03.07.2013 Vues

pardon source de vie - Temoins

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Une dynamique <strong>de</strong><br />

résurrection r s<br />

<strong>pardon</strong><br />

<strong>source</strong> <strong>de</strong> <strong>vie</strong>


D o s s i E R ; " P a r d o n n é<br />

Ce <strong>pardon</strong> <strong>source</strong> <strong>de</strong> <strong>vie</strong><br />

5 Une <strong>vie</strong> restaurée<br />

par Eve Soulain<br />

Une marche avec Dieu<br />

8 Une dynamique <strong>de</strong> résurrection<br />

et <strong>de</strong> <strong>vie</strong><br />

par Pascal Colin<br />

Remise en route vers la <strong>vie</strong><br />

13 Reconnaître ce que Ton est<br />

par Jean Lasar<strong>de</strong><br />

Le Seigneur m'a accepté<br />

16 Laisse-toi aimer par Celui<br />

qui <strong>pardon</strong>ne<br />

par Françoise Lasar<strong>de</strong><br />

3e par Clau<strong>de</strong> Meynckens<br />

par Samuel Guilhot<br />

10<br />

par Simone Pacot<br />

14<br />

par Nicole Petit<br />

Une relation <strong>de</strong> sincérité 17<br />

et <strong>de</strong> vérité<br />

par Daniel Pialat<br />

Dieu nous considère<br />

Éditorial<br />

RubRioUES : Il Grain <strong>de</strong> Poivre<br />

Livres<br />

22 Infos<br />

n<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

23 Courrier <strong>de</strong>s lecteurs


Daniel Pialat a 24 ans.<br />

Après avoir fait son service civil<br />

à TÉMOINS, il en est <strong>de</strong>venu<br />

le permanent salarié.<br />

Au sein <strong>de</strong> l'équipe <strong>de</strong> TÉMOINS<br />

il est particulièrement chargé d'ai<strong>de</strong>r<br />

au quotidien <strong>de</strong>s RMistes et <strong>de</strong>s chômeurs<br />

dans leur projet d'insertion.<br />

Le temps passe si vite!<br />

Tellement <strong>de</strong> choses qui bougent, qui<br />

changent!..<br />

1995 déjà!.. Dans cinq ans... le 21^ siècle!..<br />

Qu'est-ce qui nous attend cette année ?.. Des<br />

joies, <strong>de</strong>s peines, du travail, du repos, <strong>de</strong>s<br />

choix à faire...<br />

Personnellement, j'attends cette<br />

année un événement très impor­<br />

tant! En août, je vais me<br />

marier!.. Quel événement ! Quel<br />

changement ! Il va falloir<br />

s'adapter... apprendre à vivre à<br />

<strong>de</strong>ux...<br />

Pour d'autres, c'est à une autre<br />

situation qu 11 faudra faire face:<br />

un changement professionnel ou<br />

familial, un déménagement...<br />

parfois <strong>de</strong>s situations que l'on<br />

peut anticiper, qu'il faudra donc préparer,<br />

parfois <strong>de</strong>s situations douloureuses qu'il fau­<br />

dra surmonter, parfois <strong>de</strong>s situations<br />

inattendues qu'il faudra assumer..<br />

TOUT CHANGE autour <strong>de</strong> nous. Les<br />

constructions, l'architecture, les technolo­<br />

gies, la politique, l'économie, les mentalités,<br />

l'art... TOUT CHANGE. On conçoit les<br />

choses différemment selon notre situation qui<br />

évolue, selon notre époque, selon les per­<br />

sonnes que l'on côtoie... TOUT, VRAIMENT<br />

TOUT CHANGE...<br />

D'un autre côté, un sage a dit un jour: "Il<br />

n 'y a rien <strong>de</strong> nouveau sous le soleil (T)<br />

Hier, un ami s'est fait agresser en allant reti­<br />

rer <strong>de</strong> l'argent au distributeur... Quelle<br />

violence!..<br />

^OUt<br />

changi<br />

L'agressivité n'est pas une nouveauté!!<br />

L'égoïsme non plus d'ailleurs!<br />

L'Homme a toujours recherché son intérêt,<br />

son succès, son confort... quitte à truan<strong>de</strong>r un<br />

petit peu son prochain, parfois même son<br />

ami!.. C'est parfois fait "gentiment", même<br />

"involontairement" tellement c'est machinal<br />

<strong>de</strong> rechercher ce qui nous rapporte le plus.<br />

Et même lorsque j'ai le désir<br />

d'être juste et <strong>de</strong> faire ce qui est<br />

droit vis-à-vis <strong>de</strong> l'autre, j'ai<br />

encore le réflexe <strong>de</strong> me méfier<br />

que lui ne cherche pas à<br />

m'exploiter!..<br />

L'Homme est ainsi malheureu­<br />

sement... Et ce n'est pas une<br />

nouveauté!<br />

J'aimerais tellement que<br />

l'amour tel que l'apôtre Paul le<br />

décrit si bien ( "Vamour est<br />

patient... il ne cherche pas son intérêt... il ne<br />

médite pas le mcd... " (2)) soit évi<strong>de</strong>nt dans la<br />

<strong>vie</strong> <strong>de</strong> tous et surtout... la mienne!..<br />

Il y en a un qui l'a vécu parfaitement<br />

jusqu'au bout: le Christ, Jésus. Et il nous<br />

encourage à rester attachés à son enseigne­<br />

ment <strong>de</strong> la même manière que le sarment l'est<br />

au cep (3).<br />

Lui est totijours prêt à notis <strong>pardon</strong>ner (voir<br />

les articles du dossier) et à déverser son<br />

amour en nous pour que nous le pratiquions.<br />

Lui NE CHANGE PAS... (4)<br />

( Ij Ecclésiaste ch. 1, v. 9<br />

(2) J^'^ épîire aux Cormihiens ch. 13<br />

(3) Evangile <strong>de</strong> Jean ch. 15. v. 1 à 8<br />

Daniel PlALAT<br />

(4) Epilre iiii.t Héhieii.\ 13, v. 8 t'I Evangile <strong>de</strong> Matthieu ch. 28. v. 20<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n° 112


Pardon ?<br />

Pardon !<br />

Quelques réflexions<br />

apéritives avant<br />

un plat <strong>de</strong> résistance<br />

<strong>de</strong> 15 très nourrissantes<br />

pages sur un thème<br />

qui souvent nous résiste.<br />

ous êtes à l'aise,<br />

vous. avec ie<br />

Pardon?<br />

Moi. pas toujours...<br />

J'avoue (tiens. ça<br />

commence!) que le sentiment<br />

<strong>de</strong> culpabilité étant assez fort<br />

chez moi, j'ai plutôt tendance à éva­<br />

cuer le problème.<br />

PARDONNER<br />

Pardonner, ça ne me pose pas<br />

<strong>de</strong> problème. Intellectuellement par­<br />

lant, bien sûr.<br />

Dans la réalité, je vis <strong>de</strong>ux<br />

types <strong>de</strong> <strong>pardon</strong>.<br />

Celui que je donne très facile­<br />

ment, parce que... en fait je n'ai pas<br />

vraiment été blessé, gêné, déstabi­<br />

lisé. C'est facile d'être généreux pour<br />

quelque chose qui ne vous touche<br />

pas. ne vous atteint pas!<br />

C'est alors un "bien sûr que je<br />

te <strong>pardon</strong>ne" distrait... finalement<br />

presque indifférent.<br />

Et puis il y a les situations<br />

dures, qui font mal. Et là, c'est clair :<br />

j'évacue la question, je me dis "t'es<br />

chrétien, tu dois <strong>pardon</strong>ner, tends la<br />

joue gauche, etc." Il (elle) ne voulait<br />

pas te faire mal, ta colère intérieure<br />

est mauvaise conseillère, ça passera.<br />

Et ça ne passe pas.<br />

Et comme on n'a pas fait le<br />

point, ça tourne à l'intérieur,<br />

quelque part dans le ventre, ça pol­<br />

lue la relation sans que l'on s'en<br />

aperçoive vraiment, donne une cer­<br />

taine amertume dans le cœur, on se<br />

sent mal dans sa peau. Je sais, vous<br />

ne pouvez pas comprendre, cela ne<br />

vous est jamais arrivé !<br />

Pourtant, je le sais, il y a <strong>de</strong> très<br />

belles paroles dans la Bible qui me<br />

donnent la marche à suivre, d'une<br />

façon tellement simple que.,, je ne le<br />

fais pas.<br />

Pourtant, dans les pages qui<br />

suivent, vous trouverez <strong>de</strong>s amis qui<br />

arrivent à vivre le <strong>pardon</strong> (le vrai,<br />

celui qui vous change le cœur!).,.<br />

Serait-ce donc possible ?<br />

Tiens, en même temps que<br />

vous, je vais y réfléchir,<br />

bien pire.<br />

ÊTRE PARDONNES<br />

J'avoue (encore!) que là, c'est<br />

Parce que, me semble-t-il, pour<br />

être <strong>pardon</strong>né, il faut trois condi­<br />

tions.<br />

Condition i : avoir le sentiment<br />

que quelque chose ne va pas, qui<br />

nécessite le <strong>pardon</strong>.<br />

Les termes <strong>de</strong> faute, <strong>de</strong> péché,<br />

d'éloignement <strong>de</strong> l'autre ou <strong>de</strong> Dieu,<br />

sont tellement loin <strong>de</strong> la culture<br />

ambiante que même les chrétiens -<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n° I 12<br />

qui pourtant peuvent les lire dans la<br />

Bible- ont <strong>de</strong> plus en plus <strong>de</strong> mal à<br />

les prononcer.<br />

Condition 2: exprimer que je<br />

veux obtenir le <strong>pardon</strong>. L'exprimer à<br />

l'autre, l'exprimer au Seigneur,<br />

C'est logique: je ne peux "obte­<br />

nir" quelque chose que si je le<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong> !<br />

Condition 3 : recevoir le par­<br />

don <strong>de</strong> Dieu,.. Un <strong>pardon</strong> qui nous<br />

est déjà donné en Jésus-Christ I<br />

En ce qui me concerne, le sen­<br />

timent que "ça ne va pas", je l'ai,<br />

merci, et souvent! (Pas vous? Vite,<br />

donnez-moi la recette,., mais ça me<br />

paraît suspect.)<br />

Deman<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> [vraiment,<br />

pas du bout <strong>de</strong>s lèvres pour se don­<br />

ner bonne conscience) : ça, c'est dur !<br />

Pourtant je sais que Dieu<br />

répond, que le <strong>pardon</strong> <strong>vie</strong>ndra.,, et<br />

qu'il me libérera !<br />

Mais j'ai du mal!<br />

Pourtant, je le sais, il y a <strong>de</strong> très<br />

belles paroles dans la Bible qui me<br />

donnent la marche à suivre, d'une<br />

façon tellement simple que,,, je ne le<br />

fais pas.<br />

Pourtant, dans les pages qui<br />

suivent, vous trouverez <strong>de</strong>s amis qui<br />

arrivent à vivre le <strong>pardon</strong> (le vrai,<br />

celui qui vous change le cœur!),..<br />

Serait-ce donc possible ?<br />

Tiens, en même temps que<br />

vous, je vais y réfléchir.<br />

Si je vous ai ennuyé avec mes<br />

états d'âme,,-, <strong>pardon</strong> I<br />

Yves DESBORDES


En Christ, une fille et<br />

une mère se réconcilient.<br />

epuis le<br />

tout début<br />

<strong>de</strong> ma <strong>vie</strong>,<br />

la relation<br />

entre ma<br />

mère et moi a<br />

été faussée. Issue<br />

d'une famille d'artistes, je suis le<br />

pur produit <strong>de</strong> valeurs aussi menson­<br />

gères et insécurisantes que le<br />

paraître et la quête <strong>de</strong> reconnais­<br />

sance. Mon "géniteur" avait déserté,<br />

ma mère n'avait <strong>de</strong> cesse <strong>de</strong> trouver<br />

son remplaçant et ma grand-mère<br />

était à la poursuite <strong>de</strong> la gloire. Bref,<br />

personne pour m'apprendre à aimer.<br />

Je ne me sentais capable <strong>de</strong> rien et<br />

surtout, j'avais ce sentiment collé à la<br />

peau comme un <strong>de</strong>uxième moi-<br />

même, celui <strong>de</strong> n'être faite que pour<br />

souffrir. Tout bonheur m'était inter­<br />

dit, je ne savais ni écouter, ni<br />

partager, ni aimer. Je n'étais bonne<br />

qu'à me plaindre...<br />

Les années ont passé et entre<br />

ma mère et moi, le fossé s'est creusé.<br />

J'avais mille raisons <strong>de</strong> la détester et<br />

<strong>de</strong> l'incriminer, mais cette haine ne<br />

me laissait pas tranquille et souvent<br />

je m'endormais à l'aube, écœurée<br />

par tant <strong>de</strong> pensées assassines.<br />

CHRIST A FAIT<br />

SON ŒUVRE<br />

C'était en 1984. j'avais vingt-<br />

quatre ans. lorsque sa <strong>vie</strong> a été<br />

bouleversée par Jésus. Je me suis<br />

moi-même engagée envers Lui. en<br />

réponse aux fruits que j'ai vus en elle<br />

Son attitu<strong>de</strong> avait changé et les<br />

mots que j'avais toujours attendus<br />

sont venus: "Je ne t'ai pas aimée<br />

comme j'aurais dû, je t'ai délaissée,<br />

je te <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>pardon</strong>." J'ai été tou­<br />

'7, Jl4<br />

chée au plus profond <strong>de</strong> mon être.<br />

Ma douleur était enfin connue et<br />

reconnue.<br />

Je désirais lui <strong>pardon</strong>ner mais<br />

comment? Oublier? Je n'en étais pas<br />

capable. De surcroît, comme réveillés<br />

<strong>de</strong> leur torpeur, les souvenirs les plus<br />

cruels affluaient. Un an. Pendant un<br />

an, c'est contre eux que je me suis<br />

battue. Pério<strong>de</strong> pendant laquelle j'ai<br />

été incapable d'avoir une quel­<br />

conque relation avec ma mère.<br />

Une<br />

<strong>vie</strong><br />

restaurée<br />

Cependant, Christ faisait lente­<br />

ment son œuvre. Chaque film,<br />

chaque livre me rappelaient ma<br />

propre douleur et je pleurais <strong>de</strong>s<br />

heures sans m'arrêter. Je suis sortie<br />

<strong>de</strong> ce tunnel quelque peu épuisée<br />

mais curieusement, le cœur épuré.<br />

Un jour, j'ai décidé <strong>de</strong> rappeler<br />

maman. Il y avait en moi comme une<br />

percée dans un ciel, que j'avais tou­<br />

jours trouvé désespérément noir.<br />

Une merveilleuse guérison s'était<br />

opérée, parce que je l'avais espérée,<br />

mais plus que cela encore, parce que<br />

j'avais cru que Dieu pouvait le faire.<br />

J'avais lu dans Ezéchiel une<br />

parole qui m'était apparue comme<br />

une promesse <strong>de</strong> restauration entre<br />

elle et moi: "Le Jour où Je vous puri­<br />

fierai <strong>de</strong> toutes vos fautes. Je<br />

repeuplerai les villes et l'on rebâtira<br />

sur les ruines-" (Ezéchiel ch. 36, 33).<br />

Mon cœur n'était plus dévasté<br />

comme une ville, mais repeuplé à<br />

jamais-<br />

Nos <strong>vie</strong>s en ruines, comme<br />

après une guerre menée avec zèle,<br />

étaient en train d'être reconstruites.<br />

NOUS NOUS<br />

SOMMES TROUVÉES<br />

Nous nous sommes parlé cœur<br />

à cœur, mettant chaque colère à nu,<br />

chaque humiliation, chaque rejet<br />

aux pieds <strong>de</strong> Jésus et à Sa lumière.<br />

Maman a eu le courage et l'humilité<br />

d'affronter et <strong>de</strong> reconnaître ses<br />

manquements. Pour cela, je l'admire<br />

aussi. Ayant ensemble "déminé" le<br />

terrain, il nous est <strong>de</strong>venu facile <strong>de</strong><br />

communiquer et d'I<strong>de</strong>ntifier nos sen­<br />

timents. Nous ne nous sommes pas<br />

retrouvées, nous nous sommes trou­<br />

vées.<br />

Qui aurait pu croire en une<br />

telle guérison et au pouvoir <strong>de</strong><br />

l'amour que Dieu a mis en nous? II<br />

ne reste rien du passé. Non que<br />

notre mémoire ait été effacée, elle<br />

reste intacte, mais les événements<br />

sont dépossédés <strong>de</strong> toute émotion<br />

<strong>de</strong>structrice. Les racines d'amertume<br />

qui entravaient nos rapports ont dis­<br />

paru. A travers Jésus-Christ, j'ai<br />

rencontré le bonheur, cet état que je<br />

méprisais à force <strong>de</strong> ne le pas com­<br />

prendre. Je nous considère<br />

désormais comme <strong>de</strong>s gens qui<br />

"re<strong>vie</strong>nnent <strong>de</strong> loin" - c'est comme<br />

cela que l'on appelle chez nous ceux<br />

qui étaient à la dérive - <strong>de</strong>s gens<br />

dont la douleur a été déracinée et<br />

qui vivent au quotidien le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong><br />

Jésus.<br />

Ma relation avec ma mère est à<br />

ce jour fondée sur la confiance<br />

mutuelle et l'harmonie. Nous parlons<br />

beaucoup et avec allégresse du<br />

Seigneur,,<strong>de</strong> la <strong>vie</strong> et <strong>de</strong> nos compor­<br />

tements. Récemment, j'ai reçu un<br />

superbe ca<strong>de</strong>au : maman m'a confié<br />

que j'étais sa meilleure amie. J'en ai<br />

été bouleversée,., Quoi <strong>de</strong> plus rare,<br />

mais aussi <strong>de</strong> plus merveilleux, que<br />

d'être consolée par celui qui vous a<br />

blessé? Dieu peut tout. Il nous l'a<br />

prouvé- Son <strong>pardon</strong> divin, humaine­<br />

ment incompréhensible, s'est<br />

démontré dans nos <strong>vie</strong>s. Ce <strong>pardon</strong><br />

qui m'amène à dire aujourd'hui que<br />

ma mère est aussi ma meilleure<br />

amie.<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

Eve SOULAIN<br />

Levallois (92)<br />

( I ) Yori, la mère d'Eve a donné son témoi­<br />

gnage dans le n°l11 <strong>de</strong> Témoins (p. 16).


homme est un être imparfait<br />

qui a été créé libre par Dieu.<br />

Du fait <strong>de</strong> sa liberté, il y<br />

a une potentialité <strong>de</strong><br />

mal. L'homme naturel<br />

commet <strong>de</strong>s erreurs, <strong>de</strong>s<br />

actes qui ne sont pas dans la volonté<br />

<strong>de</strong> Dieu, bien souvent par ignorance<br />

et aussi par tendance. Les pensées<br />

<strong>de</strong> l'homme dé<strong>vie</strong>nt souvent et sont<br />

affectées par <strong>de</strong>s courants négatifs.<br />

Le péché, c'est une désobéis­<br />

sance à la volonté <strong>de</strong> Dieu qui<br />

recherche le bien <strong>de</strong> l'homme. Le<br />

plan <strong>de</strong> Dieu, c'est d'amener<br />

l'homme pécheur à réaliser qu'il ne<br />

peut atteindre la perfection par ses<br />

propres moyens. La perfection<br />

consiste à ressembler <strong>de</strong> plus en plus<br />

à Dieu, à l'image duquel nous avons<br />

été créés. C'est le développement<br />

constant <strong>de</strong>s capacités spirituelles<br />

supérieures qui permettront à<br />

l'homme <strong>de</strong> comprendre la volonté<br />

<strong>de</strong> Dieu, <strong>de</strong> l'accomplir et <strong>de</strong> la faire.<br />

L'homme est condamnable,<br />

non pas tellement en ce qu'il est<br />

faillible et pécheur, mais en ce que,<br />

bien souvent, il ne cherche pas ce<br />

qui est vrai, ce qui est juste, ce qui<br />

est bon.<br />

Dieu juge l'homme <strong>de</strong> façon<br />

parfaite parce qu'il connaît parfaite­<br />

ment les motifs profonds qui<br />

l'animent. Il connaît ses limites, ses<br />

faiblesses. C'est pour cela que Dieu<br />

est toujours prêt à lui <strong>pardon</strong>ner<br />

dans un sens concret comme le fai­<br />

sait Jésus: "Je te guéris. Va et ne<br />

pèche plus".<br />

L'homme est esclave <strong>de</strong> son<br />

péché quand il obéit au péché; mais<br />

quand il obéit à Dieu, il ne tombe<br />

pas sous un nouvel esclavage; ou<br />

alors sa religion n'est pas bien ajus­<br />

tée. La véritable religion consiste à<br />

trouver en Dieu un libérateur.<br />

Samuel Guilhot voit dans<br />

le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu la liberté et<br />

la dignité <strong>de</strong> l'homme.<br />

Quand l'homme est <strong>pardon</strong>né,<br />

il est libéré <strong>de</strong> ce qui le tient esclave,<br />

<strong>de</strong> ce qui le contraint à faire ce qui<br />

est contraire à la volonté <strong>de</strong> Dieu.<br />

LA LOI :<br />

DES DIRECTIVES POUR<br />

UNE VIE HARMONIEUSE<br />

Dans les dix comman<strong>de</strong>ments,<br />

Dieu a dit comment l'homme est<br />

appelé à se conduire à son égard,<br />

vis-à-vis <strong>de</strong>s autres et vis-à-vis <strong>de</strong> lui-<br />

même.<br />

Dieu a donné à l'homme <strong>de</strong>s<br />

directives toutes simples, directes<br />

pour l'ai<strong>de</strong>r à se diriger. Quand la loi<br />

a été donnée, le grand problème a<br />

été celui-ci: l'homme est-il capable<br />

d'accomplir cette loi? Mais c'était un<br />

problême voulu par Dieu. L'homme<br />

aurait dù être assez humble pour<br />

reconnaître que cette loi le dépassait<br />

JÉSUS NOUS A MONTRÉ<br />

LA VOIE<br />

Jésus est principalement venu<br />

pour être un homme parfait, le nou­<br />

vel Adam et pour faire ce que<br />

l'homme n'avait jamais pu faire:<br />

accomplir parfaitement la volonté <strong>de</strong><br />

Dieu.<br />

Toute sa <strong>vie</strong> a été cet accom­<br />

plissement. Il a fait la volonté <strong>de</strong> Dieu<br />

jusqu'au bout. Il a montré que,<br />

même dans les pires conditions. Il<br />

voulait faire la volonté <strong>de</strong> Dieu,<br />

C'était la chose principale. Et c'était là<br />

que résidait aussi la ré<strong>de</strong>mption, le<br />

salut <strong>de</strong>s hommes. Les hommes<br />

étaient égarés. Ils étaient comme le<br />

fils perdu, le fils loin <strong>de</strong> la maison<br />

dont nous parle l'histoire du fils pro­<br />

digue (év. Luc ch. 1 5).<br />

Jésus est venu pour que les<br />

hommes retrouvent le chemin du<br />

Une mairch<br />

avec<br />

et qu'il n'était pas capable <strong>de</strong> la<br />

suivre tout seul (ép. Galates ch. 3,<br />

22-27).<br />

Dans ia loi <strong>de</strong> Moïse, il y a une<br />

régie que l'on ne trouve pas dans les<br />

co<strong>de</strong>s humains. C'est le <strong>de</strong>rnier com­<br />

man<strong>de</strong>ment; "Tu ne convoiteras<br />

point". Il faut reconnaître que la plu­<br />

part <strong>de</strong>s dérèglements <strong>vie</strong>nnent <strong>de</strong> la<br />

non application <strong>de</strong> cette instruction<br />

(ép-Jacques ch. I, 13-15).<br />

Quand un homme est touché<br />

par l'Esprit, il est purifié dans son<br />

cceur, ses pensées et tout ce qui se<br />

passe en lui; il <strong>de</strong><strong>vie</strong>nt juste <strong>de</strong>vant<br />

Dieu parce qu'il est purifié intérieure­<br />

ment.<br />

La loi <strong>de</strong> la perfection, c'est une<br />

obéissance du cceur.<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n° I 12<br />

Père, le chemin <strong>de</strong> Dieu. Dieu ne<br />

s'était pas éloigné <strong>de</strong>s hommes mais<br />

les hommes s'étaient éloignés <strong>de</strong> Lui.<br />

Il a envoyé son Fils pour être le repré­<br />

sentant <strong>de</strong> ce qu'il était réellement<br />

pour les hommes parce que l'idée <strong>de</strong><br />

Dieu s'était déformée, et avait tourné<br />

à l'idolâtrie.<br />

Jésus, en venant sur la terre,<br />

est venu pour montrer la véritable<br />

religion <strong>de</strong> la liberté. L'exemple <strong>de</strong> sa<br />

<strong>vie</strong> humaine suffit à transformer et à<br />

régénérer la représentation <strong>de</strong> Dieu<br />

dans le cceur <strong>de</strong>s hommes (év. Jean<br />

ch. H, 9).<br />

JÉSUS NOUS A LIBÉRÉS<br />

Jésus est donc venu faire la<br />

volonté <strong>de</strong> Dieu. Quand il est venu, il


a dit: "Me voici, ô Dieu, pour faire ta<br />

volonté"- Il a fait ce que l'homme n'a<br />

jamais pu faire. Il était Fils <strong>de</strong> Dieu, il<br />

a voulu être Fils <strong>de</strong> l'Homme; c'est<br />

pourquoi il est né d'une femme. Il a<br />

été sur tous les plans un homme<br />

comme les autres, mais sans com­<br />

mettre le péché-<br />

II est venu chercher ce qui était<br />

perdu et faire remonter à sa suite<br />

beaucoup d'hommes. Il est <strong>de</strong>scendu<br />

pour élever les hommes [ép. Éphé-<br />

siens ch. 2). Il a inauguré une route<br />

vivante en assurant le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong>s<br />

péchés, c'est-à-dire la délivrance <strong>de</strong><br />

tout ce qui retenait l'homme dans<br />

PhoBJ aOaile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />

e<br />

Dieu<br />

l'esclavage,<br />

"Le sang <strong>de</strong> Jésus nous purifie<br />

<strong>de</strong> tout pécfié"- Nous ne rapportons<br />

pas ce verset seulement à la mort <strong>de</strong><br />

Jésus sur la croix. Le sang, c'est la<br />

<strong>vie</strong>. C'est la <strong>vie</strong> tout entière <strong>de</strong> Jésus<br />

qui nous purifie et nous délivre <strong>de</strong><br />

nos péchés (ép. Hébreux ch. 10, 16-<br />

17).<br />

LE PARDON DES PÉCHÉS:<br />

UNE VIE NOUVELLE<br />

L'homme qui est <strong>pardon</strong>né <strong>de</strong><br />

ses péchés est libéré <strong>de</strong> son passé. Il<br />

est libéré dans son présent. II est<br />

libéré pour son avenir. Il commence<br />

une remontée par la force <strong>de</strong> l'Esprit<br />

<strong>de</strong> Jésus.<br />

L'homme est appelé à coopérer<br />

avec Lui pour re<strong>de</strong>venir un fils <strong>de</strong><br />

Dieu. Il va accomplir ainsi une crois­<br />

sance spirituelle, comprendre la<br />

volonté <strong>de</strong> Dieu et s'affranchir <strong>de</strong><br />

plus en plus <strong>de</strong> tous ses esclavages<br />

mentaux. La libération du péché a le<br />

pouvoir d'introduire l'homme dans<br />

une nouvelle expérience qui est<br />

renouvelée constamment. Il a main­<br />

tenant le désir <strong>de</strong> vivre une <strong>vie</strong><br />

nouvelle, d'avoir un comportement<br />

nouveau.<br />

Je sais que je suis <strong>pardon</strong>né <strong>de</strong><br />

mes péchés parce que j'ai reçu en<br />

moi une force qui me donne le désir<br />

et le pouvoir <strong>de</strong> <strong>pardon</strong>ner aux<br />

autres. Je me rappelle cette femme<br />

qui disait: "Je ne <strong>pardon</strong>nerai jamais<br />

à mon fils". Au contact <strong>de</strong>s chrétiens,<br />

elle a été amenée à découvrir<br />

quelque chose <strong>de</strong> nouveau, une<br />

ouverture. Cela l'attirait mais cepen­<br />

dant il restait dans son cœur qu'elle<br />

ne pouvait pas <strong>pardon</strong>ner à son fils.<br />

Je crois lui avoir dit: "Lejour où vous<br />

aurez réalisé pour vous-même le par­<br />

don <strong>de</strong> Dieu, vous <strong>pardon</strong>nerez<br />

aussi à votre fils; cela se fera tout<br />

seul." En effet, elle est arrivée à com­<br />

prendre le message <strong>de</strong> Dieu, à<br />

recevoir le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu et ce par­<br />

don lui a donné la force <strong>de</strong><br />

<strong>pardon</strong>ner. Cela a été fini, terminé.<br />

Elle a été libérée <strong>de</strong> ce qui la ron­<br />

geait <strong>de</strong>puis <strong>de</strong>s années.<br />

UNE MARCHE<br />

AVEC DIEU: LE PARDON<br />

RENOUVELÉ<br />

Reportons-nous à l'épiso<strong>de</strong> où<br />

Jésus lave les pieds <strong>de</strong> ses disciples<br />

(év. Jean ch. 13). Pierre lui dit; "Non,<br />

Jamais tu ne me laveras les pieds" et<br />

Jésus lui répond: "SiJe ne te lave<br />

pas. tu n'auras point <strong>de</strong> part avec<br />

mol". Et Pierre <strong>de</strong> lui répondre; "Non<br />

seulement les pieds, mais encore les<br />

mains, la tête". Jésus lui affirme<br />

alors; "Celui qui est lavé n'a besoin<br />

que <strong>de</strong> laver ses pieds pour être<br />

entièrement pur".<br />

Pierre est déjà lavé. Ainsi, le<br />

<strong>pardon</strong>, le premier <strong>pardon</strong> fonda­<br />

mental, c'est la libération du cœur,<br />

La marche quotidienne <strong>vie</strong>nt ensuite.<br />

Nous pouvons évi<strong>de</strong>mment prendre<br />

pas mal <strong>de</strong> saletés sous les pieds. Il<br />

peut nous arriver d'avoir <strong>de</strong>s conflits<br />

avec un tel ou un tel, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s<br />

erreurs. Nous en faisons toujours.<br />

Mais, à ce moment. Jésus est là, prêt<br />

à nous laver les pieds.<br />

Nous avons été purifiés, libérés<br />

dans notre cœur. Nous sommes <strong>de</strong>s<br />

fils <strong>de</strong> Dieu. Mais un fils <strong>de</strong> Dieu peut<br />

faire <strong>de</strong>s erreurs et commettre <strong>de</strong>s<br />

fautes. Alors "si nous confessons nos<br />

péchés. Il est fidèle et Juste pour<br />

nous les <strong>pardon</strong>ner et pour nous<br />

purifier <strong>de</strong> toute iniquité" ( 1 ère ép.<br />

Jean ch. 1, 9). Nous retrouvons alors<br />

la paix <strong>de</strong> Dieu dans notre cœur.<br />

La <strong>vie</strong> chrétienne comporte <strong>de</strong>s<br />

difficultés, <strong>de</strong>s aléas, <strong>de</strong>s soubre­<br />

sauts. Nous ressentons parfois<br />

l'impression d'être pécheurs, même si<br />

nous n'avons pas commis <strong>de</strong> faute.<br />

C'est une action <strong>de</strong> l'Esprit pour nous<br />

faire sentir que notre nature nous<br />

porterait vers le péché si nous ne res­<br />

tions pas fidèlement dans la<br />

communion avec Dieu.<br />

Progressivement, l'Esprit du Seigneur<br />

nous purifie jusque dans nos pen­<br />

sées. Notre conscience <strong>de</strong><strong>vie</strong>nt pure<br />

au fur et à mesure <strong>de</strong> notre<br />

approche <strong>de</strong> Dieu et <strong>de</strong> notre<br />

connaissance <strong>de</strong> Dieu,<br />

Samuel GUILHOT<br />

Clamart (92)<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n" 112 7


Une dynamique<br />

<strong>de</strong> y<br />

Comment vivre le <strong>pardon</strong><br />

et la confiance en Dieu<br />

dans la mentalité d'aujourd'hui?<br />

A partir <strong>de</strong> son expérience<br />

personnelle et <strong>de</strong> très nombreux contacts,<br />

Pascal nous communique sa réflexion.<br />

ES PECHERS DU VERGER<br />

Je suis issu d'une famille où l'on n'est<br />

pas spécialement chrétien<br />

<strong>de</strong> père en nis.<br />

J'ai mémoire d'une anecdote<br />

que l'on racontait chez nous.<br />

Elle pro<strong>vie</strong>nt d'un <strong>de</strong> mes<br />

aïeux, qui était vers la fin <strong>de</strong> sa <strong>vie</strong>,<br />

anti-religieux comme on l'était au<br />

début du siècle. Monsieur le curé<br />

<strong>vie</strong>nt visiter le socialiste du village. Il<br />

lui dit; 'Mon fils, je <strong>vie</strong>ns vous voir<br />

au sujet <strong>de</strong> vos péchés"- Et mon<br />

aïeul <strong>de</strong> répondre : "Écoutez,<br />

Monsieur le curé, il n'y a pas <strong>de</strong> problème.<br />

Venez avec moi." Il<br />

accompagne Monsieur le curé dans<br />

son verger et lui dit: "Mon jardin que<br />

voici est plein <strong>de</strong> pêchers". Voilà une<br />

<strong>de</strong>s réponses familiales qui nous faisaient<br />

beaucoup rire.<br />

UNE RELATION<br />

DE CONFIANCE<br />

Depuis mon plus Jeune âge,<br />

aussi loin que remontent mes souvenirs,<br />

vers trois ans, j'ai toujours eu<br />

conscience d'un Dieu qui veillait sur<br />

moi. J'ai eu un dialogue intérieur<br />

avec Lui, J'ai toujours senti que je<br />

pouvais Lui parler quand j'en avais<br />

gros sur le cœur. Un Dieu créateur<br />

qui existait, un Dieu à qui Je parlais<br />

d'une façon naturelle. Un Dieu avec<br />

qui je pouvais établir une vraie relation<br />

<strong>de</strong> confiance.<br />

Lorsqu'à seize ans, j'ai fondé le<br />

Comité d'Action Chrétienne* parmi<br />

les lycéens d'Antony, c'est un projet<br />

que j'avais <strong>de</strong>puis l'âge <strong>de</strong> quatorze<br />

ans déjà.<br />

Par la suite, j'ai découvert que<br />

les fonctionnements <strong>de</strong> chacun<br />

étaient divers. Certains pouvaient<br />

admettre intellectuellement qu'ils<br />

étaient aimés, mais ils avaient beaucoup<br />

<strong>de</strong> mal à le ressentir comme<br />

une réalité vécue personnellement.<br />

Mon expérience personnelle<br />

est différente. J'ai reçu cette relation<br />

<strong>de</strong> façon intuitive, puis je l'ai admise<br />

intellectuellement. J'ai ressenti d'instinct<br />

la dimension d'un Dieu<br />

d'Amour, d'un Dieu qui <strong>pardon</strong>ne,<br />

d'un Dieu qui sauve et qui relève. La<br />

lecture <strong>de</strong>s Évangiles a servi <strong>de</strong> révélateur<br />

et mon cœur tressaillait <strong>de</strong> joie<br />

à la lecture <strong>de</strong> ces paroles qui étaient<br />

naturellement reçues comme un<br />

souffle <strong>de</strong> <strong>vie</strong>. Dans mon cheminement,<br />

l'expérience et l'intuition<br />

avaient précédé le texte.<br />

GÉNÉRATION POST-1968<br />

J'ai fait ma scolarité au lycée et<br />

mes étu<strong>de</strong>s universitaires après<br />

1968. C'était une époque où tout<br />

était permis. Les règles étaient<br />

contestées si bien que les transgressions<br />

sexuelles ne posaient plus<br />

question. Tout était permis et "il était<br />

interdit d'interdire!"<br />

Lorsque nous avons créé, en<br />

1 973, le Comité d'Action Chrétienne,<br />

nous sommes partis au départ d'un<br />

principe <strong>de</strong> liberté et progressivement,<br />

nous avons intégré <strong>de</strong>s<br />

normes.<br />

Ainsi, je n'ai pas été marqué<br />

par une tradition moraliste ou puritaine.<br />

Les valeurs positives ne<br />

pouvaient s'affirmer que dans le cheminement<br />

d'un libre examen <strong>de</strong><br />

conscience.<br />

UNE IDÉOLOGIE<br />

BOURGEOISE?<br />

La culpabilité? Elle évoque souvent<br />

<strong>de</strong>s problèmes affectifs, <strong>de</strong>s<br />

problèmes sexuels, <strong>de</strong>s problèmes <strong>de</strong><br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n°112<br />

pouvoir, <strong>de</strong>s problèmes d'argent.<br />

Ces problèmes re<strong>vie</strong>nnent tout le<br />

temps. Quelle réponse apporter?<br />

De 1977 à 1980, j'ai fréquenté<br />

<strong>de</strong> nombreux séminaires <strong>de</strong> dynamique<br />

<strong>de</strong> groupe et d'analyse<br />

transactionnelle, à la faculté <strong>de</strong><br />

Vincennes.<br />

A l'époque, la réponse dominante<br />

était <strong>de</strong> dire: "Vous savez, la<br />

culpabilité est liée à l'idéologie bourgeoise.<br />

Elle n'existe pas. Vous<br />

pouvez faire ce que vous voulez <strong>de</strong><br />

vos corps. Vous êtes libres."<br />

Dans cette perspective, le<br />

péché était nié; en parler était une<br />

marque <strong>de</strong> "ringardise".<br />

Pour d'autres, le rapport avec<br />

la culpabilité débouche sur le refoulement.<br />

"Je ne veux pas écouter ma<br />

culpabilité. Je ne l'entends pas et je<br />

ne veux pas l'exprimer". La culpabilité,<br />

ainsi évacuée, va susciter toutes<br />

sortes <strong>de</strong> troubles physiques ou psychiques.<br />

Il y a une autre réponse qui est<br />

la réponse du Christ.<br />

L'homme est appelé à la liberté<br />

mais ce n'est pas une forme <strong>de</strong> mensonge<br />

dans laquelle la culpabilité est


niée. Ici, je reconnais que je suis<br />

pauvre, je reconnais que je suis nu.<br />

Et, à partir du moment où je suis<br />

pauvre et où je suis nu, j'ai besoin<br />

<strong>de</strong> me vêtir.<br />

Je reconnais les limites <strong>de</strong> mon<br />

humanité et je m'attache à Dieu,<br />

mon Père, qui est capable <strong>de</strong><br />

m'aimer et <strong>de</strong> me <strong>pardon</strong>ner. Dieu<br />

sens. Je pense à ce jeune étudiant<br />

<strong>de</strong> la Rési<strong>de</strong>nce universitaire<br />

d'Antony, qui dans la lettre qu'il laissait<br />

à sa famille après son décès,<br />

écrivait: "J'ai découvert que j'étais<br />

homosexuel. Je ne supporte pas<br />

cette idée. Je préfère me tuer."<br />

Face à ces situations <strong>de</strong> désespoir,<br />

le message <strong>de</strong> Dieu nous invite<br />

Confiance en Dieu. Comme l'écrivait<br />

Saint Augustin: "La mesure <strong>de</strong><br />

l'amour, c'est d'aimer sans mesure."<br />

Nous sommes appelés à donner<br />

une parole positive. Le Christ<br />

nous appelle à ne pas juger. Le texte<br />

du fils prodigue est merveilleusement<br />

libérateur (év. Luc ch. 15).<br />

Chaque fils prodigue sera accueilli<br />

ésurrection et <strong>de</strong> Vi<br />

m'aime et même si je fais <strong>de</strong>s bêtises.<br />

Il peut m'accueillir. C'est ce qui me<br />

permet d'être et <strong>de</strong> naître pleinement<br />

à la <strong>vie</strong> avec Lui.<br />

DIRE JE...<br />

En accompagnant <strong>de</strong>s personnes<br />

en difficulté d'insertion<br />

sociale ou professionnelle, j'observe<br />

combien certaines sont incapables<br />

<strong>de</strong> s'aimer.<br />

Très fréquemment, la difficulté<br />

d'aimer l'autre et <strong>de</strong> faire confiance à<br />

l'autre <strong>vie</strong>nt du fait que je ne<br />

m'écoute pas, que je ne me fais pas<br />

confiance, queje'ne m'aime pas.<br />

Alors, je n'arrive pas à dire JE, à dire<br />

JE t'aime, à dire: JE crois. Si je ne<br />

m'aime pas et si je ne peux pas dire<br />

JE, comment puis-je dire à l'autre et<br />

particulièrement à Dieu : JE t'aime.<br />

Derrière cette <strong>de</strong>scription, je<br />

vois vingt, trente, quarante cas <strong>de</strong><br />

personnes: hommes, femmes,<br />

jeunes, moins jeunes où il y a cette<br />

réalité là. Pour certains, cela a même<br />

abouti à <strong>de</strong>s tentatives <strong>de</strong> suici<strong>de</strong>.<br />

Des jeunes se sont suicidés parce<br />

que pour eux la <strong>vie</strong> n'avait pas <strong>de</strong><br />

à nous aimer. (I est une<br />

parole libératrice: "Tu aimeras<br />

ton prochain comme<br />

toi-même." [év. Matthieu<br />

ch. 22, 39), C'est un comman<strong>de</strong>ment<br />

semblable au<br />

premier: "Tu aimeras le<br />

Seigneur ton D/eu. " Ainsi,<br />

J'ai en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> crier: "Tu dois<br />

t'aimer toi-même pour aimer<br />

Dieu, t'aimer personnellement,<br />

c'est un comman<strong>de</strong>ment<br />

<strong>de</strong> Dieu." Il y a<br />

<strong>de</strong>s gens qui s'occupent<br />

beaucoup <strong>de</strong>s autres, qui se<br />

démènent, qui font <strong>de</strong>s<br />

bonnes actions, du militantisme<br />

syndical, politique. Je<br />

ne suis pas contre, j'en fais<br />

moi-même. Pourtant parfois,<br />

cela masque le fait qu'ils ne<br />

prennent pas le temps <strong>de</strong> se<br />

laisser regar<strong>de</strong>r par euxmêmes<br />

et <strong>de</strong> sentir la<br />

chaleur du soleil sur leur<br />

cœur, c'est-à-dire le regard<br />

<strong>de</strong> Dieu.<br />

De même, si je crois aimer les<br />

autres, mais si je ne m'occupe pas <strong>de</strong><br />

moi, je risque fort <strong>de</strong> mourir par <strong>de</strong>ssèchement<br />

intérieur. Quel dialogue<br />

ai-je avec moi-même? Est-ce que je<br />

suis capable <strong>de</strong> m'accepter? Est-ce<br />

que je suis capable <strong>de</strong> reconnaître<br />

mes fragilités en tant que telles?<br />

DES FILS PRODIGUES<br />

A l'aumônerie œcuménique <strong>de</strong><br />

la Rési<strong>de</strong>nce Universitaire d'Antony,<br />

nous avons suivi un millier d'étudiants<br />

<strong>de</strong>puis treize ans. Beaucoup<br />

<strong>de</strong> problèmes <strong>de</strong> nos étudiants,<br />

exprimés ou non exprimés, sont <strong>de</strong>s<br />

problèmes liés à l'affectivité. Des<br />

paroles moralistes n'ai<strong>de</strong>nt absolument<br />

pas les personnes à se<br />

retrouver.<br />

La Bible nous parie du roi<br />

David et <strong>de</strong> sa faiblesse dans le<br />

domaine sexuel (2 Samuel ch. 12).<br />

Dieu est pédagogue. S'il a mis ces<br />

textes dans sa Parole, c'est pour<br />

nous instruire. Il nous montre également<br />

comment David s'est repenti et<br />

les Psaumes sont <strong>de</strong>s hymnes magnifiques<br />

au Pardon, à l'Amour et à la<br />

les bras ouverts par son Père lorsqu'il<br />

<strong>vie</strong>ndra à Lui. Aucun <strong>de</strong> nous, par<br />

ses efforts, ne peut accé<strong>de</strong>r au<br />

Royaume <strong>de</strong> Dieu. C'est la grâce qui<br />

nous sauve. L'objectif <strong>de</strong> Dieu pour<br />

moi, c'est que je sois heureux et<br />

vivant.<br />

PERE ET MERE<br />

PAR EXCELLENCE<br />

Lorsque je dis à ma fille Joëlle:<br />

"Ne mets pas tes doigts dans la<br />

flamme <strong>de</strong> cette bougie car tu vas te<br />

brûler.", si elle le fait, si elle transgresse,<br />

elle va effectivement souffrir-<br />

Dieu m'a donné une relation <strong>de</strong><br />

paternité par rapport à mes enfants<br />

que j'aime. Je me dis qu'il est un<br />

Père bien plus parfait que moi. Ainsi<br />

Dieu ne me dit pas: "Ne fais pas ceci<br />

ou cela" pour m'embéter. Il le fait<br />

fondamentalement parce qu'il ne<br />

veut pas que j'aie mal-<br />

La notion <strong>de</strong> péché, <strong>de</strong> culpabilité,<br />

est éclairée par cette<br />

perspective. Nous avons un Dieu qui<br />

nous enseigne, qui nous <strong>pardon</strong>ne:<br />

"Si mon peuple s'humilie, prie et me<br />

cherche, s'il re<strong>vie</strong>nt <strong>de</strong> son mauvais<br />

chemin. Je Texaucerai. "<br />

(2 Chroniques ch. 7, 1 4).<br />

Si nous, parents, qui sommes<br />

créés à l'image <strong>de</strong> Dieu, sommes<br />

dans cette disposition d'esprit, combien<br />

Dieu qui est le Père et la Mère<br />

par excellence, pourrait-Il rester<br />

insensible? Pour moi, la notion du<br />

péché, <strong>de</strong> la culpabilité, je la vois<br />

dans cette relation <strong>de</strong> liberté fondamentale<br />

que Dieu a instaurée et qui<br />

est une relation <strong>de</strong> paternité et <strong>de</strong><br />

maternité confiante.<br />

Ainsi, j'essaye d'éviter le légalisme<br />

et le pharisaîsme, et <strong>de</strong> me<br />

tenir dans une dynamique <strong>de</strong> résurrection<br />

et <strong>de</strong> <strong>vie</strong>.<br />

Pascal COLIN<br />

Antony (92)<br />

* Association qui est à Torigine du journal<br />

Témoins.<br />

Pascal Colin a 37 ans. Marié avec Marguerite ils<br />

ont trois enfants: Joëlle. Nathanaël et Daniel.<br />

Pascal est directeur d'un centre <strong>de</strong> formation et<br />

d'insertion. Fondateur en 1973 <strong>de</strong> l'association<br />

qui édite Témoins.<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n°112


Simone Pacot, avec<br />

une équipe,<br />

anime <strong>de</strong>s sessions<br />

dans le domaine <strong>de</strong><br />

la guérison intérieure.<br />

En réponse à<br />

nos questions,<br />

elle nous fait part<br />

<strong>de</strong> son expérience.<br />

uelle démarche<br />

proposez-vous<br />

lors <strong>de</strong> vos ses­<br />

sions?<br />

Les chemins d'évan-<br />

gélisation <strong>de</strong>s profon­<br />

<strong>de</strong>urs (appelés aussi chemins <strong>de</strong><br />

guérison intérieure) consistent à <strong>de</strong>s­<br />

cendre, en compagnie <strong>de</strong> l'Esprit<br />

Saint, dans nos profon<strong>de</strong>urs pour les<br />

laisser habiter par le Christ et remon­<br />

ter à la lumière.<br />

Il s'agit d'un chemin incarna-<br />

tionnel, d'une foi vitale, vivante, qui<br />

va informer tout notre être, dans son<br />

entièreté.<br />

Ce chemin nous amène à la<br />

découverte <strong>de</strong> nos vrais lieux <strong>de</strong><br />

conversion, à la remise en sens <strong>de</strong><br />

notre histoire, à notre restructuration<br />

dans les gran<strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> <strong>vie</strong>, à partir<br />

<strong>de</strong> la parole <strong>de</strong> Dieu, <strong>de</strong> la réalité <strong>de</strong><br />

la <strong>vie</strong> du Christ en nous.<br />

Le développement <strong>de</strong> la per­<br />

sonne dépend du respect <strong>de</strong>s<br />

gran<strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>. Quelles sont<br />

ces lors <strong>de</strong> <strong>vie</strong>?<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

D o s s i E R<br />

Elles nous sont données par la<br />

Parole <strong>de</strong> Dieu, manifestées en pléni­<br />

tu<strong>de</strong> par la <strong>vie</strong> du Christ, mais il<br />

arrive souvent que nous ne voyions<br />

pas l'impact qu'elles peuvent avoir<br />

pour nous, pour la conduite <strong>de</strong> nos<br />

<strong>vie</strong>s. Le péché commence par être<br />

une transgression <strong>de</strong> ces gran<strong>de</strong>s lois<br />

fondamentales.<br />

clairement dans son étu<strong>de</strong> sur "les<br />

péchés".<br />

• Une autre loi <strong>de</strong> <strong>vie</strong> est;<br />

Tu quitteras ton père et ta mère"<br />

(Genèse ch.2, 24). C'est la condition<br />

<strong>de</strong> ton <strong>de</strong>venir, <strong>de</strong> ta fécondité, <strong>de</strong> ta<br />

liberté intérieure, <strong>de</strong> ta re-naissance:<br />

sors <strong>de</strong> l'idolâtrie qui consiste à<br />

Remise en<br />

vers la<br />

Il y a bien entendu plusieurs<br />

approches possibles dans la façon <strong>de</strong><br />

parler du péché. Nous parlons du<br />

péché comme manquer le but, mal<br />

viser.<br />

• Le principe fondateur est<br />

que J'ètre humain est créé à<br />

l'image <strong>de</strong> Dieu et à sa ressem­<br />

blance (l'image <strong>de</strong> Dieu est un don<br />

indélébile). Quel que soit son chemi­<br />

nement, tout être humain est créé à<br />

l'image <strong>de</strong> Dieu.<br />

La ressemblance <strong>de</strong> Dieu est<br />

une acquisition: nous avons à gran­<br />

dir dans ce <strong>de</strong>venir <strong>de</strong> ressemblance<br />

mais cela va dépendre <strong>de</strong> notre<br />

choix, notre désir profond. La trans­<br />

gression va se situer dans la façon <strong>de</strong><br />

<strong>de</strong>venir ou non à la ressemblance <strong>de</strong><br />

Dieu: encore faut-il s'attar<strong>de</strong>r sur<br />

cette révélation et <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r à<br />

l'Esprit <strong>de</strong> nous faire saisir la compré­<br />

hension profon<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Parole.<br />

Adam et Eve ont manqué le<br />

but en transgressant la loi essentielle,<br />

en voulant être dieux sans Dieu,<br />

en n'acceptant pas les limites <strong>de</strong><br />

l'être humain (Genèse ch.3). Tu n'es<br />

pas Dieu, tu as à <strong>de</strong>venir fils et fille<br />

<strong>de</strong> Dieu dans l'épaisseur <strong>de</strong> ton<br />

humanité, avec tout ce que cela<br />

comporte <strong>de</strong> limites, d'échecs, <strong>de</strong><br />

régression, <strong>de</strong> tâtonnements, <strong>de</strong><br />

renoncement à la toute-puissance.<br />

Xa<strong>vie</strong>r Thévenot explique cela très<br />

<strong>de</strong>meurer soumis au désir ou à<br />

l'emprise <strong>de</strong> l'autre. Tu appartiens à<br />

Dieu, va vers toi (Genèse ch. 12, 1),<br />

<strong>de</strong><strong>vie</strong>ns toi-même, <strong>de</strong><strong>vie</strong>ns unique.<br />

Savoir que l'on est créé<br />

unique est une loi fondamentale <strong>de</strong><br />

<strong>vie</strong>, qui va permettre <strong>de</strong> vivre avec<br />

l'autre une juste relation.<br />

Nous touchons là aux grands<br />

interdits structurants qui nous<br />

sont donnés pour nous mener à la<br />

<strong>vie</strong>.<br />

Interdit <strong>de</strong> te mélanger à<br />

l'autre, d'être l'autre, <strong>de</strong> <strong>de</strong>meurer<br />

sous son emprise, <strong>de</strong> vivre du désir<br />

<strong>de</strong> l'autre, <strong>de</strong> désirer ce qu'a ou est<br />

l'autre (René Girard), apprends à<br />

"désirer pour ton propre compte"<br />

(Daniel Sibony: pour une éthique <strong>de</strong><br />

l'être).<br />

Interdit <strong>de</strong> prendre sur toi le<br />

chemin <strong>de</strong> l'autre, sa culpabilité, <strong>de</strong><br />

réparer pour son compte.<br />

Dans l'épiso<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Tour <strong>de</strong><br />

Babel, Dieu ne permet pas que les<br />

hommes et les femmes soient tous<br />

pareils comme un magma, un trou­<br />

peau. Chacun doit avoir sa langue,<br />

son vêtement, sa tribu, son territoire<br />

(Genèse ch. 11 ).<br />

• Une autre loi <strong>de</strong> <strong>vie</strong> est que<br />

le désir n'est pas interdit comme le<br />

Menteur a voulu le faire croire à Eve,<br />

mais qu'il doit être cadré pour pro­<br />

duire <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>; le désir n'est interdit


que lorsqu'il est <strong>de</strong>structeur pour soi<br />

ou pour l'autre.<br />

Nous étudions la loi et le désir<br />

à partir <strong>de</strong> la parabole <strong>de</strong> l'enfant<br />

prodigue (év. Luc ch. 15, 11-32). Le<br />

ca<strong>de</strong>t est dans l'anarchie du désir,<br />

l'aîné dans l'esclavage <strong>de</strong> la loi et le<br />

Père va restaurer l'un et l'autre, cha­<br />

cun selon son chemin <strong>de</strong> guérison.<br />

• Une autre loi fondamen­<br />

tale est que l'être humain est créé<br />

pour <strong>de</strong>venir 'un" à l'intérieur <strong>de</strong><br />

ses trois composantes : corps, psy­<br />

ché (ou âme), cœur profond (ou<br />

esprit). Ce sont trois plans différents<br />

route<br />

<strong>vie</strong><br />

qui ne se confon<strong>de</strong>nt pas mais se co-<br />

pénètrent, dans une structure<br />

intérieure que nous avons à<br />

connaître; le psychisme n'est pas le<br />

roi, n'a pas à envahir tout l'être, c'est<br />

le cœur profond, nourri <strong>de</strong> Dieu qui<br />

va fortifier la Psyché, qui elle-même<br />

va fortifier le corps.<br />

Nous avons à habiter pleine­<br />

ment nos trois composantes, à<br />

prendre soin <strong>de</strong> chacune, <strong>de</strong> nos<br />

ombres, <strong>de</strong> notre corps, et aussi <strong>de</strong><br />

ce qui va bien en nous, <strong>de</strong> notre<br />

cœur profond, et à laisser l'Esprit<br />

Saint œuvrer en liberté sur toute<br />

notre terre.<br />

Qu'est-ce qui se passe si ces<br />

lois ne sont pas respectées?<br />

Nous prenons un chemin qui<br />

peut nous conduire à <strong>de</strong>s morts inté­<br />

rieures, et non un chemin <strong>de</strong> <strong>vie</strong>,<br />

nous n'obéissons pas à l'ordonnan­<br />

cement fondamental <strong>de</strong> Dieu, nous<br />

sommes tournés à l'envers, ou ne<br />

vivons que dans une part <strong>de</strong> nous-<br />

mêmes, nous ne sommes pas entiers.<br />

Jésus le Christ est la manifesta­<br />

tion vivante dans sa chair <strong>de</strong> cette<br />

unité, cette unicité, <strong>de</strong> ce que peut<br />

<strong>de</strong>venir un être humain, s'il se com­<br />

porte comme un fils ou une fille <strong>de</strong><br />

Dieu.<br />

Dieu ne maudit pas. Il bénit, et<br />

quand la Bible nous dit; "Malheur à<br />

vous", cela signifie; combien vous<br />

êtes malheureux si...<br />

Les torsions que nous vivons<br />

peuvent susciter <strong>de</strong>s comporte­<br />

ments répétitifs engendrant le mal<br />

et la souffrance. Qu'en penser?<br />

Prenons un exemple classique:<br />

quelqu'un qui a vécu le rejet risque<br />

<strong>de</strong> toujours s'arranger pour être<br />

rejeté. Celui ou celle qui a le senti­<br />

ment d'être rejeté a une immense<br />

quête d'amour, et en même temps,<br />

chaque fois que l'amour lui est offert,<br />

il se ferme, le rejette, pensant que ce<br />

n'est pas possible, que ce n'est pas<br />

pour lui. Il y a évi<strong>de</strong>mment là une<br />

blessure très profon<strong>de</strong>.<br />

En réalité, la personne répète<br />

son mal parce qu'elle espère trouver<br />

une autre issue à ce qu'elle a déjà<br />

vécu, à ce qui lui fait mal. Mais<br />

comme elle ne sait pas exactement<br />

ce qu'elle recherche, elle va tourner<br />

en rond.<br />

Le cheminement va être <strong>de</strong> lais­<br />

ser habiter cette souffrance par la<br />

Présence du Christ, <strong>de</strong> la recon­<br />

naître, <strong>de</strong> la nommer, <strong>de</strong> se l'avouer<br />

à soi-même sans obligatoirement la<br />

ressentir émotionnellement, ni l'agir,<br />

et <strong>de</strong> repérer comment la blessure a<br />

pu s'infecter: comment nous avons<br />

pu vivre sur un mensonge par rap­<br />

port à la révélation, une fausse<br />

croyance; je ne suis pas aimé, parce<br />

que Je ne suis pas aimable. Cela est-il<br />

ou non <strong>de</strong> Dieu? Que me dit la<br />

Parole? 'Tu as du prix à mes yeux, et<br />

Moi, Je t'aime. " (Isaïe ch.43, 4)<br />

"Vois donc. Je t'ai gravé sur la paume<br />

<strong>de</strong> mes mains. " (Isaïe ch.49, 1 6)<br />

La repentance va être <strong>de</strong> chan­<br />

ger <strong>de</strong> route, <strong>de</strong> déposer ce<br />

"mensonge", d'accueillir la parole <strong>de</strong><br />

vérité qui va restructurer, retisser le<br />

tissu psychique abîmé, si nous<br />

savons <strong>de</strong>meurer en elle, et la laisser<br />

<strong>de</strong>meurer en nous.<br />

Cette affirmation d'amour<br />

ouvre un autre horizon, nous remet<br />

dans la vérité, nous permet <strong>de</strong> quit­<br />

ter le mensonge. Peu à peu la<br />

personne va intégrer un nouveau<br />

regard vis-à-vis d'elle-même et trou­<br />

ver une nouvelle voie qui ne sera<br />

plus répétitive.<br />

La réception du <strong>pardon</strong> ne<br />

s'insère-t-elle pas dans un mouve­<br />

ment en profon<strong>de</strong>ur?<br />

Oui, le <strong>pardon</strong> va être reçu à la<br />

racine <strong>de</strong> nos torsions, <strong>de</strong> nos<br />

fausses routes. C'est la raison pour<br />

laquelle nous ne parlons du <strong>pardon</strong>,<br />

qu'il soit à recevoir ou à donner,<br />

qu'à la fin du cycle <strong>de</strong>s trois sessions.<br />

Au début du chemin, va se<br />

vivre l'accueil du cœur souffrant ou<br />

<strong>de</strong> la violence, <strong>de</strong> la révolte en nous,<br />

et il est nécessaire <strong>de</strong> se familiariser<br />

avec la présence du Christ, <strong>de</strong> l'Esprit<br />

en ces lieux-là avant <strong>de</strong> vivre une<br />

quelconque repentance. Mais le<br />

simple fait d'entreprendre le chemin<br />

nous met d'emblée sur la route <strong>de</strong> la<br />

repentance; car la repentance est en<br />

même temps une disposition du<br />

cœur, une acceptation <strong>de</strong> ce que<br />

nous sommes réellement, une récep­<br />

tivité <strong>de</strong> la lumière sur nous-mêmes,<br />

l'abandon <strong>de</strong> notre image idéale, et<br />

en même temps un mouvement très<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n I 12


actif qui va consister à faire volte-<br />

face, à changer <strong>de</strong> route, à adhérer<br />

au mouvement que nous donne la<br />

Parole.<br />

Elle va se situer au moment où,<br />

entendant la Parole, nous quittons le<br />

chemin <strong>de</strong> mort pour choisir le che­<br />

min <strong>de</strong> <strong>vie</strong>. Avec ce que nous savons<br />

aujourd'hui du Dieu <strong>de</strong> Jésus-Christ,<br />

<strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> <strong>vie</strong>, nous pou­<br />

vons quitter le chemin <strong>de</strong> mort pour<br />

trouver une autre issue.<br />

Recevoir le <strong>pardon</strong> implique<br />

que nous puissions accueillir l'amour<br />

<strong>de</strong> Dieu dans toute sa gratuité, et<br />

nos blessures peuvent bien sur faire<br />

obstacle à cet accueil.<br />

Des personnes qui ont été<br />

aimées sous condition, pas pour<br />

elles-mêmes, acceptent très difficile­<br />

ment la gratuité, la surabondance <strong>de</strong><br />

l'amour <strong>de</strong> Dieu.<br />

Des enfants victimes d'abus<br />

sexuels vont fréquemment entrer<br />

dans une culpabilité très profon<strong>de</strong>,<br />

et se vivre souillés, indignes. Nous<br />

touchons là à toute la question <strong>de</strong> la<br />

culpabilité qui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rait <strong>de</strong> longs<br />

développements.<br />

De même, donner le <strong>pardon</strong><br />

suppose <strong>de</strong>s étapes préliminaires;<br />

nous avons à reconnaître combien<br />

nous avons été atteints. Nous ne<br />

pouvons <strong>pardon</strong>ner que lorsque<br />

nous commençons à sortir <strong>de</strong> l'écra­<br />

sement, du victimisme, que lorsque<br />

notre histoire commence à prendre<br />

sens pour nous.<br />

Comment situer le <strong>pardon</strong><br />

aux autres?<br />

Nous avons d'abord à retraver­<br />

ser en compagnie <strong>de</strong> l'Esprit, dans<br />

l'amour du Père, ce qui a été blessé,<br />

touché, réactivé en nous, la somme<br />

<strong>de</strong> souffrance, <strong>de</strong> révolte qui vit en<br />

nous du fait <strong>de</strong> ce qui nous est arrivé<br />

ou nous arrive aujourd'hui. Pour<br />

quitter la souffrance, la révolte, nous<br />

allons avoir à vivre tout ce trajet, qui<br />

prend jusqu'à nos entrailles: à cette<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

D o s s i E R<br />

condition seulement, nous pourrons<br />

<strong>pardon</strong>ner <strong>de</strong> tout notre cceur.<br />

Nous avons à regar<strong>de</strong>r notre<br />

part dans l'événement, en veillant<br />

toutefois à ne pas nous laisser culpa­<br />

biliser à tort-<br />

Nous avons le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> discer­<br />

ner l'acte posé par l'autre, et <strong>de</strong> ne<br />

pas nous interdire <strong>de</strong> nommer les<br />

failles <strong>de</strong> nos parents, ce qui n'est en<br />

aucune façon un jugement sur leur<br />

personne.<br />

Car nous allons souvent avoir à<br />

dire non à une <strong>de</strong>man<strong>de</strong> fusionnelle,<br />

à un chantage affectif, à une<br />

emprise, une manipulation, une prise<br />

<strong>de</strong> pouvoir. Nous n'avons pas à<br />

entrer dans le jeu <strong>de</strong> l'autre s'il n'est<br />

pas clair.<br />

Pardonner ne veut pas dire que<br />

nous allons être d'accord avec ce<br />

que l'autre pense, dit ou fait. Nous<br />

pouvons <strong>pardon</strong>ner et affronter, sans<br />

agressivité, sans condamnation, sans<br />

peur, et sans nous sentir menacés.<br />

Nous n'avons pas à réduire<br />

l'autre à son acte, ni à le nier, il<br />

n'est pas que cela, il est enfant <strong>de</strong><br />

Dieu.<br />

Le <strong>pardon</strong> n'est pas l'oubli.<br />

Nous ne pouvons oublier, mais le<br />

souvenir ne va plus nous détruire.<br />

Le <strong>pardon</strong> n'est pas l'excuse:<br />

nous pouvons <strong>pardon</strong>ner <strong>de</strong>s actes<br />

inexcusables.<br />

le <strong>pardon</strong> n'est pas obligatoi­<br />

rement l'arrêt <strong>de</strong> la souffrance,<br />

mais la souffrance est pacifiée.<br />

La relation n'est pas forcé­<br />

ment restaurée dans les farts. Il y a<br />

<strong>de</strong>s séparations nécessaires qui peu­<br />

vent être vécues dans la paix du<br />

cceur et non dans la division ou la<br />

rancœur: dans ce cas la restauration<br />

<strong>de</strong> la relation se vit d'une certaine<br />

manière en Dieu.<br />

Nous avons à être extrême­<br />

ment pru<strong>de</strong>nts dans l'expression.<br />

Le fait d'aller dire à l'autre: "Je te par­<br />

donne", peut être reçu comme un<br />

règlement <strong>de</strong> comptes ou une<br />

condamnation. L'Esprit nous inspire<br />

le geste juste.<br />

Nous avons à renoncer à tout<br />

comprendre, à tout expliquer.<br />

L'amour <strong>de</strong> l'ennemi, le <strong>pardon</strong> ne<br />

se situent pas sur le plan <strong>de</strong>s sen­<br />

timents: c'est <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r la<br />

bénédiction sur l'autre, une bénédic­<br />

tion qui va l'amener à porter fruit.<br />

Le <strong>pardon</strong> est incondi­<br />

tionnel: il se situe sans aucun mar­<br />

chandage et avant toute démarche<br />

<strong>de</strong> l'autre.<br />

Pour vous, le <strong>pardon</strong> est-il<br />

important?<br />

Il est fondamental, il est lié à la<br />

<strong>vie</strong>, à la résurrection, il remet la <strong>vie</strong><br />

en route, il nous fait participer à ce<br />

grand mouvement <strong>de</strong> libération <strong>de</strong><br />

l'autre, <strong>de</strong> nous-mêmes. Il nous per­<br />

met <strong>de</strong> nous dé-mélanger, <strong>de</strong> ne pas<br />

rester agrippés, accrochés. Il va impli­<br />

quer un <strong>de</strong>uil passager: quitter notre<br />

image idéale, l'offense reçue, nous<br />

amener à une confrontation avec<br />

nous-mêmes; il va changer le sens<br />

<strong>de</strong>s forces du mal, il va restaurer,<br />

remettre en route la relation; ce qui<br />

était mort re<strong>vie</strong>nt à la <strong>vie</strong>.<br />

Si le Christ le pose comme<br />

impératif, c'est bien parce qu'il va<br />

toucher ces fon<strong>de</strong>ments <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>.<br />

Pardonner, c'est bénir les<br />

autres en vérité.<br />

en vérité.<br />

Etre <strong>pardon</strong>né, c'est être béni<br />

Simone PACOT<br />

Vanves (92)


Reconnaître<br />

ce que l'on est<br />

me semble<br />

que je n'ai jamais<br />

appris à être par­<br />

donné ni à <strong>pardon</strong>ner,<br />

mais à être irréprochable (c'est à dire<br />

"trouvé sans défaut").<br />

Bien sûr il y avait la confession<br />

que je fréquentais régulièrement<br />

comme catholique, mais là aussi il<br />

me semble que je cherchais plus à<br />

retrouver un "état irréprochable" qu"à<br />

m'humilier <strong>de</strong>vant Dieu-<br />

En profon<strong>de</strong>ur, l'orgueil et<br />

peut-être la rancune m'habitaient<br />

facilement.<br />

Il a fallu <strong>de</strong> très longues années<br />

pour que j'apprenne à <strong>pardon</strong>ner...<br />

non pas simplement en le formulant<br />

intérieurement, mais en accomplis­<br />

sant une démarche auprès <strong>de</strong> ceux<br />

[ou celles) que J'avais blessés ou qui<br />

m'avaient blessé.<br />

Reconnaître <strong>de</strong>vant Dieu que<br />

l'on a désobéi à sa loi d'amour est<br />

une chose très importante et fonda­<br />

mentale. Cette démarche n'est plus<br />

humiliante lorsque l'on sait que c'est<br />

aux pieds d'un père plein <strong>de</strong> ten­<br />

dresse que l'on reconnaît ses torts.<br />

Par contre, reconnaître <strong>de</strong>vant<br />

"l'autre" que notre cceur, nos gestes,<br />

nos attitu<strong>de</strong>s étaient mauvais, consti­<br />

tuait pour moi un parcours bien<br />

difficile, d'autant plus peut-être<br />

lorsqu'il s'agissait <strong>de</strong> mes proches,<br />

ceux et celles que j'aimais le plus et<br />

auxquels j'aurais dù donner<br />

l'exemple...<br />

Je me sou<strong>vie</strong>ns d'un moment<br />

où, adolescente, l'une <strong>de</strong> mes filles<br />

se trouvait inoccupée, <strong>de</strong>visant non­<br />

chalamment sur son divan-lit avec un<br />

jeune voisin. J'ai été agacé par leur<br />

attitu<strong>de</strong> et, sans ménagement, j'ai<br />

<strong>de</strong>mandé à ma fille d'aller ailleurs<br />

s'occuper intelligemment. Elle a<br />

obtempéré. Alors, peu à peu. Je me<br />

suis rendu compte que je ne lui fai­<br />

sais pas confiance et que j'étais<br />

insécurisé à propos <strong>de</strong> son attitu<strong>de</strong><br />

envers cet ami, et envers les garçons<br />

en général. Mon agacement avait là<br />

sa <strong>source</strong>. J'ai alors fait la démarche<br />

<strong>de</strong> lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> pour mes<br />

paroles dures, disproportionnées par<br />

rapport à la réalité qu'elle vivait. Le<br />

Seigneur Jésus m'a permis d'accom­<br />

plir ce geste <strong>de</strong> vérité qui me serait<br />

apparu, quelques années avant,<br />

comme parfaitement humiliant.<br />

Une autre fois, alors que je par­<br />

lais à cœur ouvert avec ma fille<br />

aînée, déjà mère <strong>de</strong> famille, j'ai été<br />

conduit à lui avouer que je n'avais<br />

pas eu envers elle la tendresse et la<br />

douceur qui auraient dû être les<br />

miennes, lorsqu'elle n'était encore<br />

qu'un bébé. En effet, J'attendais,<br />

nous attendions un garçon, officielle­<br />

ment annoncé par le mé<strong>de</strong>cin, et<br />

c'est une fille qui nous a été donnée;<br />

elle ne correspondait pas toujours à<br />

l'image que Je me faisais d'un bébé:<br />

les sourires étaient rares, les pleurs<br />

trop fréquents à mon goût, la nuit<br />

surtout! Au-<strong>de</strong>dans <strong>de</strong> moi. J'étais<br />

mécontent <strong>de</strong> ma fille et la tendresse<br />

parfois s'enfuyait. Oh, il ne s'agissait<br />

pas tellement <strong>de</strong> gestes ou <strong>de</strong> mani­<br />

festations hostiles, mais plutôt d'une<br />

disposition du cœur, bien éloignée<br />

<strong>de</strong> celle d'un père aimant, plein <strong>de</strong><br />

Se voulant<br />

au départ<br />

irréprochable,<br />

Jean a découvert<br />

les bienfaits<br />

du <strong>pardon</strong>.<br />

patience et prêt à tout <strong>pardon</strong>ner.<br />

Alors, très doucement, ma<br />

gran<strong>de</strong> fille m'a répondu: "Ne<br />

t'inquiète pas, je le savais déjà!"; elle<br />

avait déjà reçu<br />

cette pensée au<br />

cours d'un<br />

accompagnement<br />

spirituel. Combien<br />

j'ai été reconnais­<br />

sant au Seigneur<br />

<strong>de</strong> m'avoir poussé<br />

à faire cet aveu à<br />

ma fille, en lui<br />

<strong>de</strong>mandant son<br />

<strong>pardon</strong> qu'elle<br />

m'avait par<br />

avance donné!<br />

Je crois que<br />

l'Église du<br />

Seigneur n'est<br />

constituée que <strong>de</strong><br />

pécheurs <strong>pardon</strong>-<br />

nés et j'en suis un<br />

parmi d'autres !<br />

Toute ma <strong>vie</strong> a été nécessaire à<br />

cet abandon <strong>de</strong> l'orgueil qui m'auto­<br />

risait à me croire "irréprochable".<br />

Comme la <strong>vie</strong> se simplifie<br />

lorsque l'on reconnaît ce que l'on est<br />

réellement <strong>de</strong>vant notre Seigneur<br />

Jésus, et quand il le faut, <strong>de</strong>vant les<br />

hommes!<br />

Jean LAGARDE<br />

Étampes (91 )<br />

Jan<strong>vie</strong>r Févrie r iUlars f^W^ n^ 1 12 13


Ce. Seigneur<br />

f m'a<br />

avais eu mon expé­<br />

rience d'échec. J'étais<br />

mère célibataire et je me<br />

retrouvais avec une<br />

enfant. J'avais décidé <strong>de</strong><br />

laisser son père parce qu'il<br />

ne me choisissait pas comme<br />

unique dans sa <strong>vie</strong>, mais, en<br />

même temps, c'est comme s'il m'avait<br />

rejetée. Je vivais cette situation<br />

comme un rejet. Je ne croyais pas<br />

pouvoir retrouver quelqu'un et avoir<br />

une <strong>vie</strong> normale. Je m'étais faite à<br />

l'idée que je serais tout le temps<br />

seule.<br />

EN MON CŒUR,<br />

JE DÉSIRAIS LE MARIAGE<br />

Quand j'ai rencontré Pierre, j'ai<br />

ressenti qu'il m'acceptait vraiment et<br />

je pensais qu'il était décidé à se<br />

marier. J'ai décidé <strong>de</strong> le suivre, on<br />

s'est retrouvé ensemble pour vivre<br />

une <strong>vie</strong> <strong>de</strong> couple. Il avait un fils <strong>de</strong><br />

neuf ans et moi, une petite fille <strong>de</strong><br />

<strong>de</strong>ux ans et <strong>de</strong>mi. Nous avons vécu<br />

entassés dans un petit <strong>de</strong>ux pièces.<br />

Pierre était très indépendant, il était<br />

beaucoup pris par son travail. Moi<br />

j'avais trouvé un emploi. Nous<br />

n'étions jamais très disponibles. Je<br />

voyais que la famille que nous for­<br />

mions ne fonctionnait pas bien. Et.<br />

en même temps, je désirais le<br />

mariage en mon cceur. Pour moi,<br />

c'était une manière d'être relevée,<br />

d'être reconnue, d'être rétablie dans<br />

une certaine dignité. Mais chaque<br />

fois que je parlais mariage. Pierre me<br />

rejetait.<br />

JE PLEURAIS PENDANT<br />

DES NUITS ENTIÈRES<br />

Alors, j'ai commencé à douter<br />

<strong>de</strong> la qualité <strong>de</strong> ses sentiments. J'ai<br />

commencé à avoir un regard sur<br />

toutes les personnes qu'on fréquen­<br />

tait, et à me <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r si, parmi<br />

elles, il n'y avait pas la personne qui<br />

l'intéressait. Je suis <strong>de</strong>venue jalouse,<br />

maladivement jalouse.<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

Et puis. Je me suis mise à boire.<br />

J'avais sans doute en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> sortir <strong>de</strong><br />

moi, en<strong>vie</strong> que l'on s'intéresse à moi.<br />

Lorsqu'on sortait, je commençais à<br />

boire, mais cela n'allait pas du tout. Il<br />

m'est arrivé d'être mala<strong>de</strong> chez <strong>de</strong>s<br />

amis. Au lieu d'attirer <strong>de</strong>s regards <strong>de</strong><br />

faveur, je m'attirais <strong>de</strong>s regards <strong>de</strong><br />

désapprobation. Je me disais: "Ton<br />

père, il buvait, ton grand-père, il<br />

buvait, tes oncles, ils ont bu". Ces<br />

souvenirs me revenaient. J'avais<br />

l'impression d'une fatalité. Un soir,<br />

on est rentré, Pierre me portant sur<br />

l'épaule. Sa mère gardait les enfants.<br />

J'ai ouvert les yeux et je l'ai vue. Elle<br />

m'a regardée. Elle n'a rien dit. Il n'y<br />

avait aucune désapprobation dans<br />

son regard, mais <strong>de</strong> la compassion.<br />

Cela m'a touchée. Je me suis dit: "Il<br />

ne faut plus que cela se reproduise,"<br />

Ma belle-mère faisait prier pour nous<br />

à l'église. Un dimanche. Je me suis<br />

dit: "Je ne dois plus accepter ces<br />

pensées-là." J'ai pris dans mon cceur<br />

la décision <strong>de</strong> refuser <strong>de</strong> continuer à<br />

boire. Je crois que le Saint Esprit<br />

avait commencé à agir.<br />

Cependant, J'étais déprimée-<br />

Infirmière en psychiatrie, mon travail<br />

n'était pas facile. J'ai vécu <strong>de</strong>s choses<br />

dures, une personne est morte dans<br />

nos bras <strong>de</strong>s suites d'un électrochoc.<br />

Certains mala<strong>de</strong>s faisaient un trans­<br />

fert sur moi. J'avais en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> faire<br />

autre chose.<br />

Je communiquais mal avec<br />

Pierre. Il y avait comme une incom­<br />

patibilité. Le fait qu'il se ferme à l'idée<br />

<strong>de</strong> mariage me faisait souffrir. Et<br />

puis, nous avons vécu un<br />

avortement; j'ai eu un enfant, il n'en<br />

voulait pas. J'ai vécu cela comme un<br />

échec lamentable. J'avais <strong>de</strong>s pen­<br />

sées <strong>de</strong> suici<strong>de</strong>. Il m'arrivait <strong>de</strong><br />

pleurer <strong>de</strong>s nuits entières. Je quittais<br />

la maison. Je tournais dans la cité ou<br />

J'allais dans la voiture; et puis je pleu­<br />

rais. En même temps, Je voyais que<br />

Je perdais pied. J'en avais assez <strong>de</strong><br />

me battre. Je ne voyais pas comment<br />

m'en sortir.<br />

L'AMOUR<br />

DE NOS COUSINS<br />

Dans ces entrefaites, <strong>de</strong>s cou­<br />

sins <strong>de</strong> ma belle-mère sont arrivés.<br />

Ma belle-mère, la mère <strong>de</strong> Pierre,<br />

était un peu au centre <strong>de</strong> la famille.<br />

Alors nous nous sommes rencontrés.<br />

Ils avaient été à l'origine <strong>de</strong> la<br />

conversion <strong>de</strong> ma belle-mère.<br />

Pendant ia guerre, ma belle-mère<br />

avait beaucoup aidé le frère <strong>de</strong> ces<br />

cousins, mala<strong>de</strong> à l'hôpital. Ils lui en<br />

étaient reconnaissants. Après la mort<br />

<strong>de</strong> son mari, ma belle-mère a perdu<br />

son fils <strong>de</strong> dix-sept ans dans un acci­<br />

<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> mobylette. Alors, ces cousins<br />

sont venus <strong>de</strong> Dunkerque la voir<br />

régulièrement. L'amour <strong>de</strong> Dieu les a<br />

poussés. Progressivement, ma belle-<br />

mère s'est ouverte à l'Évangile. Elle a<br />

lu ia Bible. Elle s'est convertie. Pierre<br />

a vu ce changement et il a pensé<br />

que c'était bien.<br />

Cependant chaque fois que les<br />

cousins venaient, quand on abordait<br />

le domaine spirituel, il s'en allait.<br />

Mais il se sentait bien à leur contact<br />

et moi aussi. Ce que je recherchais,<br />

et Pierre aussi inconsciemment,<br />

c'était l'amour, la paix, la Joie, tout ce<br />

qui émanait d'eux. Avec eux, je me<br />

sentais bien. Ils nous ont invités à<br />

Dunkerque et finalement nous y<br />

sommes allés. Et alors, nous avons<br />

baigné dans l'amour du Seigneur. Le<br />

dimanche, quand il a été question<br />

d'aller à l'église, il n'y a eu aucun<br />

problème. Nous suivions. Nous<br />

étions comme aimantés. C'est là que<br />

j'ai entendu le message <strong>de</strong> la Croix.<br />

C'est là que Je me suis convertie.<br />

J'AI RÉALISÉ LAMOUR<br />

DE DIEU POUR MOI<br />

J'ai réalisé ce que j'étais et, en<br />

même temps, j'ai réalisé l'amour <strong>de</strong><br />

Dieu pour moi. Des pensées<br />

contraires se sont affrontées en moi.<br />

J'étais appelée à tout donner au<br />

Seigneur. Qu'est-ce que cela voulait<br />

dire? Qu'allait-ll me prendre? Ma <strong>vie</strong>,


Nicole a été vraiment sauvée par le Seigneur.<br />

C'était en 7 9 6 7 .<br />

Aujourd'hui, elle gar<strong>de</strong> dans sa mémoire<br />

comment l'amour <strong>de</strong> Dieu<br />

s'est manifesté pour elle et comment elle<br />

a été conduite dans la voie du <strong>pardon</strong>.<br />

ma fille, mon compagnon? Toutes<br />

ces idées-là me venaient. Dans cette<br />

église, j'ai vécu une vraie bataille. Et<br />

puis, moi qui étais très souvent au<br />

bord du suici<strong>de</strong>, je me suis dit: "J'y<br />

vais. Seigneur, je Te donne tout." Si<br />

j'ai accepté, si j'ai cédé, c'est parce<br />

qu'il y avait l'amour du Seigneur qui<br />

me pressait. Je sentais un amour sur<br />

moi. Le Seigneur m'acceptait comme<br />

j'étais, me <strong>pardon</strong>nait complètement.<br />

Je me sentais moche, mais en même<br />

temps attirée par Lui. Il avait le pou­<br />

voir <strong>de</strong> me relever. J'ai accepté <strong>de</strong><br />

tout Lui donner. Et j'ai reçu immédia­<br />

tement. Je vivais sous le poids <strong>de</strong><br />

toutes mes difficultés, <strong>de</strong> mon péché<br />

aussi. Ce poids m'a été retiré d'un<br />

seul coup, je me suis sentie légère,<br />

légère. Et puis j'ai ressenti une paix,<br />

une joie extraordinaire, une paix sen­<br />

sible. Je l'ai ressentie physiquement.<br />

LE SEIGNEUR ME DISAIT:<br />

VA DEMANDER PARDON<br />

La première chose que le<br />

Seigneur m'a poussée à faire, c'était<br />

à <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> à mon mari fil<br />

était comme mon mari). Les difficul­<br />

tés <strong>de</strong> communication étaient<br />

toujours là. Quand il y avait un<br />

accrochage, le Seigneur me disait:<br />

"Va lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong>, tu vas<br />

voir, cela va s'arranger." Forcément,<br />

j'avais eu un mot, une attitu<strong>de</strong>.<br />

J'allais lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> pour la<br />

situation. Et je le voyais se détendre.<br />

Quelques mois après, il s'est converti.<br />

Petit à petit, il m'a vue changer. Il<br />

s'est dit: "Il y a quelque chose." Il<br />

s'est approché tout doucement du<br />

Seigneur. Au début, il m'accompa­<br />

gnait <strong>de</strong> temps en temps à l'église. Et<br />

puis, <strong>de</strong> fil en aiguille, il est venu<br />

régulièrement. Petit à petit, le Saint<br />

Esprit a fait son œuvre en lui. J'avais<br />

vraiment une confiance totale. Et lui<br />

qui n'avait pas en<strong>vie</strong> <strong>de</strong> se marier, il<br />

a eu en<strong>vie</strong>; il n'avait pas en<strong>vie</strong><br />

d'avoir d'enfants, il a pu en avoir un.<br />

Quelques années plus tard,<br />

dans une convention, le souvenir <strong>de</strong><br />

l'avortement est remonté. En parlant<br />

avec une sœur, j'ai compris qu'il fal­<br />

lait que Je <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>pardon</strong>. J'ai<br />

<strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> ce geste à<br />

l'enfant qui n'est pas né. En même<br />

temps, je me suis trouvée complète­<br />

ment libérée. C'était fort. Cela a été<br />

vraiment une guérison.<br />

Après ma conversion, il a fallu<br />

que je <strong>de</strong>man<strong>de</strong> souvent <strong>pardon</strong><br />

pour <strong>de</strong>s disputes passées. J'avais<br />

vécu <strong>de</strong>s situations difficiles dans ma<br />

famille. Mon père avait souffert lui-<br />

même énormément: il avait été<br />

déporté à dix-huit ans, et son travail<br />

ne lui plaisait pas. Mon père avait un<br />

idéal très fort. Et pour moi. son idéal<br />

politique ne correspondait pas à ce<br />

qu'il vivait à la maison: il nous a faits<br />

souffrir. A partir <strong>de</strong> là, je le jugeais, je<br />

le condamnais. Et je lui disais que Je<br />

le haïssais. J'avais dit à mon père:<br />

"jamais. Je ne te <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rai par­<br />

don." Et bien, j'ai <strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> à<br />

mon père pour tout ce que je lui<br />

avais fait voir. Mon papa, quand il<br />

est venu à mon mahage, il a pleuré.<br />

Il a été touché par le Seigneur et à<br />

partir <strong>de</strong> là, il s'est mis à lire la Bible.<br />

J'ai <strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> pour <strong>de</strong>s<br />

tas <strong>de</strong> choses que le Seigneur me<br />

montrait. Je me suis souvenue d'une<br />

cousine que J'avais invitée à venir<br />

passer quelques jours à Nice, Elle<br />

voulait connaître la région. Mais<br />

parce que je lui en voulais pour cer­<br />

taines choses <strong>de</strong> mon enfance, je lui<br />

en ai fait voir. Je l'ai traitée presque<br />

<strong>de</strong> tout. Quand le Seigneur m'a rap­<br />

pelé cela, j'ai <strong>de</strong>mandé <strong>pardon</strong> à ma<br />

cousine. Elle n'a peut-être pas com­<br />

pris, mais moi, je <strong>de</strong>vais le faire.<br />

J'avais été prisonnière, j'avais<br />

été aveugle. Et puis, j'avais été fon­<br />

damentalement <strong>pardon</strong>née,<br />

complètement acceptée par Dieu.<br />

Etant <strong>pardon</strong>née, je me <strong>de</strong>vais <strong>de</strong><br />

<strong>pardon</strong>ner. J'ai le sentiment que<br />

quand nous <strong>pardon</strong>nons, c'est le<br />

<strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu qui <strong>vie</strong>nt sur les<br />

gens, qui les libère et qui les prépare<br />

à Le rencontrer.<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

Nicole PETIT<br />

Clamart (92)


Françoise nous dit<br />

comment l'amour <strong>de</strong><br />

Jésus <strong>vie</strong>nt à nous<br />

dans notre faiblesse.<br />

16 Jan<strong>vie</strong>r<br />

Dieu Lui-même:<br />

Caisse-toi aimer<br />

pair Celui<br />

qui <strong>pardon</strong>ne<br />

on regard s'étonne,<br />

tu ne comprends pas:<br />

un roi qui par­<br />

donne, ça<br />

n'existe pas..."<br />

...et à plus forte<br />

raison si ce roi est<br />

ou bien nous avons du mai à<br />

croire que nous sommes <strong>pardon</strong>nes<br />

et que Jésus a tout payé, ou bien<br />

nous nous sommes tellement habi­<br />

tués au don <strong>de</strong> Dieu, que nous<br />

passons à côté <strong>de</strong> cette réalité sur<br />

laquelle nous sommes <strong>de</strong>venus<br />

aveugles.<br />

Pendant longtemps, j'ai<br />

<strong>de</strong>mandé à Dieu <strong>de</strong> me montrer clai­<br />

rement mon péché, afin que je<br />

puisse prendre la mesure <strong>de</strong> Son<br />

amour pour moi. Puis un jour, un<br />

frère du groupe <strong>de</strong> prière m'a inter­<br />

pellée: "pourquoi t'acharnes-tu ainsi<br />

sur ton péché? Laisse-toi plutôt<br />

aimer par Celui qui te <strong>pardon</strong>ne."<br />

Alors, j'ai comphs une chose, c'est<br />

que je n'avais pas à comprendre.<br />

J'avais besoin simplement d'abor<strong>de</strong>r<br />

ce mystère avec un cceur d'enfant,<br />

selon le psaume 131, ce psaume qui<br />

m'était <strong>de</strong>venu si familier <strong>de</strong>puis qu'il<br />

m'avait été donné un jour où mon<br />

cceur trop scrupuleux avait besoin<br />

d'être rassuré:<br />

"Eternel, je n'ai ni un cœur qui<br />

s'enfle, ni <strong>de</strong>s regards hautains. Je<br />

ne m'occupe pas <strong>de</strong> choses trop<br />

gran<strong>de</strong>s et trop relevées pour moi.<br />

Loin <strong>de</strong> là, j'ai l'âme calme et tran­<br />

quille, comme un enfant sevré qui<br />

est auprès <strong>de</strong> sa mère... "<br />

Mon Dieu m'a fait asseoir<br />

auprès <strong>de</strong> Lui. Par la suite, lors d'une<br />

rencontre <strong>de</strong> prière, quelqu'un a<br />

entonné un cantique dont un cou­<br />

plet m'a frappée en plein cceur: "On<br />

l'a cloué. Il n'a rien dit, on l'a percé. Il<br />

n'a rien dit. On l'a joué. Il n'a rien<br />

dit. Sans un mot, sa tête II a penché."<br />

J'ai réalisé en un "flash" tout<br />

l'amour <strong>de</strong> Jésus qui renonçait à se<br />

justifier Lui-même, pour me justifier,<br />

moi, pécheresse. Mon cceur débor­<br />

dait <strong>de</strong> reconnaissance pour un tel<br />

amour. Je commençais à découvrir<br />

que la plus gran<strong>de</strong> joie <strong>de</strong> Dieu était<br />

d'exercer sa miséricor<strong>de</strong> envers ses<br />

enfants.<br />

L'ATTITUDE DE JÉSUS<br />

Quel régal que la lecture <strong>de</strong><br />

l'Évangile] Je n'ai pas fini <strong>de</strong> m'émer-<br />

veiller <strong>de</strong>vant l'attitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> Jésus<br />

toute empreinte <strong>de</strong> délicatesse, <strong>de</strong><br />

respect et <strong>de</strong> miséricor<strong>de</strong> envers les<br />

personnes, tout en restant luci<strong>de</strong> sur<br />

la faiblesse du cceur humain. Avec<br />

quelle liberté d'esprit Jésus se com­<br />

promet au milieu <strong>de</strong>s pécheurs et<br />

<strong>de</strong>s gens <strong>de</strong> mauvaise <strong>vie</strong>, mangeant<br />

à la même table qu'eux, provoquant<br />

les murmures <strong>de</strong>s gens bien-pen­<br />

sants, osant déclarer au paralytique:<br />

Tes péchés te sont <strong>pardon</strong>nes", puis<br />

aussitôt après : "Lève-toi, prends ton<br />

lit et va dans ta maison", faisant <strong>de</strong> la<br />

guérison <strong>de</strong> cet homme un signe<br />

éclatant du pouvoir donné par son<br />

Père <strong>de</strong> <strong>pardon</strong>ner les péchés,<br />

(év. Marc ch. 2)<br />

Dans son amour <strong>de</strong> prédilec­<br />

tion pour les pécheurs, Jésus ne peut<br />

supporter <strong>de</strong> les voir prisonniers du<br />

péché. Aussi ne craint-Il pas <strong>de</strong> faire<br />

sauter les barrières <strong>de</strong>s catégories<br />

stériles dans lesquelles si facilement,<br />

les hommes enferment Dieu et le<br />

don inouï <strong>de</strong> son <strong>pardon</strong>. Quelle est<br />

Févrie r Mars ^(M^ / 12<br />

cette arithmétique nouvelle intro­<br />

duite par Jésus qui <strong>vie</strong>nt tout<br />

bousculer <strong>de</strong> nos règles bien éta­<br />

blies, en installant aux premières<br />

loges du Royaume <strong>de</strong> Dieu les prosti-<br />

tué(e)s que nous avons tendance à<br />

reléguer si légèrement tout au bas<br />

<strong>de</strong> l'échelle échafaudée par nos<br />

soins? (év. Matthieu ch. 21. 31]<br />

Quelle est cette étrange comptabilité<br />

qui vi<strong>de</strong> constamment la colonne<br />

"DÉBIT" <strong>de</strong> nos péchés, tandis que se<br />

remplit jusqu'à en débor<strong>de</strong>r la<br />

colonne "CRÉDIT" <strong>de</strong> l'amour <strong>de</strong><br />

Dieu ?<br />

Seul est capable <strong>de</strong> gérer une<br />

telle comptabilité celui qui ne craint<br />

pas <strong>de</strong> tout miser sur l'amour <strong>de</strong><br />

Dieu. Si quelqu'un sait parfaitement<br />

la faire fonctionner, c'est bien la<br />

pécheresse <strong>de</strong> l'Évangile, qui a<br />

répandu sur Jésus un parfum <strong>de</strong><br />

grand prix, en y mêlant ses larmes,<br />

et dont Jésus a pu dire: "Ses nom­<br />

breux péchés lui ont été <strong>pardon</strong>nes,<br />

car elle a beaucoup aimé. Mais celui<br />

à qui on <strong>pardon</strong>ne peu, aime peu."<br />

(év. Luc ch. 7, 47)<br />

Aujourd'hui encore, nous<br />

entendons autour <strong>de</strong> nous <strong>de</strong>s<br />

témoignages bouleversants <strong>de</strong> la<br />

manière dont le <strong>pardon</strong> <strong>de</strong> Dieu<br />

transforme <strong>de</strong>s <strong>vie</strong>s engagées dans<br />

une impasse.<br />

S'il ne nous est pas toujours<br />

donné <strong>de</strong> vivre une expérience aussi<br />

spectaculaire, nous avons néanmoins<br />

l'assurance que Dieu nous aime cha­<br />

cun d'un amour aussi fou qu'il le<br />

manifeste par ailleurs. Nous sommes<br />

tous <strong>de</strong>s GRACIÉS, car "// n'y a plus<br />

aucune condamnation pour ceux qui<br />

sont en Jésus-Christ "<br />

(ép, Romains ch, 8, 1)<br />

Françoise LAGARDE<br />

Étampes (91)


ors d'une discussion<br />

avec un ami [un peu<br />

provocateur,<br />

il faut dire !)<br />

au sujet <strong>de</strong><br />

l'amour <strong>de</strong><br />

Dieu qui est<br />

toujours prêt à <strong>pardon</strong>ner nos<br />

fautes, il m'a répliqué: "C'est trop<br />

simple ton histoire: il suffit <strong>de</strong><br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> à Dieu <strong>de</strong> temps<br />

en temps et <strong>de</strong> continuer notre <strong>vie</strong><br />

comme on l'entend. Puisque Dieu est<br />

amour, il sera toujours prêt à me par­<br />

donner, et puis voilà!"<br />

Je crois effectivement que Dieu<br />

est amour et qu'il est prêt à <strong>pardon</strong>­<br />

ner à tous ceux qui le lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt.<br />

Mais "<strong>pardon</strong>" n'est pas un mot<br />

magique que l'on prononce à la va-<br />

vite.<br />

J'avais l'impression d'être "sale",<br />

que c'était ma nature et que je ne<br />

pouvais rien faire pour paraître<br />

"propre", face à ce Dieu si parfait. J'ai<br />

vraiment ressenti le poids <strong>de</strong> ma<br />

misère. Cela m'attristait profondé­<br />

ment, et je ne pouvais rien faire pour<br />

m'en libérer. J'ai réalisé la nécessité<br />

<strong>de</strong> Lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>pardon</strong> et <strong>de</strong> Lui<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong>r d'intervenir: Lui seul pou­<br />

vait m'ôter ce poids.<br />

Et bien, je peux vous affirmer<br />

qu'il répond !<br />

LA JOIE DU PARDON<br />

J'ai réellement reçu ce <strong>pardon</strong>,<br />

comme le dit la suite du verset <strong>de</strong><br />

l'épître aux Romains : "Dieu, dans sa<br />

bonté, les rend Justes à ses yeux, gra­<br />

tuitement, par Jésus-Christ qui les<br />

délivre du péché"- (ch.3, 24)<br />

C'est lui, par Amour, qui a per­<br />

mis que ce poids me soit enlevé.<br />

Une relation<br />

<strong>de</strong> sincérité et<br />

<strong>de</strong> vérité<br />

L'expérience <strong>de</strong> recevoir le par­<br />

don <strong>de</strong> Dieu est beaucoup plus<br />

profon<strong>de</strong> que cela. Et pour la vivre, il<br />

faut d'abord avoir conscience <strong>de</strong><br />

notre péché.<br />

Personnellement, c'était tout<br />

mon problème!<br />

Mis à part quelques men­<br />

songes, quelques traits <strong>de</strong> caractère,<br />

et quelques autres choses "qu'il ne<br />

fallait pas faire", je ne voyais pas trop<br />

en quoi il était nécessaire que Je<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>pardon</strong> à Dieu.<br />

Pourtant, au fur et à mesure <strong>de</strong><br />

mon désir intense <strong>de</strong> vouloir mieux<br />

le connaître, en prenant du temps<br />

pour prier et lire la Bible, en cher­<br />

chant à vivre une relation plus intime<br />

avec lui. J'ai réalisé que le fait d'être<br />

attiré par <strong>de</strong> mauvais sentiments tels<br />

que l'égoïsme ou autre... était vrai­<br />

ment ancré en moi.<br />

J'ai compris le sens du verset :<br />

'Tous ont péché et sont privés <strong>de</strong> la<br />

présence glorieuse <strong>de</strong> Dieu"- (ép.<br />

Romains ch. 3, 23)<br />

J'éprouvais alors<br />

une immense<br />

joie, une réelle<br />

liberté, le senti­<br />

ment <strong>de</strong> vivre<br />

enfin une <strong>vie</strong><br />

saine. Je n'avais<br />

pour désir que<br />

<strong>de</strong> lui plaire, lui<br />

obéir, l'aimer <strong>de</strong><br />

tout mon<br />

cceur...<br />

Je ne pou­<br />

vais pas non<br />

plus gar<strong>de</strong>r cette<br />

joie pour moi !<br />

Je crois que si<br />

j'avais eu le pire<br />

<strong>de</strong>s brigands en<br />

face <strong>de</strong> moi, je l'aurais embrassé!.. Je<br />

n'avais que dix-sept ans mais, je vou­<br />

lais dire à tout le mon<strong>de</strong>; "Voyez,<br />

c'est Jésus la réponse! Voilà enfin<br />

celui qui peut vous rendre heu­<br />

reux!,." Bougez-vous! Ca vaut le<br />

coup!<br />

C'est en cherchant<br />

à vivre une relation plus<br />

intime avec Dieu que Daniel<br />

réalise son indignité et<br />

découvre la joie du <strong>pardon</strong>.<br />

Ah! Le feu du premier amour<br />

est excellent! (même si on manque<br />

un peu d'équilibre!.. Rassurez vous,<br />

<strong>de</strong>puis j'ai compris que ceux qui<br />

nous entourent ont parfois besoin<br />

d'un acte concret et pas seulement<br />

<strong>de</strong> belles phrases bien évangéliques)<br />

Mais comme dans une relation<br />

amoureuse, après le "coup <strong>de</strong><br />

foudre", il y a la suite.<br />

Et si Dieu, Lui, est fidèle, je ne<br />

peux pas en dire autant <strong>de</strong> moi.<br />

Il m'est arrivé, même en tant<br />

que chrétien, <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s choses qui<br />

ne plaisaient pas à mon Dieu [et oui,<br />

je vous l'avoue, figurez-vous que je<br />

suis un être humain avec ses fai­<br />

blesses). Mais dans cette situation, je<br />

réalise vite que ma communion avec<br />

Dieu (et par conséquent celle avec<br />

les autres) est fausse, j'ai l'impression<br />

d'être loin <strong>de</strong> lui...<br />

Et pourtant, il m'a <strong>pardon</strong>né<br />

une bonne fois pour toutes...<br />

Mais J'ai tout simplement<br />

besoin <strong>de</strong> lui dire: "Excuse-moi, mon<br />

Dieu, j'ai fait quelque chose qui ne te<br />

plaît pas". Et il est toujours prêt à<br />

m'accueillir.<br />

Cela n'a rien à voir avec<br />

l'exemple <strong>de</strong> mon ami cité au début<br />

<strong>de</strong> l'article. C'est une relation <strong>de</strong> sin­<br />

cérité et <strong>de</strong> vérité. Je vous assure,<br />

c'est beau la <strong>vie</strong> avec Dieu...<br />

Daniel PlALAT<br />

Antony (92)<br />

17<br />

Jan<strong>vie</strong>r Févrie r Mars n î 12


éconciliés avec Lui ?<br />

D o s s i E R<br />

Voici un message<br />

où se rejoignent ia fréquentation<br />

Dieu<br />

<strong>de</strong>s Écritures et une<br />

expérience personnelle.<br />

nous considère<br />

ieu nous consi­<br />

dère et pourtant,<br />

comment dépas­<br />

ser les obstacles<br />

psychologiques<br />

au <strong>pardon</strong> <strong>de</strong><br />

Dieu ? Comment<br />

prendre conscience que<br />

nous sommes <strong>pardon</strong>nes et<br />

Il y a certes <strong>de</strong>s images qui sont<br />

<strong>de</strong>s images bloquantes, qui obstruent<br />

cette perception: par exemple, une<br />

image parentale évoquant l'accusation ou<br />

la condamnation. Il faut donc considérer<br />

en profon<strong>de</strong>ur ce que Dieu pense <strong>de</strong><br />

nous.<br />

Dieu a donné pour notre salut<br />

Jésus, celui qui dans les Évangiles est par­<br />

fait, sans faute, sans possibilité d'être<br />

condamné par qui que ce soit. Le don <strong>de</strong><br />

sa <strong>vie</strong> a été fait pour chacun d'entre<br />

nous. Le prix que Dieu paye pour nous,<br />

pour notre rachat, fait que nous <strong>de</strong>ve­<br />

nons <strong>de</strong>s gens au prix important.<br />

D'autre part. Dieu a mis en nous sa<br />

propre image. Nous sommes créés à<br />

l'image <strong>de</strong> Dieu (Genèse ch. 1, 27). Qui<br />

que nous soyons, quelle que soit l'image<br />

<strong>de</strong> ce que nous avons été, nous sommes<br />

porteurs <strong>de</strong> l'image <strong>de</strong> Dieu. Même si<br />

nous ne voyons pas cette image, si cette<br />

image se trouve cachée <strong>de</strong>rrière beau­<br />

coup d'actes et <strong>de</strong> faits, à partir du<br />

moment où ceux-ci seront balayés,<br />

limage resurgira. Dieu nous considère<br />

comme <strong>de</strong>s personnes valables.<br />

DÉPASSER LES MAUVAIS<br />

SOUVENIRS EN CHRIST<br />

Voici un double témoignage.<br />

Je gar<strong>de</strong> mémoire <strong>de</strong> cette Jeune fille qui<br />

était dans l'incapacité <strong>de</strong> percevoir Dieu<br />

comme un Père, qui était incapable <strong>de</strong><br />

percevoir l'amour <strong>de</strong> Dieu. Elle percevait<br />

Dieu davantage comme un père cour­<br />

roucé que comme un père qui l'accueillait<br />

telle qu'elle était. Mon épouse lui dit: "Il<br />

faudrait que tu puisses reprendre la Bible,<br />

la lire comme si Jamais tu ne l'avais lue en<br />

<strong>de</strong>mandant à Dieu qu'il te montre son<br />

amour".<br />

Quelque temps après, nous l'avons revue.<br />

Elle nous a dit ceci: "Suite à ce que vous<br />

m'avez dit, j'ai repris la Bible". Elle a com­<br />

mencé par la Genèse. Nous ne lui aurions<br />

certainement pas conseillé cette façon <strong>de</strong><br />

procé<strong>de</strong>r. Au bout du chapitre <strong>de</strong>ux, elle<br />

était convaincue <strong>de</strong> la grâce <strong>de</strong> Dieu à<br />

son égard. Elle avait pris conscience <strong>de</strong><br />

l'amour <strong>de</strong> Dieu, Et maintenant pour elle,<br />

la paternité <strong>de</strong> Dieu ne pose plus pro­<br />

blème.<br />

Il y a parfois <strong>de</strong>s déformations qui<br />

sont plus sournoises.<br />

Lorsque je me suis tourné vers<br />

Dieu, j'ai cru que je pouvais l'accepter<br />

comme Père. Je ne savais pas ce qu'était<br />

un père, puisque le mien est mort lorsque<br />

j'avais quatre ans, et que je n'avais<br />

aucune expérience <strong>de</strong> paternité en ce<br />

domaine.<br />

Je n'ai Jamais accepté, dans ma jeu­<br />

nesse et même plus tard, le fait que mon<br />

père se soit suicidé car. dans le milieu où<br />

j'ai vécu, le fait d'avoir un père ayant eu<br />

une fin semblable était mal perçu. Le<br />

jugement et le rejet sont retombés sur les<br />

enfants <strong>de</strong> cet homme suicidé.<br />

Aussi dès l'âge <strong>de</strong> quatre ans. je<br />

me surs barricadé dans une auto-défense<br />

à l'égard <strong>de</strong> l'image que l'on me ren­<br />

voyait. Progressivement sans que Je le<br />

sache. Il allait se construire en moi une<br />

agressivité qui s'enracinait dans cette<br />

auto-défense : aussitôt que Ion m'agres­<br />

sait, je répondais avec violence.<br />

Un jour. Il y a quelques années, j'ai<br />

eu un violent accrochage avec une <strong>de</strong><br />

mes filles. Elle n'a pas supporté ce "rentre-<br />

Jan<strong>vie</strong>r Févrie r Mars ^fé^^ n^ J 12<br />

<strong>de</strong>dans". Aussi, constatant à cette occa­<br />

sion combien ma façon <strong>de</strong> procé<strong>de</strong>r était<br />

souvent bien trop agressive, je me suis<br />

jeté à genoux.<br />

Alors Dieu m'a montré ce que<br />

j'avais oublié <strong>de</strong> faire dès le premier<br />

contact avec Lui, c'était d'accepter la réa­<br />

lité <strong>de</strong> mes parents et d'accepter qui<br />

J'étais. leur fils, ce que je n'acceptais pas.<br />

Dieu. Lui, m'acceptait bien tel que j'étais.<br />

A partir <strong>de</strong> ce moment-là, j'ai<br />

accepté <strong>de</strong> vivre cela. Je me suis rendu<br />

compte que je n'avais jamais parlé <strong>de</strong><br />

mon père avec mes enfants parce que<br />

c'était encore du domaine <strong>de</strong> la honte.<br />

Maintenant, cela fait partie <strong>de</strong> ma<br />

réalité historique et, quand c'est néces­<br />

saire, je le dis sans fausse lionte, en ayant<br />

conscience <strong>de</strong> la très gran<strong>de</strong> souffrance<br />

que mon père a connue et qui l'a amené<br />

à cet acte <strong>de</strong> désespoir. Ainsi, à travers<br />

cet épiso<strong>de</strong>. Dieu m'a libéré.<br />

Il ne faut pas balayer les faits quoti­<br />

diens, mais plutôt, nous laisser interroger<br />

par eux et sur les raisons <strong>de</strong> leur exis­<br />

tence.<br />

LA MARCHE<br />

DE NOTRE VIE<br />

Il y a. dans notre <strong>vie</strong>, une marche<br />

dans laquelle nous prenons conscience<br />

<strong>de</strong> plus en plus <strong>de</strong> nous-méme et <strong>de</strong><br />

notre itinéraire propre.<br />

Au départ, il y a une première<br />

conscience <strong>de</strong> la nécessité d'être sauvé.<br />

Quelque part, on se sent coupable et on<br />

sait que Ion n'est pas à la hauteur <strong>de</strong>s<br />

exigences morales et spirituelles. Dieu<br />

<strong>vie</strong>nt et II répond comme II a répondu au<br />

péager qui disait: "Seigneur, sois apaisé<br />

envers moi qui suis un pécineur". Il n'a<br />

pas détaillé la réalité <strong>de</strong> ses fautes. Il a<br />

tout simplement déclaré qu'il était cou­<br />

pable et qu"il le reconnaissait. Et. Jésus<br />

dit; "Cet homme est rentré ctiez lui par­<br />

donné." [év. Luc ch. 18),<br />

Il y a ensuite tout le cheminement<br />

<strong>de</strong> notre existence, cheminement qui se<br />

situe dans une relation personnalisée<br />

avec Dieu, Cette relation avec Lui. comme<br />

la relation avec nous-méme est appelée à<br />

se renouveler, à se perfectionner, à se<br />

purifier. Dieu va nous montrer <strong>de</strong>s points


très particuliers: <strong>de</strong>s pensées, <strong>de</strong>s actes,<br />

<strong>de</strong>s paroles qui ne sont pas dignes <strong>de</strong> sa<br />

présence. Il va nous dire: "En cela, tu n'as<br />

pas su aimer assez; là, tu as dit une<br />

parole <strong>de</strong> Jugement que tu n'aurais pas<br />

dû dire..."<br />

If con<strong>vie</strong>nt que nous le reconnaissions.<br />

Chaud<br />

eest bien<br />

Edouard qui a<br />

dit cela, en par­<br />

lant <strong>de</strong> Jacques.<br />

Mais il a emprunté cette phrase à... Jean-<br />

Paul II, dans son <strong>de</strong>rnier best-seller "Entrez<br />

dans l'Espérance".<br />

chrétiens.<br />

Il s'agissait là d'œcuménisme entre<br />

Mgr Ratzinger souffle le froid sur les<br />

sujets qui fâchent : un "non " à l'hospitalité<br />

eucharistique, c'est-à-dire l'intercommu-<br />

nion entre chrétiens [impossible<br />

totalement, par définition et par principe,<br />

sauf que parfois c'est possible), textes<br />

rigi<strong>de</strong>s sur les divorcés ou ie mariage <strong>de</strong>s<br />

prêtres.<br />

Pendant ce temps. Jean-Paul II<br />

souffle le chaud dans sa "Lettre aposto­<br />

lique Tertio millennio adveniente" <strong>de</strong><br />

novembre <strong>de</strong>rnier. Appelant à la prépara­<br />

tion d'un grand Jubilé en l'An 2000, il<br />

précise : "L'une <strong>de</strong>s prières les plus<br />

ar<strong>de</strong>ntes en cette heure exceptionnelle<br />

où s'approche le nouveau millénaire est<br />

celle par laquelle l'Eglise <strong>de</strong>man<strong>de</strong> au<br />

Seigneur que croisse l'unité entre tous les<br />

chrétiens <strong>de</strong>s diverses Confessions Jusqu'à<br />

atteindre la pleine communion. "<br />

FILS D'ARIANE<br />

Le chaud, c'est aussi la rencontre<br />

<strong>de</strong> Taizé à Paris en ce nouvel an 1 995 (au<br />

fait, bonne année, chers lecteurs !). Cette<br />

foule priante a touché jusqu'à Raymond<br />

Barre, qui s'est dit "impressionné" par les<br />

100 000 jeunes <strong>de</strong> Taizé, sur Europe I le<br />

6 jan<strong>vie</strong>r. On en a même accueilli à<br />

Témoins I<br />

De plus en plus nombreux, tou­<br />

jours aussi jeunes, sérieux et priants...<br />

Etonnante, cette jeunesse, alors que dans<br />

nos groupes oecuméniques franciliens, si<br />

la foi est élevée, la moyenne d'âge l'est<br />

également... Y a-t-il un particularisme<br />

bourguignon ?<br />

que nous en <strong>de</strong>mandions <strong>pardon</strong>. Et<br />

alors, comme nous confessons nos<br />

péchés, "Dieu est fidèle et Juste pour<br />

nous les <strong>pardon</strong>ner et pour nous purifier<br />

<strong>de</strong> toute iniquité" ( I ^'^^ ép. Jean ch. 1 ).<br />

Dieu va ainsi nous permettre <strong>de</strong><br />

pouvoir grandir dans son amour et <strong>de</strong><br />

et froid<br />

"Ce qui nous unit est<br />

plus grand que ce qui<br />

nous divise".<br />

A Témoins, on s'intéresse plus à<br />

une tnterconfessionnalité (voir Témoins<br />

n°J00, Chrétiens en liberté) vécue au<br />

quotidien qu'à un œcuménisme institu­<br />

tionnel et éthéré.<br />

Mais je ne peux m'empêcher<br />

d'avoir chaud, lorsque J'apprends que les<br />

Luthériens (ECAAL) et les Réformés (ERAL)<br />

d'Alsace-Lorraine expérimentent actuelle­<br />

ment un rapprochement fort concret <strong>de</strong><br />

leurs <strong>de</strong>ux Eglises.<br />

Particularisme alsacien? Si ça<br />

marche, on ne pourra pas dire <strong>de</strong> l'une<br />

<strong>de</strong>s Eglises qu'E'caaIe, et <strong>de</strong> l'autre<br />

qu'e'râle !<br />

Le froid, c'est le dépliant distribué<br />

dans toutes les paroisses d'Ile <strong>de</strong> France<br />

pour inciter les cathos à accueillir ces<br />

jeunes : il faut bien chercher, entre les<br />

déclarations <strong>de</strong> Mgr Lustiger et <strong>de</strong> Jean-<br />

Paul II, pour <strong>de</strong>viner entre les lignes que<br />

si la grand-mère <strong>de</strong> Frère Roger était pro­<br />

testante, peut-être l'était-il aussi un peu,<br />

lorsqu'il a créé Taizé...<br />

Pourtant, l'esprit indéniable<br />

d'ouverture <strong>de</strong> Taizé ne sera-t-il pas pré­<br />

cieux pour l'avenir chrétien <strong>de</strong>s jeunes<br />

polonais (ou autres) venus en masse à<br />

Paris ? On peut imaginer que Taizé sache<br />

contribuer à retrouver/renouer les fils<br />

d'Ariane <strong>de</strong> l'œcuménisme... en France<br />

même I<br />

PARTICULARISMES<br />

Particularisme cévenol? Cette fois-ci<br />

c'est du fin fond du Gard que <strong>vie</strong>nt un<br />

souffle chaud: la "Fédération <strong>de</strong> la Vallée<br />

Borgne" <strong>vie</strong>nt <strong>de</strong> naître (Le Cep 12/94,<br />

Nuance 1 1/94). Elle regroupe trois<br />

églises: une réformée (ERE), <strong>de</strong>ux réfor­<br />

mées évangéliques indépendantes (EREI).<br />

Il faut savoir qu'ERF et EREI se sont sépa­<br />

rées en 1938... ce qui n'est pas bien <strong>vie</strong>ux<br />

à l'aune <strong>de</strong>s inconscients collectifs I<br />

Se rapprocher? L'EREI a-t-elle erré?<br />

A cet exécrable [et gratuit) jeu <strong>de</strong> mots.<br />

vivre une certaine restauration qui ne<br />

sera Jamais définitive, ni complète.<br />

Oau<strong>de</strong> MEVrJCKENS<br />

Champigny (94)<br />

permettez qu'ERF, erf. erf, je me marre I<br />

(C'est une honte).<br />

J'ai même entendu dire que, dans<br />

une autre partie <strong>de</strong> ces Cévennes mar­<br />

quées par la "guerre <strong>de</strong>s Camisards", un<br />

dimanche où M. le Curé était mala<strong>de</strong>,<br />

c'est M. le Pasteur qui a fait la prédication<br />

à l'église, au pied levé I<br />

Autre coup <strong>de</strong> chaleur, celui du<br />

pasteur réformé J-C Cartal dans la nou­<br />

velle revue <strong>de</strong>s catholiques <strong>de</strong> l'Essonne,<br />

Parole[s) 91. Il fut invité au récent Syno<strong>de</strong><br />

du diocèse d'Evry : "J'ai reçu cette décou­<br />

verte en pleine figure : <strong>de</strong>s laïcs<br />

catholiques qui comprenaient, qui<br />

croyaient que l'Eglise, c'est eux. Et qui le<br />

disaient ! Dans un Syno<strong>de</strong> où soufflait<br />

l'Esprit, Lin Syno<strong>de</strong> parfois aussi libre que<br />

ceux <strong>de</strong>s Eglises Réformées. Et donc aussi<br />

désordonné."<br />

Je laisse pour terminer la parole au<br />

Père Guy Lourman<strong>de</strong> et au Pasteur Jean<br />

Tartier, qui écrivent dans Œcuménisme<br />

Informations <strong>de</strong> jan<strong>vie</strong>r 1995, sous le titre<br />

"Communion <strong>de</strong>s Eglises - il y a encore<br />

tant à faire !" :<br />

"La véritable communion est cette<br />

découverte que, sans quitter l'horizon <strong>de</strong><br />

notre tradition particulière - mais sans<br />

l'idolâtrer pour autant - . nous sommes<br />

désormais indispensables les uns aux<br />

autres, grandissant dans la foi les uns par<br />

les autres parce que greffés au même<br />

cep, Jésus-Christ, Ainsi, il importe <strong>de</strong><br />

manifester cette communion avec joie et,<br />

dans cette diversité confiante, d'en témoi­<br />

gner par <strong>de</strong>s gestes concrets."<br />

Ce qui n'est pas bien loin <strong>de</strong>s tielles<br />

paroles du Pape dans "Entrez dans<br />

l'Espérance".<br />

Mais, comme dirait Mgr Ratzinger,<br />

aidé pour le jeu <strong>de</strong> mots final par un<br />

mathématicien anonyme ; "Jean-Paul II et<br />

je retiens rien" ?<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars<br />

Particularisme essonnien ?<br />

Attention: l'Esprit pourrait bien un<br />

Jour souffler sur le particularisme Romain!<br />

Yves DESBORDES


20<br />

L i V R E s<br />

Parmi les livres récents sur Jésus<br />

le livre <strong>de</strong> Jacques Duquesne intitulé Jésus<br />

(2) a connu un grand succès <strong>de</strong> librairie.<br />

Mais c'est aussi un livre dont les<br />

interprétations sont souvent contestées.<br />

Jean Hassenfor<strong>de</strong>r a conduit <strong>de</strong>s entretiens avec<br />

Alain Georges Martin, professeur <strong>de</strong> Nouveau<br />

Testament à la faculté <strong>de</strong> théologie dAix-<br />

en-Provence et Michèle Thérond-Longis,<br />

animatrice <strong>de</strong> groupes d'étu<strong>de</strong> biblique.<br />

vant d'être professeur du<br />

Nouveau Tes-tament, vous<br />

avez exercé un ministère<br />

pastoral pendant une<br />

trentaine d'années. Quel rapport éta­<br />

blissez-vous entre vos fonctions<br />

actuelles et les besoins spirituels <strong>de</strong>s<br />

chrétiens ?<br />

Professeur n'est pas pasteur. Je fars<br />

donc un nouveau métier. Mais fonda­<br />

mentalement, c'est pour moi le même<br />

minrstère: le ministère <strong>de</strong> la Parole. Qu'on<br />

dise la Parole à <strong>de</strong>s étudiants, dans une<br />

prédication, dans une étu<strong>de</strong> biblique c'est<br />

le même mouvement. Il faut s'adapter à<br />

l'auditoire, c'est une question <strong>de</strong> vocabu­<br />

laire et d'explication.<br />

Dans un ministère pastoral, j'ai tou­<br />

jours considéré que le travail d'exégèse<br />

était important. Pour annoncer le mes­<br />

sage <strong>de</strong> ia Bible, il fallait que je continue<br />

les étu<strong>de</strong>s d'exégèse et la pratique <strong>de</strong>s<br />

langues bibliques,<br />

La complexité <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong><br />

(exégèse peut-eMe entraîner un<br />

manque d'assurance chez les chrétiens<br />

à la base?<br />

J'effectue un travail d'exégèse assez<br />

pointu. Par exemple, je travaille beau­<br />

coup sur l'histoire <strong>de</strong>s manuscrits, sur les<br />

variantes entre ces manuscrits, sur les pre­<br />

mières traductions <strong>de</strong> la Bible en<br />

syriaque.<br />

J'effectue ces recherches pour<br />

répondre à <strong>de</strong>s questions qui nous<br />

concernent. Comment dans les premiers<br />

siècles la Parole s'est-elle transmise? La<br />

question se posait autrefois, elle se pose<br />

encore aujourd'hui.<br />

Si les problèmes sont complexes, ce<br />

qui est le plus important c'est le message<br />

à donner. Je pense au <strong>vie</strong>il adage d'autre­<br />

fois: un peu <strong>de</strong> science éloigne <strong>de</strong> la Foi.<br />

beaucoup <strong>de</strong> science vous en rapproche.<br />

Comme le disait Calvin, la Parole <strong>de</strong><br />

Dieu n'est pas seulement pour les doc­<br />

teurs, elle est aussi pour les ignorants.<br />

Rien ne doit être réservé aux spécialistes,<br />

mais il y a bien siJr un problème <strong>de</strong> com­<br />

munication.<br />

Pour lire les Ecritures, il y a diffé­<br />

rentes clefs <strong>de</strong> lecture. Elles sont<br />

nécessaires, mais elles doivent être ser­<br />

vantes. Lorsqu'une seule clef <strong>de</strong> lecture<br />

l'emporte sur tout le reste, il y a déséqui­<br />

libre ,<br />

L'histoire, par exemple, est une<br />

science absolument nécessaire à la com­<br />

préhension <strong>de</strong>s Ecritures mais elle ne doit<br />

pas dominer ni écraser cette compréhen­<br />

sion.<br />

Comment envisagez-vous le rôle<br />

<strong>de</strong> l'inspiration divine ?<br />

N y a toujours eu dans l'histoire <strong>de</strong><br />

l'Eglise une tentation <strong>de</strong> tri entre les<br />

textes. Pour moi. c'est la totalité <strong>de</strong><br />

l'Ecriture canonique que nous <strong>de</strong>vons<br />

accepter, dans la foi et dans la confiance,<br />

comme instrument <strong>de</strong> révélation <strong>de</strong> Dieu,<br />

C'est un instrument dont Dieu se sert. Il y<br />

a <strong>de</strong>s passages dans la Bible qui ne me<br />

diront rien, peut-être d'ailleurs durant<br />

toute une partie <strong>de</strong> ma <strong>vie</strong>; et puis, tout<br />

d'un coup, après les avoir lu vingt fois,<br />

c'est la vingt et unième fois que l'Esprit<br />

peut m'apporter quelque chose.<br />

C'est la démarche <strong>de</strong> Dieu qui nous<br />

donne la nourriture qui est nécessaire au<br />

moment voulu. Il y a peut-être <strong>de</strong>s pas­<br />

sages <strong>de</strong> l'Ecriture qui ne me sont pas<br />

nécessaire à tel ou tel moment, mais je ne<br />

dois pas les négliger. Je pense aux généa­<br />

logies qu'on ne lit jamais. Peut-être à un<br />

moment donné. le Saint-Esprit s'en servira<br />

pour faire comprendre quelque chose à<br />

quelqu'un. Donc, je dois accepter<br />

l'Ecriture dans sa totalité canonique en<br />

sachant que je ne peux la comprendre<br />

tout <strong>de</strong> suite. Je compare cette situation â<br />

la présence <strong>de</strong> l'eau vive.<br />

L'eau vive coule mais vous ne pou­<br />

vez la saisir et pourtant elle est là,<br />

L'Ecriture est là pour nous dans sa tota­<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars n°1 12<br />

lité.<br />

points <strong>de</strong><br />

Un livre récent <strong>de</strong> Jacques<br />

Duquesne essaie <strong>de</strong> présenter Jésus<br />

dans une approche historique.<br />

L'auteur a fait une enquête auprès <strong>de</strong>s<br />

spécialistes du Nouveau Testament et<br />

essaie <strong>de</strong> rendre compte <strong>de</strong>s acquis <strong>de</strong><br />

l'exégèse. En fonction <strong>de</strong> ce que vous<br />

venez d'exposer, qu'en pensez-vous?<br />

Jacques Duquesne écrit pour un<br />

grand public marqué par une tradition<br />

catholique. Il veut se démarquer d'une<br />

trop gran<strong>de</strong> mainmise sur la lecture <strong>de</strong><br />

l'Evangile et 11 fait appel aux experts, aux<br />

spécialistes.<br />

Cèst un travail honnête. Il y a dans<br />

ce qu'il écrit <strong>de</strong>s passages intéressants et<br />

beaucoup <strong>de</strong> gens pourront s'instruire à<br />

la lecture <strong>de</strong> ce livre.<br />

Et pourtant, je surs partagé. Dans<br />

le livre, l'autorité c'est le spécialiste,<br />

l'expert. On rejoint ici une attitu<strong>de</strong> qui est<br />

tout à fait mo<strong>de</strong>rne. Dans tous les<br />

domaines, on tend à faire confiance aux<br />

experts d'une façon aveugle et souvent<br />

dangereuse. Les experts, lorsqu'ils sont<br />

sérieux, sont beaucoup plus mo<strong>de</strong>stes et<br />

beaucoup plus pru<strong>de</strong>nts surtout. D'une<br />

manière générale, les exégètes sont<br />

aujourd'hui beaucoup moins affirmatifs<br />

qu'il y a une vingtaine d'années. Prenons<br />

un exemple. Jacques Duquesne avance<br />

<strong>de</strong>s dates <strong>de</strong> composition <strong>de</strong>s évangiles. Il<br />

cite pour Matthieu les années 80. C'est le<br />

consensus d'un certain nombre d'experts<br />

mais rien ne prouve que cette date est la<br />

bonne. Je <strong>de</strong><strong>vie</strong>ns <strong>de</strong> plus en plus réservé<br />

vis-à-vis <strong>de</strong> certaines affirmations histo­<br />

riques par ce que plus on approfondiL<br />

plus on s'aperçoit qu'il y a <strong>de</strong>s avis diffé­<br />

rents et qu'il faut être pru<strong>de</strong>nt.<br />

Les mentalités jouent également.<br />

Par rapport au surnaturel, comment expli­<br />

quer ce qui, par définition même, n'est<br />

pas définissable?<br />

Il est évi<strong>de</strong>nt que Jacques<br />

Duquesne ne peut pas tout dire mais le<br />

consensus qu'il rapporte est fragile, par­<br />

tiel et peut toujours être dépassé.<br />

J'aurais préféré que le titre du livre<br />

soit beaucoup plus mo<strong>de</strong>ste, par<br />

exemple, "une approche <strong>de</strong> Jésus en<br />

1 994". En fait, rien n'est définitif. Les opi­<br />

nions changent. Il y a constamment <strong>de</strong>s<br />

travaux nouveaux. Bref, il ne faudrait pas<br />

que cet ouvrage soit considéré comme<br />

une vérité absolue pendant une généra­<br />

tion. C'est là oij ce livre me parait un peu<br />

risqué.<br />

Alain Georges MARTIN


vue d'historiens<br />

partir <strong>de</strong> quel itiné­<br />

raire ètes-vous <strong>de</strong>ve­<br />

nue animatrice <strong>de</strong><br />

groupes d'étu<strong>de</strong> bi­<br />

blique ?<br />

En 1968, mes enfants arrivaient à<br />

l'âge d'entrer en Université.<br />

J'ai passé une gran<strong>de</strong> partie du<br />

mois <strong>de</strong> mai 68 à discuter dans le quartier<br />

latin. Je me disais: "qu'est-ce qu'elle<br />

cinerctie, cette jeunesse?" En réalité, j'ai<br />

perçu une recherctie spirituelle. Et moi<br />

qui croyais que Jésus est le sauveur du<br />

mon<strong>de</strong>, je n'avais pas <strong>de</strong> mots pour le<br />

dire.<br />

Aussi lorsque, la même année, une<br />

licence <strong>de</strong> théologie pour les laïcs a été<br />

créée à l'Institut Catholique <strong>de</strong> Paris, je<br />

me suis engagée dans ces étu<strong>de</strong>s en me<br />

disant; "Peut-être y trouveraisje les mots<br />

pour parler?" J'ai obtenu la licence en<br />

1978.<br />

En )977, donc pratiquement à la<br />

fin <strong>de</strong> mes étu<strong>de</strong>s, j'ai rencontré le<br />

Renouveau Charismatique. L'eiïusion <strong>de</strong><br />

l'Esprit m'a bousculée. J'étais une catho­<br />

lique absolument convaincue, mais<br />

j'envisageais la <strong>vie</strong> éternelle comme rele­<br />

vant <strong>de</strong> la <strong>vie</strong> après ia mort. J'ai découvert<br />

ce que signifiait la Parole <strong>de</strong> Jésus: le<br />

Royaume <strong>de</strong> Dieu est parmi vous. La <strong>vie</strong><br />

éternelle, c'était pour tout <strong>de</strong> suite et<br />

Jésus, je pouvais le rencontrer dès mainte­<br />

nant. Puis, j'ai fait <strong>de</strong>s expériences <strong>de</strong> la<br />

présence très forte <strong>de</strong> Dieu et <strong>de</strong> la puis­<br />

sance agissante <strong>de</strong> Jésus dans (a <strong>vie</strong> <strong>de</strong><br />

tous les jours.<br />

En travaillant avec Thomas Roberts<br />

et dans les montées <strong>de</strong> Jérusalem, j'ai ren­<br />

contré beaucoup <strong>de</strong> frères <strong>de</strong>s autres<br />

confessions chrétiennes. Je me suis ren­<br />

due compte que la présence <strong>de</strong> Jésus,<br />

active au sein <strong>de</strong> toutes les églises, était le<br />

véritable point d'ancrage d'un réel chris­<br />

tianisme. "Que celui qui a <strong>de</strong>s oreilles<br />

enten<strong>de</strong> ce que /'Esprit dit aux églises",<br />

cette parole <strong>de</strong> l'Apocalypse m'a percutée.<br />

Par la suite, j'ai pris peu à peu ma<br />

place dans les groupes <strong>de</strong> prière <strong>de</strong><br />

l'Essonne. Dans ces groupes catholiques,<br />

les gens qui arrivaient ne savaient pas<br />

grand chose <strong>de</strong> la Bible, particulièrement<br />

<strong>de</strong> l'Ancien Testament. On m'a <strong>de</strong>mandé<br />

<strong>de</strong> faire un enseignement dans ce<br />

domaine. J'ai accepté à une condition: le<br />

faire en tan<strong>de</strong>m avec Marie-David<br />

Toussaint. J'avais déjà travaillé avec elle<br />

dans les Montées <strong>de</strong> Jérusalem et elle<br />

avait une bonne expérience <strong>de</strong> la caté­<br />

chèse <strong>de</strong>s jeunes, <strong>de</strong> la s^"""^ à la<br />

Terminale, dans une école catholique. De<br />

plus, elle a un véritable charisme d'ensei­<br />

gnement. Pour moi, j'avais appris à<br />

connaître la Bible dans mes étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong><br />

théologie, où c'était l'exégèse qui m'avait<br />

le plus intéressée. Mon mémoire <strong>de</strong><br />

licence avait été un mémoire d'exégèse<br />

sur "le charisme <strong>de</strong> prophétie dans l'église<br />

primitive à travers les actes <strong>de</strong>s apôtres et<br />

les épitres".<br />

Vous venez <strong>de</strong> lire le livre <strong>de</strong><br />

Jacques Duquesne sur Jésus. Qu'en<br />

pensez-vous?<br />

Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt et<br />

d'agrément car c'est un livre bien écrit.<br />

J'ai particulièrement apprécié la partie his­<br />

torique.<br />

Elle fait bien le point sur les<br />

connaissances actuelles et elle met à la<br />

portée du lecteur moyen le paysage histo­<br />

rique <strong>de</strong> l'époque.<br />

A l'heure actuelle, l'histoire <strong>de</strong><br />

Rome et <strong>de</strong> la Palestine est peu connue<br />

<strong>de</strong> la jeune génération. Je me sou<strong>vie</strong>ns<br />

d'une question posée: "qu'est-ce que les<br />

romains faisaitent en Palestine? Pourquoi<br />

ce sont eux qui ont tué Jésus?". Ce livre<br />

décrit bien la situation historique. Il<br />

apporte <strong>de</strong>s connaissances sérieuses bien<br />

étayées et les met à la portée <strong>de</strong> tout le<br />

mon<strong>de</strong> d'une façon claire et agréable à<br />

lire.<br />

Jacques Duquesne est un croyant,<br />

ce que j'apprécie. Il ne prend pas à la<br />

lettre les détails <strong>de</strong>s récits. Est-ce qu'il y<br />

avait un ou <strong>de</strong>ux aveugles dans telle<br />

situation? Ce n'est pas ce qui est impor­<br />

tant. Ce qui est essentiel, c'est que Jésus<br />

guérisse et ouvre les yeux <strong>de</strong>s aveugles. Il<br />

y a là une double signification physique<br />

et spirituelle.<br />

De même, j'ai trouvé bon son cha­<br />

pitre sur les paraboles. II sait très bien<br />

mettre en valeur le sens profond.<br />

Je porte également au crédit <strong>de</strong><br />

l'auteur la façon dont il envisage la résur­<br />

rection. Personne n'a assisté à l'acte <strong>de</strong><br />

résurrection, mais Jésus ressuscité a bien<br />

été vu. C'est le texte <strong>de</strong> Saint Paul qui dit<br />

que cinq cents personnes l'ont vu et, qu'à<br />

l'époque, il y en a encore qui sont<br />

vivantes. Ce sont <strong>de</strong>s témoins que l'on<br />

peut interroger.<br />

Cet événement a changé la face du<br />

mon<strong>de</strong>. Jacques Duquesne rend compte<br />

<strong>de</strong> notre foi à tous: Jésus est mort et res­<br />

suscité.<br />

En ce qui concerne les évangiles <strong>de</strong><br />

l'enfance, il y a, on le saiç <strong>de</strong>s différences<br />

d'interprétation dans ia manière<br />

d'envisager les frères et soeurs<br />

<strong>de</strong> Jésus. Les points <strong>de</strong> vue<br />

dominants en milieu catholique<br />

et en milieu protestant diver­<br />

gent. Pour moi qui suis<br />

catholique, ce qui me parait<br />

essentiel, c'est que Jésuds lui-<br />

même a été conçu du Saint<br />

Esprit et est né <strong>de</strong> la Vierge Marie,<br />

Voilà ce que dit le Credo que nous<br />

récitons tous. Le reste me parait secon­<br />

daire.<br />

Pour vous, quels sont les points<br />

faibles du livre?<br />

Le chapitre que j'ai trouvé le plus<br />

faible dans ce livre est celui qui concerne<br />

les miracles. Je pense que Jacques<br />

Duquesne n'a jamais eu le privilège<br />

d'assister <strong>de</strong> près à un miracle.<br />

Pour moi, j'ai vu <strong>de</strong>s miracles dans<br />

ma propre <strong>vie</strong> et autour <strong>de</strong> moi. Dans les<br />

montées <strong>de</strong> Jérusalem, j'ai même assisté à<br />

une multiplication <strong>de</strong>s pains. C'était<br />

auprès du mont <strong>de</strong>s Béatitu<strong>de</strong>s en 1985.<br />

Nous y étions <strong>de</strong>ux cents pèlerins. Je fai­<br />

sais partie <strong>de</strong>s organisateurs .Sans entrer<br />

ici dans tous les détails, je puis dire que le<br />

nombre <strong>de</strong> falafels (sandwichs orientaux)<br />

distribués et mangés (<strong>de</strong>ux par per­<br />

sonnes) a largement dépassé le nombre<br />

<strong>de</strong>s fafafels prévus et apportés (un par<br />

personne). Cela s'est passé à Tabga au<br />

pied <strong>de</strong> ia colline même où Jésus avait<br />

multiplié les pains. Bref, j'ai vu l'action <strong>de</strong><br />

Dieu à <strong>de</strong> nombreuses occasions. J'ai<br />

constaté d'une façon très précise <strong>de</strong>s gué-<br />

risons physiques et <strong>de</strong>s guérisons<br />

intétrieures tout à fait remarquables.<br />

Comme Jacques Duquesne n'a pas<br />

fait les mêmes expériences que moi, il se<br />

trouve <strong>de</strong>vant ie miracle comme une<br />

poule qui a couvé un canard pour<br />

reprendre l'expression populaire. Il tend à<br />

réduire le nombre <strong>de</strong> cas où le miracle<br />

apparaît dans les évangiles. Il cherche <strong>de</strong>s<br />

explications. Et, pour en trouver, il se<br />

tourne vers ie symbolisme. C'est un point<br />

faible du livre, car, <strong>de</strong> toutes façons, un<br />

miracle se constate, 11 ne s'explique pas,<br />

Michèle THÉRONtXLONGIS<br />

( I ) Jean Potin - JÉSUS. LHISTOIRE VRAIE -<br />

Centurion [paru en même temps que le<br />

livre <strong>de</strong> Jacques Duquesne). Michel<br />

Quesnel - JÉSUS - Flammarion (poche).<br />

Gérard Bessière - JÉSUS, LE DIEU INAT­<br />

TENDU - Gallimard (Découvertes).<br />

Philippe Rolland - L'ORIGINE ET LA DATE<br />

DES ÉVANGILES - éd, St Paul.<br />

(2) Jacques Duquesne - Jésus - Desclée <strong>de</strong><br />

Brouwer. Flammarion,<br />

Jan<strong>vie</strong>r Février Mars


Ci<br />

PARDONNEZ<br />

f<br />

A Pierre qui lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong> : "Combien <strong>de</strong> fois <strong>pardon</strong>nerais-je à mon<br />

frère?" Serait-ce jusqu'à sept fois ?", Jésus répond : "Je ne te dis pas jusqu'à<br />

sept fois, mais jusqu'à soixante dix fois sept fois. "<br />

(év. Matthieu ch. 18, 21-22).<br />

Pauiette Bou<strong>de</strong>t a rédige un livre sur le <strong>pardon</strong> à partir <strong>de</strong> situations<br />

empruntées au vécu : 77 fois 7 fols, Fayard , 1990,<br />

UN ESPOIR POUR LES TOXICOMANES<br />

Ceux qui ont succombé à la toxicomanie<br />

sont-ils à jamais prisonniers <strong>de</strong> la drogue?<br />

L'expérience montre que le message<br />

<strong>de</strong> Jésus, l'amour et l'engagement<br />

<strong>de</strong> communautés chrétiennes vivantes<br />

a un impact <strong>de</strong> guérison.<br />

Des toxicomanes sont libérés et délivrés<br />

<strong>de</strong> grands tourments et d'un véritable<br />

esclavage,<br />

"Vivre ensemble", le magazine <strong>de</strong> la<br />

communauté chrétienne <strong>de</strong><br />

la réconciliation, publie dans sa livraison<br />

<strong>de</strong>juillet-août 1994 (n° 148)<br />

un ensemble <strong>de</strong> témoignages.<br />

Des jeunes nous disent concrètement<br />

comment, à travers la rencontre avec <strong>de</strong>s<br />

chrétiens, ils ont découvert Jésus vivant<br />

et échappé à l'engrenage <strong>de</strong> la drogue.<br />

C'est un message d'espoir.<br />

Vivre Ensemble<br />

111 rue <strong>de</strong>s stations, 59800 Lille<br />

(le numéro: 20F),<br />

DROITS ET LIBERTES DANS LES EGLISES<br />

L'Évangile nous appelle à <strong>de</strong>s rapports fraternels.<br />

U<br />

z <<br />

û<br />

Comme le dit Jésus : "Vous savez que les ctiefs <strong>de</strong>s nations les<br />

tyrannisent et que Ies3rands les asservissent II n'en sera pas <strong>de</strong> même<br />

au milieu <strong>de</strong> vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous,<br />

qu'il soit votre serviteur, "(év. Matthieu ch, 20, 25-26),<br />

Or, la hiérarchie ecclésiastique s'exerce parfois comme un pouvoir et<br />

non comme un service. L'Association "Droits et libertés dans<br />

les églises" combat pour une conception <strong>de</strong> l'autorité qui donne toute<br />

sa place à !a responsabilité <strong>de</strong>s personnes. Son champ d'inten/ention<br />

se situe particulièrement en milieu catholique.<br />

L'Association publie un bulletin trimestnel<br />

"Droits et libertés<br />

dans les églises"<br />

68 rue <strong>de</strong> Babylone, 75007 Paris.<br />

22 Jan<strong>vie</strong>r Fé bvrier Mars ^10^ n^<br />

es<br />

<<br />

<<br />

MONTEE DE JERUSALEM 1995<br />

à la Pentecôte: du 30 mai au 13 juin<br />

Suite è l'appel lancé par le Pasteur<br />

Thomas Roberts, chaque année<br />

<strong>de</strong>s chrétiens <strong>de</strong> toutes origines,<br />

<strong>de</strong> diverses confessions, sont délégués et<br />

envoyés par leurs groupes <strong>de</strong> prière,<br />

leurs églises ou communautés et partent<br />

à Jérusalem pour recevoir et vivre<br />

l'unité <strong>de</strong>s chrétiens, rencontrer et prier<br />

avec les chrétiens <strong>de</strong> Terre Sainte,<br />

<strong>de</strong> toutes dénominations, juifs et arabes,<br />

partager leur <strong>vie</strong> familiale,<br />

leurs souffrances et leur espérance.<br />

Renseignements i Gilbert Floquet<br />

DANSE ET BIBLE<br />

9rueClodion, 75015 Paris<br />

Atelier <strong>de</strong> danse, tous les lundis <strong>de</strong> 19h à 20h30.<br />

Deux stages :<br />

Psaume 139, expression corporelle et recherche chorégraphique,<br />

Û.<br />

17 -18 février 1995.<br />

Mouvement et danse dans la Bible, 10-11 mars 1995,<br />

/ 72<br />

à l'U.CJ.G,, 14 rue <strong>de</strong> Trévise, 75009 Paris.<br />

Contact: FabienneGhesquière , .<br />

ou A.P.D.N, 22 rue Elisée Reclus, 91120 Palaiseau<br />

PRIERE ET SOLIDARITE<br />

C'était le vendredi 2 décembre<br />

<strong>de</strong> 20h 30 à 22h 30, à l'église St Jean, à Antony<br />

(Hauts-<strong>de</strong>-Seine). Ce soir là s'est déroulée<br />

une réunion <strong>de</strong> prière et <strong>de</strong> solidarité<br />

que l'équipe <strong>de</strong>s responsables <strong>de</strong> TÉMOINS<br />

portait particulièrement dans son cceur.<br />

Il s'agissait <strong>de</strong> soutenir ESPACE-AMITIÉ,<br />

"une association qui lutte contre<br />

l'exclusion sociale et met en place<br />

<strong>de</strong>s actions <strong>de</strong> prévention".<br />

Un projet aidé par plusieurs associations<br />

chrétiennes, les AMIS DE L'ATELIER<br />

(établissements médicaux-sociaux pour<br />

personnes handicapées) et INITIATIVES<br />

(centre <strong>de</strong> formation et d'insertion).<br />

Cette <strong>de</strong>rnière association ai<strong>de</strong> concrètement<br />

plusieurs centaines déjeunes et familles.<br />

Dès l'ongine, TÉMOINS a apporté son soutien à<br />

cette démarche <strong>de</strong> foi et <strong>de</strong> solidarité.<br />

Des communautés chrétiennes catholiques et<br />

protestantes du secteur d'Antony apportent<br />

également leur soutien fraternel, ce dont<br />

nous nous réjouissons.<br />

Face à la montée <strong>de</strong>s exclusions et <strong>de</strong><br />

la pauvreté, nous croyons que les chrétiens <strong>de</strong><br />

notre pays ont le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> s'engager dans<br />

<strong>de</strong>s actions concrètes. Citoyens <strong>de</strong>s Cieux,<br />

nous sommes également citoyens <strong>de</strong> la Terre.<br />

Et quoi <strong>de</strong> plus réjouissant que <strong>de</strong> voir<br />

<strong>de</strong>s chrétiens <strong>de</strong> milieux et d'églises différentes<br />

s'unir sur l'essentiel: TAmour <strong>de</strong> Dieu,<br />

fon<strong>de</strong>ment <strong>de</strong> l'Amour que nous avons à porter<br />

à chaque être humain dans lequel nous voyons<br />

le visage du Christ,


Chers amis.<br />

C'est avec une très gran<strong>de</strong> reconnais­<br />

sance envers le Père qui trace pour son<br />

peuple un chemin nouveau à travers la<br />

mer. que j'ai lu les <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>rniers numé­<br />

ros <strong>de</strong> "Témoins" (n° 1 I 0 et 111) Pour<br />

moi, c'est comme un journal "ressuscité",<br />

c'est-à-dire, dans le sens étymoiogique du<br />

terme, "suscité à nouveau". Et je pense à<br />

toute l'équipe <strong>de</strong> Témoins qui ose aller<br />

<strong>de</strong> l'avant, sans doute avec <strong>de</strong>s moments<br />

bien difficiles, <strong>de</strong>s passages dans la vallée<br />

<strong>de</strong> l'ombre <strong>de</strong> la mort pour que la Vie<br />

aussi <strong>de</strong> Christ resplendisse, au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong><br />

toute appropriation personnelle.<br />

Le courrier <strong>de</strong>s lecteurs (du n° 1 M|<br />

traduit bien ce que j'ai ressenti à la lec­<br />

ture du n^IlO "Visages <strong>de</strong> Dieu". J'ai<br />

beaucoup apprécié l'article <strong>de</strong> Simone<br />

Pacot, que j'ai eu le plaisir d'accueillir<br />

chez moi, il y a trois ans, je crois pour<br />

une réunion avec <strong>de</strong>s amis <strong>de</strong> Besançon.<br />

Mais j'ai aussi communié à la joie <strong>de</strong><br />

Françoise Lagar<strong>de</strong> dans sa découverte<br />

d'un Dieu qui est tout Amour. Je me suis<br />

réjoui <strong>de</strong> lire ce que Samuel comprend<br />

<strong>de</strong> l'unité <strong>de</strong> l'Esprit. Françoise Augris m'a<br />

ravi en refusant tout modèle préfabhqué<br />

et en acceptant <strong>de</strong> se laisser "surprendre"<br />

par Dieu dans son cheminement quoti­<br />

dien.<br />

Cette joie <strong>de</strong> la <strong>vie</strong>, manifestée et<br />

exprimée dans ce numéro, rendait plus<br />

douloureuse la remarque faite à Samuel<br />

Bouché par son Pasteur... et par tous<br />

ceux qui croient s'attacher plus au<br />

Seigneur en mettant davantage leurs<br />

frères ou d'autres églises â l'in<strong>de</strong>x.,.<br />

comme s'ils étaient eux-mêmes sans<br />

péché, purs et irréprochables alors qu'ils<br />

ne font que "s'asseoir dans la chaire <strong>de</strong><br />

Moïse"! Quelle perte ils font quant à la<br />

connaissance du vrai Dieu!<br />

J'en <strong>vie</strong>ns maintenant au <strong>de</strong>rnier<br />

numéro sur le Travail, quel régal! Du<br />

début à la fin. Merci infiniment à Pascal<br />

pour ses éditoriaux si peu conventionnels<br />

mais profondément humains et vrais!<br />

"tordus, bossus, mal foutus" ...o combien<br />

...mais aimés <strong>de</strong> Dieu! Voilà un message<br />

<strong>de</strong> nature à relever les tordus, à redresser<br />

les bossus, afin que <strong>de</strong>s hommes enfin<br />

<strong>de</strong>bout dans la contemplation d'un<br />

amour infini, soient "transformés" <strong>de</strong><br />

gloire en glaire, par l'Esprit du Seigneur.<br />

Merci à tous ces amis, qui chacun<br />

à leur manière, nous disent que le travail<br />

est un acte créateur rendant l'homme co-<br />

participant à une création qui n'est pas<br />

seulement un acte passé et figé, mais qui<br />

est un constant renouvellement vers un<br />

<strong>de</strong>venir meilleur. Merci aussi pour Yves<br />

confronté au chômage... mais au fait<br />

quel chômage? Lui qui s'occupe <strong>de</strong> ses<br />

trois enfants et <strong>de</strong> bien d'autres choses<br />

encore! Je crois que ces temps <strong>de</strong> diffi­<br />

culté quant au travail "économique"<br />

amènent l'homme à réfléchir sur sa véri­<br />

table situation: le dieu "Travail" ne<br />

serait-il pas en train d'être mis en bas <strong>de</strong><br />

son pié<strong>de</strong>stal pour que règne le Seigneur<br />

<strong>de</strong> la Vie qui nous a dit tant <strong>de</strong> fois "ne<br />

vous mettez pas en souci du len<strong>de</strong>­<br />

main... ctierchez premièrement le<br />

royaume <strong>de</strong> Dieu" et ce qui est Juste..."<br />

Chers amis.<br />

Benjamin RoLLET<br />

Fontain (25)<br />

Votre dossier "Regard sur le travail" a<br />

retenu toute notre attention. Notre mou­<br />

vement ACTE est centré sur le<br />

témoignage en tant que chrétien dans<br />

lunivers professionnel, et cela <strong>de</strong>puis 25<br />

ans; être témoin <strong>de</strong> notre foi au travers<br />

<strong>de</strong> nos compétences.<br />

Vos différents articles notamment par F.<br />

<strong>de</strong> Coninck et Françoise Augris soulèvent<br />

cet aspect fondamental du témoignage.<br />

Les conférences bimestrielles d'ACTE sont<br />

axées sur l'être plutôt que sur le paraître:<br />

faire ce que l'on dit et dire ce que l'on<br />

fait est pour nous Texpression d'une foi<br />

concrète ...<br />

,,, Un témoignage qui soulève <strong>de</strong>s ques­<br />

tions <strong>de</strong> la part <strong>de</strong> nos contemporains :<br />

c'est eux alors, qui nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />

rendre <strong>de</strong>s comptes : ils sont <strong>de</strong>man­<br />

<strong>de</strong>urs I<br />

Bon nombre <strong>de</strong> français sont <strong>de</strong>s cher­<br />

cheurs <strong>de</strong> Dieu sans repère ni réfèrent.<br />

Avec ACTE, nous essayons d'être sur leur<br />

route. Je vous en souhaite autant,<br />

Éric JAFFRAIN<br />

Paris (75)<br />

ACTE : Association <strong>de</strong>s Cadres Témoins <strong>de</strong><br />

l'ÉvangJle, I 12 ter rue Cardlnet, 75017 Paris<br />

Bien chers en Christ.<br />

Que <strong>de</strong> bons témoignages <strong>de</strong>s témoins<br />

dans le journal qui porte leur nom! Merci<br />

beaucoup! Et quelle évolution! C'est un<br />

beau journal! Il reflète <strong>de</strong> mieux en<br />

mieux les divers aspects du visage <strong>de</strong><br />

Dieu qui porte toujours son regard sur<br />

nous tous, quelle grâce d'être <strong>de</strong> ceux<br />

qui Le connaissent et qui L'aiment.<br />

Robert et LoTs WlTMER<br />

Rouyn Noranda (Québec)<br />

Jan<strong>vie</strong>r Févrie r Mars '^0^ n^ I 12<br />

BULLETIN<br />

tVAtJCÉUOUE<br />

INTERCONFESSIOMNÉL<br />

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION<br />

Pascal Colin<br />

REDACTEUR EN CHEF<br />

Yves Desbor<strong>de</strong>s '<br />

SECRETARIAT DE REDACTION<br />

Odile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />

RÉALISATION DES DOSSIERS<br />

Jean et Odile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />

ABONNEMENTS<br />

Rodolphe Vankeerberghen<br />

MAQUETTES<br />

David Passeron<br />

Emmanuelle Pétot<br />

AVEC LA PARTICIPATION DE<br />

Samuel Bouché<br />

Marguerite Colin<br />

Edith Gibory<br />

Dominique Ludger<br />

Daniel Pialat<br />

REDACTION<br />

!5 av. Galliéni<br />

92160 Antony<br />

Tel: (ij 40,96.93.14<br />

Fax: 40 96 97 38<br />

COMITE DE REDACTION<br />

Il est constitué <strong>de</strong> chrétiens;<br />

catholiques, protestants,<br />

évangéliques,,,<br />

Marguerite et Pascal Colin,<br />

Yves Desbor<strong>de</strong>s<br />

Jacques Fabreques<br />

Jean et Odile Hassenfor<strong>de</strong>r<br />

Françoise et Jean Lagar<strong>de</strong>^<br />

Vincent Pommier<br />

Béatrice Rabut<br />

TÉMOINS a été tiré<br />

à 3 000 exemplaires paï<br />

le Comité dAction Chrétienne<br />

24 avenue Jeanne d Arc<br />

92160 Antony. tel: 40,96,93.14<br />

Imprimerie:<br />

René Madiot<br />

BP 0331.<br />

53003 Laval ce<strong>de</strong>x.<br />

Commission paritaire: 64304,<br />

Reproduction <strong>de</strong>s articles et <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ssins<br />

<strong>de</strong> Témoins autorisée avec mention <strong>de</strong><br />

la <strong>source</strong>. Titres et intertitres<br />

sont <strong>de</strong> la rédaction.


A nouveau le <strong>de</strong>rnier Témoins a été communiqué pour<br />

que son bon contenu circule et enrichisse commej'ai déjà eu<br />

l'occasion <strong>de</strong> l'expérimenter plusieurs fois. C'est vraiment<br />

une revue qui est facilement communicable. Elle m'a servi poi^<br />

prolonger une conversation que j'ai entamée avec<br />

une estivante comme moi sur la plage; pour soutenir <strong>de</strong>s parents et<br />

<strong>de</strong>s grands parents qui ont un enfant à Vlllejuif ; une recherche sur<br />

les questions d'éternité avec une dame du village avec (a revue<br />

sur "la <strong>vie</strong> éternelle"; pour soutenir <strong>de</strong>s angoissés avec l'article<br />

sur "le cyclone" (n" 94) ; pour encourager une amie dont le couple est<br />

en difficulté avec le numéro sur "les couples"; pour partager sur<br />

le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s étudiants avec un ami professeur.<br />

C'est la revue qui s'adapte bien à tout (e mon<strong>de</strong> puisqu'elle<br />

parle <strong>de</strong> relation plutôt que <strong>de</strong> religion. Merci à Témoins.<br />

Une lectrice.<br />

mu<br />

7èî^ un magazine à<br />

communiquer autour <strong>de</strong> vous pour engager<br />

le dialogue.<br />

Un outil pour annoncer l'Évangile<br />

à travers le vécu <strong>de</strong>s auteurs d'articles<br />

et <strong>de</strong> témoignages.<br />

Ai<strong>de</strong>z-nous à faire connaître Témoins.<br />

Vous pouvez: vous abonner (1 an 120 f; 2 ans 190 F),<br />

nous envoyer les adresses d'amis à qui envoyer Témoins,<br />

nous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>de</strong>s numéros récents pour les faire circuler<br />

Une adresse: Témoins, 15 av. Galliéni, 92160 ANTONY

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