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dossier

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Promenade à timimoun

Commençons notre découverte de

Timimoun, l'oasis rouge, la reine du

désert, par quelques descriptions

de la ville glanées ça et là au hasard

de nos lectures :

Timimoun1 , c'est le titre d'un roman

de Rachid Boudjedra qui y décrit

ainsi la ville : « Timimoun est un

ksar rouge très ancien, avec ses

murailles construites en pisé ocre.

Il se love sur une longue terrasse

qui domine d'une vingtaine de

mètres la palmeraie. Son minaret soupçonneux

à l'architecture de poupée, aux lignes arrondies

et au pisé grenu, surveille le désert alentour.

Avec ses dunes gigantesques et très mobiles. Ses

anciennes routes de l'or et du sel. Ses oasis qui

ont vu durant des siècles des vagues de réfugiés

berbères, zénètes, juifs, noirs et arabes s'y cacher,

s'y agglomérer et s'y installer définitivement

pour créer, à force de travail et d'ingéniosité, une

sorte d’Éden [...]. »

De son côté, le lieutenant Mercadier, chef de poste

à Timimoun, écrivait en 1946 dans L'oasis rouge2 :

« En plein cœur du Sahara existe une petite ville

toute rouge, posée sur l'un des derniers gradins

septentrionaux du plateau aride du Tadmaït. Elle

domine une immense sebkha limitée au nord

par les dernières dunes du Grand Erg occidental.

C'est Timimoun ». Il poursuit sa description par

un long exposé sur la géologie qu'il conclut ainsi :

« Évidemment tout ceci est assez indigeste, bien

que réduit au minimum. Mais vous serez ainsi à

même de comprendre la question des foggaras

qui sont la base de la richesse au Gourara ».

Vous n'aurez sans doute pas la patience de vous

plonger dans des considérations géologiques

mais on peut aujourd'hui recourir à d'autres

moyens pour comprendre Timimoun : ouvrez

Google Earth et recherchez Timimoun. Vous

verrez se dessiner la ville bordée par la palmeraie,

1 Rachid Boudjedra, Timimoun, Folio n°2704, 1994.

2 G. Mercadier, R. Rondreux, J. Salleras, L'oasis rouge, impressions

sahariennes, Éd. Robert et René Chaix, 1946.

puis la sebkha qui prend des

couleurs extraordinaires du fait des

sels minéraux, et enfin les dunes de

l'erg. C'est superbe !

Le visiteur d'aujourd'hui n'a pas

de mal à se retrouver dans la ville.

Des terrasses de l'hôtel Gourara

construit par Fernand Pouillon dans

les années 1970, il peut admirer

le site dans son ensemble. Le

boulevard du 1er Novembre fait la

séparation entre la partie ancienne

avec le ksar, la palmeraie au nord et le « Village »

au sud, au quadrillage rigoureux datant des

années 1920, tracé par les militaires français. En

périphérie, en demi-couronne, se développent de

nouveaux quartiers, des équipements collectifs

- hôpital, bâtiments scolaires -, des entrepôts

de matériel, etc. L'urbanisation a été très rapide

avec, comme dans les autres villes du Sud, un

afflux de population au cours des années 1990 ;

le chef-lieu de la commune compte aujourd'hui

plus de 28 000 habitants.

Le quartier de la période coloniale a son originalité

du fait de son architecture soudanaise introduite

par un officier français dans les années 1920.

Outre ses portes monumentales, son fleuron est

l'hôtel Oasis rouge caractéristique autant par son

architecture extérieure que par sa décoration

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