souillées par la mine, ainsi que des opérations

de réinterprétation des anciens sites industriels du centre (présentant

une opportunité forte), la Manufacture d’Armes transformée en Cité du Design

et le puit Couriot en musée de la mine. Les quartiers les plus difficiles du centre,

font l’objet de projets ambitieux, comme le quartier d’affaire de Châteaucreux, à

côté de la gare, anciennement industriel. Les sites de l’université, répartis dans

le centre-ville sont aussi mis sous les projecteurs comme symbole d’une ville

formatrice et innovante, lui offrant un rayonnement national.

|141|


Tour d’observation de la Cité du design,

St Etienne.


2 Le bâtiment, construit dans les années 60, faisait

19 étages, 270 mètres de long sur 48 mètres de

haut pour 450 logements.

3 « Les jardins familiaux à Saint-Étienne,

caractéristiques socio-économiques et essais de

prospective », Saint-Étienne Métropole, janvier

2003, [www.agglo-st-etienne.fr].

Schéma de la structure urbaine.

Schéma de la structure urbaine après

réactions.

Les cités HLM conçues il y à 40 ans comme des modèles pour offrir du confort à

tous, sont devenues indésirables, symbolisant l’entassement et la promiscuité.

Une opération de démolition a été entamée dans les quartiers les plus problématiques.

La démolition de la Muraille de Chine en 2000 2 a marqué le début d’un

changement important dans ces cités. Entre démolitions, constructions et régénérations,

la ville veut rétablir un équilibre dans la répartition des logements

sociaux, améliorer le niveau de vie et l’accès des quartiers congestionnés et dégradés.

Les terrains vierges constructibles sont précieux à Saint-Étienne, et la ville veut

éviter la prolifération incontrôlée de nouveaux quartiers de villas dévoreuses

d’espace. Elle met donc en place des règlements concernant la densité bâtie

à atteindre, les villas deviennent ainsi plus urbaines. Les jardins ouvriers, mémoire

de l’ancienne identité de la ville couvrent 87 ha (3184 jardins) 3 , leur taux

de vacance est très faible. La plupart des propriétaires sont d’anciens ouvriers,

mais la ville prévoit d’en construire de nouveaux pour répondre à la demande.

Ces espaces verts ont donc réussis leur reconversion, et trouvés leur place dans

le fonctionnement d’une ville contemporaine.

structure urbaine Le renouvellement urbain de Saint-Étienne a été pris en

exemple comme une reconversion réussie, même si sa structure urbaine a en

fait assez peu changé. Le tissu dense du centre ville représente le noyau dur

du système, qui lui permet de ne pas se remettre entièrement en question. Elle

s’est modernisée, elle conserve son axe structurant Nord-Sud qui est complété

perpendiculairement par une ligne de tram, ouvrant ainsi le développement de la

ville à l’Est et à l’Ouest. L’entier du tissu est revitalisé, des opérations ponctuelles

sur le logement et l’industrie agissent sur un liens entres les différentes parties

de la ville et exercent un pouvoir d’attraction.

|143|


(ré)actions - Youngstown (US)


Indice de vitalité

Vitalité

faible

forte


1km

5 km


Indice d’opportunité

Opportunité

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Indice de matérialité

Matérialité

vide

faible

moyenne

forte


1km

5 km


Youngstown

Youngstown

TYPES

(RE)ACTIONS

MORPHOLOGIE

INDICE

DE VITALITE

à

à

INDICE

D’OPPORTUNITE

à

INDICE

DE MATERIALITE


(DE)CONSTRUCTION (RE)GENERATION (RE)INTERPRETATION (RE)NATURATION CONSTRUCTION


1 Ils ne s’attendent plus à une reprise miracle de la

croissance. Ils préfèrent oublier cette idée et rendre

progressivement cet endroit à la nature. Christopher

Swope, à propos du quartier Sharon Line,

« Smart decline », [http://www.governing.com/

archive/2006/nov/young.txt ].

Renaturation de Sharon Line, Youngstown.

Smart Shrinking – Going from gray to green –Youngstown 2010

Pour effacer son image de ville polluée Youngstown va faire de sa situation de

déclin un avantage pour élaborer son renouveau urbain.

Concrètement la stratégie employée va agir dans un premier temps sur sa nappe

de logements, où la mixité programmatique est souvent absente.

Ce tissu de villas présente une vitalité et une matérialité relativement faibles.

Sans un moteur économique à l’échelle de la région, comme ce fut le cas de l’industrie

sidérurgique, ou d’une autre attractivité à l’échelle du quartier, la vitalité

ne pourra pas changer.

La faible matérialité associée à ce taux de vitalité permettent de questionner ce

tissu. Bien consciente qu’elle ne retrouvera plus sa taille d’avant, Youngstown

opte pour un rétrécissement de son territoire bâti pour rationaliser son développement.

Cela se traduit par une déconstruction aussi bien de ses infrastructures,

que d’une partie des logements vacants et par une régénération des espaces

naturels.

« No longer are they holding out for miracle growth spurt. Rather, they’re embracing

the radical idea of gradually turning this place back to nature » 1

Le vide que représente la vacance ne s’exprime alors plus par un contenant sans

contenu mais par une suite d’espaces verts qui s’infiltrent dans la ville. Cette

renaturation va s’opérer aussi sur les territoires des friches industrielles le long

de la Mahoning river. Le vide n’est alors plus une absence mais un élément structurant

dans le tissu urbain.

|155|


Schéma de la structure urbaine.

Schéma de la structure urbaine après

réactions.

Renaturation de Sharon Line, Youngstown.

Par cette porosité du tissu Youngstown souhaite afficher l’image d’une ville verte,

pour autant comme nous le disions précédemment, elle ne souhaite pas que

l’industrie disparaisse, mais qu’elle change et devienne propre.

Par son développement dans le centre ville, l’université devient un nouveau moteur

pour Youngstown, attirant un nouveau type d’habitants. La morphologie du

centre, qui à l’origine était strictement dédiée aux commerces et à l’activité administrative,

est alors partiellement réinterprétée pour y intégrer des logements

collectifs.

structure urbaine Cette volonté de maintenir l’industrie au sein de la ville se

lit dans le territoire, l’industrie reste localisée pour des raisons logistiques le long

de la Mahoning River. La ville ne s’ouvre pas sur l’eau, la rivière et le chemin de fer

restent des axes structurants pour l’industrie.

Les artères dans le tissu de logement qui présentent une mixité programmatique

sont régénérées et développées. Reliant le centre ville, elles deviennent en

complément des pénétrantes de verdure les nouveaux axes structurants de la

ville.

|157|


Carte postale deYoungstown,1950.


Affiche de la campagne de régénération de

Youngstown, 2006.


(ré)actions - liens


Chacune de ces villes présente une structure urbaine résultant de son passé

industriel. Bien que l’on puisse les classer selon différents types allant de la

ville-usine à la ville-industrielle, chaque situation reste cependant unique. Elle

dépend d’une part de son type d’industrie et du contexte social et économique

dans lequel elle se développe, et d’autre part, de conditions naturelles comme

l’hydrographie et la topographie.

Comme nous le disions précédemment la ville industrielle ne se résume pas à

l’usine, c’est toute une structure spatiale à l’échelle de la ville qui est mise en place.

L’analyse de ces quatre villes nous a permis d’observer que cette structure a

marqué le territoire. Ces traces deviennent la trame sur laquelle ces villes renaissent.

Les axes structurants sont toujours présents, mais leur valeur change. S’ils

représentaient les axes de logistique de l’industrie, ils sont aujourd’hui les bases

du renouveau urbain.

Les cycles successifs de croissance, de déclin et de latence obligent la ville à

se réorganiser. Les éléments qui la composent ne répondent plus aux besoins,

deviennent obsolètes ou redondants, ils se détachent les uns des autres et ne

parviennent plus à fonctionner ensemble. Ils sont alors régénérés, réinterprétés,

ou détruits. Ils restent cependant présents aux travers des traces qu’ils représentent,

mais leur fonction et les liens qu’ils tissent entre eux changent.

Les stratégies mises en place par les villes agissent sur les formes urbaines,

questionnent les traces de l’industrie et changent l’image qu’elles véhiculent.

Ainsi les lieux les plus rejetés dans la phase déclin de la ville deviennent, comme

les docks de Newcastle, les lieux de la promotion du renouveau de la ville.

|163|


Certaines morphologies n’ont de sens qu’en relation avec d’autres. Les logements

ouvriers en sont l’exemple évident, une fois l’industrie qui les a produit partie, ils

deviennent un symbole négatif et indésirable dans la ville. Il est possible de leur

redonner un sens en les intégrant à une nouvelle stratégie, non seulement dans

un élan nostalgique pour ce qui n’est plus, mais aussi pour exploiter les ressources

qu’ils représentent.

Les villes ne peuvent pas s’effacer complètement à chaque nouveau cycle. Chaque

phase de développement apporte à la structure de la ville plus d’éléments de

stabilité, plus de potentiel à exploiter.

Cependant nous remarquons que beaucoup de ces villes choisissent encore une

stratégie mono-orientée pour leur renouvellement, elles veulent une image forte,

que nous pouvons décrire en quelques mots. D’industrie navale à Disneyland,

de puits miniers à la Cité du Design, de la métallurgie à un suburb verdoyant,

seul Halle, ancien pôle de logement pour l’industrie chimique tente de relancer

un nouveau cycle industriel.

Pour comprendre la transformation de ces villes, nous proposons une représentation

de l’évolution des liens qu’entretiennent les différents éléments urbains

les uns par rapport aux autres. L’application de la stratégie modifie ces liens, certains

se resserrent, d’autres se relâchent ou disparaissent complètement.

Cette représentation n’est pas spatiale, elle ne permet pas de faire une localisation

territoriale des éléments. Elle propose d’abstraire les sites d’étude et de

pouvoir ainsi comparer par une géométrisation les réactions et leurs sujets.

Cette représentation reprend les résultats des réactions des villes illustrées

précédemment dans les tableaux. Les liens entre les différents éléments sont

représentés par une mise à distance plus ou moins grande selon leur intensité.

En position centrale se place l’élément fédérateur de la ville, autour duquel gravitent

les autres.

Nous avons de ce fait une lecture de l’évolution d’un panel de (ré)actions types :

ville néo-industrielle, ville de loisirs, cité de la culture, ville verte.

|165|


cité dortoir déclin ville néo-industrielle

cité dortoir déclin ville néo-industrielle

ville industrielle déclin ville néo-industrielle


cité dortoir (Halle) Des quartiers périphériques se développent autour du

cœur historique de la ville ; le fonctionnement de ceux-ci est destiné aux besoins

en logement de masse pour les grandes entreprises industrielles. Ces cités de

logements s’isolent du reste de la ville.

déclin La période de déclin provoque l’éclatement des liens entre l’industrie et

ces cités qui ne trouvent plus leur place dans le tissu urbain. Elles sont rejetées

au profit de quartiers de logements individuels suburbains.

ville néo-industrielle L’espace urbain qui était très sectorisé pour répondre

à la demande de l’industrie, se diversifie. La stratégie employée par la ville tente

de rétablir un équilibre entre les différents éléments qui constituent la ville, sans

renier l’industrie. Le déclin n’est alors qu’une étape dans son cycle de ville industrielle.

|167|


ville industrielle déclin ville de loisirs

ville industrielle déclin ville de loisirs

ville industrielle déclin ville de loisirs


ville industrielle (Newcastle) L’industrie, les logements ouvriers et le

centre ville fonctionnent en alternance, chacun jouant son rôle dans la vie quotidienne

du travailleur. Les usines influencent toute la configuration du territoire,

y compris les vides, qui représentent des espaces de détente dans un environnent

dense et saturé. L’université seule semble échapper à cette stratégie pour

conserver son caractère historique, elle fonctionne en autarcie avec son campus.

déclin En pleine crise industrielle, les éléments se désolidarisent, et comme

presque tous répondent aux besoins de la production, ils deviennent instables

et dépérissent. Dans cette phase de stagnation et de désintérêt pour la ville, de

nouveaux quartiers résidentiels voient le jour. Ils ne créent pas de transit avec le

centre, mais déplacent l’activité dans la périphérie.

ville de loisirs Dans le renouvellement urbain, le centre-ville est privilégié

pour accroître son attractivité, les monuments industriels conservés et réinterprétés

fonctionnent avec celuici de façon étroite, même si une grande partie

de l’industrie a été détruite pour laisser de la place au centre-ville. L’université

s’accorde mieux avec ce nouveau caractère urbain et cosmopolite, et elle contribue

à le dynamiser. Le développement de quartiers de villas est intégré dans la

stratégie, mais ils restent tout de même relativement satellisés.

|169|


centre ville industriel déclin ville culturelle

centre industriel déclin cité de la culture

ville industrielle déclin ville culturelle


centre industriel (Saint-Étienne) L’expansion du centre historique est dûe

à la prospérité industrielle de la région. Il a une forte emprise sur la ville, et sous

l’impulsion du développement industriel, des cités de logements collectifs s’y

construisent.

déclin La défaillance de l’industrie ne lui permet plus d’assurer le rôle de lien

dans la ville, les éléments se détachent les uns des autres sans pour autant devenir

autonomes. La construction de villas en périphérie est symptomatique du

rejet du centre ville industriel.

cité de la culture La renaissance de la ville se fait au travers de son tissu

mixte, dont les qualités historiques sont mises en valeur, dans lequel sont intégrés

des symboles du patrimoine industriel réinterprétés. L’industrie est revitalisée

et fonctionne en accord avec le centre sans s’y mêler.

|171|


ville née de l’industrie déclin ville verte

ville née de l’industrie déclin ville verte

ville industrielle déclin ville verte


ville née de l’industrie (Youngstown) L’industrie est la raison d’être de la

ville, les quartiers de logements et le centre-ville se développent en fonction de

la demande de main d’oeuvre. Les espaces vides, naturels, représentent le potentiel

de croissance de la ville (sprawl), seule l’université reste en marge.

déclin La période de déclin distend les liens entre l’industrie et le reste de la

ville, son organisation perd de sa cohérence. Les espaces vides ne représentent

plus un potentiel, mais sont une expression du déclin.

ville verte La stratégie employée questionne le vide, à la fois celui qui formait

le potentiel de développement et celui qui fut le résultat du déclin, du rétrécissement

du tissu urbain. Le vide devient alors un des catalyseurs du renouveau,

il structure la ville. Celle-ci n’est pas nostalgique de son passé, elle l’efface progressivement

pour devenir un suburb verdoyant agréable à vivre. L’université et

le centre ville s’allient pour devenir les nouveaux moteurs de la ville.

|173|


cité dortoir déclin ville néo-industrielle

ville industrielle déclin ville de loisirs

centre ville industriel déclin ville culturelle


ville industrielle déclin ville néo-industrielle

ville industrielle déclin ville de loisirs

ville industrielle déclin ville culturelle

ville néo-industrielle

ville de loisirs

cité de la culture

ville verte


1 Patrick Berger, Jean-Pierre Nouhaud, Formes cachées,

la ville, Presses polytechniques et universitaires

romandes, Lausanne, 2004, p. 150.

Le passé de ces villes, bien qu’il est marqué l’Histoire, synonyme de progrès

techniques et de prospérité, n’a pas marqué le territoire suivant les mêmes

considérations. Si les éléments emblématiques de l’industrialisation sont sujets

à être gardés - patrimoine industriel - le tissu urbain industriel est quant à

lui questionnable. Les traces qu’il constitue ne sont pas figées comme un tissu

historique-musée. Le passé n’est peut-être pas estimé par tous de la même

façon, cependant il a laissé un héritage. Ses empreintes deviennent le support

de l’histoire, de l’évolution. Ces villes post-industrielles ont alors aujourd’hui la

« chance » de questionner leur tissu.

« Chaque ville résulte d’une empreinte originale que seule la catastrophe naturelle

ou le programme libéral peuvent araser. » 1

L’étude de ces villes nous révèle que les traces, l’épaisseur contextuelle que

prend le sol devient un outil de la revitalisation urbaine. La ville ne peut pas

évoluer comme la Continuous Conveyor Belt City de Superstudio, la rénovationbulldozer,

qui fait place neuve pour de nouvelles constructions et une nouvelle

image, tend à déplacer le problème si elle ne s’accompagne pas d’une réflexion

profonde sur ce qui a fait la ville post-industrielle, et ce qu’elle peut devenir.

La ville monofonctionnelle, si elle réussit sa reconversion, peut s’enrichir de nouvelles

relations, qui la rendront aussi plus durable et plus résistante à un éventuel

futur déclin. Souvent nous assistons à l’émergence d’un élément par rapport

aux autres, qu’il soit déjà présent dans la ville et prenne de l’importance, ou

qu’il soit une « pièce rapportée » dans la période post-industrielle et devienne

un moteur de développement.

|177|


Les réactions entreprises par ces villes illustrent leur non-fatalisme face à la

situation de déclin, si elles réalisent qu’elles ne retrouveront pas forcément la

taille et la renommée d’autrefois, leur image peut changer et elles peuvent redevenir

attractives.

Certains réaménagements naissent d’un rejet pour ce qui est, d’un désir de balayer

le passé pour y implanter une conception contemporaine. à l’image des

grands ensembles de Halle, qui représentaient dans les années 60 la volonté

de faire des villesidéales, de changer la façon de concevoir l’urbain, et qui sont

aujourd’hui dépassés par leurs ambitions. Pour autant ils forment une couche

dans le palimpseste de la ville et une base pour de nouvelles formes urbaines.

On observe que l’usine, qui était au centre du fonctionnement de la ville durant

la période industrielle, reprend au travers des stratégies de revitalisation un rôle

fédérateur ; les lieux de l’essor industriel, Quayside à Newcastle ou bien encore la

Manufacture d’Armes à Saint-Etienne, deviennent de nouveau les moteurs identitaires

de la ville. D’autres éléments comme le vide, les espaces non bâtis de

Youngstown, changent uniquement de définition selon la stratégie, alors qu’ils

représentaient le potentiel de développement de la ville industrielle, ils forment

aujourd’hui un réseau structurant du tissu urbain.

Pour reprendre une analogie biologique, la ville se construit à partir de son« héritage

génétique », elle se nourrit de son passé pour construire son futur. Si les

buts de ses stratégies de développement au cours du cycle de la ville industrielle

sont différents, les actions et les sujets de ces actions restent dans la plupart

des cas les mêmes. Une répétition transgénérationnelle dans la définition de la

ville qui se réorganise autour d’une image, d’un élément dans sa reconversion, et

reste pour ainsi dire monofonctionnelle. Cette définition de la ville autour d’une

image unique peut paraître fataliste mais, elle représente une force de marketing,

une image forte pour rendre à la ville son attractivité.

|179|


annexes


Saxony-Anhalt:

940’000 hab. (2003)

Tyne and Wear:

1’080’000 hab. (2006)

Halle:

240’000 hab. (2003)

Newcastle:

260’000 hab. (2006)

Halle:

19’000 étudiants uni.(2006)

Newcastle:

61’000 étudiants uni.(2001)


Arrondissement de St Etienne:

415’000 hab. (1999)

Youngstown-Warren Youngstown-Warren MSA: MSA:

586’000 586’000 hab. (2000) hab. (2000)

St Etienne:

180’000 hab. (1999)

Youngstown:

Youngstown:

240’000 240’000 hab. (2000) hab. (2000)

St Etienne:

16’000 étudiants uni.(2006)

Youngstown:

Youngstown:

13’000 13’000 étudiants étudiants uni.(2000) uni.(2000)


1989

2006

48.4%

12.8%

86.8%

Evolution des secteurs d’activités

Halle

14.4%

20.6%

1951 1951 1951 1951

1951

Newcastle

Newcastle Newcastle Newcastle

-11% -11% -11% -11% -11% +76% +76% +76% +76%

50.5% 50.5% 50.5% 48.6% 48.6% 50.5% 48.6% 4.1% 48.6% 4.1% 50.5% 4.1% 4.1% 48.6% 4.1%

+5% +5% +5%

2001 2001 2001 2001

2001

Londres

Londres Londres

Londres

-37% -37% -37% -37%

-37% +18% +18% +18% +18%

38.2% 38.2% 38.2% 61.3% 61.3% 38.2% 61.3% 8.1% 61.3% 8.1% 38.2% 8.1% 8.1% 1951 1951 61.3% 2001 1951 20011951

2001 8.1% 2001 1951 20011999 19992006 1999 20061999

2006 2006 1

Evolution Evolution des des secteurs Evolution secteurs des secteurs d’activités des d’activités secteurs d’activités Evolution d’activités des secteurs d’activités Evolution Evolution du du tourisme Evolution tourisme du tourisme (nuitées)

du tourisme (nuitées) Evolution (nuitées) du to

Newcastle

47.2%

+5%

1989 2006

-15%

+84%

-74%

+5%


1982

1999

1940

2000

45%

36%

60%

Evolution des secteurs d’activités

Saint -Etienne

51.7%

42.3%

21%

79%

Evolution des secteurs d’activités

Youngstown

47%

4.1%

10.3%

---%

10%

1982 1999

1940 2000

-6.8%

+18%

-25%

-14%

+86%

-59%


Halle

1989 - 2003

Saint -Etienne

1982 - 1999

Newcastle

1951 - 2001

Youngstown

1940 - 2000

Evolution de la population


-26%

-21.3%

Evolution de la population

1980-2003

-51%

-15%

Evolution de la population

1960-2000


Halle Newcastle

Saint -Etienne

Youngstown

Morphologie


Halle Newcastle

Saint -Etienne

Youngstown

Indice de vitalité


Halle Newcastle

Saint -Etienne

Youngstown

Indice d’opportunité


Halle Newcastle

Saint -Etienne

Youngstown

Indice de matérialité


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