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Année de lA foi

la déclaration nostrA AetAte du concile Vatican ii

Une ère nouvelle dans les relations des catholiques avec les croyants

La déclaration sur les relations de

l’Église avec les religions nonchrétiennes

(Nostra Aetate) est

une première dans l’histoire des

conciles et la vie de l’Église. En effet,

jusque-là, aucun concile ne s’était occupé des

autres religions sinon pour les condamner

sans appel. Nostra Aetate « voudrait mettre fin

définitivement à presque deux mille ans de

guerres politico-religieuses, parce qu’elles ont

atteint, à notre époque, et dépassé les frontières

de l’incroyable », commente Th. Rey-Mermet.

Au début du concile Vatican II, aucune déclaration

n’était prévue sur les relations de l’Église avec

les religions non-chrétiennes. La Déclaration

actuelle eut à faire une route longue et difficile :

« En juin 1962, le décret préparé par le cardinal

Bea1 , ou son Secrétariat, devait être proposé

pour avis à la Commission centrale, par mandat

de l’autorité supérieure. Des informations

inquiétantes vinrent de pays arabes à propos

de ce projet, à la suite desquelles le schéma

du décret fut retiré. Dans une requête écrite

adressée au Saint-Père, le cardinal Bea exposa les

raisons pour lesquelles il estimait indispensable

que le Concile s’occupât d’un décret sur les Juifs.

Entre autres, il ne s’agissait que d’une question

purement religieuse ; elle n’avait rien à voir avec

la reconnaissance de l’État d’Israël. Sa démarche

souhaitait obtenir, soit qu’on propose au Concile

un schéma particulier comme prévu, soit qu’on

relie la question juive à un autre thème débattu

au Concile, où l’on traiterait de problèmes de

l’Ancien et du Nouveau Testament. » 2

Un nouveau texte retravaillé et trés atténué

était prêt avant le début de la troisième session

(14 septembre – 21 novembre 1964). Le cardinal

Bea indiqua que son projet avait été enrichi

de trois autres chapitres sur les religions nonchrétiennes.

À la suite de grands débats, le

Secrétariat pour l’unité des chrétiens rédigea le

texte actuel de la déclaration sur les relations

de l’Église avec les religions non-chrétiennes 3 ,

très court, mais si lourd de sens, moyennant

deux cent quarante-deux amendements, qui

d’autres religions

fut promulgué le 7 décembre 1965, à la fin de

la dernière session du Concile (14 septembre

– 8 décembre 1965). Il reçut beaucoup plus de

suffrages que prévu : 2221 oui contre 88 non.

© Claire Chapron

Connivence

Le préambule

« À notre époque où le genre humain devient

de jour en jour plus étroitement uni et où les

relations entre les divers peuples augmentent,

l’Église examine plus intensément quelles sont

ses relations avec les religions non-chrétiennes.

Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la

charité entre les hommes, et même entre les

1 Le cardinal Bea était alors en charge du Secrétariat

pour l’unité des chrétiens que Jean XXIII venait de

créer quelques temps plus tôt.

2 Concile Vatican II, Les évêques, la vie religieuse,

la formation des prêtres, l’éducation chrétienne, les

religions non-chrétiennes, Paris, Éditions du Centurion

(coll. Documents conciliaires), t. 2, 1965, p. 206.

3 Le Secrétariat pour les non-chrétiens n’existait

pas encore. Il sera créé seulement à la Pentecôte

1964 (et deviendra en 1988 Conseil pontifical pour le

dialogue inter-religieux). C’est ainsi que le travail fut

confié au Secrétariat pour l’unité des chrétiens.

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