01.07.2013 Views

Téléchargez le communiqué de presse - France 5

Téléchargez le communiqué de presse - France 5

Téléchargez le communiqué de presse - France 5

SHOW MORE
SHOW LESS

Create successful ePaper yourself

Turn your PDF publications into a flip-book with our unique Google optimized e-Paper software.

Pour<br />

Djamila


Réalisé par Caroline Huppert<br />

Adaptation, scénario et dialogues <strong>de</strong><br />

Caroline Huppert<br />

d’après l’œuvre <strong>de</strong> Simone <strong>de</strong><br />

Beauvoir et Gisè<strong>le</strong> Halimi<br />

Djamila Boupacha,<br />

(éditions Gallimard - 1962)<br />

Produit par Laurence Bachman<br />

Une production Barjac production<br />

Avec la participation <strong>de</strong> <strong>France</strong> Télévisions,<br />

Arte <strong>France</strong> et TV5 Mon<strong>de</strong>.<br />

Directeur <strong>de</strong> production : Laurent Graticola<br />

Directeur <strong>de</strong> la photographie : Bruno Privat<br />

Compositeur : Mathieu Lambo<strong>le</strong>y<br />

Chef décorateur : Régis Nicolino<br />

Ingénieur du son : François Maurel<br />

Unité Fiction <strong>France</strong> 3 : Anne Holmes /<br />

Jean- Francois Luccioni<br />

Pour Djamila<br />

Durant la guerre d’Algérie, Djamila<br />

Boupacha, 22 ans, est arrêtée et avoue la<br />

pose d’une bombe pour <strong>le</strong> compte du FLN.<br />

Interrogée par l’avocate parisienne Gisè<strong>le</strong><br />

Halimi, el<strong>le</strong> revient pourtant sur ses aveux,<br />

qu’el<strong>le</strong> dit obtenus sous la torture. L’Avocate<br />

va alors tout faire pour renvoyer <strong>le</strong> procès,<br />

au terme d’une enquête bâclée par <strong>le</strong><br />

tribunal militaire d’Alger, et éviter à Djamila la<br />

guillotine.<br />

De retour à Paris, Gisè<strong>le</strong> Halimi mobilise<br />

autour <strong>de</strong> Djamila <strong>de</strong>s personnalités <strong>de</strong><br />

première importance : Malraux, Mauriac,<br />

Sagan et surtout Simone <strong>de</strong> Beauvoir, qui<br />

réussit à a<strong>le</strong>rter l’opinion publique. Djamila<br />

est enfin ramenée en <strong>France</strong> pour être<br />

auscultée et jugée. Alors qu’un procès sans<br />

précé<strong>de</strong>nt se prépare et que <strong>de</strong>s actes <strong>de</strong><br />

torture en Algérie vont être reconnus pour la<br />

première fois, <strong>le</strong>s accords d’Evian mettent fin<br />

à la guerre, et tous <strong>le</strong>s militants du FLN sont<br />

libérés.<br />

Parmi eux, Djamila, ramenée en Algérie<br />

par <strong>le</strong>s siens ,où el<strong>le</strong> <strong>de</strong>viendra un symbo<strong>le</strong><br />

<strong>de</strong> l’indépendance et <strong>de</strong> la lutte contre la<br />

torture.<br />

Avec : Marina Hands (Gisè<strong>le</strong> Halimi), Hafsia Herzi (Djamila Boupacha),<br />

Dominique Reymond (Simone <strong>de</strong> Beauvoir), Thomas Jouannet (Clau<strong>de</strong><br />

Faux), Salah Teskouk (Le Père, Ab<strong>de</strong>laziz Boupacha), Zohra Mouffok<br />

(La Mère, Zoubeida Boupacha), Sophia Marzouk (Néfissa)…


Note d’intention<br />

Le 18 mars 2012, il y aura 50 ans<br />

que <strong>le</strong>s accords d’Évian ont marqué<br />

la fin <strong>de</strong> la guerre d’Algérie. En<br />

1960, Gisè<strong>le</strong> Halimi, jeune avocate<br />

française d’origine tunisienne, militait<br />

pour l’indépendance <strong>de</strong> l’Algérie<br />

en défendant <strong>de</strong>s militants du FLN.<br />

C’est ainsi qu’el<strong>le</strong> se retrouve à assurer<br />

la défense <strong>de</strong> Djamila Boupacha,<br />

22 ans, agent <strong>de</strong> liaison du FLN, arrêtée<br />

par <strong>le</strong>s militaires. Sous la torture,<br />

el<strong>le</strong> avoue avoir déposé une bombe<br />

dans un café d’Alger. L’engin explosif<br />

a été désamorcé à temps, sans faire<br />

<strong>de</strong> victime. Le cas <strong>de</strong> Djamila, atrocement<br />

torturée alors que <strong>le</strong> général<br />

<strong>de</strong> Gaul<strong>le</strong> assurait qu’on ne torturait<br />

plus en Algérie, prouvait que l’armée<br />

échappait à tout contrô<strong>le</strong> et que <strong>le</strong><br />

gouvernement laissait faire. Gisè<strong>le</strong><br />

Halimi a<strong>le</strong>rta l’opinion. Grâce à el<strong>le</strong>,<br />

<strong>de</strong>s comités <strong>de</strong> soutien à Djamila<br />

se créèrent dans <strong>le</strong> mon<strong>de</strong> entier, et<br />

Simone De Beauvoir apporta son<br />

ai<strong>de</strong>. Djamila fut transférée en<br />

<strong>France</strong>, et Gisè<strong>le</strong> Halimi obtint que<br />

l’instruction <strong>de</strong> son procès ait lieu<br />

dans <strong>le</strong> cadre <strong>de</strong> la justice civi<strong>le</strong>.<br />

Le but était <strong>de</strong> faire condamner <strong>le</strong>s<br />

militaires qui avaient torturé la jeune<br />

algérienne. Par ce téléfilm, j’ai tenté<br />

<strong>de</strong> restituer <strong>le</strong>s événements au plus<br />

proche <strong>de</strong> la version relatée par<br />

Gisè<strong>le</strong> Halimi dans son ouvrage Dja-<br />

mila Boupacha. J’ai écrit <strong>le</strong> scénario<br />

d’après ce livre et <strong>de</strong>s entretiens<br />

complémentaires avec Maître Halimi.<br />

Les faits se sont déroulés entre 1960<br />

et 1962, et nous avons dû reconstituer<br />

<strong>de</strong> nombreux décors, prisons,<br />

tribunaux, appartements, hôtels, etc…<br />

Ma productrice Laurence Bachman<br />

m’a constamment soutenue, et ce<br />

film lui doit beaucoup. Ensemb<strong>le</strong>,<br />

nous étions d’accord pour rappe<strong>le</strong>r<br />

cet aspect <strong>de</strong>s événements qui ont<br />

abouti à l’indépendance <strong>de</strong> l’Algérie,<br />

et qui montre <strong>le</strong> rô<strong>le</strong> <strong>de</strong>s femmes, tant<br />

du côté du FLN que du côté <strong>de</strong>s milieux<br />

intel<strong>le</strong>ctuels parisiens. Marina<br />

Hands (Gisè<strong>le</strong> Halimi) et Hafsia Herzi<br />

(Djamila Boupacha) ont été tota<strong>le</strong>ment<br />

solidaires <strong>de</strong> l’entreprise, et je <strong>le</strong>s remercie<br />

infiniment d’avoir mis <strong>le</strong>ur magnifique ta<strong>le</strong>nt<br />

au service <strong>de</strong> ce film produit pour <strong>France</strong><br />

Télévisions, où il a été soutenu et défendu<br />

par Anne Holmès et Jean-François<br />

Luccioni. Toute l’équipe technique et<br />

<strong>le</strong>s nombreux comédiens (Dominique<br />

Rémond, Henri Coursault, Arnaud<br />

Bédouet, etc) ont donné <strong>le</strong> meil<strong>le</strong>ur d’euxmêmes,<br />

et je <strong>le</strong>s en remercie. Enfin, je<br />

remercie Maître Gisè<strong>le</strong> Halimi, qui nous a<br />

fait confiance et dont <strong>le</strong>s conseils ont été<br />

précieux.<br />

Caroline Huppert,<br />

1962, <strong>de</strong> l’Algérie frAnçAise à l’Algérie Algérienne<br />

Au moment <strong>de</strong> la date anniversaire <strong>de</strong>s accords d’Evian, en<br />

juil<strong>le</strong>t prochain, <strong>France</strong> 3 diffusera éga<strong>le</strong>ment un documentaire<br />

signé Marie Colonna et Ma<strong>le</strong>k Bensmaïl qui, en 2x64 minutes,<br />

font revivre <strong>le</strong>s semaines séparant <strong>le</strong> cessez-<strong>le</strong>-feu du<br />

19 mars 1962, <strong>de</strong> l’é<strong>le</strong>ction <strong>de</strong> la première Assemblée Nationa<strong>le</strong><br />

Algérienne fin septembre. Français et Algériens y témoignent<br />

<strong>de</strong>s vio<strong>le</strong>nces, <strong>de</strong>s peurs, <strong>de</strong>s espoirs et <strong>de</strong>s désespoirs. Leurs<br />

récits traduisent l’intensité <strong>de</strong> cette pério<strong>de</strong>, fin d’une époque<br />

pour <strong>le</strong>s uns, début d’une histoire à construire pour <strong>le</strong>s autres.


Entretien<br />

avec <strong>de</strong>s comédiennes<br />

inspirées.<br />

Deux rô<strong>le</strong>s déterminants pour <strong>de</strong>ux femmes très déterminées. Marina Hands<br />

(Gisè<strong>le</strong> Halimi) et Hafsia Herzi (Djamila Boupacha) reviennent sur <strong>le</strong>urs personnages<br />

qui forcent <strong>le</strong> respect.<br />

Avant tout, un scenario<br />

Hafsia Herzi : Je n’ai pas hésité une<br />

secon<strong>de</strong> quand on m’a proposé<br />

d’incarner ce personnage parce que<br />

je connaissais l’histoire <strong>de</strong> Djamila<br />

Boupacha. Quand mon agent m’a<br />

appelé pour me dire qu’il avait reçu<br />

un scenario qui évoquait <strong>le</strong> parcours<br />

d’une militante algérienne pendant<br />

la guerre d’Algérie, j’ai tout <strong>de</strong> suite<br />

compris que c’était <strong>de</strong> Djamila qu’il<br />

s’agissait et j’ai été très fière qu’on<br />

me propose ce rô<strong>le</strong>. Je connaissais<br />

aussi <strong>le</strong> travail <strong>de</strong> Caroline Huppert<br />

et quand nous nous sommes rencontrées,<br />

après avoir lue <strong>le</strong> scénario, j’ai<br />

senti que je <strong>de</strong>vais interpréter ce personnage.<br />

Je savais que <strong>le</strong> tournage<br />

se passerait bien : <strong>le</strong>s choses se sont<br />

faites <strong>de</strong> manière naturel<strong>le</strong> et évi<strong>de</strong>nte.<br />

Et puis jouer avec Marina Hands aussi<br />

était impossib<strong>le</strong> à refuser !<br />

Marina Hands : Je lis assez régulièrement<br />

<strong>de</strong>s scénarios mais j’ai trouvé<br />

que celui <strong>de</strong> Pour Djamila était particulièrement<br />

bien construit et fort. J’ai<br />

été captivée <strong>de</strong> la première à la <strong>de</strong>rnière<br />

ligne et j’ai tout <strong>de</strong> suite senti<br />

une réel<strong>le</strong> envie d’incarner <strong>le</strong> rô<strong>le</strong> <strong>de</strong><br />

Gisè<strong>le</strong> Halimi. Jouer ce personnage<br />

me semblait diffici<strong>le</strong> et en règ<strong>le</strong> généra<strong>le</strong>,<br />

plus <strong>le</strong>s choses me semb<strong>le</strong>nt<br />

compliquées, plus j’ai envie d’y al<strong>le</strong>r. Et<br />

au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> cette figure exceptionnel<strong>le</strong><br />

que j’admire beaucoup, j’ai tout <strong>de</strong><br />

suite compris que cette histoire allait<br />

me réveil<strong>le</strong>r. Parfois on s’endort avec<br />

<strong>de</strong>s projets, mais là, c’était fort, immédiat<br />

et évi<strong>de</strong>nt !<br />

Des actrices très bien<br />

enrôlées…<br />

Hafsia Herzi : J’ai regardé un film sur la<br />

guerre d’Algérie, j’ai bien entendu lu <strong>le</strong><br />

livre <strong>de</strong> Gisè<strong>le</strong> Halimi Pour Djamila. Puis<br />

j’ai cherché d’autres informations sur<br />

internet ou à la bibliothèque, mais j’ai été<br />

surprise par <strong>le</strong> peu <strong>de</strong> renseignements<br />

qu’on pouvait recueillir. Certes, el<strong>le</strong> a<br />

été connue à une époque mais <strong>de</strong>puis,<br />

el<strong>le</strong> n’a pas été, étonnamment, <strong>le</strong> sujet <strong>de</strong><br />

beaucoup d’ouvrages.<br />

Marina Hands : Je connaissais assez<br />

mal cette partie <strong>de</strong> l’histoire <strong>de</strong> la<br />

<strong>France</strong> mais j’avais envie <strong>de</strong> rendre<br />

compte <strong>de</strong> l’implication <strong>de</strong> Gisè<strong>le</strong><br />

Halimi à cette époque. Beaucoup <strong>de</strong><br />

gens connaissent sa défense du féminisme,<br />

<strong>le</strong> procès <strong>de</strong> Bobigny, mais<br />

tous ne savent pas quel a été son


combat auprès <strong>de</strong>s indépendantistes<br />

pendant la guerre d’Algérie. Il fallait vraiment<br />

que ce soit une vocation profon<strong>de</strong><br />

pour oser risquer sa vie pour secourir<br />

<strong>le</strong>s opprimés! J’ai aussi lu <strong>le</strong>s récits<br />

autobiographiques qu’el<strong>le</strong> avait écrits<br />

pour m’en inspirer et j’ai été fascinée<br />

par son extrême féminité. Tous <strong>le</strong>s gens<br />

qui l’ont côtoyée ont été frappés par sa<br />

douceur et son élégance, sa distance<br />

naturel<strong>le</strong> et sa gran<strong>de</strong> tendresse. Sa revendication<br />

n’a pas déteint sur son être.<br />

J’ai beaucoup aimé aussi chez cette<br />

femme sa constante retenue. El<strong>le</strong> s’est<br />

construite, el<strong>le</strong> s’est raidie — peut-on<br />

lire dans un <strong>de</strong> ses livres — en ne supportant<br />

plus <strong>le</strong>s effusions <strong>de</strong> sa mère<br />

explosive qui manifestait <strong>de</strong>s émotions<br />

qui, selon el<strong>le</strong>, étaient trop excessives.<br />

Pour Gisè<strong>le</strong> Halimi, il n’est pas question<br />

<strong>de</strong> s’épancher au-<strong>de</strong>là d’une certaine<br />

limite.<br />

Les combats<br />

Hafsia Herzi : J’ai été très bou<strong>le</strong>versée<br />

par <strong>le</strong> combat que menait mon personnage<br />

et j’ai été très admirative <strong>de</strong> tant <strong>de</strong><br />

déterminisme et <strong>de</strong> courage. El<strong>le</strong> n’avait<br />

que 22 ans quand el<strong>le</strong> a subi ces tortures,<br />

la solitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la prison, l’attente <strong>de</strong> son<br />

procès, la peur d’être guillotinée… Pendant<br />

tout <strong>le</strong> tournage, j’étais p<strong>le</strong>ine <strong>de</strong><br />

doutes, je craignais <strong>de</strong> la décevoir, <strong>de</strong> ne<br />

pas être à la hauteur <strong>de</strong> cette femme ex-<br />

ceptionnel<strong>le</strong>. Je crois que je ne me suis<br />

jamais sentie rassurée ou confiante.<br />

C’est son engagement politique qui lui<br />

a permis <strong>de</strong> tenir pendant ces années<br />

d’emprisonnement.<br />

Marina Hands : Comme je l’ai dit, il y<br />

a quelque chose <strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> la vocation<br />

chez Gisè<strong>le</strong> Halimi. Pour moi, c’est<br />

mystérieux et en même temps clair<br />

,mais c’est aussi très troublant d’incarner<br />

cette femme capab<strong>le</strong> d’empathie<br />

naturel<strong>le</strong> pour ceux qui n’ont pas<br />

d’armes pour s’en sortir seuls. Ce besoin<br />

<strong>de</strong> défendre est chez el<strong>le</strong> puissant<br />

et cette aptitu<strong>de</strong> force <strong>le</strong> respect… Je<br />

ne sais pas si j’ai été à la hauteur mais<br />

j’ai été très intimidée par ce projet et<br />

Le féminisme est<br />

pour moi un combat<br />

du quotidien et ne<br />

<strong>de</strong>vrait plus être un<br />

engagement politique.<br />

«<br />

»<br />

par cette gran<strong>de</strong> dame que je <strong>de</strong>vais<br />

incarner.<br />

Des points communs ?<br />

Hafsia Herzi : Je suis à moitié algérienne<br />

et je suis jeune. En <strong>de</strong>hors <strong>de</strong><br />

cela, je ne crois pas avoir beaucoup<br />

<strong>de</strong> choses en commun avec Djamila.<br />

Je ne me sens pas aussi courageuse<br />

ou déterminée qu’el<strong>le</strong>, et je n’ai pas<br />

d’engagement politique. Et je suis persuadée<br />

que <strong>le</strong>s femmes <strong>de</strong> la génération<br />

<strong>de</strong> Djamila ou <strong>de</strong> ma mère sont<br />

beaucoup plus fortes que <strong>le</strong>s femmes<br />

d’aujourd’hui. La vie me semb<strong>le</strong> plus<br />

faci<strong>le</strong> et plus légère <strong>de</strong> nos jours. Ou<br />

peut-être est-ce parce que j’ai <strong>de</strong> la<br />

chance et que je me sens protégée.<br />

Marina Hands : Sincèrement, je n’oserai<br />

pas me comparer ou trouver <strong>de</strong>s<br />

points communs avec Gisè<strong>le</strong> Halimi. Je<br />

ne me suis jamais posée la question…<br />

J’ai toujours fait ce travail pour rendre<br />

compte d’une personne ou d’une naissance<br />

<strong>de</strong> quelque chose que je capturai,<br />

mais j’ai laissé <strong>le</strong> soin à Caroline<br />

Huppert d’avoir confiance dans ce que<br />

je pouvais apporter ou non…<br />

Je me sens une fibre féministe mais<br />

d’un point <strong>de</strong> vue personnel, je ne vois<br />

pas très bien dans <strong>le</strong>s engagements<br />

politiques actuels où cette position<br />

féministe aurait une place importante.<br />

Le féminisme est pour moi un combat


du quotidien et ne <strong>de</strong>vrait plus être un<br />

engagement politique. Lorsqu’on est<br />

une actrice, on <strong>de</strong>vient vite un objet et<br />

on peut être aussi assez rapi<strong>de</strong>ment<br />

manipulée. Il faut savoir ne pas se laisser<br />

faire, c’est donc ce que j’essaie <strong>de</strong><br />

réussir à mon petit niveau…<br />

Duo <strong>de</strong> cœur<br />

Hafsia Herzi : Jouer avec Marina a<br />

été pour moi une très bel<strong>le</strong> aventure<br />

parce qu’el<strong>le</strong> était généreuse et magnifique.<br />

J’étais p<strong>le</strong>ine d’admiration<br />

<strong>de</strong>vant sa concentration dans son travail.<br />

C’est une très jolie rencontre.<br />

Marina Hands : J’ai adoré Hafsia et<br />

j’avais confiance en el<strong>le</strong>. Nous avi-<br />

ons <strong>de</strong>s scènes diffici<strong>le</strong>s à jouer,<br />

nous étions très concentrées et nous<br />

avions assez peu <strong>de</strong> temps pour tourner<br />

— j’ai d’ail<strong>le</strong>urs beaucoup aimé ce<br />

rythme — nous étions très proches<br />

l’une <strong>de</strong> l’autre et je crois qu’à la fin,<br />

j’étais assez protectrice avec el<strong>le</strong>.<br />

Les scènes marquantes<br />

Hafsia Herzi : Ce sont <strong>le</strong>s scènes <strong>de</strong><br />

torture qui ont été <strong>le</strong>s plus diffici<strong>le</strong>s<br />

à vivre pour moi. Nous avons beaucoup<br />

répété avec <strong>le</strong>s casca<strong>de</strong>urs et<br />

ceux qui jouaient <strong>le</strong>s rô<strong>le</strong>s <strong>de</strong>s tortionnaires,<br />

pour chorégraphier tous<br />

<strong>le</strong>s mouvements. Pour ne pas nous<br />

faire mal et pour être <strong>le</strong> plus crédib<strong>le</strong><br />

possib<strong>le</strong>. Mais au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> la mise en<br />

scène, jouer une femme qui se fait<br />

martyriser est très perturbant, parce<br />

qu’on a sans cesse en tête que ces<br />

persécutions ont réel<strong>le</strong>ment existé. Je<br />

ne pensais pas que je serai à ce point<br />

choquée par ces scènes.<br />

Marina Hands : La première plaidoirie<br />

est une scène très forte qui m’a<br />

beaucoup marquée et je me suis prise<br />

au jeu. Il y avait beaucoup d’hommes<br />

et j’ai éprouvé la difficulté d’être une<br />

femme face à ces militaires, à toute<br />

cette gente masculine. D’autres<br />

scènes ont été plus libératrices. Je<br />

pense à cel<strong>le</strong> où, vers la fin du film,<br />

je vais chercher Djamila en prison et<br />

nous sortons ensemb<strong>le</strong>. C’était très agréab<strong>le</strong><br />

<strong>de</strong> sourire, <strong>de</strong> la prendre dans <strong>le</strong>s bras… Tout<br />

à coup, j’ai senti un souff<strong>le</strong>, une émotion très<br />

forte, comme une libération.<br />

La pério<strong>de</strong> troub<strong>le</strong><br />

Hafsia Herzi : J’avais l’impression <strong>de</strong><br />

connaître déjà pas mal <strong>de</strong> choses sur la<br />

guerre d’Algérie, mais en me plongeant dans<br />

<strong>le</strong> contexte du film, j’ai découvert d’autres<br />

aspects. Certains m’ont beaucoup choquée.<br />

C’est important <strong>de</strong> ne pas oublier…<br />

Marina Hands : Je ne savais rien <strong>de</strong> précis<br />

sur <strong>le</strong>s événements qui se sont déroulés<br />

pendant la guerre d’Algérie. Je n’avais pas<br />

connaissance non plus <strong>de</strong>s avocats parisiens<br />

qui sont allés défendre <strong>le</strong>s agents du<br />

FLN, qui faisaient <strong>le</strong> voyage dans l’objectif<br />

d’al<strong>le</strong>r jusqu’au bout <strong>de</strong> <strong>le</strong>ur engagement.<br />

Gisè<strong>le</strong> Halimi n’était pas la seu<strong>le</strong> dans ce<br />

cas. Je ne savais pas non plus à quel point<br />

<strong>le</strong> débat était vio<strong>le</strong>nt en <strong>France</strong> à cette<br />

époque. Grâce à ce film, j’ai appris beaucoup<br />

<strong>de</strong> choses. Peut-être n’étais-je pas légitime<br />

pour incarner ce personnage, parce que je<br />

ne venais pas d’une famil<strong>le</strong> touchée <strong>de</strong> près<br />

par la guerre d’Algérie, mais j’ai eu envie <strong>de</strong><br />

transmettre <strong>le</strong> souvenir <strong>de</strong> ces combats.<br />

Savoir que grâce à cette fiction, davantage<br />

<strong>de</strong> personnes connaitront cette pério<strong>de</strong><br />

troub<strong>le</strong> <strong>de</strong> l’histoire m’a motivé. Il y a encore<br />

beaucoup <strong>de</strong> tabous, évoquer cette guerre<br />

résonne encore chez beaucoup <strong>de</strong> gens<br />

comme quelque chose <strong>de</strong> vibrant…


Édité par la direction <strong>de</strong> la communication – janvier 2012<br />

Directeur <strong>de</strong> la publication : Rémy Pflimlin<br />

Directrice <strong>de</strong> la communication <strong>de</strong> <strong>France</strong> 3 : Valérie Manzic<br />

Responsab<strong>le</strong> du service <strong>de</strong> <strong>presse</strong> et <strong>de</strong> la promotion : Céci<strong>le</strong> Chemin<br />

Directeur délégué du Studio : Eric Martinet<br />

Responsab<strong>le</strong> éditoria<strong>le</strong> : Noël<strong>le</strong> Corbefin<br />

Responsab<strong>le</strong> du service rédaction : Béatrice Dupas-Cantet<br />

Responsab<strong>le</strong> du service PAO : Nathalie Autexier<br />

Responsab<strong>le</strong>s du service photo : Violaine Petite<br />

Responsab<strong>le</strong> <strong>de</strong> la direction artistique : Philippe Baussant<br />

Rédaction : Agnès Juglar<br />

Conception graphique : Marnya Ghomdi<br />

Photos : Aurelien FAIDY/Autofocus-prod/BARJAC<br />

Imprimeur :<br />

CONTACT PRESSE<br />

Céline Barre<strong>le</strong>t<br />

01 56 22 75 20<br />

06 23 51 62 29<br />

celine.barre<strong>le</strong>t@francetv.fr

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!