dimanche 1 janvier

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dimanche 1 janvier

iiiiiuin SIXIÈME ANNÉE i N° 253 •■•> iiiHiiiiiiiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiHi 50 C6ntlIïl6S ■""■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■ni iiiiiiiiiiiiiniuii ■ L£ \QI JANVIER 1928 «««na

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A AUTEUIL : L'AGENT VENDEUR DE BILLETS

Quelle ne fut pas la surprise des habitués du pesage d'Auteuil de voir dernièrement un

gardien de la paix vendant des billets à lots ! Mais il s'agissait d'une tombola pour l'œuvre

des orphelins de la police et on fit au brave agent un accueil enthousiaste et généreux.

DES ËCHASSES MONTÉES SUR PATINS

La grande nouveauté de la saison, à la station hivernale

de Saint-Moritz, est l'échasse montée sur patins. Et l'as

du patinage, Thil. Taylor, qui est le promoteur de ce

sport curieux, se livre sur la glace à des acrobaties.

i UN JEUNE ATHLÈTE QUI SUPPORTE SON PÈRE

Ce petit athlète qui s'exhibe actuellement dans les music-halls, bien qu'âgé de dix ans

a peine, supporte aisément son père, tandis que celui-ci se tient, d'une main, en équilibre

sur la tête de son jeune fils, et cela pendant des laps de temps appréciables.

— // n'y a pas assez de cyclones et de tremblements de

terre... il Vous faut encore " catastropher " la vaisselle !...

UN ENFANT JAPONAIS, RECORDMAN DU POIDS

Ce petit Japonais peut se vanter de battre un record peu banal. Il est le plus gros enfant

du Japon. Agé de trois ans et huit mois, il pèse déjà le poids plus que respectable de

50 kilogrammes ! Mais il est incapable de marcher et on le traîne dans ce primitif chariot.

(Dessin inédit de M. SAUVAYM.)

DES VETERINAIRES POUR REQUINS

L'aquarium de New-York possède des requins. L'un

d'eux, de petite taille à la vérité, avait été atteint d'une

maladie à l'œil. On voit ici les deux vétérinaires de l'établissement

soignant le squale qu'on a sorti de son bassin.

UNE AUTOMOBILE EN SUCRE ET NOUGAT

En cette période de nouvelle année, où les bonbons sont à l'ordre du jour, un de nos

lecteurs, M. Lamotte, qui est d'ailleurs confiseur de son état, a confectionné en nougat,

sucre et pâte d'amandes, cette automobile à laquelle rien ne manque... que le moteur.


■m DIMANCHE-ILLUSTRÉ aniM»""""»»""»"» iiniiiini iiimii i i iiiniiiiii 2 "" U, "M IIIUIIIIIIIIIIIIIIIIHII uiiiiiiiitiuimiuiiiii (iiiiiiiui LE 1 er JANVIER 1928 »nmi|li

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'facilite le mariage

leN°2fr Specimen


niniliu LE 1 er JANVIER 1928 ■■■■HMIIIIIIIIIII iiiiiiiiiiiiiiiiiiinm iiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimmiiiiiiiiinii 3 "iiïmi îimiiuii Miiiiiiiiiniiiiiiiiiiiii i iinii muni SIXIÈME

DlMANCHE-lLLUST

ENTRE NOUS

LE fameux champ de Glozel devient un

champ clos, et non pas seulement parce

qu'il est entouré de fils de fer barbelés.

Les glozéliens et les antiglozéliens y

échangent des arguments qui ne tarderont

pas à rappeler les injures homériques :

— Vous êtes un fumiste !

— Et vous, une poire I

—- Espèce d'ignorant !

— Ane trois fois bâté 1

Le moment approche où, pour donner une

Conclusion à ce " débat scientifique ", il

faudra transformer le champ de Glozel en

champ d'honneur. Les deux partis s'y rencontreront

pour se bombarder réciproque-

Tnent avec les galets gravés, les os aiguisés

et les vases préhistoriques du fameux

musée ". Les vainqueurs verront leur

thèse triompher en même temps, la raison

étant toujours du côté des plus forts.

Je ne vois pas, pour ma part, d'autres

moyens d'en finir avec une discussion où —

la vanité aidant — personne ne veut céder

la moindre parcelle du fameux terrain...

A moins, cependant, de faire intervenir la

commission d'arbitrage de la Société des

Nations.

Mais il est grand temps... MM. les savants

deviennent nerveux et cela pourrait se

gâter !

* S A

N s'étonne que des érudits, pour qui

O l'actualité remonte à trente ou quarante

mille ans, se mettent dans des états

pareils à propos de questions purement

scientifiques.

Chaque fois que, dans un roman ou un

vaudeville, nous avons fait la connaissance

d'un de ces doctes personnages, nous l'avons

trouvé aussi calme que distrait, ce qui n'est

pas peu dire... La convention veut, en effet,

qu'un savant soit pacifique, timide, rebelle

à la passion, résigné à voir ses idées les plus

chères battues en brèche. Telle est la

légende... Mais la réalité est tout autre :

les savants sont, au contraire, des enthousiastes,

des systématiques, des têtus et des

emballés.

Les querelles des savants deviennent

promptement épiques... Ils se révèlent des

virtuoses de l'art du distinguo, ne dédaignent

pas toujours la rosserie et savent se servir,

à l'occasion, d'arguments ad hominem qui ne

sont pas toujours d'une parfaite élégance.

Sans doute, tous ne sont pas ainsi, mais beaucoup

n'hésitent pas à employer tous les

moyens — ou presque — pour faire triompher

leur thèse.

Au fait, comment n'en serait-il pas ainsi ?

La science est austère, impersonnelle et exclusivement

soucieuse de vérité, mais les savants

sont et restent des hommes.

C'est pourquoi la grande dispute de Glozel

est si intéressante à suivre... Belle occasion

d'étudier l'humanité — non pas l'humanité

de l'époque néolithique, mais celle de tous

les temps.

* * *

JE vous avouerai, du reste, très franchement

que je ne crois pas à la science

préhistorique...

Comment pouvons-nous savoir quelque

chose de gens qui vivaient il y a des centaines

de siècles, alors que nous ignorons à

peu près tout, de notre propre époque ?

Des silex qu'on dit taillés, des fragments

d'os en forme de pointe de lance, des débris

de vaisselle primitive ne nous fourniront

jamais qu'une documentation bien sommaire

sur les us et coutumes de nos arrière-grandsparents.

Je suis de l'avis de ce savant hindou qui,

après avoir lu cent mille gros volumes sur

le passé de l'humanité, résuma l'histoire de

tous les peuples en ces simples mots : ' Ils

yécurent, ils souffrirent, ils moururent.

En effet, tout le reste n'est qu'anecdotes...

JEAN STYLO.

RÉFLEXIONS DU DIMANCHE

50UVENT, je suis tourmenté par lapensée de

la vie qui coule, toujours la même, dans les

lieux où j'ai été et où je ne suis plus, où,

sans doute, je ne serais jamais plus. D'autres

que moi ont eu cette sensation qui éveillera certainement

des résonances dans bien des âmes. Cette

impression qu'après tout, nous n'avons aucune

importance ; cette révélation, qui se manifeste

parfois si cruellement, n'est-elle pas infiniment

pénible pour tous les esprits qui l'ont éprouvée ?

Vous avez quitté votre pays, votre ville. Dans

Votre ancienne résidence, vous étiez quelqu'un.

Vous aviez une responsabilité dans les affaires

publiques. On vous consultait. Si vous ne pouviez

assister à quelque réunion, elle était remise. Vous

étiez comme un pilier, comme un pont, vous aviez

la sensation nette d'être un soutien. Cependant,

quand vous êtes parti, rien n'est tombé, rien ne

s'est écroulé.

N'est-ce pas un peu mortifiant de penser que

les choses vont tout aussi bien sans vous qu'avec

vous ?

Durant un séjour dans une grande ville de

province, j'allais tous les jours dans un gentil

petit café où je prenais mon déjeuner du matin. Il

était tenu par un énorme Provençal, aidé de sa

brave femme d'épouse, toujours travaillant le

sourire aûx lèvres, une aimable parole d'accueil

à la bouche. Ils avaient une gentille petite fille

de neuf ans, à qui l'on demandait déjà de menus

services. Chaque jour, ils me saluaient comme

s'ils eussent été incapables de faire leurs affaires

sans moi. Ma présence semblait indispensable

à la prospérité de ce café. Je faisais partie de la

maison au même titre que les tables et le comptoir.

Je suis parti, ils sont restés.

Nul doute qu'ils ne continuent à vivre aussi

bien, aussi gaiement, aussi heureusement que par

le passé. Je leur manque comme la pluie d'hier

manque à la rivière.

J'ai habité Rome pendant quelque temps. Je

l'ai quitté sans tspoi" de re'wur. La vie romaine

coule comme au temps où j'en faisais partie. Les

voitures roulent dans les rues, les prêtres disent

leurs messes aux mêmes heures, des femmes agenouillées

peuplent les églises, les garçons boulangers

courent dans les rues avec leurs corbeilles

de pains sur la tête, les élégants flânent

devant les restaurants chics et les marchandes

LUNDI 2 JANVIER

de fleurs ne Vendent pas un bouquet de fleurs

en moins.

Pensez à cela quand vous êtes disposé à trop

croire à Votre importance. La lumière est tombée

sur vous: Vous êtes en tête du peloton. Vous

comptez comme personnalité. Mais que vos fonctions

vous aient placé à la compagnie des tramways,

dans une église, un conseil d'administration,

dans l'armée, dans le monde, ne vous en donnez

pas à garder. Quand vous serez sorti du cercle

dont vous êtes un des plus beaux ornements, vous

entendrez des voix moqueuses répéter le refrain :

Il ne nous manquera jamais,

Il ne nous manqua jamais.

Ce n'est pas pour paralyser des sentiments

enthousiastes et altruistes que j'écris ces lignes.

Ce n'est pas pour encourager à la tié,deur. C'est

bien plutôt pour faire un sort à mon impression

que l'homme, par nature et par instinct, est un

esprit omniprésent. L'homme souffre vraiment

de penser que telle chose peut arriver en un lieu

où il n'est pas. C'est là une des raisons pour

lesquelles nous voyageons. Une fois au moins, en

tout cas, nous voulons avoir été aux Pyramides, à

New-York, à Paris, à Moscou. Nous voudrions

être là et ailleurs et partout à la fois. Par malheur,

notre corps ne permet d'être présent qu'à un seul

lieu du monde.

T~\ANS la mort, ce qui nous fait souffrir ri< est

pas tant la crainte des souffrances qui ne nous

attendent, ni l'inquiétude de l'au-delà, que la

pensée de ce monde énorme qui continuera de bruire,

de tourner et de vivre sans nous. Le plus grand

trésor d'un homme est sa personnalité et l'insulte la

plus grave qu'on puisse lui faire est de le persuader

qu'il est totalement dépourvu d'importance.

La conviction la plus cruelle qui puisse entrer

dans une âme est celle quelle est une quantité

négligeable.

Tout au fond de moi, je suis blessé de penser

que quoi que ce soit puisse arriver sans moi.

Peut-être est-ce là un sentiment égoïste, la

preuve d'une personnalité trop envahissante. Il

s'agit peut-être aussi de cet instinct d'omniprésence

qui, dans la vie future, sera, au moins

partiellement, réalisé. FRANK CRÂNE.

LA SEMAINE PROCHAINE

Lever du soleil : 7 h. 46 - coucher : 16 h. 3.

Lever de la lune : 12 h. 45 - coucher : 1 h. 48.

Le jour : stationnaire matin ; croît 1 m. soir.

Saint BASILE : 2 E jour + 364.

Rugby : Colombes, France-Êcosse.

MARDI 3 JANVIER

Lever du soleil : 7 h. 46 - coucher : 16 h. 4.

Lever de la lune : 13 h. 11 - coucher : 3 h. 9.

Le jour' : stationnaire matin ; croît 1 m. soir.

Sainte GENEVIÈVE : 3 E jour + 363.

MERCREDI 4 JANVIER

Lever du soleil : 7 h. 46 - coucher : 16 h. 5.

Lever de la lune : 13 h. 43 - coucher : 4 h. 31.

Le jour : stationnaire matin ; croît I m. soir.

Saint RIGOBERT : 4 E jour + 362.

JEUDI 5 JANVIER

Lever du soleil : 7 h. 46 - coucher : 16 h. 6.

Lever de la lune : 14 h. 24 - coucher : 5 h. 52.

Le jour : stationnaire matin ; croît 1 m. soir.

Saint SiMÉON : 5 E jour + 361.

VENDREDI 6 JANVIER

Lever du soleil : 7 h. 46 - coucher

Lever de la luné : 15 h. 16 - coucher

Le jour : stationnaire matin ; croît 1 m. soir

ËPIPHANIE : 6 E jour + 360.

SAMEDI 7 JANVIER

16 h. 7.

7 h. 5.

Lever du soleil : 7 h. 45 - coucher : 16 h. 8.

Lune : (p. L. 6 h. 8.) 16 h. 19 - couch. : 8 h. 8.

Le jour croît : 1 m. matin ; 1 m. soir.

Sainte MÉLANIE : 7 E jour + 359.

Courses hippiques à Vincennes.

DIMANCHE 8 JANVIER

Lever du soleil : 7 h. 45 - coucher : 16 h. 9.

Lever de la lune : 17 h. 30 - coucher : 8 h. 57.

Le jour : stationnaire matin ; croît 1 m. soir.

Saint LUCIEN : 8 E jour + 358.

Courses hippiques à Vincennes.

AUJOURD'HUI DIMANCHE 1 er JANVIER

Rugby : Stade Jean-Bouin, C. A.S. G. contre Stade Toulousain ; Parc des Princes,

Stade Français contre Stade Bordelais ; Match à rejouer : Narbonne contre

Toulon. — Football : Buffalo, Simmering de Vienne contre Entente Parisienne.

— Cyclisme : Vélodrome d'Hiver. — Cross : Montlhéry aportif (L. P. A.). —

Hockey : Oxfords University Occasionnels contre Stade Français. —

Courses Hippiques à Vincennes.

1^ J

253 »«"»"

SOYONS AU COURANT...

... du prochain prolongement du Métropolitain

vers la banlieue

LE conseil municipal discute le rapport présenté

par MM. Georges Lemarchand et

Fernand-Laurent, au nom de la commission

du Métropolitain, sur la réalisation immédiate

d'un programme de prolongement du

Métropolitain en banlieue.

Le projet prévoit les prolongements de la

ligne n° 3 jusqu'à Levallois-Perret ; de la

ligne n° ! jusqu'au pont de Neuilly; de la

ligne n° 9 jusqu'à Saint-Cloud ; de la ligne

n° 1 jusqu'au fort de Vincennes, et de la ligne A

(Nord-Sud) jusqu'à Issy-les-Moulineaux. Dans

son exposé, M. Lemarchand a précisé que

l'exécution de ce programme ne pourra, en aucun

cas, retarder l'exécution du programme

municipal d'achèvement du réseau municipal.

Les travaux envisagés seraient exécutés à

l'aide de ressources spéciales à créer.

D

des résultats de notre récolte vinicole

APRÈS les déclarations des récoltants recueillies

par la direction générale des contri-

butions indirectes, notre production contrôlée

des vins, pour 1927, atteint 48.899.024 hectolitres

contre moins de 41 millions d'hectolitres,

l'an dernier.

A ce chiffre, il faut ajouter celui de l'Alsace

et de la Lorraine, compté à part, et qui est de

326.668. hectolitres.

Compte tenu des stocks subsistant des précédentes

récoltes, les ressources disponibles

seraient de 51.095.341 hectolitres, soit 6 millions

959.552 de plus que l'an passé.

Par contre, les ressources, en Algérie, sont

un peu inférieures à celles de 1926.

de la création d'un nouveau billet de

banque

LA Banque de France va émettre, tant à Paris

qu'en province, un nouveau billet de

50 francs, qui remplacera progressivement

l'ancienne coupure.

La vignette du nouveau billet, qui est imprimé

depuis fort longtemps, est due, comme

celle du billet de 100 francs, au pinceau de Luc-

Olivier Merson et au burin de Romagnol ; elle

a les mêmes dimensions que celles du billet

actuel.

Au recto, deux amours encadrent un médaillon

où sont inscrits les trois mots : Banque de

France ; au-dessous est portée en toutes lettres

l'inscription : cinquante francs ; et à la partie

inférieure se tient le jeune dieu des voleurs et

du commerce, Mercure, portant sur ses genoux

un cartouche où sont mentionnés les articles du

Code pénal réprimant les contrefaçons.

Le verso, limité comme le recto par un cadre

où s'inscrit une guirlande ovale de feuillages,

représente Minerve devant un forgeron au

repos sur un banc de marbre, le tout se détachant

sur un ciel bleu, rehaussé de festons et

de monogrammes.

En créant le type de billet de 50 francs en

question, notre grand institut d'émission

entend simplement donner satisfaction au

public.

Ajoutons que les billets nouveaux seront

mis en circulation dans les premiers jours de

janvier.

... d'un projet de loi concernant la responsabilité

en matière d'accidents d'automobiles

I L est dans notre Code civil une lacune qu'il

importe de combler, concernant la jurisprudence

sur la responsabilité en cas d'accident

d'automobile, et M. Humbert Ricolfi,

député des Alpes-Maritimes, vient de déposer

dans ce dessein une proposition de loi

tendant à définir la responsabilité de l'automobiliste

.

Aux termes de cette proposition, tout conducteur

de véhicule automobile serait présumé responsable

du dommage qu'il cause. Seulement

— et voici qui fera plaisir aux automobilistes —

la présomption de la faute sera écartée " s'il

y a force majeure, s'il y a collision de deux

véhicules, et si l'accident survient du fait d'un

tiers ". Enfin, le conducteur ne sera point

présumé coupable " si le dommage est survenu

à une personne bénévolement transportée

.

Ce seraient là, on en convient, d'importantes

modifications à l'état de la législation

actuelle.


niiiiin DIMANCHE-ILLUSTRÉ ■■■■■■■■■■n imiii iiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiHinmmiiiiiiiiiiiiriiiii ni 4 iiiliiiiiiniiHiHiiiiiiiiimiiiiimiiiu nu i n i iimiuiiiiiiiiiiuu LE 1 er JANVIER 1928 Jiiimug

LA SEMAINE QUI VIENT DE S'ECOULER

52 e Semaine de VAnnée

L

STALINE ET TROTSKI

LA LUTTE ENTREPRISE

CONTRE L'OPPOSITION

CHEZ LES SOVIETS

Dans une lettre écrite à Trotski

avant son geste fatal, Ioffé dit les

raisons de son suicide.

E 16 novembre dernier, l'ancien commissaire

soviétique Ioffé, qui fut jadis le signataire

de la paix de Brest-Litovsk avec

l'Allemagne, se suicidait. On ignorait les raisons

de son acte. Dans une lettre adressée à

Troski, le diplomate russe les révèle.

Atteint de plusieurs maladies graves, Ioffé

espérait trouver la guénson à l'étranger, mais,

sous des prétextes divers, son départ était

toujours différé. Désespéré d'être laissé sans

soins,'il mit fin à ses jours.

Et voici son appréciation in extremis sur la

lutte qui déchire le parti communiste russe :

" S'il est permis de comparer ce qui est

grand avec ce qui est petit, je dirai que l'immense

importance de l'événement historique

qu'est votre exclusion et celle de Zinoviev,

exclusion qui doit inévitablement ouvrir une

période thermidorienne dans notre révolution,

et le fait qu'on m'accule, après vingt-sept

années de travail révolutionnaire aux postes

responsables du parti, à une situation où il ne

me reste plus qu'à me tirer une balle dans le

front, ces deux faits, dirai-je, illustrent un seul

et même régime du parti. Et peut-être que

les deux événements, le petit et le- grand ensemble,

produiront la secousse qui réveillera

le parti et l'arrêtera sur la voie conduisant à

Thermidor.

Les doléances de Trotski

Le leader de l'opposition a fait d'importantes

déclarations, qui ont été rendues publiques

par un journal de Prague, soulignant

que le régime en vigueur à Moscou n'était nullement

une dictature du prolétariat, mais une

dictature de personnes, et que la spéculation

constituait le principal ressort de la vie économique.

" C'est le prolétariat, a-t-îl ajouté, qui souffre

le plus des suites de la crise économique. Les

journées de travail ont été portées à neuf et

dix heures, avec un salaire pitoyable. Dans la

plupart des usines, ce salaire ne suffit pas à

subvenir aux nécessités les plus élémentaires

de la vie. "

Trotski a ajouté qu'il ne connaissait pas

d autre pays faisant à sa classe ouvrière une

situation aussi triste que celle qui existe en

Russie.

L'ITALIE STABILISE SA MONNAIE

Le roi d'Italie a signé un décret-loi adopté par

le conseil des ministres, par lequel la lire se

trouve stabilisée et la parité avec l'or établie sur

la base de 19 lires pour un dollar et de 92 lires 46

pour une livre sterling. De ce fait, la Banque

d'Italie est obligée de convertir ses billets en

valeur métallique. Cette obligation avait été

suspendue en 1894, et depuis cette date

jusqu'à aujourd'hui, la circulation obligatoire

qu'abolit le décret actuel, avait été maintenue.

La couverture or de la Banque d'Italie par

rapport à la circulation fiduciaire représentée

par les billets et les dettes à vue atteint 57 %.

On assure que la stabilisation a eu pour

résultat immédiat d'arrêter net la préparation

d'une grande offensive contre la lire, qui devait

se déclencher prochainement à Amsterdam

et dont la répercussion devait se faire sentir

surtout en 1928.

lf Ma fille se lient 1res mal, ^

monsieur le docteur.

Je lui mets

un corset

JUYÊnn

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TEMPETE SUR LA MANCHE

ET BOURRASQUE DE NEIGE

DANS LE NORD DE LA FRANCE

La tourmente cause des accidents

de chemin de fer. Un froid très

vif lui succède.

E temps était depuis quelque temps très

doux. Il a subitement changé. Là tem-

L pête a soudain sévi sur la Manche et

le Pas-de-Calais, redoublant bientôt de violence

et s'accompagnant de violentes chutes de neige.

La traversée du détroit devint à peu près

impossible pour les paquebots.

Sur la ligne de chemin de fer Bôulogne-

Calais, un train de marchandises, roulant à

40 kilomètres, arrivait près de la gare de Fréthun,

lorsqu'un poteau télégraphique s'abattit.

Le convoi continua sa route et ne s'arrêta

qu après avoir arraché dix-neuf poteaux

chargés de fils. La voie fut obstruée, et un train,

venant de Paris, bloqué.

Peu après, non loin de Marquise, un train,

dont le mécanicien, aveuglé par la neige,

n avait pas vu une rame en manœuvre, a tamponné

des wagons qui déraillèrent. Le chef de

train, M. Focheux, fut assez grièvement blessé.

La neige tomba à gros flocons à Lille. Dans

la région d'Hazebrouck et dans toutes les

Flandres, l'ouragan causa de profondes perturbations.

Aux environs de Merville et de

Steenworde, la couche de neige atteignit plus

d'un mètre d'épaisseur.

A l'ouragan, qui fut aussi violemment ressenti

en Angleterre qu'en France et qui y causa

aussi maints accidents, succéda le froid. Laneige

cessait de tomber, mais faisait place au froid.

En sorte que la situation ne fut pas sensiblement

modifiée. Le thermomètre descendit

sous zéro. Il atteignit — 6° en Normandie.

Pendant ce temps, de désastreuses inondations

avaient heu au Maroc où, dans la région

de Kénitra, des récoltes étaient détruites, des

routes coupées et de nombreuses fermes isolées.

LE BUDGET A ÉTÉ VOTÉ

DANS LA NUIT DE NOËL

Le budget de 1928 a été voté dans la nuit

de Noël, après de nombreuses navettes entre

la Chambre et le Sénat, les deux assemblées

n'étant pas d'accord sur certains crédits. La

balance est définitivement la suivante :

Recettes, 42.496.616.196 francs; dépenses,

42.441.457.260 francs ; excédent; 55.158.936

francs.

M. SAZONOV MEURT A NICE

Ancien ministre des AfTaîres étrangères de

Russie, M. Sazonov est mort subitement, à

Nice, d'une crise, cardiaque à l'âge de soixantesept

ans.

Celui qui, durant les années critiques qui

précédèrent le conflit mondial et pendant la

guerre elle-même, avait été le grand chef de la

diplomatie russe, s'était depuis 1919 fixé en

France, où il menait l'existence de l'émigré.

C'est lui qui scella, en 1912, à Balmoral,

l'alliance anglo-russe. Il eut l'occasion, pendant

la guerre, de montrer son parfait attachement

à 1 Entente et s opposa toujours aux

projets de paix séparée présentés à Pétrograd.

Il se préparait à partir pour Londres, comme

ambassadeur dugouvernementimpérial,lorsque

la révolution de mars 1917 éclata. Il consentit

alors à y représenter le gouvernement provisoire,

mais la chute de M. Milioukov mit

bientôt fin à cette activité.

LE BRACONNIER TESSIER ARRETE

Depuis trois semaines, le braconnier Tessier,

auteur d'une tentative de meurtre sur le gardechasse

Dorner, mettait sur les dents la gendarmerie

de Seine-et-Marne. Il s'était enfui

dans les bois. Bénéficiant de nombreuses complicités,

il n'avait pu être rejoint.

Or, lundi matin, des gendarmes se présentèrent

à la ferme Bourgoin, au hameau d'Orvilliers,

sachant que Tessier devait se trouver

dans les environs. Us interrogèrent le fermier

et l'un de ses ouvriers, Pierrard, qui leur déclarèrent

n'avoir pas vu le braconnier.

Ils invitèrent Pierrard, qui habite une dépendance

de la ferme, à venir leur ouvrir la porte

de son logis. Le chef de brigade se trouva alors

en présence de Tessier, occupé à se raser et qui

n'opposa, d'ailleurs, pas de résistance à son

arrestation.

Pierrard a été arrêté.

L

NOUVEAU DRAME DE L'AIR

ON EST SANS NOUVELLES

DE Mrs FRANCE GRAYSON

ET SES COMPAGNONS

Ils se rendaient de New-York à

Terre-Neuve pour tenter la traversée

de l'Atlantique.

'AVION amphibie Dawn, à bord duquel,

après trois essais infructueux au cours de

l'été, Mrs Grayson voulait tenter à nou-

veau de réaliser le raid Amérique-Europe,

quittait vendredi dernier l'aérodrome de Roosevelt

Field pour Harbour Grâce (Terre-Neuve),

d'où il devait prendre son essor définitif audessus

des flots.

Le départ eut lieu dans de bonnes conditions.

L'appareil fut signalé comme ayant survolé le

cap Cod et s'étant dirigé vers le nord. Depuis,

on n'a plus eu de nouvelle précise. On a vainement

attendu son passage au-dessus de la

Nouvelle-Ecosse et son arrivée à Terre-Neuve.

Et les heures, puis les jours ont passé.

On a cru un moment, sur la foi d'une réception

par T. S. F., que l'équipage était sauf, que

l'avion avait pu se poser sur l'île de Sable distante

de 300 kilomètres environ d'Halifax.Puis

un pasteur signala qu'il avait vu un avion survoler

dimanche matin Pough-Cowe, à l'extrémité

est de Terre-Neuve. Enfin, des indicatifs

furent reçus mardi par la station de T. S. F.

de Hent's Kempton, à Terre-Neuve également.

Mais on doute fort de la valeur de ces

informations, car, lorsque le Dawn quitta la

banlieue new-yorkaise, il avait de l'essence

pour dix-huit heures de vol.

Le dirigeable Los Angeles et deux destroyers

de Boston ont fait de vaines recherches sur la

route que devait suivre l'avion. On en est

conduit à considérer l'équipage du Dawn, qui

comprenait Mrs Grayson, le lieutenant-pilote

Omdahl, le navigateur Goldsborough et le

mécanicien Kohler, comme perdu.

LE CONGRES SOCIALISTE

ADOPTE UN PROGRAMME FINANCIER

ET DÉFINIT SA TACTIQUE ÉLECTORALE

Le congrès socialiste s est réuni au Gymnase

Huyghens, afin de discuter de son attitude

aux prochaines élections. Il a d'abord établi

son programme financier. Le texte approuvé

sur la proposition de M. Vincent Auriol réclame

la stabilisation légale au taux du franc

obtenu par le cabinet Poincaré dans la stabilité

de fait ; se prononce pouf la réduction des

impôts de 1928 et " pour-une contribution personnelle

globale et exceptionnelle, assise et

prélevée à un taux progressif sur la fortune

constituée au jour de la taxe, avec des dégrèvements

à la base " ; préconise la consolidation

de la dette flottante.

Puis le congrès a longuement discuté de la

tactique à tenir pour les prochaines élections.

Les trois tendances ont eu pour interprètes

MM. Renaudel, Lebas et Paul Faure : le premier

proposant l'entente avec les radicaux ; le

second la combattant et n'admettant des désistements

au second tour que pour faire échec

à certaines candidatures de droite ; le troisième

préférant s'en remettre à l'initiative des groupements

locaux.

Une commission s'est efforcée de concilier

ces trois tendances dont la troisième a prévalu,

étant entendu qu'au premier tour le parti irait

partout seul à la bataille.

MEMENTO

CORPS DIPLOMATIQUE

27 décembre. — M. Dejean, sous-directeur des

Affaires d'Amérique, remplacera M. Conti, qui doit

rendre bientôt sa retraite, comme ambassadeur da

rance à Buenos-Ayres.

P

LÉGION DHONNEUR

27 décembre. — Le général Niessel est élevé à la

dignité de grand'eroix ; les généraux de division Maurin

et Tantôt, le général de brigade Pellegrin, le médecin

inspecteur général Toubert sont élevés à la dignité de

grand officier. j

FAITS DIVERS

PARIS

26 décembre. — Dans une crise d'alcoolisme, à Créteil,

au cours d'un repas de famille, Henri-Nicolas Gaillard

fait feu sur ses deux fils, Roger et Henri, et sur sa

femme. Roger Gaillard a été grièvement blessé.

28 décembre. — Déserteur depuis 1918, Pierre Virgile,

qui avait commis depuis lors de nombreux vols et escroqueries,

et qui, trois fois arrêté, avait réussi trois fois à

s échapper, a été envoyé au dépôt. .

DÉPARTEMENTS

24 décembre. — A Boulazac, près Périgueux, le maçon

Léonard Guillaume blesse M me Penaguy de deux coups

de revolver, puis s'enferme dans sa maison assiégée;il

tue un agent de police, en blesse grièvement un second

et n'est abattu qu'après avoir tenu vingt-quatre heures

durant.

— Repoussé par sa fiancée, l'Arménien Stefan Dedjiah

tue celle qui lui avait repris sa parole, ainsi que sa

mère, sa sœur et deux enfants de cette dernière. Il se

fait justice ensuite.

26 décembre. — Au passage à niveau de Chinon, une

auto est tamponnée par un express. M me Godineau, de

Braye-sous-Faye, sa fille, M. Goupil sont tués sur le

coup. M. Godineau est grièvement blessé.

— Près de Saint-Raphaël, en chassant le long de la

falaise, le second-maître Maurice Maurin voit un sentier

désagrégé par l'eau s'effondrer sous ses pas et tombe à la

mer où il se noie. A la nouvelle de l'accident, son père

tombe frappé d'une attaque.

27 décembre. —; A Feignies (Nord), deux fillettes

auraient été pendues par leur père. Leur grand'mère,

passant par une fenêtre, put desserrer à temps les

nœuds coulants. L'abominable père, le forgeron Hubert,

est arrêté à Billancourt, où il s'était réfugié.

28 décembre. — Deux alpinistes lyonnais avaient passé

la journée à faire du ski dans le massif de Belledone.

Surpris par la bourrasque, l'un d'eux, Louis Bourgeois,

avait disparu. Son corps est retrouvé par une caravane

de secours. Le malheureux, tombé dans un précipice,

s'était tué sur le coup.

ETRANGER

25 décembre. — Au cours d'un violent incendie, &

Glasgow, quatre pompiers disparaissent sous les dé*

combres d'un entrepôt qui s'effondre.

— Une auto tombe dans le canal de Harlem, à

Amsterdam. M. Vannierap, avocat, sa femme et l'une

de ses filles sont noyés.

— A South Pittsburg, deux groupes de policiers en

désaccord pour une question de grève engagent bataille;

Il y a six morts et quatorze blessés. ,

— Soupçonné de trafic de fausse monnaie, l'agent

d'affaires Gaiss est arrêté à Munich. Il s'empoisonne

dans sa prison. En apprenant ce dénouement, sa femme

et ses deux filles l'imitent en absorbant du véronal.

27 décembre. — Les deux navires turcs Sevindge et

Marmara s'abordent dans la mer Noire. Soixante-dix

personnes périssent.

SPORTS

GRATUITEMENT

25 décembre. — Le nageur Vos gagne, en série la

classique coupe de Ncël de natation.

— L'équipe de l'Entente parisienne de football bat,

à Buffalo, Hertha, champion de Berlin, par 5 buts à 3;

— L'Olympique de Marseille prend le meilleur sur

le club professionnel autrichien Simmering, par 5 buts

26 décembre. — Huertha subit sa seconde défaite à

Paris, le Red Star battant l'équipe berlinoise par 3 buts

à 1.

— A Rome, le champion de France des poids moyens

Molina bat l'Italien Slafardi, aux points, en dix reprises;

28 décembre. ■— Lucien Vinez conserve son titre de

champion de France des poids légers, en battant son

challenger Lecadre, aux points, en quinze reprises.

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Uliiiiiii L£ jer JANVIER 1928 iiniiiiuiii mu m 11 n 11111 ■ ni 11 |i 11 n i i n n 1111 ■■ ■ 11111 ■ n i ■ i ti i il i ■ ni t 5 iMirtliiirailuUMMH»«iiirfuiiiuiiiiiiiuiuiHUiiiniiiiiiinimiliiuiiiuiHiliiiir DIMANCHE-ILLUSTRÉ


.■■■■■mi DIMANCHE-ILLUST'») iiii.iiiiïifin IIIIIIIIIUIIHIH .'^iiiHUHimrrmimn 6 BIIIIIIIIIIIIIIIHIIII iiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiipiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii LE 1" JANVIER 1928 immin

LES CONTES D'ACTION

LES LOIS DE LA GUERRE

UNE 'NE fusillade fusil venait d'éclater entre

les avi avant-postes russes et turcs,

Lebro rouillard était si épais que les

Balkan kans eux-mêmes étaient à peine

visible: les ; leurs masses confuses

avaient plutôt l'air de nuages que

de montagnes. Au loin, à travers ce rideau

impénétrable, on distinguait vaguement une

lueur rougeâtre qui pouvait provenir soit d'un

feu de bivouac turc, soit d'une ferme isolée qui

brûlait. Mais les Cosaques avaient beau écarquiller

les yeux pour tâcher de .voir ce que

c'était, ils n'y arrivaient pas ; même avec la

meilleure vue du monde, on n'aurait pu rien

distinguer à travers une brume pareille.

C'étaient les Turcs qui avaient ouvert le

feu ; les Russes s'étaient bornés à y répondre.

Pas plus d'un côté que de l'autre, on n'apercevait

l'ennemi auquel on avait affaire et, si

l'on tiraillait ainsi, c'était plutôt à cause du

brouillard que pour n'importe quelle autre

raison, parce qu'autrement l'adversaire aurait

pu s'approcher tout près sans qu'on s en

aperçût. En pareille occurrence, les hommes

tirent instinctivement, presque sans le vouloir,

comme pour se donner une preuve réciproque

de leur présence.

Lorsque la nuit arriva, enveloppant peu à peu

de ses ténèbres les corps de ceux qui étaient

étendus sur la neige, la fusillade se fit de plus

en plus intermittente, les détonations devinrent

de plus en plus étouffées par l'atmosphère

lourde et humide, à tel point que le silence

ne fut bientôt plus rompu qu'à de rares intervalles

par la plainte d'un blessé ou le dernier

gémissement d'un cheval expirant. Les soldats,

épuisés par la dure étape de la journée et par

le combat de la soirée, ne se sentaient même

pas.le courage ni la force d'aller ramasser leurs

camarades tombés. Leur seul et unique désir

était de se reposer, de dormir.

—■ Triste veille de Jour de l'An pour nous,

major, dit le colonel, qui était un homme gros

et court, en s'adressant à un officier grand et

maigre, avec un bras en écharpe, qui était assis

à côté de lui sur le balcon d'une maison

turque.

— Ma foi, oui ! Pas même de lettres.

— Quant i. cela, je ne m en tourmente pas.

Je sais trop bien à quoi m'en tenir sur les

lenteurs de l'administration.

— N'empêche que je ne cerais pas fâché

d'avoir une lettre. La Noël dans la Shipka, et

le Jour de l'An ici... brrr ! Là-bas, en ce moment,

ils ■ sont en train d'allumer les bougies de

l'Arbre de Noël. Il me suffit de fermer les yeux

un instant pour voir les mioches danser autour.

Votre femme et vos enfants sont avec les miens,

sans doute. Ils sont certainement aussi inquiets

que nous d'être sans nouvelles...

— A propos, comment va votre bras ?

— Couci-couça ; il pourrait être mieux, il

pourrait être pis.

— Pourquoi n'en profiteriez-vous pas pour

vous faire évacuer ?

■— Me faire évacuer, alors que nous sommes

si à court d'officiers ? Vous n'y songez pas.

Dans mon bataillon, il ne reste que des sousofficiers

dans la plupart des compagnies. Et

puis, indépendamment de cela, il y a trop longtemps

que nous sommes ensemble, vous et moi,

pour penser à nous quitter à présent. Non, non,

si nous devons revenir, nous reviendrons

ensemble.

La nuit était maintenant tout à fait tombée.

Tout à coup, clans la rue du village, apparut

la flamme rouge d'une torche qui s'avançait,

éclairant la figure barrée d'une grosse moustache

de celui qui la portait. De temps à autre,

la tête d'un cheval aux oreilles dressées faisait

une irruption momentanée dans le cercle lumineux.

•— Pantelieff ! s'exclama le colonel en regardant

du côté de la torche.

Un instant après, la torche était entrée dans

la cour, et le cheval s'arrêtait en face des deux

officiers, grattant la neige durcie d'un sabot

impatient.

■— Où allez-vous ? demanda le colonel.

■— Aux avant-postes, mon colonel. Ils ont

recommencé à tirer.

— Eh bien ! allez. Dites-leur qu'à moins

d'imprévu, ce n'est pas la peine de riposter.

Quand les Turcs en auront assez de tirer dans

le vide, j'imagine qu'ils s'arrêteront. Holà !

qu'y a-t-il donc ?

Plusieurs soldats, marchant lourdement,

venaient de pénétrer à leur tour dans la cour.

Pantelieff éleva sa torche en l'air, éclairant

un petit groupe d'hommes qui en entouraient

un autre.

— Allons, allons, vieux crâne rasé, avance

par VASILI NEMIROVITCH-DANCHENKO

Oui, la guerre est dure, impitoyable, féroce, mais il arrive

qu'on rencontre sur les champs de batailles des hommes au

grand cœur, qui en adoucissent les rigueurs.

un peu. Pas moyen d'être une minute tranquille

avec vous autres. La peste vous prenne !

Ces paroles furent grommelées d'un ton

bourru par un soldat visiblement à bout de

fatigue. A n'en point douter, les hommes ne

s'étaient pas encore aperçus de la présence des

deux officiers.

— Allons, poursuivit la même voix, vas-tu

trouver moyen de mettre un pied devant

l'autre, où faut-il que je te-pousse ?

— Qu'y a-t-il, mes amis, qu'y a-t-il donc ?

questionna le colonel en se levant.

—■ C'est un Turc, mon colonel. Nous

l'avons pris tout à fait par hasard ; il était

caché sous un buisson.

— Comment cela : caché sous un buisson ?

— Oui, mon colonel, il était ramassé làdessous

comme une caille. Le lieutenant Vassilieff

a dit qu'il fallait le prendre vivant et vous

l'amener. Il s'appelle Mahmud.

Le Cosaque tourna sa torche dans la direction

du groupe, et la figure du prisonnier,

avec son grand nez et ses moustaches grises

hérissées, apparut en pleine lumière. Il avait

une bosse sur le milieu du nez, et son front,

enturbanné d'un lambeau de toile crasseux

arraché sans doute à une tente, portait la cicatrice

encore mal fermée d'une récente blessure.

Il avait sur l'épaule une espèce de cape jaune,

très déchirée, faite d'une étoffe grossière.

— Tiens, tiens, mais c'est un officier que

nous avons là ! s'écria le colonel en se retournant

vers son ami.

• Lfe înJor, de son côté, observait le Turc

avec -attention.

— Non seulement un officier, mais, pardessus

le marché, une vieille connaissance.

Ne le remettez-vous pes ? Regardez cette

cicatrice qu'il a c au front. Je parie qu'il lui

manque deux doigts à la ma m gauche.

Il se tourna vers l'un des soldats.

■— Lève la main gauche du prisonnier...

Naturellement, j'en étais si r. C'est Mahmud

Bey, un colonel turc.

— Un prisonnier évadé. Tant pis pour lui.

Son affaire est claire. Le général le fera fusiller,

pour peu qu'il ne soit pas de bonne humeur.

Enfin, c'est dommage. Faites-le monter ici,

vous autres. Qu'un seul de vous reste auprès

de lui ; les autres peuvent s'en aller.

Mahmud Bey fut introduit dans la chambre.

Un soldat, fusil au poing, se mit en faction

près de la porte.

L

E prisonnier était presque un géant, et il

avait une carrure énorme. On lui aurait

donné un peu plus de cinquante ans. Ses

yeux, à moitié masqués par d'épais sourcils embroussaillés,

avaient une expression pitoyable.

Sa rude moustache, grise aussi, se tordait nerveusement

de temps à autre. Il avait les pieds

entortillés dans d'innommables chiffons, et

celle de ses épaules que masquait sa cape loqueteuse,

était couverte de sang encore frais.

— Qu'est-ce cette blessure qu'il a à l'épaule?

interrogea le colonel avec sévérité.

•— Kyrilieff l'a un peu houspillé avec sa

baïonnette pendant qu'il était sous le buisson,

mon colonel. Nous nous étions égosillés, je ne

sais combien de temps, à lui crier en bon

russe : " Sors de là, crâne rasé!" Mais, au lieu

d'obéir, il ne faisait que secouer ses grandes

jambes comme une sauterelle. Alors, Kyrilieff

s'est mis en colère et lui a fait une petite piqûre.

Ça a fini par le décider à sortir. Nous voulions

l'achever là, sur place, mais le lieutenant Vassilieff

a dit qu'il fallait vous l'amener vivant.

■— Simon, avancez une chaise pour le prisonnier.

Le Turc, après avoir porté sa main sur son

front, puis sur sa bouche et enfin sur sa tête,

s'assit lourdement. Il paraissait encore plus

accablé qu'auparavant. Il n'attendait rien de

bon de la part de ses nouveaux maîtres, c était

visible. Son grand nez semblait être descendu

jusque dans sa moustache, et sa tête rentrait

de plus en plus entre ses épaules.

Le major, qui avait beaucoup servi sur la

frontière du Caucase, connaissait suffisamment

le turc pour se passer d'interprète.

J

— Nous nous sommes déjà vus, il me

semble ? commença-t-il. Votre nom n'cst-il

pas Mahmud Bey ?

Le Turc baissa la tête encore davantage.

Toute son attitude montrait qu'il était en proie

au plus profond désespoir.

— Reprenez-moi si je me trompe. Est-ce

que je vous prends pour un autre ?

— Je n'ai jamais dit quoi que ce soit qui ne

soit pas la vérité.

Le prisonnier se leva avec effort.

— Hier, je me suis évadé de Kazanlik ; aujourd'hui,

j'ai été repris par vos hommes. Il

n'est pas facile d'aller loin à pied'(il grimaça

un sourire), surtout quand on est blessé à la

tête et à la jambe. A présent, avec cette nouvelle

blessure à 1 épaule, qui...

— Asseyez-vous, dit le major, en s'effor-

5ant, sans y réussir, de prendre un ton officiel,

e n'ai pas besoin de vous apprendre que,

d'après les lois de la guerre...

— Inutile de me rappeler cela. Vous avez

gagné la partie. Ordonnez qu'on me fusille.

Je savais fort bien à quoi je m'exposais hier

en m'évadant. J'ai joué mon dernier atout,

j'ai perdu ; je subirai la mort pour ma peine.

La voix du major devint franchement bienveillante.

— Aviez-vous à vous plaindre du traitement

auquel vous étiez soumis ?

— Nullement. Personne n'aurait pu se

montrer plus généreux que l'officier russe qui

me logeait. Il m'a fait coucher dans son propre

lit. Il m'a donné à bo.io et ù iiianger. En un

mot, il m'a traité de toutes façons comme un

frère, et non comme un ennemi.

— Alors, c'est donc que vous vous attendiez

à être moins bien traité lorsqu on vous enverrait

en Russie ?

■— Je sais que les Russes traitent bien leurs

prisonniers.

— En ce cas,pourquoi vous êtes-vous sauvé?

— Qu'importent mes raisons, à présent?

Je suis désormais en votre pouvoir. Faites votre

besogne ; mais faites-la vite... je vous en prie,

faites-la vite.

Un son qui ressemblait singulièrement à un

sanglot étranglé s échappa de la gorge du vieux

Turc. On aurait dit qu il était sur le point de

perdre tout à fait contenance.

— Je ne m'explique pas ce que vous espériez

gagner en vous enfuyant. Les Turcs sont

en retraite de tous les côtés. Votre armée est

dévorée par la faim, la population tout entière

est en fuite. Vraiment vous auriez pu avoir un

peu plus de patience. La guerre sera bientôt

finie maintenant et, une fois la paix signée, vous

auriez pu retourner tranquillement chez vous.

— Chez moi ? Où cela : chez moi ?

— Excusez-moi. J'avoue que je ne vous

suis pas très bien.

— Je vais m'expliquer plus clairement. Je

sais fort bien ce qui se passe. Je ne me fais

aucune illusion. On a récemment envoyé un

ordre de Stamboul pour que tout le monde se

retire en Asie Mineure, èt ma famille a dû

partir avec les autres. Comment puis-je espérer

retrouver les miens ?... Mais, bah! à quoi bon

discuter davantage ? J'ai fait ce que je considérais

être mon devoir. Maintenant, faites le

vôtre. Je ne peux plus échapper à la mort. Ce

qui devait arriver est arrivé. C'était écrit. Nul

ne peut vivre au delà de l'heure que lui a fixé

le Destin. Ce que j'en ai fait, ce n'était pas pour

moi...

Sa voix se brisa ; il esquissa un geste désolé.

— Vous parliez de votre famille. Moi aussi,

j'ai une famille, dit le major avec douceur.

— Estimez-vous heureux de pouvoir retourner

auprès d'elle, et remerciez le ciel de

ce que vous n'êtes pas prisonnier entre les

mains de l'ennemi.

'•— Comprenez bien que si je vous pose ces

questions, c'est précisément dans l'intérêt de

votre famille.

Il y eut un long silence.

— Demandez-lui combien il a d'enfants,

dit le colonel.

— Quatre.

La voix du prisonnier était à peine intelligible.

— Sont-ils grands ? questionna le major.

- •— Non... tout jeunes. Ma fille aînée vient

d'avoir six ans.

— Juste l'âge de mon aîné à moi, murmura

le major, comme se parlant à lui-même.

— Ma fille sera très belle quand elle sera

grande, reprit le Turc en s'animant ; elle a de

grands yeux qui, déjà, lancent des éclairs. La

dernière fois que je l'ai vue, c'était il y a cinq

mois, et elle a pleuré quand je lui ai dit adieu.

Mon plus jeune n'a pas encore un an. Il ne

marchait pas quand je suis parti de chez moi.

Ils demeurent près d'Andrinople, où j'ai une

belle maison et un grand jardin. Nous étions

parfaitement heureux. Et puis la guerre a

éclaté. Que celui qui l'a provoquée soit à jamais

maudit ! Mais Dieu est juste. Il ne manquera

certainement pas de punir ceux qui ont versé

tant de sang et détruit le bonheur de nos enfants

innocents.

— Vous avez raison, repartit le major. A qui

profite une guerre comme celle-ci ? Je me le

suis demandé bien des fois. Ainsi, moi, par

exemple, tout ce que je possède au monde, c'est

ma paye. Que je sois tué demain, que deviendra

ma famille ?

L

ft S *

'INTERROGATOIRE avait complètement

changé de caractère. Il était devenu une

conversation générale, à laquelle prenaient

part trois hommes qui discutaient leurs affaires

personnelles. Le major traduisait tout au colonel

qui, à son tour, manifestait une profonde

sympathie à l'égard du prisonnier.

— Dites-lui, pria le colonel, que, selon moi,

s'il avait réellement envisagé l'intérêt de ses

enfants, il se serait laissé emmener en Russie

sans résistance, au lieu de risquer sa vie de cette

façon. Quelques mois se sont bientôt passés.

— Si tout le monde, chez nous, et surtout les

femmes, comprenait ce que sont les Russes,

répliqua tristement Mahmud, chacun resterait

tranquillement chez soi en attendant notre

retour. Mais il n'en est pas ainsi. Dans quelques

jours d'ici, la population entière sera sur le

chemin de l'exode et, quand vos soldats arriveront

à Andrinople, ils trouveront la ville

désertée. Seuls, quelques chrétiens y demeureront

encore. Vous m'avez demandé pourquoi

je m'étais échappé des mains de ce généreux

officier. Mon unique raison était le salut de

ma femme et de ma famille. Vous-mêmes

qui me questionnez, sauriez-vous me dire ce

que deviendront ceux qui me sont chers ? Non,

n'est-ce pas ? Eh bien ! je vais vous le dire. Ma

femme sera accablée de terreur et abandonnera

immédiatement la maison, le jardin et le reste.

Tout cela deviendra la proie des Grecs ou des

Arméniens. Elle ira à Stamboul avec les enfants,

mais là elle n'obtiendra aucun secours du gouvernement.

Où le gouvernement trouverait-il

assez d'argent pour soulager la misère de tant

de familles ruinées ? Il y en a des centaines de

mille dans le même cas. Le gouvernement se

bornera donc à l'envoyer en Asie Mineure,

à Scutan.où elle sera complètementoubliée.Que

peut devenir une femme ainsi livrée à ellemême?

Il n'y a qu'une solution possible. Mes

filles sont des enfants jolies et bien portantes, et

elle les vendra à des gens qui les élèveront, ces

pauvres petites, dans l'ignorance du nom de

leur père. Plus tard, quand elles seront plus

grandes, on les vendra une seconde fois à

quelque riche vieillard d'Alep ou de Damas.

Mes fils, eux, deviendront des esclaves. Quant

à ma femme, une fois sa douleur un peu apaisée,

elle entrera, elle aussi, dans quelque harem. Si

je retournais là-bas dans un an, que trouveraisje

? Plus rien du tout ! Ni maison, ni femme, ni

enfants ! Il ne me serait même plus possible

de découvrir ce qu'ils seraient devenus. Il n'y

aurait personne pour me renseigner. J'aurais

tout perdu. Ma maison aurait un nouveau

maître. Et vous me demandez pourquoi je me

suis sauvé ! Tout simplement parce que je

n avais pas le courage d'endurer plus longtemps

la torture morale à laquelle j'étais en proie.

— Oui, oui, murmura le major, la guerre

est une chose atroce.

Le prisonnier se remit à parler.

— Ayant cette _ guerre maudite, je n'étais

pour ainsi dire jamais sorti de chez moi.

J avais vu naître et grandir chacun de mes

enfants ; j'avais suivi peu à peu le développement

de leur intelligence. Encore en ce

moment, je puis évoquer l'instant où chacun

d'eux me reconnut pour la première fois, et

celui où ils essayèrent, pour la première fois,

de parler. Je me rappelle tout... tout... leurs

petites jambes si frêles, leurs bouches s'ouvrant

comme le bec des petits oisillons. Qui

leur donnera la becquée, à présent ? Leur


1111 ii M ni LE 1 er JANVIER 1928 iiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiii 7 iiinniiiiiiiiuiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ ■>»'


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BICOT, président de club

UNE HISTOIRE DE LJPINS

Copyright par Dimanche-Illustré, Chicago Tribune.

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NI ffl 1 VtUT • C EST TRO? FoRT ! ILS

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JE VOUDRAIS BIEN SAVOIR...

Si la monnaie française, avant la Eévchition,

n'a pas été sujette à de grandes

variations ?

L

A livre tournois, qu- a été notre unité monétaire

et que le franc a remplacée, fut,

sous certains règnes, l'objet de nombreuses

fluctuations. Sa valeur changea, par

exemple, quatre fois en 1304, six fois en 1351,

neuf fois en 1355, seize fois en 1359 et vingtsix

fois en 1720. En 1359, ses valeurs successives

tombèrent de 7 fr. 91 à 3 fr. 49 ; en 1720,

la livre descendit de 88 centimes à 40 centimes.

Ces variations étaient dues aux décisions

arbitraires du pouvoir central, décisions qui ne

réglaient guère que les opérations où le Trésor

lui-même avait à intervenir. Les conditions

nouvelles qu'il imposait à ses créanciers et à ses

débiteurs n'exerçaient qu'une influence très

relative sur le reste du marché français. Lorsque

le régime des monnaies demeurait stable pendant

une certaine période — cinq, dix ou

vingt ans — le pays tout entier devait peu à peu

s'y conformer.

Mais, de l'une à l'autre de ces périodes

exceptionnelles, pendant lesquelles la livre

variait le moins,'sa descente s'accentuait. C'est

ainsi que, de 1258 à 1278, sa valeur fut de

20 fr. 26, pour n'être plus que de 18 fr. 32 de

1330 à 1337.

Voici quelles furent ses valeurs pendant les

autres périodes : 1360-1369, 10 fr. 82; 1383-

1394, 9 fr. 88 ; 1413-1417, 6 fr. 74 ; 1450-1456,

7 fr. 12; 1488-1493, 5 fr. 57; 1550-1561,

4 fr. 06; 1615-1630, 2 fr. 70; 1636-1640,

2 fr. 02; 1666-1696, 1 fr. 88 ; 1709-1713,

1 fr. 25; 1726-1785, 1 fr. 02; 1785-1795,

0 fr. 99.

En dehors de ces périodes, c'est par année et

plusieurs fois par an que la livre française,

la livre tournois, subissait de sensibles variations.

Comment sont nommés les jurés et pour

combien de temps ?

L

E nombre des jurés par département est de

1 pour 500 habitants ; ce nombre ne peut

être inférieur à 400, ni supérieur à 600 ;

par exception, il est de 3.000 dans le département

de la Seine. Le nombre des jurés pour

la liste annuelle est répartie par le préfet entre

les arrondissements et les cantons ; à Paris,

entre les arrondissements et les quartiers.

Une liste préparatoire est dressée par la

commission cantonale, qui se compose du juge

de paix, de ses suppléants et des maires de

toutes les communes du canton. A Paris, ces

listes sent dressées, pour chaque quartier, par

une commission composée du juge de paix,

du maire, du conseiller municipal du quartier

et de quatre personnes désignées par ces trois

premiers membres.

La liste définitive est arrêtée par la commission

d'arrondissement, qui se compose du président

du tribunal, du juge de paix et des

conseillers généraux de l'arrondissement: A

Paris, cette commission est composée du président

du tribunal civil ou d'un juge délégué

par lui, du juge de paix de l'arrondissement et

de ses suppléants, du maire et de quatre

Le Cirage-crème

est de

qualité incomparable

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demi-tour

de clé

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..et le plus sceptique

sera édifié

£t1 1 IMIIIIIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIIIIIIIMIIIIlIllIIIIIIIIIIIIIllllllllllllllllllllllllllllllMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIlllllllllllllMIIIIIIIllllllllll^

I Cette rubrique est ouverte à tous nos lecteurs. Elle leur =

l permettra de se tenir en contact constant avec leur journal, qui =

1 les renseignera volontiers sur tous les faits d'un intérêt général |

1 et d'ordre documentaire ou pratique ; mais un délai assez §

| long peut s'écouler entre les demandes et les réponses. i

=11111 inilllllliniI!lllllllllllMIII!!IIIIM!ll1lllllllll1lllllllllllllilllllllllllllllIIIIIII1llllllllllllllllllllllllllllllilllllllllllllllIIII II?

conseillers municipaux. Cette commission

dresse, outre la liste définitive, une liste spéciale

de jurés suppléants.

Les listes annuelles de chaque arrondissement

sont envoyées au greffe de la cour

d'appel ou du tribunal où se tiennent les

assises ; elles sont réunies en une liste unique,

dans laquelle tous les noms sont classés par

ordre alphabétique, et c'est parmi ces noms

que sont tirés au sort, en audience publique,

les trente-six jurés devant former la liste de

" session " ; de plus, il est tiré au sort quatre

jurés suppléants sur la liste spéciale.

Ces quarante jurés, formant la liste de

session ", sont convoqués pour la session des

assises, et parmi eux sont tirés au sort avant

l'ouverture des débats, les douze jurés devant

former le jury.

Pour pouvojr remplir les fonctions de juré,

il faut : 1° être âgé de trente ans révolus ; 2°

jouir de ses droits politiques et civils ; 3° ne

pas être domestique ni serviteur à gages ; 4°

savoir lire et écrire.

* * *

Quelle est l'origine du mot "pataquès "?

U

N jeune homme se trouvait au balcon

d'un théâtre de Paris, entre deux dames

dHine toilette fort brillante, mais dont le

langage répondait peu à la parure. Soudain ce

jeune homme aperçoit à terre un mouchoir

brodé, le ramasse, et, s'adressant à l'une de

ses voisines :

— Madame, lui dit-il, ce mouchoir est sans

doute à vous ?

— Non, monsieur, répondit-elle, il n'est

poini-z-à moi.

-- il est donc à vous, mad:me, dit-il h

l'autre.

— Non, monsieur, répondit celle-ci, il

n'est pas-t-à moi.

— Ma foi ! reprend le jeune homme, il

n'est pas-t-à l'une, il n'est point-z-à l'autre, je

ne sais vraiment-z-alors pas-t-à-qu est-ce !

Un journaliste, qui avait tout entendu,

trouva si plaisante la réponse du jeune homme,

qu'il publia son aventure, et, depuis, on donna

le nom de pataquès (pas-i-à-qu est-ce) à toute

liaison faite contrairement aux lois de l'usage,

soit au moyen d'un s, soit au moyen d'un t.

Si la science explique les découvertes des

sourciers ?

C

ERTAINS mémoires du XVII E siècle nous

racontent l'histoire merveilleuse de

Jacques-Aimar Vernai, paysan de Saint-

Véran en Dauphiné, qui, à l'aide d'une baguette

de coudrier pouvant tourner entre ses

doigts, devinait la présence de l'eau ou des

métaux profondément enfouis dans le sol. Fait

plus remarquable encore, un fluide mystérieux

lui permettait de découvrir, dans un certain

rayon, les voleurs et les assassins. Mandé à

Lyon en 1692, il mit la justice sur les traces

d'un criminel demeuré introuvable.

C'est dire que la question des sourciers n'est

pas nouvelle. Est-elle résolue ? Point délicat

sur lequel sourciers et savants ne sont guère

d'accord. On sait que la radio-activité, qui est

manifestée à un haut degré par certains corps

comme le radium, le thorium, l'uranium, est

un phénomène présenté par tous les corps, dans

une certaine mesure. Donc tous les éléments

minéraux, le pétrole, l'eau, les gaz naturels,

émettent des radiations. Comment détecter

ces radiations ?

On parle beaucoup d'une invention d'un

ingénieur allemand, et des hommes, comme le

savant «Holtz et l'Américain John Hay Hammond,

témoignent à cet égard d'un grand

enthousiasme. Un appareil permettrait, en

effet, de repérer infailliblement, sans prospection

ni sondage, dans un rayon de 80 kilomètres,

les gisements miniers, les nappes d'eau et de

pétrole, les poches de gaz, etc., d'en déterminer

la protondeur, la direction, l'étendue et la

nature.

Faut-il conclure que les sourciers sont des

gens dont les facultés spéciales sont susceptibles

de déceler les radiations émises par les

corps enfouis sous terre ? De nombreux savants

ne l'ont pas encore admis.

D'où provient le cachou et comment il

est préparé ?

L

E cachou est une substance végétale remarquable

par son astringence, et qui nous

vient des Indes toute préparée. On a cru

longtemps que c'était une terre du Japon, ce

qui lui avait valu le nom de Terra Japonica.

Le cachou est extrait des différentes parties,

mais surtout des gousses de l'acacia catécha.

On l'extrait en réduisant en copeaux très

minces le cœur du bois qui est rouge, et que

l'on fait bouillir dans un vase en terre à goulot

étroit. L'eau étant réduite au tiers, on verse

dans une terrine, que l'on place à l'ombre

pour laisser refroidir pendant vingt-quatre

heures. Ensuite, on passe la liqueur dans un

filtre couvert d'une couche de cendre de bouse

de vache. Par l'exposition au soleil, elle se

réduit peu à peu en un extrait épais et pâteux.

Le commerce nous l'apporte sous 1 aspect de

masses irrégulières, dont la couleur varie du

rouge pâle au brun foncé. Le meilleur cachou

est inodore, d'un brun rougeâtre, d'une saveur

astringente particulière, suivi d'un goût sucré

très agréable. Lorsque le cachou nous est

livré, il est souvent mêlé à de la terre, de

l'amidon, etc. En le dissolvant dans 1 eau

chaude, on le débarrasse facilement de ces

corps étrangers. A cet état, il est connu sous

le nom d'extrait de cachou. Mélangé à divers

ingrédients ou parfums, selon l'usage que 1 on

en veut faire, on en forme, au moyen d une

gomme adragante, des pastilles astringentes

ou des tablettes minuscules désinfectantes à

l'usage des fumeurs.

Le cachou pur se fond en entier dans 1 eau

et dans la bouche, ce que ne fait pas.le cachou

falsifié.

De quand datent les premières expositions

de peinture et sculpture et les

premières expositions industrielles ?

L

ES artistes grecs présentaient leurs œuvres

au public, et des auteurs en voient un

témoignage connu dans la fameuse

anecdote d'Apelle et du cordonnier. Lés

premières expositions, groupant pour une sorte

de concours les artistes d'un même pays,

semblent avoir été faites à Rome, au début du

XVII E siècle. En France, lors de la fondation de

l'Académie Royale de peinture et de sculpture,

en 1648, Louis XIV décréta l'établissement

d'expositions périodiques des œuvres présentées

par les membres de cette Académie,

mais la première ne fut ouverte qu en 1673

au Palais-Royal. En 1699, Mansart obtint du

roi qu'elles auraient pour cadre la grande

galerie du Louvre.

Les expositions industrielles sont d'origine

française. La première eut heu au Champ-de-

Mars, pendant les jours complémentaires

de l'an VI (1798). Elle comprenait 110 exposants,

et il y fut distribué 25 récompenses.

L'idée de faire pour les fabricants un concours

semblable à celui qui existait pour les artistes,

appartenait à François de Neufchâteau, alors

ministre de l'Intérieur. C'est un ministre de

l'Agriculture et du Commerce, Thouret, qui,

en 1849, conçut celle d'ouvrir ces expositions

à la production étrangère, mais, par suite d'une

vive opposition, ce projet ne fut pas réalisé, et

c'est en Angleterre qu'une ordonnance de la

reine Victoria, en date du 3 janvier 1850,

organisa la première exposition universelle.

Celle-ci fut ouverte à Londres le 1 er mai 1851

et dura six mois. 18.000 exposants y participaient,

dont 9.734 seulement étaient Anglais.

L'exemple de ce succès détermina la France, et

un décret du 8 ; mars 1853 prépara l'exposition

universelle, qui fut inaugurée le 15 mai 1855.

Elle comptait 21.779 exposants pour l'industrie

et 2.175 pour les beaux-arts.

S A A

Comment se calcule le " déplacement "

d'un navire ?

L

E déplacement ou poids du navire se calcule,

en France, en attribuant au volume

d'eau déplacé une densité de 1,026. Il

donne le poids à l'état d'armement normal.

D'où vient l'expression " se moquer du

tiers et du quart" ?

D

EUX origines, très différentes, ont été

attribuées à cette locution proverbiale.

D'après les uns, — et Littré est à leur

tête — le tiers et le quart signifient une troisième

et une quatrième personnes.

Le mot tiers a bien, en effet, dans la langue,

le sens de troisième personne (admettre un

fiers à un entretien, assister en tiers à une

entrevue), mais il n'en est pas de même du

mot quart. Cette objection est réfutée par ceux

qui connaissent l'évolution des mots dans la

langue. Si celui-ci ne désigne pas une quatrième

personne, c'est qu'il a perdu un sens

qu'il eut autrefois, comme en témoigne cet

exemple tiré de Saint-Simon :

Grammont soupait continuellement en

tiers ou en quart avec eux.

Cette attribution d'origine a rallié de nombreux

partisans, mais il en est une moins

simple, également plausible. D'après les Curiosités

de l'étymologie française, de Charles

Nisard, la locution serait d'origine fiscale.

Le tiers et le quart désigneraient non plus des

personnes, des témoins, dont la présence, le

jugement, 1 opinion ne peuvent influencer la

conduite, mais des impôts, des taxes, des redevances

dont on peut se moquer parce qu'on

n a pas à les jiayer.

De fait, il y eut le tertium, qui était le tiers

de la dîme, ou le droit de mutation dû au

seigneur par le vassal qui vendait son bien,

le droit sur la vente de la vendange ou des

coupes de bois ; la quarta, prélevée sur le blé,

le foin, les fruits ; le quarto ou quartum, affecté

au produit de la vigne; et les mots rïers et

quart se trouvent employés dans cet exemple,

datant de 1715 :

Sont fournis lesdits ecclésiastiques de

deux cent cinquante métairies et sept mille

arpens de vignes qui sont par eux baillés à

ferme, sans comprendre trois mille arpens où

ils prennent le fiers et le quart.

Ces impôts du tiers et du quart datent, il est

vrai, du régime féodal, et les premiers exemples

de l'expression ne se trouvent. pas avant le

XVIII E siècle. C'est peut-être parce qu'elle

n'eut pas, avant cette époque, l'occasion de

passer de la langue courante dans un texte

connu.

On voit donc qu'il est permis de choisir

entre ces deux explications et que ni 1 une ni

l'autre n'assigne à cette locution une origine

certaine.

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PROFITONS DE NOS LOISIRS DU DIMANCHE

POUR NOUS INSTRUIRE UN PEU

GASTON DE FOIX

JEUNE prince de vingt-deux ans, Gaston de

Foix, dont Louis XII avait fait, en 1505,

un duc de Nemours, conquit, en l'année

1512, dans le Milanais, des lauriers qui ne firent

que regretter plus vivement sa fin prématurée.

Il était fils de Jean de Foix, vicomte de Narbonne,

et de Marie d'Orléans, sœur du roi.

Lorsque le pape Jules II forma le projet de

rétablir la suprématie temporelle sur tous les

Etats italiens, Louis XII fut d'abord son allié

contré lés Vénitiens, contre lesquels le pape

avait organisé une ligue (1508), et que l'armée

française battit à Agnadel-(mai 1509).

Mais, après la soumission des Vénitiens,

Jules II retourna contre les Français, autres

Barbares " (ainsi nommait-il les étrangers),

la coalition qu'il avait formée à Cambrai. La

ligue devint la Sainte Ligue, et eut l'adhésion

du roi d'Angleterre, Henri VIII, et des Suisses.

Louis XII avait confié le commandement des

troupes françaises à son neveu, Gaston de Foix,

le " gentil prince ". Dès le début des opérations,

celui-ci se révéla comme un homme de guerre

émérite. Il se concentra fortement à l'abri des

villes lombardes, obtint la neutralité des Suisses

et, dès qu'il se sentit suffisamment organisé, prit

hardiment l'offensive. Surprenant les alliés par

la rapidité déconcertante de ses manœuvres, il

se jeta dans Bologne assiégée, qu'il délivra

(5 février 1512), puis sur Brescia, que bloquait

le condottiere Gritti, et qu'il débloqua. Après

ce deuxième succès, celui que l'on surnommait

le Foudre d'Italie se porta, avec toutes ses

forces, au fin fond de la Romagne, au-devant

de l'armée de la Ligue. La bataille eut lieu

à Ravenne ; ce fut un beau combat d'artillerie

et de cavalerie ; la victoire appartenait à

Gaston de Foix, quand il fut tué au cours

d'une charge qu'il conduisait en personne

contre l'infanterie espagnole en pleine retraite

GASTON DE FOIX

(5 avril 1512). Pleuré de l'armée, qui appréciait

autant sa science militaire que sa bravoure,

il fut inhumé en grande pompe dans

la cathédrale de Milan.

Sa mort mit un terme aux succès des troupes

françaises ; bientôt, en effet, ce fut Novare

(1513), grande victoire des Suisses, qui contraignit

Louis XII à abandonner le Milanais et

ouvrit aux alliés vainqueurs les routés de l'invasion

du royaume de France.

L

A * A

LE PRINCE DE JOINVILLE

ORSQUE la dépouille mortelle de Napoléon

Ier revint de Sainte-Hélène, c'était

un des fils de Louis-Philippe, le troisième,

qui commandait la frégate qui la ramenait.

Car François-Ferdinand-Philippe-Louis-Marie

d'Orléans, prince de Joinville, né à Neuillysur-Seine

le 14 août 1818, fut instruit, dès sa

sortie du collège Henri IV, dans la carrière de

marin. »

Lieutenant de vaisseau en 1836, il commanda

la Créole à la prise du fort de Saint-Jeand'Ulloa

(27 novembre 1838), et, quelques

jours après, enfonça, à la tête d'une petite

troupe, l'une des portes de Vera-Cruz, qui

tomba ainsi en son pouvoir. Cette succession

de faits d'armes lui valut, en 1839, le grade de

capitaine de vaisseau et la croix de chevalier

de la Légion d'honneur.

Ce fut en 1840 qu'il fit sur la Belle-Poule,

qu'il commandait, le voyage de Sainte-Hélène.

Le 1er mai 1843, il épousa au Brésil la princesse

doiïa Francesca de Bragance, sœur de

l'empereur don Pedro II. De ce mariage

naquirent deux enfants : Françoise-Pierre-

Amélie (1844) et Pierre-Philippe, duc de Penthièvre

(1845). Ce fut en cette dernière année

que le prince fut nommé contre-amiral et pair

de France.

Il avait été promu vice-amiral l'année précédente,

à la suite du bombardement de Tanger

(6 août 1844) et de la prise de Mogador

(11 août 1844). Esprit très ami du progrès, il

donna tous ses soins à l'organisation de la

marine de guerre à vapeur, qui était alors

une sensationnelle nouveauté.

Malgré sa popularité (il avait toujours fait

montre d'une grande

hostilité contre Guizot

et avait tenté de

faire pression sur le

duc de Nemours, régent

de France, pour

un changement de politique

intérieure), le

prince de Joinville fut,

au moment de la

Révolution de 1848,

relevé de son commandement

à Alger et

compris dans le décret

de bannissement pris

contre les d'Orléans.

Il protesta vivement,

ainsi que ses deux

frères, contre cette mesure,

se faisant garant

de ce qu'il n'avait jamais

cherché à désunir

PRINCE DE JOINVILLE

la France, mais dut

rejoindre le roi détrôné en Angleterre, à Claremont.

Atteint d'une surdité presque totale, il

continua à faire montre du plus grand goût

pour les voyages et l'étude. Au moment de la

guerre de Sécession, il se rendit auprès du

président Lincoln avec ses deux neveux : le

comte de Paris et le duc de Chartres, qui firent

L

partie de l'état-major Mac Clellan, et son fils

qui entra comme lieutenant de vaisseau dans la

marine de l'Union.

Dès le début de la guerre de 1870, le prince

de Joinville demanda à servir son pays. Il n'y

fut pas autorisé par le gouvernement, mais

d'Aurelles l'eut auprès de lui, dans les batailles

autour d'Orléans, sous le nom de colonel

Lutherod. Gambetta

voulut voir dans la présence

du prince en

France une arrièrepensée

politique; il le

fit ramener à Saint-

Mal^ 13 janvier 1871 )

et réembarquer pour

l'Angleterre.

Le 8 février suivant,

le prince de Joinville

fut élu député en

même temps par la

Manche et par la

Haute-Marne.

Le 8 juin 1871, son

élection fut validée, en

même temps qu'étaient

abrogées les lois d'exil

qui frappaient les Bour-

bons des deux branches.

En 1872, le duc

de Joinville fut réintégré

dans le cadre des vice-amiraux, tandis que

son fils, le duc de Penthièvre, était admis d'emblée

dans la marine avec legrade de lieutenant de

vaisseau. Auteur de nombreuses études sur la

marine et sur la politique extérieure, le prince de

Joinville, qui laissa, en outre, un livre intitulé :

Vieux souvenirs, mourut à Paris en 1900.

L'ASPECT DE L'ASCENSEUR DES FONTINETTES, SUR LE CANAL, DE NEUFFOSSÉ

L'ASCENSEUR DES FONTINETTES

ES premiers ascenseurs des immeubles

furent hydrauliques. Puis vint l'idée

d'appliquer le principe selon lequel ils

étaient construits, au franchissement de très

fortes dénivellations sur un canal de navigation.

Les ascenseurs d'Anderton, en Angleterre ;

des Fontinettes, en France ; de la Louvière,

en Belgique, sont conséquences de cette idée.

L'ascenseur des Fontinettes a été construit

sur le canal de Neuffossé, canal très court

(18 kilomètres), qui n'en présente pas moins

une pente de 16 m. 66.

Le premier ouvrage construit pour le franchissement

de cette dénivellation fut une

échelle d'écluses à cinq sas superposés, dont la

chute totale était de 13 m. 33. Mais l'écoulement

des bateaux était fort long ; on chargea,

en 1879, M. Bertin, ingénieur en chef des voies

navigables, de dresser aux Fontinettes un

ascenseur qui fût une réplique à celui d'Anderton,

déjà créé. L'ascenseur du canal de

Neuffossé put être inauguré en 1888.

Il a été établi sur une dérivation du canal

ouverte à 60 mètres des écluses (celles-ci ont

été conservées en cas d'arrêt de fonctionnement).

Il se compose de deux caissons ou sas

métalliques, renfermant de l'eau et dans

lesquels flottent les bateaux ; ils fonctionnent

l'un par rapport à l'autre par le jeu de deux

S

gigantesques presses hydrauliques, à la manière

des plateaux d'une balance. Il aurait

existé un jeu entre les extrémités des sas et ceux

des pont-canaux correspondant, si le joint ne

se faisait de manière parfaite, au moyen de

deux poches en caoutchouc, fixées sur le pourtour

des pont-canaux, et qu'on gonfle en y

injectant de l'air, comprimé.

La machinerie de l'ascenseur comprend

principalement : des turbines actionnées par

1 eau du bief d'amont, quatre pompes de

compression à double effet, un accumulateur

de 1.200 litres de capacité, une pompe centrifuge

pour l'épuisement des eaux de la cale,

un compresseur d'air pour le gonflement

des poches formant joints. L'appareil, d'une

conception hardie, est d'une extraordinaire

puissance ; il passe, en moyenne, 14.000 bateaux

par an, représentant environ 1 million

et demi de tonnes (canal de Neuffossé,

premier semestre 1925 : 807.580 tonnes).

Le Canada a un ascenseur pour bateaux

à Kirkfield, dans l'Ontario ; l'Allemagne, également,

en a construit un, plus récent et plus

puissant que celui des Fontinettes : celui

d'Henrichenburg, sur le canal Dortmund-

Ems, qui est équipé pour déplacer, en deux

minutes un quart, des bateaux de 100 à 1.000

tonnes, de 14 et 16 mètres de hauteur.

TANTALE

E trouver, lorsqu'on est en proie à un besoin

violent, en présence de l'objet capable

d'assouvir ce besoin, sans pouvoir y

atteindre, c'est, dit-on, subir le supplice de

Tantale. La légende veut, en effet, que cet

ancien roi de Lydie ait été précipité dans les

Enfers par Zeus tout-puissant, et condamné

à souffrir éternellement de la faim et de la soif,

en ayant à sa portée des arbres chargés des

plus beaux fruits ,et de l'eau limpide, qui

s'éloignaient de lui à mesure qu'il tentait de

s'en emparer.

Ce supplice fut le juste châtiment d'une

série de crimes. Prié de s'asseoir à la table des

dieux, Tantale avait dérobé le nectar et l'ambroisie,

boissons réservées aux immortels, pour

les faire goûter à d'autres mortels que lui.

Voulant éprouver la prescience divine, il invita

les divinités de l'Olympe à un grand festin,

dans lequel il leur servit le corps de son fils

Pélops, coupé en morceaux et bouilli. Les

dieux s'en aperçurent ; seule, Déméter, déesse

des moissons, qui venait de perdre sa fille Coré,

déesse de la végétation, mangea par distraction

un morceau d'épaule de Pélops.

Pindare nous a représenté Tantale soumis h

un autre châtiment : le roi criminel se trouve

sous un rocher dont la chute paraît imminente

et subit de ce fait une perpétuelle angoisse.

Pélops fut ressuscité; Zeus remplaça par une

épaule d'ivoire le morceau qui avait été mangé

par Déméter. De merveilleuses aventures, dont

l'amour d'Hippodamie, fille du roi d'Olympie,

lui permit de sortir victorieusement, l'amenèrent

à régner sur la partie de la Grèce qui

porte son nom (Péloponèse).

F

FOUCAULT

ILS d'un libraire-éditeur connu, Jean-

Bernard-Léon Foucault (il était né le

18 septembre 1819) ne se sentit aucun goût

pour la profession paternelle. Il fit d'abord ses

études de médecine, quand son admiration

pour le daguerréotype qui venait d'apparaître,

l'amena à s'intéresser à l'optique.

Il_ se lia avec Fizeau qui était, dans cette

partie, un grand physicien ; avec Donné qu'il

aida comme préparateur dans son cours de

microscopie médicale. Les'travaux dus à tà

JEAN-BERNARD-LÉON FOUCAULT

collaboration avec Fizeau mirent en évidence ! .

l'existence des rayons rouges, les interférences

produites par deux rayons qui ont entre eux

une certaine différence de marche, etc..

Seul, Foucault réalisa une méthode qui lui

permit de compter les anneaux de Newton ;

il découvrit que ces anneaux que l'on croyait

en nombre limité, existaient, en réalité, par

milliers.

Une de ses plus belles expériences fut celle

qui lui permit de mesurer la vitesse de la

lumière ; Foucault montra, en outre, qu'elle

était plus grande dans l'air que dans l'eau,

ce qui donnait raison aux hypothèses de Descartes,

Huyghens et d'Euler, partisans de la

théorie des ondulations.J'L'optique lui doit

encore d'importants perfectionnements apportés

à la construction des télescopes ; un

régulateur qui permit d'utiliser l'arc voltaïque

pour les observations, lorsque la lumière

solaire venait à faire défaut ; un dispositif

permettant d'éclairer les fils des réticules

pour rendre plus exactes les observations de

nuit.

En 1855, Foucault fut nommé (poste créé

spécialement pour lui) physicien de l'Observatoire.

En mécanique, il fit des expériences qui ne

furent pas moins remarquables que celles qu'il

avait données en optique. On connaît celle du

pendule oscillant qu'il fit d'abord dans sa

cave, puis au Panthéon (le pendule était suspendu

au sommet de la coupole du dôme) et

qui constitua une démonstration directe du

mouvement de rotation de la Terre. On lui

doit également le gyroscope, qui fut un autre

appareil de physique avant de devenir un jouet

d'enfant.

U se préparait à donner à l'Observatoire de

Paris des appareils perfectionnés un grand

miroir et un grand objectif, quand il tomba

frappé d'une attaque de paralysie (1867). Il

mourut à Paris le 11 février 1868.


iiiuiiN DIMANCHE-ILLUSTRÉ «iiiiiiminiiinn uiiiiiiin uiiftifta^m^uuuuiiiiiiu nui 12 ■■iiiiiiimiiiiu iiuiiiiiiiiiiiiiuiiiiiin iiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiu mu LE 1 er JANVIER 1928 ""uun

LA SEMAINE COMIQUE

PRUDENCE O U UTILE PRÉCAUTION

— Pardon, monsieur, vous n'avez pas rencontré

d'agent de police par ici? — Non l

COURAGE

— Tiens... tiens... Jean... je croyais que tu

n aimais pas le bœuf gros sel... et, cependant, ce

toit, tu en as repris trois fois...

— ... Pour qu'Un enreste paspour demain !...

FAÇON DE PARLER

(Dessin inédit de SoupAULT.)

— Commentl tu veux encore sortir? Tu ne

peux pas rester un soir, ici, au coin du feu...

— Au coin du feu, tu en as de bonnes ! C'est

tm poêle cylindrique...

(Dessin inédit de VARÉ.)

AU THEATRE

GRAND THEATRE!

FiRMIN

PIÈCE

EN t ACTES

Monsieur, votre pièce est mauvaise !

Qui me dit que la vôtre ne l'est pas ?

(Dessin inédit de BOUR.)

P

— Il n'y en a pas. Ah I... cette police /... Enfin,

je vous remercie, monsieur... Auriez-vous...

OUR éviter d'offrir des étrennes — c'est

chose coûteuse, aujourd'hui ! — M. Piche

a inauguré un système très ingénieux : le

20 décembre de chaque année, un peu avant

la Noël, il condamne tout simplement la porte

de son domicile, évite toute sortie, si clandestine

soit-elle, et ne répond ni aux coups de

sonnette du facteur, ni aux appels suppliants

de sa concierge...

Il pousse la prudence jusqu à coller sur

l'huis un petit carton par lequel il avertit

obligeamment les visiteurs qu'il est inutile

d'insister ! M. Piche, révèle ce carton, est

absent pour cause de mariage !... ou de maladie

!... ou de décès ! Il ne reviendra que le

15 janvier... au plus tôt !...

Et il rit sous cape, M. Piche, en s'imaginant

la mine allongée des porteurs de souhaits qui

l'assaillent...

Le 15 janvier, ils n'oseront plus revenir

pour réciter leur compliment !... Ils n'y penseront

peut-être même plus... Il serait ridicule

à eux d'y penser...

Mais il est une chose qu'il n'a pas prévue :

c'est qu'il y a, de par le monde, certaines gens

qui précisément sont toujours en quête des

domiciles où il n'y a personne, pour s'y abriter

pendant quelques heures, de préférence pendant

la nuit...

A pas feutrés, ils s'approchent de la maison,

placent sous la porte un joli levier qui fait

sauter les gonds sans le moindre bruit, et se

glissent à l'intérieur...

Ceux-là ne demandent rien : ils sont muets

par profession et d'une discrétion à toute

épreuve, mais non cependant moins avides

que les autres... En un instant, ils ont découvert

l'armoire, la bourse et le coffre-fort : et

c'est un jeu pour eux que de s'offrir eux-mêmes

leurs étrennes, ce qui leur évite l'embarras de

dire merci...

Et voilà comment M. Piche, que tout le

monde croyait bien loin, réveilla tout le quartier,

en cette nuit de nouvel an, par ses cris

épouvantés !

Deux grands gaillards, qui l'avaient surpris

en plein sommeil, dégringolaient de ses

fenêtres, chargés de ballots très lourds...

Il eut à peine le temps de les voir... à peine

le temps de se rendre compte que toutes ses

économies, son beau linge et son argenterie

avaient pris le même chemin...

La concierge, le facteur, et tous les fournisseurs

du coin, qui en bonnet de nuit, qui en

chemise blanche, accouraient à la rescousse,

la main tendue et le sourire aux lèvres :

— Pour une fois, monsieur Piche, une seule

fois depuis si longtemps, qu'il faut qu'on ait

le bonheur de pouvoir vous souhaiter la bonne

année !... E.-G. PERRIER.

LA POTION CALMANTE

— Mon Dieu, madame, cotre mari n'a besoin ... Je m'en Vais donc vous donner, à cet effet,

que de repos absolu... la formule dune potion...

... calmante, dormttioe, stupéfiante et infailliblement

propre à détendre les nerfs les plus tendus,

et susceptible de transformer en doux mouton le

plus enragé des taureaux...

(Dessin inédit de SoupAULT.)

— Mais, docteur, combien de fois pat jour

ferai-je prendre cette potion à mon mari ?

— A votre...? Mais non, madame, c'est Vous

qui la prendrez, cette potion, et quatre fois par

jour, s'il vous plaît...

la bonté, maintenant, de me donner Votre portefeuille?

(Dessin inédit d'ÂLAIN SAINT-OGAN.)

VOCATION

Mon fils avait la vocation des planches.

Vous l'avez fait entrer au Conservatoire?

Non, je l'ai établi emballeur I

(Dessin inédit de GEORGE FRONVAL.)

L*ONCLE A HÉRITAGE

— Pourquoi ne termines-tu pas ton compliment

en lui souhaitant une bonne santé ?

— Ben l tu lui souhaites toujours un bon

enterrement l

(Des in inédit de DHARM.)

DINER FIN

— ... Soissons à l'anglaise... on prend ça ?...

— Oui, ça va nous changer des fayots /..,

(Dessin inédit de D. RvsuJ


111,111,11 LE 1 er JANVIER 1928 ■■■'■'■■■■■■■■■■iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii IHIIIIIHII 13 >u«iiMuiiHi"iiHùiuuiiiiuHiiiiiuiiiii»i un 11111111111 iiiiuiiiiinii DIMANCHE-ILLUSTRÉ »


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BRIC-A-BRAC

ÉCHOS ET NOUVELLES DE PARTOUT

LES PROVERBES DE L'ŒUF

LA fragilité de l'œuf a donné naissance à plus

d'un proverbe, que rappelle M. Pierre

Blanc : On ne fait pas d'omelette sans casser

des œufs, s'emploie souvent pour expliquer

que de petits malheurs sont parfois inévitables,

si on veut réaliser un grand bien. On dit aussi

que les serments et les œufs se brisent facilement

et il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le

même panier.

La petitesse relative de l'œuf est envisagée,

au figuré, par celui qui se propose de risquer un

œuf pour avoir un bœuf, ou qui pense en luimême

: il vaut mieux avoir un œuf aujourd'hui

qu'une poule demain. Sa couleur est considérée

quelquefois; rie dit-on pas, en guise d'excuse :

c'est urt mauvais sujet, employonsrle quand

même: souvent d'un oiseau noir sort un œuf blanc.

Un œuf est un œuf, disait l'homme qui avait

choisi le plus gros.

Tondre un œuf est une expression courante

lorsqu'on parle d'un avare.

C'est l'œuf de Colomb signifie qu une solution

surprenante et inattendue est donnée

à une affaire.

Qui veut l'œuf doit supporter la poule, c'est

un conseil mérité par bien des gens impatients

qui voudraient tuer la poule pour avoir les œufs.

Terminons cette énumération par ce vieux

proverbe : Ils ont toujours pigeons ou œufs, qui

s'appliquait autrefois aux faiseurs de projets

ayant constamment quelque combinaison nouvelle

à proposer.

Pages Féminines.

L'HIVER EN -GAIETÉ

»

LES sports d'hiver battent leur plein dans

les Grisons, et leurs amateurs peuvent

choisir entre le ski, le toboggan, la luge et le

bobsleigh. Sans parler du patinage, des promenades

en un traîneau attelé de deux chevaux

et des batailles de boules de neige. Sur certains

skis spéciaux, les as, volant par-dessus les

champs de neige des collines, arrivent à faire

plus de 100 kilomètres à l'heure. Au-dessus

de l'épaisse couche de neige qui matelasse tout,

au-dessus des pistes merveilleusement tracées,

un beau soleil lui gaiement dans le ciel bleu.

Les pensionnaires des grands hôtels déjeunent

en plein air et, l'après-midi, des fêtes sont

données sur la glace. Les concours sont de

toutes sortes, puis viennent les gymkanas et les

bals sur la glace, voire les bals costumés qui

. ont toujours un grand succès.

The Graphie.

L'ÊMOTICN VAINCUE

UN honorable " bistro ", voisin du Palais des

examens de la rue Mabillon, a trouvé dans

l'émotion une nouvelle source de bénéfices.

A la devanture de son établissement, un peintre

■ en lettres a tracé ces mots :

MOYEN INFAILLIBLE

. DE GUÉRIR LE TRAC AUX EXAMENS

LA BIBLE DU DIABLE

En Attendant.

ELLE se compose de trois cent neuf feuillets

de parchemin enfermés dans une reliure

de chêne. Ces feuillets, hauts de près d'un

mètre et larges de cinquante centimètres environ,

sont couverts d'un texte en caractères

gothiques.

Cet ouvrage, qu'on désigne aussi sous le

nom de Gigas Librorum (Le Géant des Livres),

daterait du XIIE siècle et aurait été copié dans

LES CORS AUX PIEDS

H y a cent moyens de les traiter, mais un seul de

n'en délivrer promptement : c'est'« Le Diable « ! «Le

Diable » enlève les cors en six' jours, pour toujours :

2 fr. 95 toutes pharmacies. Attention ! Exiger « Le

Diable ». Epcrnay : Pharmacie Weinmann.

UNE SAGE PRÉCAUTION

C'est une sage précaution que de prendre un peu

Ce Quintoninc pendant l'hiver, car, en se fortifiant,

on diminuera naturellement les chances d'infection

il nombreuses a cette époque, et l'on pourra éviter

èinsi grippes, rhumes et bronchites. La Quintonine

Est d'un emploi facile : il suffit de verser un flacon de

Quintonine dans un litre de vin de table et de prendre

fie ce vin fortifiant ainsi obtenu un verre à madère

tîvant chaque repas. Son prix réduit invite tout le

tnonde à en faire l'essai : 4 fr. 50. Toutes Pharmacies.

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XJIILL VUUiJ Ecr.D. GABRIEL, Evreux[Eure).

POUDRES ET CIGARETTES ESCOUFLAIRE

Les aoez-uous essayées?...

JlŒ^UmiE toutes

H9 i n NIE OPPRESSIONS

EMPHYSÈME - BRONCHITE CHRONIQUE I

four ooite d'essai gratuite i M < Gr.-Rue,BAlSI~UX (Nord)

le cloître de Poblazotz, en Bohême, par un

moine qui, d'après la légende,'aurait exécuté le

travail en une seule nuit ; condamné à mort,

il aurait appelé le diable à son secours ; pour le

remercier, il aurait reproduit la figure de Satan,

qui occupe une page entière du livre, avec

cornes, griffes et autres attributs, d'où le nom

donné à son exploit.

Quand le général suédoisKœnigsmark s empara

de Prague, en 1648 (ce qui fut le dernier

acte de la Guerre de Trente Ans), il emporta

la Bible du Diable parmi son butin.

Elle figure, depuis près de trois siècles,

dans les collections de la Bibliothèque de

Stockholm.

Revue des Industries du Livre.

LA PIPE QUI NE S'ÉTEINT PAS

'EST tout d'abord la pipe en terre, à long

C tuyau, que l'on a fumée ; celle-ci se trouvait

dans toutes les tavernes, à la disposition des

consommateurs, ce qui avait encore lieu ces

derniers temps. La consommation d'articles

aussi fragil es était énorme. On parle d'un

gentilhomme campagnard, du temps de la

reine Anne, qui en aurait usé 1.000. Il y eut,

à cette époque, des professeurs de l'art de

fumer, qui enseignaient contre légère rétribution

; dans les livres également, on pouvait

apprendre à fumer, et les femmes elles-mêmes,

de toutes conditions, avaient leur petite pipe,

comme la coutume de la cigarette s'est implantée

chez elles de nos jours.

La pipe d'écume, de Turquie, a succédé à la

pipe en terre. Comme il était dit que la pipe

d'écume était meilleure à fumer lorsqu'elle ne

s'était jamais refroidie, un officier aurait, paraîtil,

chargé ses soldats de l'entretenir. La pipe,

entourée de flanelle, serait passée de main en

main, dans tout l'escadron, pendant six mois ;

100 livres de tabac auraient été consommées

à cet exercice.

Le Fumeur.

LES COUTEUX CHEMINS DE FER

'AUTOMOBILE, maintenant sortie de l'enfance,

L voire de l'adolescence, porte à chacun de

ses anniversaires, que célèbre le Salon, la tête

un peu plus haute. Elle commence à se poser en

rivale sérieuse des chemins de fer, elle parle

déjà d'une lutte où elle ne se voit pas la plus

faible. Pourtant, les chemins de fer sont de

puissants messieurs, qui représentent un

capital énorme et qui, il faut bien le dire, coûtent

fort cher aux peuples qu'ils servent. Ainsi, les

chemins de fer du monde entier, avec leurs

machines et leurs installations, ont une valeur

approximative de 230 milliards de francs-or,

dont la moitié en Europe.

En Grande-Bretagne, par exemple, les

chemins de fer exigent annuellement 16 millions

de tonnes de charbon, 210.000 tonnes

de rails d'acier, 600.000 mètres cubes de bois

de construction, 4 millions de traverses, 21 millions

de briques, 9.000 tonnes de couleurs et de

vernis, 62.000 tonnes d'huile, 4 millions de mètres

d'étoffe pour les uniformes des employés.

Les trains anglais transportent annuellement

1.700.000 voyageurs.

IVoriVaerts.

L'AGE DE LA TERRE

N connaît le mot de Voltaire : " Notre

O planète est une vieille coquette qui cache

son âge. " .

Elle a eu beau faire, nous le savons tout de

même... à peu près.

M. Bigourdan communiquait, à l'Académie

des sciences, une noté de M. Emile Belot sur

le domaine interstellaire des comètes, qui ne

nous laisse guère de doutes.

Sans entrer dans les considérations techniques

et les calculs de ces deux savants astronomes,

disons, avec eux, les yeux fermés : ' Pour qu'il

apparaisse encore des comètes, il faut que leur

âge soit compris entre 276 et .780 millions

d'années, ce qui confirme l'âge de la Terre,

évalué à 330 millions d'années..

C'est un bel âge !

L'Informateur.

.......... A DÉTACHER .,

BON de Réduction valable pour 2, 3 on 4 personnes,

AU THÉÂTRE DU PETIT MONDE

MATINÉES A 2 h. 30

les 31 Décembre, 5 et 12 Janvier,

au THÉÂTRE de la MADELEINE, 19, rue de Surène

ZÏG et PUCE

aveo ALFRED le pingouin

Comédie en trois actes de Thérèse LENOTRE, d'après les personnages

créés par Alain SAINT-OGÀN, dans Dimanche-Illustré.

En présentant ce BON au contrôle,, il sera perçu 15 et

ÎO frs à l'Orchestre et à la Corbeille; 8 et 5 frsau Balcon.

SI NOUS PARLIONS ANGLAIS...

U

Cette histoire comique, écrite spécialement pour Dimanche-Illustré, par le maître

humoriste Gabriel de Lautrec, le traducteur réputé de Mark Twain, et dont nous avons

publié le premier épisode dans notre numéro du 23 octobre, a un but pratique : donner à

nos lecteurs, non pas des leçons d'anglais, — ce n'est point là la prétention de l'auteur

ni la nôtre —, mais un vocabulaire de mots usuels avec leur prononciation, de telle

sorte que l'ensemble de ces mots permette à qui les aura retenus, de se " débrouiller " en

présence d'interlocuteurs ne parlant que la langue anglaise.

Les syllabes longues sont partout représentées par une lettre grasse

LES CURIEUSES AVENTURES

DE M. PETITPOIS, EN ANGLETERRE

NE vieille dame, à l'air pauvre et respec-

CHAPITRE XI

table introduisit Joseph Babylas dans une

sorte de sacristie qui se trouvait à droite

du temple. Et, aussitôt, il aperçut le révérend

Srtiith, avec qui il avait voyagé naguère, en

train de mettre ses vêtements liturgiques.

— Bonjour, monsieur Petitpois, comment

allez-vous ? s'écria le bonhomme d'un ton

ravi. " Good morning, mister Petitpois, how

are you ? " (Goudd mohhninng, raissteuhh

Petitpois, hhaou are you). C'est bien, vous

avez rappelé il était dimanche.

Dans l'exercice de ses fonctions, le pasteur,

même en français, parlait tout de même un

peu anglais.

Après les premières effusions, comme il

était pressé, " he was in a hurry ' (hhi ouôss

inn é hhieure'j il donna à son visiteur les instructions

nécessaires :

— Vous allez retrouver la dame qui vous

a introduit ici, l'ouvreuse de banc, the pewopener

" (dz piou opneuhh), la dame des

chaises, comme vous dites chez vous. Elle vous

fera entrer à votre banc et vous donnera un

livre de cantiques, avec les pages indiquées.

Ainsi, quand les autres chanteront, vous chanterez

avec eux. C'est excellent pour la pronunciation

" (proneunnciécheunn). En même

temps, vous louerez le Seigneur, qui ne manquera

pas de récompenser vos efforts. Ensuite,

je monterai à la chaire et je ferai mon prêche.

J'irai lentement, exprès pour vous. Quand

vous n'aurez pas bien compris une phrase,

vous me ferez un petit signe avec la tête, comme

ça, et je- recommencerai. Très bien, ' ail

right " (ôll raïtt).

Tout se passa comme il avait été convenu.

M. Petitpois chanta le cantique avec une ferveur

attendrissante, et avec la belle voix fausse

des consciences tranquilles. Puis il écouta le

sermon. Ses voisins, à deux ou trois reprises,

furent un peu scandalisés de le voir remuer la

tête, timidement, de droite à gauche et de

gauche à droite. Cet homme à figure bona§se

était-il un hérésiarque ou un schismatique,

ayant à faire des objections à l'enseignement

divin ? Mais comme* à chacune de ces faibles

dénégations, le pasteur répondait avec enthousiasme,

détachant les syllabes d'une voix

nette :

— Oui, mes frères, je le répète, et saurait-on

trop répéter la parole de Dieu !

Et comme, à la deuxième édition, M. Petit-

pois s'inclinait légèrement, paraissant enfin

tout à fait convaincu ! Allons, allons, ce n'était

pas un pécheur bieri endurci.

Tout se passa très bien, disons-nous. " Every

thing went on quite well " (évré sinngg

ouennt onn quaïte buéll). Et les deux amis échangèrent

une cordiale poignée de mains shakehand

" (chéh_~hhannd), quand ils se retrouvèrent

après cette petite scène biblique.

On se sépara, avec maintes " many " (mené)

promesses de se revoir. Et Joseph-Babylas

prit l'autobus pour regagner le centre de la

ville. Il savait que la municipalité de Londres,

plus compréhensive que celle de Paris, n'avait

jamais eu l'idée saugrenue de ces tramways sur

rail qui, à la moindre panne, comme ils ne

peuvent se détourner, occasionnent de fantastiques

embouteillages, dans le centre d'une

cité populeuse. Et il fut dans " Trafalgarsquare"

(Tréflgueursquêr) le seul endroit à peu

près oh l'on ait la vision d'une grande ville.

Car Londres ne connaît pas les belles perspectives

monumentales de Paris, et il n'y a rien là,

comme dans le reste du monde sûrement, qui

vaille, comme grandiose harmonieux, ce que

/

l'on voit de la place de la Concorde : de l'autre

côté de la Seine, fleuve aux beaux remparts, la

Chambre, temple antique ; en face, les deux

palais^ entre lesquels s'ouvre la rue Royale,

jusqu'à la Madeleine, temple grec aussi. Et,

d'autre part, opposée aux perspectives architecturales

du Louvre, l'immense avenue aux

feuillages frissonnant comme des drapeaux, qui

monte vers le lointain Arc de Triomphe, le plus

beau, avec Notre-Dame, des monuments de

Paris.

A mesure qu'il avançait vers la Cité, centre

du Londres des affaires, M. Petitpois fut frappé

du peu d'animation qui régnait par là. Mais il

se rappela que le dimanche " sunday " (sannday),

pour la grande cité, comme pour le

reste de l'Angleterre, est un jour mort. Tout

est fermé. On l'avait prévenu à l'hôtel, pour

qu'il pût aller prendre son déjeuner en temps

voulu. Une heure plus tôt ou plus tard, il aurait

trouvé partout porte close.

Il revint sur ses pas, et, au bout d'une demiheure

de marche, se retrouva devant le British

Muséum. Il entra, pour occuper cette fin

d'après-midi. Il traversa des galeries, monta

des escaliers, et finit par arriver dans les

salles des antiquités égyptiennes. Sa curiosité

fut éveillée par la vue des momies, qui, sous

le jour blafard des fenêtres, semblaient tristes

au souvenir du beau soleil sous les chauds

rayons duquel elles s'étaient promenées, le

dimanche et les jours de semaine, avant que les

embaumeurs diligents leur eussent enlevé la

cervelle avec des crochets, et bourré le. ventre

d'aromates. Joseph-Babylas se sentit soudain

tout triste, lui aussi. Et, en même temps, il

éprouva un désir, irrésistible, de sommeil.

C'était peut-être l'effet, tardif, mais d'autant

plus efficace, du sermon entendu dans la

matinée. Il se trouvait, à ce moment-là, dans

une petite salle déserte. Il avisa une chaise,

cachée derrière un sarcophage, et s'y assit,

avec l'idée de s'assoupir quelques minutes

à l'abri des importuns. En moins de temps

qu'il en eût fallu pour l'écrire au crayon rouge,

il dormait, aussi paisiblement que s'il eût eu

la tête sur, en guise de mol oreiller, le ventre

d'un crocodile contemporain de Ramsès ou

de Sésostris.

GABRIEL DE LAUTREC.

EN VENTE PARTOUT

LES PREMIERES A/ENTURES

DU CELEBRE

Un magnifique album en couleur*.

1S francs.

HACHETTE


iiiiiiiin LE l el

JANVIER 1928 JiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiminiiiiiinKiiniiini ■■■iiiiiiiiiHiiiniiiiiiiiiiiiiiiuiiuiii.il 15 iiuiHiiuuiuiiuùuiiiiuiiiiiiiiiiii III.IIIII iimiiiiiiiiiiii ■

LES LOIS DE LA GUERRE

(Suite du texte de la page 7.)

parvint aux derniers avant-postes russes.

Un cosaque à cheval sortit du brouillard.

Deux autres cosaques étaient étendus par

terre, tandis que leurs montures au piquet

mangeaient un peu de foin. En voyant l'officier,

les deux hommes bondirent sur leurs pieds.

— Où va-t-on par là, mes amis ? leur

demanda le major en indiquant le ravin profond

qui s'ouvrait à ses pieds.

— Droit aux lignes ennemies, major.

— Est-ce que vous avez vu les Turcs

aujourd'hui ?

— Pas un seul, major. Ils sont beaucoup

plus calmes, ce matin. Hier, ils tiraillaient

comme des fous, mais, Dieu merci, aujourd'hui

ils nous laissent un peu de répit.

Le major fit signe au prisonnier de le suivre,

et les deux cavaliers commencèrent à descendre

lentement au fond du ravin. Ils n'étaient

pas encore très loin que l'un des cosaques les

rejoignit au galop.

— Eh bien ! qu'y a-t-il ? demanda le major.

f — J'ai cru bon de vous prévenir, major.

Avec ces Turcs, on ne sait jamais ce qui peut

arriver. Et ils ne sont pas très loin d'ici.

— C'est bon, c'est bon. J'ouvrirai l'œil.

— Mais votre prisonnier pourrait s'échapper,

major.

■— Il n'y a pas de danger. Il m'a promis de

m'indiquer les positions turques, et c'est pour

cela que je l'emmène là-bas. Retournez à

votre poste.

Le cosaque obéit, et les deux cavaliers chevauchèrent

pendant longtemps en silence.

Enfin, le major s'arrêta.

— Ecoutez-moi, Mahmud Bey. L'armée

turque n'est pas loin maintenant. Allez-vousen

! Allez à Ândrinople retrouver vos enfants.

Vous ne m'entendez pas ? J'ai des enfants,

moi aussi. Eh bien ! qu'est-ce que vous attendez

? Filez, filez vite. Vous n'avez pas une

minute à perdre. Si vous attendez trop longtemps,

je pourrai me raviser, vous savez. Ah !

ça, vous ne me comprenez donc pas ?

Mahmud Bey semblait littéralement pétrifié.

Seuls, ses yeux papillotaient. Ce qui lui arrivait

était trop compliqué pour qu il pût le comprendre.

— Encore une fois, je vous répète que vous

êtes libre de retourner chez vous, dit le major

en scandant ses paroles.

Enfin, le prisonnier parut comprendre la

merveilleuse vérité. Avant que le major eût le

temps de s'en apercevoir, Mahmud Bey se

pencha, lui saisit la main et la baisa passionnément.

— Ecoutez, Russe ! balbutia-t-il ; vous

m'avez mis sous l'obligation d'une dette dont

je ne pourrai jamais m'acquitter envers vous.

Je ne vous dirai pas que je vous souhaite

d'être un jour prisonnier à votre tour et de

rencontrer un Turc qui soit aussi généreux

que vous. Mais je vous dirai ceci : il n'y a

qu'un seul Dieu. Il peut y avoir différentes

religions, mais Dieu est unique. Eh bien! je

vous jure que moi et mes enfants, tant que nous

vivrons, nous ne cesserons de prier Dieu chaque

jour en le suppliant de vous conserver à vos

enfants comme vous m'avez conservé aux

miens. Puissiez-vous être épargné pendant de

longues et nombreuses années. Adieu, Russe...

adieu.

Puis, comme saisi tout à coup par la crainte

que le major ne vînt, malgré tout, à changer

d'avis, Mahmud Bey frappa vigoureusement

son cheval et s'éloigna avec rapidité.

Avant de faire demi-tour, le major attendit

quelques minutes afin de laisser au Turc le

temps de gagner une bonne avance.

Lorsqu'il revint aux avant-postes russes,

il rencontra ce même cosaque qui avait

couru après lui.

— Vous aviez raison, lui dit le major, le

Turc s'est sauvé.

Le cosaque scruta les yeux du major avec

plus d'insistance que ne le fait ordinairement

un soldat à l'égard d'un supérieur, puis il

répondit :

— Eh bien! on peut lui souhaiter bonne

chance, major. Ce ne sont pas les prisonniers

qui nous manquent.

— Alors ? interrogea le colonel d'un ton

bref, lorsque le major rentra dans la chambre.

— Alors, arrêtez-moi, colonel. J'ai laissé

mon prisonnier s'évader.

Mais, pour toute réponse, le colonel s'élança

à la rencontre de son ami et lui serra chaudement

la main.

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