dimanche 23 décembre

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dimanche 23 décembre

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niiiiiiu f>IMANCHE ILLUSTRÉ •lIllI•t■■I■llIIlIIIl■IlllIl■l■II•■>■•»l•••>•I■»■■ n •■■■■ Ii ■>• | ■ , > IIIU ■ ||| ' |i ■' M|i||l|,l,| 2 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiHiHiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii LE 23 DÉCEMBRE 1928 '«nimn

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tannin LE 23 DÉCEMBRE 1928 ■tiiuiiiiniiiiinmiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinmiiinnnniminu amumiiiiiiil 9 niuiiiiiiiiuiiiiuniiinntiiuiiimniiuniiiiiiiiinniuHnBiuiiimBmniiii SIXIEME ANNÉE : N° 394 mintr

ENTRE NOUS

L'ACADÉMIE nous promet, pour l'an prochain,

une grammaire... Elle, remplira

ainsi une de ses missions essentielles —

qui n'est pas de décerner des prix de vertu ou

^'encourager la natalité — mais de défendre

ou de restaurer les règles du langage « f rançois »

A vrai dire, des grammaires, nous.n'en manquons

pas : les émules de Noël et Chapsal, de

Lhomond, etc., abondent dans l'enseignement,

çt' leurs traités pullulent dans les catalogues

de librairie. Mais la grammaire de -l'Académie

aura force de loi : elle sera le code moderne,"

revu, corrigé, sinon mis au goût du jour, de

notre malheureuse langue si malmenée par

toutes sortes de barbares. ..

Reste à savoir si ce produit des travaux 'de

nos immortels produira tout l'effet que ceux-ci.

en attendent... Nous vivons en des temps libertaires

où chacun prétend n'en faire, et à plus

forte raison, n'en dire, n'en écrire qu'à sa guise.

Le français tend d'ailleurs à s'internationaliser

de plus en plus ; il emprunte toutes sortes

de modes d'expression aux langues étrangères.

I,'Académie s'y prend juste à temps pour le

consolidée Dans vingt ans, elle eût, sans doute,

été obligée de fabriquer une grammaire francoanglaise.

ES fautes de grammaire ne sont, du reste,

L que des péchés assez véniels. Qui n'en

commet ? On en trouve des douzaines dans les

chefs-d'œuvre les moins contestés de notre

langue..; La fameuse dictée que Mérimée fit,

sous l'Empire, aux hôtes du château de Compiègne,

a prouvé que la parfaite connaissance

des règles de notre langage n'est qu'un rêve

assez prétentieux.

Mais les vraies fautes, celles qui crient vengeance

au ciel, sont d'une autre nature : ce

: sont les impropriétés de termes, les contrei(Sens,.les

comparaisons illogiques ou boiteuses,

Pies abus de mots étrangers, le mauvais goût,

les obscurités voulues, le galimatias...

Que sont les entprses au code grammatical

|; auprès de ces attentats à la vraie pureté de la

I langue ? Un bon style, sera parfois, jusqu'à un

; certain point, antigrammatical : ses taches

f peuvent être, aisément'enlevées et il n'en res-

'-tera pas trace. Mais une page encombrée de

vraies fautes de français décourage le correc-

; teur : c'est la trame de l'étoffe qui devrait être

remise sur le métier.

Dans un livre qui vient d'obtenir la plus

I rutilante des timbales décernées par nos aréoi-pages

littéraires, .un Vaugelas implacable a

: relevé ces phrases :

« Enjoindre à ces enfants à ne toucher à rien. »

« Jusqu'à ce qu'il sombrait. »

« Une table de toilette de fer. »

o Cela avait été dans une bourgade qu'il

était né. »

« Comme si de rien était. » .

« L'artiste dont les Perriers s'enquerraient

auprès de tous de la qualité de sarrenomniée. »

' Et il en est ainsi tout le long du boûquin

primé, célébré, proclamé chef-d'œuvre par des

pontifes probablement distraits et des critiques,

sans doute, mal renseignés ou peu

difficiles.

VOILA, me semble-t-il, de vraies fautes de

français, mais elles ne sont pas toutes

grammaticales. Les pires sont celles qui

prouvent chez le coupable l'incapacité d'écrire

en français. Or, nombre de nos^ écrivains, et

surtout parmi les nouveaux, en sont là : ils ont

Inventé, semble-t-il, un sous-français qui

rejoint les jargons les plus primitifs. Leurs

phrases baroques expriment au petit bonheur

des idées confuses : ce n'est pas écrit, pas

pensé en français. Ah ! comme on préférerait

I a ces crimes contre le génie de la langue de

simples fautes d'orthographe ou de syntaxe !

La grammaire académique sera la bienvenue,

mais je crains fort qu'elle ne suffise pas à

ramener dans le bon chemin les plus dangereux

malfaiteurs, — ceux qui écrivent en iroquois

ce qu'ils ont pensé en javanais.

JEAN STYLO.

ANCHE-lLLUST

RÉFLEXIONS DU DIMANCHE

PEU d'entre nous savent apprécier les valeurs

dans le monde du miracle, du merveilleux.

Il y a quelque deux mille ans

que naquit un Enfant dont l'un des noms était

« le Merveilleux ».

, Les bergers s'émerveillèrent dans les champs,

les mages s'émerveillèrent et adorèrent l'Enfant,

et, depuis, des peuples sans nombre se sont émerveillés

à leur tour. r

Même les nations de la terrexn'ont point fini

de s'émerveiller. Une fois l'an, les magasins sont

pompeusement décorés, les boutiques sont pleines

de jolies choses et une orgie d'emplettes sévit sur

le monde entier. On offre des présents à tous les

petits enfants et parfois même aux grandes personnes.

£• " jj

Dans les églises, des services solennels ont 'lieu,

et tous célèbrent ce même événement miraculeux

qui se produisit il y a deux mille ans.

Vous voyez donc que du point de vue commercial

même, on ne peut négliger ce qui cause

l'émerveillement,

Nous arrivons au monde nous émerveillant

de tout ce qui se trouve autour de nous. Nous

sommes émerveillas devant nos parents, devant

la maison dans laquelle nous vivons, devant le

ciel qui se trouve au-dessus de nos têtes.

Puis, peu à peu, cette faculté d'émerveillement

se perd. C'est ce que nous appelons prendre

de l'expérience. Et tous, nous sommes pressés

de perdre l'émerveillement pour l'expérience.

Après quoi, nous soupirons du désir de revenir

à notre état d'ingénuité.

Nous nous moquons d'un pauvre campagnard

tout ahuri aux guichets d'un théâtre, parce

qu'il est émerveillé devant tout ce qui se voit

autour de lui. Mais, une fois qu'il est entrée

il tire du spectacle deux fois plus de plaisir

que nous.

Nous donnerions j certes, le prix de plus

d'une place pour voir ses yeux et jouir, comme lui,'

de tout notre être de l'heure présente.

Pour comprendre la religion, il faut savoir

s'émerveiller. C'est pourquoi, sans doute, il a été

dit que, pour entrer dans le Royaume des deux,

il fallait devenir comme un petit enfant.

Il faut, en effet, avoir la faculté d'émerveillement

des petits enfants'. C'est elle, en somme, 'qui

garde les hommes jeunes. Quand on l'a perdue,

c'est qu'on est devenu vieux.

Dans la vraie sagesse, il y a une place pour

V émerveillement. Un homme vràiment sage

n'ignore pas qu'après tout ce qu'il sait, il existe

encore une multitude d'inconnus à découvrir.

Il se tient à la limite de ses connaissances

et il regarde les myriades de choses qu'il ne peut

savoir.

Il est bien naturel que le Seigneur des deux

et de la terre ait été . appelé « le Merveilleux ».

^ ^ FRANK CRÂNE.

r Pour éviter à nos lecteurs de découper ce numéro et de dépouiller

ainsi leur collection, nous avons procédé à un tirage à part du

JEU DU PINGOUIN

Ces exemplaires, imprimés en couleurs sur beau papier fort, seront

mis en" vente chez tous les libraires et marchands de journaux, en

même temps — au plus tard — que le prochain numéro, et au prix de

5© Centimes

LA SEMAINE PROCHAINE

LUNDI 24 DÉCEMBRE

Lever/du soleil ! 7 h. 45 — coucher : 15 h.

Lever de la lune ! r3 h. 56 — coucher : 4 h.

Le jour décroît : 1 m. matin ; 1 m. soir.

56,

40;

SteEMiLrENNE; VIGILE DELANAT. DEN.-S. 359 0 j. +7.

MARDI 25 DÉCEMBRE

Lever du soleil ! 7 h. 45 — coucher : 15 h. 57.

Lever de la lune : 14 h. 34 — coucher : 6 h. 7.

Le jour décroît : 1 m. soir.

NOËL : 360 e jour + 6.

Football : Sparta de Prague contre Red Star

Olympique au Vélodrome du Parc des Princes ;

— Rugby : Stade Français contre U. S. Dacquoise

au stade Jean-Bouin.

MERCREDI 26 DÉCEMBRE

Lever du soleil 1 7 h. 45 — coucher : 15 h. 58.

Lever de la lune : (P.L., 19 h.55) 15 h.27 : couch.: 7 h. 30.

Le jour décroît : 1 m. soir.

Saint ETIENNE : 361 6 jour + 5.

JEUDI 27 DÉCEMBRE

Lever du soleil 1 7 h. 45 — coucher : 15 h. 58.

Lever de la lune t 16 h. 34 — coucher : 8 h. 40.

Le jour est stationnaire. ro .

Saint JEAN L'EVANGÉLISTE : 362 0 jour -f- 4.

VENDREDI 28 DÉCEMBRE

Lever du soleil : 7 h. 46 — coucher : 13 h. 59.

Lever de la lune : 17 h. 52 — coucher 1 9 h. 35.

Le jour décroît : X m. matin; 1 m. soir.

LES SAINTS INNOCENTS : 363 e jour + 3.

SAMEDI 29 DÉCEMBRE

Lever du soleil : 7 h. 46 — coucher-: 16 h.

Lever de la lune : 19 h. 15 — coucher : 10 h. 14.

• Le jour décroît : 1 m. soir.

Sainte ELÉONORE : 364 e jour + a. f

. Courses hippiques à Vincennes. ^.. j

DIMANCHE 30 DÉCEMBRE V

Lever du soleil : 7 h. 46 — coucher

Lever de la lune-: 20 h. 36 — coucher

Le jour décroît ■: z m. soir.

, Saint SABIN: 365 e jour + i.

r6 h. ,1.

10 h. 44.

Tennis : Finales du Tournoi de Noël, au

Sportin'g Club de Paris. —i Football : Championnats

régionaux*. — Rugby : Championnats

régionaux.

Courses hippiques à Vincennes.

AUJOURD'HUI DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 1928

Aujourd'hui : Championnats de Paris; Racing C. Encontre C. A. P., à Colombes;

Red Star Olympique contre Stade Français à Saint-Ouen ; Club Français *contre

C. A. XIV 8 à Buffalo ; U. S. Suisse contre C. A. S. G. à Saint-Mandé. — Rugby 1

C. A. S. G. contre U. A. I. au stade Jean-Bouin. —- AutomobUisme : L'arrivée

du Rallye de Pau. — Courses hippiques à Vincennes.

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LA SEMAINE QUI VIENT DE S'ÉCOULER

51e Semaine de VAnnée — Reste à courir 1 semaine

PRÈS DES INCIDENTS SANGLANTS

SUR LA FRONTIÈRE, LE CONFLIT

BOLIVO-PARAGUAYEN S'APAISE

Grâce à une intervention de la S. D.N.

les deux pays acceptent l'arbitrage de

la conférence panaméricaine.

LE BUDGET VOTÉ A LA CHAMBRE

Après de multiples séances de nuit, le budget établi

par la Chambre a été déposé, par M. Henry Chéron,

an Luxembourg. La balance s'établit ainsi : recettes :

45.415.131.743 francs ; dépenses : 45.369.183.966 francs,

soit un excédent de : 45.947.777 francs.

LE CONSEIL DE LA S. D. N.

A CLOS SA 53° SESSION

La question des minorités allemandes en

Silésie polonaise cause un vif incident

entre M. Zaleski et M. Stresemann au

cours de la dernière séance.

LE PACTE DE PARIS DEVANT LE SENAT

DE WASHINGTON

Le pacte de Paris, appelé à mettre la guerre hors

la loi, sera prochainement discuté par le Sénat

américain.

Des oppositions s'étant manifestées, MM. Coolidge',

Kellog et Borali ont multiplié les efforts pour écarter

les obstacles. Leurs démarches semblent avoir abouti

à un résultat favorable. La Commission des Affaires

étrangères a voté, par 14 voix contre 2, un rapport

transmettant le. pacte au Sénat avec avis favorable.

NOTRE CONCOURS-REFERENDUM DE "L'ACADÉMIE IDÉALE" .

RÉPONSES A NOS LECTEURS

DES lecteurs nous ont demandé, en vue de participer d notre Concours-Référendum de l'Académie

idéale, quelles étaient les attributions des membres des diverses académies existantes.

Nous leur rappelons que «notre Académie », aux termes de l'énoncé du Concours,

doit grouper « idéalement » les personnalités françaises - vivantes les plus représentatives, dans

l'esprit de nos lecteurs, de la vie sociale moderne dans toutes les branches de son activité.

Il n'est donc point question de diviser les membres "de cette Académie supposée, en sections

correspondant aux cinq académies qui constituent l'Institut de France, mais de les grouper selon

leur valeur personnelle et en condition de la tâche qu'ils ont accomplie, vomme des services qu'ils

ont rendus. *'

Comme nous sommes loin encore d'avoir publié tous les noms des personnalités à choisir

pour former notre Acadéjnie idéale, nous informons nos lecteurs qui nous ont déjà envoyé des

solutions, qu'elles n'ont aucune chance d'être classées, puisqu'elles ne portent pas sur l'ensemble

des " candidats ". Dans l'intérêt même des*concurrents, nous n'en tiendrons pas compte et nous

fixerons, le moment venu, la date à partir de laquelle les réponses pourront nous être adressées.

Nous publierons, dans notre prochain numéro, la liste des deux cents prix,

d'une valeur totale de 50.000 francs, attribués à notre Concours-Référendum.

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Le Malade

Imaginaire

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Les Fables de L


immu LE 23 DÉCEMBRE 1928 aiiiiiiiiuiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiaiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiijiiiiiiii 5 DIMANCHE-ILLUSTRÉ «»«*>

LES ROMANS DE LA VIE

N O Ë L LA BASTILLE

EN ce soir de réveillon, l'an de grâce

1719, tous ceux des prisonniers de

la Bastille qui avaient été impliqués

dans la conspiration de M me la

duchesse du Maine et de M. le

prince de Cellamare, ambassadeur

d'Espagne, contre S. A, R. Mgr le Régent,

avaient été invités à souper, après là messe de

minuit dans la chapelle du château, chez

M. le gouverneur. C'étaient le très brillant et

galant duc de Richelieu, dans la fleur de ses

vingt-quatre ans, coqueluche des dames de la

cour, fat et suffisant, mais de la meilleure

compagnie du monde, spirituel et généreux ;

puis le jeune marquis de Potnpadour, très

empressé lui aussi auprès des dames, mais

étourneau, inconstant, bourdonnant comme

un hanneton dans une boîte à musique, et le

jeune chevalier de Ménil. Celui-ci s'était

trouvé sombre et mélancolique durant les

premiers mois de sa détention, « un beau

ténébreux » disait Richelieu ; mais cette

mélancolie s'était peu à peu dissipée aux beaux

yeux d'une des plus charmantes personnes

qu'on pût alors trouver à • Paris : la gentille

Rose de Launay, confidente et lectrice de

M me la duchesse du Marne. Comme elle avait

autant d'esprit que tous les conjurés réunis,

c'était, parmi ces derniers, à qui lui ferait la

cour ; car, après que les interrogatoires par

le lieutenant de police furent terminés, les

prisonniers eurent permission de se retrouver,

durant le jour, dans les salons du gouverneur,

où leur réunion était gaie et brillante. On y

faisait de la musique et sur des paroles que

« ces Messieurs de la conspiration », ainsi qu'on

les nommait à la Bastille, avaient eux-mêmes

composées.

Les deux poètes de la bande étaient M. de

Malézieu, de l'Académie française, un vieux

petit bonhomme, au nez pointu et rouge, aux

cheveux blancs, sans l'usage d'aucune espèce

de poudre, et qui allait légèrement courbé

et en sautillant comme s'il eût marché sur

un plancher à ressort. Le second de ces nourrissons

des Muses était l'abbé Louis Brigault,

oratorien et chanoine de Cambrai ; mais qui

de son oratoire et de sa chanoinerie ne gardait

qu'un très vague souvenir quand il se trouvait

en joyeuse société rehaussée de bon vin;

d'ailleurs, charmant homme, portant comme

nul autre le gracieux habit de cour, et, sous ses

dehors peut-être un peu trop mondains,

pitoyable aux pauvres gens, empressé à leur

venir en aide.

On ne met; ici . que, les principaux personnages,

car la «'conspiration» de M!» e laxmchesse

dû Maine comptait à la Bastille mie quinzaine

de partisans/qui, ce soir-là, 24 décembre 1719,

jouissaient en société dé la faveur du duc de

Richelieu auquel vingt belles dames, influentes

dans les entours du Régent, avaient fait obtenir

le régime de la Bastille le plus savoureux.

On s'était rendu tous ensemble a la chapelle

de la Bastille, où le chapelain du -château

avait tenu à faire honneur et à la solennité

du moment et à la qualité de ses hôtes.

Une admirable messe en musique dont la

partition avait été demandée, par une attention

délicate, à Mouret lui-même, musicien

en titre de la duchesse du Maine, et dont les

beaux accords s'étaient répandus sous les

voûtes de la petite chapelle gothique, parfumée

d'encens, éblouissante de lumières. La

messe de minuit terminée, on s'était rendu

en corps, chacun vêtu de ses plus beaux atours,

chez M. le Gouverneur, où, dans le vaste

salon dessiné par Mansard, tendu de gobelins,

la table se trouva dressée somptueusement.

A la conspiration étaient venus se joindre

les officiers de la Bastille, à la tête desquels

le chevalier de Maisonrouge, lieutenant

du roi, le personnage le plus important du

château après le gouverneur. Il s'était pris

d'une grande amitié pour sa gentille prisonnière,

M lle de Launay.

Quel beau repas ! Un festin servi en ambigUj

ce qui veut dire que, dès le début, tous les

plats étaient mis ensemble sur la table, chacun

se servant ensuite à son désir. C'étaient un

coulis de perdreaux, de la langue de bœuf

lardée, moitié lard, moitié jambon, du lapereau

et du chevreuil piqué, du pâté de foie gras

aux truffes, une salade de queues d'écrevisses,

des tourtes farcies de feuillantine, des fruits

admirables, pommes reinettes et poires des

comices, et des pommes d'orange coupées en

tranches dans du vin des îles auquel elles

inêlaient leur parfum. La splendeur de la vaisselle

d'argent, brillant sur la blancheur des

nappes, sous le lustre en bois doré étinçelant

de nulle flammes, donnait à l'ambigu de

goûveaiieui- un aspect à faire mourir de

par FUNCK-BRENTANO

DE L'INSTITUT

Même à la Bastille, même à l'époque des lettres de cachet, on fêtait Noël.

Nous devons, ici, à la plume magistrale de Frantz Funck-Brentano, le

récit d'une nuit de la Nativité passée dans la sombre prison d'Etat.

faim l'estomac qui se fût déjà trouvé le plus

abondamment garni.

Le souper terminé, on passa dans la pièce

voisine où des tables de jeu avaient été

dressées ; mais personne ne se souciait de

jouer d'autant que l'abbé Brîgault, pour faire

honneur à son costume ecclésiastique, assurait

qu'il ne lui paraissait pas décent de jouer

aux cartes après la messe de minuit.

A quoi nul ne contredit ; on causa, : on se

taquina légèrement ; enfin on pria Rosette,

dont la voix était charmante, de chanter,

accompagnée au clavecin par le chevalier

de Ménil, quelque Noël rustique de son pays.

Rosette

Jeanne

J

laissaient voir des bas de fil blanc, les coins

bordés de laine jaune. Rosette, qui négligeait

d'ordinaire pour sa figure les artifices de la

toilette féminine, avait eu l'idée, ce jour-là,

de se poudrer à frimas ; sur ses joues elle avait

mis un nuage léger- de vermillon d'Espagne et

y avait ajouté deux mouches, qui faisaient

ressortir davantage encore l'espiègle finesse de

ses traits ; l'une près de l'œil, «la passionnée »,

l'autre au coin des lèvres, « la friponne », Et

vraiment l'on eût dit que c'était le pinceau

même de Watteau qui l'avait ainsi créée

en une inspiration de son charmant génie.

Durant toute la soirée, la jeune femme avait

Le gouverneur àe la Bastille dressait sous ses yeux sa haute taille et la fixait avec sévérité.

chanta, sur l'air : Nicolas va voir

J'entends par notre rua

Passer ménétriers,

Ils chantent la venue

Du Seigneur droiturier.

Décembre carillonne

Des « Noëls » tous les jours ;

Les chanteurs s'époumonnent

Au coin des carrefours.

Les bergers dans la grange

Où tremblait le poupon,

Chantaient à sa louange

« Noël ! » sur tous les tons.

Dans leur froide chambrette,

Nonnes en ce saint mois, J

Faute d'autre amusette,

Chantent à claire voix,

Le3 pauvres lavandières,

Au son de leur battoir,

Chantent à la rivière

Jusqu'aux heures du soir,

Et nous chantons la fêta

Du divin Rédempteur,

Allons ! sonnez musettes !..;

Et buvons de tout cœur !

M. Ue de Launay s'était habillée pour la fête

avec tous les raffinements de sa coquetterie :

une robe volante à longs plis s'élargissant vers

le bas sur son panier ; l'étoffe en était ajustée

sur la poitrine et flottait avec grâce au dos et

sur les côtés : une robe vert-de-pomme, rayée

de blanc, avec des nœuds de gaze, chiffonnée

aux poignets et à la gorge, d'un jaune vif, le

jaune des pissenlits qui croissent sur le bord

du chemin. Ses petites mules, aux talons de

été le centre de toutes les attentions, prévenances,

flatteries. Le beau chevalier de Ménil,

les yeux brillants de passion, l'entourait d'un

empressement enfiévré, sous les yèux noirs de

Maisonrouge, qui en semblaient plus noirs

encore, car, malgré la grande bonté de son cœur

et son affection si touchante pour sa j olie prisonnière,

il ne pouvait pas ne pas souffrir de la

voir ainsi courtisée par le sémillant chevalier.

Rosette, cependant, échappait à son brillant

séducteur. Ménil aurait voulu de là jeune

femme un mot de réponse lui indiquant que

l'expression de ses sentiments la trouvait

sensible, qu'elle répondait à sa flamme,

comme on disait alors, mais Rosette se dégageait

vive et légère, adroite, telle une carpette

que, dans l'étang, la main voudrait saisir.

— Oh 1 mademoiselle, soupirait Ménil, un

mot, un mot seulement, un mot d'espoir.

Le mot d'espoir consistait en un franc éclat

de rire clair, argentin, à remplir de désespoir

le cœur le mieux affermi ; d'autant qu'au son

de ce rire, qui sonnait clair comme cristal,

l'un ou l'autre des hôtes de M. le gouverneur

ne manquait pas de s'approcher :

— Mais, mademoiselle, que vous dit donc

de si drôle, M. de Ménil ? Il n'a jamais e,u,

semble-t-il, autant d'esprit que ce soir !

Enfin il fallut se retirer, quitter les salons

que remplissait tant de grâce et de gaîté, et les

conjurés, sous la conduite de leurs porteclés,

de regagner chacun sa cellule.

La chambre où on avait enfermé M Ue de

bois, recouvertes da taffetas vert-idç-Doinme^Iiatinajv faisait exactement vis-à^vis à celle

où avait été placé le chevalier de Ménil. Le

couloir les séparait. Le porte-clés, qui accompagnait

Jles jeunes gens, s'était, en l'honneur de

la fête, légèrement pris de vin ; Ménil, qui s'en

aperçut, lui laissa ouvrir la porte de la chambre

de sa gentille compagne, puis, lui glissant

dans la main un écu de six livres :

•— Tiens, l'ami, ouvre-moi aussi la porte

de ma chambre et va te coucher.

Rosette rentra chez elle, Ménil chez lui.

Ni les clés'île furent tournées, ni les verrous ne

furent poussés. Rosette était sur le point de se

dévêtir pour se mettre au Ut, quand elle

poussa un grand cri : le chevalier de Ménil

était devant elle.

■— Ah ! monsieur, quelle audace, quelle témérité

! quelle imprudence ! Chez moi, ici, à

cette heure de la nuit !...

Mais déjà Ménil était à genoux à ses pieds.

Il lui redisait sa passion, sou amour ; elle

était toute sa vie.

•— Je vous en conjure, mademoiselle,

dites-moi que je ne vous suis pas indifférent,

dites-moi que vous avez pour moi, sinon' un

peu de cet amour dont mon cœur éclate,

mais, du moins, une sympathie sur laquelle

je pourrai fonder de l'espoir !

J^AIS Rosette, émue, frissonnante, ne faisait

que répéter d'une voix nerveuse, presque

indistincte :

—5, Monsieur, sortez 1 sortez ! vous ne pouvez

demeurer ici !

Emporté par son désir, Ménil continuait de

jurer amour et fidélité éternels, de supplier,

de saisir le bas de la jupe de la jeune fille

qu'il baisait avec passion, quand Rosette

poussa un nouveau cri : le gouverneur même

de la Bastille dressait sous ses yeux sa haute

taille et la fixait avec sévérité. Il avait tenu

à faire une ronde pour s'assurer qu'après la

fête tout était rentré dans l'ordre dans la

prison d'État confiée à ses soins. Dans sa

fièvre, perdu en son délire, Ménil avait laissé

grande ouverte la porte de la chambre où se

trouvait Rosette. Entendant le bruit des voix,

le gouverneur était entré. Il ne dit qu'un mot

en s'adressant au chevalier :

—- Monsieur, suivez-moi....

Il sortit sans saluer la jeune fille. Il descendit

l'escalier suivi de son prisonnier et dit quelques

mots à l'oreille des deux porte-clés de garde

au bas des degrés.

Dans un cachot sombre et humide, ne prenant

jour que sur les fossés du château par

mie manière de soupirail, l'imprudent chevalier

fut assez rudement enfermé. C'était

le heu où l'on mettait les détenus insubordonnés

ou ceux qui entraient à la Bastille

sous charge d'une inculpation infamante.

Quelle nuit il y passa ! On en imagine la douceur,

l'amertume, accrues pair les reproches

que le prisonnier se" faisait. Que devait penser

le gouverneur ; et que penseraient bientôt

tous les hôtes du château de M u e de Launay

ehe-même ? Enfin il s'assoupit sur le grabat

recouvert de paille qui devait lui servir de ht.

Ménil dormait d'un sommeil agité quand

il fut réveillé par le bruit qui se faisait à sa

porte dont les verrous étaient tirés. Il vit

entrer le chevalier de Maisonrouge.

- Monsieur, lui dit le lieutenant du roi,

M. le gouverneur m'a instruit de votre aventure.

Je crois vous apaiser en vous disant que

l'innocence de M lle de Launay, en votre

équipée d'hier soir, ne fait de doute pour personne.

Etant venu la saluer, elle m'a demandé

de vous remettre ce mot. Comme vous,

monsieur, j'ai une profonde affection pour

M Ue de Launay ; mais ni mon âge ni la situation

que j'occupe, ne sauraient lui convenir Je

sais la droiture et la loyauté de vos intentions.

Qu'elle soit heureuse. Je n'ai pas d'autre désir.

Maisonrouge sortit.

D'une main tremblante, Ménil décachetait

la lettre. Non seulement Rosette lui pardonnait

son étourderie, mais elle était émue de

la violence même de sa passion. Elle redoutait

la sévérité du gouverneur. Elle s'effrayait

à la pensée de ce que son ami pouvait souffrir.

« Qui sait, monsieur, si, à votre' place, je

n'eusse pas agi comme vous ? Mais j'en dis

trop, sans doute. On m'excusera sur le Heu

où nous sommes. Prenez ces lignes à votre

désir. Avec plus de prudence, ayez plus d'espoir.

Dans vôtre cachot sombre et froid,

dites-vous du moins que les sentiments que

vous m'exprimiez cette nuit m'ont paru tels

que vous pouviez le souhaiter ».

Ménil répondit un mot que Maisonrouge

encore consentit à porter. En l'ouvrant, Rosette

ne lut qu'une ligne :

« Cette nuit de Noël a été la plus belle de

de ma vie l f J^VNCK-BRENTANO,


«muni DIMANCHE » ILLUSTRÉ ■■••■■■■■■■■■'■■■■■'■■•MiTiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiii 6 •■imiiiiiiiiiniiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiim IIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIUH LE 23 DÉCEMBRE 1928

LES CONTES D'ACTION

JOYEUX NOËL

ATJ revoir, mes enfants, et joyeux

Noël à tous 1 Amusez-vous bien !

dit le commandant du Corbeau

en prenant congé de son équipage

et en débarquant sur le quai en

compagnie de son second. _ •

: Amusez-vous bien, oui, mais raisonnablement

tout de même, recommanda ce dernier.

N'oubliez pas que le commandant et moi,

serons de retour après-demain par le premier

train.

I,es deux supérieurs agitèrent encore une

fois les gros cigares qu'ils tenaient à la main,

en signe d'amical adieu à leurs hommes,

puis franchirent la porte des docks et disparurent.

— Joyeux Noël ! Joyeux Noël ! maugréa

rageusement le coq dès qu'ils furent assez loin

pour ne plus l'entendre. Ils en parlent à leur

aise, avec tout le travail qu'ils nous ont laissé

sur les bras... sans'parler de la responsabilité

de garder le bateau !

— Il va falloir'turbiner toute la journée de

demain pour faire ce que nous avons à faire,

difà son tour Joe Porter. La» commandant

voulait qu'on s'en débarrasse aujourd'hui,

mais, pour mon compte, j'ai plutôt envie d'aller

faire un "tour en .ville. Bien entendu, vous

autres, si "vous aimez mieux commencer aujourd'hui...

conclut : il sur le ton d'une aimable

imitation.

Non, non ; nous aussi, nous allons en

ville, ripostèrent tous les autres en chœur.

— Quant au vieux sabot, ponctua le coq

d'un air vindicatif, qu'il se débrouille comme

Il pourra. Il est assez' vieux pour se tirer

d'affaire tout seul.

Une demi-heure après, le coq descendait à

tefre et traversait le wharf. Il était seul, car

c'était un homme qui apportait beaucoup de

minutie à sa toilette, et ses compagnons, las

de l'attendre en vain, avaient fini par prendre

les devants.

Après avoir tout d'abord .flâné pendant

un certain temps à travers les rues en fête et

pleines de monde, il finit par rencontrer sur

son chemin un modeste cabaret dont l'aspect

accueillant l'invita à entrer.

A

o

u coin du feu était assis un petit vieillard

propret qui, dès qu'il l'aperçut; tressaillit

et se leva d'un bond pour se pré-

cipiter à sa rencontre.

— Par exemple ! s'écria-t-il d'un air bouleversé.

Vous n'allez pas me dire, j'espère, que

vous vous appelez Jim Blaker?

— Rassurez-vous, lui répondit amicalement

le coq. Je n'ai nullement l'intention de vous

dire cela, pour la bonne raison que ce n'est pas

mon nom.

— Vous en êtes- bien sûr? insista le petit

vieillard.

— Aussi sûr que deux et deux font quatre,

affirma le coq. Pourquoi donc?

— Oh ! pour rien, répliqua évasivement

le petit vieux qui, cependant, vint s'asseoir

à côté de lui et continua à le regarder avec

la plus vive curiosité, en murmurant de temps

en temps : « C'est quand même bizarre !..-. C'est

quand même extraordinaire I »

■— A}i ! ça, proféra enfin le coq exaspéré,

et d'autant plus exaspéré qu'il était très susceptible

sur le chapitre de son physique.

Qu'est-ce que vous trouvez donc de si extraordinaire

à ma figure? Tâchez de garder vos

réflexions pour vous, vous m'entendez? Sans

quoi, je me charge de mettre la vôtre dans un

tel état qu'elle sera çncore bien plus extraordinaire,

je vous en réponds I

— Ne vous fâchez pas, mon ami, ne vous

fâchez pas. Je n'avais aucune intention de

vous offenser en disant cela, répliqua humblement

l'autre. .Mais n'empêche que c'est

quand même bien extraordinaire !

— Je suis tombé sur le nez quand j'étais

cosse, expliqua le coq d'un ton maussade.

Vous êtes renseigné maintenant ? Eh bien !

ça suffit, et que je ne vous y reprenne pas.,

■— Oh ! ce n'est pas de cela que je voulais

parler, répartit le vieillard avec délicatesse.

La vérité, la voici en deux mots : c'est que je

euis frappé de. voir à quel point vous ressemblez

à Jim Blaker... ou du moins à Jim Blaker,

tel qu'il pourrait être à présent...

— Comment cela : tel qu'il pourrait être

& présent?

' — Ma foi, oui, car il y a quinze ans qu'on

Bie l'a pas.vu. Quand il est parti, c'était un type

tout comme vous : un beau grand garçon à

la physionomie avenante et ouverte.

— Et qu'est-ce qu'il est devenu? s'informa

avec curiosité le coq, conquis par cette avalanche

d'épithètes flatteuses.

— Personne n'en sait rien ; on n'a jamais

eu de ses nouvelles depuis. C'est justement

pour cela que j'ai sursauté quand je vous ai

vu entrer ici. Vous lui ressemblez tellement que

j'ai cm tout de suite qu'il était revenu," d'autant

plus que c'est demain Noël, parce que

je dois vous dire qu'il s'est précisément sauvé

de chez son père la veille de Noël. Et son

père est persuadé qu'il reviendra la veille de

Noël. Tous les ans, à pareille date, le vieux

Blaker s'attend à lé voir rentrer chez lui, car

(T

par F. MORTON HOWARD

L'équipage du " Corbeau ", formé de fins et gais 'lurons, espérait

bien festoyer joyeusement et avantageusement dans la nuit de ce

No'él-là. Mais il y a parfois bien loin du rêve à la réalité l... Nos

loups de mer en firent la douloureuse expérience.

vous savez comme moi, sans doute, que c'est

la date à laquelle les brebis égarées ont l'habitude

de rentrer au bercail. Aussi, le pauvre

Blaker ne se lasse jamais, et, cette année, il

l'attend encore...

— Il finira peut-être par revenir un jour,

dit le coq.

—' Peut-être bien, acquiesça le petit vieillard.

En tout cas, le malheureux Blaker était

dans tous ses états aujourd'hui parçe qu'il

était obligé d'aller à Londres, pour une affaire

qui le retiendra une huitaine de jours, et, en

s'en allant, il a bien recommandé à sa femme de

guetter Jim tout le temps aujourd'hui. Remarquez

bien qu'elle ne l'a jamais vu, vu que

c'est sa seconde femme, et qu'il ne l'a épousée

que cinq ans après la fugue de Jim. Mais j'aurais

voulu que vous entendiez toutes les

recommandations qu'il lui faisait ce matin,

à la gare, à propos de Jim. « Et surtout,

Liza, lui disait-il, fais bien attention si tu

n'aperçois pas Jim, et, si jamais il arrive,

veille à ce qu'il ne manque dè rien ; je veux

qu'il soit absolument comme un coq en pâte ;

sers-lui du whisky, du sherry, des biscuits...

tout ce que tu auras de meilleur ; va-t-en

acheter un gallon de bonne bière et la dinde la

plus grasse que tu pourras trouver. Il ne sera

pas dit que mon gars a été mal reçu le jour

où il est revenu à la maison. » Voilà comment

il parlait, le vieux Blaker.

' — Saperlipopette I s'exclama le coq, si

jamais Jim rapplique aujourd'hui, il ne sera

pas à plaindre. Pour un joyeux Noël, il pourra

se vanter d'avoir un joyeux Noël L

— Ah I pour ça, je" vous en réponds. « Mets

les petits plats dans les grands, fais-lui du

bon feu, et douillote-le bien jusqu'à mon

retour. » Le train* était déjà en marche que le

vieux Blaker n'avait pas encore terminé ses

recommandations.

— Je voudrais bien être dans la peau de

Jim, ma parole ! dit pensivement le coq.

■— M ma Blaker lui a demandé comment

elle s'y prendrait pour reconnaître Jim,

puisqu'elle n'avait pas de photographie de

lui, mais le vieux Blaker lui avait certifié qu'il

entrerait tout droit dans la maison, et qu'il

n'y aurait pas besoin de lui demander qui il

était.

■— Et... et où demeure-t-il, le vieux Blaker?

s'informa le coq d'un ton négligent.

— Canon House, Arthlery Street, répondit

le petit vieux. Pourquoi me demandez-vous

cela?

— Oh I pour rien. Par simple curiosité,

répondit le coq.

I

^ *r

I, se leva, gagna la porte à pas lents ; arrivé

sur le seuil, se retourna pour jeter un :

« Allons, bonsoir I » machiial, puis sortit

d'un air absorbé.

Pendant plusieurs minutes il resta immobile

au bord du trottoir, indécis et songeur,

comme si la solution de quelque, grave problème

le préoccupait,.

— Il ne faut pas que je retourne à bord,

conclut-il enfin. Les autres chercheraient

tous à me tirer les vers du nez si je leur parlais

de cela. Garde tout pour toi, mon brave coq,

et va de l'avant,! A toi le joyeux Noël I

Le mêine soir, un peu après la tombée

de la nuit, quelqu'un frappait à la porte

i Vous n'allez pas me djre  j'4tplrhp^^$W* appelé» Jim Blatte* f+

de Canon House. M me Blaker, en allant ou

Ivrir, se trouva face à face avec un maria

corpulent.

— Cette chère maison ! La revoilà enfin,

cette chère maison paternelle ! déclama avec

un accent dramatique le coq du Corbeau. Ea

vérité, je ne peux pas en croire mes yeux,.,

il me semble que je rêve !

Un petit cri de stupeur mal retenu s'échappa

des lèvres de M mo Blaker.

— Si humble soit-il, continua un. peu nerveusement

le coq, il n'y à rien de tel que son

chez soi.

Et, tirant de sa poche un ample mouchoir

à carreaux, il se mit à se tamponner les yeux

avec conviction. fc

— Comment-??.. Comment ?... balbutia

M me Blaker. Ah 1 ça, es^-ce que, par hasard,

vous seriez?...

— Oui, oui, parfaitement, affirma' le coq.

Je suis Jim... Jim Blaker qui s'est sauvé, il y a

quinze ans, pour aller s'embarquer. Où est...

où est papa?

— Entrez donc ! invita M me Blaker.

Proférant à chaque instant de nouvelles'

exclamations de stupeur et de joie, elle introduisit

le coq dans une accueillante petite salle

à manger où flambait gaiement dans l'âtre

un bon feu qui avivait de clairs reflets les

bouteilles et les verres disposés, sur la table

dont le couvert était déjà mis.

— Ah ! quel bonheur !... Que c'est donc bon

de se retrouver chez soi ! s'écria encore le coq.

Vous n'imagineriez jamais à quel point je me

sens ému. 11 me semble que le cœur va me

manquer, ajouta-t-il en regardant de coin la

table hospitalière.

■— Pauvrè garçon ! C'est bien compréhensible

! opina M me Blaker. Tenez, buvez cela,

ça yous remettra !

— Ah ! oui, décidément, il n'y a encore que

sondiez soi, déclara le coq avec enthousiasme,

après avoir vidé son verre. Que l'on me dise

tout ce que l'on voudra, -nulle part ailleurs on

n'est aussi bien que chez soi. Rien que de voir

la pipe du vieux papa sur le coin de la cheminée,

j'en ai les larmes aux yeux.

— Votre père va bien regretter de ne pas s'être

trouvé là pour votre retour, dit M me Blaker.

Il est à Londres et ne doit rentier que dans

huit jours. Mais je m'occuperai de vous jusqu'à

ce qu'il revienne. Vous savez qu'il est remarié...

Oui, oui, il m'a épousée il y a dix ans. Allons,

laissez-moi remplir votre verre et commencez

à me raconter tout ce qui vous est arrivé.

Le coq, qui ne demandait pas mieux, s'installa

confortablement au Coin du feu et se mit

en devoir de faire le récit des aventures qui lui

étaient advenues pendant ses quinze aimées

d'absence, faisant appel à toutes les ressources

de son imagination, qui n'était pas des plus:

fertiles ; il venait de « se naufrager » pour la

cinquième fois et de faire la description de

la cage à poules sur laquelle il s'était réfugié

pour échapper à la mort, lorsque des

coups sourds retentirernt contre la porte d'entrée.

— Qui cela peut-il être? demanda M mo Blaker.

— Si... si... c'est mon père, bredouilla le

coq très mal à son aise. Je... je crois qu'il vaut

mieux que je m'en aille et que je revienne

demain. Cela vous laissera le temps de le préparer...

— Non, ce n'est pas lui, avertit*M mo Blaker

après avoir été donner à travers la fenêtre un

coup d'œil sur le perron. Attendez, je vais

aller voir qui c'est.

Elle n'avait pas les talons tournés que le coq

s'empara de la bouteille et remplit pour la

troisième fois son verre jusqu'au bord, mais,

au moment où il allait le porter à ses lèvres, il

faillit le laisser choir de stupéfaction en attendant,

par la porte, d'entrée que l'on venait

d'ouvrir, la voix bien connue de son camarade

du Corbeau, J*oe Porter, s'exclamer d'un

accent.pénétré :

— Ah ! enfin, ça y est... Me voici de retouf I

Me voici chez moi !

M me Blaker poussa un léger cri de surprise.

— Ce que je suis content de me revoir dans

mes pénates ! poursuivait Joe Porter. Mais

ce bon vieux papa? Où est-il donc?

— Suivez-moi, répliqua M me Blaker.

A

TJ moment de pénétrer dans la salle à

manger, Joe fut cloué de stupeur sur le,

seuil en apercevant devant lui le coq

qui, lui aussi, le regardait en écarquillant des

yeux étonnés.

Pendant plusieurs secondes, tous deux contl-.

nuèrent à s'observer sans mot dire. Ce fut le

coq qui parvint à se ressaisir le premier.

— Tiens, c'est toi, Joe ! s'exclama-t-il.

Comme tu as bon cœur ! Je parie que tu es

venu ici tout exprès, ce soir, afin d'éviter une

trop violente émotion à mon père eu le prévenant

que j'allais revenir? Malheureusement,

comme tu le vois, mon pauvre vieux, je suis,

arrivé le premier, si bien que ta présence n est

plus nécessaire. Alors, au revoir, Joe 1

M me Blaker les observait tour à tour.

— Est-ce que ce monsieur est un ami à voua,

Jim? B'iafonna-t-elle.


ninn LE 23 DÉCEMBRE 1928 HHIIUIIIIUH iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiiiniHii 7 iiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiijiiiiiii ■■■■■■■iiiHHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitii.iniii DIMANCHE «ILLUSTRÉ mmnr

— Bien s "ir que nous sommes amis, répondit

Joe en essayant de se mettre à la hauteur

de la situation. Et Jim m'a dit cent fois :

« Joe, mon vieux, quand je rentrerai chez moi,

il faudra que tu m'accompagnes ; tu partageras

mon petit Ut avec moi et nous réveillonnerons

ensemble le soir de Noël. » N'est-ce pas que tu

m'as dit ça, coq... pardon : Jim? interrogeat-il

en lançant au coq un coup d'œil entendu.

-— C'est vrai, reconnut le coq.

;— En ce cas, prenez cet autre fauteuil au

coin du feu, convia M me Blaker. Jim, je le sais,

n'est pas homme à tourner le dos à ses amis.

Tiens! qu'y a-t-il encore? s'écria-t-eUe' en

entendant frapper pour la troisième fois à la

porte de la maison.

— Si c'est mon père... insinua de nouveau

le coq avec inquiétude. t

— Il a son passe-partout, expliqua-t-elle

en se dirigeant vers la porte.

Restés seuls, le coq et Joe venaient à peine

d'éclianger de maUcieux coups d'œil de connivence,

quand leurJ traits à tous, deux se

figèrent comme par enchantement. Une voix

qui leur était famiUère à-l'un comme à l'autre,

celle de Sam Smith, un autre membre de

l'équipage du Corbeau, larmoyait avec ides

accents pathétiques dans l'antichambre :

— Oh ! la joie du retour... la joie du retour

chez soi après tant d'années !...

— Entrez ici, commanda M mo Blaker.

Et elle amena le nouveau venu en présence

des deux autres.

Joe, Sam et le coq s'observèrent réciproquement

pendant mie minute entière ; puis

Sam prit la parole :

— Je ne savais pas que tu-connaissais mou

père, Joe, ni toi non plus, coq.

— Ton père? répétèrent comme un écho les

deux autres»

— Bien sûr, mon père. Mon véritable nom

est Jim Blaker. Je me faisais toujours appeler

Sam Smith, mais c'était comme qui dirait

un nom de guerre. Il y a quinze ans que je me

suis sauvé d'ici.

— Écoutez... essaya de dire M me Blaker.

— Ne faites pas attention à ce qu'U raconte,

madame, implora le coq. C'est moi qui suis

Jim. Lui, n'est qu'un infâme imposteur.

— Jamais de la vie 1 protesta Sam, c'est

moi. qui suis J im !

Et il ajouta astucieusement :

— AUez chercher mon bon vieux papa...

Vous verrez un peu s'il n'a pas bientôt fait

de nous départager, lui.

L

ES yeux de Mme Blaker se fixaient alternativement

sur chacun des trois hommes,

quand, tout à coup, l'on frappa dej/echef

à la porte.

Elle se précipita pour aller ouvrir, et Henry

Tupper, le timonier du Corbeau, avec la visible

intention de faire une entrée impressionnante,

traversa à pas- lents le corridor et s'avança

dans la salle à manger.

— Salut, berceau de mon enfance ! Vieux

logis de mon p...

Et il resta court, tout interloqué de se

trouver subitement nez à nez avec ses trois

camarades.

— Hé là ! Henry ! dit Sam avec un dignement

d'yeux significatif à l'adresse du

nouveau venu. Tu arrives juste à point pour

nous mettre d'accord. Lequel de nous deux

est Jim? Est-ce lui ou est-ce moi?

— Ni F un ni l'autre, riposta aussitôt Henry.

C'est moi qui suis Jim ! Ne vous laissez pas

embobeliner par ces gens-là, madame, ajoutat-il

en se retournant vers M me Blaker. Ce ne

sont que des farceurs.

— Ne l'écoutez pas, madame,' protesta

Sam. Ce n'est pas vrai. Il s'appeUe Henry, et

c'est un camarade à moi qui m'avait promis

d'aller en avant prévenir mon pauvre père

pour qu'il ne se "frappe pas trop en me revoyant

après si longtemps.

— Menteur ! gronda Henry. C'est moi qui

Buis Jim.

^— Ma foi ! je veux bien être pendue si

yy comprends quelque chose, déclara M me Blaker

désemparée. ' Parmi vous tous, il n'y en a

peut-être seulement pas un qui dise la vérité,

ou bien alors vous voulez me jouer un tour.

L'un de vous quatre est réellement Jim, et

vous me taquinez parce que je ne sais pas

lequel.

— Hé ! hé ! si eUe y voit clair, la bonne

dame ! s'écria le coq, toujours prompt à saisir

la balle au bond. Eh bien ! oui, vous avez mis

le doigt dessus. L'un de nous quatre est Jim.

Devinez lequel?

— Comment voulez-vous que je devine

cela? protesta M me Blaker, et, d'aUleursf peu

importe, les amis de Jim ont droit, ici, à un

presque aussi bon accueil que Jim lui-même.

N'attendez pas que je me creuse la cerveUe

pour trouver le mot de l'énigme, ajouta-t-eUe

en souriant. M. Blaker s'en chargera bien tout

seul, lui, et vous aUez tous attendre qu'il

revienne. Ce qu'il va être content ! Ah ! il

ferait beau voir que je fasse mauvais accueil

à Jim ou à ses amis!... AUons, mes enfants,

approchez tous vos chaises et faites comme

chez vous. Pour être sûrs de ne pas nous

tromper, nous allons procéder comme si vous

étiez tous Jim. Ah 1 brigands ! conclut-elle

en les menaçant plaisamment du doigt, c'est

ainsi que vous vous moquez des pauvres

vieilles, vous autres?

Radieux de voir tourner si inopinément à

leur avantage une situation qui leur avait paru

- jusqu'alors des plus scabreuses, les joyeux

compères du Corbeau ne cessèrent, à partir

de ce moment, de faire assaut d'amabilités

réciproques, et le coq se montra tout particu-

Jèrement respectueux des vieilles traditions

si je voulais, je pourrais déposer contre vous

une plainte, en escroquerie, et vous série»

"condamnés à de la prison. Mais comme je ne

suis pas méchante, je me contenterai de vous

rédamer votre écot pour tout ce que vous avez

consommé chez moi. Après, je vous rendrai la

Uberté.

— Mais... mais je vous certifie que je suis

bien Jim, insista le coq, Jim Blaker en personne.

— Vous avez bien de la chance ! s'exclamat-elle,

attendu que Jim Blaker n'a jamais

existé. Hein ! vous ne vous attendiez pas à

ceUe-là, mes gaiUards?... AUons, suivez mon

conseU : dépêchez-vous de me payer ce que

vous me devez et estimez-vous heureux d en

être quittes à si bon compte.

Ah ! non, alors ! se récrièrent-Us avec indignation.

— C'est très bien. En ce cas, vous allez

rester là jusqu'à ce que vous ayez réglé votre

compte.

:— Mes amis,, nous sommes roulés, chuchota

le coq à ses compagnons. Si eUe veut nous faire

pincer, c'est son droit. Le meiUeur moyen de

nous eu tirer, c'est de payer comme eUe nous

le dit. Si nous nous entêtons à rester ici, notre

travaU sur le Corbeau ne se fera pas, et si, en

rentrant, le patron s'aperçoit qu'il n'y a rien

de fait et que nous avons abandonné le bateau

pendant toute la nuit, vous savez ce qu'il en résultera.

Us continuèrent à discuter tristement la

question pendant quelque temps encore, mais

ils eurent beau chercher, aucun d'eux ne .

trouva le moyen de résoudre la question autrement

qu'en versant l'argent que la perfide

M me Blaker cherchait à leur extorquer.

— Pas la peine de s'exposer à ce que ce soit

mis dans les journaux, dit Joe. D'aïUeurs, ce

qu'eUe raconte est la pure vérité : on pourrait

nous poursuivre pour escroquerie et chantage.

Tant pis, moi, je paye.

Les autres suivirent son exemple, et, un

moment après, quatre billets d'une livre sterling

passaient sous la porte.

— A la bonne heure, mes enfants, dit

M ma Blaker. Cela prouve, en tout cas, que

vous n'êtes pas trop bêtes. Je vais vous donner

la clef des champs dans mie minute. Mon neveu

est justement en train de traverser la cour

pour venir me présenter ses souhaits de joyeux

Noël.

o


LÈS îmRQVËS A JOUER POURRONT ÊTRE CELLES QUI SONT DESSINÉES EN MARGE DE CE

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JEU ET QU'IL SUFFIRA DE DECOUPER ET DE COLLER SUR DES RONDELLES DE CARTON

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RÈGLEMENT DU JEU

|Ë jeu se joue avec deux dés, le nombre de joueurs

n'étant pas limité et chacun possédant une marque

qu'il .fait avancer sur le jeu, selon le nombre de

points qu'il a tirés.

Si, au commencement du jeu, un joueur faisait 9; qui

peut se faire par 4 et 5 ou 3 et 6, il faut que celui qui fera

3 et 6 aille au numéro 26, où vogue un navire, et celui

qui fera 4 et 5 aille au numéro 53, où nagent des poissons.

Qui fera 6, où il y a un taureau, paiera l'amende convenue

et se réfugiera au numéro 14, derrière une palissade.

Qui ira au nombre 19, où il y a une auto en 'panne,

paiera l'amende convenue et restera sur place, tandis que

les autres joueront deux fois.

Qui ira au numéro 31, où il y a une île, paiera l'amende

convenue et y restera jusqu'à ce qu'un autre joueur,

s'arrêtant à la même case, l'en retire. Le joueur sauvé

reviendra alors à la case d'où est parti son sauveteur.

Qui atteindra le 42, où il y a un bifllon, paiera l'amende

convenue et tombera au numéro 29, poussé par les vents,

Qui atteindra le numéro 52, où Zig et Puce sont au fond

de la mer, paiera l'amende convenue et y restera jusqu'à

ce qu'un autre l'en retire, le dit joueur allant prendre la

place de celui qui l'a délivré. %

Qui atteindra le numéro 58, où s'élève la statue de la

Liberté, paiera l'amende convenue et recommencera tout le jeu.

Dans le jeu, chaque fois que l'un des joueurs sera atteint

par un autre joueur, il paiera l'amende et ira se placer*dans

la case occupée par le joueur qui le fait rétrograder.

Qui atteindra une case où figure le pingouin Alfred, le

dépassera d'un nombre de points égal à celui qu'il aura tirés.

Celui qui arrive au. numéro 63, où se trouve New-York,

et fait plus de points qu'il n'en faut pour y rester, est obligé

de reculer, en comptant autant de points qu'il en a en trop, et

il ne peut atteindre définitivement le but de la partie qu'en

amenant le nombre de points exactement nécessaires pour

rester au 63, où la partie est gagnée.

Us cases donnant avantage ou désavantage sont marquées d'un numéro rouge.

Olivier DAVTD QUI EST TOUJOURS BIEN

fil IN EL Of\ Y UR SUPPORTÉE PAR L'ESTOMAO

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Copyright par Dimanche-illuslri. — lUprodiitUuji Interdit».

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JE VOUDR A IS BIEN SA VOIR.

Quelle est la différence entre l'enseignement

classique et l'enseignement moderne en ce

qui concerne les études d'un jeune homme ?

t. ,A différence essentielle entre l'enseignement mo-

*n l derne et l'enseignement classique résulte du fait

que, seul, l'enseignement classique permet d'apprendre

les langues anciennes, le latin et le grec.

En ce oui concerne l'avenir d'un jeune homme, il

est préférable de lui faire d'abord suivre l'enseignement

classique, qui lui ouvre toutes les carrières, où le

latin et le grec sont nécessaires tout en lui permettant

d'acquérir la culture scientifique dans les sections

latin-mathématiques, et d'acquérir la connaissance des

langues étrangères dans la .section latin-langues. Seule,

la section latin-grec-philosophie ne rend apte qu'aux

études purement littéraires. Quant à la section scienceslangues,

elle permet aux jeunes gens, qui n'ont pas

d'aptitude pour les langues anciennes, de réussir dans

toutes les carrières scientifiques. ' En conséquence, les

carrières militaires, la préparation aux grandesrécoles

scientifiques conviennent aussi bien aux jeunes gens

qui ont étudié les sciences avec ou sans culture latine ;

par contre, le droit, la médecine, l'enseignement littéraire,

les carrières diplomatiques sont plus accessibles

aux jeunes gens qui ont reçu une culture latine.

' _ ELIE MOSSÉ.

Quelle est l'origine de l'arbre de Noël ?

ES premiers peuples eurent les arbres en grande

L vénération, et les forêts, ces temples primitifs, leur

parment le séjour favori des divinités. Et l'on en vint

à i attribuer à chacune d'elles une prédilection pour

tcl ou tel arbre. C'est ainsi qu'on consacra le chêne à

Jupiter et à Cybèle ; le pin maritime à Bacchus et "à

Pan ; l'olivier à Minerve ; le laurier à Apollon ; le myrte

à Vénus ; le frêne à Mars ; le peuplier à Hercule ; le

cèdre aux Eurnénides ; le palmier aux Muses, etc..

Plus près de nous, et chez les Gaulois, on sait que les

druides vénéraient particulièrement le chêne, et surtout

le gui, plante parasitaire de cet arbre, qu'ils recueillaient

avec un cérémonial particulier. Cette cérémonie

s'appelait « Gui l'An neuf. »

I,c christianisme, en substituant aux superstitions

du paganisme, une religion purement morale, enleva

aux arbres toute signification religieuse ; mais les

peuples modernes continuèrent à'les considérer comme

des emblèmes.

L'arbre de Noël nous est resté comme l'emblème de

la saison printanière. U est vrai qu'au 25 décembre, le

printemps est loin encore ; mais l'homme prend facilement

l'espérance pour la réalité.

La fête de Noël se célèbre principalement chez les

peuples du Nord d'origine Scandinave et germanique,

qui aspirent le plus vivement- au retour de la belle

saison. Et c'est en Norvège surtout qu'il faut observer

dans ses détails la joyeuse cérérnonie représentée par

l'arbre de Jule.

Ce nom se retrouve chez tous les peuples septentrionaux

: les Irlandais, les Danois, les Suédois disent Jul,

Jeul. Jol ; les Anglais, Joule, Jeole, Yule, Yù ; les

Anglo-Saxons, Jéhal, Geol, Gehuil ; les Finnois et les

Esthoniens, Joulon, Joulo^ lès Celtes, Gevyl,~Gevell ;

les Lapons, Jouis.

Or, Yule est tout simplement le symbole du solstice

d'hiver et l'arbre, la branche, l'arbuste qui le représentent,

figurent la renaissance d'une année pleine de

promesses.

Les fêtes de Yule remontent à une époque antéhistorique.

On les trouve en Scandinavie longtemps

avant l'introduction du christianisme. Le roi Olof les

proscrivit comme des vestiges impies du paganisme.

Plus tard, et sous la domination dès lors incontestée

du christianisme, elles furent rétablies. Leur coïncidence

avec les fêtes de Noël, si chères, à tout le nord

de l'Europe, les préserve désormais de la persécution.

On crut les célébrer en l'honneur du Christ, bien

que leur nom d'Yule, ou Jule, qu'elles ont conservé,

dérivât de Jolner, un des surnoms d'Odin, le dieu

suprême dans la mythologie Scandinave.

o o o

Si un engagé volontaire dans la marine militaire

peut devenir officier et quelle est la

marche à suivre ?

NDÉPENDAMMENT? de l'Ecole Navale proprement dite,

I et où sont formés les jeunes gens qui se destinent à la

carrière d'officiers de marine, il existe, dans la flotte, une

école des élèves officiers de marine, fonctionnant à Brest

et c orrespondant au Saint-Maixent de l'armée de terre.

Cette école est ouverte à tous les quartiers-maîtres et

officiers mariniers des équipages de la flotte, âgés de

vingt : deux ans au moins et réunissant plus de trois ans

de service dans la. marine.

Peuvent donc se présenter à l'examen, en vue de

l'admission à cette école,-les jeunes gens qui contractent

Un engagement volontaire d|au moins trois ans. Le

mois de septembre est le plus favorable, puisque l'engagé

peut concourir dès la fin de la première période.

Le programme d'admission est extrait des classes .de

seconde, de première et de mathématiques de l'enseignement

secondaire. La langue anglaise ou la langue

allemande (facultative) donne lieu à l'attribution de

points complémentaires.

COMME PREDIRE EST IMPRUDENT !

« Corneille passera comme le café », a dit, avec quelque

imprudence, M M0 de Sévigné. Corneille est resté,

Je café aussi.

Au café est même venue s'ajouter la chicorée pour

lui communiquer une douce amertume, diminuer son

effet excitant et lui apporter une action dépurative et

f-afraîchissante. Et si la célèbre marquise avait connu la

chicorée, elle eût certainement donné, dans une lettre

B sa chère M de Grignan, la bonne recette pour préparer

un délicieux calé au lait, avec une infusion de

café-chicorée, utilisant moitié de café et moitié de

Chicorée.

QUALIT^

lllïim5S5^

uiriiiaiiiiiitiiiiiiiitiniftiiiiiiiiiiifrifiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiriiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiii^:

= Cette rubrique est ouverte à tous nos lecteurs. Elle leur permettra de se |

| tenir en contact constant avec leur journal, qui les renseignera Volontiers §

| sur tous les faits d'un intérêt général et d'ordre documentaire ou i

| pratique ; mais un délai assez long peut s'écouler avant l'envoi des |

| réponses, et nous restons naturellement juges dê leur opportunité. Ë

Tiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiciiiifiiiittiiiiiiiiiiii(iiiiii[i)iiiiiiiiiiii-iiii[iiiiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinimii~

Peuvent être classés candidats élèves officiers dès leur

incorporation dans la marine, les jeunes gens qui remplissent

unè des conditions suivantes :

i° Etre titulaire de la première partie du baccalauréat

;

2° Avoir subi avec succès un examen permettant de

se rendre compte si leur instruction les rend susceptibles

d'acquérir, en trois ans, les connaissances exigées au

concours d^admission.

La date du concours d'admission à l'Ecole de Brestest

la même que celle fixée pour l'Ecole Navale.

Les candidats élèves officiers sont embarqués dans les

forces navales où, durant leur service, des officiers sont

chargés de les guider pour leur préparation au concours.

Cependant, ces candidats sont assimilés au régime

des équipages et leur titre ne leur donne droit à aucun

avantage particulier.

Les cours de Brest sont ouverts le I ER octobre de

chaque année et durént deux ans.

Les officiers mariniers élèves officiers sont nommés

aspirants de marine dès leur arrivée à l'école et enseignes

de vaisseau de deuxième classe à la fin des études.

Ils sont alors destinés au croiseur-école d'application

au même titre et en même temps que leurs camarades

sortant de l'Ecole Navale.

*7-

Si l'on peut vendre des marchandises ou des

biens aux enchères publiques sans le concours

d'un officiel: ministériel ?

N matière de vente publique de meubles, la loi du

E 22 Pluviôse an VII prescrit qu'elle doit avoir

lieu par le ministère d'un officier public ; ce sont principalement

les commissaires-priseurs, les notaires, les

huissiers, les greffiers'et les courtiers de commerce.

Dans certains cas, la compétence d'un d'entre eux est

exclusive, dans d'autres ils viennent en concours.

En ce qui concerne les immeubles, la vente à la

barre du tribunal, obligatoire dans certain cas, étant

mise à part, ce sont les notaires qui ont qualité pour

vendre aux enchères.

Aucun texte de loi n'interdit aux simples particuliers

de- procéder eux-mêmes à la vente aux enchères

de leurs immeubles, mais les affiches et les enchères

n'auraient, dans ce cas, que la valeur de simples indications

et pourparlers sans solennité, et naturellement

la vente n'aurait que le caractère d'un acte sous seing

privé.


Quelle différence il y a entre un réformé

n" 1, un réformé n° 2 et un exempté ?

E réformé n° r l'est définitivement et peut toucher

L une pension dans certains cas.

Le réformé n° 2 ne l'est, en principe, que" temporairement,

et est soumis à des visites qui aboutissent soit

à la réforme n° 2 définitive, soit à la réforme n° 1, soit à

l'exemption du service, soit à la récupération.

L'exempté est l'homme non accepté au conseil de

révision. . / .

Pourquoi l'on dit : " Araignée du matin,

chagrin, — Araignée du soir, espoir " ?

Dans ce proverbe rimé : 1

Araignée du matin,

Chagrin ;

-Araignée du soir,

Espoir,

il y a, comme dans tout poème, une part de fantaisie,

mais aussi une paî t de vérité qui est basée sur l'observation.

On a remarqué, en effet, que l'araignée, dans ses

allées et venues, fournit des indications barométriques.

Ainsi, l'araignée ne sort jamais le matin quand il y a

une rosée abondante, laquelle est signe de beau temps.

Par contre, quand il y a une matinée sèche et sans rosée,

on est sûr que la pluie viendra. D'où « araignée du

matin, chagrin»... Pas pour les agriculteurs qui ont

besoin d'eau, mais pour les promeneurs dont la pluie

va gâter le plaisir.

En revanche, lorsqu'il fait très chaud vers la fin de

la journée, l'araignée quitte assez volontiers son repaire

pour aller saisir les insectes qui, dans ces conditions

atmosphériques, lui promettent une bonne chasse.

Or, quand il fait très chaud vers le soir, c'est le présage

d'un beau temps pour le lendemain. D'où « araignée

du soir, espoir ».

Pourquoi l'on a donné le nom de Var à un

département dans lequel ce fleuve ne passe

pas ?

I E Var ne passe plus dans le département qui lui

•L- 1 doit son nom depuis 1860, époque où ce département

fut diminué de l'arrondissement de Grasse, rattaché

aux Alpes-Maritimes.

Il y a. là une anomalie, mais elle n'est pas unique

en son genre.

Le canton de Valréas, « situé » dans le département

de Vaucluse, ne se trouve-t-il pas entièrement enclavé

dans le département de la Drôme î Cinq coromunes des

Hautes-Pyrénées: Luquet, Gardères, Séron, Eseonnets

et Villenave, sont entièrement enclavées dans les

Basses-Pyrénées. Mcnessaire, commune de la Côted'Or,

est en dehors de ce. département. La commune

d'Escaufourt, qui appartient au département de

l'Aisne, est entièrement située dans celui du Nord. Et le3

communes de.Mceuvres, Boursies et Doignies, appartenant

an Nord, forment un groupe enclavé dans le

Pas-de-Calais. ^

Enfin, un cas plus curieux encore est celui de la commune

espagnole de LHvia, située dans notre département

des Pyrénées-Orientales et qui se prouve complètement

séparée de l'Espagne !

o -c


nniiiiin LE 23 DÉCEMBRE 1928 i>iiniiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii,Miiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiîiiiiiiiiiiiiiinii H iiiiiiiiiiimiiiiiimniiinniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuii min DIMANCHE-ILLUSTRÉ >■••••■(■'

PROFITONS DE NOS LOISIRS DU DIMANCHE POUR NOUS INSTRUIRE. UN PEU

NOTRE CONCOURS-REFERENDUM t L'ACADÉMIE IDÉALE (3' Série) .

41. — MADAME LA DUCHESSE D'UZÈS

(lieutenant de loaveterie)

NÉE, en 1847, Mme Marie de Rochechouart, la duchesse

d'Uzès, est, à tous égards, une personnalité

des plus respectées parmi celles de l'heure pré-

' sente: Statuaire et femme de lettres (sous pseudonyme

Manuèla), elle a donné à son pays de nombreux monuments

et statues, en même temps qu'une œuvre littéraire

de valeur. On l'a toujours vue à la tête des plus

nobles actions de bienfaisance; la guerre et l'aprèsguerre

l'ont trouvée toute dévouée aux blessés de son

pays, et, particulièrement aux aveugles. Conférencière,

elle a donné des conférences proféministes fort remarquées.

Chef d'équipage, organisant des chasses à

courre très pittoresques et très suivies, elle fut faite,

en 1923, lieutenant de louveterie. Elle est chevalier de

la Légion d'honneur depuis le I ER mars 1919.1

42. — M 0 MARIA VÉRONE (avocat)

en 1874 à Paris, M

NÉE me Maria Vérone, après avoir

conquis de bonne heure sa licence en droit (fait

rare à cette époque), s'inscrivit au barreau de Paris.

Une des premières femmes à avoir été admise à exercer

une profession libérale, elle se consacra de tout son

cœur à lutter, par la parole et par la plume, pour le

triomphe de la cause féministe, dont elle est, à l'heure

actuelle, une des championnes les plus agissantes et

les plus écoutées.

43. — M. FRANCIS DE CROISSET

(auteur dramatique)

ENU à Paris à l'âge de dix-huit ans, M. Francis

V Viener, dit de Croisset, né à Bruxelles en 1877,

ne tarda pas à y connaître le succès. À peine, en effet,

eut-il publié son premier livre, un volume de vers

Intitulé les Nuits de quinze iwis. que le voici qui paraît,

en .189.9, sur l'affiche, aux théâtres des Capucines et des

Mathurins, avec Par politesse'et Qui trop embrasse...

Dès lors, le genre de Francis de Croisset ne cessa de

■'affirmer dans ia. comédie légère spirituellement libertine.

Après l'a mort d'Armand de Caillavet, il lui succéda

dans sa coHaboration avec Robert ■ de Fiers,

et de l'union des deux auteurs naquirent des pièces à

grand succès : le. Retour (1920I, Ciboulette, -Romance,

les Vignes du Seigneur (1923), les Nouveaux Messieurs

(1925), le Docteur Miracle. D'un voyage ai* Indes,

M. Francis de Croisset a rapporté la Féerie Cinghalaise,

magnifique incursion à la fois dans, l'île de" Ceylan et

dans l'âme anglaise. Chevalier de la Légion d'honneurdu

23 juillet 1912, le céjjèbre auteur dramatique fut

■ tait, le 25 septembre 1920, officier.

.

,

44. — M: JULES CAMBON

É à Paris le 5 avril 1845, M: Jules Cambon est une

N des grandes figures de la diplomatie française.

Après plusieurs tâches éminentes auxquelles il se voua,

M. Jules Cambon débuta, en 1897, dans la carrière

par le poste de Washington,, puis occupa, en 1902

et 1905, les ambassades de Madrid et de Berlin. Ce fut

dans ce dernier poste, singulièrement délicat et dou-

, loureusement en vue, que le trouva le conflit mondial

en son début. Secrétaire général du ministère des

Affaires étrangères eu' 1915, délégué au Conseil de

guerre des alliés en 1916, puis (en 1920) président de la

Conférence des Ambassadeurs, M. Jules' Cambon, qui

avait été élu, èn'1918, àj'Académie, a été étroitement

mêlé, depuis 1905, à toute la politique européenne. Il

est, depuis le 13 juillet 1908, grand-croix de la Légion

d'honneur. ■

OTANISTE éminent, très spécialisé dans la question

B des cryptogames (dont il a établi une belle classification),

le professeur Louis-Alexandre Mangin naquit

à Paris, le 8 septembre 1852. Agrégé de l'enseignement

■ secondaire, puis docteur ès sciences, il enseigna d'abord

l'histoire naturelle à Nancy (1873-1881), puis à Louisle-Grand

(1881-1904), d'où il passa à la chaire de

botanique cryptogamique du Muséum. Actuellement

directeur (depuis 1920) de cet important centre d'études

et:'de recherches scientifiques, le professeur Mangin est'

membre, depuis 1909, de l'Académie des Sciences, dont

Il a, en 1928, été élu vice-président. Préside en même

temps l'Académie d'Agriculture et la Société nationale

d'Acclimatation. Commandeur de la Légion d'honneur

depuis le 30 juillet 1913.

48. — LE PROFESSEUR GOSSET

( chirurgien )

L est dans le monde médical moderne peu de person-

I nalités faisant d'avantage autorité et plus estimées

que celle du professeur chirurgien Antonin Gosset, né

le 20 janvier 1872, à Fécamp. Premier aux concours de

l'externat (1892) et de l'internat (1893), M. Antonin

Gosset reçut, à vingt-six ans, la médaille d'or des hôpitaux.

Reçu, en 1907, à l'agrégation, il se vit confier la

chaire de clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine

de Paris, tandis qu'il était nommé chef de clinique à

la Salpêtrière. De la guerre, où il rendit les plus éminents

services, d'abord comme médecm-clief de l'ambulance

13/18, puis comme chirurgien en'chef de l'armée

Gouraud, le professeur Gosset revint commandeur de

la Légion d'honneur (avec croix de guerre). Il fut fait

grand officier en 1926, tandis qu'en 1928, l'Académie

de Médecine (section de chirurgie) lui ouvrait enfin ses

portes. EUe honorait ainsi l'auteur de perfectionnements

importants apportés à la chirurgie en général,

et surtout à la chirurgie abdominale.

49. — M. PAUL DUKAS (compositeur)

ES meilleurs auteurs ne sont pas toujours ceux qui

L ont le plus écrit. Il en est de même lorsqu'il s'agit

des compositeurs de musique ; et si M. Paul-Abraham

Dukas, né à Paris, en 186g, nous a donné peu d'œuvres,

toutes sont d'une richesse infinie. Premier prix de

contrepoint et fugue au Conservatoire de Paris (1886),

TL est peu d'hommes d'Etat actuellement vivants en

* France qui aient été aussi souvent ministres et présidents

du Conseil que M. Aristide Briand, un des

artisans les plus convaincus de la paix mondiale. Né à

Nantes, le 28 mai 1862, M. Aristide Briand s'acquit, dès

qu'il eût été reçu avocat, une grande influence comme

journaliste dans les milieux socialistes.. Secrétaire du

comité général du parti, il fut, en 1902, élu député par

la première circonscription de Saint-Etienne. Depuis,

il ne cessa d'appartenir au Parlement, comme député

de la Loire, de 1902 à 1919, puis de la Loire-Inférieure.

M. Aristide Briand fut, pour la première fois, ministre

en 1906 (Instruction publique), président du Conseil

et ministre de l'Intérieur eu 1910, Ce fut eu 1913

qu'il devint titulaire du portefeuille des Affaires étrangères,

que, sauf de 1917 à 1921, il n'a jamais .abandonné

depuis. Les grands actes de la vie d'Aristide Briand

sont : en 1910, son attitude énergique en présence de

la grève , générale des cheminots ; en 1916, son sentiment

de la nécessité d'une armée de Salonique ; après

1921, la part active qu'il a prise â la bonne évolution

de la Société des Nations. Merveilleux orateur politique,

émouvant et convaincant.

52. — M. FIRMIN GEMIER

(directeur de théâtre)

A/IONSIEUR FTRMXN GÉMIER, une des célébrités théâtrales-de

notre pays, fut, détail curieux, refusé au

concours du Conservatoire. Mais, sentant eu lui une

irrésistible vocation, cet enfant d'Aubervilliers débuta,

le 8 janvier 1888, en jouant, au théâtre de Belleville,

les Pirates de la Savane, aux appointements de 30 francs

par mois (il avait vingt-trois ans), puis sur d'autres

scènes de quartier. Passant ensuite par le Théâtre

libre (1892) et le théâtre Antoine, il accéda à l'Ambigu,

où il créa /es Gaités de l'escadron, les Deux Gosses, etc...

Il était sauvé, la partie dure de sa vie (1888-1892) était

terminée. Le voici, en effet, qui entre, en 1896, à l'Odéon

dans le Capitaine Fracasse. Il y jouera jusqu'en 1901,

année en laquelle, tout en continuant à interpréter

les principaux grands rôles, il prendra la direction de la

Renaissance, précédant, pour lui, celle du théâtre

Antoine (1906) et celle de l'Odéon (1921). Partisan

très convaincu de la valeur du théâtre comme moyen

d'éducation des masses (Théâtre Populaire) et d'interpénétration

intellectuelle des races, M. Firmin Gémier

a créé les réalisations les plus audacieuses. Chevalier

— M. BONVALOT (explorateur)

ONSIEUR PIERRE-GABRIEL BONVALOT, explorateur,

M naquit à Espagne (Aube), le 14 juillet 1853, et fit

montre, dès son jeune âge, d'un grand goût pour les

voyages (parcourant, sac au dos, à pied, une partie de

l'Europe), Mai» H cessa bientôt de t'kuérèsser lu monde

connu pour se consacrer uniquement aux «astes et

mystérieux territoires asiatiques. En 1882, avec

. G. Capus, il traversa l'Asie Centrale et le Turkestan;

De 1885 à 1887, avec Capus et Pépin, venant de la

Perse et du pays Turcoman, il traversa entièrement,

pour la première fois, le plateau du Pamir. De 1889 à

1890, enfin, il alla, avec le prince Henri d'Orléans, de

la Sibérie au Tonkin, en traversant, par des chemins

nouveaux, les plateaux glacés du Thibeti Plus tard,

en 1897, changeant de continent, Bonvalot fut envoyé,

à Entotto, à Ménélik, qui l'accueillit avec le plus grand

empressement. Fondateur du Comité Dupleix, œuvré

de propagande coloniale, auteur de nombreuses études

scientifiques et relations de vqyages, l'explorateur

Bonvalot est officier de la Légion d'honneur depuis

le 31 décembre 1898. Il fut député de Paris de 1903

à 1906, mais dut renoncer à la vie politique pour raison

de santé (paludisme). Il n'a depuis cessé de donne»

tous les soins à l'activité du Comité Dupleix.

56. — M. LE CORBUSIER (architecte) \

en 1887, à La Chaux-de-Fonds, l'architecte hovât

^ teur Le Corbusier. (de son vrai nom : Charles-

Edouard Jeanneret) s'est formé lui-même en voyageant

et en observant. Un voyage en Orient lui révéla'la ligne

droite. Il y vit un dogme indispensable aux exigences

du foyer moderne (superficies limitées, désirs d'air,

de lumière, d'hygiène, de confort), et, plus que jamais,

de l'urbanisme (intensité de la circulation). En 1920

(avec Ozenfant et Dermé), M. Le Corbusier fonda

l'Esprit Nouveau, qui eut son pavillon à l'Exposition

des Arts Décoratifs, et il exposa ses conceptions en six

livres qui sont'la. base de tout ce qui se discute actuellement

en architecture. Après avoir, en 1922, donné

une étude complète d'une Ville contemporaine dé

3 milUons d'âmes, Le Corbusier dressa le plan voisin

du centre de Paris. Puis ce furent les plans d'un Palais

des Nations pour la S. D. N., d'un Mondanéum connexe,

d'un Palais de l'Union des Coopératives de l'U. R. S. S.

(pour 2.500 employés : concours récemment ouvert à)

Moscou). Des groupes de maisons Esprit Nouveau ont

été édifiés à Stuttgart, à Bordeaux ; leur auteur se

préoccupe, actuellement, des solutions pratiques qu'en- ■

traînera l'exécution de la loi I^pueheur. Et il entrevoit

le moment où la construction des maisons appartiendra

à l'usine métallurgique, qui établira en série toutes les

pièces (le rôle de l'architecte se limitant à assembler,

à composer la maison).

Q

57. — M. CHARLES MAURRAS . .

■ (joufnàliste)

UELQUE opinion que l'on ait des thèses journal!»,

tiques que M. Charles-Marie-Photius Maurras «j

exposées dans le Soleil, la Gazette de France, le Figaro,

avant de les réserver à l'Action Française, on ne

peut qu'admirer ses qualités de dialectique et dè

style (helléniste fervent, il s'est pénétré d'Homère),

ainsi que la fine psychologie qui est diffuse, par

exemple, dans ses Amants dè Venise (1902) ou dans son

Avenir de l'Intelligence. Né le 20 avril 1868 à Martigues

(Bouches-du-Rhône), il fit ses études au collège d'Aix;

Venu à Paris, il fonda l'école romane, avant d'adhérer

au néo-monarchisme. Citons, parmi l'œuvre de Charles

Maurras : Jean Maurèas (1891), le Chemin du Paradii .

(1895), Enquête sur la monarchie (1900), Anlhinéa 1

d'Athènes à Florence (1901), l'Etang de Berre (1915),

le Mystère d'Ulysse (1923), la Musique intérieure (1925)',

recueil de poésies, Sur les étangs de Marthe (1927). Elu

prince des écrivains à la suite de l'enquête-referendum*

des maîtres de la plume, M. Charles Maurràs,.qui s'était

présenté à l'Académie en 1922, n'y fut point élu, ê»:

raison de ses idées politiques.

. 45. — LE MARÉCHAL J OFFRE

É en 1852, à Rivesaltes, où son père exerçait le

N' modeste métier de tonnelier, Joseph-Jaeques- puis second Grand Prix.de Rome (1888) pour une can- de la Légion d'honneur en 1910, officier en 1920,

Césaire Joffrë, qui était polytechnicien en 1869, se distate intitulée Velléda, il commença à composer en 1890. commandeur le 30 avril 1926.

tingua comme.officier du génie au cours d'une remar- Après trois ouvertures : le Roi Lehar, Goetz von Berliquable

carrière coloniale et métropolitaine. Il était chef chingen et Polyeucte, des symphonies et des sonates,

d'état-major général de l'armée lorsque les hostilités M. Paul Dukas donna un habile et curieux poème 53. — S. E. LE. CARDINAL DUBOIS

éclatèrent «n 1914. En cette qualité, il fut appelé à symphonique : l'Apprenti sorcier, avant d'achever

prendre le connnandement suprême de nos troupes l'orchestration de Frédégonde, que Guiraud avait laissée N qu'il mena successivement à la victoire sur la Marne, inachevée, de reviser, du même auteur, les Indes

' à Verdun et sur la Somme ; le grade de maréchal de galantes, puis d'écrire la musique d'un conte en trois

France, rétabli à son intention et auquel il fut promu actes, tiré par Maeterlinck des contes de Perrault :

en 1916, récompensa ces services éclatants. Sa. mission A riane et Barbe-Bleue. Professeur de la classe de compo-

aux Etats-Unis nous valut l'alliance de ce grantfpeuple. sition au Conservatoire national de Paris, le grand

Grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé mili- compositeur est officier de la Légion d'honneur depuis

taire, le maréchal Joffre. appartient à l'Académie le 7 août 1923.

ftpnçaise depuis 1918.

50. —M. ANDRÉ MAUROIS (homme de lettres)

46. — M. LOUIS LUMIÈRE

VANT la guerre, M. André Maurois, né Herzog,

(industriel et inventeur) A dans un milieu industriel (lui-même fut longtemps

dans les affaires), n'avait, comme homme de

ANS l'œuvre si importante des frères Lumière, c'est

lettres, don^é que Ni ange, ni bête. Mais il était très

D plus particulièrement à M. Louis Lumière que

attiré par les choses d'Angleterre :.histoire, littérature

revient l'honneur des découvertes relatives à la photo-

(on a-de lui une excellente traduction de la Femme

graphie et à la cinématographie. Né à Besançon le

changée en renard, de David Gamett), psychologie,

5 octobre 1864, et sou père, photographe, étant venu

humour, toutes connaissances que sa présence, pendant

s'établir à Lyon, ce fut là que le jeune chimiste ( il avait

la guerre, à l'état-major de l'armée anglaise comme

alors dix-huit ans) mit au point un procédé de fabrica-

interprête, ne fit que confirmer. Aussi, dès qu'après

tion d'émulsions pour plaques sensibles, et le petit

les Bourgeois de Wintzheim, il donna ses étonnants

atelier dans lequel Antoine Lumière et ses fils associés

Silences du Colonel Bramble, si merveilleux de vérité,et

fabriquèrent les premières plaques françaises (1883) pleins d'une philosophie profonde, ce livre connut un

fut la cellùle-mèré d'une très puissante industrie pho- grand succès. Il en fut de même de ceux qui suivirent :

tographique. De 1894 à 1900, M. Louis Lumière et

les Discours du Docteur 0' Grady, puis Ariel ou la Vie

Bon frère créèrent les dispositifs de projection (de

de Shelley. Ce "furent ensuite : les Dialogues sur le

vision) des images qui sont £1 la base de la "cinémato- Commandement, .Eludes anglaises; Méipe ou la Déligraphie,actuelle.

Puis, de 1903 à 1913, leurs recherches vrance, Disraeli, Bernard Quesnay, Voyage au pays

aboutirent à la fabrication industrielle en grande série des horticoles, Climats. La partie anglaise de l'œuvre

des plaques dè couleurs. On doit encore à M. Louis de M. André Maurois, qui écrit, par ailleurs, en un

Lumière bien d'autres inventions, dont surtout le style précis et captivant, est de celles qui ne peut que

diaphragme des gramophones et la photo-stéréo-syn- créer une parfaite intercompréhension des deux peuples.

thèse. Elu membre de l'Académie des Sciences le Docteur en droit honoris causa de l'Université d'Edim-

15 décembre 1919, nommé chevalier de la Légion d'honbourg, il a été fait chevalier de la Légion d'honneur en

neur le 6 janvier 1900, officier en. 1912, Louis Lumière 1926. ' .

est commandeur de la Légion d'honneur du 20 juillet

1920. " .

51. —M. ARISTIDE BRIAND (hommed'État)

47. — M. MANGIN (botaniste)

É le IER 58. —M. LESCOUVÉ '(magistrat)

MÉ à Aix en 1865, M. Théodore Lescouvé fut, 4b

*~ 1889 à 1890, à Paris, troisième secrétaire de là

Conférence des avocats, dont il avait été lauréat. Puis

il s'orienta vers la magistrature. Après un rapide

passage aux parquets de Tours et de Lyon, il revint

à Paris, en 1896, comme chef adjoint du ministère de

septembre 1856, à Saint-Calais, Louis- la Justice. De 1899 à 1909, substitut du procureur de

Ernest Dubois fit ses études séminaristes à" Pré- la république près le tribunal de la Seine, puis du

cigné, puis à La Flèche. Ordonné prêtre en 1879, il procureur général, il accomplit, à ce titre, une carrière

exerça successivement à Brûlon, au Lude, à Notre- remarquable. M. Théodore Lescouvé, qui est depuis

Dame-dj-la-Couture-du-Mans, à Saint-Benoît, tout en 1927 grand officier de la Légion d'honneur et membre

se livrant à des recherches historiques qui le passion- du Conseil de l'ordre, incarne le magistrat dan*

naient. Vicaire général du Mans, de 1898 à 1905, il toute la noble et fière acception de ce mot.

fut sacré, en 1901, èvêque de Verdun. En 1909, il

fut appelé à l'archevêché de Bourges ; en 1916, à celui

de Rouen. Ses armes : Regnavita ligno Deus, signifient : 59. — M. PHILIPPE GAUBERT

Dieu a régné par du bois (Dubois). Le 4 décembre 1916,

(chef d'orchestre)

'1

l'archevêque Dubois fut élevé à la dignité cardinalice au

titre de Santa Maria in Aquiro. En 1919, le gouverne- É à Cahots en 1879, deux fois lauréat du ConseJI

ment français lui confia la direction de la mission catho- N vatoire en 1903 (prix de flûte, prix de fugue et dî

lique qu'il envoyait en Palestine, en Syrie et au Liban. contrepoint), prix de Rome en 1905,M. Philippe Gauberi

A sou retour, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur. fut, à vingt-cinq ans, deuxième chef d'orchestre à laScU

Nommé archevêque de Paris le 13 septembre 1920, il eiété des Concerts. Dès son retour de la guerre, qu'il

est commandeur ' de la Légion d'honneur depuis le fit dans l'arme de l'infanterie, il fut nommé chef

27 mai 1926. Le cardinal Dubois est un prélat libéral d'orchestre de la société. Professeur au Conservatoire,

et d'une vaste culture. t

le 23 février 1919, son talent recevait un défmitif

hommage dans l'ascension au pupitre de l'Opéra, dont

il eut l'audace de rajeunir notablement le répertoire,-

54. — M. CAMILLE JULLIAN /historien) Compositeur de nombreuses sonates et rhapsodies

É à Marseille, lé 15 mars 1859, le grand historien

N de la. Gaule et des provinces méridionales entra

à l'Ecole Normale supérieure en 1877. Son maître

y fut Fustel de Coulanges, dont il est le continuateur.

Elève aussi de l'Ecole française de Rome, agrégé en

1880, docteur en 1883, il fonda, à Bordeaux, la première

grande chaire d'histoire régionale de France.

Tandis qu'il occupait cette chaire, il publia de belles

études régionalistes : Ausone et Bordeaux (1893) ;

Histoire de Bordeaux jusqu' en 18Q5, etc. ; ou générales,

comme son Vercingétorix et sa Gallia. Puis il se consacra

à évoquer l'existence de nos ancêtres en partant du peu

de textes qui existaient :.il commença à écrire T Histoire

de la Gaule, dont les premières publications furent

honorées, en 1907, du Grand Prix Gobert. Professeur

au Collège de France en 1905, élu en 1908 à l'Académie

des Inscriptions et Belles-Lettres, M. Camille

Jullian entra à l'Académie française le 3 avril 1924.

Archéologiste passionné, il avait suivi de très près

les fouilles d'Alésia et de Bordeaux. Officier de la

Légion d'honneur en 1903, il fut fait commandeur

le 13 janvier 1926.

1 ,

M. Philippe Gaubert, qui écrivit, avant la guérre,/osj«»J

(légende pour orchestre et chœurs), Au jardin del'iri*

fante (recueil de mélodies sur des - vers de SaminjL

Sonia (drame lyrique), Philotis (ballet eu deux actesjî

a reçu, en 1927, le prix Lasserre (musique) avec' Naïla,

qui fait, ainsi que Philotis, partie du répertoire df

notre première scène nationale. Titulaire de la croix de

guerre, officier de l'instruction publique, chevalier dé

la Légion d'honneur le 31 juillet 1921.

60. — M. LALIQUE (maître verrier d'art)

\JÉ à Ay (Marne) en 1860, le maître verrier d'art

1" René-Jules Lalique commença par être dessina/»

teur en bijoux. Mais il avait du goût et de l'habileté'}

il chercha dans l'étude de la plante et de l'animal dei

éléments de décoration inédits, en même temps qu'il

étudiait le travail de matières nouvelles ": corne, silex?

agates, émaux. Mais il ne s'en tint pas là; il cofhposq

aussi des motifs de ferronnerie (balcons, lustres, porte

massives), de broderie, et des ameublements. Puis j

découvrit, en 1905, les magnifiques effets que l'on poil

vait tirer du verre teinté, coulé ou gravé. Il devin

maître verrier d'art, créant lui-même ses modèle,

abordant tour à tour tous les sujets d'ornerriei

tation intérieure (vases, dispositifs d'éclairage, gob^

letterie,: statuettes, etc.). Membre de la SociétJ

des Artistes français, officier de la Légion d'horl

neur en 1900, le maître Lalique fut fait conunandetl

le 30 avril 1930,


ntiiimi DIMANCHE-ILLUSTRÉ uiiiiiiiiiiiiiiiiiiriiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 12 iiiiniiiiitiiiiiinniiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiii LE 23 DÉCEMBRE 1928 >«»»»

LA SEMAINE COMIQUE

Or, cette année, ce pauvre Bibi la Misère

se dit : « Si je mettais mes souliers au pied

de ce mur, peut-être le petit Jésus y déposeraitil

quelque chose} »

LA CATJSK ÉVIDENTS

Cher, le poisson l.

A cause de la sécheresse !

(Dessin inédit de LUC-CYL.)

RESSEMBLANCE

— C'est pourtant vrai, Jean-Pierre, -que tu

as les yeiix de ta mère et le nez de ton grand'père.

.

■— Voui, et j'ai même la culotte à papal

(Dessin inédit de MAT.)

UN PEU DE FÂMTÂSSIE

N meunier cheminait avec son âne. Un bel esprit

U le rencontre, et se met à crier :

— Où allez-vous donc tous deux ?

— Nous allons chercher du foin pour cous trois,

répond aussitôt le meunier.

r\KPUis que nous l'avons comme député, il a bien

posé deux cents questions *au président du Conseil.

— Alors,- laissez-moi vous dire que vous avez choisi

un député bien ignorant !

ÊLANTE, au retour du marché, relève la dépense ;

M Mélanie est femme d'ordre ; entre une amie.

— Que tu viens à propos, lui dit-elle, j'étais là,

embarrassée par l'orthographe d'un mot: tu vas

m'aider, n'est-ce pas ?.,.

— Volontiers, quel est ce mot ?

— C'est le mot épinard : faut une H, ou n'en faut-il

point ?

— Cela dépend, ma chère, reprend l'amie, très

Bêrieuse : il ne faut point d'H, s'ils sont crus, mais, s'ils

sont cuits, il en faut une.

— Et pourquoi ?

—, Parce que, s'ils sont cuits, il a fallu les hacher et

qu'alors une hache a été nécessaire !

DOTTLON était un nègre du plus beau noir, employé

" dans une factorerie du Congo, et "dont la principale

mission consistait à soigner et à traire la vache du chef

de dépôt.

Un jour, son maître, pour faciliter sou travail, lui fit

cadeau d'un petit tabouret et lui dit :

— Avec, ça, Boulon, tu pourras plus facilement

traire la vache.

Boulon répondit :

— Merci, Massa. Boulon, il.va essayer tout de suite.

Le nègre disparut dans l'étable et revint au bout

d'un quart d'heure. Il était en nage et portait tristement

le tabouret. _

— Eh bien ! ça ne va pas, Boulon? s'inquiète le .chef

de dépôt.

— Y a pas bon, Massa ! fit Boulon navré; la vache,

elle ne veut pas s'asseoir sur le tabouret 1

U N N O Ê L I M R V U

' Ce fut aussi ce jour-là que l'infernal voyou

Toto VArsouille, passant devant l'étalage d'un

rôtisseur, se dit : « Voici un magnifique poulet

qui va me procurer un bon réveillon l »

I L

y avait, chaque samedi, à V..., un marché

qui se tenait sur la grand'place. Les paysannes

y venaient, des environs, avec leur

hotte, retenue aux épaules par des bretelles

de sangle. Des garçons de terme, tirant des

charrettes à bras, y amenaient la volaille

dans de grands paniers à claire-voie. Les camelots

et les marchands ambulants, vieux routiers

des foires de l'arrondissement, y venaient

aussi avec leur attirail. Les commerçants

du heu y dressaient leurs tentes à des

endroits qui leur étaient réservés. Et tout

cela formait un ensemble des plus pittoresques,

avec des étalages à même le jî&yé, des

tables montées sur deux tréteaux, des tas de

légumes empilés sur une bâche, des rectangles

de toutes couleurs, des toiles tendues entre

quatre piquets, et, au milieu de cette confusion,

des bonnes femmes assises çà et là

comme des matrones, ou des types remuants,

hâbleurs, maigres, nerveux, qui interpellaient

les acheteurs, discutaient, servaient, criaient

leur marchandise, ou faisaient des boniments

pour essayer d'accrocher l'attention.

Dans les allées, la foule se déplaçait, s'entre-croisant,

s'attroupant par plàces, clairsemée

ici et refluant par là, comme si elle

obéissait en aveugle aux poussées du hasard.

Jouant des coudes, un petit homme au

teint basané, un filet au bras, se dirigeait

avec assurance dans cette foule indécise. Il

regardait tout de son œil perçant, ne disait

jamais rien, s'arrêtait souvent, semblait

réfléchir ; puis, impassible, sourd aux sollicitations,

il reprenait son chemin pour, un

peu plus, loin, examiner de nouveau quelque

étalage.

: Quand il avait fait ainsi le tour du marché,

son choix, en définitive, était fait.

'— Combien votre poulet ? disait-il en

.s'approchant d'une table.

— Quatre francs... Tenez ! pour ne pas

marchander, trois francs cinquante ! ,

A cette époque, on pouvait avoir, à ce prixlà,

un beau poulet, un vrai poulet de grain.

— Trois francs chiquante 1 s'écriait notre

homme. C'est pour rire, hein ? Vous voyez

bien qu'il a les yeux vitreux. -

— Vous en avez de bonnes ! Je le tue à

l'instant.

— Eh bien ! en le tuant, vous lui avez

crevé l'amer. Il est tout vert, votre poulet.

— Tout vert ! Voilà ce que c'est que de

regarder le soleil. Laissez-le, mon brave, s'il

ne vous plaît pas. Il y en a d'autres.

■— Oui, mais je ne suis qu'un ouvrier ; je

n'ai pas les moyens. Je voudrais celui-là à

moitié prix, parce qu'il est gâté.

— Dites donc, vous ! N'en dégoûtez pas

les autres. On vous les portera, si vous vouiez,

les poulets de grain à moitié prix !

— Je disais ça, c'était pour vous en

débarrasser. Je m'y connais, peut-être. De la

volaille, j'en ai vendu pendant vingt ans!

Enfin, au revoir !

— Allons I pour vous, ce sera trois francs

et cinq sous. C'est la plus belle bête du

marche ! Faut dire ce qui est.

■— Je la prends à trois francs... Et vous

savez, tout ça, ce n'est pas de la bonne graisse.

Vous le voyez comme moi : c'est du suif Chez

les mauvaises bêtes, c'est ce qui arrive.

— Voyons, monsieur, si vous avez été

dans la volaille, ne dépréciez pas la marchandise.

Entre confrères, ça ne se fait pas. Emportez-le,

votre poulet, et dites-moi franchement

que vous faites une affaire.

Le poulet payé" et mis dans le filet, le petit

homme, froidement, répondait en s'en allant :

— Ah ! ça, je vous l'accorde. Je ne fais pas

une mauvaise affaire. Vous ne voudriez tout

de même pas, camarade !

Un peu plus loin, .il s'arrêtait devant une

femme de la campagne, qui vendait les fruits

de sa récolte.

— Combien vos poires, ma bonne dame?

P Et il s'en empara ! Mais il avait été vu. On

Ycria : « Au voleur! \ et, sur le point d'être

\ pris, Toto V Ar souille jeta son poulet pardessus

un mur.

—r— Trente sous le quarteron.

— Qu'est-ce que vous dites? Des poires

comme ça à plus d'un sou pièce 1

— C'est des crassanes, monsieur. U n'y a

rien de meilleur.

— Tout ce que je vois, c'est que vous les

faites cher, pour des poires tombées.

— Des poires tombées ! Ah ! ben, c'est

offenser le Bon Dieu, que de dire des choses

pareilles !

— Elles sont assez belles,, comme ça, d'apparence.

Mais le ver est dedans.

— C'est bon, laissez-les. Elles ne sont pas à

vendre pour vous.

— Vous n'allez tout de même pas me dire,

à moi, qui n'ai fait que ça, les fruits, pendant

vingt ans...

— Mais regardez-les, monsieur, regardezles

!

— Je les vois bien. En voulez-vous vingt

sous, pour ne pas les remporter? Tenez, le-^

soleil a déjà passé dessus, c'est le coup de

grâce.

Et, d'un coup de pouce meurtrier, il faisait

sauter la pulpe d'une poire un pe*u plus mûre

que les autres.

-— AUons, yiugt-einq sous, parce que c'est

vous !

— Vingt-deux, ma bonne dame, ça ne vaut

pas plus.

— Donnez votre filet. Vous me feriez

mourir, à vous entendre plus longtemps. Mais

j'en ai du regret. De si belles poires !

— Dame, répliquait le bonhomme, les

belles poires sont faites -pour être mangées.

Si j'en avais vu de plus belles sur le marche,

ce n'est pas à vous que je me serais adressé.

Et il allait ainsi, de marchand en marchand,

roué comme pas mi,.retors jusqu'à la friponnerie,

mentant avec audace, prenant les gens

à témoin que le noir est blanc, habile à profiter

de l'incertitude où tous"ses ergotages plongeaient

les esprits, se disant toujours de la

partie dans tous les genres de commerce où il

entreprenait de marchander, et, finalement,

raflant à bas prix, et goguenard, tout ce qu'il

y avait de bien sur le marché.

Pourtant, à la longue, on avait fini par

le connaître. Il lui devenait moins facile

d'exercer avantageusement ses talents. Seuls,

les nouveaux venus s'y laissaient prendre et

ce n'est-pas toujours chez les nouveaux que

l'on trouve les meilleurs articles. "

A la fin, le petit homme à la peau brune

ne venait plus guère au marché que par habitude.

Peut-être, comme tous les joueurs qui

ont perdu la veine, attendait-il un retour de

fortune. Il se disait, sans doute, que les marchands

qu'il ue visitait plus depuis .longtemps

ne pensaient déjà plus à lui et qu'un jour il

pourrait prendre sa revanche et s'offrir derechef

la satisfaction de les rouler.

Un samedi, l'occasion qu'il cherchait se

présenta.

Un marchand de volailles l'interpellait.

— Hé ! monsieur ! Voilà quelque chose

pour vous. Regardez-môi cette dinde, et,

franchement, dites-moi si vous en trouverez

une semblable pour Noël.

Le bonhomme fit une moue dédaigneuse.

— Combien?

—■ Quinze francs pour vous. Autant dire

que je vous- la donne. '

■— Ne le criez pas si haut. Vous allez vous

faire arrêter par un agent... Quoi, quinze

francs !...

■— Mais, tâtez-moi ça ! La chair est ferme

comme du grès. Et puis pesez-la ! C'est une

pièce qui fait dans les seize livres.

• C'était, en effet, une bête magnifique,

énorme, blanche comme de la porcelaine, la

peau tendue sur une chair qui résistait à la

pression des doigts, et avec ça l'air jeune,

fraîche, épanouie, mie vraie merveille. On la

mit sur la balance ; elle pesait quinze livres

et demie.

Le poulet tomba juste dans les souliers du

pauvre Bibi la Misère qui remercia profondément

le Ciel d'un pareil présent !

(Dessin inédit lie DHARM.)

FEMME ÉCCjNOME !

-— Tes freins ont lâché ! Notre fortune pour

être hors de cette voiture !

— Tais-toi et garde ion argent ; avant cinq

minutes, on sera hors de la voiture et gratuitement!

- . (Dessin inédit de R LENOIR.)

CHEZ L'OCCULISTE

— Voilà , le médicament. Vous en mettre*

une goutte dans chaqtte œil, deux fois par

jour.

— Avant ou après les repas, monsieur

le docteur? (Dessin inédit de WlLLY.)

— C'est bon, dit le petit homme, si dix

francs font l'affaire, je l'emporte, et n'en

parlons plus.,

— Vous plaisantez, voyons. Vous êtes

connaisseur. Oui ou non, ça vaut-il vingt-cinq

francs une dinde comme celle-ci? Je vous al

fait un prix d'ami, vous le savez bien.

Ils discutèrent. Le marchandeur prétendit

que la bête avait avalé du plomb, a quoi le

vendeur riposta qu'il allait l'ouvrir devant lui.

Mais c'eût été abîmer la volaille, et, en fin de

compte, le chaland mit douze francs sur le

comptoir et s'én fut tant vite qu'il put avec

un tel poids dans son filet.

Alors, tout de suite, le marchand commença

à rire. Et son rire gagna le garçon qui lui

venait en aide, puis les voisins. Un groupe se

forma. Les premiers au courant racontaient

l'histoire aux autres, si bien qu'un quart

d'heure après, tout le marché était informé et

n'était plus qu'un éclat de rire.

On ne vit plus jamais le petit bonhomme

au teint basané, le samedi, sur le marché de la

grand'place.

Sa mésaventure était trop* humiliante.

Car figurez-vous que sa dinde de quinze

livres et demie avait été complètement vidée

de sa chair, bourrée de chiffons, avec un gros

pavé au milieu du corps, puis si habilement

recousue que le plus malin n'y aurait vu que du

feu.

Le petit homme eût pu tirer quelque partL

c'est vrai, du cou et des ailes, mais il était s|

dépité qu'il les donna à son chien, heureui

de l'aubaine.

Un nom lui est resté, depuis lors, à V..,

On l'appelle « le dindon de la farce ».

FjjORIAN- PARMBNXIES»


LE 23 DECEMBRE 1923 i""HiiiiiiiinmiiiiiiiiiimiiiiiiunniiiiiiiHi mnim iimiiiiiiiiiHii JJ ■•■■■■■■■■■■iiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimniiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ «itinw

LA SEMAINE C 0 MI QUE

(Dessin inédit d'An: ÈNS [ klvc-Tj


niuii DIMANCHE-ILLUSTRÉ iiiiiuoiHiiiiuiiiHinmiiiiniiiimHiiniinnnnnniiifniiinBiniuniiiiiiiiiii' 14

BRIC - A - B RA C

ÉCHOS ET 'NOUVELLES DE PARTOUT

tINE VIEILLE FEMME A BARBE ' '

^E tout temps, les exhibitions, quelles qu'elles

soient, ont toujours été curieusement acceptées

le la foule.

C'est ainsi qu'au xvn E siècle-Jean-Micheî Van Beek

But exploiter cette prédisposition, malsaine sans doute,

mais réelle, qui fait trop souvent rechercher l'extraordinaire

de préférence au beau.

■ Jean-Michel présenta donc à l'admiration de ses

Contemporains' son épouse légitime. Elle portait avec

hisance son prénom de Barbe, qui lui convenait à merveille.

Elle était née à Ausbourg, dans la Haute-Ailé-.

tnagnc, le18 février 1629. Pour l'exhibition de ce phénomène,

l'autorisation d% bailli de la comté-pairie de

peauvais était nécessaire. Van Beck reçut la faveur

qu'il sollicitait le, 3 juillet 1660.

Voici le texte même de la « requette » :

Bequette adressée au bailli de la comté-pairie, juillet 1660

c A Monsieur le bailli du comté de Beauvais,

« Suplic humblement Jean Michel, natif d'Ausbourg,

tu Alemagne, qu'il vous plaise luy permettre de faire

veoir aux personnes curieuses un prodige de nature en

la personne d'une, femme qui porte poil et barbe en là

face et au meutoii, avecq grandes moustaches au

pessoubs des aureilles, ainài qu'il a esté permis au

£upliant tant en .la ville de Paris^ que aultres bonnes

Villes de ce royaume, moiennant "quelque rétribution

Énodérée, même lui permettre exposer un pourtrait

llveeq affiches et de faire battre le tambour et vous

ferez bien. " « JEAN MICHEL. »

Voici, par ailleurs, la réponse qui fut faite :

« Soit moiistré au procureur fiscal.

■ te troisième juillet 1660. «TRISTAN.»

Et depuis : - , V>

« Ou y Tadvocat fiscal pour le procureur et de son

consentement,- nous avons permis au suppliant de

faire veoir la femme en question aux jours et heures

ordinaires, pourvoi que ce soit hors de dimanche et

jour de fête, et à la charge de garder la décence. Les

dits jour et an. 0 TRISTAN. E. RICARD. » .

Les archives qui restent ne nous disent pas si l'exhibition

eut du succès. _ T , , r,., ,

Le journal des Débats.

ÉCRITURE ET TÉLÉGRAMME

'T'OUT le monde se rappelle une vieille plaisanterie dont

*■ on a beaucoup ri : une danie âgée entre, indignée,

dans un bureau de poste. Elle reçoit à l'instant un

télégramme qui, semble-t-il,' vient-de son fils, mais

dans lequel il est impossible de reconnaître son écriture.

Cette réflexion naïve, il y a peu, serait aujourhui

beaucoup moins ridicule. La Société des Bureaux

le Postes de New-York vient d'établir, entre différentes

grandes villes, un service de photo-dépêche. Le

texte du télégramme reproduit l'écriture même de

l'expéditeur, il ne lui en coûte qu'une somme deux fois

plue élevée.

Cette innovation est surtout-précieuse pour l'envoi

de documents, de pièces administratives, et de textes

dans des langues comportant des signes particuliers,

comme le chinois, le russe ou l'hébreu.

Vorwderts,

ESCARGOTS SANS AIL

UAND l'escargot a suffisamment dégorgé, on lave

sa' coquille et on le dépose soit sur le gril, soit sur

tin Qpeu

de braise, soit, tout simplement, sur le couvercle

du fourneau. Il cuit ainsi tranquillement dans son jus.

On les retire ensuite de leur coquille, on les sale, on les

poivre, pour les manger avec ,une tartine bien plafonnée

de beurre. - .

Je sais bien qu'il y a des gens qui prétendent que

f escargot sans ail n'existe pas pour eux, mais, s'ils

essayaient de notre recette, je crois bien qu'ils^ perdraient

de leur assurance.

i II y a encore une autre manière de les accommoder,

c'est de les plonger un quart d'heure dans l'eau bouillante,

les retirer, les hacher menu et de verser ce hachis,

llvec du beurre, dans une casserole. Au moment de

Servir, on Saupoudre de persil haché et de gros poivre.

La Route.

DÉCLARATION DE GUERRE

Guerre bienfaisante, guerre de libération, celle que

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DISCIPLINE DU TEMPS-JADIS

E collège de la Trinité, d'Oxford, qui vient d'inau-

L gurer une bibliothèque en souvenir des morts de

la guerre, à une histoire des plus variées. Il fut fondé

au XVT6 siècle, mais, trois siècles auparavant, on enseignait

déjà sur les lieux où il est situé. Croirait-on que

le « président » du collège — tel était alors son titre —

touchait des appointements annuels de iô livres ?

La règle était très sévère. Arrivait-on en retard à la

messe, qui était célébrée à 6 heures, on recevait le

fouet des mains du doyen. Un élève ne pouvait sortir

du collège qu'accompagné de deux autres camarades.

Au xvne siècle, le collège connut une grande prospérité.

Son directeur, Kettel,'eut le bon sens de reconnaître

que n dans les maisons où il y a le moins de bière, il y a

le plus d'ivrognes, car lés buveurs sont obligés d'aller

en ville pour se remonter l'estomac. » Aussi le docteur

Kettel avait-il toujours dans son collège d'excellente

bière, telle qu'il n'y en avait pas de meilleure.

ILétait interdit aux étudiants de porter du velours,

du damas et du satin, comme de jouer aux cartes, aux

dés ou de briser les-fenêtres, amusements mis sur le

même pied.

i Le xvra'. siècle semble avoir été assez gai à Trinity

Collège en dépit des peines dont était punie l'ivro-

Snérie- The Times.

HISTOIRE DU PORC

ËTRENNES

I 'HISTOIRE n'est plus à faire-dé* cet animal qu'un

poète du temps de la périphrase — n'est-ce point

Delille? — appelait : « Ce gras épicurien qui se nourrit

de glands.» Et tout fermier dira avec orgueil qu'il

n'est point dans le corps généreux du porc un atome de

matière que l'on ne puisse utiliser, que ce soit pour en

faire du boudin.ou des brosses à dents.

Au cours de Ses Mémoires, publiés récemment en

Angleterre, la duchesse de Northumberland, qui vint

en France pour le mariage du dauphin, plus tard

Louis XVI, parle d'un voyage qu'elle fit en Suisse et

à Chambéry. Elle décrit les porcs genevois et savoyards

comme « étonnamment grands, à longues pattes, tout

noirs, avec les oreilles pendantes ». Il est à croire que ce

type de porcs fut le premier sur toute la terre.

Ce sont les Chinois qui, d'abord, élevèrent cet estimable

animal et le firent rôtir ; c'est de" l'Empire céleste

que ledit se multiplia sur toute la terre. On peut dire

encore aujourd'hui que la race porcine, en n'importe

quel pays, a du sang chinois dans les veines.

L'adaptibilité physique du porc au milieu où il se

trouve est sans égale dans le monde animal. Un biologiste

fàmeux déclarait qu'il se chargeait de former, en

cinquante générations, un porc qui serait plus vite à la

course que n'importe quel lévrier. .

En Nouvelle-Zélande, où les éleveurs visent au poids,

on considère déjà comme très possible d'obtenir un

porc pesant une tonne, et l'on y a déjà vu un porc de

deux ans atteindre plus de 500 kilograrhmes !

L'Union Dinanaise.

ÉDUCATION DE PRINCES!.. DU PÉTROLE

î ES rois du commerce américain élèvent leurs en»

L- 1 fants de manière à leur faire connaître la valeur

de l'argent.

Parlant l'autre jour devant le personnel de la Standard

Oil, à New-Jersey, M. J.-D. Rockefeller junior,

qui, avec son père, se trouve à la tête d'une fortune

évaluée à un milliard de dollars, raconta comment il fit

travailler ses fils au cours de son récent tour d'Europe.

L'aîné, Lawrence, dix-sept ans, était chargé, pendant

toute la durée du voyagé, de contrôler les jiotes et -factures

et d'en assurer l'e payement. En cette qualité de

caissier-comptable du groupe familial, il toucha un

salaire hebdomadaire de cinq dollars.

Winthrop, quinze ans, était préposé aux bagages,

et avait dans ses attributions le choix des appartements

dans les différents hôtels. U toucha de ce chef trois

dollars par semaine.

'Quant ail henjamin 'David, douze ans, il était le

chasseur et garçon de courses de la famille. Pour faire

les commissions, dont ses parents et ses frères aînés

le chargeaient, il touchait deux dollars par semaine.

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