A-2012/N°14 La guerre civile en Syrie Loin du printemps - Siréas asbl

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A-2012/N°14 La guerre civile en Syrie Loin du printemps - Siréas asbl

2012/14

La guerre civile en Syrie

Loin du printemps

par Mauro Sbolgi

Analyses &

Études

Monde et Droits de l’Homme 1

Siréas asbl


Nos analyses et études, publiées dans le cadre de l’Education permanente,

sont rédigées à partir de recherches menées par le Comité de rédaction de

SIREAS sous la direction de Mauro Sbolgi, éditeur responsable. Les questions

traitées sont choisies en fonction des thèmes qui intéressent notre public

et développées avec professionnalisme tout en ayant le souci de rendre

les textes accessibles à l’ensemble de notre public.

Ces publications s’articulent autour de cinq thèmes

Monde et droitS de l’hoMMe

Notre société à la chance de vivre une époque où les principes des Droits de l’Homme

protègent ou devraient protéger les citoyens contre tout abus. Dans de nombreux pays ces

principes ne sont pas respectés.

ÉconoMie

La presse autant que les publications officielles de l’Union Européenne et de certains

organismes internationaux s’interrogent sur la manière d’arrêter les flux migratoires. Mais

ceux-ci sont provoqués principalement par les politiques économiques des pays riches qui

génèrent de la misère dans une grande partie du monde.

culture et cultureS

La Belgique, dont 10% de la population est d’origine étrangère, est caractérisée, notamment,

par une importante diversité culturelle

MigrationS

La réglementation en matière d’immigration change en permanence et SIREAS est

confronté à un public désorienté, qui est souvent victime d’interprétations erronées des

lois par les administrations publiques, voire de pratiques arbitraires.

SociÉtÉ

Il n’est pas possible de vivre dans une société, de s’y intégrer, sans en comprendre ses

multiples aspects et ses nombreux défis.

Toutes nos publications peuvent être consultées et téléchargées sur nos sites

www.lesitinerrances.com et www.sireas.be, elles sont aussi disponibles en version

papier sur simple demande à educationpermanente@sireas.be

Siréas asbl

Service International de Recherche,

d’Éducation et d’Action Sociale asbl

Secteur Éducation Permanente

Rue du Champ de Mars, 5 – 1050 Bruxelles

Tél. : 02/274 15 50 – Fax : 02/274 15 58

educationpermanente@sireas.be

www.lesitinerrances.com – www.sireas.be 2

Avec le soutien

de la Fédération

Wallonie-Bruxelles


Quand arrive le printemps on sent que tout va renaître. On se projette

dans une nouvelle vie, la lumière est plus chaude, du moins en

apparence. C’est ce qu’ont ressenti certains peuples qui, manquant

de droits et de libertés, se sont révoltés contre l’autorité. On a donc appelé

cela « le printemps arabe”. 1 La presse occidentale présente la Syrie sur ce

même chemin, mais peut-on vraiment qualifier de printemps la guerre civile

qui s’y déroule ?

La mort y est apparue dans toute sa cruauté. Ce qui était au départ une

réaction légitime d’une partie de la population contre la corruption, et une

revendication pour plus de liberté et de participation, s’est transformé en

une guerre civile sanglante, les affrontements durent depuis 21 mois, le

nombre de victime augmente chaque jour, on compte fin novembre 2012

environ 41.000 morts 2 , plus de 100.000 disparus, 500.000 réfugiés 3 dans les

pays voisins et environ 4 millions de personnes déplacées à l’intérieur du

pays.

La guerre en Syrie a commencé mi-mars 2011 lorsque, dans la ville de

Deraa, des opposants au gouvernement mirent le feu au siège du parti au

pouvoir, le parti Baas, Parti de la Renaissance Arabe Socialiste ainsi qu’au

Palais de Justice. La répression fit des blessés et des morts.

1 Série de soulèvements populaires dans les pays arabes, qualifiés de révolutionnaires par

la presse internationale.

2 Chiffres fournis par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, www.syriahr.com/

en (voir plus loin la remarque concernant cet organisme)

3 Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies, “Top UNHCR official calls

for safe passage for uprooted Syrians”, http://www.unhcr.org/50be046a6.html

3


À partir de là, le scénario se dégrade rapidement. Les manifestations

en faveur ou contre le gouvernement sont la cause d’affrontements

armés entre deux factions très différentes : d’une part les Forces Armées

gouvernementales commandées par le président Bashar El Assad qui entend

imposer son pouvoir par la force, d’autre part des groupes armés regroupés

sous la dénomination de « Armée Syrienne Libre» (ASL), opérant par

brigades dispersées dans tout le pays et commettant des attentats terroristes

dans les villes, mais aussi en obligeant la population à manifester contre le

régime comme nous le dit un témoignage recueilli à Siréas 4 .

la faMille el aSSad

Avant de devenir président de son pays, Bashar El Assad était

ophtalmologue à Londres. Son père, Hafez El Assad avait pris le pouvoir

à la suite d’un coup d’état en 1970. Le pays fut dirigé dans la dureté et la

répression jusqu’à sa mort en 2000. Des membres de l’armée se rendirent

alors en Angleterre pour chercher son fils sachant que seule sa légitimité

familiale pouvait éviter une guerre de succession entre les généraux de son

père.

La famille El Assad appartient au groupe minoritaire musulman des

Alaouites, qui compose environ 10 % de la population. Le maintien au

pouvoir de cette minorité tient au fait que 80 % des responsables de l’armée

sont alaouites.

Bien qu’il ait été élu par référendum en 2000, Bashar El Assad continue

à gouverner le pays sous le régime de l’« état d’urgence » instauré en 1963,

en limitant les droits et les libertés de la population et en multipliant les

pouvoirs des services de sécurité nationale. L’« état d’urgence » fut levé par

El Assad en avril 2011, soit un mois après le début des manifestations qui

demandent son départ. Il promulgua également d’autres mesures tendant à

étendre les libertés individuelles, les libertés d’association et la création de

partis politiques. Mais ces mesures furent considérées comme insuffisantes

4 Nous avons eu à Siréas le témoignage d’une syrienne résidant en Belgique qui a reçu un

coup de téléphone de sa famille habitant un village chrétien près de la frontière turque:

« Des hommes qui ne parlaient pas l’arabe comme on le parle en Syrie, sont rentrés dans

nous maisons et ont pillé tout ce qu’ils pouvaient. Puis ils nous demandé de manifester

contre le régime. Nous avons d’abord refusé parce que nous voulions rester neutres,

mais ils ont menacé de tuer nos enfants. Puis ils ont placé les enfants en première ligne

du cortège, et nous juste après. Eux-mêmes se sont placés à l’arrière. Lorsque l’armée est

arrivée, ils ont tiré et l’armée a riposté en tuant ou blessant ceux qui étaient en première

ligne. »

4


par les rebelles qui avaient été durement réprimés pendant les manifestations.

Les positions se sont radicalisées. L’opposition s’est fixé comme objectif la

destitution du président par la force.

En février 2012, El Assad propose une solution politique en appelant à un

referendum en vue d’une nouvelle Constitution instaurant le pluripartisme.

L’opposition a appelé au boycott et le projet fut approuvé par 90 % des

voix. Le vote fut critiqué par les pays occidentaux qui ont considéré que

la situation de violence dans le pays ne garantissait pas la transparence du

processus démocratique.

Qui Sont leS SyrienS ?

La difficulté de la Syrie c’est d’être une mosaïque de communautés et

de religions qui ont cohabité assez harmonieusement jusqu’à présent.

La majorité de ses 22 millions d’habitants, soit 75 %, est de confession

musulmane sunnite, dont deux millions de kurdes qui vivent près de la

frontière turque, dans le Nord. Les musulmans alaouites constituent 10 %

de la population tandis que les chrétiens, gréco-orthodoxes et catholiques

sont 10 % environ. D’autres minorités comme les druzes et les ismaélites,

proches de l’Islam chiite, sont 5 %.

En outre, la Syrie a accueilli plus de trois millions de Palestiniens

à la suite de la création d’Israël, un million d’Arméniens au moment du

génocide perpétré par la Turquie ottomane il y a un siècle, et des dizaines

de milliers de Kurdes qui ont fui l’Est de la Turquie. Plus récemment, en

2004, l’occupation de l’Iraq par l’OTAN a entraîné l’arrivée de plus de deux

millions d’Iraquiens et, en 2007, des centaines de milliers de Libanais ont

traversé la frontière pour fuir les bombardements israéliens.

l’arMÉe Syrienne libre (aSl) et le conSeil

national Syrien (cnS)

L’opposition en Syrie est composée principalement de deux fronts: le

Conseil National Syrien (CNS), de caractère politique, et l’Armée Syrienne

Libre (ASL), un front de combat.

Ces instances comptent sur l’appui des États-Unis et de leurs alliés tels

que la France et la Grande Bretagne, ainsi que sur l’appui de leurs voisins

qui sont en bons termes avec les États-Unis, notamment l’Arabie saoudite,

le Qatar et la Turquie.

5


Le Conseil National Syrien est composé de Syriens qui résident

à l’étranger pour diverses raisons commerciales ou politiques. Via

les canaux diplomatiques cette organisation a cherché par tous les

moyens à se faire reconnaître comme l’unique représentant du peuple

syrien et comme la seule alternative pour un futur gouvernement. Ce

statut lui est reconnu par la France, la Grande Bretagne, l’Espagne et

la Turquie notamment.

L’Armée Syrienne Libre, quant à elle, rassemble diverses factions

de l’opposition armée qui combattent les forces gouvernementales

sur le territoire syrien. Sa composition est diversifiée et son unique

objectif est, pour le moment, la libération du pays par la destitution

de Bashar El Assad. Elle comprend des militaires qui ont déserté

l’armée gouvernementale, des civils, des islamistes radicaux et des

mercenaires provenant de l’ensemble du monde musulman et qui

ont, pour la plupart, déjà participé à des conflits armés, notamment

en Libye, en Tchétchénie et en Afghanistan.

Au sein de l’ASL on reconnaît l’autorité spirituelle du Cheikh

Adnan Al Arour, prédicateur takfiriste 5 qui appelle à la chute et à la

mort de Bachar El Assad, non pas pour des motifs politiques mais

uniquement parce qu’il est alaouite et donc hérétique aux yeux du

cheikh.

Cette tendance du fondamentalisme musulman se reflète dans

le fait que tous les responsables de l’ASL qui ont pu être identifiés

sont sunnites et toutes les brigades de l’ASL portent des noms de

personnalités sunnites historiques. Son programme consiste à en

finir avec le régime laïc instauré par le parti Baas et à permettre

l’instauration d’un régime confessionnel strictement sunnite 6 .

Si la violence de la répression gouvernementale n’est plus à

démontrer, les groupes rebelles armés se sont également rendus

coupables d’exactions comme l’ont constaté Human Rights Watch

5 Le Takfirisme est un courant radical, dans l’Islam sunnite, qui considère

que les « mauvais » musulmans (non-sunnites, réformistes modérés, nonpratiquants,

...) sont les pires ennemis. Ses militants, les takfiri, forment des

groupes de combattants en Afghanistan et au Pakistan où ils combattent les

talibans. Le takfirisme se distingue de la lutte contre les autres religions et

contre le modèle culturel occidental par le fait qu’il prône la lutte fratricide

entre musulmans.

6 Thierry Meyssan, Los mercenarios de la CIA: El Ejercito Sirio Libre,

http://www.webislam.com/articulos/75671-los_mercenarios_de_la_cia_el_

ejercito_sirio_libre.html

6


et Amnesty International 7 . Un rapport de l’ONU sur la situation des droits

de l’homme en Syrie conclut également que les deux parties se sont rendues

coupables de crimes de guerre. 8

au centre de l’attention Mondiale

Ce qui était occulté par le pouvoir médiatique mondial au début du

conflit est devenu très clair aujourd’hui : les principaux pays alliés des

rebelles syriens leur ont fourni des armes, de l’équipement technique et

beaucoup d’argent pour qu’ils arrivent à leurs fins. De même, les services

de renseignements américains, britanniques et de certains pays arabes sont

postés près de la frontière turco-syrienne et aident l’ASL 9 .

De nombreux experts et analystes internationaux ont affirmé que la Syrie

est victime d’une guerre mondiale localisée. Le concept de « guerre froide » a

refait surface, deux blocs s’affrontent : d’un côté l’Occident et son noyau dur

anglo-saxon appuyé par les monarchies pétrolières du Golfe Persique avec

l’ONU comme bras politique et l’OTAN comme bras militaire ; de l’autre

côté, la majorité des pays appartenant au BRICS 10 dont surtout la Russie

et la Chine (qui ont opposé leur veto au Conseil de Sécurité concernant

l’intervention de l’OTAN en Syrie), ainsi que d’autres nations qui ne se

soumettent pas aux pressions américaines, notamment l’Iran, Cuba et le

Vénézuela. 11

Selon les États occidentaux et la presse occidentale, les Syriens aspirent à

vivre dans une démocratie à l’occidentale. Suivant le scénario du « Printemps

arabe » en Tunisie, en Égypte et en Libye, ils se seraient soulevés pour

renverser Bachar El Assad.

De l’autre côté, les États qui n’acceptent pas la domination américaine et

son pouvoir médiatique estiment que la déstabilisation de la Syrie est une

7 Les ONG appellent la Coalition d’opposition à empêcher les exactions,

http://fr.rian.ru/world/20121114/196613936.html

8 http://www.rfi.fr/moyen-orient/20121102-syrie-rebelles-crimes-guerre-onu-osdh-jebhatnusra

9 Matias Zibell, Siria, ¿un conflicto sectario desde la muerte de Mahoma? BBC Monde,

http://www.bbc.co.uk/mundo/noticias/2012/10/120905_siria_conflicto_origenes.

shtml

10 Au niveau économique international on emploie l’acronyme BRICS pour désigner

ensemble le Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

11 Blog de Nagham Salman: Sara el conflicto sirio la tumba de un mundo unipolar ?

http://actualidad.rt.com/expertos/nagham_salman

7


action préparée de longue date. Ils signalent que les États-Unis ont infiltré

en Syrie des bandes armées et des services de renseignements, au départ via

leurs alliés régionaux et ensuite, plus récemment, de manière directe.

PourQuoi la Syrie eSt-elle iMPortante ?

Comprendre la signification de la Syrie aujourd’hui cela signifie

s’intéresser à la géopolitique d’un Proche Orient en pleine convulsion. Ce

centre névralgique est entouré par la Turquie, l’Irak, la Jordanie, Israël et le

Liban. Ses voisins distants de quelques centaines de kilomètres sont l’Égypte,

l’Arabie Saoudite et l’Iran. En réalité, il s’agit de la zone où se trouvent les

réserves de pétrole les plus importantes du monde et où se trouve également

ce qu’on a appelé l’énergie du 21e siècle : le gaz.

Avec les interventions militaires et commerciales permanentes et dirigées

par les États-Unis, à travers leur invasion de l’Iraq en 2003, avec l’appui

diplomatique et logistique à Israël et avec ce qui s’est passé en Libye, les

États-Unis bénéficient d’un contrôle majoritaire dans une zone où la plupart

des pays sont leurs associés sur le plan commercial et politique.

Seuls la Syrie et l’Iran, épaulés par la Russie et la Chine, ont soutenu une

position contraire à l’hégémonie américaine, en critiquant et en s’opposant

dans de nombreux cas aux pressions que les pays alliés du Nord exercent

dans la zone. La déstabilisation, suivie du contrôle de la Syrie, signifierait

l’isolement de l’Iran et le contrôle absolu du corridor orient-occident.

le contrôle ÉnergÉtiQue

L’accroissement de la richesse mais aussi de la violence au Proche Orient

est incontestablement lié au fait que cette zone contient les plus grandes

réserves de pétrole de la planète. Et la Syrie ne fait pas exception. Ce ne

sont cependant pas ses réserves de 2.500 millions de barils de pétrole qui

semblent représenter le principal intérêt des puissances étrangères si on les

compare aux 264.000 millions de réserves évaluées en Arabie Saoudite12 ,

deuxième réserve nationale au monde.

Par contre, des études scientifiques indiquent l’existence d’une énorme

réserve de gaz naturel évaluée à 122 millions de pieds cubes13 . Il y aurait

12 Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, http:// www.opec.org

13 Eric Fox, The Mediterranean Sea Oil and Gas Boom, http://stocks.investopedia.com/

stock-analysis/2010/The-Mediterranean-Sea-Oil-And-Gas-Boom-NBL-E-APA-

CKE0907.aspx#13299121612342&close#ixzz1n6yXbeTN

8


également une réserve de pétrole de l’ordre de 107 millions de barils. Cette

réserve serait concentrée essentiellement au large de la côte syrienne. En

bref, ce serait la plus grande réserve mondiale de gaz naturel et celui-ci est

considéré par les experts comme la première source d’énergie au 21 e siècle

vu la réduction des gisements de pétrole et aussi vu sa qualité d’énergie non

polluante.

C’est pour cela qu’il existe deux méga-projets qui tentent d’établir

le contrôle commercial de la production et du transport du gaz

dans cette zone : le projet russe s’intitule South Stream 14 et le projet

américain s’intitule Nabucco 15 . Les deux entendent exploiter et gérer

l’approvisionnement de gaz en Europe et en Asie et continuer la lutte pour

leur position sur le corridor Orient-Occident que représente la Syrie, l’Irak

et l’Iran. 16

le contrôle MÉdiatiQue

Avec le matraquage d’informations de notre époque et l’importance des

medias dans la formation de l’opinion face aux événements mondiaux, il est

difficile de savoir réellement ce qui se passe aujourd’hui en Syrie.

De fait, les principaux medias de la planète sont implantés dans les

pays qui ont manifesté et mis en pratique leur position dans cette guerre

(les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, l’Espagne). Les grandes

chaînes d’information les plus lues dans le monde et qui d’une certaine

manière forment « l’opinion de la communauté internationale », structurent

généralement leur information et leur agenda en fonction des intérêts de

leurs gouvernements et de leurs stratégies militaires.

En conséquence, il est impossible pour le gouvernement syrien de

communiquer avec l’Occident. Il ne peut livrer des informations que via

d’éventuelles réclamations à l’ONU ou via les agences de presse russes.

L’exemple le plus évident de ce contrôle médiatique sur l’actualité est

l’exclusivité de la source citée par la plupart des médias pour ceux qui

souhaitent réfléchir sur ce qui se passe en Syrie. Il s’agit en l’occurrence de

l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) liée à l’opposition

14 Voir www.south-stream.info/?L=1

15 Voir www.nabucco-pipeline.com/portal/page/portal/en

16 Imad Fawzi Shueibi, Siria, centro de la guerra del gas en medio oriente,

http://www.voltairenet.org/article174146.html

9


dans le pays. L’OSDH est basé à Londres et opère à travers des informateurs

qui restent en poste sur les lieux du conflit. La crédibilité de cette organisation

n’a pas été mise en cause jusqu’à présent par les médias occidentaux officiels

et c’est l’unique observateur en territoire syrien depuis le départ des

observateurs des droits de l’homme de l’ONU qui ont invoqué des motifs

de sécurité pour quitter le pays. Du côté de la controverse, il y a, en langue

française, le site web www.infosyrie.fr qui s’est donné pour objectif « la réinformation

sur l’actualité en Syrie » mais qui ne semble pas avoir beaucoup

d’écho.

concluSion

La guerre en Syrie progresse de jour en jour alors que la solution

diplomatique semble avancer à reculons. Et les intérêts placés sur cette

terre millénaire, interculturelle et multiconfessionnelle conditionnent son

histoire et celle de ses voisins.

Il semble pour le moins curieux que les gouvernements de l’Arabie

Saoudite et du Qatar appellent à la démocratisation de la Syrie et appuient

les rebelles autant sur le plan logistique que sur le plan économique alors

que la moitié de la population vit dans la pauvreté parce que les richesses

provenant des ressources nationales profitent à une minorité, alors que

les droits des femmes sont faibles et alors qu’ils sont représentés par des

monarchies qui bénéficient largement de leurs alliances avec les États-Unis.

D’évidence, l’appartenance de ces pays à l’Islam sunnite fait partie des motifs

qui soutiennent leur lutte contre le régime syrien alaouite.

Il est de même tout aussi curieux que les États-Unis – qui se sont autoproclamés

le « pays de la démocratie » – appuient l’Armée Syrienne Libre

au nom de la liberté, alors que ce même gouvernement continue à soutenir

la répression d’Israël à l’égard du peuple palestinien, comme il continue

à promouvoir ses intérêts dans la région par sa présence militaire dans

plusieurs pays de l’Orient.

La déstabilisation de la Syrie vise à renforcer le monopole américain et de

quelques pays européens sur les ressources pétrolières et gazières de cette

région, ce qui est inquiétant. Des interventions de ce type ne contribuent

pas au processus d’autodétermination et de développement démocratique

du peuple syrien mais ne servent qu’à encourager la violence entre les forces

gouvernementales et les factions rebelles et c’est surtout la population civile

innocente qui en est victime.

10


Ce qui s’est produit déjà en Iraq, en Afghanistan et en Libye nous

prouve que les rébellions et interventions armées ont généré plus de

problèmes que de solutions. On y a assisté notamment à la main mise sur les

ressources énergétiques, à l’intensification de la lutte contre l’occupation, à

l’émergence de bandes armées axées sur des objectifs régionaux ethniques et

religieux, à la déstabilisation des institutions et à la chute des indicateurs de

développement social.

11

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