dimanche 11 septembre

collections.citebd.org

dimanche 11 septembre

I

iiminm DIXIÈME ANNÉE : N° 498 IIMIIItlIllllllllllllllllllllllllllllllllllllllilllllllll

50 centimes 11 " M| "" «"«nmininiiSrii mim m LE 11 SEPTEMBRE 1932 iium»

I


■liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiitn,,,,,, ■iMiiiMimttiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiif Miiiiiiiiiniiiiiini tiMiiiiiiriiiiiiintiiiKiiiCtiu il iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ■■uiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiHiiiimn iiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiinliii

L'ARAIGNEE MANGEUSE D'OISEAUX

Cette énorme araignée au corps horriblement velu,

représentée ici à peu près de grandeur nature, vit

en Amérique du Sud. Elle est d'humeur très belliqueuse

et possède un venin fort dangereux qui lui

permet de s'attaquer même à de petits oiseaux.

UN AVERTISSEMENT SÉRIEUX POUR LES BANDITS

En certaines régions des Etats-Unis, les attentats contre les voitures automobiles

se sont multipliés avec une audace inimaginable. Aussi, tous les

conducteurs ont-ils décidé de réagir. Celui-ci a affiché sur son capot

cette mention menaçante : « Avis aux bandits ! le conducteur est armé ! »

PETITE ACROBATIE : LE PLANKING LA TÊTE EN BAS

Il n'est pas une plage où l'on ne pratique ce sport que l'on appelle « planking

» ou « aquaplane ». Mais il faut être doué de belles qualités d'acrobate

pour se tenir sur la planche, en pleine vitesse, la têtë en bas 1

UN CURIEUX ACCIDENT D'AUTO

La France n'a pas le privilège des accidents

bizarres. Cette auto qui dérapa, dans une

province des Etats-Unis, fit i»Ae telle embardée

qu'elle s'accrocha littéralement au

tronc d'un arbre en bordure';de la route.


-t-

FERS DE PRISONNIERS DE JADIS

On vient de retrouver dans la Tamise, à proximité

de la Tour de Londres, cette impressionnante chaîne

de fer qui aurait servi, d'après les archéologues

londoniens, au supplice d'un fameux pirate, le capitaine

Kid, jeté tout enchaîné dans le fleuve en 1701.

UN CLICHÉ RARE : LE SERPENT QUI CHANGE DE PEAU

On sait que chaque année, les reptiles changent de peau, et il n'est point

rare de retrouver dans la campagne de ces dépouilles desséchées. Mais

il est peu commun d'assister à l'opération même, comme nous le permet ce

cliché, remarquable qui nous montre une grosse couleuvre en train de muer.

LE CONTROLE DES HUITRES AU LABORATOIRE

Voici revenue la saison des huîtres. Mais en Angleterre on pratique des

prélèvements sur les arrivages et des spécialistes contrôlent les réactions

des huîtres par des analyses effectuées pour prévenir les épidémies possibles.

#


iiiimn DIMANCHE-ILLUSTRÉ iiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiKiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiHiiiiiiuii 2 iiiiiuBmiuimiiiiuiiuiniiimiuiiMiiuniuimiinrtmui n imiiii LE 11 SEPTEMBRE 1932 itmriii

VENTE AU NUMERO

France, Colonies 0.50

Pelgique 0.75 belges

Êtianger 1 fr.

Anémie - Débilité

Convalescence

Fièvres - Paludisme

QUINIUM

LABARRAQUE

le plus puissant

TONIQUE

Reconstituant

Maison FRÈRE

19 r. Jacob, PARIS

COMPTOIR f*r* * 2 ) Rua V«tor.Hu B a, 59. LYON

SITUATION LUCRATIVE

INDEPENDANTE, MEME CHEZ SOI, SANS CAPITAL

Jeunes ou vieux des 2 sexes, demandez cela a

l'unique Ecole Supérieure de Représentation, fondée

par les industriels de l'« Union Nationale du

Commerce extérieur », seuls qualifiés pour voua

donner diplôme et situation. ON GAGNE EN ETU-

DIANT. Cours oraux et par correspondance, quelques

mois d'études suffisent. Brochure 6 gratis.

S bis. rue d'Athènes. Paris.

DIMANCHE-ILLUSTRÉ

Tél. : Provence 15-22,23 ou 24 - Administration, abonnements : 20, r. d'Enghien, Paris-X e - C le ckèquei post. n° 5978

£57 EN VENTE PARTOUT DÈS LE SAMEDI

Services de Publicité : 118, Avenue des Champs-ÉIysées — Téléphone: Elysées 65-94 à 65-98

Pourquoi Vous Serez

Embellies Si Vous

Employez la

POUDRE

TOKALON

Parce que grâce à la " mousse de crème '

qu'etle.contient la Poudre Tokalon possède ces

qualités exclusives :

* les pharmacies au prix de iOfrs et 14frs.85.

TARIF DES ABONNEMENTS

3 mois - 6 moù Un an

France, Colonies. 6 fr. 12 fr. 24 fr.

Belgique 9 fr. 18 fr. 35 't.

Étranger 15 fr. 28 fr. 55 f'.

AU SECOURS

QUE CET HOMME SOIT

VOTRE MENTOR ET AMI!

m

Lecture gratuite de votre vie!

Il donne des conseils concernant les affaires,

le mariage, la santé et les questions de ménagea.

Le D r Cooper dit : « L'exactitude surprenante

avec laquelle il Ht votre passé et votre avenir

est saisissante. Si tout homme

avait eu un mentor fidèle

comme lui à ses côtés, dès

le début de sa carrière, il

aurait pu éviter les désappointements

et les chagrins

accablants du passé. »

Il dit lui-même : « Je serai

dans votre vie de telle sorte

que je puisse faire quelque

chose de bien pour vous; ne

négligez donc pas de m'en

donner la possibilité. Eiivoyez-moi

votre nom et votre

adresse, ainsi que votre date

de naissance, le tout écrit

lisiblement, et, si vous le

jugez bon, joignez 2 francs

en timbres-poste, détachés,

de votre pays (pas de pièces

de monnaie) pour couvrir les frais d'écriture et de

port. Il vous fera parvenir gratuitement une lecture

de votre vie. Astral DépL 6.374, rue de Joncker,

41, Bruxelles (Belgique). Affranchir chaque lettre

à 1 fr. 50.

NE VEGETEZ PLUS...

dans un emploi sans avenir ! Instruisez-vous,

ajoutez des connaissances à celles que vous possédez

déjà, et il se trouvera toujours un chef de

Maison qui vous appréciera et vous permettra

de mettre 'en valeur vos capacités et votre expérience.

Apprenez chez nous, sans déplacement, la

Comptabilité, la Sténo-dactylo, les Langues étrangères.

Demandez le programme gratuit N° 5 à

Jamet-Buffereau, G. lîilliard et Cie, experts-comptables

diplômés de l'Etat, 96, r. de Rivoli, à Paris.

HHBEBS Seule i'ELECTROLYSE I

I détruit la racine des duvets durcis par l'épilatoire

Mm» CHAPON (diplômée) garantit les résultats I

L_. Il, rue de l'Etoile, Paris (M fond, en 1921)

Des joues tendues, des couleurs

fraîches, un sang généreux

'» un vrai Bébé Nestlé !

Sa maman lui a donné, au bon

moment, les savoureuses, saines et

nourrissantes bouillies que fournit

la

FARINE LACTÉE

NE STLÉ

riche en lait et en vitamines

" l'aliment idéal des enfants "

Gratuit: échant. et broen. vr VTDAL. NESTLE, 25, av. Mfcnefet, S'-Ouen (Seine)

LES CAFES GILBERT SONT LES MEILLEURS


«tiiiiiin LE 4 SEPTEMBRE 1932 ■■■■■■■■■utiiiiiiiiiiii i ■niiiiiiiiiiiii i iiiiiiiiiu i iiinir 3 "'»'■ " » > iiiiiiiin liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii DIXIÈME ANNÉE: N° 498 IHIIII»

DIMANCHE-ILLUSTRÉ

ENTRE NOUS du

Vous trouverez dans le Larousse

XX E siècle cette définition :

« EMIGRETTE, n. f (de émigré, ce jeu

étant en vogue au moment de l'émigration

française). Jouet consistant en un disque de

bois, d'ivoire, etc., qui monte et descend le

long d un cordonnet. »

„ c„ n en ^ aut P as P lus pour nous permettre

a affirmer :

— L'émigrette, c'est notre yo-yo !

Le musée Carnavalet conserve d'ailleurs

quelques émigrettes... Je suis allé les voir et

j ai constaté, une fois de plus, que, décidément,

il n'y a rien de nouveau sous le soleil,

même celui de Deauville ou de Juan-les-

Pins. '

On nous avait cependant dit :

— Le yo-yo est d'origine américaine...

Et c'est peut-être même parce qu'il passait

pour nous venir du pays de l'oncle Sam et

de Bébé Daniels que nous lui avons fait un

si grand succès.

^ A vrai dire, ce succès commence à

s'épuiser. Le yo-yo est devenu un article

de camelot : il ne coûte plus que trois francs,

après en avoir- valu dix. Demain, il sera à

quarante, à vingt sous... Et plus personne

n'en voudra. Ce jeu, qui était snob, n'a aucune

chance de réussite dans les « couches

profondes » : vous verrez, dès les premières

pluies d'automne, le yo-yo ira rejoindre les

vieilles lunes et les émigrettes d'antan, mais

il aura triomphé pendant l'été de 1932 : chacun

sait, ou saura, que les grandes passions

ne durent pas.

Quoi qu'il en soit, c'est un fait, le yo-yo

est, comme jadis le diabolo, un vieux jouet

bien français qu'un habile lancement a remis

à la mode en lui attribuant une origine transatlantique

: de même le croquet, le tennis, le

foot-ball, le basket-ball, le bowling, etc.,

étaient, sous d'autres noms, pratiqués par

nos pères et nous sont revenus d'outrei

Manche pour que nous puissions dire :

— Ces sports sont vraiment d'admirables

inventions... Ah ! ces Anglais ! Sans eux,

nous n'aurions jamais pensé à lancer des

balles, à courir après un ballon ou à renverser

des quilles avec une grosse bille de bois !

- ■..f .4 .'Jjjjprf--

E

N vérité, il est extrêmement difficile de

faire du nouveau en matière de jeu...

Les cartes, les échecs sont vieux comme la

vieille Chine, qui a des milliers d'années ; les

toupies, les cerceaux, les osselets amusaient

-déjà les enfants de Pompéi ; on peut voir des

damiers gravés sur les dalles de la basilique

Julia, au forum romain ; le jeu de l'oie date

des Grecs qui assiégeaient Troie ; nos mots

croisés ne sont, en somme, qu'un perfectionnement

ou une complication des carrés syllabiques

de nos grands-pères, lesquels les

avaient sans doute empruntés à quelque ancien

amateur de distractions plus ou moins

intellectuelles. Et il est ainsi de tous nos

jeux, qu'ils soient pour les grands ou pour

' les petits. Le chapitre des plaisirs ne prête

pas moins aux propos rétrospectifs.

Vous me direz :

Pardon, le tabac est moderne ! Les Romains-

et les Grecs ne le connaissaient pas.

Soit, mais Jean Nicot n'inventa rien... Des

peuples exotiques fumaient depuis une époque

immémoriale et c'est à leur exemple que

tant de gens aspirent et rejettent une âcre

fumée au grand dam de leur santé, mais à la

grande satisfaction de la Caisse d'amortissement.

Vous me direz encore :

Nous avons inventé le plaisir d'aller

vite... La volupté de la vitesse pour la vitesse

est bien de notre temps. Nous pouvons

revendiquer cette innovation-là !

Ce n'est pas vrai non plus. Car tout est

relatif, et le cavalier, le conducteur de char,

voire le voyageur qui, en voiture de poste,

brûlait les étapes goûtaient un aussi vaniteux

plaisir que celui de l'automobiliste qui « fait

du cent à l'heure ».

CLÉMENT VAUTEL.

REFLEXIONS DU DIMANCHE

LE jeune Georges, ayant terminé ses fermer tout un monde de plaisir intellectuel.

études, a été envoyé à l'étranger, pour C'est se couper le nez pour vexer son visage

un an ou deux, avant qu'on ne le mette » Un jeune homme ne peut rien faire de

définitivement aux affaires.

plus malheureux que de s introduire dans

Un jour, l'oncle Henri se trouvait présent une conclusion quelconque et de fermer la

lorsque la famille reçut la lettre hebdoma- porte derrière lui.

daire de l'exilé. « Tiens, tiens, dit-il ; don- » Toute grande œuvre d'art, de lettres,

nez-là moi : c'est moi qui vais répondre à d'architecture, qui a été consacrée par l'ad-

cette missive. »

miration des hommes, durant un siècle, ou

Vot'ci ce qu'il écrivit à Georges : davantage, représente pour toi une source

« Mon cher garçon, j'ai demandé à répon- de culture et de joie.

dre, moi-même à ta lettre du quatorze cou- » Naturellement, je n'ai nulle envie de

rant, parce que, ayant été autrefois profes- te voir devenir un snob intellectuel, un de

seur, je ne puis me défaire de l'habitude de ces perroquets, qui s'en vont, répétant qu'ils

reprendre et d'exhorter les jeunes gens.

aiment ceci et cela — c'est-à-dire les choses

» Naturellement, comme tout le reste des

célèbres — uniquement pour montrer leur

hommes, tu adores qu'on te montre tes dé-

bon goût. Sois sincère. Mais en même temps,

fauts et qu'on te dise comment tu pourrais

so/s humble, sois prêt à te laisser instruire, et

t'en corriger. C'est pourquoi je n'hésite pas à

tu découvriras que le passé a beaucoup à

t envoyer cette homélie pour te dire que tu

as un défaut qui me tracasse fort.

l'apprendre.

s> C'est l'habitude que tu as prise de te for-

>•> La mauvaise formation de l'esprit

mer une opinion, et, quand elle est bien as- comporte deux extrêmes. A l'un, on trouve

sise, bien installée dans ton esprit, de cher- ces gens positifs — jeunes ou non — qui

cher des raisons pour l'appuyer.

disent d'un ton tranchant : « Je n'aime pas

» Ecoute les conseils de ton vieil oncle. ceci, et j'aime cela. Ce dont je vous parle,

Garde ton esprit bien ouvert. Ne fixe rien. est comme ceci, et non comme cela. » C'est

Souviens-toi de cet auteur du dix-septième à eux. sans doute, que Montaigne pensait,

■siècle qui voulait décrire les 'péripéties du quand il disait : « On me ferait haïr les cho-

siège d'une certaine ville. Notre historien fit ses, vraisemblables, quand on me les plante

demander, par courrier, des détails à certains pour infaillibles. » Ces présomptueux déci-

militaires présents au dit siège. Mais la dent ainsi de choses, dont la valeur artis-

ville était distante, les voyages difficiles. tique on intellectuelle a été décidée, avant

Bref, quand les renseignements arrivèrent : même qu'ils fussent nés, par des gens plus

« Merci bien, dit l'écrivain, mais... mon siège intelligents qu'eux.

est fait. »

» L'autre extrême appartient à ces jeunes

» Le siège, exact ou non, resta comme il gens qui sont prêts à s'extasier sur tout ce

était.

qu'un petit groupe d'esthètes, de futuristes,

» Mon- neveu, que ton siège ne soit jamais ou de cubistes, offre à leur admiration.

fait... par avance. Rien n'est plus mauvais » Ecoute, je vais t'indiquer la meilleure

pour la jeunesse que la certitude, surtout en façon de t'en tirer : Sois franc. Si tu n'aimes

matières de culture, de psychologie, ou d'art. pas un chef-d'œuvre, dis-le. Seulement, ne le

» Si la partie la plus intelligente du monde dis pas comme si tu étais un génie supérieur,

s'est accordée, depuis un certain nombre redressant les erreurs de l'humanité. Dis-le-,

d'années, pour affirmer qu'une chose est à la façon d'un être jeune, dont le pouvoir

belle, nul « moins de trente ans » n'a le droit d'appréciation n'est pas mûr, mais qui est

de dire le contraire. Choisir, par opposition, avide de se former. »

une opinion différente, et s'y tenir, c'est se

FRANK CRÂNE.

LA SEMAINE PROCHAINE

- LUNDI 12 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 23 ; coucher : 18 h. 10.

Lever de la lune : 17 h. 29 ; coucher : 2 h. 14.

Le jour décroît : 2 m. matin ; 2 m. soir.

Saint RAPHAËL : 256" jour + 110.

Courses hippiques à Vincennes-

- MARDI 13 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 24 ; coucher : 18 h. 8.

Lever de la lune : 17 h. 45 ; coucher : 2 h. 14.

Le jour décroît : 1 m. matin J 2 m. soir.

Saint MATJRILLB : 257 E jour + 109.

Courses hippiques au Tremblay.

- MERCREDI 14 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 26 ; coucher : 18 h. 6.

Lever de la lune : 17 h. 59 ; coucher : 4 h. 44.

(Pleine lune à 21 h. 6.)

Le jour décroît : 2 m. matin ; 2 m. soir.

EXALTATTON DE LA SAINTE-CROIX : 258 E jour + 108

Courses hippiques à Chantilly.

-, JEUDI 15 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 27 ; coucher : 18 h. 4.

Lever de la lune : 18 h. 11 ; coucher : 5 h. 55.

Le jour décroît : 1 m. matin ; 2 m. soir.

Saint NICOMEDE : 259 E jour + 107.

Courses hippiques au Tremblay.

- VENDREDI 16 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 29,; coucher : 18 h. 2.

Lever de la lune : 18 h. 24 ; coucher : 7 h. 5.

Le jour décroît : 2 m. matin ; 2 m. soir. ;

Saint CYPRIEN : 260" jour + 106.

Boxe : réunion hebdomadaire à Wagram.

- Courses hippiques à Vincennes.

- SAMEDI 17 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 30 ; coucher : 18 h.

Lever de la lune : 18 h. 38 ; coucher : 8 h. 14.

Le jour décroit : 1 m. matin ; 2 m. soir.

Saint LAMBERT : 2Gl e jour + 105.

Courses hippiques à Vincennes.

- DIMANCHE 18 SEPTEMBRE

Lever du soleil : 5 h. 31 ; coucher : 17 h. 57.

Lever de la lune : 18 h. 54 ; coucher : 9 h. 23.

Le jour décroît : 1 m. matin ; 3 m. soir.

Sainte SOPHIE : 262 e jour + 104.

Football : deuxième journée du championnat

de France professionnels : Bacing C. P.

contre Olympique Lillois, au stade Jean-

Bouin ; Club Français contre Sète, à Buffalo.

- Athlétisme : France-Allemagne, à Dilsseldorj.

— Courses hippiques à Longchamp et

à Dieppe.

AUJOURD'HUI DIMANCHE n SEPTEMBRE 1932

Football : Première journée du Championnat de France professionnels : Red

Star contre Antibes, au stade Elisabeth ; Racing C. P. contre Hyères, au

stade Jean-Bouin. — Marche : Grand Prix de Paris (15 km.), organisé sous

le patronage du Petit Parisien, au bois de Vincennes. — Athlétisme : Challenge

du Mille et sélection en vue de France-Allemagne. — Cyclisme : Du

11 au 18 septembre, fête fédérale à Bruay. — Courses hippiques à Chantilly

et à Olairefontaine.

SOYONS AU COURANT...

...de l'indice des prix de gros.

ES services de la statistique générale de la

L France publient les indices économiques

pour la semaine qui a fini le 3 septembre 1932.

D'après ces indices, les prix de gros sont

demeurés absolument stationnaires depuis

huit jours. Le nombre des chômeurs est en diminution

(263.068 au lieu de 265.473).

Les prix de gros sont en augmentation aux

Etats-Unis (89,5 au lieu de 88,8), en Grande-

Bretagne (90,7 au lieu de 88,8), et en Allemagne

(95,2 au lieu de 94,8).

...de la tenue militaire des réservistes.

ES sous-officiers, caporaux ou brigadiers-

L chefs de réserve qui possèdent une tenuo

militaire peuvent la revêtir dans les circonstances

suivantes : séances d'instruction des

écoles de perfectionnement, séances d'instruction

des sociétés de préparation militaire dans

lesquelles ils remplissent des fonctions d'instructeur,

cérémonies militaires, convocations

devant l'autorité militaire. La tenue doit être

correcte et réglementaire et les porteurs de

cette tenue doivent se conformer à la discipline

militaire.

...de la réduction des contributions pour

charges de famille.

E Conseil municipal de Paris a décidé, au

L mois de juillet, que pour l'assiette de la

contribution mobilière en 1933 il serait déduit

de la valeur locative d'habitation à chaque

contribuable, à titre de minimum de loyer,

une somme uniforme de 800 francs, laquelle

sera, en outre, augmentée de 800 francs pour

chaque personne à charge du contribuable.

Les chefs de famille ayant des personnes a

leur charge, pour bénéficier de ces réductions,

doivent adresser à la mairie de leur arrondis-;

sèment, avant le 15 octobre prochain, les indications

suivantes :

1° Nationalité du chef de famille ;

2° Noms et prénoms des personnes à la

charge du chef de famille ;

3° Qualité (père, mère, grand-père, grandmère,

fils, fille, etc.).

4° Date et lieu de naissance des personnes

à charge ;

5° Eventuellement leurs infirmités...

Des formules spéciales sont à la disposition

des déclarants dans les mairies.

Ont également intérêt à faire connaître leur

situation en vue de bénéficier éventuellement

d'une exonération.

1° Les veuves de guerre non remariées, le3

femmes d'aliénés de guerre pensionnés si elles

n'occupent pas un logement d'un loyer supérieur

à 1.600 francs.

2° Les contribuables ayant eu au moins un

enfant tué à l'ennemi quelque soit le chiffre

de leur loyer.

...de l'ouverture de nouvelles salles au musée

de l'armée.

E nouvelles salles seront inaugurés en oc-

D tobre, par le président de la République.

Déjà une salle a été ouverte en juillet, contenant

des armes de l'époque de Louis XIII.

Dans le prolongement de cette salle s'en ouvrira

bientôt une autre qu'on appellera salle

Vauban, ou salle Louvois, et qui contiendra

des armes des xvniî, xix' et xxe siècles, soit

pour les deux salles, longues de près de

120 mètres environ, 6.000 pièces diverses.

Entre ces deux salles, une troisième, de dimensions

plus restreintes, actuellement consacrée

aux armes orientales, recevra les armes

de l'âge de pierre. L'artillerie étant installée

au 1er étage, le rez-de-chaussée permettra

donc de suivre l'histoire de toutes les armes

offensives portatives de l'époque préhistorique

jusqu'à nos jours, depuis l'arbalète jusqu'aux

armes automatiques.

...du prochain congrès de la natalité.

L A XIVe session annuelle du congrès national

de la natalité et des familles nombreuses,

honoré du haut patronage du président de la

République, siégera du 23 au 25 septembre, à

Dijon.

Elle sera précédée de l'assemblée générale

de la Fédération nationale des associations de

familles nombreuses qui groupe plus de

300.000 familles et dont le président est

M. Georges Pernot, député du Doubs, ancien

ministre.

Le congrès sera présidé par M. Georges Risler,

membre de l'Institut, président du conseil

supérieur de la natalité. Il sera suivi du

congrès des commissions départementales de

la natalité.

iMiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 111111111111111111 1111111111 mil 1111111111111111111111111111111 ■ 111 lUMMiiinuiinnniMiiiiiiTininiiiiiiiiiiliiMiniiiiiniMiiiiiiHiiiMiiiiiininiiiMMiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

LE PROBLEME DES MOTS CROISÉS

HORIZONTALEMENT. — 1. Médicament à base de savon

aromatisé ; 10. Note ; 12. Terme musical ;

13. Genre d'insectes hyménoptères ; 15. Esquiva ;

16. Celui qui capture certains insectivores ; 17.

Chaîne de montagne de France ; 19. Fatigué ; 20.

Saillie laissée à une pièce de bois ou de fer ;

21. Habitude ridicule ; 23. Durée d'une révolution;

25. Genre de composées ; 27. Note ; 28. Ville

d'Italie ; 30. Vous... tenterez une chose ; 32. Se dit

des branches privées de leurs rameaux ;34. Adverbe

; 35. Saint pyrénéen ; 36. Pronom ; 37. Possessif

; 39. Qualité bonne ou mauvaise d'une

chose ; 42. Chef-lieu de canton du Cantal ; 43.

Homme grossier, mal élevé ; 44. Rivière d'Alsace ;

45. Un habitant de l'Italie ancienne ; 47. Patriarche

hébreux ; 48. Conflit ; 50. Article ; 51. Composés

chimiques ; 52. Un des fils de Jacob ; 53. Dépravé.

VERTICALEMENT. — 1. Apophyse saillante dans le

cubitus ; 2. Quatre lettres de « Pévèle » ; 3.

Femme de Charles V ; 4. II... commencerait a

compter à partir d'une certaine époque ; 5. Us sont

nombreux sur la côte languedocienne ; 6. Saint de

Normandie ; 7. Enlevas ; 8. Terroir ; 9. Fantassin

grec ; 10. Connues ; 11. Mot grec qui signifie

« air » ; 14. Ministre de Charles VII ; 16. Extrémités

renflées de certains objets ; 18. Ville de

Sicile ; 22. Jeunes femmes élégantes et de mœurs

faciles au xix« siècle ; 24 Genre de chauves-souris;

26. Femme célèbre par son esprit et par sa beauté

(1777-1849) ; 29. Chef-lieu de canton de la Vienne ;

31. Poète français (1589-1670) ; 33. Ville de Syrie,

sur l'Oronte ; 35. Chef-lieu de canton de la Haute-

Loire ; 88. Roi de Juda ; 40. Durée ; 41. Général

suédois (1598-1641) ; 42. Mit en vers ; 46. Céréale ;

49. Terminaison de verbe à l'infinitif; 51. Pronom.

Nous publierons dans le prochain numéro, la solution de ce problème, qui, ne

comportant aucun classement, dispense nos lecteurs de nous envoyer leur solution.

A gauche ; Problème proposé ; à droite : Solution du problème paru dans le dernier numéro.

isaisHiûiaiia HWHII

KKdH Sffi HEU ffi

flHiifl ffi

HmiBiiiBiBia@- B@


» 11111 ii îi ■ ni 1111 ti 111 n 111 ■ 1111 m i MIIIIII mil m i ■ utiiiii LE 11 SEPTEMBRE 1932 minuit

WIHIUI DIMANCHE-ILLUSTRE niiMWiiiiiiiiimiimmimmuimni ■■■IIIIIIIIIII iiimiti miiiii 4 iinii"«»y ,,' ,,,,,,,,,,"" ," M ■ ■ M"

LA SEMAINE QUI

VIENT DE S'ÉCOULER

1" SEPTEMBRE

L'aide-mémoire du Rcich pour l'égalité des armements

suscite de l'émotion de toutes parts.

M. Herriot fait part au chargé d'affaires de

Grande-Bretagne de la communication reçue de

Berlin, confère avec MM. Paul-Boneour et Paganon

puis soumet le document afci conuel! de cabinet.

— On arrête à Paris un comptable, M. André

Bouché, qui avait détourné trois millions et demi.

— L'adjudant aviateur Weigel tombe de son

appareil en plein vol, près de Chartres, et se

tue.

2 SEPTEMBRE

M. Jimmy Walker, maire de New-York, démissionne.

Les poursuites entreprises contre lui par

le gouverneur sont abandonnées.

— Les cinq nazis condamnés à mort par le tribunal

de Beuthen sont grâeiés.

— Le champion du monde de boxe poids mouches,

le Français Perez, bat aux points, à Paris,

l'Espagnol Arilla.

3 SEPTEMBRE

M. Herriot développe, en Conseil des ministres,

le texte de la réponse à l'aide-mémoire allemand.

Ses auditeurs s'associent sans réserve à son exposé.

— A Berlin, en présence de l'ex-kronprmz et du

chancelier von Papen, les « Casques d'acier »

exaltent le militarisme et exécutent des manoeuvres

de guerre.

— Le cycliste allemand Richter gagne, à Rome,

le championnat du monde de vitesse, amateurs.

4 SEPTEMBRE

M. Georges Bonnet préside, à Stresa, la séance

inaugurale de la conférence pour la restauration

économique et financière des pays de l'Europe

Centrale et Orientale.

— A La Courneuve, une auto tombe de huit mètres

sur la voie ferrée, après avoir défoncé le parapet

d'un pont. Il y a deux morts et deux blessés.

■— La finale du championnat du monde de vitesse,

professionnels, disputé à Rome, est gagnée

par le cycliste belge Scherens, devant Michard.

5 SEPTEMBRE

L'aide-mémoire sur les armements est publié à

Berlin. Il s'accompagne de déclarations faites par

M. von Neurath pour justifier la procédure adoptée

et les prétentions émises.

— Le rapide Paris-Vintimille déraille près de

Marseille à un endroit de la voie où l'on remplaçait

des rails. Il y a dix blessés dont cinq

grièvement atteints.

— L'aviatrice américaine Mae Haizlip bat, à

Cleveland, le record féminin de vitesse à la

moyenne de 411 km. 120.

6 SEPTEMBRE

■ Le conseil de cabinet approuve le texte de la

réponse française aux revendications allemandes.

Communication n'en sera faite à Berlin qu'après

réception des avis demandés au cabinet de Londres

et aux autres gouvernements intéressés.

— A Stresa, M. Georges Bonnet fait un large

exposé de la thèse française et se déclare opposé

à une politique de prêts.

— L'avion Famille-Volante atterrit à Julianehaab

(Groenland). Prochaines escales, Islande, lies Féroé

et Edimbourg.

BAPTEMES

Pour le baptême de Bébé, \

demander l'envoi gracieux d'un A

échantillonnage de Dragées ■

MARTIAL avec l'album des boîtes I

de baptême et surtout les H

prix de la 4

FABRIQUE DE ' I

DRAGÉES MARTIAL I

II, Ru» Rospail à IVRY (Seine) j

BIBLIOTHEQUE

DE HA FILLE

riche de plus de 200 volumes, est la

vraie collection du foyer. Les jeunes

filles et leurs mères lisent avec un

égal intérêt ses exquis romans.

Dernières nouveautés :

JEUNESSE CAPTIVE

par Emmanuel SOY

MADEMOISELLE DE MARSAY

par Jean de MONGLONE

UNE CURE MERVEILLEUSE

par LUBY

LES BIEN-AIMÉS, par Yvonne LOISEL

Quelques volumes précédemment parus :

BRIGITTE JEUNE FILLE, BRIGITTE JEUNE

FEMME, par Berthe Bernege - MOUNE

RACONTÉE PAR ELLE-MEME, par Renée

Maquet (ces deux volumes couronnés par

l'Académie Française - DANS LE 3 RUINES,

par Delly - LE VENT DES CIMES, par J. de

Coulomb - L'ANDANTE DE LA SYMPHONIE,

par Eric de Cys - LA ROUTE DE L'EMPE-

REUR, par André Bruyère - TAIS-TOI MON

CŒUR, par P. de Saxel - MON AMI, par

Pierre villetard (lauréat du grand prix du roman

à l'Académie Française).

J Broché 8 fr. 50 f

Relié 12 fr.

EDITIONS GAUTIER-LANGUEREAU

Irritation

de te Peau

La Pommade Cadum calme et guérit

toute irritation ou inflammation de la

peau, et assure des nuits de sommeil

paisible aux personnes sourïraiit. depuis

des années âWtectio&s cutanées.

Bien des souffrant sont évitées en

employant à temps la Pommade Gadum

contre l'eczéma, les boutons, dartres,

gale, éruptions, écorchures. hémorroj.les,

urticaire, croûtes, coupures.

É

A L' O R D R E D U JOUR

DE LA COUR D'ASSISES AU CHA TMEh T SUPRÊME

par HENRY MÉGUIN

M

Un très grand et tom récent procès d'assises ayant entraîné une condamnation capitale,

nous avons été amenés à demander pour nos lecteurs au directeur d'une importante prison

de Paris de vouloir bien nous dire ce qu'est l'existence des condamnes a mort,

dans leur cellule, et comment ils y emploient les derniers jours de leur vie limitée. Ce haut

fonctionnaire nous a donné les détails curieux et bien peu connus que l'on va lire ici.

INUTE, entre toutes, dramatique ! Le

procureur qénéral, avocat de la victime,

a réclamé d'une voix tonnante,

le châtiment suprême pour l'inculpé. Le dé-

fenseur de celui-ci, de toute sa science dialectique

et de tout son cœur, s'est efforcé

d'éveiller la pitié dans l'âme des jurés. Puis

le jury, après une longue délibération, est

rentré en séance ; le président des assises

a communiqué son verdict et prononcé la

peine. La justice des hommes, parfois si

imparfaite, a passé et le public, atterré, se

courbe devant la tragédie du fait accompli.

Alors l'homme sur qui pèse la décision fatale

s'en va, entouré des gardes qui l'entraînent.

Les portes du monde, les portes de la vie

même se referment sur lui. Sans doute a-t-il

deux recours avant l'issue fatale. D'abord,

L'ENTRÉE DE LA PRISON

son avocat, rompu à toutes les procédures,

lui.fera signer son recours en cassation. Si ce

pourvoi est rejeté, il lui reste, suprême, espoir,

la clémence présidentielle qui fera de

lui, pour toute la vie, un .bagnard. Mais, du

moment où il quitte les assises jusqu'à celui

de la grâce ou de l'issue fatale, que devient

le condamné, comment use-t-il ses derniers

jours d'existence ?

Dès le lèndemain de la prononciation de

la peine, le condamné est amené à la prison.

On le place dans une cellule « spéciale

». Elle n'a cependant rien d'aussi

spécial qu'on serait tenté de l'imaginer. Elle

est aussi confortable qu'une cellule peut

l'être, mais on en a retiré soigneusement tous

les objets qui pourraient, à la rigueur, servir

d'arme au prisonnier, soit pour se suicider,

soit pour attaquer son gardien.

En réalité, l'administration s efforce

d'adoucir, autant qu'il est en son pouvoir,

les rigueurs d'une détention qui n'est

effroyablement cruelle que parce qu'elle

peut se terminer par la mort. Lorsque nous

sommes entrés dans cette prison, nous nous

attendions à trouver des hommes durs, insensibles

à toutes les douleurs humaines et

cuirassés à jamais contre les cris de désespérance

qui doivent s'élever, souvent, le long

de ces murs terribles, près de ces portes

aux impitoyables verrous.

Nous nous étions trompé. Il y a de la

douceur et de la pitié dans les yeux de ce

gardien au masque rude, comme il y en a

dans le regard du directeur qui nous accueille.

Ces gens sentent toute la gravité

triste de leur mission. La réalité est assez

terrible pour qu'ils n'aient point besoin

d'y ajouter aucune brimade, aucune cruauté

inutiles.

Les condamnés de droit commun qu'abrite

cette prison ne sont guère considérés et le

règlement leur est strictement appliqué dans

toute sa rigueur légale.

Au contraire, les

condamnés à mort

bénéficient d'un régime

de faveur, ne

serait-ce déjà que

pour la nourriture.

On leur donne, matin

et soir, en plus de la

soupe traditionnelle,

un plat de viande

garni de légumes,

un dessert et un demilitre

de vin. Ils ont,

en outre, du pain à

peu près à volonté.

Autrefois, la coutume

voulait qu'un

gardien tînt le plus

souvent compagnie au

condamné. Il lui lisait

aux cartes avec lui, s'efforçait, en un mot, a

le distraire. On a dû renoncer à ce système

qui a donné lieu souvent à de regrettables

abus: Peu à peu, les gardiens s'habituaient

à « leur » condamné,'la discipline se relâchait

et parfois le prisonnier en profitait

pour chercher à s'évader. A présent, le

condamné demeure seul dans sa cellule, surveillé

constamment par le gardien, grâce à

un guichet ménagé dans la porte.

Il est entravé aux pieds par une chaîne

d'acier cadenassée qui lui laisse cependant

une certaine liberté de mouvements. Il ne

s'agit point ici d'un raffinement de cruauté,

comme on pourrait le croire, mais le bruit

de cette chaîne qui, d'ailleurs, est assez léqère,

avertit le gardien des moindres mouvements

du prisonnier. Il en faut tout redouter,

car on a vu des condamnés attenter

à leurs jours ou assassiner, leur gardien

en mettant à profit un moment d'inattention

de ce dernier.

La nuit, toujours par crainte d'un suicide

possible, on met des menottes aux prisonniers.

C'est peut-être là le traitement le

plus pénible qu'ils aient à souffrir.

Les occupations quotidiennes

N laisse aux prisonniers toutes les faci-

O lités pour lire, écrire ou travailler. La

prison possède une bibliothèque de plusieurs

milliers de volumes, et le condamné

peut demander tous les livres qu'il désire.

On lui fournit également du papier et des

crayons, mais pas de plume ! L'un d'eux a

trouvé le moyen de crever l'oeil d'un gardien

avec sa plume et un autre a réussi à se couper

une artère avec la grosse extrémité d'une

« sergent-major » patiemment aiguisée.

D'autre part, on donne au prisonnier, s'il

le demande, un travail à effectuer en rapport

avec ses aptitudes, à condition qu'il ne comorte

l'emploi d'aucun outil de fer ou d'acier.

E,a plupart du temps ils fabriquent de menus

objets ou font du pliage. Ce qui importe,

avant tout, à la direction de la prison, c'est

de ne pas laisser le cerveau- du condamné

demeurer trop inactif, ou pire encore, trop

occupé de l'échéance fatale qui l'attend.

Au surplus, le condamné est autorisé à

recevoir des visites ; d'abord celle de

son avocat, qui peut le voir chaque fois

qu'il le désire dans sa cellule. Puis, s il îe

aemande, l'aumônier de la prison, ou un

ecclésiastique appartenant à une autre confession,

si cela est nécessaire, lui prodigue

les secours de la religion. Il est à noter,

d ailleurs, qu'à part quelques criminels endurcis,

les véritables brutes, la plupart des

condamnés ont une tendance à revenir aux

pratiques de la religion de leur enfance

qu'ils ont bien souvent tout à fait négligée

jusqu'à leur forfait. D'autre part, les parents,

les amis même du prisonnier ont la possibilité

de venir le voir au parloir de la prison,

à condition d'en avoir reçu l'autorisation du

procureur général.

Une mesure d'humanité

qui s'imposerait

INSI, jour après jour, le moment de l exé-

A cution s'approche lentement, lentement.

Un matin, avant l'aube, sans que rien la

veille ait pu le lui laisser prévoir, on viendra

réveiller le condamné suivant un rite bien

connu, réédité cent fois par les journaux, et

on le conduira au pied de la tragique machine

de mort.

En évoquant ce moment terrible, le directeur

qui nous renseigne et que de longues

années de service et la fréquentation

de nombreux criminels ont endurci, cependant,

ne peut cacher son émotion.

— Ah ! dit-il, certes, il faut en venir

là, puisqu'il y a condamnation capitale et

que cette condamnation doit être exécutée.

Mais, du moins, il me semble que ce serait

faire oeuvre humaine que d'abréger autant

les journaux, jouait - L'INTÉRIEUR ET L'EXTÉRIEUR D'UNE

CELLULE DITE

que possible l'attente effroyable qui tor-f

ture le prisonnier avant son châtiment.

» Dans l'ancienne législation, vous le savez,

la justice était beaucoup plus prompte à.

frapper. Sans vouloir rouvrir l'éternelle querelle

des partisans et des adversaires de la

peine capitale, on peut dire que cela valait

beaucoup mieux. Aussitôt après le verdict,

le pourvoi en cassation, puis la demande

de grâce, — si ces deux moyens de

sauver sa tête sont inopérants, — l'exécution

devrait suivre dans un délai minimum.

J'ai reçu, au cours de ma carrière, bien des

confessions de condamnés à mort. Ils m'ont

tous avoué que ce dont ils souffraient le plus

était justement cette pensée, inlassablement

lancinante et horrible, de l'échéance fatale,

et surtout l'attente interminable qui la pré-

LE PAVILLON DES CONDAMNES « SPECIAUX »-

cédait. Nous avons eu ici un meurtrier,

exécuté depuis longtemps déjà. Il a attendu

près de cinq mois la décision finale.

» Il n'en pouvait plus et suppliait lui-même,

à genoux et en pleurant, qu'on en finisse.

Dans le public, on pense parfois que les

condamnés sont, au contraire, heureux de ce -

dernier répit qu'on leur accorde. ]e suis en

mesure de vous jurer que cela est faux dans

la proportion de neuf cas sur dix. Si la

société, pour se défendre, doit punir,

qu'elle tâche au moins de ne pas ajouter,

par ses intolérables lenteurs, aux tortures

morales de l'homme qu'elle a décidé de

frapper. > s

Il semblerait, d'ailleurs, que le fait d'accélérer

autant que faire se peut l'application

de la loi soit relativement aisé. Point n'est

besoin de décrets nouveaux ni de législation

compliquée. Il suffirait de quelques circulaires

du garde des Sceaux judicieusement

conçues et appliquées de façon sérieuse. Du

reste, sans parler uniquement des condamnés

à mort pour lesquels hâter la décision qui

les concerne serait de la simple humanité, la

justice, on l'a cent fois répété, gagnerait à

être plus prompte. Si nous jetons un regard

sur les différents pays du monde, nous nous

apercevons qu'à de rares exceptions près, le

sort des condamnés à mort se règle d'une

façon infiniment plus expéditive que chez

nous. En Angleterre, par exemple, l'application

de la peine de mort est plus fréquente et

plus impitoyablement appliquée que chez

nous, car, hormis le cas bien établi de légitime

défense, l'accusation d'assassinat entraîne

presque toujours le châtiment suprême

par pendaison. Or, l'exécution suit toujours

de très près la sentence.

En Allemagne, en Russie, au moins pour

ce que nous en savons, on paraît être aussi

infiniment plus prompt à châtier qu'en

France. L'Amérique seule, semble conserver,

avec nous, l'habitude

de l'atermoiem

e n t en matière

d'exécution ; et on

s'explique ce fait

assez mal quand on

sait que dans ce pays

c'est le gouverneur

de l'Etat où le meurtre

a été commis qui

décide seul et sans

autre forme de procès

de la grâce ou de

l'e x é c u t i o n du

condamné.

Sans doute le souhait

émis par le directeur

de la prison

gui nous renseigne

nnira-t-il par être

entendu en haut

lieu.

«SPÉCIALE» HENRY MÉGUIN. j


'""> LE 11 SEPTEMBRE 1932 inimiiiiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiii mu 1114111111 ni i 5 IIIIIIIIHI iHiiiiiiniiiinimiiiiimiiiii iiiniii iiiittiniitiiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ nantit

LES ROMANS D. E LA VIE

L'AMIRAL DE RÏGNY OU L'HOMME DE NAVAR

par G. DE RAULIN

IL est certains hommes dont le nom est

sauvé de l'oubli par celui d'un incident

particulier de leur existence qui y demeure

attaché. Tel est le cas de l'amiral

de Rigny. Quoi qu'on en puisse penser,

du point de vue politique, sans le combat de

Navarin il demeurerait perdu dans la foule

des amiraux.

Ce n'est pas que sa vie n'ait été mouvementée,

ni fertile en péripéties capables de

signaler une carrière. Bien au contraire,

comme nous allons le voir. Mais l'importance

de Navarin, quant à la politique européenne,

fut telle que ce nom méritait de s'attacher

au patronyme de celui qui la déclencha.

Henri-Daniel Gaultier de Rigny nacquit à

Toul, le 2 février 1782. Trop jeune pour

être atteint directement par la tourmente révolutionnaire,

il le fut par contre-coup, et de

façon très dure. Ses parents, forcés d'émigrer,

en 1792, laissaient en France leurs enfants,

à la garde de l'aînée alors âgée seulement

de seize ans.

Prenant son rôle au sérieux, la jeune fille

fut, pour ses frères, une véritable maman.

Elle poussa même le dévouement jusqu'à

devenir leur institutrice. Et c'était merveille

de la voir, sous la lampe, s'assimiler le latin,

le grec, les sciences, afin de pouvoir les leur

enseigner à son tour.

Henri devait la récompenser largement

de ses efforts. En 1798, il entrait dans la

marine en qualité de novice. Tout en étant

embarqué sur la frégate la Sirène, puis à

bord de l'Embuscade, il obtenait de pouvoir

y continuer ses études spéciales. Grâce à

quoi il fut reçu aspirant de 2 e classe.

De ce moment, il fait campagne contre

les Anglais. D'abord sur la Fraternité, puis

sur la Brai-oure. De là, il passe à bord de la

frégate le Muiron, avec laquelle il participe

au combat d'Algésiras.

C'est là que, le 6 juillet 1801, l'amiral

Linois, luttant avec trois vaisseaux contre

six anglais, en détruisit un et en captura un

autre, au cours d'une rencontre homérique

où nous perdions 200 morts, parmi lesquels

les commandants du Formidable et de l'Indomptable.

A

"

RRIVE l'Empire, époque des grands esespoirs

et des vastes projets. 1803,

c'est le camp de Boulogne où Napo-

léon concentre tous les moyens d'exécution

d'une descente en Angleterre. Nous y trouvons

de Rigny, devenu enseigne de vaisseau,

à qui est dévolu le commandement de la corvette

Triomphante. Nom prédestiné sous

lequel se cache une déception.

Tout tombe à l'eau et l'escadre est dissoute

avant d'avoir rien pu tenter. Si encore

le jeune homme conservait son commandement

! Mais non. Il est mis à terre. Pire

même ! Il doit pour le moment renoncer à

la marine. Car il fait partie du corps de la

garde et voilà que les marins de la garde

sont incorporés dans l'armée de terre, sans

perdre toutefois leur qualité.

Notre jeune homme fait donc campagne

à pied', en Prusse, en Pologne, en Poméranie.

On le voit aux batailles d'Iéna et de

Pultusk, aux sièges de Stralsund et de

Graudentz. A ce dernier, il récolte une blessure

au pied. 1808 le trouve en Espagne,

aide de camp du maréchal Bessières. Là, ce

sont les combats du rio Seco et de Sonnuo

Siarro, où il est blessé au genou, puis la

prise de Madrid. L'année suivante, il est à

Wagram et promu lieutenant de vaisseau

en juillet.

Cependant, la terre lui brûle sous les

pieds. S'il est entré dans la marine, c'est

pour quitter le « plancher des vaches »,

manœuvrer un navire. Jusqu'à quand cette

satisfaction va-t-elle lui être refusée ? 11

n'avait plus longtemps à attendre car, avant

la fin de l'année, il était nommé au commandement

du brick le Railleur, qu'il gardera

pendant trois ans. Dans l'intervalle, il reçoit

les galons de capitaine de frégate. ,

En 1813. commandant la frégate l'Erigone,

il lutte contre les Anglais. Ayant mis

à terre 400 marins, il s'empare de Borselen.

non sans avoir reçu une légère blessure au

cours de la lutte.

Que ce soit sur mer, que ce soit sur terre,

iî a beau se prodiguer, aucune circonstance

ne vient lui permettre de se signaler particulièrement.

Du mois de février 1815 à

celui de décembre 1817, il commande l'Aigrette

et est nommé capitaine de vaisseau

en 1816. La protection de son oncle, le puis-

Miiiiiiui:]i]iiHi!iiiii:ii!!i;;iiiiiiiiii!iiiii!]|iiiHi::t:!i;ii::r^

| La destinée du vice-amiral de Rigny est des plus curieuses. Cet =

1 homme qui, tant sur mer que sur terre, avait fait toutes les guerres f

1 du Premier Empire, avec un courage indomptable, n'eut jamais ce- 1

1 pendant l'occasion d'être mis en vedette autant que sa valeur et sa |

| science militaire le méritaient. Et il fallut qu'il parvînt à la fin de \

| sa carrière pour être un des principaux vainqueurs de la célèbre |

| bataille de Navarin et pour sauver-son nom de l'oubli:

aiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiii^

sant ministre des finances, baron Louis, ne

lui est pas inutile dans sa carrière.

Le Levant est en ébullition. La Grèce

veut à toute force se soustraire à la domination

des Turcs. Dans l'archipel, les actes

de piraterie se multiplient, sans considération

pour la nationalité des victimes. De

Rigny est nommé commandant de nos forces

navales dans les mers du Levant. Mission

pénible et délicate

dont il s'acquitte à

merveille, mais non

sans difficultés.

Tout d'abord,- il

s'efforce d'établir une

police sévère, sur

mer, contre les pirates

grecs. A différentes

reprises, il

réussira à leur faire

payer, pour leurs

exactions, des indemnités

de 24 et 25.000

piastres. Avec une

conscience égale, il

protège alternative-

drington, le plus ancien des amiraux, dont le

pavillon flotte à bord de l'Asia, de Rigny a

le sien sur la Sirène ; quant au Russe, l'amiral

de Heyden, c'est lui qui dispose du plus

grand nombre de navires. Cela faisait, en

tout : 10 vaisseaux, 10 frégates, plus quelques

corvettes et cotres. Les Turcs, au

contraire, comptaient 120 navires, armés de

2.200 canons, et montés par 20.000 hommes

Le 4 avril 1826, les

Alliés avaient jeté, à

Pétersbourg, les bases

d'un protocole

d'intervention médiatrice.

Le 6 mai 1827, de

Rigny arrachait aux

Turcs, à Salamine,

1.838 fugitifs grecs

qu'il mettait en lieu

sûr. Le 6 juillet suivant,

les Alliés signaient,

à Londres,

une nouvelle convention

stipulant l'offre

d'un armistice immé-

En haut, en médaillon : LE VICE-AMIRAL COMTE GAULTIER DE RIGNY. En bas : L'EN-

TREVUE NOCTURNE DE L'AMIRAL DE RIGNY ET D'IBRAHIM PACHA EN RADE DE NAVARIN.

ment les Turcs contre les Grecs ou ces derniers

contre les Turcs.

En 1825, de Rigny est nommé contreamiral,

tout en conservant ses fonctions.

Le temps d'une absence de trois mois avec

séjour à Toulon et le voilà revenu sur le

théâtre de son commandement, où les choses

se gâtent de plus en plus.

La prise de Missolonghi et la mort de lord

Byron ne sont pas pour arranger les affaires.

La France et l'Angleterre sont favorables à

l'émancipation des Grecs. La Russie également.

Mais chacun surveille le voisin, avec

l'arrière-pensée de l'empêcher de profiter des

circonstances pour en tirer des avantages

personnels.

D'où un flottement dans les instructions,

très gênant pour ceux qui commandent les

forces navales. Les gouvernements tiennent

à une action pacifique. Mais ce n'est pas en

vain qu'on maintient 1 allumette auprès de la

poudre.

De Rigny fait de son mieux. La grande

connaissance qu'il a du pays, et des belligérants,

depuis des années qu'il vit parmi eux

lui sert beaucoup.

La Turquie a fait appel au vice-roi

d'Egypte, Mahomet Ali, qui lui a envoyé des

renforts sous le commandement de son fils,

Ibrahim bey.

Les alliés, parmi lesquels l'accord est loin

d'être parfait, sont commandés par Co-

diat pour les deux belligérants. Les négociations

commençaient aussitôt.

Fort de ses relations, de Rigny négociait,

de son côté, pour essayer de détacher Ibrahim

surtout soucieux de ne pas se compromettre.

Les forces musulmanes étaient rangées, en

demi-cercle, sur trois rangs, dans la baie de

Navarin, sous la protection des forts de

terre, dont l'artillerie pouvait battre la rade

dans toutes les directions.

Cependant, les amiraux se rendaient

compte du rôle ridicule que leur faisait jouer

leur gouvernement.

Quand Codrington et de Rigny eurent enfin

opéré leur jonction, ils demandèrent aux

Turcs une entrevue qui eut lieu, à Navarin,

le 23 septembre. Il s'agissait d'imposer, à

ceux-ci. la trêve déjà acceptée par les Grecs.

A cette injonction, Ibrahim et l'amiral Tahir

pacha répondirent qu'il leur fallait le temps

de recevoir des instructions de la Sublime

Porte. Ce point leur fut accordé, mais sans

diminuer la surveillance. Bien en prit aux

Alliés. Car à deux reprises les Anglais eurent

à refouler des divisions qui tentaient de

s'échapper par surprise.

« Mon opinion, écrivait de Rigny le 14 octobre,

serait de faire entrer les trois escadres

dans Navarin même et là, mèches en main,

de signifier aux flottes de se disloquer et de

retourner : l'une à Constantinoply, l'autre en

Egypte, sinon de les attaquer immédiatement.

»

Le lendemain, il faisait enjoindre aux

Français, assez nombreux dans la flotte

égyptienne, d'avoir à s'en séparer sur-lechamp.

Trois jours plus tard l'escadre russ;

se joignait aux deux autres.

Réunis à bord de l'Asia, les trois amiraux,

qui se méfiaient des lenteurs de la diplomatie

orientale, décident de hâter les événements

en allant s'établir, eux aussi, dans la

baie de Navarin, et prennent leurs dispositions

en conséquence.

Le 20 octobre, à deux heures, leur escadres

s'avancent en bon ordre, l'Asia en tête.

La Sirène arrive cinquième de la ligne, derrière

les Anglais. Quant aux Russes, ils ferment

la marche. Le fort de l'îlot de Sphactéria

les laisse passer sans encombre.

Suivant les ordres de Codrington, une chaloupe

du Dormouth, s'approche d'un brûlot

turc, à l'extrémité de la ligne musulmane,

pour lui enjoindre d'avoir à mouiller plus

loin des escadres alliées. Une balle de mousquet

vient frapper à mort l'aspirant qui la

commande. Les Anglais ripostent par une

décharge de mousqueterie.

A ce bruit, grand émoi dans toute la ligne.

De Rigny fait rappeler au branle-bas de

combat. Nos canonniers, mèche allumée, se

tiennent à leurs pièces.

Arrivé bord à bord avec la frégate égyptienne

Esnina, notre amiral la hèle, au portevoix,

en lui faisant savoir qu'il ne tirera pas

le premier.

En réponse, un boulet vient frapper la

Sirène en poupe. Furieux, de Rigny lui lâche

toute sa bordée de tribord. C'est le signal

d'une mêlée générale, où tout disparaît dans

une épaisse fumée. Dans cette obscurité, le*

canonniers alliés en sont réduits à se guider

sur la lueur des pièces ennemies. Non seulement

ils sont plus habiles, plus disciplinés

que leurs adversaires, mais une partie de

ceux-ci sont à terre.

Bientôt le spectacle devient épouvantable.

De tous côtés, ce ne sont que plaintes des

mourants, chutes de mâts et de vergues, explosions

tonitruantes. Successivement, quarante

navires sont détruits par l'incendie.

_ A cinq heures, la première ligne des Turcs

n'existe plus. Deux heures après ils ne comptent,

à flot, qu'une vingtaine de petits navires

complètement abandonnés. Cette journée

leur coûte: 6.000 tués, 3 vaisseaux, 16 frégates,

26 corvettes, 12 bricks et 3 brûlots,

tous détruits ou coulés. Les pertes des Alliés

ne dépassent pas 177 hommes.

Cette victoire imprévue causa, dans toute

l'Europe une véritable stupeur. Les Anglais

mirent longtemps à le pardonner à Codrington,

car elle laissait la Turquie désarmée en

face de l'ambition des Russes, auxquels elle

assurait la prépondérance dans la mer Noire.

Absorbée par les luttes politiques intérieures,

la France se réservait. Quant aux

Grecs, ils se voyaient affranchis du coup,

bien que la Morée fut toujours occupée par

l'armée de leurs ennemis.

•$>

DE RIGNY ne devait rentrer en France

qu'en 1829. Il y revenait, avec le titre

de comte, pour remplir les fonctions

de préfet maritime à Toulon. Le 8 août, il

refusait le portefeuille de ministre de la

Marine. Puis il repartait dans le Levant.

Mais les forces humaines ont des limites.

Epuisé par la maladie, il était contraint de

rentrer, au mois de septembre 1830. On le

nomma grand-officier de la Légion d'honneur.

Dès lors sa carrière n'offre plus qu'une

ascension continue aux postes les plus élevés.

Le 13 mars 1831, il devient ministre de la

Marine de Louis-Philippe. Le Pas-de-Calais

et la Meurthe le choisissent, en même temps

comme député. .

Le 4 avril 1834, il réussit cette performance

rare : un amiral, ministre des Affaires

étrangères, fonctions qu'il conserve jusqu'au

12 mars 1835, où il est nommé ministre

d'Etat.

Sa santé laisse beaucoup à désirer. Il a

grand besoin de repos. Mais il est trop

tard. Le 7 novembre de la même année la

maladie l'emporte. Il s'éteint à Paris, âgé

seulement de cinquante-trois ans.

Parmi les distinctions qu'il avait récoltées

citons, en plus de la Légion d'honneur,

celles de : grand'eroix d'Alexandre Newski,

commandeur de l'Ordre du Bain, chevalier

de Saint-Louis, du Saint Sépulcre, et des,

saints Maurice et Lazare.

G. DE RAULIN. \


11 r 111 r l r r 111T1111111111 LE 11 SEPTEMBRE 1932

ui:siiin DIMANCHE-ILLUSTRÉ IIIIMÎHIIII»I"»«"",">HIIHIIII»I"""»«« iiiiiiiMiiiiiiuiii innnmii 0 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitittMiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiim

LES CONTES D'ACTION

LA FAZENDA SACCAGEE

M' pas tout à fait trois semaines à

ALGRÉ deux jours perdus pour une

réparation au moteur, un nettoyage

complet, la barque ne mit

atteindre le villaqe de Boa Vista.

Quel plaisir di trouver des hommes, des

maisons, un modeste clocher !

Il fut tout de même établi que la barque

ne serait pas abandonnée, qu'Omar et Auguste

la garderaient, à tour de rôle.

Le reste de l'expédition devait songer à

refaire certains bagages, à les compléter,

avec le peu qu'on trouverait dans les boutiques

de l'endroit. Auguste s'était tout de

suite mis en campagne.

; Il s'était vite fait des relations parmi les

colons portugais et passait avec eux, au cabaret,

l'heure qui précédait le crépuscule.

Le cinquième jour, alors qu'il buvait du

cachaça (eau-de-vie de canne à sucre), avec

un planteur et le vétérinaire-rebouteux, il

les entreprit sur l'éloignement df U-ur petite

agglomération.

'— Hélas !... soupira le vétérinaire. Si nous

avions seulement un vapeur régulier, tous les

quinze jours, voire tous les mois... Nous

pourrions lire, nous intéresser au monde

«-.xtérieur.

. — Tout de même, riposta Auguste, vous

avez d'autres visites. L'aviation ne cesse

pas de se tenir en liaison avec vous.

— Oui, Une fois par an... Quand dès

militaires font quelque raid.

' — Il n'y a pas longtemps, un aéroplane

nous a dépassés sur le Blanco.

- Le planteur intervint.

. — 11 veut parler sans doute de l'appareil

qui est resté deux jours ici. Un hydroplane...

11 n'était pas militaire.

— Ah !... Il vous apportait le courrier ?...

: — Non. Il passait, répondit le soigneur

de bêtes.

— Passer ?... Où allait-il donc ?...

r — Il remontait les rivières. Il y a trois

ans, les Américains du Nord ont envoyé tout

une mission. Ils ont exploré le Parima. et ses

affluents. Mais ils rentraient chaque jour

ici... Il ne fait pas bon mettre pied à terrr

de ces côtés-là.

— Pourquoi ?...

— A cause des Indiens. Ce sont des

fourbes dangereux. Il ne faut pas les comparer_j»x

autres tribus qui vivent plus au

Sud. Mais dans le nord du Para et de

l'État d'Amazonas. rien ne bride leur audace

et leur cruauté.

Auguste, angoissé, réclamait des détails.

— je ne puis comparer ces tribus, reprit

le colon, qu'à celles qui vivaient autrefois —

il y a vingt ans — sur les frontières • du

Pérou, à cheval sur les affluents de ce même

fleuve Amazone. Mêmes moeurs. Un > peu

plus vêtus que les Indiens de Goyaz et du

Matto Grosso (deux autres Etats du Brésil).

— Qui ne s'habillent que d'un ravon de

soleil, d'après l'expression du R. P. Tapis,

çjui a visité ces régions.

1— Connais pas... Ces Indiens-ci ont une

espèce de pagne, tout de même, et connaissent

l'habitation, le hamac, la culture d'un

petit coin de clairière... Ils ne manient pas

farc, mais la sarbacane...

• — ]ouet. fît Auguste avec dédain.

' Le vétérinaire modula un long sifflement.

— Jouet ?... qui envoie tout de même la

mort... empoisonnée, toujours... à deux cents

mètres quand l'Indien est un athlète. A cent

mètres le plus souvent. Avec une sûreté qui

fait atteindre un petit oiseau sur une haute

branche... Ces Indiens sont en lutte' perpét

t'uelle les uns contre les autres, ce qui nous

sauve... Car s'ils devaient s'unir...

— Ceci arrête, je suppose, toute colonisation

plus haut que Boa Vista...

r — Evidemment, car on ne sait jamais où

sont ces tribus. Elles se déplacent facilement.

Tous les cadeaux qu'apporte le voyageur

sont inutiles. On les prend, puis on

massacre...

Le colon interrompit son compatriote

' — Il y a pourtant une famille, ou plutôt

un père et sa fille, qui ont eu le courage de

4,'établir à cinq jours de canot, en amont...

Une place splendide, évidemment, et qui

leur donne des pierres précieuses. Ce sont

des exilés portugais. La révolution les a

ruinés. Ils sont venus se cacher ici. Un

rude courage, tout de même.

— Cet homme et cette jeune fille ne vivent

pas seuls;..

— Non. Ils ont une dizaine de domestiiques

ouvriers. Ils habitent une espèce de

maison forte, où ils sont relativement à

l'abri. Le père est passé il y a peu de temps.

11 se trouvé dans une fazenda, du côté des"

collines que vous voyez du village... Ah !

l affaire qu'ils ont dénichée est bonne. S'ils

y tiennent cinq ans, ils seront de nouveau

riches... Du caoutchouc... Et le père n'a peur

de rien. Mais qui peut dire qu'ils y tiendront

cinq ans ?... Les Indiens rôdent autour d'eux,

et le caoutchouc est dans la forêt.

, — Nous nous arrêterons chez eux pour

;les saluer.

Tous deux se récrièrent. Ces Français

n'avaient pas l'intention de remonter les rivières,

avec une jeûne femme, -dans une seule

par EDMOND RGM AZIÈRES

^lllllirillllllllllUIllIlllIllIIIIII'il.lliflillISlIIIMIlillIlllllllllllll'HIHIHHIHIHiilllllll:!!^!

I I I I I 1 I I I 1 I I I I I I I

L'auteur de cette nouvelle dramatique nous conduit dans les

régions les plus sauvages et les plus reculées d'une Amérique du

Sud hostile et peu connue, où les Indigènes cruels ont mille

moyens, plus perfides les uns que les autres, pour s'opposer à

l'intrusion des Européens. Et voici que, s'arrêtant à Boa Vista,

une. caravane d'explojsii-eurs blancs s'apprête à entrer dans le

pays terrible de la soif et de la mort. Les colons ne leur cachent

pas les risques qu'ils vont courir...

" 1 L J ■ ■ ■- I I I I I I

barque... Il leur faudrait une flottille et cinquante

hommes... Cela coûterait des centaines

de mille francs...

— Nous avons un but, répondit simplement

Auguste. Et nous irons.

Là-dessus, il tâcha de se documenter encore

sur les Indiens qui parcouraient le J immenses

forêts du Nord, et qui se réfugiaient

parfois en territoire vénézuélien, après un

coup trop audacieux.

— Les aviateurs rémontaient le Parima ?

demanda Auguste.

Le_ vétérinaire sirotait un verre de maté.

— Ils sont partis de ce côté.

— Alors, ils rentreront par ici...

. — Je ne crois pas. S'ils avaient dû rentrer,

nous les Saurions déjà vus. Sur l'appareil;

ils n'avaient pas énormément de bagages.

La plus grosse part de la charge

était consacrée â l'essence, huile, pièces de

réparation." En plus des vivres, des armes,

une tente; une pharmacie. J'ai visité leur installation

à bord... Très bien conçu... Ils ont

dû gagner le cours de- l'Orénoque, en Venezuela.

Ce sont des Français...

! Auguste tressaillit.

— Leur nom ?

— Je ne pourrais vous le dire... Je pense

qu'on ne le leur a pas demandé...

— Ils étaient deux, n'est-ce-pas ? d'après

ce que nous avons, pu voir de notre canot.

— Oui. Un jeune pilote très expérimente,

qui doit faire ceci à forfait, et un homme

plus vieux, grisonnant...

I — N'avait-il pas une cicatrice du côté

gauche de la figure ?

Le vétérinaire s'esclaffa.

— Vous avez vu ça de votre canot?...

Vous avez des yeux épatants.

— Avait-il la cicatrice ? questionnait

Auguste, qui haletait presque.

— Pour sûr, il 1 avait, et bien rouge,

encore...

Auguste retourna vite au bord du fleuve.

Tous"étaient dans le bateau et s'occupaient

d'apprêts urgents.

D un geste discret, il appela Edmond et

Maurice.

— Mes amis, commença Auguste, lorsqu'il

se Jugea hors de la portée de toute

oreille. Ce que j'avais pensé se réalise.

— Quoi?...

— L'avion que nous avons vu, qui remontait

le Rio Blanco... qui nous a enveloppés

d'un cercle descendant, pour mieux nous

voir.

— Eh bien ?...

Sans rien deviner encore, les deux frères

se sentaient vaguement étreints.

— C'est parce qu'il continuait à suivre

le Rio Blanco que j'ai eu des doutes sur

: notre itinéaire; que je nie: suis douté, immédiatement,-qUe

cet avion était notre ennemi,

qu'il nous avait suivis, qu'il nous devançait

maintenant, qu'il allait ; semer "les pièges sur

notre route. ,

— Auguste, c'est impossible, s écria

Edmond, très pâle.

■— Monsieur Edmond, il y a des choses

que vous ne savez pas encore, qu'Omar et

moi ne vous avons pas dites... Là-bas, j'avais

juré à votre père de rechercher, si je le pouvais,

le vrai coupable du crime pour lequel il

a été- condamné... Le crime horrible... L'assassinat

de votre mère...

■— Tais-toi...

— Non, Monsieur. Il faut parler... J'ai

acquis, bien difficilement, du reste, 1 assurance

que l'assassin était un homme dédaigné,

auquel votre mère avait préféré votre

père et l'avait épousé. Cet homme ne pardonnerait

jamais. Il vous haït tous... tous...

Une haine qui date de près de trente ans...

Et.qui ne désarme pas...

— Des preuves

— Nous parlerons de ceci plus tard.

-— Tu as raison... Nous sommes au Brésil,

dans le coin le plus sauvage du monde. Il

faut d'abord nous défendre..., sauver notre

père.

— Si je devais mourir... Vous trouveriez

ces preuves sur moi, dans un petit étui de

fer. Sinon, ce. sera pour plus tard... Ce qui

importe avant tout, c'est de savoir que j ai

eu son signalement ici, et que je suis sûr de

ce que je vous dis. L'ennemi est devant nous.

II dresse les embûches. Il a trouvé le moyen

d'annoncer une belle proie aux Indiens. A

partir de demain, quand nous aurons quitté

IlIBl lItlI I EIlIllIlll

Boa Vista, nous serons en guerre. Et je vous

conseille de confier votre femme à une

famille d'ici... Au moins sera-t-elle en sûreté.

— Elle ne consentira pas... répondit Edmond.

Elle voudra partager nos périls...

— Surpris de votre. brusque disparition

de Lucerne, l'ennemi n'a pas perdu son

temps. C'était un jeu de savoir où vous vous

dirigiez. L'instinct du mal le domine, il a

tout de suite deviné votre but. Mais comment

sait-il l'itinéraire à suivre... mieux que

nous, somme toute ?

Edmond pensa tout haut :

— Tous les dangers décuplés, peut-être...

Arriverons-ncus jamais, au bout de notre

tâche ?

— Et votre père tiendra-t-il, jusqu'à notre

arrivée, devant cet ennemi ? dit Auguste

sans réticence.

Maurice baissait la tête.

— En voulant le sauver, Taurions-n DUS

condamné plus sûrement ? dit-il.. .

Tout à coup, Auguste s'écria :

11 faut appareiller demain matin. Les

jours sont précieux, maintenant...

Cette nuit-là, ils dormirent dans le bateau.

Ils avaient encore augmenté leur arsenal.

Au petit jour, lorsqu'ils dénouèrent l'amarre,

il y avait déjà quelques habitants de Boa

Vista pour leur souhaiter bonne expédition.

Mais il était certain que le Jésuite de 1 hôpital

allait d'avance dire une messe pour le

repos des âmes de cette petite bande de

fous.

L


ES renseignements qu'avait donnés le

vétérinaire à Auguste étaient un peu

érronnés. Sans doute ce soigneur de

ères n'était-il jamais remonté plus haut que

son village. La famille portugaise habitait à

plus de cinq journées de canot.

Le troisiè-.ne jour seulement, on quitta le

Rio Blanco pour prendre à gauche le Rio

Uraricoera. Les plantations continuèrent

encore pendant trois autres journées jusqu'à

l'île Maraca, qui était de taille, puisqu'elle

mesurait cinquante milles sur trente. A partir

de cette île, la forêt enferma de nouveau

étroitement le cours d eau. Et c'était encore

cinq journées plus loin qu'ils rencontraient

la fazenda fortifiée de la famille portugaise

Blentao.

La petite troupe demandait à la barque

tout ce qu'elle pouvait donner. Les coupes

de bois étaient faciles, et le moteur semblait

comprendre qu'il ne s'agissait pas de perdre

une heure.

Pour les repas, Santos avait encore abattu

un grand singe, et soûs le sable des criques

il. était habile à dénicher les oeufs de tortues

géantes, qui s'y trouvaient rangés par centaines

et si bien dissimulés qu'il fallait, pour

les découvrir, un-flair d'Indien. .

Le Rio Uraricoera se resserrait de plus en

plus, et son co.urs devenait plus rapide. La

barque avançait moins vite. Elle luttait. Or,

le cinquième jour depuis qu'on était rentré

dans la forêt (l'île était laissée bien en arrière),

quelle ne fut pas la surprise des explorateurs

en voyant arriver à leur rencontre

trois ubas, embarcations très légères,

montées par deux hommes. A vrai dire, ces

hommes ne maniaient pas les rames ; ils se

laissaient entraîner par le courant.

Tout de suite, Santos devina un malheur.

Les ubas venaient sur eux. Les hommes levaient

les bras, semblaient d'avance vouloir,

par leurs gestes, faire comprendre leur aventure.

Ce sont ceux de la plantation Blentao, disait

Santos. Il n'y a pas d'autres Blancs ici.

La première uba abordait.

Un grand individu cria tout de suite:

— Ils ont tout massacré. Et la senhorita ..

La senhorita a été enlevée...

Santos serrait le bord de l'embarcation de

ses mains crispées. Les autres hommes écoutaient,

terrifiés.

— Massacrés ? Par qui ?...

— .Les Indiens. Quelles tribus? Nous ne

savons pas... Bien sûr ils ont remonté le Rio

jusqu'aux rapides. Puis la forêt... Mais la

senhorita Manoela. Elle, si belle...

Les autres ubas étaient maintenant près

d'eux. Adine se taisait, sans forces.

Santos demanda :

— Dites-moi tout, sans rien excepter. Il

faut que nous sachions. Nous montons par

là... . ,

— Non... Ne continuez pas... C est la

mort... Rien ne pourra vous sauver. Il faudrait

être cent... • ■

— Soit. Mais recontez tout...

C'était toujours le même homme qui parlait.

Les autres semblaient frappés de mu-,

tisme.

— Il y a dix jours...

— Dix jours, s'exclama Santos, et vous

voilà seulement ?...

— Oui... Dix jours.... Le senhor Blentao

est parti, plus loin que Boa Vista. Nous

étions pendant la journée, à la récolte du

caoutchouc... Le pays était tranquille. Nous

ne prenions pas de précautions spéciales...

D'autant plus qu'il y avait des Européens

plus haut que nous... un avion est passé,

quelques jours plus tôt.

Les hommes se regardèrent.

— L'avion... oui... Nous savons.'

— Et tout à coup, ils se sont élancés.

Ils guettaient, dans les environs. Ils avaient

des essences pour faire flamber la palissade.

Tout a été incendié. Avant que nous soyons

revenus, ceux qui étaient dans la maison

étaient massacrés. Et la demoiselle avait disparu.

— Elle a pu se cacher, peut-être.

— Non... Non... Nous avons vu les

traces... »

— Les pleutres... murmura Edmond. Ils

n'ont pas eu le courage de poursuivre les ra-!

visseurs.. ;

— Ne nous accusez pas, répondit l'homme

avec tristesse. Ne voyez-vous pas que nous

somrries à moitié morts ?

Et l'un après l'autre, il interpella ses comgagnons.

Alors, les hommes de la grande

arque furent effrayés. L'un avait la jambe

et le pied enflés à croire que le premier travail

qu'on aurait à l'hôpital de Boa Vista

serait de lui couper ce membre. L'autre

avait une large blessure au flanc, faite parune

flèche. Le sang coulait de la poitrine du

troisième.

Celui qui venait depirendre la parole sortit

sa main du poncho. Trois doigts étaient sec-'

tionnés.

— Pardonnez-moi, dit Edmond en se levant.

Nous avons tous parlé sans savoir.

— Oui, senhor. Nous sommes partis à la

poursuites des Indiens. Nous ne voulions

pas que la senhorita subisse le sort qui lui

est réservé. Nous avons lutté. Voilà ce qui

reste de nous.... >

— Vous pouvez nous dire par où ils

sont partis ?

— .Ils suivent le Rio dans des ubas, qu'ils

avaient cachés soigneusement sous les arbres.

Aux rapides et à la cataracte, ils abandonneront

ces ubas et s'enfonceront dans la

forêt. Ils doivent venir de loin.

Les pauvres gens faisaient pitié. Le premier

soin d'Edmond fut de les faire monter

dans le bateau et de panser leurs blessures.

Ils se traînaient à peine. Puis on les pourvut

de vivres pour tenir jusqu'à Boa Vista.

— Mais vous ? demandaient-ils. Vous

allez redescendre ?

—- Non. Il faut que nous allions là-bas...

Ils se- récrièrent.

Edmond répondit d'un ton qui faisait comprendre

combien son intention était irrévocable.

— Nous, nous devons y aller. Nous nous

défendrons, soyez tranquilles. Nos fusils

sont bons. Nous avons des sérums contre

les serpents, de la quinine contre les fièvres.

Notre devoir est là-bas.

Il ajouta : . .

— Je serais bien surpris que notre chemin

ne fût pas précisément celui que suivent les

ravisseurs.

Les Brésiliens regardaient ces hommes et

cette femme comme des gens qui courent

au suicide. Mais que pouvaient-ils leur dire

encore ?...

— Vous connaissez les moeurs des Indiens

de cette région ? questionna Edmond. Que

vont-ils p faire de la senhorita ? .

— L épouse d'un chef, cela ne fait pas

de doute. ■■

— Quel sort pour une jeune fille européenne

!...

Santos hocha la tête.

— Par le Brésil, on en trouverait un certain

nombre ainsi, qui ont tout perdu jusqu

à la possibilité de parler leur langue'. Péu

a peu, elles sont devenues des sauvaqes ne

possédant rien, vivant dans un hamac, entourées

d enfants, à des lieues et des lieues

dans les forêts. Les plus heureuses sont

celles qui sont vite mortes des fièvres. Celles

qui se sont échappées.

— On en trouve qui ont le couraqe d'affronter,

seules la forêt ?

— Sans armes et sans nourriture. La bête

traquée... Mais celles-là sont surtout des Indiennes.

Un en cite qui ont réussi à retrouver

eur famille. Mais combien sont devenues

la proie des fauves, pendant leur

Fuite...

Deux heures plus tard, réconfortés, pannes,

les six- malheureux recommençaient à

descendre le cours de l'Uraricoera.

Adme s écria en les voyant disparaître :


mtiiu' LE 11 SEPTEMBRE 1932 mniuiiiuiiiiiiii4iMiiiiiimwiiiiiiijiiij


i DIMANCHE-ILLUSTRÉ iiinmiiiiiiiiiiriimiimMiiiimimm^ 8 tiiiiMiiiiiiiiiiitiiiiiiiHiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiimiiiiHiiiuiiiiiiiimiiiuiiiiiiiiHiii' POUR LÉ

toi

La Famille MIRLITON

1 / ■ - - ■

r j'A\ ETE 0&L\G,E DE rWW

SAUVER PAR LE JARDIH*

CE nAvDIT qAn.N HE ,

tVAURAIT J/\ïlMi LMâSE

^ARW^j

UH SEAU PERCE Uî

S\ CE H'EST PAS

r\ ALHE-U RE.UA • •


ENFANTS fiiiiiTiiifiiiiiiiiifiiitfffiiiiiiiiTtftiitiiiifiiiifmiffifiiiififfiTTtiiiiiiftfiiiifiiiitit

9 'iiiiuiittiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiuiiiiiiiiiiiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ

cl PL C E

UNE FÊTE SUR LÂ Pl^GE

C EbT BEAUCOUP

D'HONNEOR POUR

NOU^MAÎS EN

QUûl C0NSl6TEf\0H

NOb FONCTIONS 9

%4 s

TEINT TOUS TISSUS

Copyright par Dimanche-Illustré.

RAVIBA TEINT ET RAVIVE LES BAS

— — EN NUANCES MODE


munit DIMANCHE-ILLUSTRE mui!miitcu:.mmmiiiimiimimmimiimiimiiiumitiniiiiiinmiiiinMMnii' \Q imiiiimiiiimiiiimmiiniiiiiimiiuiiiiiimmiiiuiiiiimiiMiiiiiiiiiiniiiui LE 11 SEPTEMBRE 1932 muni!

JE VOUDRAIS BIEN SAVOIR...

S'il existe un moyen de préserver le gibier

à plumes pendant les chaleurs ?

C

E moyen est bien connu des chasseurs. Il

est employé dans les rendez-vous de

chasse éloignés où ne se trouve aucun frigorifique.

Par temps orageux, le gibier à plume

tourne facilement- En conséquence, dès que

possible, après l'avoir tué. on vide le gibier,

perdreaux ou faisans, à l'aide d'un instrument

quelconque, un crochet à boutons, par

exemple. On doit bien prendre garde à ne le

vider que jusqu'au gésier, exclusivement et

gui doit demeurer dans l'intérieur de la bête,

m y introduit ensuite un petit morceau de

charbon de bois. Ce procède sommaire, bien

connu des marchands de volaille, aide beaucoup

à la conservation du gibier.

• ■»

En quoi consiste la nouvelle méthode

d'appréciation de la qualité des eaux-devie

fines et, en particulier, du rhum et

du kirsh ?

C

ETTE nouvelle méthode due aux deux chimistes

allemands Wustenfiels et Lackow

consiste, en principe, à diluer une certaine

quantité du produit, jusqu'à ce que le goût et

l'odeur ne soient plus que très faiblement perceptibles.

Pratiquement, on prend 0,1 cm3 de liqueur;

on dilue à 50 cm3, avec de l'eau, à la température

de la chambre ; on prélève de cette

solution encore 0,25 : 0,5 ; 1,0 ; 2 t 0 et 2,5 cm3

et on continue la dilution jusqu'à 50 cm3, de

façon que le produit original soit maintenant

dilué de un dix-millième à un cent millième.

Cette méthode appliquée à l'étude qualitative

des eaux-de-vie fines donne de bons résultats

; elle permet d'évaluer numériquement

l'intensité de l'arôme. Une solution étalon

sert comme contrôle.

' .r" ' ' .'*.ï&' j|j V'. '

Quelle est l'oiigine du « steeple-chase » ?

E mot anglais « steeple-chase » veut dire

L course au clocher. Voici l'origine de ce

genre de rsport chez nos voisins. Des chasseurs

de renard, ayant manqué leur bête,

aperçurent un jour le clocher d'un village

qui pointait à l'horizon. Des paris s'engagèrent

entre les chasseurs à qui l'atteindrait

le premier. On partit en franchissant fossés,

haies, ruisseaux,; etc.. et l'on arriva si l'on

put. Ce genre de course fut du goût des

chasseurs qui. à défaut de bête, le renouvelèrent

plusieurs fois, et bientôt le sport officiel

en réglementa les conditions.

Ajoutons que ce qu'on appelle aujourd'hui

cross-eountry s? rapDroche beaucoup nlus du

steeple-chase primitif que le steeple-chase

couru'sur les hippodromes.

;,'; ' ' s--'-r. v : * 3> ... ' "\ : -■

Où se trouvait exactement le bûcher de

Jeanne d'Aïc sur la place du Vieux-

Marché de Rouen ?

k place du Vieux-Marché de Rouen, où

L fut dressé le bûcher de Jeanne d'Arc,

occupait, au quinzième siècle, un vaste terrain

où s'élevèrent, au siècle suivant, des

constructions qui la divisèrent en deux par-

? millième Ao frrtnrc I OO OrtO 1 -,

2 millions de francs ! 20.000 cadeaux ! Il y en

aura pour tout le monde. Il suffit de collectionner

les timbres-vignettes NESTLÉ, "GALA"

PETER, CAILLER, KOHLER (qui se trou-.-ent dans

tous les chocolats de ces quatre marques,

dans les boîtes de Petit Gruyère Nestlé et de

Nescao) et de les réunir à temps dans l'album

"Les Merveilles du Monde".

Aux plus actifs collectionneurs, il sera distribué :

1.000 Bicyclettes lv*e [garçon ou fille) PEUGEOT

1-500 Montres-bracelet* de précision MOVADO

2.000 Ensembles iitylo et porte-mmel MÉTÉORE

3.000 App photo"HawV-Eye'-.lobncationde KODAK

5.000 Porte-plume réservoir automatique MÉTÉCP5

7. 500 Boites de "TIPS ASSORTIS" de N E S T l t

l'Album "Les Merveilles du Monde" IVol 2) est en vente partout fie prix

de' 3 fr A défaut, l'envoi vous en sera fait franco, cont-ç- * -r en

timbres poste, par NESTLÉ, 25. Avenue Michetel Saint-Ous'n fîeine]

3itliwill!:iiiinitr»nii!liuiiiiiiininiiiii^

| Cette rubrique est ouverte à tous nos lecteurs. Elle leur permettra de se §

| tenir en contact constant avec leur journal, qui les renseignera volontiers f

| sur tous les faits d'un intérêt général et d'ordre documentaire ou |

1 pratique; mais un délai assez long peut s'écouler avant l'insertion des |

| réponses, et nous restons naturellement juges de leur opportunité. §

■ illuli:|jj)l!lill!:i:;lul:il!!IHlill!!i:il :iui;!ftîlutfilliln|[:i]lll:li!i:i5 l: i: I F ,I: S: I II i;:i;:l::a.:r I

ties inégales. La plus grande garda le nom

de place du Vieux-Marché ; la plus petite

reçut celui de place de la Pucelle, où l'on,'

érigea une fontaine triangulaire, remplacée

depuis par celle qu'on y voit encore, ornée

d'une statue représentant l'héroïne sous la

figure d'une Bellone, à la mode de Louis XV.

C'est à tort qu'on désigne cette fontaine

comme occupant l'emplacement du bûcher.

L'endroit précis où il se dressait est sous le

plancher de la scène du Théâtre-Français,

au fond du côté jardin, c'est-à-dire à la

gauche du spectateur.

M. ^ ' ■ ". -. X: VU

Quelle est l'action des poussières d'amiante

sur l'organisme des ouvriers qui ti availlent

cette matière ?

D

E3 études ont été faites récemment, en Angleterre

et en Amérique sur ce sujet ; en

Allemagne, on commence, depuis cette année,

à étudier les troubles provoqués par la poussière

d'amiante. Holtzmann cite quatre observations

relatives à dés ouvriers travaillant

depuis une dizaine d'années- dans l'industrie

en question, et il signale le danger très important

des travaux où l'on est amené à être

en contact avec la poussière d'amiante, plus

particulièrement avec la hornblende qu'avec la

serpentine.

Les , radiographies pulmonaires montrent

que les lésions existent surtout dans les lobes

inférieurs, et que la matité est particulièrement

nette au voisinage du cœur : il y a donc

dés troubles de la petite circulation.

Bien qu'on puisse déceler à la radiographie

des lésions pulmonaires avant une dizaine

d'années d'exposition aux poussières d'amiante,

3e n'est qu'au bout de ce laps de temps que

surviennent les symptômes graves avec une

insuffisance cardiaque qui détermine la mort.

Il convient donc d'envisager la maladie due à

l'inspiration de poussière d'amiante ou asbestose.

comme maladie professionnelle et d'établir

un système d'assurances à ce sujet.

S'il existait une différence entre les

pirates et les corsaires de jadis ?

'h existait entre les corsaires et les pirates

i une différence notable. Les pirates étaient

de véritables bandits de la mer, navigant pour

le seul appât du brigandage et attaquant, pillant,

brûlant les navires à quelque nationalité

qu'ils appartinssent. Les corsaires, au

contraire, étaient des marins de la flotte de

commerce armés comme bâtiments de guerre

auxiliaires ainsi que nous dirions aujourd'hui,

fis avaient des lettres de patentes signées du

roi ou de son ministre de la Marine et concouraient

à la lutte avec les bâtiments de la

flotte militaire. Leur objectif était surtout la

capture des navires marchands ravitaillant les

pays avec lesquels la France se trouvait en

guerre.


Comment on fait la conSture d'écorces

d'oranges ?

PRÈS avoir levé les écorces ou zestes d'une

A vingtaine d'oranges, ofi met ces zestes

dans l'eau bouillante et, auand ils commencent

à ramollir, on les retire pour les jeter

dans l'eau fraîche : ensuite on les egoutte.

on les pèle fortement et on les passe à travers

un tamis de crin. On pèse la quantité

de jus ainsi obtenu et l'on pàse d'un autre

côté la quantité de sucre aui doit v être

ajoutée, dans la proportion de trois parties

de sucre pour deux parties d'écorce. Avec

ce sucre, on prépare un sirop qui doit être

cuit au perlé et clarifié : on y met alois

l'orange et l'on fait bouillir ce mélange en

remuant sr.ns cesse avec une spatule. Quand

la confiture est suffisamment cuite, on la

retire du feu pour la verser dans des pots.

La confiture d'écorces de citron se prépare

de la même manière.

3>

j « •»

Quelle est la différence entre la Caisse

nationalè des retraites et une autre

caisse ?

L n'y a pas de différence pour le paiement

I des arrérages, les tarifs seuls diffèrent.

Pourquoi la censure ministérielle est

appliquée aux films de cinéma ?

A censure ministérielle demeure appliquée

L aux films de cinéma parce que l'on considère

que c'est la, plus encore que le théâtre,

le livre ou le journal, un moyen de diffusion

puissant et rapide dont les effets, particulierrement

sur la jeunessé, pourraient être fort

néfastes si les films offerts au public ne présentaient

pas toutes garanties de salubrité

morale.

«> 4> «f

Ce qu'est devenue la cloche du beffroi de

Saint-Gernmin-l'Avxertois qui sonna le

signal du massacre de la Saint-Barthélemy

?

A cloche, autrefois suspenduj dans le bef-

L froi de l'église Saint-Germain l'Auxerrois,

et qui fut mise en" branle la première,

le 24 août 157)2, pour donner le signal de la'

Saint-Barthélemv. est devenue l'un des accesr soires de la Comédie-Française.

.Sous la .Révolution, las..cloches de la. plu

part des églises de Paris furent réauisition

nées, fondues et transformées en Canons ou

en sous. ' On jouait alors .la tragédie de

Charles IX, et comme le théâtre n'avait nas

de cloche pour sonner la Saint-Barthélémy,

l'auteur, Marie-Joseph, Chénier, demanda et

inilllltlllllllllltllllllk-

obtint la cloche historique de Saint-Germain

l'Auxerrois, démolie en 1793, transportée au

Palais-Egalité et finalement utilisée au théâtre

de la rue de Richelieu, qui s'appelait alors

rue- de la Loi.


iniiiuM LE 11 SEPTEMBRE 1932 iiMiiiiiiMiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii IIIIIIIIIIIIIM lui.iim 11 IIIII*IIIIIIIIIHI!IIIIIHI"HIM«I nimii' iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii DIMANCHE-ILLUSTRE

D

PROFITONS DE NOS LOISIRS DU DIMANCHE

POUR NOUS INSTRUIRE UN PEU

DU SOMMERARD

U SOMMERARD, qui habitait l'hôtel

Cluny (devenu depuis sa mort propriété

nationale), était un archéolo-

gue français qui naquit en l'an 1779, à Barsur-Aube.

Fils d'un banquier, il embrassa d'abord la

carrière des armes, fit les campagnes de

Vendée et d'Italie et entrera à la Cour des

comptes. Il ne dût sa libération, en 1801,

qu'au dévouement de son frère qui consentit

à servir à sa place. Dès 1814, il se signala

par son attachement aux Bourbons, servant

dans les volontaires royaux, protestant à

Saint-Denis contre la cocarde tricolore.

Récompensé de ce loyalisme par la croix

de la Légion d'honneur (1816), les postes de

conseiller référendaire à la Cour des comptes

(1823) et de conseiller-maître (1831), de Sommerard

put alors consacrer une fortune qui

s'était notablement accrue à l'archéologie.

H parcourut la France en tous sens, étudiant

et recherchant les vieux monuments,

achetant monuments, faïences, meubles,

costumes, armes, formant une collection

extrêmement précieuse qu'il déposa, en 1842,

au vieil hôtel de Cluny, par lui loué à cet effet.

Il travaillait sans cesse à augmenter ce

musée et, dans ce but, entreprit un voyage

en Italie. Il en revint gravement malade,

affaibli qu'il était depuis de longues années

par un travail de vingt heures par jour. Il

mourut le 19 août 1842, à Saint-Cloud, lais-

D

LES DÉPARTEMENT S FRANÇAIS

L'EURE

'UNE superficie de 603.748 Ha, l'Eure

est un vaste plateau en majorité

crétacé que des vallées entaillent en

une série de plateaux secondaires qui ont

noms, Vexin (entre Seine, Andelle, Kpte :

forêts de Lyons, d'Autus... etc.) ; de Madrie

(entre Seine et Eure, avec île de Grâce),

plaine Saint-André (continuation du Perche,

entre Eure, Avre

et Iton) ; du Neubourg

(au centie

du département,

entre Seine, Eure,

Iton, Rille, Charentonne

; continué

au sud-ouest

par le plateau

d'Ouchie.au nordouest

par le Roumois,

séparé à

l'ouest par la

Rille du Lieuvin.

Les parties les

plus basses sont

dans le Roumois

et le marais Verhler

(ancien estuaire

delà Seine ).

Altitudes moyennes

comprises entre

100 et 200

mètres. Culmen à

257 mètres dans

le pays d'Ouche.

Hydrographie : dépend du bassin de la

Seine ; à signaler : pertes de rivières dans

la craie (Risle en amont de Grosley, Iton en

amont de Glisolles, Avre en amont de Verneuil).

-

Climat :. doux et humide; surtout dans les

vallées, vents d'ouest dominants.

Les Andelys et Bernay. (Louviers et Pont-

Audemer actuellement supprimés.)

Entre la Seine-Inférieure, où la culture

des céréales et l'herbage se partagent équitablement

le sol et la pure Normandie, l'Eure

est, en quelque sorte, zone de transition. A

droite de la Seine, sur le Vexin, qui ferait

plus justement partie de Seine-Inférieure, ce

sont sensiblement

mêmes cultures

que sur le plateau

cauchois : céréales,

betteraves,

fourrages artificiels.

A gauche,

betterave rare, céréales

sur plateau

de Madrie

et plaine Saint-

André , herbage

dominant ailleurs

pour constituer

exclusi v ement

l'Ouche. L'herbage,

d'ailleurs, a

progressé à la faveur

de la raré-

E.-ET-L.

10 Kilom. 30

] Culture riche.

I I Elevage,

i Pommiers.

CARTE PHYSIQUE ET ÉCONOMIQUE DE L'EURE

faction de la

main-d'œuvre accompagnée

de sa

résultante : la

pomieulture.

Industries spécialisées

dérivées

,

principalement de l'agriculture et de l'élevage

: très ancienne tannerie spécialisée à

Histoire

Pont-Audemer qu'y prédestinait l'abondance

de ses eaux. A Rugles s'est créée une importante

métallurgie de laminage à froid et au

bois qui traite notamment des cuivres et laitons

en provenance du Havre. En arrière du

marais Vernier, Pont-Audemer est un petit

port sur la Risle. Traversée de la Seine entre

Ancien habitat des Aulerci, Eburovices et

des Lexovii-(avant l'occupation romaine), le

département avait pour capitale Eburovices

(Evreux), qui devint, par la suite, une des

plus florissantes cités gallo-romaines. Il fut

Berville et Le Hode (par bac).

ruiné au rx* siècle par les Normands qui

Du SOMMERARD

s'y établirent à demeure après le traité de

911. En 989, naquit un comté d'Evreux, qui

vit, au cours des siècles suivants, mainte

bataille : lutte d'Amaury de Monfort contre

le .roi - d'Angleterre ; prise en 1193 et 1198

sant, à côté d'intéressantes notices descrip- d'Evreux par Philippe Auguste ; batailles

tives, une belle œuvre inachevée.

qui précédèrent l'éviction des descendants

Ses collections furent acquises par l'Etat, de Charles le Mauvais ; luttes dé la guerre

en vertu de la loi du 29 août 1843, et conver- de Cent ans (Evreux fut reprise définitiveties

en nausée public. On y réunit ensuite le ment-le 15 septembre 1441 par le capitaine

Palais des Thermes et l'un des fils du collec- Floquet) ; épisodes de la guerre de Louis XI

tionneur mort devint conservateur de cette contre le duc de Bretagne (1465) ; horreurs

union de deux curieux édifices.

des- guerres de religion, (dernier épisode :

siège d'Evreux en 1649). Deux ans après, le

comté fut cédé au duc de Bouillon, qui

abandonnait la principauté de Sedan. Il de-

SCHWILGUÉ

meura dans les biens de cette famille jus-

E génial constructeur de la célèbre horqu'en 1809. Il avait contribiîi, avec un morloge

de la cathédrale de Strasbourg, deceau de Normandie et une partie du Perche,

L vant laquelle défilent- chaque- année, à fonder le département de l'Eure. En 1870par

dizaines de mille, des touristes venus de 1871 y éclorent partout de vaillantes-résis-

partout, Jean-Baptiste Schwilgué nâquit le tances (gardes mobiles de l'Eure et natio-

18 décembre 1776, dans la ville même à lanales de Vernon et de Bernay. Evreux fut

quelle il laissa en héritage cet inégalable occupée depuis le 17 novembre 1870.

présent.

Personnages célèbres : les peintres Nico-

■' Dès ses jeunes années, Schwilgué manilas Poussin, Ribot et Chaplin, les hommes

festa un goût très vif pour les arts mécani- politiques : Dupont « de l'Eure », marquis

ques et confectionna lui-même .tous les outils de Dreux-Brézé, Waddington ; le lieutenant

d'un petit atelier personnel. Puis, comme son général de Blanmont, le physicien Fresnel, le

père, attaché à l'intendance d'Alsace, avait littérateur Germain Delavigne, l'archéologue

perdu son emploi dès l'avènement de la Révo- Le Prévost, rindusriel ruglois Philémon

lution, il vint, -avec sa famille, se fixer à Sé- | Fouquet.

lèstat, y fonda un petit atelier d'horlogerie ' D'une population de 305.788 habitants,

et, le 125 avril 1796, s'y maria.

l'Eure a pour chef-lieu Evreux (19.315 habi-

: Continuant à acquérir des connaissances,

il fut bientôt jugé digne d'être, à Sélestat

vérificateur des poids et mesures et d'enseigner

les mathématiques au collège de cette

ville. H put alors songer sérieusement à ré

construire l'horloge de la cathédrale de Stra

sbourg et à remplacer par ùn calendrier permanent,

mécanique et mobile, l'ancien caléndrier

en bois de cette horloge.

Le 6 décembre 1815, Schwilgué eut terminé

son comput ecclésiastique. Le 30 octobre 1821,

il fut soumettre à Louis XVIII ses plans et

ses calculs, en même temps que la pièce mécanique

qui indiquait à perpétuité les élé

ments du calendrier de l'Eglise. En 1822, il

s'arrêta un instant pour s'occuper d'engins de

pesage et inventa un certain nombre de tels

instruments : un pèse-stère, un toposcope, un

pèse-lettres, etc., pour la construction des

qùels il s'associa avec Rollé de Schiltighem

Ses appareils lui valurent : en 1827, une

médaille d'argent ; en 1835, la croix d'hon

neur. Enfin, en 1836, le- conseil municipal de

Strasbourg ayant voté les crédits nécessaires,

Schwilgué procéda à la construction, de la

célèbre pièce qu'il fut à même, six ans après,

le 2 octobre 1842, de présenter pour la pre

mière fois devant un congrès scientifique.

Schwilgué refusa, pour ce merveilleux travail

toute rémunération. Il fut fait, en 1853,

officier de la Légion d'honneur. Il mourut à

tants). Autres chefs-lieux d'arrondissements;

Strasbourg, le 5 décembre 1856.

UN ASPECT DU PALAIS ÊPISCOPAL DATANT DU QUINZIÈME SIECLE

Ressources agricoles et- industrielles

Sur la superficie totale de l'Eure, plus de

300.000 hectares sont en terres labourables,

plus de 100.000 en prés et en herbages. On

y cultive toutes les céréales (blé du Vexin,

etc.), les plantes textiles, le colza, les betteraves,

etc.), Nombreux arbres fruitiers et

surtout pommiers à cidre.

Gros élevage de bovins et d'ovins, chevaux

de gros trait et de factage (marché de Bernay).

Carrières de sable, matériaux de construc

tion.',.', . ï iT'.^^';,.'"^:..:!;;^ .^,,;*

Industries principales : 1° textile : laines,

draps, cachemires (Louviers), etc.; 2° métallurgie

(Les Andelys, Rugles), etc.; 3° diverses

: papeterie, imprimerie, tabletterie, etc.

Tourisme et gastronomie

A voir : Evreux, rendez-vous de chasse et

de pêche, et les vestiges de son passé : enceinte

romaine, maisons des XV e et xvi e siècles,

hôtels du . xvii" siècle, cathédrale et

éyêché, Tour de l'Horloge, etc. ; Les Andelys

: les verrières de son église, maison

des Corneilles, ruines du château Gaillard,

excursions à l'abbaye de Mortemer ; Gisors :

son château-fort, son église gothique, son

couvent des carmélites ; Pont-Audemer, la

« Venise normande », son église, son couvent

de3 Cordeliers et des Carmes ; Lyons

« La Forêt » ; Vernon (rive gauche de lâ

Seine), et ses tours ; Bernay, etc.

Spécialités gastronomiques : volailles, canard

à la Duclair, poularde flambée, etc.,

truites de l'Andelle grillées à la crème. Saucisses

en gelée. Pâtisseries : mirlitons feuilletés,

crêpes normandes, sablés, croissants,

beurre et œufs. — A. L0RBERT.

G

J

DUPUYTREN

UILLAUME DUPUYTREN, qui joignit â

une science chirurgicale hors de

pair la plus grands des popularités,

naquit le 6 octobre 1777 à Pierre-Buffière,

dans la Haute-Vienne. Son enfance fut marquée,

tant sa figure était jolie et ses propos

intelligents, par deux enlèvements qui,

d'ailleurs, tournèrent l'un et l'autre à son

avantage. Le second, notamment, l'amena

au collège de Magnac-Laval, dont le principal

était le frère du ravisseur.

Ce dernier se chargea de tous les frai3 de

son éducation. Plus tard l'enfant, devenu

jsune homme, fit de brillantes étudas da philosophie.

Mais, chose étrange, il était resté

assez faible en latin, et ceci la retarda un

instant dans sa carrière.

*în 1793, Dupuytren, ses classes finies, vint

rejoindre sa famille qui l'avait toujours retrouvé

et dont l'autorité ne lui avait jamais

fait défaut. Il voulait être soldat. Son pèrn

décida qu'il serait chirurgien

En- 1795 (An IÏI), lorsque le décret du

14 Frimaire eut créé les écoles de santé,

Dupuytren, qui avait étudié l'anatomle â la

Charité et la chimie sous Boyer et Vauquelin-Lagrange,

fut reçu prosecteur à ces

écoles. Il n'avait pas dix-hut ans.

En 1799, il fut candidat à la succession de

Fragonard à la place de chef des travaux

anatùmiques ; Dumérii l'obtint au concours;

mais, en 1801, celui-ci ayant été promu a

DUPUYTREN

la chaire d'anatomie, Dupuytren fut désigné

à l'unanimité et sans concours pour lui succéder.

Ce. fut alors qu'il commença l'établissement

des fameuses pièces anatomique3 auxquelles

son nom est attaché.

De poste en po3te, Dupuytren devait de- ]

venir, en 1815, chirurgien en chef (en 1812,

il avait enlevé au concours la chaire de médecine

opératoire, avec une thèse sur la

lithotomie qu'il avait entièrement remaniée

sur épreuves, ce qui avait créé de graves

incidents). A l'Hôtel-Dieu, il fournissait un,

labeur écrasant, assumant la responsabilité

d'un service de trois cents malades, faisant"

en outré chaque jour une leçon d'amphithéâtre

d'une heure.

Il porta si haut la chirurgie française de ,

son époque que la popularité lui vint, par

surcroît. C'était un opérateur hors de pair,

sans jamais une indécision, et un professeur

de clinique incomparable. Charles X en fit

son premier chirurgien.

Riche à plusieurs millions, il tenta sans

succès la députation à Saint-Yrieix. Fatigué

par un labeur excessif, il devait mourir- lé

8 février 1835 ; selon son désir, ses internes

retrouvèrent, en disséquant sa dépouille,

toutes les anomalies et maladies qu'il avait "

diagnostiquées de son vivant.

Le grand rôle qu'il a joué dans l'évolution ;

de la clinique chirurgicale et la technicité

des praticiens qu'il a formés ont fait justement

oublier ses vices de caractère, son ambition

démesurée, sa soif intense d'arriver.

R

ROBERT GARNIER

OBERT GARNIER, poète tragique français

qui succéda à Jodelle et fut un

des précurseurs les plus directs de

Corneille et de Racine, naquit en 1534, à

La Ferté-Bernard. Après avoir fait ses études

juridiques à Toulouse, études au cours

desquelles il publia un premier recueil de

Plaintes amoureuses, aujourd'hui introuvable,

il fut successivement avocat, conseiller

au présidial du Mans, puis lieutenant

criminel au même siège.

Ce fut en 1568 que Garnier aborda la tragédie

avec Porcie. Suivirent : Hippolyte,

Cornélie, Marc-Antoine, La Troade, Antigone,

etc., touteri tragédies qui eurent grand

succès. Une édition, qui parut en 1605, des

œuvres complètes du poète avait en préface

une élégie sur le Trépas de Pierre Ronsard.

Robert Garnier est mort au Mans le

15 août 1580. Son meilleur ouvrage avait

été les Juives ou Sédécie.


iiiiiiiu DIMANCHE-ILLUSTRÉ ■■■■iiiiiiiiiii>.^iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii \2 iiiiniiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiHiiiii'iiiiiiiiiiiifrtiiiiiiiiiii LE 11 SEPTEMBRE 1932 HIIIIMI

LA SEMAINE COMIQUE

Qu'est-ce que c'est que ça ? Un cambrioleur !..

(Dessin inédit de RAFFRAY.)

C'EST après avoir lu dans son journal

les dernières nouvelles concernant la

croisade de désobéissance prêchée

dans l'Inde par le prophète Gandhi, que

M. Floche sentit, comme disent les marchands

de lunettes, les écailles tomber de

ses yeux.

— Vive Gandhi ! s'écria-t-il. Ce mahatma

est un as ! Il a trouvé le bon truc ! Le refus

d'obéir est certainement le moyen le plus

...Ce degré de lâcheté : nous laisser commander

par un appareil téléphonique !

efficace pour combattre la tyrannie dont,

aujourd'hui comme hier, l'étendard sanglant

est levé ! Â nous d'en prendre de la graine !

Nous aussi, nous souffrons d'un odieux despotisme,

celui que font peser sur nous des

règlements stupides, des conventions, des

usages et jusqu'à des mécaniques stupides.

Le moment est venu de marcher sur les

traces du « briseur de loifc ! »

Il fut interrompu par une aigre sonnerie.

C'était le téléphone placé sur sa table de

travail qui demandait la parole. M. Floche

bondit sur ce trouble-fête.

UNE FAIBLE FEMME... OU LE RENFORT TARDIF

LE BRISEUR DE LOIS

— Toi ! s'écria-t-il, tu tombes bien !...

Dire que je supportais sous mon toit cet

impétueux ustensile qui fait de l'homme un

humble esclave asservi à ses caprices ! Car

nous en sommes arrivés à ce degré de

lâcheté : nous laisser commander par un

appareil téléphonique ! Quand le téléphone

daigne agiter sa sonnette, on doit tout

quitter pour venir écouter ses petites histoires,

pour répondre à ses questions oiseuses

!... Mais cette abjecte sujétion n'a que

trop duré. C'est fini ! Tu entends, sale outil !

Je refuse d'obéir !

Il venait de raccrocher rageusement le

récepteur quand son regard tomba sur un

autre objet, sur un autre objet d'irritation :

une sorte de bloc-notes où se trouvaient

inscrits ses rendez-vous de l'après-midi :

« Durand, 2 heures... Dupont, 3 h. -15...

Dupuis, 4 h. 30... Duchenoque, 5 heures... >.

— Encore un instrument de servitude '

s'écria-t-il. Est-ce que je dois être l'esclave

de mon agenda !... Si vous écoutiez votre

agenda, votre temps ne vous appartiendrait

plus ! Au diable, l'agenda. A la gare, les

rendez-vous !

Sur ce, il passa dans la pièce voisine où

son attention fut attirée par un horrible

petit groupe en terre cuite dont la présence

déshonorait la cheminée du salon.

•— C'est comme ca ! fit-il. Voilà dix ans

que je tolère cette cochonnerie sous mes

yeux, parce qu'elle m'a été offerte par la

tante Anaïs, oui est une tante à héritage... Je

vous demande un peu si un homme libre

doit se laisser persécuter par une tante à

héritage.

Il saisit l'œuvre d'art et, sans hésiter,

l'envoya crever le portrait de l'oncle Benjamin,

également à héritage.

Cette double exécution terminée, il sortit

de chez lui après avoir retiré son faux-col,

instrument de torture qu'il avait trop longtemps

supporté.

•— Est-ce que -Gandhi porte un faux-col !

Dehors. M. Floche continua à se comporter

à la manière d'un homme libre. Pour

commencer, il roula en boule, et jeta au

ruisseau sans même la lire une belle feuille

verte que son concierge venait de lui remet-

tre de la part de M. le Percepteur du quartier.

On le vit ensuite traverser la chaussée

en dehors des lignes de clous et pénétrer

dans la boutique d'un coiffeur. Le peluquero

l'ayant entortillé dans un peignoir afin de

rendre toute résistance inutile, lui demanda

selon l'usage :

■— Qu'est-ce que vous pensez de ce

temps, monsieur ?... Et le ministère, qu'estce

que vous croyez qu'il va faire, le ministère

avec cette affaire des Réparations ?

Au lieu de satisfaire à ces. questions,

M. Floche répondit avec la plus entière

franchise :

— Je ne suis pas météorologiste, la politique

me laisse indifférent et les faits divers

ne m'intéressent pas. De plus, je vous ai

prié de me couper les cheveux et non de me

faire la barbe !

QUELQUES minutes plus tard, il affirma

de nouveau son indépendance en refusant

d'acheter un flacon d'eau a'ntipeliculeuse

et même de se laisser faire une

friction de chypre inodore recommandé par

la maison. De nouveau dans la rue, il rencontra

un de ses vieux amis dont il se fit

immédiatement un ennemi mortel pour ne

pas avoir ri, comme d'habitude, en l'entendant

raconter l'histoire du mille-pattes qui

se déchausse dans l'arche de Noé.

Ayant soif, il prit place à une terrasse

de café. Comme il hésitait dans le choix

d'une consommation :

— Monsieur ne sait, pas quoi prendre, lui

dit le garçon, monsieur devrait boire un

Quinquina Machinet, c'est excellent !

— Alors, donnez-moi un bock, fit M. Floche,

en homme qui n'a pas plus besoin de

conseils que d'ordres. Une demi-heure plus

tard, la soif étant revenue, il allait commander

un deuxième bock lorsqu'une petite

affiche collée sur la glace attira son 'attention

: « Buvez de la bière Triicbrau ».

Alors, il demanda une camomille.

Enfin, il reprit le chemin de son logis et

bientôt sa concierge le vit, avec autant de

surprise que d'indignation, monter l'escalier

sans avoir essuyé ses pieds sur le tapis-

UN ENDROIT POISSONNEUX... OU LA PRISE IMPRÉVUE!..

— M'sieur, si vous n'avez encore rs-*« attrapé, vous

allez pouvoir pêcher une belle pit<

...Ma sœur est tombé du petit - pont, dans la rivière...


Te voilà, Eusèbe. C'est bien ça les hommes, ça laisserait

massaorer une pauvre femme sans défense !

brosse du vestibule, conformément à la

recommandation affichée en ce lieu.

Quelques instants après, le briseur de

lois était chez lui, dans sa chambre à coucher.

Tout aussitôt, on l'entendit poussr des

cris furieux :

— Mes pantoufles ! Où a-t-on fourré

mes pantoufles, N. de D... !... ; Hein ? A la

tête du lit ? Ce n'est pas à la tête du lit, c'est

sous la table de nuit que ça se met, des

Le peluquero l'ayant entortillé dans un peignoir

afin de rendre toute résistance inutile...

pantoufles, tu ne te fourreras donc jamais ça

dans la tête... Et je parie que le dîner n'est

pas prêt !... Non, il n'est pas prêt, je l'aurais

juré ! Je te l'ai pourtant répété assez souvent,

on doit dîner à huit heures précises ! Il y à

des pendules dans la maison... Qu'est-ce

que tu dis ? C'est la faute à la bonne ! Elle

est sortie ! C'est son jour de liberté ! Ça,

par exemple, c'est trop fort ! Je vais te lui

fiche, moi, des jours de liberté !... Non mais,

ma parole, il n'y a plus moyen de se faire

obéir, à présent !

BERNARD GERVAISE.

IPP'Wa

...et le courant va la faire passer au bout de votrm

hameçon (Dessin inédit de M. SAUVAYRB.)


' n LE 11 SEPTEMBRE 1932 iiiauiuiiiiuiiiiuiiHuiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiniiiiiniiai 13 •iiiiiiiiiiitiiiiiiiiitiiiiiiiitiiititiiiiiiiiiiiiiitnniiiiittiitiiiniiiitiiiniiiniiiitiiiin DIMANCHE-ILLUSTRÉ < nu

PASSE-PASSE ET PRESTIDIGITATION

M. Touffe conduit son fils dans la baraque Celui-ci escamote un dé dans un cor- un lapin vivant sous- — Ces tours sont bien Mais il arrête là son

du célèbre prestidigitateur. devant eux un œuf net... un chapeau haut de puérils, dit M. Touffe, et seul discours en constatant

(Dessin inédit de VARÉ.) dans un mouchoir... forme... un enfant sans expérience que son porte-monnaie

saurait s'y laisser prendre... vient d'être escamoté.

L'ENFANT COQUETTE

— Non, non, ne lui offrez pas de glace,

elle va encore pleurer comme la dernière fois,

parce qu'elle ne pourra pas se voir dedans...

(Dessin inédit de VARÉ.)

UN BON GUIDE

. •— Pour aller à Saint-Cucufa, s'il vous

plait ?

— Ah, ! ben, mon fils, t'as d'ia veine ;

t'as que de m' suiv', j'y allons tout droué.

(Dessin inédit de JIMMY OAWKS.)

SIMPLE CONSTATATION

—-' Juste au départDe ce coup-là, nos

vacances sont dans les choux !

— ...Tu peux dire dans les marronniers!...

(Dessin inédit de M. SAUVAYRE.)

SIGNE DISTINCTIF

— Impossible--de--vous conduire, je suis

chômeur...

— Mais... à quoi cela se reconnait-ïl ?

— Cela se reconnaît à ce que je ne charge

pas de clients.

(Dessin inédit de LUC-CYL.)

LE COUP DE PIED DE L'ANE.,. OU LE MASSACRE DES INNOCENTS

(HISTOIRE SANS PAROLES)

CH.OE

thur

être

ton

Lève - toi, Ar-

, tu vas encore

en retard à,

bureau !

— Alors, je trimerai

toute la journée

et môpsieu resterait

à se prélas-

RAISON MAJEURE

— Non, je n'irai

pas au bureau aujourd'hui.

■—■ Je te dis que

je n'irai pas au bureau...

ser... (Dessin inédit de RAFFRAY.)

— Ah! tu n'iras

pas au bureau f

Paresseux ! ivrogne

!

(Dessin inédit de Ch. de BrssY.)

— Non, je n'irai

pas au bùreaû aujourd'hui

; c'est la

Pentecôte et les bureaux

sont fermés!

POINT DE VUE

— Il n'y a pas d'hôtel dans le village ?

— Un hôtel ? Pourquoi faire On

chacun sa maison !

(Dessin inédit de JULIIÈS.)

LE SERVICE IMPRÉVU

— Voulez-vous me gratter le dos ? Je dois

avoir une puce qui me pique !

(Dessin inédit de MADELEINE BAUDRY.)

-■ I,'UTILE ET L'AGRÉABLE

La rose, c'est pour le plaisir des yeux,

et puis, les-épines, on les gantera- pour .'faire

KjGi's,W te çfionographe...

(Dessin inédit de VARÉ.)


uioiiiii r

ANCHE-ILLUSTRÊ iniiiuiniiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiii,>iiiiiiiiuii nnmnm 14 iiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiimiiH iimi'n iiiiiiiiiiui iiiunii LE 11 SEPTEMBRE 1932 mmnm

B R I C - A - B R A C

ECHOS ET NOUVELLES DE PARTOUT

I

PARIS-MAGAZINE hJS

Oïl Dun Cl nanio _ DARIC

227, Rue St-Denis - PARIS

LA FAZENDA SACCAGÉE

.

(Suite de la page 7.)

qui nous guette partout, croyez-vous que

vous aurez gagné du temps ?

OMPTE D'AUTEUR

Proust ou Bergson. D'autre part, les livres Ils étaient petits de taille, mais larges et

M a l'habitude de beaucoup railler les écri-

rapportaient encore moins en 1773 que de solides. L'homme portait une sarbacane et

Ils ne répondirent pas. Santos avait telle-

) vains qui font publier leurs livres à

nos jours.

quelques flèches. Ils mendiaient un cadeau

ment raison. Mais au bout d'une minute de

..jmpte d'auteur. On n'a pas tout à fait tort,

De Carrefour. et baragouinaient des phrases incompréhen- silence, leur esprit suivit de nouveau la

wiais on n'a pas non plus entièrement raison. BOUILLABAISE OSTENDAISE

sibles, mais auxquelles Santos répondit. même route. Ils voyaient tous cette jeune

In medio... c'est l'éternelle chanson.

OUR André Maurois, qui est aujourd'hui un de six personnes : 1 kilo 500 de poissons Il parlait couramment le guarani et quel- fille, à Boa Vista, on la leur avait dépeinte

nos romanciers et essayistes les plus deman- P tels que : vives, grondins, Saint-Pierre, ques dialectes connexes.

comme belîe et charmante. Elle était maintedés,

dut publier son premier livre — son chef- merlans, rougets et quelques moules. Au bout d'un auart d'heure de conversanant

aux mains de gardiens impitoyables

d'œuvre peut-être — à compte d'auteur : Réunir en casserole deux bancs de poireaux

c'était les savoureux Silences dît colonel et deux oignons hachés, deux tomates pelées tion, Santos se tourna vers ses compagnons.

qui la réservaient pour un de leurs chefs.

Bramble. Marcel Proust, qui depuis... fit édi- et pressées, deux gousses d'ail broyées, une — Je ne sais pas ce aue nous devons en Elle était traînée à pied, couchait sur la

i ter Du côté de chez Swann, à compte d'auteur. pincée de persil, une pincée de safran, sel et croire, dit-il. Il prétend appartenir à une terre, comme ces hommes, était à la merci

\ Et ne nous apprenait-on pas, ces jours der- poivre, une feuille de laurier, une bonne co- tribu qui vit sur un affluent de droite et d'une morsure, d'une piqûre d'épine qui s'en-

\niers, que le nouveau livre de M. Henri Bergquille de beurre, les poissons chair ferme et

son vient d'être publié aux frais du célèbre les moules. Mouiller avec de l'eau de façon qu'ils descendent pour pêcher. Il dit que de '•enime et engendre la gangrène.

philosophe ?

à ce que les poissons en soient juste couverts. temps en temps ils allaient chez les Blentao Edmond se leva, se secoua.

Il en a toujours été ainsi. Les meilleurs ont Faire partir en ébullition et cuire à grand vendre des peaux de bêtes, serpents et lé- — Tu as raison, dit sa femme, qui avait

passé par le compte d'auteur. C'est ainsi que, feu pendant un quart d'heure. (Les poissons zards. Je lui ai demandé s'il n'a pas vu les yeux mouillés. Il ne faut pas penser... Pas

feuilletant de vieilles notes, à l'occasion du à chair tendre^ merlans et rougets, s'ajoutent

i centenaire de Goethe, nous tombions sur une au bout de 8 a 9 minutes que l'ébullition est passer, il y a quelques jours, une troupe penser...

/ lettre du grand Allemand, datée de 1773, au en marche.) Verser le bouillon dans une sou- d'Indiens. Il affirme que non, qu'ils seront — J'aime mieux pagayer, remonter le

lendemain de la publication de son œuvre de pière sur des tranches de pain séchées au allés sur une autre rivière que la sienne. Mais tleuve en uba que de rester tranquille, fit

début : Gœtz von Berlichingen.

four.

il se rappelle l'avion. Il l'a vu. Il remontait Maurice.

Goethe avait dû, lui aussi, faire imprimer

La Revue Culinaire.

tout au nord...

Et ce fut ainsi qu'ils reprirent leur navi-

Gœtz von Berlichingen à ses frais. Or, il ne

possédait pas les ressources de MM. Maurois, UNE BIENFAITRICE DE L'HUMANITÉ — Ton avis, Santos ? coupa Auguste. gation, une heure trop tôt selon les dires

E Royal Free Hospital vient de donner à —; Je les enverrais tous les deux au fond de Santos.

L une de ses salles le nom de Mary Schar- de l'eau, pour plus de sécurité, répondit le La nuit vint vite. Edmond avait dû arrêlieh,

tandis qu'une plaque à la mémoire de mulâtre sans l'ombre d'une hésitation-

TIMBRES-POSTE cette femme de bien était apposée dans le

ter plus tôt sa caravane pour donner quel-

GRATUIT : 20 Salvador, Nicaragua, même hôpital. Ce ne sont pas seulement les Edmond avait sursauté.

ques soins au moteur que l'eau de la cata-

etc., et 1.000 charnières, si vous expé-

étudiants qui doivent chérir cette grande mé- — Non... Pas de mal... Aucun mal... Ce racte avait inondé. Ils trouvèrent une plage

moire, mais encore le peuple anglais tout endiez

l'annonce ! De plus, vous recevrez des

sont peut-être de braves gens, innocents de d'assez bonne apparence et purent y allutier.

Mary Scharlieb a apporté aux femmes de

feuilles de timbres à choisir, sans obligation

l'horrible crime...

l'Inde les bienfaits de la médecine et de la

mer un bon feu. Pendant la nuit, une tempête

d'achat. Remise énorme sur catalogué ! chirurgie modernes, et elle a montré à ses Santos haussa les épaules.

de vent et de pluie força les hommes à veil-

Reklame-Verlag Dépt. 82, Rothenburg p. Tbr., compatriotes tout le bien qu'elles peuvent -— Les jaguars que j'ai tués étaient peutler sur la barque, qui eût été emportée mal-

Bavière (Allemagne). Revendeurs demandés. faire en dehors de leurs frontières. Elle fut la être de bonnes bêtes, après tout, et le sergré son amarre. Ils durent attendre après le

première doctoresse à faire partie du haut

personnel d'un hôpital, non parce qu'elle était

pent que vous tuerez demain n'aura peut- soleil pour se sécher.

'POUR FOUDROYER LES PUNAISES une femme, mais parce qu'elle était un grand être pas eu de mauvaises intentions. Que Santos les bourra de quinine et ils purent

servez-vous du Rozol, une des plus précieuses in- médecin.

voulez-vous ? Dans la forêt, on défend sa s'étendre dans le bateau, dont le moteur suf-^

ventions de la chimie moderne. En badigeonnant La force de caractère est le secret de sa peau. Et ceux-ci me sont rudement suspects. fisait, pour l'instant. La rivière tournait in-^

" les endroits où elles se nichent, on est assuré de grande réussite. Dès sa jeunesse elle fut ani-

les détruire à tout jamais. 6 fr. 95 le flacon. A mée du désir de servir. Si elle se décida, déjà

— N'importe. Nous ne sommes pas des cessamment. Elle décrivait des crochets qui

Paris et province, toutes Pharmacies, Drogueries mariée et mère de famille à étudier la méde- sauvages, nous.

retardaient la marche.

et Marchands de couleurs, etc., et Pharmacie Cacine, ce fut pour venir plus efficacement en — Nous serons peut-être les victimes. Et c'est justement à un de ces tournants,

nonne et Pharmacie de Rome Baiily.

aide aux Hindoues. Son œuvre aux Indes ac- — Je ne veux pas qu'on touche à ces gens.

complie, elle revint en Angleterre où elle

alors qu'ils découvraient, entre les berges

trouva un nouveau champ d'activité. La reine Alors, monsieur, donnez-leur du sucre, du boisées, une longue étendue miroitante toute

LE PATRON DES MARCHEURS Victoria, qui fit venir la jeune doctoresse pour tabac, un ou deux colliers, et renvoyons-les. droite, qu'ils aperçurent devant eux une

l'interroger sur son magnifique apostolat en Ceci fut fait, et les Indiens sautèrent de

Ils sont deux : saint Christophe d'abord, « Le

uba, presque au tournant suivant.

pays lointain, la félicita vivement sur son ma-

Diable » ensuite, qui les délivre de leurs cors.

nouveau dans leur uba.

« Le Diable » enlève les cors en six jours pour

gnifique effort et lui accorda son aide et sa

Santos Saatoo s'était dressé.

toujours. 3 fr. 95, toutes pharmacies. Attention !... protection.

— Quoi ? s'écria Maurice. Ils ne vont — L'uba ! criait-il. Les deux Indiens !

Exigez « Le Diable ». Epernay : Pharmacie

Times. pas transporter leur coquille de noix de Edmond sauta sur la lorgnette. Il la bra-

Weinmann.

l'autre côté de la chute ?

qua.

UN MÉTIER QUI N'ENRICHIT PAS Santos se mit à rire.

— Oui... Ce sont eux... L'homme et la

N magazine américain affirme que le prési- — Bon pour nous, ce jeu-là. Regardez-

DEMANDEZ U dent Hoover avait en 1914, lorsqu'il s'est

femme... Et avec quelle rapidité ils pales.

retiré des affaires, une fortune de 4 millions

gaient...

de dollars. Il ne lui reste à présent que Les Indiens se tenaient droit dans la lé- L'uba disparaissait au tournant lointain.

700-000 dollars.

qère embarcation. Ils pagayaient de toutes Les hommes regardèrent, interdits. Santos

M. Jordan, professeur à l'université de Stan- leurs forces pour donner à l'uba une vitesse souriait :

ford, où le président a fait ses études, aurait

dit que M. Hoover gagnait 100.000 dollars par

encore supérieure au courant qui les entraî- — Je vous l'avais bien dit. Il fallait les en-

an quand il était ingénieur, et environ 95.000 nait. Ils arrivèrent en deux minutes à l'exvoyer au fond de l'eau. Vos bons Indiens,

dollars au moyen d'opérations financières. trême bord de la nappe. L'avant dépassa la '•.'étaient tout simplement des espions en-

D'après lui, le président a perdu un quart do cataracte. ,

sa fortune dans des affaires lancées pnr.

voyés en arrière par la tribu ou sur les insti-

l'« Intercontinental Development Company;. L'uba fit t.. t bond, sauta comme un gations des aviateurs. Les voilà renseignés.

Le métier de chef d'Etat n'enrichit donc skieur et retomba sur le flot, deux mètres Il n'y a plus de surprise possible. Apprêtons

pas. Pas plus, parfois, que celui de chef de plus bas, avec ses pilotes toujours debout. nos armes pour quand nous serons dans la

gouvernement.

— Merveilleux ! s'écria Maurice enthou-

Sans aller aux Etats-Unis, nous en avons la

forêt... Ou apprêtons nos jambes, pour lesiasmé.

preuve en France.

cas où les Indiens jugeraient plus prudent

M. Doumergue, par exemple, a fini son sep- — Le malheur, fit Santos, c'est qu'ils ont de faire les étapes doubles et de mettre plus

tennat plus pauvre qu'il ne l'avait commencé. autant d'habileté pour envoyer une flèche vite la captive hors d'atteinte... Pour tou-

Et l'on sait que M. Poincaré lui-même a enduite de poison à travers leur diablesse

perdu, dans l'exercice du pouvoir, une bonne

jours...

partie de sa fortune. Non pas par suite de de sarbacane et aue le souffle de leur bou- — Pour toujours, répéta Adine qui fris-

catastrophe financière, comme M. Hoover, che l'envoie assez fort pour qu'elle se plante sonnait.

mais parce qu'il a sacrifié son activité privée dans votre chair à dix centimètres de pro-

pour sauver la France en un temps de crise

— Et prenons garde à nous-mêmes. Par

fondeur. Maintenant, au travail.

dangereuse.

ici, les tribus sont des chasseurs de têtes.

La Croix. L'uba sautait sur les écumes du rapide et Il n'était pas question de poursuivre les

LA MAISON RURALE

s'éloignait rapidement.

espions. Ils allaient à un train qu'il était im-

ANS la poussière de maisons qui s'isolent

— Où vont-ils ? demanda encore Santos. possible d'atteindre.

D au milieu des champs ou bien dans, les Plus bas, ces gens n'ont vraiment que faire...

— Mais comment nous ont-ils dépassés 7

masses pressées des groupements villageois, Edmond l'entendit.

sacrait Auguste.

tout ne se dispose pas selon le caprice et la — Nous savons tout de même qu'un avion

fantaisie. Une villa de plaisance peut bien,

— C'est simple. Ils étaient venus dans

à la rigueur, se prêter aux idées saugrenues est passé par ici, qu'il se dirigeait vers le

d'un propriétaire original. Mais le paysan a nord.

deux ubas. Avant la cataracte, ils en ont

abandonné une. Ils nous ont croisés; ils sont

d'autres idées pour sa maison. Il y abrite ses — Oui, senhor, et qu'il allait recruter les

biens, ses récoltes, ses bêtes, ses outils, sa

descendus plus bas, après nous avoir bernés.

contient :

assassins, les lancer sur les Blentao pour se

famille, son foyer; il l'a conçue pour son usage

Puis ils ont quitté l'uba, sont remontés par

quotidien ; il l'a façonnée selon les nécessites faire la main. Oui. Nous le soupçonnions

L'AMANT POSTICHE dé son travail en vertu d'une expérience sécu- déjà.

la foret. L homme avait sa sarbacane. Il ne

craignait pas les fauves. Ils nous ont dou-

par Marie-Louise LAURENT-TÀILHADE laire ; il l'a adaptée à son existence matérielle. Ils ne parlèrent plus. Santos était som-

C'est un ouvrage sorti de ses mains, une créabre.blés sans que nous les voyions, et ont repris,

tion qui exprime les conditions mêmes de la

plus haut, leur seconde embarcation. Le mys-

MÉNAGE MODERNE vie rurale.

Ils~a^aîint saisi les câbles et le halin de

tère n'est pas grand, comme vous le voyez...

par Paul REBOUX

On peut être séduit par la décoration Ingé- fer. Adine resterait au tronc d'arbre pour

nue d'une fenêtre, par le profil gracieux d un enrouler la corde à mesure que les hommes

Ils avaient encore plusieurs jours de na-

toit, par le charme et la fraîcheur qui se dévigation

avant d'atteindre le rio Parima, qui

tireraient. Il fallait opérer comme avec les

L'AMOUR JAPONAIS gagent d'une construction champêtre ; mais

sa véritable originalité ne vient pas de ces

amarres d'un paquebot.

se détachait sur la gauche et s'enfoncerait

vers les montagnes.

par Madame ROUBÉ-JANSKY

caractères extérieurs qui. en fait, évoluent, Au commandement de Santos, les cinq

et souvent disparaissent ; elle réside dans le hommes commencèrent à tirer. Ils bandaient

Les dénivellations d'un courant si rapide

UNE GRANDE NOUVELLE MARITIME plan, dans la repartition des différentes « places

», dans cet ordre intérieur qui fait régner,

leurs muscles comme des arcs, donnaient

les avaient déjà portés à une certaine alti-

L'ABORDAGE au milieu des choses inertes, une idée et une toute la force dont ils étaient capables.

tude dont ils sentaient les bienfaits. Le moteur

donnait à plein et la marche était bonne,

âme. Un type d'habitation rurale résulte d'une Lorsque enfin l'avant de l'embarcation pa-

par Jean FEUGA

longue évolution ; il résume l'expérience des

quand, trois jours plus tard, ils se retrouvèrut

au niveau, ils poussèrent tous le même

générations terriennes ; il forme un outil

rent dans le remous. Un rapide commen-

adapté au travail" du paysan ; il se transmet

cri de triomphe. Et, lorsqu'enfin elle reposa

çait, aussi dur que le premier, et terminé par

PELLEAS

tel que les ancêtres l'ont conçu et aménage. sùï ItfT^nappe tranquille, à quelques pieds du

une autre cataracte. Deux jours entiers fu-

par FANCY

Dans les provinces de France que la guerre tronc d'arbre, Santos décida avec sagesse

avait dévastées, des villages entiers avaient

rent perdus là Et les Indiens prenaient une

qu'avant de rembarquer le chargement, il

été détruits. Le paysan revint vers sa terre

avance formidable.

pour s'y reconstruire un foyer. Certains théo- convenait de faire une halte sérieuse.

TOUCHAGUES riciens avaient pensé trouver là une occasion Ce repos nécessaire fut toutefois plus

— Cela vaut mieux, disait Santos. S'ils

par Pierre MAC-ORLAN

de répandre dans l'architecture rurale des court qu ils ne le voulaient.

pouvaient croire que nous nous découra-

principes nouveaux, importés même de pays Santos lisait sur leur visage les réflexions

geons !... Mon idée est d'ailleurs d'embrouil-

étrangers. Leur erreur était profonde. On

ler la piste.

constata que ce que voulaient les paysans, qu'ils n'émettaient pas.

ÎOO

c'était leur maison, leur antique maison, Il haussa les épaules.

, Quand ils se remirent en route, le rio

agrandie, embellie, assainie sans doute, mais

s était rétréci jusqu'à permettre aux arbres

— Vous vous tourmentez bien inutile-

PHOTOGRAPHIES construite selon les principes du passé, selon

les indications éprouvées de leur économie

ment, fit-il.

immenses de se rejoindre par-dessus son

lit. La navigation devint un délice

INÉDITES avec HORS-TEXTE agricole. _

Adine leva les yeux, surprise que tous

FONT DE CE NUMERO

L'Entreprise Française. fussent ainsi devinés.

Les derniers jours, il ne fut pas possible

de quitter le bateau, car les rives n'offraient

une Publication de premier ordre

— Si j'ti tombe sur c'ti crapile, gronda

GAZ DÉLÉTÈRES

Om^r le silencieux.

pas un pouce sans forêt. Les hommes étaient

N reprend de temps en temps le procès des

ereintes, autant par le manque d'exercice

M PAGES SUR PAPIER GRAND LUXE O . fumées d'autos. Une enquête récente dé- — Oui... Mais pour tomber dessus, mon

que par la fatigue de leur position entre les

EN VENTE PARTOUT

montre que l'oxyde de carbone existe en vieux, il faut encore tenir debout. Pour ballots.

quantités dangereuses dans les rues encom- réussir le tour de force... double... que vous

brées. Ce gaz est nettement nuisible à la

LE No francs.

tentez, il faut de la résistance, une santé

santé de ceux qui le respirent

„ I

Ainsi, le chef de la police, dans l'une des forte, urje capacité de souffrance telle que

L'abonnement d'un an est de : 40 frs six plus grandes villes de l'Angleterre, a dé- pas une minute de repos ne doit être perdue.

donnant droit à une Pendulette de valeur. clare que ses agents chargés de réglementer Se laisser affaiblir, dans ce pays, c'est la

le trafic, souffraient généralement de trou- mort. Le temps que vous croyez perdre ici,

bles gastriques. Les médecins consultés ont

été unanimes à dire que les malaises en ques-

c'est du temps gagné. Si la fièvre prend l'un

tion étaient causés par les fumées et les éma- de nous dans la forêt, et si nous devons renations

des véhicules automobiles. tourner en arrière, tout de suite, jusqu'à Boa

Daily Telegraph. Vista, pour tenter de l'arracher à la mort

1

j. - ^¥ ais nous arriv ons près du Parima,

disait Santos.

. — Tant mieux. Je m'ankylose, tempêtait

Auguste.

— Et vous regretterez le bateau, continuait

le mulâtre.

— C'est impossible.

— Je vous le prédis.

Enfin, le berceau de feuillage s'ouvrit. Le

rio reparut, blanc, éblouissant. Les rives


«'"""" LE 11 SEPTEMBRE 1932 muni n POUR LES ENFANTS x iiinitiiniiiii "m iiuiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ HIIIMII

LES AVENTURES B>E MITOU, TOTI ET §ERPE1VTÏ1¥

T? Le père Neptane et son fils, le triton

\fulicarpe, doivent avoir beaucoup de choyées

à se raconter depuis le temps... Détourfions

nos regards, discrètement, pour les

\ porter sur M itou. Au milieu de belles da-

'-> neuf muses qui, chacune, ont un

Vfiéient, il parade en racontant ses

aventures.

Toti, elle aussi très entourée, se faisait

interroger par la déesse de la beauté,

Vénus, sur miss France et sur Greta Garbo.

Mais, tout à coup, des aboiements furieux

se firent entendre.

Que se passait-ii

?...

Le basset - géant

Serpentin se battait

avec Cerbère, le

chien à trois têtes

(jadis, il gardait la

porte des enfers,

mais, depuis le changement

de r é s idence

des dieux, il

se contentait de défendre

la porte de la

villa de son maître,

f*luton, roi honoraire

des forces souterraines}.

Ce ne fut pas facile de les séparer.

Cerbère, avec ses trois mâchoires,

aurait eu fatalement le dessus si Serpentin,

nourri de paillettes enchantées Ovomaltine,

n'avait possédé des qualités de

résistance extraordinaires.

Il se débattait

si bien que Cerbère

fou de rage,

mordit une de ses

têtes que, par erreur,

il avait prise pour

celle de son ennemi.

La douleur lui fit

abandonner le combat.

La queue entre

les jambes, il alla se

réfugier dans sa niche.

— Je crois que

cette fois-ci, nous

sommes au pays

merveilleux, déclara Toti à son frère.

Certes, la vie s'écoulait douce au nou-

vel Olympe. Un ciel bleu, avec de gais pe*

tits nuages blancs. De grands arbres, des

concerts, des attractions de toutes sortes.

Evidemment on se blase de tout, et, à la

fin, cette existence devenait monotone^

mais nos amis ne faisaient que d'arriver et

tout ce qu'ils voyaient leur semblait charmant.

(A suivre.)

. (Texte et dessins d'ALAIN SAINT-OGAN.)

«s'éloignèrent. Sur les bords, la forêt se clairmait.

Ce n'était plus la jungle inviolable.

A gauche, à droite, s'ouvrirent des places

libres.

De loin, le guide les désigna.

— Les affluents.

— Et le Parima ?

— A gauche... Maintenant, ii faudra sa-

VC oir de quel côté ont tiré nos Indiens.

Trois hommes partirent en expédition sur

..s bords des cours d'eau. Santos dirigeait

cette lonque étude des lieux. Lorsqu'ils reparurent,

Adine demanda, impatiente :

— Qu'avez-vous découvert ?

— Rien. Les ubas ont continué par le

Parima, fit Auguste. Nous recommencerons

"demain les recherches.

— Dans la forêt que vous allez affronter,

dit Santos au bout d un instant, les explorateurs

n'ont jamais pénétré... du moins à

Les Américains l'ont survolée il y a

deux ans. Par eux, on connaît plusieurs détails

que j'ai lus... et retenus... et qui nous

serons très utiles... Elle renferme plusieurs

I tribus ennemies. Celui qui vous précède et

fcqui veut vous combattre ne peut être l'allié

□que d'une seule. Si nous pouvions nous faire

Tdes auxiliaires des autres clans, nous aurions

ÇTus de chances... En nous gardant bien

^contre nos amis...

Pourquoi les expéditions ont-elles toul,.,j,-V

%mr.

%qu

. "lté

l, encore suffisamment rétablie pour commencer

la course en forêt. Le lendemain, ce

serait une éclopée, et la marche deviendrait

impossible. Il valait mieux attendre un jour

ou deux, en s'entourant de toutes les précautions

pour la sécurité de la petite troupe. En

effet, les Indiens n'étaient-ils pas dans les

environs ? Alertés par les deux espions,

u'avaient-ils pas préparé un piège ? N'attendraient-ils

pas la nuit pour se jeter à l'improviste

sur la barque endormie ?

Il fut décidé que deux hommes veilleraient

constamment dans la nuit. Le moteur fut employé

à faire tourner une petite dynamo,

qui alimenterait un phare minuscule mais

assez puissant poux fouiller la rive et aveugler

ceux qui se trouveraient dans son

champ.

— Armes précieuses, qu'il nous faudra

abandonner, soupirait Auguste.


E lendemain, les hommes, sauf Edmond,

qui demeurerait à la garde de la bar-

L que, iraient reconnaître les traces,

retrouver les ubas indiennes, en un mot

recueillir tous les renseignements qu'ils

pourraient relever.

DP bon matin, pour profiter des heures de

soleil, les hommes se préparèrent pour réex-

P»é. dans ces forêts? demanda

itotnce. l^-oj... . ^xhrc. D'après pédition. Façao, fusil, revolver, rien ne rnVan-

que tu nous a dit, isantos, nous allons qûa pour une danse toujours possible. Ed-

«etrapidement. Nous atteindrons même mond lui-même conservait nu: «-

^lones où le palmier ne pousse plus. Alti-

\j»nté...

sOui. Mais la forêt elle-même... Ses hôtes.

Vous verrez... Marcher dans la forêt...

Et ne pouvoir presque rien porter avec soi...

N'avoir des vivres que pour quelques jours,

être vidé de son sang, la nuit, par les vampires...

s'égratigner aux épines. Nous ne

. serons pas en route depuis deux jours que

nos vêtements seront-en lambeaux. Si nous

sommes repérés par les fourmies noires,

tout bagage sera dévoré en une nuit.

— Dévoré ? se récria Maurice, incrédule.

— C'est l'enfer, dit Santos sourdement. A

quoi bon le dissimuler ? Vous le verrez bien

dans deux ou trois jours.

_^,,Çe qui devait arriver ne manqua pas. La

~' frayeur, la secousse nerveuse d'Adine, en

3'affaiblissant, la livrèrent à la fièvre. Tout

^.e secours préventif de la quinine fut anniiiilé.

Elle grelottait. Edmond dut la coucher

sous la tolda. Les hommes ne parlèrent plus.

* Ils étaient inquiets.

La fièvre... L'un des ennemis les plus dangereux

de la forêt... Ils y avaient échappé

(jusqu'alors, grâce à des précautions excesjsives

et à des doses de quinine quoti-

' tiennes... Et la jeune femme y succombait

}d première...

I La fièvre dura deux jours. Santos avait

Hes remèdes énergiques, qu'il allait chercher

ians la forêt et qu'il appliquait sur les

j pieds de la malade. La slyve amazonienne

contient les remèdes les plus variés et pour-

I rait à elle seule guérir presque tous les maux.

IA Rio de Janeiro, plusieurs herboristes se

; sont d'ailleurs spécialisés dans les remèdes

indiens.

Afin de ne pas perdre plus de temps, dès

qu'il vît que la malade allait mieux, qu'il ne

faudrait pas recourir au moyen extrême de

revenir en arrière à toute vitesse pour la

confier à l'hôpital de Boa Vista, sur le rio

Blanco, Santos décida de remonter la petite

portion du Parima qui était navigable.

Un jour plus tard, à travers un courant

de plus en plus rapide, et une eau bouillonnante,

où il fallut de nouveau hâler l'embarcation,

les explorateurs atteignirent le

Canon du Parima.

Devant eux, le rio déboulait d une gorge,

avec un grondement sinistre.

Cette gorge était profonde de plus de cent

mètres. Au fond de la première portion

droite, ils virent avec admiration la chute

blanche de l'énorme masse d'eau. Quoique,

des deux côtés, la forêt descendit dans le

courant, il était certain qu'un tel escarpement

ne pouvait résulter que de rocs. Et

ii serait impossible de suivre à Died le bord

du rio.

Dans tous les cas, la navigation était définitivement

arrêtée.

La barque solidement attachée, on tint

conseil'. De l'avis de tous, Adine n'était pas

1 — C'est ce qui m'intéresse. Ils n'ont pas captive, vous ne la retrouverez jamais, et

agi sans une intention déterminée. Or, je pendant ce temps-là, votre adversaire, qui

vous le dis, ces traces sont trop nettes, paie bien, en cadeaux, en tabac, en Sucre,

beaucoup trop.

peut aller ruiner ou tuer votre père... Vous

Il se pencha de nouveau, marcha à qua- avez compris, senhor ?... Vous ne ferez plus

tre pattes, s'égratignant à des ronces. un pas dans la forêt sans avoir des ennemis

-— Le talon surtout est appuyé. Or, quand et aucun allié... La tribu que vous avez at-

le sauvage marche, il plie le genou sous la taquée, par vengeance — celle des ravis-

forêt, à cause des obstacles. Il appuie le seurs, par intérêt — n'aura de cesse qu'elle

bout du pied...

r:'ait vos têtes bien momifiées, pendues en

Il se redressa soudain.

place d'honneur.

— Sauf s'il marche en arrière...

— Oui, fit Edmond. Tu as raison, Santos.

Il restait tout interdit.

Que faire, à présent ?

Les hommes l'entouraient, ne compre- — Chercher des alliés. Se servir de leur

naient pas. Marcher en arrière ? Pourquoi ? plan en le retournant contre eux.

— Marcher en arrière, répétait Santos. — Nous perdrons un temps précieux.

Alors, retournons sur nos pas.

— Je ne pense pas, car nous irons plus

Ils arrivèrent très près de la rive, mais vite, quand nous serons avec les Peauxtout

de même encore sous les arbres, dans Rouges.

une pénombre telle que les recherches en — Si nous n'arrivons pas à temps... la

étaient fort compliquées.

pauvre jeune fille...

Santos montrait une activité fiévreuse. Il — Je vous ai dit qu'on attend, pour la

mettait un point d'honneur, de réputation, à marier à un sauvage, des phases de la lune.

découvrir le mot de l'énigme.

Elle a le temps...

Ce fut long. Il n'y voyait pas clair. Et — Ton avis est donc de marcher droit à

pourtant, au-dessus de la forêt brillait un un village qui doit se trouver au bord du

soleil équatorial.

Parima ?...

Enfin il poussa un cri.

— Et de nous ~n faire des alliés. Nous

— Tu as trouvé ?

nous en méfierons toujours, bien entendu.

— Oui... Et c'est simple... Ils ont efface Seulement nous serons sûrs de leur amitié

leurs traces.

tant que l'autre tribu ne sera pas détruite.

— Mais puisque, au contraire, tu disais... — Nous acceptons ce' plan, annonça le

— Je gisais que les traces étaient trop ap- chef de l'expédition. '.

i.uyép T rarce "que les talons m'étonnaient. Il fut résolu que l'on sk mettrait en route

-ï»kQèe

Us Étifcnt -evenus en arrière, à reculons, en le lendemain matin, puisiue Adine se sen-

à côté de lui, et dès que ses compagi„Qns remettant leurs pieds sur les empreintes prétait de force à suivre. * ■

eurent disparu sous les arbres immej^'ses cédentes... Et les vraies traces... ici, tenez... Une lourde tâche restait 4 faire : cher-

sous ce toit de la forêt qui recouvreyg* g

tr ici exactement... ils commençaient à les discher un endroit où la barque, tout en res-

ou cinq autres souches de vêgétatir^£ ji ila

a simuler.tant

à l'eau, serait cachée aux r*..

constamment à l'avant et à l'arriàfc du ba- Ses mains montraient une dire.tion for- peu en aval, il y avait des places

teau pour constater s'il n'y avaitypas d'apmant un angle de trente degrés plus a l'ouest par de véritables murs de lianes. On la

proche ennemie.

que les précédentes.

serait dans un de ces petits ports si Bien

Adine était debout et elle espérait bien — Ah ! Ils sont habiles, et j'aurais pu dissimulés. Et l'on n'emporterait que le

être assez vaillante le lendemain^ pour re- m'y tromper. Ils ont passé plus d un jour â strict nécessaire... C'est-à-dire... rien...

prendre la marche et affronter ce qu'il y au- effacer leurs traces. Je ne sais si vous vous Vingt kilos sur le dos est une charge perait

de plus terrible dans l'expédition. rendez compte de la difficulté. Des herbes sante. Elle devait non seulement contenir

A midi les pionniers revinrent. Ils avaient jetées prudemment, des lianes tirées, menées tout le paquetage d'Adine, mais les armes,

des mines triomphantes.

sur la piste, cent autres moyens ingénieux... les outils, les cartouches, quelques instru-

— C'ti crapile y en a passé là, s'écria Vous n'y voyez plus goutte.

ments de précision, le couchage, la pharma-

Omar en mettant le pied sur le bateau. Ils l'entouraient, penchés vers le sol. cie, de la nourriture, des ustensiles élémen-

— Nous tenons ses ubas. Cette fois, il — Ecartons ces trois longues lianes ramtaires. Il ne fallait pas songer à emporter les

n'y a pas de doute possible... Et nous avons pantes... A elles seules, elles couvrent un tentes. Inutile. Et trop lourd.

relevé ses traces. _

espace raisonnable. Voilà... La terre est libre. Le soir, les paquets furent prêts. On ne

— Ses traces... Vers quel côté ? ques- Que voyez-vous ?

pouvait emporter que trois fours de vivres,

tionna vivement Edmond.

— Un pied, s'écria Maurice. Un pied... car il ne fallait pas oublier les cadeaux pour

— Ils semblent remonter le cours du Pa- — Oui. Et qui se dirige vers l'intérieur de îes sauvages qui en sont insatiables. Miroirs,

rima, longer le canon, sur les hauteurs. la forêt. Il y en a d'autres. Toute la troupe façoes, tabac roulé, sucre, sel, chapelets des-

Santos ne disait rien. Edmond s'en étonna. des ravisseurs. A présent nous en savons tinés à devenir des colliers, coupons d'étof-

— Oui... Oui... Ce que dit Auguste est assez. Retournons et discutons.

fes claires pour couvrir les bébés... La

exact, répondit-il enfin. Mais quelque chose Dans la barque, ils tinrent conseil. charge d'Auguste, la plus lourde, ne conte-

m'intrigue. Il faut que nous retournions là- Santos affirma :

nait que les présents d'alliance.

bas après le repas.

— L'intention de l'ennemi est de nous Les hommes ne parlaient pas. Ils étaient

— Qu'y a-t-il ?

égarer. A ceci, aucun doute. Mais cette in- partagés entre deux sentiments : la joie de

— Ces traces ne sont pas nettes. Et puis tention est plus compliquée, ne nous y trom- partir en avant, d'approcher enfin des buts

ie ne sais pas. Nous regarderons mieux. Je pons pas. Nous éloigner de sa trace, ne suf- qu'ils s'étaient fixés. (Car enfin, la distance,

me trompe peut-être.

fit pas au sauvage. Il nous aurait attendus à vol d'oiseau, de l'endroit où devait se

Il mangea vite. Il avait hâte de continuer sous la forêt et nous aurait criblés de flè- trouver le forçat innocent, était infime, com-

ses observations.

ches empoisonnées. Il y a donc autre chose. parée aux distances qu'ils avaient parcou-

Cette fois, Omar demeura auprès d'Adine. Et voici ce que je soupçonne. La tribu qui rues jusqu'alors. ) Mais aussi la mélancolie de

Edmond voulait se rendre compte de ce qui paraît soudoyée par votre adversaire veut quitter ce bateau, d'abandonner là tant de

se passait. N'était-il pas le chef de l'expédi- faire d'une pierre deux coups. En nous éloi- choses utiles, peut-être indispensables dans

tion ?

gnant d'elle, elle y gagne la sécurité. Car une semaine...

Santos marchait le premier. Il allait vite ils savent tout de même quelle puissance ont Il fallut garder un qrand feu toute la nuit,

Il connaissait déjà le sentier de la foret, les armes à feu. Même s ils n'en ont jamais sur la berge, contre la barque, et de la lu-

battu depuis le matin, et dans lequel il. avait entendu... Alors, pourquoi cette direction

mière à bord.

retrouvé les traces des sauvages. Il allait de trente degrés ? Une marche de dix ou Du reste, personne ne goûta un bon som-

droit au point qui l'avait intrigué.

vingt jours avec cette erreur angulaire, nous meil.

— Pourquoi ces traces sont-elles si nettes mettrait très loin de l'aldeia (village). Mais

Ils ne s'endormirent pour de bon que lors-

ici, tout â coup, après avoir' été vagues au- ils ont un but...

que le jour montra une bande grise auparavant

? dit-il en montrant les empreintes — Lequel ?

dessus de la rivière. Hélas ! Il ne restait que

à Edmond.

— Nous jeter sur une tribu ennemie. Je peu de temps pour goûter le repos. Dès que

— Ils se sont réunis là, peut-être... Pour parierais ma tête qu'au bout des traces, nous ie soleil parut, Santos cria pour mettre tout

cacher les ubas, ils s'étaient dispersés. allons découvrir un des sentiers à peine des-

le monde sur pied.

— Possible, après tout.

sinés, qui mènent à une tribu... Une tribu de

— Que Dieu nous aide... murmura Ja

Mais il continuait à chercher. Il était age- chasseurs de têtes, comme l'autre, et qui a eu

jeune femme.

nouillé par terre. 11 interrogeait Jes pas. Maille à partir avec cette dernière. Nos ra-

Ils prirent le dernier café dans le bateau,

— Senhor, dit-il en relevant la tête, vous visseurs nous égarent et satisfont une petite

puis Santos dut les passer l'un après l'autre

n'aurez pas le temps d'apprendre à déchif- vengeance. C'est dans la manière indienne.

dans l'une des ubas. Celle-ci fut cachée à

frer une forêt. Il faut de longues années, et — Line vengeance ? Je ne vois pas, fit

son tour sur la rive gauche. Ils se trou-

je vous assure que, lorsqu'on sait, c'est pas- Edmond...

vaient au bords de l'eau, réunis, serrés ên

sionnant. Une feuille retournée, une branche — Mais si. senhor. Vous êtes sensé croire

groupe compact. ■ - vt a -

rompue à une hauteur déterminée, parlent que la jeune fille a été volée par la tribu où

— A présent, dit Santos d'une voix ferme,

aux sauvages comme un livre ouvert. Ce qui conduit la piste que vous relevez ici.... Vous

n'oubliez pas que chacun se doit à tous, que

me déroute, voyez-vous, c'est que ces traces ne songe? qu'à reprendre la prisonnière et à

nous sommes tous, à tout moment, près de

soient si nettes. Comme si on les avait mar- punir les coupables. Vous tombez à i'impro-

!a mort.

quées exprès.

viste sur le village, vous vous assurez une

Et, prenant la tête, il s'enfonça sous les

— La terre est meuble, un peu humide. supériorité immédiate en tuant le plus d'in-

arbres séculaires, marchant le long des

— Evidemment.

dividus possible... Alors... Vous ne trouvez

traces fausses qui devaient le conduire à un

— Pourquoi auraient-ils brouillé leurs pas la captive. Vous avez perdu la trace,

village d'Indiens.

traces ? Ils savent bien qu'ils en laisseront, vous vous étés fait des ennemis impitoyables

EDMOND ROMAZIÈRES.

et que nous marcherons derrière eux.

, et vous avez vengé les autres sauvages... La


DIMANCHE-ILLUSTRÉ » iiiiiniiiiiiiiiiirniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiibiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ig iiiiiiiiiniiiiii iiiiiiiiiiitiMiimiiniiiMtu IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIH JJ£ JJ SEPTEMBRE 1932 ""'Jl!

AUX

GRAND CONCOURS N° 1

JUSQU'AU 19 SEPTEMBRE

LES 3 DESSINSDECE RÉBUS REPRÉSENTENT 3 VILLES DE FRANCE

VOULEZ-VOUS PROFITER D'UNE OCCASION UNIQUE ?

Knvoyez-nous la solution avec 10 francs, et il voua sera envovà mr retour du courrier

se 0 ra' r Ce

Snvo

yé q u Pun^ àTha^ Xren! ^ C6S —eaux bas de soie. (Il ne

vLnrt^T^"?" 3' e" 0Utre• \ c ° m bien évaluez-vous le nombre de solutions justes qui nous parh

fem^, »,fv oîfi» C02 C0UI S- A "V" 6 ab s° lum «nt gracieux, et sans autres conditions, nous distri^

Dueions aux meilleures réponses les primes suivantes :

1 APPAREIL T. S. F., SECTEUR S LAMPES C05IPL

îÎS8S8 :%S SI I8Ï ÎIIÏTRI :: 5 S ^ ES -

1 MONTRE-BRACELKT EN OR.

uuquênnè? 1 ^"^ à».""' ^ " 6U ' 6 19 se P te "> bre . sous le contrôle effectif de Maître

«ous publierons dans ce même journal les noms des gagnants de notre Concours de primes.

ETABU. RECORD. Service N» 1 B — 55, rue d'Amsterdam, Paris

More magazines by this user
Similar magazines