projet de thèse - cerimes
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violence verbale, physique ou sexuelle. Il s’agit d’une mise en évi<strong>de</strong>nce <strong>de</strong> la « violence psychologique<br />
ou perversion narcissique » dans la pratique d’exemples types <strong>de</strong> harcèlement<br />
moral. Poilpot-Rocaboy (2000) soumet une modélisation en 4 composantes (1) les déterminants<br />
individuels et organisationnels (2) le comportement <strong>de</strong> harcèlement moral (3) les réponses<br />
<strong>de</strong> la victime et <strong>de</strong> l’organisation (4) les conséquences individuelles. Les types <strong>de</strong><br />
comportements peuvent être maltraitants, intimidants, malveillants, insultants, abusifs, négatifs,<br />
hostiles, non éthiques, offensifs, <strong>de</strong>structifs, menaçants ou blessants.<br />
Les publications étoffent les typologies du harcèlement selon les caractéristiques <strong>de</strong>s acteurs<br />
agresseurs versus victimes et <strong>de</strong>s mobiles d’utilisation. Dès lors, nous distinguons (1) le harcèlement<br />
vertical <strong>de</strong>scendant : il est mis en place par un supérieur hiérarchique qui prend pour<br />
cible un ou plusieurs <strong>de</strong> ses subordonnés (2) le harcèlement vertical ascendant : il est exercé<br />
par un ou plusieurs salariés envers un supérieur (3) le harcèlement horizontal ou transversal:<br />
il s’agit d’une persécution simple ou collective, <strong>de</strong> collaborateurs à collaborateurs. Il peut fortement<br />
ressembler à une coalition contre un bouc émissaire (4) Le harcèlement « pervers »<br />
(Hirigoyen, 1998). Ce sont <strong>de</strong>s personnalités manipulatrices, dites « perverses narcissiques »<br />
qui mettent en place <strong>de</strong>s techniques <strong>de</strong> <strong>de</strong>struction d’autrui et <strong>de</strong> domination (5) Le harcèlement<br />
institutionnel : celui-ci participe à une stratégie <strong>de</strong> gestion du personnel et se fon<strong>de</strong> sur<br />
la mise en concurrence <strong>de</strong>s individus pour accentuer la productivité et l’uniformisation. Il est<br />
une dérive <strong>de</strong> l’animation managériale <strong>de</strong>s sujets, appelée « management par le stress positif »<br />
(6) le harcèlement stratégique : dans un contexte <strong>de</strong> restructuration organisationnelle, il est<br />
orchestré contre un ou plusieurs salariés dans le but d’éviter <strong>de</strong>s procédures <strong>de</strong> licenciement.<br />
Sa finalité est <strong>de</strong> se débarrasser <strong>de</strong>s « cibles » sans coût financier.<br />
3) Les déterminants du harcèlement moral<br />
L’augmentation <strong>de</strong>s objectifs et la surcharge <strong>de</strong>s tâches entrainent un déficit qualificatif<br />
(Leymann, 1994). A cela s’ajoute la complexité <strong>de</strong>s tâches à réaliser (Vartia, 1996) mais avec<br />
une contrainte <strong>de</strong> temps et/ou le manque d’objectifs (Zapf et Leymann, 1996). Il existe un<br />
paradoxe entre les exigences d’efficacité et la réduction <strong>de</strong> moyens (Clot, 1999). L’hyper<br />
contrôle et le manque <strong>de</strong> liberté dans la prise d’initiatives stimulent l’apparition du harcèlement<br />
(Zapf et Leymann, 1996). L’inertie et l’incompréhension <strong>de</strong> l’encadrement facilitent<br />
l’apparition du harcèlement et son développement (Leymann, 1996). Les métho<strong>de</strong>s <strong>de</strong> management<br />
comprennent actuellement un accroissement <strong>de</strong>s exigences sous le sceau d’objectifs<br />
individuels, <strong>de</strong> rétribution par résultats (Monroy, 2000). Les salariés sont évalués individuellement,<br />
contrôlés et audités. C’est le « culte <strong>de</strong> la performance » du néo management (Monroy,<br />
2000, p. 58). L’esprit « corporatif » soit l’adhésion à la culture <strong>de</strong> l’entreprise est une<br />
incitation <strong>de</strong> l’employeur, visant à réduire la notion <strong>de</strong> dialogue social dans l’organisation.<br />
Les conflits <strong>de</strong>meurent larvés et mis sous silence (Lhuilier, 2002). De fait les difficultés au<br />
travail sont niées et ce courant <strong>de</strong> management développe le mal être <strong>de</strong>s salariés (Dab, 2008).<br />
Le travail est déshumanisé et les dérives managériales créent <strong>de</strong> la souffrance (Dejours, 1998).<br />
Les successions <strong>de</strong> suici<strong>de</strong>s (Clot, 2010 ; Dejours et Bègue, 2009) nous incitent à nous interroger<br />
sur les conditions <strong>de</strong> travail comme mo<strong>de</strong> <strong>de</strong> gouvernance dans l’entreprise et à nous<br />
interroger quant aux métho<strong>de</strong>s <strong>de</strong> management.<br />
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