Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

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Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

12 I DOSSIER I ARCHITECTURE EN CHINE

LE SENS DE

LA DÉMESURE

MARIE-CLAUDE ÉLIE MORIN

DEPUIS UNE DIZAINE D’ANNÉES, LA CHINE EST UN IMMENSE CHANTIER.

ASSOIFFÉS D’IDÉES NEUVES, LES CHINOIS FONT APPEL AU TALENT

D’ARCHITECTES ÉTRANGERS ET PLUSIEURS QUÉBÉCOIS ONT SAISI

L’OCCASION DE PERCER CE MARCHÉ GIGANTESQUE. AU MENU, DÉFIS

IMMENSES ET CHOC DES CULTURES. TÉMOIGNAGES.

« Il y a tant à construire en Chine que c’est un

écosystème naturel pour les architectes, s’exclame

Jean-Sébastien Bourdages, associé depuis

quatre ans chez B + H Architects à Shanghai.

Contrairement au Québec ou à l’Europe, les

grands projets ne manquent pas ici ! »

Des stades, des aéroports, des stations de ski, des

tours d’habitation, des villes entières à planier

et à construire. De quoi faire saliver n’importe

quel architecte, même si le boom n’est plus ce

qu’il était au début des années 2000. « L’époque

où Shanghai et Beijing étaient deux immenses

terrains de jeu pour les architectes occidentaux

tire à sa n », précise Jean-Sébastien Bourdages.

La compétition est féroce dans les deux villes.

Les Canadiens, qui ne sont pas seuls à avoir airé

les occasions d’affaires, doivent se mesurer aux

Australiens, aux Italiens et aux Allemands, eux

aussi venus proter de la manne. Mais en dehors

des deux mégapoles, les projets continuent

d’abonder, et ce, malgré la crise qui a secoué

l’économie mondiale depuis 2008.

Dans un pays où la population des villes, mêmes

reculées, se compte en millions, les petits projets

n’existent pas. « Un ensemble de 20 000 logements,

c’est une peccadille ici», explique Martin Leblanc,

de Sid Lee Architecture (anciennement Nomade),

qui a vécu en Chine plusieurs mois pour mener

différents projets là-bas.

Les architectes de la rme Corriveau et Girard en

savent quelque chose, eux qui travaillent en ce

moment, en collaboration avec ARCOP, à la

première phase d’un immense projet à usage

mixte à Qujing, dans la province du Yunnan. Au

cœur du programme : le parc des Sept Couleurs,

un technoparc agroalimentaire dont la supercie

construite en pavillons dépasse les 150 000 m 2 .

Un dossier dont Pierre Corriveau ne soupçonnait

pas l’ampleur lors des premières rencontres. « Au

départ, je croyais que nous serions responsables

uniquement du design. Je me suis aperçu, grâce

TECHNOPARC AGROALIMENTAIRE DE QUJING, PAVILLON DES TECHNOLOGIES AGROALIMENTAIRES, LES ARCHITECTES CORRIVEAU ET GIRARD

au traducteur, qu’on était en train de négocier

les plans d’exécution, alors j’ai arrêté momentanément

le processus. Comme nous n’avions

pas de ressources suffisantes à nous seuls, je

voulais m’assurer que nous aurions l’appui

d’ARCOP – avec qui nous avions déjà travaillé

avec succès – ainsi que l’assurance responsabilité

nécessaire, etc. », rappelle-t-il. Depuis, les choses

avancent rondement.

Le cas de Corriveau et Girard et d’ARCOP est plutôt

atypique. En général, les architectes étrangers ne

se voient coner que les premières étapes d’un

projet, soit le design et les esquisses. « Les Chinois

nous voient comme des généralistes, et ils veulent

nos idées en design », constate Martin Leblanc.

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