dimanche 26 août

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dimanche 26 août

DOUZIEME ANNEE. — N° 600 SO CENT. 26 AOUT 1934

i

VÊTEMENT GRILLAGÉ...

Sur le terrain de Los Angelès, de

nombreux caddies ayant été sinon

blessés du moins contusionnés par

les balles de base-bail d'amateurs

par trop impétueux, la direction

du club a étudié ce type de

costume protecteur en fort grillage

et d'aspect inattendu, qui les

met à l'abri de toute injure grave.

s ...ET MAILLOT EN BOIS

Dans le siècle de fantaisie où nous

vivons, on s'ingénie à faire toujours

du neuf en matière de modes,

parfois plus ou moins heureux, il

faut en convenir. Voici qui nous

paraît cependant assez drôlement

original i le costume de bain en

écailles de bois superposées et rattachées

les unes aux autres, à l'instar

un peu de celles des poissons.

i BAMAKO « VILLE LUMIÈRE »

Grâce à cette photo, communiquée

par l'agence de l'A. O. F., on se

convaincra que Bamako, capitale

du Niger, est une ville moderne,

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un riche marché couvert de style

néo-africain, beau comme un palais

; et même... il y a des agents

préposés à la circulation, munis

d'un impressionnant bâton blanc !

VERRE INCASSABLE s

Il vient d'être réalisé une nouvelle

formule de verre incassable,

dont les applications ne laissent

pas d'être frappantes. Voici, par

exemple, en haut, la bizarre brisure

obtenue sur la vitre après un

coup de feu tiré à bout portant ;

en dessous, trois hommes sont supportés

par une même vitre de quatre

millimètres, qui ne casse pas.

LA TOURNÉE « HUMIDE »

Dans l'île de Noirmoutier, à marée

haute, il est des endroits où le boulanger,

pour accomplir sa tournée,

doit circuler dans l'eau avec cheval

et voiture. Et cela donne lieu

parfois à des scènes amusantes

et pittoresques telle que celle-ci.

*


Illllllt DIM ANCHK-IULUSTRÊ lllllHIIIMIIUlItlIIIIIHIIIIHIIHIIIIIllllllHIItlIllUtlIlllllItlIIIIIItlMItlMUIIIHIIIIIIIIItllHIlItlIH 2 llllItlIlItlIIIIHIMIItltlIMlfllIIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIIIHIIIItlItlHIMIIIIIItlIlllllllllllllItlIIIIIIIIIHIMMUMHIIIII- LE 26 AOUT 1934 llllltllll

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Mme Cotte, à Sargan-Mezet (B.-A.):

" L'âge, les soucis, la maladie,

m'avaient mise dans un état d'anémie

contre lequel aucun traitement n'avait

eu la moindre action. J'ai pris de

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Mil L£ 26 AOUT 1934 >■" iruitiiiiiiiiiniitiiininiinninuiiiiniiiiriiiiinriuriiiiiiMiiiiiiininimii nuin» iniiiiii* 3 .HitiiiiiiiiiiititiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiitiiiiiiitiiiirtiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiU DOUZIEME ANNEE : N° 600 •'>"*■

DIMANCHE ILLU

ENTRE NOUS

L

'ACTUALITÉ chôme un peu : ne la plaignons

pas trop, tant d'autres chôment

Beaucoup. Et abandonnons provisoire-

ment une si décevante époque pour remon-

ter... jusqu'au déluge, et même avant.

Un de nos confrères, qui s'adonne à la vulgarisation

scientifique, pose cette question :

— Connaissons-nous l'âge de la Terre ?

La terre est plus heureuse que maintes

coquettes : elle peut, en somme, avouer l'âge

qui lui plaît. C'est du moins ce qui résulte de

la réponse faite à la dite question par le dit

confrère.

Si l'on se base sur l'étude des « phénomènes

d'érosion » — c'est-à-dire des grattages

continus effectués par le vent, la pluie, les

torrents, etc. — on peut dire que la Terre a

cent millions d'ans.

Mais il y a une autre façon de calculer

l'âge de la machine ronde. Les géologues

tiennent compte des phénomènes thermiques

et constatant (?) que la Terre, en prenant

froid, s'est contractée au point que son

rayon a diminué de 50 kilomètres environ,

ils affirment :

— Ce rétrécissement n'a pas pu s'accomplir

en moins de deux milliards d'années !

Donc la Terre a cent millions ou deux milliards

données. La différence n'est pas légère...

C'est comme si nous disions :

— Quel âge lui donnez-vous ? Les uns

disent qu'elle a vingt ans, les autres prétendent

qu elle en a quatre cents.

Comme vous voyez, la géologie délivre

des extraits d'acte de naissance qui ne

concordent guère... Elle n'appartient pas -—

et voilà au moins une certitude — à la famille

des sciences exactes.

Autre question :

— Quel est l'âge de l'espèce humaine ?

Notre vulgarisateur la déclare assez jeunette...

Deux cent mille ans, y compris les

mois de nourrice.

Le premier homme aurait vécu à la fin de

l'époque tertiaire, c'est-à-dire hier ou avanthier.

Avant lui,, la Terre était heureuse...

Mais comment ce premier homme a-t-il fait

son apparition ? Pourquoi ? Sous quel prétexte

1 La géologie n'en sait rien... C'est bien

dommage. Au moins les religions — et

Darwin — ont, sur ces questions, des théories

qui, pour être divergentes, nous intéressent

tout de même plus que des chiffres probablement

approximatifs et même assez fantaisistes.

Admettons cependant cet âge de l'humanité

i 20.000 siècles. Et voici ce que nous

raconte notre confrère si bien renseigné :

« Il fut assigné un âge de 50.000 ans à

l'époque de la pierre polie (période néolithique).

Au reste, nous entrons ici dans le

domaine de la préhistoire, là où toute chronologie

revêt un caractère local : l'âge de

bronze commença, par exemple, vers l'an

■— 3500 en Egypte et en Chaldée, tandis

au'il ne date pour nous que de l'an

— 2.000. »

Bref, sur les 200.000 années qu'elle a vécues

jusqu'à présent, l'humanité aurait:

1° Passé 150.000 ans dans l'état primitif

absolu, sans même penser à polir un silex ;

2° Poli des silex pendant environ 50.000

ans ;

3° Puis, soudain, progressé avec une rapidité

fantastique, étant donné que tout notre

progrés ne daterait que des débuts de la

civilisation égyptienne.

Deux mille siècles de stagnation complète

— à part l'invention du polissage des cailloux

— et, en trois ou quatre mille ans, « les

merveilles de la science ! » Eh bien i non, je

n'en crois rien... Impossible d'imaginer des

hommes — même peu inventifs — pareillement

encroûtés. Il a dû y avoir autre chose...

Toute cette science n'est faite que d'hypothèses

aussi vagues que contradictoires.

Nous pouvons lui en opposer d'autres... Et

qui donc nous départagera ?

CLÉMENT VAUTEL.

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53 i 54

à Fordre du jour

AUTOSTRADES

ET

ROUTES NOUVELLES

par H. DE BRUGUIÊRE

T

La France Jouit déjà d'un réseau

routier que beaucoup de pays peuvent

lui envier ; mais il reste

encore à faire, comme le démontre

le présent article, qui étudie l'ensemble

des chemins et autostrades

envisagés dans le prochain plan

appelé des « grands travaux ».

OUT le monde sait que les Romains ont

tracé, partout où ils ont campé, de

larges voies, admirablement conçues,

dont quelques-unes subsistent encore et qui

permirent de relier à leur capitale, tout

l'univers connu.

Dans les temps modernes, les Français

ont été les premiers à prendre exemple sur

les Romains pour créer un réseau routier,

rendant les relations faciles entre leurs

grandes villes et Pari3. Henri IV, puis, surtout,

Louis XIV, ce grand constructeur, enfin

Napoléon I er ont plus particulièrement

contribué à l'ampleur et à la commodité de

ce réseau.

C'est du XVII« siècle que datent ces magnifiques

routes françaises, bordées de grands

arbres, qui firent et font encore l'admiration

de tous les voyageurs étrangers. Au temps

des diligences, nulle part, on ne parcourait

des lieues et des lieues, aussi confortablement

qu'en France. Le grand roi avait fait paver

ces routes, et les pavés, s'il ne rendait pas

particulièrement moelleux le chemin, était

tout de même infiniment préférable aux fondrières

qui existaient sur la plupart des

routes, dans les autres pays.

Le réseau français qui, autrefois, a toujours

été le meilleur du monde entier, a

conservé, nous pouvons l'affirmer, sa supériorité,

autant par sa densité que par sa

qualité.

Certes, tout de suite après la guerre, à

l'époque où le règne de l'automobile commençait

de s'affirmer, où la circulation devenait

intense, bien des voies laissaient à

désirer. On n'avait pas encore trouvé les procédés

permettant de résister à des passages

continuels de voitures très rapides. On

hésitait. On essayait. L'argent souvent manquait.

Et il arrivait, à peine avait-on rechargé

une route, qu'on la trouvait criblée de

nids de poules et de brisures, la rendant de

nouveau, difficilement praticable aux automobiles.

Les progrès accomplis

EPUIS, un effort considérable a été ac-

D compli. Nos services de ponts et Chaussées

ont su, selon la nature des terrains, les

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Les nouveaux dégagements de Paris : les

traits noirs indiquent les tracés des routes

qui seront mises prochainement en chantier.

Les traits pointillés sont ceux du projet de la

Ville de Paris, dont l'exécution a été remise

à plus tard, sans date déterminée.

pentes et les courbes, utiliser les meilleurs

terrassements et les plus durables. Ils sont,

au surplus, entretenus avec une louable vigllence.

Malheureusement, les tracés datent du

temps des diligences, d'un temps où l'on

avançait doucement et où les véhicules

étaient rares. De nombreux chemins serpentent

avec une charmante fantaisie, s'étranglent

précisément aux endroits dangereux

des détours et ne sont point plus larges

qu'ailleurs, parfois, bien au contraire, aux

abords des villes où le mouvement des voitures

devient plus considérable.

Dans la mesure de ses moyens pécuniaires,

l'administration a bien travaillé. Elle a modifié,

en quantité d'endroits, les courbes existantes

; elle en a supprimé beaucoup d'autres

en créant de nouveaux tronçons. Elle a

élargi certains passages à grande circulation.

On peut se rendre compte, par exemple,

sur la route de Quarante-Sous, qui relie

Paris à la mer, de ce qui a été fait et de

ce qui reste à faire. Il reste beaucoup à

faire, mais déjà que de progrès accomplis et

chaque année les parties de cette route s'allongent

où l'on peut filer à bonne allure,

deux voitures de front dans les deux sens,

sans trop avoir à craindre. Mais que de

points encore où il faut prendre garde à bien

serrer sa droite au ralenti et à ne doubler

personne, au risque de provoquer des catastrophes.

Les autostrades

'IDÉAL pour l'automobile serait évidem-

L ment la ligne droite, la voie très large,

l'absence de véhicules à traction animale, de

troupeaux de moutons et de vaches. C'est ce

que l'on a conçu aux Etats-Unis ; c'est ce

qu'ont exécuté aussi les Italiens et ce que ces

derniers appellent des autostrades.

(Lire la suite page 15.)

Le fameux autostrade italien reliant Borne à Ostie, et considéré comme un modèle.

LE PROBLÈME DES MOTS CROISÉS

HORIZONTALEMENT. — 1. Astronome allemand

(1436-1476) ; 13. Forte pièce de bois implantée dans

la quille d'un navire ; 14. Oiseau trompette ; 15.

Petite galerie légère ; 16. Coiffure ; 17. Préfixe ;

18. Deux lettres de Tell ; 19. Souverain ; 21. Un

peu de cacao ; 22. Ancienne ville de l'Asie-Mineure ;

23. Lac d'Italie ; 25. Préposition ; 26. Courrier qui

porte les dépêches ; 30. Ville d'Espagne ; 32. Point

de départ ; 33. Grenouille ; 34. Dieu bienfaisant ;

35. Vraie ; 37. Absorbai en respirant ; 38. Commune

de l'Ardèche ; 40. Masse de pierre très dure ; 43.

Panier à mesurer le charbon ; 45. Préposition ;

46. Terme géographique ; 47. Note ; 48. Rameau de

la famille indo-européenne ; 50. Ferai un ouvrage

en courbure-concave ; 53. Ville de Syrie ; 54. Sureaux

dont les fleurs et les baies sont employées'

en médecine.

VERTICALEMENT. — 1. Qui renouvelle moralement ;

2. Organes des végétaux à fleurs ; 3. Moitié d'un

tumulus de terre et de cailloux qui renferme une

crypte ; 4. Copiées ; 5. Petits poids ; 6. Son ou

réunion de sons correspondant à une idée ; 7. Enlever

; 8. Marquera d'ondes à la manière d'une

moire de soie ; 9. Vieux ; 10. Alcaloïde que l'on

extrait de l'opium ; 11. Fleuve de Suède ; 12. Adverbe

; 20. Trois lettres de coiffe ; 24. Du verbe

être ; 27. Banc de sable qui se forme dans les

tournants de la Seine ; 28. Renouvelas l'air ; 29.

Poème de Virgile ; 31. Fin de participe ; 35. Boue

retirée d'un fossé, d'un étang ; 36. Entrelaçai régulièrement

; 39. A qui l'on a fait tort ; 41. Anciens

registres du parlement de Paris ; 42. Chef-d'oeuvre

de Léonard de Vinci : 44. Prophète juif ; 49. Méprisable

; 51. Deux pieds de saint ; 52. Moitié d'un

grand fleuve.

Nous publierons dans le prochain numéro, la solution de ce problème, qui, ne

comportant aucun classement, dispense nos lecteurs de nous envoyer leur solution.

A gauche : Problème proposé ; a droite : Solution du problème paru dans le dernier numéro

RÉFLEXIONS

51 j'étais romancier j'écrirai le roman du

timide. Non pas l'histoire de l'hésitant,

de l'homme sans volonté, qui n'ose rien

devant la vie et devant ses semblables.

Je voudrais montrer l'âme réticente, pleine

d'amour, de vie et de sympathie du jeune

garçon qu'une sensibilité trop ardente tient

à l'écart de tous. Petit à petit, il s'aliène ses

camarades, il s'éloigne de ses frères et de

ses sœurs, et même de sa mère.

Nul ne comprend ce qui lui manque, nul

ne devine la paille de ce caractère. On le

croit égoïste, personnel, misanthrope. Il n'est

rien de tout cela. Au plus haut point altruiste,

au contraire, nullement replié sur lui-même

— /'/ se dédaigne trop pour s'accorder beaucoup

d'attention — ef il déborde d'amour

pour ses semblables.

L'enfance du timide par sensibilité, par

finesse exagérée comporte bien des drames

secrets. Qui devinera ce qui s'agite derrière

ce petit front lisse, dans ce cœur tumultueux

qui n'ose se livrer à quiconque ? Nulle éducation

n'est plus difficile à conduire car une

tendresse infinie, celle d'une mère intelligente

et bonne, ne réussit parfois qu'à aggraver un

penchant au morbide. Il faut, pour réussir

en pareil cas, une fermeté douce, un amour

sans défaut, une attention sans cesse éveillée.

Parfois l'adolescent rencontre ce que n'a

pas eu l'enfant. L'amitié d'un de ses compagnons

de classe, la tendresse d'une jeune fille.

Mais là encore que de déconvenues possibles.

Le timide s'attachera à quelque brillant

garçon qui profitera de lui et le laissera

pantelant, à la découverte d'une tromperie

indigne.

Ou il s'éprendra, non peut-être d'une

coquette dont il sera la dupe, mais de quelque

gentille enfant pourvue de ce sens critique

aigu que possèdent tant de femmes excellentes.

Toutes les richesses intactes de son âme,

il les lui révèle. Dans une crise, il confesse

tout ce qu'il a caché avec tant de soin et

qui lui coûte plus à dire que s'il s'agissait

d'un crime.

Sa compagne, simple et ouverte elle-même,

trouve tout naturel que rien d'une âme qui

est à elle ne lui demeure étranger. L'incompréhension

qui, toujours, accompaqna les

démarches morales du jeune timide s installe

à son nouveau foyer. Sa femme voit en lui

un original. Elle essaye de le rendre pareil à

tous les hommes et elle souffre de n y point

parvenir.

Le timide s'épuise en efforts pour garder

un cœur qu'il sent lui échapper. Parfois, le

drame intervient. Il arrive aussi que le timide

se fait sarcastique, se venge en paroles amères

d'une incompréhension qui le suit comme

une ombre. D'autres trouvent dans la solitude

l'apaisement que leur refusent les hommes.

Pour beaucoup, la nature est la grande

salvatrice. Certains se donnent à tous, se

font religieux, missionnaires ; cherchent dans

une grande tâche, exploration, études scientifiques,

à étancher cette soif de dévouement,

à dépenser cette source d'amour qu'ils portent

en eux. ■

Bien des torts attribués au timide viennent

en droite ligne de ce trait de caractère. Ce

jeune garçon vous a parlé d'une manière

insolente. Il ne l'a point fait par irrespect,

il n'a pas voulu vous insulter ; il était simplement

timide, embarrassé, gauche, un regard

dur lui fait perdre la tête.

En général, les timides ont une grande

profondeur de sentiment et des émotions

vives. Leur compagnie vaut d'être cultivée.

Ils sont d'excellents camarades et des amis

loyaux.

Voir une nature timide, une âme réservée

et modeste fondre sous la douce chaleur de

la sympathie, se montrer dans toute sa candeur

et sa grâce ignorée, c'est assister à

l'épanouissement d'une belle fleur dans un

climat favorable.

FRANK CRÂNE.


DIMANCHE-IL" "STIlê JHliioMiiiHiHiiHiHi»iHMMiB«ii»imimiMiiimiiiiiuiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiHniiM 4 JH»>»H»""»iiitiiliuiiniiimiiiiiiiiiiiiiiiiii imiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiimmiuiiiiiHiiiiiiiiiimiiiw LE 2S AOUT 1934

UNE NUIT

DANS

LE TRAIN

par SI. RE FEUS

UR le quai de la gare de Marseille,

devant le train en partance pour

Paris, trois hommes se promenaient de

long en large et parlaient à voix

basse.

Le plus âgé, un grand vieillard sec, aux

yeux brillants, s'adressait aux deux autres,

beaucoup plus jeunes que lui, tous deux taillés

sur le même modèle, assez petits et maigriots.

' .

— Une belle affaire, mes fils, disait-il, si

nous la réussissons.

Il jeta un regard inquiet alentour, comme

s'il craignait qu'un voyageur, se pressant

vers le train, l'écoutât ; puis il poursuivit.

— Ces diamants, je les ai achetés trois

cent mille francs à des réfugiés russes, il y a

trois ans. Et voici que Bramstein a trouvé

un amateur pour deux millions. C'est magnifique

par le temps qui court !

Le sourire qu'avait fait naître la pensée

de la bonne opération, se figea rapidement

sur ses lèvres. Il reprit son sourire soucieux

pour renouveler ses recommandations à celui

de ses fils qui partait pour Paris. Il désigna

l'oreiller que le jeune homme venait de

louer et qu'il tenait sous le bras.

— Sois prudent/ Gaston, et ne t'endors

pas, cette nuit, en cours de route. Et puis, en

arrivant à Paris, ne cherche pas d'abord un

hôtel, précipite-toi tout de suite chez Bramstein

pour lui porter les bijoux. N'oublie pas

un instant que tu en as là pour deux millions.

— Je le sais, papa.

— Evidemment, j'aurais été plus tranquille

en confiant cela à un pli recommandé.

En cas de perte, il y aurait eu un responsable

solvable. Mais il s'agit de ne pas

manquer l'affaire en perdant du temps.

Bramstein a le client. Et à notre époque

de crise, il faut moins que jamais faire

attendre le client Une minute de trop, il

s'est envolé. Aussi je compte sur toi, mon

petit

— Ne t'inquiète donc pas. Je ne suis

plus un gamin.

A ce moment intervint le frère cadet de

Gaston, un gaillard d'une vingtaine d'années,

à la figure réjouie, qui eût fort aimé

prendre, lui aussi, le train pour Paris. Son

petit discours le laissa entendre.

— Nous n'aurions pas été trop de deux,

dit-il. On ne sait jamais en chemin de fer.

Les attaques armées ne sont pas tellèment

rares et si quelqu'un se doutait de ce que

Gaston porte sur lui...

— Chut !... interrompit le père qui promena

un regard méfiant sur le quai.

Mais la vue de tous les voyageurs occupés

à de dernières effusions familiales ou se

hâtant, leurs bagages à la main, vers le

convoi, le rassura.

— Il y a trop de monde dans ce train

pour craindre quoique ce soit, déclara-t-il

enfin. N'empêche, Gaston, sois très prudent

Puis, malgré le souci que lui procuraient

les préliminaires de la magnifique affaire, il

eut un court accès de gaieté et, s'adressant

à son autre fils :

— Toi, mon garçon, je te vois venir. Tu

serait volontiers parti pour Paris, t'amuser

pendant quelques jours Non, non, j'ai besoin

de toi à la boutique. Cela va être le temps

Il n'avait pas eu une bonne

depuis 10 ans

A cause d'une sciatique

qui résistait à tout

nuit

La lettre écrite par cet homme n'est pas

longue, elle est encourageante cependant pour

tous ceux qui, comme lui, souffrent de douleurs

arthritiques. Lisez-la :

« Souffrant de douleurs sciatiques à la

jambe gauche, je ne dormais plus depuis une

dizaine d'années. J'ai tout essayé et, finalement,

ce fut le tour des Sels Kruschen. Après

en avoir pris quelques flacons, tout à disparu.

». — B..., a R...

La sciatique est une maladie arthritique,

c'est-à-dire, une maladie due avant tout à

l'Impureté du Sang. Kruschen fait disparaître

la sciatique parce qu'il a le pouvoir de purifier

le sang. Les différents sels de Kruschen sont

des stimulants de toutes nos fonctions Ils

réveillent le foie, les reins, les intestins paresseux

; ils les obligent à éliminer les résidus,

les impuretés et les poisons, en particulier le

dangereux poison urique. Ils suppriment toute

constipation et nous font du sang pur et généreux.

De là cette sensation de vitalité, de

rajeunissement qui remplit tous les habitués

de la « petite dose quotidienne ».

Sels Kruschen, toutes pharmacies : 9 fr. 75

le flacon ; 16 fr. 80 le grand flacon (suffisant

pour 120 jours).

des premières communions. 11 y a des bijoux

à vendre.

— Pour la direction de Lyon et de Paris

en voiture, s'il-vous-plaît 1

L'appel de l'employé coupa court à toute

autre recommandation. Gaston prit congé

de son père et de son frère ; appuya la main

sur sa poitrine pour s'assurer que la boîte

qui contenait les précieux diamants se trouvait

toujours dans la poche intérieure de

son gilet ; puis il monta rapidement dans le

wagon.

Le compartiment où il avait auparavant

déposé sa valise, était resté vide. Il donna

un coup d'oeil aux deux voisins qui encadraient

le sien. Dans l'un se trouvait une

famille avec trois jeunes enfants et un dernier

né, accompagné de sa nourrice. Tout

ce petit monde était déjà installé au milieu

d'une profusion de coussins, pour passer une

bonne nuit. Pas de danger de ce côté-là.

Dans l'autre compartiment, avaient pris

place, en face d'une vieille dame, deux officiers

en uniforme. Un renfort possible en

cas de besoin.

Après tout, Gaston était enchanté de se

trouver seul. Il n'avait aucune peur. Du

reste, hormis ses tout proches parents, personne

ne sàvait qu'il était en possession

d'un trésor. Il pourrait s'étendre, fumer à son

aise, laisser toute la nuit la lumière allumée

et lire, sans gêner personne, les quotidiens

et les revues dont il avait ample provision.

Pourtant, avant de prendre position définitive,

il se promena encore dans le couloir,

dévisageant tous les voyageurs qu'il

rencontrait ou ceux qu'il apercevait et là-bas,

au bout du wagon, se trouvait un brave employé,

chargé de veiller sur le sommeil qui

allait gagner toutes ces gens, baillant déjà

sur leur journal et sur leur livre.

Il rentra dans le compartiment et s'étendit

sur la banquette, la nuque douillettement appuyée

sur son coussin. Il alluma une cigarette,

prit un hebdomadaire illustré, le feuilleta,

regarda les images ; mais déjà la lecture

des légendes lui devenait un effort Sa cigarette

tomba. Les secousses rythmées et monotones

du wagon l'engourdissaient'

Il se réveilla en sursaut à un arrêt du

convoi, inquiet, ,effaré, comme s'il s'agissait

d'un incident imprévu, et porta vivement

sa main vers la boîte aux diamants.

Cependant une bonne voix rassurante, aux

intonations méridionales, criait au dehors,

traînant sur les mots s

— Avignon 1 Avignon !

Personne ne monta dans le wagon. Le

train reprit peu à peu sa vitesse. De nouveau

Gaston se laissa gagner par la béatitude

qu'éprouve tout voyageur à se trouver

seul dans son compartiment, étendu,

bercé presque agréablement par le ronronnement

du train en marche.

Tout à coup entra un homme qui, depuis

un instant, arpentait le couloir. Ramené à la

réalité, Gaston examina avec attention le

nouveau venu. Celui-ci n'apportait rien

d'effrayant: une grosse figure bonasse et

souriante d'homme du Midi sur un corps

petit et râblé.

Cependant, il ne ferma pas la porte

comme un arrivant ordinaire ; il introduisit

dans la serrure une clé telle qu'en possèdent

les chefs de train et s'assura que le loquet

ne pouvait plus s'ouvrir de l'extérieur,

— U n employé de la compagnie qui veut

dormir tranquille ! pensa Gaston pour se

rassurer... mais décidé à veiller.

L'inconnu prit le coin en face, près de la

porte, ramena ses jambes sur la banquette

et parut ne vouloir aspirer qu'au sommeil.

Un calme propice aux repos profonds suivit,

mais ne dura pas.

NOS C O NT E S D " A C T I ON


i

tfffiet

Soudain, l'homme se leva d'un bond, petits, des plus obscurs de tous, je te tiens

comme piqué par un scorpion. Il se dressa et je te terrasserai quand bien même tu ren*

devant Gaston, la main menaçante, son drais au centuple tout ce que tu as volé.

visage bon enfant, subitement transformé Sous la menace, Gaston s'écria : \

par une ride terrible entre les sourcils épais — Je vous les rends, vos bijoux.

et par une moue méchante aux lèvres. Mais l'autre poursuivit :

— Enfin, nous voici face à face, miséra- — Non ! non ! Pas de pitié 1 pas de

ble ! cria-t-il d'une voix tonnante. pitié ! Pas de pitié !...

Gaston, lui aussi, s'était dressé, tout en A chaque répétition, la voix haussa de

mettant instinctivement la main à la place ton. Puis l'homme crispa son masque et tira.

où il cachait les diamants, mais l'inconnu, On perçut un claquement sec ; mais aucune

déjà à sa hauteur, le reclouait sur la ban- détonation ne retentit. '*•

quette d'une brusque poussée sur les deux L'agresseur lança alors son arme sur la

épaules. Il dit :

banquette et, ouvrant les bras, d'un mouve-

— Attendez !

ment ample, lança joyeusement :

Puis, prenant un peu de champ, il pour- — N'est-ce pas que c'est beau ? Té.

suivit sur un ton féroce :

Il avait changé d'accent et les mots fleun

— Ah ! vous nous avez dépouillés.

raient maintenant le terroir tarascûnhais.

L'heure de l'expiation a sonné.

Gaston, encore sous le coup de la terreur,

ne comprenait pas. L'autre ne lui donna

Il s'agissait sans doute d'un des Russes

pas le temps de la réflexion et se précipita

qui avaient vendu les diamants à son père et

sur lui, répétant :

qui voulait se venger de là trop belle affaire

opérée sur leur misère. Gaston, terrifié, en

— Merci, merci.

eut la perception très nette. Mais qui avait Cette fois, Gaston crut qu'il allait être dé-

renseigné cet énergumène. Ramassé dans son pouillé de son trésor. Il repoussa l'inconnu

coin, le jeune homme jeta un coup d'œil qui s'affala sur la banquette.

désespéré sur la sonnette d'alarme. Naturel- — Merci, monsieur, que je vous dis. Vous

lement, elle se trouvait derrière l'agresseur. m'avez rendu confiance en mon talent

Il fallait résister avec-ses propres forces. Mais Gaston, sûr enfin de prendre l'avan-

— Traître, tû blêmis à l'instant du juste tage, saisit l'adversaire à bras le corps. Te

châtiment, du châtiment inéluctable. Tu sais bascula et tomba avec lui sur le parquet.

bien maintenant que tu n'y peux plus échap- — Eh ! ne vous fâchez pas. Il n'était pas

per.

chargé.

— Au secours ! hurla Gaston.

Le revolver se trouvait à la portée de Gas-

— Pas de supplications ! Pas de protestaton qui le prit, mais ne lâcha pas l'homme

tions ! Pas de cris ! Trop tard. Tout est inu- qu'il maintenait sous lui.

tile désormais. Mes amis, au moindre geste — Braquez-le sur moi, si vous ne me.

de ma part, franchiraient la porte pour me croyez pas, gémit le vaincu.

prêter main-forte ; mais il est préférable que C'est ce que fit le jeune homme et l'in*

tout se passe entre nous deux. Avoue-moi connu resta impassible.

tes forfaits. Avoue 1

— Vous voyez bien, péchère ! dit-il. Je

— Je n'ai rien à avouer, s'écria le malheu- vais vous expliquer. Je suis un artiste, moi,

reux qui, haletant, suivait le moindre geste un grand artiste.

de son adversaire.

Et comme Gaston desserrait son étreinte,

Celui-ci ne semblait rien avoir entendu et

il expliqua :

continua à glapir, pareil à un héros de mélo- — Eh ! mon bon monsieur, je venais jusdrame

:

tement d'être mis à la porte par le directèur

— Et que me font tes excuses balbutiées, du grand théâtre dAvignon. Il trouvait, l'im-

le bredouillement auquel t'oblige la peur qui bécile, que je suis mauvais dans mon rôle des

décompose tes traits f Ah 1 tu m'auras ruiné, Pirates de la Savane.

moi et tant d'autres et tu ne me rendrais pas » Mauvais, moi ! je finissais par le croire.

tes comptes !

Alors, désespéré, ne croyant plus à ma

Les mains de l'inconnu avancèrent comme flamme intérieure, j'ai décidé de jouer ma

pour se saisir d'un ;cou. Elles n'atteignirent grande scène du trois une dernière fois avant

pas jusqu'à Gaston qui, dans un sursaut, fut d'abandonner tout, mais devant un juge

debout sur la banquette, collé à la paroi du impartial, devant le premier venu, quoi. Cela

wagon. Qu'il regrettait maintenant de n'avoir a été vous. Hein ! je vous l'ai donné, le fris-

as accepté, exigé la compagnie que lui of- son ! Je vous ai fait peur, eh ! petit ! Nous

E:ait son frère pour ce dangereux voyage ! sommes seuls, vous pouvez bien l'avouer, je

Il ne lui restait plus qu'à chercher à attein- l'ai senti surtout, quand vous m'avez jeté à

dre la sonnette d'alarme, coûte que coûte, il terre, avec une force...

s'élanca sur le furieux, lorsque celui-ci, recu- Et, là-dessus, il tendit sa carte à Gaston,

lant d un pas, sortit de sa poche un revolver. encore plein de méfiance et qui lut sur le

Immobilisé, Gaston appela désespéré- bristol :

ment :

AMÉDÉE TROMLELON, !

— Au secours ! Au secours 1

premier artiste dramatique

Personne ne passait dans le couloir. Les du Grand Théâtre d'Avignon

qens des compartiments voisins dormaient et

et de toutes les grandes scènes de province*

le bruit du train en marche couvrait sans

doute celui des voix.

Le lendemain, le père de Gaston reçut la

Peut-être même était-il vrai que des hom- dépêche suivante : « Ai remis les diamants à

:

mes cachés près de la porte protégeaient Bramstein. Affaire conclue. Mais la nuit a

l'assassinat

été chaude. »

L'homme ne se troublait pas, en effet. Il Le destinataire ne comprit pas très bien,

ricanait en maintenant l'arme braquée sur sa car, précisément, on était en hiver et un.

victime. Il jouait avec celle-ci et sa voix, froid inusité régnait sur la France.

une voix de gorge subitement enrouée, cher-

H. DE FELS.

chait le ton de 1 ironie, l'ironie atroce.

— Ah ! Tu pensais échapper ! Tu croyais

tout te permettre sans risque ! Et tu t'ima- DIMANCHE - ILLUSTRÉ

ginais ne jamais rencontrer sur ta route quel- RÉTRIBUE LES PHOTOGRAPHIES

qu'un capable de se venger et de venger ses OUI LUI SONT ENVOYÉES PAR SES LECTEURS

semblables. Eh bien! moi, l'un des plus

DÈS QU ELLES ONT ÉTÉ PUBLIÉES


HI1III LE 26 AOUT 1934 ■■>«II>l«ll*lliaillllllltlillllllllll>IIIIIIlllll>lllllllllllilll>fI>Illlll1llllllIII|tlllIlllllll»lllflIllllllA1tllHliailia 0 IllHnintililllHUIjiljHIHIlUlliltnHlIllIIIIMIllIIllillllUlllllUllllIlIllIIlllHItllIIltltHUMIUHill DIMANCHE-ILLUSTRÉ ■


ntimifi DIM ANCHE-ILXAJSTRÊ iiii>iiiiiiiiiiiiiitiiiiitiiitiiiutHiiiiiiiiiiiiHtiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiitiiiiiiiiiiiHiiip 6 uiiiiiiiuiiuiiiiiiuuiiiiuiuiHiiiwiiiuiiiiiitiiMmiHiiiiiiiiiiiMMii^t***i**uiiiiuiiiiiiuiiiiHuiuuiiiii LE 26 AOUT 1934 »tw

A pauvre femme saisissait

toujours tous

les prétextes pour

tenter d'opérer un

rapprochement entre

ces deux hommes

qu'elle sentait

si distants l'un de

l'autre — elle

n'osait pas songer

« hostiles ».

Et elle avait dams le regard

quelque chose de si implorant que,

pris de pitié vraiment à la sentir

tellement angoissée, désireux de lui

donner cette petite satisfaction,

M. Courtois acquiesça. S'adressant

à « son fils » :

— Soit donc... c'est dans mon

bureau... le second casier du grand

cartonnier entre les deux fenêtres,

sur lequel se trouvent les lettres

L. M., un dossier Leysterac-Migest;

c'est celui-là dont j'ai besoin...

— Je vais et je reviens, déclara

le jeune homme.

d'arrêtant sur le seuil, il observa :

■— Le casier est fermé à clef

sans doute.

M. Courtois, avec une visible

hésitation, mit la main à la poche,

hésitant à donner la clé à cet individu...

Le jeune homme eut conscience

de cette répuqnance, mais ne broncha

pas, tandis que Mme Courtois

pâlissait, avertie par son instinct

de ce qui se passait dans l'esprit

de son mari.

Celui-ci se pressentit deviné ;

aussi, tirant de sa poche le trousseau

de clés, il le tendit au jeune

homme :

— C'est la plus petite... il faut

faire attention à ne pas la confondre

avec une autre, celle qui porte

une entaille à sa base... celle-là,

c'est celle du platine.

L'Aristo tressaillit et aussitôt

proposa :

— Ne me donnez que celle du

cartonnier ; si je perdais le trousseau...

M. Courtois riposta :

— Un enfant aurait de ces

craintes...

Et sa femme, radieuse de cette

confiance, s'exclama :

— Va donc, mon petit... puisque

ton père te donne le trousseau...

pourquoi perdrais-tu cette clé plutôt

que celle du cartonnier.

Après une nouvelle hésitation,

« Robert » quitta la pièce et, le

jardin traversé d'un bon pas, pour,

une fois la grande route atteinte,

se diriger vers le village ; seulement,

un peu avant d'arriver à la

gendarmerie, il se jeta dans un

sentier qui, à travers le bois Soleil,

lui permettait d'atteindre l'usine et

d'y pénétrer par une porte de service

qu'il n'eut pas grand'peine à

ouvrir.

Tout de suite, il s'en fut trouver

le gardien qui fumait solitairement

sa pipe dans son réduit, tout en

parcourant le journal.

A la vue du jeune homme, le

vieux sursauta :

— Vous ! Monsieur Robert...

par où êtes-vous entré, donc ?

L'Aristo agita le trousseau de

clés, disant :

— Le patron m'envoie chercher

un dossier dont il a besoin pour

travailler... Vous croyiez que

j'avais forcé une serrure, hein ?

Mathieu, l'ancien compagnon de

prison de Robert, avait tenté

l'impossible pour rejoindre celui

qu'il appelait comme jadis

l'Aristo : en cachette il l'entretenait

de ses sinistres projets...

Lui frappant familièrement sur

l'épaule, il ajouta :

■— Ça va 7 interrogea-t-il.

— Oui... ou du moins ça irait,

s'il n'y avait pas ces maudites

traces que j'ai relevées la nuit dernière...

— Vous faites bien de m'en

reparler, s'exclama le jeune homme;

je m'en vais en toucher un mot au

patron en rentrant...

Puis, comme si cette idée lui eut

passé soudainement par la tête :

— Ecoutez donc, proposa-t-il...

si je venais vous tenir compagnie

cette nuit ?

Le père Gaillard protesta.

— Vous ! monsieur Robert !...

eh bien, voilà qui ne serait pas à

faire ; d abord je suis une vieille

bête c'e me tourmenter comme ça.

Seulement, n'est-ce pas, quand on

ne se sent plus très d'attaque... on

craint... ; autrement, un homme en

vaut un autre...

—■ Laissez donc, insista le jeune

homme, ça m'amusera... ça me rappellera

les gardes que je montais,

là-bas, dans le bled... et puis une

mauvaise nuit est bien vite passée

: demain le patron, mis au courant

par moi, aura pris ses dispositions

pour vous doubler... donc,

voilà qui est entendu, je retourne

à la maison, porter les papiers, et

sans en rien dire à personne, je

reviens...

— Puisque vous le voulez... se

résigna le vieux gardien ; seulement,

si le patron apprend jamais...

— Qui le lui apprendrait ? pas

vous, bien sûr, ni moi..., alors?

Là-dessus, le jeune homme quitta

le poste du gardien, gagna le cabinet

de M. Courtois, prit dans le

cartonnier le dossier en question et

sortit de l'usine comme il y était

entré.

Un quart d'heure plus tard, il

était de retour à la maison et, après

avoir souhaité le bonsoir à sa mère

qui écoutait la lecture que lui faisait

Bertrande, s'en fut trouver

M. Courtois retiré dans son cabinet.

— Voici le dossier, dit-il... et

les clés.

Ayant dit, il regagna sa chambre

où il demeura assis sur le pied

de son lit, surveillant les bruits de

la maison qui peu à peu allèrent

s'éteignant : dix heures sonnaient

comme, le dernier de la famille,

M. Courtois, remontait dans sa

chambre.

L'Aristo attendit, l'oreille aux

écoutes, une demi-heure, pour laisser

au sommeil le temps de faire

œuvre utile ; puis il entre-bâilla

silencieusement ses volets et se

glissa hors de sa chambre pour

sauter sur la pelouse dont le terrain

gazonné amortit le bruit de

sa chute.

Les chiens, qui le connaissaient

maintenant, continuèrent à dormir

dans leur niche, si bien qu'il lui

fut loisible, sans donner l'éveil, de

gagner la petite porte de service

qui^ ouvrait sur le bois Soleil.

Sur le seuil, il se retourna, fixa

durant un long moment les volets

de la chambre de Mme Courtois

par lesquels filtrait un mince rayon

lumineux.

— Dommage, murmura-t-il.

Puis il referma la porte derrière

lui et st jeta à travers le bois, pour

pénétrer dans l'usine par le même

chemin qu'il avait pris une heure

auparavant.

Le père Gaillard, las de l'attendre,

s était étendu tout habillé sur

son lit de camp et dormait.

Son mousqueton, décroché de la

cloison, était placé tout armé à

portée de sa main ; de son poste,

le veilleur pouvait, à longue distance,

abattre tout visiteur nocturne

aperçu rôdant à travers les

ateliers.

L'Aristo eut un haussement

d'épaules qui trahissait son mépris

pour ce genre de défense : les

armes à feu, ça ne lui disait rien ;

ça fait du bruit, ça donne l'alarme

et. la plupart du temps, ça manque

son coup ; tandis qu'un bon couteau...

Et, instinctivement, il mettait la

main à sa poche : il fit la grimace,

se souvenant que le sien, il l'avait

jeté dans l'Ariège quelques jours

après son installation à la maison

Courtois. Il eut un hochement de

tête d'indifférence : baste... ça marcherait

tout de même.

Et il continua ce veiller, scrutant

avec son oreille exercée, le

silence impressionnant qui enveloppait

tout ce qui l'entourait, durant

le jour.

T

OUT à coup, onze heures sonnèrent

et, automatiquement,

le père Gaillard s'éveilla.

— Ah ! vous êtes là, monsieur

Robert, s'exclama-t-il en se frottant

les yeux... Y a longtemps ?

— Une petite heure.

Le veilleur s'était mis debout

et, plongeant la main dans un tiroir,

la ressortit armée d'tin gros

revolver d'ordonnance qu'il glissa

dans une gaîne de cuir accrochée

à sa ceinture.

— Cet outil-là. expliqua-t-il, est

plus commode en cas de rencontre ;

l'autre, pour tirer à distance, est

mieux... Vous venez avec moi ?

— Bien sûr... ne faut-il pas que

je connaisse le chemin pour faire

l'autre ronde ?

Ils s'en allèrent, l'un suivant

l'autre, sans dire mot, amortissant

instinctivement le bruit de leurs

pas sur le sol sonore des grandes

salles silencieuses dans l'ombre desquelles

les machines, immobiles,

semblaient d'énormes bêtes assoupies.

Quand ils revinrent, une heure

plus tard, le père Gaillard demanda

à son compagnon :

— Alors,, c'est vrai?... vous

tenez à vous charger de la prochaine

ronde ?

— Il faut bien que je m'occupe

à_quelque chose.

— C'est déjà bien gentil à vous

d'être venu me doubler ; vous

pourriez...

— Rien du tout, donc, allonaez-vous

sur votre pieu et ronflez

tout à votre aise... vous prendrez

la troisième ronde..., et jlc

tour sera joué ; demain soir, le

patron vous aura trouvé un copain.

— ... et si les autres viennent ?

suggéra, le vieux, étouffant derrière

sa main un bâillement sonore...

— Eh bien, je les recevrai...

répondit le jeune homme ; je ne

suis pas manchot...

— Bonsoir, alors, murmura le

vieux bonhomme en s'étirant avec

volupté.

— Et ne rêvez pas de cambrioleurs,

plaisanta Robert.

Quelques instants plus tard, un

j ronflement sonore indiquait que le

LA SUITE DANS LE

IlINlIMIIIIIIllIlltmilMIIIllIIIIIlllllllilIIIIIf lliiiiiitiiif Milll*

LE

COUREUR

Roman par

G. LE FAURE

RÉSUME DES

N jeune vaurien, évadé de maison centrale, poursuivi par

U la maréchaussée, tombe un soir de Noël chez un industriel

d'un petit village du Roussilion, M. Courtois. Il fait

main-basse sur l'argenterie et les bijoux qu'il découvre lorsqu'il

se trouve face à face avec Mme Courtois. Or, celle-ci

croit reconnaître dans le cambrioleur un fils disparu depuis

des années. Ce fils, M. Courtois en a reçu l'avis officiel, est

décédé dans un hôpital lointain. Mais la santé de sa femme

est si chancelante que. redoutant une issue fatale, il n'a pas

osé lui annoncer ce deuil qui les frappait tous deux. Il démasque

le dévoyé qui s'est introduit dans sa villa, mais

comment désillusionner sa femme qui croit avoir miraculeusement

retrouvé son fils Robert ?Le faux Robert s'installera

donc au foyer familial. Il y vivra avec M. et Mme Courtois,

leur fillette Marcelle, dont il devient le soi-disant frère,

Mlle Bertrande la jolie gouvernante, Rosalie la cuisinière,

ardien avait chaviré dans les bras

âe Morphée...

— J'aime autant ça, murmura

l'Aristo.

Son visage s'était transformé,

ses traits s'étaient durcis et l'ensemble

de sa physionomie avait

l'expression redoutable dont s'était

impressionné M. Courtois au cours

de cette nuit de Noël où, pour la

première fois, ils s'étaient trouvés

face à face.

Assis dans le fauteuil, la tête

renversée sur le dossier, il s'immobilisa,

attendant avec une angoisse

qui allait croissant, l'heure... où il

lui faudrait agir.

Il était bien résolu à faire ce

qu'il avait décidé ; dut-il lui en

coûter la peau, Mathieu ferait demi-tour

et renoncerait à son dessein...

sinon...

Machinalement, la main de

l'Aristo s'était allongée vers la

table et ses doigts s'étaient crispés

sur la crosse du revolver qu'il examina

en connaisseur.

— Comme rigolo, approuve-t-il,

c'est sérieux.

Mais il replaça l'arme sur la

table. Ça fait du bruit et, pour

l'exécution de ses projets... le bruit

ne valait rien.

Quels moyens emploierait-il pour

forcer le visiteur à tourner les

talons ? A l'avance, il ne pouvait

deviner comment les choses se passeraient

; mats ce qu'il savait bien,

c'est que Mathieu ne toucherait

pas au platine.

L'heure, soudain, égrena ses

deux coups solennels et lugubres...

— Allons ! pensa-t-il, il faut y

aller...

Son reqard s'arrêta une fois encore

sur l'arme posée sur la table,

avec une visible tentation de la

prendre ; mais il rejeta cette idée

et quitta la pièce.

Comme il mettait le pied dans

l'atelier, par une des baies d'aération

ouvertes dans la toiture,

arriva jusqu'à lui l'écho d'un sifflement

aussitôt reconnu ; Mathieu

était exact au rendez-vous.

Il hâta le pas pour le rejoindre

avant qu'il n'eût escaladé ; mais

quand il arriva près du mur, l'autre

était déjà dans la place.

— Bon, fit-il d'un ton satisfait...

j'pensais pas qu'tu viendrais...

t'avais un si drôle d'air, ce tantôt.

Et brusquement :

— Alors, on y va ?

L'Aristo se campa devant lui,

et tout net :

— Non, on n'y va pas... Il faut

tourner les talons... ; rien à faire

ici pour toi...

— T'es fou !... part à trois... on

l'a décidé.

— C'est toi qui as décidé ça...

pas moi ; la preuve c'est que tu vas

décamper d'ici — je te répète qu'il

n'y a rien à faire pour toi.

— Monsieur veut manger le gâteau

tout seul !

— Monsieur ne veut manger

aucun gâteau... mais Monsieur ne

veut pas qu'un autre y touche I

— Honnête homme, quoi ?

— Si ça te chante ; mais c'est

comme ça.

A peine faite cette déclaration

catégorique, Mathieu se jeta sur lui

et le saisit au cou d'une main tandis

que son autre main plongeait

dans la poche de son vêtement.

Mais l'Aristo avait surpris le

coup et ses doigts encerclaient le

poignet de son adversaire, le tordant

si violement que l'autre grogna

de douleur...

Sans articuler une syllabe, ils

luttèrent dans l'obscurité, évitant

tout bruit qui eût pu attirer l'attention

: le silence était indispensable

à tous deux.

Cependant, les ongles de Mathieu

s'incrustaient dans la gorge de

l'Aristo, l'étouffant.

Manquant d'air, celui-ci abandonna

les mains de son adversaire

pour tenter de se dégager et

l'autre, libéré, saisit le couteau,

tout ouvert dans sa poche.

Mais comme il reculait pour se

mettre hors de portée, lAristo

heurta du pied un obstacle invisible

dans 1 ombre et trébucha.

Avant qu'il eût repris équilibre,

son adversaire se jetait sur lui, le

couteau en main ; « Robert » eût

pu appeler à lui, en moins die

quelques secondes, le veilleur fût

arrivé à la rescousse. Mais il ne

ne voulut pas. C'était entre

« quat'z'yeux » que devait se

régler la chose ; pris, Mathieu mangerait

le morceau et l'Aristo aurait

la honte de se voir publiquement

démasqué tandis que s'il devait

laisser sa peau dans l'aventure, que

lui importait ce qui, lui mort, arriverait.

Au moins n'aurait-il pas à rougir

ni devant celle qui lui avait

révélé la tendresse maternelle ni

devant Bertrande, qui avait fait

naître en lui un trouble dont il

craignait de définir la nature.

Des deux mains, le malheureux,

désarmé, s'était agrippé au bras de

Mathieu, s'efforçant d'éloigner de

lui la lame mortelle.

L'autre, après avoir vainement

tenté de dégager son poignet, avait

à nouveau empoigné l'Aristo à la

gorge et cherchait à l'étrangler.

D'un coup violent des reins,

l'Aristo parvint à se mettre tout à

coup sur les genoux, puis à se redresser

tout à fait ; mais, subitement,

le couteau s'abattit et il sentit

la lame pénétrer profondément

dans sa chair.

Il eut la force d'étouffer le cri de

douleur qui lui montait aux lèvres ;

se raidissant contre la souffrance

qui le faisait chanceler, il recula

pour se mettre hors de portée ;

mais, dans sa retraite, il se trouva

accolé au mur et se sentit perdu ;

le sang jaillissant de sa blessure

1 avait instantanément affaibli au

point qu'il se trouvait à la merci

de son adversaire.

Celui-ci gronda, farouchement

narquois :

— —et comme ça, vieux, y aurat-il

moyen de toucher au gâteau,

dis 1


LE 26 AOUT 1934 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiitiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiitiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiitJifiK 7 HiiiiiitiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiMitfrAif^vM-Mmiiiiiiii DIM ANCHE' ILLUSTRÉ *

PROCHAIN NUMÉRO

Hliilliiiiiii l |,ii„, 11 , 111H|11111|1111111111||llliiiiiii(i)iiti|i

DE

ROUTES

CHAPITRES PARUS

François le jardinier, etc.. Notamment, il se prend d'une

et profonde affection pour la petite Marcelle, qu'il a eu le

bonheur de sauver d'un grave accident dans l'usine de

M. Courtois, où se traite le platine. Il finit par s'améliorer

au contact de tous ces braves gens dont la vie simple, droite,

digne, influe sur son âme encore malléable. Et, peu à peu,

il se prendrait à son propre jeu, il se croirait vraiment le

fils Courtois si, tout à coup, l'horrible passé ne surgissait

pas brusquement devant lui ; un de ses anciens compagnons

de la maison de correction, Mathieu, erre dans la région.

Il a su que, sous le nom de Robert, celui qu'on appelait autrefois

« l'Aristo », était en relations étroites avec le directeur

de l'usine à platine ; et, parbleu, comment grâce à cette

complicité toute introduite dans la place ne pourrait-il se

procurer une grosse quantité du précieux métal ? (Lire

Dimanche-Illustré depuis le numéro du 17 juin 1934 et suiv.)

Il se penchait, cynique, vers son

adversaire, grommelant :

— T'as ton compte, hein !

L'une des mains de l'Aristo qui

égratignaient le mur derrière lui

pour se soutenir, sentit soudain,

avec une indicible joie, quelque

chose de rigide et de froid à quoi

s'agrippèrent ses doigts : c'était un

levier d'acier au moyen duquel les

ouvriers manœuvraient les gueuses

de métal refroidi.

Arme providentielle qui, s'il

avait la force de...

Il raidit ses muscles, mit toute s3

volonté à pouvoir dresser ses bras

au-dessus de sa tête et, brusquement,

la lourde barre d'acier

s'abattit : le choc fut terrible ! le

crâne broyé, Mathieu tomba comme

une masse, sans proférer un cri.

Presqu'aussitôt, l'Aristo s'effondra

à son tour ; auprès de lui, tout

tournait, son regard n'avait plus

qu'une incomplète perception des

choses ; dans son cerveau, les idées

virevoltaient comme des mouches

affolées dans une pièce close.

Seule une chose demeurait fixe :

l'espoir que Mathieu, étant mort,

ne pourrait pas parler...

Ainsi même, si, lui, ne devait

pas en revenir, sa « mère » ne saurait

rien... ni Bertrande; et il lui

était doux de penser que les deux

femmes le pleureraient...

Ce fut ainsi, le sourire aux

lèvres, qu'il chavira dans la nuit et

demeura raide, glacé, sous le feu

scintillant des étoiles.

Mathieu ne pourrait dénoncer

l'Aristo ; celui-ci était mort, bien

mort ; seul Robert subsisterait dans

le souvenir de sa « mère ».

C'était bien ainsi !

COMME cinq heures sonnaient,

le père Gaillard s'éveilla

dans son cagibis de verre

et, tout de suite, s'étonna d'avoir

si'profondément dormi; assis sur

son séant, il promena autour de lui

un regard étonné, ne se souvenant

pas très bien de ce qui s'était passé ;

remarquant le feutre demeuré sur

la couchette, il se rappela alors la

visite que lui avait faite, la veille

au soir, le fils du patron, et il

comprit :

Il s'était reposé sur lui du soin

de faire la ronde et, sans doute,

en ce moment même, Monsieur

Robert-

Honteux vraiment, il se leva,

coiffa sa casquette, et, prenant son

revolver, sortit pour s'en aller

faire sa dernière tournée réglementaire,

espérant bien rencontrer

le jeune homme dans les ateliers.

Puis une chose le chiffonna brusquement

: ceux qui, la nuit précédente,

avaient rendu visite à 1 usine,

étaient-ils revenus ? c'était peu probable,

car en passant devant la

chambre du platine, il avait constaté

que tout était en ordre.

Sans doute leur première visite

avait-elle éclairé les cambrioleurs

sur les difficultés de l'opération...

Par acquit de conscience, en

sortant de l'atelier de montage, il

s'en fut faire un tour du côté où

lui étaient apparues les empreintes

suspectes. '

Brusquement, il s'arrêta, impressionné

par le spectacle qui s'offrait

à lui : là, à une dizaine de mètres,

enveloppées d'obscurité, deux formes

venaient de lui apparaître,

étendues sur le sol, et qui ressemblaient

vaguement à des silhouettes

humaines.

Le premier moment d'émoipassé,

tenant d'une main son browning,

de l'autre sa lampe électrique, dont

il projetait le faisceau lumineux sur

le sol, il s'avança, ayant au cœur

une légère appréhension.

Puis une exclamation lui jaillit

soudain de la gorge : un visage

venait de lui apparaître, tout blanc

de l'éclat de la lampe.

— Monsieur Robert !... Mort !...

Un juron aux lèvres, il s'élança,

enjamba un corps dont la tête avait

été broyée par une barre de fer que

le fils du patron étreignait encore

de ses doigts.

La main sur la poitrine du jeune

homme, le gardien constata qu'il

vivait encore.

Alors, sans s'occuper de l'autre

■ qui lui parut d'ailleurs avoir

son compte, — il empoigna le

blessé et, lentement, gagna son

cagibis où il l'étendit sur sa couchette.

— Diable ! murmura-t-il, en remarquant

seulement alors le coup

de couteau qui lui avait troué la

poitrine... le pauvre garçon !...

Un moment il hésita sur ce qu'il

devait faire : seul, il ne pouvait

laisser, sans soins le blessé jusqu'à

l'ouverture de l'usine ; d'un autre

côté, téléphoner au patron, c'était

révolutionner la maison, peut-être

même donner un coup à Mme

Courtois...

Vivement, son parti fut pris :

après avoir appliqué sur la blessure

un linge trempé d'eau pour

tenter d'enrayer un peu la fièvre,

le vieux gardien quitta l'usine et,

à pas pressés, se dirigea vers la

demeure du docteur Labarre ; prévenu,

celui-ci pourrait accourir de

suite et aviser à ce qu'il y avait à

faire.

fin passant, il avertirait du drame

le brigadier Laurent pour qu'il pût

agir en conséquence.

Moins d'un quart d'heure plus

tard, en effet, le docteur était au

chevet du blessé, tandis que le brigadier

procédait aux premières

constatations.

11 avait, par mesure de précaution,

téléphoné au parquet de

Foix ; si bien qu'avec les premières

heures de l'aube, le procureur de

la République escorté du maire faisant

fonction d'officier de police

judiciaire arrivaient à l'usine.

M. Courtois n'avait' bien entendu,

dit à sa femme qu'une partie

de la vérité, lui dissimulant que

son fils » figurât parmi les \

acteurs du drame ; il se réservait

de la mettre au courant en temps

opportun, suivant la façon dont

tourneraient les choses.

C

RESURRECTION

ONTRAIREMENT aux craintes

de M. Courtois, le drame

n'avait eu sur l'état de santé

de la malade aucune répercussion

fâcheuse ; au contraire, il semblait

qu'il eût provoqué chez elle une

réaction favorable.

Le système nerveux, depuis longtemps

comme paralysé, s'était réveillé,

lui donnant, pour lutter

contre la mort dont était menacé

« son fils » une force surprenante ;

elle avait déclaré ne vouloir laisser

à personne le privilège de demeurer

au chevet du blessé, et le docteur

avait trouvé en cette femme, —

moribonde presque la veille, — la

plus merveilleuse, la plus active des

infirmières.

Et rien n'avait pu la déterminer

à prendre du repos tant que le

danger était demeuré suspendu audessus

de la tête de son cher enfant,

ni les supplications de son mari, ni

les représentations du docteur.

« Elle n'avait pas retrouvé son

fils pour le perdre à nouveau »,

avait-elle répondu.

Quant à M. Courtois, elle lui

avait rappelé qu'il lui était interdit

de lui reprocher de s'occuper de sa

victime.

Un moment, révolté, i! avait

failli lui tout avouer ; mais il avait

réfléchi que ce reproche, si dur

qu'il fût, était fondé — lui-même

en avait assez souvent gémi — sur

une sévérité exagérée qui avait

chassé de chez lui l'enfant rebelle.

Mme Courtois avait raison de

lui jeter le passé à la face ! et il

s'était incliné.

Bertrande elle-même, qui s'était

offerte à partager avec elle les

soins qu'exigeait l'état très grave

du blessé, s'était vue éconduire.

Mme Courtois entendait demeurer

seule au chevet de son fils.

Et les jours avaient passé, apportant

leur alternance de crainte

et d'espérance, tandis que se poursuivait

autour ce l'usine l'enquête

activement menée par la Sûreté ;

d'ailleurs, rien de plus simple que

d'établir comment Robert s'était

trouvé mêlé au drame : la déposition

du père Gaillard avait été sur

ce point très déterminante : le gardien

avait dit comment, à la suite

de la découverte qu'il avait faite

d'empreintes suspectes, il avait été

amené à en parler au fils du patron

et comment celui-ci, — étant venu

fortuitement à l'usine, — lui avait

proposé, pour plus de sûreté, de

veiller avec lui.

Gaillard, c'est certain, n'aurait

pas dû accepter ; mais enfin, que

serait-il arrivé s'il lui avait fallu

tenir tête à un individu résolu

à aller jusqu'au crime pour mener

à bien son expédition.

Le gardien aurait reçu, c'est entendu,

le coup de couteau qui avait

failli tuer le fils du patron ; mais

les voleurs se seraient certainement

emparé du platine : 1 enquête avait,

en effet, établi que tandis que l'un

d'eux pénétrait dans l'usine, l'autre

demeurait au r'ehors avec une

auto sur laquelle devait être chargé

le précieux métal.

L'homme qui se tenait au volant

avait dû attendre jusqu'à ce

que — l'aube s'amorçant — il lui

parut dangereux de stationner plus

longtemps et il avait filé.

Malgré toutes les recherches

faites, il avait été impossible de

D'un coup violent des reins,

l'Aristo parvint à se mettre sur les

genoux, puis à se redresser tout à

fait ; mais, subitement, le couteau

s'abattit et il sentit la lame pénétrer

profondément dans sa chair...

mettre la main dessus. Partant de

l'endroit où il était demeuré durant

plusieurs heures embusqué

avec sa voiture, une piste avait été

relevée qui avait mené la police

jusqu'à Bourg-Madame ; là, on

avait retrouvé une camionnette en

panne, dans le fossé ; mais à partir

de cet endroit, aucune trace.

Le chauffeur avait-il pris le train

de Perpignan ? avait-il, franchissant

la frontière, gagné Puycerda...

ou bien s'était-il jeté dans l'Andorre

?

Les gens du pays, interrogés,

avaient déclaré n'avoir remarqué

les jours précédents aucun étran

ger rôder dans le pays, et le jugtd'instruction

avait fini par décider

attendre que le blessé fût en état

d'être interrogé : lui seul pourrait

fournir peut-être à la police des

renseignements utiles.

Plusieurs jours cependant s'étaient

écoulés sans que le médecin consentît

à autoriser cet interrogatoire,

l'état se maintenant grave :

la lame du couteau meurtrier avait,

en effet, déchiré le haut du poumon

et perforé le dos, au-dessous de

l'omoplate ; blessure qui, quelques

lignes plus bas, atteignit le cœur.

La gangrène était à craindre...

et il avait fallu procéder à une médication

énergique qui, si elle avait

sauvé momentanément le blessé,

l'avait plongé dans un état de prostration

proche du coma : la face

rigide, les paupières aloses, les lè-

•vres pincées, il était si impressionnant

à voir qu'à plusieurs reprises

Mme Courtois avait dû lui mettre

.un miroir devant la bouche pour

se bien convaincre que tout n'était

,pas fini.

Combien d'heures la malheureuse

avait-elle passées ainsi, penchée

sur lui, pleine d'angoisse.

Farouche, sans vouloir écouter

un conseil, elle demeurait dans

cette chambre, refusant d'en sortir

même aux heures des repas, veillant,

surveillant, attentive à la

moindre manifestation de vie, dans

ce carps inerte, procédant aux

pansements avec une habileté que

n'eût certainement pas déployée

,une infirmière professionnelle.

M. Courtois se résignait, le docteur

admirait, l'abbé Fouquièr:.; réconfortait.

Enfin, toute crainte de complication

écartée, on avait du songer

.à remonter le malade ; on se trouvait,

avait expliqué Labarre, en

présence d'un organisme affaibli,

.usé pour ainsi dire par une vie

de privations et l'on ne pouvait

procéder qu'avec précautions, par

.oetites étapes, au lieu de gagner le

but, pour ainsi dire d'un seul bond.

Une vie de privations ! Ces mots

avaient crucifié Mme Courtois qui

avait attaché sur son mari un regard

chargé de reproche ; cette vie

n'était-ce pas la rigueur d'un père

inflexible qui l'avait imposée à ce

.malheureux enfant.

S'il mourait, son père ne serait-il

pas responsable de cette mort... ?

Et l'infortuné M. Courtois cour-

bait la tête, prisonnier de son mensonqe.

Enfin, un matin — c'était le quinzième

depuis le drame — Mme

Courtois, harassée de fatigue, sa

volonté vaincue par le sommeil,

s était assoupie au chevet du lit,

la porte s'étant ouverte sans bruit,

une tête s'était montrée : Bertrande,

inquiète un peu — car

l'heure était avancée — que Mme

Courtois n'eût pas encore sonné,

venait annoncer que le docteur

était arrivé.

Elle vit à sa grande surprise

dans le visage pâle qui reposait

sur l'oreiller, deux yeux grands ouverts,

qui regardaient fixement devent

eux et il lui sembla remarquer

que le teint ce cette face décharnée

par la fièvre, se rosissait un pea.

— Monsieur Robert ! murmurat-elle,

s'avançant sur la pointe des

pieds...

Alors, les lèvres s'agitèrent dans

un balbutiement indistinct, en même

temps que s'esquissait un sourire

à peine perceptible.

La jeune fille, se penchant vers

le lit, demanda :

— Vous me reconnaissez ?

Les paupière3 s'abaissèrent puis

se relevèrent et le regard demeura

fixe à nouveau.

— Comment vous sentez-vous ?

interrogea Bertrande toujours à

mi-voix.

Le blessé ne répondit pas ; mais

sa face se contracta dans un effort

pour parler.

—■ Vous désirez quelque chose?

A ce moment, Mme Courtois

s'éveilla, tirée de son assoupissement

par ce chuchotemeat léger.

, — Robert ! jeta-t-elle, levée

d'un bond.

— Madame, supplia Bertrande,

ménagez-le...

La mère s'était courbée sur le

blessé et collait ses lèvres sur le

front moite, tandis qu'une larme,

une grosse larme faillie de son

cœur si douloureux, tombait sur la

joue enfiévrée du jeune homme.

Il la regarda, sourit, mais si tristement,

si lamentablement, que la

pauvre femme éclata en sanglots.

— Robert, mon petit... dis-moi...

dis-moi...

Elle ne put poursuivre, :t le vlsaqe

caché dans les draps, se mit

à hoqueter misérablement.

Bertrande, toute en larmes, elle

aussi, tellement était poignante

cette douleur de mère, regardait le

blessé, cherchait à deviner sur son

triste visage, quelque chose de ce

qui s'agitait en lui ; mais ce visage

était comme figé.

Souffrait-il ou non ?... avait-il ou

non conscience de ce qui se passait

à son chevet ?.

Cruelle énigme !

Enfin, se raidissant contre son

émotion, la jeune fille prononça :

— Madame, le docteur est là.

Mme Courtois se redressa, épon-

gea son visage ruisselant de larmes,

et balbutia :

— Bien... voulez-vous le prier de

monter...

Tandis que sortait Bertrande, la

mère penchée vers le lit, demanda :

— Mon cher petit... me voistu

?... m'entends-tu ? Si tu ne peux

par parler, fais moi signe...

G. LE FAURE.

(Illustrations de G, DUTRIAC), ,


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i ENFANTS '"'"""'""' »» ' 9 ,.......„., ,„„ ■■■...imïm.,mi.,i,.,,mi , iirttiiiiiniiiit DIMANCHE-ILLUSTRÉ ............

ZïG et PUCE en l'an 2000

PAR ^m£¥&f£*r AVDJICIWX

hi 0 N !.. NON I.^PATÎ ENTONS, lj


«MtlItMt DIMANCKE-SîjïAJSTRé inmnilHmiHIlUIlHIIIIIIMHimillHIHIllllHHHIIIIMIllHniHHMIimiHIiltlHHIVHIIHHIIIItia 10 lHlltllllIlllHlllM«HII1IHHlH1IIHIIIIHHItHlltlllMIIIIHtlliII»IIIMtlltHlil*l>iHlMltllllliil(MiMmiil«l«H» 7_F. 26 AOUT 1 934 »"IIH

Comment étaient habillés les Tyroliens

au dix-neuvième siècle ? je voudrais

bien savoir...

'HOMME est vêtu d'un veston portant aux

L manches des pattes ornées de boutons, etsur

la poitrine, une broderie spéciale aux habitants

du CEtzthal. Large ceinture de cuir orné.

Culotte de peau attachée dans le bas par des

rubans. Bas blancs. Le chapeau est orné d'un

gland et d'une plume de coq de bruyère.

Le costume de la femme (vallée du Passeyer)

se compose d'une sorte de jaquette dont

le décolleté en carré est entoure d'une large

bande rouge. Les manches sont à parements,

et le devant orné de petits boutons généralement

en argent. Manchettes en rebras garnies

de fourrure, à l'instar du seizième siècle. Tablier

rayé. Bas rouges. La coiffure se compose

d'un gros bonnet en tricot terminé par une

houppe.


Quelles- sont les écoles pilmaires supérieures

qui ont été transformées en cours

complémentaires ?

ES écoles primaires supérieures transfor-

L mées en cours complémentaires sont :

Aveyron, Aubin (garçons) ; Cantal, Murât

(garçons) : Drôme, Saint-Vallier ; Gard, Bagnols-sur-Ceze

; Nièvre, Beaucaire ; Nord, Decize

; Tarn-et-Garonne, Beaumont-de-Lomagne

(garçons) ; Loir-et-Cher, Pontlovoy : Orne,

La Ferté-Macé ; Yonne, Bleneau (filles) ;

Yonne, Toucy (garçons) ; Dordogne, Nontron

(garçons) ; Tarn. Lavaur (garçons) ; Ardèche,

Largentières (filles) ; Ariege, Saint-Girons ;

Ardennes, Rethel (filles) ; Hérault, Clermontl'Hérault

; Lot, Montcuq : Haute-Savoie, Alhysur-Cheram

(filles).

Dans ces écoles primaires supérieures les

instituteurs et institutrices délégués seront

maintenus nur leur demande dans les cours

complémentaires. Il en sera de même des proîessturs

adjoints.


ANS les cours préparatoires des écoles pra-

D tiques l'enseignement est confié à des ins-

■ tituteurs ou à des institutrices des cadres départementaux

nommés par le préfet sur pro-

' position de l'inspecteur d'académie.

■" . i'. \ ^ ® jMt"

Quels sont les risques couverts par l'assurance

facultative ?

'ASSURANCE facultative permet à l'intéressé

L .de se couvrir soit contre tous les risques

prévus par l'article premier de la loi sur

les assurances sociales, soit seulement contre

; un ou plusieurs d'entre eux. Toutefois, il ne

peut s'assurer contre l'invalidité qu'en s'assurant

également contre la vieillesse.

Quelques notions précieuses sur •

la Bronchite chronique

Un catarrhe d'origine grippale se prolonge démesurément

: des causes insignifiantes et multiples provoquent

une toux quinteuse et pénible ; tout le mécanisme

respiratoire est soumis à des chocs qui vont en sa

répétant, diminuer la résistance des muscles et leur

élasticité.

La conséquence presque inévitable en est l'élimination

imparfaite des crachats, et, les cavités pulmonaires

n'étant plus complètement libres, c'est la prédisposition

constante à l'infection microbienne et à ses manifestations

chroniques.

Les fumigations réalisées au moyen des poudres et

cigarettes ESCOUFLAIRE pénètrent intimement dans les

moindres cavités bronchiques et y activent le mécanisme

musculaire de la respiration, rétablissant ainsi,

à'emblée et sans effort le fonctionnement normal des

poumons.

Les Laboratoires ESCOUFLAIRE, 57, Grande-Rue. &

Baisieux (Nord), envoient gratuitement leurs boites

d'essai. Les poudres et cigarettes ESCOUFLAIRE sont

8fi vente dans toutes les pharmacies.

Quelles sont les conditions nécessaires

pour pouvoir ouvrir un bureau de tabac ?

A création d'un nouveau débit de tabac dans

L une commune est décidée par l'administration

des contributions indirectes sur proposition

motivée émanant du conseil municipal

de cette commune.

Les débits de tabac sont réservés à des personnes

ayant servi l'Etat ou à leurs veuves

(mutilés de guerre, anciens militaires de carrière,

etc.)

Les titulaires de ces débits ne voulant pas

les gérer eux-mêmes doivent faire agréer une

personne par l'administration des contributions

indirectes. Il convient de remarquer,

d'autre part, que les débitants de boissons

peuvent vendre des produits du monopole, à

condition de s'approvisionner au „débit de tabac

le plus proche et de vendre ces produits

sans augmentation, au prix facturé par le débitant

de tabac, prix qui ne doit pas avoir été

l'objet de remises.


Combien de morts ont fait les guerres des

deux derniers siècles ?

A guerre de Sept-Ans a fait 551.000 morts,

L les guerres de la Révolution, 1.400.000 ; les

guerres de Napoléon, 1.700.000 ; la guerre de

Crimée, 785.000 ; la guerre de l'Indépendance

américaine, 700.000 ; la guerre russo-japonaise,

624.0C0 morts ; les guerres balkaniques,

108.000 ; la guerre de 1914-1918, 2.300.000.

Ainsi, en deux siècles, les guerres ont coûté

la vie à plus de huit millions d'hommes.

■$>

Comment seront attribuées les bourses

pour ordre pour l'année scolaire 1934-

1935 ?

ES candidats non pupilles âgés de douze ans

L révolus et de moins de treize au 31 décembre

1934 proposés en première ligne pour une

bourse nationale première série obtiendront

au Ie' octobre 1934 une bourse pour ordre s'ils

sont domiciliés dans une localité où il existe

soit une école primaire élémentaire avec

classe spéciale de cours supérieur deuxième

année, soit une école primaire supérieure avec

cours préparatoire.

Les candidats âgés de moins de douze ans

au 31 décembre 1934 reçus au concours de

première série et proposés en première ligne,

obtiendront au 1" octobre 1934 une bourse

pour ordre pour l'école primaire élémentaire

de leur commune .où ils prépareront le certificat

d'études primaires.

Tous 1&3 boursiers pour ordre auront une

bourse effective lorsqu'ils entreront en première

année d'école primaire supérieure ou de

cours complémentaire s£.ns avoir à subir de

nouveau les épreuves du concours des bourses.

Ce qui caractérise les farines de blé contenant

d'autres farines ?

N mélange de farines de blé et de seigle

If

donne un gluten noirâtre, visqueux, non

homogène ; de blé et d'orge, un gluten sec,

non visqueux, d'une couleur rougeâtre sale ;

de blé et d'avoine, un gluten jaune noirâtre ;

de blé et de maïs, un gluten jaunâtre qui ne

s'étale pas ; de blé et de haricot, un gluten

d'un blond jaunâtre ; de blé et de pois un

gluten verdâtre ou vert foncé ; de ble et de

féveroles, un gluten rosé.

Un bon gluten humide de farine de blé pure

présente une masse homogène, extensible,

élastique et d'un blond grisâtre.


Quels sont les animaux capables de détruire

les moustiques ?

ES carpes et les tanches dévorent les larves

L de moustiques qu'ils trouvent dans l'eau.

Les chauves-souris sont utilisées pour détruire

les moustiques ; elles peuvent en

consommer de grandes quantités. On leur

construit des abris où elles demeurent et qui

attirent les moustiques ; ceux-ci y sont dévorés

dès leur entrée.


■wiinni LE 26 AOUT 1934 IIUII ■■■■■■■■m inumum, itiiiitiiiiiiiin,itii,mi,mi,iim,„>,m

SPORTS ET SPORTIFS

U MARCHE ET LES féâi§jjEyfj$

RAPPELONS sommairement, tout d'abord,

la tête du palmarès du neuvième

Paris-Strasbourg (cette année : 523

kilomètres), qui a été, cette année comme

les précédentes, le « grand jour » de l'Union

Française de Marche — en même temps que

du Petit Parisien, dont les dirigeants de

cette fédération célèbrent à l'envi le concours

constant, si profondément apprécié.

1. Iouchkoff, 74 h. 8' 20" ; 2. Cheminant

74 h. 31' 30" ; 3. Romens, 75 h. 3' 30" ; 4. Dujardin,

78 h. 38' ; 5. Godart, 80 h. 24' ;

6. Hennequin, 81 h. 33'.

Qui est Iouchkoff ? Un ancien combattant

russe, sans doute plein d'avenir militaire, et

que la Révolution bolchevik a fait tourneur

dans une usine d'orfèvrerie de Coulommiers.

Qui est Cheminant ? un mineur,

etc. Ceci confirme assez ce que nous dit le

président de l'U. F. M., M. Emile Anthoine :

« L'U. F. M. est très et essentiellement populaire

; c'est parmi le3 éléments les plus

M. EMILE ANTHOINE

PRÉSIDENT DE L'UNION FRANÇAISE DE MARCHE

sains du bon peuple laborieux que se sélectionnent

ses grands champions ».

Quel âge a Iouchkoff ? La quarantaine...

Cest aux environs de trente-cinq ans qu'un

champion de marche athlétique est, à quelques

exceptions près, en pleine forme.

L'U. F. M. a le rare bonheur d'avoir à sa

tête un recordman, d'avant comme d'après

la guerre : M. Emile Anthoine, qui s'honore

d'avoir remporté, de 1894 à 1930, 700 victoires

en tous sports. Ancien coureur à pied,

il était titulaire, avant la guerre, des deux

records des 100 kilomètres course (en

7 h. 52'), et des 100 kilomètres marche (en

10 h. 18'). Détenteur officiel des records du

inonde sur piste en toutes catégories, ancien

second des 611 kilomètres de Bordeaux-

Paris, champion interallié pendant la

guerre, on le trouve encore en 1927 à Lunéville

qui établit deux records officiels de

France sous une pluie battante continuelle.

N'est-on pas, dans ces conditions, qualifié

pour parler aux jeunes avec cette autorité

incontestable que confère toujours la technique

?

Aussi, M. Emile Anthoine n'eut-il pas de

peine, constatant dans les années qui suivirent

l'après guerre, que le sport de la

marche n'était plus pratiqué à la Fédération

Française d'Athlétisme (sauf à la Ligue

Parisienne), à grouper autour de lui tous

ceux qui n'entendaient pas que ce sport si

cher aux anciens (qu'on se souvienne plutôt

du Marathon ! ) tombât en quenouille.

Telle fut, en 1925, l'origine de l'U. F. M.

qui débuta avec un budget de 880 francs, et

n'en organisa pas moins, en sa première

année, contre vents et marées, le Bol d'Or

de la Marche, sur 24 heures, à Montmartre.

11 convient de rappeler que, dès le début,

l'amitié du Petit Parisien, amitié dont

M. Pierre Labric avait été le très bon artisan,

s'était manifestée.

A l'heure actuelle, l'U. F. M. compte près

de 2.000 clubs adhérents, et totalise environ

70.000 marcheurs. Son président peut

être fier du chemin parcouru — il est vrai,

n'est-ce pas ?... qu'il eD a l'habitude !

Le premier gagnant du Paris-Strasbourg

fut, en 1926 et en 1927, le grand marcheur

suisse Linder (504 kilomètres en 78 h. 47' 49",

puis en 72 h. 1' 22"). Puis ce fut Louis Godart

(75 h. 49' 45", en 1928, et 72 h. 48' 10"

en 1929) ; il devait gagner de nouveau en

1931 avec une vitesse moyenne horaire sensiblement

égale à celle de son dernier temps.

En 1930, la victoire appartint à Marceau

Roger, en 1933, elle échut à Ernest Romens.

Le record de l'épreuve fut établi en 1932 par

Victor Damas : 506 kilomètres en 68 h. 33',

soit à l'heure environ 7 km. 300. La performance

de Iouchkoff, en 1934, vient de suite

après ce record.

La marche sportive ou marche athlétique,

dont M. Emile Anthoine fut le rénovateur

en France (après un si'ence de près de vingt

années), a été pratiquée avec ferveur dans

d'autres pays, notamment en Angleterre, qui

profitons de nos

loisirs pour nous

instruire un peu

eut de fameux marcheurs comme le capitaine

Barclay (1802) qui fit le pari de parcourir

1.000 milles en mille heures et le tint.'

M. Emile Anthoine, qui a posé pour le

chrono-photographië du mouvement de cette

marche accélérée, la définit comme suit :

« en plaçant ses jambes en équilibre parfait

avec le corps, en projetant les bras en

avant un peu en dedans, en roulant des

épaules et en déhanchant légèrement le

buste... tout en travaillant en souplesse afin

de peiner le moins possible. »

C'est aussi une belle école d'énergie.

Iouchkoff s'était classé quatre fois avant de

gagner cette année. Sa feuille de route —

dûment timbrée aux 25 contrôles — ne fait

pas ressortir, en ces quatre jours, plus de

3 heures de repos total.

A. LORBERT.

L'Histoire de France vue

à travers ses châteaux

A M B O I S E

L

E site d'Amboise, au confluent de la

Loire et de l'Amasse, qui s'appelait

Viens Ambahensis du temps des Ro-

mains, avait une telle valeur stratégique que

le rocher dominant la rivière reçut alors une

tour fortifiée.

C'était La Motte-Anicien, que les Normands

ruinèrent, dès qu'ils vinrent, en même

temps qu'ils détruisaient les ponts sur la

Loire.

Au X e siècle, il y eut sur cet emplacement,

trois familles ennemies, trois châteaux rivaux

et en guerre perpétuelle. U fallut l'arrivée

d'Hugues I er pour mater et réunir les

11 IIIHIItltlttllIlIItlIlIlIlIlItimilllllllllllUllIItlItlIIfltlIIIIHIIItlIlllllMIIIIII m» DIMANCHE-ILLUSTRE ■»»■"

boise devint résidence aimée des rois qui y

séjournèrent souvent et se complurent à l'embellir.

Louis XI l'habita avant de se retirer

au Plessis-lez-Tours où il devait mourir le

30 août 1483 ; Charles Vm, qui y était né

en 1470, lui donna sa chapelle Saint-Hubert,

deux grosses tours, et fit venir de Naples des

artistes, tels Fragiocondo et Dominique de

Cortone, et des ouvriers pour en embellir les

galeries et en établir les jardins en terrasses.

François I er y vécut une partie de

sa jeunesse avec sa mère Louise de Savoie ;

fit venir Léonard de Vinci qui, d'ailleurs, y

mourut et fut enterré et il y reçut Charles

Quint en 1539. Puis ce fut, en 1560, la conjuration

d'Amboise. François. II faillit y être

enlevé par les protestants : plus d'un conjuré

fut pendu au balcon du château.

Après cet épisode, le royal logis devint

prison ' d'Etat jusqu'en 1761 et abrita des

hôtes illustres : le cardinal de Bourbon, le

prince de Joinville, Alexandre, grand prieur

de France, le duc de Lauzun, etc. Puis,

Louis XV, l'ayant donné au duc de Choiseul,

l'érigea en sa faveur en duché-pairie.

Plus tard, Napoléon I" devait en faire la

dotation, de Roger Ducos, comte de l'Empire ;

mais celui-ci, pour s'éviter de trop grands

frais d'entretien, jeta bas une partie des bâtiments.

De 1847 à 1852, le château fut le lieu

d'internement d'Abd-El-Kader, l'émir vaincu

et captif.

Du vaste bâtiment de l'époque splendide, il

ne reste que deux corps de bâtiment en

équerre, adossés à l'énorme tour du sud :

celle des Minimes. L'un d'eux, celui qui se

reflète dans la Loire, est le « logis du roi »

et date de Charles VIII, il s'élève sur de

hautes murailles de soutènement. L'autre

dresse sur l'Amasse, une façade Renaissance

à pilastres et colonnes engagées ; de

L'ASPECT GÉNÉRAL DU CHATEAU D'AMBOISE ET DE SA FAÇADE PRINCIPALE

trois seigneuries ; il construisit un pont sur

le fleuve et fit rebâtir le château. Il fut,

en réalité, le premier seigneur d'une cité

qui venait seulement de trouver son unité.

En 1431, la trahison de Louis d'Amboise

fit passer château et domaines entre les

mains de Georges de La Trémoille, favori du

roi. A la mort de ce dernier, le tout fit

retour à la couronne.

A dater de cette époque, le château d'Am-

RECENSEMENTS ET NATALITE

ON appelle recensement, plus couramment

que dénombrement (ce terme

serait cependant plus exact), l'opération

statistique par quoi l'on compte la population

d'un pays.

L'idée en est très ancienne. On dénombrait

en Chine déjà douze siècles av. J.-C, et

la Bible nous apprend que les rois de Juda

et d'Israël faisaient volontiers compter les

gens de leurs tribus; on recensait à Rome

aussi, mais surtout en vue de classer les

citoyens, d'après leur fortune, pour répartir

l'impôt.

La France du moyen âge et de la royauté

paraissait si immense qu'on hésitait à totaliser

ses habitants. Tout au plus dénombrait-on

par feux, pour l'impôt ; les calculs

auxquels on se livra parfois ne dépassaient

pas le cadre de la province et n'étaient souvent

que des probabilités.

C'est toutefois en additionnant ces probabilités

dans le pays que Vauban put estimer,

dans la Dîme royale, la population du

royaume à 19.094.000 habitants.

ce côté se trouve la deuxième tour possédant,

comme celle des Minimes, une rampe

carrossable. Quant à la fameuse chapelle

Saint-Hubert, restaurée sous Louis-Philippe,

elle présente de belles sculptures du xv° siècle,

en même temps que d'admirables basreliefs

inspirés des chasses de saint Hubert,

des légendes de saint Christophe et de saint

Antoine, bâtie sur un immense contrefort.

C'est un élégant bijou gothique.

Le premier dénombrement sincère et exact

date du Consulat. Il s'appela : Tableau général

de la nouvelle division de la France

en départements, arrondissements, communes

et justices de paix d'après les lois du

28 pluviôse an VIII et 8 pluviôse an IX, indiquant

la population, l'étendue territoriale

et le nombre des communes par chaque justice

de paix et arrondissement communal.

Quel qu'imparfait qu'il semble avoir été, il

donna un total de 33.111.962 habitants, mais

pour 98 départements.

Sur le territoire que laissa à notre pays le

traité de Paris de 1815, la population restante

fut évaluée à 27.347.000 âmes.

La Restauration fit un dénombrement en

1821 (qui donna 30.461.875 habitants) et une

évaluation approximative en 1826. A partir

du règne de Louis-Philippe, les dénombrements

ont été opérés régulièrement (sauf

en 1872) tous les cinq ans. En 1841, on introduisit

dans les opérations de recensement la

notion de résidence habituelle (au lieu du

domicile légal). On enregistra ainsi la population

flottante qui y avait antérieurement

échappé. A partir de 1851, on commença à

s'intéresser d'avantage à la statistique et à

profiter du dénombrement pour recueillir

des renseignements relatifs à l'âge, à la profession,

aux infirmités, etc. Analyser, sans

incursion toutefois dans le domaine du confidentiel,

puis rassembler les résultats de cette

analyse en données démographiques, tel est

le double but que se propose de nos jours,

dans toute sa scientifique objectivité, une

opération de recensement.

Le dernier recensement a eu lieu en 1931.

Pour répondre à une question posée par un

de nos lecteurs, rappelons qu'il a donné un

chiffre total de 41.834.923 habitants.

Celui-ci était en augmentation sur celui

de 1926, qui avait donné 40.228.481 âmes

(19.309.568 hommes, 20.918.913 femmes).

Depuis le recensement de 1931, il est né,

en 1932, 722.246 enfants, vivants ; en 1933,

682.680. Contre 812.000 en 1921, 767.000 en

1926. Ces chiffres font malheureusement ressortir,

de 1932 à 1933 une chute brusque de

la natalité (— 39.566),due évidemment, pour

une part, aux circonstances défavorables

(crise économique, chômage) que nous traversons.

Si l'on veut bien noter que le nombre

des naissances en 1933 n'a plus excédé

que de 21.598 celui des décès, on est à même

de tirer de cette situation des conclusions

inquiétantes pour l'avenir de la race et, partant,

du pays.

LE DUC DE BOU1LLOI

F

RÈRE aîné de Turenne, Frédéric-Maurice

de La Tour d'Auvergne, prince de

Sedan, vicomte de Turenne, était né,

le 22 octobre 1604, à Sedan. Ainsi que son

frère, il reçut de sa mère, Elisabeth de Nassau,

une solide éducation dont il se trouva

fort bien lorsqu'il fut appelé, à l'âge de dixsept

ans, à succéder à son père, Henri, duc

de Bouillon, maréchal de France.

Faisant ses premières armes sous Maurice

de Nassau, prince d'Orange, son oncle

« kernel, il contribua aux prises successives

de Bois-le-Duc (1629), de Maestricht

(1632). Il devait, peu après, défendre énergiquement

cette dernière place contre les Espagnols.

Mais le voici qui passe au service de la

France et est nommé maréchal de camp

(1635). En 1637 il commande l'armée hollandaise

au siège de Bréda. En 1641, engagé

dans la rébellion du comte de Soissons contre

le cardinal de Richelieu, il bat les troupes

royales au bois de la Marfée.

Vainqueur, malgré la défection des troupes

espagnoles, il se retire à Sedan et négocie

avec le roi de France une paix avantageuse.

Mais, bientôt, compromis à nouveau

dans l'affaire de Cinq-Mars, arrêté a

Casai et interné à Pierre-Encise, il ne devra

son salut qu'à l'énergie de sa mère qui se

sera jetée dans Sedan et aura menacé de

remettre la place aux mains des Espagnols.

On peut penser que c'est la fin de l'aventure,

d'autant plus que Frédéric-Maurice va

abjurer le protestantisme. Des mécontentements

cependant l'amènent à quitter la

France pour l'Italie où il commandera un

instant les troupes papales. Rentrant en

France en 1649, au plus fort de la Fronde,

il va prendre contre Mazarin le parti des

princes où son frère se trouve lui-même engagé.

Le 9 mai 1650, déclaration royale de

lèse-majesté, confiscation des biens des insurgés.

Frédéric-Maurice se réfugie à Turenne,

tandis que sa femme et sa fille sont

internées à la Bastille. Enfin, le 20 mars

1651, survient l'arrangement par lequel il

cède au roi sa principauté de Sedan, en

échange des duchés-pairies d'Albret et de

FRÉDÉRIC-MAURICE DE LA TOUR D'AUVERGNE

DUC DE BOUILLON

Château-Thierry, des comtés d'Auvergne et

d'Evreux, et tout en réservant ses droits sur

le duché de Bouillon.

Il devait mourir peu après, à Pontoise, le

9 août 1652. Son héritier fut Godefroid-Maurice

de La Tour d'Auvergne, duc d'Albret et

de Château-Thierry, comte d'Auvergne et

d'Evreux, vicomte de Turenne, qui devait

épouser Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin.


■Kimif DIMANCHE*ILLUSTRÉ iiiiiniiiiiiitiiiiitiiiitMiitiiiiiiiiiii(UMiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiHiuiiiiiiHiiiiMiiiiiiiiiii«v U iiiiiiiiHiiiiittiiMHiiiitiiiiiiitittiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiuiiiiiiiitiiiiiiiiititi niiiiiiiiii JJE 26 AOUT 1934 imiitM

UN CONTE GAI

LE NOYÉ DU BURGIDON

Qui dira jamais les causes mystérieuses

de ces déplorables animosités

qui agitent l'esprit de deux bourgades

voisines ?...

Ainsi, voilà, par exemple, Gonfle-Boufigue

et Sainte-Bouduffe, dont les habitants

ne se peuvent sentir... Ce sont pourtant

deux charmantes cités, situées à quatre petits

kilomètres l'une de l'autre, et que ne

peut diviser aucune question d'intérêt, car

Gonfle-Boufigue et Sainte-Bouduffe,

dont les habitants ne peuvent se sentir...

si l'une est célèbre à vingt lieues à la

ronde pour la fabrication de ses damesjsannes,

l'autre n'a pas d'égale, dans le

monde pour ses cruches qui sont l'orgueil

du pays.

Hélas ! ces deux petites villotes sont à

couteau tiré et se regardent mutuellement

comme chiens de faïence...

Je sais bien que la jalousie n'est pas

étrangère à cette haine, qui devint féroce

dès le jour où Gonfle-Bonfigue avait un

pont, et Sainte-Bonduffe devait s'en passer

!... Ce sont là des choses que l'on se

pardonne difficilement. >

Mais que voulez-vous que je vous dise ?

Ils ont la Bouiroune à Gonfle-Boufigue, tandis

qu'à Sainte-Bouduffe ils ne possèdent que

le Burgidon et, ma foi, pour une rivière,

c'est une drôle de rivière ! Le Burgidon ne

roule que du sable et des cailloux, et, même

les jours de pluie, on n'y voit pas une goutte

d'eau : le sable la boit toute !...

Et alors, allez donc construire un pont

sur une rivière qui coule toujours à sec, et

où les femmes font sécher leur lessive !..

Eh bien ! et vous le croirez si vous voulez,

mais l'autre jour, et si invraisemblable

que cela paraisse, un homme s'est noyé

dans le Burgidon... C'est comme )'ai l'honneur

de vous le dire, et la preuve en est

que cet homme n'est autre que ce pauvre

par RODOLPHE BRINGER

Tartarugue, l'un des plus fameux tourneurs

de cruches du pays.

Vous pensez s'ils ont été contents, les

gens de Sainte-Bouduffe ! Un noyé dans

leur Burgidon !...

Bien entendu, quand on me raconta l'affaire,

je fus sur le moment un peu sceptique...

Mais le doute n'était pas possible...

Voici, d'ailleurs, comment la chose s étai

passée :

Ce jour-là, le vieux Pastenargue avait décidé

de laver ses tonneaux. Certes, il avait

le temps, et les vendanges étaient encore

lointaines. Mais, n'est-ce pas ? il n'est jamais

trop tard pour bien faire, et le vieux

Pastenargue se mit au travail...

Il sortit ses futailles, qu i! transporta dans

le lit du Burgidon, qui coule, si l'on peut dire,

devant sa grangette, et, ayant rempli trois ou

quatre bennes à son puits, comme de juste,

il commença à rincer ses fûts.

Mais il fut interrompu dans ce travail ;

la nuit le surprit, et il se dit :

— Bah ! Rien ne presse... Je finirai demain.

Et il laissa tout en place.

Mais qui ne vous a pas dit que, cette

nuit, Tartarugue passa par là !... Il était allé

baptiser un petit cousin et, mon Dieu ! se

trouvait un peu pompette, ce qui se conçoit.

Et, pour revenir à Sainte-Bouduffe, au lieu

de prendre par la route, il suivit le lit du

...il trouva ce pauvre Tartarugue,

les pieds en l'air...

Burgidon, ce qui lui faisait un raccourci.

Et, ma foi, comme, ainsi que je vous l'ai dit,

i! était un peu parti, il ne vit pas les bennes

pleines d'eau de Pastenargue, trébucha, piqua

une tête dedans et se noya bel et bien...

Quand, le lendemain, Pastenargue revint

vers ses futailles, il trouva ce pauvre Tartarugue,

les pieds en l'air et aussi mort que

peut l'être un garçon qui a passé la nuit

NESTOR FAIT DE L'ALPINISME

la tête enfoncée dans deux cent vingt-cinq

litres d'eau !

Quand ils ont appris la chose, vous devinez

l'orgueil qu'en ont conçu les braves

gens de Sainte-Bouduffe !

— Et maintenant, qu'on vienne nous dire

qu'il n'y a pas d'eau dans le Burgidon, que

ce pauvre Tartarugue vient de s'y noyer,

péchère !...

Aussi, Gonfle-Boufigue n'a qu'à bien se

tenir. Ils le construiront, leur pont, à Sainte-

Bouduffe, et quel pont, mes amis !...

RODOLPHE BRINGER.

UN PEU DE FANTAISIE

E baron T... est la politesse faite homme.

L Un de ses amis lui posa, un jour, la question

classique :

— Pourquoi aimes-tu la chicorée ?

. ■ f

— Parce qu'elle est amère. (En appuyant

sur la liaison).

T... fut enthousiasmé. Le soir même, à dîner,

il demandait à sa voisine :

— Pourquoi aimez-vous la chicorée ?

*?

Là, l'homme si poli hésita un instant, puis,

bravement :

— Parce qu'elle est madame votre mère.

Sa voisine n'a pas encore compris.

A dette.

L — Bien que vous y mettiez une évidente

mauvaise volonté, je consens à vous faire une

réduction de 50 % sur ce que vous me devez.

Là, êtes-vous satisfait ?

— Oh ! mon cher ami... que vous êtes bon.

Maintenant que ma dette est moins lourde,

(Dessin inédit de DAVINE.)

j'aijrai beaucoup moins de peine à ne pas la

régler !

— Comment, malheureux-

— Hé oui ! Vous devoir trois mille francs,

c'était terrible pour moi. Maintenant que je

ne vous en dois plus que quinze cents, vous

n'en perdrez que la moitié ! Je suis bien

content pour vous...

N Parisien et un fidèle de la Cannebière

U causent de la vie chère.

— A Paname, dit le Parisien, la vie n'est

pas chère. Ainsi, quand tu achètes un paquet

de gris, le buraliste te donne le briquet pardessus

le marché.

Le Marseillais avale trois ou quatre fois sa

salive, puis, prenant une pose avantageuse,

il dit :

■— Eh bé ! mon vieux, moi, je ne pourrais

pas vivre à Paris, c'est trop cher. A Marseille,

quand tu vas chez le tailleur acheter un bouton,

on te donne le costume avec !

N renseignement :

U Merluchin a malheureusement prolongé

ses stations chez les marchands de vin du voisinage.

Il a toutes les poines du monde à suivre

la ligne droite. Enfin, il s'accroche à un

bee de gaz.

Survient un monsieur qui lui demande :

— La rue Lefèvre. s'il vous plaît ?

Or. c'est justement là que Merluchin habite.

Dans une lueur de raison, il dit :

— C'est tout droit. Vous n'avez qu'à me

suivre !

N voyageur, près de l'escalier de la gare

U Saint-Charles, à Marseille, est fort occupé

à consulter un plan de la ville.

Avisant un passant, il lui demande :

— Pardon, vous ne pourriez pas me dire

où se trouve le nord ?

L'autre le considère d'un air de dignité

offensée.

— Hé ! monsieur, nous n'avons pas de ça

ici !

Et il tourne les talons.

RUSE D'APACHE... OU L'ÉCHO DANS LA FORÊT DE ROND Y

(HISTOIRE PRESQUE SANS PAROLES)

(Dessin inédit de VAN STB^LW.I


■■» LE 26 AOUT 1S34

PAR MONTS ET PAR VAUX

CAMPAGNE MONTAGNE

— Voilà des légumes qui ont des vitamines !... — Jure sur la tête de ta mère que je pourrai fumer la

— Ben, en les nettoyant bien toutes ces petites bêtes pipe, aller faire une belqtte tous les soirs, que tu me ficheras

ficheront bien le camp !... la pa i x j smon j e COU pe la corde !

MER

Pas la peine de pêcher en pleine mer pour attraper ça î

Chut ! il y a peut-être encore du thon dedans !...

(Dessin inédit de M. SAUVAYRE.)

LA BONNE AUBAINE... ©U LE CLOCHARD AUX BAINS DE MER

Enchanté, monsieur, d'avoir fait votre connaissance nous serons ravis, mon épouse et moi, de vous voir — Me voilà !... c'est moi que le monsieur a invité tost

(Dessin inédit de ROBERT BLACK.) accepter de dîner sans façon ce soir villa « La Brise »... à l'heure !...

CHAUDE ALERTE... OU UNE NUIT D'HOTEL PLUTOT AGITÉE...

Au secours ! au secours !... ...C'est horrible ! levez-vous !..

(Dessin inédit, de DHARM.)

.Accourez ! secourez-moi !. — Mais enfin, qu'est-ce qu'il y a ?

— Il y a... il y a... un papillon dans nia chambre !.

L'ORTHOGRAPHE OU LA SIMPLIFICATION DES MOTS

Oh ! Boby, la belle fleur !... C'est une rose ?..,

Une rose, sotte I... c'est un fuchsia l...

Un fuchsia ?... comment cela s'écrit ?...

Ben... fus, non... phu, non... fu... hum I...

Oui, oui, tu as raison... c'est une rose ! ..

(Dessin inédit de MANON IESSEL.).


W3HSIII1I DIMANCHE-ILLUSTRÉ iiu"iiui"",,,ll,,,l, " l " l,nlll,,,llll " l " i " ll


LE 26 AOUT 1934 un mit H ■■'■■•••■iiiiiMiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiriiiiiiHHimiiiiiMiiiHiiiiiiiii iiiiniii 15 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiititiiiittiiiiiitiiiiiiiiiiiitinr»% u Ain

PETITE VABETE P08B CEUX QUI N'ONT PAS M VACANCES

LA VARENNE-PLAGE

...OfT LES JOIES DE LA 6t MEU"

A 2# MINUTES DE LA CAPITALE

par BERTYL

VOUS voulez passer une agréable journée

à la campagne, non loin de Paris,

sans vous ennuyer un instant ?

Dimanche prochain choisissez La Varenne

comme but de promenade.

La Varenne, c'est simple comme un pastel

d'écolier : du vert, du bleu, du bis, du rouge.

La Varenne a toute la grâce sans prétention

des paysages de l'Ile-de-France.

En parcourant la rue principale qui départage

la petite ville en deux parties à peu

près égales, on retrouve l'atmosphère particulière

aux stations balnéaires. En jetant un

coup d'oeil aux vitrines, vous apprenez qu'au

bord de la Marne comme au bord de la mer,

les maillots suivent la mode du « strict nécessaire

» qui les réduit un peu chaque

année.

Musant et philosophant vous atteignez la

rivière. Sur les deux rives se meut une foule

grouillante et jacassante. Selon votre humeur

vous penserez qu'elle nuit au cadre ou

au contraire qu'elle lui communique sa vie.

Il y a là deux catégories de gens bien distinctes

: ceux qui se baignent et... les autres.

Ceux-là constituent une espèce de fond de

décor, si l'on peut dire.

On y peut mener si l'on veut une vie primitive

: naviguer dans un canoë fait d'une

feuille de latanier, dont on manie les rames

légères vêtu seulement d'un pagne à

la manière des Taïtiens et aborder dans une

île comme Robinson Crusoé. Ces sortes de

pirogues ne sont pas d'ailleurs les seules embarcations

qui circulent sur la Marne. On y

Suite de la page 3

AUTOSTRADES

ET ROUTES NOUVELLES

Des autostrades ont été tracés, notamment

entre Rome et Ostie, le port de plaisance des

Romains, entre Milan et les magnifiques laes

italiens, entre Naples et Herculanum. Ces

voies, de la conception la plus moderne, sont

uniquement réservées aux automobiles de

tourisme ; les camions eux-mêmes n'y sont

pas admis. Aucun passage à niveau n'est à

redouter. Les piétons et les animaux ne les

traversent pas ; ils ont à leur disposition

des tunnels. On peut atteindre, là-dessus,

sur des terrassements parfaits, sans aucune

courbe à l'horizon, les plus grandes vitesses,

avec le minimum de danger. De loin en loin

sont installés, à droite et à gauche, des

postes d'essence.

Mais se rend-on compte à quelles sommes

gigantesques peuvent revenir ces autostrades,

surtout intéressants pour les virtuoses

du volant, amateurs de vives allures ? Les

expropriations coûtent très chères ; les passages

souterrains, qu'il faut nombreux pour

le dégagement des chemins transversaux, ne

coûtent pas moins. Ce sont là des dépenses

somptuaires et en Italie, où l'on fait payer

un péage élevé aux chauffeurs qui se servent

de l'autostrade, on ne semble plus du

tout disposé à multiplié ce genre de voies.

Routes nouvelles

L n'est pas question, en France, d'en tra-

I cer une seule. Dans le plan des grands

travaux que l'on étudie, en ce moment, au

ministère des Travaux publics, figure, avant

tout, le dégagement de Paris. Tous les Parisiens

qui conduisent une voiture, savent combien

il est difficile de rentrer dans la capitale,

les soirs de grand retour, après les

vacances ou les jours de fête. Que ce soit sur

la route de Fontainebleau, sur celles d'Orléans,

de Versailles, de Saint-Germain ou de

Compiègne, à mesure que l'on approche de

Paris, les encombrements commencent. Sur

certains points, on se croirait sur les grands

boulevards, tant les files de voitures sont

compactes. Et l'endroit est beaucoup plus

dangereux ; car trop de chauffeurs, encore

habitués à la vitesse des grands espaces

vides, essaient d'avancer tout de même, augmentent

le désordre et provoquent des accidents.

Le projet du ministère prévoit trois tronçons

importants, à la sortie de Paris. L'idée

maitresse est de créer une voie nouvelle entre

deux routes anciennes, devenues insuffisantes

et auxquelles elle se raccorderait à une certaine

distance de la capitale.

La première s'ouvrirait à Boulogne ; elle

passerait par un tunnel sous le parc et le

bois de Saint-Cloud, allant dans la direction

de Versailles qu'elle contournerait. Au delà

de la ville du Roi-Soleil, elle se diviserait en

deux ; à droite pour rejoindre la route de

Mantes, plus loin que Foissy ; à gauche pour

trouve des barques plus résistantes, des canots

à moteur et même parfois un mignon

yacht blanc descend la rivière arborant un

pavillon de club, palpitant et multicolore.

En bordure de la Marne, ce ne sont que

riches demeures, villas somptueuses cons-

truites dans des style3 différents souvent

habillées de feuillage, entourées de jardins

où chaque fleur est un joyau précieux, où

tout a été combiné pour la joie des yeux.

Sur les deux rives des restaurants célèbres

alignent la double rangée de leurs parasols

jaunes et rouges semblables à de gigantesques

champignons, mais les îles qui parsèment

l'eau limpide de bouquets de mystère

en recèlent de plus choisis encore où l'on

danse aux sons d'une musique raffinée.

Si vous voulez y aller un passeur attend

les promeneurs à l'endroit où un cuisinier de

carton-pâte, toque blanche et tablier éblouissant,

propose un menu bien composé.

Si vos moyens ne vous permettent pas de

vous laisser tenter, vous pourrez faire une

aussi charmante dînette sur l'herbe.

LA VARENNE-PLAGE, QUI ÉVOQUE... AVEC UN PE U D'IMAGINATION... LA FOTINIÈRE DE DEAUVILLE

rejoindre la route de Rambouillet, plus loin

que Saint-Cyr-l'Ecole.

Cette voie nouvelle coûtera assez cher ;

car en dehors du prix des expropriations, il

faudra construire un fort long tunnel sous

les hautes futaies de Saint-Cloud.

La deuxième route, au Sud de Paris, sera

moins onéreuse, car elle ne demandera que

de rares constructions d'ouvrages d'art. Elle

suivra une ligne presque droite entre les routes

de Fontainebleau et d'Orléans, auxquelles

elle se raccordera par deux tronçons différents,

l'un au Sud de Corbeil, l'autre à quelques

centaines de mètres d'Arpajon.

Enfin une troisième voie est prévue qui

reliera Paris et l'aéroport du Bourget.

On a abandonné pour l'instant le projet

de la Ville de Paris, dit projet Dausset, qui

comportait un large chemin formant une

circonférence autour de la capitale, à vingtcinq

kilomètres d'elle, en moyenne. H comportait,

en outre, la continuation de l'avenue

de Neuilly et de l'avenue de la Défense, en

ligne droite, jusqu'à Saint-Germain-en-Laye.

On sait que cette voie, appelée par avance,

voie triomphale, est amorcée, depuis de très

longues années et, au rond-point de la Défense

et, de l'autre côté, à Chatou. Le plan

Dausset prévoyait aussi une route, au delà

de Vincennes, aliant rejoindre le grand chemin

circulaire.

Lignes d'arbres

ES voies nouvelles dont les travaux com-

L menceront, espère-t-on, dès cet automne,

seront plus larges. Mais on n'a pas encore

décidé si cette largeur sera de quatorze ou

de dix-huit mètres. Car, à l'heure actuelle,

deux théories sont discutées. Plantera-t-on

des arbres seulement à droite ou à gauche

des routes ? ou en plantera-t-on également

une ligne au milieu ?

Cette ligne d'arbres supplémentaires présenterait

deux avantages. Elle séparerait

complètement les deux sens de la circulation

et empêcherait ainsi les imprudents de doubler

trop à gauche les voitures qu'ils veulent

dépasser. Elle protégerait, en outre, les

chauffeurs contre l'éclat des phares que trop

d'automobilistes laissent allumés, lorsqu'ils

croisent d'autres véhicules.

Au cas où la rangée d'arbres du milieu serait

adoptée, les nouvelles voies atteindraient

partout dix-huit mètres de largeur, au moins.

Il n'est pas prévu d'autres créations de

routes. Le reste du budget, mis à la disposition

des ponts et chaussés par le plan des

grands travaux, servira à poursuivre l'amélioration

des chemins existant déjà. Et l'on

supprimera encore de ci de là, de ces passages

à niveau qui, chaque année, provoquent

tant d'accidents.

Pourquoi ne les supprime-t-on pas tous,

une bonne fols ? demandent les automobilistes

impatients. Mais au ministère des Travaux

publics, l'on a calculé ce que coûterait

leur disparition totale en France. La facture

s'élèverait à une douzaine de milliards ! Ce

n'est pas une facture à solder en un temps

où l'Etat à tellement besoin de faire des

économies.

H. DE BRUGUIÊRE.

Suite de lu page 5

DAVID LLOYD GEORGE

Arrive la guerre boer en octobre 1899.

Lloyd George était en voyage au Canada,

mais il se hâte de revenir, prévoyant qu il

avait un rôle à jouer dans cette affaire qu'il

qualifia tout de suite de grande injustice.

Sitôt arrivé en Angleterre, il ne craignit

pas d'ouvrir une campagne contre cette

guerre dans toute la Grande-Bretagne.

Ses amis parlementaires refusèrent de le

suivre dans cette aventure, mais il résolut

d'affronter les classes populaires, sans succès

d'ailleurs, car ce n'est pas une petite

chose que d'entraver la fièvre martiale d'un

pays. On l'accusa de trahison, et à Birmingham,

il dut s'enfuir déguisé en policeman,

pour éviter d'être massacré par le

peuple.

Décidément cette fois, il avait été un peu

fort dans son besoin d'opposition quand

même, et il s'en aperçut par l'isolement où il

fut tenu, lui et sa famille durant toute cette

guerre. Afin de réagir contre cet ostracisme

il songe à acheter le Daily Netvs et réussit à

trouver l'argent nécessaire à cet achat.

Puis il se tient tranquille, retourne chez

ses électeurs gallois qu'il électrise en chantant

avec eux, debout dans sa voiture, le

chant national Land of ours f others ; ces

procédés de cabotin lui réussirent et, peu à

peu, il reconquiert sa popularité perdue au

point qu'en 1908 on lui donne le portefeuille

de chancelier de l'Echiquier. Rassuré sur sa

situation, et désireux d'oublier le gros chagrin

que lui avait causé la mort de sa fille

aînée, il part en tournée d'étude en Allemagne

et en France. C'est au retour de cette

tournée qu'il prépara ce fameux budget qui

osait s'attaquer aux qrandes fortunes matrimoniales

et bouleversait les assises mêmes

de la vieille Angleterre traditionnelle. Pour

défendre ce budget, il était venu habiter à

Dowing Street où il inaugura ces déjeuners

au cours desquels il cherchait à gagner ses

hôtes à ses idées.

Sa seule distraction était le golf, auquel

il commença à s'adonner et qui le maintiendra

en forme toute sa vie car il n'y renonça

jamais, même pendant la guerre mondiale

dont la menace surgit à cette époque.

I

L n'était pas dans la ligne de conduite de

Lloyd George de se montrer partisan de

la guerre, mais après l'invasion de la

Belgique, il ne out s'empêcher de suivre l'en-

traînement de ses amis politiques et puis il

se rappela son pas de clerc des Boers, aussi

prit-il parti pour l'intervention.

Il faut lui rendre cette justice que, de ce

moment, il appliqua à la lettre sa maxime :

« Je comprends qu'un homme s'oppose à la

guerre, mais je ne puis comprendre un

(somme qui fait la guerre d'un cœur hésitant.

» Il s'efforça donc d'amener son pays

à donner tout ce qu'il pouvait donner, en dépit

de sa situation de chancelier de l'Echi-

DIMANCHE-ILLUSTRE •«•«

Appartenez-vous à l'armée des chevaliers

de la gaule ? Vous pourrez gagner votre friture

qui vaudra la plus exquise sole meunière.

Et puis quand le jour commencera à décliner,

après l'agitation de l'après-midi, vous

savourerez le calme de la nature qui s'endort,

doucement. De temps en temps un train se

déroulera à flanc de coteau comme un ruban

sombre, et les escarbilles de la locomotive

mettront le feu à de menues herbes

sèches qui brûleront avec de petites lueurs

brèves. Peut-être quelques promeneurs attardés

vogueront, paresseusement allongés

au fond d'un canot qui troublera l'air calme

des détonations de son moteur et s'en iront

au fil de l'eau comme un peu au fil de leurs

rêves leur âme pensive...

Les meilleures choses ont une fin. Vous

songerez à prendre le chemin du retour,

mais vous aurez en vous aussi votre merveilleuse

journée avec cette illusion peu

coûteuse d'avoir goûté aux joies pures des

horizons lointains et d'avoir empli vos poumons

au souffle vivifiant d'on ne sait quelle

brise venue du grand large...

BERTYL.

NOS CONSULTATIONS

VERBALES GRATUITES

Les consultations militaires sont données

dans nos bureaux, 13, rue d'Enghien,

tous les samedis, de 14 à 15 heures.

Les consultations juridiques seront interrompues,

par suite des vacances, du

15 août au 15 septembre inclusivement.

Elles reprendront le samedi 22 septembre,

à 15 heures.

Les consultations d'enseignement et

d'orientation professionnelle seront interrompues

du 17 août au 13 septembre

inclus. Elles reprendront le jeudi 20

septembre, à 17 heures.

Nos lecteurs sont priés de se présenter

avec leur bande d'abonnement ou un

bon de consultation découpé dans un

de nos numéros.

quier qui ne le forçait aucunement à s'occuper

des questions de guerre. Les premières

défaites subies par les Alliés l'incitèrent

même à proposer une série de plans de campagne,

en Orient, dans les provinces centrales,

qui ne furent pas pris en considération

car ils étaient nettement utopiques. Sans se

décourager, il résolut alors de consacrer son

activité à une branche qui était plus dans sa

capacité, c'est-à-dire le recrutement des

troupes et leur armement, notoirement insuffisant.

Cette fois il fût écouté et même on le

nomma ministre des Munitions. Avec soin le

nouveau ministre étudia la question et établit

un rapport qu'il envoya à lord Kitchner ;

celui-ci le lui retourna avec cette simple

apostille : « Cela demandera trois ans » !

« Trois mois ! » grommela Lloyd George

et, sans perdre une minute, il se mit en rapport

avec les grands industriels qu'il galvanisa

par l'appât de l'intérêt, avec les syndicats

ouvriers, bref, l'armée anglaise qui, en

1915, n'avait à sa disposition que 75.000

obus, en possédait des millions en 1916.

Durant cette période vraiment triomphante

de l'activité de Lloyd George, lord Kitchner

mourut et il fut appelé à le remplacer au ministère

de la Guerre. En 1916, le roi désemparé

par le refus de Bonard Law, lui offrait

le portefeuille de premier ministre.

Voilà donc notre homme au pouvoir suprême,

il avait évidemment, pour arriver à

ce sommet, marché sur le corps de ses amis,

renié pas mal de ses principes, mais il se dit

que tout cela serait oublié si la guerre était

gagnée et il se livra donc corps et âme à

cette besogne.

On doit lui reconnaître le mérite d'être le

seul Anglais à avoir compris le danger qu'il

y avait pour les nations alliées de faire chacune

la guerre dans des cloisons étanches et

ce libéral sut faire le sacrifice de ses principes

jusqu'à exiger la direction des opérations

par les seuls militaires. Mieux encore :

il lança, d'accord avec sir Douglas Haig, le

principe du commandement unique et même

déclara nettement que si ce principe n'était

pas admis, il ne testerait pas au pouvoir.

Pour cet acte d'énergie et d'abnégation

qui a permis à notre Poch de gagner la

uerre, nous devons oublier tout ce que

Eloyd George a fait de mal à son pays,

nous devons même oublier ses attaques inconsidérées

contre le nôtre.

C'est grâce d'ailleurs à sa brillante et habile

conduite durant la guerre, que Lloyd

George a réussi à réhabiliter, vis-à-vis de

ses compatriotes, le démolisseur qu'il fut autrefois.

Complètement assagi, il a assuré sa vieillesse

heureuse, joue au golf, fréquente chez

le roi qui l'honore de son amitié et ne craint

même plus la rancune des lords qu'il n'a pas

abattus d'ailleurs, pas plus qu'il n'a pendu

Hindenburg !

Le don Quichotte gallois, devenu le

Druide vénérable à qui tout est pardonné de

ses folies de jeunesse parce qu'il représente

un des bons artisans de la victoire.

Que ne l'a-t-il été également de la paix 1

JULES CIIANCEL.


i

DOUZIEME ANNEE. N° SOO 50 CENT. — 26 AOUT 1934

UNE VISION SUPRA-MODERNE

Ce pilote casqué, masqué de lunettes, caché

derrière un monstrueux objectif, équipé pour

la photo aérienne, n'est-il pas inquiétant ?

EN ANGLETERRE : LA JOURNÉE AGRICOLE DE LA JEUNESSE

En Angleterre, on se préoccupe vivement, comme chez nous, du reste, de la santé des enfants affaiblis

par l'air pollué des villes ; pendant l'été, on organise de nombreuses « journées agricoles »

pour la jeunesse, où les petits citadins sont occupés aux jeux et travaux distrayants des champs.

BIENFAISANCE ET MUSIQUE : LES CLARINETTISTES AMÉRICAINES

La clarinette, qui n'a rien de spécialement esthétique d'ailleurs, était jusqu'ici réservée à peu près

exclusivement aux hommes

un orchestre avec ce seul

, mais ces dames de la société américaine n'ont pas hésité à constituer

instrument et donnent des concerts au profit d'une bonne œuvre.

LA MOISSON EN ÉGYPTE... COMME AU TEMPS DES PHARAONS

La moisson bat son plein chez nous avec des faucheuses ultra-modernes.

Par opposition, il est assez piquant de voir ce moissonneur égyptien

ramasser ses gerbes à l'aide de son matériel d'un type quasi-millénaire.

Et, pour fond subissant de décor, le* pyramides immortelles...

JONAS 1934 ET SA BALEINE

La légende de Jonas est, en quelque sorte,

mise en action par ce pêcheur, à l'aise dans

la gueule de l'énorme baleine que voici.

LA FAMILIARITÉ DES ÉCUREUILS DE HYDE PARK A LONDRES

L'audacieuse et charmante familiarité des petits écureuils de Hyde Park

est bien connue de tous ceux qui fréquentent ce célèbre jardin de Londres.

Ils s'apprivoisent et même se dressent fort bien, témoin celui-ci

qui semble obéir au doigt et à l'œil à ce jeune et délicieux bambin.

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