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VOYAGE AU ROYAUME DU MAROC DU 27 MARS AU 5 AVRIL 2012

« DIEU, LA PATRIE ET LE ROI » (devise)

SPLENDEURS DES VILLES IMPERIALES

(RABAT, MEKNES, FES, MARRAKECH)

AVEC EXTENSION DANS LE DESERT A OUARZAZATE

(Oasis de Skoura, Vallée des Roses et Gorges du Dadès )

___________________________

27 mars : Arrivée à CASABLANCA (capitale économique)

Notre groupe très sympathique de 21 personnes s’est retrouvé à Orly Sud pour décoller vers

Casablanca, première étape de notre circuit. Après un vol de 2h30, nous atterrissons sous le soleil

et trouvons à notre arrivée, notre cher accompagnateur Jawad qui va être à nos côtés durant tout

notre périple marocain. Je dois avouer que ce voyage, grâce à ses précieux et très intéressants

commentaires, m’a énormément passionné. C’était la première fois que je mettais le pied sur le

sol marocain.

Nous prenons tous place à bord de notre car très spacieux et faisons connaissance de notre

chauffeur et de son jeune aide Mohammed. Ce dernier adorable, nous aidera beaucoup, en

particulier, pour le transport de nos valises. Il faut aussi préciser que c’est lui qui vérifiera toujours

le groupe et qui comptera les gazelles et les gazous (surnom affectueux donné par les marocains

aux dames, demoiselles et messieurs) lors de la remontée dans le car. Nous quittons l’aéroport et

gagnons la grande corniche de Casablanca, quartier résidentiel qui domine l’océan. La végétation

est luxuriante : bougainvillées en fleurs, haies d’hibiscus, couleur rouge, jaune, bien taillées

longeant les maisons résidentielles, grenadiers, tulipiers du Gabon, grandes avenues bordées de

palmiers. Nous faisons un tour de ville. Casablanca est la capitale industrielle et commerciale du

pays. C’est la ville la plus peuplée: 5 millions d’habitants. Casa en arabe se traduit par Dar el

Beida, c’est-à-dire maison blanche.

!

C’est le premier port marocain et l’un des plus dynamiques

de l’Afrique. La ville possède les installations portuaires les

plus importantes du continent africain.

La place Mohammed V est le quartier le plus animé.

La circulation était particulièrement dense car Casa

construit son tramway

L’une des caractéristiques de Casa est la Mosquée Hassan II. C’est l’édifice religieux le plus haut

du monde et le deuxième lieu saint du monde musulman après la Mosquée Al Haramayn

Acharifaïn à la Mecque. Son minaret atteint 200 mètres de haut. Les 2/3 de la Mosquée reposent

sur les eaux de l’Océan.

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Ils se sont inspirés de deux versets du Coran : « le trône de Dieu était sur les eaux » et « nous

avons fait de l’eau l’origine de toute forme de vie ». A la

mort du Roi Mohammed V en 1961, son fils Hassan II

envisage de lui faire construire un Mausolée à Casa, la

ville où il mourut. Finalement, c’est à Rabat qu’il choisit la

construction afin que les nombreux chefs d’Etat qui

visitent la capitale administrative puissent s’y rendre pour

prier et méditer devant le tombeau du défunt Roi.

C’est un des mausolées avec celui de Meknès où les non

musulmans ont le droit d’entrer. Le Maroc est le seul pays

parmi les 22 pays arabes à respecter les trois religions : juive, chrétienne et musulmane. Ces trois

religions vivent en parfaite harmonie et chacun peut pratiquer sa foi. Il y a même des ministres

juifs au sein du gouvernement.

28 mars : RABAT : Ville océane, capitale administrative et politique (100 kms environ de Casa)

large sur la terrasse.

La ville comporte de grandes murailles érigées au 12 ème

siècle puis prolongées au 17 ème siècle. Elles sont longues

de plus de 5 kms. Le rempart Ouest est percé de quatre

portes. Nous arrivons pour déjeuner. Nous avons la surprise

de nous retrouver dans un restaurant de poissons devant

l’Océan, pas très loin de la Kasbah des Oudaïas. Il fait beau

mais frais. Nous avons un excellent repas, malgré un

service un peu lent, et terminons le repas avec notre verre

de thé traditionnel ou notre café avant d’aller respirer l’air du

Nous faisons connaissance de notre guide local qui nous fait découvrir la Kasbah des Oudaïas.

Cette place forte surplombe l’océan, elle compte 3000 habitants, elle est point stratégique. Sa

muraille date du 12 ème siècle.

C’est le quartier le plus ancien et le plus mystérieux. C’est un

lacis de ruelles, on découvre des maisons peintes en bleu et

blanc enchevêtrées à l’intérieur de murailles du XVIIème siècle.

Ces rues colorées donnent à la Kasbah une grande douceur

méditerranéenne et paraît-il éloignent les insectes. Le blanc des

maisons symbolise l’unité et le bleu évoque la mer. On arrive

ensuite au Café Maure, petit coin de paradis, qui occupe une

situation idyllique avec d’un côté la ville de Salé, (ville jumelle de

Rabat représentant avec cette dernière 2 millions d’habitants).

Salé est résidence de la famille royale. Je précise que la ville était un comptoir portugais. De

l’autre côté, le superbe jardin andalou, vestige de l’ancien palais du Sultan, avec ses orangers,

citronniers, néfliers, sisals, agaves, hibiscus, jasmins etc… qui est un véritable havre de paix.

Nous apercevons la Cathédrale St Pierre, la plus grande de Rabat, sa porte principale date du

12 ème siècle.

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Près de la place Sidi-Makhlouf, nous avons visité la tour Hassan, c’est le monument le plus

célèbre de Rabat. Un parterre de colonnes et de piliers

rappelle les ambitions du Sultan, le site a été choisi pour

ériger le mausolée Mohammed V, chef d’œuvre de l’art

traditionnel marocain, il abrite le tombeau en onyx blanc

du souverain ainsi que ceux de ses fils Hassan II et

Moulay Abdellah. Hassan II a fait construire ce mausolée

en hommage à son père Mohammed V.

Notre car nous dépose ensuite à Dar-el-Mahkzen, place

du Palais Royal. Le Palais date du 18 ème siècle et a subi

des transformations au cours du temps. Nous n’avons pas

accès à l’intérieur mais notre guide nous indique que c’est le siège du gouvernement, construit sur

les ruines d’un ancien palais. Mohammed VI n’y habite pas. Le Roi s’y rend seulement à

l’occasion de réceptions. Ce palais est réservé aux grandes parades. Hassan II y a résidé 38 ans.

Plus de 2000 personnes y vivent et y travaillent. A l’intérieur, se trouvent une mosquée, des

casernes de garde, un collège royal, un champ de courses. L’édifice incarne le pouvoir.

Aujourd’hui pour des raisons de sécurité, l’esplanade située devant le Palais est inaccessible.

Seuls, les groupes avec guide peuvent s’y rendre.

Le Palais comprend trois portes principales : la porte des Ambassadeurs, la porte du Haut

Commandement et la porte du bonheur qui donne accès à la salle du trône. Le 30 juillet 1999

Mohammed VI a été déclaré Roi du Maroc à la mort de son père.

29 mars : MEKNES construite au pied du Moyen Atlas, au cœur de la plaine fertile du Saïs,

nommée le Versailles oriental (115 kms de Rabat)

Nous quittons Rabat sous une pluie fine, beaucoup de circulation car les gens de Salé viennent y

travailler. Nous nous dirigeons vers l’Est. Nous passons devant la résidence de Mohammed VI,

bien cachée derrière un immense parc. Il a voulu gardé sa résidence princière. Nous longeons la

forêt de la Mamora, c’est la plus grande du Maroc (133 000 ha de chênes-lièges, d’eucalyptus,

d’arganiers, l’arbre à chèvres). La forêt marocaine est à 90% domaniale. Le chêne-liège vit entre

60 et 300 ans. Il faut attendre 20 à 30 ans pour récolter le liège. L’eucalyptus sert à la réalisation

de la pâte à papier. On le coupe au ras du sol et avec la racine, on fait du charbon de bois.

Sur tout le long du trajet, nous pouvons apercevoir beaucoup de mimosas en fleurs, nous

longeons encore l’océan. Le soleil a fait son apparition, Meknès se trouve entre deux chaines de

montagnes : le Rif et le Moyen Atlas. C’est la deuxième ville impériale après Rabat.

Nous traversons de très jolis villages berbères dont notamment Tiflet. C’est le premier village

berbère citadin. L’économie du Maroc est basée essentiellement sur le phosphate, l’agriculture et

le tourisme. Nous apercevons de nombreux troupeaux de moutons et de vaches en plaine. Au

bord de la route, beaucoup de femmes vendent du petit lait avec de la semoule dans des bols.

C’est une région d’élevage. Nous croisons des champs de lavandes sauvages, des champs

d’oliviers à perte de vue. La route est bordée par de nombreux eucalyptus. La région de Meknès

est également riche en vignobles (gris de Boulaouane )

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Meknès se trouve dans une région agricole très riche, il y a beaucoup de blé et d’oliviers. La ville

est également prospère grâce à ses monuments. Elle a 40 kms de remparts de fortifications et 32

portes qui datent du 17 ème siècle. La Cité Impériale doit beaucoup à son souverain Moulay Ismaïl.

En 55 ans de règne, il a réalisé son rêve : égaler Louis XIV.

Il y a trois parties : la Médina, la Cité Impériale et la ville européenne administrative. Le long des

remparts, nous pouvons admirer de nombreux bigaradiers, orangers qui produisent des oranges

amères. La fondation de la ville remonte au 10 ème siècle. Il y a 76 mosquées dans la Médina.

Nous avons le bonheur de déjeuner dans un Riad de la Médina, trois tables de huit personnes

nous attendent à proximité d’un jardin exotique à ciel ouvert, c’est le paradis ! le soleil brille !

entrées, tajine, salade d’oranges à la cannelle et thé ou café

pour clôturer le repas.

Dix portes encerclent la Cité Impériale, parmi elles, une des

plus remarquables : Bab El- Mansour, chef-d’œuvre araboandalou.

C’est la plus célèbre et la plus importante de

Meknès et de l’Afrique du Nord.

Après le repas, notre nouveau guide local, nous fait

déambuler à travers la Médina pour arriver au Mausolée de

Moulay Ismaïl. Nous nous déchaussons et entrons presque

tous pour la visite. L’histoire de Meknès est intimement liée au Sultan alaouite mégalomane :

Moulay Ismaïl qui inventa un destin pour la ville. Construit en 1703, ce mausolée est un bel

exemple de construction arabo-andalouse. Le lieu où nous nous trouvons était l’ancien Palais de

Justice dans lequel s’élevait une mosquée. La cour est carrelée de faïences vertes. On retrouve

les quatre couleurs des villes impériales : le bleu de Fès, le rouge de Marrakech, le vert de

Meknès et le jaune de Rabat. A l’intérieur, l’on peut admirer entre autres choses des colonnes de

marbre d’Italie et deux horloges comtoises offertes par Louis XIV ainsi qu’un arbre généalogique

de la dynastie alaouite.

La ville conserve des réalisations pharaoniques mais beaucoup ont

été endommagées par le temps, les pillages, le tremblement de

terre de Lisbonne en 1755 qui se fit ressentir jusqu’au Niger. Le

Palais Royal a des airs de ville fantôme mais nous poursuivons la

visite avec les greniers-écuries du Roi. Ces greniers pouvaient

abriter une cavalerie de 12 000 chevaux. On stockait les céréales.

Derrière les murs en pisé de 4 mètres d’épaisseur, le souverain

avait tout prévu pour que sa ville puisse résister au siège. Pour

nourrir les 150 000 hommes en armes et les 12 000 chevaux

présents dans Meknès, ces greniers immenses étaient capables de

tenir un siège de 20 ans !

30 mars : FES : ville sainte du Maroc, la plus ancienne des cités impériales (60 kms de Meknès)

Nous arrivons à Fès pour passer deux nuits à l’hôtel Volubilis qui se trouve dans la ville nouvelle,

l’ancien quartier français.

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Fès, comme toute ville médiévale est fortifiée. Elle est connue comme étant un centre d’art et

d’artisanat. L’artisanat est l’activité principale de la

ville. Elle a été surnommée « la mystérieuse ». C’est

la capitale de l’Art et du Savoir. Il y a des

corporations comme au Moyen-Age et l’on fabrique

encore comme à cette époque. Il y a le quartier des

teinturiers, des tisserands, des tanneurs (6 grandes

tanneries), des dinandiers, des orfèvres. La ville de

Fès a été classée par l’Unesco depuis 1981.

Fès qui signifie « pioche » en arabe a été fondée par

Idriss Ier. Elle comprend la plus vaste et la plus

impressionnante Médina du Royaume du Maroc. La

Médina a une population de plus de 350 000 habitants. On pénètre dans ce monde clos par une

de ses quatorze portes (Bab) et l’on plonge aussitôt dans un univers étourdissant de bruits, de

couleurs et d’odeurs.

On fermait encore toutes les portes de la médina le soir jusqu’aux années 1960. Il y a 17 kms de

remparts. C’est un vrai labyrinthe, la circulation est interdite aux deux roues, seuls les ânes et

mulets sont autorisés à circuler !

Il y a 300 lieux de culte dans la médina.

En 818, un millier de familles musulmanes chassées de Cordoue trouvèrent refuge à Fès et

s’installèrent dans un quartier qui prit le nom de quartier des Andalous. Trois cent familles de

Kairouan en Tunisie vinrent également à Fès sans oublier de nombreuses familles juives qui

étaient de riches commerçants. Toutes ces personnes recréèrent à Fès l’environnement dans

lequel ils vivaient.

Fès se décline donc en trois villes : Il y a la ville nouvelle,

héritage du protectorat français, Fès el Jedid, la cité impériale

du 13 ème siècle et Fès el Bali, la plus ancienne médina du

pays, où des milliers d’artisans coupent, brodent, cisèlent.

Dans le quartier des tanneurs de la Chouara, le cuir est traité

dans des cuves (les foulons) remplies de chaux, de tannin, de

fiente de pigeons et de différents colorants qui transformeront

la peau pour en faire un cuir

souple. A l’entrée de la visite un

brin de menthe bienvenu nous était offert. Les babouches fassies

sont réputées.

C’est un métier ancestral dont les conditions de travail sont très

pénibles pour les ouvriers.

Nous avons visité un atelier de zelliges. Le Maroc est le

spécialiste en ce domaine et son savoir-faire est reconnu

mondialement. La fabrication apparaît au Xème siècle. Le zellige

est un carreau d’argile émaillé dont le décor reproduit l’assemblage géométrique des tesselles de

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mosaïques posées sur un lit de plâtre. Il est utilisé principalement sur les bâtiments ; c’est un

composant caractéristique des architectures marocaines.

Fès abrite la plus ancienne université du monde, elle date du 9 ème siècle ; les plus grands

mathématiciens sont passés par là ; c’est un centre intellectuel par excellence.

Notre déjeuner a été prévu dans la médina, nous déambulons dans les ruelles, pressant le pas et

ne voulant pas perdre de vue notre guide qui est en tête…Soudain, nous entendons : « Balek !

Balek ! (de côté, de côté) nous croisons un âne qui force le passage ! dans la médina, les yeux

sont partout ! il vaut mieux ouvrir l’œil et surtout le bon !

Nous visitons le fondouk Nejjarine, 18 ème siècle, le plus ancien

caravansérail de la ville. Il est devenu un musée des arts et métiers

du bois depuis 1998. Il tombe des hallebardes et tout à coup nous

entendons à notre grande surprise des femmes qui poussent des

« youyou » pour remercier le ciel de leur apporter un tel cadeau !

Une porte s’ouvre et nous découvrons notre restaurant, un superbe

palais, de surcroit bien chauffé, nous apprécions car la pluie est

bien froide. Nous nous régalons, comme toujours, avec un superbe

couscous.

Les plus belles mosquées s’élèvent entre Fès El Bali et Fès El Jedi

ainsi que les médersas (version ancienne de nos cités

universitaires) selon le plan traditionnel les chambres d’étudiants

s’alignaient autour d’un patio agrémenté d’une fontaine pour les ablutions rituelles. De là, on

pénétrait dans une autre pièce consacrée à la prière et à l’étude.

Le Palais Royal à Fès dans le quartier de Fès El Jedid – date du 13 ème

siècle – il est aujourd’hui résidence privée du Roi Mohammed VI lors de

ses visites officielles dans la ville, (la femme du Roi est originaire de

Fès). On ne le visite pas mais on peut admirer ses portes monumentales

en bois recouvertes de bronze délicatement ciselées d’étoiles. Le Palais

avec ses jardins est l’un des plus grands du Maroc. Il a une superficie de

80 ha.

Le quartier juif Mellah se trouve à côté du Palais Royal. La population

juive a sa boutique au niveau de la rue et son habitation au 1 er étage.

Tous les quartiers juifs s’appellent Mellah car Mell signifie sel. Les juifs andalous venus au Maroc

vendaient du sel. Les dynasties successives ont toujours protégé les quartiers juifs. Les balcons

sont de style andalou et rappellent la ville de Grenade. La plupart des juifs sont partis en 1967

vers l’Europe ou Israël, seules quelques familles habitent dans la ville nouvelle.

Le jour de notre visite à Fès, nous étions vendredi, le jour de prière pour les musulmans, les

mosquées sont pleines à 12h. C’est aussi jour où ils se rendent au cimetière sur la tombe de

leurs défunts. Toutes les tombes sont d’un blanc immaculé. Lorsque la femme musulmane perd

son mari, elle s’habille de blanc de la tête aux pieds et doit garder cette tenue durant quatre mois

et dix jours. La crémation n’existe pas chez les musulmans. Le défunt est roulé dans un linceul et

inhumé à même la terre, toujours sur le côté droit, le regard tourné vers la Mecque ou vers

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Jérusalem pour d’autres pays arabes. La mise en bière se pratique uniquement pour les

accidentés ou pour les décès après longues maladies.

31 Mars : BENI- MELLAL (270 kms de Fès)

Nous quittons l’hôtel à 8h du matin : destination le Sud ! Nous avons une longue route à faire,

environ 270 kms jusqu’à Beni-Mellal, au pied de la chaine de l’Atlas, étape où nous allons passer

la nuit.

C’est un superbe trajet parce que nous aurons de sublimes paysages à contempler. Le long de la

route, nous pouvons voir des amandiers, des oliviers, des champs de fèves. Le sol change de

couleur, il est couleur latérite, on prend de l’altitude, paysage de genêts, d’ajoncs, on peut voir la

chaine du Rif. Nous traversons de nombreux villages berbères avec leurs cultures en terrasses. Ils

plantent le plus souvent de l’orge et de la luzerne pour nourrir leurs animaux. L’Atlas est une

réserve d’eau pour le Maroc. Le pays compte aussi énormément de barrages. Nous atteignons le

village d’Ifrane qui est la station de ski suisse marocaine à 1615 mètres d’altitude.

Le mont Ifrane veut dire grotte en arabe. Il fait froid : 7 degrés ! Nous faisons une pause autour

d’un café. Les habitations ont changé de physionomie, les toits sont recouverts de tuiles rouges,

souvenirs du protectorat français. Beaucoup de maisons sont fermées, ce sont des résidences

secondaires qui appartiennent soit aux européens, soit aux marocains qui viennent ici en altitude

fuir la chaleur de Fès en été. Il y a une grande université réservée aux élites. Il y a eu en 1986 une

rencontre entre Hassan II et Shimon Peres.

Plus nous montons en altitude, plus les paysages changent, la végétation, les maisons, la couleur

du sol : le Maroc est vraiment un pays de contrastes.

C’est une région qui a de nombreux lacs avec pêche à la truite, battues de sangliers et de loups.

Les Eaux et Forêts font des battues de destruction.

Nous arrivons à Azrou, village berbère, bien connu pour ses forêts de cèdres. Dans cette région, il

y a également beaucoup de cultures en terrasse. La pierre est essentiellement du basalte. Nous

voyons beaucoup de troupeaux de chèvres noires.

Nous arrivons à Beni Mellal avec une bonne heure de retard car lors de

la traversée d’un village appelé Mrirt, notre chauffeur se fait arrêter par

la police et confisquer tous ses papiers. Il aurait dû passer à l’extérieur

du village ! L’aventure s’est bien terminée au poste de police grâce à

l’intervention de Jawad qui a eu gain de cause et notre chauffeur a pu

récupérer ses papiers !

La région est riche en bauxite. Toutes les montagnes sont rouges. Le long de la route, il y a

beaucoup d’eucalyptus. La couleur des maisons est ocre comme la terre. Nous pouvons bien

souvent apercevoir au sommet des minarets des mosquées des nids de cigognes.

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Notre déjeuner chez une charmante berbère a pu avoir lieu comme prévu avec un peu de retard.

Nous avions faim et nous sommes régalés d’une pastilla,

d’un tajine et d’un bon dessert. Je pense que c’était son fils

qui faisait le service. C’était très sympathique de découvrir

un nouveau lieu.

Nous passons la nuit dans un très joli hôtel à une quinzaine

de kilomètres de Beni Mellal. Il y a un ravissant jardin avec

de nombreux citronniers, orangers, une piscine, un tennis, le

rêve pour des vacances !

1 er avril : MARRAKECH : Capitale touristique, nommée « la Perle du Sud » ou « la ville rouge »

aux portes du Sahara (173 kms environ de Beni-Mellal)

Il a plu toute la nuit. 9 heures du matin, nous partons. Au bout d’une heure de route, nous sommes

dans le Sud. Il n’y a plus de végétation. Le sol est aride. Nous pouvons apercevoir seulement des

troupeaux de moutons ou quelques dromadaires.

Nous nous arrêtons au bord de la route pour photographier un chamelier avec ses cinq

dromadaires (Il y a uniquement des dromadaires, les

chameaux se trouvent seulement en Asie).

L’arrivée sur Marrakech est très belle, à l’origine, la ville était

un carrefour pour les caravanes, c’était une oasis. Je n’oublie

pas les grandes avenues bordées de palmiers dattiers, les

petits villages enfermés dans des murs de pisé qui se

confondent avec le sol. La ville se trouve à 463 mètres

d’altitude. On aperçoit le Haut-Atlas qui culmine à 2.200

mètres. Le long de la route, nous voyons beaucoup de figues de barbarie. Toutes les maisons

sont ocres, couleur propre à la ville car en été, il fait 47 voire 50 degrés à l’ombre. Cette couleur

reflète moins le soleil.

La ville comprend la médina et la ville nouvelle, le Guéliz.

Dans le quartier de l’Hivernage au sud-ouest de la place

Jemaâ el-Fna se trouvent les jardins de la Ménara et les

hôtels de luxe. Notre déjeuner est prévu dans le quartier

juif de la médina. Nous pénétrons dans un Palais superbe,

le cadre est très confortable, la salle est très animée car il y

a aussi des touristes. Le repas se termine par une pastilla

sucrée qui est très intéressante à découvrir. Nous faisons

un tour de ville, apercevons le célèbre palace dit « la

Mamounia » palais qui date du 18 ème siècle et où descendent toutes les célébrités du monde

entier. Il y a énormément de circulation, en particulier, beaucoup de deux roues, des calèches,

des voitures, des klaxons ! La traversée des avenues est particulièrement dangereuse et nous

devons nous imposer avec force pour avoir droit de passage.

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Nous gagnons notre hôtel qui se situe sur la grande avenue Mohammed VI, c’est l’Hôtel Atlas

Asni. Nous passons deux nuits dans ce très bel hôtel. Le lendemain, notre guide local nous fait

découvrir la médina avec la mosquée de la Koutoubia dont le minaret date du 12 ème siècle, la

célèbre place Jemaâ El-Fna, le Palais Bahia (19 ème siècle), les jardins de la Ménara, avec son

grand plan d’eau et ses oliviers centenaires. Malheureusement le

Haut-Atlas était couvert de nuages.

J’ai beaucoup aimé la visite du Jardin Majorelle créé par le peintre

Jacques Majorelle qui vint à Marrakech en 1919 pour poursuivre sa

carrière de peintre. C’est un très beau site exotique où chacun peut

parfaire ses connaissances

botaniques.

Merci Raymonde de l’avoir rajouté au

programme.

Pour clôturer notre visite dans la Ville Rouge, nous avions une soirée prévue dans la Palmeraie à

une quinzaine de kilomètres du centre. Ce fut un moment très agréable malgré le froid : nous

avions un diner spectacle sous des tentes avec un menu très abondant, entrées, tagine, excellent

couscous et dessert. Un spectacle de Fantasia a couronné la soirée.

Avant de quitter Marrakech, j’aimerais

préciser que cette ville attire beaucoup

d’européens car son climat est très

bénéfique notamment aux personnes qui

souffrent d’asthme et de rhumatismes.

D’autre part, elle a beaucoup d’attrait

touristique : nombreux golfs, centres

équestres, riads achetés par les

européens. La ville est intensément

construite et l’on bâtit encore de

nombreuses zones résidentielles, les prix

sont plus chers qu’à Paris !

3 avril : OUARZAZATE : la porte du désert ou

la cité « sans bruit « en berbère (193 kms – 4 heures de route environ à partir de Marrakech)

Pour aller jusqu’à la porte du désert, nous avons dû franchir le Haut-Atlas qui est un parcours

superbe, car nous avions jusqu’à l’arrivée des paysages à couper le souffle ! Le relief changeait

en permanence, à chaque virage et à chaque épingle à cheveux, spectacle étonnant. Je dois

l’avouer, bravo à ceux et celles qui n’ont pas eu mal au cœur ! car pour moi, c’était limite…

Heureusement, nous avions des haltes bienvenues, des bols d’air frais. Dans les vallées, la

moindre parcelle de terre est cultivée, aucun lopin de terre n’est laissé à l’abandon (orge ou

luzerne pour les animaux). Par endroit, nous apercevons des enclos de pierre qui servent à

mettre à l’abri les troupeaux car la nuit, il y a des loups dans le Haut-Atlas. Durant tout le trajet

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touristique de nombreuses échoppes vendent des souvenirs, poteries, collections de tagines

multicolores, minéraux. Ce parcours à travers le Haut-Atlas ne peut pas se raconter, on doit le

vivre !

A l’heure du déjeuner, nous approchons de Ouarzazate et avons contemplé des paysages

toujours de terre rouge (la bauxite). En toile de fond des Kasbahs abandonnées qui servent de

décors à de nombreux films. Nous avons juste le temps d’arriver à notre restaurant et là avons

droit à un déluge de grêle mais en cadeau nous avons un excellent déjeuner !

Dans l’après-midi, nous arrivons sains et saufs à Ouarzazate mais avons été retardés par la

traversée d’un oued qui débordait sur notre route, heureusement, notre chauffeur a très bien

maitrisé la chose.

La ville d’Ouarzazate est très différente des villes marocaines dans la mesure où elle n’a pas de

médina. C’est une ancienne ville de garnison d’environ 80.000 habitants. Elle s’est développée

autour de l’agriculture (cultures céréalières et fruitières, safran et roses), du tourisme et surtout de

l’industrie cinématographique. Des studios de cinéma ont été construits en plein désert à côté

d’anciennes kasbahs.

Nous avons visité la kasbah Taourirt , ancienne demeure

fortifiée de la dynastie des Glaoui. Elle fut restaurée par

l’Unesco et elle est l’une des principales curiosités de la

ville. Elle est la seule à être aussi bien entretenue.

Le 4 avril au matin, nous avions notre expédition en 4X4

dans le désert, la journée fut très réussie, car le soleil était

au rendez-vous. Nous traversons le désert jusqu’à la

palmeraie de Skoura.

Le village de Skoura se trouve à 40 kilomètres de Ouarzazate. Environ 4000 familles habitent

dans cette oasis. Le détour vaut la peine pour sa palmeraie.

Lakasbah d’Amerhidil se trouve entre la palmeraie et l’oued Dadès ; c’est la plus belle et la mieux

entretenue. Nous pouvons voir dans la palmeraie de

nombreux trous. Il s’agit d’un système d’irrigation très étudié

copié sur le modèle des Perses.

Après Skoura, nous longeons

des vallées étonnantes, la vallée

des Roses, les gorges du Dadès.

C’est le dépaysement total.

Les couleurs, le relief, la

lumière, changent en permanence, les rochers ont des formes

surprenantes, puis soudain des taches de verdure qui correspondent

à des champs cultivés ; nous traversons des villages, beaucoup de

maisons sont fermées, habitées de manière épisodique par des

européens. Nous pourrions nous imaginer en Australie, Nouvelle

Zélande…

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Ce jour-là c’est un déjeuner de brochettes dans un restaurant des gorges du Dadès qui nous

attend …Très bon souvenir. Nous rentrons vers Ouarzazate par un magnifique coucher de soleil !

Le lendemain, 5 avril, nous bouclons nos valises, c’est le décollage vers Paris, la tête et les yeux

remplis de tous ces sublimes paysages !

Je dis merci à Gisèle et Solange d’avoir choisi cette très belle destination, merci à Raymonde et

Shahira pour leur très agréable compagnie et enfin un grand CHOUKRANE à Jawad !

Sabine Dadre

Photos : Christophe de Moncuit

Raymonde Crepel

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