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SFRPLAYER 9 AUTOMNE 2012

INVITÉ SPÉCIAL

BERNARD STIEGLER

GUIDE

LES 10 QUALITÉS

DU TRAVAILLEUR

NUMÉRIQUE

CHRONIQUE

MARC PRENSKY

SAGESSE DIGITALE

TRAVAIL CONNECTÉ

MUTATION EN COURS !

EN PARTENARIAT AVEC LA FING

NUMÉRO 9


PLAYERS

JEAN-LOUIS

FRECHIN

BRUNO

MARZLOFF

VALÉRIE

SCHAFER

BERNARD

STIEGLER

Jean-Louis Frechin dirige

la section Innovation et

Prospective de l’Ensci, l’École

nationale supérieure de création

industrielle. Pionnier du

design numérique en France, il

crée en 2001 Nodesign, agence

de design interactif. Il travaille

notamment sur les nouvelles

technologies et leurs interfaces.

CHRONIQUE #PERSO P60

Sociologue et directeur du

cabinet d’études et de prospective

Média Mundi, Bruno Marzloff

dirige le Groupe Chronos, laboratoire

des mobilités, et coanime

le cluster DatAct sur l’open et le

big data. Son dernier ouvrage est

Le 5 e écran, les médias urbains

dans la ville 2.0.

INTERVIEW P37 ET EN VIDÉO

SUR SFRPLAYER.COM

Valérie Schafer est chargée de

recherche à l’Institut des sciences

de la communication du CNRS.

Spécialiste d’histoire des technologies

de l’information et de

la communication, elle vient de

publier La France en réseaux

(1960-1980) et avec Benjamin G.

Thierry Le Minitel, l’enfance numérique

de la France (2012, Nuvis).

CHRONIQUE #PERSO P62

Bernard Stiegler est le fondateur

du groupe de réflexion

philosophique Ars Industrialis,

l’association internationale pour

une politique industrielle des

technologies de l’esprit.

Ce philosophe français s’intéresse

notamment aux enjeux

posés par le développement des

nouvelles technologies.

INTERVIEW #FLEXIJOBS P26

Cofondateur et délégué général

de la Fondation pour l’Internet

nouvelle génération (Fing),

Daniel Kaplan est engagé depuis

vingt ans dans le développement

de l’Internet en France et dans

le monde. Il dirige le programme

prospectif annuel « Questions

numériques » .

INTERVIEW P22

Sandrine Murcia a cofondé

et dirige Spring Lab, agence

conseil en stratégie digitale et

montage de projets innovants.

Depuis 2010, elle préside Silicon

Sentier, le premier cluster

d’entreprises innovantes de la

Région Île-de-France.

INTERVIEW P30 ET EN VIDÉO

SUR SFRPLAYER.COM

Digital natives et digital immigrants,

des termes couramment

employés dans les médias que

nous devons à Marc Prensky.

Cet auteur et grand orateur

travaille sur des problématiques

liées à l’éducation et à l’apprentissage

de l’ère numérique. Il

est à l’origine du concept de

« sagesse digitale ».

CHRONIQUE #PERSO P61

Entrepreneur, Henri Verdier

a créé une des premières Web

agencies françaises. Il a été

directeur de l’innovation d’un

grand groupe médias et directeur

de la prospective de l’Institut

Mines-Télécom. Il préside

le pôle de compétitivité francilien

Cap Digital.

INTERVIEW VIDÉO

SUR SFRPLAYER.COM

DANIEL

KAPLAN

SANDRINE

MURCIA

MARC

PRENSKY

HENRI

VERDIER

DIRECTION DE LA PUBLICATION : JULIEN VILLERET. DIRECTION DE LA RÉDACTION : NATHALIE RICARD-DEFFONTAINE. RÉDACTION EN CHEF, DIRECTION

CRÉATIVE : CLAIRE CAILLAUD, ABDEL BOUNANE. RÉDACTION EN CHEF ADJOINTE : CHLOE RHYS. DIRECTION ARTISTIQUE : ALICE LITSCHER. MAQUETTE : JULIE

ASPERTI-BOURSIN. CONTACT REDACTION : SFRPLAYER@SFR.COM

RÉDACTION : PASCAL BORIES, MATTHIAS JAMBON-PUILLET, SANDIE DUBOIS, CONSTANCE HENROT-TARDIVIER, MAUD SERPIN. SECRÉTARIAT DE RÉDACTION,

TRADUCTION : CAROLINE PEREIRA, CERISE FONTAINE. COMMUNITY MANAGEMENT : MARINE DANIEL. GRAPHISME : ENORA DENIS ON LINE : CÉCILE CHAPRON,

JULIEN GILBERT, MARC BODA, ARNAUD RECULÉ. PHOTOGRAPHIE : VINCENT DESAILLY, NICOLAS COULOMB, ALEXIS RAIMBAULT. ILLUSTRATION : JEANNE DETAL-

LANTE, JEAN LEBLANC, JAN KALLWEJT, MARIE-LAURE CRUSCHI, GWENDAL LE SCOUL, LABEL TANIA. ASSISTANTE DE PRODUCTION : MARION FONTANA. RETOUCHE :

PIXUS. PHOTOGRAVURE : JOUVE. IMPRESSION : STIPA. MERCI À : NATHAN STERN, DANIEL RATIER, LA FING ET LES PARTICIPANTS DE L’ATELIER À L’APPART SFR.

CRÉDITS PHOTO : COUVERTURE : VINCENT DESAILLY. CONVERSATIONS NUMÉRIQUES : BABETTE PAUTHIER. POLITIC : VINCENT DESAILLY. CONNECTÉS : IMAGES

PRESSE. TECHNO, BOULOT, CONSO: NICOLAS COULOMB. LECTURE EN COURS : NICOLAS COULOMB PORTFOLIO MOBILITÉ 1, 2, 3, 4 : NICOLAS RAIMBAUD.


— ÉDITO —

TRAVAIL

MUTANT

Les bases d’une

nouvelle génération

de collaborateurs

De l’invention du métier

à tisser à celle des robots

mécaniques, en passant

par la machine à vapeur,

l’histoire des techniques

n’a cessé d’influer la pratique du travail. Les changements

induits par le numérique ne font pas exception,

mais leur influence est sans doute encore plus spectaculaire

et disruptive. Les ruptures radicales que sont

la numérisation, la connexion permanente, la transmission

instantanée de l’information et l’avènement

du cloud sont en train de poser les bases d’une nouvelle

génération de collaborateurs. Au point que certains

se demandent si les termes séculaires de la relation

salarié-employeur n’ont pas vocation à être sévèrement

remis en cause. Dans ce numéro, SFR PLAYER

tente de donner quelques clés aux futurs travailleursmutants

que nous sommes tous. Avec une interrogation

: arriverons-nous à révéler le plein potentiel du

numérique et gagner professionnellement en agilité,

en autonomie, voire en liberté ?•

sfr player

ÉDITÉ PAR SFR, SFR PLAYER ACCOMPAGNE LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE. AVEC UNE LIGNE ÉDITO-

RIALE OUVERTE, CE MAGAZINE TENTE DE DÉCRYPTER LES ENJEUX ET IMPACTS DE CETTE MUTATION

SUR NOTRE SOCIÉTÉ, L’ÉCONOMIE ET NOS MODES DE VIE. SUR UN TON À LA FOIS PÉDAGOGIQUE

ET DIVERTISSANT, SFR PLAYER INVITE SES LECTEURS À SE SYNCHRONISER AVEC LES MONDES NUMÉ-

RIQUES. CE MAGAZINE EST COPRODUIT AVEC DES ACTEURS DU NUMÉRIQUE ET PRODUIT AVEC LE

TALENT DE JEUNES PROFESSIONNELS DES MÉDIAS, DU GRAPHISME ET DE LA CRÉATION VISUELLE

CONTEMPORAINE.

SFR PLAYER EST PUBLIÉ À 40 000 EXEMPLAIRES ET DISTRIBUÉ SUR ABONNEMENT GRATUIT À TOUS

CEUX QUE LE NUMÉRIQUE PASSIONNE ET INTERROGE. RETROUVEZ-NOUS OU ABONNEZ-VOUS

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1 — SFRPLAYER


SOMMAIRE

NEWMÉRIQUE

Connectés ...............p04

Techno, boulot, conso ...

p08

DOSSIER

Travailleur connecté :

le guide de survie ...p50

ALLO SFR

C’est pour vous .......p54

INVITÉ SPÉCIAL

Bernard Stiegler ..................................................p35

FICTION

Antonia Kerr –

Télépa-tic ................p64

— SOMMAIRE —

ÀVANCE-RAPIDE

Nos sens augmentés .....

p66

ÉDITO ...................................Travail mutant ................................................................................................. p01

NEWMERIQUE .....................Connectés ......................................................................................................... p04

Techno, boulot, conso ....................................................................................... p08

CONVERSATIONS

NUMÉRIQUES ......................La tête dans les nuages ................................................................................... p10

DOSSIER ..............................Travail connecté, mutation en cours !............................................................. p14

Daniel Kaplan – Travailler de manière collective et à ciel ouvert ................ p16

Dis-moi où tu travailles… .............................................................................. p18

Mieux connectés, moins fatigués… ................................................................ p22

Évolutions x travail + TIC = les chiffres ......................................................... p26

Digital actifs ..................................................................................................... p28

Flexijobs ........................................................................................................... p32

Mobilité : 1, 2, 3, 4 ! ......................................................................................... p40

Expériences numériques – SNCF / SFR / Pernod ............................................ p44

Lecture en cours .............................................................................................. p48

Travailleur connecté : le guide de survie ........................................................ p50

ALLÔ SFR .............................C’est pour vous ................................................................................................. p54

#PERSO................................Jean-Louis Frechin – Savoir « re-faire » : un enjeu pour l’entreprise ........... p60

Marc Prensky – Sagesse numérique ............................................................... p61

Valérie Schafer – Volontaires pour « Big Brother » ?..................................... p62

Michael Stora – Des chances en jeu ................................................................ p63

FICTION ...............................Antonia Kerr – Télépa-tic ................................................................................ p64

AVANCE-RAPIDE ................Nos sens augmentés ........................................................................................ p66

2 — SFRPLAYER

DOSSIER

Mobilité : 1, 2, 3, 4 ! .............................................p40

#PERSO

Marc Prensky – Sagesse numérique .................. p61

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— NEWMERIQUE —

CONNECTÉS

Nettoyez votre écran tactile : SFR PLAYER

vous propose une veille acidulée des dernières

tendances Web, geek et high-tech.

LE MOT DU WEB : SECOND SCREEN

Le second screen est sur toutes les lèvres. Des producteurs de

cinéma jusqu’aux fabricants de consoles de jeu, tout le monde

veut en être. L’idée est de consommer du contenu sur deux

écrans à la fois : regarder Game of Thrones sur sa Xbox 360 tout

en lisant des anecdotes sur chaque scène sur son iPad. D’après

un récent sondage ComScore, plus de la moitié des téléspectateurs

regarde la télévision tout en utilisant un deuxième

écran à proximité (ordinateur, mobile, tablette). L’usage

d’un second écran est donc déjà une réalité. Aux industriels,

producteurs et annonceurs de profiter de la tendance à lançant

des applications

et contenus éditoriaux

dédiés, afin

de mieux capter

leur public.

4 — SFRPLAYER

ÉCRITURE ROBOTISÉE

Le site du magazine Forbes propose

depuis peu un nouveau type d’articles :

des articles rédigés par… des robots !

La technologie Narrative Science

utilisée par le journal permet en effet

de construire des articles cohérents

et lisibles à partir de données brutes

récoltées sur le Web. Mieux : les textes

peuvent être automatiquement créés

sous plusieurs formats, article long,

titre simple, tweet ou rapport. Et comble

du raffinement, les articles peuvent

également être « réécrits » selon le type

de public visé… Cette technologie basée

sur des données et des chiffres convient

particulièrement à un magazine économique,

mais qui sait à quel genre de

presse (généraliste, féminine…) elle

pourra s’attaquer à l’avenir ?

forbes.com/sites/narrativescience

L’IMPRESSION 3D, BIENTÔT POUR TOUS

Les imprimantes 3D, capables de recréer des objets en

plastique à partir de modèles numériques, vont bientôt

envahir écoles et maisons. Vendue 1 299 dollars, la Cube

de 3D Systems, dévoilée en janvier, est la première imprimante

3D abordable pour le grand public. Jusqu’ici, seuls les

bricoleurs étaient capables de monter ce type d’appareil pour

un coût raisonnable. À mesure que les prix baissent, cette

technologie ne pourra que se démocratiser. Des pièces de

rechange jusqu’aux figurines faites maison, les applications

pour le grand public sont déjà prêtes sur les sites d’échange

de patrons 3D.

cubify.com/cube


ASSURANCE VIE

DIGITALE

— NEWMERIQUE —

VERSUS FAUT-IL ENSEIGNER LA CULTURE

NUMÉRIQUE À L’ÉCOLE ?

L’école semble être un des derniers lieux bouleversé par le numérique. À

l’heure où une option numerique s’ouvre aux classes Terminales, SFR

PLAYER a demandé à deux experts leur avis sur la question.

OUI « IL FAUT DES CHANGEMENTS DISCIPLINAIRES »

Olivier Le Deuff est docteur en sciences de l’information et de la

communication et a publié La Formation aux cultures numériques

(éd. FYP, 2011).

Il faut des changements disciplinaires avec redistribution des heures, plus de

formation dédiée au numérique et à la culture de l’information. Au-delà, je

pense qu’il faut également former les élèves de façon à ce qu’ils comprennent

mieux les effets de leurs actions dans leurs environnements numériques.

Cela signifie certes une meilleure culture informatique, mais également la

capacité à comprendre comment fonctionnent les moteurs de recherche,

la philosophie et les fonctionnalités des réseaux sociaux. Les utilisateurs

abordent le numérique de plus en plus jeunes, et laissent par là même des

traces sur les dispositifs numériques. Plutôt que d’insister uniquement sur

les dangers, il serait plus porteur de songer également à considérer ces environnements

comme propices à des écritures personnelles. En vue aussi de

développer l’attention et la concentration.

NON « IL FAUT GARDER LE SENS DE LA MESURE »

Denis Kambouchner est professeur de philosophie à l’université

Paris I et coauteur de L’École, le numérique et la société qui vient

(éd. Mille et une nuits, 2012).

Il faut garder le sens de la mesure. Nous le savons bien, les merveilles du

numérique ont leur revers, et la vie de nombreux enfants est dévorée par les

écrans. Dans les familles les plus soucieuses d’éducation, l’on veille à éviter

cette addiction. L’enfant garde ainsi le temps et le goût d’autres activités, en

particulier la lecture, qui sera dans ses études son premier atout. À l’école,

il doit en être de même. Faut-il des tablettes numériques en maternelle ?

Peut-être, mais pas avant le papier, les crayons de couleur, les matériaux

pour réaliser des objets. Et surtout, pas avant tout un dialogue et tout un

apprentissage des mots, qui ne peut pas avoir lieu seulement « entre pairs ».

Le premier besoin des enfants est de rencontrer, dans des lieux accueillants,

une parole adulte, à la fois riche et humaine, rigoureuse et attentive. L’école,

à cet égard, reste un lieu « archaïque », et la fonction de l’enseignant ne peut

pas se réduire à celle d’un simple moniteur.

Après Swiss Life, c’est Axa qui nous

dévoile sa solution maison pour protéger

l’e-réputation de tout un chacun. À

l’heure du 2.0, les risques liés à la vie

en ligne se multiplient, allant du harcèlement

de la part de « trolls » jusqu’à

l’usurpation d’identité. Ces affaires,

souvent médiatisées, inquiètent de

plus en plus ceux qui ne maîtrisent pas

toujours les nouveaux outils numériques. C’est cette inquiétude qui pousse les

assurances à proposer des produits spécialisés. Nul doute que ce type d’offres se

généralisera dans les années à venir.

assurances-ereputation.fr

5 — SFRPLAYER

APPLISCOPE

La sélection

AppliScope

SFR, c’est le

guide quotidien

des meilleures

applis pour votre

smartphone.

Focus sur cinq

applis pour vous

aider à travailler

autrement.

KELSALAIRE

Votre salaire est-il

adapté à votre poste et

vos diplômes ?

Vous trouverez cette

réponse grâce à cette

appli ! Kelsalaire calcule

ses estimations en

fonction de votre fonction,

secteur d’activité,

région, expérience et

formation.

Disponible

gratuitement

pour smartphones

Android et iPhone

KEYNOTE

Le célèbre créateur

de présentation est

passé sur tablette et

mobile, pour réaliser

(ou modifier via iCloud)

vos documents.

iODS 7,99 euros


CAMSCANNER

Parce que l’on n’a pas

toujours un scanner

A4 dans sa poche,

Camscanner se propose

de numériser

des documents grâce

à l’appareil photo de

votre téléphone. Tout le

processus est rapide et

automatisé.

iOS et Android (version

gratuite et version

payante, 3,99 euros)

DISQUE USB

Avec l’appli Disque

USB, passez outre les

limitations d’iTunes et

utilisez votre iPhone

à la façon d’une clé

USB ou d’un disque

dur externe. Gratuit et

essentiel.

iOS (gratuit)

VISIOPROMPT

Grâce à Visioprompt,

utilisez votre mobile

à la manière d’un

prompteur pour des

présentations réussies,

garanties sans trous de

mémoire.

iOS et Android (gratuit)

TIENS-TOI

DROIT !

— NEWMERIQUE —

À force de

travailler assis,

penchés sur nos

écrans, nous

faisons souffrir

notre dos. Le

prototype de teeshirt

Move, conçu

par Electric Foxy,

se synchronise avec l’iPhone et alerte son possesseur dès que celui-ci est dans une

mauvaise position. Prévu au départ pour aider les sportifs pratiquant le Pilates,

il pourrait être utilisé dans le cadre de programmes de rééducation physique

ou simplement par le grand public soucieux de garder une bonne posture à tout

moment. À la fin de la journée, l’utilisateur peut également retrouver sur son téléphone

la totalité des positions prises par son corps pour mieux cerner ses défauts.

electricfoxy.com

GOÛT À LA DEMANDE

UFlavor est une start-up (actuellement en phase de financement participatif)

qui veut « redonner le pouvoir aux consommateurs ». À l’aide d’un « éditeur de

goût » permettant de doser sucre, vitamines et parfums, uFlavor créera des sirops

personnalisés pour agrémenter boissons ou plats cuisinés. La communauté partagera

également ses propres recettes, tandis que le site proposera sans cesse de

nouveaux parfums et expérimentations. Le do it yourself alimentaire est lancé !

fundable.com/uflavor

LES JOUETS PRENNENT LE CONTRÔLE

L’année dernière, le jeu vidéo Skylanders avait fait fureur en fusionnant jouets

réels et expérience vidéoludique. Des figurines vendues séparément étaient détectées

par le jeu et permettaient de débloquer des personnages supplémentaires.

C’est à présent Disney qui joue la carte de la convergence avec Cars 2 AppMATes,

pour iPad. Le jeu est contrôlé par des jouets Cars 2 posés sur la tablette. Un moyen

supplémentaire de faire cohabiter physique et virtuel, prouvant que jouets en plastique

et jeux vidéo ne sont, après tout, peut-être pas ennemis.

Application Cars 2 AppMATes, disponible sur l’App Store Apple.

6 — SFRPLAYER


— NEWMERIQUE —

7 — SFRPLAYER

LA NFC REND LES CLÉS

OBSOLÈTES

LES SIGNES PRENNENT LA PAROLE

Inventée pour que les personnes sourdes ou malentendantes puissent communiquer,

la langue des signes reste imparfaite puisque limitée à ceux qui l’emploient. C’est

à cette problématique que se sont attaqués

cinq étudiants ukrainiens en développant

une paire de gants spéciaux,

les Enable Talk. Ces moufles high-tech

combinent capteurs de flexion, accéléromètre

et gyroscope pour enregistrer les

signes produits par leur porteur, tandis

qu’une interface de programmation

Microsoft les traduit à l’oral. Bien décidés

à produire des Enable Talk pour le plus

grand nombre, ces étudiants pourraient

révolutionner la langue des signes.

enabletalk.com

La NFC, pour Near Field Communication,

est une puce capable d’émettre dans

un rayon de dix centimètres. Elle est

déjà utilisée pour payer ses achats

avec son téléphone ou déverrouiller

un véhicule. La société Yale Locks va

plus loin en proposant de substituer

aux clés de sa maison un cryptage en

NFC. Il semblerait que nos smartphones

n’ont pas fini de vider nos

poches d’outils devenus redondants.

Avec le risque de mettre tous nos œufs

dans le même téléphone…

yaleresidential.com

MEUBLE TV OU TV MEUBLE

Ikea a frappé

un grand coup en

annonçant la sortie

de son UPPLEVA.

Derrière ce nom

barbare se cache

un meuble téléviseur,

ou alors

le contraire, cela

dépend. Ce « tout

en un » propose

un écran (disponible

en plusieurs

tailles) intégré

à un rangement,

dans le

but de cacher

le maximum de

câbles, pour un objet plus épuré et plus beau. Numérique oblige, la télévision de l’UPPLEVA dispose

de son propre système de télévision connectée, avec des applications développées par et pour Ikea. Et

voilà comment le fabricant de meubles suédois se retrouve à vendre ses premiers meubles numériques.

youtu.be/0Nm7-EuctOs


— NEWMERIQUE —

TECHNO,

BOULOT, CONSO

Avec les tablettes, le cloud

et autres appareils connectés, le lieu

de travail se reformule jour après jour.

Avec cette sélection conso, SFR PLAYER

vous en propose la toute dernière version.

PORT USB BATEAU NAVAL

Pour organiser tous vos câbles sur votre bureau,

choisissez ce bateau de guerre, armé de... cinq ports

USB 2.0.

19 euros à La Gaîté Lyrique.

PHILIPS PICOPIX PPX 2230

Léger et compact, le picoprojecteur Philips Picopix

projette une image jusqu’à 203 cm de largeur.

Idéal avec des présentations PowerPoint en mode

nomade.

249 euros.

SAMSUNG GALAXY NOTE

Le nouveau Samsung Galaxy Note offre un plus

grand confort d’utilisation que son prédécesseur,

son écran passant de 5 à 5,5 pouces.

Tarif variant selon forfait choisi.

Sur sfr.fr et dans les espaces SFR.

ENREGISTREUR AUDIO-VIDÉO PLAY

DE NATIVE UNION

Fini les Post-it avec ce petit enregistreur numérique

vidéo. Il permet de laisser des messages de

trois minutes maximum. « Tu nous rejoins à la réunion

du cinquième ? »

29,90 euros, rubrique « Accessoires » sur sfr.fr

MEMO NOTES « FRUIT SLICES »

Des blocs Post-it en forme de fruit. Vous en prendrez

bien un petit quartier avant une réunion ?

9 euros à La Gaîté Lyrique.

TABLE PIXELSENSE DE MICROSOFT-SAMSUNG

Cette nouvelle génération de table tactile prend

en charge jusqu’à soixante-dix points de contact

simultanément et détecte non seulement les

doigts des utilisateurs, mais aussi les objets posés

sur son plateau ! Avec ses nombreuses applications,

ce bureau invite à une expérience de travail

collaborative.

9 000 euros.

8 — SFRPLAYER


ASUS EEE PAD TRANSFORMER

Une fois connecté à son dock, l’Asus Eee Pad se

transforme en PC portable avec une autonomie

passant de 10 à 15 heures.

549 euros (version 32 Go).

— NEWMERIQUE —

IMPRIMANTE E-ALL-IN-ONE ENVY 110 HP

Idéale pour ceux qui travaillent à distance, l’HP

Envy permet d’imprimer à partir de n’importe

quel support et de n’importe où, en envoyant

simplement un mail à l’imprimante. Elle fonctionne

évidemment en WiFi et peut également être

utilisée de manière traditionnelle.

235 euros.

SOURIS CURSEUR

Une prise en main

agréable et un petit

côté geek qui fait son

effet pour cette souris.

29 euros à La Gaîté

Lyrique.

MUG « LIKE COFFEE »

Ce mug sera bientôt

sur le bureau de tous

les plus grands social

networkers !

9 euros à La Gaîté Lyrique.

9 — SFRPLAYER

ET SUR LES

ÉCRANS

YAMMER

Utiliser les fonctionnalités

de Facebook et

Twitter, pour un réseau

social d’entreprise :

voilà la très bonne idée

de Yammer !

yammer.com

POWERPOINT OFFICE

LABS (TABLETTES

ANDROID)

Qui a dit qu’il fallait un

gros PC pour faire de

belles présentations ?

PowerPoint est désormais

accessible dans le

cloud.

PowerPoint Web App,

tarifs sur

microsoft.com/fr-fr/

Office365

JIVE

Jive adapte le principe

du réseau social pour

chacun des besoins de

l’entreprise : communication

en équipe,

intranet, service client,

marketing et vente. Très

complet.

jive.com

EVERNOTE

Evernote organise et

enregistre vos notes où

que vous soyez et sur

n’importe quel support.

Android Market

et App Store Apple

(gratuit).


— CONVERSATIONS NUMÉRIQUES —

LA TÊTE DANS

LES NUAGES

Le 3 juillet a eu lieu la seconde édition

des Innovation Datings, une coproduction de SFR

et du Club Open Innovation, organisée à L’appart SFR.

L’occasion pour une sélection de start-up prometteuses

et d’entreprises en quête de nouveaux talents

de se rencontrer autour des problématiques liées

au cloud computing. Nous qui cherchions

de la nouveauté, nous étions sur un petit nuage.

10 — SFRPLAYER


L’année 2012 aura été celle de la démocratisation

du cloud, c’est-à-dire du

stockage de données en ligne et de la

délocalisation des ressources de calcul.

Pour le grand public, tous les comptes

Google sont à présent équipés de la solution

Google Drive, tandis que Microsoft

inclut ses solutions SkyDrive et Azure

à son Windows 8, à venir pour la fin

d’année. Du côté des solutions business,

le cloud atteint sa phase de maturité. Si

des offres existent déjà depuis plusieurs

années, les plus récentes sont à présent

suffisamment accessibles et efficaces

pour répondre aux besoins de toutes les

entreprises.

La seconde édition des Innovation

Datings du Club Open Innovation (une

initiative du laboratoire Paris Région

Innovation, en partenariat avec SFR)

avait pour double mission d’éduquer

les professionnels sur les atouts et les

risques liés à l’utilisation du cloud en

entreprise, mais aussi de permettre aux

entreprises de rencontrer vingt startup

aux solutions innovantes lors d’un

speed dating.

— CONVERSATIONS NUMÉRIQUES —

Pour Valérie

Guimet, de Suez

Environnement,

on sentait dès les

premières arrivées

à L’appart

SFR « une super

énergie » émanant

« de gens avec

qui on a envie de

travailler. » La

start-up Kwaga,

en plein montage

de son stand dans

le petit salon, avait « hâte d’avoir l’occasion

de mieux se présenter, de rencontrer

des grands comptes. »

11 — SFRPLAYER

« PERMETTRE

AUX ENTREPRISES

DE RENCONTRER

VINGT START-UP

AUX SOLUTIONS

INNOVANTES

LORS D’UN SPEED

DATING. »


18H

18H30

19H

— CONVERSATIONS NUMÉRIQUES —

La journée a commencé avec

deux conférences pour mieux

cerner les enjeux de ces nouvelles

technologies.

CONFÉRENCES

18H20 – La première rencontre

était animée entre autres par Arnaud

Bertrand, le directeur cloud et sécurité

chez SFR, et François Tonic, rédacteur

en chef du site Cloud Magazine, pour

qui « les start-up sont la cible première

du cloud ». Il y était question d’élasticité,

de mise à l’échelle. Le cloud

permet en effet aux entreprises de faire

faire leurs calculs à l’extérieur, sur

des machines extrêmement capables,

sans s’équiper en interne. C’est le cas

de G-cluster, leader mondial du cloud

gaming, qui est devenu « la plus grande

plateforme de jeux vidéo en marque

blanche ». Cependant toutes les entreprises

n’ont pas besoin d’autant de

puissance. Le cloud permet un « paiement

à l’usage », et donc de ne dépenser

que selon les besoins de l’entreprise,

tout en garantissant un service ultra

fiable. C’est par exemple la mission

de Cedexis qui, tel un « aiguilleur

du Net », envoie les demandes de ses

clients sur les serveurs les plus rapides

en temps réel.

12 — SFRPLAYER

« SMARTPHONES

OU ORDI NATEURS

PORTABLES QUI

SE CONNECTENT

DEPUIS L’EXTÉRIEUR

DOIVENT EUX

AUSSI ÊTRE

PROTÉGÉS »

19H05 – La sécurité était au

cœur du second débat. Alors que même

les solutions business cloud d’Amazon

peuvent tomber en panne, comme on

l’a vu dernièrement, la question de la

sécurité est sur toutes les lèvres. Pour

Axel Dreyfus, le fondateur de la startup

Axalot, « dans les pays latins, on ne

sauvegarde pas. » Petit rire coupable

dans l’assemblée, qui semble avoir

conscience du problème. L’occasion

d’attirer l’attention des entreprises sur

l’importance de dupliquer les données

et de s’équiper en solutions de sécurité,

pour éviter autant les incidents techniques

que les attaques extérieures.

Sans oublier les appareils des employés,

comme le rappelle Jean-Marc Lambert,

de Gemalto : « Smartphones ou ordinateurs

portables qui se connectent

depuis l’extérieur doivent eux aussi

être protégés. » Cependant attention,


car pour Emmanuel Schalit, CEO de

Dashlane, il faut « allier confort et sécurité

». Les solutions de sécurité trop

contraignantes pourraient ne pas être

adoptées.

NETWORKING

19H40 – Ce fut ensuite au

tour des start-up invitées de prendre

la parole, lors de prestations d’une

minute chrono. Les entrepreneurs se

sont succédés au micro, jouant le jeu

des soixante secondes pour présenter

leurs innovations et leurs solutions

à un public attentif qui les a ensuite

retrouvés dans les différentes pièces de

L’appart SFR. L’exercice aura séduit

Emmanuel Bavière, directeur de projet

innovation à la Société Générale, qui

résume : « La formule pitch en une

minute est très satisfaisante, cela force

à aller à l’essentiel. »

— CONVERSATIONS NUMÉRIQUES —

20H30 – À la fin de la journée,

durant le cocktail de clôture, Jean-

François Galloüin, directeur de Paris

Région Lab, conclue que « des relations

se sont créées » et que « les retours,

tant des start-up que des grands

comptes, sont extrêmement positifs ».

Éric Fonteix, responsable écosystème

innovation chez SFR, se félicite d’avoir

pu « porter l’événement au-delà de

SFR. » Convaincu par la formule des

Innovation Datings, il espère pouvoir

organiser une troisième rencontre dans

l’année.

Affaire à suivre.

parisregionlab.com

sfr.com/les-mondes-numeriques/lappart-sfr

13 — SFRPLAYER

« LA FORMULE

PITCH EN UNE

MINUTE EST TRÈS

SATISFAISANTE,

CELA FORCE

À ALLER

À L’ESSENTIEL »

19H30

20H

20H30


Dossier : TRAVAIL CONNECTÉ

TRAVAIL

CONNECTÉ

Que change le numérique

dans notre travail ? À l'ère digitale,

nous pouvons travailler ensemble

sans forcément être au même endroit.

Nous pouvons partager des compétences,

des ressources, de l’information,

et ce de multiples façons.

Facteur d’émancipation, la multiplication

des outils à notre disposition nous expose

cependant à de nouveaux défis, nécessitant

réflexion et capacité d’adaptation.

Prêts pour la transformation ?

14 — SFRPLAYER

Cette fois, votre magazine s’est

construit grâce à une collaboration

avec la Fing (Fondation Internet

nouvelle génération) ponctuée

par plusieurs mois de rencontres,

de discussions et d’ateliers. Le

résultat, s’il ne prétend pas à

l’exhaustivité, permet une vision

certainement plus claire des bouleversements

de notre vie professionnelle

– et quelques conseils pour

prendre au mieux les virages qui

s’annoncent.


PARTENARIAT

La Fing, « fabrique d’idées neuves

et actionnables », est donc notre

partenaire sur ce numéro. Elle organise

annuellement des ateliers pour

explorer des ruptures induites par le

numérique et les publier sous forme

de scénarios dans son cahier d’enjeux

« Questions numériques ».

SFR PLAYER a prolongé la démarche

en se focalisant sur des scénarios

consacrés au travail. La méthodologie

? Un atelier réunissant cinquante

personnes, des séances de travail avec

la Fing et des interviews. Le résultat ?

Le dossier qui suit !

RUPTURES

Nous éclairons quatre mutations en

passe de bousculer nos habitudes

professionnelles. « Flexijobs », traite

des enjeux de la contribution comme

15 — SFRPLAYER

nouvelle forme de relation à l’entreprise.

« Mieux connectés, moins fatigués »

s'intéresse aux défis que la connexion

permanente nous pose. « Dis-moi où tu

travailles », aborde les nouvelles mobilités

permises par le numérique et ses

conséquences sur les lieux et méthodes

de travail. Dans « Digital actifs »,

nous interrogeons ce qui fait ou fera

de nous des travailleurs numériques

avertis et épanouis. Biographies, interviews,

initiatives, guide du travailleur

connecté…

Chacun d’entre nous commence à

percevoir l’importance du numérique

et la nécessaire adaptation de

nos pratiques. Nous espérons que ce

numéro de SFR PLAYER se transforme,

le temps de la lecture, en un

véritable outil de travail.

fing.org/qn2012


« TRAVAILLER

DE MANIÈRE COLLECTIVE

ET À CIEL OUVERT »

DANIEL KAPLAN

Les « Questions numériques » à l’origine

de ce grand dossier sur le travail sont l’œuvre

de la Fing (Fondation Internet nouvelle

génération). Son délégué général, Daniel Kaplan,

nous explique en détail cette initiative.

« MAIS POURQUOI

VOULEZ-VOUS QUE

LES JEUNES AILLENT

TRAVAILLER DANS

UNE TOUR ? »

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Avec « Questions numériques 2012-

2013, le temps des ruptures… », la Fing

présentait pour la deuxième année une

démarche collective de prospective à l’intersection

des innovations techniques,

des mutations économiques et des transformations

sociales. Ces « ruptures »

publiées sous forme de scénarios ont

donné à SFR PLAYER l’opportunité de

les explorer à sa manière, en se concentrant

sur la thématique du travail.

Daniel Kaplan, le délégué général de la

Fing, revient pour nous sur les objectifs

et singularités de cette démarche

collective.

•Quels étaient

les objectifs

de « Questions

numériques

2012-2013 » ?

La Fing a besoin

d’identifier les

nouveaux territoiresd’innovation

à explorer. Ces questions, chacun

d’entre nous se les pose régulièrement à

sa manière, dans son activité. Mais trop

souvent sans y passer le temps nécessaire,

sans échanger suffisamment,

sans tirer parti des idées des autres.

D’où l’envie d’un travail collectif et à

ciel ouvert.

•Avec quels partenaires la Fing a-telle

mis en œuvre ces « Questions

numériques » ?

16 — SFRPLAYER

SFR, la Société Générale, le pôle Cap

Digital et les « grands partenaires » de la

Fing que sont Alcatel-Lucent, la Caisse

des Dépôts, La Poste, Laser et la région

Paca ont soutenu « Questions numériques

». Ils ont bien sûr participé aux

ateliers, mais l’enjeu consistait également

à leur permettre de s’en approprier

les résultats. La démarche varie

selon les entreprises : présentation lors

d’universités internes ou de séminaires

de direction, ateliers de travail internes

ou encore, comme avec SFR, ateliers

ouverts de coproduction sur certains des

scénarios non encore développés.

•Une anecdote vous a-t-elle particulièrement

marqué ?

L’un de nos scénarios lié à cette thématique

du travail, « Génération chacun

pour soi », racontait l’histoire d’une

entreprise qui, prenant acte des différences

irréductibles entre les générations,

organisait les étages de sa

nouvelle tour de bureau par classes

d’âge : les 50 ans et plus tout en haut,

les plus jeunes tout en bas, et ainsi de

suite… Les participants de nos ateliers

en France ont rejeté ce scénario et tenté

de raconter l’histoire d’un échange fluide

entre générations, où les plus âgés et les

plus jeunes s’entraident. Mais lors d’un

atelier mené à Genève avec des participants

venant surtout d’Europe du

Nord, la réaction a été toute différente :

« Pourquoi voulez-vous que les jeunes

aillent travailler dans une tour ? »


•À qui sont destinés les enseignements

tirés de « Questions

numériques » ?

« Questions numériques » existe sous

la forme d’une publication papier, mais

aussi d’un site web. Les scénarios sont

librement réutilisables. Mais bien sûr,

nous les destinons en priorité à tous

ceux qui veulent nourrir leur réflexion

stratégique en anticipant les ruptures

possibles dans un avenir proche.

•La Fing « produit des idées neuves

et actionnables pour anticiper les

transformations numériques ».

Dans quelle mesure l’évolution de

nos conditions de travail en faitelle

partie ?

L’informatisation, l’interconnexion et

la numérisation ont contribué à une

profonde transformation du travail.

Celle-ci concerne à la fois le travail au

quotidien, son organisation collective et

les itinéraires professionnels de chacun.

Il apparaît donc essentiel d’aller chercher

les manières dont le numérique pourrait

renouer le lien entre objectifs individuels,

organisationnels et collectifs.

•Au vu de ces premiers résultats,

quels sont les effets les plus négatifs

de l’intrusion rapide du numérique

dans l’univers du travail ?

En facilitant un management de plus

en plus quantitatif, en automatisant à

outrance, le numérique est, dans une

large mesure, à la source de la crise

actuelle du travail. Sans parler de

tous ceux qui, dans les entrepôts ou les

centres d’appel par exemple, subissent

une véritable taylorisation de leur

métier. Entre un numérique « libérateur

» et un numérique orienté vers le

contrôle, l’optimisation, la formalisation

des processus et des relations, la tension

parcourt aujourd’hui toutes les organisations.

Comme le dit l’économiste Michel

Volle : « Le bon dosage à respecter pour

que l’alliage du cerveau humain et de

l’automate soit efficace est encore généralement

ignoré. »

•À l’inverse, quels sont les changements

plus positifs ?

Le numérique au travail peut rendre

celui-ci plus riche, plus collaboratif,

plus souple et plus divers. Il peut favoriser

la diversité des affiliations et

des expériences. Il permet à beaucoup

de personnes d’oser des expériences

— TRAVAIL CONNECTÉ —

nouvelles, de s’engager dans des aventures

collectives, de s’exprimer. Encore

faut-il que les organisations veuillent

que ça se passe comme ça, et que les

compétences nécessaires soient plus

largement distribuées. Ces compétences

n’ont en général rien de technique :

travailler de manière collective, argumenter

et convaincre, expérimenter et

apprendre de ses réussites comme de

ses échecs… Mais on l’apprend rarement

à l’école.

fing.org/qn2012

SFR PLAYER et la Fing remercient les participants

de l’atelier qui a produit, en mode collaboratif, les

nombreuses idées synthétisées dans ce magazine.

Parmi eux :

Abderrahim, Adil, Anne-Caroline, Anouar, Antoine,

Arnaud, Benjamin, Blandine, Bruno, Bruno, Candide,

Chantal, Christophe, Claire, Daniel, Daniela, David,

Denis, Émilie, Éric, Frédérique, Frédérique, Gabriel,

Gilles, Guillaume, Jean-Baptiste, Jean-Paul, Jeanne,

Jeff, Laurent, Luc, Lucie, Lucile, Marie, Marie-Claire,

Matthieu, Maud, Maud, Michel, Nicole, Noîl, Olivier,

Pascal, Pascal, Patrick, Pierre, Pierre-Julien, Philippe,

Romain, Sandie, Sophie, Stéphane, Stive, Sylvie, Tamer,

Valérie, Yann, Yves.

17 — SFRPLAYER


— TRAVAIL CONNECTÉ —

DIS-MOI OÙ

TU TRAVAILLES…

D’un côté, certains perdent des heures

à rejoindre leur lieu de travail. De l’autre,

des télétravailleurs indépendants se retrouvent

trop isolés… Les outils numériques posent

de façon de plus en plus aiguë la question

de la distance entre entreprises et travailleurs.

Un enjeu qui exige des réponses nouvelles. Aperçu.

À la question « Où se situe votre lieu

de travail ? », un nombre croissant de

travailleurs semble avoir du mal à

répondre. La multiplication des fonctions

des smartphones et la possibilité

de se connecter facilement en tout lieu

(liée à l’accroissement des flux d’informations

numériques stockées dans le

18 — SFRPLAYER

cloud) autorisent un travail de plus en

plus mobile, agile, voire dispersé.

Une tendance semble cristalliser ce

phénomène : l’apparition des tiers-lieux,

espaces professionnels entre la maison

et le travail. Cécilia Durieu, cofondatrice

du service eWorky.fr (répertoire

de lieux de travail), précise : « Les


tiers-lieux de travail se multiplient :

espaces de coworking, télécentres,

centres d’affaires, ou même cafés

équipés de WiFi. » Pour Christine Balaï,

consultante et ex-rédactrice en chef de

la lettre Innovation & Administration :

« Ces lieux ouverts, marqués par une

culture d’échange, de partage et de

convivialité, favorisent la créativité,

l’innovation et le vivre ensemble, selon

leur spécificité. Espaces de coworking,

lieux culturels ou autres “maisons”

ont une dimension culturelle forte à

la fois numérique, sociale et d’innovation.

» Dans ces lieux réside un esprit

de partage qui favorise, outre la possibilité

de travailler ailleurs que dans

son entreprise, l’intelligence collective,

la créativité, l’interdisciplinarité ou

encore la fertilisation croisée.

Autre élément : non seulement le télétravail

a la peau dure, mais il semble

aussi clairement ancré dans le paysage

du travailleur : « Aujourd’hui, 12,4 % de

la population active française télétravaille

», indique Cécilia Durieu. Pour

l’employeur, cela recouvre quelques

avantages : une flexibilité accrue des

employés, une charge locative moins

élevée et une baisse de l’absentéisme.

BUREAU MOBILE :

GESTIONNAIRE

DE TÂCHES

Le projet alsacien Bureau mobile

rappelle que « le travail n’est

pas un lieu où l’on se rend, c’est

une tâche que l’on accomplit ».

Concrètement, l’idée consiste

à offrir des « tiers-lieux », à

mi-chemin entre l’entreprise et le

domicile. Le premier est déjà en

construction à Reichstett, au nord

de Strasbourg.

bureau-mobile.fr

— TRAVAIL CONNECTÉ —

L’employé, lui, y gagne une réduction du

temps de transport ainsi qu’une gestion

plus personnelle des horaires. Encore

mieux : selon une étude Greenworking,

le gain de productivité serait de 22 %.

Pourtant, cette façon de travailler en

mobilité bouscule la distance entre

employé et supérieur, le modèle managérial

ainsi que l’esprit d’équipe. Laurent

Taskin, professeur de management et

des organisations, parle de phénomène

de « déspatialisation » : « En rompant

avec une certaine unité de temps, de

lieu et d’action, le télétravail bouleverse

l’organisation du travail et l’exercice

traditionnel des pratiques de management.

» À cet enjeu managérial s’ajoute

une nouvelle question : quelles règles

inventer pour ne pas mélanger, chez soi,

vie privée et vie professionnelle ?

La connexion permanente aurait donc

le potentiel de conduire à une meilleure

répartition territoriale des lieux

de travail et à davantage de productivité.

Une réalité que les pouvoirs

publics semblent prendre à bras-lecorps

: deux lois ont été promulguées

cette année pour encadrer, justement,

le télétravail.

ZEVILLAGE :

L’INFO PARTICIPATIVE

« LES TIERS-LIEUX

DE TRAVAIL

SE MULTIPLIENT. »

Site d’information participatif et réseau social, Zevillage

permet de découvrir et de perfectionner les nouvelles

formes de travail : télétravail, travail à domicile, coworking,

travail collaboratif, mobilité, temps partagé, groupement

d’employeurs, auto-entrepreneuriat…

zevillage.net/projet-zevillage

GARE CONNECTÉE

La nouvelle gare SNCF de Belfort est un peu le paradis

du travailleur mobile. Au cœur de la gare, la SNCF a

installé une longue table proposant des prises électriques,

entourée de tabourets et connectée en WiFi. Ratez votre

train en toute tranquillité !

Plus d’informations sur les gares SNCF connectées :

gares-en-mouvement.com

19 — SFRPLAYER


DIS MOI OÙ TU TRAVAILLES

QU’ARRIVERAIT-IL DANS UN MONDE OÙ LE

NUMÉRIQUE AURAIT COMPLÈTEMENT BOUSCULÉ

NOS LIEUX DE TRAVAIL ?

LA FING ET LES PARTICIPANTS DE NOTRE ATELIER ONT RÉPONDU PAR UNE FICTION.

Septembre 2012 : une panne prolongée

du RER A provoque un blocage de la

circulation automobile et contraint

de nombreux cadres de la Défense à

trouver des solutions de fortune pour

se loger sur place. Caravanes, tentes

et camping-cars font leur apparition

sur l’esplanade, tandis que se multiplient

les bureaux-dortoirs et que les

propositions de colocation explosent

sur les plateformes en ligne. Mais dans

les mois qui suivent, des centaines de

cadres démissionnent pour se mettre

à leur compte ou exigent le droit de

travailler de chez eux. Rapidement,

les entreprises comprennent : elles

ne pourront exiger éternellement

de leurs employés qu’ils viennent à

elles, moyennant parfois jusqu’à deux

ET PAR QUELQUES AVIS TRANCHÉS SUR LA QUESTION.

À PRENDRE

« Entre la perte de temps

et le stress qu’ils représentent,

économiser les

transports pour se rendre au travail

est, en soi, un apport essentiel… Sans

oublier la dimension écologique d’un tel

changement. »

Un cadre à la Défense.

« Certains métiers sont mobiles par

nature, dés lors il est bon que l'État et

les entreprises prennent en compte de

façon plus fine ces typologies de travailleur

pour adapter leurs règlements. »

Un directeur commercial

— TRAVAIL CONNECTÉ —

heures et demie de transports par jour.

Certaines décident alors d’ouvrir des

lieux de travail plus proches des zones

où leurs salariés habitent et d’investir

dans des réseaux ultrasécurisés dédiés

à leurs « télécollaborateurs ». De leur

côté, de très nombreux professionnels

vivant à la campagne ou dans de petites

agglomérations s’organisent : pour

ne pas que leur activité professionnelle

empiète sur leur vie de famille,

ils se réunissent dans de nouveaux

espaces partagés disposant des outils

numériques nécessaires. Problème :

des inégalités apparaissent entre les

régions, selon que les municipalités et

autres collectivités locales choisissent

ou non de soutenir ou de prendre ellesmêmes

ce type d’initiatives.

À LAISSER

« Le problème du télétravail

100 % numérique, c’est

qu’il donne une illusion

de liberté et d’autonomie. Alors qu’en

réalité, tout ce qui passe par les réseaux

peut être surveillé et mesuré. »

Un consultant en sécurité des systèmes

d’information.

« Comment voulez-vous tenir vos

équipes et les faire avancer dans le

même sens si chacun reste chez soi

et que personne ne se côtoie physiquement…

C’est comme si chacun

jouait pour soi dans un sport collectif,

impossible. »

Un cadre dirigeant d’une entreprise

industrielle.

20 — SFRPLAYER

Retrouvez

le scénario fictif

complet de la Fing

sur sfrplayer.com


BRUNO MARZLOFF

« TRAVAIL MOBILE : NOUS N'EN SOMMES

QU'AUX PRÉMICES. »

BRUNO MARZLOFF EST SOCIOLOGUE, DIRECTEUR DU CABINET DE PROSPECTIVE MEDIA MUNDI, ANIMATEUR DU GROUPE

CHRONOS, LABORATOIRE DES MOBILITÉS INNOVANTES, PRÉSIDENT DE LA CITÉ DES SERVICES, UN OBSERVATOIRE DES

VILLES INTELLIGENTES AVEC VILLES INTERNET, ET COPILOTE DU PROGRAMME DATACT SUR LA DONNÉE URBAINE.

•Quelles sont

les nouvelles

formes de

travail mobile ?

Regardez autour

de vous. On ne

sait plus si ces

gens penchés sur

un smartphone,

un PC ou un iPad,

au bistrot, dans

la rue ou dans les

trains, travaillent

ou papotent.

37 % * du temps

de travail se passe

maintenant hors

du lieu de travail.

Mais ce n’est pas le numérique qui

change la manière de travailler. C’est

l’inverse. Le travailleur et l’entreprise

mobilisent le numérique pour trouver

une issue à des enjeux du quotidien, à

sa géographie devenue distordue et à

des défis sociétaux. Nous n’en sommes

qu’aux prémices. Il faut s’attendre à ce

que ce mouvement se généralise.

•Les « tiers-lieux » de travail vontils

se généraliser ?

L’écart domicile-travail s’accroît dangereusement.

En quelque cinquante ans,

la distance entre ces lieux a décuplé. Le

travailleur réagit. 37 % * des travailleurs

veulent changer d’entreprise ou

de domicile. Dès lors, une délocalisation

du travail s’organise. Forcément, des

tiers-lieux lui seront dédiés. Ils produiront

une autre sociabilité du travail.

Voilà pourquoi « tiers-lieux » et coworking

se confondent et produisent des

expériences nouvelles. L’une des observations

les plus intéressantes est celle

des pairs dans le travail : ils sont moins

les collègues de l’entreprise que des

— TRAVAIL CONNECTÉ —

comparses croisés sur le Net, à l’occasion

d’un chantier ou dans un espace de

coworking.

•Que recouvre exactement, selon

vous, la notion de « télétravail » ?

Je préfère le terme plus générique

de « travail mobile ». Il recouvre une

transformation structurelle du rapport

entre salarié et entreprise. C’est toute

l’architecture du quotidien et ses organisations

que le travailleur change

pour continuer à assurer les missions

et la productivité du travail et pour

concilier, dans le même temps, d’autres

activités. Il assume une dispersion

du travail dans l’espace et son éparpillement

dans le temps : le soir, les

RTT, les week-ends, voire pendant

les vacances… Cette transformation

accompagne un autre mouvement qui

favorise la mobilité : la réduction de

l’industrie manufacturière au bénéfice

des activités servicielles qui représentent

80 % des emplois. La présence

permanente au siège du travail devient

moins nécessaire.

21 — SFRPLAYER

* Selon une étude

de début 2012

par Chronos,

Sereho, Telecom-

ParisTech,

Atos et Citica

sur wite2-0.fr

RETROUVEZ

L’INTERVIEW

DE BRUNO MARZLOFF

SUR SFRPLAYER.COM


— TRAVAIL CONNECTÉ —

MIEUX CONNECTÉS,

MOINS FATIGUÉS…

Alors que les outils numériques créent parfois une

surcharge informationelle, comment s’assurer

que les innovations continuent d’améliorer notre

productivité et notre créativité, sans menacer

notre équilibre et notre efficacité au travail ?

Mails, messageries instantanées,

réseaux sociaux… Nous sommes sollicités

de toute part, fonctionnons en

mode « multitâches » et mélangeons allègrement

vie personnelle et professionnelle

: selon une récente étude d'Olféo,

entreprise spécialisée dans les logiciels

de sécurité sur Internet, 78 % des cadres

utilisent leur connexion professionnelle

pour des usages sans rapport avec leur

travail. Et 21,5 % d'entre eux emportent

régulièrement du travail à la maison.

Une surcharge informationnelle et

une « désorganisation » du travail qui

22 — SFRPLAYER

peuvent nuire au salarié. Quand le

numérique s’insère dans les interstices

de notre vie privée, l’impression

de ne plus pouvoir gérer notre temps

crée un stress supplémentaire. Pour

Marc Dumas, maître de conférences

en sciences de gestion à l’université de

Bretagne, c’est avant tout au travailleur

d’évaluer ces risques de « surtravail

» ou de « conflit entre vie professionnelle

et vie privée ». Son diagnostic : « Si

le salarié ne sait pas gérer, mettre des

limites, il éprouvera une souffrance au

travail qui nuira à ses relations sociales.


Le manager doit être vigilant à son

organisation et à son équilibre, définir

ses priorités et celles de son équipe. » La

question de la formation et de l’apprentissage

devient ici essentielle.

En creux, ces phénomènes font émerger

une tension entre deux forces. D’un côté

la volonté de contrôle et de surveillance

des collaborateurs, l’optimisation et la

rationalisation (par des reportings). De

l’autre, la nécessité de laisser s’installer

des espaces et des moments plus « libres »

pour favoriser l’échange et l’émergence

de nouvelles idées : appels à l’initiative,

à l’intrapreneuriat et à l’intelligence

collective, mobilité professionnelle.

Certains géants du logiciel élaborent

des solutions slow tech, destinées à

ralentir les flux d’information pour

lutter contre l’« infobésité ». Chez

LES CHARTES

D’UTILISATION

DES RÉSEAUX

SOCIAUX

Les « social media guidelines »

apparaissent comme la solution

dans une société où le blocage des

médias sociaux est plus que mal

vu. Pionniers, IBM et Intel ont

été les premiers à publier de telles

règles. Double objectif : encourager

la conversation et éviter la publication

d’informations pouvant porter

préjudice à la société. En France, le

groupe France Télévisions, l’armée

française ou encore La Poste ont

publié un guide similaire.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Google, par exemple, les salariés sont

autorisés à consacrer 20 % de leur temps

de travail aux projets qu’ils souhaitent

développer en dehors de l’entreprise.

Des initiatives qui décloisonnent les

savoir et l’échange, favorisent la créativité.

Et permettent au travailleur

de se réapproprier son temps… Voire

même de rencontrer des collaborateurs

qu’il n’aurait pas eu l’occasion de se

voir autrement ! Pour Daniel Kaplan,

délégué général de la FING, « les poches

de désordre existent et les entreprises

ont intérêt à les cultiver, mais pas à

les officialiser. » Contre ce que l’on

appelle la « culture de la distraction »

numérique, le défi semble donc plutôt

de trouver comment faire le meilleur

usage possible de nos nouvelles zones

de liberté.

HALL.COM : UNE PAGE POUR TOUS

L’originalité du service, qui se définit comme le premier

« réseau social d’entreprise en temps réel », réside dans son

interface constituée d’une seule page web. Avec Hall.com,

inutile de rafraîchir la page pour créer un salon de discussion,

envoyer des messages, discuter en vidéo, échanger

des contacts ou des fichiers. L’application, destinée au

travail en équipe sur un même projet, est déjà utilisée chez

Amazon, General Electric et Nike.

IMMERSION

L'agence d’« architectes de l’innovation » faberNovel propose

des solutions aux dirigeants et à leurs équipes pour mieux

comprendre et profiter des opportunités du numérique en

entreprise. Appelées "Immersions", ces formations sont

une occasion de promouvoir le lien physique entre collaborateurs,

en proposant d'aborder le numérique autrement

que par le biais de son interface mail. Trois programmes

sont proposés : culture et pratiques digitales, intrapreneuriat

et collaboration, et nouvelles tendances et prospective.

fabernovel.com

23 — SFRPLAYER


MIEUX CONNECTÉS, MOINS FATIGUÉS

QUELS PROBLÈMES POURRAIT POSER UNE UTILISATION

EXCESSIVE DES OUTILS NUMÉRIQUES ET COMMENT

NOUS EN PRÉSERVER ?

LA FING ET LES PARTICIPANTS DE NOTRE ATELIER ONT RÉPONDU PAR UNE FICTION.

2012 : dans les tours de bureaux des

plus grandes entreprises françaises,

des cadres payés à prix d’or passent

jusqu’à un tiers de leur temps « de

travail » à interagir sur les réseaux

sociaux. À cela s’ajoutent les mails,

les appels téléphoniques, les SMS

et autres sollicitations « urgentes »,

personnelles ou professionnelles, à

n’importe quelle heure… Débordé,

le cadre ne sait plus très bien quand

il travaille ou pas. La BankX6,

installée à la Défense, réagit d’abord

de manière abrupte : elle décide d’interdire

les smartphones personnels

et de contrôler sévèrement l’usage

des réseaux sociaux au bureau, avec

des quotas de connexion par jour.

Face à ces mesures, de nombreux

cadres quittent l’entreprise pour

retrouver davantage de liberté.

ET PAR QUELQUES AVIS TRANCHÉS SUR LA QUESTION.

À PRENDRE

« Depuis que j’ai un smartphone

professionnel en

plus de mon téléphone

personnel, il est plus facile pour moi

d’empêcher ma vie privée d’empiéter sur

mon temps de travail, et inversement. »

Un cadre dans un service marketing.

« Les petits désordres causés par l’utilisation

d’outils numériques multiples

sont nécessaires, pour se changer

les idées et laisser libre cours à sa

créativité. »

Une consultante en organisation.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Influencée par une offre pléthorique

de nouvelles solutions slow tech,

la BankX6 déploie alors un logiciel

voué à ralentir les process et sortir de

l’immédiateté. Objectifs : réduire la

dispersion de l’attention et accroître

la productivité. Mais rapidement, les

contributions publiées sur l’intranet

de la banque aboutissent toutes plus

ou moins à la même conclusion : on

est passé d’un extrême (l’accélération)

à l’autre (le ralentissement),

alors que les collaborateurs aspirent

à la maîtrise du temps, du choix.

Pour gérer « les temps » dans les

organisations, la réponse par l’outil

n’aura pas suffi. Mais elle aura

permis de réaliser que l’urgence est

ailleurs : du côté de l’apprentissage

de nouveaux usages…

À LAISSER

« Le problème des réseaux

sociaux, du mail et des

messageries instantanées,

c’est qu’ils créent une angoisse du vide,

de la page blanche. On a l’impression

qu’il faut participer à toutes les conversations

pour exister… »

Une employée de banque.

« Plus de la moitié des cadres considèrent

qu’être équipé d’un smartphone

ou d’une tablette crée du stress et

constitue une entrave à la vie privée,

notamment parce qu’ils permettent de

les surveiller à distance. »

Un délégué du personnel dans un grand

groupe industriel.

24 — SFRPLAYER

Retrouvez

le scénario fictif

complet de la Fing

sur sfrplayer.com


SANDRINE MURCIA

« TOUT NE PEUT PAS ÊTRE URGENT »

POUR LA COFONDATRICE DU CABINET DE CONSEIL EN INNOVATION SPRING LAB, LIMITER L’USAGE DU NUMÉRIQUE

NE SERT À RIEN, MAIS IL FAUT DES RÈGLES DE BON SENS.

•Sandrine Murcia, comment les

sociétés que vous aidez à négocier

la bascule numérique gèrent-elles

l’usage parfois excessif de tous ces

nouveaux outils et services ?

Celles qui fonctionnent le mieux sont

celles qui ne cherchent pas à contrôler

ou à interdire, mais à trouver un équilibre.

Dans celles qui n’autorisent l’accès

qu’à quelques services triés sur le volet,

ou qui font un monitoring permanent de

l’usage des réseaux sociaux, les salariés

se demandent pourquoi on ne leur fait

pas confiance. Ce qui compte, c’est le

résultat.

•Alors comment atteindre le meilleur

résultat possible ?

Il y a des règles de bonne conduite

qu’on peut expliquer et que les gens

peuvent très bien comprendre, si on

leur fait confiance. Il faut les laisser

faire et ouvrir au maximum les possibilités,

en étant clair sur les règles

du jeu : travailler sur un projet libre

— TRAVAIL CONNECTÉ —

ou consacrer du temps à des activités

perso, OK, pourvu que le travail soit

fait. Mais ces règles doivent être fixées

de part et d’autre, pas seulement par

l’employeur. L’employé doit aussi

pouvoir dire : d’accord, mais alors n’envahissez

pas mon espace privé.

•Sur quels outils numériques l’entreprise

peut-elle compter pour

améliorer la productivité de ses

salariés ?

Les réseaux sociaux d’entreprises qui

se développent actuellement répondent

à un vrai besoin pour aider à mieux

travailler. Mais ils représentent un

levier d’efficacité si et seulement si ce

sont des outils ergonomiques et faciles

à utiliser. Bien souvent, on ne retrouve

pas la facilité d’usage d’un Facebook ou

d’un Twitter sur les outils BtoB. Leur

dimension beaucoup plus technique

peut créer de la frustration parce que

les outils grand public, eux, sont très

intuitifs.

25 — SFRPLAYER

« IL FAUT LAISSER FAIRE

ET OUVRIR AU MAXIMUM

LES POSSIBILITÉS. »

RETROUVEZ

L’INTERVIEW

DE SANDRINE MURCIA

SUR SFRPLAYER.COM


ÉVOLUTIONS X TRAVAIL + TIC = LES CHIFFRES

Ils sont connectés1 ILS SONT CONNECTÉS* !

6 %

• Seulement 6% des entreprises françaises ne sont pas connectées à

Seulement Internet

64 %

des • entreprises 31% des françaises salariésne des salariés

disposent d’un outil de mobilité (téléphone mobile,

sont pas connectées à Internet.

travaillent

smartphone, tablette).

sur écran.

• 64 %des salariés travaillent sur écran.

• 45 % des salariés utilisent Internet et une messagerie électronique.

31 • % 58 % des entreprises françaises ont leur propre site web, le double

du nombre recensé en 2003.

des salariés disposent

d’un outil de mobilité

(téléphone

Les entreprises

mobile,

de l’information et de la communication ainsi que celles de la fi-

smartphone,

nance

tablette).

et des assurances sont ici les mieux placées mais le déploiement de sites

web progresse dans les secteurs où ils étaient moins courants, comme la construction

ou les transports.

Ils sont accros !

• 86 % des cadres voient les TIC comme l’évolution sociale la plus

positive des dix dernières années.

• 56 % pensent que l’usage des TIC a augmenté l’intérêt porté à leur

travail…

• … mais 33 % des sondés déplorent cependant les conséquences du

WWW numérique sur leurs relations familiales et amoureuses.

58 %

des entreprises françaises ont leur

propre site web, le double du nombre

recensé en 2003.

ILS SONT ACCROS !

86 %

1 Selon TNS Sofres - Microsoft, 2010

des cadres voient les TIC comme

l’évolution sociale la plus positive

des dix dernières années.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

En se fondant sur un rapport de référence,

SFR PLAYER vous présente un panorama graphique

de l’utilisation des TIC par les entreprises

et travailleurs. Constatez : la connexion est en marche !

56 %

email@mon_entreprise.com

45 %

des salariés

utilisent Internet

et une messagerie

électronique.

Les entreprises de l’information et de la communication ainsi

que celles de la finance et des assurances sont ici les mieux

placées mais le déploiement de sites web progresse dans les

secteurs où ils étaient moins courants, comme la construction

ou les transports.

pensent que l’usage des TIC a

augmenté l’intérêt porté à leur

travail…

26 — SFRPLAYER

Selon TNS Sofres - Microsoft, 2010

… mais 33 % des sondés

déplorent cependant

les conséquences du numérique

sur leurs relations familiales

et amoureuses.


LES FRONTIÈRES ENTRE TRAVAIL

ET VIE PRIVÉE SE BROUILLENT

15 %

Source : Étude Olfeo 2012, « Réalité de l’utilisation d’Internet au bureau ».

Les frontières entre travail et vie privée se brouillent


Le « travail

Le «

en

travail

débordement

en débordement

» concerne

» concerne

aujourd’hui

aujourd’hui

un

un cinquième des salariés

cinquième des salariés.

des salariés parlent de leur

• 21,5 % emportent régulièrement du travail à la maison.

entreprise sur un réseau social.

• 1 sur 4, c’est le nombre de salariés travaillant fréquemment Et au-delà un sur cinq des horaires n’hésiterait du bureau pas (26,7 %).

•21,5 Plus % de quatre salariés sur dix avouent utiliser Internet àà titre la critiquer. privé pendant leurs heures de travail !

emportent . Cerégulièrement taux grimpe à : du 78 travail % chez les à la cadres. maison.

• Et ils y vont pourquoi ?

. communiquer sur les réseaux sociaux — 11%

1 . sur s’informer 4 sur l’actualité — 31 %

LE SYNDROME

c’est le nombre de salariés travaillant fréquemment

. « vagabonder sur le Web » — 29 %

DU « STRESS INFORMATIQUE* »

au-delà des horaires du bureau (26,7 %).

. faire des achats en ligne — 15 %

L’ordinateur a déjà été source d’angoisse ou d’anxiété

Source : Étude Olfeo 2012, « Réalité de l’utilisation d’Internet au bureau ».

pour 64 % des travailleurs !

Olfeo est une entreprise spécialisée dans les logiciels de sécurité sur Internet.

Réseaux sociaux1 • 15 % des salariés parlent de leur entreprise sur un réseau social.

• Et un sur cinq n’hésiterait pas à la critiquer.

Le syndrome du « Stress Informatique2 Les raisons ?

Plus de quatre salariés sur dix avouent utiliser

Internet à titre privé pendant leurs heures de travail !

des ralentissements du système — 51 %

Ce taux grimpe à :

la lenteur au démarrage — 36 %

les infections par des virus — 16 %

78 % chez les cadres.

»

l’impossibilité de se connecter à Internet — 15 %

Et ils y vont pourquoi ?

• - communiquer L’ordinateur sur les a déjà réseaux été source sociaux d’angoisse — 11% ou d’anxiété pour 64 % ou des un travailleurs WiFi instable ! — 14 %

• - s’informer Les sur raisons l'actualité ? — 31 %

les demandes exigeant une réponse

- « . vagabonder des ralentissements sur le Web » du — système 29 % — 51 %

immédiate — 53 %

- faire . des la achats lenteur en au ligne démarrage — 15 — % 36 %

_

. les infections par des virus — 16 %

Olfeo est une entreprise spécialisée dans les logiciels

de sécurité . l’impossibilité sur Internet. de se connecter à Internet — 15 %

. ou un WiFi instable — 14 %

. les demandes exigeant une réponseimmédiate — 53 %

Peu encore pratiquent le travail à distance*

• Seulement 13,8 % travaillent sur ordinateur ailleurs qu’au bureau.

• 18,8 % des salariés utilisent l’ordinateur ou la connexion Internet de chez eux pour travailler.

Moins d’e-mails = plus de productivité ?

• 8 heures par semaine c’est le temps perdu au travail par les travaillent employéssur d’Intel en 2006 des du fait salariés de lautilisent surabondance

d’informations… Soit une perte d’1 milliard de dollars ordinateur par anailleurs pour l’entreprise.. l’ordinateur ou la

• Un employé chez Intel reçoit entre 50 et 100 courriels qu’au bureau. par jour, dont 30 % connexion sont inutiles. Internet de chez

eux pour travailler.

• Il consacre environ 20 heures par semaine au traitement de ces messages.

Selon une étude interne réalisée par Intel en 2006.

Suite à cette étude, Intel a publié une « Charte pour redécouvrir le travailler mieux » instituant notamment une «

journée sans mails »

MOINS D’E-MAILS = PLUS DE PRODUCTIVITÉ ?

8 heures par semaine c’est le

temps perdu au travail par les employés

d’Intel en 2006 du fait de la surabondance

d’informations… Soit une perte d’1 milliard

de dollars par an pour l’entreprise.

_

— TRAVAIL CONNECTÉ —

RÉSEAUX SOCIAUX*

PEU ENCORE PRATIQUENT

LE TRAVAIL À DISTANCE*

Seulement

13,8 %

Un employé chez Intel reçoit

entre 50 et 100 courriels

par jour, dont 30 %

sont inutiles.

18,8 %

Il consacre environ

20 heures par semaine

au traitement de ces

messages.

Selon une étude interne réalisée par Intel en 2006

* Données issues de « L’impact des TIC sur les conditions

1 Données issues de « L’impact des TIC sur les conditions de travail », étude réalisée par le Centre d’analyse stratégique de la Direction générale du

Suite à cette étude, Intel a publié une « Charte pour

de travail », étude réalisée par le Centre d’analyse

travail, redécouvrir coordonné le travailler par Tristan mieux Klein » instituant et Daniel notamment Ratier, février 2012 stratégique de la Direction générale du travail,

2 Données une « journée issues sans de « mails L’impact ». des TIC sur les conditions de travail », coordonné étude réalisée par par le Centre Tristan d’analyse Klein stratégique et Daniel de la Direction Ratier, générale février du 2012

travail, coordonné par Tristan Klein et Daniel Ratier, février 2012

27 — SFRPLAYER


— TRAVAIL CONNECTÉ —

DIGITAL

ACTIFS

Le travail de demain nécessitera une certaine

culture numérique, qu’une grande partie des salariés

n’a pas encore aujourd’hui. Ceux qui sont nés

avec les TIC devront, quant à eux, apprendre

à les mettre au service de l’entreprise. Devenir

des professionnels du numérique : un enjeu de taille.

Alors que, logiquement, les seniors

occupent la majorité des postes à

responsabilité dans les plus grandes

entreprises, l’émergence du numérique

remet en cause cette organisation traditionnelle.

Les hiérarchies verticales

n’étant plus adaptées au travail en

28 — SFRPLAYER

réseau, dont la structure est par nature

horizontale, il faut repenser les organigrammes,

la gestion des ressources

humaines et les relations individuelles

entre collaborateurs. Arthur Kannas,

directeur général du groupe de marketing

et communication online Heaven,


témoigne : « Une pyramide, ça trace

un chemin de carrière, et à notre sens

un faux chemin de carrière. Avec l’arrivée

du digital, beaucoup de nouveaux

métiers se créent qui ne rentrent pas

dans cette structure. Chez Heaven, on

favorise le mélange générationnel : par

exemple, quand il y a des brainstorms

à l’agence, il y a à la fois le directeur

de création et des stagiaires. Tout le

monde, finalement, est invité à créer

ensemble. Je pense que c’est ça qui fait

la richesse de la réflexion. »

Difficile pour une génération de cadres

dirigeants qui se sentent parfois

dépassés par tant d’innovations

récentes. « Je pense que quand les

digital natives arriveront dans la

gouvernance des entreprises, les choses

changeront », prophétise Henri Verdier,

président du pôle de compétitivité Cap

Digital. Mais, pas dupe du discours en

vogue sur les prétendues compétences

innées des jeunes diplômés, il poursuit :

« Je me méfie de la paresse consistant à

penser que le numérique serait une sorte

d’évidence pour les digital natives, qu’ils

sauraient spontanément des choses que

nous ne savons pas et qu’il suffirait de

s’adapter à ce qu’ils sont. » D’abord,

selon une étude de Millward Brown

pour Google, les cadres supérieurs

APPRENTIS GEEKS

CHEZ SFR

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Animer son fil Twitter, télécharger les dernières applis

Android, enrichir son vocabulaire digital… Et si on

comptait sur les jeunes recrues pour diffuser la culture

numérique dans l’entreprise, et en particulier sur les

étudiants ? C’est en tout cas l’une des pistes explorées

par SFR qui offre chaque année des centaines de postes

en apprentissage. « Alors que le transfert de compétences

était jusqu’à aujourd’hui vécu “à sens unique”,

du tuteur vers l’apprenti, on assiste avec l’arrivée des

digital natives à une toute nouvelle dynamique. Il n’est

pas rare de voir un manager confirmé demander des

explications à nos jeunes recrues sur tel ou tel service,

appli ou nouvelle pratique », précise Marie-Christine

Théron, directrice générale des ressources humaines.

« Cela a des effets nets sur les pratiques et la culture

managériale : remise en cause des relations top-down,

partage de l’information, prise en compte de besoins

nouveaux telle la connexion permanente aux réseaux

sociaux… » Des effets à cultiver et organiser dans l’intérêt

de l’entreprise !

français sont 68 %

à utiliser les outils

sociaux à leur

disposition au

moins une fois par

semaine, contre

seulement 49 %

des juniors.

Contrairement

aux idées reçues, la maîtrise des TIC

est donc loin d’être l’apanage de la

génération montante. Henri Verdier

l’affirme : « La société tout entière est

en train de devenir jeune, parce qu’elle

est obligée d’inventer des pratiques,

des usages, des business modèles. Elle

le fait par l’expérimentation, avec une

sorte de jubilation. » Trop souvent

assimilé à un choc générationnel, ce

bouleversement s’apparenterait-il donc

à un choc culturel ?

29 — SFRPLAYER

« LA MAÎTRISE

DES TIC EST LOIN

D'ÊTRE L'APANAGE

DE LA GÉNÉRATION

MONTANTE. »

POUR RECRUTER,

JOUONS UN PEU

RETROUVEZ

L’INTERVIEW

DE ARTHUR KANNAS

SUR SFRPLAYER.COM

La chaîne hôtelière Marriott a mis en

place un jeu en ligne, similaire aux

Sims ou à FarmVille, dans lequel les

joueurs se voient confier différentes

responsabilités managériales au

sein d’un hôtel. My Marriott Hotel

est une initiative destinée à séduire

la génération des 18-27 ans pour

les familiariser aux métiers de

l’hôtellerie.

INTEL : LE TUTORAT

INTERCOMPÉTENCES

Dans son complexe du Nouveau-

Mexique, qui regroupe 5 500

personnes, Intel a mis en place un

processus de tutorat entre employés.

La démarche consiste à associer deux

personnes en fonction des connaissances

spécifiques qu’elles ont à

partager. Pour cela, une base de

données recense les connaissances et

les capacités de chaque collaborateur,

un questionnaire permet d’apparier

« partenaires » et « tuteurs », et les

détails de cette relation font l’objet

d’un contrat qui lui donne un cadre.


DIGITAL ACTIFS

COMMENT MIEUX TRAVAILLER ENSEMBLE, QUEL

QUE SOIT NOTRE ÂGE, DANS UN MONDE

DU TRAVAIL TOUJOURS PLUS NUMÉRIQUE ?

LA FING ET LES PARTICIPANTS DE NOTRE ATELIER ONT RÉPONDU PAR UNE FICTION.

2012 : le jeunisme ambiant en

matière de TIC rencontre des

limites flagrantes. Les entreprises

n’ayant embauché que des jeunes

se retrouvent en grande instabilité,

ceux-ci quittant l’entreprise dès qu’elle

ne répond plus à leurs attentes. On se

remet alors à embaucher des seniors

à des postes intermédiaires. Mais

rapidement, on réalise qu’il faut aussi

revoir l’organisation des entreprises

de manière horizontale. Dès lors, la

solution retenue consiste à mieux

panacher les équipes.

En 2014, c’est le boom des structures

coopératives. Les seniors et les

jeunes ayant quitté l’entreprise y

retrouvent un cadre de relations et

de mutualisation des charges. Les

liens intergénérationnels se retissent

selon des méthodes d’apprentissage

réciproque entre jeunes et plus âgés.

Dans ces « fab labs », les hiérarchies

sont aplanies et les nouveaux outils

ET PAR QUELQUES AVIS TRANCHÉS SUR LA QUESTION.

À PRENDRE

« En matière de technologies

numériques, là où nos aînés

devaient faire la preuve de

leurs compétences, on considère que les

nôtres sont innées. La société actuelle,

nous en sommes membres de droit. »

Un graphiste et webdesigner

indépendant.

« Le numérique permet de mieux

mesurer le talent de chacun pour

le rémunérer en fonction de ses

compétences, et non plus de son

ancienneté ou de son statut. Cela peut

contribuer à restaurer la confiance

entre collaborateurs. »

Un ingénieur dans un groupe industriel.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

numériques s’associent aux savoirfaire

industriels anciens.

Dès 2017, le « binôme

intergénérationnel » devient un profil

recherché par les entreprises. Et

les offres d’emploi « d’encadrement

partagé » à niveau hiérarchique égal

se multiplient.

Mais cette formule rencontre à son

tour de fortes résistances. On dénonce

l’inégalité de salaires et de niveaux

hiérarchiques à responsabilités

égales, tandis que les 25-45 ans se

sentent discriminés. La plupart des

binômes se dissolvent assez vite,

surtout lorsqu’ils sont constitués de

manière artificielle, pour bénéficier

d’incitations financières. En

revanche, c’est souvent des binômes

intergénérationnels « spontanés » que

viennent les idées neuves, les valeurs

essentielles. En admettant la scission

des générations, aurait-on finalement

enrichi leur interaction ?

À LAISSER

« La crise du travail que

nous connaissons est liée

à la fin d’un modèle. Avant

30 ans et après 55 ans, il est devenu très

difficile de trouver un job. Il y a donc

une désillusion légitime et une méfiance

justifiée à l’égard de l’entreprise-Big

Brother. »

Un cadre de la direction générale du

travail.

« Le problème des digital natives,

c’est qu’ils prennent le travail

comme un jeu et n’ont pas toujours

conscience de certains risques lorsqu’ils

communiquent avec l’extérieur de

l’entreprise. En tant que manager, je

suis obligé de les fliquer. »

Un fondateur d’une agence de

communication digitale.

30 — SFRPLAYER

Retrouvez

le scénario fictif

complet de la Fing

sur sfrplayer.com


JACQUES FROISSANT

« CE N’EST PAS UNE QUESTION D’ÂGE. »

LE DIRECTEUR DU CABINET DE CONSEIL ET DE RECRUTEMENT ALTAÏDE, SPÉCIALISÉ DANS LE NUMÉRIQUE,

ACCOMPAGNE DES START-UP DIGITALES MAIS AUSSI DES ENTREPRISES TRADITIONNELLES. IL NOUS EXPLIQUE

COMMENT SE FORME UN « DIGITAL ACTIF ».

•Diriez-vous que l’intégration des

outils numériques par les collaborateurs

d’une entreprise n’est

qu’une question de génération ?

Dire que, par définition, les plus

de 50 ans ne comprennent rien au

numérique serait absurde. J’ai fait

une mission de deux ans en tant que

DRH et j’ai constaté que les blocages

n’étaient pas forcément le fait des

seniors. Il s’agissait d’une société de

services en ingénierie informatique

« à l’ancienne », qui souhaitait

organiser une journée de rencontre

clients-prospects. Pour cet événement,

la directrice marketing de tout juste

30 ans voulait faire des plaquettes

d’invitation. Lorsqu’on lui a dit :

« Non, on va plutôt faire un minisite

et du buzz sur LinkedIn, Twitter et

autres réseaux sociaux », c’est elle

qui a bloqué. Ce n’est donc pas une

question d’âge.

•Puisqu’il s’agit plus vraisemblablement

de « culture numérique »,

comment s’y prend-on pour la faire

entrer dans une entreprise ?

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Avec une entreprise traditionnelle, on

commence par le top management. On

leur explique que leur business peut

être révolutionné par le digital. Et

pour qu’ils ne soient pas dépassés, on

leur apporte une culture générale de

base en leur faisant créer des comptes

Twitter ou autres. Leurs peurs vis-à-vis

du numérique tiennent au fait qu’ils

ne savent pas en parler. Mais pour

dépasser ces peurs, il leur suffit de

mettre les mains dans le cambouis et

de manipuler les outils. Ce n’est pas

si difficile, d’autant qu’ils ont tous, ou

presque, un iPad à la maison.

•Lorsqu’il y a conflit de générations

à cause du numérique, comment se

résout-il ?

S’il y a un choc entre une direction des

systèmes d’information et les jeunes en

entreprise parce que ceux-ci utilisent

Firefox ou sont accros aux réseaux

sociaux, interdire est absurde : les plus

aguerris trouveront toujours le moyen de

hacker, de passer à travers la barrière.

Il faut simplement que chacun des deux

camps s’adapte à d’autres rythmes.

31 — SFRPLAYER

« AVEC UNE ENTREPRISE

TRADITIONNELLE,

ON COMMENCE PAR

LE TOP MANAGEMENT. »


— TRAVAIL CONNECTÉ —

FLEXIJOBS

La mise en réseau des internautes éclate

l’ancienne dichotomie producteur / consommateur

pour nous faire entrer dans une ère de la

contribution généralisée, à titre gratuit ou

payant, avec des partenaires de plus en plus

occasionnels et variés. Une mutation qui remet en

question de nombreux schémas. Explication.

Que nous apprend la multiplication

des plateformes contributives telles

que Kaggle (participation volontaire de

scientifiques à des questions posées par

des entreprises ou des gouvernements)

32 — SFRPLAYER

ou Amazon Mechanical Turk, où chacun

propose une rémunération pour la réalisation

de « minitâches » ? Pour Henri

Verdier, président du pôle de compétitivité

Cap Digital, ce genre de nouveaux


services démontre que « nous sommes

entrés dans une nouvelle ère industrielle,

où il y a beaucoup plus d’intelligence

à l’extérieur des organisations

qu’à l’intérieur. »

Cette externalisation de l’intelligence

pose question : collaborer de

l’extérieur prive-t-il du lien social et

collectif ? Comment assurer la qualité

de la production d’un contributeur ou

d’une équipe éphémère ? Sans oublier

la délicate question de la précarité :

proposer librement ses compétences et

se voir rétribué à la tâche pourrait bien

représenter un changement positif,

pourvu que chacun trouve sa place sur

un marché de la « contribution » généralisée.

Michel Sasson, consultant en

management de l’innovation, distingue

justement trois types de collaboration :

la collaboration de « valorisation, telle

la contribution Wikipédia, où l’expertise

prédomine ; celle d’obligation, incitée

par l’employeur ou destinée à bénéficier

d’une rémunération ; et celle de

substitution, inévitable, pour faire face

à une crise économique ». La première

typologie présente l’avantage de lier les

contributeurs selon de nouvelles bases

sociales, sans monétisation. Quant

aux deux autres, seule une dimension

REPPIFY,

PROFILS SPÉCIAUX

La start-up californienne Reppify fournit un tableau de

bord en ligne aux DRH et autres recruteurs à la recherche

de profils très pointus, afin de les diriger vers les candidats

ayant été automatiquement identifiés comme les plus

pertinents.

reppify.com

TASKRABBIT,

PAYÉ À LA TÂCHE

— TRAVAIL CONNECTÉ —

La plateforme sociale TaskRabbit met en relation offres

et demandes de menus services peu onéreux, tels que des

travaux de bricolage ou autres aides ponctuelles, entre

utilisateurs situés à proximité les uns des autres.

taskrabbit.com

volontaire et

valorisante

permettrait aux

travailleurs de

trouver du sens,

de s’engager sur

des projets convenant

davantage à leurs compétences et

à leurs valeurs. À l’image de certains

travailleurs hyperflexibles et cumulards

appelés slashers (2,5 % de la population),

qui nous donnent un aperçu

d’un avenir où les travailleurs, comme

les contributions atomisées du Net,

passent d’un projet ou d’une entreprise

à une autre au gré de leurs envies.

Symptôme principal des effets de cette

culture de la contribution sur le marché

du travail : la cote des « entreprises éphémères

» montées le temps d’un projet

éducatif ou associatif. Ces nouvelles

structures, qui font leur miel de l’ADN

contributif et collaboratif du Net, préfigurent

sans doute les nouvelles formes

de travail qui succèderont à celles d’un

modèle aujourd’hui en crise : le contrat à

durée indéterminée et la carrière linéaire

dans une grande entreprise. La création

d’une entreprise sur deux en 2011 sous le

statut d’auto-entrepreneur est peut-être

aussi à considérer sous cet angle.

33 — SFRPLAYER

« IL Y A

BEAUCOUP PLUS

D’INTELLIGENCE

À L’EXTÉRIEUR DES

ORGANISATIONS

QU’À L’INTÉRIEUR »

RETROUVEZ

L’INTERVIEW

D'HENRI VERDIER

SUR SFRPLAYER.COM

LA SCOP,

MODÈLE ALTERNATIF

Forme juridique permettant de

créer sa SARL ou sa SA, selon

que l’on souhaite être seul ou à

plusieurs salariés-associés, la

société coopérative de production

constitue une bonne alternative à

l’auto-entreprise ou autre statut

de freelance.


FLEXIJOBS

COMMENT TRAVAILLERONS-NOUS LORSQUE

LES ENTREPRISES FERONT MASSIVEMENT APPEL

À DES CONTRIBUTEURS PEU OU PAS RÉMUNÉRÉS ?

LA FING ET LES PARTICIPANTS DE NOTRE ATELIER ONT RÉPONDU PAR UNE FICTION.

En 2013, de nombreuses entreprises

subissent encore de plein fouet la crise.

Il leur faut impérativement trouver les

moyens de diminuer leurs coûts fixes tout

en devenant encore plus réactives. Dans

ce contexte, toute forme d’apport venu

de l’extérieur est non seulement bonne à

prendre, mais salvatrice. Une véritable

« économie de la contribution » prend

forme, et les organisations misent sur

le crowdsourcing pour mener à bien un

maximum de leurs activités. Les services

de R&D rémunèrent les meilleures

réponses à des questions posées sur des

plateformes contributives, l’assistance

et la maintenance se font via des forums

où les plus actifs sont récompensés… Et

en 2017, 40 % du chiffre d’affaires d’Ikea

proviendront de la vente des procédés

de fabrication et des matériaux bruts,

les clients faisant le reste. Les services

ET PAR QUELQUES AVIS TRANCHÉS SUR LA QUESTION.

À PRENDRE

« L’approche binaire qui

qualifie alternativement les

individus de travailleurs et

de consommateurs est à bout de souffle :

la contribution comme complément de

revenus ou pour le plaisir permet de

sortir de cette bipolarité sans issue. »

Un cadre dans une société d’assurances.

« Quand on donne un conseil sur un

forum de bricolage, on ne demande

aucune contrepartie mais on peut

ensuite être contacté directement, et

se faire payer pour donner un coup de

main à quelqu’un qui en aurait besoin. »

Un auto-entrepreneur dans le bâtiment.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

marketing surfent sur la vague de

la « consommation collaborative » et

invitent les consommateurs à concevoir

eux-mêmes des publicités ou à devenir

community managers en échange de

divers avantages. Si ces contributions

« payées » symboliquement ont

d’abord été considérées comme autant

d’opportunités d’arrondir ses fins de

mois, leur systématisation finit par

être sévèrement remise en cause suite

au lancement de la Fiat Mio, voiture

intégralement conçue de manière

collaborative par des automobilistes du

monde entier. Entreprises et pouvoirs

publics eux-mêmes doivent se rendre à

l’évidence : s’assurer l’exclusivité d’une

expertise ne peut se faire que par contrat,

et moyennant une rémunération digne

de ce nom.

À LAISSER

« Le problème de

l’atomisation du marché du

travail, où l’on deviendrait

tous des microentreprises, est qu’elle

aboutit à une mise en concurrence

individuelle de chacun avec tous. Seuls

les mieux équipés et les mieux formés,

en matière de technologies numériques

notamment, s’en sortiront. »

Un professeur d’économie à l’université.

« On multiplie aujourd’hui les

entreprises éphémères, avec très peu de

temps pour se créer un tissu industriel

autour de soi. Désormais, un travail

peut durer une semaine, puis on doit

passer à autre chose. »

Un administrateur civil à la direction

générale du travail.

34 — SFRPLAYER

Retrouvez

le scénario fictif

complet de la Fing

sur sfrplayer.com


INVITÉ

SPÉCIAL :

BERNARD

STIEGLER

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Invité spécial de SFR PLAYER,

Bernard Stiegler affirme dans les

pages qui suivent que nous entrons

dans une nouvelle ère industrielle :

celle de la contribution. Il décrypte

les apports de la culture de l’open

source à l’économie du travail.

Philosophe visionnaire et directeur de

l’Institut de recherche et de formation

(IRI) du Centre Pompidou, Bernard

Stiegler axe sa réflexion sur les enjeux

des mutations actuelles – sociales,

politiques, économiques et psychologiques

– apportées par le développement

technologique et notamment par

les technologies numériques.

Prophète de l’économie de contribution,

Stiegler examine la société du

savoir, les technologies cognitives et,

plus récemment, les nouvelles formes

de travail permises par l’économie

numérique. À travers Ars Industrialis,

« association internationale pour une

35 — SFRPLAYER

politique industrielle des technologies

de l’esprit », qu’il a cofondée, il travaille

à imaginer les bases d’un système plus

viable sans pour autant abandonner

le capitalisme. Une économie de la

contribution, favorisant l’émergence

d’externalités positives et dont la meilleure

illustration est le développement

de l’open source et la « transformation

comportementale » dont il est le fruit.

La technologie numérique permet ainsi

l’émergence d’une économie où consommateurs

et producteurs peuvent être

remplacés par des contributeurs. Ce

fonctionnement en rupture avec l’économie

de marché classique, ce partage,

est analysé comme pouvant être porteur

de processus de sublimation.

Bernard Stiegler est également l’auteur

de nombreux ouvrages dont le dernier,

États de choc : Bêtise et savoir au XXI e

siècle, a été publié cette année aux

éditions Mille et une nuits.


L'ÈRE DE LA

CONTRIBUTION

Pour le philosophe Bernard Stiegler, le numérique

nous fait entrer dans une nouvelle ère industrielle :

celle du travail contributif. Entretien.

« LE LOGICIEL LIBRE

EST NON SEULEMENT

UNE ÉCONOMIE

RENTABLE,

MAIS MAJORITAIRE

AUJOURD’HUI,

DONC

C’EST L’AVENIR DE

L’INFORMATIQUE. »

— TRAVAIL CONNECTÉ —

•Vous avez affirmé que l’open

source modifie les comportements

au travail. De quelle manière ?

Je pars de mon expérience pratique et

professionnelle. Je suis professeur de

philosophie mais j’ai toujours eu des activités

de développe-

ment de structures

(INA, IRCAM,

IRI). Les gens qui

travaillaient dans

ces structures

étaient de fervents

adeptes du logiciel

libre. J’ai donc

découvert cette

économie-là et j’ai

observé des phénomènes

assez frappants.

Notamment

le fait que ceux qui

travaillaient chez moi étaient souvent

moins payés que s’ils avaient accepté

les offres que leur faisaient de grandes

entreprises, sur du logiciel propriétaire.

Mais ils ne voulaient pas partir

parce qu’ils étaient davantage motivés

par leur travail que par leur salaire.

Pour moi, ça a été extrêmement frappant.

Parce qu’aujourd’hui, quand on

dirige une entreprise, l’un des plus gros

problèmes c’est la motivation des gens…

Y compris des grands patrons, dont un

certain nombre marchent à la cocaïne,

au whisky ou aux antidépresseurs. J’ai

découvert des gens ultramotivés par leur

boulot. Mon problème ce n’était pas de

les faire bosser, mais de les faire partir !

•Dès lors, quels nouveaux modes

de relation entre travailleur et

employeur le numérique autorise

t-il ?

36 — SFRPLAYER

Nous vivons l’entrée dans un nouveau

mode de travail : l’ère du travail contributif,

où le contributeur n’est ni simplement

un producteur, ni simplement

un consommateur. Y compris dans le

monde industriel, qui évolue. Pour le

dire autrement, de manière plus claire

et directe, nous sortons du consumérisme.

Je pense que le consumérisme a

vécu. C’est un modèle économique qui

est devenu toxique – bien qu’il ne l’ait

pas toujours été – pour les esprits et

pour l’environnement.

Le consumérisme est basé sur des

producteurs prolétarisés, qui travaillent

sans savoir ce qu’ils font parce que ce

qu’ils développent n’est pas un savoir

mais une adaptation à un poste de

travail. Ils sont de plus en plus soumis

à des systèmes automatiques, partout,

même les médecins. Quant aux consommateurs,

eux-mêmes perdent l’initiative,

ils doivent s’adapter à l’offre. Ils ne

peuvent plus développer des cultures ou

des pratiques sociales, ils sont complètement

passifs. Et ça, les gens n’en veulent

plus, surtout les jeunes. En même

temps, on est dans une société hyperconsumériste…

Mais ce que j’appelle un

modèle contributif, c’est un modèle qui

dépasse cette situation. On emploie le

mot « contributif » à toutes les sauces.

Par exemple, Marie-Anne Dujarier a fait

un livre, Le Travail du consommateur,

pour définir le fait que par exemple, à la

SNCF, c’est le client qui fait désormais

le travail que faisait le guichetier auparavant.

C’est une autre vision. D’autres,

par ailleurs, appellent « contribution » le

human computing : faire travailler les

gens sur des microtâches en les souspayant,

dans des conditions de crétinisation.

Pire : le marketing contributif est


une sorte d’hyperconsumérisme.

Ce n’est pas un

autre modèle,

c’est l’utilisation

de la traçabilité,

de l’interactivité

ou des réseaux

sociaux à des fins

de profiling. Ça,

ce n’est pas ce que

j’appelle le modèle

contributif.

•C ertaines

formes de

contribution

sont-elles ou

peuvent-elles

devenir une activité

rentable,

décemment

rémunérée ?

J’en suis tout à

fait convaincu, mais il faut distinguer

deux types de rentabilité. Il y a des

rentabilités monétarisées et d’autres

qui ne le sont pas. Le logiciel libre est

non seulement une économie rentable,

mais majoritaire aujourd’hui, donc c’est

l’avenir de l’informatique. Mais il y a

plein de modèles différents, en fonction

des secteurs. Sont en train d’émerger

des modèles dits « fab labs », qui constituent

des économies « glocales », dont je

crois qu’elles sont d’avenir. Par exemple,

cela commence à se développer un peu

en Afrique de l’Ouest, ou encore aux

États-Unis, dans l’agriculture.

On qualifie souvent de contributifs les

modèles coopératifs ou mutualistes. Ça

ne veut pas dire que vous devenez un

financier contributif, ça veut dire que

— TRAVAIL CONNECTÉ —

quand vous êtes

mutualiste, vous

conservez une

certaine responsabilité,

une

connaissance du

fonctionnement

et vous n’êtes pas

un simple consommateur.

Certaines

entreprises n’ont

pas été prises dans

la crise de 2008

parce qu’elles

fonctionnaient

sur ce modèle mutualiste, et que leurs

statuts et leurs sociétaires les empêchaient

d’aller spéculer sur les marchés.

C’est très important. Dans le domaine

37 — SFRPLAYER

« LA PRODUCTION

REDEVIENT

BEAUCOUP PLUS

LOCALE ET SE

DÉPLOIE. C’EST LE

DÉVELOPPEMENT

D’UNE ÉCONOMIE

DE RÉSEAU,

DÉCENTRALISÉE... »


« LE CONTRIBUTEUR

DE DEMAIN

N’EST PAS

UN PETIT

BRICOLEUR

DU DIMANCHE,

C’EST QUELQU’UN

QUI EST D’ABORD

MOTIVÉ PAR DES

CENTRES D’INTÉRÊT

PLUTÔT QUE PAR

DES RAISONS

ÉCONOMIQUES »

— TRAVAIL CONNECTÉ —

de l’énergie, de la

même manière, on

voit se développer

des réseaux contributifs

locaux,

par exemple

dans le nord de

la Bretagne, qui

reposent sur des

smart grids ou

une intelligence collective de la consommation

et de la production. La production

redevient beaucoup plus locale et

se déploie. C’est le développement d’une

économie de réseau, décentralisée, où

l’on fonctionne beaucoup moins avec des

systèmes centraux, parce que lorsqu’on

transmet l’électricité d’une centrale

nucléaire à 200 ou 300 kilomètres de

là, les câbles consomment une partie

de cette électricité. Ce n’est pas très

rentable.

•Faudra-t-il, dans un avenir

proche, donner un statut légal à ce

nouveau type de travail pour encadrer

cette nouvelle économie ?

Oui, ça me semble extrêmement important.

Un statut avec des clauses particulières

selon les secteurs. Le défaut de

certains penseurs de la contribution,

c’est qu’on ne peut pas raisonner de

la même manière, à partir de grandes

généralités, selon qu’on est dans

l’énergie, dans la finance ou dans l’agriculture.

Je serais partant pour organiser

de grandes assises nationales, et

européennes d’ailleurs, de la contribution.

La France est un leader international

sur ce sujet, mais si on ne fait

38 — SFRPLAYER

rien ici, c’est vraiment dommage. Ce

sont surtout les États-Unis qui sont en

train d’installer une nouvelle économie.

Nous, on regarde passer le train, alors

que beaucoup d’idées viennent d’ici.

•De nouvelles inégalités ne vontelles

pas voir le jour, entre des

« experts » et des travailleurs interchangeables,

aux compétences plus

basiques, dans l’économie de la

contribution ?

Je ne vois pas ça comme ça. D’abord

le règne des experts est en déclin.

L’image de l’expertise, autrement dit

le consulting, est plutôt médiocre suite

à plusieurs catastrophes. Et puis le

contributeur de demain n’est pas un

petit bricoleur du dimanche, c’est un

amateur, au vieux sens du terme. On

le traduit en anglais par connoisseur.

C’est quelqu’un qui est d’abord motivé

par des centres d’intérêt plutôt que par

des raisons économiques, mais qui peut

développer une expertise parfois plus

grande que ceux qui sont motivés par

des raisons économiques.


— NEWMERIQUE —

CE CODE QR A LE POUVOIR

D’ÉCLAIRCIR VOS VUES

SUR LE NUMÉRIQUE.

SCANNEZ-LE ET PROFITEZ

EN AVANT-PREMIÈRE

DE LA NEWSLETTER SFR PLAYER !

39 — SFRPLAYER


— TRAVAIL CONNECTÉ —

MOBILITÉ : 1, 2, 3, 4 !

Êtes-vous travailleur sédentaire, mobile occasionnel,

hypermobile voire carrément hyperagile ?

En démultipliant les points de connexion,

le numérique a transformé notre rapport au lieu

de travail. SFR PLAYER a illustré les quatre

sociotypes du travailleur (plus ou moins) mobile,

en se basant sur un rapport du cabinet d’étude

sociologique Chronos. Alors, vous vous reconnaissez ?

40 — SFRPLAYER

LE TRAVAILLEUR

SÉDENTAIRE

Le travailleur sédentaire est peu

confronté au numérique dans son

travail. Équipé au minimum, doté plutôt

d’outils fixes, il est fortement centré sur

le siège de l’entreprise. Il témoigne d’un

monde qui bouge encore peu.

À l’image : Jean-Paul, commercial

en transport-logistique, prend à cœur

d’imprimer ses e-mails « pour les avoir

toujours à disposition », précise-t-il.

Justement, ses e-mails, il ne ressent

vraiment pas le besoin de les recevoir

sur smartphone : pour lui, Internet reste

un outil qu’il utilise de son ordinateur

de bureau.


LE MOBILE

OCCASIONNEL

Le mobile occasionnel quitte lentement

le modèle de travail d’hier pour entrer

dans les usages professionnel du numérique,

aidé par sa familiarité avec le

numérique personnel. Pour le reste, il

demeure dans le tropisme du « siège ».

À l’image : Frappée par la facilité d’utilisation

des tablettes, Charlotte vient

de convaincre sa chef de service de l’en

équiper. Elle s’en sert d’ailleurs souvent

pour prendre des notes en réunion : pour

des raisons de sécurité, son ordinateur

de bureau, bien que portable, ne peut se

connecter au réseau qu’en passant par le

câble Ethernet.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

41 — SFRPLAYER


LE TRAVAILLEUR

HYPERMOBILE

Le travailleur hypermobile représente

la figure de l’indépendant. L’équipement

numérique de ce travailleur affranchi

du « siège » statutairement, par choix

ou par contrainte, assure son autonomie

avant d’être un instrument d’échanges

professionnels. L’hypermobile est celui

dont la part de localisation « domicile »

du travail est la plus prononcée.

À l’image : Le bureau de Stéphane,

c’est chez lui. Ce graphiste indépendant

discute au téléphone de la maquette

d’un projet à venir avec un client. Sa

fille le sollicite en plein travail, ce qui

n’a pas l’air de le gêner plus que ça.

D’ailleurs quand il enverra son devis

par mail, Julia sera sans doute sur ses

genoux !

— TRAVAIL CONNECTÉ —

42 — SFRPLAYER —


LE MOBILE HYPERAGILE

Le mobile hyperagile se caractérise par

son autonomie et sa flexibilité face à

l’écosystème numérique, tant par les

outils qu’il utilise, plus nombreux et

plus mobiles que chez les autres types,

que par les localisations, les temporalités

et les liens sociaux mis en œuvre

par son travail. C’est la figure la plus

aboutie du travail mobile. Une figure du

travailleur en devenir ?

À l’image : Sofia, journaliste, profite

d’une visite au centre d’art numérique

La Gaîté Lyrique pour se connecter

au WiFi et envoyer des e-mails… sur

la terrasse, tant qu’à faire ! Toujours

connectée aux réseaux sociaux, elle a

pris pour habitude d’utiliser son smartphone

comme un second écran de navigation

pour vérifier Twitter, Facebook et

Instagram, lesquels lui servent d’outils

à la fois personnels et professionnels.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

43 — SFRPLAYER —

Cette typologie illustrée est issue d’une

étude publique disponible sur wite2-0.fr.

Elle a été financée par Oséo et réalisée

début 2012 par Chronos et Sereho

avec TelecomParisTech, Atos et Citica.

Réalisée en ligne sur 530 répondants,

elle ne prétend pas être représentative.


— TRAVAIL CONNECTÉ —

EXPÉRIENCES

NUMÉRIQUES

Comment le numérique diffuse ses valeurs

dans la façon de travailler et de manager ?

Exemples choisis avec la SNCF, SFR et Pernod.

SNCF

Patrick Ropert, directeur de la

communication.

•Vous avez récemment mis en

place le programme D++. De quoi

s’agit-il ?

D++ est un programme de formation

à la culture numérique pour le top

management de SNCF. Nos managers

ne sont pas tous sensibles aux enjeux

de la révolution numérique. Pourtant,

cette révolution modifie en profondeur

un groupe de mobilités comme le nôtre.

Il est indispensable de comprendre ce

que cela transforme dans la relation

clients, dans la distribution, dans notre

44 — SFRPLAYER

production, dans nos modèles économiques

et aussi dans notre management

et notre culture. Avec D++, nous

voulons accélérer la dimension digitale

de SNCF, et amener nos tops managers

à penser et à agir digital !

•Concrètement, comment cela se

traduit-il ?

Nous avons imaginé un système de

marches d’escalier partant de l’information-sensibilisation

et allant vers

des réalisations très opérationnelles.

Pour commencer, nous plongeons nos

managers dans ce que nous appelons

des twitt schools, pour leur expliquer

comment fonctionnent les réseaux


sociaux et comment les utiliser. Nous

organisons également des sessions de

reverse mentoring, des rencontres avec

de jeunes agents issus de la génération

Y durant lesquelles ils échangent

sur les attentes professionnelles de ces

jeunes, leur ressenti de l’entreprise,

leur perception des nouvelles technologies.

Autre élément de notre dispositif :

des rencontres avec les « start-upers »

du Camping, un incubateur dont

SNCF est partenaire. C’est toujours

un moment très fort dû au gigantesque

écart de culture entre nos dirigeants et

ces jeunes entrepreneurs. Nos managers

sont d’ailleurs impressionnés par

la créativité, la spontanéité et la force

de conviction de ces néo-entrepreneurs.

•Il s’agit en fait de développer et

d’ancrer une véritable culture de

l’innovation au sein du groupe ?

L’innovation est dans les gènes de

SNCF depuis la création du ferroviaire.

L’une des plus grandes fiertés françaises

est quand même le TGV ! Le

SFR

Benjamin Revcolevschi,

directeur Services & Cloud

SFR Business Team.

•Pouvez-vous nous expliquer ce

qu’est la Chocolaterie ?

La Chocolaterie est le surnom donné

à l’équipe de management de la direction

Services & Cloud de la branche

Entreprise de SFR et à l’aventure dans

laquelle elle s’est lancée. C’est une

nouvelle façon de travailler, en phase

avec les valeurs de la culture web que

sont le partage, l’ouverture, le collaboratif.

C’est donc un espace où on fait plus

que partager ou collaborer. Objectifs,

projets, idées, crises, décisions : tout y

devient l’affaire d’une équipe.

À la chocolaterie, il y a au centre une

grande table entourée d’espaces de

travail, petites tables rondes, comptoirs,

poufs… où nous sommes installés

avec mon équipe de management. C’est

là qu’étaient nos bureaux. Nous avons

décidé d’abattre les cloisons et de nous

réunir de façon permanente.

La Chocolaterie, c’est une ouverture, au

sens propre comme au sens figuré. Pas

de porte, pas de rendez-vous, la disponibilité

est la règle : les membres de nos

— TRAVAIL CONNECTÉ —

programme D++

vient appuyer le

virage de l’innovation

par le

digital que nous

avons pris il y a

plusieurs années avec Voyages-SNCF.

com.

Nous sommes à l’écoute des demandes

des voyageurs, nous souhaitons nous

enrichir des idées et des expertises

digitales venues de nos équipes et

venues d’ailleurs. Les laboratoires

d’idées comme le TGV Lab et la mise

en place de la plateforme open data,

créée par SNCF pour faire émerger des

applications capables de révolutionner

les services, vont dans ce sens. Cette

démarche d’écoute et d’innovation digitale

ne peut être engagée et menée à

bien que si le management de SNCF est

100 % à bord de cette mutation. D’où le

programme D++.

équipes comme les personnes de SFR

qui ont un sujet à travailler avec nous

viennent à tout moment nous solliciter,

trouver les bons interlocuteurs et donc

toujours une réponse.

En nous rapprochant, nous travaillons

autrement. Nous sommes plus efficaces

et capitalisons sur notre énergie

collective !

Chaque besoin, idée, objectif, problème

est immédiatement sur la table et

comme tous ceux qui ont un élément de

la réponse ou une pièce du puzzle, sont

là, réponses et actions sont immédiates.

•Précisément, comment cette

ouverture se manifeste-t-elle dans

le fonctionnement du lieu ?

45 — SFRPLAYER

« AMENER

LES TOP MANAGERS

À PENSER

ET AGIR DIGITAL. »


« NOUS SOMMES

COLLECTIVEMENT

SOLIDAIRES

DE LA DÉCISION.

CELA RENFORCE

L’ÉMULATION

ET LA SOLIDARITÉ

EN CAS DE COUP DUR

OU D’URGENCE. »

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Après consultation,

cette nouvelle

approche, qui

demande aux

managers de

renoncer à leur

confort et à leur

position et exige

un effort important

d’ouverture

aux autres, a été

adoptée à l’unanimité

par toute

l’équipe de management.

Ce n’était pas évident au début, il a

fallu s’adapter, mais très vite nous

nous sommes rendu compte des bénéfices

d’une telle organisation. Cette

manière de travailler en groupe tout

en manageant son équipe et sans

perdre de vue ses objectifs propres

demande une nouvelle forme de discipline.

La collaboration est le mode par

défaut. Il faut apprendre à s’isoler,

à sortir, pour traiter des sujets individuels

– j’ai presque envie de dire

personnels.

Corollaire indispensable : la confiance.

Les sujets, les problèmes, les accords

et désaccords sont connus, partagés.

Même nos réunions ont lieu dans la

Chocolaterie, au vu et au su de tous.

L’information est native. Cela développe

une grande foi en la discrétion, la

compréhension et la volonté constructive

de ses pairs.

46 — SFRPLAYER

Enfin, il faut une très grande agilité

d’esprit. Pouvoir sortir d’un clic du

sujet sur lequel on travaille pour réagir

sur un autre, apporter son grain de

sel et se replonger aussi vite dans son

exercice. C’est un bel effort de concentration

et d’efficacité dont on avait pu

perdre l’habitude. Cela explique que les

esprits aient régulièrement besoin de se

détendre. La Chocolaterie a son « mur »,

qui sert à exprimer sa créativité, à

marquer les grands jalons franchis et

les résultats, et sert aussi d’exutoire…

C’est aussi comme ça que se crée une

culture collective, avec humour et un

peu d’autodérision.

La responsabilité managériale de l’équipe

repose sur le même principe d’agilité. Il y

a toujours quelqu’un pour décider au nom

du comité de direction, quel qu’y soit son

rôle. Il existe un principe de subsidiarité

entre nous, chaque membre de l’équipe

de management peut décider au nom

des autres, selon qui est présent. Nous

sommes collectivement solidaires de la

décision. Cela renforce l’émulation. Cela

permet aussi une forte solidarité en cas

de coup dur ou d’urgence.

Nous avons aussi développé nos outils et

nos routines pour structurer ce mode très

vibrionnant et réactif. Nous commençons

la semaine par un paperboard meeting

très court, debout, où nous partageons

les grandes actions et les priorités de la

semaine. Les réunions agiles remplacent

les comités et sessions de contrôle des

actions formelles. Les débriefs sont

oraux, immédiats, systématiques et les

urgences sont traitées en direct. Nous

sommes enfin très vigilants à embarquer

avec nous la plus grande part possible

de l’organisation. Chaque jeudi, nous

y organisons une happy hour ouverte à

tout SFR pour tenir chacun au courant de

nos avancées, échanger sur nos projets,

répondre aux questions.

Prendre du plaisir fait partie intégrante

de ce nouveau mode de fonctionnement :

l’ambiance et la déco sont bon enfant,

conviviaux. Chacun amène son propre

appareil selon le principe du BYOD

(« Bring your own device »). Et à tour de

rôle et de façon spontanée, chacun des

membres de l’équipe ou de SFR apporte

du chocolat sous la forme de son choix… !

C’est aussi une forme d’engagement !

•Déjà des résultats ?

Le lancement du premier fournisseur

français d’énergie numérique à


destination des entreprises, Numergy,

en partenariat avec Bull et la Caisse

des Dépôts ! Nous n’aurions pu mener

ce projet, de l’idée au déploiement et

aux premiers clients, en un temps

— TRAVAIL CONNECTÉ —

PERNOD

Pour le géant des spiritueux

Pernod, le numérique est une priorité

en interne : bilan d’une phase

d’expérimentation d’initiatives TIC

originales chez Pernod par Judith

Matharan de la communication

interne et du digital.

•À partir de quand et pour quelle

raison Pernod a-t-il senti qu’il

était nécessaire de s’intéresser aux

usages des TIC en entreprise ?

Le point de départ consistait à insérer

au cœur de nos équipes les réflexes

induits par l’innovation et le numérique.

Nous souhaitions nous lancer dans les

mécaniques des réseaux sociaux en

étant armés. Cette volonté partait d’une

idée forte : l’importance pour nous de

travailler dans le contact, dans la convivialité.

Pourtant nos équipes ne savaient

pas forcément bien retranscrire cette

valeur de marque dans le monde digital.

Avant quoi que ce soit, nous avons

produit des études d’usage : est-ce

que les employés achètent en ligne,

comment se connectent-ils au Net (voire

sont-ils connectés ?). On part souvent

de l’idée reçue que ce sont les plus de

35 ans qui sont les moins sensibles

au numérique, mais c’est bien plus

compliqué… Par exemple, l’absence de

mobilité de poste, ou encore le niveau

aussi court. La

Chocolaterie a

permis non seulement

de se mettre

en mode start-up,

mais aussi que

toutes les contributions

et énergies du groupe – finance,

juridique, ingénierie, SI, communication,

etc. – viennent s’agréger avec vivacité

et efficacité.

C’est aussi l’endroit où sont pensés nos

nouveaux services dans le cloud, autour

des communications en entreprise ou de

la relation client. Mais vous en entendrez

parler davantage d’ici peu…

47 — SFRPLAYER

« NOS RÉUNIONS

ONT LIEU AU SU

ET AU VU DE TOUS.

L’INFORMATION

EST NATIVE. »

de formation, peuvent être des indices

de rétractabilité au numérique.

•Quelles ont été les initiatives

lancées en ce sens ?

Il y a deux ans, nous avons travaillé de

manière expérimentale sur une plateforme

collaborative destinée à l’ensemble

des collaborateurs. Il s’agissait d’un blog

où chacun pouvait créer un profil, déposer

une idée, et commenter les articles

publiés. Cette expérience nous a appris

que tout le monde voulait contribuer.

Du coup, nous avons lancé une nouvelle

version d’Intranet collaboratif entièrement

créé par les salariés, et équipé toute

notre force de vente d’iPhones sur lesquels

nous n’avons pas imposé un usage strictement

professionnel. Même chose dans le

cadre des usines, où nous avons placé des

cybercafés, accompagnés de formations

sur l’ensemble des usages d’Internet.

Nous avons également monté des « quarts

d’heure digitaux » auprès du comité de

direction afin qu’ils puissent montrer la

voie. On y vient présenter un concept, une

idée, une tendance. Ça permet d’attirer

l’attention sur des problématiques liées à

leur activité, et montre que le numérique

n’est pas cloisonné, et touche chacune de

leurs activités.

Ce principe a été étendu au reste des

employés sous forme de vidéos réalisées

pour l’interne et par l’interne.


— TRAVAIL CONNECTÉ —

LECTURE

EN COURS

Notre dossier vous a donné envie d’en savoir

plus sur les nouveaux liens entre numérique

et travail ? SFR PLAYER vous propose une sélection

bibliographique sur mesure. Allez, au travail !


LEAN STARTUP, ADOPTEZ L’INNOVATION CONTINUE

Comment adapter son offre pour suivre les évolutions de marché et être compé-

titif ? C’est la question à laquelle répond Eric Reis grâce à sa méthodologie

basée sur l’exemple d’entreprises, petites ou grandes, issues du numérique. Le

tout en s’inspirant de méthodes de management innovantes qui ont su sortir

des sentiers battus.

Eric Reis, Pearson, 2012.

LE TÉLÉTRAVAIL EN

FRANCE : LES SALARIÉS

SONT PRÊTS !

Si le concept du télétravail

peut paraître idyllique

à certains (voir

notre sujet « Dis-moi

où tu travailles »), dans

les faits, les freins et

limites sont aussi à

prendre en compte pour

le bien-être des travailleurs.

Un essai à lire

avant d’envisager de

sauter le pas.

Pierre Morel à

l’Huissier et Nicole

Turbé-Suetens,

Pearson, 2010.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

ET SUR VOS TABLETTES TACTILES

« QUESTIONS NUMÉRIQUES 2012-2013 »

Cette publication de la Fing (Fondation Internet

Nouvelle Génération) offre un panorama global

des enjeux futurs du numérique au sens large,

pour mieux anticiper les grands débats de demain.

Incontournable.

49 — SFRPLAYER

VIVE LA CO-RÉVOLUTION ! POUR UNE SOCIÉTÉ

COLLABORATIVE

Pour les auteurs de cet ouvrage, savoir collaborer

en bonne intelligence est l’un des nouveaux enjeux

à prendre impérativement en compte pour une

meilleure qualité de vie collective, notamment au

travail et dans nos pratiques managériales.

Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot, Alternatives,

2012.

UNE CROISSANCE INTELLIGENTE… DEMANDONS

L’IMPOSSIBLE !

Pour sortir de la réflexion manichéenne sur la question

de la croissance, cet ouvrage collectif aborde la

notion de croissance à travers les questions d’intelligence

partagée, de réseaux sociaux et de vitesse

de transmission des informations.

Ouvrage collectif sous la direction de Philippe

Lemoine, Descartes & Cie, 2012.

35 REPÈRES POUR MIEUX TRAVAILLER DE CHEZ SOI

Comment tirer parti du fait de travailler à la

maison ? Dans ce livre, les bons conseils d’experts

dans des domaines aussi variés que le Feng

Shui, la productivité ou la diététique foisonnent

pour donner des idées pratiques et facilement

applicables.

Christie Vanbremeersch et Marie Bousquet,

Leduc.s, 2012.

LA SEMAINE DE 4 HEURES : TRAVAILLEZ MOINS,

GAGNEZ PLUS ET VIVEZ MIEUX

Pour en finir avec les façons de travailler obsolètes

et gagner en productivité, Timothy Ferriss a mis

au point une ingénieuse méthode pour travailler

seulement… quatre heures par semaine ! Un

best-seller.

Timothy Ferriss, Pearson, 2010 (2e édition).

OÙ VA LE TRAVAIL À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE ?

Les études empiriques présentes dans cet ouvrage

réservent parfois des surprises sur nos nouveaux

usages et les nouveaux comportements entre

collègues induits par les outils numériques.

Ouvrage collectif sous la direction d’Anne-France

de Saint-Laurent Kogan et de Jean-Luc Metzger,

Mines Paris-Les Presses-ParisTech, 2007.

« LA FRONTIÈRE ENTRE TRAVAIL ET VIE PRIVÉE »

Parce que les chiffres sont parfois plus parlants que

de longs discours, cette étude permet d’évaluer de

façon significative les effets des nouvelles technologies

dans le cadre du travail et sur le mode de vie

des salariés.

Sondage OpinionWay pour les éditions Tissot, 2010.


— TRAVAIL CONNECTÉ —

TRAVAILLEUR

CONNECTÉ

LE GUIDE DE SURVIE

SFR PLAYER vous propose ici quelques solutions

pour déjouer les pièges du travail connecté et optimiser

les opportunités de votre vie de travailleur numérique.

Travailler dans la matrice numérique

requiert des capacités d’organisation

et d’adaptation dont

nous ne disposons pas naturellement.

Comment faire pour être efficace,

quand Internet, les vidéos de

chats et les notifications Facebook

et Twitter nous entraînent tout

droit vers une irrémédiable perte

de concentration ? Ou encore :

comment passer des journées

entières chez soi, avec comme seuls

collègues de travail son ordinateur

et son navigateur ? Et enfin :

comment exploiter au mieux les

outils numériques pour travailler à

plusieurs ? Suivez le guide !

ÊTRE PLUS PRODUCTIF, LE STRESS

EN MOINS : LA MÉTHODE GTD

(GETTING THINGS DONE)

Vendredi soir, 18 h 30. Vous venez de

perdre trois heures sur Facebook. La

note que vous deviez rendre le jour

50 — SFRPLAYER

même est à peine entamée. Votre boîte

de réception affiche 127 mails non lus.

Votre to-do list enfle de jour en jour.

Votre sauveur : la méthode Getting

Things Done, développée par David

Allen, qui donne des clés pour être plus

efficace et plus productif, sans stress.

Résumé en cinq étapes du process idéal

de workflow management.

Collecter : nous avons en tête, dans

nos mails et dans nos téléphones des

centaines de choses que nous devons

faire. Il faut les rassembler et les noter

au fur et à mesure : les pros, les persos,

les urgents, les « peut attendre », etc.

Traiter : quand un élément est noté, il

faut se demander s’il est immédiatement

réalisable. Si c’est non, on le jette ou on

le met de côté. Les actions qui prennent

moins de deux minutes doivent être

faites immédiatement. Les actions plus

longues se transforment en projet.

Organiser : les items traités dans

l’étape précédente sont classés dans

une liste de projets, dans un agenda ou

dans une liste « en attente ».

Passer en revue : une fois par semaine,

on relit ses listes, on met à jour et on

nettoie.

Faire : quatre critères permettent de

choisir par quoi commencer :

1. Le contexte (où l’on se trouve, de

quels outils on dispose).

2. Le temps disponible.

3. L’énergie disponible.

4. La priorité : choisir parmi les tâches

« en concurrence » celle qui semble être

la plus pertinente à faire avancer en

fonction des trois critères précédents.


MIEUX TRAVAILLER

DE CHEZ SOI : LES REPÈRES

POUR Y ARRIVER

Si vous êtes freelance ou auto-entrepreneur,

vous travaillez peut-être déjà

de chez vous. Si vous êtes salarié, il

est possible que, d’ici quelques années,

vos futurs employeurs (aidés par le

cloud computing et les outils collaboratifs)

vous proposent des jours

de télétravail. Nous sommes là pour

vous aider à éviter le cliché du travail

« pyjama-canapé » !

Le lieu : même si vous avez organisé un

poste de travail dans votre chambre,

n’hésitez pas à « nomadiser » votre

bureau. Un projet créatif ? Installez-vous

près de la fenêtre. La rédaction de votre

to-do list ? Sur la table de la cuisine.

Le temps : travailler chez soi, c’est

étaler son temps de travail sur son

temps personnel et vice versa. Pour

éviter ce phénomène, abstenez-vous

de travailler pendant certaines plages

horaires définies. Oui, la réponse à ce

mail de 22 h 37 attendra demain matin.

La sociabilité : trouvez un partenaire

de travail. Par e-mail ou par messagerie

instantanée, échangez avec lui ou

elle sur vos projets, partagez vos bons

moments, vos coups durs, et construisez

des projets communs. Une manière de

compenser l’équipe de bureau !

Les clients : puisque chez vous, votre

supérieur n’est pas là pour vous féliciter,

suscitez des réactions sur votre

travail via une newsletter, un blog ou les

réseaux sociaux, par exemple. Ces réactions

seront une manière pour vous de

formaliser vos résultats et de ressentir

la satisfaction du travail accompli.

— TRAVAIL CONNECTÉ —

COOPÉRER : 1 + 1 = 3

Les services en « co- » – covoiturage,

coworking, colunching… – se multiplient.

Les données s’ouvrent. Le libre

se développe. Bienvenue dans l’économie

collaborative !

Comme l’expliquent les auteurs de Vive

la co-révolution !, cette « logique de

partage, de pollinisation, de convivialité

» est propulsée par les outils numériques.

Mais comment utiliser au mieux

cette tendance de fond dans le travail ?

Vous êtes manager ou chef d’entreprise

? Remettez en cause le modèle

organisationnel pyramidal traditionnel

et choisissez d’être « Chief Chaos

Officer » plutôt que « Chief Executive

Officer » : aidez les gens à collaborer et

apprenez à gérer l’intelligence collective,

par exemple via un réseau social

d’entreprise ou encore en rendant social

votre intranet.

Vous êtes salarié ou indépendant ?

Entourez-vous d’outils et de services

gratuits tels que Dropbox, Google Drive

ou Evernote pour optimiser le travail de

groupe à distance. Partagez, encore et

toujours, et forcez-vous à tisser un lien

social professionnel qui enrichit votre

travail à la maison !

51 — SFRPLAYER

S’organiser pour

réussir : Getting

Things Done,

David Allen,

Leduc.S Éditions,

2008.

35 repères

pour mieux

travailler de

chez soi, Christie

Vanbremeersch et

Marie Bousquet,

Leduc.S Éditions,

2012.

Vive la co-révolution

! Pour une

société collaborative,

Anne-Sophie

Novel et Stéphane

Riot, Alternatives,

2012.


— TRAVAIL CONNECTÉ —

LES DIX QUALITÉS

DU TRAVAILLEUR

NUMÉRIQUE

Panorama des dix aptitudes nécessaires

au travailleur d’un monde de plus en plus numérique

vu par une étude pour la direction générale du travail.

Quels sont les principaux impacts

du numérique sur le contenu du

travail ? Comment bien les gérer ?

Extrait d'une étude récente dédiée

à l’impact des technologies de l’information

et de la communication

(TIC) sur les conditions de travail.

MAÎTRISER PARFAITEMENT

LA LECTURE ET L’ÉCRITURE

Avec les messages écrits (e-mails, SMS,

reporting, procédures…), savoir lire et

écrire vite et bien devient primordial.

GÉRER L’INTERACTIVITÉ

ET L’INSTANTANÉITÉ

Qu’il s’agisse de travailler en local ou

de communiquer avec vos contacts extérieurs,

de nombreuses tâches s’exercent

via des logiciels interactifs. S’approprier

ce nouveau mode de communication est

essentiel.

52 — SFRPLAYER

SE CONFRONTER

À DES CHANGEMENTS

PERMANENTS

Nous devons gérer un rythme technologique

qui tend à s’accélérer. Il faut

donc comprendre que les outils disponibles

au moment de votre embauche

ne seront sûrement pas ceux que vous

utiliserez quelques années (ou quelques

mois) plus tard…

MAÎTRISER

TRAÇABILITÉ ET TRANSPARENCE

Numériques, les données sont désormais

disponibles et stockables pendant

une longue durée. Nous devenons dès

lors tous responsables de la transmission

et de la traçabilité de ces

documents.


MAÎTRISER L’ABONDANCE

ET PARFOIS LA SURINFORMATION

Le nombre d’informations numérisées

augmente chaque jour. Nous devons

mettre au point des méthodes personnelles

pour faire face sereinement à ces

données.

MANIER LE TEMPS,

LES DÉLAIS ET L’URGENCE

L’utilisation des TIC est souvent perçue

comme chronophage à cause de l’abondance

des données à lire et à traiter.

Des méthodes existent pour apprendre

à gérer ces flux et ne pas avoir l’impression

de perdre son temps.

CONTRÔLER LA VULNÉRABILITÉ

Les systèmes complexes sont vulnérables

aux incidents techniques, aux

virus, à la cybercriminalité… Travailler

avec les outils numériques, c’est aussi

accepter l’existence de ces « bugs ».

— TRAVAIL CONNECTÉ —

Source : L’impact des TIC sur les conditions de travail, rapport réalisé

par le Centre d’analyse stratégique de la direction générale du travail,

coordonné par Tristan Klein et Daniel Ratier, février 2012.

S’ADAPTER À LA NUMÉRISATION

Le travail s’effectue de moins en moins

dans la réalité pour basculer sur des

interfaces dématérialisées. Il est important

de savoir s’adapter à cette évolution

et de ne pas l’envisager comme

déshumanisante.

ACCEPTER LA « LOGIQUE

CONTRACTUELLE »

Les TIC accentuent l’encadrement du

travail par des procédures et sa rationalisation.

Accepter de travailler avec les

TIC c’est donc aussi, en creux, accepter

un « contrat » sur leur utilisation.

GÉRER SON ESPACE

La mobilité permise par les outils numériques

doit être votre amie, pas votre

ennemie : certains devront apprendre à

créer un espace de travail pour que vie

professionnelle et vie personnelle soient

clairement délimitées.

53 — SFRPLAYER


— ALLÔ SFR

C’EST POUR

VOUS !

D’une carte de paiement

jusqu’au cloud, tour d’horizon

des innovations chez SFR et ses partenaires.

ENTRETIEN D’EMBAUCHE VIRTUEL

Qui a dit que jeu ne rimait pas avec sérieux ? Pour aider les jeunes en insertion à

réussir leurs entretiens d’embauche, les écoles de la deuxième chance, l’établissement

public d’insertion de la Défense et SFR lancent un serious game interactif.

Savoir se présenter, se préparer aux questions des recruteurs, comprendre les

règles du monde du travail et exposer sa motivation : tous ces points doivent être

préparés pour donner le meilleur de soi-même lors d’un entretien. Construit sous

la forme de scénarios, le jeu se déroule en plusieurs étapes. Des dialogues sont mis

en scène entre le candidat-joueur et le recruteur. Plusieurs paramètres sont pris

en compte pour faire augmenter le score : la ponctualité, la motivation, la présentation,

etc. On gagne le jeu une fois que

l’on décroche le poste. Ce simulateur

d’entretien s’adresse à tous gratuitement

sur sfr.com et est accessible

aux personnes handicapées (handicap

moteur ou déficiences visuelle ou auditive).

Parce qu’un entretien se prépare

en amont du jour J et qu’il suffit souvent

d’être bien préparé pour réussir quelque

chose qui nous tient à cœur.

monentretiendembauche.sfr.com

54 — SFRPLAYER


— ALLÔ SFR

CAP SUR LE

PAIEMENT MOBILE

SFR prépare le paiement sur mobile

en lançant dès à présent SFR PayCard,

une carte de paiement rechargeable sans

contact. C’est la première de ce type lancée

par un opérateur mobile en France.

Cette carte à puce lancée en partenariat

avec l’émetteur de monnaie électronique

Wirecard permet de payer ses achats

dans les 34,5 millions de points d’acceptation

du réseau MasterCard, en France

et à l’international, sur Internet ou en

magasin. Elle permet aussi de retirer

de l’argent dans tous les distributeurs

automatiques en France, et auprès du

réseau MasterCard à l’étranger.

Pour se la procurer, rien de plus

simple : elle peut être achetée dans un

tabac ou sur Internet. Le rechargement

se fait en espèces, par CB ou par virement.

Pour payer, il suffit de « taper » sa

carte contre les terminaux de paiement

des commerçants qui acceptent le paiement

sans contact (rendu possible par

la fonctionnalité MasterCard PayPass),

55 — SFRPLAYER

pour des achats jusqu’à 20 euros. Une

application mobile permettra aussi de

consulter son solde ou de retrouver son

historique de paiement.

Pour Hugo Salaun, directeur de la division

paiement mobile de SFR : « Selon

une étude Ifop, la SFR PayCard peut

intéresser 45 % des Français de plus

de 18 ans. C’est un chiffre élevé qui

s’explique par la variété des segments

auxquels elle s’adresse : les personnes

qui n’ont pas de carte de paiement, les

étudiants qui font leurs premiers pas

financiers, les personnes qui veulent

envoyer de l’argent à l’étranger, ou

encore tous ceux qui veulent payer sur

le Net de manière sécurisée… »

Après Buyster, la solution de paiement

en ligne lancée en 2011, et le paiement

du parcmètre par SMS à Mulhouse lancé

en mars 2012, la SFR PayCard s’inscrit

dans une stratégie de longue durée sur le

secteur du paiement mobile. Prochaine

étape dès 2013 : le M-Wallet (portefeuille

mobile) de SFR, qui permettra de réaliser

des transactions simplement, avec son

mobile, grâce à la technologie NFC.

sfrpay.fr


— ALLÔ SFR

ENFIN VOTRE CLOUD FRANÇAIS

SFR, Bull et la Caisse des Dépôts

annoncent la création de la société

Numergy et le déploiement d’une

infrastructure à vocation européenne,

proposant des services de cloud computing

sécurisés à un coût compétitif. À

ce titre, Numergy marque les grands

débuts d’un cloud public basé sur le

territoire français, et qui répond donc

aux règles nationales de protection des

données.

Basée en région parisienne, cette

société incarne l’engagement des

actionnaires SFR, Bull et la Caisse

des Dépôts à faire du numérique un

levier essentiel de la compétitivité des

entreprises françaises et européennes.

Pour son président Philippe Tavernier,

en effet, « cette initiative démontre

la pertinence et la célérité des partenariats

public-privé. » Conçue comme

un écosystème ouvert, cette « centrale

56 — SFRPLAYER

à énergie numérique » permettra aux

grandes entreprises, administrations

ou start-up de bénéficier de services

numériques couvrant tous les besoins,

du standard au plus critique. Numergy

répond à des besoins variés : « Nous

proposons aux entreprises de manière

extrêmement sécurisée l’infrastructure

et la mise à disposition de modalités de

calcul et de stockage, afin qu’elles se

consacrent pleinement à leur objectif

social », ajoute Philippe Tavernier.

L’activité est déjà disponible notamment

à travers une première solution

de serveurs virtuels, qui permet de

bénéficier de ressources informatiques

à la demande (serveur, stockage,

réseau) dans des conditions de sécurité

et de confidentialité renforcées. Votre

cloud n’a jamais été aussi proche de

vous… et de vos besoins !

numergy.com


LE JEU DANS LES NUAGES

Cet automne, SFR fête les deux ans

de son service de « cloud gaming

on demand ». « Nous avons été les

premiers au monde à lancer un tel

service », précise Anne-Laure Caffin,

à la tête du cloud gaming chez SFR.

Et force est de constater que deux ans

après son lancement, le service propose

une centaine de jeux pour chaque

segment de joueurs : famille, casual

et bien sûr gamer. Des licences ont été

signées avec les plus grands acteurs du

jeu vidéo parmi lesquels Ubisoft (The

Lapins Crétins, Assassin’s Creed 2,

Prince of Persia…) ou encore Disney

(Toy Story 3, Pirates des Caraïbes,

Split Second Velocity…).

Les avantages du jeu vidéo sur

le cloud tel que proposé par SFR

sont nombreux : les jeux vidéo sont

SPORT 100 % EN LIGNE

Vous aimez les sports extrêmes

mais plutôt derrière votre écran ?

Après cinq jours de compétition à

Montpellier, le FISE, festival international

des sports extrêmes, se poursuit

avec la tournée FISE Xpérience qui

accueille cette année le DéFISE, une

étape 100 % numérique avec SFR. Une

compétition particulière, originale

et virale puisque 100 % online ! Des

sportifs de tous niveaux, débutants,

amateurs et professionnels, s’affronteront

dans une compétition vidéo.

Mises en ligne sur une plateforme

dédiée, les meilleures vidéos seront

soumises aux votes des juges officiels

— ALLÔ SFR

du FISE ainsi qu’à ceux des internautes.

« Nous avons renforcé notre

équipe digital media depuis deux

ans et nous savons que nous entrons

dans une nouvelle ère. Nos cibles sont

de plus en plus jeunes et désormais

qualifiées de digital natives. Ils sont

nés avec le numérique, consomment

et produisent des contenus interactifs

au quotidien », précise Hervé André-

Benoit, fondateur du FISE.

Le challenge commence le 1er octobre

et de très nombreux lots sont à

gagner !

Compétition du 1 er au 30 octobre 2012.

Rendez-vous sur fise.fr/fr/competitions

57 — SFRPLAYER

disponibles en streaming via la Box et il

est possible de jouer aux derniers titres

sans avoir à s’équiper en permanence

de matériel plus puissant, consoles

ou ordinateurs. Anne-Laure Caffin

ajoute : « Dernier avantage et pas des

moindres : le multi-écran. Le jeu étant

stocké sur nos serveurs, il est possible

de commencer votre partie sur une télé

et de la continuer sur ordinateur, et

bientôt sur tablette ou smartphone. »

Cette qualité de service semble très

appréciée par les joueurs. « Nous avons

fait une étude de satisfaction et les

retours sont exceptionnels : 75 % des

clients donnent une note de 7 à 10 sur

10 et 36 % de 9 ou 10 sur 10. »

Restez connectés : le service proposera

de nouvelles licences de jeu pour Noël !

jeux-tv.sfr.fr


— ALLÔ SFR

L’ÉCOLE PRIMAIRE PASSE

AU NUMÉRIQUE !

Vous vous souvenez du tableau noir et de la craie de votre école primaire ? Eh

bien cette « madeleine de Proust » risque fort d’être oubliée par les générations

d’aujourd’hui ! Acteur majeur en matière d’innovation, SFR lance le projet « e-École

pour tous » : une plateforme d’apprentissage numérique à destination des écoles

primaires. Dessiné et conçu avec des partenaires experts du monde de l’éducation

(itslearning France, Maxicours, Smart Technologies et Leasecom), ce service « clés

en main » réunit un tableau numérique interactif relié à des contenus éducatifs

calqués sur le programme des classes de primaire, un espace numérique de travail

que l’élève peut consulter à la maison ainsi que les services de maintenance, de

formation et d’accompagnement. Comme l’explique Laurent Charon, responsable du

développement écosystème à la direction de l’innovation et des nouveaux marchés

de SFR : « C’est important de transmettre le savoir grâce aux outils d’aujourd’hui.

Les enfants sont immergés dans le numérique, or quand ils arrivent à l’école, il y a

une rupture. Ces outils permettent de leur faire gagner en attention et en réceptivité.

» Si le système est encore assez expérimental en France, il est déjà très utilisé

ailleurs, notamment en Angleterre. L’école du futur arrive à grands pas !

e-ecolepourtous.fr

LE SMARTPHONE POUR TOUS

Tirer tout le potentiel de son smartphone, même pour les personnes non et

malvoyantes, c’est possible si l’on en maîtrise bien les outils ! SFR organise des

ateliers pour apprendre à se servir de son smartphone Apple et optimiser l’utilisation

de logiciels qui simplifient la vie comme Siri et VoiceOver. Les conseillers SFR

expliquent pendant deux heures, gratuitement, à des petits groupes de cinq participants

le fonctionnement du téléphone pour tirer parti de tout son potentiel, de la

prise en main à l’utilisation courante. Un service SFR déjà indispensable pour que

chacun puisse apprivoiser les innovations technologiques !

Inscriptions et renseignements : sfr@handicapzero.org, ou au numéro vert

0800 39 39 51.

58 — SFRPLAYER


— ALLÔ SFR

SFR, PARTENAIRE DE LILLE3000

On le sait, Lille est sans conteste une ville qui bouge… Et SFR la suit dans ses

projets culturels depuis 2004 déjà ! À l’occasion du festival Fantastic qui aura lieu

du 6 octobre 2012 au 13 janvier 2013, les deux partenaires se sont réunis pour

créer une application à la hauteur de la programmation pharaonique (et tout

simplement fantastique) du festival : parade, métamorphoses urbaines, expositions,

design, cinéma, performances, théâtre, cirque, danse, concerts… Ouf !

Pour que vous puissiez exploiter au mieux les quelques sept cents manifestations

qui vous attendent et être sûr de profiter à fond de Fantastic, SFR a imaginé une

appli mobile qui va vous faciliter la vie. Les fonctionnalités sont nombreuses :

retrouver toute la programmation détaillée mais aussi pouvoir vous géolocaliser

dans la ville, planifier les événements qui vous intéressent et recevoir des

rappels, mais surtout partager vos expériences via vos réseaux sociaux préférés !

Virginie Chèze, responsable pôle événements à la direction de la communication

de SFR, rappelle qu’avec cette application « SFR poursuit son rôle de facilitateur

de lien culturel et social et invite tous les publics de “Fantastic” à découvrir

les nouveaux usages du numérique au service de la médiation culturelle. »

Développée pour iPhone et Android, l’appli permet de ne pas manquer une miette

de la programmation très dense mais surtout d’échanger et de pro-fi-ter !

Application FANTASTIC-lille3000 disponible gratuitement sur Android et IOS.

LES CHIFFRES DÉCHIFFRÉS

Vous vous demandez combien de SMS sont envoyés en une

journée, quels sont les films les plus visionnés sur les box de

SFR, ou encore le top des sites mobiles consultés ? L’animation

graphique Living Machine présente de façon ludique et thématique

une sélection de chiffres clés de SFR sous forme de datavisualisation.

Chaque jour, à minuit, Living Machine met à

jour les données pour les présenter aux curieux. Un objectif

fun et pédagogique pour faire découvrir tout le savoir-faire

réseau de SFR en un clic, mais également ses engagements

associatifs ou environnementaux.

sfr.com/livingmachine

59 — SFRPLAYER

Carrément vous.


SAVOIR « RE-FAIRE » :

UN ENJEU POUR L’ENTREPRISE

Pour le designer Jean-Louis Frechin,

les nouveaux critères d’efficacité et d’innovation

véhiculés par le numérique obligent les entreprises

à revoir leur mode de fonctionnement de manière

plus créative, ouverte et transdisciplinaire.

Jean-Louis

Frechin

Chronique

Diplômé de l’École

nationale supérieure

de création

industrielle (ENSCI-

Les Ateliers) dont

il dirige la section

Innovation et

Prospective, Jean-

Louis Frechin est

un pionnier du

design numérique

en France. En 2001,

il crée Nodesign,

agence de design

interactif, où il

travaille notamment

sur les nouvelles

technologies et

leurs interfaces.

Il est partenaire

du programme

ReFaire de la Fing

(Fondation Internet

nouvelle génération).

— #PERSO —

La crise profonde que nous traversons

en France (panne de grands projets

innovants, start-up ayant du mal à

grandir…) est celle du déficit de propositions

attractives mais également

celle de l’objet social des organisations

souvent centrées sur elles-mêmes, et

ayant quelques difficultés à comprendre

les mutations induites par la révolution

numérique. C’est donc l’organisation

tout entière dans sa dynamique collective,

les relations à son milieu et aux

hommes qui doivent évoluer. Alors,

comment l’entreprise peut-elle être, ou

redevenir, une organisation « apprenante

», force de propositions centrée

sur le progrès partagé ?

RÉÉQUILIBRE

L’esprit du numérique (réseaux acentrés,

force de la multitude en réseau,

ouverture des organisations les unes

aux autres) peut-il libérer les énergies

dans les organisations et redonner un

sens partagé au projet ? Peut-il être

émancipateur des blocages pour aller

vers la création, l’invention, et l’agilité

collective ? Nous le pensons.

Dès lors, nous proposons de mettre

en place en entreprise les démarches

pratiques issues de l’esprit des fab labs

pour créer des espaces physiques où

naissent les produits et la valeur de

l’organisation. Ces ateliers transcendent

les compétences, les expertises et les

savoir-faire, mais aussi les disciplines,

les filières et les sujets de préoccupation

originels des entreprises. Cette organisation

transdisciplinaire innovante et

apprenante tire sa richesse de la diversité

des êtres qui la fréquentent et la

pratique, plutôt que des processus qui

la guident. Ces ateliers font collaborer

des acteurs variés, des talents, et la

création, par essence, individuelle. Il en

60 — SFRPLAYER

résulte une « transcréation », résultat et

objectif de la transdisciplinarité.

IMPRÉVUS

Ces ateliers sont les endroits où naît

l’imprévu, créateur de propositions

nouvelles. En cela, ils sont le lieu des

pensées émergentes, technologiques et

économiques qui incarnent les propositions

nouvelles et l’imaginaire de l’entreprise.

Ils permettent ainsi de construire

des espaces innovants relevant du

bien commun et du « faire ensemble »

dans l’entreprise, de valoriser de façon

harmonieuse les intelligences pratiques

et théoriques, de révéler et libérer les

énergies disponibles, de former et se

former, défaire, refaire, faire ; expérimenter,

se tromper, réussir, valoriser le

prototype comme outil de conception et

de partage, construire le sentiment de

fierté et d’appartenance à l’organisation

et, enfin, ouvrir l’entreprise de l’intérieur

vers l’extérieur.

Cet esprit de création, de mouvement et

d’ouverture souvent visionnaire, métissant

le collectif mais aussi l’individuel,

revendiquant un nouveau rôle social

sera, la marque de fabrique des entreprises

performantes du xxi e siècle.


SAGESSE NUMÉRIQUE

Pour Marc Prensky, il est temps d’étendre le champ

de notre esprit, de l’améliorer et de le développer en

l’associant intimement aux technologies du xxi e siècle.

En cette époque où les cultures et les

sociétés humaines se transforment

de manière exponentielle, nous avons

tous besoin d’accroître nos capacités

pour pouvoir nous adapter et nous

développer. C’est déjà possible grâce

aux technologies numériques, et elles

peuvent continuer à faire de nous des

êtres meilleurs et plus libres… mais

seulement si nous le leur permettons.

COMBINAISON

La sagesse numérique, c’est la capacité

à trouver, dans chaque situation, la

meilleure combinaison possible entre ce

que les humains et ce que les machines

font le mieux. De la même manière

qu’il a fallu, et qu’il faut encore parfois,

lutter pour exploiter avec sagesse les

technologies dangereuses que sont le

feu, l’électricité ou l’énergie atomique,

nous devons aujourd’hui trouver la voie

de la sagesse concernant les technologies

numériques.

Alors que nous pouvons confier à des

machines de plus en plus de tâches que

nous exécutions jusqu’alors mentalement

– calcul, analyse, création de liens entre

des livres ou des idées –, l’une des grandes

questions qui se posent à nous est celleci

: que laissons-nous à notre esprit, et

que déléguons-nous aux machines ?

L’empathie et la passion, par exemple,

sont clairement, jusqu’ici, des traits

exclusivement humains ; mais est-ce

que ce que nous appelons pensée l’est

vraiment ? Grâce à ses capacités exceptionnelles

qui lui permettent de traiter

et d’associer plusieurs types d’information

de diverses manières, l’ordinateur

Watson d’IBM est déjà capable de

penser « mieux » que les humains pour

certaines tâches. Elles sont peut-être

primaires, mais ce n’est qu’un début.

La version 1 annonce des milliers ou

des millions d’autres. Pour prendre les

meilleures décisions possibles dans ce

nouveau contexte, il nous faut apprendre

à identifier et à associer, d’une part, les

avantages de la pensée et de l’expérience

humaines qui sont impossibles

— #PERSO —

à déléguer et,

d’autre part, les

potentialités qui

sont propres aux

machines ou pour

lesquelles elles sont bien meilleures ou

bien plus rapides que nous.

MONDE AMÉLIORÉ

Cette sage symbiose des esprits et des

machines, cette sagesse digitale, exige

de la part des humains une attitude

nouvelle, qui ne se concentre pas seulement

sur les aspects perçus comme négatifs

ou dangereux de la technologie, mais

plutôt sur le partenariat que nous créons

avec la technologie dans tout ce que nous

faisons. Certains dangers existent bel

et bien, et nous devons être vigilants ;

mais ils sont minimes comparés à tous

les avantages que représente un monde

amélioré numériquement.

Nos jeunes les plus intelligents ont déjà

adopté ce point de vue. « Vous considérez

la technologie comme un outil »,

m’a dit l’un d’eux. « Nous, nous la

voyons comme une base, qui sous-tend

tout ce que nous faisons. » Nous devons

tous parvenir à partager cette attitude

– cette sagesse numérique –, dans le

futur, si nous voulons réussir. Rejeter ce

nouveau partenariat, refuser de rechercher

la sagesse numérique dans tout ce

que nous faisons, nous rendra non pas

plus, mais moins humains.

61 — SFRPLAYER

Marc Prensky

Chronique

« QUE LAISSONS-NOUS

À NOTRE ESPRIT, ET QUE

DÉLÉGUONS-NOUS AUX

MACHINES ? »

Digital natives

et digital migrants

sont des termes

couramment

employés dans les

médias que nous

devons à Marc

Prensky. Cet auteur

et grand orateur

travaille sur des

problématiques

liées à l’éducation

et à l’apprentissage.

Ses ouvrages,

comme Teaching

Digital Natives

(2010, Corwin

Press) ou encore

Digital Game-Based

Learning (2000,

McGraw-Hill) ont

pour thème central

l’éducation à l’ère du

numérique.


VOLONTAIRES

POUR « BIG BROTHER » ?

Qu’est-ce qui nous motive à céder

tant d’informations aux grands acteurs de l’Internet ?

Pour la chercheuse Valérie Schafer, les raisons

de cette « inconscience » sont complexes.

Et si nous nous permettions un peu moins de confiance ?

Valérie Schafer

Chronique

« LA CONFIANCE EST

LE MAÎTRE-MOT POUR

DÉVELOPPER CERTAINS

USAGES NUMÉRIQUES. »

Valérie Schafer

est chargée de

recherche à l’Institut

des sciences de la

communication du

CNRS.

Spécialiste d’histoire

des technologies de

l’information et de

la communication,

elle vient de publier

La France en

réseaux (1960-1980)

et avec Benjamin G.

Thierry Le Minitel,

l’enfance numérique

de la France (2012,

Nuvis).

— #PERSO —

Alors qu’en 1974 le projet Safari

(système automatisé pour les fichiers

administratifs et le répertoire des individus)

faisait scandale, les Français

négligent de plus en plus la protection

de leurs données en 2012. Pourtant,

« Big Brother » a changé de visage sans

même que l’on s’en aperçoive.

MENACE PAS TRÈS « NETTE »

Aujourd’hui, les grands acteurs de la

communication peuvent demander à

leurs usagers des données personnelles,

les conserver, les revendre, les faire

circuler, les géolocaliser et les inciter

à laisser ces

données, certes

éparses (mais

faciles à croiser),

flotter dans un

océan virtuel…

aux enjeux bien

réels. Les fuites de données sensibles

(bancaires par exemple) sont régulièrement

exposées dans la presse et un

sentiment croissant de ne plus contrôler

son image et ses données se fait de plus

en plus sentir. Alors au fond, qu’estce

qui motive l’internaute à céder tant

d’informations ?

RENONCEMENT

Tout d’abord, Internet s’est fondé à l’origine

sur une idéologie profondément

libertaire, qui a rejeté avec virulence

tout interventionnisme étatique. Les lois

du cyberespace devaient s’affranchir de

celles de la société réelle. Ces discours et

ces imaginaires restent tenaces et sont

involontairement les meilleurs supporters

d’une logique libérale qui donne

tout pouvoir aux entreprises.

Il y a également un manque de transparence

et de compétences au cœur du

62 — SFRPLAYER

renoncement des internautes. Si nous

devions réfléchir à la façon dont chaque

géant cloisonne le Net en fonction de

ses intérêts commerciaux, qui pourrait

comprendre le fonctionnement de

Facebook ou Google avant d’utiliser ces

services ?

Les internautes ont des visions contradictoires

d’Internet : ils n’ont pas les

mêmes attentes quand ils effectuent une

transaction financière, dont ils attendent

sécurité et contrôle, ou quand ils téléchargent

un fichier en peer-to-peer, en

souhaitant discrétion et anonymat…

On observe surtout un sentiment d’impuissance

face à des systèmes au développement

mondial tentaculaire. Et les

usagers se sentent démunis.

Alors que la confiance est le maîtremot

pour développer un certain nombre

d’usages numériques futurs, ne serait-il

pas temps que les internautes reconsidèrent

à qui ils souhaitent accorder

cette confiance et déléguer la préservation

de leurs droits ? Au risque que les

entreprises qui rétablissent l’e-réputation

et offrent un nouveau départ sur

le Web deviennent leurs meilleures

amies…


DES CHANCES EN JEU

Michael Stora, psychanalyste spécialisé

dans l’impact des jeux vidéo sur les troubles

psychiques, nous raconte la genèse de son premier

jeu thérapeutique pour les enfants en difficulté.

Il y a quelques années, j’ai reçu Arthur,

un enfant de 10 ans souffrant d’obésité.

Il subissait les moqueries quotidiennes

de ses camarades de classe. Lorsqu’il

rentrait chez lui, il n’avait qu’une chose

en tête : se venger ! Une vengeance

bien symbolique, car virtuelle. Armé

de son clavier et de sa souris, il jouait

à Age of Empires. Incarnant Gengis

Khan en campagne, il terrassait tous

ses ennemis pour régner. Dans ces jeux

qu’on appelle real-time strategy (RTS),

le sentiment de puissance, de mainmise

sur le monde est prégnant. On y joue

contre des « personnages non jouables »

(PNJ) dont la mission est d’empêcher le

joueur de gagner. Ils sont des éléments

de résistance nécessaires permettant

de ne pas être dans la violence gratuite,

d’avoir un ennemi qui vous résiste et

ainsi de devoir persévérer. C’est en

perdant que l’on apprend à gagner ! Le

jeu vidéo propose un processus psychologique

intéressant en mettant à mal le

sentiment de toute-puissance.

THERAPEUTIC GAME

Arthur a un combat à mener dans la

réalité : un régime, pour raison de

santé. Il lui faut trouver à tout prix un

espace de valorisation et des ressources.

Un jour Arthur me dit : « Vous savez,

les seules récompenses que j’ai, c’est

dans les jeux vidéo ! » Ces longues

— #PERSO —

années d’utilisation du jeu vidéo comme

médiation thérapeutique et mon travail

autour des problèmes de dépendance

aux mondes persistants m’ont donné les

clés nécessaires pour inventer un jeu à

vocation thérapeutique.

C’est lors d’un appel à projet de serious

game organisé par le secrétariat à

l’Économie numérique que j’ai imaginé

Archaos. C’est un social therapeutic

game pour des enfants, des adolescents

en surpoids ou

souffrant d’obésité.

Ce concept

innovant reprend

les formidables

ressorts métaphoriques des contes de

fées, des dynamiques de groupe des

jeux de rôle massivement multijoueurs,

des soutiens entre pairs dans les forums

participatifs et du « masque libératoire

» que représente l’incarnation en

un avatar.

La particularité d’Archaos est l’enrichissement

du virtuel par des données

réelles comme l’indice de masse corporelle

ou des événements vécus importants…

Le patient joue avec l’aide de

ses parents qui sont pour lui comme

des alliés thérapeutiques. Cet accompagnement

dure dix mois, en lien avec

une prise en charge bien réelle par des

psychothérapeutes, des nutritionnistes

et des médecins. Le concept de jeu peut

se décliner pour d’autres problématiques

que le surpoids : arrêt du tabac,

insomnie, dépression… Lorsque le

jeu vidéo devient un espace de récréation

dans le sens d’une re-création des

tensions et des frustrations du joueur,

alors nous pouvons dire que le jeu c’est

sérieux !

63 — SFRPLAYER

Michael Stora

Chronique

« C’EST EN PERDANT

QUE L’ON APPREND

À GAGNER. »

De formation

de cinéaste,

Michael Stora

est psychologue

clinicien pour

enfants et

adolescents au

Centre médico-

psychologique

de Pantin où il a

crée un atelier jeu

vidéo. Il réfléchit

sur l’impact des

jeux vidéo sur les

enfants souffrant de

troubles psychiques

mais aussi sur

le lien interactif

de l’homme à

l’ordinateur et de

ses conséquences

sur les processus

mentaux. Il est

l’auteur de Guérir

par le virtuel, une

nouvelle approche

thérapeutique

(2005, Presses de la

Renaissance)

et de L’enfant au

risque du virtuel

(2006, Dunod).


TÉLÉPA-TIC

L’écrivaine Antonia Kerr révèle pour SFR PLAYER

les potentiels émotionnels des casques télépathiques…

Et surtout leurs intéressantes défaillances. Fiction.

Antonia Kerr

Fiction

Avec Usbek &

Rica, magazine

qui explore le futur

(usbek-et-rica.fr)

« POURQUOI CE

QUI S’ANNONÇAIT

COMME UN CONTE

DE FÉES HIGH-

TECH VIRA AU

CAUCHEMAR ? »

— FICTION —

Lorsque le casque télépathique fut

mis en vente, j’étais de ceux qui attendaient

devant le magasin bien avant

l’ouverture, excitée à l’idée de bientôt

posséder ce qui allait devenir, a priori,

le bijou technologique du siècle. En

plus de permettre d’explorer tous les

plaisirs cérébraux, le casque était le

moyen de communication le plus pointu

jamais inventé. Qui aurait pu imaginer

qu’un jour une telle révolution serait

possible ? Connecté à Internet via

les réseaux WiFi, le casque était en

permanence relié, entre autres, aux

comptes Facebook, Google, Deezer et

Spotify de son utilisateur. Il suffisait

de penser à un morceau pour l’écouter,

à un ami pour lui

parler, à un livre

pour entendre

sa lecture.

Assemblés en file

indienne devant

le magasin, tels

des enfants sages

avant le début des

cours, moi et les

autres geeks attendions donc patiemment

que la révolution commence,

prêts à accueillir ce que le progrès nous

avait concocté de meilleur. Mais lorsque

les portes s’ouvrirent, à 9 h 30, une

semi-émeute éclata aussitôt et la jolie

rangée que nos corps avaient formée

se transforma en un fatras d’individus

électrisés par l’impatience. Certains

voulant passer devant tout le monde,

quelques coups de poings furent distribués

dans la foule pour les en dissuader.

Il fallut attendre encore un peu plus, le

temps d’évacuer les pressés et les coléreux,

puis, lentement, la file d’attente

progressa, et bientôt je pus, moi aussi,

mettre les mains sur le fameux casque.

C’était, à première vue, la chose la plus

merveilleuse qu’il m’ait été donnée

d’essayer : avec une telle innovation,

64 — SFRPLAYER

plus rien ne semblait impossible et

l’aspect le plus réjouissant du casque

était bien entendu la possibilité de se

connecter à ses amis télépathiquement.

Vous pensiez à eux et, automatiquement,

vous vous retrouviez ensemble

par la pensée. En vérité, c’est presque

comme si vous deveniez la personne

à qui vous songiez, comme si vous

preniez possession de son cerveau.

Autant dire que les couples se ruèrent

dessus : grâce au casque, pensaient-ils,

les problèmes conjugaux étaient sur le

point de devenir de l’histoire ancienne.

La communication allait être facile, les

rapports humains seraient fluidifiés :

telles étaient les croyances lorsque

le casque fut mis sur le marché. Les

ménages geeks se retrouvèrent donc

casqués en permanence, persuadés

de l’impact positif qu’aurait la technologie

sur leur union. Branchés l’un sur

l’autre comme sur leurs stations de

radio personnelles, la plupart d’entre

eux s’imaginaient, comme moi, que le

casque serait capable d’un véritable

exploit en termes de rapprochement des

planètes Mars et Vénus.

Alors pourquoi ce qui s’annonçait

comme un conte de fées high-tech vira

au cauchemar ? Peut-être parce que le

casque ne pouvait, hélas, garantir la

pureté des pensées de votre conjoint.

Certes, on communiquait plus facilement,

mais la connexion était souvent

perturbée par des interférences particulières

– en fait, le plus souvent, des

interférences en bikini. Je préparais

une liste de courses avec mon mari

lorsque soudain apparut dans la cuisine

la miss météo de Canal+. Évidemment,

je m’insurgeai et lui demanda télépathiquement

des explications, mais

les disputes par casques interposés

s’avèrent être particulièrement difficiles

à gérer. Il fallut donc quitter le

casque pour, cette fois, s’engueuler à


l’ancienne. « Je te

promets, dit-il, je

ne sais pas pourquoi

elle s’est

retrouvée là ! Il

y a dû y avoir

un bug, ça ne se

reproduira plus,

promis ! »

Mais quelques

jours plus tard,

voilà que l’une des

actrices de Mad

Men se matérialisait

en petite

tenue dans le

fauteuil de mon

salon.

« Et ça, lui dis-je,

comment tu

l’expliques ?

– C’est un malentendu,

se défenditil,

je ne comprends

vraiment pas ce

qu’il se passe. Je

crois qu’il faut

qu’on envoie le

casque au service

après-vente. »

Bien sûr, les apparitions surprises

ne s’arrêtèrent jamais, même après

l’envoi du casque au SAV, qui d’ailleurs

ne trouva rien d’anormal dans

son fonctionnement. En fait, plus le

temps passait et plus les femmes se

démultipliaient, si bien que je n’étais

presque plus étonnée de me retrouver

nez à nez avec Marilyn Monroe en

porte-jarretelles sur ma terrasse. Nous

n’étions pas les seules victimes de ce

genre de tracas. En vérité, le casque

était devenu si populaire que ce genre

d’incident allait devenir un véritable

phénomène de société. Des femmes et

des hommes fraîchement séparés de

leurs conjoints portaient plainte contre

la firme du casque en l’accusant d’être

à l’origine de leur divorce. Les procès se

multipliaient, mais aucun époux blessé

ne parvint à obtenir gain de cause.

En effet, conformément à ses conditions

générales de vente, la marque

ne pouvait être tenues responsable en

cas « d’incidents de fantasmes ». En se

branchant sur sa moitié, l’utilisateur

devait accepter le risque de tomber sur

des choses qu’il aurait préféré ignorer

de son ou sa partenaire. Il fallait donc

que j’accepte la cohabitation avec les

— FICTION —

différentes créatures

féminines

qui peuplaient

ma maison si je

voulais sauver

mon mariage.

Ce que, contre

toute attente,

je parvins à

faire : après tout,

elles n’étaient pas impolies. Elles

ne parlaient jamais et n’occasionnaient

pas de dégâts dans la maison.

Elles allaient et venaient, parfois en

peignoir, parfois en lingerie, mais

c’était tout. Je finis même à trouver du

charme à cette étrange compagnie qui

sentait bon et nous regardait vivre avec

bienveillance. Oui, mon mari et moi

vivions dans une osmose inattendue.

Nous étions parvenus à accepter les

fantasmes de l’autre. Du moins, c’est

ce que je croyais.

Car lorsque la maison commença à

accueillir George Clooney de manière

permanente, mon mari proposa que

nous cessions d’utiliser le casque et

que nous retrouvions notre vie d’avant.

« Finalement, me dit-il, c’était mieux

quand nous n’étions que deux. »

65 — SFRPLAYER

« LA MARQUE

NE POUVAIT

ÊTRE TENUE

RESPONSABLE EN

CAS “D’INCIDENTS

DE FANTASMES”. »

Antonia Kerr

est née en 1989.

Son second roman,

Le Désamour,

sortira en janvier

aux éditions

Gallimard.

Son premier roman,

Des fleurs pour Zoé

(2010, Gallimard),

est disponible

en collection Folio.


— À VENIR —

AVANCE-RAPIDE

NOS SENS AUGMENTÉS

Parce que nos corps ne se mettent pas à jour

aussi souvent que la technologie, des scientifiques

travaillent sur des accessoires et des technologies

qui visent à augmenter notre perception du monde.

Il se pourrait que le sixième sens soit digital.

CHANTONNER EN SILENCE

Jusqu’à présent, les technologies de synthèse vocale se sont principalement focalisées

sur la parole. On utilise ce type d’appareil dans des cas de laryngectomie

par exemple, ou pour des handicaps plus lourds. L’utilisateur le plus célèbre au

monde est sans doute le scientifique Stephen Hawking, piégé dans son fauteuil

roulant, incapable de bouger. Sa voix est décodée par un appareil externe, qui

retranscrit ses paroles avec une voix robotisée. Mais qui jusqu’ici s’était penché sur

la musique, ou plus précisément le fait de fredonner ?

Présenté au salon Laval Virtual et développé par Keio-Inami Lab, le Silent

Humming s’est attelé à la tâche. Le prototype a pour l’instant encore besoin d’être

fermement posé contre la pomme d’Adam, mais il fonctionne. Avec lui, il devient

possible de fredonner sans émettre le moindre son. Le Silent Humming capte les

mouvements de la gorge et génère les sons appropriés, formant ainsi une mélodie.

Pour l’instant cette technologie n’a qu’un usage limité, mais on peut aisément

imaginer son implémentation dans les appareils de restitution de voix déjà existants.

Ainsi les personnes muettes ou handicapées pourraient non seulement

converser, mais aussi produire des mélodies.

youtu.be/IvsQYWY51P0

66 — SFRPLAYER


— À VENIR —

LIRE LES ÉMOTIONS

Depuis le succès de la série télévisée Lie to Me dont le héros parvient à détecter

mensonges et autres failles de l’humain grâce à l’« analyse d’émotions », le décryptage

facial est en vogue. C’est dans cette même intention de compréhension de

l’autre qu’a été créée la start-up Affectiva.

Rosalind Picard, cofondatrice et directrice du groupe de recherche sur l’informatique

affective au Massachusetts Institute of Technology (MIT), pense que la technologie

peut aider à mieux détecter les émotions d’autrui. Affectiva travaille en

effet sur un prototype de lunettes équipées d’une caméra capable de suivre vingtquatre

points du visage lors d’une conversation et d’interpréter leurs mouvements.

L’utilisateur est informé à l’aide de diodes colorées de l’état d’esprit de son interlocuteur,

suivant qu’il apparaît comme négatif, neutre ou positif. La revue New

Scientist a d’ores et déjà pu essayer les fameuses lunettes et confirmer qu’elles

fonctionnent en conditions réelles.

Si la partie technique en encore rudimentaire, les applications sont multiples, de

la reconnaissance vocale enrichie jusqu’au détecteur de mensonge du futur. De

plus, Google travaillant déjà sur ses propres lunettes à réalité augmentée, il est

fort possible que les travaux d’Affectiva soient repris et intégrés dans d’autres

projets. Après tout, il suffit d’une monture équipée d’une caméra : le logiciel fait

le reste du travail. Profitons de nos mensonges tant que nous le pouvons, leurs

jours sont comptés.

affectiva.com

67 — SFRPLAYER


LES CHAUSSURES

EN PILOTAGE AUTOMATIQUE

— À VENIR —

Chaussures et GPS font déjà bon ménage depuis quelques années, notamment

grâce à Nike et à ses produits Nike+ qui permettent d’obtenir nombre de données

biométriques durant l’entraînement des coureurs de fond. Mais voilà qu’Anirudh

Sharma, un chercheur indien, tente de créer une autre application mêlant baskets

et technologie de positionnement.

Son prototype vibrant est capable de tenir informé son porteur de sa propre position

et de lui indiquer, à l’aide d’impulsions, quelle direction prendre pour poursuivre

sa route. Le but avoué étant de créer des chaussures pour aveugles, conçues

pour leur permettre de se déplacer sans se perdre de manière autonome, sans

canne. Le GPS propose déjà des produits adaptés aux malvoyants, mais se concentraient

jusqu’ici sur des instructions auditives (« tournez à gauche » par exemple).

Seulement cette méthode est mise à mal en cas d’environnement bruyant, ou

simplement si l’on souhaiter marcher et discuter à la fois. Avec les chaussures

d’Anirudh Sharma, l’utilisateur serait beaucoup moins sollicité.

Cette technologie intéresse déjà le MIT, qui a inclus Anirudh Sharma à sa liste de

trente-cinq innovateurs de moins de 35 ans en 2011. Affaire à suivre.

duceretech.com

68 — SFRPLAYER


— À VENIR —

L’ÉCRAN TEXTURÉ

Depuis l’apparition des objets tactiles, qu’il s’agisse de smartphones, de tablettes ou d’autres appareils,

leurs fabricants y incluent une forme de retour. Il s’agit de réponses haptiques, c’est-à-dire de petites

vibrations stimulées par le toucher, qui confirment à l’utilisateur que son action a été prise en compte

avec succès. Sans cela, le doute subsisterait, celui d’avoir fait une mauvaise manipulation ou que la

commande n’a pas été enregistrée par le logiciel.

Ces rétroactions haptiques actuelles restent cependant bien rudimentaires : on parle de simples vibrations.

Senseg entend bien bousculer l’ordre établi avec une technologie à base de champ électrostatique

venant en surimpression de l’écran. Différents réglages permettent de manipuler la friction entre doigt

et surface pour simuler différentes textures et résistances. Il est dès lors possible d’avoir l’impression

de caresser du faux gazon ou de la céramique avec une simple tablette tactile. Cette technologie est

suffisamment prometteuse pour faire parler d’elle, puisque Senseg fait partie des cinquante inventions

de l’année 2011 élues par le magazine Time. Des partenariats se nouent déjà entre la start-up et les

industriels du secteur, pour peut-être un jour investir tous nos écrans.

senseg.com


SFR carrément vous .

LE MEILLEUR RÉSEAU ?

CELUI QUI PERMET D’INVENTER

LES VÔTRES.

Nous savons combien vos réseaux sont importants pour vous. Voilà pourquoinous investissons chaque année 1,6 miiliard d’euros dans le nôtre. Mais SFR va encore

plus loin. En 2012, nous lançons notre nouvelle technologie Dual Carrier qui vous permet d’échanger, de télécharger et de communiquer deux fois plus vite qu’avant.

Le rôle d’un opérateur, c’est de vous emmener plus loin que prévu.

www.sfr.com

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