Le Livre de Poche a le plaisir de vous proposer le premier chapitre de

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Le Livre de Poche a le plaisir de vous proposer le premier chapitre de

HÉLÈNE-ANDRÉE BIZIER

MARIE-DIANE FAUCHER

L’ABC

des bonnes manières

Le guide du savoir-vivre au XXI e siècle

PUBLISTAR


Nota bene : Les auteures de cet ouvrage sont québécoises, d’où de

nombreuses références à l’Amérique du Nord.

© Les Éditions Publistar, Montréal, 2011.

ISBN : 978-2-253-13192-2 – 1 re publication LGF


ACCOUCHEMENT

Accoucher est une expérience formidable. La délivrance

étant toujours pressante et incontrôlable, il n’existe pas

de règle de conduite en matière d’accouchement.

LE DÉCRIRE — À moins qu’il n’ait eu lieu dans un

taxi ou dans des circonstances qui l’ont rendu fameux,

on n’en parle pas, sinon peut-être à sa mère. On n’en

décrit pas les péripéties aux amis et on ne montre à

personne d’autre qu’à l’enfant devenu grand la vidéo

de l’événement.

ADDITION

Comment aborder la troublante question des repas

partagés et de l’addition qui les conclut ? Dans la vie

de tous les jours, il faut prévenir toutes les frustrations.

Le truc à éviter absolument : se précipiter vers

les toilettes quand arrive l’addition. Vous n’êtes pas le

premier à agir ainsi. En prime, on se moquera de votre

avarice !

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PARTAGER L’ADDITION — Dans un monde idéal,

l’addition est partagée à parts égales pour éviter

qu’elle ne soit un sujet de discussion amère à la

fi n du repas. Il est important d’aviser le garçon de

table de l’intention du groupe à ce sujet avant qu’il

ne prenne la commande. À l’issue du repas, chacun

glissera sa carte de crédit ou son argent dans le facturier.

RECEVOIR AU RESTAURANT — Si vous invitez une

ou plusieurs personnes au restaurant, vous devez

régler l’addition. Il est important de dire aux gens que

vous réunissez pour la circonstance qu’ils sont vos

invités. Si vous êtes un habitué du restaurant, il est

conseillé de prévenir le maître d’hôtel en arrivant que

c’est vous qui réglerez la facture.

OFFRIR LE REPAS — Il arrive que la présence

d’enfants ou de convives moins fortunés ou des circonstances

particulières inspirent à l’un des convives

l’envie d’offrir le repas au groupe. Agir discrètement

dans ce cas. Le plus simple est de prétexter un passage

aux lavabos pour faire un détour par la caisse et

régler l’addition. Inutile de s’en vanter ou de paraître

exagérément satisfait. Il s’en trouvera toujours pour

trouver ce geste généreux et d’autres pour crier à l’ostentation.

VINS ET ALCOOLS — Dans un groupe où certains

boivent et d’autres pas, ceux qui boivent devraient

partager entre eux la dépense en alcools et en vins et

ne pas attendre que les abstinents réclament une révision

équitable de l’addition.

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MERCI, JE N’AI PAS FAIM — Si vous suivez un

régime et que vous avez accepté une sortie en groupe

au restaurant, faites contre mauvaise fortune bon

cœur et payez la même part que ceux qui n’ont pas

compté les calories.

LUI ET ELLE EN GÉNÉRAL — En toute circonstance,

l’homme qui a pris l’initiative d’inviter une

femme au restaurant règle la note.

ELLE ET LUI EN AFFAIRES — La réputation des

femmes qui ont convié un homme à un repas d’affaires

est plutôt négative : prétendant vouloir payer, elles

s’abstiennent d’insister quand l’homme propose de

régler la note. C’est à la femme qui a lancé l’invitation

de se montrer ferme et de payer l’addition.

FLIRT AU RESTO — Invitée au restaurant par un

homme qui lui fait la cour, une femme ne doit jamais

partager ou acquitter l’addition. S’il semble hésiter

ou s’il fait semblant de ne pas avoir vu l’addition, elle

s’éclipsera, le temps de lui permettre de se ressaisir.

Si, fi nalement, il propose de partager la note, elle y

consentira pour en fi nir et ne le reverra plus.

VOULEZ-VOUS COUCHER AVEC MOI CE SOIR —

L’homme doit savoir qu’un repas partagé avec une

dulcinée n’est pas un présent. Par conséquent, elle

n’a pas l’obligation d’aller le border parce qu’il a tout

payé !

XXI e SIÈCLE — Les jeunes sont plus enclins à partager

l’addition, qu’il s’agisse d’un rendez-vous galant

ou d’un repas de couple.

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ÂGE

Sauf entre vingt et trente ans, alors qu’on est partout la

plus jeune et la plus belle personne qui soit, il est rare

qu’on apprécie l’âge qu’on a. Jeune, on se vieillit pour

ne pas se faire rembarrer à l’entrée du bar ou s’acheter

des cigarettes ou pour ne pas être repoussé par une

conquête plus âgée que soi. Beaucoup, beaucoup plus

tard, on se vieillit encore pour bien montrer qu’on a pu

vivre vieux. Entre-temps, soit de trente à quatre-vingts

ans, l’âge n’est généralement pas un sujet prisé.

LE RÉVÉLER — Ne dire son âge qu’à son médecin,

seule personne susceptible de nourrir un intérêt légitime

à cet égard.

LE DEVINER — Il faut refuser de deviner l’âge d’une

personne vaniteuse qui, par ce biais, recherche une

réponse fl atteuse. Le risque de se tromper est trop

grand pour se prêter à ce jeu.

L’AIR JEUNE — Même si votre mère, votre coiffeur,

votre esthéticienne ou la personne qui vous aime dit

que vous paraissez dix ans de moins que votre âge,

réjouissez-vous, mais n’allez pas faire état de ce compliment

en public. Vous n’imaginez pas les regards

entendus et le nombre de chaussures qui se toucheront

sous la table si vous le faites !

COMMENT RÉAGIR — Une amie que vous estimez

vous présente l’homme de sa vie qui a vingt ans de

moins qu’elle ? Faites montre d’autant d’ouverture

que devant un homme dont la nouvelle conquête fré-


quentait la même maternelle que sa fi lle cadette. Dans

tous les cas de fi gure, refusez, même sous la torture,

de formuler le moindre commentaire.

ALCOOL

Que vous receviez chez vous ou au restaurant, prévoyez

toujours des boissons sans alcool pour les abstinents.

L’alcool n’est pas à proscrire, bien au contraire. Après

avoir été mis au rancart par les baby-boomers qui leur

ont préféré le vin, les cocktails reviennent en force. Dans

les bars du monde entier, là où la clientèle est jeune

et en forme, ils ont la faveur des clients. On a même

vu émerger un nouveau métier : mixologue ! L’art du

barman consistait en particulier à mélanger des alcools,

des eaux et des jus et à servir les clients du bar. Plus

créatif et plus proche du garde-manger des restaurants,

le mixologue crée des boissons à partir d’alcool et de jus,

mais aussi d’extraits de condiments, de fi nes herbes, de

fruits et de légumes.

NON MERCI, JE NE BOIS PAS — Soyez attentif à la

personne qui refuse de consommer de l’alcool. Ne

posez pas de question et offrez-lui la boisson sans

alcool de son choix.

NON MERCI, JE NE BOIS PLUS — Si vous ne buvez

pas ou si vous ne buvez plus, n’attirez pas l’attention

sur vous. Évitez de signaler votre appartenance à un

cercle d’abstinents et retenez-vous de raconter que, au

temps où vous buviez, vous avez ingurgité l’équivalent

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de l’Atlantique. Cela ne fait rire personne. Si vous êtes

à table, ne couvrez pas votre verre d’une main impatiente.

Au contraire, laissez le sommelier le remplir et

n’y trempez pas les lèvres.

ENCORE UN PEU — À table et au bar, on ne tend

pas son verre au serveur. On attire son attention et

on commande en n’employant pas le mot « encore »,

qui dans ce contexte a une connotation très négative.

HIC — Boire un peu au début de la soirée peut

détendre. Boire trop est une source de stress pour

l’entourage. Comment empêcher une personne qui a

trop bu de prendre la route ? Demandez-lui de vous

remettre ses clés de voiture, appelez un taxi et assurez-vous

qu’elle y monte. Autrement, même si le spectacle

peut être pénible, attendez que cette personne

ait dessoûlé avant de la laisser partir.

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ALIMENTS PIÈGES

Les aliments pièges sont peu nombreux, mais ils peuvent

exiger une dextérité à laquelle les convives ne sont pas

tous préparés. Même si certains aliments peuvent être

saisis avec les doigts, ce n’est pas une raison pour tacher

indûment la nappe, la serviette de table et les verres.

Si un rince-doigts contenant de l’eau tiède est déposé

devant vous après qu’on vous a servi un aliment appartenant

à cette catégorie, n’hésitez pas à y tremper les

doigts.


ARTICHAUT — On détache les feuilles avec les doigts

à mesure qu’on mange. On dépouille l’artichaut

jusqu’à ce qu’apparaissent les feuilles dont l’extrémité

reliée au cœur est vraiment tendre. On trempe

cette partie seulement dans la sauce vinaigrette et on

la porte à la bouche. On l’appuie sur les dents et on

recueille seulement la partie tendre. Les feuilles sont

disposées élégamment dans l’assiette. Quand le cœur

apparaît, il est surmonté de foin non comestible.

On utilise couteau et fourchette pour le retirer. On

découpe ensuite le cœur, qu’on mange par bouchées

et qu’on assaisonne avec la sauce.

ASPERGES — Les asperges qui ne sont pas couvertes

de sauce peuvent être prélevées avec le bout des doigts

et portées à la bouche. Dans le doute, imitez votre

hôte. Une femme ne regarde pas un homme dans les

yeux en le faisant.

CAILLES — Les suprêmes de la caille se découpent

au couteau et à la fourchette, mais il est permis d’utiliser

les doigts pour mordre dans le peu de chair des

cuisses.

CRUSTACÉS — Crevettes, écrevisses et langoustines

se découpent avec le couteau et la fourchette,

en commençant par la tête. Une fois décortiquées,

on les porte à la bouche avec la fourchette. S’ils

n’ont pas été préalablement découpés, le homard et

le crabe à carapace dure requièrent la participation

des deux mains. On utilise les pinces pour casser la

carapace et les fourchettes à homard pour dégager

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les morceaux de chair coincés dans les pattes ou

les articulations.

ÉPIS DE MAÏS — En Amérique du Nord, le maïs doux

se consomme depuis des siècles. On le mange en mordant

dans les grains sur l’épi qui a été assaisonné de

beurre et de sel. Aucune étiquette ni bonne manière

ne s’applique à la consommation de ce légume. Certains

piquent de petits manches aux extrémités de

l’épi. D’autres ont trouvé élégant de faire glisser un

couteau entre l’épi et les grains et de manger le maïs à

la fourchette. Ce procédé est mortellement ennuyeux

comparé à la méthode préhistorique toujours en vogue

et plutôt réjouissante. On ne sert jamais d’épi de maïs

lors d’un dîner assis.

FOIE GRAS — Le foie gras au torchon ou en verrine

se mange à la fourchette avec les condiments qui

lui conviennent, le plus populaire étant la confi ture

d’oignons. Il est accompagné de pain grillé. On ne

tartine pas de foie gras une tranche de pain. On ne le

fait pas non plus avec les pâtés de foie et terrines de

toutes sortes.

MOULES — On tient la coquille entre les doigts et

on prélève la chair à l’aide de la fourchette. On peut

également utiliser une coquille évidée et s’en servir

comme d’une pince pour retirer la moule.

POISSON — Quand un poisson – truite, raie ou autre

vous est servi avec l’arête centrale, elle doit être

dégagée avec le couteau à poisson – s’il y en a parmi

les couverts – et déposée vers le côté de l’assiette mais

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pas sur le rebord ni dans l’assiette à pain. Quant aux

arêtes orphelines, on les repousse discrètement sur la

fourchette et, de là, vers le côté de l’assiette.

POULET — En Amérique du Nord, en particulier à

la table familiale, il est acceptable d’utiliser les doigts

pour porter les ailes de poulet à la bouche. Couteau et

fourchette s’imposent pour découper les autres parties

de l’animal.

SALADE — On ne coupe pas la salade.

SPAGHETTI — Il est exclu d’utiliser son couteau

pour couper et manger certaines pâtes alimentaires.

Tout l’art de manger les spaghetti et les autres pâtes

effi lées réside dans la dextérité avec laquelle on fait

tourner sa fourchette pour former de petites bouchées.

On conseille aux personnes qui ont un rendezvous

d’affaires, ou un rendez-vous galant, d’éviter cet

aliment qui est souvent au cœur de manœuvres inesthétiques.

L’habitude d’utiliser une cuillère à soupe

pour former des bouchées s’est implantée en Amérique

du Nord.

ALLAITEMENT

Au Canada, il est non seulement permis mais parfaitement

légal d’allaiter un enfant dans les endroits

publics. La façon de faire appartient à chacune, mais il

est entendu que, pour n’indisposer personne, la mère ne

dévoile que la partie du sein offerte au nourrisson.

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ALLERGIES

Les allergies sont désormais si nombreuses, et certaines

si dangereuses, qu’il faut absolument en tenir compte

dans l’organisation d’activités sociales.

PRÉVENIR LES INCIDENTS — Avant la tenue de

l’événement, se renseigner auprès de ses invités et, s’il

y a lieu, leur éviter tout contact avec les aliments, produits

et animaux allergènes.

JE SUIS ALLERGIQUE À… — C’est à la personne qui

en souffre que revient la responsabilité de prévenir

les incidents pouvant découler d’allergies. Par conséquent,

elle doit prévenir ses hôtes. Si elle n’a pas pris

cette précaution, elle évitera de se lamenter sur le sort

qu’on lui fait. Il est rare qu’on invite des gens dans le

but de les rendre malades.

JE SUIS INTOLÉRANT À… — Beaucoup de personnes

capricieuses se déclarent allergiques à tout ce

qui leur déplaît, y compris aux fl eurs et aux parfums,

ce qui est du domaine de l’intolérance. On ne prend

aucun risque à leur sujet et on les sert comme si elles

souffraient vraiment d’allergies.

AMICALES (DES ANCIENS)

Les rencontres de diplômés de collèges et d’universités

se planifi ent jusqu’à un an à l’avance. Elles sont toujours

annoncées par un carton auquel sont jointes une

carte-réponse pré-imprimée et une enveloppe timbrée.


AMABILITÉ (n.f.)

Évoque l’aptitude d’une personne prévenante

à agir avec gentillesse ou générosité, y compris

avec des personnes qui confondent amabilité et

faiblesse.

Contraire : paroles, attitudes et gestes agressifs et

égoïstes.

AMITIÉ

Comme l’amour, l’amitié est une cage dont la porte est

ouverte en permanence de sorte que ceux qui y entrent

n’en soient pas prisonniers. En amitié, on respecte la

personnalité de l’ami. Sa présence n’est pas constante

et on l’accueille à bras ouverts. L’amitié requiert de la

disponibilité, de la compréhension et de l’attention. Les

amis savent écouter et bien entendre. Ils cultivent la

discrétion, surtout quand on leur a confi é un secret.

LES AUTRES AMIS — L’amitié s’épanouit sans exclusivité

ni jalousie. Il est normal et habituel que nos

amis fassent partie d’autres cercles dont on est exclu.

Par conséquent, on évite d’essayer d’entrer dans ces

groupes.

JE LUI DIS TOUT — On reste discret sur sa vie privée

et sur son histoire personnelle. On ne se confi e donc

pas aux simples connaissances et relations de travail.

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CASSER DU SUCRE… — On refuse de participer à

une conversation au cours de laquelle une connaissance

sera passée au broyeur par des gens qui prétendent

tout savoir d’elle.

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AMOUR

Il n’y a pas si longtemps, les couples se formaient autour

d’un projet, d’une entreprise commune et il n’était

que peu ou pas question d’amour. L’autre était presque

toujours une fi gure connue puisque, comme le voulait

l’adage populaire, on se mariait « à sa porte avec des

gens de sa sorte ». Aujourd’hui, alors que Cupidon mène

le bal, on s’éloigne parfois de ce qui compte en amour.

AMIS D’AMIS — On vous présente une personne lors

d’une activité regroupant quelques amis. Qu’elle vous

plaise ou non, évitez d’exprimer vos impressions. Si

la personne vous a plu, mais que vous n’avez pas pu

l’approcher, rappelez vos hôtes pour savoir si vous

pouvez communiquer avec elle.

BELLES ET BEAUX — Ne vous précipitez pas sur les

personnes que la nature a beaucoup gâtées et avec qui

vous formeriez un couple en vue. Elles ont l’habitude

d’être le centre d’attraction. Laissez-les exprimer leur

intérêt à votre égard. Voyez venir en vous souvenant

qu’une personne vaniteuse n’a d’yeux que pour ellemême.

ÉCOUTER L’AUTRE — Si une personne vous plaît,

écoutez-la attentivement. Amenez-la à parler de ses


goûts, de son cadre de vie, de ses amis, de sa famille

et de ses loisirs. Si cette personne pratique le nudisme

et le camping, il se peut que vous ayez trouvé le partenaire

rêvé. Dans ce cas, investissez-vous. Sinon,

fuyez !

AMOUR EN LIGNE

Quand la solitude affective est devenue insupportable,

quand les bars n’apportent pas de solution, quand les

petites annonces et les agences spécialisées n’ont pas

abouti, on se tourne vers les sites de rencontre en ligne

ou e-dating. Attention, danger ! Là comme ailleurs sur

la toile, des codes et des règles de prudence s’imposent

aux internautes. Le choix du site est crucial. La plupart

vous permettent de consulter gratuitement quelques

pages types conçues pour vous retenir. Avant de vous

abonner, voyez si leur clientèle vous correspond.

MON PROFIL — Décrivez-vous honnêtement et

affi chez une photo récente. N’oubliez pas que, sur

la toile, les hommes mentent autant que les femmes.

Tout le monde y est plus grand, plus beau, plus mince

et plus jeune qu’en réalité. Mentir est une coquetterie

qui pourrait vous désavantager. Choisissez un

pseudonyme qui vous représente correctement. Un

conseil : trouvez mieux que Bébé, Chouette, Minou,

Cœur-Triste – ils sont déjà pris.

ON SE DIT TOUT — En révéler le moins possible est

une règle d’or. Ne donnez ni votre adresse, ni votre

numéro de téléphone portable ou fi xe. Si votre cor-

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espondant s’intéresse à la marque de votre voiture, à

votre maison ou appartement, à votre salaire et à votre

compte en banque, rayez son nom de votre carnet de

bal. Retournez vite explorer le site.

ON S’ÉCRIT TOUS LES JOURS — L’assiduité virtuelle

est une bonne habitude quand on se fréquente

sur le web. Toutefois, la correspondance ne devrait

pas être un étau. Faites savoir à votre correspondant

que vous avez une vie et que vous n’êtes pas scotché

en permanence à votre clavier. Et que, dans la vraie

vie, vous aurez toujours besoin d’air.

ON SE PARLE ENFIN — Après s’être écrit, on se téléphone

en brouillant l’origine de l’appel ou en utilisant

un téléphone public. Écoutez bien la voix, elle révèle

beaucoup sur l’origine, la personnalité et l’éducation

de la personne dont vous êtes virtuellement épris. Il

est encore temps de reculer.

LA GRANDE RENCONTRE — Pour ce premier

contact non virtuel, prenez rendez-vous dans un

endroit public très fréquenté. Refusez les repas qui

peuvent être trop longs et optez pour un café ou

l’équivalent. Si la personne ne correspond pas au

profi l publié sur la toile, résistez à l’envie de partir

en courant. Présentez-vous et prétextez une urgence

pour abréger la rencontre. Si, par contre, les choses

s’annoncent bien, profi tez-en pour contre-vérifi er ce

qui vous a été écrit en ligne. Craignez les gestes spectaculaires

: les blogs débordent d’histoires distrayantes

où l’on voit un être épris dépensant une fortune pour

voler vers un piège situé aux antipodes.

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C’EST TERMINÉ — Ne prenez pas de gants. Ne

répondez plus à ses messages. Quand c’est fini,

c’est fini. Il est rare de rompre et d’obtenir, en

même temps, l’accord de la personne dont on se

détourne !

ANIMAUX DE COMPAGNIE

Chiens et chats sont sacrés, au même titre que l’oiseau,

le furet, le hamster, le python, la carpe et toutes les bêtes

qui bénéfi cient de la protection d’un être humain. Pourtant,

découvrir le python du voisin allongé sur le divan

du salon peut provoquer une réaction non maîtrisée et

même déclencher une guerre de voisinage. Après la peur

ou la colère, il faudra user de diplomatie pour que le

maître d’un animal admette que celui-ci a été pris en

faute. S’il ne veut rien entendre, écrivez-lui en restant

aimable.

LES ORDURES ET LE PIPI DE PITOU — Pendant vos

promenades quotidiennes, exposez bien le sachet destiné

à contenir les ordures laissées par votre animal.

Les voisins vous adoreront, surtout si vous rapportez

le sachet chez vous. Apprenez à Pitou à ne pas lever

la patte sur des arbustes des voisins. Si votre chien est

buté, modifi ez votre itinéraire.

PITOU S’AMUSE — Votre animal doit être tenu en

laisse et à peu de distance de vous. Plusieurs personnes

craignent les chiens et presque tout le monde

déteste avoir le museau d’un chien collé au derrière.

Si, le temps d’aller boire un café, vous attachez le vôtre

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à un poteau, raccourcissez la laisse pour que les passants

n’aient pas à descendre du trottoir pour l’éviter.

Ne permettez pas à Pitou de courir. Il y a des enclos

pour cela.

LES MANIES DE MINOU — Ne faites pas semblant

d’ignorer que c’est Minou qui a déterré les plantes du

jardin d’à côté et qu’il a uriné sur les rosiers. Présentez

des excuses et offrez de réparer les dégâts en remplaçant

ce qu’il a détruit. Quitte à frustrer profondément

Minou, gardez-le chez vous, il vivra plus longtemps

et vos relations avec le voisinage connaîtront une

embellie.

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ANNIVERSAIRE

COTON, PORCELAINE, DIAMANT…

Les mariages ou les unions qui durent sont si rares qu’ils

méritent d’être soulignés par un événement spécial. Il revient

aux enfants de le mettre sur pied et d’y convier parents et

amis. On peut inviter chacun à participer à l’achat d’un

présent, mais on évite, autant que possible, de solliciter une

contribution pour le repas. Voici les anniversaires de mariage

les plus importants :

1 an noces de coton 30 ans noces de perle

10 ans noces d’étain 40 ans noces d’émeraude

20 ans noces de porcelaine 50 ans noces d’or

25 ans noces d’argent 60 ans noces de diamant

Les années sont marquées par les anniversaires de naissance,

de mariage ou de décès. Certaines personnes


fêtent l’anniversaire de leur saint patron (saint Paul,

sainte Anne). Dans certaines entreprises, on souligne,

à la manière des anniversaires de mariage, les années

de travail des employés. Les anniversaires donnent lieu

à des fêtes ou à des réceptions particulières. Si vous en

êtes à célébrer l’anniversaire de vos fi ançailles, inquiétez-vous

sérieusement.

C’EST MON ANNIVERSAIRE — Vous constatez

qu’on a oublié votre anniversaire ? Séchez vos larmes

et organisez-vous une petite fête, chez vous ou dans

un restaurant où chacun paiera son addition. Soyez

généreux. Offrez l’apéro et commandez un gâteau

couvert de bougies que vous souffl erez en faisant le

vœu qu’on ne vous oublie plus.

C’EST SON ANNIVERSAIRE — N’hésitez pas à souligner

l’anniversaire de quelqu’un à qui vous tenez

particulièrement. Tâtez le terrain avant de convier son

patron aux agapes.

PRÉSENT D’ANNIVERSAIRE — Il n’est pas nécessaire

d’offrir un présent d’anniversaire, mais si vous avez eu

l’idée d’offrir un cadeau de groupe, soyez strict sur la

contribution de chacun. Si c’est vous qui avez conclu

l’achat, confi ez à un tiers la tâche de collecter l’argent

qui vous est dû.

ANNIVERSAIRE DE P’TIT CHOU — Votre enfant

vient de gagner une année ? Invitez son groupe de

la maternelle ou sa classe. Organisez des jeux et

prévoyez un souvenir pour chacun des enfants présents.

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CARTE D’ANNIVERSAIRE — Si le cœur vous en

dit, choisissez et achetez une jolie carte de vœux

et expédiez-la par la poste. Le plaisir de celui qui la

reçoit est intense, surtout si vous avez pris la peine de

la personnaliser par un mot approprié.

CARTE VIRTUELLE — La vogue des e-cartes

d’anniver saire apparues au milieu des années 1990

s’est estompée. Si vous venez de les découvrir, évitez

d’en inonder vos amis, ils en sont revenus et préfèrent

les bonnes vieilles cartes de vœux portant votre

signature.

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APÉRITIF

L’apéritif, dérivé du mot latin apertivus, a le sens

d’ouvrir l’appétit. On en connaît l’usage depuis le

Moyen Âge, mais il s’est inscrit dans les habitudes au

XIX e siècle. Traditionnellement, ce verre de vin ou d’alcool

est consommé à table ou au salon, immédiatement

avant le repas du soir.

JE LAISSE MON VERRE LÀ — À moins que vos hôtes

ne vous aient invité à faire autrement, le verre ou la

fl ûte ayant contenu l’apéritif ne doit pas vous suivre

jusqu’à table.

APÉRO

Bien différente de l’apéritif, l’heure de l’apéro est un

prétexte pour prendre un verre entre amis, au bar, ou


chez quelqu’un. S’il est fréquent que cette heure s’étire

au-dede 60 minutes, il n’est jamais garanti qu’on

mange ensemble ensuite.

JE SERS QUOI — L’apéro simplissime est, pour tout

dire, ordinaire. On y sert un éventail de produits que

vos invités ne consomment qu’en cachette : chips,

bretzels, arachides et divers mélanges de produits

salés. Pour un peu plus de style, on présente des

petits-fours, des verrines, des tapenades, des minisandwiches

et des olives.

LES RETARDATAIRES — N’attendez pas que tous

vos invités soient arrivés pour commencer à servir.

Quand un peu plus de la moitié d’entre eux sont là, il

est temps de faire sauter les bouchons. Les personnes

ponctuelles méritent certainement plus d’égards que

les retardataires.

DURÉE DE L’APÉRO — Si vous conviez des amis à la

maison pour l’apéro, ils doivent savoir que vous les

recevez pour une courte période, soit environ deux

heures. Pour marquer la fi n des agapes, suspendez le

service d’alcool et ne remplissez plus les assiettes.

ON FAIT QUOI ENSUITE — Un apéro bien planifi é

précède souvent une sortie en groupe. Si ce n’est pas

le cas, chacun repart de son côté.

APPLAUDISSEMENTS

On ignore quand et pourquoi est née la coutume d’applaudir

en public, geste qui, en Occident du moins,

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exprime le contentement. À l’issue de funérailles, il

souligne plutôt les qualités de la personne disparue, sa

réputation ou l’œuvre qu’elle a accomplie. Les Italiens

auraient instauré cette coutume en applaudissant au

passage du cercueil du pape comme à celui de l’humble

soldat. Au Québec, l’applaudissement aux obsèques est

un rituel encore peu pratiqué.

AU CONCERT ET À L’OPÉRA — On n’applaudit

jamais pendant ces spectacles. Si vous ne connaissez

pas le livret de l’opéra ou les pièces au programme

d’un concert, ne prenez jamais l’initiative des applaudissements.

Vous risquez de vous tromper, d’étaler

ainsi votre ignorance et de déranger les mélomanes.

EN AVION — À moins que ce vol soit le premier de

votre existence, de grâce, évitez d’applaudir le pilote

qui vient de réussir les manœuvres d’atterrissage.

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ARGENT

L’argent présente un intérêt certain pour ceux qui multiplient

leurs avoirs en les faisant fructifi er. Le sujet

est toujours déplacé et on n’aborde pas sans risque le

thème de l’argent et de la fortune. Les nouveaux riches

ou parvenus qui affi chent leur richesse se couvrent de

ridicule ou font des envieux. Qu’il s’agisse de peu ou

de beaucoup d’argent, on ne révèle pas son salaire ni

le montant de ses gains annuels. Une exception : avec

son patron, quand on réclame une augmentation de

salaire.


PARLONS ARGENT — Jamais ! Et attention ! Un peu

partout dans le monde, ce sont des proches, parents,

amis ou voisins qui dénoncent auprès du fi sc ceux

qu’ils soupçonnent de s’être injustement ou illégalement

enrichis.

C’EST SI CHER — Votre maison et votre voiture ont

coûté cher et vous vous demandez avec quoi vous allez

payer l’abonnement annuel à votre club de golf. Pas

un mot ! Si vous vous sentez obligé d’en parler, vous

vivez sans doute au-dessus de vos moyens.

QUAND JE COMPARE… — Évitez de comparer

les marques en prétendant que vous avez le sens des

affaires. Si vous ne vous offrez pas Chanel, ne prétendez

pas que c’est identique aux produits bon marché que

vous connaissez bien. Même chose pour l’épicerie fi ne,

les cafés, les chocolats : ne discréditez pas les produits

que d’autres ont choisi de consommer par goût.

ARROGANCE

L’arrogance est une attitude détestable, associée à la prétention

ainsi qu’au mépris. Les arrogants, insensibles à

autrui, sont à éviter. Si vous êtes forcé de les côtoyer, ne

cherchez pas à les séduire car, vous sentant faible, ils

chercheront inévitablement à vous humilier.

ART

Vous n’êtes pas sensible à l’art et vous ne comprenez

pas qu’on s’y intéresse ? N’étalez pas ce sentiment. Ne

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portez pas de jugement sur le goût des autres. Faites

preuve d’ouverture en posant quelques questions et en

vous intéressant aux réponses.

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ASCENSEUR

DE HAUT EN BAS

Inventé en 1850 par l’Américain Elisha G. Otis, l’ascenseur

moderne fut d’abord un monte-charge destiné à transporter

des marchandises de haut en bas d’immeubles

new-yorkais. Trois ans plus tard, au pays des gratte-ciel,

l’inventeur réussit à faire voyager des passagers en toute

sécurité. Ou presque.

HELLOOO — Les Américains ont l’habitude d’entrer

dans l’ascenseur en saluant le groupe, attitude engageante

qu’il faudrait peut-être adopter. Si les voyageurs

déjà à bord semblent réfractaires à la communication,

contentez-vous de choisir l’étage où vous désirez descendre

ou, si vous ne pouvez l’atteindre, demandez à

quelqu’un d’appuyer sur le bouton pour vous.

MOI, JE… — À moins de vouloir se confi er à tous ceux

qui s’y trouvent, on évite de converser ou de parler au

téléphone. On ne regarde pas les gens dans les yeux et

on ne les observe pas à la dérobée.

JE SORS, TU SORS — Dans un ascenseur rempli à

pleine capacité, on doit faire quelques pas à l’exté-


ieur de l’habitacle et maintenir la porte ouverte

pour permettre aux premiers qui y sont entrés d’en

sortir.

AU MASCULIN — Les femmes ont la préséance dans

l’ascenseur, tant pour y entrer que pour en sortir. Elles

doivent remercier l’homme qui s’est effacé pour les

laisser passer.

ASSAISONNER

En principe, le chef du restaurant où vous mangez ou

les amis qui vous reçoivent ont assaisonné les aliments

qu’ils vous servent. Goûtez avant d’agiter le sel et le

poivre au-dessus des mets qu’on vous présente.

AUTOMOBILE

PERMETTEZ, MADAME…

À l’époque des carrosses, traîneaux et autres véhicules à

plancher surélevé, les femmes devaient s’appuyer sur le

bras d’un homme pour, à la fois, tenir leurs jupes, grimper sur

le marchepied et s’asseoir. Quand les premières voitures

automobiles apparaissent, au début du XX e siècle, les

femmes portent encore des jupes longues, les voies carrossables

sont boueuses et le plancher des voitures est

encore bien haut. Les hommes continuent de tenir la

portière pendant qu’elles s’appuient sur leur bras et, quand

ils raccompagnent une femme, ils s’assurent qu’elle soit

bien rentrée chez elle avant de s’éloigner. De petits gestes

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qui se sont perpétués jusqu’à s’imposer comme symboles

de galanterie masculine.

Confortable et sûre, l’automobile moderne qui circule

sur des routes également sécuritaires a rendu désuète

l’attitude protectrice des hommes à l’égard de leurs passagères.

Dans les belles années de la lutte féministe,

ces gestes ont même symbolisé la faiblesse féminine et

fait dire à toute une génération qu’aucun homme ne lui

ouvrirait de portes ! Un demi-siècle plus tard, au nom

de la politesse et du confort, les femmes demandent aux

hommes de revenir les aider à monter et à descendre de

voiture.

LUI ET ELLE — Malgré le temps écoulé, l’homme

continue d’ouvrir la portière et de la tenir ouverte tant

que la femme n’est pas assise. Il peut, avant de refermer

la portière, lui tendre l’attache de la ceinture de sécurité.

Quand elle s’apprête à descendre de voiture, il

vient ouvrir la portière et tendre un bras comme appui

pour l’aider à quitter le véhicule et à se redresser.

XXI e SIÈCLE — Les règles de politesse préconisées

à l’égard des femmes doivent être appliquées par les

femmes autant que par les hommes avec des passagers

faibles ou âgés.

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AVION ET TRAIN

Parmi les sources d’irritation qui plongent leurs victimes

dans la névrose, l’un des plus sérieux concerne les


atteintes à leur bulle personnelle. Au rayon des transports

publics, c’est du côté de l’avion que la patience est

la plus éprouvée. Pensons aux fouilles de plus en plus

fréquentes et invasives, menées sans amabilité. Pensons

aux heures d’attente à l’aller comme à l’arrivée et à

cette fi le où l’on vous presse comme du bétail. Pensons

au siège étroit et aux passagers qui, comble d’intrusion

dans cette bulle, monopoliseront les accoudoirs qu’ils

devraient partager. La suite est un bouquet du même

genre : le dossier devant s’inclinera vers vous ; le passager

arrière voudra se mettre à l’aise en poussant des

genoux sur votre dossier ; vos voisins iront fréquemment

se dégourdir les jambes dans l’allée et un ami du voisin

côté hublot viendra converser avec lui, par-dessus votre

tête, pendant plusieurs minutes…

JE N’EN PEUX PLUS — À ce jour, personne n’a

exprimé de plaisir dans les circonstances décrites

plus haut. Déplorer à haute voix ses frustrations ne

fait qu’ajouter à l’inconfort des autres prisonniers

de l’avion. Quant aux voisins de siège, on négocie

son espace en le réclamant poliment. Si c’est trop

périlleux, on peut toujours s’adresser à l’agent de

bord, mais la paix n’est pas assurée pour la suite du

voyage.

CONVERSER… — En général, on ne voyage pas dans

le but de se faire de nouveaux amis. Si une conversation

s’engage, évitez de la faire durer trop longtemps.

Si vous ne tolérez pas qu’on vous adresse la

parole, soyez gentil et annoncez votre intention de lire

ou le début de votre séance de méditation.

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ÇA SENT QUOI AU JUSTE — Dans le train ou

l’avion, on garde ses chaussures. On ne change pas

les couches de Chérubin sur le siège voisin. Si on

apporte un en-cas, on privilégie des mets froids qui

dégagent un minimum d’odeurs.

UN VRAI CHÉRUBIN — Votre enfant est certainement

merveilleux mais les autres passagers n’auront pas le

temps d’établir des liens affectifs avec lui. Sachant

qu’un enfant adore courir aux toilettes, commencez

par réserver des sièges près de cette section. Pour le

voyage, prévoyez des jouets et des jeux non bruyants

et retenez l’enfant auprès de vous. Si vous ne l’avez

pas encore éduqué, ce n’est pas pendant que les autres

passagers veulent lire ou se reposer qu’il est temps de

lui enseigner la vie en société. Un peu d’autorité de

votre part sera appréciée !

LUI ET ELLE — Plus robuste que sa congénère de

sexe féminin, l’homme a l’élégance de hisser le bagage

à main de sa compagne – et celui des passagers en

diffi culté – dans le compartiment à bagages de l’avion

ou du train.

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