3 Le Joyau Noir

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3 Le Joyau Noir

ne pouvait expliquer le ton autoritaire qu’il avait employé pour

parler à Hawkmoon la nuit précédente. Le jeune homme se

demanda s’il avait rêvé ou si son hôte avait effectivement deviné

la nature du Joyau Noir, et agissait de façon à tromper les

Ténébreux Seigneurs qui, depuis leurs laboratoires de Londra,

l’observaient.

Le duc von Köln ne se sent pas bien, annonça Yisselda.

— Je suis navré de l’apprendre, répondit le comte. Y a-t-il

quelque chose que je puisse faire pour vous, monseigneur ?

— Non, rétorqua Hawkmoon d’une voix sourde. Non, je vous

remercie.

D’une démarche aussi assurée que possible, il se dirigea vers

l’escalier. Yisselda l’accompagna jusqu’à ses appartements, en le

soutenant. Sur le pas de la porte il s’arrêta et baissa les yeux

vers elle. Elle lui toucha doucement la joue, et ce contact le

laissa frissonnant et haletant. Puis la fille du comte tourna les

talons et s’en fut en courant.

Hawkmoon pénétra dans la chambre et se jeta sur son lit, le

souffle court, les muscles tendus, essayant désespérément de

comprendre ce qui lui arrivait et de découvrir la cause de la

douleur qui lui vrillait le crâne. Après un moment, il s’endormit.

Il s’éveilla dans l’après-midi, encore faible ; la douleur avait

presque disparu. Noblegent, qui se tenait à côté du lit, était en

train de poser une coupe de fruits sur la table de chevet.

— Je m’étais trompé en pensant que la fièvre vous avait

quitté, dit-il.

— Que m’arrive-t-il ? murmura Hawkmoon.

— Pour autant que je sache, il s’agit d’une fièvre bénigne,

conséquence des épreuves que vous avez traversées et, j’en ai

bien peur, de notre hospitalité. De toute évidence, vous n’étiez

pas prêt à absorber une nourriture si riche et des vins si

capiteux. Nous aurions dû le comprendre. Mais, quoi qu’il en

soit, votre rétablissement sera prompt, monseigneur.

Hawkmoon savait que ce diagnostic était erroné, mais il se

garda bien de protester. On toussa sur sa gauche, ce qui lui fit

tourner la tête. Il n’y avait personne : cependant la porte qui

conduisait au bureau attenant à la chambre était entrouverte. Il

jeta à Noblegent un regard interrogateur, mais les traits du

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