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Une dynamique <strong>de</strong><br />
résurrection r s<br />
<strong>pardon</strong><br />
<strong>source</strong> <strong>de</strong> <strong>vie</strong>
D o s s i E R ; " P a r d o n n é<br />
Ce <strong>pardon</strong> <strong>source</strong> <strong>de</strong> <strong>vie</strong><br />
5 Une <strong>vie</strong> restaurée<br />
par Eve Soulain<br />
Une marche avec Dieu<br />
8 Une dynamique <strong>de</strong> résurrection<br />
et <strong>de</strong> <strong>vie</strong><br />
par Pascal Colin<br />
Remise en route vers la <strong>vie</strong><br />
13 Reconnaître ce que Ton est<br />
par Jean Lasar<strong>de</strong><br />
Le Seigneur m'a accepté<br />
16 Laisse-toi aimer par Celui<br />
qui <strong>pardon</strong>ne<br />
par Françoise Lasar<strong>de</strong><br />
3e par Clau<strong>de</strong> Meynckens<br />
par Samuel Guilhot<br />
10<br />
par Simone Pacot<br />
14<br />
par Nicole Petit<br />
Une relation <strong>de</strong> sincérité 17<br />
et <strong>de</strong> vérité<br />
par Daniel Pialat<br />
Dieu nous considère<br />
Éditorial<br />
RubRioUES : Il Grain <strong>de</strong> Poivre<br />
Livres<br />
22 Infos<br />
n<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
23 Courrier <strong>de</strong>s lecteurs
Daniel Pialat a 24 ans.<br />
Après avoir fait son service civil<br />
à TÉMOINS, il en est <strong>de</strong>venu<br />
le permanent salarié.<br />
Au sein <strong>de</strong> l'équipe <strong>de</strong> TÉMOINS<br />
il est particulièrement chargé d'ai<strong>de</strong>r<br />
au quotidien <strong>de</strong>s RMistes et <strong>de</strong>s chômeurs<br />
dans leur projet d'insertion.<br />
Le temps passe si vite!<br />
Tellement <strong>de</strong> choses qui bougent, qui<br />
changent!..<br />
1995 déjà!.. Dans cinq ans... le 21^ siècle!..<br />
Qu'est-ce qui nous attend cette année ?.. Des<br />
joies, <strong>de</strong>s peines, du travail, du repos, <strong>de</strong>s<br />
choix à faire...<br />
Personnellement, j'attends cette<br />
année un événement très impor<br />
tant! En août, je vais me<br />
marier!.. Quel événement ! Quel<br />
changement ! Il va falloir<br />
s'adapter... apprendre à vivre à<br />
<strong>de</strong>ux...<br />
Pour d'autres, c'est à une autre<br />
situation qu 11 faudra faire face:<br />
un changement professionnel ou<br />
familial, un déménagement...<br />
parfois <strong>de</strong>s situations que l'on<br />
peut anticiper, qu'il faudra donc préparer,<br />
parfois <strong>de</strong>s situations douloureuses qu'il fau<br />
dra surmonter, parfois <strong>de</strong>s situations<br />
inattendues qu'il faudra assumer..<br />
TOUT CHANGE autour <strong>de</strong> nous. Les<br />
constructions, l'architecture, les technolo<br />
gies, la politique, l'économie, les mentalités,<br />
l'art... TOUT CHANGE. On conçoit les<br />
choses différemment selon notre situation qui<br />
évolue, selon notre époque, selon les per<br />
sonnes que l'on côtoie... TOUT, VRAIMENT<br />
TOUT CHANGE...<br />
D'un autre côté, un sage a dit un jour: "Il<br />
n 'y a rien <strong>de</strong> nouveau sous le soleil (T)<br />
Hier, un ami s'est fait agresser en allant reti<br />
rer <strong>de</strong> l'argent au distributeur... Quelle<br />
violence!..<br />
^OUt<br />
changi<br />
L'agressivité n'est pas une nouveauté!!<br />
L'égoïsme non plus d'ailleurs!<br />
L'Homme a toujours recherché son intérêt,<br />
son succès, son confort... quitte à truan<strong>de</strong>r un<br />
petit peu son prochain, parfois même son<br />
ami!.. C'est parfois fait "gentiment", même<br />
"involontairement" tellement c'est machinal<br />
<strong>de</strong> rechercher ce qui nous rapporte le plus.<br />
Et même lorsque j'ai le désir<br />
d'être juste et <strong>de</strong> faire ce qui est<br />
droit vis-à-vis <strong>de</strong> l'autre, j'ai<br />
encore le réflexe <strong>de</strong> me méfier<br />
que lui ne cherche pas à<br />
m'exploiter!..<br />
L'Homme est ainsi malheureu<br />
sement... Et ce n'est pas une<br />
nouveauté!<br />
J'aimerais tellement que<br />
l'amour tel que l'apôtre Paul le<br />
décrit si bien ( "Vamour est<br />
patient... il ne cherche pas son intérêt... il ne<br />
médite pas le mcd... " (2)) soit évi<strong>de</strong>nt dans la<br />
<strong>vie</strong> <strong>de</strong> tous et surtout... la mienne!..<br />
Il y en a un qui l'a vécu parfaitement<br />
jusqu'au bout: le Christ, Jésus. Et il nous<br />
encourage à rester attachés à son enseigne<br />
ment <strong>de</strong> la même manière que le sarment l'est<br />
au cep (3).<br />
Lui est totijours prêt à notis <strong>pardon</strong>ner (voir<br />
les articles du dossier) et à déverser son<br />
amour en nous pour que nous le pratiquions.<br />
Lui NE CHANGE PAS... (4)<br />
( Ij Ecclésiaste ch. 1, v. 9<br />
(2) J^'^ épîire aux Cormihiens ch. 13<br />
(3) Evangile <strong>de</strong> Jean ch. 15. v. 1 à 8<br />
Daniel PlALAT<br />
(4) Epilre iiii.t Héhieii.\ 13, v. 8 t'I Evangile <strong>de</strong> Matthieu ch. 28. v. 20<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n° 112
Pardon ?<br />
Pardon !<br />
Quelques réflexions<br />
apéritives avant<br />
un plat <strong>de</strong> résistance<br />
<strong>de</strong> 15 très nourrissantes<br />
pages sur un thème<br />
qui souvent nous résiste.<br />
ous êtes à l'aise,<br />
vous. avec ie<br />
Pardon?<br />
Moi. pas toujours...<br />
J'avoue (tiens. ça<br />
commence!) que le sentiment<br />
<strong>de</strong> culpabilité étant assez fort<br />
chez moi, j'ai plutôt tendance à éva<br />
cuer le problème.<br />
PARDONNER<br />
Pardonner, ça ne me pose pas<br />
<strong>de</strong> problème. Intellectuellement par<br />
lant, bien sûr.<br />
Dans la réalité, je vis <strong>de</strong>ux<br />
types <strong>de</strong> <strong>pardon</strong>.<br />
Celui que je donne très facile<br />
ment, parce que... en fait je n'ai pas<br />
vraiment été blessé, gêné, déstabi<br />
lisé. C'est facile d'être généreux pour<br />
quelque chose qui ne vous touche<br />
pas. ne vous atteint pas!<br />
C'est alors un "bien sûr que je<br />
te <strong>pardon</strong>ne" distrait... finalement<br />
presque indifférent.<br />
Et puis il y a les situations<br />
dures, qui font mal. Et là, c'est clair :<br />
j'évacue la question, je me dis "t'es<br />
chrétien, tu dois <strong>pardon</strong>ner, tends la<br />
joue gauche, etc." Il (elle) ne voulait<br />
pas te faire mal, ta colère intérieure<br />
est mauvaise conseillère, ça passera.<br />
Et ça ne passe pas.<br />
Et comme on n'a pas fait le<br />
point, ça tourne à l'intérieur,<br />
quelque part dans le ventre, ça pol<br />
lue la relation sans que l'on s'en<br />
aperçoive vraiment, donne une cer<br />
taine amertume dans le cœur, on se<br />
sent mal dans sa peau. Je sais, vous<br />
ne pouvez pas comprendre, cela ne<br />
vous est jamais arrivé !<br />
Pourtant, je le sais, il y a <strong>de</strong> très<br />
belles paroles dans la Bible qui me<br />
donnent la marche à suivre, d'une<br />
façon tellement simple que.,, je ne le<br />
fais pas.<br />
Pourtant, dans les pages qui<br />
suivent, vous trouverez <strong>de</strong>s amis qui<br />
arrivent à vivre le <strong>pardon</strong> (le vrai,<br />
celui qui vous change le cœur!).,.<br />
Serait-ce donc possible ?<br />
Tiens, en même temps que<br />
vous, je vais y réfléchir,<br />
bien pire.<br />
ÊTRE PARDONNES<br />
J'avoue (encore!) que là, c'est<br />
Parce que, me semble-t-il, pour<br />
être <strong>pardon</strong>né, il faut trois condi<br />
tions.<br />
Condition i : avoir le sentiment<br />
que quelque chose ne va pas, qui<br />
nécessite le <strong>pardon</strong>.<br />
Les termes <strong>de</strong> faute, <strong>de</strong> péché,<br />
d'éloignement <strong>de</strong> l'autre ou <strong>de</strong> Dieu,<br />
sont tellement loin <strong>de</strong> la culture<br />
ambiante que même les chrétiens -<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n° I 12<br />
qui pourtant peuvent les lire dans la<br />
Bible- ont <strong>de</strong> plus en plus <strong>de</strong> mal à<br />
les prononcer.<br />
Condition 2: exprimer que je<br />
veux obtenir le <strong>pardon</strong>. L'exprimer à<br />
l'autre, l'exprimer au Seigneur,<br />
C'est logique: je ne peux "obte<br />
nir" quelque chose que si je le<br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong> !<br />
Condition 3 : recevoir le par<br />
don <strong>de</strong> Dieu,.. Un <strong>pardon</strong> qui nous<br />
est déjà donné en Jésus-Christ I<br />
En ce qui me concerne, le sen<br />
timent que "ça ne va pas", je l'ai,<br />
merci, et souvent! (Pas vous? Vite,<br />
donnez-moi la recette,., mais ça me<br />
paraît suspect.)<br />
Deman<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> [vraiment,<br />
pas du bout <strong>de</strong>s lèvres pour se don<br />
ner bonne conscience) : ça, c'est dur !<br />
Pourtant je sais que Dieu<br />
répond, que le <strong>pardon</strong> <strong>vie</strong>ndra.,, et<br />
qu'il me libérera !<br />
Mais j'ai du mal!<br />
Pourtant, je le sais, il y a <strong>de</strong> très<br />
belles paroles dans la Bible qui me<br />
donnent la marche à suivre, d'une<br />
façon tellement simple que,,, je ne le<br />
fais pas.<br />
Pourtant, dans les pages qui<br />
suivent, vous trouverez <strong>de</strong>s amis qui<br />
arrivent à vivre le <strong>pardon</strong> (le vrai,<br />
celui qui vous change le cœur!),..<br />
Serait-ce donc possible ?<br />
Tiens, en même temps que<br />
vous, je vais y réfléchir.<br />
Si je vous ai ennuyé avec mes<br />
états d'âme,,-, <strong>pardon</strong> I<br />
Yves DESBORDES
En Christ, une fille et<br />
une mère se réconcilient.<br />
epuis le<br />
tout début<br />
<strong>de</strong> ma <strong>vie</strong>,<br />
la relation<br />
entre ma<br />
mère et moi a<br />
été faussée. Issue<br />
d'une famille d'artistes, je suis le<br />
pur produit <strong>de</strong> valeurs aussi menson<br />
gères et insécurisantes que le<br />
paraître et la quête <strong>de</strong> reconnais<br />
sance. Mon "géniteur" avait déserté,<br />
ma mère n'avait <strong>de</strong> cesse <strong>de</strong> trouver<br />
son remplaçant et ma grand-mère<br />
était à la poursuite <strong>de</strong> la gloire. Bref,<br />
personne pour m'apprendre à aimer.<br />
Je ne me sentais capable <strong>de</strong> rien et<br />
surtout, j'avais ce sentiment collé à la<br />
peau comme un <strong>de</strong>uxième moi-<br />
même, celui <strong>de</strong> n'être faite que pour<br />
souffrir. Tout bonheur m'était inter<br />
dit, je ne savais ni écouter, ni<br />
partager, ni aimer. Je n'étais bonne<br />
qu'à me plaindre...<br />
Les années ont passé et entre<br />
ma mère et moi, le fossé s'est creusé.<br />
J'avais mille raisons <strong>de</strong> la détester et<br />
<strong>de</strong> l'incriminer, mais cette haine ne<br />
me laissait pas tranquille et souvent<br />
je m'endormais à l'aube, écœurée<br />
par tant <strong>de</strong> pensées assassines.<br />
CHRIST A FAIT<br />
SON ŒUVRE<br />
C'était en 1984. j'avais vingt-<br />
quatre ans. lorsque sa <strong>vie</strong> a été<br />
bouleversée par Jésus. Je me suis<br />
moi-même engagée envers Lui. en<br />
réponse aux fruits que j'ai vus en elle<br />
Son attitu<strong>de</strong> avait changé et les<br />
mots que j'avais toujours attendus<br />
sont venus: "Je ne t'ai pas aimée<br />
comme j'aurais dû, je t'ai délaissée,<br />
je te <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>pardon</strong>." J'ai été tou<br />
'7, Jl4<br />
chée au plus profond <strong>de</strong> mon être.<br />
Ma douleur était enfin connue et<br />
reconnue.<br />
Je désirais lui <strong>pardon</strong>ner mais<br />
comment? Oublier? Je n'en étais pas<br />
capable. De surcroît, comme réveillés<br />
<strong>de</strong> leur torpeur, les souvenirs les plus<br />
cruels affluaient. Un an. Pendant un<br />
an, c'est contre eux que je me suis<br />
battue. Pério<strong>de</strong> pendant laquelle j'ai<br />
été incapable d'avoir une quel<br />
conque relation avec ma mère.<br />
Une<br />
<strong>vie</strong><br />
restaurée<br />
Cependant, Christ faisait lente<br />
ment son œuvre. Chaque film,<br />
chaque livre me rappelaient ma<br />
propre douleur et je pleurais <strong>de</strong>s<br />
heures sans m'arrêter. Je suis sortie<br />
<strong>de</strong> ce tunnel quelque peu épuisée<br />
mais curieusement, le cœur épuré.<br />
Un jour, j'ai décidé <strong>de</strong> rappeler<br />
maman. Il y avait en moi comme une<br />
percée dans un ciel, que j'avais tou<br />
jours trouvé désespérément noir.<br />
Une merveilleuse guérison s'était<br />
opérée, parce que je l'avais espérée,<br />
mais plus que cela encore, parce que<br />
j'avais cru que Dieu pouvait le faire.<br />
J'avais lu dans Ezéchiel une<br />
parole qui m'était apparue comme<br />
une promesse <strong>de</strong> restauration entre<br />
elle et moi: "Le Jour où Je vous puri<br />
fierai <strong>de</strong> toutes vos fautes. Je<br />
repeuplerai les villes et l'on rebâtira<br />
sur les ruines-" (Ezéchiel ch. 36, 33).<br />
Mon cœur n'était plus dévasté<br />
comme une ville, mais repeuplé à<br />
jamais-<br />
Nos <strong>vie</strong>s en ruines, comme<br />
après une guerre menée avec zèle,<br />
étaient en train d'être reconstruites.<br />
NOUS NOUS<br />
SOMMES TROUVÉES<br />
Nous nous sommes parlé cœur<br />
à cœur, mettant chaque colère à nu,<br />
chaque humiliation, chaque rejet<br />
aux pieds <strong>de</strong> Jésus et à Sa lumière.<br />
Maman a eu le courage et l'humilité<br />
d'affronter et <strong>de</strong> reconnaître ses<br />
manquements. Pour cela, je l'admire<br />
aussi. Ayant ensemble "déminé" le<br />
terrain, il nous est <strong>de</strong>venu facile <strong>de</strong><br />
communiquer et d'I<strong>de</strong>ntifier nos sen<br />
timents. Nous ne nous sommes pas<br />
retrouvées, nous nous sommes trou<br />
vées.<br />
Qui aurait pu croire en une<br />
telle guérison et au pouvoir <strong>de</strong><br />
l'amour que Dieu a mis en nous? II<br />
ne reste rien du passé. Non que<br />
notre mémoire ait été effacée, elle<br />
reste intacte, mais les événements<br />
sont dépossédés <strong>de</strong> toute émotion<br />
<strong>de</strong>structrice. Les racines d'amertume<br />
qui entravaient nos rapports ont dis<br />
paru. A travers Jésus-Christ, j'ai<br />
rencontré le bonheur, cet état que je<br />
méprisais à force <strong>de</strong> ne le pas com<br />
prendre. Je nous considère<br />
désormais comme <strong>de</strong>s gens qui<br />
"re<strong>vie</strong>nnent <strong>de</strong> loin" - c'est comme<br />
cela que l'on appelle chez nous ceux<br />
qui étaient à la dérive - <strong>de</strong>s gens<br />
dont la douleur a été déracinée et<br />
qui vivent au quotidien le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong><br />
Jésus.<br />
Ma relation avec ma mère est à<br />
ce jour fondée sur la confiance<br />
mutuelle et l'harmonie. Nous parlons<br />
beaucoup et avec allégresse du<br />
Seigneur,,<strong>de</strong> la <strong>vie</strong> et <strong>de</strong> nos compor<br />
tements. Récemment, j'ai reçu un<br />
superbe ca<strong>de</strong>au : maman m'a confié<br />
que j'étais sa meilleure amie. J'en ai<br />
été bouleversée,., Quoi <strong>de</strong> plus rare,<br />
mais aussi <strong>de</strong> plus merveilleux, que<br />
d'être consolée par celui qui vous a<br />
blessé? Dieu peut tout. Il nous l'a<br />
prouvé- Son <strong>pardon</strong> divin, humaine<br />
ment incompréhensible, s'est<br />
démontré dans nos <strong>vie</strong>s. Ce <strong>pardon</strong><br />
qui m'amène à dire aujourd'hui que<br />
ma mère est aussi ma meilleure<br />
amie.<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
Eve SOULAIN<br />
Levallois (92)<br />
( I ) Yori, la mère d'Eve a donné son témoi<br />
gnage dans le n°l11 <strong>de</strong> Témoins (p. 16).
homme est un être imparfait<br />
qui a été créé libre par Dieu.<br />
Du fait <strong>de</strong> sa liberté, il y<br />
a une potentialité <strong>de</strong><br />
mal. L'homme naturel<br />
commet <strong>de</strong>s erreurs, <strong>de</strong>s<br />
actes qui ne sont pas dans la volonté<br />
<strong>de</strong> Dieu, bien souvent par ignorance<br />
et aussi par tendance. Les pensées<br />
<strong>de</strong> l'homme dé<strong>vie</strong>nt souvent et sont<br />
affectées par <strong>de</strong>s courants négatifs.<br />
Le péché, c'est une désobéis<br />
sance à la volonté <strong>de</strong> Dieu qui<br />
recherche le bien <strong>de</strong> l'homme. Le<br />
plan <strong>de</strong> Dieu, c'est d'amener<br />
l'homme pécheur à réaliser qu'il ne<br />
peut atteindre la perfection par ses<br />
propres moyens. La perfection<br />
consiste à ressembler <strong>de</strong> plus en plus<br />
à Dieu, à l'image duquel nous avons<br />
été créés. C'est le développement<br />
constant <strong>de</strong>s capacités spirituelles<br />
supérieures qui permettront à<br />
l'homme <strong>de</strong> comprendre la volonté<br />
<strong>de</strong> Dieu, <strong>de</strong> l'accomplir et <strong>de</strong> la faire.<br />
L'homme est condamnable,<br />
non pas tellement en ce qu'il est<br />
faillible et pécheur, mais en ce que,<br />
bien souvent, il ne cherche pas ce<br />
qui est vrai, ce qui est juste, ce qui<br />
est bon.<br />
Dieu juge l'homme <strong>de</strong> façon<br />
parfaite parce qu'il connaît parfaite<br />
ment les motifs profonds qui<br />
l'animent. Il connaît ses limites, ses<br />
faiblesses. C'est pour cela que Dieu<br />
est toujours prêt à lui <strong>pardon</strong>ner<br />
dans un sens concret comme le fai<br />
sait Jésus: "Je te guéris. Va et ne<br />
pèche plus".<br />
L'homme est esclave <strong>de</strong> son<br />
péché quand il obéit au péché; mais<br />
quand il obéit à Dieu, il ne tombe<br />
pas sous un nouvel esclavage; ou<br />
alors sa religion n'est pas bien ajus<br />
tée. La véritable religion consiste à<br />
trouver en Dieu un libérateur.<br />
Samuel Guilhot voit dans<br />
le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu la liberté et<br />
la dignité <strong>de</strong> l'homme.<br />
Quand l'homme est <strong>pardon</strong>né,<br />
il est libéré <strong>de</strong> ce qui le tient esclave,<br />
<strong>de</strong> ce qui le contraint à faire ce qui<br />
est contraire à la volonté <strong>de</strong> Dieu.<br />
LA LOI :<br />
DES DIRECTIVES POUR<br />
UNE VIE HARMONIEUSE<br />
Dans les dix comman<strong>de</strong>ments,<br />
Dieu a dit comment l'homme est<br />
appelé à se conduire à son égard,<br />
vis-à-vis <strong>de</strong>s autres et vis-à-vis <strong>de</strong> lui-<br />
même.<br />
Dieu a donné à l'homme <strong>de</strong>s<br />
directives toutes simples, directes<br />
pour l'ai<strong>de</strong>r à se diriger. Quand la loi<br />
a été donnée, le grand problème a<br />
été celui-ci: l'homme est-il capable<br />
d'accomplir cette loi? Mais c'était un<br />
problême voulu par Dieu. L'homme<br />
aurait dù être assez humble pour<br />
reconnaître que cette loi le dépassait<br />
JÉSUS NOUS A MONTRÉ<br />
LA VOIE<br />
Jésus est principalement venu<br />
pour être un homme parfait, le nou<br />
vel Adam et pour faire ce que<br />
l'homme n'avait jamais pu faire:<br />
accomplir parfaitement la volonté <strong>de</strong><br />
Dieu.<br />
Toute sa <strong>vie</strong> a été cet accom<br />
plissement. Il a fait la volonté <strong>de</strong> Dieu<br />
jusqu'au bout. Il a montré que,<br />
même dans les pires conditions. Il<br />
voulait faire la volonté <strong>de</strong> Dieu,<br />
C'était la chose principale. Et c'était là<br />
que résidait aussi la ré<strong>de</strong>mption, le<br />
salut <strong>de</strong>s hommes. Les hommes<br />
étaient égarés. Ils étaient comme le<br />
fils perdu, le fils loin <strong>de</strong> la maison<br />
dont nous parle l'histoire du fils pro<br />
digue (év. Luc ch. 1 5).<br />
Jésus est venu pour que les<br />
hommes retrouvent le chemin du<br />
Une mairch<br />
avec<br />
et qu'il n'était pas capable <strong>de</strong> la<br />
suivre tout seul (ép. Galates ch. 3,<br />
22-27).<br />
Dans ia loi <strong>de</strong> Moïse, il y a une<br />
régie que l'on ne trouve pas dans les<br />
co<strong>de</strong>s humains. C'est le <strong>de</strong>rnier com<br />
man<strong>de</strong>ment; "Tu ne convoiteras<br />
point". Il faut reconnaître que la plu<br />
part <strong>de</strong>s dérèglements <strong>vie</strong>nnent <strong>de</strong> la<br />
non application <strong>de</strong> cette instruction<br />
(ép-Jacques ch. I, 13-15).<br />
Quand un homme est touché<br />
par l'Esprit, il est purifié dans son<br />
cceur, ses pensées et tout ce qui se<br />
passe en lui; il <strong>de</strong><strong>vie</strong>nt juste <strong>de</strong>vant<br />
Dieu parce qu'il est purifié intérieure<br />
ment.<br />
La loi <strong>de</strong> la perfection, c'est une<br />
obéissance du cceur.<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n° I 12<br />
Père, le chemin <strong>de</strong> Dieu. Dieu ne<br />
s'était pas éloigné <strong>de</strong>s hommes mais<br />
les hommes s'étaient éloignés <strong>de</strong> Lui.<br />
Il a envoyé son Fils pour être le repré<br />
sentant <strong>de</strong> ce qu'il était réellement<br />
pour les hommes parce que l'idée <strong>de</strong><br />
Dieu s'était déformée, et avait tourné<br />
à l'idolâtrie.<br />
Jésus, en venant sur la terre,<br />
est venu pour montrer la véritable<br />
religion <strong>de</strong> la liberté. L'exemple <strong>de</strong> sa<br />
<strong>vie</strong> humaine suffit à transformer et à<br />
régénérer la représentation <strong>de</strong> Dieu<br />
dans le cceur <strong>de</strong>s hommes (év. Jean<br />
ch. H, 9).<br />
JÉSUS NOUS A LIBÉRÉS<br />
Jésus est donc venu faire la<br />
volonté <strong>de</strong> Dieu. Quand il est venu, il
a dit: "Me voici, ô Dieu, pour faire ta<br />
volonté"- Il a fait ce que l'homme n'a<br />
jamais pu faire. Il était Fils <strong>de</strong> Dieu, il<br />
a voulu être Fils <strong>de</strong> l'Homme; c'est<br />
pourquoi il est né d'une femme. Il a<br />
été sur tous les plans un homme<br />
comme les autres, mais sans com<br />
mettre le péché-<br />
II est venu chercher ce qui était<br />
perdu et faire remonter à sa suite<br />
beaucoup d'hommes. Il est <strong>de</strong>scendu<br />
pour élever les hommes [ép. Éphé-<br />
siens ch. 2). Il a inauguré une route<br />
vivante en assurant le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong>s<br />
péchés, c'est-à-dire la délivrance <strong>de</strong><br />
tout ce qui retenait l'homme dans<br />
PhoBJ aOaile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />
e<br />
Dieu<br />
l'esclavage,<br />
"Le sang <strong>de</strong> Jésus nous purifie<br />
<strong>de</strong> tout pécfié"- Nous ne rapportons<br />
pas ce verset seulement à la mort <strong>de</strong><br />
Jésus sur la croix. Le sang, c'est la<br />
<strong>vie</strong>. C'est la <strong>vie</strong> tout entière <strong>de</strong> Jésus<br />
qui nous purifie et nous délivre <strong>de</strong><br />
nos péchés (ép. Hébreux ch. 10, 16-<br />
17).<br />
LE PARDON DES PÉCHÉS:<br />
UNE VIE NOUVELLE<br />
L'homme qui est <strong>pardon</strong>né <strong>de</strong><br />
ses péchés est libéré <strong>de</strong> son passé. Il<br />
est libéré dans son présent. II est<br />
libéré pour son avenir. Il commence<br />
une remontée par la force <strong>de</strong> l'Esprit<br />
<strong>de</strong> Jésus.<br />
L'homme est appelé à coopérer<br />
avec Lui pour re<strong>de</strong>venir un fils <strong>de</strong><br />
Dieu. Il va accomplir ainsi une crois<br />
sance spirituelle, comprendre la<br />
volonté <strong>de</strong> Dieu et s'affranchir <strong>de</strong><br />
plus en plus <strong>de</strong> tous ses esclavages<br />
mentaux. La libération du péché a le<br />
pouvoir d'introduire l'homme dans<br />
une nouvelle expérience qui est<br />
renouvelée constamment. Il a main<br />
tenant le désir <strong>de</strong> vivre une <strong>vie</strong><br />
nouvelle, d'avoir un comportement<br />
nouveau.<br />
Je sais que je suis <strong>pardon</strong>né <strong>de</strong><br />
mes péchés parce que j'ai reçu en<br />
moi une force qui me donne le désir<br />
et le pouvoir <strong>de</strong> <strong>pardon</strong>ner aux<br />
autres. Je me rappelle cette femme<br />
qui disait: "Je ne <strong>pardon</strong>nerai jamais<br />
à mon fils". Au contact <strong>de</strong>s chrétiens,<br />
elle a été amenée à découvrir<br />
quelque chose <strong>de</strong> nouveau, une<br />
ouverture. Cela l'attirait mais cepen<br />
dant il restait dans son cœur qu'elle<br />
ne pouvait pas <strong>pardon</strong>ner à son fils.<br />
Je crois lui avoir dit: "Lejour où vous<br />
aurez réalisé pour vous-même le par<br />
don <strong>de</strong> Dieu, vous <strong>pardon</strong>nerez<br />
aussi à votre fils; cela se fera tout<br />
seul." En effet, elle est arrivée à com<br />
prendre le message <strong>de</strong> Dieu, à<br />
recevoir le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu et ce par<br />
don lui a donné la force <strong>de</strong><br />
<strong>pardon</strong>ner. Cela a été fini, terminé.<br />
Elle a été libérée <strong>de</strong> ce qui la ron<br />
geait <strong>de</strong>puis <strong>de</strong>s années.<br />
UNE MARCHE<br />
AVEC DIEU: LE PARDON<br />
RENOUVELÉ<br />
Reportons-nous à l'épiso<strong>de</strong> où<br />
Jésus lave les pieds <strong>de</strong> ses disciples<br />
(év. Jean ch. 13). Pierre lui dit; "Non,<br />
Jamais tu ne me laveras les pieds" et<br />
Jésus lui répond: "SiJe ne te lave<br />
pas. tu n'auras point <strong>de</strong> part avec<br />
mol". Et Pierre <strong>de</strong> lui répondre; "Non<br />
seulement les pieds, mais encore les<br />
mains, la tête". Jésus lui affirme<br />
alors; "Celui qui est lavé n'a besoin<br />
que <strong>de</strong> laver ses pieds pour être<br />
entièrement pur".<br />
Pierre est déjà lavé. Ainsi, le<br />
<strong>pardon</strong>, le premier <strong>pardon</strong> fonda<br />
mental, c'est la libération du cœur,<br />
La marche quotidienne <strong>vie</strong>nt ensuite.<br />
Nous pouvons évi<strong>de</strong>mment prendre<br />
pas mal <strong>de</strong> saletés sous les pieds. Il<br />
peut nous arriver d'avoir <strong>de</strong>s conflits<br />
avec un tel ou un tel, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s<br />
erreurs. Nous en faisons toujours.<br />
Mais, à ce moment. Jésus est là, prêt<br />
à nous laver les pieds.<br />
Nous avons été purifiés, libérés<br />
dans notre cœur. Nous sommes <strong>de</strong>s<br />
fils <strong>de</strong> Dieu. Mais un fils <strong>de</strong> Dieu peut<br />
faire <strong>de</strong>s erreurs et commettre <strong>de</strong>s<br />
fautes. Alors "si nous confessons nos<br />
péchés. Il est fidèle et Juste pour<br />
nous les <strong>pardon</strong>ner et pour nous<br />
purifier <strong>de</strong> toute iniquité" ( 1 ère ép.<br />
Jean ch. 1, 9). Nous retrouvons alors<br />
la paix <strong>de</strong> Dieu dans notre cœur.<br />
La <strong>vie</strong> chrétienne comporte <strong>de</strong>s<br />
difficultés, <strong>de</strong>s aléas, <strong>de</strong>s soubre<br />
sauts. Nous ressentons parfois<br />
l'impression d'être pécheurs, même si<br />
nous n'avons pas commis <strong>de</strong> faute.<br />
C'est une action <strong>de</strong> l'Esprit pour nous<br />
faire sentir que notre nature nous<br />
porterait vers le péché si nous ne res<br />
tions pas fidèlement dans la<br />
communion avec Dieu.<br />
Progressivement, l'Esprit du Seigneur<br />
nous purifie jusque dans nos pen<br />
sées. Notre conscience <strong>de</strong><strong>vie</strong>nt pure<br />
au fur et à mesure <strong>de</strong> notre<br />
approche <strong>de</strong> Dieu et <strong>de</strong> notre<br />
connaissance <strong>de</strong> Dieu,<br />
Samuel GUILHOT<br />
Clamart (92)<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n" 112 7
Une dynamique<br />
<strong>de</strong> y<br />
Comment vivre le <strong>pardon</strong><br />
et la confiance en Dieu<br />
dans la mentalité d'aujourd'hui?<br />
A partir <strong>de</strong> son expérience<br />
personnelle et <strong>de</strong> très nombreux contacts,<br />
Pascal nous communique sa réflexion.<br />
ES PECHERS DU VERGER<br />
Je suis issu d'une famille où l'on n'est<br />
pas spécialement chrétien<br />
<strong>de</strong> père en nis.<br />
J'ai mémoire d'une anecdote<br />
que l'on racontait chez nous.<br />
Elle pro<strong>vie</strong>nt d'un <strong>de</strong> mes<br />
aïeux, qui était vers la fin <strong>de</strong> sa <strong>vie</strong>,<br />
anti-religieux comme on l'était au<br />
début du siècle. Monsieur le curé<br />
<strong>vie</strong>nt visiter le socialiste du village. Il<br />
lui dit; 'Mon fils, je <strong>vie</strong>ns vous voir<br />
au sujet <strong>de</strong> vos péchés"- Et mon<br />
aïeul <strong>de</strong> répondre : "Écoutez,<br />
Monsieur le curé, il n'y a pas <strong>de</strong> problème.<br />
Venez avec moi." Il<br />
accompagne Monsieur le curé dans<br />
son verger et lui dit: "Mon jardin que<br />
voici est plein <strong>de</strong> pêchers". Voilà une<br />
<strong>de</strong>s réponses familiales qui nous faisaient<br />
beaucoup rire.<br />
UNE RELATION<br />
DE CONFIANCE<br />
Depuis mon plus Jeune âge,<br />
aussi loin que remontent mes souvenirs,<br />
vers trois ans, j'ai toujours eu<br />
conscience d'un Dieu qui veillait sur<br />
moi. J'ai eu un dialogue intérieur<br />
avec Lui, J'ai toujours senti que je<br />
pouvais Lui parler quand j'en avais<br />
gros sur le cœur. Un Dieu créateur<br />
qui existait, un Dieu à qui Je parlais<br />
d'une façon naturelle. Un Dieu avec<br />
qui je pouvais établir une vraie relation<br />
<strong>de</strong> confiance.<br />
Lorsqu'à seize ans, j'ai fondé le<br />
Comité d'Action Chrétienne* parmi<br />
les lycéens d'Antony, c'est un projet<br />
que j'avais <strong>de</strong>puis l'âge <strong>de</strong> quatorze<br />
ans déjà.<br />
Par la suite, j'ai découvert que<br />
les fonctionnements <strong>de</strong> chacun<br />
étaient divers. Certains pouvaient<br />
admettre intellectuellement qu'ils<br />
étaient aimés, mais ils avaient beaucoup<br />
<strong>de</strong> mal à le ressentir comme<br />
une réalité vécue personnellement.<br />
Mon expérience personnelle<br />
est différente. J'ai reçu cette relation<br />
<strong>de</strong> façon intuitive, puis je l'ai admise<br />
intellectuellement. J'ai ressenti d'instinct<br />
la dimension d'un Dieu<br />
d'Amour, d'un Dieu qui <strong>pardon</strong>ne,<br />
d'un Dieu qui sauve et qui relève. La<br />
lecture <strong>de</strong>s Évangiles a servi <strong>de</strong> révélateur<br />
et mon cœur tressaillait <strong>de</strong> joie<br />
à la lecture <strong>de</strong> ces paroles qui étaient<br />
naturellement reçues comme un<br />
souffle <strong>de</strong> <strong>vie</strong>. Dans mon cheminement,<br />
l'expérience et l'intuition<br />
avaient précédé le texte.<br />
GÉNÉRATION POST-1968<br />
J'ai fait ma scolarité au lycée et<br />
mes étu<strong>de</strong>s universitaires après<br />
1968. C'était une époque où tout<br />
était permis. Les règles étaient<br />
contestées si bien que les transgressions<br />
sexuelles ne posaient plus<br />
question. Tout était permis et "il était<br />
interdit d'interdire!"<br />
Lorsque nous avons créé, en<br />
1 973, le Comité d'Action Chrétienne,<br />
nous sommes partis au départ d'un<br />
principe <strong>de</strong> liberté et progressivement,<br />
nous avons intégré <strong>de</strong>s<br />
normes.<br />
Ainsi, je n'ai pas été marqué<br />
par une tradition moraliste ou puritaine.<br />
Les valeurs positives ne<br />
pouvaient s'affirmer que dans le cheminement<br />
d'un libre examen <strong>de</strong><br />
conscience.<br />
UNE IDÉOLOGIE<br />
BOURGEOISE?<br />
La culpabilité? Elle évoque souvent<br />
<strong>de</strong>s problèmes affectifs, <strong>de</strong>s<br />
problèmes sexuels, <strong>de</strong>s problèmes <strong>de</strong><br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n°112<br />
pouvoir, <strong>de</strong>s problèmes d'argent.<br />
Ces problèmes re<strong>vie</strong>nnent tout le<br />
temps. Quelle réponse apporter?<br />
De 1977 à 1980, j'ai fréquenté<br />
<strong>de</strong> nombreux séminaires <strong>de</strong> dynamique<br />
<strong>de</strong> groupe et d'analyse<br />
transactionnelle, à la faculté <strong>de</strong><br />
Vincennes.<br />
A l'époque, la réponse dominante<br />
était <strong>de</strong> dire: "Vous savez, la<br />
culpabilité est liée à l'idéologie bourgeoise.<br />
Elle n'existe pas. Vous<br />
pouvez faire ce que vous voulez <strong>de</strong><br />
vos corps. Vous êtes libres."<br />
Dans cette perspective, le<br />
péché était nié; en parler était une<br />
marque <strong>de</strong> "ringardise".<br />
Pour d'autres, le rapport avec<br />
la culpabilité débouche sur le refoulement.<br />
"Je ne veux pas écouter ma<br />
culpabilité. Je ne l'entends pas et je<br />
ne veux pas l'exprimer". La culpabilité,<br />
ainsi évacuée, va susciter toutes<br />
sortes <strong>de</strong> troubles physiques ou psychiques.<br />
Il y a une autre réponse qui est<br />
la réponse du Christ.<br />
L'homme est appelé à la liberté<br />
mais ce n'est pas une forme <strong>de</strong> mensonge<br />
dans laquelle la culpabilité est
niée. Ici, je reconnais que je suis<br />
pauvre, je reconnais que je suis nu.<br />
Et, à partir du moment où je suis<br />
pauvre et où je suis nu, j'ai besoin<br />
<strong>de</strong> me vêtir.<br />
Je reconnais les limites <strong>de</strong> mon<br />
humanité et je m'attache à Dieu,<br />
mon Père, qui est capable <strong>de</strong><br />
m'aimer et <strong>de</strong> me <strong>pardon</strong>ner. Dieu<br />
sens. Je pense à ce jeune étudiant<br />
<strong>de</strong> la Rési<strong>de</strong>nce universitaire<br />
d'Antony, qui dans la lettre qu'il laissait<br />
à sa famille après son décès,<br />
écrivait: "J'ai découvert que j'étais<br />
homosexuel. Je ne supporte pas<br />
cette idée. Je préfère me tuer."<br />
Face à ces situations <strong>de</strong> désespoir,<br />
le message <strong>de</strong> Dieu nous invite<br />
Confiance en Dieu. Comme l'écrivait<br />
Saint Augustin: "La mesure <strong>de</strong><br />
l'amour, c'est d'aimer sans mesure."<br />
Nous sommes appelés à donner<br />
une parole positive. Le Christ<br />
nous appelle à ne pas juger. Le texte<br />
du fils prodigue est merveilleusement<br />
libérateur (év. Luc ch. 15).<br />
Chaque fils prodigue sera accueilli<br />
ésurrection et <strong>de</strong> Vi<br />
m'aime et même si je fais <strong>de</strong>s bêtises.<br />
Il peut m'accueillir. C'est ce qui me<br />
permet d'être et <strong>de</strong> naître pleinement<br />
à la <strong>vie</strong> avec Lui.<br />
DIRE JE...<br />
En accompagnant <strong>de</strong>s personnes<br />
en difficulté d'insertion<br />
sociale ou professionnelle, j'observe<br />
combien certaines sont incapables<br />
<strong>de</strong> s'aimer.<br />
Très fréquemment, la difficulté<br />
d'aimer l'autre et <strong>de</strong> faire confiance à<br />
l'autre <strong>vie</strong>nt du fait que je ne<br />
m'écoute pas, que je ne me fais pas<br />
confiance, queje'ne m'aime pas.<br />
Alors, je n'arrive pas à dire JE, à dire<br />
JE t'aime, à dire: JE crois. Si je ne<br />
m'aime pas et si je ne peux pas dire<br />
JE, comment puis-je dire à l'autre et<br />
particulièrement à Dieu : JE t'aime.<br />
Derrière cette <strong>de</strong>scription, je<br />
vois vingt, trente, quarante cas <strong>de</strong><br />
personnes: hommes, femmes,<br />
jeunes, moins jeunes où il y a cette<br />
réalité là. Pour certains, cela a même<br />
abouti à <strong>de</strong>s tentatives <strong>de</strong> suici<strong>de</strong>.<br />
Des jeunes se sont suicidés parce<br />
que pour eux la <strong>vie</strong> n'avait pas <strong>de</strong><br />
à nous aimer. (I est une<br />
parole libératrice: "Tu aimeras<br />
ton prochain comme<br />
toi-même." [év. Matthieu<br />
ch. 22, 39), C'est un comman<strong>de</strong>ment<br />
semblable au<br />
premier: "Tu aimeras le<br />
Seigneur ton D/eu. " Ainsi,<br />
J'ai en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> crier: "Tu dois<br />
t'aimer toi-même pour aimer<br />
Dieu, t'aimer personnellement,<br />
c'est un comman<strong>de</strong>ment<br />
<strong>de</strong> Dieu." Il y a<br />
<strong>de</strong>s gens qui s'occupent<br />
beaucoup <strong>de</strong>s autres, qui se<br />
démènent, qui font <strong>de</strong>s<br />
bonnes actions, du militantisme<br />
syndical, politique. Je<br />
ne suis pas contre, j'en fais<br />
moi-même. Pourtant parfois,<br />
cela masque le fait qu'ils ne<br />
prennent pas le temps <strong>de</strong> se<br />
laisser regar<strong>de</strong>r par euxmêmes<br />
et <strong>de</strong> sentir la<br />
chaleur du soleil sur leur<br />
cœur, c'est-à-dire le regard<br />
<strong>de</strong> Dieu.<br />
De même, si je crois aimer les<br />
autres, mais si je ne m'occupe pas <strong>de</strong><br />
moi, je risque fort <strong>de</strong> mourir par <strong>de</strong>ssèchement<br />
intérieur. Quel dialogue<br />
ai-je avec moi-même? Est-ce que je<br />
suis capable <strong>de</strong> m'accepter? Est-ce<br />
que je suis capable <strong>de</strong> reconnaître<br />
mes fragilités en tant que telles?<br />
DES FILS PRODIGUES<br />
A l'aumônerie œcuménique <strong>de</strong><br />
la Rési<strong>de</strong>nce Universitaire d'Antony,<br />
nous avons suivi un millier d'étudiants<br />
<strong>de</strong>puis treize ans. Beaucoup<br />
<strong>de</strong> problèmes <strong>de</strong> nos étudiants,<br />
exprimés ou non exprimés, sont <strong>de</strong>s<br />
problèmes liés à l'affectivité. Des<br />
paroles moralistes n'ai<strong>de</strong>nt absolument<br />
pas les personnes à se<br />
retrouver.<br />
La Bible nous parie du roi<br />
David et <strong>de</strong> sa faiblesse dans le<br />
domaine sexuel (2 Samuel ch. 12).<br />
Dieu est pédagogue. S'il a mis ces<br />
textes dans sa Parole, c'est pour<br />
nous instruire. Il nous montre également<br />
comment David s'est repenti et<br />
les Psaumes sont <strong>de</strong>s hymnes magnifiques<br />
au Pardon, à l'Amour et à la<br />
les bras ouverts par son Père lorsqu'il<br />
<strong>vie</strong>ndra à Lui. Aucun <strong>de</strong> nous, par<br />
ses efforts, ne peut accé<strong>de</strong>r au<br />
Royaume <strong>de</strong> Dieu. C'est la grâce qui<br />
nous sauve. L'objectif <strong>de</strong> Dieu pour<br />
moi, c'est que je sois heureux et<br />
vivant.<br />
PERE ET MERE<br />
PAR EXCELLENCE<br />
Lorsque je dis à ma fille Joëlle:<br />
"Ne mets pas tes doigts dans la<br />
flamme <strong>de</strong> cette bougie car tu vas te<br />
brûler.", si elle le fait, si elle transgresse,<br />
elle va effectivement souffrir-<br />
Dieu m'a donné une relation <strong>de</strong><br />
paternité par rapport à mes enfants<br />
que j'aime. Je me dis qu'il est un<br />
Père bien plus parfait que moi. Ainsi<br />
Dieu ne me dit pas: "Ne fais pas ceci<br />
ou cela" pour m'embéter. Il le fait<br />
fondamentalement parce qu'il ne<br />
veut pas que j'aie mal-<br />
La notion <strong>de</strong> péché, <strong>de</strong> culpabilité,<br />
est éclairée par cette<br />
perspective. Nous avons un Dieu qui<br />
nous enseigne, qui nous <strong>pardon</strong>ne:<br />
"Si mon peuple s'humilie, prie et me<br />
cherche, s'il re<strong>vie</strong>nt <strong>de</strong> son mauvais<br />
chemin. Je Texaucerai. "<br />
(2 Chroniques ch. 7, 1 4).<br />
Si nous, parents, qui sommes<br />
créés à l'image <strong>de</strong> Dieu, sommes<br />
dans cette disposition d'esprit, combien<br />
Dieu qui est le Père et la Mère<br />
par excellence, pourrait-Il rester<br />
insensible? Pour moi, la notion du<br />
péché, <strong>de</strong> la culpabilité, je la vois<br />
dans cette relation <strong>de</strong> liberté fondamentale<br />
que Dieu a instaurée et qui<br />
est une relation <strong>de</strong> paternité et <strong>de</strong><br />
maternité confiante.<br />
Ainsi, j'essaye d'éviter le légalisme<br />
et le pharisaîsme, et <strong>de</strong> me<br />
tenir dans une dynamique <strong>de</strong> résurrection<br />
et <strong>de</strong> <strong>vie</strong>.<br />
Pascal COLIN<br />
Antony (92)<br />
* Association qui est à Torigine du journal<br />
Témoins.<br />
Pascal Colin a 37 ans. Marié avec Marguerite ils<br />
ont trois enfants: Joëlle. Nathanaël et Daniel.<br />
Pascal est directeur d'un centre <strong>de</strong> formation et<br />
d'insertion. Fondateur en 1973 <strong>de</strong> l'association<br />
qui édite Témoins.<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n°112
Simone Pacot, avec<br />
une équipe,<br />
anime <strong>de</strong>s sessions<br />
dans le domaine <strong>de</strong><br />
la guérison intérieure.<br />
En réponse à<br />
nos questions,<br />
elle nous fait part<br />
<strong>de</strong> son expérience.<br />
uelle démarche<br />
proposez-vous<br />
lors <strong>de</strong> vos ses<br />
sions?<br />
Les chemins d'évan-<br />
gélisation <strong>de</strong>s profon<br />
<strong>de</strong>urs (appelés aussi chemins <strong>de</strong><br />
guérison intérieure) consistent à <strong>de</strong>s<br />
cendre, en compagnie <strong>de</strong> l'Esprit<br />
Saint, dans nos profon<strong>de</strong>urs pour les<br />
laisser habiter par le Christ et remon<br />
ter à la lumière.<br />
Il s'agit d'un chemin incarna-<br />
tionnel, d'une foi vitale, vivante, qui<br />
va informer tout notre être, dans son<br />
entièreté.<br />
Ce chemin nous amène à la<br />
découverte <strong>de</strong> nos vrais lieux <strong>de</strong><br />
conversion, à la remise en sens <strong>de</strong><br />
notre histoire, à notre restructuration<br />
dans les gran<strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> <strong>vie</strong>, à partir<br />
<strong>de</strong> la parole <strong>de</strong> Dieu, <strong>de</strong> la réalité <strong>de</strong><br />
la <strong>vie</strong> du Christ en nous.<br />
Le développement <strong>de</strong> la per<br />
sonne dépend du respect <strong>de</strong>s<br />
gran<strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>. Quelles sont<br />
ces lors <strong>de</strong> <strong>vie</strong>?<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
D o s s i E R<br />
Elles nous sont données par la<br />
Parole <strong>de</strong> Dieu, manifestées en pléni<br />
tu<strong>de</strong> par la <strong>vie</strong> du Christ, mais il<br />
arrive souvent que nous ne voyions<br />
pas l'impact qu'elles peuvent avoir<br />
pour nous, pour la conduite <strong>de</strong> nos<br />
<strong>vie</strong>s. Le péché commence par être<br />
une transgression <strong>de</strong> ces gran<strong>de</strong>s lois<br />
fondamentales.<br />
clairement dans son étu<strong>de</strong> sur "les<br />
péchés".<br />
• Une autre loi <strong>de</strong> <strong>vie</strong> est;<br />
Tu quitteras ton père et ta mère"<br />
(Genèse ch.2, 24). C'est la condition<br />
<strong>de</strong> ton <strong>de</strong>venir, <strong>de</strong> ta fécondité, <strong>de</strong> ta<br />
liberté intérieure, <strong>de</strong> ta re-naissance:<br />
sors <strong>de</strong> l'idolâtrie qui consiste à<br />
Remise en<br />
vers la<br />
Il y a bien entendu plusieurs<br />
approches possibles dans la façon <strong>de</strong><br />
parler du péché. Nous parlons du<br />
péché comme manquer le but, mal<br />
viser.<br />
• Le principe fondateur est<br />
que J'ètre humain est créé à<br />
l'image <strong>de</strong> Dieu et à sa ressem<br />
blance (l'image <strong>de</strong> Dieu est un don<br />
indélébile). Quel que soit son chemi<br />
nement, tout être humain est créé à<br />
l'image <strong>de</strong> Dieu.<br />
La ressemblance <strong>de</strong> Dieu est<br />
une acquisition: nous avons à gran<br />
dir dans ce <strong>de</strong>venir <strong>de</strong> ressemblance<br />
mais cela va dépendre <strong>de</strong> notre<br />
choix, notre désir profond. La trans<br />
gression va se situer dans la façon <strong>de</strong><br />
<strong>de</strong>venir ou non à la ressemblance <strong>de</strong><br />
Dieu: encore faut-il s'attar<strong>de</strong>r sur<br />
cette révélation et <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r à<br />
l'Esprit <strong>de</strong> nous faire saisir la compré<br />
hension profon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Parole.<br />
Adam et Eve ont manqué le<br />
but en transgressant la loi essentielle,<br />
en voulant être dieux sans Dieu,<br />
en n'acceptant pas les limites <strong>de</strong><br />
l'être humain (Genèse ch.3). Tu n'es<br />
pas Dieu, tu as à <strong>de</strong>venir fils et fille<br />
<strong>de</strong> Dieu dans l'épaisseur <strong>de</strong> ton<br />
humanité, avec tout ce que cela<br />
comporte <strong>de</strong> limites, d'échecs, <strong>de</strong><br />
régression, <strong>de</strong> tâtonnements, <strong>de</strong><br />
renoncement à la toute-puissance.<br />
Xa<strong>vie</strong>r Thévenot explique cela très<br />
<strong>de</strong>meurer soumis au désir ou à<br />
l'emprise <strong>de</strong> l'autre. Tu appartiens à<br />
Dieu, va vers toi (Genèse ch. 12, 1),<br />
<strong>de</strong><strong>vie</strong>ns toi-même, <strong>de</strong><strong>vie</strong>ns unique.<br />
Savoir que l'on est créé<br />
unique est une loi fondamentale <strong>de</strong><br />
<strong>vie</strong>, qui va permettre <strong>de</strong> vivre avec<br />
l'autre une juste relation.<br />
Nous touchons là aux grands<br />
interdits structurants qui nous<br />
sont donnés pour nous mener à la<br />
<strong>vie</strong>.<br />
Interdit <strong>de</strong> te mélanger à<br />
l'autre, d'être l'autre, <strong>de</strong> <strong>de</strong>meurer<br />
sous son emprise, <strong>de</strong> vivre du désir<br />
<strong>de</strong> l'autre, <strong>de</strong> désirer ce qu'a ou est<br />
l'autre (René Girard), apprends à<br />
"désirer pour ton propre compte"<br />
(Daniel Sibony: pour une éthique <strong>de</strong><br />
l'être).<br />
Interdit <strong>de</strong> prendre sur toi le<br />
chemin <strong>de</strong> l'autre, sa culpabilité, <strong>de</strong><br />
réparer pour son compte.<br />
Dans l'épiso<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Tour <strong>de</strong><br />
Babel, Dieu ne permet pas que les<br />
hommes et les femmes soient tous<br />
pareils comme un magma, un trou<br />
peau. Chacun doit avoir sa langue,<br />
son vêtement, sa tribu, son territoire<br />
(Genèse ch. 11 ).<br />
• Une autre loi <strong>de</strong> <strong>vie</strong> est que<br />
le désir n'est pas interdit comme le<br />
Menteur a voulu le faire croire à Eve,<br />
mais qu'il doit être cadré pour pro<br />
duire <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>; le désir n'est interdit
que lorsqu'il est <strong>de</strong>structeur pour soi<br />
ou pour l'autre.<br />
Nous étudions la loi et le désir<br />
à partir <strong>de</strong> la parabole <strong>de</strong> l'enfant<br />
prodigue (év. Luc ch. 15, 11-32). Le<br />
ca<strong>de</strong>t est dans l'anarchie du désir,<br />
l'aîné dans l'esclavage <strong>de</strong> la loi et le<br />
Père va restaurer l'un et l'autre, cha<br />
cun selon son chemin <strong>de</strong> guérison.<br />
• Une autre loi fondamen<br />
tale est que l'être humain est créé<br />
pour <strong>de</strong>venir 'un" à l'intérieur <strong>de</strong><br />
ses trois composantes : corps, psy<br />
ché (ou âme), cœur profond (ou<br />
esprit). Ce sont trois plans différents<br />
route<br />
<strong>vie</strong><br />
qui ne se confon<strong>de</strong>nt pas mais se co-<br />
pénètrent, dans une structure<br />
intérieure que nous avons à<br />
connaître; le psychisme n'est pas le<br />
roi, n'a pas à envahir tout l'être, c'est<br />
le cœur profond, nourri <strong>de</strong> Dieu qui<br />
va fortifier la Psyché, qui elle-même<br />
va fortifier le corps.<br />
Nous avons à habiter pleine<br />
ment nos trois composantes, à<br />
prendre soin <strong>de</strong> chacune, <strong>de</strong> nos<br />
ombres, <strong>de</strong> notre corps, et aussi <strong>de</strong><br />
ce qui va bien en nous, <strong>de</strong> notre<br />
cœur profond, et à laisser l'Esprit<br />
Saint œuvrer en liberté sur toute<br />
notre terre.<br />
Qu'est-ce qui se passe si ces<br />
lois ne sont pas respectées?<br />
Nous prenons un chemin qui<br />
peut nous conduire à <strong>de</strong>s morts inté<br />
rieures, et non un chemin <strong>de</strong> <strong>vie</strong>,<br />
nous n'obéissons pas à l'ordonnan<br />
cement fondamental <strong>de</strong> Dieu, nous<br />
sommes tournés à l'envers, ou ne<br />
vivons que dans une part <strong>de</strong> nous-<br />
mêmes, nous ne sommes pas entiers.<br />
Jésus le Christ est la manifesta<br />
tion vivante dans sa chair <strong>de</strong> cette<br />
unité, cette unicité, <strong>de</strong> ce que peut<br />
<strong>de</strong>venir un être humain, s'il se com<br />
porte comme un fils ou une fille <strong>de</strong><br />
Dieu.<br />
Dieu ne maudit pas. Il bénit, et<br />
quand la Bible nous dit; "Malheur à<br />
vous", cela signifie; combien vous<br />
êtes malheureux si...<br />
Les torsions que nous vivons<br />
peuvent susciter <strong>de</strong>s comporte<br />
ments répétitifs engendrant le mal<br />
et la souffrance. Qu'en penser?<br />
Prenons un exemple classique:<br />
quelqu'un qui a vécu le rejet risque<br />
<strong>de</strong> toujours s'arranger pour être<br />
rejeté. Celui ou celle qui a le senti<br />
ment d'être rejeté a une immense<br />
quête d'amour, et en même temps,<br />
chaque fois que l'amour lui est offert,<br />
il se ferme, le rejette, pensant que ce<br />
n'est pas possible, que ce n'est pas<br />
pour lui. Il y a évi<strong>de</strong>mment là une<br />
blessure très profon<strong>de</strong>.<br />
En réalité, la personne répète<br />
son mal parce qu'elle espère trouver<br />
une autre issue à ce qu'elle a déjà<br />
vécu, à ce qui lui fait mal. Mais<br />
comme elle ne sait pas exactement<br />
ce qu'elle recherche, elle va tourner<br />
en rond.<br />
Le cheminement va être <strong>de</strong> lais<br />
ser habiter cette souffrance par la<br />
Présence du Christ, <strong>de</strong> la recon<br />
naître, <strong>de</strong> la nommer, <strong>de</strong> se l'avouer<br />
à soi-même sans obligatoirement la<br />
ressentir émotionnellement, ni l'agir,<br />
et <strong>de</strong> repérer comment la blessure a<br />
pu s'infecter: comment nous avons<br />
pu vivre sur un mensonge par rap<br />
port à la révélation, une fausse<br />
croyance; je ne suis pas aimé, parce<br />
que Je ne suis pas aimable. Cela est-il<br />
ou non <strong>de</strong> Dieu? Que me dit la<br />
Parole? 'Tu as du prix à mes yeux, et<br />
Moi, Je t'aime. " (Isaïe ch.43, 4)<br />
"Vois donc. Je t'ai gravé sur la paume<br />
<strong>de</strong> mes mains. " (Isaïe ch.49, 1 6)<br />
La repentance va être <strong>de</strong> chan<br />
ger <strong>de</strong> route, <strong>de</strong> déposer ce<br />
"mensonge", d'accueillir la parole <strong>de</strong><br />
vérité qui va restructurer, retisser le<br />
tissu psychique abîmé, si nous<br />
savons <strong>de</strong>meurer en elle, et la laisser<br />
<strong>de</strong>meurer en nous.<br />
Cette affirmation d'amour<br />
ouvre un autre horizon, nous remet<br />
dans la vérité, nous permet <strong>de</strong> quit<br />
ter le mensonge. Peu à peu la<br />
personne va intégrer un nouveau<br />
regard vis-à-vis d'elle-même et trou<br />
ver une nouvelle voie qui ne sera<br />
plus répétitive.<br />
La réception du <strong>pardon</strong> ne<br />
s'insère-t-elle pas dans un mouve<br />
ment en profon<strong>de</strong>ur?<br />
Oui, le <strong>pardon</strong> va être reçu à la<br />
racine <strong>de</strong> nos torsions, <strong>de</strong> nos<br />
fausses routes. C'est la raison pour<br />
laquelle nous ne parlons du <strong>pardon</strong>,<br />
qu'il soit à recevoir ou à donner,<br />
qu'à la fin du cycle <strong>de</strong>s trois sessions.<br />
Au début du chemin, va se<br />
vivre l'accueil du cœur souffrant ou<br />
<strong>de</strong> la violence, <strong>de</strong> la révolte en nous,<br />
et il est nécessaire <strong>de</strong> se familiariser<br />
avec la présence du Christ, <strong>de</strong> l'Esprit<br />
en ces lieux-là avant <strong>de</strong> vivre une<br />
quelconque repentance. Mais le<br />
simple fait d'entreprendre le chemin<br />
nous met d'emblée sur la route <strong>de</strong> la<br />
repentance; car la repentance est en<br />
même temps une disposition du<br />
cœur, une acceptation <strong>de</strong> ce que<br />
nous sommes réellement, une récep<br />
tivité <strong>de</strong> la lumière sur nous-mêmes,<br />
l'abandon <strong>de</strong> notre image idéale, et<br />
en même temps un mouvement très<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n I 12
actif qui va consister à faire volte-<br />
face, à changer <strong>de</strong> route, à adhérer<br />
au mouvement que nous donne la<br />
Parole.<br />
Elle va se situer au moment où,<br />
entendant la Parole, nous quittons le<br />
chemin <strong>de</strong> mort pour choisir le che<br />
min <strong>de</strong> <strong>vie</strong>. Avec ce que nous savons<br />
aujourd'hui du Dieu <strong>de</strong> Jésus-Christ,<br />
<strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> <strong>vie</strong>, nous pou<br />
vons quitter le chemin <strong>de</strong> mort pour<br />
trouver une autre issue.<br />
Recevoir le <strong>pardon</strong> implique<br />
que nous puissions accueillir l'amour<br />
<strong>de</strong> Dieu dans toute sa gratuité, et<br />
nos blessures peuvent bien sur faire<br />
obstacle à cet accueil.<br />
Des personnes qui ont été<br />
aimées sous condition, pas pour<br />
elles-mêmes, acceptent très difficile<br />
ment la gratuité, la surabondance <strong>de</strong><br />
l'amour <strong>de</strong> Dieu.<br />
Des enfants victimes d'abus<br />
sexuels vont fréquemment entrer<br />
dans une culpabilité très profon<strong>de</strong>,<br />
et se vivre souillés, indignes. Nous<br />
touchons là à toute la question <strong>de</strong> la<br />
culpabilité qui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rait <strong>de</strong> longs<br />
développements.<br />
De même, donner le <strong>pardon</strong><br />
suppose <strong>de</strong>s étapes préliminaires;<br />
nous avons à reconnaître combien<br />
nous avons été atteints. Nous ne<br />
pouvons <strong>pardon</strong>ner que lorsque<br />
nous commençons à sortir <strong>de</strong> l'écra<br />
sement, du victimisme, que lorsque<br />
notre histoire commence à prendre<br />
sens pour nous.<br />
Comment situer le <strong>pardon</strong><br />
aux autres?<br />
Nous avons d'abord à retraver<br />
ser en compagnie <strong>de</strong> l'Esprit, dans<br />
l'amour du Père, ce qui a été blessé,<br />
touché, réactivé en nous, la somme<br />
<strong>de</strong> souffrance, <strong>de</strong> révolte qui vit en<br />
nous du fait <strong>de</strong> ce qui nous est arrivé<br />
ou nous arrive aujourd'hui. Pour<br />
quitter la souffrance, la révolte, nous<br />
allons avoir à vivre tout ce trajet, qui<br />
prend jusqu'à nos entrailles: à cette<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
D o s s i E R<br />
condition seulement, nous pourrons<br />
<strong>pardon</strong>ner <strong>de</strong> tout notre cceur.<br />
Nous avons à regar<strong>de</strong>r notre<br />
part dans l'événement, en veillant<br />
toutefois à ne pas nous laisser culpa<br />
biliser à tort-<br />
Nous avons le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> discer<br />
ner l'acte posé par l'autre, et <strong>de</strong> ne<br />
pas nous interdire <strong>de</strong> nommer les<br />
failles <strong>de</strong> nos parents, ce qui n'est en<br />
aucune façon un jugement sur leur<br />
personne.<br />
Car nous allons souvent avoir à<br />
dire non à une <strong>de</strong>man<strong>de</strong> fusionnelle,<br />
à un chantage affectif, à une<br />
emprise, une manipulation, une prise<br />
<strong>de</strong> pouvoir. Nous n'avons pas à<br />
entrer dans le jeu <strong>de</strong> l'autre s'il n'est<br />
pas clair.<br />
Pardonner ne veut pas dire que<br />
nous allons être d'accord avec ce<br />
que l'autre pense, dit ou fait. Nous<br />
pouvons <strong>pardon</strong>ner et affronter, sans<br />
agressivité, sans condamnation, sans<br />
peur, et sans nous sentir menacés.<br />
Nous n'avons pas à réduire<br />
l'autre à son acte, ni à le nier, il<br />
n'est pas que cela, il est enfant <strong>de</strong><br />
Dieu.<br />
Le <strong>pardon</strong> n'est pas l'oubli.<br />
Nous ne pouvons oublier, mais le<br />
souvenir ne va plus nous détruire.<br />
Le <strong>pardon</strong> n'est pas l'excuse:<br />
nous pouvons <strong>pardon</strong>ner <strong>de</strong>s actes<br />
inexcusables.<br />
le <strong>pardon</strong> n'est pas obligatoi<br />
rement l'arrêt <strong>de</strong> la souffrance,<br />
mais la souffrance est pacifiée.<br />
La relation n'est pas forcé<br />
ment restaurée dans les farts. Il y a<br />
<strong>de</strong>s séparations nécessaires qui peu<br />
vent être vécues dans la paix du<br />
cceur et non dans la division ou la<br />
rancœur: dans ce cas la restauration<br />
<strong>de</strong> la relation se vit d'une certaine<br />
manière en Dieu.<br />
Nous avons à être extrême<br />
ment pru<strong>de</strong>nts dans l'expression.<br />
Le fait d'aller dire à l'autre: "Je te par<br />
donne", peut être reçu comme un<br />
règlement <strong>de</strong> comptes ou une<br />
condamnation. L'Esprit nous inspire<br />
le geste juste.<br />
Nous avons à renoncer à tout<br />
comprendre, à tout expliquer.<br />
L'amour <strong>de</strong> l'ennemi, le <strong>pardon</strong> ne<br />
se situent pas sur le plan <strong>de</strong>s sen<br />
timents: c'est <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r la<br />
bénédiction sur l'autre, une bénédic<br />
tion qui va l'amener à porter fruit.<br />
Le <strong>pardon</strong> est incondi<br />
tionnel: il se situe sans aucun mar<br />
chandage et avant toute démarche<br />
<strong>de</strong> l'autre.<br />
Pour vous, le <strong>pardon</strong> est-il<br />
important?<br />
Il est fondamental, il est lié à la<br />
<strong>vie</strong>, à la résurrection, il remet la <strong>vie</strong><br />
en route, il nous fait participer à ce<br />
grand mouvement <strong>de</strong> libération <strong>de</strong><br />
l'autre, <strong>de</strong> nous-mêmes. Il nous per<br />
met <strong>de</strong> nous dé-mélanger, <strong>de</strong> ne pas<br />
rester agrippés, accrochés. Il va impli<br />
quer un <strong>de</strong>uil passager: quitter notre<br />
image idéale, l'offense reçue, nous<br />
amener à une confrontation avec<br />
nous-mêmes; il va changer le sens<br />
<strong>de</strong>s forces du mal, il va restaurer,<br />
remettre en route la relation; ce qui<br />
était mort re<strong>vie</strong>nt à la <strong>vie</strong>.<br />
Si le Christ le pose comme<br />
impératif, c'est bien parce qu'il va<br />
toucher ces fon<strong>de</strong>ments <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>.<br />
Pardonner, c'est bénir les<br />
autres en vérité.<br />
en vérité.<br />
Etre <strong>pardon</strong>né, c'est être béni<br />
Simone PACOT<br />
Vanves (92)
Reconnaître<br />
ce que l'on est<br />
me semble<br />
que je n'ai jamais<br />
appris à être par<br />
donné ni à <strong>pardon</strong>ner,<br />
mais à être irréprochable (c'est à dire<br />
"trouvé sans défaut").<br />
Bien sûr il y avait la confession<br />
que je fréquentais régulièrement<br />
comme catholique, mais là aussi il<br />
me semble que je cherchais plus à<br />
retrouver un "état irréprochable" qu"à<br />
m'humilier <strong>de</strong>vant Dieu-<br />
En profon<strong>de</strong>ur, l'orgueil et<br />
peut-être la rancune m'habitaient<br />
facilement.<br />
Il a fallu <strong>de</strong> très longues années<br />
pour que j'apprenne à <strong>pardon</strong>ner...<br />
non pas simplement en le formulant<br />
intérieurement, mais en accomplis<br />
sant une démarche auprès <strong>de</strong> ceux<br />
[ou celles) que J'avais blessés ou qui<br />
m'avaient blessé.<br />
Reconnaître <strong>de</strong>vant Dieu que<br />
l'on a désobéi à sa loi d'amour est<br />
une chose très importante et fonda<br />
mentale. Cette démarche n'est plus<br />
humiliante lorsque l'on sait que c'est<br />
aux pieds d'un père plein <strong>de</strong> ten<br />
dresse que l'on reconnaît ses torts.<br />
Par contre, reconnaître <strong>de</strong>vant<br />
"l'autre" que notre cceur, nos gestes,<br />
nos attitu<strong>de</strong>s étaient mauvais, consti<br />
tuait pour moi un parcours bien<br />
difficile, d'autant plus peut-être<br />
lorsqu'il s'agissait <strong>de</strong> mes proches,<br />
ceux et celles que j'aimais le plus et<br />
auxquels j'aurais dù donner<br />
l'exemple...<br />
Je me sou<strong>vie</strong>ns d'un moment<br />
où, adolescente, l'une <strong>de</strong> mes filles<br />
se trouvait inoccupée, <strong>de</strong>visant non<br />
chalamment sur son divan-lit avec un<br />
jeune voisin. J'ai été agacé par leur<br />
attitu<strong>de</strong> et, sans ménagement, j'ai<br />
<strong>de</strong>mandé à ma fille d'aller ailleurs<br />
s'occuper intelligemment. Elle a<br />
obtempéré. Alors, peu à peu. Je me<br />
suis rendu compte que je ne lui fai<br />
sais pas confiance et que j'étais<br />
insécurisé à propos <strong>de</strong> son attitu<strong>de</strong><br />
envers cet ami, et envers les garçons<br />
en général. Mon agacement avait là<br />
sa <strong>source</strong>. J'ai alors fait la démarche<br />
<strong>de</strong> lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> pour mes<br />
paroles dures, disproportionnées par<br />
rapport à la réalité qu'elle vivait. Le<br />
Seigneur Jésus m'a permis d'accom<br />
plir ce geste <strong>de</strong> vérité qui me serait<br />
apparu, quelques années avant,<br />
comme parfaitement humiliant.<br />
Une autre fois, alors que je par<br />
lais à cœur ouvert avec ma fille<br />
aînée, déjà mère <strong>de</strong> famille, j'ai été<br />
conduit à lui avouer que je n'avais<br />
pas eu envers elle la tendresse et la<br />
douceur qui auraient dû être les<br />
miennes, lorsqu'elle n'était encore<br />
qu'un bébé. En effet, J'attendais,<br />
nous attendions un garçon, officielle<br />
ment annoncé par le mé<strong>de</strong>cin, et<br />
c'est une fille qui nous a été donnée;<br />
elle ne correspondait pas toujours à<br />
l'image que Je me faisais d'un bébé:<br />
les sourires étaient rares, les pleurs<br />
trop fréquents à mon goût, la nuit<br />
surtout! Au-<strong>de</strong>dans <strong>de</strong> moi. J'étais<br />
mécontent <strong>de</strong> ma fille et la tendresse<br />
parfois s'enfuyait. Oh, il ne s'agissait<br />
pas tellement <strong>de</strong> gestes ou <strong>de</strong> mani<br />
festations hostiles, mais plutôt d'une<br />
disposition du cœur, bien éloignée<br />
<strong>de</strong> celle d'un père aimant, plein <strong>de</strong><br />
Se voulant<br />
au départ<br />
irréprochable,<br />
Jean a découvert<br />
les bienfaits<br />
du <strong>pardon</strong>.<br />
patience et prêt à tout <strong>pardon</strong>ner.<br />
Alors, très doucement, ma<br />
gran<strong>de</strong> fille m'a répondu: "Ne<br />
t'inquiète pas, je le savais déjà!"; elle<br />
avait déjà reçu<br />
cette pensée au<br />
cours d'un<br />
accompagnement<br />
spirituel. Combien<br />
j'ai été reconnais<br />
sant au Seigneur<br />
<strong>de</strong> m'avoir poussé<br />
à faire cet aveu à<br />
ma fille, en lui<br />
<strong>de</strong>mandant son<br />
<strong>pardon</strong> qu'elle<br />
m'avait par<br />
avance donné!<br />
Je crois que<br />
l'Église du<br />
Seigneur n'est<br />
constituée que <strong>de</strong><br />
pécheurs <strong>pardon</strong>-<br />
nés et j'en suis un<br />
parmi d'autres !<br />
Toute ma <strong>vie</strong> a été nécessaire à<br />
cet abandon <strong>de</strong> l'orgueil qui m'auto<br />
risait à me croire "irréprochable".<br />
Comme la <strong>vie</strong> se simplifie<br />
lorsque l'on reconnaît ce que l'on est<br />
réellement <strong>de</strong>vant notre Seigneur<br />
Jésus, et quand il le faut, <strong>de</strong>vant les<br />
hommes!<br />
Jean LAGARDE<br />
Étampes (91 )<br />
Jan<strong>vie</strong>r Févrie r iUlars f^W^ n^ 1 12 13
Ce. Seigneur<br />
f m'a<br />
avais eu mon expé<br />
rience d'échec. J'étais<br />
mère célibataire et je me<br />
retrouvais avec une<br />
enfant. J'avais décidé <strong>de</strong><br />
laisser son père parce qu'il<br />
ne me choisissait pas comme<br />
unique dans sa <strong>vie</strong>, mais, en<br />
même temps, c'est comme s'il m'avait<br />
rejetée. Je vivais cette situation<br />
comme un rejet. Je ne croyais pas<br />
pouvoir retrouver quelqu'un et avoir<br />
une <strong>vie</strong> normale. Je m'étais faite à<br />
l'idée que je serais tout le temps<br />
seule.<br />
EN MON CŒUR,<br />
JE DÉSIRAIS LE MARIAGE<br />
Quand j'ai rencontré Pierre, j'ai<br />
ressenti qu'il m'acceptait vraiment et<br />
je pensais qu'il était décidé à se<br />
marier. J'ai décidé <strong>de</strong> le suivre, on<br />
s'est retrouvé ensemble pour vivre<br />
une <strong>vie</strong> <strong>de</strong> couple. Il avait un fils <strong>de</strong><br />
neuf ans et moi, une petite fille <strong>de</strong><br />
<strong>de</strong>ux ans et <strong>de</strong>mi. Nous avons vécu<br />
entassés dans un petit <strong>de</strong>ux pièces.<br />
Pierre était très indépendant, il était<br />
beaucoup pris par son travail. Moi<br />
j'avais trouvé un emploi. Nous<br />
n'étions jamais très disponibles. Je<br />
voyais que la famille que nous for<br />
mions ne fonctionnait pas bien. Et.<br />
en même temps, je désirais le<br />
mariage en mon cceur. Pour moi,<br />
c'était une manière d'être relevée,<br />
d'être reconnue, d'être rétablie dans<br />
une certaine dignité. Mais chaque<br />
fois que je parlais mariage. Pierre me<br />
rejetait.<br />
JE PLEURAIS PENDANT<br />
DES NUITS ENTIÈRES<br />
Alors, j'ai commencé à douter<br />
<strong>de</strong> la qualité <strong>de</strong> ses sentiments. J'ai<br />
commencé à avoir un regard sur<br />
toutes les personnes qu'on fréquen<br />
tait, et à me <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r si, parmi<br />
elles, il n'y avait pas la personne qui<br />
l'intéressait. Je suis <strong>de</strong>venue jalouse,<br />
maladivement jalouse.<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
Et puis. Je me suis mise à boire.<br />
J'avais sans doute en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> sortir <strong>de</strong><br />
moi, en<strong>vie</strong> que l'on s'intéresse à moi.<br />
Lorsqu'on sortait, je commençais à<br />
boire, mais cela n'allait pas du tout. Il<br />
m'est arrivé d'être mala<strong>de</strong> chez <strong>de</strong>s<br />
amis. Au lieu d'attirer <strong>de</strong>s regards <strong>de</strong><br />
faveur, je m'attirais <strong>de</strong>s regards <strong>de</strong><br />
désapprobation. Je me disais: "Ton<br />
père, il buvait, ton grand-père, il<br />
buvait, tes oncles, ils ont bu". Ces<br />
souvenirs me revenaient. J'avais<br />
l'impression d'une fatalité. Un soir,<br />
on est rentré, Pierre me portant sur<br />
l'épaule. Sa mère gardait les enfants.<br />
J'ai ouvert les yeux et je l'ai vue. Elle<br />
m'a regardée. Elle n'a rien dit. Il n'y<br />
avait aucune désapprobation dans<br />
son regard, mais <strong>de</strong> la compassion.<br />
Cela m'a touchée. Je me suis dit: "Il<br />
ne faut plus que cela se reproduise,"<br />
Ma belle-mère faisait prier pour nous<br />
à l'église. Un dimanche. Je me suis<br />
dit: "Je ne dois plus accepter ces<br />
pensées-là." J'ai pris dans mon cceur<br />
la décision <strong>de</strong> refuser <strong>de</strong> continuer à<br />
boire. Je crois que le Saint Esprit<br />
avait commencé à agir.<br />
Cependant, J'étais déprimée-<br />
Infirmière en psychiatrie, mon travail<br />
n'était pas facile. J'ai vécu <strong>de</strong>s choses<br />
dures, une personne est morte dans<br />
nos bras <strong>de</strong>s suites d'un électrochoc.<br />
Certains mala<strong>de</strong>s faisaient un trans<br />
fert sur moi. J'avais en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> faire<br />
autre chose.<br />
Je communiquais mal avec<br />
Pierre. Il y avait comme une incom<br />
patibilité. Le fait qu'il se ferme à l'idée<br />
<strong>de</strong> mariage me faisait souffrir. Et<br />
puis, nous avons vécu un<br />
avortement; j'ai eu un enfant, il n'en<br />
voulait pas. J'ai vécu cela comme un<br />
échec lamentable. J'avais <strong>de</strong>s pen<br />
sées <strong>de</strong> suici<strong>de</strong>. Il m'arrivait <strong>de</strong><br />
pleurer <strong>de</strong>s nuits entières. Je quittais<br />
la maison. Je tournais dans la cité ou<br />
J'allais dans la voiture; et puis je pleu<br />
rais. En même temps, Je voyais que<br />
Je perdais pied. J'en avais assez <strong>de</strong><br />
me battre. Je ne voyais pas comment<br />
m'en sortir.<br />
L'AMOUR<br />
DE NOS COUSINS<br />
Dans ces entrefaites, <strong>de</strong>s cou<br />
sins <strong>de</strong> ma belle-mère sont arrivés.<br />
Ma belle-mère, la mère <strong>de</strong> Pierre,<br />
était un peu au centre <strong>de</strong> la famille.<br />
Alors nous nous sommes rencontrés.<br />
Ils avaient été à l'origine <strong>de</strong> la<br />
conversion <strong>de</strong> ma belle-mère.<br />
Pendant ia guerre, ma belle-mère<br />
avait beaucoup aidé le frère <strong>de</strong> ces<br />
cousins, mala<strong>de</strong> à l'hôpital. Ils lui en<br />
étaient reconnaissants. Après la mort<br />
<strong>de</strong> son mari, ma belle-mère a perdu<br />
son fils <strong>de</strong> dix-sept ans dans un acci<br />
<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> mobylette. Alors, ces cousins<br />
sont venus <strong>de</strong> Dunkerque la voir<br />
régulièrement. L'amour <strong>de</strong> Dieu les a<br />
poussés. Progressivement, ma belle-<br />
mère s'est ouverte à l'Évangile. Elle a<br />
lu ia Bible. Elle s'est convertie. Pierre<br />
a vu ce changement et il a pensé<br />
que c'était bien.<br />
Cependant chaque fois que les<br />
cousins venaient, quand on abordait<br />
le domaine spirituel, il s'en allait.<br />
Mais il se sentait bien à leur contact<br />
et moi aussi. Ce que je recherchais,<br />
et Pierre aussi inconsciemment,<br />
c'était l'amour, la paix, la Joie, tout ce<br />
qui émanait d'eux. Avec eux, je me<br />
sentais bien. Ils nous ont invités à<br />
Dunkerque et finalement nous y<br />
sommes allés. Et alors, nous avons<br />
baigné dans l'amour du Seigneur. Le<br />
dimanche, quand il a été question<br />
d'aller à l'église, il n'y a eu aucun<br />
problème. Nous suivions. Nous<br />
étions comme aimantés. C'est là que<br />
j'ai entendu le message <strong>de</strong> la Croix.<br />
C'est là que Je me suis convertie.<br />
J'AI RÉALISÉ LAMOUR<br />
DE DIEU POUR MOI<br />
J'ai réalisé ce que j'étais et, en<br />
même temps, j'ai réalisé l'amour <strong>de</strong><br />
Dieu pour moi. Des pensées<br />
contraires se sont affrontées en moi.<br />
J'étais appelée à tout donner au<br />
Seigneur. Qu'est-ce que cela voulait<br />
dire? Qu'allait-ll me prendre? Ma <strong>vie</strong>,
Nicole a été vraiment sauvée par le Seigneur.<br />
C'était en 7 9 6 7 .<br />
Aujourd'hui, elle gar<strong>de</strong> dans sa mémoire<br />
comment l'amour <strong>de</strong> Dieu<br />
s'est manifesté pour elle et comment elle<br />
a été conduite dans la voie du <strong>pardon</strong>.<br />
ma fille, mon compagnon? Toutes<br />
ces idées-là me venaient. Dans cette<br />
église, j'ai vécu une vraie bataille. Et<br />
puis, moi qui étais très souvent au<br />
bord du suici<strong>de</strong>, je me suis dit: "J'y<br />
vais. Seigneur, je Te donne tout." Si<br />
j'ai accepté, si j'ai cédé, c'est parce<br />
qu'il y avait l'amour du Seigneur qui<br />
me pressait. Je sentais un amour sur<br />
moi. Le Seigneur m'acceptait comme<br />
j'étais, me <strong>pardon</strong>nait complètement.<br />
Je me sentais moche, mais en même<br />
temps attirée par Lui. Il avait le pou<br />
voir <strong>de</strong> me relever. J'ai accepté <strong>de</strong><br />
tout Lui donner. Et j'ai reçu immédia<br />
tement. Je vivais sous le poids <strong>de</strong><br />
toutes mes difficultés, <strong>de</strong> mon péché<br />
aussi. Ce poids m'a été retiré d'un<br />
seul coup, je me suis sentie légère,<br />
légère. Et puis j'ai ressenti une paix,<br />
une joie extraordinaire, une paix sen<br />
sible. Je l'ai ressentie physiquement.<br />
LE SEIGNEUR ME DISAIT:<br />
VA DEMANDER PARDON<br />
La première chose que le<br />
Seigneur m'a poussée à faire, c'était<br />
à <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> à mon mari fil<br />
était comme mon mari). Les difficul<br />
tés <strong>de</strong> communication étaient<br />
toujours là. Quand il y avait un<br />
accrochage, le Seigneur me disait:<br />
"Va lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong>, tu vas<br />
voir, cela va s'arranger." Forcément,<br />
j'avais eu un mot, une attitu<strong>de</strong>.<br />
J'allais lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> pour la<br />
situation. Et je le voyais se détendre.<br />
Quelques mois après, il s'est converti.<br />
Petit à petit, il m'a vue changer. Il<br />
s'est dit: "Il y a quelque chose." Il<br />
s'est approché tout doucement du<br />
Seigneur. Au début, il m'accompa<br />
gnait <strong>de</strong> temps en temps à l'église. Et<br />
puis, <strong>de</strong> fil en aiguille, il est venu<br />
régulièrement. Petit à petit, le Saint<br />
Esprit a fait son œuvre en lui. J'avais<br />
vraiment une confiance totale. Et lui<br />
qui n'avait pas en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> se marier, il<br />
a eu en<strong>vie</strong>; il n'avait pas en<strong>vie</strong><br />
d'avoir d'enfants, il a pu en avoir un.<br />
Quelques années plus tard,<br />
dans une convention, le souvenir <strong>de</strong><br />
l'avortement est remonté. En parlant<br />
avec une sœur, j'ai compris qu'il fal<br />
lait que Je <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>pardon</strong>. J'ai<br />
<strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> ce geste à<br />
l'enfant qui n'est pas né. En même<br />
temps, je me suis trouvée complète<br />
ment libérée. C'était fort. Cela a été<br />
vraiment une guérison.<br />
Après ma conversion, il a fallu<br />
que je <strong>de</strong>man<strong>de</strong> souvent <strong>pardon</strong><br />
pour <strong>de</strong>s disputes passées. J'avais<br />
vécu <strong>de</strong>s situations difficiles dans ma<br />
famille. Mon père avait souffert lui-<br />
même énormément: il avait été<br />
déporté à dix-huit ans, et son travail<br />
ne lui plaisait pas. Mon père avait un<br />
idéal très fort. Et pour moi. son idéal<br />
politique ne correspondait pas à ce<br />
qu'il vivait à la maison: il nous a faits<br />
souffrir. A partir <strong>de</strong> là, je le jugeais, je<br />
le condamnais. Et je lui disais que Je<br />
le haïssais. J'avais dit à mon père:<br />
"jamais. Je ne te <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rai par<br />
don." Et bien, j'ai <strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> à<br />
mon père pour tout ce que je lui<br />
avais fait voir. Mon papa, quand il<br />
est venu à mon mahage, il a pleuré.<br />
Il a été touché par le Seigneur et à<br />
partir <strong>de</strong> là, il s'est mis à lire la Bible.<br />
J'ai <strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> pour <strong>de</strong>s<br />
tas <strong>de</strong> choses que le Seigneur me<br />
montrait. Je me suis souvenue d'une<br />
cousine que J'avais invitée à venir<br />
passer quelques jours à Nice, Elle<br />
voulait connaître la région. Mais<br />
parce que je lui en voulais pour cer<br />
taines choses <strong>de</strong> mon enfance, je lui<br />
en ai fait voir. Je l'ai traitée presque<br />
<strong>de</strong> tout. Quand le Seigneur m'a rap<br />
pelé cela, j'ai <strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> à ma<br />
cousine. Elle n'a peut-être pas com<br />
pris, mais moi, je <strong>de</strong>vais le faire.<br />
J'avais été prisonnière, j'avais<br />
été aveugle. Et puis, j'avais été fon<br />
damentalement <strong>pardon</strong>née,<br />
complètement acceptée par Dieu.<br />
Etant <strong>pardon</strong>née, je me <strong>de</strong>vais <strong>de</strong><br />
<strong>pardon</strong>ner. J'ai le sentiment que<br />
quand nous <strong>pardon</strong>nons, c'est le<br />
<strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu qui <strong>vie</strong>nt sur les<br />
gens, qui les libère et qui les prépare<br />
à Le rencontrer.<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
Nicole PETIT<br />
Clamart (92)
Françoise nous dit<br />
comment l'amour <strong>de</strong><br />
Jésus <strong>vie</strong>nt à nous<br />
dans notre faiblesse.<br />
16 Jan<strong>vie</strong>r<br />
Dieu Lui-même:<br />
Caisse-toi aimer<br />
pair Celui<br />
qui <strong>pardon</strong>ne<br />
on regard s'étonne,<br />
tu ne comprends pas:<br />
un roi qui par<br />
donne, ça<br />
n'existe pas..."<br />
...et à plus forte<br />
raison si ce roi est<br />
ou bien nous avons du mai à<br />
croire que nous sommes <strong>pardon</strong>nes<br />
et que Jésus a tout payé, ou bien<br />
nous nous sommes tellement habi<br />
tués au don <strong>de</strong> Dieu, que nous<br />
passons à côté <strong>de</strong> cette réalité sur<br />
laquelle nous sommes <strong>de</strong>venus<br />
aveugles.<br />
Pendant longtemps, j'ai<br />
<strong>de</strong>mandé à Dieu <strong>de</strong> me montrer clai<br />
rement mon péché, afin que je<br />
puisse prendre la mesure <strong>de</strong> Son<br />
amour pour moi. Puis un jour, un<br />
frère du groupe <strong>de</strong> prière m'a inter<br />
pellée: "pourquoi t'acharnes-tu ainsi<br />
sur ton péché? Laisse-toi plutôt<br />
aimer par Celui qui te <strong>pardon</strong>ne."<br />
Alors, j'ai comphs une chose, c'est<br />
que je n'avais pas à comprendre.<br />
J'avais besoin simplement d'abor<strong>de</strong>r<br />
ce mystère avec un cceur d'enfant,<br />
selon le psaume 131, ce psaume qui<br />
m'était <strong>de</strong>venu si familier <strong>de</strong>puis qu'il<br />
m'avait été donné un jour où mon<br />
cceur trop scrupuleux avait besoin<br />
d'être rassuré:<br />
"Eternel, je n'ai ni un cœur qui<br />
s'enfle, ni <strong>de</strong>s regards hautains. Je<br />
ne m'occupe pas <strong>de</strong> choses trop<br />
gran<strong>de</strong>s et trop relevées pour moi.<br />
Loin <strong>de</strong> là, j'ai l'âme calme et tran<br />
quille, comme un enfant sevré qui<br />
est auprès <strong>de</strong> sa mère... "<br />
Mon Dieu m'a fait asseoir<br />
auprès <strong>de</strong> Lui. Par la suite, lors d'une<br />
rencontre <strong>de</strong> prière, quelqu'un a<br />
entonné un cantique dont un cou<br />
plet m'a frappée en plein cceur: "On<br />
l'a cloué. Il n'a rien dit, on l'a percé. Il<br />
n'a rien dit. On l'a joué. Il n'a rien<br />
dit. Sans un mot, sa tête II a penché."<br />
J'ai réalisé en un "flash" tout<br />
l'amour <strong>de</strong> Jésus qui renonçait à se<br />
justifier Lui-même, pour me justifier,<br />
moi, pécheresse. Mon cceur débor<br />
dait <strong>de</strong> reconnaissance pour un tel<br />
amour. Je commençais à découvrir<br />
que la plus gran<strong>de</strong> joie <strong>de</strong> Dieu était<br />
d'exercer sa miséricor<strong>de</strong> envers ses<br />
enfants.<br />
L'ATTITUDE DE JÉSUS<br />
Quel régal que la lecture <strong>de</strong><br />
l'Évangile] Je n'ai pas fini <strong>de</strong> m'émer-<br />
veiller <strong>de</strong>vant l'attitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> Jésus<br />
toute empreinte <strong>de</strong> délicatesse, <strong>de</strong><br />
respect et <strong>de</strong> miséricor<strong>de</strong> envers les<br />
personnes, tout en restant luci<strong>de</strong> sur<br />
la faiblesse du cceur humain. Avec<br />
quelle liberté d'esprit Jésus se com<br />
promet au milieu <strong>de</strong>s pécheurs et<br />
<strong>de</strong>s gens <strong>de</strong> mauvaise <strong>vie</strong>, mangeant<br />
à la même table qu'eux, provoquant<br />
les murmures <strong>de</strong>s gens bien-pen<br />
sants, osant déclarer au paralytique:<br />
Tes péchés te sont <strong>pardon</strong>nes", puis<br />
aussitôt après : "Lève-toi, prends ton<br />
lit et va dans ta maison", faisant <strong>de</strong> la<br />
guérison <strong>de</strong> cet homme un signe<br />
éclatant du pouvoir donné par son<br />
Père <strong>de</strong> <strong>pardon</strong>ner les péchés,<br />
(év. Marc ch. 2)<br />
Dans son amour <strong>de</strong> prédilec<br />
tion pour les pécheurs, Jésus ne peut<br />
supporter <strong>de</strong> les voir prisonniers du<br />
péché. Aussi ne craint-Il pas <strong>de</strong> faire<br />
sauter les barrières <strong>de</strong>s catégories<br />
stériles dans lesquelles si facilement,<br />
les hommes enferment Dieu et le<br />
don inouï <strong>de</strong> son <strong>pardon</strong>. Quelle est<br />
Févrie r Mars ^(M^ / 12<br />
cette arithmétique nouvelle intro<br />
duite par Jésus qui <strong>vie</strong>nt tout<br />
bousculer <strong>de</strong> nos règles bien éta<br />
blies, en installant aux premières<br />
loges du Royaume <strong>de</strong> Dieu les prosti-<br />
tué(e)s que nous avons tendance à<br />
reléguer si légèrement tout au bas<br />
<strong>de</strong> l'échelle échafaudée par nos<br />
soins? (év. Matthieu ch. 21. 31]<br />
Quelle est cette étrange comptabilité<br />
qui vi<strong>de</strong> constamment la colonne<br />
"DÉBIT" <strong>de</strong> nos péchés, tandis que se<br />
remplit jusqu'à en débor<strong>de</strong>r la<br />
colonne "CRÉDIT" <strong>de</strong> l'amour <strong>de</strong><br />
Dieu ?<br />
Seul est capable <strong>de</strong> gérer une<br />
telle comptabilité celui qui ne craint<br />
pas <strong>de</strong> tout miser sur l'amour <strong>de</strong><br />
Dieu. Si quelqu'un sait parfaitement<br />
la faire fonctionner, c'est bien la<br />
pécheresse <strong>de</strong> l'Évangile, qui a<br />
répandu sur Jésus un parfum <strong>de</strong><br />
grand prix, en y mêlant ses larmes,<br />
et dont Jésus a pu dire: "Ses nom<br />
breux péchés lui ont été <strong>pardon</strong>nes,<br />
car elle a beaucoup aimé. Mais celui<br />
à qui on <strong>pardon</strong>ne peu, aime peu."<br />
(év. Luc ch. 7, 47)<br />
Aujourd'hui encore, nous<br />
entendons autour <strong>de</strong> nous <strong>de</strong>s<br />
témoignages bouleversants <strong>de</strong> la<br />
manière dont le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu<br />
transforme <strong>de</strong>s <strong>vie</strong>s engagées dans<br />
une impasse.<br />
S'il ne nous est pas toujours<br />
donné <strong>de</strong> vivre une expérience aussi<br />
spectaculaire, nous avons néanmoins<br />
l'assurance que Dieu nous aime cha<br />
cun d'un amour aussi fou qu'il le<br />
manifeste par ailleurs. Nous sommes<br />
tous <strong>de</strong>s GRACIÉS, car "// n'y a plus<br />
aucune condamnation pour ceux qui<br />
sont en Jésus-Christ "<br />
(ép, Romains ch, 8, 1)<br />
Françoise LAGARDE<br />
Étampes (91)
ors d'une discussion<br />
avec un ami [un peu<br />
provocateur,<br />
il faut dire !)<br />
au sujet <strong>de</strong><br />
l'amour <strong>de</strong><br />
Dieu qui est<br />
toujours prêt à <strong>pardon</strong>ner nos<br />
fautes, il m'a répliqué: "C'est trop<br />
simple ton histoire: il suffit <strong>de</strong><br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> à Dieu <strong>de</strong> temps<br />
en temps et <strong>de</strong> continuer notre <strong>vie</strong><br />
comme on l'entend. Puisque Dieu est<br />
amour, il sera toujours prêt à me par<br />
donner, et puis voilà!"<br />
Je crois effectivement que Dieu<br />
est amour et qu'il est prêt à <strong>pardon</strong><br />
ner à tous ceux qui le lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt.<br />
Mais "<strong>pardon</strong>" n'est pas un mot<br />
magique que l'on prononce à la va-<br />
vite.<br />
J'avais l'impression d'être "sale",<br />
que c'était ma nature et que je ne<br />
pouvais rien faire pour paraître<br />
"propre", face à ce Dieu si parfait. J'ai<br />
vraiment ressenti le poids <strong>de</strong> ma<br />
misère. Cela m'attristait profondé<br />
ment, et je ne pouvais rien faire pour<br />
m'en libérer. J'ai réalisé la nécessité<br />
<strong>de</strong> Lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> et <strong>de</strong> Lui<br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong>r d'intervenir: Lui seul pou<br />
vait m'ôter ce poids.<br />
Et bien, je peux vous affirmer<br />
qu'il répond !<br />
LA JOIE DU PARDON<br />
J'ai réellement reçu ce <strong>pardon</strong>,<br />
comme le dit la suite du verset <strong>de</strong><br />
l'épître aux Romains : "Dieu, dans sa<br />
bonté, les rend Justes à ses yeux, gra<br />
tuitement, par Jésus-Christ qui les<br />
délivre du péché"- (ch.3, 24)<br />
C'est lui, par Amour, qui a per<br />
mis que ce poids me soit enlevé.<br />
Une relation<br />
<strong>de</strong> sincérité et<br />
<strong>de</strong> vérité<br />
L'expérience <strong>de</strong> recevoir le par<br />
don <strong>de</strong> Dieu est beaucoup plus<br />
profon<strong>de</strong> que cela. Et pour la vivre, il<br />
faut d'abord avoir conscience <strong>de</strong><br />
notre péché.<br />
Personnellement, c'était tout<br />
mon problème!<br />
Mis à part quelques men<br />
songes, quelques traits <strong>de</strong> caractère,<br />
et quelques autres choses "qu'il ne<br />
fallait pas faire", je ne voyais pas trop<br />
en quoi il était nécessaire que Je<br />
<strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>pardon</strong> à Dieu.<br />
Pourtant, au fur et à mesure <strong>de</strong><br />
mon désir intense <strong>de</strong> vouloir mieux<br />
le connaître, en prenant du temps<br />
pour prier et lire la Bible, en cher<br />
chant à vivre une relation plus intime<br />
avec lui. J'ai réalisé que le fait d'être<br />
attiré par <strong>de</strong> mauvais sentiments tels<br />
que l'égoïsme ou autre... était vrai<br />
ment ancré en moi.<br />
J'ai compris le sens du verset :<br />
'Tous ont péché et sont privés <strong>de</strong> la<br />
présence glorieuse <strong>de</strong> Dieu"- (ép.<br />
Romains ch. 3, 23)<br />
J'éprouvais alors<br />
une immense<br />
joie, une réelle<br />
liberté, le senti<br />
ment <strong>de</strong> vivre<br />
enfin une <strong>vie</strong><br />
saine. Je n'avais<br />
pour désir que<br />
<strong>de</strong> lui plaire, lui<br />
obéir, l'aimer <strong>de</strong><br />
tout mon<br />
cceur...<br />
Je ne pou<br />
vais pas non<br />
plus gar<strong>de</strong>r cette<br />
joie pour moi !<br />
Je crois que si<br />
j'avais eu le pire<br />
<strong>de</strong>s brigands en<br />
face <strong>de</strong> moi, je l'aurais embrassé!.. Je<br />
n'avais que dix-sept ans mais, je vou<br />
lais dire à tout le mon<strong>de</strong>; "Voyez,<br />
c'est Jésus la réponse! Voilà enfin<br />
celui qui peut vous rendre heu<br />
reux!,." Bougez-vous! Ca vaut le<br />
coup!<br />
C'est en cherchant<br />
à vivre une relation plus<br />
intime avec Dieu que Daniel<br />
réalise son indignité et<br />
découvre la joie du <strong>pardon</strong>.<br />
Ah! Le feu du premier amour<br />
est excellent! (même si on manque<br />
un peu d'équilibre!.. Rassurez vous,<br />
<strong>de</strong>puis j'ai compris que ceux qui<br />
nous entourent ont parfois besoin<br />
d'un acte concret et pas seulement<br />
<strong>de</strong> belles phrases bien évangéliques)<br />
Mais comme dans une relation<br />
amoureuse, après le "coup <strong>de</strong><br />
foudre", il y a la suite.<br />
Et si Dieu, Lui, est fidèle, je ne<br />
peux pas en dire autant <strong>de</strong> moi.<br />
Il m'est arrivé, même en tant<br />
que chrétien, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s choses qui<br />
ne plaisaient pas à mon Dieu [et oui,<br />
je vous l'avoue, figurez-vous que je<br />
suis un être humain avec ses fai<br />
blesses). Mais dans cette situation, je<br />
réalise vite que ma communion avec<br />
Dieu (et par conséquent celle avec<br />
les autres) est fausse, j'ai l'impression<br />
d'être loin <strong>de</strong> lui...<br />
Et pourtant, il m'a <strong>pardon</strong>né<br />
une bonne fois pour toutes...<br />
Mais J'ai tout simplement<br />
besoin <strong>de</strong> lui dire: "Excuse-moi, mon<br />
Dieu, j'ai fait quelque chose qui ne te<br />
plaît pas". Et il est toujours prêt à<br />
m'accueillir.<br />
Cela n'a rien à voir avec<br />
l'exemple <strong>de</strong> mon ami cité au début<br />
<strong>de</strong> l'article. C'est une relation <strong>de</strong> sin<br />
cérité et <strong>de</strong> vérité. Je vous assure,<br />
c'est beau la <strong>vie</strong> avec Dieu...<br />
Daniel PlALAT<br />
Antony (92)<br />
17<br />
Jan<strong>vie</strong>r Févrie r Mars n î 12
éconciliés avec Lui ?<br />
D o s s i E R<br />
Voici un message<br />
où se rejoignent ia fréquentation<br />
Dieu<br />
<strong>de</strong>s Écritures et une<br />
expérience personnelle.<br />
nous considère<br />
ieu nous consi<br />
dère et pourtant,<br />
comment dépas<br />
ser les obstacles<br />
psychologiques<br />
au <strong>pardon</strong> <strong>de</strong><br />
Dieu ? Comment<br />
prendre conscience que<br />
nous sommes <strong>pardon</strong>nes et<br />
Il y a certes <strong>de</strong>s images qui sont<br />
<strong>de</strong>s images bloquantes, qui obstruent<br />
cette perception: par exemple, une<br />
image parentale évoquant l'accusation ou<br />
la condamnation. Il faut donc considérer<br />
en profon<strong>de</strong>ur ce que Dieu pense <strong>de</strong><br />
nous.<br />
Dieu a donné pour notre salut<br />
Jésus, celui qui dans les Évangiles est par<br />
fait, sans faute, sans possibilité d'être<br />
condamné par qui que ce soit. Le don <strong>de</strong><br />
sa <strong>vie</strong> a été fait pour chacun d'entre<br />
nous. Le prix que Dieu paye pour nous,<br />
pour notre rachat, fait que nous <strong>de</strong>ve<br />
nons <strong>de</strong>s gens au prix important.<br />
D'autre part. Dieu a mis en nous sa<br />
propre image. Nous sommes créés à<br />
l'image <strong>de</strong> Dieu (Genèse ch. 1, 27). Qui<br />
que nous soyons, quelle que soit l'image<br />
<strong>de</strong> ce que nous avons été, nous sommes<br />
porteurs <strong>de</strong> l'image <strong>de</strong> Dieu. Même si<br />
nous ne voyons pas cette image, si cette<br />
image se trouve cachée <strong>de</strong>rrière beau<br />
coup d'actes et <strong>de</strong> faits, à partir du<br />
moment où ceux-ci seront balayés,<br />
limage resurgira. Dieu nous considère<br />
comme <strong>de</strong>s personnes valables.<br />
DÉPASSER LES MAUVAIS<br />
SOUVENIRS EN CHRIST<br />
Voici un double témoignage.<br />
Je gar<strong>de</strong> mémoire <strong>de</strong> cette Jeune fille qui<br />
était dans l'incapacité <strong>de</strong> percevoir Dieu<br />
comme un Père, qui était incapable <strong>de</strong><br />
percevoir l'amour <strong>de</strong> Dieu. Elle percevait<br />
Dieu davantage comme un père cour<br />
roucé que comme un père qui l'accueillait<br />
telle qu'elle était. Mon épouse lui dit: "Il<br />
faudrait que tu puisses reprendre la Bible,<br />
la lire comme si Jamais tu ne l'avais lue en<br />
<strong>de</strong>mandant à Dieu qu'il te montre son<br />
amour".<br />
Quelque temps après, nous l'avons revue.<br />
Elle nous a dit ceci: "Suite à ce que vous<br />
m'avez dit, j'ai repris la Bible". Elle a com<br />
mencé par la Genèse. Nous ne lui aurions<br />
certainement pas conseillé cette façon <strong>de</strong><br />
procé<strong>de</strong>r. Au bout du chapitre <strong>de</strong>ux, elle<br />
était convaincue <strong>de</strong> la grâce <strong>de</strong> Dieu à<br />
son égard. Elle avait pris conscience <strong>de</strong><br />
l'amour <strong>de</strong> Dieu, Et maintenant pour elle,<br />
la paternité <strong>de</strong> Dieu ne pose plus pro<br />
blème.<br />
Il y a parfois <strong>de</strong>s déformations qui<br />
sont plus sournoises.<br />
Lorsque je me suis tourné vers<br />
Dieu, j'ai cru que je pouvais l'accepter<br />
comme Père. Je ne savais pas ce qu'était<br />
un père, puisque le mien est mort lorsque<br />
j'avais quatre ans, et que je n'avais<br />
aucune expérience <strong>de</strong> paternité en ce<br />
domaine.<br />
Je n'ai Jamais accepté, dans ma jeu<br />
nesse et même plus tard, le fait que mon<br />
père se soit suicidé car. dans le milieu où<br />
j'ai vécu, le fait d'avoir un père ayant eu<br />
une fin semblable était mal perçu. Le<br />
jugement et le rejet sont retombés sur les<br />
enfants <strong>de</strong> cet homme suicidé.<br />
Aussi dès l'âge <strong>de</strong> quatre ans. je<br />
me surs barricadé dans une auto-défense<br />
à l'égard <strong>de</strong> l'image que l'on me ren<br />
voyait. Progressivement sans que Je le<br />
sache. Il allait se construire en moi une<br />
agressivité qui s'enracinait dans cette<br />
auto-défense : aussitôt que Ion m'agres<br />
sait, je répondais avec violence.<br />
Un jour. Il y a quelques années, j'ai<br />
eu un violent accrochage avec une <strong>de</strong><br />
mes filles. Elle n'a pas supporté ce "rentre-<br />
Jan<strong>vie</strong>r Févrie r Mars ^fé^^ n^ J 12<br />
<strong>de</strong>dans". Aussi, constatant à cette occa<br />
sion combien ma façon <strong>de</strong> procé<strong>de</strong>r était<br />
souvent bien trop agressive, je me suis<br />
jeté à genoux.<br />
Alors Dieu m'a montré ce que<br />
j'avais oublié <strong>de</strong> faire dès le premier<br />
contact avec Lui, c'était d'accepter la réa<br />
lité <strong>de</strong> mes parents et d'accepter qui<br />
J'étais. leur fils, ce que je n'acceptais pas.<br />
Dieu. Lui, m'acceptait bien tel que j'étais.<br />
A partir <strong>de</strong> ce moment-là, j'ai<br />
accepté <strong>de</strong> vivre cela. Je me suis rendu<br />
compte que je n'avais jamais parlé <strong>de</strong><br />
mon père avec mes enfants parce que<br />
c'était encore du domaine <strong>de</strong> la honte.<br />
Maintenant, cela fait partie <strong>de</strong> ma<br />
réalité historique et, quand c'est néces<br />
saire, je le dis sans fausse lionte, en ayant<br />
conscience <strong>de</strong> la très gran<strong>de</strong> souffrance<br />
que mon père a connue et qui l'a amené<br />
à cet acte <strong>de</strong> désespoir. Ainsi, à travers<br />
cet épiso<strong>de</strong>. Dieu m'a libéré.<br />
Il ne faut pas balayer les faits quoti<br />
diens, mais plutôt, nous laisser interroger<br />
par eux et sur les raisons <strong>de</strong> leur exis<br />
tence.<br />
LA MARCHE<br />
DE NOTRE VIE<br />
Il y a. dans notre <strong>vie</strong>, une marche<br />
dans laquelle nous prenons conscience<br />
<strong>de</strong> plus en plus <strong>de</strong> nous-méme et <strong>de</strong><br />
notre itinéraire propre.<br />
Au départ, il y a une première<br />
conscience <strong>de</strong> la nécessité d'être sauvé.<br />
Quelque part, on se sent coupable et on<br />
sait que Ion n'est pas à la hauteur <strong>de</strong>s<br />
exigences morales et spirituelles. Dieu<br />
<strong>vie</strong>nt et II répond comme II a répondu au<br />
péager qui disait: "Seigneur, sois apaisé<br />
envers moi qui suis un pécineur". Il n'a<br />
pas détaillé la réalité <strong>de</strong> ses fautes. Il a<br />
tout simplement déclaré qu'il était cou<br />
pable et qu"il le reconnaissait. Et. Jésus<br />
dit; "Cet homme est rentré ctiez lui par<br />
donné." [év. Luc ch. 18),<br />
Il y a ensuite tout le cheminement<br />
<strong>de</strong> notre existence, cheminement qui se<br />
situe dans une relation personnalisée<br />
avec Dieu, Cette relation avec Lui. comme<br />
la relation avec nous-méme est appelée à<br />
se renouveler, à se perfectionner, à se<br />
purifier. Dieu va nous montrer <strong>de</strong>s points
très particuliers: <strong>de</strong>s pensées, <strong>de</strong>s actes,<br />
<strong>de</strong>s paroles qui ne sont pas dignes <strong>de</strong> sa<br />
présence. Il va nous dire: "En cela, tu n'as<br />
pas su aimer assez; là, tu as dit une<br />
parole <strong>de</strong> Jugement que tu n'aurais pas<br />
dû dire..."<br />
If con<strong>vie</strong>nt que nous le reconnaissions.<br />
Chaud<br />
eest bien<br />
Edouard qui a<br />
dit cela, en par<br />
lant <strong>de</strong> Jacques.<br />
Mais il a emprunté cette phrase à... Jean-<br />
Paul II, dans son <strong>de</strong>rnier best-seller "Entrez<br />
dans l'Espérance".<br />
chrétiens.<br />
Il s'agissait là d'œcuménisme entre<br />
Mgr Ratzinger souffle le froid sur les<br />
sujets qui fâchent : un "non " à l'hospitalité<br />
eucharistique, c'est-à-dire l'intercommu-<br />
nion entre chrétiens [impossible<br />
totalement, par définition et par principe,<br />
sauf que parfois c'est possible), textes<br />
rigi<strong>de</strong>s sur les divorcés ou ie mariage <strong>de</strong>s<br />
prêtres.<br />
Pendant ce temps. Jean-Paul II<br />
souffle le chaud dans sa "Lettre aposto<br />
lique Tertio millennio adveniente" <strong>de</strong><br />
novembre <strong>de</strong>rnier. Appelant à la prépara<br />
tion d'un grand Jubilé en l'An 2000, il<br />
précise : "L'une <strong>de</strong>s prières les plus<br />
ar<strong>de</strong>ntes en cette heure exceptionnelle<br />
où s'approche le nouveau millénaire est<br />
celle par laquelle l'Eglise <strong>de</strong>man<strong>de</strong> au<br />
Seigneur que croisse l'unité entre tous les<br />
chrétiens <strong>de</strong>s diverses Confessions Jusqu'à<br />
atteindre la pleine communion. "<br />
FILS D'ARIANE<br />
Le chaud, c'est aussi la rencontre<br />
<strong>de</strong> Taizé à Paris en ce nouvel an 1 995 (au<br />
fait, bonne année, chers lecteurs !). Cette<br />
foule priante a touché jusqu'à Raymond<br />
Barre, qui s'est dit "impressionné" par les<br />
100 000 jeunes <strong>de</strong> Taizé, sur Europe I le<br />
6 jan<strong>vie</strong>r. On en a même accueilli à<br />
Témoins I<br />
De plus en plus nombreux, tou<br />
jours aussi jeunes, sérieux et priants...<br />
Etonnante, cette jeunesse, alors que dans<br />
nos groupes oecuméniques franciliens, si<br />
la foi est élevée, la moyenne d'âge l'est<br />
également... Y a-t-il un particularisme<br />
bourguignon ?<br />
que nous en <strong>de</strong>mandions <strong>pardon</strong>. Et<br />
alors, comme nous confessons nos<br />
péchés, "Dieu est fidèle et Juste pour<br />
nous les <strong>pardon</strong>ner et pour nous purifier<br />
<strong>de</strong> toute iniquité" ( I ^'^^ ép. Jean ch. 1 ).<br />
Dieu va ainsi nous permettre <strong>de</strong><br />
pouvoir grandir dans son amour et <strong>de</strong><br />
et froid<br />
"Ce qui nous unit est<br />
plus grand que ce qui<br />
nous divise".<br />
A Témoins, on s'intéresse plus à<br />
une tnterconfessionnalité (voir Témoins<br />
n°J00, Chrétiens en liberté) vécue au<br />
quotidien qu'à un œcuménisme institu<br />
tionnel et éthéré.<br />
Mais je ne peux m'empêcher<br />
d'avoir chaud, lorsque J'apprends que les<br />
Luthériens (ECAAL) et les Réformés (ERAL)<br />
d'Alsace-Lorraine expérimentent actuelle<br />
ment un rapprochement fort concret <strong>de</strong><br />
leurs <strong>de</strong>ux Eglises.<br />
Particularisme alsacien? Si ça<br />
marche, on ne pourra pas dire <strong>de</strong> l'une<br />
<strong>de</strong>s Eglises qu'E'caaIe, et <strong>de</strong> l'autre<br />
qu'e'râle !<br />
Le froid, c'est le dépliant distribué<br />
dans toutes les paroisses d'Ile <strong>de</strong> France<br />
pour inciter les cathos à accueillir ces<br />
jeunes : il faut bien chercher, entre les<br />
déclarations <strong>de</strong> Mgr Lustiger et <strong>de</strong> Jean-<br />
Paul II, pour <strong>de</strong>viner entre les lignes que<br />
si la grand-mère <strong>de</strong> Frère Roger était pro<br />
testante, peut-être l'était-il aussi un peu,<br />
lorsqu'il a créé Taizé...<br />
Pourtant, l'esprit indéniable<br />
d'ouverture <strong>de</strong> Taizé ne sera-t-il pas pré<br />
cieux pour l'avenir chrétien <strong>de</strong>s jeunes<br />
polonais (ou autres) venus en masse à<br />
Paris ? On peut imaginer que Taizé sache<br />
contribuer à retrouver/renouer les fils<br />
d'Ariane <strong>de</strong> l'œcuménisme... en France<br />
même I<br />
PARTICULARISMES<br />
Particularisme cévenol? Cette fois-ci<br />
c'est du fin fond du Gard que <strong>vie</strong>nt un<br />
souffle chaud: la "Fédération <strong>de</strong> la Vallée<br />
Borgne" <strong>vie</strong>nt <strong>de</strong> naître (Le Cep 12/94,<br />
Nuance 1 1/94). Elle regroupe trois<br />
églises: une réformée (ERE), <strong>de</strong>ux réfor<br />
mées évangéliques indépendantes (EREI).<br />
Il faut savoir qu'ERF et EREI se sont sépa<br />
rées en 1938... ce qui n'est pas bien <strong>vie</strong>ux<br />
à l'aune <strong>de</strong>s inconscients collectifs I<br />
Se rapprocher? L'EREI a-t-elle erré?<br />
A cet exécrable [et gratuit) jeu <strong>de</strong> mots.<br />
vivre une certaine restauration qui ne<br />
sera Jamais définitive, ni complète.<br />
Oau<strong>de</strong> MEVrJCKENS<br />
Champigny (94)<br />
permettez qu'ERF, erf. erf, je me marre I<br />
(C'est une honte).<br />
J'ai même entendu dire que, dans<br />
une autre partie <strong>de</strong> ces Cévennes mar<br />
quées par la "guerre <strong>de</strong>s Camisards", un<br />
dimanche où M. le Curé était mala<strong>de</strong>,<br />
c'est M. le Pasteur qui a fait la prédication<br />
à l'église, au pied levé I<br />
Autre coup <strong>de</strong> chaleur, celui du<br />
pasteur réformé J-C Cartal dans la nou<br />
velle revue <strong>de</strong>s catholiques <strong>de</strong> l'Essonne,<br />
Parole[s) 91. Il fut invité au récent Syno<strong>de</strong><br />
du diocèse d'Evry : "J'ai reçu cette décou<br />
verte en pleine figure : <strong>de</strong>s laïcs<br />
catholiques qui comprenaient, qui<br />
croyaient que l'Eglise, c'est eux. Et qui le<br />
disaient ! Dans un Syno<strong>de</strong> où soufflait<br />
l'Esprit, Lin Syno<strong>de</strong> parfois aussi libre que<br />
ceux <strong>de</strong>s Eglises Réformées. Et donc aussi<br />
désordonné."<br />
Je laisse pour terminer la parole au<br />
Père Guy Lourman<strong>de</strong> et au Pasteur Jean<br />
Tartier, qui écrivent dans Œcuménisme<br />
Informations <strong>de</strong> jan<strong>vie</strong>r 1995, sous le titre<br />
"Communion <strong>de</strong>s Eglises - il y a encore<br />
tant à faire !" :<br />
"La véritable communion est cette<br />
découverte que, sans quitter l'horizon <strong>de</strong><br />
notre tradition particulière - mais sans<br />
l'idolâtrer pour autant - . nous sommes<br />
désormais indispensables les uns aux<br />
autres, grandissant dans la foi les uns par<br />
les autres parce que greffés au même<br />
cep, Jésus-Christ, Ainsi, il importe <strong>de</strong><br />
manifester cette communion avec joie et,<br />
dans cette diversité confiante, d'en témoi<br />
gner par <strong>de</strong>s gestes concrets."<br />
Ce qui n'est pas bien loin <strong>de</strong>s tielles<br />
paroles du Pape dans "Entrez dans<br />
l'Espérance".<br />
Mais, comme dirait Mgr Ratzinger,<br />
aidé pour le jeu <strong>de</strong> mots final par un<br />
mathématicien anonyme ; "Jean-Paul II et<br />
je retiens rien" ?<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />
Particularisme essonnien ?<br />
Attention: l'Esprit pourrait bien un<br />
Jour souffler sur le particularisme Romain!<br />
Yves DESBORDES
20<br />
L i V R E s<br />
Parmi les livres récents sur Jésus<br />
le livre <strong>de</strong> Jacques Duquesne intitulé Jésus<br />
(2) a connu un grand succès <strong>de</strong> librairie.<br />
Mais c'est aussi un livre dont les<br />
interprétations sont souvent contestées.<br />
Jean Hassenfor<strong>de</strong>r a conduit <strong>de</strong>s entretiens avec<br />
Alain Georges Martin, professeur <strong>de</strong> Nouveau<br />
Testament à la faculté <strong>de</strong> théologie dAix-<br />
en-Provence et Michèle Thérond-Longis,<br />
animatrice <strong>de</strong> groupes d'étu<strong>de</strong> biblique.<br />
vant d'être professeur du<br />
Nouveau Tes-tament, vous<br />
avez exercé un ministère<br />
pastoral pendant une<br />
trentaine d'années. Quel rapport éta<br />
blissez-vous entre vos fonctions<br />
actuelles et les besoins spirituels <strong>de</strong>s<br />
chrétiens ?<br />
Professeur n'est pas pasteur. Je fars<br />
donc un nouveau métier. Mais fonda<br />
mentalement, c'est pour moi le même<br />
minrstère: le ministère <strong>de</strong> la Parole. Qu'on<br />
dise la Parole à <strong>de</strong>s étudiants, dans une<br />
prédication, dans une étu<strong>de</strong> biblique c'est<br />
le même mouvement. Il faut s'adapter à<br />
l'auditoire, c'est une question <strong>de</strong> vocabu<br />
laire et d'explication.<br />
Dans un ministère pastoral, j'ai tou<br />
jours considéré que le travail d'exégèse<br />
était important. Pour annoncer le mes<br />
sage <strong>de</strong> ia Bible, il fallait que je continue<br />
les étu<strong>de</strong>s d'exégèse et la pratique <strong>de</strong>s<br />
langues bibliques,<br />
La complexité <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong><br />
(exégèse peut-eMe entraîner un<br />
manque d'assurance chez les chrétiens<br />
à la base?<br />
J'effectue un travail d'exégèse assez<br />
pointu. Par exemple, je travaille beau<br />
coup sur l'histoire <strong>de</strong>s manuscrits, sur les<br />
variantes entre ces manuscrits, sur les pre<br />
mières traductions <strong>de</strong> la Bible en<br />
syriaque.<br />
J'effectue ces recherches pour<br />
répondre à <strong>de</strong>s questions qui nous<br />
concernent. Comment dans les premiers<br />
siècles la Parole s'est-elle transmise? La<br />
question se posait autrefois, elle se pose<br />
encore aujourd'hui.<br />
Si les problèmes sont complexes, ce<br />
qui est le plus important c'est le message<br />
à donner. Je pense au <strong>vie</strong>il adage d'autre<br />
fois: un peu <strong>de</strong> science éloigne <strong>de</strong> la Foi.<br />
beaucoup <strong>de</strong> science vous en rapproche.<br />
Comme le disait Calvin, la Parole <strong>de</strong><br />
Dieu n'est pas seulement pour les doc<br />
teurs, elle est aussi pour les ignorants.<br />
Rien ne doit être réservé aux spécialistes,<br />
mais il y a bien siJr un problème <strong>de</strong> com<br />
munication.<br />
Pour lire les Ecritures, il y a diffé<br />
rentes clefs <strong>de</strong> lecture. Elles sont<br />
nécessaires, mais elles doivent être ser<br />
vantes. Lorsqu'une seule clef <strong>de</strong> lecture<br />
l'emporte sur tout le reste, il y a déséqui<br />
libre ,<br />
L'histoire, par exemple, est une<br />
science absolument nécessaire à la com<br />
préhension <strong>de</strong>s Ecritures mais elle ne doit<br />
pas dominer ni écraser cette compréhen<br />
sion.<br />
Comment envisagez-vous le rôle<br />
<strong>de</strong> l'inspiration divine ?<br />
N y a toujours eu dans l'histoire <strong>de</strong><br />
l'Eglise une tentation <strong>de</strong> tri entre les<br />
textes. Pour moi. c'est la totalité <strong>de</strong><br />
l'Ecriture canonique que nous <strong>de</strong>vons<br />
accepter, dans la foi et dans la confiance,<br />
comme instrument <strong>de</strong> révélation <strong>de</strong> Dieu,<br />
C'est un instrument dont Dieu se sert. Il y<br />
a <strong>de</strong>s passages dans la Bible qui ne me<br />
diront rien, peut-être d'ailleurs durant<br />
toute une partie <strong>de</strong> ma <strong>vie</strong>; et puis, tout<br />
d'un coup, après les avoir lu vingt fois,<br />
c'est la vingt et unième fois que l'Esprit<br />
peut m'apporter quelque chose.<br />
C'est la démarche <strong>de</strong> Dieu qui nous<br />
donne la nourriture qui est nécessaire au<br />
moment voulu. Il y a peut-être <strong>de</strong>s pas<br />
sages <strong>de</strong> l'Ecriture qui ne me sont pas<br />
nécessaire à tel ou tel moment, mais je ne<br />
dois pas les négliger. Je pense aux généa<br />
logies qu'on ne lit jamais. Peut-être à un<br />
moment donné. le Saint-Esprit s'en servira<br />
pour faire comprendre quelque chose à<br />
quelqu'un. Donc, je dois accepter<br />
l'Ecriture dans sa totalité canonique en<br />
sachant que je ne peux la comprendre<br />
tout <strong>de</strong> suite. Je compare cette situation â<br />
la présence <strong>de</strong> l'eau vive.<br />
L'eau vive coule mais vous ne pou<br />
vez la saisir et pourtant elle est là,<br />
L'Ecriture est là pour nous dans sa tota<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n°1 12<br />
lité.<br />
points <strong>de</strong><br />
Un livre récent <strong>de</strong> Jacques<br />
Duquesne essaie <strong>de</strong> présenter Jésus<br />
dans une approche historique.<br />
L'auteur a fait une enquête auprès <strong>de</strong>s<br />
spécialistes du Nouveau Testament et<br />
essaie <strong>de</strong> rendre compte <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong><br />
l'exégèse. En fonction <strong>de</strong> ce que vous<br />
venez d'exposer, qu'en pensez-vous?<br />
Jacques Duquesne écrit pour un<br />
grand public marqué par une tradition<br />
catholique. Il veut se démarquer d'une<br />
trop gran<strong>de</strong> mainmise sur la lecture <strong>de</strong><br />
l'Evangile et 11 fait appel aux experts, aux<br />
spécialistes.<br />
Cèst un travail honnête. Il y a dans<br />
ce qu'il écrit <strong>de</strong>s passages intéressants et<br />
beaucoup <strong>de</strong> gens pourront s'instruire à<br />
la lecture <strong>de</strong> ce livre.<br />
Et pourtant, je surs partagé. Dans<br />
le livre, l'autorité c'est le spécialiste,<br />
l'expert. On rejoint ici une attitu<strong>de</strong> qui est<br />
tout à fait mo<strong>de</strong>rne. Dans tous les<br />
domaines, on tend à faire confiance aux<br />
experts d'une façon aveugle et souvent<br />
dangereuse. Les experts, lorsqu'ils sont<br />
sérieux, sont beaucoup plus mo<strong>de</strong>stes et<br />
beaucoup plus pru<strong>de</strong>nts surtout. D'une<br />
manière générale, les exégètes sont<br />
aujourd'hui beaucoup moins affirmatifs<br />
qu'il y a une vingtaine d'années. Prenons<br />
un exemple. Jacques Duquesne avance<br />
<strong>de</strong>s dates <strong>de</strong> composition <strong>de</strong>s évangiles. Il<br />
cite pour Matthieu les années 80. C'est le<br />
consensus d'un certain nombre d'experts<br />
mais rien ne prouve que cette date est la<br />
bonne. Je <strong>de</strong><strong>vie</strong>ns <strong>de</strong> plus en plus réservé<br />
vis-à-vis <strong>de</strong> certaines affirmations histo<br />
riques par ce que plus on approfondiL<br />
plus on s'aperçoit qu'il y a <strong>de</strong>s avis diffé<br />
rents et qu'il faut être pru<strong>de</strong>nt.<br />
Les mentalités jouent également.<br />
Par rapport au surnaturel, comment expli<br />
quer ce qui, par définition même, n'est<br />
pas définissable?<br />
Il est évi<strong>de</strong>nt que Jacques<br />
Duquesne ne peut pas tout dire mais le<br />
consensus qu'il rapporte est fragile, par<br />
tiel et peut toujours être dépassé.<br />
J'aurais préféré que le titre du livre<br />
soit beaucoup plus mo<strong>de</strong>ste, par<br />
exemple, "une approche <strong>de</strong> Jésus en<br />
1 994". En fait, rien n'est définitif. Les opi<br />
nions changent. Il y a constamment <strong>de</strong>s<br />
travaux nouveaux. Bref, il ne faudrait pas<br />
que cet ouvrage soit considéré comme<br />
une vérité absolue pendant une généra<br />
tion. C'est là oij ce livre me parait un peu<br />
risqué.<br />
Alain Georges MARTIN
vue d'historiens<br />
partir <strong>de</strong> quel itiné<br />
raire ètes-vous <strong>de</strong>ve<br />
nue animatrice <strong>de</strong><br />
groupes d'étu<strong>de</strong> bi<br />
blique ?<br />
En 1968, mes enfants arrivaient à<br />
l'âge d'entrer en Université.<br />
J'ai passé une gran<strong>de</strong> partie du<br />
mois <strong>de</strong> mai 68 à discuter dans le quartier<br />
latin. Je me disais: "qu'est-ce qu'elle<br />
cinerctie, cette jeunesse?" En réalité, j'ai<br />
perçu une recherctie spirituelle. Et moi<br />
qui croyais que Jésus est le sauveur du<br />
mon<strong>de</strong>, je n'avais pas <strong>de</strong> mots pour le<br />
dire.<br />
Aussi lorsque, la même année, une<br />
licence <strong>de</strong> théologie pour les laïcs a été<br />
créée à l'Institut Catholique <strong>de</strong> Paris, je<br />
me suis engagée dans ces étu<strong>de</strong>s en me<br />
disant; "Peut-être y trouveraisje les mots<br />
pour parler?" J'ai obtenu la licence en<br />
1978.<br />
En )977, donc pratiquement à la<br />
fin <strong>de</strong> mes étu<strong>de</strong>s, j'ai rencontré le<br />
Renouveau Charismatique. L'eiïusion <strong>de</strong><br />
l'Esprit m'a bousculée. J'étais une catho<br />
lique absolument convaincue, mais<br />
j'envisageais la <strong>vie</strong> éternelle comme rele<br />
vant <strong>de</strong> la <strong>vie</strong> après ia mort. J'ai découvert<br />
ce que signifiait la Parole <strong>de</strong> Jésus: le<br />
Royaume <strong>de</strong> Dieu est parmi vous. La <strong>vie</strong><br />
éternelle, c'était pour tout <strong>de</strong> suite et<br />
Jésus, je pouvais le rencontrer dès mainte<br />
nant. Puis, j'ai fait <strong>de</strong>s expériences <strong>de</strong> la<br />
présence très forte <strong>de</strong> Dieu et <strong>de</strong> la puis<br />
sance agissante <strong>de</strong> Jésus dans (a <strong>vie</strong> <strong>de</strong><br />
tous les jours.<br />
En travaillant avec Thomas Roberts<br />
et dans les montées <strong>de</strong> Jérusalem, j'ai ren<br />
contré beaucoup <strong>de</strong> frères <strong>de</strong>s autres<br />
confessions chrétiennes. Je me suis ren<br />
due compte que la présence <strong>de</strong> Jésus,<br />
active au sein <strong>de</strong> toutes les églises, était le<br />
véritable point d'ancrage d'un réel chris<br />
tianisme. "Que celui qui a <strong>de</strong>s oreilles<br />
enten<strong>de</strong> ce que /'Esprit dit aux églises",<br />
cette parole <strong>de</strong> l'Apocalypse m'a percutée.<br />
Par la suite, j'ai pris peu à peu ma<br />
place dans les groupes <strong>de</strong> prière <strong>de</strong><br />
l'Essonne. Dans ces groupes catholiques,<br />
les gens qui arrivaient ne savaient pas<br />
grand chose <strong>de</strong> la Bible, particulièrement<br />
<strong>de</strong> l'Ancien Testament. On m'a <strong>de</strong>mandé<br />
<strong>de</strong> faire un enseignement dans ce<br />
domaine. J'ai accepté à une condition: le<br />
faire en tan<strong>de</strong>m avec Marie-David<br />
Toussaint. J'avais déjà travaillé avec elle<br />
dans les Montées <strong>de</strong> Jérusalem et elle<br />
avait une bonne expérience <strong>de</strong> la caté<br />
chèse <strong>de</strong>s jeunes, <strong>de</strong> la s^"""^ à la<br />
Terminale, dans une école catholique. De<br />
plus, elle a un véritable charisme d'ensei<br />
gnement. Pour moi, j'avais appris à<br />
connaître la Bible dans mes étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong><br />
théologie, où c'était l'exégèse qui m'avait<br />
le plus intéressée. Mon mémoire <strong>de</strong><br />
licence avait été un mémoire d'exégèse<br />
sur "le charisme <strong>de</strong> prophétie dans l'église<br />
primitive à travers les actes <strong>de</strong>s apôtres et<br />
les épitres".<br />
Vous venez <strong>de</strong> lire le livre <strong>de</strong><br />
Jacques Duquesne sur Jésus. Qu'en<br />
pensez-vous?<br />
Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt et<br />
d'agrément car c'est un livre bien écrit.<br />
J'ai particulièrement apprécié la partie his<br />
torique.<br />
Elle fait bien le point sur les<br />
connaissances actuelles et elle met à la<br />
portée du lecteur moyen le paysage histo<br />
rique <strong>de</strong> l'époque.<br />
A l'heure actuelle, l'histoire <strong>de</strong><br />
Rome et <strong>de</strong> la Palestine est peu connue<br />
<strong>de</strong> la jeune génération. Je me sou<strong>vie</strong>ns<br />
d'une question posée: "qu'est-ce que les<br />
romains faisaitent en Palestine? Pourquoi<br />
ce sont eux qui ont tué Jésus?". Ce livre<br />
décrit bien la situation historique. Il<br />
apporte <strong>de</strong>s connaissances sérieuses bien<br />
étayées et les met à la portée <strong>de</strong> tout le<br />
mon<strong>de</strong> d'une façon claire et agréable à<br />
lire.<br />
Jacques Duquesne est un croyant,<br />
ce que j'apprécie. Il ne prend pas à la<br />
lettre les détails <strong>de</strong>s récits. Est-ce qu'il y<br />
avait un ou <strong>de</strong>ux aveugles dans telle<br />
situation? Ce n'est pas ce qui est impor<br />
tant. Ce qui est essentiel, c'est que Jésus<br />
guérisse et ouvre les yeux <strong>de</strong>s aveugles. Il<br />
y a là une double signification physique<br />
et spirituelle.<br />
De même, j'ai trouvé bon son cha<br />
pitre sur les paraboles. II sait très bien<br />
mettre en valeur le sens profond.<br />
Je porte également au crédit <strong>de</strong><br />
l'auteur la façon dont il envisage la résur<br />
rection. Personne n'a assisté à l'acte <strong>de</strong><br />
résurrection, mais Jésus ressuscité a bien<br />
été vu. C'est le texte <strong>de</strong> Saint Paul qui dit<br />
que cinq cents personnes l'ont vu et, qu'à<br />
l'époque, il y en a encore qui sont<br />
vivantes. Ce sont <strong>de</strong>s témoins que l'on<br />
peut interroger.<br />
Cet événement a changé la face du<br />
mon<strong>de</strong>. Jacques Duquesne rend compte<br />
<strong>de</strong> notre foi à tous: Jésus est mort et res<br />
suscité.<br />
En ce qui concerne les évangiles <strong>de</strong><br />
l'enfance, il y a, on le saiç <strong>de</strong>s différences<br />
d'interprétation dans ia manière<br />
d'envisager les frères et soeurs<br />
<strong>de</strong> Jésus. Les points <strong>de</strong> vue<br />
dominants en milieu catholique<br />
et en milieu protestant diver<br />
gent. Pour moi qui suis<br />
catholique, ce qui me parait<br />
essentiel, c'est que Jésuds lui-<br />
même a été conçu du Saint<br />
Esprit et est né <strong>de</strong> la Vierge Marie,<br />
Voilà ce que dit le Credo que nous<br />
récitons tous. Le reste me parait secon<br />
daire.<br />
Pour vous, quels sont les points<br />
faibles du livre?<br />
Le chapitre que j'ai trouvé le plus<br />
faible dans ce livre est celui qui concerne<br />
les miracles. Je pense que Jacques<br />
Duquesne n'a jamais eu le privilège<br />
d'assister <strong>de</strong> près à un miracle.<br />
Pour moi, j'ai vu <strong>de</strong>s miracles dans<br />
ma propre <strong>vie</strong> et autour <strong>de</strong> moi. Dans les<br />
montées <strong>de</strong> Jérusalem, j'ai même assisté à<br />
une multiplication <strong>de</strong>s pains. C'était<br />
auprès du mont <strong>de</strong>s Béatitu<strong>de</strong>s en 1985.<br />
Nous y étions <strong>de</strong>ux cents pèlerins. Je fai<br />
sais partie <strong>de</strong>s organisateurs .Sans entrer<br />
ici dans tous les détails, je puis dire que le<br />
nombre <strong>de</strong> falafels (sandwichs orientaux)<br />
distribués et mangés (<strong>de</strong>ux par per<br />
sonnes) a largement dépassé le nombre<br />
<strong>de</strong>s fafafels prévus et apportés (un par<br />
personne). Cela s'est passé à Tabga au<br />
pied <strong>de</strong> ia colline même où Jésus avait<br />
multiplié les pains. Bref, j'ai vu l'action <strong>de</strong><br />
Dieu à <strong>de</strong> nombreuses occasions. J'ai<br />
constaté d'une façon très précise <strong>de</strong>s gué-<br />
risons physiques et <strong>de</strong>s guérisons<br />
intétrieures tout à fait remarquables.<br />
Comme Jacques Duquesne n'a pas<br />
fait les mêmes expériences que moi, il se<br />
trouve <strong>de</strong>vant ie miracle comme une<br />
poule qui a couvé un canard pour<br />
reprendre l'expression populaire. Il tend à<br />
réduire le nombre <strong>de</strong> cas où le miracle<br />
apparaît dans les évangiles. Il cherche <strong>de</strong>s<br />
explications. Et, pour en trouver, il se<br />
tourne vers ie symbolisme. C'est un point<br />
faible du livre, car, <strong>de</strong> toutes façons, un<br />
miracle se constate, 11 ne s'explique pas,<br />
Michèle THÉRONtXLONGIS<br />
( I ) Jean Potin - JÉSUS. LHISTOIRE VRAIE -<br />
Centurion [paru en même temps que le<br />
livre <strong>de</strong> Jacques Duquesne). Michel<br />
Quesnel - JÉSUS - Flammarion (poche).<br />
Gérard Bessière - JÉSUS, LE DIEU INAT<br />
TENDU - Gallimard (Découvertes).<br />
Philippe Rolland - L'ORIGINE ET LA DATE<br />
DES ÉVANGILES - éd, St Paul.<br />
(2) Jacques Duquesne - Jésus - Desclée <strong>de</strong><br />
Brouwer. Flammarion,<br />
Jan<strong>vie</strong>r Février Mars
Ci<br />
PARDONNEZ<br />
f<br />
A Pierre qui lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong> : "Combien <strong>de</strong> fois <strong>pardon</strong>nerais-je à mon<br />
frère?" Serait-ce jusqu'à sept fois ?", Jésus répond : "Je ne te dis pas jusqu'à<br />
sept fois, mais jusqu'à soixante dix fois sept fois. "<br />
(év. Matthieu ch. 18, 21-22).<br />
Pauiette Bou<strong>de</strong>t a rédige un livre sur le <strong>pardon</strong> à partir <strong>de</strong> situations<br />
empruntées au vécu : 77 fois 7 fols, Fayard , 1990,<br />
UN ESPOIR POUR LES TOXICOMANES<br />
Ceux qui ont succombé à la toxicomanie<br />
sont-ils à jamais prisonniers <strong>de</strong> la drogue?<br />
L'expérience montre que le message<br />
<strong>de</strong> Jésus, l'amour et l'engagement<br />
<strong>de</strong> communautés chrétiennes vivantes<br />
a un impact <strong>de</strong> guérison.<br />
Des toxicomanes sont libérés et délivrés<br />
<strong>de</strong> grands tourments et d'un véritable<br />
esclavage,<br />
"Vivre ensemble", le magazine <strong>de</strong> la<br />
communauté chrétienne <strong>de</strong><br />
la réconciliation, publie dans sa livraison<br />
<strong>de</strong>juillet-août 1994 (n° 148)<br />
un ensemble <strong>de</strong> témoignages.<br />
Des jeunes nous disent concrètement<br />
comment, à travers la rencontre avec <strong>de</strong>s<br />
chrétiens, ils ont découvert Jésus vivant<br />
et échappé à l'engrenage <strong>de</strong> la drogue.<br />
C'est un message d'espoir.<br />
Vivre Ensemble<br />
111 rue <strong>de</strong>s stations, 59800 Lille<br />
(le numéro: 20F),<br />
DROITS ET LIBERTES DANS LES EGLISES<br />
L'Évangile nous appelle à <strong>de</strong>s rapports fraternels.<br />
U<br />
z <<br />
û<br />
Comme le dit Jésus : "Vous savez que les ctiefs <strong>de</strong>s nations les<br />
tyrannisent et que Ies3rands les asservissent II n'en sera pas <strong>de</strong> même<br />
au milieu <strong>de</strong> vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous,<br />
qu'il soit votre serviteur, "(év. Matthieu ch, 20, 25-26),<br />
Or, la hiérarchie ecclésiastique s'exerce parfois comme un pouvoir et<br />
non comme un service. L'Association "Droits et libertés dans<br />
les églises" combat pour une conception <strong>de</strong> l'autorité qui donne toute<br />
sa place à !a responsabilité <strong>de</strong>s personnes. Son champ d'inten/ention<br />
se situe particulièrement en milieu catholique.<br />
L'Association publie un bulletin trimestnel<br />
"Droits et libertés<br />
dans les églises"<br />
68 rue <strong>de</strong> Babylone, 75007 Paris.<br />
22 Jan<strong>vie</strong>r Fé bvrier Mars ^10^ n^<br />
es<br />
<<br />
<<br />
MONTEE DE JERUSALEM 1995<br />
à la Pentecôte: du 30 mai au 13 juin<br />
Suite è l'appel lancé par le Pasteur<br />
Thomas Roberts, chaque année<br />
<strong>de</strong>s chrétiens <strong>de</strong> toutes origines,<br />
<strong>de</strong> diverses confessions, sont délégués et<br />
envoyés par leurs groupes <strong>de</strong> prière,<br />
leurs églises ou communautés et partent<br />
à Jérusalem pour recevoir et vivre<br />
l'unité <strong>de</strong>s chrétiens, rencontrer et prier<br />
avec les chrétiens <strong>de</strong> Terre Sainte,<br />
<strong>de</strong> toutes dénominations, juifs et arabes,<br />
partager leur <strong>vie</strong> familiale,<br />
leurs souffrances et leur espérance.<br />
Renseignements i Gilbert Floquet<br />
DANSE ET BIBLE<br />
9rueClodion, 75015 Paris<br />
Atelier <strong>de</strong> danse, tous les lundis <strong>de</strong> 19h à 20h30.<br />
Deux stages :<br />
Psaume 139, expression corporelle et recherche chorégraphique,<br />
Û.<br />
17 -18 février 1995.<br />
Mouvement et danse dans la Bible, 10-11 mars 1995,<br />
/ 72<br />
à l'U.CJ.G,, 14 rue <strong>de</strong> Trévise, 75009 Paris.<br />
Contact: FabienneGhesquière , .<br />
ou A.P.D.N, 22 rue Elisée Reclus, 91120 Palaiseau<br />
PRIERE ET SOLIDARITE<br />
C'était le vendredi 2 décembre<br />
<strong>de</strong> 20h 30 à 22h 30, à l'église St Jean, à Antony<br />
(Hauts-<strong>de</strong>-Seine). Ce soir là s'est déroulée<br />
une réunion <strong>de</strong> prière et <strong>de</strong> solidarité<br />
que l'équipe <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> TÉMOINS<br />
portait particulièrement dans son cceur.<br />
Il s'agissait <strong>de</strong> soutenir ESPACE-AMITIÉ,<br />
"une association qui lutte contre<br />
l'exclusion sociale et met en place<br />
<strong>de</strong>s actions <strong>de</strong> prévention".<br />
Un projet aidé par plusieurs associations<br />
chrétiennes, les AMIS DE L'ATELIER<br />
(établissements médicaux-sociaux pour<br />
personnes handicapées) et INITIATIVES<br />
(centre <strong>de</strong> formation et d'insertion).<br />
Cette <strong>de</strong>rnière association ai<strong>de</strong> concrètement<br />
plusieurs centaines déjeunes et familles.<br />
Dès l'ongine, TÉMOINS a apporté son soutien à<br />
cette démarche <strong>de</strong> foi et <strong>de</strong> solidarité.<br />
Des communautés chrétiennes catholiques et<br />
protestantes du secteur d'Antony apportent<br />
également leur soutien fraternel, ce dont<br />
nous nous réjouissons.<br />
Face à la montée <strong>de</strong>s exclusions et <strong>de</strong><br />
la pauvreté, nous croyons que les chrétiens <strong>de</strong><br />
notre pays ont le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> s'engager dans<br />
<strong>de</strong>s actions concrètes. Citoyens <strong>de</strong>s Cieux,<br />
nous sommes également citoyens <strong>de</strong> la Terre.<br />
Et quoi <strong>de</strong> plus réjouissant que <strong>de</strong> voir<br />
<strong>de</strong>s chrétiens <strong>de</strong> milieux et d'églises différentes<br />
s'unir sur l'essentiel: TAmour <strong>de</strong> Dieu,<br />
fon<strong>de</strong>ment <strong>de</strong> l'Amour que nous avons à porter<br />
à chaque être humain dans lequel nous voyons<br />
le visage du Christ,
Chers amis.<br />
C'est avec une très gran<strong>de</strong> reconnais<br />
sance envers le Père qui trace pour son<br />
peuple un chemin nouveau à travers la<br />
mer. que j'ai lu les <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>rniers numé<br />
ros <strong>de</strong> "Témoins" (n° 1 I 0 et 111) Pour<br />
moi, c'est comme un journal "ressuscité",<br />
c'est-à-dire, dans le sens étymoiogique du<br />
terme, "suscité à nouveau". Et je pense à<br />
toute l'équipe <strong>de</strong> Témoins qui ose aller<br />
<strong>de</strong> l'avant, sans doute avec <strong>de</strong>s moments<br />
bien difficiles, <strong>de</strong>s passages dans la vallée<br />
<strong>de</strong> l'ombre <strong>de</strong> la mort pour que la Vie<br />
aussi <strong>de</strong> Christ resplendisse, au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong><br />
toute appropriation personnelle.<br />
Le courrier <strong>de</strong>s lecteurs (du n° 1 M|<br />
traduit bien ce que j'ai ressenti à la lec<br />
ture du n^IlO "Visages <strong>de</strong> Dieu". J'ai<br />
beaucoup apprécié l'article <strong>de</strong> Simone<br />
Pacot, que j'ai eu le plaisir d'accueillir<br />
chez moi, il y a trois ans, je crois pour<br />
une réunion avec <strong>de</strong>s amis <strong>de</strong> Besançon.<br />
Mais j'ai aussi communié à la joie <strong>de</strong><br />
Françoise Lagar<strong>de</strong> dans sa découverte<br />
d'un Dieu qui est tout Amour. Je me suis<br />
réjoui <strong>de</strong> lire ce que Samuel comprend<br />
<strong>de</strong> l'unité <strong>de</strong> l'Esprit. Françoise Augris m'a<br />
ravi en refusant tout modèle préfabhqué<br />
et en acceptant <strong>de</strong> se laisser "surprendre"<br />
par Dieu dans son cheminement quoti<br />
dien.<br />
Cette joie <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>, manifestée et<br />
exprimée dans ce numéro, rendait plus<br />
douloureuse la remarque faite à Samuel<br />
Bouché par son Pasteur... et par tous<br />
ceux qui croient s'attacher plus au<br />
Seigneur en mettant davantage leurs<br />
frères ou d'autres églises â l'in<strong>de</strong>x.,.<br />
comme s'ils étaient eux-mêmes sans<br />
péché, purs et irréprochables alors qu'ils<br />
ne font que "s'asseoir dans la chaire <strong>de</strong><br />
Moïse"! Quelle perte ils font quant à la<br />
connaissance du vrai Dieu!<br />
J'en <strong>vie</strong>ns maintenant au <strong>de</strong>rnier<br />
numéro sur le Travail, quel régal! Du<br />
début à la fin. Merci infiniment à Pascal<br />
pour ses éditoriaux si peu conventionnels<br />
mais profondément humains et vrais!<br />
"tordus, bossus, mal foutus" ...o combien<br />
...mais aimés <strong>de</strong> Dieu! Voilà un message<br />
<strong>de</strong> nature à relever les tordus, à redresser<br />
les bossus, afin que <strong>de</strong>s hommes enfin<br />
<strong>de</strong>bout dans la contemplation d'un<br />
amour infini, soient "transformés" <strong>de</strong><br />
gloire en glaire, par l'Esprit du Seigneur.<br />
Merci à tous ces amis, qui chacun<br />
à leur manière, nous disent que le travail<br />
est un acte créateur rendant l'homme co-<br />
participant à une création qui n'est pas<br />
seulement un acte passé et figé, mais qui<br />
est un constant renouvellement vers un<br />
<strong>de</strong>venir meilleur. Merci aussi pour Yves<br />
confronté au chômage... mais au fait<br />
quel chômage? Lui qui s'occupe <strong>de</strong> ses<br />
trois enfants et <strong>de</strong> bien d'autres choses<br />
encore! Je crois que ces temps <strong>de</strong> diffi<br />
culté quant au travail "économique"<br />
amènent l'homme à réfléchir sur sa véri<br />
table situation: le dieu "Travail" ne<br />
serait-il pas en train d'être mis en bas <strong>de</strong><br />
son pié<strong>de</strong>stal pour que règne le Seigneur<br />
<strong>de</strong> la Vie qui nous a dit tant <strong>de</strong> fois "ne<br />
vous mettez pas en souci du len<strong>de</strong><br />
main... ctierchez premièrement le<br />
royaume <strong>de</strong> Dieu" et ce qui est Juste..."<br />
Chers amis.<br />
Benjamin RoLLET<br />
Fontain (25)<br />
Votre dossier "Regard sur le travail" a<br />
retenu toute notre attention. Notre mou<br />
vement ACTE est centré sur le<br />
témoignage en tant que chrétien dans<br />
lunivers professionnel, et cela <strong>de</strong>puis 25<br />
ans; être témoin <strong>de</strong> notre foi au travers<br />
<strong>de</strong> nos compétences.<br />
Vos différents articles notamment par F.<br />
<strong>de</strong> Coninck et Françoise Augris soulèvent<br />
cet aspect fondamental du témoignage.<br />
Les conférences bimestrielles d'ACTE sont<br />
axées sur l'être plutôt que sur le paraître:<br />
faire ce que l'on dit et dire ce que l'on<br />
fait est pour nous Texpression d'une foi<br />
concrète ...<br />
,,, Un témoignage qui soulève <strong>de</strong>s ques<br />
tions <strong>de</strong> la part <strong>de</strong> nos contemporains :<br />
c'est eux alors, qui nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />
rendre <strong>de</strong>s comptes : ils sont <strong>de</strong>man<br />
<strong>de</strong>urs I<br />
Bon nombre <strong>de</strong> français sont <strong>de</strong>s cher<br />
cheurs <strong>de</strong> Dieu sans repère ni réfèrent.<br />
Avec ACTE, nous essayons d'être sur leur<br />
route. Je vous en souhaite autant,<br />
Éric JAFFRAIN<br />
Paris (75)<br />
ACTE : Association <strong>de</strong>s Cadres Témoins <strong>de</strong><br />
l'ÉvangJle, I 12 ter rue Cardlnet, 75017 Paris<br />
Bien chers en Christ.<br />
Que <strong>de</strong> bons témoignages <strong>de</strong>s témoins<br />
dans le journal qui porte leur nom! Merci<br />
beaucoup! Et quelle évolution! C'est un<br />
beau journal! Il reflète <strong>de</strong> mieux en<br />
mieux les divers aspects du visage <strong>de</strong><br />
Dieu qui porte toujours son regard sur<br />
nous tous, quelle grâce d'être <strong>de</strong> ceux<br />
qui Le connaissent et qui L'aiment.<br />
Robert et LoTs WlTMER<br />
Rouyn Noranda (Québec)<br />
Jan<strong>vie</strong>r Févrie r Mars '^0^ n^ I 12<br />
BULLETIN<br />
tVAtJCÉUOUE<br />
INTERCONFESSIOMNÉL<br />
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION<br />
Pascal Colin<br />
REDACTEUR EN CHEF<br />
Yves Desbor<strong>de</strong>s '<br />
SECRETARIAT DE REDACTION<br />
Odile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />
RÉALISATION DES DOSSIERS<br />
Jean et Odile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />
ABONNEMENTS<br />
Rodolphe Vankeerberghen<br />
MAQUETTES<br />
David Passeron<br />
Emmanuelle Pétot<br />
AVEC LA PARTICIPATION DE<br />
Samuel Bouché<br />
Marguerite Colin<br />
Edith Gibory<br />
Dominique Ludger<br />
Daniel Pialat<br />
REDACTION<br />
!5 av. Galliéni<br />
92160 Antony<br />
Tel: (ij 40,96.93.14<br />
Fax: 40 96 97 38<br />
COMITE DE REDACTION<br />
Il est constitué <strong>de</strong> chrétiens;<br />
catholiques, protestants,<br />
évangéliques,,,<br />
Marguerite et Pascal Colin,<br />
Yves Desbor<strong>de</strong>s<br />
Jacques Fabreques<br />
Jean et Odile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />
Françoise et Jean Lagar<strong>de</strong>^<br />
Vincent Pommier<br />
Béatrice Rabut<br />
TÉMOINS a été tiré<br />
à 3 000 exemplaires paï<br />
le Comité dAction Chrétienne<br />
24 avenue Jeanne d Arc<br />
92160 Antony. tel: 40,96,93.14<br />
Imprimerie:<br />
René Madiot<br />
BP 0331.<br />
53003 Laval ce<strong>de</strong>x.<br />
Commission paritaire: 64304,<br />
Reproduction <strong>de</strong>s articles et <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ssins<br />
<strong>de</strong> Témoins autorisée avec mention <strong>de</strong><br />
la <strong>source</strong>. Titres et intertitres<br />
sont <strong>de</strong> la rédaction.
A nouveau le <strong>de</strong>rnier Témoins a été communiqué pour<br />
que son bon contenu circule et enrichisse commej'ai déjà eu<br />
l'occasion <strong>de</strong> l'expérimenter plusieurs fois. C'est vraiment<br />
une revue qui est facilement communicable. Elle m'a servi poi^<br />
prolonger une conversation que j'ai entamée avec<br />
une estivante comme moi sur la plage; pour soutenir <strong>de</strong>s parents et<br />
<strong>de</strong>s grands parents qui ont un enfant à Vlllejuif ; une recherche sur<br />
les questions d'éternité avec une dame du village avec (a revue<br />
sur "la <strong>vie</strong> éternelle"; pour soutenir <strong>de</strong>s angoissés avec l'article<br />
sur "le cyclone" (n" 94) ; pour encourager une amie dont le couple est<br />
en difficulté avec le numéro sur "les couples"; pour partager sur<br />
le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s étudiants avec un ami professeur.<br />
C'est la revue qui s'adapte bien à tout (e mon<strong>de</strong> puisqu'elle<br />
parle <strong>de</strong> relation plutôt que <strong>de</strong> religion. Merci à Témoins.<br />
Une lectrice.<br />
mu<br />
7èî^ un magazine à<br />
communiquer autour <strong>de</strong> vous pour engager<br />
le dialogue.<br />
Un outil pour annoncer l'Évangile<br />
à travers le vécu <strong>de</strong>s auteurs d'articles<br />
et <strong>de</strong> témoignages.<br />
Ai<strong>de</strong>z-nous à faire connaître Témoins.<br />
Vous pouvez: vous abonner (1 an 120 f; 2 ans 190 F),<br />
nous envoyer les adresses d'amis à qui envoyer Témoins,<br />
nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>de</strong>s numéros récents pour les faire circuler<br />
Une adresse: Témoins, 15 av. Galliéni, 92160 ANTONY