L'homme au complet m..

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L'homme au complet m..

à Kimberley en ce temps-là. De la sorte, les soupçons se dirigeaient contre eux.

— Très malin, approuva le comte.

— Le colonel est toujours malin. Moi non plus, je n’ai pas été bête. J’ai bien joué mon rôle, mais j’ai

gardé quelques-uns des cailloux, un ou deux sont uniques en leur genre, et il est facile de prouver qu’ils

n’ont jamais passé par les mains de De Beer. Avec ces diamants, je tiens mon cher patron dans le creux

de ma main. Une fois les deux jeunes gens innocentés, son rôle dans l’affaire est facile à prouver. Je n’ai

rien dit toutes ces années, je me contentais de garder cette arme en réserve. Maintenant mon heure est

venue et je me ferai payer. Je ne crains pas de dire que mon prix sera exorbitant.

— Très bien manigancé, dit le comte. Et sans doute, vous portez toujours ces diamants sur vous ?

Ses yeux, doucement, inspectaient la loge.

Nadine eut un petit rire.

— Pas si bête. Les diamants sont en lieu sûr, où personne n’aura l’idée de les chercher.

— Je vous sais fort intelligente, chère amie, mais permettez-moi de vous dire que je vous crois un peu

emballée. Le colonel n’est pas de ceux qu’on peut faire chanter.

— Je n’ai pas peur de lui. Le seul homme dont j’ai eu peur est mort.

— Espérons, fit-il en riant, qu’il ne ressuscitera pas.

— Que voulez-vous dire ? s’exclama-t-elle violemment.

Il la regarda surpris de son émotion.

— Je voulais dire par plaisanterie, qu’une résurrection pareille ne ferait pas votre affaire, dit-il.

Elle eut un soupir de soulagement.

— Oh ! non, il est mort, bien mort. Tué à la guerre. Cet homme m’a jadis aimée.

— En Afrique du Sud ? interrogea le comte d’un ton négligent.

— Précisément.

— C’est votre pays natal, n’est-ce pas ?

Elle fit un signe affirmatif. Le visiteur se leva et prit son chapeau.

— Allons, fit-il, vous voyez clair dans vos propres affaires, mais si j’étais vous, je craindrais le

colonel bien plus qu’un amoureux déçu. Ce patron, sachez-le bien, est un homme qu’il est trop facile de

sous-estimer.

La danseuse eut un rire méprisant.

— Comme si je ne le connaissais pas ! Après tant d’années.

— Le connaissez-vous vraiment ? Je me le demande, dit-il doucement. Cela m’étonnerait.

— Je ne suis vraiment pas si enfant que vous semblez le croire. Je ne me suis pas embarquée seule làdedans.

Le paquebot qui vient de l’Afrique du Sud arrive demain à Southampton, et à bord il y a un

homme venu de là-bas sur mon ordre et que j’ai chargé de certaines missions. C’est à nous deux que le

colonel aura affaire.

— Est-ce bien sage ?

— C’est indispensable.

— Êtes-vous sûre de cet homme ?

Un sourire bizarre effleura les lèvres de la danseuse.

— Absolument sûre. Il ne brille pas par l’intelligence, mais on peut se fier à lui.

Elle s’arrêta un instant, puis, sur un ton d’indifférence complète, ajouta :

— Au fait, c’est mon mari.

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