Monde du travail du 06 avril 2009 - Mouvement Action Chômage

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Monde du travail du 06 avril 2009 - Mouvement Action Chômage

Mouvement Action Chômage de Saint-Hyacinthe

Le monde du travail

Édition du 6 avril 2009

L'AUT'JOURNAL, 01 avril 2009 - Deux poids, deux mesures - Le Syndicat de la fonction publique du

Québec (SFPQ) est estomaqué face au double discours du gouvernement de Jean Charest quand il s’agit

des dépenses de l’État. Plusieurs médias révèlent ce matin que la masse salariale du personnel politique a

augmenté de 30 % depuis 6 ans. Entre 2003 et aujourd’hui, les coûts entourant la rémunération des

employés des cabinets ministériels ont fait un bond de 18,9 millions à plus de 26 millions de dollars. Durant

cette même période, les employés de l’État se sont fait imposer leurs conditions de travail dans une loi

spéciale avec, notamment, des hausses de salaire minimes et même des gels pour certaines années. «

Monsieur Charest demande à tout le monde de se serrer la ceinture, mais quand vient le temps de mousser

son discours politique, les goussets de la bourse se délient rapidement », lance Christian Daigle, viceprésident

responsable de la négociation au SFPQ.

Moins d’employés pour les services, plus pour la politique

Le nombre de fonctionnaires dédiés à servir la population diminue avec le non-remplacement de 50 % des

départs à la retraite. Pendant ce temps, le nombre d’employés des cabinets ministériels, selon les médias,

continue à augmenter. Ainsi, l’ajout de 8 nouveaux venus au conseil des ministres a porté à 467 le nombre

de personnes embauchées avec comme objectif de passer le message politique du gouvernement Charest. «

Qu’on ne vienne pas nous dire après ça qu’il faut réduire la taille de l’État en s’attaquant aux services

directs à la population », poursuit Christian Daigle.

Le ton aux négociations

Le SFPQ en profite pour rappeler à l’ordre la présidente du Conseil du trésor, madame Monique Gagnon-

Tremblay, qui affirmait dans les journaux en fin de semaine vouloir un contrôle rigoureux sur les dépenses

en vue de la prochaine ronde de négociation dans le secteur public. « Elle devra regarder dans sa cour en

premier avant de s’assoir et négocier. Madame Gagnon-Tremblay devra aussi justifier à la population et à la

table de négociation, si l’augmentation des coûts de 30 % en 6 ans afin de promouvoir la politique de son

gouvernement c’est une dépense rigoureusement contrôlée », conclut monsieur Daigle. Le Syndicat de la

fonction publique du Québec (SFPQ) est estomaqué face au double discours du gouvernement de Jean

Charest quand il s’agit des dépenses de l’État. Plusieurs médias révèlent ce matin que la masse salariale du

personnel politique a augmenté de 30 % depuis 6 ans. Entre 2003 et aujourd’hui, les coûts entourant la

rémunération des employés des cabinets ministériels ont fait un bond de 18,9 millions à plus de 26 millions

de dollars. Durant cette même période, les employés de l’État se sont fait imposer leurs conditions de travail

dans une loi spéciale avec, notamment, des hausses de salaire minimes et même des gels pour certaines

années. « Monsieur Charest demande à tout le monde de se serrer la ceinture, mais quand vient le temps de

mousser son discours politique, les goussets de la bourse se délient rapidement », lance Christian Daigle,

vice-président responsable de la négociation au SFPQ.

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Moins d’employés pour les services, plus pour la politique

Le nombre de fonctionnaires dédiés à servir la population diminue avec le nonremplacement

de 50 % des départs à la retraite. Pendant ce temps, le nombre d’employés

des cabinets ministériels, selon les médias, continue à augmenter. Ainsi, l’ajout de 8

nouveaux venus au conseil des ministres a porté à 467 le nombre de personnes embauchées

avec comme objectif de passer le message politique du gouvernement Charest. « Qu’on ne

vienne pas nous dire après ça qu’il faut réduire la taille de l’État en s’attaquant aux

services directs à la population », poursuit Christian Daigle.

Le ton aux négociations

Le SFPQ en profite pour rappeler à l’ordre la présidente du Conseil du trésor, madame

Monique Gagnon-Tremblay, qui affirmait dans les journaux en fin de semaine vouloir un

contrôle rigoureux sur les dépenses en vue de la prochaine ronde de négociation dans le

secteur public. « Elle devra regarder dans sa cour en premier avant de s’assoir et négocier.

Madame Gagnon-Tremblay devra aussi justifier à la population et à la table de

négociation, si l’augmentation des coûts de 30 % en 6 ans afin de promouvoir la politique

de son gouvernement c’est une dépense rigoureusement contrôlée », conclut monsieur

Daigle.

Christian Daigle

La Presse Canadienne (Kingsey Falls), 02 avril 2009 - Cascades va fermer son usine

de carton de Québec - Cascades (T.CAS) a annoncé jeudi la fermeture permanente de son

usine de carton Norampac de Québec, une décision qui affectera 145 travailleurs. La

fermeture, qui prendra effet d'ici la fin de l'année, est la conséquence d'une diminution

importante de son volume d'affaires et de facteurs économiques défavorables, a expliqué la

société. Le service des ventes et de distribution y demeurera en fonction, mais la

production sera déplacée vers d'autres usines de Norampac, plus précisément vers celles de

Vaudreuil, Le Gardeur, Victoriaville, Drummondville et Montréal. «Cette décision a été

prise en raison d'une baisse significative de la demande dans le secteur du cartonnage

ondulé et en considérant le nombre élevé d'usines de transformation que possède

Norampac au Québec», a affirmé par voie de communiqué le président et chef de la

direction de Norampac, Marc-André Dépin. M. Dépin a ajouté que le contexte économique

avait contraint son entreprise à procéder à près de 1000 mises à pied temporaires ou

permanentes au cours de la dernière année. Il a assuré que Norampac prenait «toutes les

mesures nécessaires pour assurer sa pérennité». Cascades fabrique, convertit et

commercialise des produits d'emballage et de papiers tissu composés principalement de

fibres recyclées. L'entreprise emploie 13 000 personnes dans ses usines en Amérique du

Nord et en Europe. Norampac, une division de Cascades, est le plus important producteur

de cartons-caisses au Canada et possède une main-d'oeuvre de 5000 personnes. Les actions

de Cascades ont clôturé jeudi à 2,39 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de 8 cents, soit

3,5 pour cent.

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 2


LA PRESSE CANADIENNE (QUEBEC) 02 avril 2009 - Les travailleurs mis à pied de

Bombardier seront soutenus, promet Charest - Le gouvernement du Québec fera sa part pour

venir en aide aux quelque 1000 travailleurs de Bombardier mis à pied dans la région montréalaise, a

indiqué le premier ministre Jean Charest, jeudi. Comme l'ensemble des travailleurs licenciés à

travers le Québec, ceux de Bombardier pourront bénéficier des mesures prévues au Pacte de

l'emploi et celles découlant des changements apportés au programme d'assurance-emploi. Ainsi, au

terme de la période régulière couverte par l'assurance-emploi, les travailleurs en chômage

profiteront de prestations équivalentes tant qu'ils demeureront inscrits à un programme de

formation. De cette façon, Québec pourra "continuer à donner des prestations à des travailleurs qui

sont en formation, même si la période de prestations prévue par la loi a expiré", a expliqué le

premier ministre, au cours de la période de questions à l'Assemblée nationale. Malgré des profits

annuels dépassant le milliard de dollars US, le constructeur Bombardier a annoncé la mise à pied de

3000 employés à sa division Aéronautique, dont 1030 dans la région de Montréal et 475 à Toronto.

Pour justifier ces licenciements massifs, le géant québécois a invoqué la rapide détérioration du

marché aéronautique depuis la fin de l'automne. Dans un secteur aussi spécialisé que celui des

aéronefs, il est primordial que les travailleurs suivent une formation continue afin d'être prêts à

reprendre du service lors de la reprise, a fait valoir le premier ministre. "Notre objectif, c'est de tout

mettre en oeuvre pour que ces travailleurs puissent rester en formation, surtout dans un secteur

pointu comme l'aéronautique, pour qu'au moment où il y a une reprise, qu'ils puissent être

disponibles, formés et prêts", a dit M. Charest. Le premier ministre a par la suite tenté de rassurer

les travailleurs qui craignent de perdre leur emploi dans les prochains mois chez Bombardier. Tout

n'est pas si sombre dans le ciel de l'avionnerie, a déclaré M. Charest, faisant allusion à l'annonce,

mardi, d'un investissement de 700 millions $ par la firme CAE, qui va permettre de créer ou de

soutenir 1000 emplois. Quant à Bombardier, "avec le projet de la série C, ils pensent pouvoir

commencer à la mettre en place en 2009, donc ils seront en position d'engager", a prédit le premier

ministre. Reste que l'heure est à la morosité chez les salariés de Bombardier. Les 1000

licenciements que vient d'annoncer l'avionneur québécois s'ajoutent aux 700 qui avaient été décrétés

en février.

Rue Frontenac, 02 avril 2009 - Scabs au Journal de Montréal: le STIJM dépose une plainte -

Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM) vient de déposer une

plainte contre Quebecor, l'accusant d'avoir recours à des briseurs de grève pour remplir les pages de

son quotidien de la rue Frontenac, dont les employés sont en lock-out depuis deux mois. Le

président du STIJM, Raynald Leblanc, accompagné de la présidente de la Fédération nationale des

communciations, Chantal Larouche, et de l'avocat de la CSN, Guy Martin. Parmi les collaborateurs

du Journal de Montréal nommés dans la plainte (PDF), le chroniqueur et ancien ministre du Parti

québécois Joseph Facal, dont le nombre de chroniques publiées aurait doublé depuis le début du

conflit. Une de ses chroniques bi-hebdomadaires occuperait un espace jadis réservé à un syndiqué.

Joint mardi par RueFrontenac.com, il a déclaré vouloir prendre compte de la plainte avant de la

commenter. «Mais ce qu'on m'a dit est que l'espace de plus que j'occupais était celui d'un nonsyndiqué,

soit Benoît Aubin.» Le caricaturiste Yannick Lemay, alias YGreck, dont les caricatures

n'étaient publiées que dans Le Journal de Québec jusqu'à récemment, est maintenant visible

plusieurs fois par semaine dans les pages du quotidien montréalais à la place de Marc Beaudet, sur

le trottoir.

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 3


Caricatures

YGreck a nié être un briseur de grève et effectuer le travail d'un syndiqué. «Je suis un travailleur

autonome qui fait le même travail depuis 10 ans», a-t-il dit avant d'admettre que ses caricatures

n'avaient jamais été publiées à une telle fréquence dans le JdeM auparavant. Une employée de Sun

Media basée à New York, Marie-Joëlle Parent, qui a démissionné de son poste de journaliste

culturelle au Journal de Montréal en décembre 2008, aurait aussi été employée illégalement par

Quebecor afin de couvrir la cérémonie des Oscars, en février. L'événement est habituellement

couvert par un journaliste syndiqué. Le conférencier et motivateur Guy Bourgeois et le photographe

retraité du Journal de Montréal Pierre-Yvon Pelletier sont aussi au nombre des présumés briseurs de

grève. Sans compter l'utilisation par Pierre Karl Péladeau de nombreux textes de la nouvelle agence

QMI, fondée le 6 janvier 2009, soit deux semaines et demie avant le déclenchement du lock-out, et

qui ne figure pas sur la liste des agences permises par la convention collective. QMI regroupe les

textes de toutes les tentacules de Quebecor Media, par exemple le quotidien gratuit 24 Heures ou le

magazine 7 Jours.

Québec s'étire

Enfin, des textes du Journal de Québec traitant d'événements survenus en dehors du territoire prévu

par la convention collective — un territoire bien précis et qui n'englobe pas la grande région de

Montréal — sont régulièrement publiés dans le JdeM. «Des gens font notre job et ça a pour effet

d'allonger le conflit. Ils ne peuvent pas faire un journal d'une telle envergure avec 25 cadres, mais

c'est pourtant ce que prévoit la loi, dit le président du STIJM, Raynald Leblanc. Cette plainte a pour

but de nous permettre de régler la situation à une table de négociation, pas dans la rue et pas dans

une cour de justice.» Des plaintes semblables devraient être déposées au cours des prochains mois,

notamment concernant l'embauche, la semaine dernière, du chroniqueur télé et ancien président de

Radio-Canada Guy Fournier. «Son cas fait l'objet d'une étude exhaustive», assure Raynald Leblanc.

En attendant, le syndicat demande à la Commission des relations de travail de limiter la

collaboration de certains collaborateurs externes nommés plus haut et de cesser toute utilisation de

textes provenant de l'agence QMI ou d'autres publications de Quebecor.

La journaliste Marie-Joëlle Parent n'a pas rappelé RueFrontenac.com.

EN BEAUCE.com, 02 Avril 2009 - Encore une baisse d’emploi en 2008 en Beauce-Sartigan -

La crise financière transformée en l’une des plus grandes crises économiques de l’histoire de

l’humanité affecte aussi la Beauce-Sartigan. Le Conseil économique de Beauce rapporte une autre

baisse de près de 656 emplois industriels. Le nombre d’emplois n’a pas été aussi bas depuis 1995.

Le directeur général et commissaire industriel du CEB, Claude Morin a dressé le rapport annuel

lors de la dernière assemblée générale annuelle du 1er avril dernier à l’Auberge Bénédict Arnold. «

La situation de l’emploi connaît cette année une chute importante. Ce sont 656 emplois perdus, soit

7,3 %, par rapport à la même date l’an dernier. Triste constat, car nous sommes à 2546 emplois de

type industriel en moins à l’intérieur dernière année portant le total à plus de 2546 emplois en

moins à l’intérieur de la MRC, et ce, dans une période de neuf ans », indique Claude Morin. Ce sont

les résultats du sondage réalisé auprès de 239 industriels de la région par le Conseil économique de

Beauce. Pour ce qui est de la valeur des livraisons, elle a chuté légèrement, se portant à 1 548

500 000 $ soit une baisse de 58 millions $. Cette diminution de 3,6 % est presque totalement

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 4


attribuable à la baisse des exportations en 2008. $. Elles ont atteint 892 M$, soit 54 millions $ de

moins que l’année précédente. « Il s’agit d’une baisse de 6 %. Nous sommes à 165 M$ du plus haut

sommet atteint en 2000 », souligne Claude Morin en guise de comparaison. Les secteurs les plus

touchés sont le bois de sciage, bois de constructions et bois ouvré, produits métalliques et

équipement textile et vêtements et les produits de caoutchouc et plastique. La valeur des

investissements a même augmenté dans la dernière année se portant à 41,8 M$. Du côté des

investissements en terme de bâtisses et d’équipements, l’on enregistre une légère hausse de 500 000

$. Quoique cette hausse ne soit pas significative, elle n’en demeure pas moins intéressante. Malgré

le contexte économique, nos industriels sont conscients de toute l’importance de rester à la fine

pointe de la technologie pour être prêts pour la relance économique », a commenté M. Morin.

Cependant, fait à souligner que le CEB avait prédit ce montant l’année dernière grâce au sondage

réalisé auprès des industriels. L’année 2009 sera loin d’être à ce niveau souligne Claude Morin. Il

s’attend à une baisse dramatique des investissements à 25 M$. De 1994 à 1998, les investissements

ont toujours été au-delà de 40 M$ atteignant un sommet en 2000 avec 73 549 000 $. Cependant,

pour l’année 2008, les deux commissaires industriels n’ont pas chômé avec 32 dossiers

d’investissements totalisant près de 66,6 M$. Mais M. Morin a souligné que le contexte

économique a fait achopper la moitié de ces dossiers. « Somme toute, l’année 2008, outre les pertes

d’emplois, se conclut sur une note moins drastique qu’anticipée. Atteindre le statu quo en 2009 au

niveau des données statistiques présentées, exception faite des emplois, serait déjà une grande

réussite », estime le commissaire industriel. M. Morin soutient que la situation de la MRC est

enviable en comparaison à d’autres MRC. Les entrepreneurs doivent faire face à d’énormes défis

depuis maintenant trois ans : les fluctuations de notre devise, la variation des coûts de l’essence : la

poursuite de l’arrivée importante des dernières années, les impacts des iniquités fiscales entre les

régions, le manque de main-d’œuvre. « Plus récemment, la perte subite d’importants clients que

l’on croyait à l’abri des aléas de l’économie », note M. Morin.

Rue Frontenac, 01 avril 2009 - Les employés de TVA dans la rue avec les lock-outés du

Journal - En pleine journée de travail, les employés de TVA sont sortis dans la rue, mercredi, pour

manifester aux côtés de leurs confrères lock-outés du Journal de Montréal et dénoncer l'utilisation

présumée de scabs par Quebecor. Les employés de TVA ont donné leur appui aux lock-outés du

Journal de Montréal. Rappelons que le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de

Montréal a déposé mardi une plainte contre Quebecor, l'accusant d'avoir recours à des briseurs de

grève pour remplir les pages de son quotidien de la rue Frontenac. L'entreprise, qui possède aussi la

chaîne TVA, a mis les employés du Journal en lock-out il y a deux mois et utilise maintenant les

textes de ses autres plateformes pour remplir ses pages. Le Syndicat des employé-es de TVA

déplore que certains employés de l'empire deviennent ainsi des briseurs de grève malgré eux.

«Quebecor a inventé une nouvelle sorte de scabs. Ce sont des scabs qui le deviennent sans leur

consentement», a lancé à la foule le président par intérim du syndicat de TVA, Réjean Beaudet. «Ça

doit être dénoncé, dit-il. J'espère que les autorités prendront les bonnes décisions et que la

population fera pression sur l'entreprise pour que ça cesse.» M. Beaudet a ajouté que le syndicat de

TVA avait demandé à ses membres de ne pas écrire directement pour Le Journal de Montréal si

possible, de se désabonner, de cesser de le lire et de ne plus l'utiliser. Comme les autres lock-outés

du Journal de Montréal, Isabelle Gauthier a fait sentir sa présence devant TVA.

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 5


Solidarité

Il a aussi assuré que les employés de TVA seraient aux côtés de leurs confrères du Journal tout au

long du conflit. «On est prêts à vous accueillir encore n'importe quand, et si vous faites quelque

chose ailleurs... dites-nous-le!» a-t-il lancé aux manifestants attroupés devant les bureaux de la

chaîne de télévision. Président du STIJM, Raynald Leblanc a tenu à souligner le caractère illégal de

l'utilisation de scabs par une entreprise. Selon lui, une telle infraction devrait faire réagir tous les

employés de Quebecor. «Ils ont le droit de dire à leur boss qu'ils ne veulent pas être associés à une

entreprise qui se sert de leur travail pour faire un geste illégal.»

Vincent Larouche

CSQ (Saguenay), le 01er avril 2009 - Lock-out aux Éditions du Réveil: Le président de la CSQ

rencontre les travailleuses et les travailleurs - De passage dans la région du Saguenay, le

président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, profitera de l’occasion

pour aller rencontrer demain matin, à compter de 8 h, les travailleuses et les travailleurs des

Éditions du Réveil, en lock-out depuis le 4 mars dernier, et la présidente du syndicat, Mme

Dominique Savard. Par ce geste, le président de la CSQ tient à exprimer son soutien, ainsi que celui

des membres de la Centrale, aux employés du Réveil. M. Parent sera accompagné de la porte-parole

régionale du Syndicat des intervenantes et des intervenants de la santé du Nord-Est québécois et

porte-parole régionale de la CSQ, Mme Nathalie Savard. Il faut rappeler que, la semaine dernière,

les présidentes et les présidents des syndicats CSQ au Saguenay ont officiellement accordé leur

appui aux travailleuses et aux travailleurs des Éditions du Réveil en demandant à leurs 4 000

membres de boycotter le journal, actuellement produit à l’extérieur de la région. Ils ont également

écrit au président et chef de la direction de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, afin de lui demander de

mettre fin au conflit, de renoncer à imposer de nouvelles coupures au Réveil pour plutôt investir

afin de créer de nouveaux emplois et assurer l’avenir du journal. M. Parent sera donc demain matin,

à compter de 8 h, devant les bureaux du Réveil situés sur le boulevard St-François à Jonquière.

Profil de la CSQ

La CSQ représente près de 170 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. Elle est

l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente

dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs,

de la culture, du communautaire et des communications.

La Presse, 01 avril 2009 - Les superinfirmières ont été abandonnées - L'Ordre des

infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) presse le gouvernement d'accélérer la mise en

place d'infirmières praticiennes spécialisées dans le réseau de la santé. Alors que la loi

permet depuis sept ans l'embauche de superinfirmières, seulement 37 des 70 000 infirmières

québécoises sont aujourd'hui spécialisées. «C'en est gênant! commente la présidente de

l'OIIQ, Gyslaine Desrosiers. Je ne veux pas que le projet d'infirmières praticiennes

spécialisées meure dans l'oeuf.» Après avoir suivi une formation universitaire équivalant à

une maîtrise allongée, les superinfirmières peuvent entre autres prescrire des médicaments et

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 6


poser des diagnostics simples. «Elles devaient aider à régler les problèmes d'accès aux soins

de première ligne au Québec», rappelle Mme Desrosiers. Mais seulement deux

superinfirmières travaillent en soins de première ligne. Les 35 autres oeuvrent en

néphrologie, en néonatalogie et en cardiologie. Pourquoi si peu d'infirmières se sont-elles

spécialisées? «C'est que le ministère de la Santé n'annonce pas ses besoins, affirme Mme

Desrosiers. Aucun plan d'effectifs n'a été dressé. Personne ne veut s'engager dans une

formation poussée sans savoir si elle aura un travail au bout du compte.» Le cabinet du

ministre de la Santé, Yves Bolduc, réplique que les agences de santé du Québec ont

récemment été invitées à déterminer leurs besoins en superinfirmières. Par exemple,

Montréal a demandé huit infirmières praticiennes spécialisées. La Mauricie en a réclamé 12

et le Saguenay aucune. Au total, les besoins sont estimés à 114 superinfirmières. «Ça

correspond aux besoins des agences», dit l'attachée de presse du ministre Bolduc, Marie-Ève

Bédard. «Quand on sait que 1,5 million de Québécois n'ont pas accès à des médecins de

famille, ça m'étonnerait que la province n'ait pas besoin de plus d'infirmières praticiennes

que ça», commente Mme Desrosiers. Selon elle, les agences ont limité leur demande en

superinfirmières car elles craignaient de manquer d'argent. Une superinfirmière gagne entre

47 000$ et 86 000$ par année. Mme Desrosiers estime que le gouvernement devrait accorder

des budgets afin de favoriser l'embauche de superinfirmières. «Tu ne peux pas introduire un

nouveau joueur dans le système de santé sans mettre l'énergie et l'argent», dit-elle. Pendant

que les superinfirmières s'installent timidement au Québec, l'Ontario en compte déjà plus de

800. «Les preuves voulant que ces infirmières facilitent l'accès aux soins ont été faites, dit

Mme Desrosiers. Le gouvernement (du Québec) doit dire si les infirmières praticiennes sont

dans ses plans, oui ou non.» «Le ministre est favorable aux infirmières praticiennes. La

preuve, il a récemment annoncé qu'il en autorisera en prévention des infections et en santé

mentale. Il faut donner le temps à l'intégration de ces nouvelles infirmières», dit Mme

Bédard.

Ariane Lacoursière

Le Soleil de Châteauguay, 01 avril 2009 - La crise fait travailler le cordonnier - Les

économistes calculent à l'aide d'indices complexes toutes sortes de données afin de savoir si nous

sommes ou non en récession. Se pourrait-il qu'ils négligent de vérifier si les gens font davantage

réparer leurs souliers qu'avant ? Après tout, n'est-il pas de tradition au Canada et au Québec que le

ministre des Finances change de souliers le jour de la divulgation d'un budget ? Cordonnière depuis

plusieurs années, Suzy Ghazarian s'occupe avec son fils Éric de la boutique de cordonnerie

Lafayette au Centre régional Châteauguay. « Nous sommes ici depuis cinq ans mais nous avons une

autre boutique à Longueuil depuis dix-huit ans », indique l'artisane. Depuis quelques mois, Mme

Ghazarian et son fils réparent autant de souliers haut de gamme que de souliers de moins bonne

qualité. « Les gens font maintenant réparer des paires de souliers qu'ils ont payés trente dollars »,

indique la cordonnière qui précise que les souliers des dames s'usent plus rapidement que les

souliers d'homme. « C'est souvent à cause du talon qui est plus petit. Comme il porte tout le poids

du corps, il s'use plus vite. » Changer les pointes des talons des chaussures de dame coûte souvent

moins de 10 $. Si tout se répare, Mme Ghazarian précise quand même que le cuir de bonne qualité

se travaille toujours mieux que les cuirs bas de gamme ou les similis cuirs.

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 7


Les jeunes moins touchés ?

Selon la cordonnière, les jeunes ont davantage le réflexe de jeter souliers, sacoches et ceintures qui

sont brisés plutôt que de les faire réparer. Cela signifie-t-il pour autant qu'ils sont épargnés par la

crise ? Mme Ghazarian parle plutôt d'habitudes de consommation. « Les personnes un peu plus

âgées vont souvent y penser deux fois avant de jeter une paire de souliers. » Employée à la boutique

Lafayette, Marylise Ouellette, 19 ans, est un bel exemple de cette génération. « Avant de travailler

ici, si le talon ou la semelle d'un soulier se détachait, je jetais tout simplement le tout aux poubelles.

Mais aujourd'hui, je sais que beaucoup de choses se réparent à bien moindre coût. » Bonne pour les

affaires la crise pour les cordonniers ? Mme Ghazarian sourit : « On peut dire que les choses vont

assez bien. »

Granby.enrégion.ca, 31 mars 2009 - Les retards administratifs affligent les chômeurs de la

région - Les travailleurs de la Haute-Yamaska en attente d'un chèque d'assurance-emploi doivent

s'armer de patience. Les nombreuses pertes d'emploi au Québec et ailleurs au Canada ont pris par

surprise les fonctionnaires de Ressources Humaines Canada. Résultat: des délais administratifs

interminables pour un premier versement.

Selon Statistique Canada, le pays comptait plus de 560 000 prestataires, dont près de 176 000 au

Québec en janvier, soit une hausse de 21 % comparativement à janvier 2008.

Cette recrudescence du chômage au pays apporte son lot de frustrations en raison des retards dans

le traitement des demandes. D'ex-travailleurs de la région ont reçu leur premier versement après une

quarantaine de jours d'attente. Un scénario similaire pour plusieurs bénéficiaires de l'assuranceemploi.

«C'est national. Il y a des retards dans l'émission des chèques. En Haute-Yamaska, certains

travailleurs ont attendu de 35 à 45 jours en plus du délai de deux semaines avant de recevoir un

premier montant. J'espère que les travailleurs concernés ont un bon banquier, car il va y avoir des

retards dans le paiement de l'hypothèque, des cartes de crédit et du loyer», illustre le coordonnateur

du Mouvement Action Chômage de Saint-Hyacinthe, Yvan Boulay.

Depuis l'automne dernier, l'organisme de défense des droits des travailleurs, qui dessert la Haute-

Yamaska, ne cesse de répondre aux questions des citoyens concernés pour des cas de retard de

paiement. «Le téléphone ne dérougit pas. Il y a beaucoup plus d'appels qu'à l'habitude. La détresse

des gens, on la voit au quotidien», indique M. Boulay.

Embauche de fonctionnaires

En réaction au retard de paiement, le gouvernement Harper a injecté 60M $ pour l'embauche de

fonctionnaires supplémentaires. Une mesure tardive au goût du coordonnateur du Mouvement

Action Chômage de Saint-Hyacinthe. «La situation était prévisible depuis au moins six mois. Les

surplus accumulés à l'assurance-emploi sont de 54G $. Les argents pour former le personnel étaient

là bien avant le début de la crise». Yvan Boulay ne croit pas que l'arrivée subite de nouveaux

fonctionnaires va relancer immédiatement le processus de traitement à Ressources Humaines

Canada. «C'est bien beau embaucher des agents, mais il faut les former».

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 8


La réorganisation à Ressources Humaines Canada force actuellement les chômeurs à patienter plus

longtemps qu'à l'accoutumée. Une situation dénoncée par le député bloquiste Robert Vincent. «C'est

épouvantable et ce n'est pas la première fois que l'on en parle. Il y a eu plusieurs départs à la retraite

de fonctionnaires, mais on ne remplaçait personne. Il était temps que le gouvernement Harper se

réveille».

La Presse (Québec), 31 mars 2009 - Québec avance 300 millions pour sauver les prestations

parentales - Le régime d'assurance parentale s'enfonce tellement dans le rouge que le

gouvernement Charest doit intervenir pour éviter que des parents ne soient privés de prestations.

Lors de sa réunion du 18 mars, le conseil des ministres a autorisé le versement d'urgence de 300

millions de dollars afin de maintenir à flot ce régime créé en 2006, a appris La Presse. Le

gouvernement se retrouve donc aujourd'hui à payer lui-même des prestations d'un régime

d'assurance, ce qui va à l'encontre de tous ses principes. Pour la troisième année consécutive,

Québec augmentera les cotisations payées par les travailleurs et les employeurs. La hausse serait

d'environ 8% et entrerait en vigueur le 1er janvier prochain. La bouée de 300 millions est tout à fait

exceptionnelle puisqu'en vertu de la loi, l'assurance parentale doit être autosuffisante. Cette aide

provenant du ministère des Finances commencera à être utilisée sous peu tant la situation est

critique. Le déficit du régime, qui frôlerait les 200 millions à la fin de l'année, était en voie de

menacer les prestations. «Le gouvernement va avancer de l'argent, ce qu'ils ont besoin pour opérer,

en attendant d'équilibrer le régime», a affirmé à La Presse, hier, le ministre de l'Emploi et de la

Solidarité sociale, Sam Hamad. Le gouvernement Charest pile ainsi sur ses principes. Depuis la

création du régime, il a toujours refusé de puiser dans ses coffres pour financer les congés

parentaux. «Le régime doit s'autofinancer. C'est un programme d'assurance», martelaient l'ancien

ministre des Finances Michel Audet et Michelle Courchesne lorsqu'elle était titulaire de l'Emploi.

Ils répondaient par la même formule lorsque les syndicats et le patronat réclamaient une

contribution du gouvernement devant l'explosion des coûts du régime. Devant un manque de

liquidités, le conseil de gestion de l'assurance parentale était en voie d'emprunter de l'argent à 4%

d'intérêts afin de préserver le versement des prestations. Le gouvernement a plutôt décidé de lui

prêter 300 millions de dollars à un taux dérisoire de 0,7%. Malgré des hausses de cotisations de

15% en deux ans - dont l'une de 7,5% entrée en vigueur le 1er janvier -, le régime d'assurance

parentale enregistrerait un déficit de 195 millions à la fin de l'année, révèle un rapport actuariel

déposé à l'Assemblée nationale la semaine dernière. Les cotisations payées par les employeurs et les

travailleurs (1,515 milliards) seraient toujours inférieures aux prestations versées (1,590 milliards).

Si rien n'est fait, le déficit cumulé du régime atteindrait 841 millions en 2012, selon le rapport signé

par l'actuaire en chef du conseil de gestion de l'assurance parentale, Frédéric Allard. «On n'a pas le

choix d'augmenter (les cotisations), a affirmé Sam Hamad. De combien? C'est ça qu'il faut voir.

Mais on ne fera pas de choc tarifaire. La décision va tenir compte de la capacité des citoyens, du

contexte économique et de la pérennité du régime.» Selon Sam Hamad, la hausse de 7,5% décrétée

en début d'année «n'est pas majeure; sur la paie, ça ne paraît même pas». Une majoration de 7,5%

rapporte environ 110 millions de dollars. Pour un travailleur qui gagne 40 000$, cette hausse

représente un débours supplémentaire de 13,60$ par année. Pour réduire l'ampleur du déficit de

l'assurance parentale, le gouvernement Charest reportera le paiement d'une facture de 346,6

millions provenant d'Ottawa. Il avait contracté cette dette au moment de l'implantation du régime.

Comme la somme devait être remboursée sur une période de cinq ans, Québec économisera 69,3

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 9


millions cette année, ce qui réduira d'autant le déficit du régime en 2009. De son côté, Ottawa devra

attendre avant de revoir la couleur de son argent. En 2006, le gouvernement Charest prévoyait que

le régime coûterait 1 milliard par année. La facture dépasse 1,5 milliard aujourd'hui. Québec

s'attendait à 75 000 naissances en 2006. Il y en a eu 82 500, puis encore davantage les années

suivantes, toujours un nombre supérieur aux prévisions, a fait remarquer Sam Hamad. Québec

n'avait pas vu venir le mini baby-boom. Il avait également sous-estimé le nombre de pères qui

allaient recourir au régime et prendre un congé de paternité.

Tommy Chouinard

La Tribune (MAGOG), 31 mars 2009 - 210 mises à pied chez Gurit à Magog - La compagnie

Gurit, qui fabrique une mousse utilisée par l'industrie éolienne, a annoncé la mise à pied temporaire

de 210 personnes oeuvrant à l'intérieur de sa plus ancienne usine à Magog. Selon les informations

obtenues, une centaine de travailleurs seront de retour au boulot en mai prochain et le reste des

employés touchés par ces mises à pied recommenceront à travailler en juin. Il a cependant été

impossible d'en avoir la confirmation par la direction de l'entreprise. «Ç'a été la surprise pour tout le

monde à l'intérieur de l'usine. On ne s'attendait pas à ce qu'autant de travailleurs soient retournés

chez eux», a commenté une employée. «C'est le contexte économique qui est responsable de ce qui

arrive chez nous comme ailleurs. Si ça dure encore deux ans, il va falloir s'y faire. Disons qu'on sent

une certaine inquiétude chez les employés», a déclaré un autre membre du personnel toujours au

travail. Les perspectives d'avenir pour Gurit, un des plus importants employeurs de Magog,

continuent cependant d'être bonnes, considérant qu'elle fournit des entreprises du secteur éolien, qui

est appelé à poursuivre sa croissance ces prochaines années. La Tribune a tenté, mais en vain, de

contacter la direction de Gurit au cours de la journée de lundi. Ces derniers mois, la compagnie

avait déjà annoncé une première série de mises à pied à Magog.

Jean-François Gagnon

CNW Telbec (MONTREAL), 30 mars 2009 - Semaine québécoise des adultes en formation -

Apprendre en travaillant, ça vaut le coup! - L'Institut de coopération pour l'éducation des adultes

(ICEA) a présenté, vendredi dernier, lors d'un déjeuner-causerie, la programmation officielle des

activités de la 7e édition de la Semaine québécoise des adultes en formation qui se poursuit jusqu'au

3 avril. L'événement, ayant pour thème la formation en milieu de travail, était animé par le porteparole

de la Semaine, Jici Lauzon. Le déjeuner-causerie s'est déroulé en présence de plus d'une

centaine de partenaires sociaux et économiques interpellés par la formation de la main-d'oeuvre et

la formation continue des adultes. Les organisateurs de cette semaine thématique ont abordé le rôle

essentiel de la formation en milieu de travail en présence de la conférencière invitée, Mme

Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du

Québec (FCCQ), de M. Jean-Luc Trahan, président de la Commission des partenaires du marché du

travail (CPMT) et de Mme Dominique Savoie, sous-ministre associée, responsable d'Emploi-

Québec.

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 10


La formation des adultes: Plus que nécessaire dans le contexte

La nécessité pour le Québec d'en faire plus pour promouvoir la formation en entreprise a été

évoquée par Mme Françoise Bertrand : "Plusieurs éléments d'analyse m'amènent à penser que

nous avançons certes, mais avec une indiscutable lenteur par rapport à d'autres pays ou d'autres

régions. Nous faisons un peu de sur-place accusant même un certain retard". Selon elle,

l'investissement des entreprises en formation qui tourne autour de 1,5 milliard de dollars par

année, n'a pas évolué significativement depuis une dizaine d'années. "Ces ressources

financières sont essentiellement consacrées à la formation d'appoint qui conduit rarement à

l'obtention d'un diplôme ou d'une certification officielle", explique Mme Bertrand. "Nos

entreprises ont bénéficié d'une contribution exceptionnelle de l'Etat québécois. Elles ont été en

mesure d'aller "récolter", à la porte des centres de formation professionnelle, des cégeps et des

universités, les jeunes talents bien formés... dans notre contexte démographique, cette source

de "jeunes brillants" ne se tarira pas, mais elle ne suffira plus à répondre aux besoins

d'innovation des entreprises", explique Françoise Bertrand. Les employeurs vont devoir

former, perfectionner et recycler la main-d'oeuvre à leur emploi parce qu'ils ne trouveront pas

ailleurs que chez eux les employés qui ont le potentiel pour acquérir les compétences

souhaitées. Ca va devenir une question de survie", a tenu à souligner la conférencière

invitée. Nommé récemment à tête de la Commission des partenaires du marché du travail

(CPMT), Jean-Luc Trahan a rappelé le rôle essentiel de cette organisation, mais a admis

qu'elle gagne à être davantage connue : "Le rôle de la Commission des partenaires du marché

du travail, son engagement envers la formation continue et la qualification de la maind'oeuvre,

les outils et moyens dont elle dispose pour les soutenir, ne sont pas encore

suffisamment connus des entreprises. C'est pourquoi, je vais m'employer au cours de mon

mandat à mieux les faire connaître, avec comme but sous-jacent de renforcer la culture de la

formation continue dans les milieux de travail afin qu'elle soit vue comme un investissement

rentable et une force dynamique de développement économique, professionnel et personnel",

a déclaré M. Jean-Luc Trahan. Rappelant que dans son discours inaugural à l'Assemblée

Nationale (10 mars 2009), le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, a déclaré que

l'emploi et le maintien en emploi représentaient la première priorité de son gouvernement,

Mme Chantal Dubeau, présidente du comité de coordination de la Semaine, s'est réjouie de

constater qu'en contexte de crise de l'emploi, "La stratégie gouvernementale s'appuie sur la

formation et sert de levier à l'ensemble des actions de valorisation de la formation tout au

long de la vie, dit-elle. Je crois que c'est par une panoplie de mesures, dont celle de notre

Semaine québécoise, ou encore par des actions qui nous permettent de lever les obstacles

institutionnels ou personnels rencontrés avant ou pendant la formation, que nous pouvons

implanter solidement une culture de formation continue des adultes au Québec - un objectif

fondamental du travail que nous accomplissons."

Encourager le goût d'apprendre

Résultat d'un partenariat entre la société civile et le gouvernement, la Semaine québécoise des adultes

en formation rayonne partout au Québec depuis 2002. Elle est un puissant moteur pour valoriser les

adultes en cheminement de formation et permet, par l'exemple, d'encourager d'autres adultes à vivre

l'expérience. Annuellement, plus de 500 activités d'animation et de promotion sont organisées dans les

17 régions du Québec. Elles mettent à contribution des milliers d'adultes, mais également les milieux

où se vit l'éducation et la formation continue, notamment dans le réseau scolaire, dans les

organisations vouées à la promotion de l'éducation des adultes, dans les organismes communautaires,

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 11


populaires et socioéconomiques, ou encore, dans les syndicats, les entreprises et les

institutions publiques et parapubliques. La Semaine québécoise des adultes en formation se

déploie du 28 mars au 3 avril 2009. La programmation 2009 peut être consultée sur le site

de la Semaine : www.semaine.icea.qc.ca. L'ICEA coordonne la Semaine québécoise des

adultes en formation grâce au soutien financier du gouvernement du Québec.

Pour en savoir plus sur l'ICEA et sa mission, consultez le site : www.icea.qc.ca

La Presse Canadienne (Montréal), 30 mars 2009 - Un nouveau contrat de travail

jusqu'en 2013 chez Vidéotron - Syndiqués et patrons de Vidéotron ont conclu une paix

industrielle jusqu'en 2013. Par voie de communiqué, le syndicat SCFP (FTQ) annonce que

les quelque 2800 membres ont entériné à 95% l'entente de principe conclue par leur comité

de négociation.Le contrat de travail, d'une durée de cinq ans, prévoit des hausses salariales

de 3% par année. Avec cette convention, des centaines d'emplois syndiqués verront bientôt

le jour, notamment au nouveau centre d'appels de Joliette. Les salariés ont également

obtenu le comblement de plusieurs postes, l'établissement de planchers d'emploi et le

rapatriement de tâches qui étaient confiées en sous-traitance. En contrepartie, le syndicat

rapporte que l'employeur bénéficiera d'une flexibilité accrue pour la modernisation de son

réseau et le déploiement de son réseau sans-fil 3G. Les syndiqués de Vidéotron, une filiale

de Quebecor Média, ont par ailleurs négocié un projet de télétravail et la possibilité pour

les employés de 55 ans et plus de modifier leur temps de travail en réduisant leurs heures

ou leur journée de travail. Le nouveau contrat a été officialisé lundi matin lors d'une

rencontre entre le président de la FTQ, Michel Arsenault, le directeur québécois du SCFP,

Michel Poirier, la présidente du SCFP-Québec, Lucie Levasseur, le président et chef de la

direction de Quebecor (T.QBR.B), Pierre Karl Péladeau, ainsi que le président et chef de la

direction de Vidéotron, Robert Dépatie.

Rue Frontenac, 29 mars 2009 - Une douche froide pour les agents de sécurité du Casino - En

lock-out depuis 7 mois, les 193 agents de sécurité du Casino de Montréal ont accueilli comme une

douche froide la décision de leurs patrons d'investir 305 M$ dans la rénovation de leur lieu de

travail. «Ils annoncent un paquet d'argent pour rénover le casino et ils nous laissent dehors pour une

question d'horaire qui ne leur coûterait pas un sou. C'est dur à prendre», laisse tomber, sur un ton

découragé, le président du Syndicat des employées et employés de la Société des casinos du

Québec (CSN), Rick Scopelleti. Un casino revampé et des employés sur le trottoir: une situation

injuste, selon le syndicat. Photo d’archives Jean-Luc Barmaverain En plus de trouver la situation

injuste, le représentant syndical voit d'un mauvais oeil certains aspects du projet de Loto-Québec

pour revamper son vétuste casino. «Ça va peut-être créer 3000 jobs pendant les travaux et c'est tant

mieux. Mais nous avons peur que les travaux, une fois complétés, servent aussi à réduire les

effectifs car il y aura moins d'entrées et moins d'aires de jeu à patrouiller», s'inquiète M. Scopelleti.

Il soutient que le seul élément encore en litige à la table de négociation est la question des

horaires de travail. «On a réglé le monétaire, le fonds de pension et les assurances. Il ne

reste que les horaires. Peut-on régler ça au plus vite? C'est le seul point en litige. C'est la

Le monde du travail - Édition du 06/04/2009 12


aison pour laquelle la frustration est énorme chez mes gars.» Loto-Québec veut faire

passer les quarts de travail de 12 heures par jour sur trois jours (le casino est ouvert 24

heures sur 24) à 9 heures par jour sur 4 jours. Les agents de sécurité affirment que ces

horaires fonctionnent bien depuis neuf ans et ils veulent le statu quo. Le salaire moyen

d'un agent de sécurité oscille entre 42 000 et 44 000$ par an. «Nous ne voyons pas la

lumière au bout du tunnel. Il n'y a même pas de rencontre entre les parties. (…) Nous nous

endettons insidieusement... Je repousse sans cesse le moment où je devrai sabrer

drastiquement. Je ne peux pas croire, après avoir travaillé des années à obtenir de petits

luxes, que nous allons retourner à l'époque des prêts étudiants», témoigne Lyne, la femme

d'un employé en lock-out dans une lettre adressée à RueFrontenac.com. «Nous ne sommes

pas riches mais nous avons réussi, en gérant l'argent intelligemment, à nous donner une

qualité de vie, ajoute-t-elle. Ce conflit qui s'éternise nous tire en arrière et je trouve cela

bien triste. J'essaie de me consoler en me disant qu'il y a des gens qui vivent des drames

bien pires que le nôtre et que nous avons l'essentiel. Malgré cela, je me frustre en pensant

que ce litige est tout à fait absurde et que les artisans de ce conflit vaquent tranquillement

à leurs occupations (certainement luxueuses!)», ajoute cette mère de deux garçons de 12 et

9 ans. «Depuis le 26 août 2008, mon conjoint n'a plus de salaire. Il n'a plus d'assurances

collectives non plus. Pendant ce temps, les prescriptions de 350$ rentrent tous les mois, et

on retarde les broches du plus vieux... Nous avons dû interrompre les consultations avec la

psychologue de notre plus jeune qui a des difficultés à l'école: nous ne pouvons plus payer

75$ par semaine. Et là, je vous épargne la facture d'épicerie qui ne cesse d'augmenter,

l'essence, le compte d'électricité, etc.», raconte la dame. «Ce qui m'angoisse le plus dans

cette situation, ce n'est pas l'endettement, ce n'est pas de manger des pâtes plusieurs fois

par semaine, ce n'est pas non plus de débrancher le câble et Internet, conclut Lyne. Ce qui

m'angoisse, c'est d'être dans l'obligation de dire à mes enfants que nous n'aurons pas

l'argent nécessaire pour les inscrire au hockey la saison prochaine. D'autant plus que notre

plus jeune aura l'occasion de faire partie de l'équipe élite... Savez-vous ce que ça engendre

comme coûts supplémentaires, le sport élite? Mais comment lui dire non alors qu'à 9 ans, il

rêve depuis toujours de jouer sur la glace du Centre Bell?»

Valérie Dufour

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