Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

oaq.com

Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

VIVRE EN CHINE

« S’expatrier, c’est un peu comme une drogue.

Au début, il y a une nouvelle découverte à chaque

coin de rue. Il y a toujours de nouveaux projets,

de nouveaux défis, de nouveaux endroits à

découvrir. » Visiblement, Jean-Sébastien Bourdages

ne regrette pas d’avoir transporté ses pénates au

pays du dragon.

D’autant plus que la vie quotidienne devient de

plus en plus facile, à mesure que la Chine s’ouvre

aux entreprises étrangères. Ainsi, un Starbucks

peut maintenant ouvrir au coin de la rue et, à

Shanghai, le nombre de bons restos et de bars

sympas a explosé. « Peut-être que je chanterais

une autre chanson si j’étais tout le temps pris à

boire du baijo (de l’alcool de riz de mauvaise

qualité) dans le n fond de la Chine », admet-il.

Isabelle Cyr, diplômée de l’Université McGill, a

atterri à Beijing récemment avec son mari et son

ls Noam. Enceinte d’un deuxième enfant, elle

est aujourd’hui en congé de maternité, mais elle

cherchera bientôt du travail comme architecte

dans la région. En attendant, elle tient un carnet

pour documenter la vie quotidienne en Chine : In

the Mood for Beijing (http://tinyurl.com/yc6faa4).

Elle constate, elle aussi, qu’il existe de nombreuses

ressources pour les expatriés. « Il y a

plusieurs sites Web et magazines qui offrent une

mine d’informations : où trouver un tapis, quel

salaire verser à une gardienne d’enfants, etc. Par

contre, la langue demeure une barrière qu‘il faut

franchir si l’on veut entrer véritablement dans la

société chinoise. »

Difcile, donc, de se faire des amis, de comprendre

les rouages de la bureaucratie et, même, de

négocier les nécessités de la vie quotidienne

comme le logement, l’électricité et l’eau quand on

ne parle pas la langue. «Il y a beaucoup de choses

qui sont automatisées et uniquement en chinois.

Par exemple, ça m’a pris plusieurs jours avant

de comprendre qu’un appel que je recevais à

répétition sur mon cellulaire m’avisait de payer

mon compte», explique Isabelle Cyr.

LE PRIX DE L’ÉTRANGER

Tous les services sont disponibles en Chine, mais

il faut parfois y mettre le prix. Pour envoyer son

ls aîné à la maternelle, Isabelle avait le choix

entre une école semi-publique aux conditions

sanitaires déficientes à 200 $ par mois et une

école privée à l’occidentale à 850 $ par mois.

De même, certains services médicaux peuvent

laisser à désirer : « J’ai choisi d’aller subir une

amniocentèse à Hong Kong parce qu’à Beijing,

on pratique cette intervention sans ultrasons,

donc à l’aveugle », raconte-t-elle.

Sans compter qu’il y a des choses qu’un portemonnaie

bien garni ne pourra jamais régler,

comme la pollution qui le plus souvent occulte le

bleu du ciel. « Ça me manque parfois de respirer

de l’air pur », cone Isabelle Cyr.

ESQUISSES FÉVRIER-MARS 2010 I 15

Mais l’essentiel, pour un expatrié, est de conserver

une attitude ouverte et une volonté d’apprendre

les us et coutumes locaux. Samuel Wong est un

autre diplômé de McGill. Né au Canada, il a récemment

immigré à Beijing. Selon lui, « il ne faut pas

débarquer en Chine en se croyant supérieur, mais

plutôt demeurer ouvert au fonctionnement des

relations sociales et du monde du travail et, surtout,

au guanxi, ce concept typiquement chinois qui

fait référence au cercle d’inuence qu’une personne

construit autour d’elle ».

Pourquoi aller vivre à l’autre bout du monde, en

effet, si ce n’est pour s’imprégner d’une culture

différente de la sienne ? (M.-C. É.-M) ■

Vignettes illustrant l'article :

Le Groupe Arcop / Provencher Roy et associés architectes

LIFESTYLE DESIGN CENTER, SHANGHAI, B+HARCHITECTS

More magazines by this user
Similar magazines