dimanche 31 mai

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dimanche 31 mai

nuimiii TROISIÈME ANNÉE : N° 118 liiiMitMiiiHniri itiiiiiiiiiiiiirMiiiiiiiiiuuiiiiiitiiiiH 3Q CdltllTlftS ■■■■■iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii LE 31 MAT 1923 mi«ii

llllllllllllllilllirilll.llllllllllllllllllllllll IIIIIIIIIIIIIIIIIIUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIllllllllll [IIIIIIIIIIIIIIMIMIIIIMI ■llllllllllllIIIIIIIiitiiiiiIlllllIMMIIIIIII1lilMlllllllllllii||I|||I|l|lllli:ifllllllllllllllllllII Il 1 1 IIIIEIMIII I

EN PLEIN PROGRÈS : LE NÈGRE ET SA MACHINE A COUDRE

Voici un nègre, épris de modernisme, qui a mis des lunettes à verres fumés pour piquer,

sur sa machine à coudre, les vêtements de cotonnade destinés à l'habillement de s'a

famille. Il fait partie d'une troupe qui s'exhibe, en ce moment, dans une attraction de Paris.

. LE PETIT ENFANT... ET SON CHOU.

Les garçons, dit-ôn, naissent dans les choux. Et voici un

pittoresque tableau qui paraît étayer cette légende : ce

petit bambin de trois mois assis sur un chou monumental

de 1 m. 25 de diamètre, poussé dans un jardin de Juvisy.

LA ROBE AUX AUTOGRAPHES

Une jeune artiste anglaise a eu l'idée, originale pour le

moins, de faire reproduire par son couturier sur sa robe

blanche, les autographes qu'elle avait obtenus. Si c'est

une mcde nouvelle... nous la signalons à nos lectrices.

m LE PROBLEME DES MOTS ÇROÏSÉS

HORIZONTALEMENT. — 1, maigre ; 4, mettre les bestiaux

en pâture pendant la belle saison ; 11, partie du vêtement ;

14, ville de Belgique ; 15, d'un brun chaud à reflet doré ;

16, femme de la Bible ; 17, contraire à la logique (fém.) ;

20, entiers ; 21, diminués d'épaisseurs (en parlant de morceaux

de bois) ; 23, consacrée ; 24, recueil d'anecdotes ;

26, pays d'Argolide connu par l'un des travaux d'Hercule ;

27, deux lettres d'Oran ; 28, discrétion ; 31, deux lettres de

Nantes ; 32, enveloppe ; 34, qui ne sont plus, au goût du

jour ; 37, aurons le courage ; 38, interprétation d'un texte,

en particulier de la Bible ; 39, négation ; 40, espace de

temps ; 41, défaut de celui qui rapporte tout à soi ; 46, part

de nourriture journalière; 50, préfixe; 51, troublés et

excités à l'excès ; 53, préposition ; 54, roua de coups ; 56,

juge d'Israël ; 57, extraire ; 59, lettre grecque ; 60, poème ;

63, non acquittée ; 64, conjonction ; 65, opéra connu ; 67,

note de musique ; 68, partagés ; 69, du verbe être ; 70,

défenseur de Paris contre les Normands.

LES CURIEUSES PEINTURES D'UN CHAR DE FÊTE EN ITALIE

A l'occasion de certaines fêtes locales, en Italie, on voit parfois des voitures décorées

pittoresquement comme celle-ci. Un artiste ingénu s'est plu à peindre sur les panneaux

des scènes de vie pastorale ou religieuse, qui donnent à cet équipage un aspect particulier.

11 XL 13

. VERTICALEMENT. — 1, deux fois la même consonne ; 2,

enlevions les poils ; 3, nettoyage de la coque d'un navire ;

4, proviendrions ; 5, peu intelligents ; 6, choix ; 7, propre à

une chose ; 8, particule précédant un certain nombre de

noms allemands ; 9, fleuve d'Irlande ; 10, de façon effective

; 11, grande ville d'Europe ; 12, saisies (vieux mot) ;

.13, pronom ; 18, manifeste sa joie ; 19, général américain ;

20, fleuve '; 22, pronom ; 24, dieux protecteurs de la mythologie

Scandinave; 25", brûle (vieux mot); 29, contraire ;

30, froissais ; 32, dieu de la mythologie ; 33, abréviation

précédant la date de certaines médailles ; 35, deux lettres

de congé; 36, plante; 42, peintre italien du XIV E

16

siècle;

43, montagne de Thessalie ; 44, une des Cyclades ;^ 45,

apprécie; 46, qui montre des prétentions ridicules ;. 47,

fruit ; 48, parfum ; 49, département ; 52, listes ; 54, authentique

; 55, excès de pouvoir ; 57, sommet ; 58, monnaie

étrangère ; 61, préfixe ; 62, note de musique ; 65, interjection

; 66, appris.

Lire, à la page 2, l'explication de ce jeu de patience.

UN AUTHENTIQUE FAKIR HINDOU

Les fakirs hindous sont encore nombreux aux Indes. On

peut les voir, dans certaines provinces, couchés sur des

lits de clous ou d'épines, pour prouver aux hommes leur

supériorité quasi divine dans 'e mépris de la souffrance.

LE VAUTOUR ET LE NETTOYAGE DES RUES

Dans certaines colonies anglaises d'Afrique, les vautours

sont fort respectés. C'est eux, en effet, qui se chargent...

de l'enlèvement des immondices, et une amende de

100 livres frappe quiconque tuerait un de ces animaux.


IIIIIIIII DIMANCHE-ILLUSTRÉ ininiiml nu m iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiitiiiiiiitiiiiiini H i 2 iiiitiiHiiixiiiiHiitiiiiiim miiiiiii i M îiiiiiiiiiiiiiiimiiim iiiiiiiuiii LE 31 MAI 1925 ""■

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Châtiment évitable

On dit que la maladie n'est pas un accident,

mais le châtiment d'une ou plusieurs fautes commises

contre cette nécessité impérieuse qu'on

appelle l'hygiène.

L'hygiène, ce n'est pas uniquement les soins de

propreté chez soi et sur soi. La propreté n'est pas

toujours suffisante, pour entretenir le bon état

de la santé. La propreté TIC peut rien contre

l'altération du sang et l'affaiblissement des nerfs

que produisent les fatigues, les soucis, les intempéries,

tous les à-coups de la vie. C'est la cure des

Pilules Pink qui convient pour cela. Les Pilules

Pink sont l'adjuvant nécessaire qui vient à propos

réconforter et stimuler

les organismes défaillants.

Il est, en

effet, universellement

reconnu que les

Pilules Pink sont un

puissant rénovateur

des forces, un incomparable

régénérateur

du sang et du système

nerveux, et,

comme tel, un remède

extrêmement

efficace contre les

affections consécutives

ii l'appauvrissement

du sang ou à

l'affaiblissement des

nerfs. En voici un

témoignage, qui vaut

d'être particulière-

M. Henri DIAL

ment souligné :

« Après un surme-

nage consécutif aux durs travaux que j'ai dû

entreprendre — écrit M. Henri Bial, ingénieur,

demeurant, 2, quai du Château, à Givors (Rhône)—

je m'étais très affaibli. Sur le conseil d'un de

mes amis, j'ai pris des Pilules Pink, et les résultats

ont été si satisfaisants que je crois de mon

devoir de vous en aviser par la présente, que je

vous autorise volontiers à publier. »

L'usage des Pilules Pink est toujours recommandé

contre l'anémie, la chlorose, la neurasthénie,

l'affaiblissement général, les troubles de la

croissance et du retour d'âge, les maux d'estomac,

maux de tête, épuisement nerveux.

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LE PROBLÈME DES MOTS CROISES

Nous rappelons à nos lecteurs qu'ils n'ont pas à prendre

la peine de nous envoyer leurs solutions de ce problème.

Voici l'explication du Problème des mots

croisés dont nous publions le dessin en

première page de ce numéro.

du damier. De même pour les mots donnés

dans la colonne : VERTICALEMENT, chacun

commençant au nombre marqué,

doit descendre dans le

Les cases blanches du damier

sens vertical et ne s'arrêter

doivent être remplies par des □□D OBDDQDD LiDQ qu'à la première case noire

lettres (à raison d'une lettre

par case), composant les mots □□□□□□ □ □rjrjDQB qu'il rencontrera. Chaque case

SARCiELONE ne devant contenir qu'une

dont nous donnons plus loin □□□□□□ □ □□□□□□ lettre, toute 4ettre qui se

le sens, la définition ou le sy- □ □HHU □ BtHQO □

nonyme. Chacun de ces mots □ □□□ a aua trouve au croisement de deux

doit commencer sur une case □□□□□□ annaan mots doit donc être commune

□□□ Haannao ana à ces deux mots. Il n'y a

portant un chiffre. Pour ceux □aa Dan aua aaa dans ce problème aucun

dont nous donnons ci-contre □ □ □□□□□ as

ANEANTI ! S S 0 I RE compte à tenir des accents.

la définition dans la colonne :

HORIZONTALEMENT, chacun DHEE0TJ Ciail □□□□H On lira le sens, la définition

ou le synonyme des

d'eux, partant du nombre Solution du problème des mots mots à trouver au-dessus du

indiqué, doit s'étendre hori- croisés paru le 24 mai 1925.

dessin du Problème des mots

zontalement aussi loin qu'il ne

rencontrera pas une case noire s il ne ren- troisés dont nous publierons la solution dans

contre pas de case noire, il ira jusqu'au bord 1 notre prochain numéro..

mu naît mu iiiiiiiiinii MniMiiiiitiniiimiiiunniiiiiiiiimiiiimNiiiiiiiiimiiiiiiiiimiimiiiiiiiiiiiiiimiiiimiiiiiii

MSIRÂCTEOMS PU MMÂMCHE

LISTE DES LAURÉATS ET DES SOLUTIONS POUR

LES PROBLÈMES POSÉS DANS LES NUMÉROS D'AVRIL

Voici les noms des lecteurs ayant envoyé

les solutions entièrement exactes de tous

les problèmes ; ils sont classés d'après

leur réponse au problème des mots verticaux.

M. LÉCIOT, 41, rue Cartier-Bresson, à Pantin

(Seine) ;

Mme MOLINOT, 133,- rue des Aubépines,

Bois-Colombes (Seine) ;

M. BATARDON, 11, rue Debelleyme, Paris ;

M. GoDEAU, 26, avenue de Vaugirard (nouveau),

Paris ;

M. GARDOU, 15, quai Jean-Jaurès, Mâcon

(Saône-et-Loire) ;

M. BELLATON, 222, rue Saint-Martin, Paris ;

M. BROSSE, 55, faubourg Saint-Hônoré,

Paris ; .

M1Ie JEANNE VIGNE, 33, avenue de la Défense.

Puteaux (Seine) ;

M. DROUARD, 11,

Paris ;

Mme SCHIENC, 4,

Colombes (Seine) ;

M. COURTIEUX, 248, boulevard Baille, Mar-

-seille ;

Mme PHÉLIZOT, 40, rué Vauban, Colmar

(Haut-Rhin) ;

Mme M. DESPOUTEILLES, 82. rue Bonaparte, Paris ;

M. J. BRIEOUX, à Muret, par Hartennes

(Aisne) ;

M

rue Brown - Séquard,

villa Thérèse, Bois-

DELAUNAY, Tocqueville-les-Murs, par

Goderville (Seine-Inférieure) ;

mo MAX RÂTEAU, 124, avenue de Villiers,

Paris ;

M. ROBERT KÉRANTRET, 13, rue Bargue,

Paris ;

M. J. DUBRETON, 32, rue Nicolo, Paris.

Tous ces lecteurs ou lectrices recevront

une boîte à cigarettes Oreum, un chronomètre

acier bruni, une montre-bracelet,

une écharpe de soie ou un tissu brodé,

I. - (5 avril)

A DROITE ET A GAUCHE

Empire, merise—Arcane,

ramage — Astuce, salade —

Apprêt, parole — Octave,

coulis — Carnet, acteur —

Féerie, effort — Amarre,

maître — Râteau, armure.

- III. — (5 avril)

LETTRES ENCERCLÉES

L — (12 avril)

SYLLABES

Le problème des mots verticaux a été compris

de deux façons différentes par nos lecteurs.

Les uns se sont astreints à trouver

des mots contenus dans une seule colonne ;

d'autres ont pensé que, tout en lisant les

mots verticalement, on pouvait passer, pour

un même mot, d'une colonne à l'autre.

Ces deux interprétations étant, en somme,

parfaitement justifiées, nous avons pris comme

lauréats les auteurs des meilleures réponses

dans l'un et l'autre cas.

Pour le premier cas, on a pu obtenir jusqu'à

44 lettres ; pour le second, plus facile naturellement,

on a pu en obtenir jusqu'à 49.

SOLUTIONS DES PROBLÈMES POSÉS DANS LES NUMÉROS D'AVRIL

CONVERGENTES

Cénobite — Orbite —

Limite — Marmite — Satellite

— Totalité — Impor-

lunité — Péritonite — Sta-

lactite — Clématite — Hé-

matite,

II. - (5 avril)

TROIS PRÉNOMS

IV. - (5 avril)

LES DIX VILLES

NeVers— Vesoul— Verdun

— Toulon — Reims —

Tours — Moulins—Angers

— Agen — Melun. (Au

lieu d'Angers, Agen, on

pouvait donner Le Mans,

Lyon ou Laon : ou encore,

Cahors, Caen.)

II. - (12 avril)

POLYGONES, DÉPARTEMENTS

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wiiiiiiui LE 31 MAI 1925 IMMU iiiiuu nui i iiiiliiiiuiiiniii i iinimiiil n 3 ""'in miiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiii llllllllllilliimillliiliiiii TROISIÈME ANNÉE : N° 118 imirfrt

DIMANCHE-ILLUSTRÉ

ENTRE NOUS

de nos confrères vient d'ouvrir une

UN

enquête sur la poésie. Cela nous

change un peu de la question du

change et de l'équilibre budgétaire, bien

que les joueurs de lyre passent pour ne pas

avoir des fins de mois plus faciles que celles

du ministre des finances.

La poésie ! Où en est-elle? Où va-t-elle?

Le vers doit-il être libre ou obéir encore aux

lois édictées par Boileau? Y a-t-il un renouveau

poétique ? Questions passionnantes,

évidemment...

Mais pe»t-être conviendrait-il dé demander

tout d'abord si la poésie — je parle de

celle qui s'exprime en vers, libres ou enchaînés

— est encore un art vivant...

Je crains que non.

Certes, il est encore des poètes, mais qui

les lit? A peu près personne... Allez donc

"proposer un recueil de ballades, d'élégies,

d'odes , ou de sonnets à un éditeur, et vous

verrez comment vous serez reçu.

— Des vers ? Mais, mon pauvre monsieur,

vous êtes fou !... Vous voulez donc ma

ruine? Ou bien vous êtes disposé à faire les

frais de votre volume ? Je vous tirerai ça à

300 exemplaires : dix pour la vente et le

reste pour les critiques qui n'en diront pas un

mot, pour vos amis et connaissances qui

n'en liront pas un hémistiche !

WD W3

MALHEUREUX poètes ! Quelle destinée est

la leur en ces temps pratiques, sportifs

et pressés !

Mais c'est peut-être leur faute si ces fils

d'Apollon se voient ainsi expulsés de la

République, sans même avoir reçu la couronne

de fleurs promise par Platon... Ils ont

renoncé, volontairement, à leur rôle historique

et essentiel en cessant d'émouvoir le

coeur de la foule. Autrefois, les Hugo, les

Lamartine, les Musset ne dédaignaient pas

leurs contemporains, et leurs œuvres, accessibles

à tous, vivaient dans l'admiration et

la ferveur populaires. Aujourd'hui, les poètes

écrivent, pour la plupart, une langue incompréhensible;

leurs idées sont baroques et leur

idéalisme — s'ils en ont un — inabordable.

Si, par hasard, un de ces nourrissons des

Muses obtient quelque succès, en"dehors

des petites chapelles plus ou moins cubistes,

il est aussitôt rejeté, par ses confrères, dans

la tourbe des vils épiciers de la littérature...

Le vrai poète n'est compris par personne et

il doit chanter dans le désert !

RÉFLEXIONS DU DIMANCHE

est plus important de compter avec sa fai-

/L

blesse qu'avec sa force.

Il est bon de savoir ce qu'on peut faire. Il

est plus essentiel encore de savoir ce qu'on ne peut

pas faire.

Chaque être n'a qu'une capacité limitée de

puissance. Nous sommes des parcelles de force.

Une fois, je me suis enivré, avoue un grand

écrivain, et me suis couvert de ridicule. Depuis,

je n'ai pas touché une goutte d'alcool. Je n'ai

pas à dire aux autres ce qu'ils doivent faire, mais

je sais que, moi, je ne puis pas boire. "

Un homme que je connais, aimait fort jouer

au bridge. Il découvrit que ce goût devenait une

passion qui le possédait et lui faisait négliger ses

affaires. Il reconnut son faible et l'abandonna.

Lorsqu'une tendance grandit au point de vous

mener par le bout du nez, la seule chose à faire

est de la laisser mourir d'inanition.

Une faiblesse non maîtrisée est un ennemi

caché, un traître dans votre propre maison. Il

faut l'affronter, la vaincre et la tuer, sinon, tôt

ou tard, elle vous humiliera.

Je ne prétends pas qu'il soit mauvais pour vous

d'avoir quelques aimables penchants, mais je dis

qu'il faut être sans cesse sur ses gardes ; jusqu'à

un certain point, ils peuvent être facteurs de sociabilité,

mais au delà, ils séparent leur victime des

êtres dignes et forts, pour les faire tomber dans la

classe lamentable des esclaves et des faibles.

Le premier devoir de chacun, c'est d'être fort.

Et, avant tout, il faut faire preuve de force dans

le contrôle de soi-même.

L abstinence totale de toutes les choses que les

moralistes réprouvent comme dangereuses, n'est

nullement une panacée universelle. ~

Un homme peut ne se livrer à aucune des formes

habituelles de dissipation, sans avoir, pour cela,

posséder le secret de la maîtrise intérieure.

La bataille est gagnée par le général qui connaît

bien les points faibles de ses positions.

Le marchand qui a toujours présente la pensée

des limites qu'il ne peut se permettre d'outre'

passer, réussit dans ses affaires.

L'esprit qui reconnaît son ignorance est seul

susceptible de perfectionnement, et l'on ne peut

espérer de voir se former un caractère fort chez

LUNDI 1« JUIN

quelqu'un qui n'a pas clairement conscience de

ses lacunes spirituelles.

Cela ne signifie pas que nous devions ne penser

qu'à nos insuffisances, en parler, les étaler ; non,

simplement les connaître. Même, il vaut mieux

les cacher, généralement. Ce qui est impardonnable,

c'est de s'illusionner soi-même.

La personne qui refuse de reconnaître ses

faiblesses, qui a honte de les découvrir et se

refuse à les admettre, sombrera ou dans le ridicule

ou dans la stupidité. Ou bien, combinant les

deux choses, elle incarnera ce type trop commun

de l'égotiste, dont on a donné cette définition

sévère : " // n'a ni compréhension des idées, ni

sens des proportions. Il est sans intelligence, il

n'a que de l'obstination héréditaire. "

J 'AUTREjour, à Neio-Yorh, un homme s'est

^ coupé la gorge parce qu'il ne recevait pas

une certaine lettre dont dépendait son avenir. Et,

depuis bien des jours, cette lettre était arrivée, mais

elle gisait à plat au fond de la boîte, et le malheureux

ne l'avait pas vue.

Mari\ Twain raconte qu'il s'égara dans les

neiges, un soir, alors qu'il faisait un séjour dans

l'Ouest américain, et qu'après avoir longtemps

erré, il se coucha, épuisé et attendant la mort.

Il s'endormit, et au réveil, le jour venu, vit son

hôtel à cinquante mètres.

Il est infiniment pathétique de penser que

l'humanité languit, parce qu'elle croit très loin

d'elle, inaccessibles, la joie et la paix ardemment

désirées, alors qu'elles sont toutes proches, et

qu'elle ne les voit pas.

Elle rêve d'un âge d'or, caché dans les brumes

de l'avenir ; elle garde la tradition d'un Paradis,

loin dans le passé. L'homme pieux espère être

heureux ' de l'autre côté du Jourdain ", c'està-dire

après sa mort. Et cependant le plus grand

des Maîtres a dit : " Le Royaume de Dieu est au

milieu de vous ! "

De Socrate à Carlyle, les hommes les plus

sages ont démontré une chose : c'est que le bonheur

est ici, et que s'il est un endroit où, à coup sûr, il ne

se trouve pas, c'est ailleurs. FRANK CRÂNE. '

LA SEMAINE PROCHAINE

VENDREDI 5 JUIN

G6

SOYONS AU COURANT...

...de l'organisation de la " Fêle des

Bons Petits Cœurs" -

UNE fête charmante — émouvante aussi —

et dont le but, éminemment charitable,

se double d'un enseignement : apprendre la

solidarité aux enfants, se-prépare pour jeudi

prochain 4 juin, à 14 h. 30, au Théâtre de Paris,

15, rue Blanche.

Donnée par des enfants au profit de l'Enfance

malheureuse, cette réunion sera le great cvent

de la saison.

La matinée comprendra une fantaisie-revue

en deux actes, écrite spécialement pour les

enfants par M. Jacques Brindejorit-Offenbach

et menée par M lle Mona Gondré, qui fut,

pendant quatre ans, l'étoile incontestée des*

tnatinées pour la jeunesse et qui revient des

Etats-Unis où elle triompha. La revue, qui

amusera et intéressera les jeunes spectateurs,

est très gaie, très bien montée et sera fort bien

jouée par des fantaisistes aimés des enfants et

par toute une troupe de comédiens en herbe.

Pendant et après la représentation, bal costumé

et attractions : Guignol, Prestidigitateur,

Goûter particulièrement soigné servi par

Colombin, Entrées des Chansons et des

Rondes de France présentées par des enfants,

Concours de costumes et distribution de

cadeaux aux lauréats, Jazz du " Jardin de nia

sœur ", etc., etc. L'intérêt des jeunes spectateurs

ne cessera d'être sollicité.

Les prix des places pour la revue, les attractions

et le bal sont les suivants :

Loges et baignoires : à partir de 300 francs.

Fauteuils d'orchestre et de balcon : 50 francs.

Fauteuils de foyer : 30 francs.

Les entrées pour le bal et les attractions sont

au prix de 25 francs seulement, car les organisatrices

ont tenu à ce que les tarifs ne fussent

point prohibitifs.

On trouve places et entrées :

A la permanence du Comité, installée à la

" Bienvenue française ", 33, faubourg Saint-

Honoré ;

A l'Hôtel Ritz, place Vendôme ;

Au Théâtre de Paris, 15, rue Blanche, où la

location est ouverte.

Ajoutons que pour cette fête unique et

ravissante organisée pour les enfants, les

places s'enlèvent rapidement et donnons aux

mamans le conseil de se presser de louer.

... d'une Exposition d'art roumain aux

Tuileries

A1 * *■ *

Lever du soleil : 4 h. 54 - coucher : 20 h. 43.

Lever de la lune : 13 h. 6 - coucher : 1 h. 24.

Le jour, stationnaire le matin ; croît 1 m. soir.

Saint PAMPHILE : 152

U fait, la poésie ne s'exprime pas seulement

en vers classiques, romantiques,

parnassiens, symbolistes ou dadaïstes : elle

est dans la vie même et se révèle à qui veut

ou peut la voir... Point n'est besoin de l'évoquer

dans des décors traditionnels et de lui

prêter les accessoires convenus.

Une auto glissant dans la nuit, une usine

avec ses feux rougeoyants, un grand paquebot

passant au large, un gratte-ciel illuminé

ont leur poésie tout comme le vieux burg,

le lac lamartinien ou la fontaine de Nausicaa.

C'est à nous de la sentir, sans avoir recours à

quelque interprète presque toujours décevant.

Mais rares sont ceux qui savent goûter, au

passage, le charme d'une émotion poétique.

Ils se privent ainsi d'une des joies de la vie...

Lancés dans la bagarre moderne, épris de

gloriole, d'argent, de plaisirs matériels, ils

ne cueillent aucune fleur au bord de la route

sur laquelle, brutalement, ils se bousculent.

Nombre de nos jeunes gens me paraissent,

à ce point de vue, disgraciés. Le business les

accapare et le sentiment leur paraît une

naïveté, une faiblesse, une imprudence...

Ces cyniques se croyent très supérieurs, très

forts. En vérité, ils sont à plaindre.

II n'est pas de vrai bonheur sans quelque

poésie... Mais point n'est besoin de la condenser

dans un sonnet, même sans défaut, ou

dans les vers amorphes de quelque barde

du boulevard Montparnasse.

JEAN STYLO.

e jour + 213.

Cyclisme : Championnats de France de

vitesse au Parc des Princes.

Athlétisme : Deuxième fournée du Meeting

international au stade Pershing.

Tennis :* Championnats internationaux du

StadeFrançais à Saint-Cloud, jusqu'au 4 juin.

MARDI 2 JUIN

Lever du soleil : 4 h. 53 - coucher : 20 h. 44.

Lever de la lune : 14 h. 15 - coucher : 1 h. 48.

Le jour croît :1m. matin ; 1 m. soir.

Saint POTHIN : 153 e jour + 212.

MERCREDI 3 JUIN

Lever du soleil : : 4 h. 53 - coucher : 20 h. 45.

Lever de la lune : 15 h. 27 - coucher : 2 h. 12.

Le jour, stationnaire le matin ; croît 1 m. soir.

Sainte CLOTILDE : 154 e jour + 211.

JEUDI 4 JUIN

Lever du soleil : 4 h. 52 - coucher : 20 h. 46.

Lever de la lune : 16 h. 43 - coucher : 2 h. 38.

Le jour croît :1m. matin ; 1 m. soir.

Sainte EMMA : 155 e Lever du soleil : 4 h. 51 - coucher : 20 h. 47.

Lever de la lune : 18 h. -coucher: 3 h. 9.

Le jour croît :1m. matin ; 1 m. soir.

Saint BONIFACE : 156

jour + 210.

e jour + 209.

Courses d: chevaux à Enghien (courses de

haies d'été).

SAMEDI 6 JUIN

Lever du soleil : 4 h. 51 - coucher : 20 h. 48.

Lune : (p. L., 21 h. 48), 19 h. 18 - couch.: 3 h.45.

Le jour, stationnaire le matin ; croît 1 m. soir.

Saint CLAUDE : 157 e AU Salon des Tuileries s'ouvre une Exposition

d'art roumain qui ne manque ni

d'importance, ni d'intérêt. Elle situe, en effet,

avec précision, le point où en est le mouvement

artistique chez ce peuple au tempérament

à la fois ardent et nuancé. Le Salon se double

d'une rétrospective qui permet d'admirer l'art

roumain ancien en sculpture, peinture et déco-

jour + 208.

Courses de chevaux à Saint-Cloud (prix

Le Blois).

DIMANCHE 7 JUIN

Lever du soleil : 4 h. 50 - coucher : 20 h. 48.

ration. Tout cet art anonyme et archaïque, ces

fresques d'un style austère et convaincu, ces

icônes primitives souvent masquées par des

recouvrements en métal précieux qui ne

laissent à nu que les visages sacrés, ces panneaux

de bois, ces tissus brodés de fil d'or et

d'argent, ces soies enluminées, cette orfèvrerie

monastique et royale, cette imposante Inconostase

aux éclats vermeils et pourprés et qui

forme le fond de cet ensemble magique, nous

permettent de pénétrer dans cette âme roumaine,

étrange mélange de civilisation latine

et de vertus slaves.

Lever de la lune : 20 h. 31 ■'coucher : 4 h. 30.

Le jour croît : 1 m. matin ; stationnaire le soir.

TRINITÉ: 158° jour+ 207.

Cyclisme .: Le Circuit de Paris.

... et de l'inauguration du Groupe de

la Parure aux Arts Décoratifs

ONSIEUR LE MINISTRE DU COMMERCE et

de nombreuses personnalités politiques

Athlétisme : Les championnats de France

d'athlétisme au stade de Colombes.

Natation : Championnat de France scolaire

de natation aux Tourelles.

Courses de chevaux à Chantilly (prix de

Diane) et Lyon.

viennent d'inaugurer le Groupe de la Parure

à l'Exposition des Arts décoratifs. Après une

collection complète de somptueuses robes

modernes, de chapeaux et de tous les accessoires

de la toilette, une très large place a été

laissée à la parure, qui donne son nom à cette

présentation. On y voit des bijoux de prix :

colliers, rivières, pendentifs, bracelets ; les

diamants, les émeraudes, les saphirs, les aiguës

marines se mêlent aux bijoux de cristal, aux

AUJOURD'HUI DIMANCHE 31 MAI

émaux. Une vitrine est réservée au diamant

Reine de Hollande, qui pèse 136 carats. Sa

Cyclisme : Paris-Bruxelles, Championnat de France derrière motos au Parc des valeur est estimée à 20 millions, et on le consi-

Princes. — Football : Première journée du tournoi de l'Olympique et du Red dère comme le plus beau du monde. Il a le

Star à Saint-Ouen. — Athlétisme : Première journée du Meeting international même poids que le Régent, et il est d'une plus

au stade Pershing. — Tennis : Championnats internationaux du Stade Français belle couleur ; le saphir bleu Birman, qui

à la Faisanderie. — Aviron : Régates internationales à Ostende.

pèse 134 carats et vaut, lui aussi, plusieurs

millions ; et un curieux biillant oval, couleur

J d'acier, qui pèse 25 carat*,


Wmiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ »''"> miiiiiHiiim minium iiiuilitiiiiin iiiiuii 4 min 1 111111 n in'" "" " 1,1 »"""""""""""

LE 31 MAI" 1925 l'IMUlID

LA SEMAINE QUI VIENT DE S'ÉCOULER

22 e Semaine de l'Année — Reste à courir 30 semaines

LA RENTREE DES CHAMBRES

L

La question marocaine et les pro

jets financiers du ministre des

finances sont examinés.

E débat annoncé sur le Maroc devait venir

à la séance de rentrée de la Chambre.

Il fut remis à mercredi.

M. Renaudel, du parti socialiste, demanda

que la paix soit rapidement rétablie. M. Doriot,

au nom du groupe communiste, lut un discours

qui était, pour les militaires, une invite à la

désertion. Le président Herriot intervint par

_une énergique protestation, et la censure fut

appliquée au député communiste.

M. Caillaux présenta, lundi, à la Chambre,

son projet rectificatif du budget de 1925.

Dans l'exposé des jnotifs, il en précisa l'exacte

portée en indiquant qu'il est destiné à assurer

' le plein équilibre budgétaire par des ressources

fiscales nouvelles ", celles-ci devant

produire 1.600 millions en 1925 et 3 milliards

et demi en 1926, principalement sous forme

d'impôt direct.

Ces trois milliards et demi, le ministre des

Finances entend les obtenir, pour la plus grande

partie, des impôts directs. Et voici ses propositions,

prises dans leur ensemble :

I. — Pas d'augmentation du taux de l'impôt

général sur le revenu : il ne sert à rien " d'élever

le taux d'un impôt dont le contrôle repose sur

des bases incertaines ".

II. — Fixation à 10 % du tarif de l'impôt

cédulaire qui atteint les revenus du travail

(toutefois les salaires et traitements inférieurs

à 20.000 francs seront exempts du nouvel

accroissement de tarif, et l'augmentation du

taux ne sera réclamée, à titre transitoire, que

dans la proportion de 50 % en 1925).

III. — Fixation à 15 % du tarif de l'impôt

cédulaire frappant les revenus mixtes, provenant

du travail et de la mise en œuvre des capitaux

(ici encore, pour 1925, l'augmentation ne

figurera que pour moitié).

IV. — Fixation à 20 % de la cédule des

revenus des valeurs mobilières ou immobilières.

V. — Relèvement des tarifs postaux et télégraphiques

(la lettre ordinaire devra notamment

être affranchie à 0 fr. 30).

VI. — Tarif uniforme de 100 francs, plus la

part des communes, pour tous les permis de

chasse.

VII. — Participation de l'Etat aux bénéfices

des compagnies d'assurances, par la création

d'une caisse nationale de réassurance.

VIII. — Participation de l'État au superbénéfice

de. l'industrie et du commerce du

pétrole.

. WA

LA CRISE BELGE

M. Max, chargé par le roi de dénouer la

crise, a commencé ses démarches dès lundi.

Il a eu deux importantes conversations politiques,

l'une avec M. Vandervelde et l'autre

avec M. Poullet, ministre de l'Intérieur.

M. Vandervelde lui a déclaré que le parti

socialiste est hostile à une combinaison extraparlementaire.

Dès jeudi, M. Max, après une conférence

avec le roi, lui annonçait sa décision de renoncer

à former le cabinet. On ne sait encore

quelle personnalité sera consultée.

nillllllllllllllllllllllllllllllllllllM 1

LE LUNDI

1" JUIN

EXCELSIOR

llllllllllllllll 1IIIIII1IIIIIIIIIIIIIIIII UIIIII lllllllllllllli UIM1IIIIIIIIII

GRAND ILLUSTRÉ QUOTIDIEN

commencera

la publication

des

MÉMOIRES

IIIIMIIIIIIHIIIIIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIiiiiHiiiiii

I de la |

REINE DE ROUMANIE

UIHIIIIIIllimillHHIfl|IIIIIIIIIlllIIII|IIIIIIIIIIIIIII|||*MIlllIltlIlfll

^lllHlllllllllllllHIIIIIIIIIIIIIIIIllïir^^

D

UN NOUVEAU

TREMBLEMENT DE TERRE

AU JAPON

Les dégâts sont énormes.

ES messages de Tokio ont annoncé que,

samedi dernier, un violent tremblement

de terre s'est produit dans les régions

d'Osaka, de Kyoto, de Kobé et de Nagoya.

La ville de Toyoota, par suite de l'incendie

qui s'y est déclaré, a été détruite. La population,

prise de panique, s'est enfuie dans les rues.

Un certain nombre d'habitants ont cependant

été surpris par l'écroulement des maisons et

sont restés sous les décombres.

L'étendue des régions éprouvées par le

tremblement de terre atteint 64 kilomètres

carrés. Le total des tués et des blessés est

évalué à 1.500, Les dégâts matériels sont

évalués à 70 millions de yens.

LES ÉLECTIONS SANGLANTES

DE LA MARTINIQUE

Des télégrammes parvenus de la Martinique

ont annoncé que au cours d'élections municipales

différées, des incidents graves se seraient

produits dans la colonie. Des gendarmes

auraient été assaillis et des bagarres se seraient

produites ; plusieurs personnes auraient été

tuées et blessées. Parmi les tués se trouvent trois

conseillers généraux : MM. le colonel Coppens,

Charles Zizine et des Etages.

Au reçu de ces télégrammes, M. André

Hesse, ministre des Colonies, a câblé au gouverneur

Richard, en le priant d'exprimer ses

condoléances aux familles des victimes. Il lui

a demandé, d'autre part, ainsi qu'à l'inspecteur

des colonies Pégourier, actuellement en mission

à la Martinique, de vouloir bien lui donner des

renseignements précis sur les incidents qui se

sont déroulés.

M. André Hesse a donné des instructions

formelles pour que, par tous les moyens légaux,

l'ordre soit maintenu à la Martinique et que

des informations judiciaires soient ouvertes

contre tous les fauteurs de troubles.

M. Lagrosillère, ancien député, qui avait

participé aux émeutes, s'est constitué prisonnier.

L'EXPÉDITION AMUNDSEN

On est sans nouvelles des avions de l'expédition

Amundsen, partie pour le pôle Nord.

On peut supposer que obligés d'atterrir, les

membres de l'expédition devront rejoindre à

pied leur bateau, amarré dans la baie de

Woolman (île des Danois). On peut donc rester

très . longtemps sans nouvelles des hardis

explorateurs.

■ vwv ■

LE CRIME D'UNE DÉMENTE

Une femme, atteinte de la folie de la persécution

et qui voulait tuer M. Charles Maurras,

de l'Action Française, a assassiné mardi à midi,

dans un escalier du Nord-Sud de la gare Saint-

Lazare,M.Berger,trésorier delaLigue d'Action

française. La meurtrière se nomme Maria

Bonnefoy. Elle s'est constituée prisonnière dans

l'après-midi, alors que sa victime succombait

à l'hôpital Beaujon. M. Berger avait été atteint

d'une balle de revolver à la nuque.

UN SINISTRE SUR LA COTE

• Deux canots de sauvetage de Penmarch

coulent en secourant deux

bateaux de pêche : 27 morts.

U

N sinistre vient de mettre en deuil la

population maritime de la presqu'île de

Penmarch. "'• ,

La mer étant mauvaise, les bateaux de pêche

cherchaient samedi à rallier les ports de la côte.

Deux petits bâtiments, le Saint-Louis et le

Berceau-de-Saint-Pierre, montés l'un par sept

et l'autre par cinq hommes, se trouvèrent en

perdition au large de Saint-Pierre. Immédiatement,

les deux canots des stations de sauvetage

de Saint-Pierre-Penmarch et de Kerity,

le Léon-Dufouret le Comte-et-Comtesse-Foucher,

prirent la mer et s'élancèrent au secours des

naufragés. Chacun de ces bateaux portait son

équipage au complet, c'est - à - dire douze

hommes.

Au moment où ces canots allaient atteindre

les pêcheurs en détresse, une tornade plus

forte s'éleva et fit chavirer d'un seul coup les

quatre barques.

Les marins des deux bateaux de sauvetage

furent engloutis.

Un dundee de pêche, qui lui aussi fuyait

la tempête, se porta immédiatement sur les

lieux et réussit à sauver quatre hommes. Au

même instant, M. Le Gall, président de la

coopérative des pêcheurs de Kerity, qui, de

la terre, avait assisté au désastre, appareilla

immédiatement avec son canot de pêche et sa

remorque, et, au prix d'efforts surhumains,

parvint à sauver six hommes.

Ce sinistre a fait vingt-sept victimes, tous

pères ou soutiens de famille.

La liste dressée après la catastrophe porte les

noms suivants :

Barque Berceau-de-Saint-Pierre : Vincent et

Pierre Lârnicel, tous deux célibataires ; Jacques

Biger, marié, sans enfant ; Nono Salaiin, marié,

père de trois enfants ; Pierre Stéphano, marié,

trois enfants ; Jean Guichaoua, marié, un

enfant ; Jacques Jégou, marié, sans enfant.

Barque Saint-Louis : le patron Julien Dupuy,

marié, père de trois enfants ; Jacob Corentin,

marié, trois enfants ; Pierre Le Lay, marié,

cinq enfants ; Henri Tantor. marié, sans

enfant ; Pierre Le Floch, marié, cinq enfants.

Canot de sauvetage de Kerity : Cloarec,

marié, un enfant ; Kerloch, marié, trois enfants;

Coupa, marié, sans enfant ; Gzégabel, marié,

deux enfants ; Stéphan, marié, un enfant ;

Tanniou, marié, un enfant ; Le Gars, marié,

un enfant ; tous canotiers.

Canot de Saint-Pierre :■ le patron Jean

Borrou, marié, un enfant ; Vincent Tanniau,

marié, cinq enfants ; Pierre Karval, marié, deux

enfants ; Jean L'Holgouach, marié, un enfant ;

Jean Larnicol, retraité ; Allain Calvez, marié,

un enfant ; Laurent Calvez, marié, trois enfants,

et Guillaume Cossec, marié, un enfant.

Le président du Conseil a conféré la croix de

chevalier de la Légion d'honneur au président

de la coopérative Le Gall, qui s'était porté au

secours des victimes.

M. Daniélou à Penmarch

Mercredi, après avoir assisté aux funérailles

de l'une des victimes et présenté les condoléances

du gouvernement aux familles des

victimes, le sous-secrétaire d'Etat de la Marine

marchande, M. Daniélou, a remis des récompenses

aux courageux sauveteurs.

LES OPERATIONS SUR LE FRONT MAROCAIN

LES opérations dans la région riffaine ont

continué, sous la direction du général

Daugan. .

Dans un mouvement sur Gara-des-Mezziat,

après avoir dégagé les postes du Haut-Ouergha,

le groupe Freydenberg a rencontré un parti

ennemi évalué à 5.000 fusils, auquel il a livré

un violent combat.

L'ennemi a montré un mordant exceptionnel.

Il a été rejeté, après avoir subi de lourdes

pertes, malgré des contre-attaques poussées

jusqu'au corps à corps.

Le groupe - Freydenberg a continué sa

marche sur Gara-des-Mezziat.

Après avoir ravitaillé en vivres et munitions

les postes des envirdris, le groupement a dû

s employer contre les attaques violentes des

dissidents et des Riffains sur son arrière-garde.

Plus de 5.000 fusils ont mitraillé celle-ci sans

répit pendant tout le mouvement de la colonne.

Les spahis ont chargé à plusieurs reprises.

Les aviateurs ont lancé sept cents bombes

contre des rassemblements ennemis embusqués

dans la montagne des Sendadja de Dol.

Les Djebalas ont attaqué le front espagnol

Les Djebalas ont attaqué le front espagnol

dans la région de Tahatof ; une colonne de

Larache serait partie de ce côté.

Abd el Krim aurait ordonné des achats de

fusils à tir rapide pour les Djebalas, qui avouent

avoir perdu plus de 700 tués sur l'Ouergha.

Dans les tribus

Abd el Krim presse les tribus de la zone occidentale

de fournir des contingents pour le front

d'Ouezzàn.

Des rassemblements sont signalés aux environs

de Ksar el Kebir. Chez les Andjeras. des

contingents Djebalas ont renforcé les groupes

riffains. Plusieurs tribus, fortement éprouvées

sur le front de l'Ouergha, auraient informé Abd

el Krim de leur intention de ne plus vouloir

continuer la lutte contre les Français.

MEMENTO

POLITIQUE

26 mai. — Au cours de la discussion générale du

budget des Affaires étrangères au Sénat, le ministre

M. Briand, est amené à préciser l'attitude du gouver- •

nement sur les dettes interalliées et le problème de

sécurité.

Les crédits pour l'ambassade au Vatican sont votés

par 168 voix contre 12.

— Le Sénat vote les projets supprimant les conseils

d'arrondissement de Sceaux et de Saint-Denis et portant

de 22 à 40 le nombre des conseillers généraux des

cantons suburbains de la Seine.

ÉTRANGER

24 mai. — L'Italie fête le dixième anniversaire de son

entrée dans la guerre.

26 mai. — On célèbre à Londres les funérailles du

maréchal French. Le maréchal Joffre y représentait la

France.

27 mai. — Les chefs de la conspiration de Sofia sont

pendus.

CÉRÉMONIES

23 mai. — On inaugure une plaque commémorative

sur la maison que le maréchal Foch habita à Beauvais

pendant la guerre.

24 mai. — On inaugure, dans la cour du Dôme, aux

Invalides, en présence du président de la République,

le monument aux médaillés militaires.

— A Lens, M. Herriot, président de la Chambre,

préside l'inauguration du monument aux morts.

26 mai. — A la Sorbonne, en présence du président

de la République, on célèbre le centenaire du grand

neurologiste Charcot.

BEAUX-ARTS

27 mai. — M. Gronkowski, conservateur adjoint du

Petit Palais, est nommé conservateur, en remplacement

de M. Henri Lapauze, décédé.

NOUVELLES MILITAIRES

26 mai. Le général Targe, commandant le 13 e corps

d'armée, est nommé membre du Conseil supérieur de

la Guerre.

27 mai. — Le général Claudel est appelé à la présidence

du comité consultatif de défense des colonies, en

remplacement du général Mangin.

NOUVELLES RELIGIEUSES

24 mai. — Deux Françaises sont canonisées à Rome ;

ce sont les fondatrices des écoles chrétiennes de la Miséricorde

et de l'Institut des Dames du Sacré-Cœur.

FAITS DIVERS

PARIS

23 mai. — On arrête quatre des individus ayant participé

au cambriolage des bijouteries.

24 mai. — La manifestation annuelle au mur des.

Fédérés se déroule sans incident sérieux.

25 mai — Projeté sur un trottoir à la suite d'une collision

devant le 124 de la rue de Rivoli, un taxi blesse

sept personnes qui circulaient devant les boutiques.

BANLIEUE

26 mm. — Le rapide Paris-Quimper déraille près

dAnpajon. Deux voyageurs sont blessés assez grièvement.

DÉPARTEMENTS

27 mai. — Un enfant de quatre ans de Pray (Loir-et-

Cher) tombe dans un fossé. Son frère, Marceau Fredureau,

quinze ans, se jette courageusement à l'eau,

ramène l'enfant sur le bord, mais, au même moment,

coule à pic, frappé de congestion. Le bébé est sauf, mais

son sauveteur succombe.

ÉTRANGER

26 mai — Le lieutenant aviateur Jack Eve se tue à

Stillegate. Son mécanicien a succombé également.

— L'aviateur R. Wilson se tue en expérimentant un

nouveau type de parachute à Antover.

TRIBUNAUX

27 mat. — La chambre des appels correctionnels

maintient la peine prononcée contre M. Ernest Billiet,

poursuivi pour refus de prestation de serment devant la

commission d'enquête de la Chambre.

La cour d'appel d'Orléans rend son arrêt dans

l'affaire Doumic contre-Silvain. M. Doumic perd son

procès.

SPORTS

27 mai. — Le derby d'Epsom est gagné par Mann

Le favori français Ptolemy ne figure pas à l'arrivée.

UNE MANIFESTATION COMMUNISTE

A Villeneuve-le-Roi, les conseillers municipaux

s'étaient réunis, mardi, en séance.

Les conseillers de la majorité — 16 républicains

contre 7 communistes — furent quelque

peu molestés pair des éléments communistes,

qui les contraignirent à signer leur démission


iiitiiii L£ 31 MAI 1925 iHiiHiimniiiiriiiMiifHMniMMiiîiiini(iiiimiiniiiniiiiiiiHiiHiliiiHHiiiliiin IHI m 5 " iiBjmihuiiMiiiHiniimiiiitiiiiiiiiiHÏiiiHioiiiiii 1111111111111111111 DIMANCHE-ILLUSTRË ■■■>•••

RTISTE complet, comme plusieurs

M\ génies de la Renaissance, comme

j! \\ Léonard de Vinci, à la fois peintre,

sculpteur, poète, musicien,

ingénieur, philosophe, Michel-

Ange Buonarroti, que la postérité

ne connaît que sous son prénom, fut à la fois

statuaire, peintre, architecte, ingénieur et poète.

Il naquit en 1475, au château de Caprèse,

dans l'Arezzo. Il descendait d'une des plus

vieilles familles de Toscane.

Son père, le podestat Buonarroti-Simoni,

le destinait au métier des armes et caressait

l'espoir qu'il soutiendrait dignement le renom

d'une antique maison.

Il considérait la profession d'artiste comme

indigne d'un homme bien né, et l'extraordinaire

précocité de son fils dans les arts du

dessin, loin de le réjouir, lui parut de fort

mauvais augure et éveilla chez lui le blâme

et le sarcasme.

Le petit Michel-Ange recevait les leçons

de François Granacci, élève de Ghirlandajo.

Dès que ses parents s'aperçurent des prodigieuses

dispositions de l'enfant, ils éloignèrent

vite son professeur.

Mais le jeune Michel-Ange était de ces

enfants sublimes, marqués au front par le

sceau du génie, et dont la vocation se joue de

tous les obstacles.

Granacci continua de donner des leçons à

son élève, mais en secret. Quand le podestat

connut que ses ordres avaient été enfreints, il

enjoignit avec rudesse à Michel-Ange d'abandonner

les arts.

L'enfant, impassible, répondit que rien ne

pourrait le contraindre, sinon la force et la

perte de sa liberté, à ne pas mettre en œuvre

les dons qu'il avait reçus en naissant. Il obéissait

à une volonté qui dépassait la sienne.

Peindre, dessiner, sculpter, c'était pour lui un

besoin irrésistible :-mieux valait lui demander

de ne pas respirer que de trahir sa vocation.

Le père de cet. enfant, qui devait devenir

le plus illustre statuaire de la Renaissance,

essaya encore de brider sa passion pour les

arts.

Mais rien ne put fléchir la résolution du petit

Michel-Ange. Aussi bien l'enfant s'était déjà

acquis, par sa prodigieuse habileté de peintre

et de dessinateur, une manière de célébrité.

Cent voix s'élevèrent pour assurer à son père

que les plus beaux triomphes l'attendaient.

Buonarroti-Simoni se laissa toucher enfin.

Le jeune Michel-Ange fut placé chez Dominique

et David Ghirlandajo, qui comptaient

parmi les peintres les plus réputés de la Toscane.

Il n'avait pas quatorze ans. Mais ce qui

montre bien en quelle estime des maîtres tels

que les Ghirlandajo tenaient son précoce génie,

c'est que, loin de réclamer une rémunération

pour son apprentissage, ils s'engagèrent, au

contraire, à lui verser des subsides.

D'ailleurs, l'élève ne tarda point à surpasser

ses professeurs, et c'est lui qui bientôt corrigera

leurs dessins,

N'AYANT plus rien à apprendre de ses maîtres,

c'est dans lui-même, c'est dans son propre

génie qu'il puise son inspiration. Une nature

médiocre, sans guide, eût été perdue. Un

artiste de la trempe de Michel-Ange n'est

devenu si grand, n'a enfanté des conceptions si

neuves et si hardies, que parce que tous ceux

qui auraient pu gouverner son essor, s'effaçaient

timidement devant sa supériorité.

Cette supériorité suscitait chez ses condisciples

d'ardentes jalousies. Un d'eux, Torregiani,

laissa éclater son ressentiment avec

sauvagerie et le frappa si brutalement qu'il

lui brisa le nez.

Michel-Ange porta toute sa vie la marque

de cette violence et son nez demeura écrasé

dans son visage osseux, à la fois mystique et

passionné, au vaste front ridé, aux tempes saillantes,

aux yeux bruns moirés de filaments

bleus et jaunes, d'une extrême luminosité,

aux lèvres minces, à la barbe noire partagée en

deux touffes en vrille.

Torregiani fut exilé de Florence par Laurent

le Magnifique, qui admirait les premiers

essais en sculpture de Michel-Ange.

Il avait eu pour nourrice la femme d'un

sculpteur, et se plaisait à répéter qu'il avait

sucé, avec les sucs de la vie, l'amour de la

sculpture.

Laurent de Médicis, le complimentant sur

un masque de faune qu'il venait d'exécuter,

déclara qu'il n'y trouvait qu'un léger défaut :

ce satyre, étant vieux, n'aurait pas dû posséder

toutes ses dents.

Michel-Ange fit sauter l'une des dents du

faune et fouilla la gencive.

LES R O MA NS DE LA VIE

MIC H E L

par GÂST01

Michel-Ange, enfant sublime, était marqué au front par le

sceau du génie, et sa vocation se joua de tous les obstacles.

Dans cette page, Gaston Derys nous montre l'illustre artiste

poursuivant dans sa patrie sa carrière glorieuse mais laborieuse,

respecté et protégé par les plus puissants de la terre.

Laurent offrit au jeune Michel-Ange un

appartement dans son palais et le combla de

bienfaits.

Les meilleurs peintres et les sculpteurs de

l'époque se retrouvaient à la cour du prince,

mécène attentif et généreux, qui, tout en

réunissant une éclatante collection d'antiques,

accordait la protection la plus large et la plus

éclairée aux artistes contemporains.

Michel-Ange sculpte la Madone en basrelief

de la " Casa Buonarroti ", à Florence, et

le Combat des Centaures et des Lapithes.

Malheureusement, Pierre de Médicis n'hérita

A N G E

-J

Adonis mourant qu on voit au musée de Florence,

et surtout la magnifique Pieta, le groupe

fameux qui orne la chapelle du Crucifix, dans

la basilique de Saint-Pierre.

De retour à Florence, Michel-Ange y

sculpte son orgueilleux David dans un bloc de

marbre colossal ébauché, puis abandonné

depuis un siècle par le ciseau chétif de Simon

de Fiesole.

Il passe de la statuaire à la peinture, brosse

une Sainte Famille, qu'on admire au musée

des Offices, un de ses rares tableaux du chevalet,

puis le carton de la Guerre de Pise, dont

UN PORTRAIT. PEU CONNU DE MICHEL-ANGE, d'après une gravure ancienne.

point des goûts esthétiques de son père. On en

jugera en apprenant que ce prince employa le

génie michelangesque, pendant tout un hiver,

à modeler des statues de neige.

L'Italie était déchirée par des guerres et des

séditions continuelles. Les artistes suivaient

la fortune des princes. Loin de tarir leur inspiration,

il semble que cet état d'insécurité l'ait

exaltée en les détachant d'un bien-être prosaïque

: leur imagination, au lieu de s'engourdir

dans la quiétude matérielle, trouvait au sein

d'une vie âpre et cahotée des ressorts plus

nerveux, en même temps que des raisons plus

profondes d'aimer leur art, refuge et fin

suprêmes.

Les Médicis sont chassés de Florence et leurs

clients persécutés. Michel-Ange gagne Venise,

puis Bologne, où il exécute l'Ange agenouillé

destiné au tombeau de saint Dominique.

Après trois années d'absence, Michel-Ange

reparaît à Florence. Il avait à peine vingt ans.

Il était célèbre.

Il produit un Cupidon endormi, si parfait

qu'il est vendu pour un antique au cardinal

de Saint-Georges. \

Appelé à Rome' sous le pontificat d'Alexandre

VI- il donne son .célèbre Bacchus et son

nous n'avons plus que des reproductions

incomplètes.

Il avait été chargé par le Sénat, concurremment

avec Léonard de Vinci, de décorer

la salle du Conseil.

Les cartons de ces compositions, détruits

dans les troubles de Lombardie, excitaient

l'admiration d'un Raphaël, d'un Benvenuto

Cellini, de tous les artistes de la Renaissance.

L'élévation au siège de saint Pierre de

Jules II, fastueux protecteur des arts, ramène

Michel-Ange à Rome.

L'ambitieux Jules II rêvait d'éterniser sa

mémoire par une sépulture qui surpassât en

splendeur toutes celles qu'on connût. .11 se

commanda un mausolée, mélange d'architecture

et de sculpture, qui devait comporter

une trentaine de statues. Bien qu'il eût consacré

près de quarante années à ce prestigieux monument,

Michel-Ange n'acheva que quelques

statues, comme l'illustre Moïse, comme les Deux

Esclaves, qui sont au Louvre, ou le Génie de la

Victoire, qui est à Florence.

L'architecte Bramante, favori de Jules II,

voyait_ d'un mauvais œil un projet qui ne

pouvait que l'humilier, diminuer son crédit et,

par contre-CQnn- léser ses intérêts pécu-

niaires. II insinua adroitement au pontife que

les personnes qui faisaient construire leur

sépulture de leur vivant, étaient parfois punies

par le destin de ce présomptueux dessein.

S'apercevant que le pape ne le recevait plus

avec le même empressement, Michel-Ange

quitta fièrement Rome.

Le pape envoya à Florence courrier sur

courrier. Inflexible, Michel-Ange refusait de

réintégrer Rome. Sa Sainteté n'avait qu'à

choisir un autre sculpteur. En désespoir de

cause, Jules II intima au Sénat l'ordre impérieux

d'obliger Michel-Ange à retourner à

Rome. Michel-Ange, dont on ne saurait trop

admirer l'indépendance de caractère, répondit

avec une hauteur non exempte de persiflage

qu il irait plutôt à Constantinople, où le sultan

le priait de venir construire un pont.

Il fallut que le pontife lui députât le cardinal

Soderini pour l'amadouer.

Le pape, qui attendait Michel-Ange à

Bologne, l'accueillit par ces paroles désenchantées,

mais sans rancune :

Ce n'est pas vous qui êtes venu nous

trouver. Vous nous avez obligé à aller vous

chercher... "

Jules II lui commanda aussitôt sa statue en

bronze. Petites causes, grands effets : c'est à la

jalousie de l'architecte Bramante que l'on doit

les fresques sublimes de la chapelle Sixtine.

Pour éloigner Jules II de continuer les travaux

du mausolée, ce Bramante lui proposa de faire

peindre la grande voûte de la Sixtine.

PENDANT vingt mois, claustré dans la chapelle,

Michel-Ange poursuivit sans arrêt ce travail

de titan, créant un nouveau type pictural,

inventant, selon le mot de Péladan, une sorte

de " surhomme plastique ", distribuant, dans

une épopée orageuse, l'âpre splendeur de

l'Ancien Testament, éperdu de lyrisme, fou de

couleur et de mouvement, passant avec un

égal bonheur par toute la gradation des sentiments,

idyllique ici, impétueux là, paroxysme

et suavité...

Après avoir donné cette marque fulgurante

de son génie, Michel-Ange se remit au mausolée,

mais Jules II mourut et Léon X l'envoya

à Florence, sa ville natale, pour édifier la façade

de l'église Saint-Laurent. Michel-Ange était

mis en concurrence avec les plus fameux artistes

de son temps et même avec Raphaël. Il

l'emporta sur tous. Léon X mourut. Il fut

remplacé par un pape hostile aux arts, Adrien VI.

Le monument ne fut jamais achevé.

Heureusement, un autre Médicis est appelé

au trône de saint Pierre, Clément VII.

A Rome, Michel-Ange dote d'un Christ

austère l'église de la Minerve. A Florence, il

travaille aux tombeaux des Médicis. Mais voici

de nouveau l'Italie ensanglantée, Rome saccagée,

les Médicis expulsés de Florence.

Comme Benvenuto Cellini au siège de

Rome,. comme Léonard de Vinci, qui eut

l'intuition des chars d'assaut et des mines,

Michel-Ange devient ingénieur militaire. Commissaire

général des fortifications, il soutient à

Florence un long siège, préserve les monuments

des coups de l'artillerie ennemie. Au

milieu des angoisses xle la lutte, il peignait sa

Léda et sculptait ses mausolées.

Florence prise, Michel-Ange se cache à

Venise. Mais Clément VII jette le voile de

l'oubli sur les dramatiques événements qui

viennent de se dérouler et lui ordonne d'achever

4es tombeaux des Médicis.

Il peint la terrible tourmente de son Jugement

dernier dans la chapelle Sixtine.

Paul III le nomme architecte de Saint-Pierre,

dont il construit la fameuse coupole. Sa volonté

arefente donne un nouveau visage à la place du

Capitole, couronne le palais Farnèse d'un

merveilleux entablement, tandis que le poète

cisèle des canzones et des sonnets aux rimés

opulentes et aux pensées sereines.

Infatigable, il travaille jusqu'aux portes de la

mort. Il disparaît à quatre-vingt-neuf ans,

après avoir dicté ,à son neveu ce bref testament

: " Je laisse mon âme à Dieu, mon

corps à la terre, mon bien à mes parents les

plus proches. " .

Cet homme, qui s'en allait chargé de gloire et

de richesses, méprisait le luxe et les grands.

Il vivait en philosophe stoïque, dormait souvent

tout habillé, pratiquait une extrême frugalité.

Inflexible dans son caractère et dans ses

mœurs, il ne rechercha jamais la gloire. Il ne

s'humilia jamais devant les puissants.

Ce misanthrope austère était aussi un misogyne.

Il ne se maria point. Il disait qu'il avait

épousé son art, que ses enfants étaient ses

ouvrages, et que cette postérité lui suffisait.

GASTON DERYS.


IHimiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ na^iiiiiiniiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniMniiiiiiiiniiiiiiiiiiMiiii miiiiiiiiiiii 6 min""""» IIMIIHIII nii iiiniiiim i ■ iiiummi ""»"» LE 31 MAI 1925 > n

v : LES CONTES D'ACTION

LES FRUITS DU SACRILÈGE

Ç"7 T?N de nos hauts faits de cette époque

mérite, à coup sûr, de prendre place

dans ces annales. C'est, peut-être,

il J celui qui me cause le plus de honte.

\S—^ J'ai retracé, à différentes reprises,

toute une série de crimes nés du

cerveau puissant de Raffles et exécutés de nos

mains, mais j'ai toujours omis de parler de

celui qui sortit de mon esprit misérable. Dans

ces mémoires supplémentaires, dans lesquels

j'ai juré de ne rien atténuer, il n'est que juste

que je fasse connaître mes propres bassesses.

Ce fut donc moi, et moi seul, qui, au mépris

de tout sentiment naturel, piétinant sur les

convenances les plus élémentaires, proposai et

préparai les moyens pour opérer une descente

en règle dans la maison même où j'avais passé

mon enfance.

La propriété était située dans un des comtés

du Sud, et je ne passais jamais dans ce pays,

sans avoir la douleur de constater qu'une de

nos anciennes serres avait disparu et avait été

remplacée par une nouvelle écurie. Je n'avais

pas, il est vrai, remis les pieds dons la propriété

depuis le jour où nous l'avions quittée

pour toujours, mais, pendant plusieurs années,

j'avais eu l'habitude d'aller passer quelque

temps chez des amis habitant dans les environs,

et je ne pouvais résister au désir d'aller revoir

les lieux où s'était'passée une partie "de mon

enfance.

Autant qu'on pouvait en juger de la route,

la maison proprement dite ne paraissait pas

avoir été beaucoup modifiée par le nouveau

propriétaire.

La seule autre excuse que je pourrais donner,

et qui n'en serait peut-être pas une aux yeux

de mes lecteurs, était mon désir passionné, à

cette époque, de me montrer à la hauteur de

Raffles. Il insistait tellement pour que nous

fissions un partage absolument égal du butin

que nous rapportaient nos expéditions, que je

tenais à mériter ma part. Jusqu a présent, je

n'avais été utile à l'Association, faite en vue

de détrousser notre prochain, que lorsque Raffles

avait besoin d'un comparse. Invariablement,

la part prépondérante lui appartenait dans nos

succès.

C

jfe jfe A

'ÉTAIT toujours lui qui trouvait l'idée première,

et je tenais à mettre fin à cette

tradition. Il y avait, en Angleterre, une

maison que je connaissais comme ma poche,

et dont mon ami n'avait appris que ce que

j'avais bien voulu lui confier. Il fallait donc que,

pour une fois, ce fût moi qui prisse le soin de

tout diriger, tandis que Raffles n'aurait qu'à me

suivre aveuglément, que cela lui plût ou non.

Je parvins à lui en faire comprendre la

nécessité, et je crois bien que, malgré son peu

de scrupules, mon absence de sens moral

l'étonna quelque peu. Mais j'avais pris mon

parti, et toute remontrance de sa part eût été

complètement inutile.

Dans mon entêtement, je tins à préparer les

choses le plus complètement qu'il me fût

possible ; je traçai, de mémoire, les plans

complets des différents étages, et je me

décidai à aller voir des amis qui habitaient

encore les environs, dans le seul but de prendre

des photographies par-dessus le mur de notre

ancien jardin. Lorsqu'un beau matin je lui

montrai les épreuves, à l'Albany, Raffles ne

put s'empêcher de froncer les sourcils.

— Vous tenez donc absolument à ce que

nous fassions cette expédition, Bunny ?

— S'il était nécessaire, je serais disposé à

m'y rendre seul ! répondis-je sans hésiter. .

— Que non pas... que non pas ! répéta

Raffles en riant et en secouant la tête.. Et

pour quand cette expédition, dites-vous ?

— De vendredi en huit.

— Je n'aime pas, en général, opérer ce

jour-là. Pourquoi l'avez-vous choisi ?

— Parce que c'est précisément le jour de

leur chasse au renard. Chaque année, c'est par

une partie de ce genre qu'ils terminent la

saison, et le vieux Guillemard a l'habitude de

rafler»tous les succès.

— Vous parlez du propriétaire de votre

ancienne demeure, n'est-ce pas ?

— Oui. De plus, il termine dignement la

journée par un dîner à tout casser, continuai-je,

qu'il offre à ses compagnons de chasse et à ses

piqueurs. Si la table n'est pas solidement

construite, elle risque fort de s'écrouler sous

le poids des coupes et des objets précieux

gagnés par les amis du vieux Guillemard et

par lui-même.

— Ainsi, tout le profit que nous pourrons

retirer de cette excursion sera uniquement de

par E.-W. HORNUNG

Rien de plus émouvant que ce récit d'un cambriolage

mouvementé dans la maison même où l'un des voleurs a

passé toute son enfance. La voix des souvenirs éveillerat-elle

en cette âme avilie un suprême retour de conscience?

nous emparer de quelques coupes de prix ?

fit remarquer Raffles en me regardant fixement,

tout en lançant au plafond des nuages de

fumée odorante.

— Pas le moins du monde, répondis-je, mon

cher ami. Je ne vous demanderais pas de

cambrioler un appartement voisin du vôtre

à l'Albany, pour gagner seulement quelques

pièces d'argenterie moderne. Nous aurions

cependant tort de les mépriser, si l'occasion

s'offrait de nous, en emparer, à la condition

que Guillemard ait eu la chance de les gagner,

ce qui n'est pas démontré. Mais ce qui est

certain, c'est que la nuit nçrnanquera pas d'être

fort agitée pour lui et ses invités, et qu'à la

faveur du désordre qui régnera, il nous sera

facile de pénétrer jusqu'à la meilleure des

chambres à coucher.

— Très bien ! répondit Raffles sans cesser

de fumer ; cependant, s'il y a un grand dîner,

il me semble qu'il est vraisemblable que la

femme de. l'amphitryon ne laissera pas ses

bijoux dans sa chambre à coucher, et qu'au

contraire elle aura grand soin de les porter

sur elle.

— Pas tous, mon cher ami, ils sont trop

nombreux pour qu'elle puisse les porter tous

à la fois ; et puis ce n'est pas un dîner de gala,

avec des femmes en grande toilette ; on affirme,

au contraire, que M mo Guillemard est la seule

àreprésenter lebeau sexe et qu'elle est d'ailleurs

charmante. Voyoris, il n'est pas admissible

qu'une femme distinguée comme elle commette

la faute énorme contre le goût de mettre ses

bijoux pour assister à un dîner qui clôture une

chasse au renard ?

— Cela dépend des bijoux qu'elle possède ?

— Elle peut mettre, peut-ê(re, un collier

de perles.

—■ C'est ce qui me semble.

— Ainsi que ses bagues.

— Parfaitement, Bunny !

— Mais il n'est pas nécessaire -qu'elle

mette son diadème en diamants...

— Elle en a un ?-

— De plus, elle ne mettra pas davantage

son collier d'émeraudes et de diamants.

J

Raffles arracha rapidement son Sullivan de

ses lèvres et ses yeux étincelèrent comme du feu.

— Vraiment, Bunny, il y aurait tout cela à

prendre ?

Raffles se frotta les mains.

— Si vos amis de là-bas vous connaissent

depuis longtemps, il ne leur viendrait jamais à

la pensée de vous soupçonner lorsqu'ils viendront

à apprendre ce qui se sera passé, à moins

qu'ils ne vous aperçoivent ce soir-là, ce qui

serait alors très dangereux pour vous comme

pour moi. Avant de décider si vous devez vous

rendre là-bas, il faut sérieusement réfléchir.

Je vais y penser. En tout cas, il vaudrait mieux

y aller séparément et ne nous rencontrer qu'au

dehors de la maison. A partir de ce moment,

je remettrai mon sort entre vos mains.

Cé fut en vertu de ce plan sommaire ique

Raffles, en véritable artiste qu'il était, développa

notre programme définitif. Aucun

homme n'était plus capable que lui de se plier

aux exigences des circonstances, et d'assurer

la victoire alors même que la défaite paraissait

certaine. Chaque détail était toujours minutieusement

examiné, et il allait même jusqu'à

prévoir toutes les impossibilités les plus

diverses et même les plus invraisemblables.

Cette fois-ci, son plan s'arrêta au moment où

nous devions arriver au mur du jardin, car

c'était là que je devais prendre la direction de

l'expédition. Bien que Raffles dût emporter

les outils nécessaires dont il était seul possesseur,

c'était moi qui devais diriger et

contrôler leur emploi.

Je me rendis sur le théâtre de nos exploits

par un train du soir ; je m'étais mis en costume

de soirée et, bien avant d'arriver au terme

de mon voyage, je trouvais Raffles qui m'attendait,

et nous continuâmes notre chemin bras

dessus, bras dessous.

Nous franchîmes une barrière et pénétrâmes

dans une avenue, en forme de demilune,

également fermée par une barrière à

chaque extrémité.

Il n'y avait pas de loge de concierge et les

seules lumières qu'on voyait étaient celles de

la maison. La forme et la hauteur des fenêtres

Les Barbares vêtus de leurs habits rouges, les visages plus congestionnés que jamais, tenaient chacun à la main

une solide cravache. Le crâne chauve et la moustache noire^ le propriétaire de la demeure précédait ses invités.

éclairées, le murmure du vent dans les lauriers

qui nous entouraient, la sensation du gravier

écrasé sous nos pas, tout cela évoquait dans ma

pensée des scènes familières de ma plus tendre

enfance, et pourtant je m'avançai sans remords.

J'étais trop agité en ce moment pour me

rendre compte du repentir que j'éprouverais

plus tard de ce que j'allais commettre, et,

aujourd'hui même, je ressens une honte

immense à raconter le travail auquel je me

livrai cette nuit-là. Mais, tant que je fus dans

le jardin, ces sentiments restèrent lettre

morte pour moi.

Les fenêtres de la salle à manger donnant

sur la route étaient brillamment éclairées ;

malgré le danger d'être aperçus du chemin,

nous regardâmes par les interstices des stores

vénitiens. Jamais, il est bien certain, Raffles

n'eût toléré une pareille imprudence s'il avait

eu la direction, mais, ce soir-là, il me suivit

et m'imita même sans réciminer, et nous

eûmes notre récompense. Les intervalles entre

les lames de bois du store étaient assez grands

pour nous permettre d'examiner tout à notre

aise l'intérieur de la salle. M me Guillemard se

trouvait encore à table, mais elle était la seule

dame présente. Elle était vêtue aussi simplement

que je l'avais prévu. Autour de son .cou

brillait le collier de perles, mais on ne voyait ni

le scintillement dés émeraudes ni le rayonnement

des diamants, pas plus que la constellation

d'un diadème dans ses cheveux.

Je saisis le bras de Raffles pour lui témoigner

mon triomphe, et il me fit un signe affirmatif,

tout en regardant avec attention le visage

congestionné de la plupart des chasseurs de

renard. A l'exception d'un jeune homme (sans

nul doute le fils de la maison), tous portaient

l'habit rouge, et je puis dire, en toute vérité,

que leur visage avait la même couleur. Un individu

d'une taille gigantesque, au crâne chauve

et aux moustaches noires, occupait la place où

s asseyait jadis mon pauvre père. C'était lui

qui avait remplacé nos serres, autrefois pleines

de fruits délicieux, par des écuries à l'odeur

nauséabonde.

Je dois avouer, cependant, qu'il avait l'air

d'un excellent homme. Il était là, écoutant les

jeunes gens raconter leurs prouesses, ou

expliquer leurs défaites. Pendant une minute

nous écoutâmes également, puis, tout à coup, -

me rappelant ma responsabilité, j'entraînai

Raffles à ma suite derrière la maison.

io jfe i&

I

L était difficile de rêver une demeure où il fût

plus facile de pénétrer. Je me rappelle avoir

Jù.en souvent pensé à cette facilité lorsque

j'étais enfant (car, ô ironie du sort, les cambrioleurs

étaient pour moi un sujet perpétuel de

terreur) et je ne me couchais jamais sans

m'assurer qu'il n'y avait pas un malfaiteur

caché sous mon lit. Les bows-windows étaient

surmontées de balcons aux balustrades de fer

forgé, auxquelles il eût été facile d'accrocher

une échelle de corde moins ingénieuse que la

nôtre, que Raffles avait eu soin d'apporter avec

lui, enroulée autour de sa taille. II tenait à la

main la canne télescopique servant à la mettre

en, place. Profitant d'un recoin obscur des

murs de briques rouges, il venait de la démonter

et de l'apprêter pour en faire usage. C'était

précisément un des endroits favoris où j'aimais

à jouer pendant mon enfance. J'avais même,

au cours de la nuit étoilée, poussé assez loin

mes investigations pour retrouver une ligne

blanche que j'avais jadis tracée sur ce mur.

Ce ne fut, cependant, qu'après avoir pénétré

dans la chambre qui avait, autrefois, été la

mienne, qu'après avoir traversé le palier éclairé,

être entré dans la chambre à coucher la plus

confortable de la demeure (la même que de

mon temps), que je me rendis, compte de

l'ignominie de ma conduite. Deux lits jumeaux

occupaient la place du vieux lit à deux personnes

dans lequel j'étais venu au monde.

Les portes étaient les mêmes, et mes mains

d'enfant s'étaient souvent posées sur leurs

poignées. Raffles se mit aussitôt en devoir de

placer un taquet pour empêcher la porte du

palier de s'ouvrir, après avoir eu soin de la

fermer derrière nous.

— Il est probable que l'autre porte conduit

au cabinet de toilette, dit-il. Vous ferez peutêtre

bien de vous assurer de la fermeture de la

porte extérieure de ce cabinet... Non, pas

celle-là, Bunny... Ne fermez pas celle de

communication, car je suis sûr que les bijoux

sont dans cette pièce, s'ils ne se trouvent pas

dans celle-ci.

En un clin d'oeil, j'eus fermé la porte en

question, car elle était munie d'un solide


iiinnii LE 31 MAI 1925 iïïiiiiiiiiiiiiiiuuiniiiii uiiiiiiiui iiiiiiniiiatiiiiiiiiiiiiQïiiinii iiiiiinm: 7 ■ 11,11 riiiniiimini 1 imju 1 1 niiHiuiitiiiiiiniiimiiii] DIMANCHE-ILLUSTRÉ »""'■»

verrou. Pour étouffer mes remords, je n'eus

rien de plus pressé que de me donner du

mouvement, plus même qu'il n'aurait fallu.

C est ainsi que je commençai par retirer la

fameuse échelle de corde de la fenêtre de

ma chambre, et, tandis que Raffles s'occupait à

arranger la porte, je suspendis l'échelle à l'une

des fenêtres de la chambre à coucher principale,

de manière à nous assurer une voie de

retraite dans le cas où les choses viendraient à

mal tourner. C'était là, au surplus, une des

habitudes constantes de Raffles, et je tenais à

lui montrer que j'avais profité de ses leçons.

' Je lui laissais entièrement le soin de chercher

les bijoux. J'avais commencé par ouvrir en

grand le robinet du gaz, qu'on avait, comme

d'usage, laissé en veilleuse. Il me semblait que

nous ne courions aucun risque, et Raffles put

travailler à son aise, éclairé par une lumière

brillante.

La chambre contenait des meubles précieux,

entre autres un chiffonnier en acajou, dont nous

eûmes soin de vider le contenu sur le lit, sans y

rien découvrir de ce que nous cherchions pardessus

tout.

N

ift jfe jfe

OUS nous décidâmes donc à continuer

nos perquisitions dans Je cabinet de

toilette, et Raffles n'aperçut pas plus

tôt le verrou de la porte qu'il leva les bras jsn

s'écriant :

— Un.verrou de ce modèle !... et pas de

baignoire dans la pièce ! Pourquoi ne me

l'avez-vous pas dit tout d'abord ? Cela nous

eût évité des recherches inutiles. Un verrou

pareil indique bien des choses ; voyez, il n'en

existe pas à la porte de la chambre à coucher

et ici il y en a un digne d'un coffre-fort. Ah !

Bunny, je parie que c'est ici que se trouve le

coffre à bijoux !

Raffles s'était bientôt mis à genoux devant

un coffre en chêne sculpté d'une antiquité

indiscutable. Les panneaux n'étaient pas tous

de "la même grandeur, et - l'on y remarquait

comme seule chose moderne une serrure solide,

dont la vue fit sourire Raffles et lui fit sortir

son trousseau de rossignols.

En moins de dix secondes la serrure grinça

et le dessus du coffre s'ouvrit. Mais je n'étais

pas resté auprès de mon ami pour juger de sa

dextérité, car, agité comme je l'étais, j'étais

retourné dans la chambre à coucher dans le but

de m'occuper, et notamment de m'assurer si

l'échelle de corde était toujours à sa place, car

dans quelques minutes...

Je restai pétrifié ! L'échelle que j'avais si

soigneusement fixée au mur afin de faciliter

notre retour sur la terre ferme... avait disparu !

Vous pouvez imaginer mon horreur en arrivant

devant la fenêtre ouverte juste à temps pour

voir disparaître, comme entraînée par une

main invisible au milieu de la nuit, notre seule

planche de salut !

— Raffles !... Raffles !... m'écriai-je. Nous

sommes pincés ! On vient à l'instant de

retirer l'échelle ! ■

En disant ces paroles, je me précipitai sur la

pointe des pieds et tout haletant dans le cabinet

de toilette. Je trouvai Raffles occupé" à faire

sauter le couvercle d'un écrin à bijoux : il

l'ouvrit entièrement avant de me répondre.

— A-t-on vu que vous vous étiez aperçu

de cette disparition ?

— Non ! '

— C'est bien ! Mettez quelques-uns de ces

écrins dans vos poches, car nous n'avons pas le

temps de les ouvrir. Quelle est la porte la plus

rapprochée de l'escalier de service ? ,

— Pasxelle-ci... l'autre !

— Alors, allons-y !

— Je vous montrerai le chemin que je

connais par coeur.

Pendant que j'étais appuyé contre la porte de

la chambre et que Raffles enlevait le taquet

pour pouvoir l'ouvrir, je pensai tout à coup à

un port qui pourrait nous servir de refuge

pendant l'orage qui en- ce moment même

s'amoncelait sur nos têtes. C'était, en effet, le

dernier endroit où l'on irait chercher deux

cambrioleurs habiles ne devant pas être au

courant des secrets de la maison. Si seulement

nous pouvions gagner cet endroit sans être

aperçus, nous pourrions y rester sans être

soupçonnés pendant des heures et même des

journées entières.

Mais il fallut vite faire notre deuil de ce beau

rêve. Le taquet était parti et Raffles s'était

relevé. Nous ouvrîmes la porte, et sur le seuil

nous restâmes muets d'horreur.

Montant l'escalier tout doucement, sur la

pointe des pieds, recouverts uniquement de

chaussettes de soie, nous aperçûmes, en files

serrées, les Barbares eux-mêmes vêtus de leurs

habits rouges, les visages plus congestionnés

que jamais, et tenant chacun à la main une

solide cravache. Le crâne chauve et la moustache

noire, le propriétaire de la demeure

précédait ses invités.

L'animal, en arrivant à la dernière marche,

fit entendre un hallo ! des plus sonores et

«'arrêta.

Ce temps d'arrêt devait lui coûter cher.

Le palier était assez

large à traverser. D'un

côté nous avions le mur

et les portes donnant

sur les chambres, de

l'autre la rampe de

l'escalier, et en face de

nous une porte garnie

de drap. Si Guillemard

ne s'était pas arrêté

pour pousser son cri de

triomphe de chasseur

qui voit le gibier, il

nous aurait assurément

pris l'un où l'autre, et

s'emparer de l'un,c'était

assurer la capture du

camarade. Profitant de

l'instant de répit, je

me précipitai de toutes

mes forces vers la porte

de drap avec Raffles

sur mes talons, après

avoir rapidement jeté un

coup d'œil sur la cage

de l'escalier où montait

rapidement la bande

des chasseurs.

— Ils se sauvent!... ils

se sauvent !... criaientils

à plein gosier.'

— Vite... vite !... les

voilà là-bas !...

Enéffet.je venais, en

compagnie de Raffles,

de traverser la porte de

drap. Je l'avais tenue

ouverte pour permettre

à mon ami de passer,

et je l'entendis la refermer

violemment au nez

du maître de maison.

Uneautrebandemontait

par l'escalier de service,

et j'entendais ses cris,

mais tout ce que je voulais,

c'était de parvenir à

l'étage supérieur.

Nous y parvînmes

malgré tout, et bientôt

nous galopions à toute

vitesse dans le corridor

du haut avec tous les

N chasseurs à nos trousses.

Ce couloir était à peine

éclairé, car c'était là que

donnaient toutes les

chambres des domestiques.

Mais je savais ce

que je faisais. A l'extrémité

du corridor je tournai

à droite, puis je

franchis la première

porte à gauche, et nous

nous trouvâmes dans

une pièce située sous la

tour.

De mon temps une

longue échelle conduisait

à cette tour ellemême

; je me précipitai

vers le coin où elle était

placée autrefois. Dieu

merci, elle s'y trouvait encore ! Nous nous y

jetâmes et bientôt elle fléchit sous notre escalade

affolée. Nous arrivâmes à une trappe, dont jë

saisis l'anneau de cuivre, tout en tirant Raffles

derrière moi. Un instant plus tard, nous nous

trouvions sur le plancher de la tour, et rejetions,

sans tarder, la trappe sur le premier de nos

poursuivants. J'avais espéré l'entendre tomber

à terre, mais il est probable que l'individu avait

dû baisser la tête pour éviter le choc de la trappe

car je n'entendis aucun bruit.

P

ife. io

Si le paratonnerre allait se briser sous mon

poids?.,. Si on allait me ramasser mort?

ENDANT toutes ces péripéties, nous n'avions

pas échangé un seul mot, Raffles et moi.

Il m'avait suivi comme je l'avais mené,

sans risquer de perdre haleine à poser des

questions pendant que le groupe de nos ennemis

hurlait de toutes ses forces :'

— Ils sont terrés !... ils sont terrés !

Le maître de la maison, qui nous avait

toujours suivis, parut avoir été dégrisé par le

coup qu'il avait reçu sur la tête lorsque la

trappe était tombée. Nous n'entendions plus

sa voix, mais nous le sentîmes tenter de toutes

ses forces de lever la trappe en question, sur

laquelle Raffles et moi nous nous tenions côte

à côte. Je croyais bien, en effet, que Raffles se

tenait à côté de moi, mais je reconnus mon

erreur quand il me pria de lui donner de la

lumière. Je craquai une allumette et je le vis à

genoux en train de poser ; des cales pour

empêcher la trappe de s'ouvrir.

Je l'aidai de tout mon pouvoir et bientôt

nous sentîmes que les poussées de l'extérieur

avaient complètement cessé, en même temps

que nous entendîmes l'échelle crier sous des

pas lents et pesants qui en descendaient.

A ce moment nous nous relevâmes, éclairés

par un bout de bougie que j'avais allumé et

que je laissais brûler

sur le plancher. Raffles

regarda tour à tour les

quatre petites fenêtres,

puis se tourna vers moi.

— N'y a-t-il aucun

moyen de sortir d'ici ?

murmura-t-il avec un

courage auquel il eût

été difficile de s'attendre


Je ne me rappelle plus ce que je fis ; tout ce

que je sais, c'est que rien ne se brisa, que je

tins bon et qu'enfin j'arrivai auprès de Raffles

sur la pelouse du jardin, les mains ensanglantées

et brûlées, comme au fer rouge, par le glissement

le long du fil de métal que j'eusse pu

croire chauffé à blanc.

N

OUS n'avions -pas le temps de réfléchir ;

déjà, on se remuait à l'intérieur de la

maison, et le flot des chasseurs qui s'était

porté aux étages supérieurs, était descendu en

bas. Je suivis Raffles en galopant sur le bord de

l'avenue, n'osint pas jeter un regard en arrière.

Nous sortîmes par la barrière opposée à celle

par laquelle nous étions entrés. Sur la droite

se trouvait un petit sentier privé conduisant aux

écuries, et Raffles tourna, rapidement dans

cette direction, au lieu de suivre la route découverte.

Bientôt nous vîmes les écuries brillamment

éclairées, et nous entendîmes le bruit

des sabots des chevaux sur la cour dallée, et,

un instant à peine après notre passage, les

barrières s'ouvrirent à- deux battants. Nous

nous blottîmes aussitôt à l'ombre du mur dû

jardin potager, tandis que la grande route

résonnait sous le galop des chevaux.

— Ils sont partis chercher la police, dit

Raffles âmes oreilles, mais le remue-ménage ne

fait que de commencer dans les' écuries.

Entendez-vous ce vacarme ? Voyez ces lumières

courant de tous côtés. Dans un instant,

les chevaux de chasse seront sellés pour la

dernière course de la saison. C'est nous qui

serons le gibier ! Mais il ne faut pas que nous

leur donnions une piste à suivre. Je ne vois

qu'Un endroit auquel ils ne songeront pas.

— Lequel ?

— L'autre côté de ce mur. Quelle superficie

a le jardin, Bunny ?

—^J3ix ou sept acres.

— Eh bien ! il faut que vous nous conduisiez *

dans un de vos coins favoris d'autrefois, afin

d'y pouvoir rester jusqu'à demain matin.

— Et alors ?

— Passons la nuit d'abord, Bunny ; elle

porte conseil. La première chose est de trouver

un terrier. Quels sont ces arbres au bout de ce

sentier ?

— C'est la forêt de Saint-Léonard.

—- Parfait ! Ils vont la fouiller dans toutes les

directions avant de revenir de ce côté. Allons,

venez, Bunny ! Aidez-mpi à sauter le mur, et

je vous tirerai ensuite.

C'était bien là la meilleure solution, malgré

toute la répugnance que j'avais à demeurer

dans la propriété. J'avais déjà réfléchi à un

autre sanctuaire des vieux jours qui pourrait

nous servir d'abri. Dans un coin éloigné du

jardin, à quelques centaines de yards de la

maison, : se trouvait un petit étang qui avait

été creusé de mon temps. Ses bords étaient

formés par une pelouse et des massifs de

rhododendrons, au milieu desquels existait

une petite cabane qui avait fait mon bonheur

autrefois. Elle avait été construite d'abord

pour servir d'abri au petit canot destiné à nos

amusements sur l'étang, et ensuite pour être

utilisée comme cabine par ceux qui voulaient,

au lieu de prendre la douche le matin, se livrer

au plaisir de la natation en compagnie des

poissons. Il m'était impassible de dénicher

un endroit plus sûr que celui-là pour passer

no\ » nuit. Et quelle nuit !

(Lirf \a suite page 15./


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SAUVAMES N'ONT PAS *

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LER. DANS LA

PROUSSE.E-T

NESTOR. A DÉ-

CIDÉ DE TOUT

TENTER, POUR

DÉLIVRER, ym

AKl.

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uES SAUVAMES ME CR.OIENT

MORT OU CACHÉ PAN'? E ^LISSER

DANS LE CAMP

DES SAUVAMES.

Elt UN COUTEAU

A LA MAIN IL

VA COUPER LES

LIENS QW RE-

TIENNENT Au

POTEAU LE

PAUVRE TÈ-FOf.

/ D'ABORD, JE. VAIS MONTRER CE CHA-

PEAU AU-DESSUS DES ROCHERS, S ILS

L'APERÇOIVENT, 'LS ENVERRONT DES

FLÈCHES-AUSSI JE SAURAI SI L'ENNEMI

E-ST DAN^ «^N LES ENVIRONS,

Copyri-r) J v i v Dimanche-Illustré, Chiago Tribune.


iniiiiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ lUiiiiiiimiMiiiuiiiiiiiiu'miiiiiiiiiiiÏHii i liiiinifrMfMtnii 10- liiiin IHWHHI iiiMiiii|iiiiiiiiiiiuiMiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiinii mm LE 31 MAI 1925 111111111'

JE VOUDRAIS BIEN SAVOIR...

Ce qu'on entend par locataires de bonne

foi ?

O

N entend par locataires de bonne foi,

ceux qui se conforment aux prescriptions

légales fixées par les articles 9 et 10

de la loi du 31 mars 1922.

C'est ainsi que se trouvent exclus de la loi

votée le 24 avril dernier par les Chambres, et

ayant pour but d'empêcher les expulsions des

locataires et occupants de bonne foi jusqu'au

! 01 janvier 1926, les locataires tapageurs ou batailleurs,

les mauvais voisins qui troublent

les co-locataires ou sont un sujet de scandale

pour l'immeuble, et enfin ceux qui ne

paient pas régulièrement leur loyer ou ne

veulent pas accepter les augmentations permises

par la loi.

*- A A

Ce qu'est le pain de gruau ?

L

ORSQUE le froment est écrasé entre des

meules peu serrées, une partie du grain

se réduit en farine, tandis que l'autre

n'est broyée qu'imparfaitement et forme des

. granules arrondis plus ou moins fins. Ces

derniers sont constitués par la portion qui avoisine

l'embryon et qui est la plus dure, la plus

riche en gluten et par conséquent la plus nourrissante

du froment.

Ces granules, séparés du reste de la farine,

constituent le gruau de froment. Tantôt on

le vend dans cet état sous le nom de semoule,

tantôt on le soumet à une mouture plus

complète entre des meules plus rapprochées, et

l'on obtient ainsi une fleur de farine, avec

laquelle se font les petits pains de luxe qu'on

appelle pains de gruau.

Comment est stérilisée l'eau potable des

villes ?

L

ORSQUE l'eau est puisée dans une rivière,

il est de toute nécessité qu'elle subisse

plusieurs traitements avant d'être potable,

ce qui, entre parenthèses, ne veut pas dire que

cette eau doit être complètement purifiée.

Une partie de l'eau qui alimente Paris est

puisée dans la Seine ou dans la Marne par de

puissantes^ pompes qui, après avoir aspiré le

liquide, le refoulent dans des filtres où elle

deviendra propre à la consommation. Ces

filtres sont constitués d'abord par des bassins

en ciment armé, chargés de sable, reposant sur

des dalles poreuses. Au fur et à mesure que le

sable se charge d'impuretés, sa surface est nettoyée

automatiquement. Au sortir de ces

bassins, l'eau est très claire, mais cependant

pas encore potable. Elle est alors dirigée sur

les filtres proprement dits, qui sont encore des

filtres à sable, mais où le passage de l'eau est

très lent. Au sortir de ces bassins, l'eau subit

la " javellisation ", procédé de stérilisation

accepté par les pouvoirs publics, qui détruit

instantanément tous les germes nocifs que l'eau

pourrait encore contenir. D'ailleurs, ce procédé

n'enlève en rien à l'eau ses qualités, car la

dose d'eau de Javel est très faible, environ une

goutte par hectolitre d'eau. L'eau est alors

prise dans des conduites où elle se trouve

complètement à l'abri des poussières. De puissantes

pompes l'envoient dans les réservoirs"

situés sur des points élevés, pour obtenir les

pressions nécessaires à la montée de l'eau à

tous les étages des immeubles. Donc, depuis le

moment où l'eau sort des filtres jusqu'au

moment où elle s'écoule au robinet de l'évier,

rien n'a pu venir la souiller, puisqu'elle a été

constamment enfermée dans la tuyauterie.

Sous quelle (orme se présente le mercure

à l'état naturel, et où on le trouve ?

L

E mercure existe à l'état naturel dans

plusieurs minerais. Le plus important est

le cinabre, ou sulfure de mercure, qui se

trouve, en masses d'un rouge vif, à Idria

(Autriche), Almaden (Espagne), New-Almaden

(Californie). On le découvre aussi en gouttelettes

dans les gisements de cinabre. On

connaît d'autres minerais, tels que le siermannite

(séléniure de mercure), la coloradcïle (tellurure

de mercure), la métacinadarite (sulfure

noire de mercure), le calomel (chlorure de

mercure), etc.

C'est du sulfure de mercure, le cinabre, que

l'on retire le mercure. Pour cela il suffit de

griller ce sulfure. Le soufre brûle et le mercure

se dépose, impur cependant. Pour le

purifier, on le distille dans le vide pour éviter

qu'il s'oxyde en présence de l'oxys,;ne de l'air,

réaction facile à la température d'éLullition du

mercure qui est de 356°,8 et qu» produit de

l'oxyde rouge de mercure.


ii-i»"' LE 31 MAI 1925 iiiiiiiiiiiiimin iiiiiiiuiiiiiiiiiihiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiHii 11 iiiiiiiiiiiiiiiHimiiiiiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiHiiiiiiHiiiiiiiiiiirtv^iniiiiiii TKB DIMANCHE-ILLUSTRÉ

PROFITONS DE NOS LOISIRS DU DIMANCHE

POUR NOUS INSTRUIRE UN PEU

AUGUSTE RODIN

E grand sculpteur français qui a un nom

L immortel et pas'de prénom dans la gloire :

Rodin, commença par être un très humble

enfant de Paris, un enfant du quartier Mouffetard,

où il naquit le 14 novembre 1840.

Après avoir fréquenté l'école communale il

fut mis en pension à Beauvais, de onze à

quatorze ans, et revint à Paris^où il entra à

l'Ecole nationale de Dessin. C'est là qu'il apprit

à modeler et entendit parler du grand sculpteur

animalier Barye, qui enseignait le dessin, une

fois par semaine, au Muséum d'Histoire naturelle.

Rodin suivit ce cours, profita des leçons

du maître, surtout' en ce qui a trait aux connaissances

anatomiques, et, à dix-sept ans, entra

comme aide chez un sculpteur ornemaniste,

travaillant à la restauration de Notre-Dame

sous la direction de Viollet-le-Duc. II passa de

là dans un autre atelier, puis chez le sculpteur

Carrier-Belleuse, abandonnant les merveilles

de l'art gothique pour les élégances modernes.

Après la guerre de 1870, il suivit Carrier-

Belleuse à Bruxelles et le quitta pour travailler,

en collaboration avec un ami, à la décoration de

nouveaux édifices, notamment le palais de la

Bourse.

C'est à la fin de son séjour en Belgique qu'il

modela sa première œuvre, l'Age d'airain, qui

fit sensation à Paris, au Salon de 1877, et lui

valut l'accusation à la fois la plus flatteuse et la

plus absurde : le jury et la critique l'accusèrent

ou le soupçonnèrent d'avoir eu recours au

moulage d'après nature, pour atteindre la perfection

qui est vérité. La légende ne laissa pas

de gêner l'admiration. Le plâtre fut cependant

acquis par l'État, qui commanda le bronze.

Au Salon de 1882, Rodin exposa son Saint

Jean prêchant dans

le désert, bronze

accompagné du plâtre

; Adam ou la

Création de l'Homme.

Sa gloire date

de cette époque.

L'Etat lui demanda

d'exécuter sa Porte

de l'Enfer, grande

conception dantesque,

à laquelle il

travailla pendant

quinze années, et

qui lui inspira toute

AUGUSTE -RODIN une partie admirable

de son œuvre.

Il exécuta, après 1882, Eve ou la Création de

la Femme, le Baiser ; des statues : Victor Hugo,

Balzac; des groupes : Ugolin et ses Fils; au

total, une œuvre considérable, qui, réunie à

l'Exposition de 1900, permit de voir une puissance

créatrice sans exemple dans l'histoire de

la sculpture depuis Michel-Ange.

Ayant atteint sa perfection, il cessa, après

1900, de créer des ensembles, pour ne plus

donner que des œuvres volontairement inachevées,

faisant sortir l'idée de la matière, la

dégageant du bloc, en artiste qui vénère la vie.

En 1916, il fit don à l'État de toutes ses

œuvres personnelles, de toutes ses collections

de sculpture antique et œuvres d'art diverses,

et c'est ainsi que fut constitué le musée qui

porte son nom et qui a pour cadre l'hôtel Biron,

où il travaillait. Rodin mourut l'année suivante,

le 17 novembre 1917, à l'âge de soixantedix-sept

ans, dans sa villa de Meudon.

L

jfe A jfe

LES ANABAPTISTES

ES anabaptistes, qui eurent pour chef

Nicolas Stork, disciple de Luther, étaient

ainsi nommés parce qu'ils rejetaient le

baptême des enfants, en limitant ce sacrement

aux adultes. C'était une des sectes les RIUS

fameuses issues du protestantisme. C'est

vers 1520 que Nicolas Stork réclama, outre

l'indépendance absolue en matière religieuse,

l'établissement des principes de l'Évangile sur

la terre, c'est-à-dire la destruction de la féodalité

et l'organisation de. la société basée sur

l'égalité civile et politique. La Souabe fut le

pays d'origine des anabaptistes, d'où ils se

répandirent bientôt jusqu'en Westphalie, malgré

supplices et persécutions. En J534, leur

chef était Jean de Leyde, qui périt dans les

supplices avec la plupart de ses partisans,

après que l'évêque, qui avait été chassé par

eux de Munster, eut repris la ville. De Westphalie,

cette religion, pourtant, s'infiltra en

Hollande, en Suisse, également combattue

par catholiques et luthériens. Son esprit s'altfra

peu à peu, et, aujourd'hui, c'est surtout

en Angleterre et aux États-Unis qu'on retrouve

des sectes de baptistes, qui ne se distinguent

de la religion réformée que par quelques pratiques

particulières.

U

N des plus grands et des plus audacieux

de ces conquistadors aventuriers et

colons, comme l'Espagne sut en four-

nir à l'époque de la Renaissance.

Fernand Cortez naquit à Medellin, dans

l'Estramadure, en 1485. Dès l'âge

de dix-neuf ans, il quittait l'Espagne,

pour rejoindre, à Saint-

Domingue-d'Hispaniola, un de

ses parents, Nicolas d'Ovando.

Sept ans plus tard, en 1511, le

voici à Cuba, aux côtés de Diégo

Vélasquez de Léon, contre lequel

il sera, dans quelques années,

en rivalité déclarée. Mais Vélasquez

a dû reconnaître dans le

jeune Fernand Cortez des qualités

exceptionnelles, car c'est à

lui qu'il donne le commande-

FERNAND CORTEZ

ment de l'expédition chargée de

conquérir le Mexique.

FERNAND CORTEZ

Cortez quitte Cuba, en 1519,

avec onze bâtiments et débarque àSaint-Jeand'UIoa,

d'où il gagne Mexico.

Montézuma, chef des Aztèques, le reçoit

cordialement et, avec beaucoup de diplomatie,

est amené à se reconnaître le vassal-et le

tributaire de l'empereur Charles-Quint. Mais

cette entente ne devait guère durer. Cortez

commit une faute lourde en s'attaquant aux

croyances religieuses des Aztèques, qu'il me-

C

ET effroyable soudard, qui, en 1815, rêvait

de faire sauter Paris pour venger la

Prusse des victoires de Napoléon, n'était

cependant pas entré de bon gré dans l'armée

prussienne. Ce n'est qu'à l'âge

de vingt-huit ans — il était né

en 1742 — 1 qu'il avait été

incorporé de force dans les

troupes de Frédéric II, ayant

été fait prisonnier parmi les

Suédois, chez lesquels il s'était

engagé fort jeune. Mais Gebhard-Lebrecht

de Blûcher

était de ceux qui font la guerre

pour la guerre. Aussi suivit-il

avec toute son énergie et sa

bravoure, qui étaient grandes,

le roi de Prusse au cours de la

guerre de Sept ans. En 1770,

comme capitaine, on le trouve en lutte contre

la Pologne. Il devient colonel et, à partir de

1793, participe à toutes les campagnes contre

la France. A Auerstaedt, il est obligé de s'enfuir

à la tête de ses troupes et, vivement poursuivi

par nous, il ne peut s'arrêter qu'à Lûbeck.

- Il ne pardonnera jamais cette capitulation à

ses vainqueurs. Bien qu'âgé de soixante et onze

ans, en 1813 il accepte le commandement de

C

* * *

BLUCHER

naça en leurs temples. Alors seulement la

race aztèque se solidarisa contre l'envahisseur.

Cependant Vélasquez, demeuré à Cuba,

ne manquait pas de surveiller les agissements

de son lieutenant vainqueur. Il l'accusa bientôt

de vouloir se tailler un royaume

dans les pays conquis. Il n'hésita

point à envoyer contre lui une

expédition, sous les ordres de

Nervaez. Cortez quitta Mexico

et vint à la rencontre de cet

adversaire inattendu, qu'il battit

complètement à Zampoalla.

Mais, durant ce temps, les Aztèques

révoltés assiégeaient les

troupes qu'il avait laissées dans

Mexico. Il dut évacuer cette ville

le 1 er juillet 1520. La conquête

était ajournée. Il fallait la recom-

mencer. C'est ce qu'il fit en 1521,

anéantissant la puissance

aztèque. Ce n'est qu'en 1530

qu'il retourna au Mexique pour organiser

sa conquête, non sans beaucoup d habileté.

Le dédain que lui témoignait Charles-Quint

porta de rudes coups au cœur de cet homme

loyal. Après avoir pris part, en 1541, à l'expédition

d'Alger, il mourut, définitivement méconnu

et retiré de la vie publique, en 1547,

à Casilleja de la Cuenta, près de Séville.

Écrivain érudit, il a laissé des mémoires.

l'armée prussienne contre la Grande Armée

de Napoléon, poursuivie par la meute de ses

ennemis. Blûcher, enflammé de haine et de

violence, sera l'âme militaire de la coalition.

Ayant sous ses ordres 120.000

hommes, il bat Ney, Marmont

et Bertrand près de Dresde, il

marche sur Leipzig, puis il entre

en France. Après avoir pris

Nancy, il s'avance en Champagne,

se fait battre à Champaubert

et à Montmirail, mais, grâce

à la supériorité de ses forces,

empêche les Français de le détruire

à Laon et peut faire sa

jonction avec ses alliés à Arcis-

sur-Aube. Le 31 mars, il entre

BLÛCHER

à Paris, où le roi de Prusse, qui

l'a nommé feld-maréchal au

cours de la campagne, le fait prince de Wahlstadd.

En 1815, Blûcher est de nouveau nommé

commandant en chef des troupes prussiennes.

Défait à Ligny, où ce vieillard se battit

à un certain moment comme une recrue, il est

séparé des Anglais ; mais, contrairement à

Grouchy, il court au canon de Waterloo, faisant

preuve d'une admirable ténacité, et décide du

sort de la bataille. Blûcher mourut en 1819.

* * *

LA MANUFACTURE DE SÈVRES

E n'est point à Sèvres que furent fabriqués

les premiers produits de cette célèbre

porcelaine universellement connue depuis

le XVIII E siècle. Elle est, d'ailleurs, le résultat

de multiples essais, effectués en divers lieux.

D'abord, en 1695, un membre de l'Académie

des Sciences, nommé Morin, installa à Saint-

Cloud un atelier d'où sortirent des pièces imitant

le Chine, d'une pâte blanc laiteux, trop

épaisse. La marque en

était un soleil, ce qui

ne pouvait déplaire à

Louis XIV, et en 1702

la fabrique recevait un

privilège royal. Vingt

ans après, deux ouvriers

de Saint-Cloud,

les frères Dubois, allèrent

s'installer à Chantilly,

où, sous la protection

du prince de

Condé, ils installèrent

un nouvel établissement.

Ils améliorèrent

les procédés primitifs

et parvinrent à une

pâte déjà remarquable

par sa finesse. Bientôt,

le ministre des

Finances,Orry.acheta

les secrets de fabrication

des frères Dubois.

D'autre part, les ateliers furent transférés

à Vincennes, où Caillât apporta les procédés

de la composition des couleurs, et le frère

Hippolyte ceux de la dorure. La manufacture

fut placée sous la direction d'un certain Boileau.

Dès lors, apparaissent d'admirables porcelaines

UN COIN DE L'ATELIER DES POTERIES

à pâte tendre, qui obtinrent un succès inouï dans

toute l'Europe. Il fallut augmenter les moyens

de construction, et l'on construisit de vastes

bâtiments à Sèvrés, où les ouvriers se transportèrent

en 1756. Peu après ce transfert, le roi,

qui était un des bailleurs de fonds de l'affaire

de Vincennes, achetait toutes les actions.

Un arrêt du Conseil royal du 17 janvier 1760

établissait les statuts de la manufacture de

Sèvres, qui, depuis, ne

cessa d'appartenir à

l'Etat. L'année suivante,

Sèvres acquérait

le secret de la

fabrication de la porcelaine^

pâte dure, et,

peu après, l'on découvrait

en France la

matière première nécessaire

à cette fabrication

: le kaolin. Concurremment,

on put

donc produire de la

porcelaine à pâte dure

et de la porcelaine à

pâte tendre.

Conservée par la

Révolution, la manufacture

fut dirigée, de

1800àl847,parBrongniard,

qui introduisit

quelques améliorations,

mais qui abandonna les formes gracieuses

des porcelaines de Sèvres pour ces formes académiques

et les décors séyères, infiniment moins

appréciés.

En 1876, fut inaugurée l'usine nouvelle,

celle que l'on voit aujourd'hui.

C

VAUVENARGUES

ONNU comme écrivain et moraliste, Luc

de Clapiers, marquis de Vauvenargues,

chercha sa voie dans diverses carrièrés,

sans que la fortune le favorisât jamais. Né en

1715, il avait pour père le premier consul

d'Aix, de bonne noblesse, néanmoins peu

argenté. II reçut une médiocre instruction,

mais' put, à dix-huit ans, entrer dans l'armée

comme sous-lieutenant. De santé médiocre,

mais énergique, il fit campagne en Italie ; puis,

après avoir mené la vie de garnison de 1736 à

1741, partit pour la campagne de Bohême, où

il eut les pieds gelés. Sa carrière militaire était

terminée. Elle ne lui avait pas été inutile, car

ses loisirs nombreux, il avait pu les consacrer

à l'étude des lettres. Il avait même, chaque

jour, pris des notes sur les sujets les plus divers,

notes dans lesquelles il devait largement puiser

plus tard pour son Introduction à la connaissance

de l'esprit humain. Ayant quitté l'armée,

il ne songea pas, cependant, tout d'abord

à devenir homme de lettres : il voulut entrer

dans la diplomatie. De nombreuses démarches

lui valurent des promesses, qui auraient peutêtre

été réalisées si, lors d'un séjour à Aix,

dans sa famille, il n'avait été atteint de petite

vérole. Il en fut défiguré et rendu presque

aveugle.

Dès lors, quoique sans fortune, il chercha

une consolation dans la méditation et la littérature.

1

II ne publia qu'un volume au cours de sa

vie — et qui n'eut qu'un médiocre succès, si

ce n'est auprès des philosophes, et notamment

de ses amis : Voltaire, Mirabeau, Marmontel —

l'Introduction à la connaissance de l'esprit

humain, suivie de Réflexions et de Maximes.

C'est une œuvre

d'un esprit sobre et

pur. Contrairement

à La Rochefoucauld,

Vauvenargues cherche

dans l'homme

les sentiments nobles

et les passions

généreuses : " Aimez

les passions

nobles",dit-il. Vertueux

lui-même, il

n'affecte pas une

vertu austère, car

c'est aussi un sen-

timental, auquel

Rousseau n'a pas été

indifférent et, comme tous les écrivains de son

siècle, il ne se contenta pas d'apprécier la

psychologie humaine, il chercha à en tiror

des règles de morale sociale.

Vauvenargues mourut en 1747.

V

VAUVENARGUES

LES DOUZE TRAVAUX D'HERCULE

OICI, dans leur ordre, les douze travaux

fameux que la légende impute à Hercule

:

1° Le plus fameux héros de la mythologie

grecque pénètre dans l'antre du lion de Némée,

l'étrangle et rapporte sa dépouille ; 2° il tue

l'hydre de Lerne, qui ravageait le Péloponèse,

et ses flèches, trempées dans le sang du monstre,

eurent, dès lors, la propriété de faire des blessures

incurables ; 3° il prend à la course la

biche Cérynitide, après une année de poursuite

; 4° il s'empare du sanglier d'Erymanthe

et l'amène vivant à Mycènes ; 5° il nettoie en

un jour les immenses étables ou écuries d'Augias,

roi des Eléens, en détournant le cours

de l'Alphée et du Pénée ; 6° il tue à coups de

flèches les oiseaux du lac Stymphale, qui attaquaient

les hommes et les animaux ; 7° il

dompte un taureau furieux qui désolait la

Crète ; 8° il s empare des chevaux de Diomède,

roi des Bistoniens, qui les nourrissait de chair

humaine, et leur fait dévorer leur maître ;

9° il tue, dans un combat, Hippolyte, reine

des Amazones, et lui ravit son bouclier ; 10° il

enlève les bœufs de Géryon, roi d'Ibérie, qui

étaient gardés par des monstres, traverse le

détroit de Gadès et plante deux colonnes sur

les deux montagnes opposées, de chaque côté

du détroit ; 11 0 il s'empare des pommes d'or

du jardin des Hespérides .au pied de l'Atlas,

après avoir tué le dragon à cent têtes qui les

gardait ; 12° enfin, il descend aux enfers, délivre

Thésée, enchaîne Cerbère et le conduit

à Eurysthée, roi de Mycènes et de Tyrinthe,

son frère, qui lui avait imposé ces douze travaux

dam l'espoir de se débarrasser de ce

héros.

Hercule avait été condamné à ces rudes

entreprises pour expier le meurtre de sa

femme Mégaiie et des enfants qu'il avait

eus d'elle, nciurtre qu'il (yait commis dans

,un accès A* folie.


tmimi DIMANCHË-ILLUSTRÈ «"«!" irimiiiiiiiiîiiiî iiiimiiuiiiiiiii IIIHIJ iiiiiiiiiiiiiiiiiuiii 12 " imiiiiiiii?uîiiiiiiiii i iiiiiïiii iMiiiijiiiiiiiirmwrniniiiimiimiiiiii LE 31 MAI 1925

LA SEMAINE COMIQUE

UN REMEDE

— Quand vous êtes enrhumé, docteur, que

fat te s-vous ?

... Je tOUSSe ! (Dessin inédit de Pic.)

TARIFS

— 3.000francs,votre portrait: ressemblance

frappante.

— Et pour 2.000 francs.

— Ah l ressemblance garantie.

— Et pour 1.500francs ?

— Dame, pour 1.500 francs, il n'y aura

qu'un petit air de famille ! (Dessin inédit de DOLLY,)

LA GOUTTE DANS I. OrjEAN

— Et malgré ma goutte, docteur, croyez-

Vous que je puisse prendre des bains de mer ?

— Mais bien sûr, voyons, qu'importe une

goutte di plu; ou de moins dans l'océan !

(Dessin inédit de LA NOÊ.)

Un peu de fantaisie

| A modestie chez un écrivain. Cela se rencontre

parfois. Témoin celte anecdote : un jour, en 1830,

un Anglais original, très éclectique en littérature, vint à

Paris tout exprès pour voir Chateaubriand et Paul

de Kodc, qui étaient ses deux écrivains favoris Très

bien accueilli par l'auteur du Génie du Christianisme, qui

fut très sensible à cet hommage, notre Anglais se rendit

ensuite chez le jovial auteur de Monsieur Dupont.

— Monsieur, lui dit-il, je suis venu exprès à Paris

pour vous voir, et M. de Chateaubriand.

• — Est-ce que vous avez vu M. de Chateaubriand ?

demanda Paul de Kock.

— Oui, monsieur, je sors de chez lui.

— J'en suis bien fâché, répondit Paul de Kock. Vous

avez commencé par le rôti et vous finissez par la soupe

aux choux. '

Paul de Kock, on le voit, n'était pas un sot.

T~)ANS un restaurant de Londres. Un client se fait

servir de " l'ox-tail soup " (potage à la queue de

bœuf)

" — Garçon, comment se fait-il que j'aie trouvé dans

ce potage BM* Jent ?

— Une dent ? C'est incroyable. Après tout, il est

possible que le bœuf se soit mordu la queue )

IMPÔTS MGUYEÂ

E trouvant dans un quartier des plus

excentriques et ayant besoin immé-

M diatement d'une adresse, j'étais entré

chez un mastroquet pour consulter le Bottin.

Autour d'une table voisine de la mienne, il

y avait une réunion de politiciens qui faisaient

beaucoup de bruit. L'un d'eux, la forte tête du

groupe et l'espoir du quartier, évidemment,

pérorait avec véhémence en proie à une colère

dont la persistance étonnait, nulle contradiction

ne venant l'attiser.

E compris bientôt que cet orateur' était un

J jardinier politique, lequel commençait à

planter des jalons en vue des élections.

L'idée me vint, alors, de sténographier, au

fur et à mesure qu'il les débitait, ses élucubrations,

tout à fait d'actualité.

— Donc, citoyens, disait-il, puisqu'il faut

des taxes nouvelles, il n'y a qu'à frapper une

catégorie spéciale d'objets qui permette de

n'atteindre que la classe si peu intéressante des

richards et des jouisseurs !... Envoyez-moi au

Conseil un de ces jours et je vous fiche mon

billet que ça ne traînera pas !...

"Dé quoi ?... Vous croyez que je vous conte

des boniments ?... Vous pensez très probablement

:

— Tu dis ça à présent, mon bonhomme ;

mais quand tu tiendras la queue de la poêle et

l'assiette au beurre, tu n'auras pas plus d'idées

que les autres...

— Vous vous trompez, citoyens ; ce que

je veux, je le sais, et la preuve c'est que je l'ai

là, dans ma poche, mon projet de taxes nouvelles

et démocratiques... Tenez, à preuve que

le y'ià !...

RIMO, je flanque un droit de vingt ronds

P sur les paquets de cure-dents... Des

cure-dents !... Non, mais ça ne vous fait pas

sauter de penser qu'il faut, à ces messieurs et

dames, après leurs orgies, des petits morceaux

de plumes de canard taillés en pointe ?...

Est-ce qu'on fait tant de manières que ça,

chez vous autres ?... Le bout d'un couteau

pointu, une dent de fourchette, un éclat de bois

emprunté à la table même, une allumette

aiguisée en deux temps et trois mouvements,

les voilà, les cure-dents des prolétaires ! .. Je

continue...

" Secundo, je flanque un impôt de cent sous

sur les talons Louis XV... Vous savez bien, ces

talons que l'on voit aux chaussures des femmes

de la haute, si pointus, avec le milieu évidé, et

qui les font marcher sur les doigts de pieds ?...

Vous ne direz- pas que c'est pas une riche idée,

ça C'est pas vos femmes et vos filles qui

se perchent sur des petites échasses comme ça

pour aller faire des ménages ou pour aller à

l'atelier ? C'est des inventions de femmes qui

vont en voiture : ça, des bourgeoises, des

actrices, des coquettes !... Tout ça, ça a bien

le moyen de donner cent sous pour faire

joujou avec des souliers qui sont pas faits pour

marcher !... Sans compter que le fait de perpétuer,

par une mode, le nom d'un roi, et de

lui faire encore de la réclame en pleine République,

pourrait être considéré, à la rigueur,

comme un attentat contre "les institutions

nationales et la souveraineté du peuple... Enfin,

qu'ils payent et on fermera les yeux...

" Je continue. Que penseriez-vous d'une

jolie petite taxe sur les orchidées ?... Encore un

nom qui vous épate ?... Les orchidées, ce sont

ces fleurs que vous avez sûrement remarquées

chez les fleuristes épatants des boulevards...

Des espèces de fleurs loufoques qui ressemblent

à des blagues à tabac, à des araignées, à des

carcasses d'oiseaux, à des arêtes de poissons,

à tout, excepté à une fleur... qui valent des fois,

à ce qu'il paraît, plus de vingt francs la brindille,

et dont votre connaissance ne voudrait

pas pour rien... Pan !... Je fiche là-dessus cent

sous de taxe... et je rends service aux marchandes

de fleurs au panier...

" Mais c'est pas tout. Savez-vous sur quoi

je flanque encore cent sous d'impôt ? Sur les

monocles ! Vous savez, ces petits carreaux que

les types chics tiennent devant un 'de leurs

callots en faisant une grimace ? Est-ce que nous

avons de ces affaires-là, nous autres ? Quand

notre vue a faibli, nous sortons, pour lire notre

journal, un bon lorgnon ou une brave paire

de lunettes, et puis voilà... Mais un monocle !

Allez ! pas" de faveurs pour le gauche ou pour

le droit : tous les yeux sont égaux devant la loi

de la myopie !... Attendez, il y a encore mieux :

une taxe épatante... sur une maladie qui

n'arrive qu'aux riches... Cherchez pas, vous

ne connaissez pas : la neurasthénie. Vous

n'avez jamais ça, hein ? Vous n'avez pas le

temps... Ça ne se soigne pas à l'hôpital;.. C'est

comme qui dirait des vapeurs... Les nerfs...

là tristesse... oui, ma chère !... Pan ! Cent sous

d'impôt sur les neurasthénies !...

" Mais j'ai gardé la plus. chouette pour la

fin... Cette taxe-là, par exemple, elle va les

embêter : sur l'or qu'on leur met dans les

dents !... Mais oui ! Vous autres, quand on a

une dent à vous boucher, on vous fourre du

plomb... C'est bien assez bon pour vous ...

Ça ne coûte pas bien cher le kilo... En veux-tu ?

En voilà !... pour quelques ronds, on a de quoi

vous faire une soudure de choix... Mais pour

les messieurs et dames, du plomb ? Oh ! là,

là ! C'est de l'or qu'il leur faut ! Du vrai or,

parfaitement, du même avec quoi que l'on fait

des montres, des chaînes et des pièces de

vingt francs ! Vous comprenez que ça ne peut

durer ! D'abord, parce que, sous un vrai

régime socialiste, il est inadmissible qu'une

quantité d ot puisse être immobilisée, improductive,

fût-ce dans la bouche d'un gros

banquier !... Alors, pan ! vingt fanes de taxe

sur chaque dent aurifiée ! Ceux que ça embêtera

feront comme nous... Ça leur mettra du

plomb dans la tête et ça ne sera pas dommage !

Comment sera perçue la taxe ? C'est bien facile :

tout nouvel aurifié devra aller à la Monnaie se

faire contrôler et poinçonner sa dent, et nous

aurons, par les rues, des agents qui, en présentant

soudain un petit bâton blanc ou autrement,

auront le droit de faire ouvrir les

bouches qui. voudront, pour s'assurer que le

fisc n'a pas été frustré...

TE pense, citoyens, que vous comprenez tout

J ce qu'il y a de juste dans cette série d'impôts

dont ne saurait s'effrayer l'élément démocratique

de la nation, et que je m'emploierai actir

vement à faire voter, si vous m'honorez, un jour,

de vos suffrages... "

Pour la sténographie : Miguel ZAMACOÏS.

UN MARI QUI CONNAIT

BIEN SA FEMME

— Vous voyez ces

petits nuages, c'est l'annonce

d'un orage... -

— Sans blague ?...

Alors, venez donc dîner

à la maison.

(Dessin inédit de VARÉ.)

MALENTENDU

— Voyons, la victime venait vous apporter

de l'argent et vous lui tirez un c:up de revolver?

— Mais, monsieur le président... elle

m'avait réclamé une décharge l

LA PANNE

(Dessin de M. GuiLLEMIN.)

— Impossible de continuer, je n'ai plus

d'essence de térébenthine.

J'sais ce que c'est : une panne d'essence,

quoi i ! (Dessin inédit de TH. BARN.)

CES HOMMES ! TOUJOURS LES MÊMES...

•— Hector ? Ne m'as-tu pas dit que ton

rasoir neuf était épatant ?

— Oui... il coupe fort bien....

— Eh bien,, laisse-moi te dire une fois de

plus que tu n'y connais rien, que tu te feras

toujours rouler et que ton rasoir ne vaut rien...

Voilà une demi-heure que j'essaie d'ouvrir une

boîte de conserves avec et je ne puis même pas

y arriver!...

(Dessin inédit de SbuPAL'LT.)

Quelques bons mots

T_JN député très connu est obsédé par les affaires du

Maroc. On nous affirme que, l'autre jour, ayant

une communication urgente à faire, il s'est précipité au

téléphone en criant :

— Allah ! Allah !

J^ANS un théâtre que nous ne voulons pas nommer.

Avant de commencer la représentation, le régisseur

jette un coup d'oeil dans la salle ; puis, s'adressant au

directeur, d'un ton désespéré :

— Il n'y a que vingt personnes. Nous ferions peutêtre

mieux de leur rendre l'argent ? 1

:— Impossible, ce sont des billets de faveur!

f E petit Jacquot s'arrêta tout à coup de manger sa

soupe'pour regarder attentivement son père en face,

puis il dit :

— Père, dis-moi ce qui rend ton nez si rouge ?

— Le-vent du nord, répondit brusquement le père,'

puis il ajouta : passe-moi la bouteille de vin et puis

tais-toi et mange ta soupe !

Alors, la maman, qui occupait 'l'autre bout de la

table, dit d'une voix suave :

— Oui, Jacquot, passev le vent du nord à ton

père


fiiiiiiiiii LE 31 MAI 1925 >IIIIIIIIIIIIIIIIHIIIIIIIIIIII iiiiiaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuitiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 13 iiiiii|HiiniiuiiimuiifuMiiiùuMiiujHiiiii imùtfiiuHiiMniiiiiii ■ DIMANCHE-ILLUSTRÉ ■"»««

L'ART DE FAIRE CRÉDIT OU LE VENDEUR DÉBROUILLARD

— C'est 120 francs, la paire de chaussures ... vos chaussures... Vous apporterez les — Mon garçon, mais vous êtes fou de faire — Soyez tranquille, patron, il reviendra..

que j'ai choisie?... Je n'ai que 100 francs sur

moi...

— Çanefait rien... Emportezquandmême...

20 francs un autre jour... A Au revoir, monsieur...

crédit de 20 francs à un client que vous ne

i n ^7... • •

connaissez pas f... Il ne va plus revenir maintenant.*

— Qu'en savez-vous ?...

dJ V~! J — J'ai mis dans son paquet j.„ * deux _?„,.„ chaussures „t^,.„„


miiniH DIMANCHE-ILLUSTRÉ îiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiititiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin 14 liiiiiriuiiirinifiinii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiini LE 31 MAI 1925 ■■■■iiiiiîi

BRIC-A-BRAC

CHOS ET NOUVELLES DE PARTOUT

ON FUME BEAUCOUP EN AMÉRIQUE

PUISQUE par les augmentations qu'il subit, le

tabac est à l'ordre du jour, disons que

le revenu total du peuple américain s'est

élevé, en 1924, à 68 milliards de dollars, ce

qui représente, au cours moyen du change, la

somme bien plus impressionnante encore de

1.312 milliards de francs.

M. Frederick, de l'Académie américaine des

sciences politiques et sociales, a eu la curio^

site de dresser le bilan des dépenses banales

et somptuaires qui ont grevé cet énorme

budget. Et il a établi que : 15 milliards de

dollars ont été absorbés par les magasins d'alimentation

courante ; 1.500 millions par les

pâtissiers, confiseurs et marchands de boissons

hygiéniques — les breuvages illégaux n'ayant

pas droit aux honneurs de la statistique ;

1.700 millions sont allés aux vendeurs de

tabac\ Enfin, la confection s'est adjugé 8 milliards

de dollars, l'industrie automobile 3 milliards

et demi, l'ameublement 1.300 millions

et la bijouterie-orfèvrerie 1 milliard de dollars.

Ainsi donc, la moitié des fortes dépenses de

la nation, qui n'affecte guère elle-même qu'une

moitié du revenu global, est consacrée aux

produits alimentaires. Et, si l'on se reporte à la

statistique de 1909, qui n'inscrivait à cette

rubrique que la modeste somme de 4 milliards

de dollars, on constate qu'en une quinzaine

d'années, l'appétit des Etats-Unis a tout

bonnement quadruplé.

Mais ce qu'il y a de plus relevé, dans cette

macédoine de chiffres, c'est que l'herbe à Nicot

— entendez le tabac — l'emporte de 200 millions

de dollars sur le budget de la gourmandise

et de la soif puérile et honnête.

Et ce défi veut justifier la campagne engagée

aux États-Unis contre le tabac après l'alcool,

quand on considère que, bon an mal an, plus

de 32 milliards de francs s'en vont en fumée !

LA POSTE AÉRIENNE

Le Fumeur.

LA poste aérienne nous paraît une chose

toute moderne, une invention dont se

glorifie notre siècle, trop jeune encore pour

avoir appris la modestie . En réalité, elle a quatrevingt-cinq

ans d'existence et ne peut plus

passer pour une nouveauté. C'est l'Angleterre

qui l'a imaginée, comme elle a imaginé

aussi le timbre-poste; dont sir Rcwland Hill

est le créateur à jamais célèbre..Les deux choses

datent de la même année : 1840.

Une des lettres envoyées alors par ballon

figure, cette année, à l'Exposition de Wembley,

côte à côte avec une des premières envoyées

par avion en 1910.

Daily Chronkle.

COMMENT ON FABRIQUE LE GRUYÈRE

COMBIEN de nos lecteurs savent comment

on fabrique le gruyère ? Bien peu, assurément.

Les autres apprendront donc avec intérêt,

par exemple, que le gruyère exigeant de

grandes quantités de lait, les agriculteurs dont

la production individuelle serait insuffisante,

se contentent de vendre leur lait à un fromager

qui, dans un local spécial, appelé " fruitière ",

reçoit les laits et les travaille.

C'est dans les alpages que cette industrie

a pris naissance. A l'origine, chaque traite était

portée dans un chalet, où les produits fabriqués

étaient conservés jusqu'à l'automne pour

être vendus à la ville.

Les bâtiments des fruitières contiennent

toujours au moins deux caves,l'une, dite froide,

exposée au nord, et l'autre, chaude, installée dé

préférence*au midi. A ces deux caves, en succède

parfois une troisième, à température

moyenne, qui sert de magasin, en attendant que

les négociants viennent faire leurs achats et en

prendre livraison.

Le maintien dans la chambre chaude d'une

température sensiblement égale se trouve facilement

réalisé, lorsque la vapeur est utilisée dans

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la fruitière ; dans le cas contraire, on a recours à

des moyens de fortune qui exigent une attention

toute particulière de la part du fromager.

Les laits sont chauffés avant la mise en cuve,

et l'on y verse une solution de présure que la

plupart des fromagers fabriquent, eux-mêmes,

avec de la caillette de veau de lait, suivant le

processus ordinaire.

Le fonctionnement d'une fruitière exige

toujours un capital assez important. Si l'on

songe qu'un fromage de gruyère demande de

deux mois et demi à trois mois pour pouvoir être

livré au négociant, qui assurera encore son

affinage dans ses caves avant de le livrer au

commerce de consommation, il apparaîtra que

le stock de fromages en caves représente une

valeur toujours élevée.

Le sérum, provenant de l'égouttage des

fromages, sert à l'élevage de porcs, dont chaque

fruitière possède un nombre correspondant à

son importance.

LA NOMADE

La Revue Culinaire.

LA "Montagne errante" a recommencé, à

faire des siennes, au grand mécontentement

des habitants de Meerker, localité du

Colorado. La montagne vient à Mahomet !

C'est il y a quinze ans que, pour la première

fois, cette montagne singulière a fait parler

d'elle. De temps en temps, elle se met lentement

à l'œuvre et, tout doucement, avance de

quelques pas en avant. Ce que sont les pas

d'une montagne, on le devine : en un jour, celle

qui nous occupe avance de cinq ou six mètres.

Selon toutes apparences, elle n'est pas décidée

à en rester là. A sa dernière promenade, elle a

gentiment recouvert une route et tout trafic

automobile est interrompu dans le pays.

La montagne se meut à la manière d'une

gigantesque tortue ; elle s'avance sans maladresse

et comme sachant fort bien ce qu'elle

fait. Sur les causés profondes de ces promenades,

les géologues sont, bien entendu,

d'avis opposés. En tous cas, on croit que sous

la montagne se trouverait un sol spongieux et

trempé d'eau, qui contribuerait à lui ôter sa stabilité.Si

nous habitions cette partiedu Colorado,

nous ne nous sentirions pas tranquilles !

LE VOLEUR VOLÉ

Berliner Tageblaft.

ONSIEUR FORD eut, on le sait, d'humbles

M' origines. ,

Il aime parfois à émailler sa conversation de

souvenirs de ses premières heures difficiles. Il

est notamment une anecdote qu'il conte fréquemment,

et ayee un plaisir sans cesse renouvelé.

Une nuit, il y a de cela de longues années,

M. Ford fut réveillé par un bruit suspect. Muni

de son revolver, il se leva et, dans la pièce voisine,

trouva un cambrioleur qui s'efforçait

à éventrer un meuble.

L'homme, ainsi surpris, parut piteux et

sembla n'avoir rien du malandrin professionnel.

Alors, M. Fèrd le renvoya en lui disant :

— Allez-vous-en. Et n'essayez plus de

trouver, la nuit, de l'argent dans la maison d'un

homme qui, lui, ne réussit pas à en trouver

pendant le jour.

SPITZBERG ET SVALBARD

Revue Française.

LE Spitzberg, d'où les avions dè l'explorateur

Amundsen viennent de s'envoler

vers le pôle, vient d'être rebaptisé par les

Norvégiens, qui sont en train d'expulser de

leur vocabulaire géographique tous les noms

d'origine étrangère. Le Spitzberg s'appellera

désormais Svalbard. C'est le terme original

sous lequel cette île glaciale fut désignée,

lorsque des aventuriers norvégiens, précurseurs

hardis des explorateurs polaires, la découvrirent

en 1194. Le fait est rapporté par le Islandske

Annaler, dans six manuscrits différents, mais

jamais découverte géographique importante

ne fut annoncée plus laconiquement, plus

modestement. Le fait est consigné en deux

mots : "Svalbardi fundinn ", c'est-à-dire :

"Svalbard a été trouvé ". Svalbard veut dire:

le côté froid.

Morning Posl. '

DOLÉANCES DE LA FEMME DE CHAMBRE

LA crise des domestiques, comme on dit, ne

sévit pas qu'en France. Témoin cette

lettre que reçut une dame de l'aristocratie britannique

qui avait demandé, par annonces,

une femme de chambre. On y verra quelques-

unes des conditions posées par la candidate :

" De combien de pièces se compose l'appartement

?

" Si la chambre destinée à la postulante est

grande, aérée, et si elle renferme une vaste

armoire pour pendre les vêtements ?

"Si la maison est située dans un quartier

paisible, voisine de la mer et possède une

jolie vue ?

"Si dans les appartements fonctionne l'éclairage

à l'électricité, s'il y a un réchaud à gaz

dans la cuisine ?

" Si le linge est lavé en dehors de la maison ?

" Si la bonne a droit à se servir de la baignoire

des patrons ?

L'AMOUR DE L'ART

L'Intransigeant.

LE docteur S... aime la peinture et en a de

fort belle (Modigliani, Redon, Derain,

Marquet, Utrillo, Vlaminck, etc.). Mais ce qui,

de partout, attire chez lui les gens, c'est qu'il

excelle à rendre chevelus les cuirs les plus stériles.

Un des clients lointains du docteur est

Mr.C. C P..., de Baltimore, homme aussi

chauve , et aussi peu artiste que les boîtes de

conserves qu'il manufacture. Hier, Mr C.C.P...

arrivé à Paris le jour même et qui veut se rembarquer

immédiatement, sonne chez son médecin,

dont il stipendie lé domestique : celui-ci,

pour que le généreux étranger n'ait pas à

attendre son tour au salon, l'entreposera dans

un cabinet, le temps de laisser s'achever la

consultation en cours. Mais, à peine la porte de

ce refuge s'est-elle entr'ouverte, que Mr. C. C.

P... recule :

— Non ! non ! Pas là ! A mon précédent

voyage, vous m'avez déjà enfermé là-dedans...

avec ces femmes en peinture... peau rouge, oeil

de travers, cou long comme un mât. Elles

m'ont donné le mal de mer jusqu'en Amérique.

Je ne veux pas les revoir. N'insistez pas.

J'attendrai dans l'escalier.

Le Bulletin de la Vie Artistique.

LA MENACE DES CHEVEUX COURTS

C'EST en 1917, à en croire un journal professionnel,

que commença l'ère des cheveux

courts. Et cette mode ferait encore fureur pendant

trois ans, car la durée d^une mode, en

coiffure, est, paraît-il, de dix ans. La vogue

du chignon à la grecque dura dix ans exactement,,

ainsi que celle du chignon haut. Dans

trois ans, la, mode des cheveux courts aura

vécu, et les femmes laisseront repousser leurs

cheveux comme avant. Oui, mais cette mode

n'aura-t-elle pas eu, entre tèmps, des conséquences

inattendues et désastreuses ? Peu

rassurantes sont, en effet, à cet égard, les prédictions

de M. Charles Nestlé, de New-York,

vice-président de la " Wholesale Beauty Trade

association ". Dans une assemblée de cette

société qui s'est tenue à Atlantic-City, il a

déclaré, devant un auditoire féminin : " Si les

femmes continuent à adopter la coiffure à la

garçonne, elles n'auront pas lieu d'être étonnées

en se voyant bientôt pousser la barbe tout

comme les hommes. Il se produira, on peut en

être sûr, un déplacement de l'activité du système

pileux. Nous verrons s'il leur est agréable

d'avoir des moustaches à la Van Dyck ! En

outre, je les préviens, que la calvitie féminine,

va se généraliser. Elles auront des " genoux "

comme les vieux messieurs. Je m'appuie sur des

raisons biologiques très positives. "

Devant une telle perspective, convenons

qu'il faut un certain courage pour se plier,

aujourd'hui, aux exigences de la mode des

cheveux coupés !

Elle.

CHEMINS DE FER D'ALSACE ET DE LORRAINE

L'Administration des Chemins de fer d'Alsace

et de Lorraine a l'honneur de porter à la connaissance

du public que ses divers services automobiles

de la route des Vosges commenceront à fonctionner

aux dates éi-après :

1° Le 25 juin. — STRASBOURG-SAINTE-ODILE-

STRASBOURG : départs, dimanche, mardi, jeudi,

vendredi et samedi ;

2° Lé 20 juillet. — STRASBOURG-NIEDERBRONX-

STRASBOURG : départs tous les lundis ;

îl° Le i" juillet. — La ROUTE DES VOSGES en

trois jours, STRASBOURG-MULHOUSE ou vice versa.

Départs de Strasbourg les lundis, mercredis, vendredis

; départs de Mulhouse les lundis, jeudis et

samedis ;

4° Le 1" juillet. — MULHOUSE-BALLON D'AI.-

SÂCE ou vice versa : départs journaliers.

l'oiir tous renseignements complémentaires,

s'adresser : aux Chemins tle fer (FAlsace et de Lorraine,

à Paris, 15, rue du 4-Septembre ; à Strasbourg,:!,

boulevard du Présidcnt-Wilson ; ainsi que

dans les principales agences de voyages.

Vous pouvez apprendre chez vous, p Q ]

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DU CONFORT

DANS L'AMEUBLEMENT

Depuis que l'homme a quitté sa tente de nomade,

pour habiter dans une construction flxe.son souciconstantfut

de rendre le plus agréable et le plus confortable son intérieur

" Le home " est devenu le lieu de repos du corps et de

l'esprit. De nos jours, grâce aux artistes qui, sans interruption,

conçoivent les mobiliers appropriés aux besoins da

chacun, il est possible de se procurer le meuble que l'on rêve.

Les Établissements Paul GIORDANO, 22, rue Marsoulan,

par leur outillage mécanique perfectionné, par le rendement

d'artisans spécialisés, par le soin du fini et par l'emploi de

bois sélectionnés, sont parvenus à satisfaire les plus difficiles.

Leur revue illustrée NOS MEUBLES, qui vous sera adressée

sur simple demande, sera pour vous l'aperçu de ce que

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LES FRUITS DU SACRILÈGE

(Suite du texte de la page 7.)

Je m'étais assis, le menton reposant sur mes

genoux, sur le banc où, autrefois, je m'étais si

souvent déshabillé avant de me mettre à

l'eau. Je restai là, paraissant indifférent à tout,

abîmé dans mes pensées.

J'entendis Raffles ressortir de nouveau et je le

laissai partir sans mot dire, ne doutant pas

qu'il revînt dans un instant. Cependant, de

longues minutes se passèrent sans que je me

rendisse bien compte de son absence, et j'étais

encore assis quand la porte s'ouvrit et qu'un

homme de taille gigantesque, vêtu d'un costume

de jockey, s'arrêta devant moi sous la lumière

naissante de l'aurore.

Je bondis de mon siège, tandis que l'individu

me posait la main sur l'épaule :

— Je suis navré d'avoir été si longtemps,

Bunny, mais nous n'aurions jamais pu nous

sauver avec le costume que nous avions. Le

vêtement de jockey par-dessus le mien me

change complètement, et en voici un autre qui

vous ira comme un gant.

— Ainsi, vous avez donc pénétré une fois de

plus dans la maison ? *

— J'y étais bien obligé, Bunny. Il m'a fallu

surveiller le moment où toutes les lumières se

sont éteintes une à une, et j'ai attendu une

heure après ce moment. Alors j'ai pu, sans

danger, traverser de nouveau le cabinet de

toilette. La seule difficulté que j'ai rencontrée,

c'était de réussir à trouver l'appartement du

fils de la maison qui se trouve de l'autre côté

du bâtiment. Enfin, comme vous le voyez, j'ai

réussi, et j'espère que ces vêtements vous

iront à ravir, Bunny. Passez-moi vos souliers

vernis que je vais jeter dans l'étang, après

avoir eu soin d'y mettre des pierres, et je ferai

de même pour les miens. Voici pour chacun de

nous une paire de bottines jaunes, et, si nous

voulons arriver à la gare à temps pour prendre

le premier train, il ne faut pas laisser l'herbe

nous pousser sous les pieds. Allons, la voie est

libre !

Le premier train quittait la station à six

heures vingt du matin, et, ce jour-là, un officier

de police surveillait le départ. Mais il était si

occupé à chercher dans les compartiments le

couple de gens très " rasta " qui lui avaient

été signalés, qu'il ne fît aucune attention à un

gaillard d'une forte corpulence et vêtu comme

un amateur de chevaux, paraissant entre deux

vins et accompagné par un autre personnage

beaucoup plus insignifiant, mais appartenant

au même monde. Ce train devait arriver à

Londres, en gare de Victoria, à huit heures

vingt-huit. Les deux personnages en question

descendirent à Clapham-Jonction, changèrent

plusieurs fois de cab entre Battersea et Piccadilly,

et laissèrent dans chacune des voitures

quelques-uns de leurs vêtements.

I

L était à peine neuf heures du matin qu'on

eût pu les retrouver ensemble à l'Albany.

Alors il eût été facile de reconnaître Raffles

et moi-même.

— Et maintenant, dit Raffles, avant de rien

faire, voyons ce qui se trouve dans les écrins que

nous n'avons pas eu le temps d'ouvrir, lorsque

nous nous en sommes emparés. Je veux parler

de ceux que je vous ai confiés, Bunny, car j ai

eu soin d'ouvrir les miens dans le jardin et j ai

le regret de vous apprendre qu'ils étaient

vides : il est probable que la maîtresse de

maison portait leur contenu.

Raffles me tendit la main pour recevoir les

écrins en cuir que je sortis de mes poches à sa

demande. Mais, au lieu de les lui remettre, je le

regardai bien en face et il me sembla qu'à son

regard il avait déjà deviné mon secret.

— Ce n'est pas la peine que je vous les

donne, lui dis-je, car eux aussi sont entièrement

vides.

— Quand les avez-vous ouverts ?

— Dans la tour.

,'— Eh bien, laissez-moi toujours les voir.

— Comme il vous plaira.

— Mon cher Bunny, cet écrin a dû contenir

le collier que vous m'aviez tant vanté. .

— C'est fort possible !

— Et cet autre le diadème.

— Peut-être !

— Pourtant la dame en question ne portait

ni l'un ni l'autre de ces bijoux, ainsi que vous

l'aviez si bien deviné et qu'il nous a été donné

de le constater par nous-mêmes.

Pendant ce dialogue, mes yeux n'avaient pas

quitté les siens.

— Raffles, lui dis-je, je vais être avec vous

d'une absolue franchise. J'avais l'intention de

ne jamais vous le dire, mais un mensonge envers

vous me répugne trop. J'ai laissé les deux

bijoux en question dans la tour au moment de

partir. Je ne veux pas essayer de m'expliquer à

ce sujet ni de me justifier. J'ai obéi sans doute

aux souvenirs qu'a évoqués en mon âme ma

présence dans cette vieille tour. Ces sentiments

se sont faits jour en moi au dernier

moment, alors que vous étiez déjà parti et que

j'allais faire de même. le sentais que. selon

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toute vraisemblance, j'allais me rompre les

os en descendant... Au reste, cela m'importait

peu !... Mais ce que je ne pouvais supporter,

c'était l'idée qu'on me trouverait, en bas de la

tour, les membres rompus et portant dans mes

poches ces objets, produit d'un vol sacrilège.

Vous pourriez me dire que "j'aurais dû penser à

cela auparavant... Vous pouvez le dire, Raffles,

vous ne direz jamais plus que je n'ai mérité.

Ce que vous pouvez me reprocher, c'est d'avoir

gardé les écrins vides pour chercher à vous

tromper...

— Vous n'avez jamais su mentir, dit

Raffles en souriant. Vous croirez peut-être que

je mens à mon tour, en vous disant que je

comprends admirablement les sentiments auxquels

vous avez cédé et que depuis plusieurs

heures j'avais tout deviné.

Alors, Raffles sortit la main de sa poche de

son smoking fripé et les ouvrit sous mes yeux.

Dans l'une se trouvait le diadème de diamants,

et dans l'autre le collier d'émeraudes et

de diamants !

— Il faut tâcher de me pardonner, Bunny,

dit-il, avant que je fusse revenu de ma surprise.

Je ne me permets pas de formuler une critique à

l'égard de ce que vous avez fait ou de ce que

vous avez, omis de faire : j'avoue même que,

tout étant fini, je ' préfère vous avoir vu

éprouver ces scrupules. Mais, mon cher ami,

nous avions tous les deux risqué notre vie,

nos os et notre liberté ! En ce qui me concerne,

je n'avais aucun motif pour être aussi scrupuleux

que vous, qui aviez passé votre enfance

dans cette demeure. Pourquoi serais-je donc

parti les mains vides ?

E.-W. HoRNUNG.

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