Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

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Architecture en Chine - Ordre des architectes du Québec (OAQ)

CHRONIQUE I ESQUISSES FÉVRIER-MARS 2010 I 7

WAT PHO, BANGKOK

MARCHÉ DU SAMEDI SOIR, CHANG MAI

IMPRESSIONS DÉCOUSUES

PIERRE FRISKO

Luang Prabang, au Laos, fait partie des villes du patrimoine mondial. Pour s’y rendre à partir de Vang Vieng, au sud, il

n’y a que la route. Pas de train, pas d’avion. Peut-être l’hélicoptère, je ne me suis pas informé. Six heures de route dans

les montagnes, six heures de panoramas à couper le souffle. Ou à avoir mal au cœur, si vous en arrachez avec les

parcours sinueux. Entrecoupées des insupportables et fréquents coups de klaxon du chauffeur, pour avertir les paysans

de notre passage.

Parce que leurs maisons, pardon, cabanes, bordent la route et que l’arrière de la cabane donne sur une immense falaise,

la route constitue leur seul espace public. Route nationale, doit-on préciser. Des hameaux de ce genre, nous en avons

croisé des dizaines. L’électricité ne s’y rend pas toujours. L’eau courante, c’est pour demain. La douche est à une des

extrémités du hameau, à l’abri des regards du petit frère ou du voisin.

Tout au bout de cette route, il y a Luang Prabang, charmante petite ville touristique de 44 000 habitants lovée au

confluent d’une rivière et d’un fleuve. Les auberges sont aussi belles qu’accueillantes, les restaurants proposent des

délices pour trois fois rien sur de magnifiques terrasses qui surplombent le Mékong. Il y a partout des tuk-tuk pour nous

conduire, on peut louer des vélos ou des motos à tous les coins de rue.

. . .

Et, bien sûr, Internet haute vitesse. Pour communiquer avec les paysans ?

Chang Mai, Thaïlande. Je roule à vélo, la tête en l’air, à me demander ce que je pourrais bien vous raconter de mon voyage.

Je regarde à gauche, à droite, mes yeux n’aperçoivent que des successions de bâtiments en béton sans intérêt, noircis

par la pollution. C’était pareil à Bangkok, sauf pour le vélo qui est un peu plus compliqué. Mais là, j’ai eu beau m’installer

aux premières loges du bateau qui traverse le Chao Phraya à la manière des vaporetti vénitiens, je n’y voyais rien.

Il y a bien sûr les temples, qui pullulent dans cette contrée bouddhiste. Tous plus époustouflants les uns que les autres.

Surtout le Wat Pho, dont vous pouvez voir une bien minuscule photo dans la colonne de gauche. Mais le profane que je

suis, après une bonne douzaine de visites de temples, se lasse un peu. Surtout qu’il doit enlever ses godasses à chaque fois.

Je n’oserais pas dire, comme la tante d’un copain : « Des cathédrales, quand t’en vois une, tu les as toutes vues. » Mais

c’est vrai que l’exceptionnel ne peut entrer à pleine porte dans notre quotidien sans perdre un peu de son impact.

En écrivant cela, je suis pris d’un doute. Et si j’étais passé à côté d’un bâtiment grandiose sans l’avoir vu ? Je regarde vite

fait dans le fabuleux Atlas de l’architecture du XXI e siècle, dont je vous parlerai dans une autre page. En tout, seulement

deux projets pour toute la Thaïlande ont retenu l’attention des éditeurs. Et zéro pour le Laos.

Ouf ! Je n’ai rien manqué. . . .

Après une dure journée à se perdre dans les méandres de cette ville que seuls les touristes appellent Bangkok (le vrai

nom fait 167 lettres et signifie « ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, ville imprenable du

dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l’énorme Palais

royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn », avez-vous

dit « ville » ?), nous sautons dans un autobus, en espérant qu’il se rende près de notre auberge. Pas facile de savoir où

il va quand les destinations sont écrites en thaï et que tu ne connais pas l’alphabet...

L’autobus finit par nous laisser près de notre auberge, sur le bord d’un canal. De chaque côté, il y a des restaurateurs à

roulette qui déploient quelques tables en aluminium et des bancs de plastique. Nous y avons dégusté des salades, une

de poisson-chat grillé, l’autre de papaye verte, avec du riz collant. Un mois de ce régime, à grignoter ici et là et à manger

sur des bancs de plastique des brochettes et des pad thaï, parce que la Thaïlande est un vaste buffet à ciel ouvert.

À coup sûr, des kiosques de restauration de ce genre au Québec seraient fermés dans les 24 heures pour des raisons

de salubrité.

Un mois après mon retour, j’ai chopé une salmonellose. Gracieuseté d’un microbe bien de chez nous.

pfrisko@gmail.com Les propos contenus dans cette chronique ne représentent pas la position de l’OAQ. Ils n’engagent que son auteur.

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