Les Précieuses ridicules - Avignon

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Les Précieuses ridicules - Avignon

LES PRECIEUSES RIDICULES

DE MOLIERE

DISTRIBUTION

Martine BAUDRY, Loïc BEAUCHE, Pascal FODOR, Anaïs RICHETTA, Guy SIMON,

Jérôme SIMON

EQUIPE DE CREATION

Mise en Scène : Guy SIMON

Création de Masques, Maquillages et

Accessoires : Martine BAUDRY

Conception Création Costumes : Joëlle

RICHETTA assistée de l’atelier de

réalisation :

Costumières : Laura TAVERNIER, Sylvie

DELALEZ, Monique VERNIER, Muriel

LECALVEZ avec l’aide de Lise

COUDERT, Amandine DE BORTOLI

(Lycée Professionnel René Char),

Mohamed EL ATMNI et les élèves de la

section FCIL du Lycée

ProfessionnelVincent de Paul :

Justine CASAMATTA, Céline

DECOUTURE, Virginie METTE

Création Conception des Coiffes : Claire

BEILLARD

Création Lumières : FODØR

Création graphique : Vivien SIMON

Musique Originale : FODØR

Scénographie : Guy SIMON

Réalisation Décor : Jacques BROSSIER

Diffusion, Communication : Bérengère

DARIS

Un grand merci à tous les regards complices qui ont accompagné le travail de création et

entre autres : Jocelyn, Quentin et au fidèle soutien de Monique VERNIER et de ses élèves.

LES PRECIEUSES RIDICULES

DE MOLIERE

Magdelon et Cathos, deux jeunes provinciales, débarquent à Paris en quête d'amour

et de jeux d'esprit. Gorgibus, père de Magdelon et oncle de Cathos, décide de les

marier à deux prétendants, mais elles les ridiculiseront de telle façon que ceux-ci

décident de se venger...

Cette comédie en un acte et en prose, la première de Molière imprimée en 1660,

affichait son ambition d'offrir à ses contemporains un miroir déformant de la

préciosité ridicule, du grotesque bourgeois.


LES PRECIEUSES RIDICULES

DE MOLIERE

Note d’intention

Écrite pour la Commedia dell’Arte, nous avons été

attirés par la diversité des comiques auxquels cette

pièce fait appel : comique de gestes, de mots, de

situations, de caractères.

Nous avons souhaité faire naître une seconde fois

la nature de l’auteur sous forme de « Théâtre de

Tréteaux » aux influences de Commedia dell’Arte.

Styliser le corps pour faire jaillir le rire : par cette

référence à ces formes théâtrales, les gestes du comédien sont aboutis, amplifiés,

poussés à l’extrême au-delà de toute caricature.

Il est aussi contraint de jouer de façon très rythmée, d’utiliser tout son corps en

maintenant de bout en bout une parfaite précision gestuelle.

Dans la mise en scène, l’acrobatie, l’improvisation et les lazzi se suivent et se mêlent,

afin de retrouver la fraîcheur, la vigueur et la truculence de la farce.

La langue classique nous semble souvent désuète et loin de notre sensibilité. Dans les

entrées clownesques, les clowns utilisent souvent un objet : Ballon, assiette ou autre.

Nous essayons de la même façon d’utiliser les mots de Molière, d’en retrouver la

force et la verdeur tout en proposant une lecture fraîche et surtout VIVANTE !

Six comédiens se partagent les rôles, ils mènent une comédie frénétique dans une

débauche de figures et de mines pour exploiter les situations cocasses jusqu’au délire

et en donner une interprétation hardie.

Ainsi, deux précieuses adorables et infernales piaillent, se pavanent, roucoulent,

gesticulent, gloussent de contentement et font preuve d’une stupidité remarquable et

effarante.

Le prétendant quant à lui est charmant, narquois et fringant… la méprise sera

d’autant plus amère pour ces dames.

La Musique

Elle joue un rôle essentiel et a été travaillée comme partenaire du comédien. Nous

voulions une bande sonore désopilante pour semer un grain de folie supplémentaire

et complémentaire au jeu des comédiens. Dans la

recherche du jeu précis et rythmé, elle impose

une dimension de jeu dépouillée de familiarité.

Elle propose au comédien un rythme sur lequel il

s’appuie, mais qu’il ne tend pas à illustrer.

Ce dialogue musique-comédien permet de

mettre l’accent sur les moments forts et de

prolonger, d’amplifier le jeu du comédien.


LES PRECIEUSES RIDICULES

DE MOLIERE

La Compagnie

Guy SIMON et Joëlle RICHETTA débarquent un beau matin de septembre 1983 à

Poitiers avec pour seuls bagages leur passion pour le théâtre, leurs formations

diverses (A. SIMON, l’Odin Théâtre, A. Mnouchkine, G. Marini, D. Guenoun) leurs

expériences artistiques à Aix (Théâtre des Ateliers, Atelier du Possible, Relais

Culturel, J. Hache) et Pierrot, one man show qui fait reconnaître Guy SIMON dès son

arrivée comme comédien hors pair.

Cette passion du théâtre, ils la transmettent dans de nombreux ateliers. De fidèles

compagnons de route les rejoignent : Norbert Richard, Patrice Meslier, J.P. et Andrée

Berthommier.

Leur rêve de compagnie compagnonne, ils le transmettent et travaillent à former des

comédiens animés par ce même désir de théâtre.

Les Précieuses Ridicules, premier spectacle de la compagnie, est créé avec Eric

Bergeonneau, Karl Paul et Agnès Petreau.

Quelques années plus tard, alors que la compagnie est déjà bien implantée, d’autres

comédiens, issus des ateliers de formation, tels que Gilles Cailleau ou encore Valérie

Boutrois, les rejoignent.

En 1987, Arlequin Poli par l’Amour, représenté pour la 1 ère fois au Festival Européen

de Théâtre Masqué d’Avrillé, propulse la compagnie sur la scène internationale et

assoit sa reconnaissance dans le monde professionnel.

Compagnons de route infatigables, les comédiens du Kronope sillonnent la France

entière, Saluons ici Martine Baudry, fidèle compagnonne de ses 20 dernières années

de tribulations et de galères… !

La philosophie de la compagnie est alors de permettre à chacun de développer ses

passions et ils le font.

Depuis lors, Guy Simon, assisté de Joëlle Richetta, continue inlassablement à former

les comédiens qui travaillent avec lui. Il signe toutes les mises en scène de la

compagnie et présente, au fil des années, ses créations dans les plus grands festivals :

Festival Européen de Théâtre Masqué Avrillé-Angers, Festival Mondial de la

Francophonie Douala-Yaoundé, Festival Européen de Grenoble, Festival d’Avignon,

et plus récemment Festival de Sarlat avec Knock.

Les créations du Kronope

Arlequin poli par l’amour - Le Faucon Maltais - Le Médecin Volant - Le Tiroir aux Pirouettes

- Lear, les Princes, les Sorcières, les Mendiants - Les Intrépides - Notre Dame de Paris - Les

Mille et une Nuits - Cyrano de Bergerac - La Mégère Apprivoisée - Pénélope, de longs matins

devant la mer - L’Avare - Fables – Knock - Le Bossu - La Jalousie du Barbouillé - Cabaret

Sauvage - Le Malade Imaginaire…


Samedi 19 juillet 2008

Les Précieuses ridicules (critique), Fabrik’ Théâtre, Avignon Off 2008

Ridicules… et jubilatoires

(…) « les Précieuses ridicules », (…) est un spectacle tout simplement enthousiasmant. Une

énergie incroyable, un humour dévastateur, une scénographie belle et lumineuse, les ingrédients

sont imparables. Et ne peuvent que susciter l’admiration devant l’excellent travail que Guy

Simon a réalisé avec ses comédiens.

Le plus difficile, quand on s’attaque à une pièce de Molière, est probablement de donner un nouveau

souffle, un nouveau relief, à un texte vu et revu, et de la fraîcheur à sa langue classique. En

l’occurrence, le Théâtre du Kronope revisite brillamment les Précieuses ridicules. La vigueur,

l’énergie et l’implication corporelle, qui semblent être centrales dans la recherche de cette compagnie,

sont autant d’éléments qui apportent vie et élan à la pièce. Si les comédiens se permettent une certaine

irrévérence (nombreux lazzi, notamment autour des tics de langage des personnages), c’est dans un

esprit de serviteurs. En effet, leur interprétation ne cesse d’honorer l’esprit profondément corrosif de

cette œuvre et de son auteur. Les précieuses se donnent en spectacle, chantent le texte, s’inventent

starlettes sur des chorégraphies hautement ridicules, pour notre plus grand plaisir. Et, quand le ridicule

ne tue pas, il enchante. Soudain, dans cet Avignon noyé sous les spectacles, où il faut tout avoir vu et

savoir parler de ce qu’on a vu, le regard ironique que Molière pose sur les salons mondains trouve des

échos saisissants. Alors, on est heureux de se taire, et de laisser le texte nous parler, sans le moindre

didactisme, de nos propres vanités.

Si ce spectacle est réjouissant pour l’esprit et le verbe, il l’est aussi grandement pour les yeux et les

sens. La scénographie de Guy Simon, simple et efficace, consiste en une grande cage à oiseaux posée

au milieu du plateau. Carrousel ou boîte à musique, ring de boxe ou encore scène de spectacle, c’est le

lieu où se meuvent toutes les énergies. Les comédiens les plus acrobates n’hésitent pas à s’y percher,

tels des volatiles apeurés. Le décor est tout simplement beau et semble déployer des ressources

infinies. De leur côté, les costumes ne sont pas en reste. Dans une débauche de couleurs, de voiles, de

volumes, ils sont absolument somptueux. Le personnage de Marotte, qui suit les deux précieuses du

mieux que son obésité le lui permet, porte une robe évoquant une pièce montée, colorée et débordante.

Les personnages masculins sont également à la fête, avec des parures splendides et merveilleusement

ridicules pour le marquis et le vicomte. Et malgré le poids et la chaleur de leur tenue, les comédiens

impliquent leurs corps d’une façon remarquable. Comme la compagnie le rappelle, Molière avait écrit

cette pièce pour la commedia dell’arte. On sait l’engagement corporel et vocal que le masque

demande. À cet égard, les comédiens du Kronope sont, dans ces domaines, impressionnants d’énergie

et de créativité […]

En définitive, un grand vent de plaisir souffle sur cette pièce. Plaisir des comédiens tout d’abord, que

l’on voit s’amuser jusqu’au délire, dans un enthousiasme jamais mollissant. Les personnages

deviennent des animaux, ils caquètent, gloussent, grognent, se pavanent. Leurs interprètes semblent

ravis de donner vie et couleurs à leur rôle, nourrissant leur jeu d’improvisations désopilantes. De son

côté, le public pourrait souhaiter quelques minutes de répit pour reprendre ses esprits face à cette

tornade et n’en perdre aucune miette. Mais il est bien forcé de suivre le rythme effréné de la troupe,

et, une fois qu’il s’est mis au diapason, le plaisir est bel et bien partagé. Ce spectacle est une folie,

mais une belle et utile folie. Et c’est en ce sens que, au cœur de ce Festival d’Avignon, il est

infiniment… précieux.

Élise Noiraud - Les Trois Coups

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