Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

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Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

Ce bassin de 3 400 m 3 , spécialement créé pour recueillir l’ensemble des

eaux de ruissellement du bâtiment, contribue à réduire les effets négatifs

de la compaction des sols et de l’imperméabilité des lieux aménagés. De

même, au lieu d’utiliser de l’asphalte pour les aires de stationnement,

l’équipe opte pour le béton compacté au rouleau, un matériau qui présente

plusieurs avantages : une durabilité excellente, un contenu recyclé élevé et

une surface beaucoup plus pâle permettant de réduire les îlots de chaleurs.

Dans le même ordre d’idées, les architectes installent d’une part une toiture

blanche de 120 000 pi 2 sans ouvertures et, d’autre part, au-dessus de

la portion service du bâtiment, un toit vert recouvert de sedum, un

plant résistant qui requiert peu d’entretien. Cette portion du toit – qui peut

d’ailleurs se prêter à la plantation d’épices – constituera nalement pour

Sobeys un banc d’essai an d’évaluer une utilisation future pour ses supermarchés.

Toujours à l’extérieur de l’entrepôt, un système de traitement des

eaux usées tertiaires est mis en place. À la fois esthétique et écologique, il

fonctionne à partir de roseaux épurateurs que l’on a entourés de gravier pour

contrer l’assaut des mauvaises herbes.

ÉCONOMIE D’ÉNERGIE

Pour ce qui est de l’aspect énergétique, les architectes ont misé à la fois

sur la synergie et l’innovation. « Le secret, finalement, avoue Tardif, c’est

le rapprochement entre l’architecte et l’ingénieur. Ce sera de plus en plus

vrai, et ça doit l’être pour les projets verts. »L’équipe a donc profité de

l’expertise de l’ingénieur Martin Roy et a réussi à réduire de 61% la consommation

d’énergie prévue grâce à un outil innovateur mis au point à

l’Université Concordia. Ce logiciel en développement, appelé ESPR, a la

ESQUISSES FÉVRIER-MARS 2010 I 23

particularité de modéliser en trois dimensions. Dans ce projet, il permet

donc de prendre en considération que les biens entreposés peuvent contribuer

aux économies d’énergie. Selon les calculs, l’entrepôt a ainsi réduit de

660,4 tonnes ses émissions de CO 2 et de 140 000 $ par année sa facture

énergétique.

D’autres gains ont été réalisés, d’abord au chapitre de la réfrigération, qui

fonctionne principalement à l’ammoniac, mais bénécie également du free

cooling, un système qui permet d’utiliser l’air extérieur lorsqu’il est assez

froid pour prendre le relais du compresseur. De plus, la récupération de la

chaleur des compresseurs permet de suppléer au chauffage des espaces de

bureaux et de service.

Comme dans tout bâtiment de qualité, le bien-être des occupants a été une

préoccupation majeure dans l’aménagement des espaces de service et de

bureau. Plusieurs mesures ont été mises en place : instruments de contrôle

de la qualité de l’air, détecteurs de gaz carbonique et produits à faible

teneur en COV. Ajoutons en dernier lieu que l’on a misé le plus possible sur

la lumière naturelle et que les espaces de service régulièrement occupés sont

largement fenêtrés, avec des vues donnant sur l’extérieur. Jean Tardif avoue

cependant que l’équipe de conception n’a probablement touché qu’à la

surface du potentiel écologique purement architectural : « Même si la

démonstration n’est pas faite, on aurait probablement pu, sans tomber

dans la pure expérimentation, aller plus loin en explorant l’aspect passif du

bâtiment. » Cela dit, les concepteurs ont réussi leur pari et l’entrepôt

Sobeys se démarque des bâtiments industriels traditionnels. Pour ceux qui

n’ont pas eu la chance d’assister à cette conférence le 20 octobre dernier,

une vidéo de la présentation est en ligne sur le site Web de l’OAQ. ■

ENTREPÔT FRIGORIFIQUE SOBEYS, BLOUIN TARDIF ET GROSS KAPLIN COVIENSKY, PHOTOS I GLEB GOMBERG /OVATIO

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