Une église 3 millénaire - Diocèse de Fréjus-Toulon

diocese.frejus.toulon.com

Une église 3 millénaire - Diocèse de Fréjus-Toulon

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octobre 2005

LA FOI EN QUESTIONS

page 8

Qu’est-ce

qu’une

Dédicace ?

Une église

pour le 3 ème

millénaire

page10

TÉMOINS D’AUJOURD'HUI

Cyril

ey Anne-Sophie

Tisserand,

missionnaires

dans la Cité de

La Poncette, les

Oeillets, la

Grande Plaine

page 22

HISTOIRE DE PAROISSES

Artignosc

Baudinard

Bauduen


Agenda

Mercredi 28 septembre

20h30 à La Castille : Assemblée

Générale du Service Diocésain

de la Jeunesse.

Dimanche 2 octobre

10h-16h au Collège Don Bosco à

St Cyr-sur-Mer : Journée des

Familles.

Lundi 3 octobre

18h30 à la cathédrale de Toulon :

Installation des nouveaux chanoines.

Jeudi 6 octobre

9h-16h à la Castille : Rentrée

diocésaine de la Catéchèse.

Thème : Catéchèse et Familles.

19h30 à la Maison de Pierres

Vivantes : Inauguration des

locaux du Clerc.

Samedi 8 octobre

Rencontres du SRI, voir page 20.

Mardi 11 octobre

9h30-15h30 à la Castille :

Rencontre fraternelle des prêtres

africains.

Vendredi 14 octobre

10h30-14h à la Castille :

Rencontre des responsables

de services diocésains

avec le Conseil Episcopal.

Week-end 15 -16 octobre

À la sainte-Baume : Lancement

de la Marche Synodale des

Jeunes.

Jeudi 20 octobre

10h-14h à la Castille :

Conseil Diocésain des

Affaires Économiques.

Samedi 22 octobre

À la Castille : Journée

de formation “Serviteur

de la Liturgie” organisée

par la Pastorale

Liturgique et

Sacramentelle.

Jeudi 27 octobre

9h30-17h30 à la

Castille : Session diocésaine

avec la Pastorale

des Migrants et Mgr J.L.

Brunin, évêque

d’Ajaccio, voir page 20.

Le 17 septembre

dernier a marqué le 5ème anniversaire de l’ordination

épiscopale de notre évêque,

Mgr Dominique Rey

Le 17 septembre

2000 à La Castille

Institution NOTRE-DAME

29 Bd Abbé Duployé 83100 TOULON

Tél. 04 94 27 31 28

institution@notre-dame83.fr

Ecole - Collège - Lycée Général et Technique

Etablissement mixte sous contrat d’association

Père Molinas

Vicaire icaire Général

La première fois que je prononçai cette phrase,

ceux qui l'entendirent crurent à une "galéjade".

Et pourtant, dés mon arrivée dans cette

nouvelle paroisse qui m'était confiée le 1 er

septembre 1995, c'était pour moi une certitude.

L'église Notre Dame de l'Assomption était

devenue trop petite pour une population en

expansion continue depuis plusieurs années.

Mais malgré la réalité de cette nécessité, un tel

projet pouvait paraître à beaucoup comme un

pari un peu fou, une aventure insensée.

Comment vouloir construire une nouvelle église

alors que l'on ne cesse de parler de la baisse

de la pratique religieuse, du manque de

vocations sacerdotales, de l'emprise du matérialisme

sur le spirituel chez nos contemporains

occidentaux ?

Bien vite, cependant, un petit nombre (tout

petit !) dont certains avaient levé les bras au

ciel lors de la première annonce du projet se

rallia à cette idée. Nous étions bien loin d'une

estimation précise de ce qu'une telle entreprise

représentait vraiment en investissement de

tous ordres ; nous n'avions

pas une connaissance exacte

de ce qui nous attendait, des

épreuves à affronter, des difficultés,

des oppositions à surmonter…

mais nous y avons

cru, et, peu à peu, cette

confiance devint contagieuse

et se propagea de telle manière

que ce qui au départ était

irréalisable ou irréaliste devenait

envisageable. Il s'en suivit

de beaux élans de générosité

et de mobilisation qui, pour

certains, se concrétisèrent par

un travail et une présence

quotidienne sur le chantier.

Le premier magistrat de la ville

fut un des premiers à qui je

confiais notre projet. Il l'accueillit

Editorial

"IL FAUT UNE NOUVELLE ÉGLISE

POUR SIX-FOURS !"

avec bienveillance. Un réaménagement du

centre-ville étant prévu, l'insertion de la nouvelle

église dans la zone à urbaniser serait un

point d'attraction non négligeable et pourrait

en être l'âme. Bien sûr, le diocèse devrait se

rendre acquéreur auprès de la municipalité du

terrain nécessaire à l'érection du nouveau lieu

de culte.

Il s'agissait alors de convaincre les différentes

instances diocésaines. Nous trouvions un

appui immédiat auprès du Père Yves

EOUZAN, alors vicaire-général. Rapidement,

notre ancien évêque, Monseigneur MADEC,

dans le cadre de l'appel pour la construction

des nouvelles églises, manifesta officiellement

son approbation.

Sur le plan financier, une étude sérieuse

démontrait la faisabilité du projet. Comme souvent,

tout ne se déroula pas exactement

comme prévu mais, aujourd'hui, nous pouvons

affirmer que le budget initial, avec un seul

réajustement tout à fait prévisible et accepté

par le Conseil Economique Diocésain, a pu

être tenu.

Quatre ans seulement après mon arrivée à

Six-Fours, c'est avec regret que je devais quitter

cette paroisse pour rejoindre Toulon. Mon

successeur, le Père Jean-Michel TERRADE,

prit courageusement le relais et il fallut encore

pas moins de six ans de travail acharné et de

persévérance pour arriver au terme de la

construction de la nouvelle église. Première

église du troisième millénaire pour notre diocèse,

réussite aussi pour tout le diocèse dans

l'aboutissement d'un projet qui s'inscrit comme

un véritable acte de foi.

L'église sainte Anne est consacrée par notre

évêque, Monseigneur Dominique REY, le 25

Septembre 2005. C’est pour tous les chrétiens

de notre diocèse un jour de joie et d'action de

grâce. Témoignage d'espérance et de vitalité

de notre Eglise auquel nous sommes conviés

à participer.

3


4

Dossier Une église pour le 3 ème

L’église Sainte Anne

à Six-Fours

Centre Paroissial

Jean Paul II

Enfin...

Aujourd'hui, nous rendons

grâce pour la grande oeuvre

de la nouvelle église Sainte-

Anne de Six-Fours, votre oeuvre. En

effet, grâce à votre générosité nous

avons pu faire démarrer les travaux de

construction et les mener jusqu’à terme.

A travers tous ces efforts, nous donnons

l'image d'une Église vivante qui entend

bien continuer de tenir sa place au cœur

de ce nouveau siècle. Nous vous propo-

Les fonds baptismaux

quelques semaines avant

la fin des travaux

sons de rencontrer quelques

responsables qui ont travaillé

avec courage et obstination dans

la construction du dossier, le suivi

du chantier, et bien d'autres

tâches souvent ingrates qui ont

permis l'achèvement

du

projet.

La Rédaction

Quelques semaines avant la fin des travaux, la réalité a déjà bien pris la forme du projet


millénaireDo Dossier

Propos du père Jean-Michel Terrade, curé, et de Jean-Claude Peyrat, trésorier,

recueillis par Jeanne Chantal Douhéret dans le cadre de l'émission

"Action Diocèse" diffusée sur RCF Méditerranée.

Rencontre avec

les "chevilles ouvrières" du projet

Le 25 septembre, la paroisse de Six-

Fours-Centre vit la consécration de sa

nouvelle église : un projet d'envergure

pour ne pas dire une grande aventure

qu'on n'imagine pas toujours en plein

XXI° siècle. Père Jean-Michel Terrade,

vous êtes curé de cette paroisse

depuis 1999, pouvez-vous nous rappeler

les principales étapes de ce

grand projet ?

Le projet est né dans le cœur de mon

prédécesseur, le père Jean-Yves Molinas

alors qu'il arrivait à Six-Fours et qu'il avait

pu constater à la fois la croissance démographique

de la ville, l'exiguïté de l'église

et l'incommodité des locaux paroissiaux.

Le projet a cheminé, il a été réfléchi, et

accepté par le conseil épiscopal et

Monseigneur Joseph Madec. Nous sommes

alors dans les années 1998-1999, le

père Molinas est devenu vicaire général

et moi-même j'arrivais à Six-Fours. Nous

avons réfléchi encore un ou deux ans

pour rédiger une sorte de cahier des

charges afin d'expliquer ce que nous

voulions et avons organisé un concours

d'architectes: une quinzaine d'entre eux

ont été sollicités. Une commission s'est

ensuite réunie plusieurs fois pour examiner

leurs propositions. Cette commission

étant composée du ou des vicaires généraux

de l'époque, d'un représentant de

monsieur le Maire que nous avions invité,

de la commission diocésaine d'Art Sacré

et de quelques paroissiens.

Ce projet, lorsqu'il a été conçu et mis

en place, a-t-il reçu l'adhésion de toutes

les parties dont vous venez de parler

?

Le partenaire essentiel de la paroisse

était la commune : c'était un besoin de la

paroisse et la commune a accueilli le projet

de façon favorable, dans le respect le

plus strict de la loi de 1905.

Revenons à l'architecte, avez-vous été

exigeant sur sa qualité spirituelle ?

La qualité spirituelle de l'architecte,

c'est du for intérieur, donc ne me regarde

pas. Le père Moncault disait toujours :

"Quand je vais chez un dentiste, ce que

je lui demande c'est d'être d'abord un bon

dentiste." Ce qui nous a intéressé, c'est

la qualité du projet présenté par l'architecte

et c'est sur ces bases : maquettes,

dessins etc. que nous avons choisi. Sur

quinze architectes au premier tour, trois

ont été retenus avec lesquels nous nous

sommes entretenus, nous avons réfléchi,

pour proposer un projet modifié au

deuxième tour et donc nous avons travaillé

d'un commun accord avec les

architectes jusqu'à ce que l'un soit élu

pour ce projet.

Un nouveau

clocher dans

le ciel varois :

le Centre

paroissial

Jean-Paul II

Quelles sont les caractéristiques de

ce nouvel édifice, Eglise et Centre

Paroissial ?

Une des principales caractéristiques

de ce projet est que l'église est orientée,

c'est-à-dire que le chœur est à l'est. Le

premier problème de l'architecte fut de

concilier cette orientation avec une façade

principale ouverte au sud. Il a proposé,

et c'est ce qui fait l'originalité de son

projet, une sorte d'église en amphithéâtre

ou en éventail, autour de laquelle s'enroule

comme en spirale un grand hall que

nous avons baptisé, selon la tradition

architecturale chrétienne, le narthex. Ce

hall distribue sur l'église de 250 à 300

places en surface et une tribune d'environ

250 places. D'autre part, il distribue

les salles de catéchèse, le bureau d'accueil,

le baptistère et la chapelle du

Saint-Sacrement qui a également un

accès direct à l'église.

Vous nous parler du narthex, pouvez

vous nous rappeler le sens originel de

cette partie d'une église ?

Dans une église qui était un lieu d'étape,

par exemple sur la route de saint

Jacques de Compostelle, le narthex était

le lieu où l'on accueillait les pèlerins

avant qu'ils entrent dans l'église. C'était

donc un hall couvert, la plupart du temps,

qui servait d'espace entre le profane et le

sacré.

On pénètre donc dans l'église par le

narthex, que découvre-t-on à l'intérieur

?

Le narthex conduit à la chapelle du

Saint-Sacrement, et distribue l'église à

l'est et le baptistère à l'ouest, ce qui fait

que le candidat au baptême sera conduit

vers le baptistère et ensuite vers l'église.

Ces deux lieux séparés lui permettent un

mouvement liturgique entre le baptême

lui-même et la participation finale à

l'Eucharistie.

Les deux axes principaux qui ordonnent

la nef sont l'axe autel - baptistère et autel

- tabernacle.

Toutes ces particularités ont-elles été

suggérées à l'architecte ? a-t-il fait luimême

quelques propositions ? Avezvous

senti une motivation un peu profonde

sur le sens qu'il voulait donner

à sa construction ?

Nous en avons discuté ensemble et

ensuite il a fallu respecter le cahier des

charges. Un baptistère séparé de l'église

était dans le cahier des charges, le fait

que l'on puisse faire des baptêmes par

immersion était aussi dans le cahier des

charges, de même l'emplacement de la

chapelle du Saint-Sacrement. Ce sont

des normes traditionnelles dans l'Eglise,

qui ne datent pas du Concile Vatican II.

Nous avons discuté avec l'architecte et si

nous pensions plutôt une église modulaire

à l'image de l'église de la Sainte-

Famille à Draguignan et de ses salles /

bas-côtés, c'est lui qui nous a conseillé

une tribune. “Je sépare le sacré du profane”,

nous a-t-il dit et nous nous sommes

rangés à son avis car son argumentation

nous a paru bonne.

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6

Dossier Une église pour le 3 ème

Jean-Claude Peyrat,

trésorier de la paroisse

de Six-Fours

Photo : Florence Gault

Jean-Claude Peyrat, d’un point de vue

financier, que représente aujourd'hui

la construction d'un église ?

Nous avons constitué une commission

financière en collaboration avec le

conseil économique diocésain car ce projet

est un projet diocésain. C'est un projet

qui représente hors achat terrain la

somme de 1.500.000 euros, ce qui représente

une somme importante pour la

paroisse et le diocèse. J'insiste bien làdessus

car la paroisse seule n'aurait pas

pu envisager de mener à bien ce projet

sans l'aide du diocèse et du conseil économique.

Nous n'avons pas de subventions

de la part des conseils régional et

Vous avez dès le départ accepté la

construction de cette église ?

Il y a quelques années quand le clergé

est venu me faire part de ce projet, j'ai

effectivement donné mon accord immédiat

parce que je trouve que c'est pour

une commune le signe d'une vitalité évidente

puisque la nécessité de construire

cette église correspond aussi à l'accroissement

de la population et à la vitalité de

la commune.

Vous serez présent le 25 septembre à

la cérémonie, que symbolise pour

vous cette église ?

A titre personnel, je suis catholique

pratiquant donc c'est une aventure

extraordinaire. On ne construit pas tous

général ni de la mairie. Il faut pouvoir

compter sur les dons des paroissiens.

Comment la communication

sur la collecte de

dons s'est-elle faite ?

Une communication "de

bouche à oreilles" d'abord,

puis la mise en place de

mailings et de réunions. Le projet a pris

de l'ampleur. Les dons sont devenus de

plus en plus importants et maintenant

que le bâtiment est quasiment terminé,

les donateurs se manifestent encore.

Est-il possible de connaître la part du

diocèse, celle des dons et des

emprunts faits pour financer cette

construction ?

Le projet a été financé à l'aide d'un

prêt de l'Association Diocésaine que la

paroisse rembourse au fur et à mesure

selon ses possibilités. Nous avons pris

l'engagement sur le plan paroissial de

rembourser ce prêt sur vingt ans, ce qui

est important, et au bout de ces vingt

ans, lorsque la paroisse aura remboursé

sa contribution, nous aurons participé

Le signe d’une vitalité

Jean-Sébastien Vialatte est le députémaire

de Six-Fours Les Plages. Il était déjà

à la tête de la commune en 1995 lorsque le

père Jean-Yves Molinas lui a proposé la

construction de cette nouvelle église.

Catholique pratiquant, il s'est impliqué dès

le début dans cette aventure.

les jours une nouvelle église tout au long

de la période de gestation du projet, ça a

soulevé un enthousiasme extraordinaire.

C'est une véritable aventure, puisque je

rappelle que c'est construit exclusivement

avec des fonds privés, pas du tout

d'argent public, que c'est donc l'engagement

de toute une communauté et derrière

un projet qui a rassemblé beaucoup

de monde.

“ Construire une

église est quelque

chose d'exceptionnel :

on ne peut qu'en

être heureux. ”

pour 50% au projet. Les autres 50% étant

l'apport de l'Association Diocésaine.

Nous avons pour cela

vendu le presbytère de l'avenue

de la République qui

a constitué un apport

conséquent. Nous avons

eu des dons relativement

importants. Ne nous plaignons

pas car les gens sont quand

même très généreux, de ce coté là, nous

avons beaucoup de chance.

Au terme du chantier, êtes-vous satisfait

de l'avancée des travaux ? Y-a-t-il

eu des retards, des dérives ? êtesvous

globalement heureux ?

Construire une église est quelque

chose d'exceptionnel : on ne peut qu'en

être heureux.

On n'est jamais satisfait car il y a toujours

quelque chose qui ne va pas. C'est vrai

que sur les délais, nous ne sommes pas

au mieux. Nous avons pris du retard mais

nous faisons tout pour le rattraper et être

au rendez-vous du 25 septembre 2005,

jour de la dédicace de notre nouvelle

église.

Comment a réagi la municipalité,

lorsque vous vous êtes impliqué dans

ce projet ?

La ville s'est assez peu impliquée dans

la construction elle-même si ce n'est que

nous avons vendu un terrain qui appartenait

à la ville à l'évêché pour qu'ils puissent

y construire l'église et que nous

avons été consultés sur le projet architectural

puisque nous devions donner le


millénaire

permis de construire. Nous avons été

associés dès l'origine au choix de l'architecte

et au projet architectural de façon à

ce que ça cadre bien avec les désirs de

la ville. Au plan de la municipalité, pas de

problème. Tout le monde était d'accord

sur le projet. Les seules petites réserves

qui ont été émises depuis lors : la population

s'inquiétait de voir l'ancienne église

désaffectée mais ils sont parfaitement

rassurés. L'église actuelle reste une église

et des cérémonies y auront toujours

lieu.

La décision de construire l'église

répondait à un vrai besoin. La population

de Six Fours s'agrandit depuis

quelques années déjà…

Le vrai boom a commencé avec le

retour de nos patriotes d'Afrique du nord

où là on a beaucoup construit dans les

années 60 pour accueillir des gens

d'Afrique du Nord et puis le développe-

Photo : Florence Gault

La tribune avec ses

quelques 250 places

ment de la ville a continué

puisque le site est absolument

magnifique, parce que

nous sommes à proximité

de deux grandes métropoles,

Marseille et Toulon et

que l'endroit est particulièrement

adapté pour faire une

ville résidentielle.

Je suppose qu'un chantier

de cette importance

ne s'installe pas au

hasard. Comment avezvous

choisi l'emplacement

?

Pour moi aussi, c'était le

deuxième intérêt de cette

opération, nous avons réalisé

en même temps une véritable

opération d'urbanisme.

Pour ceux qui connaissent

Six Fours, Six Fours

est une ville un petit peu

échevelé en terme d'urbanisme.

C'est une ville qui a

grandi très vite, qui est passée

de 5000 habitants à 35

000 en très peu de temps.

Et aujourd'hui, on a besoin

de faire émerger un vrai

centre ville. Cette nouvelle

église fait donc partie de ce

projet d'émergence de ce centre de vie.

Le Père Jean-Yves Molinas, qui est à

l'origine de ce projet, nous a confié

que lorsqu'il est venu vous soumettre

cette nouvelle église, vous lui avez

tout de suite sorti le plan de la ville en

lui disant "Bon, où place-t-on cette

église ?"

(rires) Exactement, je souhaitais qu'elle

soit placée dans ce qui est considéré

comme un embryon de centre ville. C'est

un peu compliqué parce que la ville occupe

la totalité de sa surface qui est très

étendue et on a un tout petit centre qui

est disproportionné par rapport à la surface

de la ville. Je voulais que ce soit

dans le centre ville pour que ce soit élargi,

étoffé, pour donner du corps à notre

centre actuel.

La voûte au dessus

du choeur ch eur

Dossier

Photo : Florence Gault

Le projet s'est mis en place il y a une

dizaine d'années, quel regard portezvous

sur le temps écoulé ?

C'est un peu comme quand on a attendu

un enfant longtemps, sauf que celui-là

je l'ai vu pousser tous les jours et je suis

très heureux qu'on arrive au bout. J'ai

trouvé que c'était une expérience

extraordinaire pour un maire. Associer à

la fois le côté privé - car comme je vous

l'ai dit je suis pratiquant - et le côté public

avec la municipalité qui donne les autorisations

et qui gère la ville en terme d'urbanisme,

c'est extraordinaire. Ca va être

une journée très émouvante, pour tous

les gens qui se sont donnés à fond, il y a

énormément de bénévoles dans cette

aventure. Et tous ces gens-là attendent

la fin de la période de gestation qui est le

début d'une nouvelle aventure.

7


8

La foi

en questions

LA SOLENNITÉ qui nous réunit

est la dédicace d'une maison de

prière. La maison

de nos prières, nous y

sommes ; la maison de

Dieu, c'est nous-mêmes.

Si la maison de Dieu,

c'est nous-mêmes, nous

sommes construits en ce

monde, pour être consacrés

à la fin du monde.

L'édifice, ou plutôt sa

construction, se fait dans

la peine ; la dédicace se

fait dans la joie.

Ce qui se passait, quand

s'élevait cet édifice, c'est

ce qui se passe maintenant

quand se réunissent

ceux qui croient au

Christ. Lorsque l'on croit,

c'est comme lorsque l'on

coupe du bois dans la

forêt et que l'on taille des

pierres dans la montagne,

lorsque

les croyants

sont catéchisés,baptisés,formés,

c'est

comme s'ils étaient

sciés, ajustés, rabotés

par le travail des charpentiers

et des bâtisseurs.

Cependant, on ne fait

la maison de Dieu que

lorsque la charité vient

tout assembler. Si ce

bois et cette pierre n'étaient

pas réunis selon

un certain plan, s'ils ne

s'entrelaçaient pas de

façon pacifique, s'ils ne

s'aimaient pas, en

quelque sorte, par cet

assemblage, personne

ne pourrait entrer ici.

Enfin, quand tu

vois dans

un édifice

les pierres et

le bois bien

assemblés, tu

Photo : Florence Gault

Qu’est-ce qu’une Dédicace ?

"C'est Dieu qui a commencé tout cela,

et c'est Lui qui l'a achevé"

Saint Augustin

Sermon CCCXXXVI (pour une dédicace)

entres sans crainte, tu ne redoutes pas

qu'il s'écroule.

LA PROCESSION DES RELIQUES

Le Christ Seigneur, parce qu'il voulait

entrer et habiter en nous, disait,

Le lien qui rattache au sacrifice du Christ celui de ses témoins est perçu très tôt dans l'Eglise.

Les chrétiens eurent l'habitude, dès l'origine, de célébrer l'Eucharistie sur le tombeau des martyrs,

comme en témoignent à Rome l'emplacement et la disposition particulière de Saint Pierre

et de Saint Paul hors-les-murs.

L'usage de la déposition des reliques sous l'autel est attesté dès le IVème siècle, lorsqu'on a

commencé à édifier des églises ailleurs que sur les tombeaux des martyrs. Ainsi l'on voit Saint

Ambroise accueillir en 386 les corps des saints Gervais et Protais transportés solennellement

dans la basilique qu'il venait d'édifier : "Que les victimes triomphantes prennent place là où le

Christ s'offre comme hostie; sur l'autel celui qui a souffert pour tous et, dessous, ceux qu'Il a

rachetés par sa Passion".

Le transfert et le dépôt des reliques, héritage de la forme romaine de la liturgie de la dédicace,

constituent une partie importante de la cérémonie. La veille de la cérémonie, selon la coutume,

devant les reliques exposées au chapitre ont été récitées les vigiles des martyrs.

Pour l'église Sainte Anne et Saint Maximilien Kolbe, patron secondaire, il s'agit des reliques

de Saint Laurent Imbert, né le 23 mars 1796 à Marignane et Saint Jacques Chastan, né le 7

octobre 1803 à Marcoux près de Digne, martyrs près de Séoul en Corée le 21 septembre

1839, fête de la saint Matthieu. Ils sont célébrés dans l'Eglise le 20 septembre.


Père Patrice Guerre

“ On ne fait la maison

de Dieu que lorsque la

charité vient tout

assembler. Si ce bois et

cette pierre n'étaient pas

réunis selon un certain

plan, s'ils ne s'entrelaçaient

pas de façon

pacifique, s'ils ne

s'aimaient pas, en

quelque sorte, par cet

assemblage, personne ne

pourrait entrer ici. ”

comme pour former son édifice : Je

vous donne un commandement nouveau,

c'est que vous vous aimiez les

uns les autres. C'est un commandement,

dit-il, que je vous donne. Vous

étiez vieux, vous n'étiez pas une maison

pour moi, vous étiez gisants,

écroulés. Donc, pour sortir de votre

ancien état, de votre ruine, aimez-vous

les uns les autres.

Que votre charité considère encore

ceci : cette maison est édifiée, comme

il a été prédit et promis, dans le monde

entier. En effet, quand on construisait

la maison de Dieu après la captivité,

on disait dans un psau-me : Chantez

au Seigneur un chant nouveau ; chantez

au Seigneur terre entière. On disait

alors : un chant nouveau ; le Seigneur

a dit : un commandement nouveau.

Qu'est-ce qui caractérise un chant

nouveau, sinon un amour nouveau ?

Chanter est le fait de celui qui aime.

Ce qui permet de chanter c'est la ferveur

d'un saint amour.

Ce que nous voyons réalisé ici physiquement

avec les murs doit se réaliser

spirituellement avec les âmes ; ce que

nous regardons ici accompli avec des

pierres et du bois, doit s'accomplir

dans vos corps, avec la grâce de Dieu.

Rendons grâce avant tout au Seigneur

notre Dieu : les dons les meilleurs, les

présents merveilleux viennent de lui.

Célébrons sa bonté de tout l'élan de

notre coeur. Pour que soit construite

cette maison de prière, il a éclairé les

âmes de ses fidèles, il a éveillé leur

ardeur, il leur a procuré de l'aide ; à

ceux qui n'étaient pas encore décidés,

il a inspiré la décision ; il a secondé les

efforts de bonne volonté pour les faire

aboutir. Et ainsi Dieu, qui produit, chez

les siens, la volonté et l'achèvement

parce qu'il veut notre bien, c'est lui qui

a commencé tout cela, et c'est lui qui

l'a achevé.

Questions

à la foi

Pourquoi

la liturgie

de la dédicace ?

La liturgie de la dédicace vise

essentiellement à préparer un

lieu pour la célébration eucharistique,

une demeure de Dieu

parmi les hommes. C'est, a

écrit le R.P Louis Bouyer, la

sacralisation du lieu où s'accomplit

l'Eucharistie dans

l'Eglise, mais on pourrait aussi

bien dire du lieu où l'Eglise

s'accomplit dans l'Eucharistie.

La dédicace utilise largement le

quadruple symbolisme de l'eau

de l'huile, du feu et de la lumière.

Certains de ses rites, de caractère apotropaïque remontent à la nuit

des temps : toutes les religions, en effet, ont délimité des espaces sacrés

en commençant par en détourner (c'est le sens du mot apotropaïque) les

puissances maléfiques.

Il y a donc, dans la liturgie de la dédicace, une bénédiction de l'eau suivie

d'une aspersion des fidèles et de l'autel :

“O Dieu, cette eau, sanctifiez-la donc par votre bénédiction ; répandue

sur nous, qu'elle devienne le signe de ce bain salutaire où, purifiés dans

le Christ, nous sommes devenus le temple de votre Esprit. Nous vous en

supplions, faites qu'elle soit délivrée de la maligne influence des esprits

impurs et que tous les maux s'en éloignent par la vertu de votre bienveillante

protection. Quant à nous qui, avec tous nos frères, allons célébrer

les divins mystères, accordez-nous de parvenir à la Jérusalem

céleste”.

Déjà apparaît dans cette oraison de bénédiction ce qui est sous-jacent à

toute la liturgie de la dédicace son aspect eschatologique ; l'église de

pierres est l'image et la préfiguration de l'Eglise du Ciel. Cette Eglise du

Ciel, on n'y arrive que par le passage obligé de la Croix du Christ. Le

mystère chrétien est mystère de mort et de résurrection ; cela est éclatant

dans la liturgie baptismale. Le monde entier doit être reconquis par

la Croix, cette Croix sur laquelle le Christ s'est offert à son Père dans le

sacrifice par lequel il a racheté le monde. C'est pourquoi, dans le rite de

la dédicace, douze croix sont tracées sur les murs de l'église et chacune

d'elle est ointe de saint chrême par l'évêque après qu'il en ait largement

répandu sur l'autel. En cette consécration de l'autel culmine d'ailleurs

toute la liturgie de la dédicace.

Dans cet autel du sacrifice eucharistique sont placés solennellement des

reliques de martyrs et de saints apportées processionnellement. Elles

associent en quelque sorte, à l'unique sacrifice du Christ offert une fois

pour toutes, les martyrs qui ont donné leur vie pour Lui et les autres

saints qui ont vécu pour Lui, complétant, comme le dit saint Paul, ce qui

manque à la Passion du Christ.

Après ce rite qui se déroule au chant de psaumes et d'antiennes, l'évêque

embrase l'encens qu'il a répandu sur l'autel : au rite et au symbole

de l'eau, puis de l'huile, s'ajoute celui du feu qui se complétera par

l'illumination des cierges lorsque l'autel aura été recouvert de nappes

neuves et blanches, tout comme les nouveaux baptisés sont revêtus de

vêtements blancs.

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