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d’un couloir de service central.<br />

De la sorte, je pus tenter u<strong>ne</strong><br />

conversation avec mon voisin<br />

de palier, un grand invalide,<br />

couvert d’attelles et de pansements<br />

des pieds à la tête.<br />

Pourtant ici et là émergeaient<br />

quelques fragments d’uniforme<br />

« feldgrau » qui me permirent<br />

d’identifier un valeureux gradé<br />

de la Wehrmacht possédant<br />

quelques rudiments de français<br />

et un esprit manifestement très<br />

altruiste.<br />

Je pus un jour – ou u<strong>ne</strong> nuit ?<br />

l’éprouver lorsque, m’efforçant<br />

de sortir de ma couchette pour<br />

u<strong>ne</strong> visite urgente « au bout du<br />

couloir », je m’étalai de tout<br />

mon long dans ledit couloir,<br />

un peu assommé. Alerté par<br />

mes gémissements, mon voisin<br />

s’inquiéta : « Sa fa Kamarad ?<br />

Sa fa ? » Comme je restais<br />

muet et i<strong>ne</strong>rte, il s’extirpa<br />

longuement et douloureusement<br />

de son grabat et alerta<br />

comme il put l’infirmière qui,<br />

épuisée, devait sans doute<br />

dormir. L’Allemand fut alors<br />

plus qu’exemplaire. En bon<br />

Samaritain, au mépris de ses<br />

fractures et blessures diverses,<br />

en serrant les dents de douleur,<br />

il mit un bon quart d’heure<br />

à me hisser et me réinstaller<br />

sur l’étagère d’où j’étais<br />

tombé. Tout en me réconfortant<br />

d’un incessant : « Sa fa,<br />

Kamarad ? » la vieille dame<br />

infirmière, réveillée par le<br />

bruit, affolée, vint au secours<br />

de ses deux <strong>pas</strong>sagers et pansa<br />

d’urgence leurs bobos divers.<br />

Par grâce la guerre était bien<br />

finie, pour lui comme pour<br />

moi. En vérité la paix, au sens<br />

moral le plus émouvant, on va<br />

le voir, <strong>ne</strong> faisait que commencer.<br />

Mais aussi j’ai, depuis lors,<br />

quelque part en Allemag<strong>ne</strong>,<br />

un Kamarad inattendu et définitivement<br />

inconnu : m’a-t-il<br />

maintenant oublié ?<br />

2 e épisode<br />

Arrivé donc à Marseille en fin<br />

de vagabondage, mon énorme<br />

pansement en forme de turban<br />

turc – quoique un peu<br />

taché couleur groseille – me<br />

fit <strong>pas</strong>ser pour un blessé arabe.<br />

Comme tel, je fus donc conduit<br />

à l’hôpital Montolivet dans<br />

un dortoir réservé aux grands<br />

blessés militaires africains,<br />

notamment aux nobles goumiers<br />

des légendaires Tabors<br />

marocains. Superbes géants<br />

C’est dans<br />

ce type<br />

de blindé<br />

qu’Antoi<strong>ne</strong><br />

du Passage<br />

fut<br />

grièvement<br />

blessé.<br />

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