Mai 68 - Le Travailleur Catalan

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Mai 68 - Le Travailleur Catalan

TC SUPPL MAI 68 24pages 20/05/08 16:06 Page 6

6 le dossier

Numéro hors série «Mai 68 dans les P-O» - Mai 2008

Perspectives du

mouvement étudiant

Analyse du TC au lendemain du 13 mai

Lundi 13 mai, ce fut la grande manifestation

organisée à la suite d’un appel commun des

organisations étudiantes, syndicats

d’enseignants et d’ouvriers et des

associations de parents d’élèves. L’aprèsmidi,

après un meeting tenu au C.S.U., a eu

lieu une confrontation entre étudiants,

enseignants et la population. Cette

confrontation a été une réussite et a permis

d’éclairer certains problèmes en particulier à

Perpignan où la faiblesse du mouvement

syndical est apparue (…). Autre faiblesse qui

est apparue, c’est le manque de perspectives,

d’objectifs pour de nombreux étudiants (…).

En ce qui concerne les objectifs, nous

sommes à l’heure actuelle en face de deux

positions opposées et également fausses.

A savoir que rien n’est possible ou que tout

est possible. Dans le cadre du régime actuel,

et l’expérience le montre, la lutte est payante

(…). Donc lutter contre le courant qui veut

que rien ne soit possible. Mais en même

temps existe le deuxième courant qui déclare

que tout est possible dans le cadre d’une

Université isolée. C’est un courant contre

lequel il faut s’élever par la discussion, par la

confrontation des idées. Le progrès décisif, et

cela a été dit au cours de cette confrontation

de ce lundi 13 mai, n’est possible que par

une transformation effective de la société.

Les étudiants ne doivent pas se sentir

coincés entre ces deux courants (…). Aussi,

et ce sera notre conclusion, à l’heure actuelle,

où la responsabilité de la situation incombe à

de Gaulle, les étudiants doivent comprendre

que leur intérêt est de se rattacher aux luttes

de la classe ouvrière pour renforcer l’union

des forces de gauche autour d’un programme

commun qui, comme le Parti Communiste

Français ne cesse de le démontrer, dans le

cadre d’un programme économique

concernant les nationalisations des secteurs

clés et une gestion démocratique permettrait

précisément d’établir le lien indispensable

entre l’Université et les forces productives.

Les images de violence de la

nuit des barricades du

vendredi 10 mai au Quartier

Latin ont choqué.

Les affrontements avec les

CRS font des centaines de

blessés. Le 11 mai,

460 personnes sont

interpellées. Lundi 13 mai

1968, des défilés

rassemblent 200 000 à un

million de personnes à Paris,

selon les sources, et un

million dans une trentaine

d’autres villes du pays. Les

organisations syndicales

ouvrières ont lancé un mot

d’ordre de grève générale de

24 heures. A Perpignan, les

salariés du public et en partie

du privé rejoignent la

manifestation des étudiants.

Edition

du vendredi

17 mai

« A Perpignan,

travailleurs, étudiants,

enseignants unis contre

le régime gaulliste et sa

politique. Manifestation

d’une ampleur

exceptionnelle.

Le 13 mai 1968 fera date dans l’histoire

de notre pays. Grève générale, manifestations

d’une ampleur exceptionnelle

dans toutes les villes de France (…).

«Perpignan avec nous», scandaient les

étudiants et enseignants partis en cortège

derrière de larges banderoles.

Environ un millier du C.S.U. du «Moulin à

Vent» (ils sont 1.200 dans notre ville)

(…). La solidarité des travailleurs éclatait

comme un immense feu d’artifice. Et

bientôt le cortège d’étudiants se transforma

en une véritable mer humaine de

8 à 10.000 personnes pour parcourir les

rues et boulevards de la ville. A l’appel

des syndicats C.G.T., C.F.D.T., F.O., F.E.N.,

S.N.I., S.N.E.S., etc., les ouvriers et enseignants

avaient observé, avec une force

jamais atteinte depuis un certain temps,

le mot d’ordre de grève de 24 heures

(…).

Et il faut ajouter que des paysans

d’Estagel, de Saint-Paul, de Maury, de

Millas, de Vinça, de Thuir, de Céret, d’Illesur-Têt,

d’Elne où la conserverie avait

débrayé à 100 %, et d’ailleurs, avaient

eux aussi tenu à participer à cette grande

manifestation d’unité d’action (…)».

Du côté étudiant,

«Devant la réponse négative du préfet à

la résolution remise par une délégation

d’étudiants et de professeurs [résolution

portée en préfecture le 8 mai], la grève

totale des cours a été lancée. Cette grève

a été pratiquement totale au C.S.U. et

C.L.U. ce vendredi 10 mai. A 10 heures,

étudiants et professeurs se réunissaient

devant le restaurant universitaire et en

cortège, portant des banderoles où l’on

lisait : «A bas le plan Fouchet», «Libérez

les détenus», «Des professeurs, des

locaux», ils défilaient au milieu de la

sympathie de la population perpignanaise,

le long des artères de notre ville

(…)».

Cependant, au lendemain de la

manifestation du 13 mai,

«Il a été décidé d’arrêter le mouvement

de grève du fait d’un manque d’informations

précises et compte tenu des circonstance

locales. Les étudiants ont

décidé, en outre, de structurer leur mouvement

et de se tenir en contact étroit

avec les syndicats d’enseignants en vue

de préparer des actions futures».

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