Télécharger la revue - Église Catholique d'Algérie

eglise.catholique.algerie.org

Télécharger la revue - Église Catholique d'Algérie

pax

concordia

Premier trimestre 2013 - n° 13 Revue de l’église catholique d’Algérie

Un nouvel évêque

à Oran !

Promenade à Timimoun

Les catholiques et les autres religions

Sub-Saharan Migrants and Refugees


03 éditorial et mot de la rédaction

Apprendre l’alphabet de Dieu,

par S. Zoccarato

Lettre des étudiants de l’UDT

05 église universelle

Brèves

Le dernier synode des évêques,

par P. Desfarges

06 église au Maghreb

CERNA, communiqué

08 Année de la foi

Nostra Aetate : du neuf avec les autres

religions, par G. Sawadogo

Interview d’A. Benchekor

11 Dialogue

« Heureux d’être en Algérie », témoignage

de J. Kawisha

Je termine la lecture de Pax

Concordia reçu il y a déjà

quelques jours. Et j’applaudis !

Très bel éditorial, beaux

textes à méditer, présentation

exemplaire. Revue vivante,

joyeuse. Amitié.

N.B. : Nous nous réabonnons.

Très bien pour le bulletin joint.

Janine, de Strasbourg

Le dernier Pax et Concordia était comme les

précédents, passionnant de la première à la dernière

page. Le dossier sur l’agriculture présenté par

E. Auphan vraiment remarquable, et plein d’espoir.

Le témoignage de Sofiane qui rend hommage à

son « père en apiculture » Robert. Bien connus tous

deux lorsqu’ils venaient livrer leur miel à la Maison

diocésaine.

Vraiment merci à toute l’équipe qui œuvre pour nous

transmettre ces infos de qualité, présentées de façon

attrayante et belle.

Un ancien d’Alger

13 Dossier

Promenade à Timimoun,

par P. et A. de Boissieu

21 Trois mois en bref

L’Algérie au fil des jours, par G. de Bélair

22 Regard sur l’Algérie

Sub-Saharan Migrants and Refugees,

par A. Galea Debono

24 Actualité des diocèses

28 Des livres à lire

D. Bencheikh, E. Lacida, Ph. Thiriez et al,

L. Brousse

31 Bloc-notes

et bulletin d’abonnement

avec une affiche Pax et

Concordia en pages centrales

Présentation de l’artiste

Oussama Bounouara est l’auteur des œuvres qui

illustrent les couvertures de ce numéro.

Il est né en 1981 à Batna, capitale des Aurès.

Ancien élève de l’École Supérieure des Beaux-Arts

d’Alger, diplômé en psychologie clinique avec un

mémoire sur la musicologie et l’anxiété, il travaille

aujourd’hui comme plasticien designer.

Plusieurs expositions et participation dans des

événements nationaux et internationaux.

Pour voir ses œuvres et le contacter :

http://oussamart-psycho.blogspot.com

http://www.artmajeur.com/oussamart

http://www.artactif.com/bounouara

http://www.amalthee.org


P. Silvano Zoccarato

Touggourt

Apprendre l’alphabet de dieu

Le mystique musulman El-Suyûtî, mort en 1505, raconte ceci : « On dit

de Jésus le fils de Marie que, quand sa mère l’a envoyé à l’école pour

y parfaire son instruction, le maître lui a dit : - Écris Bismillah. Jésus lui

répondit : - Que veut dire Bism ? Le maître répondit : - Je ne sais pas. Alors

Jésus dit : - La lettre ba signifie la Splendeur de Dieu ; sin sa Sublimité ;

mim son Règne. Et il poursuivit tout l’alphabet en énonçant chacun des beaux noms

divins : Miséricordieux, Clément, Omniscient, Vrai, etc. »

Il est intéressant de relever quel visage de Jésus est montré dans cet écrit et dans

beaucoup d’autres de certains sages musulmans. Ici prévaut celui du prophète et

du sage, le maître sur la montagne. Dans d’autres écrits est davantage mis en valeur

le visage de l’ascète ou du thaumaturge.

Quelquefois, au fil des conversations avec des amis musulmans, les noms d’Issa

(Jésus) et de Meriem (Marie) sont mentionnés, avec estime et affection, signe qu’ils

sont bien vivants dans les mémoires et les cœurs.

Jésus nous aidera à nous comprendre.

C’est pour moi source d’espérance d’une compréhension mutuelle entre

christianisme et islam. Jésus nous aidera à nous comprendre. Parce qu’il est l’un des

prophètes de l’islam, et qu’il parle encore, y compris aux croyants de l’islam.

Pour nous chrétiens, Jésus, le Fils unique de Dieu, n’a pas seulement parlé de

Dieu, mais il nous l’a fait voir et entendre. Lui, Jésus, le Miséricordieux, le Clément,

l’Omniscient, le Vrai. Non seulement il énonce l’alphabet de Dieu, mais il est luimême

l’alphabet du Père. C’est en lui que nous comprenons Dieu. La première

lettre et parole de l’alphabet chrétien est Bethléem où Jésus a commencé à sauver

le monde par la seule force de l’amour.

Chers amis, comme je voudrais que tous ensemble, chrétiens et musulmans, nous

nous rendions à Bethléem pour regarder cet enfant les yeux dans les yeux. Il nous

enseignerait encore l’alphabet de Dieu.

Bienvenue à Jean-Paul Vesco,

nouvel évêque d’oran !

Le 1er décembre 2012, Benoît XVI a nommé le frère Jean-Paul Vesco

évêque d'Oran, où il succède à Mgr Alphonse Georger.

Jean-Paul Vesco est né à Lyon en 1962. Diplômé en droit, il a exercé

la profession d'avocat pendant sept ans avant de s'engager chez les

Dominicains en 1995. Ordonné prêtre le 24 juin 2001, il arrive dans

le diocèse d’Oran en 2002, au couvent dominicain de Tlemcen, répondant

ainsi à l'appel de son ordre à refonder une présence dominicaine, six ans après

l'assassinat de Mgr Pierre Claverie.

En 2005, il est nommé vicaire général du diocèse.

En janvier 2011, élu prieur provincial des Dominicains de France, il doit quitter

l'Algérie pour s'installer à Paris.

C’est une grande joie de le voir revenir en Algérie dans ce nouveau ministère.

Ordination épiscopale vendredi 25 janvier 2013 à 14h00 en la cathédrale

d'Oran

P. Silvano Zoccarato, PIME

Mgr Jean-Paul Vesco

évêque d'Oran

pax concordia

édito


Lettre des étudiants de l’UDT

Chère Église d’Algérie,

Nous, étudiants de différents pays d’Afrique, ayant participé à l’Université d’été (l’UDT) 2012, à la fin de notre session,

nous aimerions vous partager nos sentiments envers l’Église.

Nous rendons grâce au Seigneur qui nous a donné de découvrir une Église qui, pour nous, incarne une véritable

famille. Nous la remercions, cette Église, pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle fait à travers les différentes rencontres

et moments de partage (sessions d’été, récollections, etc.) qui nous permettent de grandir dans la foi, de renforcer

nos liens et de grandir aussi bien au point de vue spirituel que social.

L’Église se montre présente dans notre quotidien à travers ses gestes de solidarité et de soutien.

Son œcuménisme permet l’épanouissement dans leur foi des chrétiens issus de différentes dénominations.

A la fois source de joie, d’inspiration, de bonheur et de motivation, que serait notre vie sans elle ?

Pour renforcer cette communion nous sommes disposés à faire don de nos talents, de notre temps pour l’édification

de cette Église, pour témoigner du Christ dans cette société. Vivre pleinement notre vie chrétienne est le meilleur

cadeau que nous puissions offrir à l’Église.

De notre Église nous attendons la rencontre avec nos frères chrétiens algériens et des lieux d’accueil pour les étudiants

qui transitent par des wilayas où il n’y a personne pour les accueillir.

De nouveau, « MERCI » à notre Église. Que Dieu la bénisse !

Alger, le 1er août 2012

Souleymane, Trésor, Esther, Noëlle, Russel, Richy, Alexis, Olivia, Barbara, Élisée,

Romain, Christiane, Edmond, Martial, Mondésir, Parfait, Josias, Audrine, Nestor,

Robert, Bernard, Mustafa, Émile, Narcisse, Bénita, Larry, Michaël, Bertrand, Parfait

Le mot de la rédaction

Quoi de neuf dans ce numéro ?

D’abord la couverture. Après les dessins de Reno

Marca, les couvertures de cette année seront illustrées

par de jeunes artistes d’Algérie. On commence avec

Oussama Bounouara. Merci à lui, merci à eux de nous

partager leurs œuvres. Si leur style vous plait, vous

pourrez visiter leur site, les contacter…

Ensuite le maquettiste. Raphaël est reparti dans

les Ardennes avec son épouse et leurs enfants, après

deux années comme volontaire international avec la

Délégation Catholique à la Coopération. Il a hautement

contribué à la qualité de notre revue et nous l’en

remercions. Bienvenue à Lamia qui prend le relais !

Et encore l’affiche au centre de ce numéro,

que vous pourrez placer là où cela vous semble bon,

pour le plaisir des yeux, et éventuellement pour le

renouvellement de nos lecteurs. N’hésitez pas à nous

indiquer les coordonnées de personnes susceptibles

d’être intéressées pour recevoir Pax et Concordia.

L’éditorialiste enfin. Dans l’attente de lire le nouvel

évêque d’Oran, nous avions confié cet éditorial au

père Silvano, curé de Touggourt. Vous comprendrez

pourquoi il a dû être bref !

La parole aux jeunes. Les participants à l’Université

d’été ont rédigé une « Lettre à l’Église d’Algérie »

(p. 4). Deux jeunes pères blancs de Tizi-Ouzou nous

donnent l’un une introduction à Nostra Aetate, le

texte du Concile sur les relations avec les religions

non-chrétiennes (Guy p. 8), et l’autre son témoignage

(Jones p. 11).

L’oasis rouge. Patrick et Anne de Ghardaïa nous

partagent dans le dossier leur coup de cœur pour

Timimoun, ses paysages et les richesses humaines qui

s’y déploient. Ils y ont emmené leurs enfants et petitsenfants.

Laissez-vous entraîner vous aussi, par leurs

photos et leur plume !

Merci à eux, et bonne année à tous !


Voyage de Benoît XVi au liban

Lors de son voyage au Liban (septembre

2012), le pape a eu devant les autorités

politiques et religieuses des mots

dérangeants pour appeler à la paix :

« Nous devons être bien conscients que

le mal n'est pas une force anonyme qui agit dans

le monde de façon impersonnelle et déterministe.

Le mal, le démon, passe par la liberté humaine, par

l'usage de notre liberté. Il cherche un allié, l'homme.

Le mal a besoin de lui pour se déployer. (…) Mais il

est possible de ne pas se laisser vaincre par le mal

et d'être vainqueur du mal par le bien. C'est à cette

conversion du cœur que nous sommes appelés. (...)

Cette conversion est particulièrement exigeante : il

s'agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses

torts, d'accepter les excuses sans les rechercher, et

enfin de pardonner. Car seul le pardon donné et reçu

pose les fondements durables de la réconciliation et

de la paix pour tous. »

« Parler de pardon n'est pas si évident pour les

Libanais ou les Syriens. Accepter que le meurtrier

d'un membre de sa famille soit un frère qu'il faut

aimer, c'est très dur », expliquait le père Samir Khalil.

Le pardon des offenses et la conversion du cœur

de chacun sont un défi d'autant plus grand que la

culture méditerranéenne est marquée par la force

de la sujétion au clan religieux ou familial, la logique

de la vendetta, les codes d'honneur. (source : Jean

Mercier, La Vie)

« Au-delà des manifestations extérieures, la chose la plus

importante de la visite est que les Libanais musulmans

aient accueilli Benoît XVI non pas comme l’invité de leur

voisins chrétiens, mais comme quelqu’un qui venait

aussi pour eux. »

Ibrahim Shamseddine, président d’une fondation

cultuelle chiite.

« La présence du Pape parmi nous nous pousse à

nous engager davantage dans la connaissance du

christianisme. Il nous a donné l’envie de mieux connaître

la religion chrétienne. »

Hisham Nashabe, président de l’association

philantropique islamique Makassed.

Brèves

l’exhortation apostolique pour le

Moyen-orient

L’exhortation apostolique pour le Moyen-

Orient, signée par le pape à Harissa (Liban),

insiste sur la relance de l’œcuménisme,

le dialogue interreligieux et la nécessité

d’une « saine laïcité », thèmes qui

dépassent les frontières de la région et intéressent

toute l’Église. Sont réaffirmées l’importance du

lien avec le judaïsme - chose jamais acquise dans

le contexte du Moyen-Orient - et la nécessité d’un

rapport positif avec les croyants musulmans. Le

Pape affirme que les chrétiens orientaux « se sont

laissés interpeller par la religiosité des musulmans ».

Cette idée d’interpellation pourrait être une clé pour

structurer d’une nouvelle manière les rapports avec

l’autre croyant. Mais, pour ce faire, il faut éliminer

la violence du terrain, « en libérant la religion du

poids de la politique », en protégeant les droits

fondamentaux de tous, en particulier ceux des

femmes, et en agissant de manière déterminée pour

la liberté religieuse. (source : Oasis)

les catholiques égyptiens lancent une

nouvelle chaîne de télévision

Le projet couve depuis plusieurs années,

mais la difficulté d'unir les sept rites

catholiques pratiqués sur le sol égyptien

dans un désir commun a pris du temps.

Mais cette fois, ça y est : Salam, la chaîne

de télévision catholique égyptienne, verra le jour

au cours de cette année 2013. Comme l'explique le

vicaire apostolique d'Alexandrie, Mgr Adel Zaki, « en

Égypte, notre identité catholique n'est souvent pas

distinguée de celle des coptes orthodoxes et des

protestants qui disposent de nombreux réseaux

médiatiques. Dans la situation égyptienne actuelle,

il nous semble utile de disposer d'un instrument afin

de montrer à tous la richesse du regard catholique,

y compris dans le domaine de la Doctrine sociale.

C'est un petit rêve que nous voulons réaliser en

toute humilité, en tant que contribution à l'unité des

chrétiens et de tous les Égyptiens. » (source : agence

Fides)

pax concordia

église uniVerselle


église uniVerselle

6

synode sur la nouvelle évangélisation

La foi doit devenir en nous flamme de l’amour

Mgr Paul Desfarges était délégué des évêques d’Afrique du Nord au synode

ouvrant l’Année de la foi, au mois d’octobre 2012. Il partage ici cette expérience.

Ce fut un vrai bain de catholicité. J’ai été

souvent ému d’entendre les témoignages

rendus au Christ dans toutes les parties du

monde et dans des situations si diverses.

Le feu de Pentecôte n’est pas éteint !

Pour moi le ton a été donné par la méditation

improvisée du Saint-Père lors de la première rencontre.

Je ne l’avais jamais entendu parler avec cette énergie

intérieure. Permettez

quelques citations :

« Dieu (…) est entré

dans l’histoire. Jésus est

sa Parole… L’Église ne

commence pas avec notre

"faire", mais avec le "faire"

et le "parler" de Dieu… Au

temps de Jésus, le terme

evangelium désigne un

message impérial. Il sera

repris par l’évangéliste

Luc pour signifier que le

vrai empereur est Celui

qui vient de naître à Bethléem. » Puis le Saint-Père

développera deux termes qui explicitent notre action

à nous : confessio et caritas. La confessio est la première

colonne de l’évangélisation, la seconde est la caritas.

Cet amour c’est l’ardeur, c’est la flamme. Origène nous

a transmis un logion du Seigneur : « Celui qui est près

de moi est près du feu. » La foi doit devenir en nous

une flamme de l’amour qui allume réellement mon

être et ainsi mon prochain et tous les autres. Ainsi le

ton du Synode était donné.

Avec 350 participants, l’écoute de chacun demandait

beaucoup d'attention à cause des traductions et parce

que les thèmes abordés étaient très variés. C'est bien la

même Église qui porte témoignage au même Seigneur

dans des cultures, langues, contextes si divers.

Sur des sujets qui nous concernent plus directement,

j’ai pu apporter davantage ma contribution. Sur

l’inculturation par exemple, voici une partie de la

proposition 5 : La nouvelle évangélisation requiert

une attention particulière à l'inculturation de la foi qui

peut transmettre l'évangile dans sa capacité à valoriser

ce qui est positif dans toutes les cultures, tout en les

purifiant des éléments qui sont contraires à la pleine

réalisation de la personne selon le plan de Dieu révélé

dans le Christ. Et sur le dialogue interreligieux, voici

le début de la proposition 53 : Le dialogue avec tous

les croyants fait partie de

la nouvelle évangélisation.

L'Église invite en particulier

les chrétiens à persévérer et

à intensifier leurs relations

avec les musulmans selon

l'enseignement de la

déclaration Nostra Aetate.

Malgré les difficultés, ce

dialogue doit se poursuivre.

Il dépend toujours de

la formation adéquate

des partenaires, de leur

fondement ecclésial

authentique comme chrétiens et d’une attitude de respect

de la conscience des personnes et de la liberté religieuse

pour tous (…).

Les groupes linguistiques ont produit quelque

trois cents propositions. Après tout un processus,

cinquante-neuf ont été adoptées à partir desquelles

le Saint-Père rédigera une exhortation apostolique le

moment venu.

Le message final reflète assez bien le climat de

confiance et d’espérance du Synode. J’ai senti une

Église qui pouvait se remettre en question, loin de

tout esprit de croisade, une Église humble qui désire le

dialogue. La Samaritaine, choisie comme figure de la

nouvelle évangélisation, invite l’Église « à s’asseoir aux

côtés des hommes et des femmes de notre temps ».

+ Mgr Paul Desfarges

évêque de Constantine et Hippone


Conférence des évêques de la région

La Conférence des Évêques de la Région Nord

de l’Afrique (CERNA) s'est réunie du 18 au

21 novembre 2012. Y ont pris part tous les

évêques et leurs collaborateurs ainsi que

l'administrateur apostolique de Laayoune,

à l'exception de Mgr Giovanni Martinelli, vicaire

apostolique de Tripoli, convalescent. Le père Jean-Louis

Barrain, vicaire général de Nouakchott, et Mgr Domenico

Mogavero, notre hôte, ont participé à nos travaux. (…)

Cette conférence s'est tenue à Mazara del Vallo (Sicile). La

Sicile est traditionnellement un carrefour de migrations,

avec une présence notable de musulmans, et le diocèse

de Mazara del Vallo, jumelé avec celui de Tunis, est très

actif tant dans le dialogue avec l'islam que dans l'accueil

des migrants.

Regardant avec foi et espérance l'évolution des pays du

Maghreb depuis un an, la CERNA constate que les trois

défis (religieux, politique et socio-économique) qu'elle a

relevés en novembre 2011 sont toujours actuels, mais les

transitions se révèlent plus complexes et douloureuses

qu'on ne pouvait le prévoir. La situation chez notre

voisin du sud, le Mali, la difficile reconstruction de la

Libye, l'incertitude du lendemain dans le processus de

transition en Tunisie en sont des signes évidents.

Beaucoup d’aspirations et d’interrogations en

Méditerranée

La tenue de cette CERNA en Sicile, au cœur de la

Méditerranée, souligne l'urgence du dialogue des

1 Le texte complet est disponible sur le site eglisecatholique-algerie.org

nord de l'Afrique (CernA)

Communiqué final - extraits 1

cultures, des civilisations et des religions, entre les trois

rives de cette mer. Beaucoup d'aspirations, mais aussi

d'interrogations saisissent les peuples du pourtour

méditerranéen, et la guerre en Syrie, la situation au

Nord-Mali, l'extrémisme de certains groupes religieux

intensifient les migrations forcées et renforcent

ces craintes. Mais nous faisons quotidiennement

l'expérience de la fécondité de la connaissance mutuelle,

du dialogue de vie, dans le respect, l'écoute, l'accueil et

le partage : nous croyons et expérimentons que "l'amour

parfait chasse la crainte" (1Jn 4,18).

Les migrations, un phénomène culturel inhérent à

l’homme et non un mal à combattre

Mgr Domenico Mogavero, membre de la commission

pour les migrations de la Conférence épiscopale italienne,

nous a présenté la situation des migrants en Italie, la

politique du pays en ce domaine, et les efforts de l'Église

pour rendre plus humains non seulement l'accueil des

migrants mais aussi les lois les concernant. Cet accent

prophétique de l'Église d'Italie nous stimule dans notre

ministère auprès des migrants : selon les propos de Mgr

Mogavero, « le phénomène des migrations ne peut plus

être considéré comme un phénomène d'urgence, mais

comme un phénomène culturel inhérent à l'homme, qui de

tout temps a été mobile. La terre appartient à tous, et il ne

saurait y avoir de territoire excluant telle ou telle catégorie

de personnes. »

La CERNA a de nouveau confié la présidence à Mgr

Vincent Landel archevêque de Rabat ; elle a élu viceprésident

Mgr Claude Rault évêque de Laghouat-

Ghardaïa et membre du Bureau Mgr Ghaleb Bader

archevêque d'Alger. Le père Daniel Nourissat a été

confirmé comme secrétaire général. Elle a reconduit

Mgr Vincent Landel comme délégué à la CEFTL

(Commmission Épiscopale Francophone pour les

Traductions Liturgiques) et Mgr Paul Desfarges comme

délégué au SCEAM (Symposium des Conférences

Épiscopales d'Afrique et de Madagascar).

La prochaine réunion de la CERNA aura lieu à Tanger

(Maroc) du 6 au 9 octobre 2013.

+ Vincent LANDEL

archevêque de Rabat, président de la CERNA

Mazara del Vallo, le 21 novembre 2012

pax concordia

église Au MAghreB


Année de lA foi

la déclaration nostrA AetAte du concile Vatican ii

Une ère nouvelle dans les relations des catholiques avec les croyants

La déclaration sur les relations de

l’Église avec les religions nonchrétiennes

(Nostra Aetate) est

une première dans l’histoire des

conciles et la vie de l’Église. En effet,

jusque-là, aucun concile ne s’était occupé des

autres religions sinon pour les condamner

sans appel. Nostra Aetate « voudrait mettre fin

définitivement à presque deux mille ans de

guerres politico-religieuses, parce qu’elles ont

atteint, à notre époque, et dépassé les frontières

de l’incroyable », commente Th. Rey-Mermet.

Au début du concile Vatican II, aucune déclaration

n’était prévue sur les relations de l’Église avec

les religions non-chrétiennes. La Déclaration

actuelle eut à faire une route longue et difficile :

« En juin 1962, le décret préparé par le cardinal

Bea1 , ou son Secrétariat, devait être proposé

pour avis à la Commission centrale, par mandat

de l’autorité supérieure. Des informations

inquiétantes vinrent de pays arabes à propos

de ce projet, à la suite desquelles le schéma

du décret fut retiré. Dans une requête écrite

adressée au Saint-Père, le cardinal Bea exposa les

raisons pour lesquelles il estimait indispensable

que le Concile s’occupât d’un décret sur les Juifs.

Entre autres, il ne s’agissait que d’une question

purement religieuse ; elle n’avait rien à voir avec

la reconnaissance de l’État d’Israël. Sa démarche

souhaitait obtenir, soit qu’on propose au Concile

un schéma particulier comme prévu, soit qu’on

relie la question juive à un autre thème débattu

au Concile, où l’on traiterait de problèmes de

l’Ancien et du Nouveau Testament. » 2

Un nouveau texte retravaillé et trés atténué

était prêt avant le début de la troisième session

(14 septembre – 21 novembre 1964). Le cardinal

Bea indiqua que son projet avait été enrichi

de trois autres chapitres sur les religions nonchrétiennes.

À la suite de grands débats, le

Secrétariat pour l’unité des chrétiens rédigea le

texte actuel de la déclaration sur les relations

de l’Église avec les religions non-chrétiennes 3 ,

très court, mais si lourd de sens, moyennant

deux cent quarante-deux amendements, qui

d’autres religions

fut promulgué le 7 décembre 1965, à la fin de

la dernière session du Concile (14 septembre

– 8 décembre 1965). Il reçut beaucoup plus de

suffrages que prévu : 2221 oui contre 88 non.

© Claire Chapron

Connivence

Le préambule

« À notre époque où le genre humain devient

de jour en jour plus étroitement uni et où les

relations entre les divers peuples augmentent,

l’Église examine plus intensément quelles sont

ses relations avec les religions non-chrétiennes.

Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la

charité entre les hommes, et même entre les

1 Le cardinal Bea était alors en charge du Secrétariat

pour l’unité des chrétiens que Jean XXIII venait de

créer quelques temps plus tôt.

2 Concile Vatican II, Les évêques, la vie religieuse,

la formation des prêtres, l’éducation chrétienne, les

religions non-chrétiennes, Paris, Éditions du Centurion

(coll. Documents conciliaires), t. 2, 1965, p. 206.

3 Le Secrétariat pour les non-chrétiens n’existait

pas encore. Il sera créé seulement à la Pentecôte

1964 (et deviendra en 1988 Conseil pontifical pour le

dialogue inter-religieux). C’est ainsi que le travail fut

confié au Secrétariat pour l’unité des chrétiens.


peuples, elle examine

ici d’abord ce que les

hommes ont en commun

et qui les pousse à vivre

ensemble leur destinée. »

En commençant avec

un ton aussi novateur,

l’Église choisit de tourner

la page de siècles de

confrontations pour

amorcer un temps

nouveau, celui du

dialogue, de la marche

ensemble vers notre

communauté de destin.

Les religions non-chrétiennes

Nostra Aetate parle des religions non-chrétiennes

comme voies vers Dieu, vers le salut : « L’Église

catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et

saint dans ces religions. Elle considère avec un

respect sincère ces manières d’agir et de vivre,

ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles

diffèrent en beaucoup de points de ce qu’ellemême

tient et propose, cependant apportent

souvent un rayon de la vérité qui illumine tous

les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est

tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est 'la

voie, la vérité et la vie', dans lequel les hommes

doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et

dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses »

(n°2).

Ces religions ne sont pas d’autres voies de salut

parallèles au Christ et ne peuvent pas se passer

du Sauveur. On ne peut en aucun cas se baser sur

ce document pour dire que toutes les religions se

valent, mais elles sont des voies, plus ou moins

directes, vers la Voie qui est le Christ. Nostra

Aetate les décrit comme des rayons de la Vérité,

rayons qu’il faut pousser à la plénitude et non

commencer par éteindre.

La religion musulmane

Considérant l’islam, Nostra Aetate relève des points

de convergence avec le christianisme : « L’Église

regarde aussi avec estime les musulmans,

qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant,

miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel

et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent

à se soumettre de toute leur âme aux décrets

de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est

soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique

Guy Sawadogo

se réfère volontiers »

(n°3). Toutefois, les Pères

conciliaires restent réalistes :

« Bien qu’ils (les musulmans)

ne reconnaissent pas Jésus

comme Dieu, ils le vénèrent

comme prophète ; ils

honorent sa Mère virginale,

Marie, et parfois même

l’invoquent avec piété »

(n°3).

Appel à la réconciliation

Vu le lourd héritage

historique, chrétiens et

musulmans sont appelés à la réconciliation : « Si,

au cours des siècles, de nombreuses dissensions

et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens

et les musulmans, le Concile les exhorte tous à

oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la

compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et

à promouvoir ensemble, pour tous les hommes,

la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la

liberté » (n°3).

La religion juive

Loin de rendre le peuple juif coupable de

la crucifixion du Christ, le Concile affirme

toute la liberté qui a poussé Jésus à accepter

volontairement de souffrir pour tous les hommes :

« Le Christ, en vertu de son immense amour, s’est

soumis volontairement à la Passion et à la mort

à cause des péchés de tous les hommes et pour

que les hommes obtiennent le salut » (n°4).

Appel à la fraternité universelle

Nostra Aetate se termine par un appel à la

fraternité universelle : « Nous ne pouvons pas

invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si

nous refusons de nous conduire fraternellement

envers certains des hommes créés à l’image de

Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et

la relation de l’homme à ses frères humains sont

tellement liées que l’Écriture dit : 'Qui n’aime pas

ne connaît pas Dieu'» (n°5).

Un des soucis du Pape Jean XXIII à la convocation

du Concile était de faire un aggiornamento (une

mise à jour) de l’Église. Avec Nostra Aetate, le

Concile venait d'engager l’Église dans une ère

nouvelle.

Guy Sawadogo, P.B.

pax concordia

Année de lA foi


Année de lA foi

Annie, vous êtes catholique dans une famille qui

est musulmane. Est-ce qu’il vous est arrivé de

douter, de vous dire : « ce serait plus facile si j’étais

musulmane » ?

Je suis née dans une famille très croyante, dans un

village où tous étaient catholiques. Avec la guerre, nous

avons dû partir pour habiter un village protestant, où

nous étions les seuls catholiques. Un jour, j’ai interrogé

mon père : « pourquoi n’irions-nous pas avec les

protestants au temple ? » Mon père m’a dit : « Tu ne

sais pas quelles richesses nous avons dans notre foi ! »

et il m’a tellement bien expliqué que je n’ai jamais plus

eu de doutes.

Comment êtes-vous arrivée en

Algérie ? Comment avez-vous

rencontré votre mari ?

Ayant fait des études d’infirmière

et de sage-femme, je voulais

aller dans un pays pauvre. J’ai

été envoyée en 1967 dans un

dispensaire de l’Algérois, que

fréquentaient beaucoup de gens

du Sud. Moi qui avais étudié en

Suisse, voilà que je devais faire des accouchements

chez des nomades sous la tente ! Je priais : « Dieu aidemoi,

que tout se passe bien. »

Un jour, un homme est venu demander que quelqu’un

aille chez lui chaque soir, pour soigner son épouse

malade. C’est ainsi que j’ai rencontré mon mari. Aîné

des enfants, il aidait son père qui s’occupait d’un

grand domaine agricole. Il avait besoin d’être écouté.

Un jour il m’a déclaré son amour. Il m’a dit : « tu peux

rester comme tu es, on peut vivre nos deux religions

en parallèle et être ensemble ». Je suis allée réfléchir

deux semaines en Allemagne et, à mon retour, j’ai dit

« oui ». On a décidé que si on restait en Algérie, nos

enfants seraient musulmans. On s’est mariés, on a eu

trois enfants. Nous fêtions les fêtes chrétiennes et les

fêtes musulmanes. Je pouvais recevoir chez nous mes

amis chrétiens. Cela ne faisait aucun problème. Ce qui

interview

« Quand on est chrétien, on peut aller partout »

Annie Benchekor est allemande et vit près d’Oran. Elle

est veuve d’un Algérien avec qui elle a eu trois enfants.

Elle nous raconte son itinéraire et nous parle de sa foi.

compte c’est la foi. Jamais je n’ai douté.

Autour de vous, comment voyait-on cette alliance

entre une catholique et un musulman ?

Ma belle-mère, nomade, ignorait qu’il existait d’autres

religions. Jamais elle ne m’a fait de reproches. Mon

beau-père avait été élève des pères blancs, et avec lui

je pouvais bien discuter. Quand on a construit notre

maison, il a demandé à vivre avec nous. Je l’ai soigné

jusqu’à la fin. Je tenais sa main quand il s’est endormi.

Qu’est-ce qui vous a nourri sur votre chemin de foi ?

Depuis mon enfance, le dimanche est un jour sacré

pour moi. Je n’ai jamais

manqué la messe du

dimanche. Le jour

de notre mariage,

d’ailleurs, j’ai laissé les

invités le temps d’aller

à la messe. Et je prie

beaucoup Marie.

Ma belle-mère, que

je soigne chez moi,

fait cinq fois par jour

sa prière. Comme elle

entend mal, je lui dis quand c’est l’heure de la prière.

Et moi, quand j’entends le muezzin, je prie : « Mon

Dieu, fortifie ma foi, donne-moi le courage et la force »

ou bien « Ô Dieu fort, ô Dieu grand, ô Dieu immortel,

prends pitié de moi. »

Annie, y a-t-il une parole de l’Évangile que vous aimez

particulièrement ?

« Aime Dieu de tout ton cœur… et ton prochain

comme toi-même. » Quand mon mari est tombé

malade, chaque soir je priais avec lui à ma manière, et

lui aimait beaucoup entendre : « Le Seigneur est mon

berger… ».

Ma vie a été très riche. Quand on est chrétien, on peut

aller partout.

Propos recueillis par D.L.


Je m’appelle Jones Kawisha : je suis zambien.

Je viens d’une famille chrétienne : Maman

et mes soeurs sont d’une Église protestante,

Papa et mes frères sont catholiques. J’ai passé

mon enfance dans l’Église protestante.

J’ai changé d’Église pour rejoindre le groupe des

servants de messe avec mes amis. Après mes

études de théologie, j’ai été ordonné prêtre en

2008. Je voulais aller dans un pays à majorité

musulmane. J’aime la différence, la diversité

religieuse, culturelle, raciale, etc. Je voulais vivre le

témoignage de l’amour du Christ dans la diversité,

surtout la diversité religieuse. Pendant toute ma

formation, j’avais le désir d’aller à la rencontre

des gens d’autres religions. Très vite en Tanzanie,

pendant ma deuxième année de formation, j’ai

commencé mon apostolat de rencontres avec

des musulmans tanzaniens. Je les visitais dans

les mosquées. Ayant toujours le désir de vivre le

témoignage par la rencontre d’autres religions, à

la fin de mes études de théologie, j’ai demandé à

être nommé dans un pays d’Afrique du Nord ou de

l’Ouest.

Je suis arrivé à Tizi-Ouzou en 2009. La communauté

des pères blancs de Tizi-Ouzou m’a aidé dans mon

insertion au niveau des activités pastorales. Les

connaissances sur l’islam acquises pendant mes

études de théologie, mes lectures personnelles sur

l’islam et mon stage au Mali, m’ont donné les outils

facilitant cette insertion. L’accueil chaleureux

témoignage 1

Je suis heureux d’être en Algérie

de la communauté chrétienne de Tizi-Ouzou et

des connaissances algériennes des pères blancs

y ont également joué un grand rôle. Mon travail

se situe dans un contexte de communauté : celle

des pères blancs de Tizi-Ouzou ; je ne parlerai pas

de « mon travail » mais plutôt de « notre travail ».

Nous faisons face à deux priorités : les activités

avec la population musulmane et celles avec la

communauté chrétienne.

En ce qui concerne nos rapports avec le grand

public, quelle que soit la religion de chacun,

notre contribution se résume en quatre points

principaux, à savoir : apporter des cours de soutien

dans l’optique d’améliorer le niveau en langue

anglaise des élèves et étudiants nécessiteux,

apporter une documentation pluridisciplinaire

et un cadre propice à la lecture au sein de notre

bibliothèque pour étudiants, accueillir et écouter

toute personne désireuse de se confier et de faire

confiance, et enfin vivre la fraternité avec tout le

monde.

1 Témoignage paru dans Relais Pères Blancs

– Maghreb n°17, octobre 2012. Contact :

relaispbmaghreb@hotmail.com

pax concordia

diAlogue


diAlogue

La communauté chrétienne à laquelle nous

appartenons et qui est sous notre responsabilité

est à elle seule d'une grande diversité culturelle

et raciale. Notre mission est en quelque sorte d’y

renforcer les liens de fraternité et de faire grandir

cette foi en Jésus qui nous lie. Ce sont les raisons

pour lesquelles nous organisons des activités

pastorales telles que l'enseignement de la doctrine

chrétienne à la communauté locale, les prières

communautaires, la catéchèse, etc.

À " l'École de la différence " - Alger - Été 2012

Je suis en Algérie depuis 2009 et je m’y plais bien.

Si je pouvais résumer ce bien-être en trois mots,

je dirais simplement : hospitalité, fraternité et

confiance. L’accueil qui m’a été réservé à mon

arrivée et qui n’a de cesse de se renouveler m’a

montré l’hospitalité dans sa forme la plus pure,

À " l'École de la différence "

et très vite des liens d’amitié et de fraternité

se sont créés entre les Algériens et moi. J’ai pu

comprendre que les notions de race, de religion

et de culture n’étaient pas des barrières ou des

obstacles à l’unité. J’ai reçu des témoignages forts

mais en même temps tellement « intimes » sur le

plan social que je réalise chaque jour la confiance,

aussi importante soit-elle, dont témoignent les

Algériens à mon égard. Cette confiance me montre

en fait que je suis accueilli au sein de la société et

cela représente pour moi un témoignage poignant

de la fraternité dans la différence.

Je vis dans mon quotidien ma vocation et mon

désir missionnaire : le témoignage de l’universalité

de l’amour du Christ. L’hospitalité, la fraternité et

la confiance reçues ne sont en fait que l’amour du

Christ qui s’offre à moi. Ce don merveilleux qui ne

peut que faire grandir ma foi, je le souhaite à tout

homme, à toute créature. Mon épanouissement se

trouve dans « le dialogue de la rencontre » c'est-àdire

ma vie de tous les jours avec les Algériens, ce

côtoiement permanent.

« Père, priez pour nous », telle est la demande qui

m’est très souvent adressée par mes amis algériens

et cela me montre qu’il y a une unité religieuse

effective ; en d’autres termes, qu’il y a une prise de

conscience de l’unicité religieuse car il est clair que

sans confiance mutuelle et sans la conscience que

Dieu est universel, cette demande ne saurait être

faite. Chrétiens et musulmans ont des pratiques

religieuses différentes mais des buts convergents.

Comme disait un ami musulman, « nous sommes

comme des plantes de natures différentes qui

avons un besoin vital d’eau pour croître ; nous

avons des religions diverses et des expressions

religieuses variées pour grandir dans notre relation

avec Dieu ». En réalité le but commun aux deux

religions est l’approfondissement de notre relation

avec Dieu (la croissance spirituelle). Je suis toujours

heureux de participer aux rencontres comme

celles du Ribat qui permettent aux chrétiens et

musulmans de partager leurs expériences.

En conclusion, je dirai que mon rêve, je le vis au

quotidien. Cependant, le désir d’approfondir ma

connaissance de la religion musulmane et celle

d’autres religions demeure en moi. Qu’à cela ne

tienne, je suis heureux d’être en Algérie !

Jones Kawisha, P.B.


Promenade à Timimoun

نوميميت يف ةلوج

pax concordia

11

Dossier réalisé par Patrick et Anne de Boissieu


dossier

14

Promenade à timimoun

Commençons notre découverte de

Timimoun, l'oasis rouge, la reine du

désert, par quelques descriptions

de la ville glanées ça et là au hasard

de nos lectures :

Timimoun1 , c'est le titre d'un roman

de Rachid Boudjedra qui y décrit

ainsi la ville : « Timimoun est un

ksar rouge très ancien, avec ses

murailles construites en pisé ocre.

Il se love sur une longue terrasse

qui domine d'une vingtaine de

mètres la palmeraie. Son minaret soupçonneux

à l'architecture de poupée, aux lignes arrondies

et au pisé grenu, surveille le désert alentour.

Avec ses dunes gigantesques et très mobiles. Ses

anciennes routes de l'or et du sel. Ses oasis qui

ont vu durant des siècles des vagues de réfugiés

berbères, zénètes, juifs, noirs et arabes s'y cacher,

s'y agglomérer et s'y installer définitivement

pour créer, à force de travail et d'ingéniosité, une

sorte d’Éden [...]. »

De son côté, le lieutenant Mercadier, chef de poste

à Timimoun, écrivait en 1946 dans L'oasis rouge2 :

« En plein cœur du Sahara existe une petite ville

toute rouge, posée sur l'un des derniers gradins

septentrionaux du plateau aride du Tadmaït. Elle

domine une immense sebkha limitée au nord

par les dernières dunes du Grand Erg occidental.

C'est Timimoun ». Il poursuit sa description par

un long exposé sur la géologie qu'il conclut ainsi :

« Évidemment tout ceci est assez indigeste, bien

que réduit au minimum. Mais vous serez ainsi à

même de comprendre la question des foggaras

qui sont la base de la richesse au Gourara ».

Vous n'aurez sans doute pas la patience de vous

plonger dans des considérations géologiques

mais on peut aujourd'hui recourir à d'autres

moyens pour comprendre Timimoun : ouvrez

Google Earth et recherchez Timimoun. Vous

verrez se dessiner la ville bordée par la palmeraie,

1 Rachid Boudjedra, Timimoun, Folio n°2704, 1994.

2 G. Mercadier, R. Rondreux, J. Salleras, L'oasis rouge, impressions

sahariennes, Éd. Robert et René Chaix, 1946.

puis la sebkha qui prend des

couleurs extraordinaires du fait des

sels minéraux, et enfin les dunes de

l'erg. C'est superbe !

Le visiteur d'aujourd'hui n'a pas

de mal à se retrouver dans la ville.

Des terrasses de l'hôtel Gourara

construit par Fernand Pouillon dans

les années 1970, il peut admirer

le site dans son ensemble. Le

boulevard du 1er Novembre fait la

séparation entre la partie ancienne

avec le ksar, la palmeraie au nord et le « Village »

au sud, au quadrillage rigoureux datant des

années 1920, tracé par les militaires français. En

périphérie, en demi-couronne, se développent de

nouveaux quartiers, des équipements collectifs

- hôpital, bâtiments scolaires -, des entrepôts

de matériel, etc. L'urbanisation a été très rapide

avec, comme dans les autres villes du Sud, un

afflux de population au cours des années 1990 ;

le chef-lieu de la commune compte aujourd'hui

plus de 28 000 habitants.

Le quartier de la période coloniale a son originalité

du fait de son architecture soudanaise introduite

par un officier français dans les années 1920.

Outre ses portes monumentales, son fleuron est

l'hôtel Oasis rouge caractéristique autant par son

architecture extérieure que par sa décoration


intérieure sculptée de motifs géométriques sur

un enduit ocre rouge. Mais on peut être sensible

aussi à la seule beauté du crépi des murs fait

d'argile rouge moulée dans la paume de la main

comme autant d'empreintes anonymes des

bâtisseurs.

Dans le ksar, il faut se perdre dans les ruelles

ombragées de par leur étroitesse. Ruelles à l'air

libre ou couvertes, entrées de petites impasses

sur lesquelles s'ouvrent les portes basses des

maisons. Silence d'une ville sans voiture. Cela

donne l'impression de pénétrer dans l'intimité

d'une population que l'on aperçoit à peine.

Univers rouge, de la couleur de cette terre

qui se marie si bien avec le vert des palmiers

lorsqu'on arrive aux abords de la palmeraie,

particulièrement dans la lumière du soir.

Les deux extraits cités plus haut nous invitent

à ne pas nous arrêter à l'aspect extérieur de la

ville, aussi séduisant soit-il. En nous parlant de

la diversité des populations et de l'eau, ils nous

attirent vers ce qui fait la vie de Timimoun.

Dans la première citation, Rachid Boudjedra

évoque la multiplicité des peuplements du

Gourara dont Timimoun est la capitale. Au tout

début, il y aurait eu des populations noires. On

trouve aussi des touaregs, des nomades arabes,

des berbères et parmi eux les zénètes qui ont

conservé leur langue. Mais c'est aussi le passage

des caravanes qui a eu pour effet de laisser

des esclaves noirs vendus sur place. Il y avait à

Timimoun une place du marché aux esclaves.

Le terme de Haratin désigne ces diverses

populations noires ou métissées. Il y a eu aussi

plusieurs migrations juives. Ce sont les Juifs qui

ont apporté l'artisanat, la teinture végétale et la

poterie dans la région, nous a-t-on dit. La société

du Gourara permettait aussi aux hommes et aux

femmes de se côtoyer dans l'espace public, que

ce soit pour la touiza, pour les fêtes de mariage

ou de circoncision ; mixité remise en cause depuis

l'indépendance.

Le second extrait nous parle des foggaras : sans

eau, il n’y aurait pas eu d'oasis car ni palmeraie

ni jardins. Ici, pas de puits desquels il faut tirer

l'eau, elle coule en continu à l'intérieur des

foggaras, ces tunnels creusés sur des kilomètres

qui collectent l'eau du sous-sol et dont la pente

légère entraîne un écoulement par gravité ;

avec, au débouché, une kesria qui répartit l'eau

dans les différentes seguias menant aux jardins.

Une foggara n'est repérable que par les puits

qui jalonnent son parcours ; ils ont permis

l'évacuation de la terre lors de son creusement

et ensuite servent à son entretien. Si les foggaras

sont un système technique pour l'acheminement

de l'eau et sa répartition, elles étaient aussi liées

à une organisation sociale reposant sur l'emploi

d'esclaves qui les creusaient et les entretenaient.

Aujourd'hui, la majorité de ces foggaras n’est

plus exploitée. Soit elles sont obstruées, soit

des pompages plus profonds ont asséché leurs

sources.

On peut encore parler autrement de Timimoun.

Ainsi, la brochure de l’Office du tourisme

s’intitule Timimoun la mystique3 et un zénète

d’un certain âge, assurément un sage, nous disait

que, pour lui, Timimoun c’était la méditation, la

3 Timimoun la mystique, Office du tourisme de Timimoun, en

partenariat avec le Groupe Cevital, 2011, 32 pages.

pax concordia

15

dossier


dossier

16

paix et le silence. La beauté du site, l’immensité

de l’erg, la bénédiction de l’eau qui apporte

la vie au milieu du désert peuvent porter à la

méditation et il n’est pas difficile de trouver un

lieu paisible et silencieux où se retirer. Solitude,

isolement qui, par contrecoup, favorisent les

rassemblements. Et l'on comprend l'importance

de manifestations religieuses et culturelles

comme le Sbou, l’Ahellil… La fête du Mawlid (la

naissance du prophète) donne lieu pendant une

semaine à un cortège passant par les principaux

ksour. Les étendards

de chacun des saints

se rassemblent et

cheminent vers

Timimoun pour

le Sbou. L’Ahellil

lange la musique,

le chant, la poésie. Il

chante Dieu et les

hommes, l’amour,

la vie, il parle des

événements petits

et grands. Il a été

classé au patrimoine

oral mondial de

l’UNESCO en 2005.

Qui vient à Timimoun

ne devra pas rester uniquement dans la ville ; il

faut en sortir pour aller vers l’erg et ses dunes.

Sur le trajet, impossible de ne pas remarquer

ces constructions massives, généralement en

ruines, d'anciens ksour. Chaque ksar regroupait

une communauté ; elle était souvent sous la

protection du saint qui l’avait rassemblée. Pla

sur une hauteur, le ksar dominait la palmeraie

cultivée par ses habitants. Aujourd’hui, ces ksour

en ruines donnent l'image de villes fantômes

disséminées çà et là. Ils sont parfois si bien

intégrés dans le relief qu’on ne les distingue pas.

L’un d’eux, à Ighzer, a été restauré par l’UNESCO.

Un projet existe avec l’école d’architecture de

Constantine pour étudier l’un de ces ksour.

Le secteur reste très peuplé. Aujourd'hui, la

commune de Timimoun comporte une trentaine

de villages.

Petit tour bien trop rapide tant il y aurait à

développer les aspects évoqués ici. Il faudrait

aussi parler de l’artisanat et en particulier des tapis

que des femmes tissent à nouveau dans l'atelier

An-Nahda. Tous ces éléments, cette richesse

et cette diversité, ont fait de Timimoun une

destination touristique importante. On trouvait

de nombreux hôtels et maintenant encore

beaucoup de possibilités d’hébergement.

Mais quelle sera demain l’évolution de

Timimoun si ce qui en fait le charme et l’attrait

tend à disparaître ? Il semble que même les fêtes

comme le Sbou aient perdu de leur caractère

religieux, de leur authenticité, pour devenir

des rassemblements

folkloriques et

touristiques. Le tourisme

a aussi beaucoup diminué

du fait des restrictions

dues à la sécurité dans

le Sud algérien. S’est

en outre développé

un tourisme d’affaires,

mais qui s’intéresse

peu à la ville ancienne.

L’hôtel Gourara est en

cours de restauration.

Des Algériens de toutes

régions choisissent

Timimoun pour venir

construire une maison,

probablement à cause de la beauté de ce lieu

et de ce qu’il cache au plus profond. Signes que

Timimoun croit encore à son avenir et à tout le

potentiel que le Gourara peut offrir.

Petit lexique :

ahellil : chants sacrés et profanes principalement

zénètes, pratiqués en cercle, de nuit.

foggara : canal de drainage souterrain.

Gourara : région dont Timimoun est la capitale.

Partie de la wilaya d'Adrar.

kesria : peigne permettant de répartir l'eau dans

les seguias.

ksar (pluriel ksour) : villages traditionnels aux

ruelles étroites.

sebkha : lac salé parfois à sec.

seguia : canal d'irrigation.

touiza : travail collectif, agricole ou autre, au

service de la communauté.


la fabrication du pain en images

1. Préparez le feu dans le four

traditionnel.

.يديلقتلا نرفلاب رانلا يئيه

3. Veillez à ce que les braises soient

bien à point et tenez la pâte prête.

.زهاج ينجعلا و ،ديج عضوب رملجا نأ نم يدكأت

5. Disposez-en autant que le four peut en contenir.

.نرفلا ءاوتحإ رادقبم ةيقبلا يعض

7. Quand ils sont cuits, ils se détachent. Sortez-les

du four après les avoir dorés sur les braises.

انول بستكي امدنع هيجرخإ .رادلجا نع لصفني ،جضني امدنع

.ايبهذ

رونلا زبخ

2. Répartissez la pâte en petits tas qu'on

aplatira.

.حطستت يكل ةريغص لتك ىلإ ينجعلا يمسق

4. Avec la main disposez un premier pain

contre la paroi du four.

.نرفلا رادج ىلع لولأا زبلخا يعض ،ديلا ةطساوب

6. Surveillez la cuisson.

.وهطلا يبقار

8. Et bonne dégustation !

! ةبيط ةيهش

pax concordia

17

dossier


dossier

18

renaissance du tapis gourari

En novembre 2005 germait à Timimoun l’idée d’un

projet de développement algéro-français. À l’origine

du projet, Zohra, une tisserande de près de 80 ans

à l’époque, bouleversée à la fois par la disparition

déjà quasi totale du très riche patrimoine de tissage

gourari et, dans le même temps, par le faible

espoir d’insertion socioprofessionnelle des jeunes

tisserandes de Timimoun, pourtant diplômées du

centre de formation professionnelle local.

Engagée à Timimoun depuis 1995, l'association

Trait d’Union Solidarité Alsace entame alors

une réflexion d’autant plus enthousiaste que le

projet vise non seulement à donner un appui aux

femmes sous forme d’un programme de formation

continue intensive de futures formatrices, mais

aussi la création d’emplois, et une recherche de la

mémoire du patrimoine perdu.

Les visiteurs curieux aujourd'hui de découvrir

l’atelier-école An-Nahdha (La Renaissance) verront

deux ateliers :

• l’un de tissage

patrimonial avec

ses onze métiers

installés dans deux

salles, sa salle

de stockage, son

patio d’accueil des

clients et surtout

les sept maîtressesartisanes

à l’œuvre

et leurs jeunes

stagiaires ;

• l’autre, un peu plus

loin, à cinq minutes

de l’atelier de

tissage, un atelier

de teinture naturelle

où sont réalisées les

teintures à base de

garance, coques de

grenade, écorce de

noyer, thé, daphné,

orcanette, pelures d’oignons, bois de campêche,

cochenille, etc.

C'est le dix-neuvième stage de formation pour les

tisserandes-teinturières qui vient de se dérouler.

Après s’être progressivement réapproprié leur

patrimoine de tissage (61 modèles anciens

ressuscités), après avoir été formées aux procédés

anciens de teinture, les voici à présent "lancées" sur

un programme de création contemporaine.

La participation à de nombreuses expositions a

permis à l’atelier-école de se faire connaître, en

Algérie ainsi qu'en Europe.

Le champ d’action s’est récemment diversifié.

À présent, c’est la création d’une pépinière de

plantes tinctoriales à Timimoun qui nous mobilise

en même temps qu’une aide à la réhabilitation

des foggaras de la palmeraie. Bientôt également,

la reprise et la poursuite des ateliers de couture -

broderie - artisanat des sœurs blanches après leur

départ de Timimoun.

Au-delà d’un patrimoine et d’une fierté retrouvés,

au-delà de l’esthétique et de la qualité du travail

sans cesse au cœur de notre programme, audelà

d’une vie meilleure pour les tisserandesteinturières,

couturières et brodeuses des divers

ateliers, il y a l’essentiel qui ne se mesure pas

mais qui se vit au quotidien : des hommes et des

femmes de nationalités, de cultures et de traditions

si diverses mais réfléchissant, œuvrant et avançant

ensemble, partageant une espérance commune.

Marie-Claire Radigue,

présidente de Trait d’Union Solidarité Alsace


À trois kilomètres de Timimoun, capitale du

Gourara, se trouve le petit ksar de Massine. Celuici

est blotti sur les berges de la sebkha (lac salé)

et spécialisé dans la fabrication des poteries.

Non loin des belles palmeraies de Massine surgit

un autre ksar, Agham Amzeghar en zénète, le

ksar rouge en français. Il appartient à la famille

Moulaï, d’origine chérifienne.

Actuellement, ce ksar est inhabité et sa

dégradation est entamée. Dans un souci de

préservation de ce joyau architectural et

urbanistique gourari, une action sera menée pour

sa restauration avec les étudiants en architecture

de Constantine et le musée de Laghouat pour la

participation et l’encadrement.

L’objectif majeur est d’abord d’ordre

pédagogique. Une vingtaine d’étudiants de

cinquième année d’architecture et les postulants

au magistère viendront à Agham Amzeghar

apprendre les gestes ancestraux et les rudiments

de l’architecture ksourienne gourarie.

La particularité de ce ksar est qu’il abritait un

tribunal musulman de droit canonique, de Sidi

Khalil Ibn Ishak Moussa. Il est à rappeler que ces

populations sont berbérophones.

sauvons les ksour !

Les étudiants seront hébergés à l’intérieur du

ksar, pour bien saisir la notion de l’espace vécu.

Ils seront répartis en trois groupes qui auront les

tâches suivantes :




faire le relevé du ksar et un état des lieux,

procéder au nettoyage du fossé qui entoure

le ksar,

restaurer les parties abimées des remparts.

Ksour Aghlad

Bien sûr ces tâches vont s’échelonner dans le

temps et d’autres groupes viendront poursuivre

l'opération.

La famille Moulaï préparera un bon couscous

pour les « valeureux » étudiants. L’objectif majeur

de cette action est de créer une dynamique pour

sauver ce patrimoine et lancer une réflexion

sur la compréhension de la typologie et de la

morphologie de l’architecture ksourienne du

Gourara.

Mohamed Hadj-Kadour

Musée de Laghouat

pax concordia concordia 19

dossier


dossier

20

des chrétiennes à timimoun

Les Sœurs blanches ne sont pas depuis toujours dans

l’oasis de Timimoun. Elles y sont arrivées en 1996.

Avant elles, il y a eu, durant 22 ans, une communauté

de Petites Sœurs de saint François qui avaient « suivi

l'appel à venir parmi des plus pauvres encore, les

populations du Sud où il n'y avait pas beaucoup de

personnel infirmier ». On imagine mal aujourd'hui

les conditions de vie à Timimoun à cette époque.

Écoutons les sœurs :

« Ce fut le choc, à l'arrivée, de découvrir cette pauvreté.

Surtout pour les femmes qui arrivaient à l'hôpital dans

un tel état qu'il n'était même plus possible de faire un

diagnostic. Elles arrivaient pour mourir. »

« Les ksour ? Nous y avons eu accès indirectement par

les familles qui venaient à l'hôpital, et quelquefois par

des promenades et des visites.

Anna-Maria nous a précédées à Timimoun et c'est

elle qui nous a fait connaître beaucoup de choses du

pays et de ses habitants.

Ces vingt-deux années passées à Timimoun

sont les plus belles années de notre vie. Toute

cette vie apparemment enfouie dans le fond du

désert, où tout paraît aride ; pour nous, ce sont

des années riches d'avoir partagé la vie rude des

Sahariens où l'enfouissement s'est révélé ouverture,

élargissement. »

Les Franciscaines ont quitté Timimoun en 1994.

Anna-Maria est restée jusqu'à l'arrivée des Sœurs

blanches qui se sont installées dans sa maison et

c'est la population qui est venue à elles. Magdalena

s'est occupée des handicapés tandis que Renée

s'est tournée vers la formation avec des groupes

de femmes dans des ksour : couture, tricot pour les

besoins de leur famille mais aussi, à leur demande,

broderie pour embellir leur maison.

Pour Simone, l'évangélisation c'est « tout ce qu'on

est, tout ce qu'on fait ». « Je me réjouis d'être acceptée

telle que je suis ; le matin lorsque je vais au travail

tout le monde me salue et cela me réjouit très fort.

Ils m'évangélisent. Le partage, l'accueil de l'autre sont

de grandes valeurs de l'islam. Être dans ce pays m'a

transformée, a changé tous mes horizons. »

Magdalena et Anne-Christine ont quitté Timimoun en

juin, Simone et Renée maintiennent cette présence

dans l'attente d'une nouvelle communauté… que

Mgr Rault recherche activement. Notre espérance

est que cette présence chrétienne à Timimoun

continuera.

Timimoun se prête à bien des métaphores

spirituelles. Ses dunes pourraient faire

l’objet d’enthousiastes descriptions… Mais

ce dont je veux témoigner, c'est de la prière

des sœurs, quatre sœurs rodées à la vie

religieuse et à la vie parmi les musulmans.

C'est peu de dire que la densité de leur

présence vous saisit. Leur existence est

des plus simples : une maison modeste

et une voiture pour effectuer leurs divers

apostolats.

Le plus marquant, c’est leur liturgie

quotidienne. Le texte du jour a été médité

le matin. À l’heure de la sieste, il est partagé

en communauté. Et, pour les visiteurs de

passage, il donne un sens au mot "grâce",

et à la présence attendue dans l’hostie.

A. J.


L’Algérie au fil des jours

Chadli, l’homme et le bilan. La mort de Chadli

Bendjedid a plongé

l’Algérie dans une sorte

d’amnésie collective

encouragée par le vibrant

hommage officiel que lui

rend la nation. Liberté,

08.10.12. Chadli rompt avec

Boumediène, pas avec son

autoritarisme. L’homme au profond humanisme.

Pouvoir de l’ombre et ombre du pouvoir. Chadli, le

diplomate. El Watan, 08.10.12. Obsèques nationales

pour Chadli Bendjedid : l’Adieu. El Watan, 09.10.12.

Le colonel démocrate. En 2 jours, l’Algérie a perdu

deux de ses enfants les plus sincèrement patriotes,

Chaulet et Bendjedid. Si l’un est un monument

dans la bienfaisance nationale, l’autre est une

icône de la première démocratie en Algérie. Quot.

Oran, 11.10.12. Né à Bouteldja, wilaya d’El Tarf, il

est décédé à Alger le 6 octobre 2012 à 83 ans. Il fut

président de la République de février 1979 à janvier

1992.

Une vie au service de l’Algérie :

« Je suis Algérien à part entière ».

El Watan, 06.10.12. Décès à Alger

de Pierre Chaulet le 05.10.12. Né

à Alger le 27 mars 1930, principal

artisan de l’éradication de la

tuberculose en Algérie, décédé

à 82 ans. Quot. Oran, 11.10.12. Des obsèques à la

hauteur du patriote. Le militant anticolonialiste et

l’éminent professeur de médecine que fut Pierre

Chaulet a eu les funérailles qu’il méritait. Le Soir

d’Algérie, 10.10.12. À Pierre Chaulet… l’Algérie

reconnaissante avec cette citation de Lamartine :

« je suis de la couleur de ceux qu’on persécute ! ».

Quot. Oran, 11.10.12. Il avait hérité de solides

références de christianisme social reçues de

ses parents fondateurs des syndicats chrétiens

d’Algérie. Rencontres, octobre 2012.

Constantine. Le couple qui plantait les arbres…

de la vie. Jean et Marguerite Carbonare, en citoyens

de liberté, ont pris fait et cause pour l’indépendance

et ont aidé à la reconstruction du pays durant

© jolpress.com

de longues années. Marguerite a publié, à titre

posthume, une autobiographie de son époux,

« Ensemble, se remettre debout » (2010) et son

propre témoignage, « Fracture et souffle » (2012).

El Watan, 25.09.12. Venus avec la Cimade, Jean

Carbonare et ses amis sont à l’origine de la plantation

de plus d’un million d’arbres dans l’Est algérien,

fournissant du travail et rendant leur dignité à plus

de 50 000 personnes. Une épopée racontée dans

un des chapitres du premier ouvrage, récemment

traduit en arabe par des amis constantinois.

En finir avec les villes « bidon ». 50 ans d’urbanisme

passés au crible à l’EPAU (École polytechnique

d’architecture et d’urbanisme). Colloque

international des 7 et 8 novembre. Quelques

chiffres : 22.4 millions d’Algériens en ville, soit 63%

de la population ; l’Algérie est passée de 41 villes

à 273 unités urbaines de plus de 20 000 hab. ; 114

villes sont concentrées sur la bande littorale, soit

41.7% du tissu urbain global ; 477 agglomérations

urbaines sur 751 sont recensées au nord du pays ;

9 Algériens sur 10 vivent au nord du pays (soit sur

12.6% du territoire national) ; 200 000 ha de foncier

ont été urbanisés ; enfin, 5 millions de logements

ont été construits depuis l’indépendance… El

Watan, 10.11.12.

Brèves glanées par Gérard de Bélair

L’herbier de Gérard

Autant qu’aux nouvelles du

pays, Gérard de Bélair aime

être attentif aux plantes et

aux fleurs. Il en est l'un des

spécialistes dans notre pays,

depuis quarante ans qu’elles

font sa passion et qu’il les

scrute avec ses étudiants

de l’université d’Annaba

et des équipes de chercheurs. Un des fruits de ce travail est

accessible si vous cherchez « herbiergdb » sur internet. Vous

accéderez alors à plus de 5000 planches d’herbier et plus de

1000 photos. Merci Gérard !

pax concordia

trois Mois en Bref


egArds sur l'Algérie

A life of hardship

The Challenges faced by Sub-Saharan Migrants and Refugees in

People leave their countries of

origin for many reasons. Some

leave due to war, persecution and

violence whilst others leave due to

a very difficult economic situation.

Persons migrating towards Algeria are no different.

Whilst their reasons for arriving to Algeria may differ,

the hardships they suffer along the route to arrive

here and the tough conditions they must face in

the country are often the same. One big difference

is that whilst some can return to their countries of

origin, others cannot due to war, persecution or

a lack of means to return back home. Humiliation

on return and a feeling of having 'failed' is another

reason why people do not return back home

even when things do not turn out well in Algeria.

Most migrants in need of international protection

head to Algiers where they can apply for asylum

with the UN Refugee Agency (UNHCR) which decides

who is entitled to international protection and who

is not. Those recognised as refugees are under the

protection of UNHCR and are given documents

and certain important rights and assistance.

Nevertheless, it is still very difficult for them to find

work and earn a livelihood. Importantly, the refugee

document protects people from being forcibly

sent back to their countries of origin or from being

deported to the south of the country.

The problem of access to work is one of the greatest

problems faced by migrants and refugees in Algeria.

No one is given the permission to work, so finding

regular work is almost impossible. Many end up

Algeria

L’auteur est avocat, spécialisé dans les droits de l'homme et le droit d'asile.

Il travaille pour le Service jésuite des réfugiés (JRS). Une partie du travail du

Bureau européen de JRS est de sensibiliser l'Union européenne sur la situation

des réfugiés et des migrants en Afrique du Nord et de l'Ouest. En effet, décisions

et politiques de l'UE ont une influence directe sur la vie des migrants en transit

dans ces pays. Il est donc important que les décideurs européens aient cela

en tête lorsque des décisions sont prises. Andrew vient de parcourir l’Algérie

pour mieux connaître la situation de ces migrants. Il nous partage son regard 1 .

working unofficially and this often means that they

do not earn as much as locals and are not protected

by contracts. At times, employers take advantage of

this and do not pay the migrants for the work they

have done. The migrants cannot go and report this

to the police since they were not working legally and

could end up in trouble due to their general status

in the country. Difficulties in accessing work lead to

other serious problems such as accommodation.

It is very hard to pay for rent without a regular

job, so many persons end up living in very poor

conditions. Those who find no work often end up

squatting in unfinished buildings such as in the

neighbourhood of Boush Bouk or living in small

and crowded rooms with no privacy. Thankfully,

especially when accompanied by organisations,

1 Une traduction en français de cet article est disponible sur le

site eglise-catholique-algerie.org


migrants often have access to the healthcare that

they need from the local authorities.

The journey to Algeria is one of the most difficult

experiences many people will go through in their

lives. They cross through the desert, sometimes for

several days, at the mercy of smugglers and risking

coming across bandits. Some die of dehydration

along the way. There have also been reports of

police taking advantage of the vulnerable migrants,

asking for bribes and inflicting other forms of

abuse. Women are at a high risk of being sexually

assaulted throughout the journey, with the attempt

to cross the border between Algeria and Morocco

near Maghnia being the most notorious area for

such circumstances. These traumatic experiences

often add up to other traumas suffered in people’s

country of origin, especially when they were fleeing

from war and persecution.

Reaching Europe ? Many head up to Algeria

with a dream to earn a better living and perhaps

managing to enter Europe. Reaching Europe has

become very difficult and many remain stuck in

Algeria or further along their journey in Morocco. A

young man I met in Tamanrasset had just returned

from Casablanca and was heading back home to

Cameroon. "Morocco is even more difficult than

Algeria for migrants. Working there is very difficult

and getting to Europe is almost impossible and very

risky." He tries to tell this to others who are still at

the beginning of their travel, but they don’t listen.

Everyone believes that their luck will be different.

They also barely listen when told that about one

person every ten who try to cross to Europe by

boat drown and die. "It will not happen to me",

says one young man who still dreams of crossing

over to Europe. "God is with me and will protect

me". Few are ready to let go of their dreams even

in the face of harsh realities faced by those who

tried the same thing before them. For others, going

back home would be a great humiliation even if

it means remaining in an exile of misery for a few

more years. "I cannot go back home yet", says one

young woman. "That would mean failure in the eyes

of my family. My brother has made it to Europe and

now has a job and a family. I want to do the same

thing."

Keeping values. Some people in desperate

situations end up getting involved in illegal activities

and losing their values. There is much exploitation

of others from their own communities. People’s

values and outlook on life can have a big impact on

the choices they make, even in the most difficult of

situations. It is important for those who are feeling

lost in life to get some spiritual guidance. I had

the chance of meeting migrants living in Algeria

who changed their ways or refused to accept to

succumb to getting involved in things which they

felt were wrong. There have also been stories of

success where people worked hard and achieved

positive things. Even in the best of cases, there are

still problems such as a lack of regular documents

and access to work contracts that will always create

obstacles, but success stories show that people do

not need to give up just because the situation is

very difficult.

Working with migrants ? Unlike Europe, it is hard

for NGOs to register and work in Algeria. For foreign

NGOs it is practically impossible to be here officially.

Working with migrants is particularly difficult since

it is illegal to provide assistance to persons without

regular documents and this is punishable by a

number of months in prison. Religious institutions

play an important role in the provision of assistance

to migrants in various parts of Algeria. It is a

struggle to keep a balance between supporting

those who have nothing and to avoid creating a

dependency where people will not seek to become

self-sufficient. At the same time, it is important to

identify those who are particularly vulnerable such

as children, abused women, victims of trafficking

and those with physical or psychological problems

and ensure that they are not abandoned to their

own fate and at the mercy of those ready to exploit

them. Working with migrants is not an easy job,

but is one of great importance since they often lack

access to the support structures that locals can rely

on.

Andrew Galea Debono

pax concordia

regArds sur l'Algérie


ACtuAlité des dioCÈses

Session d’islamologie pour les nouveaux arrivés

dans le pays

J’ai participé à cette session afin de mieux connaître

l’islam et grandir dans une foi plus ouverte.

Je suis en Algérie depuis deux mois, ça ne fait pas

longtemps, et d’abord je me tais devant ce mystère

qu’est l’islam !

J’ai pu approfondir ce que j’ai déjà appris sur l’islam.

Et j’ai été très contente de pouvoir écouter entre

autres madame Ghenima Lahlou qui nous a parlé sur

la charia et son influence dans le droit algérien. Cela

m’a montré que nous n’apprenons pas seulement la

théorie, mais nous avons la possibilité d’écouter les

témoignages de personnes qui partagent avec nous

ce qu’elles vivent !

Le moment plus important pour moi fut une

rencontre inoubliable sur le soufisme, avec des

gens qui vivent une expérience personnelle. Cette

rencontre m’a posé une question sur la notion de

vérité, puisque dans le christianisme nous avons

aussi quelque chose de mystique. Y aurait-il une

vérité plurielle ?

J’espère que ce temps donnera des fruits abondants.

Merci à tous les intervenants qui nous ont aidés à

diocèse d’Alger

entrer encore mieux dans « ce mystère qui s’appelle

l’islam ».

Kamila Gaworska, smnda

Pierre Chaulet

Mardi 9 octobre, plusieurs centaines de personnes

se pressaient dans la chapelle et la cour de la Maison

diocésaine d’Alger pour célébrer le rappel à Dieu du

docteur Pierre Chaulet, au lendemain de l’annonce

de son décès dans la quasi-totalité de la presse

algérienne. Des sapeurs de la protection civile

portaient le cercueil recouvert du drapeau algérien.

Monseigneur Teissier, archevêque émérite d’Alger,

présidait la célébration en présence de Monseigneur

Bader, archevêque d’Alger, et de Monseigneur

Yeh Sheng-Nan, nonce apostolique, représentant

le Vatican. Une très nombreuse assistance de

médecins (plus de trente professeurs de médecine)

et de personnes de la société civile dont Redha

Malek, ancien chef du gouvernement, a entouré la

famille lors de cette cérémonie qui a été un espace

d’expression de la fraternité d’hommes et de femmes

dépassant leurs frontières culturelles et religieuses.

Les textes avaient été choisis par Pierre Chaulet luimême,

donnant la teinte de toute son attitude de

croyant. Aussi, musulmans et chrétiens pouvaient

se retrouver dans la prière auprès de lui, qui fut un

signe d’engagement, de don, de partage au service

des malades et des pauvres, dans une famille qui,

avec Claudine son épouse, a dit « non » au système

colonial, « non » au mépris, à la misère et à l’ignorance

et « oui » à l’Algérie dont il se savait le fils. Et c’est

tout naturellement qu’il a voulu être enterré à côté

d’un autre fils de l’Algérie, Henri Maillot, tué dans le

combat pour l’indépendance du pays.

Jean Gernigon 1

1 Jean Gernigon a présenté dans Pax et Concordia n°11 le

livre autobiographique de Pierre et Claudine Chaulet.


Nouveaux visages

Le 12 octobre, l'Église d'Oranie a accueilli ses nouveaux

membres : une centaine d'étudiants subsahariens venus

renforcer les paroisses de Tlemcen, Mascara, Mostaganem,

Tiaret, Sidi Bel Abbès et Oran. À Aïn Témouchent et

peut-être en d'autres lieux où il n'y a pas de paroisse

instituée, de nouveaux étudiants sont également arrivés.

Ici et là, on a vu venir dans nos paroisses de nouveaux

travailleurs étrangers. Il est difficile de savoir combien

de nouveaux chrétiens sont arrivés parmi les migrants

africains. Pour accompagner ces communautés, deux

prêtres sont arrivés : Patrick Duboys qui renforce l'équipe

de la paroisse d'Oran et Jean-Marc Bertrand qui se joint

aux spiritains de Sidi Bel Abbès. Kamila Gaworska, sœur

blanche à Oran, Juliette Schlicht et Pauline Somba

Donzala, sœurs franciscaines à Sidi Bel Abbès, apportent

nouveauté à leurs communautés respectives.

Hubert Le Bouquin

Les frères dominicains donnent des nouvelles de

Tlemcen

La ville se repose, suite à l’effervescence de l’année

dernière où elle a été "capitale de la culture islamique".

La marée écoulée laisse subsister sur notre rivage

quelques monuments somptueux, dont nous espérons

une utilisation soutenue et imaginative, en même temps

que tous attendent de l’impressionnante ceinture

immobilière au nord-ouest de la ville que ses logements

enfin terminés s’ouvrent à ceux qui en ont le besoin le

plus urgent.

© Gino Mineo

Durant ce temps, notre ardente communauté chrétienne

continue son chemin. Les religieuses d’Hennaya

renouvellent leur cadre de vie. Les Focolare voient leurs

sœurs d’Alger venir en centre-ville et s’apprêter à inventer

un type d’accueil et de services conforme à leur charisme.

Un troisième frère dominicain devrait nous arriver de

France. Enfin les étudiants subsahariens sont au rendez-

diocèse d’oran

vous : 54 Tanzaniens et Tanzaniennes nous tombent

du ciel. Ils viennent à Tlemcen essentiellement pour y

apprendre le français, ce qui nous amènera à les aider

avec des cours complémentaires. Tous anglophones,

ils appartiennent à des Églises diverses, puissions-nous

correspondre à l’ensemble de leurs attentes.

Cinquantième anniversaire du CDES

Le Centre de Documentation Économique et Sociale

d’Oran fêtera en mai prochain son 50e anniversaire.

Toute une histoire donc derrière lui, avec deux dates

significatives : 1991, ouverture du CDES-Sophia où

sont regroupées l’histoire, la philosophie et plus tard la

psychologie ; 1994 : agrandissement et informatisation

de la rue Kadiri.

© Bernard Janicot

Est-il possible de résumer ce parcours en deux mots :

service et rencontres ?

Service de la communauté universitaire en fournissant

à des étudiant(e)s, à des enseignants, à des chercheurs

une documentation utile, actuelle, pour leur travail

intellectuel. Cela se fait à travers les ouvrages dont

dispose le Centre (plus de 30 000) et les collections de

revues qu’il conserve.

Rencontres multiples entre étudiants, étudiants et

enseignants, enseignants entre eux, avec des personnes

de passage, entre l’Église et les Algériens et Algériennes,

dans le respect de la personnalité et des convictions de

chacun.

Un site internet permet d’accéder à la base de données

des documents disponibles, mais aussi à la Nouvelle

Revue de Presse : cdesoran.org

Une équipe d’une quinzaine de personnes, Européens

ou Algériens, anime ces deux lieux.

Bernard Janicot

pax concordia

ACtuAlité des dioCÈses


ACtuAlité des dioCÈses

Je les regarde rentrer du chantier à leur base

Chanceux d’avoir trouvé ce travail plus rémunéré que

chez eux, ils travaillent en équipe de jour ou de nuit, un an

de travail et dix-huit jours de vacances. J'essaie de mettre

une nationalité sur les visages cachés par des casques

et des foulards protégeant de la sueur et la poussière.

Philippins, Coréens, Sri Lankais, Bangladeshis, Indiens,

tous la bonne trentaine, débarquent du bus, sans rires ou

salutations un peu cordiales entre eux. Les nationalités

se regroupent d’instinct. Ils se mettent presque en rang,

comme à l'armée ou comme des taulards. Trop fatigués

ce soir. Il a fait très chaud. Pas question d'aller jouer tard

au ma-jong ou aux cartes. Un repas vite pris, la douche et

au lit. Demain sera un autre jour. Parfois, il y a des conflits,

jeux d'argent, excès de boissons, violences. Là où il y a

de l'homme, il y a de « l'hommerie » ! Ce ne sont pas des

anges !

Un an après

Il a fallu une approche lente avant de voir naître quelques

liens de confiance, rendus possibles - je crois - par les

rencontres régulières autour de la table de la maison de

Skikda ; des fruits qui ont mûri lentement. Mais à peine

les voit-on sur l’arbre que ces mêmes travailleurs quittent

la branche et retournent au pays, une fois fini le contrat

d’un an ! Les départs s’annoncent et se célèbrent chaque

samedi soir. Peu à peu, outre la messe hebdomadaire

au camp, ils se sont mis à réaliser des sorties à la plage,

diocèse de Constantine

Avec les travailleurs des bases-vie

Marin, fils de marin, Roland Doriol est jésuite. Après avoir bourlingué sur

les mers du globe comme électricien, il passe quinze ans dans une école

maritime des Visayas aux Philippines puis ouvre un foyer Stella -Maris

sur un port. Il y a un an, il rejoint l’Est algérien. Il nous partage son

compagnonnage avec les travailleurs expatriés de diverses bases-vie.

à Timgad ou Djemila,

à préparer ensemble

des repas « comme à la

maison », à rencontrer les

communautés d’ici, les

amis algériens ou étudiants

africains, chanter avec

eux, s’émerveiller devant

les ponts de Constantine,

Roland Doriol organiser une chorale,

fournir de quoi célébrer

dignement dans un réfectoire au camp. On connaissait

leur présence dans les camps de base-vie ; grâce à ces

sorties, on s’est mis à respirer ensemble et à s’apprécier.

Première lettre de l’un d’eux reparti au pays

« Mon expérience, j’ai envie de la nommer 'Travail et foi

au milieu du chaos' ! Comme beaucoup de candidats à un

contrat de travail à l’étranger, j’étais trop optimiste. Dès le

premier jour, ce fut le désastre : vie dans une pièce avec

sept autres travailleurs. Pour la nourriture, il faut se lever

tôt pour faire la queue. Le moment le plus critique, c’est

l’utilisation des toilettes et des douches. Le camp ne peut

pas fournir assez d’eau pour tous. Heures supplémentaires

obligatoires les vendredis de repos ! Après trois mois, je

décide de démissionner. Dur de se sacrifier pour le bienêtre

de nos familles. Pas autorisé à partir, déplacé dans

une chambre à deux, j’apprends alors qu’il y a un office

catholique tous les samedis. Depuis, ma vie a changé.

J’ai appris à connaître les autres. Durant les week-ends

nous pouvons visiter la paroisse en ville, participer à des

soirées de récollection et y dormir. Les mois ont passé

insensiblement et je suis même devenu membre de la

chorale !

Voilà comment je reconnais le travail et la présence du

Seigneur, et je garde cela précieusement. »

Roland Doriol, SJ


Des étudiants burundais à Ghardaïa

Ils étaient cinq, Arcade, Clément et Clément, Elvis

et Yves à venir à Ghardaïa pour une semaine au

mois d'août. Étudiants à l'université de Ouargla,

ils passent tout l'été à la résidence universitaire,

où il n'y a pas grand chose à faire, où il n'y a pas

de service et où il fait très chaud. Alors changer

d'air et de lieu est bienvenu même s'il ne faisait

pas vraiment frais à Ghardaïa ! Mais pas question

de venir seulement pour du farniente : pour des

forces jeunes, en échange de l'hébergement,

il y a du travail ! Alors les journées ont été bien

remplies. Dès 8h30, nous étions déjà tous autour

de la table, bible ouverte, pour nous essayer à une

lecture figurative de quelques textes. Les sœurs

Marcela et Renée se sont jointes à nous pour cette

lecture. Puis, après la tête, ce sont les muscles

qui travaillaient pour déplacer la bibliothèque

religieuse du diocèse de la maison diocésaine à

l'évêché ; 4000 livres déménagés et réinstallés

sur leurs étagères. Des temps de détente étaient

aussi inscrits au programme : une soirée cinéma

avec le film Invictus sur la vie de Nelson Mandela,

une soirée « anniversaire » ainsi que des sorties

pour découvrir les environs de Ghardaïa.

Une lecture figurative de l’Écriture

Prenons le songe de Jacob à Béthel (Gn 28, 10-

22) que nous avons lu cet été. Nous avons été

intrigués par cette pierre qui est présente tout au

long du récit. D'abord une pierre quelconque du

lieu où Jacob va passer la nuit ; puis support de

sa tête et du rêve qu'il fait pendant son sommeil ;

elle devient, au petit matin, stèle dressée et

recouverte d'huile. Enfin, au moment où il part,

elle demeure comme une marque qu'il retrouvera

à son retour pour lui rappeler ce qu'il a vécu cette

nuit-là.

Au moment où Jacob quitte sa terre familiale pour

un voyage lointain, cette pierre banale s'enrichit

jusqu'à devenir « maison de Dieu ».

diocèse de ghardaïa

Ne retrouve-t-on pas quelque chose de semblable

quand Simon est nommé « Pierre » et que Jésus

lui dit « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai

mon Église » (Mt 16, 18) ?

Dans ce récit, la pierre de Jacob est une « figure »

de la pierre ; une figure, c'est une chose familière,

utilisée pour nous faire faire un parcours.

Il y a bien d'autres textes de l'Écriture qui parlent

de pierre : pierre d'angle, pierre roulée devant

un tombeau, etc. À chaque fois, le contexte

nous permet de donner au mot une signification

figurative particulière. Une lecture attentive du

texte nous fait accéder à la signification qu'il

construit de la figure, même si, au départ, nous

sommes pris au dépourvu par son caractère

étrange. C'est ainsi que la figure nous déplace

suffisamment pour déboucher nos oreilles. Elle

nous atteint, nous trouble et nous transforme,

nous permettant d'accéder à ce que le texte garde

caché.

Pour travailler nous nous sommes aidés du n°139

des Cahiers Évangile, Lectures figuratives de la

Bible.

Patrick de Boissieu

pax concordia

ACtuAlité des dioCÈses


des liVres à lire

La couverture est superbe, le titre interpelle et dès les premières

lignes on tombe sous le charme du petit Salim Bénouali

tellement attendrissant avec ses constats, ses questions et

ses étonnements d’un cœur d’enfant, encore bien pur et naïf.

Son innocence s’émoussera doucement au fil de sa scolarité,

où il doit trouver sa place parmi une nombreuse fratrie pas toujours

très tendre, tiraillé entre la douceur et l’honnêteté de sa maman et

l’intransigeance destructrice et l’humiliation gratuite de son papa.

Cette dualité se retrouve à travers toute son histoire. Fatigué des corvées

de l’été et des conditions précaires dans la vallée du Chelif, il refuse la

fatalité d’être berger de père en fils. Ainsi il étudie, dévore les livres la

nuit, pour y échapper et faire plaisir à ses instituteurs français à qui il voue

une grande admiration.

La lutte vers l’indépendance gronde pendant toutes ses années de jeune

adolescent, et il est parfois difficile de tomber amoureux « des yeux

bleus » d’une fille de militaire français lorsque l’on est enfant du pays…

Salim gardera toujours son âme passionnée et son idéalisme le pousse

vers un esprit très patriotique luttant pour l’indépendance. Il se souvient

des mots de son maître français, Mr Vermeille : « Cette terre a besoin

d’espérance. C’est vous qui en êtes le levain. C’est à partir de la bonne graine

que l’on fait le bon pain… Ne cédez pas à la folie des hommes qui veulent

déchirer ce beau pays… » Pourtant, Salim perd son meilleur ami « roumi »

quelques heures avant la déclaration de l’indépendance.

Sophie Becquart

Associée au vivre ensemble, l’économie devient ainsi un

lieu d’alliance et pas seulement de contrat, un lieu de

confiance et pas seulement de stratégie, un lieu d’utopie

et pas seulement de technique.

En dix chapitres l’auteur déconstruit l’économie qui est une

question de vie. Elle part à chaque fois d’une expérience

personnelle, où apparaitra un paradoxe qui sera rapproché d’une

pratique économique et mise en résonance avec un récit biblique.

Ce livre déplace notre regard sur l’économie, et s’il peut être très

surprenant, il permet d’être attentif au désir plus qu’à la consommation, à

la solidarité dans l’interdépendance, à la création plus qu’à la production,

à la qualité plus qu’à la quantité, au vecteur porteur de sens plus qu’au

moyen pour accéder aux biens – et bien d’autres choses à découvrir en

lisant le livre.

Enseignant l’économie solidaire et le développement durable à l’Institut

catholique de Paris, l’auteur nous présente l’économie sous un jour

radicalement nouveau. En partant de la vie quotidienne et en faisant le

lien avec des passages bibliques, l’économie devient un lieu de travail

spirituel où l’action exprime une vie de prière. Passée la surprise, ce livre

est passionnant.

Jean Désigaux

Tes yeux bleus

occupenT mon

espriT

Djilali bencheikh

Clairefontaine, 2010

341 pages

le goûT De l’auTre

la crise, une chance pour

réinventer le lien

elena lasiDa

Albin Michel, 2011

328 pages


A

une introduction très poussée à cet « art du corps » que

sont les tatouages succèdent des images d’archives

anciennes et récentes, des dessins, des documents tirés

des forums internet, etc. qui permettent de découvrir la

grande variété de cette particularité culturelle du Maghreb,

essentiellement à partir des cas des régions de Biskra et Touggourt.

Voici quelques extraits de la préface par Sabah Ferdi, archéologue, chercheur au

Centre national de recherches archéologiques d’Alger :

« L'usage du tatouage est très ancien ; il s'est développé conjointement sur de nombreux

sites de notre globe terrestre.

Ce marquage corporel préférentiel est attesté dans

le Maghreb depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque

moderne, de préférence chez les femmes. Ces

tatouages augmentent et consacrent la beauté de

la femme. Pour celles qui les portent, ils sont une

parure subtile et une protection, sinon magique,

du moins religieuse.

C'est d'ailleurs le grand mérite de Lucienne Brousse

de dévoiler ce pan, exceptionnel autant que

méconnu, de notre patrimoine culturel immatériel.

L'ensemble des tatouages que Lucienne donne

à contempler dans son livre est un témoignage

culturel précieux autant qu’un hommage appuyé

à la féminité maghrébine. »

Extrait de « Relais Pères Blancs-Maghreb »

Octobre 2012

A

l'origine, il y a eu, en 1986, le livre de Philippe Thiriez, père

blanc, En flânant dans les Aurès (Editions Numidia), proposant

des itinéraires commentés de balades dans le Massif des Aurès,

ces montagnes de l'Est algérien qui s'étendent au sud de

Constantine, aux alentours de Batna dont Philippe était alors

curé. Cette région est habitée par les Chaouïs, berbères des Aurès.

Au milieu des années 2000, quand la question se pose de rééditer ce guide

culturel et touristique, l'heure n'est pas encore revenue à flâner et marcher

dans ces contrées où les souvenirs douloureux du terrorisme des années

1990 dissuadent encore beaucoup de monde de se promener hors des

agglomérations.

C'est ainsi qu'est pris le parti de créer un livre d'art, abondamment illustré de

belles photos de paysages de l'Aurès, et présentant région et culture chaouïes

au travers de textes didactiques, d'extraits d'auteurs, mais aussi de portraits

de personnalités de la région : artistes ou gens de lettres, ancien maquisard

ou homme de religion, entrepreneurs, artisans ou paysans, passionnés par la

faune, les sites naturels, archéologiques, ou le patrimoine oral. Bien entendu,

vous connaissiez déjà Timgad, le Medghassen, le canyon de Ghoufi et la

Kahina ? Apprenez qu'ils ne sont que la vitrine d'un monde d'une richesse

insoupçonnée. Peu d'aspects de la région échappent à l'objectif, à la plume

ou à l'enquête des auteurs.

Un ouvrage très complet pour connaître les paysages, l'histoire, les traditions,

mais aussi l'aujourd'hui de cette attachante région d'Algérie.

Michel Guillaud

beauTé eT iDenTiTé

féminine

les TaTouages féminins

berbères - régions De

biskra eT De TouggourT

lucienne brousse

Dar Khettab, 2012

57 pages

aurès

Vivre la terre chaouïe

naDia bouseloua, azeDDine

guerfi, rachiD mokhTari,

philippe Thiriez

phoTographies De kays Djilali

Chihab, 2011

303 pages

pax concordia

des liVres à lire


MéditAtion

De toutes les réactions à l’attentat

d’Achrafieh, la plus admirable est

celle de cette femme hospitalisée

filmée par la LBC, et qui affirmait

qu’au moment de l’explosion, elle

priait pour le peuple syrien, en se

disant : « Quelle faute a commis

ce peuple pour vivre une si totale

désolation ? »

Fady Noun

Oui, quelle faute a commis ce

peuple qui justifie pareilles souffrances ?

Aussi admirable est le mot de cet ouvrier en

bâtiment syrien qui affirmait : « Laissez, nous payons

aujourd’hui le prix de toute la violence faite au

Liban. » Mot authentique que je tiens d’un ami chef

de chantier.

C’est dans cette double générosité de cœur que

se trouve la clé de la paix au Liban – et pourquoi

pas, en Syrie. Le pardon offert d’avance par cette

femme au peuple dont les dirigeants nous infligent

pareilles souffrances est la clé de la fin de la violence

au Liban.

(…)

Paroles sages qui apportent quelques lumières dans

notre nuit. La nuit de ceux qui, à la télévision, ivres de

douleur, affirmaient qu’ils ne seront payés de leurs

souffrances que le jour où ils pourront reconnaître le

cadavre de Bachar el-Assad, piétiné par son peuple,

à certaines marques distinctives ; comme cela s’est

passé pour Wissam el-Hassan, difficilement identifié

par les sauveteurs à la montre qu’il portait à son

poignet et à un fragment de son arme.

Ce n’est pas ainsi que l’on va au bout de la

violence. Ce n’est pas ce que Ghassan Tuéni a dit à

l’enterrement de son fils, assassiné en 2005. Ghassan

Tuéni a dit : « Éteignons la vengeance. Rachetons la

violence reçue en apprenant à souhaiter qu’elle soit

leçon de civilisation

Fady Noun est journaliste politique. Il est membre du GRIC (Groupe

de Recherches Islamo-Chrétien). Père de famille, chargé de

communication à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, il est aussi

l’auteur de recueils de poèmes. Ce texte est extrait d’un article

publié le 18 octobre 2012 dans L’Orient Le Jour, quotidien libanais.

la dernière. En apprenant à ne pas nous venger ; en

apprenant que la violence engendre la violence et

que dans ce cercle vicieux mimétique, nous nous

constituons prisonniers de la violence, nous la

perpétuons et nous finissons par ressembler à notre

adversaire ; plus rien ne nous distingue de notre

ennemi. »

Rachetons la violence en lui donnant une réponse

de civilisation. Qu’il me soit permis de citer ici Michel

Eddé qui, dans un éloge funèbre de Ghassan Tuéni,

affirme que « les seules révolutions durables sont

les révolutions blanches », que la violence comme

moteur de changement historique est une idéologie

à jamais révolue.

Dans son livre Voyage au bout de la violence, Samir

Frangié, citant René Girard, a essayé de montrer qu’il

y a dans nos violences une violence plus atavique

dont on ne vient à bout que par une conduite de

rachat, comme en la prenant sur soi.

Oui, l’assassin est en nous et le voyage au bout de

la violence est un voyage au bout de soi-même.

Comme cette blessée de l’Hôtel-Dieu dont le cœur a

pris le dessus sur l’idéologie, comme Ghassan Tuéni,

comme le recommandent quelques sages qui nous

restent, rachetons ce coup violent qui nous est porté

par une conduite de civilisation.

Il ne s’agit pas de nous aveugler sur l’origine de

l’attentat, ou sur ses auteurs. Les assassins sont

parmi nous comme au-delà de nos frontières. Mais

il s’agit de maîtriser l’art d’éteindre la violence, en

l’empêchant de nous détruire intérieurement, après

nous avoir détruits extérieurement. Conquérons

notre propre violence pour conquérir ensuite

notre ennemi. Montrons au monde, pacifiquement,

comme nous l’avons déjà fait, que le Liban existe

vraiment.

Fady Noun


Abonnement à la revue

pour une année (4 numéros)

Version papier :

Je souhaite aussi recevoir la version internet

Algérie et Afrique 600 DA

Autres continents 20 € (2000 DA)

Soutien 30 € (3000 DA)

Version internet seule

Algérie et Afrique 150 DA

Autres continents 10 € (1000 DA)

Soutien 30 € (3000 DA)

Prix de revient au numéro : 300 DA

Nomination

En accord avec sa congrégation,

les évêques ont nommé

Jacqueline Volle, sœur de saint

Joseph, coordinatrice nationale

des aumôniers de prison.

Lettre pastorale

Pour Noël 2012, Mgr Paul Desfarges, évêque

de Constantine et Hippone, a adressé à ses

diocésains une lettre pastorale intitulée l’Église

dans la mangeoire. Ce document sera présenté

dans notre n°14. On peut le demander à l’évêché

de Constantine : eveche.constant@gmail.com

Semaine de Nazareth

Une semaine pour vivre la vie de Nazareth,

approfondir notre foi à l’écoute de Charles de

Foucauld. Du 17 mars au 22 mars 2013 à Ben

Smen avec l’accompagnement du petit frère

Bernard de Béni Abbès. Inscriptions : fratalger@

yahoo.fr

Islamologie on line

Une formule de formation en islamologie est

possible, combinant la réception de documents

par courrier électronique et deux rencontres par

an pour échange à partir des documents reçus.

Renseignements : cantalrivas@hotmail.com

Nouveau en Algérie ?

Comme chaque année, une session est

organisée par l’Église d’Algérie pour les chrétiens

Merci d’être attentif à la date

d’échéance de votre abonnement

mentionnée sur l’étiquette-adresse

nouvellement arrivés dans le pays. Elle aura lieu à

Alger du 18 au 21 février 2013. Renseignements :

hubertlebouquin@yahoo.fr

Aumôniers de prison

Une réunion de formation rassemblant tous les

aumôniers aura lieu les 11 et 12 février 2013 à

Alger.

Trimestriel

Éditeur : Association diocésaine d’Algérie (ADA),

n° d’agrément 18, en date du 16 novembre 1974, délivré

par le Ministère de l’Intérieur.

Adresse : Pax et Concordia, Archevêché d’Alger

13 rue Khelifa Boukhalfa, 16000 Alger-Gare

Dépôt légal : n° 2201-2010

Directeur de publication : Mgr Ghaleb Bader

Équipe de rédaction : Dominique Lebon, Marie-Christine

Rousseau, Marie-Danièle Ligouzat, Michel Guillaud

Coordinateur de la rédaction : Michel Guillaud

Gérante : Marie-Danièle Ligouzat

Mise en page : Lamia

Courriel rédaction : paxetconcordia@gmail.com

Courriel abonnements :

paxetconcordia.abonnements@gmail.com

Site internet de l’Église d’Algérie :

http://www.eglise-catholique-algerie.org

Illustrations de couverture : Soleil, technique mixte sur toile,

80x60xm, 2008 (p.1) et Arbre de Dieu, aquarelle sur papier,

20x30cm, 2006 (p.32), oeuvres d’Oussama Bounouara.

Illustrations du dossier : Patrick de Boissieu.

que l’on paie en euros ou en dinars, retourner ce bulletin à :

Pax & Concordia, Archevêché d’Alger, 13 rue Khelifa Boukhalfa

DZ - 16000 Alger ALGÉRIE

Civilité : _______ Nom : _______________________

Prénom : _____________________

établissement : ______________________________

Adresse : __________________________________

Complément d’adresse : _______________________________

E-mail : ____________________________________

Code postal : _______ Ville : __________________________

Pays : ________________________

Pour tout autre renseignement, contacter le service des abonnements

à l’adresse : paxetconcordia.abonnements@gmail.com

Paiement par :

Chèque bancaire ou postal en dinars à l’ordre de Association Diocésaine d’Algérie (en toutes lettres)

Chèque bancaire ou postal en euros à l’ordre de AEM (Pax & Concordia)

Virement en euros (hors France) : IBAN : FR 67 2004 1010 0800 2936 7K02 989 - BIC : P S S T F R P P M A R

Espèces

bloc-notes

abonnement


pax et concordia

ةيكيلوثاكلا رئازلجا ةسينك ةلجم 13 ددعلا - 2013 يفناج

ديدج فقسأ

! نارهو يف

نوميميت يف ةلوج

ىرخلأا تانايدلا و نويكيلوثاكلا

ةنلمحا يف نويقيرفلإا نوئجلالا و نورجاهلما

More magazines by this user
Similar magazines